Du même auteure, aux éditions Leduc.
s
D’ici ou d’ailleurs, les plantes qui guérissent, 2018.
Les secrets d’un jeûne réussi, 2017.
Mes 10 remèdes miracles, 2016.
Le jeûne : mode d’emploi, c’est malin, 2015.
Les surprenantes vertus du jeûne, 2013.
D’ici ou d’ailleurs, les aliments qui guérissent, 2008.
Sophie Lacoste, rédactrice en chef du magazine Rebelle-Santé, tient aussi la
rubrique santé de TV magazine depuis plus d’une quinzaine d’années. Elle
est par ailleurs l’auteur de nombreux livres santé dont Trucs et astuces de
santé ou encore Les surprenantes vertus du jeûne, aux éditions Leduc.s.
Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à
l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à
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PRÉFACE
DU DOCTEUR
MICHEL
LALLEMENT
Cette superbe « Bible de la phytothérapie » arrive à point
nommé !
À l’heure où l’industrie pharmaceutique cherche à
contrôler par tous les moyens la vente des plantes
médicinales, le plus grand groupe pharmaceutique
mondial vient de racheter, pour plusieurs milliards de
dollars, la banque des plantes médicinales chinoises, sûr
d’y trouver quelques molécules actives, qui feront l’objet
de brevets et se vendront alors très cher pour rentabiliser
cet investissement colossal !
Ce rachat constitue un aveu implicite que les plantes
représentent, aujourd’hui encore et probablement pour
toujours, la principale source de substances actives sur
les organismes vivants en général, et chez les humains en
particulier.
Et cela est tout à fait logique : la nature n’a pas attendu
les fabricants de pesticides pour se protéger des
agressions extérieures ! En particulier, les plantes sont les
premiers habitants de notre belle planète, il y a plus de
2 milliards d’années, et elles comptent près de
10 millions d’espèces différentes !
Pour se défendre des nombreuses agressions extérieures
(rayonnement solaire, autres espèces végétales, puis
animaux prédateurs), ces plantes ont été obligées de
synthétiser différentes substances protectrices :
antioxydants, antiseptiques contre les virus, les bactéries,
les moisissures, etc. Ces substances appartiennent pour la
plupart à la grande famille des polyphénols, qui compte
plusieurs dizaines de milliers de molécules différentes.
Les remarques ci-dessus suggèrent un certain nombre de
recommandations pratiques.
Les aliments d’origine végétale sont infiniment plus
riches en polyphénols que les aliments d’origine
animale, et ils sont à ce titre largement meilleurs pour
notre santé ; il n’est pas inutile de rappeler à cette
occasion que les végétariens ont une espérance de vie
supérieure à celle des omnivores, et plus encore des
carnivores !
Aucune plante ne possède toutes les vertus, seule
l’association régulière des végétaux dans nos assiettes
permet de bénéficier au maximum de leurs bienfaits.
À l’inverse, ces substances sont actives, et une
consommation excessive de toute plante peut devenir
toxique ; en particulier, les huiles essentielles
représentent une concentration très élevée de
substances actives, il faut donc les utiliser avec une
grande prudence.
La nature est bien faite : elle nous offre ce dont nous
avons besoin quand nous en avons besoin ! Il est donc
préférable de consommer, sous toutes leurs formes, les
végétaux de nos régions et pendant leurs saisons.
La nature ne se laisse pas copier facilement !
L’industrie pharmaceutique s’est donnée pour
mission, depuis qu’elle existe, de proposer des
substances actives purifiées, espérant qu’elles seront
supérieures aux sources naturelles ; cela est vrai pour
les traitements courts, mais se révèle toxique pour les
traitements de longue durée, probablement parce que
les substances actives des plantes n’agissent pas
isolément, mais que leur action résulte d’une synergie
subtile de plusieurs molécules.
Les polyphénols sont fabriqués par les plantes sous
l’influence directe de leur environnement ; mais les
cultures hors sol se répandent, privant les végétaux de
très nombreuses substances qui faisaient leur
richesse… et leur goût ! La différence entre deux vins
issus d’un même cépage provient essentiellement de la
terre où pousse la vigne, ne l’oublions pas : le terme
« terroir » a un sens… Et que dire des plantes OGM,
dont les codes génétiques modifiés fabriquent des
molécules inconnues, à la place des précieuses
molécules naturelles ?
Merci donc à Sophie Lacoste d’avoir entrepris ce superbe
travail de synthèse, à partir des ouvrages de référence des
meilleurs phytothérapeutes, et de l’avoir rendu accessible
à tous. Chacun pourra, grâce à cette Bible, cultiver les
simples dont il a besoin, et en extraire tous les bienfaits
en fonction de ses problèmes de santé, voire, idéalement,
en prévention !
DR MICHEL LALLEMENT
www.docteur-michel-lallement.com
Auteur de Les Clés de l’alimentation santé et Les
3 Clés de la santé
Fondateur du Centre Ressource des Alpes Maritimes :
www.centreressource06.com
INTRODUCTION
Quand j’ai commencé à travailler comme journaliste
spécialisée dans la santé, il y a une vingtaine d’années,
dans la presse grand public, certaines de mes consœurs
(les journalistes « santé » sont surtout des femmes)
m’appelaient « la folle des plantes ». Il faut dire qu’à
l’époque, la phytothérapie n’avait pas le vent en poupe.
La tisane était ringarde… Pourtant, j’ai résisté. Et j’ai
continué à chercher mes informations dans les écrits des
docteurs Valnet et Leclerc, du chanoine Fournier, à
échanger avec mes lectrices et lecteurs de la campagne
sur les savoirs ancestraux, les usages traditionnels qui
traversent les générations sans prendre une ride et sans
publicité. Certes, les molécules chimiques présentent
souvent un pedigree plus fourni que les plantes : des
études pharmacologiques, des essais cliniques de grande
ampleur, etc. Les plantes, elles, tiennent avant tout leurs
mérites de leur usage empirique et de leur efficacité
concrète vérifiée au fil des siècles. C’est parce que des
générations de personnes ont réussi à vaincre leur verrue
en mettant chaque jour une goutte de suc de chélidoine
sur l’excroissance que l’on continue à le faire avec
succès ou parce que la queue de cerise a chassé plus
d’une rétention d’eau que l’on persiste à la faire bouillir.
Bien souvent, l’expérience et la transmission, de
génération en génération, ont seules permis à ces usages
de perdurer.
Mais parfois aussi, la science vient confirmer
l’empirisme… Il suffit de lui en donner l’opportunité.
Les études pharmacologiques et les essais cliniques
coûtent cher. Et les plantes ne sont pas brevetables.
L’industrie pharmaceutique, première source de
financement de la recherche, ne manifeste pas, par
conséquent, un engouement majeur dans ce domaine.
Imaginez qu’un laboratoire dépense des millions d’euros
pour démontrer l’innocuité et l’efficacité d’une plante.
S’il ne peut pas, ensuite, déposer un brevet pour vendre
la plante sans concurrence, ce n’est pas économiquement
intéressant. S’il travaille sur une molécule chimique, il
peut ensuite déposer la formule et se garantir une
exclusivité de plusieurs années, le temps de rentabiliser
son investissement et de faire des bénéfices.
La recherche sur l’efficacité des plantes ne peut donc se
faire qu’avec des études financées par des fonds publics.
C’est ce qu’avait mis en place le gouvernement allemand
pendant un certain nombre d’années avec sa
commission E : un groupe d’experts reconnus en
médecine, en pharmacologie, en toxicologie, en
pharmacie et en phytothérapie, mandaté par le
gouvernement pour faire des recherches. Cette structure
avait été créée en 1978 pour évaluer l’intérêt de
substances naturelles utilisées jusque-là de manière
traditionnelle et empirique. Entre 1984 et 1994, la
Commission E a publié 380 monographies de plantes qui
font toujours référence. Depuis 1996, un autre organisme,
l’Escop (European Scientific Cooperative on
Phytotherapy), qui regroupe des associations nationales
de phytothérapie majoritairement issues d’une quinzaine
de pays européens, travaille sur le même sujet. Elle a
ainsi publié 80 monographies de plantes. Commission E
et Escop ont donc joué un rôle important pour la
reconnaissance de l’efficacité de la phytothérapie.
Elles partent du principe qu’avant de conseiller une
plante pour soigner, il faut avoir la preuve absolue de son
innocuité et une certitude raisonnable quant à son
efficacité. Car, évidemment, même si elles sont
naturelles, les plantes ne sont pas pour autant toutes
inoffensives (ingérer un peu de ciguë ou de laurier-rose
peut être fatal !), il vaut donc mieux éviter de jouer aux
apprentis sorciers.
En général, la phytothérapie par voie interne fonctionne
avec des cures de 3 semaines à 1 mois, temps nécessaire
pour ressentir un maximum de bienfaits. Vous pouvez, au
besoin, prolonger la cure pendant 2 mois, mais il est
important, au terme de ces 2 mois, de faire une « pause »
de 10 jours car, comme à toute autre substance,
l’organisme s’habitue aux plantes. Si vos troubles ne sont
pas éliminés au bout de cette période, vous pouvez
commencer une nouvelle cure avec une autre plante : il y
en a toujours plusieurs pour une même affection.
Il existe aussi certaines plantes à prendre pendant des
durées bien précises. C’est le cas de la fumeterre, par
exemple, connue pour faciliter la digestion, qu’il faut
prendre pendant 10 jours, puis arrêter, sinon ses effets
risquent de s’inverser. Mais aussi de certaines plantes qui
agissent « vite » sur certains symptômes : après quelques
abus, une bonne semaine de tisane de pissenlit ou de jus
de radis noir devrait suffire à requinquer votre foie et
votre vésicule biliaire si vous reprenez une alimentation
« normale ».
Dans cet ouvrage, j’ai essayé de parler d’un maximum de
plantes et de vous proposer, à la suite, des « recettes »,
souvent de simples tisanes, à préparer selon les troubles
qui vous préoccupent. Ce sont des recettes réalisables
avec une seule plante, mais vous pouvez les associer, et
un index très complet vous permet de trouver les plantes
qui conviennent en fonction des symptômes ou des
maladies qui vous concernent. Ne vous aventurez pas à
mélanger plus de 3 ou 4 plantes, essayez-les même
d’abord une à une pour savoir celles qui vous
« réussissent » le mieux.
Et n’oubliez pas que tout ceci ne remplace pas une
consultation médicale !
LA PHYTOTHÉRAPIE
CHEZ SOI
Même si l’on dispose, à l’heure actuelle, de nombreux
extraits de plantes sous forme de compléments
alimentaires qui présentent le triple avantage d’être
faciles à prendre, de ne demander aucun effort de
préparation et, souvent, d’offrir une teneur contrôlée en
principes actifs, il peut être très amusant de préparer soi-
même ses remèdes à base de plantes. Cela présente aussi
l’intérêt de pouvoir se servir de n’importe quelle plante, à
condition d’en avoir à portée de main. On ne trouve pas
toutes les plantes sous forme de compléments
alimentaires. Prenez l’exemple tout simple de l’aspérule
odorante : cette petite fleur blanche qui pousse au
printemps dans les sous-bois et qui se parfume
délicieusement en séchant… Il est difficile de se la
procurer en gélules ou dans un sachet de tisane. En
revanche, il suffit d’une promenade en forêt et d’une
seule cueillette pour en profiter toute l’année !
RÉCOLTER SES PLANTES
Qu’allez-vous récolter ? Choisissez des plantes que vous
connaissez bien et que vous ne risquez pas de confondre.
Certains végétaux sont toxiques. La nature n’est pas
toujours clémente avec le cueilleur… Il suffit de
quelques feuilles de laurier-rose, d’un peu de ciguë, de
datura ou de digitale pour vous faire beaucoup de mal !
L’identification des plantes est donc primordiale. L’idéal,
pour apprendre, c’est de se promener avec une personne
férue de botanique. Il existe aussi de nombreuses
structures, souvent associatives, qui proposent des
randonnées ou même des stages à la découverte de la
flore et de ses bienfaits.
Lorsque vous aurez rempli votre panier de feuilles et de
fleurs, qu’allez-vous faire de votre récolte ? Tout
d’abord, vérifiez bien, une dernière fois, que vous avez
identifié correctement les plantes. Au besoin, regardez
sur un guide de la flore ou, dans ce livre, et comparez
minutieusement les descriptions ; mais, encore une fois,
il n’y a rien de tel que de faire ses cueillettes accompagné
d’un connaisseur, au moins les premières fois.
Selon l’époque de floraison, de maturité et selon les
parties de plantes concernées, les moments de récolte
varient. Au printemps et en été, ce sont surtout les
végétaux, dont les principes actifs sont concentrés dans
les feuilles, et surtout les fleurs qui sont intéressants.
Pour récolter des fruits (baies, semences), attendez la
parfaite maturité, en général à la fin de l’été. Pour les
racines, mieux vaut attendre l’automne, moment où les
principes actifs sont « redescendus ». Quant aux écorces
et aux bourgeons, c’est en général au printemps qu’on les
prélève. Cependant, cela demande un « coup de main » et
un minimum d’apprentissage, car si vous « arrachez » au
hasard, vous mettez en danger la santé de l’arbre. Par
respect pour la nature, laissez cela aux spécialistes. Dans
tous les cas, ne prélevez que ce dont vous avez besoin.
À quel moment de la journée ?
Choisissez une journée sèche et ensoleillée en évitant les
atmosphères orageuses. Faites votre récolte de préférence
le matin, lorsque la rosée est complètement évaporée, ou
à défaut le soir, mais avant que l’humidité soit tombée.
Les végétaux ne doivent absolument pas être mouillés,
sinon ils risquent de fermenter et de moisir, et de perdre
toutes leurs qualités.
Le matériel nécessaire
Ciseaux et couteaux bien aiguisés sont impératifs pour
sectionner nettement les tiges. Pour éviter que les
végétaux s’abîment, veillez à ne pas les écraser : un
panier est le meilleur contenant dans lequel déposer votre
cueillette. Il est vivement conseillé de ne pas mélanger
les différentes plantes lors de la récolte. Vous pouvez
emporter plusieurs paniers, sinon ne récoltez qu’une
plante lors de votre promenade. Et surtout, ne laissez pas
traîner votre récolte entassée dans le panier une fois
rentré chez vous : dès votre retour, occupez-vous de vos
plantes.
Où cueillir ?
Plus l’endroit de votre cueillette sera éloigné des zones
urbanisées et des cultures, meilleure sera votre récolte.
Rien ne vaut un endroit un peu sauvage. Faites très
attention à l’environnement des végétaux : s’il y a, à
proximité, quelques champs cultivés régulièrement
arrosés d’engrais et de pesticides, inutile de vous attarder.
Ne cueillez pas de végétaux pollués. Évitez aussi les
plantes couvertes de poussière qui poussent au bord des
routes et des chemins. On ne lave jamais les plantes que
l’on ramasse, il faut donc qu’elles soient propres lors de
la cueillette.
Les règles de base
Lorsque vous ramassez ou coupez les plantes,
débarrassez-les des petits déchets (autres plantes, débris,
etc.) avant de les mettre dans votre panier. C’est
beaucoup plus facile à faire au moment de la récolte que
plus tard. Soyez strict sur la qualité, car la plante doit être
parfaite : flétrissures, décolorations, feuilles grignotées et
taches sont autant de défauts à prendre en compte.
D’autant que les défauts sont souvent contagieux et vous
risqueriez de « condamner » toute votre récolte.
Sécher et conserver
Pour faire sécher les racines, les fleurs, les bulbes, les
baies et les fruits, suspendez-les ou étalez-les sans
surépaisseurs sur des claies ou des cagettes, en général à
l’ombre dans un endroit aéré (au grenier, par exemple).
Si les racines sont charnues, mieux vaut les couper en
rondelles. Les tiges et les feuilles peuvent être séchées au
soleil. Une fois vos plantes séchées, répartissez-les, sans
les mélanger, dans des sachets en papier, des enveloppes
de lettres ou des boîtes en carton. Évitez le plastique et le
métal… et les boîtes à chaussures, même neuves (pour
éviter que les plantes absorbent de mauvaises odeurs).
Si vous cultivez vous-même vos plantes
Les plantes aromatiques et médicinales sont
généralement assez peu exigeantes, ce sont souvent celles
qui poussent à l’état sauvage dans les terrains en friche.
Elles ne feront pas de difficultés pour envahir votre
jardin ! Mettez-les de préférence dans un endroit abrité
du vent. Si vous ne voulez pas vous poser de questions,
semez et replantez dans un terreau stérile. Si vous êtes
perfectionniste, sachez qu’ail, romarin, alchémille,
marjolaine, menthe, hysope, sauge, origan, genièvre,
laurier, noisetier, tilleul, campanules, pavot, bleuet et
buis préfèrent les sols un peu alcalins : épandez une ou
deux fois par an des cendres de bois et du calcaire. Par
ailleurs, la citronnelle, la bourrache, la centaurée, la
camomille, le thym, le fenouil ainsi que les plantes à
bulbes ou tubercules préfèrent des terres plus
sablonneuses. Par conséquent, séparez ces deux grandes
catégories.
Le semis
On sème dès mars sous serre ou dans la maison près
d’une fenêtre exposée au sud et, après les gelées, à l’abri,
jusqu’en juillet. Le semis s’effectue généralement sur un
terreau, en espaçant au maximum les graines, puis en les
tassant légèrement du plat de la main. La plupart des
plantes aromatiques germent à 15-21 °C en quelques
jours. Vous repiquerez 4 à 6 semaines plus tard. Si vous
avez un semis tardif, vous laisserez en place en espaçant
les plants. Suivez bien les indications sur le sachet pour
savoir avec quelle quantité d’eau arroser ou quelle est la
meilleure température de germination. En été (juin,
juillet), vous pouvez faire un semis directement en place
(sans repiquage).
La division
Tous les 2 ou 3 ans, divisez les plantes ligneuses (thym,
romarin…) ou buissonnantes (sauge, reine-des-prés,
camomille, millepertuis, menthe…) : il suffit de dégager
la terre d’un côté, de séparer les racines à la main, de
replanter et d’arroser.
Les boutures
C’est assez difficile à réussir, mais ça vaut le coup
d’essayer quand on n’a ni graines ni racines : coupez de
façon nette, en biais, à une dizaine de centimètres au-
dessus de la partie dure de la tige. Éliminez les feuilles
sur un tiers de la tige. Plongez la bouture dans l’eau,
attendez qu’elle produise des racines, puis replantez-la
dans un pot avec du terreau. Avant l’automne, replantez
en pleine terre.
La culture en pots
La plupart des plantes médicinales (basilic, lavande,
romarin, serpolet, hysope, menthe, persil, reine-des-prés,
millepertuis…) peuvent être cultivées en pot. Plus le
récipient est large et profond, plus les plantes s’étendront.
Si vous cultivez vos plantes à l’intérieur, veillez, d’une
part, à ce que la température de la pièce n’excède pas
18 à 19 ° et, d’autre part, à ce que la plante bénéficie
d’une lumière naturelle au moins 8 heures par jour. Les
plantes médicinales n’apprécient généralement pas les
courants d’air, pensez-y quand vous déciderez de la place
que vous leur réservez dans la maison.
LES TISANES
Et si je vous disais que rien ne remplacera jamais une
bonne tisane ? C’est vrai, c’est un peu de temps, il faut
faire chauffer de l’eau, attendre que ça bouille ou que ça
infuse, mais franchement, ça vaut le coup ! Parce que
tout en vous « soignant », vous buvez ! De la bonne eau
chargée de principes actifs. D’ailleurs, même si, il y a
quelques années, on reléguait les tisanes au rayon
« grand-mère » avec un léger mépris, elles ont à nouveau
le vent en poupe. Vous pouvez choisir une seule plante
ou les mélanger, en fonction des goûts ou des effets que
vous recherchez. À part quelques recettes venant de
phytothérapeutes célèbres, j’ai pris le parti, dans cette
bible, de proposer des tisanes simples en fonction des
indications : fleurs de tilleul contre la grippe, d’aubépine
en cas de palpitations, racines de pissenlit pour le foie…
Mais, à chaque fois, de nombreuses plantes peuvent être
utiles et il est tout à fait possible de les mélanger. Pour
cela, il faut choisir des plantes ou des parties de plantes
qui peuvent être préparées ensemble : si vous mettez des
racines qu’il faut faire bouillir pour en extraire les
principes actifs avec des fleurs qui ne supportent que
l’eau frémissante, cela ne conviendra pas. Par exemple, il
ne faut pas faire bouillir des fleurs de reine-des-prés avec
de la racine de bardane : la reine-des-prés perdrait bon
nombre de ses principes actifs au cours de l’ébullition.
En cas de rhumatismes, par exemple, vous pouvez
mélanger à parts égales des feuilles de cassis et des fleurs
de reine-des-prés et boire 3 tasses de tisane par jour
(1 cuillerée à soupe du mélange infusée 10 minutes dans
une tasse d’eau bouillante). Si vous avez des problèmes
de peau, mettez à bouillir 40 g d’un mélange de racine de
bardane et de pensée sauvage pendant 10 minutes puis
laissez infuser 5 minutes avant de filtrer. Buvez le
mélange dans la journée.
Si vous préparez suffisamment de tisane pour 1 ou
2 jours, conservez-la au frais et, selon votre goût, faites-
la plus ou moins chauffer au moment de la boire.
Ce qu’il vous faut pour vos préparations
Choisissez avec soin votre matériel en préférant les
casseroles émaillées et les cuillères en bois. Moins les
plantes sont en contact avec du métal ou du plastique,
mieux c’est. Évitez les ustensiles et les contenants en
aluminium qui peuvent être toxiques et que les plantes
absorbent. Pour conserver vos tisanes, privilégiez les
boîtes en carton ou les flacons bouchés en verre que vous
entreposerez à l’abri de la lumière.
Selon les plantes et surtout les parties de plantes que l’on
utilise pour faire sa tisane, le mode de préparation est
différent. L’infusion convient bien aux fleurs et feuilles
en général, parties les plus fragiles des plantes. La
décoction est principalement utilisée pour les racines, les
tiges et les écorces. L’eau utilisée doit être aussi pure que
possible et faiblement minéralisée, de l’eau de source par
exemple ou, mieux encore, de l’eau osmosée. Évitez
l’eau du robinet.
On a souvent l’habitude de boire les tisanes le soir, mais
elles peuvent tout à fait accompagner les journées.
Pourquoi ne pas prendre l’habitude de boire 1 litre de
tisane entre les repas, par exemple ? En variant les
mélanges en fonction de vos goûts et des effets que vous
en attendez.
L’infusion
Elle consiste à verser de l’eau bouillante sur des plantes
au moment précis où l’eau entre en ébullition. Vous
mettez alors les plantes dans l’eau, vous remuez
légèrement et vous couvrez la casserole. Laissez ensuite
infuser le temps nécessaire (de quelques minutes à
1 heure selon les plantes). Vous pouvez battre avec un
fouet à thé (en bambou) ou bien une cuillère en bois pour
accélérer la diffusion des principes actifs. Lorsque le
temps d’infusion est suffisant, filtrez et buvez. Vous
pouvez éventuellement sucrer avec du miel, mais l’idéal,
c’est quand même la tisane « pure », sauf si vous avez
mal à la gorge. Dans ce cas, le miel sera idéal.
Préférez les plantes en vrac plutôt que les infusettes qui
contiennent souvent des « miettes », voire de la poussière
de plantes.
La décoction
Il s’agit, dans ce cas, de mettre des plantes dans l’eau
froide puis de faire chauffer l’eau jusqu’à l’ébullition. Le
temps d’ébullition peut aller de 2 minutes à ½ heure
selon la ou les plantes choisies et la dureté des parties de
plante utilisées. Ensuite, on laisse ou non infuser,
toujours en maintenant un couvercle sur la casserole. Et
bien entendu, on filtre avant de boire.
La macération
Les plantes sont laissées à tremper dans un liquide : eau,
alcool, huile, miel, vin, vinaigre, etc., pendant une
période d’au moins 15 jours. Les préparations obtenues
sont un peu plus compliquées, mais se gardent plus
longtemps. On peut donc toujours en avoir sous la main.
LES AUTRES PRÉPARATIONS,
À ACHETER OU À FAIRE
À LA MAISON
Le suc
Il faut réduire la plante en purée. Il est préférable de le
faire avec des plantes fraîches, mais parfois – quand la
plante est trop épaisse ou donne peu de jus – il est
nécessaire de la cuire dans un peu d’eau. Une fois la
purée de pulpe obtenue, filtrez et buvez le suc dilué dans
un peu d’eau ou utilisez-le en compresse. Cette méthode
est rarement employée car le « produit » obtenu est
souvent très amer et ne se conserve pas.
Les compresses et cataplasmes
Compresses et cataplasmes sont principalement utilisés
dans les cas de problèmes de peau, les entorses, les
fractures et les douleurs musculaires ou articulaires.
N’utilisez que des plantes parfaitement saines. Vous
pouvez leur associer une huile végétale (huile d’olive,
par exemple) ou de l’argile ou du miel selon les
différentes recettes à suivre scrupuleusement. Évitez les
compresses et les cataplasmes sur le ventre. Procédez par
étapes : laissez en place 20 minutes. Recommencez
2 heures plus tard avec une nouvelle compresse et laissez
30 minutes, etc. Ne réutilisez jamais une compresse ou
un cataplasme. Jetez-les impérativement.
Compresse : on imbibe une compresse ou un tissu
propre d’une infusion concentrée ou d’une décoction
de plante, puis on l’applique sur la peau et on la
maintient par un bandage.
Cataplasme : la plante peut être directement appliquée
sur la peau quand les feuilles ou les fleurs sont fines.
Sinon, elles peuvent être chauffées dans de l’eau ou
légèrement écrasées au rouleau à pâtisserie pour que
les principes actifs pénètrent plus rapidement.
Maintenez avec un linge ou une bande.
Les vins médicinaux
Il s’agit de faire macérer la plante fraîche ou séchée dans
du vin (blanc ou rouge, mais bio de préférence) pendant
quelques jours à plusieurs semaines selon les « recettes »
avant de filtrer en exprimant bien les sucs de la plante.
On peut conserver ces vins plusieurs mois au frais. En
général, on boit un petit verre de vin médicinal avant ou
après chaque repas, en apéritif ou en digestif.
Les sirops
Infusions ou décoctions additionnées de miel ou de sucre
non raffiné permettent de faire des sirops qui se
conservent jusqu’à 1 an. Il suffit de mélanger ½ litre
d’infusion ou de décoction à 500 g de miel ou de sucre et
de faire chauffer à feu doux en remuant jusqu’à obtenir
un sirop. Ensuite, on le consomme comme un sirop du
commerce, en le diluant à raison de 1 cuillerée à soupe
dans un verre d’eau ou, mieux, dans une tisane. Avec
certains fruits et légumes, on peut aussi faire des sirops à
froid. C’est le cas, par exemple, des nombreux sirops
antitoux à base de radis noir, navet, carotte, oignon…
Quelques lamelles du légume dans une assiette avec un
peu de sucre en poudre et le jus se forme tout
naturellement.
Les huiles médicinales
Appliquées en friction sur la peau, les huiles de plantes
sont le plus souvent utilisées pour soulager les
rhumatismes ou améliorer la circulation, ou encore pour
apaiser les brûlures, les démangeaisons… On utilise,
selon les cas, la plante sèche ou fraîche, en morceaux,
que l’on met à macérer dans l’huile d’olive. Pour
améliorer l’extraction, il faut que l’huile chauffe, sans
atteindre une température trop forte. On utilise donc le
bain-marie ou simplement l’énergie solaire.
Vins, huiles et sirops doivent être mis dans des bouteilles
en verre teinté et conservés à l’abri de la lumière dans un
endroit frais.
Les teintures-mères
Ces extraits alcooliques de plante, très concentrés, sont
souvent très pratiques à utiliser (quelques gouttes dans un
verre d’eau matin et soir). Jusqu’à récemment, on pouvait
s’en procurer facilement en pharmacies, mais il
semblerait qu’elles s’y fassent de plus en plus rares, d’où
l’importance d’apprendre à les préparer. Après tout, on
n’est jamais mieux servi que par soi-même !
Pour réaliser une teinture-mère, il faut faire macérer la
plante sèche ou fraîche hachée dans un alcool fort (eau-
de-vie, rhum, vodka) le plus pur possible, dans un bocal.
Vous pouvez aussi utiliser un mortier et un pilon pour
d’abord écraser soigneusement votre plante. Vous mettez
ensuite la plante et ses sucs au fond d’un bocal et vous
couvrez d’alcool. Laissez macérer 2 à 3 semaines, en
secouant le bocal bien fermé tous les jours. Filtrez
ensuite la macération, bien finement, en pressant
fortement pour récupérer tous les sucs. Versez alors dans
de petits flacons teintés sur lesquels vous collez une jolie
étiquette avec le nom latin de la plante et la date. La
teinture se conserve plusieurs années.
Les remèdes homéopathiques
Une fois que vous avez la teinture-mère, vous pouvez
créer vous-même vos remèdes homéopathiques : vous
mettez 1 goutte de teinture-mère dans un flacon. Dans un
autre flacon, vous mélangez 10 cl d’alcool fort (whisky,
cognac, vodka, eau-de-vie…) et 50 cl d’eau pure (type
Mont Roucous ou osmosée). À la goutte de teinture-
mère, vous ajoutez 99 gouttes du mélange eau-alcool.
Vous bouchez le flacon et vous secouez. Comptez au
moins 100 secousses : vous obtenez une dilution 1 CH.
Prenez 1 goutte de cette dilution, ajoutez 99 gouttes du
mélange eau-alccol, vous obtenez une dilution 2 CH, et
ainsi de suite jusqu’à la dilution choisie.
Les macérats glycérinés
Ce sont des extraits de bourgeons de plantes. On fait
macérer la plante pendant environ 3 semaines dans un
mélange composé d’un tiers d’alcool, un tiers de
glycérine et un tiers d’eau pure, en agitant tous les jours
le flacon, puis on filtre et on conserve dans un endroit
sombre, en flacon de verre teinté, si possible.
Les élixirs floraux
Proche de l’homéopathie, la thérapie par les élixirs
floraux est destinée à rééquilibrer notre système
émotionnel. Cette méthode utilise des remèdes élaborés à
partir de teintures-mères de plantes fortement diluées
dans l’alcool. Au début du XXe siècle, le docteur Edward
Bach a créé 39 remèdes, pour la plupart issus de fleurs,
d’où l’expression « Fleurs de Bach ». D’autres
chercheurs ont, depuis, mis au point d’autres remèdes à
partir d’autres fleurs, c’est pourquoi on utilise aussi
aujourd’hui l’expression « élixirs floraux ».
On peut également les faire soi-même, en préparant une
essence-mère, à diluer au gré des besoins.
Pour préparer un élixir, il faut choisir sa saison, qui sera
forcément ensoleillée.
Dans un saladier, versez 2 litres d’eau et recouvrez la
surface de fleurs fraîches de la plante choisie, en évitant
de trop les toucher. Laissez ce saladier exposé au soleil
pendant une matinée ou un après-midi de grand soleil,
puis filtrez et versez suffisamment de liquide dans un
flacon pour le remplir à moitié, puis complétez avec du
cognac (bio, si possible !). Vous pouvez sacrifier le reste
de la macération.
Pour réaliser votre élixir, versez 30 ml de cognac dans un
petit flacon de verre teinté et ajoutez 2 gouttes de votre
mélange initial de macération et cognac (à conserver à
l’ombre et au frais).
Les huiles essentielles
Les huiles essentielles sont des produits huileux, volatils
et odorants, sécrétés par les plantes aromatiques. Leur
extraction se fait par distillation à la vapeur d’eau ou
simple expression à froid pour que les principes actifs
soient parfaitement préservés. L’extraction demande un
matériel spécifique et conséquent, difficile donc de les
faire chez soi. En revanche, l’utilisation des huiles
essentielles, puissants concentrés de plantes, est
relativement facile, à condition de ne jamais dépasser les
doses conseillées. Pour cela, je vous invite à vous
reporter aux nombreux ouvrages de Danièle Festy,
spécialiste du sujet.
Les huiles essentielles s’utilisent en interne : 1 à
3 gouttes dans 1 cuillerée à café de miel. Mais on les
emploie surtout par voie externe : massage (en
association avec une huile végétale), inhalation,
dispersion, bain, etc.
Les huiles essentielles s’achètent en pharmacies,
parapharmacies et magasins de produits naturels.
Choisissez-les issues de l’agriculture biologique, avec le
label AB.
Les « compléments alimentaires »
On trouve également de nombreux produits « tout prêts »
commercialisés en pharmacies, parapharmacies,
magasins de produits naturels ou vente par
correspondance. Là encore, quand vous avez le choix,
préférez les marques qui arborent le label AB (agriculture
biologique).
Vous trouverez ainsi des gélules, des comprimés, des
extraits liquides, de plantes pures ou mélangées. Pensez à
toujours accompagner leur prise de beaucoup d’eau.
LES PLANTES
DE A À Z
Acérola
Malpighia punicifolia
Aujourd’hui, tout le monde sait que la vitamine C est
vitale, qu’elle renforce les défenses naturelles, donne du
tonus et de l’énergie… et la source la plus riche de
vitamine C naturelle, c’est l’acérola !
L’acérola, appelée aussi cerise des Indes occidentales, est
le fruit d’un arbuste originaire de la mer des Caraïbes et
des Antilles. C’est en 1946 qu’a été signalée sa teneur
très importante en vitamine C (entre 1 000 et 3 500 mg
de vitamine C pour 100 g), une teneur si élevée que
l’acérola s’est immédiatement classée comme le fruit le
plus riche en vitamine C. Longtemps, cette richesse fut
réservée aux habitants des Antilles et des Caraïbes, car la
précieuse acérola ne supporte pas le transport… Mais
aujourd’hui, le fruit est transformé en une gelée qui est
ensuite séchée. Le résultat obtenu est une poudre orangée
qui contient jusqu’à 25 % de vitamine C naturelle et qui
peut, elle, faire le voyage jusqu’en Europe.
Les bienfaits de la vitamine C
Contrairement à certaines autres vitamines, la vitamine C
ne peut pas être stockée en quantité par l’organisme.
C’est pourquoi il faut absolument en consommer de
manière quotidienne, pour éviter fatigue, stress, chute de
cheveux, déminéralisation, etc. La vitamine C est
également indispensable à l’assimilation du fer (principal
constituant de l’hémoglobine), du calcium (principal
constituant des os), et à la synthèse du collagène (la
jeunesse de nos cellules !).
Il est très utile de prendre un complément de vitamine C
pour :
lutter contre la fatigue physique et intellectuelle,
chasser le stress,
augmenter ses défenses naturelles,
prévenir la grippe et le rhume,
prévenir et freiner le vieillissement.
Pourquoi naturelle ?
On a le choix : la vitamine C de synthèse (la plus
couramment commercialisée) ou la vitamine C naturelle.
La facilité conduit bon nombre de personnes à choisir la
première… mais peut-être à tort. Car notre organisme
ressent une affinité particulière avec les substances
naturelles : il les assimile mieux et, en cas d’excès, les
élimine sans aucun problème. C’est ce qu’on appelle une
meilleure biodisponibilité.
Une étude scientifique a d’ailleurs montré que la
vitamine C naturelle du jus de citron est mieux absorbée
par l’organisme que la même molécule reproduite de
manière synthétique. En réalité, dans la nature, la
vitamine C est associée à d’autres catalyseurs qui la
rendent active, efficace, mais aussi sans effets
secondaires indésirables.
Aujourd’hui, on trouve des comprimés d’acérola à sucer
ou à croquer qui apportent, de manière totalement
naturelle, la bonne vitamine C, parfois associée à d’autres
extraits végétaux, de cynorrhodon par exemple,
également très riches en vitamine C.
Achillée millefeuille
Achillea millefolium
Un peu oubliée aujourd’hui, cette jolie fleur a pourtant
rendu de grands services en médecine populaire. Les
scientifiques redécouvrent ses vertus et lui trouvent
même des propriétés antitumorales.
Très commune, elle pousse sur les talus, les prairies et les
bords de chemins dans des sols ensoleillés et bien
drainés. De la même famille que la grande camomille,
elle bénéficie de certaines propriétés de sa cousine
(contre les névralgies, les céphalées…). Mais elle a aussi
d’autres cordes à son arc. Dotée d’une amertume
particulière, l’achillée millefeuille entre dans la
composition de recettes de cuisine ainsi que dans
l’élaboration de vins toniques et d’alcools aromatisés.
De nombreuses propriétés
La plante a une action anti-inflammatoire, emménagogue
(qui favorise le cycle menstruel), cholérétique (elle
stimule la sécrétion de bile) et joue un rôle de régulateur
sanguin. Les feuilles, quant à elles, sont plutôt
hémostatiques et cicatrisantes alors que les fleurs ont des
propriétés davantage toniques, stimulantes et
antispasmodiques. En Allemagne, il existe une
reconnaissance officielle de l’achillée millefeuille pour
traiter les pertes d’appétit, les maux d’estomac et les
crampes pelviennes chez les femmes. Plusieurs
recherches récentes ont confirmé que l’achillée
millefeuille pouvait être efficace contre les troubles
hépatiques et le dérèglement des sécrétions gastriques.
Selon des chercheurs japonais, cette plante pourrait
même avoir des propriétés antitumorales (recherches
concluantes, mais menées uniquement sur des souris).
Ses indications
Connue et reconnue comme efficace depuis des
millénaires, l’achillée millefeuille peut être utile dans de
nombreux cas :
Appétit : contre le manque d’appétit, la mauvaise
digestion et les maux d’estomac, buvez 1 tasse
d’infusion ¼ d’heure avant les repas… et, si vous
disposez d’achillée fraîche, mettez-en quelques
feuilles et fleurs dans vos salades.
Blessures ouvertes (à condition qu’elles ne soient pas
trop profondes) ou fermées : cicatrisante, anti-
inflammatoire et hémostatique, l’achillée millefeuille
peut être appliquée sur des blessures. Étalez des
feuilles fraîches ou bien des compresses imbibées
d’infusion ou de teinture-mère sur la plaie.
Bouffées de chaleur et ménopause : buvez 3 à 4 tasses
d’infusion par jour.
Calculs rénaux : buvez 1 litre d’infusion dans la
journée, entre les repas.
Cicatrisation : appliquez une compresse avec une
infusion concentrée.
Crampes pelviennes chez les femmes : buvez 1 tasse
d’infusion 3 fois par jour. Prenez un bain de siège :
faites infuser pour cela 100 g de plante séchée dans
10 litres d’eau chaude.
Crevasse sur les mamelons : appliquez du suc de la
plante fraîche. Pour cela, écrasez les feuilles au pilon
et récupérez le jus sur une compresse.
Entorses et foulures : faites des compresses avec une
infusion concentrée.
Fièvre : buvez 3 à 4 tasses d’infusion par jour.
Hémorroïdes : pour améliorer votre circulation, buvez
3 à 4 tasses d’infusion par jour. Localement, appliquez
une compresse avec une infusion concentrée.
Hypertension, hépatisme et troubles du foie,
insuffisance biliaire et digestive, nervosité et/ou
spasmes, névralgies, règles difficiles et douloureuses :
buvez 3 à 4 tasses d’infusion par jour entre les repas.
Rage de dent : mâchez des feuilles fraîches.
Rhumatismes et douleurs : faites-vous des frictions
avec l’huile antidouleur dont la recette figure ci-après.
Rhume et grippe : dès les premiers signes, buvez
1 tasse d’infusion toutes les heures (4 au maximum
dans la journée).
Ulcère variqueux : faites des compresses imbibées
d’infusion concentrée.
Varices : en interne (infusion) et en externe (massages
et cataplasmes).
Précautions
Toute substance, surtout si elle est efficace, peut avoir
des effets indésirables, notamment si les doses ne sont
pas respectées. L’huile essentielle ou de grandes
quantités de plante fraîche sont contre-indiquées pour
les femmes enceintes, l’achillée millefeuille ayant des
propriétés contraceptives et même abortives. Les
femmes qui allaitent doivent aussi l’éviter.
Si vous prenez des médicaments pour la tension ou
des anticoagulants, évitez de prendre de l’achillée
millefeuille sans l’avis de votre médecin.
En usage externe, quelques rares réactions cutanées
ont été observées chez les personnes sensibles aux
astéracées (marguerites, asters, camomille, etc.).
Faites un test au pli du coude avant de l’appliquer.
Il est préférable de ne pas consommer l’achillée
millefeuille en même temps que la sauge, le thuya, la
tanaisie et l’absinthe. En effet, ces plantes contiennent
toutes du thujone en faible quantité, substance qui, en
très forte quantité, peut se révéler toxique. Il est aussi
préférable de ne pas en consommer si vous comptez
vous dorer au soleil, car elle peut être
photosensibilisante.
Quand ? Comment ? Où ? Combien ?
Cueillez les sommités fleuries loin des endroits pollués,
si possible le matin, après la rosée, mais avant les fortes
chaleurs des journées d’été. Vérifiez qu’il n’y a pas de
pucerons : ils adorent le nectar de l’achillée millefeuille.
Laissez sécher à l’ombre. On trouve aussi l’achillée
millefeuille dans les herboristeries, magasins de produits
naturels et certaines pharmacies sous plusieurs formes, et
on peut aussi faire soi-même ses remèdes.
Plante fraîche : quelques feuilles dans la salade, ou
sous forme de jus pour le plaisir, et surtout en cas de
problèmes biliaires et hépatiques. La plante se
consomme crue ou cuite, en quantité modérée, plutôt
comme un condiment ou bien avec des épinards, des
brocolis, des œufs…
Vin médicinal apéritif : laissez macérer durant
15 jours une petite poignée de fleurs et de feuilles
fraîches ou sèches dans 1 litre de bon vin rouge.
Ajoutez si nécessaire un peu de miel. 1 petit verre à
liqueur en début de repas.
Vin médicinal dépuratif ou contre les maux
d’estomac : 120 g de fleurs fraîches broyées au
mortier à laisser macérer 15 jours dans 1 litre de vin
blanc sec. C’est très amer. 1 petit verre à liqueur en
début de repas.
Infusion de fleurs et/ou de feuilles sèches : pour usage
interne et externe. Mettez 30 g par litre d’eau
frémissante et laissez infuser 5 minutes pour votre
tisane. En usage externe, mettez 40 à 50 g par litre
d’eau et laissez infuser pendant 5 à 10 minutes.
Teinture ou extrait liquide : en interne, 30 gouttes
dans 1 verre d’eau, 3 fois par jour.
Huile antidouleur (pour application externe) : dans un
flacon de verre, faites macérer une poignée de feuilles
fraîches dans ½ litre d’huile d’olive pendant 15 jours.
Pressez les feuilles pour en exprimer les sucs.
Conservez dans un flacon bouché à l’abri de la
lumière.
En association avec d’autres plantes
L’action de l’achillée millefeuille est souvent renforcée
par d’autres plantes qui, par ailleurs, atténuent un peu son
amertume (sauf dans le cas du marron d’Inde qui est
aussi très amer, mais si efficace en cas d’hémorroïdes !).
En infusion, il suffit de mélanger les plantes sèches
moitié-moitié en prenant soin de mettre des parties de
plantes compatibles. En teinture-mère, il est possible
d’alterner les prises dans la journée (30 gouttes de
chaque dans un verre d’eau).
Circulation : vigne rouge, hamamélis ou citron.
Fièvre : saule, sureau.
Grippe, rhume : eucalyptus.
Hémorroïdes : marron d’Inde.
Agar-agar
Gracilaria gelidium
L’agar-agar est une gelée végétale extraite d’une algue.
Constituée à 80 % de fibres, elle gonfle dans l’estomac et
forme ainsi un gel qui coupe la faim. Non seulement elle
n’apporte quasiment pas de calories et elle calme
l’appétit, mais en plus elle capte une partie des sucres et
des graisses que vous ingérez au repas. C’est donc une
super-arme antikilos ! Et d’ailleurs, on dit d’elle qu’elle
serait le secret de minceur des habitants de l’île
d’Okinawa !
L’agar-agar dans la cuisine
Cette petite algue donne du volume aux aliments ! Elle
vous transforme par exemple une soupe hyper-liquide en
une préparation consistante, et ceci sans en changer le
goût.
Dans les boissons chaudes
Là, il ne s’agit pas de transformer votre boisson en gelée,
mais bien de donner à votre thé ou à votre tisane les
bonnes vertus de l’agar-agar, sans pour autant changer
quoi que ce soit à l’allure, ni au goût de votre boisson. Le
secret, dans tout ça, c’est que l’agar-agar ne fige qu’à
40 °C. Donc, si vous buvez votre boisson sans attendre
qu’elle tiédisse trop, sa saveur, sa texture et son goût
seront identiques à l’habitude.
Le mode d’emploi est simple : versez 1 g d’agar-agar
dans la valeur d’une tasse de votre boisson bouillante (si
c’est une boisson qui peut bouillir, laissez bouillir une
minute), mélangez bien et buvez avant qu’elle
refroidisse.
Si vous utilisez l’agar-agar de cette manière, prenez votre
boisson en apéritif afin qu’il forme une gelée dans votre
estomac, ce qui vous incitera à moins manger et
emprisonnera une partie des sucres et des graisses du
repas à venir.
Obligatoirement chauffé
Pour se transformer en gelée, il faut que l’agar-agar ait
chauffé. Inutile donc de le diluer dans un verre d’eau
fraîche ou de jus de fruits, cela ne sert à rien. Vous avez
le choix entre préparer une boisson chaude ou bien
utiliser cet ingrédient dans de délicieuses recettes
minceur. Il existe des ouvrages complets consacrés aux
recettes contenant de l’agar-agar, et généralement
conçues pour que vous mincissiez tout en gardant le
plaisir de bien manger et d’être rassasié.
Où le trouver ?
On le trouve surtout sous forme de poudre, et parfois,
mais plus rarement, sous forme de barres constituées de
filaments. Il est distribué dans les moyennes et grandes
surfaces au rayon « aide à la pâtisserie », dans les
magasins bio et diététiques, dans les épiceries et
supermarchés asiatiques.
Aigremoine
Agrimonia eupatoria
On la recommande contre les aphtes, la pharyngite, la
diarrhée et les problèmes hépatiques.
On la rencontre sur les chemins, le long des haies où elle
se met à l’ombre. L’aigremoine mesure environ 40 cm.
Elle a une tige raide et poilue, des feuilles vertes dessus,
blanches en dessous, et de jolies grappes de fleurs jaunes
à cinq pétales qui s’épanouissent de juin à septembre.
Pharyngite et diarrhée
L’aigremoine est une plante recommandée aux fumeurs,
aux orateurs et aux chanteurs dont elle éclaircit la voix.
C’est l’un des meilleurs remèdes contre la pharyngite.
Riche en tanins, elle se révèle aussi précieuse pour lutter
contre la diarrhée et les affections chroniques du foie. On
utilise les fleurs et les feuilles en tisane, à raison de
1 cuillerée à café pour 1 tasse d’eau chaude infusée
10 minutes, et de 3 à 4 tasses par jour.
Les préparations
Pour soigner sa voix, on utilise la décoction concentrée
d’aigremoine en gargarismes et on boit 1 litre de tisane
dans la journée, comme pour soigner les troubles
digestifs accompagnés de diarrhée. En cas d’aphtes, la
décoction concentrée est souveraine en bains de bouche.
Pour les foulures, utilisez-la en compresses en les
imbibant généreusement et en laissant en place ½ heure à
1 heure. Renouvelez ensuite, au besoin plusieurs fois
dans la journée.
Infusion : comptez 20 g de plante sèche par litre
d’eau, à laisser infuser 10 minutes. Buvez 3 à 4 tasses
dans la journée, entre les repas pour soigner le mal de
gorge, la paresse du foie ou les désordres intestinaux.
Décoction concentrée : dans 1 litre d’eau froide,
mettez 100 g de plante et faites chauffer. Laissez
bouillir jusqu’à réduction d’un tiers (environ ½ heure
à petits bouillons) puis filtrez. On l’utilise localement,
contre les maux de gorge, les aphtes ou les foulures.
Du côté des Fleurs de Bach
L’élixir Agrimony (aigremoine) est indiqué chez celles et
ceux qui ont l’air toujours joyeux et qui recherchent la
paix. Ne supportant pas les disputes, ils sont prêts à tout
pour les éviter, même aux compromis défavorables. Ils
cachent leurs problèmes et leurs inquiétudes par
l’humour et la bonne humeur. Sociables, ils sont
appréciés par leur entourage. Ils peuvent avoir tendance à
se « soigner » à coups de médicament, de cigarettes ou
d’alcool.
Ail
Allium sativum
Ce bulbe si commun dans les cuisines figure parmi les
plantes culinaires et médicinales les plus utilisées et les
plus efficaces pour soigner nombre de petits tracas.
L’ail est sans doute originaire des grandes plaines de
l’Asie centrale. Mais, très rapidement, les hommes ont
cultivé et amélioré les bulbes. Il est vite devenu
l’aliment-médecin par excellence, au point que les
ouvriers égyptiens, sur les chantiers des pyramides,
recevaient chaque jour une gousse d’ail pour prévenir les
maux les plus divers : ses vertus tonifiantes et
antiseptiques étaient déjà reconnues !
Une plante appréciée par toutes
les civilisations
L’ail – tout comme l’oignon de la même famille – était
considéré par les Égyptiens non seulement comme une
panacée, mais comme une véritable monnaie utilisable
pour les échanges commerciaux et les salaires. Les
Hébreux croyaient en ses vertus vermifuges et
antidépressives, tout comme les Coptes qui en faisaient
des cures pour se nettoyer les intestins ou se
désembrumer le cerveau. Les médecins grecs, puis
romains ont continué de relever tous les bienfaits de l’ail,
au point que Pline l’Ancien note plus de 60 affections
traitées par ce bulbe ! La peste, au Moyen Âge, était
combattue efficacement par l’ail. Au début du XXe siècle,
au Metropolitan Hospital de New York, 1 000 personnes
atteintes de tuberculose ont été soumises à 56 traitements
différents. Parmi les thérapeutiques végétales, l’ail obtint
de loin les meilleurs résultats. Depuis l’Antiquité, l’ail a
toujours conservé, dans nos campagnes, sa réputation
justifiée et les progrès de la science ont confirmé son
intérêt majeur dans le domaine de la santé.
L’allicine, principe actif remarquablement
efficace
Les travaux scientifiques sur l’ail, dont ceux de
l’Université G. Washington aux USA, confirment les
propriétés étonnantes de l’ail. Le docteur Valnet et bien
d’autres phytothérapeutes de renom soulignent l’action
de l’allicine, un composé soufré de l’ail qui a un effet
bactéricide, antiseptique et diurétique. C’est en effet à ce
principe actif, l’allicine, que l’on attribue les propriétés
thérapeutiques de l’ail : antiagrégant plaquettaire, il est
bénéfique pour le système cardio-vasculaire, régule la
production de cholestérol et se montre d’une aide
appréciable dans de très nombreuses indications. Les
saponines de l’ail font également diminuer le taux de
cholestérol et seraient aussi responsables de ses
propriétés bénéfiques pour le système cardio-vasculaire.
En réalité, plusieurs sortes de substances semblent jouer
un rôle, elles agissent d’ailleurs sans doute en synergie,
d’où l’intérêt de consommer de l’ail « entier ».
Une véritable panacée
L’ail, tonique, antiseptique, stimulant général,
antiarthritique et fébrifuge, est conseillé dans les cas
suivants :
Excès de cholestérol.
Hypertension artérielle.
Maladies infectieuses, dont la grippe.
Diabète.
Diarrhées.
Affections respiratoires ou pulmonaires.
Fatigue cardiaque.
Mauvaise circulation, varices, hémorroïdes.
Rhumatismes.
Problèmes urinaires.
Cors aux pieds.
Verrues.
En usage externe aussi
L’ail, écrasé, soigne la plupart des petites plaies,
infectées ou non, à condition que ce ne soit pas des
dermatoses. Ainsi, on frotte une piqûre d’insecte, un cor,
une verrue, un kyste avec une gousse d’ail. Pour soigner
les verrues, on coupe une gousse d’ail à sa taille et on la
maintient toute la nuit avec un sparadrap, et on
recommence le lendemain, le surlendemain, et ainsi de
suite jusqu’à disparition. C’est également efficace sur les
cors aux pieds et les œils-de-perdrix.
Les études scientifiques
À Taïwan, un extrait d’ail injecté à des souris infectées
par le staphylocoque doré résistant à la méthicilline
(l’une des bactéries les plus dangereuses pour nous) a
réussi à combattre l’infection. Sachant que le
staphylocoque doré se propage très rapidement dans les
hôpitaux, ce résultat obtenu en 2003 pourrait peut-être
bientôt trouver une application dans la lutte contre les
maladies nosocomiales. Une autre étude in vitro a permis
de démontrer que l’ail pouvait, par ailleurs, s’attaquer à
la bactérie responsable de la gonorrhée (« chaude-
pisse »).
Par ailleurs, des équipes scientifiques néerlandaises ont
montré l’action bénéfique de l’ail (et de l’oignon) en
prévention de certains cancers, notamment des voies
digestives. Plusieurs études épidémiologiques réalisées
dans le monde entier ont relevé une corrélation entre la
consommation d’alliacées (ail, oignon, échalote, poireau,
etc.) ou celle de crucifères (choux de toutes sortes) et une
moindre fragilité face à certains cancers, notamment ceux
des voies digestives.
L’ail, mode d’emploi
L’ail, consommé en condiment de préférence cru, peut
être ajouté à toutes les salades. On peut aussi composer
un « sirop » maison à l’ail que l’on prend matin et soir :
hachez 2 gousses avec du persil, mélangez à 1 cuillerée
d’huile d’olive. Pour neutraliser la mauvaise haleine liée
à l’ingestion d’ail, il suffit de mâcher quelques grains de
café, un clou de girofle ou des graines de cumin.
Enfin, beaucoup plus simple, il existe des gélules d’ail
dont les propriétés sont les mêmes et qui n’ont aucune
odeur. Il suffit d’en avaler, matin et soir, deux gélules. En
vente partout : pharmacies, parapharmacies, grandes
surfaces, par correspondance, boutiques diététiques…
Les précautions
L’ail en quantité importante est déconseillé aux femmes
allaitantes car il donne un goût prononcé au lait qui
risque de déplaire au bébé. L’ail peut modifier la
glycémie, les personnes diabétiques doivent en tenir
compte. Attention, si vous avez l’estomac fragile, évitez
de dépasser 1 à 2 gousses d’ail cru par jour.
Trucs de santé à l’ail
Macération antihypertension
Pour faire baisser la tension : mettez 1 gousse d’ail
écrasée à macérer le soir dans 1 verre d’eau, buvez le
verre d’eau (sans la gousse) le matin à jeun.
Vinaigre désinfectant
Pour désinfecter les plaies : préparez un vinaigre d’ail à
garder dans votre armoire à pharmacie. Pilez 30 g d’ail et
faites macérer pendant 10 jours dans ½ litre de vinaigre.
Filtrez et conservez bouché. Utilisez ce vinaigre sur une
compresse pour nettoyer les petites plaies, coupures et
écorchures.
Onguent d’ail
Broyez quelques gousses d’ail et mélangez-les avec de
l’huile ou du saindoux. Avec cet onguent, en massages,
vous soulagerez les douleurs musculaires ou les foulures.
Si vous avez de l’asthme ou une bronchite, appliquez-le
sur la plante de vos pieds (ou faites-le appliquer par un
tiers si vous n’êtes pas assez souple) et sur la colonne
vertébrale pour dégager votre respiration.
Maux d’oreilles
En cas de douleurs dans les oreilles et après vous être
assuré qu’il ne s’agit pas d’une otite à traiter au plus vite,
râpez une gousse d’ail que vous mettrez dans une gaze.
Introduisez délicatement ce petit « bouchon » dans votre
conduit auditif et laissez agir.
Trucs pratiques avec l’ail
Collant, l’ail ?
L’ail peut parfois remplacer la colle : frottez 1 gousse
d’ail coupée en deux sur les deux parties à coller,
maintenez jusqu’à ce que le suc soit sec et le tour est
joué ! C’est efficace pour le papier, le carton…
Jolis fruits
2 gousses d’ail coupées en deux dans une coupelle en
verre, déposée dans une corbeille à fruits, empêchent les
fruits de pourrir.
Ail des ours
Allium ursinum
On le sent bien avant de le voir ! Ce cousin sauvage de
notre ail cultivé pousse dans les sous-bois. Il se reconnaît
à ses larges feuilles qui ressemblent à celles du muguet
et, au printemps, à ses fleurs blanches en ombelles.
Contre les microbes
L’ail des ours est une des plantes comestibles les plus
riches en vitamine C. Il contient des principes actifs très
proches de ceux de l’ail, mais à des concentrations plus
élevées. L’usage populaire voulait qu’on écrase de l’ail
sur le sol dans les pièces où se trouvaient des malades
contagieux, un emploi qui se justifie pleinement quand
on connaît son action bactéricide et antiseptique.
D’ailleurs, au début du XXe siècle, on conseillait de
manger un peu d’ail écrasé sur du pain tous les jours, en
temps d’épidémie, pour éviter les contaminations. L’ail
agit aussi sur la sphère digestive en éliminant certaines
bactéries pathogènes qui colonisent la flore intestinale au
détriment des bactéries bénéfiques.
Une bonne santé cardio-vasculaire
Dans la mesure où les composants de l’ail des ours sont
très proches de ceux de son cousin plus commun, celui
que l’on met généralement dans notre cuisine, on lui
attribue des propriétés similaires, quoique plus
puissantes. Il est donc particulièrement réputé pour faire
baisser le cholestérol, la tension et prévenir les maladies
cardio-vasculaires. L’ail des ours est un allié de vos
artères et de votre cœur. À la différence de l’ail commun
dont on emploie les gousses, toutes les parties de la
plante sont utilisables, car toutes contiennent des
principes actifs.
Pas de rhume ni de grippe
Puissant antiseptique, l’ail des ours constitue donc un
excellent rempart contre les microbes responsables des
infections respiratoires, mais aussi des troubles gastro-
intestinaux, d’où l’intérêt d’en faire une petite cure
lorsque débutent les épidémies. Des essais cliniques ont
permis de démontrer ces propriétés thérapeutiques de
l’ail.
Dans la salade ou dans la gélule ?
Pour employer l’ail des ours en salade, il faut en prélever
les feuilles au printemps quand la plante est en fleurs,
mais en attendant, on peut tout à fait employer ce
condiment sous forme de complément alimentaire, seul
ou associé à d’autres extraits végétaux. Il est
généralement conseillé de le prendre en cure de
3 semaines, renouvelable au besoin.
Aloès
Aloe vera
Le gel de ce grand cactus soigne la peau, mais aussi les
troubles digestifs et le diabète en interne. Son latex
accélère le transit.
Il était déjà utilisé dans l’Antiquité par les Sumériens, les
Grecs et les Égyptiens comme plante médicinale. Au
e
XIX siècle, les remèdes à base d’aloès faisaient partie des
produits les plus vendus en pharmacies. Sa réputation de
plante tonique, digestive, purgative et cicatrisante s’est
maintenue jusqu’à nos jours. L’espèce la plus utilisée est
l’Aloe vera, en raison de ses propriétés et surtout de sa
facilité de mise en culture. Originaire d’Afrique du Nord,
il est cultivé partout dans le monde et notamment en
Espagne, au Mexique et dans le sud des États-Unis.
Appelé Aloe barbadensis ou encore Aloe vulgaris par les
scientifiques, il est plus connu sous le nom d’Aloe vera
(aloès vrai), aloès de Curaçao ou sabila (en espagnol).
Les feuilles plutôt étroites (en comparaison des autres
variétés d’aloès) sont longues, dentées. Du centre s’élève
une inflorescence avec de nombreuses fleurs jaunes en
forme de tube. Au bout de 4 à 5 ans, le cactus atteint
environ 1 mètre : on peut alors commencer à prélever ses
feuilles pour la fabrication de remèdes ou de
cosmétiques.
Les deux substances de l’aloès
L’aloès produit deux substances très différentes à ne pas
confondre : le gel et le latex. Le gel est un mucilage clair
que l’on trouve à l’intérieur des feuilles qui amollit et
adoucit les tissus (c’est un émollient) et c’est lui que l’on
utilise dans les produits cosmétiques ou en interne sous
forme de jus. Le latex, lui, est une sève jaune amère que
l’on trouve dans les minuscules canaux de l’écorce et qui
est puissamment laxative. Elle irrite la peau et les
muqueuses. On l’emploie seulement comme laxatif, et
sans jamais en abuser.
Des propriétés innombrables
Le gel d’aloès est considéré comme un adaptogène, c’est-
à-dire qu’il aide l’organisme à s’adapter aux conditions
extrêmes et à lutter contre elles : froid, maladie, fatigue,
etc. Non seulement il stimule les défenses immunitaires,
mais il est antibiotique, anti-inflammatoire, puissamment
cicatrisant. Il aide à éliminer les toxines, à nettoyer les
organes encombrés (reins, foie…). Il soulage les crampes
d’estomac et les maux gastriques. Le jus d’aloès est
conseillé dans les cas de diabète, d’allergies, de
constipation, de problèmes cardiaques. C’est un remède
efficace contre le virus de l’herpès.
Pour la peau et les cheveux
L’aloès possède des propriétés très intéressantes pour la
peau : cicatrisation, régénération cellulaire, hydratation
cutanée, anti-inflammatoire, antibiotique. C’est pourquoi
les crèmes, gels, pommades et onguents à base d’aloès
sont particulièrement conseillés dans les cas de prurit,
d’eczéma, de petites blessures, d’irritation, de mycoses et
même de boutons de fièvre ou autre herpès !
Les différentes études et recherches
Plusieurs études ont permis de vérifier les propriétés du
gel d’aloès en application externe pour activer la
guérison des brûlures des premier et deuxième degrés.
Par ailleurs, en externe, il permet de soigner efficacement
les lésions du lichen plan, l’herpès génital ou encore le
psoriasis. L’aloès, toujours en externe, permet de soigner
les aphtes, la gale, d’accélérer la guérison des
hémorroïdes et, dans un dentifrice, de lutter contre la
plaque dentaire et la gingivite. Par voie interne, le gel
d’aloès a montré son efficacité lors de plusieurs études
consacrées au diabète. Il est d’ailleurs employé depuis
très longtemps en médecine ayurvédique pour résoudre
ce type de problème. Par ailleurs, il soulage les colites
ulcéreuses et le syndrome de l’intestin irritable. Le latex,
quant à lui, est reconnu comme efficace par la
commission E et l’OMS (Organisation mondiale de la
santé) pour traiter la constipation. Mais attention : c’est
un laxatif puissant à utiliser avec prudence.
Où, combien, comment ?
Gel d’aloès dilué : 2 à 3 cuillerées à soupe dans
1 verre d’eau ou de jus de fruits, 2 à 3 fois par jour.
Latex d’aloès : se présente en gélules à avaler, suivez
les conseils des fabricants.
Crèmes et gels de massage : hémorroïdes, brûlures
légères, coups de soleil, verrues, varices,
dermatoses… Suivez les indications du fabricant.
Shampooing, dentifrice, cosmétiques divers : cheveux
et peaux fragiles, gencives abîmées…
Aloès arborescent
Aloe arborescens
Ce sont des lectrices et des lecteurs de Rebelle-Santé qui
m’ont alertée sur cette plante et ses effets très
intéressants pour lutter contre le cancer. Évidemment, il
ne s’agit pas d’une baguette magique qui guérit tout,
mais nous avons reçu des témoignages de patients très
heureux d’être guéris après en avoir fait des cures
régulières.
Une plante africaine
L’aloès arborescent est originaire d’Afrique et pousse à
l’état sauvage dans certaines régions d’Asie centrale.
C’est une plante qui peut atteindre 5 mètres de haut et
elle donne de belles fleurs rouges.
Un père guérisseur
Prêtre franciscain d’origine italienne, le père Romano
Zago est né au Brésil, pays où, depuis 1995, il se
consacre exclusivement à la prise en charge de malades
graves, des cas souvent désespérés. C’est pour les soigner
qu’il emploie sa recette à base d’aloès arborescent : des
feuilles de ce végétal mixées puis mélangées à du miel et
de l’eau-de-vie.
Une recette divulguée gracieusement
La fameuse recette du père Romano Zago a été
expérimentée avec succès auprès de nombreux malades
pour qui la médecine conventionnelle avait atteint ses
limites. Souhaitant que chacun puisse avoir accès à la
« formule », il l’a divulguée sans retenue : 500 g de miel
(bio), 6 cuillerées à soupe d’alcool (eau-de-vie, cognac,
whisky…), 350 à 400 g de feuilles d’aloès arborescent. Il
faut enlever les épines et la poussière des feuilles avec
une éponge, les couper en morceaux puis les mixer avec
le miel et l’alcool et verser cette préparation dans un
flacon opaque, au réfrigérateur. Le père Romano Zago
conseille d’en prendre 1 cuillerée à soupe ½ heure avant
chaque repas. Hormis les personnes sensibles à l’alcool
(enfants, anciens dépendants…) ou les femmes enceintes,
chacun peut bénéficier du remède. Parfois, il y a, les
premiers jours, quelques réactions de libération de
toxines (boutons, nausées…), mais rien de bien
ennuyeux. En général, on finit la première préparation,
on attend quelques jours et on recommence… Jusqu’à
être guéri. Bien entendu, ce traitement naturel n’a pas
vocation à remplacer celui de votre médecin et il peut
très bien être associé aux traitements conventionnels. Il
n’existe pas de contre-indications connues en dehors des
personnes sensibles à l’alcool ou des femmes enceintes,
cela vaut donc la peine d’essayer.
Où en trouver ?
Il ne faut pas confondre aloès arborescent et Aloe vera.
Ce sont deux plantes cousines qui ne possèdent pas les
mêmes propriétés. On en trouve facilement en jardineries
ou sur Internet, ainsi que la préparation au miel « toute
prête » dans les magasins bio et sur Internet (avec ou
sans alcool).
Amande douce
Prunus amygdalus var. dulcis
Ce délicieux fruit sec avec lequel on fabrique la
frangipane peut calmer vos douleurs d’estomac.
Fruit de l’amandier, l’amande appartient à la famille des
oléagineux. Fraîche, on la trouve sur les marchés en
début d’automne, sous une coque vert pâle qui masque sa
coquille. Mais cette graine, la plupart du temps, est
commercialisée séchée et décortiquée. En poudre, elle est
à la base de la fameuse frangipane, cette pâte épaisse
dont sont fourrées les galettes des rois.
Un fruit très calorique
L’amande apporte environ 620 calories pour 100 g. On
trouve difficilement plus nourrissant. C’est pourquoi,
surtout si l’on veille à sa ligne, il faut la consommer avec
modération. Riche en lipides, protides et glucides, elle
n’en est pas moins un aliment très équilibré qui contient
une dose intéressante d’acides gras. Il faut seulement
rester raisonnable, ne pas en manger plus d’une dizaine
par jour, ou plus d’une part de galette au dessert…
Sels minéraux et vitamines
Les qualités nutritionnelles de l’amande résident surtout
dans sa forte teneur en sels minéraux (calcium,
phosphore, potassium, soufre, magnésium) et dans son
apport intéressant en vitamine A. Elle contient également
des vitamines B.
Un remède à l’ulcère gastrique
L’amande a récemment été utilisée avec succès pour
soigner les ulcères à l’estomac. On doit cette
expérimentation au professeur Kleeberg, chef du
département de recherche de l’hôpital municipal
Rothschild de Haïfa. Ce professeur avait remarqué que
les grands fumeurs du Moyen-Orient mastiquaient très
souvent des amandes pour calmer leurs douleurs
gastriques. Ses études ont confirmé les effets de
l’amande : son huile dépose une pellicule protectrice sur
les parois de l’estomac et ses protéines forment un
tampon naturel avec l’acide chlorhydrique de l’estomac.
De plus, il a remarqué que deux autres substances
contenues dans l’amande permettaient, d’une part, de
réduire la production excessive de pepsine de l’estomac,
d’autre part, d’activer la digestion. Résultat, les amandes
calment très vite les douleurs et les brûlures gastriques.
Idéale contre le cholestérol
Au Canada, en septembre 2002, le professeur Jenkins a
constaté, dans le cadre d’une autre étude, que la
consommation quotidienne d’une bonne poignée
d’amandes abaissait significativement le niveau de
mauvais cholestérol dans le sang (12 %). La proportion
de « bons gras », mono-insaturés et polyinsaturés,
contenus dans l’amande, pourrait être à l’origine de cette
vertu de l’amande.
Les autres indications
C’est au docteur Valnet que nous devons la révélation
des autres propriétés de l’amande. Ce fruit est très
bénéfique pour les femmes enceintes ou allaitantes,
contre la fatigue physique et intellectuelle, pour
équilibrer le système nerveux, éviter la déminéralisation
et la constipation, etc.
Les qualités nutritionnelles de l’amande en font
également un aliment de choix en période de croissance
et de convalescence.
L’huile d’amande douce
L’huile d’amande est surtout utilisée en application
externe. Elle est recommandée contre l’eczéma sec, les
brûlures, les crevasses, et pour entretenir les peaux
sèches. Appliquée avant la mousse ou la crème à raser,
elle évite le « feu du rasoir ». En usage interne, c’est un
laxatif très doux utilisé chez les nourrissons et les
enfants.
Ananas
Ananassa comosus
Il ne s’agit pas d’un fruit, mais d’une multitude de fruits
accolés les uns aux autres : chaque facette de l’ananas est
en fait un fruit hexagonal soudé par chacun de ses côtés à
un autre fruit. L’ananas fait partie des Broméliacées,
famille exclusivement tropicale et dont les autres
représentants sont des buissons aux feuilles épineuses,
disposées en rosettes. Quelques espèces donnent de
magnifiques plantes d’intérieur (hectia, tillandsia, etc.). Il
existe différentes espèces d’ananas, donnant des fruits
plus ou moins gros, les plus petits étant souvent les
meilleurs. L’ananas est cultivé partout sous les
tropiques : Antilles, La Réunion (espèce particulièrement
succulente), Amérique du Sud, Afrique…
Composition et propriétés
Assez peu énergétique, l’ananas ne contient que
50 calories aux 100 g, c’est-à-dire, à quantité égale, un
peu moins qu’une cerise ou une prune. Dépourvu de la
plupart des minéraux, il contient cependant du
magnésium et du potassium, mais moins que l’avocat ou
le poireau. Il est vrai qu’on ne met pas de poireau dans
une salade de fruits. Notre ananas se rattrape un peu avec
les vitamines : si pour la vitamine C il obtient la mention
passable (avec 20 mg aux 100 g, autant que la tomate,
mais 10 fois moins que l’ortie et 150 fois moins que le
cynorrhodon !), il se classe honorablement pour le bêta-
carotène et les vitamines du groupe B. Rappelons qu’un
déficit en vitamines B1, B2 et PP provoque fatigue, perte
d’appétit, baisse de tension, vertiges, difficultés
respiratoires, dépression, troubles digestifs, maux de tête,
problèmes cutanés… Donc, à part sa saveur et son
aspect, l’ananas n’aurait pour lui pas grand-chose de plus
que les autres fruits… Si ce n’était la broméline…
Pour mincir, perdez vos illusions !
La broméline est une enzyme rare, proche de la papaïne,
capable de transformer les protéines et de stimuler les
sécrétions digestives. Seul l’ananas frais (et donc non
chauffé) en contient : c’est-à-dire que l’ananas en boîte et
l’ananas en gélules en sont dépourvus.
Sa réputation de fruit amincissant est quelque peu
usurpée. La broméline attaque effectivement les
protéines, mais n’a aucune action sur les graisses ou les
sucres. L’ananas est donc un fruit qui vous aidera à
mincir tout simplement parce qu’il est pauvre en calories,
qu’il est diurétique, qu’il facilite la digestion et le transit
grâce à ses fibres douces. Un point c’est tout… et c’est
déjà pas mal.
Les vraies vertus de l’ananas
En fait, ce fruit a des qualités vraiment originales.
L’ananas active la digestion, diminue l’acidité gastrique
et limite les flatulences (gaz intestinaux). Enfin, l’ananas
possède de telles propriétés anti-inflammatoires,
antiexsudatives et inhibitrices de l’agrégation des
plaquettes qu’il est utilisé sous forme de préparations
médicamenteuses dans le cas d’œdèmes, qu’ils soient
d’origine traumatique ou postopératoire.
Ses indications
L’ananas, même s’il n’est pas le fruit amincissant de vos
rêves, peut vous être utile dans de nombreux domaines.
Il facilite la digestion.
Il fait dégonfler les œdèmes.
Il calme les douleurs articulaires.
Il calme les maux d’estomac, limite aérophagie et
flatulences.
Il aide à se débarrasser du rhume des foins et de la
sinusite.
On le conseille en cas de phlébite : une étude sur des
personnes atteintes de phlébite aiguë a montré qu’un
traitement à base d’analgésiques et de broméline
permettait d’éliminer tous les symptômes de la
maladie.
En application externe, on emploie des crèmes et
autres produits à base de broméline pour activer la
cicatrisation des blessures cutanées.
Une enzyme particulière
Si l’ananas possède tant de vertus, c’est bien grâce à sa
concentration en broméline, une enzyme digestive qui,
contrairement à ses « cousines » qui sont « dissoutes »
dans le système digestif, passe, au moins en partie, dans
le sang. On explique ainsi ses actions anti-inflammatoire
et antiagrégante plaquettaire. Elle n’a pas encore livré les
secrets de son mécanisme d’action, mais donne de bons
résultats dans de nombreuses pathologies.
Savoir choisir un ananas
Préférez les fruits lourds, fermes sans être durs, de
couleur uniforme, d’un beau jaune orange, sans taches. Si
vous tirez sur une feuille et qu’elle se détache : il est
mûr ! L’ananas se mange comme un fruit en faisant bien
attention de retirer les moindres particules de l’écorce.
Vous pouvez également le déguster en jus, ainsi vous
bénéficierez des bienfaits des vitamines, des minéraux…
et de la fameuse broméline. Mais attention : si vous
achetez de l’ananas en boîte ou du jus d’ananas à base de
concentré, n’espérez pas les effets de la broméline :
l’ananas ayant été chauffé, elle a été détruite.
Un peu d’histoire
On raconte que c’est Christophe Colomb qui découvrit
l’ananas. Rien n’est moins sûr. Il semblerait que ce soit
Jean de Lévy, voyageur français, qui rapporta le fruit du
Brésil. Mais l’ananas arriva en piteux état devant
l’Empereur Charles-Quint qui fit la moue. Ce sont donc
les Hollandais qui réintroduisirent l’ananas en Europe. Il
doit son succès à la gourmandise de Louis XV : en effet,
c’est en 1734 que le premier ananas arriva à maturité
dans les serres royales de Versailles. L’ananas resta
longtemps rare et d’un prix exorbitant. Sous le règne de
Napoléon, Madame Junot qui était enceinte eut une envie
d’ananas ; son mari, le célèbre Général Junot, courut tout
Paris, offrant des fortunes à qui lui procurerait un ananas.
En vain. Les prix de l’ananas chutèrent à partir de 1892,
avec sa mise en conserves aux îles Hawaï. Le mot ananas
vient de « nana », mot indien du Brésil. Les Portugais en
ont fait « ananas », les Espagnols « piñas » et les Anglo-
Saxons… « pineapple ». Dans les Caraïbes, l’ananas a
toujours été employé pour accélérer la guérison des
plaies. Au Mexique, c’est surtout en cas de bronchite
qu’on attendait ses bienfaits, au Venezuela, en cas
d’angine.
Dessert digestif
Pour terminer votre repas sur un dessert délicieux qui
vous évitera les brûlures d’estomac, préparez-vous
½ ananas frais : coupez-le en cubes et versez
délicatement quelques gouttes de miel d’oranger sur
chaque morceau avant de le déguster.
Andrographis
Andrographis paniculata
L’andrographis est aussi appelée l’échinacée d’Inde car,
comme l’échinacée, elle est réputée pour renforcer les
défenses immunitaires et prévenir les infections
respiratoires. Elle se révèle aussi remarquable pour en
venir à bout !
L’andrographis est employée depuis des siècles en
médecine orientale comme bactéricide, tonique et
antidiarrhéique pour soigner nombre de pathologies
parmi lesquelles les infections, les vers intestinaux, la
fièvre, l’inflammation des muqueuses intestinales, le
choléra, le diabète. Elle prévient l’empoisonnement
consécutif aux morsures de serpent et ses glucosides
auraient un effet similaire au chardon-marie pour
protéger et régénérer les cellules hépatiques. D’après
plusieurs études cliniques récentes, cette plante serait
également une merveilleuse amie pour ceux qui,
habituellement, passent l’hiver la goutte au nez et le
mouchoir à la main.
Qui peut le plus…
On raconte qu’en Inde, en 1919, une terrible épidémie de
grippe aurait été stoppée par l’andrographis et,
aujourd’hui, l’OMS reconnaît l’usage de cette plante
pour la prévention et le traitement des infections
respiratoires comme le rhume, la sinusite, la bronchite et
la pharyngite.
Des études probantes pour soigner le rhume
Si l’andrographis est employée depuis des siècles avec
succès en médecine ayurvédique, ce n’est que récemment
que les vertus de cette plante ont été scientifiquement
prouvées. Les preuves de son efficacité se sont même
accumulées ces dernières années. Deux récentes
synthèses portant sur plusieurs essais randomisés en
double-aveugle ont montré que l’andrographis, seule ou
associée à une autre plante (l’éleuthérocoque), donnait de
très bons résultats pour traiter les infections respiratoires
sans complication. Une étude portant sur la pharyngite
(chez 152 personnes) a comparé les effets d’une
molécule de synthèse, l’acétaminophène (paracétamol), à
ceux de l’andrographis : la plante s’est révélée aussi
efficace que le médicament, que ce soit pour faire baisser
la fièvre ou calmer le mal de gorge.
Et pour prévenir les infections
On pense que la plante est particulièrement efficace sur
les infections respiratoires parce qu’elle possède à la fois
des effets immunostimulants, anti-inflammatoires et
fébrifuges. Quant à son efficacité antirhume,
l’andrographis semble prévenir ce type d’infection dans
50 % des cas au moins.
Une plante intéressante contre le sida
Il ne s’agit pas de faire croire au miracle et de dire que
l’on peut soigner le sida avec l’andrographis, mais une
société californienne, Paracelsian, a mis au point un
médicament contenant un extrait d’andrographis,
l’Androvir, qui a donné lieu à une étude à l’université de
naturopathie de Bastyr, aux États-Unis (Seattle). Certes,
les participants étaient peu nombreux, 16 personnes
séropositives en tout, mais les résultats sont prometteurs.
Durant l’essai, les patients n’ont pas pris d’autres
antiviraux et leurs paramètres immunologiques ont été
surveillés de près. L’étude a duré 6 semaines et donné les
résultats suivants : une baisse moyenne de la charge
virale de 38 % et une augmentation des T4 (précieux
lymphocytes très surveillés en cas de sida) de 31 %. La
charge virale d’un des participants a même baissé de
83 % ! Le taux de globules blancs a également augmenté.
Après l’arrêt de ce traitement, tous les participants, sauf
un, ont retrouvé les valeurs initiales de leurs paramètres
immunologiques, ce qui indique qu’il faudrait continuer
la cure. Des études plus longues et avec davantage de
participants, seront sans doute menées dans les années à
venir.
Où ? Quand ? Comment ?
Chez nous, on ne trouve pas dans la nature cette plante
très amère. On se contente donc de la prendre sous forme
de comprimés vendus en magasins de diététique ou en
parapharmacies.
En général, on conseille de la prendre à raison de 400 mg
d’extrait normalisé 3 fois par jour, en cure de 20 jours à
1 mois, pour prévenir les infections ou stimuler son
système immunitaire, aux changements de saison, par
exemple. Pour soigner un rhume, on commence dès les
premiers signes et jusqu’au retour de la pleine forme au
moins !
Précaution
L’andrographis pourrait avoir des effets abortifs : les
femmes enceintes devront donc s’en passer.
Aneth
Anethum graveolens
Ce sont les graines de cette plante, vilainement
surnommée fenouil bâtard ou fenouil puant, que l’on
emploie pour leur efficacité sur les maux de ventre. Avec
ses feuilles découpées en lanières allongées, l’aneth
ressemble fort au fenouil en effet et ses fleurs jaunes se
disposent pareillement en ombelles ! Bref, la grande
différence, c’est le parfum… Moins délicat, moins fin,
disent les connaisseurs, mais loin d’être puant malgré son
surnom ! D’ailleurs, il est parfait pour faire mariner les
aliments à griller. Car il est d’une richesse incomparable
en antioxydants (qui limitent les effets toxiques des fortes
cuissons) et il empêche la prolifération des bactéries.
Il chasse les vents
L’aneth est une plante carminative, c’est-à-dire qu’elle
aide à expulser les gaz ! À l’école de Salerne, première
école de médecine du Moyen Âge, voici ce que l’on
disait d’elle :
« L’aneth chasse les vents, amoindrit les humeurs,
Et d’un ventre replet dissipe les grosseurs. »
Il facilite donc la digestion, a des vertus
antispasmodiques précieuses en cas de maux de ventre et
c’est un bon diurétique. On le connaît aussi pour
améliorer la sécrétion de lait chez les jeunes mamans.
Des preuves scientifiques
La Commission E, qui a répertorié de nombreuses
plantes et leurs indications après leur avoir fait subir une
batterie de tests, d’analyses et d’études, reconnaît
l’efficacité des graines et de l’huile essentielle d’aneth
pour soigner la dyspepsie (mauvaise digestion). Elle est
donc recommandée en cas de spasmes intestinaux, de
coliques et de flatulences. En effet, son huile essentielle
(concentrée dans les graines et présente dans les feuilles
fraîches) a un effet antispasmodique sur les muscles
lisses qui contrôlent les mouvements péristaltiques de
l’intestin. Par ailleurs, des essais menés sur des souris
(cela aurait été mieux sur l’humain !) montrent que
l’aneth a des effets antiulcéreux et gastroprotecteurs.
Avis aux estomacs sensibles ! Et l’aneth, sans doute
également grâce à son huile essentielle, empêche la
multiplication des bactéries et des levures toxiques, un
atout pour les habitués des troubles intestinaux… car la
plante limite ainsi les fermentations !
Pour ses effets sur les douleurs menstruelles, les
chercheurs ont montré que la plante augmente le cycle
féminin des souris (c’est malin !), c’est donc qu’il a une
action hormonale, d’où sans doute son usage ancestral
dans le domaine, basé sur son efficacité liée à son emploi
empirique jusqu’à maintenant.
Ses nombreuses indications
L’aneth est avant tout conseillé pour les troubles
digestifs, mais pas seulement. La liste de ses indications
est assez longue :
flatulences,
ballonnements,
nausées et vomissements,
maux d’estomac,
douleurs menstruelles,
mauvaise haleine,
rétention d’eau.
Comment l’utiliser ?
On peut en mâcher tout simplement les graines, à raison
de 1 cuillerée à café. Les feuilles, s’il pousse chez vous
de l’aneth frais, peuvent également être préparées en
infusion, ou bien garnir un plat pour le rendre plus
digeste. Mais ne les employez pas sèches, elles ont perdu
la plupart de leurs vertus. En fin de repas, c’est parfait
pour activer la digestion. Mais on peut également prendre
l’aneth sous diverses autres formes :
En infusion : écrasez grossièrement 2 cuillerées à café
de graines et couvrez-les d’eau bouillante. Laissez
infuser 10 minutes avant de boire.
En teinture-mère : prenez-en 1 cuillerée à café dans
1 verre d’eau en fin de repas, midi et soir.
Sous forme d’huile essentielle : prenez 2 gouttes dans
une cuillerée de miel en fin de repas, diluée ou non
dans une tisane ou un peu d’eau chaude.
Contre-indications
À part si on est allergique aux plantes de la même famille
(les Apiacées), c’est-à-dire le céleri, les carottes, le
fenouil…, on n’a pas de raison de se priver d’aneth. Seul
bémol : l’utilisation de l’huile essentielle demande
quelques précautions. Femmes enceintes et allaitantes,
bébés et jeunes enfants ne doivent pas en prendre.
Angélique
Angelica archangelica
L’angélique possède de réelles propriétés
antibactériennes, apéritives, stomachiques,
anticonvulsives, sédatives, diurétiques, immunologiques
et vasodilatatrices… Elle serait aussi active contre
certaines tumeurs.
La plante entière est utilisée : semences, feuilles, racines,
tiges… Les parties ligneuses sont préparées en décoction
ou en vins médicinaux. Les parties tendres (feuilles,
semences) servent aux infusions. Les semences sont
utilisées comme condiment dans la choucroute et les
« pickles » de nos amis anglais ou les marinades. Racines
et graines font partie des recettes secrètes de liqueurs
bien de chez nous, comme la Chartreuse. Dans les pays
nordiques, les tiges sont confites et servies avec les
gâteaux de Noël ou tout simplement découpées et
disposées sur des tartines de beurre. En Laponie, on
conserve le poisson dans des feuilles d’angélique et on la
mange (tiges et feuilles) en légumes, bouillie dans du lait.
Les utilisations sont donc nombreuses. Il faut pourtant
savoir que, contrairement à la plupart des plantes dont les
propriétés médicinales sont potentialisées par le séchage,
la dessiccation des feuilles et des fleurs d’angélique leur
fait perdre leurs vertus.
L’angélique et l’histoire
Connue des Grecs, des Hébreux et des Romains,
l’angélique est entrée en sainteté par la grande porte :
c’est l’une des rares plantes citées par les Évangiles. Les
gladiateurs se frottaient les membres d’huile essentielle
d’angélique avant les combats : leurs muscles étaient
assouplis et les coups semblaient moins rudes. Paracelse,
célèbre médecin et alchimiste de la Renaissance, utilisa
abondamment l’angélique. Il faut dire que la plante était
déjà célèbre : appelée aussi racine du Saint-Esprit ou
herbes aux anges, elle a fait partie, grâce aux fumigations
de ses tiges et à l’utilisation de son huile essentielle, des
plantes qui ont permis d’éliminer la peste en Europe. Au
e
XVII siècle, dans son célèbre traité Paradise in Sole,
Parkinson déclare que l’angélique est supérieure à toutes
les autres plantes médicinales. Notons qu’Annibal
Camoux, l’un des rares cent-vingtenaires de cette
époque, mort en 1759, attribuait sa longévité au fait qu’il
mâchait continuellement de la racine d’angélique.
Fontenelle, à peu près contemporain (mais quand on vit
cent ans et plus, on est contemporain de beaucoup de
monde !) avait préféré se gaver de fraises : il a vécu vingt
ans de moins, mais c’est déjà bien !
Un remède presque universel
La liste des indications est longue. Voici, par ordre
alphabétique, celle des troubles pour lesquels on la
conseille :
anémie,
appétit insuffisant,
asthme,
digestion (acidité gastrique, ballonnements,
aérophagie, vomissements…),
hépatisme,
insomnies dues à une trop grande nervosité,
migraines (d’origine nerveuse ou digestive),
palpitations,
problèmes ORL (rhumes, bronchites…),
règles douloureuses ou insuffisantes.
L’angélique, également antifongique et fortement
antibactérienne, peut venir à bout de certains problèmes
cutanés (candidoses, par exemple). On utilise aussi la
décoction (avec de l’ortie) en rinçage après un
shampooing pour fortifier les cheveux et activer leur
repousse.
Là encore, respectez les doses, car l’angélique est très
puissante : son suc est si irritant pour la peau que les
mendiants de la Cour des Miracles s’en frottaient les
membres pour provoquer de pitoyables plaies ou
ulcères !
Décoction : 50 g de racines sèches ou de semences
(pas de feuilles sèches qui n’ont plus de vertus
médicinales) pour 1 litre d’eau, à laisser bouillir
5 minutes. 1 tasse, 3 fois par jour, de préférence après
les repas. Appliquez la décoction, refroidie, sur les
mycoses cutanées.
Vins d’angélique : les recettes sont nombreuses et
associent généralement 30 g de racines (ou 50 g de
tiges) pour 1 litre de bon vin rouge auxquels on ajoute,
selon les goûts et les effets thérapeutiques attendus,
une ou plusieurs des plantes suivantes : cannelle (4 g),
noix de muscade râpée (4 g), clou de girofle (1 ou 2),
gentiane (20 g), millepertuis (20 g). Laissez macérer
1 semaine dans un bocal fermé. Filtrez. Prenez-en un
petit verre en apéritif ou au coucher.
Liqueurs d’angélique : ce sont souvent des recettes
comparables, mais le vin est remplacé par ⅓ d’eau-de-
vie et ⅔ d’eau auxquels on ajoute 300 g de sucre ou
200 g de miel.
L’angélique dans votre jardin
Elle épanouira ses jolies corolles de juin à août. Peu
exigeante, elle apprécie plutôt une bonne exposition, une
terre fraîche, équilibrée… et la compagnie des orties qui
stimulent sa production d’huile essentielle. C’est une
bisannuelle, c’est-à-dire qu’elle meurt après la floraison,
mais se resème et renaît d’une nouvelle graine. Plantez
en pépinière les graines à 15 cm de profondeur, dans une
terre fine, de préférence en septembre. Transplantez au
printemps suivant, dès leur apparition.
La récolte, quand et comment ?
Semences : lorsqu’elles commencent à devenir brunes.
Coupez les ombelles, faites-les sécher à l’ombre,
éliminez les débris végétaux.
Tiges et feuilles : en juin-juillet.
Racines : à l’automne. Rincez-les à l’eau. Attendez
qu’elles soient bien sèches avant de les couper en
rondelles.
Argousier
Hippophae rhamnoides
De la famille des Éléagnacées, l’argousier donne une
baie très riche en vitamine C. Son nom scientifique,
Hippophae, signifierait « Je tue un cheval ». Pourtant, les
Grecs l’utilisaient pour favoriser la prise de poids des
chevaux et lustrer leur pelage (phae pourrait aussi
signifier « Je fais briller »). En Chine et en Russie,
l’argousier est, depuis des siècles, utilisé comme plante
médicinale. En Europe, si les baies ont servi de
« tonique » dès le Moyen Âge, leur utilisation médicinale
ne s’est imposée que depuis quelques dizaines d’années.
Cet arbuste épineux pousse un peu partout en Europe
Occidentale, en Asie et en Amérique du Nord.
Longtemps ignoré des hommes, il est désormais cultivé
pour son aspect décoratif ou ses fruits. S’il supporte des
hivers rigoureux, il a besoin de beaucoup de lumière. Il
recherche donc les grands espaces : dunes ou zones peu
boisées en moyenne altitude. Il peut atteindre 6 à
8 mètres de haut, mais généralement, il mesure 2 à
4 mètres. Son port est étalé. Ses feuilles, lancéolées, sont
vert sombre sur le dessus avec des reflets argentés
dessous. Ses rameaux sont étalés et pourvus d’épines. Ses
fleurs verdâtres éclosent au début du printemps. Les
fruits sont des baies orange qui s’agglutinent autour des
branches.
L’ananas de Sibérie
Les vertus médicinales de l’argousier ont été reconnues il
y a une centaine d’années, même si les argouses sont
consommées depuis des siècles en Europe et en Asie. Les
médecins tibétains l’utilisent pour soigner les affections
cutanées, les troubles digestifs et circulatoires, les
affections pulmonaires et les règles douloureuses. Les
chercheurs soviétiques, lors de la conquête de l’espace
dans les années 1950, se sont de très près intéressés à la
plante : les argouses se trouvaient au menu des
cosmonautes qui, par ailleurs, s’appliquaient une crème à
base d’argousier pour se protéger contre les radiations
cosmiques. En Russie, l’argousier est surnommé
« l’ananas de Sibérie », autant pour sa richesse en
vitamines que pour le goût légèrement acidulé de ses
baies.
Aujourd’hui, c’est surtout en Amérique du Nord que se
poursuivent les études sur les propriétés de ce fruit dont
la concentration en vitamine C est 5 fois supérieure à
celle du kiwi et 30 fois supérieure à celle de l’orange. Les
fruits, de même que les feuilles et les graines, sont très
riches en de nombreuses vitamines (C, E, A, F, K, P et du
groupe B), en oligoéléments (azote, phosphore, fer,
manganèse, bore, calcium…), en acides gras saturés
(acides palmitique et palmitoléique) et insaturés (acides
linolénique et linoléique), et en acides aminés. De
récentes recherches ont montré l’utilité de la plante pour
lutter contre les radiations, réduire l’agrégation
plaquettaire, traiter les ulcères gastriques et diminuer les
risques de cancer : toutefois, ces travaux doivent être
confirmés.
Dans l’argousier, tout est bon
Durant les jeux Olympiques de Séoul, la boisson
« officielle » des athlètes chinois, c’était le jus
d’argousier. Il faut préciser qu’en Asie, plus de
200 produits alimentaires ou médicinaux sont fabriqués à
partir d’argousier. En Europe et en Amérique du Nord, ce
sont surtout les baies, les feuilles et l’écorce qui sont
utilisées pour fabriquer des gelées, des confitures, des
compléments alimentaires, du jus, de l’huile et des
cosmétiques.
Ses indications
Usage interne
Fatigue.
Grippe.
Refroidissement.
Manque d’appétit.
Ulcères à l’estomac et du duodénum.
Excès de cholestérol.
Gingivite.
Problèmes pulmonaires.
Maladies cardio-vasculaires et coronariennes.
Hypertension artérielle.
Sécheresse cutanée.
Usage externe
Eczéma et autres problèmes cutanés.
Brûlures.
Prévention et cicatrisation des blessures dues aux
radiations.
Cheveux : pellicules et chute.
L’huile d’argousier est obtenue par pression à froid des
baies et surtout des graines d’argousier. Elle entre dans la
composition de cosmétiques ou de shampooings.
Attention ! L’huile a la particularité de laisser des taches
rouges : massez longtemps et laissez absorber avant de
recouvrir d’un linge pour protéger vos vêtements.
Où ? Comment ? Combien ?
En Europe et au Québec, on trouve des jus, des gelées,
des liqueurs, des bonbons, des sirops, des comprimés,
des shampooings, des pommades, des tisanes, des huiles,
des cosmétiques (crèmes, masques, produits solaires) et
même de la bière à l’argousier. À ce jour, aucun effet
indésirable n’a été constaté, que l’argousier soit utilisé
seul ou avec un médicament, en interne comme en
externe. Il n’y a pas non plus d’effet secondaire à
craindre, quelles que soient les quantités consommées
(hormis de possibles coliques si vous n’êtes pas
raisonnable !). Toutefois, par prudence, les femmes
enceintes doivent éviter les excès. Le jus – obtenu par
pression à froid – se vend souvent en flacon de 200 ml ou
bien en ampoules. Il a un délicieux goût fruité légèrement
acidulé. Il est conseillé d’en prendre 2 à 4 cuillerées à
café par jour. En règle générale, il suffit de suivre les
préconisations du fabricant. Le jus, les bonbons, les
huiles et les cosmétiques se trouvent surtout en magasins
de produits naturels ou diététiques, mais aussi en
parapharmacies, dans quelques pharmacies et en vente
par correspondance. Il existe aussi des tisanes de feuilles
ou d’écorce d’argousier. Il est également possible de
consommer l’huile (1 cuillerée à café par jour ou en
association avec d’autres huiles de première pression à
froid dans une salade).
En association avec d’autres plantes
Comme la plupart des végétaux, l’argousier gagne en
efficacité lorsqu’il est pris avec une autre plante aux
propriétés comparables.
Maladies auto-immunes ou dégénératives, fatigue et
ulcères gastriques : avec Aloe vera (gel).
Grippe et refroidissements : avec eucalyptus ou pin
(en huiles essentielles).
Règles irrégulières et douloureuses : avec sauge
(tisane à mélanger au jus ou au sirop).
Lèvres sèches : avec huile de calendula ou d’amande
douce.
Problèmes de peau et brûlures : avec de l’huile de la
Saint-Jean, au millepertuis (attention à ne pas vous
exposer au soleil).
À chaque fois, il suffit de faire des mélanges moitié-
moitié ou d’utiliser les plantes en alternance, que ce soit
en interne (jus et sirops) ou bien en externe (huile et
crèmes).
Arnica
Arnica montana
Cette jolie fleur jaune – transformée en pommade, lotion,
gel ou teinture – est devenue la plante la plus célèbre des
pharmacies. Pour soigner les bobos, petits et gros, mais
aussi les entorses et les vieilles douleurs, elle est
souveraine.
De la famille des Astéracées (comme la camomille ou le
souci), l’arnica est une frêle fleur sauvage qui pousse en
altitude. En Europe, elle se trouve sous deux variétés
médicinales : l’Arnica montana et l’Arnica chamissonis.
L’Arnica fulgens, sa proche cousine aux propriétés
comparables, habite, quant à elle, l’Amérique du Nord.
Depuis le Moyen Âge et sa description par Hildegarde de
Bingen, l’arnica poursuit sa « carrière » de remède idéal
pour soigner les coups.
En usage externe exclusivement
Très toxique pour les systèmes nerveux, digestif,
respiratoire et cardiaque, l’arnica doit être utilisée
uniquement en usage externe. Ses principes actifs sont
concentrés dans les pétales. Ses propriétés antalgiques
(antidouleur), anti-inflammatoires, cicatrisantes et
circulatoires ont été mises à l’épreuve de la science. En
Allemagne, la commission E a approuvé l’usage externe
de l’arnica pour soigner les hématomes, les œdèmes, les
dislocations, les contusions, les troubles musculaires et
articulaires, l’inflammation de la bouche et de la gorge,
les furoncles, les piqûres d’insectes et la phlébite
superficielle. Plusieurs essais cliniques ont confirmé ses
propriétés bénéfiques en cas d’arthrose, de douleurs
musculaires, d’ecchymoses, d’insuffisance veineuse, et
même, avec de l’arnica sous forme de granules
homéopathiques (voie interne), de douleurs
postopératoires.
Précautions d’emploi
Hormis en traitement homéopathique, l’arnica ne doit pas
être prise en interne. Il faut aussi éviter de le mettre
directement sur les plaies ouvertes. En externe, les seuls
effets secondaires peuvent être une irritation ou une
inflammation locales, surtout chez les personnes
allergiques aux Astéracées (camomille, échinacée,
pissenlit…), ce qui n’est pas très courant.
Où ? Quand ? Comment ?
L’arnica est si efficace et si populaire que son usage
immodéré a failli être fatal à la plante. Aujourd’hui, la
cueillette de l’arnica est réglementée en France et en
Allemagne : il faut s’abstenir de la prélever dans la
nature. Il vaut mieux l’utiliser sous forme de préparation
toute faite.
Les gels, huiles et pommades à base d’arnica sont utilisés
pour traiter :
les ecchymoses,
les œdèmes,
les contusions,
les douleurs musculaires,
les furoncles,
les piqûres d’insectes,
les jambes lourdes.
Il suffit d’étaler le gel ou la pommade en massant
doucement. Vous pouvez aussi imbiber une compresse
avec de la teinture-mère d’arnica pour soigner les bosses,
les bleus ou les œdèmes sur les jambes.
En homéopathie
Arnica montana fait partie des remèdes à toujours avoir
sur soi. 3 granules d’Arnica montana 5 CH après un
choc, lorsqu’on se fait un bleu, une bosse… soulagent
très vite. On en reprend toutes les cinq minutes jusqu’à
ne plus avoir mal. Arnica montana se révèle aussi
intéressant pour activer la cicatrisation des blessures,
soulager les courbatures musculaires ou même les
sciatiques. Dans ce cas, ce sera en 9 CH, 5 granules
2 fois par jour. Rappelons que la prise d’un médicament
homéopathique doit se faire à ½ heure de toute prise
alimentaire. En 30 CH, on utilise Arnica montana lorsque
le traumatisme est généralisé (contusions diverses…) ou
bien lorsqu’on a subi un choc émotionnel qui a des
répercussions physiques (insomnies, angoisses,
palpitations, etc.).
Artichaut
Cynara scolymus
Pratiquement toute l’année, on peut se régaler avec les
artichauts. Il ne faut pas s’en priver. Ils sont à la fois très
toniques et très utiles pour perdre du poids. Leurs
feuilles, celles qu’on ne mange pas et qui poussent sur la
tige dure, renferment des substances très bénéfiques pour
le foie et la vésicule biliaire.
Cousin du chardon, l’artichaut était déjà apprécié des
anciens Égyptiens. En France, l’artichaut n’est apparu
réellement que sous François Ier. Il ne s’agit pas d’une
fleur, comme on a l’habitude de le penser, mais d’un
capitule, c’est-à-dire de l’inflorescence. La fleur, en fait,
est composée de multiples fleurons qui forment… le
foin ! Quand l’artichaut fleurit, le foin devient alors bleu,
formant la fleur. Les fleurons sont réunis sur un
réceptacle charnu, le « cœur », et protégés par des
feuilles simplifiées, les bractées.
Un délice spécial minceur
Assez peu calorique (environ 80 calories pour un
artichaut), l’artichaut est l’un des végétaux les plus riches
en protéines avec un fort pouvoir rassasiant. Ses glucides,
responsables en partie de sa douceur et de son agréable
goût, sont représentés en majorité par l’inuline, une fibre
très peu assimilable par l’organisme, qui ne risque donc
pas d’entraîner de prise de poids mais, mieux, c’est un
prébiotique : elle nourrit les bactéries bénéfiques de la
flore intestinale. Pauvre en graisses (sauf si vous forcez
sur la vinaigrette !), l’artichaut est, en revanche, riche en
vitamine C, mais aussi en vitamines du groupe B
(indispensables à la peau, aux ongles et aux cheveux,
mais aussi antistress). Il contient par ailleurs du fer et du
magnésium en quantité non négligeable. Sa pauvreté en
sodium et sa forte concentration en potassium le font
indiquer aux hypertendus. Le phosphore lui donne des
propriétés drainantes et diurétiques.
En manger régulièrement, mais sans excès
En résumé, l’artichaut permet de bien éliminer sans
grossir ! Ses fibres favorisent le transit, nourrissent la
flore intestinale… C’est donc un aliment idéal, à
condition de ne pas trop en abuser. Car il contient aussi
des fibres dures : de la cellulose et de la lignine (structure
du bois), qui résistent aux sucs digestifs. Son soufre le
rend parfois un peu indigeste. Ce qui explique qu’une
consommation excessive puisse entraîner ballonnements
et flatulences. Par conséquent, profitez régulièrement des
bienfaits de l’artichaut, sans pour autant en abuser.
Les indications thérapeutiques de ses feuilles
Les propriétés thérapeutiques de l’artichaut se
concentrent dans ses feuilles. Or, on l’achète
généralement sans les feuilles, qui restent sur la tige chez
le maraîcher… C’est donc sous forme de compléments
alimentaires qu’on les retrouve, en extrait sec. Les
propriétés de la feuille d’artichaut sont attribuées à
certaines substances particulières : la cynarine (isolée au
milieu du XXe siècle par des chercheurs italiens), mais
aussi d’autres composants plus récemment identifiés
comme la lutéoline. On recommande les extraits de
feuille d’artichaut dans les indications suivantes :
Hypercholestérolémie : plusieurs études scientifiques,
in vitro et in vivo, ont montré l’intérêt de la feuille
d’artichaut pour faire baisser les taux de cholestérol et
de triglycérides. Le niveau de « bon cholestérol »
(HDL) augmente, celui du « mauvais » (LDL)
diminue. Une recherche in vivo menée avec une
substance extraite de la feuille d’artichaut, la lutéoline,
montre que cette dernière réduit jusqu’à 60 % la
biosynthèse du cholestérol. D’après toutes les études
réalisées, les chercheurs pensent que la feuille
d’artichaut ralentirait la production de cholestérol par
l’organisme et en accélérerait son évacuation
naturelle. Une étude, publiée en mars 2000 et menée
auprès de 143 personnes atteintes
d’hypercholestérolémie, fait état de résultats très
intéressants avec une baisse moyenne de 18,5 % du
taux de cholestérol global en 6 semaines de traitement
avec un extrait de feuille d’artichaut.
Protection du foie : la feuille d’artichaut augmente la
sécrétion de la bile et semble avoir des propriétés
hépatoprotectrices et antioxydantes très proches de
celles des graines de chardon-marie (plante cousine de
l’artichaut). Une étude a montré qu’un extrait de
feuille d’artichaut protégeait les cellules contre les
effets toxiques du tétrachlorure de carbone, un poison.
Par ailleurs, il semblerait que la régénération des
cellules hépatiques saines soit accélérée.
Troubles digestifs : la feuille d’artichaut est conseillée
en cas d’aigreur d’estomac, de constipation, de
nausées, etc. Parmi les troubles digestifs, le syndrome
du côlon irritable, qui semble résister à de nombreux
traitements, régresse souvent avec l’extrait de feuille
d’artichaut.
Diarrhée : manger de jeunes artichauts crus est une
méthode réputée pour faire cesser la diarrhée.
Aspérule odorante
Asperula odorata
L’aspérule odorante fleurit dans nos forêts. Simple et
jolie, elle a une apparence très commune, si humble
qu’on oublie de la contempler et de la ramasser. Pourtant,
c’est une plante dotée de vertus fort intéressantes.
Fraîche, elle ne sent rien
L’aspérule odorante – surnommée reine-des-bois, petit-
muguet, thé suisse, muguet des dames, hépatique étoilée,
minute, aparinelle – pousse de préférence dans les forêts
de feuillus. Elle est fréquente en Suisse, en Allemagne,
en Belgique et en France, où on la trouve plutôt au nord
de la Loire. On pourrait imaginer reconnaître l’aspérule
odorante à son parfum, mais c’est impossible car sa
délicate odeur de vanille et de miel se développe
lorsqu’elle sèche. Le célèbre tabac à pipe Amsterdamer
lui doit son arôme très spécial.
Pour la reconnaître
C’est une petite herbacée à la tige quadrangulaire,
entourée de 2 ou 3 « étages » de 6 à 8 feuilles vertes et
lancéolées. Ses petites fleurs blanches forment un tube à
la base qui s’évase pour se séparer en 4 pétales. La fleur,
cueillie et placée dans un vase, s’affaisse au bout de
quelques minutes… d’où le surnom « minute » qu’on lui
donne dans quelques régions ! Après la floraison
apparaissent de petites boules poilues : ce sont les fruits.
Calmante et désintoxicante
Parmi les principes actifs contenus dans l’aspérule
odorante, on trouve de la coumarine aux propriétés
antispasmodiques avérées et de l’aspéruloside, laxative.
En fait, la coumarine, qui est aussi légèrement
hypnotique et anticoagulante, se développe au moment
de la dessiccation (quand la plante sèche). C’est elle qui
donne cette délicate odeur à l’aspérule et qui lui vaut son
surnom d’« odorante ». Parmi les autres propriétés,
l’aspérule est diurétique et tonique. D’où son utilisation
dans plusieurs préparations pharmaceutiques de tisanes.
Douleurs, nervosité, mauvaise digestion…
L’aspérule odorante n’est pas une plante « majeure » de
santé comme l’angélique, le thym, l’ail, le chou ou la
sauge… Mais son parfum agréable et son action douce en
font une aide appréciable pour agir en profondeur sur
l’organisme et notamment sur le système nerveux.
Calmante, tranquillisante, on peut l’utiliser en cas de
douleurs chroniques, d’hyperactivité ou, tout simplement,
de nervosité. Ainsi, on n’hésitera pas à en donner aux
enfants qui apprécieront son goût. Son action sédative
réglera bien des problèmes d’insomnies, de palpitations,
de maux de tête chroniques, de problèmes gastriques,
hépatiques ou respiratoires. Vous la choisirez également
pour ses propriétés diurétiques et antiseptiques, surtout si
vous souffrez de troubles urinaires.
Circulez !
L’aspérule odorante est aussi utilisée pour les problèmes
de circulation : si vous souffrez de jambes lourdes, vous
serez rapidement soulagé(e). Mais attention à ne pas en
abuser, car l’aspérule est un anticoagulant et peut, mal
utilisée, en excès ou associée à un traitement
médicamenteux, provoquer des hémorragies internes. En
effet, la coumarine contenue dans la plante est devenue la
base de nombreuses spécialités pharmaceutiques pour
lutter contre les phlébites. On déconseille donc la plante
aux femmes enceintes et aux personnes qui prennent déjà
des médicaments contre les troubles circulatoires.
Comment l’utiliser ?
La plante entière séchée peut être utilisée, mais les
sommités fleuries sont préférables.
En infusion : 1 cuillerée à soupe de plante pour ¼ de
litre d’eau qu’on retire du feu avant ébullition. Laissez
infuser 5 minutes. Buvez 1 à 3 tasses par jour.
En macération dans du lait, après filtrage, l’aspérule
donne une délicate odeur à toutes les pâtisseries
(crêpes, flans…) ou boissons.
En externe, l’infusion d’aspérule adoucit et cicatrise
les blessures, dégonfle les jambes enflées. En
association avec du plantain ou du bleuet, l’aspérule
donne une infusion adoucissante pour les yeux
(cernes, conjonctivite, fatigue oculaire…). Appliquez
des compresses imbibées d’infusion refroidie et
laissez agir 10 à 15 minutes.
Dans les armoires, moins odorante que la lavande,
mais tout aussi efficace, elle chasse les mites et
parfume le linge.
Entre le matelas et le sommier, des poignées de fleurs
séchées sont réputées faciliter le sommeil. Ce « truc »
vient de Hollande, où l’on avait coutume de fourrer les
« paillasses » avec du foin mélangé à de l’aspérule.
La recette du vin de mai
En Alsace, en Allemagne, chaque famille possède sa
recette de vin de mai. La plupart du temps, il s’agit d’une
macération de 60 à 70 g de fleurs d’aspérule (de
préférence séchées), cueillies en début de floraison, dans
1 litre de bon vin blanc (Riesling ou Gewurztraminer)
auquel on a ajouté 60 g de sucre de canne ou, mieux,
50 g de miel. Laissez macérer 15 jours. Filtrez, mettez en
bouteille. Ce vin (un petit verre avant le repas) facilite la
digestion. Il est aussi tonique et dépuratif.
La recette du docteur Leclerc
Pour limiter la prolifération des colibacilles, dans les
infections urinaires, le docteur Leclerc recommandait la
tisane suivante : 50 g de fleurs d’aspérule, 30 g de fleurs
de bruyère, 20 g de piloselle.
Mélangez les trois plantes et, chaque jour, préparez votre
tisane de la manière suivante : faites chauffer 1 litre
d’eau jusqu’à l’ébullition, ajoutez 4 cuillerées à soupe du
mélange, laissez infuser sous un couvercle pendant
10 minutes puis filtrez. Buvez ce litre dans la journée.
Recommencez 4 ou 5 jours d’affilée.
L’aspérule dans votre jardin
Semez-la dans une terre meuble et humide, à la
pénombre des arbustes, ou en exposition plein nord. Les
graines se trouvent partout dans les bois. Rapidement, les
fleurs s’étaleront, se multiplieront par leurs rhizomes et
formeront une corbeille blanche.
L’élixir du beau-père de Louis XV
Stanislas Leczinski – roi de Pologne, bâtisseur de Nancy,
qui lui doit sa plus belle place, et père de l’épouse de
Louis XV – était d’une force et d’une santé peu
communes. Il affirmait que sa robustesse était due à une
habitude très simple : il buvait, chaque matin, une tasse
de thé d’aspérule odorante.
Astragale
Astragalus membranaceus
Selon la médecine chinoise, l’astragale serait le tonique
idéal pour les personnes fatiguées et celles dont le
système immunitaire est affaibli par des maladies
chroniques. On peut ainsi la comparer au ginseng et
c’est, comme pour le ginseng, la poudre de ses racines
qui est employée.
L’astragale pousse sur les rivages et dans les forêts de
pins, en Chine. On prélève ses racines au printemps, sur
des pieds qui ont entre 4 et 7 ans, puis on les fait sécher
avant de les utiliser en décoction ou de les réduire en
poudre.
Une référence en médecine chinoise
C’est surtout pour renforcer les défenses immunitaires
que l’astragale est indiqué en médecine chinoise. En
Chine, on ajoute de la racine d’astragale dans les soupes
ou les bouillons, et la plante entre dans la composition de
très nombreuses préparations médicinales. Au XIXe siècle,
la plante a eu un certain succès aux États-Unis et on
buvait alors du tonique à l’astragale comme on l’a fait
ailleurs avec le quinquina. À la fin des années 1980, une
épidémie de myocardite (inflammation du muscle
cardiaque) a sévi en Chine à cause d’un virus, le
coxsackie B, et c’est à l’astragale que l’on attribue l’arrêt
de l’épidémie alors que tous les autres moyens avaient
échoué.
À l’étude dans nombre de pathologies
De nombreux essais cliniques ont été réalisés avec
l’astragale en Chine, d’où la plante est originaire. Sous
forme intraveineuse, elle a été efficace en complément de
traitement en cas de cancer, de troubles cardiaques et
hépatiques, de tuberculose… Par voie orale, quelques
essais cliniques montrent son intérêt en accompagnement
de la chimiothérapie pour en limiter les effets
secondaires : nausées, vomissements, chute des globules
blancs. D’autres études indiquent également qu’elle peut
éviter au malade d’attraper des infections venant
s’ajouter à sa pathologie initiale. Dans la mesure où elle
ne présente pas d’effets secondaires indésirables, il serait
dommage de ne pas essayer. En médecine traditionnelle
chinoise, la plante est un ingrédient majeur des
préparations destinées à soigner le rhume des foins, mais
aussi la bronchite chronique ou les rhumes. Quand elle
est utilisée seule, c’est surtout en prévention des
infections, pour renforcer le système immunitaire.
Où la trouver ?
C’est sous forme de poudre, généralement présentée en
gélules, que l’on trouve le plus communément la plante
chez nous. Il s’agit généralement d’extraits standardisés,
une formule garantissant leur concentration en principes
actifs. En général, pour chasser la fatigue et renforcer ses
défenses naturelles, on en fait des cures de 3 semaines,
on arrête 1 mois et on recommence.
Aubépine
Crataegus oxyacantha
C’est en avril-mai que fleurit ce buisson tout de blanc
vêtu. Profitez de la saison pour faire votre récolte : vous
aurez pour toute l’année de quoi vous préparer une bonne
tisane apaisante.
Il semblerait que les fruits de l’aubépine aient été
consommés comme aliments aux temps préhistoriques…
Mais les vertus de ses fleurs, elles, n’ont pas fait
réellement parler d’elles avant la fin du XIXe siècle,
malgré un usage local (en Lorraine) et populaire contre
insomnies et palpitations. Aujourd’hui, elle entre dans la
composition de plus de 200 préparations médicinales.
Dans votre jardin
L’aubépine a toute sa place dans les haies diversifiées !
Elle accueillera avec plaisir les passereaux. Vous pouvez
acheter une aubépine, mais vous pouvez aussi choisir
d’en faire des boutures (prélevées dans la haie de votre
voisin ou dans la campagne). Dans ce cas, attendez
septembre pour les meilleures chances de réussite.
Si, courageux, vous décidez de semer un fruit (à récolter
à la suite des fleurs), attendez jusqu’à l’automne avant de
le mettre en terre et soyez patient : il faut patienter
environ 1 an avant la levée.
Le docteur Leclerc, en France
C’est en 1897 que le docteur Leclerc a commencé son
expérimentation sur l’aubépine. Il avait été intrigué par
un texte anonyme du XVIIe siècle faisant référence aux
vertus apaisantes et cardiotoniques de l’aubépine. Et,
pendant 30 ans, il expérimenta l’aubépine. Il affirmait
que « sa propriété capitale est de tonifier le cœur et
d’exercer en même temps sur les vaisseaux une action
régulatrice par l’équilibre qu’elle établit entre la pression
sanguine et la force de l’impulsion cardiaque ». Sédative,
l’aubépine régularise les mouvements du cœur (d’où son
efficacité incontestable sur les palpitations).
Encore à l’étude
Ces dernières décennies, plus d’une vingtaine d’études
cliniques ont permis de démontrer l’efficacité de
l’aubépine sur l’insuffisance cardiaque congestive. Il
semblerait que les antioxydants et les flavonoïdes
contenus dans les fleurs et les feuilles soient responsables
en grande partie des vertus de l’aubépine. Mais d’autres
constituants (tyramine, acides phénoliques, acides
triterpéniques, acides pentacycliques, stérols,
aminopurines, huile essentielle…) jouent aussi sans
doute un rôle. En Allemagne, l’aubépine est
recommandée dans l’insuffisance cardiaque légère
(formes peu graves de l’insuffisance coronarienne). En
France, officiellement, elle est « traditionnellement
utilisée dans les troubles de l’éréthisme cardiaque de
l’adulte (cœur sain) et dans le traitement symptomatique
des états neurotoniques des adultes et des enfants,
notamment en cas de troubles mineurs du sommeil ». En
réalité, sous forme d’infusion, elle est avant tout
employée en cas de palpitations, d’anxiété, d’insomnie et
d’hypertension.
Ses indications
L’aubépine, très employée pour lutter contre certains
troubles cardiaques, donne également de bons résultats
en cas de :
palpitations,
hypertension artérielle,
angine de poitrine,
bouffées de chaleur,
insomnie,
irritabilité,
émotivité excessive,
angoisses,
vertiges,
bourdonnements d’oreilles.
Comment l’utiliser ?
Vous avez sans doute un buisson d’aubépine près de chez
vous ! Profitez de la floraison pour faire votre récolte.
Choisissez tout de même un buisson éloigné de la
pollution (routes, usines, champs traités…). Partez en
promenade avec un ou plusieurs torchons que vous
mettrez sous le buisson avant d’en secouer les rameaux.
Vous ramasserez ainsi de nombreux pétales, à faire
sécher dans un endroit sec et aéré.
À la fin de l’été (parfois jusqu’en octobre), ce sont les
fruits, d’un beau rouge luisant, que vous récolterez. Si le
temps est clément, faites-les sécher au soleil. À défaut,
utilisez votre four à basse température. Fleurs et fruits se
conservent, séchés, dans une boîte en carton ou des sacs
en papier.
En infusion, contre les palpitations, l’insomnie,
l’anxiété… : faites infuser 1 cuillerée à soupe de
pétales dans 1 tasse d’eau bouillante pendant 10 à
15 minutes puis filtrez. Buvez 2 à 3 tasses par jour.
L’absence de toxicité de la plante permet d’en prendre
sans risque durant de longs mois.
En décoction, contre maux de gorge et angine :
concassez 50 g de fruits séchés et faites-les bouillir
pendant ¼ d’heure dans 1 litre d’eau. Filtrez, ajoutez
1 cuillerée à soupe de miel et faites des gargarismes
plusieurs fois par jour.
Teinture-mère (en pharmacie) : 10 à 20 gouttes dans
1 verre d’eau avant les repas, 3 semaines par mois, en
cas d’hypertension. 40 gouttes le soir au coucher
contre l’anxiété et l’insomnie.
En gélules ou ampoules d’extraits liquides : suivez les
indications du fabricant.
Et pour votre beauté
L’aubépine peut aussi vous aider à lutter contre la
couperose ! Concassez 3 cuillerées à soupe de fruits
séchés, ajoutez autant de pétales et faites bouillir durant
15 minutes dans ½ litre d’eau. Filtrez. Utilisez comme un
tonique ou faites-vous des compresses à garder
20 minutes avant d’appliquer votre crème de nuit.
Aubergine
Solanum melongena L.
Ce bon gros légume-fruit est l’un des éléments de la diète
méditerranéenne. Très peu calorique et riche en fibres,
c’est un allié pour mincir et éviter le cholestérol.
Originaire d’Inde, l’aubergine nous est parvenue au
e e
XV siècle, mais il a fallu attendre le XIX siècle pour
qu’on lui accorde un peu d’importance à table… Elle
aime le soleil et on la cultive aujourd’hui dans la plupart
des régions tropicales.
Autrefois, l’aubergine n’était utilisée que pour ses vertus
médicinales, et encore, avec beaucoup de méfiance. Sa
ressemblance avec la mandragore lui valait d’être placée
sur les étagères des apothicaires à côté de la ciguë. Il
n’était pas question de la consommer. On l’accusait de
provoquer de la fièvre et des crises d’épilepsie. Elle
n’était utilisée qu’en externe pour des cataplasmes ou des
pommades contre les hémorroïdes. En Orient, depuis des
millénaires, elle est carbonisée, puis réduite en poudre.
Cette poudre est utilisée pour se frotter les dents et les
rendre blanches et éclatantes.
La choisir
La pleine saison se situe de juillet à septembre.
L’aubergine que vous trouvez sur les marchés en hiver
est importée des Antilles, de Côte d’Ivoire, d’Israël ou du
Sénégal. Elle doit être ferme, brillante et avoir la peau
bien tendue. Préférez les aubergines de petite taille ;
grosses, elles deviennent farineuses et pleines de pépins.
L’aubergine se conserve 5 à 6 jours au réfrigérateur ; elle
ne se congèle pas crue. Attention, l’aubergine est fragile :
sa chair s’abîme au moindre choc.
Un aliment minceur
L’aubergine est l’un des légumes les plus pauvres en
calories (entre 20 et 30 pour 100 g), c’est donc une
aubaine pour les adeptes de la minceur, d’autant que sa
richesse en pectine lui confère un réel pouvoir rassasiant.
Mais, si vous espérez perdre quelques kilos en savourant
ce légume, il ne s’agit pas de le faire revenir dans une
poêle pleine d’huile ! En effet, sa chair spongieuse
absorbe les matières grasses sans compter… Mieux vaut
utiliser un cuit-vapeur, ou bien préparer une ratatouille en
l’associant avec d’autres légumes d’été (tomates,
courgettes…). Car c’est bien en été qu’il vous faudra la
déguster, lorsque, petite et jeune, elle est bien ferme avec
une peau bien tendue.
Des fibres précieuses
Outre son faible apport calorique, la richesse en fibres de
l’aubergine facilite l’amincissement tout en rendant
service à de nombreux égards. En effet, sa pectine gonfle
dans l’estomac, formant un gel qui capture une partie des
sucres et des graisses absorbés au cours du repas, tout en
régulant le transit intestinal. Elle est donc tout indiquée
en cas d’excès de cholestérol, de diabète (car les sucres
rejoignent moins rapidement le flot sanguin) et de
constipation.
Les feuilles en cataplasmes
Longtemps, l’aubergine, qui était laissée de côté en
cuisine, a servi en soins externes. Ce n’était pas le fruit
mais les feuilles qu’on employait, en cataplasme, pour
soigner les abcès, les brûlures, les dartres ou encore les
hémorroïdes. Il faut faire bouillir les feuilles et les mixer
avant de les appliquer et de laisser agir ½ heure avant de
retirer et de rincer à l’eau fraîche.
Truc de beauté pour des dents blanches
En Orient, on utilise de la poudre d’aubergine mélangée à
du sel de mer pour blanchir les dents.
Avocat
Persea americana
Certes, l’avocat est énergétique : avec ses 220 calories
aux 100 g, il effraie les adeptes des régimes amincissants.
C’est pourtant un aliment presque complet à ne pas
négliger, d’autant qu’il a un index glycémique très bas (il
ne provoque pas de pic d’insuline) et, à ce titre, serait
plutôt facteur d’amincissement que le contraire, malgré
sa « richesse ».
L’avocatier est un arbre à l’écorce grise et crevassée,
pouvant atteindre 12 à 15 mètres de haut. C’est en
Amérique tropicale, notamment au Mexique et aux
Antilles, mais aussi en Californie, en Floride, en Afrique
et en Israël qu’il est cultivé. Il nous est parvenu
d’Amérique du Sud au début du XVIe siècle, quand les
Aztèques en firent cadeau à Cortez.
Son usage empirique
En Amérique du Sud et aux Antilles, la chair de l’avocat
semble avoir toujours fait partie de la nourriture. On
l’employait aussi étalée sur la peau pour la protéger du
vent et du dessèchement, et sur les cheveux pour en
accélérer la pousse. Si, en Europe, nous le consommons
volontiers en entrée, l’avocat, dans ses pays d’origine,
fait plutôt office de dessert, agrémenté d’un peu de
citron, par exemple.
Très complet
L’avocat est riche en lipides (d’où sa haute teneur en
calories), particulièrement des acides gras mono-
insaturés bénéfiques au système cardio-vasculaire. Il
apporte aussi quantité de vitamine E, de vitamines du
groupe B, de potassium, de magnésium…
Ses propriétés thérapeutiques
Sa richesse en acides aminés et en vitamines B est sans
doute à l’origine de son effet bénéfique sur le système
nerveux. Il contient également plusieurs antibiotiques.
Son équilibre en nutriments le fait conseiller aux enfants,
aux convalescents et aux femmes enceintes. Il est
également recommandé en cas de surmenage, de
nervosité, de colibacillose, de troubles gastriques,
intestinaux et hépatobiliaires. Sa richesse en potassium le
fait aussi indiquer en cas d’hypertension artérielle.
Une huile richissime
On extrait de l’avocat une huile très souvent employée
dans les cosmétiques. Bien entendu, il faut lire sur les
étiquettes le réel pourcentage en huile d’avocat ! Inutile
de choisir un produit pour sa richesse en huile d’avocat si
elle se limite à 0,01 %. Riche en insaponifiables, elle
tonifie et régénère l’épiderme, tout comme elle stimule le
cuir chevelu. On l’utilise donc contre le dessèchement
cutané, mais aussi comme antivergetures ou antirides et
en masque capillaire, avant le shampooing, pour donner
de la vigueur aux cheveux.
Faites pousser un avocatier
C’est le grand plaisir des enfants ! Gardez le noyau pour
le planter. Pour le faire germer, vous le suspendez (en
piquant des allumettes sur les côtés) sur les bords d’un
petit pot de verre rempli d’eau, de manière à ce qu’il
« trempe » un peu. Pour obtenir des avocats, il suffit de le
planter ensuite dans un jardin, mais il a besoin de
beaucoup de chaleur (vous avez peu de chances de
récolter des fruits au nord de la Loire !). Si vous le
gardez à la maison, ce sera une très jolie plante
d’intérieur.
Les trucs de beauté à l’avocat
L’avocat est un ingrédient de choix pour faire de
nombreux masques de beauté puisqu’il nourrit la peau et
l’adoucit.
Masque pour peau très sèche
Écrasez la chair de ½ avocat bien mûr et mélangez-la
avec le jus de ½ citron et 2 cuillerées à soupe de crème
fraîche. Appliquez sur votre visage et votre cou en
couche épaisse. Laissez agir ¼ d’heure avant de rincer.
Autre masque hydratant et nourrissant
à l’avocat
Écrasez la chair d’un avocat avec une fourchette.
Mélangez la purée obtenue avec 1 cuillerée à café de jus
de citron. Ajoutez ensuite 2 cuillerées à café de miel
d’acacia et 1 cuillerée à soupe de crème fraîche.
Mélangez bien le tout. Appliquez ce masque sur votre
visage et votre cou, laissez agir ½ heure et rincez à l’eau
tiède.
Huile antivergetures
Mélangez 100 ml d’huile d’avocat avec 50 gouttes
d’essence de citron. Appliquez en massages matin et soir
sur les zones de l’épiderme fragilisées (seins, cuisses,
ventre).
Masque du soir anticouperose
Mélangez 50 ml d’huile d’avocat, 50 ml d’huile
d’amande douce et 10 gouttes d’essence de citron.
Appliquez en massages légers sur votre visage
parfaitement nettoyé. Laissez pénétrer ½ heure, puis
rincez à l’eau citronnée (eau additionnée de jus de citron)
avant d’appliquer votre crème de nuit.
Massage nourrissant pour les ongles
Versez 3 gouttes d’huile essentielle de lavande fine et
3 gouttes d’huile essentielle de géranium rosat dans
1 cuillerée à soupe d’huile d’avocat. Utilisez cette huile
pour masser vos ongles une fois par semaine.
Avoine
Avena sativa
Appelée follette, bambiche, herbe à barbe, l’avoine est
une graminée aux racines profondes. Avena sativa est la
forme cultivée de l’avoine sauvage (ou folle avoine). Ses
fleurs en clochettes se balancent élégamment au bout de
frêles rameaux et se transforment en épillet. Très digeste,
l’avoine est consommée surtout en Europe du Nord
(Grande-Bretagne, Scandinavie). Les chevaux en
raffolent, ils en retirent une grande force. Les qualités
énergétiques et diététiques de l’avoine sont aussi valables
pour les humains. Vous pouvez en planter dans votre
jardin pour bénéficier de ses vertus et même vous en
régaler.
Chez vous
Tous les types de sols conviennent, sauf ceux qui sont
mal drainés ou gorgés d’eau. Les grains ne doivent pas
être trop serrés pour que les épis ne se fassent pas
d’ombre les uns aux autres.
Semez dans une terre meuble, aérée, légèrement humide,
à 3 cm de profondeur, au début du printemps de
préférence. Tracez des sillons en ligne espacés de 12 à
15 cm et déposez les semences tous les 2 ou 3 cm. Inutile
de mettre beaucoup de graines, car les céréales ont la
particularité de taller, c’est-à-dire que la plante développe
à l’aisselle des premières feuilles d’autres plantes qui
donneront des graines. Aucun traitement n’est nécessaire.
Au besoin, désherbez à la main pour limiter
l’envahissement par d’autres graminées. Le rendement
varie entre 0,6 kg et 1,2 kg par m2. Il faut attendre plus
ou moins 2 mois après la floraison pour que la maturité
soit atteinte.
Pour utiliser l’avoine ou le blé en décoration, coupez les
tiges quand le grain est très dur (non rayable à l’ongle).
Laissez les racines et quelques centimètres de chaume se
décomposer en terre.
Composition et indications
L’avoine est composée d’amidon, de lipides, de
cellulose, d’oligoéléments (silice et calcium), de
vitamines A, PP, D, B1, B2. Mais, plus intéressant
encore, l’avoine contient une hormone naturelle proche
de la folliculine (hormone féminine), des flavonoïdes et
des alcaloïdes comme l’avénine, un stimulant du système
nerveux. L’avoine est aussi riche en lysine, un acide
aminé que l’on trouve rarement dans les autres céréales.
Cette composition complexe en fait une plante à la fois
sédative et stimulante, ce qui peut sembler paradoxal.
Elle est recommandée pour lutter contre la fatigue
physique, sexuelle ou intellectuelle. Elle est
particulièrement conseillée aux personnes qui suivent un
régime végétarien. L’avoine a aussi des propriétés
digestives et permet de lutter contre la constipation. En
résumé, l’avoine est indiquée en cas de :
rhumatismes,
problèmes urinaires,
fatigue sexuelle,
stress,
insomnies,
difficultés de concentration intellectuelle,
troubles digestifs,
problèmes de peau (eczéma, psoriasis, etc.).
Comment ?
Aujourd’hui, on consomme principalement l’avoine sous
forme de flocons ou de boisson au « lait d’avoine ». Mais
on emploie aussi l’avoine en tisane ou en comprimés…
La paille d’avoine se consomme en décoction : après
avoir porté à ébullition pendant ¼ d’heure 30 g ou
2 petites poignées dans 1 litre d’eau, on laisse
refroidir, et on filtre. Cette tisane a des effets
diurétiques, fortifiants et rééquilibre le système
nerveux (3 à 5 tasses par jour). Très riche en silice,
elle soulage les rhumatismes. Elle est aussi conseillée
pour lutter contre les insomnies.
La feuille d’avoine (mêmes doses) s’emploie surtout
dans les cas d’affections urinaires.
La décoction de grains (mêmes doses) est laxative,
fortifiante, diurétique et antirhumatismale.
En homéopathie : Avena sativa est un remède
fortifiant et reminéralisant. On le prescrit surtout en
cas de perte d’appétit, dans les difficultés à se
concentrer, dans les convalescences ou pour renforcer
les défenses immunitaires.
En cataplasmes : une bouillie de flocons, de grains ou
une décoction d’avoine sèche peut être appliquée
directement sur la peau (maintenir avec un linge) pour
soulager les problèmes cutanés et les rhumatismes.
Idéale pour la peau
Entre les deux guerres, les médecins américains et
européens se sont intéressés de plus en plus à l’avoine
pour soigner les dermatoses et les dermatites
prurigineuses ou les brûlures : les zones lésées étaient
baignées dans des bains à l’avoine ou bien pansées avec
des cataplasmes. Actuellement, l’avoine utilisée en
cosmétologie est cultivée principalement dans le Sud-
Ouest de la France, sans herbicide, ni pesticide, ni
engrais chimique. Il s’agit généralement d’espèces
différentes de celles utilisées dans l’alimentation. Des
études cliniques ont montré que les produits à base
d’avoine sont particulièrement efficaces pour réhydrater
les peaux sèches, éliminer les démangeaisons, apaiser les
irritations, assouplir la peau et cicatriser les petites
écorchures. L’eczéma est aussi l’une des principales
indications des laits, savons et crèmes à base d’avoine.
On trouve ces produits (sous plusieurs marques) en
pharmacies, parapharmacies, magasins de produits
diététiques.
Truc pour dormir
L’avoine, en paille et en grains, sous le matelas, c’est un
sommeil assuré pour les petits et les grands (vous pouvez
aussi mettre des épluchures de pommes séchées dans
votre oreiller ou bien encore des cônes de houblon).
Pour les bébés aussi
Pour ses vertus énergétiques, elle est souvent conseillée
en jus aux nourrissons, ainsi qu’ajoutée aux bouillons de
légumes : faites bouillir 20 g d’avoine pour 1 litre d’eau,
broyez, filtrez, sucrez avec du miel avant d’ajouter au
biberon, ou mélangez avec un bouillon de légumes.
Les bains à l’avoine
Non seulement les bains adoucissent la peau, mais ils
permettent de lutter contre l’eczéma ou le psoriasis ; ils
éloignent aussi les douleurs rhumatismales, les affections
de la vessie, les problèmes rénaux et certaines affections
urinaires.
Voici la recette :
Laissez macérer 150 g d’avoine dans 3 litres d’eau
durant 1 heure.
Faites bouillir pendant 5 minutes.
Versez directement dans votre baignoire si vous ne
craignez pas de boucher l’évacuation, sinon filtrez
auparavant.
Vous pouvez utiliser cette même bouillie sans la diluer
pour faire des bains de pieds qui soulagent les durillons,
les ampoules, les cors et même les ongles incarnés.
Bacopa
Bacopa monnieri
En Inde, on utilise le bacopa pour améliorer ses capacités
intellectuelles, chasser la déprime et l’anxiété. Il soulage
aussi les intestins irrités.
Le bacopa est une plante d’origine indienne, vivace et
rampante, qui pousse dans les marais et, plus
généralement, dans les terres humides. En Inde, cela fait
plus de 3 000 ans qu’il est employé dans l’arsenal
médical en cas de troubles de l’attention, de dépression,
d’anxiété et de maladies affectant l’intellect ou le
système nerveux central. Aujourd’hui, en Inde, le bacopa
est même reconnu par les instances officielles comme un
traitement valable en cas d’épilepsie (une étude datant
des années 1960, avec un extrait de bacopa, a montré que
la plante pouvait contribuer à diminuer la fréquence des
crises chez certains patients).
Mémoire et intellect
Les scientifiques s’intéressent aux vertus du bacopa
depuis plus de 50 ans et ont donc mis en route des études
pour en connaître les réels effets. Ils en ont conclu que la
plante stimulait bien la mémoire, et qu’elle améliorait
aussi la vigilance et la concentration. Elle est donc tout
indiquée pour booster ses neurones !
Comment ça marche ?
Le bacopa augmenterait la synthèse des protéines dans
l’hippocampe, une zone du cerveau qui joue un grand
rôle dans la mémorisation à long terme. Selon le docteur
Robert Furchgott, prix Nobel, il stimulerait aussi la
production de monoxyde d’azote, un messager chimique
d’une importance essentielle.
Des études probantes
En Inde et dans de plus en plus de pays, les effets du
bacopa ont été étudiés sur des populations d’écoliers
en bonne santé ou bien souffrant de troubles du déficit
de l’attention avec hyperactivité (TDAH), et sur des
personnes atteintes de problèmes intellectuels.
En Australie, un essai réalisé pendant 12 semaines sur
46 personnes en bonne santé a permis de montrer
qu’un extrait standardisé de bacopa améliorait la
vitesse de traitement de l’information, la capacité
d’apprentissage et la mémoire, et tout cela en
atténuant l’anxiété. D’autres études ont été moins
concluantes, surtout lorsque la durée d’utilisation du
bacopa était plus courte. Il semblerait donc que ce soit
à long terme qu’il faut en attendre les bénéfices les
plus spectaculaires (cela vaut surtout pour les adultes).
Chez les enfants, les effets semblent plus rapides, avec
des résultats en 4 semaines chez des hyperactifs.
Les enfants qui prennent du bacopa font preuve d’une
rapidité et d’une précision supérieures, ce qui facilite
leur apprentissage. La plante semble stimuler leur
curiosité intellectuelle et, par exemple, avec le bacopa,
les enfants choisissent plutôt les nouvelles expériences
que les révisions… Des chercheurs pensent même que
la plante serait capable d’améliorer l’intelligence et les
fonctions intellectuelles.
En cas de stress, le bacopa réduit rapidement le niveau
d’anxiété et la fatigue mentale.
Pour vos intestins
Outre ses effets sur l’intellect, le stress ou la mémoire, le
bacopa peut soulager le syndrome de l’intestin irritable.
Une étude a montré que, mélangé à de la pomme du
Bengale (antidiarrhéique), il pouvait calmer les désordres
intestinaux.
La plante des « surmenés »
Le bacopa augmente les facultés d’apprentissage, la
concentration, stimule la mémoire et, parallèlement, lutte
contre le stress associé au manque de sommeil, réduit
l’anxiété et la fatigue mentale : c’est donc la plante idéale
pour les surmenés. Si, pour vous ou vos enfants, la
rentrée est synonyme de grosse reprise intellectuelle, il
vous donnera un bon coup de pouce !
Comment l’utiliser ?
Dans la tradition indienne, le bacopa subissait une
préparation avant d’être utilisé : on exprimait le jus des
tiges et des feuilles que l’on faisait ensuite sécher avant
de les réduire en poudre. Jus et poudre servaient alors à la
préparation de sirops, boissons ou purées à tartiner, qu’il
fallait sucrer pour en masquer l’amertume. Aujourd’hui,
c’est sous forme de médicaments en Inde ou de
compléments alimentaires chez nous que la plante est
utilisée.
Badiane de Chine
Illicum verum
L’anis étoilé, ou badiane de Chine (à ne pas confondre
avec celle du Japon, voir plus loin), est un petit arbre
originaire de Chine ou du Vietnam qui peut atteindre
10 mètres de haut, à grandes fleurs roses ou jaunes. Son
fruit, marron-rouge, ressemble, une fois séché, à une très
belle étoile qui compte entre 5 et 10 branches.
Employée pour son goût anisé sans pareil, avec un léger
parfum de réglisse, la badiane contient une huile
essentielle anti-infectieuse, antispasmodique et digestive,
à laquelle elle doit sans doute en grande partie ses vertus
thérapeutiques.
Les grandes indications
L’huile essentielle de badiane augmente la contraction
des muscles intestinaux et, à faible dose, elle joue à la
fois un rôle antispasmodique et stimule la digestion.
On emploie donc surtout la badiane pour améliorer la
digestion (contre les ballonnements, les flatulences, les
somnolences…), contre les maux de tête et les migraines,
mais c’est aussi un bon remède de la toux. En
Allemagne, elle est considérée « comme un médicament
à visée gastro-intestinale et utilisée dans le traitement des
maladies respiratoires ».
Ses indications officielles sont, par conséquent :
troubles digestifs accompagnés de crampes gastro-
intestinales légères, flatulences, ballonnements,
états inflammatoires des voies respiratoires.
Comment l’utiliser ?
La méthode la plus courante et la plus simple consiste à
préparer une infusion : vous déposez 3 ou 4 étoiles dans
le fond de votre tasse et vous couvrez d’eau bouillante.
Vous mettez un couvercle et attendez 10 minutes avant
de boire. Dégustez cette tisane ¼ d’heure avant les repas
ou 1 heure après. On peut également la prendre en
teinture-mère à raison de 30 gouttes par jour (15 gouttes
dans ½ verre d’eau, matin et soir).
Une alternative au Tamiflu ?
Vous n’avez pas pu manquer un énième épisode de la
nouvelle grippe ! La mexicaine, la porcine… après
l’aviaire… On peut dire qu’elles font grand bruit toutes
ces pandémies dont on accuse les pauvres animaux
ensuite massacrés par millions après avoir été enfermés
et maltraités ! Lors de la grippe aviaire, il y a quelques
années, de nombreuses personnes ont fait des réserves de
Tamiflu, un médicament antiviral présenté comme le seul
efficace en cas de grippe aviaire (qui, soit dit en passant,
ne peut avoir d’intérêt que lorsque la maladie est
déclarée). Eh bien, figurez-vous que le Tamiflu est
synthétisé à partir d’acide shikimique, une substance très
présente dans l’anis étoilé !
Mise en garde
Comme pour toutes les bonnes choses, il ne faut pas
abuser de la badiane ! En effet, elle est riche en anéthole,
un principe aromatique qui, pris sur de longues durées ou
à trop forte dose, peut être neurotoxique. C’est aussi pour
cela que l’on ne recommande pas l’anis étoilé aux
femmes enceintes ou allaitantes, ni aux enfants.
Cependant, aucune contre-indication ni effet secondaire
ne sont signalés lorsque la plante est employée aux doses
généralement conseillées.
Interdiction ?
Soupçonnée d’être à l’origine de plusieurs intoxications
en Europe à la fin des années 1990 et au début des années
2000, la badiane a, pendant quelque temps, été interdite à
la vente ! Mais on s’est aperçu qu’elle avait été accusée à
tort ! En réalité, plusieurs espèces d’Illicum avaient été
mélangées sous forme de poudre dans des produits
importés… Et parmi elles, la badiane du Japon (Illicum
anisatum ou Illicum religiosum) qui, au contraire de la
badiane chinoise, contient des substances toxiques. En
2001, l’importation et la commercialisation d’extraits ou
de poudre de badiane ont été interdites, mais les fruits
entiers d’anis étoilé pouvaient toujours se vendre,
puisque faciles à différencier des autres badianes. Depuis
2007, tout est rentré dans l’ordre et on trouve à nouveau
de la badiane de Chine (sans risque !) sous différentes
formes.
Ballote
Ballota nigra
Une plante trop longtemps mal aimée qui vous offre de
longues nuits sereines.
Elle porte le nom savant de Ballota nigra (ballote noire),
mais on la connaît plus souvent sous ceux de marrube
fétide ou ballote puante. Il faut dire que, fraîche, elle
dégage une forte odeur de moisi qui a fait fuir les
phytothérapeutes jusqu’à l’aube du XVIIe siècle. À tort,
puisque c’est une plante irremplaçable pour calmer les
angoisses, la nervosité et lutter contre l’insomnie.
Un sosie de l’ortie
La ballote est une plante vivace de 30 à 80 cm qui
affectionne particulièrement les rues des villages, les
décombres, les bords des chemins et les haies. On la
confond souvent avec les orties dont elle se différencie
pourtant par l’odeur. Elle fleurit du printemps à
l’automne et ses grandes fleurs fournissent un bon nectar
aux abeilles. Originaire du sud de l’Europe et de l’Asie
du Sud-Ouest, la ballote a très vite gagné la totalité de
l’Europe pour s’implanter plus récemment sur le
continent américain. Incommodés par son odeur, les
Anciens en faisaient peu de cas. Il fallut attendre le
botaniste Ray et le début du XVIIe siècle pour que l’on
découvre son efficacité dans le traitement des névroses,
de l’hypocondrie et de l’hystérie. Dans les premières
années du XXe siècle, le docteur Leclerc confirmait son
activité dans tous les troubles du nervosisme, les phobies
et les états anxieux. En concentré, c’est aussi un remède
de la goutte et des crises rhumatismales.
Coqueluche et bourdonnements d’oreilles
Le docteur Leclerc écrit ceci dans son Précis de
phytothérapie au sujet des résultats obtenus avec la
ballote : « J’ai signalé à la société de Thérapeutique les
bons effets qu’elle m’a fournis chez une pithiatique
atteinte de spasmes œsophagiens et d’incontinence
d’urine et chez deux malades présentant des troubles
nerveux intenses liés à la ménopause ; les résultats ne
furent pas moins favorables chez deux phobiques
anxieux dont j’ai publié l’observation et dans plusieurs
cas de bourdonnements d’oreilles où le médicament se
montra réellement efficace pour faire taire ou, du moins,
pour atténuer “la plainte du nerf auditif”. J’aurais
facilement soupçonné dans ces effets un fort coefficient
d’autosuggestion si je n’avais vu le même médicament
réussir dans la coqueluche des enfants, c’est-à-dire chez
des malades que leur âge mettait à l’abri de toute
suggestibilité : sous son influence, les quintes
diminuaient d’intensité et de fréquence, les sujets
accusaient moins d’anxiété avant l’accès, moins
d’abattement après, souvent même une crise imminente
avortait immédiatement après l’ingestion du remède. »
Études scientifiques à l’appui
Au cours de ces dernières décennies, la ballote a fait
l’objet de véritables essais cliniques destinés à prouver
son activité. Des tests menés chez la souris et le rat
montrent un allongement significatif de la durée du
sommeil ainsi qu’un pouvoir sédatif important, avec des
effets souvent supérieurs à ceux des tranquillisants
chimiques.
D’autres études, effectuées chez l’homme, prouvent que
la ballote réduit notablement l’anxiété et qu’elle peut
souvent se substituer aux benzodiazépines lors d’un
sevrage progressif.
Gélules ou alcoolature
Dans le temps, les médecins ne juraient que par
l’alcoolature de ballote, mais elle existe aujourd’hui sous
forme de gélules, et on retrouve la plante dans certaines
préparations complexes, en association avec d’autres
extraits végétaux apaisants (valériane, aubépine,
passiflore…), pour lutter contre les insomnies et la
nervosité.
Si vous la prenez sous forme de gélules, respectez la
posologie indiquée par le fabricant.
Sous forme d’alcoolature, le docteur Valnet recommande
1 à 2 cuillerées à café par jour. Pour les enfants, où on la
conseillait surtout en cas de coqueluche, il recommandait
20 gouttes par jour et par année d’âge.
En tisane aussi
Bien sûr, on peut aussi prendre de la ballote en tisane !
Mais vous êtes prévenu : ce ne sera pas une dégustation
de rêve ! Cependant, il est possible d’atténuer le mauvais
goût et de rendre le breuvage tout à fait supportable en
associant d’autres plantes aromatisées à notre fétide
amie ! Choisissez pour cela de la menthe, de la mélisse,
de l’anis, du fenouil ou de la sauge.
En infusion (avec des plantes sèches) : mélangez
moitié ballote et moitié menthe ou anis ou fenouil ou
sauge (selon vos goûts). Prélevez 1 cuillerée à soupe
du mélange, faites chauffer 20 cl d’eau. Aux premiers
frémissements, versez l’eau sur les plantes, couvrez et
attendez 10 minutes avant de filtrer et de boire.
Recommencez 2 à 3 fois par jour.
En décoction concentrée : en cas de crise de goutte ou
de rhumatismes. Mettez 30 à 60 g de ballote dans
1 litre d’eau froide, puis portez à ébullition et laissez
bouillir jusqu’à réduction de moitié. Un conseil :
sucrez avec du miel !
À récolter en été
La ballote sous forme de gélules, de comprimés ou sous
forme de plante sèche est disponible dans les
herboristeries. En juillet ou en août, vous pouvez la
récolter (la plante entière), avant ou pendant la floraison.
Puis vous la faites sécher dans un endroit sec, à l’ombre,
et vous la stockez dans un sac en papier pour l’avoir à
disposition toute l’année.
Bambou tabashir
Bambousa arundinacea
Et si votre dos devenait à la fois solide et souple comme
une tige de bambou ? Ne rêvons pas, mais une chose est
sûre : l’extrait de bambou peut renforcer vos tissus
conjonctifs et reminéraliser vos os, éliminant ainsi
douleurs lombaires et autres rhumatismes chroniques.
Parmi le millier d’espèces de bambou existantes, celle
qui est utilisée comme plante médicinale est le bambou
tabashir, Bambousa arundinacea, une plante commune
qui est cultivée ou qui pousse de façon spontanée dans
toute l’Asie, notamment en Chine ou en Inde. Elle peut
atteindre 30 mètres de haut et, comme la plupart des
bambous, ne fleurit qu’une seule fois tous les 30 ou
50 ans.
L’une des bases de la médecine hindoue
Dans les pays tropicaux asiatiques, le bambou ne sert pas
seulement à la construction des maisons, des meubles et
des ponts, c’est aussi une plante médicinale de première
importance. Ainsi, les feuilles, considérées comme anti-
inflammatoires, circulatoires, diurétiques et fortifiantes,
sont données en décoction aux jeunes mères après
l’accouchement. Les graines sont utilisées comme
diurétiques et laxatifs. Les racines, antiseptiques,
antalgiques et astringentes soignent douleurs articulaires
et fatigue. Les pousses femelles sont prescrites comme
traitements fébrifuges, expectorants, toniques,
aphrodisiaques, anti-inflammatoires et antirhumatismaux.
Ce sont ces dernières propriétés qui ont particulièrement
intéressé les scientifiques occidentaux.
Une mine de quartz végétal
Le bambou commercialisé sous forme de gélules est
apparu dans les années 1990 en France, mais il était
connu et distribué en Allemagne depuis fort longtemps.
La partie utilisée est extraite des pieds femelles qui
sécrètent de la silice en une telle densité, jusqu’à 99 %,
que les chimistes comparent cette matière à du quartz !
Mais le bambou contient aussi d’autres oligoéléments
(calcium, potassium, fer, sodium…) et substances
(choline, bétaïne…).
Idéal contre les rhumatismes
La silice végétale permet de favoriser l’assimilation du
phosphore, l’épuration des déchets intracellulaires, le
renforcement de certains tissus, l’élimination du
cholestérol. Ces propriétés de la silice végétale font que
le bambou est particulièrement indiqué en cas de :
maux de dos,
fractures,
rhumatismes aigus ou chroniques,
cheveux cassants ou ternes, ongles fragiles,
fatigue chronique,
artériosclérose (maladie dégénérative des tissus
artériels).
Le bambou dans votre jardin
Le bambou est très décoratif. De plus en plus de
jardiniers jouent sur les différentes espèces, sur les
tailles, les formes et les couleurs. Le bambou tabashir,
celui qui nous intéresse, bien que commun en Chine et en
Corée, est plus rare en France, sans doute parce qu’il est
trop commun… et qu’il pique ! En Asie, la variété
arundinacea est cultivée pour faire des clôtures
infranchissables (on surnomme ce bambou le « barbelé
naturel »), pour la production de pâte à papier et de
gélules de poudre de bambou. En France, un parc dédié
au bambou présente la plupart des espèces : il s’agit de la
Bambouseraie de Parafrance à Anduze (30140). Vous
pouvez vous procurer des plants à la pépinière de la
bambouseraie ou bien aux Bambous de Plambuisson, Le
Buisson de Cadoin (24480). Mais attention : si vous
décidez de planter du bambou chez vous, sachez qu’il est
très difficile de limiter ou de supprimer les zones où il se
plaît, car ses rhizomes se multiplient, s’enfoncent et
réapparaissent sans cesse. Mais après tout, si vous êtes
« envahis », vous pouvez toujours le manger !
Le bambou dans votre cuisine
Récoltez au matin les jeunes pousses, celles qui sont
sorties durant la nuit. Après les avoir épluchées pour
retirer leur gaine de protection et les parties les moins
tendres, faites-les bouillir pendant une vingtaine de
minutes avec 3 ou 4 morceaux de sucre pour ôter
l’amertume. Ensuite, vous les servez avec une
vinaigrette, de l’ail ou du persil. N’hésitez pas à ajouter
un filet d’huile d’olive extra-vierge, première pression à
froid : elle ralentit l’ostéoporose et c’est une arme de
choix contre les rhumatismes.
Baobab
Adansonia digitata
En Afrique, le baobab entre dans la pharmacopée
traditionnelle et on emploie depuis toujours ses
différentes parties (racines, feuilles, pulpe, graines…) à
des fins thérapeutiques. La pulpe, appelée « pain de
singe », est très riche en vitamine C (6 fois plus
concentrée que dans les oranges), en vitamines B1 et B2
et en antioxydants (la pulpe du baobab serait 4 fois plus
antioxydante que le kiwi, 10 fois plus que l’orange et
15 fois plus que la pomme).
Un anti-inflammatoire naturel
La pulpe de baobab possède des vertus antalgiques
(antidouleurs), antifièvre et anti-inflammatoires
comparables à celles de molécules médicamenteuses de
synthèse (aspirine, phénylbutazone…). Et, comme elle
est naturelle, on a bien moins à craindre d’effets
secondaires.
Et d’autres vertus encore
Les fibres solubles de la pulpe de baobab ont des vertus
prébiotiques, c’est-à-dire qu’elles stimulent le
développement de la flore bactérienne dont dépend notre
bonne santé ! Ses fibres insolubles, elles, facilitent le
transit intestinal. C’est donc un remède efficace contre la
constipation. Et, bien que cela puisse sembler
contradictoire, la pulpe est également un bon
antidiarrhéique et un excellent réhydratant ! Riche en
tanins et en mucilages, elle rend bien des services en cas
de troubles dysentériques ! Par ailleurs, son efficacité
anti-inflammatoire la fait conseiller en cas d’arthrose,
d’arthrite, et plus généralement de rhumatismes.
Chez nous
Vous pouvez toujours planter un baobab dans votre
jardin, mais il faudra attendre un certain temps avant de
bénéficier de ses énormes fruits. En attendant, on trouve
de la pulpe de baobab bio déshydratée, sous forme de
complément alimentaire, dans les magasins de produits
naturels et par correspondance.
Baobab et développement durable
Toutes les parties du baobab étant exploitées, la survie de
cet arbre fut un moment menacée. Aujourd’hui, une
culture de baobabs de petite taille a été entreprise pour
préserver et protéger l’espèce. La valorisation de la pulpe
entre aujourd’hui dans le cadre d’un vaste projet de
développement durable (avant que l’on prenne
conscience de la valeur de la pulpe, 80 % des fruits
tombaient à terre et pourrissaient).
Bardane
Arctium lappa
Sa formidable réputation comme plante de la peau fait
parfois oublier que la bardane peut faire des merveilles
dans bien d’autres domaines.
Les médecins grecs la surnommaient philanthropos, ce
qui signifie « l’amie du genre humain ». Les acteurs
romains plaçaient des feuilles de bardane sous leurs
masques, pour limiter les effets irritants du cuir sur leur
peau en sueur. Par ailleurs, son surnom d’herbe à poux
ou d’herbe aux teigneux vient de son utilisation contre
les maladies parasitaires de la peau. Sainte-Hildegarde et
la plupart des médecins du Moyen Âge conseillaient la
bardane pour éliminer les calculs rénaux et les problèmes
respiratoires. Sa réputation de panacée devint complète
quand Henri III fut guéri de la syphilis grâce à de la
racine de bardane. Mais la plante n’est pas célèbre qu’en
Europe. En Chine, les médecins la prescrivent pour les
maladies de concentration (« yang ») : sang chargé,
diabète, hypertension… Jadis, la bardane a joué un rôle
essentiel dans les recettes de sorcières, les superstitions et
les pratiques religieuses : en Bretagne, quelques gouttes
de suc de racine versées dans l’eau bénite à l’entrée de
l’église vous assuraient d’une protection renforcée ! En
Amérique du Nord (Québec et États-Unis), on fabriquait
des colliers de rondelles de racines pour protéger les
enfants… et surtout les jeunes filles.
La bardane dans votre jardin… et dans
vos assiettes
Si vous le pouvez, semez de la bardane sauvage dans
votre jardin. Elle s’y plaira et vous pourrez déguster ses
racines fraîches, puisque les propriétés médicinales se
perdent à la dessiccation. Les racines se récoltent au
printemps (en été, elles sont moins tendres), de
préférence la deuxième année. Le goût est intermédiaire
entre l’artichaut et les salsifis. Vous pouvez récupérer des
graines dans la nature ou bien en acheter chez un
grainetier, du moins de la bardane japonaise (Tokingawa
long). Celle-ci, plus grande encore que la bardane
européenne, pousse jusqu’à 2,50 mètres de haut. Elle
donne de magnifiques fleurs violettes. Les racines de
Tokingawa long se récoltent la première année, 3 ou
4 mois après le semis, quand elles sont assez tendres. On
les laisse tremper quelques heures pour en ôter
l’amertume avant de les cuisiner comme des salsifis. Les
Japonais, qui apprécient ces racines pour leurs vertus
dépuratives et revigorantes, les cuisent à la vapeur avant
de les faire revenir à la poêle.
La bardane balance sa haute silhouette pyramidale au
bord des chemins ou des talus, sur les remblais, dans les
décombres, partout où le sol est lourd, caillouteux, mal
drainé et riche en azote. Ses grandes feuilles, duvetées en
dessous, s’espacent et rapetissent en montant, comme
pour laisser plus de lumière aux fleurs, boules hérissées
de petits piquants, qui s’ouvrent sur de beaux pétales
violets. Les enfants connaissent bien la bardane, car c’est
un projectile qui s’accroche aux cheveux et aux
vêtements.
Pour renforcer, tout renforcer...
La bardane contient principalement une huile essentielle,
des tanins, des vitamines du groupe B et des minéraux :
calcium, fer, potassium, sodium, magnésium, phosphore.
Mais, surtout, elle est riche en substances naturelles
fortement antibiotiques. L’association de ces différentes
substances en fait une plante, certes dépurative et
antimicrobienne, mais aussi tonifiante, régulatrice du foie
et du système sanguin. Des chercheurs américains ont
démontré qu’elle avait également des vertus
hypoglycémiantes et qu’elle stimulait l’élimination des
métaux lourds.
On peut donc utiliser la bardane dans les cas suivants :
les abcès dentaires (en gargarisme),
les anthrax et les furoncles,
le diabète,
l’eczéma et les autres dermatoses,
l’acné et les dartres,
la rougeole (le docteur Valnet affirme que la bardane
guérit la rougeole en 3 jours),
les rhumatismes et autres problèmes articulaires,
les problèmes hépatiques,
les infections bucco-pharyngées,
la fatigue.
Antibiotique naturel
Les principes antibiotiques de la bardane ont été étudiés
en Angleterre, en Amérique et en France, et les résultats
obtenus font comparer cette plante à la pénicilline. Elle
est efficace contre le staphylocoque doré, le streptocoque
et le pneumocoque. Dans un article de la Revue de
Phytothérapie, ses propriétés bactéricides ont été
soigneusement décrites : « On peut utiliser la bardane
contre certaines affections bucco-pharyngées, car elle
barre ainsi la route aux multiples infections respiratoires
et digestives dont le point de départ siège au niveau des
voies respiratoires supérieures ».
Mode d’emploi
La bardane doit être utilisée si possible fraîche, au moins
pour les racines qui perdent leurs propriétés à la
dessiccation. Or, c’est dans la racine que sont concentrés
les bienfaits de la bardane. Cette racine peut atteindre un
mètre de profondeur. Les racines, enveloppées dans un
linge propre et conservées à la cave ou dans le bas du
réfrigérateur, sont utilisables pendant plusieurs jours, le
temps suffisant pour une bonne cure dépurative.
Usage interne
En décoction : faites bouillir 40 g de racines dans
1 litre d’eau durant 10 minutes. Filtrez. Buvez 2 à
3 tasses par jour.
En légumes : cuisinez les racines de bardane comme
des salsifis.
Usage externe
En décoction : appliquez la lotion obtenue sur le
visage ou les cheveux, ou utilisez-la en gargarismes.
En cataplasme : appliquez les feuilles fraîches
écrasées au rouleau à pâtisserie, pendant 10 à
20 minutes, directement sur la poitrine contre les
infections pulmonaires, ou bien sur le visage ou toute
autre partie de la peau pour lutter contre les problèmes
cutanés.
En macération : dans une bouteille d’huile d’olive,
introduisez des feuilles. Laissez plusieurs jours au
soleil. Massez les jambes en cas d’ulcères variqueux
ainsi que tout autre problème de peau.
Autres préparations
Pour ceux qui n’aiment pas les tisanes, la bardane existe
aussi (seule ou en association avec d’autres plantes) en
gélules ou en extraits liquides. Vous pouvez, par
exemple, trouver des ampoules associant bardane et
pensée sauvage.
Le remède de la crise de goutte
Avec la bardane, dérouillez et soulagez rapidement vos
articulations (c’est également efficace en cas de crise de
rhumatismes très douloureuse). Voici la méthode
indiquée par Jean Palaiseul, à ne préparer que si vous
supportez le lait : versez ¾ de litre d’eau bouillante sur
40 à 50 g de racine fraîche coupée en tranches. Laissez
refroidir. Passez, puis ajoutez 4 ou 5 cuillerées de miel et
½ litre de lait. Cette préparation doit être bue dans la
journée, la moitié le matin, le reste le soir. En même
temps, utilisez la bardane par voie externe en appliquant
sur vos articulations douloureuses des cataplasmes de
feuilles fraîches cuites dans très peu d’eau ou bien
macérées 12 heures dans de l’eau salée ou du vinaigre
salé. Les cataplasmes doivent être conservés 2 à 3 heures,
ou davantage.
Contre la rougeole
Pour soigner la rougeole, le docteur Valnet conseille la
décoction de racine de bardane à raison de 1 cuillerée à
café toutes les 5 minutes. L’éruption est complète en
2 heures et la guérison en 3 jours (il faut toutefois se
méfier des courants d’air en cas de rougeole).
Basilic
Ocimum basilicum
En Inde, dont il est originaire, le basilic fut longtemps
considéré comme une plante sacrée à laquelle on rendait
un culte chaque jour avec des offrandes de riz et de
fleurs. Aujourd’hui encore, certaines familles cultivent
plusieurs pieds de basilic sacré (Ocimum sanctum),
chacun servant de médiateur avec une déesse protectrice.
Au Moyen Âge, en Europe, on pensait que le basilic était
un antidote à la piqûre du scorpion. On disait aussi qu’en
le pilant, puis en le plaçant sous une pierre, il engendrait
un scorpion…
Ces croyances étaient sans doute liées à la légende d’un
autre basilic, nom donné à un serpent au regard
foudroyant sorti d’un œuf de coq cassé par un crapaud.
C’est cette légende du basilic qui est reprise dans le livre
Harry Potter et la chambre des secrets.
C’est de la lointaine Inde que nous est arrivée cette plante
aux belles feuilles vertes et petites fleurs blanches, si
parfumée… Depuis des siècles, elle s’est acclimatée dans
le Sud de la France où on la cultive à grande échelle. Elle
occupe désormais une place de choix dans la cuisine du
Midi. Très fragile, le basilic s’emploie frais, ou bien
conservé dans de l’huile d’olive.
Le docteur Valnet parle d’environ 150 espèces de basilic
différentes dont l’Ocimum basilicum, basilic commun,
qu’on utilise couramment dans la cuisine ou en infusions
digestives.
Un tranquillisant naturel
À la fois activateur de la digestion, antispasmodique et
calmant, le basilic peut être considéré comme un
véritable tranquillisant naturel. On le conseille à ce titre
en cas de :
nervosité,
digestion difficile,
maux d’estomac,
insomnie d’origine digestive ou nerveuse,
vertiges,
migraines,
angoisses,
surmenage intellectuel,
goutte,
infections intestinales.
Comment l’utiliser
Dans la cuisine : aux beaux jours, vous en trouverez
sur les marchés et il ne faut pas hésiter à en émincer
quelques feuilles sur vos tomates et vos salades.
Comme il perd très vite ses qualités et son arôme,
mieux vaut ne pas le conserver trop longtemps et,
surtout, le mettre dans un vase ou un verre, comme un
bouquet de fleurs, en recoupant les tiges chaque jour.
Chez vous, vous pouvez aussi planter du basilic et
prélever des feuilles au gré de vos besoins, en le
gardant dans la cuisine quand il fait froid puis en le
mettant dans le jardin à la belle saison. Si vous êtes en
appartement, vous pouvez aussi en garder un pot sur le
balcon, en le rentrant quand la température chute.
En infusion : c’est tout simple, placez 3 ou 4 feuilles
au fond d’une tasse, couvrez d’eau frémissante et
laissez infuser à peine 5 minutes avant de boire. Le
mieux est d’en prendre 1 tasse après chaque repas.
Sous forme d’huile essentielle : on en met 2 à
3 gouttes dans 1 cuillerée à café de miel à diluer dans
de l’eau chaude ou une tisane en fin de repas.
Le vin de basilic. Mettez 1 poignée de feuilles fraîches
dans 75 cl de bon vin rouge. Laissez macérer 3 jours,
puis filtrez en exprimant bien les sucs des feuilles.
Ajoutez 3 à 4 cuillerées à soupe de sucre roux ou 3 à
4 cuillerées à café de miel. Remettez en bouteille.
Prenez-en un verre à liqueur après les repas.
Le suc de feuilles fraîches peut aussi être utilisé, placé
à raison de quelques gouttes dans le conduit auditif,
pour apaiser les inflammations des oreilles.
La poudre de feuille séchée, prisée comme on le
faisait jadis couramment avec le tabac, est conseillée
par le docteur Leclerc en cas de perte d’odorat liée à
un rhume de cerveau. Elle provoque alors des
éternuements salutaires.
Contre la constipation
Si vos intestins sont paresseux, mélangez moitié vin de
basilic (voir recette ci-après), moitié huile d’olive et
prenez 3 à 4 cuillerées à soupe de cette préparation dans
la journée. Même si c’est un peu « rebutant », c’est très
efficace.
Contre les piqûres
Sans aller aussi loin que la légende indiquant le basilic
comme antidote de la piqûre de scorpion, ses feuilles
écrasées sur les piqûres d’insectes (guêpes et abeilles
après avoir retiré le dard, par exemple) soulagent bien la
douleur.
Boldo
Peumus boldus
À la fin d’un repas trop copieux, dans de nombreuses
régions, les grands-mères avaient l’habitude de proposer
une tisane de boldo. Les premières publicités
radiophoniques ont d’ailleurs chanté les bienfaits d’un
bon bol de boldo : « Boldoflorine, Boldoflorine, ça vous
libère à chaque fois ! » ou bien « Boldoflorine,
Boldoflorine, la bonne tisane pour le foie ». Quand on
entend ces vieux airs publicitaires, on imagine que,
depuis cette époque, le boldo est passé de mode… Mais
en fait, c’est le composant majeur de la plupart des
spécialités pharmaceutiques destinées à améliorer la
digestion !
Le boldo est un arbuste originaire des zones arides du
Chili. Depuis 1870, il a été acclimaté dans le sud de la
France et les pays méditerranéens. Haut d’environ 6 à
8 mètres, il reste toujours vert. Ses feuilles ressemblent,
par leur forme, leur couleur, mais aussi leur texture
coriace et cassante, à celles de l’eucalyptus. Leur surface,
rugueuse, est couverte de petites vésicules remplies
d’huile essentielle. Du coup, quand on écrase les feuilles,
se dégage une agréable odeur qui rappelle la menthe et la
mélisse.
Cholagogue et cholérétique
A priori, les deux propriétés cholagogue (qui provoque la
vidange de la vésicule biliaire vers l’intestin) et
cholérétique (qui augmente la sécrétion de la bile) sont
rarement compatibles. Pourtant, le boldo en est pourvu
(ainsi que la fumeterre et le romarin) et c’est ce qui
explique son action rééquilibrante de toutes les fonctions
de la bile et du foie. Mais attention, un excès de
substance cholérétique (ou cholagogue) peut déclencher
des diarrhées ou des douleurs abdominales. Le boldo est
contre-indiqué dans les cas d’obstruction des voies
biliaires, chez les sujets atteints de colopathie
fonctionnelle et chez les femmes enceintes. En cas
d’excès, il peut provoquer des nausées. Donc, c’est avec
modération que vous en tirerez le meilleur !
Les autres propriétés thérapeutiques
Principal composant actif, la boldine est un alcaloïde qui
possède une puissante action cholagogue et cholérétique.
De plus, elle stimule les sucs gastriques. Les chercheurs
pensent que la seule boldine n’est pas suffisante pour
avoir un tel effet. La synergie avec d’autres substances
(hétérosides de flavanols, autres polyphénols) et surtout
un glucocide (boldoglucine) et une huile essentielle,
justifie l’utilisation de la feuille entière dans les
préparations pharmaceutiques. Le boldo est donc
conseillé pour les indications suivantes :
paresse digestive,
dysfonctionnement hépatique ou biliaire,
infections urinaires (par élimination de l’urée) et
cystites : les médecins anglais l’associent dans ce cas
à l’épine-vinette (Berberis vulgaris),
troubles gastriques,
constipation,
insomnies et migraines liées à des troubles hépatiques.
Les bonnes associations
Le boldo est, dans de nombreuses tisanes ou extraits
liquides, associé à d’autres plantes hépatico-digestives
(artichaut, curcuma, pissenlit, papaye, romarin, menthe,
fumeterre, mélisse, radis noir, aubier de tilleul, gentiane,
noix vomique, etc.) pour rééquilibrer les fonctions du
foie et de la bile. En association avec la bourdaine et le
séné, le boldo devient alors un laxatif doux, à utiliser de
façon ponctuelle.
Sous quelle forme l’utiliser ?
Chaque famille a le secret d’un produit, vieux de
plusieurs décennies, transmis de génération en
génération, souvent un remède à base de boldo ! Pour les
uns, c’est la fameuse Boldoflorine, pour les autres,
l’Oxyboldine…
La Boldoflorine : tout le monde connaît cette tisane,
au moins par la chanson publicitaire, un peu
obsédante, qui vantait autrefois ses mérites ! Il s’agit
d’un mélange de plantes (boldo, séné, bourdaine,
romarin, frêne, noisetier, coriandre, réglisse…) vendu
en sachets-doses (ou en boîte de poudre instantanée)
dans les pharmacies. La Boldoflorine est davantage un
laxatif qu’un cholagogue, puisqu’il n’y a en réalité
que 6,45 % de boldo dans la recette. Le goût est
agréable. Mais attention aux contre-indications :
enfants de moins de 10 ans, constipation grave ou
chronique, inflammation du côlon, calculs biliaires.
Les autres tisanes et produits pharmaceutiques : le
boldo entre dans la composition d’une centaine de
« spécialités ».
Les gélules : de très nombreuses marques proposent
des gélules en pharmacies, en boutiques diététiques ou
en vente par correspondance.
Boswellie
Boswellia serrata
En médecine indienne, la boswellie est utilisée depuis
des millénaires pour soigner les rhumatismes. De
récentes études scientifiques ont confirmé ses propriétés
anti-inflammatoires et ont élargi son champ d’action. En
effet, la plante soulage aussi l’asthme et la maladie de
Crohn.
Il existe plusieurs espèces de boswellie, toutes de la
famille des Burséracées et utilisées dans la fabrication de
l’encens appelé oliban. Leurs particularités botaniques se
caractérisent par une taille, une disposition des feuilles,
des fleurs et des propriétés différentes.
Boswellia serrata : le plus grand des Burséracées
donne un encens de qualité, apprécié pour sa plus
grande facilité à être mélangé et brûlé que le
Boswellia carteri : les importateurs ont longtemps
confondu les deux variétés d’oliban.
Boswellia carteri : petit arbre des régions arides
d’Arabie et de Somalie. Sa résine, considérée comme
la plus odorante, est à la base du véritable encens
d’Arabie. Elle était utilisée comme médicament par
les anciens Égyptiens. Pour ses propriétés
balsamiques, désinfectantes et stimulantes, le
Boswellia carteri est employé sous forme de
fumigation (voies respiratoires) ou d’huile essentielle
(problèmes nerveux ou de peau).
Boswellia freana : moins productif que le précédent,
cet arbuste pousse dans les mêmes régions.
Boswellia papyfera : originaire d’Éthiopie, cet arbuste
à feuilles caduques fournit une gomme de moindre
qualité.
Originaire du nord-ouest de l’Inde, le Boswellia serrata
est un arbre qui peut atteindre une dizaine de mètres de
haut. Ses petites fleurs blanches, regroupées en belles
grappes, tombent au bout des rameaux. Appelé salaï (ou
shallaki) en Inde, ru xiang en Chine, il est plus connu
sous le nom d’arbre à encens ou d’oliban. Sa résine, qui
perle des troncs, est utilisée pure ou mélangée à d’autres
gommes naturelles pour la fabrication d’encens ou de
médicaments traditionnels.
En Inde, dans la péninsule arabique ou au Maroc, cette
oléo-gomme-résine connaît de multiples indications :
cataplasmes, rebouchage de caries dentaires, nausées de
la femme enceinte, aérophagie, gingivite, problèmes
respiratoires (dans ce cas, on la mélange à du miel),
remèdes pour les problèmes urinaires, cardiaques ou
articulaires, gommes à mâcher pour améliorer
l’haleine…
Un anti-inflammatoire naturel
La boswellie, aux propriétés antibactériennes et anti-
inflammatoires remarquables, fait partie des plantes
médicinales orientales les mieux étudiées par les
scientifiques occidentaux. Son principal composant actif,
l’acide boswellique, inhibe la synthèse des leucotriènes,
substances métabolisées par l’organisme à l’origine du
processus inflammatoire. Les chercheurs s’intéressent
aussi à une possible action antitumorale. La boswellie
n’est pas un antidouleur, mais, agissant directement sur
l’inflammation et sur les processus de dislocation du
calcium, elle procure une amélioration assez rapidement.
La boswellie séduit de plus en plus ceux qui, obligés de
suivre un traitement chronique aux anti-inflammatoires,
veulent échapper aux effets secondaires (douleurs
gastriques, allergies…).
Les rhumatismes
Une étude réalisée en 2002 sur des personnes souffrant
d’arthrose du genou a montré qu’une association de
curcuma et de boswellie réduit les symptômes de
l’arthrose ainsi que les marqueurs sanguins
d’inflammation. Après 1 mois de traitement, les patients
pouvaient marcher sur de plus longues distances sans
douleur. Au bout de 3 mois, les chercheurs ont constaté
une réduction de l’accumulation de liquide dans leurs
articulations. En comparaison, les patients traités avec un
placebo n’ont bénéficié d’aucune amélioration. Une autre
étude en est venue à des conclusions similaires : au bout
de 2 mois, l’extrait de boswellie a donné des résultats
nettement meilleurs que le placebo pour réduire la
douleur, améliorer la souplesse du genou et augmenter la
distance de marche.
La maladie de Crohn et les colites ulcéreuses
Deux essais cliniques menés auprès de patients souffrant
de colite ulcéreuse ou chronique montrent que la
boswellie est aussi efficace que les médicaments à base
de sulfasalazine (Salazopyrine®, par exemple) pour
soulager les inflammations du tube digestif, sans en avoir
les inconvénients (atteinte des systèmes hépatique ou
cutané). Par ailleurs, sur Internet, dans les forums de
discussion, plusieurs personnes souffrant de la maladie
de Crohn témoignent qu’elles ont retrouvé une vie
normale en supprimant le gluten et les produits laitiers,
d’une part, et en prenant régulièrement des comprimés de
Boswellia serrata, d’autre part.
L’asthme
Un essai clinique a comparé 80 cas de personnes
asthmatiques. Un premier groupe de 40 personnes a pris
300 mg de boswellie, 3 fois par jour. Le second groupe a
pris un placebo. Au bout de 6 semaines, 70 % des
patients du premier groupe signalaient une nette
amélioration de leurs problèmes, contre 27 % du groupe
placebo. Là encore, la boswellie bloque le phénomène
inflammatoire spécifique de la bronchoconstriction.
Les problèmes cutanés
Parce qu’elle est désinfectante et anti-inflammatoire, la
boswellie est aussi utilisée pour soigner les problèmes de
peau : irritation, eczéma, petites blessures… Certains lui
attribuent même des propriétés antivieillissement, car
l’acide boswellique bloque l’action oxydante des
radicaux libres : elle entre donc dans la composition de
certains cosmétiques antirides.
Traitements oculaires
Une étude indienne a montré que le Boswellia serrata
pris sous forme orale remplaçait avantageusement les
anti-inflammatoires classiques pour réduire les suites
opératoires sur les interventions oculaires (glaucome et
cataracte).
Quand ? Comment ? Où ? Combien ?
S’il n’existe pas de contre-indication, le Boswellia
serrata est cependant déconseillé aux femmes enceintes
car, selon la tradition médicale indienne, la plante aurait
aussi des propriétés abortives.
À moins de voyager en Inde, il y a peu de chance que
vous puissiez vous soigner avec la plante ou sa résine.
Outre-Atlantique et dans plusieurs pays asiatiques, le
Boswellia serrata est vendu sous forme de médicament.
En France, on se le procure dans certaines boutiques de
produits naturels, en parapharmacie ou sur Internet. Il
s’agit de gélules, de capsules ou de comprimés composés
d’un extrait contenant au moins 37,5 % d’acide
boswellique. On en trouve aussi, mais plus rarement,
sous forme d’huile essentielle, plus pratique pour
l’utilisation en externe. La posologie habituelle, en
interne, est de 1 à 3 comprimés par jour selon les
indications du fabricant, soit l’équivalent d’1 g/jour.
Plusieurs compléments alimentaires associent la
boswellie à d’autres plantes ou substances naturelles :
curcuma, harpagophytum ou bien encore glucosamine-
chondroïtine. Cette dernière formule est très efficace
pour venir à bout des problèmes articulaires ou
ligamentaires. Dans tous les cas, les effets bénéfiques se
font normalement sentir après 3 semaines de traitement.
Bouillon-blanc
Verbascum thapsus
Jadis, le bouillon-blanc était considéré comme une plante
quasi magique : il était aussi bien employé pour les
maladies de poitrine que pour les maux de ventre...
Appelé également molène, herbe de Saint-Fiacre, herbe à
bonhomme, blanc de mai ou cierge de Notre-Dame, le
bouillon-blanc est une plante très commune qui pousse
dans les terres incultes, les talus, les fossés en plaine et
en moyenne montagne. Vous l’avez certainement déjà
rencontré. Il se reconnaît à sa grosse tige rigide en forme
de cierge, garnie dans sa partie supérieure de fleurs jaune
pâle, serrées autour d’elle en gros épis compacts et velus.
Les fleurs, et plus spécialement les corolles qui se
détachent facilement du calice, se récoltent pendant tout
l’été, dès qu’elles sont épanouies. Il faut les faire sécher
rapidement et les conserver à l’abri de l’humidité pour
leur éviter de noircir.
Utilisé depuis toujours
Le bouillon-blanc est connu depuis l’Antiquité pour ses
vertus thérapeutiques. Mais les Anciens préféraient sa
racine, astringente, à ses fleurs dont, semble-t-il, ils ne
connaissaient pas les vertus adoucissantes, pectorales,
antispasmodiques et légèrement diurétiques. C’est au
Moyen Âge que l’on a commencé à employer les fleurs
de bouillon-blanc pour soigner coups de froid, toux et
autres maux de gorge. À l’époque, on les utilisait même
contre les affections aiguës du tube intestinal et des voies
urinaires (diarrhées, colites, etc.). Au début de notre
siècle, le docteur Leclerc déclarait : « J’ai vu plus d’un
vieil asthmatique soulagé par l’usage d’une infusion de
fleurs de bouillon-blanc qui paraît exercer une légère
action narcotique. » Il en recommandait l’usage dans le
traitement des problèmes aigus et chroniques des
bronches. À juste titre, puisqu’on sait aujourd’hui que ces
fleurs qui font partie des fleurs pectorales (au nombre de
sept : pied-de-chat, coquelicot, mauve, violette,
guimauve, tussilage et bouillon-blanc) sont
particulièrement indiquées en cas de bronchite,
pharyngite et trachéite. En Allemagne, on prépare un
remède contre les hémorroïdes et les maux d’oreille en
faisant macérer les fleurs de bouillon-blanc dans de
l’huile d’olive.
Récolte d’été
Pour faire votre tisane de bouillon-blanc, il faut utiliser
les fleurs. Vous pouvez en trouver en pharmacies ou
magasins de diététique et, chaque été, pensez à les
cueillir !
Une efficacité scientifiquement prouvée
Des études menées au cours de ces dernières années
montrent que la décoction de fleurs de bouillon-blanc
inhibe la propagation du virus grippal. On sait également
qu’elle a une action antiseptique et qu’elle lutte contre
l’inflammation des muqueuses. En plus, elle calme la
toux et favorise l’expectoration : c’est le remède
spécifique des trachéites et des bronchites. À l’heure
actuelle, le bouillon-blanc entre d’ailleurs dans la
composition de très nombreux produits pharmaceutiques
destinés à combattre les affections respiratoires. Vous
avez le nez rouge, la gorge irritée, les bronches
enflammées. N’attendez pas que la maladie se
complique. Soignez-vous avec le bouillon-blanc. Vous
pouvez l’utiliser en tisane à raison de 1 poignée de fleurs
par litre d’eau. Faites infuser 10 minutes et filtrez avec
un linge fin pour retenir tous les poils du calice ou des
étamines. Buvez 3 tasses par jour, de préférence loin des
repas. On le trouve également en sachets-doses, associé
avec mauve, guimauve, coquelicot, tussilage, pied-de-
chat, souci, serpolet, lierre terrestre, réglisse, mélisse,
reine-des-prés et chiendent.
Bouleau blanc
Betula alba
Le bouleau blanc et le bouleau barbu, que l’on rencontre
un peu partout en France, sont depuis toujours réputés
pour leurs vertus médicinales.
Le bouleau blanc, qui mesure jusqu’à 30 mètres de haut,
se caractérise par un feuillage léger, des rameaux
flexibles qui portent des petites écailles résineuses et une
écorce blanche qui se détache en lanières. Les feuilles,
triangulaires ou en losange, tombent au début de
l’automne. Le bouleau barbu, plus petit, se trouve
principalement dans les marais et les forêts humides.
Un arbre vénéré par nos ancêtres
Le bouleau, personnification du printemps, faisait partie
des arbres les plus appréciés par les Gaulois et les
Romains. Son bois était estimé, jusqu’à l’aube de l’ère
industrielle, par les sabotiers, couvreurs, charpentiers,
charrons. Au Moyen Âge, en Allemagne, les conseils de
district se réunissaient dans les bois de bouleaux. En
Finlande, il est toujours d’usage que les jeunes mariés
allument un feu de branches de bouleau. En Sibérie, les
tribus yakoutes, qui souffrent rarement d’hémorroïdes,
utilisent de fines écorces de bouleau comme papier
hygiénique. Dans les autres régions du nord de l’Europe
(Estonie, Lituanie, Russie), les traditions mettant en
valeur le bouleau sont innombrables : chansons, contes,
légères flagellations lors des bains de vapeur…
De nombreuses indications thérapeutiques
Au XIIe siècle, Sainte-Hildegarde note déjà l’action
cicatrisante des fleurs de bouleau.
Les recherches scientifiques successives ont confirmé
que chaque élément du bouleau (feuilles, écorce,
bourgeons, sève) possède des vertus thérapeutiques.
Certains savons à base de goudron de bouleau ou d’huile
essentielle de wintergreen sont recommandés pour toutes
les affections cutanées, ainsi que pour les plaies et les
abcès.
Les feuilles : récoltées de juin à septembre, elles sont
un puissant diurétique qui n’irrite pas les reins. Elles
sont dépuratives et sudorifiques. Elles aident aussi à
lutter contre la goutte, les rhumatismes et les
inflammations de la vessie. On les prend en infusion à
raison de 3 à 4 tasses par jour.
La sève : recueillie au printemps en sciant une branche
de l’arbre, est un excellent fortifiant. Elle est aussi
efficace contre les infections urinaires, les coliques
néphrétiques. En usage externe, la sève entre dans la
composition de lotions capillaires. Dans votre cuisine,
si vous en ajoutez à la pâte à pain, elle en accélérera la
levée. Dans votre arrosoir, elle activera la germination
des plantes. Et dans la bouteille d’eau sur votre
bureau… elle vous donnera la forme jusqu’à la fin de
la journée. L’eau que vous buvez peut, grâce à la sève
de bouleau, aller chercher au plus profond de vos
cellules les toxines qui s’y sont sournoisement
accumulées. On trouve ce produit naturel en magasins
de diététique.
L’écorce : c’est un fébrifuge, un dépuratif et un
digestif que l’on consomme en décoction (1 cuillerée à
café par tasse, laissez bouillir 5 minutes). En usage
externe, la décoction d’écorce soigne les plaies et les
dermatoses.
Les bourgeons : réputés pour combattre
l’engorgement des ganglions lymphatiques, ils se
prennent en décoction (laissez bouillir 100 g de
bourgeons 10 minutes en ajoutant 1 g de bicarbonate
de soude pour 1 litre d’eau).
Le vin de sève. La sève, mise en bouteille, devient
aussi pétillante que du cidre et s’alcoolise légèrement.
Pour éviter que cette boisson soit trop amère ou
fermente trop, on ajoute du miel (3 à 4 cuillerées) et
5 clous de girofle par litre. Une branche de bouleau
donne environ 5 litres de sève. Le vin de sève, une
fois la fermentation stoppée, se conserve assez bien.
Bourdaine
Rhamnus frangula
Réputée laxative, cette plante a d’autres propriétés
intéressantes. Mais attention à ne pas en abuser...
Bourd signifie « bâtard » en vieux français. En effet, la
bourdaine, qui a le petit air noble de l’aulne, appartient
en réalité à une famille bien plus roturière, les
Rhamnacées, parmi lesquelles on trouve le nerprun qui
pousse dans les haies ou bien l’ampélopsis, cette fameuse
« vigne vierge » qui rougit chaque année nos murs de ses
belles feuilles. La bourdaine, appelée aussi bois noir,
nerprun noir ou bourgène, apprécie les sous-bois
humides, les lisières de forêts, les environs des
marécages. Formant des buissons qui dépassent rarement
4 mètres de haut, elle pousse partout en Europe et en
Amérique, sauf dans les zones méditerranéennes, trop
chaudes ou montagneuses. Ses feuilles ovales, à peine
lancéolées, sont marquées par des nervures profondes et
parallèles. Les petites fleurs sont blanc-verdâtre. Les
fruits, de la taille d’un petit pois, sont d’abord rouges,
puis noirs à maturité.
La constipation en première indication
On utilise l’écorce ou, plus exactement l’aubier, la
seconde écorce, fine peau qui se trouve entre le bois et
l’écorce, prélevée sur des rameaux de 2 à 4 ans. Elle doit
impérativement être séchée pour ne plus être toxique.
C’est la dessiccation qui lui donne ses propriétés
laxatives. Elle est considérée comme peu irritante, à
condition de ne pas en abuser. Pour adoucir encore son
action, elle est souvent mélangée aux pétales de mauve,
de rose trémière ou de guimauve. Après son ingestion,
elle accélère le péristaltisme des intestins, ces
mouvements incontrôlables qui font avancer les matières
fécales. En décoction concentrée, le « déblocage » est
pratiquement garanti dans les 8 heures ! Mais la
bourdaine a d’autres indications et pas seulement dans la
sphère digestive.
Pour le foie, la vésicule, contre
les hémorroïdes
Si les intestins sont stimulés par la bourdaine, il en est de
même pour le pancréas, le foie, la bile et la rate. On la
conseille en cas d’insuffisance hépatique ou biliaire, de
parasites intestinaux et même d’hémorroïdes. De
nombreuses tisanes amincissantes contiennent de la
bourdaine. La plante serait aussi efficace contre
l’aspergillose, maladie causée par le développement d’un
champignon (Aspergillus fumigatus) dans l’organisme
humain : les symptômes de l’aspergillose sont une
affection pulmonaire qui peut faire penser à la
tuberculose ou des lésions cutanées (érythème, pustules,
ulcérations…). Certaines personnes souffrant d’herpès
ont remarqué une amélioration avec la bourdaine.
Contre-indications
L’écorce fraîche est vomitive, mais non laxative. Les
baies sont toxiques. Par précaution, les femmes enceintes
ou allaitantes et les jeunes enfants doivent s’abstenir de
prendre de la bourdaine. Et, d’une façon générale, il ne
faut jamais utiliser de façon prolongée de laxatif, quel
qu’il soit.
Où ? Quand ? Comment ? Combien ?
La bourdaine est surtout commercialisée en pharmacie
sous forme de plante sèche, de gélules ou bien comme
spécialité pharmaceutique, en association avec d’autres
plantes.
Usage interne
Décoction légère : 2 cuillerées d’écorce sèche
(environ 5 g) pour ½ litre d’eau : laissez bouillir
5 minutes puis filtrez. Buvez 1 tasse le matin à jeun et
1 tasse le soir. Pour lutter contre les insuffisances
hépatobiliaires, l’herpès, la toux grasse ou les
problèmes de rate. À cette dose, la bourdaine peut être
prise en cure de 20 jours.
Macération-décoction : 4 cuillerées d’écorce sèche
(environ 10 g) pour ½ litre d’eau : faites bouillir
10 minutes, puis laissez macérer longtemps (au moins
6 heures). Buvez une bonne tasse au coucher : le
déblocage a lieu le lendemain matin. À cette
concentration, la bourdaine ne doit être prise que
ponctuellement.
Teinture-mère : 20 gouttes 2 fois par jour, à jeun pour
lutter contre la constipation, l’herpès, l’insuffisance
hépatobiliaire.
Vin laxatif : mettez 120 g de bourdaine à macérer
pendant une dizaine de jours dans une bouteille
d’Anjou blanc, de Touraine blanc (moelleux de
préférence) ou de Bergerac blanc. Utilisez un vin bio
et laissez macérer au soleil. Buvez 1 verre en cas de
besoin. Évitez l’utilisation régulière.
Gélules, spécialités pharmaceutiques… : suivez les
indications sur la notice.
Usage externe
Teinture-mère : diluez 1 cuillerée à café dans 1 verre
d’eau et imbibez-en des compresses à appliquer sur
l’herpès labial, les dartres, les hémorroïdes.
Macération-décoction : soit en application avec une
compresse ou en lotionnant (gale, teigne, herpès
labial), soit en compresse à laisser agir 20 à
30 minutes (ulcères, dartres, hémorroïdes).
Recette antigale : diluez 1 cuillerée à café de forte
décoction dans un verre de vinaigre et imbibez-en des
compresses. Appliquez sur les zones de peau abîmée
et laissez agir 1 à 2 heures ou bien passez une
compresse imbibée sur les zones qui démangent et
laissez sécher à l’air libre.
Bourrache
Borrago officinalis
La bourrache a longtemps été consommée sous forme de
salade. Elle est aujourd’hui considérée comme une plante
médicinale majeure grâce à son huile qui est extraite des
graines et consommée sous forme de capsules.
De l’Afrique du Nord jusqu’au Danemark, en lisière de
forêt, sur les bords des chemins, dans les décombres,
fleurissent des petites fleurs bleues aux cinq pétales en
étoile, souvent cachées par des feuilles poilues de couleur
vert sombre. La bourrache peut atteindre 50 cm de
hauteur. Sur une grosse tige, tout aussi poilue que les
feuilles, partent des rameaux. Toute la plante se courbe
sous le poids des boutons que l’on devine violets sous
leur manteau vert. Les petites fleurs bleues, plutôt que de
se diriger vers le ciel, semblent regarder leurs pieds. La
bourrache, en raison de ses vertus médicinales
exceptionnelles, est cultivée à grande échelle.
Composition
Très riche en mucilage, substance qui devient visqueuse
dans le tube digestif et favorise le transit intestinal, la
bourrache contient des vitamines (A, du groupe B, et C)
en doses moyennes, et des sels minéraux en grande
concentration (sodium, potassium). Ces sels minéraux
sont sans doute à l’origine de ses propriétés sudorifiques.
La bourrache contient aussi des tanins, des résines, des
acides gras polyinsaturés (gammalinolénique et
linoléique) et un alcaloïde (dérivé pyrrolizidinique) qui
sont à l’origine des principes physiologiques puissants de
la plante.
Mangez la bourrache fraîche
La bourrache concentre ses principes actifs dans les
fleurs et les feuilles au moment de la floraison, de mai à
septembre. On mange les jeunes feuilles crues ou cuites,
comme les épinards ou les pissenlits, ou bien mélangées
avec d’autres feuilles de salade. Mais les poils peuvent
irriter le gosier ! Alors, il est préférable d’ajouter le jus
(bien filtré !) de ses feuilles à la soupe ou à la salade. Il
existe aussi des recettes de feuilles farcies, un peu
comme les feuilles de vignes farcies au riz que l’on
déguste en Grèce. La consommation de bourrache juste
après la cueillette est préférable car, contrairement à la
plupart des plantes médicinales dont les propriétés se
trouvent concentrées et potentialisées au séchage, la
bourrache, quant à elle, ne gagne rien à la dessiccation.
On trouve facilement des feuilles et des fleurs sèches en
herboristerie ou boutique diététique.
L’huile de bourrache
L’huile de bourrache présente des qualités
exceptionnelles avec des indications légèrement
différentes de celles de la plante fraîche. Très riche en
acides gras polyinsaturés, elle est conseillée aussi bien en
interne qu’en externe pour lutter contre les irrégularités
du cycle féminin, les douleurs prémenstruelles, les
problèmes cutanés dont l’eczéma, le dessèchement de la
peau, l’apparition des rides et des vergetures. Après une
dizaine de jours de cure, les ongles deviennent plus durs
et moins cassants, les cheveux moins ternes, moins
fragiles. En interne, prenez 2 à 3 capsules par jour, par
cure de 3 semaines, et selon les indications du fabricant.
Pour l’utilisation en externe, il suffit de crever deux
capsules et d’en étaler l’huile sur la peau.
De nombreuses indications
La bourrache est appelée aussi bourraiche, langue de
bœuf, bourse-à-berger ou herbe à la suée. Ce dernier
surnom est facilement compréhensible, car l’une des
propriétés les plus flagrantes de la bourrache est de
provoquer la transpiration, activant l’évacuation de la
fièvre et des toxines. Mais sa composition chimique lui
donne bien d’autres propriétés : elle est adoucissante,
dépurative, diurétique et laxative. On utilise donc la
bourrache (en interne principalement, mais aussi en
externe) en cas de :
cheveux ou ongles ternes, cassants, fragiles,
cycles féminins irréguliers ou douloureux,
problèmes gastriques ou digestifs,
constipation,
infections urinaires et troubles rénaux,
rhumatismes,
fièvre (surtout éruptive : rougeole, scarlatine…),
affections pulmonaires.
Comment ? Combien ?
Fleurs sèches et huile se trouvent facilement en boutiques
diététiques, par correspondance et en pharmacies.
Tisane de fleurs fraîches : 50 g pour 1 litre d’eau à
laisser infuser 3 minutes maximum afin que la boisson
garde sa jolie couleur bleue et toutes ses propriétés.
Buvez 1 tasse après chaque repas.
Tisane de fleurs sèches : 1 cuillerée à café par tasse,
infusée rapidement.
Dans le vin : ajouter des feuilles et des fleurs fraîches
à un bon petit vin lui donne encore meilleur goût et
permet (à doses raisonnables) de profiter des bienfaits
de la bourrache.
Les cataplasmes : il suffit, soit de faire une décoction
de feuilles de bourrache (100 g pour 1 litre d’eau) à
mettre sur une compresse, soit d’écraser les feuilles au
rouleau à pâtisserie et d’étaler sur la peau. Pour calmer
les démangeaisons, lutter contre l’eczéma ou les
ulcères variqueux.
Le jus de bourrache en externe, associé à celui du
pissenlit, est une excellente lotion tonifiante et
démaquillante qui a la propriété d’éclaircir le teint.
Huile de bourrache : c’est la forme conseillée surtout
pour les « troubles féminins » ainsi que pour les
problèmes de peau, d’ongles et de cheveux.
Des études probantes
Plusieurs essais cliniques ont montré l’intérêt de l’huile
de bourrache pour soigner certaines maladies ou soulager
certains symptômes.
Polyarthrite rhumatoïde : deux études ont permis de
constater que la prise quotidienne de 1,4 g d’acide
gamma-linolénique, soit 6 g d’huile de bourrache,
pouvait soulager les symptômes de la maladie. Les
articulations désenflent et sont moins sensibles.
L’acide gamma-linolénique agirait sur les médiateurs
de l’inflammation.
Parodontite : une étude a montré qu’une
supplémentation en huile de bourrache et en huile de
poissons réduisait l’inflammation des gencives causée
par la parodontite.
Eczéma chez les enfants : la prise d’huile de bourrache
réduit la gravité des crises.
À consommer avec modération
La bourrache est une plante très efficace mais elle
renferme des alcaloïdes qui peuvent se révéler toxiques à
haute dose. Les chimistes ont découvert que le bétail qui
broutait avec gourmandise les fleurs de bourrache
pouvait être atteint d’intoxications hépatiques. D’ailleurs,
l’usage de la bourrache est réglementé dans certains
pays. Mais en réalité, les concentrations de dérivés
pyrrolyzidiniques dans la plante sont assez faibles : il
faudrait en consommer chaque jour des saladiers entiers
pour être intoxiqué ! Soyez malgré tout prudent et ne
dépassez pas les doses conseillées.
Bourse-à-pasteur
Capsella bursis
La bourse-à-pasteur est une plante de taille moyenne.
Une tige, sortant d’une sorte de pissenlit velu, s’élance,
se partage en plusieurs autres tiges portant des petites
feuilles en forme de lance, tend quelques cœurs et se
termine par une modeste inflorescence blanche. Des
côtes méditerranéennes aux steppes asiatiques, on la
trouve partout : sur le bord des chemins, dans les jardins,
dans les champs. On la cueille toute l’année, mais de
préférence de fin mai à septembre. On coupe la racine et
on fait sécher la plante entière (tige, feuilles, fleurs et
fruits) à l’ombre. On la conserve dans une boîte en
carton.
Dioscoride, médecin grec du Ier siècle, expliquait que « la
graine, irritante, échauffante, expulse la bile vers le haut
et le bas ». À la même époque, Pline conseillait la
bourse-à-pasteur comme aphrodisiaque et pour soulager
les problèmes lombaires. Au XVIe siècle, le Hollandais
Rembert Dodoens, précurseur de la botanique moderne,
écrivait : « La décoction arrête le flux du ventre, la
dysenterie, les crachements de sang, le sang dans les
urines et toutes sortes de flux de sang. »
Une confusion sans conséquence
Il est tout à fait possible que, lors de votre récolte de
bourse-à-pasteur, vous ramassiez de l’arvense, appelée
aussi herbe-aux-écus. En effet, elles ont la même
apparence, la même taille et appartiennent toutes les deux
au genre crucifère. Les fruits de celles que vous
recherchez ressemblent à des petits cœurs, d’environ
1 mm, ou plutôt à de minuscules bourses, alors que ceux
de l’arvense ont la forme d’une pièce de 2 mm. Autre
différence : les feuilles de la bourse-à-pasteur sont
poilues. Les deux espèces sont des plantes médicinales,
mais l’herbe-aux-écus est bien moins puissante. Jadis, on
utilisait sa graine (Semen thlaspeos) pour lutter contre les
rhumatismes et les gaz intestinaux. Ses feuilles, qui
ressemblent à celles du pissenlit, peuvent être mangées
en salade.
Un formidable régulateur sanguin
La bourse-à-pasteur contient de très nombreux principes
actifs dont la vitamine K et un peptide qui lui donnent
des propriétés hémostatiques et cicatrisantes
remarquables, au point que cette plante fut utilisée pour
soigner les blessés durant la Grande Guerre. Ainsi, en
tamponnant la peau avec de la bourse-à-pasteur fraîche,
on arrête un saignement de nez ou qui provient d’une
coupure. Certains chercheurs pensent qu’un champignon
parasite augmenterait ces propriétés hémostatiques,
moins évidentes avec la plante séchée. Toujours est-il
que la bourse-à-pasteur a longtemps été employée contre
les troubles menstruels. Actuellement, la plante est plutôt
conseillée pour lutter contre les troubles cardiaques et
pour réguler la circulation sanguine. Hypotendus et
hypertendus peuvent en boire des tisanes sans problème.
Les autres propriétés
Les recherches scientifiques n’ont pas encore déterminé
avec précision tous les principes actifs responsables de
son efficacité. Circulatoire, la plante est aussi diurétique,
anti-infectieuse et anti-inflammatoire, de telle sorte
qu’elle est conseillée pour lutter contre :
les hémorroïdes et les varices,
les jambes lourdes,
les dorsalgies,
les ulcères gastriques,
les infections et insuffisances urinaires,
la fièvre,
le diabète.
Une seule contre-indication
La bourse-à-pasteur a aussi une réputation de plante
abortive. C’est pourquoi elle est absolument déconseillée
pendant la grossesse.
Où ? Quand ? Comment ?
Vous pouvez vous procurer des plantes séchées en
magasins de produits naturels, dans certaines pharmacies
ou parapharmacies, mais le plus facile consiste bien sûr à
aller en cueillir vous-même au cours d’une promenade,
d’autant qu’on en trouve un peu partout.
Infusion : comptez 50 g par litre d’eau. Laissez infuser
10 minutes. Buvez 2 à 4 tasses dans la journée.
Décoction au vin pour la circulation : faites bouillir
pendant 10 minutes un mélange de 50 g de bourse-à-
pasteur et de vigne rouge (à parts égales) dans 1 litre
de bon vin rouge (bio, de préférence). Buvez 1 petit
verre avant le déjeuner et le dîner.
Décoction au vin pour les lumbagos et sciatiques :
faites bouillir pendant 10 minutes un mélange de 50 g
de bourse-à-pasteur et de prêle dans 1 litre de vin
rouge. Buvez 1 petit verre avant le déjeuner et le
dîner.
Teinture-mère : prenez 20 gouttes, 2 fois par jour,
dans 1 verre d’eau.
Bruyère
Calluna vulgaris
Survivant là où les autres plantes ont renoncé, la bruyère,
qui enfonce ses racines entre les cailloux et supporte les
vents de tempête, pompe littéralement le sol pour
s’enrichir de constituants aux propriétés thérapeutiques
remarquables.
On l’appelle brande, péterolle, bucane, brégotte, pétrelle,
craquelin, bronde ou encore brèle. Elle fait partie des
Éricacées. Ses fleurs, mauves, roses ou blanches,
éclosent de juillet à novembre, tapissant de leurs teintes
pastel les landes grises en automne. Les feuilles
persistantes se mettent en rang par quatre, serrées sur les
rameaux. C’est un petit arbrisseau qui tend ses multiples
branches dans tous les sens. Des steppes sibériennes aux
grands plateaux américains, du sud de l’Afrique à la
Scandinavie, les 400 variétés de bruyères s’adaptent aux
conditions les plus extrêmes. L’une des particularités de
la bruyère est d’être calcifuge, c’est-à-dire qu’elle fuit le
calcaire. Les espèces utilisées en Europe pour leurs
propriétés médicinales sont les bruyères sauvages :
l’Erica cinera et la Calluna vulgaris.
La bruyère se cueille dans les landes, dans votre jardin ou
s’achète séchée (moins efficace). On en trouve en gélules
ainsi qu’en extrait liquide, forme préférable, car
fabriquée à partir de plante fraîche.
La bruyère au jardin
Les bruyères se multiplient par marcottage, division ou
bouturage.
Pour la Calluna vulgaris (celle qui nous intéresse pour
ses propriétés médicinales), il est donc très simple de
cueillir quelques brins de bruyère (tige de l’année) au
cours d’une promenade, en automne ou au début de
l’hiver, après la floraison. Il suffit d’enlever les feuilles
sur la partie basse de la tige et de la laisser tremper dans
une bouillie très liquide de terre non calcaire, de la terre
de bruyère de préférence. Au bout de quelques jours,
vous planterez en pot (enfoncez de 10 cm) sous châssis
chaud. Rempotez après enracinement. Plantez à la belle
saison : vous ferez un trou pour remplacer la terre de
votre jardin par de la terre de bruyère. Espacez les pieds
d’environ 30 cm dans un endroit bien exposé et jamais
ombragé.
Constituants et propriétés
La bruyère contient un arbutoside, puissant antiseptique
des voies urinaires, que l’on trouve aussi dans l’arbousier
et la busserole. L’arbutoside est potentialisé et stabilisé
par des tanins. D’autres composants (acide citrique,
carotène, gommes…) en font aussi une plante dépurative,
diurétique, anti-inflammatoire et astringente.
Pour qui ? Pour quoi ?
La bruyère est considérée comme l’un des meilleurs
remèdes contre tous les problèmes urinaires (sauf pour
les calculs, pour lesquels il faut lui préférer l’aubier de
tilleul). La bruyère est aussi efficace pour soulager les
rhumatismes. On l’utilisera donc pour lutter contre :
pyélonéphrites (infection urinaire avec fièvre et
inflammation douloureuse du rein) et autres
néphropathies,
oliguries (diminution de quantité des urines),
cystites avec pyurie (émission d’urine mêlée à du
pus),
colibacilloses : infections dues à un germe, le
colibacille,
albuminurie (présence d’albumine dans les urines),
rhumatismes, arthrite, goutte…
Accessoirement, la fleur de bruyère est un tonifiant
musculaire, d’où l’intérêt d’en prendre avant un effort
important.
Quand ? Où ? Comment ?
Il faut préférer les sommités fleuries, fraîches ou séchées.
Usage interne
Décoction de 30 g à 50 g de sommités fleuries dans
½ litre d’eau. Faites bouillir avant de laisser infuser
15 minutes. Buvez de cette tisane jusqu’à 1 litre par
jour.
Usage externe, pour les rhumatismes,
les rougeurs cutanées et les dartres
Décoction concentrée : 500 g de plante entière dans
3 litres d’eau. Laissez bouillir 10 minutes avant
d’ajouter à l’eau du bain.
Huile de bruyère : glissez 60 g de fleurs (si possible
fraîches) dans ¼ de litre d’huile d’olive première
pression à froid. Laissez macérer 15 jours et remuez
régulièrement. À utiliser en massages le soir.
Les bonnes associations
Pour les infections urinaires récidivantes ou
particulièrement coriaces, faites des décoctions avec un
mélange de 30 g de fleurs de bruyère et de 30 g de l’une
des plantes suivantes dans 1 litre d’eau (à boire dans la
journée et à renouveler jusqu’à disparition des
symptômes) :
aspérule odorante,
stigmates de maïs (pour la cystite chronique),
busserole,
solidago,
aubier de tilleul (dans le cas de lithiase urinaire, c’est-
à-dire de calculs).
Les hommes qui souffrent d’une inflammation de la
prostate devraient essayer d’associer la tisane de bruyère
à la prise régulière de graines de courge (sous forme de
gélules, d’extrait liquide ou d’huile).
Busserole
Arctostaphylos uva-ursi
La busserole, qui vient ici juste après la bruyère, est
également salutaire lorsque l’on souffre de cystites à
répétition.
Vous connaissez sans doute aussi la cranberry, cette
airelle si intéressante en cas d’infections urinaires
récidivantes. Eh bien, tout comme elle, la busserole a de
petites baies rouges, mais, à sa différence, c’est dans ses
feuilles qu’elle concentre ses effets thérapeutiques !
Jolies clochettes et boules rouges
La busserole est un buisson aux feuilles bien vertes et
persistantes qui pousse volontiers dans les broussailles,
les landes et les prairies des régions montagneuses. Elle
donne des fleurs en forme de jolies clochettes roses et des
petits fruits rouges. La busserole doit d’ailleurs son
surnom de « raisin d’ours » à ces baies, très appréciées
des plantigrades !
Des feuilles riches en arbutine
Dans les feuilles de busserole, partie de la plante
employée en phytothérapie, est concentrée une substance,
l’arbutine, à laquelle elle doit sans aucun doute son
intérêt dans les cas de troubles urinaires. En effet, cette
substance parvient sans être dégradée jusqu’à la vessie et
c’est une fois sur place que l’organisme la métabolise, la
transformant en glucose et en hydroquinone, ce dernier
élément étant un puissant antiseptique.
Ses indications
Si la busserole est surtout conseillée et employée en cas
d’infections urinaires, les cystites en particulier, elle peut
également se révéler utile en cas de :
hypertrophie de la prostate,
incontinence urinaire,
rétention d’urine,
calculs urinaires (mais l’aubier de tilleul est sans doute
plus efficace pour cela).
Comment l’utiliser ?
Si vous savez la reconnaître et qu’un arbuste pousse chez
vous ou dans une nature préservée de la pollution, faites
provision de feuilles durant l’été pour les faire sécher.
Vous les utiliserez ensuite en décoction. À défaut, on
trouve très facilement la busserole sous forme de
teinture-mère ou de gélules, pure ou bien associée à
d’autres substances naturelles bénéfiques pour les voies
urinaires. N’utilisez pas la busserole plus de 10 jours
d’affilée pour éviter les maux d’estomac.
Gélules : suivez les indications du fabricant. Buvez
beaucoup, au moins un grand verre d’eau à chaque
fois que vous avalez une gélule.
Teinture-mère : 80 à 90 gouttes par jour, à prendre en
2 ou 3 fois dans ½ verre d’eau à chaque fois.
Décoction : mettez 10 à 15 g de feuilles séchées dans
1 litre d’eau froide. Portez lentement à ébullition puis
laissez bouillir ½ heure (les feuilles coriaces ont
besoin de ce « traitement » pour libérer leur
arbutine !). Buvez 2 à 3 tasses de cette décoction par
jour. Très riche en tanin, la décoction peut « agresser »
les estomacs sensibles. Dans ce cas, coupez la
décoction avec une infusion de menthe poivrée ou de
camomille (moitié-moitié). Vous pouvez aussi ajouter,
avec les feuilles de busserole, une dizaine de baies de
genièvre concassées, également réputées pour leur
effet antiseptique sur les voies urinaires.
NB : la prise de busserole peut donner une coloration
verte aux urines.
Une huile contre les taches de vieillesse
L’arbutine est un précurseur de l’hydroquinone, une
substance employée en usage externe pour lutter contre
les taches cutanées dues au vieillissement de l’épiderme.
Or, non seulement elle est bien moins agressive que
l’hydroquinone, mais elle semble plus efficace. On
trouve de l’huile à la busserole à appliquer sur la peau
pour rester jeune ! Vous pouvez aussi faire votre huile :
vous remplissez un flacon de feuilles de busserole, vous
couvrez d’huile d’olive et vous laissez au soleil, en
remuant de temps en temps, pendant un mois. Puis vous
filtrez.
Cacao
Theobroma cacao
Découvert par les Mayas, puis breuvage et monnaie des
Aztèques, le cacao fut révélé aux Conquistadores dès leur
débarquement aux Amériques. Le « Xocoalt » était alors
une boisson tonique amère et très épicée, préparée à
partir de fèves de cacao grillées, puis broyées, mélangées
à de l’eau, à de la farine de maïs, à des piments, des
gousses de vanille et des épices. Il était servi moussant,
épais comme du miel, dans des coupes en or. Sa
réputation d’aphrodisiaque date de cette époque. On
rapporte que le roi aztèque Moctezuma en buvait
cinquante tasses par jour pour honorer son harem, chaque
fois dans une nouvelle tasse d’or qu’il jetait ensuite dans
un lac d’où l’on retira plus tard un véritable trésor ! Le
chocolat était également consommé en préliminaires à la
prise de champignons hallucinogènes. Il servait aussi de
monnaie d’échange dans toute l’Amérique centrale
(Mexique, Guatemala, Salvador, Costa Rica). En
débarquant en Amérique du Sud au début du XVIe siècle,
les Espagnols le découvrirent. Et la première cargaison
de fèves de chocolat arriva en Europe, à Séville, à la fin
du siècle.
En Europe, la fabrication de la boisson aux fèves de
chocolat a subi quelques modifications. Adoucie par le
sucre de canne et travaillée par les grands chefs de
l’époque, elle devint nettement plus buvable et fut très
vite à la mode dans les milieux fortunés. C’est en 1615,
lors du mariage de Louis XIII avec l’Infante Anne
d’Autriche, qu’elle parvint à la cour du roi. Louis XIV,
conquis à son tour, en confia la distribution exclusive à
un confiseur de Toulouse, tout en prenant au passage un
pourcentage sous forme de taxe. Son épouse, Marie-
Thérèse d’Autriche, déclara très vite ne plus pouvoir se
passer de cette délicieuse boisson, déchaînant ainsi les
foudres de l’Église. Après avoir été paré de mille et une
vertus plus ou moins contestables, de mille et un défauts
pas moins ridicules, le chocolat finit par se banaliser et
devenir un simple aliment, une gourmandise.
Une composition très intéressante
Mélange de cacao et de sucre, le chocolat moderne
apporte beaucoup de magnésium : 100 g de chocolat noir
pour le tiers de la dose quotidienne recommandée, qualité
appréciable lorsque l’on sait que presque 80 % de la
population est plus ou moins carencée en ce minéral qui
règle l’équilibre musculaire et nerveux. Le chocolat
contient des substances stimulantes et bien d’autres qui
expliqueraient son intérêt pour remonter le moral ! Il est
connu pour consoler les chagrins d’amour et il semblerait
que cet effet ne soit pas seulement dû à son bon goût…
Des effets de drogue douce
Le chocolat contient une forte proportion de
théobromine, une substance très proche de la caféine.
Elle augmente la force contractile du cœur et agit sur les
muscles et le système nerveux central. Le chocolat
contient également du salsolinol, un antidépresseur, et de
l’anandamide, connue pour éveiller les sens et rendre
euphorique. Autres composants du chocolat : les N-
acyléthanolamines, qui stimulent la production de
cannabinoïdes par l’organisme. Ces fameux
cannabinoïdes sont les mêmes que ceux fabriqués lors de
la consommation de cannabis, d’où les effets provoqués
chez les consommateurs assidus de chocolat et, surtout,
la dépendance dont ils se plaignent lorsqu’ils
entreprennent un régime amincissant…
Le problème majeur du chocolat est qu’il est
essentiellement composé de graisses et de sucre. 100 g de
chocolat noir apportent 528 calories dont 57 g de sucre et
35 g de matières grasses. Le chocolat au lait est plus gras
encore. Quant à la version « light », si le sucre est
remplacé par de l’aspartame ou du fructose, sa teneur en
graisses augmente d’autant, pour une économie d’une
cinquantaine de calories par tablette. Par ailleurs,
l’innocuité et l’intérêt des édulcorants restent très
discutables.
Cholestérol ou pas ?
La matière grasse du chocolat, le beurre de cacao, est
d’origine végétale. Avec 69 % d’acide oléique (qui
donne ses vertus à l’huile d’olive), il concourt à diminuer
le mauvais cholestérol (LDL) et à augmenter le bon
(HDL). Mais sa richesse en matières grasses explique
qu’il peut provoquer des « crises de foie » chez les
personnes sensibles, dont la vésicule biliaire est trop
sollicitée.
De la qualité, pour les vrais amateurs
Comme le vin et le café, le chocolat a ses grands crus.
Plus il contient de cacao, moins il est chargé en sucre et
plus il est savoureux. Mais l’amertume ne pardonne pas :
un chocolat très noir doit provenir de fèves de grande
qualité.
Camomille allemande
Matricaria chamomilla
C’est une petite fleur que les adeptes des tisanes
connaissent bien. Ils la préparent en infusion pour bien
digérer et pour plonger tranquillement dans les bras de
Morphée.
Appelée aussi matricaire, la camomille allemande est la
proche cousine de la romaine (encore appelée noble, de
son nom latin Chamomilla nobile) ; la camomille
allemande est généralement sauvage tandis que la
romaine est presque toujours cultivée. Les deux ont des
vertus très proches. Jean Palaiseul disait préférer
l’allemande pour son goût. L’allemande est annuelle
tandis que la romaine est vivace. On ne doit pas les
confondre, ni l’une ni l’autre, avec la grande camomille,
appelée aussi partenelle (Tanacetum parthenium),
employée avec encore davantage de succès pour soulager
les migraines, mais qui n’a pas les mêmes autres vertus.
Une plante très courante
La camomille n’est pas difficile… Elle adore les chemins
à l’abandon, les fossés, et on en trouve aussi bien en
France qu’au Moyen-Orient, en Inde ou en Amérique du
Nord. Mademoiselle s’acclimate partout et envahit sans
scrupule les terrains laissés à l’abandon. Les connaisseurs
et amateurs de plantes médicinales ne s’en plaindront
pas. D’ailleurs, bien que très fréquente à l’état naturel,
elle est aussi cultivée à grande échelle dans certains pays
comme la Bulgarie ou la Hongrie, mais aussi en Égypte
et en Argentine. Espagne et Allemagne lui réservent
aussi de belles parcelles.
Petite, mais robuste !
Plante annuelle, la petite camomille a une odeur
pénétrante très caractéristique car elle contient une
précieuse huile essentielle. Le chanoine Fournier
rapportait dans ses ouvrages qu’en mars-avril, la
camomille est si abondante en Grèce que « l’atmosphère,
aux environs de l’Acropole, en est toute parfumée ».
Même ses feuilles, lorsqu’on les froisse, sont très
odorantes. La plante mesure au maximum 60 centimètres
et ses fleurs, qui s’épanouissent dès le début de l’été et
jusqu’à l’automne dans nos régions, ressemblent à de
toutes petites marguerites au cœur bombé. Si l’on veut
faire soi-même sa récolte de tisane, on en cueille les
fleurs avant qu’elles ne s’ouvrent, puis on les laisse
sécher à l’ombre.
Ses indications
On emploie aussi bien la camomille en interne qu’en
externe. Sa première indication, connue de tout temps,
concerne les digestions difficiles, mais elle a de
nombreuses cordes à son arc.
En usage interne
Elle est indiquée en cas de :
troubles digestifs,
insomnies,
troubles de la ménopause,
vertiges,
anémie,
gastro-entérite,
dépressions nerveuses,
règles irrégulières,
douleurs lombaires et maux de tête liés à la grippe,
migraines.
En usage externe
On la conseille en cas de :
conjonctivite et/ou fatigue oculaire,
dermatoses inflammatoires,
brûlures, dartres, eczéma,
urticaire,
douleurs rhumatismales.
L’été venant, pensez à récolter
la camomille !
Pour l’usage interne, la tisane est idéale. Vous pouvez
évidemment faire vous-même votre récolte ou bien
acheter des têtes de camomille séchées, en les choisissant
de préférence au rayon bio !
Les différentes utilisations
Infusion : mettez simplement une dizaine de têtes de
camomille dans 20 cl d’eau bouillante et laissez
infuser ¼ d’heure. Prenez-en 2 à 3 tasses par jour, de
préférence avant les repas.
Huile essentielle : 2 à 3 gouttes dans 1 cuillerée à café
de miel ou sur un sucre, 2 ou 3 fois par jour. Vous
pouvez aussi, pour les problèmes d’origine nerveuse
ou pour vous endormir, respirer profondément à même
le flacon d’huile essentielle (camomille romaine et
camomille allemande sont efficaces), ou bien vous
mélangez 2 gouttes dans un peu d’huile végétale et
vous vous massez le plexus solaire (bas du sternum)
ou la nuque avec quelques gouttes de cette huile.
Pour l’usage externe, on emploie la camomille sous
forme de décoction ou de macération huileuse :
Les bains d’œil apaisants : si vous avez les paupières
douloureuses, une conjonctivite ou tout simplement
les yeux fatigués, préparez-vous une lotion de
camomille. Mettez 1 poignée de têtes de camomille
dans 1 litre d’eau froide. Portez à ébullition. Retirez
du feu et laissez infuser 20 minutes avant de filtrer.
Utilisez tiède en compresses ou en bains d’œil. Vous
pouvez aussi ajouter cette décoction à votre bain en
cas de fatigue et/ou de douleurs rhumatismales, de
problèmes de peau type eczéma ou, plus
généralement, de dermatoses inflammatoires, etc.
L’huile de massage antidouleur : on prépare avec la
camomille une huile de massage idéale pour
décontracter les muscles douloureux, dérouiller les
articulations et soulager les maux de dos. Préparez-la
en mettant une dizaine de têtes de camomille dans
½ litre d’huile d’olive que vous faites chauffer au
bain-marie puis que vous laissez macérer, toujours au
bain-marie, pendant 2 heures. En été, vous pouvez
aussi faire une macération au soleil. Dans ce cas, vous
mettez votre flacon d’huile d’olive au soleil et vous le
tournez de ¼ de tour chaque jour. Attendez environ
3 semaines avant de filtrer.
Le rinçage des cheveux blonds
Pour donner de l’éclat aux cheveux blonds, terminez le
shampooing par un rinçage à la camomille. C’est très
simple à préparer : vous mettez une vingtaine de têtes de
camomille dans 1 litre d’eau froide, vous faites chauffer
et vous laissez bouillir sur feu doux pendant 20 minutes.
Ensuite, vous filtrez : votre rinçage est prêt !
Cannelle
Cinnamomum verum
On en met souvent sur la tarte aux pommes… Elle
parfume aussi les plats orientaux, et c’est une aubaine
pour notre santé !
Aux siècles passés, la cannelle de Ceylan était une denrée
aussi rare que précieuse. Ceux qui avaient la chance d’en
posséder l’employaient pour préparer une boisson
tonique faite de vin sucré dans lequel avaient infusé du
gingembre, du clou de girofle et de la cannelle :
l’hypocras. La cannelle entrait également dans la
confection de recettes culinaires et dans de nombreuses
préparations pharmaceutiques. C’est à son huile
essentielle qu’elle doit sans doute les propriétés
thérapeutiques qui lui sont reconnues depuis des siècles.
Bien avant que ses composants soient analysés et ses
propriétés ainsi expliquées, on l’utilisait empiriquement
pour soigner nombre de troubles. Ainsi, Chamberland
signalait, en 1887, la cannelle comme l’une des trois
essences au plus grand pouvoir antiseptique.
Dans son ouvrage Aromathérapie, le docteur Valnet
passe en revue les principales indications de la cannelle
qui vont de l’asthénie (la fatigue) à l’impuissance en
passant par les ennuis dont elle vient à bout le plus
rapidement : la grippe et les affections dues au
refroidissement et les troubles intestinaux. Il ne faut donc
pas hésiter à en mettre dans vos plats ou, éventuellement,
à faire appel à ses vertus sous forme d’huile essentielle.
En usage externe, l’huile essentielle de cannelle est
également très efficace pour soulager rapidement les
piqûres d’insectes.
Comment l’utiliser ?
Généralement, on met une pincée de cannelle dans les
desserts à base de pomme… Mais elle peut aussi
parfumer un plat de riz ou de lentilles, seule ou en
association avec d’autres épices.
Pour se soigner, on emploie plutôt l’huile essentielle de
cannelle, en inhalation, en diffusion dans l’air ambiant ou
par voie externe – toujours mélangée à une huile
végétale, car il ne faut jamais l’utiliser pure sur la peau !
– pour soulager les piqûres d’insectes ou encore masser
les muscles endoloris. Vous pouvez aussi employer
l’huile essentielle de cannelle par voie interne, mais ne
dépassez jamais la dose conseillée, c’est-à-dire 2 gouttes
2 fois par jour dans du miel.
On peut aussi se préparer de l’infusion avec les bâtons de
cannelle, ou bien du vin chaud à la cannelle, connu pour
éviter les infections respiratoires.
Grog antigrippe du docteur Valnet
Contre les états grippaux et les premières attaques du
froid, on sera bien inspiré d’utiliser – et le plus tôt, ici
comme ailleurs, sera toujours le mieux – une vieille
« médecine » à la portée de tous, pour l’ensemble
acceptée sans déplaisir : des grogs avec ½ citron pressé,
1 cuillerée à soupe de miel et 1 grand verre d’eau chaude
dans laquelle on aura fait bouillir 2 ou 3 minutes un
fragment de cannelle et un clou de girofle (laissez infuser
20 minutes).
Capucine
Tropaeolum majus
La capucine renferme une essence sulfurée qui
expliquerait son action sur la bronchite chronique et
l’emphysème mise à profit par le docteur Leclerc. Mais il
note que cette fleur est surtout importante pour ses effets
sur le cuir chevelu, capable de prévenir la chute des
cheveux et de stimuler la vitalité du bulbe pileux.
Les jeunes feuilles et les jolies fleurs de capucine se
dégustent en salade. Les pétales sont du plus bel effet. Et
les boutons encore fermés ainsi que les graines peuvent
faire de délicieux « faux câpres ». Si vous avez des
plantations de capucines, vous pouvez vous en préparer
pour toute l’année, confits dans du vinaigre.
Et dans la pharmacie
Toutes les parties de la capucine contiennent une
enzyme, la myrosine, que renferment également les
graines de moutarde noire et qui dégage, lorsque l’on
écrase la plante, une essence proche de celle de la
moutarde. C’est sans doute en partie pour cela que la
capucine se révèle intéressante en cas de bronchite ou
d’emphysème, mais aussi parce qu’elle contient une
proportion importante de soufre, oligoélément anti-
infectieux très efficace ! Jadis, les médecins pensaient
même qu’elle guérissait la tuberculose, ce qui est sans
doute un peu excessif. Mais pour vaincre la toux,
favoriser l’expectoration, et aussi faire baisser la fièvre et
revenir appétit et sommeil, vous pouvez lui faire
confiance. Parmi ses autres indications, notez que la
capucine est légèrement laxative et diurétique et, chez les
femmes, elle peut être utile lors des troubles du cycle, en
favorisant la venue des règles. Par ailleurs, le professeur
Léon Binet considère que la richesse en soufre de la
capucine en fait une plante à utiliser dans la prévention
des troubles de la sénescence et par ceux qui veulent
« vivre jeunes et longtemps ».
Sous quelle forme ?
On peut bien entendu mettre la capucine à son menu (et
bénéficier de sa richesse en vitamines, notamment en
vitamine C), mais, pour lutter contre la bronchite, c’est
sous forme de tisane ou d’alcoolature qu’elle sera la plus
efficace.
Pour la tisane : comptez 1 pincée de feuilles sèches à
laisser infuser 10 minutes dans l’équivalent de 1 tasse
d’eau bouillante (après avoir éteint le feu sous la
casserole et mis un couvercle). Prenez-en 2 à 3 tasses
par jour.
Pour faire votre alcoolature : choisissez de belles et
jeunes feuilles au printemps et remplissez-en un petit
flacon. Couvrez ensuite d’alcool blanc (eau-de-vie de
fruit) et laissez macérer ainsi pendant 15 jours. Filtrez
et conservez dans un flacon opaque. Si vous avez les
bronches enflammées, prenez 1 cuillerée à café
d’alcoolature 3 fois par jour dans ½ verre d’eau.
La recette anti-chute de cheveux du docteur
Leclerc
Mélangez 40 g de feuilles et graines fraîches de capucine
avec 30 g de feuilles fraîches d’ortie et 30 g de feuilles
fraîches de buis. Hachez les plantes et faites-les macérer
pendant 15 jours dans de l’alcool de fruit. Passez en
exprimant. Vous pouvez ajouter quelques gouttes d’huile
essentielle de géranium rosat pour parfumer. Chaque
matin et chaque soir, frictionnez-vous le cuir chevelu
avec cette solution.
Carotte
Daucus carota
Ombellifère bisannuelle cultivée en annuelle, la carotte
est issue d’une espèce sauvage, produite en Europe
depuis des temps très reculés. À l’origine, la carotte était
blanche. Il s’agissait peut-être du panais. Il faut attendre
la fin du XIXe siècle pour qu’elle devienne populaire en
France. De nombreux croisements ont été nécessaires
pour aboutir aux variétés sucrées et fondantes que nous
connaissons actuellement. Ces variétés sont classées en
trois catégories : courtes à forcer, demi-longues hâtives,
longues ou demi-longues de pleine terre.
Manger des carottes donne de belles artères
Dioscoride, médecin de l’Antiquité, recommandait ses
graines pour provoquer les règles, traiter la rétention
d’urine et « réveiller les vertus génitales ». La carotte
contient des vitamines B, C, D, E et PP, ainsi que des
oligoéléments et des protides. Elle est considérée comme
antianémique, stimulante, tonique, diurétique, laxative,
adoucissante, antiseptique et vermifuge. Dans
l’organisme, sa forte teneur en bêta-carotène se
transforme en vitamine A, nécessaire à l’acuité visuelle,
notamment nocturne, et à la protection de la peau. La
carotte est riche en glucides, utiles pour l’énergie des
muscles et du cerveau. Les fibres de la carotte cuite ont
une action régulatrice sur l’intestin, leur pouvoir
antidiarrhéique est connu. Elle piège le cholestérol grâce
à la pectine qu’elle contient (une forte consommation de
carottes crues diminue le taux de cholestérol).
Légèrement diurétique, elle aide à éliminer l’acide
urique, ce qui est utile pour les goutteux. On la
recommande également contre les rhumatismes et
l’arthrite.
Été comme hiver
Les carottes doivent être grattées ou brossées, jamais
pelées, car les vitamines sont concentrées dans la peau. Il
faut les choisir fermes et bien colorées. Elles se mangent
crues, nature ou râpées, accommodées à l’huile d’olive et
au citron, relevées d’ail haché, d’une pincée de curry et
décorées d’une pluie de cerfeuil haché. Tous les modes
de cuisson lui conviennent, mais, plus elle est cuite, plus
son index glycémique augmente (et moins elle est
intéressante quand on veut mincir…).
En soupe, en jus, en salade…
En usage interne, le suc de carotte crue est excellent pour
lutter contre les affections pulmonaires, l’asthme,
l’extinction de voix. La soupe de carotte est efficace
contre la constipation et les diarrhées infantiles. Vous
pouvez préparer des bouillies de céréales avec un
bouillon de fanes de carotte (très riches en sels
minéraux).
Pour les nourrissons, coupez le jus avec de l’eau. La
racine crue, râpée ou moulue, est un traitement des
oxyures particulièrement adapté à l’enfant. Il est
recommandé de boire du jus de carotte d’origine
biologique, car les substances chimiques des fertilisants
et des insecticides artificiels se concentrent dans la racine
des végétaux.
Un cosmétique de choix
Une application de carotte râpée, une décoction de
feuilles ou un cataplasme de feuilles fraîches broyées
sont indiqués en cas d’abcès, de plaies récentes, d’ulcères
des jambes, de brûlures, de furoncles, de dartres et
d’impétigo. La décoction de feuilles de carottes est
également utilisée en gargarisme contre les aphtes et les
abcès de la bouche, en bain et en lavage pour soigner les
engelures et les gerçures. La lotion au jus de carotte pour
les soins du visage redonne souplesse et fraîcheur.
Cascara
Rhamnus purshianus
Comme la bourdaine, autre végétal bien connu pour ses
effets stimulants sur le transit, la cascara est employée
dans la constipation occasionnelle. C’est l’écorce séchée
que l’on emploie. Elle a une action sur le péristaltisme
intestinal : c’est-à-dire qu’elle agit en stimulant les
mouvements de l’intestin, et sur la teneur du bol
alimentaire qu’elle rend plus facile à évacuer.
Des Indiens jusqu’à nous
Ancestralement, ce sont les Indiens d’Amérique qui
utilisaient l’écorce de la cascara pour soigner la
constipation et les troubles digestifs. Partageant leurs
connaissances avec les explorateurs espagnols, ils en ont
permis l’usage dans le monde entier. Ce sont d’ailleurs
les Espagnols qui lui ont donné le nom qu’elle porte
encore aujourd’hui : Cascara sagrada, autrement dit
« écorce sacrée ».
L’écorce sèche
La cascara mesure 6 à 9 mètres de haut, avec un tronc
atteignant 50 cm de diamètre en moyenne. Ses feuilles
vert assez clair sont finement dentelées et arrondies à la
base, pointues à l’extrémité. Ses fleurs sont blanches ou
légèrement vertes et sont suivies de petits fruits ronds et
noirs. On n’utilise que l’écorce, brun rouge, seulement
une fois qu’elle est bien sèche. En effet, encore fraîche,
elle contient des anthrones, qui sont des substances
toxiques. En séchant, ces substances s’oxydent et se
transforment en anthraquinones, supportables par
l’organisme. Entre avril et août, l’écorce se détache
facilement de l’arbre et c’est le moment de la prélever
pour la faire sécher à l’ombre pendant au moins 1 an.
Sous quelle forme ?
On trouve la cascara sous forme de gélules ou de
comprimés, seule ou associée à d’autres extraits végétaux
laxatifs. On peut aussi employer l’écorce séchée. Dans ce
cas, il faut la préparer en infusion à raison de 1 à 2 g
d’écorce séchée sur laquelle on verse 150 ml d’eau
bouillante et on laisse infuser pendant 10 à 15 minutes.
Les effets se font normalement sentir dans les 6 à
12 heures qui suivent. Et on se contente d’une petite
tasse ! Mais ne vous attendez pas à une délicieuse tisane,
c’est plutôt du genre « purge ».
Pas trop longtemps !
C’est bien dans la constipation occasionnelle que la
cascara est conseillée, et non à long terme, au risque de
provoquer des maux de ventre. Généralement, on ne doit
pas dépasser 8 jours d’affilée. Tous les laxatifs aussi
efficaces que la cascara, qu’il s’agisse du nerprun, de la
bourdaine ou du séné, par exemple, ont beau être
naturels, ils doivent être employés de manière
exceptionnelle. Tout comme les laxatifs « chimiques »,
ils peuvent être responsables, à long terme, de la
« maladie des laxatifs », une « irritation » intestinale qui
peut aggraver encore la constipation et qui provoque des
douleurs abdominales.
Cassis
Ribes nigrum
C’est à la feuille de cassis qu’il faut faire appel pour
soigner ses articulations douloureuses ! Les baies,
prenez-les fraîches pour leur richesse en antioxydants et
en vitamines, leur efficacité en prévention des infections
urinaires et pour renforcer vos systèmes circulatoire et
immunitaire. Les feuilles et les racines, elles, ont toujours
été utilisées en phytothérapie pour soulager les
inflammations des rhumatismes et de la goutte.
Un arbuste « local »
Le cassis est un arbuste originaire d’Europe où il
apprécie les terrains humides. Ses petites baies riches en
antioxydants et en vitamine C se dégustent en dessert ou
sous forme de jus. Elles sont réputées pour renforcer le
système immunitaire, tout comme ses bourgeons. Mais
ce sont ses feuilles qui peuvent vous être utiles si vous
souffrez de rhumatismes.
Contre les rhumatismes et la goutte
Le docteur Valnet relève les nombreuses propriétés du
cassis, indiquant en tout premier lieu son efficacité
comme diurétique éliminateur de l’acide urique et de
l’urée, ces petits « grains de sable » qui viennent se
mettre dans les rouages de nos articulations (et se
manifestent par la goutte, par exemple !). Il indique
ensuite ses précieuses vertus antirhumatismales et
conseille à tout le monde la « bonne coutume » suivante :
« Infusion quotidienne de feuilles de cassis d’octobre à
fin mars, tous les ans. » Il faut dire que la feuille de
cassis est également indiquée en cas de lithiases rénales
(les fameuses coliques néphrétiques, encore des « grains
de sable » mal placés !), d’hypertension, de troubles
urinaires…
Des études probantes
Plusieurs études scientifiques, répertoriées à la fin des
années 1990, sont venues confirmer les effets de la
feuille de cassis en cas de rhumatismes et lui ont valu la
reconnaissance officielle de l’Escop (European Scientific
Cooperative On Phytotherapy) comme traitement
adjuvant des troubles rhumatismaux.
Comment le prendre ?
On peut très facilement se préparer de la tisane de
feuilles de cassis (par ailleurs bonne au goût !), il suffit
de faire infuser 1 cuillerée à soupe de feuilles sèches par
tasse pendant 10 minutes (ou 1 poignée dans 1 litre
d’eau). L’idéal consiste à en prendre 3 ou 4 tasses dans la
journée en cure de 3 semaines, renouvelable au besoin.
Pour ceux qui n’apprécient pas la tisane, il existe aussi
des formes galéniques « modernes » : gélules,
comprimés… Les conseils d’utilisation et la posologie
dépendent alors des dosages et sont indiqués sur les
produits.
Céleri
Apium graveolens L.
Les Grecs utilisaient ses feuilles, comme celles du
laurier, pour couronner les athlètes. Il représentait force,
robustesse et virilité. Les feuilles sont reminéralisantes.
Plante de la famille des Ombellifères, le céleri est connu
depuis l’Antiquité pour ses propriétés médicinales. C’est
à partir du XVIe siècle qu’il fut cultivé. D’abord utilisé
comme condiment, il prit place à table comme légume à
partir du XIXe siècle. Cette plante potagère annonce
l’arrivée de l’automne. Il existe une variété primeur
présente sur les étals dès la mi-août. En cuisine, on utilise
les feuilles, les racines et les graines. Et le céleri n’est pas
seulement un légume destiné à la soupe ou au pot-au-feu.
Il est mis à l’honneur par les cuisiniers et sa saveur
corsée a inspiré quelques grands chefs.
Ce légume est peu calorique, riche en fibres et en
oligoéléments. Ses fibres s’attendrissent à la cuisson et
deviennent plus digestes. Il contient des vitamines A, B
et C. Riche en minéraux, il est profitable aux sportifs,
aux adolescents et aux personnes âgées. Il est déconseillé
à ceux qui suivent un régime sans sel, à cause de sa
teneur élevée en sodium. Les propriétés médicinales du
céleri se trouvent aussi dans les graines. Elles renferment
une huile essentielle aux propriétés diurétiques et
antiseptiques, efficace contre les infections urinaires et
qui élimine les toxines. On l’utilise pour traiter la goutte,
certains rhumatismes et l’arthrite.
Les graines de céleri favorisent l’expulsion des gaz
intestinaux et soulagent les douleurs liées aux
ballonnements. Elles traitent aussi les maladies
respiratoires (l’asthme, la bronchite). Associées à
d’autres plantes, elles aident à réduire l’hypertension.
Le céleri branche
Il faut le choisir ferme avec des feuilles bien vertes. Les
feuilles peuvent être hachées ou utilisées telles quelles,
fraîches ou séchées. Cuit, le céleri entre dans la
composition du bouquet garni que l’on utilise pour
préparer les bouillons. Les tiges de céleri peuvent se
manger crues ou macérées dans du vinaigre. Vous
pouvez les servir à l’apéritif, accompagnées d’une sauce
légère aux herbes. Elles peuvent être cuites à la vapeur
ou braisées. Le céleri branche se cuisine comme le
fenouil. Pour une cure reminéralisante et
antirhumatismale, le docteur Valnet conseillait ½ verre
de jus de céleri branche pendant 15 à 20 jours.
Le céleri-rave
Il faut le choisir bien lourd, mais pas trop gros. Il se
prépare à la rémoulade, mais cette préparation augmente
son apport en calories. Choisissez plutôt une sauce à base
de citron, légère et plus digeste et râpez-le au dernier
moment. Le céleri-rave se cuit aussi à l’eau ou à la
vapeur, ou bien au four (pas trop chaud mais très
longtemps). Il s’associe très bien avec les carottes et les
oignons.
Graines de céleri
Elles sont légèrement amères. On les utilise entières ou
sous forme de sel.
Pour soulager la gorge
En gargarisme, le jus de céleri donne de bons résultats
sur les extinctions de voix et les angines. En lavage de
bouche, c’est un remède contre les aphtes.
En externe contre les engelures
Préparez une décoction avec les tiges, les raves ou même
les épluchures de rave à raison de 250 g par litre d’eau.
Faites bouillir pendant 1 heure (il faut au moins 500 g de
céleri et 2 litres d’eau pour un bain de mains, le double
pour un bain de pieds). Faites un bain de mains ou de
pieds de 10 minutes, aussi chaud que possible.
Renouvelez 3 fois dans la journée.
Centella
Centella asiatica
Très employée en Inde, la Centella asiatica, appelée
aussi gotu kola, est une plante aux nombreuses
indications : troubles nerveux ou digestifs, rhumatismes,
circulation sanguine, problèmes de peau… En Europe,
elle fait désormais partie des plantes médicinales
majeures, mais reste encore et surtout réservée à une
utilisation externe.
Originaire du Sud-Est asiatique, la Centella asiatica (ou
hydrocotyle asiatique) est une ombellifère qui apprécie
les sols marécageux. On la trouve aussi en Australie et en
Afrique du Sud. Cultivée pour son utilisation médicinale,
elle est récoltée toute l’année. Les feuilles sont disposées
en rosettes par 4 ou 5 le long d’une tige rampante. Les
fleurs discrètes, d’un vert rougeâtre, apparaissent à
l’aisselle des fleurs. Surnommée « l’herbe du tigre »
parce que les fauves blessés se roulent dedans pour
soigner leurs blessures, elle bénéficie d’une réputation
extraordinaire en Inde et dans les autres pays asiatiques.
Panacée asiatique
Appelée gotu kola en Inde et luei gong gen en Chine, la
plante doit sa réputation millénaire à son action sur le
système nerveux et sur la régénération des tissus. En
médecine ayurvédique (en Inde), la Centella asiatica est
utilisée pour toutes les affections dermatologiques (même
la lèpre), la cicatrisation des blessures, les problèmes
capillaires, l’épilepsie et les trous de mémoire. Un
proverbe sri lankais affirme que « deux feuilles de gotu
kola par jour font fuir la vieillesse », sans doute parce
que la plante est aussi particulièrement appréciée par les
éléphants qui vivent généralement très vieux.
La recherche s’active
C’est en 1940 que la principale substance active de la
Centella asiatica a été isolée : il s’agit de l’asiaticoside.
D’autres constituants (alcaloïdes, principes amers,
saponines…) ont été découverts par la suite et les études
se sont succédé, notamment afin d’évaluer l’efficacité de
la plante pour traiter l’insuffisance veineuse. Ainsi, en
2001, une équipe de chercheurs britanniques a démontré
que la Centella asiatica soulageait les varices, les jambes
lourdes ou enflées et même les hémorroïdes. Mais ils ont
aussi voulu confirmer les autres propriétés traditionnelles
de la plante et, notamment, son action sédative. Les
scientifiques de l’université d’Ottawa, au Canada, ont
comparé deux groupes de personnes : les premières
prenaient un placebo, les secondes 12 g de Centella
asiatica. Les résultats de cette expérience ont confirmé la
réputation de la plante : rapidement, l’activité motrice
des personnes qui prenaient la Centella asiatica était
ralentie, et leur anxiété atténuée. Une autre étude,
réalisée sur des animaux en février 2003, a par ailleurs
confirmé que la plante pouvait prévenir les crises
d’épilepsie.
La base de nombreux cosmétiques
La Centella asiatica apparaît dans la formulation de
nombreuses crèmes dermatologiques ou cosmétiques. Là
encore, les recherches scientifiques confirment
l’utilisation traditionnelle. Une étude a démontré que les
femmes enceintes utilisant une crème contenant un
extrait de Centella asiatica et de la vitamine E avaient
moins de vergetures que celles qui appliquaient une
crème placebo. La plante améliore le processus de
cicatrisation des plaies en stimulant la production de
collagène de la zone blessée et traitée. D’autres études
portent sur l’action antipsoriasis de la plante ou bien
encore sur ses propriétés antiradiations, très utiles pour
les personnes qui suivent une radiothérapie.
Toutes les indications
anxiété,
jambes lourdes,
démangeaisons,
dépression,
eczéma,
épilepsie,
fatigue,
insomnie,
troubles de la mémoire,
psoriasis,
rhumatismes,
ulcères gastriques,
varices,
vergetures.
Précautions
Il n’y a pas de contre-indication et les rares effets
secondaires consistent en une légère photosensibilisation
ou de rares allergies cutanées. Parmi les centaines
d’études sur cette plante, une expérience menée sur des
rats de laboratoire a entraîné son interdiction au Canada :
l’un des rats avait développé un cancer cutané, sans qu’il
soit prouvé que ce soit dû à l’administration répétée et à
haute dose d’asiaticoside. Chez les humains, aucun cas
n’a jamais été mentionné.
Si vous suivez un traitement médicamenteux, il faut tenir
compte des effets de la plante qui peuvent s’additionner à
ceux du traitement. Si vous êtes sous hypoglycémiants,
sédatifs ou hypolipidémiants, signalez à votre médecin
que vous prenez de la Centella asiatica, de sorte qu’il
puisse mieux régler le dosage de vos médicaments.
Où ? Quand ? Comment ?
On ne trouve pas de plante fraîche en Europe. Mais on
peut se procurer la plante sèche sous forme de gélules. La
Centella asiatica est aussi associée à d’autres plantes
dans des compléments alimentaires destinés à stimuler
les capacités intellectuelles et la mémoire. Ces extraits
standardisés sont surtout proposés en magasins de
produits naturels. Vous pouvez aussi utiliser la Centella
asiatica sous forme de crème cosmétique ou
dermatologique : psoriasis, mauvaise circulation,
vergetures, cellulite, raffermissement du buste, etc.
Gélules, capsules ou comprimés : suivez les
indications du fabricant. En général, il faut prendre
l’équivalent de 60 mg, 2 à 3 fois par jour.
En poudre ou en crème : la plante est réputée pour
activer la cicatrisation tellement rapidement qu’elle
peut être utilisée sur les gerçures des mamelons des
femmes qui allaitent.
Crèmes cosmétiques ou dermatologiques,
shampooings et lotions capillaires : de très nombreux
laboratoires formulent leurs crèmes avec la Centella
asiatica.
En homéopathie
La Centella asiatica est assez rarement utilisée seule
comme remède homéopathique. Quand elle l’est, elle est
indiquée dans les problèmes génito-urinaires féminins
(prurit, douleur…). La plupart du temps, la plante entre
dans la composition de médicaments complexes
homéopathiques pour traiter les états infectieux,
l’eczéma, l’urticaire et l’acné.
Cerise
Prunus avium
La cerise est un fruit très fragile. Il faut donc choisir
celles qui ont subi le moins de transport et donc qui ont
été produites dans la région. Achetez les variétés selon
les saisons.
La première qui apparaît sur le marché est la Burlat,
inventée par hasard par un certain Léonard Burlat : cette
variété, un peu aplatie, est d’un beau rouge clair. Sa chair
est sucrée, fondante et juteuse. On en trouve jusqu’en
juin. Après la Burlat, viennent les variétés de mi-saison,
la plupart du temps d’origine américaine : la Van est
ronde avec un pédoncule court ; la Stark est rouge
sombre et croquante ; la Summit, récente, est brillante et
en forme de cœur. Seule française, la Reverchon est
plutôt allongée, acidulée et croquante. En saison, on se
régale de la bigarreau, rouge foncé, tendre et très sucrée
ou de la Montmorency à la chair translucide et très
acidulée. Pour les confitures, les conserves, les liqueurs,
on choisit la Montmorency, la griotte ou la guigne. En fin
de saison, il faut goûter la Hedelfingen, une ancienne
variété allemande qui date de 1850 et représente
désormais une grosse part de la production française.
Sur le marché
Choisissez des fruits rouges, brillants, sans taches et
fermes. La peau doit être lisse et le pédoncule vert. En
rentrant, passez-les sous l’eau pour retirer la poussière,
mais sans les laisser tremper. N’attendez pas pour les
manger, il y a une fuite rapide des vitamines après la
cueillette et les cerises s’amollissent ou tournent
rapidement à la chaleur.
Les cerises sont riches en fibres, en glucides, en
vitamines C et E, en fer, en calcium, en magnésium, en
potassium et en soufre. À condition de ne pas en abuser,
elles ne sont pas contre-indiquées si vous voulez perdre
du poids. Avec leur teneur en vitamines et en
oligoéléments, les cerises sont d’excellentes armes
antifatigue.
Côté santé
Le docteur Valnet conseille les cerises pour augmenter
les défenses naturelles et désintoxiquer l’organisme. Il
préconise même des cures de 2 jours exclusivement de
cerises. Les cataplasmes de cerises sur le front sont
efficaces contre les migraines, et les tisanes de queues de
cerises (en vente en boutiques diététiques ou à conserver
quand vous mangez les cerises) sont souveraines contre
les problèmes urinaires et les rhumatismes. Sans oublier
un « truc » contre le mal de mer : sucer un noyau de
cerise.
Chardon bénit
Cnicus benedictus
S’il a été appelé bénit, c’est parce qu’on l’a longtemps
considéré comme une panacée et le chardon bénit
mériterait bien de revenir un peu sur le devant de la
scène, car il peut souvent se rendre très utile.
Originaire du bassin méditerranéen et d’Asie de l’Ouest,
le chardon bénit pousse dans les cailloux et a aujourd’hui
gagné toute l’Europe et l’est de l’Amérique du Nord. En
Inde, il est employé par la médecine ayurvédique. On dit
qu’il a gagné l’Europe grâce à l’empereur Frédéric II,
terrible migraineux, pour qui on l’avait importé et il fut à
la mode au XVIIe siècle où on le considérait comme une
panacée. Shakespeare lui-même le mit à l’honneur dans
sa comédie Much ado about nothing (Beaucoup de bruit
pour rien) dans laquelle il est cité comme le meilleur
remède pour calmer les palpitations. Il faut dire que le
chardon bénit, employé avec succès pour faire baisser la
fièvre, soulager les douleurs rhumatismales, améliorer la
digestion ou encore soigner les infections respiratoires,
semble agir sur le comportement des malades qu’il
soigne… En effet, ces derniers sont apaisés, plus
sereins… On raconte qu’un vieux colonel du Tonkin, qui
avait usé et abusé des plaisirs orientaux, dont on soignait
les rhumatismes avec de l’extrait de chardon bénit, en
comparait les effets, la légèreté qu’il ressentait, avec ceux
obtenus avec le cannabis à faible dose…
Facile à reconnaître
Le chardon bénit est une plante qui se reconnaît à ses
feuilles épineuses aux nervures blanches et saillantes et à
sa tige recouverte d’un duvet. La plante mesure environ
50 cm et aime les sols acides et rocailleux. Ses fleurs
jaunes s’épanouissent en juin-juillet. C’est le moment de
les cueillir pour les faire sécher et les conserver ensuite
toute l’année dans un sachet en papier.
Des indications traditionnelles et/ou
scientifiquement prouvées
L’usage du chardon bénit pour traiter les troubles
digestifs, empirique depuis des siècles, a été reconnu par
la Commission E allemande. Ses propriétés seraient dues
surtout à ses principes amers, en particulier la cnicine,
qui augmente la sécrétion de sucs gastriques. Par ailleurs,
on reconnaît au chardon bénit des propriétés
expectorantes très utiles pour soigner l’encombrement
des voies respiratoires dû au rhume ou à la grippe. Ses
vertus fébrifuges et sa capacité à éliminer les toxines
comme l’acide urique (responsable de douleurs
articulaires) ont été mises à profit par de nombreux
médecins des siècles passés, même si la science n’a pas
encore pu les expliquer et qu’il n’existe apparemment pas
d’essais cliniques les démontrant scientifiquement.
En pratique
On emploie les parties aériennes du chardon bénit, c’est-
à-dire les fleurs, les tiges et les feuilles, mais ce sont
surtout les fleurs, entourées des quelques feuilles les plus
proches, que l’on utilise généralement. Il existe des
préparations sous forme de gélules de plante, destinées à
faciliter la digestion (et qui vous préservent du goût amer
de la plante), mais vous pouvez aussi tout à fait vous
préparer votre tisane : faites infuser 2 cuillerées à soupe
de sommités fleuries sèches dans 1 tasse d’eau bouillante
pendant 10 minutes, prenez-en 3 tasses par jour, de
préférence ½ heure avant les repas.
On prépare aussi le chardon bénit sous forme de vin,
pour en atténuer l’amertume. Évidemment, la recette est
réservée aux adultes (et avec modération !).
Généralement, il était conseillé aux convalescents. On le
prépare en mettant 50 g de fleurs de chardon bénit dans
1 litre de vin rouge bouillant et en laissant infuser
10 minutes. La recette traditionnelle indique une
posologie de 3 verres par jour (à ne pas dépasser, cela va
sans dire…).
Une autre méthode consiste à utiliser la plante en
macération : mettez 5 g de plante sèche dans 1 tasse
d’eau et laissez macérer, puis filtrez. Faites chauffer et
ajoutez un peu de miel pour atténuer l’amertume.
Chardon-marie
Silybum marianum
C’est surtout en cas d’intoxication du foie par l’alcool ou
par des substances toxiques que l’on utilise cette plante.
Le chardon-marie est facilement repérable à ses jolies
fleurs violet-mauve et à ses pétales dont les marques
blanches proviendraient, selon la légende, du lait de la
Vierge Marie. Autrefois, les fleurs de chardon-marie
étaient employées pour soigner la dépression. On sait
aujourd’hui que, dans ce domaine, le millepertuis donne
a priori de meilleurs résultats. On conseillait également
ces jolies fleurs violettes aux jeunes mamans pour
stimuler la sécrétion de lait. Les capitules floraux, eux,
étaient bouillis, tout comme les artichauts, pour tonifier
l’organisme au printemps. Depuis ces temps anciens, la
réputation du chardon-marie s’est étendue, non que
toutes les vertus qu’on lui attribuait soient tombées dans
l’oubli… mais on a découvert que les graines de cette
plante recelaient un trésor pour le foie : la silymarine.
Les troubles hépatiques
Le chardon-marie est en Occident l’une des plantes les
plus prescrites pour soigner le foie (on emploie aussi
aujourd’hui, dans le cas d’hépatites, le desmodium, une
plante africaine qui donne de très bons résultats sur
certaines maladies hépatiques, ou encore le
Chrysanthellum). Car la silymarine protège le foie contre
l’action de l’alcool et d’autres produits nocifs. Des études
cliniques ont d’ailleurs permis de démontrer qu’en
prenant de la silymarine avant d’absorber du
tétrachlorure de carbone ou des champignons vénéneux,
on pouvait prévenir les intoxications hépatiques sévères.
En Allemagne, on utilise d’ailleurs couramment la
silymarine pour soigner les hépatites et la cirrhose du
foie. Le chardon-marie stimule le renouvellement des
cellules du foie et les protège. Il peut ainsi se révéler très
utile lors d’un traitement anticancéreux (chimiothérapie),
car il atténue les effets nocifs des substances chimiques
sur le foie et limite ainsi les effets secondaires du
traitement (nausées, vomissements…).
Où le trouver ?
Le chardon-marie pousse spontanément dans toute
l’Europe où il est très répandu. Il apprécie les sols en
friche et le soleil. Vous pouvez en prélever les capitules
floraux au printemps et ramasser les graines à la fin de
l’été.
Comment l’utiliser ?
Quels que soient les troubles hépatiques dont vous
souffrez, il est recommandé d’utiliser les graines de
chardon-marie, sous la forme que vous préférez, sachant
qu’il existe des gélules ou des comprimés dans lesquels
la teneur en silymarine est vérifiée, peut-être préférables
si vous êtes en chimio.
En gélules : à raison de 4 à 6 gélules par jour à avaler
avant les repas avec un grand verre d’eau.
En teinture-mère : à raison de 30 gouttes 2 à 3 fois par
jour dans un verre d’eau.
En décoction : en faisant bouillir 1 cuillerée à café de
graines dans la valeur de 1 tasse d’eau pendant
5 minutes, puis en laissant infuser 5 minutes encore
avant de filtrer. 2 à 3 tasses par jour.
Le chardon-marie est précieux en période de fêtes. Une
petite cure avant et après vous permettra de digérer les
excès (et, en cas de « gueule de bois », n’hésitez pas à en
prendre 2 gélules au réveil).
Si vous souhaitez essayer le chardon-marie contre la
dépression ou pour activer la sécrétion de lait, faites des
infusions de fleurs séchées à raison de 1 cuillerée à café
pour 1 tasse d’eau bouillante, à laisser infuser 10 minutes
à ¼ d’heure.
Châtaigne
Castanea sativa
Originaire de Perse, le châtaignier est connu depuis l’âge
du bronze en Europe. Mais il est véritablement apparu en
Grèce au Ve siècle avant notre ère. Avec les Romains, il a
essaimé sur le pourtour méditerranéen jusqu’en Gaule.
Les paysages de nos régions, en se couvrant d’immenses
forêts de châtaigniers, en ont été modifiés.
Médecins grecs et romains recommandaient déjà la
châtaigne. Sa composition est voisine de celle du blé.
Très nutritive, elle est énergétique, reminéralisante,
antianémique. Excellent tonique musculaire et veineux,
la châtaigne est très riche en potassium, fer, zinc, cuivre,
manganèse, phosphore, magnésium, soufre, sodium,
calcium et vitamines.
Contre la fatigue et les problèmes
circulatoires
La châtaigne se consomme sous d’innombrables formes :
cuite à la vapeur, en purée et, bien sûr, en marrons
glacés. Elle est donc sur toutes les tables au moment de
Noël, comme légume d’accompagnement de la dinde,
mais aussi comme friandise. Il ne faut pas hésiter à en
consommer jusqu’à la fin de l’hiver car, très énergétique,
elle aide à lutter contre le froid. Le docteur Valnet la
recommandait aux « asthéniques physiques et
intellectuels, aux anémiques, aux enfants, aux vieillards,
aux sujets prédisposés aux varices et aux hémorroïdes ».
C’est aussi un aliment de choix pour les sportifs et les
travailleurs de force.
Le seul reproche que l’on puisse faire à la châtaigne,
c’est de ne pas être un aliment amincissant ! Par
conséquent, mangez-en régulièrement, mais
raisonnablement, jusqu’au printemps.
L’écorce et les feuilles
L’écorce, en décoction, est réputée pour son efficacité
contre la diarrhée. Les feuilles, quant à elles, se récoltent
au printemps lorsqu’elles sont tendres. Séchées, elles
sont utilisées en infusions. Une tisane, 3 fois par jour,
guérit les toux quinteuses et persistantes, ainsi que bon
nombre d’affections bronchiques. Préparée à partir de
2 poignées de feuilles par litre d’eau, une lotion de
rinçage donne aux cheveux blonds ou châtains de jolis
reflets cuivrés.
Vieux comme un châtaignier
La longévité du châtaignier est exceptionnelle, environ
1 000 ans ! Les arbres les plus vieux deviennent, à la
longue, creux et sont souvent l’objet de cultes ou de
craintes superstitieuses : une sorcière ou un diable peut
s’y cacher ! Aujourd’hui, les châtaigniers, victimes de
plusieurs maladies, sont de plus en plus vulnérables.
Légendes et traditions
Il est d’usage, pour honorer les morts, de manger des
châtaignes le 1er novembre.
Dans certains villages du sud de la France et du nord
de l’Italie, une femme qui craint que son mari ne
devienne infidèle le gave de châtaignes !
Pendant la Restauration, on appelait les bonapartistes
« des châtaigniers ». C’est logique, il y a de très
nombreux châtaigniers en Corse.
Chélidoine
Chelidonium majus
Toxique à haute dose, la chélidoine fut un temps utilisée
contre le cancer, puis en cas d’hypertension.
Aujourd’hui, on connaît sa toxicité pouvant être mortelle
et on se contente souvent de son suc très utile contre les
verrues, les cors et les durillons.
Tout le monde, ou presque, connaît cette plante à fleurs
jaunes qui envahit si facilement les jardins. Elle s’installe
partout et croît en un rien de temps, du coup, on est tenté
de l’arracher. Et elle se venge en laissant sur les mains de
vilaines traces orange dues au suc qui s’écoule de ses
tiges.
Du tout au quasi rien !
Les Anciens pensaient que la chélidoine pouvait tout
soigner ou presque. Elle était censée rendre la vue aux
aveugles, guérir la peste, préserver du vieillissement… À
la fin du XIXe siècle, un médecin russe, le docteur
Denissenko, l’utilisa même pour soigner certains cancers.
Il faisait prendre de l’extrait de chélidoine aux malades et
injectait de l’extrait de chélidoine mélangé à de la
glycérine et de l’eau distillée directement dans les
tumeurs. Le traitement faisait apparemment régresser les
tumeurs, mais plusieurs médecins prouvèrent rapidement
que la méthode, excessivement douloureuse, ne parvenait
qu’à restreindre momentanément l’extension des
tumeurs ; elle ne soignait pas le cancer. Ses propriétés
narcotiques ont également fait parler d’elle. Elle diminue
la contractilité des muscles lisses, ralentissant le pouls et
abaissant la tension artérielle, ce qui la faisait indiquer
dans l’artériosclérose. Autre indication de la plante : elle
active la production de la bile et c’est un stimulant
hépatique. Son suc jaune orangé, qui ressemble à de la
bile justement, semble confirmer la théorie des signatures
de Paracelse (la plante ressemble à ce qu’elle soigne !).
Malgré tout cela, et sans doute à cause de sa dangerosité
et de sa toxicité à haute dose (qui peut être fatale !), on se
contente généralement, aujourd’hui, de l’employer en
externe.
Chelidonium majus, en homéopathie !
S’il est contre-indiqué formellement de jouer à l’apprenti
sorcier et de préparer sa mortelle tisane de chélidoine, on
peut, en revanche, en toute sécurité, mettre à profit ses
vertus sur le foie grâce à l’homéopathie. Chelidonium
majus est en effet un remède de choix pour le foie. On
l’emploie donc en cas d’hépatite, d’alternance de
diarrhée et de constipation, de douleurs d’estomac, mais
aussi en cas de toux et de maux de tête. La dilution
dépend des troubles à traiter. Généralement, en
automédication, on choisit une dilution moyenne : 7 ou
9 CH, en prenant 3 granules matin et soir. Mais rien ne
vaut une consultation chez un médecin homéopathe pour
un traitement personnalisé.
L’arme antiexcroissance
S’il est bien une plante réputée contre les verrues, mais
aussi les cors et les durillons, c’est elle ! En effet, à
raison de 2 à 3 applications par jour de son suc, très
localement (sans déborder sur la peau saine qu’il
abîmerait), elle fait disparaître les excroissances en
1 semaine en moyenne. Dans la mesure où la plante
pousse partout et qu’il suffit de se baisser pour en cueillir
une tige et en faire couler le suc jaune orangé, il serait
bien dommage de se priver de cette vertu ! Le docteur
Leclerc lui-même l’avait employée à titre personnel :
« Le latex récemment exprimé constitue un traitement
très efficace des formations papillaires bénignes (verrues,
cors et durillons) : je me suis débarrassé rapidement de
plusieurs verrues qui avaient résisté au collodion salicylé,
à l’acide nitrique, en les badigeonnant 3 fois par jour de
ce latex. »
La décoction contre les ophtalmies
La décoction légère des feuilles de chélidoine (faites
bouillir 3 ou 4 feuilles dans la valeur de 1 verre d’eau
pendant 2 minutes puis infuser 10 minutes) est un remède
populaire réputé pour soigner les ophtalmies. Bien que ce
remède ne soit plus très connu, il a longtemps été utilisé
en cas de paupières enflées, de conjonctivite chronique.
La plante des hirondelles…
Matthiole, célèbre médecin italien, expliquait, en 1565,
que le mot chélidoine venait du grec khélidon, qui
signifie hirondelle, car la plante « commence à sortir
quand les hirondelles viennent et se sèche quand elles
s’en vont ».
Chêne
Quercus robur
L’arbre est majestueux, impressionnant. Sa force est
devenue un symbole et ses propriétés médicinales sont
souvent associées à la magie. Ainsi, seul le gui poussant
sur les chênes était admis par les druides !
Le promeneur sait reconnaître un chêne grâce aux
feuilles en forme de dents arrondies et aux glands. Il aura
plus de mal à distinguer le chêne d’hiver (Quercus
petrae) du chêne noir (sesiflora) ou du pédonculé
(peduncolata). Qu’importe, les propriétés médicinales
sont, à peu de chose près, semblables. Les feuilles et les
glands sont astringents, antiseptiques, fébrifuges et sont
donc un remède de choix en cas de troubles digestifs,
d’angines et d’affections cutanées.
En tisane, en bains ou en gargarismes, on utilise les
décoctions de feuilles ou le café de glands en cas de
diarrhées, de problèmes gastriques ou circulatoires, de
transpiration excessive et aussi de fatigue, de rachitisme
et de faiblesse générale.
Le café de glands
Ramassez des glands fraîchement tombés et non véreux.
Mettez-les à sécher, retirez leur enveloppe. Faites-les
griller dans une poêle à châtaignes sur une flamme : leur
couleur verte passera progressivement au brun. Cette
opération les rend plus digestes et moins amers. Ensuite,
passez les glands au moulin à café (à main si possible)
pour obtenir une poudre proche du café moulu.
En pratique
Tisane : 1 poignée de feuilles par litre à laisser bouillir
pendant 10 minutes. Prenez-en 2 à 3 tasses par jour.
Café de glands : 1 à 2 cuillerées par tasse, à laisser
infuser pendant 5 à 10 minutes.
Bains (notamment pour soigner les hémorroïdes et les
dermatoses) : faites une décoction avec 3 poignées de
feuilles ou bien faites infuser 10 cuillerées de café de
glands dans 2 litres d’eau à verser ensuite dans le bain.
Gargarismes (maux de gorge) : utilisez du café de
glands ou de la tisane.
Attention : l’écorce du chêne et la gale (excroissances sur
les feuilles) sont aussi utilisées en phytothérapie, mais
demandent une bonne connaissance et une bonne
pratique. Ne tentez pas l’expérience si vous n’avez pas de
connaissances à ce sujet.
L’élixir floral de chêne ou « Oak »
Cet élixir vous correspond si vous êtes combatif. Vous
vous battez aussi bien pour rester en bonne santé que
pour gérer votre vie familiale et professionnelle. Les
obstacles ne vous font pas peur et vous renoncez
rarement. Vous acceptez difficilement la maladie ou un
contretemps qui vous empêche de mener ce que vous
considérez comme une « mission ». Ce remède peut aussi
rendre service à celles et ceux qui se rendent esclaves
d’un devoir qu’ils se fabriquent. Ils peuvent avoir du mal
à s’adapter aux situations nouvelles. Malgré tout, ils les
affrontent courageusement.
Chicorée
Cichorium intybus
La chicorée sauvage est surtout réputée pour ses vertus
bénéfiques sur la digestion et sur la régulation de la
glycémie. Sa richesse en inuline, un « prébiotique » qui
nourrit la flore intestinale saine, la rend particulièrement
intéressante.
Au cours des siècles (et même des derniers millénaires,
car la chicorée est dégustée depuis les pharaons !), les
médecins et praticiens traditionnels ont décrit les
nombreuses propriétés de la chicorée. Dans l’Antiquité,
Dioscoride la conseillait pour fortifier l’estomac et
Galien la considérait comme l’une des meilleures amies
du foie. Les magiciens, eux, affirmaient qu’en
s’enduisant le corps de suc de chicorée, on réussissait
dans toutes ses entreprises.
Un digestif de choix
Les vertus bénéfiques de la chicorée sur la digestion et
les surcharges hépatiques sont depuis longtemps mises en
avant. En cure préventive ou curative, elle permet sans
aucun doute de mieux digérer les excès. On peut aussi
faire infuser les feuilles et prendre cette tisane en fin de
repas pour accélérer la digestion.
La racine, riche en inuline
L’inuline est une substance capable de freiner, lors du
passage des nutriments de l’intestin vers le sang,
l’assimilation des sucres rapides. Ainsi, on évite, lors de
la consommation de ces sucres, le pic insulinique. Pour
mieux comprendre, il faut savoir que lorsque vous
mangez des sucres rapides (sucreries, chocolat,
confiseries, gâteaux sucrés…), ces derniers parviennent
très rapidement dans le sang et font monter brusquement
votre taux de glycémie. En réaction, votre organisme
envoie de l’insuline : une substance capable de gérer
l’excès de sucre. L’insuline « case » les glucides en
participant à leur transformation en graisse et en les
stockant. Bref, quand on mange beaucoup de sucres
rapides, on grossit… Certaines substances, comme
l’inuline, permettent de freiner le passage des sucres
rapides dans le sang, et donc de limiter ce phénomène.
Cette richesse en inuline de la chicorée en fait aussi un
allié de choix en cas de diabète. En décoction, elle aide le
foie à contrôler le taux de sucre sanguin et calme la soif
des diabétiques, tout en régulant leur élimination
urinaire. Certains travaux ont montré que l’utilisation de
la chicorée pouvait faire baisser le diabète de 20 à 40 %.
De nombreuses variétés
On reconnaît la chicorée sauvage, qui pousse dans toute
l’Europe de façon spontanée, à ses tiges raides et ses
fleurs bleues. Et lorsque vous en croquez les feuilles, leur
amertume vous saute aux dents ! Elle pousse un peu
partout, dans les prés humides, les terrains vagues ou au
bord des chemins. Au fil des siècles, cette plante sauvage
a donné naissance à de nombreuses variétés cultivées,
aux propriétés comparables et aux goûts très variés. La
plus proche est la chicorée sauvage améliorée (barbe-de-
capucin). On distingue surtout les différentes variétés à la
forme et la couleur de leurs feuilles : chicorée rouge de
Chioggia (aux grosses pommes bien serrées), « pain de
sucre » (feuilles blanchâtres et croquantes), petite trévise
(bien rouge), chicorée de Vérone (petites pommes à base
blanche), chicorée frisée, scarole… Les pissenlits et les
endives font également partie des chicorées. Tous ces
dérivés de la chicorée sauvage ont hérité de ses vertus
thérapeutiques, quoiqu’elles soient moins prononcées.
Comment l’utiliser ?
Tout d’abord, pensez à en consommer beaucoup, en
salade, en la mélangeant à d’autres salades moins amères
si vous n’en appréciez pas le goût. Et si vous voulez
nettoyer vos reins, vos intestins, votre foie et tout votre
organisme, testez la décoction conseillée par la médecine
populaire : faites bouillir 100 g de chicorée fraîche
(racines et feuilles) dans 1 litre d’eau et buvez-en 2 à
3 tasses par jour. Si vous souhaitez lutter contre le
diabète et les effets nocifs des sucres rapides, la racine
seule est plus indiquée : faites bouillir 20 à 30 g de racine
sèche non torréfiée dans 1 litre d’eau pendant 10 minutes,
laissez infuser 5 minutes, puis filtrez. Buvez-en 2 à
3 tasses par jour. Les tisanes peuvent être sucrées avec du
miel, de romarin par exemple, pour atténuer l’amertume.
On trouve aussi des comprimés à croquer contenant de
l’inuline extraite de la chicorée, pour ceux qui aiment les
remèdes traditionnels, mais aussi la simplicité d’emploi.
La chicorée torréfiée
e
Utilisée à son arrivée en France (à la fin du XVIII siècle)
pour remplacer le café en cas de pénurie, la chicorée
torréfiée contient elle aussi de l’inuline (environ 5 fois
moins que la racine non torréfiée). Elle améliore la
digestion et lutte en douceur contre la constipation.
En Fleur de Bach
Chicorée, en élixir floral, correspond aux tempéraments
altruistes. Vous vous intéressez beaucoup aux autres et à
leurs besoins. Cela vous rend presque trop attentionné,
surprotégeant parents, amis et enfants. Vous aimez aussi
améliorer les choses, les relations. Vous supportez
difficilement l’éloignement de ceux que vous aimez.
Chiendent
Agropyrum repens
Ça pousse comme du chiendent ! C’est du chiendent !
Les expressions décrivent bien cette « mauvaise » herbe
si résistante, si prolifique… Mais est-on si sûr qu’elle soit
mauvaise ? Pour le jardinier, sans doute. Pas pour celui
qui souffre de la prostate ou d’infections urinaires à
répétition.
Un ennemi des agriculteurs
Le chiendent officinal, appelé aussi petit chiendent, blé
rampant ou Sainte-neige (en Provence), est une graminée
au même titre que le blé ou le seigle. Il s’agit d’une herbe
qui pousse en touffes composées de tiges raides
terminées par des épis et entourées de feuilles plates. Les
racines sont des rhizomes pourvus de petites racines et
qui s’enfoncent profondément. Le chiendent se reproduit
par ses graines, ses racines ou des stolons. Il se trouve
bien partout : sols riches, pauvres, secs, humides… ce
que les agriculteurs déplorent.
Une plante médicinale intéressante
Ce n’est que vers la fin du XVIIe siècle que les médecins
se sont intéressés au chiendent, s’inspirant de l’usage
populaire. Les premières études qui lui sont consacrées
datent des années 1920. Les analyses chimiques montrent
la présence, dans le rhizome, de 12 à 15 % de
fructosanes, qui accélèrent l’élimination des toxines. Le
rhizome de chiendent a aussi d’autres propriétés : il
stimule le foie et la vésicule biliaire, est fébrifuge,
vermifuge, antiseptique et anti-inflammatoire.
Une grande lessive interne
Bien que ce ne soient pas des indications majeures, le
chiendent est conseillé dans certaines maladies
respiratoires ou digestives ainsi qu’en période de
ménopause. Mais la principale indication du chiendent,
c’est le nettoyage des organes qui filtrent et
transforment : le foie et les reins, principalement. Grand
éliminateur de toxines, le chiendent est aussi conseillé
contre l’arthrose. Ses indications sont donc nombreuses :
infections urinaires,
coliques néphrétiques,
adénome prostatique,
hépatisme, jaunisse,
rhumatismes,
œdèmes,
rétention d’eau,
goutte,
eczéma et problèmes de peau,
mauvais fonctionnement du système lymphatique,
constipation,
surpoids.
Comment ? Combien ?
On utilise surtout les rhizomes, frais ou secs. Attention
en les récoltant : soyez sûr d’être dans une zone à l’abri
des phytosanitaires. À proximité d’un champ de blé, le
chiendent est souvent contaminé par des herbicides.
Celui de votre jardin est parfait, si vous le laissez
proliférer sans produits chimiques. Dans ce cas, lavez
bien les racines à l’eau courante pour en éliminer la terre.
Une cure dépurative dure au moins 20 jours.
Recette pour les courageux : jus de rhizomes. Écrasez
des rhizomes frais et recueillez-en le jus. 1 cuillerée à
soupe dans un verre d’eau, 3 à 4 fois par jour. Difficile
à avaler.
Double décoction de rhizome : mettez 30 g de
rhizome de chiendent dans 1 litre d’eau froide. Faites
chauffer dans une casserole émaillée. Laissez bouillir
pendant 1 minute puis filtrez. Jetez cette eau amère.
Écrasez le rhizome et remettez-le à chauffer dans
1,20 litre d’eau et laissez à nouveau bouillir pendant
15 minutes. Ajoutez 10 g de copeaux de réglisse (sauf
pour si vous êtes hypertendu) puis laissez sur le feu
encore 5 minutes. Remuez. Laissez infuser sous un
couvercle pendant 10 minutes. Buvez dans la journée
et recommencez le jour suivant. Si vous êtes
hypertendu, ne mettez pas de réglisse, mais attendez
que la tisane tiédisse pour ajouter le jus d’un citron.
Sucrez au miel.
En gélules : 3 à 4 gélules par jour, selon les
indications du fabricant, à avaler avec beaucoup
d’eau.
Chlorella
Chlorella pyrenoidosa
Minuscule et très verte, la chlorella prolifère et
s’agglomère dans les eaux douces tropicales. Très riche
en acides aminés essentiels, en oligoéléments et en
protéines, elle a des propriétés cicatrisantes et
détoxifiantes exceptionnelles. C’est la plus petite plante
connue, si petite qu’elle colonise les paramécies, ces
formes les plus simples de la vie animale, pour vivre en
symbiose avec elles. C’est aussi l’une des plus anciennes
plantes sur terre : la chlorella existait bien avant les
dinosaures et, grâce à sa capacité à fabriquer de
l’oxygène, elle fut certainement à l’origine de la vie sur
notre planète, comme la spiruline. Elle se présente sous
une forme unicellulaire, c’est-à-dire une seule cellule.
Grâce à la photosynthèse, elle se reproduit très
rapidement en eau douce : une fois par jour, chaque
cellule se divise en quatre. Les comprimés de chlorella
que vous avalerez sont donc fabriqués à partir de
milliards de cellules de chlorella.
Dès que l’on s’est aperçu des extraordinaires propriétés
de la chlorella, des cultures à grande échelle ont été
lancées dans les pays tropicaux : Afrique, Asie,
Amérique du Sud… et même dans le sud de l’Europe, au
Portugal. Elle est cultivée dans des bassins bien exposés
au soleil afin de produire un maximum de chlorophylle.
Propriétés et indications
Cette algue microscopique est une source d’éléments
nutritifs essentiels : protéines (acides aminés essentiels
ou non), vitamines (A, B, C et E), acides gras essentiels
non saturés et minéraux (fer, calcium, magnésium, zinc,
potassium, soufre, manganèse). La chlorella est l’un des
végétaux les plus riches en chlorophylle et en
vitamine B12. Elle apporte des porphyrines, substances
qui activent le métabolisme cellulaire : cicatrisation,
contrôle des apports en sucre et en graisses, lutte contre
les phénomènes inflammatoires…
Les principales indications de cette algue précieuse sont
les suivantes.
Constipation, même dans le cas de personnes
immobilisées (alitées ou paraplégiques). Le
péristaltisme (mouvement naturel) des intestins est
augmenté et la flore intestinale se reconstitue plus
rapidement
Hépatisme.
Intoxications aux métaux lourds : dans sa paroi
cellulaire, la chlorella contient une substance, la
sporopolléine, qui fixe de manière irréversible les
produits toxiques. Cadmium (dans les cigarettes),
mercure (dans les amalgames dentaires),
phytosanitaires (résidus sur les fruits et légumes) et
autres produits toxiques se déposent peu à peu sur les
éléments non assimilables de la chlorella avant d’être
évacués par l’organisme
Ulcères à l’estomac.
Faiblesses immunitaires.
Fatigue…
À quelles doses ?
La chlorella est un complément alimentaire et non un
médicament. Ses effets ne se font pas sentir du jour au
lendemain. Ainsi, les sportifs doivent commencer à en
prendre au moins 15 jours avant une épreuve pour
améliorer leur endurance. Une cure de chlorella dure au
moins 1 mois et peut se mener durant 1 an ou plus. Il n’y
a ni contre-indication ni toxicité, même à haute dose.
Selon les fabricants et les dosages, il faut prendre 3 à 4 g
de chlorella par jour, soit de 1 à 4 comprimés, ½ heure
avant chaque repas. Il est important de respecter cet
intervalle pour que l’action de la chlorella se produise en
même temps que le début du processus digestif.
Où en trouver ?
La chlorella se trouve surtout en magasins de produits
naturels, en parapharmacies et en vente par
correspondance. Les pharmacies, et même les grandes
surfaces, en proposent dans leurs rayons. Le prix varie
selon les marques et le dosage en chlorella. Il peut aussi
être intéressant de se renseigner sur la « pureté » de la
chlorella que vous achetez. En effet, comme cette algue
« fixe » les toxines, si elle croît dans un milieu pollué,
elle risque d’être contaminée.
Chou
Brassica oleracea
Le chou comestible, et la plupart des autres crucifères
(appelés aujourd’hui Brassicacées), a été inventé par
l’homme à partir de plusieurs espèces de choux sauvages.
La partie consommée (la racine, la fleur ou bien les
feuilles) a été favorisée, surdéveloppée de façon à
produire des légumes différents : navet, radis, chou-fleur,
chou de Bruxelles, brocoli, raifort… Le chou proprement
dit fait l’objet de livres ou de chapitres entiers dans les
ouvrages de médecine populaire ou de phytothérapie. Il
faut dire que ses propriétés sont impressionnantes.
Dépuratif, antibiotique naturel, très riche en vitamines de
toutes sortes (A, B1, B2, C, PP et même D2), en
oligoéléments (phosphore, calcium, fer, potassium,
sodium, soufre, cuivre, iode), le chou est pauvre en
calories (25 calories/100 g). Les indications du chou sont
innombrables : problèmes urinaires, respiratoires,
cardiaques, digestifs, circulatoires, hépatiques, douleurs
gastriques, musculaires, rhumatismales, infections,
fatigues, névralgies… Bref, le chou est une véritable
panacée, conseillée non seulement aux malades, mais
aussi aux enfants, femmes enceintes et personnes âgées.
Le chou soigne presque tout, au point que l’on peut
douter de tant de mérites. S’il était un peu plus exotique,
moins bon marché, sans doute lui dresserait-on les
lauriers qu’il mérite, car son plus gros handicap, au titre
de plante médicinale, est sans aucun doute son côté
« courant ».
En Europe, en Amérique, en Australie, les chercheurs ont
montré que le chou était un cicatrisant interne, réduisant
les ulcères gastriques et les colites. Par ailleurs, certaines
substances du chou auraient une activité sur les cellules
du foie et le chou est parfois utilisé pour améliorer ou
guérir certaines formes de diabète ou d’alcoolisme.
Glucosinolates et cancer
Le chou contient des molécules très actives contre les
cancers des voies digestives et d’autres cancers, comme
celui du sein. Il s’agit de substances appelées
glucosinolates, que l’on trouve aussi dans le colza, la
moutarde, le radis. Mais il y a plusieurs sortes de
glucosinolates et tous n’agissent pas de la même manière.
Ceux du chou sont particulièrement efficaces. Une étude
australienne a prouvé que le chou retardait le cancer du
côlon. Une autre étude, portant sur 59 pays, a conclu que
le chou protégeait contre le cancer de l’œsophage. Bien
entendu, les scientifiques ont voulu reproduire cette
molécule ou la rechercher dans d’autres végétaux ; là, ils
se sont aperçus que, contrairement aux molécules de
synthèse, seuls les glucosinolates issus des crucifères
semblaient réellement efficaces. Parmi les choux, ce sont
les brocolis chez lesquels les glucosinolates (les
sulforafanes) donnent a priori les résultats les plus
spectaculaires, que ce soit pour lutter contre divers
cancers, mais aussi pour lutter contre l’Helicobacter
pylori, bactérie mise en cause dans l’ulcère gastrique.
Comment consommer le chou
Le chou et ses cousins (brocoli, chou-fleur, chou de
Bruxelles, chou-rave…) sont parfois accusés d’être
indigestes, mais ce défaut n’est pas rédhibitoire ! Pour
éliminer les composés soufrés volatils responsables de
ces désagréments, il suffit de tremper le chou ou le chou-
fleur dans l’eau bouillante, à découvert, pendant
3 minutes maximum, puis de jeter l’eau. Ensuite, les
glucosinolates étant solubles dans l’eau, cuisez le chou
(ou le chou-fleur) impérativement à la vapeur. Toutes les
recettes (au four, à la poêle, au gratin, avec d’autres
légumes…) sont plus savoureuses, plus digestes et
meilleures pour la santé si vous respectez auparavant ce
double processus : cuisson rapide à l’eau puis, après
avoir jeté l’eau, cuisson al dente à la vapeur. Le chou cuit
se conserve mal, du moins en ce qui concerne ses
propriétés médicinales. Il ne faut donc pas le garder plus
de 24 heures au réfrigérateur. La consommation de chou
cru, contrairement au chou cuit sans précaution, n’est pas
indigeste et reste préférable, pour bénéficier de toutes les
vertus de ce végétal : vitamines, oligoéléments,
glucosinolates et autres nutriments ou molécules actives
sont bien mieux préservés. Toutefois, attention à ne pas
dépasser 150 g de chou par jour, car le chou peut influer
sur la sécrétion d’hormones thyroïdiennes : comme pour
toute substance efficace, le chou en excès peut se révéler
néfaste.
Le chou en application externe
Les feuilles de chou, expliquait le docteur Blanc 1,
semblent trop simples, trop vulgaires pour être prises au
sérieux. Et pourtant, les plus grands phytothérapeutes, du
docteur Leclerc au docteur Valnet, ont vanté les mérites
de la feuille de chou. Des milliers de témoignages et
d’anecdotes rapportent des guérisons surprenantes :
plaies, rhumatismes, ulcères variqueux… Le chou utilisé
peut être indifféremment rouge ou vert. Les feuilles
doivent être fraîches, larges, bien colorées. Pour l’usage
externe, on les lave à l’eau courante, additionnée
éventuellement du jus d’un citron, avant de les essuyer
avec un linge propre. Avec un couteau, on ôte les
nervures les plus grosses. On superpose trois ou quatre
feuilles que l’on écrase avec un rouleau à pâtisserie. On
place le cataplasme de feuilles, humide de son suc, sur la
peau. Il est maintenu en place avec des compresses ou un
bandage qui ne doit pas être serré.
Pour les douleurs dorsales ou les rhumatismes :
laissez le cataplasme plusieurs heures en place.
Certaines personnes préfèrent les cataplasmes chauds,
vous pouvez cuire rapidement à la vapeur les feuilles
de chou. Attention de ne pas vous brûler. N’appliquez
pas de feuilles chaudes (ou tout autre cataplasme
chaud) sur l’abdomen et sur les varices.
Pour les ulcères variqueux ou sclérosés, ainsi que
pour les problèmes circulatoires des jambes, les
hémorroïdes et les eczémas secs : on peut tremper les
feuilles dans l’huile d’olive première pression à froid
pendant ½ heure avant de les écraser. Les cataplasmes
peuvent être gardés toute la nuit et renouvelés chaque
soir.
Sur les plaies ouvertes, infectées et les eczémas
suintants : il faut changer fréquemment le cataplasme
pour que les sérosités soient éliminées. Placez les
feuilles sur la partie atteinte de telle sorte que les
sérosités puissent s’écouler.
Ces cataplasmes sont valables aussi pour lutter contre
les zonas, les engelures, les dartres, les mains
abîmées…
Allergie au chou ?
Il existe des allergies ou des intolérances rares à
l’application des feuilles de chou. Certains
phytothérapeutes estiment que les réactions à la feuille de
chou peuvent venir des composés soufrés, mais plus
vraisemblablement des phytosanitaires chimiques
épandus dans les champs. D’où l’importance de choisir
des choux issus de l’agriculture biologique (ou de votre
jardin, si vous les cultivez sans engrais) et de bien les
laver. De toute façon, en cas de douleurs, picotements,
irritation, ou si vous ne percevez ni apaisement ni
amélioration, il faut ôter les feuilles, se laver
soigneusement à l’eau et ne pas persister avec ce
traitement.
Chrysanthellum
Chrysanthellum indicum
De la famille des Composées, le Chrysanthellum
americanum, également appelé Chrysanthellum indicum,
est une jolie fleur originaire d’Amérique du Sud, appelée
aussi camomille dorée. Il pousse aujourd’hui dans les
savanes d’Amérique et d’Afrique. Ses fleurs, comme des
têtes de chrysanthème jaune, jaune orangé, se balancent
au sommet de tiges fines sur lesquelles sont alternées des
feuilles très découpées.
Traditions tropicales
En Afrique, au Burkina Faso, la plante est couramment
utilisée, sous forme de décoction, pour combattre les
problèmes hépatiques et sanguins, ainsi que la
blennorragie. Au Mozambique, c’est l’un des remèdes
contre la fièvre jaune. Un peu partout, la plante entière
est utilisée en infusion contre la fièvre, notamment des
enfants et, sous forme de cataplasme, pour éliminer les
furoncles ou cicatriser les plaies. En Amérique du Sud,
les utilisations traditionnelles sont semblables. Au nord
du Nigeria, elle est mélangée au henné pour teindre les
cheveux ; sans doute le chrysanthellum, proche de la
camomille, donne-t-il des reflets dorés à la coloration
rousse du henné.
Foie et circulation sanguine
Les principes actifs connus sont en majeure partie des
flavonoïdes (ce qui explique la couleur jaune de la fleur).
La plante a une puissante action antioxydante. C’est en
constatant les bienfaits de cette plante sur les Africains et
les Sud-Américains que les scientifiques du monde entier
ont multiplié les études. Certaines ne sont pas
franchement sympathiques, comme celle qui consiste à
rendre alcooliques les rats et à constater que le
chrysanthellum accélère la reconstitution de leurs cellules
hépatiques. Toujours est-il que, rapidement, la plante
s’est vue confirmer ses propriétés.
Elle protège le foie.
Elle fait baisser le taux de cholestérol.
Elle stimule la fabrication de la bile et son évacuation.
Elle améliore la circulation sanguine par un
renforcement de la résistance des capillaires.
Elle stimule le système digestif.
Elle fait baisser la fièvre.
Les principales indications
Jambes lourdes et varices : à l’hôpital Saint-Antoine, à
Paris, il a été démontré qu’avec le chrysanthellum,
chez des patients souffrant d’artérite thrombosante,
« le débit moyen au niveau des membres inférieurs a
augmenté de 30 % après 1 mois de traitement et de
53 % après 2 mois ». Par ailleurs, des patients, atteints
d’artériopathie des membres inférieurs, ont connu, au
bout de 3 mois, une amélioration significative de 50 %
de la distance parcourue à la marche.
Hépatites.
Alcoolisme.
Hypercholestérolémie.
Mauvaise digestion.
Fièvre.
De nombreux produits tout préparés
S’il est impossible de trouver des fleurs entières, fraîches
ou sèches de chrysanthellum, on peut se procurer
facilement, en pharmacie, en vente par correspondance
ou bien en boutiques diététiques, toutes sortes de
préparations sous de nombreuses marques : gélules,
comprimés, extraits liquides, contenant la plante seule ou
associée à d’autres aux effets proches pour une action en
synergie.
Cimicifuga
Cimicifuga racemosa
Appelé aussi actée à grappes, le cimicifuga est une plante
originaire d’Amérique du Nord employée depuis toujours
pour résoudre les problèmes féminins, en particulier les
troubles de la ménopause.
Les Indiens utilisaient couramment la racine du
cimicifuga pour guérir les affections gynécologiques, les
rhumatismes, les maux de tête et de gorge, et même pour
soigner les morsures de serpents. La plante est en effet
sédative, anti-inflammatoire, et semble avoir une
incidence sur les bouleversements hormonaux, aussi bien
pendant la ménopause qu’au moment des douleurs
menstruelles chez les femmes.
Par-dessus l’Atlantique
Les colons venus d’Europe ont eu vite fait de s’intéresser
au cimicifuga, et ces nouveaux Américains l’ont très
rapidement considéré comme un médicament à part
entière. En 1875, en Amérique, les femmes soignaient
leur stress et leur nervosité avec un médicament riche en
cimicifuga. La plante traversa l’Atlantique au XIXe siècle
et ce sont des médecins allemands qui, les premiers,
utilisèrent le cimicifuga à la place du traitement
hormonal substitutif pour soulager les femmes pendant la
ménopause. C’était il y a plus de 50 ans.
De nombreuses preuves d’efficacité
Longtemps employée empiriquement, la plante a, ces
dernières décennies, fait l’objet de plusieurs études
cliniques démontrant son intérêt dans les pathologies
pour lesquelles on l’utilise depuis toujours.
Une étude allemande, dans les années 1990, a ainsi
montré que l’association de cette plante et du millepertuis
était « efficace dans 78 % des cas pour traiter les
bouffées de chaleur et les autres problèmes liés à la
ménopause ». Un autre essai récent (2006) et portant sur
301 femmes sous traitement de cimicifuga et millepertuis
combinés pendant 16 semaines, a confirmé ces résultats.
Les auteurs concluent que la préparation « a eu des effets
bénéfiques, tant sur le plan des symptômes physiques que
psychologiques ».
Plus récemment encore, une étude allemande a confirmé
l’intérêt de la plante. 304 femmes participaient à un essai
qui consistait à prendre un extrait de cimicifuga pendant
12 semaines : ce traitement s’est révélé plus efficace que
le placebo et a réduit les bouffées de chaleur au même
titre qu’un traitement hormonal substitutif. Entre 1982 et
aujourd’hui, une douzaine d’études cliniques, portant sur
plusieurs milliers de femmes, ont ainsi mis en avant
l’efficacité du cimicifuga pour lutter contre les bouffées
de chaleur et les troubles de l’humeur, typiques de la
ménopause.
Il agirait sur les récepteurs de sérotonine
Même si on ne connaît pas encore exactement les
mécanismes d’action du cimicifuga, il est fort probable
que nombre de ses effets viennent de son affinité avec les
récepteurs de la sérotonine, notre « hormone de bonne
humeur ». Certains des récepteurs de sérotonine,
auxquels se lient les principes actifs du cimicifuga,
jouent un rôle dans la régulation de la température
corporelle… C’est ainsi que la plante pourrait intervenir
en calmant les bouffées de chaleur.
Ses autres indications
Outre les troubles liés à la ménopause (bouffées de
chaleur, troubles de l’humeur, insomnie, anxiété…), le
cimicifuga mérite d’être essayé dans les cas suivants :
maux de tête,
bourdonnements d’oreilles,
hypertension,
syndrome prémenstruel et douleurs des règles.
Sous quelle forme ?
On trouve le cimicifuga sous forme de gélules en
pharmacies, parapharmacies et magasins de produits
naturels. Il est généralement conseillé d’en prendre 2 à
4 gélules par jour, mais cela dépend des dosages (lire les
indications sur l’emballage). Le cimicifuga est également
commercialisé en teinture-mère dans certaines
pharmacies. En période de préménopause ou de
ménopause (ou en cas de syndrome prémenstruel), on
conseille généralement d’en prendre 50 gouttes matin et
soir, dans 1 verre d’eau.
Contre les bourdonnements d’oreilles
Dans son ouvrage Phytothérapie, le docteur Valnet
évoquait, dès les années 1970, les propriétés
antispasmodiques du cimicifuga sur le système vasculaire
et son utilité en cas de bourdonnements d’oreilles. Même
si les acouphènes semblent impossibles à maîtriser, j’ai
reçu plusieurs courriers de lecteurs me confirmant cette
étonnante vertu du cimicifuga. À raison de 10 à
15 gouttes de teinture-mère de cimicifuga 3 fois par jour,
certains sont parvenus à se débarrasser complètement de
leurs bourdonnements. Il ne s’agit pas de crier au
miracle, mais il semble intéressant d’essayer. En outre, la
plante est conseillée en cas de maux de tête,
d’hypertension et d’asthme. Elle mérite donc sans doute
d’être un peu mieux connue.
Cimicifuga et cancer du sein
Les femmes qui ont eu un cancer du sein ont souvent des
bouffées de chaleur similaires à celles qui surviennent à
la ménopause. Or, il n’est pas question pour elles d’avoir
recours à un traitement hormonal substitutif. Des études
ont montré que le cimicifuga pouvait calmer ce type de
symptômes. Mieux, le cimicifuga serait tout à fait
indiqué pour lutter contre le cancer du sein. En effet, une
récente étude, menée par des chercheurs de l’Université
de Pennsylvanie (USA), montre que les femmes qui
prennent régulièrement du cimicifuga ont environ 60 %
de risque en moins de souffrir d’un cancer du sein,
comparativement à celles qui n’en prennent pas.
949 femmes qui ont eu un cancer du sein et
1 524 femmes en bonne santé ont été suivies par les
chercheurs au cours de cet essai. D’autres études
tendraient à prouver que le cimicifuga aurait une action
antiproliférative sur les cellules cancéreuses et qu’il
aurait des effets anti-œstrogéniques et antioxydants.
Citron
Citrus limon
Antiseptique, antirhumatismal, antibactérien, antioxydant
(donc anti-âge), fébrifuge, antiartériosclérose,
circulatoire, diurétique, anticholestérol, le citron est une
pharmacie à lui tout seul.
Le citronnier fleurit et donne des fruits en même temps.
Il est originaire d’Asie et fut introduit dans le bassin
méditerranéen par Alexandre le Grand au IVe Siècle de
notre ère. La récolte se fait principalement à la fin de
l’automne, une fois le fruit gorgé du soleil de l’été. La
littérature scientifique concernant le citron est très
abondante et confirme l’expérience populaire : ce fruit
est une véritable panacée.
Les principaux constituants
Le citron contient de l’acide citrique que l’on retrouve,
sous forme chimique, dans la plupart des conserves ou
préparations culinaires sous le nom de code E 330. Car
l’acide citrique, en partie pour ses propriétés
antioxydantes, permet aux corps gras de ne pas rancir.
Parmi les autres substances chimiques du citron
synthétisées dans les aliments industriels, notons le E 300
(vitamine C ou acide ascorbique). Signalons au passage
qu’une substance synthétisée, même si sa formule
moléculaire est identique, est moins performante que son
équivalent naturel : plus facilement assimilable par
l’organisme, sans doute parce qu’elle agit en synergie
avec d’autres composants du végétal, la vitamine C
naturelle possède une efficacité thérapeutique supérieure
à la vitamine C de synthèse. Le citron, c’est aussi et
surtout un formidable assemblage de sels minéraux (fer,
calcium, phosphore, manganèse, cuivre), de vitamines
(A, B1, B2, B3, C, PP) et d’autres substances comme les
mucilages (qui favorisent le transit intestinal) et bien
d’autres composants (terpène, linalol, camphre, essences
diverses…).
Les propriétés du citron, liées à ses constituants
remarquables, font de ce fruit la plante idéale des
personnes fatiguées, malades ou simplement sujettes aux
tracas de l’avancée en âge. Le citron est à la fois un
tonique du système cardiaque et vasculaire, du système
cérébral et du système nerveux. Fluidifiant sanguin, il
abaisse l’hyperviscosité sanguine. On le conseille comme
antirhumatismal, antigoutteux et reminéralisant, et par
conséquent dans les cas de dorsalgies ou d’arthrite. Les
problèmes respiratoires (rhumes, maux de gorge), les
migraines, la fatigue, les problèmes intestinaux et les
infections urinaires font aussi partie des indications du
citron. On pourrait considérer ce fruit comme une
panacée d’autant qu’en usage externe le citron est
cicatrisant et désinfectant. Il faudrait en consommer à
tous les repas, soit quelques gouttes sur un filet de
poisson ou de la viande blanche, soit un verre de jus de
citron additionné d’eau et de miel. Mais faites attention
de ne prendre que des citrons non traités. Enfin,
n’oubliez pas que les antioxydants, les huiles essentielles
et de nombreux constituants (flavonoïdes) sont
concentrés dans le zeste et les pépins, alors n’hésitez pas
à râper le premier ou à passer les seconds au mixeur pour
les incorporer à vos salades ou plats en sauce.
Le citron pour mincir
Certains auteurs précisent que le citron est efficace contre
l’obésité. Bien entendu, il faut aussi respecter un régime
équilibré et pratiquer une activité physique. Cette
propriété amincissante du citron n’a rien de surprenant si
l’on considère que le citron est un tonique nerveux et
sanguin, un diurétique et un régulateur du transit
intestinal. Ainsi le docteur Valnet conseillait, pour lutter
contre l’embonpoint, de laisser macérer un citron coupé
en rondelles dans une tisane de camomille, à boire le
matin à jeun.
Maux de gorge, rhumes, aphtes, angines
Le citron est très efficace pour la sphère ORL. N’hésitez
pas, pour prévenir comme pour guérir, à tamponner vos
narines avec du jus de citron et à boire, 2 fois par jour, du
jus de citron chaud mélangé à du miel de romarin ou de
sapin. Les gargarismes au jus de citron dilué sont aussi
très efficaces.
Produit de beauté universel
Dans la lutte quotidienne contre le vieillissement, ce sont
les principes antioxydants du fruit qui nous intéressent le
plus. C’est pourquoi, outre sa consommation régulière, le
citron peut devenir un produit externe de base pour
limiter l’apparition des rides sur le visage et de taches sur
les mains, assouplir et tonifier la peau. Matin et soir,
frottez votre peau avec ½ citron. Si votre épiderme réagit
trop (irritation, légère rougeur…), utilisez plutôt du jus
de citron dilué dans de l’eau minérale. Ensuite, étalez une
crème spécifique fabriquée par un laboratoire ou, comme
le faisait Jeanne Calment, massez votre peau du bout des
doigts avec de l’huile d’olive extra-vierge. Pour les
verrues, il suffit de les badigeonner avec un Coton-Tige
trempé dans un mélange de vinaigre de cidre et de jus de
citron. Et, pour rendre vos yeux plus brillants (vous
donner l’air amoureux), n’hésitez pas à presser une
goutte de citron dans le coin de chaque œil (ça pique un
peu sur le moment). Ongles et dents profitent aussi de
l’efficacité du citron : après brossage à la pulpe, les
premiers deviennent moins cassants et les secondes
retrouvent progressivement leur blancheur.
La qualité, indispensable
Les citrons qui n’ont pas été traités aux pesticides,
déverdis ou immergés dans un conservateur chimique
sont rarissimes. À moins de vivre dans le Sud et d’en
avoir dans votre jardin, achetez des citrons bio !
Trucs au citron
Trempez vos citrons dans l’eau tiède pendant quelques
minutes pour obtenir plus de jus.
Pour éliminer au maximum cire et conservateur
chimique, lavez vos citrons à l’eau tiède avec une
brosse et essuyez-les vigoureusement.
Le citron, bon à tout faire
Le citron nettoie le marbre blanc, les bijoux en argent, les
vieux cuivres, les taches de rouille sur un vêtement, les
traces de calcaire sur les robinets… Il suffit de frotter
avec ½ citron, de rincer à l’eau chaude et de sécher
énergiquement avec un chiffon doux. Le citron, ou son
essence, éloigne aussi les insectes et par conséquent les
moustiques et les mites. N’hésitez pas à déposer des
écorces séchées de citron dans les placards et les malles à
habits, à presser un citron sur le trajet des fourmis, ou
dans l’encadrement des fenêtres.
Le citron n’est pas acide
Le citron est un antiacide pour l’estomac ; de nombreux
travaux scientifiques ont montré qu’il fallait faire la
différence entre goût acide et neutralisation de l’acidité
gastrique. La raison est à la fois chimique et simple : le
citron, ou plutôt l’acide citrique d’origine naturelle, est
oxydé pendant la digestion et se transforme en carbonates
et bicarbonates de potassium ou de calcium qui ont,
quant à eux, un effet alcalin… qui neutralise l’acide.
Coing
Cydonia oblonga
Fruit du cognassier, le coing ressemble à une grosse poire
jaune recouverte d’un fin duvet. Ne vous aventurez pas à
le croquer, vous y laisseriez votre dentier ! On ne le
consomme que cuit. C’est en compote ou en confiture, en
pâte aussi, qu’il donne le meilleur de sa saveur, car il
n’est pas très sucré. Rare sur les marchés, le coing pousse
dans le Midi à l’état sauvage et dans de nombreux jardins
dans toute la France qu’il égaie de ses jolies fleurs
rosacées à pétales concaves.
Un « vieux » fruit
Le cognassier est l’un des arbres fruitiers qui ont le
moins évolué au fil des siècles bien qu’il soit cultivé
depuis longtemps. Il serait originaire des bords de la mer
Caspienne et on le cultive depuis plus de 4 000 ans avant
Jésus-Christ.
Des fibres et des tanins astringents
La principale qualité du coing est sa richesse en fibres,
essentiellement des pectines, et en tanins, qui en font un
antidiarrhéique très efficace. Pour la réalisation de
compote, on ajoute 15 g de sucre pour 100 g de fruit.
Quand on veut faire une pâte ou une confiture, il faut
compter 50 g de sucre aux 100 g. On obtient donc un
aliment très calorique et tout à fait contre-indiqué aux
diabétiques, mais très efficace pour calmer les transits
accélérés.
En cas de diarrhée
Vous pouvez faire une décoction en coupant finement
1 coing, puis en le faisant bouillir dans 1 litre d’eau
additionné de 50 g de sucre jusqu’à réduction de moitié.
Avalez 3 à 4 cuillerées à soupe toutes les heures et votre
transit intestinal aura vite fait de se calmer. Vous pouvez
aussi prendre de la confiture ou de la pâte de coings.
Gerçures des seins et peau sèche
Les pépins de coing vous permettent de préparer une
émulsion adoucissante et émolliente idéale contre les
gerçures, les irritations en général et les brûlures. Pilez
une poignée de pépins et ajoutez-leur ½ verre d’eau
tiède. Vous obtenez une lotion mucilagineuse dont vous
pourrez même vous servir tous les jours si vous avez la
peau sèche. Autrefois, les coiffeurs l’utilisaient pour faire
briller et pour lisser les cheveux, comme le gel que l’on
emploie aujourd’hui.
La recette de la pâte de coings
Ingrédients : 2 kg de coings, 1,5 kg de sucre, 1 bâton de
vanille.
Lavez les fruits et frottez-les bien pour enlever la
pellicule duveteuse. Ôtez le cœur et les pépins. Coupez
les coings en morceaux sans les éplucher. Faites bouillir,
dans une casserole émaillée, 1,5 litre d’eau. Lorsque
viennent les premiers bouillons, ajoutez le coing et
laissez cuire 20 à 25 minutes, jusqu’à ce que la chair soit
bien tendre, puis égouttez. Passez les fruits au mixeur,
puis remettez la purée obtenue dans la casserole. Ajoutez
la vanille et le sucre. Faites cuire à feu doux jusqu’à ce
que le sucre ait complètement fondu. Lorsque la pâte de
fruit se détache de la casserole, après une vingtaine de
minutes, il est temps de la sortir pour l’étaler (sur un à
deux centimètres d’épaisseur) sur une feuille de papier
sulfurisée dans un grand plat creux. Laissez sécher
plusieurs jours en la retournant 1 à 2 fois pour un séchage
homogène, puis coupez-la en bâtons ou en cubes.
Et les fleurs ?
Si vous avez un cognassier dans votre jardin, sachez que
l’infusion de ses fleurs et de ses feuilles calme la toux.
Concombre
Cucumis sativus
Côté énergétique, le concombre bat des records avec
seulement 15 calories aux 100 g. C’est un parfait
désaltérant à privilégier dans les régimes amincissants.
Au temps des rois, il avait la réputation de développer
l’intelligence… N’exagérons rien ! Si le concombre est
intéressant pour la santé, c’est grâce à ses vertus
désaltérantes et diurétiques.
Principalement composé d’eau, le concombre est de loin
le moins calorique de tous les légumes.
Malheureusement, il est peu digeste. Pour en manger
quand même, choisissez-le mince et jeune, retirez les
pépins et mâchez bien avant d’avaler, cela devrait
arranger les choses. On peut aussi le faire dégorger
quelques heures dans le sel marin, mais il faut savoir
qu’alors, le concombre perdra beaucoup de ses précieux
constituants. Une autre solution consiste à faire cuire le
concombre à la vapeur, délicieux en accompagnement du
plat principal. Son autre atout, outre sa pauvreté
calorique, réside dans sa richesse en potassium. Alliée à
sa haute teneur en eau, cela en fait un légume diurétique
hors pair.
Le concombre est souvent à l’honneur dans les
cosmétiques, car c’est un adoucissant de la peau bien
connu. Chacun connaît le masque hydratant et antirides
qui consiste simplement à appliquer de jolies tranches de
concombre sur son visage et sur son cou.
Le concombre, ami de la prostate
Les graines de concombre ont sensiblement la même
composition que les graines de courge, utilisées depuis
des générations, en huile ou en poudre, pour lutter contre
les infections urinaires et les problèmes de prostate :
faites sécher des graines de concombre et/ou de courge et
passez-les au moulin à café. Saupoudrez
quotidiennement sur une salade ou une soupe.
Quelques recettes de beauté
L’après-soleil au concombre
Passez un concombre à la centrifugeuse ou au mixeur et
filtrez pour en recueillir le jus. Ajoutez 2 cuillerées à
soupe d’huile d’amande douce et secouez. Appliquez cet
après-soleil pour hydrater votre peau, le soir, après votre
toilette.
Le masque antifatigue
Si vous avez la peau terne et fatiguée, râpez un
concombre (épluchures comprises) et mélangez la pulpe
obtenue avec de la farine d’orge ou des flocons d’avoine
pour obtenir une pâte. Appliquez sur votre visage et
laissez sécher (½ heure environ) avant de rincer avec de
l’eau additionnée de jus de citron.
Le masque raffermissant antirides et contre
le teint brouillé
Coupez un concombre en rondelles et appliquez-les sur
votre visage. Laissez en place 20 minutes. Nature, le
concombre suffit à raffermir l’épiderme et à resserrer les
pores de la peau.
La lotion tonique
Pour vous donner bonne mine le matin et pour rincer
votre lait démaquillant le soir, essayez ce tonique 100 %
naturel : coupez un concombre en petits dés. Faites cuire
½ heure dans ½ litre d’eau minérale. Filtrez et conservez
au frais dans un flacon bouché (jamais au-delà d’une
semaine).
Contre les taches de rousseur et les fleurs
de cimetière
Faites macérer, durant 2 heures, 10 rondelles de
concombre dans du lait cru. Passez au mixeur. Étalez sur
les mains ou le visage le soir et gardez pendant la nuit.
Rincez le matin avec du jus de citron.
Le concombre, pour avoir de beaux yeux
Moins efficace que le thé pour lutter contre les poches
sous les yeux et les inflammations, le concombre est tout
de même un bon décongestionnant. La méthode est
simple : quand vous avez les yeux gonflés, fatigués ou
cernés, appliquez 1 rondelle sur chacun d’eux et laissez
agir 20 minutes.
Huile d’entretien pour peaux sèches
ou normales
Laissez macérer une vingtaine de dés de pulpe de
concombre dans ½ litre d’huile d’olive, première
pression à froid. Avec cette huile, massez du bout des
doigts jusqu’à ce qu’elle pénètre. Essuyez le surplus avec
un coton. On peut utiliser cette huile sur le visage, les
mains ou les pieds pour hydrater l’épiderme.
Coquelicot
Papaver rhoeas
Leurs petites têtes rouges apparaissent un peu partout
entre le mois de mai et celui de juillet au bord des
champs et des chemins ! On pense qu’à l’origine, il
s’agissait d’une plante sauvage qui poussait en Bulgarie
et en Turquie.
Fleurs et graines de coquelicot, fraîches ou sèches, sont
parées des mêmes vertus. On les dit pectorales,
calmantes, adoucissantes, légèrement narcotiques et
expectorantes, et le coquelicot fut surnommé, il y a bien
longtemps, « l’opium de la pharmacie familiale ». Il ne
contient pourtant pas de drogue ni aucune substance
dangereuse. Mais c’est un excellent remède doux et
naturel en cas d’insomnie chez les enfants ou les
personnes âgées, sans effets secondaires ni contre-
indications.
Les indications
Sédatif de la toux et antispasmodique, légèrement
hypnotique, le coquelicot est recommandé en cas
d’insomnies, de toux spasmodique (en cas d’asthme et de
coqueluche, par exemple), de bronchites, et plus
généralement quand on a les voies respiratoires
« basses » encombrées.
Faites votre récolte
Vous pouvez cueillir les coquelicots durant toute la
saison où ils sont fleuris. Pour les conserver, faites-les
sécher le plus rapidement possible, en les étalant au
soleil, par exemple, dans un endroit bien chaud. Ils
deviendront alors rouge foncé, puis vous les mettrez dans
un sac en papier à l’abri de la lumière et de l’humidité.
Mode d’emploi
On trouve du sirop de coquelicot pour soigner la toux et
on peut également le préparer soi-même. En infusion,
c’est également l’idéal pour calmer vos bronches ou
retrouver un sommeil réparateur.
Infusion : faites infuser 1 cuillerée à café de pétales
secs dans 1 tasse d’eau bouillante (laissez infuser
10 minutes avant de filtrer et de boire). 1 tasse après le
dîner et 1 autre juste avant le coucher devraient vous
aider à sombrer dans les bras de Morphée ! En cas de
problèmes respiratoires, prenez-en 3 tasses dans la
journée entre les repas.
Sirop : armez-vous d’un beau panier et partez en
cueillette en fin d’après-midi. Il vous faut rapporter
400 g de fleurs ! Mettez-les dans une casserole
émaillée et couvrez avec 1 litre d’eau bouillante.
Laissez macérer toute la nuit. Au matin, faites
chauffer et éteignez le feu quand l’eau bout. Laissez
infuser 10 minutes encore, puis filtrez en exprimant
bien tous les sucs des pétales de la plante et ajoutez
1,5 kg de sucre. Faites cuire jusqu’à obtenir la texture
d’un sirop.
Yeux fatigués et paupières enflammées
Pour soigner vos yeux et soulager vos paupières,
préparez une infusion de coquelicot. Lorsqu’elle est
tiède, trempez-y des compresses que vous garderez sur
les yeux (fermés, bien sûr !) pendant ¼ d’heure.
Conserver un bouquet
Vous avez sans aucun doute remarqué la fragilité du
coquelicot : à peine cueilli, ses pétales fanent… Regardez
bien le long de sa tige : mille et un petits « poils » la
recouvrent. Si vous les passez rapidement sur la flamme
d’un briquet, votre fleur « tiendra » jusqu’à l’arrivée au
vase !
Coriandre
Coriandrum sativum
Cette épice délicatement parfumée possède des qualités
médicinales remarquables. Très connue pour ses
propriétés digestives, antalgiques et anti-inflammatoires,
elle est aujourd’hui utilisée dans le cadre de traitements
d’élimination des métaux lourds.
Connue depuis la plus Haute Antiquité, la coriandre fut
utilisée par les premiers Égyptiens, les Hébreux, les
Chinois ou les Indiens, à la fois comme plante
aromatique et plante médicinale. Les Grecs mettaient des
graines de coriandre sous l’oreiller pour faciliter le
sommeil. Sous Charlemagne, la coriandre était cultivée
dans toutes les fermes impériales. À partir de la
Renaissance, les graines de coriandre agrémentaient la
plupart des plats servis à la table des bourgeois et des
nobles. La coriandre gagna ensuite l’Amérique du Sud et
du Nord avec les conquistadores et les colons.
Appelée aussi persil chinois, la coriandre fait partie des
ombellifères, plus précisément des Apiacées, comme la
carotte et l’aneth. Elle préfère les pays tropicaux ou
méditerranéens, mais elle a su s’adapter aux climats
tempérés. Elle atteint 60 cm de haut. Ses feuilles sont
dentelées et lobées, ses fleurs blanches ou roses groupées
en ombelles de 3 à 8 rayons. Sa graine a la forme d’un
grain de poivre et sa racine charnue est profonde. Les
graines sont légèrement piquantes et donnent aux plats
une saveur citronnée.
Une épice universelle
En Asie, ses feuilles, ses racines ou ses graines
accompagnent tous les plats. Devenue, au fil de
l’Histoire, une épice utilisée partout dans le monde, elle
relève les riz, currys, marinades, chutneys, gâteaux, fruits
de mer, poissons, etc. Elle entre dans la composition de
nombreux élixirs (Eau des Carmes), liqueurs (Chartreuse,
Izarra), alcools (gin), sirops et même pommades anti-
inflammatoires.
Indications et propriétés médicinales
traditionnelles
Constituée principalement de flavonoïdes et d’huile
essentielle, la coriandre est digestive, diurétique,
dépurative, hépatique, antiseptique et anti-inflammatoire.
On l’utilise donc (en interne ou en externe) dans les cas
de :
fatigue nerveuse ou chronique,
paresse hépatique,
digestions difficiles,
flatulences,
nausées,
grippe,
douleurs rhumatismales,
douleurs articulaires ou musculaires,
infections urinaires.
Éliminer les métaux lourds
Toutes les indications de la coriandre, connues depuis
longtemps, en font une plante médicinale de tout premier
ordre. Mais c’est plus récemment que l’on s’est aperçu
qu’elle pouvait participer à l’élimination des métaux
lourds contenus dans nos cellules. Le docteur Dietrich
Klinghart, spécialiste mondial des intoxications aux
métaux lourds, a installé la coriandre en bonne place dans
sa panoplie thérapeutique. La forme la plus efficace est
alors l’huile essentielle de coriandre, obtenue par
distillation du fruit mûr de coriandre. Il est conseillé,
surtout si l’on a des amalgames dentaires en bouche, de
ne prendre la coriandre qu’avec des doses élevées de
chlorella. Il est à noter qu’une détoxication aux métaux
lourds nécessite au moins 6 mois de traitement. Des
protocoles précis sont pratiqués par des médecins
spécialisés.
Contre-indications
Il existe quelques rares cas d’allergie à la coriandre. Par
ailleurs, la coriandre peut provoquer des spasmes des
muscles de l’utérus : il est déconseillé aux femmes
enceintes de prendre de cette épice ou de son huile
essentielle.
Où, combien, comment ?
Les graines de coriandre se trouvent partout. La
coriandre fraîche est présente sur les marchés, dans les
magasins asiatiques et… peut-être dans votre jardin si
vous en avez semé.
Dans la cuisine : broyez les feuilles avec de la menthe
ou de l’ail. Les graines s’utilisent directement dans les
sauces ou dans un moulin à poivre. La racine se
consomme râpée, de préférence pour les plats qui
mijotent.
Graines broyées : à mélanger dans du miel ou à
mâchouiller à plusieurs reprises dans la journée
(maladies respiratoires, mauvaise digestion,
flatulences…).
En infusion : 3 cuillerées à café de graines de
coriandre par litre d’eau à laisser infuser 10 minutes ;
filtrez et buvez chaud en sucrant éventuellement avec
du miel (pour les rhumatismes, la mauvaise digestion,
la grippe, la fatigue chronique…).
Huile de massage : laissez macérer 15 jours au soleil
50 g de graines de coriandre dans 1 litre d’huile
d’olive de qualité (à utiliser en massages pour
soulager les douleurs rhumatismales et articulaires).
En comprimés de plante sèche : seuls ou en
association avec l’huile essentielle. Pour détoxiquer
l’organisme, combattre les troubles de la digestion et
les rhumatismes.
Huile essentielle : sous forme de capsules
(détoxication aux métaux lourds). L’idéal consiste à
suivre un programme complet de détoxication, avec
l’aide d’un thérapeute.
Courges et citrouilles
Cucurbita maxima – Cucurbita pepo
Originaires d’Amérique centrale et du Sud, les
Cucurbitacées se répartissent en dizaines de familles et
centaines de variétés, au point qu’on ne fait pas toujours
la différence entre le potiron (Cucurbita maxima) et sa
cousine, la citrouille (Cucurbita pepo) qui est considérée
comme une courge. Entre les différentes familles, les
espèces intermédiaires sont si nombreuses que, parfois,
seuls les botanistes peuvent faire la différence.
Les « maxima » peuvent atteindre 50 kg, c’est le gros
potiron jaune ! Le bleu de Hongrie, doux et peu sucré,
pèse entre 3 et 10 kg. Les couleurs varient du gris (le « tri
star ») au rouge vif d’Étampes en passant par le vert-
olive… Il y a aussi le potimarron, ou encore le
giraumon : un potiron avec un « chapeau »… Dans la
catégorie « pepo », on classe les courges, les courgettes
et les pâtissons. Les « moschata », courges « musquées »
se différencient de leurs cousines « pep » et « maxima »
par leurs feuilles molles et leur fruit unique. Les fruits
sont allongés ou en forme de poire. On y trouve la
« longue de Nice », la « musquée de Provence »…
Graines de courge contre le prostatisme
Les graines de courges enivrent les canards qui en
raffolent. Elles ont surtout une propriété bien plus
intéressante : c’est l’un des meilleurs remèdes contre les
inflammations de la prostate et les difficultés de miction
chez les hommes de plus de 50 ans. C’est surtout en
Allemagne que l’huile de pépins de courge est utilisée de
façon presque systématique dans le traitement de
l’hypertrophie bénigne de la prostate. Les pépins de
courge contiennent des stérols qui diminuent
l’inflammation de la prostate et freinent l’expansion de
ses tissus. On peut piler les graines et les avaler en les
mangeant avec du miel. Mettez-en aussi souvent à
l’apéritif. On en trouve dans les magasins bio et même
parfois en grandes surfaces. Bien plus facile, il existe, en
pharmacies et en boutiques diététiques, de l’huile de
graines de courge en capsules ou en bouteille.
Cranberry
Vaccinum macrocarpon
La cranberry, c’est son nom anglo-saxon, est aussi
appelée canneberge ou encore « grande airelle rouge ».
C’est une petite baie dont le jus semble réellement
capable de prévenir les récidives d’infections urinaires.
En effet, la cranberry contient des substances capables de
se fixer sur les bactéries Escherichia coli
(majoritairement responsables des cystites) qui les
empêchent ainsi d’adhérer aux parois de la vessie. Les
bactéries pathogènes sont ensuite éliminées par les voies
naturelles.
Des preuves scientifiques
En 2008 a été publiée une synthèse réalisée après
l’analyse de 10 essais ayant porté sur plus de
1 000 personnes. Résultat : il a été démontré plusieurs
fois que la cranberry prévient les rechutes d’infections
urinaires. Par ailleurs, la cranberry, très riche en
polyphénols, aurait un effet bénéfique sur le système
cardio-vasculaire. Elle limite également le risque
d’ulcère gastrique.
Sous quelle forme ?
Les Nord-Américains boivent du jus de canneberge, car
les baies poussent chez eux. En France, on trouve aussi
du jus de canneberge dans certains magasins de produits
naturels, mais c’est plus difficile. Attention à certaines
boissons sucrées qui, si elles contiennent en effet la
précieuse cranberry, apportent aussi leur quota de sucres
ou d’édulcorants. À éviter donc ! En revanche, sous
forme de comprimés au rayon des compléments
alimentaires, vous n’aurez aucun mal à vous en procurer.
De toute façon, les études cliniques qui prouvent sans
conteste l’intérêt de la canneberge pour prévenir les
cystites ont été réalisées avec le jus, mais aussi avec des
compléments alimentaires.
Cresson
Nasturtium officinale
Le cresson pousse naturellement dans les ruisseaux, les
fossés, dans les sources, et on lui a aménagé des lieux
pour en augmenter la production. En Angleterre, où il est
cultivé depuis le XVIIe siècle, on le considère comme un
dépuratif très efficace et on en fait une cure à chaque
printemps pour « nettoyer » son organisme. En France,
on trouve les cressonnières en Essonne, en Picardie, en
Touraine et dans la région lyonnaise.
Bien vert…
Choisissez-le bien vert, avec des feuilles fermes, et lavez-
le à grande eau pour chasser toute trace de sable ou de
terre. Dès le retour du marché, mettez-le au menu, car le
cresson ne se conserve pas longtemps, 24 heures au
maximum ! Pour le garder jusqu’au lendemain, mettez-le
dans un petit vase, au frais, comme un bouquet, c’est
ainsi qu’il se flétrira le moins.
Les caroténoïdes pour vos yeux
Le cresson contient deux pigments de la famille des
caroténoïdes dont les apports réguliers permettent de
limiter la cataracte, la dégénérescence maculaire liée à
l’âge (DMLA) et la rétinite pigmentaire. Ce sont la
lutéine et la zéaxanthine ; elles s’accumulent dans la
rétine, en particulier dans la macula (la zone centrale) et
protègent ainsi les cellules du stress oxydatif.
Les glucosinolates anticancer
Le cresson appartient à la famille des crucifères, la
famille des choux, et il apporte des substances qui sont
spécifiques à ces végétaux : les glucosinolates. Il détient
même le record puisqu’il en renfermerait davantage
encore que le brocoli. Or, ces substances sont réputées
pour leurs effets anticancer. Dans le cresson, il s’agit
d’isothiocyanates, des glucosinolates connus pour
prévenir plus particulièrement le cancer du poumon, mais
aussi le cancer colorectal. La consommation régulière de
cresson aurait donc un effet anticancer.
Des travaux effectués à l’université de Southampton ont
permis de mieux comprendre comment agissait le
glucosinolate du cresson : il empêche l’expression de
certains gènes d’une protéine, nécessaire pour la création
des nouveaux vaisseaux sanguins qui alimentent les
tumeurs cancéreuses. Une étude menée par le même
laboratoire a permis de mesurer l’effet du cresson lui-
même, in vitro. Un extrait brut, obtenu par broyage,
diminue la prolifération des cellules tumorales.
Encouragés par cette démonstration, les chercheurs ont
demandé à 9 femmes qui avaient eu un cancer du sein
(mais en étaient guéries), de manger 80 g de cresson.
Dans les 24 heures, plusieurs analyses ont montré
qu’elles avaient un taux élevé d’isothiocyanates dans le
sang (l’actif anticancer passe donc le système digestif
pour arriver dans le flot sanguin). Ces résultats apportent
des arguments sérieux en faveur de l’effet anticancer du
cresson.
Du bon calcium et des minéraux
Le cresson contient trois fois moins de calcium que le
lait… Mais du calcium biodisponible ! Celui dont votre
organisme a besoin pour renforcer ses os et ses dents. Et
sans tous les travers que l’on peut reprocher aux produits
laitiers (les intolérances sont de plus en plus
nombreuses…). Si vous craignez l’ostéoporose, ou
simplement pour vous reminéraliser, mangez donc du
cresson ! Car il ne contient pas que du calcium, c’est
aussi une mine de fer, et il apporte du potassium, du
magnésium, du zinc. Par ailleurs, c’est l’un des rares
aliments riches en vitamine B9 (acide folique), celle dont
les futures mères ne doivent pas manquer pour la bonne
santé de leurs bébés, et il est bien pourvu en vitamines A
et C… Ajoutez à cela qu’il apporte très peu de calories et
des fibres… On a toutes les bonnes raisons d’en mettre
au menu régulièrement.
Pas de cresson sauvage
Le cresson de fontaine peut être contaminé par un
parasite dangereux, la douve du foie (Fasciola hepatica),
qui provoque une maladie hépatique grave. Il est donc
vivement recommandé de ne pas consommer de cresson
sauvage. Les variétés cultivées font, elles, l’objet d’une
surveillance sanitaire rigoureuse. Le cresson est cultivé
dans des bassins peu profonds, périodiquement asséchés,
puis inondés d’une eau relativement fraîche.
Curcuma
Curcuma longa
Le curcuma est une épice indienne qui donne, comme le
safran, une jolie couleur dorée aux aliments. On utilise
les racines séchées et réduites en poudre. Ce végétal n’est
pas un simple condiment, mais un véritable médicament,
très utile comme désinfectant intestinal et contre les
rhumatismes et, ces derniers temps, les études se
multiplient pour montrer ses effets anti-inflammatoires. Il
arrive par ailleurs en tête des épices anticancéreuses.
Jaune comme la bile, le curcuma fut longtemps prescrit
pour soigner la jaunisse. De nos jours, en Inde, il est
encore utilisé par la médecine populaire. En pommade, il
apaise les démangeaisons et soigne les dermatoses. Sous
forme de décoction, il est utilisé en compresses sur les
yeux contre la conjonctivite. Si vous avez un rhume de
cerveau, c’est bouilli dans du lait sucré qu’il vous
dégagera les voies respiratoires. Et, bien sûr, comme de
nombreux condiments, c’est un excellent allié de la
digestion. Mais ses vertus ne s’arrêtent pas là. Car toutes
ces indications, qui nous viennent de la tradition, sont
aujourd’hui complétées par d’autres, directement liées
aux études pharmacologiques et cliniques récemment
faites sur le curcuma.
Son actif principal : la curcumine
On connaît depuis 1910 les principaux actifs du curcuma,
les curcuminoïdes dont le représentant majeur est la
curcumine. Cette substance est un antioxydant plus actif
encore que la vitamine E ; elle devient fortement
antibactérienne lorsqu’elle est exposée au soleil. Et
surtout, la curcumine est un exceptionnel anti-
inflammatoire naturel dont les effets ont été démontrés
dès le début des années 1980.
Les mécanismes anti-inflammatoires de la curcumine ont
été étudiés en recherche fondamentale. Les scientifiques
ont pu expliquer comment elle pouvait agir sur les
douleurs articulaires et les maux de dos.
La curcumine active les macrophages, cellules de
l’organisme qui ont pour mission de le débarrasser des
débris de cartilage ou de disques intervertébraux.
Elle empêche les disques intervertébraux de sécréter
des substances pro-inflammatoires
Elle bloque la synthèse des cytokines responsables de
l’inflammation articulaire et évite ainsi l’agression des
disques intervertébraux ou du cartilage par les
enzymes et les radicaux libres.
C’est un antioxydant surpuissant qui empêche la
destruction osseuse en neutralisant les ostéoclastes
(cellules qui résorbent les os) et limite naturellement
la déminéralisation.
Une étude clinique en double-aveugle a permis d’évaluer
l’efficacité de la curcumine sur des patients souffrant de
rhumatismes depuis 3 ans en moyenne. Dès le 15e jour de
l’étude, l’efficacité était significative avec une plus
grande souplesse le matin, une meilleure endurance à la
marche et un moindre gonflement articulaire.
Outre les effets anti-inflammatoires, d’autres propriétés
du curcuma ont été scientifiquement prouvées :
c’est un excellent désinfectant intestinal,
il est hypocholestérolémiant,
c’est un fluidifiant sanguin,
il est actif contre l’eczéma, l’asthme et les allergies en
général,
en usage externe, c’est un antioxydant et un
antibactérien précieux contre certaines dermatoses.
Comment le prendre, à quelle dose ?
On trouve le curcuma en poudre, dans les épiceries ou
sur les marchés. Il est fort possible de l’utiliser comme
condiment, en particulier pour donner de jolies couleurs
et bon goût au riz. Pour soigner les gastrites, on le
préconise sous forme d’infusion. Mais si vous décidez
d’utiliser le curcuma pour soulager vos douleurs (de dos
ou articulaires) ou comme désinfectant intestinal, plus
généralement pour lutter contre l’inflammation,
chronique ou aiguë, vous pouvez aussi choisir une forme
plus facile à employer au quotidien (gélules ou
comprimés).
Cuscute chinoise
Cuscuta sinensis
Cette plante médicinale, un peu particulière, nous arrive
de Chine avec une redoutable réputation d’aphrodisiaque.
Si elle est détestée pour sa tendance à tout envahir, elle
est appréciée pour ses effets tonifiants par les messieurs.
Appelée aussi Chinese dodder, la cuscute est une herbe
orientale assez particulière… Sorte de liane parasite, sans
feuille ni chlorophylle, elle aspire les nutriments de la
plante hôte sur laquelle elle se fixe. Elle se présente sous
forme de longues fibres, comme des cheveux, qui
viennent s’enrouler autour des feuilles et des tiges. Son
nom chinois, Tu Si Zi, signifie « graine de soie de lapin »,
ses fibres ressemblant à la fourrure soyeuse du petit
mammifère. En Occident, il existe aussi plusieurs
cuscutes aux propriétés différentes : son surnom est
beaucoup moins flatteur, on l’appelle « cheveux du
diable » parce que cette « mauvaise herbe » envahit tout !
La cuscute chinoise est très commune en Chine et en
Asie du Sud-Est. Elle pousse en bord de mer et dans les
champs, à l’orée des forêts, car elle apprécie la lumière.
On ramasse les plantes entières en automne. Rassemblées
en tas, elles sont battues pour en récolter les graines
mûres.
Une famille nombreuse
Il existe près de 150 variétés de cuscutes, principalement
en zone tropicale ou équatoriale. En Europe occidentale,
on ne compte que 4 variétés. Le genre Cuscuta fait partie
de la famille des Convolvulacées. Jaunes, orange, roses
ou rouges, rarement vertes, puisqu’elles ne synthétisent
pas la chlorophylle, les cuscutes s’accrochent aux feuilles
et aux tiges des arbres, des buissons ou des
légumineuses. Pour en aspirer les nutriments, ces
vampires végétaux utilisent des suçoirs appelés
haustoriums. La couleur des fleurs varie du rose au blanc,
en passant par le jaune. Considérée comme une plante
envahissante et néfaste pour les cultures, elle est
systématiquement arrachée, mais on n’en vient jamais à
bout. Ses innombrables petites graines, disséminées par
les déjections animales, peuvent survivre dans le sol
entre 10 et 40 ans.
La cuscute d’Europe (Cuscuta europaea), encore appelée
grande cuscute, parasite la luzerne. La cuscute du lin
(Cuscuta epilinum) s’intéresse au lin. La cuscute du thym
(Cuscuta epithymum), de taille plus petite, s’attaque au
thym et se plaît sur certaines landes à bruyère ou à
genêts. Très utilisées en médecine populaire il y a une
centaine d’années, les cuscutes de nos régions sont
aujourd’hui complètement oubliées par la phytothérapie.
Cholagogue, hépatique, hémostatique et carminative, la
cuscute soigne les problèmes de foie, de vésicule biliaire
et de gaz intestinaux. Dans les anciens écrits, j’ai relevé
que la cuscute prend aussi les propriétés médicinales de
la plante à laquelle elle s’attache : c’est sans doute la
raison pour laquelle la cuscute du thym était considérée
comme la meilleure.
En médecine traditionnelle chinoise
Le Qi, c’est l’énergie. Et la cuscute est employée depuis
toujours pour renforcer le Qi des reins, c’est-à-dire
qu’elle est conseillée aux personnes dont l’énergie au
niveau rénal est défaillante, ce qui se traduit par les
symptômes suivants : impuissance, envie fréquente
d’uriner, troubles digestifs, maux de dos, mais aussi
faiblesse hépatique et troubles visuels. La cuscute est
donc indiquée comme stimulant de toute la sphère
urogénitale et comme aphrodisiaque : elle figure parmi
les toniques sexuels les plus reconnus de la pharmacopée
traditionnelle chinoise. On peut également tester ses
effets en cas de maux de dos ou de transit intestinal
irrégulier. En médecine ayurvédique, Cuscuta relexa
(une variété proche) est, quant à elle, utilisée en cas de
mictions difficiles, la jaunisse et les courbatures :
éloignées par des milliers de kilomètres, deux traditions
médicales très différentes se rejoignent.
Des chimistes de l’Université de Pékin ont pu isoler les
principaux composants de la cuscute : flavonoïdes,
quercétine, astragaline, galactosides, stérols, vitamine A
et la cuscutine, une substance qui lui est propre, comme
son nom l’indique. Au cours d’une étude se déroulant sur
50 jours, 76 % des hommes qui avaient pris un mélange
de cuscute et d’autres plantes aphrodisiaques ont pu
guérir leur impuissance ; une enquête, réalisée 2 ans plus
tard sur ces mêmes patients, a montré que les effets
étaient durables.
Infertilité, cancer et défenses immunitaires
En voulant démontrer l’efficacité de la plante dans tous
les domaines où elle est utilisée traditionnellement (et
notamment l’infertilité masculine, l’impuissance, le
prostatisme…), les chercheurs ont découvert que la
cuscute possède une réelle activité phyto-hormonale. Elle
stimule certaines glandes, ce qui augmente ou régule –
selon les cas – la production de progestérone,
d’œstrogène, de testostérone et d’autres hormones, ce qui
expliquerait sa réputation d’aphrodisiaque.
De nombreuses indications
Que ce soit traditionnellement ou à la suite de différentes
études, en Orient, on recommande la cuscute en cas de
bronchite chronique, de cataracte, de troubles digestifs,
d’hépatisme, de troubles de la libido et d’impuissance, et
même pour améliorer la vision. Attention, cependant :
elle est contre-indiquée aux femmes enceintes, car elle
est abortive.
Comment la prendre
Difficile de faire soi-même ses récoltes de graines de
cuscute, mais on trouve des extraits standardisés, sous
forme de compléments alimentaires, dans les magasins
de produits naturels et parapharmacies. En comprimés ou
en gélules, elle est parfois associée avec des plantes aux
propriétés comparables, comme le tribulus qui est un
remède réputé contre les dysfonctionnements érectiles et
les problèmes circulatoires.
1. Auteur d’une Notice sur les propriétés médicinales de la feuille de chou
e
et son mode d’emploi parue à la fin du XIX siècle.
Desmodium
Desmodium adscendens
Cette plante africaine a été rapportée dans les années
1970 par le docteur Pierre Tubéry. Depuis, elle a été
utilisée par des dizaines de milliers de personnes qui ont
pu se débarrasser des troubles hépatiques les plus graves.
Le Desmodium adscendens est une herbacée sauvage très
répandue en Afrique tropicale. De la famille des
Fabacées, elle mesure environ 50 cm de haut, avec de
nombreuses ramifications qui se terminent par des fleurs
blanches, roses ou mauves. Les feuilles sont composées
de trois folioles ovales, un peu comme celles du trèfle.
Elle est peu parfumée, avec un goût fade. Il existe
plusieurs espèces de desmodium (canadense, repandum,
gangeticum, pulchellum ou encore penduliflorum, etc.) ;
aucune n’a les vertus thérapeutiques du Desmodium
adscendens, plus concentré en principes actifs.
Le cheminement d’une découverte
Tout a commencé vers 1960. À cette époque, le docteur
Pierre Tubéry et son épouse, le docteur Anne-Marie
Tubéry-Crauzes, exercent dans un dispensaire au
Cameroun. Ils recueillent les témoignages de plusieurs
Européens guéris en quelques semaines d’hépatites
sévères. Grâce à un infirmier camerounais, ils réussissent
à identifier la plante utilisée par les guérisseurs
traditionnels : le Desmodium adscendens. De retour en
France, avec d’autres scientifiques de la faculté des
sciences de Toulouse, ils commencent des recherches
botaniques, phytochimiques, toxicologiques et
pharmacologiques. D’autres laboratoires en Europe et en
Afrique s’y mettent aussi. Ainsi, trois études du Centre
international de toxicologie d’Évreux, montrant une
totale absence de toxicité, sont confirmées par des
scientifiques de Metz et de Montpellier. L’analyse des
principes actifs révèle une concentration d’alcaloïdes
(dont l’isovitexine), de saponines, d’antocyanes et de
flavonoïdes. En 1994, Olivier Heard, de la faculté de
pharmacie de Tours, réussit à expliquer le
fonctionnement du Desmodium adscendens qui agit
comme protecteur de la cellule hépatique.
L’utilisation traditionnelle
Au Cameroun, le Desmodium adscendens est utilisé
principalement pour soigner (et guérir) les « jaunisses »
et autres troubles hépatiques. Au Ghana, la plante est
donnée contre les allergies respiratoires et l’eczéma. Au
Rwanda, sa cousine, Desmodium repandum, est non
seulement utilisée pour ces indications, mais aussi pour
l’anorexie ou bien encore les risques d’avortement.
Il soigne le foie et de nombreuses affections
En cas de troubles hépatiques
En France, la première guérison spectaculaire a été
observée en 1973. Une jeune fille de 18 ans, souffrant
d’une hépatite virale sévère, a vu sa maladie régresser en
8 jours grâce à une décoction de desmodium : l’ictère
(jaunisse), les nausées et les maux de tête ont disparu, les
transaminases sont passées de 700 unités à 36 unités.
Rapidement, le remède s’est imposé comme le traitement
naturel le plus efficace pour lutter contre les agressions
que subit le foie, qu’elles soient virales ou chimiques,
notamment suite à une intoxication alcoolique ou
médicamenteuse. De nombreux essais cliniques en
France, en Italie et au Mali ont aussi confirmé l’action de
la plante, non seulement pour les troubles hépatiques,
mais aussi pour ses deux autres indications majeures :
pendant un traitement de chimiothérapie et en cas
d’allergies.
En cas de chimiothérapie
Le desmodium, sous forme de tisane ou de soluté
concentré, permet de mieux supporter les effets
secondaires de la chimiothérapie : suppression des
nausées, récupération de l’appétit, retour à la normale des
transaminases quand celles-ci ont augmenté.
Contre les allergies
Plusieurs études confirment l’efficacité de la tisane de
desmodium pour soulager l’asthme et l’eczéma. Pourquoi
ne pas essayer ? Dans les cas rebelles, le docteur Tubéry
préconise plusieurs cures de 3 semaines, entrecoupées de
1 semaine d’arrêt. L’œdème de Quincke avec récidive
peut aussi disparaître définitivement.
En cas de fibromyalgie
Toujours à la recherche d’une solution pour être
soulagés, les fibromyalgiques essaient un peu tout ce qui
peut améliorer leur quotidien. C’est ainsi que certains
d’entre eux témoignent d’une amélioration grâce au
desmodium, avec une accalmie des spasmes musculaires.
Sous quelle forme et à quelle dose ?
Décoction : 1 litre d’eau froide pour 8 à 10 g de plante
sèche par jour. Portez à ébullition douce pendant
10 minutes puis filtrez. Buvez dans la journée. Pour
les troubles hépatiques ou les allergies, il faut suivre
ce traitement de 8 jours à plusieurs semaines. Parfois,
dans les cas les plus sévères, le traitement doit être
continu.
Solution concentrée : 2 à 4 cuillerées à café par jour,
avec la même durée de traitement que la tisane. Pour
une chimiothérapie, il faut commencer 3 jours avant et
continuer pendant 7 jours après la cure.
Gélules : il en existe de toutes sortes à tous les prix.
Elles ont l’avantage d’être plus faciles à ingurgiter que
la tisane. Les laboratoires, généralement, conseillent
de 4 à 8 gélules par jour ; en réalité, c’est souvent
insuffisant. Il faut donc faire un calcul à partir du
poids de plante dans chaque gélule pour atteindre la
dose conseillée de 8 à 10 g par jour.
Selon toutes les études toxicologiques et
pharmacologiques, il n’existe aucun effet secondaire.
On peut associer le desmodium à d’autres plantes
hépatiques comme le chardon-marie, le chrysanthellum
ou le romarin. Et, pour drainer le foie, n’hésitez pas à
manger aussi des artichauts, des pissenlits ou du radis
noir.
Échinacée
Echinacea angustifolia
Magnifique plante à fleurs roses, l’échinacée pousse
naturellement en Amérique du Nord, dans les plaines
semi-montagneuses où elle fut longtemps considérée
comme une plante sacrée par les Indiens. Il en existe
plusieurs variétés dont l’Echinacea angustifolia et
l’Echinacea purpurea, celles que l’on utilise le plus
couramment en phytothérapie. C’est une plante robuste,
qui ne craint ni la sécheresse ni le gel. Aujourd’hui, elle
est cultivée à grande échelle aux États-Unis, mais aussi
en Nouvelle-Zélande, au Canada et en Europe.
Des Indiens aux Éclectiques
Chez les Indiens d’Amérique, l’échinacée servait à
soigner de nombreuses maladies. En usage externe, on
l’employait pour soulager les piqûres d’insectes ou les
morsures de serpent, pour apaiser les brûlures, guérir les
furoncles et nettoyer les plaies. En interne, c’était le
remède de nombreuses affections : angines, maux de tête,
oreillons, rougeole… et même la petite vérole ! Ce sont
les Éclectiques, un groupe de médecins phytothérapeutes
fondé au début du XIXe siècle, qui ont introduit
l’échinacée dans la médecine occidentale, s’inspirant
pour cela des connaissances traditionnelles indiennes.
Des effets immunostimulants
L’échinacée produit des réactions en chaîne dans
l’organisme, réveillant notre système immunitaire. Pour
commencer, elle stimule le tissu immunitaire situé sous
la langue puis, arrivant à l’estomac et à l’intestin, elle fait
de même avec les plaques de Pleyer (tissus
immunitaires). Résultat : ces plaques envoient un signal à
tous les relais immunitaires de l’organisme. Cette
réaction à l’absorption d’échinacée produit les effets
suivants :
augmentation de la production de globules blancs
(prêts à combattre les infections),
augmentation de la production de macrophages
(cellules « tueuses » de toxines et autres cellules
étrangères indésirables),
accélération de la croissance de tissus sains et neufs,
protection des cellules saines,
augmentation de la capacité de l’organisme à se
débarrasser des virus et bactéries,
augmentation de la production de cortisol, hormone
antistress et anti-inflammatoire.
Des effets protecteurs et réparateurs
En prévention, l’échinacée permet de mettre notre
système immunitaire en éveil. Résultat : les virus et
bactéries sont éliminés avant d’avoir le temps de
proliférer. Mais l’échinacée peut aussi jouer un grand
rôle lorsque la maladie est apparue. Ainsi, on peut
l’utiliser en cas de :
rhume et grippe,
toux chronique et asthme,
angine et amygdalite,
intoxication alimentaire,
mycoses,
infections urinaires.
Les preuves de son efficacité
Des expériences effectuées en laboratoire en 1985 ont
montré que des globules blancs stimulés par l’échinacée
avaient un pouvoir anti-infectieux augmenté de 20 à
40 %, et notamment une efficacité accrue contre les
candidoses. D’autres études, cliniques cette fois, ont mis
en évidence une amélioration de 50 à 120 % de
l’efficacité immunitaire après seulement 5 jours grâce à
l’échinacée. Ce qu’il faut avant tout, c’est prendre
l’échinacée dès les premiers symptômes. En 2009, une
étude effectuée avec un spray contenant des extraits
d’échinacée et de sauge a montré qu’on obtenait sur le
mal de gorge d’aussi bons résultats qu’avec les
médicaments habituellement utilisés. Quant au rhume, un
traitement préventif avec de l’échinacée en réduit la
fréquence de 58 %.
Quelques contre-indications
L’efficacité de l’échinacée sur le système immunitaire est
telle qu’elle est parfois contre-indiquée en cas de
maladies auto-immunes (sclérose en plaques, polyarthrite
rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé…).
Comment la prendre ?
On trouve facilement l’échinacée sous forme de gélules
ou de comprimés, mais aussi de diverses préparations,
seule ou associée à d’autres végétaux. Pour prévenir les
infections, il est généralement conseillé de suivre une
cure de 2 mois à raison de suffisamment de gélules ou de
comprimés pour prendre l’équivalent de 1 g de plante par
jour. En cas d’infection déclarée (quand on a un rhume,
par exemple), les doses peuvent être augmentées 2 à
3 fois pendant une semaine. On peut aussi prendre
l’échinacée sous forme de tisane, en employant les
racines ou les parties aériennes séchées. Si vous
employez les parties aériennes (feuilles et fleurs), mettez
1 poignée de plante dans votre tisanière. Faites chauffer
1 litre d’eau. Aux premiers frémissements, versez sur la
plante et couvrez. Attendez 10 minutes avant de filtrer. Si
vous choisissez la racine, préparez-la en décoction :
mettez 1 petite poignée de plante dans 1 litre d’eau froide
et faites chauffer le tout dans une casserole émaillée.
Laissez bouillir 5 minutes puis éteignez le feu. Mettez un
couvercle et attendez 10 minutes avant de filtrer et de
boire. Buvez votre litre de tisane dans la journée, chaude
ou froide.
Églantier
Rosa canina
En grec, Kinorrhodon signifie la rose des chiens, car la
racine de l’églantier était censée guérir la rage. Ces
propriétés, qui n’ont pas été prouvées par la science
moderne, ont vite été oubliées pour d’autres vertus, bien
plus probantes.
De la famille des Rosacées, l’églantier est l’ancêtre des
roses de nos jardins. Il existe des dizaines de variétés
d’églantiers, mais la plus connue est la Rosa canina. Les
églantiers, quelle que soit leur variété, arborent toujours
les mêmes fleurs : composées de 5 pétales et larges de 2 à
7 cm, elles vont du blanc au rose, parfois taché de rose
vif.
Dans votre jardin
Vous pouvez intégrer un ou plusieurs églantiers dans
votre haie, puisqu’il est toujours préférable d’avoir une
haie composée de plusieurs variétés d’arbustes.
L’églantier s’adapte à tous les sols, même pauvres, même
chargés de cailloux. Installez-le plein Sud. Ses tiges
vigoureuses s’ornent, en juin-juillet, de délicates fleurs
roses. En automne, les fruits ont un bel aspect décoratif.
Peu sensible aux maladies, l’églantier ne nécessite aucun
entretien, à part une sérieuse taille en hiver. Tous les
2 ans, coupez une partie des racines, ce qui générera des
fleurs nombreuses. Vous pouvez l’utiliser comme porte-
greffe, car il est compatible avec la plupart des rosiers.
Comme vous ne trouverez pas d’églantier chez votre
pépiniériste, il vous faudra le prélever sur un talus ou en
bordure de forêt, sans oublier de demander l’autorisation
au propriétaire du terrain. Trois solutions :
avec une bêche : séparez un bloc de racines sur lequel
pousse au moins une tige ;
en bouturant : coupez des jeunes tiges avec des
bourgeons auxiliaires et laissez tremper dans une
bouillie de terreau avant de replanter ;
par marcottage : courbez une tige pour l’enterrer ;
l’année suivante, vous repassez en prélevant la tige
qui aura pris racine.
Les pétales et les feuilles de l’églantier
Cueillez les pétales de fleurs, en boutons, en juin-juillet.
Quant aux feuilles, préférez les plus jeunes. Les pétales
et les feuilles sont légèrement diurétiques et toniques,
mais bien d’autres plantes – notamment la rose rouge de
Provins – sont plus efficaces que l’églantier dans ces cas-
là. En infusion, les pétales peuvent soulager les
problèmes urinaires. Dans une tisane, on peut les associer
aux fleurs de bruyère, de lavande, de sarriette ou bien
encore aux feuilles de myrtilles. En Provence, on écrase
1 poignée de pétales dans 1 fois leur poids de miel pour
obtenir un laxatif doux : 3 à 4 cuillerées à café le matin,
puis dans la journée, loin des repas.
Le bédégar
Cette gale rougeâtre, en touffe chevelue, appelée aussi
éponge d’églantier, se multiplie sur certaines tiges (après
le passage d’une sorte de guêpe). Jadis, on en mettait
dans les oreillers pour lutter contre les insomnies ou
favoriser les rêves prémonitoires. C’est à la fois un
somnifère et un tonifiant, un sédatif et un cicatrisant. On
utilise le bédégar séché et macéré dans du vin rouge, à
boire à raison de 1 petit verre avant les repas. On peut
aussi en faire des gargarismes pour lutter contre les maux
de gorge. La décoction concentrée, appliquée sur une
plaie avec une compresse, accélère la cicatrisation.
Les bourgeons d’églantier
En infusion ou en macération, les bourgeons d’églantier
sont réputés soigner les migraines, les allergies et les
problèmes de circulation cérébrale (et, par conséquent,
certains acouphènes). En gemmothérapie, le macérat
glycériné d’églantier (Rosa canina 1 DH) est un remède
majeur, utilisé pour les rhino-pharyngites à répétition,
eczémas, otites, amygdalites, furonculoses. On le donne
toujours en association avec Ribes nigrum 1 DH. Diluez
les deux solutions dans un verre d’eau, 2 fois par jour, à
raison de 1 goutte par kilo de poids chacun. Enfants
(même tout-petits) et animaux domestiques sont très
réceptifs à ce remède.
Un excellent fruit
Surnommé poil-à-gratter ou gratte-cul par les enfants, le
cynorrhodon, baie de l’églantier, est l’un des fruits les
plus riches en vitamine C (avec l’argousier et l’acérola).
Il est aussi constitué de vitamines A, B1, B2, E, K, PP, de
tanins, de pectine, de glucose, de résine… ce qui en fait
un fortifiant de choix. Astringent, diurétique, fortifiant,
antiscorbutique, antiseptique, le cynorrhodon bénéficie
d’une réputation exceptionnelle partout en Europe… sauf
en France, où l’on commence à le redécouvrir. On le
conseille en cas de carence en vitamines, de problèmes
de croissance ou de fatigue. C’est aussi un bon régulateur
digestif et un excellent diurétique, ce qui en fait un allié
privilégié lors de régimes amincissants, souvent fatigants.
Voici les principales utilisations, légèrement différentes
selon que les fruits sont frais ou secs.
Frais, crus, broyés et mélangés avec du lait de chèvre
ou macérés dans du vin rouge (filtrez) : fatigue
physique ou intellectuelle intense, grippe, rhumes…
Frais et crus : vermifuge. À utiliser raisonnablement
pour ne pas irriter l’estomac. En évitant d’avaler le
poil à gratter.
Frais, en infusion : rhumes, problèmes urinaires,
transit intestinal… Comptez environ 30 baies coupées
par litre d’eau à laisser infuser 5 minutes. Filtrez.
Buvez au moins 3 tasses par jour.
Frais, en confiture : fatigue physique ou intellectuelle
intense, grippe, rhumes…
Secs, en décoction : grippe, fièvre… Environ 30 g par
litre d’eau à laisser bouillir 5 minutes à petit feu.
Filtrez. Buvez au moins 3 tasses par jour.
Secs, en farine (fruits séchés broyés) à mélanger à de
la farine de blé : fatigue physique ou intellectuelle
intense, grippe, rhumes…
Où ? Comment ?
Les cynorrhodons se trouvent sans difficulté dans la
campagne. Et personne ne vous reprochera d’en faire
la cueillette. Toutefois, ne les prélevez pas à proximité
des zones cultivées, forcément chargées en
phytosanitaires : il faut savoir que les produits
chimiques se retrouvent à plusieurs centaines de
mètres des lieux d’épandage. Vous pouvez les cueillir
à partir d’octobre, mais les connaisseurs
recommandent d’attendre les premières gelées, car la
pulpe devient plus tendre, plus juteuse, plus sucrée.
Dans tous les cas, on fera attention de bien filtrer les
préparations pour ne pas avaler le « poil-à-gratter »,
irritant pour le tube digestif ! Comptez 5 à 10 baies
par tasse.
On trouve de la confiture de cynorrhodon dans les
magasins de produits diététiques et les épiceries fines,
des baies séchées de cynorrhodon en magasins de
produits diététiques, des gélules (si vous ne pouvez
pas faire autrement) partout.
Les bourgeons et le bédégar sont plus difficiles à se
procurer. Généralement, ils se trouvent dans certaines
préparations toutes faites.
Les macérats glycérinés (Rosa canina 1 DH) se
trouvent dans toutes les pharmacies, dans de
nombreux magasins de produits diététiques et par
correspondance.
Gelée de cynorrhodon
Dans une bassine si possible en cuivre ou émaillée, faites
cuire 3 kg de fruits, cueillis après les premières gelées,
avec 1 kg de pommes reinettes, après avoir versé de l’eau
pour juste couvrir. Laissez bouillir pendant ½ heure.
Pressez, filtrez au maximum (éventuellement avec un
tamis à groseilles). Chauffez le jus obtenu avec 800 g de
sucre par kilo et laissez cuire comme une confiture, en
vérifiant la texture. Écumez. Versez dans les pots.
Sirop de cynorrhodon
Dans une bassine en cuivre ou émaillée, faites cuire
pendant 30 minutes 2 kg de fruits, juste recouverts d’eau.
Pressez et écrasez avec une cuillère en bois. Filtrez.
Pesez. Ajoutez un poids de sucre égal à la moitié du
poids de jus obtenu. Faites cuire à nouveau à feu doux
pendant 20 minutes. À conserver dans des bouteilles
bouchées.
Éleuthérocoque
Eleutherococcus senticosus
L’éleuthérocoque est un arbuste épineux de 2 à 3 mètres
de haut, originaire de Sibérie orientale, dont seule la
racine est utilisée. C’est une plante « adaptogène »
comme le ginseng, c’est-à-dire qu’elle aide l’organisme à
s’adapter aux changements de situation. On la donne par
exemple aux cosmonautes avant leur départ dans l’espace
afin qu’ils ne souffrent pas du brusque changement
d’environnement. C’est donc une alliée très utile pour
lutter contre le stress. De plus, elle facilite l’effort
physique et la récupération. Les athlètes russes l’utilisent
d’ailleurs depuis bien longtemps.
Et ce n’est pas tout, cette plante améliore la concentration
intellectuelle et renforce les défenses naturelles de
l’organisme. Bref, si vous êtes stressé, fatigué, que vous
avez le moral en berne ou une faiblesse naturelle qui
vous fait attraper le moindre rhume, c’est le meilleur
moment pour l’essayer.
De multiples effets
L’éleuthérocoque augmente la résistance au froid et à la
fatigue et régule les taux de plusieurs neurotransmetteurs
(dopamine, adrénaline, noradrénaline, sérotonine). Il
stimule l’immunité. Dans la pharmacopée traditionnelle
chinoise, l’éleuthérocoque est recommandé comme
tonique du foie et des reins, pour fortifier les tendons et
les os, et pour la faiblesse générale.
L’éleuthérocoque est particulièrement conseillé à ceux
qui ont du mal au moment des changements de saison,
aux personnes sujettes aux infections, à celles et ceux qui
rentrent dans une phase de préparation d’examen ou dans
une période difficile de leur vie professionnelle ou
affective, aux convalescents, à celles et ceux qui
accumulent les stress sans pouvoir s’en décharger et qui
finissent par craquer… Bref, à tous les stressés et les
fatigués !
Conseils d’utilisation
Généralement, on prend l’éleuthérocoque sous forme de
gélules et les dosages dépendent de la concentration en
actifs. Il faut se référer aux conseils d’utilisation indiqués
pour le complément alimentaire que vous aurez choisi.
Cela représente en moyenne 3 à 4 gélules.
Faites des cures de 3 semaines, au moment des périodes
de fatigue et aux changements de saison. Il n’y a pas de
contre-indication aux doses habituellement conseillées.
L’éleuthérocoque est toutefois déconseillé aux femmes
enceintes et allaitantes, aux enfants de moins de 12 ans et
aux hypertendus. Il est également susceptible de
potentialiser l’effet de l’insuline (traitement du diabète).
Épinard
Spinacia oleracea
De la famille des Chénopodiacées, l’épinard est très
reconnaissable à ses longues feuilles vertes, frisées ou
plates selon les variétés. Sans doute originaire d’Asie
mineure, il a été introduit en Europe à partir du
e
VIII siècle lors des conquêtes arabes. Utilisé d’abord
comme plante médicinale, l’épinard s’avalait sous forme
de boulettes de feuilles broyées pour soulager les aigreurs
d’estomac. Ce n’est qu’à partir de la Renaissance que
l’épinard a obtenu ses lettres de noblesse grâce à
Catherine de Médicis. La « Florentine » avait rapporté
dans ses bagages son légume préféré quand elle était
venue d’Italie pour épouser le roi Henri II. Devenu mets
de roi, l’épinard a confirmé sa réputation de légume
digestif au point qu’on l’a surnommé le « balai de
l’estomac ».
Ses fibres stimulent le transit intestinal. Les feuilles
regorgent de minéraux et d’oligoéléments : les teneurs en
potassium (529 mg/100 g), en calcium (104 mg/100 g) et
en magnésium (58 mg/100 g) sont impressionnantes, et
celles en fer sont loin d’être négligeables. L’épinard
contient aussi beaucoup de vitamines K, B1, B2, B6, C et
E, de la chlorophylle, du carotène, des flavonoïdes et
bien d’autres antioxydants comme la lutéine et la
zéaxanthine. Avec ces composants réunis en un tel
cocktail, l’épinard se comporte comme un véritable
médicament naturel.
Il protège les capillaires et favorise la circulation
sanguine.
Il diminue les risques de maladies cardio-vasculaires.
Il retarde l’apparition de la DMLA et la cataracte.
Il stimule l’influx nerveux et l’activité musculaire.
Il favorise le transit intestinal.
Il augmente la résistance des globules blancs au stress
oxydatif.
Il agit favorablement sur les cellules hépatiques.
Il augmente la résistance à l’effort physique.
Un aliment anticancer
Plusieurs études scientifiques récentes ont montré que la
consommation régulière d’épinards (au moins 1 portion
de 125 g par semaine) diminuait significativement le
risque de certains cancers et en particulier ceux du sein,
du poumon et du côlon.
Rien que du bio !
Cultivé un peu partout en France ou en Belgique,
l’épinard est présent sur les étals, même en hiver.
Systématiquement, lors des prélèvements pour analyse,
l’épinard présente des records de concentration en
phytosanitaires. Évitez donc de manger des épinards qui
ne sont pas issus de l’agriculture biologique ! Si vous
n’êtes pas sûr de leur provenance, préférez les surgelés
avec un label AB.
Comment le préparer ?
L’épinard est fragile et perd rapidement ses vitamines.
Vous choisirez des feuilles sombres, tendres et charnues.
Évitez les feuilles jaunes, flétries ou trop humides.
Lavez-les au moment de les préparer. Ne les conservez
pas plus de 2 jours dans le bas du réfrigérateur. Avant de
les déguster crues ou cuites, vous les équeuterez en
enlevant la côte. Pour préserver au maximum les
vitamines et les qualités nutritionnelles, préférez la
vapeur douce (ou étuvée).
À noter
L’épinard, à cause de sa richesse en oxalates et en
vitamine K, est contre-indiqué aux personnes souffrant
de coliques néphrétiques ou qui prennent des
médicaments anticoagulants.
Érable
Acer Saccarinum
Son « sirop » est sans doute le meilleur sucre que nous
offre la nature. Mais l’érable a d’autres atouts.
Le sirop est extrait de l’érable à sucre, un arbre qui
pousse principalement en Amérique du Nord. Il peut
atteindre 30 m de haut et vivre jusqu’à 400 ans. Ses
graines, appelées samares, très caractéristiques,
ressemblent aux hélices du tilleul. La sève (ou eau) de
l’érable est transformée en sirop par évaporation.
Composé à 68 % de glucides, le sirop d’érable contient
aussi de la catéchine, de l’acide coumarique ainsi que des
dérivés de flavanol, des substances antioxydantes. Très
riche en minéraux essentiels (manganèse, calcium,
potassium, fer, zinc, magnésium), le sirop d’érable peut
remplacer avantageusement le sucre raffiné dans
quasiment toutes les préparations culinaires.
Détoxifiant et laxatif
Les Indiens d’Amérique utilisaient le sirop d’érable
plutôt comme un tonique et un laxatif. Cette dernière
propriété n’est pas toujours mise en avant aujourd’hui,
mais sachez que, si vous abusez du sirop d’érable, vous
pouvez vous attendre à un « dérangement intestinal ».
Dans les campagnes québécoises, les gens ont l’habitude
de faire une bonne cure de sève d’érable (moins
concentrée en sucre) pour nettoyer l’organisme.
En cataplasme aussi
Hildegarde de Bingen, première phytothérapeute
moderne, recommandait une macération d’écorce
d’érable dans du vin chaud pour faire tomber la fièvre.
En Europe ou en Amérique du Nord, on utilisait
indifféremment l’érable champêtre, l’érable à sucre ou
l’érable sycomore pour les cataplasmes. Des compresses
de feuilles fraîches, d’écorce broyée ou de tissu imbibé
d’une décoction peuvent être appliquées sur les
articulations douloureuses, les paupières enflammées ou
sur les pieds dans le cas de fièvre persistante. Mais ces
remèdes sont aujourd’hui tombés en désuétude et ne
figurent même plus dans la plupart des ouvrages de
phytothérapie. Autre utilisation oubliée : les Indiens
d’Amérique ramassaient les samares mûres qu’ils
gardaient en réserve pour les manger grillées ou ajoutées
à d’autres aliments.
La gemmothérapie
Selon les docteurs Max Tétau et Daniel Scimeca, auteurs
d’ouvrages sur l’homéopathie, les bourgeons d’érable
champêtre en macérat glycériné (Acer campestris) sont
« un excellent draineur du foie » et décrassent la vésicule
biliaire. Disponibles en pharmacies ou en magasins de
produits naturels, on les prend à raison de 1 goutte par
kilo de poids dans 1 verre d’eau, le matin à jeun dans le
cas d’une dilution 1 DH, ou bien 1 goutte pour 10 kg (si
vous pesez 60 kg, cela fait 6 gouttes). Ce remède permet
de faire baisser le cholestérol ou d’éliminer les nausées et
les vomissements.
Les différentes sortes d’érables
De la famille des Acéracées, les érables sont répandus
des zones tempérées aux latitudes froides. Il en existe des
centaines de variétés. En Europe, l’érable à sucre, qui
supporte bien la pollution urbaine, est planté dans les
parcs et sur le bord des rues. L’érable plane (Acer
platanoides), qui atteint 30 m de haut, pousse
naturellement dans les forêts mixtes et à proximité des
cours d’eau. Il borde de nombreuses routes de campagne.
Plus décoratifs, l’érable sycomore (Acer pseudoplatanus)
et l’érable du Japon (Acer palmatum) ornent les parcs et
les jardins. L’érable de Montpellier est un arbuste qui
remonte progressivement vers le Nord. Quant à l’érable
champêtre, c’est un bel arbre qui pousse en lisière de
forêt. Au Canada, on rencontre aussi l’érable noir,
l’érable rouge qui affectionne les marécages, l’érable
argenté qui suit les grands cours d’eau et… l’érable
Guiguière. Et celui-là, les amoureux des arbres ne
l’affectionnent pas particulièrement : il a un tronc tordu
et penché, sa sève ne vaut rien, son bois est médiocre et
ses feuilles ne ressemblent même pas à des feuilles
d’érable… Pire, il sent mauvais ! Et comme il pousse
facilement, il a tendance à envahir les USA et le Canada,
des côtes pacifiques aux côtes atlantiques.
Érysimum
Erysimum officinale
L’érysimum, dont l’autre nom est « l’herbe aux
chantres », est une plante bien connue pour soigner la
voix des chanteurs et on la retrouve à ce titre dans
plusieurs spécialités pharmaceutiques indiquées en cas
d’enrouements.
Au début du XVIe siècle déjà, le médecin et naturaliste
français Guillaume Rondelet utilisait l’érysimum pour
soigner les enrouements. Jacques Daléchamp, son élève
et auteur de Historia generalis plantarum, une
compilation de toutes les connaissances botaniques de
l’époque, le raconte : « Rondelet, mon précepteur, fut le
premier que je sache qui le mit en usage, par la seule
décoction duquel il me souvient qu’il rendit la voix
gaillarde et claire à un enfant de chœur qui l’avoit du tout
cassée et quasi perdue avec le souffle mesme. » Et,
contrairement à de nombreuses plantes qui ont été
oubliées au fil des siècles, l’érysimum, lui, a continué son
chemin. Le docteur Leclerc soignait, avec cette plante,
nombre de ses patients dont la voix était mise à rude
épreuve. Il affirmait qu’ils obtenaient un réel
soulagement en cas d’enrouements, de maux de gorge,
d’inflammation du pharynx et de trachéite. L’érysimum
est une plante qui contient une forte proportion d’essence
allylique, une essence sulfurée sans doute grandement
responsable de ses bienfaits.
Surtout frais
On emploie la plante entière et, plus elle est fraîche, plus
elle semble efficace. Il suffit de la préparer en infusion.
Comptez 2 cuillerées à soupe pour 1 tasse d’eau
bouillante et laissez infuser 20 minutes (sous un
couvercle). Buvez-en 3 ou 4 tasses dans la journée. Vous
pouvez aussi employer la plante sèche, mais pour qu’elle
ait un maximum d’efficacité, préparez-la de la manière
suivante : comptez 40 à 60 g de plante sèche pour 1 litre
d’eau tiède. Laissez macérer toute la nuit. Passez le matin
et buvez votre litre dans la journée, en 4 ou 5 fois, entre
les repas. Faites à chaque fois tiédir la macération et
sucrez avec du miel.
Où trouver l’érysimum ?
Cette plante très commune pousse le long des haies, au
bord des chemins et dans les terrains en friche. Ses
feuilles vert foncé toutes déchiquetées poussent sur des
tiges squelettiques désordonnées. Et les petites fleurs
jaunes à quatre pétales sont typiques des crucifères,
disposées en épis le long des rameaux. Elles
s’épanouissent de mai à septembre, puis viennent de
longues et minces gousses.
Un délicieux sirop
Vous pouvez aussi fabriquer votre sirop : faites bouillir
30 g de feuilles et de fleurs d’érysimum et 10 g de
réglisse (sauf si vous souffrez d’hypertension) dans
1 litre d’eau jusqu’à réduction du tiers. Ajoutez 200 g de
sucre complet et faites chauffer au bain-marie jusqu’à
obtenir la consistance d’un sirop. Mettez en flacon.
Prenez-en 4 à 5 cuillerées à dessert par jour en cas
d’enrouements, d’extinction de voix ou de mal de gorge
plus généralement.
Plusieurs auteurs rapportent ce que Racine écrivait à son
ami Boileau atteint d’une extinction de voix : « Le sirop
d’érysimum n’est point assurément une vision.
M. Dodart, à qui j’en parlai il y a trois jours, me dit et
m’assura en conscience que M. Morin, qui m’a parlé de
ce remède, est sans doute le plus habile médecin qui soit
dans Paris et le moins charlatan. Ce médecin m’a assuré
que si les eaux de Bourbonne ne vous guérissent pas, il
vous guérirait infailliblement. Il m’a cité l’exemple d’un
chantre de Notre-Dame, à qui un rhume avait fait perdre
entièrement la voix depuis six mois, et il était prêt à se
retirer. Ce médecin l’entreprit, et avec une tisane d’une
herbe qu’on appelle, je crois, érysimum, il le tira
d’affaire en telle sorte que non seulement il parle, mais il
chante, et a la voix aussi forte qu’il l’ait jamais eue. J’ai
conté la chose aux médecins de la cour ; ils avouent que
cette plante d’érysimum est très bonne pour la poitrine. »
Eschscholtzia
Eschscholtzia californica
Originaire des côtes californiennes, l’eschscholtzia doit
ce nom latin compliqué à un botaniste russe. Il pousse
très facilement dans les jardins où on le cultive
généralement pour ses jolies fleurs jaune orangé très
décoratives.
Un doux somnifère
Comme ses cousins le coquelicot et le pavot à opium,
l’eschscholtzia contient certains alcaloïdes, molécules
auxquelles on attribue ses qualités sédatives. Toute la
plante contient des alcaloïdes, mais ce sont surtout les
parties aériennes que l’on utilise car, dans la racine, l’une
de ces substances, la sanguinarine, est réputée pour
favoriser le glaucome. Avec les pétales, il n’y a pas de
risques.
Des essais français
Une équipe de l’université de Metz a étudié les
différentes propriétés de l’eschscholtzia, montrant que la
plante était anxiolytique à faible dose et sédative à forte
dose et qu’elle agissait à la manière des tranquillisants,
mais sans les effets indésirables de ces derniers. Par
ailleurs, le pavot de Californie est antispamodique et
ralentit le rythme cardiaque.
Pour bien s’endormir, et récupérer
Parce qu’il ne présente pas de toxicité, le pavot de
Californie peut être employé par toute la famille (à partir
de l’âge de 6 ans), hormis les femmes enceintes ou
allaitantes.
On met ses qualités sédatives à profit pour améliorer
l’endormissement ou la qualité du sommeil. Il est
particulièrement indiqué quand on ne parvient pas à
s’endormir parce qu’on est anxieux ou que l’on ressasse
les soucis de la journée.
Comment et quand ?
On peut employer les sommités fleuries de
l’eschscholtzia en tisane à raison de 1 à 2 tasses
d’infusion par jour : mettez 1 cuillerée à soupe de plante
dans 1 tasse d’eau chaude et laissez infuser 10 minutes
avant de filtrer et de boire. La plante existe également
sous forme de compléments alimentaires. Dans ce cas,
suivez les conseils d’utilisations du fabricant.
Estragon
Artemisia dracunculus
Herbacée commune dans tous les jardins potagers,
l’estragon fait partie des Composées, plus exactement des
Astéracées. C’est une plante vivace, haute d’environ
20 cm à 50 cm, aux feuilles étroites, lancéolées, d’un
beau vert clair. Originaire d’Asie, il a suivi les caravanes
d’épices et de soieries pour se répandre au Moyen-
Orient. La plante, au Moyen Âge, a été importée en
Europe par les croisés. Les Arabes utilisaient l’estragon
pour ses vertus médicinales. Le mot estragon est
d’ailleurs venu du mot arabe tharkhoum, qui a été
déformé successivement en targon, puis en dragon. Les
marchands de légumes au XVIe siècle se sont amusés à
faire courir les plus curieuses légendes sur cette plante
« dragon », prétendant surtout que cette herbe était
aphrodisiaque.
Un mets royal
Le docteur Leclerc raconte que le Prince de Galles, « usé
par une vie toute consacrée aux plaisirs physiques et
condamné à n’avoir que quelques réminiscences
voluptueuses » a pu, grâce à la présence d’esprit de ses
médecins et cuisiniers, reprendre le cours d’une vieillesse
normale. Dans les plats qui lui étaient servis, « le piment
d’Inde, le gingembre et autres substances violemment
épicées » avaient été remplacés par l’estragon. Inutile de
préciser que cuisiniers et médecins ont été royalement
récompensés. Et Henri Leclerc conclut ainsi : « De tels
résultats sont bien faits pour encourager les médecins à
méditer sur les bénéfices de toutes sortes que peut leur
procurer la prescription opportune de l’estragon. »
Digestif avant tout
Renfermant des tanins, des coumarines et de l’huile
essentielle (estragol), l’estragon est par ailleurs très riche
en vitamine C. Très bon stimulant de la digestion, c’est
aussi un sédatif léger qui peut favoriser le sommeil et
éloigner les angoisses. Il a également un effet sur la
régulation des menstruations. Sa racine (comme le clou
de girofle) soulage les maux de dents. L’estragon se
prend aussi sous forme de tisane : 1 cuillerée à café de
feuilles sèches par tasse à laisser infuser quelques
minutes. Dans ce cas, il soigne les flatulences, les
lourdeurs digestives et les douleurs gastriques. Si vous
souffrez de rhume des foins et autres allergies
respiratoires, n’hésitez pas à mâcher régulièrement des
feuilles fraîches d’estragon. Ce truc marche aussi pour
éliminer le hoquet. L’estragon (à forte dose) est
cependant déconseillé aux femmes enceintes. Quant à
l’huile essentielle d’estragon, totalement contre-indiquée
pour les enfants, il est déconseillé de l’utiliser en cure de
plus de 4 semaines.
Mouchoir antiallergique
Si vous êtes victime de rhume des foins, respirez
profondément un mouchoir en papier sur lequel vous
aurez déposé quelques gouttes d’huile essentielle
d’estragon. Vos éternuements et larmoiements devraient
rapidement cesser. Vous pouvez faire de même pour faire
passer votre hoquet.
Comment l’acheter, le conserver
Frais, on le conserve quelques jours dans un bocal
hermétiquement fermé au réfrigérateur. Séché, il perd
ses arômes, mais garde certaines de ses propriétés.
Haché finement dans la salade, il permet de mettre
moins d’huile et moins de sel.
Si vous n’avez pas de jardin, vous pouvez en semer
dans un pot sur un rebord de fenêtre pour toujours en
avoir sous la main.
Eucalyptus
Eucalyptus globulus
Il existe plus de 600 espèces différentes d’eucalyptus.
Son tronc est droit, son écorce lisse, de couleur grise. La
disposition des feuilles, leur couleur et même leur forme
sont différentes selon que l’arbre est jeune ou âgé. Dans
le premier cas, elles sont opposées, plutôt bleues et
cireuses, un peu arrondies. Dans le second cas, elles sont
alternées, allongées, luisantes et pendantes. Selon les
espèces, les fleurs peuvent être jaunes, blanches ou
rouges.
En été, choisissez les feuilles les plus longues, les plus
étroites. Laissez sécher à l’ombre dans un endroit aéré.
Conservez-les, comme toutes les plantes, dans une boîte
en carton épais ou un sac en papier.
Un bactéricide puissant
On s’est aperçu, dès le début du siècle dernier, que
l’eucalyptus éloignait les insectes, purifiait l’air et
drainait les terrains marécageux. En 1860, on décida
d’assainir le Midi de la France en introduisant
l’eucalyptus. Avec succès. À mesure que la chimie et la
médecine progressaient, les scientifiques se sont penchés
plus attentivement sur les propriétés des feuilles, des
fleurs et du latex. En fait, ce sont les feuilles adultes qui
possèdent les tanins et les essences les plus riches :
phellendrène, eudesmol, pinène, camphène et bien sûr
eucalyptol. L’eucalyptol et les autres composants de
l’essence d’eucalyptus possèdent des propriétés
bactéricides, antiseptiques, balsamiques,
antirhumatismales, fébrifuges, vermifuges, stimulantes et
cicatrisantes.
Comment l’utiliser ?
Usage externe
Faites une infusion (10 g de feuilles pour 1 litre
d’eau) : utilisez en fumigations, laissez bouillir pour
que la vapeur se disperse dans la maison. En
inhalations, retirez du feu, respirez en mettant votre
visage au-dessus de la casserole : grippes, bronchites,
rhumes, sinusites, toux.
Aromathérapie : 10 gouttes d’huile essentielle
mélangées à du lait en poudre sous le robinet de la
baignoire. Restez dans le bain pendant 15 à
20 minutes : cicatrisation des plaies, rhumatismes,
dermatoses.
Usage interne
Rhumatismes, affections ORL ou respiratoires sont les
principales indications de l’eucalyptus. Cette plante peut
aussi être utile contre les problèmes urinaires, la fièvre, le
diabète, la rougeole, la scarlatine, et même la malaria, ce
qui ne signifie pas que c’est un traitement suffisant.
Infusion : 3 feuilles par tasse ou 1 cuillerée à soupe.
Jusqu’à 5 tasses par jour.
Gélules : suivez les indications du fabricant.
Huile essentielle : 2 gouttes 3 fois par jour avec du
miel.
En cigarettes
À la mode il y a encore quelques années, les cigarettes à
l’eucalyptus semblent moins convaincantes aujourd’hui ;
à la limite, on peut les utiliser à la place du tabac quand
on veut arrêter de fumer.
Euphraise
Euphrasia officinalis
Connue depuis le Moyen Âge, l’euphraise soigne les
problèmes oculaires et vous permettrait même de
retrouver vos yeux d’il y a vingt ans !
Petite fleur rampante, considérée comme une
« mauvaise » herbe par les jardiniers, l’euphraise
médicinale ne paie pas de mine. Haute de 5 à 30 cm, elle
apprécie les terres grasses des pâturages, surtout en
moyenne montagne jusqu’à 1 600 mètres d’altitude. Ses
feuilles sont opposées et dentées, les tiges sont ramifiées,
les fleurs sont blanches, striées de violet. Grâce à ses
racines en forme de ventouses, elle vit aux dépens
d’autres plantes vivaces ou annuelles en pompant à son
profit l’eau et les éléments nutritifs du sol. Elle fleurit de
la fin du printemps au début de l’automne. Selon
Paracelse, inventeur de la Médecine des Signatures, il
existe des similitudes entre la fleur et l’œil humain.
Casse-lunettes
Bien que toute la plante soit médicinale, ce sont les
parties aériennes qui sont utilisées. Euphrasia, en grec,
signifie la joie, car cette modeste mais jolie plante avait
une telle réputation d’efficacité qu’elle rendait la bonne
humeur au malade rapidement guéri. Pourtant, c’est
surtout pour ses qualités de plante oculaire que
l’euphraise s’est rendue célèbre. D’ailleurs, ses surnoms
populaires parlent pour elle : Casse-lunettes, Herbe-aux-
myopes ou Délice-des-yeux. Un peu oubliée en Europe,
elle est toujours très appréciée et utilisée en Amérique du
Nord (Canada et États-Unis).
Pour les yeux et la sphère ORL
Constituée de flavonoïdes, de tanins, de résine, de
principes amers et d’une huile essentielle, l’euphraise
contient aussi de l’aucubine, une substance qui a une
action anti-inflammatoire, antispasmodique et
désinfectante. L’euphraise, très astringente, contracte la
muqueuse de l’œil, stoppant les sécrétions trop
abondantes, soulageant rapidement les conjonctivites, les
larmoiements, les allergies et les inflammations des
paupières. Ses qualités analgésiques, astringentes et
antibactériennes font qu’elle est aussi conseillée pour les
infections de la bouche, de la gorge, du nez et de l’oreille
moyenne : écoulement nasal, sinusite et rhume de
cerveau.
Et aussi
En médecine populaire, les tisanes d’euphraise étaient
utilisées pour stimuler l’appétit (et la sécrétion des sucs
digestifs), calmer les états nerveux, les maux de tête, les
insomnies et les crampes. On peut appliquer