Enseigner le Volley à l'École
Enseigner le Volley à l'École
2007-2008
DOSSIER
VOLLEY BALL
SOMMAIRE
1. Approche théorique.
Traitement didactique.
Minimum règlementaire du jeu.
Systèmes de jeu et combinaisons tactiques.
2. Approche scientifique.
Les effets du ballon.
L’équilibration.
3. Approche didactique.
Sortir d’un enseignement techniciste.
L’observation de l’élève en activité.
Une situation d’apprentissage particulière.
Les variables didactiques et cas particuliers.
4. Les contenus d’enseignement.
Les apprentissages fondamentaux en volley ball.
Repères techniques pour l’élève.
Les étapes de la construction technique de l’élève.
Les étapes de la construction tactique.
Les étapes de l’apprentissage et indicateurs.
5. Modalités de pratique en milieu scolaire.
La spécificité du jeu en un contre un.
Les caractéristiques du deux contre deux.
6. Les situations d’apprentissage.
Les différents types de situation d’apprentissage.
Quelques exemples.
L’échauffement.
7. Exemple d’évaluations possibles.
Les fiches bac (annexes).
Deux exemples en collège.
8. Les textes officiels.
9. Lexique.
10. Annexes : exemple de projet de cycle en sixième, les fiches bac.
1. APPROCHE THEORIQUE
TRAITEMENT DIDACTIQUE
Définition : activité collective de renvoi consistant à attaquer la cible adverse en franchissant un obstacle
vertical et défendre son propre camp dans la même action de frappe.
Enjeux de formation :
Enjeux corporels : développement des coordinations inter segmentaires, de la motricité fine ;
Enjeux cognitifs : développement des perceptions sensorielles liées à l’équilibration, la
proprioception, la perception de l’espace arrière, la perception des trajectoires de balle et de déplacement des
joueurs, des prises de décisions rapides.
Enjeux relationnels : coordonner ses actions avec celles de ses partenaires et adaptation aux
actions de ses adversaires ;
Enjeux culturels : intégrer l’essence d’une activité des plus pratiquée dans le monde entier ;
Enjeux méthodologiques : identifier ses capacités motrices et agir en conséquence.
Problèmes fondamentaux :
Attaquer et défendre dans la même action de frappe sans bloquer le ballon,
Créer un équilibre tête en arrière pour se déplacer sous la balle,
Franchir un obstacle vertical constitué par le filet pour attaquer une cible horizontale et
évolutive.
Possibilités de contact avec le ballon limitées (cf. règlement).
Logique interne : jeu collectif d’opposition et de coopération à espace séparé par un obstacle haut et vertical
(le filet) visant à amener la balle en la frappant dans une cible horizontale au sol, évolutive et confondue avec
la surface de jeu.
Ressources sollicitées :
Bio informationnelles: lecture de trajectoire de balle ; lecture des espaces libres, décentration
par rapport au ballon ; prises de décisions rapides ; sensations proprioceptives et kinesthésiques liées à
l’équilibration et à la frappe (prise d’information aérienne). Se situer dans l’espace.
Bio énergétiques: gestion de son intensité de frappe, gestion des contractions musculaires.
Bio mécaniques: coordination et dissociations inter segmentaires, transfert d’énergie.
Affectives et relationnelles: gestion de la peur du contact avec le ballon qui peut entraîner
une douleur lors des contacts, gestion de la pression exercée par le regard des autres, gestion de la situation
collective d’opposition et de coopération).
Sémiotrices: intégrer la logique interne de l’activité : attaquer la cible adverse.
plus tôt possible afin de ne plus agir en réaction et en bloc (donc non dissocié) en utilisant des contractions
concentriques favorisant les frappes explosives non contrôlées.
Ballon : Sa circonférence doit être comprise entre 65 et 67 cm et son poids entre 260 et 280 g. La pression
intérieure doit être de 0,30 à 0,325 kg/cm2. Il peut être frappé avec n’importe qu’elle partie du corps.
Le terrain :
- Pour les quatre premiers sets, tie break de 25 pts avec 2 pts d’écarts
- 5ème set en tie break (15 points secs)
- 2 temps morts par équipe (30 secs) par set
- 2 temps morts techniques à 8 et à 16 points (de 1’) pour les deux équipes
- 3 touches de balles maxi par équipes (nb : un contre défensif ne compte pas comme une touche)
- Un joueur ne peut toucher 2 fois consécutivement la balle (sauf en réception où le double contact est
autorisé)
-Un joueur n’est pas autorisé à prendre appui sur un partenaire pour atteindre le ballon
2
2
1 1
3 6 3 1 3
2
4 5
4
- Deux antennes (les mires) délimitent le passage du ballon (si touche, alors faute)
- Position des joueurs : > 3 avants : postes 2-3-4 > 3arrières : postes 5-6-1
- « net » autorisé
- le contact avec le filet est une faute ainsi que le franchissement de la ligne centrale
Service :
- service derrière la ligne de fond (le pied sur la ligne est considéré comme une faute), à une main
- 1 seul service, une fois la balle lancée, il devra être exécuté.
- le ballon peut toucher le filet (8s. pour lancer)
- A la frappe du serveur, les joueurs sont tenus de respecter leurs placements :
> Le 3 doit avoir à sa gauche le 4 et à sa droite le 2
> Le 6 doit avoir à sa gauche le 5 et à sa droite le 1
> Le 3 doit être devant le 6, le 4 devant le 5, et le 2 devant le 1.
- Lorsqu’une équipe en réception gagne l’échange, elle marque le point et prend le service. La rotation
s’effectue alors dans le sens des aiguilles d’une montre.
Libéro :
- Il ne peut y avoir q’un seul libéro (maillot de couleur différente)
- Il peut remplacer n’importe quel joueur sur la ligne arrière (5, 6, 1) et doit ressortir lorsqu’il devient poste 4.
- Il ne peut pas attaquer (frapper au dessus du filet vers le camp adverse), faire une passe d’attaque à 2 mains
s’il est en zone avant, servir, contrer (il peut toutefois renvoyer de l’autre coté à condition de ne pas dépasser
la ligne du filet) ou être capitaine.
- Un ballon provenant d’une passe haute du libéro en zone avant ne peut être attaqué plus haut que le bord
supérieur du filet.
- Il ne peut être remplacé que par le joueur auquel il s’est substitué.
L’analyse historique montre que tout système de jeu est (Revue EP.S N°326):
un système de cohérence entre les rôles : spécialisation / polyvalence, attaque / défense,
un système de compromis entre des avantages et des inconvénients et ne peut être considéré comme
un système idéal et abouti.
Le point commun à tous les systèmes de jeu au cours de l’histoire est la recherche constante d’une plus
grande incertitude en attaque pour l’adversaire. Celle-ci se mesure par le nombre d’attaquant en situation
favorable (situation maximale : 4 voir 5 attaquants potentiels ; situation minimale : 1 attaquant loin du filet),
l’espace d’attaque utilisé (différents secteurs d’attaque), la vitesse du jeu d’attaque. Cette recherche croissante
d’incertitude est à concevoir dans un rapport dialectique avec la notion de prise de risque liée aux obstacles
techniques que doivent surmonter les joueurs lors de la mise en œuvre d’un nouveau système de jeu.
Par exemple, pour des élèves débutants en deux contre deux, on remarque souvent qu’ils se placent
spontanément en ligne et que les joueurs de beach volley côte à côte. Une solution intermédiaire est possible
(voir situation 2 contre 2 p 17).
Autre exemple en trois contre trois, les élèves se placent spontanément avec un défenseur en arrière et
deux passeurs-attaquants devant (schéma 1) mais un autre système semble plus efficace dans la mesure où il
permet de créer davantage d’incertitude en attaque (schéma 2). En effet, dans le cas 1, le joueur avant qui
reçoit le ballon pour effectuer une passe va forcément jouer sur le deuxième attaquant, alors que le passeur
unique dans le cas 2 peut jouer sur le réceptionneur ou sur le second attaquant (incertitude spatiale) : schéma
3. Attention, la solution N°1 n’est pas à bannir totalement, elle peut montrer des avantages à certains moments
de l’apprentissage.
Schéma 1 Schéma 2
Schéma 3
o Les systèmes défensifs s’organisent avec une défense haute (le contre) et une défense
basse (les joueurs arrières). Le contre peut être composé de 1, 2 ou 3 joueurs en fonction des options tactiques
prises et des possibilités offertes par la vitesse de l’attaque adverse. L’objectif pour la défense est de
s’organiser afin de pouvoir couvrir le maximum de terrain. La défense basse doit donc être coordonnée avec
le contre. Sur les schémas, la zone grisée correspond à une zone de moindre danger pour la défense basse car
le contre (en rouge) doit arrêter le ballon soit ralentir sa progression. La défense basse doit donc se placer dans
les zones de force de l’attaquant (généralement grande diagonale). Le contre peut prendre deux options : ou il
contre davantage en diagonale ce qui laisse la ligne libre (mais on sait que c’est un axe de moindre force et
plus difficile à trouver pour l’attaquant) ; soit il choisit de couvrir la ligne, dans ce cas, il faut davantage de
défenseurs dans la zone diagonale.
3 3 3
4 4 2 2
2 4
6
5 1 5 1 5 1
6 6
3 2 4 3 2 4 3
4 2
6
5 1 6
5 1 5 1
6
A 4 dont 2 au contre
C’est le joueur placé en poste 6 (souvent le libéro) qui régule la défense basse en se décalant par rapport
au contre :
o Les systèmes offensifs : généralement, les équipes de haut niveau utilisent un système
en 5-1, c’est-à-dire avec un passeur et 5 attaquants potentiels. Le passeur oriente l’attaque depuis le poste 2,5
(entre 2 et 3 sur pénétration) et distribue en postes 2, 3, 4, 1 ou 5 (attaques aux 3 m). L’objectif du passeur
étant de placer ses attaquants dans les conditions les plus favorables pour marquer le point. En condition
optimale (situation maximale), le joueur peut attaquer en un contre zéro ; la situation minimale correspond à
une seule possibilité d’attaque et depuis l’espace éloigné du filet. La réception a donc un rôle primordial à
jouer dans l’organisation offensive de l’équipe. Dans la majeure partie des équipes, la réception s’organise
avec deux réceptionneurs prioritaires (spécialisés) qui sont généralement capables d’enchaîner une réception
avec une attaque en poste 4. Dans les cas où le service est très difficile (service smashé), un troisième
réceptionneur intègre le dispositif.
2
2 1
6 1
3 6
3
5
5
4
4
L’attaque est organisée par le passeur qui doit surprendre la défense adverse. Pour cela, il utilise tout
un répertoire de combinaisons qui lui permettent de varier les attaques en vitesse, en secteur, en hauteur, avec
feinte,... Sans les détailler, nous pouvons citer : la courte, l’intervalle, l’extervalle, le piston, la croix, la demi,
la demi arrière, la « pipe », le renversement, la tendue, l’attaque basket (surtout en féminin),…Pour beaucoup
de ces combinaisons, le jeu du poste 3 est primordial : son rôle est de fixer le contre adverse en réalisant une
feinte d’attaque, il saute comme pour attaquer avant même que le passeur n’ait la balle en mains afin de faire
croire au contre adverse qu’il va attaquer ce qui le pousse à sauter mais le passeur joue sur un autre attaquant
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alors démarqué (le contre est en retard). La notion de choix du passeur est primordiale dans l’apprentissage
du volley.
Secteur d’attaque
Numéro Type de passe
(poste)
1 Attaque en première main. 2
2 Attaque haute en bout de filet. 4
3 Tendue proche du bout du filet, rapide. 4
4 Courte avant, très rapide. 3
5 Courte arrière, très rapide. 2,5
6 Tendue arrière, rapide. 2
7 Demi avant ou arrière, temps intermédiaire. 2 ou 3,5
2. APPROCHE SCIENTIFIQUE
Posture et Programmes des enseignements de la classe de Seconde (BO HS N°6 du 31 août 2002).
3. APPROCHE DIDACTIQUE
o Quelle position par rapport au volley ball de haut niveau ? : l’analyse du jeu de volley de
haut niveau peut nous être utile à plusieurs titres.
En premier lieu, il permet de faire la preuve de ce qui est techniquement et tactiquement
efficace (exemple : conserver ses appuis face au filet en réception est un principe technique précis que les
joueurs tentent de stabiliser sur chaque réception afin de conserver le ballon dans leur terrain ; le service
smashé flottant est un élément tactique récent qui permet d’accroître l’efficacité du service en augmentant
l’incertitude et en variant les trajectoires pour la réception adverse).
En second lieu, l’historique du volley nous apprend énormément sur l’évolution technique du
jeu et surtout pourquoi une technique vient en supplanter une autre. Les évolutions apparaissent pour combler
un manque d’efficacité et un déséquilibre dans le rapport attaque / défense (exemple : au début du XXe siècle,
la réception était réalisée par une frappe avec le dessus des avant bras, paumes des mains dirigées vers le bas
et bras fléchis, ensuite, la manchette est devenue la technique de réception adoptée par tous, et enfin, les
joueurs utilisent désormais autant la réception manchette que la réception à 10 doigts pour être plus efficace
en fonction de la vitesse du service adverse).
Enfin, les systèmes de jeu évoluent (cf. Revue EP.S N° 326, 2007) et nous permettent de
comprendre certaines réactions spontanées de nos élèves en situation (exemple en 3 contre 3 : les élèves se
placent souvent en deux devant et un derrière et non en un devant et deux derrière, ce qui parait être la
solution la plus efficace à ce moment de l’apprentissage).
Il est bien sûr nécessaire, en tant que professeur d’EPS, de connaître tout ou partie de ces
éléments, la connaissance de l’APS (ces aspects techniques, tactiques, historiques et sociologiques) est
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primordiale afin de se positionner et proposer un enseignement chargé de sens pour tous les élèves. Si
nous devons nous inspirer du modèle de haut niveau, nous devons également être capable de nous en
détacher afin de proposer des contenus réellement adaptés à nos élèves. La référence au modèle du
haut niveau est intéressante en ce qu’elle nous renseigne sur ce qui permet d’être efficace et efficient
dans une situation donnée. Ainsi, si le haut niveau nous apprend les techniques, les tactiques et les
systèmes de jeu les plus efficaces, il n’est pas nécessaire, voir a-didactique de proposer un enseignement
basé exclusivement sur l’apprentissage de ses techniques.
Nous proposons donc de transposer cette référence aux capacités d’adaptation des élèves afin de
définir un ensemble de contenus d’enseignement adaptés.
Les critères d’observation : ils sont définis en fonction du niveau des élèves mais aussi en fonction
de ce que l’enseignant souhaite observer et sa conception de l’apprentissage et de la didactique des sports
collectifs. Ils doivent être, selon nous, réalisés lors d’une situation de référence réelle, authentique (situation
aménagée ou non mais avec opposition) et sur la base de critères précis, en nombre restreints et réellement
observables et utilisable pour l’analyse. L’observation peut être individuelle et/ou collective, elle peut revêtir
la forme d’un relevé de l’efficacité en situation, soit d’indices chiffrés qui permettront d’établir un profil de
joueur à partir de statistiques.
o Observation en terme d’efficacité individuelle : relever le nombre de réussites et
d’échecs en réception, au service, à la passe,…
o Observation en terme d’organisation individuelle : placement sur le terrain, attitude
lors des phases sans ballon, mobilité,…
o Observation en terme d’organisation collective : système de jeu utilisé, répartition
sur le terrain, identifier le moment de la perte de balle (première, seconde ou troisième touche), organisation
et variété de l’attaque, lieux d’attaque, organisation de la défense (haute et basse),…
o Observation en terme d’efficacité collective : nombre de points marqués sur service, à
partir de la réception, nombre de points marqués par poste d’attaque (afin d’évaluer un profil d’attaque en
lycée), calcul de coefficients d’efficacité.
Coefficient d’efficacité en rupture : somme services + attaques + contres gagnants X 10 / nombre total
d’attaques, de services et de contres.
Coefficient d’efficacité de conservation : somme des réceptions + défenses + contres X 10 / nombre total de
ballons dans le camp de l’équipe.
Toutes ces observations permettent de donner du sens aux apprentissages car elles sont consultables
par l’élève qui peut avoir un retour objectif sur sa pratique. Elles permettent de déterminer un ensemble de
causes (hypothèses explicatives) qui sont à la source des difficultés rencontrées par les élèves. Les conduites
observables sont les symptômes de la difficulté et nous devons nous attaquer au « mal » en profondeur. C’est
ce qui nous conduit à déterminer des contenus d’enseignement centrés sur les ressources, les contenus sont ce
qu’il y a à apprendre pour faire.
Exemple : une situation particulière et fondamentale (cf. les avantages du deux contre deux p 29).
Les critères d’observations retenus sont : le placement en réception (système de jeu), le nombre de
points marqués (5 ou 1 point), l’action du réceptionneur et le jeu du non réceptionneur.
Conduites Beaucoup de pertes de balles sur réception : balles au sol entre les deux joueurs qui
observables sont placés en ligne (cf. schéma). Renvoi uniquement depuis l’espace avant (un seul
joueur concerné). Si le joueur arrière réceptionne, il produit une trajectoire plate en
direction du filet inexploitable par son partenaire. Points marqués exclusivement sur
fautes adverses ou après un renvoi aléatoire. Les frappes sont aléatoires, explosives et
en déséquilibre (souvent à une main).
Système de jeu inefficace car inadapté sur balles longues : le placement en ligne des
joueurs fait qu’ils se gênent et ne peuvent communiquer, il est quasiment impossible
dans cette configuration de différencier R-NR.
Hypothèses La lecture de la trajectoire de la balle est tardive et erronée, l’élève joue en réaction.
explicatives Manque de communication entre les joueurs.
La diagonale n’est pas créée. Renvois aléatoires de l’espace arrière.
Manque de coordination, les frappes et déplacements avec la tête en extension
entraînent une perte de repères visuels et proprioceptifs.
Compétence S’organiser collectivement pour défendre son terrain et renvoyer
spécifique depuis l’espace avant.
Identifier un mode de répartition efficace des joueurs sur le terrain en réception.
Contenus Se reconnaître R-NR. Créer la diagonale.
d’enseignement Lire la trajectoire de la balle de manière précoce et précise afin de se placer dessous.
Identifier un code de communication entre partenaires.
Remédiation
L’objectif ici est de jouer avec les variables didactiques afin d’une part de placer
1) l’élève en situation de réussite et d’autre part de « s’attaquer » aux problèmes les plus
important :
o L’organisation collective : le haut niveau nous donne comme principe
d’efficacité le placement en côte à côte (1). Nous opterons pour une vision
intermédiaire en plaçant un réceptionneur en milieu de terrain et un joueur relais situé
2) en poste 2 (2).
o Améliorer la lecture de trajectoire : celle-ci sera facilitée par le fait qu’un
seul joueur est en réception, par un service adapté (lancer par un partenaire), un filet
plus élevé afin de ralentir la trajectoire de la balle et laisser davantage de temps pour se
placer dessous.
Dans cet exemple, nous nous penchons sur les conditions d’émergence de tel ou tel
comportement, nous sommes sur le traitement de l’avant, l’avant de la frappe explosive, l’avant de la
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balle au sol, l’avant du renvoi dans le filet… Si nous facilitons la tâche de l’élève (cf. variables
didactiques), nous le plaçons en situation de réussite. L’activité adaptative de l’élève ne sera permise
que dans des conditions optimales de pratique (Famose, 1990), nous devons lui faire comprendre et
intégrer certains principes d’efficacité (placement, mobilité, orientation,…) qu’il pourra ensuite
développer en fonction de l’évolution des conditions et du niveau de sa pratique.
Les apprentissages techniques sont, ici, pratiquement inobservables en tant que tel, ils
concernent principalement les principes d’efficacité cités ci-dessus. Il est très peu fait référence à la
technique gestuelle à proprement parler, nous préférons que l’élève construise lui-même ses propres
critères de réalisation efficaces.
La situation présentée ci-dessous va dans ce sens. Il s’agit d’une situation problème où l’élève doit
construire les compétences (individuelles et collectives) nécessaires à la progression de la balle vers la cible. Il
doit au préalable intégrer la nécessité de différer son attaque car son placement reculé sur le terrain ne lui
permet pas d’atteindre la zone arrière adverse seul, il doit utiliser un joueur relais.
1
R L
Organisation
2 4
NR 3
o L envoie en direction de R (1) qui doit jouer haut vers l’avant (2), NR doit prolonger
la balle dans la zone arrière adverse (3). NR doit faire le tour du plot avant de venir jouer
la balle.
Consignes
o 15 essais puis rotation.
o 3 points si la balle atteint la zone arrière, 1 point si elle tombe en zone avant.
o L peut devenir défenseur par la suite (complexification).
But pour l’élève Renvoyer dans la zone arrière pour marquer 3 points.
Critère de
Marquer 30 points.
réussite
o R : lire la trajectoire de la balle afférente au plus vite pour se placer dessous et jouer
orienté vers le haut et en avant de la course de NR.
Critères de
o NR : commencer sa course dès le départ du ballon, se placer à distance de passe et
réalisation
en orientation partagée (de manière à prendre l’information sur la balle afférente et sur le
terrain adverse), pousser dans les jambes pour jouer long.
o Placer NR au niveau du plot, ce qui donne une cible à R mais NR est alors à l’arrêt
et R ne voit pas l’intérêt de jouer haut.
Remèdiation o Réduire la longueur du terrain.
o Modifier les critères de réussite et les centrer sur la réception uniquement : 3 points
si NR joue la balle au-dessus de la tête dans la zone avant.
o Varier les « entrées » du relayeur (droite, gauche, devant, derrière),
o Varier le moment de départ du relayeur,
o L devient défenseur,
Complexification o Placer une zone avant et une zone arrière avec 1 défenseur, le relayeur doit pouvoir
jouer dans la zone laissée libre,
o Trois zones de valeurs égales et deux défenseurs.
o Placer les deux joueurs côte à côte dans la zone arrière en réception.
- Le matériel,
- Les rôles des joueurs.
L’adaptation des conditions de jeu aux capacités et réponses des élèves est donc fonction de trois
paramètres :
La vitesse du ballon qui doit être adaptée afin de permettre un placement juste du joueur et de
faire les choix pertinents,
La longueur et la nature des déplacements : plus un élève se déplace vers l’arrière ou sur les
côtés, plus il est en difficulté (les déplacements avant sont peu problématiques), les dimensions du terrain
ainsi que le placement des joueurs sur le terrain au départ d’une situation sont alors des paramètres
primordiaux.
La complexité de la situation réside dans l’adaptation des contraintes décisionnelles. Elle
dépend du nombre de joueurs sur le terrain et du nombre de choix en attaque. Plus le nombre de joueurs en
réception est restreint, plus la charge informationnelle est faible et plus le nombre de choix en attaque est
faible, plus l’incertitude est réduite.
L’objectif est de placer l’élève dans des conditions de pratiques adaptées (Famose dirait en difficulté
optimale) à ses ressources afin de le placer en situation de réussite immédiate (programmes de 1996). Il paraît
évident qu’une situation de 4 contre 4 avec des élèves de sixième sur un terrain de 14 x 7 m serait facteur
d’échec pour bon nombre d’élèves (seule les joueurs avants peuvent jouer et les pertes de balle sont beaucoup
trop nombreuses).
Parfois, le simple fait de placer les élèves dans des conditions aménagées de pratique peut être source
d’apprentissage, même sans donner de consignes particulière.
Exemple : Jeu libre en 2 contre 2 sur un terrain de 12 x 5 m avec zone arrière dans laquelle les réceptionneurs
doivent se placer côte à côte au départ de l’action. Cette situation doit permettre de voir apparaître une
capacité à se différencier R-NR puis de construire le relais ou tout au moins de prendre conscience de la
nécessité d’utiliser un relais.
Niveau 2 : l’objectif est ici de favoriser l’attaque du camp adverse depuis la zone de marque avant.
o variable spatiale : terrain plus long que large pour pousser l’élève à utiliser un relais
pour renvoyer depuis la zone avant ;
o variable évènementielle : effectif réduit en 2 contre 2, seulement un partenaire qui peut
servir de relais ou de passeur. Incertitude également dans la phase de réception qui nécessite une
différenciation rapide des rôles de réceptionneur et non-réceptionneur.
Dans tous les cas, l’élève sera placé en situation d’opposition-duelle afin de garantir un enjeu source
d’investissement (but de compétition), de situations de recherche de solutions (but de maîtrise) mais
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également garant d’une attitude pré-active impliquant le joueur dans la construction du schème de duel
(Récopé, 1997).
Toutes ces propositions sont éloignées de la pratique sociale de référence même si elles ont le mérite
de prouver que nous nous efforçons au quotidien d’adapter l’enseignement à nos élèves. Notre position est
que le fait de dénaturer l’activité à ce point n’est pas fait pour favoriser l’apprentissage culturel des élèves qui
se perdent entre toutes les variétés de règles qu’ils côtoient tout au long de leur cursus. Il est courant de
rencontrer un élève qui demande si on peut faire une passe au service ou qui réalise plusieurs touches de suite.
Nous pensons que, avant d’avoir recours à de telles pratiques, nous devons avoir testé toutes les solutions
didactiques à notre portée. Le fait de bloquer la balle, de jongler est pour nous, a-didactique dans le sens où
l’essence même du jeu de volley ball est remise en cause. La logique interne du volley ball (défense et attaque
dans la même action de frappe) implique une rapidité dans la prise de décision qui ne peut être évacuée. Ainsi,
nous préférons que des élèves de terminale jouent sur un terrain réduit avec des possibilités de jeu totales
plutôt que de leur donner la possibilité de jongler pour se rapprocher de la zone avant.
Attention, nous ne condamnons pas toutes les tentatives qui pourraient favoriser l’apprentissage des
élèves, mais nous militons pour une pratique authentique de l’activité. L’utilisation de ces procédés doit être
cadrée et justifiée aux yeux des élèves afin d’éviter d’entendre : c’est pas du volley, Monsieur !!!
pratiquement à interdire le dribble en hand ball en situation de match, le joueur ne peut plus effectuer de choix
entre passer et jouer seul.
La notion de choix, en sport collectif, est un élément central de l’apprentissage en EPS.
Les contenus d’enseignement que nous définissons ici se rapportent à deux champs :
o Les fondamentaux du volley ball regroupent les apprentissages indispensables à la
formation du volleyeur, les apprentissages incidents, ceux qui ne se voient pas. Ils touchent principalement les
différentes ressources sollicitées en volley ball, mais aussi les capacités et aptitudes de l’élève.
o Les repères techniques : ensemble de principes fondamentaux à respecter pour être
efficace. Ils concernent la passe, la réception, le contre, le service, l’attaque,…
Ces deux ensembles de contenus sont, bien sûr, indissociables. L’apprentissage va consister à placer
l’élève en situation de va-et-vient permanant entre des apprentissages techniques « purs » (observables) et des
apprentissages « mous » (cachés). L’essentiel est de comprendre que la résolution d’un problème
technique passe le plus souvent par le développement des ressources de l’élève.
Exemple : pour des élèves débutants, nous constatons souvent que les frappes se réalisent de manière
explosive et en déséquilibre. Les contenus porteront donc prioritairement sur l’affinement des ressources bio
informationnelles afin de palier à la difficulté à lire la trajectoire de la balle afférente et permettre à l’élève de
se placer sous la balle pour renvoyer plutôt que l’apprentissage du geste de la passe (voir les étapes de
l’apprentissage).
ITEMS ET
DEFAUTS DU DEBUTANT CRITERES D’EFFICACITE
OBJECTIFS
SERVICE
Service cuillère frappé de bas Pied gauche devant, jambes semi fléchies (poids de
Mise en jeu en haut en un seul bloc avec corps vers l’avant), lancer le ballon au niveau de
(engagement) puis production de trajectoires son pied avant et sur le côté, puis frapper par un
mise en danger de hautes et aléatoires. mouvement d’arrière en avant avec le poing fermé,
l’adversaire pour Frappe à l’amble (pied droit bras semi fléchi et en recherchant la profondeur du
devenir une première devant pour un droitier) terrain adverse.
attaque.
Se placer sous la balle (si je ne la frappe pas, elle
PASSE HAUTE me tombe sur le front), un pied devant et jambes
Frappe explosive avec un plan
semi fléchies. Avant l’arrivée de la balle, les
de frappe avancé ou reculé
Distribution de paumes de mes mains se regardent (les pouces
(trop devant ou trop derrière),
l’attaque et attaque dirigés vers mes yeux, tous les doigts doivent
l’élève frappe la balle avec un
ou encore réception participer à la frappe), réaliser une extension avec
mouvement d’arrière en avant
sur balle haute et rotation des bras vers le haut et l’avant tout en
et la rabat vers le sol.
lente. poussant dans le sol (finir son geste par un
déséquilibre avant = réaliser un pas en avant).
Conserver ses appuis face au filet (déplacement en
pas chassés), la main droite vient englober le poing
MANCHETTE gauche, les bras tendus avec translation des
Frappe explosive en réaction à
omoplates (on les sens qui glissent sur la cage
une main et en déséquilibre,
Réception et défense thoracique, rentrer la tête dans les épaules), jambes
trajectoire produite haute en
sur balle rapide et semi fléchies avec appui en plante de pied, frapper
arrière ou trop en avant.
basse. la balle avec les avant bras au niveau de la montre
par un mouvement accompagné des jambes (les
bras ne dépassent jamais le plan des épaules).
Problème de timing, trop tôt ou Prendre un repère pour démarrer sa prise d’élan
SMASH
trop tard, frappe bras fléchis à (par exemple, sommet de la trajectoire de la passe),
hauteur de la tête, en arrière et gauche-droite-gauche pour se placer sous la balle et
Attaque du camp
en redescendant, la balle la frapper bras tendu, légèrement en avant et
adverse.
monte. accompagner le ballon dans la direction souhaitée.
Souvent en retard, le problème
CONTRE Prendre un repère visuel sur le moment de
du contre est un problème de
déclenchement du saut (qui doit être vertical à deux
timing auquel s’ajoutent une
Première ligne pieds après un déplacement en pas chassés), par
prise d’élan vers l’avant
défensive exemple l’armé du bras de l’attaquant, se placer sur
souvent à un seul pied
(offensif ou la ligne de force de l’attaque (dans la ligne des
(attention à la sécurité) et une
défensif), appuis de l’attaquant) et passer les mains de l’autre
mauvaise orientation des
contre-attaque. côté du filet sans le toucher.
mains.
Engagement
Frappes en
1 lancé à deux Renvoi direct
priorité au
contre mains depuis la en passe haute, Renvoi direct
dessus de la
1 poitrine. appuis orientés dans l’espace Renvoi direct.
tête (touches à
+ en direction de libre.
10 doigts).
6e / 5e Service cuillère l’espace libre.
Renvoi direct.
avancé à 4 m.
En frappes 3 alternatives :
2 hautes ou en Touches à 10 renvoi direct, Couvrir
contre Service cuillère manchette en doigts ou en deuxième main l’espace de jeu
2 et service direction de manchette (relais) ou jeu avec un contre
tennis à 4-5 m. l’espace avant (type beach en trois et une défense
6e / 5e / 4e et dans la volley). touches de basse.
diagonale. balle.
Passe haute
parallèle au
Balle haute en filet dans la
3 Service tennis direction de la course d’élan Idem + deux
Un contre et
Contre placé à 7-8 m. zone de passe de l’attaquant. attaquants
deux joueurs
3 Début service définie dans le Placement des possibles.
en défense
smashé système de jeu appuis en Attaque placée
basse.
4e / 3e / 2nd (flottant). (passeur en 2 orientation ou en force.
ou 3). partagée
(perpendiculair
e au filet).
Objectif :
placer un
Service tennis Variété des
attaquant en
varié en effet alternatives
situation
(flottant, d’attaque en
maximale (un
enroulé) ou fonction des
4 contre 0).
placé (dans une secteurs, des Idem avec trois
contre Idem. Prendre
zone de vitesses défenses basses
4 Possibilité d’un l’information
divorce, sur un d’attaque (balle et soutien
passeur sur le
adversaire haute ou courte d’attaque et de
3e / lycée pénétrant. placement du
précis, court ou ou tendue). contre.
UNSS contre pour
long) ou Adaptation au
jouer avec un
frappé. système
attaquant
Service smashé défensif
démarqué (en
long. adverse.
poste 4, 3 demi
ou courte, 3m).
Structuration
ETAPES Lecture de trajectoire Activité décisionnelle
technico-tactique
Identifier la trajectoire
1 (direction, vitesse et Créer un rail ascensionnel
contre profondeur) de la balle avec alignement œil-main-
Renvoyer dans l’espace
1 afférente pour se placer ballon pour produire ne
libre identifié.
dessous et renvoyer. trajectoire montante et
6e / 5e Coordonner un lancer bas dirigée volontairement.
avec une frappe.
Se reconnaître R-NR.
Identifier la trajectoire de la Prendre la réception ou se
2
réception (pour le placer pour relayer. Construire la relation avec
contre
passeur/relayeur) et la Renvoyer directement ou son partenaire (balle haute
2
trajectoire de la passe (pour passer. dans le futur de son
l’attaquant). Jeu en première main partenaire).
6e / 5e / 4e
Coordonner un lancer haut (relais) ou passe d’attaque.
avec une frappe.
4 Idem.
Se placer en défense par
contre Adaptations à des Elaborer un système de jeu
rapport à un contre.
4 trajectoires variées en favorisant l’augmentation
Passeur : première main,
vitesse, en longueur, en et la variété des alternatives
passe en 3, 4,1 ou 2, 4, 6.
3e / lycée fonction des secteurs d’attaques.
UNSS d’attaque.
Relations entre
ETAPES Système de jeu Système attaque/défense
partenaires
1
contre
Jeu en 1 avec 1
1 Renvoi direct.
Jeu en 1 contre 1
6e / 5e
1 R au fond + 1 relayeur en
zone avant et en orientation
partagée.
Traditionnellement 3 R
Idem. attaquants et 1 passeur- Attaques variées en vitesse
4
contreur. et en secteur (combinaisons
contre
Mise au point de tactiques possibles).
4
de jeu en attaque et défense Défense avec option :
(type d’attaque et option de contre en diagonale ou
3e / lycée
placement au contre et en ligne et placement de la
UNSS
défense basse). défense basse avec soutien.
Cf. systèmes de jeu.
Toutes les caractéristiques du jeu en un contre un sont donc à relier avec les ressources que nous
avons précédemment déclinées. Ainsi, la seule situation de jeu permet de solliciter un éventail
important des ressources et capacités de l’élève. Le rôle de l’enseignant sera de mettre l’accent sur une
sollicitation particulière en fonction des réponses des élèves et à l’aide des variables didactiques à notre
disposition.
Nous avons à notre disposition un certain nombre de type de situations d’apprentissage que nous
pouvons utiliser comme bon nous semble pourvu que nos élèves apprennent. Il est important de remarquer
que le type de situation que nous proposons à nos élèves à un moment donné doit correspondre à une véritable
attente de leur part c’est-à-dire que nous devons mettre en place les conditions réelles d’apprentissage en
fonction de l’analyse des réponses des élèves. Une situation doit répondre à un besoin précis.
Dans une logique cognitiviste de l’apprentissage, les situations d’enseignement doivent être construites
sur la base de plusieurs critères incontournables :
Un engagement moteur important.
Une réversibilité des rôles d’attaquant et de défenseur : chaque joueur doit (à tour de rôle ou dans la
même situation) assumer les deux rôles.
Un but précis : l’élève doit pouvoir identifier la cible à atteindre.
Des contraintes adaptées au niveau de pratique des élèves (voir variables didactiques) : terrain et
effectif réduit par exemple.
Des consignes précises et claires.
Des variantes pour adapter la situation aux réponses des élèves (remédiation ou complexification).
Un retour rapide sur l’action (individuel, par un pair ou l’enseignant).
Un aménagement sécurisé.
Une organisation qui permette un gain de temps : organiser les rotations avec des ramasseurs et des
observateurs.
Une organisation motivante (défi).
Un sens en terme d’apprentissage : on apprend, par exemple, à smasher quand la défense prend le
pas sur une attaque faible (pieds au sol).
o Situations de type « expérience ». L'objectif s'oriente vers une découverte ou une mise en
évidence des problèmes du jeu. Quantité et variété sont de mise. Il s’agit dans un premier temps de confronter
l’élève à la logique interne de l’activité afin qu’il en saisisse le sens. L’élève doit comprendre le but du jeu
pour s’orienter dans la bonne direction et éviter les décalages de représentation avec les attentes du professeur.
Cette situation devra donc faire vivre le volley ball comme une activité d’opposition et non comme une
activité de coopération. L’élève doit tout de suite intégrer que le but du jeu n’est pas de faire le maximum
d’échanges avec le joueur placé de l’autre côté du filet mais de gagner le point en jouant dans l’espace libre
ou en mettant l’adversaire en difficulté. Ce qui n’exclu pas le recours à ce type de situation lors de
l’apprentissage.
Il apprend le but du jeu, les limites du terrain, le minimum règlementaire, les modalités de
fonctionnement du jeu ; il apprend également à se reconnaître attaquant ou défenseur, à jouer contre,…
Enseignement du Volley Ball. 30 Jean-Charles THEVENOT
FPC Académie de Reims. 2007-2008
Le plus souvent, ces situations recouvrent la forme de match et sont placées en début d’apprentissage.
Elles permettent à l’enseignant de faire le point sur le niveau atteint par les élèves (évaluation diagnostique) et
aux élèves de trouver une motivation à la pratique de l’activité (phase émotionnelle selon Bui-Xuan).
o Situations de type « problème » (jeu sur réglé). Elles permettent la compréhension et la mise
en place des systèmes de jeu et des différents rôles. L'introduction de règles complémentaires est
caractéristique de ce genre de situations (smash interdit, 2 touches obligatoires, etc.). Leur but est de favoriser
la construction de compétences par un processus d’adaptation (d’assimilation-accomodation) aux contraintes
particulières de la tâche. L’élève doit résoudre le problème qui lui est posé pour accéder au niveau supérieur.
Exemple : en deux contre deux, le fait de placer obligatoirement les deux réceptionneurs dans une zone
arrière les oblige à utiliser un relais car ils n’ont pas les capacités suffisantes pour renvoyer directement de
l’autre côté, ce qui, en plus n’est pas tactiquement efficace.
Le point essentiel ici est que la situation doit comporter un réel problème moteur nouveau pour l’élève
et que celui-ci ait la possibilité de rechercher et d’expérimenter des solutions.
o Situations de type « match à thème ». Il s’agit de donner une consigne particulière à une
équipe ou un joueur afin de susciter une adaptation de l’adversaire. La situation de jeu est globale. L’enjeu est
la généralisation et la contextualisation. Le rapport de force peut être ainsi modulé en fonction des objectifs et
du niveau.
Exemple : attaquer uniquement en poste 4, servir très court, valoriser une cible par un nombre de
points plus important, varier les dimensions de chaque côté du terrain.
Ce type de situation très ouverte doit toujours laisser la place aux choix des joueurs, ils ne doivent pas
seulement pouvoir jouer dans la zone en fond de terrain mais ils doivent également pouvoir marquer des
points dans la zone avant.
Ici, les élèves apprennent à s’adapter à un système de jeu imposé et à s’organiser collectivement pour
le mettre en place et à répondre à ce système en tant qu’adversaire. Il est également possible de donner une
consigne particulière à une équipe sans la donner à l’équipe adverse, les capacités d’adaptation seront
davantage sollicitées.
o Situations de type « jeu dirigé ». Situation très proche du jeu à thème, l’enseignant « assiste »
les joueurs pendant le jeu. L'opposition est réelle. Le jeu peut être interrompu par quelques séquences de
discussions destinées à expliquer un point particulier, soit par le professeur, soit par d’autres élèves, ou
encore, un problème peut devenir enjeu de débats dans le cadre d’un conflit sociocognitif entre élèves. Mais
ces interruptions sont assez courtes et peu fréquentes. Le jeu global permet d’intégrer la pression du score et la
prise de risque.
o Situations de type « routines ». Elles ont pour objectif de stabiliser, de renforcer, voire
d'automatiser un certain nombre de savoirs faire. Si elles sont souvent à dominante "technique" (enchaîner des
circuits avec réception, passe, défense, attaque,…), il est possible de les orienter vers des problèmes tactiques
simples (réceptionneur – non réceptionneur). Le volume de jeu est très important (notion de répétition, de
gammes). Ces situations permettent de nombreuses répétitions dans un exercice connu et appris.
1 - Objectif : renvoyer la balle dans l’espace libre identifié pour gagner le point.
Organisation : terrain réduit de 6m / 3m avec des plots de couleurs différentes pour indiquer aux élèves où se
placer, où se déplacer et où renvoyer. Par groupes de trois, avec un ramasseur.
Consignes : A lance, B renvoi, C arbitre et compte les points.
A lance la balle sur B puis se déplace vers un plot (au choix), B doit renvoyer sur le plot laissé libre.
Le jeu s’arrête.
1) un plot à droite et un plot à gauche (plots bleus)
2) un plot devant et un plot en zone arrière (plots rouges)
Nombre d’essais : 15 essais en 1, puis 15 essais en 2.
But : renvoyer sur le plot libre pour B.
Critères de réussite : 10 réussites sur 15
Critères de réalisation : Lire la trajectoire très tôt (avant le passage au-dessus du filet). « Ouvrir » son champ
visuel pour regarder où se déplace A.
1) Orienter ses appuis face au plot à atteindre. Adapter l’intensité de sa frappe en fonction de la vitesse
de la balle afférente (rupture de force avec l’angulation à produire).
2) Adapter l’intensité de sa frappe : pousser dans les jambes pour augmenter sa puissance et jouer en
zone arrière.
Variables : Varier la distance entre les plots, le temps de mise en mouvement de A : plus tôt pour faciliter,
plus tard pour augmenter la difficulté. Commencer soit par 1, soit par 2 en fonction des réponses des élèves.
3
1
B
A
Att
3
2 Déf
Organisation : groupes de niveau par 3 avec un arbitre. Terrains adaptés en fonction des niveaux :
Niveau 1 : 3,50m ; Niveau 2 : 4,50m.
Consignes : 1 contre 1 avec un arbitre. La balle vaut 5 moins le nombre de passages au-dessus du filet.
A sert et doit gagner le point le plus vite possible pour avoir 5, 4, 3,..points.
Service lancé à 2,50m.
Nombre d’essais : 10 services.
But : gagner le maximum de points.
Critères de réussite : 30 points sur 50 possibles.
Critères de réalisation : Utiliser un schéma tactique et l’adapter en fonction de ses adversaires. Mettre
l’adversaire en difficulté dès le service. Anticiper la balle de l’adversaire.
Variables : classement en montante-descendante avec des terrains progressivement plus grand vers les
terrains les plus hauts.
Critères de réalisation : déplacements rapides en pas chassés, placement sous la balle et en arrière (si je ne
frappe pas la balle, elle me tombe sur le front), orientation des mains avec pouces dirigés vers les yeux,
pousser vers le haut avec les jambes pour produire une trajectoire haute.
Variables : faciliter la tâche en jouant au-dessus du filet, varier les types de déplacements : avant-arrière,
aléatoires, varier les distances à parcourir pour A…
Fonctionnement
Réceptionneurs (R1 . R2)
L’équipe à la réception doit utiliser 1 ou 2 relais pour renvoyer la balle au mieux dans la zone 3 pts ou
dans la zone 1 pt (renvoi direct : 0 pt). Ils reçoivent 10 fois.
Serveurs . observateurs (S1 . S2)
S1 engage 5 fois par en dessous haut et dans la zone de réception. Chaque fois que le service réalisé
répond aux critères demandés, l’équipe marque 3 pts. Seuls les 5 premiers services donnent droit à des points.
Si le serveur doit en faire plus pour permettre à l’équipe adverse de faire 5 réceptions, ces essais
supplémentaires ne sont pas comptabilisés.
S2 ne sert pas ; il tient la fiche et doit :
- juger que le service est bien arrivé haut dans la zone, et sinon, ajouter les services nécessaires pour
arriver à 5 (en ne comptabilisant pour le score que les 5 premiers) ;
- comptabiliser les points des équipes (tenue de la fiche).
Changements de rôles
Tous les 5 services tentés (ou plus si nécessaire), S1 et S2 changent de rôle ; après 10 réceptions les
réceptionneurs deviennent serveurs.
L’ECHAUFFEMENT :
Comme pour toutes les activités, l’échauffement fait partie intégrante de la leçon et doit répondre à
une double contrainte :
respecter les principes généraux et transversaux de l’échauffement,
être mis en relation avec l’objectif de la leçon (ex. : un échauffement à partir de sauts pieds joints
correspondra à une leçon sur le contre).
L’échauffement général :
activation cardio-pulmonaire à partir de courses lentes pendant 3 à 5’,
échauffement articulaire et musculaire : abdominaux, lombaires, genoux, chevilles, épaules, colonne
cervicale, doigts et poignets.
étirements dynamiques : quadriceps, ischio-jambiers, pectoraux,…
L’échauffement spécifique :
déplacements courts et rapides : réaliser des aller-retour face au filet en touchant certaines lignes (2,
3, 4 lignes), possibilité d’inclure un saut vertical (toucher la bande en faisant attention de ne pas toucher le
filet ni pénétrer) au niveau du filet, inclure un plongeon ou une roulade lors du retour. A faire en individuel,
en course, par équipe,…
échauffement sur parcours lattés, cerceaux, haies.
lancers de médecine ball.
jeu du miroir sans ballon.
parcours avec ballons : un élève passe à différents postes et enchaîne des frappes de balle
correspondantes (une réception, une passe, une attaque, contre). Chaque prof peut inventer son parcours et y
inclure des sauts, des roulades, des plongeons, des départs assis, debout, de dos.
petits jeux avec ballon : réaliser des échanges avec consignes particulières (en passe haute
uniquement, en manchette uniquement, A en passe, B en manchette, sans filet, avec filet, aller au sol après
une passe, roulade, A attaque et B remonte la balle,…) ; réaliser des échanges avec le mur (en passe haute ou
en smash avec rebond) ; circuits en jonglages à deux ou trois ; passe et suit ; passe et va (vers le filet) ; réaliser
des passes assis au sol,…
7. LES EVALUATIONS
MD 1-1 MD 2-2
1à2 4 1 3
3à4 3.5 2 2.5
5à6 3 3 2
7à8 2.5 4 1.5
9 à 10 2 5 1
11 à 12 1.5 6 0.5
13 à 14 1
Il est également possible d’attribuer les points en fonction des taux de réussite dans les différents
domaines d’évaluation.
Par exemple :
o Réception : nombre de balles réceptionnées en zone avant / nombre de réceptions effectuées.
o Attaque-relais : nombre de balles jouées depuis la zone avant / nombre de points marqués.
L’activité programmée en troisième est nouvelle ou a fait l’objet d’un temps de pratique réduit inférieur à 20
heures effectives.
- développer en attaque les conduites utiles à la gestion collective de l'alternative, faire progresser la
balle rapidement vers la cible ou de façon plus assurée (“jeu rapide” ou “gagne terrain”);
- s’inscrire en défense dans un jeu de reconquête de balle.
SECONDE
Obtenir le gain d'une rencontre par la mise en place d'une attaque qui atteint régulièrement, précisément et
volontairement toutes les zones de la cible. La défense s'organise autour de la réception pour faire progresser
la balle. Les élèves construisent collectivement des règles propres au fonctionnement de l'équipe.
CYCLE TERMINAL
Niveau 1. Rechercher le gain d'une rencontre de volley-ball par la mise en place d'une organisation
collective : l'équipe attaque la cible à partir du service, avec des vitesses et des axes différents, et enrichit les
alternatives d'attaque en utilisant au maximum l'espace de jeu effectif offensif. Les élèves sont capables de
recueillir des informations pour élaborer un projet collectif.
Niveau 2. Rechercher le gain d'une rencontre de volley-ball par la mise en œuvre de choix tactiques
collectifs fondés sur des alternatives d'attaque qui visent à prendre de vitesse le système défensif :
- en créant de l'incertitude le plus tôt possible afin de gêner la mise en place confortable de la
défense
- en augmentant la vitesse d'exécution et de replacement. Les élèves utilisent de façon optimale
leurs ressources au regard des modalités d’action élaborées.
Niveau 2. Rechercher le gain d'une rencontre par la mise en place d'une organisation collective :
l'équipe attaque la cible à partir du service, avec des vitesses et des axes différents, et enrichit les alternatives
d'attaque en utilisant au maximum l'espace de jeu effectif offensif. Être capable de recueillir des informations
pour élaborer un projet collectif.
Niveau 3. Rechercher le gain d'une rencontre par la mise en œuvre de choix tactiques collectifs fondés
sur des alternatives d'attaque qui visent à prendre de vitesse le système défensif : - en créant de l'incertitude le
plus tôt possible afin de gêner la mise en place confortable de la défense, - en augmentant la vitesse
d'exécution et de replacement. Utiliser de façon optimale ses ressources au regard des modalités d'action
élaborées.
9. LEXIQUE
Contre défensif : action du contre qui consiste à freiner ou « soulever » volontairement la balle afin de la
récupérer avec la défense arrière.
Bloc : contre collectif à 2 ou 3 joueurs.
Annonce : communication d’une option tactique entre partenaires.
Poste : emplacement géographique du joueur sur le terrain.
Dispositif : disposition organisée des joueurs sur le terrain.
Technique : c’est l’ensemble des actions d’exécution avec ou sans ballon qui ne peut être qu’individuelle.
Téodoresco, 1965.
Tactique : c’est la réponde spontanée d’un joueur ou d’un groupe de joueur à des situations qui se
présentent à lui ou à eux tant sur le plan offensif que défensif.
> La tactique individuelle est l’ensemble des actions individuelles utilisées par le joueur en réponse à
un problème posé par le jeu.
> La tactique collective est l’organisation mise en place par toute l’équipe afin que les différentes
action de chacun des joueurs soient coordonnées, concertées et efficaces. Téodoresco, 1965
Stratégie : c’est l’organisation de jeu pré-établie qui prend en compte l’équipe adverse. Téodoresco, 1965
Système de jeu : choix collectifs de l’équipe pour répondre aux problèmes rencontrés dans le jeu.
Combinaison tactique : liaisons entre 2 ou plusieurs joueurs qui devient schéma tactique lorsqu’elle a été
annoncée au préalable.
Documents supports :
FPC Caen, Nicolas Cullerier ;
Programmes BAC, BEP, CAP de 2000 et 2002 ;
Compléments de programmes de 2005 ;
CD-ROM académie de Dijon ;
Site B. LEFORT (Nancy), 2005 ;
Revue EP.S N°321 : La construction de la cible en sport collectif, un objectif fondamental ;
Revue EP.S à venir (décembre) : Le jeu en effectif réduit en Volley ball ;
Un exemple de cycle de Volley ball en sixième. Site de l’académie de Reims rubrique ressources
académiques.