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Annexe 2

Ce document traite de la théorie des espaces de Hilbert, notamment de la notion de famille sommable. Il définit ce qu'est une famille sommable et présente certaines de ses propriétés comme l'unicité de la somme, la stabilité par combinaison linéaire et le fait que l'ensemble des éléments non nuls soit au plus dénombrable. Il introduit également le critère de Cauchy pour les familles sommables et montre l'équivalence entre ce critère et la sommabilité dans un espace de Banach. Enfin, il établit un critère simple pour vérifier la sommabilité d'une famille orthogonale dans un espace de Hilbert.

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Annexe 2

Ce document traite de la théorie des espaces de Hilbert, notamment de la notion de famille sommable. Il définit ce qu'est une famille sommable et présente certaines de ses propriétés comme l'unicité de la somme, la stabilité par combinaison linéaire et le fait que l'ensemble des éléments non nuls soit au plus dénombrable. Il introduit également le critère de Cauchy pour les familles sommables et montre l'équivalence entre ce critère et la sommabilité dans un espace de Banach. Enfin, il établit un critère simple pour vérifier la sommabilité d'une famille orthogonale dans un espace de Hilbert.

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3.

Espaces de Hilbert: Applications 130

3.4.3 Annexe
Familles sommables

3.4.14 D ÉFINITION
Soit ( E, k.k) un espace vectoriel normé. Soit ( ai )i2 I une famille d’éléments de E et
S 2 E. X
On dit que la famille ( ai )i2 I est sommable et de somme S et on écrit S = ai , si
i2 I
pour tout # > 0, il existe une partie finie J# ⇢ I telle que
X:
pour toute partie finie L ⇢ I, telle que J# ⇢ L on ait k ai Sk < #.
i2 L

3.4.15 R EMARQUE
On vérifie facilement de la définition de famille sommable que :
1. La somme d’une famille sommable est unique.
2. Si ( xi )i2 I et (yi )i2 I sont des familles sommables de somme respectivement S
et S0 , alors pour tout l , µ 2 K, la famille (lxi + µyi )i2 I est sommable et de
somme lS + µS0 .

Dans une famille sommable, l’ensemble des éléments non nuls est au plus dénom-
brable :
3.4.16 P ROPOSITION
Soit ( E, k.k) un espace vectoriel normé et ( xi )i2 I une famille sommable de E. Alors
i) pour tout # > 0, {i 2 I; k xi k #} est fini
ii) l’ensemble {i 2 I; xi 6= 0} est (au plus) dénombrable.

Démonstration: Soit # > 0 et J# le sous-ensemble fini de I, donné par la définition


de famille sommable. Soit i0 2 I J# et on pose L = J# [ {i0 }, alors k xi0 k =
X X
k xi xi k < 2#. Par conséquent, {i 2 I; k xi k 2#} ⇢ J# est donc fini.
i2 L i 2 J#
1
En particulier, pour n 2 N ⇤ , {i 2 I; k xi k n } est fini, et donc {i 2 I; xi 6 = 0} =
S 1
n 1 {i 2 I; k xi k n } est une réunion dénombrable d’ensembles finis il est alors
au plus dénombrable. ⌅

3.4.18 D ÉFINITION ( CRITÈRE DE C AUCHY )


On dit que la famille ( ai )i2 I vérifie le critère de Cauchy, si pour tout # > 0, il existe
X finie J# ⇢ I telle que pour toute partie finie L ⇢ I telle que J# \ L = ∆
une partie
on ait k ai k < #.
i2 L
3. Espaces de Hilbert: Applications 131

3.4.19 R EMARQUE
Toute famille sommable vérifie le critère de Cauchy.
En effet, il existe S 2 E, tel que pour tout # > 0,X
il existe une partie finie J# ⇢ I telle
que pour toute partie finie K, J# ⇢ K ⇢ I ) k ai Sk < #. Soit L ⇢ I finie, telle
X i2K
que J# \ L = ∆, alors J# ⇢ J# [ L, donc k ai Sk < #.
i 2 J# [ L
X X X X X
D’où k ai k = k ai ai k  k ai Sk + kS ai k  2#.
i2 L i 2 J# [ L i 2 J# i 2 J# [ L i 2 J#

Réciproquement :

3.4.20 T HÉORÈME
Soit ( E, k.k) est un espace de Banach. Alors toute famille qui vérifie le critère de
Cauchy est sommable.

Démonstration: Comme ( ai )i2 I vérifie le critère de Cauchy, pour tout n 2 N ⇤ , il


X 1
existe Jn sous-ensemble fini de I tel que pour tout J fini, J \ Jn = ∆ ) k ai k < .
i2 J
n
X [
Posons Sn = ai , où Ln = Jk . Alors la suite (Sn )n2N⇤ est de Cauchy.
i 2 Ln 1 k  n
1 Ä ä
En effet, pour tout n, p 2 N ⇤ , kSn+ p , puisque Ln+ p Ln \ Jn = ∆, et
Sn k <
n
par la complétude de E, elle converge ; notons S sa limite. On va vérifier que ( ai )i2 I
est sommable et de somme S. Soit # > 0, il existe N# 2 N tel que pour n N# ,
1
kSn Sk  #. Soit n# > N# tel que < #. Alors pour tout J fini, Ln# ⇢ J on a
X X n#
k a i S k  k Sn # S k + k ai k  2#. ⌅
i2 J i 2 J Ln#

3.4.22 D ÉFINITION
On dit qu’une famille ( xi )i2 I est normalement (absolument) sommable si la famille
(k xi k)i2 I est sommable dans R.

3.4.23 C OROLLAIRE
Soit ( E, k.k) est un espace de Banach. Alors toute famille normalement sommable
est sommable.
3. Espaces de Hilbert: Applications 132

X X
Démonstration: En effet, on a pour tout sous-ensemble fini J ⇢ I, k ai k  k a i k.
i2 J i2 J
La famille (k ai k)i2 I étant sommable, elle vérifie le critère de Cauchy, il en est de
même pour ( ai )i2 I et par complétude de E, elle est alors sommable. ⌅

3.4.25 R EMARQUE Å ã
en
La réciproque est en général fausse ; par exemple dans `2 (N ) la suite est
n n 2N ⇤
sommable mais n’est pas normalement sommable.

3.4.26 Exercice Soit ( E, k.k E ) et ( F, k.k F ) deux espaces vectoriels normés et f 2 L ( E, F ).


Soit ( xi )i2 I une famille sommable de E, de somme S.
P
Montrer que ( f ( xi ))i2 I est une famille sommable et que f (S) = i2 I f ( xi ).

Dans un espace de Hilbert on a un critère simple pour vérifier la sommabilité


d’une famille orthogonale :

3.4.27 T HÉORÈME
Soit H un espace de Hilbert et ( ai )i2 I un système orthogonal.
Alors, la famille ( ai )i2 I est sommable
X seulement si la famille (k ai k2 )i2 I est
si etX
2
sommable dans R. Dans ce cas k ai k = k a i k2 .
i2 I i2 I

Démonstration:
X Comme
X le système est orthogonal, pour tout sous-ensemble fini J ⇢
I on a k a i k2 = k ai k2 . Ainsi ( ai )i2 I vérifie le critère de Cauchy si et seulement
i2 J i2 J
si 2 vérifie le critère de Cauchy, et par la complétude de H et R, on aura
(k ai k )i2 I
( ai )i2 I sommable si et seulement si la famille (k ai k2 )i2 I sommable. ⌅

3.4.29 C OROLLAIRE
Soit H un espace de Hilbert et (ei )i2 I un système orthonormé. Soit (ai )i2 I 2 K I .
Alors, la famille (ai ei )i2 I est sommable si et seulement si la famille (ai )i2 I 2 `2 ( I, K ).
3. Espaces de Hilbert: Applications 133

Un peu de théorie des ensembles infinis

3.4.30 D ÉFINITION
— Un ensemble E est dit équipotent à un ensemble F lorsqu’il existe au moins
une bijection de E sur F.
— On appelle cardinal de E la classe d’équivalence formée des ensembles équi-
potent à E. On note par | E| le cardinal de E.
— Un ensemble est dit infini lorsqu’il n’est pas équipotent à un ensemble fini.

Lorsqu’il existe une application injective E dans F, on notera | E|  | F |.


3.4.31 R EMARQUE
S’il existe une application injective (respectivement surjective) E ! E sans être bi-
jective alors E est infini. En particulier, tout ensemble contenant un sous-ensemble
infini est infini.
3.4.32 P ROPOSITION
Un ensemble E est infini si et seulement si |N |  | E|.

Démonstration: Comme N est infini, il résulte de la remarque ci-dessus que E est


infini. Réciproquement, supposons E infini. Soit x0 2 E fixé. Soit E0 = E\{ x0 }.
On a E0 6= ∆ puisque E n’est pas un singleton. Supposons que l’on ait construit
n + 1 éléments distincts x0 , x1 , . . . , xn dans E. Comme E est infini, l’ensemble En =
E\{ x0 , x1 , . . . , xn } est non vide. On choisit, un élément xn+1 dans En , de sorte qu’il
est distinct de chacun des éléments x0 , x1 , . . . , xn . Par récurrence, on construit ainsi
une application f : N ! E définie par f (n) = xn , qui est injective. ⌅

3.4.34 T HÉORÈME (C ANTOR -B ERNSTEIN )


Soient deux ensembles E et F.
1) On a toujours | E|  | F | ou bien | F |  | F |, en d’autres termes deux cardinaux
sont toujours comparables.
2) Si | E|  | F | et | F |  | E| alors | E| = | F |.

Démonstration: 1) Soit W = {( f , X ) : X 2 P ( E) et f : X ! F injective } ordonné


par : ( f , X )  ( g, Y ) si et seulement si X ⇢ Y et g|X = f .
Alors (W, ) est un ensemble partiellement ordonné. Vérifions que (W, )
satisfait aux hypothèses du Lemme de Zorn.
La première hypothèse est que W 6= ∆. Ceci est vrai, car l’unique fonction de ∆
vers F est un élément de W.
Pour vérifier la deuxième hypothèse, i.e. (W, ) est inductif, on considère un
3. Espaces de Hilbert: Applications 134
[
sous-ensemble C = {( f i , Xi )}i2 I ✓ W totalement ordonné. Posons U = Ci et
i2 I
h : U ! F définie par h|C = f i . On vérifie facilement que h : U ! F est bien
i
définie. Montrons que h est injective. Soient x, x 0 2 U telles que h( x ) = h( x 0 ).
Comme C est totalement ordonné, il existe i 2 I tel que { x, x 0 } ⇢ Ci . On a alors
h|C = f i , d’où f i ( x ) = f i ( x 0 ), par injectivité de f i , x = x 0 . Donc h est injective et
i
il s’ensuit que (h, U ) 2 W. On a donc prouvé l’existence d’un majorant pour C.
D’après le Lemme de Zorn, il existe un élément maximal ( f , X ) 2 W. Si X = E,
on a terminer, puisqu’on a prouvé que | E|  | F |.
Si X 6= E, alors f : X ! F est surjective. En effet, si f n’est pas surjective, on
peut choisir
®
a 2 E\ X et b 2 B\ f ( X ), et définir une fonction g : X [ { a} ! F par
b si x = a
g( x ) =
f ( x ) si x 2 X.
Alors g est injective, et comme ( f , X ) < ( g, X [ { a}) ceci contredit la maximalité
de ( f , X ). Ainsi, f : X ! F doit être surjective, donc bijective, ce qui prouve que
| F |  | E |.
2) Soit f : E ! F et g : F ! E des applications injectives. Pour tout A 2 P ( E),
l’application f | A : A ! f ( A) est une bijection. L’idée est de trouver un A 2
P ( E) telle que l’on ait la propriété suivante : l’application g| F\ f ( A) : F \ f ( A) !
E\ A soit bijective, comme g est injective, il suffit que g( F \ f ( A)) = E\ A ce qui
équivaut à E\ g( F \ f ( A)) = A.
Ceci permet alors de définir une bijection h de E sur F en posant :
8
< f | (x) si x 2 A
h( x ) = : g A1 ( x ) si x 2 E\ A,
| ( F \ f ( A))
On doit donc trouver A 2 P ( E) tel que E\ g( F \ f ( A)) = A.
Pour cela on définit l’application f : P ( E) ! P ( E) définie par f( X ) = E\ g( F \ f ( X )).
On vérifie facilement que l’application f est croissante i.e. X ⇢ Y alors f( X ) ⇢
f(Y ). On cherche alors un point fixe de f.

[ { X 2 P ( E); X ✓ f( X )}. Puisque ∆ 2 E , E 6 = ∆. On va vérifier


Posons E =
que A := X convient.
X 2E
Comme pour tout X 2 E , X ✓ A alors f( X ) ✓ f( A) ; d’où X ✓ f( A), parsuite
A ✓ f( A). Maintenant, A ✓ f( A) implique f( A) ✓ f(f( A)) puisque f est
croissante, et donc f( A) 2 E . Mais par définition de A, f( A) 2 E entrîne que
f( A) ✓ A. Donc A = f( A). ⌅

Pour terminer on a :

3.4.36 T HÉORÈME
Soit E un ensemble infini. Alors | E2 | = | E|.
3. Espaces de Hilbert: Applications 135

Démonstration: Soit l’ensemble W = {( f , X ) : X 2 P ( E) et f : X 2 ! X injective }


muni de l’ordre ( f , X )  ( g, Y ) si et seulement si X ⇢ Y et g| 2 = f .
X
On peut vérifier comme dans le 1) de 3.4.34 que (W, ) satisfait les hypothèses
du Lemme de Zorn et donc il admet un élément maximal ( f , X ) 2 W. Alors f :
X 2 ! X est une injection et X ✓ E. Remarquons que X 2 ⇠ X en vertu de 3.4.34,
puisque on aura | X 2 |  | X |, et que | X |  | X 2 | est évident.
Montrons que | E\ X |  | X |.
Sinon, d’après le 1) du théorème 3.4.34, | X |  | E\ X |. Par conséquent, il existe un
sous-ensemble Y ✓ E\ X tel que | X | = |Y |. On a alors |Y 2 | = | X 2 | = | X | = |Y |.
Puisque X \ Y = ∆, les quatre ensembles

X ⇥ X, X ⇥ Y, Y ⇥ X, Y ⇥ Y

sont deux à deux disjoints et, clairement, la réunion de ces ensembles est ( X [ Y )2 .
Si on définit A = ( X ⇥ Y ) [ (Y ⇥ X ) [ (Y ⇥ Y ) alors ( X [ Y )2 = X 2 [ A et X 2 \ A =
∆. De plus, on a | X ⇥ Y | = |Y | et |Y ⇥ X | = |Y | et |Y ⇥ Y | = |Y |, d’où | A| = |Y |. On
prend une bijection g : A ! Y. En utilisant les injections ®f : X 2 ! X et g : A ! Y
f (z), si z 2 X 2
on définit une fonction h : ( X [ Y )2 ! X [ Y par h(z) =
g(z), si z 2 A.
Il est clair que h est injective, donc (h, ( X [ Y ) ) 2 W et ( f , X ) < (h, ( X [ Y )2 ), ce
2

qui contredit la maximalité de ( f , X ). Cette contradiction montre que | E\ X |  | X |.


Puisque ( E\ X ) [ X = E est infini et | E\ X |  | X |, alors |( E\ X ) [ X | = | X |, donc
| E| = | X |. Ainsi | E2 | = | X 2 | = | X | = | E|. ⌅

3.4.38 C OROLLAIRE
Soit E un ensemble infini. Alors
i) pour tout k 2 N ⇤ , | Ek | = | E|.
ii) |N ⇥ E| = | E|.

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