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Architecture, Décoration
ET
Ameublement
PENDANT LE
RÉGENCE — LOUIS XV
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ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS
Architecture, Décoration
ET
Ameublement
PENDANT LE
ix-Huitième Siècle
RÉGENCE — LOUIS XV
SYMÉTRIE ET ASYMÉTRIE
PROPORTIONS LÉGÈRES ET COURBES CAPRICIEUSES
PAR
11. ÇOGEH-JVUliÈS
ACCOMPAGNÉ DE DEUX CENTS PLANCHES, REPRODUCTIONS DOCUMENTAIRES
PARIS
EDOUARD ROUVEYRE, ÉDITEUR
76, HUE DE SEINE, 76
l'ig- I. — DÉCOBATIOa DE LA GRAXDE GALERIE DE VERSAILLES, \ L'OCCASION 1)0 MARIAGE DU DADMIIN, 1 7 't')
LE .IKU MU Jilll
DIVISION GÉNÉRALE
Pauls
Chapitre — Los
IV. Stylistes ^7
A. — Les de Régence
Stylistes la
— Les
/>'. du temps de Louis XV
Stylistes
f,g
A. — Décoration en général.
B. — Les Formes des rases pour la décoration extérieure cl intérieure.
A
il DIVISION GÉNÉRALE
B. Influence italienne.
C. — Salles de fêles.
A. — La Régence,
B. — Epoque Louis \ V,
Les Deux cents planches sont classées d'après l'ordre indiqué ci-dessus.
CHAPITRE f
Michelet, avec celle langue toute d'élan, d'image et d'éloquence <[ui esl la
ajoute : « Des arts charmants naquirent à celle époque, lous ceux qui font
l'aisance et l'agrément de l'intérieur. »
La fin du règne de Louis XIV avait été trop attristée, pour que, du
vivant même du roi soleil, on n'eût pas mesuré toute la pesanteur du joug
qu'une discipline austère imposait à la société. Aussi lorsqu'on apprit la
risme religieux dans lequel Louis XIV, affaibli, s'était enfermé : le Régent
laissa l'abandon voisiner avec le relâchement : il trouva plaisant de répudier
8 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEURLEMENT
vant un décor plus élégant que luxueux, cossu sans prétention, aspirant aux
joies de la vie intime [dus qu'au retentissement des fêles officielles.
C'était là une disposition excellente pour éveiller chez les artistes des
qui imprima son cachet à tout ce qui se créa pendant la Régence, et nous
offre les éléments d'un style, non pas un style de transition, mais un style
style Louis XIV et le style Régence. Nous avons dit et répété qu'on ne
\N III SIÈCLE .
— RÉGENCE ET LOUIS W 9
crée pas un style : le style, bien qu'ayant sa genèse dans une tradition,
est constitué, non par des innovations de toute pièce, niais par des modifica-
FijT. f». — DosiNS ni. MKMISKIlli: f'OUH LA DECORATION DES APPARTEMENTS. — LOUIS XV.
fournir une tradition sur laquelle.évoluera le style Louis XV. Il y avait pour
cela une raison sociale : l'ère îles spéculations continuait : chaque jour des par-
venus nouveaux éprouvaient le besoin de se manifester par quelque coûteuse
excentricité, où leur amour-propre puisât quelque gloriole aveuglante : mais
le besoin de paraître n'était pas encore tel, qu'il annihilât le besoin du bien-
être : on voulait que l'existence trouvât pour se dépenser un milieu formé de
tout le confortable imaginable; et comme ce confortable avait été inauguré
stériles. »
bien convenir que les artistes, qui amenèrent le goût public à la mode du
rocaille, furent doués d'assez de talent, pour que leur fantaisie parfois se
revêtit d'une séduction heureuse, et telle qu'à toute époque peut-être on s'y
boîte pas ce ne sont pas des mouvements, mais des ondulations, des
:
frissons, des soupirs : on met du sentiment aux choses qui semblaient devoir
en comporter le moins, et en haine de tout ce qui est plat et rigide, on courbe,
on bombe, et parfois, — c'est là l'écueil dont la mode ne sait pas se garder,
pas inutiles, avant d'étudier les divers éléments qui entrent dans la décoration
CHAPITRE II
A. LA FIGURE UUMAINE.
jeunesse, le temps, les saisons, les mois, l'aurore, la nuit, la rêverie, la ten-
sont les demi-dieux, les êtres dont la mythologie a peuplé la terre, pour être
biche de bouc, qui gambadent dans la forêt; les satires aux pieds de chèvre,
qui paressent parmi les pampres; les tritons, aux poumons puissants, qui
rythment des clameurs de leurs trompes les rudes harmonies de l'océan; les
dryades qui s'épanouissent commodes lleurs vivantes dans le mystère des bois;
les nymphes qui mènent des rondes ingénues, parmi les bleuets et les coqueli-
cots; les naïades qui racontent au cristal des sources leurs tendres romans de
vierges naïves et, brodant sur le tout, des grappes d'amours joufflus, qui ont
juste ce qui leur faut d'ailes pour ne pas blesser leurs pieds roses aux ron-
B. LES ANIMAUX.
tatrices.
des singes qui étaient revêtus d'humanité, et qui donnaient gravement le spec-
tacle réjouissant de leurs grimaces spirituelles ;
parfois des serpents, mais des
Les fleurs et les fruits devaient avoir une place importante dans le décor
du temps de la Régence et de Louis XV, et c'est là que l'on suit avec une par-
faite netteté le processus de l'évolution du goût public.
Après les guirlandes à fruits lourds et à fleurs largement épanouies
du temps de Louis XIV, on créa des guirlandes aux tresses fines, dont la légè-
des petites fleurs, des feuillages aux feuilles déliées, des fruits à grappes ne
présentant qu'un volume réduit. Et ce fut à toute occasion une prodigalité
de guirlandes, des enroulements de tresses descendant, montant, reparais-
sant, se perdant, un enchantement de parfums, un vol de grâce et de sou-
plesse, si souple et si gracieux que jamais il ne semble monotone. On en met
partout et, ce qui est plus à la louange du motif décoratif, on en voudrait
partout.
On remarquera toutefois que sous la Régence la guirlande est d'un em-
ploi encore mesuré, et qu'elle offre une presque égalité sur tout son parcours,
tandis qu'à l'époque Louis XV elle est multipliée à plaisir et offre un léger
même, par exemple sur un vase, on remplace le bouquet par une guirlande
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 17
qui pouvaient le solliciter, son choix se porta de préférence vers ceux qui pou-
vaient prêter à des allusions sentimentales. A côté des fontaines qui conser-
vent un certain aspect monumental, des vases dont le volume est diminué,
des arbres qui offrent dans les lointains l'éventail balancé de leurs frondai-
des binious, des tambours de basque, des houlettes, qui évoquent les plaisirs
champêtres, les flèches et les cœurs percés qui parlent des tendresses proches
des trahisons, et des blessures éternelles... qui durent un jour ; des torches
enflammées qui éclairent au foyer les joies de l'hymen, les amphores et les
elle est susceptible de présenter une infinie variété de formes, depuis les
d'idées. Nous avons dit précédemment que les secousses financières avaient
haussé à la fortune des bourgeois qui aspiraient à posséder des litres de
coup de familles qui, dans leurs armoiries, avaient dos coquilles, et juste-
ment les coquilles dont la forme est le plus souvent répétée dans le décor du
mémoires du temps.
CHAPITRE III
Applications et Matières.
que les mots sont impuissants à traduire complètement : les brèves indica-
tions placées au bas des deux cents planches serviront de guide pour
remarquer ce par quoi nous désirons que, dans chacune, la curiosité du
des maisons agréables ». La mode, dès la mort de Louis XIV, ne fut plus aux
palais où tout était sacrifié aux appartements de réception ; on voulut des
c
2â ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
« 11 faut, pour s'en acquitter avec succès, sçavoir choisir les artistes
dans chaque genre, qui doivent concourir à son exécution ; il faut être en
Fïg. ô'i. — IluTKL DE Soi'BISE (AUJOURD'HUI PALAIS 1)KS ARCHIVES NATIONALES A PaMS) L.N 17Û0.
état de faire choix des matières réelles ou factices qu'on peut employer selon
la dignité des propriétaires, le genre de l'ordonnance et l'usage de chaque
pièce en particulier. » Or, l'on sait avec quelles nuances exquises, quel tact
infini, les architectes de la Régence et de Louis XV surent approprier les
locaux à l'usage qu'on en voulait faire et appeler à eux les artistes susceptibles
d'interpréter leurs vues avec une grâce originale. « Le goût, écrit-il autre
part, le goût seul est insuffisant pour réussir dans la décoration des dedans.
Il préside, il est vrai, à la distribution des ornements, il les met à leur
place, il décide leurs formes, leurs saillies; il amène au choix des allégories,
des attributs et des symboles; mais il faut des règles sûres, pour établir
les dessous, admettre des rapports, des proportions, introduire des repos, des
intervalles... La décoration intérieure d'un appartement est fondée sur les
mêmes principes que la décoration extérieure d'un bâtiment : son vrai mérite
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV
•").">. — Elévation de l'entrée et du grand logis, avec coite de l'une des ailes
d'us motel particulier.
Les principes édictés par Blondel et avant lui avaient pénétré si profon-
dément l'esprit des artistes, que dans les décors peints destinés à revêtir de
grandes surfaces, et même dans des panneaux de moindre dimension, le
la lumière, l'atmosphère.
Dans le décor sculpté, lorsqu'il s'agit de figures, l'artiste s'efforce de
traduire la vie, de faire passer, dans la pierre ou le marbre, un peu du frisson
qui l'anime, frisson individuel, qui n'est peut-être pas la traduction ample
plus spirituelle et fine que robuste, plus propre à symboliser des idées que
des actes, la manière dont elle est traitée s'accorde avec un rare bonheur à
obtenu par masse, sans que le travail, fouillé à l'excès, en affaiblisse l'inten-
quelques lignes de Jean Lamour, l'ouvrier de génie qui créa les célèbres
Fig. 45 à 45. — Détails des ferronneries d'art d'après les grilles u:: Nancy.
perfection. »
grilles, ils ont montré partout qu'ils étaient des décorateurs excellemment
doués et des artisans attachés à leur admirable matière. Ils ont fait du
travail de fer, et le fer, entre leurs mains, a été un agent d'une étonnante
souplesse et d'une robuste beauté.
Enfin, parmi les tissus, il convient de rendre hommage aux tapisseries
CHAPITRE IV
Les Stylistes.
rons, c'est de mettre dans la main du lecteur un guide sûr, aussi bref que
28 AliCIIITECTURE, DECORATION ET AMEUBLEMENT
11 semble bien que les êtres d'élection ne sont pas voués à une longue
«xislence. Nul artiste, plus que Watteau, n'a eu d'influence sur son époque;
société d'alors.
ils ne consultèrent même que son penchant dans le choixde la profession qu'il
voulait embrasser. Ainsi, comme il avoit déjà donné des marques de l'incli-
nation naturelle qu'il avoit pour la Peinture, son père, qui n'avoit aucune
connoissance de cet art, mais qui vouloit seconder l'envie que son fils avoit
« Watteau, qui n'avoit pour lors que dix à onze ans, étudia avec tant
d'ardeur qu'au bout de quelques années son maître luy paraissant peu capable
de remplir ses idées, et de le porter jusque au point où il pouvait atteindre,
il fit connoissance avec un autre Peintre qui se donnoit pour habile dans les
décorations de théâtre et qui, sur cette réputation fut mandé en 1702 pour
l'Opéra de Paris. Le jeune Watteau qui ne désiroit rien tant que de se per-
fectionner, jugeant que le séjour de celte grande ville étoit le seul capable de
luy procurer les moyens de s'avancer, obtint de son nouveau Maître de l'y
fut contraint de s'en retourner en son pais, où son élève ne jugea pas à
propos de le suivre.
douzaine, qui luy donna de l'ouvrage, mais si peu d'argent qu'il n'osoit le
copier les misérables productions de ce Maître. Enfin, lassé d'un travail aussi
dégoûtant qu'infructueux, il le quitta et fit connoissanec avec Gillot, Peintre
nouvellement agréé à l'Académie.
peut dire que dès les commencements mêmes il a inventé et dessiné dans le
goût de Gillot dont il traitoit à peu près les mêmes sujets. Mais il faut convenir
que s'il eut du goût pour les lestes Champêtres, les sujets de théâtre et les
habits modernes, à l'imitation de son Maître, il n'est pas moins vrai de dire
que, dans la suite, il les a traités d'une manière qui lui e toit propre et telle que
la nature, dont il a toujours été adorateur, les luy faisoit appercevoir. Quelque
lems après, soit que Gillot ne fut poussé que d'une généreuse envie de
rendre service à son disciple, soit qu'ayant été jusqu'alors l'unique dans ce
genre dépeindre, il regardât cet imitateur d'un œil jaloux et comme un rival
que ses rapides progrès dévoient luy faire craindre, il le sépara de luy pour le
qu'il avoit pour la peinture; cependant, comme sa fortune n'avoit encore été
qu'au-dessous du médiocre, et qu'il voyoit que ses ouvrages ne prenoient
50 ARCHITECTURE, DÉCOKATlOiN ET AMEUBLEMENT
point faveur par le peu de connoissàncë .qu'on avoit de son nouveau genre de
peindre, il se dégoûta de Paris et prit la résolution de s'en retourner dans
son pais. Mais, soit qu'il n'y trouvât pas ee qu'il cherehoit, soit par un effet
après y avoir fait quelques tableaux, entre autres plusieurs études de camps et
habile qu'il n'y avoit point de curieux ni même personne de l'art qui ne
peine luy restoit-il du lems pour travailler, mais luy, qui étoit naturellement
froid et indifférent pour les personnes qu'il ne connoissoit pas, se dégoûta
bienlosl d'une telle imporlunité. Ainsi, M. Croizat luy ayant proposé de pren-
dre un logement chez luy, il profila d'autant plus volontiers de cette offre,
qu'il espéroil pouvoir travailler plus tranquillement, et puiser dans les trésors
excellent et surtout voir les rares desseins dont, entre autres beautés, M. Croizat
est possesseur. El en effet, il faut convenir que, depuis ce lems là, les tableaux
Sculpture que le Roy entretient à Rome, et qui vient d'être honoré de l'ordre
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 51
La réputation de Watteau étoit alors dos plus grandes, elle luy avoil acquis
une seconde fois toutes ses espérances pour passer en Angleterre. Ce voyage
ne lui fut pas heureux; car, comme il étoil d'un tempéramenl très délicat,
le changement de climat, joinl à l'intempérie de l'air, qui est forl épais dans
laissa pourtant pas d'y faire quelques tableaux qui luy attirèrent l'admiration
des connaisseurs.
« Après une absence d'environ un an, il revint à Paris où il ne fil plus
l'esprit vif et pénétrant et les senlimens élevés; il parloit peu mais bien, et
réussi dans celle partie s'il en eut fait son principal objet. Quoique la vie
de Watteau ait été fort courte, le grand nombre de ses ouvrages pourrait
faire croire qu'elle auroit été très longue, au lieu qu'il montre seulement
qu'il étoit très-laborieux; en effet, ses heures même de récréation et de
promenade ne se passoient point sans qu'il étudiât la nature et qu'il la
suffire à sa gloire d'avoir été le maître de Watteau: mais son œuvre mérite
d'être loué. S'il participe de la formule spéciale de Bérain, il apparaît cependant
plus léger; ses arcatures sont plus évidées, ses ligures même plus élancées,
il a cherché dans le dessin de ses feuillages à ne pas les figer en une styli-
sation inerte et à leur communiquer une sorte de frisson, qui évoque la réa-
de Colle, à sa mort, recueillit sa succession. C'étail un esprit fin cl, bien que
jeune, un homme d'expérience el d'initiative: deux qualités qui pouvaient
l'amener à la tête du mouvement d'art décoratif, prévu à la mort de Louis XIV.
XVIII" SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 53
Il cul le goût plus gracieux, et fit preuve d'une certaine liberté d'inspiration,
édifices publics: on peut citer de lui à Paris les bétels de Toulouse, du Maine,
d'Estrée, le portail de Saint-Roch et des Pères de la Charité, le Château d'Eau
de la place du Palais-Royal, la Samaritaine, le chœur et l'autel de Notre-
Dame; à Versailles, le grand Trianon, et l'achèvement de la chapelle du
château ; à Saint-Denis, les bâtiments de l'abbaye. Malheureusement plusieurs
de ces édifices furent détruits en 1809, 1848 et 1800.
er
Il mourut le 1 juillet 1735, dans sa propriété de Passy. On possède de
lui un grand nombre de plans, de mémoires, de devis et de dessins où l'on
devine son désir d'innover en décoration.
composés dans un goût tenant de l'antique, mais plus riche. Lorsque cet
auteur désirait de voir mettre au jour un ouvrage qui lui paraissait enseveli
dans l'intérieur des cabinets, l'éditeur, qui possède environ deux mille de
34 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEURLEMENT
ses plus beaux dessins, était occupé à graver la collection qu'il donne à
qui l'engagera d'en donner une seconde partie qui, ensemble, avec les cent
soixante-huit morceaux de ses plus belles études d'Italie et soixante-dix-huit
autres de sa composition qu'il a déjà donnés, seront à jamais une source
« Rien n'en fait plus l'éloge que le choix qu'en fit ce grand Prince,
connu dans toute l'Europe par la protection distinguée qu'il donnait aux arts,
CRESSENT (1689-1765).
Ebéniste, fils d'un ébéniste, il avait commencé par être sculpteur, mais
revint rapidement au meuble. Il avait un litre officiel : ébéniste des palais
de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans, régent du Royaume; et il faut lui rendre
celle justice, que toute sa vie il demeura attaché aux formules par lesquelles
il mérite d'être considéré comme l'un des créateurs du style Régence. Ses
meubles sont d'une beauté majestueuse, sans solennité. Les courbes qu'il y a
des bois dont il fait ses marqueteries, cl il a prouvé qu'il savait emprunter
;i la matière brute les éléments décoratifs qu'elle devait offrir à son œil
sauvé de la bizarrerie que par une extrême habileté à parer de grâce les
rocaille. Son influence fut considérable, mais elle ne fut pas absolue. Cochin,
dans le Mercure de France, n'hésitait pas à le combattre avec une vigueur dont
le bon sens n'excluait pas l'ironie. On y lit en effet des boutades dans le
genre de celle-ci.
« Sont priés les orfèvres, lorsque sur le couvercle d'un pot à ouille,
ou sur quelque autre pièce d'orfèvrerie, ils exécutent un artichaut ou un
infiniment obligés encore, s'ils voulaient bien ne pas changer la destination des
choses, et se souvenir par exemple qu'un chandelier doit être droit et perpen-
diculaire pour porter la lumière, et non pas torturé, comme si quelqu'un
l'avait forcé; qu'une bobèche doit être concave pour recevoir la cire qui coule,
quantités d'autres agréments non moins déraisonnables, qu'il serait trop long
d'avoir agréable, dans les trophées qu'ils exécutent, de ne pas faire une faux
plus petite qu'une horloge de sable, un chapeau ou un tambour de basque
plus grand qu'une basse de viole, une tête d'homme plus petite qu'une rose,
une serpe plus grande qu'un râteau, etc. »
Dans une autre philippique, Cochin s'en donna à cœur joie de dauber
sur l'italianisme de Meissonnier. Après avoir examiné l'état du goût public
avec Oppenort, et avant Meissonnier, il s'écrie:
« Nous trouvâmes un appui plus solide dans les talents du grand Meis-
sonnier. 11 avait à la vérité étudié en Italie, et par conséquent n'était pas
plaisante ils ne nous le cèdent en rien. Leur goût n'est pas le nôtre dans ce
nouveau genre, il est beaucoup plus lourd : mais nous avons cela de commun,
que nous avons également abandonné toutes les vieilles modes pour lesquelles
plus singulière, de la ligne droite à laquelle ils avaient été jusqu'alors asservis.
porter dessus. Les balcons ou les rampes d'escalier n'eurent plus la permission
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 57
de passer droit leur chemin ; il leur fallut serpentera sa volonté, et les matières
les plus raidcs devinrent souples sous sa main triomphante. Ce fut lui qui
mit en vogue ces charmants contours en S, que votre auteur croit rendre
ridicules, eu disant que leur origine vient des maîtres écrivains; comme si
les arts ne devaient pas se prêter des secours mutuels : il les employa partout,
E
38 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
services n'a-t-il pas rendus à l'orfèvrerie? Il rejeta bien loin toutes les formes
([narrées, rondes ou ovales, et toutes ces moulures, dont les ornements
répétés avec exactitude donnent tant de sujétion : avec ces chers contours en S
vrerie cl les bijoux devinrent très-aisés à traiter avec génie. En vain, le célèbre
été bercé dans son enfance; sa réputation même en fut quelque peu éclipsée,
et il se vit souvent préférer Meissonnier par l'appui que nous lui donnions
sous main; cependant, le croiriez-vous ! ce grand Meissonnier n'était pas
mit le public à portée de voir que ce génie immense qu'on lui croyait n'était
sur l'art décoratif à la lin du règne de Louis XV, nous apparaît, aujourd'hui
encore, comme paré d'une irrésistible séduction. .
les girandoles, les pots à oil, les tabatières; le livre d'orfèvrerie d'église,
les salons, les plafonds, les bas-reliefs en sculpture d'argent sur des châsses,
les agrafes de croisées, et enfin le Parallèle gênerai des édifices considérables,
BRISEUX (1680-1754)
Architecte, on lui doit plus de deux cents pièces où il traite, avec une
élégance originale, de Varl de bâtir les maisons de campagne, el de la compo-
sition des frontons, vases, agrafes de croisées, lambris sculptés, encadrements
XVIIIe SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 39
F. DE CUVILLIÈS (1698-1767).
le style Louis XV, c'est François Boucher : (ils d'un dessinateur en broderies,
il avait de qui tenir par son œuvre de décorateur, el nul plus que lui n'eut
d'influence sur le goût de son époque. Il fut décorateur dans l'àme: il eut le
génie de la décoration et il lui eût été si difficile de modifier son naturel, que
même dans ses lableaux — car il fit partie de l'Académie des Beaux-Arts en
qualité de peintre d'histoire — il demeura décorateur.
Il a dessiné un nombre infini de pièces dont les ornemanistes s'inspi-
rèrent pendant le règne de Louis XV. Les principales sont : le premier et le
second livre de fontaines, le Livre des vases, le Livre des cartouches, des
panneaux et motifs de tapisserie à sujets champêtres et mythologiques, des
figures chinoises et des tapisseries chinoises, etc.
40 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
saisi le jour où il avait pris les pinceaux, et devait l'asseoir, jusqu'à sa mort,
dix heures par journée à son chevalet. Boucher trouvait encore des loisirs
P. E. BABEL (
? -1770).
réuni une collection de dessins précieux, que les artistes venaient consulter.
Son œuvre principale est une belle série de planches sur la serrurerie.
L'un des plus grands architectes du xvm c siècle, neveu de l'architecte <|iii
de construire, s'éleva contre tout ce qui était le mauvais goût, et par mauvais
goût il Faul entendre ici ce qui était contraire avec excès aux traditions encore
l'un de ceux qui surent imposer leur esthétique au grand public ; chez lui
SOMMAIRE ANALYTIQUE
DES
de paysage finement observée, soit de petits amours aux coquetteries espiègles sans autre
prétention au symbole que d'être aimables et d'avoir, sinon de la naïveté, du moins de
la grâce.
14. Décoration intérieure. —
Motifs de tapisseries, Dessus et panneaux de portes peints
par François Boucher Triomphe de l'amour; La pêche; Hommage champêtre; L'escarpolette;
:
Triomphe de Pomone.
15. Décoration intérieure. —
Motifs de tapisseries, Dessus et panneaux de portes peints
par François Boucher: La Poésie satirique; La peinture; Triomphe d'Ariane et de Bacchus, etc.
16. Fontaines pour décoration de jardins. —
On eut sous Louis XV le goût des fon-
taines en pyramide, dans lesquelles le volume d'eau versée était modeste, si on le com-
pare à l'ampleur de la construction.
D'autre part, on aimait à y inscrire des pensées qui, sous une expression philoso-
phique, cachaient un besoin irrésistible d'expansion sentimentale; de là les cartouches
réservés dans les projets de construction.
17. Panneaux pour décoration de vestibules. —
Le décor des fontaines de jardin avait
paru si seyant dans la réalité qu'on se plut à le transporter dans les intérieurs, sous forme
de panneaux peints. Il y a là un élément qui, non seulement, intéresse la décoration archi-
tecturale au milieu du XVIII e siècle, mais encore nous fournit une indication précieuse sur
l'état des esprits: un besoin d'expression sentimentale uni à une fièvre immodérée de luxe.
18. Panneaux pour décoration de boudoirs. —
Vers la fin du règne de Louis XV, la rela-
tion des voyageurs revenus d'extrême Orient tourna la curiosité de quelques artistes du coté
du goût chinois, mais ce fut un art chinois accommodé à la mode française. On n'y comprit
ni la structure du bambou, ni l'architecture des édicules, ni la forme des jonques. La styli-
sation en fut arbitraire et la formule d'art qui en résulta se défend plus par le goût français
qui s'en dégage que par les sujets d'une expression vraiment exotique.
niste. Le nombre des formes, pour si variées qu'elles soient, n'en est pas moins limité: cl.
dans l'application du décor, l'architecte ne se départit pas des lois les plus sévères de l'équi-
libre et de la pondération.
20-21. Vases remarquables par leur très grande variété de formes. —
Vers le milieu
du XVIII* on eut le goût des vases pour la décoration intérieure on leur trouvait des
siècle, :
places, soit sur les cheminées, soit sur des consoles, soit même sur des fûts où ils altcr-
RÉGENCE ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES.
naient avec des bustes. La forme
architecturale disparaît presque complètement sous le
caprice et, il sous l'imagination débordante du décor. Le vase à cette
faut en convenir,
époque ne doit plus être un vase, on pense lui donner un caractère précieux en faisant surtout
une œuvre de sculpture ou de peinture. Le lion et autres animaux de la fable, les amours,
les faunes et les naïades, toute la mythologie, dieux ou demi-dieux, sont mis à contribution
pour peupler la forme des vases qui, sans le décor aux reliefs prodigieux, seraient d'une
gracilité désagréable.
ARCHITECTURE ET JARDINS
Planches 34 à 48
rocaille qui a été réservée à la décoration intérieure. On remarquera l'usage discret des
colonnes et des pilastres, ainsi que l'emploi rythmique des fenêtres cintrées et des fenêtres
à angles droits. Les reliefs sur les façades sont distribués de telle sorte que toute monotonie
soit évitée.
5G-57. Grandes maisons de plaisance. —
Sous le règne de Louis XV on se défend de
construire des châteaux, mais on veut cependant que les grandes maisons de plaisance,
sous leur apparence de simplicité et dans leur harmonie de grâce, disent suffisamment l'état
de fortune de ceux qui les ont fait construire. De là, avec ces pavillons, ces terrasses, le
souci de varier la façade et de donner, dès le lointain, la sensation d'œuvres très précieuses
émanant d'une conception éminemment délicate.
58-59. Petites maisons de plaisance. — Ici disparait le souci de créer une œuvre
somptueuse. Dans les façades aux décors simples, dans les avant-corps d'une mesure
restreinte, dans la disposition régulière de la construction qui n'offre qu'un corps principal,
on se contente d'une élégance de lion ton, sans rien de plus. La planche 58 donne les
façades sur la cour et la planche 59 celles sur les jardins.
D. Influence Italienne
C. Salles de Fêtes
française. —
Vers la lin «lu règne de Louis XV, l'influence des archéologues fui telle que
l'on voulut, dans les jardins, même avec la légèreté fragile des treillages, fournir une évoca-
tion de l'architecture antique. Le là cette décoration d'une expression qui s'accorde si bien
avec le maniérisme séduisant de l'époque.
Dispositions Intérieures
ENSEMBLES DE DÉCORATIONS
Planches 49 à 136
A. La Régence
plique également à celle-ci; toutefois on remarquera dans les panneaux comment le décor
en pyramide, si fréquent à l'époque Louis XIV, lorsqu'il s'agit d'un relief de pierre, allège ses
arêtes sèches et dissimule la raideur de ses angles.
51. Salle de jeu. — La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur des panneaux,
simplement ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le dessin resserré
des cannelures des colonnes et des pilastres.
52. Salon de conversation. —
La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur
des panneaux, simplement ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le
dessin resserré des cannelures des colonnes et des pilastres.
53. Chambre de parade. — L'habitude des alcôves a obligé à séparer la pièce par une
balustrade qui, sans rétrécir son ampleur, consacre néanmoins ce principe de l'alcôve. Pour
les panneaux et cannelures les observations faites au sujet des planches 51 et 52 s'appliquent
également à celle-ci.
54. Chambres a coucher. —Panneaux étroits à décors symétriques dans l'ensemble
et asymétrique quant au détail.
Antichambre conduisant a des appartements privés. —
La hauteur de la porte est
réduite et le panneau qui la surmonte est décoré d'une peinture en camaïeu dont le fond
S'accorde avec la tonalité générale de la tenture de tapisserie qui occupe le grand panneau
à droite de la glace.
55. Chambres a coucher. —Des portes larges à panneaux simplement moulurés corres-
pondant au décor de la fenêtre dont les angles sont droits. Les peintures des dessus de porte
affectent au contraire des courbes variées; quant aux portes de dégagement de chaque côte
de l'alcôve, leur battant unique affecte dans sa partie haute des incurvations d'une élégance
plus intime.
5G. Salons d'attente. — A mesure que l'époque de la Régence évolue, on réserve, dans
le décor, des panneaux plus nombreux et plus grands à la peinture; les portes s'abaissent
et la surface des miroirs se rétrécit considérablement.
57. Salon d'attente et Salon d'un appartement de réception. —
Vers la fin de la
Régence le style tend à une légèreté qui demeure de la symétrie mais avec des renverse-
ments de courbes et des oppositions de lignes. La forme du triangle, arrondie, se présente
plus souvent sous l'aspect d'un éventail développé que sous celui d'une coquille. Tous les
éléments de décors sont de signification purement décorative et il faut aller chercher les
expressions réelles et les sujets dans les peintures qui se trouvent au-dessus des portes.
Couronnement de portes pour appartements peu exhaussés. — La hauteur des
58.
appartements avait si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin
ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
de diminuer la hauteur des battants, que même lorsque les appartements ont une hauteur
ordinaire l'architecte se croit obligé de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau,
même 1res restreint.
5'[Link] de portes pour appartements peu exhaussés. —
La hauteur des
appartements avait si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin
de diminuer la hauteur des battants, que, même lorsque les appartements ont une hauteur
ordinaire, l'architecte se croit obligé de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau,
même très restreint.
60-61. Chambres a coucher. —
Dans la période de transition, on emploie bien la
coquille, mais il y a dans le décor un parallélisme rigoureux des divers éléments qui
la composent.
62. Salles a manger. —
Le remplacement des vitraux, par des petits carreaux trans-
parents, avait obligé l'architecte à proléger l'intérieur des pièces contre les rayons du
soleil à l'aide de volets à battants étroits que l'on fermait à l'intérieur. Ces volets, devant
être vus de l'extérieur, recevaient un décor qui s'harmonisait avec celui des fenêtres.
65. Salle a manger. —
La notice de la planche précédente s'applique également à celle-ci.
On remarquera que la console indiquée sous le miroir a les deux pieds sensiblement rap-
prochés à la base et unis par un cul-de-lampe renversé.
64. Galeries d'apparat. —
Le plafond étant fort élevé, le décorateur a trouvé, dans la
voussure, un espace qui lui permet de donner une vaste décoration à ce couronnement.
65. Galerie d'apparat. —
Ensemble de décoration cheminée, glaces, girandoles et
:
voussure.
66. Galerie d'apparat. —
Fenêtres encadrant une glace soutenue par une console. Assem-
blages et profils.
67. Galerie d'apparat. — Fenêtre encadrant une glace soutenue par une console, et
surmontée d'une peinture.
B. Époque Louis XV
78. Petit salon. — Panneau supporté par une console et placé entre deux portes, l'une
à placard, l'autre ouvrante. La porte à placard ne répond ici qu'à une exigence de
symétrie.
Appartement de parade. — Porte surmontée d'une peinture à évocation antique.
79.
Porte pour un cabinet a collection, placée entre deux panneaux étroits et surmontée
80.
de la peinture, exécutée en camaïeu, d'un sujet au pittoresque composé.
81. Salon de conversation "Boudoir a causer". — Mur décoré de panneaux, et d'une
fausse porte surmontée d'une peinture dans la formule conventionnelle du pittoresque italien
pendant la première moilié du XVIII' siècle.
8'2. Salons de réception. —
Panneau et porte en bois sculpté la partie ornementale et
:
sculptée du dessus de porte, avec ses deux vases, ne laisse à la peinture épisodique qu'une
place relativement restreinte.
83. Salon de réception. —
Suite de la décoration précédente Cheminée en marbre :
sculpté, avec ses chenets et sa plaque de fond décorée; la cheminée est surmontée d'une
glace dans un encadrement en harmonie avec le décor de la porte.
8i. Cabinet de travail. —
Porte en bois sculpté dont le cintre est dominé par une
importante peinture; les tapisseries sont encadrées par des moulures de décorations variées.
85. Chambre de travail ou " Chambre de pensée " pour une dame. Glace avec —
décoration en bois sculpté appliqué, bureau-secrétaire et pendule à laquelle des lumières
sont fixées; panneaux de décorations variées.
80. Salle a manger. —
Le buffet encastré dans la profondeur du mur à gauche, le :
panneau est occupé par une fontaine en étain soutenue par une console de marbre.
87. Salle a manger. —
Application du système précédent le buffet encastré dans la
:
profondeur du mur; à droite, le panneau est occupé par une fontaine en marbre, soutenue
par une console en pierre, et couronnée par une peinture.
88. Boudoir a toilette. —
Au milieu de panneaux de décorations variées, et au-dessus
de la cheminée, on n'a réservé qu'une place étroite pour le miroir; une peinture, qui a deux
fois la hauteur de ce miroir, se trouve placée au-dessus.
décorateur se soit porté sur la glace coiffée de son trumeau. Cependant on a rompu la hau-
teur des panneaux étroits en réservant à leur faite des médaillons en camaïeu encadrés de
moulures à frontons et à culs-de-lampe.
118. Antichambres. —
Le principe de ne pas placer en relief, au devant des murs, des
objets immeubles par destination, a obligé à réserver, pour des poêles, des niches dont la
forme arrondie et cintrée prèle à un décor élégant; le haut de la baie comporte un tru-
meau; le poêle lui-même, produit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails,
relevant de l'asymétrie, s'accordent avec les lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
Antichambre.
110. —
Le principe de ne pas placer en relief, au devant des murs, des
objets immeubles par destination, a obligé à réserver, pour des poêles, des niches dont la
forme arrondie et cintrée prèle à un décor élégant le haut de la baie comporte un tru-
;
meau le poêle lui-même, produit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails,
;
relevant de l'asymétrie, s'accordent avec les lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
P20. Chambre a coucher. — Lit en niche; le fronton découpé à jour comporte un dôme,
et l'ouverture estdominée par un trumeau dont le décor parlant de la moulure supérieure
affecte un système de suspension légère dictant l'appareil décoratif.
Dans les panneaux de droite et de gauche les motifs de décoration sont variés
sans aucun rapport de symétrie.
RÉGENCE ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES.
Chambre a coucher.
121. —
Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; le fron-
loii de la niche est surmonté d'un motif allégorique en bois sculpté. Panneaux de tapisse-
ries avec moulures de décorations variées.
122. Chambres a coucher. —
Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; portes
de dégagement sur chacun des cotés. Côté opposé au lit. —
Porte d'entrée au milieu de
deux panneaux surmontés de peintures.
123. Chambres a coucher. —
Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; l'ou-
verture de la niche est encadrée par des portes de dégagement, surmontées de glaces. Côté
opposé au lit. —
Glace soutenue par une console, et encadrée par des fenêtres qui se dou-
blent de volets intérieurs.
124. Boudoir attenant a une chambre a coucher. —
Popte surmontée, d'une peinture
dans un cadre ovale. A gauche une glace surmontée d'un chiffre en bois sculpté; à droite,
un panneau uni.
125. Boudoir. —
Le décor à disposition parallèle verticale donne une apparente illusion
sur la hauteur. Glace haute et étroite placée sur une console, et encadrée par des fenêtres à
petits carreaux.
126. Salles a manger. —
Couronnements et encadrements de fenêtres, en forme cintrée.
Galeries.
127. —
Couronnements et encadrements de fenêtres, en forme cintrée ou carrée.
128. Salons d'attente. —
Décors de panneaux moulurés, séparés alternativement par
des glaces, ou entre une glace et des portes.
129. Antichambre. —
Décoration par des fenêtres à petits carreaux, soit à angle droit,
soit cintrées. Chambre de repos. —
Niche avec canapé et glace au fond, encadrée de pan-
neaux et de portes.
ir>0. —
Décoration pour une cheminée de salon pour concerts. —
Ilien de particulier à
dire qui n'ait été déjà remarqué dans nos planches précédentes sur les glaces, panneaux
peints, bras de lumière, etc.; à noter cependant que le décor du panneau de droite est un
décor qui monte, la partie haute étant absolument dégagée de tout décor pendant.
G
54 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
les médaillons qui se font face en d'autres panneaux, opposent leurs lignes légères et
discrètes à la fantaisie des petits amours porteurs de lumières à branches dont l'ondulation
tend à se régulariser.
136. Caractéristique du style louis xv a sa dernière période. — Lambris de menui-
serie pour petits appartements, panneaux, portes et dessus de portes.
LA PIERRE
Planches 137 à 150
137. Portes-cochères. —
Au commencement de la Régence, le goût s'allège subitement,
le décor est riche sans inutile somptuosité. On va désormais chercher la grâce, non plus
dans une surcharge de l'ornement, mais dans la variété et l'agencement des consoles et des
lignes.
138. Entrée de palais national. — Lorsqu'il s'agit d'un palais, le style de la Régence n'ose
pas, dès l'abord, renoncer aux traditions de l'époque précédente.
Il s'en excuse en multipliant dans le décor les [signes du pouvoir : les initiales, les écus-
sons, etc. forment les documents habituels auxquels l'architecte a recours pour sa
décoration.
On remarquera toutefois, de chaque côté de la fenêtre, qui domine la porte, la ligne
simple et élégante des consoles renversées.
Décoration de portes cochères.
13'J. —
A la fin de la Régence, le décor multiplie
ses ressources d'élégance et s'est définitivement dégagé de la solennité du style Louis XIV.
140-141. Décorations de portes cochères. —
A une époque où la vie intime était plutôt
tournée vers la gaieté, on désirait toutefois présenter une certaine austérité de façade, et
sous l'empire de l'archéologie, on voulut, pour les hôtels, un porche quelque peu monu-
mental.
On remarquera cependant avec quel art les architectes surent laisser à la matière
employée, pierre ou marbre, l'aspect qui lui convient le travail ne s'employa pas à en
:
dénaturer l'expression, et l'on peut dire que, plus encore que les sculptures, c'est la matière
elle-même qui fournit le meilleur élément du décor.
1W-143. Les symboles dans le couronnement des édifices publics. Quand la con- —
struction dut abriter, soit des services publics, soit des personnages de la cour, l'architecte
fut obligé de sortir de sa réserve de goût; mais, avec un tact dont les exemples sont précieux,
c'est dans la partie supérieure de l'édifice, dans les frontons et dans les couronnements, qu'il
multiplia les symboles exprimés dont l'ampleur exubérante fournit un décor imposant. De
la sorte, dans les parties basses de l'édifice, il put se borner à une expression plus sobre.
partie renflée et «l'un fût; et l'on ne saurait trop admirer avec quelle ingéniosité les archi-
tectes surent jouer de ces trois parties du balustre.
147. Balcons et Consoles. — Tandis <|iic les balcons rétrécissaient leurs ajours de façon
à réserver plus de place auxdécors en relief, les consoles au contraire allégèrent soit leur
téle, soit leur pied, afin de laisser à la partie large une importance plus gracieuse.
H8. Fontaines .jaillissantes. — Dans les fontaines jaillissantes, on eut, à la fin de l'épo-
que Louis XV, un souvenir Irès abâtardi de l'époque romaine. L'archéologie ne s'csl pas
encore imposée, elle ne fournit que de très vagues éléments aux architectes.
I«>. Fontaine monumentale. — Dans les fontaines monumentales, la transition de
l'époque Louis XV 5 l'époque Louis XVI est marquée par une emprise de l'inspiration
archéologique sur le goûl public. On va commencer à chercher îles formes exclusivement
dans le domaine de l'antiquité.
150. Marbrerie a compartiments pour dallages et foyers de cheminées.
FERRONNERIE D'ART
Planches 151 à 165
LE BRONZE CISELÉ
Planches 166 à 174
166. Le bronze ciselé a application et a signification purement
décoratives. —
Bandeau, entrée de serrure, poignée, chute et sabot, pour garniture de commode.
167. Le bronze ciselé a application et a signification purement décoratives.
Poi- —
gnées et entrées de serrures, pour garniture de bureau ou de commode.
168. Le bronze ciselé et doré a application et a signification purement
décora-
tives. — Bras de lumière pour meubles ou décoration de glaces.
169. Le bronze ciselé et doré a application et a signification purement
décoratives. —
Bras de lumière pour meubles ou décoration de glaces.
170. Torchères, lustres, suspensions, lanternes et braseros
en bronze ciselé et doré.
171. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes et des
fenêtres.
— Crémones, espagnolettes, pannetons, targettes, etc.
172. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration
des portes et des meubles. —
Dessins de clefs et d'entrées de serrures, pour les portes d'appartements et pour les meubles.
173. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes
et des fenêtres. —
Dessins pour verrous, targettes, serrures, entrées de serrures, etc.
174. Cartels et pendules en bronze ciselé et doré. —
Le métal s'offrait comme un
agent précieux aux caprices du style rocaille, sa résistance permettait d'émacier les lignes,
d'accentuer les courbes, de donner en un mot à la pièce, pendule ou thermomètre,
une
forme des plus contournées qui leur fait affecter quelquefois l'aspect d'une figure ondulant en
une prétentieuse révérence.
LE BOIS
Planches 175 à 190
175. Décoration de porte cochère. —
On remarquera avec quelle habileté l'architecte a
su donner à la porte, et à la construction qui l'entoure, un décor approprié à la matière du
bois et de la pierre. Autant le tympan de l'arcade et les montants ont un décor grave en ses
lignes épaisses, autant le décor des volets de bois est léger et d'une opposition heureuse.
176. Moulures en bois pour plafonds et portes d'appartements. —
On remarquera
l'harmonie qui existe entre la décoration de ces moulures et celle des meubles reproduits
à la planche suivante.
177. Le Mobilier canapé, console et bras de lumières.
: — Dans le travail du bois,
à l'époque de la Régence, les pieds des meubles ont la même solidité lourde qu'à
l'époque précédente, mais les courbes s'allègent cependant.
178. Cadres en bois sculpté et doré. —
Au milieu du xvni" siècle, le style traditionnel
s'est complètement perdu en ce qui concerne les encadrements en bois sculpté, et partout,
en cette matière, règne le style rocaille à l'asymétrie triomphante.
179. Cadres en bois sculpté et doré. —
Au milieu du xviii 8 siècle, le style traditionnel
s'est complètement perdu en ce qui concerne les encadrements en bois sculpté, et partout
en cette matière, règne le style rocaille à l'asymétrie triomphante.
180-181. Torchères en bois sculpté et doré. —
C'est dans cette décoration mobile des
appartements de parade que l'art du sculpteur sur bois a créé des types appliqués à des
supports pour lampes, pour lustres, pour vases, etc. Les formes en sont multiples; on
RÉGENCE ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES. 57
jugera, par les exemples (pic nous en donnons, quelles sont les ressources décoratives
•pie pouvail fournir ce meuble dont la destination était si variée.
182. CONSOLF.S F.N DOIS SCULPTÉ ET DOUÉ AVEC DESSUS DE MARBRE. —
L'art dll sculpteur
sur bois n'a jamais atteint autant de légèreté que dans la création de ces meubles d'une
destination toute d'apparat. La multiplicité des consoles, dans la décoralion des apparte-
ments à l'époque Louis XV, nous a valu des modèles précieux et dont l'exécution ne laisse
rien à désirer,
185. Ameublement de cabinet. —
Bureau, orné de bronze ciselé, exécuté d'après
un dessin de J. A. Meissonnier; et canapé en bois sculpté et doré, orné de lapisseries, et
lambris chantournés suivant la forme du meuble.
184. Ameublements de cabinet de travail et de chambre a coucher. —
Médailler à
forme de commode à double cintre orné de bronze ciselé, et de tiges de palmier stylisées
en rocaille, encadrant les renflements du milieu et des côtés. Les centres sont occupés par
quatre médaillons. Aux angles, le meuble se joint aux pieds en bronze massif derrière des
tètes de bélier d'un relief exagéré. Commode en bois de rapport, à deux tiroirs, décorée
d'abondants ornements de cuivre ciselé.
IX."). Ameublement pour chambre a coucher. —
Commodes en vieux laque garnies de
cuivre ciselé et doré. Ainsi que l'on pourra en juger par les commodes reproduites planches
18 i et 18"). à l'époque de la Régence, dans le meuble, la masse s'allège et la somptuosité qui
caractérisai! le style Louis XIV prend un caractère plus aimable.
180-187. Bureaux, commodes et fauteuils garnis de tapisseries. —
Le Style spécial de la
Régence et du règne de Louis XV s'affirme en ses caractères les mieux définis bronze aux :
189. Chaires a prêcher. — Dans la chaire à prêcher de la fin du règne de Louis XV, le
style rocaille avait été favorisé par l'emploi des coquilles, dont la vasque s'offrait à l'eau
bénite.
Les figures, qui devaient exprimer des symboles de foi, affectent une élégance et une
mièvrerie qui étonneraient à une tout autre époque. Néanmoins, on remarquera combien
l'édicule s'équilibre malgré le système asymétrique du décor qui le revêt.
de courbes qui se prêtaient merveilleusement au travail affiné du métal, et ils sont peut-être
les seuls qui, à leur époque, aient pu avoir conscience qu'ils créaient un style.
193. Orfèvrerie de tadle en argent ciselé Salière, Huilier et Soupière.
: —
11 y eut,
chez les orfèvres au milieu du XVIII" siècle, un retour à l'inspiration directe de la nature.
194. Orfèvrerie de table en argent ciselé. —
A l'époque de Louis XV, les surtouts de
table n'avaient pas qu'un rôle de décoration opulente, les maîtres orfèvres avaient su les
rendre indispensables en les chargeant île répandre la lumière sur la table, à l'aide de bras
à bougies, et de porter les huiliers, les salières, les épices et même des coupes de fruits.
195. Orfèvrerie de tadle en argent ciselé. Légumiers et Soitières. —
On remarquera
(pie les légumiers et les soupières n'eussent paru complets, s'ils n'avaient pas été accom-
pagnés d'un plateau. Et l'on sait, s'il se fit, en ce temps, des plateaux d'une ligne exquise.
100. Orfèvrerie en argent ciselé. La forme et le décor pour les plateaux. —
Les orfèvres surent varier à l'infini le décor et la forme des plateaux ils s'arrêtèrent
:
cependant, dans leurs choix, aux lignes et aux courbes qui, tout en étant essentielle-
ment propices au décor, demeuraient cependant les plus propres à la commodité usuelle
îles plateaux.
Orfèvrerie de table en argent ciselé. La forme et le décor pour les soupières.
197.
— Un temps l'on affecta de donner à la soupière la forme d'une jardinière on l'éleva alors
:
sur des pieds, on pourrait reprocher cette forme aux orfèvres, s'ils n'avaient pas su tirer
parti de ces pieds par un rythme décoratif des plus heureux.
HI8-199. La forme et le décor pour les bougeoirs. —
L'élément décoratif traité, par les
orfèvres de la Régence et de l'époque Louis XV, avec une volonté de réalisme, fut, ainsi
que les planches 193, 198 et 199 nous en fournissent des exemples, un agent effectif susceptible
d'imposer le caprice d'asymétrie au goût public.
200. La forme et le décor pour les candélabres. —
La décoration du fut des
candélabres, d'une grande richesse d'ornementation, a été une des préoccupations des archi-
tectes décorateurs.
Ameublement
pendant le
Dix-huitième siècle
Régence — Louis XV
DÉCOR
FORME — APPLICATION
MATIÈRE
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS
.Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774)
LE DÉCOR
Planches 1 h SS
Décoration Régence .
—
Panneaux pour vestibules. —
Décoration mythologique.
Décoration de grandes surfaces murales. —
Plafond et Panneau. —
Panneaux pour
boudoirs.— Panneaux décoratifs. —Dessus de portes et dessus (le glaces.
Panneau peint pour surfaces étroiles. —
Décoration intérieure. — Fontaines
-
4 et 5 (suite) abondamment pourvue d'éléments purement décoratifs, présentait la plupart du temps une
disposition aphothéotique. On en a d'abondants exemples dans les tapisseries, panneaux peints, etc.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 6.
6. Plafond et panneau. —
Au commencement du règne de Louis XV,
les lignes architecturales tendent, dans décors peints, à des caprices d'une réalisation improbable.
les
L'élégance, voulue avec excès, amène des mièvreries d'une importance compliquée.
7
8. Panneau décoratif. — Ladécoration des grands panneaux tendait à donner l'illusion soit de fontaines,
soit de cascades, comme
le représente la planche suivante; soit, comme le représente
la planche 8, d'un escalier aux révolutions compliquées. Cette décoration carastéristique du style
rocaille, est toute française, et parle goût qui y préside et par l'exécution qui ne laisse rien à désirer.
Anthologie des Auts Décoiiatiis. XVIIIe Siècle. — Planche t».
10. Dessus de porte et Dessus de glace. — Le décor est asymétrique avec une volonté déterminée
dont le décorateur, quelquefois, a su se servir pour une démonstration pittoresque.
H. Dessus de porte. — La symétrie s'efface derrière la précision d'une architecture exubérante:
Palais à colonnades irréalisables, Escalier de parc aux balustres agrémentés de sculptures, Fontaine
aux jets d'eau jaillissants, elc ..
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII» Siècle. — Planche 12.
12-15. Panneaux teints. — On n'ose plus, sous la poussée du goût qui appelle les décorations,
laisser aux panneaux leur blancheur sur laquelle le relief seul des moulures et des attributs
sculptés faisait une ombre. Le fond demeure encore blanc, mais, sur les panneaux, les peintres se
laissent aller à une décoration formée de deux éléments très distincts: l'un par où s'affirme le style
Anthologie des Akts Décoratifs.
XVIII e Siècle. — Planche K
10. Fontaines pour décoration de jardins.- — On eut sous Louis XV le goût des fontaines en
pyramide, dans lesquelles le volume d'eau versée était modeste, si on le compare à
l'ampleur de la construction. D'autre part, on aimait à y inscrire des pensées qui, sous une expression
philosophique, cachait un besoin irrésistible d'expansion sentimentale; de là les cartouches
réservés dans les projets de construction.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 17.
du XYIIP siècle, mais encore nous fournit une indication précieuse sur l'état des esprits un besoin :
18. Panneaux pour décoration de boudoirs. — Vers la fin du règne de Louis XV, la relation
des voyageurs revenus d'extrême Orient tourna la curiosité de quelques artistes du côté du goût chinois,
mais ce fut un art chinois accommodé à la mode française. On n'y comprit ni la structure du
bambou, ni l'architecture des édicules, ni la forme des jonques. La stylisation en fut arbitraire et la
formule d'art qui en résulta se défend plus par le goût français qui s'en dégage que par les
sujets d'une expression vraiment exotique.
19. La forme des vases pour la décoration des jardins. — Dans la forme des vases de jardins,
il
y eut, à l'époque de la Régence, une manifestation précise de l'évolution traditionniste. Le nombre des
formes, pour si variées qu'elles soient, n'en est pas moins limité; et, dans l'application du décor,
l'architecte ne se départit pas des lois les plus sévères de l'équilibre et de la pondération.
5"
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 20.
sur les cheminées, soit sur des consoles, soit même sur des fûts où ils alternaient avec des bustes.
La forme architecturale disparait presque complètement sous le caprice et, il faut en convenir, sous
l'imagination débordante du décor.
/
20 et 21 (suite) Le vase à cette époque ne doit plus être un vase, on pense lui donner un caractère
précieux en faisant surtout une œuvre de sculpture ou de peinture. Le lion et autres animaux de la fable.
les amours, les faunes et les naïades, toute la mythologie, dieux ou demi-dieux, sont mis
à contribution pour peupler la forme des vases qui, sans le décor aux reliefs prodigieux, seraient d'une
gracilité désagréable.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. - Planche 22.
26. Kpoque Louis XV. — Exemples de coquilles stylisées, traitées avec symétrie pour le décor
et couronnements de glaces, panneaux, consoles, vases, etc.
Anthologie des A«ts Décoratii s. XVIII" Siècle. — Planche 27.
27. Époque Louis XV. —Exemples oe coquilles stylisées, traitées avec symétrie pour le décor
des glaces, encadrements de peintures, panneaux et lambris de hauteur chantournés
suivant Ja forme du meuble.
i*
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 28.
28. Époque Louis XV. — La coquille stylisée et traitée avec symétrie dans le décor sculpté
des appartements.
[Link]. des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 20.
29. Époque Louis XV. — Les feuilles et les coquilles stylisées et traitées avec des renversements
symétriques dans lasculpture ornementale destinée au décor des appartements.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche -50.
."0. Décoration de plafonds.— Système de décor symétrique par groupement cl asymétrique quant
au détail pour les plafonds ils sont
: i< rej résentés par quarts.
i
31. Décoiîation de plafonds. — Système de décor symétrique par groupement et asymétrique quant
au détail pour les plafonds ils sont ici représentés par quarts.
:
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 7>'l.
ô-1. Décoration de plafond. — Système de décor symétrique par groupement et asymétrique quant
au détail pour les plafonds.
Anthologie dks Akts Décoratifs XVIII 1 Siècle. — Planche 34.
Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774;
ARCHITECTURE ET JARDINS
Ensemble de décoration ihturièlire'. — Décoration extérieure. — Grandes èt^pèUtOs
maisons de plaisance. — [bfluQrice étrangère sur l'architecture cl. sur
la disposition intérieure. — Salon à l'italienne. — Salon vestibule et vestibules.
Disposition des grandes galeries. — Palais pour réjouissances publiques.
Décoration de jardins a la française.
Architectures paysagistes et décorations de jardins à la française.
50-57 (suite) qui les ont fait construire. De là, avec ces pavillons, ces terrasses, le souci de varier
la façade et de donner, dès le lointain, la sensation d'œuvres très précieuses émanant
d'une conception éminemment délicate.
An [Link] des Aists Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 58.
"iX-ÔO. Petites maisons de plaisance. — [ci disparaît le souci de créer une œuvre somptueuse.
Dans les façades aux décors simples, dans les avant-corps d'une mesure restreinte, dans la disposition
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 59.
38-59 [suite) régulière dcila construction qui n'offre qu'un corps principal,
on se contente d'une
élégance de bon ton, sans rien de plus.
La planche 38 donne les façades sur la cour et la planche 39 celles sur les jardins.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIIP Siècle. — Planche W.
41. Salon a l'italienne.; — Elévation intérieure d'un salon a l'italienne!, vues prises sur la longueur
et sur la largeur.
A droite de la planche en haut se trouve la salle de compagnie et à gauche l'antichambre. A — droite
de la planche en bas se trouve l'escalier menant aux appartements intimes et à gauche
la porte d'entrée de l'antichambre.
XVIII- .ANCHE
i'J. Salon vestibule, grand vestibule et petits vestibules. — Tandis que le décor dos murs se
simplifie, on éprouve le besoin de le creuser de niches pour y donner asile à des
tatues. Cette nouvelle conception architecturale s'opère sous l'influence de l'archéologie naissante.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche li.
44. Palais pour réjouissances publiques. — Au milieu du règne de Louis XV, alors qu'il s'agissait
de créer des salles de fête, les architectes ne s'écartaient pas des harmonies heureuses
et relevant d'un style toujours élégant; ils ne considéraient jamais que leur œuvre ne dût avoir
qu'une durée éphémère, et ils se défendaient de toute superfétation qui eut pu les
faire accuser d'un mauvais goût, même passager.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche i5.
45. Décoration de jardins a la française. — L'architecte paysagiste ne s'en tient pas toujours,
dans la décoration des jardins, à la symétrie; il hausse souvent son inspiration à des caprices de courbes
d'un eflet très décoratif.
Antuôl'ogïe df:s Arts Déc oratifs. \\ III- Siècle. — Planche it>.
Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774)
DISPOSITIONS INTÉRIEURES
ENSEMBLES DE DÉCORATIONS
Planches 49 à 136
de réception. — \
Vestibules ou galeries d'enl rée. nienanl à des salles de fêles.
à coucher. —
Galeries. —
Salons d'allenle. Chambre'de —
repos. —
Décoration poui
une cheminée de salon pour concerts. — Décoration de boudoir. — Décoration
pour cabinel à collection d'objets de euriosilé. — Salle de compagnie avec
petites alcôves renfermant des canapés surmontés de dais.
7
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 50.
50. Décoration pour galerie d'apparat. — L'observation pour la planche précédente s'applique
également à celle-ci; toutefois on remarquera dans les panneaux comment le décor en
pyramide, si fréquent à l'époque Louis XIV, lorsqu'il s'agit d'un relief de pierre, allègejses arêtes
sèches et dissimule la raideur de ses angles.
Anthologie m:s Aitrs Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 51.
51. Salle de jeu.— La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur des panneaux, simplement
ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le dessin resserré des
cannelures des colonnes et des pilastres.
7'
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 52.
52. Salon de conversation. — La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur des panneaux,
simplement ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le dessin
resserré des cannelures des colonnes et des pilastres.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 53.
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57. Salon d'attente et Salon d'un appartement de réception. — Vers la fin de la régence le style
tend à une légèreté qui demeure de la symétrie mais avec des renversements de courbes
et des oppositions de lignes. La forme du triangle, arrondie, se présente plus souvent sous l'aspect d'un
éventail développé que sous celui d'une coquille. Tous les éléments de décors sont de signification
purement décorative et il faut aller chercher les expressions réelles et les sujets
dans les peintures qui se trouvent au-dessus des portes.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 58.
58. Couronnement de porte pour appartement peu exhaussé. — La hauteur des appartements avait
si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin de diminuer la hauteur
des battants, que même lorsque les appartements ont une hauteur ordinaire l'architecte se croit
obligé de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau, même très restreint
Anthologie des Arts Décoratifs. ' XVIII" Siècle. — Flanche 59.
[Link] de portes pour appartements peu exhaussés. — La hauteur des appartements avait
si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin de diminuer
la hauteur
des ballants, que même lorsque les appartements ont une hauteur ordinaire, l'architecte se croit obligé
de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau, môme très restreint.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche GO.
GO. Chambre a coucher. — Dans la période traditionnelle de l'époque Louis XV, on emploie bien
la coquille, mais il y a dans le décor un parallélisme rigoureux des divers éléments qui la compose.
Anthologie des Arts DÉCORATIFS. XVIII- Siècle. — Planche CI.
61. Chambre a coucher. — Dans la période traditionnelle de l'époque Louis XV, on emploie bien
a coquille, mais il y a dans le décor un parallélisme rigoureux des divers éléments qui la compose.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 62.
62. Salle a manger. — Le remplacement des vitraux, par des petits carreaux transparents, avait
obligé l'architecte à protéger l'intérieur des pièces contre les rayons du soleil à l'aide de volets
à ballants étroits que l'on fermait à l'intérieur. Ces volets, devant être vus de l'extérieur,
recevaient un décor qui s'arrangeait avec celui des fenêtres.
Anthologie i>i s Arts Décoda i ii s. XVIII' SlÈCLE. — Planche (>"..
64. Galerie d'apparat. — Le plafond étant fort élevé, le décorateur a trouvé, dans la voussure, un
espace qui lui permet de donner une vaste décoration à ce couronnement.
Anthologie di;s Arts Décora ni s. XVIIP Siècle. — Planche ti">.
66. Galerie d'apparat — Fenêtres encadrant une glace soutenue par une console.
Assemblages et profils
C7. Galerie d'apparat. — Fenêtres encadrant une glace soutenue par une console,
et surmontée d'une pointure.
Anthologie des Akts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 68.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII Siècle. — Planche 0'.).
69. Cabinet. — Suite de la décoration précédente : à remarquer les courbes et les brisures
d'angles des encadrements.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 70.
[2. Salon de passage attenant a une salle de fêtes. — Glace dans un cadre en bois sculpté et doré,
avec bras de lumière; la glace est soutenue par une console et encadrée par des panneaux
de décorations variées, sur lesquels des appliques sont fixées.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 73.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. - Planche 74.
74. Vestibule d'entrée, attenant a une salle d'attente. — Utilisation d'un angle resserré
entre une porte et une fenêtre; grand baromètre en bronze ciselé et doré, fixé dans
une encoignure, et encadré par une fenêtre et un panneau.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. - Planche
V
77. Ensemble de décoration pour un salon de fêtes. — Coté des glaces, coté des croisées
—
et bouts des sofflles. Projet pour un plafond.
78. Petit salon. — Panneau supporté par une console el placé entre deux portes, l'une à placard,
l'autre ouvrante. La porte à placard ne répond ici qu'à une exigence de symétrie.
Anthologie des Aivrs Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 79.
80. Porte pour un cabinet a collection, placée entre deux panneaux étroits, et surmontée
de la peinture, exécutée en camaïeu, d'un sujet au pittoresque composé.
Anthologie dfs Arvrs Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche SI.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 82.
Anthologie des \kts DÉCORATIFS. [XVIII- Siècle. — Planche 83
SI. Cabinet de travail. — Porte on bois sculpté dont le cintre est domine par une importante
peinture; les tapisseries sont encadrées p*ar des moulures de décorations variées.
XVIII' Siècle. — Planche 85.
Antholooie des Arts Décoratifs.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII» Siècle. — Planche 80.
86. Salle a manger. — Le buffet encaslré dans la profondeur du mur à gauche, le panneau
:
est occupé par une fontaine en étain soutenue par une console de marbre.
Anthologie res Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 87.
87. Salle a manger. — Application du système précédent le buffet encastré dans la profondeur
:
du mur à
: panneau est occupé par une fontaine en marbre, soutenue
droite, le
par une console en pierre, et couronnée par une peinture.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII- Siècle — Planche 88.
89. Chambre a couciieiî. — Une cheminée basse, un petit miroir, des panneaux où un nœud sert
à suspendre un décor aux éléments variés, et au-dessus du miroir, ainsi qu'au-dessus du panneau, des
peintures où la fable permet des expressions de nu, et plus haut encore, sous le plafond, une
frise partagée par des consoles et dont les tympans sont décorés de guirlandes retenues en leur milieu
par des panoplies d'instruments de musique.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII e
Siècle. — Planche !>0.
91. DÉCORATION POUR GLACE DE GRANDE SALLE A MANGER. GRAND CHAMBRANLE DE LA CHEMINÉE JOINT A
celui de son couronnement. — Le décor un peu chargé du haut de la glace, est équilibré
par les deux figures qui portent des bras de lumière de chaque côté de la cheminée et sont comme
des
pédales d'appui à celle harmonie bruyante.
12*
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 92.
92 Chambre de parade. — Cheminée, glace, candélabres, foyer et chenets, consoles, vases, panneaux
et voussure.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 93.
94. Salle a manger. — Glaces en bois sculpté de décorations variées surmontées d'une élude d'animaux.
Anthologie des Aivts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 95.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche
OU. Grand salon dl réception. — Glaces en bois sculpté de décorations variées. On y voit
la ligure de quelques animaux fabuleux dont les courbes se prêtaient aux évolutions du style rocaille.
Anthologie hes Arts Décoratifs. XYIII* Siècle. — Planche 98.
Profils de glaces et profil d'une croisée à double parements, avec ses guichets à petits cadres.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 112.
112. Boudoir de toilette. — La hauteur des panneaux occupée par les glaces est
diminuée à couronnement dont le décor se lie à l'harmonie des autres parties de
l'aide d'un la pièce.
Anthologie des Arts Décohatifs. XVIII" Siècle. — Planche IU.
114. Chambre de jeûne fille. — Un décor simple, des panneaux aux moulures droites qui font valoir
la bordure de la glace aux guirlandes modestes.
Devant le foyer, la marbrerie affecte un dessin aux angles droits.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 116.
116. Bibliothèque de dame. — Dans les murs on a réservé des placards découverts pour y placer
les rayons. Au-dessus des placards, dans un cadre d'une asymétrie accentuée, des
peintures en camaïeu.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 117.
[Link]. — Le principe de ne pas placer en relief au-devant des murs des objets immeubles
par destination a obligé à réserver pour des poêles des niches dont la forme arrondie et
cintrée prête à un décor élégant; le haut de la baie comporte un trumeau; le poêle lui-même,
produit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails, relevant de l'asymétrie,
s'accordent avec les lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
119. Antichambre. — Le principe de ne pas placer en relief au-devant des murs des objets immeubles
par destination a obligé à réserver pour des poêles des niches dont la forme arrondie et
cintrée prête à un décor élégant; le haut de la baie comporte un trumeau; le poêle lui-même,
[pro luit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails, relevant de l'asymétrie,
s'accordent avec les .lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIIIe Siècle. — Planche 120.
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16*
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche m.
24. Boudoir attenant a une chambre a coucher. — Porte surmontée d'une peinture dans un cadre
A gauche une glace surmontée d'un chiffre en bois sculpté; à droite, un panneau uni.
ovale.
ANTHOLOGIE des Arts Décoratifs. XVIII- Siècle. — Planche t25.
125. Boudoir. — Le décor à disposition parallèle verticale donne une apparente illusion sur la hauteur.
Glace haute et étroite placée sur une console, et encadrée par des fenêtres à petits carreaux.
Anthologie des Arrrs Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 126.
i:
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche
130. Décoration pour une cheminée de salon pour concerts. — Rien de particulier à dire qui n'ait
été déjà remarqué dans nos planches précédentes sur les glaces, panneaux peints,
lu as de lumière, etc.: à noter, cependant, que le décor du panneau de droite est un décor
qui monte, la partie liante étant absolument dégagée de tout décor pendant.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 132.
l">
-
2 et 153. Décoration pour cabinet a collection d'objets de curiosité. — A la fin du règne de
Louis XV il y eut une réaction contre l'asymétrie du style rocaille, c'est à peine si l'on tolère dans les
bras de lumière des inégalités de branches mais, dans le décor des consoles,
;
1 1 r»3 [suile] des panneaux, le rythme reconquiert une rigoureuse parité, et dans le haut des glaces
on voit apparaître un décor de croisillons à petite rosace centrale auquel on donne heureusement des
Ions pâles avec un léger rehaut d'or afin d'éviter un excès de lourdeur.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche lôi.
134. Salle de compagnie avec petites alcôves renfermant des canapés surmontés de dais. —
CiiAMiiRE a coucher. — II semble qu'on ait voulu opposer la simplicité du décor peint à la lourdeur du
décor mobile, autant les guirlandes des frises et des panneaux, les moulures des portes
ont de légèreté, autant le fronton et les rideaux de l'alcôve, les dômes et les rideaux des dais disposés
au-dessus des canapés ont de la lourdeur et de la prétention.
i:>b. Caractéristique du style louis xv a sa dernière période. — A la fin de l'époque Louis XV,
le style de la tradition l'emporte et le décor simplifié, allégé, est d'une suprême élégance.
Les guirlandes, les palmes, les attributs des panneaux qui dominent les glaces, les médaillons qui se font
l'ace en d'autres panneaux, opposent leurs lignes légères et discrètes à la fantaisie des petits
amours porteurs de lumières à branches dont l'ondulation tend à se régulariser.
ANTHOLOGIE DES ARTS DECORATIFS
Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774
LA PIERRE
Sculpture et Décoration
Planches 137 à 150
est riche sans inutile somptuosité. Onva désormais chercher la grâce, non plus dans une surcharge
de l'ornement, mais dans la variété et l'agencement des consoles et des lignes.
îs
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 158.
138. Entrée de palais national. — Lorsqu'il s'agit d'un palais, le style de la régence n'ose pas,
dès l'abord, renoncer aux traditions de l'époque .précédente. Il s'en excuse en multipliant dans le décor
les signes du pouvoir les initiales, les écussons, etc. forment les documents habituels
:
110-141.Décoration de PORTES-cociiÈRES. — A une époque où la vie intime était plutôt tournée vers la
gaieté,on désirait toutefois présenter une certaine austérité de façade, et sous l'empire de
l'archéologie, on voulut, pour les liôtels, un porche quelque peu monumental. On remarquera cependant
Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. - Pu
140-1 H avec quel art les architectes surent laisser à la matière employée, pierre ou marbre,
(suite)
l'aspect qui lui convient le travail ne s'employa pas à en dénaturer l'expression,
:
et l'on peut dire que, plus encore que les sculptures, c'est la matière elle-même qui fournit le meilleur
élément du décor.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 142.
144. Décorations des perrons, dessus de portes, etc.... — A l'époque Louis XV, il y eut, sur
l'opinion, deux forces qui pesèrent au point de modifier le goût public l'archéologie et la puissance
:
des favorites. De là ces sphinx à têtes de femmes, monstres modernes, à évocation antique. On
en multiplia les images, et au-dessus des portes, à l'entrée des perrons, aux
angles des toits, le sculpteur en varia les images sans toutefois s'écarter du principe dont il s'inspirait.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 145.
145. Décoration de fenêtres et des lucarnes. — Vers la fin de l'époque Louis XV, le style
traditionnel s'affirme en regard du style rocaille, surtout dans la décoration
dont les façades des maisons de plaisance vous offrent l'exemple. On trouvera reproduit ci-dessus
toute une série de documents qui appuient celte affirmation.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 140.
140. Balustres. — Le décor des balustres fut assez varié pendant la première moitié du XVIII" siècle et
cette variété vient spécialement des formes que les architectes imaginèrent de leur donner.
Le balustre se compose toujours d'une gorge, d'une partie renflée et d'un fût, et l'on ne saurait trop
admirer avec quelle ingéniosité les architectes surent jouer de ces trois parties du balustre.
Anthologie df.s Arts Décoratifs. XVIII Siècle. — Planche 147.
147. Balcons et Consoles. — Tandis que les balcons rétrécissaient leurs ajours
de façon à réserver plus de place aux décors en relief, les consoles au contraire, allégèrent soit leur tête,
soit leur pied afin de laisser à la partie large une importance plus gracieuse.
19"
148. Fontaines jaillissantes. — Dans les fontaines jaillissantes,
on eut à de l'époque Louis XV un souvenir très abâtardi de l'époque romaine. L'archéologie ne s'est
la. fin
pas encore imposée, elle ne fournit que de très vagues éléments aux architectes.
149. Fontaine monumentale. — Dans les fontaines monumentales, la transition de l'époque Louis XV
à l'époque Louis XVI est marquée par une emprise de l'inspiration archéologique
sur le goût public. On va commencer à chercher des formes exclusivement dans le domaine
de l'antiquité.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 150.
150.
htm
Marbrerie a compartiments pour dallages et foyers de cheminées»
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS
Régence — Louis XV
1715-1723) 1723-1774)
FERRONNERIE D'ART
Planches Ï5i à i6n
1M. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Grilles, balcons, potences et lanternes
en fer forgé.
152. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec ornements
et feuillagf s relevés au marteau.
Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec ornements
et feuillages relevés au marteau.
Anthologie des Arts Décoratifs
I5i. Ferronnerie d'art poer décoration EXTÉRiEERE. — Balcons en fer forgé, avec ornements
cl feuillages, relèves a» marteau.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII Siècle. — Planche 155,
133. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec ornements
et feuillages relevés au marteau.
20*
Anthologie des Aivrs Décoratifs, XVIII- Siècle. — Planche 156.
156. Ferronnerie d'art tour décoration intérieure. — Rampes en fer forgé, avec consoles,
frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
I
157. Ferronnerie d'art pour décoration intérieure. — Rampes en fer forgé, avec consoles,
frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
Anthologie des Ahts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 158.
tj'.). Ferronnerie d'art polis décoration intériei/ke.— Hampes en fer forgé, avec baluslres
ou panneaux, frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII Siècle
e
— Planche 100.
164. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Grille, panneau, couronnement, balcons
et motifs divers en fer forgé.
Anthologie df.s Auts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 165.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 100.
Régence — Louis XV
(1715-1723) 1723-1774)
LE BRONZE CISELÉ
Planches i6C> | 174
172. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes et des meubles. — Dessins
clefs et d'entrées de serrures, pour les portes d'appartements et pour les
meubles.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 175.
173. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes et des fenêtres. — Dessins pour
verrous, targettes, serrures, entrées de serrures, etc.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche \U.
174. Cartels et pendules en bronze ciselé et doré. — Le métal s'olTrail comme un agent précieux aux
caprices du style rocaille, sa résistance permettait d'émacier les lignes, d'accentuer les
courbes, de donner en un mot à la pièce, pendule ou thermomètre, une forme des plus contournées
qui leur fait affecter quelquefois l'aspect d'une figure ondulant en une prétentieuse révérence.-
'*
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS
Régence — Louis XV
1715-1723) (1723-1774)
LE BOIS
Planches 17 Ô -,
190
t)écoraUon de porte-cochère. —
Moulures en bois pour plafonds et portes dappartemenis.
te Mobilier canapé, console et bras do lumières.
: —
Cadres en bois sculpté et doré.
Torchères en bois sculpté et doré. —
Consoles en bois sculpté et doré avec
jlessus de marbre. — Ameublement de cabinet de travail et de chambre, à coucher-.
Bureaux, commodes el l'auleuils garnis de tapisseries. — Buffets sculplés.
Chaires à prêcher.
Voilures el Chaises à porteurs.
/
175. Décoration de porte cochère. — On remarquera avec quelle habileté l'architecte a su donner à
construction qui l'entoure, un décor approprié à la matière du bois et de la pierre.
la porte, et à la
Autant le tympan de l'arcade et les montants ont un décor grave en ses lignes épaisses, autant le
décor des volets de bois est léger et d'une opposition heureuse.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 176.
/
180-181. Torchères en bois sculpté et doré. — C'est dans cette décoration mobile des appartements
de parade que l'art du sculpteur sur bois a créé des types appliqués à des supports
pour lampes, pour lustres, pour vases, etc. Les formes en sont multiples;
Anthologie des Akts Décoratifs.
XVIII" Siècle. — Planche 181.
180-181 (suite)on jugera, par les exemples que nous en donnons, quelles sont les ressources
décoratives que pouvait fournir ce meuble dont la destination était si variée.
Anthologie df.s Arts Décoratifs. XYIII* Siècle. — Planche 182.
182. Consoles en bois sculpté et doré avec dessus de marbre. — L'art du sculpteur sur bois n'a
jamais atteint autant de légèreté que dans la création de ces meubles d'une destination
toute d'apparat. La multiplicité des consoles, dans la décoration des appartements à l'époque Louis XV,
nous a valu des modèles précieux et dont l'exécution ne laisse rien à désirer,
183. Ameublement de cabinet. — Bureau, orné de bronze ciselé, exécuté d'après un desssin de
J. A. Meissonnier; et canapé en bois sculpté et doré, orné de tapisseries, et lambris chantournés suivant
la l'orme du meuble.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII' Siècle. — Planche 18i.
obéissantes et capricieuses, ciselures poussées, et pour les commodes formes ventrues la direction
;
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 188-
188. Buffets sculptés pour salle a manger. — On eut pour le meuble meublant,
pendant lapremière partie du XVIII e siècle, un souci de la matière employée qui ne permettait pas
de le dérober entièrement sous le décor. Les ébénistes voulurent faire admirer tout d'abord
les bois dont ils faisaient usage et 'leur ornementation était adroitement choisie
pour en faire valoir la beauté et le veinage.
/
189. Chaires a prêcher. — Dans la chaire à prêcher de la lin du règne de Louis XV,
le style rocaille avait été favorisé par l'emploi des coquilles, dont la vasque s'offrait à l'eau bénite.
Les figures,' qui devaient exprimer des symboles de foi, affectent une élégance et une mièvrerie
qui étonneraient à une tout autre époque. Néanmoins, on remarquera combien l'édicule s'équilibre
malgré le système asymétrique du décor qui le revêt.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 190.
190. Voitures et chaises a porteur. — On remarquera [Link] forme des caisses de voitures est
singulièrement inspirée de la forme des sucriers de cette époque, la partie basse est sensiblement
plus étroite que la partie haute, on a songé plus à l'élégance extérieure qu'à la commodité des sièges.
Quant aux chaises à porteur, jamais on n'est sorti du principe qu'elles devaient présenter
la forme d'une berline coupée en deux.
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS
Régence — Louis XV
1715:1723) 1723-1774)
191. Orfèvrerie de table en argent ciselé, Huilier, Plateaux, Salière, Saucière, etc. —
Dans l'orfèvrerie de table, à l'époque de Louis XV, le goût public obéit rigoureusement aux formules
inventées par quelques artistes qui surent imposer leur génie.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 192.
[Link]èvrerie en argent ciselé. La forme et le décor pour les plateaux. — A l'époque de Louis XV,
décor et la forme des plateaux ils s'arrêtèrent cependant,
les orfèvres surent varier à l'infini le :
dans leurs choix, aux lignes et aux courbes qui, tout en étant essentiellement propices au décor,
demeuraient cependant les plus propres à la commodité usuelle des plateaux.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. - Planche 197.
197. Orfèvrerie de table en argent ciselé. La forme et le décor pour les soupières.
n temps l'on affecta de donner à la soupière la forme d'une jardinière on l'éleva alors sur des pieds
:
on pourrait reprocher cette forme aux orfèvres, s'ils n'avaient pas su tirer parti de ces pieds,
par un rythme décoratif des plus heureux.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 198.
de la Régence et de l'Époque Louis XV, avec une volonté de réalisme, sont, ainsi que les planches 193,
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 199.
1U8-199 (suite) 198 et 199 nous en fournissent des exemples, un agent effectif susceptible d'imposer
le caprice d'asymétrie au goût public.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 200.
200. La forme et le décor pour les candélabres. — La" lécoration du fût des candélabres,
d'une grande richesse d'ornementation, a été une des préoccupations des architectes décorateurs
Régence et de l'époque Louis XV.
Modèle de jeton, pab Edm. Bouchaiidok.
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% Edouard Rouveyre, Éditeur, rue de Seine, 76, à Paris
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Objets d'Art
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et ia Curiosité 1
Broderie — Céramique — Dentelle
Urines et Armures Bijouterie
Emaillerie — Horlogerie — Joaillerie
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« Meubles — Peinture sur vélin — Orfèvrerie Civile et Religieuse — Verrerie — Tapisserie
i parL. ROGER-MILËS
® Accompagné de Dou^e cents Reproductions documentaires gravées par J. Mange |
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m Cent planches spéciales pour' chaque, catégorie d'Objets
d'Art et de Curiosité, contenant chacune de un a vingt motifs,
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©montées sur onglets, chaque planche étant précédée d'une Exemplaire en cartonnage artistique, non (3s
©élude spéciale. Ce volume est terminé par un Lexique docu-
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mentaire des Connaissances utiles aux Amateurs d'Objets }
@\dTArt et de Curiosité, de Faïences et Porcelaine, etc. \ montes sur
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Publication honorée de la Souscription Ministère de l'Instruction et des Beaux-Arts
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» styles du VIII au XIX Siècle
Publication honorée de la Souscription du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts
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L. ROGE-R-MILÈS
Accompagnées de deux mille dessins classés par mo
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2 ordre chronologique et constituant un répertoire de ; U" |,,
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ç tiecuments historiques sur le vêtement ct la parure, (2 2 X 30)
gravés par J. Mauge, d'après lesTableaux, Manuscniset J „
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Accompagnées de Notes
Par
MIB EDOUARD ROUVEYRE
critiques et de
1 ON BIBLIOrHILË
Documents bibliographiques
EXEMPLAIRES EN PREMIER TIRAGE DE LA CINQUIÈME ÉDITION
DIX VOLUMES IN-8 carré, illustrés de mille huit cents figures. ...... 80 francs
SOMMAIRE DES DIX VOLUMES (tes Tolumcs ne se vendent pas séparément]
Huitième volume § Les ennemis du livre. — Moyen de préserver les livres des insectes. — Des-
: i3.
truction des livres et falsification des gravures. — Les équarrisseurs de livres. — Altérations et fraudes.
— § Nettoyage et encollage des livres et des gravures. — Du dédoublage des gravures. — Réparation
14.
des manuscrits, des piqûres de vers, des déchirures et des cassures du papier. — Restauration des
estampes et — Quelques notes sur les livres imprimés sur différents papiers.
des reliures.
Neuvième volume : § i5. De la classification
systématique des livres, des autographes et des gravures.
— Les catalogues de — mettre dans les catalogues. — Classement des copies des
livres. Observations à
titres par ordre alphabétique. — Conservation du catalogue alphabétique. — Du catalogue systématique.
— Da classification des autographes, des gravures et des manuscrits. — Classification des gravures. —
la
Connaissances que l'on devrait posséder pour bien connaître le livre manuscrit ou imprimé sous toutes
ses formes —
Titres d'ouvrages des XV e XVI e et XVII" siècles placés par ordre chronologique et pouvant
,
Cinquante Exemplaires. (N° 1 à 5o) ont été imprimés sur papier du Japon authentique.
Cinquante Exemplaires. (N° 1 à 5o) ont été imprimés sur papier de Chine authentique.
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