Avars
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Ne doit pas être confondu avec Avare, Avar, AVA ou Avars (Caucase).
Khaganat avar
vers 560 – 805
Les Balkans vers 680.
Informations générales
Statut Khaganat
Capitale Ring des Avars
Religion Tengrisme
Histoire et événements
Première mention des Avars en
555
Europe
Les Avars contrôlent le bassin
Années 570 des Carpates et les rives nord de
la mer Noire
L'Empire byzantin est assiégé
626
conjointement avec les Sassanides
Abandon des rives de la mer
632
d'Azov aux Bulgares
Début des guerres des Francs contre
791
les Avars
La partie occidentale constitue une
805
marche de l'Empire carolingien
Khagans
(1er) 565-602 Bayan
(Der) 805 Abraham
Entités précédentes :
Royaume lombard
Royaume gépide
Entités suivantes :
Khanat bulgare
Empire carolingien (Marche avare (en))
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Les Avars, ou Avares étaient une alliance de plusieurs groupes de nomades
eurasiens, parfois qualifiés de « turco-mongols »1, et issus de la confédération
des Ruanruan qui menaçait la Chine au III siècle. Ils se sont ensuite installés
e
en Europe centrale sous l'impulsion de leur khagan, Bayan Ier et ont dominé une
partie de l'Europe orientale entre les années 560 et 800.
Ethnonyme[modifier | modifier le code]
Comme pour toutes les confédérations multiethniques qui sont passées par la steppe
pontique en pratiquant un large métissage basé sur le rapt et l'esclavage,
les exonymes, peu documentés, renvoient à de multiples réinterprétations en
différentes langues. Ainsi en turc ancien, les Avars sont les « vagabonds », avaral-i2.
Ils sont appelés Obres dans la Chronique des temps passés du moine
Nestor rédigée à Kiev vers 11153.
Les Avars réfugiés dans le Caucase ont constitué un État appelé
aux XVII et XVIII siècles par les Ottomans Avaristan2. Leur endonyme était et
e e
demeure Khounzaq' 4, transcrit en anglais Khunzak et en allemand Khundzia. Ils le
tirent du nom de leur capitale, Khounzakh, à moins que ce ne soit l'inverse.
Histoire[modifier | modifier le code]
Origine[modifier | modifier le code]
L'Asie centrale vers 500, montrant les territoires d'origine possible des Avars d'Europe.
Steppe pontique vers 650.
Ils sont probablement originaires de Mongolie, connus par les Chinois sous le nom
de Ruanruan (Jouan). Au V siècle, leur khan Chö-louen fonde un empire nomade de
e
la Corée à l’Irtych5. Les textes byzantins conviennent que leur mouvement vers
l'Europe a été déclenché par la montée du premier khaganat turc dans les années
550, centré dans ce qui est aujourd'hui la Mongolie, lorsque les Turcs ont détruit un
empire appelé ruanruan par leurs voisins chinois. Cependant, les textes ne
s'accordent pas sur qui étaient les Avars, ni d'où ils venaient exactement 6. Les
éléments transmis par la tradition historique sont les suivants:
En 546, leurs vassaux Tölech se révoltent. Bumin, chef des Tujue (Göktürks),
réprime la rébellion et réclame en récompense la main d’une princesse ruanruan, ce
qui lui est refusé. Vexé, il se décide à la révolte, et envoie une ambassade
en Chine auprès des Wei. Il s'allie avec eux, et en 551 épouse une
princesse tabghach. En 552, le dernier khan ruanruan, encerclé, se donne la mort.
L'Empire avar s'effondre, il est remplacé en Mongolie par celui des Göktürks ; les
survivants se réfugient à la frontière de la Chine, où les Qi du Nord, successeurs des
Wei, les établissent comme fédérés5.
L’historien byzantin Théophylacte Simocatta relate la migration des Avars de
la Haute-Asie vers la Russie méridionale. Il distingue les vrais Avars des Pseudo-
Avars (Pseudavaroi). Les premiers seraient les Ruanruan proprement-dits, les
autres : des peuples rencontrés en chemin, et que les historiens modernes
supposent être scythiques (iraniens), hunniques et/ou turcs. Selon Simocatta, les
Avars connus en Europe auraient usurpé ce nom prestigieux. Ils seraient selon lui
formés de deux hordes unies, celle des Ouar (ou War), qui a donné Avar, et celle
des Kounni ou Khouni, qui semble d'origine hunnique,
les Ουαρχονήται (Ouarkhonites) des Byzantins. Certains orientalistes, d'après les
sources byzantines qui qualifient les Ouarkhonitai d'Ogor, pensent qu'ils pourraient
être d'origine ouïghoure, donc turque. Albert Herrmann, qui insistait sur leur origine
mongole, suggère que si les Avars qui émigrent en Europe dans la seconde moitié
du VI siècle ne sont plus des Ruanruan, ils pourraient être des Huns hephtalites,
e
vaincus vers 565 et chassés de Transoxiane et de Bactriane par les Sassanides et
les Göktürks5.
Arrivée en Europe[modifier | modifier le code]
Ceux qui se dirigent vers l'Europe sont connus sous le nom d'Avars (grec :
Αβάροι : Abaroi, latin : Avari, Avares) et migrent vers l'ouest, tout en poussant devant
eux d'autres peuplades turco-mongoles : « les Hunnougour et Sabir et d’autres
hordes hunniques » selon Théophylacte Simocatta5 ; ce nom d’Hunnougour, transcrit
par Onogoures, est, par confusion ultérieure avec les Magyars, à l'origine du nom
latin d’Unguri, les Hongrois. Les Avars sont mentionnés pour la première fois au nord
du Caucase en 555 par des sources syriennes (le pseudo Zacharie le rhéteur)7.
Installés sur la Volga, ils envoient une ambassade menée par Kandikh au
général byzantin Justin en Lazique en 557, par l'intermédiaire du roi des Alains du
Caucase, Saros. L'empereur Justinien invite cette ambassade à Constantinople, où
elle arrive en janvier 5588. Avec l'autorisation du Sénat, selon Ménandre le
Protecteur, l'empereur charge les Avars de soumettre les nomades de la
steppe pontique (aujourd'hui ukrainienne) tels que
les Koutrigoures, Outigours, Antes, Sabires, Zales et autres, contre un paiement, et
des terres sur le bas-Danube9.
Vers 560 les Avars vassalisent les Outigours et les Koutrigours 10, qui nomadisaient
au nord-ouest de la mer d'Azov et à l’embouchure du Don. Ils atteignent le bas-
Danube en 56211, et envoient une nouvelle ambassade à Justinien pour demander
des terres au sud du fleuve (Mésie) ; l'empereur leur propose d'occuper le territoire
des Hérules, en Pannonie seconde, mais ils ne se montrent pas intéressés12 et
lancent alors des campagnes au nord-ouest, contre les tribus slaves
(Antes, Slovènes et Wendes), à l’ouest (où ils entrent en Germanie, mais sont mis en
déroute en Thuringe par le roi franc d’Austrasie Sigebert en 562) et vers la mer
Noire (où ils ravagent la Scythie mineure, ce qui les fait entrer en conflit avec
l'Empire byzantin, dont c'est une province)5. Une autre expédition de pillage,
jusqu'aux rives de l'Elbe en 566–567, voit la défaite de Sigebert qui est fait
prisonnier, puis libéré contre rançon13.
Après la mort de Justinien, une ambassade avare est à nouveau reçue par
l'empereur byzantin Justin II en 565. L'envoyé des Avars, Targitès,
réclame Sirmium et le paiement auparavant versé aux Outigours et Koutrigours,
désormais vassaux des Avars. Justin refuse12. Durant l'hiver 566–567, les Turcs
occidentaux traversent la Volga gelée, dans l'intention d'écraser les Avars13.
Le Khâgan (« khân des khâns ») avar Bayan, menacé à l'est, conclut une alliance à
l'ouest avec les Lombards de Pannonie contre les Gépides, qu'ils chassent
de Dacie en 567. Les Avars contrôlent alors la steppe de la Volga au Danube et les
populations locales, comme les Slaves, les Valaques et les Bulgares. Ils exploitent la
population rurale sédentaire. Les Slaves participent parfois à leurs expéditions,
notamment sur Constantinople14.
Après le départ des Lombards vers l'Italie, au printemps 568, Bayan occupe la partie
ouest du bassin des Carpates et toute la région du moyen-Danube15. Les Avars
avancent jusqu’en Bavière et multiplient les raids de pillage dans le monde
germanique, souvent en tant que mercenaires des souverains d’Europe occidentale
et méridionale.
En 569, ils réclament à nouveau à l'Empire byzantin la possession de Sirmium,
en Pannonie, et un tribut. Devant le refus des Byzantins, ils envoient leurs alliés
koutrigours ravager la Dalmatie, par la Save12, et obtiennent en 571 un traité qui leur
laisse les terres des Gépides, sauf Sirmium16.
Le premier Empire avar (580-670)[modifier | modifier le code]
Carte montrant la localisation du Khaganat avar en Europe, vers 600.
Durant l'été 582, Bayan s'empare de Sirmium. L'empereur byzantin Tibère II lui paie
un énorme tribut pour sauvegarder le reste des Balkans, et obtient une paix de deux
ans. Bayan, accompagné de Slaves, repasse le Danube en 585, mais est battu
durant l'été après s'être avancé jusqu'au Long mur de Thrace. Il
assiège Thessalonique (22 septembre 586 ou 587)11, mais est vaincu en 587 par les
Byzantins près d’Andrinople. Il revient en 592, prend Anchialos
(aujourd'hui Pomorje (en) en Bulgarie) et ravage la Thrace, mais se heurte au
général byzantin Priscus, qui franchit le Danube, l’attaque en Pannonie et le bat
complètement sur les bords de la Tissia, tuant quatre de ses fils en 601. Bayan
meurt peu après, en 6025.
À partir de 610, son successeur se tourne vers l'ouest et attaque l'Italie. Cividale,
capitale du duché lombard du Frioul, est prise. Le duc Gisulf II meurt au combat, et
sa femme Romilda passe à l'ennemi. Les Avars mettent le Frioul à feu et à sang et
combattent le roi lombard Agilolf. En 619, lors d'une entrevue à Héraclée de Thrace,
le Khagan tente de s'emparer de la personne de l’empereur Héraclius, puis attaque
vainement Constantinople. Il s'allie aux Perses sassanides, en guerre contre les
Byzantins, pour assiéger conjointement Constantinople en juin–juillet 626 avec
« 80 000 cavaliers et fantassins » (chiffre certainement exagéré par les chroniqueurs
de l'époque), comportant, en plus des Avars, des contingents slaves, asiatiques et
germaniques ; mais la flotte byzantine parvient à empêcher les Avars et les Perses
de coordonner leur action, et les Avars sont repoussés avec de très lourdes pertes (4
août 626)5. Cette défaite est le signal de la révolte pour les tribus slaves, et
des populations valaques soumises par les Avars. À la mort du Khagan vaincu (630),
les Proto-Bulgares, jusqu'alors fidèles alliés des Avars, demandent que la dignité
de Khagan soit attribuée à leur khan Koubrat5. Les Avars répriment cette révolte,
mais doivent abandonner aux Proto-Bulgares la région au nord de la mer Noire,
dite Grande Bulgarie (632). À l'ouest, le Franc Samo prend la tête de la
révolte slave et s’affirme comme chef des territoires libérés, la Moravie, la Bohême,
la Basse-Autriche et la Serbie blanche (631). Dans le bassin du bas-Danube et
les Balkans, les envahisseurs slaves forment des « sklavinies », petites principautés
indépendantes les unes des autres, qui s'intercalent entre les « valachies » et
échappent plus ou moins complètement au pouvoir de l’empereur byzantin. Les
Slaves occupent ainsi la région entre Danube et Save, qui échappe aux Avars. Après
la mort de Samo en 658, son domaine se désagrège. Les Avars rétablissent leur
domination sur la frontière du Danube, mais ils sont déjà entrés en décadence.