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Fonctions à Variation Bornée : Théorèmes et Preuves

Ce document présente la définition et quelques propriétés des fonctions à variation bornée. Il définit d'abord la variation d'une fonction puis la variation totale, et introduit la notion de fonction à variation bornée. Il énonce ensuite un théorème sur les fonctions à variation bornée et donne le plan de sa démonstration.

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Fonctions à Variation Bornée : Théorèmes et Preuves

Ce document présente la définition et quelques propriétés des fonctions à variation bornée. Il définit d'abord la variation d'une fonction puis la variation totale, et introduit la notion de fonction à variation bornée. Il énonce ensuite un théorème sur les fonctions à variation bornée et donne le plan de sa démonstration.

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Agrégation externe de mathématiques 2019-2020

Fonctions à variation bornée


Leçons 201,229

Définition (Variation d’une fonction)


Soient x < y ∈ R, Sub([x, y]) l’ensemble des subdivisions σ = {x0 < x1 < · · · < xn }
telles que x = x0 et y = xn pour tout n ∈ N∗. Soit f : [x, y] −→ R une fonction. On
définit la variation de f selon σ par:

n−1
X
V arσ (f ) := |f (xi+1 ) − f (xi )|
i=0

On définit la variation totale de f sur [x, y] par:

y
_
:= sup V arσ (f )
x σ∈Sub([x,y])

Wy
On dit que f est à variation bornée sur [x, y] si x < +∞.

Théorème (Fonctions à variation bornée)


Soit [a, b] ∈ R un segment avec a < b. L’espace vectoriel engendré par les fonctions
monotones sur [a, b] correspond à l’espace des fonctions à variations bornées sur [a, b].

Voici le plan de la démonstration:


Wz Wy Wz
1. Montrer la relation de Chasles: ∀x < y < z ∈ R, x f = x f+ y f par double
inégalité.

2. Montrer que toute fonction est à variation bornée si, et seulement si elle est différence
de deux fonctions croissantes par double implication.

3. A l’aide des résultats précédents, montrer le résultat principal.

Lemme 1 (Relation de Chasles)


Soient x < y < z ∈ R et f : [x, z] −→ R. On a alors:

z y z
_ _ _
f = f+ f
x x y

Démonstration. ? Soient σ1 ∈ Sub([x, y]) et σ2 ∈ Sub([y, z]). Alors σ = σ1 ∪ σ2


(concaténation) est de la forme x = x0 < · · · < xp = y = y0 < · · · < yq = z ∈
Sub([x, z]). Donc on a:

Maxime BOUCHEREAU 1 Université Rennes 1-ENS Rennes


Agrégation externe de mathématiques 2019-2020

p−1 q−1
X X
V arσ (f ) = |f (xi+1 ) − f (xi )| + |f (yi+1 ) − f (yi )|
|i=0 {z } |i=0 {z }
tous les xi tous les yi
6 V arσ1 (f ) + V arσ2 (f )
y z
_ _
6 f+ f
x y

En passant au sup à gauche, il vient:

z y z
_ _ _
f 6 f+ f (1)
x x y

? De plus, soit σ ∈ Sub([x, z]). On introduit y dans σ, créant ainsi une nouvelle subdivi-
sion σ 0 ∈ Sub([x, z]) de cette forme:

σ 0 : x = x0 < · · · < xp = y = y0 < · · · < yq = z


| {z } | {z }
:=σ1 :=σ2

avec σ : x = x0 < · · · < xp−1 < y1 < · · · < yq = z


Donc on a:

p−2 q−1
X X
V arσ (f ) = |f (xi+1 ) − f (xi )| + |f (yi+1 ) − f (yi )|
i=0 i=1

p−1 q−1 z
X X _
V arσ (f ) 6 |f (xi+1 ) − f (xi )| + |f (yi+1 ) − f (yi )| = V arσ0 (f ) 6 f
x
|i=0 {z } |i=0 {z }
=V arσ1 (f ) =V arσ1 (f )

z
_
Donc on a: V arσ1 (f ) + V arσ1 (f ) 6 f
x

En passant au sup à gauche, il vient:

y z z
_ _ _
f+ f 6 f (2)
x y x

Les deux inégalités (1) et (2) assurent ainsi que:

z y z
_ _ _
f = f+ f
x x y

Maxime BOUCHEREAU 2 Université Rennes 1-ENS Rennes


Agrégation externe de mathématiques 2019-2020

Lemme 2
f : [a, b] −→ R est à variation bornée si, et seulement si f est la différence de deux
fonctions croissantes

Démonstration. ? ⇐= Si g : [a, b] −→ R est une fonction croissante, alors soit σ ∈


Sub([a, b]) telle que σ : a = x0 < · · · < xp = b. On a alors:

p−1 p−1
X X
V arσ (f ) = |g(xi+1 ) − g(xi )| = [g(xi+1 ) − g(xi )] = g(xp ) − g(x0 ) = g(b) − g(a)
g%
i=0 i=0

De même, si g est décroissante, alors on a:

p−1 p−1
X X
V arσ (f ) = |g(xi+1 ) − g(xi )| = [g(xi ) − g(xi+1 )] = g(x0 ) − g(xp ) = g(a) − g(b)
g&
i=0 i=0

b
_
Ainsi, si g est monotone, alors g = |g(a) − g(b)| donc est à variation bornée
a

Si h est une autre fonction croissante, et si f = g − h, alors:

p−1
X
V arσ (f ) = V arσ (g − h) = |g(xi+1 ) − h(xi+1 ) − g(xi ) + h(xi )|
i=0

p−1
X
D’où V arσ (f ) 6 {|g(xi+1 ) − g(xi )| + |h(xi+1 ) − h(xi )|} 6 V arσ (g) + V arσ (h)
i=0

b
_ b
_ b
_
D’où f6 g+ h ce qui montre la première implication.
a a a

? =⇒ Réciproquement, si f est à variation bornée, alors posons:

g : [a, b] −→ WR
x
x 7−→ af

g est bien definie (car f est à variation bornée). Soit h = g − f . Soient x 6 y ∈ [a, b] :

y x
_ _
h(y) − h(x) = g(y) − g(x) − f (y) + f (x) = − f + f (x) − f (y)
a a

Par la relation de Chasles, il vient ensuite:

Maxime BOUCHEREAU 3 Université Rennes 1-ENS Rennes


Agrégation externe de mathématiques 2019-2020

y y
_ _
h(y) − h(x) = +f (x) − f (y) > −|f (y) − f (x)| > 0
| {z }
x x
=V ar{x,y} (f )

Donc h est constante. Comme g(y)−g(x) = yx > 0, g est également croissante. Ainsi,
W
f est la différence de deux fonctions croissantes.

On peut montrer le résultat principal:

Démonstration. ? Si f est dans l’espace vectoriel engendré par les fonctions monotones,
alors ils existent λ1 , · · · , λp ∈ R et f1 , · · · , fp monotones, donc à variation bornée
(lemme 2), tels que:

p
X
f = λi fi
i=1

p p b
X X _
Donc, pour tout σ ∈ Sub([a, b]), V arσ (f ) 6 λi V arσ (fi ) 6 λi fi
i=1 i=1 a

b
_
Donc f < +∞ ce qui montre une première inclusion.
a

? Si f est à variation bornée, le lemme 2 assure que f = g − h où g, h[a, b] −→ R sont


croissantes donc monotones. Donc f est combinaison linéaire de fonctions monotones,
ce qui montre l’autre inclusion, et achève la preuve.

Reférence. X.Gourdon, Analyse.

Maxime BOUCHEREAU 4 Université Rennes 1-ENS Rennes

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