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Explication théorie politique
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« ESSAI » D’HISTOIRE DE LA LANGUE MALAGASY, DE
SON ORTHOGRAPHE ET DE SES OUTILS ORATOIRES
APERCYU HISTORIQUE
LES DIFFERENTES SUPPOSITIONS SUR L’'ORIGINE
DES PEUPLEMENTS DE MADAGASCAR
Nous énumérons ici quelques pistes de suppositions sur lorigine du peuplement de
Madagascar. Retenons comme base de référence & quelques-uns de ces suppositions que
des étres vivants 4 l'instar des dinosaures existaient autrefois et des grands
changements climatiques ont exterminés tous les étres vivants en laissant des traces
archéologiques de ceux-ci:
1. Les premiers humains se sont apparus & Madagascar lorsquiil n'est pas encore une ile
mais une presquiile de l'Afrique ;
n
.. Le passage du chimpanzé a I'homme sont tragables & Madagascar :
3. Des peuplements tras anciens ont laissés des traces physiques, biologique et
archéologiques & Madagascar : Vazimba (race de petite taille, a cheveux frisés et
peau noire), Mikea (race de petite taille, a cheveux frisés et peau noire), Kimosy (race
de petite taille, & cheveux lisses et peau claire), etc. :
4, Les peuplements anciens de Madagascar ont immigrés vers I'Asie du Sud Est,
l'Afrique, ete. et leurs descendants revenaient aprés des siécles :
5. Le peuplement de Madagascar est juif (peut étre les origines des juifs et qui se sont
parti et une partie se sont revenus plus tard) ;
a
D'autres suppositions peuvent rajouter a cette liste,
7. Mais la version la plus convaincante est la suivante: Autrefois, on suppose que
Madagascar fut une ‘le inhabitée. A partir de cette supposition, fort probablement
que des navigants furent ses premiers peuplements. Donc, c’étaient des personnes
ayant un certain niveau de civilisations et de savoirs (navigation 4 haute mer,
1ouvrages de fabrication de bateau, agriculture, élevage, commerce, etc.) qui ont
constitué les premiers peuplements de Madagascar. Peut-étre, quiils étaient au début
des pirates voulant cacher leurs butins.
Se rendant compte aprés du risque élevé de la piraterie et en apprenant de visu que la
nature pouvait encore nourrir pas mal de générations par la chasse et la cueillette, leurs
descendants ont pris la décision de mener une vie sédentaire. Leurs zones d'occupation
furent encore les régions cétigres. Done il parait que les ancétres des malagasy sont tous
des cétiers.
Aprés quelques générations, les régions cétigres ne permettaient plus de mener une
subsistance se basant sur la chasse et la cueillette. Pourtant les descendants ont déja
oublié ce niveau de civilisations et de savoirs susmentionnés. Deux principales voies
furent suivies pour sortir de cette situation :
1. Les uns sétaient convertis en marchands desclaves aux navigateurs de passage en
pratiquant le rapt pour la traite desclaves et ensuite le troc contre nourritures -
armement - autres produits. Cette pratique a mené vers un déséquilibre social et une
insécurité permanente bloquant toute relance au développement réel et soutenu.
|
2. Les autres ont choisi de trouver des contrées permettant encore la pratique de la
chasse et de la cueillette : ils ont défriché d'autres zones en arrivant petit & petit aux
hautes terres centrales pour ces pratiques. Mais une fois arrivés aux hautes terres
centrales, ils étaient obligés de se réinitier aux diverses techniques de agriculture et
délevage. Cette obligation a ouvert la voie & un développement tant technologique
quintellectuel donc réel et soutenu.
Depuis Andrianampoinimerina, des actions plus intenses de décollage au
développement ont été entreprises: travail du fer pour confectionner des outils de
production (principalement la béche ou « angady ») et des armes, formation dune armée
permanente et instruite capable de mener des campagnes aux périodes de travaux
agricoles, maitrise hydraulique ( irrigation et drainage )par la construction de digues,
jation & 'écriture arabe venue des « sages » (intellectuels) islamiques du Sud Est de
Madagascar, ete
Les missions chrétiennes, voulant s‘implanter & Madagascar, connurent des échecs
lors de leurs premigres tentatives d'évangélisation dans des régions cétizres. Ceci étant
parce que le niveau de développement dans ces régions rest pas encore prét et adapté &
cette implantation. Aprés, elles avaient appris existence d'un peuplement plus favorable
a cela dans les hautes terres centrales, plus particuligrement en ImerinaLévangélisation chrétienne a mené une nouvelle forme de décollage économique en
Imerina depuis Radama I. Ce fut une réussite parce que les missionnaires et les autorités
Merina se sont mis daccord aprés des préoccupations antagoniques. Pour les
missionnaires ce fut lopportunité idéale de entrée du christianisme (avec risque de
mainmise coloniale), pour Radama I ce fut l'occasion de poursuivre le développement
ouvrant la voie a unification de Ivle (barrer le risque d'attaque des autres royaumes,
satisfaire les besoins de subsistance, de sécurité et de développement de la population
merina).
ORIGINES DU PEUPLEMENT ET DE LA LANGUE
Les premiers peuplements de Madagascar furent constitués principalement par les
immigrants venus (i) de l'Afrique de Est et (ii) de la partie sud est de I'Asie. Leurs
langues respectives (groupe bantou/swahili de Afrique et groupe austronésien de I'Asie)
avec apport assez important du sanscrit (iii) de I'Inde et (iv) du monde Arabe, se sont
fusionnées pour devenir le Malagasy.
Cest une langue unique avec des variantes dialectales progressives dune région &
autre (il n'y a pas de limite régionale de passage dun dialecte a lautre). Des chercheurs
pensent quau début Madagascar et les Comores ont partagé la méme langue, mais
éloignement des Comores et l'unicité géographique de Madagascar ont fait naftre une
langue malagasy assez homogéne.
Les deux dialectes trés opposés en sont |'Antefasy et |'Antakarana, contiennent
seulement aux environs de 57 vocabulaires communs : cela prouvent la contiguité des
différents dialectes @ Madagascar. La langue malagasy est donc une langue nationale
riche en variantes dialectales. Par exemple, une partie des malagasy dit "magnano” et
Yautre dit “manao". Pourtant ceux qui emploient «manao» disent aussi « manano
sorotra». Ai
i aussi pour "magnaika" et "manaika" avec "fela-tana-mangaika ny rantsana"
et son dérivé "rantsa-mangaika”; ainsi aussi pour “nday" non employé pour une partie, mais
elle dit "inty sy nday, “finday” et "nidaosin'ny fahafatesana”.
Les quatre langues dorigines de la langue malagasy sont donc (1) le groupe
bantou/swahili de l'Afrique de l'Est, (2) le groupe austronésien de I'Asie du Sud Est, (3)
le sanscrit de I'Inde et (4) I'Arabe.
(1) Du groupe bantou/swahili de l'Afrique de l'Est venaient, entre autres, la
terminaison en voyelle des mots, le mode de prononciation combinée des deux ou
trois consonnes juxtaposées (nt, tr, ntr, dr, ndr, ts, nts, ng, ..) et l'emploi du
préfixe «ki-» pour alléger le sens du mot (kisarisary, kiombiomby, kivarivary,
vadin-joky kilolohan-jandry...)(2)Du groupe austronésien de 'Asie du Sud Est : la fagon de redire en un seul le mot
une racine répétée deux fois (fototeny verin-droa) pour alléger, entre autres, le
sens du mot (« vita» et « vitavita»), la morphologie de type suffixe, infixe et
préfixe, la phrase commencant par le groupe verbal avant le groupe nominal (ex :
Je marche = mamindra aho),
(3)Du sanscrit de I'Inde: lappellation de la tenue « malabary », les appellations
anciennes des mois en sont pour l'ancien malagasy avec des équivalents en francais
et des traductions malagasy héritées de l'anglais: vatravatra (janvier - janoary),
safary (février - febroary), hatsiha (mars - martsa), valasira (avril - aprily), faosa
(mai - mey), volamaka (juin - jiona), hiahia (juillet - jolay), sakamasay (aotit -
aogositra), sakave (septembre - septambra), volambita (octobre - oktobra),
asaramantsina (novembre - novambra), asaramanitra (décembre - desambra).
(4)De 'Arabe: les appellations des sept jours de la semaine qui devaient se
commencer par le préfixe/article « al» (morphologiquement et théoriquement :
alahady, alatsinainy, alatalata, alarobia,alakamisy, alazoma, alasabotsy), les
commercants arabes ont aussi surnommé le roi Andrianampoinimerina d'Tbn
Shaloum, prononcé Imboasalama, quelques mots clés du commerce comme : mizana,
nahoda, dokany, bazary, ... et enfin indicativement des mots de lastrologie, de
maladies et de leurs traitements.
L'INFLUENCE DE DEUX LANGUES EVUROPEENNES
Les deux langues européennes qui ont influencé le malagasy (constitué par ces quatre
langues originelles) sont anglais et le francais, Avec l'entrée de la religion chrétienne, la
langue anglaise a complété principalement les vocabulaires malagasy avec des mots
anglais : bitro (rabbit), penina (pen), daholo (the all), salanitra (silent), helo (hell), book
(boky), kope (copy), letf (lefitra qui signifie adjoint, & ne pas confondre avec la racine
« lefitra» donnant le mot « mandefitra > ou « andefimandry »...).
La colonisation francaise était la période de « déformation» de la langue malagasy en
lui imposant un effacement ou un mélange presque a l'image d'une langue créole.
Heureusement, la religion protestante et les élites nationalistes en son sein ont milité
pour la bonne tenue de cette langue nationale 4 travers des activités littéraires et
éducatives. Des mots existants ont été remplacés par des mots francais prononcés en
malagasy.LN ‘Mot malagasy _Prononciation malagasy Mot francais |
[1 Fantina | Santionany Echantillon |
2 | Fafana Tabilao Tableau |
3 | Tsiaro | Sovenira - Souvenir
[4 [ osera Dobila Double —_
5 | Fiarakodia “Témébiling ‘Automobile
6 | Fiaramanidina Roopilanina ‘|Aéroplane
7 | Kodiarana Pine Pheu
8 | Manonga | Misamonta Cela monte |
9 | Lovia, vilia Lasiety Lossiette
10 | Vatoaratra Pilina, bateria Pile, batterie |
11 | Zihitra Gaonfilazy Gonflage |
12 | Seranana Paoro Port Z
Liinterférence de la conception francaise au sein de la langue malagasy a entrainé des
déformations pour cette derniére :
[Link] jumelage par des mots en féminin s'exprime en francais « sceurs » (églises soeurs,
villes sceurs, etc.) : on dit aussi « rencontres fraternelles ». En plus du « rahavavy », il
Y @ aussi « anabavy» pour dire « sceurs» et en plus de «rahalahy> il y @ aussi
« anadahy » pour « fréres » et en terme neutre par rapport au genre, il y a aussi le mot
« iraitampo ». Notons enfin que la langue malagasy n'emploie pas de genre pour tous les
mots. Mieux vaut done s‘exprimer de la facon suivante : « fiangonana iraitampo » pour
« églises soeurs », « tanana iraitampo > pour « villes sceurs», « teny ibeazana> pour
« langue maternelle » et « lalaon'ny mpiraitampo » pour « rencontres fraternelles ».
2. Pour traduire «officiel », contextuellement les mots suivants sont a choisir :
toavina, toavim-panjakana, ara-panjakana, manetriketrika, -pirenena, ren-tany ren-
danitra, ampahibemaso,3. En plus le tableau ci-dessous montre des cas pointus dans ce méme ordre didées :
N ‘Malagasy pur Malagasy francisé Francais pur
1 | Manapaka hevitra Mandray —_fanapahan- | Prendre une décision
kevitra
2 | Mitondra (ny) teny ‘Mandray fitenenana _ Prendre une parole
3 | Velom-panontaniana ‘Mametraka fanontaniana | Poser une question
4 | Misaotra (indrindra) Misaotra betsaka ‘Merci beaucoup
5 | Tojo talata ‘Mianjera talata Tomber mardi
6 | Dinika ifanatrehana Latabatra boribory Table ronde
7_| Karibo |Varavarana misokatra _| Porte ouverte
8 | Lasa aho a Tzaho dia lasa Je pars
9 | Nohamafisiko Nasiako tsindrim-peo Tai accentué -
L’ALPHABET OV “ABIDIA”
Des sages (intellectuels) du Sud Est de Madagascar ont été engagés par
Andrianampoinimerina pour apporter lécriture et les savoirs intellectuels dans son
royaume: 'écriture arabe de droite gauche qui correspond bien a l'une des facons
malagasy d'énumérer les chiffres, Méme le nom de l'écriture venait du mot « sourates »
(les différents livres du Coran) : « soratra». En abandonnant cette écriture au profit de
alphabet latin, 'expression «sorabe» qualifie larabe et l'expression « soratra >
dénomme le latin.
Méme au temps de sa royauté, son fils et futur roi Radama I s'est rendu compte de la
difficulté de cette écriture par rapport a lécriture latine des Européens, qui a encore un
autre plus: véhicule dun développement plus pointu. D’ot la facilitation de Varrivée des
missionnaires pour ce faire. L'adoption de I’écriture latine pour la langue malagasy fut l'un
des points communs des deux parties. Celui-ci cache quelques points de discordes: a
savoir principalement lévangélisation,
Les principes suivants étaient définis par le roi Radama I :
1. Prendre les consonnes anglaises a cété des voyelles francaises en les modulant de
la facon suivante : rejeter les lettres «ce», «q>, » qui
précédent d'autres voyelles et donnant un accent «kentsona» (ntaolo,
mangoraka), les « tr» « dr» qui se prononcent par coincidence a la facon anglaise
(ex: train, dream, try, dry, ..). Des mots non malagasy comme «Isiraely »
« lisitra » (tout récemment « minisitra ») ont suivi cette régle, contrairement aux
mots « Betlehema », « Kristy », etc.
TRADUCTION « FRANCAIS - MALAGASY »>
En voici quelques points remarquables a signaler :
© La langue francaise est compliquée par le genre et la conjugaison.
> Sauf quelques cas particuliers, les mots en francais sont courts par rapport aux mots
malagasy. En voici des indications de particularités : « aujourd'hui » et « anio », «
révérence » et « tsaoka », « délicieux » et « fy», « bouillon» et «ro», « entendu» et
«re», « conjoint » et « vady »... Ce qui rend trés longue la phrase malagasy aussi c'est
loubli de l'emploi des racines pour exprimer les idées.
= La voyelle la plus employée en francais est le "e" et en malagasy le "a". Une pause de
parole causée par une réflexion fait prononcer “eeeuh” pour les Francais mais "aaa" pour
les Malagasy.= Normalement la langue malagasy se commence par le groupe verbal avant le groupe
nominal (ex : mianatra aho). Le sens de l'insistance fait une inversion de cette structure
dénommée « mivadi-drafitra» (ex: izaho dia mianatra). En guise diillustration en la
matiére, en voici des exemples :
+ La téte du chat est ronde - « boribory ny lohan'ny saka»,
* Cest la téte du chat qui est ronde - « ny boribory dia ny lohan'ny saka»,
* Ce qui est rond, cest la téte du chat - « ny lohan'ny saka dia boribory ».
* Le rond est la téte du chat - « ny lohaniny saka no boribory » ,
Les formules de politesses et administratives ne doivent pas étre traduites a partir
de la structuration littéraire francaise, Par exemple, les francais écrivent: « J'ai
honneur ...», les malagasy ont en correspondance la formule suivante « Am-panetren-
tena ... » au lieu de « Voninahitra ho ahy ». Les francais terminent par « Veuillez recevoir
.», les malagasy devraient avoir en correspondance la formule suivante « Sitrako
indrindra ny hanolotra ho anao... > au lieu de « Raiso ny ...» (ceci étant parce que le mot
« raiso» ne contient plus la politesse de ‘expression « veuillez »).
QUELQUES POINTS DE RICHESSES DE LA LANGUE
MALAGASY
La langue malagasy est en retard par rapport a la course de la technicité de I'heure
actuelle. Ce retard est voulu de mauvaise foi par la colonisation. Elle nest pas tout
simplement en retard, elle fut écartée de la course par les autorités coloniales,
contrairement aux efforts entrepris par les missionnaires de la période précoloniale.
‘Mame les mots qui ont existé en malagasy furent écartés et remplacés de fait par
des mots francais (ex : frein 4 la place de fanisatra, automobile 4 la place de fiarakodia,
etc...)
Pourtant des richesses existent pour la langue malagasy. Par exemple :
+ aujourd'hui écoulé veut dire « androany » et aujourd'hui a venir veut dire « anio » ;
> le nous inclusif veut dire « isika » et le nous exclusif « izahay » ;
“ fréres de méme sexe « rahalahy » et de sexe opposé « anadahy » ;
+ scours de méme sexe « rahavavy », de sexe opposé « anabavy » et fréres et sceurs
en un seul mot « iraitampo » :
* on distingue bien les beaux parents «rafozana» (parents du conjoint) et les
«raikely aman-drenikely » (deuxiéme conjoint de la mére et deuxiéme conjointe du
pére)Ces richesses peuvent étre renforcées par la complémentarité entre les dialectes
en présence. Par exemple l'intégration de expression Betsimisaraka « Filoha», Sakalava
« Tale », Bara « teboka», etc...
Une des causes de la perte de ces richesses est loubli de l'emploi de la racine des
mots malagasy. Le retour a cette pratique sera une des occasions de rehaussement de la
langue face & la francisation plus ou moins anarchique. A titre indicatif, les racines
suivantes sont @ mentionner en tant quinterpellation : laina, isatra, leha, ofana, adina,
kaly, kendry, voitra, songadina, etc. Des expressions suivantes peuvent étre retenus dans
ce méme ordre didées : tsidi-kaja, elihevitra, fihaingo, sakan-drimo etc. Des racines sont
& extrapoler des mots a des mots dérivés sous forme de répétition de la racine :
«ahiahy» du «ahy» , «hobakabaka» du «habaka», «serasera» du «sera»,
« (miJandrandra » du « andra» (« miandra vononana> le fiancé arrivant avec sa famille
pour demander la main de sa fiancée a sa famille), sns
Les malagasy confondent la signification de deux mots en contiguité. Par exemple :
¢ «asiana tsipika » veut dire souligner et « tsipihina » veut dire rayer
+ «alefa mafy» veut dire pousser fort et «hamafisina» veut dire durcir ou
renforcer
% «manantitra » veut dire réitérer et « manatitra» veut dire amener
‘* «manantona» veut dire accrocher et « manatona» veut dire approcher
LES QUATRE PRINCIPAUX OUTILS ORATOIRES
MALAGASY
Des genres littéraires imagés spécifiques existent dans la littérature malagasy
comme outils de tout montage d'expressions en arts oratoires ou rhétoriques. Ces genres
renforcent par le beau le motif de persuasion par rapport 4 un ou des arguments &
prévaloir. La bonne combinaison du langage technique avec le langage du cceur est
nécessaire pour la mobilisation des Malagasy.
A titre indicatif prenons les cas des quatre outils oratoires suivants : rindrambolana
ou tononkalo (poéme ou poésie), chabolana, hainteny et dontany sy kapotandroka.[Link] OU POESIE / « RINDAMBOLANA OU
TONONKALO »
Les malagasy r'avaient pas connu (ou retrouvé) le genre littéraire & rimes (répétition
du méme son & la fin de deux ou plusieurs vers) que lors des contacts avec les européens
de 'évangélisation. En francais on les appelle poéme (ouvrage) ou poésie (aspect
artistique). La rime est constituée par le retour de sonorités identiques, 4 commencer
par la derniére voyelle tonique et des sons consonantiques qui la suivent ‘ils existent, &
la fin d'au moins deux vers.
Les belles-lettres, Poésie et Prose :
On appelle belles lettres, ou simplement lettres, les travaux, la culture de lesprit
particuligrement en ce qui regarde lart de parler ou d'écrire. On appelle littérature
l'ensemble des productions littéraires d'un siécle, d'une nation, d'une époque.
Antérieurement & toute division en genres, il convient de séparer les deux grandes
formes d'expression de la pensée humaine, qui sont, dans leur ordre d'apparition, la
poésie et la prose.
La poésie est l'art de faire des ouvrages en vers , c'est-d-dire (1) l'art de
s‘exprimer cu moyen d'assemblages de mots rythmés (2) d'aprés la quantité, ou
laccentuation (2.1), ou le nombre des syllabes (2.2) et (3) avec des rimes .
La prose se définit, négativement, tout ce qui n'est pas en vers, elle se rapproche de
la langue de la conversation.
Les rimes renforcent aspect littéraire et émotionnel des pomes. Un rime par du
dernier accent tonique du mot en question. Les rimes ne suffisent pas pour parfaire le
littéraire et 'émotionnel : il faut aussi rythmer avec cadence parfaite des mots. La
lecture peut forcer dans une certaine mesure cette cadence mais son influence en est
faible.
Les rimes parfaites sont les rimes de méme sonorité depuis accent tonique jusqu’a la
fin du vers. Les rimes pauvres sont des rimes de sonorité plus ou moins proches depuis
Vaccents tonique jusqua la fin des vers. Les rimes forcées sont des rimes & mots
déformés (ex : « milonjitra > devient « milonjy », « mandre » devient « mandreny »
En voici les grandes sortes de rimes en podmes :
1. Rimes plates : les rimes sont plates (ou suivies) lorsqu'elles se suivent simplement
par groupe de deux AABB :
Dans Sainte-Pélagie, (A)
10Sous ce régne élargi, (A)
0d réveur et pensif,, (8)
Te vis en captif, (B)
2. Rimes croisées : les rimes sont croisées (ou alternées) en cas d'alternance deux
par deux ABAB
Maltre Corbeau, sur un arbre perché, (A)
Tenait en son bec un fromage. (B)
Mattre Renard, par I'odeur alléché, (A)
Lui tint & peu prés ce langage : (B)
3. Rimes redoublées : la rime est redoublée lorsque plusieurs rimes se répetent
AABA
En passant par un certain pré,(A)
Rencontra Bergare a son gré,(A)
Tl la demande en mariage. (B)
Le pére aurait fort souhaité.(A)
Et la suite se présentera par exemple en CBC.
4. Rimes embrassées : Elle est embrassée quand elle est encadrée par une autre
ABBA:
Tun’en reviendras pas toi qui courais les filles (A)
Jeune homme dont j'ai vu battre le coeur & nu (B)
Quand j'ai déchiré ta chemise et toi non plus (8)
Tun’en reviendras pas vieux joueur de Manille (A)
Le talent de pote dépend alors des paramétres suivants : rimes parfaites, cadences
adéquates, choix des mots quotidiens pouvant exprimer des idées spécifiques et
profondes, fidélité au théme et aux opinions & transmettre, interpellation, etc.
Heureusement que l'orthographe malagasy oblige d'écrire de facon identique les
mémes sons, ce n'est pas seulement la répétition du méme son, mais aussi la répétition de
la méme orthographe (a quelques exceptions prés).
Voici les quelques types de poémes pratiqués par différentes langues de divers pays
dont la littérature malagasy :
M1e
1. Acrostiche : po8me dont la premigre lettre d
vertical, donne le sujet du poéme, le nom de |
est destiné.
Par exemple :
ierté, oui nous la voulons
our le bien de notre avenir
ommes-nous srs de notre tir
F
P
Tous ensemble de large en long
Ss
D és maintenant nous donnons le ton.
2. Sonnet : (italien : « petite chanson ») po&me
je chaque vers, si on lit dans le sens
auteur ou de celui d qui le po&me
Rimes croisées
de 14 vers d'origine provengale ou
italienne, importé au XVIe siécle par Marot. Le sonnet comporte 2 quatrains
(strophes de quatre vers) et 2 tercets (strophes de trois vers) ou d'un sizain
(strophe de six vers).
Par exemple :
Ny taona raha mandroso
loharanom-pahendrena
ka ilay setran-tsosososo
mihatony raha jerena
Ny saonjo anefa an-dohas
misy ihany mamarara
miavaka eo mifampitaha
Rimes croisées
saha
Rimes croisées
ny matromatroka sy tsara
Hay ilay tsara manodoka
" Ris >doublé
fa manafin-doza anaty lambaL_its redoublées_|
matory hanaikitra toa mamba
Koa ny taona raha mis
aza ivarianana handavo| Rimes redoublées
fa isondroty ho amin'ny avo.
30.04.16 (23h00)
3. Prose: manigre d'exprimer comme en po&me mais sans cadences rythmées et
‘sans rime.
12Par exemple :
Mahazo teny ve mamoky teny?
Mahazo teny ve ny mihaino teny?
Mahazo teny ve ny ilazana teny?
Soa mamaky, tsara mihaino,
fatratra ilazana fa tsy voatery hahazo.
Ary raha sendra mahazo mety tsy hino.
Ary raha sendra mino mety hifidy tsy hiraharaha.
Tzay ilay masobe tsy mahita, sofina bemarenina ary sainabe tsy mahatakatra
akory.
19.04.2016 (21.00)
4, Vers libre : un poéme a cadences rythmées mais sans rime.
Kidaombaramitakidambitaha :
Ny olona hendry natao ho re
rehefa miteny milaza anatra.
Treo ilazany e dia aoka hanaiky
ny teny nataony ka hampihatra izany.
19/09/2018 (08.00)
5, Madrigal : genre introduit en France au XVIe siécle, trés cultivé jusqu’au
XVIIIe siécle. Compliment tendre et galant adressé, en quelques vers, a une
dame, sans aucune loi de rime ni de rythme.
6. Bouts-rimés : rimes choisies d’avance avec lesquelles on doit faire une poésie
dites «bout-rimé», sur un sujet imposé ou librement choisi ; ce divertissement
fut trés dla mode dans les milieux précieux et mondains tout au long du XVITe
siécle en France.
Elaboration/montage
Quin en finisse
Pour quill grandisse
En responsable sans crainte
Un horizon en bonne teinte
1B2. OHABOLANA
Le « ohabolana » est une expression littéraire typiquement malagasy qui peut étre
traduite littéralement comme « exprimer por exemple >.
+ Si la parabole est un récit & symbole et image en vue d'un enseignement, le
« ohabolana » est une parabole condensée en une phrase.
* Sila métaphore est une figure ou procédé de langage par lequel on fait prendre
une signification qui nest pas précisément sa signification propre, le
« ohabolana » est la représentation de ce quon veut dire avec une image qui
correspond a sa valeur.
+ Sile proverbe est une formule exprimant une vérité d'expérience, un conseil, et
connue de tout un groupe social. Cest presque un « fitenenana » : expression
sans image.
Le «ohabolana», tire cette vérité diexpérience avec une image transposée pour
expliquer un phénoméne quelconque. Le mot « ohabolana » est entre les significations
des mots suivants aussi: adage, dicton, maxime, sentence, aphorisme. Dans un
« ohabolana » (1) il y a ce quin veut dire et (2) il y a image de comparaison par
laquelle on (3) le dit. Ex : « (1) Ny adidy toy ny (2) taon-jezika an-kady ka (3) aina no
fetra, littéralement : (1) le devoir est comme le (2) transport des engrais depuis un
gouffre, (3) on le fait jusqu’é la mort. On veut parler du « (1) devoir », on le dit &
Fimage « (2) des engrais dans le gouffre quion (3) transporte jusqu’a la mort » ; la
notion de « (3) jusqu’a la mort » est le point commun « (1) du devoir » et « (2) des
engrais dans le gouffre ».
3. HAINTENY
Tl y avait le « hainteny » ou l'exposé oratoire merveilleux contenant des expressions
imagées pouvant toucher au coeur et porteur d'un message (moral) quelconque (voir la
copie des « hainteny malagasy » traduits en frangais et en anglais). Le « hainteny » peut
@tre déclamé par une personne ou « tsoatokana» (sous forme de poésie sans rime) et
peut aussi étre déclamé en duo (ou plus) sous forme de dialogue ou « ifamaliana». Le
hainteny en vers libre peut contenir de « chabolana» & sa forme initiale ou d une autre
tournure pour renforcer sa présentation imagée et pour lui donner une portée plus
artistique.
4. DONTANY SY KAPOTANDROKA
Les jeunes n'ont pas encore le droit ala parole lors des grands événements. Pourtant
leur initiation doit commencer au plus jeune age. Pour ce faire, si les vieux s'occupent de
raconter des contes aux enfants aprés les travaux de champs a la fin de la journée, les
jeunes s‘amusent entre eux a faire des joutes (duels) oratoires pour cette initiation :
« dontany sy kapotandroka». Ce n'est pas une vraie oraison, c'est un jeu oratoire de défi
entre deux personnes et une troisiéme entreprend a la fin la synthése de consensus
Avec des expressions de haut niveau littéraire, le duel est engagé en défendant chacun
deux principes contradictoires. Les autres jeunes assistent a ce type de joute oratoire
afin de se familiariser et/ou dapprendre ces expressions, pour une carriére de Rhéteur
ou de Mpikabary de la famille au moment venu ou a la rigueur pour étre dans le bain de ce
genre littéraire et culturel : suivre les propos lors des grands événements familiaux.
HERISOA ANDRIANAINA RAKOTOJAONA
032 07 703 59 033 02 703 59 034 02 703 59 herisoa55@[Link]
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