Chapitre 2 : Probabilités conditionnelles
Dans tout le chapitre, Ω désigne l’univers d’une expérience aléatoire.
I. Probabilité conditionnelle
1. Probabilité de B sachant A
Définition
Soit A et B deux événements de Ω, tels que P (A) 0.
On appelle probabilité de B sachant A, et on note PA (B), la probabilité que B soit réalisé sachant que A
est réalisé. On a : PA (B) = .
Remarques
Il s’agit d’une nouvelle probabilité, dite probabilité conditionnelle, définie sur l’univers Ω. Elle a toutes les
propriétés d’une probabilité. En particulier :
0 ≤ PA (B) ≤ 1 ; PA (A) = 1 ; PA (Ω) = 1 ; PA (Ø) = 0.
PA (B) + PA ( ) = 1.
Dans une situation d’équiprobabilité, PA (B) = .
Conséquence : Probabilité d’une intersection (formule des probabilités composées)
P (A B) peut se calculer de deux façons :
(1) P (A B) = PA (B) × P (A), avec P (A) 0.
(2) P (A B) = PB (A) × P (B), avec P (B) 0.
Application 1 : Calculer une probabilité conditionnelle
Dans une population donnée, 84% des personnes possèdent un téléphone portable et 75% des personnes
possèdent un ordinateur. De plus, 60% des personnes de cette population déclarent posséder les deux.
On rencontre par hasard une personne de cette population. On considère les événements :
T : « la personne rencontrée possède un téléphone portable »
O : « la personne rencontrée possède un ordinateur ».
1) Déterminer la probabilité de O sachant T.
2) Déterminer la probabilité que la personne rencontrée possède un téléphone portable sachant qu’elle a
un ordinateur.
Application 2 : Calculer la probabilité d’une intersection
Lors d’une enquête menée auprès d’une population, on a constaté que 85% des personnes sont des
femmes et que, parmi ces femmes, 62% travaillent à temps partiel. On choisit une de ces personnes au
hasard et on considère les événements :
F : « la personne choisie est une femme »
T : « la personne choisie travaille à temps partiel ».
1) Traduire en termes de probabilités les donnés de l’énoncé.
2) Calculer la probabilité que la personne choisie soit une femme travaillant à temps partiel.
2. Utilisation de tableaux
Un tableau à double entrée permet de déterminer des probabilités conditionnelles.
B total
A P (A B) P (A) PA (B) =
total
Application 3 : Probabilités conditionnelles à l’aide d’un tableau
Une société comprend 40% de cadres dont la moitié parle anglais. De plus, 70% des employés ne parlent
pas anglais. On interroge au hasard un employé de cette entreprise. On considère les événements :
C : « l’employé interrogé est un cadre »
A : « l’employé interrogé parle anglais ».
1) Remplir un tableau de fréquences à double entrée.
2) Quelle est la probabilité que l’employé interrogé ne soit pas un cadre et parle anglais ?
Sachant que l’employé n’est pas un cadre, quelle est la probabilité qu’il parle anglais ?
II. Arbres pondérés et probabilités totales
1. Arbre pondéré
Dans le cas d’une expérience aléatoire mettant en jeu des probabilités conditionnelles, on peut modéliser
la situation à l’aide d’un arbre de probabilités (à deux niveaux de branches). Un tel arbre sert de
justification.
Evénement
1er niveau 2ème niveau Probabilité
correspondant au chemin
A B P(A B) = P(A) × PA(B)
Une branche relie deux événements. Sur chaque branche, on note la probabilité correspondante : la
probabilité de la branche reliant A à B est : PA (B).
Un chemin est une suite de branches : il représente l’intersection des événements rencontrés sur ce
chemin. La probabilité du chemin sur lequel on rencontre les événements A et B est : P (A B).
Un nœud est le point de départ d’une ou plusieurs branches.
Règles
(1) La somme des probabilités des branches issues d’un même nœud est égale à 1.
(2) La probabilité d’un chemin est le produit des probabilités des branches qui composent ce chemin.
(3) La probabilité d’un événement est la somme des probabilités des chemins qui mènent à cet
événement.
Remarque : la somme des probabilités obtenues au
bout de tous les chemins est aussi égale à 1.
Application 1 : Utiliser un arbre de probabilités
1) Compléter l’arbre ci-contre.
2) Calculer : PA (B), PA ( ), P (A B) et P (B).
Exercices : P.361 n°18, 20 à 24.
2. Formule des probabilités totales
Formule des probabilités totales
Cas général
Soit un événement A, réunion des événements A1, A2, …, An deux à deux incompatibles (d’intersection
vide), et de probabilité non nulle. [On dit que A1, A2, …, An forment une partition de l’événement A.]
Alors P (A B) = P (A1 B) + P (A2 B) + … + P (An B).
Cas particulier
P (B) = P (A B) + P ( B).
1er niveau 2ème niveau Evénement Probabilité
A1 B P(A1 B) =
A1
Application 2 : Utilisation des probabilités totales pour résoudre un problème
Dans une population donnée, la proportion d’individus atteints d’une certaine maladie est 0,001. On
dispose d’un test de dépistage de cette maladie et des données suivantes :
- sur les personnes malades, la probabilité que le test soit positif est égale à 0,98.
- sur les personnes saines, la probabilité que le test soit positif est égale à 0,01.
On choisit au hasard un individu de cette population et on le soumet au test.
On note M : « l’individu est malade » et T : « l’individu a un test positif ».
1) Traduire l’énoncé par un arbre de probabilités.
2) Calculer la probabilité que le test soit positif.
3) Calculer la probabilité que l’individu soit malade sachant que le test est positif.
Exercices : P.362 n°29, 31, 33.
III. Indépendance de deux événements
1. Deux événements indépendants
On dit que deux événements sont indépendants lorsque la probabilité de l’un n’est pas influencée par la
réalisation (ou non) de l’autre.
Définition
Deux événements A et B, de probabilité non nulle, sont indépendants si, et seulement si, l’une des
égalités suivantes est vérifiée :
PA (B) = P (B) PB (A) = P (A) P (A B) = P (A) × P (B)
Remarques
- Si P (A) = 0 ou P (B) = 0, alors les événements sont dits indépendants.
- Ne pas confondre événements indépendants et événements incompatibles (d’intersection vide).
2. Indépendance et événements contraires
Propriété
Si A et B sont deux événements indépendants, alors et B sont également indépendants
(ainsi que A et , ainsi que et ).
Démonstration :
Application 1 : Tester l’indépendance de deux événements
On tire au hasard une carte d’un jeu de 32 cartes. On considère les événements suivants :
A : « la carte tirée est un carreau »
B : « la carte tirée est un roi »
C : « la carte tirée est rouge ».
1) Les événements A et B sont-ils indépendants ?
2) Les événements A et C sont-ils indépendants ?
3) Les événements B et C sont-ils indépendants ?
Application 2 : Utiliser l’indépendance de deux événements
Sur son trajet pour aller travailler, un automobiliste rencontre deux feux tricolores.
La probabilité pour que le feu soit vert au moment où il arrive à sa hauteur est de 0,4 pour le 1er feu et de
0,45 pour le 2ème feu.
On note A l’événement « le 1er feu est vert » et B l’événement « le 2ème feu est vert ».
On suppose que ces deux événements sont indépendants.
1) Quelle est la probabilité que l’automobiliste fasse son trajet sans avoir à s’arrêter à ces feux ?
2) Calculer P (A B). A quel événement correspond cette probabilité ?
Exercices : P.364 n°36 à 39.
Algo : P.367 n°49, 59.