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Integrite

La leçon expose la théorie des vices du consentement, notamment l'ivresse, la maladie, l'erreur, le dol et la violence. Elle analyse la notion et la sanction de chaque vice, permettant d'annuler le contrat si le consentement n'est pas intègre.

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Integrite

La leçon expose la théorie des vices du consentement, notamment l'ivresse, la maladie, l'erreur, le dol et la violence. Elle analyse la notion et la sanction de chaque vice, permettant d'annuler le contrat si le consentement n'est pas intègre.

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Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Technologie

Université Virtuelle de Tunis

Fiche descriptive de la leçon :

« L’intégrité du consentement »

Attention !
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Université Virtuelle de Tunis Droit des obligations et des sûretés
L’intégrité du consentement

A/Fiche descriptive de la leçon

Résumé de la leçon La leçon a pour objet d’exposer la théorie des vices du consentement.
Elle contient l’étude des vices du consentement les plus fréquents en
pratique (ivresse, maladie, erreur, dol, violence, lésion), ainsi que la
sanction infligée lorsque le consentement n’est pas intègre.

Mots clés de la leçon Vices du consentement, ivresse, maladie, lésion, contrat lésionnaire,
dol lésionnaire, mineur, majeur incapable, erreur, erreur de droit,
erreur de fait, intuitu personnae, dol, manœuvres frauduleuses,
tromperies, mensonges, réticences, dolus bonus, dolus malus, silence
dolosif , obligation d’information et de renseignement, tiers,
complicité, complice, violence, violence physique, violence morale,
contrainte, crainte, crainte révérencielle, annulation, nullité relative,
nullité absolue, préjudice, responsabilité civile, dommages-intérêts.

Durée de travail de 3 heures (2 séances de 1 heure et 30 minutes)


l'étudiant

Objectifs de la leçon L’apprenant doit être capable de :

- analyser les différents vices du consentement ;

- distinguer entre les différents vices du consentement ;

- analyser la notion et le régime juridique de chaque vice du


consentement ;

- analyser la sanction infligée pour chaque vice du consentement.

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2 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


Université Virtuelle de Tunis Droit des obligations et des sûretés
L’intégrité du consentement

B/Contenu pédagogique de la leçon


Pour être juridiquement efficace, le consentement doit être donné par une
volonté libre et éclairée. Si l’une des parties n’a pas décidé en connaissance de cause, ou a
subi une pression, son consentement, sans être inexistant, est vicié, et le contrat est annulable.

D’après l’article 43 du C.O.C., il n’existe que trois vices du consentement : erreur, dol
et violence. À ces cas, le C.O.C. a prévu d’autres hypothèses d’annulation du contrat pour
vice de consentement. Il s’agit du consentement en état d’ivresse, du consentement en état de
maladie et de la lésion.

 Le consentement en état d’ivresse : Cette hypothèse est prévue dans l’article 58 du


C.O.C. qui dispose : « Il y a lieu à rescision (nullité relative) lorsque la partie qui a
contracté se trouvait dans un état d’ivresse qui a troublé ses facultés ».
D’après cet article, l’ivresse n’est retenue comme un cas de vice de consentement que
lorsqu’elle a eu pour effet de troubler les facultés mentales de l’ivrogne. Il faut donc prouver
que l’ivrogne, au moment où il exprimait son consentement, n’était pas pourvu de ses facultés
de discernement.

 Le consentement en état de maladie : L’article 59 du C.O.C. dispose : « Les motifs de


rescision, fondés sur l’état de maladie et autres cas analogues, sont abandonnés à
l’appréciation des juges ».
Cet article accorde au juge un libre pouvoir pour apprécier la maladie génératrice
d’annulation. On comprend, dès lors, que la jurisprudence a joué un grand rôle dans la
délimitation de la notion de maladie : on ne retient pas n’importe quelle maladie, mais une
maladie grave et ce, afin de favoriser le maintien du rapport contractuel.

 La lésion (la défaveur)

3 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

La lésion est définie comme étant un déséquilibre pécuniaire entre les prestations des
parties au contrat.

Un contrat lésionnaire est un contrat où un préjudice pécuniaire résulte, pour l’une


des parties, d’une inégalité de valeur entre les prestations. L’une des parties ne retire pas des
avantages équivalents à la prestation qu’elle fournie. Exemples : l’acheteur a acheté trop
cher ; le vendeur a vendu trop bon marché ; l’employé reçoit un salaire trop bas.
Du moment que les articles 60 et 61 du C.O.C. sont prévus dans le paragraphe relatif
aux vices du consentement, il est naturel de supposer que la lésion, dans l’esprit du
législateur, est un vice du consentement, soit qu’elle constitue un vice distinct, soit qu’elle
fasse seulement présumer l’existence d’un autre vice comme le dol.
a) Le principe
Le principe est négatif : la lésion n’est pas une cause de nullité du contrat. Ce
principe découle de l’article 60 du C.O.C. : « La lésion ne donne pas lieu à la rescision… ».
Ce principe négatif trouve son fondement dans le principe de l’autonomie de la
volonté. En effet, d’après la doctrine libérale, ce qui a été consenti est nécessairement juste :
les contractants sont les meilleurs juges de leurs intérêts, les engagements qu’ils ont pris
doivent être, en tout état de cause, respectés. Dans cette optique libérale, la lésion serait donc
inconcevable.
b) Les exceptions au principe
Le législateur prévoit deux exceptions. Ces exceptions se justifient par la faiblesse de
l’individu qui appelle protection.
 Contrats passés par les mineurs ou par les majeurs incapables
L’article 61 du C.O.C. dispose : « La lésion donne ouverture à la rescision lorsque la
partie lésée est un mineur ou un incapable, alors même qu’il aurait contracté avec
l’assistance de son tuteur ou conseil judiciaire dans les formes déterminées par la loi et bien
qu’il n’y ait pas dol de l’autre partie. Est réputée lésion, toute différence au-delà du tiers
entre le prix porté au contrat et la valeur effective de la chose ». Ainsi, par exemple, la valeur
de la chose est de 15 millions, mais le contrat a été conclu à 9 millions, la lésion est alors au
delà du tiers qui est de 5 millions.
À travers cet article, le législateur envisage la lésion à l’égard des mineurs et majeurs
incapables comme une simple inéquivalence entre les prestations : une partie a reçu moins
que ce qu’elle a donné (lésion au delà du 1/3). Pour annuler une opération lésionnaire

4 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

contractée par un mineur et majeur incapable, on n’a pas besoin de démontrer qu’il y a un
vice du consentement ; le critère de l’annulation est purement objectif, à caractère
économique (au-delà du 1/3). Ceci démontre que la lésion, pour les mineurs et majeurs
incapables, est sanctionnée en tant que telle, et non pas en tant que vice du consentement 1.
 Contrats passés par les majeurs capables
L’article 60 du C.O.C. dispose : « La lésion ne donne pas lieu à la rescision, à moins
qu’elle ne soit causée par le dol de l’autre partie, ou de celui qui la représente ou qui a traité
pour elle… ». Autrement dit la lésion, pour les personnes capables et majeures, n’est retenue
que si elle est provoquée par le dol, c’est-à-dire dans la mesure où elle est la manifestation
matérielle, la conséquence économique de l’existence du vice du consentement qu’est le dol :
dès lors que l’une des parties a fait une affaire aussi mauvaise, c’est qu’elle a été trompée ;
car, si sa volonté avait été parfaitement libre et éclairée, elle n’aurait pas contracté.
Ainsi, contrairement au cas de l’article 61, la lésion de l’article 60 n’est pas
sanctionnée en tant que telle (en tant que lésion) mais comme résultat du dol. Pour obtenir
l’annulation, il faut démontrer le dol, et c’est le dol lésionnaire qui sera sanctionné en tant
que vice du consentement. Voilà pourquoi le législateur a traité la lésion, à travers l’article 60,
au titre des vices du consentement.
À côté de ces trois cas spécifiques, trois vices peuvent altérer le consentement : erreur,
dol et violence.

1) L’erreur

L’erreur consiste à se tromper, à croire vrai ce qui est faux ou inversement. En


utilisant un langage juridique, on peut dire que :

L’erreur est le fait de se représenter inexactement l’objet ou le sujet d’une obligation.

C’est donc une discordance entre la volonté interne et la volonté déclarée.

Le problème qui se pose est de savoir pour quelles erreurs un contrat peut-être annulé
afin d’examiner, ensuite, le régime juridique de l’erreur.

a - Les différentes catégories d’erreurs

1
Et c’est pour cette raison qu’il faut s’étonner en trouvant l’article 61 figurer dans la rubrique des vices du
consentement.

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L’intégrité du consentement

L’erreur n’est un vice du consentement que si elle présente une certaine gravité. Cette
gravité va déterminer la nature et le degré de la sanction à prononcer. Ainsi, la prise en
considération de la gravité de l’erreur oblige à faire le tri entre les erreurs qui entraînent (1) et
celles qui n’entraînent pas (2) la nullité du contrat.

1) L’erreur en tant que vice du consentement


C’est celle qui est sanctionnée par une nullité relative, invocable par le contractant
seul qui l’a commise. Il s’agit, soit d’une erreur de droit, soit d’une erreur de fait.

a - L’erreur de droit

D’après l’article 44 du C.O.C., l’erreur de droit peut entraîner la nullité du contrat.


Cette disposition ne contredit pas l’adage célèbre selon lequel « nul n’est censé ignorer la
loi ». Il signifie seulement qu’une personne ne peut prétendre échapper à l’application de la
loi sous le prétexte qu’elle l’ignore : elle y sera soumise de toute façon. Le problème de
l’influence d’une erreur de droit sur la validité du contrat est tout différent : il s’agit de savoir
si le consentement a été vicié ou non. Or, il peut l’être par une opinion juridique inexacte.

Pour que la nullité soit prononcée, il faut que l’erreur de droit soit la cause principale
et déterminante (on doit établir que, sans elle, l’intéressé n’aurait pas contracté), et qu’elle soit
excusable, en d’autres termes, elle ne doit pas provenir d’une véritable faute du contractant
qui s’en prétend victime. L’erreur inexcusable ne vicie pas le consentement car il n’est pas
permis d’être négligent dans ses propres affaires.

Ainsi, retrouve-t-on ici comme exemple caractéristique la cession de droits successifs


ou la renonciation à une succession déterminée par une opinion juridique inexacte des règles
successorales.

b - L’erreur de fait

Il ne s’agit pas d’une erreur sur un élément de droit mais d’une erreur sur un élément
de fait. L’erreur de fait peut porter, soit sur l’objet de l’obligation (article 45 C.O.C.), soit sur
le sujet de l’obligation (article 46 C.O.C.).

(1) L’erreur sur l’identité, l’espèce ou la qualité substantielle de l’objet

6 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

L’article 45 C.O.C. dispose « L’erreur de fait peut donner ouverture à la rescision


lorsqu’elle tombe sur l’identité ou sur l’espèce, ou bien sur la qualité de l’objet qui a été la
cause déterminante du consentement ».

 L’erreur sur l’identité de l’objet


C’est une erreur qui porte sur la détermination exacte et précise de l’objet du
contrat. Exemple : l’un a voulu vendre tel immeuble, son cocontractant en acheter un autre.

 L’erreur sur l’espèce de l’objet


Il s’agit d’une erreur sur la matière dont la chose est faite. Exemple : le contrat est
nul si l’on achète une statuette que l’on croit être en argent, et qui est en bronze ou en cuivre.
 L’erreur sur la qualité de l’objet
Il s’agit de la qualité substantielle, c’est-à-dire la qualité essentielle qui a déterminé
le consentement de l’une des parties, de telle sorte que celle-ci ne se serait pas engagée si elle
avait su que cette qualité n’existait pas. Exemple : le contrat est nul si l’on achète un objet
d’art que l’on croit authentique, et qui est en réalité une imitation.

(2) L’erreur sur la personne ou sur la qualité substantielle de la personne

L’erreur sur la personne doit être entendue dans un sens large. Il arrive qu’elle porte
sur l’identité physique ou civile de la personne (croyant traiter avec un individu, on s’est
engagé envers un autre, en raison, par exemple, d’une homonymie inaperçue). Plus souvent,
elle porte sur les qualités essentielles susceptibles d’avoir déterminé le consentement.
Exemple : erreur sur la situation familiale dans un contrat de mariage (célibataire, divorcé,
veuf…).

D’après l’article 46 C.O.C., l’erreur portant sur la personne de l’une des parties ou sur
sa qualité essentielle ne donne pas ouverture à rescision, sauf le cas où la personne ou sa
qualité ont été l’une des causes déterminantes du consentement donné par l’autre partie. Ce
principe négatif démontre que l’erreur sur la personne ou sur la qualité de la personne n’est
pas une cause de nullité. C’est à titre exceptionnel qu’elle est admise lorsqu’il s’agit d’un
contrat conclu intuitu personnae.

L’intuitu personnae existe toujours dans les contrats à titre gratuit (ce n’est pas à
n’importe qui que l’on fait une donation). Il existe parfois dans les contrats à titre onéreux,
notamment dans ceux qui comportent des prestations dont les qualités personnelles du
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L’intégrité du consentement

débiteur garantissent, seules, la bonne exécution. Exemple : crédit accordé à un acheteur


solvable.

2) L’erreur sans incidences sur le consentement

C’est une catégorie qui comprend les erreurs sans incidences sur la validité du
contrat. Il s’agit des erreurs qui n’ont pas été précédemment examinées.

 L’erreur sur la personne, dans les contrats qui ne comportent pas d’intuitu personnae,
ou l’erreur sur les qualités non essentielles de l’objet ou de la personne. Exemple : le
tableau représentait des fleurs, alors que j’avais cru y voir un jeu de cubes.
 L’erreur sur les motifs est sans incidences sur la validité du contrat car les motifs sont
purement personnels, subjectifs, par conséquent ignorés normalement du cocontractant.
Exemple : un fonctionnaire qui escompte être nommé prochainement dans telle ville, y
achète une maison pour l’habiter. Si la nomination n’intervient pas, il y a erreur sur le
motif. Le contrat demeure valable car le motif demeure extérieur aux éléments constitutifs
du contrat.
Cependant, l’erreur cesserait d’être indifférente si les motifs avaient été expressément
incorporés au contrat par un accord des parties et seraient donc la cause déterminante de
l’accord.

 L’erreur sur la valeur n’est pas considérée comme une cause de nullité du contrat. On
estime, en effet, que les erreurs de calcul économique doivent être supportées par celui qui
les a commises comme un risque des affaires et du crédit (système de l’économie libérale :
liberté dans la fixation des prix).
Cependant, l’erreur sur la valeur peut être une cause de nullité si elle s’accompagne
d’un autre vice du consentement : dol pour les majeurs capables ou lésion pour les mineurs et
majeurs incapables. Mais alors la nullité, dans ces cas, sera prononcée au regard du vice
considéré. Exemple : une personne achète un objet d’art pour 2.000 dinars alors qu’il vaut en
réalité 1000 dinars parce que le vendeur l’a trompé sur sa valeur. Il y a ici nullité pour dol.

 L’erreur de calcul ne constitue pas non plus une cause de nullité du contrat. D’après
l’article 47 du C.O.C., elle doit simplement être rectifiée.

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L’intégrité du consentement

Les différentes catégories d’erreurs

L’erreur en tant que L’erreur sans incidences sur le consentement


vice du consentement

L’erreur L’erreur de L’erreur L’erreur L’erreur L’erreur


sur la
de droit fait : sur la sur les de calcul
valeur
1) L’erreur personne, motifs
sur (dans les
l’identité, contrats
l’espèce ou qui ne
la qualité comportent
substantielle pas
de l’objet d’intuitu
2) L’erreur personnae)
sur la ou l’erreur
personne ou sur les
sur la qualités
qualité non
substantielle essentielles
de la de l’objet
personne ou de la
personne

b - Le régime juridique de l’erreur

L’annulation pour erreur obéit à un certain nombre de conditions. Il faut aussi établir
la preuve de cette erreur pour faire prononcer cette annulation.

(1) Conditions de la nullité pour erreur

a - L’erreur doit avoir un caractère déterminant

Cela signifie que sans l’influence de cette erreur sur le consentement, la personne
qui s’est trompée n’aurait pas contracté.

9 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

L’appréciation du caractère déterminant de l’erreur est laissée à l’appréciation


souveraine du juge. Il en résulte que, selon les circonstances, une même erreur peut vicier ou
ne pas vicier le consentement de celui qui l’a commise suivant l’importance qu’il attache à
l’élément sur lequel il s’est trompé. C’est ainsi que celui qui a embauché pour son entreprise
un chef de service qu’il croyait titulaire d’un diplôme d’ingénieur pourra obtenir l’annulation
du contrat d’embauche si ce diplôme était l’élément déterminant de son choix. Mais il ne
l’obtiendra pas s’il n’avait en vue que l’expérience professionnelle de la personne embauchée.

b - L’erreur doit avoir un caractère excusable

Lorsqu’elle est inexcusable, l’erreur cesse d’être une cause de nullité car, estime t-on,
il n’est pas permis d’être trop négligent dans ses propres affaires.

Pour apprécier ce caractère, le législateur invite le juge, dans l’article 48 du C.O.C., à


tenir compte de l’âge, du sexe, de la condition des personnes et des circonstances de la cause.
Là aussi, il s’agit d’une approche subjective : ce qui est considéré comme une erreur
excusable pour une personne peut ne pas l’être pour une autre. Une erreur commise par un
professionnel, par exemple, dans un domaine concernant sa profession sera inexcusable. Ainsi
n’est pas protégé l’architecte qui achète un terrain sans s’informer de sa constructibilité.

Conditions de
la nullité pour
erreur

L’erreur doit L’erreur doit


avoir un avoir un
caractère caractère
déterminant excusable

(2) La preuve de l’erreur

Conformément aux règles de droit commun (article 420 du C.O.C.), la preuve de


l’erreur doit être faite par celui qui s’en prévaut, en d’autres termes par le demandeur qui est
souvent l’acheteur. Il devra non seulement prouver qu’il s’est trompé (l’erreur), mais qu’il
s’est trompé sur un élément qui faisait partie du champ contractuel, c’est-à-dire sur un élément

10 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

déterminant du consentement. De plus, il doit prouver que cette erreur a un caractère


excusable.

S’agissant de la preuve d’un phénomène psychologique, donc interne, la preuve de


l’erreur ne sera pas aisée. Dans ce cas, l’appréciation du juge est souveraine. Il pourra tenir
compte des circonstances dans lesquelles le contrat a été conclu et de l’âge, du sexe et de la
condition des personnes.

Etant un fait juridique, l’erreur peut se prouver par tous moyens (car il ne s’agit pas de
prouver contre le contenu de l’acte, mais de prouver l’altération de la volonté du contractant,
demandeur en annulation) 2.

2) Le dol

Non défini par la loi,

le dol s’entend de manœuvres frauduleuses, tromperies, mensonges, réticences, dont une


personne use pour en tromper une autre à l’occasion d’un contrat.

Ainsi, le dol est une erreur provoquée alors que l’erreur a un caractère spontané.
C’est pour cette raison que la loi se montre plus protectrice pour la victime d’un dol que pour
celui qui a commis une erreur. Celui-ci s’est trompé spontanément et n’a qu’à s’en prendre à
lui-même. La victime du dol a été trompée, ce qui suppose un trompeur. Il y a dans le dol une
sorte de délit civil : quand les éléments constitutifs en sont réunis, une sanction est alors
applicable.

a- Les éléments constitutifs du dol

D’après l’article 56 du C.O.C., le dol comporte un élément matériel et un élément


intentionnel ou psychologique.

(1) L’élément matériel

Le dol est matériellement constitué, soit par des manœuvres, soit par des réticences.

(a) Les manœuvres


Le mot manœuvre, qui figure à l’article 56, implique une idée de :

2
Sur la preuve en droit, v. cours d’Introduction à l’étude du droit (1 ère année).

11 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

ruse, de machination et d’artifice accomplis en vue de la tromperie.


Si les manœuvres dolosives s’accompagnent de manœuvres frauduleuses, il n’y a
aucune difficulté de retenir le dol en plus d’une infraction : l’escroquerie ou le faux (articles
291 et 175 du Code pénal). Exemple : dans une vente, lorsque le vendeur falsifie le compteur
kilométrique d’une voiture, fait intervenir un complice qui attestera le bien-fondé de ses dires,
produit de faux documents… il y a faux et escroquerie (droit pénal). De plus, la victime
pourra demander l’annulation du contrat sur la base d’un dol en plus des dommages-intérêts
(droit civil). Ainsi, dans ce cas, le dol s’accompagne d’infractions.
La difficulté se présente réellement lorsqu’on est en présence d’un simple mensonge.
En effet, un simple mensonge, non appuyé sur des actes extérieurs (manœuvres frauduleuses),
peut constituer un dol, alors qu’il serait insuffisant pour constituer une escroquerie.
Cependant, le simple mensonge ne constitue pas nécessairement un dol. Par exemple,
dans le domaine du commerce, on tolère les exagérations habituelles des commerçants qui
vantent leurs marchandises. Il est de principe que l’on ne tient pas compte des allégations
mensongères qui sont tolérées par la morale des affaires. Il appartient aux consommateurs de
faire preuve de vigilance dans la défense de leurs intérêts. Par conséquent, pour que le
mensonge constitue un dol, il faut qu’il soit d’une certaine gravité.
Ainsi, notre droit a conservé la tradition romaine qui ne sanctionnait pas le dolus
bonus (le bon dol (toléré), le dol simple), opposé au dolus malus (le mauvais dol, le dol
grave). Seul le dolus malus est un vice du consentement et entraîne la nullité du contrat. Et
c’est au juge d’apprécier souverainement s’il s’agit d’un bon dol ou d’un mauvais dol et ce, en
fonction du genre de la profession, des usages, de l’âge, du degré d’instruction et de la
condition des parties (appréciation subjective).
Parfois, c’est la loi qui vient le dire. Dans le droit de la consommation, par exemple,
on distingue entre la publicité admissible (mensonge admissible) et la publicité qualifiée de
mensongère (la fausse publicité est un mensonge déloyal, dolus malus).

(b) Les réticences


Le fait de ne rien dire, de ne pas renseigner, de ne pas informer son cocontractant
sur certains éléments du contrat envisagé, peut-il constituer un dol ? Le silence prend ici le
nom de réticence.
À cette question, le législateur répond par la positive dans l’article 56 du C.O.C.. En
effet, la réticence peut constituer un dol lorsqu’un contractant n’a pas révélé à l’autre

12 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

un élément d’information important que ce dernier aurait eu intérêt à connaître, car il


est décisif pour la conclusion du contrat (c’est le dol négatif). Exemple : le contrat
d’assurance est nul si l’assuré n’a pas déclaré toute circonstance de nature à augmenter le
risque de sinistre ; dans le cas d’assurance contre l’incendie, par exemple, la présence d’un
dépôt d’essence à proximité de l’immeuble. C’est qu’il s’agit de faits qui sont connus de
l’assuré, alors que l’assureur pourrait difficilement les découvrir.
Ainsi, la législation moderne consacre de plus en plus une obligation d’information
et de renseignement qui pèse surtout sur les professionnels afin de protéger le
consommateur. On suppose que le professionnel, par son silence, veut tromper le
consommateur. Il y a donc un silence dolosif. Mais il s’agit d’une présomption simple qui
peut-être renversée par la preuve contraire.

(2) L’élément intentionnel


L’auteur du dol doit avoir l’intention ou la volonté de tromper son cocontractant, de
l’induire en erreur. Il n’y a pas de dol qu’intentionnel.
Traditionnellement, le dol est considéré comme un délit civil, une faute volontaire, qui
engage la responsabilité civile de son auteur : article 82 du C.O.C. (il peut, en plus, engager sa
responsabilité pénale si le dol s’accompagne d’une escroquerie ou (et) d’un faux en écriture).
C’est pourquoi la loi se montre plus protectrice pour la victime d’un dol (erreur
provoquée) que pour celui qui a commis une erreur spontanée : le dol qu’il soit positif
(manœuvres) ou négatif (réticences) entraîne la nullité du contrat, alors que l’erreur, dans
certains cas, paraît insuffisante pour justifier une telle sanction (erreur sur la valeur ou erreur
sur les motifs, qui ne sont pas entrées dans le champ contractuel des parties).

Les éléments
constitutifs du
dol

L’élément L’élément
matériel intentionnel

1/ Les manœuvres

2/ Les réticences

13 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

b - Les conditions de l’annulation pour dol


Même assez graves pour mériter la qualification de dol, les manœuvres ou la réticence
ne permettent d’obtenir l’annulation du contrat qu’à des conditions.

(1) L’auteur du dol


L’article 56 C.O.C. dispose : « Le dol donne ouverture à la rescision lorsque les
manœuvres ou les réticences de l’une des parties, de celui qui la représente ou qui est de
complicité avec elle, sont de telle nature que, sans ces manœuvres ou ces réticences, l’autre
partie n’aurait pas contracté. Le dol pratiqué par un tiers a le même effet, lorsque la partie
qui en profite en avait connaissance ».
Ainsi, le dol n’est une cause de nullité du contrat que s’il émane du cocontractant ou
de son représentant parce qu’il repose sur l’idée d’une faute de celui-ci. S’il émane d’un tiers,
il est sans effet, sauf s’il y a complicité entre celui-ci et le cocontractant. Dans ce cas, le dol
émanant d’un tiers exerce, sur la volonté de la victime, la même influence déterminante que
celui du cocontractant qui a profité du dol. Il faut, au moins, que ce dernier ait eu
connaissance de la manœuvre ou de la réticence pratiquée par le tiers.
Il est à remarquer que la conception de notre législateur est plus restrictive en matière
de violence. Les victimes du dol ont paru mériter moins de protection (il y a une certaine faute
à se laisser duper).

(2) Le caractère déterminant du dol


D’après l’article 56 du C.O.C., il faut que les manœuvres ou la réticence aient été
déterminantes, ce qui suppose que, sans elles, le contrat n’aurait pas été conclu. À ce dol
principal, il est traditionnel d’opposer le dol incident. Celui-ci ne porte que sur des éléments
secondaires du contrat ; s’il n’avait pas eu lieu, le contrat aurait quand même été conclu, mais
à des conditions différentes, notamment à des conditions pécuniaires plus avantageuses.
Seul le dol principal justifie l’annulation du contrat en plus des dommages-intérêts.
D’après l’article 57 du C.O.C., le dol incident ne permet pas d’annuler le contrat mais
seulement l’allocation de dommages-intérêts si un préjudice a été causé. L’article précité
dispose que « Le dol qui porte sur les accessoires de l’obligation et qui ne l’a pas déterminée
ne peut donner lieu qu’à des dommages-intérêts ». C’est le cas, par exemple, du cessionnaire

14 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

d’un fonds de commerce auquel le cédant n’a pas mentionné certains éléments secondaires
(accessoires) du fonds de commerce.

Les conditions de
l’annulation
pour dol

L’auteur du dol : Le caractère


le cocontractant, déterminant du
son représentant dol
ou un tiers (s’il y
a complicité entre
celui-ci et le
cocontractant).

c - Les conséquences juridiques du dol

 En tant que le dol vicie le consentement de la victime, la sanction normale est la nullité
du contrat. La nullité dont il est question est une nullité relative, à la demande du
contractant dupé.
 Mais le dol est aussi une faute volontaire qui peut être sanctionnée par des dommages-
intérêts. En effet, le droit de demander la nullité du contrat pour dol (dol principal)
n’exclut pas l’exercice d’une action en responsabilité civile délictuelle par la victime des
manœuvres dolosives ou réticences pour obtenir de leur auteur la réparation du préjudice
subi (article 82 du C.O.C.).

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L’intégrité du consentement

Les
conséquences
juridiques du dol

Le dol est un vice Le dol est une


du consentement faute volontaire
(article 43 du
C.O.C.)
La réparation du
préjudice subi
(article 82 du
C.O.C.)
La nullité
(relative) du
contrat
Le paiement de
dommages-
intérêts

3) La violence
Ce vice est d’une tout autre nature que les précédents. Erreur et dol atteignent le
consentement dans son élément intellectuel : spontanément ou par la faute de son
cocontractant, l’une des parties s’est inexactement représentée les avantages et les
inconvénients du contrat, sa délibération a été faussée. La violence atteint le consentement
dans son élément de liberté : intellectuellement la victime perçoit très bien qu’elle conclut un
« mauvais contrat », elle s’y résout, cependant, afin d’échapper à un mal plus grave dont elle
est menacée pour le cas où elle refuserait de s’engager. Le véritable vice n’est donc pas la
violence en soi, mais la crainte que celle-ci inspire.
Pour avoir une meilleure idée de la violence, nous étudierons ses éléments constitutifs
et les conditions d’annulation.

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L’intégrité du consentement

a- Les éléments constitutifs de la violence


D’après l’article 50 du C.O.C., la violence comporte un élément matériel et un élément
intentionnel.

(1) L’élément matériel


La violence est matériellement constituée par une contrainte provenant du contractant
ou d’un tiers contre le cocontractant ou un de ses proches.
a - Une contrainte
L’article 50 du C.O.C. dispose que « La violence est la contrainte exercée sans
l’autorité de la loi, et moyennant laquelle on amène une personne à accomplir un acte qu’elle
n’a pas consenti ». Ainsi, la violence évoque l’idée de contrainte exercée sur la volonté d’une
personne pour la forcer à contracter en la menaçant d’un mal important.
La contrainte peut être une violence physique : celle-ci consiste à annihiler la
volonté d’une personne, par exemple en lui administrant une drogue ou en guidant de force sa
main pour lui faire signer un acte contre son gré. Cette forme de violence est qualifiée par la
doctrine non de vice de consentement mais plutôt d’un cas d’absence de consentement (article
2 du C.O.C.) ; ce qui amène à la nullité absolue.
Cependant, la violence physique peut faire pression sur la volonté d’une personne
mais sans l’abolir, par exemple par la torture ou par la séquestration. Cette forme de violence
physique sera plutôt un cas de vice de consentement ; ce qui amène à la nullité relative par
application des articles 50 et 51 du C.O.C.
La contrainte peut aussi être une violence morale, c’est-à-dire celle qui s’exerce
par des menaces dirigées contre une personne pour la contraindre à s’obliger. Le contractant
consent sous l’emprise de la peur ou de la souffrance, pour ne pas exposer sa personne, son
honneur ou ses biens à un préjudice notable, mais il consent. À dire vrai, ce n’est pas la
violence elle même qui est un vice du consentement, c’est bien plutôt la crainte qu’elle
détermine. Ainsi, la violence morale fait pression sur la volonté, mais ne l’abolit pas.
Peu importe la forme de la menace. Peu importe aussi son objet, pourvu qu’elle soit de
nature à produire un effet psychologique prononcé. D’après l’article 51 du C.O.C., le mal dont
le contractant est menacé peut l’atteindre dans sa personne, dans son honneur ou dans sa
fortune. Il peut-être :

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L’intégrité du consentement

· d’ordre physique : menace de mort, de coups, de séquestration…


· d’ordre moral : menace contre l’honneur, menace de diffamation…
· d’ordre pécuniaire : menace de faire perdre à un individu sa situation professionnelle…
Ainsi, la définition de l’article 50 doit être complétée par celle de l’article 51 du C.O.C.
qui précise que la violence est constituée de « faits de nature à produire chez celui qui en est
l’objet, soit une souffrance physique, soit un trouble moral profond, soit la crainte d’exposer
sa personne, son honneur ou ses biens à un préjudice notable ».
La gravité de la crainte sera appréciée assez concrètement, par rapport à la force de
résistance que l’on peut s’attendre à rencontrer dans chaque type d’individu. Ainsi, d’après
l’article 51 du C.O.C., le juge prendra en considération l’âge, le sexe, la condition des
personnes et leur degré d’impressionnabilité pour savoir si la violence a été assez grave pour
déterminer le consentement. Il s’agit, ainsi, d’une appréciation subjective.
b - Provenant du contractant ou d’un tiers
L’article 53 du C.O.C. pose une règle contraire à celle qu’édicte, pour le dol, l’article 56
du C.O.C. En effet, la violence est sanctionnée non seulement lorsqu’elle émane du
contractant, mais aussi lorsqu’elle émane d’un tiers étranger aux rapports contractuels.
Il est à présumer que ce tiers est le complice du contractant bénéficiaire de l’opération.
Mais, la formule utilisée par l’article 53 est si large qu’elle laisse supposer qu’il n’est pas
nécessaire qu’il ait eu complicité entre le contractant au profit duquel l’obligation a été faite et
le tiers, auteur de la violence.
Cette disposition est justifiée si l’on envisage la situation du point de vue de la victime :
quel que soit l’auteur de la menace, la pression exercée est la même ; égale est, par
conséquent, l’atteinte portée à la liberté du consentement.
Cette protection excessive de la victime de la violence paraît juridiquement fondée. Les
rapports contractuels doivent être marqués de confiance et de sincérité.

c - Contre le cocontractant ou un des ses proches


La violence vicie le consentement, non seulement lorsque les menaces sont dirigées contre
le cocontractant, mais aussi lorsqu’elles ont été exercées sur une personne avec laquelle la
partie contractante est étroitement liée par le sang (article 54 du C.O.C.) : le conjoint, les
ascendants ou les descendants.
En dehors des cas prévus par l’article 54, il sera toujours possible d’annuler le contrat si,
dirigée contre toute autre personne, la violence a été déterminante : violence, par exemple,

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L’intégrité du consentement

contre un ami très cher, contre un fiancé ou une fiancée… (la version arabe de l’article 54
est plus large que la version française). Qu’importe la personne menacée si la menace a pu
faire effet sur le cocontractant.

(2) L’élément intentionnel


Suivant une opinion classique, il n’y a de violence qu’employée intentionnellement,
impliquant le dessein de faire signer le contrat.

Les éléments
constitutifs de la
violence

L’élément L’élément
matériel intentionnel

1) Une
contrainte :
violence physique
ou morale ;

2) provenant du
contractant ou
d’un tiers ;

3) contre le
cocontractant ou
un des ses
proches.

b - Les conditions de l’annulation pour violence


La violence ne permet d’obtenir l’annulation du contrat qu’à des conditions. Elle doit être
déterminante et illégitime.
(1) La violence doit être déterminante
Comme pour le dol, la violence doit présenter une certaine gravité pour déterminer le
consentement. Elle doit inspirer une crainte sérieuse.
L’appréciation du caractère déterminant doit se faire « in concreto », d’une manière
subjective, eu égard à l’âge, au sexe, à la condition des personnes et à leur degré

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L’intégrité du consentement

d’impressionnabilité (par rapport à la personne du contractant dont le consentement se trouve


vicié et non par rapport à un contractant moyennement impressionnable, « in abstracto »).
(2) La violence doit être illégitime
La violence est toujours illégitime lorsque l’auteur de cette violence a recours à des voies
de fait : violence physique (coups et blessures qui constituent une infraction pénale).
Lorsque la violence est morale, elle peut-être légitime et, dans ce cas, elle n’entraîne pas
la nullité du contrat. C’est le cas de la crainte révérencielle (la crainte, chez les enfants
majeurs de déplaire à leurs parents, et qui peut conduire les premiers à conclure un contrat
souhaité par les seconds, eu égard à l’autorité morale, jugée légitime: article 55 du C.O.C.).
Mais si la crainte révérencielle est accompagnée de menaces ou de voies de fait, elle
entrainera la nullité du contrat.
C’est aussi le cas, d’après l’article 52 du C.O.C., de la menace d’exercer des poursuites
judiciaires ou des voies de droit comme une saisie, car ce n’est que l’exercice d’un droit.
Exemple : un créancier est dans son droit lorsqu’il menace son débiteur d’une saisie si celui-ci
ne lui accorde pas une garantie (par exemple une hypothèque). Le contrat conclu
(hypothèque) ne sera pas annulable pour violence.
Cependant, la menace d’user de son droit n’est légitime que si les moyens employés et les
buts recherchés sont eux-mêmes légitimes :
 les moyens sont légitimes, mais non pas le but, quand un créancier emploie la menace
d’exercer des poursuites judiciaires pour se faire consentir plus qu’il ne lui est dû ;
 le but est légitime, mais non pas les moyens, quand, pour rentrer dans ses droits, le
créancier menace le débiteur de voies de fait.

Les conditions de
l’annulation
pour violence

La violence doit La violence doit


être être illégitime
déterminante

20 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

c - Les conséquences juridiques de la violence


 En tant que la violence vicie le consentement de la victime, la sanction normale est la
nullité du contrat. La nullité dont il est question est une nullité relative (violence
physique, vice de consentement et violence morale), à la demande du contractant, victime
de la violence.
 Mais la violence est aussi une faute volontaire qui peut être sanctionnée par des
dommages-intérêts : il y a faute à « arracher » à un homme sa décision. En effet, le droit
de demander la nullité du contrat pour violences n’exclut pas l’exercice d’une action en
responsabilité civile délictuelle par la victime de la violence pour obtenir de son auteur la
réparation du préjudice subi (article 82 du C.O.C.).

Les
conséquences
juridiques de la
violence

La violence est un La violence est


vice du une faute
consentement volontaire
(article 43 du
C.O.C.)
La réparation du
préjudice subi
La nullité (article 82 du
(relative) du C.O.C.)
contrat

Le paiement de
dommages-
intérêts

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L’intégrité du consentement

C/ Auto-évaluation
Activité 1 : Répondre par « vrai » ou « faux »

Exercice 1 : L’erreur sur l’identité, l’espèce ou la qualité substantielle de l’objet est une
erreur de droit. Vrai ou faux ?

Exercice 2 :L’architecte qui achète un terrain sans s’informer de sa constructibilité commet


une erreur inexcusable, ce qui a pour effet de maintenir le contrat. Vrai ou faux ?

Exercice 3 : Le dol doit s’accompagner d’une escroquerie ou (et) d’un faux. Vrai ou faux ?

Exercice 4 : Le dolus bonus est un vice du consentement et entraîne la nullité du contrat. Vrai ou
faux ?

Exercice 5 : La crainte révérencielle est une violence morale qui entraîne la nullité du contrat. Vrai
ou faux ?

Exercice 6 : Lorsqu’un créancier menace son débiteur d’exercer une action en justice en vue
de réclamer sa créance, il n’est pas l’auteur d’une violence. Vrai ou faux ?

Activité 2 : Cocher la ou les bonnes réponses

Exercice 1 : Les principaux vices du consentement sont :

a/ l’erreur, la lésion et l’état d’ivresse

b/ la violence, le chantage et la contrainte

22 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

c/ l’erreur sur la personne, l’erreur sur la chose et l’erreur de droit

d/ l’erreur, le dol et la violence

e/ la folie, l’état d’ivresse et la dernière maladie

Exercice 2 : En Tunisie, où l’Islam est religion d’Etat, peut-on annuler un contrat pour
ivresse ?

a/ oui, car c’est contraire à la Chariâa islamique

b/ oui, à condition de prouver l’existence d’une lésion

c/ oui, à condition que les deux contractants soient musulmans

d/ oui, car c’est prévu par la loi tunisienne

Exercice 3 : Pour les mineurs et majeurs incapables, la lésion :

a/ est un vice du consentement distinct

b/ fait présumer l’existence d’un autre vice comme le dol

Exercice 4 : Pour les majeurs capables, la lésion :

a/ est un vice du consentement distinct

b/ fait présumer l’existence d’un autre vice comme le dol

Exercice 5 : Les erreurs en tant que vices du consentement sont :

a/ l’erreur de droit

b/ l’erreur de calcul

c/ l’erreur sur l’identité de l’objet

d/ l’erreur sur les motifs

e/ l’erreur sur la personne ou sur la qualité substantielle de la personne

f/ l’erreur sur la valeur

23 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

Exercice 6 : Dans un contrat de mariage, l’erreur sur la situation familiale est une :

a/ erreur de droit

b/ erreur sur la qualité substantielle de l’objet

c/ erreur sur les motifs

d/ erreur sur la qualité substantielle de la personne

Exercice 7 : Le dol se compose :

a/ de mises en scène et de déclarations mensongères

b/ d’un dolus bonus et d’un dolus malus

c/ d’un élément matériel et d’un élément psychologique

d/ d’un élément matériel ou d’un élément psychologique

Exercice 8 : Le dol incident entraîne :

a/ La nullité du contrat et le payement de dommages-intérêts

b/ La nullité du contrat ou le payement de dommages-intérêts

c/ La nullité du contrat•

d/ Le payement de dommages-intérêts

Exercice 9 : Le fait de ne rien dire, de ne pas renseigner, de ne pas informer son cocontractant sur
certains éléments du contrat envisagé peut être constitutif :

a/ d’une erreur spontanée

b/ d’un silence dolosif

c/ d’une violence

d/ d’une lésion

Exercice 10 : Dans la violence, la contrainte peut être :

24 SONDA BOUZGUENDA SNOUSSI


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L’intégrité du consentement

a/ une violence physique

b/ une violence morale

c/ des mises en scène et des déclarations mensongères

Exercice 11 : La violence vicie le consentement lorsque les menaces sont dirigées contre :

a/ le cocontractant

b/ le conjoint

c/ les ascendants ou les descendants

d/ un(e) fiancé(e)

e/ le cocontractant ou le conjoint ou les ascendants ou les descendants ou un(e) fiancé(e)

Exercice 12 : La violence entraîne :

a/ La nullité du contrat et le payement de dommages-intérêts

b/ La nullité du contrat ou le payement de dommages-intérêts

c/ La nullité du contrat•

d/ Le payement de dommages-intérêts

Activité 3 : Lier les termes à leurs définitions

L’erreur est une erreur provoquée


Le dol a un caractère spontané

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