0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
155 vues47 pages

Enseigner le Volley à l'École

Transféré par

Mha Esso
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
155 vues47 pages

Enseigner le Volley à l'École

Transféré par

Mha Esso
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

FPC Académie de Reims.

2007-2008

DOSSIER

VOLLEY BALL

Enseignement du Volley Ball. 1 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

SOMMAIRE

1. Approche théorique.
 Traitement didactique.
 Minimum règlementaire du jeu.
 Systèmes de jeu et combinaisons tactiques.
2. Approche scientifique.
 Les effets du ballon.
 L’équilibration.
3. Approche didactique.
 Sortir d’un enseignement techniciste.
 L’observation de l’élève en activité.
 Une situation d’apprentissage particulière.
 Les variables didactiques et cas particuliers.
4. Les contenus d’enseignement.
 Les apprentissages fondamentaux en volley ball.
 Repères techniques pour l’élève.
 Les étapes de la construction technique de l’élève.
 Les étapes de la construction tactique.
 Les étapes de l’apprentissage et indicateurs.
5. Modalités de pratique en milieu scolaire.
 La spécificité du jeu en un contre un.
 Les caractéristiques du deux contre deux.
6. Les situations d’apprentissage.
 Les différents types de situation d’apprentissage.
 Quelques exemples.
 L’échauffement.
7. Exemple d’évaluations possibles.
 Les fiches bac (annexes).
 Deux exemples en collège.
8. Les textes officiels.
9. Lexique.
10. Annexes : exemple de projet de cycle en sixième, les fiches bac.

Enseignement du Volley Ball. 2 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

1. APPROCHE THEORIQUE

TRAITEMENT DIDACTIQUE

Définition : activité collective de renvoi consistant à attaquer la cible adverse en franchissant un obstacle
vertical et défendre son propre camp dans la même action de frappe.

Enjeux de formation :
 Enjeux corporels : développement des coordinations inter segmentaires, de la motricité fine ;
 Enjeux cognitifs : développement des perceptions sensorielles liées à l’équilibration, la
proprioception, la perception de l’espace arrière, la perception des trajectoires de balle et de déplacement des
joueurs, des prises de décisions rapides.
 Enjeux relationnels : coordonner ses actions avec celles de ses partenaires et adaptation aux
actions de ses adversaires ;
 Enjeux culturels : intégrer l’essence d’une activité des plus pratiquée dans le monde entier ;
 Enjeux méthodologiques : identifier ses capacités motrices et agir en conséquence.

Problèmes fondamentaux :
 Attaquer et défendre dans la même action de frappe sans bloquer le ballon,
 Créer un équilibre tête en arrière pour se déplacer sous la balle,
 Franchir un obstacle vertical constitué par le filet pour attaquer une cible horizontale et
évolutive.
 Possibilités de contact avec le ballon limitées (cf. règlement).

Logique interne : jeu collectif d’opposition et de coopération à espace séparé par un obstacle haut et vertical
(le filet) visant à amener la balle en la frappant dans une cible horizontale au sol, évolutive et confondue avec
la surface de jeu.

Ressources sollicitées :
 Bio informationnelles: lecture de trajectoire de balle ; lecture des espaces libres, décentration
par rapport au ballon ; prises de décisions rapides ; sensations proprioceptives et kinesthésiques liées à
l’équilibration et à la frappe (prise d’information aérienne). Se situer dans l’espace.
 Bio énergétiques: gestion de son intensité de frappe, gestion des contractions musculaires.
 Bio mécaniques: coordination et dissociations inter segmentaires, transfert d’énergie.
 Affectives et relationnelles: gestion de la peur du contact avec le ballon qui peut entraîner
une douleur lors des contacts, gestion de la pression exercée par le regard des autres, gestion de la situation
collective d’opposition et de coopération).
 Sémiotrices: intégrer la logique interne de l’activité : attaquer la cible adverse.

Transformation des ressources :


 Bio informationnelles : passer d’une lecture tardive et erronée à une lecture précoce et précise ;
 Bio énergétiques : passer de l’utilisation exclusive de contractions excentriques et explosives à des
contractions pliomètriques ;
 Bio mécaniques : passer d’actions réalisées en bloc à des actions réalisées avec dissociation et
coordonnées ;
 Bio affectives : passer d’actions centrées sur soi à des actions au service de l’équipe et orientées sur
l’atteinte de la cible adverse.

Orientation de l’apprentissage : le travail de lecture de trajectoire est fondamental et est à l’origine de la


progression générale de l’élève dans tous les types de ressources. Ex : l’utilisation de contractions
pliomètriques sera favorisé par une lecture de trajectoire permettant à l’élève de se placer sous le ballon le
Enseignement du Volley Ball. 3 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

plus tôt possible afin de ne plus agir en réaction et en bloc (donc non dissocié) en utilisant des contractions
concentriques favorisant les frappes explosives non contrôlées.

MINIMUM REGLEMENTAIRE DU VOLLEY BALL


Questions matérielles.

Ballon : Sa circonférence doit être comprise entre 65 et 67 cm et son poids entre 260 et 280 g. La pression
intérieure doit être de 0,30 à 0,325 kg/cm2. Il peut être frappé avec n’importe qu’elle partie du corps.
Le terrain :

Hauteurs du Nombres de Dimension du


Masculin Féminin Match
filet joueurs terrain
Poussins 2 sets gagnants
2m 2m 3 contre 3 8X4
(- de 10 ans) de 25 pts (15
Benjamins points pour le
2.10 2 4 contre 4 12x6
(10-12 ans) 3ème)
Minimes
2.24 2.10 4 contre 4 18x9
(12-14 ans) 3 sets gagnants
Cadets de 25 points
2.35 2.24 6 contre 6 18x9
(14-16 ans) (15 points pour
Juniors et le 5ème)
2.43 2.24 6 contre 6 18x9
seniors (+)

Déroulement d’un match en salle.


- Match à 6 contre 6
- L’équipe se compose au maximum de 12 joueurs
- 6 changements maximum par set (à condition de suppléer son propre remplaçant). Les changements avec le
libéro ne sont pas comptés.
- Match en 3 sets gagnants (5 sets possibles) : rallye point système (depuis 1999, tous les points comptent)
Enseignement du Volley Ball. 4 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

- Pour les quatre premiers sets, tie break de 25 pts avec 2 pts d’écarts
- 5ème set en tie break (15 points secs)
- 2 temps morts par équipe (30 secs) par set
- 2 temps morts techniques à 8 et à 16 points (de 1’) pour les deux équipes

- Droits et devoirs des avants et arrières :


> Seuls les avants peuvent attaquer et contrer librement
> Un joueur arrière peut attaquer s’il prend son impulsion avant les 3m (il peut retomber dans la zone des
3 m après sa frappe).

- 3 touches de balles maxi par équipes (nb : un contre défensif ne compte pas comme une touche)
- Un joueur ne peut toucher 2 fois consécutivement la balle (sauf en réception où le double contact est
autorisé)
-Un joueur n’est pas autorisé à prendre appui sur un partenaire pour atteindre le ballon

- Le ballon est “dehors” quand :


 la partie du ballon qui touche le sol est entièrement en dehors des lignes de
délimitation ;
 il touche un objet hors du terrain, le plafond ou une personne extérieure au jeu;
 il touche les antennes, câbles, poteaux ou le filet lui-même à l’extérieur des bandes de
côté ;
 il traverse le plan vertical du filet, totalement ou en partie à l’extérieur de l’espace de
passage (à l’extérieur des mires);
 il franchit entièrement l’espace inférieur situé sous le filet.

Positionnement règlementaire des joueurs en 6 contre 6, et positionnement généralement observé en 4 contre


4 et 3 contre 3.

2
2
1 1

3 6 3 1 3

2
4 5
4

- Deux antennes (les mires) délimitent le passage du ballon (si touche, alors faute)
- Position des joueurs : > 3 avants : postes 2-3-4 > 3arrières : postes 5-6-1
- « net » autorisé
- le contact avec le filet est une faute ainsi que le franchissement de la ligne centrale

Service :
- service derrière la ligne de fond (le pied sur la ligne est considéré comme une faute), à une main
- 1 seul service, une fois la balle lancée, il devra être exécuté.
- le ballon peut toucher le filet (8s. pour lancer)
- A la frappe du serveur, les joueurs sont tenus de respecter leurs placements :
> Le 3 doit avoir à sa gauche le 4 et à sa droite le 2
> Le 6 doit avoir à sa gauche le 5 et à sa droite le 1
> Le 3 doit être devant le 6, le 4 devant le 5, et le 2 devant le 1.
- Lorsqu’une équipe en réception gagne l’échange, elle marque le point et prend le service. La rotation
s’effectue alors dans le sens des aiguilles d’une montre.

Enseignement du Volley Ball. 5 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Arbitrage : 8 arbitres sont positionnés autour du terrain

Libéro :
- Il ne peut y avoir q’un seul libéro (maillot de couleur différente)
- Il peut remplacer n’importe quel joueur sur la ligne arrière (5, 6, 1) et doit ressortir lorsqu’il devient poste 4.
- Il ne peut pas attaquer (frapper au dessus du filet vers le camp adverse), faire une passe d’attaque à 2 mains
s’il est en zone avant, servir, contrer (il peut toutefois renvoyer de l’autre coté à condition de ne pas dépasser
la ligne du filet) ou être capitaine.
- Un ballon provenant d’une passe haute du libéro en zone avant ne peut être attaqué plus haut que le bord
supérieur du filet.
- Il ne peut être remplacé que par le joueur auquel il s’est substitué.

Règlement du beach volley :


Le jeu en 2 contre 2 est pratiqué dans de nombreuses ligues dans la catégorie « poussins ». Les terrains
mesurent 4,5 m de coté, le filet est souvent à 2 m. Les ballons sont en plastique et légers (ballons des
opérations « smashy » de la F.F.V.B.). Cette formule a succédé au 3 contre 3. Elle semble mieux convenir
pour les jeunes enfants.
Le "Beach Volley" est une discipline olympique. En développement constant (introduction et succès
croissant aux Jeux Olympiques), le «Beach » attire de plus en plus de pratiquants et constitue un support
d’animation très prisé. Pour les adultes, la hauteur du filet correspond au règlement du 6 contre 6 et les
dimensions des terrains de 8 m x 8 m (depuis 2002 ; 9 m x 9 m auparavant).

SYSTEMES DE JEU ET COMBINAISONS TACTIQUES:


Un système de jeu peut être modélisé en fonction de trois éléments : les rôles et spécialisations des
joueurs, les combinaisons d’attaques et les dispositifs de réception et de défense.

L’analyse historique montre que tout système de jeu est (Revue EP.S N°326):
 un système de cohérence entre les rôles : spécialisation / polyvalence, attaque / défense,
 un système de compromis entre des avantages et des inconvénients et ne peut être considéré comme
un système idéal et abouti.

Le point commun à tous les systèmes de jeu au cours de l’histoire est la recherche constante d’une plus
grande incertitude en attaque pour l’adversaire. Celle-ci se mesure par le nombre d’attaquant en situation
favorable (situation maximale : 4 voir 5 attaquants potentiels ; situation minimale : 1 attaquant loin du filet),
l’espace d’attaque utilisé (différents secteurs d’attaque), la vitesse du jeu d’attaque. Cette recherche croissante
d’incertitude est à concevoir dans un rapport dialectique avec la notion de prise de risque liée aux obstacles
techniques que doivent surmonter les joueurs lors de la mise en œuvre d’un nouveau système de jeu.

o La réception : elle est révélatrice du système de jeu. Le placement des joueurs en


réception répond à une double contrainte : la nécessité de s’adapter au service adverse et construire une
attaque placée. Dès lors, les systèmes de jeu utilisés sont différents. Les options lors de la phase de réception
sont pensées en fonction de la qualité du service adverse (incertitude et puissance) et se caractérisent par le
nombre de joueurs impliqués (de 2 à 3 voir 4 sur service très court), la spécialisation de certains joueurs
(libéro, réceptionneur prioritaire) et les choix tactiques en attaques (le central en poste 3 est souvent exempté
de réception afin de pouvoir enchaîner rapidement sur sa fixation).
Tout placement utilisé par les joueurs en réception est à définir comme un système de jeu (dès le deux
contre deux) avec des points forts et des points faibles, l’important est que le système reste cohérent par
rapport à la situation de jeu.

Enseignement du Volley Ball. 6 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Par exemple, pour des élèves débutants en deux contre deux, on remarque souvent qu’ils se placent
spontanément en ligne et que les joueurs de beach volley côte à côte. Une solution intermédiaire est possible
(voir situation 2 contre 2 p 17).

Beach Volley En ligne Intermédiaire

Autre exemple en trois contre trois, les élèves se placent spontanément avec un défenseur en arrière et
deux passeurs-attaquants devant (schéma 1) mais un autre système semble plus efficace dans la mesure où il
permet de créer davantage d’incertitude en attaque (schéma 2). En effet, dans le cas 1, le joueur avant qui
reçoit le ballon pour effectuer une passe va forcément jouer sur le deuxième attaquant, alors que le passeur
unique dans le cas 2 peut jouer sur le réceptionneur ou sur le second attaquant (incertitude spatiale) : schéma
3. Attention, la solution N°1 n’est pas à bannir totalement, elle peut montrer des avantages à certains moments
de l’apprentissage.

Schéma 1 Schéma 2

Schéma 3

Enseignement du Volley Ball. 7 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

o Les systèmes défensifs s’organisent avec une défense haute (le contre) et une défense
basse (les joueurs arrières). Le contre peut être composé de 1, 2 ou 3 joueurs en fonction des options tactiques
prises et des possibilités offertes par la vitesse de l’attaque adverse. L’objectif pour la défense est de
s’organiser afin de pouvoir couvrir le maximum de terrain. La défense basse doit donc être coordonnée avec
le contre. Sur les schémas, la zone grisée correspond à une zone de moindre danger pour la défense basse car
le contre (en rouge) doit arrêter le ballon soit ralentir sa progression. La défense basse doit donc se placer dans
les zones de force de l’attaquant (généralement grande diagonale). Le contre peut prendre deux options : ou il
contre davantage en diagonale ce qui laisse la ligne libre (mais on sait que c’est un axe de moindre force et
plus difficile à trouver pour l’attaquant) ; soit il choisit de couvrir la ligne, dans ce cas, il faut davantage de
défenseurs dans la zone diagonale.

Défense haute = contre Petite diagonale


Défense intermédiaire et basse Grande diagonale
Défense lointaine et basse Couloir / Ligne

A six joueurs et 1 au contre

3 3 3
4 4 2 2
2 4
6
5 1 5 1 5 1
6 6

A six joueurs et 2 ou 3 au bloc

3 2 4 3 2 4 3
4 2
6
5 1 6
5 1 5 1
6

A 4 joueurs dont un au contre Soit : Soit :

Enseignement du Volley Ball. 8 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

A 4 dont 2 au contre

C’est le joueur placé en poste 6 (souvent le libéro) qui régule la défense basse en se décalant par rapport
au contre :

o Le défenseur : il agit en fonction de la dangerosité de l'attaque :


- il s’oppose à la trajectoire du ballon près du filet (il saute pour opposer ses mains : il contre),
- il relève la balle en défense basse.

o Les systèmes offensifs : généralement, les équipes de haut niveau utilisent un système
en 5-1, c’est-à-dire avec un passeur et 5 attaquants potentiels. Le passeur oriente l’attaque depuis le poste 2,5
(entre 2 et 3 sur pénétration) et distribue en postes 2, 3, 4, 1 ou 5 (attaques aux 3 m). L’objectif du passeur
étant de placer ses attaquants dans les conditions les plus favorables pour marquer le point. En condition
optimale (situation maximale), le joueur peut attaquer en un contre zéro ; la situation minimale correspond à
une seule possibilité d’attaque et depuis l’espace éloigné du filet. La réception a donc un rôle primordial à
jouer dans l’organisation offensive de l’équipe. Dans la majeure partie des équipes, la réception s’organise
avec deux réceptionneurs prioritaires (spécialisés) qui sont généralement capables d’enchaîner une réception
avec une attaque en poste 4. Dans les cas où le service est très difficile (service smashé), un troisième
réceptionneur intègre le dispositif.

2
2 1
6 1
3 6
3
5
5
4
4

L’attaque est organisée par le passeur qui doit surprendre la défense adverse. Pour cela, il utilise tout
un répertoire de combinaisons qui lui permettent de varier les attaques en vitesse, en secteur, en hauteur, avec
feinte,... Sans les détailler, nous pouvons citer : la courte, l’intervalle, l’extervalle, le piston, la croix, la demi,
la demi arrière, la « pipe », le renversement, la tendue, l’attaque basket (surtout en féminin),…Pour beaucoup
de ces combinaisons, le jeu du poste 3 est primordial : son rôle est de fixer le contre adverse en réalisant une
feinte d’attaque, il saute comme pour attaquer avant même que le passeur n’ait la balle en mains afin de faire
croire au contre adverse qu’il va attaquer ce qui le pousse à sauter mais le passeur joue sur un autre attaquant
Enseignement du Volley Ball. 9 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

alors démarqué (le contre est en retard). La notion de choix du passeur est primordiale dans l’apprentissage
du volley.

Extrait de "de l'école aux associations", E CHÊNE, C LAMOUCHE, D PETIT, 1985.

Les combinaisons d’attaque possibles (voir dessin passeur en poste 2,5).

Secteur d’attaque
Numéro Type de passe
(poste)
1 Attaque en première main. 2
2 Attaque haute en bout de filet. 4
3 Tendue proche du bout du filet, rapide. 4
4 Courte avant, très rapide. 3
5 Courte arrière, très rapide. 2,5
6 Tendue arrière, rapide. 2
7 Demi avant ou arrière, temps intermédiaire. 2 ou 3,5

Enseignement du Volley Ball. 10 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

2. APPROCHE SCIENTIFIQUE

Effets sur la balle / exemple avec les services :


> Service flottant : très peu de rotation et trajectoire instable (ondule, plongeante, irrégulière) = impact
au centre. La trajectoire est due à l’effet Bernoulli : lorsqu’un courant de gaz s’accélère, sa pression diminue
et inversement.
> Service lifté : c’est le plus courant. La trajectoire est parabolique et plongeante. La balle est frappée
de bas en haut afin d’imprimer une rotation au ballon (Magnus).
> Service coupé : rotation latérale, la frappe est réalisée sur le côté du ballon.
> Service feuille morte : trajectoire haute qui retombe juste derrière le filet ou très près de la ligne de
fond.

L’équilibration, un système multi sensoriel complexe : en situation de mouvement (conditions


dynamiques), le système nerveux fait intervenir un certain nombre de mécanismes de correction et de
rattrapage de l’équilibre.
1. L’archéocervelet est en liaison directe avec l’appareil vestibulaire et tous deux vont régler le tonus
musculaire en fonction des changements de la position de la tête dans l’espace. Ils sont à l’origine des réflexes
labyrinthiques compensateurs lors des déplacements du corps.
2. Le paléocervelet est un véritable cerveau proprioceptif, il règle l’activité tonique posturale.
3. Le néocervelet est régulateur et coordinateur du mouvement, en particulier au niveau des extrémités,
il est chargé de la parfaite harmonie des gestes. Le cortex cérébral assurant l’essentiel du mouvement.
 Le cervelet est donc un véritable centre de contrôle proprioceptif adaptant la statique, la régulation
tonique et la coordination du mouvement volontaire.

Dans le fonctionnement adaptatif de l’individu, l’organisation posturale joue le rôle de processus


équilibrateur. Elle autorise l’anticipation motrice et facilite l’exécution du mouvement ; elle intervient
directement dans le contrôle et l’accompagnement de l’action.
Selon [Link], [Link], [Link]émieux (1994), l’acquisition d’une expertise corrèle avec un meilleur
contrôle postural, elle suppose la sélection de stratégies posturales efficaces pour le maintien de l’action, et
plus économique en coût de traitement.
L’entraînement consisterait alors à développer l’utilisation de certains canaux sensoriels, pour optimiser de
véritables stratégies posturales (Nashner et Mc Collum 1985). L’hypothèse est que le temps de réaction
pourrait être plus court et entraîner une correction plus rapide.
L’éducation par l’organisation posturale constitue donc un facteur important de l’apprentissage et de la
prévention active (éducation à la sécurité).
L’expérience développe des « ajustements posturaux anticipés » ou « accompagnements posturaux
précoces » (APP). Des ajustements posturaux minimisent les perturbations de l’équilibre consécutives au
déplacement du centre de masse. De nombreux travaux accréditent l’idée que ces ajustements posturaux
seraient programmés au niveau des centres nerveux après apprentissage.
Les APP correspondent à une «préparation» au mouvement. Ils apparaissent avant que la perturbation
posturale produite par le mouvement ne se soit manifestée.

Posture et Programmes des enseignements de la classe de Seconde (BO HS N°6 du 31 août 2002).

TECHNIQUES TACTIQUES ET CONNAISSANCE DE SOI


-se préparer comme non réceptionneur pour passer, attaquer, aider
Volley ball
-recevoir en s’orientant pour conserver, passer
-recevoir en se plaçant sous la balle

Enseignement du Volley Ball. 11 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

3. APPROCHE DIDACTIQUE

SORTIR D’UN ENSEIGNEMENT TECHNICISTE…


o Qu’est-ce qu’un enseignement techniciste : enseignement centré exclusivement sur
l’apprentissage de gestes techniques en référence au modèle du haut niveau et par conséquent
décontextualisés par rapport au sens que l’activité peut prendre aux yeux de nos élèves. L’enseignant
démontre et l’élève reproduit parfois à vide avant de tenter de reproduire ce geste en situation de match
(exemple en sixième : leçon n°1, apprentissage des passes hautes ; leçon n°2, apprentissage de la réception par
répétition ; leçons n°3, 4 et 5, situations de match avec trois touches de balle obligatoires, puis dernière leçon,
évaluation en situation de match en 4 contre 4). Cet exemple montre un enseignement centré sur
l’apprentissage de gestes techniques qui n’ont aucun lien avec la situation de match proposée ni avec les
capacités d’adaptation d’enfants de sixième, les élèves sont en échec.
Cette pédagogie du modèle est loin de faire l’unanimité aujourd’hui en EPS, l’élève apprend à
reproduire un geste et non à construire sa propre technique, ses capacités cognitives sont très peu sollicitées, il
n’est pas actif dans la construction de son savoir. L’important est de définir ce que nous entendons réellement
par apprentissage technique et la place qu’il doit occuper dans notre enseignement du volley ball ?

o Tentative de définition de la technique en EPS : les conceptions contemporaines de l’EPS


(qu’elles privilégient une approche cognitiviste ou écologique) marquent un consensus pour s’appuyer sur le
précepte de base de la théorie de l’action située qui stipule grosso modo que toute action entreprise par un
élève doit être réalisée en fonction d’un but précis à atteindre (Famose, 2005). Ainsi, la notion de technique
se défini comme la capacité à mettre en œuvre tout ce qui est possible pour atteindre un objectif. La technique,
c’est ce qui permet d’être efficace et efficient dans une action, c’est une solution efficace à un problème posé.
On n’apprend donc pas un ensemble de gestes décontextualisés mais on apprend à devenir efficace dans une
situation précise. Les acquisitions sont formulées en terme de compétences : ensemble de ressources qui
permettent d’être efficace dans un domaine social d’activité (Delignières et Garsault, 1993). L’important est
que l’élève comprenne ce qu’il apprend et qu’il le construise le plus consciemment possible, cette
construction passe par la volonté d’atteindre un but (Famose, 2005).

o Quelle position par rapport au volley ball de haut niveau ? : l’analyse du jeu de volley de
haut niveau peut nous être utile à plusieurs titres.
 En premier lieu, il permet de faire la preuve de ce qui est techniquement et tactiquement
efficace (exemple : conserver ses appuis face au filet en réception est un principe technique précis que les
joueurs tentent de stabiliser sur chaque réception afin de conserver le ballon dans leur terrain ; le service
smashé flottant est un élément tactique récent qui permet d’accroître l’efficacité du service en augmentant
l’incertitude et en variant les trajectoires pour la réception adverse).
 En second lieu, l’historique du volley nous apprend énormément sur l’évolution technique du
jeu et surtout pourquoi une technique vient en supplanter une autre. Les évolutions apparaissent pour combler
un manque d’efficacité et un déséquilibre dans le rapport attaque / défense (exemple : au début du XXe siècle,
la réception était réalisée par une frappe avec le dessus des avant bras, paumes des mains dirigées vers le bas
et bras fléchis, ensuite, la manchette est devenue la technique de réception adoptée par tous, et enfin, les
joueurs utilisent désormais autant la réception manchette que la réception à 10 doigts pour être plus efficace
en fonction de la vitesse du service adverse).
 Enfin, les systèmes de jeu évoluent (cf. Revue EP.S N° 326, 2007) et nous permettent de
comprendre certaines réactions spontanées de nos élèves en situation (exemple en 3 contre 3 : les élèves se
placent souvent en deux devant et un derrière et non en un devant et deux derrière, ce qui parait être la
solution la plus efficace à ce moment de l’apprentissage).
Il est bien sûr nécessaire, en tant que professeur d’EPS, de connaître tout ou partie de ces
éléments, la connaissance de l’APS (ces aspects techniques, tactiques, historiques et sociologiques) est
Enseignement du Volley Ball. 12 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

primordiale afin de se positionner et proposer un enseignement chargé de sens pour tous les élèves. Si
nous devons nous inspirer du modèle de haut niveau, nous devons également être capable de nous en
détacher afin de proposer des contenus réellement adaptés à nos élèves. La référence au modèle du
haut niveau est intéressante en ce qu’elle nous renseigne sur ce qui permet d’être efficace et efficient
dans une situation donnée. Ainsi, si le haut niveau nous apprend les techniques, les tactiques et les
systèmes de jeu les plus efficaces, il n’est pas nécessaire, voir a-didactique de proposer un enseignement
basé exclusivement sur l’apprentissage de ses techniques.
Nous proposons donc de transposer cette référence aux capacités d’adaptation des élèves afin de
définir un ensemble de contenus d’enseignement adaptés.

o Principes d’élaboration des contenus d’enseignement : comme toute activité d’opposition,


le volley ball est régit par un système dialectique d’attaque / défense. L’élaboration de contenus porteurs de
sens pour les élèves suivra le chemin de l’efficacité c’est-à-dire que lorsque l’attaque prend le pas sur la
défense, les contenus porteront davantage sur la capacité à défendre son terrain ; quand la défense devient plus
efficace que l’attaque (ce qui est souvent source de perte de motivation pour les élèves), ce sont les capacités
d’attaque qui seront valorisées. Les contenus porteront alors, non pas sur la capacité à réaliser parfaitement tel
ou tel geste, mais sur les éléments qui permettront aux élèves d’être plus efficace dans une situation donnée :
placement sur le terrain, développement et gestion des ressources (bio informationnelles en priorité),
organisation collective (système de jeu), mobilité, adresse, aspects tactiques et techniques… Il semble donc
nécessaire de partir de l’analyse de l’observation de l’élève en situation afin de déceler les difficultés
rencontrées. Notre point de départ est l’élève, que fait-il ? pourquoi fait-il cela ? est-il efficace ?

L’OBSERVATION DE L’ELEVE EN ACTIVITE :


Le point de départ de tout cycle d’enseignement est bien sûr la situation de référence qui nous sert
dans un premier temps à identifier le niveau de départ des élèves, puis à constater l’évolution des réalisations,
et enfin, à certifier l’atteinte des objectifs fixés. Encore une fois, l’observation pertinente de l’élève passe
par une observation en terme d’efficacité et en terme d’adaptation. Il s’agira de « quêter l’information
utile » (Hadji, 1992) afin de proposer des contenus adaptés. Dans une logique non techniciste, l’information
utile est celle qu’on ne voit pas, celle qui est la cause d’une réponse non adaptée. L’évaluation portera sur des
critères précis en pensant la globalité de l’action (approche systémique) et non en se centrant sur les
réalisations techniques. A ces observations suivront des hypothèses explicatives qui nous permettrons de
cibler réellement les difficultés des élèves.

Exemple : service cuillère d’un élève débutant.

Approche techniciste Approche systémique

Situation de match en deux contre deux


Situation de Réaliser 10 services depuis la ligne de font du
sur terrain réduit avec possibilité de
référence terrain.
service avancé à 4 m.
Critères Nombre de points marqués sur service. Où atterrit le ballon ? Quelle est sa
d’observation Nombre de fois où le ballon franchi le filet. trajectoire ?
Trajectoire du ballon haute, il ne franchit
L’élève est mal placé, il lance mal son ballon, pas le filet. placement des appuis à
Observations
son bras est fléchi, il frappe trop fort. l’amble et frappe en bloc du bas vers le
haut.
Centration visuelle sur la ballon,
l’intention est de le frapper fort, manque
Explications Confondues avec les observations. de dissociation haut et bas du corps,
manque de coordination entre le lancé et
la frappe.

Enseignement du Volley Ball. 13 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Intégrer l’intention de jouer long dans le


Tendre le bras. terrain adverse (viser une cible).
Lancer le ballon plus haut. Intégrer un mouvement pendulaire dirigé
Contenus Placer son pied gauche devant. vers l’avant.
Frapper avec le poing ou encore avec la Coordonner un lancer avec une frappe.
paume. Utiliser les réactions du sol pour gagner
en puissance.
Situation adaptative : serveur à 4 m du
filet, filet baissé à 2,10 m, une cible large
Explication technique orale, démonstration. à 5 m de l’autre côté, 15 essais avec un
Remèdiations
Réaliser 10 services de suite. observateur, un ramasseur et 3 ballons.
Idem avec un défenseur placé à 3 m. But :
le ballon doit tomber derrière le défenseur.

Les critères d’observation : ils sont définis en fonction du niveau des élèves mais aussi en fonction
de ce que l’enseignant souhaite observer et sa conception de l’apprentissage et de la didactique des sports
collectifs. Ils doivent être, selon nous, réalisés lors d’une situation de référence réelle, authentique (situation
aménagée ou non mais avec opposition) et sur la base de critères précis, en nombre restreints et réellement
observables et utilisable pour l’analyse. L’observation peut être individuelle et/ou collective, elle peut revêtir
la forme d’un relevé de l’efficacité en situation, soit d’indices chiffrés qui permettront d’établir un profil de
joueur à partir de statistiques.
o Observation en terme d’efficacité individuelle : relever le nombre de réussites et
d’échecs en réception, au service, à la passe,…
o Observation en terme d’organisation individuelle : placement sur le terrain, attitude
lors des phases sans ballon, mobilité,…
o Observation en terme d’organisation collective : système de jeu utilisé, répartition
sur le terrain, identifier le moment de la perte de balle (première, seconde ou troisième touche), organisation
et variété de l’attaque, lieux d’attaque, organisation de la défense (haute et basse),…
o Observation en terme d’efficacité collective : nombre de points marqués sur service, à
partir de la réception, nombre de points marqués par poste d’attaque (afin d’évaluer un profil d’attaque en
lycée), calcul de coefficients d’efficacité.

Coefficient d’efficacité en rupture : somme services + attaques + contres gagnants X 10 / nombre total
d’attaques, de services et de contres.
Coefficient d’efficacité de conservation : somme des réceptions + défenses + contres X 10 / nombre total de
ballons dans le camp de l’équipe.

Toutes ces observations permettent de donner du sens aux apprentissages car elles sont consultables
par l’élève qui peut avoir un retour objectif sur sa pratique. Elles permettent de déterminer un ensemble de
causes (hypothèses explicatives) qui sont à la source des difficultés rencontrées par les élèves. Les conduites
observables sont les symptômes de la difficulté et nous devons nous attaquer au « mal » en profondeur. C’est
ce qui nous conduit à déterminer des contenus d’enseignement centrés sur les ressources, les contenus sont ce
qu’il y a à apprendre pour faire.

Exemple : une situation particulière et fondamentale (cf. les avantages du deux contre deux p 29).
Les critères d’observations retenus sont : le placement en réception (système de jeu), le nombre de
points marqués (5 ou 1 point), l’action du réceptionneur et le jeu du non réceptionneur.

Enseignement du Volley Ball. 14 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Situation de référence (classe de 6e):


deux contre deux sur terrain de 12 par 4,5 m avec service avancé à 4 m et deux essais possibles, décompte
des points en tie-break avec 5 points si le ballon tombe dans la zone arrière (1,5 m) sans être touché.

Conduites Beaucoup de pertes de balles sur réception : balles au sol entre les deux joueurs qui
observables sont placés en ligne (cf. schéma). Renvoi uniquement depuis l’espace avant (un seul
joueur concerné). Si le joueur arrière réceptionne, il produit une trajectoire plate en
direction du filet inexploitable par son partenaire. Points marqués exclusivement sur
fautes adverses ou après un renvoi aléatoire. Les frappes sont aléatoires, explosives et
en déséquilibre (souvent à une main).
Système de jeu inefficace car inadapté sur balles longues : le placement en ligne des
joueurs fait qu’ils se gênent et ne peuvent communiquer, il est quasiment impossible
dans cette configuration de différencier R-NR.
Hypothèses La lecture de la trajectoire de la balle est tardive et erronée, l’élève joue en réaction.
explicatives Manque de communication entre les joueurs.
La diagonale n’est pas créée. Renvois aléatoires de l’espace arrière.
Manque de coordination, les frappes et déplacements avec la tête en extension
entraînent une perte de repères visuels et proprioceptifs.
Compétence S’organiser collectivement pour défendre son terrain et renvoyer
spécifique depuis l’espace avant.
Identifier un mode de répartition efficace des joueurs sur le terrain en réception.
Contenus Se reconnaître R-NR. Créer la diagonale.
d’enseignement Lire la trajectoire de la balle de manière précoce et précise afin de se placer dessous.
Identifier un code de communication entre partenaires.
Remédiation
L’objectif ici est de jouer avec les variables didactiques afin d’une part de placer
1) l’élève en situation de réussite et d’autre part de « s’attaquer » aux problèmes les plus
important :
o L’organisation collective : le haut niveau nous donne comme principe
d’efficacité le placement en côte à côte (1). Nous opterons pour une vision
intermédiaire en plaçant un réceptionneur en milieu de terrain et un joueur relais situé
2) en poste 2 (2).
o Améliorer la lecture de trajectoire : celle-ci sera facilitée par le fait qu’un
seul joueur est en réception, par un service adapté (lancer par un partenaire), un filet
plus élevé afin de ralentir la trajectoire de la balle et laisser davantage de temps pour se
placer dessous.

o Nombre de joueurs réduits (situations en un contre un pour améliorer la lecture de


trajectoire et le contact avec la balle) ;
o Espace de jeu réduit et terrain plus long que large : 12 x 4,5 m ;
o Hauteur du filet adaptée : entre 2 et 2,24 m ;
o Placement des joueurs sur le terrain en réception ;
Variables
o Consignes particulières : retard du relayeur, lancer aléatoire, faire le tour d’un
didactiques
plot,… ;
o Nombre de répétitions élevées ;
o Conditions d’exécution variées ;
o Cible aménagée à atteindre (font de terrain) ;
o Des critères de réussite précis.
R-NR : Réceptionnaire - non réceptionnaire.

Dans cet exemple, nous nous penchons sur les conditions d’émergence de tel ou tel
comportement, nous sommes sur le traitement de l’avant, l’avant de la frappe explosive, l’avant de la
Enseignement du Volley Ball. 15 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

balle au sol, l’avant du renvoi dans le filet… Si nous facilitons la tâche de l’élève (cf. variables
didactiques), nous le plaçons en situation de réussite. L’activité adaptative de l’élève ne sera permise
que dans des conditions optimales de pratique (Famose, 1990), nous devons lui faire comprendre et
intégrer certains principes d’efficacité (placement, mobilité, orientation,…) qu’il pourra ensuite
développer en fonction de l’évolution des conditions et du niveau de sa pratique.
Les apprentissages techniques sont, ici, pratiquement inobservables en tant que tel, ils
concernent principalement les principes d’efficacité cités ci-dessus. Il est très peu fait référence à la
technique gestuelle à proprement parler, nous préférons que l’élève construise lui-même ses propres
critères de réalisation efficaces.

La situation présentée ci-dessous va dans ce sens. Il s’agit d’une situation problème où l’élève doit
construire les compétences (individuelles et collectives) nécessaires à la progression de la balle vers la cible. Il
doit au préalable intégrer la nécessité de différer son attaque car son placement reculé sur le terrain ne lui
permet pas d’atteindre la zone arrière adverse seul, il doit utiliser un joueur relais.

Enseignement du Volley Ball. 16 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Exemple d’une situation d’apprentissage en deux contre deux :

o Faire progresser, à deux, la balle vers la zone de marque avant et renvoyer.


Objectifs o Construction de la diagonale,
(enseignant) o Construction d’un code de communication,
o Favoriser le jeu en mouvement et l’engagement vers la cible.
Terrain de 12 x 4,5 m avec une zone arrière de 2 m de long de chaque côté.
1 lanceur placé à trois mètres, 1 ramasseur (rouge).

1
R L
Organisation
2 4

NR 3

o L envoie en direction de R (1) qui doit jouer haut vers l’avant (2), NR doit prolonger
la balle dans la zone arrière adverse (3). NR doit faire le tour du plot avant de venir jouer
la balle.
Consignes
o 15 essais puis rotation.
o 3 points si la balle atteint la zone arrière, 1 point si elle tombe en zone avant.
o L peut devenir défenseur par la suite (complexification).
But pour l’élève Renvoyer dans la zone arrière pour marquer 3 points.
Critère de
Marquer 30 points.
réussite
o R : lire la trajectoire de la balle afférente au plus vite pour se placer dessous et jouer
orienté vers le haut et en avant de la course de NR.
Critères de
o NR : commencer sa course dès le départ du ballon, se placer à distance de passe et
réalisation
en orientation partagée (de manière à prendre l’information sur la balle afférente et sur le
terrain adverse), pousser dans les jambes pour jouer long.
o Placer NR au niveau du plot, ce qui donne une cible à R mais NR est alors à l’arrêt
et R ne voit pas l’intérêt de jouer haut.
Remèdiation o Réduire la longueur du terrain.
o Modifier les critères de réussite et les centrer sur la réception uniquement : 3 points
si NR joue la balle au-dessus de la tête dans la zone avant.
o Varier les « entrées » du relayeur (droite, gauche, devant, derrière),
o Varier le moment de départ du relayeur,
o L devient défenseur,
Complexification o Placer une zone avant et une zone arrière avec 1 défenseur, le relayeur doit pouvoir
jouer dans la zone laissée libre,
o Trois zones de valeurs égales et deux défenseurs.
o Placer les deux joueurs côte à côte dans la zone arrière en réception.

Justification de cette situation :


 Sur le plan des représentations de l’élève : cette situation se place à l’intermédiaire entre le
système de jeu adopté en majorité par les élèves et le système de haut niveau (utilisé en beach volley), elle
permet donc de partir de ce que font les élèves sans les forcer à intégrer toutes les astuces du jeux en deux
contre deux tout de suite. Le décalage est ici réduit entre les productions des élèves et le modèle de référence.
Les principales difficultés du jeu en deux contre deux résident dans la nécessaire différenciation réceptionneur
Enseignement du Volley Ball. 17 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

non-réceptionneur et dans la construction de la diagonale (envoyer la balle en avant de la course du relayeur


avec une trajectoire suffisamment haute pour lui donner du temps). Ici, ces deux difficultés sont traitées de
façon à réduire leur importance : un réceptionneur unique et une cible précise (en diagonale) à atteindre.
 Sur le plan des contenus : l’élève apprend les éléments fondamentaux du volley ball (voir
tableau : les fondamentaux du volley ball, p 23) : lecture de trajectoire, attitude pré dynamique, orientation des
appuis, mobilité, équilibre… ; ainsi que les éléments plus spécifiques à la situation du deux contre deux : établir
un code de communication visuel, construction de la diagonale (espace virtuel en avant du NR), jeu en
mouvement, attaque de l’espace libre adverse (en complexification), se placer à distance de passe en orientation
partagée,…Autant de contenus qui seront essentiels à maîtriser au cours de l’évolution du joueur que ce soit en
3 contre 3, 4 contre 4 ou en 6 contre 6.
 Sur le plan didactique :
- Le fait de placer un seul joueur en réception permet de réduire la charge
informationnelle liée à la présence des deux joueurs dans un espace restreint, les difficultés liées à la
différenciation R-NR sont évincées, le réceptionneur sait qu’il est le seul à pouvoir jouer la première touche de
balle, son attention doit rester focalisée sur ce qu’il a à faire.
- NR est forcément en mouvement (départ du plot), ce qui lui permet de se placer plus
précisément et plus facilement sous la balle et surtout de pouvoir réagir en cas de réception mal négociée par R.
- R doit être capable de construire la diagonale en anticipant le trajet de NR, en jouant
dans un espace qui n’est pas encore occupé (la cible à atteindre est virtuelle mais précise), la construction d’un
code de communication visuelle entre coéquipiers prend alors tout son sens : R doit produire une balle
suffisamment haute pour que NR ait le temps de se placer dessous, cette balle doit atterrir dans la zone de
marque avant et sur le côté du relayeur afin de lui donner un angle de vision par rapport au terrain adverse.
- Pour être complète, cette situation doit être proposée avec toutes ces variations
possibles, notamment en jouant sur les modes d’entrée du relayeur (droite, gauche, derrière) afin de construire
une capacité d’adaptation de R à un signal et de NR à une trajectoire de déplacement et de balle afférente
variables.
 Les inconvénients (il y en à toujours !) :
- Situation un peu statique (pour R) et répétitive mais qui peut rapidement évoluer en
fonction des réponses des élèves (cf : complexification),
- La situation manque de possibilité de réversibilité les rôles d’attaquant et de défenseur
(caractéristique propre aux activités d’opposition), une remédiation possible peut être de mettre en place une
confrontation différée entre deux équipes de deux, ou encore de laisser le jeu libre après un lancement dans
cette configuration, L peut également renvoyer ce qui peut déboucher sur un deux contre un,
- Il n’est pas envisagé ici le recours au soutien de R qui pourrait être utile à NR en cas de
mauvaise réception de sa part, nous nous focalisons sur la phase de réception-renvoi, une étape plus avancée
devrait voir apparaître une troisième touche (passe d’attaque) avec construction d’attaque.

LES VARIABLES DIDACTIQUES :


Les variables didactiques (en tant que paramètres facilitateurs ou contraignants de la tâche) constituent
un ensemble de dispositifs sur lesquelles l’enseignant peut intervenir afin de susciter l’activité adaptative des
élèves et par là même viser des transformations motrices et cognitives. Elles permettent de jouer sur le
compromis continuité/rupture de la situation.
Les différentes variables peuvent être liées à la tâche (espace, temps, évènement) ; au sujet (affective,
système des représentations, vécu dans l’activité) ; à l’enjeu de l’activité (but de compétition ou but de
maîtrise).

Les aménagements concernent :


- Les dimensions du terrain,
- Le nombre de joueurs,
- La hauteur du filet,
- Les possibilités d’interventions sur le ballon,
- Le décompte des points, les possibilités et conditions de marque,
- « Le détournement » du règlement,
Enseignement du Volley Ball. 18 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

- Le matériel,
- Les rôles des joueurs.

L’adaptation des conditions de jeu aux capacités et réponses des élèves est donc fonction de trois
paramètres :
 La vitesse du ballon qui doit être adaptée afin de permettre un placement juste du joueur et de
faire les choix pertinents,
 La longueur et la nature des déplacements : plus un élève se déplace vers l’arrière ou sur les
côtés, plus il est en difficulté (les déplacements avant sont peu problématiques), les dimensions du terrain
ainsi que le placement des joueurs sur le terrain au départ d’une situation sont alors des paramètres
primordiaux.
 La complexité de la situation réside dans l’adaptation des contraintes décisionnelles. Elle
dépend du nombre de joueurs sur le terrain et du nombre de choix en attaque. Plus le nombre de joueurs en
réception est restreint, plus la charge informationnelle est faible et plus le nombre de choix en attaque est
faible, plus l’incertitude est réduite.

L’objectif est de placer l’élève dans des conditions de pratiques adaptées (Famose dirait en difficulté
optimale) à ses ressources afin de le placer en situation de réussite immédiate (programmes de 1996). Il paraît
évident qu’une situation de 4 contre 4 avec des élèves de sixième sur un terrain de 14 x 7 m serait facteur
d’échec pour bon nombre d’élèves (seule les joueurs avants peuvent jouer et les pertes de balle sont beaucoup
trop nombreuses).
Parfois, le simple fait de placer les élèves dans des conditions aménagées de pratique peut être source
d’apprentissage, même sans donner de consignes particulière.
Exemple : Jeu libre en 2 contre 2 sur un terrain de 12 x 5 m avec zone arrière dans laquelle les réceptionneurs
doivent se placer côte à côte au départ de l’action. Cette situation doit permettre de voir apparaître une
capacité à se différencier R-NR puis de construire le relais ou tout au moins de prendre conscience de la
nécessité d’utiliser un relais.

Exemple d’adaptation des contraintes en fonction des niveaux de jeu :


 Niveau 1 : l’objectif prioritaire est l’amélioration de la lecture de trajectoire de la balle afférente
pour se placer dessous et effectuer un renvoie régulier et maîtrisé.
o variable spatiale permet de placer l’élève dans une situation adaptée à ses possibilités de
déplacement (espace réduit et terrain souvent plus long que large : de 6 x 2 m à 12 x 5 m).
o variable temporelle (adapter le temps d’intervention de l’élève pour le placer soit en
crise de temps soit en situation de facilitation informationnelle en jouant sur la hauteur du filet et l’espace de
jeu).
o variable événementielle : jeu en effectif réduit (1 contre 1) afin de limiter la charge
informationnelle en réception et en attaque (prise en compte d’un seul adversaire).
o les modalités de jeu : nous imposons aux élèves débutants de jouer uniquement en
frappe haute (en passe à 10 doigts au-dessus de la tête) afin de les obliger à prendre l’information sur la
trajectoire le plus vite possible. Si l’élève se contente de jouer en frappe basse (manchette), le temps requis est
plus long et la prise d’information plus tardive. De plus, les élèves risquent de s’enfermer dans leurs
représentations centrées sur le jeu en manchette plus spectaculaire.

 Niveau 2 : l’objectif est ici de favoriser l’attaque du camp adverse depuis la zone de marque avant.
o variable spatiale : terrain plus long que large pour pousser l’élève à utiliser un relais
pour renvoyer depuis la zone avant ;
o variable évènementielle : effectif réduit en 2 contre 2, seulement un partenaire qui peut
servir de relais ou de passeur. Incertitude également dans la phase de réception qui nécessite une
différenciation rapide des rôles de réceptionneur et non-réceptionneur.

Dans tous les cas, l’élève sera placé en situation d’opposition-duelle afin de garantir un enjeu source
d’investissement (but de compétition), de situations de recherche de solutions (but de maîtrise) mais
Enseignement du Volley Ball. 19 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

également garant d’une attitude pré-active impliquant le joueur dans la construction du schème de duel
(Récopé, 1997).

Positionnement par rapport à la pratique sociale de référence :


D’autres adaptations sont encore possibles et concernent l’utilisation « détournée » des composantes
du règlement du volley ball. Beaucoup de collègues utilisent certains éléments règlementaires et les adaptent
pour faciliter le jeu (d’autres prétendent que l’enseignement du volley est impossible en sixième !!!).
Les propositions suivantes se retrouvent dans beaucoup de cycles d’enseignement : possibilité de
réaliser 4, 5 touches par équipes, droit au jonglage (un joueur peut toucher deux, trois fois la balle de
suite) ; le jeu avec rebond ; le doublement du service ; prolongation du service par un coéquipier. Dans
son dernier ouvrage, J Metzler propose même de donner la possibilité au passeur de bloquer la balle
pour permettre à l’attaquant de se positionner et d’optimiser la relation passeur-attaquant.

Toutes ces propositions sont éloignées de la pratique sociale de référence même si elles ont le mérite
de prouver que nous nous efforçons au quotidien d’adapter l’enseignement à nos élèves. Notre position est
que le fait de dénaturer l’activité à ce point n’est pas fait pour favoriser l’apprentissage culturel des élèves qui
se perdent entre toutes les variétés de règles qu’ils côtoient tout au long de leur cursus. Il est courant de
rencontrer un élève qui demande si on peut faire une passe au service ou qui réalise plusieurs touches de suite.
Nous pensons que, avant d’avoir recours à de telles pratiques, nous devons avoir testé toutes les solutions
didactiques à notre portée. Le fait de bloquer la balle, de jongler est pour nous, a-didactique dans le sens où
l’essence même du jeu de volley ball est remise en cause. La logique interne du volley ball (défense et attaque
dans la même action de frappe) implique une rapidité dans la prise de décision qui ne peut être évacuée. Ainsi,
nous préférons que des élèves de terminale jouent sur un terrain réduit avec des possibilités de jeu totales
plutôt que de leur donner la possibilité de jongler pour se rapprocher de la zone avant.
Attention, nous ne condamnons pas toutes les tentatives qui pourraient favoriser l’apprentissage des
élèves, mais nous militons pour une pratique authentique de l’activité. L’utilisation de ces procédés doit être
cadrée et justifiée aux yeux des élèves afin d’éviter d’entendre : c’est pas du volley, Monsieur !!!

Avantages Inconvénients Propositions

Toute notion de soutien est Réduire les dimensions du


Permet de se rééquilibrer et écartée, l’élève joue au- terrain afin de limiter les
Jonglage de faire progresser la balle dessus de lui et ne fait pas déplacements latéraux et
vers l’avant. progresser la balle avec ses réduire la distance R
partenaires. passeur.
Réduit le nombre des pertes Un des intérêts du VB par Toujours laisser la
Touches de balles en donnant une rapport aux autres sports possibilité de jouer 1, 2 ou 3
multiples possibilité supérieure de collectifs est justement le touches. Améliorer la
touche. nombre limité de passes. mobilité des joueurs.
Augmente le temps de jeu Travail du service cuillère
La pression liée au rôle de
en évitant des rotations à et possibilité d’avancer dans
serveur est réduite, l’élève
Service doublé chaque service manqué. le terrain.
doit apprendre à gérer ses
Réduction de l’échec au Donner une cible prioritaire
émotions pour son équipe.
service. au serveur.
Permet au serveur
Prolongation de L’apprentissage du service
d’atteindre le terrain Idem.
service est évincé.
adverse.
Favorise la relation passeur-
L’enchaînement des tâches Travail particulier de la
Bloquer la balle attaquant en réduisant la
est évincé. relation passeur-attaquant.
vitesse d’exécution.

Enseignement du Volley Ball. 20 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Cas particulier du jonglage :


L’utilisation du jonglage est une pratique largement répandue dans les cours de volley ball, que ce soit
pour l’échauffement ou dans les situations d’apprentissage et même à certains moments en situation de match.
Notre préconisons que le jonglage ne soit utilisé que dans deux cas de figure : (1) en situation de 1
contre 1 (et à un moment précis de l’évolution de l’apprentissage) et en situation d’échauffement
individuel et uniquement accompagné d’un déplacement vers l’avant (2).
 1 : en situation d’opposition en 1 contre 1, l’utilisation du jonglage peut être bénéfique pour se
rééquilibrer après une frappe difficile mais également pour permettre au joueur de gagner du temps dans sa
prise d’information. Il peut réaliser un jonglage haut pour pouvoir identifier l’espace libre dans le camp
adverse. Cette possibilité offerte à l’élève ne sera qu’une phase de transition entre le jeu en un contre un et le
jeu en deux contre deux. En effet, ce jonglage peut permettre au joueur de se rapprocher de la zone avant pour
renvoyer en cas de jeu long de l’adversaire. Le jonglage sera ensuite remplacé par l’utilisation du joueur
relais.
 2 : à l’échauffement, le jonglage sera utilisé en déplacement vers l’avant afin de construire une
trajectoire de balle toujours dirigée vers le haut et l’avant (les trajectoires réalisées au-dessus de la tête du
joueur sont très rares en volley ball), ce qui autorisera également un apprentissage technique de la passe haute
(poussée des jambes et orientation des mains). Le fait de jongler sur place entraîne une perte de repères et un
mauvais placement des mains, souvent l’élève frappe la balle avec les mains ouvertes et plates ce qui
provoque une rotation de la balle vers l’arrière (cf. schéma). Nous proposons de réaliser des petits parcours
simples vers l’avant comme par exemple : départ du joueur à 7, 8 ou 9 m avec un ballon, il doit jongler en
direction du filet pour passer la balle à son partenaire situé de l’autre côté (à 5, 6, ou 7 m), le nombre de
jonglages n’est dans un premier temps pas restreint, puis on limite à 4, puis 3, puis 2 jonglages. L’objectif est
réellement de créer une trajectoire dirigée vers le haut et l’avant (certain parlent de « rail ascensionnel »).
Dans cette logique, les situations d’échauffement avec jeu contre le mur sont très efficaces car elles
permettent la construction de la passe haute avec production de trajectoire haute et suffisamment poussée vers
l’avant pour que la balle revienne jusqu’au joueur.

Jonglage du débutant dirigé vers le haut :

Second cas particulier : le jeu exclusif en trois touches de balle.


La référence au modèle du haut niveau nous fait souvent penser notre enseignement en terme d’APSA
et nous nous écartons alors de l’analyse des productions des élèves et de leurs difficultés. Le recours abusif au
jeu en trois touches de balle en est un bon exemple. En effet, pourquoi imposer une organisation offensive en
trois touches alors que bien souvent un renvoi direct ou un jeu en deuxième main est plus efficace. Encore une
fois, nous parlons en terme d’efficacité et non en terme de réalisation. Si les équipes de haut niveau organisent
leur attaque à partir du jeu en trois touches en priorité (le jeu en deuxième main est également utilisé pour
surprendre l’adversaire), c’est principalement dans un souci de création d’incertitude par rapport à
l’organisation défensive adverse, le passeur dirige son attaque au dernier moment dans l’espace proche du
filet.
L’utilisation exclusive du jeu en trois touches ne permet pas au joueur de faire les choix élémentaires
permettant d’atteindre la cible (compétence propre des programmes de 1996), ni de choisir entre passer et tirer
(jouer seul ou jouer avec). L’élève doit toujours avoir le choix d’utiliser telle ou telle solution en fonction de
la situation : il peut soit renvoyer directement dans le camp adverse, soit différer son attaque en utilisant le
relayeur ou le passeur. Dans le cas d’une réception à effectuer dans l’espace proche du filet (moins de 2 m),
quelle est la meilleure solution ? Renvoyer directement dans l’espace libre adverse ou effectuer une passe vers
l’arrière à son partenaire qui devra rejouer vers l’avant ? Le fait de pouvoir choisir son nombre de touches est
un élément clé de l’apprentissage du volley-ball comme toutes les activités à dominante décisionnelle. Pour
effectuer un parallèle avec les autres sports collectifs, obliger le joueur à utiliser les trois touches revient

Enseignement du Volley Ball. 21 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

pratiquement à interdire le dribble en hand ball en situation de match, le joueur ne peut plus effectuer de choix
entre passer et jouer seul.
La notion de choix, en sport collectif, est un élément central de l’apprentissage en EPS.

Troisième cas particulier : le jeu avec rebond.


Il paraît évident que le jeu avec rebond au volley ball est à bannir totalement dans la mesure où c’est
un élément perturbateur de l’activité adaptative du joueur à la trajectoire du ballon spécifique en volley ball.
La spécificité de l’activité est de défendre son camp et attaquer le camp adverse dans la même action de
frappe dans un laps de temps restreint et en ayant une prise de repère modifiée par la situation particulière de
la tête en extension (due à une trajectoire afférente de haut en bas !). Le fait d’utiliser le rebond au sol est donc
à contre nature de l’activité elle-même mais aussi a-didactique dans le sens où le rebond oblige l’élève à se
déplacer vers l’arrière et lui donne une marge temporelle d’exécution trop importante.
Le rebond ne pourra être utilisé que dans la recherche d’un objectif d’apprentissage précis : utiliser la
poussée des jambes en manchette pour contrôler sa trajectoire de frappe. Le rebond permet de ralentir la
vitesse du ballon et oblige le joueur à pousser fortement dans ses jambes pour le remonter. Cependant, il faut
faire attention à une utilisation excessive des bras (qui doivent rester fixes avec un angle de 90°) et demander
à l’élève de réaliser un pas après sa frappe afin qu’il joue plus vers l’avant que vers le haut. De plus, cette
situation sera réalisée en situation fermée avec un lanceur, un réceptionneur qui doit produire une trajectoire
haute et renvoyer la balle au-dessus du lanceur (rattrapage bras tendus) en passant au-dessus du filet. En
aucun cas, le rebond ne sera toléré en situation de match.

Enseignement du Volley Ball. 22 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

4. LES CONTENUS D’ENSEIGNEMENT…

Les contenus d’enseignement que nous définissons ici se rapportent à deux champs :
o Les fondamentaux du volley ball regroupent les apprentissages indispensables à la
formation du volleyeur, les apprentissages incidents, ceux qui ne se voient pas. Ils touchent principalement les
différentes ressources sollicitées en volley ball, mais aussi les capacités et aptitudes de l’élève.
o Les repères techniques : ensemble de principes fondamentaux à respecter pour être
efficace. Ils concernent la passe, la réception, le contre, le service, l’attaque,…

Ces deux ensembles de contenus sont, bien sûr, indissociables. L’apprentissage va consister à placer
l’élève en situation de va-et-vient permanant entre des apprentissages techniques « purs » (observables) et des
apprentissages « mous » (cachés). L’essentiel est de comprendre que la résolution d’un problème
technique passe le plus souvent par le développement des ressources de l’élève.
Exemple : pour des élèves débutants, nous constatons souvent que les frappes se réalisent de manière
explosive et en déséquilibre. Les contenus porteront donc prioritairement sur l’affinement des ressources bio
informationnelles afin de palier à la difficulté à lire la trajectoire de la balle afférente et permettre à l’élève de
se placer sous la balle pour renvoyer plutôt que l’apprentissage du geste de la passe (voir les étapes de
l’apprentissage).

LES FONDAMENTAUX DU VOLLEY-BALL


Ce que l’élève doit construire en priorité

 Une lecture de trajectoire de balle précoce et précise,


 Une réactivité importante (vitesse de réaction),
 Un déplacement rapide et précis, des appuis forts, dynamiques et orientés,
 Une disponibilité motrice,
 Une dissociation bras-tronc et tronc-membres inférieurs,
 Une dissociation tête-tronc,
 Une coordination inter segmentaire,
 Une capacité à gérer son équilibre tout en prenant de l’information en direction
d’une balle en hauteur (cf. approche scientifique),
 Construire des repères équilibrateurs autres que les bras,
 Un développement des sensations proprioceptives au niveau plantaire et manuel
(cf. approche scientifique),
 Des capacités d’anticipation-coïncidence,
 Des capacités d’abstraction,
 Une relation de contact et de touché avec le ballon,
 Des capacités de coopération et d’entraide,
 Des capacités de concentration et d’adaptation,
 Des capacités à s’investir dans un duel,
 Produire des trajectoires différentes des trajectoires afférentes.

Enseignement du Volley Ball. 23 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

REPERES TECHNIQUES pour l’élèves :


Ensemble des défauts les plus souvent observés en milieu scolaire et critères que l’élève doit acquérir
pour obtenir une plus grande efficacité dans l’action.

ITEMS ET
DEFAUTS DU DEBUTANT CRITERES D’EFFICACITE
OBJECTIFS
SERVICE
Service cuillère frappé de bas Pied gauche devant, jambes semi fléchies (poids de
Mise en jeu en haut en un seul bloc avec corps vers l’avant), lancer le ballon au niveau de
(engagement) puis production de trajectoires son pied avant et sur le côté, puis frapper par un
mise en danger de hautes et aléatoires. mouvement d’arrière en avant avec le poing fermé,
l’adversaire pour Frappe à l’amble (pied droit bras semi fléchi et en recherchant la profondeur du
devenir une première devant pour un droitier) terrain adverse.
attaque.
Se placer sous la balle (si je ne la frappe pas, elle
PASSE HAUTE me tombe sur le front), un pied devant et jambes
Frappe explosive avec un plan
semi fléchies. Avant l’arrivée de la balle, les
de frappe avancé ou reculé
Distribution de paumes de mes mains se regardent (les pouces
(trop devant ou trop derrière),
l’attaque et attaque dirigés vers mes yeux, tous les doigts doivent
l’élève frappe la balle avec un
ou encore réception participer à la frappe), réaliser une extension avec
mouvement d’arrière en avant
sur balle haute et rotation des bras vers le haut et l’avant tout en
et la rabat vers le sol.
lente. poussant dans le sol (finir son geste par un
déséquilibre avant = réaliser un pas en avant).
Conserver ses appuis face au filet (déplacement en
pas chassés), la main droite vient englober le poing
MANCHETTE gauche, les bras tendus avec translation des
Frappe explosive en réaction à
omoplates (on les sens qui glissent sur la cage
une main et en déséquilibre,
Réception et défense thoracique, rentrer la tête dans les épaules), jambes
trajectoire produite haute en
sur balle rapide et semi fléchies avec appui en plante de pied, frapper
arrière ou trop en avant.
basse. la balle avec les avant bras au niveau de la montre
par un mouvement accompagné des jambes (les
bras ne dépassent jamais le plan des épaules).
Problème de timing, trop tôt ou Prendre un repère pour démarrer sa prise d’élan
SMASH
trop tard, frappe bras fléchis à (par exemple, sommet de la trajectoire de la passe),
hauteur de la tête, en arrière et gauche-droite-gauche pour se placer sous la balle et
Attaque du camp
en redescendant, la balle la frapper bras tendu, légèrement en avant et
adverse.
monte. accompagner le ballon dans la direction souhaitée.
Souvent en retard, le problème
CONTRE Prendre un repère visuel sur le moment de
du contre est un problème de
déclenchement du saut (qui doit être vertical à deux
timing auquel s’ajoutent une
Première ligne pieds après un déplacement en pas chassés), par
prise d’élan vers l’avant
défensive exemple l’armé du bras de l’attaquant, se placer sur
souvent à un seul pied
(offensif ou la ligne de force de l’attaque (dans la ligne des
(attention à la sécurité) et une
défensif), appuis de l’attaquant) et passer les mains de l’autre
mauvaise orientation des
contre-attaque. côté du filet sans le toucher.
mains.

Enseignement du Volley Ball. 24 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

ETAPES DE CONSTRUCTION TECHNIQUE :

Evolution de la construction technique de l’élève de la sixième à la terminale en fonction des


différentes actions du jeu. A moduler en fonction du niveau des réponses apportées par les élèves.

ETAPES Service Réception Passe Attaque Défense

Engagement
Frappes en
1 lancé à deux Renvoi direct
priorité au
contre mains depuis la en passe haute, Renvoi direct
dessus de la
1 poitrine. appuis orientés dans l’espace Renvoi direct.
tête (touches à
+ en direction de libre.
10 doigts).
6e / 5e Service cuillère l’espace libre.
Renvoi direct.
avancé à 4 m.
En frappes 3 alternatives :
2 hautes ou en Touches à 10 renvoi direct, Couvrir
contre Service cuillère manchette en doigts ou en deuxième main l’espace de jeu
2 et service direction de manchette (relais) ou jeu avec un contre
tennis à 4-5 m. l’espace avant (type beach en trois et une défense
6e / 5e / 4e et dans la volley). touches de basse.
diagonale. balle.
Passe haute
parallèle au
Balle haute en filet dans la
3 Service tennis direction de la course d’élan Idem + deux
Un contre et
Contre placé à 7-8 m. zone de passe de l’attaquant. attaquants
deux joueurs
3 Début service définie dans le Placement des possibles.
en défense
smashé système de jeu appuis en Attaque placée
basse.
4e / 3e / 2nd (flottant). (passeur en 2 orientation ou en force.
ou 3). partagée
(perpendiculair
e au filet).
Objectif :
placer un
Service tennis Variété des
attaquant en
varié en effet alternatives
situation
(flottant, d’attaque en
maximale (un
enroulé) ou fonction des
4 contre 0).
placé (dans une secteurs, des Idem avec trois
contre Idem. Prendre
zone de vitesses défenses basses
4 Possibilité d’un l’information
divorce, sur un d’attaque (balle et soutien
passeur sur le
adversaire haute ou courte d’attaque et de
3e / lycée pénétrant. placement du
précis, court ou ou tendue). contre.
UNSS contre pour
long) ou Adaptation au
jouer avec un
frappé. système
attaquant
Service smashé défensif
démarqué (en
long. adverse.
poste 4, 3 demi
ou courte, 3m).

Enseignement du Volley Ball. 25 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

ETAPES D’APPRENTISSAGE ET INDICATEURS :

Etapes d’apprentissages en fonction de trois indicateurs fondamentaux de l’activité du volleyeur.

Structuration
ETAPES Lecture de trajectoire Activité décisionnelle
technico-tactique

Identifier la trajectoire
1 (direction, vitesse et Créer un rail ascensionnel
contre profondeur) de la balle avec alignement œil-main-
Renvoyer dans l’espace
1 afférente pour se placer ballon pour produire ne
libre identifié.
dessous et renvoyer. trajectoire montante et
6e / 5e Coordonner un lancer bas dirigée volontairement.
avec une frappe.

Se reconnaître R-NR.
Identifier la trajectoire de la Prendre la réception ou se
2
réception (pour le placer pour relayer. Construire la relation avec
contre
passeur/relayeur) et la Renvoyer directement ou son partenaire (balle haute
2
trajectoire de la passe (pour passer. dans le futur de son
l’attaquant). Jeu en première main partenaire).
6e / 5e / 4e
Coordonner un lancer haut (relais) ou passe d’attaque.
avec une frappe.

Fonction du système de jeu.


3 Passeur : première main,
Idem.
Contre passe en 3, 4 ou 2, 4.
Adaptation à des Elaborer un système de jeu
3 Attaquant : attaque frappée,
trajectoires tendues et favorisant l’augmentation
placée.
variées (service tennis et des alternatives d’attaques.
4e / 3e / Service puissant, sur un
attaques).
2nd joueur précis, entre deux
joueurs.

4 Idem.
Se placer en défense par
contre Adaptations à des Elaborer un système de jeu
rapport à un contre.
4 trajectoires variées en favorisant l’augmentation
Passeur : première main,
vitesse, en longueur, en et la variété des alternatives
passe en 3, 4,1 ou 2, 4, 6.
3e / lycée fonction des secteurs d’attaques.
UNSS d’attaque.

Enseignement du Volley Ball. 26 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

ETAPES DE CONSTRUCTION TACTIQUE :


Les étapes de la construction tactique du joueur en fonction de trois indicateurs démontrant les types
de relation de coopération et d’opposition dans le jeu.

Relations entre
ETAPES Système de jeu Système attaque/défense
partenaires

1
contre
Jeu en 1 avec 1
1 Renvoi direct.
Jeu en 1 contre 1
6e / 5e

1 R au fond + 1 relayeur en
zone avant et en orientation
partagée.

2 Réception haute avec


Attaque en priorité en
contre relayeur en mouvement.
profondeur et défense selon
2
option avec un contre ou
Disponibilité de l’attaquant R et NR côte à côte en fond
non.
6e / 5e / 4e pour enchaîner les tâches. de terrain.

Traditionnellement en Défense avec un contre et


3 Réception haute sur le triangle : 2 R et 1 P au filet.
deux défenseurs hors de
Contre passeur et enchaînement
l’axe du contre.
3 sur l’attaque.
Attaques placées ou en
Joueurs en soutien au près.
force.
4e / 3e / Disponibilité de l’attaquant
Diversification des
2nd pour enchaîner les tâches.
Cf. systèmes de jeu. opportunités d’attaques.

Traditionnellement 3 R
Idem. attaquants et 1 passeur- Attaques variées en vitesse
4
contreur. et en secteur (combinaisons
contre
Mise au point de tactiques possibles).
4
de jeu en attaque et défense Défense avec option :
(type d’attaque et option de contre en diagonale ou
3e / lycée
placement au contre et en ligne et placement de la
UNSS
défense basse). défense basse avec soutien.
Cf. systèmes de jeu.

R : réceptionneur, NR : non réceptionneur, P : passeur.

Enseignement du Volley Ball. 27 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

5. MODALITES DE PRATIQUE EN MILIEU SCOLAIRE

Caractéristiques du jeu en effectif réduit en volley-ball : le un contre un (Revue EP.S à venir).


La principale caractéristique du jeu en un contre un est d’obtenir une réduction maximale de la charge
informationnelle afin de permettre l’émergence d’alternatives décisionnelles simples essentiellement liées à la
cible (espaces libres), à la balle afférente, ainsi qu’aux partenaires et adversaires.

Pourquoi privilégier le jeu en le un contre un ?


o Il permet à l’élève de vivre un nombre de touches de balles au cours d’une séance très
important (minimum 240 touches pour une séance de 1h15 selon nos propres comptes). Ce nombre
conséquent de répétitions permettant d’optimiser le programme moteur lié à la frappe à dix doigts en
affinant les sensations au niveau des mains (touché de balle).
o Il favorise les déplacements courts, les blocages et les changements rapides de direction.
o Le temps de jeu effectif pour chaque élève est important. L’élève est toujours en mouvement,
il est le seul à pouvoir intervenir sur la balle, il est de ce fait « concerné » par le jeu, les difficultés liées à la
différenciation réceptionneur-non réceptionneur sont exclus.
o La charge informationnelle reste limitée : le nombre d’informations à traiter est réduit,
l’élève concentre son attention sur la trajectoire de la balle et sur le placement de son unique adversaire.
o Le un contre un permet une véritable centration sur la cible à atteindre, les espaces libres
sont plus facilement identifiables (à condition d’adapter les dimensions du terrain).
o Le fait de devoir renvoyer la balle forcement de l’autre côté du filet oblige l’élève à produire
des trajectoires montantes (à condition d’adapter la hauteur du filet) ce qui lui fait défaut lors des situations
de deux contre deux.
o Le fait de jouer dans un espace restreint en largeur permet de s’appuyer sur la vision centrale,
privilégiée par l’élève, face à lui. L’apprentissage de la décentration visuelle apparaîtra avec la production
de trajectoires de balles afférentes vers les côtés.
o Le jeu en un contre un permet de développer la prise de décision rapide.
o Il met en exergue la recherche tactique individuelle.
o Il y a conservation de la logique interne de l’activité. Selon Platonov, on peut parler de volley-
ball à partir du moment où l’élève prend des informations sur la trajectoire de la balle en ayant la tête en
extension.
o Les apprentissages fondamentaux recherchés en volley-ball sont respectés et même
travaillés de manière privilégiée : la lecture de trajectoire est primordiale à ce stade de l’apprentissage, la prise
de repères sensoriels (plantaire), la structuration de l’espace arrière, la restitution des réactions du sol (poussée
des jambes).
o Le un contre un permet d’envisager la réversibilité des rôles d’attaquants et défenseurs dans
la même action et dans un laps de temps restreint ce qui pousse l’élève à identifier son statut de manière
précoce et à adopter le comportement correspondant dans les plus brefs délais.
o On vise également des apprentissages transversaux au groupement des sports collectifs. Le
un contre un apparaît comme le moment privilégié de l’apprentissage de la différenciation attaquant-défenseur
par l’intermédiaire de situations réalisées en coopération (duo) puis de situations réalisées en opposition.

Limites du jeu en un contre un :


o La logique de coopération des sports collectifs n’est évidemment pas respectée, le jeu
s’apparente davantage à une activité individuelle duelle de raquette.

Toutes les caractéristiques du jeu en un contre un sont donc à relier avec les ressources que nous
avons précédemment déclinées. Ainsi, la seule situation de jeu permet de solliciter un éventail
important des ressources et capacités de l’élève. Le rôle de l’enseignant sera de mettre l’accent sur une

Enseignement du Volley Ball. 28 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

sollicitation particulière en fonction des réponses des élèves et à l’aide des variables didactiques à notre
disposition.

Organisation du groupe classe en un contre un (montante-descendante).

Caractéristiques du jeu en effectif réduit en deux contre deux.

Avantages du jeu en deux contre deux:


o La réversibilité des rôles : les élèves occupent tour à tour les rôles de serveur, de
réceptionnaire, de non réceptionnaire, de passeur et d’attaquant, il n’y à pas de spécialisation des rôles.
L’élève construit les habiletés liées aux cinq rôles ;
o La structuration de « l’espace virtuel » (terme définissant l’espace en diagonale avant du futur
relayeur) ;
o Il aide également à la délimitation des zones d’intervention de chaque joueur, développe la
communication, le jeu en trois touches, la qualité des échanges.
o Un accès à la différenciation des rôles de réceptionneur / non réceptionneur rendu plus facile
du fait du nombre restreint d’alternatives en réception (deux possibilités) ;
o Une nécessaire attention pré-active des deux joueurs afin de pouvoir assurer la continuité du
jeu (cf. M. Récopé sur la construction du schème du duel, du spectateur attentiste au duelliste permanent, 4).
Même si l’élève ne réceptionne pas, il doit être attentif et disponible physiquement et mentalement pour
pouvoir intervenir et se placer dans la diagonale pour effectuer son relais.
o L’élève relayeur est ici placé en situation de prise de décision avec deux alternatives :
prolonger la trajectoire de la balle ou utiliser son partenaire pour différer l’attaque et éviter le contre adverse.

Inconvénients du jeu en deux contre deux :


o Les alternatives d’attaque sont réduites (un seul joueur peut attaquer sur relais). Cependant
ce nombre d’opportunités peut rapidement augmenter avec l’alternative du jeu en première main ou la passe
au partenaire attaquant.

Enseignement du Volley Ball. 29 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

6. LES SITUATIONS D’APPRENTISSAGE.

Nous avons à notre disposition un certain nombre de type de situations d’apprentissage que nous
pouvons utiliser comme bon nous semble pourvu que nos élèves apprennent. Il est important de remarquer
que le type de situation que nous proposons à nos élèves à un moment donné doit correspondre à une véritable
attente de leur part c’est-à-dire que nous devons mettre en place les conditions réelles d’apprentissage en
fonction de l’analyse des réponses des élèves. Une situation doit répondre à un besoin précis.

Dans une logique cognitiviste de l’apprentissage, les situations d’enseignement doivent être construites
sur la base de plusieurs critères incontournables :
 Un engagement moteur important.
 Une réversibilité des rôles d’attaquant et de défenseur : chaque joueur doit (à tour de rôle ou dans la
même situation) assumer les deux rôles.
 Un but précis : l’élève doit pouvoir identifier la cible à atteindre.
 Des contraintes adaptées au niveau de pratique des élèves (voir variables didactiques) : terrain et
effectif réduit par exemple.
 Des consignes précises et claires.
 Des variantes pour adapter la situation aux réponses des élèves (remédiation ou complexification).
 Un retour rapide sur l’action (individuel, par un pair ou l’enseignant).
 Un aménagement sécurisé.
 Une organisation qui permette un gain de temps : organiser les rotations avec des ramasseurs et des
observateurs.
 Une organisation motivante (défi).
 Un sens en terme d’apprentissage : on apprend, par exemple, à smasher quand la défense prend le
pas sur une attaque faible (pieds au sol).

LES DIFFERENTS TYPES DE SITUATIONS.


Pour Yves Roland (académie de Poitiers), il existe 3 grands types de situations d’apprentissages :
- « les frappes de balle » sont des situations de répétitions de touches de balle (passes hautes,
manchettes, service, seul, à deux, en un contre un ou un avec un) destinées à stabiliser un ensemble de
sensations liées à une frappe.
- « les situations d’aide directe » concernent différentes phases de jeu (frapper -
renvoyer, renvoi avec soutien, renvoi avec relais, balle placée, balle smashée).
- « les situations de stratégie collective » sont des moments de jeu global avec aménagement
type situations à thème accompagnées d’observations.

Les SA peuvent être de nature différentes : découverte, construction, stabilisation, renforcement.

o Situations de type « expérience ». L'objectif s'oriente vers une découverte ou une mise en
évidence des problèmes du jeu. Quantité et variété sont de mise. Il s’agit dans un premier temps de confronter
l’élève à la logique interne de l’activité afin qu’il en saisisse le sens. L’élève doit comprendre le but du jeu
pour s’orienter dans la bonne direction et éviter les décalages de représentation avec les attentes du professeur.
Cette situation devra donc faire vivre le volley ball comme une activité d’opposition et non comme une
activité de coopération. L’élève doit tout de suite intégrer que le but du jeu n’est pas de faire le maximum
d’échanges avec le joueur placé de l’autre côté du filet mais de gagner le point en jouant dans l’espace libre
ou en mettant l’adversaire en difficulté. Ce qui n’exclu pas le recours à ce type de situation lors de
l’apprentissage.
Il apprend le but du jeu, les limites du terrain, le minimum règlementaire, les modalités de
fonctionnement du jeu ; il apprend également à se reconnaître attaquant ou défenseur, à jouer contre,…
Enseignement du Volley Ball. 30 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

Le plus souvent, ces situations recouvrent la forme de match et sont placées en début d’apprentissage.
Elles permettent à l’enseignant de faire le point sur le niveau atteint par les élèves (évaluation diagnostique) et
aux élèves de trouver une motivation à la pratique de l’activité (phase émotionnelle selon Bui-Xuan).

o Situations de type « problème » (jeu sur réglé). Elles permettent la compréhension et la mise
en place des systèmes de jeu et des différents rôles. L'introduction de règles complémentaires est
caractéristique de ce genre de situations (smash interdit, 2 touches obligatoires, etc.). Leur but est de favoriser
la construction de compétences par un processus d’adaptation (d’assimilation-accomodation) aux contraintes
particulières de la tâche. L’élève doit résoudre le problème qui lui est posé pour accéder au niveau supérieur.
Exemple : en deux contre deux, le fait de placer obligatoirement les deux réceptionneurs dans une zone
arrière les oblige à utiliser un relais car ils n’ont pas les capacités suffisantes pour renvoyer directement de
l’autre côté, ce qui, en plus n’est pas tactiquement efficace.
Le point essentiel ici est que la situation doit comporter un réel problème moteur nouveau pour l’élève
et que celui-ci ait la possibilité de rechercher et d’expérimenter des solutions.

o Situations de type « match à thème ». Il s’agit de donner une consigne particulière à une
équipe ou un joueur afin de susciter une adaptation de l’adversaire. La situation de jeu est globale. L’enjeu est
la généralisation et la contextualisation. Le rapport de force peut être ainsi modulé en fonction des objectifs et
du niveau.
Exemple : attaquer uniquement en poste 4, servir très court, valoriser une cible par un nombre de
points plus important, varier les dimensions de chaque côté du terrain.
Ce type de situation très ouverte doit toujours laisser la place aux choix des joueurs, ils ne doivent pas
seulement pouvoir jouer dans la zone en fond de terrain mais ils doivent également pouvoir marquer des
points dans la zone avant.
Ici, les élèves apprennent à s’adapter à un système de jeu imposé et à s’organiser collectivement pour
le mettre en place et à répondre à ce système en tant qu’adversaire. Il est également possible de donner une
consigne particulière à une équipe sans la donner à l’équipe adverse, les capacités d’adaptation seront
davantage sollicitées.

o Situations de type « jeu dirigé ». Situation très proche du jeu à thème, l’enseignant « assiste »
les joueurs pendant le jeu. L'opposition est réelle. Le jeu peut être interrompu par quelques séquences de
discussions destinées à expliquer un point particulier, soit par le professeur, soit par d’autres élèves, ou
encore, un problème peut devenir enjeu de débats dans le cadre d’un conflit sociocognitif entre élèves. Mais
ces interruptions sont assez courtes et peu fréquentes. Le jeu global permet d’intégrer la pression du score et la
prise de risque.

o Situations de type "défi". Situation éminemment « émotionnelle » puisque nous nous


appuyons sur l’émulation engendrée par la confrontation à l’autre pour stimuler nos élèves et ainsi provoquer
un engagement moteur conséquent.
Il s’agit de proposer une confrontation organisée entre deux équipes soit en situation de match
(globale, à thème, à handicap), soit en situation de confrontation différée où chaque équipe passe à tour de
rôle sur un atelier et doit réaliser le meilleur score possible.
Exemple : l’équipe A sert 10 fois sur l’équipe B et on comptabilise le nombre de retours de ballons
dans la cible, puis on inverse.

o Situations de type « routines ». Elles ont pour objectif de stabiliser, de renforcer, voire
d'automatiser un certain nombre de savoirs faire. Si elles sont souvent à dominante "technique" (enchaîner des
circuits avec réception, passe, défense, attaque,…), il est possible de les orienter vers des problèmes tactiques
simples (réceptionneur – non réceptionneur). Le volume de jeu est très important (notion de répétition, de
gammes). Ces situations permettent de nombreuses répétitions dans un exercice connu et appris.

Enseignement du Volley Ball. 31 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

QUELQUES EXEMPLES DE SITUATIONS :

1 - Objectif : renvoyer la balle dans l’espace libre identifié pour gagner le point.

Organisation : terrain réduit de 6m / 3m avec des plots de couleurs différentes pour indiquer aux élèves où se
placer, où se déplacer et où renvoyer. Par groupes de trois, avec un ramasseur.
Consignes : A lance, B renvoi, C arbitre et compte les points.
A lance la balle sur B puis se déplace vers un plot (au choix), B doit renvoyer sur le plot laissé libre.
Le jeu s’arrête.
1) un plot à droite et un plot à gauche (plots bleus)
2) un plot devant et un plot en zone arrière (plots rouges)
Nombre d’essais : 15 essais en 1, puis 15 essais en 2.
But : renvoyer sur le plot libre pour B.
Critères de réussite : 10 réussites sur 15
Critères de réalisation : Lire la trajectoire très tôt (avant le passage au-dessus du filet). « Ouvrir » son champ
visuel pour regarder où se déplace A.
1) Orienter ses appuis face au plot à atteindre. Adapter l’intensité de sa frappe en fonction de la vitesse
de la balle afférente (rupture de force avec l’angulation à produire).
2) Adapter l’intensité de sa frappe : pousser dans les jambes pour augmenter sa puissance et jouer en
zone arrière.
Variables : Varier la distance entre les plots, le temps de mise en mouvement de A : plus tôt pour faciliter,
plus tard pour augmenter la difficulté. Commencer soit par 1, soit par 2 en fonction des réponses des élèves.

3
1
B
A

Les apprentissages visés dans cette situation :


 lecture précoce et précise de la trajectoire de la balle afférente,
 engager avec précision,
 déplacements courts et rapides,
 déplacements avec orientation de la tête vers le haut,
 sensations plantaires,
 réaliser des frappes équilibrées,
 représentation de l’espace,
 placement sous la balle,
 sensations manuelles,
 technique de passe,
 décentration du regard vis-à-vis de la balle pour lire le déplacement de l’adversaire,
 orientation des appuis et des épaules,
 dissociation haut et bas du corps,
 pousser dans les jambes pour gagner en longueur et en précision,
 rompre l’opposition des forces liées à la balle afférente pour renvoyer avec un angle différent, adapter
l’intensité de sa touche de balle en fonction de la distance à lui faire parcourir.

Enseignement du Volley Ball. 32 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

2 - Objectif : créer l’espace libre pour marquer de manière intentionnelle.

Organisation : par groupe de niveau en fonction des capacités perceptives et de mobilité.


Terrain : Niveau 1 : 3,50m ; Niveau 2 : 4,50m et 3 m de largeur.
Consignes : 1 contre 1 en confrontation différée : le défenseur qui doit aller toucher un plot après chaque
frappe. L’attaquant engage sur le défenseur puis le jeu continue.
Niveau 1 : le défenseur a le choix du plot à toucher.
Niveau 2 : l’attaquant impose un plot à toucher au défenseur.
Nombre d’essais : 20 attaques puis inversion des rôles. 1 point sur faute adverse, 3 points si la balle tombe au
sol sans être touchée.
But : gagner le maximum de points.
Critères de réussite : moyenne de 10 réussites sur 15.
Critères de réalisation : anticiper un schéma tactique et l’appliquer à l’aide du plot. Décentrer son attention
de la balle et de l’adversaire pour identifier l’espace libre.
Variables : le défenseur possède un joker, il peut ne pas toucher le plot une seule fois dans l’échange.
Identifier un schéma tactique simple et l’exploiter : ex. engager long pour profiter du retard du défenseur pour
jouer dans le contre-pied. Adapter sa tactique en fonction de la place du plot et du déplacement du défenseur.

Att
3
2 Déf

Les apprentissages visés :


 réactivité et disponibilité motrice,
 aspects tactiques : produire des trajectoires tendues pour attaquer et des trajectoires hautes pour
défendre ; jouer où l’adversaire n’est pas ; déplacer l’adversaire (plot) en fonction d’un projet tactique ;
identifier au préalable les difficultés de déplacement rencontrées par l’adversaire (plutôt en déplacement
latéral et/ou en déplacement avant-arrière).

3 - Objectif : construction de l’espace libre.

Organisation : groupes de niveau par 3 avec un arbitre. Terrains adaptés en fonction des niveaux :
Niveau 1 : 3,50m ; Niveau 2 : 4,50m.
Consignes : 1 contre 1 avec un arbitre. La balle vaut 5 moins le nombre de passages au-dessus du filet.
A sert et doit gagner le point le plus vite possible pour avoir 5, 4, 3,..points.
Service lancé à 2,50m.
Nombre d’essais : 10 services.
But : gagner le maximum de points.
Critères de réussite : 30 points sur 50 possibles.
Critères de réalisation : Utiliser un schéma tactique et l’adapter en fonction de ses adversaires. Mettre
l’adversaire en difficulté dès le service. Anticiper la balle de l’adversaire.
Variables : classement en montante-descendante avec des terrains progressivement plus grand vers les
terrains les plus hauts.

Enseignement du Volley Ball. 33 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Les apprentissages visés :


 idem,
 construire tactiquement le point le plus vite possible.

4 - Objectif : réaliser un service régulier et précis.

Organisation : un contre un en confrontation différée.


Consignes : A sert 10 fois du lieu de son choix (plots), B se place dans une cible et A doit servir dans la zone
libre. Si le service atteint la cible désirée, A remporte les points correspondant au plot :
Plot 1 (3 m) : 1 point, Plot 2 (centre) : 2 points, Plot 3 et 4 (côtés) : 5 points, Plot 5 (arrière) : 10 points.
Nombre d’essais : 10 services.
But : battre son adversaire.
Critères de réussite : 60 points sur 100 possibles.
Critères de réalisation : choisir un plot en fonction de ses réussites et de ses capacités, prendre l’information
sur le placement de l’adversaire avant de servir, orientation des appuis en direction de la cible à atteindre,
accompagner son geste en direction de la cible.
Variables : fonction des plots utilisés, ajouter une cible avant, obliger à servir tennis, deux défenseurs et trois
zones,…

Les apprentissages visés :


 variabilité du service,
 orientation des appuis,
 adaptation de l’intensité de la frappe,
 prise d’information au préalable et concentration…

Variante : un défenseur et 4 cibles, possibilité d’intégrer 2 voire 3 défenseurs.

Enseignement du Volley Ball. 34 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

5 - Objectif : construction de l’attaque placée.

Organisation : situation avec postes et rôles définis (situation de cohésion).


Consignes : voir schéma
Nombre d’essais : 20 services en changeant à chaque fois de joueur (deux joueurs par poste).
But : battre son score (score d’équipe).
Critères de réussite : fonction des points attribués aux cibles (valorisation possible).
Critères de réalisation : concentration, attitude pré-active, jouer haut dans la course de son partenaire,
orientation et déplacement rapides.
Variables : A annonce une cible à atteindre avant le service, à la réception, à la passe, avant l’attaque ; A
devient défenseur, ajouter un défenseur,…

Les apprentissages visés :


 variabilité de l’attaque,
 relation réception-passe et relation passe-attaque,
 anticiper la trajectoire produite par son partenaire,
 se placer à distance de passe et en orientation partagée…

6 - Objectif : construction technique de la passe haute.

Organisation : situation pédagogique avec répétition.


Consignes : voir schéma. A croise, B et C jouent en ligne. Enchaîner un maximum de passes à trois avec
déplacement latéral de A.
Nombre d’essais : 3’ par joueur à répéter plusieurs fois en fonction des réponses.
But : battre son score (score d’équipe).
Critères de réussite : le nombre d’enchaînements réussis augmente.
Enseignement du Volley Ball. 35 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

Critères de réalisation : déplacements rapides en pas chassés, placement sous la balle et en arrière (si je ne
frappe pas la balle, elle me tombe sur le front), orientation des mains avec pouces dirigés vers les yeux,
pousser vers le haut avec les jambes pour produire une trajectoire haute.
Variables : faciliter la tâche en jouant au-dessus du filet, varier les types de déplacements : avant-arrière,
aléatoires, varier les distances à parcourir pour A…

Possibilité de réaliser la même situation en manchette.

Les apprentissages visés :


 déplacements latéraux,
 déplacements avant-arrière,
 produire une balle haute,
 dissociation segmentaire,
 orientation des appuis,…

Variante 1: en un avec un et déplacements courts en diagonale.

Enseignement du Volley Ball. 36 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Variante 2 : en manchette avec service court, tendu et déplacements courts.

EXEMPLES DE SITUATIONS DANS LES DOCUMENTS D’ACCOMPAGNEMENT LYCEE :

Exemple de mise en oeuvre en CAP BEP


Cette situation a été choisie parce qu’elle permet essentiellement l’acquisition de connaissances
tactiques et techniques (se reconnaître réceptionneur ou relais, servir, réceptionner, passer, renvoyer) et de
savoir-faire sociaux :
- jouer et respecter les différents rôles,
- appliquer et faire respecter les règles (observateur-juge),
- accepter les décisions de l’observateur-juge,
- s’organiser collectivement pour réaliser les rotations (changement de rôles).
Une contrainte de temps sera ajoutée dans une deuxième étape : elle permettra de vérifier les
acquisitions techniques, tactiques, et surtout méthodologiques.

Enseignement du Volley Ball. 37 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Fonctionnement
Réceptionneurs (R1 . R2)
L’équipe à la réception doit utiliser 1 ou 2 relais pour renvoyer la balle au mieux dans la zone 3 pts ou
dans la zone 1 pt (renvoi direct : 0 pt). Ils reçoivent 10 fois.
Serveurs . observateurs (S1 . S2)
S1 engage 5 fois par en dessous haut et dans la zone de réception. Chaque fois que le service réalisé
répond aux critères demandés, l’équipe marque 3 pts. Seuls les 5 premiers services donnent droit à des points.
Si le serveur doit en faire plus pour permettre à l’équipe adverse de faire 5 réceptions, ces essais
supplémentaires ne sont pas comptabilisés.
S2 ne sert pas ; il tient la fiche et doit :
- juger que le service est bien arrivé haut dans la zone, et sinon, ajouter les services nécessaires pour
arriver à 5 (en ne comptabilisant pour le score que les 5 premiers) ;
- comptabiliser les points des équipes (tenue de la fiche).
Changements de rôles
Tous les 5 services tentés (ou plus si nécessaire), S1 et S2 changent de rôle ; après 10 réceptions les
réceptionneurs deviennent serveurs.

Enseignement du Volley Ball. 38 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Exemple de mise en œuvre en BAC PROFESSIONNEL

Enseignement du Volley Ball. 39 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Exemple de situation d’évaluation diagnostique en Terminale BEP

Enseignement du Volley Ball. 40 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

L’ECHAUFFEMENT :
Comme pour toutes les activités, l’échauffement fait partie intégrante de la leçon et doit répondre à
une double contrainte :
 respecter les principes généraux et transversaux de l’échauffement,
 être mis en relation avec l’objectif de la leçon (ex. : un échauffement à partir de sauts pieds joints
correspondra à une leçon sur le contre).

L’échauffement général :
 activation cardio-pulmonaire à partir de courses lentes pendant 3 à 5’,
 échauffement articulaire et musculaire : abdominaux, lombaires, genoux, chevilles, épaules, colonne
cervicale, doigts et poignets.
 étirements dynamiques : quadriceps, ischio-jambiers, pectoraux,…

L’échauffement spécifique :
 déplacements courts et rapides : réaliser des aller-retour face au filet en touchant certaines lignes (2,
3, 4 lignes), possibilité d’inclure un saut vertical (toucher la bande en faisant attention de ne pas toucher le
filet ni pénétrer) au niveau du filet, inclure un plongeon ou une roulade lors du retour. A faire en individuel,
en course, par équipe,…
 échauffement sur parcours lattés, cerceaux, haies.
 lancers de médecine ball.
 jeu du miroir sans ballon.
 parcours avec ballons : un élève passe à différents postes et enchaîne des frappes de balle
correspondantes (une réception, une passe, une attaque, contre). Chaque prof peut inventer son parcours et y
inclure des sauts, des roulades, des plongeons, des départs assis, debout, de dos.
 petits jeux avec ballon : réaliser des échanges avec consignes particulières (en passe haute
uniquement, en manchette uniquement, A en passe, B en manchette, sans filet, avec filet, aller au sol après
une passe, roulade, A attaque et B remonte la balle,…) ; réaliser des échanges avec le mur (en passe haute ou
en smash avec rebond) ; circuits en jonglages à deux ou trois ; passe et suit ; passe et va (vers le filet) ; réaliser
des passes assis au sol,…

Enseignement du Volley Ball. 41 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

7. LES EVALUATIONS

BAC, BAC PRO, BEP, CAP : voir les fiches en annexes.

Exemple au collège niveau 1 (12 heures de pratique):


Objectif recherché : gagner le point en effectuant un renvoi dans l’espace libre.
Situation d’évaluation :
 Montante descendante en 1 contre 1 (de 4’) afin de constituer des équipes hétérogènes en leur sein
et homogènes entre elles. Terrain de 8-3 m, service lancé ou frappé à 3 m, alterné et décompte des points en
tie-break.
 Montante descendante en deux contre deux (de 5’).
Règlement : terrains de 12 / 4 m avec une zone arrière de 2,5 m de large, service à 3 ou 4 m (possibilité de
lancer). Deux services par équipe.
Décompte des points : - fautes = 1 point.
- balle au sol dans la zone arrière (sans avoir été touchée) = 3 points.

Note de performance (/7 points) :


 Classement dans la MD individuelle : / 4 points.
 Classement dans la MD en 2 contre 2 : / 3 points.

MD 1-1 MD 2-2

Position Points Position Points

1à2 4 1 3
3à4 3.5 2 2.5
5à6 3 3 2
7à8 2.5 4 1.5
9 à 10 2 5 1
11 à 12 1.5 6 0.5
13 à 14 1

Note de maîtrise de l’exécution (/8 points) :


Quatre indicateurs (deux points chacun) déterminent trois niveaux d’habileté (en fonction des rôles
étudiés) que nous sommes en droit d’attendre des élèves à la fin d’un cycle de sixième.

ME 0 point 1 point 2 points

Balle haute en zone


Réceptionnaire Balle au sol ou faute Renvoi direct
avant
Non
Statique Renvoi aléatoire Renvoi maîtrisé
réceptionnaire
Attaque Fautes Sur l’adversaire Dans l’espace libre
Engagement Irrégulier et peu précis Régulier Service régulier

Enseignement du Volley Ball. 42 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

Il est également possible d’attribuer les points en fonction des taux de réussite dans les différents
domaines d’évaluation.
Par exemple :
o Réception : nombre de balles réceptionnées en zone avant / nombre de réceptions effectuées.
o Attaque-relais : nombre de balles jouées depuis la zone avant / nombre de points marqués.

Note de connaissances d’accompagnement (/ 5 points) :


o Connaissance et application du règlement = 3 points.
o Investissement dans l’application des règles du cours, arbitrage = 2 points.

Exemple au collège niveau 2 (20 heures de pratique):


Protocole : tournoi par équipe en trois contre trois (ou quatre contre quatre selon le niveau) avec
service frappé. Terrain de 8 mètres / 6 mètres. Décompte des points en tie-break.
Performance / 6 points : classement dans le tournoi ou différence de point marqués / encaissés.
Maîtrise de l’exécution / 9 points : service, relation avec le partenaire, attaque. (cf. tableau)
Connaissances d’accompagnement / 5 points : connaissance et application des règles, gestion du
tournoi, arbitrage.

Tableau d’évaluation de la maîtrise de l’exécution :

Niveaux Service Relation partenaire Attaque

1 Aléatoire ou balancier. Balle basse Renvoi sur l’adversaire

Renvoi en fond de terrain


2 Irrégulier Balle haute
adverse

3 Régulier Balle haute et orientée Renvoi dans l’espace libre

Enseignement du Volley Ball. 43 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

8. LES TEXTES OFFICIELS

EN SIXIEME (compétences propres)


 S’inscrire dans un jeu collectif et chercher à marquer plus de points que l’adversaire :
. Différencier jouer contre et jouer avec,
. Se reconnaître attaquant ou défenseur,
. Intégrer la notion de cible.
 Respecter dans le jeu les règles essentielles du sport collectif pratiqué,
 Faire les choix élémentaires permettant d’atteindre la cible :
. Jouer seul ou jouer avec un partenaire,
. Tirer ou passer,
. Jouer court ou jouer long.
 Maîtriser quelques techniques nécessaires à la forme de jeu développée et relative :
. A l’occupation de l’espace,
. A l’action de tir et de marque,
. Au déplacement éventuel avec la balle,
. A la liaison réceptionneur/non réceptionneur, porteur/non porteur, lorsqu’elle est nécessaire et
possible.

EN CINQUIEME ET QUATRIEME (compétences propres)


Occuper les rôles nécessaires à la continuité et à la discontinuité du jeu.
•En attaque :
- porteur de balle (passeur, tireur, éventuellement dribbleur)
- non porteur de balle (appui, soutien, relais) :
•En défense : interception, gêne...
Mettre en oeuvre des actions individuelles et collectives adaptées aux réactions de l’adversaire :
•exploiter à bon escient le jeu direct (action vers la cible) ou le jeu indirect (action à la périphérie) ;
• occuper l’espace de jeu de façon équilibrée en attaque et en défense ;
•se repérer et se situer pour agir en fonction de la cible, des partenaires et des adversaires ;
•identifier dans l’action et exploiter les indices permettant la poursuite du jeu rapide ou le passage à un
jeu placé ;
•enchaîner selon le cas les actions de reconquête du ballon ou de replacement défensif.
Maîtriser les solutions nécessaires pour :
•utiliser des espaces permettant d’agir en attaque et en défense;
•agir sur le déplacement de la balle en attaque et en défense
•pouvoir atteindre la cible.
Appliquer et faire appliquer dans le jeu un règlement

EN TROISIEME (compétences propres)


L’activité programmée en troisième a déjà fait l’objet d’une durée de pratique au collège au moins égale à 20
heures effectives.
-s'inscrire en attaque, dans une organisation collective axée sur l'action de marque en condition favorable,
autour de la gestion de l'alternative :
jeu rapide ou de contre-attaque lors d'un rapport de force favorable,
jeu plus stabilisé proche de la cible (ou attaque différée), face à une défense qui s'organise.
-s'inscrire en défense, dans une organisation collective adaptée aux caractéristiques de d'attaque développée :
reconquête de la balle, protection de la cible.

Enseignement du Volley Ball. 44 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

L’activité programmée en troisième est nouvelle ou a fait l’objet d’un temps de pratique réduit inférieur à 20
heures effectives.
- développer en attaque les conduites utiles à la gestion collective de l'alternative, faire progresser la
balle rapidement vers la cible ou de façon plus assurée (“jeu rapide” ou “gagne terrain”);
- s’inscrire en défense dans un jeu de reconquête de balle.

SECONDE
 Obtenir le gain d'une rencontre par la mise en place d'une attaque qui atteint régulièrement, précisément et
volontairement toutes les zones de la cible. La défense s'organise autour de la réception pour faire progresser
la balle. Les élèves construisent collectivement des règles propres au fonctionnement de l'équipe.

CYCLE TERMINAL
Niveau 1. Rechercher le gain d'une rencontre de volley-ball par la mise en place d'une organisation
collective : l'équipe attaque la cible à partir du service, avec des vitesses et des axes différents, et enrichit les
alternatives d'attaque en utilisant au maximum l'espace de jeu effectif offensif. Les élèves sont capables de
recueillir des informations pour élaborer un projet collectif.

Niveau 2. Rechercher le gain d'une rencontre de volley-ball par la mise en œuvre de choix tactiques
collectifs fondés sur des alternatives d'attaque qui visent à prendre de vitesse le système défensif :
- en créant de l'incertitude le plus tôt possible afin de gêner la mise en place confortable de la
défense
- en augmentant la vitesse d'exécution et de replacement. Les élèves utilisent de façon optimale
leurs ressources au regard des modalités d’action élaborées.

CAP BEP BAC PROFESSIONNEL


Niveau 1. Rechercher le gain d'une rencontre par la mise en place d'une attaque qui atteint
régulièrement, précisément et volontairement toutes les zones de la cible. La défense s'organise autour de la
réception pour faire progresser la balle. Les candidats construisent collectivement des règles propres au
fonctionnement de l'équipe.

Niveau 2. Rechercher le gain d'une rencontre par la mise en place d'une organisation collective :
l'équipe attaque la cible à partir du service, avec des vitesses et des axes différents, et enrichit les alternatives
d'attaque en utilisant au maximum l'espace de jeu effectif offensif. Être capable de recueillir des informations
pour élaborer un projet collectif.

Niveau 3. Rechercher le gain d'une rencontre par la mise en œuvre de choix tactiques collectifs fondés
sur des alternatives d'attaque qui visent à prendre de vitesse le système défensif : - en créant de l'incertitude le
plus tôt possible afin de gêner la mise en place confortable de la défense, - en augmentant la vitesse
d'exécution et de replacement. Utiliser de façon optimale ses ressources au regard des modalités d'action
élaborées.

Enseignement du Volley Ball. 45 Jean-Charles THEVENOT


FPC Académie de Reims. 2007-2008

9. LEXIQUE

Aire de jeu : espace délimité par le terrain


Espace de jeu : volume de jeu réellement utilisé par les joueurs. Il est différent de l’aire de jeu et peut être +
réduit ou + élargi.
Contre attaque : construction d’attaque visant à prendre de vitesse l’équipe adverse (contre, jeu direct, dans
un couloir de jeu réduit).
Block-out : utiliser le contre pour faire sortir la balle de l’espace de jeu.
Attaque basket : impulsion à un pied pour se décaler par rapport au contreur (surtout dans le VB féminin).
Corse : main par terre en cas de pression temporelle trop forte.
Double appel : technique utilisée par l’attaquant pour faire sauter le contreur par un appel feinté.
Réception : 1ère balle touchée après le service.
 Attaquant : Il est chargé de conclure le point soit en smashant soit en plaçant le ballon dans une zone faible.
Attaquant de pointe (Pointu) : son rôle l’amène à effectuer plus d’attaque que les autres : au filet ou
derrière les 3m.
Attaquant réceptionneur : son rôle l’amène essentiellement à réceptionner les services adverses et souvent à
enchaîner sur une attaque en poste 4 le plus souvent.
 Défenseur : C’est le 1er qui intervient suite à l’attaque adverse (durant l’échange) soit en défense haute, soit
en défense basse.
Défense haute : 1ère phase de défense (le contre).
Défense basse (arrière ou intermédiaire): 2ème phase de défense (en dessous des épaules).
Contreur central : poste 3, il contre au centre mais également avec les ailiers.
Libéro : réceptionne les services adverses et défend en poste arrière.
Passeur : il est chargé de la distribution du jeu (poste 2 ou 3 le plus souvent). Il transmet la balle aux
attaquants avec des balles longues/courtes, avant ou arrière.
Service : action de mise en jeu (service bas, service tennis, service flottant, smashé).
 Joueur en appui et joueur en soutien:non réceptionneurs qui se positionnent en avant ou en arrière du
réceptionneur (défenseur) et s’orientent.
Permutation : changement de position sur une même ligne.
Pénétration : mouvement du joueur arrière vers la zone avant.
Manchette basse (de défense) : action avec les avant bras en dessous du bassin sur un smash.
Manchette réception : action avec les avant bras à hauteur du bassin sur un service.
Passe : action de transmission de la balle principalement à 2 mains hautes.
Frappe d’attaque : dernière frappe en direction du camp adverse.
Smash : action combinant le saut et la frappe en vue d’envoyer rapidement dans le camp opposé.
 Couverture du bloc : action défensive qui consiste à couvrir la zone derrière le bloc pour s’opposer à la
feinte.
 Soutien d’attaque : action défensive qui consiste à se placer en couverture de l’attaquant pour récupérer la
balle renvoyée par le contre
Attaque en première main : effectuée par le passeur (c’est la deuxième touche, elle devrait donc s’appeler
« seconde main »).
Contre offensif : chercher à renvoyer de façon violente la balle dans le camp adverse en passant les mains
de l’autre côté du filet.
Enseignement du Volley Ball. 46 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008

Contre défensif : action du contre qui consiste à freiner ou « soulever » volontairement la balle afin de la
récupérer avec la défense arrière.
Bloc : contre collectif à 2 ou 3 joueurs.
Annonce : communication d’une option tactique entre partenaires.
Poste : emplacement géographique du joueur sur le terrain.
Dispositif : disposition organisée des joueurs sur le terrain.
Technique : c’est l’ensemble des actions d’exécution avec ou sans ballon qui ne peut être qu’individuelle.
Téodoresco, 1965.
Tactique : c’est la réponde spontanée d’un joueur ou d’un groupe de joueur à des situations qui se
présentent à lui ou à eux tant sur le plan offensif que défensif.
> La tactique individuelle est l’ensemble des actions individuelles utilisées par le joueur en réponse à
un problème posé par le jeu.
> La tactique collective est l’organisation mise en place par toute l’équipe afin que les différentes
action de chacun des joueurs soient coordonnées, concertées et efficaces. Téodoresco, 1965
Stratégie : c’est l’organisation de jeu pré-établie qui prend en compte l’équipe adverse. Téodoresco, 1965
Système de jeu : choix collectifs de l’équipe pour répondre aux problèmes rencontrés dans le jeu.
Combinaison tactique : liaisons entre 2 ou plusieurs joueurs qui devient schéma tactique lorsqu’elle a été
annoncée au préalable.

Documents supports :
 FPC Caen, Nicolas Cullerier ;
 Programmes BAC, BEP, CAP de 2000 et 2002 ;
 Compléments de programmes de 2005 ;
 CD-ROM académie de Dijon ;
 Site B. LEFORT (Nancy), 2005 ;
 Revue EP.S N°321 : La construction de la cible en sport collectif, un objectif fondamental ;
 Revue EP.S à venir (décembre) : Le jeu en effectif réduit en Volley ball ;
 Un exemple de cycle de Volley ball en sixième. Site de l’académie de Reims rubrique ressources
académiques.

Enseignement du Volley Ball. 47 Jean-Charles THEVENOT

Vous aimerez peut-être aussi