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INTRODUCTION :
L’activité commerciale est basée sur la
circulation des biens et des capitaux, ce
mouvement exige le règne de la confiance.
La protection de la confiance devient la
priorité du législateur et des pouvoirs
publics. A cet égal les mécanismes
traditionnels de la responsabilité de droit
commun se révèlent insuffisants et
inadéquats en matière commerciale.
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En réaction aux besoins spécifiques du
marché les premières codifications
occidentales ont institué des procédures
renforcés, des créanciers et de répression
sévère contre les commerçants
défaillants. L’organisation de la faillite et
la sanction de la banqueroute tendant
ainsi à assigner le marché par la
liquidation des biens et l’élimination des
défaillants.
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Le système se fondait sur la confusion de la
faute personnelle des commerçants avec
tous les cas d’échec de ses activités. Dés
la moitié de 20éme siècle, les législations
européennes commencent à introduire la
nuance entre les causes d’échec avant de
finir par faire la distinction entre la faute
personnelle et le concours des
circonstances, puis entre la personne du
commerçant et l’entreprise.
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La réforme du système classique s’il
maintient des fautes personnelles, il
doit prendre en considération le
nouveau concept d’entreprise, unité
de production de la richesse et de la
création de l’emploi impliquée dans
un réseau d’intérêts publics et privés.
Avant la réforme de 1996, le code de
commerce ignorait la notion de
difficulté d’entreprise.
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Il accordait toute l’attention à
l’aboutissement des difficultés, la
cessation des paiements contre la quelle il
réagissait par des solutions radicales, la
déclaration de faillite avec son diminutif
de règlement judiciaire, et la sanction
pénale de banqueroute. Le nouveau code
innove en abandonnant entièrement la
conception de la faillite et en la
remplaçant par la notion de difficulté
d’entreprise.
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I)- Principes nouveaux :
Les principes nouveaux
apparaissent à la lumière des apports
qui modifient le droit antérieur. Ces
apports touchent toutes les notons
traditionnelles de l’ancien système, le
sujet des difficultés n’est plus le
commerçant débiteur ou en
cessation de paiement. C’est
désormais l’entreprise concept ou non
définie par le droit commercial.
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Mais ce principe a été retenu sous
l’influence des idées et de faits
économiques. En plus ou en dehors
de la faute du commerçant, la cause
des difficultés de l’entreprise. Enfin le
concept de créancier n’en fait plus
l’adversaire en conflits d’intérêt et
traité en partenaire dont les intérêts sont
protégés par la pérennité de
l’entreprise.
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1– Distinction homme/entreprise
On tend à entrevoir deux êtres juridiques
l’homme et l’entreprise.
2)- distinction fait de l’homme/fait de
l’entreprise.
Les difficultés de l’entreprise n’obéissent pas au
même régime juridique suivant que leurs
causes se trouvent dans le fait ou la faute de
l’homme entrepreneur, ou qu’elles résultent
d’un fait économique étranger au
comportement de l’homme.
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3)- Distinction créancier adversaire/
créancier partenaire.
Elle met en relief une nouvelle condition
juridique du créancier. Elle abandonne
l’idée des conflits d’intérêts pour lui
substituer celle d’une convergence
d’intérêts à travers la coordination et de
la collaboration positive pour la
réalisation d’un but commun, la
continuation de l’activité.
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II) –Les conséquences de la nouvelle
conception
La nouvelle conception de la réaction contre les
difficultés de l’entreprise se caractérise par
une certaine éclipse de l’esprit répressif et
pénal au profit des mesures de prévention et de
réparation de dommage consécutif aux
difficultés dans uns sens plus professionnel. Le
droit actuel régissant les difficultés
d’entreprise accordent une attention claire à la
prévention.
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Il invite l’entreprise à suivre de prés
la gestion financière économique,
sociale et juridique pour éviter
l’apparition de difficultés. Les
articles 541-547 insistent sur cette
nécessité en tant que méthode de
gestion régulière interne. Toutefois
il devient utile d’en prévenir le
développement et la gravité.
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Les articles 548-559 déterminent les
modalités et en confient
l’application à un intervenant
extérieur par le biais de la mission
qu’il confie au commissaire au
compte et au président du tribunal.
Dans ce cas elles aboutissent à un
règlement amiable des difficultés.
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TITRE PREMIER : PRÉVENTIONS DES
DIFFICULTÉS DE L’ENTREPRISE
Chapitre 1er : Prévention interne
Section 1- Economie générale
C’est une auto prévention effectuée par l’entreprise
elle-même, sans nul besoin d’intervenant
extérieur.
La prévention interne fait partie des obligations des
dirigeants de l’entreprise et du commissaire au
compte, dans les sociétés commerciales, les
associés y contribuent également.
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Les actes de préventions internes et externes ne
touchent que des problèmes outre que la
cessation des paiements ou plus précisément
une situation qui risque de devenir
compromise. Lorsque les difficultés prennent
une importance qui dépasse le stade de la
prévention, des mesures de traitement sous
forme de redressement ou de liquidation
judiciaire, quand la vie de l’entreprise et
irrémédiablement compromise sont prévues
par les nouvelles dispositions légales.
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Le commissaire au compte, s’il existe, ou tout associé
informe les dirigeants des risque qui menacent
l’activité de l’entreprise par lettre recommandée
dans un délai de 8 jours, le chef d’entreprise dispose
d’un délai de 15 jours pour réagir à cette lettre.
Faute de réaction corrective dans le délai ou si le
dirigeant n’arrive pas personnellement ou après
délibération du conseil d’administration ou du
conseil de surveillance à un résultat positif, il est
tenu de faire délibérer la prochaine assemblée
générale pour statuer sur rapport du commissaire au
compte à cet effet. 15
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A défaut de délibération de l’assemblée
générale aussi malgré les décisions prises la
continuité de l’exploitation demeure
compromise, le président du tribunal est
informé par le commissaire au compte ou le
chef d’entreprise. Ces dispositions
constituent une véritable procédure d’alerte
des dirigeants comme réaction contre leur
ignorance ou leur négligence ou les erreurs
de décision en matière de gestion.
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Les faits visés sont toujours autres
qu’une cessation de paiement.
La révélation des faits anormaux est
l’invitation des gérants a redresser la
situation sont des procédures
strictement internes et confidentielles
entre les dirigeant et les organes de
contrôle de la société.
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Section 2- Conditions des créanciers.
La mission de prévention interne ignore
les créanciers, les dispositions légales
ne leurs accordent aucune attention et
les privent de toute protection à ce
stade. Mais les faits pratiques
démentent cette apparence.
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Chapitre 2éme : Prévention externe.
En pratique l’alerte préventive se veut
inefficace compte tenu de l’espoir exagéré
des dirigeants en une amélioration de la
situation de l’entreprise. Pour éviter le pire
les articles 542 à 559cc organisent une
procédure judiciaire de préventions pour
surmonter la crise par la dissipation de la
difficulté ou la réalisation d’un règlement
amiable.
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La prévention externe se caractérise par sa
nature non conflictuelle et non contentieuse.
Elle est menée d’une manière confidentielle
par le président du tribunal de commerce
dans un but de préserver le crédit de
l’entreprise.
La conception de la prévention est basée sur
deux variantes, une variante d’arrangement
exercée par un mandataire spécial et l’autre
variante plus complexe tendant à la
conclusion d’un règlement amiable. 20
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L’alerte peut être donnée par le commissaire
au compte ou le dirigeant de l’entreprise,
comme il peut résulter de tout acte ou
procédure que l’entreprise connaît des
difficultés de nature à compromettre la
continuité de l’exploitation. A cet effet le
président convoque le chef d’entreprise
pour prendre les mesures susceptibles de
redresser la situation.
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Le président recueille toutes les informations
nécessaires sur la situation économique et
financière de l’entreprise, et le sort qu’il peut lui
réserver par le biais du chef d’entreprise ou de
toute autre source comme le commissaire au
compte, les administrations les banques, les
organismes publics, impôt, CNSS et autres.
L’accès à ces renseignement permet de vérifier
les allégations et les dires du débiteur, de les
compléter ou de les corriger afin d’avoir une
connaissance aussi parfaite que possible de la
situation et de lui rechercher la solution idoine.
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Section 1 : Procédure du mandataire
spécial
On l’appelle aussi prévention judiciaire
assistée pour la distinguer de la
prévention spontanée, observée au
cours de la gestion normale et la
procédure de prévention par le
règlement amiable judiciairement
homologué.
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Malgré les généralités des termes de la loi, la
difficulté traitée par ces procédures revient à
un besoin financier. L’intervention du
président du tribunal permet au chef
d’entreprise de trouver d’autres
financements et de renégocier ces dettes, ils
lui assurent une assistance précieuse. Quand
la difficulté nécessite l’intervention d’un
tiers pour l’aplanir, il le désigne comme
mandataire spécial et détermine librement
sa mission.
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Dans la vie courante les banques avec leurs
savoir-faire et leurs expériences en matière de
négociation et d’appréciation des difficultés
sont les mieux prédisposés à jouer ce rôle ou
celui d’interlocuteur privilégié du mandataire.
Leur contribution est précieuse pour aider le
chef d’entreprise à bien définir ces difficultés
et à formuler les propositions raisonnables et
négociables. L’usage tardif de cette procédure
l’expose souvent à l’échec et ouvre la voie à
celle du règlement amiable plus complexe et
coûteuse.
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Section 2 : Règlement amiable.
Il s’agit d’une technique de
conciliation des intérêts en présence
couronnée par un véritable
arrangement entre les parties sous
contrôle de la justice.
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Attribution du président
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du tribunal
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La procédure du règlement amiable peut être
spontanément décidée par le président suite à une
information donnée par le commissaire au compte
ou le chef d’entreprise. Elle peut avoir lieu sur
demande du chef d’entreprise sous forme de requête
saisissant le président du tribunal (art 550cc) dans
laquelle il expose sa situation économique et
financière, ses besoins de financement ainsi que les
moyens qu’il envisage pour y faire face, en somme
le plan de sauvetage pour échapper à la cessation de
paiement qui le menace à plus au moins brève
échéance.
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Le président convoque le chef d’entreprise dans son
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bureau, recueille ses explications et collecte
nonobstant le secret professionnel toute information
utile auprès des organismes publics et privés. La loi
lui permet de recourir au service d’un expert pour
établir un rapport détaillé sur la situation de
l’entreprise à fin de pouvoir faire une appréciation
objective de la situation et prendre en se sens les
décisions adéquates, s’il estime que la situation
demeure encore non compromise, et que les
propositions du chef d’entreprise tendant à résoudre
les difficultés, il ouvre le règlement amiable et
désigne un conciliateur pour y procéder.
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Elaboration du règlement amiable
Recours au conciliateur.
Si les propositions du chef
d’entreprise sont de nature à
favoriser le redressement il ouvre la
procédure du règlement amiable et
désigne un conciliateur.
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Le conciliateur dispose d’un délai de
3mois prorogeable d’un mois pour
accomplir sa mission qui consiste selon
l’article 554cc dans deux faits, favoriser
la continuation de l’activité et veiller
sur la recherche de la conclusion d’un
accord avec les créanciers.
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Le conciliateur demeure un tiers, il ne peut
intervenir dans la gestion de l’entreprise. Il se
limite à rapprocher les positions et à aider à
conclure un règlement amiable. Le président
du tribunal lui communique les informations
dont il dispose et le cas échéant le rapport
d’expertise.
Pour faciliter la mission du conciliateur la loi
lui permet de demander une restriction
temporaire de certains droits des créanciers et
l’interdiction de certains paiements de la part
du débiteur. 31
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Ordonnance du président du tribunal.
Le conciliateur peut demander au Président du
Tribunal une suspension, prise par
ordonnance, des poursuites et voies
d’exécutions qui peuvent être menées par
certains créanciers. Cette suspension est
demandée par le conciliateur en vue de
préserver et favoriser l’aboutissement positif
de sa mission. Mais suspensions de poursuite
n’implique pas une suspension du cours des
intérêts, qui continuent de s’accumuler.
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Cette ordonnance interdit au débiteur, à
peine de nullité, de payer tout ou partie
d’une créance quelconque antérieure à
la suspension, sauf autorisation spéciale
du Président.
Cette suspension fait exception du
paiement des créances relatives au
contrat de travail: salaires et
compléments, assurances, cotisations à
la CNSS. 33
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Régime juridique de l’accord
La nature amiable de l’accord, n’oblige
jamais les créanciers à l’accepter. Ils
sont libres de le rejeter en bloc ou en
partie. En pratique, il en est rarement
ainsi par précaution contre des risques
plus graves, si tous les créanciers
acceptent, le règlement est homologué
par le président du Tribunal.
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L’accord signé par le conciliateur et
les parties est déposé au greffe, il
produit plein effet sur les créanciers
signataires et le débiteur.
Il confère au débiteur une protection
contre les actions des créanciers qui
on rejeté l’accord.
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Le règlement amiable suspend pendant la
durée de son exécution toute action en
justice, toute poursuite individuelle
dans le but d’obtenir le paiement des
créances.
Il suspend les délais accordés aux
créanciers pour agir à peine de
déchéance ou de résolution des droits
afférent à ces créances.
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Le débiteur est obligé d’exécuter l’accord
avec la même bonne foie. A défaut, le
Tribunal annonce la résolution de
l’accord et la déchéance de tout délai
Même si cette procédure demeure
importante pour la protection des
intérêts en présence, il faut bien
reconnaître qu’elle s’avère inefficace,
car elle intervient presque toujours en
retard. 37