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Module de Fiscalite Des Salaires - Ena - Egad - Tas - CMS

Ce document décrit la fiscalité des salaires au Cameroun, y compris les différents impôts et prélèvements applicables aux salariés, retraités et employeurs, ainsi que le champ d'application et les revenus exonérés.

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Ce document décrit la fiscalité des salaires au Cameroun, y compris les différents impôts et prélèvements applicables aux salariés, retraités et employeurs, ainsi que le champ d'application et les revenus exonérés.

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ECOLE NATIONALE D’ADMINSTRATION

-------------
ECOLE DE GESTION
ADMINISTRATIVE ET DIPLOMATIE
-------------
CYCLE MOYEN SUPERIEUR
TRAVAIL ET AFFAIRES SOCIALES

FISCALITE DES SALAIRES

ANNEE 2022
La fiscalité des salaires s’entend de l’ensemble des impôts ou prélèvements
fiscaux qui s’appliquent sur les revenus suivants :

 les traitements et salaires ;


 les pensions ;
 et les rentes viagères.
Ces différents impôts ou prélèvements fiscaux font l'objet de titres et chapitres
différents du Code Général des Impôts (CGI) et se présentent en deux
catégories :
 les prélèvements dus par le salarié
 l'Impôt sur les Traitements, Salaires, Pensions et Rentes Viagères
(proprement dit) ;
 la Contribution Nationale pour le développement économique, culturel
et social de la nation (la C.N) ;
 l'Impôt Général sur le Revenu (l’IGR) ;
 la Contribution Nationale de Solidarité (CNS), supprimée depuis l’annexe
à la loi de finance 2004 ;
 la Contribution pour la Reconstruction Nationale (C.R.N.) instituée en
2004 et supprimée en 2009.
NB : A ce jour, seuls trois prélèvements sont dus par le salarié.
 les prélèvements dus par l’employeur
 la Contribution employeur proprement dite ;
 la Contribution nationale employeur ;
 la Taxe d’apprentissage ;
 la Taxe additionnelle à la formation professionnelle continue.
Tous les prélèvements fiscaux qui composent les I.T.S. ont le même champ
d'application que l'I.T.S

CHAPITRE 1 : LE CHAMP D’APPLICATION

2
L’établissement du champ d’application de l’impôt consiste à identifier des personnes
imposables ou non, bénéficiaires de revenus imposables ou exonérés, ainsi que
l’espace territorial à l’intérieur duquel l’impôt est dû.
SECTION 1 : LES PERSONNES IMPOSABLES
Les personnes imposables concernent d’une part les bénéficiaires de traitements et
salaires et d’autre part de pensions et rentes viagères.
Paragraphe 1 : Les bénéficiaires des traitements et salaires
Conformément aux dispositions de l’article 117 du CGI : « l’impôt est dû par les
bénéficiaires des revenus imposables ».
Ces revenus sont constitués pour les « salariés » par les traitements, soldes,
indemnités, salaires payés aux intéressés au cours de la même année.
Mais, quelle que soit la dénomination, les traitements et salaires sont définis comme
les rémunérations qui rétribuent l’exercice de la profession de l’agent économique
appelé « salarié ».
Selon le guide juridique, « le salarié est celui qui exécute un travail pour le compte
d’autrui appelé employeur. Il travaille sous les ordres et l’autorité de celui-ci et
perçoit en contrepartie de son travail une rémunération ou un salaire »
Trois critères sont donc nécessaires pour conférer la qualité de salarié à une
personne :
 exécute un travail pour le compte d'autrui appelé « employeur » en
vertu d’un contrat écrit ou verbal ;
 travaille sous les ordres ou sous l'autorité de celui-ci (lien de
subordination) ;
 et perçoit, en contrepartie, une rémunération.

Paragraphe 2 : les bénéficiaires des pensions et rentes viagères


1- les retraités et autres bénéficiaires
Les bénéficiaires de pensions sont des personnes qui bénéficient de rémunérations
en contrepartie de droits acquis dans le cadre d’une activité exercée dans le passé ou
d’un service rendu antérieurement.
Exemple : pensions de vieillesse ou de retraité
Il peut s’agir également de personnes bénéficiaires de revenus compensant la
réduction ou la perte d’une capacité de gain.
Exemple : pension d’invalidité.
Ou encore il peut s’agir de personnes bénéficiaires de subsides (qui leurs sont
accordés) pour leur permettre de vivre.

3
Exemple : pensions alimentaires (entre ascendants et descendants, et entre époux
suite à divorce ou séparation de corps).

2- Les crédirentiers
Ce sont des personnes qui bénéficient de rentes viagères ou d’allocations sous forme
de dommages et intérêts.

3- Les employeurs
Les employeurs qui versent des salaires supportent également des impôts sur
salaires appelés Contributions employeur.
De ce qui précède, il convient de retenir que les salariés, les retraités, et les
crédirentiers ne sont passibles de l’ITSPRV que s’ils bénéficient de revenus
imposables.

SECTION 2 : LES REVENUS IMPOSABLES


Les revenus imposables sont énumérés à l’article 115 du Code Général des
Impôts(CGI) et sont de divers ordres.

Paragraphe 1 : Les Traitements et Salaires (T.S.)


Les Traitements et Salaires ont en fait diverses appellations et se composent la
plupart du temps de plusieurs éléments.
● quelques appellations usuelles
Traitements ; Salaires ; Appointements ; Emoluments ; Soldes ; Honoraires ;
indemnités ; etc.
● quelques éléments qui composent les traitements et salaires :
Salaire de base ; Sursalaire ; Résidence (fonctionnaires) ; Indemnités diverses ;
heures supplémentaires ; primes diverses ; gratifications ; allocations diverses ;
avantages en nature ; préavis ; etc.
A : Définition des traitements et salaires (T.S)
Les T. S sont définis comme les rémunérations qui rétribuent l'exercice de la
profession de l'agent économique appelé « salarié ».
Le salaire de chaque travailleur est déterminé en fonction de l’emploi qui lui est
attribué dans l’entreprise ou l’établissement. Ce salaire est défini conformément aux
règles qui s’imposent aux parties en vertu des lois et règlements en vigueur et des
conventions interprofessionnelles.

4
Le code du travail et les décrets d’applications qui régissent les rapports entre
l’employeur et le salarié prescrivent :
- le principe d’égalité en matière de salaire ;
- la nature et le mode de paiement ;
- la preuve du paiement ;
- le salaire minimum interprofessionnel garanti(SMIG) qui est passé de
36.607frs CFA en 1984 à 60.000 FCFA en 2013.

Les traitements et salaires ont en fait diverses appellations suivant la qualité du


bénéficiaire ou la nature du service. On distingue entre autres :
- l’appointement de l’employé
- le salaire ou la paie de l’ouvrier
- le traitement du fonctionnaire
- l’émolument du cadre
- la solde du militaire
- le pourboire de l’hôtelier.

B - Les éléments constitutifs des Traitements et Salaires

1- Le salaire de base
C’est la rémunération minimale fixée pour la catégorie professionnelle à laquelle
appartient le salarié. Il est déterminé par le barème des salaires qui s’appuie sur le
niveau de qualification du salarié et le secteur d’activités.

2- Les éléments accessoires à la rémunération de base


Il s’agit notamment du sursalaire, des heures supplémentaires, des indemnités
(risque, dépaysement, responsabilité, pénibilité), des primes (rendement,
ancienneté…), des gratifications diverses ainsi que des avantages en nature
(logement, mobilier, électricité, certaines dépenses incombant au salarié).

Paragraphe 2- Les pensions et rentes viagères

5
Les pensions et les rentes viagères sont des allocations périodiques dont le paiement
est en général assuré aux bénéficiaires leur vie durant.
A : Les Pensions
On désigne par le terme de pensions, les allocations, rentes ou indemnités allouées
en contrepartie de droits acquis dans le cadre d'une activité exercée antérieurement
ou de services rendus par le passé.
Il peut s'agir également de sommes compensant la réduction ou la perte d'une
capacité de gain ou bien encore des subsides accordés à une personne pour lui
permettre de vivre.
On distingue :
- Pensions de vieillesse ou de retraite
- Pensions d’invalidité
- Pension alimentaire (entre ascendants et descendants suite à un
divorce).
B : Les rentes viagères
Les rentes viagères sont des allocations périodiques ou arrérages qu'une personne «
le débirentier » s'engage à servir à une autre personne « le crédirentier »
pendant la vie de cette dernière.
La rente viagère résulte, en principe, d'un contrat, d'un engagement, d'une décision
de justice ou d'une disposition testamentaire.
Aussi, toutes les rémunérations perçues par le salarié ou dont bénéficient les
retraités et les crédirentiers sont-elles en principe passible de l’ITSPRV en vertu de
l’article 118 du CGI, sauf exonération expresse prévue à l’article 116 du CGI.

SECTION 3 : LES REVENUS EXONERES

Les revenus exonérés sont les revenus qui entrent dans le champ d’application des
impôts sur salaire mais dont le législateur a décidé d’affranchir de toute imposition
pour des raisons d’ordre social, professionnel…
Les exonérations aux ITSPRV sont principalement contenues dans les dispositions de
l’article 116 du CGI.
D’autres cas d’exonération sont également prévus par la doctrine fiscale à travers la
note de service n°3332 du 26 décembre 2002 du Directeur général des impôts.
Ces exonérations qui concernent aussi bien les traitements et salaires que les
pensions et rentes viagères ont des fondements diversifiés.

Paragraphe 1 : Les exonérations à caractère professionnel


6
Elles concernent des dépenses à caractère professionnel, prises en charge par
l’employeur au profit du salarié. Ces allocations exonérées doivent correspondre à
des dépenses professionnelles spécifiques à l’activité exercée et être exposées dans
l’intérêt direct de l’employeur. Ce sont entre autres :

- Les frais de déplacement professionnel


- Les frais de vêtements spéciaux indispensables à l’exercice de l’activité
ou imposé par la nature de l’activité
- Les frais complémentaires de blanchisserie pour les activités
salissantes ;
Etc.
Ces dépenses doivent de ce fait remplir certaines conditions :

 être spéciales

les AFE visés par l’exonération sont celles qui correspondent à des dépenses
professionnelles spécifiques à l’activité exercée.

C’est le cas de déplacement professionnel du lieu de travail à un autre lieu.

Exemple : agents commerciaux, agent de recouvrement…

NB : certaines dépenses professionnelles courantes sont exposées par les salariés
dans l’exercice de leur fonction. Ces dépenses sont des frais professionnels frappés
par la déduction forfaitaire de 20%,(CF calcul de l’ITS). C’est l’exemple des frais de
transport engagés par le salarié pour se rendre à son lieu d’emploi ou à son
domicile, des frais de restaurations sur le lieu de travail, des frais de documentation
personnelle…

 être destinées à couvrir des frais inhérents à la fonction ou à


l’emploi.

Elles doivent être engagées dans l’intérêt exclusif de l’entreprise ; toutes dépenses
d’ordre privé incombant par nature aux salariés ne bénéficient pas de l’exonération
prévue à l’article 116-1 du CGI.

 être effectivement utilisées conformément à leur objet.

Les allocations, indemnités ou remboursements de frais doivent correspondre à des


dépenses réelles, inhérentes à la fonction du bénéficiaire. C’est pourquoi, les frais
engagés doivent être appuyés de factures justificatives de l’effectivité de ladite
dépense.

De ce qui précède, il convient de noter que les AFE sont des allocations (ou prise en
charge de frais par l’employé ou l’employeur) destinées à couvrir des dépenses
courantes ou spécifiques.

7
Lorsque les AFE correspondent à des dépenses professionnelles courantes, elles
sont en principe entièrement taxables parce que déjà pris en compte dans le calcul
du REVENU NET.
En revanche, lorsque les AFE correspondent à des dépenses professionnelles
spécifiques engagées dans l’intérêt de l’entreprise, elles bénéficient d’une
exonération dans la limite du dixième de la rémunération totale
(indemnité comprise, hors avantage en nature.)

 Méthode pratique de détermination de la fraction exonérée des AFE

- Comparer
1- Le montant de la limite qui est égale à 10% de la rémunération
totale perçue
2- Et le montant total des AFE

- La fraction exonérée des AFE est égale au montant le moins élevé.

 Applications

Exercise 1:

Cas n° Total des Rémunération Fraction Quote-part Observations


AFE totale (A) exonérée taxable
des AFE
(10%)

01 50.000 500.000 50.000 0 AFE=10% de


A

02 75.000 1.000.000 100.000 0 AFE<10%

03 90.000 600.000 60.000 30.000 AFE ˃ 10%

Exercice 2

M. Ludel perçoit un salaire en numéraire de 1.200.000f, des avantages en nature de


400.000, une indemnité de salissure de 350.000. Quel sort réserver à cette indemnité ?

Réponse :

Base à prendre en compte (1.200.000 + 350.000) =1.550.000

Indemnité exonérée (10%) = 155.000

Droits compromis (350.000 – 155.000) = 195.000

Total salaire taxable = 1.200.000 + 400.000 + 195.000 =1.795.00

8
Paragraphe 2 : Les exonérations à caractère diplomatique

L'article 116-7° du CGI dispose que sont exonérés de l'ITS « les


appointements des personnels diplomatiques pour l'exercice de leurs fonctions
dans la mesure où les pays qu'ils représentent accordent des avantages analogues
aux personnels diplomatiques ivoiriens ».

Ces dispositions sont à rapprocher de celles de la convention de Vienne sur


les relations diplomatiques du 18 Août 1961.

La convention de Vienne du 18 Août 1961 édicte, sous réserve de


réciprocité, les exonérations suivantes en matière d'impôts directs sur le revenu :

Agents diplomatiques

Ils sont exonérés à raison de leurs rémunérations officielles et de leurs


revenus privés de source étrangère.

Ils sont par contre imposables au titre de leurs revenus de source


ivoirienne, y compris ceux de leur conjoint et de leurs personnes à charge, sous
réserve bien entendu des conventions fiscales bilatérales.

Membres du personnel administratif et technique de la Mission


diplomatique

L'article 37 de la convention de Vienne prévoit que les membres du


personnel administratif et technique de la Mission ainsi que les membres de leur
famille qui font partie de leur ménage respectif (conjoint et enfants) bénéficient,
s'ils ne sont pas ressortissants de l’Etat accréditaire ou n'y ont pas leur
résidence permanente, des mêmes exonérations que les agents diplomatiques.

Membres du personnel de service de la Mission

Ils sont exonérés des impôts directs sur les salaires qu'ils reçoivent du
fait de leurs services, à condition qu'ils ne soient pas ressortissants de l'Etat
accréditaire ou qu'ils n'y aient pas leur résidence permanente.

Domestiques privés des membres de la Mission

Ils bénéficient du même régime que les membres du personnel de


service de la Mission.

9
NB : Les travailleurs originaires des pays frontaliers de la Côte d'Ivoire sont à
considérer comme ayant habituellement leur résidence permanente en Côte
d'Ivoire. Les intéressés qui sont réputés avoir été recrutés sur place sont dans
tous les cas imposables aux impôts sur salaires.

 Paragraphe 3 : Les exonérations à caractère économique

Ces exonérations concernent les salaires versés par les entreprises agricoles, agro-
industrielles et assimilées (article 116-8 du CGI), aux travailleurs classés dans les
catégories professionnelles prévues à l’article 148 du CGI.

Articles 147 du CGI : liste des entreprises agricoles, agro-industrielles et assimilées


dont les salariés, compris dans les catégories énumérées à la section II ci-dessous
sont exonérés de l’impôt sur les traitements et salaires, et qui sont soumises à la
contribution de 2% à la charge des employeurs.

1- Exploitation de quelques natures qu’elles soient ;


2- Exploitation des bois : travaux d’abattage, d’ébranchage, de transport en
forêt…
3- Exploitations d’élevages, de dressage, d’entrainement, des haras ;
4- Bureaux, dépôts et magasins de ventes se rattachant à des exploitations
agricoles, lorsque l’exploitation agricole constitue le principal établissement ;
5- Coopératives agricoles de culture et de stockage en commun ou de
monoculture
6- Etc.

Article 148 du CGI : liste des catégories professionnelles pour les manœuvres,
ouvriers, conducteurs de véhicules automobiles et employés travaillant dans les
entreprises agricoles et assimilées visées au premier paragraphe ci-dessus.

Paragraphe 4-Les exonérations à caractère social

Ce sont des exonérations accordées aux salariés dans le cadre de la mise en œuvre
de la politique d’aide sociale de l’Etat.
Il s’agit :
- des allocations familiales ;
- des allocations concernant certaines maladies
- des cotisations sociales complémentaires ;
- des allocations en cas de départ définitif ;
- etc.

Les allocations familiales 

Elles sont prévues à l’article 116-2 du CGI qui dispose que :

10
« Les allocations familiales, les allocations d’assistance à la famille, les majorations
de soldes, d’indemnité ou de pensions attribuées en considération de la situation de
familles »
Sont donc concernées :

- Les allocations d’assistance versées à la famille par la CNPS et la


CGRAE ;
- Les majorations de soldes, d’indemnités ou pensions attribuées aux
fonctionnaires selon les charges familiales ;
- Les pensions servies en vertu de la loi du 24 juin 1919 aux victimes
civils de la guerre et à leur ayant-droits ;
- Les rentes viagères et indemnités temporaires attribuées aux victimes
d’accidents de travail ;
- La retraite du combattant instituée par les articles 193 et 199 de la loi
du 16 avril 1930,

NB : L’administration fiscale n’admet cette exonération que dans la mesure où ces
allocations sont versées dans le cadre d’un dispositif légal (législation nationale ou
convention inter professionnelle).
Les allocations, indemnités ou majorations à caractère familial ou social attribuées
contractuellement ou gracieusement par les employeurs, constituent des
suppléments de salaires imposables.

Exemple : frais de scolarité dont le paiement n’est rendu obligatoire par aucun texte
légal réglementaire.

Les allocations concernant certaines maladies

Les exonérations résultant des allocations concernant certaines maladies sont


prévues par les articles 116-11 et 116-14 (article 14 de l’annexe fiscale 2005) du CGI

Selon l’article 116-11 du CGI, sont exonérées des impôts sur salaires, « les dépenses
que l’employeur consacre à la prise en charge médicale et paramédicale des
personnes ayant contracté le VIH/SIDA ainsi que celles correspondant aux coûts
des dialyses pour insuffisance rénale, des personnes atteintes du cancer ainsi
que celles afférentes aux frais de dépistage de cette affection »

Sont également exonérées des impôts sur salaires selon l’article 116-14 du CGI
(annexe fiscale 2005) : « les dépenses de santé engagées par les entreprises pour la
constitution de boîtes de pharmacie permettant de faire face aux premiers soins
des employés malades, les coûts de traitements du paludisme, de la tuberculose de
l’hépatite virale, du diabète et de l’hypertension artérielle dont ces employés sont
atteints ainsi que les sommes versées aux mutuelles de santé du personnel. »

Ces allocations sont exonérées des impôts sur salaires lorsqu’elles sont
exposées directement par l’employeur par voie de cotisation ou subvention à des
organismes spécialisés ou des associations reconnues d’utilité publique.
11
Les cotisations sociales patronales complémentaires (CSPC)

Elles sont prévues à l’article 116-9 du CGI qui dispose que : sont exonérées des
impôts sur salaires « sous la double limite du dixième de la rémunération
mensuelle brut imposable, hors avantage en nature, et d’un montant
mensuelle de 300.000frs, les cotisations patronales versées à des
organismes de retraite et de prévoyance complémentaire. »

Il convient de préciser que la législation sociale nationale met à la charge des


employeurs, certaines cotisations dont celles versées à la CNPS. Ces cotisations sont
totalement exonérées.

Toute autre cotisation prise en charge par l’employeur en vertu soit de conventions
ou accords collectifs, soit de stipulations de contrat de travail individuel est qualifiée
de cotisation sociale patronale complémentaire.
Ces cotisations s’analysent en des compléments indirects de rémunérations versés au
profit du salarié en vue de couvrir des dépenses de nature privée.

Ce sont :

- L’assurance maladie ;
- Les hospitalisations ;
- Les invalidités ;
- L’assurance chômage ;
- La retraite complémentaire…

 Détermination de la fraction exonérée

Pour détermination de la fraction exonérée de la CSPC, il convient de :

 détermination d’abord la double limite ;


 ensuite de comparer la CSPC à la limite la moins élevée ;
 enfin de déterminer la fraction exonérée ou taxable.

1ère étape : détermine de la double limite

La double limite concerne :

1ère limite = 10% du salaire brut hors avantage en nature,


2ème limite = 300.000 frs par mois ou 3.600.000 par an

NB : la base de détermination de la limite de 10% :

Le salaire brut hors avantage en nature s’entend de l’ensemble des rémunérations de


toute nature que perçoit le salarié, à l’exclusion des avantages en nature, des
revenus exonérés, du montant de la CSPC et de toute retenue ou déduction.

12
2ème étape : comparaison CSPC à la limite la moins élevée des deux limites
déterminées.

 Si la cotisation est supérieure à cette limite (la moins élevée), la quote-part


taxable est supplément qui se dégage de la différence entre les CSPC et la
limite la moins élevée.
 Si la CSPC est inférieure à la limite la moins élevée, elle est totalement
exonérée

 Exercice d’application

La société MIRI a versé au titre du mois de février 2011 à M. TAMPICO, un salaire


en numéraire de 3.500.000f, des indemnités de 300.000f, des cotisations sociales
patronales complémentaires de 650.000f et des avantages en nature de 700.000f.

Travail à faire : quelle est la base imposable ?

Réponse

Rémunération brute mensuelle ou salaire brut hors avantage =


- Salaire en numéraire : 3.500.000f
+
- Indemnité : 300.000f
-------------------
3.800.000f
Limites :

 1ère limite : 10% de la rémunération brute mensuelle= 3.800.000x 10% =


380.000f
 2ème limite : n’excède pas 300.000f/mois

Comparaison à la limite la moins élevée :

Limite la moins élevée = 300.000f (2ème limite)


Quote-part exonérée =300.000

Droit compromis à imposer = 650.000 -300.000 =350.000

Base imposable aux ITSPRV

- Salaire en numéraire = 3.500.000


+
- Avantages en nature = 700.000
+
- Indemnités = 300.000
+
- Droit compromis = 350.000
------------------
- Base taxable = 4.850.000
13
L'indemnité de stage et d’apprentissage

L’article 116-12° du CGI exonère d'impôts sur les traitements et salaires,


l'indemnité de stage versée aux étudiants dans le cadre de leur stage-école et
l’indemnité d’apprentissage versée aux apprenants dans le cadre d’un contrat
d’apprentissage.
Cette exonération qui vise à encourager l'action sociale des entreprises exige que
des conditions soient remplies :

- L'indemnité doit être versée à des étudiants dans le cadre de leur


stage-école ou à des apprenants dans le cadre d’un contrat
d’apprentissage ;
- L'entreprise doit donc être en mesure de produire les documents
justificatifs de stage ou de l’apprentissage ;
- La durée du stage doit être inférieure ou égale à 6 mois (stage-école)
et 12 mois (apprentissage) ;
- L'indemnité mensuelle doit être égale ou inférieure à 100.000 francs
(stage-école) et 150.000 FCFA (apprentissage).

NB : Toute autre indemnité versée en violation des conditions sus-indiquées est
passible de l’ITSPRV.
NB : l’exonération concerne le cumul des montants de 20.000f et 25.000 f CFA (primes
mensuelles de transport).

 Exonérer d’ITSPRV, les dépenses engagées par les employeurs, pour la prise en
charge des frais de restauration de leur personnel dans les cantines d’entreprises, à
raison de 30.000f CFA par mois et par salarié.

Les indemnités de départ


 Au regard des impôts à la charge du salarié

Les indemnités de départ définitif (prime ou indemnité de licenciement, de rupture de


contrat, de départ volontaire, départ à la retraite de la prime incitative de départ à la
retraite…) dont le montant est inférieur à 50.000frs sont exonérées.

Par contre, les indemnités de départ dont le montant excède 50.000Frs sont imposées à
concurrence de la moitié de leur montant.

NB : il s’agit de 50% de la totalité de l’indemnité et non 50% de la fraction


excédent 50.000 Frs.

 Au regard de la contribution employeur


14
Les impôts sur salaires dus par l’employeur en cas de cessation de contrat de travail du
salarié ne bénéficient pas de mesures d’allègement.

Ainsi les indemnités de départ versées à l’employé sont totalement imposables à la


Contribution Employeur (C.E).

De ce qui précède, il convient de retenir :

Base taxable de l’indemnité de départ

Indemnité de départ Impôt à la charge du salarié Contribution employeur

Inf ou égale à 50.000 Exonérée Taxable

Sup à 50.000 Exonérée pour moitié taxable

NB : les indemnités présentant un caractère de dommage et intérêts (destinées à


réparer un préjudice) sont totalement exonérées.
Tel est le cas des dommages et intérêts alloués par une décision de justice, des
indemnités de départ négociées ou indemnités transactionnelles, à condition que ces
indemnités ne soient pas sous-estimées ;
Par ailleurs, les frais funéraires et toutes autres indemnités de cette nature versés à
cause du décès d’un employé ne sont pas imposables parce qu’ils constituent un
secours de la part de l’employeur à la famille.

les pensions et rentes viagères exonérées


Aux termes de l’article 116-2 -3-4-5-6 et 13 du CGI, sont exonérées d’impôt sur
TSPRV, les pensions de retraite et les rentes viagères lorsque leur montant est
inférieur ou égal à 300.000 Frs par mois
Ces dispositions communes aux pensions et rentes viagères sont complétées par
d’autres mesures spécifiques liées à la nature des pensions et rentes viagères
( article 116-2 -3-4-5 et 6 du CGI).

NB : Article 135 du CGI : « la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale est
exonérée de la contribution à la charge des employeurs sur les
indemnités de maternité qu’elle verse ».

De ce qui précède, il ressort que toutes les rémunérations perçues par le salarié ou
dont bénéficient les retraités et les crédirentiers sont en principe passible de l’ITSPRV
en vertu de l’article 118 du CGI, sauf exonération expresse (article 116 du CGI).

Mais le rattachement de ces rémunérations aux fins d’imposition à un territoire, fait


15
de la mobilité des salariés et/ou de l’employeur, pose problème. C’est pourquoi, il
importe d’analyser les règles applicables en matière de territorialité afin d’éviter une
double imposition des revenus.

SECTION 4 : LA TERRITORIALITE DE L’ITSPRV


Dans quel espace territorial peut-on appréhender l’ITSPRV ?
En général, le territoire fiscal peut se définir comme l’espace géographique à
l’intérieur duquel la matière imposable est appréhendée et l’impôt est perçu. Il
comprend :
Le territoire terrestre, le plateau continental, les eaux territoriales, la zone
économique exclusive.
Les règles de territorialité définissent des critères qui permettent de déterminer le
lieu d’imposition des revenus.

Paragraphe 1 : Les critères de la territorialité


Au terme des paragraphes 2 et 3 de l'article 115 du CGI, il se dégage deux critères.
Le critère du domicile

Les traitements, salaires, pensions et rentes viagères sont imposables en Côte


d’Ivoire :
lorsque le bénéficiaire est domicilié en Côte d'Ivoire alors même que l'activité
rémunérée s'exerce hors du territoire de l'Etat ou que l’employeur ou le
débiteur est domicilié ou établi hors de celui-ci.
Le critère de la source du revenu
Les traitements, salaires, pensions et rentes viagères sont imposables en Côte
d’Ivoire :
lorsque le bénéficiaire est domicilié hors de Côte d'Ivoire, dès lors que l'activité
rétribuée est exercée dans le territoire de l'Etat ou le débiteur est domicilié ou
établi en Côte d’Ivoire.
RESUME
Activité exercée en RCI Activité exercée hors
RCI
Bénéficiaire domicilié en Imposable en RCI Imposable en RCI
RCI
Bénéficiaire domicilié Imposable en RCI Non imposable en RCI
16
hors RCI

Paragraphe 2 : L’incidence des conventions internationales


Conformément à l’article 115 paragraphe 4 du CGI, l’application des critères ci-avant
examinés se fait sous réserve des dispositions des conventions internationales.
Une convention fiscale est un traité international liant deux Etats et concernant tout
ou partie de leurs relations fiscales. Ce traité international engageant les finances de
l'Etat, sa ratification ou son approbation doit être autorisée par le Parlement.
Ainsi, les traités ou accords internationaux ont, en Côte d'Ivoire, dès leur publication
une autorité supérieure à celle des lois internes. Il s'ensuit que, dès leur publication,
les conventions fiscales sont intégrées dans l'ordre juridique interne et celles de leurs
dispositions qui pourraient être contraires à la loi interne l'emportent sur celle-ci.
Autrement dit, en cas de conflit entre les dispositions de la convention et la loi
interne, (ici le CGI), les dispositions de la convention doivent prévaloir.

CHAPITRE 2 : L'ASSIETTE DE L’ITS

Sous réserve des exonérations édictées par l'article 116 du CGI, les articles
118 et 119 au CGI stipulent que la détermination des bases d'imposition de l'ITS
tient compte du :

MONTANT BRUT du REVENU IMPOSABLE qui est le montant total brut :

- des traitements et salaires (y compris les compléments et accessoires


aux traitements et salaires)

- et des pensions et rentes viagères (y compris les compléments et


accessoires aux pensions et rentes viagères)

MONTANT NET du REVENU IMPOSABLE qui est obtenu après avoir


déduit du montant brut du revenu imposable, un ABATTEMENT
FORFAITAIRE de 20%.

SECTION 1 : LE REVENU BRUT IMPOSABLE

17
Au terme de l’article 118 alinéa 1 du CGI, le revenu brut est constitué de l’ensemble
des éléments de rémunérations que perçoit le salarié, et qui rentrent dans le champ
d’application des impôts sur salaires.
Il s’agit de toutes les rémunérations en numéraires (les sommes d’argent) accordées
aux bénéficiaires mais également de tous les avantages en nature dont ils jouissent.
Les revenus exonérés conformément à l’article 116 du CGI et aux notes de services
du directeur des impôts n°78-DI-ITS du 3 septembre 1968 et n03332 MEF-DGI-DLC-
du 26 décembre 2002 sont déduits de ce montant total brut.

Paragraphe 1 : LES REVENUS EN NUMERAIRES


Qu’il s’agisse de traitements et salaires ou de pensions et rentes viagères, les
rémunérations en numéraires sont constituées essentiellement de toutes les sommes
d’argent accordées aux bénéficiaires.
Elles font apparaitre une partie principale et des accessoires.

A- Le salaire de base (ou rémunération principale)

Il s'agit de la rémunération généralement fixe garantie au salarié par son


contrat de travail écrit ou verbal. Ce traitement ou salaire de base constitue
normalement l'essentiel de la rémunération perçue en numéraire.

B- Eléments accessoires à la rémunération de base


perçus en numéraire

Il s'agit notamment des heures supplémentaires, des primes, des


gratifications diverses, des indemnités y compris tous les avantages en argent.
Ces divers éléments sont toujours imposables quelles que soient la qualité du
bénéficiaire, les modalités et les circonstances de leur attribution.

A ceux-ci, il faut ajouter tous les avantages en argent qui doivent être distingués des
avantages en nature.
Ce sont des compléments indirects de rémunérations versés au profit du salarié, en
vue de couvrir des dépenses de nature privée (dépenses de maladie, de retraite
complémentaire, de scolarité, de voyages congés…)
Ces dépenses qui incombent normalement aux salariés et qui sont prises en compte
par l’employeur par la remise d’une somme d’argent ou d’une indemnité ou les
remboursements de frais supportés, ou par le règlement direct aux créanciers, font
d’elles des avantages en argent.
Quelques précisions sont cependant nécessaires pour éviter la confusion entre les
avantages en argent et en nature.
18
 Logement

Les frais de logement remboursé par l’employeur aux salariés locataires, constituent
un avantage en argent, imposable selon le montant réel des remboursements.
Par contre, l’octroi aux salariés d’un logement dont l’employeur est propriétaire ou
locataire s’analyse comme un avantage en nature imposable selon le mode
forfaitaire.

 Télécommunication

La prise en charge par l’employeur des frais de télécommunication de son employé


constitue un avantage en argent imposable. Mais cette première lecture mérite une
analyse plus approfondie qui aidera à définir le mode d’imposition approprié si ces
frais ne correspondent pas à des AFE.
Par exemple, s’il est admis une utilisation privative et professionnelle de la
télécommunication, alors l’Administration admet une imposition partielle des frais en
cause, au prorata de la nature de l’utilisation.

 Les voyages congés

A la différence des salariés expatriés qui ont droit à des frais de voyage congé, toute
prise en charge de billet d’avion ou billet de passage d’un employé non expatrié pour
jouir de son congé, s’analyse comme un avantage en argent imposable selon le
montant réel.

Au total, les rémunérations en numéraire constituées du salaire de base et


accessoires de salaires sont imposables selon leur valeur réelle, sous réserve des
dispositions de l’article 116 du CGI.

Paragraphe 2 : Les avantages en nature


Les avantages en nature sont définis par la doctrine comme un bien alloué ou une
prestation accordée à titre gratuit aux salariés.
L’avantage en nature est fiscalement considéré comme un complément de
rémunérations aux salariés.
L’article 118 du CGI qui le prévoit dispose que la base d’imposition des ITS,
comprend outre les rémunérations proprement dites, les avantages en argent et en
nature accordés aux salariés. La question qui reste posée est celle de leur estimation.
Selon l’article 118 du CGI qui prescrit que «  l’estimation des rémunérations
allouées sous forme d’avantages en nature est opérées selon les règles

19
fixées par arrêté du Ministre chargé des finances, les avantages en nature
qui ne sont pas visés par l’arrêté ministériel précité sont tenus pour la
détermination des bases d’imposition pour leur montant réel ».
Il apparait donc deux modes d’évaluation des bases d’impositions à l’ITS, des
avantages en nature :
- Le mode d’évaluation forfaitaire
- Le mode d’évaluation réel

A- Les avantages en nature évalués de manière forfaitaire

L'article 118 du CGI dispose que l'estimation des rémunérations allouées sous forme
d'avantages en nature est opérée selon les règles fixées par arrêté
N°1028/MEF/DGI du 07 novembre 1996 du Ministre chargé des finances. Le
nouveau barème s’établit comme suit :

1) Logement et accessoires

Nombre de pièces Mobilier Electricité (a) Eau (b)


Logement

01 60.000 10.000 10.000 10.000

02 80.000 20.000 20.000 15.000

03 160.000 40.000 30.000 20.000

04 300.000 60.000 40.000 30.000

05 480.000 80.000 50.000 40.000

06 600.000 100.000 60.000 50.000

7 et plus 800.000 150.000 70.000 60.000

a) Montants à majorer de 20.000 francs par appareil individuel de


climatisation, ou par pièce climatisée pour les installations centrales.

b) Montants à majorer de 30.000 francs pour les logements dotés d'une


piscine.

20
c) Domesticité

- Gardien, jardinier : 50.000 F


- Gens de maison : 60.000 F
- Cuisinier : 90.000 F
NB 1 : pour la détermination du nombre de pièces, une visite des locaux permet
une meilleure appréciation, à défaut, réclamer le contrat de bail du logement (le
nombre de pièces y est précisé.

NB 2 : lorsque l’entreprise fait appel à une société de gardiennage, l’évaluation de


l’avantage en nature se fait non plus de façon forfaitaire, mais plutôt au réel (sur la
base du contrat de gardiennage liant l’employeur du salarié à la société de
gardiennage)

B-Evaluation au réel des avantages en nature

L’évaluation au réel consiste à retenir dans la base imposable, le montant réel issu
de la facturation.
Conformément aux dispositions de l’article 118 du CGI, les avantages en nature qui
ne figurent pas dans l’énumération de l’arrêté du ministre chargé des finances sus
visé, sont à retenir dans la base d’imposition, pour leur valeur nominale.

Si l’évaluation forfaitaire bénéficie d’une précision quant aux avantages concernés, il


n’en est pas de même des avantages évalués au réel.

La doctrine fiscale, pour pallier cette insuffisance, énumère dans sa note de service
n°3332 du 26 décembre 2002 certains avantages dont l’évaluation se fait selon le
mode réel.

Il s’agit notamment :
 De la prise en charge par l’employeur des frais de voyage congés au profit des
salariés recrutés localement ;
 De la prise en charge par l’employeur des frais de téléphone à domicile ;
 Des frais de gardiennage à domicile, lorsque la prestation de gardiennage est
exécutée et facturée à l’entreprise par une société de gardiennage ;
 Des travaux réalisés dans le logement mis à la disposition de l’employé
lorsqu’il s’agit de travaux incombant normalement au locataire et non au
propriétaire ;
 De la quote - part des frais de restauration payés par l’entreprise ;
 Des prestations liées à l’activité de l’employeur et dont bénéfice gratuitement
le salarié ;
 Des biens de l’entreprise acquis par l’employé gratuitement ou a un pris
inférieur à celui qui est pratiqué aux autres clients.

21
SECTION 2 : LE REVENU NET IMPOSABLE

Le revenu net imposable est la base sur laquelle seront appliqués les différents
taux d’imposition pour déterminer l’impôt dû.Il est obtenu après soustraction d’un
abattement (réduction) du revenu brut imposable.
Le mode de détermination diffère selon qu’il s’agit des traitements et salaires ou des
pensions et rentes viagères.

Paragraphe 1 : Base imposable en matière de traitements et salaires


L’article 119 du CGI prescrit que « le montant net du revenu imposable est le
total des rémunérations, déduction faite d’un abattement forfaitaire de
20% ».
En ce qui concerne les salariés agricoles autres que ceux visés à l’article 148 du
CGI, il est appliqué un abattement forfaitaire mensuel de 60.000 francs CFA sur le
montant net de leur rémunération imposable.

Remarque : article 120-al 1 : pour le calcul de l’impôt, toute fraction de revenu annuel
n’excédant pas 1000 F est négligée. En pratique, le barème administratif de calcul des
impôts sur salaire arrondit le montant du revenu net imposable mensuel au millier de franc
inferieur.

Paragraphe 2 : Base imposable en matière de pensions et rentes viagères


L’article 119 alinéa 3 du CGI dispose que « les pensions de retraite et les
rentes viagères imposables font l’objet d’un abattement 300.000F par
mois ».
C’est donc la fraction supérieure à 300.000F par mois qui fera l’objet d’imposition.
Exemple : Monsieur BOSSEUR qui est à la retraite, perçoit une pension de retrait
brute imposable de 550.000F.
Le revenu net imposable sera de : 550.000 – 300.000 = 250.000

Il ressort de ce qui précède que l’assiette de l’impôt est constituée des éléments de
rémunération perçus par le salarié. Ceux-ci s’analysent en revenu imposables et
revenus exonérés. L’impôt dû est calculé à partir des revenus bruts imposables
(déduction faite des revenus exonérés) ou du revenu net imposable, par application
d’un taux prévu à cet effet.

22
DEUXIEME PARTIE : LIQUIDATION, DECLARATION ET
PAIEMENT DES ITSPRV

Il s’agit de déterminer l’impôt dû par le contribuable et d’en assurer le recouvrement.


La liquidation de l’impôt consiste donc à calculer l’impôt exigible en appliquant à la
base d’imposition (CF assiette), sur une période d’imposition donnée, le taux ou le
tarif de l’impôt. Cette opération est préalable au recouvrement ou au paiement de
l’impôt dû.

CHAPITRE 1 : LA LIQUIDATION DES IMPOTS SUR SALAIRES

La liquidation est l’opération de calcul de l’impôt sur une période donnée. Le taux
appliqué à la base d’imposition peut être proportionnel ou fixe ou progressif. Il
s’applique suivant les cas avec abattement à la base d’imposition ou non.

Les impôts calculés concernent d’une part les impôts sur salaires à la charge du
salarié et d’autre part, la contribution employeur.

SECTION 1 : LE CALCUL DE L’IMPOT SUR SALAIRE A LA CHARGE

DU SALARIE

Trois (3) natures d’impôts sont à la charge du salarié :

 L’impôt sur salaires proprement dit (IS) ;


 La contribution nationale pour le développement économique culturel et
social de la nation (CN) ;
 L’impôt général sur le revenu (IGR) ;

Paragraphe 1 : Liquidation de l’impôt sur salaire proprement dit (IS)

Le calcul de l’IS proprement dit s’effectue normalement par application d’un taux fixe
à la base d’imposition.
23
A- Le tarif de l’IS

L’article 120 du CGI fixe le taux de l’IS à 1,5%. C’est un taux proportionnel applicable
au revenu net imposable.

Pour rappel, le revenu net imposable est le salaire brut imposable, déduction faite
d’un abattement de 20% sur la base imposable ou sur le taux applicable.

Revenu net imposable = revenu brut imposable x 80%.

Le calcul de l’impôt peut également se faire par utilisation d’un barème établi par
l’administration. 

B - Application

Le sieur AKPOLE bénéficie d’un revenu brut imposable de 600.000F.

Hypothèse 1
ITS = Revenu Net Imposable x 1,5%
RNI= 600.000 x 80% = 480.000
ITS= 480.000 x 1,5% = 7.200

Ou

Hypothèse 2
= >ITS = Revenu brut imposable x (1,5% x 80%)
=>ITS = 600.000 x 1,2% = 7.200

Paragraphe 2 : La liquidation des prélèvements additionnels

L’impôt sur les traitements, salaires, pensions et rentes viagères proprement dit
(I.S), est perçu simultanément avec les impôts ou prélèvement fiscaux suivants :
1) La Contribution Nationale pour le développement économique, culturel et
social de la Nation (CN) ;
2) L’impôt général sur le revenu(IGR) ;

A- La liquidation de la Contribution Nationale

24
C’est la loi 62-61 du 16 février 1962 qui a institué à compter du 1 er janvier 1962,
une Contribution Nationale pour le développement économique, culturel et social de
la Nation (CN). La CN est établie, liquidée et perçue dans les mêmes conditions et
sous les mêmes sûretés que l’IS proprement dit.

 Base imposable de la CN
La base imposable de la CN est identique à celle de l’IS proprement dit (80% du
revenu brut imposable)

 Tarif de la CN
Le tarif de la CN est progressif et s’applique aux tranches du salaire net imposable.

 Calcul de la CN
La CN est calculée selon le barème progressif mensuel ou annuel suivant :
L’application des taux aux tranches de revenus se fait selon que le salaire est
mensuel ou annuel.
 Le barème mensuel
 Méthode 1
Tranche de revenu net Amplitude Taux de CN
imposable mensuel
Inférieur ou égal à 50.000 f 50.000 0%
De 50.001 à 130.000 f 80.000 1,5%
De 130.001 à 200.000 f 70.000 5%
Supérieur à 200.000 X-200.000 10%

 Méthode 2
R= revenu net imposable = Revenu Brut Imposable (B) x 80%

revenu net imposable mensuel = R Calcul de la CN


Inférieur ou égal à 50.000 f Néant
De 50.001 à 130.000 f (R X 1,5 %) - 750
De 130.001 à 200.000 f (R X 5 %) - 5.300
Supérieur à 200.000 (R X 10 %) - 15.300

25
EXERCICES : utiliser les méthodes 1 et 2 pour déterminer la CN

YAPO BILE GOHO AFO PAUL

Revenu net imposable 650.000 230.000 48.000 1.400.500 4.500.000


(RNI)

RNI≤ 50.000

50.000 ˂ RNI ≤ 130.000

130.000˂ RNI ≤ 200.000

RNI ˃200.000

CN

 Le barème annuel

 Méthode 1
Tranche de revenu net Amplitude Taux de CN
imposable annuel
Inférieur ou égal à 600.000 600.000 0%
f
De 600.001 à 1.560.000 f 960.000 1,5%
De 1.560.001 à 2.400.000 840.000 5%
f
Supérieur à 2.400.000 X-2.400.000 10%

26
 Méthode 2
R= revenu net imposable = Revenu Brut Imposable (B) x 80%

revenu net imposable annuel= R Calcul de la CN


Inférieur ou égal à 600.000 f Néant
De 600.001 à 1.560.000 f (R X 1,5 %) – 9.000
De 1.560.001 à 2.400.000 f (R X 5 %) – 63.000
Supérieur à 2.400.000 (R X 10 %) – 183.600

B- La liquidation de l’Impôt Général sur le Revenu (IGR)

L’IGR applicable aux traitements, salaires pensions et rentes viagères est, depuis
l’entrée en vigueur de la loi 67-588 du 31 DEC 1967, retenu à la source dans les
mêmes conditions et sous les suretés que l’ITS.
Le calcul de l’IGR nécessite que soit déterminés :
- La base d’imposition
- Le quotient familial
- Le barème de l’IGR

 La base imposable à l’IGR

L’article 2 de la loi sus mentionnée stipule que la base de la retenue de l’IGR est
obtenue à partir du revenu net imposable (RNI), déduction faite de l’IS et de la CN ;
la différence obtenue fait l’objet d’un abattement de 15%

R=[(Base imposable IS-(IS+CN)] x85% R=[ (RNI-(IS+CN)] X85%

 Determination du quotient familial

Le principe général de l’application de l’IGR, c’est que l’IGR est un impôt personnel.
Il est donc fonction de la situation de famille exprimée par le quotient familial ‘’Q’’
égal au quotient du revenu net ‘’R’’ sur le nombre de parts ‘’N’’.
Q= R/N

27
Ainsi, les contribuables qui ont une charge de famille très élevée connaissent un
allègement de la charge fiscale, par application du quotient familial qui tient compte
du nombre de part dont dispose le salarié.
Détermination du nombre de part(N)

 Cas général

L’article 249 du CGI dispose que « Le nombre de parts à prendre en considération
pour la détermination du quotient familial est fixé comme suit »

Situation et charges du contribuable Nombre de parts

Cas général 1

Cas particuliers
Célibataire

Divorcé -Enfants décédés


Veuf -Enfants majeurs
Sans enfants -Pension de veuve 1.5
de guerre

-Pension de 40% au
moins pour invalidité
de guerre

Cas général 2

Cas de femme marié 1


imposée
Marié
distinctement du
chef de famille

Avec enfants Célibataire Lui-même 1.5

Divorcé Pour chaque enfant 0.5

Marié Lui-même 2

Pour chaque enfant 0.5


28
Veuf

Exercice d’application :
Calculer le nombre de parts et le quotient familial des salariés ci-dessous ayant les
revenus brut imposables mensuels et les charges de famille suivants :

Salariés RBI Situation et R N Q


charges
familiale

Jules 450 000 Veuf avec enfants


décédés

Paul 85 000 Divorcé avec 4


enfants majeurs

Yao 345 000 Divorcé avec 7


enfants

Afriyé 1 550 000 Marié avec 5


enfants

Niamkey 2 450 000 Célibataire avec 6


enfants

N.B Toutefois, le nombre de parts à prendre en considération pour le calcul de


l’impôt ne pourra en aucun cas dépasser 5.

 Cas particuliers (articles 248, 249,316 du CGI)

Le législateur a prévu les dérogations et majorations de parts suivantes :

1) L’enfant majeur infirme donne droit à une part ;


2) En cas d’imposition séparée des époux par application du paragraphe 3 de
l’article 238 du CGI, chaque époux est considéré comme un célibataire ayant
à sa charge les enfants dont il a la garde ;
3) Le veuf qui à sa charge un ou plusieurs enfants non issus de son mariage
avec le conjoint décédé est traité comme un célibataire ayant à sa charge le
même nombre d’enfants.

29
4) Les mères célibataires, divorcées, ou séparées de corps, lorsqu’elles sont
chargées de famille (chef de famille), peuvent bénéficier du nombre de parts
correspondant aux enfants dont elles ont légalement la garde.

Pour pouvoir bénéficier du nombre de parts correspondant aux enfants dont elle a la
charge, la femme mariée ou la mère célibataire doit produire :

- les extraits d’acte de naissance de ses enfants ;


- copies des décisions du tribunal lui en attribuant la puissance
paternelle ;
- la copie de l’accusé de réception des décisions du tribunal
reçues par le père des enfants ou par son employeur, si
celui-ci est salarié ;
- une attestation de l’employeur du père des enfants,
contresignée par celui-ci, certifiant que lesdits enfants ne sont pas
pris en compte pour le calcul de l’IGR de ce dernier.
5) L’article 249 du CGI dispose que :

Par dérogation aux dispositions de l’article 248 du CGI, le revenu imposable des
contribuables célibataires, divorcés ou veufs n’ayant pas d’enfants à leur charge
est divisé par 1.5 lorsque ces contribuables :

- Ont un ou plusieurs enfants majeurs ou faisant l’objet d’une imposition


distincte ;
- Ont eu un ou plusieurs enfants qui sont morts, à la condition que l’un d’eux au
moins ait atteint l’âge de seize ans ou que l’un d’eux au moins soit décédé par
suite de faits de guerre ;
- Sont titulaires d’une pension d’invalidité de 40% au moins, soit de guerre, soit
d’accident de travail, ou d’une pension de veuve de guerre ;
- Ont adopté un enfant.

Pour tous ces cas prévus par l’article 249 du CGI, le nombre de parts à prendre
en considération est donc de 1.5

6) Cas ou le chef de famille, le conjoint ou les enfants mineurs sont salariés :

30
 Pour l’enfant mineur salarié ;

Le nombre de parts à prendre en considération par l’employeur, le débirentier ou le débiteur


pour effectuer les retenues à la source est un (01).

Date à retenir pour apprécier le nombre de parts

Aux termes de l’article 250 du CGI, la situation de famille à retenir est celle existant
au 1er janvier de l’année de versement du salaire, toutefois, en cas de mariage du
salarié ou d’augmentation de ses charges de famille en cours d’année, il est fait état
de la situation au 31 Décembre de ladite année ou à la date de départ ou de décès.

En d’autres termes, la situation à retenir est celle qui est favorable au travailleur.

Tableau détaillé de la détermination des parts

Situation de famille Sans Avec enfants à charge


enfants à
Pour le Par enfant à
charge
contribuable lui- charge
même

(art.248 du CGI) 01 1.5 0.5

-Célibataire, Divorcé Séparé

(art.248 du CGI) 01 02 0.5

-Veuf

(art.248 du CGI) 02 02 0.5

-Marié

(art.248 et *Chef de famille 01 1.5 0.5


238°du CGI)
*conjoint 01 1.5 0.5
Imposition
séparée des
époux

Le veuf qui a à sa charge un ou plusieurs 01 1.5 0.5


enfants non issus de son mariage avec le
conjoint décédé (art.248 du CGI)

Cas du chef Chef de famille (marié) 02 02 0.5


de famille
Conjoint (marié) 01 - -
dont l’épouse
ou les enfants Enfant mineur 01 - -

31
mineurs sont Enfant mineur 01 1.5 0.5
salariés

Célibataire, veuf, divorcé si : (art.248 du 1.5 - -


CGI)

a)ont un ou plusieurs enfants majeurs ou


faisant l’objet d’une imposition distincte

b) ont adopté un enfant

c)sont titulaire d’une pension d’invalidité


etc.

NB : - maximum de parts =05 (art. 248 du CGI)

 Barème de l’IGR

Le barème mensuel de l’IGR

IL tient compte de l’IGR en tant que charge déductible de la base imposable

Quotient familial= Formules donnant la cotisation IGR exigible

Inférieur à 25.000 Néant

Compris entre 25.000 et 45.583 (Rx10/110)– (2.273xN)

Compris entre 45.584 et 81.583 (Rx15/115) -(4.076xN)

Compris entre 81.584 et 126.583 (RX20/120) – (7.031xN)

Compris entre 126.584 et 220.333 (Rx25/125) – (11.250xN)

Compris entre 220.334 et 389.083 (Rx35/135) – (24.306 x N)

Compris entre 389.084 et 842.166 (Rx45/145) – (44.181xN)

Supérieur à 842.167 (Rx60/160) – (98.633xN)


32
R= ((Base imposable IS) - (IS+CN)) x85%
N=Nombre de parts correspondant au quotient familial.
N.B : Le Quotient familial=R /N=Q est arrondi au millier de francs
inferieurs
(Article 247 du CGI)
1- le barème annuel de l’IGR :

Quotient familial= =Q Formules donnant la cotisation

N IGR exigible

Inferieur à 300.000 et 547.000 Néant

10

Compris entre 300.000 et 547.000 R x………… - (27.273 x N)

110

15

Compris entre 548.000 et 979.000 R x…………. – (48.913 x N)

115

20

Compris entre 980.000 et 1519000 R x…………. - (84.375 X N)

120

25

Compris entre 1520000 et 2.644.000 R x………. - (135.000 x N)

125

35

Compris entre 2.645.000 et 4.669.000 R x………. - (291.667 x N)

135

45

Compris entre 4.670.000 et 10.106.000 R x……….. - (530.172 x N)

145

33
60

Supérieur à10.106.000 R x………… - (1.183.594 x N)

160

34
ILLUSTRATION : M. DJANGONE a un revenu net imposable de 750.000F. Sur ce
revenu, il acquitte un IS de 11.250F et une CN de 59.700F.
Il est célibataire et père de 3 enfants dont 2 mineurs et un enfant majeur infirme.
 Base IGR = [R – (IS + CN)] x 85%

R = [750.000 – (11.250 + 59.700)] x 85% = 577.193

 Nombre de parts
Lui-même (1,5) ; les enfants mineurs (0,5 x 2= 1) ; enfant majeur infirme (1)
Total N = 3,5
 Quotient familial(QF)
QF = R/N = 577.000/3,5 = 164.857 (ce montant permet de repérer la formule de
calcul de l’IGR dans le barème)
 IGR DÛ
IGR = Rx25/125) – (11.250 x N) = 577.193 x25/125 – (11.250 x 3,5)
= 115.439 – 39.375 = 76.064

Section 2 : LES PRELEVEMENTS DUS PAR L’EMPLOYEUR

Les articles 134, 136,143 et suivants posent le principe et les modalités de calcul des
différents prélèvements dus par l’employeur.
Il résulte de la lecture combinée de ces dispositions que quatre prélèvements sont
acquittées par l’employeur dont deux vont au Budget de l’Etat et deux au Fonds BNI.

Paragraphe 1 : Les différentes contributions de l’employeur


 La contribution employeur proprement dite

Au terme de l’article 134-1° « les sommes payées au titre des traitements, salaires,
soldes, ……………………….., donnent lieu au versement d’une contribution à la charge
des employeurs qui paient ces sommes que ceux-ci soient ou non installées en Côte
d’Ivoire ».
Cette contribution n’est due que pour le personnel expatrié c’est-à-dire le salarié qui
remplit les critères ci-dessous définis par la Note n° 2409/SEPMBPE/DGI-DLCD
du 20 juin 2018 :

35
 Bénéficier d’un contrat de travail expatrié, quelle que soit la nationalité ;
 Etre de nationalité étrangère, occuper des fonctions de direction ou
d’encadrement ou percevoir des rémunérations, avantages en nature compris,
supérieures à celles habituellement perçues par les salariés de nationalité
ivoirienne.
Ces critères sont valables pour le personnel binational.
La circonstance d’être recrutés en Côte d’Ivoire n’est pas suffisante pour conférer la
qualité de personnel local.

 La contribution nationale/employeur

Conformément aux dispositions des articles 136 et suivants à contrario, une


contribution nationale pour le développement économique, culturel et social de la
nation est due par l’employeur.
Les mêmes dispositions prévoient néanmoins plusieurs exonérations. Ainsi la CN n’est
pas due sur les rémunérations versées aux personnes handicapées physiques, les
indemnités versées aux stagiaires dans le cadre de leur stage d’embauche etc.

 La taxe d’apprentissage et la taxe additionnelle à la formation


professionnelle continue

En plus des premières contributions, l’article 143 et 146 du CGI indiquent qu’il est créé
deux autres taxes à la charge de l’employeur.
En outre, l’article 2 (Titre II) et l’article 13 (Titre III) du texte 10, divers textes fiscaux
(CGI), en donnent plus de précisions.
Ces différents prélèvements constituent une participation des employeurs au
financement de la formation continue de leurs employés.
Ils sont assis et perçus dans les conditions et sous les mêmes sûretés que la
contribution de base (CE et CN).

Paragraphe 1 : Assiette – Taux – Affectation des contributions employeurs


La base imposable retenue pour la détermination des contributions à la charge de
l’employeur est identique à celle prévue pour impôts dus par le salarié.
Le taux et la répartition des contributions employeurs sont indiquées par l’article 146
CGI comme suit :

Personnel Personnel Budget bénéficiaire


local expatrié
Contribution employeur Néant 11,5% Budget de l’Etat
proprement dite 100%
CN/Employeur 1,5% 1,5% Budget de l’Etat
100%
Taxe d’apprentissage 1,5% 1,5% Fonds BNI

36
Taxe additionnelle pour la 1,5% 1,5% Fonds BNI
formation professionnelle
continue
Total 1,5% 1,5%
Abattement de 20% 0,7% 3%
Taux d’usage 2,8% 12%

CHAPITRE 2 : OBLIGATIONS DES EMPLOYEURS ET DEBIRENTIERS ET LES


SANCTIONS

Ainsi qu'indiqué ci-avant, les employeurs et débirentiers sont tenus


d'opérer pour le compte du Trésor, les retenues d'ITS lors de chaque paiement,
et d'en reverser le montant à la caisse du receveur des impôts de leur domicile.
Ils doivent, en outre, respecter certaines obligations d’ordre comptable.
Cette perception de l'impôt à la source s'accompagne des obligations
suivantes pour les employeurs et les débirentiers.

Section 1 : LES OBLIGATIONS COMPTABLES

Paragraphe 1 : Tenue d'un registre des retenues opérées (art. 125 CGI)

Le registre des retenues opérées peut être constitué par le livre de paie ou
par un livre spécial. Ce registre qui doit servir de base au calcul des retenues des
impôts sur salaires doit pour chaque personne rétribuée mentionner :

- Ses nom et prénoms ;


- La nature de son emploi ou de sa fonction ;
- Sa nationalité ;
- Etc.

Le registre et les pièces et documents justificatifs (évaluation des avantages


en nature, justificatifs afférents aux allocations spéciales pour frais d'emploi et aux
remboursements de frais réels...) doivent être conservés jusqu'à l'expiration de la
troisième année suivant celle au titre de laquelle les retenues ont été effectuées. Ils
doivent être présentés à toute réquisition de l'administration fiscale.

Paragraphe 2 : Délivrance aux salariés et crédirentiers d'une pièce


justificatives des retenues opérées (art. 125)

37
Les employeurs ou débirentiers doivent délivrer une pièce mentionnant le
montant des retenues effectuées.
Le bulletin de salaire ou de pension constitue normalement cette pièce
justificative.

Section 2 : LES OBLIGATIONS DECLARATIVES

Paragraphe 1 : Déclaration mensuelle des retenues

Chaque paiement auprès du Receveur des impôts doit être accompagné d'une
déclaration réglementaire des impôts sur les salaires (voir imprimé).

La déclaration mensuelle se fait aux dates ci-dessous conformément aux dispositions de


l’article 126 du CGI.
a) Au plus tard le 10 du mois suivant, pour les contribuables soumis à un régime du
réel d’imposition 
b) En ce qui concerne les entreprises relevant de la Direction des grandes
Entreprises :

- Au plus tard le 10 du mois suivant, pour les contribuables soumis à un au


plus tard le 10 du mois suivant, pour les entreprises industrielles et les
entreprises pétrolières et minières ;
- au plus tard le 15 du mois suivant, pour les entreprises commerciales ;
- au plus tard le 20 du mois suivant, pour les entreprises prestataires de
services ».

Paragraphe 2 : Etat annuel récapitulatif des salaires versés


(Article 127-128-129 et 130 du CGI)

Les employeurs doivent remettre au plus tard le 30 avril de chaque année,


au service des impôts dont ils dépendent, un état annuel récapitulatif des
rémunérations versées au cours de l'année précédente (cf article 12-2° annexe
fiscale 2001).

Cet état réglementaire comporte pour chaque personne rétribuée les


indications suivantes :

- nom et prénoms ;

- emploi ou qualité ;

- code-d'emploi ;

38
- etc

39
Il comporte en outre un tableau de vérification des versements effectués et de
rapprochement avec la comptabilisation des salaires.

A l'appui de cet état, les employeurs doivent fournir la liste de leurs employés qui
ont quitté définitivement leur emploi en mentionnant pour chacun d'eux :

- La date de départ ;
- Le montant du salaire d'activité ;
- La durée du préavis ;
- La durée du congé ;
- La nature et le montant de toutes les rémunérations perçues à
l'occasion du départ définitif (indemnités de congés payés, de
préavis, de licenciement, de rupture de contrat, de départ à la
retraite, prime d'ancienneté, gratifications pour services rendus,
etc ...).

En cas de contrariété entre le cumul des impôts mensualisés et l’état


récapitulatif, une régularisation est opérée soit par l’employeur, soit par
l’Administration.

Section 3: Les sanctions

Paragraphe 1 : Retard ou défaut de production de l'état récapitulatif


des salaires( article 170 du LPF)

L'article 127 du Code Général des Impôts oblige les employeurs à déposer à la
Direction Générale des Impôts, au plus tard le 30 avril de chaque année un état
récapitulatif des salaires versés aux personnes qu'ils ont occupées au cours de
l'année précédente.

Le retard ou le défaut de production de cet état est sanctionné par une


amende de 200.000 francs majorée de 20.000 francs par mois ou fraction de mois de
retard supplémentaire.

Paragraphe 2 : Les sanctions et pénalités de recouvrement (paiement tardif)

Retard dans le paiement

a) Article 161-1° premier alinéa : les contributions (ou les ITS) à la


charge des employeurs.

=> Intérêts de retard de 5 % pour le premier mois ou


fraction de mois, plus 0,5 % par mois ou fraction de
mois supplémentaire.

40
b) Article 161-1 ° deuxième alinéa : les ITS à la charge des salariés et
crédirentiers, retenus à la source.

=> Intérêts de retard de 10 % pour le premier mois ou


fraction de mois, plus 1 % par mois ou fraction de mois
supplémentaire.

c) Article 161-2° : Les ITS éventuellement recouvrés par voie de rôle par
les comptables de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du
Trésor (DGCPT)

=> Majoration de 10% si non-paiement le dernier jour du


mois suivant celui de la mise en recouvrement.

d) Article 161-3° : chèques et effets impayés faute de provision.

=> Majoration de 100 %.

Paragraphe 3 : Les sanctions et pénalités d'assiette

A/ Majorations (en sus des intérêts de retard de paiement) pour


insuffisance de déclaration

a) Article 162-1 ° du LPF : Les contributions (ou les ITS) à la charge des
employeurs

 Majoration de 15 % si droits éludés ≤ ¼ des droits dus

 Majoration de 30 % si droits éludés > ¼ des droits dus

 Majoration de 100 % en cas de manœuvres frauduleuses.

b) Article 162-2° du LPF : Les ITS retenus à la source

 Majoration de 30 % si droits éludés ≤ ¼ des droits dus

 Majoration de 60 % si droits éludés > ¼ des droits dus

 Majoration de 150 % en cas de manœuvres frauduleuses.

41
N.B : Ce sont les droits éludés qui sont majorés.

B/ Majoration pour retard ou défaut de déclaration : Taxation d'office


article 163 du LPF

1 °) Déclaration déposée hors délai (et dans les 30 jours d'une demande de
l'administration) : (article 163-1° alinéa)

 Majoration de 10 %.

2°) Déclaration non souscrite dans les 30 jours d'une demande de


l’administration : (article 163-1° a et b)

a) Majoration de 50% pour les contributions à la charge des employeurs

b) Majoration de 100% pour les ITS retenus à la source

3 °) Les droits ou les suppléments de droits mis à la charge des contribuables


dans le cadre d'une procédure de taxation d'office: (article 163-2°)

 Majoration de 50% pour les contributions à la charge des employeurs

 Majoration de 100% pour les ITS retenus à la source

4°) Les droits ou les suppléments de droits mis à la charge des contribuables
dans le cadre d'une procédure de RECTIFICATION D'OFFICE sont majorés
de 100% (article 163-3°).

C/ Autres majorations

 200% pour les droits évalués d'office dans le cadre d'une procédure
d'opposition à contrôle fiscal : article 164 du LPF

 150% pour les droits rappelés dans le cadre d'une procédure de


répression des abus de droit : article 165 du LPF.

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Paragraphe 4 : Les sanctions pénales
(voir article 171 à 180 du LPF)

A/ Les employeurs et débirentiers qui ne reversent pas les retenues d'impôt sur les
salaires qu'ils ont opérées commettent un délit d'escroquerie dès qu'une
contrainte leur a été décernée (article 07 de la loi N° 67-588 du 31/12/1967). Ils
sont poursuivis, à la requête du Ministère chargé des Finances, devant le tribunal
d'instance siégeant en matière correctionnelle.

Les sanctions pénales s'appliquent sans préjudice des sanctions fiscales


légalement encourues.

B/ L'article 174 du LPF : "sans préjudice des sanctions fiscales..., quiconque a


procédé pour le compte du Trésor aux retenues à la source... de l'impôt sur les
traitements et salaires... et s'est abstenu de reverser au Trésor ces montants
dans les six mois de la retenue à la source est passible d'une amende de 500.000
à 10.000.000 de francs et d'un emprisonnement d’un à cinq ans, ou de l'une de
ces deux peines seulement.

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