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Impact des granulats de caoutchouc recyclés

Cette thèse étudie l'influence de granulats de caoutchouc recyclés provenant de pneus usagés sur les propriétés de mortiers de ciment. Quatre mélanges sont testés : un mortier témoin et trois mortiers contenant des granulats de caoutchouc à des dosages de 3%, 6% et 9%. L'étude montre que les granulats de caoutchouc diminuent les propriétés mécaniques mais améliorent d'autres propriétés comme l'isolation thermique et la résistance au gel-dégel. Jusqu'à 200°C, les propriétés sont stables, mais au-delà les granulats de caoutchouc brûlent et dégradent le matériau.

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Impact des granulats de caoutchouc recyclés

Cette thèse étudie l'influence de granulats de caoutchouc recyclés provenant de pneus usagés sur les propriétés de mortiers de ciment. Quatre mélanges sont testés : un mortier témoin et trois mortiers contenant des granulats de caoutchouc à des dosages de 3%, 6% et 9%. L'étude montre que les granulats de caoutchouc diminuent les propriétés mécaniques mais améliorent d'autres propriétés comme l'isolation thermique et la résistance au gel-dégel. Jusqu'à 200°C, les propriétés sont stables, mais au-delà les granulats de caoutchouc brûlent et dégradent le matériau.

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Thèse de GUELMINE Layachi

No d’ordre : 05/ 2017- D/ G.C

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene

Faculté de Génie Civil

THESE

Présentée pour l’obtention du grade de DOCTEUR EN SCIENCES

En : GENIE CIVIL

Spécialité : Construction

Par : GUELMINE Layachi

INTITULE

Soutenue publiquement, le 04/11/2017, devant le jury composé de :

Mr Mohamed CHABAAT Professeur à USTHB Président


Mme Hadda HADJAB Professeur à USTHB Directrice de thèse
Mr Hassen BEJI Professeur à UPJV d’Amiens–France Co-Directeur de thèse
Mme Fattoum KHARCHI Professeur à USTHB Examinatrice
Mr Zine El Abidine RAHMOUNI Professeur à Université de M’sila Examinateur
Mr Youcef Si-YOUCEF Maître de Conférence/ A à EPAU d’Alger Examinateur
Mr Amar BENAZZOUK Maître de Conférence/ A à UPJV d’Amiens–France Invité

0
Thèse de GUELMINE Layachi

Remerciements

Ce travail a été effectué au sein de quatre Laboratoires : Laboratoire de Technologies


innovantes (LTI) de l’Université de Picardie Jules Vernes à Amiens (France), au
Laboratoire Bâti dans l’Environnement (LBE) d’USTHB d’ Alger, au Laboratoire de
Génie Civil de l’Université Catholique de Louvain et au Laboratoire pédagogique du
département de Génie Civil de l’Université de Bordj Bou Arreridj. Que toutes les équipes
travaillant dans ces laboratoires trouvent l’expression de ma profonde gratitude.

Je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à Madame H. HADJAB, Professeur à


l’Université Houari Boumediene pour m’avoir confié ce travail pour toutes ses critiques
pertinentes et ses corrections, qui ont donné un vrai support sur le plan scientifique. Bien
au-delà de ses obligations de directrice de cette recherche, elle a su, par ses qualités
humaines, m’apporter le soutien moral en tout temps.

Mes sincères remerciements et ma profonde gratitude vont également à Monsieur H. BEJI,


Professeur à l’Université de Picardie Jules Vernes le Co-Directeur de cette recherche et le
remercier vivement de m’avoir accueilli dans son laboratoire. Sa disponibilité et son
assistance par des conseils toujours objectifs sont appréciées.

Je voudrais également exprimer mes remerciements à Monsieur Amar BENAZZOUK,


Maître de Conférences à l’Université de Picardie Jules Vernes, qui a aussi encadré ce
travail tout au long de son déroulement, pour ses conseils précieux, ses remarques toujours
pertinentes. Il m’a fait bénéficier de ses compétences notamment dans la réalisation des
tests expérimentaux.

J’adresse ici mes plus vifs remerciements à Monsieur M. CHABAAT, Professeur à


l’Université Houari Boumediene qui m’a fait l’honneur de présider ce jury.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Madame F. KHARCHI, Professeur à


l’Université Houari Boumediene, d’avoir accepté de participer à ce jury de soutenance.

J’exprime mes plus profonds remerciements à Monsieur Z.E.A. RAHMOUNI, Professeur


à l’Université de M’sila, pour avoir porté un regard critique à cette Thèse en tant
qu’examinateur.

Mes plus vifs remerciements vont également à Monsieur Y. Si-YOUCEF, Maître de


Conférence à EPAU d’Alger, pour l’intérêt qu’il a porté à ce travail en acceptant d’en être
examinateur.

Finalement, je remercie ma famille pour leur soutien permanent et je leur en suis


infiniment reconnaissant.

1
Thèse de GUELMINE Layachi

Résumés

2
‫‪Thèse de GUELMINE Layachi‬‬

‫ملخص‬

‫الهدف الرئيسي لدراستنا يكمن في اختبار تأثير حبيبات المطاط المسترجع من اطارات العجالت المستعملة‬

‫على خصائص المالط االسمنتي‪ ،‬وكذا ديمومته تحت تأثير تدرج من الحرارة المنخفضة والمرتفعة‪ .‬األملطة المدروسة‬

‫أربعة‪ :‬المالط الشاهد المحضر فقط بحبيبات الرمل‪ ،‬و ثالثة أملطة اخرى تحصلنا عليها بواسطة التبديل الجزئي بين‬

‫كتلة من حبيبات الرمل و كتلة مساوية لها من حبيبات المطاط المسترجع وذلك من اجل النسب التالية‪،%6 ،%3 :‬‬

‫‪.%9‬‬

‫دراسة خصائص األملطة المتصلبة بينت أن حبيبات المطاط المضافة لها خفضت من خصائصها الميكانيكية‪،‬‬

‫غير أن خصائصها االخرى مثل‪ :‬الناقلية الحرارية‪ ،‬القدرة على امتصاص الماء و قدرة التشوه تحسنت بشكل ملحوظ‬

‫مقارنة بالمالط الشاهد‪.‬‬

‫نتائج األملطة المدروسة التي تعرضت لدرجات الحرارة المنخفضة بينت أن الحبيبات المطاطية المسترجعة‬

‫حسنت مقاومتها لصقيع مع وبدون االمالح الذائبة‪ .‬هاته النزعة المهمة لحبيبات المطاط المسترجعة يمكن استثمارها‬

‫لتحسين ديمومة المواد االسمنتية في االجواء الشتوية القاسية‪.‬‬

‫في ما يتعلق باألمالط المتعرضة للحرارة المرتفعة ‪ ،‬خصائصها كانت محفوظة ومستقرة من اجل التدرجات الحرارية‬

‫حتى ‪° 200‬م ‪ .‬ابعد من هاته العتبة‪ ،‬احتراق حبيبات المطاط ينتج هبوط كبير لخصائصها الفيزيائية والميكانيكية خاصة‬

‫من اجل الجرعات أكبر من ‪ .%3‬ضمن هذا الحد يمكن استخدام الحبيبات المطاطية في المواد االسمنتية بكل أمان‪ .‬من‬

‫جهة اخرى‪ ،‬هذا السلوك البيئي ال يسمح بانقاص مخزون نفايات االطارات المستخدمة فحسب بل ايضا يمكن أن يكون‬

‫مصدر متجدد لحبيبات البناء‪.‬‬

‫‪3‬‬
Thèse de GUELMINE Layachi

Résumé

L’objectif principal de notre étude consiste à examiner l’influence des granulats de


caoutchouc recyclés (GCR) des pneus usagés sur les propriétés du mortier de ciment,
ainsi que leur durabilité sous l’effet des gradients de basses et de hautes températures. Les
mélanges étudiés sont quatre: un mortier témoin MT, et trois autres mortiers de
caoutchouc obtenus par la substitution partielle d’une masse des granulats de sable et une
masse égale de granulats de caoutchouc recyclés pour les dosages suivants : 0, 3, 6 et 9%.
L’Etude des propriétés durcies monte que les GCR diminuent les propriétés
mécanique des mélanges étudiés. Néanmoins, les autres propriétés comme la conductivité
thermique, la capacité d’absorption d’eau et la capacité de déformation des mortiers de
caoutchouc sont fortement améliorées par rapport au mortier témoin.
Les résultats des mortiers étudiés exposés aux basses températures montrent que les
granulats de caoutchouc recyclés (GCR) améliorent leur durabilité au gel-dégel avec et
sans les sels fondants. Cette tendance importante des GCR peut améliorer la durabilité des
matériaux cimentaires en ambiance hivernale rigoureuse.
Concernant l’exposition des mortiers étudiés aux hautes températures, leurs
propriétés sont maintenues pour les températures jusqu’à 200°C. Au-delà ce seuil, le
brûlage des granulats de caoutchouc résulte une forte chute de leurs propriétés physiques et
mécaniques notamment pour les dosages supérieurs à 3% de GCR. Dans cette limite, on
peut utiliser les GCR dans les matériaux cimentaires en toute sécurité. Cette pratique
écologique permet ne seulement de diminuer le stock des déchets de pneus usagés, mais
aussi d’offrir une nouvelle source renouvelable des granulats de construction.

4
Thèse de GUELMINE Layachi

Abstract

The main objective of our study is to examine the influence of Recycled Rubber
Aggregates (RRA) of used tires on the properties of cement mortar and their durability
under the effect of low and high temperature gradients. Four mixtures are chosen: a control
mortar MT and three other rubber mortars obtained by the partial substitution of a mass of
the sand aggregates and an equal mass of recycled rubber aggregates for the following
rates: 0, 3, 6 and 9%.
The study of the hardened properties shows that RRA decreases the mechanical
properties of the mortars. Nevertheless, other properties such as thermal conductivity,
water absorption capacity and capacity of deformation of rubber mortars are greatly
improved over the control mortar.
The results of the studied mortars exposed to low temperatures show that the
recycled rubber aggregates RRA improve their freeze-thaw durability with and without the
melting salts. This important trend of the RRA can improve the durability of the
cementitious materials in a rigorous winter environment.

Concerning studied mortars exposed to elevated temperatures, the results show that
their properties are maintained for temperatures up to 200 ° C. Beyond this threshold, the
burning of the rubber aggregates results on a sharp drop in their physical and mechanical
properties, especially for the rates greater than 3%. Within this limit, RRA can be used in
cementitious materials safely. This ecological practice reduces only the waste stock of used
tires, but it also offers a new renewable source of construction aggregates.

5
Thèse de GUELMINE Layachi

Table des Matières

6
Thèse de GUELMINE Layachi

Table des matières

Remerciements…………………………………………………………………………………………….....1
Résumés …………………………………………………………………………………………..................2
Liste des Figures …………………………………………………………………………………………....10
Liste des Tableaux …………………………………………………………………………………….........17
Liste des Abréviations et des Notations…………………………………………………………………….19

INTRODUCTION GENERALE………………………………………………………………………….22

CHAPITRE I : SYNTHESE BIBLIOGRAPHIQUE……………..…………..........................................26

I. 1. INTRODUCTION…………………………………………………………………………………..…..26
I.2. PROBLÉMATIQUE DES DÉCHETS DE PNEUS USAGÉS……………………………………..…..26
I.2.1. Pneumatiques usagés………………………………………………………………........................26
I.2.2. Valorisation des pneumatiques usagés…………………………………………………….……....28
I.2.2.1. Granulats de construction ……………………………………………...…………….…........29
I.2.2.2. Pneu entier…..…………….………………………………………………………….…........30
I.2.2.3. Energie …………………………………………………………….…....................................30
I.2.3. Valorisation des pneumatiques en Algérie………………………………………………………....31
I.3. MORTIER DE CIMENT……………...…………………………………………………………………31
I. 3. 1. Structure de la pâte de ciment………………………………………………………………….....32
I. 3. 2. L’eau dans la microstructure de la pâte de ciment…………………………………………….….33
I.3. 3. Les granulats……………………………………………………………………………………....33
I.3. 4. L’interface pâte- granulats……………………………………………………………………......34
I.4. SYNTHÈSES SUR LES PROPRIÉTÉS PHYSICO-MÉCANIQUES DES BÉTONS DE
CAOUTCHOUC……………….……………………………………………………………………………..34
I.4. 1. Propriétés fraiches…..……………………………………………………………………………...34
I.4. 1. 2. Ouvrabilité ……………………………………………………...…………………………...34
I.4. 2. 2. Masse volumique fraiche.. …………………………………………………………………..35
I.4. 2. 2. Teneur en air ……………… ……………………………………………………………….35
I.4. 2. Propriétés durcies…………………………………………………………………………….…….36
I.4. 2. 1. Masse volumique ……………………………………………………………………............36
I.4. 2. 2. Résistance en compression ………………………………………………………………….36
I.4. 2. 3. Résistance en traction ………………………………………………………………….........37
I. 4. 2. 4. Module d’élasticité ………………………………………………………………………....37
I.4. 2. 5. Capacité de déformation…………………………………………………………………......38
I.4. 2. 6. Retrait ……………………………………………………………………………………….39
I.4. 3. Les propriétés hydriques…………………………………………………………………………...40
I.4. 3.1. Porosité …………………………………………………………………………………........40
I.4. 3.2. Capacité d’absorption d’eau ……………………………………………………………........41
I.4. 4. Durabilité des matériaux cimentaires aux attaques chimiques…………………………………….42
I.5. DURABILITÉ DES BÉTONS EXPOSÉS AUX BASSES TEMPÉRATURES…….……………..........43
I.5.1. Formation de glace……………………………………………………………………………........43
I.5.2. Détériorations associées aux gel-dégel……………………………………………………….........44
I.5.1.1. Fissuration interne ……………………………………………………………………….......44
I.5.1.2.Ecaillage ………………………………………………………………………………….......45
I.5.3. Principaux paramètres d’influences………………………………………………………………..45
I.5.3.1. Degré de saturation ………………………………………………………………………….45
I.5.3.2. Sévérité des cycles de gel-dégel ………………………………………………………..........46
I.5.3.3. Sels fondants ………………………………………………………………………………....46
I.5.3.4. Effet de l’entraineur d’aire …………………………………………………………………..48
I.5.4. Propriétés mécaniques du béton exposé au gel-dégel……………………………………………...48
I.5.5. Durabilité des bétons de caoutchouc au gel-dégel……………………………………………........49
I. 6. LA DURABILITÉ DES BÉTONS EXPOSÉS AUX TEMPÉRATURES ÉLEVÉES…….…………....51
I.6.1.Transformation physico-chimiques du mortier chauffé………………………………………….....51

7
Thèse de GUELMINE Layachi

I.6. 1. 1. Matrice cimentaire………………………………………………………………………......51


I.6. 1. 2. Granulats ……………………………………………………………………………...........53
I.6. 2. Variation des propriétés mécaniques du béton chauffé…………………………………………....54
I. 6. 2. 1. Résistance en compression ………………………………………………………………...54
I.6. 2. 2. Résistance en traction ……………………………………………………………………....56
I.6. 2. 3. Module d’élasticité ………………………………………………………………………....57
I.6. 3. Instabilité thermique du béton……………………………………………………………………..57
I. 6. 3. 1. Les différentes formes de l’endommagement thermiques ………………………………....57
I. 6. 3. 2. Facteurs favorisant l’instabilité thermiques du mortier …………………………………....58
I.6. 4. Durabilité des bétons de caoutchouc exposés aux températures élevées…………………..……...59
I.6.4.1. Instabilité thermique………………………………………………………………………….59
I.6.4.2. Perte en masse ………………………………………………………………………………..62
I.6.4.3. Porosité ……..……...…………………………………………………………………………63
I. 6.4. 4. Résistance en compression ………………………………………………………………....64
I.6. 4. 5. Résistance en traction ……………………………………………………………………….66
I.6. 4. 6. La vitesse d’impulsion ultrasonique ………………………………………………………...67
I.6. 4. 7. Absorption d’eau …………………………………………………………………………….67
I.7. CONCLUSION …………………………………………………………………………………………..68

CHAPITRE II: MATERIAUX ET METHODES EXPERIMENTALES...............................................70

II.1.INTRODUCTION………………………………………………………………………………………70
II.2. CARACTÉRISATIONS DES MATIÈRES PREMIÈRES UTILISÉES………………………………70
II.2.1.Ciment……………………………………………………………………………………………..70
II.2. 2. Granulats de Sable……………………………………………………………………………….70
II.2.3. Granulats de Caoutchouc recyclés GCR………………………………………………………….71
II.2.4. Compatibilité chimique Ciment – Granulats de Caoutchouc……………………………………..73
II.2. 5.L’ eau de gâchage…………………………………………………………………………………75
II.3. FORMULATIONS, CONFECTION ET CONSERVATION DES SPÉCIMENS……………………..75
II.4. TECHNIQUES EXPÉRIMENTAUX…………………………………………………………………..78
II.4.1. Test de chauffage – refroidissement………………………………………………………………78
II.4.2.L’essai de gel-dégel………………………………………………………………………………..79
II.3.3. L’essai de sel fondant……………………………………………………………………………...81
II.5. MÉTHODE DE MESURE DES PROPRIÉTÉS PHYSICO-MÉCANIQUES………………………….81
II.5.1. Mesure des propriétés physiques…………………………………………………………………..81
II.5.1.1.Perte en masse …………………………………………………………………………………....81
II.5.1.2.Vitesse ultrasonique ………………………………………………………………………….82
II.5.1.3.Porosité ouverte ……………………………………………………………………………....83
II.5.1.4. Sorptivité …………………………………………………………………………………….84
II.5.1.5. Retrait ………………………………………………………………………………………..85
II.5.1.6. Conductivité thermique…………………………………………………………..…………..86
II.5.1.7. Vue au microscope électronique à balayage ………………………………………………...87
II.5.2. Mesure des propriétés mécaniques………………………………………………………………...88
II.5.2.1. Résistance en traction ………………………………………………………………………..88
II.5.2.2. Capacité de déformation …………………………………………………….……………….89
II.5.2.3. Résistance en compression…………………………………………………………………...90
II.6.CONCLUSION…………………………………………………………………………………………...91

CHAPITRE III : RESULATS DE LA CARACTERISATION PHYSIQUE ET MECANIQUE DES


MORTIERS DE CAOUTCHOUC…………………………………………..……………..……………..92

III.1. INTRODUCTION……………………………………………………………………………………...93
III.2.ETUDE DES PROPRIÉTÉS FRAICHES……………………………………………………………....93
III.2.1. La consistance…………………………………………………………………………………….94
III.2.2. Teneur en air……………………………………………………………………………………...95
III. 3.ÉTUDE DES PROPRIÉTÉS DURCIES……………………………………………………………….96
III. 3.1.Propriétés physique……………………………………………………………………………….96
III.3.1.1. Masse volumique …………………………………………………………………………...96
III.3.1.2. Retrait ………………………………………………………………………………….……97
III.3.1.3. La vitesse d’impulsion ultrasonique ……………………………………………….…….....98

8
Thèse de GUELMINE Layachi

III.3.1.4. Conductivité thermiques …………………………………………………………………....99


III.3.1.5. Porosité ouverte ………………………………………………………………………........100
III.3.1.6. Sorptivité ……………………………………………….…………………………….........101
III.3.2. Propriétés mécaniques…………………………………………………………………………...103
III.3.2.1. Résistance en compression simple…………………………………………………………103
III.3.2.2. Résistance en traction ……………………………………………………………………...104
III.3.2.3. Module d’élasticité dynamique MED ……………………………………………………..105
III.3.2.4.Capacité de déformation …………………………………………………………………....106
III.4. CONCLUSION………………………………………………………………………………………..107

CHAPITRE IV : RESULTATS DE LA DURABILITE DES MORTIERS DE CAOUTCHOUC AUX


BASSES TEMPERATURES………………………………………………………………………….....109

IV.1. INTRODUCTION………………………………………………………………………………….…110
IV.2. DURABILITÉ DES MORTIERS DE CAOUTCHOUC AU GEL-DÉGEL………………………...110
IV.2.1. Examen visuel…………………………………………………………………………………...111
IV.2.2.Ecaillage…………………………………………………………………………………...…….112
IV.2.3. Vitesse ultrasonique……………………………………………………………………………..114
IV.2.4. Résistance à la compression……………………………………………………………………..116
IV.3. DURABILITÉ DES MORTIERS DE CAOUTCHOUC AUX SELS FONDANTS……………...….117
IV.3.1. Examen visuel…………………………………………………………………………………...118
IV.3.2. Ecaillage de surface……………………………………………………………………………...119
IV.3.3. Résistance à la compression……………………………………………………………………..121
IV.4. CONCLUSION………………………………………………………………………………………..122

CHAPITRE V : RESULTATS DE LA DURABILITE DES MORTIERS DE CAOUTCHOUC AUX


TEMPERATURES ELEVEES…………………………………..……………………………..………..125

V. 1. INTRODUCTION…………………………………………………………………………………….125
V. 2. ETUDE DE LA STABILITÉ THERMIQUE…………………………………………………………125
V. 3. EVOLUTION DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES MORTIERS CHAUFFÉS…………………..127
V. 3. 1. Perte en masse…………………………………………………………………………………...127
V.3. 2. La porosité ouverte………………………………………………………………………………128
V.3. 3. La vitesse ultra-sonique…………………………………………………………………………129
V. 4. EVOLUTION DES PROPRIÉTÉS MÉCANIQUES DES MORTIERS CHAUFFÉS………………..132
V. 4. 1. La résistance à la compression…………………………………………………………………..132
V. 4. 2. La résistance à la traction………………………………………………………………………..134
V. 4. 3. Module d’élasticité dynamique………………………………………………………………….136
V. 5. CONCLUSION……………………………………………………………………………….………..138

CONCLUSION GENERALE……………..……………………………….…………………………….140

REFERENCES BIBIOGRAPHIQUES……..….……………….…………...……….............................145

ANNEXE……………………..…………..…………………………………………………………..…....157

9
Thèse de GUELMINE Layachi

Liste des Figures

10
Thèse de GUELMINE Layachi

Liste des Figures


Chapitre I : Synthèse Bibliographique
Figure I.1. Les risques de feu dans les décharges des pneus usagés………………….28
Figure I.2. Progression des activités de valorisation des pneus usagés en Europe….28
Figure I.3. Piste d'athlétisme en granulats de pneus usagés recyclés………………….29
Figure I.4. Technique de Pneusol : le chantier Cannes-Mandelieu en 1988………….30
Figure I.5. Exemple de valorisation des pneus usagés par la technique pneusol
Réalisé en Algérie……………………………………………………..………………31
Figure I.6. Molécule de gel C-S-H selon le modèle de Feldman……….……………32
Figure I.7. Effet des granulats de caoutchouc sur l’affaissement de béton avec
le fumé de silice………………………………………………………………………..34
Figure I.8. Influence des GCR sur la masse volumique du béton………………….....35
Figure I.9. Effet des GCR sur la teneur d’air occlus de mortiers de caoutchouc……..35
Figure I.10. Effet du taux de substitution de GCR sur la résistance en compression de
mortiers de ciment renforcé par des fibres……………………………………………...36
Figure I.11. Effet des GCR sur la résistance à la traction par flexion de béton ……....37
Figure I.12. Effet des GCR sur le moduel d’élasticité statique du béton fait
avec le fumé de silice………………………………………………………..………….38
Figure I.13. Module d’élasticité dynamique des bétons incorporés les GCR………...38
Figure I.14. Effet des GCR sur la capacité de déformation des bétons
auto-plaçant (courbe force –flèche obtenu par essai de flexion)………………………39
Figure I.15. Influence des GCR sur le retrait des mortiers de ciment……………….....40
Figure I.16. Effet des particules de caoutchouc sur l’évolution de la
porosité des GCR, pâte de ciment et de béton de caoutchouc………………………….40
Figure I.17. Effet des GCR sur le taux l’absorption d’eau des pâtes de ciment
incorporant les granulats de caoutchouc ...………………………………...…………....41
Figure I.18. Effet des GCR sur la durabilité du béton à l’acide sulfirique :
la résistance à la compression en fonction du dosage en GCR et durée d’exposition…42
Figure I.19. Effet des GCR sur la durabilité du béton à la corbonatation……………...42
Figure I.20. Diagramme des phases de l’eau…………………………………………....43
Figure I.21. Dégradation associée au gel-dégel……………………...……………….....44
Figure I.22. Effet de degré de saturation du mortier sur la déformation dû au gel….......45

11
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.23. Déformations d’une pâte de ciment en fonction de la


températures de refroidissement………………….………………………………………46
Figure I.24. Effet de la concentration en sels fondants sur l’écaillage de
surface de la pâte du ciment exposés au gel-dégel………….…………………………….47
Figure I.25. Influence du sel fondant (NaCl) sur l’écaillage et l’absorption
d’eau du béton soumis au gel-dégel………………………………………………………48
Figure I.26. Effet du volume d’air entrainé sur la résistance du béton exposé
au Gel-Dégel……………………………………………………………………….………49
Figure I.27. Effet de gel-dégel sur la résistance du béton (E/C = 0.45)
à la compression (a) et le module d’élasticité dynamique (b)……………………………. 49
Figure I.28. Vitesse ultrasonique de béton ordinaire (A)
et des bétons de caoutchouc (B,C) exposés au gel-dégel ( 56 cycles)……………… ……49
Figure I.29. Effet de la taille des GCR sur la Résistance en compression
des bétons de caoutchouc exposés au gel-dégel……………………...……………….…50
Figure I.30. Ecaillage de béton sans (a) et avec les GCR (b) exposés
aux 56 cycles de gel-dégel…………………………………..……………………..………50
Figure I.31. Evolution du module d’élasticité dynamique des mortiers
de caoutchouc en fonction du nombre des cycles de gel-dégel……………………...…….51
Figure I.32. Comportment des constituants du ciment exposé aux hautes températures...53
Figure I.33. Evolution de la résistance en compression résiduelle
relative des différents bétons chauffés (BO, BAP et BHP)………………………………..54
Figure I.34. Courbes limites extrêmes d’évolution de la résistance
en compression relative des différents bétons selon DTU-FB………………………........56
Figure I.35 : Évolution de la résistance résiduelle relative à la traction
des différents types du béton en fonction de la température de chauffage……………….56
Figure I.36. Module d’élasticité résiduel relatif des bétons (BO, BHP)
fabriqués avec les différents types des granulats………………………………………….57
Figure I.37 : Effet des GCR sur l’écaillage à la surface des bétons BHP
de caoutchouc (0 % à 3%) exposés au feu………………………………………………...60
Figure I.38. Stabilité thermique des bétons de caoutchouc
aux différentes températures élevées………………………………………………………61
Figure I.39. Analyse thermique des GCR : la perte en masse et
de chaleur en fonction de la température de chauffage………………………….………...62

12
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.40. Effet de l’incorporation des granulats de caoutchouc sur


la perte en masse de différents bétons exposés aux hautes températures…………………63
Figure I.41. Effet du dosage en fibre de polypropylène sur la porosité
à l’eau du béton………………………………………………..……………………….... 64
Figure I.42. Résistance en compression des bétons recyclés RC avec
les granulats naturels NC, les granulats de caoutchouc en fonction de la
température de chauffage………………………………………………………..……… .65
Figure I.43. Résistance résiduelle relative à la compression des bétons de
caoutchouc exposés aux température sélevées…………………………………………….66
Figure I.44. Résistance résiduelle relative en traction des béton de caoutchouc
exposés aux températures élevées…………………………………………………….… .66
Figure I.45. Vitesse l’impulsion ultrasonique résiduelle relative des bétons
chauffés incorporés les granulats plastiques et de polyéthylène téréphtalate(PET)……..67
Figure I.46. Evolution de la résiduelle relative d’absorption d’eau par immersion
des bétons incorporés les granulats de (ATP ; PET) en fonction de température
de chauffage……………………………………………….…………………………… .68

Chapitre II : Matériaux et Méthodes Expérimentales

Figure II.1. Distribution granulométriques des granulats utilisés……………….…….. .71


Figure II.2. Photo des granulats de caoutchouc recyclés utilisés..……………… …….. 73
Figure II.3. Montage expérimental de l’essai d’hydratation……………….………. …..73
Figure II.4. Evolution de la température d’hydratation en fonction du temps
de diverses pâtes de ciment-caoutchouc……………………………………………….. . 74
Figure II.5. Les étapes de préparation des spécimens des divers mélanges……....…… 77
Figure II.6. Four d’essai………………………………………………………………….78
Figure II.7. Cycle de (chauffage-refroidissement) imposés aux spécimens…………... .79
Figure II.8. Cycle standard de gel-dégel (24 h) appliqué sur les spécimens étudiés….....80
Figure II.9. Photo de congélateur de l’essai (a), du bac de dégel
(bac d’immersion) (b)………… …………………………………………….………… ..81
Figure II.10. Montage de l’appareil Ultrasonique………………….…………………... 82
Figure II.11. Schéma de l’essai d’imbibition capillaire unidirectionnel(a),
Montage expérimental de l'essai d'imbibition capillaire (b)……… ……………………. 85
Figure II.12. Dispositif de mesure de retrait assisté par ordinateur……………………....86
Figure II.13. Appareil de mesure de la conductivité thermique (CT Mètre)……………..87
Figure II.14. Microscope électronique à balayage et porte échantillons…………………88

13
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure II.15. La machine (a) et le dispositif (b) de l’essai de rupture


par flexion trois points………………………..………………………….……………… 89
Figure II.16. Dispositif de l’essai de compression simple unidirectionnelle……………..90
Figure II.17. Dispositif de l’essai de compression simple unidirectionnelle……………..91

Chapitre III : Résultats de la Caractérisation Physique et Mécanique


des Mortiers de Caoutchouc
Figure III.1. Evolution du temps d’étalement en fonction du dosage en GCR………......94
Figure III.2. Effet des GCR sur la teneur en air occlus………………...…………….. …95
Figure III.3. Inspection des bulles l’air entrainé dans la microstructure de mortier de
caoutchouc MGCR9 par microscope MEB………………………..…………………… . .96
Figure III.4. Evolution de la masse volumique apparente des mortiers
étudiés en fonction du dosage en GCR………………………..………………………… .97
Figure III.5. Evolution du retrait des mortiers étudiés en fonction du temps
pour les différents dosages en GCR…………………………….……………………… ...98
Figure III.6. Vitesse d’impulsion ultrasonique en fonction du dosage
en GCR des mortiers étudiés à l’âge de 28 jours……………….……………………… ...99
Figure III.7. Variation de la conductivité thermique des mortiers étudiés
en fonction du dosage en GCR ………………………………..………………………… 99
Figure III.8. Evolution de la porosité ouverte des mortiers étudiés en fonction
du dosage en GCR………………………………………………………………………..100
Figure III.9. Observations au MEB de la microstructure des matériaux
et mise en évidence de la porosité accessible………………………..…………………...101
Figure III.10 : Evolution du taux d’absorption d’eau en fonction de la racine
carrée du temps avec un exemple de détermination de la sportivité pour leMGCR9..…..101
Figure III.11. Variation de la sorptivité des mortiers étudiés en fonction
du dosage en GCR ……………………….…………………………………………….. 102
Figure III.12. Résistance en compression des mortiers étudiés en fonction
du dosage en GCR à l’âge de 28 jours……………………...……………………..…… .103
Figure III.13. Observations au MEB de la microstructure de mortier témoin (à gauche) et
le mortier de caoutchouc (à droite) MGRC9 et mise en évidence de la zone d’interface..104

14
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure III.14. Résistance à la traction par flexion des mortiers étudiés


à l’âge 28 jours …………………………………………………………………………105
Figure III.15. Module d’élasticité dynamique du mortier de ciment en fonction
du dosage en GCR……………………………………………………………………...106
Figure III.16. Influence du dosage en GCR sur la courbe Force-Flèche en flexion
trois points des mortiers étudiés………………………………………………………....106

Chapitre IV : Résultats de la Durabilité des Mortiers de Caoutchouc


aux Basses Températures
Figure IV.1. Aspect visuel des spécimens exposés aux différents cycles de gel-dégel…112
Figure IV.2. Influence du dosage en GCR sur d’écaillage de surface
des mortiers étudiés pour les différents cycles de gel-dégel……………………………113
Figure IV.3. Variation de la vitesse ultrasonique relative des mortiers étudiés en
fonction du dosage en GCR pour les différents cycles de gel-dégel…………………....114
Figure IV.4. Evolution de la résistance résiduelle (a) et relative (b) à la compression
en fonction du dosage en GC pour les différentes expositions au gel-dégel……………..116
Figure IV.5. Aspect visuel des spécimens de mortiers de caoutchouc exposés aux
effets combinés de gel-dégel avec Sel fondant NaCl (5%)………………………………119
Figure IV.6. Evolution de l’écaillage relative des mortiers étudiés en fonction
du dosage en GCR pour les différentes expositions au gel-dégel avec Sel NaCl………..120
Figure IV.7. Evolution de la résistance à la compression résiduelle (a) et relative (b) des
mortiers étudiés dépendant le dosage des GCR pour les différentes expositions au
gel-dégel en présence de NaCl (5%)……………………………………………………..122

Chapitre V : Résultats de la Durabilité des Mortiers de Caoutchouc aux


Températures Elevées
Figure V.1. La montée en température du four et des différents mortiers étudiés
pour l’exposition thermique 400°C………………………………………………………126
Figure V.2. Aspect visuel des demi-spécimens exposés aux quatre cycles
de chauffage-refroidissement à 400 °C…………………………………………………..126
Figure V.3. La perte en masse des mortiers de caoutchouc en fonction de la température
de chauffage pour les différents dosages en GCR……………………………………….127
Figure V. 4. Evolution de la porosité relative des mortiers de caoutchouc en fonction
de la température de chauffage…………………………………………………………...129

15
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure V.5. Variation de la vitesse ultrasonique en fonction de la température


de chauffage aux différents taux de GCR……………………………………………….130
Figure V.6a. Corrélation entre la vitesse ultrasonique et la résistance
à la compression pour les expositions thermiques jusqu’à 400 °C………………………131
Figure V.6b. Corrélation entre la vitesse ultrasonique et la résistance en compression
pour les expositions thermiques jusqu’à 200 °C………………………………………...131
Figure V.7. Evolution de la résistance résiduelle en compression des mortiers
de caoutchouc en fonction de la température de chauffage…………………………….132
Figure V.8. Les résiduels relatifs de la résistance en compression des mortiers de
caoutchouc en fonction de la température de chauffage…………………………………133
Figure V.9. Les résiduels relatifs de la résistance en compression: Comparaison
entre nos résultats et ceux de DTU93…………………………………………………….134
Figure V.10. Evolution des résiduels de la résistance à la traction des mortiers étudiés
en fonction de la température de chauffage pour les différents dosages de GCR……….135
Figure V.11. Le résiduel relatif de la résistance en traction: comparaison
entre nos résultats et les valeurs de la référence EC2……………………………………136
Figure V.12. Evolution du module d’élasticité dynamique résiduel (a) et relatif (b)
des mortiers de caoutchouc en fonction de la température de chauffage………………..137

16
Thèse de GUELMINE Layachi

Liste des Tableaux

17
Thèse de GUELMINE Layachi

Liste des Tableaux

Chapitre I : Synthèse Bibliographique


Tableau I.1 Composition chimique de pneu…………………………………………..….27

Chapitre II : Matériaux et Méthodes Expérimentales

Tableau II.1. Propriétés physiques et mécaniques du ciment utilisé……………………..71


Tableau II.2. Propriétés physiques des granulats du Sable utilisé…………………….....72
Tableau II.3. Propriétés physiques des granulats de caoutchouc utilisés……………….73
Tableau II.4. Temps de début et de fin de prise des pâtes de Ciment-Caoutchouc………75
Tableau II.5. Composition des mortiers étudiés pour trois éprouvettes
de dimensions 4x4x16 cm3………………………………………………………………...76
Chapitre III : Résultats de la Caractérisation Physique et Mécanique
des Mortiers de Caoutchouc
Tableau III.1. Force portante et la flèche des mortiers étudiés…………………….......107
Chapitre IV : Résultats de la Durabilité des Mortiers de Caoutchouc aux Basses
Températures
Tableau IV.1. Ecaillage de surface des mortiers étudiés exposés au gel-dégel…………113
Tableau IV.2. Vitesse ultrasonique résiduelle et relative des mortiers étudiés
exposé au gel-dégel………………………………………...…………………………….115
Tableau IV.3. Résistance résiduelle et relative en compression
des mortiers testés exposés au gel-dégel…………………………………………..……..116
Tableau IV.4. Ecaillage des mortiers étudiés exposés aux effets combinés
de gel-dégel avec Sel (NaCl 5%)…………………………………………………...........120
Tableau IV.5. Résistance résiduelle et relative des mortiers exposés au gel-dégel
en présence de NaCl (5%)………………………………………………………….…….121

Chapitre V : Résultats de la Durabilité des Mortiers de Caoutchouc aux


Températures Elevées.
Tableau V.1. Porosité ouverte des mortiers étudiés pour les différentes
expositions thermiques…………………………………………………….…………….128
Tableau V.2. La vitesse ultrasonique et le module d’élasticité dynamique
(MED) des mortiers de caoutchouc pour différentes expositions thermiques…………..131
Tableau V.3. Résistance en compression des mortiers étudiés pour
les différentes expositions thermiques……………………….…………………...……...133
Tableau V.4. Résistance en traction par flexion résiduelle et relative des mortiers
étudiés pour les différentes expositions thermiques………………………………...…...135

18
Thèse de GUELMINE Layachi

Liste des Abréviations et des

Notations

19
Thèse de GUELMINE Layachi

Liste des Abréviations et des Notations

GCR : Granulats de Caoutchouc recyclés.


PT : Pâte de ciment témoin sans granulats de caoutchouc.
PGCRi : Pâte de ciment incorporant un dosage i de granulats de caoutchouc recyclés.
MGCRi : Mortier incorporant un dosage i de granulats de caoutchouc recyclés par
substitution massique avec les granulats de sable.
MT : Mortier de ciment sans granulats de caoutchouc.
VMU : Vitesse d’impulsion acoustique.
EC2: Eurocode 2
DTU 93: DTU 93- FB. Norme expérimentale P 92- 701. Méthode de prévision par le
calcul du comportement au feu des structures en béton. AFNOR 1993.
RRRC : résiduel relatif de la résistance à la compression.
RRRT : Résiduel Relatif de la Résistance à la traction.
RRMED : Résiduel relatif du module d’élasticité dynamique.
GN : les granulats naturels.
HF : flux de chaleur.
BAP : Béton auto- plaçant.
BHP : Béton Haut Performance.
MED (MPa) : module d’élasticité dynamique.
MEB : Microscope électronique à Balayage.
Sw (mm/h-0.5) : Sorptivité hydrique.
𝑹𝒕 (MPa) : Résistance à la traction par flexion.
𝐑 𝐜 (𝐌𝐏𝐚) : Résistance à la compression.
BI : L’indice de fragilité (Brittleness index).
λ (W/ m.k) : la conductivité thermique.
P (%) : Porosité accessible à l’eau.
C (m/s): Célérité de l’onde.
E ( MPa) : Module d’élasticité dynamique.

ρ (Kg/m3) : Masse volumique apparente.

ν : Coefficient de Poisson

20
Thèse de GUELMINE Layachi

Introduction Générale

21
Thèse de GUELMINE Layachi

Introduction Générale

Problématique de la recherche
Dans un contexte d'augmentation de la production de déchets industriels et
d'utilisation accrue des ressources naturelles épuisables. Les déchets de pneus usagés
provenant de l’industrie automobiles, ne cessent d’augmenter chaque année avec l’utilisation
abusive des véhicules industriels. Selon des statistiques récentes, la production mondiale
annuelle des déchets de pneus usagés est estimée à 17 millions de tonnes. Les dernières
initiatives mondiales de diminution de la pollution de l’atmosphère, exigent l’utilisation des
méthodes propres d’élimination des déchets, afin de protéger l’environnement à face leurs
effets nocifs.
Pour maîtriser le flux des déchets des pneus usagés, la priorité est désormais donnée
à la valorisation par réemploi, recyclage ou toutes autres actions qui visent notamment à
obtenir, à partir de ceux-ci, des matériaux réutilisables. Sans doute, le recyclage de ce type
de déchets sous forme des granulats de construction constitue une alternative, à faible coût
économique et surtout écologique, aux granulats minéraux conventionnels épuisables. De
plus, ce gisement important, peut contribuer à la résolution du problème d’épuisement
des granulats naturels, dans certaines régions pauvres en agrégats minéraux silico-calcaires.
La durabilité des matériaux cimentaires, est fortement influencée, par l’effet de
température. L’exposition d’un matériau cimentaire, à un gradient de température, non
seulement induit des phénomènes propres tels que les variations dimensionnelles (fissuration
interne, gonflement, écaillage, …), mais aussi diminue ces performances physico-
mécaniques. Dû aux bonnes propriétés de durabilité du caoutchouc, son incorporation dans
les matériaux cimentaires, peut améliorer, leurs propriétés, notamment leur durabilité vis-à-
vis un gradient de température. Par ailleurs, la question importante est : combien le dosage
des granulats de caoutchouc, peut-on incorporer dans les matériaux cimentaires et font
maintien leurs propriétés physico-mécaniques? Cette question a été le sujet de plusieurs
études réalisées dans le domaine de la construction.

22
Thèse de GUELMINE Layachi

Objectifs de la recherche

L’objectif de cette étude consiste à examiner les potentialités de l’utilisation des


granulats de caoutchouc recyclés (GCR) provenant des déchets de pneus usagés dans une
matrice cimentaire, par une substitution massique avec les granulats minéraux de mêmes
tailles. La majorité des constructions en béton armé au monde entier sont couvertes d’une
couche de mortier de ciment. De plus, le mortier est le constituant principal du béton qui
peut être utilisé aussi comme des joints de moellons, parpaings, revêtement des mures et
comme matériau de réparation des constructions. Pour cette raison, nous développons un
matériau composite de type "mortier de caoutchouc d’excellentes propriétés
environnementales", pouvant être utilisé dans le domaine de la construction pour améliorer
les mauvaises propriétés des matériaux cimentaires, notamment leur comportement vis-à-
vis l’effet de basses et de hautes températures.

Les mortiers préparés sont: un mortier témoin fabriqué avec les granulats de sables,
et des mortiers de caoutchouc obtenus par une substitution massique entre les granulats
naturels siliceux et les granulats de caoutchouc recyclés. Il s’agit d’évaluer l’influence de
plusieurs paramètres sur les propriétés des mortiers préparés aux états frais et durci, leurs
dosages, et leurs limites d’utilisation avec les matériaux cimentaires. Après l’optimisation de
la formulation, des tests de caractérisation, aussi bien physiques que mécaniques, sont
conduits afin de mettre en évidence l’effet des particules de caoutchouc sur le nouveau
matériau préparé, comparativement aux granulats minéraux traditionnels. Cette dernière
phase est basée principalement sur l’étude de la durabilité des mortiers de caoutchouc sous
l’effet d’un gradient de basses et de hautes températures.

Plan de travail
Le manuscrit est composé essentiellement de cinq principaux chapitres qui sont tout axés sur
des essais de laboratoire.
Le premier chapitre, est une analyse bibliographique des travaux de recherches, sur
la durabilité des matériaux cimentaires (pâte de ciment, mortier, béton), incorporant des
granulats de caoutchouc recyclés, sous l’effet d’un gradient de température. Au début, On
présente la problématique des déchets de pneus usés, leur effet nocif sur l’environnement en
cas de mauvaise gestion de ce type des déchets, puis les avantages techniques et
économiques de l’opération de valorisation de ceux-ci dans le domaine de la construction.

23
Thèse de GUELMINE Layachi

Ensuite, une étude est faite sur l’influence de l’incorporation des granulats de
caoutchouc recyclés sur le comportement des matériaux cimentaires. La dernière partie de
ce chapitre est consacrée au comportement des constituants de la matrice cimentaire sous
effet de température que ce soit aux hautes ou aux basses températures. Précisément, les
différentes formes d’instabilité que peut présenter les matériaux cimentaires chauffés ou
refroidis.

Le second chapitre expose les techniques expérimentales de préparation, de


conservation, de caractérisation des mortiers étudiés, ainsi que les méthodes de mesure de
leurs propriétés physiques et mécaniques après être exposés aux différents gradients de
température. Ceci est réalisé au sein de quatre laboratoires: au Laboratoire de Génie Civil de
l’Université de Bordj Bou-Arreridj, au Laboratoire de Génie Civil de l’Université
Catholique de Louvain la Neuve en Belgique, au laboratoire des Technologies Innovantes de
l’Université d’Amiens en France et au Laboratoire de Bâti dans l’environnement de
l’Université Houari Boumediene.

Le troisième chapitre étudie l’influence des granulats de caoutchouc recyclés sur les
propriétés physiques et mécaniques des mortiers de caoutchouc à l’état frais et à l’état durci.
Nous avons étudié également les relations réciproques existent entre le dosage des granulats
de caoutchouc recyclés et les différentes propriétés des mélanges étudiés.

Le quatrième chapitre, est consacré à l’exploitation des résultats expérimentaux des


mortiers de ciment incorporant les granulats en caoutchouc recyclés, sous effet de gel-dégel
avec et sans les sels fondants. Pour les différents taux de granulats de caoutchouc,
l’écaillage, la résistance à la compression et le module d’élasticité dynamique aux différents
seuils d’exposition sont étudiés.

Dans le dernier chapitre, nous avons regroupé les résultats de l’essai de chauffage-
refroidissement sur le comportement physique et mécanique des mortiers étudiés. Pour
chaque taux de granulats de caoutchouc, la perte en masse, la porosité ouverte, la vitesse
ultrasoniques, l’imbibition capillaire, la résistance à la compression, à la traction et le
module d’élasticité dynamique en fonction de température de chauffage sont déterminées.

On termine cette thèse par une conclusion générale montrant l’intérêt de


l’incorporation des granulats de caoutchouc dans le mortier de ciment et des perspectives
pour les recherches à venir.

24
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre I

Synthèse Bibliographique

25
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre I : Synthèse Bibliographique

I. 1. Introduction
Le présent chapitre est une synthèse bibliographique des travaux de recherches
réalisés sur le comportement du mortier et/ou béton soumis à un gradient de température. Il
sera divisé en cinq grandes parties. La première portera sur la description de la
problématique des déchets, issus de pneus usagés et leur valorisation dans le domaine des
matériaux de construction à matrice cimentaire. Alors que la deuxième partie nous
renseigne sur les constituants du mortier, la troisième partie est consacrée à l’influence des
granulats de caoutchouc recyclés sur les propriétés aux états frais et durcis des matériaux
cimentaires. Dans la quatrième partie, les résultats des travaux réalisés sur le
comportement du mortier et/ou béton exposés au gel-dégel, seront rapportés. Enfin, on
termine par les résultats de l’étude de l’influence des granulats de caoutchouc sur le
comportement des bétons exposés aux températures élevées.

I.2. Problématique des déchets de pneus usagés


I.2.1. Pneumatiques usagés

Les déchets produits par la société industrielle ne cessent de croître en quantité et


en complexité. Parmi ceux-ci, on trouve les déchets de pneus usagés qui croient avec le
développement de l’industrie automobile. Selon les rapports des associations des fabricants
des pneus, la production mondiale annuelle de pneus est de 1,4 milliard d'unités, ce qui
correspond à environ 17 millions de tonnes des pneus usagés chaque année [1].
Malgré que les déchets pneumatiques soient classés dans les contextes normatifs
Européennes comme des déchets banals, néanmoins, ils sont volumineux, incompatible et
non biodégradable, en raison de leur résistance aux différentes sortes d’attaques physico-
chimiques [2].
Un pneu, est un mélange, à base de caoutchouc synthétique et naturel, dans lequel
sont ajoutés des éléments améliorant les qualités de résistance et de sécurité (acier, textiles
et additifs) (Tableau I.1). Suivant l’état de dégradation, on peut classer les pneus usagés en
deux catégories essentielles [2] :

26
Thèse de GUELMINE Layachi

Les pneus usagés Réutilisables (PUR) :


Il existe deux filières pour les Pneus Usagés Réutilisables, l'une est le rechapage
(remplacement de la bande de roulement) qui concerne surtout les pneus de poids lourds et
d'engins de chantier et la seconde est la commercialisation sur le marché de l'occasion ou à
l'export, dans le cas où les pneus n'ont pas atteint la limite d'usure autorisée.
Les pneus non réutilisables (PUNR) :
Ils sont les pneus qui ne peuvent plus de remplir leur fonction initiale, de plus, ce
sont des pneus qui ne se prêtent pas à un rechapage. Ces pneus, sont concernés par
l’opération de valorisation dans le domaine de Génie Civil.
Tableau I.1: Composition chimique de pneu [2].
Matière Pneu
Elastomères 43 à 47%
Noir de carbone 21 %
Acier 16 à 27 %
Textile 0 à 5 5.5%
Oxyde de Zinc 1%
Soufre 1%
Additifs 6 à 7.5%

La mise en décharges, des pneus usagés, n’est pas sécurisée en cas d’incendie
criminel ou naturel (foudre). De plus, Le brûlage des déchets de caoutchouc dans les
décharges publique présente une gêne environnementale et économique extrêmement danger
pour la nature, il menace non seulement les ressources naturelles en eaux et en air, mais
aussi la santé publique. Un exemple concret, relatant cette situation, est celui de l’incendie
d’Hager-ville (Canada) qui a fallu 17 jours pour l’éteindre et a fait des dégâts estimés à
environ de 12.6 millions de Dollars, la température de combustion n’est pas assez élevée
pour qu’il y a ait incinération complète, et des composés toxiques sont libérés dans l’air, le
sol et les cours d’eau, provoquant une contamination de ces milieux (Figure I.1) [3].
Par ailleurs, l’eau de pluie qui s’accumule dans la forme concave des pneus
présente un abri idéale pour les rongeurs et la reproduction de moustiques qui transmettent
aux êtres humains des maladies graves comme la dengue et la fièvre jaune [2,3].

27
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.1. Les risques de feu dans les décharges des pneus usagés [4].

I.2.2. Valorisation des pneumatiques usagés

La valorisation des déchets consiste en tout traitement des déchets qui


permet de leur trouver une utilisation ayant une valeur économique positive. En vue des
risques, cités ci-dessus, la valorisation des pneus usagés devient une obligation pour faire
face aux nombreuses menaces qu'ils font encourir à notre environnement. En
Europ, l’interdiction de stockage de pneus usagés, dans les décharges publiques, a conduit
au développement de méthodes de valorisation de ce type de déchets. L’objectif de cette
démarche consiste à apporter une valeur ajoutée à ces derniers, par leur transformation soit
en énergie soit en sous-produits pouvant être utilisés dans d’autres secteurs, comme illustré
par la Figure I.2 [5].

Figure I.2. La progression des activités de valorisation des pneus usagés en Europe [5].

28
Thèse de GUELMINE Layachi

I.2.2.1. Granulats de Construction

Les pneus usagés, sont réutilisés sous forme des granulats de construction,
déchiquetés ou broyés, à différentes tailles, selon le type d’application. Les autres
constituants des pneus (aciers, fibres), sont séparés et peuvent être valorisés aussi à part.
Les particules de caoutchouc, présentent des caractéristiques chimiques et physiques
semblables à celles du caoutchouc vierge. La poudrette est utilisée en combinaison avec
des liants pour réaliser des murs anti-bruit, des dalles de sol pour les aires de jeux et des
pistes d'athlétisme, comme montre la Figure I.3 [6,7].

Figure I.3. Piste d'athlétisme en granulats de pneus usagés recyclés [8].

En vue de l’état de l’art, on constate que plusieurs actions de valorisation des


déchets, de pneus usagés, ont été menées dans le monde, particulièrement dans le domaine
des matériaux de construction. Ce secteur, grand consommateur de granulats, peut en effet
résorber une quantité importante de ces déchets et pallier ainsi les contraintes économiques
et environnementales particulièrement dans les régions qui ont souffrit du problème
d’épuisement des granulats naturels. A cet effet, nombreux travaux ont été réalisées sur
l’emploi des particules de caoutchouc, en substitution aux granulats siliceux- calcaires,
dans les matériaux cimentaires, ont montré l’intérêt de l’association du ciment/caoutchouc
dans l’élaboration des bétons de caoutchouc [9, 10, 11, 12].

En Algérie, il y a quelques études réalisées sur la thématique de valorisation des


granulats de caoutchouc recyclés dans les matériaux cimentaires [13, 14, 15, 16, 17]. Ces
travaux ont bien montré les effets bénéfiques des granulats de caoutchouc recyclés sur
quelques propriétés des matériaux cimentaires.

29
Thèse de GUELMINE Layachi

I.2.2.2. Pneus Entier

Dans le cadre de la valorisation des pneus usagés, les travaux réalisés par Nguyen
& al [18], a consisté en la mise au point d’une technique très efficace et économique,
permettant d’améliorer de façon durable les propriétés mécaniques du sol "pneu-sol".
Celle-ci consiste à combiner des pneus entiers ou déchiquetées avec de sol afin de
construire des ouvrages ayant le rôle de réducteurs de poussées, de murs antichute de
pierres et de bassins de rétentions d’eau pluviales. Ainsi, on compte plus de 2000 ouvrages,
à travers le monde entier, construits dans cette optique, notamment en Algérie, au Canada,
aux Etats-Unis et en France (Figure I.4).

Figure I.4. La technique de Pneusol : le chantier Cannes-Mandelieu en 1988 [18].


De plus, dans le domaine des travaux publics (TP), les pneus entiers sont des
matériaux idéals pour réaliser des passages souterrains, Ports et marinas, Récifs artificiels,
Routes provisoires, Conduits et drainage poreux et remblais de routes [1, 2].

I.2.2.3. Energie

Les Etat Unis et l’Europe, ont commencé à utiliser les pneus usagés, comme
combustibles de substitution dans des processus de production de ciment à partir les
années 1990. Cette démarche permet de couvrir une partie de leurs besoins en énergie, en
raison de leur pouvoir calorifique élevé (32 à 34 MJ/Kg), par rapport les combustibles
fossiles comme le charbon (18.6 à 27.9 MJ/Kg) [2]. Par ailleurs, une étude, concernant
l’utilisation des pneus usagés dans les fours des cimenteries, réalisée par Seymour
Schwartz de Université de Californie, a montré une augmentation des émissions des
éléments nocifs entre (53 % à 727%). A cet effet, on note l’absence de toute information
des effets que présente cette technique de valorisation, en raison des combinaisons de
produits chimiques toxiques dégagées par les pneus incinérés [2]. Ainsi, la voie
énergétique de valorisation de déchets de pneus usagés semble être une pratique qui ne
satisfait pas aux exigences strictes de protection de l’environnement.
30
Thèse de GUELMINE Layachi

I.2.3. Valorisation des pneumatiques en Algérie

Contrairement au pays développés, l’Algérie ne manifeste aucune volonté quant à la


recherche de solution durable de valorisation de ces déchets, malgré l’existence d’un potentiel
considérable en termes de disponibilité de ressources. Trouzine [15] rapporte que la quantité,
de pneus usagés produits annuellement, est d’environ1.50 millions de pneu, selon des
données de l’Office National des Statistiques. Le règlement Algérien de Gestion des
Déchets (Décret exécutif n° 06-104 du 28 février 2006) classe les pneus usagés comme des
déchets spécieux qui doivent être éliminés par les producteurs des pneus conformément au
principe pollueur - payeur. La plupart de cette quantité des pneus usagés est mise dans les
décharges sauvages. Parmi les initiatives les plus distinguées de recyclage des pneus
usagés est celle de Michelin Algérie qui fait le recyclage de son part distribué dans le
marché Algérien [23]. Par ailleurs, on compte plus de 12 ouvrages réalisés par la
technique ‘’pneu-sol’’ en Algérie (Figure I.5).

Figure I.5. Exemple de valorisation des pneus usagés par la technique pneu-sol réalisé en
Algérie [19].

I.3. Mortier de ciment


Le mortier de ciment, est un mélange dans des proportions convenables (suivent la
destination et l’emploi du mortier) de sable, de liant et d’eau, pour former une pâte de
plasticité déterminée et qui se durcie avec le temps pour atteindre des caractéristiques
similaires à une pierre naturelle. En plus de la liaison et de la cohésion qu’il assure aux
éléments de maçonnerie, de la protection des construction (rôle d’enduit) contre l’humidité
due aux intempéries, le mortier est une matière première entrant dans la confection des
éléments préfabriqués et est le principal constituant du béton, il a pour rôle de colmater les
vides inter-granulaires [20].

31
Thèse de GUELMINE Layachi

I. 3. 1. Structure de la pâte de ciment

La pâte de ciment est essentiellement constituée d'eau et de ciment. Vis-à-vis de ces


deux éléments, sa composition est définie par le rapport (E/C). Dans ce rapport E et C
représentent les concentrations d'eau et de ciment exprimées en masse. La pâte de ciment
hydratée est obtenue par l’hydratation du ciment qui se développe entre le ciment Portland
(silicates et aluminates de calcium) et de l'eau. En d’autres termes, les différents
constituants du ciment réagissent avec l’eau en formant des hydrates. L’hydratation du
silicate tricalcique (C3S) et du silicate bicalcique (C2S) conduisent à la formation de
l’hydrosilicate de calcium (C-S-H) et de l’hydrate de calcium Ca(OH)2 appelé portlandite.
Le C-S-H confère au ciment sa résistance. A n'importe quel stade de l'hydratation, la pâte
durcie est constituée d'hydrates très mal cristallisés des différents composés considérés
collectivement comme un gel C-S-H, de cristaux de Ca(OH)2, de quelques composants
mineurs, de ciment non hydraté et le reste d'espaces vides remplis d'eau dans la pâte
fraîche [20]. Ces vides sont appelés pores capillaires, mais, à l'intérieur même du gel, il
existe des vides interstitiels, appelés pores de gel. Dans la littérature, il y a plusieurs
modèles qui décrivent la structure de C-S-H. A titre indicatif, on cite le modèle de
Feldman rapporté par Neville [16] qui permet d’interpréter l’influence de l’humidité
relative sur les propriétés physico-mécaniques de la pâte de ciment, les particules de C-S-H
se présente sous forme de lamelle constituée de 2 à 4 feuillets simples (figure I. 6).

Figure I.6. Molécule de gel C-S-H selon le modèle de Feldman rapporté par Neville [20].

32
Thèse de GUELMINE Layachi

I. 3. 2. L’eau dans la microstructure de la pâte de ciment

L’eau est indispensable à la fabrication du mortier. Elle joue un double rôle


d’hydratation du ciment et d’ouvrabilité du mélange. Tous les vides de la matrice sont plus
ou moins remplis d’eau. Sa présence et surtout son mouvement au cours de la vie d’un
ouvrage en béton est souvent responsable de phénomènes tels que le retrait de dessiccation,
le gonflement, les fissurations observées lors des cycles de gel-dégel [16, 17]. Elle joue un
rôle important lors de la montée en température du mortier. L’eau se présente dans la pâte
de ciment sous divers formes :
 Eau libre (ou capillaire): C’est l’eau qui n'a pas participé à la réaction
d'hydratation du ciment, la grande finesse du ciment anhydre et la dimension très
faible des pores du ciment hydraté font que cette eau est soumise à des forces de
surface qui limitent ses possibilités de déplacement. Cette eau est la première à
migrer et à s’éliminer en général pour des températures comprises entre 30 °C et
120°C.
 Eau adsorbée : C’est l’eau adsorbée sur les surfaces solides. Elle peut être
adsorbée physiquement ou chimiquement. L’adsorption physique met en jeu des
énergies de type Van der Waals de faible intensité. L’adsorption chimique
correspond à la formation de liaison chimique entre les atomes de la surface du
solide et les molécules de l’adsorbat.
 Eau liée chimiquement : c’est l’eau qui réagit avec les éléments anhydres du
ciment. Regourd [22] identifie dans la structure des C-S-H la présence de l’eau
sous trois formes (l’eau hydroxyde, l’eau inter-feuillet et l’eau inter- lamellaire) qui
sont classées ici par ordre décroissant d’énergie de liaison avec le solide.

I.3. 3. Les granulats

Les granulats constituent le squelette du mortier et représente environ 60- 80 %


du volume du mortier. Les granulats d’origines divers. Les granulats peuvent être
naturels silico-calcaires (origine minérale sans transformation autre que mécanique),
artificiels (origine minérale et transformé, exemple du schiste expansé, laitier granulé
de haut fourneau), ou recyclé comme par exemple les granulats de caoutchouc ou
autres. Au contact avec la pâte de ciment, on distingue des granulats réactifs et des
granulats neutres. Les granulats réactifs comme le calcaire qui présentent de forte
liaison avec la pâte de ciment du fait des réactions chimiques qui se produisent au
cours du temps.

33
Thèse de GUELMINE Layachi

I.3. 4. L’interface pâte- granulats


Lors de l’hydratation du ciment, une liaison s’établit entre la pâte de ciment et les
granulats. Cette liaison donne naissance à une zone appelée "auréole de transition". La
qualité de l’auréole de transition est fortement liée à la nature des granulats [19, 20]. Au
contact avec la pâte de ciment, il existe deux types des granulats, comme on a montré dans
le paragraphe ci-dessus. Les réactifs présentent de fortes liaisons avec la pâte de ciment à
cause des réactions chimiques qui se produisent au cours du temps en augmentant les
forces d’adhésion. En effet, le carbonate de calcium (CaCo3) présente dans les granulats
calcaires réagit avec l’aluminate tricalcique et alumino-ferrites tétra-calciques pour former
des mono-carbo-aluminates de calcium. La zone de transition entre-faciale est
mécaniquement plus faible dans le cas des bétons ordinaires. Elle présente une porosité
plus importante que le reste de la pâte. Les pores plus grossies deviennent un réseau de
cheminement privilégié pour les transports de masse [23, 24].

I.4. Synthèses sur les propriétés physico-mécaniques des bétons de


caoutchouc
I.4. 1. Propriétés fraîches
I.4.1.1. L’ouvrabilité

L’ouvrabilité est la propriété essentielle des matériaux cimentaires à l’état frais.


Selon la nature du matériau à étudier, elle est estimée par l’essai d’affaissement ou
d’étalement, elle révèle le degré de fluidité de la pâte du béton et sa facilité de mise en
œuvre. Les travaux réalisés par Khatib & al [23, 24], sur la faisabilité des bétons de
caoutchouc, ont monté la chute graduelle de leur ouvrabilité avec l’augmentation du taux
des granulats de caoutchouc (Figure I.7). Ce comportement est expliqué par la forme
rigoureuse des granulats de caoutchouc. Des récentes études, ont confirmé la même
tendance pour des composites cimentaires [23, 24].

Figure I.7. Effet des granulats de caoutchouc sur l’affaissement


de béton avec le fumé de silice [26].

34
Thèse de GUELMINE Layachi

I.4.1.2. La masse volumique fraîche

Les travaux de cherches, menés par Bravo & Brito [28], sur l’évolution de la
masse volumique des bétons de caoutchouc obtenus par substitution partielle des granulats
classiques silico-calcaires de densités relativement élevées, avec des granulats de
caoutchouc de densité faible, ont révélé que les densités fraîches de ceux-ci sont diminuées
avec l’augmentation du taux des granulats de caoutchouc dans la masse du béton. Cette
tendance est expliquée par la légèreté des granulats de caoutchouc (Figure I.8).

Figure I.8. L’influence des GCR sur la masse volumique du béton [28].

I.4.1.3. Teneur en air


L’étude réalisée par Benazzouk [29] sur l’influence du dosage en GCR sur la
teneur en air occlus, a montré que celle-ci augmente avec le taux des GCR incorporés dans
la masse du mortier (Figure I.9). Ce comportement est expliqué par le fait que la surface
rugueuse des granulats de caoutchouc qui conduit à l’augmentation de la teneur en air
occlus. Des résultats similaires ont été obtenus par certains auteurs lors de l’étude des
propriétés rhéologiques d’un béton à base de granulats de caoutchouc [8, 33]. Ces travaux
ont montré la possibilité de l’utilisation de poudrettes de caoutchouc comme agent
entraîneur d’air.

Figure I.9. Effet des GCR sur la teneur d’air occlus de mortiers de caoutchouc [25].

35
Thèse de GUELMINE Layachi

I.4. 2. Propriétés durcies

I.4. 2. 1. Masse volumique

Les travaux de Pedro [30] ont montré une diminution de la masse volumique
apparente, à l’état durci, des mortiers obtenus par substitution des granulats naturels (sable)
par les granulats de caoutchouc de même taille (taille de 0-6 mm). En effet, l’allégement
obtenu, à 28 jours de cure, varie de 4,3% à 9,9% pour un taux de remplacement allant de 5
% à 15%, respectivement.

I.4. 2. 2. Résistance en compression

L’incorporation des déchets de caoutchouc, sous forme des agrégats, dans les
matériaux cimentaires conduit à la diminution de la résistance en compression [31, 32].
Cette réduction varie en fonction de plusieurs facteurs, notamment du pourcentage de
GCR, de la taille et de la surface des particules de caoutchouc. En effet, Turatsinze [31],
lors de ses travaux, a remplacé le sable naturel par les GCR de même taille (taille
maximale de 4 mm) dans les mortiers, avec un taux de substitution allant de 10 % à 30%.
Les résultats de cette étude ont montré une réduction importante de la résistance en
compression (Figure I.10). La perte de performances est de 58% et 79%, correspondant
aux taux de substitution de 20% et 30% de caoutchouc, respectivement. Cette chute
importante de résistance en compression, des matériaux cimentaires, enregistrée est due à
la faible adhérence entre les particules de caoutchouc et la matrice.

Figure I.10. Effet du taux de substitution de GCR sur la résistance en compression de


mortiers de ciment renforcé par des fibres [31].

36
Thèse de GUELMINE Layachi

I.4. 2. 3. Résistance en traction

En général, la résistance à la traction des matériaux cimentaires est nettement plus


faible que celle à la compression. Néanmoins, c’est une caractéristique essentielle et
nécessaire afin d’estimer le comportement mécanique des matériaux cimentaires
incorporant les granulats de caoutchouc recyclés. Généralement, la résistance à la traction
est déterminés par l’essai de flexion ou par l’essai de fendage (traction indirecte). Celle-ci
nous renseigne plus particulièrement sur le comportement du matériaux vis-à-vis la
propagation des fissures, qui conduisent à la rupture. La Figure I.11 montre les résultats de
l’essai de résistance en traction par flexion de bétons incorporant les granulats de
caoutchouc, pour un taux de substitution allant de 0 à 10%, selon les travaux de Ganjian
[33]. On constate que la résistance à la traction diminue graduellement en fonction du taux
de GCR. De plus, l’augmentation de la taille des granulats de caoutchouc, impacte
considérablement sur cette propriété, notamment pour des taux de remplacement allant
jusqu’à 5 %. Au-delà de ce seuil du taux de substitution, cette tendance est inversée.

Figure I.11. Effet des GCR sur la résistance à la traction par flexion de béton selon [33].

I. 4. 2. 4. Module d’élasticité (statique et dynamique)

Comme pour les résistances en compression et en traction, de nombreux travaux


confirment que la substitution des GCR par les granulats naturels dans les matériaux
cimentaires résulte une chute importante de leur module d’élasticité statique et dynamique
[22, 31, 32]. Cela était prévisible, compte tenu des relations empiriques existantes entre le
module d’élasticité et la résistance en compression. La Figure I.12 montre une baisse de
83% du module d’élasticité statique lorsque la moitié du volume granulaire est remplacé
par les GCR [34].

37
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.12. l’effet des GCR sur le moduel d’élasticité statique du béton fait avec le
fumé de silice [26].
D’autres travaux de recherche, réalisés par Khaloo [30], ont montré une réduction
d’environ 96% du module d’élasticité dynamique des bétons contenant différentes tailles
de granulats de caoutchouc (fin, grossier ou combinaison), pour un taux de substitution de
50% (Figure I.13). Cette tendance serait liée à la faible rigidité du caoutchouc, qui confère
aux matériaux une plus grande déformabilité, comparativement aux granulats minéraux
conventionnels.

Figure I.13. Module d’élasticité dynamique des bétons incorporés les GCR [34].

I.4. 2. 5. Capacité de déformation

La propriété intrinsèque essentielle du caoutchouc est, sans doute, sa souplesse qui


se traduit par sa grande capacité de déformation. Il est à rappeler que cette propriété est
complètement absente pour les matériaux cimentaires, qui sont caractérisés par un
comportement plutôt fragile et non pas ductile. En effet, ces derniers sont caractérisés par
une faible capacité de déformation qui favorise la localisation rapide des fissures, au cours
du chargement, conduisant ainsi à une rupture de type "Fragile". Dans ce contexte,

38
Thèse de GUELMINE Layachi

l’incorporation de GCR, par substitution aux granulats minéraux, semble être une solution
idéale pour améliorer leur capacité de déformation. Dans la léttirature, de noubreuses
chercheurs ont quantifié l’inlfuence des GCR sur la fragilité et la capacité de déformation
des matériaux cimentaires [32, 33].
Les travaux Garros [33] ont également montré que l'inclusion des GCR de pneus
non réutilisables dans le béton autopalçant (BAP) avec un taux de replacement allant de
0% à 50 %, diminue la fragilité et augmente la capacité de déformation de composites
étudiés, comparativement au matériau témoin sans GCR (Figure I.14). Bignozzi [36] a
expliqué cette évolution de la capacité de déformation des matériaux cimentaires
incorporant des GCR par leur comportement non linéaire plus marqué par rapport à celui
du béton de référence sans granulats en caoutchouc.

Figure I. 14. L’effet des GCR sur la capacité de déformation des bétons auto-plaçant
(courbe force –flèche obtenu par essai de flexion) [37].

I.4. 2. 6. Retrait

La maitrise des variations dimensionnelles, dues aux retraits et/ou gonflements, des
matériaux cimentaires, améliore leurs résistances aux différentes agressions physico-
chimiques. L’influence des granulats de caoutchouc sur le retrait et/ou gonflement, des
matériaux cimentaires, a fait l’objet de plusieurs travaux de recherche [26, 27, 31]. La
pluparts des auteurs ont rapporté que l’inclusion des GCR dans les matériaux cimentaires
augmente son retrait, en raison de la faible rigidité des particules de caoutchouc. La Figure
I.15 montre que le retrait des mortiers, incorporant les granulats de caoutchouc, est plus
élevé que celui du mortier de référence sans granulats de caoutchouc [31].

39
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.15. l’influence des GCR sur le retrait des mortiers de ciment [31].

I.4. 3. Propriétés hydriques

I.4. 3.1. Porosité

Des travaux de Skripkiūnas [39], ont montré que l’ajout des GCR aux matériaux
cimentaires, augmente leur porosité (figure I.16). Cette hausse en porosité, est liée à
l’augmentation de la teneur en air occlus lors de gâchage des mélanges à base de granulats
de caoutchouc. L’augmentation de l’entraînement d’air, dans la matrice peut être liée à la
nature non-polaire du caoutchouc. En effet, en présence de l’eau, les particules de
caoutchouc ont tendance à adsorber de l’air en surface. Des résultats similaires, ont été
obtenus par certains auteurs lors de l’étude des propriétés rhéologiques d’un béton à base
de granulats de caoutchouc [6, 28].

Figure I.16. Effet des particules de caoutchouc sur l’évolution de la porosité des GCR,
pâte de ciment et de béton de caoutchouc [39].

40
Thèse de GUELMINE Layachi

I.4. 3.2. Capacité d’absorption d’eau

La propriété d’absorption capillaire quantifie la capacité d’un matériau à absorber


de l’eau par capillarité. Celle-ci représente un paramètre important car, elle conditionne
les échanges hydriques et thermiques entre les matériaux cimentaires et son
environnement. C’est une propriété qui influe considérablement sur la durabilité des
matériaux. Cette propriété précieuse, est estimée par la sorptivité qui caractérise la capacité
d’absorption d’humidité en phase liquide, en fonction du temps. Les travaux réalisés par
Benazzouk [40] ont porté sur l’effet de l’inclusion des GCR sur le taux d’absorption
capillaire des composites cimentaires avec un taux de substitution du ciment allant de 0 à
50 %. Les résultats obtenus montré clairement l’effet positif des granulats de caoutchouc
sur la capacité d’absorption d’eau par le matériau composite. On observe une nette
diminution de la sorptivité, en fonction de la teneur en granulats de caoutchouc (Figure
I.17). De plus, des études récentes, réalisées par plusieurs auteurs [30,35,37], ont confirmé
cet effet bénéfique de l’ajout des GCR sur la capacité d’absorption d’eau des mortiers et
des bétons.

Figure I.17. Effet des GCR sur le taux l’absorption d’eau des pâtes de ciment incorporé les
granulats de caoutchouc d’après [40].

41
Thèse de GUELMINE Layachi

I.4. 4. Durabilité des matériaux cimentaires aux attaques chimiques

Les travaux réalisés sur la résistance aux acides des bétons, à base des granulats de
caoutchouc, pour différents rapport E/C, après 182 jours d’exposition sont illustrés par la
Figure I.18 [41]. Ces résultats ont clairement montré que la résistance en compression des
composites témoins est plus faible que celle des composites, contenant les GCR.

Figure I.18. L’effet des GCR sur la durabilité du béton à l’acide sulfirique : la résistance à
la compression en fonction du dosage en GCR et durée d’exposition [41].

Par ailleurs, pour les mêmes composites mentionées ci-dessous, Thomas [41] a
exmaniné leur durabilité à la carbonatation,ces résultats ont montré que les GCR
améliorent légèrement la durabilité à la carbonatation des composites étudiés par rapport
au composite témoin ( Figure I.19). Ce comportement des bétons de caoutchouc, est due
aux granulats de caoutchouc qui sont étanches, et ont une forte résistance aux différents
attaques chimiques compartiment aux granulats silico-calcaires.

Figure I.19. L’effet des GCR sur la durabilité du béton à la corbonatation [41].

42
Thèse de GUELMINE Layachi

I.5. Durabilité des bétons exposés aux basses températures


Etude de la durabilité des matériaux cimentaires (mortier, béton) aux basses températures,
signifie l’exposition de ceux-ci à une ambiance hivernale rigoureuse. Cette ambiance
correspond à un environnement de gel où le béton est exposé à des conditions de saturation
avec ou sans exposition aux sels de déverglaçage. La durabilité des bétons au gel-dégel
dépend des caractéristiques physico-chimiques du matériau et la sévérité de l’exposition au
gel (température minimale, saturation en eau, fréquence des épandages de sels fondants)
[20]. Dans ce partie, on présente les dégradations associées au gel-dégel avec et sans les
sels fondants ainsi que les principaux paramètres d’influences. On termine par une
synthèse bibliographique, sur l’évolution des propriétés physico-mécaniques des bétons
exposés au gel-dégel.

I.5.1. Formation de glace

Sous les conditions de température et de pression, l’eau se transforme en 15 variétés


de glaces qui diffèrent par leur structure cristallographiques (Figure I.20). En condition de
pression atmosphérique, l’eau se solidifié à 273.13 K sous forme d’un réseau cristallin de
maille hexagonale appelée « glace 1h » qui correspond avec notre étude. Dans la structure
cristallographique de la glace 1h, les molécules d’eau sont ordonnées suivant un
arrangement hexagonal de l’atome d’oxygène des molécules d'eau [42, 43]. Un des
évènements très importants lors de la transition de phase est l’évolution de la densité qui
passe de 999,8 kg/m3 pour l’eau liquide à 4°C à 916,5 kg/m3 pour la glace à une
température de 0°C. La transformation de l’eau en glace s’accompagne par une expansion
volumique de 9,1%.

Figure I.20. Le diagramme des phases de l’eau [42, 43].

43
Thèse de GUELMINE Layachi

I.5.2. Détériorations associées aux gel-dégel


L’exposition d’un matériau cimentaire au gel-dégel résulte deux sortes de
dégradations principales qui sont : la fissuration interne(a) et l’écaillage de surface (b)
(Figure I.21). L’intensité d’attaque dépend les caractéristiques physicomécaniques du
matériau (rapport E/C, porosité, perméabilité, résistance mécaniques,…) et la sévérité de
l’exposition au gel-dégel (température minimale, durée d’exposition, degré de saturation
en eau et la fréquence des pendages de sels fondants) [44, 45].

(a) (b)
Figure I.21. Les dégradations associées au gel-dégel selon Pigeon [45].

I.5.1.1. Fissuration interne

Les détériorations internes des matériaux cimentaires soumettent au gel-dégel sont


des dommages progressifs dus à la nucléation, à la croissance et à la percolation des
fissures dans le matériau étudié [44]. La micro-fissuration de la pâte cimentaire affaiblit la
cohésion du matériau et en particulier la liaison pâte-granulat. Cette perte de cohésion pâte-
granulats augmente la porosité, la perméabilité du béton et diminue également la résistance
du matériau à la pénétration des agents agressifs [46]. D’un point de vue chimique, on ne
constate une évolution du matériau qu’à un stade de dégradation très avancé avec une
dissolution partielle de la portlandite qui recristallise dans les vides d’air et donc une
augmentation de la porosité capillaire [44]. La méthode fréquemment utilisée pour le suivi
des détériorations dû au gel-dégel est sans doute la technique ultrasonique qui donne des
résultats fiables. Celle-ci est adoptée en tant que facteur importante pour évaluer la
résistance au Gel des matériaux cimentaires par la norme américaine ASTM C 666 [43].

44
Thèse de GUELMINE Layachi

I.5.1.2. Ecaillage

Sous les conditions climatiques hivernales rigoureuses, l’écaillage se produit


principalement dans les ouvrages d’art des réseaux routier (ponts, pavages en béton, etc.).
Ces ouvrages sont exposés souvent à des grandes quantités de sels fondants utilisés pour le
dégagement des voies de circulation pendant l’hiver [48, 49]. Donc, l’écaillage est la
dégradation des surfaces d’un élément de béton humide résulte de l’action simultanément
des cycles de gel-dégel en présence des sels fondants (NaCl). L’écaillage se manifeste par
le détachement progressif de petits fragments de mortier dont l’épaisseur ne dépasse pas
quelques millimètres. La gravité de ce phénomène est en fonction des conditions
d’exposions et les caractéristiques de la surface exposée (porosité, réseau d’air et la
microfissuration) [50, 51].

I.5.3. Principaux paramètres d’influences

I.5.3.1. Degré de saturation

La dégradation interne du béton due au Gel est liée au degré de saturation et à la


quantité d’eau gelable contenue dans son réseau capillaire accessible à l’eau. Le degré de
saturation est lié aux paramètres de composition du béton est particulièrement le rapport
E/C qui caractérise le réseau poreux connecté retenant de l’eau. Ce n’est qu’au-delà d’un
seuil critique de saturation en eau que l’on constate une dégradation du matériau au travers
d’un gonflement permanent du matériau (Figure I.22). Marchand [52] dans ces travaux a
rapporté que le degré de saturation critique des matériaux cimentaires est varié dans la
fourchette de 70 à 90%.

Figure I.22. L’effet de degré de saturation de mortier sur la déformation dû au gel [48].

45
Thèse de GUELMINE Layachi

I.5.3.2. Sévérité des cycles de gel-dégel

La durabilité d’un béton face au gel dépend notamment la sévérité des cycles de
gel-dégel, deux caractéristiques des cycles de gel-dégel sont particulièrement importantes :
 La vitesse de refroidissement lors de la phase de gel caractérisant la quantité de gel
formé par unité de temps. Plus la formation de la glace est rapide plus les pressions
hydrostatiques internes sont intenses.
 La température minimale atteinte lors de la phase de gel conditionnant la taille des
pores. Plus la température minimale est basse, plus la quantité d’eau gelable est
importante car le gel affectera des pores de plus en plus petits. Les gros pores
capillaires vont donc geler en premier et le front de gel va se propager dans les
pores de plus en plus petits avec le refroidissement.
En outre, la déformation des matériaux cimentaires exposés aux gel-dégel est en relation
direct avec la température de refroidissement comme montre la Figure I.23.

Figure I.23. Les déformations d’une pâte de ciment en fonction


de la températures de refroidissement [48].

I.5.3.3. Sels fondants

L’influence des sels avec les cycles de gel-dégel sur l’écaillage de surface des
matériaux cimentaires a fait l’objet de plusieurs études [52, 54, 55]. Généralement la
dégradation par écaillage est progressive en fonction de la concentration en sels fondants,
la vitesse de baisse en température et le nombre des cycles appliqués.

46
Thèse de GUELMINE Layachi

Néanmoins, Marchand [51] a montré que l’intensité de l’écaillage n’est pas


proportionnelle à la concentration des sels fondants. Il observe un effet maximal entre 3%
et 6% selon le type de sel utilisé (Figure I.24). Par ailleurs, la Figure 1.25 a bien illustré
que la combinaison de l’effet des sels fondants avec les cycles de gel-dégel a provoqué
une augmentation du degré de saturation au cours des cycles qui accélère fortement la
dégradation par écaillage du béton [54]. Ce phénomène appelé « water uptake », d’après
les auteurs, ce « pompage » est lié à l’hystérésis dû au gel-dégel dans les pores capillaires.

Figure I.24. Effet de la concentration en sels fondants sur l’écaillage de surface de la pâte
du ciment exposés gel-dégel [52].

Figure I.25. Influence du sel fondant (NaCl) sur l’écaillage et l’absorption d’eau du béton
soumis au gel-dégel [54].

47
Thèse de GUELMINE Layachi

I.5.3.4. Effet de l’entraineur d’air

Lorsque des agents d'entraînement d'air ont été mélangés avec du béton frais, il
formerait une série des bulles d'air avec des diamètres dans la gamme de 10μm à 500μm
parce que les agents d'entraînement d'air sont hydrophobes. Généralement. Le béton frais
contient environ 1,5% l’air, même si aucun agent d'entraînement d’air n’est appliqué.
Cependant, ces bulles d'air sont des tailles relativement grandes (d ≥ 100 µm), pour cette
raison, ils ne seraient pas améliorer la résistance. De nombreuses recherches ont indiqué
que cela permettrait d'améliorer la résistance au gel du béton à la fois pour la fissuration
interne et l’écaillage de surface de manière significative, lorsque la teneur en air entrainée
est d’ordre de 5% à 6% [56,57] comme on le voit sur la Figure I.26, le nombre de cycles
de gel-dégel requis pour réduire le module d'élasticité dynamique à 50% augmente de
manière significative lorsque la teneur de l'air augmente et ceci démontre effet bénéfique
de l’air entrainée sur la durabilité des matériaux cimentaires .

Figure I.26. Effet du volume d’air entrainé sur la résistance du béton au gel-dégel [57].

I.5.4. Propriétés mécaniques du béton exposé au gel-dégel


Les propriétés mécaniques du béton, telles que le module d’élasticité dynamique,
résistance à la compression sont diminuées progressives de façon significatif en fonction
du nombre de cycles de gel-dégel après la nucléation de la glace [58, 59] (Figure I.27).
Cette perte de performance mécanique est due à la fissuration interne [44]. Par ailleurs, les
travaux de recherches menés par Pigeon [44] ont montré que les matériaux à faible
porosité (matériau plus dense), ont une meilleure résistance au gel. De plus, des recherches
approfondies ont indiqué que la porosité totale a augmenté avec l'augmentation des cycles
de gel-dégel, ce qui est probablement dû à la formation de fissures internes percolés [46].

48
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.27. L’effet de gel-dégel sur la résistance du béton (E/C = 0.45) à la compression
(a) et le module d’élasticité dynamique (b) [58].

I.5.5. Durabilité des bétons de caoutchouc au gel-dégel

Richardson [60, 61] a étudié la durabilité au gel-dégel du béton incluant les


granulats de caoutchouc recyclés pour un taux remplacement avec les granulats siliceux
allant de 0 à 1.5 %. Ces résultats ont montré que les propriétés physiques et mécaniques (la
perte en masse, la vitesse ultrasonique, la résistance à la compression et l’écaillage) des
bétons incorporant les GCR sont meilleures comparativement au béton témoin sans
granulats de caoutchouc comme montrent les figures ci-dessous (Figures I.28, I.29 et I.30).
Cette tendance est justifiée par plusieurs auteurs par l’augmentation du volume d’aire
entrainé produit l’inclusion des granulats de caoutchouc dans la masse des bétons étudiés.

Figure I.28. La vitesse ultrasoniques du béton ordinaire (A) et des bétons de caoutchouc
(B,C) exposés aux 56 cycles de gel-dégel [60].

49
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.29. Effet de la taille des GCR sur la Résistance en compression des bétons de
caoutchouc exposés au gel-dégel [61].

(a) (b)

Figure I.30. L’écaillage du béton avec (b) et sans des GCR (a), exposés aux 56 cycles de
gel-dégel [60].
D’autres études [62, 63, 64], ont rapporté les mêmes tendances pour les mortiers et
les bétons incorporant les granulats de caoutchouc en tant que remplacement du sable
naturel à des concentrations jusqu’à 30%. Ils ont confirmé l’effet positive de l’inclusion
des granulats de caoutchouc sur la résistance au gel-dégel des composites étudiés comme
la montre la figure ci-dessous (Figure I.31). Cette tendance est expliquée par le fait que les
GCR génèrent des bulles d’air dans la masse des matériaux cimentaires qui se
comportement comme adjuvant entraineur d’air.

50
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.31. L’évolution du module d’élasticité dynamique des mortiers de caoutchouc en


fonction du nombre des cycles de gel-dégel [63].

I.6. Durabilité des bétons exposés aux températures élevées


Dans cette partie, nous nous intéressons à la microstructure du mortier de ciment, à
travers l’examen de l’évolution des constituants issus de la réaction d’hydratation du liant
cimentaire. Ainsi, on constate que suite à cette réaction, le mortier de ciment est composé
de granulats, d’hydrates et d’eau libre et liée. La tenue au feu d’un mortier dépend de sa
formulation, de ces caractéristiques physico-mécaniques et des conditions de
l’environnement auquel, il est soumis telles que la vitesse de montée en température, la
température maximale atteinte et la durée d’exposition [48]. Ainsi, nous verrons, par la
suite de ce chapitre, les différents processus physico-chimiques qui ont lieu dans la pâte de
ciment et les granulats.

I.6.1.Transformation physico-chimiques du mortier chauffé

I.6. 1. 1. Matrice cimentaire

Lorsqu’un mortier de ciment portland, est soumis à une élévation de température


même modérée, de nombreuses transformations et réactions de nature très variée
apparaissent. Ces réactions apparaissent plus particulièrement dans la pâte de ciment, mais
aussi dans les granulats. A faible température, il s’agit principalement de déshydratation et
de réactions liées à l’expulsion de l’eau. A haute température, la décarbonatation des
carbonates joue un rôle prédominant si les granulats du mortier contiennent du calcaire.
Parmi ces conséquences négatives du chauffage, nous pouvons citer le retrait de
dessiccation, la dilation thermique, le fluage et les transformations minéralogiques.
51
Thèse de GUELMINE Layachi

Ces modifications sont respectivement responsables de la fissuration, de l’écaillage


et de l’éclatement [48]. Les principales transformations de la matrice cimentaire décrite par
plusieurs chercheurs avec une élévation en température sont les suivantes :

 Entre 20 et 120°C, départ de l’eau libre et une parte de l’eau liée [65]. Noumowé
[62] considère que l’eau libre est complètement éliminée à 120°C. Castellote [67]
note une décomposition de l’ettringite et son élimination complète de la pâte de
ciment avant 100°C.
 Entre 130 et 170°C, a lieu la double réaction endothermique de décomposition du
gypse CaSO4.2H2O [66].
 Les premiers signes de destruction du C-S-H sont remarqués bien avant à 100°C et
se poursuivent jusqu’à 300°C [67].
 Entre 450 et 550°C, a lieu la décomposition de la Portlandite. Elle s’effectue en
libérant de l’eau [65,66].
 Autour de 570°C, on observe la transformation de phase des granulats quartziques
α en granulats quartzique β, qui s’accompagne d’un gonflement [68].
 Dans le domaine allant de 600 à 700°C, se produit la seconde étape de la
déshydratation des silicates de calcium hydratés. Cette déshydratation
s’accompagne d’une libération des molécules d’eau et de la création d’une nouvelle
forme de silicates bicalciques [66].
 Le calcaire se décompose à partir de 650°C, en produisant un dégagement de
chaleur et en libérant du dioxyde de carbone. L’équation de cette décomposition est
: CaCO3 → CaO + CO2 [65].
 A partir de 1300°C, s’amorce la fusion de la pâte de ciment et des granulats,
l’élimination des sulfates et l’évaporation des alcalins [68].
Castellote [67] a été suivi l’évolution des constituants de la pâte de ciment
(portlandite, l’ettringite, de la calcite, du larnite, du gel C-S-H et du Cao) sous l’effet
de la température par la technique de diffraction des neutrons avec une vitesse de
montée en température de 1°C/min jusqu’à 700°C. La figure/I.32 révèle le
comportement de chaque composante avec la montée en température.

52
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.32. Le comportment des constituants de ciment exposé aux hautes


températures[67].

La Figure I.32 révèle que l’ettringite a disparue complètement avant 100°C. La


déshydratation du C-S-H débute bien avant 100°C et se poursuit jusqu’à 400°C. La
Portlandite demeure stable au cours du chauffage, diminue subitement à 500°C et disparaît
complètement au-delà de 600°C. Le départ de l’eau avec l’élévation de la température se
traduit par une modification considérable des propriétés mécaniques du béton.

I.6. 1. 2. Granulats

Le comportement des mortiers à une température élevée selon le type de granulats,


a été corrélé avec la stabilité thermique de ces derniers. Les granulats siliceux ne réagissent
pas avec la pâte de ciment et présentent donc de faibles liaisons. En principe, ceux-ci sont
inertes dans le mortier à la température ambiante sauf cas de pathologie comme les
réactions alcali-granulats, les granulats ont un comportement différent aux températures
élevées. Ce comportement dépend de leur nature minéralogique et de leur composition
chimique. Xing [69] a étudié l’influence de la composition chimique et minéralogique des
granulats siliceux constitués de quartzite et de granulats calcaires. Il a montré que les
granulats calcaires sont assez stables jusqu’à la température 650°C où l’on observe ensuite
une perte de masse de l’ordre de 40%. Cette perte est liée à la décarbonatation de la calcite
(CaCO3) conduisant à la formation de gaz (CO2) et de la chaux libre (CaO).

53
Thèse de GUELMINE Layachi

En ce qui concerne les granulats de quartzite (siliceux), un comportement physique


relativement stable vis-à-vis de la température imposée est constaté. Le quartz présent dans
ces granulats, est sous forme d’édifice tétraédrique qui, à partir d’une température de
575°C, subit une légère rotation de liaisons pour former une structure cristalline de
symétrie hexagonale. Ce changement de phase du quart α en quart β est suivi d’un
changement de volume de 1% à 5.7%. Cette variation de volume pourrait engendrer un
endommagement dans le béton [68].

I.6. 2. Variation des propriétés mécanique du béton chauffé


I. 6. 2. 1. Résistance en compression

La résistance en compression est la caractéristique le plus fiable scientifiquement


pour évaluer la réponse mécanique des matériaux cimentaires à une température élevée.
Cette propriété peut être déterminée à chaud en fin de palier de stabilisation ou en résiduel
après la période de refroidissement. D’après les résultats de la résistance en compression
des bétons exposés aux températures élevées rapportés dans la littérature, on constate une
large dispersion des résultats publiés (Figure I.33). Globalement la résistance en
compression du béton baisse avec l’élévation de température. Selon les résultats rapportés
dans la littérature [69, 70, 71, 72], l’allure générale des courbes de résistance en
compression en fonction de la température commence par une chute de la résistance au
voisinage de 100 à 150°C, suivi d’un accroissement de résistance entre 150 et 300°C, puis
d’une chute de résistance continue avec la température au-delà de 300°C.

Figure I.33. Evolution de la résistance en compression résiduelle relative des différents


bétons chauffés (BO, BAP et BHP) [69, 70, 71, 72].

54
Thèse de GUELMINE Layachi

Khoury [73] a attribué la baisse de résistance enregistrée entre 100-150°C à un


gain de fluidité de l’eau qui conduit à la réduction des forces de liaison entre les couches
de C-S-H. Cette réduction d’énergie de surface entre gels développe éventuellement des
groupes silanols (Si-OH HO-Si) qui ont la particularité de présenter des forces de liaison
faibles.
D’après Dias [74], le gain de résistance vers 150-300°C est dû à une augmentation
des forces de liaisons entre hydrates et à un accroissement des énergies de surface. La
cause principale de la baisse de résistance du béton pour les températures supérieures à
300°C est souvent attribuée à une modification de la microstructure de la pâte de ciment
par déshydratation. Cette réaction de déshydratation étant chimiquement irréversible, la
chute de résistance du béton est liée au degré d’hydratation de la matrice cimentaire. Cette
explication est à nuancer dans la mesure où le clivage qui transforme le quartz α en quartz
β dans des granulats siliceux à 573°C fragilise le granulat et peut entraîner également une
chute des résistances mécaniques du béton [75].
De plus, La comparaison des mesures de la résistance à chaud du béton avec des
résistances résiduelles Hager [76] montrent une baisse plus significatif de cette dernière.
Le refroidissement a un effet supplémentaire sur le comportement du béton chauffé.
En ce qui concerne la vitesse de montée en température, Khoury [77] compare la
résistance en compression résiduelle des bétons chauffés à une vitesse de 1°C/min à celle
des bétons chauffés à 0,2°C/min. Il constate que les bétons chauffés à la vitesse de 0,2
°C/min ont une résistance inférieure aux bétons chauffés à 1°C/min. Ainsi la durée
d’exposition du béton à une température élevée est un facteur prépondérant dans la
détermination du comportement du béton aux hautes températures. L’application d’une
vitesse lente permet une transformation chimique plus complète dans le béton et donc une
réduction plus significative des résistances.
En outre, nous voyons que les courbes de la Figure I.34, tirées du DTU FB (Feu-
Béton P 92-701) [78] enveloppent la plupart des résultats cités dans la littérature. En
générale, les bétons de densité normale réalisés avec des granulats siliceux perdent plus
rapidement leur résistance lors de l’élévation de température que les bétons analogues
réalisés avec des granulats calcaires.

55
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.34. Courbes limites extrêmes d’évolution de la résistance en compression relative


des différents bétons selon DTU-FB [78].

I.6. 2. 2. Résistance en traction

L’estimation de la résistance à la traction d’un béton chauffé permet de quantifier


son comportement mécanique vis-à-vis une sollicitation thermique en cas d’une exposition
accidentelle comme une incendié. Celle-ci est déterminée par l’essai de fendage, essai de
traction directe ou par essai de flexion trois points. En générale, la résistance à la traction
est diminuée avec l’élévation de température. Les travaux de recherches réalisés par [66,
79, 80, 81] sur des bétons ordinaires et de bétons à hautes performances, montrent une
légère baisse de la résistance à la traction jusqu’à la température de 200°C, puis une chute
importante au-delà de ce seuil (Figure I.35).

Figure I.35 : Évolution de la résistance résiduelle relative à la traction des différents types
de béton en fonction de la température de chauffage [66, 79, 80, 81].

56
Thèse de GUELMINE Layachi

I.6. 2. 3. Module d’élasticité

L’exposition du béton aux températures élevées déforme ces constituants et conduit


à l’évolution de sa rigidité qui peut estimer par le module d’élasticité statique. La
figure.I.36, regroupe les courbes d’évolution du module d’élasticité résiduel relative des
différents bétons ordinaire, BHP : siliceux, calcaire et silico-calcaire Xing [69]. D’une
manière générale, le module d’élasticité résiduel chute d’une manière progressive et rapide
en fonction de la température jusqu’à 600°C, puis et il ralentit quel que soit le type de
béton. Le type de béton n’influe donc pas sur l’évolution du module d’élasticité [70, 80].
De plus, Le béton calcaire présente une décroissance du module élastique plus
faible que le béton de quartzite. Ce phénomène est aussi observé sur le béton ordinaire
contenant de granulats calcaires par rapport à ceux contenant des granulats siliceux et
silico-calcaires Xing [69]. La chute brutale de la rigidité du béton chauffé est due aux
différentes transformations physicochimiques de la matrice cimentaire, de la déformation
des granulats avec l’interface pâte –granulats qui résulte l’augmentation du volume poreux
[70, 76, 66].

Figure I.36. Module d’élasticité résiduel relative des bétons (BO, BHP) fabriqués avec les
différents type de granulats (C, calcaire ; S, silice ; SC,siliceux-calcaire) [69].

I.6. 3. Instabilité thermique du béton

I. 6. 3. 1. Les différentes formes de l’endommagement thermiques

Des études réalisées sur l’exposition des structures en béton au feu ont confirmé
que le feu génère plusieurs formes d’endommagement (instabilité) thermique qui peuvent
être regroupées de la façon suivante [82] :

57
Thèse de GUELMINE Layachi

 Eclatement explosif
Ce type d’éclatement se produit pendant les trente premières minutes du feu ou d’un essai
standard. Il peut se produire à une température supérieure à 100°C. L’éclatement explosif
est caractérisé par un détachement brutal de petits ou gros morceaux de béton, accompagné
d’un bruit fort.
 Eclatement de surface
Couramment appelé écaillage, l’éclatement de surface est caractérisé par le détachement
de petits morceaux (jusqu’à 20 mm environ) du parement exposé au feu. Il est moins
violent que l’éclatement explosif.
 Eclatement de granulats
Cet éclatement est provoqué par la dilatation thermique des granulats proches de la surface
à cause de la montée en température. Les principales causes de ce phénomène sont la
conversion de quartz à 570 °C. Les dommages engendrés par l’éclatement de granulats ne
sont que superficiels.
 Eclatement d’angle :
Il s’observe dans les stades avancés du feu lorsque le béton est affaibli et que les fissures
se développent en raison des contraintes de traction le long des bords et coins de l’ouvrage.
 Eclatement par détachement des granulats
Ce type d’instabilité est issu de la modification de la microstructure de la pâte de ciment
avec la montée en température et aussi des fissures internes engendrées par la dilatation
thermique différentielle entre la pâte de ciment et les granulats.
 Eclatement en phase de refroidissement
Il est non violent et sans bruit. Ce phénomène est causé par la présence de
granulats calcaires et de la réhydratation de la chaux lors de la phase de refroidissement.
De plus, le phénomène de l’éclatement observé au sein du béton exposé à l’effet de
température peut être attribué aux deux processus [83, 84] : le processus thermomécanique
et le processus thermo-hydrique.

I. 6. 3. 2. Facteurs favorisant l’instabilité thermiques du mortier

Plusieurs paramètres peuvent influencer l’éclatement du béton. Une des causes principales
de l’instabilité thermique du béton est la pression de vapeur dans les pores [85].

58
Thèse de GUELMINE Layachi

 Teneur en eau

Elle joue un rôle principal dans la formation de pression de vapeur. Des travaux de
recherche de Robert & al [86], ont montré qu’une teneur en eau massique inférieure à
4% limiterait le risque d’éclatement.
 Propriétés physico-mécaniques du matériau (densité, perméabilité,
résistances)
Les travaux de Consolazio & al [84, 85], ont montré qu’un BHP caractérisé par
un faible rapport Eau/Liant est plus sensible à l’éclatement. La faible perméabilité du
BHP rend difficile le transfert de fluide engendrant de fortes pressions de vapeur lors de
la montée en température.
 Vitesse de chauffage
Plus elle est élevée, plus le risque d’instabilité thermique du mortier est important.
L’échauffement rapide engendre de forts gradients thermiques d’où de fortes contraintes
thermiques pouvant entraîner l’écaillage/ éclatement du mortier. Les travaux de recherche
de Noumowé [66] sur l’instabilité thermique du BHP ont montré qu’à la vitesse de
chauffage de 1°C/min, des éprouvettes cylindriques (16x32cm2) ont éclaté à une
température du surface voisine de 300 – 350°C.
 Nature des granulats
Le comportement des granulats est fortement lié à leur nature chimique et
minéralogique. Les granulats siliceux présentent généralement un coefficient de dilatation
thermique plus élevé que celui les granulats calcaires [69, 82]. En outre, les granulats de
caoutchouc sont plus sensibles à la température que les granulats silico-calcaires [87].

I.6. 4. Durabilité des bétons de caoutchouc exposés aux températures élevées

I.6.4.1. Instabilité thermique

Les granulats de caoutchouc recyclés GCR sont substitués avec les granulats
naturels pour participer à la résolution du problème d’épuisement des granulats naturels au
premier lieu et pour améliorer certaines propriétés des matériaux cimentaires tels que : la
fissuration du béton au jeune âge, la durabilité au gel-dégel et la résistance aux chocs.
Dans le but d’estimer l’effet des granulats de caoutchouc sur la résistance au feu du
béton, Hernández- Olivares & al [88] ont conduit une étude sur un BHP incorporant des
GCR avec une montée de température allant jusqu’à 1000°C. Ils ont observé que les
spécimens du béton de référence BHP présentent plus d’écailles que les spécimens
incorporant 3% de GCR (Figure I.37).

59
Thèse de GUELMINE Layachi

Selon Hernández-Olivares & al [88] ce comportement est dû au brûlage des GCR


conduisant à la formation de trous servant de vases de décompression à la vapeur d’eau
interne. Par conséquent, la contrainte due à la pression de vapeur est diminuée. Par ailleurs,
on note que ces auteurs ont observé qu’à même profondeur à l’intérieur des spécimens la
température est plus faible si on augmente le dosage des GCR. Cette observation indique
que l’épaisseur demandée de la couche d’enrobage des colonnes en BHP de référence est
plus importante par rapport à celle de BHP3% en vue de garantir l’intégrité structurale.

Figure I.37 : Effet des GCR sur l’écaillage à la surface des bétons BHP de caoutchouc (0
% à 3%) exposés au feu [88].
Fattuhi & Clark [89] ont examiné la stabilité thermique des bétons incorporant
les GCR exposés à un feu de chalumeau pendant trois minutes. Ils ont observé que les
GCR qui se trouvent à la surface des cubes sont brûlés. Toutefois, dès que l’on écarte le
chalumeau, tous les feus s’éteignent au bout de 4 à 5 secondes. Ces essais simples
indiquent que l’inflammabilité des G.C. est réduite par leur enrobage dans le béton.
Correia & al [87, 90] ont montré que l’incorporation des granulats de caoutchouc
recyclés jusqu’à 15% dans les bétons maintiennent leur réponse thermique à peu près
semblable à celle du béton ordinaire. Par ailleurs, Guo & al [91] ont observé que les
miettes de caoutchouc additionné au béton ont renforcé de façon significative leur
résistance à l'écaillage explosif (Figure I.38).

60
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.38. La stabilité thermique des bétons de caoutchouc aux différentes températures
élevées [91].
L’analyse thermique des granulats de caoutchouc, effectué par Marques & al [90],
selon les deux techniques simultanément ATG/DSC, est illustré sur la Figure I.39. Celle-
ci représente la masse restante (RM) et le flux de chaleur (HF) de GCR, en fonction de la
température de chauffage. On peut constater qu’entre 300 et 400°C, les GCR souffrent
d'une forte sorte de décomposition, avec une perte de masse considérable. Pour des
températures plus élevées, les GCR brûlent de façon significative et les courbes de flux de
chaleur présentent des pics exothermiques considérables. La température moyenne de
début de la décomposition (pour les deux vitesses de chauffage), a été estimé à 274°C et
elle est défini comme la température pour laquelle 5% de la masse est perdue. La
température moyenne de la fin de décomposition, est au environ de 550°C (la masse est
restée constante). La masse résiduelle inorganique moyenne finale est déterminée à 3,5%.

61
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.39 : Analyse thermique des GCR : la perte en masse et de chaleur en fonction de
la température de chauffage [90].

I.6.4.2. Perte en masse

Dans ces travaux de recherches, Guo & al [91] ont étudié le comportement
physico-mécanique du béton innovant, incorporant les granulats (naturels et recyclés) de
caoutchouc par substitution volumique avec les granulats siliceux de 0 à 16% et renforcé
par 1% des fibres d’acier, sous l’effet de hautes températures. Les résultats obtenus,
illustrés, montre une augmentation de la perte en masse, en fonction de la montée en
température et du taux de granulats de caoutchouc. De plus, la vitesse de perte de masse est
plus élevée pour une température entre 20 et 200°C, comparé à celle au-delà de seuil.
Cette tendance est en accord avec les mécanismes décrits par les phases mentionnées ci-
dessus. Ceci montre que l’eau (capillaire, adsorbé et l’eau liée chimiquement) représente
une masse importante et son départ par évaporation conduit à une chute brusque de la
masse du béton. En outre, on remarque que l’incorporation des granulats de caoutchouc
provoque une perte de masse supplémentaire par rapport aux bétons témoins et ce
comportement est attribué à la décomposition des granulats de caoutchouc surtout pour les
températures au-delà de 150°C.

62
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.40. Effet de l’incorporation des granulats de caoutchouc sur la perte en


masse de différents bétons exposés aux hautes températures [91].

I.6.4.3. Porosité

La porosité est la propriété la plus importante des matériaux cimentaires car tous les
transferts de masse des matériaux cimentaires avec le milieu extérieur se déroulent à
travers son réseau poreux connecté. La mesure de la porosité d’un béton avant et après le
chauffage renseigne sur l’endommagement thermique (fissure, départ de l’eau, fusion des
granulats) de son microstructure qui influe par la suite sur son comportement physico-
mécanique. La température fait évoluer la porosité totale et la distribution porosimètrique
du mortier, et ceci de manière plus marquée sur les pâtes cimentaires à hautes
performances, Li & al [79] on peut souligner les points suivants:

 La macroporosité supérieure à 1.3 mm reste pratiquement stable jusqu’à 400°c et


augmente en suite.
 La porosité capillaire (0.02 – 0.3mm) augmente lentement jusqu’à 400°c et
présente une sévère augmentation à 500°c
 microporosité (inférieure à 0.02mm) augmente avant 400°c puis diminue ensuite à
500°c.

Expérimentalement, la mesure de la porosité accessible à l’eau c’est une technique


efficace pour le suivi de l’évolution du volume porale accessible à l’eau d’un béton
chauffé. Malheureusement, il n’y a pas des études dans la littérature sur l’évolution de la
porosité du béton incorporant les granulats de caoutchouc sous l’effet des températures
élevées.

63
Thèse de GUELMINE Layachi

Néanmoins nous pensons que les fibres de polypropylènes provenant de la de même


famille des GCR (des polymères), donc leurs comportement vis –à-vis à la température
sont similaires. Dans ce sens, Khalifa & al [83] ont étudié l’influence de l’incorporation
des fibres de polypropylène (FPP) sur la porosité du BHP sous effet température. D’après
la figure I.41, la porosité est variée proportionnelle au dosage en FPP. De plus, on observe
que l’ajoute des FPP conduit à l’apparition d’une porosité supplémentaire qui augmente
avec le dosage en fibres et la température de chauffage [92].

Figure I.41. Effet du dosage en fibre de polypropylène sur la porosité


à l’eau du béton [83].

I. 6.4. 4. Résistance en compression

La résistance à la compression est la propriété la plus adaptée pour estimer la


stabilité mécanique au cours du chauffage des matériaux cimentaires. Dans la littérature, il
y a peu de résultats expérimentaux sur son évolution en fonction de la température pour les
bétons incorporant les granulats de caoutchouc. Le peu d’informations disponibles
indiquent, qu’n général, la résistance à la compression diminue progressivement en
fonction de la température et le taux de granulats de caoutchouc, quel que soit le type de
béton étudié.
Les travaux menés par Guo & al [91] ont concernés l’évolution de la résistance à la
compression, des bétons élaborés avec des granulats naturels et recyclés, après leur
exposition aux différentes températures. Il note que la plus grande perte de résistance se
produit pour une teneur en caoutchouc comprise entre 4% et 8% pour une température

64
Thèse de GUELMINE Layachi

allant de 200 à 400 °C. Par contre, au-delà de 8%, l’intensité de la baisse de la résistance à
la compression diminue (Figure I.42). Les auteurs ont attribué cette tendance à la
décomposition des granulats de caoutchouc au-delà de 200°C, qui augmente la porosité des
composites.

Figure I.42. La résistance en compression des bétons recyclés RC avec les granulats
naturels NC, les granulats de caoutchouc en fonction de la température de chauffage [91].

Par ailleurs, Marques & al [90] ont examiné les effets de la températures élevées
sur la performance mécanique résiduelle du béton incluant des granulats de caoutchouc
recyclé GCR pour un taux de remplacement avec les granulats naturels allant jusqu’à 15%.
Il constate une diminution modérée de la compression résiduelle pour les températures
allant jusqu’à 400°C (Figure I.43).Cette variation est due principalement à l'effet du
gradient de température imposée sur les échantillons. Dans cette plage de température, la
perte de la résitance en compression des bétons de caoutchouc sont similaires à celle du
béton témoins. On note qu’au de-là de 400°C, la perte en résistance à la compression de
l'ensemble des bétons de caoutchouc est supérieure à celle du béton témoin et une telle
perte augmente régulièrement avec le pourcentage des GCR, en effet, dans cette plage de
température, les granulats de caoutchouc sont décomposés et ils se comportement comme
des vides dans la masse du béton.

65
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure I.43. La résistance résiduelle relative à la compression des bétons de caoutchouc


exposés aux températures élevées [90].

I.6. 4. 5. Résistance en traction

Dans la littérature, il y a peu des études sur la résistance à la traction des bétons ou
mortiers de caoutchouc, sous l’effet des températures. Généralement, la résistance
résiduelle en traction du béton chute avec l’élévation de température, comme la résistance
en compression. L’étude menée par Marques & al [90] sur le comportement mécanique
du béton, incorporant les granulats de caoutchouc, avec un taux de remplacement allant
jusqu’à 15%, a montré que la présence des GCR conduit à une chute supplémentaire de la
résistance en traction par rapport au béton témoin sans granulats de caoutchouc comme le
montre la Figure I.44. Cette chute supplémentaire est attribuée à la décomposition des
granulats de caoutchouc.

Figure I.44. La résistance résiduelle relative en traction des béton de caoutchouc exposés
aux températures élevées [90].

66
Thèse de GUELMINE Layachi

I.6. 4. 6. La vitesse d’impulsion ultrasonique

La mesure de la vitesse d’impulsion ultrasonique (VPU) présente une moyenne


efficace pour assurer le suivi des dégradations de la microstructure du béton, qui s’opèrent
suite son exposition aux hautes températures. La Figure/I.45 présente les résultats de
l’étude expérimentale réalisé par Correia & al [93], sur des bétons incorporant des
granulats sélectionnés de déchets plastiques (ATP) et de polyéthylène téréphtalate (PET),
exposés aux températures élevées. En général, celle-ci montre que le résiduel de de la
vitesse ultrasonique chute proportionnellement à la température et le taux de substitution
des granulats polymères. De plus, l’incorporation des ATP et PET a conduit à une chute
additionnelle de résiduel VPU par rapport au béton témoin. Ce comportement a été
expliqué par l’augmentation de la porosité due à la décomposition des granulats polymères
incorporés dans la matrice du béton, sous l’effet de température.

Figure I.45. La vitesse l’impulsion ultrasonique résiduelle relative des bétons chauffés
incorporés les granulats plastiques (ATP) et de polyéthylène téréphtalate(PET) [93].

I.6. 4. 7. Absorption d’eau

L’estimation de la capacité d’absorption d’eau par immersion d’un béton, nous


renseignons sur les changements micro-structurels, causés par la température qui influe
directement sur la capacité d’absorption d’un béton et le degré de connectivité de son
réseau poreux accessible à l’eau. La Figure I.46, présente les résultats obtenus par Correia
& al [93] sur des bétons avec et sans granulats recyclés de plastiques (PC) et de
polyéthylène téréphtalate (PF, PP), après leur exposition aux températures élevées.

67
Thèse de GUELMINE Layachi

Ceux-ci montrent que l'absorption d'eau résiduelle des bétons augmente avec la
montée en température. De plus, Le remplacement des granulats naturels par les granulats
(PC, PF, PP) a entraîné une nette augmentation de l'absorption d'eau par immersion et
cela particulièrement pour l’exposition thermique au-delà de 600°C. Ceci peut être
expliqué par la combustion complète des granulats (PC, PF, PP) suite à l'exposition à la
température 800°C, ce qui a entraîné une augmentation importante de la porosité des
bétons examinés.

Figure I.46. Evolution de la résiduelle relative d’absorption d’eau par immersion


des bétons incorporés les granulats de (ATP ; PET) en fonction de température de
chauffage [93].

I.7. Conclusion
L’analyse des résultats de recherches rapportés dans la littérature concernant la
problématique des pneumatiques usagés non réutilisables, notamment leur valorisation
sous forme des granulats de construction (bétons, mortiers), montrent que cette pratique
est faisable et peut dimuner le stock des déchets de pneus usagés . Malgré la chute des
résistances mécaniques (en compression et en traction), ce composite offrit une grande
capacité de déformation avant la localisation de la fissuration, et une diminution de la
capacité d’absorption d’eau par capillarité. Vu de l’excellente durabilité des granulats de
caoutchouc vis-à-vis des gradients de températures, c’est sur cette base que nous avons
entrepris un travail de formulation, d’optimisation et de caractérisation en vue d’explorer
les applications rendues possibles par les nouvelles propriétés du mortier incorporant des
GCR.

68
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre II

Matériaux et Méthodes

Expérimentales

69
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre II : Matériaux et Méthodes Expérimentales

II.1.Introduction
L’objectif principal de cette étude, est l’évaluation expérimentale de l’effet de
l’incorporation des granulats de caoutchouc recyclés, sur la durabilité de mortier de ciment,
soumis à un gradient de températures. La première partie de ce chapitre concerne la
caractérisation des matières premières, utilisées pour la fabrication des différents
matériaux. La seconde partie sera consacrée à la formulation, la préparation et la
conservation des matériaux. Par la suite, les différents protocoles d’exposition des
matériaux, à basses et à hautes températures, adoptés seront décrits. Enfin, les différents
paramètres d’études, permettant d’évaluer la durabilité de ces matériaux seront décrits.

II.2. Caractérisations des matières premières utilisées


II.2.1.Ciment

Le ciment utilisé, lors de la préparation des mortiers étudiés, est de type CEM II/A
42.5 fabriqué et distribué par la cimenterie de Lafarge de M’sila, conformément à la
norme P15-301 [94]. Ces caractéristiques physico-mécaniques sont déterminées
conformément aux normes en vigueurs de qualité [94] (voir le Tableau II.1).

Tableau II.1. Propriétés physiques et mécaniques du ciment utilisé.

Densité Densité Résistance en


Finesse de Début de
apparente absolue compression à 2 et à 28
Blaine (cm2/g) prise (min)
(kg/m3) (kg/m3) jours en (MPa)

1050 3100 3950 160 25.5 45.30

II.2. 2. Granulats de Sable


Les mortiers étudiés sont confectionnés avec des granulats siliceux (sable),
provenant des dunes de la région d’Oued –Souf au sud-est de l’Algérie, sa classe est de 0 à
4 mm. Les propriétés des granulats sont déterminées conformément aux normes Françaises

70
Thèse de GUELMINE Layachi

et Européennes [94]. Celles-ci sont récapitulées, puis présentés par le Tableau II.2 et la
Figure II.2 ci-dessous.

Tableau II.2. Propriétés physiques des granulats du Sable utilisé.

Propriétés Sable

Densité apparente (kg/m3) 1600

Densité absolue (kg/m3) 2560

Equivalent de sable (%) 90.53

L’absorption d’eau (%) 1.30

Module de finesse 2.10

Les caractéristiques physiques, des granulats de Sable utilisé, montent que ceux-ci sont très
propre et ne contiennent aucune impureté qui peut nuire les propriétés des mortiers étudiés.

Figure I.1. Distribution granulométrique des granulats utilisés.

II.2.3. Granulats de Caoutchouc Recyclés GCR


Les granulats de caoutchouc utilisés, dans notre étude, sont issus du déchiquetage
mécanique de déchets de pneus usagés (la source des GCR utilisés dans notre étude est le
Laboratoire des Technologies Innovantes de l’université Picardie Jules Vernes d’Amiens):
après l’élimination de leurs parties métalliques et textiles, ils sont déchiquetés et broyés
mécaniquement pour obtenir la finesse désirée Figure II.2. La classe granulaire des
granulats de caoutchouc recyclés utilisées, dans notre composites est de 0 à 4 mm.

71
Thèse de GUELMINE Layachi

Les propriétés physiques de ceux-ci sont récapitulées dans le Tableau II.3. La


Figure II.1 illustre l’analyse granulométriques de ceux-ci. De plus, les granulats GCR, sont
plus fins, et absorbent moins d’eau que les granulats de Sable. Par contre, les granulats de
caoutchouc sont légers, volumineux et plus sensibles à l’effet de température que les autres
constituants de mortier de ciment.

Afin d’estimer, la sensibilité, des granulats de caoutchouc, aux températures


élevées, nous les exposons aux cycles de chauffage – refroidissement, pour les plages de
températures suivantes: 100, 150, 200, 300 et 400 °C. En mettant un échantillon pulvérisé
de10 g de GCR sur une plaque d’acier dans le four d’essai (Figure II.7) pour chaque
température de test, puis on l’expose séparément aux cycles de chauffage-refroidissement
conformément aux cycles illustrés par la Figure II.7. A la fin de l’essai, le taux de
décomposition (combustion), des GCR est estimé, par leur perte en masse, aux déférentes
températures d’exposition. Les taux de décomposition, des GCR, pour quatre cycles
successifs, aux différentes températures, sont de l’ordre de (0, 1.85, 4.55, 38.65 et 95.55
%) respectivement. Donc, les granulats de caoutchouc, ont besoin une longue durée, pour
atteindre leur décomposition complète. Marques [90], a rapporté que les GCR, sont
décomposés vers 274 °C. Les pertes en masses de notre investigation sont en corrélation
avec les résultats trouvés par la technique (ATG/DSC) [87, 90].

Tableau II.3. Propriétés physiques des granulats de caoutchouc utilisés.

Propriétés GCR

Densité apparente (kg/m3) 450


Densité absolue (kg/m3) 1195
L’absorption d’eau (%) 0.30
Module de finesse 3.01
Perte en masse après 150 °C 1.85

quatre cycles de 200 °C 4.55


chauffage- 300 °C 38.65
refroidissement 400 °C 95.55
(%)

72
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure II.2. Les granulats de caoutchouc recyclés utilisés.

II.2.4. Compatibilité Chimique Ciment – Granulats de Caoutchouc

Dans certains cas, l’ajout des granulats à la matrice cimentaire conduit à une
inhibition de l’hydratation du liant, qui se manifeste par un retard dans la prise et le
durcissement. Ces composites nécessitent une période de cure assez longue pour atteindre
les résistances nécessaires. On parle dans ce cas d’une incompatibilité chimique entre les
granulats et le liant qui peut estimer par un essai de stabilité de la réaction d’hydratation
des pâtes de ciment contenant des granulats de caoutchouc recyclés. Cet essai est réalisé en
ajoutant une quantité de granulats de caoutchouc varient de 0 à 9 % de la masse de ciment.
La pâte fraîche est placée dans un récipient cylindrique muni de couvercle (Figure II.3).

Figure II.3. Montage expérimental de l’essai d’hydratation.

Afin d’éviter les échanges avec le milieu ambiant, celui-ci est mis dans une autre
enceinte remplie de vermiculite. Pour assurer l’isolation totale du système, l’ensemble est
placé dans un vase de Dewar. Sachant que l’hydratation du liant est une réaction
exothermique caractérisée par une élévation de température, l'enregistrement des courbes

73
Thèse de GUELMINE Layachi

température-temps est réalisé à l'aide d'une centrale d'acquisition (Thermomètre type HI


92804 C) reliée à un ordinateur et d'un thermocouple (type K) placé au centre de
l'échantillon. Pour vérifier l’absence de pertes de chaleur, un second thermocouple, placé
dans le vase de Dewar, permet de comparer la température à l’intérieur et à l’extérieur du
système. Le dispositif expérimental utilisé, mis au point au laboratoire, est donné par la
Figure II.3. Les résultats de temps de prise récapitulés dans le Tableau II.4.

Tableau II.4. Temps de début et de fin de prise des pâtes de Ciment-Caoutchouc.

Type de pâte PR PGCR3 PGCR6 PGCR9

Début de prise (min) 165 180 240 250


Fin de prise (min) 225 230 300 320

Figure II.4. Evolution de la température d’hydratation en fonction du temps de


diverses pâtes de ciment-caoutchouc.

L'évolution des températures lors des réactions d'hydratation, pour les quatre
mélanges de pâtes, est donnée par la figure II.4. L'évolution des températures en fonction
du temps (38.60 ; 37.0; 28.30; 27.80°C) des pâtes (PR, PGCR3, PGCR6 et PGCR9)
respectivement montre que les températures maximales atteintes pour les mélanges PR,
PGCR3 sont plus élevés par rapport aux autres mélanges. Ce comportement révèle que les
granulats de caoutchouc absorbent la chaleur et retardent la réaction d’hydratation de façon
significative.

74
Thèse de GUELMINE Layachi

Cette tendance a été aussi observée pendant le démoulage des spécimens de


mortier où les spécimens des composites MGCR6 et MGCR9 sont plus tendres et fragiles
par rapport aux autres mélanges. Par la suite, cette remarque est confirmée par la longue
durée de prise des composites PGCR6 et PGCR9 en comparaison avec les autres pâtes.
Donc, ces derniers ont besoin d’une période plus longue de cure afin que le durcissement
prenne fin. Cette tendance, est due aux granulats de caoutchouc, qui absorbent une partie
de la chaleur dissipée par la réaction d’hydratation du ciment et retardent la prise des
PGCR par rapport à la pâte de référence sans granulats de caoutchouc. Donc les GCR ont
un comportent comme un adjuvant de type retardateur de prise. Ce comportement est
confirmé par Benazzouk [12], dans ces études sur des composites cimentaires incorporant
les granulats de caoutchouc.

II.2. 5. L’eau de gâchage

L’eau de gâchage remplit deux fonctions principales, d’une part, une fonction
physique qui permet de conférer au mortier les propriétés de fluidification et d’autre part
une fonction chimique qui contribue à la réaction d’hydratation. L’eau de gâchage des
mélanges de mortiers confectionnés est issue directement du robinet du réseau publique
d’eau potable. Ces propriétés chimiques n’ont pas fait l’objet de la présence étude
(Annexe.I). Donc, elle est supposée propre et ne contenir aucune impureté nuisible
conformément à la norme NF.18-303 [94].

II.3. Formulations, confection et conservation des spécimens


Dans le but d’estimer, l’influence des granulats de caoutchouc recyclés GCR, sur la
performance physico-mécaniques, des matériaux cimentaires, sous l’effet d’un gradient de
température, nous avons choisi, le mortier de ciment, comme un matériau étude, puisque la
majorité des constructions, en béton armé, sont couvertes d’une couche de mortier de
ciment, à travers elle, se manifeste les échanges de masse et de chaleur, avec le milieu
extérieur. De plus, le mortier, est le constituant principal, du béton qui peut être utilisé
aussi comme des joints de moellons, parpaings, revêtement des mures et comme matériau
de réparation des constructions.
La formulation est l’obtention des rapports proportionnels entre les différents
constituants (Ciment/Sable et Eau/Ciment) de la pâte de mortier qui donnent les qualités
suivantes : une bonne maniabilité, une économie dans l’emploi de ciment et une résistance
mécanique acceptable.

75
Thèse de GUELMINE Layachi

Dans cette optique, nous avons commencé cette étude par une formulation
préliminaire pour ajuster le rapport (Ciment/Sable) dans la fourchette : 1/2 ; 1/3 et 1/4 avec
le rapport (Eau/Ciment) varié de 0.45 à 0.55 au moyen de la résistance à la compression.
A la fin on a trouvé que les meilleurs rapports sont (C/S =1/3 et E/C =1/2).
En fonction du dosage d’inclusion des granulats de caoutchouc recyclés, nous
distinguons quatre mélanges de mortiers : le mortier témoin MT confectionné avec les
granulats naturels de sable et trois autres mélanges MGCR obtenus par substitution
partielle massique des granulats de sable avec les GCR pour les pourcentages
suivantes : 3%, 6% et 9%. Le choix de la fourchette de remplacement des granulats de
sable par les GCR est fait de sorte que l’étalement (l’essai d’étalement de table) de la pâte
de chaque mélange de mortier confectionnée maintient en accord avec la gamme
proposée par la norme européenne 1015-3 de norme (175 ± 10 mm) [94], afin d’éliminer
l'effet de l'eau. Les dosages de remplacement des GCR supérieurs à 9% produisent une
forte chute de l’affaissement et la résistance en compression des mélanges préparés.
Les différents mélanges étudiés sont indiqués en utilisant leur dosage en granulats
de caoutchouc. Les lettres M, C, R et G se rapportent au Mortier, au Caoutchouc, Recyclé
et aux Granulats respectivement. Par exemple, MGCR3 signifie le mortier incorporé 3 %
des granulats de caoutchouc recyclé. Le Tableau II.5 montre la composition des divers
mélanges de mortiers élaborés.

Tableau II.5. Composition des mortiers étudiés pour trois éprouvettes de dimensions
4x4x16 cm3.
constituants
Mélanges de
mortier Sable GCR Ciment Eau
(g) (g) (g) (g)

MT 1350 0 450 225

MGCR3 1309 41 450 225

MGCR6 1268 82 450 225

MGCR9 1227 123 450 225

Les mortiers étudiés, sont préparés (malaxage et coulage), selon la norme


européenne EN196-1[94]. L'eau et le ciment, sont d'abord mélangés, dans un mélangeur
planétaire normalisé (Figure II.5.b). Pour éviter l’agglomération des GCR, en raison de
leur faible densité, les granulats de sable et de caoutchouc sont pré-mélangés avant de les

76
Thèse de GUELMINE Layachi

verser dans la cuvette de malaxeur. Dans le but de contrôler avec précision l'effet de la
teneur en caoutchouc, le rapport eau-ciment est maintenu constant (E/C = 0.5) pour tous les
mélanges confectionnés. Les pâtes fraîches contenant les GCR sont mélangées pendant 2
minutes de plus afin d’obtenir des mélanges homogènes. Immédiatement après le
malaxage, les mélanges sont coulés dans des moules prismatiques normalisés de type 40 x
40 x 160 mm3 (Figure II.5a). Les échantillons sont conservés dans des moules pendant 24
h, après le démoulage, les spécimens sont posés dans une chambre humide (20 ± 2 ° C,
95% de HR) pendant 28 jours, puis dans l’environnement de laboratoire (20 ± 2°C, 50 ± 5
% de HR) jusqu’au jour de l’essai.

(a) Coulage des spécimens (b) Malaxeur normalisé (c) Maniabilimètre-B.


4x4x16 cm3

(d) Aéromètre.
Figure II.5. Les étapes de préparation des spécimens des divers mélanges.

La consistance des mortiers étudiés est réalisée conformément à la norme en


vigueur Française NF P 18-452 [94] au moyen d’un maniabilimètre-B (voir la Figure
II.5c). Le taux d’air entrainé est mesuré par un aéromètre à mortier conformément à la
norme Française NF P 18-353 [94] (voir la Figure II.5d). La masse volumique durcie
apparente des mortiers étudiés est déterminée à l’âge de 28 jours sur des spécimens de

77
Thèse de GUELMINE Layachi

type 4x4x16 cm3, par un simple pesage avec une balance scientifique de précision (0.01 g),
des dimensions sont mesurés au moyen d’un pied à coulisse.

II.4. Techniques Expérimentaux


II.4.1. Test de chauffage - refroidissement
Les seuils de température de notre étude, sont fixés par un essai préliminaire de
chauffage des granulats de caoutchouc pour les températures suivantes : 150, 200, 300 et
400 °C (paragraphe II.2.3). Nous avons évité d’aller au-delà de 400°C parce que la
portlandite se décompose vers 450°C, les agrégats de sable vers 570°C et les feuillets de C-
S-H à 600°C [66, 69]. Dans ce cas, on a quatre décompositions en même temps, et ceci est
très compliqué pour séparer l’effet des granulats de GCR seul. Donc, il faut appliquer au
moins quatre cycles successifs de chauffage-refroidissement pour atteindre la
décomposition complète des GCR.

Dans le but d’estimer la sensibilité des composites cimentaires incorporant des


granulats en caoutchouc à l’effet des températures élevées, nous avons exposé tous les
mélanges étudiés (MT, MGCR3, MGCR6 et MGCR9) aux quatre cycles successifs de
chauffage-refroidissement à la température ambiante (20 ± 2°C) et aux températures des
paliers suivantes : 150, 200, 300 et 400°C.

Le four de l’essai, est électrique programmable de type (NABERTHERM). Son


pilotage est réalisé à l’aide d’un tableau programmeur (Figure II.6). Il est équipé d’un dispositif
de thermocouple permettant le montage et la lecture facile de la température dans un spécimen.
Les différents cycles sont programmés au début de chaque exposition. La montrée de
température est suivie directement sur le tableau de commande du four et sur l’écran du
thermocouple pour la température des spécimens.

Figure II.6. Four d’essai.

78
Thèse de GUELMINE Layachi

Les spécimens sont disposés dans le four de façon à ce que la chaleur se répartisse
d’une manière homogène. De plus, afin de suivre la montée en température des spécimens
par rapport à la montée de température du four, un thermocouple est placé dans les
spécimens durant leur coulage à une profondeur de 2 cm.
Le cycle de (chauffage-refroidissement) standard, réalisé sur les spécimens étudiés,
est constitué de trois phase : Une phase de montée en température de vitesse constante 5 ±
0.5 °C/min. Une phase de palier de stabilité de 1h ± 10 min à température constante, afin
d'homogénéiser la répartition de la chaleur à l'intérieur des spécimens. Le chauffage
électrique est déclenché automatiquement et les spécimens sont refroidis naturellement
dans le four. Les cycles de (chauffage - refroidissement) réalisés sont illustrés par la
Figure II.7.
En raison de la quantité considérable des spécimens et les dimensions limitées du
four, chaque cycle thermique d'expositions est réalisé en deux étapes : dans la première
étape les spécimens des mélanges MT et MGCR3 sont chauffés puis les autre mélanges
MGCR6 et MGCR9 dans la deuxième étape.

Figure II.7. Cycle de (chauffage-refroidissement) imposés aux spécimens.

II.4.2.L’essai de gel-dégel
L’influence des granulats de caoutchouc sur la durabilité du mortier de ciment aux
basses températures, est estimée par l’application des cycles de gel-dégel sur les
spécimens étudiés. Cet essai est réalisé, par un procédé similaire de la norme ASTM C666
[95], sur des spécimens prismatiques (4x4x16) cm3 de mortier de caoutchouc recyclés à
l’âge de 3 mois.

79
Thèse de GUELMINE Layachi

Le test de gel-dégel, est précédé d’une phase de pré-saturation des spécimens par
immersion totale pendant 8 jours, dans un bac d’eau potable de température 20 ± 2 °C,
afin d’obtenir la saturation totale des spécimens étudiés. Après cette phase de saturation,
les différents échantillons, ont été soumis à une séquence de gel de (12 ±1h), dans l’air de
congélateur, avec une vitesse de baisse en température de 2.5 ± 5 °C, puis un palier de
stabilisation de 6 ± 0.5h à la température constante (- 29 ± 1°C). L’essai se termine par
une phase de dégel dans l’eau de robinet (immersion dans un bac d’eau) pendant 6 ± 1 h
de température 20 ± 2°C (Figure II.8). Les spécimens étudiés sont soumis aux trois seuils
d’exposition qui sont les suivants : 80, 160 et 240 cycles, dans le but de suivre l’évolution
des propriétés physico-mécaniques des composites étudiés en fonction du nombre des
cycles de gel-dégel.

Figure II.8. Cycle standard de gel-dégel (24 h) appliqué sur les spécimens étudiés.

Le congélateur utilisé, est de volume 0.4 m3. Sa plage de température est de 0 à (-


30 °C) avec une vitesse de baisse en température de 2.5 ± 0.5 °C/min (Figure II.9). Avant
de commencer l’essai le congélateur a été étalonné par un Check-température de type
HANNA de fourchette de température (-50 à 150 °C). Le congélateur est mis en marche et
éteint avant et après chaque cycle d’exposition respectivement afin d’assurer l’uniformité
des cycles appliqués. Les spécimens sont alors disposés dans le congélateur
horizontalement et séparés pour assurer la régularité de l’exposition.

80
Thèse de GUELMINE Layachi

(a) Congélateur de l’essai (b) Bac de dégel


Figure II.9. Le congélateur de l’essai (a), le bac de dégel (bac d’immersion) (b).

L’écaillage de surface, est estimé par la perte en masse (masse de débris) pour trois
spécimens pour chaque exposition thermique. L’écaillage relatif, est calculé par la formule
de la perte en masse (Eq.II.1).

II.3.3. L’essai de sel fondant


L’essai consiste de voir l’influence des granulats de caoutchouc recyclés sur la
durabilité du mortier de ciment aux Sels fondants. On utilise le même procédé décrit pour
l’essai de gel-dégel. En remplaçant seulement la solution d’immersion d’eau potable par
une solution saline de NaCl dosé à 5%, pour la phase de pré -saturation et la phase de
dégel. Cette concentration est choisie sur la base des révisions approfondies des travaux de
recherches sur la thématique de la concentration maximale de NaCl qui provoque
l’écaillage maximale des matériaux similaires rapporté dans la littérature (entre 3 et 6%)
[51]. Tant que les sels fondants accélèrent la dégradation par écaillage des matériaux
cimentaires, alors que les seuils d’exposition les plus appropriés pour évaluer les propriétés
des composites endommagés sont suivants : 56 et 100 cycles.

II.5. Méthode de mesure des propriétés physico-mécaniques


II.5.1. Mesure des propriétés physiques

II.5.1.1.Perte en masse

Elle quantifie la perte en matière des spécimens étudiés génère par le gradient
thermique par rapport à leur masse initial. Celle-ci est estimée par une simple pesée des
trois spécimens pour chaque seuil d’exposition et pour chaque type de mortier élaboré

81
Thèse de GUELMINE Layachi

(MT, MGCR3, MGCR6 et MGCR9), en utilisant une balance de précision de 0.1g. La


perte en masse est exprimée en pourcentage et déterminée par la relation suivante :
𝐦𝒊 −𝒎𝒇
∆𝒎 = (𝐼𝐼. 1)
𝐦𝒊

Où : ∆𝑚 désigne la perte en masse en %, m𝑖 la masse initial de spécimen à la température


ambiante avant l’exposition thermique, 𝑚𝑓 la masse finale de spécimen à la température
ambiante après l’exposition à une gradient de température.

II.5.1.2.Vitesse ultrasonique

Le passage des ondes ultrasoniques à travers les matériaux cimentaires dépend


leurs propriétés notamment la densité, la porosité et l’état d’endommagement [96, 97].
Pour cette raison, cette technique est une méthode fiable pour quantifier l’endommagement
des matériaux cimentaires exposés à un gradient de température que ce soit aux hautes ou
aux basses températures.

Le principe est basé sur la mesure des variations de la vitesse ultrasonores et le


module d’élasticité dynamique par une auscultation ultrasonique avant et après l’exposition
des spécimens à un gradient de température (Figure II.10). Ces mesures, permettant de
détectent les variations produisent par à un gradient de température, dans la microstructure
ces composites étudiés. Avant de commencer l’essai, un étalonnage de l’appareil est
nécessaire pour la précision et la fiabilité des résultats. L’essai est réalisé sur des
spécimens de type 4x4x16 cm3 après d’expositions thermiques conformément à la norme
NF EN 18- 418 [94].

Figure II.10. Montage de l’appareil Ultrasonique.

La vitesse de l’onde traversant un solide élastique est donnée par l’expression suivante :

𝐸(1 − 𝜐)
𝐶=√ (𝐼𝐼. 2)
𝜌(1 + 𝜐)(1 − 2𝜐)

82
Thèse de GUELMINE Layachi

C : célérité de l’onde (m/s) ;

E : module d’élasticité dynamique (MPa) ;

ρ : masse volumique apparente (kg/m3) ;

ν : coefficient de Poisson dynamique.

Le module d’élasticité dynamique MED est calculé par la formule suivante :

(1 + 𝜐)(1 − 2𝜐)
𝐸= 𝜌 𝐶2 (𝐼𝐼. 3)
1−𝜐

Pour un coefficient de Poisson compris entre 0,2 et 0,3, on suppose que le rapport est égal

à 1, soit le module dynamique majoré :

E = ρ C2 (𝐼𝐼. 4)

II.5.1.3.Porosité ouverte

La porosité accessible à l’eau (ouverte) est mesurée par une technique similaire de
celle de la pesée hydrostatique recommandée par l’AFPC [98]. Trois spécimens de
4x4x16 cm3 sont utilisés pour chaque composite, et pour chaque température d’exposition.
Au début, les spécimens, sont séchés pendant 24°C, dans une étuve à 105°C, afin
d’expulser l’eau libre. Par la suite, ceux-ci sont émergés immédiatement dans un bac d’eau
potable. Au fil du temps, l’évolution des masses des spécimens, est suivie jusqu’à la
saturation complète, au bout de huit jours conformément à la norme citée ci-dessus. Les
essais réalisés à 4 jours, 8 jours et 16 jours, ont montré une diminution de la masse saturée
au bout de huit jours. Une fois que l’échantillon est saturé, une pesée à l’état saturée (après
que l’échantillon soit essuyé légèrement avec un linge pour enlever le surplus d’eau de la
surface).

La porosité ouverte est exprimée en pourcentage volumique est donnée par l’équation
suivante :
𝑚𝑠𝑎𝑡 − 𝑚𝑠𝑒𝑐
𝑃= 𝑖𝑚
. 𝜌𝑒 (𝐼𝐼. 5)
𝑚𝑠𝑎𝑡 − 𝑚𝑠𝑎𝑡

Où : 𝑚𝑠𝑎𝑡 est la masse de spécimen saturé séché en surface, 𝑚𝑠𝑒𝑐 est la masse de
𝑖𝑚
spécimen sec après étuvage, 𝑚𝑠𝑎𝑡 est la masse du spécimen saturé immergé et 𝜌𝑒 est la
masse volumique de l’eau.

83
Thèse de GUELMINE Layachi

II.5.1.4. Sorptivité

La sorptivité est une propriété intéressante qui caractérise la capacité d’absorption


d’humidité en phase liquide d’un matériau de construction en fonction du temps. Elle est
déduite par un essai d’imbibition capillaire et renseigne sur l’avidité d’un matériau à l’eau
liquide. L’essai d'imbibition capillaire est réalisé en mettant des spécimens de section
(4x4cm2) et de 16cm de longueur en contact avec une nappe d’eau liquide à une
profondeur d’environ 5mm. Les éprouvettes sont préalablement séchées à 105°C dans une
étuve jusqu'à masse constante. Leurs faces latérales sont imperméabilisées à l’aide d’un
ruban adhésif afin d’assurer un écoulement unidirectionnel. L’alimentation en eau liquide
étant assurée à l’aide d’un écoulement permanent de l’eau de robinet avec un très faible
débit. La Figure II.11 donne un schéma représentatif de l’essai d’imbibition capillaire pour
un écoulement unidirectionnel. Expérimentalement, la sportivité est déterminée
directement par une méthode gravimétrique (Figure II.11) en traçant l’évolution du volume
d’eau absorbé par l’échantillon par unité de surface absorbante en fonction de la racine
carrée du temps. La courbe d’évolution obtenue est généralement une droite dont la pente
exprime la sorptivité du matériau. La quantité d’eau absorbée est mesurée à des intervalles
de temps par pesée avec une balance d’une précision de 0.1g. Le volume d’eau étant déduit
connaissant la masse volumique de l’eau liquide (1g/cm3) [99, 100]. Le taux d’absorption
volumique par unité de surface i (m3/m2) à un instant t donné est déterminé par la formule
suivante :

M t   M 0
i  II .6
l . A

Où :  , est la masse volumique de l’eau liquide = 1g/cm3 ; M(t) la masse de l’éprouvette


l

à l’instant t et M(0) sa masse initiale ; A est la section de l’éprouvette en contact avec l’eau
(4x4cm2). L’allure de la courbe d’évolution i t 1 2  est composée de deux tronçons de
droite. Le premier tronçon de pente assez forte représente l’absorption des capillaires de
plus en plus fins, tandis que le deuxième tronçon de très faible pente représente le
remplissage graduel des capillaires de tailles plus faible. Cette partie peut s’établer sur une
durée assez longue jusqu’à la saturation complète des capillaires. Le coefficient de
sorptivité représente par définition la pente du premier tronçon. Celle-ci a été déterminée
par le lissage des points expérimentaux par une fonction linéaire de type :

𝑖 = 𝑆𝑤 √𝑡 + 𝑖0 (II. 7)

84
Thèse de GUELMINE Layachi

Où :

Sw (mm/h-0.5) est appelée sorptivité ; i0 : le taux d’absorption initial, caractérise le


remplissage rapide des pores ouverts en surface au moment du contact de l’échantillon
avec la nappe d’eau ; t est le temps en secondes.

z
Eprouvette (4x4x16cm3) 0

Face imperméabilisée

Niveau d'eau constant

Support
s

Figure II.11. Schéma de l’essai d’imbibition capillaire unidirectionnelle(a),


Montage expérimental de l'essai d'imbibition capillaire (b).

II.5.1.5. Retrait

Les variations dimensionnelles de retrait dépendent de plusieurs paramètres : la


qualité et le dosage en ciment, type des granulats et le mode de cure des spécimens [20].
Le but de cet essai est de voir l’effet des granulats en caoutchouc recyclés sur l’évolution
du retrait des mortiers étudiés. Pour chaque composite testé, nous avons mesuré les
variations dimensionnelles de trois spécimens de dimension 4x4x16 mm3. L’essai est
réalisé dans l’air de laboratoire (20 ± 2°C et 50 ± 5% HR). En mesurant la variation
dimensionnelle longitudinale juste après démoulage des spécimens, conformément à la
norme NFP 15-43 [94]. Celle-ci a été effectuée par un dispositif automatique
programmable, assisté par ordinateur, à l’aide de capteurs de types LVDT. Le schéma de
ce dispositif est illustré par la Figure/II.12. Durant les deux premières semaines de mesure,
nous avons programmé un relevé toutes les 4 heures, puis, une mesure chaque 24 heures,
jusqu’à l’âge de 28 jours. L’enregistrement des résultats est assuré par une centrale
d’acquisition. Avant de lancer les mesures, un étalonnage de l’appareil est requis. Le retrait
est exprimé par la relation, ci-dessous (II.8).

∆𝒍⁄ = |𝒍𝒇 − 𝒍𝒊| (𝑰𝑰. 𝟖)


𝒍𝒊 𝐥𝒊

lf : la langueur initiale ;

li : la longueur finale ;

85
Thèse de GUELMINE Layachi

l0 : La longueur initiale après 24heures de moulage.

Les mesures de retrait sont accompagnées du suivi de l’évolution de la masse de


chaque composite dans le temps mais avec des spécimens similaires. Les pesées ont été
réalisées à l'aide d'une balance de précision de 0.01 gramme.

Figure II.12. Dispositif de mesure de retrait assisté par ordinateur.

II.4.1.6. Conductivité thermique :

La conductivité thermique est l’un des paramètres thermo-physiques les plus


importants pour la description des propriétés de transport de chaleur des matériaux. Cette
propriété intrinsèque nous renseigne sur la qualité d’isolation d’un matériau de
construction. Le dispositif, utilisé pour la mesure de la conductivité thermique des
matériaux élaboré, est CT Mètre (Figure II.13). Cet appareil, aisément transportable, est
initialement utilisé dans le but de permettre l’évaluation, avec précision, de la conductivité
thermique des matériaux céramiques, tels que la brique, le mortier et le béton. Le CT Mètre
est constitué de deux éléments :
 L’organe de commande : chargé de générer la puissance de chauffe et d’interpréter
la courbe d’élévation de température, induite dans le matériau à tester ;
 La sonde : charger de transmettre la puissance de chauffe et de recueillir la
température induite. Les deux types de sondes proposés sont :
 La sonde anneau : destinée à s’insérer entre deux morceaux plans de
l’échantillon à section circulaire ;
 La sonde fil (ou mono-tige) : destinée à s’insérer entre deux morceaux plans
de l’échantillon à section rectangulaire.
Après l’étalonnage du CT Mètre, à l’aide d’autres matériaux dont leur conductivité

86
Thèse de GUELMINE Layachi

thermique est connue (le polystyrène par exemple), on règle le CT Mètre en lui intégrant
un temps de mesure de 120 secondes, dans le logiciel d’exploitation. On place la sonde fil
entre les deux morceaux plans de notre échantillon et on exécute la mesure tout en
attendant la stabilisation de la température. La mesure provoque un échauffement du
matériau et il faudrait donc respecter un temps de refroidissement entre deux mesures. Par
ailleurs, le CT Mètre donne, sur l’écran d’affichage, la valeur de la conductivité thermique
λ (W/m.K), avec une précision fixée par le fabriquant de (± 5%).

Figure II.13. Appareil de mesure de la conductivité thermique (CT Mètre).

II.5.1.7. Vue par microscope électronique à balayage (MEB)

Le MEB est une technique d’observation puissante donnant des images de haute
résolution permettant d’estimer les changements produit par les différents sollicitations
physico-mécaniques imposés sur la structure des matériaux de matrice cimentaire. Cette
technique apporte les informations et avantages suivants [101]:

 L’échantillon de l’essai est obtenu par le prélèvement d’un un petit morceau


cubique de quelques centimètres de volume.
 Reprise ultérieure de l’examen grâce à l’observation non destructive de la
méthode ;
 Observation du microrelief de l’échantillon à un grandissement de variable de 20 à
40000 avec un pouvoir de résolution latéral inférieur à une profondeur de champ
d’environ 1 mm pour un grandissement de 20000.
Certains électrons réagissent de façon quasi élastique avec les atomes de
l’échantillon et sont réémis dans une direction proche de leur direction d’origine avec une
faible perte d’énergie. Ces électrons, dits rétrodiffusés, ont une énergie relativement élevée

87
Thèse de GUELMINE Layachi

(jusqu’à 30 KV) et la résolution atteinte avec ces électrons est relativement faible (de
l’ordre du micromètre). Un atome bombardé, entre dans un état excité par l’éjection d’un
électron d’une couche profonde [102]. Les échantillons des MGCR sont préalablement
recouverts d’une fine couche d’or à l’aide d’un métaliseur Palaron SC502 de chez Fisons
instruments puis les faciès sont analysées par un MEB de type Leica S4301 (Figure II.14).

Figure II.14. Microscope électronique à balayage et porte échantillons.

II.5.2. Mesure des propriétés mécaniques

Les propriétés mécaniques étudiées sont : la résistance à la traction par flexion, le


module d’élasticité dynamique et la résistance à la compression. Les essais sont réalisés sur
des trois spécimens de type 4x4 x16 cm3, après chaque exposition thermique (aux hautes et
aux basses températures). Ces mesures permettent d’évaluer l’influence des granulats de
caoutchouc sur le comportement mécanique résiduel des mortiers étudiés portés à un
gradient de température.

II.5.2.1.Résistance en traction

L’essai de traction par flexion est généralement préféré par rapport à l’essai de
traction simple car ce dernier est plus aisé à réaliser avec un protocole expérimental plus
souple. Cet essai, permet d’estimer la résistance à la traction par l’essai de flexion trois
points sur des spécimens de mortiers de type 4x4x16 cm3. Le dispositif de mesure de la
résistance comporte deux appuis à section semi-cylindrique de 10 mm de diamètre, distant
de 100 mm sur lesquels repose l’éprouvette prismatique, un troisième appui de même
diamètre, équidistant des deux premiers permet de transmettre la charge de rupture 𝐹𝑓𝑚𝑎𝑥 .

88
Thèse de GUELMINE Layachi

La machine d’essai de flexion est une presse hydraulique de type CONTROLAB


(Figure II.15) permettant d’appliquer des charges jusqu’à 10 KN avec une vitesse de mise
en charge de (50 ± 10) N/s [94]. la lecture des résultats de l’essai (la force et la contrainte
maximale de rupture) est faite directement sur le tableau de commande de la machine. La
résistance à la traction est déterminée par la formule ci-dessous:

3 L 𝐹𝑡𝑚𝑎𝑥
𝑅𝑡 = (𝐼𝐼. 9)
2𝑏 3

Où :

𝐹𝑡𝑚𝑎𝑥 : Charge de rupture à la traction en [N] ;

b : largeur de l’éprouvette ;

L : distance entre les appuis en m.

(a) (b)
Figure II.15. La machine (a) et le dispositif (b) de l’essai de rupture par flexion trois
points.

II.5.2.2. Capacité de déformation

Dans le but d’investiguer l’influence de la présence des granulats en caoutchouc sur


la capacité maximale de déformation avant localisation de la macro-fissuration dénommée
“capacité de déformation”. On a réalisé l’essai de flexion trois points, sur d’autre machine
de flexion (Figure II.16), assistée par ordinateur et équipée par deux capteurs de
déplacement de type (LVDT) de course maximale de 2 mm qui permettent de mesurer la
flèche des spécimens. L’essai est asservi à cette flèche, à la vitesse de déplacement
imposée de 0,05 mm/min. La force et la flèche, sont enregistrées par un système
d’acquisition automatique.

89
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure II.16 Dispositif de mesure de la force portante et la flèche par l’essai


de flexion trois points.

II.5.2.3.Résistance en compression

La résistance à la compression, est évaluée, conformément à la norme EN 196-


1[94], sur des demi – spécimens, résultant de l’essai d’écrasement, par flexion trois points.
Chaque demi-spécimen issu de l’essai de rupture par flexion est soumis à l’essai de
compression sur ces faces latérales de moulage. La section visée est de 4x4 cm2,
l’échantillon est placé, entre deux plaque de métal dur, d’au moins 10 mm d’épaisseur et
de (40 ± 0.1) mm de largeur. Les plaques sont guidées sans frottement au cours de l’essai
de manière à avoir la même projection horizontale. Une autre plaque placée sur la surface
d’écrasement peut s’incliner légèrement pour permettre un contact parfait (Figure II.17).

En utilisant la même machine d’essai représente dans la Figure II.15. Elle permet
d’appliquer des charges jusqu’à 150 KN avec une vitesse de mise en charge de 2400N/s.
La machine est programmable et affiche la charge et la contrainte de rupture sur son écran.
La contrainte de compression est obtenue par la formule suivante :

F𝑐𝑚𝑎𝑥
𝑅𝑐 = (𝐼𝐼. 10)
S
Où : F𝑐𝑚𝑎𝑥 , 𝑅𝑐 désignent la charge maximale et la contrainte de rupture de compression
respectivement.

S : La section transversale du spécimen.

90
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure II.17. Dispositif de l’essai de compression simple unidirectionnelle.

II.6.Conclusion
La caractérisation des granulats utilisés permet de révéler les points suivants :

 Les propriétés physiques et chimiques des granulats nautrels de sable utilisé pour la
préparation des mortiers étudiés sont très propres.
 Le taux d’absorption d’eau des granulats de caoutchouc recyclés est très faible par
rapport celui des granulats de sable.
 Les granulats de couatchouc recyclés sont très sensibles à l’effet de température. En
effet, ils sont brulés presque complètement après leur exposition aux quatre cycles
de chauffage- refroidissement à 400°C.
 Le test conduit sur l’influence des granulats de caoutchouc recyclés sur la réaction
d’hydratation du ciment montre que ceux-ci sont inertes d’un point de vue
chimique. Néanmoins, ils retardent la réaction d’hydratation par l’absorption d’une
partie de la chaleur d’hydratation.

91
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre III

Résultats de la Caractérisation

Physique et Mécanique des

Mortiers de Caoutchouc

92
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre III : Résultats de la Caractérisation Physique et


Mécanique des Mortiers de Caoutchouc

III.1. Introduction
Ce chapitre porte sur l’étude de l’influence des granulats de caoutchouc recyclés
(GCR) sur le comportement du mortier à l’état frais (juste après le malaxage des mélanges)
et à l’état durci (après le durcissement des spécimens). Il s’agit d’examiner l’évolution des
propriétés physico-mécaniques, en fonction du taux de substitution du sable par les GCR,
afin d’optimiser leur formulation pour le maintien et/ou l’amélioration des performances
des mortiers étudiés. Dans cet objectif, quatre formulations ont été étudiées ; Il s’agit d’un
mortier de référence MT, élaboré sans GCR, et trois autres matériaux (MGCR3, MGCR6
et MGCR9), obtenus par substitution massique du sable par les granulats de caoutchouc, à
des taux massique de 3, 6 et 9%.
L’influence de l’ajout des GCR sur les propriétés du mortier, aussi bien à l’état frais
qu’à l’état durci, a été évaluée suivant une série de tests à la fois destructifs et non
destructifs, comparativement au mortier de référence. L’étude du comportement à l’état
frais concerne l’évaluation de la consistance, de la teneur en air occlus (entraînement
d’air). Quant au comportement à l’état durci, il s’agit d’évaluer les propriétés physiques
(densité apparente, vitesse ultrasonique, module d’élasticité dynamique, retrait, porosité
ouverte et sportivité) et mécaniques (résistance à la compression, à traction par flexion,
capacité de déformation et la fragilité).

III.2.Etude des propriétés fraîches


Dans cette étude, nous nous intéressons à la caractérisation des matériaux, à l’état frais,
suivant la mesure de la consistance et la teneur en air occlus en fonction du taux de GCR.

93
Thèse de GUELMINE Layachi

III.2.1. La consistance

La consistance d’un mélange est caractérisée sa viscosité, son degré de fluidité et sa


facilité de mise en place sur des supports (murs). Dans cette étude, la consistance des
mélanges préparés ont été mesurée par un maniabilimètre-B conformément aux procédés
expérimentaux décrits dans le chapitre II. Celle-ci est estimée par le temps d’étalement de
la pâte du mortier sous l’effet des vibrations générées par l’appareil de l’essai. Les valeurs
moyennes obtenues sont représentées par la figure III.1.
La Figure III.1 montre une diminution de l’étalement des matériaux, en fonction du
dosage des GCR. Le temps d’écoulement augmente en fonction de la quantité de GCR.
Celui-ci varie de 9 à 22 secondes, pour un dosage en GCR allant de 0 à 9%. Par ailleurs, ce
comportement est préjudiciable pour des dosages supérieurs à 9%, en raison des difficultés
engendrées lors de la mise en moules. L’augmentation de la quantité d’eau de gâchage,
n’est pas forcément une solution idéale, car celle-ci engendre, en général, une
augmentation de la porosité des matériaux, qui est un paramètre non-favorable au maintien
des résistances mécaniques. Ces résultats sont similaires à ceux obtenus par d’autres
auteurs [34, 36, 37]. Selon Garros [37], ce phénomène peut être expliqué par la forme
hétérogène et la texture rugueuse des granulats de caoutchouc, par rapport aux granulats
siliceux réguliers. En effet, la déviation de la forme sphérique entraîne, généralement, une
augmentation de la viscosité, et que dans le cas d’un BAP (Béton Auto-Plaçant), les
granulats sphériques ayant une texture non rugueuse nécessitent moins de ciment et moins
d’eau, pour obtenir un même étalement que toute autre forme de particules.

Figure III.1. Evolution du temps d’étalement en fonction du dosage en GCR.

94
Thèse de GUELMINE Layachi

III.2.2. Teneur en air entrainé

L’entraînement d’air est un paramètre important qui conditionne les propriétés de


durabilité des matériaux cimentaires. Celui-ci a été déterminé, pour les différents
matériaux, afin d’évaluer l’effet de l’ajoute des GCR sur la teneur en air entrainé.
Les résultats des mesures, de l’air entraîné, en fonction de la teneur en caoutchouc,
sont présentés dans la Figure III.2. Les résultats retenus représentent la moyenne de trois
mesures, on constate que la présence des GCR dans le mortier favorise l’entraînement
d’air. En effet, la teneur en air entraîné variée de 2 à 8 %, pour un dosage d’inclusion des
GCR jusqu’ à 9 % (Figure III.3). L’augmentation de l’entraînement d’air dans les pâtes
testées est due à la morphologie des GCR, qui présentent une texture rugueuse par rapport
aux granulats siliceux de forme régulière. Cette augmentation de la teneur en air entrainé
est fréquente dans la littérature [29, 32, 62]. Cette tendance est expliquée par la
granulométrie irrégulière des GCR et leur nature hydrophobe qui favorise la chasse des
bulles d’air. En effet, Naik [32] a constaté que durant le malaxage, les matériaux frais,
incorporant des GCR, présentent une capacité importante à piéger de l’air dans leur masse.

Figure III.2. Effet des GCR sur la teneur en air occlus.

95
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure III.3. Inspection des bulles d’air entrainé dans la microstructure de mortier de
caoutchouc MGCR9 par microscope MEB.

III. 3.Étude des propriétés durcies


III. 3.1.Propriétés physique

III.3.1.1. Masse volumique

La masse volumique apparente durcie des composites étudiés est illustrée par la
Figure III.4. Elle est diminuée progressivement en fonction du dosage en GCR en
comparaison avec celle du mortier témoin. Elle varie de 2112 kg/m3 à 1867 kg/m3, pour
un dosage d’inclusion des GCR allant jusqu’ à 9% ; ce qui correspond à une réduction de
l’ordre de 11.60 %. De plus, Cette réduction significative de la densité est due
essentiellement à la faible densité des GCR caoutchouc (450 Kg/m3) par rapport aux
granulats siliceux lourds (1600 Kg/m3) et l’évolution de la teneur en air entrainé. Nos
résultats sont en corrélation avec plusieurs investigations sur l’évolution de la densité des
bétons ou des mortiers de caoutchouc [16, 27, 30]. Cette propriété précieuse du caoutchouc
peut investir pour obtenir des bétons ou des mortiers légers pour les différentes
applications dans le domaine de Génie Civil.

96
Thèse de GUELMINE Layachi

2200

2111,98
2100
ρ ( kg / m3)

2000 1970,05

1911,46
1900 1867,19

1800

1700
0 3 6 9
Dosage en GCR (%)

Figure III.4. Evolution de la masse volumique apparente des mortiers étudiés en fonction
du dosage en GCR.

III.3.1.2. Retrait

Les mesures de retrait de séchage ont été réalisées, conformément au procédé


expérimental décrit dans le paragraphe II.4.1.4. Les résultats obtenus, sur une période de
28 jours, sont illustrés par la Figure III.5. Celle-ci met en évidence l'influence des GCR
sur le retrait des mortiers incorporant des GCR, en fonction du temps. On constate que
pour une teneur en caoutchouc de 3%, le retrait est similaire à celui obtenu avec le mortier
de référence (MR). On note une valeur du retrait de séchage d’environ 0,48 mm/m. Au-
delà de ce dosage en GCR, le retrait de séchage croit considérablement pour atteindre une
valeur proche de 0,8 mm/m. Cette tendance peut être expliquée par les conclusions de
Reichard [103] qui a montré l’existence d’une relation entre le retrait de séchage et le
module d'élasticité du béton, qui lui-même dépend de la rigidité du granulat employé. En
effet, au cours du retrait, la matrice cimentaire étant mise en traction, les granulats
s'opposent à la déformation de retrait en fonction de leur module de déformation en
compression. En outre, Neville [20] a conclu que l’utilisation des granulats légers
provoque, généralement, un retrait plus important, surtout lorsqu’ils ont un module
d’élasticité plus faible comme dans le cas des GCR. On note qu’en raison de leur faible
rigidité (granulats élastiques), ces derniers développent moins de résistance au retrait de la
matrice cimentaire.

97
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure III.5. Evolution du retrait des mortiers étudiés en fonction du temps pour les
différents dosages en GCR.

III.3.1.3. La vitesse d’impulsion ultrasonique

La Figure III.6, montre l’évolution de la vitesse d’impulsion ultrasonique VMU des


mortiers étudiés (MT, MGCR3, MGCR6 et MGC9) dépendant le dosage des GCR. Celle-
ci varie linéairement avec le dosage en GCR. En effet, on enregistre une chute de l’ordre
de (9.37% ; 17.18 % ; 26.56%) respectivement, par rapport au mortier témoin MT. La
chute de la vitesse de propagation des ondes ultrasoniques, dans les matériaux contenant
des GCR, peut être expliquée par la capacité des GCR à absorber ces ondes et qui se
comportent comme des vides dans la structure des matériaux cimentaires. De plus, ce
phénomène est accentué par la présence de bulles d’air dans la matrice, en effet, les ondes
doivent contourner ces bulles d’air pour se propager dans la pâte cimentaire, ce qui
augmente le temps de propagation de l’onde ultrasonore et réduit ainsi sa vitesse de
propagation. Cette potentialité élevée d’absorption des chocs mécaniques des GCR peut
être investie pour améliorer le confort acoustique des bâtiments.
Par ailleurs, des nombreux travaux de recherches sur les bétons de caoutchouc dans
la littérature sont en corrélation avec nos résultats parmi lesquels [38, 29, 36]. La pratique
de valorisation des GCR dans le domaine de la construction permet d’offrir une autre
source renouvelable des granulats de construction de hautes qualités environnementale.

98
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure III. 6. Evolution de la vitesse d’impulsion ultrasonique en fonction du dosage en


GCR des mortiers étudiés à l’âge de 28 jours.

III.3.1.4. Conductivité thermique

La Figure III.7 illustre la variation de la conductivité thermique des matériaux


élaborés, à l’âge d’une année. On constate une diminution de la conductivité thermique en
fonction du dosage en GCR. Pour une teneur en caoutchouc de 9%, elle varie de 2,98
W/m.K, pour le mortier témoin, à 1,83 W/m.K ; Soit un gain de performances thermiques
d’environ 38,5%. Ce comportement est lié d’une part à la faible conductivité thermique des
granulats de caoutchouc, et d’autre part, à l’augmentation des bulles d’air dans la matrice
en fonction de la teneur en GCR. Ces résultats sont en accords avec ceux obtenus par
certains auteurs [35, 40]. Ces derniers ont montré que la conductivité thermique des bétons
de caoutchouc est nettement inférieure à celle des bétons traditionnels. On note ainsi le rôle
important que peuvent jouer les GCR, dans l’amélioration des performances thermiques
des matériaux de construction, notamment dans la réduction de la consommation
énergétique des bâtiments.

Figure III.7. Variation de la conductivité thermique en fonction du dosage en GCR des


mortiers étudiés.

99
Thèse de GUELMINE Layachi

III.3.1.5. Porosité ouverte

La porosité ouverte, ou accessible à l’eau, des mortiers étudiés (MR, MGCR3,


MGCR6 et MGCR9), a été évaluée en fonction du taux de GCR, par pesée hydrostatique, à
l’âge de 6 mois. La Figure III.8 montre une variation linéaire de la porosité en fonction du
dosage en GCR. On constate que l’inclusion de GCR augmente la porosité ouverte des
mortiers de ciment, en fonction du dosage en GCR, de façon progressive. Pour un dosage
de 9%, en GCR, la porosité ouverte varie de 7,1%, pour le mortier de référence, à 8,8%. ;
Soit une augmentation de l’ordre de 19%. L’augmentation de la porosité ouverte serait liée
aux défauts d’adhérence des granulats de caoutchouc à la matrice, en raison de leur nature
élastique qui diffère de celle des granulats de sable en termes de rigidité.

10

Points expérimentaux

9 P = 0,18 GCR + 7,19


R² = 0,972
Porosité (%)

8,8
8
8,2
7,9
7
7,1

6
0 3 6 9
Dosage en GCR (%)

Figure III.8. Evolution de la porosité ouverte des mortiers étudiés


en fonction du dosage en GCR.

Des observations au MEB, de la microstructure du matériau MGCR9, ont mis en


évidence une augmentation de la porosité, suite à l’ajout des GCR (Figure III.9). On note
que l’ajout de particules de caoutchouc provoque une porosité supplémentaire importante
notamment à l’interface GCR/Liant, liée aux défauts d’adhérence.

100
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure III.9. Observations au MEB de la microstructure des matériaux et mise en évidence


de la porosité accessible.

III.3.1.7. Sorptivité

L’évolution des taux d’absorption d’eau, par unité de surface, a été suivi jusqu’à la
stabilité de la masse de l’échantillon. Les courbes d’évolution de l’absorption capillaire en
fonction de la racine carrée du temps des différents mortiers sont représentées dans la
Figure III.10 avec un exemple de détermination du coefficient de sorptivité pour la
composite MGCR9.
(a) (b)

Figure III.10 : Evolution du taux d’absorption d’eau en fonction de la racine carrée du temps (a)
avec un exemple de détermination de la sportivité pour la composite MGCR9 (b).

101
Thèse de GUELMINE Layachi

Le coefficient de sorptivité représente, par définition, la pente du premier tronçon


du graphe. Celle-ci a été déterminée à partir du lissage des points expérimentaux de la
fonction linéaire, dont la procédure est décrite dans le paragraphe II.5.1.4.

Les valeurs des sorptivités des matériaux étudiés, pour les différents dosages en
GCR, sont représentées par la Figure III.11. On remarque que la substitution granulats
siliceux par des particules de caoutchouc provoque une diminution importante de la
capacité d’absorption d’eau par capillarité des matériaux. Pour un dosage de 9% en GCR,
la sorptivité varie de 1,84 à 0,96 mm/h0.5; Soit une réduction de l’ordre de 48%. Ce
comportement des mortiers de caoutchouc, par rapport au mortier témoin est dû à
l’étanchéité des granulats de caoutchouc qui ont un coefficient d’absorption d’eau plus
faible que les granulats de sable. Cette précieuse propriété des GCR, est très importante en
raison de son rôle dans les phénomènes d’échanges avec le milieu extérieur, elle influe
fortement la durabilité des composites cimentaires. Ce résultat signifie que la résistance
des mortiers de caoutchouc aux différents agents agressifs s’améliore, comparativement au
mortier témoin. Les résultats des travaux récents, réalisés par plusieurs auteurs [35, 30],
ont monté l’effet bénéfique de l’ajout des GCR sur la capacité d’absorption d’eau des
matériaux cimentaires. Donc, l’inclusion des granulats de caoutchouc dans les matériaux
cimentaires peut être améliorée leur durabilité aux attaques physico-chimiques.

Figure III.11. Variation de la sorptivité en fonction du dosage en GCR

des mortiers étudiés.

102
Thèse de GUELMINE Layachi

III.3.2. Propriétés mécaniques

III.3.2.1. Résistance en compression

L’évolution de la résistance en compression du mortier de ciment, en fonction du


dosage en granulats de caoutchouc recyclés GCR, à l’âge de 28 jours, est illustrée par la
Figure III.12. Celle-ci montre clairement que l’ajout de GCR provoque une de la résistance
en compression. Pour un dosage allant de 0 à 9%, on note une variation de la résistance à la
compression de 46 MPa, pour le mortier témoin, à 23 MPa ; Soit une réduction de l’ordre
de 48%.
La perte de performances mécaniques des matériaux serait liée principalement à la
faible adhérence des particules de caoutchouc à la matrice cimentaire (Figure III.13). En
effet, le report de contraintes se produisant essentiellement à l’interface GCR/matrice, lors
du chargement, la faible rigidité des particules de caoutchouc, caractérisée par un faible
module d’élasticité (environ 68 MPa pour le caoutchouc et 25 GPa pour la pâte de ciment),
favorise la rupture du matériau. Cette baisse des résistances mécaniques serait également
liée à l’augmentation de la porosité, en raison de l’entraînement d’air, qui varie en fonction
du taux de substitution. Ces résultats sont en accords avec ceux obtenus par certains
auteurs, concernant les bétons et/ou mortiers à base de particules de caoutchouc [32, 29,
31].

Figure III.12. Résistance en compression des mortiers étudiés en fonction du dosage en


GCR à l’âge de 28 jours.
Les défauts d’adhérence, entre les GCR et la matrice, ont été mis en évidence à
travers des observations au Microscope Electronique à Balayage (MEB). En effet, la
Figure III.13, qui illustre l’état de la microstructure du mortier de référence, comparée à

103
Thèse de GUELMINE Layachi

celle du matériau MGCR9, montre clairement que l’ajout de particules de caoutchouc


provoque une porosité supplémentaire importante à l’interface GCR/Liant en raison de
défauts d’adhérence.

Figure III.13. Observations au MEB de la microstructure de mortier témoin (à gauche) et


le mortier de caoutchouc (à droite) MGRC9 et mise en évidence de la zone d’interface.

III.3.2.2. Résistance en traction

La figure III.14, montre la variation de la résistance à la traction par flexion des


mortiers étudiés, en fonction du dosage en GCR à l’âge de 28 jours. Elle diminue
progressivement inversement proportionnelle au dosage en GCR, une tendance
logiquement attendue compte tenu des résultats précédemment présentés sur la résistance
en compression. En effet, l’inclusion de (3%, 6% et 9%) de GCR, dans le mortier de
ciment, entraine une chute de sa résistance à la traction de l’ordre de (11%, 25% et 29%)
respectivement, par rapport au mortier témoin. On note que la perte de performances
mécaniques en traction est moins importante que celle en compression. Ce comportement
serait lié d’une part à la faible adhérence des GCR à la matrice (figure III.13), et d’autre
part, à la nature élastique du caoutchouc, qui favoriserait la déformabilité du matériau lors
d’une sollicitation en flexion. Ainsi, on note que la perte de résistance en traction n’est pas
régulière. Pour un dosage en GCR supérieur à 6%, la baisse de la résistance est
négligeable. Garros [37] a noté que la faiblesse de la zone de l’interface GCR-Ciment est
en grande partie responsable de la mauvaise résistance en traction du béton incorporant des
granulats en caoutchouc.

104
Thèse de GUELMINE Layachi

2,5

Rt (MPa)
1,5

0,5

0
0 3 6 9
Dosage en GCR (%)

Figure III.14. Résistance à la traction par flexion des mortiers étudiés à l’âge 28 jours.

III.3.2.3. Module d’élasticité dynamique MED

La variation du module d’élasticité dynamique, des mortiers étudiés, en fonction du


dosage en GCR, est illustrée par la Figure III.15. Celle-ci montre clairement que l’ajout de
GCR induit une baisse du module d’élasticité dynamique. Pour un dosage de 9%, celui-ci
varie de 30.7 GPa à 19,9 GPa ; Soit une baisse de l’ordre de 35%. Cette diminution est due
à la nature du caoutchouc qui absorbe les ondes ultrasonores. Le phénomène est accentué
par la présence de bulles d’air dans la matrice. Les ondes doivent contourner ces bulles
d’air pour se propager dans la pâte de ciment. Ce qui augmente le temps de propagation de
l’onde ultrasonore et réduit ainsi sa vitesse de propagation. Ces résultats mettent ainsi en
évidence les capacités d’atténuation des ondes ultrasonores ainsi que l’amortissement des
vibrations des matériaux à base de GCR. Par ailleurs, de nombreux travaux de recherches
sur les mortiers et/ou bétons ont montré des résultats similaires [36, 38]. D’après les
auteurs, cette tendance est liée à la nature élastique des GCR qui présentent une grande
déformabilité, comparativement aux granulats naturels siliceux. Cette particularité confère
aux matériaux une faible rigidité, avec un potentiel important d’absorption de chocs
physico-mécaniques. De plus, cette étude révèle une large opportunité pour valoriser les
GCR dans le domaine des matériaux cimentaires pour donner une valeur ajouté à nos
déchets abandonnés.

105
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure III.15. Module d’élasticité dynamique du mortier de ciment en fonction du dosage


de GCR.

III.3.2.4.Capacité de déformation

La Figure III.16 représente les courbes Force-Flèche des mortiers étudiés, obtenus
par l’essai de flexion trois points, à l’âge de 90 jours. On constate une augmentation de la
capacité de déformation, des mortiers de caoutchouc, de l’ordre 14% pour un taux
d’inclusion de GCR de 9%, par rapport au mortier témoin avant la localisation des
microfissurations. Cette propriété précieuse montre que l’incorporation des GRC est
diminuée la fragilité et augmente la ductilité de mortier de ciment de façon significatif.

2000

1600
Force (N)

1200 MGCR6
800 MGCR3
MGCR9
400
MT
0
0,00 0,03 0,06 0,09 0,12 0,15 0,18 0,21 0,24
Flèche ( mm)

Figure III.16. Influence du dosage en GCR sur la courbe Force-Flèche en flexion trois
points des mortiers étudiés.

106
Thèse de GUELMINE Layachi

Tableau III.1. Force portante et la flèche des mortiers étudiés.

Type de mortier MT MGCR3 MGCR6 MGCR9

Fmax( KN) 1.550 1.530 1.506 1.468

ΔFmax (mm) 0.204 0.207 0.215 0.237

III.4. Conclusion
Dans ce travail de recherche, nous avons étudié les propriétés aux états frais et
durcis des mortiers de caoutchouc, obtenus par substitution partielle massique du sable
siliceux, par les GCR. Le taux de substitution a été varié de 0% (Mortier témoin) à 9%. Les
résultats obtenus ont montré que :
 L’inclusion des GCR dans le mortier de ciment, produit une chute significative de
sa consistance, ce comportement des mortiers de caoutchouc est dû à la forme
rigoureuse des granulats de caoutchouc. Pour cette raison, nous avons limité le
dosage des GCR à 9 %, dans le but d’assurer une maniabilité suffisante et un
coulage facile de nos composites.
 Les résultats de notre étude ont montré que l’ajoute de 9% de GCR, provoque un
allégement du matériau de l’ordre de 11,60%. Cette réduction de la masse
volumique est essentiellement due à la faible densité des GCR (450 Kg/m3),
comparativement aux granulats de sable siliceux (1600 Kg/m3). On note que
l’augmentation de l’entraînement d’air, dans la matrice, contribue à réduire la
masse volumique des matériaux à base de GCR. Cette propriété est importante dans
le cas des structures légères en bétons, pour des applications spécifiques dans le
domaine de la construction.
 Les résultats des mesures de l’air entraîné ont montré que l’incorporation de GCR,
dans le mortier de ciment, augmente la teneur en air-occlus de 2 à 8 %, pour un
taux d’inclusion de GCR allant de 0 à 9 %. Cette variation est due à la morphologie
des GCR qui présentent une texture rugueuse, par rapport aux granulats siliceux. La
nature non-polaire ainsi que le caractère hydrophobe des GCR, sont des propriétés
qui favoriseraient l’entraînement des bulles d’air dans le matériau frais. Cette

107
Thèse de GUELMINE Layachi

propriété précieuse peut être améliorée la durabilité des matériaux cimentaires au


gél-dégel.
 Concernant la vitesse d’impulsion ultrasonique, elle chute inversement
proportionnelle au dosage en GRC, cette potentialité élevée d’absorption des chocs
mécaniques des mortiers de caoutchouc, peut exploiter pour réaliser des murs anti-
bruit, près des autoroutes, afin de diminuer les nuisances sonneurs.
 Nous avons trouvé que la conductivité thermique, du mortier incorporant les
granulats de caoutchouc est diminuée de l’ordre 62.84 % pour un taux de GCR de
9%. Cette propriété précieuse des GCR peut améliorer l’isolation thermique des
locaux enveloppent par un couche de mortier, cette pratique permet de diminuer
le bilan énergétique des bâtiments.
 Les résultats de la capacité d’absorption d’eau par capillarité, montre que la
incorporation de 9% des GCR entraine une chute de 48% de la sorptivité des
mortiers de caoutchouc comparativement au mortier témoin, Ceci révèle que les
mortiers de caoutchouc sont plus étanches que le mortier de ciment. Cette propriété
innovante, des GCR est très importante parce que le transfert d’humidité, en phase
liquide, est la cause principale de nombreux désordres (gonflement, retrait,
fissuration, pollution, carbonatation, lessivage, gel/ dégel, …), qui entraînent un
vieillissement et une dégradation des matériaux cimentaires. Donc, l’ajoute des
granulats de caoutchouc aux matériaux cimentaires peut améliorer leur durabilité
aux agents agressifs.
 Les résultats de cette étude, montrent que l’incorporation des GCR dans le mortier
de ciment, est préjudiciable vis-à-vis, les résistances à la compression et à la
traction. Cet effet négatif des GCR, est dû à la faible adhérence entre caoutchouc-
ciment. Pour cette raison, nous avons limité le dosage en GCR dans les mortiers
étudiés à 9 %, afin de maintenir leur résistance caractéristique à la compression
supérieur à 20 MPa.
 Nos résultats, montrent que les mortiers incorporant des GCR, ont des capacités de
déformation plus élevées que le mortier témoin. Ce comportement important, peut
diminuer la fragilité et la sensibilité des matériaux cimentaires à la fissuration.
Par ailleurs, les résultats de notre étude, ont bien montrés, l’importance de la
pratique de valorisation des GCR, dans le domaine de la construction. Elle permet non
seulement d’améliorer quelques propriétés de mortier de ciment mais aussi offrit une
méthode d’élimination propre des déchets des pneus usagés de zéro effet sur la nature
et l’environnement.

108
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre IV

Résultats de la Durabilité des

Mortiers de caoutchouc aux

Basses Températures

109
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre IV : Résultats de la Durabilité des Mortiers de


Caoutchouc aux Basses Températures

IV.1. Introduction
Les granulats de caoutchouc recyclés sont utilisés dans les matériaux cimentaires
pour diminuer leur sensibilité à la fissuration. Mais, à long terme peuvent-ils améliorer leur
durabilité au gel-dégel avec et sans les sels fondants? Le but du présent chapitre consiste à
examiner l’influence des GCR sur la durabilité du mortier de ciment aux basses
températures. L’étude de la durabilité des mortiers de caoutchouc aux basses températures
consiste à exposer les mortiers étudiés aux différents cycles de gel-dégel avec et sans les
sels fondants. Quatre types de mortiers sont confectionnés : un mortier témoin préparés
avec les granulats de sable et trois autres mortiers de caoutchouc (MGCR3%, MGCR6% et
MGCR9%) conformément au procédé décrit au chapitre II. Après l’exposition des
spécimens aux différents cycles de gel- dégel avec et sans les sels fondants (NaCl), leurs
propriétés physico-mécaniques, sont évaluées puis analysées.

IV.2. Durabilité des mortiers de caoutchouc au Gel-Dégel


Lorsque l’eau commence à geler dans un pore capillaire, son volume augmente de
9%, de sorte que l’eau en excès est expulsée. La vitesse de refroidissement détermine la
quantité d’eau poussée à l’extérieur du pore sous l’effet de l’expansion de la glace. Il
s’établit des pressions hydrostatiques qui sont fonction de la résistance à l’écoulement.
Lorsque ces pressions surpassent la résistance de la traction de la pâte, elles fissurent cette
dernière.
Les différents mortiers étudiés sont exposés aux cycles de gel-dégel de 24 h, à l’âge
de trois mois pour les seuils d’exposition suivants : 0, 80, 160 et 240 cycles, conformément
au procédé expérimental décrit dans le chapitre II. Trois spécimens pour chaque composite
sont exposés aux séries de gel-dégel citées ci-dessus. Les résultats des propriétés physico-
110
Thèse de GUELMINE Layachi

mécaniques des composites étudiés : l’écaillage, la vitesse ultrasonique, la résistance en


compression, sont évaluées pour les différents expositions.

IV.2.1. Examen visuel

La Figure IV.1 illustre l’aspect visuel des spécimens de mortiers étudiés après leur
exposition aux cycles de gel -dégel suivants : 80, 160 et 240 cycles. Les vues sont prises à
la fin de l’essai par une camera digitale de résolution (1280 x 960) pixels.

L’examen visuel des spécimens aux différents seuils d’exposition montrent les points
suivants :

 L’exposition à 80 cycles
Les spécimens exposés aux 80 cycles de gel-dégel ne révèlent aucun signe
d’écaillage pour les mortiers incorporant des granulats de caoutchouc. La seule exception
est pour le composite témoin MT qui présente des écailles fines, isolées et aléatoirement
distribuées sur ses faces. Par ailleurs, les écailles sont localisées notamment dans les points
faibles des spécimens contenant des défauts de coulage.
 L’exposition à 160 cycles
On observe que les écailles augmentent en nombre et en tailles pour le composite témoin,
néanmoins le mortier MGCR3 contient des petites écailles, contrairement aux autres
composites qui sont encore sains.
 L’exposition à 240 cycles
On constate que l’écaillage dévaste presque la totalité des spécimens du mortier
témoin, la surface écaillée s’élargit de plus en plus pour le composite MGCR3. D’autre
part, les composites MGCR6 et MGCR9 présentent des légères dégradations où les
granulats de caoutchouc deviennent visibles mais les faces exposées restent presque saines,
par conséquent, les granulats de caoutchouc freinent la progression de l’écaillage de
surface et se comportent comme un ferraillage finement distribué sur les faces des
spécimens.
Dans la littérature, de nombreuses études [40, 41, 42], sont confirmés des
d’endommagement similaires à celles trouvés dans cette étude pour les matériaux
cimentaires exposés au gel interne, en effet, Pigeon & al [40, 41], ont noté dans ces
travaux que la fissuration interne engendre d’abord des fissures à la surface et au
voisinage des arêtes des éléments de béton affectés. Les arêtes se désagrègent et

111
Thèse de GUELMINE Layachi

s’arrondissent graduellement. La fissuration interne se manifeste en suite par une intense


dégradation de toutes les surfaces exposées. La profondeur de dégradation peut atteindre
plusieurs millimètres. Les gros granulats sont facilement déchaussés. Le béton sévèrement
attaqué perd toute sa cohésion et s’érode rapidement en libérant des fragments de pâte et
tout son squelette granulaire.
cycles

MT MGCR3 MGCR6 MGCR9


80
160
240

Figure IV.1. L’aspect visuel des spécimens exposés aux différents cycles de gel-dégel.

IV.2.2. Ecaillage
Les valeurs moyennes de l’écaillage de surface dû au gel-dégel pour les différents
cycles d’exposition sont récapitulées et présentées dans le Tableau IV.1 et la Figure IV.2
respectivement. Le taux d’écaillage exprimé en pourcentage est calculé par la formule de la
perte en masse (EQ.II.1).

112
Thèse de GUELMINE Layachi

Tableau IV.1. Ecaillage de surface des mortiers étudiés exposés au gel-dégel.

Type de Ecaillage de surface en (g), en (%) et l’écart type


mortier 80 cycles 160 cycles 240 cycles
MT 11.77 2.22 1.50 16.27 2.70 3.09 21.96 4.22 2.5
MGCR3 0.93 0.18 0.18 3.67 3.67 0.72 8.8 1.75 1.20
MGCR6 0.33 0.07 0.08 2.97 2.97 0.60 6.07 1.23 0.60
MGCR9 0.13 0.03 0.05 2.60 2.60 0.54 5.17 1.08 0.40

Figure IV.2. Influence du dosage en GCR sur d’écaillage de surface des mortiers étudiés
pour les différents cycles de gel-dégel.

La Figure IV.2 représente l’écaillage de surface des spécimens étudiés en fonction


du dosage en GCR après leurs expositions aux différents cycles de gel-dégel. Nos résultats
montrent que l’écaillage de surface des mortiers de caoutchouc est très faible par rapport
au mortier témoin. En effet, on note des chutes de l’ordre de (98.97, 82.52, 74.41%) pour
les expositions (80, 160 et 240 cycles) respectivement. En outre, la distribution de la
dégradation sur les faces des spécimens est non uniforme, elle commence dans les points
faibles ou autours les défauts de coulage. Ce comportement confirme l’effet bénéfique de
l’inclusion des GCR sur la résistance du mortier de ciment au gel-dégel. Ce résultat
innovant, est dû à la teneur en air entrainé qui a été produite les GCR dans la masse des
composites étudiés (3.5 à 8%), les bulles d’air entrainé offrent des vases d’expansion
permettant à la phase liquide en mouvement de s’y accumuler ou d’y geler sans créer des
endommagements. Par ailleurs, de nombreuses recherches ont indiqué que le taux d’air

113
Thèse de GUELMINE Layachi

entrainé entre 5% à 6% (génère par l’adjuvant entraineur d’air) provoque une forte
amélioration de la résistance au gel-dégel du béton [52, 105].
Des études récentes [103, 61], ont montré l’effet positif des GCR sur la durabilité
des bétons au gel-dégel. En effet, Richardson [60, 61] a étudié la durabilité au gel-dégel
des bétons incorporant les granulats de caoutchouc recyclés jusqu’à 1.5 %. Ces résultats
ont montré que l’écaillage des bétons de caoutchouc est très faible par rapport au béton de
référence. Cette propriété des GCR, semble intéressante pour les matériaux cimentaires
fabriqués dans les régions montagneuses où les températures sont très basses pendant
l’hiver. Donc cette tendance bénéfique des GCR peut contribuer à la lutte contre le
vieillissement des matériaux cimentaires en ambiance hivernale rigoureuse.

IV.2.3. Vitesse ultrasonique

L’exposition des mortiers aux cycles de gel-dégel génère des endommagements


internes (des fissures) et externes (l’écaillage) des spécimens testés. L’endommagement
des composites étudiés est évaluée dans cette section par la variation de la vitesse
ultrasonique. Les vitesses ultrasoniques des mortiers étudiés sont déterminées
conformément au procédé expérimental décrit au paragraphe II.5.1.2. Les spécimens testés
sont séchés dans l’étuve à 60°C pendant 24 heures, pour éliminer le surplus l’eau contenue
dans la porosité capillaire qui peut affectée nos résultats. L’âge des spécimens au jour
d’essai est environ 330 jours à compter du jour de coulage des spécimens. Les mesures
sont effectuées sur trois échantillons pour chaque composites et à chaque seuil
d’exposition. Les résultats moyennes de la vitesse ultrasonique sont résumés et représentés
dans le Tableau IV.2 et la Figure IV.3 respectivement.

Figure IV.3. Variation de la vitesse ultrasonique relative des mortiers étudiés en fonction
du dosage en GCR pour les différents cycles de gel-dégel.

114
Thèse de GUELMINE Layachi

Tableau IV.2. Vitesse ultrasonique résiduelle et relative des mortiers étudiés


exposé au gel-dégel.

Type de vitesse ultrasonique résiduelle (m/s) et relative (%)


mortier 0 cycles 80 cycles 160 cycles 240 cycles
MT 4340 0 4110 94.70 3700 85.25 3110 71.66
MGCR3 3970 0 3805 95.84 3670 92.44 3600 88.41
MGCR6 3808.5 0 3715 97.54 3580 94.00 3470 90.59
MGCR9 3605 0 3490 96.81 3340 95.42 3320 92.59

D’après la figure IV.3 qui présente l’évolution de la vitesse ultrasonique des


composites étudiés pour les différents cycles de gel-dégel en fonction du dosage en GCR,
on constate que l’exposition des mortiers de caoutchouc au gel-dégel entraine des chutes
de leur vitesse ultrasonique inversement proportionnelles au dosage des GCR. En effet,
celles-ci sont significatives et convergentes (3.31 ± 0.85 ; 6.07 ± 1.49 ; 9.75 % ± 1.84 %)
pour les expositions (80, 160 et 240 cycles) respectivement. Par contre, le composite
témoin présente une perte modérée de 5.30 % pour l’exposition à 80 cycles et des pertes
très élevées (14.75, 28.34 %) pour les expositions à 160 et 240 cycles respectivement. La
dégradation due au gel se manifeste par une intense microfissuration de la pâte de ciment,
la présence des GCR dans la masse de mortier atténue la microfissuration et conduit à cette
augmentation de la résistance au gel interne des mortiers de caoutchouc comparativement
au mortier témoin.

Dans ces travaux de recherches Richardson [60], a justifié la même tendance par le
fait que l’incorporation des granulats de caoutchouc a augmenté le volume d’air entrainé
dans la masse de béton de caoutchouc par rapport au béton de référence. Ce comportement
exceptionnel des mortiers de caoutchouc représente une grande découverte permettant
d’améliorer fortement la résistance au gel-dégel des matériaux cimentaires.

En outre, dans une étude récente Kardos & al [62] ont rapporté que l’inclusion des
GCR avec un taux de 10% donne un meilleur facteur de durabilité au gel-dégel des bétons
exposés aux 324 cycles, où le facteur de durabilité a été calculé au moyen des pertes
relatives de module d’élasticité dynamique. Cet effet positif des GCR sur la durabilité du
mortier de ciment au gel/dégel donne une valeur ajoutée élevée aux déchets de caoutchouc
qui encourage les acteurs de la construction pour créer des unités de recyclages de ce type
des déchets.

115
Thèse de GUELMINE Layachi

IV.2.4. Résistance à la compression

L’évolution de la résistance résiduelle en compression et relatives des mortiers étudiés en


fonction du dosage en GCR pour des différents cycles d’exposition aux gel-dégel sont
regroupées dans le Tableau IV.3.

Tableau IV.3. Résistance résiduelle et relative en compression des mortiers testés exposés
au gel-dégel.
Type de Résistance résiduel (GPa) et relative (%) à la compression
mortier 0 80 cycles 160 cycles 240 cycles
MT 54.79 0 47.44 86.59 39.35 71.82 28.48 51.98
MGCR3 46.84 0 42.48 90.69 36.90 78.80 30.87 65.91
MGCR6 35.61 0 32.87 92.29 30.16 84.68 28.25 79.33
MGCR9 30.52 0 29.0 94.97 27.35 89.62 26.20 85.85

Les figures IV.4a et IV.4b montrent l’évolution de la résistance résiduelle et


relative en compression en fonction de cycle de gel-dégel respectivement. Comme pour la
vitesse ultrasonique et le module d’élasticité, la résistance en compression des mortiers de
caoutchouc diminue avec le nombre des cycles de gel. De plus, les pertes de résistance sont
inversement proportionnelles au dosage des GCR.

(a)

(b)

Figure IV.4. Evolution de la résistance résiduelle (a) et relative (b) à la compression en


fonction du dosage en GCR pour les différentes expositions au gel-dégel.

116
Thèse de GUELMINE Layachi

Les mortiers de caoutchouc exposés aux 80 cycles (MGCR3, MGCR6, MGCR9)


donnent des pertes relatives de la résistance à la compression significative, convergente et
variées dans une fourchette étroite (9.26 ± 4.19) % par rapport au mortier témoin.
L’incorporation des granulats de caoutchouc produit une faible amélioration de la
résistance au Gel du mortier de ciment. Par ailleurs, pour les expositions à 160 cycles et à
240 cycles, les pertes relatives de la résistance en compression des mortiers de caoutchouc
(19.28 ± 8.9, 31.09 ±16.93) % sont importantes et divergentes par rapport au mortier
témoin respectivement. Les fortes pertes en compression du mortier témoin sont dues à
dissolution de la portlandite et les sulfoaluminates recristallisant dans les vides emplis
d’air. A un stade très avancé, l’attaque par les cycles de gel-dégel engendre la dissolution
de la portlandite, la croissance d’hydrates secondaires et l’augmentation de la porosité
capillaire, ce que contribue à affaiblir énormément la cohésion du matériau [44].
Par ailleurs, les faibles pertes en compression des mortiers de caoutchouc montrent
clairement que les GCR atténuent fortement leurs microfissurations dus au gel-dégel
comparativement au mortier témoin. Donc, la résistance au gel-dégel de mortier de ciment
est fortement améliorée par l’incorporation des granulats de caoutchouc.
En outre, une étude récente menée par Richardson [60] a montré que les bétons de
caoutchouc exposés aux 56 cycles de gel-dégel ont une faible perte de la résistance en
compression comparativement au béton de référence sans granulats de caoutchouc. Sans
doute que cette propriété bénéfique des GCR améliore fortement la durabilité des
matériaux cimentaires en ambiance hivernale rigoureuse.

IV.3. Durabilité des mortiers de caoutchouc aux sels fondants


Dans le but d’évaluer l’influence des granulats de caoutchouc sur la durabilité du
mortier de ciment aux sels fondants. Nous avons exposé les mortiers étudiés (MT,
MGC3, MGC6 et MGC9) aux séries de cycles de gel-dégel suivants : 56 cycles et 100
cycles, en présence de sel NaCl (5%). Pour plus d’information voir le procédé
expérimental décrit dans le chapitre II. Après que la température des spécimens attient la
température ambiante de laboratoire les propriétés des mortiers étudiés sont évaluées puis
analysées.

117
Thèse de GUELMINE Layachi

IV.3.1. Examen visuel

La figure IV.5 montre l’aspect visuel des spécimens étudiés (MT, MGCR3,
MGCR6 et MGCR9) après leurs expositions aux différents cycles de gel-dégel en présence
de sel fondant (NaCl 5%). On remarque que les endommagements externes des spécimens
augmentent avec le nombre de cycles de gel-dégel, néanmoins ceux-ci diminuent avec
l’augmentation du dosage en GRC, on note que :

 Les spécimens ne révèlent aucun signes d’écaillage de surface jusqu’ à 20 cycles de


gel-dégel. Vers le 18iem cycle, nous avons observé les premières tâches d’écaillage
pour le mortier témoin. Par ailleurs, les premières tâches d’écaillage pour les
mortiers de caoutchouc sont apparues vers le 35ième cycle.
 L’exposition à 56 cycles montre que les spécimens de mortier témoin sont
complètement endommagés (les angles, les arrêtes et les faces) avec une
profondeur allant de 2 à 5 mm, néanmoins les spécimens MGCR3 sont peu altérés.
Par contre, les spécimens MGCR6 et MGCR9 sont sains. Donc, les granulats de
caoutchouc comportent comme un tissu finement distribué sur les spécimens qui
empêchent le détachement de matière produit par l’effet combiné de gel-dégel avec
sel NaCl.
 L’exposition à 100 cycles montre que les spécimens de mortier témoin sont
fortement altérés avec une profondeur de dégradation allant de 4 à 16 mm.
L’écaillage est légèrement distribué sur les angles, les arrêtes et les faces des
spécimens de MGCR3 avec une profondeur l’altération qui varie de 1 à 5mm. Par
ailleurs, nous avons observé que les altérations des spécimens MGCR6 et MGCR9
sont très faibles par rapport au mortier témoin, il y a seulement quelques écailles
sur les faces et les angles des spécimens de profondeur inférieur à 3 mm.

118
Thèse de GUELMINE Layachi

Exposition à 56 cycles

MT MGCR3

MGCR6 MGCR9
Exposition à 100 cycles

MT MGCR3
M
MGC

MGCR6 MGCR9

Figure IV.5. Aspect visuel des spécimens de mortiers de caoutchouc exposés aux effets
combinés de gel-dégel avec Sel fondant NaCl (5%).

IV.3.2. Ecaillage de surface

Les résultats moyens de l’écaillage des mortiers étudiés sont résumés dans le
Tableau IV.4 ci-dessous. D’après les Figures IV.6 qui présentent l’évolution de l’écaillage
de surface des spécimens en fonction du dosage en GCR pour les différentes expositions
au sel fondant NaCl (5%). On constate que l’incorporation des granulats de caoutchouc
produit une réduction considérable de l’écaillage de surface des mortiers de caoutchouc par
rapport au mortier témoin. L’exposition aux 100 cycles, produit des réductions de l’ordre
119
Thèse de GUELMINE Layachi

de (81% ; 99 %) pour les composites (MGCR3 et MGCR9) respectivement. Cette forte


amélioration de la résistance au sel fondant des mortiers de caoutchouc est due à la teneur
en air entrainé qu’ils contiennent (3.5 à 8%). La sévérité des dommages des spécimens de
mortier témoin, résulte principalement de la plus grande gélivité de la zone superficielle (
porosité élevée) et l’action de sel qui renforcent ses défauts en la maintenant saturée, en la
soumettant à des chocs thermiques et en créant des gradients de concentration saline [45,
46, 47]. L'analyse des résultats de recherche rapportés dans la littérature, montre un
manque total des résultats concernant l’influence des granulats de caoutchouc sur
l’écaillage de surface produit par les sels fondants. Cette propriété innovante montre
clairement l’effet bénéfique des GCR sur durabilité des matériaux cimentaires aux sels
fondants. Donc, on peut les utiliser comme adjuvant entraineur d’air dans la masse du
mortier (ou béton) ou comme une couche protectrice des structures en béton exposé aux
sels fondants.
Tableau IV.4. Ecaillage des mortiers étudiés exposés aux effets combinés de gel-dégel
avec Sel NaCl (5 %).
Ecaillage de surface
Type de 56 cycles 100 cycles
mortier
(g) (%) Ecart type (g) (%) Ecart type

MT 111.83 20.25 8.90 347.0 62.82 15.50


MGCR3 20.33 3.97 4.50 61.58 12.02 10.50
MGCR6 2.5 0.50 2.30 14.00 2.81 4.30
MGCR9 0.75 0.15 0.30 4.25 0.88 0.80

Figure IV.6. Evolution de l’écaillage relative des mortiers étudiés en fonction du dosage
en GCR pour les différentes expositions au gel-dégel avec Sel NaCl dosé à 5 %.

120
Thèse de GUELMINE Layachi

IV.3.3. Résistance à la compression

Le tableau IV.5 regroupe les résultats de mesure de la résistance à la compression


des mortiers étudiés pour les différentes expositions au sel NaCl (5%). Les évolutions de la
résistance résiduelle et relative à la compression en fonction du dosage en granulats de
caoutchouc sont illustrées par les figures IV.7a et IV.7b respectivement.

Tableau IV.5. Résistance résiduelle et relative des mortiers exposés au gel-dégel en


présence de NaCl (5%).
Exposition au gel-dégel avec sel fondant
Type de 56 cycles 100 cycles
0 cycles
mortier
RC RC RC56/RC0 RC RC100/RC0
Ecart type Ecart type
(MPa) (MPa) (%) (MPa) (%)

MT 54.79 25.56 2.70 46.64 13.40 2.90 24.46


35.49
MGCR3 46.84 1.80 75.77 24.69 2.10 52.72
29.44
MGCR6 35.61 1.53 82.67 22.73 1.80 63.84
25.78
MGCR9 30.52 1.32 84.47 20.01 1.50 65.56

D’une manière générale, la figure IV.7 montre que la résistance résiduelle et relative à
la compression des mortiers étudiés varie proportionnellement au nombre de cycle de gel-
dégel et inversement proportionnelle au dosage des GCR. En effet, les pertes relatives de la
résistance des mortiers testés (MT, MGCR3, MGCR6 et MGCR9) sont de l’ordre de (75.54,
47.28, 36.16 et 34.44%) respectivement pour l’exposition 100 cycles. Cette forte chute de la
résistance à la compression notamment pour le mortier témoin est due l’effet supplémentaire
de sel qui augmente le taux de saturation du réseau poreux accessible à l’eau et affaiblit de
plus la liaison pâte-granulat. Cette perte de cohésion pâte-granulats augmente la porosité, la
perméabilité du béton et produit la chute brusque de la résistance en compression enregistrée.

Par ailleurs, l’incorporation des GCR jusqu’à 9% dans le mortier de ciment induit
une amélioration importante de leur résistance au sel fondant NaCl qui est de l’ordre de
(45.59 %) comparativement au mortier témoin. Cette grande résistance au sel fondant
(NaCl 5%) des mortiers de caoutchouc est due à la teneur en air entrainé qu’ils
contiennent. Dans la littérature, il n’a y pas des études sur ce sujet. Cette propriété
précieuse des granulats de caoutchouc recyclés peut s’investir pour fabriquer des mortiers

121
Thèse de GUELMINE Layachi

de réparation à base des GCR pour la réhabilitation des structures en béton endommagés
par des différentes pathologies.

(a)

(b)

Figure IV.7. L’évolution de la résistance à la compression résiduelle (a) et relative (b) des
mortiers étudiés dépendant le dosage des GCR pour les différentes expositions au gel-
dégel en présence de NaCl (5%).

IV.4. Conclusion
L’étude de l’influence de l’inclusion des granulats de caoutchouc recyclés jusqu’à 9%
sur la résistance du mortier de ciment au gel-dégel avec sans sel fondant (NaCl) pour les
différents seuils d’exposition révèle les points suivants :

 Les résultats de l’écaillage de surface des mortiers étudiés exposé aux différents
cycles de gel-dégel montrent de l’incorporation des GCR dans le mortier de ciment
améliore la sensibilité de ce dernier à l’écaillage de surface de façon significatif.

122
Thèse de GUELMINE Layachi

Donc, les granulats de caoutchouc freinent la progression de l’écaillage de surface et


se comportent comme un ferraillage finement distribué sur les faces des spécimens.
 Les pertes relatives le la vitesse ultrasonique pour les différents expositions au gel-
dégel sont modérées pour les mortiers de caoutchouc par contre, ils sont élevées pour
les spécimens de mortier témoin. Les faibles pertes des mortiers incorporant les GCR
sont dues à la teneur en air qu’ils contiennent (3.5 à 8%), qui atténue la pression
accompagnée la formation de gel et augmente leur résistance aux gel/dégel
comparativement au mortier témoin. Ce comportement révèle que les GCR jouent
pratiquement le même rôle de l’adjuvant entraineur d’air.
 Les résultats de la résistance en compression des mortiers étudiés exposés aux
différents cycles de gel-dégel montrent que les pertes relatives des mortiers de
caoutchouc sont importantes comparativement aux celles de mortier témoin. Ce
comportement montre que les GRC atténuent l’endommagement et la fissuration dus
au gel-dégel du mortier de ciment. Donc, la résistance au gel-dégel du mortier de
ciment est significativement améliorée par l’incorporation des granulats de
caoutchouc. Sans doute, cette bénéfique propriété des GCR améliore la durabilité des
matériaux cimentaires dans l’ambiance hivernale rigoureuse.
 Concernant les expositions des mortiers étudiés aux effets combinés de gel-dégel avec
sels fondants (NaCl 5%). l’exposition à 100 cycles montre que les spécimens du
mortier témoin sont fortement altérés avec une profondeur de dégradation allant de 5
à 16 mm. . Par contre, les spécimens des mortiers de caoutchouc sont peu altérés.
Donc, les granulats de caoutchouc se comportent comme un tissu finement distribué
sur les spécimens qui empêche le détachement de matière produit par les effets
combinés de gel-dégel avec le sel fondant NaCl.
 La résistance en compression des mortiers de caoutchouc exposés au gel-dégel avec
sel fondant (NaCl 5%) est connue une amélioration de l’ordre de 45.59 % par rapport
celle du mortier témoin. Cette grande résistance au sel fondant (NaCl 5%) des
mortiers de caoutchouc est due à la teneur en air entrainé génère par des granulats de
caoutchouc recyclés. Cette propriété précieuse des granulats de caoutchouc recyclés
peut investir pour fabriquer des mortiers de réparation à base des GCR pour la
réhabilitation des structures en béton endommagées à cause de leurs excellentes
propriétés de durabilité.

123
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre V

Résultats de la Durabilité des

Mortiers de Caoutchouc aux

Températures Élevées

124
Thèse de GUELMINE Layachi

Chapitre V : Résultats de la Durabilité des Mortiers de


Caoutchouc aux Températures Élevées

V. 1. Introduction
Dans ce chapitre, on examine la sensibilité des mortiers de caoutchouc aux
températures élevées, ainsi que les dosages des GCR qui ne menace pas leur stabilité
physico-mécaniques. Les mortiers étudiés (MT, MGCR3, MGCR6 et MGCR9) sont
identiques aux mortiers utilisés pour l’étude aux basses températures. Ceux-ci sont
exposés aux quatre cycles successifs de chauffage-refroidissement dans un four électrique
programmé avec une série de températures s’étendues de 20 à 400 °C. Les physico-
mécaniques résiduelles des mortiers étudiés (perte en masse, la porosité ouverte, vitesse
ultrasoniques, résistance à la compression, à la traction et le module d’élasticité
dynamique) sont évalués après le refroidissement des spécimens.

Le résiduel relatif de performance physico-mécanique (R) est défini par le rapport


d’une propriété de mortier aux différentes températures élevées (RT) et celle de la même
composite à la température de référence (20 ± 2) °C. Les propriétés résiduelles sont
évaluées à la température élevée (T) atteintes par les des spécimens.

V. 2. Etude de la stabilité thermique


L’examen de la sensibilité des GCR aux températures élevées réalisé dans chapitre
II montre que ceux-ci sont très sensibles à l’effet des températures élevées. Ces résultats
montrent que les GCR demandent une durée relativement longue pour atteindre leurs
décompositions complètes à 400°C (environ de 8h50 min). Pour cette raison, on expose les
mortiers étudiés aux quatre cycles de chauffage-refroidissement pour obtenir l’effet
maximal de la température sur nos composites. La Figure V.1 illustre un exemple de
l’évolution des profils de température à l’intérieure du four et sur les faces latérales des
spécimens étudiés acquérant par les thermocouples à 400 °C (exemple). Les allures de
ceux-ci pour les différentes températures sont semblables. De plus, la montée en
température du four est plus vite que celles des spécimens par la suite cette tendance est
inversée une fois que la température ciblée est atteinte.

125
Thèse de GUELMINE Layachi

En outre, les spécimens exposés aux quatre cycles de chauffage – refroidissement


ne montrent aucun signe d’éclatement ou d’écaillage de surface. Près du four, lors de
l’essai de cycles de chauffage – refroidissement, nous avons senti une forte odeur toxique
(brûlage de caoutchouc), par la suite, nous avons vu sur les spécimens des petits nuages
noirs. Ceci est le signe de la décomposition de carbone contenant dans le caoutchouc. Ce
phénomène est remarqué notamment pour les températures de 300 et 400 °C et pour les
mélanges contenants des GCR (voir la Figure V.2).

Figure V.1. La montée en température du four et des différents mortiers étudiés pour
l’exposition thermique 400°C.

T20°C MGCR6 MGCRA9 MT MGCR3 T200°C MGCR9 MGCR6 MGCR3 MT

T300°C MGCR9 MGCR6 MGCR3 MT T400°C MRRA3 MT MRRA6 MRRA9

Figure V. 2. Aspect visuel des demi-spécimens exposés aux quatre cycles de chauffage-
refroidissement à 400 °C.
126
Thèse de GUELMINE Layachi

V. 3. Evolution des propriétés physiques des mortiers chauffés


V. 3. 1. Perte en masse

Dans cette étude les pertes en masse sont estimées par la formule citée dans le
paragraphe II.5.1.1. Les mesures sont faits juste après l’essai chauffage-refroidissement
afin d’éviter tout phénomène de réhydratation des spécimens.

Figure V.3. La perte en masse des mortiers de caoutchouc en fonction de la température de


chauffage.

La Figure V.3 représente les pertes en masse des mortiers de caoutchouc en


fonction de la température de chauffage, on remarque que celles-ci augmentent avec
l’élévation de température et le dosage en GCR. De plus, les allures de pertes en masses
peuvent être divisées en deux phases.

Jusqu’à 200°C, les pertes en masse (2.6%, 2.75%, 2.82%, 3.03 %) des mortiers
étudiés (MT, MGRCR3, MGCR6, MGCR9) respectivement, sont modérées et
convergentes. Ce comportement est dû principalement à l’évaporation de l'eau capillaire
puis à l’eau liée, produit par le gradient de température. Cette fourchette de température,
Les GCR ne mènent à aucune perte en masse additionnelle significative.
Par contre, pour les expositions de températures 300°C et 400°C, les pertes en
masse sont plus élevées particulièrement pour le mortier MGCR9 à 400 °C où on a
enregistré une perte très élevées de 44%. Ce comportement est attribué à la nature des
GCR qui se décomposent vers 300°C progressivement avec l’élévation de température et le
dosage en GCR, cette tendance est similaire à celle trouvée pour des bétons contenants des

127
Thèse de GUELMINE Layachi

GCR [90]. Nos résultats confirment que la stabilité physique de nos mélanges MGCR est
menacée pour les températures au-delà de 300°C, notamment pour les composites MGCR6
et MGCR9. La valorisation des GCR dans les matériaux cimentaires pour des dosages
inférieurs à 6 %, offrit un procédé d’élimination propre des déchets de caoutchouc à zéro
effet sur la nature et l’environnement.

V.3. 2. Porosité ouverte

Le Tableau V.1, montre que l’inclusion des GCR jusqu’à 9% varie peu la porosité
initiale des mortiers étudiés (MT, MGCR3, MGCR6, MGCR9). En effet, leur porosité à la
température de référence (20°) sont de l’ordre de (5.10 % ; 5.90% ; 6.70 %; 7.50%)
respectivement. Les figures V.4, illustre l’évolution de la porosité relative des mortiers
avec et sans granulats de caoutchouc en fonction de la température de chauffage.

Tableau V. 1. Porosité ouverte des mortiers étudiés pour les différentes expositions
thermiques.

Type de Porosité Température d’exposition (°C)


Mortier 20 150 200 300 400

MT 7.10 7.6
7.60 8,45
7.6
8.45 8,45
9 7.6
9.0 10.50
8,45
9 10.50
7.6 10.50
8,45
9 7.6 10.50
8,45
9

0.20 0.60 0.50 0.70 0.60


Porosité
MGCR3 7.90 8.20
8.20 9,25
8.20
9.25 10.20
9,25
8.20
10.20 12.0
10.20
9,25
8.20
12.0 12.0
10.20
9,25
8.20 12.0
10.20
9,25
ouverte (%) 0.50 0.40 0.30 0.60 0.70

Ecart type 8.20 9.30 10.10


10.10 11,5
10.10
11.50 14,2
11,5
10.10
14.20 14,2
11,5
10.10 14,2
11,5
MGCR6
0.60 0.50 0.80 0.70 0.80

8.80 9.90 10.60 13.40 18.02


MGCR9
0.50 0.90 0.60 0.80 1.20

D’après la Figure V.4, on remarque que la porosité des mortiers étudiés croit avec
l’élévation de la température et le dosage en GCR. On distingue deux phases différentes :
Pour les expositions thermiques jusqu’à 200 °C, les porosités ouvertes relatives des
composites étudiés (MT, MGCR3, MGCR6, MGCR9) sont variées dans une fourchette
étroite (122 % ; 119 % ; 120 %; 115 %), respectivement. Cette différence est due au départ
de l’eau libre et combinée par l’évaporation sous l’effet de la température qui laisse des
vides derrière elle.

128
Thèse de GUELMINE Layachi

Au-delà de 200 °C, la porosité relative des mortiers étudiés augmente fortement
notamment pour les composites incorporant les granulats de caoutchouc, elle variée de
147 % à 213 % pour l’exposition thermique 400 °C. La porosité additionnelle enregistrée
pour les mortiers de caoutchouc comparativement au mortier témoin est due au brûlage
des GCR sous l’effet de la température. Nombreuses études ont été confirmé cette
tendance pour des bétons de polymères exposés aux températures élevées [66, 83].

(b)

Figure V.4. Evolution de la porosité relative des mortiers de caoutchouc en fonction de la


température de chauffage.

V.3. 3. Vitesse ultra-sonique

Après que les spécimens exposés à différentes températures sont refroidis, les
vitesses de propagation des ondes ultrasoniques longitudinales à travers ces structures sont
déterminées par une auscultation ultrasonique. Les résultats obtenus sont récapitulés et
représentés respectivement dans le Tableau V.3 et la Figure V.5.

D’après la Figure V.5 qui illustre l’évolution de la vitesse ultrasonique résiduelle


des mortiers étudiés en fonction de la température de chauffage. Celle-ci montre que la
propagation des ondes ultrasoniques à travers la structure des mortiers étudiés est évoluée
inversement proportionnelle que ce soit à la montée en température ou au taux de GCR.

129
Thèse de GUELMINE Layachi

Figure V.5. Variation de la vitesse ultrasonique en fonction de la température de chauffage


aux différents taux de GCR.

La courbe d’évolution de la vitesse ultrasonique en fonction de température


chauffage est caractérisée par deux phases essentielles qui sont les suivantes :
Pour les expositions thermiques Jusqu’à 200°C, les pentes des courbes d’évolution
de la vitesse ultrasonique des mortiers étudiés sont faibles. Ce comportement est expliqué
par le départ de l’eau libre qui laisse derrière elle des vides amortissant les ondes
ultrasoniques et conduit à cette légère variation.
Par contre, au-delà de ce seuil, les pentes des courbes d’évolution sont variés
rapidement, ce comportement est progressif en fonction de la température et du taux de
GCR. En effet, on enregistre une chute importante dans la vitesse ultrasonique des
mortiers élaborés (MT. MGCR3. MGCR6. MGCR9) de l’ordre de (34 %; 37% ; 36 % ; 42
%) pour l’exposition thermique 400 °C par rapport aux composites mettant à la
température de référence. En outre, l'incorporation de GCR, a comme conséquence la
diminution de la vitesse ultra-sonique comparativement au composite sans GCR, en
particulier pour la température d'exposition la plus élevée, et cette réduction est augmentée
avec le dosage en GCR. Cette chute révèle que les structures des composites étudiés sont
fortement endommagées par la disparition d’un partie ou la totalité des particules de
caoutchouc par fusion notamment pour les granulats situés près des faces externes des
spécimens qui sont en contact directe avec le flux de chaleur. La décomposition des GCR
augmente le taux de porosité dans la structure des mortiers étudié comme nous démontrons
dans la section précédente.

130
Thèse de GUELMINE Layachi

Tableau V.2. La vitesse ultrasonique et le module d’élasticité dynamique (MED) des


mortiers de caoutchouc pour différentes expositions thermiques.
Température d’exposition Mortiers étudiés
(°C ) MT MGCR3 MGCR6 MGCR9
4,06 3,83 3,63 3,4
20 0.020 0.020 0.020 0.020
30.69 26.65 22.11 19.91
3,87 3,65 3,45 3,26
150 0.025 0.025 0.030 0.030
C (Km/s) 27.53 23.00 19.87 17.82
Ecart type 3,72 3,57 3,33 3,16
MED (GPa)
200 0.025 0.030 0.035 0.040
25.52 22.37 18.18 16.20
3,29 3,10 2,92 2,78
300 0.025 0.035 0.035 0.030
19.53 16.31 13.89 12.28
2,68 2,41 2,27 1,97
400 0.030 0.035 0.040 0.040
12.51 9.69 7.51 6.03

Figure V.6a Corrélation entre la vitesse Figure V.6b Corrélation entre la vitesse utra-
ultrasonique et la résistance à la compression sonique et la résistance en compression pour les
pour les expositions thermiques jusqu’à 400 °C. expositions thermiques jusqu’à 200 °C.

La figure V.6 présente une corrélation entre la vitesse ultrasonique et la résistance


en compression pour les différentes expositions thermiques. Pour les expositions
thermiques jusqu’à 200 °C, la relation entre ces dernières est parfaitement linéaire (R 2 =
0,93), pour cette fourchette de température (Figure V.6b).

Néanmoins, pour les expositions thermiques jusqu’à 400°C, la même corrélation


est faible (Figure V.6a). La perte de linéarité de la relation citée ci-dessus, révèle les
changements produits par la décomposition des GCR inclus dans la masse des mortiers de
131
Thèse de GUELMINE Layachi

caoutchouc. En effet, la porosité supplémentaire, résulte de la disparition physique des


GCR par brûlage, par conséquent, celle-ci augmente le temps de passage des ondes
ultrasonique à travers les structures des composites de caoutchouc et entraine des chutes
brusques de leurs vitesses ultrasonique. Donc, dans cette fourchette de température, les
GCR menacent fortement la stabilité physique des mortiers de caoutchouc, notamment
pour la composite MGCR9.

V. 4. Evolution des propriétés mécaniques des mortiers chauffés


V. 4. 1. Résistance à la compression

Les résistances en compression résiduelles et relatives pour des différents dosages


de granulats de caoutchouc recyclés sont récapitulées dans le Tableau V.4. Les résultats de
la résistance en compression des mortiers de caoutchouc en fonction de la température de
chauffage sont représentés par la Figure V.7, on remarque que les courbes d’évolutions
sont similaires et la chute de la résistance en compression est proportionnelle que ce soit à
la montée en température de chauffage ou au dosage en GCR. Il est pertinent de
représenter l’évolution de résiduel relatif de la résistance à la compression (RRRC) qui
nous avons défini ci-dessus.

Figure V.7. Evolution de la résistance résiduelle en compression des mortiers de


caoutchouc en fonction de la température de chauffage.

La Figure V.8 montre l’évolution des résiduels relatifs de la résistance en


compression RRRC des mortiers de caoutchouc, en fonction de la température de
chauffage, nos résultats montrent que ceux-ci sont évolués dans une fourchette étroite
pour les expositions thermiques jusqu’à 300°C. En effet, ces pertes sont de l’ordre de (4 ±
1% ; 13 ± 1% ; 24 ± 2% ; 54 ± 10 %) pour les températures de chauffage (150°C ; 200°C;
300°C ; 400°C) respectivement. Ce comportement est attribué à l’effet de température qui

132
Thèse de GUELMINE Layachi

favorise le départ de l’eau capillaire, de l’eau liée et les déformations différées entre les
constituants du mortier [66, 92]. Alors que dans cette fourchette de température la
présence des GCR a un effet faible sur le RRRC. Par contre, on enregistre une forte
instabilité de RRRC au-delà de 300°C. Cette réduction supplémentaire de RRRC est
attribuée notamment à la décomposition (brûlage) des GCR qui augmente la porosité et
entraine une chute importante de la résistance en compression de nos composites. Cette
tendance confirme que le comportement mécanique des mortiers incorporant les GCR pour
les températures jusqu’ à 200°C est stable. Au-delà de ce seuil, l’effet des GCR sur les
mêmes composites sont très préjudiciable notamment pour les dosages en GCR supérieurs
à 3 %.

Figure V.8. Les résiduels relatifs de la résistance en compression des mortiers de


caoutchouc en fonction de la température de chauffage.

Tableau V.4. Résistance en compression des mortiers étudiés pour les différentes
expositions thermiques.

Mortiers Propriété Température d’exposition (°C)


20 150 200 300 400

MT 54.87 52.25 47.27 42.50 36.34

RC ( MPa) 1.50 1.80 1.70 1.85 1.45

MGCR3 45.52 42.50 39.57 34.71 28.02


Ecart type
1.60 1.90 1.80 1.40 1.60

MGCR6 Résiduel (%) 35.38 33.13 30.38 26.04 19.08


1.30 1.25 1.65 1.25 1.10

MGCR9 29.15 27.09 25.58 21.64 13.45


1.85 1.65 1.85 1.45 1.20

133
Thèse de GUELMINE Layachi

La figure V.9 compare les résiduels relatifs de la résistance en compression


correspondant de nos mortiers exposés aux différentes températures et ceux de la
littérature (DTU 93) [78]. On indique que les courbes de réduction d’DTU93 sont citées ici
seulement comme des références comparatives. Les résultats obtenus sont situés dans les
limites des courbes d’DTU 93 [78]. Les seules exceptions sont pour les mélanges MGCR6
et MGCR9 à 400 °C, où leurs résiduels relatifs de résistance en compression sont situés
près et hors de la limite inférieure respectivement. Par ailleurs, la comparaison entre nos
résultats et ceux de Marques & al [90] ont montré que nos mortiers exposés aux quatre
cycles chauffage-refroidissement à 400°C avoir des pertes semblables de la résistance à la
compression et à la traction des bétons en caoutchouc chauffés une seul fois à 800 °C.

Figure V.9. Les résiduels relatifs de la résistance en compression: Comparaison entre nos
résultats et ceux de DTU93.

On conclue que le comportement mécanique à la compression des mortiers étudiés


est stable pour les dosages en GCR inférieurs à 6%. Ce résultat innovant offre une grande
opportunité pour exploiter ce gisement énorme des granulats de caoutchouc recyclés dans
le domaine de la construction à afin de résoudre le problème d’épuisement des granulats
naturels.
V. 4. 2. Résistance à la traction
Comme pour la résistance en compression, l’effet de la température sur la stabilité
mécanique en traction est évalué. Le tableau V.4 regroupe les valeurs moyennes de la
résistance en traction résiduelle et relative en fonction des différentes températures

134
Thèse de GUELMINE Layachi

d’exposition. Les résiduels relatifs de la résistance en traction RRRT de nos mortiers sont
présentés dans la figure V.10. On constate que ceux-ci sont convergents jusqu’à 200°C,
néanmoins ceux-ci sont divergents au-delà de 200°C. En effet, on note que ces pertes sont
de l’ordre de (4 ± 1 % ; 15 ± 2 % ; 28 ± 4 % ; 48 ± 11%) pour les températures (150°C ;
200°C ; 300°C ; 400°C) respectivement. La perte en excès de RRRT au-delà de 200°C est
expliquée par la décomposition des GCR qui augmentent la porosité de nos mélanges et
produit l’instabilité mécanique enregistrée particulièrement pour les composites MGCR6 et
MGCR9.

Figure V. 10. Evolution des résiduels de la résistance en traction des mortiers de


caoutchouc en fonction de la température de chauffage.

Tableau V.4. Résistance résiduelle et relative en traction par flexion des mortiers étudiés
pour les différentes expositions thermiques.

Température d’exposition (°C)


Mortiers propriété
20 150 200 300 400

3.15 3.00 2.65 2.38 2.00


MT
0.5 0.55 0.65 0.30 0.40

Rf (MPa) 2.83 2.70 2.43 2.13 1.61


MGCR3
0.70 0.55 0.65 0.45 0.40
Ecart type
2.58 2.42 2.18 1.82 1.35
MGCR6
0.60 0.45 0.55 0.50 0.30

2.19 2.0 1.81 1.50 0.90


MGCR9
0.85 0.60 0.65 0.30 0.20

135
Thèse de GUELMINE Layachi

La Figure V.11, compare les résultats des résiduels de la résistance en traction


obtenus dans cette étude et ceux d’EC2 [106]. On remarque que nos résultats représentés
par un nuage de point situé au-dessus de la courbe d’EC2 avec une exception pour la
composite MGCR9 à 400°C où son point tombe juste sur la courbe limite d’EC2 [106].
Donc, pour maintenir la stabilité mécanique à la traction de nos mortiers sous l’effet des
températures élevées nous avons obligé de limiter le taux des GCR vers 6 %. Dans une
étude récente, Correia [87] a montré que les bétons incorporant plus 5% des GCR sont
très sensibles au feu.

Figure V. 11. Les résiduels relatifs de la résistance en traction: comparaison entre nos
résultats et les valeurs de la référence EC2.

Nos résultats montrent que cette pratique verte de substitution partielle des
granulats naturels siliceux GN par les GCR dans les mortiers de ciment permet de diminuer
la quantité des déchets de caoutchouc des pneus usagés dans les décharges publiques.

V. 4. 3. Module d’élasticité dynamique

Le Tableau V.2 récapitule les résultats du module d’élasticité dynamique résiduel


moyen des mortiers de caoutchouc recyclés, l’écart type et le résiduel relatif de module
d’élasticité dynamique RRMED pour des différentes expositions thermiques.

Figure V.12 compare les RRMED des mortiers de caoutchouc en fonction de la


température de chauffage. On constate que le chauffage des spécimens étudiés (MT ;
MGCR3 ; MGCR6 ; MGCR9) diminue leur MED de l’ordre de (11± 1 % ; 17± 1% ; 35 ±
3% ; 65 ± 8 %) pour les expositions thermiques (150, 200, 300 et 400°C) respectivement.

136
Thèse de GUELMINE Layachi

On remarque que l’ajoute des GCR au mortier de ciment ne mènent pas à un effet
supplémentaire sur le comportement des mortiers étudiés pour les températures jusqu’à
200 °C. Cette tendance est inversée au-delà de 300 °C où on voit une perte supplémentaire
très forte particulièrement pour les composites MGCR6 et MGCR9, cette tendance est
expliquée par l’effet que les GCR se fondent vers 300 °C. On note que la stabilité
mécanique de nos composites est fortement menacée au-delà de 300 °C, particulièrement
pour les composites MGCR6 et MGCR9. Cet effet, on oblige de limiter le dosage de GCR
inférieur à 6% dans le but de maintenir la stabilité mécanique de nos mortiers étudiés. Dans
le même sens, les travaux de recherches de Correia [87] a recommandé de limiter le taux
des GCR dans les matériaux cimentaires inférieurs à 5 %.

(a)

(b)

Figure 12. L’évolution du module d’élasticité dynamique résiduel (a) et relatif (b)
des mortiers de caoutchouc en fonction de la température de chauffage.

137
Thèse de GUELMINE Layachi

La valorisation des déchets de caoutchouc sous forme des granulats de construction


avec un dosage inférieure à 6 % n’a aucun effet négatif sur la stabilité mécanique du
mortier de ciment. Le recyclage des GCR dans le mortier de ciment offrit une solution
prometteuse amie de l’environnement permettant de participer à la résolution du problème
d’épuisement des granulats naturels.

V. 5. Conclusion
Dans cette étude, nous avons examiné la stabilité physico-mécanique des mortiers
de caoutchouc recyclés exposés aux températures élevées. Nous avons optimisé également
le dosage des granulats des caoutchoucs recyclés incorporant dans le mortier de ciment en
toute sécurité. Les résultats obtenus laissent tirer les conclusions principales suivantes :
 L’exposition thermique des spécimens étudiés aux quatre cycles de chauffage –
refroidissement pour les températures allant de 150 à 400°C, ne montre aucun signe
d’éclatement ou d’écaillage de surface. Au cours de l’essai, nous avons senti une
forte odeur toxique et par la suite, on a vu des nuages noirs sur les spécimens
particulièrement pour les composites MGCR6 et MGCR9. Ceci est le signe de
décomposition de carbone contenant dans les GCR.
 Les résultats de la porosité ouverte de cette étude montrent que celles-ci varient peu
pour les expositions thermiques jusqu’à 200°C. par contre, elles évoluent fortement
pour les expositions thermiques 300 et 400°C. La porosité additionnelle enregistrée
pour les mortiers de caoutchouc par rapport au mortier témoin est due au brûlage
des GCR. Les mêmes tendances sont enregistrées pour les pertes en masses et les
vitesses ultrasoniques des mortiers étudiés. Donc, la stabilité physique des mortiers
étudiés est maintenue pour les dosages en GCR inférieurs à 6%.

 Concernant les variations des propriétés mécaniques résiduelles en compression, en


traction et de module d’élasticité dynamique des mortiers étudiés exposés aux
températures élevées, ils sont fortement semblables jusqu’à 200°C. par contre
celles-ci sont très affectées au-delà de ce seuil. Les pertes en excès des propriétés
résiduelles mécaniques sont dues essentiellement à la décomposition des granulats
de caoutchouc sous l’effet de température. Donc, La stabilité mécanique des
mortiers de caoutchouc est parfaitement maintenue pour les dosages en GCR
inférieure à 6 %. Dans cette limite, on peut les utiliser dans le mortier en toute
sécurité. En outre, les granulats de caoutchouc offrirent une source renouvelable des
granulats de construction notamment dans les régions pauvres en granulats siliceux-
calcaires.

138
Thèse de GUELMINE Layachi

Conclusion Générale

et

Perspectives

139
Thèse de GUELMINE Layachi

Conclusion Générale

L’objectif de ce travail de recherche, est d’examiner la durabilité d’un composite


cimentaire incorporant les granulats de caoutchouc recyclés (GCR) vis-à-vis l’effet de
basses et de hautes températures. Afin d’atteindre cet objectif, ce travail a été entrepris par
un analyse bibliographique approfondi des résultats de recherches antérieurs sur le
comportement des bétons de caoutchouc exposés aux basses et aux hautes températures.
Cette partie est suivie par une description des méthodes expérimentales utilisées pour
l’évaluation des propriétés des composites préparés. Quatre composites de mortiers sont
préparés : un mortier témoin préparé par granulats naturels siliceux et trois autres mortiers
de caoutchouc incorporant les GCR pour des dosages suivants : 3, 6 et 9%. Notre travail
expérimental est structuré en trois grandes parties. Au début, on a étudié l’influence des
GCR sur les propriétés fraîches et durcies des mortiers étudiés. Suite à cette première
étude, on a étudié la durabilité des mortiers de caoutchouc au gel-dégel avec et sans les sels
fondants pour les différents cycles d’exposition. A la fin, nous avons examiné l’influence
des GCR, sur la durabilité des mortiers étudiés aux températures élevées, afin optimiser le
dosage ce derniers qui ne menace pas leur stabilité physico-mécaniques. Plusieurs points
sont à retenir à l’issu de ce travail.

L’incorporation des GCR dans le mortier jusqu’à 9%, produit une forte
augmentation sa teneur en air entraînée (2 à 8%). Ce comportement est dû à la
morphologie des GCR qui présentent une texture rugueuse favorisant la chasse des bulles
d’air. Cette forte capacité des GCR à entrainer l’air dans la masse du mortier, protège
efficacement les composites cimentaires contre les attaques de gel-dégel avec et sans les
sels fondants.
Nos résultats révèlent que la masse volumique apparente des mortiers étudiés à
l’état durcie connue une réduction de 11.60 % pour un dosage en GCR de 9%. Cette
réduction significative de la densité est due essentiellement à la faible densité des GCR
caoutchouc (450 Kg/m3) par rapport aux granulats siliceux lourds (1600 Kg/m3). Cette
propriété précieuse du caoutchouc peut être exploitée pour obtenir des structures légères en
bétons de caoutchouc.

140
Thèse de GUELMINE Layachi

Dans cette étude, on a trouvé que la conductivité thermique des mortiers de


caoutchouc diminue de l’ordre de 62.84 % pour un dosage en GCR de 9%
comparativement au mortier témoin. Ce comportement innovant des granulats de
caoutchouc est expliqué par leur résistivité élevée par rapport aux granulats siliceux. Ce
comportement innovant des GCR améliore l’isolation thermique des matériaux cimentaires
et réduit le bilan énergétique des bâtiments font avec ce matériau.
La capacité d’absorption d’eau par capillarité des mortiers de caoutchouc, diminue
de l’ordre de 48%, comparativement au mortier témoin. Ce comportement est dû à
l’étanchéité des GCR qui ont un coefficient d’absorptions très faibles par rapport aux
granulats siliceux. Cette tendance des GCR est très importante parce que le transfert
d’humidité en phase liquide par capillarité est la cause principale de nombreux désordres
(gonflement, retrait, fissuration, pollution, carbonatation, lessivage, gel/ dégel, …) qui
entraînent un vieillissement et une dégradation de performance physico-mécanique des
matériaux cimentaires. Donc, l’inclusion des GCR dans les matériaux cimentaires peut
améliorer leur durabilité aux différentes attaques physico-chimiques.
Nos résultats montrent que l’inclusion des GCR dans le mortier de ciment produit
une chute importante de leur performance mécanique telle que la résistance à la traction, à
la compression et le module d’élasticité dynamique. Cet effet négatif des GCR est dû à la
faible adhérence entre les particules de caoutchouc et la matrice cimentaire. Pour cette
raison, on a limité le dosage en GCR dans le mortier inférieur à 9%, celui-ci maintient la
résistance caractéristique à la compression des composites étudiés supérieur à 20 MPa. Par
ailleurs, nos résultats de la capacité de déformation montrent que celle-ci diminue avec
l'augmentation du dosage en GCR. Ce résultat confirme que les mortiers incorporant des
GCR sont plus ductiles en comparaison au mortier témoin. Cette propriété innovante peut
investir pour diminuer la fragilité et la sensibilité des matériaux cimentaires à la
fissuration.
Les résultats de la durabilité des mortiers de caoutchouc aux gel-dégel montrent que
l’inclusion des GCR dans ces derniers non seulement diminue leur écaillage de surface
mais aussi augmente leur résistance comparativement au mortier témoin. Cette bénéfique
tendance est due à la teneur en air génère par les GCR dans la masse des composites
étudiés (3.5 à 8%), qui produit une forte amélioration de la durabilité au gel-dégel des

141
Thèse de GUELMINE Layachi

mortiers de caoutchouc comparativement au composite témoin. De plus, les GCR donnent


le même effet d’un adjuvant entraineur d’air, donc on peut les utiliser comme agent
entraineur d’aire pour les structures exposées au gel-dégel.
Concernant les expositions des mortiers étudiés aux effets combinés de gel-dégel
avec sel fondant (NaCl 5%), l’exposition aux 100 cycles montre que les spécimens de
mortier témoin sont fortement altérés comparativement aux spécimens des mortiers de
caoutchouc. Par ailleurs, la résistance en compression des mortiers de caoutchouc exposés
aux mêmes effets est connue une forte amélioration (45.59 %) par rapport au mortier
témoin. Cette forte résistance au sel fondant (NaCl 5%) des mortiers de caoutchouc est
due à la teneur en air entrainé contenant. Donc, les granulats de caoutchouc se comportent
comme un tissu finement distribué sur les spécimens empêchant la dégradation produit par
l’effet combiné de gel-dégel avec sel fondant NaCl. Cette propriété précieuse des GCR
peut investir pour fabriquer un matériau de réparation pour les structures en béton
endommagées par les différentes pathologies physico-chimiques.
Les mortiers étudiés exposés aux températures élevées ne montrent aucun signe
d’écaillage ou d’éclatement. Leurs résiduels de la résistance à la compression, à la traction
et du module d’élasticité dynamique sont fortement convergents jusqu’à 200°C. Par contre
celles-ci sont divergentes au-delà de ce seuil. Les pertes en excès enregistrées sont dues
essentiellement à la décomposition des granulats de caoutchouc sous l’effet de la
température. Le brûlage des GCR génère une porosité supplémentaire qui menace la
stabilité physico-mécanique des mortiers de caoutchouc notamment pour les composites
MGCR6 et MGCR9. La stabilité physico- mécanique des mortiers étudiés est menacée
pour les dosages en GCR supérieurs à 6 %, donc, on peut les utiliser dans les matériaux
cimentaires en toute sécurité pour les dosages inférieurs à 6%. Par ailleurs, le recyclage des
granulats de caoutchouc des pneus usagés dans les matériaux cimentaires donne une source
renouvelable des granulats de construction contribuant à la résolution du problème
d’épuisement des granulats naturels.

142
Thèse de GUELMINE Layachi

Perspectives
Cette étude a amené un certain nombre de réponses, mais aussi suscité d’autres
interrogations qui nous permettent de dégager plusieurs axes de réflexion pour la suite :

 En ce qui concerne les variations dimensionnelles de retrait, nous avons constaté


que la présence de GCR dans le mortier est un facteur qui augmente les
déformations de retrait. On pense que cet excédent de variation dimensionnelle de
retrait est en opposition du bénéfice obtenu de la fragilité. Donc, dans la prochaine
étude, nous sommes obligés d’investiguer sur cet effet incompréhensible.
 La potentialité des GCR à introduire l’air dans les mélanges fraîches préparés est
importante (8% pour un dosage en GCR de 9%). Donc, on recommande de les
utiliser comme un adjuvant entraineur d’air dans les matériaux cimentaires exposés
à l’effet de gel-dégel avec et sans les sels fondants.
 Les bonnes propriétés de durabilité au gel-dégel avec et sans sel fondant des
mortiers de caoutchouc donnent l’esprit de les utiliser comme un produit de
réparation des structures en béton endommagées par les différents pathologies.
 La faible conductivité thermique des mortiers de caoutchouc peut investir dans le
domaine de la construction pour fabriquer des matériaux isolants diminueront le
bilan énergétique des bâtiments et baissent les émissions des gazes carboniques
dans la nature.
 La valorisation des déchets de caoutchouc dans le domaine de la construction
comme des granulats de construction offrit une méthode d’élimination propre à
zéro effet négatif sur la nature et l’environnement. De plus, cette pratique amie de
l’environnement diminue le brûlage des déchets de caoutchouc dans les décharges
publiques qui permet de diminuer le niveau de pollution de l’air et de l’eau. En
outre, dans les régions pauvres en agrégats silico-calcaires les GCR peut couvrir
une partie de la demande en agrégats de construction.

 On recommande de limiter le taux des GCR inférieure à 6 % afin d’assurer la


stabilité physico-mécanique de nos composites aux températures élevées. Le
recyclage des déchets de pneus dans le domaine de la construction offre une source
renouvelable des granulats de construction.

143
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155
Thèse de GUELMINE Layachi

Annexe

156
Thèse de GUELMINE Layachi

Annexe

Composition chimique de l’eau de gàchage

Nature de l’eau L’eau potable de robinet

Ca+2 ( mg/l) 119.0 Balance 5.82

Mg+2 ( mg/l) 32.83 Cations 2.67

Na+ ( mg/l) 144.80 m.éq/l 6.15

K+ ( mg/l) 5.60 15.05 0.12

Cl- ( mg/l) 169.0 Balace 4.73

SO4-2 ( mg/l) 417.0 Anions 8.68

HCO3- ( mg/l) 150.60 m.éq/l 2.46

NO3- ( mg/l) 10.70 16.17 0.16

Résidu sec à 110°C PH Conductivité en 1/10 mm à 25°C Dureté totale

1172 mg/l 7.5 16.20 43.10

157
Thèse de GUELMINE Layachi

Les compositions chimiques du Ciment et du Sable sont faites au Laboratoire de la


cimenterie de LAFARGE de M’sila.

Composition chimique moyenne du ciment utilisé.

La composition chimique Moyenne en (%)


Sio2 Al2o3 Fe2o3 Cao Mgo So3 K2o Na2o
Element
17.16 4.46 3.02 63.01 2.02 2.43 0.64 0.10

Composition chimique moyenne du sable utilisé.

Composition chimique Moyenne en (%)


Element Sio2 Al2o3 Fe2o3 Cao Mgo So3 K2o Na2o

93.25 2.15 0.60 0.35 0.10 0.26 1.30 0.10

Composition des pneus selon le fabricant.

Constituants Teneur (%)

Caoutchouc
14 ± 3
naturel

Caoutchouc
27 ± 3
synthetique

Noir de carbone 28± 1

Acier 14 ± 1

Filler,
accélérateur, 16 ± 1
additifs

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