Synthèse du I-
Les causes des échanges entre pays sont multiples. Les théories traditionnelles expliquent les échanges de
biens entre pays différents en fonction de leurs avantages comparatifs :
. David Ricardo considère que les pays échangent des biens en fonction de leur productivité : un pays se
spécialise dans la production pour laquelle il a la productivité la plus forte (ou la moins mauvaise). Il
l’exporte à l’étranger et, à l’inverse, importe ce qu’il ne produit pas. Sa théorie est appelée « théorie de
l’avantage comparatif ».
. Le modèle HOS explique le commerce international par les différences de dotations factorielles entre
pays : ceux-ci se spécialisent dans la fabrication de produits pour lesquels ils disposent de facteurs de
production (capital, travail, ressources naturelles) en quantité importante. Ainsi, les pays les mieux dotés
en facteur travail auraient intérêt à se spécialiser dans la fabrication de produits intensifs en main d'œuvre,
tandis que ceux qui sont mieux dotés en capital ont intérêt à se spécialiser dans les produits à forte
intensité capitalistique.
. Le raisonnement est le même lorsqu’on l’applique aux dotations technologiques : plus un pays dispose
d’un niveau de technologie élevé, plus il se spécialise dans les productions demandant un haut niveau de
technicité.
Les entreprises des pays produisent et se spécialisent dans les productions qui nécessitent le facteur de
production abondant et/ou de la technologie. Elles importent les biens dans lesquelles elles ne se sont pas
spécialisées. Ces théories permettent donc d’expliquer les échanges internationaux.
Ces théories ne peuvent pas expliquer le commerce international entre pays comparables (la France et
l’Allemagne par exemple). Dans les années 1980, des économistes montrent que cela peut être expliqué
par des goûts différenciés des consommateurs :
1/ Les consommateurs de pays différents peuvent rechercher une différenciation horizontale : pour un
bien similaire, à qualité identique, ils peuvent souhaiter des variétés différentes (marque, design...) ;
2/ Les consommateurs de pays différents peuvent aussi rechercher une différenciation verticale : pour un
bien similaire, ils peuvent souhaiter des qualités différentes (fonctionnalités techniques, réputation de la
marque...).
Plus largement, si le commerce international a tant progressé, entre pays comparables, c’est aussi du fait
du développement de la fragmentation internationale de la chaîne de valeur, c’est-à-dire le fait que les
différentes étapes de la production d’un produit (conception, approvisionnement, fabrication,
commercialisation) soient réalisées dans plusieurs pays. L’Airbus est emblématique de ce processus.
Aujourd’hui, plus de la moitié des échanges mondiaux sont la conséquence de cette fragmentation.
Transition vers le II- : Nous venons d’étudier que le commerce international entre pays comparables
s’explique par les échanges de biens intermédiaires entre ces pays et donc la fragmentation de la chaîne
de valeur. Plus précisément quels sont les déterminants de l’internationalisation de la production ?
Synthèse du II- :
Quels sont les facteurs de compétitivité des entreprises et des pays ?
. Pour accroître leurs parts de marché, c’est-à-dire augmenter leur compétitivité, les entreprises peuvent
fragmenter et internationaliser la chaîne de valeur. En effet, les différentes étapes de la production d’un
produit sont de plus en plus réalisées dans des pays différents :
1/ Les activités les plus créatrices de valeur (en amont : R&D, conceptualisation du produit,
fabrication des biens intermédiaires à haute valeur ajoutée / en aval : Marketing et service après-vente)
sont réalisées dans les pays développés où le niveau de capital humain et technologique est élevé. Ce
choix de localisation permet d’améliorer la compétitivité hors-prix ;
2/ Les activités les moins créatrices de valeur (production de biens à faible intensité technologique et
assemblage) sont situées dans les pays en développement où les coûts de production sont faibles. Cette
fragmentation permet d’améliorer la compétitivité-prix.
. Pour accroître leur capacité à exporter à l’étranger, c’est-à-dire augmenter leur compétitivité, les pays
peuvent jouer sur la productivité des entreprises :
1/ Augmenter la productivité permet de produire plus en un même temps donné. Cela contribue à la
hausse des profits et donc de l’investissement permettant à son tour d’améliorer le design ou l’innovation.
Cela permet un gain de compétitivité hors-prix ;
2/ Augmenter la productivité permet de diminuer le coût unitaire et donc augmenter la compétitivité-
prix.
. Rappelons qu’un pays améliore également sa compétitivité si ses entreprises sont elles-mêmes
compétitives et donc qu’elles fragmentent leur chaîne de valeur de manière optimale. Par ailleurs, un pays
peut être compétitif s’il mène des politiques – au niveau de son Etat – permettant d’améliorer sa
compétitivité-prix (politique de bas salaires) ou sa compétitivité hors-prix (politique d’incitation à
l’innovation à travers un fort investissement en capital humain et technologique).
L’amélioration de la compétitivité-prix et hors-prix augmente la demande étrangère, les exportations
et donc la compétitivité du pays.
La compétitivité de la France, c’est-à-dire sa capacité à exporter vers le reste du monde, repose sur un
nombre assez négligeable d’entreprises : seules 17,1 % des entreprises du secteur industriel exportent à
l’étranger. Par contre, le chiffre d’affaires total à l’exportation est loin d’être négligeable : plus de 700
milliards d’euros en 2017. Enfin, quand les entreprises exportent, cela représente une grosse partie de leur
valeur ajoutée.
Les entreprises françaises semblent connaître un ralentissement de leur productivité (compétences de la
main d’œuvre plus faibles que dans d’autres pays de l’OCDE ; retard dans l’adoption des TIC dans les
entreprises françaises ; moins d’innovation que dans d’autres pays dans les entreprises françaises), ce qui
dégrade la compétitivité – notamment hors-prix – du pays.
Transition vers le III- : La compétitivité des entreprises et des firmes dépend de l’internationalisation de
la chaîne de valeur mais également de la productivité des firmes. Cette démarche s’inscrit dans la logique
de l’internationalisation de la production et des échanges. Quelles sont les conséquences du commerce
international ?
Synthèse du III- :
Quelles sont les conséquences du commerce international ?
. Le commerce international permet une baisse des prix. L’augmentation de la concurrence internationale
accroît l’offre – ce qui diminue les prix. Par ailleurs, la spécialisation dans les activités les plus
productives ainsi que l’accroissement de la taille des marchés permettent de diminuer les coûts unitaires
et aboutissent ainsi à une chute des prix de vente. Cela se traduit par des gains de pouvoir d’achat pour les
consommateurs.
. L’ouverture au commerce international diminue les inégalités entre les pays. La spécialisation des PED
dans les productions intensives en travail permettent d’augmenter les salaires et d’entamer un processus
de convergence des niveaux de vie à l’échelle internationale. Par la suite, la stratégie de « remontée de
filières » vers les productions à forte valeur ajoutée permet à ces pays de délocaliser les productions
nécessitant du travail peu qualifié. A leur tour, les PMA voient les salaires de leurs travailleurs
augmenter et donc le niveau de vie moyen s’accroître.
. Toutefois, il convient de ne pas idéaliser les effets du commerce international sur les inégalités au sein
des pays : les pays développés se spécialisent dans les productions intensives en travail qualifié et
importent les autres produits : la demande de travail qualifié (peu qualifié) augmente (baisse), d’où une
divergence de l’évolution des rémunérations et la hausse des inégalités de revenus. Par ailleurs, malgré la
hausse des bas salaires, des inégalités de revenus augmentent aussi dans les pays émergents – faute d’une
répartition équitable.
Transition vers le IV- : Nous venons donc de voir les effets du commerce international. Nous allons
désormais analyser les avantages et les limites du protectionnisme et du libre-échange.
Résumé du IV-
Libre-échange
Pour les pays Pour les entreprises Pour les consommateurs/travailleurs
Le libre-échange permet de rendre
les entreprises plus compétitives
Le libre-échange permet de
grâce à la fragmentation et
bénéficier des avantages Le libre-échange permet d’accéder à
l’internationalisation de la chaîne
comparatifs du pays : meilleure plusieurs variétés d’un même bien
de valeur.
productivité, dotation factorielle, (différenciation horizontale).
dotation technologique. Cela
Le libre-échange permet de
leur permet d’être plus efficaces,
diminuer les coûts unitaires de
Avantage de produire plus et donc Le libre-échange permet d’accéder à
production.
s d’augmenter leurs richesses et plusieurs qualités pour un même type de
leur croissance économique. bien (différenciation verticale).
Le libre-échange permet
d’augmenter la taille des marchés et
Le libre-échange permet de donc de vendre plus.
diminuer les inégalités entre les Le libre-échange permet de baisser les
pays. Le libre-échange incite les prix.
entreprises à innover pour rester
compétitives (compétitivité hors-
prix)
Pratique du dumping social dans les
Accroissement des inégalités au PED qui contribue à dégrader les
sein des pays développés (PD) Disparition d’entreprises nationales conditions de travail des employés les
mais également des pays en des PD qui ne parviennent pas à
moins qualifiés.
Limites développement (PED). faire face à la concurrence
étrangère.
Hausse du chômage dans les Pertes d’emplois des travailleurs touchés
pays développés à cause des par les délocalisations.
délocalisations
Protectionnisme
Pour les pays Pour les entreprises Pour les consommateurs/travailleurs
Avantage Protéger les emplois des travailleurs.
s Protectionnisme éducateur : protéger les industries naissantes et leur
permettre d’être matures pour faire face à la concurrence Meilleure qualité des produits
internationale.
Protectionnisme défensif : rendre un secteur d’activité compétitif (valorisation des produits Made in
puisque protégé de la concurrence étrangère. France)
Baisse du chômage car moins de délocalisations.
Augmentation des prix.
Baisse de la taille des marchés et
Risque de guerre commerciale Baisse de la variété des biens.
Limites donc des ventes.
entre pays.
Baisse de la différenciation verticale des
produits.