Hôpital militaire régional universitaire d’Oran
Service de Gynécologie-obstétrique
DR OUSALAH
Maitre Assistante HMRUO
LE PLAN:
I-Introduction-définition.
II-Intérêt de la question.
III- Facteurs de risque.
IV- Diagnostic positif:
- Circonstances de découverte.
- Interrogatoire.
-Examen clinique.
-Examens complémentaires.
VI-Classifications:
-BADEN ET WALKER.
-FRANCAISE.
-PELVIC ORGAN PROLAPSE QUANTIFICATION.
VII- Diagnostic différentiel.
VIII- Prise en charge.
1-traitement prophylactique.
2-Indications.
3-Moyens: -Traitement non chirurgical.
-Traitement chirurgical.
IX- Les Formes Particulières.
X- Conclusion.
I-Introduction- définition:
o Le prolapsus pelvi-génital, est une entité anatomoclinique
correspondant à la défaillance des systèmes de soutènement et
de suspension des organes pelviens de la femme, qui font issue à
travers l’orifice vulvovaginal.
o Les PUG sont fréquents, source de gêne fonctionnelle, souvent
associés à des fuites d’urine.
o Le Prolapsus = c’est la descente d’organe permanente ou à
l’effort dans la lumière vaginale, l’orifice vulvaire ou en dehors de
celui-ci, de tout ou une partie des parois vaginales plus au moins
doublées de la vessie; du rectum , de l’utérus ou le fond vaginal.
o Il peut s’agir d’une:
*colpocèle antérieure, prolapsus de l’étage antérieur,
contenant: la vessie: cystocèle.
rarement l’urètre: urétrocèle.
*le prolapsus de l’étage moyen, intéressant:
l’utérus: hystérocèle (ou hystéroptose).
ou, être limité au col utérin: trachélocèle.
ou, au fond vaginal(si pas d’utérus): retournement vaginal.
*colpocèle postérieure, prolapsus de l’étage postérieur,
contenant: le rectum: rectocèle.
ou, le cul-de-sac de Douglas: élytrocèle.
o Ces formes anatomiques; peuvent s’associer diversement;
(cystocèle)
(rectocèle)
élytrocèle
II-Intérêt de la question:
L’anomalie la plus fréquente des troubles de la statique
pelvienne en gynécologie.
Pathologie bénigne de la femme dont l'incidence augmente avec
l'âge et les accouchements.
Source de gêne fonctionnelle parfois handicapante
( incontinence urinaire ou anale).
Une affection courante dont le diagnostic est cliniquement facile,
mais dont le traitement chirurgical est complexe;
Une analyse clinique minutieuse s’impose pour bien poser
l’indication thérapeutique adéquate.
III-Facteurs de risques:
-La multiparité(>4 enfants).
-Accouchement de macrosome par voie basse.
-Accouchement par extraction instrumentale.
-Ménopause(la carence hormonale) est à l’origine d’une atrophie
des tissus de soutien et réduction du taux de collagène.
-Obésité (poids >70 kg).
-Le régime amaigrissant massif.
-Tabac.
-Situation d’hyperpression abdominale: Constipation chronique,
port de charge,…….. .
-Antécédents de chirurgie pelvienne (hystérectomie).
IV- Le diagnostic positif:
A-Circonstances de découverte:
-Le prolapsus génital est le plus souvent découvert par la patiente
lors de sa toilette ( saillie extériorisée à la vulve).
- Plus rarement, il est découvert à l'examen clinique chez une
patiente se plaignant de:
• dysurie,
• d'une pesanteur pelvienne, aggravée par la position debout et
l'effort,
• d'une dyspareunie,
• de métrorragie par ulcération du col,
• parfois constipation ou incontinence anale.
B-L’interrogatoire:
C’est un temps essentiel pour préciser l’importance du
retentissement de la pathologie pour la patiente, il recherche:
les facteurs de risque
les antécédents chirurgicaux particulièrement les interventions
sur le pelvis.
les tares et traitements associés.
le désir de grossesse chez les patientes jeunes.
L'activité sexuelle chez les patientes âgées.
Traitement substitutif chez la ménopausée.
Les atcds obstétricaux, traumatiques…
Les troubles pelviens associés :
* Incontinence anale ou difficulté à évacuer les selles,
* Incontinence urinaire ou dysurie , impériosités mictionnelles,
* Hémorragies génitales.
Rechercher des signes urinaires (pollakiurie) témoignant d’une
infection urinaire.
L'histoire du prolapsus : circonstances de découverte, évolution,
traitements déjà entrepris
Surtout, l’ handicap fonctionnel quotidien qui est la principale
justification chirurgicale
C- L’examen clinique:
*A pour objectifs:
-Pose le diagnostic.
-Précise le type, et permet la classification.
-Contrôler l’état de la musculature pelvi périnéale.
-Rechercher des lésions gynécologiques et urinaires.
*Se pratique:
- En position gynécologique vessie pleine, puis debout.
- Au repos puis à l’effort de poussée (de toux).
A- l’inspection vulvo perinéale:
a/ Au repos:
Béance de l'orifice vulvaire
Cicatrice de déchirure périnéale,
b/ A l’effort: on assiste à;
*Un déroulement progressif de la paroi antérieure du vagin:
Avec bombement d’une partie du vagin strié transversalement.
B-Examen au speculum:
Apprécier: l’état du col, la trophicité des muqueuses,
Un speculum aux valves démontables, introduit en réduisant
progressivement le prolapsus;
-Examen à la valve ant: appliquée contre la paroi vaginale ant,
exposant la paroi vaginale post, mettant en évidence une
colpocèle post
-Examen à la valve post: en refoulant la paroi vaginale
postérieure met en évidence la colpocèle antérieure (le
bombement du segment vésical du vagin).
C-Toucher vaginal: procure des renseignements :
-Sur la taille de l'utérus:
- normal (de volume normal, ou atrophique de la ménopause),
- ou pathologique (adénomyosique ou porteur de fibromes utérins).
-Sur la mobilité de l'utérus:
l’utérus est manipulé entre la main interne et la main abdominale.
-Sur l’étiologie du prolapsus : en particulier:
* les cicatrices vaginales observées, les déchirures du col sont en
faveur du traumatisme obstétrical ;
* l’atrophie des tissus et des organes plaide pour une défaillance
hormonale;
-Le TV : appréciera la tonicité musculaire(ex: des muscles
releveurs de l’anus).
D-Le toucher rectal:
-Permet d’explorer l’ampoule rectale,, la tonicité du sphincter anal.
E-Combiné au TV:
-Apprécier la cloison recto vaginale, épaisseur et la consistance,
F-Palpation abdominale :
– État de la musculature
– Orifices herniaires (ombilical, inguinal, crural).
G-Examen général :
– Neurologique (si anomalie de l'examen local).
– Rhumatologique (étude de la laxité articulaire).
D/- Examens complémentaires:
Echographie pelvienne : utérus et annexes.
Le bilan du col : FCV, +/- biopsie sous colposcopie.
Les explorations endo-utérine: en cas de métrorragies
associées, hystéroscopie, curetage biopsique.
Faire un ECB des urines
Le bilan urodynamique :est utile pour rechercher des troubles
urinaires associés (l'incontinence urinaire).
VI- Classification des PUG:
1-Classification de BADEN ET WALKER :
- La descente des organes génitaux est alors évaluée par rapport à
l’hymen qui est le point de référence.
- La classification concerne les quatre étages génitaux,
soit d'avant en arrière : cystocèle, hystéroptose (ou prolapsus du
dôme vaginal après hystérectomie), élytrocèle et rectocèle.
grade 0 : position normale de l'étage étudié.
grade 1 : descente de l'étage à mi-chemin entre sa position
normale et l'hymen
grade 2 : descente de l'étage jusqu'au niveau de l'hymen.
grade 3 : extériorisation de l'étage au-delà de l'hymen.
grade 4 : extériorisation maximale de l'étage par rapport à l'hymen.
2-Classification française:
Elle consiste en une stadification par rapport à la
vulve pour chacun des éléments anatomiques :
– stade 1: intra vaginal.
– stade 2: arrive au niveau de la vulve.
– stade 3: la dépassant.
Malheureusement, cette classification est simple ,mais reste
trop imprécise.
3-Pelvic organ prolapse quantification: POPQ:
VII- Diagnostic différentiel:
1. Kystes vaginaux :
.Leur diagnostic se fait par l’examen clinique.
.Une échographie pelvienne révèle habituellement la nature
réelle de la tuméfaction dans les cas difficiles.
2. Tumeurs bénignes :
. Du col utérin, prolabées dans la cavité vaginale, plus souvent
il s’agit d'un fîbromyome pédiculé.
. Le simple examen au spéculum permet de redresser le
diagnostic.
VIII- Prise en charge:
1- Traitement Prophylactique:
Le traitement du prolapsus est complexe. Il doit d’abord être
prophylactique:
-Au cours de la grossesse, limiter la prise de poids et dépister le
diabète gestationnel.
-Au cours de l'accouchement, préférer l'épisiotomie à la déchirure
périnéale, le forceps à l'expression abdominale et la césarienne au
forceps difficile .
-Entretenir la trophicité du vagin par une hormonothérapie
(œstrogène) chez la patiente ménopausée.
-Eviter ou traiter les causes d'hyperpression abdominale chronique.
.
2- Les Indications du traitement: dépendent de l'âge, de la
gêne fonctionnelle,
Une Gêne modérée: Il n'y pas d'indication chirurgicale.
Une gêne moyenne: Le traitement médical des troubles génitaux
associés (sécheresse vaginale, pesanteur pelvienne, incontinence
urinaire d'effort) peut permettre de retrouver une qualité de vie
satisfaisante.
Une gêne importante: c’est Le traitement chirurgical.
3-Moyens thérapeutiques:
A/ Traitement non chirurgical:
1-Le pessaire:
- Il s'agit d'un anneau introduit dans le vagin pour maintenir l’utérus
dans sa position normale.
-C’est la seule alternative à la chirurgie chez les patientes non
Opérables.
-Il demande une surveillance régulière pour dépister les
complications qui peuvent être: une infection vaginale, des
ulcérations vaginales.
Il ne corrige pas l’incontinence urinaire.
2-La rééducation périnéale a une action sur les troubles
urinaires associé, et sur la pesanteur pelvienne, mais elle ne
peut pas corriger le trouble anatomique.
3-L’hormonothérapie chez la patiente ménopausée, permet
d’améliorer la trophicité locale, de réduire les troubles urinaires
et de faciliter la rééducation ou la chirurgie.
B/ TRT chirurgical:
*Le traitement du prolapsus constitué, demeure essentiellement
chirurgical.
*Son indication, est donc posée en fonction du gain de confort
espéré, et confronté aux risques vitaux de l’acte opératoire, et à
l’éventualité de troubles fonctionnels postopératoires.
*Avant d’opérer il faut d’abord apprécier:
- l'Age et l’état général de la patiente,
- La gêne fonctionnelle,
-Le désir de grossesse,
- Le désir de conserver une activité sexuelle,
- L’importance des lésions anatomiques et troubles urinaires.
*En pratique:
-N'opérer que les patientes gênées, et traiter dans le même temps
les trois étages (antérieur, moyen et postérieur).
*En cas de chirurgie;
-La voie vaginale est préférée chez les patientes de plus de 60ans.
-La laparotomie est choisie chez les patientes jeunes, ou présentant
des facteurs de risque (hyperpression abdominale chronique).
IX-FORMES PARTICULIERES
-Chez la femme enceinte :
Le prolapsus est exceptionnel en cours de grossesse.
Le plus souvent, il se réduit spontanément après le troisième mois, en
raison du développement abdominal de l'utérus.
-Chez la femme jeune désireuse d'une nouvelle grossesse :
- Si la gêne est modérée, intervenir qu’après la grossesse.
- Si la gêne est importante, une intervention par laparotomie(avant la
grossesse) en conservant l'utérus est choisie, et en cas de grossesse,
l'accouchement par césarienne est conseillé.
NB/Chez une patiente jeune peu gênée , désirant conserver sa
fécondité et accoucher par voie basse; il n’y pas d’indication
chirurgicale
-Le prolapsus après hystérectomie :
le plus souvent c’est un prolapsus du fond vaginal.
X-Conclusion:
-Le prolapsus génital est une pathologie fréquente de la femme âgée,
dont la prise en charge tient compte essentiellement de l’handicap
fonctionnel.
-Diagnostiquer un trouble de la statique pelvi-périnéale est simple;
Les signes cliniques sont le plus souvent faciles à recueillir,
et permettent d’élaborer un diagnostic et une stratégie de prise
en charge.
-Il ne faut pas hésiter à opérer une patiente gênée, même si elle est
âgée.
-En revanche, il n'existe aucune urgence chez la patiente qui ne
souffre pas dans ses activités quotidiennes.
Merciiiiiiiii
Références
EMC 2002;
ENC Gynécologie-Obstétrique 2011.
Gynécologie pour le praticien J-Lansac 2012
CNGOF 2007 recommandations pratiques
Prolapsus génital et incontinence urinaire chez la femme Professeur
Pierre BERNARD Septembre 2002