Report
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ET DE SCIENCES PHYSIQUES
Centre d’Excellence Africain en Sciences Mathématiques et Applications
Adresse mail : [email protected]
UNIVERSITE D’ABOMEY
CALAVI (BENIN) M ÉMOIRE DE FIN DE MASTER
Thème
Approximations par éléments finis non conformes
pour quelques problèmes d’évolution et Analyse
d’erreur a-posteriori
Rédigé par :
ADANDE Clément
Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques
Adresse mail : [email protected]
Superviseur :
Prof. DEGLA Guy Aymard
Université d’Abomey-Calavi, Institut de Mathématiques et de Sciences
Physiques
Adresse mail : [email protected]
Encadreur :
REPUBLIQUE DU BENIN
Résumé
Dans ce document, nous nous approprions la technique développée par Serge Nicaise
et Nadir Soualem dans les travaux [10, 11]. Elle consiste à effecteur une analyse d’erreur a-
posteriori pour une méthode d’éléments finis non conformes utilisées pour résoudre quelques
équations aux dérivées partielles. Il est question de l’équation de la chaleur et des équations
de Stokes. L’approche est divisée en deux étapes. La première étape consiste à donner une
formulation discrète de ces équations. D’une part, la dérivée en temps approchée avec un
schéma d’Euler implicite conduit à une formulation semi-discrète et d’autre part, une mé-
thode d’éléments finis non conformes appliquée à cette formulation semi-discrète achève la
discrétisation. La deuxième étape consiste à estimer l’erreur d’approximation par des quan-
tités accessibles aux calculs. On construit ainsi les indicateurs d’erreur locaux à l’aide de la
méthode des résidus pondérés. Le cas de l’équation de la chaleur est achevé avec quelques
tests numériques confirmant la stabilité de la méthode et l’optimalité des indicateurs en es-
pace.
Mots-clés : Approximation non conforme, équation de la chaleur, équations de Stokes, indi-
cateurs d’erreur a-posteriori
Abstract
In this document, we appropriate the technique developed by Serge Nicaise and Nadir
Soualem in the works [10, 11]. It consists of performing an a-posteriori error analysis for a
nonconforming finite element method used to solve some partial differential equations. It
is about the heat equation and the equations of Stokes. The approach is divided into two
steps.The first step is to give a discrete formulation of these equations. On the one hand, the
approximate time derivative with a implicit Euler plan leads to a semi-discrete formulation
and on the other hand, a nonconforming finite element method applied to this semi-discrete
formulation completes discretization. As for the second step, it consists in estimating the ap-
proximation error by quantities accessible to calculations. One thus builds the local error in-
dicators using the method of weighted residuals. The case of the heat equation is completed
with a few numerical tests confirming the stability of the method and the optimality of the
indicators in space.
Key-words : Nonconforming approximation, heat equation, Stokes equations, a-posteriori
error indicators
Remerciements
Avant tout propos, je commence par témoigner à Dieu mes sincères gratitudes. Il a été
présent du début jusqu’à la fin de ce travail de maintes manières. Je Lui en sais gré.
Je remercie l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques (IMSP) de Dangbo pour
la formation de Master que j’ai reçu. je remercie également le Centre d’Excellence Africain
en Sciences Mathématiques et Applications (CEA-SMA) grâce à sa bourse j’ai pu subvenir à
mes besoins estudiantins.
Ce travail ne connaîtrait le jour sans l’assistance permanente de mes encadreurs. Il s’agit
de Monsieur Guy DEGLA (Enseignant à l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques
de Dangbo) et de Monsieur Wilfrid HOUEDANOU (Enseignant à la Faculté des Sciences et
Techniques de l’Université d’Abomey Calavi). La qualité de l’encadrement et de rigueur dont
ils ont fait montre ont rendu l’expérience vécue durant ce projet bénéfique pour moi. Qu’il
daigne bien recevoir mes chaleureux remerciements. Je remercie également Monsieur Jamal
ADETOLA pour ses apports stratégiques sur les tests numériques.
Durant tout mon cursus universitaire, j’ai eu à apprendre de beaucoup d’enseignants, en
particulier, de Monsieur Carlos OGOUYANDJOU (Directeur de l’Institut de Mathématiques
et de Sciences Physiques) et de Monsieur Joël TOSSA (Professeur à l’Institut de Mathéma-
tiques et de Sciences Physiques et responsable de la filière Mathématiques Fondamentales).
Je profite de ce canal pour les exprimer mes reconnaissances et admirations pour tout ce
qu’ils m’ont donné.
Je remercie Monsieur Henri DANDJINOU (Docteur en didactique des mathématiques et
Inspecteur de l’enseignement secondaire) pour son soutien et ses conseils pédagogiques. Je
remercie aussi mon oncle Monsieur Cyril HOUESSOU pour son soutien paternel et financier.
Je remercie Monsieur Gatien AYABA et Madame Marielle HOUNMENOU pour la lecture
de ce travail et leurs critiques littéraires.
Je termine ce creuset en remerciant tous mes proches et amis, particulièrement ma mère
madame Blandine HOUESSOU et tous ceux qui ont subi mes caprices pendant la période
couverte par ce travail.
Table des matières
Nomenclature 5
Introduction 8
Conclusion et perspectives 62
Bibliographie 63
L 1l oc (Ω) Ensemble des fonctions mesurables intégrables sur tout compact contenu dans Ω
f (t ) Pour une fonction f : Ω×]0, T [7−→ R, on pose f (t ) := f (·, t ) s’il n’y a pas d’ambiguïté
f (x) Pour une fonction f : Ω×]0, T [7−→ R, on pose f (x) := f (x, ·) s’il n’y a pas d’ambiguïté
E hi nt ou E ph
i nt
Ensemble des arêtes ou faces intérieures du maillage
ω
eK Ensemble des éléments partageant un nœud avec K
d
Longueur du multi-indice α = (α1 , . . . , αd ) ∈ Nd donnée par : |α| = αi
P
|α|
i =1
2 2
∆u ∆u(x, t ) = ∂ u(x,t )
∂x 12
+···+ ∂ u(x,t )
∂x d2
∂|α| ϕ(x)
∂α ϕ ∂α ϕ(x) = α α α
∂x 1 1 ∂x 2 2 ···∂x d d
NOMENCLATURE NOMENCLATURE
(
1 si n = m
δnm δnm =
0 sinon
k·k X Norme sur X
k·kL 2 (Ω) ou k·k ou k·kΩ Norme sur L 2 (Ω)
Motivation
Modèles étudiés
∂u
(x, t ) − ∆u(x, t ) = f (x, t ), ∀(x, t ) ∈ Ω×]0, T [,
∂t
où la fonction u : (x, t ) ∈ Ω×]0, T [−→ u(x, t ) ∈ R est son inconnue et représente la tempé-
rature dans le milieu Ω (avec Ω un ouvert de Rd ) sur l’intervalle de temps ]0, T [ avec (T un
réel strictement positif). La fonction f : (x, t ) ∈ Ω×]0, T [7−→ f (x, t ) ∈ R s’interprète comme le
terme source. En fait, cette équation est un cas particulier des équations de Stokes.
Les équations de Stokes sont bien connues en mécanique des fluides. Georges Gabriel
Stokes est un mathématicien et physicien britannique né le 13 août 1819 en Irlande et mort
le 1er février 1903. En 1841, il reçoit son baccalauréat avec la mention d’honneur et sous l’in-
fluence son professeur William Hopkins, il consacre ses études à l’étude des fluides visqueux.
Ses recherches sur les fluides visqueux lui ont permis d’établir les équations éponymes. Ces
équations s’énoncent comme suit :
ρ ∂u
(
∂t
(x, t ) − µ∆u(x, t ) + ∇p(x, t ) = f (x, t ), ∀(x, t ) ∈ Ω×]0, T [
,
divu(x, t ) = 0, ∀(x, t ) ∈ Ω×]0, T [
où les fonctions u : (x, t ) ∈ Ω×]0, T [−→ u(x, t ) ∈ Rd et p : (x, t ) ∈ Ω×]0, T [−→ p(x, t ) ∈ R
représentent respectivement la vitesse du fluide et la pression dans le fluide. La fonction
f : (x, t ) ∈ Ω×]0, T [−→ f (x, t ) ∈ Rd représente une force extérieure aux fluides. Les réels ρ et
µ représentent la masse volumique et le coefficient de viscosité dynamique respectivement.
9
La première équation énonce la conservation de la quantité de mouvement et la seconde
exprime l’incompressibilité 1 du fluide.
Avant d’entrer dans notre développement, il est important de préciser le but visé quant à
l’intérêt que nous accordons aux équations de la chaleur et de Stokes dans ce document.
Objectifs
Le but de ce travail est de développer une analyse d’erreur a-posteriori pour approcher le
problème de la chaleur. L’approche utilise un schéma d’Euler implicite en temps et d’une
méthode d’éléments finis non conformes en espace. On étend ensuite cette approche au
problème de Stokes. Pour atteindre notre objectif, nous allons suivre le plan suivant.
Plan du document
Dans le chapitre 1, nous exposons quelques notions de base et rappels pour favoriser une
bonne compréhension de ce document. Nous donnons quelques définitions et résultats sur
quelques espaces fonctionnels. Ensuite, nous donnons quelques notions élémentaires sur
les éléments finis. Et nous terminons ce premier chapitre avec quelques d’outils d’analyse
d’erreur.
Dans le chapitre 2, nous nous intéressons au problème de la chaleur. Nous écrivons une
formulation du problème discrète en utilisant un schéma d’Euler implicite en temps et la
méthode d’éléments finis de Crouzeix-Raviart en espace. Ensuite, nous définissons des indi-
cateurs d’erreur locaux en temps et en espace puis nous effectuons une analyse a-posteriori
en fonction de ces indicateurs. Ainsi des essais numériques pour confirmer nos analyses
théoriques bouclent ce chapitre.
Dans la chapitre 3, nous nous intéressons au problème de Stokes non stationnaire. Nous
étendons l’étude effectuée au chapitre précédent aux équations de Stokes. Nous donnons
une formulation variationnelle du problème et nous en déduisons une formulation discrète
en utilisant un schéma d’Euler implicite et la méthode d’éléments finis de Crouzeix-Raviart.
Et nous finissons en définissant des indicateurs d’erreur locaux pour une analyse a-posteriori
de l’erreur en temps, de l’erreur en espace et de l’erreur global.
1. Un fluide incompressible est un fluide dont le volume est considéré comme constant quelle que soit la
pression qu’il subit, tout fluide étant en réalité sensible à la pression. (Wikipédia)
10
Chapitre 1
Dans tout ce document, on rencontrera des espaces de Hilbert. Il est donc important de
ce fixer les idées à travers quelques définitions et résultats essentiels (voir [4] pour plus de
détails).
Definition 1.1
Soit H un espace vectoriel réel.
On appelle produit scalaire sur H toute forme bilinéaire a symétrique définie positive i.e
vérifiant
(a(u, u) ≥ 0, ∀u ∈ H ) et (a(u, u) > 0 si u 6= 0H ).
Proposition 1.1
Soit H un espace vectoriel réel muni d’un produit scalaire a.
Alors a vérifie l’inégalité dit de Cauchy-Schwartz donnée par :
p p
|a(u, v)| ≤ a(u, u) × a(v, v), ∀u, v ∈ H .
Proposition 1.2
Soit H un espace vectoriel réel muni d’un produit scalaire a.
p
Alors l’application k·ka : u 7−→ kuka = a(u, u) est une norme sur H (dite induite du produit
scalaire a).
Definition 1.2
On appelle espace de Hilbert tout espace vectoriel réel muni d’un produit scalaire a et qui
est complet pour la norme k·ka i.e toute suite de Cauchy converge pour la norme k·ka .
Nous donnons ici quelques exemples utiles pour dans la suite de ce travail.
Exemple 1.1
Soit d un entier supérieur ou égal à 1.
1. L’espace vectoriel Rd est un espace de Hilbert muni du produit scalaire euclidien défini
par :
d
u k v k , ∀u = (u 1 , . . . , u d ) ∈ Rd , ∀v = (v 1 , . . . , v d ) ∈ Rd .
X
u·v =
k=1
Espaces de Sobolev H m (Ω)
La norme induite de ce produit scalaire sera notée k·kL 2 (Ω) ou k·kΩ ou simplement k·k.
Definition 1.3 (Espace séparable)
Soit H un espace vectoriel normé réel.
On dit que H est séparable si H contient une partie au plus dénombrable et dense.
Definition 1.4 (Base hilbertienne)
Soit H un espace de Hilbert muni d’un produit scalaire 〈·, ·〉.
On appelle base hilbertienne de H une famille (e n )i ∈N d’éléments de H vérifiant :
1. Vect(e n )n∈N = H ;
2. ∀(n, m) ∈ N2 , 〈e n , e m 〉 = δnm .
Une famille (e n )n∈N de H vérifiant seulement la deuxième condition de cette définition est
appelée système orthonormé.
Proposition 1.3
Tout espace de Hilbert séparable admet une base hilbertienne.
Proposition 1.4 (Inégalité de Bessel)
Soit H un espace de Hilbert muni d’un système orthonormé (e n )n∈N .
Alors pour tout u ∈ H , la suite la suite (〈u, e n 〉)n∈N est de carré sommable et on a :
+∞
[〈u, e n 〉]2 ≤ kuk2 .
X
n=0
Les espaces de Sobolev offrent un cadre approprié à l’étude des équations aux dérivées par-
tielles. Nous rappelons ici quelques notions élémentaires utilisées couramment dans ce do-
cument (voir [14] pour plus de détails).
Soit Ω un ouvert de Rd et m ∈ N.
Definition 1.5
– On désigne par D(Ω) l’espace vectoriel des fonctions C ∞ à support compact contenu
dans Ω.
– Soit K ⊂⊂ Ω. On désigne par DK (Ω) l’espace vectoriel des fonctions C ∞ à support contenu
dans K .
sup ¯∂α u(x)¯, pour tous entier naturel m et K ⊂⊂ Ω.
X ¯ ¯
On pose : p K ,m (u) =
|α|≤m x∈K
Proposition 1.6
La famille (p K ,m )K ⊂⊂Ω,m∈N est une famille de semi-normes sur D(Ω) et la topologie de D(Ω)
est celle associée à cette famille de semi-normes.
Definition 1.6
On appelle distribution sur Ω toute forme linéaire T continue sur D(Ω) i.e
∀K ⊂⊂ Ω, ∃C K > 0, ∃m ∈ N, ∀φ ∈ DK (Ω), ¯〈T, φ〉¯ ≤ C K p K ,m (φ).
¯ ¯
Théorème-Définition 1.2
Soit T ∈ D 0 (Ω) et α ∈ Nd . La forme linéaire ∂α T définie par :
〈∂α T, ϕ〉 = (−1)|α| 〈T, ∂α ϕ〉, ∀ϕ ∈ D(Ω),
est une distribution sur Ω appelée dérivée partielle, au sens des distributions, de T .
Définitions et propriétés
Definition 1.7
On définit l’espace de Sobolev H m (Ω) par :
n o
H m (Ω) = v ∈ L 2 (Ω) : ∂α u ∈ L 2 (Ω), ∀α ∈ Nd , |α| ≤ m ,
Remarque.
On remarque que : D(Ω) ⊂ H m (Ω).
Proposition 1.7
L’espace de Sobolev H m (Ω) est un espace de Hilbert muni du produit scalaire donné par :
Definition 1.8
On désigne par H0m (Ω) l’adhérence de D(Ω) pour la norme de H m (Ω) associée au produit
scalaire (·, ·)H m (Ω) .
Inégalité de Poincaré
Théorème 1.2
Soit Ω un ouvert borné dans Rd .
Alors il existe une constante C Ω > 0 tel que :
Corollaire 1.1
Soit Ω un ouvert borné dans Rd .
L’application |·|H 1 (Ω) est une norme sur H01 (Ω) et une semi-norme sur H 1 (Ω).
0
=⇒ u = 0
Formules de Green
Proposition 1.8
Soit Ω un ouvert de à bord lipschitzienne Rd etu, v ∈ H 1 (Ω).
Alors pour tout i ∈ {1, 2, . . . , d } on a :
∂u ∂v
Z Z Z
v =− u + uvn i d σ,
Ω ∂x i Ω ∂x i ∂Ω
Théorème 1.3
Soit Ω un ouvert à bord lipschitzienne.
Pour toutes fonctions u ∈ H 2 (Ω) et v ∈ H 1 (Ω), on a :
Z Z Z
(∆u)v = (∇u · n)vd σ − ∇u · ∇v,
Ω ∂Ω Ω
où d σ est la mesure définie sur ∂Ω et n la normale extérieure à Ω sur ∂Ω.
Proposition 1.9
Soit Ω un ouvert borné de R2 , v ∈ H 2 (Ω) et w ∈ H 2 (Ω).
On a :
Z Z Z
∇v · rotw = vrotw · n = ∇v · t w,
Ω ∂Ω ∂Ω
où n = (n 1 , n 2 ) la normale
³ extérieure
´ à Ω sur ∂Ω, t = (−n 2 , n 1 ) désigne la tangente unitaire le
∂w ∂w
long de ∂Ω et rotw = ∂y , − ∂x .
Démonstration.
Z Z
1. Montrons que ∇v · rotw = vrotw · n.
ZΩ Z ∂Ω
∂v ∂w ∂v ∂w
Z
∇v · rotw = −
Ω Ω ∂x ∂y Ω ∂y ∂x
∂ w
2
∂w ∂2 w ∂w
Z Z Z Z
=− v + v n1 + v − v n2
Ω ∂x∂y ∂Ω ∂y Ω ∂y∂x ∂Ω ∂x
∂w ∂w ∂2 v ∂2 v
Z µ ¶
= n1 v −v n 2 car =
∂y ∂x ∂y∂x ∂y∂x
Z∂Ω
= v(rotw · n)
Z ∂Ω Z
2. Montrons que ∇v · rotw = ∇v · t w.
ZΩ Z ∂Ω
∂v ∂w ∂v ∂w
Z
∇v · rotw = −
Ω Ω ∂x ∂y Ω ∂y ∂x
∂ v
2
∂v ∂2 v ∂v
Z Z Z Z
=− w+ n2 w + − n1 w
Ω ∂y∂x ∂Ω ∂x Ω ∂x∂y ∂Ω ∂y
∂v ∂v ∂ v
2
∂ v
2
Z µ ¶
= w − n 1 w car =
∂x ∂y ∂y∂x ∂y∂x
Z∂Ω
= ∇v · t w avec t = (−n 2 , n 1 )
∂Ω
Proposition 1.10
Soit Ω un ouvert borné de R3 , v ∈ H 2 (Ω) et w ∈ H 2 (Ω)3 avec w = (w 1 , w 2 , w 3 ).
On a :
Z Z Z
∇v · rotw = vrotw · n = (∇v × n)w,
Ω ∂Ω ∂Ω
Dans cette section, nous énonçons quelques théorèmes essentiels utilisés pour justifier l’exis-
tence et l’unicité de solution d’un problème variationnel.
Le caractère bien posé d’un problème de la forme (1) est souvent vérifié grâce au lemme de
Lax-Milgram dont voici l’énoncé. Il généralise le théorème de représentation de Riesz.
Théorème 1.4
Soit H un espace de Hilbert, a une forme bilinéaire continue sur H × H et coercive sur H, et
f ∈ H 0.
Alors il existe un unique u ∈ H tel que : a(u, v) = f (v) pour tout v ∈ H .
Le théorème BNB est une généralisation du lemme de Lax-Milgram. Il s’énonce comme suit
(voir [6]).
Théorème 1.5
Soit V un espace de Banach et W un espace de Banach réflexif. Soit a ∈ L (V × W, R) une
forme bilinéaire et continue, f ∈ W 0 .
Alors le problème suivant :
(
Chercher u ∈ V tel que
a(u, w) = 〈 f , w〉W 0 ,W , ∀w ∈ W
admet une et une seule solution si et seulement si les deux conditions suivantes sont satis-
faites :
a(u, w)
∃α > 0, inf sup ≥ α; (1.1)
u∈V w∈W kvkV kwkW
Le théorème LBB est utilisé généralement pour démontrer le caractère bien posé de pro-
blèmes mixtes. Il s’énonce comme suit (voir [6]).
Théorème 1.6
Soient X et M deux espaces de Hilbert, f ∈ X 0 et g ∈ M 0 deux formes linéaires, a et b deux
formes bilinéaires continues sur X × M .
On suppose que la forme bilinéaire a est coercive sur X. Alors le problème suivant
Chercher (u, p) ∈ X × M tel que
a(u, v) + b(v, p) = f (v), ∀v ∈ X ,
b(u, q) = g (q), ∀q ∈ M .
admet une unique solution si et seulement si la forme bilinéaire b satisfait la condition dite
inf-sup suivante : il existe β > 0 tel que :
b(v, q)
inf sup ° ° ≥ β.
q∈M v∈X kvk X °q ° M
L’objet même de ce document repose sur les éléments finis. Nous donnons ici quelques no-
tions essentielles à une bonne compréhension de ce travail (voir [6] pour plus de détails).
Un domaine Ω de Rd est un ouvert borné et connexe dont le bord ∂Ω est lipschitzienne i.e
localement ∂Ω est le graphe d’une fonction lipschitzienne.
Les simplexes sont utilisés dans la construction de l’espace d’approximation en éléments
finis dans ce document. Fixons les idées à travers une définition.
dont les sommets ont pour coordonnées cartésiennes (0; 0; · · · ; 0), (1; 0; · · · ; 0), . . ., (0; 0; · · · ; 1).
Exemple 1.2
1. En dimension 2, un simplexe est un triangle.
2. En dimension 3, un simplexe est un tétraèdre.
Definition 1.10
Soit K un simplexe de Rd de sommets s 0 , s 1 ,. . ., s d .
On appelle coordonnées barycentriques sur K les fonctions λ0 , λ1 , . . . , λd définies par :
λi : Rd −→ R
(x − s i ) · n i ,
x 7−→ 1 −
(s j − s i ) · n i
où s j est l’un des sommets de K situés sur la face F i et n i est la normale extérieure à K sur F i
(voir figure 1.1).
Remarque.
Pour tous i , j ∈ {0, 1, . . . , d }, on a : λi (s j ) = δi j .
Proposition 1.11
Soit K un simplexe de Rd de sommets s 0 , s 1 ,. . ., s d .
Les coordonnées barycentriques satisfont les propriétés suivantes :
1. pour tout x ∈ K , on a : 0 ≤ λi (x) ≤ 1 ;
2. pour tout x ∈ Rd , on a :
d d
λi (x) = 1 et x = λi (x)s i .
X X
i =0 i =0
1. Une telle famille est appelé repère de l’espace affine de Rd .
2. Le plus petit convexe contenant {s 0 , s 1 , . . . , s d }.
s1 n0
K s2
s0
1.4.2 Maillage
Definition 1.11
Un maillage d’un domaine Ω est une famille {K m }1≤m≤Nma de sous-ensembles de Ω dits
mailles ou cellules du maillage telle que :
NS
ma
1. Ω = Km ;
m=1
2. K̊ m ∩ K̊ n = { }, ∀m 6= n.
On pose : h K m = diam(K m ) et h = max hKm .
1≤m≤Nma
Exemple 1.3
1. En une dimension d’espace, un maillage de l’intervalle [0, 1] est la famille des n inter-
valles [h(k − 1), hk], avec 1 ≤ k ≤ n et hn = 1.
0 h 2h 3h 4h 5h 6h 7h 8h 9h 10h
tK
Kb
F IGURE 1.3
Remarque.
Un maillage est généré à partir d’une maille de référence Kb et d’une famille de transforma-
tions géométriques {t K }K ∈Th envoyant Kb dans les cellules du maillage (voir 1.3b).
Definition 1.12
Un maillage est dit conforme si l’intersection de deux mailles est soit vide, soit un sommet,
soit une arête, soit une face (voir figure 1.4).
Definition 1.13
Une famille de maillages {Th }h>0 est dite régulière s’il existe c > 0 tel que :
hK
≤ c, ∀K ∈ Th , ∀h > 0,
ρK
ρKm
hKm
F
K1 nF K2
Soit v une fonction à valeurs réelles définie localement sur chaque maille et F ∈ E hi nt . Alors
il existe deux mailles K 1 et K 2 ayant F en commun. Soit n F la normale extérieure à K 1 sur la
face F (voir figure 1.6).
Le saut de la fonction v à travers l’arête ou la face F au point x est défini par (voir [10]) :
Definition 1.14
Un élément fini est un triplet {K , P, Σ} où :
1. K est une partie compacte, connexe, d’intérieur non-vide de Rd dont la frontière est lip-
schitzienne (par exemple, un intervalle en dimension 1, un polygone en dimension 2 ou
un polyèdre en dimension 3) ;
2. P est un espace vectoriel de fonctions (en général polynomiales) p : K 7−→ Rµ où µ est un
entier naturel non nul ;
3. Σ est un ensemble de n f formes linéaires σ1 , . . . , σn f agissant sur les éléments de P et tel
que l’application linéaire
P −→ Rn f
p 7−→ (σ1 (p), . . . , σn f (p))
Exemple 1.4
En une dimension d’espace, le triplet {[0, 1], Pk , Σ} est un élément fini dite de Lagrange, Σ
étant l’ensemble des polynômes d’interpolation de Lagrange L 0k , . . . , L kk associés aux nœuds
t i = i k pour tout i ∈ {1, 2, . . . , k}.
Un élément fini {K , P, Σ} étant donné, on peut approcher certaines fonctions par des élé-
ments de P définis sur K. La définition suivante nous dit comment faire.
Definition 1.15
Soit {K , P, Σ} un élément fini.
L’opérateur d’interpolation local IK est défini par :
IK : V (K ) −→ P
nf
,
σi (v)θi
X
v 7−→
i =1
Proposition 1.13
θK ,i = ψ−1
K (θi ).
b
Wh = v h ∈ L 2 (Ωh ), ∀K ∈ Th , v h |K ∈ Pk .
© ª
Ih : D(Ih ) −→ Wh
à !
n ,
σK ,i (v |K )θK ,i 1K
X X
v 7−→
K ∈Th i =1
On introduit les versions discrètes des opérateurs gradient et divergence définis sur P tkd ,h de
la manière suivante :
h id
∇h : P tkd ,h −→ P tk−1
d ,h
Soit K un simplexe de Rd et (σi )0≤k≤d une suite finie de formes linéaires sur P1 définie par :
1
Z
∀p ∈ P1 , σi (p) = p
mes(F i ) Fi
Proposition 1.14
La famille Σ est une base du dual topologique de P1 .
On désigne par (θi )0≤k≤d la base duale de la base Σ. On a alors :
∀i , j ∈ {0, 1, . . . , d }, σi (θ j ) = δi j .
Théorème-Définition 1.3
Le triplet {K , P1 , Σ} est un élément fini appelé élément fini de Crouzeix-Raviart.
Dans cette sous-section, on considère des maillages dont les mailles sont des simplexes.
Proposition 1.15
Soit {K , P1 , Σ} un élément fini de Crouzeix-Raviart.
L’opérateur d’interpolation local de Crouzeix-Raviart est noté IKC R et défini par :
IKC R : L 2 (K ) −→ P1
dX
+1 µ 1
Z ¶
v 7−→ v θi
i =1 mes(F i ) Fi
1
γF : P pt ,h −→ R
1
Z .
v h 7−→ vh
mes(F ) F
Proposition 1.16
1
La famille (ϕF )F ∈Fh forme une base de P pt ,h
et la famille (γF )F ∈Fh est une base de L (P pt
1
,h
, R).
Proposition 1.17
L’opérateur d’interpolation de Crouzeix-Raviart est défini comme suit :
IhC R : L 2 (Ωh ) −→ P pt
1
,h
µ ¶
1 .
Z
v ϕF
X
v 7−→
F ∈Fh mes(F ) F
Proposition 1.18
Soit b i l’isobarycentre d’une face F i de K.
Alors pour tous i , j ∈ {0, 1, . . . , d }, on a : θi (b j ) = δi j .
Remarque.
Dans la méthode des éléments finis de Crouzeix-Raviart, les degrés de liberté sont associés
aux isobarycentres des sommets de chaque face du maillage.
Vh = {v ∈ H 1 (Ω) : v h |K ∈ P1 , ∀K ∈ Th }
.
Vh0 = Vh ∩ H01 (Ω)
Definition 1.18
– L’opérateur d’interpolation de Clément sur Yh est noté IC et défini comme suit :
IC : Yh −→ Vh
µZ ¶
−1 .
v λx
X
v 7−→ |ωx |
x∈Nh ωx
– L’opérateur d’interpolation de Clément sur Yh0 est noté IC0 et défini comme suit :
IC0 : Yh −→ Vh
µZ ¶
−1
v λx .
X
v 7−→ |ωx |
x∈Nhi nt ωx
Proposition 1.20
Les fonctions bulles vérifient les propriétés suivantes :
1. ϕK = 0 sur ∂K ;
2. b F =°0 sur ∂WF ;
°ϕK ° ∞ = kb F kL ∞ (W ) = 1 ;
°
3. L (K ) E
4. 0 ≤ ϕK ≤ 1 ;
5. 0 ≤ b F ≤ 1.
1. °v K ϕ1/2
° °
° 2 ∼ kv K kK ;
K L°(K )
2. °∇(v K ϕK )°L 2 (K ) . h K−1 kv K kL 2 (K ) ;
°
3. kv E k 2 ∼ °ϕ1/2 v E ° 2 .
° °
L (E ) E L (E )
Proposition 2.1
Le problème (2.1) est équivalent à
(
(∂t u(t ), v) + (∇u(t ), ∇v) = 〈 f (t ), v〉, ∀v ∈ H01 (Ω), ∀t ∈]0, T [
. (2.2)
u(x, 0) = u 0 (x), ∀x ∈ Ω
Démonstration.
∂t u(x, t )v(x) − ∆u(x, t )v(x) = f (x, t )v(x), ∀v ∈ H0 (Ω)
1
(2.1) ⇐⇒ u(x, t ) = 0∀x ∈ Γ, ∀t ∈]0, T [
u(x, 0) = u (x), ∀x ∈ Ω
0
R
∂ ∆u(x, 1
R R
Ω t u(x, t )v(x) − Ω t )v(x) = Ω f (x, t )v(x), ∀v ∈ H0 (Ω)
(2.1) ⇐⇒ u(·, t ) = 0 sur Γ, ∀t ∈]0, T [
u(x, 0) = u (x), ∀x ∈ Ω
0
(R
∂ 1
R
Ω t u(x, t )v(x) + Ω ∇u(x, t ) · ∇v(x) = 〈 f (t ), v〉, ∀v ∈ H0 (Ω)
⇐⇒
u(x, 0) = u 0 (x), ∀x ∈ Ω
Lemme 2.1
Si u est une solution du problème (2.1), alors l’estimation suivante est vraie.
Z t Z t
ku(t )k2L 2 (Ω) + k∇u(s)k2L 2 (Ω) d s . ku 0 k2L 2 (Ω) + ° f (s)°2 −1
° °
H (Ω) , ∀t ∈]0, T [ (2.3)
0 0
Comme f (t ) ∈ H −1 (Ω), on a :
1 d
ku(t )k2L 2 (Ω) + k∇u(t )k2L 2 (Ω)d ≤ ° f (t )°H −1 (Ω) ku(t )kL 2 (Ω) .
° °
2 dt
1 d 1 °2
ku(t )k2L 2 (Ω) + k∇u(t )k2L 2 (Ω)d ≤ 2 ° f (t )°H −1 (Ω) .
°
2 dt 2
En intégrant cette relation sur l’intervalle [0, t ], on obtient : (2.3).
Lemme 2.2
Le problème (2.1) admet de solution dans L 2 0, T ; H01 (Ω) ∩C [0, T ]; L 2 (Ω) .
¡ ¢ ¡ ¢
Lemme 2.3
La solution du problème (2.1) est unique.
Démonstration. Soit u 1 et u 2 deux solutions du problème (2.1). Alors u 1 −u 2 est une solution
du problème (2.1) avec f = 0 et u 0 = 0. Donc l’estimation (2.3) est vraie et pour tout t ∈]0, T [,
on a :
Z t
ku 1 (·, t ) − u 2 (·, t )k2L 2 (Ω) + k∇u 1 (·, s) − ∇u 2 (·, s)k2L 2 (Ω)d d s ≤ 0.
0
Proposition 2.2
Le problème (2.2) admet une unique solution faible u dans L 2 0, T ; H01 (Ω) ∩C [0, T ]; L 2 (Ω) .
¡ ¢ ¡ ¢
On subdivise l’intervalle [0, T ] en N intervalles [t p−1 , t p ] pour tout p ∈ {1, 2, . . . , N } tels que :
t 0 = 0 et t N = T . On pose τp = t p − t p−1 pour p ∈ {1, 2, . . . , N }.
On pose f p = f (·, t p ) pour tout p ∈ {0, 1, . . . , N }.
On utilise un schéma d’Euler implicite pour approcher la dérivée ∂u ∂t
(·, t p ) par :
Pour chaque p ∈ {0, 1, . . . , N }, on désigne par (T ph )h>0 une famille régulière de maillages
conformes sur Ω dont les éléments sont des simplexes de Rd (par exemple, triangle en di-
mension 2, un tétraèdre en dimension 3). C’est-à-dire qu’il existe une constante σ > 0 indé-
pendante de p et h p telle que :
hK
≤ σ, ∀K ∈ T ph , ∀h p > 0
ρK
avec h K le diamètre de l’élément K et ρ K le diamètre de la plus grande boule contenue dans
K et h p = max h K .
K ∈T ph
Proposition 2.5
0 0
L’application v ∈ X ph 7−→ kvk X 0 est une norme sur X ph .
ph
≤ ku h k X 0 kv h k X 0 + τp
X
k∇u h kL 2 (Ω)d k∇v h kL 2 (Ω)d
ph ph
K ∈T ph
à !1/2 à !1/2
≤ ku h k X 0 kv h k X 0 + τp k∇u h k2L 2 (Ω)d τp k∇v h k2L 2 (Ω)d
X X
ph ph
K ∈T ph K ∈T ph
≤ 2 ku h k X 0 kv h k X 0
ph ph
p
Donc ah
est continue.
p 0
– a h est coercice. En effet, pour tout u h ∈ X ph , on a : a(u h , u h ) = ku h k2 0 .
X ph
Soient a et b deux réels et X un espace vectoriel normé de fonctions définies sur Ω muni
d’une norme notée k·k X . Pour tout v ∈ L 2 (a, b; X ), on pose :
µZ b ¶1/2
kvkL 2 (a,b;X ) = kv(·, t )k2X d t .
a
Proposition 2.8
L’application v ∈ L 2 (a, b; X ) 7−→ kvkL 2 (a,b;X ) est une norme sur L 2 (a, b; X ).
Dans la suite de ce travail, cette norme intervient dans nos estimations d’erreur.
Definition 2.1
On définit l’erreur en temps par : e τ = u − u τ .
Proposition 2.9
Le résidu de la solution approchée u τ du problème semi-discret (2.4) en temps est donné
pour tout v ∈ H01 (Ω), pour presque tout t ∈]t p−1 , t p [ par
Remarque.
t p −s
– Pour tout s ∈ [t p−1 , t p ], on a : u p − u τ (s) = τp (u
p
− u p−1 ).
p p−1
– Pour tout p ∈ {1, 2, . . . , N }, les solutions u h et u h sont obtenues par éléments finis res-
p p−1
pectivement à l’aide des maillages T ph et T p−1,h ; ainsi la différence u h − u h a lieu dans
L 2 (Ω) et est vu comme une fonction affine par morceaux définie sur T ph ∩ T p−1,h , inter-
section des éléments de T ph et de T p−1,h .
Definition 2.2
On définit les indicateurs d’erreurs locaux par :
° °
p p p−1 °
η t = τ1/2 (u − u )° , ∀p ∈ {1, 2, . . . , N }.
°
p °∇h h h
p
Nous allons montrer que les η t ainsi définis sont bien des indicateurs d’erreurs en temps à
travers le résultat suivant.
Théorème 2.1
Pour tout n ∈ {1, . . . , N }, on a :
Z tn n Z tn
2 2 p 2 °2
k∇h (u τ − u hτ )(s)k2 + ° f − πτ f °L 2 (0,tn ;H −1 (Ω))
X °
ke τ (t n )k + k∇e τ (s)k d s . (η t ) +
0 p=1 0
(2.8)
1 d
ke τ (t )k2 + k∇e τ (t )k2 . ° f (t ) − f p °H −1 (Ω) k∇e τ (t )k + °∇(u p − u τ (t ))° k∇e τ (t )k .
° ° ° °
2 dt
En utilisant le fait qu’on ait 4ab ≤ 4a 2 + 41 b 2 pour deux réels a et b, on obtient :
1 d 1 ³° °2 °2 ´
ke τ (t )k2 + k∇e τ (t )k2 . 4 ° f (t ) − f p °H −1 (Ω) + °∇(u p − u τ (t ))°
°
2 dt 2
d ³° °2 °2 ´
ke τ (t )k2 + k∇e τ (t )k2 . ° f (t ) − f p °H −1 (Ω) + °∇(u p − u τ (t ))°
°
dt
On intègre sur [0, t n ] et on obtient :
Z tn tn Z tp
°∇(u p − u τ (s))°2 d s + ° f − πτ f ° 2
X ° ° ° °
ke τ (t n )k + k∇e τ (s)k d s . L (0,t n ;H −1 (Ω)) (2.9)
0 p=1 t p−1
t p −s
Par définition de u τ , on a : (u p − u τ )(s) = τp (u
p
− u p−1 ) et on a :
tp τ °
Z
°∇(u p − u τ )(s)°2 d s = p °∇(u p − u p−1 )°2 .
° ° °
t p−1 3
Par inégalité triangulaire, on a :
° °
τ1/2 °∇(u p − u p−1 )° ≤ ηp + τ1/2 °∇h (u p − u p )° + τ1/2 ° p−1 p−1 °
° ° ° °
p t p h p °u − u h
°
En élevant chaque membre de cette inégalité au carré et en utilisant le fait que : 2ab ≤ a 2 +b 2
pour deux réels a et b, on obtient :
p−1 °2
° °
p p−1 °2 p 2 p p ° 2 ° p−1
τp ∇(u − u ) ≤ (η t ) + τp ∇h (u − u h ) + τp °u
° ° °
° ° ° − uh ° . (2.10)
tp − s 2 °
µ ¶ °2 µ s − t ¶2
p−1
p−1 °u − u p °2
° °2 p−1
° p °
°(u τ − u h )(s)° = °
− uh ° +
°
τ
τp τp h
°u
tp τ ° p−1
Z
p−1 °2 °(u τ − u h )(s)°2 d s + p °
° ° °
° p−1 ° p p° 2 p−1 ° ° p°
τp °u − u h ° + τp u − u h ≤ − u h ° °u p − u h °
° °
τ
° ° °u
t p−1 3
°2
Z tp
p °(u τ − u h )(s)°2 d s.
τp °∇(u p − u p−1 )° . (η t )2 +
° ° °
τ
t p−1
La quantité k∂t e τ k2L 2 (0,t −1 (Ω)) est aussi majorée par le même membre de droite de (2.8).
n ;H
Corollaire 2.1
Pour tout n ∈ {1, . . . , N }, on a :
n Z tn
p °2
k∂t e τ k2L 2 (0,t (η t )2 + k∇h (u τ − u hτ )(s)k2 d s + ° f − πτ f °L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) (2.12)
X °
−1
n ;H (Ω))
.
p=1 0
Théorème 2.2
Pour tout p ∈ {1, . . . , N }, on a :
p
η t . k∇h e τ kL 2 (t p−1 ,t p ;L 2 (Ω)) + k∂t e τ kL 2 (t p−1 ,t p ;H −1 (Ω))
h° ¡ ¢° ° ³ p−1 ´° i
+ τ1/2 °∇h u p − u p ° + ° p−1 ° °
π
°
p h
°∇ h u − u h
° + ° f − τ f °
L 2 (t p−1 ,t p ;H −1 (Ω)) . (2.13)
p
³° ° ° °´
η t ≤ τ1/2 °∇(u p − u p−1 )° + °∇h (u p − u p )° + ° p−1 p−1 °
° °
p h
°∇h (u − u h
)° . (2.14)
tp τ °
Z
°∇(u p − u τ )(s)°2 d s = p °∇(u p − u p−1 )°2 .
° ° °
Or on a :
t p−1 3
p
En prenant v = u − u τ (t ) dans (2.7), on obtient :
°2
(∂t e τ (t ), u p − u τ (t )) + (∇e τ (t ), ∇(u p − u τ (t ))) = ( f (t ) − f p , u p − u τ (t )) + °u p − u τ (t )°
°
D’où
³ τp ´1/2 °
°∇(u p − u p )° . k∂t e τ k 2
L (t p−1 ,t p ;H −1 (Ω)) + k∇h e τ kL 2 (t p−1 ,t p ;L 2 (Ω)) + f − πτ f L 2 (0,t n ;H −1 (Ω)) .
° ° °
° °
3 h
Definition 2.3
p
On définit l’erreur en espace par : e p = u p − u h .
Proposition 2.10 (Relation d’orthogonalité de Galerkin)
0
– Pour tous p ∈ {1, . . . , N }, v h ∈ X ph ∩ H01 (Ω), on a :
p
a p (u p − u h , v h ) = 0. (2.15)
à p p−1 !
p p p
Z
p−1 p−1 X Z p
uh − uh
a (u − u h , v) = (u − u h )(v − v h ) + τp f − (v − v h )
Ω K ∈T ph K τp
X X Z p
− ∇h u h · n E (v − v h ) (2.16)
K ∈T ph E ∈E K E
Démonstration.
0
– Soit p ∈ {1, . . . , N } et v h ∈ X ph ∩ H01 (Ω).
p p p
On a u p −u h ∈ L 2 (Ω) et a p (u p −u h , v) = a p (u p , v h )−a p (u h , v h ). En utilisant (2.5) et (2.6),
p
on obtient : a p (u p − u h , v h ) = 0.
– Soit p ∈ {1, . . . , N }, v ∈ H01 (Ω) et v h ∈ X ph
0
. De l’égalité (2.15), on a :
p p
a p (u p − u h , v) = a p (u p − u h , v − v h )
p
= b p (v − v h ) − a p (u h , v − v h )
Z Z Z X Z
p−1 p p p
= u (v − v h ) + τp f (v − v h ) − u h (v − v h ) − τp ∇h u h ∇(v − v h )
Ω Ω Ω K ∈T ph K
à p p−1 !
Z
p−1 X Z uh − uh p
= (u p−1 − u h )(v − v h ) + τp fp− + ∆u h (v − v h )
Ω K ∈T ph K τp
X Z p
− ∇h u h · n K (v − v h )
K ∈T ph ∂K
à p p−1 !
p
Z
p−1 X Z uh − uh p
a p (u p − u h , v) = (u p−1 − u h )(v − v h ) + τp fp− + ∆u h (v − v h )
Ω K ∈T ph K τp
X X Z p
− ∇h u h · n E (v − v h )
K ∈T ph E ∈E K E
p
Ce qui conduit à (2.16) puisque ∆u h = 0.
Definition 2.5
On définit :
p
– les erreurs d’approximation locales de f p par f h comme suit :
p p°
ξK = h K ° f p − f h °L 2 (K )
°
p
– les erreurs d’approximation globales de f p par f h comme suit :
à !1/2
p p
ξ = (ξK )2
X
K ∈T ph
p
avec f h une approximation de f p définie par :
1
Z
p
( f h )|K = f p , ∀K ∈ T ph .
mesK K
p
Nous montrons que les η K sont effectivement des indicateurs d’erreurs en espace à travers
le résultat suivant.
Théorème 2.3
Pour tout n ∈ {1, . . . , N }, on a :
n
° n °2 X °2 Xn ° °2 X n
τp °∇h e p ° . max{h p2 , τp }(ηp )2 + °e 0 ° + τp (ξp )2 ,
°
°e ° +
p=1 p=1 p=1
avec h p = max h K .
K ∈T ph
Corollaire 2.2
Pour tout n ∈ {1, . . . , N }, on a :
n n
°∂t (u τ − u h )°2 2 p 2 ° 0 °2 ° 0 °2
2
τ τp (ξp )2 .
° ° X ° ° ° ° X
τ L (0,t n ;H (Ω))
−1 . max{h p , p }(η ) + e + ∇h e +
p=1 p=1
Démonstration.
Par définition, on a :
Z tn
°∂t (u τ − u h )°2 2 °∂t (u τ − u h )(t )°2 −1 d t ,
° ° ° °
τ L (0,t n ;H −1 (Ω)) = τ H (Ω)
0
¯(∂t (u τ − u h )(t ), v)¯ .
¯ ¯
°∂t (u τ − u h )(t )° −1 = sup
° ° τ
τ H (Ω)
v∈H 1 (Ω) k∇vk
0
p p−1
p
−u p−1 u h −u h
On a : ∂t u τ (t ) = u τp et ∂t u h τ (t ) = τp donc on a :
e p − e p−1
∂t (u τ (t ) − u h τ )(t ) = , ∀t ∈ (t p−1 , t p ).
τp
0
De la relation (2.16), pour v h ∈ Vph on a :
à p p−1 !
uh − uh
(e p , v) + τp (∇h e p , ∇v) = (e p−1 , v − v h ) + τp f p − , v − vh .
τp
Ce qui est encore équivalent à ceci :
à p p−1 !
e p − e p−1 u − u
µ ¶
1 p−1
, v = − (e , vh ) + f p − h h
, v − v h + (∇h e p , ∇v).
τp τp τp
à p p−1 !
p
uh − uh
(∂t (u τ − u h τ )(t ), v) = f − , v − v h − (∇h e p , ∇v).
τp
Donc ° p p−1 °
¯ ° u − u °
¯(∂t (u τ − u h )(t ), v)¯ ≤ ° f p − h h
° kv − v h k + °∇h e p ° k∇vk
¯ ° ° ° °
τ
° τp °
p
≤ h K−1 η K kv − v h k + °∇h e p ° k∇vk , ∀K ∈ T ph
° °
p Z tk p p ° °2
°∂t (u τ − u h )(t )°2 −1 . τ k 2
τ k°
X ° ° X X
(η ) + e
h ° .
°
τ H (Ω) k k °∇
k=1 t k−1 k=1 k=1
Afin d’établir une minoration des indicateurs d’erreurs en espace, nous énonçons le lemme
suivant.
Lemme 2.5
Soit v ∈ H01 (Ω) et ϕ ∈ H 1 (Ω). Alors on a :
Z Ã p p−1 !
e p − e p−1 u − u
Z X Z Z
p p
∇h e p · (∇v + rotϕ) = ( f p − f h )v + fh − h h
X
v+ v
Ω τp K ∈T ph K Ω K ∈T ph K τ p
X Z ³ p p
´
+ J E ,n v + J E ,t ϕ
E ∈E ph E
∂ϕ ∂ϕ
³ ´
avec rotϕ = ∂ y , − ∂x .
p
Comme e p = u p − u h , on a :
X Z p
Z
p
X Z p
∇h e · rotϕ = ∇h e · rotϕ − ∇h u h · rotϕ
K ∈T ph K Ω K ∈T ph K
Z X Z p
= u p rotv · n − ∇u h · t K ϕ d’après la prop. 1.9
∂Ω K ∈T ph ∂Ω
X Z p
∇u h · t E ϕ car u p ∈ H01 (Ω)
X
=−
K ∈T ph E ∈E K ∂E
X Z p
= J E ,t ϕ
E ∈E ph ∂E
2. Montrons que :
à p p−1 !
X Z p
X Z p
uh − uh X Z p
∇h e · ∇v = f − v+ J E ,n v.
K ∈T ph K K ∈T ph K τp E ∈E ph E
X Z Z X Z p
∇h e p · ∇v = ∇v · ∇v + ∇u h · ∇v
K ∈T ph K Ω K ∈T ph K
Z Ã p p−1 !
uh − uh
µZ Z ¶
p p p
∆u h v
X
= f − v+ − n E · ∇u h v
Ω τp K ∈T ph K ∂K
Z Ã p p−1 !
p
uh − uh X X Z p 0 p
= f − v+ n E · ∇u h v car u h ∈ X ph
Ω τp K ∈T ph E ∈E K E
Z Ã p p−1 !
p
uh − uh X Z p
= f − v+ J E ,n v
Ω τp E ∈E ph E
3. Montrons que :
e p − e p−1
Z X Z
v= ∇h e p · ∇v.
Ω τp K ∈T ph K
p p−1
e p − e p−1 u p − u p−1 X Z uK − uK
Z Z
v= −
Ω τp Ω τp K ∈T ph K τp
Z Z Z
p p p
∇ · u h ∇v − f p v
¡ ¢ X
= −∇u · ∇v f v +
Ω K ∈T ph K Ω
X Z
=− ∇e p · ∇v
K ∈T ph K
On a le résultat suivant.
Théorème 2.4
On suppose que pour tout p ∈ {1, . . . , N }, il existe un triangulation Teph tel que chaque élément
de T p−1,h ou de T ph s’écrit comme réunion d’éléments Ke de Teph vérifiant : h K ∼ h Ke .
Alors on a :
° p
° e − e p−1 °
°
p p
ηK + °∇h e p °ωK + ξK .
° °
. hK °
° °
τ °
p ωK
Démonstration.
– Estimons l’élément résiduel.
Pour K arbitrairement fixé dans Teph , on pose
à p p−1 !
p p uh − uh p p
rK = fh −
τp ¯ et w K = ϕK r K ,
¯
K
p
On prend v = w K et ϕ = 0 dans le lemme 2.5, et on obtient :
e p − e p−1 p
Z Z Z Z
p p p p p p p
wK + ∇h e · ∇w K = (f − f h )w K + rK wK .
K τp K K K
Donc on a :
e p − e p−1 p
Z Z Z Z
p p p p p p
rK wK = wK + ∇h e · ∇w K − ( f p − f h )w K
K K τp K K
p p−1
e −e
Z Z Z Z
¡ p 1/2 ¢2 p p p p
r K ϕK = wK + ∇h e p · ∇w K − ( f p − f h )w K .
K K τp K K
¡ p 1/2 ¢2 ° e p − e p−1 ° °
Z ° °
r K ϕK ° °ϕK r p ° + °∇h e p · ∇(ϕK r p )° + ° f p − f p ° °ϕK r p °
° ° ° ° °° °
≤°
°
K τp ° K K h K
Donc
° p p−1 °
°r ° 2 ≤ h K ° e − e
° p°
° + °∇h e p ° + h K ° f p − f p °
° ° ° ° ° °
(2.18)
K L (K ) ° τp ° h
D’où
p
h E1/2 J E ,t . °∇h e p °L 2 (ωE )d .
° °
(2.20)
– Estimons la composante normale du saut de gradient.
p p
Pour une arête E ∈ E ph , on pose : w E = b E J E ,n où b E est la fonction bulle associée à
l’arête E.
Z ³
° p °2
° ° ´2
p
Par une formule inverse, on a : °J E ,n ° ∼ J E ,n b E1/2 .
E
p
On prend v = w E et ϕ = 0 dans le lemme 2.5, on a :
à p p−1 !
e p − e p−1 p uh − uh
Z Z Z XZ Z
p p p p p p p p
wE + ∇h e ·∇w E = (f − f h )w E + fh − + J E ,n w E .
ωE τp ωE ωE ωE K τp E
Donc
¶ Z Ã p p−1 !
e p − e p−1 p u − u
Z Z µ
p p p p p p p
J E ,n w E= w E + ∇h e p · ∇w E − ( f p − f h )w E − fh − h h
wE
E ωE τp ωE τp
´2 Z µ e p − e p−1
à p p−1 !
uh − uh
Z ³ ¶ Z
p 1/2 p p p p p p p p
J E ,n b E = w E + ∇h e · ∇w E − ( f − f h )w E − fh − wE
E ωE τp ωE τp
En utilisant l’inégalité Cauchy-Schwartz et les formules inverses, on obtient :
° p p−1 °
° p °2 1/2 ° e − e
° ° °° ° °° ° ° °
° p ° −1/2 °
° p°° p ° 1/2 ° p
° p° ° p °
°J E ,n ° . h E ° °° + h E ∇h e + h E f − f °
τp ° E ,n E ,n h E ,n °
°J ° °J ° °J
° p p−1 ° °
°
1/2 ° p
uh − uh ° °° p °
°
+ hE ° f h −
τp
° °J E ,n °
° °
D’où on a :
° p p−1 °
° p p−1 °
°
°
° p °
° e − e ° u − u
h E1/2 °J E ,n ° . h E ° ° + °∇h e p ° + h 1/2 ° f p − f p ° + h 1/2 ° p
f − h
° ° ° ° ° ° °
E E °
τp h ° h τp
° ° °
°
Le résultat suivant s’interprète comme une propriété d’optimalité des indicateurs d’erreur
en espace.
Corollaire 2.3
Sous les hypothèses du théorème 2.4, pour tout p ∈ {1, . . . , N }, on a :
°2 °2
(ηp )2 . °∂t (u τ − u h τ )°H −1 (Ω) + °∇h e p ° + (ξp )2 .
° °
(2.21)
p
−e p−1
Démonstration. On sait que : ∂t (u τ − u h τ )(t ) = e τp pour tout t ∈]t p−1 , t p [.
e p −e p−1
On a besoin de remplacer la norme locale L 2 de τp
par sa norme globale H −1 (Ω) dans
p
la preuve ci-dessus. Pour cela, on prend ϕ = 0 et v = h 2e r e ϕKe dans le lemme 2.5, et on
P
K K
Ke ∈Teph
utilise l’hypothèse sur les mailles pour écrire :
° p °2 ³° °´
h K2 °r K °K . °∂t (u τ − u h τ )°H −1 (Ω) + °∇h e p ° k∇vk + ° f − f p ° kvkK .
X ° ° X ° p °
h K
(2.22)
K ∈T ph K ∈T ph
° p °2 ° °2 °2
h K2 °r K °K . °∂t (u τ − u h τ )°H −1 (Ω) + °∇h e p ° + (ξp )2 .
X °
K ∈T ph
p
De manière similaire, en prenant ϕ = 0 et v =
P
h E J E ,n b E dans le lemme 2.5, on obtient
i nt
E ∈E ph
pour la composante normale de saut de gradient ceci :
° p °2 °
° ° °2
h E °J E ,n ° . °∂t (u τ − u h τ )°H −1 (Ω)2 + °∇h e p ° + (ξp )2 .
X ° °
(2.23)
i nt E
E ∈E ph
Definition 2.6
Pour tout p ∈ {1, . . . , N }, on définit l’erreur globale au temps t n par :
µ Z tn ¶
n °2 °
2
°2 2
E (t n ) = u(t n ) − u h + ∂t (u − u h τ ) L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) +
° ° °
° ° k∇h (u − u τ )(s)k d s
0
µ Z tn ¶
n °2 °
° n °2 °2
+ u − u h + ∂t (u τ − u h τ ) L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) +
° ° °
° ° ° ∇h (u τ − u h τ )(s) d s .
°
0
Théorème 2.5
– Pour tout n ∈ {1, . . . , N }, on a :
n h i ° n ° °2 ° °2
p °2
2
(η t )2 + max{h p2 , τp }(ηp )2 +° f − πτ f °L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) + τp (ξp )2 +°e 0 ° +°∇h e 0 ° .
X X
E (t n ) .
p=1 p=1
n £ n
p °2
(η t )2 + τp u(ηp )2 . E (t n )2 + ° f − πτ f °L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) + τp (ξp )2 .
X ¤ ° X
p=1 p=1
Démonstration.
°∇h (u τ − u h )° ≤ °e p ° + °e p−1 °
° ° ° ° ° °
τ
°∇h (u τ − u h )°2 . °∇h e p °2 + °∇h e p−1 °2
° ° ° ° ° °
τ
Dans cette dernière inégalité, on a utilisé le fait que 2ab ≤ a 2 + b 2 pour deux réels a et b.
En intégrant cette dernière inégalité sur [t p−1 , t p ] et en faisant la somme, on obtient :
Z tn n
°∇h (u τ − u h )°2 ≤ °∇h e n ° +
°2
τp °∇h e p ° .
° ° ° ° X °
τ
0 p=1
n n
p ° °2 X °2 ° °2 °2
E (t n )2 . (η t )2 +°e n ° + τp °∇h e p ° +°∂t (u τ − u h τ )°L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) +° f − πτ f °L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) .
X ° °
p=1 p=1
à !
n n n
p °2
E (t n )2 . (η t )2 + max h p2 , τp }(ηp )2 + °e 0 ° + τp (ξp )2 +°∇h e 0 °+° f − πτ f °L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) .
X X ° ° X ° ° °
p=1 p=1 { p=1
+ ° f − πτ f °L 2 (0,tn ;H −1 (Ω)) .
° °
n °2 n Z tp n
p 2
τp (η ) . ∂t (u τ − u h τ ) H −1 (Ω) + °∇h (u τ − u h )°2 d s + τp (ξp )2
X ° X ° ° X
τ
° °
p=1 p=1 t p−1 p=1
°2
Z T n
= °∂t (u τ − u h τ )°H −1 (Ω) + °∇h (u τ − u h )°2 d s + τp (ξp )2
° ° ° X
τ
0 p=1
n
. E (t n )2 + τp (ξp )2
X
(2.26)
p=1
Dans cette section, nos test numériques vont confirmer nos résultats théoriques. Nous allons
mettre en œuvre un programme pour résoudre numériquement le problème de la chaleur.
Ensuite, nous allons confirmer la fiabilité et l’efficacité de l’estimateur d’erreur en espace.
Pour cela, nous allons résoudre le problème de la chaleur sur le domaine Ω =]0, 1[×]0, 1[ avec
la vitesse initiale u 0 et le terme source f définies respectivement, pour tout (x, t ) ∈ Ω×]0, 1[
par :
La solution exacte de ce problème est définie pour tout (x, t ) ∈ Ω×]0, 1[ par :
Maillage
Le maillage de la figure 2.1 est formé de Nma triangles notés K 1 , K 2 ,. . ., K Nma avec Nma =
2
2n . Il est généré à partir de l’élément de référence Kb (voir figure 2.2) et de la famille de
transformations (t k )1≤k≤Nma données par :
Nma
(
t uk si 1 ≤ k ≤ 2
tk = Nma ,
t uk−n 2 ◦ s si 2 +1 ≤ k ≤ Nma
où k le numéro de la maille K k , t uk est la translation de vecteur u k (hr, hq) et s la symétrie
orthogonale donnée par : µ ¶ µ ¶µ ¶
h 0 −1 x 1
s(x) = + ,
h −1 0 x 2
(0, h)
2 3
Kb
(h, 0)
(0, 0) 1
Les noeuds géométriques du maillage sont rangés dans le tableau coord de taille N g eo ×2,
le nombre N g eo de nœuds géométriques étant égal à (n + 1)2 . Pour tous i ∈ {1, . . . , N g eo } et
j ∈ {1, 2}, coord(i , j ) est la valeur du j -ième coordonnée du i -ième nœud géométrique. Ces
nœuds géométriques sont numérotés de 1 à N g eo (voir tableau 2.1). Nous allons les regrouper
en éléments à l’aide du tableau de connectivité géométrique connect_geo de taille 3 × Nma .
Pour tous j ∈ {1, 2, 3} et k ∈ {1, 2, . . . , Nma }, connect_geo(j,k) est le numéro global du j -ième
nœud dans le triangle K k (voir tableau 2.2).
Eléments du maillage
Numéro local K1 K2 K3 K4 K5 K6 K7 K8
Nœud 1 1 2 4 5 5 6 8 9
Nœud 2 2 3 5 6 2 3 5 6
Nœud 3 4 5 7 8 4 5 7 8
Arêtes du maillage
Num. de nœuds a1 a2 a3 a4 a5 a6 a 7 a 8 a 9 a 10 a 11 a 12 a 13 a 14 a 15 a 16
Extrémité 1 1 1 2 2 2 3 4 4 5 5 5 6 3 7 6 8
Extrémité 2 2 4 4 3 5 5 5 7 7 6 8 8 6 8 9 9
On numérote globalement les arêtes du maillage suivant l’ordre indiqué sur l’élément
de référence (voir figure 2.2). Ensuite, on regroupe les N a arêtes dans un tableau aretes de
taille N a × 2. Pour tout i ∈ {1, 2} et tout k ∈ {1, . . . , N a }, aretes(k, i ) le numéro global du i -ième
extrémité du k-ième arêtes.
Les fonctions de forme de la méthode des éléments finis de Crouzeix-Raviart sont définies
pour chaque arête du maillage. Afin de regrouper les arêtes par éléments, nous utilisons le
tableau connect_forme de taille 3 × Nma (voir le tableau 2.3). Pour tout i ∈ {1, 2, 3} et tout
k ∈ {1, . . . , N a }, connect_forme(i , k) est le numéro global du i -ième arête dans le triangle K k
(voir tableau 2.4).
Pour finir, on stocke dans un tableau connect_f_bord de taille 1 × Nbo les numéros globaux
des Nbo arêtes situées sur le bord (Nbo = 4 × n).
Eléments du maillage
Numéro local K1 K2 K3 K4 K5 K6 K7 K8
Arête 1 1 4 7 10 5 13 11 15
Arête 2 2 5 8 11 7 10 14 16
Arête 3 3 6 9 12 3 6 9 12
Fonctions de forme
∇θb1 (x) = 0 − h2 ,
¡ ¢
∇θb2 (x) = − h2 0 ,
¡ ¢
∇θb3 (x) = h2 h2 .
¡ ¢
Sur un élément K k quelconque, les fonctions de forme θk,1 , θk,2 et θk,3 sont définies par :
Quadrature
La formulation variationnelle du problème chaleur fait intervenir des intégrales. Ces inté-
grales seront approchées numériquement. Les formules de quadrature servent à approcher
une intégrale donnée. Le choix d’une formule de quadrature se fait souvent fonction de son
ordre de précision (pour plus de détails voir [6, chap. 9] ou [7, p. 377]). Afin d’évaluer les
intégrales sur les triangles, on utilise la formule de quadrature suivante :
Z L
ωl g (ξl ),
X
g (x)d x 1 d x 2 ' (2.27)
Kb l =1
où L = 7, les nombres 1 ω
p1
,. . ., ωL et p
les points 2 ξ1p
,. . ., ξL sont définies
p
(voir[6, p. 222]) dans le
6− 15 6+ 15 155− 15 155+ 15
tableau 2.5 avec a 1 = 21 , a 2 = 21 , α1 = 2400 h et a 2 = 2400 h.
9h 2
ωi ³ 80 ´
α1 α1 α1 α2 α2 α2
h h
ξi 3, 3 (ha 1 , h(1 − 2a 1 )) (h(1 − 2a 1 , ha 1 ) (ha 1 , ha 1 ) (ha 2 , h(1 − 2a 2 )) (h(1 − 2a 2 ), ha 2 ) (ha 2 , ha 2 )
Pour un polynôme p de degré inférieur ou égale à cinq sur Kb , cette formule est exacte i.e on
a:
Z L
ωl p(ξl ).
X
p(x)d x 1 d x 2 =
Kb l =1
Z
On veut maintenant approcher l’intégrale g (u)d u 1 d u 2 à partir de la formule de quadra-
Kk
ture de l’élément de référence (2.27). On effectue donc un changement de variable à l’aide
de la transformation affine :
t k : Kb −→ K k
.
x 7−→ t k (x) = u
On a : Z Z
¯ ¯
g (u)d u 1 d u 2 = g (t k (x)) ¯det(J tk (x))¯ d x 1 d x 2
Kk Kb
Z L .
ωi g (t k (ξi )) ¯det(J tk (ξi ))¯
X
¯ ¯
g (u)d u 1 d u 2 '
Kk i =1 µ ¶
Nma 1 0
– Pour 1 ≤ k ≤ 2 , on a : t k (x) = x + u k et J tk (x) = .
0 1
µ ¶ µ ¶ µ ¶
Nma h x2 0 −1
– Pour 2
+ 1 ≤ k ≤ Nma , on a : t k (x) = − + u k et J tk (x) = .
¯ ¯ h x1 −1 0
Dans les deux cas, on a : ¯det(J tk (x))¯ = 1 et on en déduit ainsi une formule de quadrature
sur K k donnée par :
Z L
ωi g (ξk,i ),
X
g (u)d u 1 d u 2 ' (2.28)
Kk i =1
avec ξk,i = t k (ξi ).
Remarquons que θk, j (ξk,i ) = θ j (ξi ) pour tous j ∈ {1, 2, 3}, i ∈ {1, . . . , L} et k ∈ {1, . . . , Nma }. Ceci
entraîne l’égalité suivante :
Z Z
ϕk, j 1 (x)ϕk, j 2 (x)d x 1 d x 2 = ϕ j 1 (x)ϕ j 2 (x)d x 1 d x 2 .
Kk Kk
Nous allons conserver les poids de la quadrature dans le tableau poids de taille 4 × 1 et les
points de Gauss dans le tableau pointsg de taille L × 2. Pour tous i ∈ {1, . . . , L} et j ∈ {1, 2}, on
a : poids(i ) = ωi et pointsg(i , j ) est la j -ième composante du point de Gauss ξi .
Les valeurs des fonctions de forme aux points de Gauss ξ1 ,. . ., ξL ne dépendent pas de la
maille. Nous évaluons donc les fonctions de forme de l’élément de référence en ces points. Et
nous les stockons dans le tableau theta_xi de taille 3 × L. Pour tous j ∈ {1, 2, 3} et i ∈ {1, . . . , L},
theta_xi( j , i ) est la valeur de θ j au point ξi .
Le gradient de chacune des fonctions de forme θk,i est constant et dépend uniquement
de la position de k par rapport à N2ma . Nous les stockons dans le tableau dtheta_dx_xi de taille
3 × 2 × 2. Pour tous i ∈ {1, 2, 3} et j ∈ {1, 2},
– pour 1 ≤ k ≤ N2ma , dtheta_dx_xi(i , j , 1) est la j -ième composante du gradient de θk,i ;
– et pour N2ma < k ≤ Nma , dtheta_dx_xi(i , j , 2) est la j -ième composante du gradient de θk,i .
Assemblage
p p
Pour tout i ∈ {1, . . . , N a }, la coordonnée u i est la valeur de la solution numérique u h évaluée
au milieu du i -ième segment du maillage.
Les figures 2.3 (voir p. 50) et 2.4 (voir p. 51) affichent respectivement la solution obtenue par
éléments finis et la solution exacte calculées au temps final.
L
°∇h e N °2 ' ωl g (ξl ), où g (ξl ) = ∇h e N (ξl ) · ∇h e N (ξl ).
° ° X X
K ∈T N h l =1
Les résultats du calcul sont présentés dans le°tableau ° 2.6. La figure 2.5 (réalisée à l’échelle
N°
logarithmique) illustre l’évolution de l’erreur ∇h e
° en fonction du nombre de degrés de
liberté. Nous observons que l’erreur diminue au fur et à mesure que le nombre de degrés
libertés augmente. Ceci justifie la stabilité de la solution numérique. Nous nous intéressons
donc à l’optimalité des indicateurs d’erreur locaux.
La fiabilité et l’efficacité des indicateurs d’erreur locaux en espace sont respectivement don-
née par les théorèmes 2.3 et 2.4. Ces théorèmes assurent que les quantités suivantes :
n 2 4 8 16 32 64
° N aN ° 16 56 208 800 3136 12416
°∇h e ° 0.0320389 0.0170690 0.0086694 0.0043537 0.0021829 0.0010995
n 2 4 8 16 32 64
Na 16 56 208 800 3136 12416
N
q up 0.0063482 0.0051346 0.0046805 0.0044794 0.0044012 0.0044082
N
TABLE 2.7 – Tableau d’erreurs q up en fonction de n
n 2 4 8 16 32 64
Na 16 56 208 800 3136 12416
q lNow 3.1578 7.1134 8.8348 9.3323 9.4596 9.4915
N
° N °2 X °2
τp °∇h e p °
°
°e ° +
N p=1
q up =
N X ³ p 2 ´
° °2 p °2
τp (η K ) + h K2 ° f p − f h °K
X °
°e 0 ° +
p=1 K ∈T ph
p
ηK
q lNow = max ° °
° N N −1 ° p°
K ∈T ph
h K ° e −e
° ° °
τN
+ °∇h e N °ωK + h K ° f p − f h °ω
ωK
°
K
N
sont bornées. Nous mettons cela en évidence à travers le calcul de q up et q lNow pour divers
degrés de liberté. Ces calculs sont présentés dans les tableaux 2.7 et 2.8. Les figures 2.6 et 2.7
confirment effectivement que ces quantités sont bornées.
N
F IGURE 2.6 – Evolution de l’indice de fiabilité q up en fonction des degrés de liberté
F IGURE 2.7 – Evolution de l’indice d’efficacité q lNow en fonction des degrés de liberté
Soit d un entier supérieur ou égal à 2 et Ω un ouvert borné de bord Γ polyédrale (par exemple,
un polygone en dimension 2, polyèdre en dimension 3). Soit T un réel strictement positif.
Considérons le problème modèle, ici donné par le problème de Stokes non stationnaire sui-
vant
∂t u(x, t ) − ∆u(x, t ) + ∇p(x, t ) = f (x, t ), ∀(x, t ) ∈ Ω×]0, T [
divu(x, t ) = 0, ∀(x, t ) ∈ Ω×]0, T [
(3.1)
u(x, t ) = 0, ∀(x, t ) ∈ Γ, ∀t ∈]0, T [
u(x, 0) = u 0 (x), ∀x ∈ Ω
d
X
M ·N = M i j Ni j .
i , j =1
Proposition 3.1
Le problème (3.1) est équivalent à
1
(∂t u(t ), v) + (∇u(t ), ∇v) − (p(t ), divv) = ( f (t ), v), ∀v ∈ H0 (Ω)
(q, divu) = 0, ∀q ∈ L 20 (Ω) . (3.2)
u(·, 0) = u
0
Démonstration.
Approximation variationnelle
∂t u(x, t )v(x) − ∆u(x, t )v(x) + ∇p(x, t )v(x) = f (x, t )v(x), ∀v ∈ H01 (Ω)d , ∀(x, t ) ∈ Ω×]0, T [
divu(x, t )v(x, t ) = 0, ∀q ∈ L 2 (Ω), ∀(x, t ) ∈ Ω×]0, T [
0
(3.1) ⇐⇒
u(x, t ) = 0, ∀(x, t ) ∈ Γ, ∀t ∈]0, T [
u(x, 0) = u 0 , ∀x ∈ Ω
R
d
∂ ∆u(x, 1
R R R
Ω t u(x, t )v(x) − Ω t )v(x) + Ω ∇p(x, t )v(x) = Ω f (x, t )v(x), v ∈ H0 (Ω) , t ∈]0, T [
divu(x, t )v(x, t ) = 0, ∀q ∈ L 2 (Ω), ∀t ∈]0, T [
R
Ω 0
⇐⇒
u(x, t ) = 0, ∀(x, t ) ∈ Γ, ∀t ∈]0, T [
u(x, 0) = u 0 , ∀x ∈ Ω
R
d
RΩ ∂t u(x, t )v(x) + Ω ∇u(x, t )∇v(x) − Ω p(x, t )divv(x) = Ω f (x, t )v(x), v ∈ H0 (Ω) , t ∈]0, T [
1
R R R
2
⇐⇒
Ω divu(x, t )v(x, t ) = 0, ∀q ∈ L 0 (Ω), ∀t ∈]0, T [
u(x, 0) = u , ∀x ∈ Ω
0
(∂t u(t ), v) + (∇u(t ), ∇v) − (p(t ), divv) = ( f (t ), v), ∀v ∈ H01 (Ω)
⇐⇒ (q, divu) = 0, ∀q ∈ L 20 (Ω)
u(·, 0) = u
0
Proposition 3.2
Le problème (3.2) admet une unique solution.
Proposition 3.4
Pour tout k ∈ {1, 2, . . . , N }, le système (3.3) est équivalent au système suivant :
a k (u k , v) + b k (p k , v) = l k (v), ∀v ∈ H01 (Ω)d
b k (q, v) = 0, ∀q ∈ L 20 (Ω) (3.4)
u 0 = u
0
Z Z Z Z Z
k k k k k k k
avec a (u , v) = u v + τk ∇u ∇v, b (q, v) = − qdivv et l (v) = f v + τk u k−1 v
Ω Ω Ω Ω Ω
pour tous u, v ∈ H01 (Ω)d et q ∈ L 20 (Ω).
Démonstration. On a :
(3.3)
k
u (x)−u k−1 (x)
τk v(x) − ∆u k (x)v(x) + ∇p k (x)v(x) = f k (x)v(x), ∀x ∈ Ω, ∀v ∈ H01 (Ω)d
divu k (x)q(x) = 0, ∀x ∈ Ω, ∀q ∈ L 20 (Ω)
⇐⇒
u k (x) = 0, ∀x ∈ Γ
u (x) = u 0 (x), ∀x ∈ Ω
0
R k
u (x)−u k−1 (x) k k
R k d
∆u 1
R R
Ω τk
v(x) − Ω (x)v(x) + Ω ∇p (x)v(x) = Ω f (x)v(x), ∀v ∈ H0 (Ω)
k
Ω divu (x)q(x) = 0, ∀x ∈ Ω
R
⇐⇒
u k (x) = 0, ∀x ∈ Γ
u (x) = u 0 (x), ∀x ∈ Ω
0
R
u k (x)v(x) − Ω ∆u k (x)v(x) + Ω ∇p k (x)v(x) = Ω u k−1 (x)v(x) + τk Ω f k (x)v(x), ∀v ∈ H01 (Ω)d
R R R R
Ω
R divu k (x)q(x) = 0, ∀q ∈ L 2 (Ω)
Ω 0
⇐⇒ k
u (x) = 0, ∀x ∈ Γ
u (x) = u 0 (x), ∀x ∈ Ω
0
R
k k k
R k−1 R k d
τ 1
R R
RΩ
u (x)v(x) + Ω ∇u (x)∇v(x) − Ω p (x)divv(x) = Ω u (x)v(x) + k Ω f (x)v(x), ∀v ∈ H0 (Ω)
⇐⇒ divu k (x)q(x) = 0, ∀q ∈ L 20 (Ω)
Ω
u 0 (x) = u (x), ∀x ∈ Ω
0
k k k k k 1 d
a (u , v) + b (p , v) = l (v), ∀v ∈ H0 (Ω)
⇐⇒ b k (q, v) = 0, ∀q ∈ L 20 (Ω)
u 0 = u
0
Proposition 3.5
Pour tout k ∈ {1, . . . , N }, le problème (3.3) admet une unique solution (u k , p k ) dans H01 (Ω)d ×
L 20 (Ω).
b k (q, v)
inf sup ° ° ≥β
°q °
q∈L 20 (Ω) v∈H 1 (Ω)d
0 L 20 (Ω) kvk H01 (Ω)
Pour chaque k ∈ {0, 1, . . . , N }, on désigne par (Tkh )h>0 une famille régulière de maillages conformes
sur Ω dont les éléments sont des simplexes de Rd (par exemple, triangle en dimension 2, un
tétraèdre en dimension 3). C’est-à-dire qu’il existe une constante σ > 0 indépendante de k et
h k telle que :
hK
≤ σ, ∀K ∈ Tkh , ∀h k > 0
ρK
avec h K le diamètre de l’élément K et ρ K le diamètre de la plus grande boule contenue dans
K et h k = max h K .
K ∈Tkh
On introduit l’espace de Crouzeix-Raviart des éléments finis non conformes donné par :
½ Z ¾
0 2
X kh = v ∈ L (Ω) : v |K ∈ P1 , ∀K ∈ Tkh , v h = 0, ∀E ∈ E kh
E
et l’espace d’éléments finis pour la pression donné :
n o
Q kh = q ∈ L 20 (Ω)d : q |K ∈ P0 , ∀K ∈ Tkh .
Afin d’estimer a-posteriori l’erreur en temps, nous adoptons les mêmes notations utilisées
dans le chapitre précédent.
Definition 3.1
On définit l’erreur de discrétisation en temps par : e τ = u − u τ , u τ étant une fonction affine
sur chaque [t k−1 , t k ] égale à u k en t k (définie dans la section 2.3).
Proposition 3.7
Pour tout t ∈]t k−1 , t k [ et tout v ∈ H01 (Ω), on a :
k
−u k−1
Démonstration. Soit v ∈ H01 (Ω)d . Pour tout t ∈]t k−1 , t k [, on a : ∂t u τ (t ) = u τk . D’après (3.2)
et (3.3), on a les équations suivantes :
Donc on a :
Definition 3.2
Pour tout k ∈ {1, 2, . . . , N }, on définit les indicateurs d’erreur en temps par :
° °
ηkt = τ1/2 (u k
− u k−1 °
) °.
°
k °∇h h h
p
Nous allons montrer que les η t ainsi définis sont bien des indicateurs d’erreurs en temps. Le
théorème 2.1 reste vrai ici aussi. On a :
Théorème 3.1
Pour tout n ∈ {1, 2, . . . , N }, on a :
Z tn n Z tn
2 2
(ηkt )2 + °∇h (u τ − u h )(s)°2 d s + ° f − πτ f ° 2
X ° ° ° °
ke τ (t n )k + k∇e τ (s)k d s . τ L (0,t n ;H −1 (Ω)d )
0 k=1 0
(3.7)
Corollaire 3.2
Pour tout n ∈ {1, 2, . . . , N }, on a :
n Z tn
°∂t e τ + ∇(p − πτ p)°2 2 k 2 °∇h (u τ − u h )(s)°2 d s+° f − πτ f °2 2
° ° X ° ° ° °
L (0,t n ;H −1 (Ω)d ) . (η t ) + τ L (0,t n ;H −1 (Ω)d ) .
k=1 0
(3.8)
¯ ¯ ° °
¯(∂t e τ (s), v) − (p(s) − p k , v)¯ . ° f (s) − f k ° k∇vkL 2 (Ω)d ×d + k∇e τ (s)k k∇vkL 2 (Ω)d ×d
¯ ¯ ° °
° °
+ °∇(u k − u τ (s))° k∇vkL 2 (Ω)d ×d
° °
Alors on a :
° ° ° °
°∂t e τ (s) + ∇(p(s) − p n )° −1 . ° k° k
° °
f (s) − f + k∇e (s)k + − u (s))°.
° °
H (Ω) ° ° τ °∇(u τ
On élève chaque membre de cette inégalité au carré et on utilise le fait que 2ab ≤ a 2 + b 2
pour deux réels a et b. On obtient ainsi :
° °2 ° °2
°∂t e τ (s) + ∇(p(s) − p n )°2 −1 k 2 k
° °
(Ω) . ° f (s) − f ° + k∇e τ (s)k + °∇(u − u τ (s))° .
° ° ° °
H
Z tn
°∂t e τ + ∇(p − πτ p)°2 2 ° f − πτ f °2 2 k∇e τ (s)k2 d s
° ° ° °
−1 d
L (0,t n ;H (Ω) ) . L (0,t n ;H −1 (Ω)d ) +
0
Z tn ° °2
+ °∇(u k − u τ (s))° d s.
° °
0
Z tn
En utilisant (3.7) pour estimer k∇e τ (s)k2 d s, on obtient (3.8).
0
Théorème 3.2
Pour tout k ∈ {1, 2, . . . , N }, on a :
³° °
ηkt . k∇h e τ kL 2 (tk−1 ,tk ;L 2 (Ω)) + °∂t e τ + ∇(p − πτ p)°L 2 (t ,t ;H −1 (Ω)) + τ1/2 k k °
° °
(u − u )
°
k−1 k k °∇h h °
° °´ °
+ °∇h (u k−1 − u hk−1 )° + ° f − πτ f °L 2 (t ,t ;H −1 (Ω))
°
(3.9)
° °
k−1 k
Definition 3.3
On définit l’erreur en espace pour la vitesse et la pression respectivement par :
e k = u k − u hk et εk = p k − p hk .
Démonstration.
0
Soit k ∈ {1, . . . , N }, v h ∈ X kh ∩ H01 (Ω)d et v ∈ H01 (Ω)d . On a :
a k (u k − u hk , v) + b k (p k − p hk , v) = a k (u k − u hk , v−) + b k (p k − p hk , v − v h )
= l k (v − v h ) − a k (u hk , v − v h ) − b k (p hk , v h )
Z Z Z
k k−1
= τk f (v − v h ) + u (v − v h ) − u hk (v − v h )
Ω Ω Ω
µ Z Z ¶
k k
+ τk
X
− ∇u h · ∇(v − v h ) + p h (v − v h )
K ∈Tkh K K
Z Z µZ
k k
= τk − u hk )(v − v h ) + τk ∆u hk (v − v h )
X
f (v − v h ) + (u
Ω Ω K ∈Tkh K
Z Z Z ¶
− (∇u hk · n K ) · (v − vh ) − ∇p hk n K · (v − v h ) + p hk n K · (v − v h )
∂K K ∂K
u k − u hk
Z Ã !
a k (u k − u hk , v) + b k (p k − p hk , v) = (u k − u hk )(v − v h ) + τk fk− − ∆u hk − ∇p hk (v − v h )
X
Ω K ∈Tkh τk
X Z
∇u hk · n E (v − v h )
X
−
K ∈Tkh E ∈E K E
Le fait ∆u hk = 0 et ∇p hk = 0 nous conduit au résultat.
k k−1 °
° °
°
° p u − u ³° ° ° ° ´
ηkK = h K ° f h − h h °
h E1/2 °J Ek ,n ° + °J Ek ,t °
X
+ .
° ° ° °
τk
°
L 2 (E ) L 2 (E )
E ∈E K
° °
L 2 (K )d
Théorème 3.3
Pour tout n ∈ {1, . . . , N }, on a :
n ° °2 Xn
2
° n °2 X ³ ´ ° °
°e ° + τk °∇h e k ° . τk max{1, λhτ }2 (ηk )2 + (ξk )2 + °e 0 ° , (3.10)
° °
k=1 k=1
Corollaire 3.3
Pour tout n ∈ {1, . . . , N }, on a :
n
°e 0 °2 +°∇h e 0 °2 .
³ ´ ° ° °
°∂t (u τ − u h ) + ∇(πτ p − πτ p h )°2 2 τ λ 2 k 2 k 2
° ° X °
τ −1
L (0,t n ;H (Ω))d . k max{1, hτ } (η ) + (ξ ) +
k=1
(3.11)
Théorème 3.4
On suppose que pour tout k ∈ {1, . . . , N }, il existe un triangulation Tekh tel que chaque élément
de Tk−1,h ou de Tkh s’écrit comme réunion d’éléments Ke de Tekh vérifiant : h K ∼ h Ke .
Alors pour tout k ∈ {1, . . . , N }, on a :
° k
° e − e k−1
° ° °
k k°
ηK . ° + °∇h e k ° + ξkK .
°
+ ∇ε ° (3.12)
° ° °
τk H −1 (ωK )d ωK
Corollaire 3.4
Sous l’hypothèse du théorème 3.4, on a :
°2 ° °2
(ηk )2 . °∂t (u τ − u h τ ) + ∇(πτ p − πτ p h )°H −1 (ωK )d + °∇h e k ° + (ξk )2 .
° ° °
Nous ferons à présent une analyse a-posteriori de l’erreur de discrétisation globale. Pour
cela, on pose la définition suivante.
Definition 3.5
Pour tout k ∈ {1, . . . , N }, on définit l’erreur globale E (t k ) à l’instant t k par :
° °2 ° °2 ° °2
2 k° ° k k°
E (t k ) = °u(t k ) − u h ° + °u − u h ° + °∂t (u − u τ ) + ∇(p − πτ p)°L 2 (0,t ;H −1 (Ω)d )
°
k
° °2 Z tk ° °2
k k k k
+ °∂t (u − u h ) + ∇(p − πτ p h )° 2 + °∇h (u − u )(s)° d s
° ° ° °
L (0,t k ;H −1 (Ω)d ) 0
Z tk ° °2
+ °∇h (u k − u hk )(s)° d s.
° °
0
Théorème 3.6
On suppose que les hypothèses du théorème 3.4 sont satisfaites. Alors pour tout n ∈ {1, . . . , N },
on a :
n ³ ´ n
(ηk )2 + τk (ηk )2 . E (t k )2 + ° f − πτ f ° 2 τk (ξk )2 .
X ° ° X
t −1 d +
L (0,t k ;H (Ω)) (3.14)
p=1 k=1
Nous avions effectué une analyse d’erreur a-posteriori pour l’équation de la chaleur et
pour les équations de Stokes. Ceci a été fait à l’aide d’une approximation par éléments finis
non conformes. Notre travail nous a permis de contrôler l’erreur d’approximation avec les
indicateurs d’erreur locaux. Nous avions eu a démontré la fiabilité et l’efficacité de ces in-
dicateurs. Ce que nous avions vérifié à travers nos essais numériques pour l’équation de la
chaleur.
Au vu de l’optimalité de la technique, nous pensons l’utiliser pour étudier les équations
de Cahn-Hilliard en dimension d ∈ {1, 2, 3} [1] et faire une extension vers le problème couplé
Stokes-Darcy non stationnaire.
Bibliographie
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hilliard equation. Mathematical Modelling and Numerical Analysis, 52 :827–867, 2018.
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[12] Raphaël Roux. Etude de l’équation de la chaleur. Notes de cours.
[13] Bertrand Thierry. Maillage et Éléments finis. https://bthierry.pages.math.cnrs.
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