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I

ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Architecture, Décoration
ET

Ameublement
PENDANT LE

Dix- Huitième Siècle

RÉGENCE — LOUIS XV
Digitized by the Internet Archive
in 2013

[Link]
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Architecture, Décoration
ET

Ameublement
PENDANT LE

ix-Huitième Siècle
RÉGENCE — LOUIS XV
SYMÉTRIE ET ASYMÉTRIE
PROPORTIONS LÉGÈRES ET COURBES CAPRICIEUSES
PAR

11. ÇOGEH-JVUliÈS
ACCOMPAGNÉ DE DEUX CENTS PLANCHES, REPRODUCTIONS DOCUMENTAIRES

PARIS
EDOUARD ROUVEYRE, ÉDITEUR
76, HUE DE SEINE, 76
l'ig- I. — DÉCOBATIOa DE LA GRAXDE GALERIE DE VERSAILLES, \ L'OCCASION 1)0 MARIAGE DU DADMIIN, 1 7 't')

LE .IKU MU Jilll

DIVISION GÉNÉRALE

Pauls

Chapitre — Les Styles de laRégence de Louis XV


1. cl 7

Chapitre V. — Analyse des Éléments figurés dans décoration la M


Chapitre — Matières applications
111. cl ->[

Chapitre — Los
IV. Stylistes ^7
A. — Les de Régence
Stylistes la

— Les
/>'. du temps de Louis XV
Stylistes
f,g

Sommaire analytique des Deux cents planches.

Le Décor. — Planches 1 à ."3 j«

A. — Décoration en général.
B. — Les Formes des rases pour la décoration extérieure cl intérieure.

C. — Stylisation de coquille la et de la feuille.

D. — Systèmes de décors pour les plafonds.

A
il DIVISION GÉNÉRALE

Architecture et [Link]. — Planches 34 à 48 47

,4. — Architecture intérieure et extérieure.

B. Influence italienne.

C. — Salles de fêles.

D. Décoration de jardins à la l' rancune.

Dispositions intérieures. — Ensemble de décoration. — Planches 49 à 130 41)

A. — La Régence,

B. — Epoque Louis \ V,

— Influence del'impsrlation chinoise


('.. cl réaction contre l asymétrie.

D. — Transition entre Styles Louis AT les et Louis XVI.

La Pierre. — Planches [37 150 a* M


Ferronnerie d'Art. — Planches 151 165 à ô.")

Le Bronze — Planches 166 à 174


ciselé. 50
Le — Planches 175 à 190
Bois. r,G

Les Matières Précieuses. — Planches MM 200 à 57

Les Deux cents planches sont classées d'après l'ordre indiqué ci-dessus.
CHAPITRE f

Les Styles de la Régence et de Louis XV.

Quand on étudie attentivement l'art du xvm" siècle, on s'aperçoit rapi-


dement que c'est une erreur de n'accorder pas àJa Régence l'importance que
méritent ses manifestations esthétiques (l'une expression toute spéciale.

Michelet, avec celle langue toute d'élan, d'image et d'éloquence <[ui esl la

sienne, ne semble pas avoir usé d'exagération quand il écrivait : « La Régence


est tout un siècle en huit années ». Il déclare qu'elle fut une création el il

ajoute : « Des arts charmants naquirent à celle époque, lous ceux qui font
l'aisance et l'agrément de l'intérieur. »

La fin du règne de Louis XIV avait été trop attristée, pour que, du
vivant même du roi soleil, on n'eût pas mesuré toute la pesanteur du joug
qu'une discipline austère imposait à la société. Aussi lorsqu'on apprit la

mort du roi, il y eut du soulagement par tout le royaume : on était las de


celle solennité, qui avait eu sa raison d'être, aux heures du plein midi, aux
heures éclatantes de gloire, mais qui ne se défendait pins qu'avec aigreur,
contre l'impatience montante d'un chacun, dans la mélancolie du crépuscule.
Et la cour, qui succédait h la précédente, ne fil rien pour maintenir le rigo-

risme religieux dans lequel Louis XIV, affaibli, s'était enfermé : le Régent
laissa l'abandon voisiner avec le relâchement : il trouva plaisant de répudier
8 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEURLEMENT

toul ce qui était solennel cl empesé; il s'appliqua à annihiler les Iraditions


revêches de l'étiquette ; il voulut participer davantage à la vie de la nation :

ce laisser-aller eut d'ailleurs de rares facilités pour s'acclimater : les caprices


d la spéculation avaient ici causé des ruines, là élevé des fortunes : la

n (blesse, pour se maintenir en un rang d'apparat nécessaire, avait trafique


parfois heureusement, parfois aussi avec malechance; et parmi les bourgeois,

certains s'étaient haussés, sur des richesses rapidement accumulées, à des


aspirations nobiliaires : l'achat d'un titre était le couronnement de ces montées
insolentes et le moins que pouvaient faire ces parvenus, c'était dé jouer les

Mécènes : quelques-uns en eurent non seulement les allures, mais aussi

Vlg. 4. — lll SSINS DE MKMISKIUKil'OlU LA DÉCORATION DKS APPARTEMENTS. — RÉGENCE.

l'autorité, émanée d'un goût sûr et d'une générosité adroitement manifestée.


C'en était fait des palais somptueux : on préférait les petits hôtels, à la

ville ou aux champs, offrant des commodités inconnues jusqu'alors, et rece-

vant un décor plus élégant que luxueux, cossu sans prétention, aspirant aux
joies de la vie intime [dus qu'au retentissement des fêles officielles.

C'était là une disposition excellente pour éveiller chez les artistes des

idées originales : el l'époque justement cul la bonne chance de posséder


quelques maîtres capables de personnalité : de là une formule très définie

qui imprima son cachet à tout ce qui se créa pendant la Régence, et nous
offre les éléments d'un style, non pas un style de transition, mais un style

ayant sa technique propre, el son inspiration parfaitement une.


Il ne faudrait pas cependant refuser Ions liens de filiation, entre le

style Louis XIV et le style Régence. Nous avons dit et répété qu'on ne
\N III SIÈCLE .
— RÉGENCE ET LOUIS W 9

crée pas un style : le style, bien qu'ayant sa genèse dans une tradition,
est constitué, non par des innovations de toute pièce, niais par des modifica-

tions typiques à un étal de choses existant. Ainsi, à l'époque de la Régence,


les lignes s'amincissenl et le décor s'allège : le rythme des lignes n'est pas
sensiblement différent du rythme des lignes de l'époque précédente; mais ce
rythme, porlanl sur des éléments d'une signification moins pompeuse, en
reçoit plus de gaîté, plus de chaleur : là où les symboles ne visaient qu'à
exprimer l'orgueil d'un glorieux ou la gloire d'un orgueilleux, on trouve,

pendant la Régence, des figures souriantes, des formes aimables; après la

FijT. f». — DosiNS ni. MKMISKIlli: f'OUH LA DECORATION DES APPARTEMENTS. — LOUIS XV.

raideur surchargée, la grâce presque élégante ; après les exubérances


massives, une mesure distinguée et un tact extrême. Nous verrons plus loin à
l'aide de quels éléments — et de quelles volontés — s'opéra cette révolution; ce
que nous voulons dans ces lignes, c'est marquer la nécessité de distinguer le
style Régence du style Louis XV; confondre les deux serail vouloir partager
l'ignorance fréquente des gens qui nous parlent du style Renaissance, sans se
douter (pie, pendant les cent cinquante années qu'embrasse celte époque de la

Renaissance, plus de cinq styles différents se sont affirmés en des œuvres


dont la dissemblance est flagrante : mais les gens n'ont pas toujours des
yeux pour regarder et il est plus aisé d'ailleurs d'accepter les formules toutes
faites, même au risque de se tromper : il y aura toujours des petits esprits
pour vulgariser l'erreur. Le style Régenc3 est d'ailleurs assez précis, pour
10 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

fournir une tradition sur laquelle.évoluera le style Louis XV. Il y avait pour
cela une raison sociale : l'ère îles spéculations continuait : chaque jour des par-
venus nouveaux éprouvaient le besoin de se manifester par quelque coûteuse
excentricité, où leur amour-propre puisât quelque gloriole aveuglante : mais
le besoin de paraître n'était pas encore tel, qu'il annihilât le besoin du bien-
être : on voulait que l'existence trouvât pour se dépenser un milieu formé de
tout le confortable imaginable; et comme ce confortable avait été inauguré

au temps de la Régence, dès les premières années de réaction et de relâche-


ment, on sut l'envelopper d'un luxe plus accentué, plus affiné, plus inquiétant.

D'autre part, les importations d'Extrême-Orient étanl devenues plus fré-


quentes, on connut des objets de Chine, meubles et produits céramiques, qui
firent sur le goût public une vive impression.

De là deux styles qui occupent le règne de Louis XV : le style Louis XV,


proprement dit, qui est émané de la tradition, et évolue vers une inspiration
efféminée, où la ligne ne se défend pas d une certaine contorsion, où le décor
exubérant ne se refuse pas à sentir l'effort, où la volonté s'applique au
mesquin et au mièvre, raffinant sur le fin du fin ; et le style Pompadour,
qui est spirituel, sans cesser d'être une affaire de mode, et demeure, en dépit
des ferveurs qu'il éveille encore aujourd'hui, une formule de transition, qui
ramena, plus rapidement peut-être qu'on ne l'eût cru, en considérant ses
truculences un peu folles, l'expression assagie et élégante, fine et légère du
style Louis XVI.

Le style Pompadour, qui exagéra l'horreur du style Louis XV pour la

ligne droite, et ne se servit de la rocaille que pour multiplier sa fièvre du


chantourné, ne fut, il faut le déclarer, qu'une mode raisonnée, un marivaudage
de bon sens avec le mauvais goût, une neurasthénie qui força la sensibilité à

trouver de l'agrémentlà où, en d'autres temps, elle se fût déclarée offensée ; et

des hommes d'humeur calme eurent h courage, au temps de


1
la pleine vogue
des folies rocailleuses, de dire le danger qu'il y avait à s'y abandonner. t
J.-F. Dlondel, dès 1750, disait, dans son cours d'architecture :

« La mode est ordinairement considérée par les grands maîtres comme


la source de toutes les vicissitudes de l'art; c'est elle qui, tour à tour pesante,
frivole ou délicate, se plie à l'opinion de l'artiste et «tu goût souvent mal
assuré du propriétaire; c'est elle qui ne montre rien de constant dans ses
règles, de certain dans ses formes, ni de véritablement intéressant dans ses
détails; l'architecture qui lui est soumise n'est que trop ordinairement
dépourvue de la vraisemblance qui lui est nécessaire, et ne laisse à l'esprit
XVIII e SIÈCLE. - RÉGENCE ET LOUIS XV I l

de l'examinateur qu'une idée vague des beautés de l'art, qu'il voudrait

admirer, pendant qu'il ne peut tout au plus que sourire de la singularité du


génie de l'artiste, parce qu'il ne remarque «la us ses productions que les

objets futiles, dignes à peine du thé:Vtre. La mode est le tyran du goût, el

ne peut être que le partage desartistes subalternes ; mais malheureu-


sement ce sont ceux-ci (|ui, se trouvant en plus grand nombre, contribuent
par leur exemple à détruire, ou au moins à éloigner les jeunes esprits
ta ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

de l'imitation des chefs-d'œuvre des anciens, de ce qu'ont produit de


plus excellent nos modernes, el de ce que produisent encore de mis
jours nos plus habiles architectes. Ces artistes, peu instruits, man-
quant du génie propre de Part, asservissent leurs productions aux pro-
ductions d'autrui, et ne nous présentent que des compositions froides et

stériles. »

Toutefois, sans rien reprendre aux propos si sages de Blondel, il faut

bien convenir que les artistes, qui amenèrent le goût public à la mode du
rocaille, furent doués d'assez de talent, pour que leur fantaisie parfois se

revêtit d'une séduction heureuse, et telle qu'à toute époque peut-être on s'y

serait abandonné. Ce qui reste la loi fondamentale de ce style, c'est la volonté

formelle de rompre avec la symétrie : l'axe traditionnel disparaît: il y a


enjambement continuel du décor sur la ligne imaginaire qui précédemment en
réglait le rythme: mais, — et c'est en quoi les décorateurs de l'époque Louis XV
ont été d'une extraordinaire habileté, — en dépit de cette asymétrie systéma-

tique, le décor retrouve son équilibre : dans la distribution des masses, il y a

une adroite mesure de pondération l'expression est instable, mais elle ne


:

boîte pas ce ne sont pas des mouvements, mais des ondulations, des
:

frissons, des soupirs : on met du sentiment aux choses qui semblaient devoir
en comporter le moins, et en haine de tout ce qui est plat et rigide, on courbe,
on bombe, et parfois, — c'est là l'écueil dont la mode ne sait pas se garder,

on va jusqu'à la boursouflure. Ces quelques observations n'étaient peut-être

pas inutiles, avant d'étudier les divers éléments qui entrent dans la décoration

au temps de la Régence et de Louis X\

!']<:. 7. — Molli UK DÉCORATION, PÀB C. ElSLX.


Kg. 8. — SURTOUT DE TABLE ET TERRINES SCCM'TÉS EN ARGENT. COMPOSITION DE J.-A, [Link].

CHAPITRE II

Analyse des éléments figurés dans la décoration.

A loulcs les époques de l'histoire de Tari, on s'est plu à représenter,


dans le décor, des objets dont la nature offrait le modèle ; et suivant les épo-
ques, l'interprétation de ces objets affecta certaines formules conventionnelles,
ce qui fit dire qu'ils étaient stylisés. Or, l'étude de ces éléments décoratifs est

capable, à certains caractères de fréquence ou de stylisation, de nous révéler

à quelle époque il convient d'en attribuer la production. Les grecques, les


guirlandes, les flots, les bucranes, les dauphins, les salamandres, les écail-

les, etc., se retrouvent plus ou moins en un grand nombre d'écoles d'art,


mais avec une stylisation spéciale qui permet d'en fixer l'origine.

Les décorateurs du temps de la Régence et de Louis XV ne pouvaient


donc pas faire autrement que d'utiliser ces éléments de nature, mais ils ont
B
I i ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

su en les interprétant directement sur nature leur donner cependant une


expression spécialement favorable au meilleur effet décoratif.
Ces éléments peuvent se répartir en plusieurs classes : la figure humaine,
les animaux, les fleurs et les fruits, les objets matériels à symbolisation senti-
mentale.

A. LA FIGURE UUMAINE.

À l'époque de la Régence, au sortir des ligures austères drapées à la

grecque, et dont l'attitude parlait d'épopée ou de hautes vertus, on émancipa


l'inspiration et on substitua à des images héroïques des images de beauté.
Ces figures étaient des symbolisalions qui parlaient à l'imagination d'une
société profondément attachée à un réalisme humain ; elles représentaient la

jeunesse, le temps, les saisons, les mois, l'aurore, la nuit, la rêverie, la ten-

dresse, l'émotion, et elles apparaissent chastes, dans leur nudité, encore


classique, se souvenant de la tradition recommandée par Le Brun.
A côté de ces figures, il en est d'autres qui procèdent d'un autre ordre
de conception, mais nous sont d'une information précieuse sur l'esprit du
temps : plus de Jupiter tonnant, plus de Junon, plus de Bellone, ni de Mer-
cure: la seule déesse que l'on tolérerait serait Iris, parce qu'elle traîne der-

rière l'arc-en-ciel , fait de rire ensoleillé et de larmes: ce qu'on préfère, ce

sont les demi-dieux, les êtres dont la mythologie a peuplé la terre, pour être

les correspondants directs de l'humanité et de la divinité; les faunes à la bar-

biche de bouc, qui gambadent dans la forêt; les satires aux pieds de chèvre,
qui paressent parmi les pampres; les tritons, aux poumons puissants, qui
rythment des clameurs de leurs trompes les rudes harmonies de l'océan; les

dryades qui s'épanouissent commodes lleurs vivantes dans le mystère des bois;
les nymphes qui mènent des rondes ingénues, parmi les bleuets et les coqueli-

cots; les naïades qui racontent au cristal des sources leurs tendres romans de
vierges naïves et, brodant sur le tout, des grappes d'amours joufflus, qui ont

juste ce qui leur faut d'ailes pour ne pas blesser leurs pieds roses aux ron-

ces de la terre, et pour ne s'envoler pas, en un vol éperdu, vers l'infini

d'oii ils ne seraient plus en commerce avec les bons humains.


A l'époque de Louis XV cette simplicité parut sans saveur; les figures

furent trouvées fades en leur signification : la beauté nue sembla parée


d'une sensualité, que le bon Ion réprouva ; et l'on se lança dans le costume,
qui permettait des idylles plus précises. Même les demi-dieux furent exilés
de la décoration : on voulut de la pastorale, mais de la pastorale plus humaine :

Virgile corrigé par Marivaux : Tityre s'appela Colin, et la nymphe s'appela


XVIII" SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV

Colinetle. On eul des rendez-vous champêtres, des romances au fond d'un

parc, des balançoires qui se chargeaient de révéler ce quelecostume avaitpour


mission de soustraire aux regards; la beauté lil place à la joliesse, le senti-

mentélevé de l'ai l à l'esprit; on se préoccupa non de la splendeur des formes,


mais de la signification du geste; on lil du décor d'idées, au lieu de faire du
décor esthétique. On distingua même les nationalités, là où précédemment
l'on ne voyait que la grande famille des humains, cl l'on vil, à côté des ber-
gers à boulettes enrubannées, des Chinois au couvre-chef pointu, aux mous-
taches tombantes en pointes fines, à la natte prolongée jusqu'aux talons.

Fig. i) ii II. — Motifs de i>i ;coiution pouh Table,


:
d'après Meissokmer.

Et cependant, tout en mesurant le caprice cérébral de pareilles décora-


lions, on ne peut s'empêcher d'y relever de la mièvrerie spirituelle, une cer-
taine grâce délicate, une saveur de fruit cueilli trop tôt, et quelque peu acide,
où la dent se plaît quand même à mordre.

B. LES ANIMAUX.

A l'époque de la Régence, on ne s'appliqua plus, en vertu de la disposi-


tion psychique «pie nous énoncions plus haut, à représenter des fauves, ni

des monstres ; tout au moins, quand un animal fabuleux naissait sous le

crayon de l'ornemaniste, il n'affectait plus des expressions terribles et dévas-

tatrices.

La tournure de l'esprit public demanda des figures de bêles domestiquées,


et plus le siècle avança, plus celte tendance à l'intimité animale s'accentua.
10 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

Il y eut des chats, parce qu'ils avaient à la fois la caresse, la coquetterie,


el aussi la malice ; il y eut des têtes de bœufs stylisées, en leur instinctive
résignation ; il y eut quelques béliers, qui étaient la note réaliste opposée au
mythe des faunes ; il y eut des brebis et des agneaux dont l'image était indis-
pensable à côté des bergers de Watteau ; il y eut des chiens, dans leur rôle
de fidélité symbolique; des coqs, le bec ouvert, lançant au matin ensoleillé
les notes vibrantes de leur gosier de cuivre ; des colombes aux ailes frisson-
nantes, aux becs se cherchant, pour des tendresses et des roucoulements ;

des singes qui étaient revêtus d'humanité, et qui donnaient gravement le spec-
tacle réjouissant de leurs grimaces spirituelles ;
parfois des serpents, mais des

serpents civilisés aux enroulements gracieux et prêts sans doute h se laisser


charmer par les refrains du chalumeau, et non des serpents au venin qui crée
la mort; et c'est tout.

C. LES FLEURS ET LES FRUITS.

Les fleurs et les fruits devaient avoir une place importante dans le décor
du temps de la Régence et de Louis XV, et c'est là que l'on suit avec une par-
faite netteté le processus de l'évolution du goût public.
Après les guirlandes à fruits lourds et à fleurs largement épanouies
du temps de Louis XIV, on créa des guirlandes aux tresses fines, dont la légè-

reté ira toujours grandissant jusqu'à la fin de l'époque Louis XV ; on y choisit

des petites fleurs, des feuillages aux feuilles déliées, des fruits à grappes ne
présentant qu'un volume réduit. Et ce fut à toute occasion une prodigalité
de guirlandes, des enroulements de tresses descendant, montant, reparais-
sant, se perdant, un enchantement de parfums, un vol de grâce et de sou-
plesse, si souple et si gracieux que jamais il ne semble monotone. On en met
partout et, ce qui est plus à la louange du motif décoratif, on en voudrait
partout.
On remarquera toutefois que sous la Régence la guirlande est d'un em-
ploi encore mesuré, et qu'elle offre une presque égalité sur tout son parcours,

tandis qu'à l'époque Louis XV elle est multipliée à plaisir et offre un léger

renflement à sa partie médiane ; de plus elle s'achève de l'autre côté des

points de suspension par des bouquets retombant du plus aimable effet ;


ces

bouquets constituent le contrepoids qui équilibre la guirlande ;


quelquefois

même, par exemple sur un vase, on remplace le bouquet par une guirlande
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 17

allongée, qui devient ainsi un anneau pendant do {leurs et de fruits; mais


celle l'orme d'application de la guirlande est d'un effet moins heureux que
l'effet du bouquet.

I). OBJETS MATÉRIELS A SYMBOLISATION SENTIMENTALE.

Dans la composition du décor, la mise en scène exigeait que l'ornema-


niste fît appel à (les objets purement matériels ; mais parmi l'infinité d'objets

qui pouvaient le solliciter, son choix se porta de préférence vers ceux qui pou-
vaient prêter à des allusions sentimentales. A côté des fontaines qui conser-

V\g. 12 à 20. — Agrafes et autres motifs pour décoration de cadres.

vent un certain aspect monumental, des vases dont le volume est diminué,
des arbres qui offrent dans les lointains l'éventail balancé de leurs frondai-

sons printanières, il y a des éléments de décoration d'une signification plus


étroite, plus précise quanta l'esprit de la société d'alors : ce sont des pipeaux,

des binious, des tambours de basque, des houlettes, qui évoquent les plaisirs
champêtres, les flèches et les cœurs percés qui parlent des tendresses proches
des trahisons, et des blessures éternelles... qui durent un jour ; des torches
enflammées qui éclairent au foyer les joies de l'hymen, les amphores et les

coupes qui pleurent en gouttes vermeilles le sang de la vigne; des ruines, où


palpite l'âme antique, interrogée depuis quelque temps par les archéologues

et versant sur les âmes contemporaines leur mélancolie au front couronné de

lierres parasites, et enfin les coquilles sur lesquelles il convient d'insister


quand on s'occupe du style Louis XV.
18 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

Ce serait s'en tenir à une erreur que de prétendre caractériser le style

Pompadour par l'emploi excessif qu'on y lit de la coquille : il n'y a guère


d'époque d'art où l'on n'ait pas fait appel à sa forme naturellement décorative,
pour servir de motif ornemental à des décorations composées.

La coquille se prèle en effet admirablement à la décoration : à l'étal réel,

elle est susceptible de présenter une infinie variété de formes, depuis les

plus simples jusqu'aux plus compliquées, et déjà, à l'époque Pline l'ancien,


on admirait la beauté incessamment renouvelée de la coquille.

Fig. 21. — Panneau pour dessus de porte.

Ce qu'il serait intéressant de chercher, c'est le motif qui a pu détermi-


ner les ornemanistes du temps de Louis XV à faire de la coquille un usage
immodéré, sans toutefois considérer la coquille, nous le répétons, comme une
des caractéristiques spéciales du style de celle époque.
A notre avis, plusieurs raisons peuvent expliquer l'emploi de cet agent
décoratif : d'abord, au moment où l'on se proposait de revenir à l'étude de la

nature, où les ornemanistes se piquaient de ne traduire les créations de leur


imagination qu'à l'aide d'éléments réels, il n'est pas étonnant qu'ils aient
songé à la coquille, qui était déjà d'un emploi constant, et qui s'offrail avec
son décor complet et, disons-le, parfait.

Ensuite, la variété même des formes de la coquille dont on a essayé de


classer les caprices, sans cependant arriver à d'autres classifications que des
classifications très artificielles, cette variété offrait un aliment abondant el
XVIII e SIECLE. — REGENCE ET LOUIS \\ 10

facile à l'appétil de l'asymétrie, alors grandissante; le prétexte d'être vrai,


d'être réel, servait à combattre la tradition d'harmonie parallèle, elc'estau
contraire l'amour du chantourné qui rompit le réalisme mêmede la coquille et
la li( styliser à son tour en des expressions d'une fantaisie échevelée.
Enfin, il ne serait pas impossible de voir une explication de l'emploi
abusif de la coquille dans une constatation relevant d'un tout antre ordre

d'idées. Nous avons dit précédemment que les secousses financières avaient
haussé à la fortune des bourgeois qui aspiraient à posséder des litres de

noblesse, ou tout au moins de se parer de la particule. II y avait alors beau-

coup de familles qui, dans leurs armoiries, avaient dos coquilles, et juste-

ment les coquilles dont la forme est le plus souvent répétée dans le décor du

commencement du temps de Louis XV, les petites coquilles, dites coquilles


de Saint-Michel, et les grandes, ayant à leur hase deux petites oreillettes, dites
coquilles de Saint-Jacques. Citerons-nous des noms : les Bourbon, les

d'Amanze, du comté de Maçonnais; les de Relly, les Blaizy, de Bourgogne; les

Muydeble, les Maillier-Plessis-Renault, de Touraine ; les Mareschal, en Bresse ;

lesPlaten, en Saxe ; les de Wœstine, en Flandres; les de Vere, les Hebiet,

en Bretagne; les Kermassonel, les Margival, les Ghasteau-Vieux, lesWylkeske,


ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

en Flandres; les Guyblat, de Bourgogne: les Nieey-Romilly, les La Magde-


laine, de Bourgogne; les de Mœrkercké, en Flandres; les La Barde; les

Metternich, de Westphalie ; les La Yergne, les La Souehières, les Yuyten-


berghe, de Gand; les Feydeau, les du Pin, de Saintonge ; les Héricourt, do
Picardie; les L'Uni Hier, de Paris; les du Mesnil-Garnier, les du Mesnil-
Jourdain, les La Foresl, IcsBrevans, les d'Aguesseau, les Forget, lcsPlessis,
de Bretagne; les La Croix, du Bourbonnais; les d'Esmery, les de Cisay, les

Rainneval, de Picardie ; les Lopriac-Coëtmaden, de Bretagne: les Des Marets,


de Normandie; les Cytres, de Provence; les Blangemalle, les Romeeourl,
de Picardie ; les Caiffier, les Couen, de Normandie, et cent autres vieilles

familles portaient des coquilles dans leur éeusson.

La coquille était donc un décor auquel on était habitué, et rien de sur-


prenant qu'en un temps, où les appétits de luxe n'allaient pas sans beaucoup
d'orgueil, on se soit plu à tirer la coquille des écussons blasonnés, pour en

marquer le décor dont s'entourait la vie. Il n'y a là qu'une hypothèse, mais


une hypothèse dont il est aisé de contrôler la vraisemblance dans les

mémoires du temps.

Fig. 50. — Panxeac décoratif composé far Barf.i..


Fig. 31. - Le travail du feu. — Estampe allégorique.

CHAPITRE III

Applications et Matières.

L'enseignement que se propose ce chapitre sera fourni par l'examen


attentif des documents que nous allons présenter, plus amplement que ne le

sauraient faire toutes les dissertations. Il y a des harmonies sensibles, en art,

que les mots sont impuissants à traduire complètement : les brèves indica-
tions placées au bas des deux cents planches serviront de guide pour
remarquer ce par quoi nous désirons que, dans chacune, la curiosité du

lecteur soit mise en éveil.

Il n'est peut-être pas inutile, cependant, qu'après avoir analysé les


divers éléments qui composent le clavier de la décoration à l'époque de la
Régence et de Louis XV, nous cherchions l'expression synthétique des appli-
cations de ces éléments à la décoration des matières. Nous le ferons aussi
sommairement que possible.

L'architecture se propose surtout, suivant le mot de Voltaire, « de créer

des maisons agréables ». La mode, dès la mort de Louis XIV, ne fut plus aux
palais où tout était sacrifié aux appartements de réception ; on voulut des
c
2â ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

pièces jolies et commodes pour y vivre, pour y connaître la joie d'une


intimité élégante et confortable. L'architecte tient, avant tout, à faire œuvre
de goût et, pour cela, il veut demeurer le maître de sa conception, aussi
bien en ce qui concerne la décoration qu'en ce qui concerne la construction.
« Après la distribution des appartements, écrit J.-F. Blondel, la

décoration intérieure est peut-être la partie la plus véritablement intéres-


sante de l'architecture et celle qui a éprouvé le plus de révolutions depuis
un siècle. »

N'oublions pas que J.-F. Blondel écrivait ceci en 1752 :

« 11 faut, pour s'en acquitter avec succès, sçavoir choisir les artistes
dans chaque genre, qui doivent concourir à son exécution ; il faut être en

Fïg. ô'i. — IluTKL DE Soi'BISE (AUJOURD'HUI PALAIS 1)KS ARCHIVES NATIONALES A PaMS) L.N 17Û0.

état de faire choix des matières réelles ou factices qu'on peut employer selon
la dignité des propriétaires, le genre de l'ordonnance et l'usage de chaque

pièce en particulier. » Or, l'on sait avec quelles nuances exquises, quel tact
infini, les architectes de la Régence et de Louis XV surent approprier les
locaux à l'usage qu'on en voulait faire et appeler à eux les artistes susceptibles

d'interpréter leurs vues avec une grâce originale. « Le goût, écrit-il autre
part, le goût seul est insuffisant pour réussir dans la décoration des dedans.
Il préside, il est vrai, à la distribution des ornements, il les met à leur

place, il décide leurs formes, leurs saillies; il amène au choix des allégories,
des attributs et des symboles; mais il faut des règles sûres, pour établir

les dessous, admettre des rapports, des proportions, introduire des repos, des
intervalles... La décoration intérieure d'un appartement est fondée sur les
mêmes principes que la décoration extérieure d'un bâtiment : son vrai mérite
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV

dépend de son ordonnance générale, et de la relation des parties avec leur


lont... Il faut avoir pour règle indispensable d'accorder les ornements d'une
pièce avec son usage, et d'en proportionner la richesse avec celle de la pièce
qui la suit. La matière qu'on y employé ne demande pas moins de considé-
ration ;
car, c'est suivant sa qualité qu'on doit déterminer son ordonnance,

et rendre sa décoration plus ou moins légère. »

L'on sait combien ces règles si sages, si précieuses, furent appliquées.


La pierre et le bois qui furent les matériaux principaux y furent traités avec

•").">. — Elévation de l'entrée et du grand logis, avec coite de l'une des ailes
d'us motel particulier.

un respect extraordinaire de ce qu'ils sont. Et l'on peut affirmer qu'à aucune


époque il n'y eut d'ouvriers plus habiles, ni plus pénétrés de l'amour et de
l'orgueil de leur profession. Chez eux, le métier ne tarde pas à faire place à
l'art. La menuiserie, pour ne citer que ce corps de métier, accomplit de
véritables tours de force et atteignit à la perfection elle eut à un égal degré :

la connaissance du bois, l'art de l'assemblage, et l'art des profils et de la

distribution des plans. La menuiserie eut d'ailleurs comme émule lebénis-


lerie, qui créa des chefs-d'œuvre pendant règne de Louis XV:
la Régence et le
les marqueteries de bois précieux y sont employées avec une délicieuse fan-
taisie et une habileté qu'on a peine à égaler. Mais revenons au décor qui
lient plus directement à l'architecture.
24 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEURLEMENT

Les principes édictés par Blondel et avant lui avaient pénétré si profon-
dément l'esprit des artistes, que dans les décors peints destinés à revêtir de
grandes surfaces, et même dans des panneaux de moindre dimension, le

peintre s'applique à représenter des splendeurs architeeLoniques, escaliers

menant à des portiques monumentaux, cascades au cadre luxuriant de


verdures étagées, colonnades dont les baies s'ouvrent largement pour l'air,

la lumière, l'atmosphère.
Dans le décor sculpté, lorsqu'il s'agit de figures, l'artiste s'efforce de
traduire la vie, de faire passer, dans la pierre ou le marbre, un peu du frisson

qui l'anime, frisson individuel, qui n'est peut-être pas la traduction ample

Fig. TA à 42. — Formes caractéristiques créés par Pierre Germain.

et puissante de la palpitation universelle ; mais il faut remarquer, cependant,


que si dans l'indication psychique la figure apparaît plus jolie que belle,

plus spirituelle et fine que robuste, plus propre à symboliser des idées que
des actes, la manière dont elle est traitée s'accorde avec un rare bonheur à

la matière employée; il y a là une synthèse généralement observée, un effet

obtenu par masse, sans que le travail, fouillé à l'excès, en affaiblisse l'inten-

tion. Où l'artiste se permet une finition rigoureuse, c'est quand il traite le

métal : l'œuvre des ciseleurs de la Régence et de Louis XV est admirable en


cela : rien n'est laissé au hasard; les cuivres d'une table ou d'une commode,
les entrées de serrures, les plaques des portes, les boutons de fermeture des
fenêtres, les bras à lumière, les lustres, les cartels sont travaillés avec un
soin qui étonne, et poussés comme on pourrait le faire pour un bijou; et
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 25

l'on se demande si celte perfection d'exécution, celle perfection toute pro-

fessionnelle ne compte pas pour un coefficient important dans le succès des


décors imaginés par les slylisles.
Le fer non plus ne fut pas négligé el l'art de la serrurerie, grâce aux
maîtres qui s'y consacrèrent, connut un siècle de gloire : il faut citer

quelques lignes de Jean Lamour, l'ouvrier de génie qui créa les célèbres

Fig. 45 à 45. — Détails des ferronneries d'art d'après les grilles u:: Nancy.

grilles de la place Stanislas, h Nancy, pour comprendre avec quelle hauteur


de vue les hommes de ce temps considéraient leur mission industrielle, qui
était devenue, grâce à eux, une mission esthétique.
« Un ouvrier ne peut devenir habile, écrit-il, s'il n'est pénétré des
prérogatives de son art. C'est l'avantage d'être utile aux hommes, c'est
l'honneur, cetle digne récompense du mérite, ce mobile universel des talents,
qui fait éclore les chefs-d'œuvre ; l'intérêt seul n'est pas capable d'échauffer
le génie, ses vues ne peuvent être que bornées ; il ralentira le progrès des
arts, s'il n'est pas uni à ce germe fécond des grandes choses. C'est ce qui m'a
26 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

déterminé à tracer ici, en faveur des élèves, quelques idées générales à la

louange de la forge et de la serrurerie qui en est une branche distinguée,


afin d'animer leur courage et d'exciter en eux un noble désir d'atteindre à la

perfection. »

On comprend qu'avec un pareil exemple de haute conception profes-


sionnelle les serruriers du temps de la Régence et de Louis XV aient enfanté
des chefs-d'œuvre : partout où ils eurent à faire œuvre de leur métier, on
les vit affirmer leur désir d'émanciper leur besogne et de s'élever au grand
art. Hampes d'escaliers, appuis de fenêtres, balcons, potences de lanternes,

grilles, ils ont montré partout qu'ils étaient des décorateurs excellemment
doués et des artisans attachés à leur admirable matière. Ils ont fait du
travail de fer, et le fer, entre leurs mains, a été un agent d'une étonnante
souplesse et d'une robuste beauté.
Enfin, parmi les tissus, il convient de rendre hommage aux tapisseries

qui fournirent aux meubles et aux tentures un décor d'une incomparable


richesse. On peut dire que nulle matière ne fut traitée, en ces deux époques
si différentes de style, autrement qu'elle le devait être, et c'est là la raison
principale, à notre avis, qui a assuré une sorte d'éternité à cette beauté dont
nous subissons encore la séduction.

Fig, M$, — L'Architecture, tirée nu Livre des Art», par F. Boucher.


Fig. 17. - PaXNEAC DKCOKATIF L'Ail ANTOINE WaTTEAU,

CHAPITRE IV

Les Stylistes.

Nous nous sommes abstenus, jusqu'ici, de citer aucun nom : nous


avons voulu exposer sommairement les caractéristiques îles deux époques
d'art qui font l'objet de notre livre, sans nous arrêter aux mai 1res qui ont
le mieux contribué à doter chacune de ces époques d'un style original.
Il nous faut, cependant, à l'instant où l'on va consulter les documents
que nous avons réunis, fixer en traits rapides le souvenir des maîtres ornema-
nistes du temps de la Régence et du temps de Louis XV, et établir, pour chacun
d'eux, la part qui leur revient dans l'immense effort d'art par où leurs magni-
fiques créations sont assurées de vivre.

Certes, nous n'avons pas la prétention de dresser l'inventaire complet


de tous les noms qui eurent au siècle dernier leur heure de gloire, tous ceux
même qui purent à un moment certain penser que leur goût s'était
imposé pour longtemps au goût de leurs contemporains ce que nous tâche- ;

rons, c'est de mettre dans la main du lecteur un guide sûr, aussi bref que
28 AliCIIITECTURE, DECORATION ET AMEUBLEMENT

possible, qui lui permettra de se retrouver parmi les documents précieux


que nous avons réunis, et de restituer à leurs auteurs ces fleurs d'élection
dont nous avons composé notre anthologie.

A. LES STYLISTES DE LA RÉGENCE.

ANTOINE WATTEAU (1684-1721).

11 semble bien que les êtres d'élection ne sont pas voués à une longue
«xislence. Nul artiste, plus que Watteau, n'a eu d'influence sur son époque;

et cependant combien brève fut la période d'années pendant lesquelles il put


produire! Cette production étonne, par sa quantité de pièces, et par le véritable
génie qui y rayonne. Les grandes et moyennes arabesques demeurent comme
un monument de la fantaisie élégante et du goût le plus délicat.
En tête de son œuvre gravé, se trouve une biographie de M. de Jullienne,
qu'on ne lira pas sans intérêt, parce qu'elle fait revivre tout un coin de la

société d'alors.

« Antoine Watteau naquit à Valenciennes. Ses parents, quoique d'une


fortune et d'une condition médiocres, ne négligèrent rien pour son éducation ;

ils ne consultèrent même que son penchant dans le choixde la profession qu'il
voulait embrasser. Ainsi, comme il avoit déjà donné des marques de l'incli-

nation naturelle qu'il avoit pour la Peinture, son père, qui n'avoit aucune
connoissance de cet art, mais qui vouloit seconder l'envie que son fils avoit

de s'y appliquer, le mit, pour en apprendre les premiers principes, chez un


assez mauvais Peintre de la même ville.

« Watteau, qui n'avoit pour lors que dix à onze ans, étudia avec tant
d'ardeur qu'au bout de quelques années son maître luy paraissant peu capable
de remplir ses idées, et de le porter jusque au point où il pouvait atteindre,
il fit connoissance avec un autre Peintre qui se donnoit pour habile dans les

décorations de théâtre et qui, sur cette réputation fut mandé en 1702 pour
l'Opéra de Paris. Le jeune Watteau qui ne désiroit rien tant que de se per-

fectionner, jugeant que le séjour de celte grande ville étoit le seul capable de
luy procurer les moyens de s'avancer, obtint de son nouveau Maître de l'y

accompagner. 11 travailla d'abord sous luy à ce genre d'ouvrage; mais ce


peintre, qui ne réussissoit pas dans ses affaires comme il se l'étoit imaginé,

fut contraint de s'en retourner en son pais, où son élève ne jugea pas à
propos de le suivre.

« Quoique Watteau montrât alors des dispositions admirables pour son


art, cependant, comme il étoit encore trop jeune pour les faire bien conuoitre,
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 29

il fut obligé, pour pouvoir subsister, de s'accommoder avec un Maître Peintre


qui travailloil pour les Marchands de ces tableaux communs qu'on vend à la

douzaine, qui luy donna de l'ouvrage, mais si peu d'argent qu'il n'osoit le

dire qu'en confidence; et pour comble de malheur, il se voyoit contraint de

copier les misérables productions de ce Maître. Enfin, lassé d'un travail aussi
dégoûtant qu'infructueux, il le quitta et fit connoissanec avec Gillot, Peintre
nouvellement agréé à l'Académie.

« Celuy-cy ayant vu quelques dessins et quelques tableaux de sa main


qui lui plurent, l'invita à venir demeurer avec luy. Cette proposition faisant
plaisir à Watteau, il l'accepta, et des lors commença à travailler avec un peu
plus de commodité et d'agrément; il profita de telle sorte des lumières de cet
habile homme, qu'en peu de tems prit beaucoup de manière, et l'on
il sa

peut dire que dès les commencements mêmes il a inventé et dessiné dans le

goût de Gillot dont il traitoit à peu près les mêmes sujets. Mais il faut convenir
que s'il eut du goût pour les lestes Champêtres, les sujets de théâtre et les
habits modernes, à l'imitation de son Maître, il n'est pas moins vrai de dire

que, dans la suite, il les a traités d'une manière qui lui e toit propre et telle que
la nature, dont il a toujours été adorateur, les luy faisoit appercevoir. Quelque
lems après, soit que Gillot ne fut poussé que d'une généreuse envie de
rendre service à son disciple, soit qu'ayant été jusqu'alors l'unique dans ce
genre dépeindre, il regardât cet imitateur d'un œil jaloux et comme un rival

que ses rapides progrès dévoient luy faire craindre, il le sépara de luy pour le

faire entrer au Luxembourg chez M. Audran, excellent peintre d'ornemens


qui l'occupa à faire des figures dans ses ouvrages, et dont le bon gout ne
servit pas peu à luy donner de nouvelles lumières.

« Watteau, porté de plus en plus à l'étude et échauffé des beautés delà


galerie de ce palais peinte par Bubens, alloil souvent étudier le coloris et la

composition de ce grand Maître, ce qui en peu de lems luy fit prendre un


gout bien plus naturel et bien différent de celuy qu'il avoit contracté chez Gillot.
«Ce fut environ dans ce tems-là qu'il composa pour le prix que l'Aca-
démie royale de Peinture propose tous les ans, dont il remporta le second;
on vit briller dans le tableau qu'il fil à ce sujet les étincelles de ce beau feu
qu'il a fait paroitre dans la suite.

« Après un tel honneur, on auroit cru que Watteau se seroit déterminé à


rester à Paris pour s'y de plus en plus et y perfectionner les talens
faire connoître

qu'il avoit pour la peinture; cependant, comme sa fortune n'avoit encore été
qu'au-dessous du médiocre, et qu'il voyoit que ses ouvrages ne prenoient
50 ARCHITECTURE, DÉCOKATlOiN ET AMEUBLEMENT

point faveur par le peu de connoissàncë .qu'on avoit de son nouveau genre de
peindre, il se dégoûta de Paris et prit la résolution de s'en retourner dans
son pais. Mais, soit qu'il n'y trouvât pas ee qu'il cherehoit, soit par un effet

de l'inconstance qui lui étoit naturelle, il n'y demeura pas longtemps, et

après y avoir fait quelques tableaux, entre autres plusieurs études de camps et

de soldats d'après nature, il revint à Paris, où il s'occupa à travailler pour


quelques amis qui connoissoient son sçavoir.
« Quelques temps après son retour, l'Académie royale se proposa de
choisir les plus capables d'entre les jeunes gens qui avoient remporté des

prix pour les envoyer à Rome en qualité de pensionnaires du Roy. Watteau,


qui lendoit toujours à la plus haute perfection, et qui regardoit le voyage en
Italie comme très utile à son avancement, présenta comme les autres des
s
desseins et des tableaux à M' de l'Académie qui furent si surpris, qu'on luy lit

entendre que, son mérite le distinguant de ses compétiteurs, bien loin de


l'envoier à Rome pour y étudier, on le recevrait dans celle illustre compagnie,
s'il voulait faire les pas nécessaires pour y être agréé; il les fit et fut reçu avec
tous les agrémens imaginables : ce fut pour lors qu'il se fortifia extrêmement
dans la belle manière dont on peut dire qu'il est l'inventeur, et devint si

habile qu'il n'y avoit point de curieux ni même personne de l'art qui ne

souhaitât avoir quelques tableaux de luy. Gillot ne put alors s'empescher de


reconnoître sa supériorité; il lui céda non-seulement la première place, mais,
lui laissant le champ tout à fait libre, il quitta le pinceau pour se renfermer
dans la gravure et le dessein.

« Un témoignage aussi glorieux et aussi authentique que celuy que


l'Académie venoit de rendre au mérite de Watteau augmenta considérablement
le nombre de ses admirateurs, ce qui luy attira de si fréquentes visites qu'à

peine luy restoit-il du lems pour travailler, mais luy, qui étoit naturellement
froid et indifférent pour les personnes qu'il ne connoissoit pas, se dégoûta
bienlosl d'une telle imporlunité. Ainsi, M. Croizat luy ayant proposé de pren-

dre un logement chez luy, il profila d'autant plus volontiers de cette offre,

qu'il espéroil pouvoir travailler plus tranquillement, et puiser dans les trésors

de son beau cabinet tout ee que la Peinture et la Sculpture ont de plus

excellent et surtout voir les rares desseins dont, entre autres beautés, M. Croizat
est possesseur. El en effet, il faut convenir que, depuis ce lems là, les tableaux

de Watteau se ressentirent des lumières qu'il avoit été à portée de prendre


dans ce cabinet précieux. Au sortir de celte maison, il fut loger avec M. Vleu-

uhels, son ami, qui est à présent directeur de l'Académie de Peinture et

Sculpture que le Roy entretient à Rome, et qui vient d'être honoré de l'ordre
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 51

Saint-Michel. Là, travaille avec, beaucoup de succès jusqu'en 7 s


de il 1 1

La réputation de Watteau étoit alors dos plus grandes, elle luy avoil acquis

pour amis plusieurs personnes de considération el il ponvoil se flatter

de se faire en peu de lems un établissement avantageux s'il avoit voulu

demeurera Paris; mais il donna encore un trait de son instabilité en quittanl

une seconde fois toutes ses espérances pour passer en Angleterre. Ce voyage

ne lui fut pas heureux; car, comme il étoil d'un tempéramenl très délicat,
le changement de climat, joinl à l'intempérie de l'air, qui est forl épais dans

ce païs-là, altéra si forl sa santé, qu'il y fui presque toujours malade. 11 ne

laissa pourtant pas d'y faire quelques tableaux qui luy attirèrent l'admiration
des connaisseurs.
« Après une absence d'environ un an, il revint à Paris où il ne fil plus

que traîner uni 1


vie languissante et ennuyeuse; il n'avoit presque pas un jour

de santé; mais quoique ses infirmités continuelles ne lui laissassent pas un


moment d'intervalle, il travailla néanmoins de tems en lems, ce qu'il conti-

nua de faire jusques à ce ([n'en fin il mourût à Nogent près Paris le


w
18 juillet 17 21, âgé d'environ trente-sept ans.
« Watteau étoit de taille moyenne et de constitution faible; il avoit

l'esprit vif et pénétrant et les senlimens élevés; il parloit peu mais bien, et

écrivoitde même; il méditoit presque toujours, grand admirateur de la nature


el de tous les maîtres qui l'ont copiée; le travail assidu l'avoit rendu un peu

mélancolique, d'un abord froid et embarrassé, ce qui le rendoit quelquefois


incommode h ses amis, et. souvent à luy-même; il n'avoit point d'autre

défaut que celui de l'indifférence et d'aimer le changement.


«On peut dire que jamais Peintre n'a eu plus de réputation que luy,
aussi bien pendant sa vie qu'après sa mort. Ses tableaux, qui sont montés à

un très-haut prix, sont encore recherchés aujourd'huy avec beaucoup


d'empressement; on en voit en Espagne, en Angleterre, en Allemagne,
en Prusse, en Italie et dans beaucoup d'endroits de la France, surtout
à Paris.
« Aussi faut-il convenir qu'il n'y a pas de tableaux de cabinet plus
agréables que les siens : ils renferment la correction du dessein, la variété

de la couleur et une finesse de pinceau inimitable.

«11 a très-bien entendu le païsage ; non-seulement il a excellé dans


les compositions galantes el champêtres, mais dans les sujets d'armée, de
marches et de haltes de soldats dont le caractère simple et naturel rend
ces sortes de tableaux très-précieux. 11 a même laissé quelques morceaux
historiés, dont le goût excellent fait assez connoître qu'il eût également
ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

réussi dans celle partie s'il en eut fait son principal objet. Quoique la vie

de Watteau ait été fort courte, le grand nombre de ses ouvrages pourrait
faire croire qu'elle auroit été très longue, au lieu qu'il montre seulement
qu'il étoit très-laborieux; en effet, ses heures même de récréation et de
promenade ne se passoient point sans qu'il étudiât la nature et qu'il la

dessinât dans les situations où elle lui paroissoil plus admirable.

« La quantité de desseins qu'a produits son étude, et dont on a fait choix


pour les faire graver et en former une œuvre, est une preuve de celte vérité. »
Les pièces principales de Watteau sont les arabesques où il symbolise
les éléments, les saisons, les sens, la jeunesse et ses plaisirs, et où il repré-
sente les idylles de la mythologie, la comédie italienne, don Quichotte et une
infinité de sujets aimables, inspirés par la vie contemporaine.

CLAUDE GILLOT (1673-1722).

Décorateur français; s'il n'était lui-même un artiste de valeur, il pourrait

suffire à sa gloire d'avoir été le maître de Watteau: mais son œuvre mérite
d'être loué. S'il participe de la formule spéciale de Bérain, il apparaît cependant
plus léger; ses arcatures sont plus évidées, ses ligures même plus élancées,

il a cherché dans le dessin de ses feuillages à ne pas les figer en une styli-
sation inerte et à leur communiquer une sorte de frisson, qui évoque la réa-

lité de la vie: on lui doit de nombreux modèles de portières pour tapisseries


où les figures mythologiques émergent de riches arabesques, de pièces d'ar-
tliiebuscries, de trophées, culs-de-lampe et devises (Livre d'Ornemens et nouveau
livre de principes d'ornemens, particulièrement pour trouver un nombre
infini de formes qui en dépendent) et de dessus de clavecin.

ROBERT DE COTTE (1656-1735.

Beau-frère de Mansart, et depuis longtemps associé à ses éludes, Robert

de Colle, à sa mort, recueillit sa succession. C'étail un esprit fin cl, bien que
jeune, un homme d'expérience el d'initiative: deux qualités qui pouvaient
l'amener à la tête du mouvement d'art décoratif, prévu à la mort de Louis XIV.
XVIII" SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 53

Il cul le goût plus gracieux, et fit preuve d'une certaine liberté d'inspiration,

par exemple dans la décoration de l'Hôtel de Toulouse (1715-1719). Il con-


tribua à renouveler la distribution intérieure des appartements, en vue
d'un bien-être mieux compris des exigences de la vie intime.

Sa carrière, très occupée, se partagea entre les bétels particuliers et les

édifices publics: on peut citer de lui à Paris les bétels de Toulouse, du Maine,
d'Estrée, le portail de Saint-Roch et des Pères de la Charité, le Château d'Eau
de la place du Palais-Royal, la Samaritaine, le chœur et l'autel de Notre-
Dame; à Versailles, le grand Trianon, et l'achèvement de la chapelle du
château ; à Saint-Denis, les bâtiments de l'abbaye. Malheureusement plusieurs
de ces édifices furent détruits en 1809, 1848 et 1800.
er
Il mourut le 1 juillet 1735, dans sa propriété de Passy. On possède de
lui un grand nombre de plans, de mémoires, de devis et de dessins où l'on
devine son désir d'innover en décoration.

GILLE-MARIE OPPENORT (1672-1742).

Architecte et décorateur. « Directeur général des bâtiments et jardins


de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans, régent du Royaume. » D'une extraordi-
naire fécondité, il a créé d'innombrables modèles, et fut un des principaux
stylistes de la Régence. On lui doit de nombreuses publications où tous les

professionnels de son temps, et même du notre, ont puisé : le livre des


fragments d'architecture recueillis et dessinés à Rome d'après les plus
beaux monuments ; des suites de dessins pour pendules, frises, pilastres,

cartouches, grilles d'àtre, gaines, profils de moulures, fontaines,

consoles, agrafes, cartels, portes, porches, autels, chandeliers, lutrins, tom-

beaux, cheminées et lambris, obélisques, documents d'architecture générale,


religieuse et civile, etc.

En tête du troisième volume de son œuvre, gravé par Huquier, se

trouve un avertissement élogieux qu'on ne lira pas sans intérêt :

« On ne peut refuser à Monsieur Oppenort la justice que lui rend l'auteur


des Observations sur les arts, imprimées à Leyde, chez Elias Lusac junior,
1748, page loi, lorsqu'il l'appelle le Lebrun de l'architecture; il donne
une véritable idée des ouvrages de ce grand homme en disant qu'il les a

composés dans un goût tenant de l'antique, mais plus riche. Lorsque cet

auteur désirait de voir mettre au jour un ouvrage qui lui paraissait enseveli
dans l'intérieur des cabinets, l'éditeur, qui possède environ deux mille de
34 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEURLEMENT

ses plus beaux dessins, était occupé à graver la collection qu'il donne à

présenl au public. Il a tout lieu d'espérer qu'il le recevra favorablement, ce

qui l'engagera d'en donner une seconde partie qui, ensemble, avec les cent
soixante-huit morceaux de ses plus belles études d'Italie et soixante-dix-huit
autres de sa composition qu'il a déjà donnés, seront à jamais une source

inépuisable pour ceux qui veulent se distinguer dans la grande décoration


de l'architecture.
« L'abondante variété dont cet ouvrage est composé fait connaître
un homme profond dans son art, et. qui a mis à profit, dans le plus haut
degré de perfection, l'élude qu'il a faite pendant environ dix années en
Italie, d'après les plus beaux monuments anciens et modernes. Aussi ce rare
génie fut-il choisi, à son retour, par Mgr le duc d'Orléans, régent du royaume,
pour être le directeur de ses bâtiments.

« Rien n'en fait plus l'éloge que le choix qu'en fit ce grand Prince,

connu dans toute l'Europe par la protection distinguée qu'il donnait aux arts,

dont il connaissait parfaitement le mérite et auxquels il n'avait pas dédaigné

de s'appliquer lui-même avec succès. On sait qu'il était toujours saisi de la

beauté des abondantes productions de notre auteur, dont la manière aisée


et le goût séduisant feront dans tous les temps le plaisir et l'admiration des
habiles gens. »

CRESSENT (1689-1765).

Ebéniste, fils d'un ébéniste, il avait commencé par être sculpteur, mais
revint rapidement au meuble. Il avait un litre officiel : ébéniste des palais
de S. A. R. Mgr le duc d'Orléans, régent du Royaume; et il faut lui rendre
celle justice, que toute sa vie il demeura attaché aux formules par lesquelles

il mérite d'être considéré comme l'un des créateurs du style Régence. Ses
meubles sont d'une beauté majestueuse, sans solennité. Les courbes qu'il y a

appliquées sont pondérées : il a su varier très heureusement les essences

des bois dont il fait ses marqueteries, cl il a prouvé qu'il savait emprunter
;i la matière brute les éléments décoratifs qu'elle devait offrir à son œil

exercé : le citronnier, l'amaranlbe, le bois de rose, la racine de noyer,


d'autres bois frisés et satinés, ont rendu, sous sa main, des effets sédui-
sants. Les bronzes dont il décore; ses meubles sont finement ciselés,

s;iiis mièvrerie : il mêle adroitement aux rinceaux des figures de femmes


souriantes, où le statuaire se retrouve ; têtes jeunes et espiègles qui pré-
XVIIIe SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 55

parent la venue de Fragonard, et dont le corps se perd avec adresse dans la

ligne des gaines. Cressenl a été un maître, un de ceux dont le nom


est justement assuré de vivre.

H. LES STYLISTES DU TEMPS DE LOUIS XV.

J.-B. LE ROUX (1676-1745)

Architecte : imagination médiocre, ainsi qu'en témoignent ses dessins


de lambris, de vestibules, de cheminées, etc.; mais esprit souple qui obéit
à la mode, pour le seul plaisir de plaire quand même : un arriviste d'une
conscience d'art complaisante; supplée au manque d'inspiration par une
grande habileté, ainsi que le prouva sa décoration des hôtels de Roquelaure,
de Villars, de Yilleroy, etc.

JUST-AURÈLE MEISSO NNIER (1693-1750).

L'un de ceux qui ont mené le mouvement de l'art décoratif, et ne l'ont

sauvé de la bizarrerie que par une extrême habileté à parer de grâce les

imaginations les plus fantasques.


Italien d'origine, et formé à l'école de Borromini, il vint en France et se

lit d'abord connaître comme orfèvre. Doué d'une extraordinaire facilité, il

obtint, malgré la concurrence de Germain, le brevet d'orfèvre et de dessinateur


du cabinet du roi.

Comme architecte, il se laissa aller à sa verve toute d'ampleur, et

il italianisa le goût français avec ses formes chantournées et ses abus de la

rocaille. Son influence fut considérable, mais elle ne fut pas absolue. Cochin,
dans le Mercure de France, n'hésitait pas à le combattre avec une vigueur dont
le bon sens n'excluait pas l'ironie. On y lit en effet des boutades dans le

genre de celle-ci.
« Sont priés les orfèvres, lorsque sur le couvercle d'un pot à ouille,
ou sur quelque autre pièce d'orfèvrerie, ils exécutent un artichaut ou un

pied de céleri de grandeur naturelle, de vouloir bien ne pas mettre à côté un


lièvre grand comme le doigt, une alouette grande comme le naturel, et un
faisan du quart ou du cinquième de sa grandeur; les enfants de la même
grandeur qu'une feuille de vigne; des figures supposées de grandeur naturelle,
portées sur une feuille d'ornement qui pourrait à peine soutenir, sans plier,
un petit oiseau; des arbres dont le tronc n'est pas si gros qu'une de leurs feuilles

et quantités d'autres choses également bien raisonnées. — Nous leur serions


36 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

infiniment obligés encore, s'ils voulaient bien ne pas changer la destination des

choses, et se souvenir par exemple qu'un chandelier doit être droit et perpen-
diculaire pour porter la lumière, et non pas torturé, comme si quelqu'un
l'avait forcé; qu'une bobèche doit être concave pour recevoir la cire qui coule,

et non pas convexe pour la faire retomber en nappe sur le chandelier, et

quantités d'autres agréments non moins déraisonnables, qu'il serait trop long

de citer. — Pareillement sont priés messieurs les sculpteurs d'appartements,

d'avoir agréable, dans les trophées qu'ils exécutent, de ne pas faire une faux
plus petite qu'une horloge de sable, un chapeau ou un tambour de basque
plus grand qu'une basse de viole, une tête d'homme plus petite qu'une rose,
une serpe plus grande qu'un râteau, etc. »
Dans une autre philippique, Cochin s'en donna à cœur joie de dauber
sur l'italianisme de Meissonnier. Après avoir examiné l'état du goût public
avec Oppenort, et avant Meissonnier, il s'écrie:

« Nous trouvâmes un appui plus solide dans les talents du grand Meis-
sonnier. 11 avait à la vérité étudié en Italie, et par conséquent n'était pas

entièrement des nôtres : mais comme il y avait sagement préféré le goût de


Borromini au goût ennuyeux de l'antique, il s'était par là rapproché de nous;
car le Borromini a rendu à l'Italie le même service que nous avons rendu à

la France en y introduisant une architecture gaie et indépendante de toutes


les règles de ce que l'on appelait anciennement le bon goût. Les Italiens ont

depuis bien perfectionné cette première tentative, et du côté de l'architecture

plaisante ils ne nous le cèdent en rien. Leur goût n'est pas le nôtre dans ce
nouveau genre, il est beaucoup plus lourd : mais nous avons cela de commun,
que nous avons également abandonné toutes les vieilles modes pour lesquelles

on avait un respect superstitieux. Meissonnier commença à détruire toutes


les lignes droites qui étaient du vieil usage; il tourna et lit bomber les corniches
de toutes façons; il les cintra en haut et en bas, en devant, en arrière, donna
des formes à tout, même aux moulures qui en paraissaient les moins suscep-
tibles; il inventa les contrastes, c'est-à-dire qu'il bannit la symétrie, et qu'il
ne fit plus les deux côtés des panneaux semblables l'un à l'autre; au contraire,
ces deux côtés semblaient se défier à qui s'éloignerait le plus, et de la manière la

plus singulière, de la ligne droite à laquelle ils avaient été jusqu'alors asservis.

« Rien n'est si admirable que de voir de quelle manière il engageait


les corniches des marbres les plus durs à se plier avec complaisance aux
bizarreries ingénieuses des formes de cartels ou autres choses qui devaient

porter dessus. Les balcons ou les rampes d'escalier n'eurent plus la permission
XVIII e SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 57

de passer droit leur chemin ; il leur fallut serpentera sa volonté, et les matières

les plus raidcs devinrent souples sous sa main triomphante. Ce fut lui qui

Fig. 58. — J.-A. Meissonnier, architecte-décorateur.

mit en vogue ces charmants contours en S, que votre auteur croit rendre
ridicules, eu disant que leur origine vient des maîtres écrivains; comme si

les arts ne devaient pas se prêter des secours mutuels : il les employa partout,
E
38 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

el à proprement parler, ses dessins, même pour des plans de bâtiments, ne


furent qu'une combinaison de cette forme dans tous les sens possibles. Il

nous apprit à terminer nos moulures en rouleau, lorsque nous ne saurions


comment les lier ensemble el mille autres choses non moins admirables,
qu'il serait trop long de vous citer : enfin l'on peut dire que nous n'avons
rien produit depuis dont on ne trouve les semences dans ses ouvrages. Quels

services n'a-t-il pas rendus à l'orfèvrerie? Il rejeta bien loin toutes les formes
([narrées, rondes ou ovales, et toutes ces moulures, dont les ornements
répétés avec exactitude donnent tant de sujétion : avec ces chers contours en S

il remplaça tout. Ce qu'il y a de particulier, c'est qu'en moins de rien l'orfè-

vrerie cl les bijoux devinrent très-aisés à traiter avec génie. En vain, le célèbre

Germain voulut s'opposer au torrent, et soutenir le vieux goût dont il avait

été bercé dans son enfance; sa réputation même en fut quelque peu éclipsée,
et il se vit souvent préférer Meissonnier par l'appui que nous lui donnions
sous main; cependant, le croiriez-vous ! ce grand Meissonnier n'était pas

encore notre homme; il tenait trop à ce qu'ils appellent grande manière, de


plus il eut l'imprudence de laisser graver plusieurs ouvrages de lui, et par là

mit le public à portée de voir que ce génie immense qu'on lui croyait n'était

qu'une répétition ennuyeuse des mômes formes. Il se décrédita et nous l'aban-


donnâmes d'autant plus facilement que, malgré les secours que nous lui

avions prêtés pour l'établissement de sa réputation, il ne voulait point faire

corps avec nous, et nous traitait bautement d'ignorants. »

En dépit de la verge de Cochin, Meissonnier n'en continua pas moins


à cueillir de glorieux lauriers, et son œuvre, qui eut une action si décisive

sur l'art décoratif à la lin du règne de Louis XV, nous apparaît, aujourd'hui
encore, comme paré d'une irrésistible séduction. .

On y remarque le livre d'ornements, les chandeliers de sculpture en


argent, les surtouts de table, les assiettes, les plats, les salières et sucriers,

les girandoles, les pots à oil, les tabatières; le livre d'orfèvrerie d'église,

les salons, les plafonds, les bas-reliefs en sculpture d'argent sur des châsses,
les agrafes de croisées, et enfin le Parallèle gênerai des édifices considérables,

depuis les Egyptiens, les Grecs, jusqu'à nos domiciles modernes.

BRISEUX (1680-1754)

Architecte, on lui doit plus de deux cents pièces où il traite, avec une
élégance originale, de Varl de bâtir les maisons de campagne, el de la compo-
sition des frontons, vases, agrafes de croisées, lambris sculptés, encadrements
XVIIIe SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 39

de glaces, couronnements de perles et de niches à lits, fonds de salons, serru-

reries, balcons, rampes d'escaliers, grilles, elc. On lui doit également un


curieux Traité du Beau essentiel dans les arts, appliqué particulièrement à
l'architecture et un Traité complet d'architecture divisé par leçons.

GERMAIN BOFFRAND (1667-1754).

Architecte du roi, il a manifesté ses meilleures qualités de décorateur


dans son Livre d' architecture, dont les planches, concernant l'Hôtel de Soubise,
sont célèbres: il s'y trouve des chambres et des plafonds dont le décor est

d'une extrême distinction.

F. DE CUVILLIÈS (1698-1767).

Élève de Robert de Cotte, il fut nommé premier architecte de l'électeur


de Bavière ;
puis, lorsque celui-ci devint empereur d'Allemagne, conseiller

et architecte de S. M. Impériale: c'était un homme de goût, d'un talent


consciencieux, susceptible parfois d'envolée; ses décorations intérieures sont
des exemples très purs de ce q n'est le style Louis XV en son complet épa-
nouissement. Son œuvre publié est des plus considérables : on y relève des
recueils de cartouches réguliers et irréguliers, décadrés de glaces et bordures

de tableaux, de plafonds réguliers el irréguliers, de lambris, de morceaux de


fantaisie, de serrurerie, de panneaux divers, de caprices de fantaisie, de
commodes, de jardins, de balustres, de figures allégoriques, de jeux d'enfant,

de vases, de plans de bâtiments et de maisons de campagne, de ponts anciens


et modernes, etc.

FRANÇOIS BOUCHER (1703-1770).

Un homme domine toute la pléiade d'artistes qui contribuèrent à asseoir

le style Louis XV, c'est François Boucher : (ils d'un dessinateur en broderies,
il avait de qui tenir par son œuvre de décorateur, el nul plus que lui n'eut
d'influence sur le goût de son époque. Il fut décorateur dans l'àme: il eut le

génie de la décoration et il lui eût été si difficile de modifier son naturel, que
même dans ses lableaux — car il fit partie de l'Académie des Beaux-Arts en
qualité de peintre d'histoire — il demeura décorateur.
Il a dessiné un nombre infini de pièces dont les ornemanistes s'inspi-
rèrent pendant le règne de Louis XV. Les principales sont : le premier et le

second livre de fontaines, le Livre des vases, le Livre des cartouches, des
panneaux et motifs de tapisserie à sujets champêtres et mythologiques, des
figures chinoises et des tapisseries chinoises, etc.
40 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

Les Concourt, parlant de la prodigieuse activité de Boucher, ont écrit


ces quelques lignes à relire : « La besogne, toute énorme qu'elle était, ne
suffisait pas à cette fièvre de production, à celte furie de travail qui l'avait

saisi le jour où il avait pris les pinceaux, et devait l'asseoir, jusqu'à sa mort,
dix heures par journée à son chevalet. Boucher trouvait encore des loisirs

dans ce labeur, et il jetait à tout moment, comme en marge de son œuvre,


mille idées, des riens pareils aux récréations qu'un grand artiste donne à sa

main sur la feuille d'un appui-main. Il s'amusait à laisser tomber un coup de


crayon, un reste de couleur sur toutes sortes de petites choses, dans les cadres
les plus minces. Il touchait de son pinceau les moindres bijoux de la mode,
• les éventails, des étuis de montre, des œufs d'autruche, des porcelaines, des
panneaux de voiture, que sais-je encore ! »

P. E. BABEL (
? -1770).

Il fut à la fois orfèvre, metteur en œuvre, dessinateur et graveur. Il

apparaît non pas comme l'initiateur, mais comme un des vulgarisateurs de


la rocaille, dont il a compris et appliqué, avec goût, les qualités décoratives,
compliquées.

On lui doit un nombre respectable de pièces intéressantes à étudier :

Différents compartiments d'ornement, cartouches décorés de fontaines ou de


jardins, Cartouches accompagnés de supports on de trophées, Cartouches
lionceaux, Cartouches pittoresques, fontaines en forme de cartouches. Fon-
taines décorées, Suite d'ornements et fleurs utiles aux artistes. Nouveaux
dessins de saucières, Dessins de buffet, etc.

JACQUES G. HUQUIER (1695-1772).

Dessinateur, graveur et éditeur. Amateur délicat et chercheur, il avait

réuni une collection de dessins précieux, que les artistes venaient consulter.

Son œuvre principale est une belle série de planches sur la serrurerie.

HUBERT-FRANÇOIS-BOURGUIGNON [Link] (1699-1773).

Dessinateur et graveur ; à la limite du style Louis XV et du style

Louis XVI. Il a créé de nombreuses pièces, dont plusieurs sont purement


délicieuses.

A citer, parmi les pièces qui participent essentiellement du style

Louis XV, des cartouches, des frontispices, des culs-de-lampe d'ornement,


des vignettes, etc.
XVIII" SIÈCLE. — RÉGENCE ET LOUIS XV 43

JACQUES-FRANÇOIS BLONDEL (1705-1774).

L'un des plus grands architectes du xvm c siècle, neveu de l'architecte <|iii

s'illustra au xvu* siècle.


Jacques-François, sans contrevenir aux innovations que réclamait l'art

de construire, s'éleva contre tout ce qui était le mauvais goût, et par mauvais

goût il Faul entendre ici ce qui était contraire avec excès aux traditions encore

respectées. De nombreux édifices furent exécutés d'après ses plans: l'Hôtel

du Parlement, les bâtiments et la chapelle de l'abbaye royale Saint-Louis, le

portail ouest de la cathédrale de Metz, l'hôtel de ville et une caserne de


Metz, le palais épiscopal à Cambrai, la décoration du chœur et de la chapelle
de la Vierge à l'église Saint-liervais de Taris, l'appropriation de la Salle Saint-

Jean, en salle de réunion, à l'Hôtel de ville de Paris, etc.


Son œuvre didactique est plus considérable encore; en dehors de son

cours d'architecture, bourré de documents tels que portes, balustres, trôn-


ions, portièrçs, bosquets, labyrinthes, fontaines, lunettes, mascarons, por-
tiques, vases, plafonds, Irises, panneaux, serrures, balcons, grilles,

rampes, croisées, cheminées, placards, poêles, torchères, vestibules, anti-

chambres, salons, chambre de parade, etc., on lui doit un important ouvrage :

De la distribution des maisons de plaisance et de la décoration des édifices en


général, un recueil non moins précieux, Architecture française, el de
nombreuses planches de décoration et de fêtes, telles que les treize pièces des

Fêtes données par la ville de Paris à l'occasion du mariage de Madame Louise-


Elisabeth de France el de dom Philippe, infant d'Espaijnc (1759).

. CHARLES EISEN, FILS (1722-1778).

Dessinateur, peintre et graveur. Décorateur spirituel et élégant :

travail fécond et facile.

On lui doit le Livre d'une œuvre suivie, contenant différents sujets de


décoration et d'ornemens ; le Livre de fragments à l'usage de différens
artistes, puis des cartouches, des ligures décoratives, des vases, des litres,

des fontaines, des cariatides, etc.

PIERRE GERMAIN (1726-1783).

Orfèvre et joaillier : l'un des plus admirables artistes de son temps ;

l'un de ceux qui surent imposer leur esthétique au grand public ; chez lui

la technique est égale à l'inspiration. On l'a souvent confondu avec Thomas


ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

et François-Thomas Germain; mais il n'est que juste de restituer à Pierre

Germain H, dit le Romain, sa physionomie personnelle. Il avait été reçu, en


174i, maître orfèvre; en 1773 il était grànd'garde, et en 177 4, doyen de
la corporation. M. Germain Bapst, dans sa belle élude sur les Germain, a

raconté la vie de Pierre, et relevé un grand nombre d'erreurs qu'il combat


victorieusement avec les documents en mains.
Pierre Germain II, dil le Romain, a laissé un grand nombre de modèles
qui, aujourd'hui encore, sont reproduils comme les types les plus parfaits
de l'art de l'orfèvrerie au temps de Louis XV.
On cite spécialement ; les Eléments d'orfèvrerie (religieuse et civile),

et le Livre d'ornements (frises, bras de lumière, rinceaux, cartouches).

Fig. 51. — L'AapiuiECTUBE, ali.i;gohil co.\u'om.l par Uabli..


FlG. 52, — Panneau décoratif
Vues de la Malchance nu coté de la principaleentrée et du coté des Godllottes.

SOMMAIRE ANALYTIQUE
DES

DEUX CENTS PLANCHES


RÉGENCE — LOUIS XV
LE DÉCOR
Planches 1 à 33
A. Décoration en général
Décoration régence.
1. —
Au Commencement <lu xvm e siècle, on emploie fréquemment
la figure comme élément principal de décoration, mais cette figure, au lieu de l'expression
solennelle du siècle précédent, se pare d'une grâce aimable.
cl 3. Panneaux pouiî vestibules, Décoration mythologique.
'2
A l'époque de la —
Régence, lorsque le décor fit des emprunts à la mythologie, il se contenta des demi-dieux,
et il voulut, par des figurations gracieuses, traduire des épisodes de la vie simple, sans
aucune prétention aux évocations héroïques. Les animaux se trouvent souvent mêlés à ces
compositions avec des expressions d'une très originale variété.
4 et 5. Décoration de grandes surfaces murales. —
Lorsqu'il s'agissait de la décoration
d'une surface assez ample, soit pour un panneau, soit pour un mur, la composition, aban
damment pourvue d'éléments purement décoratifs, présentait la plupart du temps une
disposition aphothéolique. On en a d'abondants exemples dans les tapisseries, panneaux
peints, etc.
6. Plafond et panneau. —
Au commencement du règne de Louis XV, les lignes archi-
tecturales tendent, dans les décors peints, à des caprices d'une réalisation improbable.
L'élégance, voulue avec excès, amène des mièvreries d'une importance compliquée.
7. Panneaux pour doudoirs. —
A côté de la décoration architecturale, les sujets des
peintures, pour les pièces de réception intime, sont ou mythologiques ou purement
fantaisistes.
8. Panneau décoratif. —
La décoration des grands panneaux tendait à donner l'illusion
soit de fontaines, soit de cascades, comme le représente la planche suivante; soit, comme le
/•'
46 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
représente la planche 8, d'un escalier aux révolutions compliquées. Cette décoration caracté-
ristique du style rocaille est toute française, et par le goût qui y préside et par l'exécution
qui ne laisse rien à désirer.
9. Panneau décoratif. —
Ouand le mensonge du style rocaille s'imposa aux décorateurs,
on voulut, par le trompe-l'œii, donner l'illusion d'une architecture compliquée et de paysages
de rêves sur des surfaces planes. De là, sur des panneaux qui se coupaient à angle droit,
ces peintures dont le décor et les lignes étaient assez adroitement combinés pour offrir à
l'œil la fantaisie d'une rotonde aux arcades ajourées sur un parc aux floraisons printanières.
10. Dessus de portes et Dessus de glaces. —
Le décor est asymétrique avec une volonté
déterminée dont le décorateur, quelquefois, a su se servir pour une démonstration pittoresque.
11. Dessus de portes. —
La symétrie s'efface derrière la précision d'une architecture
exubérante Palais à colonnades irréalisables, Escalier de parc aux balustres agrémentés
:

de sculptures, Fontaine aux jets d'eau jaillissants, etc....


12-13. Panneaux peints. —
On n'ose plus, sous la poussée du goût qui appelle les
décorations, laisser aux panneaux leur blancheur sur laquelle le relief seul des moulures
et des attributs sculptés faisait une ombre.
Le fond demeure encore blanc, mais, sur les panneaux, les peintres se laissent aller
à une décoration formée de deux éléments très distincts: l'un par où s'affirme le style
composé exclusivement de coquilles, de lignes, de courbes, empruntées aux caprices les
plus excessifs de l'asymétrie l'autre apportant, dans les espaces réservés, soit une note
;

de paysage finement observée, soit de petits amours aux coquetteries espiègles sans autre
prétention au symbole que d'être aimables et d'avoir, sinon de la naïveté, du moins de
la grâce.
14. Décoration intérieure. —
Motifs de tapisseries, Dessus et panneaux de portes peints
par François Boucher Triomphe de l'amour; La pêche; Hommage champêtre; L'escarpolette;
:

Triomphe de Pomone.
15. Décoration intérieure. —
Motifs de tapisseries, Dessus et panneaux de portes peints
par François Boucher: La Poésie satirique; La peinture; Triomphe d'Ariane et de Bacchus, etc.
16. Fontaines pour décoration de jardins. —
On eut sous Louis XV le goût des fon-
taines en pyramide, dans lesquelles le volume d'eau versée était modeste, si on le com-
pare à l'ampleur de la construction.
D'autre part, on aimait à y inscrire des pensées qui, sous une expression philoso-
phique, cachaient un besoin irrésistible d'expansion sentimentale; de là les cartouches
réservés dans les projets de construction.
17. Panneaux pour décoration de vestibules. —
Le décor des fontaines de jardin avait
paru si seyant dans la réalité qu'on se plut à le transporter dans les intérieurs, sous forme
de panneaux peints. Il y a là un élément qui, non seulement, intéresse la décoration archi-
tecturale au milieu du XVIII e siècle, mais encore nous fournit une indication précieuse sur
l'état des esprits: un besoin d'expression sentimentale uni à une fièvre immodérée de luxe.
18. Panneaux pour décoration de boudoirs. —
Vers la fin du règne de Louis XV, la rela-
tion des voyageurs revenus d'extrême Orient tourna la curiosité de quelques artistes du coté
du goût chinois, mais ce fut un art chinois accommodé à la mode française. On n'y comprit
ni la structure du bambou, ni l'architecture des édicules, ni la forme des jonques. La styli-
sation en fut arbitraire et la formule d'art qui en résulta se défend plus par le goût français
qui s'en dégage que par les sujets d'une expression vraiment exotique.

B. La Forme des vases pour la décoration extérieure et intérieure

19. La forme des vases pour la décoration des jardins. —


Dans la forme des vases de
jardins, y eut, à l'époque de la Régence, une manifestation précise de l'évolution tradition-
il

niste. Le nombre des formes, pour si variées qu'elles soient, n'en est pas moins limité: cl.
dans l'application du décor, l'architecte ne se départit pas des lois les plus sévères de l'équi-
libre et de la pondération.
20-21. Vases remarquables par leur très grande variété de formes. —
Vers le milieu
du XVIII* on eut le goût des vases pour la décoration intérieure on leur trouvait des
siècle, :

places, soit sur les cheminées, soit sur des consoles, soit même sur des fûts où ils altcr-
RÉGENCE ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES.
naient avec des bustes. La forme
architecturale disparaît presque complètement sous le
caprice et, il sous l'imagination débordante du décor. Le vase à cette
faut en convenir,
époque ne doit plus être un vase, on pense lui donner un caractère précieux en faisant surtout
une œuvre de sculpture ou de peinture. Le lion et autres animaux de la fable, les amours,
les faunes et les naïades, toute la mythologie, dieux ou demi-dieux, sont mis à contribution
pour peupler la forme des vases qui, sans le décor aux reliefs prodigieux, seraient d'une
gracilité désagréable.

C. Stylisation de la coquille et de la feuille

22. Ornements Rocaille. —


Stylisation de la coquille appliquée aux ornements des chenets
et même des cheminées.
à la décoration
23. Ornements Rocaille. —
Stylisa lion de la coquille appliquée spécialement à la déco-
ration et à l'encadrement des glaces et des peintures.
2i. Ornements Rocaille. —
Stylisation de la coquille appliquée à la décoration du mobilier
en général.
25. Ornements Rocaille. —
La stylisation de la coquille à la fin de la première moitié
du XVIII" siècle, et son application au bronze ciselé, au décor du meuble, de la pendule, de
la croisée, du cadre, du vase, de la torchère, etc....
20. Epoque Louis XV. —
Exemples de coquilles stylisées, traitées avec symétrie pour
le décor et couronnements de glaces, panneaux, consoles, vases, etc.
27. Époque Louis XV. —
Exemples de coquilles stylisées, traitées avec symétrie pour
le décor des glaces, encadrements de peintures, panneaux et lambris de hauteur chantournés
suivant la forme du meuble.
28. Époque Louis XV. —
La coquille stylisée et traitée avec symétrie dans le décor
sculpté des appartements.
29. Époque Louis XV. —
Les feuilles et les coquilles stylisées et traitées avec des
renversements symétriques dans la sculpture ornementale destinée au décor des appartements.

D. Systèmes de décoration pour les plafonds

30. Décoration de flafonds. — Système


de décor symétrique par groupement et asymé-
trique quant au détail pour les plafonds sont ici représentés par quarts.
: ils

51. Décoration de plafonds. —


Système de décor symétrique par groupement et asymé-
trique quant au détail pour les plafonds ils sont ici représentés par quarts.
:

52. Décoration de plafonds. —


Système de décor symétrique par groupement et asymé-
trique quant au détail pour les plafonds.
53. Décoration de plafonds —
Système de décor symétrique par groupement et asymé-
trique quant au détail pour les plafonds.

ARCHITECTURE ET JARDINS
Planches 34 à 48

A. Architecture intérieure et extérieure

34. Décoration intérieure. —


Aspect d'ensemble de salons, petits salons et salons
d'attente d'une Maison de plaisance à l'époque de la Régence.
55. Décoration extérieure. — Vers la fin du règne de Louis XV le style a suivi une
évolution naturelle dans le sens de la tradition sans s'abandonner au caprice de l'inspiration
18 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

rocaille qui a été réservée à la décoration intérieure. On remarquera l'usage discret des
colonnes et des pilastres, ainsi que l'emploi rythmique des fenêtres cintrées et des fenêtres
à angles droits. Les reliefs sur les façades sont distribués de telle sorte que toute monotonie
soit évitée.
5G-57. Grandes maisons de plaisance. —
Sous le règne de Louis XV on se défend de
construire des châteaux, mais on veut cependant que les grandes maisons de plaisance,
sous leur apparence de simplicité et dans leur harmonie de grâce, disent suffisamment l'état
de fortune de ceux qui les ont fait construire. De là, avec ces pavillons, ces terrasses, le
souci de varier la façade et de donner, dès le lointain, la sensation d'œuvres très précieuses
émanant d'une conception éminemment délicate.
58-59. Petites maisons de plaisance. — Ici disparait le souci de créer une œuvre
somptueuse. Dans les façades aux décors simples, dans les avant-corps d'une mesure
restreinte, dans la disposition régulière de la construction qui n'offre qu'un corps principal,
on se contente d'une élégance de lion ton, sans rien de plus. La planche 58 donne les
façades sur la cour et la planche 59 celles sur les jardins.

D. Influence Italienne

Influence étrangère sur l'architecture et sur la disposition intérieure.


40. — Parfois
l'influence des voyages s'est manifestée dans le goût des propriétaires, et l'on a demandé, à
l'architecte, d'allier à la syntaxe de l'architecture française certains principes en usage dans
l'architecture des villas italiennes.
41. Salon a l'italienne. — Élévation intérieure d'un salon à l'italienne, vues )
ises sur
l

la longueur et sur la largeur. A droite de la planche en haut se trouve la salle de compagnie


el à gauche l'antichambre. — A droite de la planche en bas se trouve l'escalier menant aux
appartements intimes et à gauche la porte d'entrée de l'antichambre.
4'2. Salon vestibule, grand vestibule et petits vestibules. — Tandis que le décor des
murs se simplifie, on éprouve le besoin de le creuser de niches pour y donner asile à des
statues. Cette nouvelle conception architecturale s'opère sous l'influence de l'archéologie
naissante.
45. Disposition des grandes galeries. —Portes d'entrée, et Vues sur la longueur, de
deux galeries de décoration variée. Dans les galeries où l'on veut laisser toute l'importance
à la grande lumière, favorisée par les baies nombreuses, le décor se fait plus simple et 'on
y devine une architecture très préoccupée de la noblesse des styles antiques.

C. Salles de Fêtes

Palais pour réjouissances publiques.


44. — Au milieu du règne de Louis XV, alors
qu'il s'agissaitde créer des salles de fête, les architectes ne s'écartaient pas des harmonies
heureuses et relevant d'un style toujours élégant; ils ne considéraient jamais que leur œuvre
ne dût avoir qu'une durée éphémère, et ils se défendaient de toute superfétalion qui eut pu
les faire accuser d'un mauvais goût, même passager.

D. Décoration de jardins à la française

45. Décoration de jardins a la française. — L'architecte paysagiste ne s'en tient pas


toujours, dans la décoration des jardins, à la symétrie; il hausse souvent son inspiration à
des caprices de courbes d'un effet très décoratif.
46. Architecture paysagiste et décoration de jardins a la française. — Au milieu
du xviii' siècle, l'architecte paysagiste eut le souci de la perspective, et à nulle autre époque,
l'artdu treillageur ne s'accorda mieux de tons el de formes à la conception des styles am-
biants de l'architecture et des dessins significatifs des parterres.
47. Architecture paysagiste et décoration de jardins a la française. —
L'observa-
tion relative à la planche précédente s'applique également à celle-ci;, toutefois on remar-
quera l'harmonie qui existe entre l'architecture des deux pavillons.
RÉGENCE, ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES. 19

Berceaux, [Link] f.t Salons f.n treillages, pour décorations de jardins a la


iS.

française. —
Vers la lin «lu règne de Louis XV, l'influence des archéologues fui telle que
l'on voulut, dans les jardins, même avec la légèreté fragile des treillages, fournir une évoca-
tion de l'architecture antique. Le là cette décoration d'une expression qui s'accorde si bien
avec le maniérisme séduisant de l'époque.

Dispositions Intérieures

ENSEMBLES DE DÉCORATIONS
Planches 49 à 136

A. La Régence

49. Galerie de réception. —


Dans la figure sculptée encore liés abondante, et dans
le décor peint auquel on a fait également une Mirge place, les figures, soit qu'elles expri-
ment des symboles, soit qu'elles traduisent des mythes, se sont déjà dégagées de l'expres-
sion solennelle de l'époque précédente.
51). Décoration pour galerie d'apparat. — L'observation pour la planche précédente s'ap-

plique également à celle-ci; toutefois on remarquera dans les panneaux comment le décor
en pyramide, si fréquent à l'époque Louis XIV, lorsqu'il s'agit d'un relief de pierre, allège ses
arêtes sèches et dissimule la raideur de ses angles.
51. Salle de jeu. — La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur des panneaux,
simplement ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le dessin resserré
des cannelures des colonnes et des pilastres.
52. Salon de conversation. —
La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur
des panneaux, simplement ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le
dessin resserré des cannelures des colonnes et des pilastres.
53. Chambre de parade. — L'habitude des alcôves a obligé à séparer la pièce par une
balustrade qui, sans rétrécir son ampleur, consacre néanmoins ce principe de l'alcôve. Pour
les panneaux et cannelures les observations faites au sujet des planches 51 et 52 s'appliquent
également à celle-ci.
54. Chambres a coucher. —Panneaux étroits à décors symétriques dans l'ensemble
et asymétrique quant au détail.
Antichambre conduisant a des appartements privés. —
La hauteur de la porte est
réduite et le panneau qui la surmonte est décoré d'une peinture en camaïeu dont le fond
S'accorde avec la tonalité générale de la tenture de tapisserie qui occupe le grand panneau
à droite de la glace.
55. Chambres a coucher. —Des portes larges à panneaux simplement moulurés corres-
pondant au décor de la fenêtre dont les angles sont droits. Les peintures des dessus de porte
affectent au contraire des courbes variées; quant aux portes de dégagement de chaque côte
de l'alcôve, leur battant unique affecte dans sa partie haute des incurvations d'une élégance
plus intime.
5G. Salons d'attente. — A mesure que l'époque de la Régence évolue, on réserve, dans
le décor, des panneaux plus nombreux et plus grands à la peinture; les portes s'abaissent
et la surface des miroirs se rétrécit considérablement.
57. Salon d'attente et Salon d'un appartement de réception. —
Vers la fin de la
Régence le style tend à une légèreté qui demeure de la symétrie mais avec des renverse-
ments de courbes et des oppositions de lignes. La forme du triangle, arrondie, se présente
plus souvent sous l'aspect d'un éventail développé que sous celui d'une coquille. Tous les
éléments de décors sont de signification purement décorative et il faut aller chercher les
expressions réelles et les sujets dans les peintures qui se trouvent au-dessus des portes.
Couronnement de portes pour appartements peu exhaussés. — La hauteur des
58.
appartements avait si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin
ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
de diminuer la hauteur des battants, que même lorsque les appartements ont une hauteur
ordinaire l'architecte se croit obligé de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau,
même 1res restreint.
5'[Link] de portes pour appartements peu exhaussés. —
La hauteur des
appartements avait si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin
de diminuer la hauteur des battants, que, même lorsque les appartements ont une hauteur
ordinaire, l'architecte se croit obligé de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau,
même très restreint.
60-61. Chambres a coucher. —
Dans la période de transition, on emploie bien la
coquille, mais il y a dans le décor un parallélisme rigoureux des divers éléments qui
la composent.
62. Salles a manger. —
Le remplacement des vitraux, par des petits carreaux trans-
parents, avait obligé l'architecte à proléger l'intérieur des pièces contre les rayons du
soleil à l'aide de volets à battants étroits que l'on fermait à l'intérieur. Ces volets, devant
être vus de l'extérieur, recevaient un décor qui s'harmonisait avec celui des fenêtres.
65. Salle a manger. —
La notice de la planche précédente s'applique également à celle-ci.
On remarquera que la console indiquée sous le miroir a les deux pieds sensiblement rap-
prochés à la base et unis par un cul-de-lampe renversé.
64. Galeries d'apparat. —
Le plafond étant fort élevé, le décorateur a trouvé, dans la
voussure, un espace qui lui permet de donner une vaste décoration à ce couronnement.
65. Galerie d'apparat. —
Ensemble de décoration cheminée, glaces, girandoles et
:

voussure.
66. Galerie d'apparat. —
Fenêtres encadrant une glace soutenue par une console. Assem-
blages et profils.
67. Galerie d'apparat. — Fenêtre encadrant une glace soutenue par une console, et
surmontée d'une peinture.

B. Époque Louis XV

68. Cabinet. — Peinture et sculptures en concours avec la décoration architectonique.


69. Cabinet. — Suite de la décoration précédente : à remarquer les courbes et les bri-
sures d'angles des encadrements.
70. Cabinet d'attente attenant a un salon de fêtes. —
La glace placée entre la fenêtre et
la porte semble supportée par une étroite console à pied unique. Le milieu de chaque battant
de porte est orné d'une peinture, placée dans un cadre aux moulures sculptées, chantournées
et très en relief.
71. Salon de fêtes. —
La hauteur du panneau étroit placé à côté de la cheminée est
rompue par des bras de lumière dont la souche forme console et supporte un motif
sculpté. On remarquera l'opposition entre les lignes arrondies et incurvées des décors
appliqués sur une destination fixe et les lignes à angle droit des principales moulures des
battants de porte.
72. Salon de passage attenant a des salles de fêtes. —
Glace dans un cadre en bois
sculpté et doré, avec bras de lumière; la glace est soutenue par une console et encadrée
par des panneaux de décorations variées, sur lesquels des appliques sont fixées.
73. Salon de passage attenant a une salle de fêtes. —
Glace dans un cadre en bois
sculpté et doré, soutenue par une console et encadrée par des panneaux de décorations
variées .

7 i. ^Vestibule d'entrée attenant a une salle d'attente. —


Utilisation d'un angle res-
serré entre une porte et une fenêtre; grand baromètre en bronze ciselé et doré, fixé dans
une encoignure, et encadré par une fenêtre et un panneau.
".">.
Salon de conversation. —
Cartel en bronze ciselé et doré, rompant la monotonie
d'un grand lambris en hauteur, placé entre une porte et une glace.
76. Chambre de parade. —
Angle d'un plafond portatif dessiné pour le roi Louis XV, par
J.-A. Meissonnier.
77. Ensemble de décoration pour un salon de fêtes. — Côté des glaces, côté des croi-
sées et bouts des solfites. —
Projet pour un plafond.
RÉGENCE ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES. M

78. Petit salon. — Panneau supporté par une console et placé entre deux portes, l'une
à placard, l'autre ouvrante. La porte à placard ne répond ici qu'à une exigence de
symétrie.
Appartement de parade. — Porte surmontée d'une peinture à évocation antique.
79.
Porte pour un cabinet a collection, placée entre deux panneaux étroits et surmontée
80.
de la peinture, exécutée en camaïeu, d'un sujet au pittoresque composé.
81. Salon de conversation "Boudoir a causer". — Mur décoré de panneaux, et d'une
fausse porte surmontée d'une peinture dans la formule conventionnelle du pittoresque italien
pendant la première moilié du XVIII' siècle.
8'2. Salons de réception. —
Panneau et porte en bois sculpté la partie ornementale et
:

sculptée du dessus de porte, avec ses deux vases, ne laisse à la peinture épisodique qu'une
place relativement restreinte.
83. Salon de réception. —
Suite de la décoration précédente Cheminée en marbre :

sculpté, avec ses chenets et sa plaque de fond décorée; la cheminée est surmontée d'une
glace dans un encadrement en harmonie avec le décor de la porte.
8i. Cabinet de travail. —
Porte en bois sculpté dont le cintre est dominé par une
importante peinture; les tapisseries sont encadrées par des moulures de décorations variées.
85. Chambre de travail ou " Chambre de pensée " pour une dame. Glace avec —
décoration en bois sculpté appliqué, bureau-secrétaire et pendule à laquelle des lumières
sont fixées; panneaux de décorations variées.
80. Salle a manger. —
Le buffet encastré dans la profondeur du mur à gauche, le :

panneau est occupé par une fontaine en étain soutenue par une console de marbre.
87. Salle a manger. —
Application du système précédent le buffet encastré dans la
:

profondeur du mur; à droite, le panneau est occupé par une fontaine en marbre, soutenue
par une console en pierre, et couronnée par une peinture.
88. Boudoir a toilette. —
Au milieu de panneaux de décorations variées, et au-dessus
de la cheminée, on n'a réservé qu'une place étroite pour le miroir; une peinture, qui a deux
fois la hauteur de ce miroir, se trouve placée au-dessus.

89. Chambre a coucher. —


Une cheminée basse, un petit miroir, des panneaux où
un nœud sert à suspendre un décor aux éléments variés, et au-dessus du miroir, ainsi qu'au-
dessus du panneau, des peintures où la fable permet des expressions de nu; et plus haut
encore, sous le plafond, une frise partagée par des consoles et dont les tympans sont
décorés de guirlandes retenues en leur milieu par des panoplies d'instruments de
musique.
00. Glaces pour décoration de cabinet de travail et de chambre a coucher. Un —
décor simple qui laisse à la bordure générale de la glace sa légèreté et sa distinction.
91: DÉCORATION POUR GLACE DE GRANDE SALLE A MANGER. GRAND CHAMBRANLE DE LA CHEMI-
NÉE joint a celui de son couronnement. —
Le décor un peu chargé du haut de la glace est
équilibré par les deux figures qui portent des bras de lumière de chaque côté de la che-
minée et sont comme des pédales d'appui à cette harmonie bruyante.
92. Chambre de parade. —
Cheminée, glace, candélabres, foyer et chenets, consoles,
vases, panneaux et voussure.
95. Décoration pour riche cabinet de travail ou pour galerie de curiosités.
91. Salle a manger. —
Glaces en bois sculpté de décorations variées surmontées d une
élude d'animaux.
95. Boudoir. — Glaces en bois sculpté de décorations variées, surmontées d'une peinture à
sujet sentimental.
90. Grand salon de réception. — Glaces en bois sculpté de décorations variées. On y
voit la figure de quelques animaux fabuleux dont les courbes se prêtaient aux évolutions du
style rocaille.
97. Chambre a coucher d'apparat. —
Glaces en bois sculpté, de décorations variées,
surmontées d'une peinture à sujet mythologique.
98. Petites chambres a coucher. —
Couronnements de glaces avec peintures.
99. Petites chambres a coucher. —
Peintures à sujets mythologiques renfermées dans
des bordures en bois sculpté pour servir de couronnement à des portes.
100. Salons. —
Glaces en bois sculpté.
101. Cabinets de travail. —
Glaces en bois sculpté.
102. Salons. — Glaces en bois sculpté.
52 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEURLEMENT

103. Galerie menant aux appartements intimes. —


Porte à placard surmontée d'une
peinture encadrée dans un chambranle circulaire, et dont la principale moulure se termine
en volute pour faire place à une agrafe couronnant le tout.
104. Vestibules ou galeries menant a des appartements de réception. — Couronne-
ments de portes, composés de peintures champêtres dans des encadrements en bois
sculpté.
105. Vestibules ou Galeries d'entrée menant a des salles de fêtes. Couronnements —
de portes ou de fenêtres, composés de peintures placées dans des encadrements à sujets
allégoriques.
106. Rureau ou Cabinet de travail. —
Cheminées avec chenets, plaques de fond déco-
rées et foyers en marbre; les cheminées sont surmontées de glaces et de peintures, et
encadrées par des panneaux de décorations variées.
107. Bibliothèque. —
Cheminées, avec leurs plaques de fond décorées, et surmontées
par des glaces, dont l'une avec applique, cl par des peintures. Porte à gauche, et armoire
pour livres à droite.
Salon de dégagement pour un salon de réception.
108. —
Salon de repos. Pan- —
neau, cheminée et glace surmontée d'une peinture, porte surmontée d'un petit panneau.
109. Salons attenant a des appartements privés. — Portes, cheminée et glace surmon-
tées de peintures. — Porte et cheminée surmontées de peintures dans des cadres ovales,
panneau de tapisserie.
110. Chambre a coucher. —
Cheminée surmontée d'une glace couronnée par un sujet
allégorique en bois sculpté, et panneaux. —
Profils pour cadres.
111. Appartement de parade. —
Panneaux encadrant une cheminée surmontée d'une
glace. Profils de glaces et profil d'une croisée à doubles parements, avec ses guichets à
petits cadres.
112. Roudoir de toilette. —
La hauteur des panneaux occupée par les glaces est dimi-
nuée à d'un couronnement, dont le décor se lie à l'harmonie des autres parties de la
l'aide
pièce.
113. Petits salons pour musique de chambre. — Dans les trumeaux, dont le décor général
est symétrique, la fantaisie du décorateur justifie les caprices de l'asymétrie en précisant les
éléments qui forment les agents expressifs de sa décoration.
114. Chambre de jeune fille. —
Un décor simple, des panneaux aux moulures droites
qui font valoir la bordure de la glace aux guirlandes modestes. Devant le foyer, la marbrerie
affecte un dessin aux angles droits.
115. Chambre d'ami. —
Des moulures arrondies, où tous les angles sont dissimulés; dans
le trumeau de la glace un décor expressif propice à l'asymétrie.

110. Bibliothèque de dame. —


Dans les murs on a réservé des placards découverts
pour y placer les rayons. Au-dessus des placards, dans un cadre d'une asymétrie accentuée,
des peintures en camaïeu.
117. Petit salon attenant a une chambre a coucher. —
Il semble que tout l'effort du

décorateur se soit porté sur la glace coiffée de son trumeau. Cependant on a rompu la hau-
teur des panneaux étroits en réservant à leur faite des médaillons en camaïeu encadrés de
moulures à frontons et à culs-de-lampe.
118. Antichambres. —
Le principe de ne pas placer en relief, au devant des murs, des
objets immeubles par destination, a obligé à réserver, pour des poêles, des niches dont la
forme arrondie et cintrée prèle à un décor élégant; le haut de la baie comporte un tru-
meau; le poêle lui-même, produit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails,
relevant de l'asymétrie, s'accordent avec les lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
Antichambre.
110. —
Le principe de ne pas placer en relief, au devant des murs, des
objets immeubles par destination, a obligé à réserver, pour des poêles, des niches dont la
forme arrondie et cintrée prèle à un décor élégant le haut de la baie comporte un tru-
;

meau le poêle lui-même, produit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails,
;

relevant de l'asymétrie, s'accordent avec les lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
P20. Chambre a coucher. — Lit en niche; le fronton découpé à jour comporte un dôme,
et l'ouverture estdominée par un trumeau dont le décor parlant de la moulure supérieure
affecte un système de suspension légère dictant l'appareil décoratif.
Dans les panneaux de droite et de gauche les motifs de décoration sont variés
sans aucun rapport de symétrie.
RÉGENCE ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES.

Chambre a coucher.
121. —
Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; le fron-
loii de la niche est surmonté d'un motif allégorique en bois sculpté. Panneaux de tapisse-
ries avec moulures de décorations variées.
122. Chambres a coucher. —
Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; portes
de dégagement sur chacun des cotés. Côté opposé au lit. —
Porte d'entrée au milieu de
deux panneaux surmontés de peintures.
123. Chambres a coucher. —
Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; l'ou-
verture de la niche est encadrée par des portes de dégagement, surmontées de glaces. Côté
opposé au lit. —
Glace soutenue par une console, et encadrée par des fenêtres qui se dou-
blent de volets intérieurs.
124. Boudoir attenant a une chambre a coucher. —
Popte surmontée, d'une peinture
dans un cadre ovale. A gauche une glace surmontée d'un chiffre en bois sculpté; à droite,
un panneau uni.
125. Boudoir. —
Le décor à disposition parallèle verticale donne une apparente illusion
sur la hauteur. Glace haute et étroite placée sur une console, et encadrée par des fenêtres à
petits carreaux.
126. Salles a manger. —
Couronnements et encadrements de fenêtres, en forme cintrée.
Galeries.
127. —
Couronnements et encadrements de fenêtres, en forme cintrée ou carrée.
128. Salons d'attente. —
Décors de panneaux moulurés, séparés alternativement par
des glaces, ou entre une glace et des portes.
129. Antichambre. —
Décoration par des fenêtres à petits carreaux, soit à angle droit,
soit cintrées. Chambre de repos. —
Niche avec canapé et glace au fond, encadrée de pan-
neaux et de portes.
ir>0. —
Décoration pour une cheminée de salon pour concerts. —
Ilien de particulier à
dire qui n'ait été déjà remarqué dans nos planches précédentes sur les glaces, panneaux
peints, bras de lumière, etc.; à noter cependant que le décor du panneau de droite est un
décor qui monte, la partie haute étant absolument dégagée de tout décor pendant.

C. Influence de l'importation chinoise et réaction contre l'asymétrie

151. Décoration de boudoir. —


L'influence de l'importation chinoise se manifeste dans
une disposition de lignes sur les panneaux et des applications de vases, qui d'ailleurs sont des
expressions fort peu orientales.
132 et 133. Décoration pour cabinet a collection d'objets de curiosité. —
A la fin du
régne de Louis XV" il y eut une réaction contre l'asymétrie du style rocaille, c'est à peine si
l'on tolère dans les bras de lumière des inégalités de branches; mais, dans le décor des
consoles, des panneaux, le rythme reconquiert une rigoureuse parité, et dans le haut des
glaces on voit apparaître un décor de croisillons à petite rosace centrale auquel on donne
heureusement des tons pâles avec un léger rehaut d'or afin d'éviter un excès de lourdeur.
Salle de compagnie avec petites alcôves renfermant des canapés surmontés de
dais. —Chambre a coucher. —
11 semble qu'on ail voulu opposer la simplicité du décor
peint à la lourdeur du décor mobile, autant les guirlandes des frises et des panneaux, les
moulures des portes ont de légèreté, autant le fronton et les rideaux de l'alcôve, les
dômes et les rideaux des dais disposés au-dessus des canapés ont de la lourdeur et
de la prétention.

D. Transition entre les Styles Louis XV et Louis XVI

135. Caractéristique du style louis xv a sa dernière période. —


A la fin de l'époque
Louis XV, le style de la tradition l'emporte et le décor simplifié, allégé, est d'une suprême
élégance. Les guirlandes, les palmes, les attributs des panneaux qui dominent les glaces,

G
54 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

les médaillons qui se font face en d'autres panneaux, opposent leurs lignes légères et
discrètes à la fantaisie des petits amours porteurs de lumières à branches dont l'ondulation
tend à se régulariser.
136. Caractéristique du style louis xv a sa dernière période. — Lambris de menui-
serie pour petits appartements, panneaux, portes et dessus de portes.

LA PIERRE
Planches 137 à 150

137. Portes-cochères. —
Au commencement de la Régence, le goût s'allège subitement,
le décor est riche sans inutile somptuosité. On va désormais chercher la grâce, non plus
dans une surcharge de l'ornement, mais dans la variété et l'agencement des consoles et des
lignes.
138. Entrée de palais national. — Lorsqu'il s'agit d'un palais, le style de la Régence n'ose
pas, dès l'abord, renoncer aux traditions de l'époque précédente.
Il s'en excuse en multipliant dans le décor les [signes du pouvoir : les initiales, les écus-
sons, etc. forment les documents habituels auxquels l'architecte a recours pour sa
décoration.
On remarquera toutefois, de chaque côté de la fenêtre, qui domine la porte, la ligne
simple et élégante des consoles renversées.
Décoration de portes cochères.
13'J. —
A la fin de la Régence, le décor multiplie
ses ressources d'élégance et s'est définitivement dégagé de la solennité du style Louis XIV.
140-141. Décorations de portes cochères. —
A une époque où la vie intime était plutôt
tournée vers la gaieté, on désirait toutefois présenter une certaine austérité de façade, et
sous l'empire de l'archéologie, on voulut, pour les hôtels, un porche quelque peu monu-
mental.
On remarquera cependant avec quel art les architectes surent laisser à la matière
employée, pierre ou marbre, l'aspect qui lui convient le travail ne s'employa pas à en
:

dénaturer l'expression, et l'on peut dire que, plus encore que les sculptures, c'est la matière
elle-même qui fournit le meilleur élément du décor.
1W-143. Les symboles dans le couronnement des édifices publics. Quand la con- —
struction dut abriter, soit des services publics, soit des personnages de la cour, l'architecte
fut obligé de sortir de sa réserve de goût; mais, avec un tact dont les exemples sont précieux,
c'est dans la partie supérieure de l'édifice, dans les frontons et dans les couronnements, qu'il
multiplia les symboles exprimés dont l'ampleur exubérante fournit un décor imposant. De
la sorte, dans les parties basses de l'édifice, il put se borner à une expression plus sobre.

141. Décorations des perrons, dessus de portes, etc.... —


A l'époque Louis XV, il y
eut, sur l'opinion, deux forces qui pesèrent au point de modifier le goût public l'archéologie :

et la puissance des favorites. De là ces sphinx à tètes de femmes, monstres modernes, à


évocation antique.
On en multiplia les images, et au-dessus des portes, à l'entrée des perrons, aux
angles des toits, le sculpteur en varia les images sans toutefois s'écarter du principe
dont il s'inspirait.

Décoration de fenêtres et de lucarnes.


145. —
Vers la fin de l'époque Louis XV, lé
du style rocaille, surtout dans la décoration dont les
style traditionnel s'affirme en regard
façades des maisons de plaisance nous offrent l'exemple.
On trouvera reproduite ci-dessus toute une série de documents qui appuient cette
affirmation.
iti.
1 Balustres et corniches. —
Le décor des balustres fut assez varié pendant la
première moitié du XVIII e siècle et cette variété vient spécialement des formes que les
architectes imaginèrent de leur donner. Le balustre se compose toujours d'une gorge, d'une
RÉGENCE ET LOUIS XV. - SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES. 55

partie renflée et «l'un fût; et l'on ne saurait trop admirer avec quelle ingéniosité les archi-
tectes surent jouer de ces trois parties du balustre.
147. Balcons et Consoles. — Tandis <|iic les balcons rétrécissaient leurs ajours de façon
à réserver plus de place auxdécors en relief, les consoles au contraire allégèrent soit leur
téle, soit leur pied, afin de laisser à la partie large une importance plus gracieuse.
H8. Fontaines .jaillissantes. — Dans les fontaines jaillissantes, on eut, à la fin de l'épo-
que Louis XV, un souvenir Irès abâtardi de l'époque romaine. L'archéologie ne s'csl pas
encore imposée, elle ne fournit que de très vagues éléments aux architectes.
I«>. Fontaine monumentale. — Dans les fontaines monumentales, la transition de
l'époque Louis XV 5 l'époque Louis XVI est marquée par une emprise de l'inspiration
archéologique sur le goûl public. On va commencer à chercher îles formes exclusivement
dans le domaine de l'antiquité.
150. Marbrerie a compartiments pour dallages et foyers de cheminées.

FERRONNERIE D'ART
Planches 151 à 165

A. Décoration extérieure. — Les Balcons

151. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons, potences et lanternes


en fer forgé.
[Link] d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec orne-
ments au marteau.
et feuillages relevés
153. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec orne-
ments et feuillages relevés au marteau.
154. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec orne-
ments et feuillages relevés au marteau.
155. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec orne-
ments et feuillages relevés au marteau.

D. Décoration intérieure. — Les Rampes


156. Ferronnerie d'art pour décoration intérieure. —
Rampes en fer forgé, avec consoles,
frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
157. Ferronnerie d'art pour décoration intérieure. —
Rampes en fer forgé, avec
consoles, frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
158. Ferronnerie d'art pour décoration intérieure. —
Rampes en fer forgé, avec balus-
tres ou panneaux, frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
159. Ferronnerie d'art pour décoration intérieure. —
Rampes en fer forgé, avec balus-
tres ou panneaux, frises, ornements et feuillages relevés au marteau.

C. Décoration extérieure. — Les Grilles

100. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. —


Grilles, pilastre, panneaux et
enseignes ou potences en fer forgé, avec ornements et feuillages relevés au marteau. Dans
les grilles (planches 100, 101, 102, 103 et 104), on remarquera avec quel tact les battants
mobiles allègent leurs décors en opposition des montants des pilastres et des arcades qui
doivent avoir des caractères apparents de stabilité.
101. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. —
Grilles, pilastre et enseignes ou
potences en fer forgé, avec ornements et feuillages relevés au marteau.
102. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. —
Grilles et enseignes ou potences
en fer forgé, avec ornements et feuillages relevés au marteau.
163. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. —
Grilles, panneaux, couronne-
ments de portes et motifs divers en fer forgé avec ornements et feuillages relevés au marteau.
56 ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT
164. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Grille, panneau, couronnement,
balcons et motifs divers en fer forgé.
165. Ferronnerie d'art. ~ Décoration extérieure : Balcons et panneaux. — Décoration
intérieure : Petites grilles pour cheminées à l'usage des appartements de parade.

LE BRONZE CISELÉ
Planches 166 à 174
166. Le bronze ciselé a application et a signification purement
décoratives. —
Bandeau, entrée de serrure, poignée, chute et sabot, pour garniture de commode.
167. Le bronze ciselé a application et a signification purement décoratives.
Poi- —
gnées et entrées de serrures, pour garniture de bureau ou de commode.
168. Le bronze ciselé et doré a application et a signification purement
décora-
tives. — Bras de lumière pour meubles ou décoration de glaces.
169. Le bronze ciselé et doré a application et a signification purement
décoratives. —
Bras de lumière pour meubles ou décoration de glaces.
170. Torchères, lustres, suspensions, lanternes et braseros
en bronze ciselé et doré.
171. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes et des
fenêtres.
— Crémones, espagnolettes, pannetons, targettes, etc.
172. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration
des portes et des meubles. —
Dessins de clefs et d'entrées de serrures, pour les portes d'appartements et pour les meubles.
173. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes
et des fenêtres. —
Dessins pour verrous, targettes, serrures, entrées de serrures, etc.
174. Cartels et pendules en bronze ciselé et doré. —
Le métal s'offrait comme un
agent précieux aux caprices du style rocaille, sa résistance permettait d'émacier les lignes,
d'accentuer les courbes, de donner en un mot à la pièce, pendule ou thermomètre,
une
forme des plus contournées qui leur fait affecter quelquefois l'aspect d'une figure ondulant en
une prétentieuse révérence.

LE BOIS
Planches 175 à 190
175. Décoration de porte cochère. —
On remarquera avec quelle habileté l'architecte a
su donner à la porte, et à la construction qui l'entoure, un décor approprié à la matière du
bois et de la pierre. Autant le tympan de l'arcade et les montants ont un décor grave en ses
lignes épaisses, autant le décor des volets de bois est léger et d'une opposition heureuse.
176. Moulures en bois pour plafonds et portes d'appartements. —
On remarquera
l'harmonie qui existe entre la décoration de ces moulures et celle des meubles reproduits
à la planche suivante.
177. Le Mobilier canapé, console et bras de lumières.
: — Dans le travail du bois,
à l'époque de la Régence, les pieds des meubles ont la même solidité lourde qu'à
l'époque précédente, mais les courbes s'allègent cependant.
178. Cadres en bois sculpté et doré. —
Au milieu du xvni" siècle, le style traditionnel
s'est complètement perdu en ce qui concerne les encadrements en bois sculpté, et partout,
en cette matière, règne le style rocaille à l'asymétrie triomphante.
179. Cadres en bois sculpté et doré. —
Au milieu du xviii 8 siècle, le style traditionnel
s'est complètement perdu en ce qui concerne les encadrements en bois sculpté, et partout
en cette matière, règne le style rocaille à l'asymétrie triomphante.
180-181. Torchères en bois sculpté et doré. —
C'est dans cette décoration mobile des
appartements de parade que l'art du sculpteur sur bois a créé des types appliqués à des
supports pour lampes, pour lustres, pour vases, etc. Les formes en sont multiples; on
RÉGENCE ET LOUIS XV. — SOMMAIRE ANALYTIQUE DES PLANCHES. 57

jugera, par les exemples (pic nous en donnons, quelles sont les ressources décoratives
•pie pouvail fournir ce meuble dont la destination était si variée.
182. CONSOLF.S F.N DOIS SCULPTÉ ET DOUÉ AVEC DESSUS DE MARBRE. —
L'art dll sculpteur
sur bois n'a jamais atteint autant de légèreté que dans la création de ces meubles d'une
destination toute d'apparat. La multiplicité des consoles, dans la décoralion des apparte-
ments à l'époque Louis XV, nous a valu des modèles précieux et dont l'exécution ne laisse
rien à désirer,
185. Ameublement de cabinet. —
Bureau, orné de bronze ciselé, exécuté d'après
un dessin de J. A. Meissonnier; et canapé en bois sculpté et doré, orné de lapisseries, et
lambris chantournés suivant la forme du meuble.
184. Ameublements de cabinet de travail et de chambre a coucher. —
Médailler à
forme de commode à double cintre orné de bronze ciselé, et de tiges de palmier stylisées
en rocaille, encadrant les renflements du milieu et des côtés. Les centres sont occupés par
quatre médaillons. Aux angles, le meuble se joint aux pieds en bronze massif derrière des
tètes de bélier d'un relief exagéré. Commode en bois de rapport, à deux tiroirs, décorée
d'abondants ornements de cuivre ciselé.
IX."). Ameublement pour chambre a coucher. —
Commodes en vieux laque garnies de
cuivre ciselé et doré. Ainsi que l'on pourra en juger par les commodes reproduites planches
18 i et 18"). à l'époque de la Régence, dans le meuble, la masse s'allège et la somptuosité qui
caractérisai! le style Louis XIV prend un caractère plus aimable.
180-187. Bureaux, commodes et fauteuils garnis de tapisseries. —
Le Style spécial de la
Régence et du règne de Louis XV s'affirme en ses caractères les mieux définis bronze aux :

torsions obéissantes cl capricieuses, ciselures poussées, et pour les commodes formes


ventrues; la direction des pieds pour les bureaux, commodes, canapés et fauteuils, cherche
une stabilité facile et ignore encore les amincissements et les courbes qui marqueront
toute une partie de l'époque Louis XVI.
188. Buffets sculptés pour salle a manger.. —
On eut, pour le meuble meublant,
pendant la première partie du XVIII" siècle, un souci de la matière employée qui ne per-
mettait pas de la dérober entièrement sous le décor. Les ébénistes voulurent faire admirer
tout d'abord les bois dont ils faisaient usage et leur ornementation était adroitement choisie
pour en faire valoir la beauté et le veinage.

189. Chaires a prêcher. — Dans la chaire à prêcher de la fin du règne de Louis XV, le
style rocaille avait été favorisé par l'emploi des coquilles, dont la vasque s'offrait à l'eau
bénite.
Les figures, qui devaient exprimer des symboles de foi, affectent une élégance et une
mièvrerie qui étonneraient à une tout autre époque. Néanmoins, on remarquera combien
l'édicule s'équilibre malgré le système asymétrique du décor qui le revêt.

100. Voitures et Chaises a porteur. —


On remarquera que la forme des caisses de
voitures est singulièrement inspirée de la forme des sucriers de cette époque, la partie
basse est sensiblement plus étroite que la partie haute, on a songé plus à l'élégance exté-
rieure qu'à la commodité des sièges. Quant aux chaises à porteur, jamais on n'est sorti
du principe qu'elles devaient présenter la forme d'une berline coupée en deux.

LES MATIÈRES PRÉCIEUSES


Planches 191 à 200
[Link]èvrerie de table en argent ciselé, Huilier, Plateaux, Salière, Saucière, etc.
— Dans l'orfèvrerie de table, à l'époque de Louis XV, le goût public obéit rigoureusement
aux formules inventées par quelques artistes qui surent imposer leur génie.
192. Orfèvrerie de table en argent ciselé. Soupière, Huilier, Vase a Champagne et
Nef. — On ne peut pas dire que les maîtres orfèvres avaient subi une influence exercée par
la collectivité :ils ont imaginé, chacun dans leur production, des harmonies de lignes et
ARCHITECTURE, DÉCORATION ET AMEUBLEMENT

de courbes qui se prêtaient merveilleusement au travail affiné du métal, et ils sont peut-être
les seuls qui, à leur époque, aient pu avoir conscience qu'ils créaient un style.
193. Orfèvrerie de tadle en argent ciselé Salière, Huilier et Soupière.
: —
11 y eut,

chez les orfèvres au milieu du XVIII" siècle, un retour à l'inspiration directe de la nature.
194. Orfèvrerie de table en argent ciselé. —
A l'époque de Louis XV, les surtouts de
table n'avaient pas qu'un rôle de décoration opulente, les maîtres orfèvres avaient su les
rendre indispensables en les chargeant île répandre la lumière sur la table, à l'aide de bras
à bougies, et de porter les huiliers, les salières, les épices et même des coupes de fruits.
195. Orfèvrerie de tadle en argent ciselé. Légumiers et Soitières. —
On remarquera
(pie les légumiers et les soupières n'eussent paru complets, s'ils n'avaient pas été accom-
pagnés d'un plateau. Et l'on sait, s'il se fit, en ce temps, des plateaux d'une ligne exquise.
100. Orfèvrerie en argent ciselé. La forme et le décor pour les plateaux. —
Les orfèvres surent varier à l'infini le décor et la forme des plateaux ils s'arrêtèrent
:

cependant, dans leurs choix, aux lignes et aux courbes qui, tout en étant essentielle-
ment propices au décor, demeuraient cependant les plus propres à la commodité usuelle
îles plateaux.
Orfèvrerie de table en argent ciselé. La forme et le décor pour les soupières.
197.
— Un temps l'on affecta de donner à la soupière la forme d'une jardinière on l'éleva alors
:

sur des pieds, on pourrait reprocher cette forme aux orfèvres, s'ils n'avaient pas su tirer
parti de ces pieds par un rythme décoratif des plus heureux.
HI8-199. La forme et le décor pour les bougeoirs. —
L'élément décoratif traité, par les
orfèvres de la Régence et de l'époque Louis XV, avec une volonté de réalisme, fut, ainsi
que les planches 193, 198 et 199 nous en fournissent des exemples, un agent effectif susceptible
d'imposer le caprice d'asymétrie au goût public.
200. La forme et le décor pour les candélabres. —
La décoration du fut des
candélabres, d'une grande richesse d'ornementation, a été une des préoccupations des archi-
tectes décorateurs.

Fig. 53. — Modèle de jeton, r.\n Emie Bouchabdon,


pour] l'administration des Batimens du Roy.
Architecture, Décoration
ET

Ameublement
pendant le

Dix-huitième siècle
Régence — Louis XV

DÉCOR
FORME — APPLICATION
MATIÈRE
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

.Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774)

LE DÉCOR
Planches 1 h SS

Décoration Régence .

Panneaux pour vestibules. —
Décoration mythologique.
Décoration de grandes surfaces murales. —
Plafond et Panneau. —
Panneaux pour
boudoirs.— Panneaux décoratifs. —Dessus de portes et dessus (le glaces.
Panneau peint pour surfaces étroiles. —
Décoration intérieure. — Fontaines
-

pour décoration de jardins. —


Panneaux pour décoration de vestibules.
Panneaux pour décoration de boudoirs.
Forme des vases pour décoration de jardins.
Vases remarquables pour leur 1res grande variété de formes.
Ornements Rocaille et stylisation des feuilles et de. la coquille Louis XV.
Décorations de plafonds.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 1.

1. Décoration régence. — Au commenceiiieii L du XVIII' siècle, on emploie fréquemment la figure


comme élément principal de décoration, mais cette figure, au lieu de l'expression solennelle
du siècle précédent, se pare d'une grâce aimable.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 2.

2 et 3. Panneaux pocr vestibules, Décoration mythologique. — A l'époque de la Régence, lorsque


le décor fit des emprunts à la mythologie, il se contenta des demi-dieux, et il voulut,, par des figurations
Anthologie des Arts Décoiiatifs. XVIII e Siècle. — Planche 3.

des épisodes de la vie simple, sans aucune prétention aux évocations


2 et 3 (suite) gracieuses, traduire
héroïques. Les animaux se trouvent souvent mêlés
à ces compositions avec des expressions d'une très originale variété.
l
«
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 4.

4 et5. Décoration de grandes surfaces murales. — Lorsqu'il s'agissait de la décoration


d'une surface assez ample, soit pour un panneau, soit pour un mur, la composition,
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 5.

4 et 5 (suite) abondamment pourvue d'éléments purement décoratifs, présentait la plupart du temps une
disposition aphothéotique. On en a d'abondants exemples dans les tapisseries, panneaux peints, etc.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 6.

6. Plafond et panneau. —
Au commencement du règne de Louis XV,
les lignes architecturales tendent, dans décors peints, à des caprices d'une réalisation improbable.
les
L'élégance, voulue avec excès, amène des mièvreries d'une importance compliquée.
7

Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 7.

pièces de réception intime, sont ou mythologiques ou purement fantaisistes.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 8.

8. Panneau décoratif. — Ladécoration des grands panneaux tendait à donner l'illusion soit de fontaines,
soit de cascades, comme
le représente la planche suivante; soit, comme le représente
la planche 8, d'un escalier aux révolutions compliquées. Cette décoration carastéristique du style

rocaille, est toute française, et parle goût qui y préside et par l'exécution qui ne laisse rien à désirer.
Anthologie des Auts Décoiiatiis. XVIIIe Siècle. — Planche t».

9. Panneau décoratif. — Quand le mensonge du style rocaille s'imposa aux décorateurs,


on voulut, par le trompe-l'œil, donner l'illusion d'une architecture compliquée et de paysages de rêves
-sur des surfaces planes. De là, sur des panneaux qui se coupaient à angle droit, ces peintures dont
le décor et les lignes étaient assez adroitement combinés pour offrir à l'œil la fantaisie d'une
rotonde aux arcades ajourées sur un parc aux floraisons printanièreS.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 10.

10. Dessus de porte et Dessus de glace. — Le décor est asymétrique avec une volonté déterminée
dont le décorateur, quelquefois, a su se servir pour une démonstration pittoresque.
H. Dessus de porte. — La symétrie s'efface derrière la précision d'une architecture exubérante:

Palais à colonnades irréalisables, Escalier de parc aux balustres agrémentés de sculptures, Fontaine
aux jets d'eau jaillissants, elc ..
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII» Siècle. — Planche 12.

12-15. Panneaux teints. — On n'ose plus, sous la poussée du goût qui appelle les décorations,
laisser aux panneaux leur blancheur sur laquelle le relief seul des moulures et des attributs
sculptés faisait une ombre. Le fond demeure encore blanc, mais, sur les panneaux, les peintres se
laissent aller à une décoration formée de deux éléments très distincts: l'un par où s'affirme le style
Anthologie des Akts Décoratifs.
XVIII e Siècle. — Planche K

composé exclusivement de coquilles, de lignes, de courbes, empruntées aux


caprices les
12-13 {suite)
réservés, soit une note de
plus excessifs de l'asymétrie l'autre apportant, dans les espaces
;

espiègles sans autre


paysage finement observée, soit de petits amours aux coquetteries
prétention au symbole que d'être aimables et d'avoir, sinon de la naïveté, du moins de la grâce.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 1 i.

14. Décoration intérieure. —Motifs <lc tapisseries. Dessus et panneaux de portes


peints par François Boucher.
Triomphe de l'amour; La pèche; Hommage champêtre; L'escarpolette Triomphe de Pomone.
;
Anthologie m:s Arts Décoratifs. XVIII- Siècle. — Planche 15.

Vo. Décoration intérieure. — Motifs de tapisseries, Dessus et panneaux de portes


peints par François Boucher.
La Poésie satirique; La peinture; Triomphe d'Ariane et de Bacchus, etc.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 10.

10. Fontaines pour décoration de jardins.- — On eut sous Louis XV le goût des fontaines en
pyramide, dans lesquelles le volume d'eau versée était modeste, si on le compare à
l'ampleur de la construction. D'autre part, on aimait à y inscrire des pensées qui, sous une expression
philosophique, cachait un besoin irrésistible d'expansion sentimentale; de là les cartouches
réservés dans les projets de construction.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 17.

17. Panneaux pour décoration de vestibules. —


Le décor des fontaines de jardin avait paru si seyant
dans la réalité transporter dans les intérieurs, sous forme de panneaux peints.
qu'on se plut à le
Il y a là un élément qui, non seulement intéresse la décoration architecturale au milieu

du XYIIP siècle, mais encore nous fournit une indication précieuse sur l'état des esprits un besoin :

d'expression sentimentale uni à une fièvre immodérée de luxe.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 18.

18. Panneaux pour décoration de boudoirs. — Vers la fin du règne de Louis XV, la relation
des voyageurs revenus d'extrême Orient tourna la curiosité de quelques artistes du côté du goût chinois,
mais ce fut un art chinois accommodé à la mode française. On n'y comprit ni la structure du
bambou, ni l'architecture des édicules, ni la forme des jonques. La stylisation en fut arbitraire et la
formule d'art qui en résulta se défend plus par le goût français qui s'en dégage que par les
sujets d'une expression vraiment exotique.
19. La forme des vases pour la décoration des jardins. — Dans la forme des vases de jardins,
il
y eut, à l'époque de la Régence, une manifestation précise de l'évolution traditionniste. Le nombre des
formes, pour si variées qu'elles soient, n'en est pas moins limité; et, dans l'application du décor,
l'architecte ne se départit pas des lois les plus sévères de l'équilibre et de la pondération.
5"
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 20.

Vases remarquables par leur très grande variété de formes.


20-21. — Vers le milieu du
X\ Ul' on eut le goût des vases pour la décoration intérieure on leur trouvait des places, soil
siècle, :

sur les cheminées, soit sur des consoles, soit même sur des fûts où ils alternaient avec des bustes.
La forme architecturale disparait presque complètement sous le caprice et, il faut en convenir, sous
l'imagination débordante du décor.
/

Anthologie des Arts Décoratifs. .


XVIII e Siècle. — Planche 21.]. g

20 et 21 (suite) Le vase à cette époque ne doit plus être un vase, on pense lui donner un caractère
précieux en faisant surtout une œuvre de sculpture ou de peinture. Le lion et autres animaux de la fable.
les amours, les faunes et les naïades, toute la mythologie, dieux ou demi-dieux, sont mis
à contribution pour peupler la forme des vases qui, sans le décor aux reliefs prodigieux, seraient d'une
gracilité désagréable.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. - Planche 22.

22. Ornements Rocaille. — Stylisation de la coquille appliquée|aux~ornements des chenets


et même à la décoration des cheminées.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle — Planche 17,.

2j. Ornements Rocaille. —Stylisation de la coquille appliquée spécialement à la décoration et à


l'encadrement des glaces et des peintures.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 24.

2i. Ornements Rocaille. Stylisation de la coquille appliquée à la décoration du mobilier en général.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII Siècle.
e
— Planche 20.

26. Kpoque Louis XV. — Exemples de coquilles stylisées, traitées avec symétrie pour le décor
et couronnements de glaces, panneaux, consoles, vases, etc.
Anthologie des A«ts Décoratii s. XVIII" Siècle. — Planche 27.

27. Époque Louis XV. —Exemples oe coquilles stylisées, traitées avec symétrie pour le décor
des glaces, encadrements de peintures, panneaux et lambris de hauteur chantournés
suivant Ja forme du meuble.
i*
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 28.

28. Époque Louis XV. — La coquille stylisée et traitée avec symétrie dans le décor sculpté
des appartements.
[Link]. des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 20.

29. Époque Louis XV. — Les feuilles et les coquilles stylisées et traitées avec des renversements
symétriques dans lasculpture ornementale destinée au décor des appartements.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche -50.

."0. Décoration de plafonds.— Système de décor symétrique par groupement cl asymétrique quant
au détail pour les plafonds ils sont
: i< rej résentés par quarts.
i
31. Décoiîation de plafonds. — Système de décor symétrique par groupement et asymétrique quant
au détail pour les plafonds ils sont ici représentés par quarts.
:
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 7>'l.

ô-1. Décoration de plafond. — Système de décor symétrique par groupement et asymétrique quant
au détail pour les plafonds.
Anthologie dks Akts Décoratifs XVIII 1 Siècle. — Planche 34.

Maison de plaisance à l'époque de la régence.


Anth (logie ni s Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 55.

55. Decokaiion extérieure. —


Vers la lin du règne de Louis XV le style a suivi une évolution naturelle
dans le sens de la tradition sans s'abandonner au caprice de l'inspiration rocaille qui a été
réservée à la décoration intérieure. On remarquera l'usage discret des colonnes el des pilastres,
ainsi que l'emploi rythmique des fenêtres cintrées et îles fenêtres à angles droits. Les reliefs
sur les façades sont distribués de telle sorte que toute monotonie soit évitée.
Anthologie des Arts Décoratifs. ['XVIII e Siècle. — Planche 38.

36-3*. Grandes maisons de plaisance.— Sous le règne de Louis XV on se défend de construire


des châteaux, mais on veut cependant que les grandes maisons de plaisance, sous leur apparence de
simplicité et dans leur harmonie de grâce, disent suffisamment l'état de fortune de ceux
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774;

ARCHITECTURE ET JARDINS
Ensemble de décoration ihturièlire'. — Décoration extérieure. — Grandes èt^pèUtOs
maisons de plaisance. — [bfluQrice étrangère sur l'architecture cl. sur
la disposition intérieure. — Salon à l'italienne. — Salon vestibule et vestibules.
Disposition des grandes galeries. — Palais pour réjouissances publiques.
Décoration de jardins a la française.
Architectures paysagistes et décorations de jardins à la française.

Morceaux, Galeries et Salons en treillages, pour décorations dé jardins à la française.


Anthologie des Ahts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 37.

50-57 (suite) qui les ont fait construire. De là, avec ces pavillons, ces terrasses, le souci de varier
la façade et de donner, dès le lointain, la sensation d'œuvres très précieuses émanant
d'une conception éminemment délicate.
An [Link] des Aists Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 58.

"iX-ÔO. Petites maisons de plaisance. — [ci disparaît le souci de créer une œuvre somptueuse.
Dans les façades aux décors simples, dans les avant-corps d'une mesure restreinte, dans la disposition
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 59.

38-59 [suite) régulière dcila construction qui n'offre qu'un corps principal,
on se contente d'une
élégance de bon ton, sans rien de plus.
La planche 38 donne les façades sur la cour et la planche 39 celles sur les jardins.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIIP Siècle. — Planche W.

[Link] étrangère sur l'architecture et sur la disposition^intérieure. — Parfois l'influence des


voyages s'est manifestée dans le goût des propriétaires, et l'on a demandé, à l'architecte, d'allier à la
syntaxe de l'architecture française certains principes en usage dans l'architecture des villas italiennes.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 41.

41. Salon a l'italienne.; — Elévation intérieure d'un salon a l'italienne!, vues prises sur la longueur
et sur la largeur.
A droite de la planche en haut se trouve la salle de compagnie et à gauche l'antichambre. A — droite
de la planche en bas se trouve l'escalier menant aux appartements intimes et à gauche
la porte d'entrée de l'antichambre.
XVIII- .ANCHE

i'J. Salon vestibule, grand vestibule et petits vestibules. — Tandis que le décor dos murs se
simplifie, on éprouve le besoin de le creuser de niches pour y donner asile à des
tatues. Cette nouvelle conception architecturale s'opère sous l'influence de l'archéologie naissante.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche li.

44. Palais pour réjouissances publiques. — Au milieu du règne de Louis XV, alors qu'il s'agissait
de créer des salles de fête, les architectes ne s'écartaient pas des harmonies heureuses
et relevant d'un style toujours élégant; ils ne considéraient jamais que leur œuvre ne dût avoir
qu'une durée éphémère, et ils se défendaient de toute superfétation qui eut pu les
faire accuser d'un mauvais goût, même passager.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche i5.

45. Décoration de jardins a la française. — L'architecte paysagiste ne s'en tient pas toujours,
dans la décoration des jardins, à la symétrie; il hausse souvent son inspiration à des caprices de courbes
d'un eflet très décoratif.
Antuôl'ogïe df:s Arts Déc oratifs. \\ III- Siècle. — Planche it>.

10. Architecture paysagiste et décoration de jardins a la française. —


Au milieu du xvin e siècle,
l'architecte paysagiste eut le souci de la perspective, et à nulle autre époque, l'art du
tieillageur ne s'accorda mieux de tons et de formes à la conception des styles ambiants de
l'architecture et des dessins significatifs des parterres.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII« Siècle. — Planche 17
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 18.

is. Berceaux, Galeries et Salons ln treillages, pour décorations de jardins a la française. —


Vers la fin du règne de Louis^XV, l'influence des archéologues fut telle que l'on voulut, dans
les jardins, même avec la légèreté fragile des treillages, fournir une évocation de l'architecture antique.
De là cette décoration d'une expression qui s'accorde si bien avec le maniérisme
séduisant de l'époque.
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774)

DISPOSITIONS INTÉRIEURES
ENSEMBLES DE DÉCORATIONS
Planches 49 à 136

Galerie de réception. décoration poiïr galerie d'apparal. - Salle dr jeu


Salon de conversation. —
Chambre de parade. - Chambres à couetier.
Salons d'attenté. - Salon -d'allenle èt Salon d'un appartement de réception.

Couronnements de partes pour appartements peu exhaussés. — Salles à mange)-,


deries d'apparal. Cabinets. - Cabinet d'allenle, attenant à un salon de fêtes. Sal —
,1,. fêtes. — Salons de passage atténanl à des salles .le l'êtes. - Vestibule d'entrée,

alienani à une — Ensemble de décoration pour an salon


salle d'attenté. i

fj c fêtes. — Appartement de parade.


Petit salon. -- Porle pour un cabinel —
à collection. --- Salon de conversation "Boudoir à causer". —
Salons
de réception-- Chambre de Iravail on ''Chambré de pensée"
de Iravail
liour une Dame.- Boudoir à toilette. - Gldçés pour décorai ion de cabinel
et de chambre à coucher. Décoration pour —glace de. grande salle à manger.
Grand chambranle de la cheminée joint à celui de son couronnement.
Décoration -pour riche cabinel de Iravail ou pour galerie de curiosilés. — Boudoir
Grand salon de réception. — Chambre à coucher d'apparal. — IVIiles chambres
à coucher. — Salons. - Cabinets de Iravail. — Galerie nienaul aux

appartements intijpes. - Vestibules ou galeries, menani à des appartements

de réception. — \
Vestibules ou galeries d'enl rée. nienanl à des salles de fêles.

Purèau'ou Cabinel de travail. — Bibliothèque. - Salon de dégagement pour un salon


de réception. — Salon de repos. — Salon attenant à (lés apparl eiiienl s privés.

Boudoir de toilette. — — Chambre


Petits salons pour musi<pie de chambre.
déjeune fille. - Chambre d'ami. —
Bibliothèque de Dame. Péfil salon attenant —
à une chambre à coucher. Antichambres.— P,oudoir aliénant —à une chambré

à coucher. —
Galeries. —
Salons d'allenle. Chambre'de —
repos. —
Décoration poui
une cheminée de salon pour concerts. — Décoration de boudoir. — Décoration
pour cabinel à collection d'objets de euriosilé. — Salle de compagnie avec
petites alcôves renfermant des canapés surmontés de dais.

Caractéristique du style Louis XV à sa dernière période.


\
Anthologie des Arts Dkcoiutifs. XVIII' Siècle. — Planche 49.

7
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 50.

50. Décoration pour galerie d'apparat. — L'observation pour la planche précédente s'applique
également à celle-ci; toutefois on remarquera dans les panneaux comment le décor en
pyramide, si fréquent à l'époque Louis XIV, lorsqu'il s'agit d'un relief de pierre, allègejses arêtes
sèches et dissimule la raideur de ses angles.
Anthologie m:s Aitrs Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 51.

51. Salle de jeu.— La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur des panneaux, simplement
ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le dessin resserré des
cannelures des colonnes et des pilastres.
7'
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 52.

52. Salon de conversation. — La monotonie, qui pourrait résulter de la grandeur des panneaux,
simplement ornés d'une moulure aux angles incurvés, est combattue par le dessin
resserré des cannelures des colonnes et des pilastres.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 53.

5."). Chambre de parade. —


L'habitude des alcôves a obligé à séparer la pièce par une balustrade
son ampleur, consacre néanmoins ce principe de l'alcôve. Pour les panneaux
qui, sans rétrécir
et cannelures les observations laites au sujet des planches el 52 s'appliquent également à celle-ci.
.'il
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 54.

5J-. Chambre a coucher. — Panneaux étroits à décors symétriques dans l'ensemble cl


asymétrique quant an détail.
Antichambre condi isant a des appartements privés. — La hauteur de la porte est réduite et le
panneau qui la surmonte est décoré d'une peinture en camaïeu dont le fond s'accorde
avec la tonalité générale de la tenture de tapisserie qui occupe le grand panneau à droite de la glace.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII» Siècle. — Planche 55.

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.JclàSfil!i Jt I wnwm n riumii i iiuu mMnmn|™m^

55. Chambres a coucher. —


Des portes larges à panneaux simplement moulurés correspondant
au décor de la fenêtre dont les angles sont droits. Les peintures des dessus de porte
affectent au contraire des courbes variées; quant aux portes de dégagement de chaque côté de
l'alcôve, leur battant unique affecte dans sa partie haute d,es incurvations |d'une élégance plus intime.
56. Salons d'attente.— A mesure que l'époque de la Régence évolue, on réserve, dans le décor, des
panneaux plus nombreux et plus grands à la peinture; les portes s'abaissent et la surface
des miroirs se rétrécit considérablement.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 57.

57. Salon d'attente et Salon d'un appartement de réception. — Vers la fin de la régence le style
tend à une légèreté qui demeure de la symétrie mais avec des renversements de courbes
et des oppositions de lignes. La forme du triangle, arrondie, se présente plus souvent sous l'aspect d'un
éventail développé que sous celui d'une coquille. Tous les éléments de décors sont de signification
purement décorative et il faut aller chercher les expressions réelles et les sujets
dans les peintures qui se trouvent au-dessus des portes.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 58.

58. Couronnement de porte pour appartement peu exhaussé. — La hauteur des appartements avait
si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin de diminuer la hauteur
des battants, que même lorsque les appartements ont une hauteur ordinaire l'architecte se croit
obligé de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau, même très restreint
Anthologie des Arts Décoratifs. ' XVIII" Siècle. — Flanche 59.

[Link] de portes pour appartements peu exhaussés. — La hauteur des appartements avait
si nettement imposé, au goût des architectes, des panneaux décorés afin de diminuer
la hauteur
des ballants, que même lorsque les appartements ont une hauteur ordinaire, l'architecte se croit obligé
de réserver au-dessus des portes l'espace d'un panneau, môme très restreint.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche GO.

GO. Chambre a coucher. — Dans la période traditionnelle de l'époque Louis XV, on emploie bien

la coquille, mais il y a dans le décor un parallélisme rigoureux des divers éléments qui la compose.
Anthologie des Arts DÉCORATIFS. XVIII- Siècle. — Planche CI.

61. Chambre a coucher. — Dans la période traditionnelle de l'époque Louis XV, on emploie bien
a coquille, mais il y a dans le décor un parallélisme rigoureux des divers éléments qui la compose.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 62.

62. Salle a manger. — Le remplacement des vitraux, par des petits carreaux transparents, avait
obligé l'architecte à protéger l'intérieur des pièces contre les rayons du soleil à l'aide de volets
à ballants étroits que l'on fermait à l'intérieur. Ces volets, devant être vus de l'extérieur,
recevaient un décor qui s'arrangeait avec celui des fenêtres.
Anthologie i>i s Arts Décoda i ii s. XVIII' SlÈCLE. — Planche (>"..

63. Salle a manger. — La notice de la planche précédente s'applique également à celle-ci.


On remarquera que la console indiquée sous le miroir a les deux pieds sensiblement rapprochés
à la base et unis par un cul-de-lampe renversé.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche Ci.

64. Galerie d'apparat. — Le plafond étant fort élevé, le décorateur a trouvé, dans la voussure, un
espace qui lui permet de donner une vaste décoration à ce couronnement.
Anthologie di;s Arts Décora ni s. XVIIP Siècle. — Planche ti">.
66. Galerie d'apparat — Fenêtres encadrant une glace soutenue par une console.
Assemblages et profils
C7. Galerie d'apparat. — Fenêtres encadrant une glace soutenue par une console,
et surmontée d'une pointure.
Anthologie des Akts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 68.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII Siècle. — Planche 0'.).

69. Cabinet. — Suite de la décoration précédente : à remarquer les courbes et les brisures
d'angles des encadrements.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 70.

"0. Cabinet d'attente, attenant a un salon de fêtes. —


La glace placée entre la fenêtre et la porte
semble supportée par une étroite console à pied unique. Le milieu de charpie battant
de porte est orné d'une peinture, placée dans un cadre aux moulures sculptées, chantournées
el très en relief.
Anthologie des Ahts Décoratifs XVIII- Siècle. — Planche 71.

71. Salon de fêtes. —


La hauteur du panneau étroit placé à coté de la cheminée est, rompue
par des bras de lumière dont la souche forme console et supporte un motif sculpté.
On remarquera l'opposition entiv les lignes arrondies et incurvées des décors appliqués sur une
destination fixe et les lignes à angle droit des principales moulures des battants de porte.
Anthologie des Akts Décoratifs XVIII e Siècle. — Planche 72.

[2. Salon de passage attenant a une salle de fêtes. — Glace dans un cadre en bois sculpté et doré,
avec bras de lumière; la glace est soutenue par une console et encadrée par des panneaux
de décorations variées, sur lesquels des appliques sont fixées.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 73.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. - Planche 74.

74. Vestibule d'entrée, attenant a une salle d'attente. — Utilisation d'un angle resserré
entre une porte et une fenêtre; grand baromètre en bronze ciselé et doré, fixé dans
une encoignure, et encadré par une fenêtre et un panneau.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. - Planche

75. Salon de conversation. —Cartel en bronze ciselé et doré, rompant la monotonie


d'un grand lambris en hauteur, placé entre une porte et une glace.
«
10
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII" Siècle. — Planche 76

V
77. Ensemble de décoration pour un salon de fêtes. — Coté des glaces, coté des croisées

et bouts des sofflles. Projet pour un plafond.
78. Petit salon. — Panneau supporté par une console el placé entre deux portes, l'une à placard,
l'autre ouvrante. La porte à placard ne répond ici qu'à une exigence de symétrie.
Anthologie des Aivrs Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 79.

79. Appartement de parade. — Porte surmontée d'une peinture à évocation antique.


Anthologie des Arts Décoratifs, XVIII' Siècle. — Planche 80.

80. Porte pour un cabinet a collection, placée entre deux panneaux étroits, et surmontée
de la peinture, exécutée en camaïeu, d'un sujet au pittoresque composé.
Anthologie dfs Arvrs Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche SI.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 82.
Anthologie des \kts DÉCORATIFS. [XVIII- Siècle. — Planche 83
SI. Cabinet de travail. — Porte on bois sculpté dont le cintre est domine par une importante
peinture; les tapisseries sont encadrées p*ar des moulures de décorations variées.
XVIII' Siècle. — Planche 85.
Antholooie des Arts Décoratifs.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII» Siècle. — Planche 80.

86. Salle a manger. — Le buffet encaslré dans la profondeur du mur à gauche, le panneau
:

est occupé par une fontaine en étain soutenue par une console de marbre.
Anthologie res Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 87.

87. Salle a manger. — Application du système précédent le buffet encastré dans la profondeur
:

du mur à
: panneau est occupé par une fontaine en marbre, soutenue
droite, le
par une console en pierre, et couronnée par une peinture.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII- Siècle — Planche 88.

88. Boudoir a toilette. — Au milieu de pannoaux de décorations variées, et au-dessus de la

cheminée, on n'a réservé qu'une place étroite pour le miroir;


une peinture, qui a deux fois la hauteur de ce miroir, se trouve placée au-dessus.
ANTHOLOGIE DES AlVTS DÉCORATIFS. XVIII* [Link].. — [Link] HO.

89. Chambre a couciieiî. — Une cheminée basse, un petit miroir, des panneaux où un nœud sert
à suspendre un décor aux éléments variés, et au-dessus du miroir, ainsi qu'au-dessus du panneau, des
peintures où la fable permet des expressions de nu, et plus haut encore, sous le plafond, une
frise partagée par des consoles et dont les tympans sont décorés de guirlandes retenues en leur milieu
par des panoplies d'instruments de musique.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII e
Siècle. — Planche !>0.

90. Glaces pour décoration de cabinet de travail et de chambre a coucher. —


Un décor simple qui laisse à la bordure générale de la glace sa légèreté et sa distinction.
/

Anthologie des Arts Décoratifs. XYIII" Siècle. — Planche 91.

91. DÉCORATION POUR GLACE DE GRANDE SALLE A MANGER. GRAND CHAMBRANLE DE LA CHEMINÉE JOINT A
celui de son couronnement. — Le décor un peu chargé du haut de la glace, est équilibré
par les deux figures qui portent des bras de lumière de chaque côté de la cheminée et sont comme
des
pédales d'appui à celle harmonie bruyante.

12*
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 92.

92 Chambre de parade. — Cheminée, glace, candélabres, foyer et chenets, consoles, vases, panneaux
et voussure.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 93.

13. Décoration pour riche cabinet de travail ou pour galerie de curiosités.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 94.

94. Salle a manger. — Glaces en bois sculpté de décorations variées surmontées d'une élude d'animaux.
Anthologie des Aivts Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 95.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche

OU. Grand salon dl réception. — Glaces en bois sculpté de décorations variées. On y voit
la ligure de quelques animaux fabuleux dont les courbes se prêtaient aux évolutions du style rocaille.
Anthologie hes Arts Décoratifs. XYIII* Siècle. — Planche 98.

08. Petites chambres a coucher. — Couronnements de glaces avec peintures.


99. Petites chambres a coucher. —Peintures à sujets mythologiques renfermées dans des bordures en
bois sculpté pour servir de couronnement à des portes.
13'
Anthologie des Akts Dé[Link]. XVIIIe Siècle. — Planche 100.

mu Salons. — Glaces on bois sculpté.


Anthologie des Akts Décoratifs XVIII» Siècle. - Planche 101

101. Cabinets de travail. — Glaces en bois sculpté.


Anthologie des Arts Décoratifs XVIII e Siècle. — Planche 102.

102. Salons. — Glaces en bois sculpté.


/

Anthologie des Ams DÉCORATIFS. XVIII e Siècle. — Planche 105.

dans un chambranle circulaire, et dont la principale moulure


se termine en volute pour faire place à une agrafe couronnanl le tout.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 104.

10'*. Y ESTIBULES OU GALERIES MENANTA HES APPARTEMENTS DE RÉCEPTION. — Couronnements de portes.


composés de peintures champêtres dans des encadrements en bois sculpté.
14
Anthologie des Vrts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 106.

10U. Bureau ou Cabinet de travail. —


Cheminées avec chenets, plaques de fond décorées el foyers
en marbre; les cheminées sont surmontées de glaces et de peintures, et encadrées
par des panneaux de décorations variées.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 108.
109. Salons attenant a des appartements privés. — Portes, cheminée et glace surmontées
de peintures. —Porte et cheminée surmontées de peintures dans des cadres ovales, panneau de tapisserie.
Anthologie DES ArîTS DÉCORATIFS. XYIII^ Siècle. — Planche 110.
Hl. Appartement ije parade. — Panneaux encadrant une cheminée surmontée d'une glace.

Profils de glaces et profil d'une croisée à double parements, avec ses guichets à petits cadres.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 112.

112. Boudoir de toilette. — La hauteur des panneaux occupée par les glaces est
diminuée à couronnement dont le décor se lie à l'harmonie des autres parties de
l'aide d'un la pièce.
Anthologie des Arts Décohatifs. XVIII" Siècle. — Planche IU.

114. Chambre de jeûne fille. — Un décor simple, des panneaux aux moulures droites qui font valoir
la bordure de la glace aux guirlandes modestes.
Devant le foyer, la marbrerie affecte un dessin aux angles droits.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 116.

116. Bibliothèque de dame. — Dans les murs on a réservé des placards découverts pour y placer
les rayons. Au-dessus des placards, dans un cadre d'une asymétrie accentuée, des
peintures en camaïeu.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 117.

Petit salon attenant a une chambre a coucher.


117. — Il semble que tout l'effort du décorateur
se soit porté sur la glace coiffée de son trumeau. Cependant on a rompu la hauteur
des panneaux élroils en réservant à leur faîte fies médaillons en camaïeu encadrés de moulures
à frontons et à culs-de-lampe.
Anthologie res Arts Décoratif* XVIII e Siècle. — Planche 118.

[Link]. — Le principe de ne pas placer en relief au-devant des murs des objets immeubles
par destination a obligé à réserver pour des poêles des niches dont la forme arrondie et
cintrée prête à un décor élégant; le haut de la baie comporte un trumeau; le poêle lui-même,
produit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails, relevant de l'asymétrie,
s'accordent avec les lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
119. Antichambre. — Le principe de ne pas placer en relief au-devant des murs des objets immeubles
par destination a obligé à réserver pour des poêles des niches dont la forme arrondie et
cintrée prête à un décor élégant; le haut de la baie comporte un trumeau; le poêle lui-même,
[pro luit d'une céramique fruste, a reçu un décor dont les détails, relevant de l'asymétrie,
s'accordent avec les .lignes d'ensemble d'une symétrie nécessaire.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIIIe Siècle. — Planche 120.

Chambre a coucher. — Lit en niche; le fronton découpé à jour comporte un dôme, et


l'ouverture
1-20.
la moulure supérieure
est dominée par un trumeau dont le décor partant de
affecte un système de suspension légère dictant l'appareil décoratif. Dans les panneaux de
gauche motifs de décoration sont variés sans aucun rapport de symétrie.
droite et de les
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 121.

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121. Chambre a coucher. —


Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; le fronton de la niche
est surmonté d'un motif allégorique en bois sculpté. Panneaux de tapisseries
avec moulures de décorations variées.
16
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 122.

122. Chambres a coucher. — Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied;


portes de dégagement sur chacun des côtés.
Coté opposé au lit. — Porte d'entrée au milieu de deux panneaux surmontés de peintures.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 123.

123. Chambres a coucher. —


Lit en niche, avec bandeau, rideaux et couvre-pied; l'ouverture
de niche est encadrée par des portes de dégagement, surmontées de glaces.
la
Côté opposé au lit. — Glace soutenue par une console, et encadrée par des fenêtres
qui se doublent de volets intérieurs.

16*
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche m.

24. Boudoir attenant a une chambre a coucher. — Porte surmontée d'une peinture dans un cadre
A gauche une glace surmontée d'un chiffre en bois sculpté; à droite, un panneau uni.
ovale.
ANTHOLOGIE des Arts Décoratifs. XVIII- Siècle. — Planche t25.

125. Boudoir. — Le décor à disposition parallèle verticale donne une apparente illusion sur la hauteur.
Glace haute et étroite placée sur une console, et encadrée par des fenêtres à petits carreaux.
Anthologie des Arrrs Décoratifs XVIII* Siècle. — Planche 126.

126. Salles a manger. — Couronnements et encadrements de fenêtres, en forme cintrée.


/

Anthologie des Auts Décoi!atifs. XVIII' Siècle. — Planche 127.

. Galeries. — Couronnements et encadrements de fenêtres, en forme cintrée ou carrée.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 128.

l'28. Salons d'attente. —Décors de panneaux moulurés, séparés alternativement


par des glaces, ou entre une glace et des portes.
123. Antichambre. — Décoration par des fenêtres à petits carreaux, soit à angle droit, soit cintrées.
Chambre de repos. — Niche avec canapé et glace au fond, encadrée de panneaux et de portes.

i:
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche

130. Décoration pour une cheminée de salon pour concerts. — Rien de particulier à dire qui n'ait

été déjà remarqué dans nos planches précédentes sur les glaces, panneaux peints,
lu as de lumière, etc.: à noter, cependant, que le décor du panneau de droite est un décor
qui monte, la partie liante étant absolument dégagée de tout décor pendant.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 132.

l">
-
2 et 153. Décoration pour cabinet a collection d'objets de curiosité. — A la fin du règne de
Louis XV il y eut une réaction contre l'asymétrie du style rocaille, c'est à peine si l'on tolère dans les
bras de lumière des inégalités de branches mais, dans le décor des consoles,
;
1 1 r»3 [suile] des panneaux, le rythme reconquiert une rigoureuse parité, et dans le haut des glaces
on voit apparaître un décor de croisillons à petite rosace centrale auquel on donne heureusement des
Ions pâles avec un léger rehaut d'or afin d'éviter un excès de lourdeur.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche lôi.

134. Salle de compagnie avec petites alcôves renfermant des canapés surmontés de dais. —
CiiAMiiRE a coucher. — II semble qu'on ait voulu opposer la simplicité du décor peint à la lourdeur du

décor mobile, autant les guirlandes des frises et des panneaux, les moulures des portes
ont de légèreté, autant le fronton et les rideaux de l'alcôve, les dômes et les rideaux des dais disposés
au-dessus des canapés ont de la lourdeur et de la prétention.
i:>b. Caractéristique du style louis xv a sa dernière période. — A la fin de l'époque Louis XV,
le style de la tradition l'emporte et le décor simplifié, allégé, est d'une suprême élégance.
Les guirlandes, les palmes, les attributs des panneaux qui dominent les glaces, les médaillons qui se font
l'ace en d'autres panneaux, opposent leurs lignes légères et discrètes à la fantaisie des petits
amours porteurs de lumières à branches dont l'ondulation tend à se régulariser.
ANTHOLOGIE DES ARTS DECORATIFS

Régence — Louis XV
(1715-1723) (1723-1774

LA PIERRE
Sculpture et Décoration
Planches 137 à 150

Pprtes-coçhères. — Entrée de palais national.— Décollations de porles-cochèrcs.


Los symboles dans le couronnement des édifices publies. — Décorations
des perrons, dessus de portes, etc. — Décorations de fenêtres et de lucarnes.
Balustres et Corniches. — Balcons et Consoles. — Fontaines jaillissantes,
•'onlainc monumentale. — Marbrerie à compartiments pour daï lagrés el foyers de cheminées
/

157. Portes-cochères. — Au commencement de la régence, le goût s'allège subitement, le décor

est riche sans inutile somptuosité. Onva désormais chercher la grâce, non plus dans une surcharge
de l'ornement, mais dans la variété et l'agencement des consoles et des lignes.
îs
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 158.

138. Entrée de palais national. — Lorsqu'il s'agit d'un palais, le style de la régence n'ose pas,
dès l'abord, renoncer aux traditions de l'époque .précédente. Il s'en excuse en multipliant dans le décor
les signes du pouvoir les initiales, les écussons, etc. forment les documents habituels
:

auxquels l'architecte a recours pour sa décoration, On remarquera toutefois, de chaque côté de la


fenêtre, qui domine la porte, la ligne simple et élégante des consoles renversées.
139. Décohation de [Link]. — A la fin de la régence, le décor multiplie ses ressources
d'élégance et s'est définitivement dégagé de la solennité du style Louis XIV.
18"
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 140.

110-141.Décoration de PORTES-cociiÈRES. — A une époque où la vie intime était plutôt tournée vers la
gaieté,on désirait toutefois présenter une certaine austérité de façade, et sous l'empire de
l'archéologie, on voulut, pour les liôtels, un porche quelque peu monumental. On remarquera cependant
Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. - Pu

140-1 H avec quel art les architectes surent laisser à la matière employée, pierre ou marbre,
(suite)
l'aspect qui lui convient le travail ne s'employa pas à en dénaturer l'expression,
:

et l'on peut dire que, plus encore que les sculptures, c'est la matière elle-même qui fournit le meilleur
élément du décor.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 142.

lW-l Les symboles dans le couronnement des édifices publics.


ij. — Quand la construction dut
des services publics, soit des personnages de la cour, l'architecte l'ut obligé
abriter, soit
de sortir de sa réserve de goût; mais, avec un tact dont les exemples sont précieux, c'est dans
142-143 (suite) la partie supérieure de l'édifice, dans les frontons et dans les couronnements, qu'il multiplia
les symboles exprimés dont l'ampleur exubérante fournit un décor imposant. De la sorte, dans
les parties basses de l'édifice, il put se borner à une expression plus sobre.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche lit.

144. Décorations des perrons, dessus de portes, etc.... — A l'époque Louis XV, il y eut, sur
l'opinion, deux forces qui pesèrent au point de modifier le goût public l'archéologie et la puissance
:

des favorites. De là ces sphinx à têtes de femmes, monstres modernes, à évocation antique. On
en multiplia les images, et au-dessus des portes, à l'entrée des perrons, aux
angles des toits, le sculpteur en varia les images sans toutefois s'écarter du principe dont il s'inspirait.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 145.

145. Décoration de fenêtres et des lucarnes. — Vers la fin de l'époque Louis XV, le style
traditionnel s'affirme en regard du style rocaille, surtout dans la décoration
dont les façades des maisons de plaisance vous offrent l'exemple. On trouvera reproduit ci-dessus
toute une série de documents qui appuient celte affirmation.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 140.

140. Balustres. — Le décor des balustres fut assez varié pendant la première moitié du XVIII" siècle et
cette variété vient spécialement des formes que les architectes imaginèrent de leur donner.
Le balustre se compose toujours d'une gorge, d'une partie renflée et d'un fût, et l'on ne saurait trop
admirer avec quelle ingéniosité les architectes surent jouer de ces trois parties du balustre.
Anthologie df.s Arts Décoratifs. XVIII Siècle. — Planche 147.

147. Balcons et Consoles. — Tandis que les balcons rétrécissaient leurs ajours
de façon à réserver plus de place aux décors en relief, les consoles au contraire, allégèrent soit leur tête,
soit leur pied afin de laisser à la partie large une importance plus gracieuse.
19"
148. Fontaines jaillissantes. — Dans les fontaines jaillissantes,
on eut à de l'époque Louis XV un souvenir très abâtardi de l'époque romaine. L'archéologie ne s'est
la. fin

pas encore imposée, elle ne fournit que de très vagues éléments aux architectes.
149. Fontaine monumentale. — Dans les fontaines monumentales, la transition de l'époque Louis XV
à l'époque Louis XVI est marquée par une emprise de l'inspiration archéologique
sur le goût public. On va commencer à chercher des formes exclusivement dans le domaine
de l'antiquité.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 150.

150.
htm
Marbrerie a compartiments pour dallages et foyers de cheminées»
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Régence — Louis XV
1715-1723) 1723-1774)

FERRONNERIE D'ART
Planches Ï5i à i6n

?m*çortrîcrie d'art pour décorations extérieures intérieures


f

Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 151.

1M. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Grilles, balcons, potences et lanternes
en fer forgé.
152. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec ornements
et feuillagf s relevés au marteau.
Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec ornements
et feuillages relevés au marteau.
Anthologie des Arts Décoratifs

I5i. Ferronnerie d'art poer décoration EXTÉRiEERE. — Balcons en fer forgé, avec ornements
cl feuillages, relèves a» marteau.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII Siècle. — Planche 155,

133. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Balcons en fer forgé, avec ornements
et feuillages relevés au marteau.

20*
Anthologie des Aivrs Décoratifs, XVIII- Siècle. — Planche 156.

156. Ferronnerie d'art tour décoration intérieure. — Rampes en fer forgé, avec consoles,
frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
I

Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 157.

157. Ferronnerie d'art pour décoration intérieure. — Rampes en fer forgé, avec consoles,
frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
Anthologie des Ahts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 158.
tj'.). Ferronnerie d'art polis décoration intériei/ke.— Hampes en fer forgé, avec baluslres
ou panneaux, frises, ornements et feuillages relevés au marteau.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII Siècle
e
— Planche 100.

[Link] d'art polr décoration extérieure. — Grilles, pilastre, panneau et enseignes


ou potences en fer forgé, avec ornements et feuillages relevés au marteau.
Dans les grilles (planches 100, 101, 10'2, 103 et lOi). on remarquera avec quel tact les battants mobiles
allègent leurs décors en opposition des montants des pilastres et des arcades qui doivent
avoir des caractères apparents de stabilité.
162. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Grilles et enseignes ou potences en fer forgé,
avec ornements et feuillages relevés au marteau.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII» Siècle. — Planche 105.
Anthologie des Arts Décoratifs. [XVIII* Siècle. — Planche 1G4.

164. Ferronnerie d'art pour décoration extérieure. — Grille, panneau, couronnement, balcons
et motifs divers en fer forgé.
Anthologie df.s Auts Décoratifs. XVIII' Siècle. — Planche 165.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 100.

106. Le bronzs ciselé a application et a signification purement décoratives.


— Bandeau, entrée
de serrure, poignée, chute et sabot, pour garniture de commode.
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Régence — Louis XV
(1715-1723) 1723-1774)

LE BRONZE CISELÉ
Planches i6C> | 174

Le bronze ciselé à application et à signification purement décoratives.


Garnitures de bureaux où de commodes. — Bras de lumière pour meubles ou
décoration de glaces.
Torchères, lustres, suspensions, lanternes et braseros en bronze ciselé el.
doré,
if bronze ciselé el doré appliqué à la décoration «les porles, des fenêtres el des meubles.
Cartels el pendules en bronze ciselé el doré.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII* Siècle. — Planche 167.
1

Anthologie des Arts Décoratifs. XyiII e Siècle. — Planche 168.

108. Le bronze ciselé et doré a application et a signification purement décoratives. — Bras de


lumière jiour meubles ou décoration de glaces.
169. Le bronze ciselé et doré a application et a signification purement décoratives. — Bras de lumière
pour meubles ou décoration de glaces.
22
[Link] r-es Arts Décoratifs. XVIII» Siècle. — Planche 170.

170. Torchères, lustres, suspensions, lanternes et draseros en bronze ciselé et doré.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 172.

172. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes et des meubles. — Dessins
clefs et d'entrées de serrures, pour les portes d'appartements et pour les
meubles.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 175.

173. Le bronze ciselé et doré appliqué a la décoration des portes et des fenêtres. — Dessins pour
verrous, targettes, serrures, entrées de serrures, etc.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche \U.

174. Cartels et pendules en bronze ciselé et doré. — Le métal s'olTrail comme un agent précieux aux
caprices du style rocaille, sa résistance permettait d'émacier les lignes, d'accentuer les
courbes, de donner en un mot à la pièce, pendule ou thermomètre, une forme des plus contournées
qui leur fait affecter quelquefois l'aspect d'une figure ondulant en une prétentieuse révérence.-
'*
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Régence — Louis XV
1715-1723) (1723-1774)

LE BOIS
Planches 17 Ô -,
190

t)écoraUon de porte-cochère. —
Moulures en bois pour plafonds et portes dappartemenis.
te Mobilier canapé, console et bras do lumières.
: —
Cadres en bois sculpté et doré.
Torchères en bois sculpté et doré. —
Consoles en bois sculpté et doré avec
jlessus de marbre. — Ameublement de cabinet de travail et de chambre, à coucher-.
Bureaux, commodes el l'auleuils garnis de tapisseries. — Buffets sculplés.
Chaires à prêcher.
Voilures el Chaises à porteurs.
/

175. Décoration de porte cochère. — On remarquera avec quelle habileté l'architecte a su donner à
construction qui l'entoure, un décor approprié à la matière du bois et de la pierre.
la porte, et à la
Autant le tympan de l'arcade et les montants ont un décor grave en ses lignes épaisses, autant le
décor des volets de bois est léger et d'une opposition heureuse.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 176.
/

Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 177.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 178.

178. Cadres en bois sculpté et doré. —


Au milieu du xviii siècle, le style traditionnel s'est
complètement perdu en ce qui concerne les encadrements en bois sculpté, et partout, en cette matière,
règne le style rocaille à l'asymétrie triomphante.
j

Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 179.

179. Cadres en bois sculpté et doré. —


Au milieu du xvnr5 siècle, le style traditionnel s'est
complètement perdu en ce qui concerne les encadrements en bois sculpté, et partout, en cette matière,
règne le style rocaille à l'asymétrie triomphante".
-25"
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 180.

180-181. Torchères en bois sculpté et doré. — C'est dans cette décoration mobile des appartements
de parade que l'art du sculpteur sur bois a créé des types appliqués à des supports
pour lampes, pour lustres, pour vases, etc. Les formes en sont multiples;
Anthologie des Akts Décoratifs.
XVIII" Siècle. — Planche 181.

180-181 (suite)on jugera, par les exemples que nous en donnons, quelles sont les ressources
décoratives que pouvait fournir ce meuble dont la destination était si variée.
Anthologie df.s Arts Décoratifs. XYIII* Siècle. — Planche 182.

182. Consoles en bois sculpté et doré avec dessus de marbre. — L'art du sculpteur sur bois n'a
jamais atteint autant de légèreté que dans la création de ces meubles d'une destination
toute d'apparat. La multiplicité des consoles, dans la décoration des appartements à l'époque Louis XV,
nous a valu des modèles précieux et dont l'exécution ne laisse rien à désirer,
183. Ameublement de cabinet. — Bureau, orné de bronze ciselé, exécuté d'après un desssin de
J. A. Meissonnier; et canapé en bois sculpté et doré, orné de tapisseries, et lambris chantournés suivant
la l'orme du meuble.
Anthologie des Arts Décoratifs XVIII' Siècle. — Planche 18i.

184. Ameublements de cabinet de travail et de chambre a coucher. — Médailler à forme de commode


à double cintre orné de bronze ciselé, et de tiges de palmier stylisées en rocaille, encadrant
les renflements du milieu et des côtés. Les centres sont occupés par quatre médaillons. Aux angles,
le meuble se joint aux pieds en bronze massif derrière des tètes de bélier d'un relief
exagéré.
Commode en bois de rapport, à deux tiroirs, décorée d'abondants ornements de cuivre ciselé.
185. Ameublement pour chambre a coucher. — Commodes en vieux laque
garnies de cuivre ciselé et doré. Ainsi que l'on pourra en juger par les commodes reproduites
planches 18 i et 185, à l'époque de la Régence, dans le meuble, la masse s'allège et la somptuosité qui
caractérisait le style Louis XIV prend un caractère plus aimable.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 180.

[Link], commodes et fauteuils garnis de tapisseries. — Le Style spécial de la Régence


[etdu règne de Louis XV s'affirme en ses caractères les mieux définis bronze aux torsions
:

obéissantes et capricieuses, ciselures poussées, et pour les commodes formes ventrues la direction
;
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 188-

188. Buffets sculptés pour salle a manger. — On eut pour le meuble meublant,
pendant lapremière partie du XVIII e siècle, un souci de la matière employée qui ne permettait pas
de le dérober entièrement sous le décor. Les ébénistes voulurent faire admirer tout d'abord
les bois dont ils faisaient usage et 'leur ornementation était adroitement choisie
pour en faire valoir la beauté et le veinage.
/

Anthologie des Arts Décoratifs. XVII 1° SiLcu:. — Planche 180.

189. Chaires a prêcher. — Dans la chaire à prêcher de la lin du règne de Louis XV,
le style rocaille avait été favorisé par l'emploi des coquilles, dont la vasque s'offrait à l'eau bénite.
Les figures,' qui devaient exprimer des symboles de foi, affectent une élégance et une mièvrerie
qui étonneraient à une tout autre époque. Néanmoins, on remarquera combien l'édicule s'équilibre
malgré le système asymétrique du décor qui le revêt.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. — Planche 190.

190. Voitures et chaises a porteur. — On remarquera [Link] forme des caisses de voitures est
singulièrement inspirée de la forme des sucriers de cette époque, la partie basse est sensiblement
plus étroite que la partie haute, on a songé plus à l'élégance extérieure qu'à la commodité des sièges.
Quant aux chaises à porteur, jamais on n'est sorti du principe qu'elles devaient présenter
la forme d'une berline coupée en deux.
ANTHOLOGIE DES ARTS DÉCORATIFS

Régence — Louis XV
1715:1723) 1723-1774)

LES MÉTAUX PRÉCIEUX


Planches 191 à 200
%

Orfèvrerie de table eu argent ciselé :. huiliers, plateaux, salières,


soupières, vase à Champagne, nef/ surtout, théière, bougeoirs, candélabre
Anthologie des Arts Décoratifs' XVIII' Siècle. — Planche 191.

191. Orfèvrerie de table en argent ciselé, Huilier, Plateaux, Salière, Saucière, etc. —
Dans l'orfèvrerie de table, à l'époque de Louis XV, le goût public obéit rigoureusement aux formules
inventées par quelques artistes qui surent imposer leur génie.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 192.

[Link]èvrerie de table en argent ciselé. Soupière, Huilier, Vase a Champagne


et Nef. —
avaient subi une influence exercée par la collectivité
On ne peut pas dire que les maîtres orfèvres
ils ont imaginé, chacun dans leur production, des
harmonies de lignes et de courbes
qui se prêtaient merveilleusement au travail affiné du métal, et ils sont peut-être les seuls qui,

à leur époque, aient pu avoir conscience qu'ils créaient un style.


Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 194.

[Link]èvrerie de table en argent ciselé. —


A l'époque de Louis XV, les surtouts de table
n'avaient pas qu'un rôle de décoration opulente, les maitres orfèvres avaient su les rendre
indispensables en les chargeant de répandre la lumière sur la table, à l'aide de bras à bougies,
et de porter les huiliers, les salières, les épices et même des coupes de fruits.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 195.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 196.

[Link]èvrerie en argent ciselé. La forme et le décor pour les plateaux. — A l'époque de Louis XV,
décor et la forme des plateaux ils s'arrêtèrent cependant,
les orfèvres surent varier à l'infini le :

dans leurs choix, aux lignes et aux courbes qui, tout en étant essentiellement propices au décor,
demeuraient cependant les plus propres à la commodité usuelle des plateaux.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII" Siècle. - Planche 197.

197. Orfèvrerie de table en argent ciselé. La forme et le décor pour les soupières.
n temps l'on affecta de donner à la soupière la forme d'une jardinière on l'éleva alors sur des pieds
:

on pourrait reprocher cette forme aux orfèvres, s'ils n'avaient pas su tirer parti de ces pieds,
par un rythme décoratif des plus heureux.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 198.

de la Régence et de l'Époque Louis XV, avec une volonté de réalisme, sont, ainsi que les planches 193,
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 199.

1U8-199 (suite) 198 et 199 nous en fournissent des exemples, un agent effectif susceptible d'imposer
le caprice d'asymétrie au goût public.
Anthologie des Arts Décoratifs. XVIII e Siècle. — Planche 200.

200. La forme et le décor pour les candélabres. — La" lécoration du fût des candélabres,
d'une grande richesse d'ornementation, a été une des préoccupations des architectes décorateurs
Régence et de l'époque Louis XV.
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SOMMAIRE DES DIX VOLUMES (tes Tolumcs ne se vendent pas séparément]

Premier volume § i. Origine da livre.


: —
Les amateurs, les bibliophiles, les bibliomanes. Établis- —
sement d'une bibliothèque d'amateur. Conservation et entretien des livres. —
Deuxième volume S 2. Du format des livres anciens et modernes.
: Les livres les plus petits. — —
Les livres les plus grands. —
Les livres imprimés ou calligraphiés en caractères microscopiques. —
§ 3. Du collationnement des livres. De la manière —
de procéder à cette opération. Ses difficultés. — —
Ses résultats. —
§ 4. Abréviations usitées en bibliographie, ainsi que dans les manuscrits et les imprimés.
— 8 5. Des signes distinctifs des anciennes éditions. § 6. Des souscriptions et de la date. —
Troisième volume § 7. Du choix des livres. : De la lecture. —
De la connaissance des livres. — —
Leurs définitions. —
Caractères auxquels on distingue un livre rare, précieux ou curieux. Ce qui en —
fait le prix. —
La chasse aux livres. —
Premiers livres imprimés à l'origine et à l'établissement de l'im-
primerie dans les villes et localités de France. Premières traductions françaises. —Premier livre —
imprimé en langue française sur l'escrime. Le plus ancien recueil de voyages. —Le premier almanach. —
— Premier almanach paru en France. Le premier livre —
de messe imprimé en Europe. Le premier —
traité d'astronomie. —
Le plus ancien livre de fauconnerie. Premiers livres dans lesquels il est fait —
usage des caractères grecs et hébreux Les Elzévier ou Elsévier. —
Les Aide.
.
Les Estienne. — —
Livres imprimés en caractères de civilité. Lettres françoises d'art de main. —
Livres autographiés et —
lithographiés. —
Livres calligraphiés. Livres tissés et gravures brodées. —Les livres découpés au —
canivet. —
Livres imprimés au moyen de l'estampage à l'encre de caractères découpés dans le cuivre.
Livres imprimés en couleur. Exemplaires réglés. —Les fous littéraires. Les anonymes. — Les — —
apocryphes. Les auteurs déguisés. Les coquilles et les errata. —
Ouvrage avec dédicace singulière. —
Les livres curieux et singuliers ou avec particularités intéressantes. Les livres à clef. Livres pro- — —
venant d'imprimeries imaginaires, clandestines ou particulières. — Livres condamnés, et dont la destruc-
tion a été ordonnée ou a été volontaire. —
Livres cartonnés. —
Editions originales. Premières éditions
complètes. - Exemplaire d'un ouvrage tiré à petit nombre. — Livres non destinés au commerce. -
Exemplaire unique. — Exemplaire seul connu. — —
Livres rares. Les exemplaires non rognés.— Les
exemplaires bien conservés.
Quatrième volume § De reliure ancienne et moderne. — Du goût et des styles. — Qualités d'une
: 8. la
bonne reliure. — Petit musée de reliure du IV au XIX siècle. la
e e

Cinquième volume De la gravure en relief et en creux. — Illustration et décoration des livres.


— De Distinction des§9. états de gravures. — Ce qui
:

la valeur d'un livre illustré. — De gravure en fait la la


relief. — De la gravure en creux. — Distinction des états de gravure. — Etats de gravure en — la relief.
Etats de gravure en creux. — Quelques notes sur les livres recherchés pour
la mérite des gravures, le
avec épreuves à d'eau-forte ou avec remarque, avant lettre, en double ou multiples épreuves en
l'état
couleurs, ou avec dessins et estampes ajoutés. — Les livres avec gravures cartonnées. — Exemplaires
avec aquarelles, illustrations ou ornements placés dans texte ou sur les marges. le
Sixième volume § Les reliures aux armes, chiffres et monogrammes. — Les exemplaires de pro-
: 10.
venance illustre. — Quelques notes sur les marques des imprimeurs et des libraires. — Les étiquettes de
reliures. — Les ex-libris manuscrits, ou gravés en relief et en creux. — Les cachets et les marques de
possession. — §11. Les livres à autographes. — Les exemplaires documentés.
Septième volume Les manuscrits et la peinture des livres. — Bréviaires et Livres d'Heures. —
: g 12.
Lettres capitales et Miniatures. — Style ornemental. — Caractères de l'écriture. — Décoration des
manuscrits et des lettres capitales du IV au XIX" siècle. e

Huitième volume § Les ennemis du livre. — Moyen de préserver les livres des insectes. — Des-
: i3.
truction des livres et falsification des gravures. — Les équarrisseurs de livres. — Altérations et fraudes.
— § Nettoyage et encollage des livres et des gravures. — Du dédoublage des gravures. — Réparation
14.
des manuscrits, des piqûres de vers, des déchirures et des cassures du papier. — Restauration des
estampes et — Quelques notes sur les livres imprimés sur différents papiers.
des reliures.
Neuvième volume : § i5. De la classification
systématique des livres, des autographes et des gravures.
— Les catalogues de — mettre dans les catalogues. — Classement des copies des
livres. Observations à
titres par ordre alphabétique. — Conservation du catalogue alphabétique. — Du catalogue systématique.
— Da classification des autographes, des gravures et des manuscrits. — Classification des gravures. —
la
Connaissances que l'on devrait posséder pour bien connaître le livre manuscrit ou imprimé sous toutes
ses formes —
Titres d'ouvrages des XV e XVI e et XVII" siècles placés par ordre chronologique et pouvant
,

servir de types pour la rédaction bibliographique.


Dixième volume g 16. Sommaires détaillés du texte et indication des 1800 gravures.
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