0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
362 vues64 pages

Applications Linéaires et Isomorphismes

Transféré par

Zelake Wilfried
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
362 vues64 pages

Applications Linéaires et Isomorphismes

Transféré par

Zelake Wilfried
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

APPLICATIONS LINÉAIRES

1 APPLICATIONS LINÉAIRES
I) Définitions-Propriétes
1) Image et Noyau

Définition (Application linéaire)


Soient (E , >, ⊥) et (F , ∗, ♥) deux K-espaces vectoriels et
f : E → F une application de E dans F .
On dit que f est une application linéaire si elle possède les
deux propriétés suivantes:
(i) ∀x ∈ E , ∀y ∈ E , f (x >y ) = f (x ) ∗ f (y )
(ii) ∀x ∈ E , ∀α ∈ K, f (α⊥x ) = α♥f (x ).

2 APPLICATIONS LINÉAIRES
Remarque

(i) et (ii) ⇐⇒ ∀x , y ∈ E , ∀α, β ∈ K,

f ((α⊥x ) > (β⊥y )) = (α♥f (x )) ∗ (β♥f (y )) .

(i) et (ii) ⇐⇒ ∀x , y ∈ E , ∀α ∈ K,

f ((α⊥x ) >y ) = (α♥f (x )) ∗ f (y ) .

3 APPLICATIONS LINÉAIRES
Définition (Application linéaire)
Soient (E , +, .) et (F , +, .) deux K -espaces vectoriels et
f : E → F une application de E dans F . On dit que f est une
application linéaire si elle possède les deux propriétés
suivantes:
1 ∀x ∈ E , ∀y ∈ E ,

f (x + y ) = f (x ) + f (y ) .

2 ∀x ∈ E , ∀α ∈ K,

f (αx ) = αf (x ) .

4 APPLICATIONS LINÉAIRES
Remarque
Une application f entre deux K -espaces vectoriels E et F est
linéaire
ssi les expressions images de f (x ), pour x ∈ E , sont linéaires
par rapport aux coordonnées de x ∈ E , moyennant une base
sur E .

Exemple
Cette expression: a1 x1 + ... + an xn est linéaire en x1 , x2 , ..., xn ,
mais pas celle-ci

a1 x1 + ... + an xn + b.

5 APPLICATIONS LINÉAIRES
Propriété
a) On déduit de (1) en posant y = x = 0E ∈ E ,

f (0E ) = 0F ∈ F .

On a également f (−x ) = −f (x ) .
b) (1) et (2) ⇐⇒
∀x , y ∈ E , ∀α, β ∈ K, f (αx + βy ) = αf (x ) + βf (y )
(1) et (2) ⇐⇒
∀x , y ∈ E , ∀α ∈ K, f (αx + y ) = αf (x ) + f (y )
c) Soit E munit d’une base (e1 , e2 , ....., en ) , pour tout
n
y ∈ E , ∃!α1 , α2 , ....., αn ∈ K; y =
P
αi ei ; d’où
 n i=1
n

P P
f (y ) = f α i ei = αi f (ei ) ; et on constate
i=1 i=1
que f est complètement déterminée par son action
sur une base de E .
6 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exemple
Soit f : R2 −→ R2 , (x , y ) 7−→ (2x + y , 0) est une application
linéaire de R2 dans R2 .

Exemple
Soit g : R2 −→ R2 , (x , y ) 7−→ (4, x − 9y ) n’est pas une
application linéaire de R2 dans R2 , car
g (0, 0) = (4, 0) 6= (0, 0) vecteur nul de R2 .

7 APPLICATIONS LINÉAIRES
Définition ( noyau d’une application linéaire)
Le noyau d’une application linéaire f : E → F est l’ensemble
des vecteurs x ∈ E tels que f (x ) = 0. Il est noté Ker f .
D’où Ker f = {x ∈ E ; f (x ) = 0F }.

Exemple
Soit f : R2 −→ R2 , (x , y ) 7−→ (2x + y , 0) une application
linéaire de R2 dans R2 .
n o
ker f = (x , y ) ∈ R2 ; f (x , y ) = (0, 0)
(
2x + y = 0
f (x , y ) = (0, 0) ⇒ ⇒ 2x +y = 0 ⇒ y = −2x
0=0
ker f = {(x , −2x ) ; x ∈ R} =< (1, −2) >⇒ dim ker f = 1.

8 APPLICATIONS LINÉAIRES
Lemme
Le noyau de f est un sous-espace vectoriel de E .

Proposition
. Une application linéaire f : E → F est injective si et
seulement si Ker f = {0E }.

Définition (de l’image d’une application linéaire)


L’image d’une application linéaire f : E → F est l’ensemble
image de E par l’application f , c’est-à-dire l’ensemble des
vecteurs appartenant à F tels qu’il existe au moins un vecteur
x ∈ E avec f (x ) = y . On la note f (E ) ou encore Im f .
Im f
= {y ∈ F , ∃x ∈ E ; f (x ) = y } = { f (x ) ; x ∈ E } = f (E ).

9 APPLICATIONS LINÉAIRES
Lemme
L’image de f est un sous-espace vectoriel de F .

Remarque
1 L’image par une application linéaire f : E → F d’un
sous-espace vectoriel de E est un sous-espace vectoriel de
F.
2 Aussi l’image reciproque par f d’un sous-espace vectoriel
de F est un sous-espace vectoriel de E .

Proposition
Une application linéaire f : E → F est surjective si et
seulement si Im f = F .

10 APPLICATIONS LINÉAIRES
Définition ( Isomorphisme)
1 Une application linéaire f : E → F est un
isomorphisme si elle est injective et surjective. On dit
alors que E et F sont isomorphes par f .
2 Une application linéaire f : E → E est un
endomorphisme. Un endomorphisme qui est bijectif est
un automorphisme.
3 Deux espaces E et F sont isomorphes noté(E ' F ), s’il
existe au moins un isomorphisme f de E sur F .
4 Si f : E → F est un isomorphisme, il existe une
application inverse f −1 ; et f −1 est un isomorphisme de F
sur E .
5 f : E → F est un isomorphisme ⇐⇒ Ker f = {0E } et
f (E ) = F .

11 APPLICATIONS LINÉAIRES
Théorème
Soient E et F deux K -espaces vectoriels de dimension finie
et une application linéaire f : E → F . Alors:

(a) f est un isomorphisme entre E et F .


m
(b) dimE = dimF et Kerf = {0E } .
m
(c) dimE = dimF et Im f = F

12 APPLICATIONS LINÉAIRES
Lemme
Soit (x1 , x2 , ....., xn ) une suite libre de vecteurs de E et une
application linéaire f : E → F injective. Alors

(f (x1 ) , f (x2 ) , · · · , f (xn ))

est une suite libre dans F .

13 APPLICATIONS LINÉAIRES
2) Le théorème noyau-image

Théorème
Soient E et F deux K -espaces vectoriels et une application
linéaire f : E → F . Si la dimension de E est finie, il en est
de même des dimensions de Kerf et de f (E ) = Im f et l’on
a: dim E = dim f (E ) + dim Ker f .

14 APPLICATIONS LINÉAIRES
Lemme
Soient E de dimension finie et une application linéaire
f : E → F.
Alors f (E ) = Im f est de dimension finie.

Corollaire
Avec les hypothèses du théorème de la sous section 1)
Ker f = {0E } ⇐⇒ dim Im f = dim f (E ) = dim E .

15 APPLICATIONS LINÉAIRES
3) Rang d’une application linéaire

Définition
Le rang d’ une application linéaire f : E → F ,
avec E de dimension finie, est par définition la dimension de
l’image f (E ) = Im f .

16 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exemple
L’application f : E → F qui, à tout vecteur x ∈ E associe le
vecteur nul 0F de F est linéaire. On a Im f = {0F } et le rang
de f est nul. Le noyau ker f = E .

Exemple
L’application f de E dans E qui, à tout vecteur x ∈ E , associe
le vecteur x est linéaire. Ker f = {0}, f (E ) = E . On
l’appelle l’identité IdE .
C’est un isomorphisme de E sur E ,ou automorphisme de E .

17 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exemple
Si E est un espace vectoriel sur le corps K et a 6= 0 un élément
de K, l’application f : x 7−→ ax est une application linéaire de
E sur E et c’est un automorphisme (homothétie vectorielle).

Exemple
Soit F et G deux sous-espaces supplémentaires dans E . A
tout vecteur x ∈ E , on peut faire correspondre sa composante
y ∈ F définie par:

x = y + z, y ∈ F, z ∈ G.

L’application f : x 7−→ y est une application linéaire de E


dans F qu’on appelle projection sur F parallèlement à G. Le
noyau de f est G et l’image f (E ) est F .
Si E est de dimension finie, on vérifie directemnet le théorème
noyau-image sur les dimensions.
18 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exemple
Soit E = Cn [X ] le C-espace vectoriel des polynômes
complexes de degré inférieur ou égal à n, avec le polynôme
nul. L’application f : P 7−→ P + P 0 , où P 0 est le polynôme
dérivé de P, est une application linéaire de E dans E , on dit
encore que c’est un C-endomorphisme de E .
On vérifie directement que ker f = {0} ; il résulte alors que f
est un automorphisme de E donc est surjective.

19 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exemple
Une application linéaire de E un K-espace vectoriel dans K
s’appelle une forme linéaire sur E (K est un espace vectoriel
sur lui-même ). Soit f une forme linéaire non nulle sur un
K-espace vectoriel E de dimension n. On a Im f 6= {0} et
Im f ⊂ K; donc l’image de f , espace de dimension 1 appelé
droite vectorielle ( à cause de sa dimension qui est 1) et le
noyau de f est de dimension n − 1 et on dit que c’est un
hyperplan de E .
Un K-espace vectoriel de dimension 2 est appelé plan
vectoriel.
L’ensemble des formes linéaires de E se note E ∗ ou LK (E , K)
c’est un K -espace vectoriel appelé le dual de E .

20 APPLICATIONS LINÉAIRES
II) Opérations sur les applications linéaires
1) L’espace vectoriel LK (E , F )
Soit E et F deux K-espaces vectoriels. Appelons LK (E , F )
l’ensemble des applications linéaires de E dans F .
Somme de deux applications linéaires
Soit f et g deux applications linéaires de E dans F .

On définit f + g : E → F par:
∀x ∈ E , (f + g) (x ) = f (x ) + g (x ).
On vérifie que f + g est bien une application linéaire de E
dans F .
On l’appelle somme de f et g.
Produit de α ∈ K par f ∈ LK (E , F ). Il est définit par:
∀x ∈ E , (αf ) (x ) = αf (x ).
On vérifie que αf est bien une application linéaire de E dans
F.
21 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
Les deux opérations précédentes confèrent à l’ensemble
LK (E , F ) une structure d’espace vectoriel sur K.

22 APPLICATIONS LINÉAIRES
2) Composition des applications linéaires

Soit E , F et G trois K-espaces vectoriels. Etant donné une


application linéaire f : E → F et une application linéaire
g : F → G, on vérifie immédiatement que g ◦ f : E → G est
une application linéaire de E dans G. En particulier,
si E = F = G, nous définissons une loi de composition interne
dans LK (E , E ) = LK (E ) = EndK (E ) avec la loi"◦" des
compositions des applications qu’on appelle la multiplication.

23 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
L’addition et la multiplication"◦" définies dans LK (E ) en
font un anneau non commutatif.

Remarque
La composée de deux isomorphismes est un isomorphisme et
donc, en particulier, la composée de deux automorphismes de
E est un automorphisme.
Si E est de dimension finie, l’ensemble des automorphismes de
E constitue le groupe des unités(l’ensemble des éléments
inversbles) de l’anneau LK (E ).

24 APPLICATIONS LINÉAIRES
III) Espace vectoriel quotient
1) Construction de l’espace vectoriel quotient de E
par F
Soit E un K-espace vectoriel et F un sous-espace vectoriel de
E . Soit R une relation définie dans E par:

x , y ∈ E , x Ry ⇐⇒ x − y ∈ F ;

on montre que R est une relation d’équivalence et compatible


avec l’addition dans E , c’est-à-dire: ,

x Ry et zRt ⇒ (x + z) R (y + t)

. Ce qui permet de définir une opération sur l’ensemble


E /F = E /R par:
x̄ + ȳ = x + y .
où x̄ est la classe de x modulo F .
25 APPLICATIONS LINÉAIRES
Cette opération donne à E /F une structure de groupe abélien
et l’application ϕ : E → E /F , telle que ϕ (x ) = x̄ est un
morphisme de groupe, qu’on appelle le morphisme canonique
de E sur E /F . Outre leur structure de groupe, E et F ont
maintenant une structure d’espace vectoriel et nous allons
complèter ces résultats en définissant sur E /F une structure
d’espace vectoriel.

26 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
La relation R est compatible avec la multiplication par un
scalaire, c’est-à-dire:

∀α ∈ K, x Ry ⇒ αx Rαy .

De là on définit pour α ∈ K et x̄ ∈ E /F , αx̄ = αx , (∗)


ce qui est une opération externe dans E /F .

27 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
Le groupe quotient E /F muni de l’opération externe (∗)
devient un espace vectoriel sur K et l’application

ϕ : E → E /F

est linéaire et surjective.

Remarque
Le noyau et l’image de ϕ en tant qu’application linéaire sont le
noyau et l’image de ϕ en tant que morphisme de groupe
abélien. En particulier, on a Ker ϕ = F .

28 APPLICATIONS LINÉAIRES
Définition
L’espace vectoriel obtenu à partir de E et de son
sous-espace F par la construction précédente s’appelle
l’espace vectoriel quotient de E par F et se note E /F .
L’application linéaire surjective ϕ : E → E /F s’appelle
l’application linéaire canonique de E sur l’espace
vectoriel quotient E /F .
n o si F = {0}, E /F = E et si F = E ,
En particulier
E /F = 0̄ .
La construction de l’espace vectoriel quotient de E par F
est valable en dimension finie ou non. Si E est de
dimension finie, E /F est aussi de dimension finie.

29 APPLICATIONS LINÉAIRES
Problème
La construction de l’espace vectoriel quotient de E par F
donne une solution au problème suivant:

Étant donné un K-espace vectoriel E et un sous-espace


vectoriel F , trouver un espace vectoriel E 0 sur K et une
application linéaire surjective f : E → E 0 dont le noyau est F .

Lorsque E est de dimension finie, on obtient aisément une


solution du problème de la façon suivante: prenant un
sous-espace supplémentaire G de F dans E ; la projection
p : E → G de E sur G parallèlement à F est une application
linéaire surjective de noyau F .

30 APPLICATIONS LINÉAIRES
Théorème
Soit f : E → E 0 une application linéaire surjective de l’espace
vectoriel E sur l’espace vectoriel E 0 et F son noyau.
L’espace E 0 est isomorphe à l’espace quotient E /F par un
isomorphisme σ tel que :f = σ ◦ ϕ; où ϕ est l’application
linéaire canonique de E sur E /F . Suivant le diagramme
suivant
ϕ
E → E /F
f
& ↓σ
E0

31 APPLICATIONS LINÉAIRES
Corollaire
Toutes les solutions du problème sont des espaces vectoriels
isomorphes entre eux.

Corollaire
Si E est de dimension finie et F un sous-espace vectoriel de
E , on a: dim E /F =dim E −dim F , et dim E /F s’appelle la
codimension de F dans E , et se note co dim F , ainsi
co dim F = dim E /F .

32 APPLICATIONS LINÉAIRES
IV) Matrice d’une application linéaire f : E → F
Relativement à des bases données de E et de F . Soient
E et F deux espaces vectoriels de dimensions respectives p et
q sur K, β = (e1 , ..., ep ) une base de E , β 0 = (t1 , ..., tq ) une
base de F et f : E → F une application linéaire de E dans F ;
f est complètement déterminée par son action sur la base β,
c’est-à-dire que f est entièrement définie par les
q
X
f (ej ) = aij ti , aij ∈ K, j = 1, 2, ..., p.
i=1

Ainsi les coordonnées de f (ej ) dans la base β 0 = (t1 , ..., tq )


constitue la matrice colonne suivante:
 
a1j
 a2j 
 
 . .
 . 
 . 
aqj
33 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
Etant donné f : E → F une application linéaire de E dans F
des K-espaces vectoriels avec E de dimension finie, muni d’une
base β = (e1 , ..., ep ), alors Im f =< f (ei ), 1 ≤ i ≤ p >.

34 APPLICATIONS LINÉAIRES
Définition
On appelle matrice de l’application linéaire f : E → F ,
relativement aux bases β et β 0 , avec β = (e1 , ..., ep ) et
β 0 = (t1 , ..., tq ) est la matrice de type (q, p):
f (e1 ) ; f (e2 ) ; ...; f (ep )
 
a11 a12 ... a1p t1
 a21 a22 ... a2p  t2
 
Mβ 0 β (f ) =  .. .. . . .. 
 .
 . . . .  ..
aq1 aq2 ... aqp tq
ème
dont la j colonne (j = 1, 2, ..., p) est constituée par les
coordonnées

35 APPLICATIONS LINÉAIRES
 
a1j

 a2j 

 .. 
.
 
 
aqj
du vecteur f (ej ) par rapport à la base β 0 .
C’est pourquoi nous avons écrit f (e1 ) au dessus de la
première colonne, ...., f (ep ) au-dessus de la p ième colonne.
Lorsque E = F , l’application linéaire f est un endomorphisme
de E et nous pouvons choisir β = β 0 . La matrice Mββ (f )
s’appelle la matrice de l’endomorphisme relativement à la base
β de E .

36 APPLICATIONS LINÉAIRES
Remarque
De façon symbolique, on peut écrire:

(f (e1 ) , f (e2 ) , ..., f (ep )) = (t1 , ..., tq ) Mβ 0 β (f )

soit
f (β) = β 0 Mβ 0 β (f ) ,
tout ceci est symbolique.

Exemple
Soit f un endomorphisme de R3 défini par:

(x , y , z) 7−→ (2x − y − z; x − z; λx − y − 2z) , où λ ∈ R.

Soit β = (e1 ; e2 ; e3 ) la base canonique de R3 . Pour trouver la


matrice de f relativement à la base β associé à l’ensemble de
depart et à l’ensemble d’arrivé, il faut calculer:
37 APPLICATIONS LINÉAIRES
f (e1 ) = (2; 1; λ)
f (e2 ) = (−1; 0; −1)
f (e3 ) = (−1; −1; −2)
 
2 −1 −1
Et la matrice en question est M =  1 0 −1 .
 

λ −1 −2

Proposition
Soient E , F , G trois K-espaces vectoriels de dimension finie
munis des bases respectives β, β 0 ,γ et f ∈ LK (E , F ) et
g ∈ LK (F , G) alors
g ◦ f ∈ LK (E , G)
Mγβ (g ◦ f ) = Mγβ 0 (g) × Mβ 0 β (f ).
38 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
Soient E et F deux K -espaces vectoriels de dimensions
respectives p et q, munis respectivement des bases
β = (e1 , ..., ep ) et β 0 = (t1 , ..., tq ).
L’application de LK (E , F ) dans Mqp (K) définie par

f 7→ Mβ 0 β (f )

est un isomorphisme de l’espace vectoriel des applications


linéaires de E dans F sur l’espace vectoriel des matrices de
type(q, p) sur K.

39 APPLICATIONS LINÉAIRES
Corollaire
L’espace vectoriel LK (E , F ) est de dimension finie n = pq.

Remarque
1 Les espaces vectoriels LK (E , F ) et Mqp (K) sont
isomorphes mais cet isomorphisme dépend des bases β et
β 0 choisies dans E et F . On devrait le noter:

Mβ 0 β : LK (E , F ) → Mqp (K) .

Il est déterminé par le choix de ces bases.


2 Il résulte de la proposition ci-dessus qu’une matrice q × p
quelconque dont les coefficients appartiennent à un corps
K peut toujours être considérée comme la matrice d’une
application linéaire d’un espace vectoriel E de dimension
p sur K dans un espace vectoriel F de dimension q sur
K, par exemple de E = Kp dans F = Kq .
40 APPLICATIONS LINÉAIRES
2) Changement de bases
a) Matrice de passage
 
Soient β = (e1 , ..., en ), β 0 = e10 , ..., en0 deux bases de E .
On voudrait avoir la matrice de:
IdE : (E , β 0 ) −→ (E , β)
x 7−→ x

(E , β) signifie que le K-espace vectoriel de dimension finie E ,


est muni de la base β.
On sait que ∀1 ≤ j ≤ n, ∃! (α1j , α2j, ..., αnj ) ∈ Kn ;
n
ej0 =
X
αij ei .
i=1

Ainsi d’après ce qui précède en matière de la matrice d’une


application linéaire relativement à des bases sur les espaces de
départ et d’arrivé, on a:
41 APPLICATIONS LINÉAIRES

e10 ; e20 ; ... ; en0
α11 α12 ... α1n e1

 α21 α22 ... α2n   e2
Mββ 0 (IdE ) =  .. .. .. ..  ..

 . . . .   .
αn1 αn2 ... αnn en
On appelle matrice de passage de la base β à la base β 0 , la
matrice:

Matββ 0 (IdE ) = P = (αij )1≤ i , j ≤ n = Pββ 0 .

Comme l’application IdE est bijective, alors P = Pββ 0 est


inversible.
En pratique donc, la matrice P = (αij )1≤ i , j ≤ n = Pββ 0 est
telle que la j ième colonne est formée par les coordonnées du
vecteur ej0 dans la base β = (e1 , ..., en ).
Et P −1 = Pβ 0 β est la matrice de passage de la base β 0 à la
base β.
42 APPLICATIONS LINÉAIRES
b) Formule de changement de bases
Soit f ∈ LK (E , F ) et (E , β), (F , γ)
Soit
IdE f IdF
(E , β 0 ) −→ (E , β) −→ (F , γ) −→ (F , γ 0 ) .
On a bien f = IdF ◦ f ◦ IdE ⇒
Matγ 0 β 0 (f ) = Matγ 0 β 0 (IdF ◦ f ◦ IdE )
= Matγ 0 γ (IdF ) × Matγβ (f ) × Matββ 0 (IdE ) .
Soit maintenant u ∈ LK (E , E ) ⇐⇒ u ∈ EndK (E ), on a
Id u Id
(E , β 0 ) −→
E E
(E , β) −→ (E , β) −→ (E , β 0 ) ,
et u = IdE ◦ u ◦ IdE ⇒
Matβ 0 β 0 (u) = Matβ 0 β 0 (IdE ◦ u ◦ IdE )
= Matβ 0 β (IdE ) × Matββ (u) × Matββ 0 (IdE ) .
43 APPLICATIONS LINÉAIRES
Comme (IdE ) est une bijection de E dans E , alors
Matβ 0 β (IdE ) est inversible et Matβ 0 β (IdE ) = (Matββ 0 (IdE ))−1 .
De là on a la proposition suivante:
Proposition
 
Soient β = (e1 , ..., en ) , β 0 = e10 , ..., en0 deux bases de E ,
u ∈ LK (E ),

P = Pββ 0 = Matββ 0 (IdE ) , A = Mat (u, β) = Matββ (u) ,

A0 = Mat (u, β 0 ) = Matβ 0 β 0 (u)


= Matβ 0 β 0 (IdE ◦ u ◦ IdE )
= Matβ 0 β (IdE ) × Matββ (u) × Matββ 0 (IdE ) .

or Matβ 0 β (IdE ) = (Matββ 0 (IdE ))−1 , donc:

A0 = P −1 AP ⇔ A = PA0 P −1 .
44 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
Soit u un endomorphisme d’un K-espace vectoriel de
dimension finie E , muni d’une base β et

A = Mat (u, β) = Matββ (u) .

u est un automorphisme de E ssi det A 6= 0 et


   
A−1 = Mat u −1 , β = Matββ u −1 .

45 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exercice
0 1 1 0
 
 0 0 1 0 
Montrer que les matrices A =  
et
0 0 0 0
 
 
0 0 0 0
0 0 0 0
 
 0 0 1 1 
B=  sont semblables.
 
 0 0 0 1 
0 0 0 0
Proposition de solution
La solution revient à trouver quatre vecteurs v1 , v2 , v3 , v4 ∈ R4
tel que:

Av1 = 0, Av2 = 0, Av3 = v2 , Av4 = v2 + v3

et
det (v1 , v2 , v3 , v4 ) 6= 0.
46 APPLICATIONS LINÉAIRES
Dès lors;
Av1 = 0, je propose dans β la base canonique de R4 ,

v1 = (0, 0, 0, 1)

Av2 = 0, je propose dans β la base canonique de R4 ,

v2 = (1, 0, 0, 0)

Av3 = v2 , je propose dans β la base canonique de R4 ,

v3 = (0, 1, 0, 0)

Av4 = v2 + v3 , je propose dans β la base canonique de R4 ,

v4 = (0, 0, 1, 0)

.
47 APPLICATIONS LINÉAIRES
Soit γ = {v1 , v2 , v3 , v4 }, on a

0
1 0 0

0 0 1 0
det γ = = −1 6= 0.

0 0 0 1



1 0 0 0

De là soit
0 1 0 0
 
 0 0 1 0 
P = Ppass(β = Pβγ =  ,
 
à γ)
 0 0 0 1 
1 0 0 0

alors on a:
B = P −1 AP ⇐⇒ A et B sont semblables.

48 APPLICATIONS LINÉAIRES
Remarque
 
Soit x ∈ E , soient β = (e1 , ..., en ), β 0 = e10 , ..., en0 deux
bases de E , symboliquement on notera:

x = β × xβ et β 0 = βPββ 0

ici β est considérée comme une matrice uniligne:


 
e1 e2 · · · en

et β 0 est considérée comme une matrice uniligne:


 
e10 e20 · · · en0 .
Aussi on a: (ei0 )β = Pββ 0 (ei )β , ∀i ∈ {1, 2, ..., n}, (ei0 )β et (ei )β
sont les coordonnées de ei0 et ei dans la base β = (e1 , ..., en ).

49 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
 
Soient β = (e1 , ..., en ) , β 0 = e10 , ..., en0 deux bases de E .
 
x1
 x2
 
Soit x ∈ E , et x β = 

= les coordonnées de x dans la
 ..
 .


xn
base β. 
x10

0

x20 
et x β =  les coordonnées de x dans la base β 0
 
.. =
.
 
 
xn0
0 0
alors x β = (Pββ 0 = P) × x β ⇔ x β = (Pβ 0 β = P −1 ) × x β .

50 APPLICATIONS LINÉAIRES
3) Déterminant d’une suite de vecteurs d’un
K-espace vectoriel E de dimension finie (Rappel,
suite et fin)

Définition
Soit S = (V1 , V2 , ...., Vn ) une suite de n vecteurs d’un
K-espace vectoriel E de dimension n. Soit une base β, de E ,
le déterminant de la suite S dans la base β, est noté

detβ (S) = V1β V2β · · · Vnβ ,

où Vjβ constituent la j ième colonne avec


les coordonnées de Vj dans la base β. ∀1 ≤ j ≤ n.

51 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exemple
Soient V1 = (1, −6, 8), V2 = (0, −3, 11), V3 = (0, 0, −5) trois
vecteurs du R-espace vectoriel R3 , et S = (V1 , V2 , V3 ).
Comme cardinal de (S) noté Card (S) = 3 = dim R3 alors on
peut évaluer le déterminant de S:

1

0 0

det (S) = −6 −3 0 = 15.


8 11 −5

 
1 0 0
Soit A =  −6 −3 0 

,
8 11 −5
on a det (S) = det A = det (t A).
On peut donc saisir les coordonnées des Vj en colonne ou en
ligne.

52 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
Soit S = (V1 , V2 , ...., Vn ) une suite de n vecteurs d’un
K-espace vectoriel E de dimension n. Soit une base β, de E ,
a) Si detβ (S) 6= 0, alors la suite S est libre ou linéairement
indépendante et comme Card (S) = dim E , donc S est
une base de E .
b) Si detβ (S) = 0, alors la suite S est liée ou linéairement
dépendante.

53 APPLICATIONS LINÉAIRES
Remarque
Soient deux bases β = (e1 , e2 , ..., en ) et β 0 = (t1 , t2 , ..., tn )
d’un K-espace
 vectoriel E de dimension n.
Pββ 0 = t1 t2 · · · tnβ où tjβ constituent la j ième colonne
β β

avec les coordonnées de t j dans la base β. ∀1 ≤ j ≤ n, et


det (Pββ 0 ) = detβ (β 0 ) = t1β t2β · · · tnβ . On rappelle que

Pββ 0 est la matrice de passage de la base β à la base β 0 .

54 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposition
Soit S = (V1 , V2 , ...., Vn ) une suite de n vecteurs d’un
K-espace vectoriel E de dimension n. Soit deux base β, β 0 de
E , alors:

detβ (S) = V1β V2β · · · Vnβ
= detβ (β 0 ) × detβ 0 (S)
0 0

0
= t1β t2β · · · tnβ × V1β V2β · · · Vnβ

detβ (S) = det (Pββ 0 ) × detβ 0 (S).

55 APPLICATIONS LINÉAIRES
4) Déterminant et trace d’un endomorphisme sur
un K -espace vectoriel E de dimension finie

Proposition
Soit un endomorphisme f d’un K-espace vectoriel E de
dimension finie, Moyennant une base β sur E qui existe en
pareille situation, on peut définir:

det (f ) = det (Mββ (f )) = det (Mβ 0 β 0 (f ))


et

Trace (f ) = Trace (Mββ (f )) = Trace (Mβ 0 β 0 (f )) .


Pour Toute autre base β 0 de E .

56 APPLICATIONS LINÉAIRES
Exercice
Soit f un endomorphisme de R3 de matrice A dans la base
canonique β0 = (e1 , e2 , e3 ) définie par:
 
1 2 −3
 1 4 −5  .
A= 

0 2 −2
 
2
Soit Xβ0  −3  les coordonnées d’un vecteur x1 dans la
= 

−4
base β0 .
1. Calculer f (x1 ) dans la base β0 .
2. Soient u1 = e1 + e2 + e3 , u2 = e1 + 3e2 + 2e3 ,
u3 = e1 + 2e2 + e3 .
a) Montrer que β = (u1 , u2 , u3 ) est une base de R3 .

57 APPLICATIONS LINÉAIRES
b) Déterminer la matrice de passage P de la base β0 à la
base β.
c) Déterminer la matrice de passage P 0 de la base β à la
base β0 .
d) Donner les coordonnées Xβ du vecteur x1 dans la base
β de deux façons.
e) Déterminer la matrice D de f dans la base β de deux
façons.
f) Calculer f (x1 ) dans la base β, de deux façons.
g) Donner l’expression de A à partir de celle de D
ci-dessus.
Donner A2 , A3 , A4 en fonction de P, D et P −1 .
Déterminer explicitement An avec n ∈ N.

58 APPLICATIONS LINÉAIRES
Proposé de solution    
2 8
1. (f (x1 ))β0 = Mat (f , β0 , β0 ) Xβ0  −3  =  10 .
= A   

−4 2
2.
3 3
a) Avec β = (u1 , u2 , u3 ) ⊂
R et Card (β) = 3 = dim R ,
1 1 1

on va calculer det (β) = 1 3 2 = −1 6= 0, donc β est

1 2 1
une base de R3 .
b) La matrice de passage 
P de la base β0 à la base β est:
1 1 1
P = Pβ0 β =  1 3 2 
 

1 2 1

59 APPLICATIONS LINÉAIRES
c) La matrice de passage P 0 de la 
base β à la base
 0
β est:
1 −1 1
P 0 = Pββ0 = (Pβ0 β )−1 = P −1 =  −1 0 1 .

1 1 −2
 
1
d) On a Xβ = Pββ0 × Xβ0 =   −6  d’une façon

7
l’autre façon serait par exemple de noter que
2
Xβ0 =  −3  = au1 + bu2 + cu3
 

−4
     
1 1 1
Xβ0 = a   1  + b  3  + c  2  et en résolvant le système
    

1 2 1
on trouve bien a = 1, b = −6, c = 7.

60 APPLICATIONS LINÉAIRES
 
0 0 0
−1
e) On a: D = P AP =  0 1 0  d’une façon
 

0 0 2
l’autre façon est de calculer et résoudre successivement:
(S1 ) ⇔ (f (u1 ))β0 = au1 + bu2 + cu3 =
     
1 1 1
a 1  + b  3  + c  2 ,
    

1 2 1
(S2 ) ⇔ (f (u2 ))β0 = a u1 + b 0 u2 + c 0 u3 =
0
     
1 1 1
a 1  + b  3  + c  2 ,
    

1 2 1
(S3 ) ⇔ (f (u3 ))β0 = a u1 + b 00 u2 + c 00 u3 =
00
     
1 1 1
a 1  + b  3  + c  2 ,
    

1 2 1
61 APPLICATIONS LINÉAIRES
On rappelle que les (Si ) pour i = 1, 2, 3, sont des systèmes à
résoudre.
a a0 a00
   
0 0 0
Et alors D =   b b 0 b 00  =  0 1 0 .
  

c c 0 c 00 0 0 2
f) (f (x1 ))β = Mat (f , β, β) Xβ = DXβ =
    
0 0 0 1 0
 0 1 0   −6  =  −6 .
    

0 0 2 7 14
Pour la deuxième façon, on rappelle qu’à la question 1. on a
calculer f (x1 ) dans la base β0 , de là on fait la mise en
équation suivante:

62 APPLICATIONS LINÉAIRES
 
8
 10  = au1 + bu2 + cu3 =
(f (x1 ))β0 =  

2
     
1 1 1
a 1 +b 3 +c 2 
     

1 2 1
en résolvant le système ci-dessus, on trouve bien a = 0,
b = −6, c = 14.
g) On a
A2 = PD 2 P −1



A3 = PD 3 P −1


D = P −1 AP ⇐⇒ A = PDP −1 ⇒ .

 A4 = PD 4 P −1
An = PD n P −1 , n ∈ N

63 APPLICATIONS LINÉAIRES
Il fautsavoir que    
0 0 0 0 0 0 0 0 0
D =  0 1 0  ⇒ D =  0 1n 0
n
 =  0 1 0 ,
     

0 0 2 0 0 2n 0 0 2n
n ∈ N.
Ainsi:
 n ∈ N, An = PD n P −1
  = 
1 1 1 0 0 0 1 −1 1

 1 3 2 
 0 1 0 
 −1 0 1 
n
1 2 1 0 0 2 1 1 −2
n n n+1
 
2 −1 2 1−2
 n+1 n+1
n
A = 2 − 3 2 3 − 2n+2 
.
2n − 2 2n 2 − 2n+1

64 APPLICATIONS LINÉAIRES

Vous aimerez peut-être aussi