Mémoire de Fin D'études
Mémoire de Fin D'études
/FSI/2017
REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
THЀME
Elaboration et étude des caractéristiques physico-mécaniques
Devant le jury :
Boumerdès 2016/2017
N° d’ordre ……./FSI/2017
Remerciements
Nous tenons en premier lieu à remercier le bon Dieu de nous avoir mis sur le bon chemin.
Et
à mes amis : Nabil, Oussama, Yacine,
Hakim, M’hamed.
ARAB Azedine.
Dédicace
RAFAI Hichem.
RÉSUMÉ DU MÉMOIRE
Les Bétons Fibrés Ultra Performants (BFUP) sont les matériaux cimentaires aux
performances les plus exceptionnelles. Ils se distinguent par des résistances caractéristiques à 28
jours en compression et en traction supérieures respectivement à 150 MPa et 6 MPa. Cependant,
les formulations actuelles onéreuses et peu écologiques limitent leur utilisation et leur essor.
Suite à une première étude comparative de formulations, quatre compositions ont été mises au
point sans traitement thermique, Leurs caractérisations à l’état frais et à l’état durci ont ensuite
été réalisées afin de dresser leurs cartes d’identité et proposer une alternative à l’utilisation de la
fumée de silice dans le BFUP.
La pouzzolane naturelle réagit lorsque mélangée avec la chaux et donne naissance au sel
insoluble de la chaux, de silice d’alumine dont la formation provoque la prise, ses propriétés
hydrauliques font d’elle ainsi donc un bon candidat au remplacement de la fumée de silice
comme poudres réactives ou ultrafines et sujet de notre mémoire.
Mots clés : Les Bétons Fibrés Ultra Performants, formulation, comportement à l’état frais,
comportement mécanique, fumée de silice, pouzzolane naturelle.
ABSTRACT
The natural pozzolana harden in water when mixed with calcium hydroxide or with
materials that can release calcium hydroxide (Portland cement clinker) the properties given by
pozzolana adds makes it good choice for the replacement of silica fume as a reactive powder and
subject of our study.
انخشسبَبث راث األداء انفبئك انًمىّ اة ببألنيبف يٍ انًىاد اإلسًُخيت اإلسخثُبئيت انخي حخًيض بًمبويبث نإلَعغبغ بعذ 82
يىو انخي حخعذي 051ييغب ببسكبل و 6ييغب ببسكبل ببنُّسبت نمىة ان ّشذ .إ ّّل أ ٌّ انخشكيالث انحبنيّت ببهعت انثًٍّ و غيش صذيمت
نهبيئت حح ّذ يٍ إَخششاحهب و اسخعًبّلحهب .حبعب نذساست أوّ نيت يمبسَت نهخّشكيالث انًخخهفت ،حى صيبغت أسبع يكىَّبث دوٌ انخعىع
إنً يعبنجت حشاسيت .ثى بعذ رنك حى حشخيصهب في انحبنت انطّشيت و انحبنت انصهبت نغشض إلبيت بطبلبث حعشيفيت نهبحه األخيشة
يع إلخشاح بذيم ّلسخعًبل غببس انسهيكب في خ.ر.أ.ف.و.أ.
انبىصوّلٌ انطبيعيت حخفبعم في انًبء عُذ خهطهب يع هيذسوكسيذ انكبنسيىو أو َىاحج هذسجت يكىَّبث اإلسًُج نخشكم
يكىَّبث جذيذة راث خصبئص هيذسونيكيت انخي حضيذ يٍ يمبويت انخشسبَت ،ي ًّب يجعم يُهب انبذيم األيثم نخعىيط غببس انسهيكب
كًسحىق يخفبعم و يىظىعب نًزكشحُب.
كلمات مفتاحية :انخشسبَبث راث األداء انفبئك انًمىّ اة ببألنيبف ،انصيبغبث انخشكيهيت ،خصبئص انحبنت انطّشيت،
خصبئص انحبنت انصهبت ،غببس انسهيكب ،انبىصوّلٌ انطبيعيت.
SOMMAIRE
MCQ/15
SOMMAIRE
CHAPITRE II : Les bétons fibrés à ultra hautes performances
MCQ/15
SOMMAIRE
III.2.2. Ségrégation dynamique (l’essai de la boite en L) .................................................... 36
III.3.1. Pompabilité............................................................................................................... 39
MCQ/15
SOMMAIRE
CHAPITRE IV : Partie pratique
MCQ/15
SOMMAIRE
IV.3.4. Caractérisation des différentes compositions .......................................................... 86
Références bibliographiques
MCQ/15
Liste des figures
Figure II. 3 : Protection ou renforcement d’un béton armé par une couche de BFUP ........... 16
Figure II. 4 : Effet des ultras fines et du ciment sur la compacité du béton .......................... 18
Figure II. 6: Représentation schématique d’une fibre mélangée avec une matrice cimentaire
avec et sans l’ajout de la fumée de silice ................................................................................. 22
Figure II. 11: Rôle des fibres dans la matrice de béton .......................................................... 27
Figure II. 12: Fissuration dans un béton avec et sans fibres ................................................... 30
Figure II. 14: Effet de la taille d’agrégat sur la distribution des fibres dans un carré avec
Figure III. 7: Influence du rapport eau/liant sur la résistance à la compression du béton ...... 41
Figure III. 10: Essai de compression sur des éprouvettes cubiques. ...................................... 44
Figure III. 14: Influence du rapport E/L sur le retrait du BPR ............................................... 50
Figure III. 15: Comparaison du fluage spécifique des bétons à ultra hautes performances ... 51
MCQ/15
Liste des figures
Figure.IV. 36 : Effet de l’ajout de fibres métalliques sur la détrition sous compression des
BUHP ....................................................................................................................................... 95
MCQ/15
Liste des tableaux
Tableau.I. 1: Formulation d’un BHP avec et sans addition (fumée de silice) ....................... ...6
Tableau II. 2: Composition et propriétés de trois bétons différents, béton ordinaire, béton à
hautes performances ................................................................................................................. 19
Tableau IV. 1 : caractéristiques physiques du ciment CEM II/ A-L 52.5 N...........................57
Tableau IV. 2 : La composition chimique du ciment CEM II/ A-L 52.5 N .......................... 58
Tableau IV. 7 : Analyse granulométrique par tamisage du sable de Chelghoum El Aid (0/3)
.................................................................................................................................................. 61
Tableau IV. 10 : Analyse granulométrique par tamisage du sable de Boussaâda (0/1) ......... 64
Tableau IV. 13 : Résistances mécaniques de quelques roches utilisées comme granulats ..... 67
Tableau IV. 14 : Essais de caractérisation mécanique des gravillons (3/8) de Bouzegza ...... 67
Tableau IV. 15 : Analyse granulométrique par tamisage des gravillons 3/8 de Bouzegza .... 68
Tableau IV. 26 : Valeur du module d’élasticité dynamique des différents bétons ................. 93
La famille des bétons s’enrichit régulièrement depuis quelques années avec des
bétons aux nouvelles performances, tels que les bétons à hautes performances (BHP),
les bétons autoplaçants (BAP) et les bétons fibrés ultra performants (BFUP).
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Introduction générale
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
I.1. Introduction
L’histoire du ciment commence en 3000 Av. J-C, où les Egyptiens ont utilisé des
mortiers en gypse et des mortiers en chaux pour construire les pyramides. Puis, les Romains
ont utilisé une sorte de béton pouzzolanique: Il s’agit d’un dépôt volcanique qui se solidifie si
on le mélange avec de l’eau et de la chaux (Aujourd’hui la pouzzolane est classée comme un
ajout) [1]
Smeaton (1756), Vicat (1818), Aspadin (1825) furent parmi les inventeurs des bétons
modernes. Monier et Lambot (1848), coignet (1852), Hennebique (1880) réalisèrent, avec ce
matériau les premières constructions en béton armé (avec des résistances en compression
de15 à 25 MPa). Puis durant un siècle, le béton resta un mélange de : granulats, ciment, et
d’eau.
Ces dernières décennies, de nombreux travaux scientifiques ont montré les effets
néfastes, pour la résistance et la durabilité, des excès de l’eau de gâchage. Dans la perspective
d’améliorer les propriétés constructives des bétons, il était donc nécessaire d’explorer les
voies visant à réduire ce dosage en eau (découverte des plastifiants et fluidifiants vers les
années 1970). En parallèle, d’autres recherches sont orientées pour l’obtention d’un mélange
de très haute compacité, lors de la composition du béton (optimisation de l’étendu granulaire à
Ces deux voies de recherche sont abouties à des résultats très intéressants, et à la découverte
des nouveaux bétons qui ont des performances très élevées et surtout au niveau de la
résistance et de la durabilité.
Dans ce chapitre on propose une synthèse bibliographique sur les différents types de
nouveaux bétons, et leurs principales caractéristiques.
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
I.2.1.1. Introduction
Les Bétons à Hautes Performances (BHP), sont des matériaux à très haute compacité et
haute résistance. Elle est de l’ordre plus de 100 MPa pour les bétons à très hautes
performances. Hautes performances signifient aussi facilité de mise en œuvre et souplesse
d’adaptation aux contraintes d’exécution des ouvrages. Les BHP ont une porosité
extrêmement réduite, plus résistants aux agents agressifs et de façon générale, présentent une
durabilité accrue.
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
• Additions : conformes aux diverses normes en vigueur – cendres, laitiers de haut fourneau,
fillers calcaires, filler siliceux, éventuellement ultrafines (fumées de silice).
La recherche des hautes performances passe par la réduction de la porosité du béton durci,
c’est-à-dire de son pourcentage de vides. En effet, les dimensions et les volumes des pores
capillaires sont les principaux paramètres qui régissent les résistances mécaniques du béton et
les propriétés de transfert déterminantes pour la durabilité. L’optimisation de la formulation
d’un BHP consiste à diminuer la porosité de la matrice cimentaire et à optimiser le squelette
granulaire. La formulation d’un BHP suit les trois principales étapes suivantes :
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
Les diverses propriétés des BHP découlent de leur faible porosité, gage de durabilité.
Module d’élasticité : Le module d’élasticité des BHP est supérieur à celui des bétons
traditionnels.
Retrait : Le retrait total du BHP est globalement identique à celui d’un béton traditionnel
mais avec une cinétique différente (il se produit plus tôt et se développe principalement
pendant les premiers jours après le coulage). Le retrait de dessiccation à l’état durci est plus
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
faible compte tenu du faible dosage en eau. Le retrait endogène (ou d’auto-dessiccation),
compte tenu de la finesse de la microstructure et de la forte réduction du rapport E/C, est d’un
coefficient plus élevé (150 à 250 x 10-6) pour un BHP que pour un béton traditionnel (60 x10-
6). Le retrait d’auto-dessiccation est d’autant plus précoce et élevé que le rapport E/C est
faible.
Fluage : Les BHP présentent un fluage (déformation différée sous chargement permanent)
plus faible que les bétons traditionnels.
Imperméabilité : Leur faible porosité capillaire confère aux BHP une très faible perméabilité
Résistance aux agents agressifs : La faible perméabilité des BHP leur confère une bonne
résistance à la pénétration et au transfert dans la masse du béton des agents agressifs en phase
gazeuse ou liquide (eaux de mer, eaux sulfatées, solutions acides, dioxyde de carbone, etc.).
Migration des ions chlorure : La résistance des BHP à la migration des ions chlorure est
supérieure à celle des bétons courants, grâce à sa microstructure plus dense.
Tenue aux attaques gel/dégel : Les BHP, correctement formulés, résistent aux cycles
gel/dégel grâce à leur forte compacité et à leur résistance mécanique élevée.
Carbonatation : De nombreuses études ont démontré que la durabilité des BHP vis-à-vis de
la carbonatation est nettement supérieure à celle d’un béton traditionnel. [4]
I.2.2.1 Introduction
Les différentes structures actuelles du génie civil présentent de plus en plus des formes
complexes, avec une concentration assez importante d’armature (sections très ferraillées).
Celles-ci entrainent d’énormes difficultés de réalisation sur chantier surtout l’accès pour la
mise en place et consolidation du béton dans le coffrage.
Afin d’adapter le béton à ce type d’ouvrages, des recherches ont été menées au cours
des dernières années dans le but de développer des formulations de bétons se caractérisant par
une haute ouvrabilité, tout en étant stables (faibles ségrégations, ressuage et tassement), avec
de bonnes caractéristiques mécaniques et de durabilité. L’aboutissement de ces recherches a
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
donné naissance à une nouvelle gamme de béton pouvant satisfaire les propriétés citées ci-
dessus, appelée BAP.
OZAWA et coll. [1991] ont démontré l’existence d’une relation entre la capacité de
remplissage et l’affaissement. Pour de faibles valeurs de l’affaissement, l’écoulement à
tendance à s’arrêter sous l’effet d’une augmentation de la friction entre les particules du
béton.
Pour des valeurs d’affaissement plus élevées, au contraire, les granulats peuvent se
séparer plus facilement du mortier et l’écoulement peut être bloqué par la formation des ponts
de granulats en contact avec des obstacles (paroi, ferraillage, etc.) : c’est la ségrégation. Enfin,
une capacité de remplissage maximale nécessite une déformabilité maximale et une
ségrégation minimale. La figure I.2 montre la relation qui existe entre ces différents
paramètres.
I.2.2.2. Définition
Les bétons autoplaçants ou autonivelants sont des bétons très déformables, qui se
mettent en place et se serrent sous le seul effet de gravité, sans apport de vibration interne ou
externe, même dans des coffrages très ferraillés. Ces bétons ne sont qualifiés d’autoplaçants
que si le matériau durci final présente des propriétés uniformes, c’est-à-dire s’il n’a pas subi
un taux de ségrégation élevé.
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
Les méthodes proposées pour le dosage des bétons suivent toujours les mêmes objectifs :
KASHIMA et coll. [1995] s’orientent sur une des trois approches pratiques pour préparer un
BAP :
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
I.2.3.1 Définition
II a été prouvé qu'un mélange de BCR avec une teneur en liant de 300 kg/m3 et un rapport
E/C d'environ 0,35 peut développer une résistance en compression à 28 jours de 40 MPa et
une résistance en flexion à 3 jours de 5 MPa.
Dans le cas des routes, le BCR peut être utilisé pour deux applications :
La dernière application a la particularité d'une mise en œuvre rapide avec donc une réduction
du coût de construction.
La réalisation du BCR est faite avec les mêmes équipements généralement utilisés pour la
construction des chaussées en béton. Il est produit en centrale fixe ou mobile, transporté par le
camion à benne basculante et mise en place à l'aide d'épandeuse, de finisseur. Le compactage
est assuré par le rouleau compacteur.
L'épaisseur minimale d'une dalle de BCR est de 15 cm. Il faut à chaque fois s'assurer que la
couche inférieure à la dalle a atteint un degré de compactage suffisant. [6]
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
Le BCR s'est développé selon deux axes bien différents d'utilisation à savoir les
barrages et les pavages. La formulation, la technique de mise en œuvre ainsi que le produit
final sont très différents.
Les premiers exemples de revêtements en BCR connus furent construits sur des voies à
faible trafic. Au Canada, le BCR a pris son essor dans les années 70 pour des revêtements
destinés à l'industrie forestière qui désirait des pavages extrêmement résistants et peu coûteux.
Aujourd'hui, cette technologie est toujours en évolution et les pavages de BCR sont
utilisés pour une grande variété d'applications: les routes municipales et urbaines, les
aéroports, les stationnements pour les camions et automobiles, les aires de triage et
d'entreposage de bois, les routes de transport dans l'industrie forestière et minière, les gares
intermodales de conteneurs, les aires de stockage de vrac, les aires de transbordement de
conteneurs et les aires de compostage.
Les raisons qui expliquent 1' emploi croissant du BCR sont : les réductions de coûts qui
résultent de la méthode de fabrication, d'une mise en œuvre simple, des exigences réduites en
main d'œuvre et des rendements élevés. [7]
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
Le terme BFUP, Bétons Fibrés à Ultra Performances, couvre aujourd’hui une large
gamme de matériaux pour des applications structurelles et/ou décoratives. Certains font
l’objet de brevets ou de marques déposées : DUCTAL®, BSI®,…etc.
Les BFUP sont toujours définis dans un premier temps par le niveau de résistance
mécanique atteint, généralement supérieur à 150 MPa à la compression à 28 jours. Même si
des essais sous vide exécutés en laboratoire avancent un potentiel bien plus élevé encore, les
applications industrielles les plus nombreuses sont réalisées avec des BFUP de résistance
standard. Les produits fabriqués aujourd’hui peuvent être des poteaux, des poutres, des dalles,
des poutrelles, des panneaux de façades, des éléments de couverture, des passerelles, des
corniches, des éléments pour l’assainissement, du mobilier urbain, du mobilier d’intérieur, des
éléments pour les machines-outils, etc. Outre la résistance à la compression, les BFUP se
distinguent des bétons traditionnels par bien d’autres propriétés telles que leur résistance à la
flexion, aux chocs, à l’abrasion, aux agressions chimiques, au gel, plus généralement leur
ductilité, leur tenue dans le temps, ainsi que leurs caractéristiques esthétiques. Les BFUP
disposent de formulations élaborées où la sélection des matières premières est essentielle pour
l’atteinte des performances souhaitées. Le coût élevé du matériau provient du dosage
important en fibres, en ultrafines, en liant et en adjuvants. Les fibres sont introduites pour
augmenter la ductilité du matériau, et accroître la résistance. Les ultrafines permettent de
réduire la porosité et d’accroitre la résistance à la compression et la durabilité. Les adjuvants
permettent d’obtenir une rhéologie adéquate pour la mise en œuvre tout en ayant un rapport
Eau/Liant (E/L) très faible et peuvent participer à l’accélération du durcissement. Le surcoût
lié aux matières premières peut être compensé par la diminution des dimensions et du poids
des éléments en BFUP, par des gains de temps sur le chantier résultant d’un assemblage et
d’un montage plus rapide de l’ouvrage ainsi que par une diminution des coûts de transport des
matériaux et des matériels. L’allégement de l’ouvrage qui en découle permet de réduire la
dimension des fondations et des autres éléments porteurs. Enfin, des économies sont réalisées
sur le long terme grâce à l’excellente durabilité des BFUP. [8]
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CHAPITRE I Les bétons aux nouvelles performances
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
II.1. Introduction
Les progrès dans le domaine des adjuvants, et des méthodes de formulations et l’utilisation
des ultrafines, ont conduit a une évolution spectaculaire des bétons : des bétons courants de
résistance 30 Mpa en compression, la gamme s’est élargie aux bétons à hautes performances.
Une rupture technologique est intervenue aux débuts des années quatre-vingt dix avec la mise au
point de bétons dont la résistance en compression est de l’ordre de 200 Mpa et de 40 Mpa en
traction par fléxion. Grâce à cette dernière caractéristique, on peut désormais envisager de s’en
passer des armatures passives dans les éléments structurels. Les ultrafines utilisés dans les BFUP
sont des fumées de silice de haute puretés qui réagissent avec la chaux issue de l’hydratation du
ciment. Elles participent ainsi à la résistance de l’ensemble et ferment le réseau des pores à la
diffusion des ions et des gaz.
II.2. Généralités
Les études menées depuis les années 80 sur la formulation et la fabrication des bétons
utilisant des additions réactives ainsi que des superplastifiants hauts réducteurs d’eau ont conduit
à la mise au point des Bétons à Ultra Hautes Performances (BUHP). Ces bétons présentent des
propriétés mécaniques et de durabilité exceptionnelles par rapport aux bétons ordinaires.
Cependant, ces bétons ont un comportement fragile aussi bien en compression qu’en traction.
Pour y remédier et assurer un comportement ductile, la solution consiste à intégrer des fibres au
BUHP qui devient dès lors un Béton Fibré Ultra Performant (BFUP).
Par définition, les BFUP se distinguent des bétons à hautes performances et à très hautes
performances par leurs résistances caractéristiques en compression supérieures à 150 MPa à 28
jours, par l’emploi de fibres qui assurent la non fragilité du matériau, par leur fort dosage en liant
et leur très faible dosage en eau, et par la sélection particulière des granulats (AFGC,2002) [9].
Les domaines d’applications du BFUP sont très variés. Le BFUP peut être utilisé seul ou être lié
monolithiquement, avec un béton usuel ou des poutres métalliques, pour fonctionner comme une
structure mixte. Son emploi sera d’autant plus efficace si plusieurs de ses propriétés particulières
(durabilité, résistance à la compression et à la traction) sont exploitées simultanément (fig. II.1).
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Figure II. 1 : Optimisation de l’emploi du BFUP par l’exploitation simultanée de ses propriétés
principales. Degré d’efficacité: + = bon, ++ = très bon, +++ = excellent.
Les principales applications peuvent être classées dans trois domaines : nouvelles
constructions, renforcement/réhabilitation de structures et éléments non structurels. La fig. II.2
illustre les sections de poutres de même résistance, conçues avec différents matériaux.
L’économie de matériau, rendue possible par l’utilisation d’un BFUP, est clairement mise en
évidence.
Figure II. 2 : Comparaison entre différents éléments de structure de mêmes résistances conçues
avec différents matériaux.
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Figure II. 3 : Protection ou renforcement d’un béton armé par une couche de BFUP.
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Les principes de base de la formulation des BFUP ou BFUHP ont été étudiés par plusieurs
auteurs [11].
- Réduction de la taille des gros grains afin de diminuer l’effet mécanique lié à
l’hétérogénéité du matériau (taille maximale de moins de 7 mm selon les
recommandations japonaises et inférieure à 2,5 mm pour les recommandations de
l’AFGC 2002 [12].
- Augmentation de la quantité de la pâte cimentaire, à savoir, le ciment et les additions
pouzzolaniques telles que la fumée de silice [13].
La figure II.4 illustre l'effet physique de la fumée de silice qui réagit comme « les micro-
fillers » en augmentant la fluidité du matériau. Ces ultras fines ont un effet pouzzolanique qui
réagit chimiquement avec l’hydroxyde de calcium (CH), formant des liaisons avec l’hydrate
de silicate de calcium (C-S-H). Donc ces charges améliorent les propriétés de la pâte à deux
niveaux : diminution de la porosité en réduisant l'espace entre les grains par l’évolution du
CH, ainsi qu’une amélioration des propriétés mécaniques de la pâte cimentaire en réagissant
avec le CH :
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Figure II. 4 : Effet des ultras fines et du ciment sur la compacité du béton [14].
II.4.2. Constituants
La composition des BFUP repose au minimum sur cinq constituants : ciment, fumée de
silice, fibres, eau et superplastifiant. Le rapport eau sur ciment (E/C) varie entre 0,15 et 0,25 avec
des dosages en fumée de silice allant jusqu'à 30%.
Les différents constituants (composants granulaires et adjuvants) qui forment généralement les
BUHP sont :
Les compositions typiques d’un béton ordinaire, d’un béton à hautes performances BHP et
d’un Béton ultra hautes performances fibré (BFUHP) sont données dans le tableau II.2. Le
BFUHP est un béton à granulométrie fine, avec une sélection optimisée de granulats, un haut
taux de ciment et de fines (principalement de la fumée de silice), et un rapport eau/liant bas. De
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
plus, la quantité de superfluidifiant utilisée dans le BFUHP est plus élevée que celle utilisée dans
le béton normal ou à haute résistance.
Tableau II. 2. Composition et propriétés de trois bétons différents, béton ordinaire, béton à
hautes performances :
Superplastifiant / 5 10-40
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
II.4.2. 1. Ciment
Le choix du ciment est fait à partir de sa classe de résistance, qui est par définition la
résistance à la compression minimale garantie à 28 jours le choix ce fait donc à partir des
caractéristiques d'hydratation, de l'agressivité du milieu et d'une façon plus générale, de la
composition du béton et de l'usage auquel on le destine. Pour bénéficier pleinement de l'activité
pouzzolanique des fines d'addition, on privilégie souvent les ciments sans ajouts (CEM I) par
rapport aux ciments avec ajouts (CEM II à CEM V).
Les Bétons Fibrés Ultra Performants (BFUP) possèdent des quantités importantes en
ciment et leur masse varie entre 700 et 1000 kg/m3, beaucoup plus élevée que pour des bétons
conventionnels qui ont une masse de 300 à 375 kg/m3. Les ciments pour les BFUP doivent avoir
une faible teneur en alcalin et C3A permettant ainsi de réduire les besoins en eau, et la chaleur
d’hydratation [18].
Afin de créer suffisamment de pâte dans ce type de béton, il est nécessaire de combiner
cette importante quantité de ciment avec la fumée de silice pour enrober les fibres de manière
satisfaisante. La pâte liante (eau+ ciment+fumée de silice) doit être optimisée pour que le
mélange ait un comportement auto-plaçant avec un comportement mécanique meilleur.
Le terme pouzzolane a deux sens bien distinct, le premier indique les roches pyroclastiques
de structure vitreuse et parfois zéolithique , qu’on trouve au voisinage de la région de Pouzzol ou
de Rome en Italie, le second qui est plus large en terme d’origine géologique , composition et de
structure, englobe tous les matériaux inorganiques d’origine naturelle ou artificielle qui
réagissent puis se solidifient dans l’eau en présence de la chaux ou mélangés avec d’autres
matériaux qui peuvent libérer de l’hydroxyde de calcium (clinker du ciment Portland).
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
millénaires, plusieurs études ont montrées par la suite que les bétons avec ajout de matériaux
pouzzolanique ont montrés d’incroyable résistance mécanique et de bonne résistances au agents
agressifs.
Elle est d’aspect rugueux, caverneux, de porosité fermée, sa densité apparente varie de
0.65 à 0.95. La pouzzolane résiste au feu et au choc thermique. Elle fond vers 1140 °C.
Elle est constituée de trois oxydes principaux : SiO2, Al2O3, Fe2O3. Parfois de la chaux
mais pas suffisamment pour donner naissance au sel insoluble de la chaux, de silice d’alumine
dont la formation provoque la prise. Seule elle n’a guère de propriétés hydrauliques que
lorsqu’elle est mélangé a de la chaux.
C’est une poudre hautement pouzzolanique de très grande finesse, dont la taille des
particules est comprise entre 0.05 et 0.1 µm, c’est à-dire 100 fois plus grande que celle du
ciment, sa surface spécifique est d’environs 20 000 m2/kg (selon la méthode d’adsorption
d’azote) est elle ne peut être déterminée par la méthode de Blaine à cause de sa finesse très
élevée. Il s’agit d’un coproduit, recueilli sur des électro-filtres, du processus de fusion permettant
de produire du silicium métal et des alliages de Ferro silicium.
− Les ultrafines incorporées telles que la fumée de silice agissent à trois niveaux :
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
− Une effet de remplissage (effet filler) par l’augmentation de la compacité du matériau par
l’occupation des vides entres les grains de ciment, des fibres et de sable (figure II.6)
− Amélioration de la rhéologie du mélange grâce à la finesse et la forme des grains.
− Formation d’hydrates qui contribue à l’amélioration des propriétés mécanique par activité
pouzzolanique.
Grâce à ces trois actions, le BFUP peut avoir une structure très compacte avec une
meilleure résistance. Plusieurs auteurs ont étudié le dosage nécessaire en fumée de silice donnant
les meilleures performances. Parant 2003 [20], propose d’introduire 25% en fumée de silice,
Chan et Chu 2004 [21], montrent qu’effectivement l’énergie nécessaire pour arracher les fibres
de la matrice ainsi que la contrainte d’adhérence atteignaient les meilleures performances avec
des teneurs entre 20 et 30 %.
Figure II. 6: Représentation schématique d’une fibre mélangée avec une matrice cimentaire
avec et sans l’ajout de la fumée de silice [22].
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CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Les cendres volantes, sont l’ajout le plus fréquemment utilisé dans le béton. Selon la
norme NF 450 c’est un résidu finement divisés de nature vitreuse résultant de la combustion du
charbon pulvérisé et évacué de la chambre de combustion d’un four par les gaz qui sont
échappent à des températures de l’ordre de 1550 °c. La plupart des cendres volantes sont un sous
produit des centrales thermiques.
La dimension des particules de cendres volantes est comprise entre moins de 1µm et plus
de 100 µm, avec une dimension caractéristique de moins de 20 µm. La surface spécifique est
généralement comprise entre 300 et 500 m2/kg, bien que certaines cendres volantes aient des
surfaces spécifiques aussi faibles que 200 m2/kg et aussi élevées que 700 m2/kg.
La densité des cendres volantes varie de 1,9 à 2,8. Elle est généralement de couleur beige ou
grise. Les cendres riches en calcaire (teneur en CaO 10-35 %) avec un effet pouzzolanique fort et
celles pauvres en calcaire (CaO < 5 %) avec une activité pouzzolanique faible [23].
MCQ/15 Page 23
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
II.4.2. 3. Le sable
Définition
On définit les sables comme étant la fraction des granulats pierreux dont les grains ont
des dimensions comprises entre 80 µm et 05µm ; il s’agit d’une définition globale, dont les
bornes varient d’une classification à une autre. Ce matériau dont le diamètre maximal est
inférieur à 6.3 mm et dont le passant à 80µm n’excède pas 30 % dans le sens le plus courant, on
entend par « sable » les éléments de dimension 0 à 5 mm, les fillers non compris. A cette
définition se rattachent les sables de concassage ; mais lorsqu’on dit sable, on pense
essentiellement aux sables naturels abondants dans de nombreux pays et dont les réserves sont
inépuisables. Les sables utilisables sont ceux conformément aux définitions des normes NFP 18-
541 (Es ≥ 75 si le sable est roulé et Es ≥ 65 s’il est broyé). Il peut s’agir d’un sable alluvionnaire,
de ballastière ou de concassage 0/d.
Le sable utilisé doit avoir une nature minéralogique très dure, de classe granulaire serrée et
d’un module de Young voisin de celui de la pâte, développant ainsi une bonne adhérence
granulat-pâte. En effet on distingue deux catégories de sable : les sables concassés améliorent les
résistances mécaniques par des propriétés d’interface supérieures (adhérence) et limitent ainsi la
microfissuration. Les sables roulés quant à eux, augmentent la rhéologie du mélange
granulaire[24]. La taille moyenne du sable utilisée dans la fabrication des BFUP et inférieure à
1mm [25]. Il faut noter que les distributions de la taille des grains de ciment, de la fumée de
silice et du sable doivent être optimisées afin d'obtenir une haute compacité et donc une matrice
dense avec une très faible perméabilité [26].
MCQ/15 Page 24
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Définition
Un adjuvant superplastifiant haut réducteur d’eau est un adjuvant qui, sans modifier la
consistance, permet de réduire fortement le rapport E/C, en augmente considérablement
l’affaissement (l’étalement).
Les superplastifiants hauts réducteurs d’eau sont des polymères de synthèse fabriqués
spécialement pour l’industrie du béton. Ils sont à base de sels de sodium ou de calcium de poly-
naphtalène sulfoné (PNS), polymère avec des fonctions polycarboxylate polyoxéthylène (PCP),
de sel de sodium de poly-mélamine sulfoné(PMS).
Polynaphtalène sulfonâtes(PNS) :
Le PNS est un polymère composé d’un aldéhyde et de naphtalène sulfoné, sont d’une
efficacité dispersante très liée à la nature du ciment.
Polymélamine sulfonâtes(PMS) :
Le PMS est une polymélamine sulfonate effectué à partir de la mélamine, du forma aldéhyde
Le PCP est un polymère dont le mécanisme de dispersion se fait par une répulsion combinée
d’effets électrostatiques. Le groupement fonctionnel est formé d’acides métacryliques ou
acryliques [27].
Lorsque les molécules organiques des superplastifiants sont introduites dans une suspension d’un
matériau cimentaire, une grande partie d’entre elles vient se fixer à la surface des particules de
ciment (adsorption).
Ces dernières réduisent les forces attractives d’interactions inters particulaires, qui existent entre
les atomes des différentes particules.
MCQ/15 Page 25
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Les adjuvants superplastifiants, par leur effet physique modifiant les forces inter particulaires,
peuvent intervenir dans les processus chimiques de l’hydratation et notamment de la nucléation
et la croissance cristalline.
Les superplastifiants sont des produits nécessaires pour la fabrication des Bétons Fibrés
Ultra Performants (BFUP) afin de donner au matériau une bonne rhéologie. C'est d'ailleurs le
développement de super plastifiant performant qui a permis la réduction du rapport E/L
nécessaire à la fabrication des BFUP. Le super plastifiant doit être choisi en tenant compte de sa
compatibilité avec le ciment et de son efficacité. Le dosage et aussi un paramètre important qui
varie selon le type de super plastifiant utilisé, la composition de BFUP ainsi que la séquence de
malaxage. Généralement les superplastifiants de la troisième génération tels que le
polycarboxylate haute réducteur d’eau sont utilisés [28], pour leur fort pouvoir de défloculation.
Ils peuvent également réduire les besoins en eau de près de 40% avec une très bonne fluidité qui
peut persister jusqu'à 60 minutes sans qu’il y ait ségrégation [29].
MCQ/15 Page 26
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
L’ajout de fibres dans le béton modifie ses propriétés. Largement utilisées pour assurer la
pérennité des ouvrages, certaines sont capables de coudres les macro fissures (figure II.11). Une
pièce en béton armé renforcée à l’aide d’une couche en béton de fibres permettra d’augmenter la
résistance au feu (par limitation des ouvertures des fissures et aussi protègent les armatures
traditionnelles). Il existe maintenant trois gammes de fibres utilisées pour des applications très
différentes : métalliques, macro fibres synthétiques et microfibres polypropylènes.
Les fibres sont classées selon leur origine (naturelle, synthétique ou artificielle), leur
forme (droite, ondulée, aiguille,…etc), leur dimension (macro ou micro-fibre) et aussi par leurs
propriétés mécaniques. Les principales fibres utilisées sont:
1. Fibres minérales: Elles regroupent plusieurs sortes de fibres (amiante, alumine ...etc), et
sont utilisées en grande quantité dans plusieurs applications traditionnelles. Les
fibres d’amiante autrefois utilisées pour l’isolation et lignifugeage, se sont
aujourd’hui révélées cancérigènes.
MCQ/15 Page 27
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
2. Fibres végétales: La principale fibre végétale est la cellulose qui résiste aux alcalis.
Les fibres végétales résistent aussi à la plupart des acides organiques mais sont
détruites par les acides minéraux forts. Il existe quatre sortes de fibres végétales: les
fibres provenant des poils, les fibres du liber, et les fibres extraites des troncs de
certaines graminées. Elles sont souvent utilisées dans la fabrication d u papier et dans les
panneaux de construction (fibres de bois).
3. Fibres synthétiques :
Cette famille regroupe plusieurs types de fibres comme le (nylon, polypropylène, polyester
…etc.). Elles sont apparues à la fin du ХІХéme siècle sous le nom de rayonne. Elles sont
dérivées de la cellulose naturelle. Aujourd’hui, la plupart des fibres synthétiques proviennent
de produits dérivés du pétrole et de polymères géantes dont la structure ressemble à celle
des matières plastiques. La première fibre plastique commercialisée avec succès, le Nylon,
daté de 1938. Depuis, de nombreux synthétiques, dont les fibres acryliques, l’aramide,
l’oléfine et le polystyrène sont apparus. Ces fibres ont également été étudiées à des fins
industrielles très précises, telles que la fabrication des matériaux d’isolation, tissus pare-
balles, les fuselages et ailes d’avion.
4. Fibres artificielles :
Ce type de fibres est le plus utilisé dans le domaine industriel en général et dans le
domaine de génie civil en particulier. Il regroupe les fibres de verre, les fibres de carbone,
les fibres d’acier et d’autres. Elles sont aujourd’hui les plus répandues dans l’industrie de la
construction.
a. Fibres de cellulose.
Les fibres de cellulose sont obtenues à partir du bois par différents processus chimiques et
mécaniques. Elles étaient utilisées pendant des années comme un additif au ciment d’amiante et
non pas comme un renfort. Aujourd’hui, elles sont utilisées principalement pour renforcer les
matrices organiques et aussi des matrices cimentaires destinées à la fabrication des plaques
minces, des pipes, et d’autres types d’éléments. Leurs propriétés physiques sont changeables
selon les modes de fabrication de ce type de fibres. Les diamètres de ces fibres varient de 1 à 4
mm, tandis que leurs longueurs comprises entre 10 à 50 mm, alors que l'é lancement peut
être dans les environs de 100. Leurs résistances en traction varient entre 10 et 30 MPa. Elles
MCQ/15 Page 28
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
sont très efficaces dans l’amélioration de la résistance mécanique d’un composite. Cette
amélioration est réalisée essentiellement par le freinage des fissures.
b. Fibres de polypropylènes
c. Fibres de verre
Ces fibres sont fabriquées à partir de verre fond u qui passe dans une filière, chauffé
par effet Joule, qui comporte 50 à 800 trous d’un diamètre de l’ordre de 10 à 100 μm.
Elles sont disponibles dans le commerce sous forme de bobines (découpage à la
demande) ou sous forme de morceaux prédécoupés de 3, 6, 12, et 50 mm de long. Ils
sont regroupés en trois types : La fibre de verre classique (silice, soude, chaux), la fibre de
verre au zirconium et la fibre de verre au borosilicate.
MCQ/15 Page 29
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
d. Fibres métalliques
Ce type de fibres, qui regroupe les fibres d’acier et les fibres de fonte amorphe, a été et
reste encore l’objet de recherches très importantes dans le monde. On se limite aux fibres
d’acier mécaniques du béton renforcé par ces fibres sont influencées par la résistance
d’adhésion à l’interface entre fibre et matrice. Les fabricants des fibres d’acier ont essayé
par tous les moyens d’améliorer l’adhérence en jouant sur l’irrégularité de la surface de la
fibre, ce qui les conduit aux nombreuses variétés de fibres qui se différencient les unes des
autres par leur diamètre, leur section (ronde, carrée, rectangulaire), leur longueur et leurs
modes d’opération. Les diamètres des fibres d’acier varient généralement entre 0.1 e t 0.7
mm, avec des longueurs de 10 à 70 mm.
Les fibres métalliques utilisées en dallage industriel sont le plus souvent des fibres
tréfilées comportant généralement des fils de 1 mm de diamètre. Les différentes fibres
existantes se différencient les unes des autres par le type d'ancrage actif dans la matrice du béton.
Il existe des fibres fabriquées avec un ancrage dit déformable, par exemple des fibres à crochets
telles que celles commercialisées par la société Bekaert sous la marque "Dramix" ou des
fibres ondulées telles que celles commercialisées par la société Trefil Arbed. Cette société
fabrique également une fibre commercialisée sous la marque "Twin-set" qui possède un
cône indéformable à chacune de ses extrémités. Ce type d'ancrage est beaucoup plus rigide que
l'ancrage obtenu par des crochets ou des ondulations.
Dans les premières études, les chercheurs ont essayé, par l’incorporation de fibres dans le
béton, d’augmenter ses caractéristiques mécaniques comme la résistance à la compression ou la
résistance à la flexion, mais les résultats obtenus n’étaient pas ceux escomptés.
MCQ/15 Page 30
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Il est à noter que le rôle principal des fibres dans un matériau peut-être lié à deux points
essentiels:
qui accroît la sécurité lors des états de chargement ultimes voir figure II.13.
La dimension des granulats est très importante pour avoir un bon béton résistant et une bonne
ouvrabilité.
Les B.R.F sont composés, en plus des gros granulats, d’une quantité de fibres, qui en entrant
en contact avec ceux-ci tend à figer leur mouvement, fait qui se répercute
principalement sur la maniabilité.
Les multiples travaux de recherche montrent que la mise en œuvre des B.F.M. est souvent
difficile et a toujours posé des problèmes. Ainsi pour faciliter cette mise en œuvre, la
composition d u béton ne doit en aucun cas contenir des éléments dont la taille est supérieure au
quart de la longueur de la fibre (une dimension maximale d’environ 8 à 15mm), c’est la raison
qui fait que les bétons de sable se révèlent compatibles à l’inclusion des fibres d’où l’utilisation
de petits granulats (1-7 mm) dans l’élaboration des BFUP.
MCQ/15 Page 31
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
Figure II. 14: Effet de la taille d’agrégat sur la distribution des fibres dans un carré avec une
longueur égale à la longueur d’une fibre.
L’adhérence fibres - matrice est un facteur très important vis-à-vis de l’efficacité des
fibres dans la matrice. D’après Bartos (1981), l’adhérence entre fibres et matrice est assurée par
trois liaisons :
Des essais d’arrachement effectués par Eurosteel sur les fibres ondulées (1982) montrent
que la résistance d’adhérence dépend de la teneur en ciment dans la matrice. [31]
MCQ/15 Page 32
CHAPITRE II Les bétons fibrés à ultra hautes performances
–Dallages,sols
industriels,planchers,
dalles de compression
– Éléments préfabriqués
0,5 à 2 % Renfort pour
–voussoirs de tunnels,
Fibres métalliques en volume bétons structurels
poutres,conteneurs, tuyaux
40 à 160 kg/m3 et armature
– Bétons projetés en travaux
structurelle souterrains, stabilisation
de pente et ouvrages
d’assainissement
– Pieux de fondation, semelles
filantes
– Dallage
Fibres 0,5 à 2 % Limitation de la – Voussoirs de tunnels
polypropylène fissuration
en volume –Revêtement ouvrages
liée au retrait
0,5 à 2 kg/m3 souterrains
Amélioration de la
tenue – Mortiers projetés
au feu des bétons – Parements esthétiques
MCQ/15 Page 33
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
III.1. Introduction
La clé du mélange pour un BFUP est l’eau ou plus précisément la très petite quantité
d’eau qui est utilisée (ratio eau/ciment +/- 0.2). Pour que ce mélange puisse fonctionner avec
si peu d’eau, un adjuvant et une matrice avec de très fines particules sont utilisés.
L’optimisation granulométrique du mélange doit être très précise. Les composantes sont
sélectionnées avec des dimensions relatives qui permettent aux particules de rouler l’une sur
l’autre et créer un produit extrêmement compact avec de minuscules porosités discontinues.
Comparés à un béton normal, les constituants du BFUP font en sorte que le comportement du
produit final est littéralement à une autre échelle [32].
On s'intéressera à l'étude de l'écoulement du béton alors qu'il est encore à l'état frais et
maniable. Le BFUP ne nécessite aucune vibration lors de sa mise en place. Son excellente
ouvrabilité autorise à la fois des applications en préfabrication et sur chantiers. La
consistance, adaptée au mode de mise en place, peut être fluide dans le cas d’un coffrage de
géométrie complexe.
Dans la recherche, on utilise un rhéomètre, appareil qui sert à étudier les propriétés
rhéologiques des substances, pour évaluer le comportement rhéologique des BUHP.
MCQ/15 Page 34
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Bonneau, 1997 a montré que les BUHP, sont visqueux et très collants, dont les propriétés
rhéologiques diminuent dans le temps dès la fin du malaxage.
Mesure de l’étalement
L’essai le plus courant permettant de caractériser la mobilité en milieu confiné, car le plus
facile à mettre en œuvre, est l’essai d’étalement réalisé à l’aide d’un cône à mortier (« petit »
cône d’Abrams) selon les recommandations de l’Association Française de Génie Civil
(AFGC) Figure III.2.
MCQ/15 Page 35
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Les formules types de BFUP sont généralement de consistance fluide ce qui permet un
remplissage aisé des coffrages. La plage d’ouvrabilité est cependant très large : il est possible
de réaliser des BFUP d’extrusion ou autoplaçants.
13 litres de béton sont mis dans la partie verticale puis on laisse le béton se reposer pendant
1 minute. La trappe est ensuite levée et le béton s’écoule dans la partie horizontale de la boite
à travers le ferraillage. A la fin de l’écoulement, on mesure les hauteurs H1, H2 et le résultat
est exprimé en termes de taux de remplissage H2/H1. Figure III.3
MCQ/15 Page 36
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
La ségrégation statique n’est pas décelable en surface (sauf si elle s’accompagne de ressuage).
Il est donc nécessaire de l’appréhender en amont du coulage. Les essais permettant de mettre
en évidence et de mesurer la ségrégation statique sur béton frais seront tout d’abord présentés.
Des études portant sur la compréhension des mécanismes du phénomène seront ensuite
abordées. Nous verrons qu’elles restent limitées mais qu’elles ouvrent cependant quelques
pistes de recherche.
En l'absence d'expérience pertinente, les conseils généraux suivants sur les classes de
résistance à la ségrégation mesurée par l’essai de stabilité au tamis sont donnés: si les classes
d’étalement sont hautes et/ou la classe de viscosité est faible, la résistance à la ségrégation
devient un paramètre très important. Si aucune de ces situations ne s’applique, il n'est
généralement pas nécessaire de spécifier une classe de résistance à la ségrégation.
MCQ/15 Page 37
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
- SR1 est généralement applicable pour les dalles minces et pour les applications verticales
avec une distance d'écoulement de moins de 5 mètres et un intervalle d’écoulement supérieur
à 80 mm.
- SR2 est préféré dans des applications verticales si la distance d'écoulement est supérieure à 5
mètres et si l’intervalle d’écoulement supérieur à 80 mm, afin de prendre soin de la
ségrégation lors de l'écoulement.
SR2 peut également être utilisé pour des applications verticales avec un intervalle
d’écoulement de moins de 80 mm si la hauteur de chute du béton est inférieure à 5 mètres,
mais si la hauteur de chute est supérieure à 5 mètres, une valeur cible de SR de moins de 10%
est recommandée.
Après prélèvement, le béton frais est laissé au repos pendant 15 min et toute remontée
d'eau de ressuage est notée. La partie supérieure de l'échantillon (4,8±0,2 Kg) est ensuite
versée dans un tamis des ouvertures carrées de 5 mm. Après 2 min, le poids du matériau qui a
traversé le tamis est enregistré. Le ratio de ségrégation est alors calculé comme la proportion
MCQ/15 Page 38
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Où:
mps : est la masse du fond de tamis plus masse de la laitance écoulée, en grammes;
L’appréciation de la ségrégation statique peut être effectuée en se basant sur les résultats de
l’essai de stabilité au tamis. Plus le béton est stable « pâte visqueuse et cohésive » plus le
risque de la ségrégation statique est moindre [55].
III.3.1. Pompabilité
La technique de pompage est utilisée depuis des années. Elle permet l’acheminement du
béton frais dans le coffrage sans utiliser de benne ni de bande transporteuse. Cette technique
est largement utilisée dans le domaine de la construction car elle présente plusieurs avantages
[34] :
Cependant le pompage du béton est plus complexe que celui de l’eau et il est nécessaire
de savoir au préalable si un béton est pompable ou non. Le béton frais présente des propriétés
d’écoulement particulières mais de manière générale un béton pompable est un béton qui
garde ses propriétés rhéologiques et qui ne ségrége pas tout au long de l’opération [35]. De
plus, il est nécessaire d’assurer un approvisionnement continu en béton car il faut limiter les
temps d’arrêt afin d’éviter tout risque de blocage.
MCQ/15 Page 39
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Les BFUP possèdent des propriétés remarquables, aussi bien en termes de performances
mécaniques que de durabilité. Ces propriétés sont obtenues grâce à une microstructure très
compacte, due à une utilisation d’une grande quantité de liant, de sable fin, d’adjuvant et d’un
faible rapport E/C. Nous avons vu auparavant qu’un traitement thermique peut également être
appliqué en complément pour accélérer les évolutions des performances mécaniques, ou les
accroitre par transformation des hydrates afin d’en former de plus résistants.
Une des propriétés exceptionnelles des BFUP est leur résistance caractéristique en
compression à 28 jours, généralement supérieure à 150 MPa, et pouvant aller jusqu’à 250
MPa (AFGC, 2013). L’optimisation du squelette granulaire permet de diminuer le volume des
vides et par conséquent d’augmenter la résistance en compression. Le traitement thermique
permet de modifier la structure des hydrates pour les rendre encore plus performants. L’ajout
de fibres peut améliorer la résistance en compression si le dosage volumique est supérieur à
2%. Tout d’abord, nous présentons, sur la figure III.5 , le comportement en compression
MCQ/15 Page 40
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Le rapport E/L
Les acquis techniques et les progrès récents dans le domaine de la science des matériaux
ont contribués de manière fondamentale à la compréhension du comportement mécanique du
béton, permettant d’intervenir sur les origines des faiblesses au niveau de la microstructure du
matériau. En particulier, les connaissances approfondies sur l’hydratation du béton et sur
L’optimisation de la granulométrie ont ouvert le chemin vers un développement poussé des
matériaux cimentaires et vers la conception de bétons à hautes et ultra-hautes performances.
MCQ/15 Page 41
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Une grande porosité caractérise en particulier la matrice qui se trouve dans la zone en
proximité des agrégats, appelée “zone de transition”, ou les grands cristaux de ciment
hydratés se forment. Dans cette zone fragile, des micro-fissures peuvent apparaitre à cause des
contraintes dues au retrait de la pâte de ciment, empêché par les agrégats. Les variations
d’humidité et de température, différentes pour la pâte et pour les agrégats, peuvent également
favoriser la fissuration.
MCQ/15 Page 42
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
La conduite de l’essai est la suivante: l’éprouvette, une fois rectifiée doit être centrée sur
la presse d’essai avec une erreur inférieure à 1% de son diamètre. La mise en charge doit être
effectuée à raison de 0.5 Mpa avec une tolérance de ± 0.2 Mpa pour des éprouvettes de
15x15x15cm. La charge de rupture est la charge maximale enregistrée au cours de l’essai.
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CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Une caractéristique remarquable des BFUP est leur résistance en traction dont la valeur
minimale de 6 MPa d’après la prénorme (PR NF P18-470) est largement supérieure à celle
des bétons ordinaires qui est de l’ordre de 3 MPa. Cette propriété est acquise grâce à
l’optimisation de la compacité de la matrice et à l’ajout de fibres. L’incorporation de fibres
dans la matrice cimentaire permet également d’améliorer fortement le comportement post-
fissuration.
Les fibres utilisées sont le plus souvent métalliques. Le dosage et les dimensions de fibres
sont optimisés vis-à-vis du comportement en traction recherché et des conditions de mise en
œuvre, avec ou sans vibration. Il est également possible de combiner des fibres de dimensions
variables afin d’améliorer la résistance à la traction et la ductilité. En effet, les microfibres
(fibres courtes) retardent le développement des microfissures tandis que les macrofibres
(fibres longues) peuvent conférer au matériau une grande ductilité [9].
MCQ/15 Page 44
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Une différence majeure entre les deux matériaux, BRF et BFUP, au niveau du
comportement en traction, est le patron de fissuration. Dans le cas d’un BRF conventionnel, la
fissuration est unique et localisée tandis que pour un BFUP la fissuration est multiple avant de
se localiser. La figure ci-dessus, divise le comportement en trois (3) phases distinctes, dont la
deuxième n’est pas présente dans le comportement du BRF.
MCQ/15 Page 45
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Pour une même teneur en fibre et un même type de fibres, Richard et al, 1995 montrent que le
BPR200 présente une résistance à la flexion de 30 à 50 MPa tandis que le BPR800 avec
pressage atteint des résistances de 45 MPa à 140 MPa [37].
Les essais les plus courants sont des essais de traction par flexion. Ils s’effectuent en
général sur des éprouvettes prismatiques de côté a et de longueur 4a, reposant sur deux
appuis :
Soit sous charge concentrée unique appliquée au milieu de l’éprouvette (moment maximal au
centre).
Soit sous deux charges concentrées, symétriques, égales, appliquées au tiers de la portée
(moment maximal constant entre les deux charges) [38]
Cette caractéristique mécanique est aussi importante que les précédentes car elle
conditionne la rigidité des structures. En comparant un béton blanc à des bétons de fibres, on
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CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
note une légère augmentation du module avec la teneur en fibres qui peut s'expliquer à l'aide
de la loi des mélanges. Quant au béton de fibres optimisé, le sable induit une baisse de module
par rapport au béton témoin [39].
Le terme fatigue est généralement utilisé pour décrire la déformation et la rupture des
matériaux sous chargement cyclique. L’endommagement des matériaux par fatigue provient
du caractère cyclique des sollicitations qui leur sont appliquées. Ce dommage peut conduire à
la ruine du composant ou de la structure elle-même lorsque son accumulation atteint une
valeur critique qui est fonction du matériau. Cette notion d’endommagement par fatigue,
même si elle est très ancienne, demeure aujourd’hui un domaine de préoccupation important
en fatigue car sa modélisation reste parfois en décalage avec les observations expérimentales.
Sans déformation plastique répétée, même de très faible amplitude, il n’y a pas de fatigue. La
limite conventionnelle de fatigue à 107 cycles correspond à une amplitude de déformation
cyclique de l’ordre de 10-5. Une déformation plastique d’une telle amplitude, appliquée une
seule fois, ne provoque pas une évolution considérable de la microstructure des matériaux. Par
contre sa répétition prolongée entraîne un endommagement cumulatif résultant du mouvement
irréversible des dislocations, qui peut conduire au bout du compte à la rupture. L’objectif
d’une loi d’endommagement en fatigue est de fournir un outil de prévision de durée de vie
pour des structures soumises à des sollicitations variables. Le dimensionnement d’une
structure à la fatigue est plus difficile que pour les charges statiques, car les ruptures par
fatigue dépendent fortement des contraintes locales [40].
C'est un essai non destructif très important qui permet de détecter à la fois plusieurs
caractéristiques du béton durci telles que: le degré de compacité, le taux de fissuration.
MCQ/15 Page 47
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Cette dernière présente la meilleure méthode. Elle consiste à presser les deux têtes de mesure
sur deux faces de l'éprouvette, en utilisant une pâte de contact qui facilite la transmission du
son. La surface du béton doit être raisonnablement plane et bien nettoyée. Une fois l'appareil
mis en marche, on peut lire le temps de propagation en microseconde.
V = d/t
t: temps en microseconde
Des travaux effectués montrent qu'il y a une relation directe entre la vitesse de propagation
des ondes dans un béton et sa qualité. Le tableau III.1 donne un classement.
MCQ/15 Page 48
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
III.4.7. Le Retrait
Dans les BFUP, le retrait endogène de la matrice cimentaire est comme pour les BHP,
suite au faible rapport eau/ciment qui conduit à un diamètre des pores réduit. Ce retrait
endogène n’est pas gêné par le squelette granulaire, et la formation de microfissures est
extrêmement faible.
Neville 1995 [42], a enregistré un retrait endogène de 700 μm/m pour un BUHP de rapport
E/C égal à 0,17. Loukili et al, 1999 [43] ont trouvé un retrait endogène d’une valeur maximale
égale à 500 μm/m à 160 jours, dont 45 % atteint en 1 jour et 95 % en 10 jours, sur des BUHP
fibrés. Ils indiquent que les BUHP contenant plus de pâte de ciment, ils présentent un retrait
endogène plus élevé que celui des bétons ordinaires. En revanche, malgré l’absence de
résultats expérimentaux à ce jour, les BUHP traités thermiquement à très haute température et
en étuve pourraient développer un retrait quasiment nul.
Loukili, 96 [44], a montré que le retrait endogène devient de nouveau faible pour les (BPR)
avec de très faibles rapports E/L (0.15 à 0.09), présentant ainsi une relation inverse entre le
retrait endogène et le rapport E/C et qui diffère de la tendance habituelle et couramment
observée, voir Figure III.13.
MCQ/15 Page 49
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Pour le béton durci, le retrait de séchage reste présent, mais les fissures sont mieux contrôlées.
Les fissures sont donc plus minces, moins longues et mieux distribuées sur la surface totale de
l’ouvrage. Elles peuvent même s’avérer invisibles à l’œil nu [45].
III.4.8. Le fluage
Les BFUP présentent un fluage (déformation différée sous chargement permanent) plus
faible que les bétons traditionnels (surtout avec des formulations à base de fumées de silice).
La cinétique de fluage propre est très rapide (le fluage est accéléré et se manifeste dès les
MCQ/15 Page 50
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
jeunes âges du béton) et se stabilise plus vite. Le fluage de dessiccation est très faible. Le
fluage est d’autant plus faible que la résistance en compression est plus élevée.
Alepardi et al, 1997 [46] ont mesuré les déformations dues au fluage de BUHP traités à 90°C,
d’une résistance de compression maximale de 160 MPa, et chargés à 7 jours. Sous une
contrainte de 53 MPa, le fluage spécifique du BUHP est d’environ 35×10-6 MPa et
correspondrait au tiers du fluage spécifique du béton ordinaire. Ils mentionnent que des
résultats d’essais non publiés indiquent que le fluage spécifique des BUHP autoclavés est
encore plus faible.
Selon Loukili, 96 [44], les bétons à ultra haute performance (CRC et BPR avec fibres)
présentent un fluage spécifique deux fois plus grand que celui des bétons à très haute
performance malgré leurs faibles rapports E/C. L’auteur attribue ceci au grand volume de pâte
(58 % dans le cas du BPR et 48 % dans le cas du CRC contre un volume de 30 % dans le cas
des bétons à hautes performances), voir Figure III.14.
Figure III. 15: Comparaison du fluage spécifique des bétons à ultra hautes performances.
MCQ/15 Page 51
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
III.4.9. La porosité
La microstructure du BFUP est très dense grâce à la contribution des grains de ciment et
de fumée de silice non hydratés au confinement de la structure poreuse « effet de filler actif »
qui se traduit à l’échelle macroscopique par une augmentation des performances mécaniques
du BFUP.
Donc les bétons de très hautes performances se caractérisent par une structure poreuse mono-
modale (un seul pic) comparativement aux bétons conventionnels caractérisés par une
structure poreuse bi-modale, comme l’a montré l’analyse au prosimètre à mercure.
Enfin, les bétons à ultra haute performance sont caractérisés par une porosité totale très
basse et non connectée. Par exemple les BPR traités thermiquement à 90°C sont quasi
imperméables et peuvent présenter une très grande résistance à la pénétration d’ions de
chlorures. Ceci peut être attribué à l’action de la fumée de silice au confinement de la
structure poreuse de la matrice et sa contribution à la réaction pouzzolanique. A titre
d’exemple la porosité totale du BPR est de 4 ±1 [26].
La porosité totale d’un BFUP conservé dans l’eau peut être deux à trois fois plus grande que
celle d’un BFUP traité thermiquement.
III.4.10. La Ductilité
Grâce aux renforcements de la matrice du BFUP aux fibres, notamment les fibres
métalliques, le BFUP se caractérise par une ductilité et une grande capacité de déformation, et
peut être exploité avantageusement dans les zones sismiques en permettant une grande
déformation dans le cas de sections transversales réduites et une grande énergie d’absorption
(comportement adoucissant) [47].
MCQ/15 Page 52
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
III.5.1. Hydratation
Les BFUP sont caractérisés par une hydratation très faible comparativement aux bétons
conventionnels qui peuvent atteindre un degré d’hydratation de 50 % en quelques jours, la
réaction du ciment et la réaction pouzzolanique sont loin d’être complètes à cause du faible
rapport E/L. Il est à noter que l’hydratation est rapide pendant les deux premières semaines
[44].
A 28 jours, Loukili et coll. ont obtenu un degré d’hydratation égale à 57.5 % pour un CRC
composé de 24 % de fumée de silice, sable fin de taille maximale de 4 mm avec un rapport
E/C =0.2, et estime que 377 kg/m3 de ciment reste non hydraté [43].
Par contre l’étude de Matte et coll. sur la matrice de BPR, en utilisant le modèle de NIST
(modèle microstructural) a montré que 99 % de l’eau est consommée après 40 jours et qu’à
partir de cette échéance, le processus d’hydratation s’est stabilisé. Le degré d’hydratation
global obtenu avec ce modèle est de l’ordre de 41 % après 200 jours.
L’hydratation peut se poursuivre dans le temps en présence d’une source d’eau externe,
tel qu’il a été observé par Matte & Moranville (1999), sur des échantillons conservés dans
l’eau dé-ionisée pendant 6 mois, pour lesquels le degré d’hydratation par analyse d’image a
atteint 94 [49].
Les BFUP sont parfaitement adaptés à l’environnement agressif grâce à leur très faible
perméabilité (microstructure ultra-compacte),qui leur procure une meilleure résistance à la
pénétration d’eau, de chlorures, de gaz et de substances chimiques nocives et donc une
meilleure durabilité. Les BFUP peuvent donc être utilisés dans des halles industrielles,
centrales nucléaires, conduites d’eau et d’eaux usées, plates-formes aéronautiques et
structures militaires [50-51].
MCQ/15 Page 53
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
III.6. Durabilité
Le BFUP propose une densité telle que sa perméabilité et sa durabilité qui présentent des
caractéristiques très supérieures à celles d’un béton ordinaire. A l’échelle microscopique,
l’optimisation de l’empilement granulaire confère à la matrice cimentaire une parfaite
compacité.
En plus d’une forte résistance à la compression, cette densité induit une porosité connectée
nulle. Il est impossible pour tout élément chimique de traverser par capillarité les parois d’un
BFUP.
Le BFUP est donc étanche. Il forme une barrière chimique à l’eau, aux embruns et à toutes
agressions chimiques. Il est en cela extrêmement durable, sans besoin demaintenance,
contrairement à l’acier.
MCQ/15 Page 54
CHAPITRE III Caractérisation des BFUP
Son excellente étanchéité à l’air et à l’eau en font un matériau idéal pour l’éco-conception
dans le secteur du bâtiment.
L’étanchéité à l’air et à l’eau permettent d’affiner les façades des bâtiments, mais aussi de
réduire la descente de charges et des quantités de matériaux employés.
Cette possible diminution des épaisseurs des voiles de façade est également envisageable de
par la possibilité de réduire les enrobages des éventuelles armatures du fait de son excellente
durabilité et ductilité [53].
MCQ/15 Page 55
CHAPITRE IV Partie pratique
Pour ce faire, le plan de travail que nous avons dressé est partagé en trois parties :
TROISIEME PARTIE :
MCQ/15 Page 56
CHAPITRE IV Partie pratique
PREMIERE PARTIE
Le ciment utilisé pour toutes les compositions est un ciment Portland composé CEM II/ A-L
de classe 52.5 provenant de la cimenterie de LAFARGE située à M’sila.
Consistance normale 26 %
MCQ/15 Page 57
CHAPITRE IV Partie pratique
Composition Teneur en %
Na2O 0.19
K2O 0.68
MCQ/15 Page 58
CHAPITRE IV Partie pratique
Composition Teneur en %
Insolubles 1.20
Carbonates(CaCO3) 11.21
Composants Teneur en %
Résistances Age
(MPa)
07 jours 28 jours
Flexion 6.8 7
Compression 34 45
Discussion :
MCQ/15 Page 59
CHAPITRE IV Partie pratique
IV.1.2. Le sable :
Les sables utilisés sont, le sable grossier de Chelghoum El-Aid (0/3) et le sable fin de
Boussaâda (0/1). Une série d’analyses permet de déterminer les propriétés physiques et
granulométriques des sables.
Absorption 0.7 %
MCQ/15 Page 60
CHAPITRE IV Partie pratique
Remarque :
Après l’essai de l’équivalent de sable, on a constaté qu’il s’agit d’un sable très
propre (ES ≥ 70) donc il convient très bien pour la composition de notre BFUP.
Tableau IV. 7. Analyse granulométrique par tamisage du sable de Chelghoum El Aid (0/3) :
Ouverture
des tamis Mf
Refus Refus Refus Refus Tamisât
cumulé Cumulé
5 0 0 0 0 100
MCQ/15 Page 61
CHAPITRE IV Partie pratique
∑
Mf =
Mf = = 3.03
Remarque:
On remarque que le sable de Chelghoum El-Aid a un module de finesse élevé (3.03), d’où la
nécessité d’ajouter un sable correcteur (Sable de Boussaâda).
Absorption 0.25 %
MCQ/15 Page 62
CHAPITRE IV Partie pratique
SiO2 96.45
Al2O3 1.37
K2O 0.736
Na2O 0.12
MgO 0.08
CaO 0.43
Ti2O3 0.07
SO3 0.15
Fe2O3 0.29
P2O5 0.009
Remarque :
On remarque que ce sable est très siliceux et contient un % important de silice (SiO2),
donc c’est un sable très adéquat pour la confection de tous les types des bétons et
spécialement ceux de hautes performances comme les BFUP.
MCQ/15 Page 63
CHAPITRE IV Partie pratique
Tableau IV. 100. Analyse granulométrique par tamisage du sable de Boussaâda (0/1) :
Ouverture
des tamis
Refus Refus Refus Refus
Tamisât
Cumulé Cumulé
Fond de
2.93 984.05 0.293 98.405 0
tamis
Remarque :
∑
Mf =
Mf = = 1.83
le module de finesse désiré est Mfx = 2.55 (Mf1 = 3.03 et Mf2 = 1.83)
–
S1 = X 100 %
–
–
S1 = X 100 % = 60 % de sable grossier dont le module de finesse est de 3.03.
–
MCQ/15 Page 64
CHAPITRE IV Partie pratique
–
S2 = X 100 %
–
–
S2 = X 100 %= 40 % de sable fin de module de finesse 1.83
–
Ouverture des tamis 5 2.5 1.25 0.63 0.315 0.16 0.063 Fond
tamis
Du point de vue de la résistance mécanique, une roche peut être caractérisée comme un béton
et avec les mêmes aléas, par sa résistance à la compression et à la traction, par son module de
Young… etc. Ces caractéristiques ne sont pas déterminables sur un granulat, aussi a-t-on recours
à des essais qui tentent d'imiter les sollicitations que subit un granulat dans un ouvrage.
MCQ/15 Page 65
CHAPITRE IV Partie pratique
Cet essai estime la résistance à la fragmentation par chocs et à l’usure par frottements
réciproques. II se pratique sur les classes granulaires 4/6,3 ou 6,3/10 ou 10/14 comme le micro
Deval. On place un échantillon de 5 kg de granulat et 7 à 11 boulets de 417 g dans un tambour
dont une génératrice intérieure est munie d'une plaque. Lorsque le tambour tourne, le granulat et
les boulets s'accumulent sur la plaque pendant une fraction de tour et retombent ensuite. Le
nombre de tours et la vitesse sont précisés par le mode opératoire.
On récupère ensuite le passant P au tamis de 1,6 mm. Le coefficient Los Angeles est:
Le coefficient Los Angeles est d'autant plus élevé que le granulat est moins bon.
Essai micro-Deval est une variante qui se pratique sur des gravillons 4/6,3 ou 6,3/10 ou
10/14. 500g de gravillon sont placés avec une charge de 2 à 5 kg de billes d'acier de 10 mm de
diamètre dans une Jarre cylindrique remplie d'eau. On fait tourner 15 minutes et on récupère le
passant au tamis de 2 mm P. Le coefficient micro-Deval est:
MCQ/15 Page 66
CHAPITRE IV Partie pratique
Le coefficient micro-Deval est d'autant plus élevé que le granulat est moins bon. La corrélation
statistique entre coefficients Deval et micro-Deval est : 80
Tableau IV. 13. Résistances mécaniques de quelques roches utilisées comme granulats :
Microgranite 5 à 10 10 à 28 15 à 25
Granite 10 à 15 13 à 22 15 à 20
Diorite 8 à 25 10 à 20 10 à 30
Basalte 5 à 25 14 à 23 18 à 28
calcaire 15 à 80 7 à 15 20 à 80
Tableau IV. 14. Essais de caractérisation mécanique des gravillons (3/8) de Bouzegza :
MCQ/15 Page 67
CHAPITRE IV Partie pratique
Remarque :
Les essais Micro-Deval et Los Angeles nous renseignent sur la qualité de la roche mais
surtout sur la qualité de concassage. On constate que la fraction 3/8 utilisée a de bonnes
caractéristiques mécaniques. De ce fait on a sélectionné ces gravillons pour figurer dans la
formulation de BFUP.
Tableau IV. 15. Analyse granulométrique par tamisage des gravillons 3/8 de Bouzegza :
10 0 0 0 0 100
MCQ/15 Page 68
CHAPITRE IV Partie pratique
IV.1.4. La pouzzolane :
La pouzzolane utilisée est une pouzzolane naturelle de couleur rouge qui provient de la
carrière de Beni-Saf située à l’ouest de l’Algérie. Avant de l’utiliser comme ajout pour la
confection de notre BFUP, il faut qu’elle soit d’une très grande finesse, pour cela nous l’avons
broyé au moyen d’un broyeur à boulets.
Tout d’abord, il faut que les cailloux introduits dans le broyeur soient de petites
dimensions, et pour faciliter le broyage, on procède au concassage.
MCQ/15 Page 69
CHAPITRE IV Partie pratique
Après le concassage des grands cailloux, on introduit une quantité environs 05 kg dans le
broyeur, mais avant de faire ça, il faut que la pouzzolane soit sèche, pour éviter le colmatage
de la poudre sur les parois intérieurs du broyeur, si elle ne l’est pas on va la sécher à l’aide
d’une étuve à une température de 105 ± 5°C.
Une fois la pouzzolane complètement sèche, elle est introduite dans le broyeur et on procède
au broyage pendant 50 minutes environs.
MCQ/15 Page 70
CHAPITRE IV Partie pratique
L’analyse chimique à était faite au niveau du laboratoire central des travaux publics
Composition Teneurs en %
SiO2 55.50
CaCO3 34.48
MCQ/15 Page 71
CHAPITRE IV Partie pratique
Remarque :
On remarque que la pouzzolane contient un pourcentage important de silice qui pourra être
bénéfique pour les résistances mécaniques des bétons, on note aussi que le pourcentage de la
perte au feu est relativement élevé (20.05 %), ce qui révèle la présence de matière organique
qui pourrait être dangereuse pour le béton si il est exposé à de hautes températures (≥100°C).
Présentation :
La fumée de silice utilisée est «CONDENSIL S95 DP » de Sika. C’est une silice ultra fine
issue de l'industrie de la fabrication du silicium ou des alliages à base de silicium.
Caractéristiques :
- Couleur : grise
MCQ/15 Page 72
CHAPITRE IV Partie pratique
Composition Teneurs en %
SiO2 85.66
CaCO3 8.62
CaSO4.2H2O Traces
CO2 3.79
NaCl 0.23
H2O 1.14
MCQ/15 Page 73
CHAPITRE IV Partie pratique
Conditions d’applications
Afin de tirer toutes les performances de la fumée de silice CONDENSIL S95 DP, il est
indispensable de défloculer complètement les microparticules de silice. Pour cela, la fumée
de silice CONDENSIL S95 DP doit être systématiquement associée avec un
superplastifiant/haut réducteur d’eau de type SIKA VISCOCRETE.
Présentation :
Les fibres métalliques utilisées SIKA® METAL FIBRES RL-45/50-BN, sont fabriqués à
partir de fil d’acier tréfilé. Dont la fabrication est certifié ISO 9001. Elles sont libres non
encollées.
MCQ/15 Page 74
CHAPITRE IV Partie pratique
Caractéristiques :
Longueur (mm) 50
MCQ/15 Page 75
CHAPITRE IV Partie pratique
Précautions d’emploi : Lors de l’ouverture des sacs ou la manipulation des sacs ouverts, il
est conseillé de porter des gants.
IV.1.7. Le superplastifiant
Domaines d’application :
- Dans les bétons autoplaçants, SIKA VISCOCRETE TEMPO 12 améliore la stabilité, limite
la ségrégation du béton et rend les formules moins susceptibles aux variations d’eau et des
constituants.
Caractères généraux :
- robustesse à la ségrégation,
- qualité de parement.
Caractéristiques techniques :
- PH : 6 ± 1
Mise en œuvre : SIKA VISCOCRETE TEMPO 12 est ajouté, soit en même temps que l’eau
de gâchage, soit en différé dans le béton préalablement mouillé avec une fraction de l’eau de
gâchage.
MCQ/15 Page 76
CHAPITRE IV Partie pratique
L’eau utilisée pour la confection de notre BFUP est l’eau potable du LCTP (Hussein-dey,
ALGER).
DEUXIEME PARTIE :
Les BFUP se caractérisent par un faible rapport E/C ce qui va causer une grande perte de
maniabilité de la pâte liante, et influera par conséquent sur l’ouvrabilité du béton. D’autre
part, les BFUP sont mis en œuvre avec une consistance fluide (slump > 20 cm), c’est pour
cela que l’ajout d’un adjuvant superplastifiant est nécessaire.
MCQ/15 Page 77
CHAPITRE IV Partie pratique
But de l’essai :
Cet essai consiste à voir l’influence de polycarboxylates (Tempo 12) sur le comportement
rhéologique de la pâte de ciment
Pouzzolane (g) 10 /
MCQ/15 Page 78
CHAPITRE IV Partie pratique
Mélange 1 :
a . s )
8,000
52.5 + 10% Pouzz+ 1% SP
7,000 52.5 + 10% Pouzz+ 1.5% SP
( P
5,000
4,000
3,000
2,000
1,000
0
0 25,00 50,00 75,00 100,0 125,0 150,0
shear rate (1/s)
MCQ/15 Page 79
CHAPITRE IV Partie pratique
200,0
52.5 + 10% Pouzz+ 1% SP
52.5 + 10% Pouzz+ 1.5% SP
s t r e s s
175,0
52.5 + 10% Pouzz+ 2% SP
52.5 + 10% Pouzz+ 2,5% SP
150,0 52.5 + 10% Pouzz+ 3% SP
125,0
s h e a r
100,0
75,00
50,00
25,00
0
0 25,00 50,00 75,00 100,0 125,0 150,0
shear rate (1/s)
D’après cette figure nous avons constaté une augmentation de l’écoulement de la pâte en
fonction du pourcentage de superplastifiant, ceci s’explique par l’effet défloculant du
polycarboxylate qui enrobe les grains de ciments et les éloigne les uns des autres.
MCQ/15 Page 80
CHAPITRE IV Partie pratique
Mélange 2 :
MCQ/15 Page 81
CHAPITRE IV Partie pratique
D’après cette figure on voit que plus la teneur en superplastifiant augmente, plus le seuil
de cisaillement diminue jusqu’au point de saturation.
MCQ/15 Page 82
CHAPITRE IV Partie pratique
TROISIEME PARTIE :
La formulation des BFUP n’est pas basée sur une méthode de formulation connue comme
celles des bétons ordinaires , elle est basée sur l’expérimentation et le respect du principe de la
formulation cité dans le chapitre II de la partie théorique.
Les moules prismatiques et cubiques ont été fabriqués au laboratoire central des travaux
publics en utilisant un bois traité qui n’absorbe pas beaucoup d’eau.
Les moules prismatiques ont des dimensions de 70 x 70 x 280 mm, et les cubiques ont des
dimensions de 70 x 70 x 70 mm. Pour la fabrication des moules cubiques on a utilisé des
moules prismatiques et on les a séparé avec des carreaux en bois fixés à l’aide d’agrafes afin
de faciliter le démoulage, la figure IV.22 montre la fabrication de ces moules.
MCQ/15 Page 83
CHAPITRE IV Partie pratique
Dans notre travail, on a opté pour la méthode expérimentale suivante pour formuler nos
compositions :
Nomenclature :
BP+F : Béton fibré ultra hautes performances avec 10 % d’addition de pouzzolane + Fibres
métalliques.
BFS+F : Béton fibré ultra hautes performances avec 10 % d’addition de fumée de silice +
Fibres métalliques.
Pour la confection des gâchés, nous avons utilisé plusieurs équipement et fournitures
courants afin d’avoir un composant bien homogène (malaxeur, balance, récipient, spatules,
truelles, huiles de coffrage..)
MCQ/15 Page 84
CHAPITRE IV Partie pratique
Etape 1 : On commence par un mélange à sec afin de garantir une répartition plus ou moins
homogène des différents constituants.
Etape 2 : On verse 2/3 de l’eau de gâchage pendant 3 minutes avec un malaxeur toujours en
marche.
Etape 3 : On ajoute progressivement le 1/3 d’eau restant, mélangé avec le superplastifiant afin
d’assurer une bonne dispersion de l’adjuvant, et on laisse tourner pendant 5 minutes.
Etape 4 : la dernière étape consiste à ajouter les fibres, cette opération se fait manuellement et
d’une manière progressive afin d’éviter la formation d’oursins
Prémix 1
Eau 3
Superplastifiant 5
Fibres 3
Total 12
Le malaxage a été effectué suivant les indications données par Eiffage dans le tableau
IV.22 la précision de dosage des ingrédients ainsi que la puissance de malaxage sont deux
paramètres essentiels pour l’obtention de propriétés rhéologiques et mécaniques désirées.
MCQ/15 Page 85
CHAPITRE IV Partie pratique
À l’état frais :
MCQ/15 Page 86
CHAPITRE IV Partie pratique
30 30
30 affaissement (cm)
25
25
22
20
15
10
0
BP BFS BP+F BFS+F
L’affaissement des bétons sans fibres est total à cause de l’effet fluidifiant de
l’adjuvant et l’absence de fibres qui influent sur les caractéristiques physiques
(maniabilité et ouvrabilité) du béton. On parle alors d’étalement.
Les bétons fibrés : le béton avec de la fumée de silice, présente un affaissement
inférieur à celui avec de la pouzzolane d’une part à cause de la présence de fibres qui
influent considérablement sur la fluidité du béton, d’autre part cela est due a la très
grande finesse de la fumée de silice qui a un grand besoin en eau de part sa grande
surface spécifique.
MCQ/15 Page 87
CHAPITRE IV Partie pratique
Avec un affaissement ≥ 22 cm nos bétons sont de classe S5 « très fluide » selon la norme
NF EN 206-1 qui définit cinq classes de consistance.
MCQ/15 Page 88
CHAPITRE IV Partie pratique
70 65
60
Etalement (cm)
50
50 45
40 40
30
20
10
0
BP BFS BP+F BFS+F
L’étalement obtenu avec la pouzzolane naturelle comme addition est nettement plus
supérieur à celui obtenu avec la fumée de silice, cela s’explique par la surface
développée par les grains de fumée de silice qui est au moins 25 fois supérieur a celle
développée par les grains de pouzzolane, donc on a une meilleur lubrification de la
poudre dans le cas de la pouzzolane.
l’ajout de fibres réduit considérablement la capacité des bétons à s’écouler en milieu
non confiné.
MCQ/15 Page 89
CHAPITRE IV Partie pratique
D’après la littérature et les résultats obtenus, on conclu que les bétons étudiés présentent une
très bonne résistance à la ségrégation statique grâce à la pâte liante visqueuse et cohésive.
Le démoulage entre 20 à 24 heures après la mise en moule, les éprouvettes sont conservées
dans la chambre humide jusqu’au moment de l’essai à 20 ± 1°C.
L’âge des éprouvettes, à partir du moment de malaxage jusqu’au début de l’essai de résistance
mécanique, est : à 3 jours, 7 jours et à 28 jours.
À l’état durci :
MCQ/15 Page 90
CHAPITRE IV Partie pratique
3
2,5
2 BP
1,5 BFS
1
BP+F
0,5
0 BFS+F
0j
3j
7j
28j
0j 3j 7j 28j
BP 0 0,41 0,84 1,26
BFS 0 0,43 1,28 2,13
BP+F 0 0,54 1,97 2,76
BFS+F 0 0,49 1,66 2,5
On a aussi remarqué que le gain de masse pour les bétons avec fibres métalliques est
nettement supérieur à celui des bétons non-fibrés.
A travers les résultats on peut dire que les bétons avec fibres métalliques ont plus d’aptitude à
absorber l’eau donc à gagner en masse que les autres bétons, cela est due aux fibres qui
facilite la pénétration de l’eau dans les éprouvettes, à cause de leurs orientations.
Pour déterminer la vitesse longitudinale, on a utilisé l’appareil (proceq) Figure .IV. 32.
MCQ/15 Page 91
CHAPITRE IV Partie pratique
A partir de ces mesures on peut affirmer que les bétons étudiés font partie d’une classe
supérieure sur le plan de la qualité de par leur grande compacité et l’absence de fissures, de
plus, les mesures prises à différents points révèlent qu’il y a une bonne répartition des
agrégats.
( )( )
Ed = . . V2
ν : Coefficient de Poisson.
MCQ/15 Page 92
CHAPITRE IV Partie pratique
Tableau IV. 26. Valeur du module d’élasticité dynamique des différents bétons :
La caractérisation mécanique par le module de Young est aussi importante car elle
conditionne la rigidité des structures. En comparant les bétons sans fibres à des bétons
fibrés, on note une augmentation du module. À titre d’exemple le BP possède un module
d’élasticité de 46,6 GPa, alors que pour le BP+ F Métallique ce module et de l’ordre de 49
GPa.
Les essais de compression sont effectués sur des éprouvettes cubiques 70 x 70 x 70 mm, sur
un bâti de compression de type Toni Technique piloté par ordinateur équipé du logiciel Test
Expert V7.11, et doté d’un capteur de force de 3000 KN. Celle-ci est reliée à une machine
d’acquisition qui permet l’enregistrement simultané de la force en fonction du temps. La
vitesse de chargement est de 6 kN/ s.
Rc =
MCQ/15 Page 93
CHAPITRE IV Partie pratique
115
105
Rc (MPa)
95
BP
85
BFS
75
BP+F
65
BFS+F
55
0j
3j
7j
28j
MCQ/15 Page 94
CHAPITRE IV Partie pratique
Figure.IV. 37 : Effet de l’ajout de fibres métalliques sur la détrition sous compression des
BUHP.
On remarque :
MCQ/15 Page 95
CHAPITRE IV Partie pratique
Les essais de traction par flexion sont effectués sur des éprouvettes prismatiques 70 x 70
x 280 mm sur la machine TONY TECHNIQUE 100KN pilotée par ordinateur.
Rf = 3F.L/ 2b.h2
MCQ/15 Page 96
CHAPITRE IV Partie pratique
Discussion et interprétation
MCQ/15 Page 97
Conclusion générale
Conclusion générale
A la lumière des résultats obtenus, on est arrivé à soustraire les points suivants :
MCQ/15 Page 98
Conclusion générale
Enfin, on conclue en disant qu’il y a des avantages et des gains à utiliser la pouzzolane,
tant sur les propriétés du produit que sur le coût de production.
Perspectives et recommandations :
L’utilisation d’un ciment de classe supérieur CEM I 52.5, afin d’avoir des
résistances plus élevées.
Travailler avec une finesse plus poussée supérieur 8100 cm2/g avec utilisation
d’agents de mouture afin d’augmenter la réactivité de l’addition et l’adhésion
fibres-matrice.
Augmenter le pourcentage de l’addition à 20 % voir 30 % pour augmenter la
compacité du béton.
Faire varier les dimensions et la nature des fibres.
Utiliser de la lignine d’origine végétale comme fluidifiant naturel afin de réduire le
coût.
Travailler avec du quartz Broyé de finesse ≤ 20 µm.
Procéder au traitement thermique et réduire le dosage en ciment pour les éléments
de structures.
Faire une optimisation de la formulation des BFUP et des éléments constitutifs.
L’utilisation d’autres additions actifs tel que le métakaolin, cendres volantes, laitier
...etc ou inertes comme le calcaire bien broyé.
MCQ/15 Page 99
Références bibliographiques
[1] ISMAIL, M. « avec la cicatrisation dans les fissures pour prolonger la durée de service des
infrastructures » (ponts, centrales nucléaires). Thèse de doctorat INSA, 2006.
[2] MALIER, Y.« les bétons à hautes performances -caractérisation, durabilité, applications ».
Presse de l’école nationale des ponts et chaussées, France, 1992.
[4] SAFI, B. « les betons a hautes performances bhp ». Chapitre 4, FSI, UMBB, 2012.
[5] BOUALEM, ABDI. « La durabilité des bétons autoplaçants destinés à la réparation des
infrastructures ». Mémoire de maîtrise des sciences appliquées, spécialité : génie civil,
université de Sherbrooke (Québec), Canada, Novembre 2005.
[8] PHILIPPE FRANCISCO. Déformations différées des bétons fibrés à ultra hautes
performances soumis à un traitement thermique. Autre. Ecole normale supérieure de Cachan -
ENS Cachan, 2012.
[9] Elsa Nguyen Phuong Amanjean. Développement de bétons fibrés ultra performants pour
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