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Contrôle Juridictionnel des Actes Administratifs

Le document décrit le contrôle juridictionnel des actes administratifs et la théorie générale de l'acte administratif. Il aborde notamment la légalité externe et interne, les éléments d'un acte administratif unilatéral, et le raisonnement à adopter pour le contrôle juridictionnel. Il traite également de sujets comme la compétence, les formes, et la motivation formelle des actes.

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Contrôle Juridictionnel des Actes Administratifs

Le document décrit le contrôle juridictionnel des actes administratifs et la théorie générale de l'acte administratif. Il aborde notamment la légalité externe et interne, les éléments d'un acte administratif unilatéral, et le raisonnement à adopter pour le contrôle juridictionnel. Il traite également de sujets comme la compétence, les formes, et la motivation formelle des actes.

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Kimberly Orinx PGDCA 2019-2020

PGDCA – PARTIE DROIT ADMINISTRATIF


CONTROLE JURIDICTIONNEL ET THEORIE GENERALE DE L’ACTE ADMINISTRATIF

Tous les actes → soumis au contrôle juridictionnel (exclusivement contrôle de légalité).

Légalité externe : compétence de l’auteur de l’acte + formes et procédures à respecter


Légalité interne : pour quels motifs la décision a été prise + contrôle de l’objet.

Schéma (actes administratifs unilatéraux) :


1. Procédure d’adoption ;
2. Entrée en vigueur ;
3. Exécution et sanctions éventuelles ;
4. Précarité (autorité qui a adopté pourrait décider de retirer l’acte avec effet rétroactif ou
l’abroger -sans effet rétroactif) ;
5. Recours administratif ;
6. Interprétation

Raisonnement à adopter

1. Une règle de droit (écrite ou non-écrite) a-t-elle été violée par l’acte administratif ?

Examiner 4 angles :
- L’autorité est-elle compétente ?
- Est-ce que les formes et étapes de la procédure ont été respectées ?
- Les motifs d’adoption de la décision invoqués sont-ils pertinents et légaux ?
- Y-a-t-il erreur manifeste d’appréciation ou disproportion ?

2. La violation de la règle entraîne-t-elle nécessairement son annulation par le Conseil


d’État ?

Regarder si le vice peut faire l’objet d’une couverture ou non.

Si intérêt de moyen (=concrètement, si on fait abstraction de cette illégalité, est-ce que la


décision aurait été autre) : art.14, §1er, al.2 lois coordonnées sur le CE. Il faut un intérêt de
moyen.

Regarder si c’est une illégalité d’ordre public ou pas :


- Si ordre public : on peut invoquer cette illégalité à tout stade de la procédure + auditeur
du CE ou CE lui-même peut l’invoquer d’office ;
- Si pas ordre public : moyen doit être invoquer dans la requête.

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I. LA COMPETENCE

Compétence sous plusieurs aspects :


- Compétence ratione materiae (quoi ?);
- Compétence ratione loci (où ?) ;
- Compétence ratione temporis (quand ?).

Rappel : délégation de compétences :


- Texte qui attribue la compétence autorise explicitement ou implicitement la délégation ;
- Délégation ne porte pas sur l’essentiel de la compétence ;
- Délégation doit être précaire et révocable ;
- Délégation doit rester sous contrôler hiérarchique du délégant ;
- Délégation doit être opposable aux tiers susceptibles d’être affectés.

Délégation de signature : on délègue seulement le pouvoir de signer (pas conditions de


délégation de compétence).

Compétence liée ou discrétionnaire

Compétence liée : conditions fixées de façon très précise. Autorité administrative n’a pas de
pouvoir d’appréciation et sa compétence est liée (doit l’exercer dans les conditions précises
qui sont fixées dans la réglementation).
Compétence discrétionnaire : l’autorité administrative a un pouvoir d’appréciation.

Théorie de l’acte contraire (ou parallélisme des compétences)

Autorité qui a adopté une décision peut adopter la décision inverse.

Parallélisme des compétences : si je nomme, puis-je révoquer ?


Parallélisme des formes : si je prends un acte contraire, je dois respecter les mêmes formes et
procédures.

Vice de compétence

Ratification pure et simple : ne couvre pas le vice de compétence.

Théorie du fonctionnaire de fait : permet de considérer qu’un acte adopté par une autorité qui
n’était pas compétente peut être considéré comme légal et ne devra donc pas être remis en cause
en raison de l’incompétence de l’auteur de l’acte.
- Théorie de l’apparence : l’administré a pu croire que l’autorité qui a pris la décision
était compétente ;
- Principe de la continuité du service public : une autorité peut invoquer ce principe.

Touche à l’ordre public.

Intérêt au moyen : ne tombe pas dans le champ de l’art.14§1er, al.2 LCCE. Quand vice de
compétence, on ne doit pas s’interroger sur la question de savoir si on aurait un intérêt au moyen
ou non.

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II. LES FORMES

Distinction selon l’incidence sur la légalité de l’acte

3 types de formes :

1. Formes prescrites à peine de nullité

Si non-respectées → décision est illégale mais nullité pas automatique.


Pour obtenir la nullité il faut demander l’annulation :
- Soit recours administratif (soit auprès de l’auteur de l’acte, soit de l’autorité
administrative) ;
- Soit recours juridictionnel au Conseil d’Etat.

2. Formes substantielles

Si non-respectées → décision/acte illégal.

Dans les formes substantielles, il y a :


- Celles qui touchent à l’ordre public ;
- Celles qui sont mises en place dans l’intérêt de l’administré.

3. Formes secondaires

Si non respectées → pas nécessairement illégalité.

Mais peuvent entraîner des sanctions politiques et non juridictionnelles.

Distinction selon le moment de leur intervention

1. Formes préalables à l’adoption de l’acte

a. L’avis
On va éventuellement solliciter l’avis d’une autre autorité.

Quand la loi indique que la formalité est obligatoire : avis peut être simple ou conforme
(formalité obligatoire).

Quand autorité demande l’avis d’initiative : ça ne peut être qu’un avis simple (formalité
facultative).

Avis simple : autorité administrative peut s’en défaire mais doit respecter :
- Obligation de motivation formelle

Avis conforme : autorité doit nécessairement suivre l’avis qui lui a été donné. Si elle n’est pas
d’accord, la seule chose qu’elle puisse faire c’est demander à l’autorité de reformuler un autre
avis.

La procédure doit être régulière et effective.

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Avis = formalité substantielle sauf s’il est instauré dans le seul intérêt de l’administration
(couverture du vice).

b. La proposition

Autorité doit demander une proposition de décision.

Règles presque similaires à l’avis.

c. L’enquête publique

Demander aux administrés (aux citoyens) de donner leur avis sur une décision que l’autorité
publique envisage de prendre (eg : matière environnementale, matière d’urbanisme, matière de
trafic aérien).

Doit être régulière et effective.

C’est une formalité substantielle.

d. L’obligation d’audition

Fait pour une autorité administrative de demander, dans le cadre d’une procédure, à la personne
qui est destinataire de la décision de faire valoir ses observations par rapport à une décision qui
sera prise.

Requise :
- Soit par texte législatif (eg : art.134ter nouvelle loi communale) ;
- Soit en vertu d’un principe général de droit.

i. Le respect des droits de la défense

Mesure punitive :
- Soit une sanction disciplinaire ;
- Soit une sanction administrative.

L’autorité est obligée d’entendre le destinataire de la mesure punitive → pas d’exception.

Procédure doit être régulière et effective (la personne doit avoir été convoquée au préalable, la
convocation doit contenir les éléments de fait qui lui sont reprochés).

Si observations orales : procès-verbal obligatoire pour preuve.

Principe d’ordre public (→ conséquences procédurales). Art.14§1er, al.2 loi CE : ne s’applique


pas.

Formalité substantielle (fraus omnia corrumpit).

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ii. Le principe audi alteram partem

Mesure préventive
→ audition seulement si cette mesure présente :
- Un degré de gravité ;
- Porte atteinte à une situation préexistante.

Mais exceptions (>< principe du respect des droits de la défense) :


- S’il y a urgence ;
- Si l’audition est inutile (les faits sont tellement avérés qu’il n’est pas nécessaire d’en
faire une) ;
- Si l’audition est impossible ;
- Si l’autorité a une compétence liée.

Procédure doit être régulière et effective.

Pas d’ordre public → il faut l’invoquer dans la première requête.

Formalité substantielle (fraus omnia corrumpit).

2. Formes concomitantes à l’édiction de l’acte.

a. Motivation formelle (loi du 29 juillet 1991)

Champ d’application :
- Actes individuels ;
- Écrits ;
- Adoptés par une autorité administrative :
o Rappel : personnes morales de droit public : c’est nécessairement une autorité
administrative ;
o Personnes morales de droit privé : vérifier les critères, notamment si cette
personne morale de droit privé a un pouvoir de décision unilatéral.

Pas d’ordre public.

Touche à une garantie du justiciable → donc peut justifier un moyen d’annulation contre un
acte administratif.

Exceptions (art.4 loi du 29 juillet 1991):


- Si sécurité extérieure le justifie ;
- Droit au respect de la vie privée ;
- Ordre public ;
- Secret professionnel.

Étendue de l’obligation :
- La motivation doit être adéquate (art.3§2 loi du 29 juillet 1991) : personne doit
comprendre les raisons pour lesquelles l’autorité administrative a pris la décision dans
ce sens (mais absence d’obligation d’exposer les motifs des motifs) ;

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- La motivation par référence est admise : 3 conditions :


o L’autorité qui prend la décision s’approprie des conclusions du document
préparatoire ;
o Il faut que l’acte auquel on renvoie respecte l’obligation de motivation formelle ;
o Cet acte doit être porté à la connaissance du destinataire de la décision, en même
temps que la décision finale.

Dossier administratif : constat + procès verbale de l’audition + décision finale.


Important pour 2 raisons :
- Il faut le donner au Conseil d’Etat si un litige apparaît ;
- On ne peut se défendre qu’avec les éléments qui ressortent du dossier administratif.

3. Formes a posteriori.

Par exemple : notifier la décision.

Principes de la procédure collégiale

2 types d’autorités administratives ; soit autorité administrative seule prend la décision, soit
organe collégial.

Principes supplémentaires à respecter, dits de procédure collégiale :


(a) Organe collégial doit être convoqué en temps utiles.
(b) Règle de quorum :
o Soit une réglementation ou une loi le prévoit ;
o Si aucune réglementation le prévoit alors moitié+1.
(c) Permanence de composition de l’organe : les personnes qui composent l’organe doivent
avoir suivi toute la procédure jusqu’au bout.
(d) L’organe doit arrêter une seule position.
(e) Il faut toujours un procès-verbal de délibération à des fins de preuve ;
(f) Vote au scrutin secret.

➔ Doivent être respectés sauf si un règlement d’ordre intérieur ou une autre réglementation en
dispose autrement ;
➔ Pas d’ordre public (principes supplémentaires).

Principe d’impartialité

Principe d’ordre public.

S’appliquent dans toutes les matières (pas seulement procédure disciplinaire).

2 volets :
- Impartialité subjective :
o Concerne le comportement personnel de l’autorité administrative ;
o Quelles sont les opinions que la personne a émises préalablement à la procédure
administrative ;
o Simple apparence de partialité suffit.
- Impartialité objective :

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o Touche au contexte institutionnel ;


o Éviter que la personne qui est chargée de prendre la décision soit à la fois juge
et partie.

Impartialité d’un organe collégial :


- Il faut un soupçon de partialité sur un des membres (existe toujours) ;
- Il faut que cette partialité ait une influence sur l’ensemble du collége (condition en train
d’être abandonnée).

Exercice effectif du pouvoir d’appréciation (devoir de minutie)

Patere legem quam ipse fecisti → interdit une dérogation par une décision particulière à une
règle plus générale édictée antérieurement et qui ne prévoit pas une telle dérogation.

Exceptions :
- On peut déroger par un acte individuel à un autre acte individuel ;
- On peut déroger par un règlement à un autre règlement ;
- On n’applique pas ce principe quand on est face à deux actes individuels qui émanent
de deux autorités administratives différentes.

Circulaires administratives (directives) dans lesquelles on fixe des orientations.


- Pas de portée réglementaire
- Application réglementée par deux principes :
o Principe de l’exercice effectif du pouvoir d’appréciation ;
o On peut déroger par un acte administratif à une circulaire adoptée
précédemment ;
o Si on y déroge, il faut expliquer cette dérogation en particulier dans la motivation
formelle.

Comparaison des titres et mérites et la théorie du bilan

Aspect du principe de l’exercice effectif du pouvoir d’appréciation.

Pas d’ordre public.

S’applique dans toute les hypothèses dans lesquelles on doit procéder à une comparaison.

Couverture du vice de forme

Vice de forme peut-il faire l’objet d’une couverture ? Oui, dans certains cas :
- Lorsqu’il est imputable à une cause étrangère (force majeure, fait d’un tiers, fait du
requérant);
- Intérêt au moyen (art.14, §1er, al.2 LCCE) :
o Cas d’espèce cela n’a pas d’incidence sur le contenu de la décision ;
o Renonciation par d’administré (ne vaut pas pour les formalités qui sont d’ordre
public) ;
o Si la compétence de l’autorité est liée, le CE estime qu’il n’y a pas d’intérêt au
moyen.

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III. LES MOTIFS

Principe de la motivation interne (ou motivation matérielle) des actes administratifs →


principe général de droit.

Pas d’ordre public.

Décision administrative doit reposer sur des motifs de droit et de fait :


- Exacts ;
- Pertinents ;
- Légalement admissibles.

Illégalité si :
- Erreur de droit : base juridique sur laquelle l’autorité s’appuie est inexacte ou mal
interprétée ;
- Erreur de fait : faits invoqués sont inexacts ou inexistants ;
- Erreur sur la qualification juridique : faits invoqués sont exacts mais juridiquement
mal qualifiés ;
- Détournement de pouvoir : (interprétation restrictive) décision prise dans l’intention
exclusive, ou du moins principale, de nuire à une personne ou d’avantager illégalement
une personne.
o Annulation par le CE d’un acte pour détournement de pouvoir : la Chambre doit
renvoyer l’affaire à l’assemblée générale de la section du contentieux ;
o Au contentieux de la suspension : pas nécessaire de renvoyer l’affaire à
l’assemblée général si un détournement de pouvoir est invoqué : la chambre peut
suspendre l’acte elle-même.

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IV. L’OBJET

Principe du raisonnable et l’erreur manifeste d’appréciation

Interdiction d’agir contrairement à toute raison.

Exemple : marchés publics.

Pas d’ordre public (donc invocation dans la requête).

Principe de proportionnalité

Principe qui s’applique dans il y a une certaine gradation de décision (par exemple : sanctions
disciplinaires : blâme ou mise à pied ou suspension ou licenciement).

L’autorité doit prendre une décision suffisamment proportionnée par rapport aux faits.

Pas d’ordre public.

Principe de légitime confiance

Autorité a fixé une ligne de conduite et décide, dans un cas d’espèce, de ne pas tenir compte
d’un certain nombre de critères qu’elle avait elle-même fixés au préalable (dans circulaire ou
directive).

Conditions pour invoquer ce principe :


- Espérances fondées ;
- Expectatives légitimes.

Principe non bis in idem

Voir infra dans la partie sur les sanctions administratives.

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ENTREE EN VIGUEUR

I. Moment de l’adoption de l’acte

Quand le texte prévoit un délai :


- Délai minimum vs délai maximum :
o Délai minimum : vous ne pouvez pas agir avant l’expiration d’un délai de 15
jours par exemple ;
o Délai maximum : délai durant lequel l’auteur de l’acte doit agir.
• Délai indicatif : on peut le dépasser (ce ne sera pas sanctionné sauf si on
dépasse un délai raisonnable).
• Délai impératif : dépassement strictement sanctionné (en général
sanction prévue par le texte). Par exemple : en matière de tutelle, il est
prévu qu’il faille agir dans les 40 jours, l’acte est réputé approuvé ou ne
peut plus agir.

Quand le texte ne prévoit pas de délai :


→ principe du délai raisonnable.

Principe général de droit à portée législatif.

Controverses quant au caractère d’ordre public.

Délai raisonnable apprécié in concreto.

II. Publication, notification et affichage

Formalités sont différentes selon les actes réglementaires (par exemple pour les actes
réglementaires différent des actes qui fixent des règles de conduite) : publication.

Pour les actes individuels : faire l’objet d’une notification (et c’est ça qui va faire courir le
délai pour agir en justice).
- Notification à la personne concernée en particulier ;
- Mais attention tous les actes individuels ne doivent pas nécessairement faire l’objet
d’une notification (certains doivent être publiés au Moniteur Belge).

Un vice dans la notification d’un acte administratif n’affecte pas la légalité de l’acte
administratif → affecte uniquement son opposabilité aux tiers. Sauf si :
- La loi prévoit expressément (donc prévoit qu’un vice de notification affecte la légalité) ;
- L’autorité dispose d’un délai très strict pour se prononcer ;
- En matière de tutelle.

Acte administratif individuel avec obligation de notification à son destinataire :


- Acte doit nécessairement mentionner les voies de recours qui sont ouvertes contre cet
acte ;
- En l’absence de la mention des voies de recours : le délai ne commence pas à courir.
o Nuance (nouvelle réglementation): le délai de recours ne commence à courir
qu’à partir de 4 mois de la notification de l’acte.

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III. Principe de non-rétroactivité des actes administratifs

Interdit qu’un acte administratif entre en vigueur à une date antérieure à la date à laquelle l’acte
est publié, notifié, affiché. Il ne peut pas sortir ses effets.

Cour de cassation : interdiction ne vaut que pour les actes réglementaires


Conseil d’État : interdiction vaut tant pour les actes individuels que pour les actes
réglementaires.

Principe d’ordre public (résulte de la mise en balance des principes de légalité et de sécurité
juridique).

Il existe des exceptions (seulement à titre d’exemples) :


- La rétroactivité, même fixée dans la réglementation, doit nécessairement être
indispensable à la réalisation de l’objectif d’intérêt général (il peut être purement
budgétaire).
- Continuité du service public : nommer une personne avec effet rétroactif parce qu’il y
avait quelqu’un faisait fonction, le temps de la nomination.

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EXECUTION

2 grandes questions :
- Question des sanctions ;
- Question de l’exécution forcée d’un acte administratif.

I. Sanctions administratives

Acte administratif qui inflige une pénalité à une personne, en raison d’un comportement
contraire aux normes applicables, qu’il s’agisse d’une amende ou de toute autre mesure punitive
pécuniaire ou non.

Mesures de police administratives: but de prévenir une atteinte à l’ordre public matérielle,
fonction préventive (donc règles des sanctions ne s’appliquent pas).

Sanctions administratives : objectif punitif.

Régime de base

Règles fixées dans la théorie générale.

Sanction = acte à portée individuelle qui concerne une personne/situation déterminée et donc
soumis à l’ensemble des règles sur les actes individuels.
- Audition ;
- Motivation formelle ;
- Autres principes (eg : impartialité ; devoir de minutie ; organe collégial ?; délai
raisonnable ; proportionnalité).

Régime complémentaire

S’applique dans certains cas spécifiques, à certains types de sanctions administratives.

1. Sanction peut être assimilée à une accusation en matière pénale

Art.6 CEDH §1er (droit d’accès au juge), §§2 et 3 (présomption d’innocence, droit de la
défense) s’applique à titre complémentaire et principes généraux de droit pénal (eg :
prévisibilité des incriminations et des peines).

Qualification d’une sanction en matière pénale : 3 règles à retenir :


- Droit interne prévoit explicitement que cette sanction peut être assimilée à une
sanction pénale → application art.6 CEDH.
- Droit interne dit sanction administrative (ne qualifie pas de sanction pénale):
o Hypothèse 1 : la norme transgressée par la personne concernée vise la généralité
des citoyens : sanction concernée aura nécessairement un caractère pénal si elle
poursuit un but dissuasif et répressif. Peu importe la gravité de la sanction ;
o Hypothèse 2 : la norme transgressée ne vise qu’un groupe déterminé de
personnes se trouvant dans une situation particulière. Sanction aura un caractère
pénal uniquement si elle présente une certaine gravité.

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Kimberly Orinx PGDCA 2019-2020

Est-ce que le CE peut être assimilé à un organe exerçant un contrôle de pleine juridiction ? Oui
(selon Cour EDH), pour 3 raisons :
- Le CE exerce un contrôle en droit et en fait dans le cadre de sa compétence d’annulation;
- Le CE va exercer un contrôle marginal de la proportionnalité ;
- La décision du CE va nécessairement à l’auteur de l’acte.

2. Sanction assimilée à une contestation de droits et obligations en matière civile

Art.6§1 CEDH.

II. Exécution forcée par la voie administrative

Cour de cassation 20 janvier 1994 :


Si une autorité administrative veut exécuter un acte de manière forcée, elle doit obtenir
l’autorisation d’un juge (judiciaire) sauf :
- Si la loi habilite explicitement l’autorité concernée à exécuter de manière forcée son
acte administratif ;
- Si l’autorité se trouve dans une situation urgente et une véritable crainte d’atteinte
grave à l’ordre public.

Autorité administrative dispose cependant du pouvoir de coercition. Elle peut adopter une
décision de manière unilatérale qui s’imposerait à ses destinataires, sans que leur consentement
ne soit requis (privilège du préalable).

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PRECARITE

Section 1. L’annulation

Annulation = fait pour une autorité de mettre à néant un acte administratif avec effet
rétroactif.

- Annulation juridictionnelle : quand exercée par autorité juridictionnelle (eg : Conseil


d’État), elle ne peut être prononcée que pour des motifs de légalité des décisions.
o Pas de contrôle d’opportunité ;
o Mais vérifie quand même si erreur manifeste d’appréciation et si
disproportion manifeste.
o Réfection de l’acte (=opération consistant à remplacer un acte administratif
annulé par un autre acte purgé du vice qui a justifié́ son annulation)1 :
• Réfection impossible : ex. compétence de l’auteur de l’acte ;
dépassement du délai ;
• Réfection obligatoire : lorsque l’acte répondait à une demande d'une
personne. Ex. acte émanant d’une autorité de recours organisé ;
• Réfection facultative : lorsque l’administration a pris l’acte de sa seule
initiative. Par exemple, en cas de sanction. De même, un Bourgmestre
prend un acte de fermeture, qui finit par être annulé. Il peut décider de le
reprendre si la contrariété́ à l'ordre public matériel est toujours présente
ou il peut considérer qu'il n'y a pas/plus d'atteinte.
▪ Correction des illégalités ;
▪ Principe tempus regit actum (application des règles en vigueur au
moment de la réfection).

- Annulation administrative : fait d’une autorité administrative (eg : autorité de tutelle


ou supérieur hiérarchique) :
o Peut intervenir pour des motifs de légalité ;
o Et motifs d’opportunité.

Section 2. Le refus d’application de l’exception d’illégalité

Pouvoir de refuser d’appliquer un acte normalement en vigueur après en avoir constaté


l’illégalité (interne ou externe).
→ l’acte continue d’exister mais n’est pas appliqué dans une situation déterminée.

Devant une juridiction :

- Cour de cassation : considère qu’on peut toujours refuser d’appliquer un acte


administratif qu’il ait une portée individuelle ou réglementaire et sans condition de
délai.

1 Après l’annulation, tout change. En effet, lorsque l’autorité administrative a pris un acte, c’est parce qu’il
répondait à un intérêt général. Comme l'annulation a un effet rétroactif, c'est comme si l'acte n'avait jamais été
pris. Toutefois, le même besoin d'intérêt général est toujours présent, ce qui signifie qu’un nouvel acte devrait
être pris. Il s'agit de la réfection.

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- Conseil d’État :

o Acte réglementaire : on peut refuser de l’appliquer sans condition de délai.


o Acte individuel : on peut refuser de l’appliquer tant qu’il n’est pas définitif (=si
on est toujours dans le délai pour introduire un recours contre un tel acte devant
le Conseil d’État).
Exceptions (le CE peut toujours refuser d’appliquer un acte administratif
individuel si) :
• S’il n’est pas créateur de droit ;
• S’il s’agit d’un acte inexistant (=illégalité tellement flagrante et évidente
ou erreur grossière) ;
• S’il s’agit d’un acte obtenu par fraude ;
• S’il s’agit d’une opération administrative complexe.

Devant une autorité administrative :

- Article 159 ne s’applique pas ;

- En pratique, évaluation au cas par cas suivant l’autorité concernée.

Section 4. Le retrait des actes administratifs

Il y a trois modes de dissolution de l’acte administratif (annulation, abrogation, retrait).

Retrait → Il y a de facto un problème avec la sécurité́ juridique car l’annulation s’opère ex


tunc (avec effet rétroactif) et par l’auteur de l’acte. Il n’y a priori donc aucune garantie de délai
ou de procédure.

Comparaison avec l’abrogation : Si un étudiant a une bourse d’étude pendant deux ans et que
la troisième année la bourse est abrogée, alors il n’aura pas de bourse pour cette troisième année.
En revanche, si la bourse est retirée, il devra rembourser le montant de la bourse obtenue les
deux premières années.

Pourquoi les effets rétroactifs sont-ils justifiés alors que l’abrogation existe et porte moins
atteinte aux droits ? En principe, le retrait n’est pas permis. Il n’est qu’une exception qui peut
être mise en œuvre moyennant certaines conditions. Il s’agit de la théorie du retrait de l’acte
administratif, développée par la jurisprudence du Conseil d’État.

Théorie du retrait de l’acte : ne s’applique qu’aux actes individuels.

a. Actes créateurs de droit

Exemples : autorisation, nomination, acte qui donne droit à une subvention, etc.

Peuvent être retirés à deux conditions :


- L’acte doit être illégal ;
- Peut être retiré seulement dans un délai de 60 jours à compter de la signature de l’acte.
o Si pendant les 60 jours un recours est introduit devant le CE, l’acte peut encore
être retiré pendant tout le temps de la procédure au CE. A conditions :

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• Recours recevable ;
• Motif de légalité invoqué dans les moyens ou d’ordre public.
o Retrait sans condition de délai pour :
• Acte inexistant ;
• Acte obtenu par fraude ;
• La loi autorisée l’autorité à retirer l’acte avec effet rétroactif ;
• Bénéficiaire du droit renonce à son droit (il faudra quand même vérifier
qu’il ne préjudicie pas les tiers) ;
• Si le retrait est nécessaire à l’exécution d’une annulation contentieuse.

b. Actes non créateurs de droit

Exemples : décision de sanction administrative, actes négatifs (refus d’autorisation de bâtir),


actes imposant une obligation à l’administré (mesure de police, ordre de fermeture, démolition
d’un immeuble), etc.

Retrait possible sans condition de délai.

Pour de motifs de légalité et des motifs d’opportunité.

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LES RECOURS ADMINISTRATIFS

Recours exercés contre un acte administratif auprès d’une autorité administrative (><
recours juridictionnels : recours introduits contre un acte administratif auprès d’une juridiction
-CE).

Contrôle :
- Sur la légalité ;
- Et sur l’opportunité.
→ sauf si le texte en dispose autrement.

a. Recours organisés

Ceux prévus par le texte, en faveur, en principe, de l’administré.

Il faut systématiquement aller voir dans le texte, pour savoir dans quel délai et sous quelle forme
le recours doit être introduit.

L’autorité de ce recours a l’obligation de statuer.

Recours doit nécessairement être exercé avant de saisir le CE (même si le recours est
facultatif).

Quels sont les pouvoirs d’autorité de ce recours ?

- Si le texte prévoit et balise les pouvoirs de l’autorité de ce recours : pouvoirs prévus


dans le texte qui doivent être respectés.

- Si le texte ne prévoit pas : il est présumé que cette autorité dispose des pouvoirs plus
étendus, y compris le pouvoir de réformation 2 (conséquence : cette autorité peut se
substituer et prendre une nouvelle décision en lieu et place de l’autorité de première
instance).

Quels sont les effets de l’introduction du recours organisé ?

- Mise à néant de la première décision : la seule décision qui va exister au terme du


recours sera la décision de l’autorité de recours.

- Recours devant le CE contre la décision de l’autorité de recours : si on décide


d’introduire un recours auprès du CE, ce recours doit nécessairement être introduit
contre la décision de l’autorité de recours (on ne peut pas introduire un recours contre
la décision du conseil communal mais nécessairement contre la décision du
gouvernement).

2 Il y a aussi la substitution a posteriori, aussi appelée réformation, qui consiste pour le supérieur hiérarchique
à annuler une décision prise par son subordonné et à lui substituer sa propre décision. Combinant annulation et
substitution, elle ne peut en tout état de cause intervenir que si les conditions d’exercice du pouvoir d’annulation
sont réunies, soit, comme dit ci-dessus, celles de la théorie du retrait.

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Cas de réfection obligatoire (après annulation, autorité de recours devra statuer de nouveau et
dispose de l’entièreté du délai dont elle disposait pour se prononcer; application de la règle en
vigueur au moment de la réfection)

b. Recours inorganisés

Recours non prévus par un texte, ou prévus par un texte mais exclusivement dans l’intérêt
de l’administration.

Rappel : déconcentration (contrôle hiérarchique) et décentralisation (contrôle de tutelle). Il ne


s’agit pas d’un recours ouvert à un administré contre une décision, mais organisé au sein de
l’administration (eg : autorité de tutelle peut annuler une décision de l’autorité communale).

3 recours inorganisés :
- Recours gracieux : recours introduit auprès de l’auteur de l’acte.
- Recours inorganisé introduit devant l’autorité de tutelle :
- Recours inorganisé introduit devant le supérieur hiérarchique :

Pas de conditions de délai, ni de forme par le texte qui l’organise.


Au niveau de la forme, ça peut être une simple lettre mais suffisamment motivée.
→ il faut saisir en temps utile et motiver son recours.

- Motifs de légalité ;
- Motifs d’opportunité.

Aucune obligation de statuer.

En principe, aucun effet sur le délai pour l’introduction recours auprès du CE.

Solution différente selon le type de recours inorganisé :

- Autorité de tutelle: effet interruptif . Deux conditions:


o Autorité saisie pendant le délai de 60 jours pour saisir le Conseil d’État;
o Saisine dans le délai endéans lequel l’autorité de tutelle peut encore exercer son
pouvoir d’annulation ou de suspension) ;

- Auteur de l’acte: nouveau délai si la décision n’est pas purement confirmative (objet
différent; motifs différents; réexamen) ;

- Supérieur hiérarchique: nouveau délai si la décision n’est pas purement confirmative.

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LES MARCHES PUBLICS


Formation du contrat d’un point de vue dynamique (point de vue statique : objet, cause,
consentement, capacité).

Étapes:
- Pourparlers préliminaires ;
- Formulation d’une offre ;
- Négociation de l’offre (contre-offres) ;
- Acceptation de l’offre = conclusion du contrat (modalités) ;
- Modification de commun accord.

Liberté contractuelle :

- Choix discrétionnaire: pas de sanction, sauf culpa in contrahendo ;

- Défaut de transparence appréhendée par le principe de bonne foi ou la théorie des vices
de consentement (obligation d’information) et/ou règles particulières (protection de la
partie faible).

Définition (art.2,17° loi du 17 juin 2016 sur les marchés publics) : un marché public est un
contrat à titre onéreux conclu entre, d’une part, un pouvoir adjudicateur et, d’autre part, un
adjudicataire en vue de la prestation d’un service, la fourniture d’un bien ou l’exécution de
travaux.

3 principes fondamentaux à respecter (viennent du droit européen) :

- Principe d’égalité et de non-discrimination entre les entreprises ;

- Principe de transparence (mise en concurrence préalable, communication de certaines


informations) ;

- Principe de proportionnalité (erreur manifeste d’appréciation).

Conséquence de ces principes → réglementation spécifique : directives européennes, loi du 17


juin 2016 relative aux marchés publics, arrêtés royaux d’exécution.

Réglementation spécifique qui va encadrer :


- L’attribution des marchés publics ;
- La conclusion de marchés publics ;
- Les éventuels contentieux.

PROCEDURE DE PASSATION

La procédure va commencer par une mise en concurrence préalable.


- Si le montant est supérieur au seuil européen : publier un avis de marché tant le
Journal officiel de l’Union européenne et dans le Bulletin des adjudications.

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- Si le montant est inférieur au seuil européen : seulement publication belge (donc


dans bulletin des adjudications).

3 types de procédures :

- Procédure ouverte (art.36 loi 17 juin 2016) :


o Accès libre au cahier spécial des charges (=document dans lequel il y aura la
description de en quoi consiste le marché, les différentes prestations attendues,
les critères à respecter par les entreprises pour pouvoir participer au marché et
les critères d’attribution du marché public) :
o Vérifier que l’entreprise ne tombe pas dans les causes d’exclusion ;
o Sélection qualitative ;
o Une fois l’offre déposée → définitive.

- Procédure restreinte (art.37 loi du 17 juin 2016):


o Pas accès au cahier des charges ;
o Vérifier que l’entreprise ne tombe pas dans les causes d’exclusion ;
o Sélection qualitative des entreprises ;
o Une fois l’offre déposée → définitive.

- Procédures négociées : offres initiales sont, en principe, négociables.

Causes d’exclusion :
- Exclusion obligatoire : par exemple : infractions pénales, organisation criminelle,
corruption, fraude, blanchiment de capitaux.
- Exclusion facultative : par exemple : entreprise en difficulté (faillite, liquidation, etc.).

Sélection qualitative :
- Professionnel : inscription à un registre professionnel ;
- Critères relatifs à la capacité économique, financière et technique de l’opérateur
économique :
o Économique et financière : chiffre d’affaire annuel minimal, comptes annules,
etc.
o Technique : ressources humaines et techniques, références attestant d’une
expérience suffisante, etc.

Régularité de l’offre : analyse de la conformité aux documents du marché (irrégularités


substantielles et non-substantielles).

Procédure (synthèse) :
1. Vérifier que l’entreprise ne tombe pas dans une des causes d’exclusion ;
2. Pouvoir adjudicateur va procéder une sélection qualitative (=vérifier que l’entreprise a
la capacité économique objective nécessaire) ;
3. Vérifier l’offre (régulière ou irrégulière) : vérifier si elle est conforme aux prescriptions
du marché ;
4. Si l’offre est régulière : attribution du marché.

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ATTRIBUTION DE L’OFFRE

Droit des obligations : acceptation vaut conclusion du contrat, en principe.

Distinction entre attribution et conclusion :


- Décision d’attribution ;
- Conclusion du marché.

Décision d’attribution : offre économique la plus avantageuse :


- Offre la plus basse économiquement, sauf anormalité ;
- Offre la plus intéressante au regard des critères d’attribution.

CONCLUSION DU MARCHE PUBLIC

Communication de la décision motivée :


- A l’ensemble des soumissionnaires (contenu) : si supérieur au seuil européen (double
communication)

Effets :
- Le montant du marché dépasse le seuil européen (art. 8 §2 et 11 L. 2013)
o N’implique pas un engagement contractuel avec le soumissionnaire retenu ;
o Délai d’attente de quinze jours (en cas de non-respect : déclaration d’absence
d’effets) ;
o Une fois délai d’attente dépassé, conclusion du marché

- Le montant du marché est en deçà du seuil européen (art. 29 L. 2013)


o Communication de la décision vaut conclusion du contrat ;
o Pas de délai d’attente de 15 jours

CONTENTIEUX

Juridiction compétente
- Si pouvoir adjudicateur est une autorité administrative : recours devant le Conseil
d’État ;

- Pouvoir adjudicateur n’est pas une autorité administrative : recours devant les
juridictions judiciaires.

Recours contre la décision d’attribution :


- Suspension d’extrême urgence : 15 jours à compter de la communication (si > seuil
européen : la dernière communication);
- Annulation : 60 jours (même point de départ du délai).

Recours contre le contrat :


- Marchés supérieurs au seuil européen : délai de standstill (si contrat conclu entre temps
→ action en déclaration d’absence d’effets) ;

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- Marchés inférieurs au seuil européen : pas de délai de standstill (action en nullité ;


nullité absolue ou relative ?).

Notion de pouvoir adjudicateur : critères spécifiques fixés par la loi du 17 juin 2016 → certaines
personnes morales de droit privé, qui, parce qu’elles reçoivent du financement public, et parce
qu’elles exercent une activité qui n’est pas purement commerciale, sont des pouvoirs
adjudicateurs, et doivent donc respecter les marchés publics mais ne sont pas nécessairement
une autorité administrative.

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LES BIENS DE L’ADMINISTRATION


Patrimoine de l’administration : biens du domaine public et biens du domaine privé.

Domaine public

Domaine public : évolution de la définition :


- Cour de cassation :
o Biens rangés dans cette catégorie par la loi (notamment art.538cc) ;
o Bien qui servent indistinctement à l’usage de tous (eg : rue, parc, etc. mais pas
prison).

- Doctrine traditionnelle :
o Biens rangés dans cette catégorie par la loi ;
o Biens affectés à l’usage de tous ;
o Biens qui sont, par nature ou par des aménagements spéciaux, adaptés
exclusivement ou essentiellement au but particulier du service public considéré
et sont en quelque sort irremplaçable (eg : prison puisque spécialement
aménagée).

Régime juridique :
- Tous les biens du domaine public sont hors commerce ;
o Inaliénables ;
o Imprescriptibles ;
o Insaisissables.

➔ 2 nuances :
1° Jurisprudence admet que la constitution d’un droit sur un bien du domaine
public pour autant que le droit soit compatible avec la destination du bien.
La constitution du droit doit donc toujours être précaire (ex. superficie) ;

2° Un bien du domaine public peut faire l’objet d’une utilisation privative


= permettre à un usager déterminé d’occuper une parcelle déterminée du
domaine public à titre privatif ou exclusif, mais de façon précaire et
révocable et généralement moyennant une redevance
• Acte unilatéral : on vise les autorisations domaniales = simple
tolérance; modifiable et révocable sans indemnité mais moyennant
un préavis raisonnable et la décision de modification ou de
révocation légale. Ex. installation d’une terrasse de café sur la voirie
• Contrat : concession domaniale = reconnaissance d’un droit
subjectif, bien que précaire.
▪ Modification ou résiliation moyennant une indemnité par
application du principe d’égalité devant les charges
publiques, sauf si la concession en dispose autrement.
▪ Attribution = principes d’égalité et de non-discrimination
et de transparence (arrêt Telaustria)

- Décision explicite d’affectation au service public (dans certains cas, admission d’une
décision implicite) et affectation effectivement exécutée :

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o pour faire sortir du domaine public, nécessité d’une décision explicite et certaine
de désaffectation.

Domaine privé

Tous ceux qui n’appartiennent pas au domaine public.

Régime juridique : opposé à celui des biens du domaine public.

- Nuance: article 1412bis du Code judiciaire = tous les biens, même appartement au
domaine privé, sont insaisissables sauf ceux identifiés dans la liste de biens saisissables;
en l’absence de liste ou si biens insuffisants, ceux qui ne sont manifestement pas utiles
à la continuité du service public.

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LES AGENTS DE L’ADMINISTRATION


Principe : engament statutaire mais exceptions :

- Besoins exceptionnels et temporaires en personnel ;


- Remplacement d’une personne, d’un agent absent ;
- Pour pouvoir recruter une personne pour une tâche qui exige des connaissances
particulières ou une expérience large de haut niveau ;
- Accomplissement de tâches auxiliaires et spécifiques.

Engagement statutaire : statut va fixer l’ensemble des règles fixées unilatéralement et qui sont
applicables à ces agents.

C’est un statut administratif, pécuniaire et syndicat.

État fédéral : statut fait partie du pouvoir réglementaire autonome du Roi (art.37 et 102§2 C).

Régions et communautés : gouvernements qui fixent les statuts.


→ doivent respecter l’arrêté royal du 22 décembre 2000 qui fixe les principes généraux
applicables à la fonction publique.

Mesure d’ordre : mesure prise dans l’intérêt du service.

Sanction disciplinaire : mesure purement punitive.

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