Andrographe
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UN PROJET DE REGLEMENT,
SUR
1
.t.Y;. J
PROPOSÉ à
pour opérer uneRéforme
Nations de l'Europe9
toutes les
générale des mœurs & ,
par [Link] bonheur du Genre-humain.
AV£C
-
X
..-- -
J~<J)-&~9.
-
Maudit Celui, qui le premier, ftiçourant un
champ d'un solTé, die, Ce chatnp elt
à moi ! J.-1" R.
n.
-
A LA-HA IEs
Chés GOSSE & PiNET, libraires de son AltelTe Sérénissime
-
Et Jetibuve Paris à ,
Chés la [Link] Veuve DUCHESNE & BELIN, libraires, rVe
-
Saintjacques, &MÉRIGOT jeune, quai-des-Augustins.
M. -.D cc.-z x x x i i.
AVIS DE L'ÉDITEUR.
Les Purijles, ces Ennemis immortels de
tout
PORnogrjîphe ;;
bien9 m'ont reproché d'avoircomposé le
Je leur déclare ici, que je
m'en applaudis c'ejl un Projet utile., honnête,
& le Gouvernement ne commettrait aucune indé-
les Gynographes,
alons reprendrecette Histoire, où elle en-est restée dans
pour la conduire jusqu"a l'infant où
m.r D'Alzan commencera le Thefmographe, [Link] Projet
des Idées fingulilres.
Septimanie f'était mariée, comme il est dit, [Link]
Lettre des Gynographes., p.2.70. Elleavaitrassurém. me
Des-Tianges, & [Link] D'Alzan, sur les inquiétudes que
leur avaient données les assiduités de m. r D'Alzan auprès
d'elle. Mais elle n'était pas aussi parfaitement innocente
qu'elle l'avait persuadé aux deux Sœurs. Loin de-la:
elle n'avait consenti à devenir l'Epouse de m. r Du-Cha{al,
que pour dérober les fuites d'une honteuse faiblesse, dont
elle commençait-à porter les marques. Mais [Link]'Alzan
,
ignorait lui-même cette situation de Septimanie. Cepen-
dant, lorsqu'elle fut mariée il éprouva, en-voyant son
Mari, une forte de honte, quiluifitsentir, mieux que
toutes les remontrances, la turpitude de sa conduite.
[Link]-Chazal n'avaitpas tardé à partir avec son Épouse,
qui l'avait prié de la mener avec lui, pour une tournée
chés les Receveurs- des-tâilles des différentes Provinces du
Royaume. A son retour, Septimanie paraissait fort-avan-
céedans sa [Link]'Alzan fut encore plus mortifié
qu'il ne l'avait été d'abord,& il ne pouvait se pardonncc
l'injure qu'il avait faire à [Link] quelques jours;
;
il chercha inutilement àse procurer avecSeptimanie, un
entretien qui le tranquilisât elle paraissait le fuir. Enfin
;
il la joignit, & il voulut f'expliquer avec elle. —Non,
Monsieur, répondit m.m* Du-Chazal ôtez-vous cette idée;
car rien n'est plus faus-. Cependant rien n'était plus vrai.
Environ lesixième mois aprèsson mariage, Septimanie,
qu'on
Le Prêtre plus-habile
avait différé si-longtemps
que
(il voyait à-peu-près l'âge de la petite Adelaïde). Le
Père répondit, qu'il n'avait pas voulu contrarier sa Femme :
le Prêtre satisfait de la réponse, en-resta-là.
;
& on lui en donnait six, qu'elle avait réellement. Per-
sonne néanmoins ne se douta de la vérité le but de la
Mère fllrempli; elle avait également trompé m/D'Al-
zan, & son Mari.
Mais outre le motiffrappant de far conduite-, que tout le
monde voit d'abord, de conserver sa réputation& l'eftimede.
conserver le cœur
,
son Mari, elle voulait en-outre calmer les inquiétudes &:,
; la
les remords de m.r D'Alzan dont elle avait entrepris de
car elle l'aimait encore. Elle avait
auftiledefTeindefe ménager liberté de chérir Cette Enfant,
tant qu'elle voudrait, à-cause de son Pèie. Enfin, elle
avait encore d'autres vues, que nous ne croyons pasdevoir
dévoiler, attendu qu'elles ne font pas encore remplies, &:
a
qu'il ya beaucoup présumer qu'elles échoueront, lorsqu'il
iëraqueltion-de marier cetteFiUe.
Cependantm.1" D'Alzan (l'Auteur du Projet qu'on va
lire) f'éloigna insensiblementde Septimanie, ravi d'avoir
:
échappé au péril qu'il avait c-raint car ce n'étaitpasun fcé-
lérat, commeonfait,quoiqu'il eût vers le plaisir un pan-
chant souventinsurmontable. Il ne f'occupadonc plus que
de l'éducation de son Fils; & il se proposa de faire élever par
[Link]-Tianges, AdelaïdeDu-Chazal, [Link] Des-
-
Réformation générale des mœurs. Je n'ai pas entendu ,
mon cher Fils, m'ériger en-Légifhteur. Ce font des
vues que je présente modeHement, & que je n'avais devi-
nées d'abord qu'à votre inltruction particulière. Mais les
,
deux chères Personnes que je viens de vous designer, m'ont
presle de les publier les croyant utiles au Public. Je
fais fort-bien qu'un semblable Projet de Réforme, ne
pourrait être exécuté, que par la réunion, preiqu'im-
possible de toutes les volontés des Hommes qui composent
une Nation. Maisdumoins, j'aurai comme Platon, Spi-
fame,Thomas Morus, & VAbbcde. Saintpitrre., la
fatiffa&ion d'avoir présenté aux Hommes, un Roman de
Roman,
vertu &: de bonheur. Puiffent-i13 un-jour changer mori
en une véridique Hifloire 1
,
Dans le Projet de Règlement que je vais mettre fous
vos ieux mon Fils, pour vous donner une idée générale
de la réforme immense qu'il y aurait à faire dans les mœurs,
pour opérer le bonheur du Genre-humain, il entre une
infinité de détails qui vous surprendront, & qui vous pa-
raîtront minucieus: mais je vous affure que tous font
,
essenciels, & qu'il en-est même quelques-uns que j'ai omis,
non parce-qu'ils m'ont échappés mais parce-qu'ils doivent
résulter de l'exécutionduPlan-de-reforme. Par-Exemple, il
(") Ce font les PerConnages des troisTomesprcdcns des Idées
singulières, le Pornograthe, la IIMOGRAPHE, les Gyno-
GRAPHES.
aurait salu qu'un article sévère eût réglé la conduite à-tenir
parlesVoituriers*, les Carrosses, les Fiacres, les Porteurs,
les [Link]és d'enlever les immondices, &c.a, dansles
rues de Paris, & qu'il leur eut prescrit la politesse chinoise:
mais vous fenrez qu'en-exécutant le Règlement, cet article
deviendrait inutile, & n'offrirait qu'une loi presque ridicule.
Il en-est de-même de celle quife trouve dans les Gynogra-
phes, par laquelle il ferait expressément interdit aux Femmes-
:
du-commun de proférer des paroles grossières cetteloi n'efl
bonne que dans lescommencemens de la réforme; car au-
bout de quelque-temps,elledevrait ressembler à celle qui
prescrirait à de petits Enfans de ne pas se faire de mal à
eux-mêmes. Ces confédérations m'ont fait regarder mon
Règlement, tel que vous alez le voir, comme absolument
complet, encore qu'il y manque une infinité de petits détails.
Il est encore une autre chose que j'ai oubliée de traiter,
parce-que je l'ai regardée comme inutile, après la réforme
c'eil l'éducation des Princes destinés à régner. Mais les
:
difeours de m. rs Garat & De-La-croix, que jeviens de
lire,m'ont fait voir qu'on peut être d'un sentiment différent
,
sur cette importante é[Link]-effet, qui ne fait, qu'il
ferait d'une utilité infinie que non-seulement les Rois
mais tous Ceux qui les approchent, mais les Magiftrars qui
,
le -
doivent rendre la jufiice, connurent
lement parthéorie, mais encore par la pratique ,
Pauvre, non-feu
c'est-
,
dire, par un temps considérable, paffé avec lui comme
son Égal. Il n'y a que ce moyen de faire un vraiment
bon Roi, de bons Minières, de bons Magistrats de bons
,
Intendans-deprovince: car pour gouverner jufiemenr, il
faut connaître parfaitementles besoins & les facultés de Ceux
qu'on gouverne, à quelque titre que ce foit. Mais ce ferait
f
mal entendre ce principe, que de imaginer qu'on doive
,
rendre les Mâgistrats paysans : après avoir connu parfaite-
ment cette condition, les-Jeunes-gens doiventensuite reve-
nir à la leur, pour en-étudierles devoirs; en-prendre--Ieton
les manières& ladignité. Voilâ comme toutse concilie.
J'ai lu dans un Voyageur ( se crois que c'eftDesmarchais),
qui parle comme témoin oeulaire, un passage qui me paraît
d'une grande importance sur cette matière : » Les Noirs
»«
du Royaume de Juida, -dit-il, qui eftun des principaux
»»
»
de l'Afrique,
pour la
n'ont
succession à
pas
la
le
couronne:
même usage
car
que
chés
leurs
les
» un Seigneur du Pays, ou un Prince étranger, qu'on
Voisins,
Uns, c'est
» vernement;
On ne peut l'instruire de rien de ce qui regarde le gou-
parce-quel'Homme chés lequel on aplacé le
Prince,
,
ignore l'importance de l'Hôte qu'on lui a con-
fié. A la mort du Souverain régnant on vient prendre
,
»>
:;
» qui lui défend de sortir de son palais avant son couronne-
>» ment
J»
Pauvre
On lui dit:: Vous connaissez la misère du
il faut à-présent connaître la majeflé du trône :
SI
;
» vous exercerez votre puissance absoluedèsque vous ferez
couronne mais vous ne ferez couronné que lorsque vous
* Juida,
» saurez régner. Et il arrive souvent qu'un Monarc de
n'est couronné quefix ou sept années après son
» avènement au trône. On l'instruitpendant ce temps-là
:
« de tout ce qu'il doit faire car il est l'unie Magistrat de ses
Etats, & il prononce lui-même les sentences
» ».
On ne peut douter que cette loi ne foie excellente mais :
le Voyageur Atkins prétend que c'elt une politique des
,
Grands, pour régner fous le nom de leur Roi : la preuve
qu'il en donne
;;
c'est que lesNoirs de Juidaregardent leur
Souverain comme une divinité qu'ils ne 1abordent jamais
»
» participation >».
Laissonsdonc-là ces Noirs, qui ne font pas dignes de
nous donner une leçon, & n'envisageons que le fait:
^venons que leur usage pouvait avoir les plus excellens
lotiss, & que peut-être les a-t-il eus, avant que les
luropéans eussent corrompu ces Nations demi-sauvages, &
'eussènt ajouté nos vices, à leur grossièreté. Siun Enfanc
eftiné à remplir quelqu'un des emplois diflinguésde 1Etat,
tait élevé comme le Rogerde l'Ecoledes Pères (*)f
Pest-ilpascertain, que devenu Homme, Magistrat, Inten-
ant, &c.a, ce Citoyen pourrait faire des biens infinis?
a connaissance parfaite qu'il aurait des Hommes
; :
de toutes
sClâLTes, le ferait toujours agir avec sagesse il n'outrerait
trop-indulgent Ilcon-
as la rigueur, & ne ferait jamais
aîtrait sur-tout la Clâsse du-milieu, cette Clâsse impor-
inte qui tient à toutes les autres.
;
Platon a fait une République
Itopie
;
Thomas Morus une
l'Abbé se-Saintpierre un projet de gouverne-
ment amphyétionic entre les Princes de l'Europe, qu'il
ppel!e la Diète européane. Tous ces projets ont été re-
ardés comme des chimères inexécutables. Je vais, mon
ils, chercher la raison d'un impossibilité, qui doit vous
araîtreincompréhensible. En-effet, puifqu'il est clair que
s Etablissemens proposés
par de Grands-hommes, feraient
'un avantage inappréciable pour le Genre-humain, d'où-
ient n'a-t-on pas même tenté de les exécuter ?
Pour répondre à cette question naturelle, mon cher
'ils, il faut considérer que la Société est composée de
,
à-propos, lui faire déchirer à belles-dents, son Bien-
sasseur Celui qui aura consacré son temps sa fanté,
-
grandnombre ;
posé en partie de Gens éclairés, mais ce n'est pas le plus
de Gens bornés, indiffélens au bien-
public; de Gens mal-intentionnés, intéressësparétatau
maintient des abus, tels font tous les Gensattachés à la
pratique, les Employés dans les Bureaux, &c a, &c. & a, c.
Ce font les Honnêtes-gens de l'Etat-du-milieu qui [euls
:
qu'ils ne le font, ils ne le croient pas auconiraire, ils ne
voient qu'à perdre pour eux, dans un Règlement pareil a
,
celui que vous alez lire; à-moins qu'ils ne fussent de parfaits
V.,
,
Honnêtes-gens, desSully, des Montausitr, des Colbtrty
desC** desM***, des T¥-", desN**,desF**
des [Link]. desL*n*,&tant d'autres Minifires,
,
des
danslavôtre, monFils :
vérités utiles dans l'âme des jeunes Leéteurs, & sur-tout
La [Link] c'est que si un nouvel
,
Etatlibre f'élevait dans l'Amérique feptentrionaIe ,il pourrait
monde:
adopter un Règlement pareil, & en donner l'exemple au
La +mc, enfin, me fiate davantage; Que fais-je,
si un-jour, un digne Monarc ne jugera pas à-propos defaire
un efiaide mon Projet de règlement dans quelque petitPays
Voussavez,
isolé, pour juger de ses qons-effers d'après l'expérience?
mon cher Fils, que nousavons déjà pro.
!
Tantes & moi ;
posé des Plans-partiels de réformation, votre Oncle, vos
: Celui-ci les rendrait tous superflus par-
ce-qu'il ferait le comble de la réforme. Cependant, je
n'en-regarde pas moins les autres Plans comme utiles :
Celui que je propose aujourd'hui est trop-entier, pour
il
ainsi-dire,&
: ;
faudrait un Pouvoir plus qu'humain, pour
l'exécuter d'abord mais les autres ne font que partiels ils
auraient une exécutionfacile, & ils produiraient de précieus
avantages, si ou les exécutait, foit en-entier, foit en-
partie. J'ai encore un de ces Projets à publier, & j'at-
formé:
tens, pour vous le communiquer, que vous fOYlez plus-
f
c'et celui qui concerne la réformation des Lois
Ouvrage immense, li j'entrais dans un détail circonstancié
:
de toutes les lois contraires au bonheur du Genre humain:
Mais je n'en attaquerai aucune: je me contenterai, en
suivant les lumières d'une raison droite, & qu'aucun intétéc
ne soumet au préjugé, d'indiquer le Projet d'une loi géné-
rale à porter, rédigée en différens titres, pour le civil, le
reconnaissance, l'indulgence ,
criminel, la police, la politesse, les services a rendre, la
la vengeance nécessaire
je tâcherai de n'y rien oublier: Voila où se bornera
;
mon travail : deux Avocats de ma connaissance étaient si
effrayésdemon titre, LE THESMOGRAPHE, avant que
je leur eusse expliqué mon plan, qu'ils m'avaient tous-deux
assuré, qu'on ne me permettrait pas de le publier: ils ont
changé d'avis depuis. l j
Quant à mon dernierProjet de réformation, il est abfo-
ment indépendant de tous les autres , puifqu'il ne f'y agit
que de notre langue & de l'orthographe. J'avouerai que
français :
cet Ouvrage aurait dû sortir de la plume d'un Académicien
mais à leur défaut, je m'y emploierai. D'ail-
leurs, j'ai sur notre langue & sur notre orthographe, des
iuées absolument neuves, & tres-singulieres, qui n'entrent
pas dans toutes les têtes. Ce qui me fait encore penser
qu'il y a peu de Gens propres à cet Ouvrage, c'est une
,
dispute, dont le Journal-de-Paris a été le champ sur la
au ,
:
manière d'orthographier les motssoyiezvoyiez
jondif
fub-
Ce fut avec la plus grande surprise, que je vis
foyedans
soutenir, qu'on devait écrire
par-exemple:J'attendrai quevous y soyiez :
cette phrase,
Ce qui
ferait une faute aussi grossière, que si l'on écrivait, Il
:
être :
faut que tu le fais car [oyez. cft l'impératif du verbe
, comme fais est celui du verbefaire Prenez à
l'impératif, faitpreniezau fubjonétif; tllCZ. fais tuiez.:
leydansfoyiez, n'elt pas un doublez, ilestune vraie
consonne adoucie, fo-yiez., ou si on veut, une demi-con-
sonne
ne vous parle que pir occasion ,
Mais c'en est aues sur l'Orthographe, dont je
& pour vous annoncer
tout ce qui me reste à faire. Je reviens à mon Projet
aéluel.
Je ne saurais vous exprimer, mon cher Fils, avec quel
!
; plaisir, avec quelle consolation je l'ai tracé il m'asemblé
;
A dans certains instans d'une heureuse illusion,
que je le
I voyais réalisé je croyais voir ces Assemblées nationales
dans une grande plaine; ces Vieillards honorés; ces Cen-
t
:
;
Ensuite revenant à un-autre tableau plus-gai, ces Jeunes-
gens, diflingués uniquement par leur degré de mérite je les
voyais se choisir une jeune & charmante Épouse. Mais
*
; j'aiversé des larmes, croyant voir Jeune-héros, honoré
en un
pour d'éclatantes aétions, en transporter toute la gloire aux
1 Auteurs de ses jours. J'ai encore éprouvé unfentimenc
II plus-fortd'attendrissement,en-voyant le Fils méritant d'un
f Pèrevicieus,effacer les fautesdefonPère,6clescouvrit
gloire. Eh ! que dirai-je des refpeéh rendus aux
de sa
Vieillards ! Quelle consolation pour tout le [Link] !
quelleheureusefxpeétative, lorfqtie tous les plaisirs nous
son Fils :
grand que celui que fait le Père au Fils: Le Père a formé
; son mérite peut être son ouvrage mais qui dira
L'ANTHROPOGRAPHE,
L'ANTHROPOGRAPHE
0 u
L'HO M M E
RÉFORMÉ.
PREMIÈRE LETTRE,
DEPU l5 D'ALZAN, à son FILS.
que vous êtes formé, mon cher Aurèle,
:
on vous a fait lire trois Projets de Réformation, com-
posés dans notre Famille Le premier traitait des Mal-
honnêtes-femmes, & proposait un moyen de les rendre
moins dangereuses pour les mœurs & pour la fanté ;
c'est l'ouvrage de ma jeUnessé : Le fécond avait pour but
de légitimer le plus noble de nos plaisirs, l'Art drama-
tique, ou sil'onveutreprésentatif: cePlanderéforme
:
; ,r
autres, puifqu'il concerne les Femmes en-géneral, elt le
plus utile votre Mère
y ont travaillé Rl.
votre Tante & [Link]: D"s-Arcis
Des-Tianges &' moi nous avons
fourni tout ce quidemandaitquelqu'érudition. L'Ouvrage
je
que vous adresse aujourd'hui fera le quatrième Tomé
de ces Projets. C'est pour vous seul que je l'entreprens,
;
,
voirs du Premier-sexe ,
mon Fils & je me propose de vous y tracer tous les de-
ainsi que les moyens de réformer
les abus qui se font glissés dans l'éducation.
:
donner, est celle de la morale
ensuite
; ;
La première de toutes les sciences que je vais vous
: l'intérêt per-
l'Homme le plus
parfaitement social, est celui danslequel il est moinsapparent.
La méchanceté morale est le résultat d'un esprit faus &
maladroit, qui laisse grossièrement paraître son égoïsme.;
dont les aélions disent, Je veux tout pour moi. Le
: ;
Méchant choisit en-apparence le chemin le plus court pour
aler à la fatiffaélion de ses appétits mais dans la vérité, il
prend la route opposée parce-qu'il irrite tout lemonde contre
lui, & qu'il avertit de se garder de ses desseins.
Si donc vousne cherchez à vous rendre heureus, qu'en
fesant du bien à vos Semblables, en excitant en eux une
douce réciprocité, vous les verrez bientôt confians à votrè
;
1
,
mal-à-propos le fentimcnt, qui vous frappera d'autant
plus alors qu'il fera plus nouveau.
,
Dès qu'il est certain que la route la plus fûre pour arriver
au bonheur est la bonté l'unique tâche d'un Père chargé
de procurer celui de ses Enfans, est de les rendre bons ;
& c'est par l'éducation qu'il y parviendra. L'éducation se
donne dedeux manières, parles préceptes& par l'exemple
l'exemple, sansleprécepte, n'instruit pas asses;leprécepte
:
sans l'exemple est inefficace : Votre Mère & moi nous
réunirons les deux manières, autant qu'il nous fera possible;
& quelles que soient d'ailleurs nos imperfeflions, notre
tendresse pour vous, nous fera faire asses d'efforts sur
nous-mêmes, pour vous donner un exemple utile.
:
cation ordinaire
paraison
qui puisse vous servirde pièce de com-
j'exposerai ce quiest, & vous jugerez vous-
même de l'abus par ses fuites.
§.i."
DES ABUS DE L'EDUCATION.
C'ES T faute de principes certains, que l'éducation est
mauvaise parmi nous : Nos Enfans font élevés au-hasard :
Quelques maximes d'une morale sublime étonnent quel-
,
quefois leur imagination, & remuent leur cœur
cette impression isoléef'efface
; mais
sur-tout dans ceux à qui
:;
la maturité
imagination
,
ces belles maximes ont été présentées trop-tôt, & avant
;
elles se triturent, pour ainsi dire dans leur
elles y perdent leur énergie semblables à
cesdifeours trop répétés, dont l'Enfant mange les mots en
les prononçant, & qu'il récite, sans les comprendre, à la
façon de l'Automate de Vaucanson. Posons-les donc ces
;
principes certains, encore neufs pour vous ensuite il fera
facile de vous faire voir les abus opposés.
i. Les deux-sexes doivent, en certaineschoses, être élevés
d'une manière absolument différente; parce-que leurs devoirs
ne feront pas les mêmes un-jour, & que fort-souvent ils
feront opposés. 2.. L'Homme doit savoir le plus qu'il efi:
;
possible, suivant l'état où il se trouve placé : La Femme
doit presque tout ignorer c'efl-à-dire, toutes les choses
:
qui peuvent la distraire ou la dégoûter de ses occupations
sédentaires
;
elle doit toujours être dans le cas d'écouter
avec admiration ce que dit son Mari le bonheur des deux-
sexes en dépend. 3. L'Homme doit avoir paffé par tous
les états inférieurs au fien. 4. Il doit être souple sans
lâcheté; on doit lui donner pour maxime inviolable;
d'obéir sans examen non à l'Homme, mais à la loi. (Je
,
suppose qu'alors la Loi, eit le fruit de la réflexion générale
:
& des vues combinées de tous les Hommes, qui ont déter-
miné ce qui était meilleur& plus avantageus c'est pourquoi
ces raisons feront toujours détaillées dans le préambule
de la loi, pour que laPofiérité juge de leur solidité. )
5. Il faut que l'Enfant, de qnelqu'étatqu'ilfoit, vive dans
l'enfance, de-manière qu'en quelque foliation qu'il doive
se trouver ensuite, il ne vive pas plus durement à qua-
,
ranteans, qu'à quinze. (Ce point efide la plus grande im-
)
portance; mais le Règlement que j'ai tracé l'opérera natu-
rellement. 6. Ihfaut bien inculquer à la Jeunesse, qu'à
quarante ans, elle aura pitié des graves décisions qu'elle
aura données à vingt, & même à trente : Il faut lui faire
; ,
qu'il falait les élever de-même. Ces fausses maximes firent
rire nos Grands-pères mais nos Pères ne furent trop à quoi
;
f'en tenir & aujourd'hui nos Contemporains, panifient
surlepoint de pouffer les choses jusqu'à l'extrême, en don-
nant au (econd-sexe l'éducationdu premier, & en avilissant
celui-ci, autant qu'il est possible, afin de relever l'autre.
J'ose vous le dire, mon Fils, la corruption du cœur est feule
la source de ces maximes dangereuses : la flaterie, la basle
adulation de chaque Particulier pour la Femme qu'il vou-
:
leur destinationréunie dans un point, la propagation de
l'Espèce, est différente par les détails Que dans le moral,
les devoirs font séparés, & qu'ils tranchent absolument :
,:
toujours plus que l'effet
timide
ment émue
moins courageuse , La Femme est plus faible, plus
moins prudente, plus facile-
L'Être plus fort,plus hardi, plus coura-
geus, plus clairvoyant, moins sujet à se troubler, doit
donc être son protecteur & son maître. L'Homme delliné
par la Nature à agir vigoureusement, à commander, a,
dans lareproduaion de l'espèce, un rôle qui ne le contraint
:
ni ne l'assujétis La Femme aucontraire, devient alors
;
la volonté de la Seconde est toujours relative & condition-
nelle j'en appelle à toutes les Femmes, & à tous les
Hommes qui les ont étudiées. L'Homme veut, parce-qu'il
: ;
veut
par imitation ;
La Femme ne veut jamais que par opposition ou
sa volonté n'est jamais pleine la cause
relative à l'Homme :
principale de son vouloir est toujours hors d'elle-même &
ses moindres aélions) malgré elle,
;
l'Homme est de-même, c'est par corruption naturellement,
il trouve en lui-même la cause de ses volontés c'est-à-dire,
la raison, la justice, &c.a Enfin l'âme de la Femme est
ciellementdépendante ;
si peu ressemblante à celle de sonChef, qu'elle est substan-
maniéréprefquentièrement opposée ;
dans leur constitution,doivent dont être élevés d'une
& c'est un des
plus dangereus abus de l'éducation actuelle, que la parité
que l'on voudrait établir à cet égard. Ainsi, quand les
celle de l'Homme ,
Mahométans disent, que la Femme n'a pas une âme comme
ils expriment par-là une belle vérité.
2.. Pour quel'Hommesoitaussi refpe&éde laFemme qu'il
le doit être, ce n'estpas assés aujourd'hui des avantages
:
physics il faut y joindre ceux de l'éducation ;
sacrifier la perfedion apparente du fecond-sexe, au bonheur
il faut
davantage ,
versement de l'ordre. Les Femmes frivoles le deviennent
;
en voyant les Hommes plus frivoles qu'elles ,
& n'en veulent pas moins commmander les Femmes
sensées méprisent le premier-sexe avili, & augmentent le
mal, en ftsant voir clairement qu'elles font plus dignes
;
de gouverner que des Damerets indignes du nom d' Hommes.
Ces Femmes-fortes ne f'en tiennent pas-là pour achever
de tout perdre, elles veulent élever leurs Garfons: Vous
voyez ces Jeunes-hommes à la fuite de leur Mère, n'osant
;,
faire un pas sans elles, f'abâtardir fous leurs yeux & avec
leurs Sceurs
du fecond-sexe
vous les voyez copier toutes les petitesses
& ne conserver du premier que la gaû-
cherie & le manque de grâces. Mais ce ne font pas-là les
seulsinconvéniens, de l'usage introduit, de donner aux
Femmes une éducation approchante de celle des Hommes,
ou dumoins de ne cesser d'inculquer qu'on doit le faire :
l'économie domestique ;
On dégoûte par-là nos Femmes des minucieus détails de
& on les en dégoûte d'autant plus,
qu'elles n'ont & n'auront jamais que la solidité d'esprit d'un
;
Garson de quinze à seize ans qui fenttout, qui apperçoit
tout, mais qui, tropsensible au présent, f'y arrête, &:
,,
ne pénètre aucunement dans l'avenir. On fait par expé-
rience, que les arts agréables les sciences, & généra-
lement toute occupation noble éloignent des choses
communes, minucieuses ou baffes : Si l'on pouvait se
passèr des choses communes, baffes, j'applaudirais à l'élé-
vation qu'on veut donneràl'esprit des Femmes: mais les
choses minucieuses & baffes font absolument nécessaires :
si lefecond-sexe ne f'en acquitte pas, il faudra que ce foit
;
Ils disent que Minerve jouait de
la flûte aussi parfaitement qu'Apollon mais qu'un-jour
,
étant sur le bord d'une fontaine, elle f'appercut que ses joues
gonflées lui donnaient un figure ridicule. Elle brisa sa flûte,
qu'elle aimait, parce-qu'elle nuisait aux grâces. Belle
leçon pour les Femmes, qui ne doivent rien se permettre
:fy ,
qui change à leur égard la destination de la Nature, plaire.
Or, il n'est pas d'art occupant, même celui d'écrire qui
,
que dépend le bonheur de la Société entière. Une foule
d'exemples puisés dans l'Histoire viennent à l'appui de ce
principe fondamental. Le hasard a quelquefois placé sur
;
le trône des Princes qui avaient été Particuliers, & tous
ont été de grande Piinces on en fent la raison. Cepen-
;
dant ces exemples font perdus pour notre siècle & l'un
des principaux abus de l'éducation actuelle, c'est de retenir
chaque Élève dans la sphère où il doit vivre. Devenu
un Pontife, &c.a ;
Homme, on en fait un Magistrat, un Ministre, un Officier,
cet Homme n'est familier qu'avec la
les Prêtres:
Magifirature, avec les Courtisans, avec les Officiers, avec
;
il ne connaît rien de tout le relie
tout lereste qu'il devrait connaître. Un-jourun Homme-
& c'est
•
vellement chargé d'une partie qui demandait beaucoup
,
d'expérience & d'exercice. Les Personnesausquelles il
racontait ses griefs lui répondirent, -De quî donc ne
m.r
j ufiice? —Eh I
se plaindra-t-on pas, si vous accusez d'in-
Messieurs, répondit-il, j'envie le fort
de Ceux qui auront affaire à lui dans cinq à six ans :
mais en attendant, nous souffrirons, & nous mourrons -
,
nous-autres-. En-effet, on ne saurait croire combien
:
un Homme nouvellement en place faitd'injufiices sans le
vouloir D'abord, il veut sefaire aimer; il ne fait rien,
& les quinze premiers jours il est indulgent : ensuite il
croitsavoir" & veut faire observer la règle à-la-lettre;
mais la loi est esprit, & c'est Ion esprit qu'il faut suivre :
Enfin il f'éclaire péniblement, & finit, lorsqu'il est vrai-
ment bon, par être toute sa vie ce qu'il avait été les
quinze premiers jours de son administration. Mais qu'il
a fait de Malheureus, en parcourant le cercle !
Élèves;
4. La plupart des Instituteurs font des Esclaves de leurs
,
ils donnent leur volonté pour règle, & mon-
trent toujours l'Homme aulieu de ne montrer que la
le caradère,
raison. Cet abus influe d'une manière inconcevable sur
& donne à l'espi it la bassesse, la fausseté ,
& tous les autres défauts contraires à la grandeur-d'âme &
àla dignité naturelle à l'Homme. En suivant une route
opposée, les Maîtres auraient beaucoup moins à faire, &
une règle ,
l'éducation ferait & plus facile & meilleure. Etablirez
dont tous les articles imperatifs & prohibitifs
;
soient également fondés sur la justice & sur l'utilité no-
tifiez-la de la manière la plus claire;, & si dans la fuite
l'Élève vient à faillir, montrez la règle & que la pu-
nition résulté de sa violation. Que cette règle foit faite
de-façon que toutes les instructions possibles, que les
maximes de la plus faine morale que vous pourrez donner
cation de Lacédémone ,
à vos Élèves en soient le commentaire. Telle était l'édu-
ce beau modèle toujours à citer ,
lorsqu'on le confidère du côté avantageus. Car il faut dire,
nos Moines;
que l'institution de Lycurgue était facile comme celle de
:
puifqu'il avait établi une Communauté, sans
alfujétiflemens aux travaux de subsistance il y avait des
Esclaves chargés de cestravaux; levol surl'Étranger, la ra-
pine étaient permis, à la manièredespeuples, chés lcfqueîs
le larcin est encore aujourd'hui en honneur, comme les
Arabes. ([Link] )
Note [A] Je ne puis m'empêcher ici-
:
mon Fils, de vous prémunir contre certaines levures, que
lesInstituteurs fontquelquefois faireàleurs Elèves Telles
font particulièrement celles des Livres ascétiques: On voit
dans la Vie desPères desdeserts, des exemples d'obéissance
:
la volonté ;
pour un Supérieur, qui tiennent de l'abnégation parfaite de
ces exemples font doublement nuisibles ils
mettent dans les imaginations ardentes, un levain dangereus,
qui venant à fermenter, produit, dans la Jeunesse un dévoû-
;
ment, dont les Scélérats peuvent abuser pour faire com-
mettre les plus grands crimes &dans l'âgede lamaturité,
cesmêmes Dévoués deviennent a leurtour desDespotes
:
qu'ils fêtaient d'abord rabaissés
:
audefious, par leur stupide obéissance Car la Nature
neveutrien perdre cet axiome est plus général qu'on
ne croit, & doit faire trembler tout Despote.
5. La duretédeVéducation est une matière rebattue :
: ,
Rollin, dans son Histoire des Perfes, en parle d'une ma-
nière fort-étendue J.-J. Rouffiall, dans son Emile 9
a approfondi cette méthode & l'a circonscrite dans des
-
de grosse toile, ; ;
bouilli; qu'ils couchafient sur la paille, enveloppés d'un drap
avec une couverture qu'ils ne fussent
;
vétus que de toile en toute faison
grossier
qu'ils eussent du linge
qu'ils fussent astreints à un exercice continuel
,;
jusqu'à neuf ans, & ensuite à des travaux utiles jusqu'à
leur douzième année; qu'à cet âge on les mît au genre
d'étude qui conviendrait à leur état futur & que dans cette
nouvellecarrière, ils fussent tellement occupés, que les
passions se trouvassent forcées au silence jusqu'à vingt ans.
Ovide a dit:
Quœritur ÆgyJlhus quare fit faaus adulter?
In promptu causa efl,dtsidiosus erat.
pourtant ,
Belle vérité, qu'on ne saurait trop méditer, & qui
,
toute triviale qu'elle est semble parfaitement
oubliée des Païens, des ÉJucateurs, & même de tout le
;
monde. Un Enfant durement élévé, est propre à tout ce ne
;
voyez une foule de Parens pusillanimes adorer les caprices
les goûts, les fantaisies de leurs Enfans
,
vous les voyez
renchérir pour eux sur la molefiedesSybarites : Ce font
les Mères sur-tout qui donnent pour la plupart dans cet
excès dangereus : Vous les voyez, à l'égard de leurs
Filles, par-exemple, préparer de loin la manie d'une co-
quetterie ruineuse, en les parant dans l'enfance, d'une ma-
,!
nière audessus de leur condition & de leur fortune, fous
prétexte
Insensées
que cela est sans conséquence pour des Enfans.
1
tout est de conséquence avec la Jeunesse tout
i
1 porte coup, & laisse une trace profonde : !
Eh
deFillesdu-common cette manie n'a-t-elle pas perdues
combien
!
l
A quinze ans, la Jeune-fille avait encore la mémoire fraîche
t
des colifichets qu'on ne lui avait ôté qu'à douze, & le désir
enest resté jusqu'àdixhuit, que pour les reprendre, l'hon-
>
i neur a
!
été oublié Ne donnons donc pas même à la Jeu-
nelfe, tout ce qu'elle peut espèrer d'avoir un-jour, bien-
r
[ loin de lui
permettre sciemment beaucoup davantage.
6. Ce qui fait le bonheur de la vie, est moins le bien donc
nous jouissons, que ceux que nous sommes en droit d'ef-
[ pérer. Qu'il n'y ait aucunâgeoù l'Homme puissedire, Je
n'ai plusrien à prétendre. Mais il ne suffit pas ici de
r l'éducation, il faut le secours de la loi & de l'autorité
publique. Qu'elles économisent & distribuent de telle forte
: les avantages de la vie sociale, qu'ils soient repartis dans tous
lesâ[Link]ésdecequeluiadonné laNature:
: ;
l'âge-viril n'estque trop emporté par les affaires c'est
au déclin qu'il faut songer, en lui reservant les honneurs,
;
par l'âge, qu'elle ne foit interrogée :
porter un jugement devant Ceux qui font audessus d'elle
c'est encore une
;
maxime triviale que celle-ci elle se trouve dans la Civilité
puérile & honnête mais elle est tellement inconnue de
;
nos jours tous les fages principes font tellement renversés,
qu'en citant les Livres élémentaires, il se trouve qu'on die
des choses neuves. L'abus révoltant que j'attaque, mon
cher Fils, est parvenu à un tel point, que non-seulement
les Jeunes-gens décident devant les Vieillards, maisqu'ils
décident exclusivement & leur ferment la bouche. J.-/.
: à :
Rouffiaú mal-interprété,acontribué cet abus il a révélé
tropdefagcfledanssesOuvrages après l'avoir lu, nos Jeu-
;
nes-gensfe croient des Catons. Il n'en était pas ainsi chés
lesEgyptiensdes premiers temps Iafagefie était distribuée
avec économie, & on n'en révélait toutes les sublimités
qu'aux Hommes-faits, depeur qu'elles n'enflassent d'une
fote & ridicule vanité les Jeunes-hommes, incapables
d'ailleurs de lesbien sentir. Nous en avons la preuve parmi
;
nous. Les Écrits sublimes de J.-J. perdront peut-être
notre éducation ou dumoins, jusqu'à ce qu'ils soient par-
faitement entendus, & saisis dans toutes lespartieseffen-
cielles, ils causeront une crise de négligence dans l'édu-
cation publique, & de relâchement, d'indulgence absurde,
dans l'éducation particulière. Par une convention tacite, &
,
qui semble aujourd'hui universelle, toute décision donnée
par un Homme fage qui a vu & comparé, elt taxée de
radotage; & toutes celles émanées d'une tête de vingt ans
,
pas permis de contredire. Les Femmes ont opéré cette ré-
volution qui leur est utile &qui fait pour elles. Aussi,
depuis que ce bel usage f'ell introduit, il semble que lefèns-
commun nous ait abandonnés; on nevoitquedesdisparates
& des inconséquences dans la conduite générale & parti-
meurissent un-peu,
le ma* se fait, l'erreur se propage: tandis que Ceux-là
,
d'autres têtes lortent de l'enfance &
mettent sans interruption dans les affaires toute leur incon-
séquence
p
(po
:
ainsi le mal devient continu;
séquence & toute leur poliçonnerie, si l'on peut f'exprimer
le goût & les mœurs se
perdent irrévocablement. Qui gâte la littérature ? Les
Jeunes-gens & les Femmes. Qui a corrompu l'art drama-
?
tique Les Jeunes-gens & les Femmes. Qui a renversé
toute subordination ? Les Jeunes-gens & les Femmes.
; ; la
Pourquoi la vieillesse est-elle avilie d'où.vient craint-on
si-fort, la cache-t-on avec tant de foin pourquoi est-elle
?
chagrine, quelquefois cynique,&C.1
;
que les Jeunes-gens & les Femmes la ridiculisaient
enlevaflent impunément tous ses avantages
; a
parce-qu'on souffert
lui
la flifent
rougir d'elle-même; au-point que des Vieillards, pour
écarterd'eux le foupçondevieillesse, déclament contr'elle ;
parce-quelui ayant ôté toute autorité, toute considération,
tout reipect-humain, on l'a réduite à la nécessité, ou d'être
;
honteuse d'elle-même, ou de tout fronder, ou de se rendre
bouffone pour sefaire supporter ou dedéposer toute décence
,
& toute pudeur pour faire excuser, par leur excès d'au-
dace
,
,,
certaines entreprises déplacées. Il faut donc revenir
sur nos pas, & pour rendre la Vieillesse refpeétable la
Ton attente ,
on la redoute au-point, quelle nous rend malheureus par
bien auparavant qu'elle ne foit arrivée.
Vous verrez dans le Proj et de Règlement que je mettrai
bientôt fous vos yeux, les moyens que je proposerai pour
parer à tous ces inconvéniens.
; de
de ceux des différens états,
;
laquelle on les a conduits. L'incapacité perd les Enfans
dans lesbafTes-classes on ne formedans les premières, quedes
Montresd'égoïsme, qui se croient d'une autre nature que le
commundesHommes. On ne saurait voir, ni entendre sans
indignation, desInflituteurs ou des Parens d'un rang élevé,
inculquer par leur conduite à leurs Élèves, que tout est fait
de l'humanité ,
pour eux. Que les Souverains deviennent les vengeurs
en établissant une Règle générale qui rap.
proche tous les Citoyens; c'est le moyen de ramener les
bonnes-rrœurs: QueleRichenepuisseplusacheter l'hon-
neurduPauvre; q..e le Pauvre n'aitplusintérêtdefevendie,
& l'âge d'or reviendra sur la terre.
Je m'arrête 11 pour aujourd'hui, moncherFils: Relisezce
mesremarques :
que je viens d'écrirepoui vous; pénétrez-vousdelavéritéde
Danshuit jours
la
je vousencommunique-
raidenouvelles.
tetir de la Nature & ma Patrie ;
Vousêtes tâcheque m'ont confisfAu.
je ne ferai content de
moi, quelorfquc j'aurai fait de vous un bon Ouvrage.
Seconde
REPRENONS
LETTRE.
, , : ,
la matière où j'en fuis resté à la fin de ma
dernière Lettre mon cher Fils
dangers de l'éducation
Après avoir exposé les
qui ne fut jamais si mauvaise que
depuis que tout le monde a voulu la réformer, sans suivre
de principes furs , ;
voyons qu'elle ferait la bonne. M.r
:
Hclvétius a dit, VEducation fait les Hommes
II.' §.
DE LA FACILITÉ ET DESAVANTAGES
D'UNE RÉFORME GÉNÊRALE DES
MŒURS.
IL y a des abus' énormes dans
chés tous les Peuples du monde [A] ;
l'éducation des Hommes
je vous ai parlé de [A]
ceux de notre pays. Mais dl-il donc si difficile de les faire Lesgran*
des lettres
difparaîrre, pour leur substituer des usages plus dignes de renvoient
l'H umanité capables de perfectionnerl'Espèce en la rendant aux Notes
heureuse ? ,
Non sans-doute. Il ne f'agiraitde la part des qUL forme-
[Link]
Chefs des Peuples que de le vouloir efficacement. Mais PAXTIS*
il faudrait que cette volonté desSouverains fût universelle
& que tous concourulfent en mêmt-temps à la réforme
,:
J'ose croire,que ce n'ell pas dans ce concours heureus
des volontés des Souverains de l'Europe, qu'il se trouverait
de la difficulté) 1i l'on parvenait une-fois à démontrer les
avantages de la réforme générale.
,
Pour en prouver la facilité, il faut d'abord examiner
les difficultés & les dé[Link] de plusmal-aisé
que de fairechangerune coutume invétérée(dira-t-on).
De qui viendra la difficulté? ce ne fera pas de la part des
Enfans; car l'usage, tel ancien qu'ilfoit., est nul pourjeux.
Ce fera donc de la part des Instituteurs ? Je vais proposer
une manière d'élever, où l'on n'aura aucun besoin de tous les
coupinutiles;
Pédagogues adtuels. Ils ne feront pourtant pas tout-d'un-
;
ils enseigneront les sciences, jusqu'àcequ'il
y ait des Maîtres formés suivant la nouvelle méthode mais
ils n'auront rien à faire pour les mœurs. Ou prendre ces
nouveaux Maîtres des moeurs ? C'est ce que je dirai dans
la Lettre suivante,fous le §. [Link] ; car nous les avons au-mi-
lieu de nous, & il n'eil pas nécenairede les cré[Link].à.
présent, je me contenterai de répondre, Qu'il ferait à-pro-
,
pos d'anéantir pourles Hommestoute éducation particulière,
:
pour y substituer une éducation générale fondée sur des
principes certains C'elt-à-dire, Qu'on prescrivît une
::
tel excellent Monarque peut faire
disparaître tous les inconvéniens du despotisme son Suc-
cesseur les fera sentir dans toute leur rigueur il ne faut
le seul moyen , ,
pas que le Genre-humain foit exposé à ces alternatives ;
est de donner une loi fage bien réfléchie,
invariable; ce qui veut dire, dont les variations soient
; le ;
prescrits: les Anciens recompenseront les succès, puniront
lestransgressions Maî[.e-d'cnfdgnment ne fera qu'en-
;
seigner; il ne punira jamais
; ;
avec colère
démérite
parce-qu'il pourrait le faire
il ne rendra aucun compte du mérite ni du
il pourrait y faire entrer de la prévention : des
;
Anciens surveilleront ils écouteront, & verront la ma-
; ;
nière de chaque Elève ils tiendront un regure de mérite
i&démérite ils infligeront les peines légères qui doivent
l'être sur-le-champ mais les grandes feront reservées au
f
toute autre loi; exécuter parles mêmes moyens &même ;
dont je vais donner le Projet, peut se promulguer comme
gence;
je demanderais que d'abord on employât beaucoup d'indul-
par deux raisons, & parce-que les Comités des
;
Vieillardsfurveillans ne se formeraient pas tout d'un-coup
avec autant de facilité qu'ils se maintiendraient & parce-que
ces Vieillards, élevés hors de la Réforme , n'auraient pas
d'abord toute la vertu que cette Réforme feule peut
;
rinfubordination qui a tout perdu :
puissent sortir des bornes qui leur ferontprescrites. C'tft
L'Etat est une grande
Famille
se gouverne par les mêmes principes :
chaque Famille est un petit État; il faut que tout
les Enfans même &
les Femmes gâgneront à cela une forte de liberté honnête,
puisque la loi fera tout, & que l'Homme ne fera que l'in-
diquer. ChaqueFamille étant parfaitement subordonnée,
; ;
laVille ou le Bourg le fera de-même, & suffi parfaitement,
de deux manières en la forme ordinaire& générale envers
lesMagistrats & d'une façon particulière, dont je dois
donner une idée par le Règlement & sesdifférens Titres.
:
Je ne m'appesantirai pas davantage à prouver la facilité
;
de la Réforme
immenses
Je vais parler de ses avantages. Ils font
miis unfeul mot les exprime tous, elle rendrait
les Hommes heureus.
Dans quelle trille situation se trouve aujourd'hui l'Hu.
inanité ! Au fein d'une paix profonde
; ; dans une lïïrete
complette pour les Ennemis du dehors à-l'abri de ceux du
dedans par une police exa&e, nous voyons cependant
presque tous les Individus flétris par la douleur, le mal-
aise; accâblés d'inquiétudes & de foins. C'est qu'il n'y a
:
plus de vertu, plus de mœurs, plusdebonne-foi, plus
d'honnêteté, plus de scrupule Chaque Homme regarde
le; Autres d'un œil mécontent, d'un œil de défiance, de
haîne,d'envie. Quelleestlasourcedece mal? L'égoïsme;
:
&cette maxime fatale, qui retentit depuis environ trente
ans dans toutes les Sociétés
f
Il faut vivre pour foi.
On ne afficine pas, on ne f'égorge point comme dans les
guerresciviles; maischaque Particulier reçoit chaque jour,
aulieu d'une blessure profonde, mille petites plaies deses
Semblables, & nous périssons tous du supplice cruel d'un
Homme condamné à mourir par des piquûres d'épingles.
Un Parti deForcenés n'entre plus dans nos maisons, pour y
piller, y violer nos Femmes & nos Filles; mais nos Cor-
respondansnousruinentpardesfaillites & desinfidélités; nos
;
Connaissànces séduisent à-loisir nos Epouses & corrompent
le cœur de nos Filles on leur ôte imperceptiblement la ten-
dresse pour nous; & nous sèchons de douleur presque sans
nous en appercevoir nous-mêmes. A-peine se trouve-t-il
;
un Homme que nous puissions aimer &f'entrouvât-il un
à notre portée qui en fût digne, la multitude d'Hommes
vicieus qui nous environnent, dont les atrocités obscures
nous révoltent, ne nous permettrait pas de jouir en paix
du trésor inestimable de l'amitié. A-tout-moment, dans
l'inflant même de l'épanchement le plus vif, j'apprens une
; ;
scélératelfe, ou je la vois je regarde mon Ami; il me
regarde nos deux cœurs se ferment, & si nous osons
nous jeter dans les bras l'un de l'autre, un doute involon-
taire empoisonne notre embrasement. L'amour, plus
défiant encore que l'amitié, n'abreuveplus depuis longtemps
du venin de la jalousie: Mais ce premier des plaisirs, ce
; ;
personnel ne portera pas à les trahir rois de leurs Familles
;
dont ils feront le bonheur sujets de l'État dont ils feront
lesEnfans concourans 'tous au bien général, qu'il leur
,
fera impossible de ne pas avoir pour terme de toutes leurs
;
aélions :*r Représentez-vous une Jeunesse docile servant
naïvement l'Age-vir:.l celui-ci honorant la Vieillesse ;
de fages discours ;
celle-ci communiquant son expérience, encourageant par
jouissant d'un doux repos longtemps
mérité: Représentez-vousleméritedelaJeunesse recevant
leprixflateur des diftinétionsdans les jeux ; le prix sublime
de 13 bonne-conduite, l'Objet de leur amour aux fêtes des ma-
riages: Voyez-les, mon Fils, tous heureus, les Pères par
de leurs Pères :
les Enfans; lesEnfans par la joie & les applaudissemens
Voyez-les, & dites-moi, si de pareils
,
effets ne méritent pas qu'on tente tout pour les procurer?
Mais, mon cher Fils il ne faut pas se flater que mes
;
efforts feront suivis d'un plein succès : La corruption est
trop grande notre siècle est trop frivole & trop engourdi,
pour que je doive même espérer une approbation générale.
:
tisans Une chose meconsole
,;
Ce qu'il y a de meilleur dans le Livre de l'Éducation de
J.-J. Rousseau a été ridiculisé négligé même par ses Par-
c'est que dumoins je vous
aurai montré les sources de la vraie morale, & que j'aurai
tenté de travailler pour l'utilité publique.
-1
UN
TROIS ÈME LETTRE. l
incontestables
principe cher Fils, mon c'est
que la bonté & la beauté font les deux modes, ou 1
façons-d'être naturels à l'Homme (*). Des causes abso- (tg)Vloye
lument étrangères, nous en écartent plus ou moins. Ces laNote[Aj
causes, le plus ordinairement, viennent des Hommes graphes.
mais elles peuvent aussi venir des situations, & des objets
; des Gyno-
, ,
inanimés. Tout Etre méchant ou laid l'est donc en-con-
séquence d'une cause-feconde simultanée ou postérieure
à sa formation. Les causes fimultances, & les plus puif-
fautes, font les dispositions de l'esprit & du corps du Père
& de la Mère au moment de la génération du côte de
; : ,,
Fefprit, des chagrins, ou de la joie
d'une vengeance ou celle d'une bonne-aétion la haîne
,
;
l'idée d'un crime
; :
conque, &c.3 du côté du corps, la vigueur ou l'épuise-
ment unerantéflorissante, ou un état valétudinaire 6:
,
foufftant; un tempérament vif, sanguin, ou mélancolique,
&c/ D'après ces causes simultanées & leur degré d'é-
,,f
nergi?, dans l'un ou dans les deux Epous, l'Être qui va
leur devoir l'exiflance éloigneplus ou moins du type
sacré de la nature, qui est la beauté & la bonté.
Mais ce n'est pas tout, cette influence de l'Être pro-
f
;
ducteur sur l'Erré produit, exerce avec une égale force
tout le temps de la grossesse de la Mère l'Enfant participe
tinuel,
à toutes ses passions, quoique plongé dans unsommeil con-
&: ces passions, ces affrétions de la Mère, plus ou
moins violentes, plus ou moins durables, font sur la fub-
,,
(*) Il fuit de-là que dans les climats oà les Femmes ne fouffrenc
pas durant leur groffefre
dans quelques autres pays chauds, pour les Blancs
la
,
comme dans la Guinée pour les Noirs, &
comme la Sicile ,
autrefois la Mésopotamie, ayant diminution des fleuves qui l'arrosent,
Après la naissance de l'Enfant, les causes morales se
réunifient aux physiques, pour maintenir la beauté de
forme & la bonté dont elle est le type, ou pour les dété-
riorer l'un & l'autre. Tant que l'Enfant n'a pas l'usage de
h raison, & que son corps est encore dans un état de
demollefle, les impressions agréables ou desagréables ont
un égal effet sur l'âme & sur le corps :
Ce n'est qu'après
environ l'âge de trois ans, que dans certains Individus,
l'âme commence à recevoir feule les impressions. Je dis
,
dans certains Individus, car il en est que les mauvaises
dispositionsdeleur
& plus tard encore ;
âmeenlaidifient même après quinze ans,
:
c'est une observation que j'ai faite
,
aussi quelquefois remarqué l'effet contraite ;
trop souvent, pour qu'elle me laisse aucun doute J'ai
desVicieus
,
corrigés, dont l'âme rendue au bien était devenue tran-
quille acquéraient un air plus agréable, &c. a
Le Projet de Règlement que je vais proposer, & dont
je veux que vous profitiez le premier, mon cher Fils, est
&
&c.% les Hommes devaient être beaux bons. Cependant les Nègres
font laids& stupides, dira-t-on? Cela tient à d'autres causes, pour la
laideur: Quant à la fiupidité, celle des Nègres n'est que naïveté
;
en bien des cas il y a certaines Nations de Nègres beaux & spirituels.
:
même que les fleurs les plus belles en-Jouble
:
, f
A cette occasion, je vous fais une oblervation, mon Fils c'ct que de-
& les fruits les plus
fucculens, font des monstruosités ainsi l'esprit porté à un certain
point, est un desordre: les Hommes, que nous voyons en Europe,
:
faétices aujourd'hui ce n'est point là l'Homme de la Nature
l'Homme greffé, artificiel. L'Homme de la Nature, est moins
;
qui n'est pas le climat naturel au Genre-humain, y naissent tous
mais
le Tome précédent :
vous rappelez ce qu'on a déja établi pour lesFemmes, dans
ce premier système & celui-ci fort ab-
solument liés, & le dernier ell le complément de l'autre.
III. me §.
MOYENS D'OPÉRER UNE RÉFORME
GÉNÉRALE DES MŒURS.
ILn'y a de bonheur que dans la vertu
: :
C'est une
maxime dont tout confirme la vérité
,
mais f'il lui filait
un témoignage irrécusable , j'invoquerais celui d'Epicure
ce Partisan de la volupté, qui a fait de cette maxime la
y
base desa philosophie. Iln a de vertu que dans l'éga-
;
loppement. L'égalité que je demande n'exclut point la
subordination aucontraire, elle la suppose inviolable:
elle confiée feulement dans une parité parfaite entre les
Égaux d'âge & de condition, qui, relativement à leurs
emplois, font subordonnés à Ceux qui en exercent de
supérieurs, & dominent Ceux qui en exercent d'inférieurs:
pourvu que dans tous les cas, & entre tous les Individus,
l'égalité physiquefoit flcrée. Ainsi l'égalité morale n'exis-
tera point entre le Vieillard
gistrat & le Citoyen ordinaire ,& le Jeune-homme, le
le Roi, & leSujet. Il
sa
faut que chaque Individurempliffi tâche, &
Ma-
f'a'
quitte desaportion de travail, afin quaucun ntfait
t,
foulé & ne faffi plus qu'il ne devrait: troisième ma-
xime
dans une Ordonnance publique
un Homme qui ne laboure pas
:
qu'un Empereur de la Chine a fortement exprimée
la
y
S*il a dansnos Etats
,
heur public! Et toi, fageLégislateur de Lacédémone,
guide ma plume non pour former uniquement des Guer-
riers, les temps font changés, mais des Hommes égaux,
amateurs de la paix : Tu fus couper à la racine tous les
;
abus & tous les vices, par les moyens les plus simples & les
plus faciles tes lois eussent été le chéfd'œuvre du génie &
;
de la raison, si elles n'eussent pas supposé des Élotes; je
n'ose les rappeler mais si je leur rendais toute leur beauté,
elles saisiraient d'admiration.
"PROJETDE REGLEMENT.
PROPOSÉ à toute les Nations de l'Europe., pour
opérer une Réforme générale des mœurs.
v
Trois fortes d'éducations forment l'Être raisonnable;
celle de la Nature, celle de l'Homme & celles des choses :
il faut que la Loi d'Infiitutiongénérale réunifie ces trois
éducations en une, & rafle ensorte qu'elles f'entr'aident
,
le cri de la Nature, les devoirs de l'Homme social, & le
résultat de l'expérience qui si souvent contrarie les pré-
ceptes des Hommes & les appétits de la Nature 1
TITRE PREMIER.
DESG A R SON S, depuis la naissance, jusqu'au
Mariage.
ARTICLEPRÉLIMINAIRE.
;
Les difpa.
,
L'EDUCATION doit
en quelque forte précéder la nais-
:
siÚo/ls(ÙJ sance & dès l'instant de leur union, les Parens fages doivent
Parens
songer à ce qui en est le but principal Ils tâcheront
avant la en-
conception conséquence de se maintenir dans les dispositions
des Enfatis,
conve-
influent surnables, pour ne pas donner l'être à des Enfans qui par-
ceux-ci. ticipent des passions extrêmes ou desagréables, telles que
haîne,
l'excès d'amour physic ou simplement de tendresse, la
la colère, ou telle autre dispositionrepréhensible;
ils feront ensorte de se mettre dans une situation de con-
:
tentement & de tranquilité, en calmant toute agitation
vicieuse avant l'aéte saint du mariage L'Epous,
lité de chef & de protecteur de sa Femme, aura foin de
en qua-
, :
de leur faire aucun conte ni aucune histoire qui puissè faire
naître la crainte ou lafrayeur Aucontraire, tout cequ'on
leur dira même avant l'usage de raison, tendra à leur
élever l'âme, & à les mettre audessus des petitesses de
[
& de générosité ;
l'enfance: on leur donnera de petites leçons de courage
& si on leur fait des histoires
n'inspireront que la hardiesse & la magnatimité. Quant
, elles
aucun Citoyen ;
alaitement, qui, après la réforme, ne fera impraticable pour
étant reconnu qu'un prompt sevrage &
-
, ,
r les nourritures solides qu'on est obligé de substituer
précipitent l'ossification
flature
au lait,
&: par-conféqtient rapetissentla
& J.
III.
Edu-
j,
cation des tage
A TROISANS accomplis, on pourra sevrer les
SevrageMâles
observant néanmoins qu'ils déjeûnent avec du lai-
jusqu'à l'âge de cinq ans, & même plus tard, fil
Hommes, est possible.
Durant les deux années de trois à cinq, les
Garfons feront absolument libres : ;
on mettra en usage
f
pour eux différens jeux, ausquels ils exerceront il y
aura feulement quelques Surveillans publics, qui auront
l'œil à ce qu'ils ne se blessent point, mais sans les gêner
composés de façon ,
& sans paraître faire attention à eux. Les jeux seions
obligésde compterdepuis
que dans les uns, les Enfans foienc
I, jusqu'à100; & dans les autres,
d'ivoire ,
de se servirde la figure, tracée sur des morceaux de bois ou
de toutes les lettres de l'alfabet, dont ils expri-
meront la valeur, & composeront les mots employés dans
: ;
le jeu les plus Habiles enseigneront aux autres & jamais
les Surveillans publics ne f'immisceront à les instruireià-
;
dessus fauf aux Parens à céder aux initances de leurs Fils
qui les consulteront. Cette première Clâsiè, des Enfans
de trois à cinq ans, se nommera la Classe des Inutiles.
IV.
Seconde Inutiles, pour entrer dans celle des Occupés
Eduçation.
;
A SIX ANS, les Garfons sortiront de la Clâffi des
Les En-
sans de cette Clâssè feront admis à entendre lesleélures
que feront les Surveillans, d'histoires choisies, & à leur
:
voir exécuter différens ouvrages, dont on leur permettra
de faire les plus faciles, quelle que foit leur condition
qui durera jufou'à ce qu'ils aient atteint l'âge de huit ans
ce
,
un potage aux légumes, comme pois, fèves ou lentilles,
après lequel ils mangeront ces mêmes légumes sans aucun
:
autre aflàisonneinent qu'un-peu de sel avec du creÍfon ou du
cerfeuil hachés, qu'ils y mêleront Quatre heures après, ils
goûteront avec un morceau de pain-sec : Le roir, vers les
sept heures ils souperont avec un potage au bouillon de
;
porc,trois-fois la semaine, suivi d'un morceau de la même
viande deux jours le jeudi & le dimanche , le potage fera
-
au bouillon de boetif & les deux autres jours , le potage
fera au lait, suivi de fromage-mou, assaisonné de sel & de
poivre. Les Garfons ne boiront que de l'eau jusqu'à
l'âge de vingtcinq ans accomplis.
VIT.
Avant l'âge de trois ans, les Mâles feront couchés Coucher des
dans desespèces de sacs larges & courts, semblables à celui Garfons.
qui les aura reçus en naissant, lesquels feront posés sur la
paille menue qui resulte du vanage des grains, & fixés aux
quatre coins par des cordons a quatre pieux, ou colomnes :
chaud ni froid
:;
conserver la vue On aura foin que le Malade n'ait ni
& dès qu'il fera convalescent, on le
remettra à son régime ordinaire, tant pour la nourriture,
que pour le coucher.
IX. LORSQUE les Enfans mâles auront atteint l'âge de dix
Adolcf-
ans accomplis, ils entreront dans la clâsse des Adolescens',
CMCf.
& commenceront à ne plus être gouvernés que par la Règle,
qu'on leur-mettra entre les mains, & avec laquelle on
* Voyt\
continuera de leur montrer :
à lire ils se disposeront dans
ci-aprcsles cette clâsse a apprendre les premiers principes des langues
differens anciennes, fils font destinés à cette étude; ou ils pren-
Titres qui
traiient des dront les tlémens de la piofeflion qu'ils devront exercer:
conditions Ainsi l'éducation particulière à chaque état,
paniculiè-
commencera
avec la onzième année *.
res.
X. A TREIZE ANS, lesGarfonsdevront être repartis chés
des Elives
& des Ap- enseigné
prentis.
:
Répartition les Maîtres
de chaque science ou art qui peuvent leur
néanmoins cette éducation ne fera jamais abso-
lument particulière, comme on le verra fousles Titres où il
être
,
tous les Enfans du même âge & du même état fera uniforme,
& comme le porte l'article précédent, règlé par la loi.
;
On accoutumera de-bonne-heure les Garfons à obéir à une
loi inviolable fc'et le moyen d'établir l'ordre, source
de toute vertu, & de faire de véritables Hommes faciaux,
crès-différent de l'Homme naturel.
-La Loi qui servira de règle à la Jeunesse, pourrait être XI.
Modelé du
rédigée de la manière suivante : Règlement
I. Jusqu'à l'âge de trois ans, l'Enfant fera fournis aupour le trai-
des Femmes; sa nourriture, telle qu'elle [Link] de la
gouvernement Jeuneffi.
est règlée par l'art. II, fera laissée à leur disposition, ainsi
que son sommeil, qui ne fera gêné en rien, &c.a
II. Depuis l'âge de trois ans jusqu'à six, on fera lever les
Enfans à septheures en hiver, c'est-à-dire, depuis un équï-
j ; :
noxe ufqu'à l'autre à six en été on les fera coucher à six
III.
,
heures en hiver, à sept durant avril, à huit en mai, à neuf
durant juin juillet &: auguste, à huit en reptembre, &c:
Ils déjeûneront une demi-heure après leur lever ;
aprèquoi les Surveillans publics auront foin qu'il se pré-
sente fous leur main des occupations libres, telles que la
,
fera sans contrainte;
leéhire ou de petits ouvrages agréables. Mais tout cela
;
& il fera aussi libre aux Enfans de
f'occuper au jeu de courir, &c.a, que de travailler on
aura même l'attention de ne pas donner trop d'éloges aux
Travailleurs, parce-que ces éloges deviendraient une forte
de contrainte, & gêneraient la liberté. Mais tous les
Enfans feront obligés de se trouver au dîner, ainsi qu'aux
; ;
autres repas
âges
dont les intervales différeront, suivant les
ainsi que les heures du coucher & du lever.
IV. Aucun des devoirs, foit de religion, foit de la vie
civile, ne feront inculqués direélement aux Enfans des
premiers-âges ; mais feulement par la voie de l'exemple :
les remplir à leur tour , ,
Les Surveillans publics facquiteront devant eux avec une
scrupuleuse exactitudede tous les devoirs sansleurdirede
& sans paraître faire attention
f'ils les imitent ou non.
V. Quoiqu'on ait réglé parles articles précédens l'heure
des repas, cela ne signifie pas, qu'on fera trouver fous
la main des Enfans tout ce qui leur fera nécessaire pour
le déjeuner, le dîner, &c.a: aucontraire, dès que les
Garfons feront en état de prendre eux-mêmes leur nour-
riture, ils ne mangeront que ce qu'ils auront pu se pro-
:
curer
;
Les choses feront à-la-vérité laissées pour qu'ils
puissent les trouver mais l'adresse, la vigilance, l'aéli-
vité, la roupleffe, la prévoyance n'en feront pas moins
nécessàires, à-proportiondel'âge, pour f'aff'urer ses repas,
& la quantité de nourriture suffisante.
,
VI. Depuis l'âge de six ans accomplis, jusqu'à celui de
,
l'esprit, feront, les calculs, les combinaisons de mots, la
poésie & la musique.
,
Vil.
tout deviendra occupation :
De treize à vingt, rien ne fera plus jeu
parce-qu'il ne f'agit pas de
,
former alors un Homme naturel mais un Homme fournis
&
:
liberté, & cet honneur fera en-proportion de la dureté de
l'éducation Les Jeunes-garfonj feront exposés au froid
à la chaleur; ils souffriront quelquefois la faim & la fois
,:
Observant néanmoins de ne les exposer à toutes ces choses,
que propoitionnément à la température du climat étant
font moins-forts,
;
qu'il est
reconnu que les Hommes &
plus dangereus de les exposer aux intempéries aumilieu des
zones tempérées, que dans les extrêmes.
Vin. Depuis treize ans jurqu'à quinze, leGarfon
gagnera sa nourriture & son entretien : :
jusqu'à seize, il fera pour lui &: pour un-autre
Depuis quinze
Depuis
seize jusqu'à dix-huit, pour trois, lui compris; ensorte
qu'à vingt ans, & lorsqu'il fera question de mariage, il
le
faitdans cas de gagner pour uneFemme & deuxEnfans ,
avec tous les frais qu'entraîne un établifïcmentparticulier.
;
IX. Dans l'endroit destiné aux jeux, un Enfant ne pourra
,
commettre d'indécence faire des essais dangereus pour lui-
même ou pour les autres, &c.3
LES Garfons, dans toutes conditions, porteront en XII.
Habille-
telots,
sortant de leur sac, un habit dans le goût de ceux des Ma-
ment deir
afin que rien ne lesgêne ni ne les embarrasse, des Garfonl.
,
chaussettes de fil
:
ans leurs habits feront légers, faciles à vêtir,
& dessabots jusqu'à l'âge de vingt
légères ;
infligées sur-le-champ par les Parens pour les desobéissances
celles qui feront infligées de-même sur-le-champ
de la part des Comités des Anciens, sur la plainte des Pa-
;
rens & enfin celles qui feront le résultat de l'infcriptioa
des desobéissances publiques sur le Regître-des-mœurs.
XIV. DANS chaque Ville, Bourg ou Village, il y aura un
JRegître des
ou plusieurs Regîtres, tenus par le Comité des Vieillards,
moeurs de la
leuneffi. qui chargera deux Vieillards & les deux Jeunes-hommes
(parvenus à quarante ans), les derniers mariés, d'y inscrire
tout ce qu'ils auront appris ou remarquéseux-mêmes, de
la conduite des Garfons, tant à l'égard de leurs Parens,
:
du Garson excepté dsns un seul cas, lorsqu'il f'agira de
mariage
,
Pour-lors, les Parens de la Fille recherchée
de-concert avec le Père & la Mère du Futur, pourront
,
demander à voir l'article du Regître qui le concerne, lequel
article leur fera lu par celui des Anciens que le Comité
chargera de cette commission.
XVJ. IL fera fait un chois parmi les Citoyens qui viendront se
au Bureau du Comité, comme étant dans le cas,
Surveillans faire inscrire
public,pour
les Garfons. par leur âge, leur aisance, le genre de leurs
occupations, la
bonne éducation qu'ils auront donnée à leur, Famille, &c.%
de consacrer une partie de leur temps à l'utilité générale ,
d'un nombre de Surveillans convenable, qui inspecteront
:
la Jeunesse, & détourneront d'elle tout ce qui pourrait
nuire à cette précieuse espérance de la Nation leur ccn-
se réglera à-proportion de l'âge
«fcyfe ; de-forte que dans
le temps de liberté, donc il est parlé dans les articles pré>
cédens, ils instruiront par les choses, aveepeudeparoles i
.[Link] dans le temps de l'éducation derigueur,c'est-
jflire depuis treize ans jurqu'à vingt,ilsagiront & parleront,
pour indiquer la loi, insinuer les préceptes de morale & de
Sociabilité, en démontrer les rapports avec la tranquilité
publique& particulière; appuyantainsi l'observationdela
loi surl'avantage personnel seul base durable, & qui n'elt
,
as sujette aux mêmes variations que l'effervescence de
l'honneur, de l'amour du bien-public, &c.a
QUOIQU'IL foit prouvé que l'éducation solitaire ferait XVII.
la plus avantageuse pour laconfçrvation del'innocence; [Link]
,.
néanmoins, comme les Hommes font faits pour vivre en veillanspu-
société, il fera plus utile de sacrifier quelque-chose de la blics exer-
ceront leur
bonté native, à l'avantage de la fociatylité & à cette vertu emploi»
que les Anciens nommaient urbanité: Eo-conféquence-,
tous les Enfans d'un mêmeVillage ou Bourg, ou Ceux de
la dépendance d'un même Comité de Vieillards dans les.
Villes, passeront ensemble tout le temps où ils feront hors
dela maison paternelle; & ce temps fera conûdérable,
;
même dans l'enfance; d'abord à-raison de l'inutilité dont'lls
feront alors pour leurs Parens ensuite, & lorsqu'ils ront
ausquels ils rappliqueront :
plus nvancés,. à-cause des métiers, des arts ou des sciences
Cependant il ne faut pas
:
âme plusdure & plus égoïste,quoiqu'ils soient peut-être
d'ailleurs plus capables des grandes choses Les Surveil-
;
lans publics se trouveront donc en nombre suffisant à l'en-
droit assigné à la Jeunesse pour se divertir ils f'y promè-
ticront sans morgue & sans inspirer de crainte ; toujours
prêts à secourir l'enfance en cas d'accidens, & à prévenir
: ,
les fuites des imprudences des plus Avancés, sans jamais
châtier à 1 égard des Adolescens, ausquels ils feront en
droit de parler ils le feront avec douceur, en leur repré-
sentant la loi de l'article XI, au [Link]; & du-resse,
ils écriront leurs remarques pour les communiquer aux
quatre Censeurs qui auront le Regître.
XVIII. LA subordination fera graduée entre tous les Hommes,
Subordina- depuis l'âge de trois
tion de la ans, ;
jusqu'à celui de cent années de-
forte qu'un Enfant de trois ans défère nécessairement à un
JeuneJle.
;,
de quatre, & ainsi de fuite sans que rien puisse endispenser
dans tout le cours de la vie comme il fera détaillé plus
;
(îarfons. raient ni la force, ni le secours des Gardes-publics ni
aucun autre moyen mais ils enjoindraient au nom du
Comité, aux Enfans de l'âge & de la force supérieure
aux Mutins, de- faire cesser l'assemblée & le divertinement,
& de Iespbliger à retourner chacun à la maison paternelle :
:
ce qui ne pourrait être refusé, attendu la subordination
-établie par l'article précédent Et au cas de non-suffisance
ou de manque de volonté de la part de l'âge fllpérieur, on
aurait recours au suivant : Si pourtant la rebellion exifiait
dans l'âge le plus proche de la virilité, le Comité com-
manderait tous les Citoyens, sur-tout les Pères des Mutins,
afin de les mettre à la raison par la force.
DANS tous les cas où la conduite des Enfans méritera XX.
Droit de
punition, elle ne fera &ne pourra être infligée que par,*unir.
deux fortes de Personnes, les Pères & Mères, ou le
Comité des Vieillards: Les fautes légères feront punies
au gré des Parens par différentes privations, & jamais par
les coups, ni même parle retranchement absolu d'un repas;
douloureuses;
duresse on pourra employer les mortifications les plus
observant néanmoins de ne pas les porter à
un point où elles puissent aigrir & altérer le caractère de
l'Enfant, à quoi prendront-garde les Surveillans publics,
sans néanmoins entreprendre sur les droits des Pères, qu'il
:
d'après le relevé du Regître-des-mœurs, foit sur la plainte
des Père & Mère Les fautes feront punies suivant leur
gravité, comme il est porté par l'article suivant :
i. POUR défaut de soumission aux Parens, indocilité, XXI.,
&c. a, les incorrigibles, déférés au Comité, feront séparés Gradation
des délits &
:
à dîner le Surveillant-public le verra seul, & travaillera
à son amendement, truiseul pourraprocurer sa liberté l'En-
fant aura en-outre une tâche de travail proportionnée à ses
forces & à sa capacité, exigible par le fouet, suivant ledegré
de son entêtementou desa négligence. [Link]és
'à
paroles obscènes TesCamarades, ou fait des aérions contre
la pudeur, la peine précédente. 4. Pour avoir insulté des
; :
Personnes du fecond-sexe, d'une manièreobscène , de
rien d'obscène,
parois ou d'aétion même peine Si l'insulte n'avait
il n'y aurait qu'une simple privation de la
compagnie des Camarades. 5. Pour réduélion d'uneFille,
de la paît des Garfons qui approchent de l'âge de vingt ans,
& la consommation de la familiarité, prison de huit jours
au pain & à l'eau, dont le Coupable ne sortira que pour
passer aux verges par les mains des Garfons de son âge :
le nombre des tours & des coups fera proportionné au délit,
constaté par le Comité des Vieillards, qui augmentera la
sevérité de la punition, suivant la gravité des circonfiances.
,
toute sa vie de la Fille outragée ,
peine aille à la mort le fort du Coupable dépendra pendant
ou de sa Famille si elle
chir de cettedépendance ,
meurt avant l'Homme, sans que jamais rien puisse l'affran-
;
LA négligence à remplir les devoirs de l'état qu'aura pris XXIII.
unGarson de treize ans, ne fera jamais tolérée mais il Punitions:
manque,
fera contraint de f'en acquitter, savoir, pour un premier
, :
par la privation de la recréation journalière une-
,
fois feulement : En cas de récidive par la même priva-
& celle d'une partie de sa bonne-chère S'il n'a-
,: ,
tion
mendait point, il fera puni comme pour rébellion, après
qu'on aura scrupuleusementexaminé si la faute n'est pas
occasionnée par une incapacité absolue Enfin si un Sujet
capable tombaitdans une telle nonchalance qu'on n'en pût
rien tirer, il fera relegué parmi les Incapables, & traité
comme eux
Père & Mère
,, ou il passera par les verges, au chois de ses
qui seuls auront cette option.
incapacité reconnue ,
IL fera fait une clâsse à-part de tous les Sujets d'une XXIV.
:
Sujets inca-
lesquels feront destinés aux occupa- pables.
tions proportionnées à leurs facultés bien-entendu
que
j
ces occupations, dans le système acquêt, & ufqu'à l'égalité
parfaite établie, conviendront à leur naissance & au rang
que tiennent leurs Païens dans la société : Elles feront,
,
pour les Sujets bien-constitués des basses-clâsses, de porter
les fardeaux, l'eau & autres semblables qui ne demaadent
qu'une force corporelle: Pour la clâsTe-du-milieu, les mé-
il
tiers où ne faut que des bras: & si l'incapacité était aussi
corporelle, par le manquede forces, on en ferait les Corn-
millionnaires, &c." Quant aux Incapables de la i." classe
des Citoyens, ils feront appréciés & notés par le Prévôt-
des-mœurs ou Chef duI. er Comité de la Capitale &. tout
emploi leur fera interdit: ,
Observant néanmoins, que les
mauvais-Sujets de toutes les clâsses renvoyés parmi les In-
capables, feront bien-moins ménagés qu'eux, & qu'ils
subiront aucontraire toute la rigueur du fort.
XXV. TOUT Homme, de quelque condition qu'il foit, exceptés
Etudes des Ceux dont est queftiondans l'article précédent, fera obligé
,Carfons.
desavoirlire, écrire, compter, un peu de musique, dont
on lui donnera les élémens avec ceux de la leéture, d'avoir
des notions générales de géographie, & les principes du
,
dessin, sans que rien puisse en dispenser; y ayant à cet effet
un ou plusieurs Maîtres dans chaque lieu capables d'ensei-
perfection l'Espèce-humaine :
gner ces choses, qui, réunies, donneront un degré de
à Les Garfons de la clâffe-
[Link] apprendront en-outre les langues latine & grecque,
avec aumoins une des langues vivantes de l'Europe, à leur
chois, la musique & les autres sciences dont nous avons
parlé, avec plus de perfeélion: Enfin les Garfons de la
première clâsse feront obligés d'apprendre en-outre cinq
langues vivantes, sans que rien puisse les en dispenser :
Aucun Garson ne devant être marié, ni remplir de place,
;
qu'il n'ait fait ses preuves dans ce qu'il fera obligé de savoir
:
&
ce qui fera une honte ,
fil ne peut y réüssir, il fera rej eté parmi les Incapables
sans être une infamie.
LES bonnes-mœurs des Garfons, depuis treize ans jus- XXVI,
,
leur assiduité au travail des mains;
la vénération pour leurs Parens & les Vieillards devant
lesquels ils paraîtront toujours respectueusement, & la
considération pour les Femmes; dans la modestie & la
d'un
dans la défé-
âge audessus du
;
leur ; dans la candeur, l'horreur du mensonge, & une
droiture à toute épreuve dans le courage & l'amour de la
Patrie ; enfin dans la préférence qu'ils donneront aux
qualités & à la vertu, sur la feule beauté, dans le chois
d'une Maitresse.
,
LES quatres Fêtes publiques qui feront les mêmes que XXVII.
celles établies par l'article x du Règlement des Gynogra- Fêtespu*
,
phes * devront être célébrées avec la plus grande folem- * V. les
cliques.
:
nité par tous les Citoyens) durant trois jours consécutifs 1GYNOGRA..,
,
:,
en la compagnie des Femmes
l'occupation
::
dans les aélions & les paroles, foit entre Garfons, fait
6 la piété filiale
5, l'amour du travail & de
7, l'amour de la Patrie:
Maitresse :
8 la conduite des Garfons de vingt ans à l'égard de leur
,
Celui qui aura inspiré à Celle qu'il recherche
le plus de goût pour la vertu, fera loué publiquement,
& il aura un prix particulier, qui fera le plus glorieus
prix des mœurs : On examinera en même-temps les vices
contraires dans la conduite des Garfons, & Ceux qui auront
manqué, feront punis à-proportion de
la gravité de la faute,
f
Les Garfons assembleront habillés de neuf& uniformé-
;
ment, comme il est dit par l'article xii ils feront diffé-
rentes évolutions, lesquelles leur auront été enseignées
moyen,
par les Surveillans publics, qui n'auront employé d'autre
pour les exciter à cet exercice, que l'expeélative
,
tres exercices plus tranquiles, dans les salles communes ,
,
& l'on remettrait au premier beau-temps ceux qui de-
mandent un champ plus vaste comme l'exprime l'article
suivant :
XXVIII. HUIT jours avant chaque fête, les Garfons feront la
Exercices
des FÙtts. répétition devant les Vieillards assemblés, qui rectifieront
les manques,&donneront leurs avis à la Jeunesse. Les
:
exercices des fêtes-d'été, confifieront d'abord dans sept
fortes de jeux savoir, dans tout ce qui tient aux évolutions
:
mousquets
le
dans
2,, dans la course & faut 3,danslalute 4, ;
militaires, les Garfons les feront avec des bâtons façonnés en
le :
disque, & lepugilat, sans lanières ni cette, 6, dans la
-accidens:
cela, en prenant toutes les précautions pour éviter les
Et aulieu des autres jeux-du-corps, on don-
nera plûs detemps à ceux de l'esprit, en fesant faire à
,
Regitre, il y aura une montre générale de tous les Garfons [Link].
& de toutes les Filles, divisés par biennies c'efi-à-dire
par Troupes différentes d'âge de deux en deux ans, en com-
,
,
célèbre: cette Fête du solstice d'été, en raison du beau-
temps, & de la longueur des jours aura plûs de solemnité
que les trois autres. Le premier jour, à six heures du
;
bléssur la place publique
bours
,
matin, tous les Jeunes-gens desdeux-sexes, feront assèm-
au bruit des fifres & des tam-
;
ils formeront deux haies l'une des Garfons, l'autre
,
le grand cercle, audedans duquel fera celui des Femmes,
toujours en suivant la gradation d'âge savoir, l'Homme
le plus ancien qui ne fera pas du Comité, à la première
,
place;vis-à-vis de lui, la Mère-de-famille, la plus an-
cienne &c.a Ces deux cercles feront sur des gradins,
XXX,
dont les Hommes occuperont les plus élevés.
;
LA Jeunesse défilera deux-a-deux, devant l'Assemblée
Frix. en fesant deux fois le tour de la place d'abord les Garfons,
,
;
puis les Filles & à-mesure qu'ils passeront, l'Orateur
entouré des Surveillans public, & placé dans une tribune
,
à-côté des siéges du Comité publiera le mérite ou le
démérite, les prix, ou la peine qu'auront mérité Celui &
un Tely blâmé,
,
Celle qui passeront à ses piéds, en les nommant par leur
;
nom en cette forte un Tel, premier prix des mœurs,
oucondamnéauxverges une Telle
premier prix des mœurs, &c.a Les Surveillans pu-
,
blics
ou de blâme ,
assis au bas de la tribune,écriront le cri de louange
chacun sur une feuille séparée qu'ils
,
donneront à chaque Chef-d'âge, pour qu'il la communique
à toute sa Centurie. Il y aura deux fortes de prix
premier prix des mœurs, réüni à celui des exercices
: , Le
:
Ceux qui feront dans les différentes clâsses exprimées par
l'art, suivant, choisiront les uns aprèslesautres Toutes
les clâÍfes feront divisées en douze Troupes, différenciées par
l'habit, qui reliera pour toute lavie; à-moins qu'un mérite
extraordinaire, ou une faute commise ne le fit changer.
Mais dans le cas où le Primitiaire dans les exercices, se
:
trouverait audefious d'Un-autre par les mœurs, il ne
choisira qu'après Cdui-ci car on ne perdra pas de vue,
que les mœurs passent avant tout, qu'elles font le bonheur
dela Société; aulieu que lesautres qualités, à quelque
;
les métiers, &c.a dignes du premier prix, feront habillés
de rouge, avec la cocarde bleu-céléste ils auront une
couronne brodée en foie verte sur la manche gauche, &
sur la droite ces mots
:
ciccs
: Primitiaire en mœurs & en czer-
011 si les exercices l'emportent sur les mœurs,
,
Primitiairc. cn\exercices & en mœurs. Les Secondaires
enmérite d'une part, & Primitialres de l'autre porte-
ront un habit de couîelir aurore, la couronne en foie bleue,
;
Secondaires sans primitiat, feront habillés en bleu-céleste;
la cocardeen rose-pâle la couronne & la légende en rouge-
foncé. Les Secondaires-tertiaires, c'eû-à-dire,Ceux
qui ne feront pour les mœurs qu'au troisième rang, & néan-
moins au fécond pourles exercices, auront l'habit violet ;
la cocarde vert-pomme, la légende & la couronne aurore.
Les Tertiaires feront habillés couleur-de-pourpre, la co-
carde violette, la couronne & la légende en jaune. Les
Tertiaires-quartaires, encouleur devin, la cocarde noire,
en
;
bleu-de-mer. LesQuartaires-quintaires ,
la couronne en rouge-pâle. Les Quartaires feront habillés
de brun-marron lacocarde jaune, lacouronne& la légende
en gris-
;
de-fer; la cocard e amarante, la couronne en brun-marron.
LesQuintairesengris-de-lin la cocarde blanche, lacou-
ronne & la légende en brun-foncé. Les Quintaires-
fextaires en couleur de feuilles-mortes; la cocarde gris-
Sexfaires en blanc
lacouronne en noir.
; la cocarde jaunâtre ,
de-perle, la couronne & la légende en violet. Enfin les
la légende &
On observera en-outre, que dans
"le cas où un Sujet ferait primitiaire pour les mœurs, par
cxempfe, & sextaire
:
pour les exercices, il aura l'habit de
Primitiairt des mœurs, la veftede Sextaire & que si ,
aucontraire, il &primitiaire des exercices,&fextairt
quant aux mœurs, il aura l'habit de Sextaire 5c la veste
ç
de Piimitiaire
possibles de degrés::& ainsi de- fuite, pour tous les mélanges
ce qui servira en même-temps d'indi-
Le Primitiaire-des-mœurs-sex-
,
cation pour son rang
taire devant-êtreplacé au troisième rang: Le Secon-
dairedesmœurs-sextaire au quatrième, &c.a
V Au-moyeN de ces diftinétions établies pour !e mérite, XXXII.
Hommes ;
elles 1feront à-l'avenir les feules qui exigeront entre les Effetsdes
chacun devant porter toute sa vie l'habit de la Pru.
:
:
clâsse & du degré où il se trouvera
à la pluralité des suffrages
Ce qui fera décidé
observant, que l'orgueil, l'in-
solence, un reproche fait aux Clâsses inférieures par un
Primitiaire9 ou une raillerie sur leur infériorité, le
mettrafur-le-champ dans la clâsseddfelui qu'il aura injurié,
ce Dernier fut-il Sextaire, pendant une année; en cas de
récidive, pendant deux ans: & pour une troisième-fois,
pendant dix ans. '-
ON"enseignera aux Garfons les vrais principes de la
XXXIII.
Religion chrétienne, puisés dans le [Link], & [Link].
tout dans les Evangiles, sans explication, sans
; ï
taires; chacun d'eux exercera son jugement les com-
prendre
commen-
;
même & sans effort, &non y être inculquée par autrui:
telle était celle des Patriarches il eit impossible autre-
-
:
ment que les Hommes l'adoptent entièrement, & qu'ils
l'identifient à leur façon-de-voir & de sentir
nira tout efpècc de despotisme religieus, la religion
On ban-
:
,
d'après les sources où on la fera puiser, ne pourra être
que la religion-chretienne mais il fera défendu, fous les
peines les plus sévères, de jamais fouiller dans les con-
sciences, pour connaître les petites différences dogmatiques,
qui pourraient se trouver dans la croyance des Individus :
sans déclamation:
il n'y aura jamais à ce sujet que des instructionsgénérales,
,
le point le plus important de la Religion
f
étant la morale, c'et sur la morale principalement que
rouleront les inftmctions des Ministres : Ils ne parleront
le Déclamateur,
cela, le Magiilrat ferait comparaître en pleine Affembléc
& lui interdirait le scandale, fous peine
:
de desobéissance à la loi
;
& fil retombait dans la même
faute, il ferait puni comme desobéissant il ne ferait pas
,tn¿me question de la Religion dans la sentence; pàrce-qu'il
ne saurait y avoir directement de peine civile en cette ma-»
tière, sans aler contre l'esprit de cette même Religion.
TITRESECOND.
Du MARIAGE (*).
Tous les Jeunes-gens des deux-sexes feront destinés XXXIV.
NéceJJlté
au mariage, comme à l'état auquel
Nature, la religion, & les loix sociales
ils
:
font destinés par
Tout Individu
bien-conformé fera obligé de se marier; & pour ce,. l'on
la
(.
lu mariage.
,
les travaux cesseront durant trois jours, pour toute la
la Nation qui f'assemblera dans la vue d'être témoin des
mariages, & de participer à la joie des Nouveaux-épous :
Ces trois jours auront été précédés de quinze jours de pré-
,
parmi les Jeunes-gens des différentes claies, Ceux d'unmé-
;
rite un-peu plus marqué feront toujours les premiersdeleur
clâsTe par ordre il
(le fort dont est parlé, dans l'art, xxx,
ne devant avoir lieu, qu'entre Ceux d'une égalité parfaite) ;
chacun ayant un TZbr; qui recommencera dans chaque
:
clàtteparzin, par le Plus-méritant, &continuera jusqu'au
Dernier des Scxtaires
ment, suivra
Toute Fille choisie ainsi publique-
modestementson Futur à l'autel, oùtousles
Garfons &Filles feront unissurlechamp, par une feule bé"
inlion générale :l les Païens auront feulement attention à
faire prononcer le cui chaque Couple qui leur appai tient
par les nœudsdusang. La proportion-d'âge, pour le chois,
nographes ;
fera règlée comme il cft porté par l'art, xxviil des Gy-
&les autres convenances, comme le desire
l'art, xxix de ce même Règlement pour les Filles. Aum-
tôt aprs la bénédiction, les Jeunes-Epous feront séparés,
pour n'être réunis, que par intervales, & de la manière
preferite par l'art. XL il. Chaque Épouse auraun anneau,
feront inscrits la clâsse deson Mari, &le rang qu'il tient
ou
dans ladite cliue. XXXVII.
DANS le cas où uneFille, choisie par un Jeune-homme 1Opposition.
ne pourra se résoudre à le recevoir pour Mari, elle fera
faire son opposition sur-le-champ, par une des Matrones
du Comité des Anciennes y établies par l'art. LXXX du * voyei
Règlement des Gynographes * ; on examinera ensuite,4cet art. p.
154.
peine à la Fille,
la validité, il en aura toujours ;
& dans le jour, les causes du refus, non pour en constater
mais pour infliger une
si les causes font à son desavantage :
En cas de doute, son mariage fera remis à la prochaine fête,
en cas de tort & de raisons futiles, elle fera rtjctée dans
les derniers rangs, pour n'être choisi e à-l'avenir, que par
les Sujets des dernières clâsses en mérite & en bonne-
:
raine en cas de raison, elle pourra, dans la même journée,
être denouveaurechoisie par
, undesJeunes-gens fuhfiitués,
aunombre de dix a Celui qu'elle aura justement rejeté.
(N.a Il faut ajouter aux détails de l'art. XII des Gyno-
graphes, que les Filles du premier-mérite, feront mises
premier être plus exposées être [Link]'&
au rang, pour à
choisies par les Primitiaires, les si rimitiaires-secon-
daires, & les autres Jeunes-gensd'unméritedistingué
obfcrvant que
:
pour lesFilles, à tout le mérite propre à leur
sexe, il faudra joindre un degré de beauté, degentillefle ,
ou aumoins d'amabilité.)
XXXVIII. TOUT Garson qui aura quelque défaut corporel, fera
Dijjoimcs, rejeté des clâsses légitimes,
& on formera de tous ces Dif-
formes, différentesclâsses, suivant le degré d'invalidité.
i. Les Estropiés par accident, qui auront encore le pouvoir
de Tétat ecclésiafiique. séculier ou régulier
lessuivans
:
defappliquer aux travaux, auront le chois du mariage ou
: De-même
2,LesBoiteus, sans autre difformité, for-
meront la féconde clâlTe, à laquelle on pourra donner des
Jeunes-filles pour Femmes, si d'ailleurs, ils fontvigoureus
:
& fains 3, Les Bancroches ne pourront obtenir que
des Femmes-veuves > 4, Les Boffusde naissance & con-
trefaits n'auront que des Femmes de quarante ans: 5 Les
,
Sourds & lesBorgnes, auront pour Femmes les Filles-de-
:
rebut, qui n'auront pas été choisies aux fêtes des mariages
6, Les Aveugles auront les Filles les plus laides, qui n'au-
1
niers des Sujets, par leur peu demérite ,
en compensant la difformité parle mérite, jusqu'aux Der-
& leur plus
grande difformité. Enfin on observera, que Ceux dont
,
XXXIX.
,
LES causes de rejet d'un Garson ne sauraient être que
Causes lé-particulières attendu que le Comitédes Vieillards, donc
j
il fera parlé fous le Titre V, aura soigneusement écarté oitimes de
Ceux qui feraient dans le cas de quelqu'une des causes rejetd'un
Garfons,.
générales: Ainsi, r, une injure particulière & secrette,
faite à une Fille, fera une cause de rejet: i,
: un vice
secret connu de la Fille 3, une injure faite au Père, au
Frère, à l'Oncle, au Cousin-germain; à la Mère, à la
&Maitresse :
Sœur, à la Tante, à la Cousine-germaine, ou aux Maître
,
4, une raillerie faite de la Fille: 5, lui
avoir refusé un service: 6, avoir dans quciqu'occasion
,: ,
causes,
visiblement préféré Quelqu'autre à elle
,
pour que la Fille ait raison
Dans toutes ces
& que le Garson
foit réjeté à une autre fête & même dans une clâsse au-
dessous de la sienne, il faut que l'insulte foit d'un genre
grave, sur-tout pour le dernier cas.
:
ne fera pas moins admis:
ENCORE que les causes soient non-légitimes, le rejet
mais alors la Fille fera punie, Causes
XL.
- légi-*
,
causes
suivant l'exigeance En cas de non-preuve de r:on
cimes. !
:
légères, elle fera feulement remise à une autre fête &
,
le Garson ne pourra plus la choisir Mais, si la Fille accu-
sait à.tort de cas graves ou qu'elle donnât des causes-de-
rejet non-légitimes, telles que les suivantes, 1, Qu'il
:
n'est pas beau 2., Qu'il n'a pas ce goût de frivolité qui
fait mériter aux Jeunes-gens le titre futile d'agréables
, :
3, Qu'il est férieus & froid : 4, Qu'il a eu des torts, qui
n'en font pas; comme d'avoir quelquefois hasardé des
; ,
n'efl pas d'une Famille égale, &c.a; dans ces cas, & autres
semblables la Fille defeendra dans une des cîâfl'es infé-
rieures
mise au dernier rang. Quant au Garson ,
& dans les [Link]& <;.mecasspécifiéS, elle fera
qui fera rejeté
pour cause non-juste, il rechoisira dès le même jour,
f
entre toutes lesFilles non-prises, fil en-trouve de-refle,
XI.I.
illfliruc-
tions aux gens avant ,
OUTRE les fages avis qu'on aura donnés aux Jeunes-
le mariage le Chef du Comité des Vieillards
,
tnariés. ,: :,
Aouveaux- leur fera un discours immédiatementaprès la célébration
& qui en fera partie dans lequel il recapitulera toutes
,
est un état saint , :z
les instructions précédentes Savoir
& l'acte du mariage
i Que le mariage
table & le plus sacré desrayftères dela nature
le plus respec-
Qu'c n
, :
doiten-confcquence, ne rienfepermettre qui puisse leprc-
faner, foit par un emportement brutal foit par des li-
bertés indécentes, des discoursobscènes, &c.a 3, Que
,
font un bienfait dont on doitlui rendre-grâce :,
les délices dont la Nature accompagne l'aéle du mariage,
4 Que
ces délices doivent engajer un Esprit raisonnable à fouf-
: ,
Enfans, étant le plus doux que nous puissions éprouver,
il doit nous rendre notre Épouse plus chère & nous en-
gajer à bien élever ces mêmes Enfans
,:
patience d'un Mari contre sa Femme, la brutalité
colère
,
6, Que l'im-
&c. a, font des actes tout-à-la-fois féroces &
la
puériles ,
Enfans & à la fanté du Père ,
7 Qu'il est avantageus à la confiitucion des
que le goût de volupté
qu'inspire l'Epouse cesse d'avoir l'emportement & la vivacité
de la nouveauté; attendu, que ce goût consumerait les
forces du Mari & donnerait à la Patrie des En sans d'un
,
t
:
corpsdébile, ayant des passions vigoureuses, c'est-à-dire
,
non-proportionnées au ton des forces 8 Qu'il est entre
les Eppus une forte d'intimité douce, fondée sur la con-
fiance & le besoin mutuel, qui est préférable à l'amour
même de tendresse, quine peut que nuire à l'aquit des de-
, , : ,
voirs, parce-qu'il occupe trop
de faire venir l'amour
9 Qu'on n'est pasjmaître
f
& de l'empêcher de en-aler ;
,: ,
mais qu'on l'est de mériter la confiance de se rendre né-
cessaires l'un à l'autre & que par-conséquent, ces vertus
,
font la base du bonheur 10 Que les Épous doivent
être polis entr'eux la politesse étant une source d'ama-
bilité qui nous rend agréables, & Personne n'ayant
: ,
,
plus besoin d'être agréables l'un à l'autre que des Epous,
à
dessinés vivre ensemble 11 Que par-confcquent ils
ne doivent point être exigeans , pointilleus, fuCccptibles;
la sincérité la candeur aimable la franchise devant être
, ,
l'âme de leurs entretiens: 12,, On les préviendra
qu'ils ne doivent goûter les plaisirs de l'hymen qu'à- la-
,
j :
dérobée, ufqu'àl'âgede trentecinqans 1-3, Qu'à cet
, ,
âge, ils feront libres, comme Hommes-faits: 14, Que
c'est une aélion baffe criminelle & flétrissante de donner
aélions indécentes
1 <5,
,
mauvais-exemple à la Jeunesse foitdeparole, foitpardes
-
& contraire aux bonnes mœurs
Que le bon-exemple donné dans la conduite avec son
:
Epouse, fera loué & recompensé publiquement, dans Ceux
:
qui se feront particulièrement distingués par-là 16, Que
la bonne-éducation des Enfans, est l'obligation principale
de mérite :
bons-Enfans des méchans Père auront un double degré
18, Que le Père-méchant d'un bon-Fils,
n'en fera pas moins puni relegué
,£ dans les dernières
clâsses. des Hommes comme il fera specifié par l'article
[Link].™e(jdiij iisentRèglement; mais que son
bon-Fils pourra obtenir une-fois sa grâce: 19, Que
tout Mari pusillanime, convaincu de f'être laissé lâchement
dominer par sa Femme, maîtriser & conduire par elle ,
ment une première-fois ; ,
foit par faiblesse, foit par amour, fera blâmé publique-
;
en cas de continuation
jeté dans la dernière clâsse des Hommes
re-
& enfin fil
est incorrigible, obligé de paraître dans les Assemblées
;
& dignité de son Épouse
portées à un degré remarquable
fera loué si ces vertus font
& en cas d'illustration
exemplaire dans ce genre, qu'il fera porté à une clâsse rupé-
rieure à celle où il avait été placé lors de son mariage :
2.1, Que des
morales sublimes ,;
services distingués rendus à l'État, des vertus
une invention utile, & audessusde
la capacité ordinaire une éducation excellente & distinguée
entre les meilleures, qui aura produit d'excellens Enfans,
fera de-même monter un Citoyen en grade & pourra le
porter jusque parmi lesPrimitiaires-doubles, à-propor-
tion de son mérite: 22, Enfin, qu'un mauvais Mari ,
,,
querelleur, ivrogne, brutal jusqu'à frapper, sa Femme,
fera sequestré de la société
clâsse des Contrefaits incapables
pour être confiné dans la
& traité avec un sévérité
effrayante. On pourrait ajouter encore beaucoup d'autres
inftru&ions, suivant les temps & les circonflances.
XLII. LES Nouveaux-Épolls ne verront dans la journée leurs
Gên; des Femmes, qu'à-travers le grillage, qui sépare les Homme
Nouveaux-
mariés.
:&
des Femmes, dans la salle commune des repas & des diver-
tissemens publics
chcs fesParens,
chaquefoir, f'en-retournera
le Garson
Ceux de l'Épouseemmèneront leurFille
chés eux, où elle demeurera comme avant son mariage ;
, cependant
qui par-là se
, ,
rendraient repréhensibles. Un Mari ne pourra être vu
fins deshonneur
son Épouse
& sans fexposer à êtreblâmé, avec
,
en quelque lieu que ce foit jusqu'à l'âge
de trentecinq ans: mais tout ce qu'il fera en-recret,
& sans être aucunement découvert, quoique les fuites
&
,
letrahissent, fera louable; ce fera un grand mérite,
d'avoir eu plusieursEnfans de son Epouse sans jamais
:
avoir été aperçu des Parens, ou vu avec sa Femme en-
particulier Cemérite porté au dernier point d'exactitude,
opérera un avancement -d'un degré dans une clâsse supé-
rieure; & fil était joint à une autre cause d'avancement,
ce Mari aurait le pas avant ses Egaux en mérite.
S'IL arrivait qu'un Nouvel-Epous au mépris de ce XLIII
>
Règlement fage, prétendît en agir librement avec ion Traitement
Epouse, suivant l'abus aftuel, il fera tranJporté, c'ess- de Ceux qui
braveraient
j
à-dire, envoyé dans les Colonies, pour ufqu'à l'âge de cetteloi.
dans sa Patrie,
trentecinq ans, auquel temps il fera obligé de revenir
,
pour y être placé dans la dernière clâiïe :
il
On lui remettra pour-lors sa Femme &: suivra le fort
ordinaire.
& neufs ,
MAIS si un jeune Mari employaitdesmoyens spirituels XLIV.
pour palier avec son Épouse des DeCeux
momens luiemploie«
,,
bellreus, il en fera loué, quels qu'ils soient; pourvu raient les
,
qu'il n'emploie aucune violence ou le feu mais la ruse moyens les
, plus rusis.
,
mités lesart.
LXXX-LXXXIV
des Gyno- rien à entreprendre
graphes,pp.
xj4 & suiv.
a
dans ces occasions
; ,
Jeunes-épous feront avertis par leurs Familles, qu'il n'y
& les Mères sur-tout
autorisées
feront,
à ne point perdre de
,
vues les Nouvelles-mariées.
Lorsque ceintes
lesnouvelles
,
XLV. : DANS le cas ou les Jeunes-épouses deviendront en-
il fera permis à leurs Maris deles voir tous
Mariées fe- les jours, & de pffer avec elles une ou deux heures,
ront encein- fous les yeux de la Mère & de toute la maison
tes.
:
cet effet, on choisira de-préférence l'heure des repas.
pour
,la
dant la perrniffion re fera d'abord accordée au Jeune-
mari
que
que pour fin entrevue d'un infiant, jusqu'à ce
grossessè foie confirmée. Enfin" les deux derniers
mois, le Mari pourra demeurer beaucoup plus long-
temps avec
le
jugent qu'il
son Épouse,
:
si ses Parens, ou les Anciens
peut sans nuire, à ses devoirs
cette indulgence n'aurait pas lieu. La mauvaise conduite
Car al ors
:
pour que l'aotion fût aumoins douteuse, suffirait pour la
rendre indigne de son Mari
:
Si c'estl'Epous lui-même
qui a vu, son témoignage fera irrécusable le mariage fera
icaffé, entièrement annullé, fil n'y a pas encore d'Enfans;
6: h Femme confinée parmi les Sujets de-rebut, disgraciées
;
de la Nature à-proportion de sa faute, & de son degré de
certitude cest-à-dire que fil n'y a qu'un Témoin, &
des Aveugles ,
ainsi justement répudiée, fera donnée aux plus difformes
& condamnée à les servir & conduire,
:
commis le crime d'infidélité ayantdesEnfans, le mariage
ne fera pas rompu mais elles feront privées de l'édu-
r
,
cation de leurs Filles, si la faute n'est pas complette ;
& si elle est complette traitées comme il est prescrit par
article XLIII desGynographes (p. 94).
si c'est avec une Fille , on avec une Veuve ,
Si c'est l'Homme qui a commis l'infidélité, on verra
, :
ou une
Difforme
;
ou une Coupable assimilée aux Difformes
On examinera enfuiteles circonstances si c'est lorsqu'il ne
pouvait approcher de sa Femme depuis un temps con-
sidérable, ou f'il n'a pas cette excuse en sa faveur, &
:&
cas
mé,
;
on se décidera suivant qu'il fera dans l'un ou l'autre de ces
Savoir
sans reproche,
i , Si c'est avec une Fille bien-confor-
qu'il aura ainsi perdue, il ne
fera point obligéàdesdédommagemens, qui danslefyftème
d'égalité de fortune, établi par ce Règlement ne pourraient
;
avoir lieu & qui, même dans le système aétuel, ne pour-
;
raient être infligés, puifqu'ils nuiraient à la Famille du Sé-
dudeur, laquelle n'est point coupable mais la peine de ce
:
jour
qu'ils pourront lui dire, nif'en-plaindre fauf au Comité
desVieillardsàymettreordre,commedelui-même 2, Si
aseduitune Femme-mariée, lemariagede l'Homme
l'Homme
, :
adultère fera brisé au cas où il n'aura pasd'Enfans,
& que sa Femme le demande Celle-ci restera libre de
:
se remarier à Quiconque lui fera permis par la loi qui con-
,
cerne les mariages des Veuves
ne se pourront épouser
mais les deux Adultères
fous quelque prétexte que ce
foit; la Femmeferait destinée aux Aveugles difformes,
& l'Homme obligé de recevoir la main de Celle des
,
bles de toutes espèce, & notamment ceux-ci, feront les gros
travaux, porteront l'eau aideront à la cuisine, &c.a En
cas de récidive, ils y feront condamnés pour leur vie: (Voyez.
les art. lxil des Crimes, & LXVIII des Cuisiniers, fous le
Titre suiv.) 4, Sile Mari avaitoublié son devoir avec une
DIfforme, ilne ferait assujéti qu'à la réprimande, &aux
travaux les plus légersdurant les quatre fêtes-du-mariage :
)
formes,&
Enfin,sic'était avec une Coupable assimilée aux Dif-
le mariage ferait dissout, fil n'y avait pas
d'Enfans, que la Femme l'exigeât, & le Maii flétri
comme
; il est
,
de la même sentence que la Criminelle, ferait condamné à
l'cpouser l'adultère
dit dans
en ce cas, rompant le mariage
l'Evangile. 6, On observera enfin,
,
que si l'Homme à forniqué avec les Femmes des trois der-
nières Clartés, dans un temps où il était forcé de f'abfienir
de la sienne, foit par maladie de Celle-ci, ou par absence,
la peine fera moindre incomparablement, & dé l'espèce la
plus-légère, comme une réprimande, & le service le moins-
rude aux fêtesdes-mariàges. Si cependant, les lois des
liens-du-mariage , ,
différens pays t'opposaient absolument àla dissolution des
on pourrait supprimer cette circons-
tance,quin'est ici proposée
, ,
que pour donner à Celle
; ,
des deux Parties offensées une fatiffaélion qui ne peut
être entière sans cette dissolution puifqu'alors rOf-
sensé souffrirait autant que l'Offenseur de la peine qui
ferait infligée à ce Dernier.
LES Nouveaux-mariés porteront un habit de Matelot, XLVIL
petite vesse par-dessus, de toile de foie Habits des
avec une ou en Nouveaux-
été, suivant les circoufiances, & toujours de laine en mariés.
xxxici-defflis ;
hiver, avec les marques distinctives prescrites par l'arr.
,
leurs cheveux coupés très-rond, avec
un petit chapeau arrondi. [ N.a 11 faut comparer le
le présent article avec les xxxix. & XLI. du Règle-
glement des Gynographes; les modes ont tellement
-
adoptées,
changé depuis cinq ans, & celles que les Femmes ont
font en-partie d'une forme si heureuse
je crois devoir ajouterquelque-chose à la disposition
, que
J.
L'HABIT des
,
Ainsi l'art. i x du Règlement des Gynographes, qui
regarde l'habit des Filles fera reétifié de cette forte:
Filles fera toujours différent de l'habit
« des Femmes: Toute Fille à-marier portera une robe
:
« en fourreau, depuis l'âge où elle marchera feule, jusqu'à
»neuf ans accomplis & depuis ce dernier âge, jusqu'au
H mariage, une robe
dite à-la-lévite>», &c.& Pour
l'art, xx xix, on le reformera de la manière suivance :
» LES Nouvelles-mariées porteront, jusqu'au temps où
vleurs Maris feront déclarés Jeunes-hommes, une robe
H il-la-polorzaise, sans côtes, avec un mantelet qui def-
J.
»
Femmes
fure, que
ce qui
pour
leur
la
plaît
chaussure,
,
»interdire aux Maris le droit de faire porter a leurs
davantage tant pour la
&: certains accompagne-
coî-
>»
rebellion & au scandale qu'elle aura donné :
» clane. & la Femme, par une peine proportionnée à sa
le Mari qui
>»
JJ
,
la sequestration momentanée dans une Maison de Repen-
tics, qui ne fera point deshonorante attendu qu'il n'y
JI aura
*> a
M une
,
jamais de Filles débauchées dans celles destinées
punir d'autres fautes & elle y fera mattée parle travail
nouriture frugale, & la privation absolue de tout
,
»» commerce
audehors, jusqu'à ce qu'il appère d'une par-
ai faite repentance & correftion JI. Il résultera de cette loi,
que les Femmes feront mises avecélégance,modestie, & que
les extravagances du luxe feront totalement supprimées.
!'
V,TITRE T ROISIÈME.
tionyfi* riages
prérogati-
ves.
DES J 11 UN E,S - H'Ô
XLVIII. LESJeunes-mariés en quitteront le nom
aura cette,jusqu'àquaranteneuf
dénomina-
lages,,
se
M'M Ssr*
àtrentecinq ans,
Q~/d~ un pour prendre celui;deJeunes-hommes, qu'ils porteront
ans accomplis, de-forteque lesma-
fesant ordinairement à vingtçinq ans, pour les
Garfons, avec lesFillesde quinze dans les Villes, ou
feulement à un an de-moins pour les Filles dans les Vil-
Jeunes
les Garfons porteront pendant dix ans le titre dç
ou de Voizveaur-niariés .', &: pendant quinze
celuideJeunes-hommes, Les prérogatives de ce dernier
,
ploi.
L.
Leurem- guerrière-exécutante :
LES Jeunes-hommes constitueront le corps de la Nation
(Il fera question de la guerre
fous le Titre fuivaut) : Ils(feront les voyages de longs-
cours tant sur mer que sur terre; ils feront chargés des
secrétaireriesdes ambassades, & généralement de tous les
leur patron
suivant le nombre des Premiers, lequel fera
Les Nouveaux-mariés auront de-même un
des Vieillards;
ou deux Garfons, qui leur feront attachés par le Comité
& deux ou trois de ces petits corps d'AP-
sidés, ainsi réunis, auront pour Patron, un Homme :
:
affaires & de celles de leurs Clients) auprès du Comité
des Vieillards ou Sénat Chaque Sénat aura un Président ;
; ,
ceux des Villages ressortiront au Comité d'une Métropole
à celui de la Capitafe
,
donnée les Sénats des Métropoles
de la Province; & celui de ces dernières, au Sénat delà
Capitale du Royaume ou de l'État, dont le Présidertt
rendra-compte au Souverain-magistrat, ou au Roi.*L
LE Mari une-fois entré dans la pleine possessionde son Li1.
état, fera le maître absolu dans sa Famille; il en fer* te Pouvoirfur
Tribunaux,:
premier Magistrat, & n'aura jamais besoin de recourir atrx
pas même à celui du Comité, pour tous les
cas particuliers ainsi le Mari, qui ne voudra pas livrer
la famille.
,,
lui-même, à-condition, quesavengeance n'intéresserani
sa?ie
maison
nifafanté, ni même sa réputation audefiors de:Ja
& qu'ensuite il n'aura plus ledroit de la dénoncer
pour la même faute. Il aura la liberté'd'appeler les Mem-
bres du Comité à son jugement., & de lui donner til¡.ti
intervention, unefandion publique: mais alors il n'aura
que sa voix comme Und'eux, avec la prépondérance, en cas
:
de partage. Quant à ses Enfans, il fera le maître absolu
de leur fort, à la manière des Romains mais aussi, tout
de l'Etat :
de leurs Enfans, il fera nommé à Ceux-ci un Curateur au
pour trois mois & si aubout des trois mois,
,
nom
le Curateur rend des Parens un mauvais-témoignage, ap-
puyé de 'preuves, ils feront ou Tous-deux ou l'Un des
deux feulement, privés de toute leur autorité sur leurs
Enfans, comme indignes ou incapables de les élever.
LUI. LE Jeune-homme qui se conduira d'une manière exem-
Bon Mari. plaire
Concitoyens,
avec sa Femme, & offrira sans-cesse aux ieux de ses
l'image consolante d'une heureuse union
outre les prérogatives dont le fera jouir l'art. LUI des
,
Gynographes, aura en-outre des difiinflions & des re-
d'âge:
compenses, dont la plus flateuse, fera d'être avance-
c'ell-à-dire, admis un, deux, trois, quatre, cinq,
ou même dix ans plutôt que son âge ne le permettrait,
;
T
aux
de jouir de leurs droits & prérogatives
moins après le Dernier d'entr'eux.
,
fondions & emplois des Hommes ; d'en porter l'habit
toujours néan-
LIV.
Mauvais déchus du pouvoir sur leurs Enfans
Mari.
; ,
Comme les mauvais Pères & les mauvaises Mères feront
de-même un Mari
brutal,ivrogne, joueur, paressèus, &c.a perdrait, par
,
un de ces défauts, porté à un certain point, en-partie, ou
même en-entier, son autorité sur une Épouse sensée rai-
il
sonnable, & cesseraitdepouvoir être son juge né, comme
v
il est spécifiépar l'article LI des Gynographes : Si le
Mari n'avait pour défautque la jalousie, il lui ferait en-
joint de n'y rien mettre de puérile ni d'jnfenfé, & à la
Femme de souffrir patiemment, en-apportant la plus sé-
rieuse attention à ne rien se permettre qui puisse reveiller
:
éducation casanière, c'est-à-dire, qui se donnera par les des Enfans.
Parens dans la maison les Garfons recevront la première
éducation par leurs Mères, dans le Gynécée, c'est-à-dire,
;
la retraite pour le fecond-sexe, qui se trouvera dans toutes
les maisons, & où les Hommes n'entreront jamais comme
:
jamais la Femme n'entrera dans le cabinet-d'affaires du
Mari ,
Les Pères auront l'oeil à ce que l'éducation
casanière n'ait rien de-contraire à l'éducation publique ;
& pour ce, ils instruiront leurs Femmes des points qu'elles
pourraient ignorer, & ils leur ordonneront en-outre, de
prendre les avis du Comité des Anciennes à ce sujet, aus-
quels elles se conformeront fcrupuIeusement. Voici quels
feront les points d'inltruction que les Jeunes-hommes
commençant à tenir maison, donneront a leurs
,
Epouses,
:
en se réunifiant avec elles
1. De laisser aux Garfons la liberté de leurs membres ,
même degré ; :
& de leurs aétions; & aux Filles ni l'une ni l'autre, au
mais de les accoutumer à la contrainte pour
le physic & le moral Lorsqu'ils feront plus avancés.»
étendre leurs affeétions sur tous leurs Camarades, en les
leur fesant regarder comme des Frères, tous fils de l'Etat ;
a, Leur inspirer un refped filial pour les Comités des
Vieillards& des Anciennes: 4, Leur faire aimer les Surveil-
;
publiques, Ceux & Celles qui ont un moindre mérite &
au-contiaire lesdistinctions des Bons-sujets
;
ayant foin de
la
leur inculquer, que l'amourde gloire, doit avoir pour base
, que l'amour de la
tout naturel & tout légitime qu'il est, peut de-
;
venir dangereus chés l'Homme-social, fil n'a pour fonde-
ment l'amour de l'utilité publique cet amour tendant, par
lui-même à l'égoïsme, à tout rapporter à foi, & dans ce
cas, étant
,
un vice, loin d'être :
une vertu 6, Éteindre
[Link] qu'il fera possible, l'idée de Famille particulière,
en
; :
pourront être portés par leurs Enfans, de la clâsie des
Sextaires, dans celle desPrimitiaires parfaits suivant
le degré de mérite d'un ou plusieurs de leurs Garfons
avantage inestimable pour un Pcre !. Mais les avantages
:
que ces mêmes Garfons procureront à leurs Mères feront
encore plus flateurs, fil est possible outre les degrés-
d'âge qu'ils lui procureront) ôc l'entrée dans le Comité
,
la Mère d'un & sur-tout de plusieurs GarfonscPunmérite
,
distingué, le jour que ces mêmes Garfons obtiendront les
prix fera couronnée de fleurs par les plusaimables & les
plus méritantes des Jeunes-filles, & montrée ainsi à la
première place durant la fête: Trois Jeunes-gens, de
Ceux qui auront les prix immédiats après ses Fils, vien-
(
dront devant elle ou elles, dans le cas où il yen aurait
plusieurs, dont les Enfans auraient le même degré de
de mérite) & crieront trois-fois à haute-voix, C'est ainsi
,
que ferahonorée toute Mère qui aura donné de bons
Enfans à la Patrie ! Si c'est une Fille qui ait un degré
;
de mérite suréminent, la Mère recevra les félicitations à
voix-baffe de ses Concitoyennes mais le Père fera couron-
né de fleurs, & trois Jeunes-gens de Ceux qui auront les
:
premiers prix crieront devant lui Garfons, & vous-tous
la
Citoyens, honore^ le Pèrc (oulesPères) dont fagejfeu
préparé aux yertueus Jeunes-gens, la plus belle des
recompenses, une digneÉpollse. Dans le cas où un mau-
vais Père aurait un bon Fils, le Père reconnu pour malhon-
nête-homme, ne pourra être honoré: a-moins que leFils,
outre son mérite particulier & tranfeendant, n'ajoutât encore
quelqu'aétiond'éclatpour le service de laPatrie, quelqu'iiï-
ventionsalutaire&d'uneutilitégénérale, &c.3; alors, le Fils
ainsi créancier de la Patrie, pour-ainsi-dire, après qu'il
,
aura modestement entendu sa proclamation, suppliera,
Fille veut, le Magistrat public de ne lui décerner aucun
:
prix, ni aucune diftindion ; mais d'appliquer tout Ton mérite
àTonPère &cette belle& généreuse action fera accueillie;
rait eu le Fils lui-même ;
le Père recevra les mêmes honneurs & prérogatives qu'au-
& trois des plus méritans
Jeunes-gens, après l'avoir couronné de laurier, de rose,
de chêne, ou de telle autre couronne, méritée par l'action
, :
du Fils, crieront trois-fois devant lui Honneur & in-
qui a produit le plus excellent des
:
dulgence au Père
Fils
,
sa vertu ne J'tft point manifefiée en lui-même
mais elley était cachée & elleJ'est déclarée dans fort
;
digneFils. Et si c'était la Mère, qui mt une méchante
Femme, le Fils pourra de-même déclarer, qu'il renonce
en faveur de sa Mère à toute difiinélion, &c.a; auquel
cas, la Mère non-méritante fera couronnée de fleurs, &
trois Jeunes-gens, de Ceux qui auront le plus approché
du mérite de son Fils, crieront trois-fois devant elle :
Honneur & indulgence 4 la Mère, qui a porté le digne
Camarade, qui vient de demander pourelle la cou-
femblée,
ronne qu'il avaitméritéepour lui-même. Ettoutel'Afc
dans les deux cas, poussera un cri-de-joie
!
fera, Bon Fils honneur e, vertu de ses Parens
,! qui
Le
LPère ; ,
toyens, ayant sur son cercueil découvert cette infeription :
Citoyen
,
voila le bon Fils, qui rendit l' honneur J fou
rens-lui ton hommage siprie le Grand-Etre
Je nous donner des Citoyens qui lui uffimblent. Quant
au Fils d'un bon Père & d'une bonne Mère, qui, après
:avoir obtenu les premiers prix, ferait encore une aclion
ttranfcendante, durant la vie de ses Parens, il pourra de-
Lmême leur en laisser la gloire ;& il aurait en-outre cet
formule : Honneur ,
avantage, que l'honneur ferait fait 1 ses Parens, en cette
au digne Père (ou à la vénérable
Mère, ) d'un excellentFilsysauveur ( ou bienfaiteur)
de la Patrie
particulière :! mais Celui-ci jouirait de sa recompense
Et après son dernier jour, il ferait de-même
,
de cyprès, avec cette inscription
Citoyen
:
partie de sa gloire, & à sa mort, son cercueil fera couver
si
Le bon pitoyabl,
qui gît ici, a enfintrouvé lc repos & la gloir
)
que ses Fils ( ou son Fils lui voulaient arracher
;
vertueus Citoyens, donnel des larmes à sonfort ca
ses Fils ne font pas dignes de le pleurer. Si quelqu'ui
de ses Fils ou de ses Filles étaient vertueus, on les [pé
,
.cifierait, en ajoutant, a-Vexception de Tel, ou Telle
un de ses Fils ou une de ses Filles.
TITRE QUATRIÈME.
DES H0AlMES.
LVIII. ON fera Homme-fait, à quaranteneuf ans accomplis:
Hommes- On deviendra susceptible à cet âge des premièrescharges&
faits.
des premiers emplois de son Bourg, de saVille & de l'Etat.
Cet âge fera pour les Hommes celui des grandes affaires,
juqu'1 celui de foixantedix ans :
Observant néanmoins ;
que les plus fatiguantes
quaranteneuf à cinquantneuf ;
feront données aux Hommes de
& celles de plus grande
Fxpérience, mais qui n'exigeront pas de si grmds travaux,
aux Hommes de cinquanteneuf accomplis à foixantecinq :
enfin celles dont la décision exigera la connaissance par-
faite des usages & de la jurifprudçace, aux Hommes de
I
Ifoixantecinq à foixantedix. r,
Les Hommes n'ayant plus audessus d'eux que la çlâsse LIX.
desVieillards, qui les traitera comme ses Lieutenans, & Leurspré*
rogatives.
leur laissera la disposition des affaires les plus laborieuses
commenceront à participer de la pleine & entiere hberté
gle l'Homme, précisément a l'âge où l'abus n'en est prefquc
fl,us à craindre, & où le goût des autres jôuiftanccs comr
inençant à Céteindre, celle du commandement peut les
Remplacer, & abreuver cette portion de la vie des Hommes
.d'une nouvelle source de félicité ; ;
ce qui est une chosç
à laquelle on doit donner la plus grande attention attendu
lRu'il doit
ils prcndrot
parmiles Jeunes-hommes de leur cliente'ile, desLieu-
:
tenans, qui feront chargés d'infpefler d'autres Surveillans ,
110ksls parmi les Jeunes-mariés Ceux-ci auront fous leur
!.direél:ion les Jeunes-gens les plus avancés en âge : les
Jeunes-gens
auront les Adolescens; & enfin les Hommes
auront fous leur conduite direÇte, la première Jeunesse ;
cette infpeétion étant la plus importante, & demandant
plus d'expérience & d'adresse. Les Maîtres des sciences,
;
arts & métiers, feront auHi de la clâsse des Hommes,
comme le demande l'artcle lxxviii Ceux des autres
i.Cîâlfes travailleront, sansfongerencore à enseigner. LX;
r
DÈs qu'un Citoyen fera entrédans laclâssedesHommes, Nomsdz
refped pour
foit par l'âge compétanc, foit par recompense, il fera traité leàhiammes
de Monrieur,dequelque condition qu'il foit, à-l'exception de tous les
1 âges.
:
de Ceux, en très-petit nombre, qui auront un titre pl
, ;
televé, & dont il fera parlé dans l'art. suivant
hommes
Les Jeum
lorsqu'on parlera d'eux, feront dénommés par
motdeSieurTel en leur parlant à eux-mêmes, ils fero
designés par leur nom-de-famille feulement, sans épithèti
;
Les Jeunes-mariés, lorsqu'on parlera d'eux, auront poi
:
diftinélive le mot de Maître Tel & en leur parlant, (
joindra leur nom-de-batême à celui de-Famille Enfir
tous les Garfons-à-màrier ne porteront que leurs noms-d
batême, dont ils auront toujours deux, l'un desquels fé
toujours pris dans les noms français des premiers fiècl
de la monarchie, jusqu'au temps où les noms-de-famil
ont été en usage: obfcrvant néanmoins, quelesEnfai
audeflousdedix ans, ne porteront qu'un de ces noms l'<
conomie des noms français fera telle, que dans un mêir
:
Bourg, on ne répétera pas deux-fois le même nom c
dix ans: Les Parens & les Prêtres fexerceront à 'le
, ,
Lettre de l'alfabet, & de continuer ainsi à chaque batêrr
en suivant, avec l'attention d'écrire sur une tablette mis
à la porte de la principale église le nom du Dernier ba
tisé: ;
car il n'y aura que les féconds noms de-bârême qi
feront nécessairement variés & pour donner un champ plu
vasse dans les Villes, il fera permis de prendre ces nom
cn-fecond dans toute l'Antiquité chéstoutes les NJtjon
,
LES noms-d'honneur, audessus de Monsieur, ne feron
LXI.
Noms- donnés qu'aux Vieillards, aux Ecclésiastiques,auxMagil
honneur.
trats, & aux Personnes qui auront été honorées de quelqu
diftindion pour leurs services 1 la Patrie. Les Vieillard
porteront à-l'égard de tout le monde, le nom refpeétabll
1
deMonplrey en un seulmot, (voye{ l'art. Lxxv desCy-
nographes) ; les Ecclésiastiques, celui de Monrévèrend;
les Evéques celui de Monrévlrendijfime; & les Arche-
vêques celui de Montrèsrévérendissime; les Magistrats
celui deMelire ; les Hommes distingués par leurs services,
leurs vertus, &c.a, & doués de prix ou dedistinctions ,
n'auront pas d'autres titres que ceux ci-dessus, accompagnés
de l'épithète qui leur aura mérité la diflinaion avant l'âge,
par
douze
le
de
mêmeâgequelui
Comité
ses
des
:
Pairs, c'està-dire
Vieillards, qui
de
verra
la
même
La sentence fera confirmée
si les
clâsse & du
&
Pairs
relative-
ment aux
libellée Hommes.
se font depuis
mariage.
le
cestermes :
conformés à la loi, & apposera sa ratification ar-Jas, en
Jugéd'après la loi, par les doulePairsde
Tel,accusé de tel crime, & fourniscn-conféqucncc à
telle ptint ; Uqucl Jugtmtnt fera exécuté tel jour
(
Siglll, par le Président du Cpmité. Voye^ l'art,xxi:
ci-dejfyspqurlespunitions des desobcijfanccs ).
Pour l'affaçinat: un an de prison, après la fenfence lue
;
au terme, condamné à un travail rude & les os brisés vif
,
Pour meurtre commis en febattant à-outrance: dix an;
de prison condamné àuntravail rude; au terme, pendu,
:
Pour meurtreinvolontaire condamné à un an de travai
-
rude, liberté ensuite; mais obligé de porter ledeui
, ,à n
toute sa vie, en habit malpropre.
Pour batterie où l'un des deux ou tous-deux feront
de prison.:
lefIés:rAggrdlèr seracondamné
Pour rixe fansbleiTures réprimande
or
an 4e travaux hors
à
publique geqous
,J',
:
devant les Vieillards du Comité.
;
devant le Comité
à
Pour rixe de parole réprimandé particulière, genous
& dans ces deux derniers cas, un an
de deuil public.
:
Pour viol condamné à vingt ans des travaux les plus
rudes, foitfur mer ou sur terre; mais non en prison; le
mariage fera caffé (Cil n'y a pas de loi contraire), & le
Coupable condamné à épouser une des Filles aveugles qui
voudra bien le choisir, laquelle fera chef du ménage, & a
quî le Criminel fera tenu d'obéir, comme fil était lui-
maison,
rangdesanciensEsclaves, ou Domestiques, dans leurpropre
l'Un fous sa Femme, l'Aune fous son Mari.
:
Pour injures atroces dires à une Fille si elle sen-plainc,
l'Homme-marié, baiflera d'une, ou même de deux clanes,
suivant la gravité du délit: Si c'est à une Femme-mariée,
l'Homme fera en-outre condamné à deux ans de deuil..
Pour paroles grossièrement libres au plus-haut degré:
l'Homme fera condamné à demander pardon au Comité seu-
(
de tout emploi public ,
le deuil le resse de sa vie. N. a Ce deuil rend incapable
& retient dans une dépendance
[ éternelle, h-l'égard de toutes les Clâsses honorables, à
le
quî Deuilliste doit céder le pas. Pour incendie par acci-
dent :on portera le deuil deuxannées en habit mal-propres.
; :
Pour vol ce crime fera prefqu'impossibledans le régime
aétuel
être de-conséquence , ,
mais enfin, f'il était commis, vu qu'il ne pourrait
il fera puni la première-fois, par
un deuil de deux ans, & en cas de récidive, par une con-
damnation (deux ans de travaux, & un à deuil perpétuel :
S'il était accompagné de violence sur la Personne, dix ans
de travaux, aubout desquels pendu.
La contrebande, la fautre-monnaie, & une infinité
d'autres crimes, ne pourront plus avoir lieu : mais si le
t
le premier, par dix ans de travaux ;
régime ne les éteignait pas entièrement, ils feraient punis
le fécond, par vingt
ans, attendu que ces délits regardent la Chose publique.g
,
Tous les Hommes qui ont envisagé la morale
,
Pythagore,
fous son vrai point-de-vue comme parmi les Anciens
Socrate, Platon, &c. a, ont regardé l'éga-
lité citoyenne comme le préservatif contre tous les vices*
& par-conséquent 1abri de toutes les vertus. J'ai dit
l'égalitécitoyenne.; parce-qu'il est clair, qu'il faut une
fubordinacion politique ; le Régime-proposé l'établit même
beaucoup plus rigoureuse, qu'elle ne l'est fous notre
gouvernement aéluel. 1
de-niveau,
tous les Bourgs &Villages, on mettrait tous les Habitans
même charges, même obligations, non par
Famille, mais par Personne, sans aucune différence ni
difiinélion. Il se ferait un partage égal des terres, non
pour être possedées par chaque Habitant exclusivement en
terres à femer ,
propriété, mais feulement pour la cultivation, tant des
que des vignes, prés, lusernes, &c.1
laquelle répartition fera faite à chaque Famille, à-raison
;
des bras en-état de travailler qu'elle renferme. On mettra
pareillement dans chaque Famille, ou Maison, le nombre de
iBeftiaux nécessaires, comme Chevaux, Anes, Bœufs &
:
Vaches, Brebis & Chèvres, Cochons, Poules, &c.a; afin
que le foin de ces Animaux foit également reparti observant
néanmoins, que les gros Bestiaux feront donnés en pro-
portion dulabourage, aulieu que les autres qui en font
travaux, par-conséquent
faux petits. Le produit de
[pas identifié
plus ,
susceptibles
tous les Bestiaux, )de f'appliquer
qui ne fera
au travail, tel que l'est celui duCheval de
, , , ,
(l'Ane & du Bœuf, fera également reparti entre tous les
Habitans, en laitage fromage beurre œufs laine
iande, &c.a, à-moins, ce qui ferait infiniment préfé-
,
rable, comme
& le
fie le vêtir ne fussent en-commun;
portera l'article suivant, quelerefeéloire
,
avec la clause de vendre
le surplûs aux Voisins, pour en partager le pécule par
portions, relativement au travail & au nombre de Personnes,
qui composeront chaque Communauté. Il ferait aussi très-
l-propos, comme il fera expliqué ci-après, que chaque pro-
:
session fût réunie en Corps, qui fournirait à un-autre Corps
;:
delorte que les Laboureurs fournîssent le pain dans toute l'é-
;
tendue duRoyaume les Vignerons le vin les Artisans, les
;
ouvragesde leur métier c'est-h savoir, le Corps desTailleurs,
l'habit celui des Cordonniers lesfouliers, &c.a, & qu'on
fournît de-même à cesHommes, tout ce qu'ils auraient besoin ;
chaque Profession ayant à-faire à une autre Profession en
,
corps, & jamais aux Particuliers. 2, Dans les Villes,
ou tout-autre Lieu où il y aura des Artisans, sans autre
possession que leur art, on les réünira par communautés,
telles à-peu-près qu'est a-présentcelledes Parcheminiers,
, , ;
ferait obligé de la remplir, sans pouvoir y manquer, il
ce n'est en cas de maladie il la rendrait au Bureau à jour-
nommé & le Bureau ou ferait porter ce qui ferait fait,
ferait prendre:
au Bureau qui l'aurait commandé, ou ce Dernier l'y
Et quant aux ouvrages lourds, ils nc
feraient point transportés au Bureau, mais pris chés l'Ar-
tisan. Aurefie, dans le Régime proposé, les ouvrage
étant toujours pour d'autres Corps, puifqu'aucun de;
Membres de la Société ne ferait isolé, il y aurait encorc
beaucoup plus de facilité dans ces livraisons par le Bureau,
dans le paiement, &c.a, qu'on n'yeu aperçoit dans le Ré-
;
gime présent. 3, Tous les Marchands d'étofes, de mer-
ceries, &c.a, feraient de-même en-commun on ferait écrin
fn demande au Bureau, qui la remplirait avec la plus grandi
célérité, sanspouvoir renchérir, ni tromper;obfervantqui
chaqueArtisan, Marchand,&c.a, fournirait unfortGar
son à tour-de-role, pour le service du Bureau. 4 On
mettrait de-même en-commun lesArtistes, de quelqu'es-
,
pèce qu'ils susTent : ce qui n'irait pas à l'extinélion du génie
& de l'art,aucontraire, puisque chacun ferait confidéré,
;
traité, & clâsséà-proportion de son ruérire puni en cas de
négligence &: de non-acquittcment de ses devoirs, &c.a ;
desorteque le Régime proposéôteraittout au vice, sans rien
à
enlever à l'émulation& lavertu. 5, Quant à laNoblefle,
il ferait à desirer, que les Hommes qui la possedent, fussent
allés généreus pour la sacrifier au Bien-public, & au Ré-
gime salutaire de :
mais comme il n'y a pas à l'es-
l'égalité
pérer, on pourrait faire des Nobles une Clâsseà-part,
qui ferait de-même en communauté; observant qu'elle
n'eut aucun pouvoir sur les Clairesprétendues inférieures.
6, Enfin, le Clergé formerait aussi une Clâlïe,oùtout
du Christianisme :
ferait en-commun,littéralement comme le prescrit le code
ce qui n'empêcherait pas, que chaque
Curé ne fût en-commun avec sesParoissiens, & chaque
Prélat avec son Eglise-cathédrale, qui ferait elle-même
commune avec la Ville : De-même les Gentilshommes,
'quoique fesant un Corps, ne laiueraient pas d'être du Corps
bublic de leurs Concitoyensdans lequel ils auraient leur
grade proportionne a leur mérite tout-comme les autres (*).
grande
, , LXV.
Ejjetsdt
--
fortunes on pourrait se promettre pour l'avenir la plus l'égalité.
L'abus - ,
pureté de mœurs; n'y ayant plus de Sédiideurs
par l'or, ni de Faibles qui aient intérêt d'être séduits :
des richessês devenu impossible, chacun ne les am-
bitionnerait pas moins cependant, mais ce désir aurait pour
(*) à
On doit reprendre tous les ordres de l'Etat, & leur donner
chaque un article particulier, fous le présent Titre IV.
publique, & même celle du plaisir, mais honnête puis-
que les Hommes élevés par leur mérite personnel, dan
;
base ramour de la gloire, de la considération, de l'utilit
,
quelque genre que ce foit, auraient toujours à exercer de
privilèges ausquels les privations imposées au Mauvais-
sujets feraient compensation. Le Genre-humain, qui n'
;
qu'un seul véritable intérêt, deviendrait parfaitemen
heureus avantage ineflimable , but de toutes les lois, d
toutes les institutions-religieuses, sur-tout du Chriftia
gifme, que nous professons, & dont la dodrine eit essen
ciellementcelle de l'égalité, de la confraternité, bu
!
digne d'un Dieu ;
alors la religion, les lois & les usage
,
étant parfaitement d'accord, il en résulterait une efficacit
de morale qui n'exifie, & ne saurait existeraujourd'hui
; :
Le mobile des allions ordinaires des Hommes ferait, pa
cet accord, absolument changé il resuite aujourd'hui d
la contrariété des intérêts ce qui fait que les Homme
font continuellement occupés à f'enleverlesUns aux Autre
;
des portions de bonheur &telle est lafourcede leur adi
vité: aulieu que dans lefyftèmede la Reforme, tous le
* J'owr but,
;
intérêts ne feraient plus qu'un tous tendraient au mêm
chaque Homme, aulieu d'être contrarié par se
dansleIV. e
$} larépon- Semblables, dans la recherche de la tranquilité, de l'aboi
se aux ob- dance, des plaisirs honnêtes, de la considération publique
jectionsy sur
même ferait auconrraire fecondé par tous leurs efforts, & par
ce ar-
ticle du Rè- viendrait ainsi plus facilement au but*.
gtemem.
0 LXV r. IL est certain que tous les Hommes font frères:
Commu- ferait donc conforme à la Religion & à l'humanité, qu'i
nautédes re-
eussent un traitement égal, les convenances d'ailleurs ot
pas.
fervées, & qu'il y eût dans chaque Bourg, Village, c
Communauté, dan3 les grandes Villes, où les états è
Citoyens fort variés, une salle publique destinée aux repa
conftruitede-façon, que la voûte inférieure serve de cave
;
publique; celle audeuus, au rès-de-chauffee, de cuisine la
troisième, de réfeftoire public audessus duquel feront les
;
greniers, destinés au froment, au seigle, & à l'orge :
(les greniersdesParticuliersferont occupéspar les aveines,
,
les foins, & les pailles, &c.a comme il fera dit ci-après) :
; ;
Halle de Paris à-l'exception
âumilieu
,
l'édifice fera confhuit en rotonde, comme la nouvelle-
qu'il n'y aura point de vide
les tables iront en coquille de Limaçon
,
,
coupéesnéanmoins par quatre alées en croix, pour la
foci'ité du service
,
des entrées & des sorties. Au com-
mencement de la (pirale, feront les Plus-jeunes alant
! ,
LE service se fera par ordre, en commençant par l'in- Lxvri.
terieur de la spirale
:
nuant de fuite ce qui fera fort-court :
où feront les Vieillards, & conti-
la Jeunesse placée (
[Link]
ies tables.
la même pièce :
spirale différente, mais en présence des Hommes, & dans
:
Elles feront servies parlesJeunes-filles,
dans le même ordre que les Hommes Il y aura de-même
une table en tribune, de l'autre côté de la salle, & vis-à-
vis celle des Magistrats, ou feront les Membres des Co-
-.-.-.-
mités, & les Matrones-chefs des Sunreillanres.
LXVIII. LES Incommodés non-desagréables, les Débiles, &c.:"
Cuisiniers dans les deux sexes, feront attachés
&Cuninli- au ;
servicede la cuisine
res publics.
:
tels feront les Boiteux, lesBoffus, Ceux &Celles d'une
petite fhture mais on en éloignera tous-Ceux & toutes-
répugnance,
Celles lujets on lujettes a des maladiescapables d'inspirer de la
de tel genre qu'elles soient. Les Difformes-
honnêtes & propres employés à la cuisine, auront à leurs
ordres, pour la partie la plus rebutante & la plus fati-
: pour le temps
Obfervantque lesPunis, detelle
espèce qu'ilssoient,même pour faute légère, n'approchent
jamais dulieu de la cuisson, ni pnr-conséquentnecontribuent
à
enrien l'assaisonnementdes mêts: Ils apporteront &
; ,
fendront le bois tueront les Bœufs, & autres gros' Ani-
maux, lesécorcheront, laverontlavaisselle &néto:e-
ront les cuisines & réfectoires, toujours fous l'inspection
-
des Cuisiniers-d'office, lesquelsferont Citoyens, & comme
tels honorés, susceptibles des emplois proportionnés à
leur capacité. Après le service des tables publiques, & la
desserted'iceîles, les Cuisiniers & Cuisinières se feront
servir par la Jeunesse de leur état, dans le même ordre que
:
les autres Ciroyens les Punis se serviront eux-mêmes,
fous l'iiifpedion d'un Cuisinier, qui fera observer l'ordre,
,
&empêchera le bruit. CeSurveillant fera fécondé, en
cas de trouble par tout le pouvoir de la Société.
La cuisine des Femmes fera différente de celle des
»
lité des mêts. Dans les petits Villages ou Hameaux,
Hommes, tant pour le local que pour l'espèce & la qua-
, ,
sur les ports-de-mer, ou dans l'intérieur du pays
les Provinces vignobles ou à cidre&bière
,
genre de travail, & au local, foit à la Ville, à la Campagne, Mets.
dans
riches ou
pauvres parla nature du fol; méridionales, ouplus ail
nord, &c. Pour le commua du Royaume de France,
par-exemple, à prendre depuis Lyon jusqu'àParis, dans
:
les Villages, les repas pourront être composés de Porc-
,,
frais ou falé, trois jours la semaine
Mouton
deux en Bœuf &
& deux en maigre, suivant la loi chrétienne :
le maigre dans toute cette étendue de pays, ne fauraic
être pour les Villages, qu'en graines, comme pois, ha-
;,
ricots, lentilles herbages,commeépinars, fèves, chous
& faiaJes; laitage tant en nature, qu'en bouillie & sou-
pes, ou en fromages & beurres; œufs,lesquels, avec
le laitage, composeront différentes pârifferies, en usage
,
jour de lafemaine où l'on fera) avec un morceau de la
viande qui aura fait le bouillon
,
proportionné à l'appétit ;
d'un morceau de fromage sec ou mou, suivant le pays, pour
dessert, ou de quelques fruits les plus faciles à se pro-
curer & produits par le territoire, comme nois, châ-
taignes, poires, pommes, cerises, &c.l, suivant la
faison: & en-outre, pour chaque Homme-fait, d'une
,
tuer aux œufs, des légumes en graines, ou du pâté-
d'herbe ou tel autre mêts que le Pays fournira; tels font
;
vières ou des étangs :
les Escargots, le Poisson, pour les pays voisins des ri-
sur le bord de la mer, c'est autre-
chose
en Poisson, tant à-cause du bon-marché ,
la plupart du temps, les repas publics feront servis
que pour faire
usage de cette excellente nourriture, & ménager les autres
produétions de l'État, foit pour le commerce, foitpourles
Provinces intérieures, quine font pas à-portée de se procurer
le Poisson dans sa bonté, ou autrement qu'à grands-frais.
:
il fera composé d'un morceau de la viande du matin
en reste, ou d'un plat de légumes, ou d'une omelette, &
,
Le goûter se fera vers le milieu du jour suivant l'usage
,
f'il
:
de quelques fruits à tous les repas, le pain à-discrétion.
Si le goûter se porte aux champs, comme il arrive souvent
dans les Campagnes durant la belle-faison, on joindra un
baril d'eau à lademie-bouteille-de-vin pour chaque Homme.
Le recour-de-quatre-heures ne se fera qu'en été, & ne
fera composé que d'un morceau de pain avec de 1eau, pour
,
rude ,
Ceux qui voudront se rafraîchir: si le travail était très-
comme le fauchage le labour de la vigne, &c.a
il y aurait un demireptier-de-vin, mesure de Paris. Le
,
,
pour le boire en mangeant. Le souper fera composé
Village
,
ou de Porc au chous, ou de Mouton en ragoût,
,
au
, ,
& dans les jours maigres, d'œufs, de Pâtissèries d'herbes
de fromages salades &c.a
,
Dans les Villes où il y aura plusieurs Communautés,
chacune fera servie à-proportion de l'état, des occupations
& des habitudesde Ceux qui composeront chacune de ces
Communautés, qui toutes auront leur réfeéloire particulier.
:
servis comme les Gens-de-campagne;
LesVignerons,Laboureurs,ManœuvresdesVilIes, feront
la même nourriture,
,
& aux mêmes heures, savoir
avant de partir pour la campagne, le déjeûner dès le matin
afin d'échauffer, dans
les faisons froides, & de donner de la force avant la chaleur
en été: ainsiledéj eûner, hiver comme été, seferavers
la pointe du jour, & même aux lumières, dans lesjours
d'hiver, de mi-printemps, & de la mi-autonme la plus
proche de l'hiver.
: ,
&lesouperàneuf ou dix. A déjeûner, du pain, &:deux
verres-de-vin A dîner la soupe au Bœuf & le bouilli,
avec du fromage & des fruits de la faisan. Le goûter
comme le déjeûner. Afouper, du rôti de Bœuf, Veau,
ou Mouton, avec une salade, ou du fromage & de fruits,
au chois.
Les jours maigres, à dîner le potage aux herbes, aux
légumes graineuses, au potiron avec du lait, suivantla
faison. A souper du riz au lait, avec un plat de légumes
graineuses, oudePoiflon, ou d'herbes en farce, &c."
Les Bourgeois, les Marchands, les Professions relevées,
lesArtistes, auront, dans les grandes Villes, des Ré-
fectoires particuliers à leurs différentes Corporations : Le
déjeûner ressemblera, pour Ceux qui le voudront, à celui
:
core, afin qu'aucun des Membres de la Société nepuifle en
mépriser Un-autre Et comme les invitations feront inva-
,
riablement d'un sixième des Membres de chaque Corpora-
tion il n'arrivera jamais qu'un réfeétoire foit surchargé :
La feule formalité qu'on observera pour les invitations, c'est
que la veille, on découvrira les noms des Invités, sur la
:
Lifte générale apposée dans chaque réfeétoire, en tirant la
languettequi les cache Chaque Invité fera ftriélementàla
portion de Celui qu'il remplacera, félon le réfectoire. 1
OUTRE les provisions rassémblées dans les greniers pu-
LXXII.
Grauers blics, il y en aura d'une autre forte dans les greniers par-
parciculieis. ticuliers de chaque maison; savoir:
pour les aveines,
;
lefqùtls feront déposés durant
*es moissons, chés chaque Particulier qui fera chargé
de les battre & vaner, pour les déposer ensuite aux greniers
publics, d'où ils sortiront pour aW, foit aux marchés pour
:
vendre, foit au moulin, pour en tirer la farine nécessaire a la
subsistance Nul Particulier n'aura droit de vendredll bléd,
ni aucun autre grain, qu'il ne l'ait riré du grenier public,
des Administrateurs duquel il aura une commission par
écrit, pour le porter, dansdessacs marqués au nom de la
Communauté, tous de contenance égale, foitauxditférens
marchés, foit au moulin. Etsiun Particulieravairretenu
du bléd de sa récolte, pour le vendre à son profit particu-
lier" il ferait puni comme Infidèle au Public, & en-con-
séquence, dégradé, confiné parmi les Difformes-Coupa
bles, condamné aux travaux publics pour un temps fixé,
:
à-proportion de sa faute la récidiveemporterait toujours
une condamnation à-perpétuité. LXXIII.
LES gains particuliers, ou pécule, qu'il est de la fa- Gainspar-
gesse de laisser aux Particuliers, comme un encouragement, ticuliers, ou
pécule.
ne pourront être perçus que par les Hommes de quarante.
neuf ans, &audeIà; & ils les percevront, tant du produit
de leur travail, que de celui de leurs Enfans & Petitsen-
:
sans, à-chacun desquels ils en feront la part convenable ,
suivant leur mérite ce produit proviendra du résultat des
,
ventes publiques des grains-, vins, &autres denrées, tant
des fonds-de-terre que des Animaux, des travaux en tout
genre, de l'industrie de l'cfprit même, puisque dans les
,
:
Communautés des Gens-de-lettres & de loi, des Musiciens
& des Peintres, &c. il y aura un pécule On retirera
sur ces ventes, toutes les dépenses communes, & une
sixième de la dépense:,
somme en-fus, pour les cas imprévus, qui fera fixée à un
le surplûs fera partagé entre les
Membres ayant voix non par portion égale, mais à-raison
du produitde la récolte mieux-valante ou de l'ouvrage plus
excellent, du Livre qui aura eu plûs de sucçès, & qui, à
mise égale, auront plus rapporté que leur pair : Ainsi le
,
-Laboureur, dont vingt arpens auront rapporté plus que
,
vingt autres, de valeur égale cultivés par Un-autre, par-
tagera dans le pécule non à-raison du travail des vingt
arpens, mais deleur produit, &,.a De-même, l'Artiste,
dont un tableau de même genre, qui aura employé le même
temps, rapportera le triple à la Communauté, aura dans
le pécule une portion, à-raison, non du temps, mais du
rapport, &c.a Il en ferait de-même d'un Homme-de-
lettres, dont un Ouvrage en quatre, volumes, aurait pro-
,
duit le décuple d'un Ouvrage , aussi volumineus &: aussi
pagineus
:
si l'on peut Pexprimer ainsi. Chaque Parti-
culier demeurera maître absolu de son pécule fil leprête,
;
Les Particuliers pourraientaussi se donner différentes aisances
avec leur pécule ce qui ferait circuler l'argent, & occu-
perait les Artisans, les Anifies, & tous les talens supérieurs :
Ainsi, l'on encouragerait ces dépenses, en donnant une
;
congélation à Ceux qui pourraient les siire considéra-
tion bien-métitée, puifqu'eile-ferait toujours le résultat
de l'utilité de Ceux à quî elle ferait accordée.
LXXIV.
: :
LE tcmpsdettinéautravail feradéterminé pourlesCulti-
HeuresJe vateurs & les Artisans
travail.
à l'occupation
aucun ne pourra en donner moins
mais qui voudra, en pourra donner davan-
tage; ce qui, outre l'honneur, lui profitera d'autant pour
son pécule; le produit étant ordinairement en-raison de la
,
quantité du travail, & de l'amélioration, i Les Labou-
;
en octobre à 6 & 6 Sc-demie
en février à 7 & 6-&-demie
;;
reurs partiront après la soupe, en septembre à 5 heures
en novembre a 7-&-demie
en mars à 6; en avril à ;
;
,
«5
; ;
:,
en mai h 4 en juin &juillet à 3 en auguste à 4 & 4-&-
demie l'heure du retour en septembre
octobre 3heures-&-demie; en novembre, heures-&-
;
fera midi
3
en
juillet &
;
enmai 1 heure, & midi vers le 15 en juin 11 heures;
mi-auguste 10, & 11 heures depuis le 15
en
augufle.
,
auguste. Au retour de la charrue, lesLaboureursreposés*
dans le nouveau régime feront occupés, les Uns, au foin
des Bestiaux, les Autres; au charroi des engrais, vers le foir;
en mai; ;
à 6 & demie en novembre & février; à 6 heures en mi.
; ,
Óétobre & mi-mars à 3 le relie de mars; à 4 & 3 & demie
à 3 en juin & mi-juillet le relie du temps où il
:
n'y a pas de gros travaux pour la vigne le Vigneron irà
le matin avant la chaleur en décembre & janvier, & jut
:
qu'à la tni-màrs, le travail durera tout le jour à la mi-
mai, jusqu'en juillet, il yaura pour leVigneron, à l'heure
de fort goûter, qui fera 11 heures en mai, io heures eri
juin & juillet; 3 heures de repos à l'ombre, dans ce pre..
tnier mois, & quatre darts les deux autres,après quoi,
à moins d'une excdlive chaleur, le Vigneron reprendra foin
pénible travail jusqu'a la fin du jour: il fera libre dans les
grandes chaleurs, def'en-revenir chés lui pendant les quatre
ou cinq heures de repos ; à-condition de prolonger le tra-
vail à la fraîcheur du foir. j. Les Batteurs-en-grange sui-
vront la même règle que les Laboureurs, à-la-différence,
qu'ils travailleront le matin à la lumière, avant la soupe
environ deux heures, & que leur travail ne fera interrom-
,
;
pu que par leurs trois repas, qui prendront une heure
chacun
que celui de la campagne :
le travail à-couvert étant toujours moins rude
leur journée finira avec
*
;
à quatre heures en tout temps
,
; déjeuneront à 6, dîneront
:
àil goûteront à 3 & souperont à sept tous ces Ou-
vriers feront rentrés pour se coucher à neuf dans les Villes;
sans quoi laPatrouille-bourgeoise les arrêterait, les obli-
gerait à rentrer, &les dénoncerait le lendemain au Comité,
qui leur feraitsubir pour peine, la privation de diverciffe-
mentdu jeudi-foir, dont il fera parlé dans l'article suivant.
5. LesMarchands ouvriront au jour, dans toutes lesVilles,
t)
Bourgs & Villages, & fermeront à la nuit. 6. Les Condi-
,
tions supérieures ne feront assujéties à aucune règle, parce-
que leur travail n'intéressèlePublic que par la somme de
son utilité. 7. La Magistrature aura des heures fixées ,
comme il convient à tout état, qui a une multitude de
rapports avec les autres : mais le travail des audiences fera
proportionné aux Causes, qui ne feront ni auili multipliées,
ni du même genre que celles d'aujourd'hui (*). 8 Enfin t
tous le Citoyens, auxheuresde travail, ferontoccupés d'une
manière conforme à leur état; & la Pati-otjl!le-de-joui-, qui
trouverait des Citoyens à vaquer, à ces heures-là, ferait
autorisée à leur demander la raison de leur sortie:; A-Ia-
vérité, la moindre affaire fera une excuse légitime mais
,
l'inutilité absolue aura aumoins le frein de la honte le
vagabondage criminel deviendra impossible &c.a
;
LA rigueur du travail impose, quoiquinférieure - a ce
qui existe aéluellement pour les trois-quarts, ou aumoins
LXXV. les deux-tiers des Hommes, fera compensée par des jours
jours de de repos, & de plaisir, durant lesquels tout le monde
repos&de
dlvertiffi- jouira également des divertissemens, des fpedacles publics,
&c.a Ces jours feront de parfaites saturnales pour l'é-
mens.
;
galité chacun y portera des habits propres,uniformes,
Communauté ; ; ,
Chefs de chaque Comité, du plus ancien Vieillard de la
les jours de publication de paix ou de ré-
jouissances pour une victoire
:
les fêtes ces mariages du
Roi, ou de ses Enfans, ou d'un premier Magistrat (celles-ci
;
se feront avec les fêtes-des-mariages, parce-qu'ils feront ma-
,
riés les mêmes jours mais alors, sa fête fera plus solem-
nelle & augmentée de deux jours dans tout l'État).
LE dimanche on assistera d'abord à l'office, qui consis- LXXVI.
Nature
tera, le matin a sept heures, dans le chant d'une hymne des [Link]-.
en langue vulgaire, composée de-façon qu'elle exprime ce femetis.
que
l'Eglise honore
: ,
ou commémoric dans le jour: on dé-
jeûnera ensuite avec une pâtisserie légère ou du laitage
ou quelqu'autre régal A neuf heures on affinera à la
,
grand'messe, où toutelaJeunesse fera en aétion à-pro-
1 pain-beni,
:
ans & audeuus, qu'elles présenteront en fesant une pro-
fonde révérence Les Jeunes-gens porteront de-même le
tant aux Hommes qu'aux Femmes de tout âge :
mais les Hommes-mariés audefious de quaranteneuf ans ne
recevront pas encore de bouquet. A l'iuue de la mesle,
en attendant le dîner, la Jeunesse assortie par troupes,
répétera les jeux dont elle doit donner le foir l'amusement
aux Hommes-faits; cette répétition se fera en été sur la
;
tres arbres-à-fruit ,
place ombragée de châtaigniers, de pommiers, ou d'au-
en hiver
,
dans la salle-publique,
dont les tables feront pliées contre les murs jusqu'àl'ins-
tant de mettre le couvert. Le dîner aura un mêts de-plus,
que les jours ordinaires, & il en fera de-même à tous les
ou sur le dogme ,
un difeours d'édification sur la solemnité, ou sur le myfière,
en ramenant toujours à la morale.
Après les vêpres, qui finiront à trois heures, il y aura
,
une heure pour se préparer aux jeux, & soigner les Ani-
maux dans les endroits où il y en aura, comme à la
Campagne, & même dans les petites Villes. Ces foins
remplis, les jeux commenceront.
Ils confineront dans des tourfes, des lûtes, des jeux-
d'adresse de toute espèce, & dans des représentations
dramatiques, de sujets choisis par lesVieillards, & com-
posés par les Gens-de-lettres les plusverfésdans ces fortes
d'ouvrages. Les courses àpiéd feront de deux fortes aux
;
barres & de simple jeu ou tendantes à un but dans une
;
; :
carrière, aubout de laquelle fera un prix Il y atlf une
,
carrière pour chacun des deux-sexes
forme il ne fera plus dangereus d'exercer les Femmes:
parce-qu'après la ré-
le
prix de 7acourse fera unemarque-dlionneirr, comme une
cocarde, oti rdle antre,qui fera jugée convenable, avec un
iitftrumcnt de l'état exercé par lePrise, oulaPrisée; ainsi
les Jeunes-gens, qui fexerceront aux sciences, auront un
Livre utile, & à leur portée; les Laboureurs un infiru-
men-td'agriculture, les Artisans
un outil de leur profession,
lesArrifics, comme Peintres, Sculpteurs, &c.a. un bon
,
;
modèle &c.a Dans la lute, il fera de fendu de mettre
aucune brutaljré, aucune animosité les Jeunes-Garfons,
,
quiT'y exerceront seuls, vêtus d'une pellicule de vessie
huilée faite en habit de matelot, ne feront mutuellement
J
membres:
qu'exercer leur force, leur adresse & la souplesse de leurs
Les jèux-d'adresse feront le disque, le billard
( en hiver feulement ce dernier ), -
la boule, &e.a Les
représentations dramatiques auront-lieu deux-fois par se-
:
maine, le samedi & le jeudi car tous les travaux cesse-
r
dans les .Villes à la Campagne ,
ront le samedi à midi à la Oampagne, & à deux heures
on vaquera au foin des
:
demain ,
à la Ville
,
Befiraux, on préparera ce qui fera nécessàire pour le len-
on prendra de-même les foins necer
faire?,& à cinqheures&--demie tout le monde fera
à
portionnée aux Personnes &aupays :
libre, pourassister une représentation dramatique, pro-
Les sujets en feront
tirés, à là Campagne, de l'Uiftoire-fainte & de rHIAoire de
France, sur-tout de celle de la Province; dans les grandts
a
Villes & à la Capitale, on jouera les Chefs-d'œuvres de
,
nos Grands-maîtres, & en-général toutes nos pièces im-
primées ainsi que toutes les pièces nouvelles sans-ex-
teption, pour les soumettre au jugement du Public. Ces
pièces auront pour Aéteurs la Jeunesse & quelques Sur-
einans publics, qui auront un talent marqué, kfqùeïs
r auront été chargés de Informer ; ce qui pourra être exé-
cuté,
* Voye7 Mimographe,
comme il a été proposé par le Règlement de la
ou le Théâtrereformé*, auquel on peut
1eil Volu- avoir Les rôles de Vieillards feront faits par les
me deces recours.
Id, es Jïngu- Surveillans, quin'admettront aucun rôle où laVieillcfle
liirzs,oula foit ridicule & bouffonne;
MIMOGRA- on changerait ces rôles dans
PHE. Pa- les bonnes pièces, 011 on les abandonnerait abfoÍument, si
ris, Veuve cela n'était point praticable. Dans les Villages, la Jeunesse
Duchesne
, jouera de-même des pièces décentes & morales,
rue Saint- ou diver-
jacques, qui tissantes d'une manière honnête, & qui sçient point con-
ne
en a des traires à la bonté
exemplai- native de l'Homme. Les Jeunes-filles
res. feront les rôles de leur sexe, observant qu'elles ne soient
jamais mêlées avec les Garfons, derrière les coulissès ;
mais décemment tenues à-part, conformément au vœu
du Règlement de la Mimographc, Il y aura des prix pour
Ceux des Jeunes-gens qui excelleront dans le pathétique &
le beau débit; mais il n'yen aura aucun pour la boufon-
;
nerie,quoiqu'elle faffe rire4parce-que ce genre ne mène
à rien un Citoyen aulieuque l'éloquence & lesentrailles
peuvent être de la plus grande Utilité..
TOUTES chargesdel'État feront exercées
LXXVII. les par les
Jiommes.
,
Emploisdes Hommes, dans le sens donné à
[Link]
,
ce
;
mot,
comme il a été dit par l'art. LVIII
de celles des Comités
fous ce Titre
à-fexception
qui feront annexées aux Vieillards.
Mais tout emploi audehors, foit d'une Ville à l'autre, ou
dans les Pays-étrangers, le commandement des Troupes
&c.a, fera le lot des Hommes, qui commanderont aux
,
;;
Jeunes-hommes & aux Nouveaux-mariés, lesquels fculs
feront les Soldats les Bas-officiers feront pris dans les
Jeunes-hommes
:
dont il eit t]ueftion fous ce Titre ,
& tous les Officiers dans les Hommes
Les Secrétaires
Avocats plaidans, tout ce qui demandera-force, aétivité
les
J
infatigabilité, fera le lot. des Jeunes-hommes fous les
,
Cîdres des Hommes-en-place :car lesVieillards & les
Chefs suprêmes ne ddnneront directement les leurs qu'à
ces-Derniers, fauf lescasdenécessité, oùlesVieillards
commanderaient immédiatement à tous les Agés.
,
LE5 Hommes seuls, ainsi qu'il a déjà été dit, feront LXXVIII.
maîtres dans les différentes profefifons, c'est-à-dire qu'ils Maîtres
feront travailler unnombre d'Ouvriers de leur profession,
des profif-
fions.
des âges inférieurs; ils auront seulsdes Elèves, qu'ils
formeront & feront former par les Jeunes-hommes em-
ployés fous eux, & qui feront, à leur égard, comme les
Clients des autres ClalTes : *
chaque Homme,maître de
le
toutes les choses dont il aura besoin, suivant tableau
qui en fera dressé, & dontl'art, suivant contiendra un
"-
-
modèle. Cette distribution se fera quatre-fois l'année f
deux jours avant la fête des mariages, par ordre de Fa-
milles, afin que les Tâilleurs ou autres Ouvriers, char-
,
gés d'employer les étofes, prennent les mesures, & ayent
le temps de faire les hlbits, &c. a
LXXX.
des fourni-
, ,
IL fera délivré à chaque Particulier, par quartier après
2ableau la première livraison qui
turcs à-faire deux habits, suivant la faison
aura été de six chemises, &
& dans le costume de la
à chaqueClâsse & de l'âge, seul habit de la faison qui règnera
Particulier un
par les Bu- hors de la fête subséquente des mariages, jour auquel cet
rtaux. habit neuf fera mis pour la première-fois, &: une che-
mise, alternativement, de jour & garnie, &de nuit
,
sans garniture, faite d'une forme particulière, dite en-
amadis
: ,
afin d'entretenir la quantité de lingesuffisante
,
, ,
pour qu'on puisse en-changer
:
paire de souliers neufs
raccommodage
à chaque livraison
suivant la faison & une paire de
De deux-livraisons, l'une un chapeau,
une
;
de coton & une de foie dans les Villes, une de fil & une
de coton dans les Villages une de foie avecdes chaussettes,
;
quatre paires de bas blancs deux paires de souliers
& une paire de mules deux bonnets de parure, & quatre
de-nuits, & ainsi par quatre tout le linge de corps dont
elles peuvent avoir besoin, ainsi que les bijous-de-parure
,
dont il est question dans les arc. IX xxxix, XLI, LX,
,
LXXXI, du Règlement des Gynographu: A chaque
livraison, les Femmes recevront deux de 'chacune-des
choses il leur usage, dont les Hommes en reçoivent une
leur sexe étant obligé à une plus grande propreté.
LES premiers blanchissages se feront à-proportion du LXXXI.
linge qui exifiera d'abord dans les premières Corporations ; Blancbif-
fage.
éloignera le temps: ;
ensuite, à-mesure que la quantité en augmentera, on en
le linge fera marqué par deux lettres
du nom de chaque Individu ce qui fera suffisant, attendu
:
que chaque Iefftve publique n'aura qu'un certain nombre de
Citoyens à blanchir La lessive achevée, & le linge sèché,
un des Surveillans publics le fera porter à sa destination par
les Adolelcens, dont chacun n'aura qu'un seul ménage k
servir pour cet objet: cette rendition se fera le même jour,
àlamêmeheurepour toutes les maisons de la Communauté.
, Blanchir
par feuses &
chaque lavée ou bateau & présidée par Une des Matrones'Porteurs.
blanchiront à-tour-de-rôle
toutes les Filles sans exception ,
le seul cas d'indisposition ac-
cidentelle ou périodique excepté. Elles feront aidées &
:
servies par les Coupables de leur sexe, condamnées aux gros
travaux, lesquelles feront tout le plus rude mais le linge
ne fera porté sur des hôtes, de la maison aux lavoirs, où
à la rivière, que par des Hommes honnêtes, par-tour
1
-
L.
;
choisis entre Ceux destinés aux travaux les plus rudes C1'
les Coupables n'aborderont jamais les Jelmes-filles, ni le,
autres Citoyennes.
LXXXIII. LES fournitures d'infirumens pour lesdifférens métiers
Fournitu- se feront
t
res d'inj;ru-
mens &c qui les emploient
par
:,
les Corporations qui les fabriquent, à Celle
chaque Maître-de-professîon ira ai
,
Bureau dont il dépend
gnons auront besoin
se fournir de ce que ses Compa-
sans aucun paiement, non-plûs qu
pour les fournitures dont il est parlé dans les art. précédens
,
lans publics, & les Membres à ce nommés, des Comité
de Vieillards verront à ce qu'il ne se faffe pas une con
sommation trop-forte & superflue; & si cela survenait
ils remonteraient à la cause, & y remédieraient efficace
,
1année, les Comités publieront & feront amener dar
chaque réfectoire un tableau des fournitures, & de
prisu des différentes Corporations, avec la balance al
bas. Et comme il ya des Corporations d'Hommes dont
,
prise est toujours la mme, mais dont la fournitm
varie ou n'eH-pas fenfiblr, la lifte avertira, que ceti
prise & cette fourniture se trouvent compensées, en ph
sieurs années. Quant aux Hommesdestinés aux Emplo
élevés, tels que les Minières des autels, les Magistrats
les Gens-de-lettres; ou-bien les Comédiens, les Mus
ciens, &c.a,lacompenfationfétablira parla proportion d
hautes occupations des trois premières Clâsses, & le trava
des deux autres.
LXXXIV LA fourniture des denrées nécessaires à la vie, n'er
Vivres. traînera aucune compensation, puifqu'on mangera toi
en-commun dans les differens réfectoires publics
Cultivateur, tant du bléd & de la vigne, que des
: Chaque
,
autres denrées servant à la conformation, comme cidre ,
bière &c.a, déposera dans le grenier pubJic, à ce desti-
né) de sa Corporation, ce qui devra être mis en-commun
par lesllabitans, pour l'acquit des charges de l'État &
;
de leurs besoins personnels,laquelle quantité fera fixée aux
deux-tièrs net du produit ce qui nefera pas même assës fort
dans certains endroits fertiles, où le dépôt pourrait aler aux
ti ois-quarts, afin de compenser les Endroits où le tiers
même ferait trop: LeComité, aux joursfixés pour cela,
commandera Deuxhommes de chaque Corporation, pour
faire transporter ces denrées au magasin de la Métropole
ou Bourg :
d'arrondissement-de- lieues, dont fera le Village
les Deuxhommes commanderont parmi les
Jeunes-hommes leurs Clients, le nombre nécessaire pour
faire le travail; ces Derniers prendront parmi les Jeunes-
mariés de leur Clientelle, les Aides dont ils auront besoin;
ront besoin:
tement la Clientelle , qu'à-proportion de bras dont ils au-
Les vivres & denrées feront chargés &
transportés en un seul jour à la Ville-métropole; & pour
,
l'atis & pourra
dans les aisances observant, que les Plus-âgés soient logés aux
grandes premiers érajes, &ainsi-de-fuite jusqu'aux plus élevés,
Filles.
:
qui feront pour la Jeunessè. Mais ce Règlement ne fera
que pour le siècle présent car après la Réforme, & à-
mesure que la génération actuelle f'écoulera, on reconr-
[Link] toutes les maisons, qui périront de vétusté,
d'une manière uniforme & commode, toutes égales,
parl'emplacement, la grandeur & la quantitéde chambres.
dans une des rues les plus larges ,
On aura foin de mettre tous-ensemble les Artisans bruyans,
afin qu'ils n'incommo-
dent pas toute la Ville, & qu'eux-mêmes soient tranquiles
aux heures de repos: Ceux de profession de mauvaise-
odeur, feront aucontraire séparés, & dispersés en-dehors
,,
de la Ville: Les Genstranquiles, comme de-loi, de-lettres,
Peintres &c.a, occuperont les quartiers les plûs à leur
portée
tous les environs du Palais-de-justice ,
où les plusrians, suivant leur état : deforteque
soient laides aux
Gens-de-lois,.supposé qu'il y en ait après la Réforme,
d'autres que les Magistrats. Ces Derniers, ainsi que toutes
les renonnes relevées, auront une maison a eux-seuls.
CE U x qui auront commis un crime, ou que leur inca- LXVXVI
pacité reconnue rendra incapables d'élever leurs Enfans, Interdits
feront privés de ce droit précieus, qui fera conféré 1 un cité, par mcapa-
à
Homme fage de quaranteneuf foixantecinq ans : ou par
Et ces crime, du
, ;
Enfans, absolument étrangers à l'éducation casanière, ne gouverne-
recevront plus que l'éducation publique laquelle on aura Famille.
mentdeItur
:
Ceux des Coupables, par inconsidération ,
les Enfans des Esprits-faibles d'une manière douce & sensée:
d'une manière
: approchante
,
génie du côté de la vertu, en tâchant de les rendre aulli
bons par l'éducation qu'ils eussent été méchans, aban-
donnés à eux-mêmes, ou à l'exemple de leurs Parens.
Il y aura dans chaque Corporation, une Maladihrc
1, LXXXVll.
ou maison construite pour y recevoir les Malades, lefquelsyr Malades.
feront soignés par des Femmes pieuses & veuves, quisecon.
a
Ésacreront cette bonne-œuvre ces Gardes-malades feront
,
aussi honorées que lesVeftales à Rome; ayantlemêmeran
Comités :
aux Assèmblées publiques, que les Matrones-Chefs de
Les Maladeries feront diltribuées en autant d
chambres séparées qu'il y aura de lits,desos te que-chaqu
Malade aura sa chambre, où il fera tranquile, & ferv
par une Sœur qui lui fera singulièrement affedée. Le
visites des Médecins & Chirurgiens se feront avec attentioi
,
& décence; sur la plainte d'un Malade, foit du Médecin
du Chirurgien ou des Sœurs, & des Difformes Garfons-
.de-service, l'Adminiflration, composée des Vieillard
& des Hommes, fera sur-le-champ un exemple de févériti
:
sur les Coupables, qui feront punis à-proportion de leu
faute
,
car Cils avaient occasionné la mort d'un Malade
même par simple négligence ils feraient punis corporelle-
;
heure jusqu'a feptdu matin, que la Sœur de jour reviendra,
, f
On ne forcera point pour les médicamens il n'y aura que
pour les opérations chirurgicales qu'on ne arrêtera pas
Vieillard,
à la répugnance du Malade, à-moins que ce ne fût un
auquel Personne n'aurait droit de deso-
béir, à-raison de son grand-â[Link] Convalescens re-
tourneront chés eux, mais ils feront dispensés du travail
un temps suffisant.
LXXXVIII UN des avantages de la Réforme prooosée, ce ferait
yiiyauraitl'anéantissement
deiFillcsds
de la preftitution:en-consequence, le
Projet indispensable à exécuter dans le régime actuel, pour
plaisir»
conserver les mœurs & la fante des Citoyens, deviendrait
parfaitement inutile, après la réformation: Il le ferait,
i, Pour les Jeunes-garfons, parce-qu'ils feront mariés sans
, :
inconv,énient, dans la réforme, aussitôt après la maturité
convenable, c'est-à-dire la puberté consommée
2, Pour
,
les Jeunes ou les Nouveaux-mariés, le projetduPorno-
graphe ferait de-même inutile puisque le dégoût & la
satiété font les plus grands de leurs maux dans le régime
aéluel 3, Quant aux Jeunes-hommes, déjà environnés
d'Enfans aimables, commençant à tenir-ménage, ils/eront
allés distraits par leurs occupations, le service des armes,
:
l'Homme fage& non-préjugifie, plusdangereus qu'une
forte de prostitution mais dans ce cas, on pourrait Iaiffer
la liberté aux Filles étrangères de venir dans le camp, après
! néanmoins un févèrevexamen, à-condition que toutes
Celles qui prendraient ce parti, relieraient à la fuite de
&
l'Armée, que leurs Enfans feraient traités suivant ce qui
le pratique dans le Danemark *, rapporte dans le Porno- voyer
graphe, p. 142. Enfin, il n'y aurait jamais de Veufs; le PORNO-
GRAPHE ,
dès qu'un Homme aurait perdu son Epouse, il en pren- Tome I.e*
,
LA guerre est un fléau nécessaire,
drait sur-le-champ & nécessairement Une-autre, &c.a de ces Idées
sïngulières.
& voulût-on vivre LXXXIX;
éternellement en paix il faudrait toujours être prêt à la De la
;
faire ce moyen étantleplussûrpour nela faire jamais. La guerre.
guerre & la paix feront à l'arbitre du Prince, Roi, ou
: :
souverain Magistrat, suivant que l'État fera monarchique
011républicain
&publique
La guerre ne se fera que pour cause juste
la
c'est une injusticemajeure,de fairepour
une vengeance particulière, ou pour un tort, qui n'inté-
:
resserait pas le bien-être présent ou futur de la Société
,
Ainsi, les causes légitimes de guerre feront
piétement sur le territoire à main-armée
,
i Un em.
avec dévaftatioii
,
Tous les Corps de l'Etat, formés des différens âges, tous
subordonnés
même déja Soldats :
admirablement difeiplinés, feraient par-là
on yajouterait ce qui fuit.
xc. LES Soldats qui composeront les Troupes, feront pris
Soldats. parmi les Jeunes-mariés, sans qu'il puisse y avoir aucune
dispense de servir, que celle d'infirmité de corps ou d'es-
:
prit On prendra dans toutes les Corporations, le tièrs
ou ledemi-tièrs, félonle besoin,
marcher àladéfense delaPatrie : des Jeunes-Mariés,
&comme tousferont
Soldatsdedroit, ontireraaufort, non Ceux qui parti-
pour
,
ront mais Ceux qui devront rester : à
àla manière de tirer aâuelle, maiscomme
ce quise fera, non
;
la Loterie
chacun ira prendre un billet au Bureau du Comité; on
,
trentecinq à quaranteans; &que lesBas-officiei supérieurs
de l'Infanterie comme tous Ceux de la Cavalerie, feront
Sergens, Fourriers,
:
des Jeunes-hommes de quarantecinq à quaranteneuf ans.
LES Bas-officiers, savoir Anfpeffades, Caporaux, XCII.
&Maréchaux-des-logis, feront pris Bas-o [fi..
cfert,&'~
dans la Clâsse des Jeunes-hommes: tous cesBas-oiffciers, ont de Dif*
à-l'exception desSergens, des Fourriers & desMaréchaux- formes.
,, :
Soldats
Avançons
comme ! !
mot d'encouragement qu'ils répéteront sans tesse à leurs
A l'Ennemi Ferme Enfans
Camarades! &c.a, suivant que ce mot aura
paffé de la bouche des Officiers, dans celle des Sergens,
qui distribués de neuf en neuf Hommes, veilleront aussi à
:
faire retirer les Blessés, par une ligne de Difformes qui
suivra l'armée, & qui fera chargée de les transporter cette
;
ligne fera exposée au feu tout-comme les Soldats, & ne
pourra jamais fuir la première, fous peine de mort mais elle
fera obligée de veiller attentivement à retirer les Blessés
9
pourles transporter à l'aide des voitures légères, conftrui-
,
-
tes à cet effet, dans un endroit où ils feront en fureté , &
non-exposés a être foulés aux piéds de leurs Concitoyens.
LESOfficierssupérieursferonttouspris dans les Hommes. XCI rIl,
Les Troupes n'auront aucune paye ; mais elles feront Oiffciers
Paie&. Bu*,
bien-nourries & convenablement habillées suivant la raion, tin.
& le climat. Mais au retour de la guerre, les Soldat,
Cavalier, Bas-officier, Brigadier, Lieutenant général, &
de
1
Commandant, participeront au pécule
k demeurés cois& tranquiles à leurs travaux : Ceux qui feront
Chacundeces
Derniers fera obligé de donner la moitié de tout le pécule
:
Guerriers, il arrivera que Ceux-ci auront un pécule plus
considérable, à-proportion de leur grade Un Soldat aura
une part, c'elt- à-dire, une division de la somme totale ,
:
faite d'après le nombre des Guerriers, par tête : l'Anf-
le Caporal,une part-trois-
quarts:
pesade, une part-&-demie
le Sergent, deux parts: le Sounieutenant,
deux parts-&-demie: le Lieutenant, deux pans-trois-
quarts: :
le Capitaine, trois parts: le Lieutenant-co-
lonel & le Major, trois-parts-&-demie le Colonel ,
général,
quatre parts: le Brigadier, cinq parts: le Lieutenant-
:
six parts le Commandant, dix parts
Général, vingt parts. Quant au butin, il appartiendra
: le
,
éloignés du danger, où ils feront soigneusement exercés
aux évolutions militaires, & à la fatigue des marches des
guettes, &c.a 2, Il y en aura un nombre qui suivront
l' Armée, feront les mêmes marches, pour recevoir les
Blessés des mains des Difformes, & les transporter dans
l'intérieur du Royaume, commodément, à-mesure qu'ils
feront en état de l'être sans danger. 3, Ils feront spé-
cialement chargés d'aler & venir continuellement de l'in-
térieur aux frontières, pour l'approvisionnement de l'ar-
territoire de la Nation ;
entier de fête solemnelle consacré à lui-fcul, dans toutle
la cérémonie fera répétée dans
toutes les Villes, Bourgs & Villages, où il fera repré-
senté par le Plus-méritant des Jeunes-gens, & ses Père &
Mère, par les Plus-honorés des Vieillards. 2, Pour un
de l'État ou de la Nation :
la Province, & cetteckrnière, au Sénat de laVille-première
Dans les deux cas, dès que la
,
belle aélion feraconstatée, le Comité particulier,.ou les
Comités & le grand Sénat ordonneront une proclamation-
demérite, qui se fera le même jour, à la même heure ,
dans les quatre Endroits, en la forme suivante, pour
une
famine, à une pesle), &c.a ; :Pour une belle action qui
,
Citoyens de cette,
notre Com-
qui nous a rendu tel service en rem/diant
à la calamitlqui nous affligeait,&c.a Si le service
n'a été que pour la Ville ou le Bourg, &c.a, la formule
:
fera
[Link] *** , quiasecouru. saPatrie :
Concitoyens- je vous proclame notre Compa-
Enfin, si
le Héraultdira:
le service rendu n'a fauvé qu'une Famille ou un Particulier,
Mes Concitoyens, votre Ami, Vhono-
rable N.y notre Compatriote, a montréson bon-cœur &
fil belleâme, envers N. & N., nosFrères:Quilfoit
honoré en pleine Assemblée de l'État, (de la Province),
(de la Métropole) defonPays. Lacérémoniepersonnelle
: ;
se fera,. savoir pour une bçile aélion relative au Public,
dans la Capitale de la Nation pour une du fecond rang,
dans la Capitale de la Province; pour une du troisième
-
, :
différens i, Pour l'aétion qui aura servi la Différentes
Patrie en-efptces
tière l'Honoré recevra une couronne de feuilles de chêne,couronnes,
de
;
liée avec du fil d'étoupe le plus gros cette actron étant si
:
,
avoir ramené un Coupable àu devoir, une couronne de fleur-
[Link](ée, & trois annéesd'âge 4, Pour avoir, par de fages
difeours, enflâmé ses Concitoyensde l'amourde lavertu,
une couronne de fleurs*[Link], & trois années d'âge
les Êlèves
:
5, Pour avoir formé plus vÎte & mieux dans un
; ;
métier, un art, une science dans le premier cas, une cou-
5
,
prodamé, & couronné, dans la faison des fleurs de sa
couronne un jour de-féte, qui fera le même, pour cette
cérémonie, dans tout le Royaume, même où il n'y aurait
pas de Proclamé, car alors> on honorerait le Proclamé le
ï
plus voisin La proclamation se fera dans la forme fui-
vante:Honoréfoit le Citoyen utilequi afait, ou.
[trouve)y ou (in,!,tntéh &c.a, telle ou telle chose:
& bénijjc^-lc;
Citoyens, faiteslui une couronne de telle ou telle chose,
Car il a travaillé pour nous-tous. Les
Proclamés jouiront en-outre des avantages d'avancement-
d'âge, de gradationsdans les ClalTes supérieures, &c.a
PÔÙR exercer les Garfons, destinés all mariage pour XCViII.
l'année suivante, aux fatigues du camp & des marches Patrouillas
bourgeoise
nocturnes, ils feront [Link] garde-bourgeoise,
fous la conduite d'un Homme, par brigadedevingt, d'un
Jeune-homme par escouade de dix, & d'un Jeune-marié,
demi-Escouade de cinq, marchant ia nuit durant
par
trois, heures, aubout desquelles ilsferont relevés par
d'autres, &durant le jour de quatre-en-quatre heures.
La Patrouille veillera au maintien du bon-ordre, sans
pourtant gêner en rien la liberté des Citoyens, qui pourront
àler & venir àtoutesles heures de la nuit, sans êtreinquiétés;
mais la Patrouille empêchera le bruit, les chants, & pré-
, ,
viendra davantage encore les desordresplus dangereus.
Il fera défendu à la Patrouille d'arrêter inquiéter ni
troubler en aucune façon tout Homme qu'ils rencontreront
seul avec une Femme, & pour peu qu'ils se détournent,
le Caporal aura foin d'empêcher que Personne
escouade n'approche pour les reconnaître : de sa Demi-
la raison de
cette c/onduite, c'est que les Jeunes-mariés n'ayant pas la
liberté"devoir leurs Femmes devant Témoins, si elles
en faire :
peuvent f'échapper avec eux la nuit, Personne ne doit les
rougir Duresse, lès Parens veilleront à ce que
ItursFillesn'aient point d'intrigue criminelle; car si cela
,ils
venait à arriver par leur faute en feraient responsablës
rau Mari, qui exigerait d'eux une fatiffaaion, outre la
fcpunition qui leur ferait imposée
par le Comité de leur Cor-
pbtation, ainsi qu'il fera dit par ci-après, à l'art. CXXIÎ,
infpcclion des Comités, fous le Titre V.
XCIX. LES Hommes-de-mer, quoiqu'assujétis à la réforme
De la mergénérale,
Ii du com-
merce.
auront néanmoins
il fera détaillé dans les articlessuivans :
un régimeparticulier, comme
Le commerce
de-mer se fera par ces Hommes-seuls, qui composeront
des Familles entières, S: aufqueUes fera attribuée la pêche;
non par un privilège particulier, mais à raison dé la proxi-
mité de la mer : ,
Ils monteront de-préférence les vais-
seaux tant de guerre que de commerce pour y servir en
:
autres Comités de l'intérieurf'adrefleront, pour avoir les
,
marchandises nécessaires Il y aura en-outre, à la Ca-
pitale de l'État un dixième du premier Sénat du Royaume,
ou
Etat,
anciens Matelots & Soldats-de-marine :
composé desanciens Ntgocians, qui étaient déjà
ce fera cette
,
partie marine du Grand-Sénat, qui fera les demandes
générales qui preferira les articles de commerce à se pro-
, :
curer, laissant néanmoins lesNegocians maîtres des objets
d'échange
Climats éloignés ainsi le commerce de la mer ,
parce-que ces objets peuvent changer dans les
dans la
Réforme proposée, n'en fera que plus fIoriffanr.
C. LES Enfans des bords
Éducation des leurs premières années
si régime des
nager, des qu'ils pourront
de la mer,
;
feront
avec cet élément
familiarisés
on les fera
faire usage de leurs membres,
àlalins.
tant les Ailles que les Garfons, afin que les Mères guident
elles-mêmes leurs Enfans dans les flots, en l'absence des
LPères. Ils auront:, immédiatement aprèslesevràge, trois-
:
fois la semaine, le genre de nourriture des Matelots en
voyage de long-cours ils commenceront dès l'âge de sept
:
aine, dans la forme ordinaire des habits de Matelot A
ix les à quinze
ns, ils commenceront entrer par rang d'ancienneté
,
dalasla Clâflfe des Matelots. Malgré ce genre d'éducation,
ils n'en feront pas moins obligés d'apprendre les sciences
des Hommes, savoir, à lire, à écrire, deux langues-mortes,
le latin & legrec, la géographie, l'astronomie & toutes
les mathématiques,enfin les langues vivantes les plus né-
es Écrivains
aux Matelots durant les voyages;
eÍfaires: mais la plupart de ces sciences feront enseignées
& pour cet effet, tous
feront des Maîtres versés dans
t
les sciences: aussil'emploi de ces Hommes (era-t-il consi-
dérable; ils auront le rang d'Officiers-de-marine, & ob-
:
tiendront les mêmes marques d'honneur, lorfquils auront
ait leur devoir d'une manière distinguée mais quoiqu'ils
puissentcommanderauxMatelots, pour toutcequi regar-
era l'infuuaion, leur pouvoir cèdera toujours à celui du
Capitaine, lorsqu'il fagirade la manoeuvre ou de la dfenfe
u vaisseau ; ils ne disposerontque des momens inutiles.
f
era
es
:
LEfort des Matelots, puis Soldats-de-marine, reffem- C1.
en tout à celui des autres Citoyens ils passeront par Leurjort,
mêmes gradations d'âge, de liberté, de commandement
: : :
sec de repos Adolescens, ils feront mousses, ouAppren-
ifs
es, ;
Garfons & Jeunes-mariés, matelots
Soldats-de-marine
Jeunes-hom-
Hommes, Écrivains & Maîtres,
Officiersensuite, Chefsd'Escadre, &c.a : Vieillards, il;
se retireront, & feront Négocians, Citoyens refpeélableî
à tous égards, & de là, ils paieront par les djfféren
Comités, pour parvenir enfin à être Membres du Sénal
de la Capitale. Ils feront aussi les Banquiers de l'Etat,
non pour l'intérieur, qui n'en aura pas besoin, mais avec
l'Étranger, & le Gouvernement fera les traites d'argent
que par leurs mains : ne
Cependant ces Négocians ne pour-
ront avoir un pécule qui aille plus d'au-double de celui des
Cicoyens ordinaires les plus méritans, ou dumoins leurs
:
Enfans ne pourront succéder qu'à ce pécule modéré
reHe entrera dans les coffres publics
;
mais il y aura un
le
:
richc, qui dans sa vieilleÍfe, & même à sa mort, èonnera
lui-même à FEtat ce furplCts de sa fortune S'il est encore
c
vivant, il fera décoré du privilège des Centenaires, est-
:
dire, qu'il fera remis dans l'état qui a précédé la société ce
qui se fera dans la même formule que pour les Centenaires,
fuit: Citoyens , le
ci-après, fous le Titre V, art. cxxill, en y ajoutant ce qui
nommé Tel, nlgociant, dont
travaux avaient amassé d'immenjes richesses, vient,
les
,-
C'ejl pourquoi son très-honorable Comité en a
lequel, de
Vaveu de l'auguste Souverain (ou supréme Magijlrat),
l'a émancipé de toutpouvoir humain, le fesantpaffer
naires qui nous ont tous vu naître,&c.a :
d'âge-en-âge jufquà celui des très refpeclables Cente-
, lerelie
ressemblant à la formule pour les Centenaires. Si les
Marins font des prises sur l'Ennemi, il en auront une par-
,
tie qui augmentera leur pécule, &fera jointe au profit
de leurs cargaisons, dans laquelle ils feront tous intéressés
tenans & les
;
pour une portion, les Mousses, un quart-de-part; les Ma-
telotsunedemi-part lesSoldats, une part; lesSouflieu-
Ecrivains deux parts; les Lieutenans & les
Patrons ou Pilotes, trois parts; les Capitaines, quatreparts;
un Chefs d'Escadre, dix parts; un Amiral, vingt parts,
en prenant chaque part, pour une portion égale par tête ,
d'après le nombre des Hommes duvaisseau. En cas de
,
¡
;
maladie, à terre les Matelots feront soignés comme les
autres Citoyens en cas d infirmité durable, mis dans une
Infirmerie, ou maison des Infiimes, où ils feront nourris
,
;
t
fous l'infpeélion des Veuves.
N.a Il y
, ,
aura aussi par tout le Royaume de ces Infirmeries pour
tous les ordres des Citoyens
,
toutes iss douceurs de la vie oui lui conviennent
petite chambre
;
ou l'Humanité languillante trouvera
Chacun aura sa
comme dans les MalczJÛres, qui feront disposées le
long du vastecorridor d'un bâtiment en rotonde, firué dans un lieu
fain & bieh aéré.
[ LANoblesseaallclle fera conservée dans ses préroga- C II.
Des Gen-
tives, en formant une Clâsse à-part, qui aura ses réffeéloires tilshommes.
:
Û
à la Réforme
sante
,
pendant, il faut avouer, que si les Nobles voulaient faire
le sacrifice d'une diftinétion aussi embarras-
ils acquerraient des droits éternels à la reconnaît-
,
; ,
sance du Genre-humain afinqu'il n'y eut plus qu'une
feule vraie Noblesse, la personnelle qui feule est digne
d'une louange bien-méritée.
LES Gentilshommes, entantqueféparés, feront comme CIÎÎ.
une Nation diftinéle dans l'Etat, qui aura toutes les Leur régiras
gra- & leurs
dationsordinaires sans aucune différence: & si elle a des plois. em-
,
Coupables, ils ne feront point confondus avec les Autres,
-moins que ce ne fût un genre de punition., qu'on voulût
ajouter. Les Nobles obtiendront de-préférence, ce qu
donne toutes les dignités ecclésiastiques, où le célibat ef
,
indispensable, commelesArchevêchés, Évêchés, Cano-
,
nicats, & mêmes les Cures, cette dignité après la Ré-
forme devenant plus considérable que jamais & de 1:
plus grande importante. Il en fera de-même, & à plus-
, la feule diffé-
rence c'est que le Gentilhomme ne servira, en cette qualité,
rue dans la cavalerie, & qu'il aura un avancement plus rapide
de deux années, que toutes les Clâsses ordinaires: on
aura foin anssi, que certains emplois à la cour ne puissent
être remplis que par des Nobles, afin qu'ils soient em-
ployés le plus qu'il fera possible. Mais il fera libre a tout
Noble, de déclarer qu'il veut suivre le fort commun de ses
Concitoyens, pour être clâsië parmi eux, & il en fera loué
;
publiquement. Les mariages des Nobles, se feront comme
les mariages ordinaires la feule particularité, c'eil qu'ils
:
feront bande à-part, & que les Jeunes-gens choisiront
parmi les Jeunes-filles de leur condition Libre néanmoins
à chaque Garson-noble de se faire mettre dans la Troupe
desEnfansdes Citoyens ordinaires, pour choisir commeeux
; ,
& avec eux &: il aura en-outre le privilège, fil n'a pas fait
de chois dans les Filles de condition ordinaire de pouvoir
revenir choisir à son rang parmi les Filles-nobles. De-
:J
même une Jeune-demoiselle pourra demander à être placée
dans la troupe desFilles ordinaires, à sonrangdemérite sans
que Perronne, dans lesdeux cas, puisse empêcher les eMnes-
gens nobles d'user de cette liberté. LesNobles auront
encore leurs Comités particuliers deVieillards, qui ressor-
:
tiront aux Comités particuliers de la même espèce dans les
Villes supérieures dans le Sénat suprême de la Capitale
de la Nation, il y aura un nombre proportionné de Sé-
inateurs nobles,chargés également des affaires de leur
i
t CE Lu qui exerce ses facultés intellefluelles est le Hommes.,
premier des Hommes. Toutes les Nations ont eu cette de-lettres.
CIV.
: ;
idée; les Hommes-de-lettres furent les premiers Prêtres
& les premiers Magistrats ils ont établi les religions &
lence ,
les lois L'Horame-de-lettres est l'Homme par-excel-
puis(Itl'il porte au dernier degré de perfeaion, la
facultéquidistingue l'Homme des Animaux: Il est l'âme
de l'Etat, dont les autres Hommes ne font en quelque-
façon que le corps. C'est fous ce point-de-vue que les
Auteurs feront considérés, après la réforme. Tout Gar-
son, Jeune-homme, Homme ou Vieillard, pourra entrer
:
dans la carrière de la littérature, dès qu'il se sentira les
dispositions néceuaires mais il ne fera Homme-de-lettres,
qu'après l'approbation donnée pour l'impression de son Ou-
vrage : desorte qu'il fera ce premier eirai, sans abandon-
ner les occupations ausquelles il est astreint en qualité de
Citoyen, Dès qu'il aura parachevé la composition de son
,
des Membres de l'Académie lequel déclarera ,
manuscrit, il le portera au Censeur, qui fera toujours un
, si la ma-
, ;
point aux autres marchandises (ceux des sciences élémen-
)
taires exceptés
Libraire. leur pécule
f
ils achèteront par les Particuliers ave(
au Bureau des Auteurs, qui fera tenu par Ceuj
d'entr'eux qui auront déclarés qu'ils cessent de travailler :
:
Amii, en cas de non-lucces, la médaillé avec le portrait de
l'Auteur, fera de cuivre à un mille & audessus de vente,
elle ferad'argent; d'or à trois milles: encasderéimpressïon,
, :
qui augmente ce nombre, & le faffe aler à dix milles , la
médaille d'or fera enrichie de brillans enfin, si les éditiom
étaient sans nombre comme celles des Ouvrages des Cor-
neille, des Racine, des Molière, des Voltaire, de
J
Rousse-au &c.., outre la médaille, l'Homme-de-lettrcs
, :
ferait avancé de vingt ans d'âge
littéraire
fil réunifiait au mérite
le patriorifme le plus ardent, & les mœurs
:
teur aura une féconde médaille, proportionnée au mérite
de sa production, & ainsi de-fuite
,
de-forte, que le même
Homme qui aura eu foit une médaille d'or, d'argent, ou
plus précieuse, pourrait ensuite n'en avoir une que de
cuivre. Les médailles des Gns-de-lettres feront visibles,
& leur procureront l'entrée d'un endroit particulier aux
: ,
fpeétacles,&une place aux séances de l'Académie de la
Nation Pour être Académicien il faudra aumoins deux
debrillans :
médailles d'or, ou trois d'argent, ou une feule enrichie
toutes les médailles de cuivre, ne donneront
;
nommera les Critiques à la pluralité des voix, & elles les Cr¡ciqusJ
choisira parmi Ceux qu'elle croira les plus capables ces
;
Critiques remplaceront les Journalisesactuels, & feront
,
chargésde l'examen des Ouvrages
satisfaire la malignité
ce qu'ils feront non pour
mais pour contribuer au progrès de
:
l'art Et comme ils feront eux-mêmes des Maîtres, ils
;
indiqueront toujours à l'Auteur critiqué, la route qu'il
aurait du suivre souvent même, si l'Ouvrage en méritait la
peine, ils le feraient réimprimer d'après leurs observations,
si l'Auteur critiqué l'exigeait, & le Public deviendrai le
juge de la bonté deleur travail. Le pécule des Auteurs fera
tomme'dans les autresCorporations, tiré du produit de leurs
productions, tout ce que l'État doit y prendre prélevé.
iS un Auteur composait un Ouvrage capable de cor- CVI.
rompre le cœur, & de porter au crime, il ferait dégradé Punitions.
de sa qualité d'Hommesie-lettres, & confiné parmi les
:
Difformes coupables, à-proportion du démérite de foi
Ouvrage, & du mal qu'il aurait causé mais la loi l
,
porter à cet égard ferait inutile,puifqu'aucun Auteui
dans la Réforme à-moins que ce ne fût un Centenaire pai
privilège, ne pourrait rien faire imprimer de repréhensible :
, : ; ,
Et dans ce dernier cas, la loi se tairait on se contenterai)
d'anéantir l'Ouvrage sans rien dire au Coupable qui ne
ferait puni qu'après sa mort car son corps ferait flétri &
deshonoré, comme chés les anciens Égyptiens.
CVII. LES Aéteurs ou Comédiens feront pris dans la Nation,
Adeurs ou parmi les Jeunes-gens destinés un-jour à parler
Comédiens. en public :
Cetétat, qui n'en fera pas nu, mais unsimple exercice, ainsi
;
qu'il a été dit art. XXVIII, n'emportera aucune flétris-
sure il fera aucontraire la marque du talent &del'esprit
C'efi: pourquoi les Enfans de la Noblesse y feront appli-
:
qués de-préférence, en observant toutes les règles de dé-
cence, qu'on trouvera dans la Mimographe. (*).
Ceux qui excelleront dans l'art dramatique, en repré-
:
même son Personnage, par le Sénat-suprême; carenceder-
nier cas, il faudra la réunion de toute l'autorité le Coupable
forme: :
l'aler inviter
:(
La formule de l'invitation fera en cette
Honorable Citoyen Tes Compatriotes,
émerveillés de ta belle action onlafpécifiera ), en ont
fait faire une Pièce à ta louange, dans laquelle ils te
(
prient &je teprie moi-même) qui pourrais te com-
mander, mais je m'en abjliens en cette occasion ), de
venir leur montrer, comme tu as fait ton action im-
mortelle, afin quilst'endonnentlalouangeméritée si
,
ne demeurent pas ingrats envers toi. Razs-toi à leurs
vœux rfünis, situ lepeux, car ils partent de cœurs
qui t'aiment. L'Homme magnanime repondra ce qu'il
jugera à-propos, foit acceptation, foit refus, en ces
termes: —Très-honorablePèrecentenaire: Jefuisajffés
recompensé par l'honneur que mefait votre refpeclablt
exceptéle (
Roi eulesouverain Magiflrat ) ;
Personne, qui est audessus de tous les autres Hommes,
;
chiépiscopat, cdui de nonagénaire; enfin la papauté, celui
de Centenaire le Centenat fera en-outre affeété à tous
les Évêques ou Archevêques princes-souverains, attendu
que ce titre, par ses priviléges, est inséparable de la
foutferaineté.
ex. LES jeunes Clercs, avant l'ordination,
Emplois plcyés à la pompe & dignité du service divin
des Ecclé-
;
*feront em-
ils feront
siujîiquej. en-outre
avec refpeft:
fournis auxPrêrres, dont ils exécuteront les ordres
:
ils pourront entrer dans le foudiaconnat à
:
trente ans à trentecinq dans le diaconat dans ces deux
places, ils feront employés par les Prêtres, à servir &
consoler les Malades dans les Infirmeries, tant de l'inté-
rieur du Royaume, qu'à la fuite des armées: à quarante-
neuf ans, ils recevront la prêtrise, &aveccecaraâère
:
se feront à la pluralité des suffrages, qui jugeront
le Candidat propre au saint ministère mais il y aura beau-
coup plus de maturité, dans la délibération qui se fera
pour un Prêtre-curé; davantage encore pour
un Évêque,
Chef né du Synode ,
d'une absolue nécessité pour leur avancement
:
il fera le
ou Corporation ecclésiafiique, tant
pour ladiftribution du pécule, que pour le spirituel Car
lesEcclésiastiques auront un pécule, comme les autres
Citoyens; leurs travaux ayant un prix,quifervirad'abord
a les acquiter envers l'Etat, comme toutes les autres
Corporations, & le surplûs fera partagé entre tous les
Ordonnés y depuis le Soudiacre, jusqu'à l'Evêque, en
à :
,;
suivant une proportion semblable
c'est-à-dire
part-&-demie le Prêtre deux parts; ;
celle déja établie
,
que le Soudiacre aura une part le Diacre une
l'Archiprêtre ou
,
Curé dans les grandes Villes, ainsi que les Chanoines de
la cathédrale ;
trois parts les Grands-vicaires les Digni-
,
taires du chapitre, le Théologal, & le Pénitencier, quatre
parts; l'Evêque dix parts: Il fera borné-là, parce-que
les aumônes ne feront plus nécessaires après la Réforme.
La direction dçs consciences, pour les devoirs preferks
;
par la religion fera dévolue aux Prêtres-Curés seuls, &
non à d'Aurres ce frein étant beaucoup plus puissant,
sur-tout dans les [Link]'ilefldans la main d'un
Pasteur refpeêté, quiconnaît tout le monde.
CXI. L A médecine & la chirurgie feront réunies en un seul
DesMéde-
cins,
Sujets qui auront opté,
corps indivisible, quoique chacun foit exercée par des
& qui en auront fait la déclara-
tion, laquelle fera inscrite sur le regitre de la Faculté:
les principes de l'art de guérir, fous les deux dénomina-
tions, f'enseigneront ensemble, & les Maîtres, qui tous
:
ferpnt des Vieillards, auront la plus grande attention
bien former leurs Elèves
à
Lorsqu'il f'agira de prendre
une dénomination, la Faculté tiendra une affernblée, ou
ses Bacheliers se feront dénommer Médecins ou Chirur-
giens, sans que l'une de ces dénominations foit en rien in-
;;
férieure à l'autre les Membres de toutes-deux feront
égauxdanslaFaculté leDoyen fera même alternativement
:
de l'une & de l'autre Et néanmoins, dans le traitement,
donne au bras; ,,
le Médecin ordonnera au Chirurgien, comme la tête or-
mais tout se fera d'un parfait accord ainsi
la même Corporation ;
qu'il convient entre deux Frères, qui font égaux & de
l'habileté feule pourrait mettre de
la différence entr'eux : Et dans le cas où un Membre de là
des Guerriers,
ces recompenses feront dans la même proportion que celte
ou particulier.
fuiyant que le service rendu fera public
;
aura ni Procureurs, ni Huissiers, dont lès Surveillans pu-
blicstiendront-lieu tout se réduira aux fetils,Avocats ou Par
trons, qui servironten-même-tempsdeGreffiers, puifqu'ils
rédigeront les jugemens, d'après le prononcé de la cour
des Pairs. Quant à ce qui pourrait concerner une réforme
séparée de nos lois actuelles, dans le régime exifiant, elle
formera un Ouvrage particulier, intitulé le Thefmo-
| graglze. Tout Avocat, dont les talens supérieurs auront Avocats.
servi à tirer des ténèbres qui l'envelopaient, la junification
d'un Innocent. obtiendra la couronne civique, comme
ou dans un naufrage ,
fil avait fauvé la vie à Quelqu'un dans un combat,
& il aura en-outre le prix
de l'éloquence: S'iljustifiait un Coupable, il ne ferait
pas puni, mais on garderait le silence à son sujet, & il
, ,:
porterait le deuil,jusqu'à ce qu'il eût reparé sa faute par
une autre cause où il aurait fait triompher la vérité en-
outre, jusqu'à ce moment, le Chef de la magiHrature.,
:
devant lequel il plaiderait, lui dirait tout-haut, avant
chaque difeours —Maître. Tel, chrche{ lavérité-*. 1
la
civile, criminelle, ou de police, comme aujourd'hui tom
les procès feront prévenus par la Réforme & la police
: tLa
Après réforme, il n'y aura plus de magiltrature CXIII.
rature.
r
:
fera exercée parles Comités des Anciens & des Anciennes,
ainsi qu'il fera dit fous le Titresuivant lajustice criminelle.
fera de-même exercée par les Comités, lesquels feront
,
prononcer le jugement de l'Accusé, d'après la loi ouverte
par douze de Tes Pairs nommés dans un nombre six-fois
,
lesjugemens à peine corporelle ,
plus grand, dont il pourra recuser cinq-cinquièmes; mais
,
ou dégradation entière
,
devront être confirmés par le Sénat - suprême. Les
Magistrats de ce grand Tribunal après la Réforme,
devront être uniquement chargés des affaires publiques ;
chement des affaires particulières par la Réforme ,
& ils n'auront pas peu d'ouvrage, puisque le retran-
aug-
publiques : :
mentera d'autant le nombre & l'importance des affaires
Il n'y aura plus de contestations de Parti-
culier à Particulier mais il pourrait y avoir des arran-
gemens entre les différens Bureaux & les Comités qui
:
proprement
Nation
dite, que dans la Capitale de l'Etat ou de la
dans toutes les autres Villes & Bourgs, l'autorité
des Comités fera suffisante pour maintenir la tranquilité
entre les Particuliers. Les Magistrats feront particulière-
monde , la
oùl'Homme est abandonné pour ainsi-dire, de tout le rialres.1
pour attendre dans une langueur confurnante, la
douleur& mort,quelaRtformedonneradesjouifTances
morales, &uneimportance, qui abreuvera du netlar de
la joie, la fin de la vie humaine. D'ès qu'un Homme
aura accompli sa foixanteneuvième année, & qu'il aura
vécu quelques jours de safoixanttdixilme, il fera sus-
ceptible des plus hautes dignités ;
à-moins que son inca-
pacité, ou des crimes antécédemment commis, & non-
réparés, ne le privaflent de ce précieus avantage.
;
leur raison baissat, ils feraient mis dans un endroit, où on
Rattacherait a les traiter avec une forte de vénération les
foignant, les amusant, & ne les contrariant jamais.
\Centenaires Quant aux Centenaires,à-l'instant où leur quatre-
vingtdixneuvième année fera révolue, ils feront affranchis
de tout pouvoir humain, & n'auront plusaudessus d'eux
,
leur donner toutes les satisfactionsnon-réprouvées par la
raison qu'ils paraîtront desirer.
CXVT.
Comités. avoir été Surveillant public*
* Voyci
;
A v AN T de pouvoir entrer dans lesComités, il faudra
c'efi.à.dire, avoir exercé une
1art. xvi infpeélion sur un nombre de Garfons, de Jeunes-mariés,
ci-devant. , & de Jeunes-hommes; car les Hommes ne feront plus su-
jets à l'inrpaion des Surveillans, ils dépendront directe-
ment des Comités. On fera Surveillant public, depuis
;
l'âge de cinquante ans accomplis, jusqu'à foixantecinq
aussi accomplis avec cette attention 3 que les Surveillans
les plus âgés, se trouverontinfpe&er les Garfons les plus-
,
, :
pour le remettre au
à table, ils veilleront sur les fer-
sur la décence, le bon-ordre dans les fêtes & les
:
à
;
jeux, ilsaurontl'œil tout, fous les ordres des Vieillards
Ils auront l'infpeaion sur la nourriture des Enfans sur les
;
greniers publics, sur la distribution des denrées & des
outilsnécessaires surl'agriculture, lesouvragesdesarts&
métiers, & toutes les manufactures : Ils infpeéteronc les
Coupables; en-un-mot, ils feront les bras des Comités,
qui par eux feront tout, verront autant par leurs yeux,
entendront autant par leurs oreilles, que par eux-mêmes.
En-conséquence, il fera formé, dans toutes les Villes,
Bourgs ou Villages, un ou plusieurs Comités, composés
des douze Vieillards les plus fages & les plus méritans,
ausquels il appartiendra de régler toutes les affaires de la
Commmunauté, dont ils feront les Chefs. Tous les
Vieillards feront admis à composer ces Comités ; ,
mais leur
, ;
grade & leur importance y feront relatifs à leur mérite
à la Clâsse dont ils sortiront à leur prudence. Les
Vieillards primitiaires auront deux voix deux Secon-
dairestrois voix; quatre Tertiaires cinq voix: Dans
les autres Clâsses, chaque Membre n'aura que sa voix
particulière. Le ressort des Comités f'étendra sur les
mœurs, la nourriture, les habits, le travail, la police
extérieure, les divertissemens des fêtes, les exercices de
la Jeunesse, les mariages, les fournitures a faire ou à livrer,
de quelqu'espèce qu'elles soient.
IL y aura dans chaque Comité, un Membre, Celui CXV11.
Prevôt-des-rnœurs de la Communauté :
dont la vie aura été la plus exemplaire, qui fera établi Prévôtdts
c'efl lui qui don- mœurs.
nera aux Surveillans-publics, les Regîtres dont il a été
parlé, art. xVI, & qui chaque foir les visera, ou les ferc
viser en saprésence, pour voir fil n'y a pas quelque ca;
champ :
urgent, où l'autorité du Comité doive intervenir sur-
Si même le cas était si pressé, qu'il salût y pour-
voir à-l'instant, sur la dénonciation d'un Surveillant, ou
surl'infpeélion duRegître, le Prévôt-des-mœurs leferait
par provision, & le lendemain, il en référerait au Comité
3
ou un Age en-particulier ;
les notifications publiques qui concerneront tout le monde,
on lui parlera,comme a l'Age
entier; sa Personne, fous ce point-de-vue-, ferarespec-
table & sacrée ; Les réprimandes générales à faire à un
Age qui se fera mal-comporté, ou à quelques Patticulien
inconnus qui auront violé les lois , lui feront adreiTées pcr-
onnellement, & il efliiiera les injonctions & menaces que
méritera la faute. Et aucontraire, si l'Age fefi distingué
par quelques Particuliers d'icelui non-connus, leChef-
d'âge recevra les recompenses. ainsi que les louanges qui
;
les accompagneront, les premières referont dans ses mains
jusqu'à ce que le Bienfeseurfoit connu auquel cas, le
Chef-d'âge lui remettra les recompemes, & la Commu-
nauté renouvelera les louanges méritées.
CXIX. LORSQU'IL aura été commis un crime, le Surveil-
Manière lant qui l'aura découvert le dénoncera sur-le-champ au
dont les Ce-
mités exer- Comité, si c'est le temps de son Assèmblée, ou au Prevôt-
police.
:
les Fusiliers de la Garde-bourgeoise ou Patrouille. On
tâchera de l'engajer àavouer auquel cas, & en marquant
:
de larépentance, sa peine fera toujours moindre, si ce
n'efidans le seul casd'atfacinat fil refuse d'avouer, &
la peine méritée ,
qu'il foit ensuite convaincu, il subira toute la rigueur de
alaquelle l'auront condamné les art.
XXII & LXII du présent Règlement. LeSurveillant-pu-
, :
blic f'il a vu accompagnéd'unTémoin, formera preuve
complette
,
:
,
dans la Clâsse des Douteux, jufgu'à ce qu'il foit parvenu à
:
prouver son innocence Les Doutezis ne feront sujets à
aucune peine mais ils occuperont le dernier rang, entre
pables :
les Citoyens intaéès de la plus basie Clâsse, & les Cou-
ils ne pourront eller en jugement comme Té-
moins, participer au pécule, en-un-mot, ils feront dans
un état de décret.
;
Quant au civil, les Comités n'auront pas beaucoup d'af-
faires
Réforme.
tout ira bien, par le bon règlement qu'établira la
;
I
f La police se fera comme il a été dit par les art. LXV
jusques & compris LXXXVIII &à-l'aide de
l, * Voyeç
cet en- les arr. LXXX
chaînement de moyens, la vaste machine de l'État ira Se suiv. des
Gynugra-
presque-seule *. phes.
1
IL y aura dans laCapitale, outre les Comités ordinaires cxx.
pour chaque Communauté
,
le titre de Sénat-suprême
y établie, un Comité
lequel formera comme le con-
seil du Prince, & décidera de toutes les affaires fous son
Comité
qui aura Sénat. -
autorité: Il fera composé des Membres les plus savans S
les plus expérimentés de tous les Comités du Royaume
des plus fages d'entre les Nobles, d'entre les Négocians
&les autres conditions, sans exception aucune. Ce Séna
fera le corps de la Magistrature proprement dite : car i
ne décidera que des affaires publiques, concernant le
Étrangers,
ou les Provinces & les Villes de l'intérieur
On lui présentera la revue de tous les jugemens des Co
mités, qui, par leur importance, feront sujets à un appel
autres Citoyens:
difiinétions qu'ils auront méritées, du même genre que le
Ils auront de-piûs, un plumet-noir
leur chapeau, distinction qui ne fera permise à aucui
autre Corps de Citoy ens.
Les Surveillans publics auront l'habit comme les autre
Citoyens; la feule différence, fera une épaulière rouce, e
bonnet-carré rouge, sans houpe.
un
Les Membres des Comités feront habillés de violet
avec des boutons rouges, & un petit chaperon-rouge fut
leurs épaules:
& commode, avec la houpe :
ils auront une forte de bonnetcarré rouge
(l'habit entier fera toujours
de la mêmecouleur).
,
d'or sans diamans pour les trois Corps précédens d'argent
pour tout le reste des honnêtes Citoyens de cuivre pour
les Douteus, & de fer pour les Coupables.
LORSQUE les Garfdns feront mariés, & séparés de cxxir.
leurs Femmes, aÎhú-qne le prescrit l'art. XLII, c'estle Infpeâtort
Gouvernement, qui leur répondra dela fidélité de leurs descomites;
conduite &
Épouses. S'il arrivait, qu'en-conséquence de la facilité jugement
que donne
quelque galanterie ,
l'art. III,
xcv une Jeune-épouse se livrât
elle ferait punie avec la plus grande
sévérité, réduite au dernier rang des Difformes & des
des Coupa*
a bles.
-[Link],1
11 le mariage • -1 etc.
cane, A : - -1
"'!If". iles Lomites
Mais
;
feront infpeaer les Jeunes-mariées avec tant de foin, qu'ils
préviendront les desordres, aulieu de les punir & cela en
mettant les Jeunes-gens, quels qu'ils soient, dans l'im-
possibilité de lier une intrigue amoureuse. Les Chefs-
d'âges & les Sur-veillans publics, aiafi que les Parens ,
silence, tant qu'elles feront innocentes :
connaîtront toutes les liaisons, & garderont un profond
mais ils les arrê-
feront avec févédté, des qu'elles paraîtront commencer a
devenir fufpeéles: (ce qui ne doit f'entendre, que d'ur
à
sexe l'autre). Si c'estavec une Fille que le desordre
arrive, leGarson qui l'aura séduite, fera obligé de l'é-
pouser, & tous-deux ils descendront à la dernièreClâsse :
Si la Fille faillit avec un Homme-marié, Celui -ci fera mis
dans la Clâsse des Coupables, & la Fille, au rang des
Filles les plus difformes, pour être choisie en mariage,
par les mêmes Sujets qui doivent prendre leurs Épouses
dans cette Clâssè.
Les Comités auront de-même l'infjJeaion sur le repar-
tissement des habits, instrumens, marchandises, qui se
ou du Commerce : ,
feront par les Bureaux, foit des Laboureurs, des Artisans,
:
sur les repas, tant pour la nature
pour la fourniture des alimens ilsprescriront les extraor-
que
:
en présence de l'Ac-
cusé, avec les douze Pairs qui l'auront jugé d'abord le-
quel Accusé, fera présent à tout ce qu'on dira, 6r en
:
entendra les moindres paroles, pour y pouvoir répondre,
jusqu'à conviôion légale & définitive alors il fera écarté,
pour rédiger le jugement, & rappelé pour l'entendre lire.
Les Accusés obligés de se rendre pardevant le Sénat-
suprême, irontfeuls& librement; à-l'exception des Cri-
minels convaincus, & dignes de mort, lesquels feront
,
route ,
I conduits de Ville en Ville, ou de Village en Village sur la
f
par les Patrouilles de chaque Lieu qui les remet-
(tront à Celle de l'Endroit où ils arriveront, pour f'en-
: f
retourner ensuite chés elles ce qui exécutera de la forte,
IL sansfrais, iufqu'à la Capitale. L'exécution à mort fera
y t
| faite par le- Dernier des Condamnés, c'est-à-dire le plus Bourreau;
1.
K
f
éloigné de subir son fort, afin de marquer à tout l'Univers,
,
combien la mort-d'Homme est odieuse, puifqu'on ne veut
pas charger un Citoyen honnête d'infliger la peine légale
& qu'on n'en croit capable, que Celui qui a déja volon-
,
tairement homicidé.
l s
LoR Qu'u N Citoyen fera parvenu naturellement à C XXII
l'âge dç cent ans, le jour où il aura un siècle révolu fera Proclama-
I
,
annoncé d'avance à toute la Nation par l' Auteur de la Ga-tiondesCen-
,
zette de la Capitale ce qui équivaudra à une notification de
la part de l'Autoritésuprême
tenatres.
, il :
folemnise ce jour
afin que toute la Nation
Et dans le lieu de la residence du Cen-
yaurauneAssèmbléelematin, à l'heure de son
tenaire
,
reveil, devant sa porte laquelle fera présidée par deux
Membres députés du Grand-Sénat,afin que dès l'instant
où l'on apprendra son reveil, les Trompettes, les Tam-
bours & tous les autres Instrumens de musique guerrière
:
foniient tous ensemble, durant tout le temps que le Vieil-
lard fera à f'habiller & dès que le Vieillard paraîtra, les
;
deux Membres du Grand-Sénat favanceront pour aler le
rainer ensuite ils le prendront fous les bras, pour l'aider
à monter & à fafleoir sur
un siége élévé, couvert d'un
dais, Otl3 le féliciteront de la part du Grand-Sénat & de
toute a Nation: Cela fait, un Héraut montera derrière
1
le Vieillard,
mation suivante: Citoyens !
& criera d'un ton fort & difiina, la procla-
vous avez. le bonheur d'a.
voirdevant les ieuxce vénérable Mortel, favorisé dt
laNature, laquelle l'a confiitué avec complaisance 6
solidité, afin qu'il montrât combien elle efi puissants
dans la conformation desEtres quelle veut favoriser
Honoré foit le favori de la Nature!(ce que toui
;
le monde répètera): Béni foit
Dieu, dont la bontt
,
porte à un siècle la
vénérable
vie
desHommes!. Choyer
vous qui nous avt{ tous vu naître, nous
vos Inférieurs & vos Enfans, nous venons en corps, 6
de la part de toute la Nation, vous déclarer que VOlt.
il
ttes audessus de nous, & qu riy a plus aucune lo
faite par les Hommes quifoit audessus de vous vou. ;
n'êtes plus soumis qu'à celles de Dieu & de la Nature..
foit le Favori de la Nature! le refpeclable Cen
Honoré
tenaire! (
,
Ce que tout le monde répètera, par un cr
d'acclamaiion). A quoi le Vieillard fil le juge à-pro-
mes Enfans ,
pos, pourra répondre: -Mes Concitoyens, mesAmis
qui abreuvez. de joie mes derniers jours
bénissoyiez-vous!.Mais je ne veux pasme fouf
traire aux faintes lois que m'ont protégéjusqu'à et
jOllr: aucontraire, je les veux chérir & pratiquei
à
jusqu
répétera:,mon dernier infiant-. Et tout le mondt
Honoré foit, &c.! Auffitôr après cette
proclamation
:
le Centenaire fera conduit dans la salle di
Réfectoire, où l'on servira ledéjeûner on sortira enfuirc.
fil fait beau, pour aler sur la place publique, où 1s
f j
jusqu'à l'heure du dîner:
Jeunesse, exercera devant le Centenaire à différens jeux
Le Vieillard fera placé au-mi-
lieu, à une petite table destinée à cet effet, qui terminera I:
spirale-de-lirnaçon) où il mangera avec les deux Membre:
du
; il
duSénat & occuperacette place le reste de ses jours, ayant
à ses côtés les deux Plus-anciens de la Communauté pour le
fcrvir, & le plus aimable &leplus méritant des Jeunes-gens,
pQur leur apporter tout ce qui fera néccflàire. En cas de
maladie, il fera servi avec attention & refpecr, dans l'en-
droit le plus commode & le plus distinguéde la Maladière.
LORSQU'UN Citoyen fera mort, le Surveillant public ÇXXIV,
Eloges fit*,
qui aura été le plus à-portée de le connaîrre, fera chargézebres.
de composer son Eloge, fil a été verrueus: Ille fera
attester, après l'avoir composé, par tous les Familiers
du Défunt, lesquels apposeront au-bas leur signature,
avec une remarque correétive, dans le cas ou l'Auteur de
l'éloge se ferait écarté de la vérité. Si aucontraire, le
droit à la célébrité
rance des Hommes
:
lefqueltf y entreront à-proportion de leur âge & dejeur
Les Académies feront donc la vété-
célèbres:
sur tout le Corps de la Littérature
,
,
Elles auront uneJinfpeeHon
mais par manière de
conseil & d'avis, à-moins d'écarts marqués; alors leur.
jurifdidion deviendrait aftive & elles pourraient infliger
certaines peines, relatives à la Littérature feulement
Les Académies fourniront feulstousles Censeursdes Livres,
6c tous les Journalissés ou Critiques: elles nommeront ces
, -
Derniers à la pluralité des voix après un mûr examen
fils viennent à démériter.
-
:
& pourront les deflituer
LES Académies donneront à l'Etat un ou deux Hommes
CXXVI.
Gantiers. fltrs, pour faire la Gazette de la Nation, laquelle devien-
dra par la fuite un Duvrage important, parce-que tous les
règlemens publics, les recompenses, les flétrissures, les
inditationsde guerre ou de paix, en-un-mot, tout ce qui
,, y ,
émanera des Comités, du souverain Sénat, & du Prince,
lui-même trouvera inféré sans autre espèce de pu-
blication quien-effet-sera suffisante; attendu, que la
,
Gazette de l'Etat fera lue tous les samedis,après-midi par,
; ,
entr'elles toutes les parties de l'État, par la connaissance
de Iburs affairescommunes que tousses Membres f'aiment
& se chériffent que le bien encourage par sa sublimité ;
la
que le mal effraye par la punition & honte qui en fera la,
tion de l'Aflàcin,
fuite; observant qu'il n'y aura aucun Coupable, à-l'excep-
a
qui ne puisse revenir renpifcence
J
corriger remonter par de belles aélions au graded'oùj
, se
,
-
;
il est déchu & dans ce cas, la repentance fera inférée dans
Peuple :
fera infiniment puissante pour le Gouvernement & sur le
J
c'est pourquoi la place de Gatetier - qui fera
r
,
nommé désormais, le Grand-Enonciateur, fera une des
rharges les plus importantes de l'État & Celui qui en
fera revêtu, fera de droit undes Membres du Sénat-su-
,
prême : Il aura la faculté d'adresser des difeours exhor-
tatoires au Peuple, pour l'encourager au bien à la fuite
des belles ou des mauvaises aétions qu'il annoncera; mais
-
ces discours n'auront que l'étendue qui convient à ce
genre
[ conjedurale ; n' y inférera aucune nouvelle fatiffè ou
tout y fera vrai, & sur les meilleures ob -
fervations : Il y fera aussi question de toutes les Parties-
du-mondeenabrégé.
CXXVII
& ,
L E présent Règlement ainsi fait, lorsqu'j) fera une-fois
agréé consacré & arrêté par le consentement de la Nation,
:
DERNIER.
Sanction foit qu'on l'adopte tel qu'il est, ou qu'on y faffe des chan-
de ce Règle- gemens crus nécessaires, fera une loi irréfragable après
ment&de l'avoir rédigé, le fera écrire sur la pierre, & placer
clui les on
;
GYNOGRA. dans les Réfectoires publics, afin qu'il puisse y être lu &
PHES. médité il fera aussi imprimé, pour être mis entre les
mains des Enfans, immédiatement après le dévelopement
,
de leur raison, afin qu'ils puissent le lire, l'apprendre par-
,
cœur, &fe l'identifier au-point qu'il règle leur conduite
Et quiconque, après la fandion publique refusera de l'y
:
soumettre, fera obligé de se retirer dans une des trois
Opposans ,
Villes, dessixBougs & des vingt Villages reservés aux
;
dans lesquels ils vivront à l'ancienne manière,
jusqu'à leur décès après lequelleurs Enfans feront tenus
de se conformer à la règle générale.
Récapitula- L'éducation doit précéder la naissance. i, Les Gar-
tion.
TITRE I. fons doivent relier libres de leurs membres. 2., On doit
Des Gar- éviter la molefle dans leur éducation. 3, Ils doivent
fons. avoir beaucoup d'exercice. 4, On commencera de les
,
occuper à six ans accomplis. 5 Ils feront utiles à neuf
ans. 6, Leur nourriture fera faine& frugale. 7, Leur
,
coucher fera fain sans être trop-dur.. 8, Leurs mala-
dies feront traitées avec foin , mais par le bon régime,
plutôt que par les remèdes. 9, LesAdoîefcensferont
gouvernés par la règle. 10, Ils feront repartis chés les
Maîtres des sciences, arts & métiers. 11, Toute
leur conduite fera réglée. 12, Leurs habits feront com.
modes & sans embarras. 13, Ils feront astreints à une
obéissance rigoureuse. 14, UnRegître renfermera toutes
les observations sur leurs mœurs, i<$,mais ce Regître
ferafecrec. 16, Il fera l'ouvrage desSurveillans publics.
politesse. ,
17, Ces Derniers exerceront leur emploi avec douceur &
18 Il y aura une déférence établie, des Plus-
jeunes aux Plus-âgés, suivantla gradation d'âge. I9.J Elle
servira pour réprimer les rebellions, fil y en avait.
, ,
feront par Troupes de dix à douze ans, de douze à quatorze,
quatorze a telze, &c.a 30, Il y aura des prix suivant
les degrés de mérite. 31 Chaque prix laissera une
marque jamais sur l'habillement dit Prisé. 32, Ces.
marques feront désormais les feules véritables diftinélions
parmi les Hommes. 33, La Religion fera celle du cœur. TITRE If,
34, Le irçariage est 35,
nécessaire. Il efl indîfpen- DuMa-
excepte en cas d'infirmité, ou de trop-grande diffor-
rwgt-
,il, ,
Difformes, sans inconvénient. 39, Une juste cause de
refus de la part de la Fille fera honteuse pour
40
le Garson.
Mais une cause non-légitime, retombera sur la Fille.
On donnera des- inftrudions aux Nouveaux-mariés.
4%, Ils feront gênés dans leurs privautés
f
; 43, & punis,
fils efforçaient de braver la loi précédente. 44, Mais
Jeunes-épouses
-
,
si par adresse, ils parviennent à voir leurs Femmes, ils
en feront lôués.4^ On aura de l'indulgence pour les
enceintes, en tolérant les visites de leurs
Maris. 46, Une infidélité ferait punie avec toute la sé-
vérité de la loi. 47, Les Nouveaux-Épous feront distin-
TITREXII. gués par leurs habits.
Des Jeu-
nes - hom-
48, Trentecinq ,
ans fera l'âge où les Jeunes mariés
prendront le titre de Jelines-hommes. 49, Ils se fera
mes.
pour-lors un changement dans leurs, habits. 30, Ils
;
une autorité sur les Plus-jeunes:
commenceront à avoir de l'importancedans l'État )1., &
il y aura d'établie une
forte de Clientelle. 52., Ils demeureront avec leurs
Femmes, & auront de l'autoritésur-leurFamille. 53, Le
bon Mari ferajrès-confidèré. 54, & le mauvais Mari
pourra être privé de son autorité naturellêv35, Les
Jeunes-hommes donneroQt l'éducation casanière à leurs
Enfans, à laquellesuppléeral'éducationpublique. 56, On
ferahohneur aux Parens qui aurohtde bons Enfans. 57, Et
si les mauvais Enfans,lefontpar la faute des Pères &
:
Mères, Ceux-ci en soufFriront du blâme si ce nest pas
TITRE IV. la faute des Parens, ces Derniers feront disculpés. -
:
-manière facile
,
6), el*e produirad'excellens effets.
66) Les reps se feront en-commun dans une falîe-pu-
b'ique
68,
; il ne fera pas oncreus. 69, Les mets feront fains &
:
67, où le service des tables fera fait parla Jeunesse
,
exempteront les Particuliers des fournitures & des achats.
80, On en fera un tableau qui fera voir à tous les Ci-
toyens la compensation de leurs travaux. 81, 82, Le
BlanchiGàge, 83, les fournituresd'inltrumens, 84,assisi
que les vivres, 85, & le logement, établiront cette
compensation. 86, On interdira les Incapables du gou-
vernementdeleurFamille. 87, LesMaladesferonttraités
avec un foin extrême, qui tranquilisera tous les Ages.
88, On démontre, qu'il n'y aurait plus de prostitUtion.
89, La guerre, fléau nécessaire, ferait toujoursjuste,
&jamais barbare. 90 , Les Soldats feraient pris dans les
Jelmes-mariés; 91, lacavaleriedanslaNobldfe; 92, les
au bon-ordre ,
98, Il y aura des Patrouilles bourgeoises, qui veilleront
& prêterontmain-forte aux Surveilîans
publics, quand il en fera besoin. 99, La marine fera
encouragée, & le commerce honoré. 100, LesEnfans
maritimes recevront une éducation particulière & conve-
nable. 1O1, Ils iront à leur avancement certain, par les
:
gradations les plus naturelles. 102, La Noblessè pourra
être difiinguée du reste des Citoyens 103, Elle aura les
emplois lesplus relevés. 104, LesGens-de-lettresauront
une importance méritée.1°5) Leurs diflindions particu-
;
neur, à-raison de leurs services. 112., LesGens-de-loi se
réduiront aux Avocats l'innocence sauvée fera leur chéf-
(
d'œuvre. 113, La haute Mjgiflrature lesComités excep-
tés) fera touteconcentrée dans le Sénat-[uprêmc. 114, Le
Souverain réunira tous les droits &tous les privitéges.
TitHÈV.
DesPicil-
à
115 , OnferaVieillard foixanteneuf ans accomplis, 6c
lûïdiï l'on augmentera en dignitéjusqu'à cent ans. Le Centenaire
fera audelïus des lois, ou plutôt du Pouvoir-humain.
116y Les Cornacsferont les Jugesnaturelsdetous les
Citoyens ; ils regleront toutes lesaffaires de leurjLorpo-
ration en vrais Pères-de-famille, 117, Il y aura un
revôt. des-mœurs, qui fera comme le Lieutenant-général
du Comité, toujours prêta répondre aux heures où le
Comité n'eifpas assemblé. r 18, Un Chef-d'âge fera pré-
posé àla tête de tous les Hommes deTonAgé, pour le
représenter, & lui servird'Orateur où debouche. 119, Les
Comités auront une manière fage & certaine-pour exercer.
la jultice, sur-tout la criminelle. 120,LeSénat-fu-
prê-me fera composé dece qu'il y aurades plus éclairé dans
es Comités provinciaux; il réglera les affaires majeures,
&,.a 12.1, Une marque diltinâtivedans l'habillement,
(indiquera laqualité de tous Ceux qui auront des charges pu-
bliques. 122, L'autorité des Comités détendra sur tout
ce qui ell du régime social : Il n'y aura pas d'autre Bour-
r
'c d" , ,
reau qu'unCond amné à-mort. 12,3 LLaproclamationdes
Centenaires se fera d'une manière imposante
1 "d
&:propre à
causer un salutaire attendriÍrment. 124, Les éloges fu-
nèbres des Citoyens vertueus,. & la satyre des Méchans
exciteront doublement a la vertu. 12-5, Les Académies
feront comme le temple des feienc