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Intégrales Généralisées en Analyse 2

Ce document présente un cours sur les intégrales généralisées. Il définit les intégrales locales et impropres sur des intervalles ouverts ou non bornés, et étudie leur convergence ou divergence à travers des exemples.

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Intégrales Généralisées en Analyse 2

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Université Abdelmalek Essaadi Département

Faculté des Sciences et Techniques de Tanger de Mathématiques

Cours d’Analyse 2

pour

Etudiants de MIP

par

S. HADJ NASSAR & S. HAMDOUNE


Chapitre 3

Intégrales Généralisées

On a étudié au Chapitre 1, l’intégrale d’une fonction f définie sur un intervalle fermé


et borné de R. On veut ici généraliser la notion de l’intégrale au cas des intervalles non
fermés ou non bornés, c’est à dire du type :
– [a, b[ ou ]a, b] ou ]a, b[ avec a, b ∈ R, a < b et lim− f (x) = ∞ ou lim+ f (x) = ∞
x→b x→a
– [a, +∞[ ou ] − ∞, b] ou ] − ∞, +∞[ avec a, b ∈ R

3.1 Définitions
Définition 3.1.1. — Soient I un intervalle ( ou une réunion d’intervalles) de R. Une
fonction f : I −→ R est dite localement intégrable sur I si sa restriction, à tout
segment [α, β] ⊆ I, est intégrable. On note f ∈ Rloc (I).
Remarque. Toute fonction continue sur un intervalle I est localement intégrable sur I.
Définition 3.1.2. — Soit f ∈ Rloc ([a, b[) ; (−∞ < a < b ≤ +∞) ; avec lim− f (x) = ∞.
x→b

∫ f sur [a, b[ est convergente (on dit aussi que l’intégrale


1. On dit que l’intégrale de
x
a un sens) si lim− f (t) dt existe dans R. Cette limite appelée l’intégrale
x→b a
généralisée ou intégrale impropre de f sur [a, b[. On dit aussi que f est inté-
grable sur [a, b[ et on note f ∈ R([a, b[).
∫ x
2. Si lim− f (t) dt n’existe pas dans R, on dit que l’intégrale de f sur [a, b[ est
x→b a
divergente. On dit aussi que l’intégrale n’a pas de sens ou que f n’est pas
intégrable sur [a, b[.
Remarques.
• On a des définitions analogues si f ∈ Rloc (]a, b]) ; (−∞ ≤ a < b < +∞) ; avec
∫ b
lim+ f (x) = ∞ en considérant lim+ f (t) dt.
x→a x→a x ∫ b
• Dans les deux cas, l’intégrale généralisée ou impropre de f est notée f (t) dt.
∫ 0 a
sin x sin x
• dx est une intégrale définie car lim = 1, donc la fonction est prolon-
−π x x→0 x
geable par continuité en 0.

2
3.1. DÉFINITIONS 3

Définition 3.1.3. — Soit f ∈ Rloc (]a, b[) ; (−∞ ≤ a < b ≤ +∞) et soit c ∈]a, b[.
1. On dit que l’intégrale de f sur ]a, b[ est convergente (on dit aussi que l’intégrale
∫ c ∫ b
a un sens) si chacune des intégrales f (t) dt et f (t) dt est convergente. Dans
∫ b ∫ c
a ∫ b
c

ce cas, on pose f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt.


a a c
2. Si l’une des 2 intégrales n’existe pas dans R, on dit que l’intégrale de f sur ]a, b[
est divergente ou qu’elle n’a pas de sens ou que f n’est pas intégrable sur ]a, b[.
Remarques.
• Si f présente dans [c, d]; c, d ∈ R, n points d’impropreté à savoir a1 , a2 , . . . , an .
∫ d
Alors, on dira que f (t) dt est convergente si et seulement si chacune des inté-
∫ a1 ∫c a2 ∫ d
grales f (t) dt et f (t) dt et . . . et f (t) dt est convergente. Dans ce cas, on
c a1 an
∫ d ∫ a1 ∫ a2 ∫ d
pose f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt + . . . f (t) dt.
c c a1 an
• Etudier la nature d’une intégrale généralisée revient à chercher si elle converge ou
diverge.
Exemples 3.1.1.
∫ 1
dt
1. Nature de √ , impropre en 0.
0 t
∫ 1 [ √ ]1 √
dt
lim+ √ = lim 2 t = lim (2 − 2 x) = 2.
x→0 x t x→0+ x x→0+
∫ 1 ∫ 1
dt dt
Donc, √ est convergente et on a √ = 2.
0 t 0 t
∫ +∞
2. Nature de t dt, impropre en +∞.
0
∫ ∫ ∫ 1 [ t2 ]x
+∞ x2 x dt
tdt = lim ) = +∞. Donc,
tdt = lim √ diverge. = lim (
0 x→+∞ 0 x→+∞ 2 0 x→+∞ 2 0 t
∫ +∞ [ t2 ]+∞
On présente des fois les calculs comme suit : tdt = = +∞−0 = +∞

0 2 0
+∞
3. Nature de cos t dt, impropre en +∞.
0
∫ +∞ ∫ x [ ]x
cos t dt = lim cos t dt = lim sin t = lim sin x qui n’existe pas.
0 x→+∞ 0 x→+∞ 0 x→+∞
∫ +∞
Donc, cos t dt diverge.
0
∫ 1
dt
4. Nature de , impropre en 0 et 1.
0 t(t − 1)
∫ 1/2 ∫ 1
dt dt
Ça revient à étudier la nature de et . Or,
0 t(t − 1) 1/2 t(t − 1)
∫ 1/2 ∫ 1/2 ∫ 1/2 [
dt dt 1 1 t − 1 ]1/2
= = (− + )dt = ln | | = 0−∞ = −∞.
0 t(t − 1) 0 t(t − 1) 0 t t−1 t 0
∫ 1/2 ∫ 1
dt dt
Donc, diverge, et par suite diverge.
0 t(t − 1) 0 t(t − 1)
4 CHAPITRE 3. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES

Proposition 3.1.1. — (Intégrales généralisées de Riemann)


Soit α ∈ R.
∫ +∞
1
1. ∀a > 0, l’intégrale dt converge si et seulement si α > 1
a tα
∫ b
1
2. ∀a, b ∈ R avec b > a, l’intégrale dt converge si et seulement si α < 1
a (t − a)α

Preuve : [ ]x




 ln |t| = ln |x| − ln a si α = 1
x 1  a
1. dt = [
a tα 

 1 1 ]x 1 ( 1 1 )
 − . α−1 = − si α ̸= 1
α − 1 t a α − 1 aα−1 xα−1

 +∞ si α = 1
∫ x 

Alors, lim
1
dt = +∞ si α − 1 < 0 ⇐⇒ α < 1
x→+∞ a tα 
 1 1

 . si α − 1 > 0 ⇐⇒ α > 1
∫ x
α − 1 aα−1
1
Donc, lim dt existe dans R ssi α > 1.
x→+∞ a tα
 [ ]b

 ln |t − a| = ln(b − a) − ln(x − a) si α = 1
∫ 

b 1  x
2. dt = 
x (t − a)α [ (t − a)
 −α+1 ]b
(b − a)−α+1 (x − a)−α+1

 =− si α ̸= 1
1−α x 1−α 1−α

 +∞ si α = 1
∫ b 

1 +∞ si −α + 1 < 0 ⇐⇒ α > 1
Alors, lim+ dt = −α+1
x→a x (t − a)α 

 (b − a)
 si α < 1
1−α
∫ b
1
Donc, lim+ dt existe dans R ssi α < 1. 
x→a x (t − a)α

∫ +∞ dx
Exemple 3.1.1. Nature de , impropre en 0 et +∞.
∫ 0 xα ∫ +∞
1 dx dx
Elle diverge pour tout α car est convergente ssi α < 1 et est convergente
0 xα 1 xα
ssi α > 1.

Proposition 3.1.2. — (Intégrales généralisées de Bertrand)


Soient α, β ∈ R.
∫ +∞
1
1. ∀a > 1, l’intégrale dt converge pour α > 1, diverge pour α < 1 et
a tα lnβ (t)
si α = 1 elle converge si et seulement si β > 1.
∫ a
1
2. ∀a : 0 < a < 1, l’intégrale dt converge pour α < 1, diverge pour
0 tα | ln(t)|β
α > 1 et si α = 1 elle converge si et seulement si β > 1.

Preuve :
Laissée à titre d’exercice à faire en TD. 
3.2. PROPRIÉTÉS 5

3.2 Propriétés
Proposition 3.2.1. — (Relation de Chasles)
Soit f ∈ R([a, b[) ; (−∞ < a < b ≤ +∞). Alors,
∫ b ∫ c ∫ b
pour tout c ∈]a, b[, on a : f ∈ R([c, b[) et f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt
a a c

Preuve :
∗) f ∈ Rloc ([c, b[)
∫ [α, β] ⊆ [c, b], alors [α, β] ⊆ [a, b[. Donc, f ∈ R([α, β]) puisque f ∈ Rloc ([a, b[).
Soit
c
∗) f (t) dt existe
a
Elle existe puisque [a, c] ⊂ [a, b[ et f ∈ Rloc ([a, b[).
∫ b ∫ c ∫ b
∗) f ∈ R([c, b[) et f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt
a a ∫ x
c ∫ x ∫ c
D’après la relation de Chasles on a : f (t) dt = f (t) dt − f (t) dt ∀x ∈ [c, b[
∫ x
c a ∫ b
a

Or f ∈ R([a, b[), donc lim− f (t) dt existe dans R et vaut f (t) dt


x→b
∫ x
a∫
x ∫ c ∫ b
a ∫ c
Alors, lim− f (t) dt = lim− f (t) dt − f (t) dt = f (t) dt − f (t) dt ∈ R
x→b x→b
c a ∫ b
a ∫ b
a ∫ c
a

Ce qui prouve que f ∈ R([c, b[) et que f (t) dt = f (t) dt − f (t) dt


c a a
D’où, on tire l’égalité. 

Proposition 3.2.2. — Soit f ∈ Rloc ([a, b[) ; (−∞ < a < b ≤ +∞).
S’il existe c ∈]a, b[ tel que f ∈ R([c, b[), alors f ∈ R([a, b[) et on a :
∫ b ∫ c ∫ b
f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt (Relation de Chasles)
a a c

Preuve : ∫ x ∫ c ∫ x
Soit x ∈ [c, b[. Comme f ∈ R([a, x]) et c ∈ [a, x], on a f (t)dt = f (t)dt+ f (t)dt
a a c
D’où, puisque f ∈ R([c, b[),
∫ x ∫ c ∫ x ∫ c ∫ b
lim− f (t) dt = f (t) dt + lim− f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt
x→b x→b
a ∫ b
a c ∫ c
a ∫ b
c

Ce qui prouve que f (t) dt existe et vaut f (t) dt + f (t) dt. 


a a c

Proposition 3.2.3. — (croissance)


Soient f, g ∈ Rloc ([a, b[) telles que f ≤ g sur [a, b[.
∫ b ∫ b ∫ b ∫ b
Si f (t)dt et g(t)dt convergent, alors f (t)dt ≤ g(t)dt
a a a a
En particulier, l’intégrale (convergente) d’une fonction positive sur [a, b[ est positive .

Preuve : ∫ x ∫ x
On a f, g ∈ R([a, x]) ∀x ∈ [a, b[ avec f ≤ g sur [a, x], alors f (t)dt ≤ g(t)dt. Il
a a
suffit par la suite de passer à la limite quand x tend vers b− . 
6 CHAPITRE 3. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES

Proposition 3.2.4. — (Linéarité)


Soient f, g ∈ Rloc ([a, b[) et α, β ∈ R.
∫ b ∫ b ∫ b ( )
Si f (t)dt et g(t)dt convergent, alors αf + βg (t)dt converge et on a :
a ∫ b
a
( ) ∫ b
a ∫ b
αf (t) + βg(t) dt = α f (t)dt + β g(t)dt
a a a
Preuve :
∫ hypothèse f, g ∈ R([a, ∫
Puisque par
x (
x]) ∀x ∈ [a, b[,∫on a
) x x
αf (t) + βg(t) dt = α f (t)dt + β g(t)dt ∀x ∈ [a, b[
a ∫ x ( )a ∫ ax ∫ x
D’où, lim− αf (t) + βg(t) dt = α lim− f (t)dt + β lim− g(t)dt
x→b x→b x→b
a ∫ x (
a
) ∫ b
a ∫ b
Comme f, g ∈ R([a, b[), on a lim− αf (t) + βg(t) dt = α f (t)dt + β g(t)dt ∈ R
x→b
∫ b( a ) ∫ b
a ∫ b
a

Donc, αf + βg ∈ R([a, b[) et αf (t) + βg(t) dt = α f (t)dt + β g(t)dt. 


a a a
Corollaire 3.2.1. — Soient f, g ∈ Rloc ([a, b[).
∫ b ∫ b ∫ b ( )
Si f (t)dt converge et si g(t)dt diverge, alors f (t) + g(t) dt diverge.
a a a
Preuve :
En effet, si l’intégrale de f + g était convergente, alors celle de g = (f + g) − f le serait
aussi d’après la proposition précédente, ce qui n’est pas le cas par hypothèse. 
Remarques.
• Attention, on n’a pas de résultats pour la somme de 2 divergentes.
• Les intégrales de αf et f sont de même nature.
Proposition 3.2.5. — (Intégration par parties)
Soient u et v deux fonctions de classe C 1 sur [a, b[.
([ ]x ∫ x ) ∫ b

Si lim− u(t)v(t) − u (t)v(t)dt existe, alors u(t)v ′ (t)dt existe et on a :
x→b a
∫ b
a
([ ]x ∫ a
x )

u(t)v (t)dt = lim− u(t)v(t) − u′ (t)v(t)dt
a x→b a a
On écrit tout simplement,
∫ b
quand les intégrales
∫ b
considérées sont convergentes,
[ ]b

u(t)v (t)dt = u(t)v(t) − u′ (t)v(t)dt
a a a
Preuve :
Puisque par hypothèse
∫ x u, v sont de classe C ∫1 sur [a, x[ ∀x ∈ [a, b[, on a
[ ]x x
u(t)v ′ (t)dt = u(t)v(t) − u′ (t)v(t)dt
a a a
Et on a le résultat en passant à la limite quand x → b− , à condition qu’elle existe. 
∫ +∞ ln(1 + t2 )
Exemple 3.2.1. Etudions dt.
0 t2
ln(1 + t2 ) t2
Elle est impropre en +∞ mais pas en 0 puisque lim = lim = 1. Et on a,
∫ +∞ ∫
t→0 t2 t→0 t2
∫ +∞
2
ln(1 + t ) [ 1 ]+∞ +∞ 1 2t 1
dt = − ln(1 + t 2
) + . dt = −0 + 0 + 2 dt
0 t2 [ t ]+∞ 0 0 t 1 + t2 0 1 + t2
= 2 arctan(t) = 2.( π2 − 0) = π
0
3.2. PROPRIÉTÉS 7

Proposition 3.2.6. — (Changement de variable)


Soient f ∈ Rloc ([a, b[) et φ : [α, β[−→ [a, b[ fonction de classe C 1 telle que φ(α) = a et
φ(β) = b (avec b et β finis ou non).
∫ b ∫ β
Si l’une des intégrales f (x)dx et f (φ(t)).φ′ (t)dt converge alors l’autre converge
∫ aβ α ∫ b

et on a, f (φ(t)).φ (t)dt = f (x)dx
α a
Preuve :
Puisque f ∈ Rloc ([a, b[), la formule de changement de variable est valable sur [a, x],
∀x ∈ [a, b[. Il suffit donc de passer à la limite à condition qu’elle existe. 
Remarque. Donc, la formule de changement de variable reste valable pour les inté-
grales généralisées à condition que les intégrales considérées soient convergentes.
∫ +∞
1
Exemple 3.2.2. Etudions l’intégrale √ dx
1 x 1 + x2
√ √ t
On pose, t = 1 + x2 , x > 1 ⇐⇒ x = t2 − 1, t > 1 et par suite dx = √ 2 dt
√ t −1
Quand x = 1, t = 2 et ∫quand x = +∞, t = ∫+∞ ∫ +∞
+∞ 1 +∞ 1 t 1
Alors, formellement on a √ dx = √ √ . √ dt = √ dt
x 1 + x2 t2 − 1.t √ t2 − 1 2 t −1
2
∫ +∞ ∫ +∞ (
1 2
t − 1 ]+∞

1 ) [1
1 2 − 1 1 2 + 1
− √ = 0− ln √ = ln √
1/2 1/2
Or, √ dt = √ dt = ln
2 t2 − 1 2−1
t−1 t+1
2 2 t + 1√ 2 2 2+1 2
∫ +∞ √ √
1 1 2 + 1 1
Donc, √ dx converge est vaut ln √ = ln | 2 + 1|2 = ln( 2 + 1).
1 x 1 + x2 2 2−1 2
Proposition 3.2.7. — Soit f ∈ Rloc ([a, +∞[). ∫
+∞
Si lim f (x) = l est non nulle alors l’intégrale f (x)dx est divergente.
x→+∞ a
Preuve :
Traitons le cas l > 0. L’adaptation au cas l < 0 est immédiate. Puisque lim f (x) = l > 0,
x→+∞
il existe A > a tel que |f (x) − l| < l
2
pour tout x > A. D’où, on tire f (x) > l/2 ∀x > A.
Alors,

pour x∫ > A, on a :∫ ∫ A
∫ ∫
x A x l A l x
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt ≥
dt = f (t)dt+ (x − A)
f (t)dt +
A 2 ∫ 2
(∫ A
a a A a a
l ) x
Or, lim f (t)dt + (x − A) = +∞. Donc, lim f (t)dt = +∞. 
x→+∞ a 2 x→+∞ a

Remarques. Attention,
• La condition lim f (x) = 0 est une condition nécessaire mais pas suffisante.
x→+∞
∫ +∞
• f (x)dx peut être convergente sans que f ait une limite en +∞
0
∫ +∞
x + sin x
Exemple 3.2.3. Etudions l’intégrale √ dx, impropre en +∞.
a x2 + 1
On a −1 ≤ sin x ≤ 1, alors √x−1
x2 +1
≤ x+sin
√ x
x2 +1
≤ √x+1
x2 +1
. Or, lim √x−1 = lim √x+1 = 1.
x→+∞ x2 +1 x→+∞ x2 +1
∫ +∞
x + sin x x + sin x
D’après la règle des gendarmes, on a alors lim √ 2 = 1 ̸= 0. Donc, √ dx
x→+∞ x +1 0 x2 + 1
diverge.
8 CHAPITRE 3. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES

3.3 Cas des fonctions de signe constant


Quitte à considérer −f , on se limite dans la suite à f positive ou nulle.

Proposition 3.3.1. — Soit une fonction f ∈ Rloc ([a, b[) positive ou nulle. Alors,
∫ b ∫ x
f (t) dt converge si et seulement si F (x) := f (t) dt est majorée sur [a, b[
a a

Preuve :
Montrons tout d’abord que F est croissante sur [a, b[.
Soient x, y ∈∫R tels que a ≤ x < y < b, vérifions que F (y) ≥ F (x). En effet, puisque f
y
est positive, f (t) dt est positive et par suite on a,
∫ y
x ∫ x ∫ y ∫ y
F (y) = f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt = F (x) + f (t) dt ≥ F (x)
a a  x x
 sup |F (x)| ∈ R si F majorée
Par conséquent, lim− F (x) = x∈[a,b[
x→b 
+∞ si F non majorée
• Condition
∫ b nécessaire
Si f (t) dt converge, alors lim− F (x) existe dans R. Donc, F est majorée.
a x→b
• Condition suffisante ∫ b
Si F est majorée, alors lim− F (x) = sup |F (x)| ∈ R. Donc, f (t) dt converge.
x→b x∈[a,b[ a

∫ b ∫ x ∫ x
Remarque. Si f ≥ 0 sur [a, b[ alors, f (t)dt = sup f (t)dt ≥ f (t)dt, ∀x ∈ [a, b[
a x∈[a,b[ a a

Proposition 3.3.2. — (Théorème de Comparaison)


Soient f, g ∈ Rloc ([a, b[) telles que 0 ≤ f ≤ g sur [a, b[.
∫ b ∫ b ∫ b ∫ b
1. Si g(t) dt converge, alors f (t) dt converge et on a : f (t) dt ≤ g(t) dt
a a a a
∫ b ∫ b
2. Si f (t) dt diverge, alors g(t) dt diverge.
a a

Preuve :
1. ∫Par hypothèse g est positive, intégrable sur [a, b[. Donc, d’après
∫ Proposition
∫ 3.3.1,
x x x
g(t)dt est majorée sur [a, b[. Or, puisque f ≤ g sur [a, b[, f (t)dt ≤ g(t)dt.
a ∫ x
a a
Par conséquent, f (t) dt est majorée sur [a, b[ et d’après Proposition 3.3.1,
∫ b
a

f (t) dt converge. En plus, d’après la remarque précédente, on a :


a
∫ x ∫ x ∫ b
f (t) dt ≤ g(t) dt ≤ g(t) dt ∀x ∈ [a, b[
a a a
∫ x ∫ b ∫ b ∫ b
Ce qui implique sup f (t) dt ≤ g(t) dt, soit f (t) dt ≤ g(t) dt.
x∈[a,b[ a a a a

2. Par hypothèse
∫ f est positive, non intégrable sur [a, b[. Donc, d’après Proposi-
x
tion 3.3.1, f (t) dt est non majorée sur [a, b[. Or, puisque f ≤ g sur [a, b[,
a
3.3. CAS DES FONCTIONS DE SIGNE CONSTANT 9

∫ x ∫ x ∫ x
f (t) dt ≤ g(t) dt. Par conséquent, g(t) dt est non majorée sur [a, b[ et
a a ∫ b
a

d’après Proposition 3.3.1, g(t) dt diverge. 


a

Remarque. Les résultats précédents restent valables, si les inégalités 0 ≤ f (t) ≤ g(t)
ne sont vraies que pour t voisin de b.
∫ +∞
e−t dt, impropre en +∞.
2
Exemple 3.3.1. Etudions la nature de
0 ∫ +∞ [ ]+∞
Pour t ≥ 1, on a t ≥ t et par suite 0 ≤ e
2 −t2
≤ e . Or,−t
e−t dt = − e−t = e−1 ,
1
∫ +∞ ∫ 1
1
−t2 −t2
dt existe puisque e−t est continue sur [0, 1].
2
donc e dt converge. En plus, e
1 ∫ +∞ ∫ 1
0 ∫ +∞
−t2 −t2
e−t dt converge.
2
Par conséquent, e dt = e dt +
0 0 1

Définition 3.3.1. —
1. Soient f, g deux fonctions définies au voisinage Vx0 de x0 ∈ R. On dit que f et g
sont équivalentes au voisinage de x0 et on écrit f ∼ g s’il existe une fonction h
x0
de Vx∗0 = Vx0 − {x0 } dans R telle que
(a) f (x) = h(x).g(x) ∀x ∈ Vx0 − {x0 }
(b) lim h(x) = 1
x→x0

2. Soient f, g deux fonctions définies au voisinage V+∞ (resp. V−∞ ) de +∞ (resp.−∞).


On dit que f et g sont équivalentes au voisinage de +∞ (resp. −∞) et on écrit
f ∼ g (resp. f ∼ g) s’il existe une fonction h de [a, +∞[ dans R (resp. de
+∞ −∞
] − ∞, b]) dans R telle que
(a) f (x) = h(x).g(x) ∀x ∈ [a, +∞[ (resp. ∀x ∈] − ∞, b])
(b) lim h(x) = 1 (resp. lim h(x) = 1).
x→+∞ x→−∞

Remarques. Pour a fini ou non,


f (x)
• Si f et g ne s’annulent pas au voisinage de a, alors f ∼ g ⇐⇒ lim =1
a x→a g(x)
f1 g1
• Si f1 ∼ g1 et si f2 ∼ g2 alors ∼ et f1 .f2 ∼ g1 .g2
a a f2 a g2 a
• Si f ∼ g alors α.f ∼ α.g et |f |α ∼ |g|α ∀α ∈ R∗
a a a

Exemples 3.3.1. Les équivalences usuelles :


x2
1. sin x ∼ x, tan x ∼ x, cos x − 1 ∼ − , arcsin x ∼ x, arctan x ∼ x.
0 0 0 2 0 0
2
x
2. shx ∼ x, thx ∼ x, chx − 1 ∼ , argshx ∼ x, argthx ∼ x.
0 0 0 2 0 0
3. ln(1 + x) ∼ x, e − 1 ∼ x.
x
0 0
4. polynôme ∼ terme du plus bas degré, polynôme ∼ terme du plus haut degré.
0 ∞
10 CHAPITRE 3. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES

Proposition 3.3.3. — Soient f, g ∈ Rloc ([a, b[) positives.


∫ b ∫ b
Si f ∼ g alors f (t) dt et g(t) dt sont de même nature.
b a a
Preuve :
Puisque f est équivalente à g au voisinage Vb de b, il existe η1 > 0 et une fonction h de
]b − η1 , b + η1 [−{b} dans R telle que : f (x) = h(x).g(x) ∀x ∈]b − η1 , b[ et lim h(x) = 1.
x→b
1
De plus, comme lim h(x) = 1, ∃η2 > 0 tel que |x − b| < η2 implique |h(x) − 1| < := ϵ.
x→b 2
Posons η = min(η1 , η2 ). Alors ∀x ∈]b − η, b[, on a à la fois
– x ∈]b − η1 , b[, et par suite f (x) = g(x).h(x)
1
– |x − b| < η2 , et par suite |h(x) − 1| <
2
1
Donc, |f (x) − g(x)| = |g(x)h(x) − g(x)| = |g(x)||h(x) − 1| ≤ .g(x)
2
Ainsi, pour x ∈]b−η, b[, on a : − 21 g(x) ≤ f (x)−g(x) ≤ 12 g(x), soit 12 g(x) ≤ f (x) ≤ 23 g(x)
Alors,∫d’après Proposition 3.3.2, on a : ∫ b
b 3
∗) Si g(x) dx converge alors, puisque 0 ≤ f ≤ .g sur ]b − η, b[, f (x) dx converge
∫ab 2 ∫ ab
1
∗) Si g(x) dx diverge alors, puisque 0 ≤ .g ≤ f sur ]b − η, b[, f (x) dx diverge
a 2 a
Ce qui prouve que les deux intégrales généralisées sont de même nature. 
Remarque. La Proposition précédente reste valable si f et g ne sont de signe constant
qu’au voisinage de b.
Exemples 3.3.2.
∫ +∞
arctan(x)
1. Nature de dx, impropre en +∞.
1 x2 ∫ +∞ [ ]
arctan(x) π/2 π/2 π 1 +∞ π
On a, ∼ fonction positive avec dx = − =
x2 +∞ x2 1 x2 2 x 1 2
∫ +∞
arctan(x)
Donc, dx est convergente.
1 x2
∫ π/2
2. Nature de ln(sin x) dx, impropre en 0.
0
ln(sin x) ln( sinx x )
On a, = + 1 −−−→ 1. Donc, ln(sin x) ∼+ ln x fonction négative
ln x ln x ∫ x→0+ 0
π/2 [ ]π/2 π π π
+
au voisinage de 0 avec ln x dx = x ln x − x = . ln( ) −

0 0 2 2 2
π/2
Donc, ln(sin x) dx est convergente.
0

3.4 Fonctions (de signe) quelconques


Proposition 3.4.1. — (Critère de Cauchy)
∫ b
Soit f ∈ Rloc ([a, b[). Alors, f (t)dt est convergente si et seulement si
a
∫ x′

∀ϵ > 0 ∃c ∈]a, b[ tel que ∀x, x ∈ [c, b[ on a : f (t) dt < ϵ
x
3.4. FONCTIONS (DE SIGNE) QUELCONQUES 11

Preuve :
• Condition nécessaire
∫ b ∫ x
On suppose que f (t)dt convergente. Soit donc l = lim− f (t) dt ∈ R.
a ∫ x a
x→b
ϵ

Alors, ∀ϵ > 0 ∃η > 0 tel que ∀x ∈ [b − η, b[ on a : f (t)dt − l <
a 2
Soit c ∈]b − η, b[. Comme [c, b[⊆]b − η, b[, on a pour tout x, x′ ∈ [c, b[ :
∫ x ϵ ∫ x′ ϵ

f (t)dt − l < et f (t)dt − l <
a 2 a 2
Et par suite,
∫ x′ ∫ x′ ∫ x ∫ x′ ∫ x

f (t)dt ≤ f (t)dt − f (t)dt ≤
f (t)dt − l + l − f (t)dt
x ∫
x
a ′ a
∫ x
a

a
ϵ ϵ
≤ f (t)dt − l + l − f (t)dt ≤ + = ϵ
a a 2 2
• Condition suffisante ∫ ′ x
Soit ϵ > 0. Par hypothèse, ∃c ∈]a, b[ tel que : f (t) dt < ϵ ∀x, x′ ∈ [c, b[. Pour
∫ x
x
montrer que lim− F (x) = lim− f (t)dt existe, on montrera que pour toute suite
x→b x→b a
(xn ) ⊂ [a, b[ telle que lim xn = b, lim− F (xn ) existe, indépendante de (xn ).
n→+∞ x→b
∗) Soit alors (xn )n une suite telle que ∀n, xn < b et lim xn = b.
n→+∞

Puisque, lim xn = b et ϵ = b − c > 0, ∃n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0 on a b − xn =
n→+∞
|b − xn | ≤ b − c, soit xn ≥ c. Donc, xn , xm ∈ [c, b[ pour tout n, m ≥ n0 .
∫ xm

Ainsi, ∀n, m ≥ n0 , on a |F (xm ) − F (xn )| = f (t)dt < ϵ
xn
Ce qui prouve que (F (xn )) est de Cauchy, donc convergente. Soit l1 = lim F (xn ).
n→+∞
∗) Soit(yn )n une autre suite telle que ∀n, yn < b et lim yn = b. Vérifions que
n→+∞
lim F (yn ) = l1 .
n→+∞
Comme précédemment, on montre que ∃n1 ∈ N tel que ∀n ≥ n1 , yn ∈ [c, b[ et que
(F (yn )) est convergente. Soit l2 = lim F (yn )
∫ yn
n→+∞


Alors, ∀n ≥ max(n0 , n1 ), on a xn , yn ∈ [c, b[ et par suite f (t)dt < ϵ
∫ yn xn

Donc, lim f (t)dt = 0


n→+∞ xn
∫ yn ∫ xn ∫ yn ∫ yn
Or, F (yn ) = f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt = F (xn ) + f (t)dt
a a xn ∫ yn
xn

D’où, l2 = lim F (yn ) = lim F (xn ) + lim f (t)dt = l1 + 0 = l1 . 


n→+∞ n→+∞ n→+∞ xn

Proposition 3.4.2. — (Critère d’Abel)


Soit a ∈ R et soit f = g.h une fonction définie sur [a, +∞[ où
1. g est une fonction positive, de classe C 1 , décroissante et lim g(t) = 0
t→+∞
2. h ∈ Rloc ([a, +∞[)
∫ x

3. Il existe une constante M telle que ∀x ≥ a, h(t)dt ≤ M
a
∫ +∞ ∫ +∞
Alors, f (t)dt = g(t)h(t)dt est convergente.
a a
12 CHAPITRE 3. INTÉGRALES GÉNÉRALISÉES

Preuve : ∫ x
Posons, pour x ∈ [a, +∞[, H(x) := h(t)dt. Et soit ϵ > 0.
a
ϵ
Comme g positive et lim g(t) = 0, alors ∃cϵ ≥ a tel que ∀t ≥ cϵ on a g(t) < ϵ′ :=
t→+∞ 3M
En intégrant par parties, on a pour x′ ≥ x ≥ cϵ ,
∫ x′ ∫ x′ [ ]x′ ∫ x′

f (t)dt = g(t)h(t)dt = g(t)H(t) − g ′ (t)H(t)dt
x
∫ x′
x x x

′ ′ ′
≤ g(x )H(x ) − g(x)H(x) + −g (t)H(t)dt
x
Or,
puisque g positive décroissante
que |H|
et ≤ M sur [a, +∞[,(on a )
′ ′
g(x )H(x ) − g(x)H(x) ≤ g(x ) H(x ) + g(x) H(x) ≤ M g(x′ ) + g(x)
′ ′
( )
≤ M g(x) + g(x) = 2M g(x)
et ∫ ′ ∫ ′ ∫ ′
x x x [ ]x′

−g ′ (t)H(t)dt ≤ | − g ′ (t)||H(t)|dt ≤ −g ′ (t)M dt = M − g(t)
x x( ) x x
= M g(x) − g(x′ ) ≤ M g(x)
∫ x′

Donc, f (t)dt ≤ 2M g(x) + M g(x) = 3M g(x) < 3M ϵ′ = ϵ, pour tout x, x′ ≥ cϵ
x ∫ +∞
Par conséquent, d’après la critère de Cauchy (Proposition 3.4.1), f (t)dt converge.
a

Corollaire 3.4.1. — (Intégrale des fonctions oscillantes)


Soient a, ω, φ des réels avec ω ̸= 0, et g une fonction positive, de classe C 1 , décroissante
sur [a, +∞[ telle que lim g(t) = 0. Alors, les intégrales
t→+∞
∫ +∞ ∫ +∞
g(t) cos(ωt + φ) dt et g(t) sin(ωt + φ) dt sont convergentes.
a a

Preuve :
Il suffit d’appliquer le Critère d’Abel précédent avec h(t) = cos(ωt + φ) ou sin(ωt + φ)
puisque
∗) h∫∈ Rloc ([a, +∞[) car h est continue sur [a, x], ∀x ≥ a
x 2
| sin(ωx+φ)|+| sin(ωa+φ)|
∗) cos(ωt + φ) dt = sin(ωx+φ)−sin(ωa+φ) ≤ |ω|
≤ := M

a
ω
|ω|
x 2
∗) sin(ωt + φ) dt = cos(ωa+φ)−cos(ωx+φ)

| cos(ωa+φ)|+| cos(ωx+φ)|
|ω|
≤ := M . 
a
ω
|ω|
∫ +∞
Exemple 3.4.1. Etudions la nature de cos(x2 )dx, impropre en +∞.
1
Posons t = x2 sur [1, +∞[. On a,
√ 1
x = t, dx = √ dt, quand x = 1, t = 1 et quand x = +∞, t = +∞
∫ +∞ 2 t ∫ +∞
1
Donc, 2
cos(x )dx = cos(t) √ dt sous réserve qu’elle converge.
1 1 2 t
1
Or, t −→ √ est positive, de classe C 1 sur [1, +∞[, décroissante vers zéro.
2 t ∫ +∞
1
Alors, d’après le Corollaire 3.4.1, cos(t) √ dt est convergente

1 2 t
+∞
Donc, cos(x2 )dx convergente.
1
3.4. FONCTIONS (DE SIGNE) QUELCONQUES 13

Définition 3.4.1. — Soit f ∈ Rloc ([a, b[).


∫ b ∫ b

On dit que f (t)dt est absolument convergente si f (t) dt est convergente.
a a
Proposition 3.4.3. — Soit f ∈ Rloc ([a, b[).
∫ b ∫ b
Si f (t)dt est absolument convergente alors f (t)dt est convergente et on a :
∫ ∫
a a
b b

f (t)dt ≤ |f (t)|dt.
a a
Preuve :
∫ ∫
b b
f (t)dt étant absolument convergente alors |f (t)|dt est convergente. Donc, elle
a a
vérifie le Critère de Cauchy (Proposition 3.4.1), soit :
∫ x′

∀ϵ > 0 ∃c ∈]a, b[ tel que ∀x, x ∈ [c, b[ on a : |f (t)| dt < ϵ
x
D’où on déduit que,
∫ x′ ∫ x′

∀ϵ > 0 ∃c ∈]a, b[ tel que ∀x, x′ ∈ [c, b[ on a : f (t) dt ≤ |f (t)| dt < ϵ
x ∫ b
x

Donc, d’après le Critère de Cauchy (Proposition 3.4.1), f (t)dt est convergente.


a
De plus, puisque −|f | ≤ f ≤ |f |, on a d’après la propriété de croissance de l’intégrale,
∫ b ∫ b ∫ b ∫ b ∫ b
− |f (t)|dt ≤ f (t)dt ≤ |f (t)|dt ⇐⇒
f (t)dt ≤ |f (t)|dt. 
a a a a a
Remarque. Pour étudier la nature d’une intégrale généralisée d’une fonction quel-
conque, on peut commencer par étudier sa convergence absolue.
∫ +∞
sin(x)
Exemple 3.4.2. Etudions la nature de dx, impropre en +∞.
1 x2 ∫ +∞
sin(x) 1 1

On a pour tout x ≥ 1, 2 ≤ 2 . Or, l’intégrale de Riemann dx est conver-
x x ∫ +∞ 1 x2
sin(x)
gente. D’où, d’après Proposition 3.3.2 de comparaison, dx est absolument
1 x2
convergente donc convergente.
Remarque. Attention, la réciproque de Proposition 3.4.3 précédente est fausse ; on peut
avoir une intégrale généralisée convergente sans être absolument convergente, elle est
dite alors semi-convergente.
∫ +∞
sin(x)
Exemple 3.4.3. Etudions la nature de π dx, impropre en +∞.
2
x
– Elle est convergente d’après le Corollaire 3.4.1, en prenant g(x) = x1 sur [ π2 , +∞[.
– Etudions l’absolue convergence. ( )
2
Comme | sin x| ≤ 1, |sinx|2 ≤ | sin x| et par suite sinx x ≥ sinx x = 12 x1 − cos(2x)
x
∫ +∞ ∫ +∞
1 cos(2x)
Or, π dx diverge d’après Proposition 3.1.1 et π dx converge d’après
x x
2
∫ +∞ ( 2
1 cos(2x) )
Corollaire 3.4.1, donc π − dx diverge d’après Corollaire 3.2.1.
x x
2
∫ +∞ ∫ +∞
sin x sin(x)
On déduit par Proposition 3.3.2 que π dx diverge, c’est-à-dire que dx
2
x π
2
x
est non absolument convergente donc semi-convergente. ♢♢♢
Index

Changement de variable Théorème de Comparaison


d’une intégrale généralisée, 7 d’une intégrale généralisée, 8
Critère
d’Abel pour une intégrale, 11
de Cauchy pour une intégrale, 10
Croissance
d’une intégrale généralisée, 5

Fonction
équivalente, 9
Localement intégrable, 2
non intégrable, 2

Intégrable
sur [a, b[, 2
Intégrale
a un sens, 2
absolument convergente, 13
convergente, 2, 3
des fonctions oscillantes, 12
divergente, 2, 3
généralisée, 2
généralisée de Bertrand, 4
généralisée de Riemann, 4
impropre, 2
n’a pas de sens, 2
semi-convergente, 13
Intégration par parties
d’une intégrale généralisée, 6

Linéarité
d’une intégrale généralisée, 6
Localement intégrable, 2

Positivité
d’une intégrale généralisée, 5

Relation de Chasles
d’une intégrale généralisée, 5

14
Table des matières

3 Intégrales Généralisées 2
3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
3.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3.3 Cas des fonctions de signe constant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.4 Fonctions (de signe) quelconques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

15

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