Lycée Jean Perrin
Classe de TSI2 2014/2015 Vendredi 28 Novembre
Devoir surveillé no3 de Mathématiques
(Durée : 4h)
Exercice 1 Une introduction aux exponentielles de matrices.
On rappelle que si p est un entier naturel non nul, la notation Mp (R) représente l'espace vectoriel des matrices carrées
d'ordre p à coecients réels. La partie A est indépendante du reste du problème, mais les parties B et C sont liées.
Partie A :
Soit p un entier naturel non nul. Une matrice A de Mp (R) est dite nilpotente d'indice trois si elle vérie A2 6= 0 et
A3 = 0.
Dans toute cette partie, on note A une matrice de Mp (R) une matrice nilpotente d'indice trois. On note I la matrice
unité d'ordre p.
Pour tout réel t, on note E(t) la matrice
t2 2
E(t) = I + tA + A .
2
A.1 Vérier la relation
∀(s, t) ∈ R2 E(s)E(t) = E(s + t).
A.2 En déduire par récurrence sur n que E(t) = E(nt) pour t ∈ R et n ∈ N.
n
A.3 Justier que la matrice E(t) est inversible. Quel est son inverse ?
A.4 Montrer que la famille (I, A, A2 ) est libre dans l'espace vectoriel Mp (R).
A.5 En déduire que l'application E : t 7→ E(t), de R dans Mp (R) est injective.
0 1 1
A.6 Dans cette question, p = 3 et A = 0 0 1 .
0 0 0
Montrer que A est nilpotente d'indice 3 et expliciter la matrice E(t).
Partie B :
4 −6
Dans cette partie, on note B0 = (→
−
e1 , →
−
e2 ) la base canonique de R2 . Soit A = ∈ M2 (R).
1 −1
On note f l'endomorphisme de R2 canoniquement associé à A.
B.1 Calculer les valeurs propres de f .
B.2 En déduire que f est diagonalisable et donner une base B = (→ −
u,→−
v ) de diagonalisation.
B.3 En déduire qu'il existe une matrice P inversible et une matrice D diagonale telles que A = P DP −1 .
Expliciter P, D et P −1 .
B.4 Expliciter Dn pour tout entier naturel n. Démontrer la relation An = P Dn P −1 . En déduire l'expression de An .
Partie C :
n
!
tk
On reprend les notations de la partie B. On rappelle que pour tout réel t, on a e = lim .
X
t
n→+∞ k!
k=0
C.1 Pour tout réel t, pour tout entier naturel n, on note En (t) la matrice dénie par :
n
X tk
En (t) = Ak
k!
k=0
an (t) bn (t)
avec la convention A = I . On écrira cette matrice sous la forme En (t) =
0
.
cn (t) dn (t)
Expliciter (sous forme de sommes) ses coecients an (t), bn (t), cn (t), dn (t).
1/3
a(t) b(t)
C.2 Pour tout t ∈ R, on note E(t) la matrice E(t) = , avec :
c(t) d(t)
a(t) = lim an (t) ; b(t) = lim bn (t) ; c(t) = lim cn (t) ; d(t) = lim dn (t).
n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞
Expliciter la matrice E(t) (on vériera qu'on obtient a(t) = 3e2t − 2et ).
C.3 Montrer qu'il existe deux matrices Q et R (carrées d'ordre deux) telles que
∀t ∈ R, E(t) = e2t Q + et R
et expliciter Q et R.
C.4 Calculer les endomorphismes Q2 , R2 , QR, RQ. Que peut-on dire des endomorphismes q et r de R2 canoniquement
associés aux matrices Q et R (donnez une réponse très précise) ?
C.5 En déduire que
∀(s, t) ∈ R2 E(s)E(t) = E(s + t).
−1
Que dire de E(t) pour n ∈ N ? de E(t) ?
n
R → M2 (R)
L'application E : est-elle injective ?
t 7→ E(t)
[alglin1]
Exercice 2 Matrices qui commutent avec leur transposée.
Le but de ce problème est d'étudier diérentes matrices qui commutent avec leur transposée, c'est à dire qui vérient la
relation :
M.M T = M T .M (1)
Partie I :
Dans toute cette partie, les matrices envisagées seront dans l'espace M2 (R), c'est à dire ayant deux lignes, deux colonnes
et des coecients réels.
1 0 0 1 0 −1
On notera en particulier I = ,A= et C = .
0 1 1 0 1 0
1. Montrer que les matrices A et C vérient la relation (1).
2. Calculer A2 . En déduire que pour tout entier naturel n non nul, An vérie la relation (1).
3. Montrer que A est inversible. On note u l'unique endomorphisme de R2 dont la matrice relativement à la base
→
− →−
canonique B = ( i , j ) est A.
→
− →
− →
− →
−
4. Préciser les valeurs de u( i ) et u( j ) en fonction de i et j . Montrer que u est une symétrie et préciser ses
éléments caractéristiques.
Dans toute la suite, on notera U = A + I .
5. Montrer que la matrice U vérie la relation (1). Montrer ∀n ∈ N∗ , ∃αn ∈ R, U n = αn U .
En déduire que toutes ses puissances U n , n ∈ N∗ , vérient (1).
On notera dans la suite E2 l'ensemble des matrices de M2 (R) qui vérient la relation (1).
6. Calculer les produits de la matrice A + C et de sa transposée. En déduire que E2 n'est pas un sous-espace vectoriel
de M2 (R).
a b
7. Étant donnée une matrice M = quelconque de M2 (R), déterminer les conditions nécessaires et su-
c d
santes sur a, b, c et d pour que M appartienne à E2 .
On donnera les deux formes possibles des matrices de E2 .
8. En déduire que E2 est la réunion de deux sous-espaces vectoriels de M2 (R), dont on précisera pour chacun une
base.
9. Étant donné M et N deux matrices de E2 , a-t-on nécessairement M.N ∈ E2 ? On pourra utiliser certaines matrices
introduites précédemment dans l'énoncé.
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Partie II :
→ −→
− → −
On se place ici dans l'espace M3 (R), et on considère la base canonique de R3 que l'on note B0 = ( i , j k ).
→
− →
− →
− →
− →
− →
−
On dénit alors h comme l'unique endomorphisme de R3 vériant : h( i ) = − k , h( j ) = i et h( k ) = j . On note
S = MatB0 (h).
L'ensemble des matrices de M3 (R) qui commutent avec leur transposée (donc qui vérient la relation (1)) est noté E3 .
10. Représenter la matrice S .
11. Déterminer S 2 et montrer que S et S 2 sont dans E3 .
12. Montrer que pour tous réels a, b et c, la matrice R = aI3 + bS + cS 2 appartient à E3 .
13. En déduire que E3 contient un espace vectoriel de dimension 3 que l'on notera F .
14. Montrer que F est stable par multiplication matricielle.
Partie III :
On se place à présent dans l'espaceM4 (R), et on considère →
− → − → − → −
la base canonique de R que l'on note B = ( e1 , e2 , e3 , e4 ).
4 00
1 a 1 1
−1 0 0 1
On dénit la matrice B par : B =
1 0 0 −1
1 1 −1 1
où a est un réel quelconque, et on appelle u l'endomorphisme de R4 tel que MatB00 (u) = B .
L'ensemble des matrices de M4 (R) qui commutent avec leur transposée (donc qui vérient la relation (1)) est noté E4 .
15. Déterminer les réels a tels que B ∈ E4 . Dans la suite, on pose a = −1.
16. Déterminer une base de Ker(u) et de Im(u).
17. Montrer que → −
e1 + →
−
e4 et →
−e1 − →
−
e2 + →
−
e3 − →
−
e4 sont des vecteurs propres de u associés à la même valeur propre. Quelle
est la valeur propre associée ?
18. Déduire des questions précédentes la dernière valeur propre et déterminer un vecteur propre associé.
19. En déduire l'existence d'une matrice P ∈ M4 (R) telle que B = P ∆P −1 où ∆ est une matrice diagonale. Préciser
P et ∆.
20. Montrer ∀n ∈ N∗ , B n = P ∆n P −1 . En déduire une expression simple de B 2p et B 2p+1 pour tout entier naturel p
en fonction de B et B 2 .
[alglin2]
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