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Harmonique 9

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Thèmes abordés

  • stratégies de prévention,
  • distorsion harmonique,
  • effets des harmoniques,
  • références bibliographiques,
  • harmoniques,
  • modélisation,
  • étude comparative,
  • réseaux électriques,
  • méthodes de séparation,
  • mesures au PCC
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Thèmes abordés

  • stratégies de prévention,
  • distorsion harmonique,
  • effets des harmoniques,
  • références bibliographiques,
  • harmoniques,
  • modélisation,
  • étude comparative,
  • réseaux électriques,
  • méthodes de séparation,
  • mesures au PCC

République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mohammed Seddik Ben Yahia Jijel

Faculté des Sciences et de Technologie

Département d’Electrotechnique

Mémoire de fin d’études

En vue de l’obtention du diplôme de Master

Option : Réseaux électriques

Thème

Etude Comparative de quelques Méthodes de


L’identifications des sources harmoniques dans
un réseau de distribution

Présenté par : proposé et dirigé par:

Houche Brahim M.B.khelifi

Promotion 2020-2021
Remerciements

Je remercie Allah le tout puissant, le miséricordieux, de m’avoir appris


ce que j’ignorais

j'adresse mes remerciements les plus sincères , à mon encadreur de


Madame B.khelifi qui a très volontairement accepté d'être l'encadreur de ce
projet , sa grande connaissance dans le domaine , ainsi que son expérience
,ont joué un rôle important dans la conception de ce mémoire

Je remercie aussi, tous ceux qui ont contribué, de près ou de loin, à ma


formation du primaire au poste graduation.

Enfin, je ne peux oublier de remercier tous mes amis et collègues.


Dédicace

Je dédie ce travail

A mes parents, qu’ALLAH les protège, merci beaucoup

A mes frères et sœur, merci pour vous encouragements

A tous ceux qui m’ont enseigné

Dédie ce modeste travail à ma famille qui m'a soutenu moralement et


financièrement tout au long de cette période.

Houche Brahim
SOMMAIRE
Sommaire

Introduction Générale…………………..……………………………………… 1
Chapitre I
Etat de l’art sur les perturbations harmoniques
I.1. Introduction……………………………………………………………………….. 4
I.2. Perturbations harmoniques ……………………………………………………... 5
I.2.1. Définition des perturbations harmoniques ………………………………………. 5
I.2.2. Classification des harmoniques…………………………………………………... 6
I.3. Origine des harmoniques ………………………………………………………... 7
I.4. Déformation de la tension du réseau…………………………………………….. 8
I.5. Les indicateurs essentiels de la distorsion harmonique………………………… 10
I.6. Circulation des harmoniques dans les réseaux………………………….……… 13
I.7. Effets des perturbations harmoniques…………………………………………... 15
I.7.1.Effets instantanés………………………………………………………………… 16
I.7.2. Effets à long terme………………………………………………………………. 17
I.8. Les normes de référence sur les harmoniques………………………………….. 18
I.9. Stratégies de préventions des perturbations harmoniques…………………….. 20
I.10. Actions en cas de dépassement des valeurs limites……………………………. 22
I.11. Conclusion……………………………………………………………………….. 24
Références Bibliographiques…………………………………………………………… 25

Chapitre II
Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

II.1. Introduction……………………………………………………………………… 26
II.2. Les méthodes basées sur les puissances harmoniques………………………… 26
II.2.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives……...… 26
II.2.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki……………………………... 27
II.2.2.1. Concept de base de la méthode ……………………………………………….. 28
II.2.3. La méthode basée sur les puissances du groupe IEEE………………………….. 32
II.2.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et non-
Perturbateur…………………………………………………………………………….. 34
II.2.4.1. Définition des charges perturbatrices et des charges non-perturbatrices ……... 34
II.2.4.2. La séparation de la partie perturbatrice………………………………………... 35
II.3. Méthodes basées sur la représentation de l’installation et du réseau par un
schéma équivalent de Norton ………………………………………………………... 37
II.3.1. La méthode basée sur le principe de superposition……………………………... 38
II.3.2. Modélisation de l’impédance de l’installation par une charge RLC parallèle…... 40
II.4. Méthode stochastique…………………………………………………………… 41
II.5. Modélisation de l’installation par un réseau de neurones…………………….. 42
II.6. Conclusion……………………………………………………………………….. 43
Références Bibliographiques…………………………………………………………… 44
Chapitre III : Applications
III.1.Introduction……………………………………………………………………... 45
III.2. Application des méthodes d’identification des sources harmoniques et
résultats de simulations ………………………………………………………………. 45
III.2.1. Source d'harmoniques côté réseau……………………………………………… 49
III.2.1.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives……... 50
III.2.1.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki ………………………….. 50
III.2.1.3. La méthode basée sur puissances du groupe IEEE…………………………... 51
III.2.1.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et
non-perturbateur………………………………………………………………………... 51
III.2.1.5. La méthode RLC …………………………………………………………….. 52
III.2.2. Source d'harmoniques côté client ……………………………………………… 53
III.2.2.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives……... 54
III.2.2.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki ………………………….. 55
III.2.1.3. La méthode basée sur puissances du groupe IEEE…………………………... 56
III.2.2.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et
non-perturbateur………………………………………………………………………... 56
III.2.2.5. La méthode RLC …………………………………………………………….. 57
III.2.3. Sources d'harmoniques côté réseaux et côté client …………………………….. 57
III.2.3.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives……... 58
III.2.3.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki ………………………….. 59
III.2.3.3. La méthode basée sur puissances du groupe IEEE…………………………... 59
III.2.3.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et non-
Perturbateur…………………………………………………………………………….. 60
III.2.3.5. La méthode RLC …………………………………………………………….. 60
III.3. Conclusion………………………………………………………………………. 61
Références Bibliographiques ………………………………………………………....... 62
Conclusion Générale ……………………………………………………………… 63
INTRODUCTION GENERALE
Introduction générale

L'énergie électrique que nous utilisons, est produite sous forme de tension
alternative sinusoïdale dont la fréquence est de 50 Hz. Une bonne qualité de l'onde sera
donc caractérisée par : une onde parfaitement sinusoïdale avec une amplitude constante
et une fréquence constante.

Durant la transmission et l'utilisation de l'énergie électrique, il y a des variations


de tension. Le terme « Qualité de l'onde » est associé avec le niveau de variation de
l’énergie électrique. S'il y a variation de tension, cela entraîne immédiatement, une
tension déformée. La déformation de la tension résulte pas toujours, mais en grande
partie, de la circulation sur le réseau, des courants non sinusoïdaux qui sont dus à
l'utilisation des charges non linéaires. Ces charges se comportent approximativement
comme des sources de courants harmoniques qui circulent de la charge vers la source de
tension et qu'on peut mathématiquement décomposer en harmoniques.

Concernant leurs effets, les courants et tensions harmoniques peuvent avoir, à long
terme comme à court terme, des conséquences néfastes sur les équipements et sur les
éléments du réseau. Par exemple, nous pouvons citer :

 Des échauffements supplémentaires dans les conducteurs, via une augmentation


des courants efficaces, qui peuvent conduire à un vieillissement accéléré des
équipements.

 Des dysfonctionnements temporaires, voire permanents, d’équipements


sensibles.

 Des détériorations de matériels, si les niveaux harmoniques deviennent trop


importants.

Pour maintenir les niveaux harmoniques en deçà de seuils acceptables afin de


limiter leur impact, les gestionnaires de réseaux peuvent avoir recours à plusieurs
leviers :

 Un surdimensionnement du réseau (puissance de court-circuit plus élevée,


sections des conducteurs plus importantes, matériels plus robustes).

1
 L’installation de filtres qui peuvent absorber une partie des courants
harmoniques émis par les installations.

 La limitation des perturbations à la source, en fixant des limites d’émission pour


les appareils et pour les installations.

Les deux premières solutions paraissent simples, mais présentent un coût de


mise en œuvre qui peut être très important. De plus, au vu de l’augmentation des
niveaux harmoniques chaque année, elles n’offrent pas une solution viable sur le long
terme. En revanche, la troisième solution, qui cherche à limiter les perturbations à la
source, paraît plus intéressante. Aujourd’hui, il existe des normes qui donnent des
limites d’émission à respecter par équipement. Concernant les grosses installations
(sites industriels, tertiaires), c’est plus compliqué. Bien que les contrats de
raccordement donnent des limites d’émission de courant harmonique à respecter pour
chaque rang, ces limites sont très difficiles à appliquer car il n’existe pas aujourd’hui de
méthode reconnue pour mesurer le niveau d’émission harmonique d’une installation.

En effet, ce niveau d’émission est difficile à estimer, étant donné que le courant
harmonique qui y circule est la somme de deux composantes:

 Une qui est effectivement émise par les équipements non-linéaires situés dans
l’installation.

 Une qui est due à la présence de tensions harmoniques sur le réseau, et qui induit
la circulation de courants harmoniques dans les charges de l’installation.

Plusieurs méthodes de distinction entre ces deux composantes, ont été proposées et
testées par des scientifiques et chercheurs en se basant uniquement sur les mesures au
PCC de l’installation.

Notre travail consiste à étudier les méthodes permettant de partager les


responsabilités de la distorsion harmonique entre le fournisseur et le consommateur
d'énergie, quand les deux sont impliqués dans la distorsion harmonique.

Ce travail de mémoire est organisé en trois chapitres :

Le chapitre 1 présente d'une manière générale, les problèmes liés aux


harmoniques, notamment l'impact de la propagation des harmoniques dans les réseaux

2
de distribution ainsi que les principales solutions de dépollutions harmoniques
existantes.

Le chapitre 2 présente les différentes méthodes qui permettent de séparer la


contribution harmonique du fournisseur et celle du client.

Le chapitre 3 présente les simulations réalisées, l'interprétation des résultats


puis de la conclusion.

Nous terminons ce mémoire avec une conclusion générale et des perspectives.

3
Chapitre I :

Etat de l’art sur les perturbations


harmoniques
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

I.1. Introduction

L'énergie électrique est produite sous forme de système de tensions triphasées,


sinusoïdales et équilibrées, et dont la fréquence est de 50 Hz. Cependant, la qualité de
l'onde de ces tensions se retrouve dégradée dans les réseaux électriques à cause de
différentes perturbations. La source des perturbations est, soit une anomalie du côté du
réseau électrique, soit la nature de fonctionnement des charges non-linéaires. Ces
perturbations ont des effets néfastes sur le fonctionnement et la durée de vie des
équipements électriques. D'ailleurs, le développement dans les applications en
électronique a mené à la prolifération d'équipements modernes plus sensibles aux
perturbations de la tension. Par conséquent, afin d'éviter le dysfonctionnement des
équipements, des moyens de compensation sont appliqués tels que les compensateurs
passifs, actifs ou hybrides.

D'une part, il est vrai que la qualité de l'onde a un impact économique direct sur
les usagers de l'énergie électrique. Par exemple, une perturbation advenant dans une
usine automatisée forçant ainsi l'arrêt de la chaîne de production, nécessite des heures
pour la remise en marche et cause des pertes financières considérables. D'autre part, le
fournisseur d'électricité est également soucieux de la qualité de l'onde autant pour des
raisons commerciales que pour maintenir la confiance et éviter ainsi les plaintes parfois
coûteuses de la clientèle. D'ailleurs, l'origine d'un nombre de perturbations est attribuée
à la nature de fonctionnement des charges non-linéaires, et d'autres perturbations sont
dues à des accidents et des pannes survenant sur le réseau électrique.

Toute perturbation électrique se manifestant dans les tensions, les courants ou la


fréquence et est susceptible de causer une défaillance ou du dysfonctionnement des
équipements électriques, est classifiée comme un problème de la qualité de l'onde. Les
perturbations peuvent être transitoires, de courte durée, de longue durée ou
périodiques. Toutefois, les problèmes les plus souvent rencontrés sont [I.1] :

• Déséquilibre du système triphasé ;

• Creux de tension de courte durée ;

• Coupures de courte durée ;

• Surtensions de courte durée ;

4
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

• Fluctuations de tension (ou flicker) ;

• Perturbations transitoires ;

• Distorsion harmonique.

N'importe quelle perturbation affecte un ou plusieurs des paramètres suivants du


système:
• Amplitude de tension ou de courant ;
• Fréquence ;
• Contenu spectral ;

Deux facteurs ont une influence directe sur l'effet de la perturbation:


• Durée de la perturbation ;
• Impédance de la source ;

Figure I.1: Les différents types des perturbations dans un réseau électrique

I.2. Perturbations harmoniques

I.2.1. Définition des perturbations harmoniques

Les harmoniques sont des tensions ou courants sinusoïdaux dont la


fréquence est un multiple entier de la fréquence du réseau. La distorsion
harmonique est une forme de pollution du réseau électrique, susceptible de poser
des problèmes si la somme des courants harmoniques est supérieure à certaines
valeurs limites. En général, les harmoniques pris en compte dans un réseau électrique
sont supérieurs à 100Hz et inférieur à 2500Hz, c’est-à-dire des rangs 2 à 50 [I.2].

5
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

 Inter-harmoniques : Ce sont des composantes sinusoïdales d’une grandeur qui


ne sont pas à des fréquences multiples entières de celle du fondamental : 130 Hz,
170 Hz, 220 Hz.
 Infra-harmoniques : Ce sont des composantes sinusoïdales qui sont à des
fréquences inférieures à celle du fondamental(10Hz, 20Hz).

La répartition des harmoniques, inter-harmoniques et infra-harmoniques est


illustrée sur la figure I.2. La présence de ce genre d’harmoniques est due { des variations
périodiques ou aléatoires de la puissance absorbée par certains récepteurs [I.2]. Ces
variations sont provoquées par des machines telles que les fours à arc, les cyclo-
convertisseurs et les variateurs de vitesse...etc.

Figure I.2 : Représentation spectrale d'un signal polluée

I.2.2. Classification des harmoniques

Les harmoniques sont généralement classées par leurs noms, leurs fréquences et
leurs séquences de propagations, le système triphasé équilibré non sinusoïdal est la
superposition de trois systèmes triphasés équilibrés sinusoïdaux, direct, inverse et
homopolaire

 Les harmoniques du système direct

Le système direct comporte le fondamental (50Hz) et les harmoniques de rang


impair égal à (6k+1) (k=0,1,2,3...), soit 7, 13, 19,...etc. Ces harmoniques se propagent

6
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

dans la même direction du fondamental. Généralement, ces harmoniques de séquences


positives ne sont pas souhaitables, car elles sont responsables de la surchauffe des
conducteurs, des lignes de puissance et des transformateurs en raison de l'addition des
formes d'ondes.

 Les harmoniques du système inverse

Le système inverse dus aux harmoniques de rang impair égal à (6k+5)


(k=0,1,2,3...), soit 5, 11,17,23,...etc. Ces harmoniques se propagent dans le sens opposé
de la direction de rotation du fondamentale, tendent { diminuer l’amplitude de la
tension et du courant. Ils circulent entre les phases, créant des problèmes
supplémentaires avec les moteurs électriques.

 Les harmoniques du système homopolaire

Ce système contient autre ensemble d'harmoniques spéciales appelées "Triplens"


(multiple de trois) d’ordre impair égal { 3k (3, 9, 15, 21,...etc.).Ils ont des séquences de
rotation nulle. D’où leur nom, et sont donc déplacés de zéro degré. Ces harmoniques
circulent entre la phase et le neutre ou la masse et ne s'annulent pas.

I.3. Origine des harmoniques

Lorsque l’installation est raccordée au réseau de distribution électrique, on fait


généralement l’hypothèse d’une tension d’alimentation sinusoïdale. La pollution
harmonique est générée par des charges absorbant un courant d’intensité non-
sinusoïdal. Elles peuvent être de deux natures: soit des charges nonlinéaires
intrinsèques (e.g., tube fluorescent compensé sur la figure. I.3(b), ampoule fluocompacte
sur la figure I.3(c), ordinateur sur la figure I.3(d)), soit linaires mais couplées à un
variateur ce qui les rend non-linéaires (e.g., ampoule à filament + gradateur, moteur
triphasé + variateur).

Lorsque l’installation est raccordée { une source d’énergie autonome (e.g., un


groupe électrogène), on ne peut plus faire l’hypothèse d’une tension purement
sinusoïdale. La pollution harmonique est alors aussi bien générée par la source que par
les charges nonlinéaires. Dans un tel cas, il faut mettre en œuvre une technique de
dépollution pour restaurer la qualité du réseau (e.g., un compensateur actif), notamment

7
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

pour éviter des dysfonctionnements au niveau des équipements sensibles


(papillotement des luminaires, ordinateurs, serveurs…) [I.3].

Figure I.3 : Types de charges (tension en pointillés,: intensité en trait continu). (a) Tube
fluorescent non compensé 60 cm.(b) Tube fluorescent compensé 60 cm. (c) Ampoule
fluocompacte 20 W. (d) Ordinateur de bureau [I.3].

I.4. Déformation de la tension du réseau

Le réseau de distribution est un générateur de tension sinusoïdale. Dans le cas


d'une alimentation de charges non linéaires, les courants alternatifs absorbés ne sont
pas sinusoïdaux. On dit dans ce cas que les charges non linéaires injectent des courants
harmoniques dans le réseau. La décomposition de ces courants en série de Fourier peut
s'écrire sous la forme:
n

I  I1 sin(t  1 )   I h sin(ht   h ) (I.1)


h2

Le réseau électrique, dans chaque nœud, peut être modélisé par une source de
tension fondamentale en série avec une impédance variable avec la fréquence [I.4]. Cette
impédance représente la mise en parallèle de toutes les lignes qui convergent vers le

8
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

Nœud envisagé présenter à la figure I.4. Les courants harmoniques injectés par une
charge perturbatrice, raccordée {ce nœud, se partagent entre les différentes lignes.
Le produit des courants harmoniques provenant des charges non linéaires par
l'impédance harmonique du réseau, vue par chaque nœud du réseau, crée des tensions
harmoniques en ce nœud. Donc {titre d'exemple, la tension au nœud "D" du réseau de la
figure I.4 est la superposition des tensions harmoniques créées par les courants
harmoniques injectés au point "D". La figure.I.4 montre la modélisation du réseau pour
lafréquence fondamentale et les fréquences harmoniques.

Figure I.4 : Modélisation du réseau pour l'étude harmonique;


a) modèle du réseau électrique, b) modèle monophasé du réseau pour la fréquence
fondamentale,c) modèle monophasé du réseau pour des harmoniques.
Afin de simplifier, on peut utiliser le modèle du Thévènin vu par le nœud D de la
figure I.5 :

FigureI.5: Modèle simplifié équivalent du réseau vu par le nœud D.

Où:
9
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

Zcc  Zccr  ZT1  Z BC  ZT 2 (I.2)

Zcch  hZcc (I.3)

Zcc et Zcch sont les impédances de court-circuit du réseau à la fréquence fondamentale et


harmonique respectivement. La tension au point de raccordement D de la charge
polluante est la superposition de la tension fondamentale et les harmoniques:
n

VD  V1  Vh (I.4)
h2

où les tensions V1, et Vh sont définies par:


V1  e1 (t)  Zcc I1 sin(t  1) (I.5)

Vh  Zcch I h sin(ht  h ) (I.6)


De l'équation (I.4), on constate que la tension du réseau n'est plus sinusoïdale et
déformée par la circulation des courants harmoniques à travers l'impédance de court-
circuit du réseau. Afin de la rendre sinusoïdale, il y a deux solutions possibles: modifier
l'impédance du réseau ou annuler les courants ou les tensions harmoniques.

I.5. Les indicateurs essentiels de la distorsion harmonique

 Facteur de puissance

Le facteur de puissance est égal au rapport entre la puissance active P et la puissance


apparente S.

P (I.7)
FP 
S
Dans le langage des électriciens, il est très souvent confondu avec le cosinus phi (cosφ),
dont la définition est :

P1 (I.8)
cos 
S1

P1 = Puissance active du fondamental.


S1 = Puissance réactive du fondamental.

Une première indication de présence significative d’harmoniques peut être un


facteur de puissance "FP" mesuré différent du "cos φ" (le facteur de puissance sera
inférieur au "cos φ").

10
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

 Facteur de crête

C’est le rapport entre la valeur de crête du courant ou de la tension (Imax ou Vmax) et la


valeur efficace.

I max Vmax (I.9)


k ou k 
Ieff Veff

Le facteur de crête typique des courants absorbés par les charges non linéaires
est très supérieur { 2 : il peut prendre des valeurs égales { 1,5 ou 2, allant jusqu’{ 5 dans
les cas critiques.

Un facteur de crête très élevé signifie des surintensités ponctuelles importantes.


Ces surintensités, détectées par les dispositifs de protections, peuvent être { l’origine de
déclenchements intempestifs.

 Puissance et harmoniques

1T N

-Puissance active (W) : P 


T 0 p(t)dt  
h1
Vh I h cos( h )

-Puissance réactive (VAr) : Q  Vh I h sin( h )


h1

-Puissance apparente (VA) : S  VI

-Puissance déformante (VA) : D  S 2  P2  Q2



Notons dès à présent que la puissance apparente (S) est la puissance effective qui
transite sur le réseau. La présence de courants harmoniques tend donc à augmenter la
valeur de cette puissance et cela aura un impact sur le dimensionnement de certains
éléments du réseau.

 Taux de distorsion harmonique (THD)

Le taux de distorsion harmonique est une notion très utilisée pour définir

l’importance du contenu harmonique d’un signal alternatif.


11
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

I h 2
THDI  h
I
Le THD en courant (I.10)
1

Vh 2
THDV  h
Le THD en tension (I.11)
V1

 Le THD en tension caractérise la déformation de l’onde de tension. [I.5]

Une valeur de THDV inférieure à 5 % est considérée comme normale. Aucun


dysfonctionnement n’est { craindre.

Une valeur de THDV comprise entre 5 et 8 % révèle une pollution harmonique


significative. Quelques dysfonctionnements sont possibles.

Une valeur de THDV supérieure à 8 % révèle une pollution harmonique


importante. Des dysfonctionnements sont probables. Une analyse approfondie et la mise
en place de dispositifs d’atténuation sont nécessaires.

 Le THD en courant caractérise la déformation de l’onde de courant. [I.5]

La recherche du pollueur s’effectue en mesurant le THD en courant sur l’arrivée


et sur chacun des départs des différents circuits, afin de s’orienter vers le perturbateur.

Une valeur de THDI inférieure à 10 % est considérée comme normale. Aucun


dysfonctionnement n’est { craindre.

Une valeur de THDI comprise entre 10 et 50 % révèle une pollution harmonique


significative. Il y a risque d’échauffements, ce qui implique le surdimensionnement des
câbles et des sources.

Une valeur de THDI supérieure à 50 % révèle une pollution harmonique


importante. Des dysfonctionnements sont probables. Une analyse approfondie et la mise
en place de dispositifs d’atténuation sont nécessaires.

12
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

Figure I.6 : Le taux de distorsion de quelques générateurs d’harmoniques.

I.6. Circulation des harmoniques dans les réseaux

La propagation de la pollution harmonique sur un réseau électrique de


distribution comme les creux, les fluctuations de tension, les harmoniques, la puissance
réactive et les déséquilibres de courant et de tension, émanant des charges non-
linéaires, conduisent { un défaut sérieux qui dégrade la qualité de l’énergie électrique et
qui ont des conséquences catastrophiques sur les performances de tous les récepteurs
connectés aux réseaux électriques.

L’impédance équivalente du réseau vue d’un point du réseau conditionne la


propagation des perturbations harmoniques, Cette impédance est fonction de la

13
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

fréquence, on la calcule en plaçant en parallèle les différentes branches du réseau reliant


ce point à la terre.

Figure I.7 : Schéma d’un réseau connecté { un redresseur et { une charge en parallèle
avec une batterie de condensateurs.

On a l’exemple simple d’un réseau haute tension transformé en basse tension puis
connecté à trois éléments : une charge résistive, une batterie de condensateurs
(compensation de la puissance réactive), et une charge non linéaire de type pont
redresseur à capacité en tête (source de courants harmoniques). En établissant un
modèle de l’impédance vue du point A en l’absence de la batterie de capacités, on voit
apparaître la mise en parallèle d’éléments résistifs et inductifs (lignes,
transformateurs...). L’installation du système de compensation de l’énergie réactive peut
donc donner lieu à des phénomènes de résonance.

Sur la base du modèle établi précédemment, considérons un cas limite : celui dans

Lequel les seules charges connectées sont le redresseur non linéaire et la batterie de
capacités

14
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

Figure I.8 : Modèle de l’impédance du réseau vue de A.

On est en présence d’une association parallèle LC dont l’impédance Z s’écrit :


jL
Z 
1 LC 2 ( )
Il y a résonance lorsque le dénominateur tend vers 0, l’impédance est alors infinie et
1 (I.13)
On : R 
 LC
Si des courants non nuls sont émis { la fréquence de résonance, l’impédance qu’ils
voient est infinie, et la tension aux bornes du dipôle résonant est infinie. Les courants
qui traversent les éléments sont donc eux aussi infinis (destruction de chaque branche).
En incluant une charge de nature résistive dans le modèle, on limite l’acuité de la
résonance, mais il y a toujours une surtension envisageable et il faut dimensionner les
composants pour qu’ils tiennent ces contraintes. De plus, toute charge victime connectée
en parallèle subit les variations de sa tension d’alimentation [I.6].

I.7. Effets des perturbations harmoniques

De nombreux effets des harmoniques sur les installations et les équipements


électriques peuvent être cités tels que la déformation des formes d’ondes entrainant des
dysfonctionnements, l’augmentation des valeurs crêtes créant des claquages de
diélectriques ou des valeurs efficaces induisant des échauffements et donc des pertes
supplémentaires aussi bien en courant qu’en tension, ainsi qu’un étalement spectral
provoquant des vibrations et des fatigues mécaniques. L’ensemble de ces effets ont un
impact économique important à cause des surcoûts, de la dégradation du rendement
énergétique, du surdimensionnement, des pertes de productivité ou des déclenchements

15
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

intempestifs qu’ils entraînent. Ces coûts de matériel, pertes énergétiques et perte de


productivité entraînent une baisse de la compétitivité des entreprises, les effets de ces
perturbations peuvent se classer en deux types instantanés et à long terme.

I.7.1. Effets instantanés

Comme nous l’avons vu, les courants harmoniques produits par des charges non
linéaires, sont à une fréquence multiple du 50Hz, à des rangs pairs et impairs. En effet,
ces ondes « déformantes » peuvent altérer le bon fonctionnement de systèmes
comportant des composants électroniques du fait de la distorsion en tension qu’ils
occasionnent. Elles peuvent par exemple influencer les conditions de commutation des
thyristors lorsqu’elles déplacent le passage par zéro de la tension.

Les compteurs d’énergie { induction présentent des erreurs supplémentaires en


présence d’harmoniques ; de l’ordre de 0,3% avec un taux de 5% d’harmonique de rang
5 sur le courant.

Les récepteurs de télécommande centralisée à fréquence polyphonique, utilisés


par les distributeurs d’énergie, peuvent être perturbés par des tensions harmoniques de
fréquence voisine de celle utilisée par le système de détection. Par les efforts
électrodynamiques proportionnels aux courants instantanés, les courants harmoniques
généreront des vibrations, des bruits acoustiques, surtout dans les appareils
électromagnétiques (transformateurs, inductances).

Des couples mécaniques pulsatiles, dû aux champs tournants harmoniques,


donneront des vibrations dans les machines tournantes. Des perturbations surviennent
également lorsque des lignes « courants faibles » cheminent le long d’une ligne de
distribution électrique comportant des courants et tensions déformés.

On peut citer aussi les effets instantanés des harmoniques comme suite :

 Dysfonctionnements des dispositifs de commande ou de régulation (détection du


passage par zéro, …etc.).
 Pertes de précision dans les appareils de mesure.
 Vibrations dans les moteurs électriques alternatifs à cause des couples
mécaniques pulsatiles dus aux champs tournants harmoniques.

16
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

 Vibrations, bruits acoustiques dans les transformateurs ou les inductances dus


aux efforts électrodynamiques proportionnels aux courants harmoniques.
 Perturbations induites dans les liaisons par courant faible sous forme de bruits
par couplage électromagnétique (contrôle-commande, télécommunication,
téléphonie, réseaux locaux, …etc.)
 Interférences avec les systèmes de télécommande à distance utilisés par les
distributeurs d’énergie.
 Déclenchement intempestif des circuits de protection.
 Effets de papillotement (flicker) au niveau des éclairages et des affichages des
appareils électroniques.

I.7.2. Effets à long terme

Les effets à long terme des harmoniques sont récapitulés comme suite :

 Vieillissement prématuré des moteurs électriques alternatifs du fait des pertes


cuivre et fer supplémentaires, dû à la différence importante de la vitesse entre les
champs tournants inducteurs harmoniques et le rotor.
 Echauffement des câbles : les effets thermiques présents au niveau des
câbles traversés par des courants harmoniques se trouvent majorés, d’où une
élévation de température. Parmi les causes des pertes supplémentaires on peut
citer :
- Une augmentation de la valeur efficace du courant pour une même puissance
active consommée.
- L’élévation de la résistance apparente de l’âme avec la fréquence, phénomène dû
{ l’effet de peau.
- L’élévation des pertes diélectriques dans l’isolant avec la fréquence si le câble est
soumis à une distorsion de tension non négligeable.
 Surchauffe du neutre.

17
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

 Echauffement des condensateurs : l’impédance d’un condensateur est liée { la


fréquence de manière inversement proportionnelle. Les courants harmoniques à
des fréquences supérieures au 50Hz influent donc sur les condensateurs en
créant des points d’échauffement (effets thermiques). Ces échauffements peuvent
aller jusqu’au claquage des condensateurs.

 Pertes supplémentaires dans les transformateurs ou les inductances dues à


l’effet de Peau dans le cuivre, { l’hystérésis et aux courants de Foucault dans le
circuit magnétique.
 Fatigue mécanique des équipements à cause des vibrations et des couples
pulsatives.
 Vieillissement des isolants : il peut être dû soit à une contrainte en tension
consécutive à la présence de tensions harmoniques, et donc à une augmentation
locale des courants de fuite, soit { l’échauffement exagéré provoqué par
l’échauffement des conducteurs [I.3]

I.8. Les normes de référence sur les harmoniques

Les distributeurs ainsi que les consommateurs de l'énergie électrique sont


conscients de l'importance d'une réglementation standard unique pour les problèmes de
la pollution harmonique. Une telle réglementation universelle n'existe pas encore,
cependant des organismes comme CEI (Commission Électrotechnique Internationale) en
Europe [I.7] et IEEE en Amérique [I.8], élaborent des normes efficaces qui peuvent être
regroupées en trois catégories :

1. Niveaux de compatibilité harmonique en amont du point commun de raccordement :


- IEEE 519-1992
- IEC 61000-2-2
- IEC 61000-3-6

2. Limites sur l'émission harmonique des équipements:


- CEI 61000-3-2 (appareils de moins de 16 A par phase)
- CEI 61000-3-4 (appareils de plus de 16 A par phase)

3. Guide pour la mesure des harmoniques :


- CEI 61000-4-7

18
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

La norme IEEE-519 [I.8], par exemple, définit des limites pour les tensions et
courants harmoniques au point commun de raccordement (PCC) pour assurer le bon
fonctionnement des récepteurs dans d'autres sites. À titre d'exemple, les taux
individuels maximaux des tensions harmoniques ainsi que le THD à ne pas dépasser
sont donnés dans le tableau. I.1.

Niveau de tension Taux de distorsion individuel Taux de distorsion global de


de tension (%) tension (%)
≤69kV 3.0 5.0
≥69.001kV et ≤161 kV 1.5 2.5
≥161.001 kV 1.0 1.5

Tableau. I.1 : Limites des tensions et courant harmoniques selon IEEE-519

La norme CEI 61000-3-2 spécifie les limites pour les émissions de courant
harmonique des matériels individuels raccordés aux réseaux publics pour les appareils
consommant moins de 16A par phase. Le tableau. I.2 indique les limites d’émission pour
ces appareils faisant partie de la classe A, c’est-à-dire autres que les outils portatifs,
appareils d’éclairage et appareils ayant un courant d’entrée { forme d’onde spéciale dont
la puissance active est inférieure à 600W [I.7].

Tableau. I.2 :Limites d’émission de courants harmoniques des appareils basse tension
de courant inférieur à 16A et de classe A [1.7].

Les limites sur les taux de distorsion individuel global des courants harmoniques,
dans le cas des réseaux de moins de 69 kV, sont précisées en% dans le tableau I.3. Nous
constatons que les limites sont plus sévères pour un rapport de court-circuit (SCR) plus
petit, lequel est défini comme étant le rapport du courant de court-circuit maximal lsc

19
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

sur la valeur moyenne maximale mensuelle du courant de la charge. Les équipements de


production doivent respecter la limite la plus sévère, soit SCR<20. Les taux des
harmoniques d'ordres pairs doivent être limités à 25% des valeurs précisées dans le
tableau I.3.

Distorsion maximale du courant harmonique en pourcentage de IL


Ordre harmonique individuel (harmoniques impairs)
Isc/IL 11 11≤h<17 17≤h<23 23≤h<35 35≤h THD
<20 4.0 2.0 1.5 0.6 0.3 5.0
20-50 7.0 3.5 2.5 1.0 0.5 8.0
50-100 10.0 4.5 4.0 1.5 0.7 12.0
100-1000 12.0 5.5 5.0 2.0 1.0 15.0
>1000 15.0 7.0 6.0 2.5 1.4 20.0
IL : demande maximale du courant de charge.
Isc : Courant de court-circuit maximal.
THD : Taux de distorsion global du courant.

Tableau I.3 : Limites de distorsion de courant pour les systèmes généraux de distribution
(120 V à 69 000 V) [I.7].

I.9. Stratégies de préventions des perturbations harmoniques

Parmi les remèdes proposés pour balayer les harmoniques de façon globale et
sélective, nous avons présenté les solutions suivantes:

 Positionner les charges polluantes en amont du réseau

La perturbation harmonique globale croît lorsque la puissance de court-circuit


diminue. En dehors de toute considération économique, il est donc préférable de
connecter les charges polluantes le plus en amont possible (figure I.9)

Figure I.9 : Alimentation le plus en amont possible des charges non-linéaires.

20
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

 Regrouper les charges polluantes

Lorsque l’on établit le schéma unifilaire, on cherchera { séparer les équipements


perturbateurs des autres (voir figure I.10) : en pratique, on alimentera les charges
polluantes et non polluantes par des jeux de barres différents.

Ainsi, en regroupant les charges polluantes, on augmentera la possibilité de


foisonnement angulaire. En effet, la somme vectorielle des courants harmoniques est
plus faible que leur somme algébrique. On évitera également que les courants
harmoniques ne parcourent les câbles, ce qui limitera les chutes de tension et les
échauffements dans les câbles.

Figure I.10 : Regroupement des charges non-linéaires et alimentation le plus en amont


possible.

 Séparer les sources

Dans la lutte contre les harmoniques, une amélioration supplémentaire est


obtenue en réalisant une alimentation par transformateur séparé, selon le schéma de
principe suivant (figure I.11). L’inconvénient de cette solution est l’augmentation du
coût de l’installation.

Figure I.11 : Alimentation des charges perturbatrices par transformateur séparé.

21
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

 Utiliser des transformateurs à couplages particuliers

L’effet de couplage de transformateurs permet la suppression de certains rangs


d’harmoniques :

 un couplage ΔYΔ arrête les harmoniques de rangs 5 et 7 (voir figure I.12)


 un couplage ΔY arrête les harmoniques de rang 3.
 un couplage ΔZ arrête les harmoniques de rang 5.

Figure I.12 : L’utilisation d’un transformateur ΔYΔ stoppe la propagation des


harmoniques de rangs 5 et 7 vers l’amont du réseau

 Placer des inductances dans l’installation

Dans le cas d’alimentation de variateurs de vitesse, on peut lisser le courant en


mettant en place des inductances de ligne. En augmentant l’impédance du circuit
d’alimentation, on limite le courant harmonique.
La mise en place de selfs anti-harmoniques sur les batteries de condensateurs permet
d’augmenter l’impédance de l’ensemble self et condensateur, pour les harmoniques de
fréquences élevées.
 Choisir un schéma de liaison à la terre adapté

I.10. Actions en cas de dépassement des valeurs limites

Dans le cas où les actions préventives ci-dessus sont insuffisantes, il est


nécessaire d’équiper l’installation polluée de dispositif de filtrage. On distingue trois
types de filtres : le filtre passif, le filtre actif, le filtre hybride.

 Filtre passif

On place un circuit LC accordé sur chaque fréquence d’harmonique { filtrer, en


parallèle sur le générateur d’harmoniques (voir figure I.13). Ce circuit de dérivation
absorbe les harmoniques et évite que ceux-ci ne circulent dans l’alimentation. En
général, le filtre passif est accordé sur un rang d’harmonique proche de l’harmonique {

22
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

éliminer. Plusieurs branches de filtres en parallèle peuvent être utilisées lorsque l’on
souhaite une réduction forte du taux de distorsion sur plusieurs rangs.

Figure I.13 : Principe d’utilisation d’un filtre passif.

 Filtre actif (ou compensateur actif)

Ce sont des systèmes électroniques de puissance installés en série ou en parallèle


avec la charge non linéaire, visant à compenser soit les tensions harmoniques, soit les
courants harmoniques générés par la charge. La figure I.14 donne un exemple de filtre
actif compensant le courant harmonique : Ihar = -Iact .

Figure I.14 : Principe d’utilisation d’un filtre actif.


Le filtre actif réinjecte en opposition de phase les harmoniques présents sur
l’alimentation de la charge, de telle sorte que le courant de ligne Is soit sinusoïdal.

23
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

 Filtre hybride

Les deux types de dispositifs précédents peuvent être associés au sein d’un même
équipement et constituer un filtre hybride (voir figure I.15). Cette nouvelle solution de
filtrage permet de cumuler les avantages des solutions existantes et de couvrir un large
domaine de puissance et de performances.

Figure I.15 : Principe d’utilisation d’un filtre hybride.

I.11. Conclusion

L’amélioration de la qualité de l’alimentation en électricité est un composant


essentiel dans l’économie mondiale. Les réseaux électriques sont perturbés par de
nombreux phénomènes électriques qui peuvent être caractérisés par plusieurs
paramètres mesurables.

Caractériser le réseau nécessite la mesure et la supervision permanentes de tous


les paramètres électriques importants.

Ce chapitre nous aura permis de voir comment dans la littérature les auteurs ont
interprété le problème des harmoniques au moyen des expressions mathématiques,
nous avons aussi pu comprendre l'origine et les effets des courants harmoniques dans
les réseaux de distribution. Ce premier chapitre nous aura surtout conduit à mieux saisir
l'importance du maintien de la qualité de l'onde, nécessaire pas seulement pour le
distributeur, mais aussi pour le consommateur.

Le chapitre suivant vient à point nommé pour expliquer quelques méthodes


d’identification des sources harmoniques.
24
Chapitre I Etat de l’art sur les perturbations harmoniques

Références Bibliographiques

[I.1] N.MENDALEK« Qualité de l’onde électrique et moyens de mitigation», thèse


doctorat, Université de Montréal, JANVIER 2003.

[I.2] HAMOUDA Noureddine,« Amélioration de la Qualité du Réseau Electrique à


l’Aide de Compensateurs Actifs.», thèse doctorat , Université de Constantine 1 ,
2018
[I.3] J.Serres, P.Dubois, C. Jaunay, S. Escolano, «Réseau électrique haute qualité », La
Revue SEE, 2018, pp.20-26.
[I.4] L. Moller; « Problème techniques posés par le raccordement des convertisseurs
de grande puissance», Revue EDF N°2, 1985
[I.5] « Détection et filtrage des harmoniques», Guide expert basse tension n° 4,
Schneider.
[I.6] F.Bailly,« Harmoniques dans les réseaux électriques : caractérisation, effet des
harmoniques, conséquence sur le dimensionnement des équipements. Solution
de réduction des harmoniques sur les réseaux électriques. », Cours de Master,
École Normale Supérieure de Cachan ,2014.
[I.7] IEEE-519. IEEE Recommended Practices and requirements for Harmonic
Control in Electric Power Systems, 1992.
[I.8] IEC 61000-3-4. Limits: Limitations of emissions of harmonic currents in low-
voltage power supply systems for equipment with rated current greater than
16A, 1998.

25
Chapitre II :

Méthode D’identification Des Sources


Harmoniques
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

II.1. Introduction

La présence des harmoniques sur les réseaux de distribution électrique est l'effet
de l'utilisation des charges ayant des comportements non linéaires; en appliquant une
tension sinusoïdale à leurs bornes elles absorbent des courants non sinusoïdaux. La
circulation de courants harmoniques dans les lignes et entre les charges est difficile à
prédire et à contrôler. Ces courants harmoniques qui sont classés comme étant de la
pollution harmonique entraînent la dégradation de la qualité d'énergie dans le réseau de
distribution. Avec la prolifération des charges non linéaires comme les redresseurs à
diode/thyristor, les courants non sinusoïdaux se propagent à travers les réseaux de
distribution. La dégradation de la qualité de l'énergie se manifeste entraînant
l'écroulement de la tension voire même le système de distribution. Notamment, la
qualité de la tension ou des courants harmoniques dans les systèmes de distribution de
puissance électrique devient un des problèmes sérieux tant pour les compagnies
d'électricité que pour les clients.

Au jour d’aujourd’hui, quantifier la pollution harmonique d'un client et la séparer


de celle produite par le réseau représentent deux défis importants. . Cependant, si nous
mesurons la tension et le courant dans un point du réseau, nous ne pouvons pas savoir
d’où viennent ces courants harmoniques et quel client les produit. Pour traiter ces
problèmes, plusieurs méthodes ont été proposées et testées par des scientifiques et
chercheurs. Elles proposent des calculs afin de séparer et quantifier la pollution
harmonique du client et du distributeur au PCC (Point de Couplage Commun).

Ce deuxième chapitre a pour objectif de présenter quelques méthodes existantes


dans la littérature permettant d’identifier les sources harmoniques dans un réseau de
distribution.

II.2. Les méthodes basées sur les puissances harmoniques

II.2.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives

Parmi les méthodes présentées dans la littérature, une idée qui revient souvent est
d’utiliser la mesure de la puissance harmonique active au PCC d’une installation [II.1].
L’objectif est de pouvoir directement identifier les sources harmoniques en considérant
que les perturbations harmoniques sont des flux de puissance.

26
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

La figure II.1 ci-dessous rappelle la convention de signe choisie pour représenter


les tensions et courants harmoniques au PCC (point commun de couplage) de
l’installation.

PCC
Ipcch

Vpcch Client
Réseau

Figure II.1: Convention de signe pour les courants et tension harmoniques


(représentation monophasée).
Théoriquement, la puissance harmonique active absorbée par une installation, au rang
h, se calcule de la façon suivante [II.2] :

Ppcch  V pcch . I pcch . cos pcch  (II.1)

où l’angle 𝜑pccℎ représente le déphasage de 𝑉𝑝𝑐𝑐ℎ par rapport à 𝐼𝑝𝑐𝑐ℎ.

La méthode la plus simple d’identification des sources harmoniques basée sur les
puissances actives consiste à utiliser le signe de la puissance harmonique active mesurée
au PCC d’une installation pour déterminer si celle-ci perturbe ou non le réseau [II.1].

Ainsi, pour une valeur de puissance active donnée, nous avons deux
interprétations possibles en fonction de son signe :

 𝑃𝑝𝑐𝑐ℎ≥0 : dans ce cas, l’installation absorbe de la puissance harmonique active, et


elle est considérée comme non-perturbatrice pour le rang harmonique h.
 𝑃𝑝𝑐𝑐ℎ<0 : dans ce cas, l’installation injecte de la puissance harmonique active, et elle
est considérée comme perturbatrice pour le rang harmonique h.

II.2.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki

La méthode est basée sur la mesure des puissances dispersée et générée, définie
par Czarnecki [II.3]. Elle est valide en régime monophasé, triphasé équilibré et
déséquilibré, dans les conditions sinusoïdales et non sinusoïdales et en régime
permanent.
Le concept de base de cette méthode est la décomposition du courant harmonique
au PCC d’une installation en cinq composantes :
 composante active, ia associée au transfert de la puissance active;

27
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

 composante dispersée, is, due à la variation de la conductance de la charge


avec la fréquence;
 composante réactive, ir, attribuée aux charges linéaires réactives;
 composante générée, ig, due à la présence des charges non-linéaires ou des
paramètres variables
 composante de déséquilibre, iu, produite par les charges linéaires
déséquilibrées (dans notre cas iu=0);

II.2.2.1. Concept de base de la méthode

Comme nous avons décrit au paragraphe (II.2.1) les puissances actives


harmoniques peuvent être calculées individuellement pour chaque harmonique
(équation II.1).
 Quand Ppcch≥0 signifie que la puissance est absorbée par la charge.
 Quand Ppcch <0 signifie que la puissance est absorbée par la source.
Le signe de la puissance harmonique nous permet de décomposer l’ensemble en N
(N: l’ensemble des rangs des harmoniques considérées) en deux sous ensembles NR
(harmonique générées par le réseau) et NC (harmoniques générées par le client)[II.3]:
S : Ppcch  0 , donc h  N R et:


 Ih  IR
hN R

 V h  V R (II.2)
hN R
 P P
h
N R
h R

Si Ppcch  0 , donc h  N c et:


  I h  I C
hNC

 V h  V C (II.3)
hNC
 P  P
h
N C
h C

Le courant, la tension et la puissance active peuvent être données par:

28
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques


 I pcc   I h  I R  I C
 hN

V pcc   V h  V R  V C (II.4)
 hN
P 
  Ph  PR  PC
 hN

Le système d’équations (II.3) peut être interprété comme suit:

Le courant Ipcc contient une partie du courant d’origine source et une partie
d’origine charge non linéaire. De même la tension Vpcc au point de raccordement contient
une partie générée par la source et une partie générée par la charge non linéaire.
D’ailleurs la puissance active absorbée dans ce point est composée d’une partie de la
source et une partie de la charge. Entre les courants IR et IC il n’y a pas des harmoniques
communes.

La décomposition des ordres harmoniques de la tension et du courant selon le


système d’équation (II.4) signifient que le système tel qu’il est présenté sur la figure
(II.1) peut être décrit comme la superposition de deux systèmes. Le premier représenté
sur la figure II.2.a a une charge linéaire et une source de tension harmonique coté réseau
et le second représenté sur la figure II.2.b n'a qu'une source de courant côté client tandis
que le système de distribution est un récepteur d'énergie passif.

ZR IR

VR VR Y

Réseau (a) Client


IC

ZR
VC Ig

Réseau (b) Client

Figure II.2 : (a) Le circuit équivalent pour les harmoniques hϵNR (b) Le circuit
équivalent pour les harmoniques hϵNC [II.3].

29
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

Pour les harmoniques h  N R la charge est considérée comme charge passive de


l’admittance:
PRh  jQRh
Y h  Gh  jBh  2
(II.5)
V pcch

Où PRh est la puissance harmonique active ( h  N R ).

Q Rh est la puissance harmonique réactive ( h  N R ).

Le courant actif est considéré comme la composante principale du courant de charge


correspondant à la puissance active. Sa valeur efficace est égale à:

I a  Ge .VReff (II.6)

Avec :

PR
Ge  2
(II.7)
VRe ff

 V pcch
2
VRe ff  (II.8)
hN R

PR   PRh   V pcch . I pcch cos pcch  (II.9)


hN R hN R

La partie restante du courant I R peut être décomposée à une composante


réactive dont sa valeur efficace est:

 Bh V pcch 
2
Ir  (II.10)
hN R

Et une composante dissipée dont sa valeur efficace est:

 (Gh  Ge ) 2 V pcch
2
Is  (II.11)
hN R

Avec:

PRh
Gh  2
(II.12)
VRe ff

30
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

QRh
Bh   2
(II.13)
VRe ff

Le courant générée, Ig indique toujours la présence d'une charge non-linéaire et


est associé à un transfert de puissance active en sens opposé. Cette puissance est
injectée par la charge non-linéaire et dissipée dans le réseau et sur la résistance de la
source, la valeur efficace de ce courant est donnée par l’équation suivante :


2
Ig  I pcch (II.14)
hN C

Donc le courant de charge peut être décomposé en quatre composantes physiques:

I  IR Ic  Ia  Is  Ir Ig (II.15)

Avec

IR  Ia Is Ir

Ic  Ig

Ainsi, les composantes de puissance peuvent être calculées en multipliant les


composantes du courant par la valeur efficace de la tension, on trouve alors[II.3] :
 La puissance active :
Pa  I a .Veff (II.16)

 La puissance réactive :
Qr  I r .Veff (II.17)

 La puissance dissipée :
Ds  I s .Veff (II.18)

 La puissance générée :
Dg  I g .Veff (II.19)

Avec :

 V pcch
2
Veff 
hN

Remarque :

31
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

 Dans le cas d’une charge linéaire et une tension réseau non sinusoïdale le courant
généré Ig=0, par conséquence la puissance générée Dg=0.
 Dans le cas d’une charge non linéaire et une tension réseau sinusoïdale le courant
dissipée Is=0, par conséquence la puissance dissipée Ds=0.

II.2.3. La méthode basée sur les puissances du groupe IEEE

Cette méthode a été proposée pour la première fois dans [II.4], et des
améliorations sont proposées dans [II.5], et est basée sur le calcul des puissances
réactives définies par la norme IEEE 1459-2000.
Pour la détection des sources d'harmoniques, les auteurs ont considéré les grandeurs de
puissance suivantes [II.5]:

 Puissance réactive fondamentale

Q1  V pcc1 . I pcc1 sin pcc1  (II.20)

 Puissance réactive fictive

 
 I pcc1 sin 2  pcc1   H2
2
D

2
Q x  Veff (II.21)
2
 VH 
 

 Puissance non active

N  S 2  P2 (II.22)

Avec :

V pcc1 et I pcc1 sont les valeurs efficaces des composantes fondamentales de la tension et
du courant mesurées au PCC.

 pcc1 est le déphasage entre les composantes fondamentales de la tension et du courant.

DH est la puissance déformante :

DH  S H2  PH2 (II.23)

PH est la puissance active harmonique

PH  ∑V I h h cos h (II.24)
hN , h 1

SH est la puissance apparente harmonique

32
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

S H  VH I H (II.25)

2
VH  ∑ V pcch (II.26)
hN , h 1

2
IH  ∑ I pcch (II.27)
hN , h 1

En ce qui concerne les quantités de puissance précitée Q1, N et Qx, les considérations
suivantes peuvent être faites :

 Dans une condition de fonctionnement déformée donnée, Q1 peut être considéré


comme une valeur de référence minimale car c'est la seule composante de
puissance non active à l'état sinusoïdal.

 N est une valeur de référence maximale puisqu'elle regroupe toutes les


composantes non actives de la puissance apparente.

En ce qui concerne Qx, on peut écrire que :

2  
  V pcc1  VH  I pcc1 sin  pcc1   2
2

Qx
2  2

2 2 DH

  VH 
 (II.28)
2
2 V
 Q  V I pcc1 sin 1  12 DH2  DH2
2 2 2
1 H
VH

En outre, N peut être écrite de la manière suivante:


N 2  S 2  P 2  S12  S N2  P12  PH2   

 S P
1
2
1
2
  S 2
N P  2
H (II.29)

cos   
2
2 V
 Qx2  VH2 I pcc1 2
P
pcc1
1
2
2
H
V
H

D’après les équations (II.28) et (II.29) on trouve que Q1≤ Qx ≤N.

Dans des conditions sinusoïdales (source sinusoïdale et charge linéaire), les trois
quantités sont égales. Les différences entre les valeurs des trois grandeurs considérées
dépendent des conditions d'alimentation et de charge.

Par exemple, dans le cas d'une source non sinusoïdale et d'une charge linéaire, la
quantité de distorsion de courant est faible, et elle est due à la distorsion de la tension
d'alimentation; ainsi, la différence entre Q1 et N n'est pas très significative (c'est-à-dire

33
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

que la contribution des harmoniques est faible), et Qx est plus proche de Q1 que de N
(c'est-à-dire que la contribution des harmoniques de courant est réduite au
fondamental).

Au contraire, lorsqu'une charge non linéaire est présente, la quantité de distorsion


est plus élevée par rapport au cas précédent, et Q1 et N prennent des valeurs
significativement différentes car la quantité totale de distorsion devient plus pertinente ;
de plus, la contribution des harmoniques à la valeur de Qx augmente, avec Qx plus proche
de N que de Q1. Enfin, lorsque la charge et l'alimentation sont responsables de la
distorsion harmonique, une situation intermédiaire se produit, où les différences entre
les trois quantités sont pertinentes, et Qx prend une valeur intermédiaire entre Q1 et N.

II.2.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et non-


perturbateur

K. Srinivasan [II.6] a proposé une approche pour quantifier la distorsion causée


par un seul client, lorsque le réseau compte de nombreux clients. Il a décrit une méthode
pour isoler les contributions à la pollution harmonique du côté client et du côté réseau.
Les mesures de tension et de courant en un seul point sont suffisantes.
Le concept de base de cette méthode est la décomposition du courant harmonique
au PCC d’une installation en deux composantes :
 Une composante, dite « perturbatrice », qui correspond au courant harmonique
dont nous considérons l’installation responsable.

 Une composante, dite «non-perturbatrice », qui correspond au courant


harmonique généré par les autres installations raccordées au réseau, voire par le
réseau lui-même. Cette composante courant a la même forme d’onde que celle de
la tension.

II.2.4.1. Définition des charges perturbatrices et des charges non-perturbatrices

Une charge sera constituée de deux parties : une partie non perturbatrice et une
partie perturbatrice. La partie constante de l’impédance de la charge correspond { la
partie non-perturbatrice, pendant que la partie variable avec la fréquence de
l’impédance correspond à la partie perturbatrice. Elles peuvent être simplement
modélisées comme deux charges en parallèle, comme indiqué dans la figure II.3.

34
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

Une charge purement résistive est une charge non perturbatrice. Les charges
inductives et capacitives sont des charges linéaires. Elles n'augmentent pas la distorsion
harmonique lorsque la forme d'onde de la tension du réseau n'est pas déformée. Ces
charges seront perturbatrices lorsque la forme d'onde de la tension est déjà déformée.
L'impédance de telles charges dépend de la fréquence. Lorsqu'une tension aux bornes
d'une telle charge est déformée, le courant absorbé aux différentes fréquences ne
portera pas le même rapport aux tensions correspondantes. La forme d'onde de la
tension changera de forme après l'introduction d'une inductance ou d'une capacité, sauf
si la tension du réseau est purement sinusoïdale.

Concernant les courants, nous définirons id (t ) comme le courant harmonique

injecté par une charge perturbatrice sur le réseau et in (t ) comme le courant absorbé par

une charge non-perturbatrice.

II.2.4.2. La séparation de la partie perturbatrice

Zs Point de mesure (PCC)


i(t)
id(t)
Charge non Charge
Vs perturbatrice perturbatrice
Y
in(t)

Réseau Client

Figure II.3 : Schéma du réseau par la méthode de Srinivasan. [II.6]

Le courant i (t ) se décompose en courant non-perturbateur in (t ) et courant

perturbateur id (t ) .

i (t )  in (t )  id (t ) (II.30)

Dans le domaine fréquentiel nous aurons :

I pcch  I nh  I dh (II.31)

35
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

La composante non perturbatrice du courant harmonique I nh est le courant


absorbé par une admittance « Y »constante en fonction de la fréquence.

I nh  YV pcch (II.32)

Du fait que la charge perturbatrice ne peut pas générer de puissance à fréquence


fondamentale (puisque le fondamental ne perturbe pas le réseau), la partie
perturbatrice du courant à la fréquence fondamentale est égale à zéro, comme il est
indiqué par l’équation suivante :

I d1  0 (II.33)

En faisant la somme des équations (II.32) et (II.33) pour la fréquence


fondamentale nous aurons :

I n1  I d1  YV pcc1 (II.34)

L’admittance « Y » est alors celle de la charge calculée à 50Hz :

I pcc1
Y (II.35)
V pcc1

La partie non perturbatrice du courant est donnée par :


I pcc1
I nh  V pcch h N (II.36)
V pcc1

Le courant harmonique émis par la charge est alors calculé en effectuant la


différence entre la composante non perturbatrice du courant et le courant harmonique
mesuré au PCC, et:

I pcc1
I dh  I nh  I pcch  V pcch - I pcch h N (II.37)
V pcc1

Remarque : La composante non perturbatrice du courant contient la fréquence


fondamentale et les harmoniques. Par contre la composante perturbatrice du courant ne
contient que des harmoniques.

Une fois toutes ces formules établies et après avoir obtenu les tensions et courants
aux différentes harmoniques, nous serons en mesure de calculer la puissance active et

36
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

réactive consommée pour chaque harmonique, en utilisant les expressions suivantes


[II.6]:

P  jQ  V pcch I pcch (II.38)


*

hN

Pn  jQn  V pcch I nh (II.39)


*

hN

Pd  jQd  V pcch I dh (II.40)


*

hN
h 1

Avec :
Pn et Qn sont respectivement la puissance active et réactive dues à la composante non
perturbatrice du courant (puissance transmise du réseau vers la charge).
Pd et Qd sont respectivement la puissance active et réactive dues à la composante
perturbatrice du courant (puissance transmise de la charge vers le réseau).

II.3. Méthodes basées sur la représentation de l’installation et du


réseau par un schéma équivalent de Norton

Le principe de base de ces méthodes consiste à représenter, en un rang


harmonique donné, le réseau (ou une installation) par son schéma de Norton équivalent
[II.7]. Cette approche est assez répandue pour les études de réseau, où l’on cherche en
général { agréger un grand nombre d’éléments en utilisant un modèle simplifié.

Point de mesure (PCC)


Ipcch

IRh ZRh Zch Ich

Vpcch

Réseau Client

Figure II.4 : Schéma de Norton équivalent vu du point de livraison (PCC) d’une


installation (représentation monophasée).

37
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

Vpcch et Ipcch représentent respectivement la tension et le courant harmonique au rang h


mesurés au PCC de l’installation. Ich et Zch représentent respectivement la source de
courant et l’impédance équivalentes de l’installation au rang harmonique h. Enfin, IRh et
ZRh représentent respectivement la source de courant et l’impédance équivalentes du
réseau au rang harmonique h. Le problème consiste donc à déterminer les paramètres
{𝐼Rℎ; 𝑍Rℎ ; 𝐼𝑐ℎ ; 𝑍𝑐ℎ} à partir des grandeurs mesurées au point commun de couplage
(PCC){𝐼𝑝𝑐𝑐ℎ; 𝑉𝑝𝑐𝑐ℎ}.

II.3.1. La méthode basée sur le principe de superposition

La méthode de superposition a été proposée par W. Xu [II.8]. L'idée principale est


de séparer la contribution harmonique des deux côtés, le réseau et le client. Pour le
calcul de cette méthode, il est nécessaire de remplacer d'abord le réseau et client par
leur schéma équivalent de Norton, comme indiqué sur la figure II.4. Ensuite, le principe
de superposition est appliqué pour déterminer la contribution de distorsion
harmonique de chaque côté au point de couplage commun (figure II.5).

a. Concept de base de la méthode

Les sources de courant harmonique dans le circuit équivalent de Norton peuvent


être déterminées à partir de la tension mesurée, Vpcc et courant, Ipcc au PCC en utilisant
les équations suivantes [II.8]:
V pcch
I Rh   I pcch (II.41)
Z Rh
V pcch
I Ch   I pcch (II.42)
Z Ch
Le théorème de superposition est ensuite appliqué pour décomposer le système
comme le montre la figure (II.5).

IR-pcch IC-pcch

IRh ZRh Zch ZRh ZCh ICh

Réseau Client
Figure II.5 : La contribution des sources harmoniques

38
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

D'après la figure II.5, les contributions harmoniques du côté réseau Iu−pcc et du côté
client Ic−pcc peuvent être déterminées comme suit :
Z Rh
I R  pcch  I Rh (II.43)
Z Rh  Z Ch
 Z Ch
I C  pcch  I Ch (II.44)
Z Rh  Z Ch
Le courant harmonique au PCC est la somme des deux contributions:
I pcch  I R  pcch  I C  pcch (II.45)

Ces courants harmoniques injectés, tel qu’ils sont définis en (II.43) et (II.44), ne
sont pas pratique { utiliser car il s’agit des grandeurs complexes et sont difficiles à
comparer. Afin d’aboutir { une grandeur scalaire, plus simple à utiliser, nous pouvons
utiliser la projection vectorielle des courants définis en (II.43) et (II.44) sur le courant
harmonique mesuré au PCC.

I scalaire Rh  I R  pcch . cos R pcch   Ipcch  (II.46)

I scalaireCh  I C  pcch . cos C  pcch   Ipcch  (II.47)

où  R pcch et C pcch sont respectivement les angles de phase de la contribution

harmonique du réseau et du client, et  Ipcch est l'angle de phase du courant mesuré en

PCC.

Remarque :

Cette méthode repose sur l’hypothèse que les impédances du réseau et de l’installation
sont déjà connues.

II.3.2. Modélisation de l’impédance de l’installation par une charge RLC parallèle

Cette méthode est une version améliorée de la méthode de superposition et elle


est proposée par M. Farhoodnea [II.9].

Le processus de détermination de la contribution de chaque partie est le même


pour la méthode de superposition, avec seulement une différence dans le calcul de
l'impédance du client.

39
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

Cette méthode repose sur une modélisation de l’impédance du client par une
charge RLC parallèle en parallèle avec la source de courant harmonique [II.9]. Le modèle
correspondant est représenté figure II.6.

Ipcch ICLIh ILIh

Vpcch Rc CC Lc Ich

Client

Figure II.6 : Le circuit équivalent du client


Les valeurs de 𝑅𝑐, 𝐶𝑐 et 𝐿𝑐 sont obtenues à tout instant par les expressions (II.48) à
(II.50).

 V pcch
2

Rc  hN
(II.48)
 V pcch I pcch cos pcch 
hN

 h V pcch I CLIh sin  pcch 


Cc  hN
(II.49)
1  V pcch h
2 2

hN

 V pcch
2
/ h2
Lc  hN
(II.50)
1  V pcch I LIh sin pcch  / h
hN

Avec

V pcch
I CLIh  I pcch  (II.51)
Rc

V pcch
I LIh  I CLIh  (II.52)
Z Cc

40
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

V pcch
I Ch   I LIh  (II.53)
Z Lc

𝜔1=2𝜋∙50⁡𝑟𝑑/𝑠

Une fois les trois éléments {𝑅𝑐;𝐶𝑐;𝐿𝑐} déterminés, il est possible d’en déduire la source
de courant, et ainsi le schéma de Norton équivalent de l’installation.

 Procédure de mise en œuvre de la méthode RLC

 Mesurer la tension et le courant au PCC.

 Déterminer la source harmonique côté réseau en utilisant son impédance du


court-circuit et l’équation (II.41).

 Modélisez le côté client en utilisant les équations (II.48-II.51).

 Calculez la contribution de chaque côté en utilisant les équations (II.43-II.44)

 Convertir la contribution de chaque côté en nombre scalaire en utilisant les


équations (II.45-II.46)

II.4. Méthode stochastique

Dans un réseau de distribution d’énergie électrique, les charges des appareils


générateurs de courants harmoniques ont généralement un fonctionnement variable
dans le temps. Les courants harmoniques génèrent un comportement non prévisible. En
effet un grand nombre de facteurs aléatoires, plus ou moins liés les uns des autres
agissent sur la forme d’onde du courant et donc sur des harmoniques. Dans ce cas,
l’utilisation d’une méthode déterministe ne serait pas très représentative pour une
description des harmoniques réels [II.10]. Face à ce type de problème, une approche
stochastique semble bien adaptée à cette situation.

Dans une approche stochastique, les charges non linéaires prises individuellement
ou en groupes sont toujours représentées par des sources de courants harmoniques
aléatoires. Ces dernières sont caractérisées par des lois de probabilités relatives soit aux
amplitudes et aux phases soit aux composantes réelles et imaginaires des courants.

II.5. Modélisation de l’installation par un réseau de neurones

Dans l’article [II.11], l’auteur propose de modéliser l’installation non pas avec
l’approche classique d’un schéma de Norton, mais via un réseau de neurones. Le réseau de

41
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques
neurones est un outil mathématique permettant de trouver, pour un système donné, les
liens existants entre ses entrées et ses sorties, après une phase dite « d’apprentissage ».
L’avantage de cet outil par rapport { la modélisation sous forme d’un schéma de Norton est
de pouvoir modéliser des systèmes aux comportements plus complexes, comme par
exemple des non-linéarités ou des discontinuités.

Le principe de la méthode est représenté sur la figure II.7.

Figure II.7 : Schéma de principe de la modélisation par réseau de neurones.

Durant la phase d’apprentissage, les tensions et les courants harmoniques mesurés


au PCC sont présentés au réseau de neurones. Ce dernier converge alors vers une
fonction capable de calculer les courants harmoniques en fonction des tensions
harmoniques.

42
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

II.6. Conclusion

Nous avons vu dans le chapitre 2 l’ensemble des méthodes existantes dans la


littérature permettant d’identifier les sources harmoniques. Parmi ces méthodes,
certaines nous ont paru intéressantes { étudier plus en détails. Il s’agit des méthodes
suivantes :
 Les méthodes basées sur un calcul de puissance harmonique au point de livraison
(PCC) de l’installation.

 Les méthodes basées sur une représentation du réseau et/ou de l’installation sous
forme d’un schéma de Norton équivalent, en particulier la méthode RLC.
Il sera nécessaire dans le chapitre 3 de les étudier plus en détails afin de pouvoir
évaluer leur pertinence, les comparer entre elles et déterminer leurs limites respectives.

43
Chapitre II Méthode D’identification Des Sources Harmoniques

Références Bibliographiques

[II.1] Wilson, “Use of harmonic power flow calculations to locate harmonic


sources”, Contribution to Group 36, CIGRE 92, 02.09.92 (CC02 IWD 8305).

[II.2] IEEE Recommended Practices and Requirements for Harmonic Control in


Electrical Power Systems”, in IEEE Std 519-2014 (Revision of IEEE Std 519-
1992), pp. 1-29, June 2014.
[II.3] L.S. Czarnecki, ‘‘Physical Reasons of Currents RMS Value Increase in Power
Systems with Nonsinusoidal Voltage’’, IEEE Trans. on Power Delivery, Vol. 8,
No. 1, p.p. 437-447, Jan. 1993.

[II.4] V.Barbado, A. Cataliotti, V. Cosentino,S. Nuccio, " A Novel Approach Based on


Nonactive Power for the Identification of Disturbing Loads in Power
Systems", in IEEE transactions on power delivery, Vol. 22, No. 3, july 2007.
[II.5] A. Cataliotti, V. Cosentino, "A New Measurement Method for the Detection of
Harmonic Sources in Power Systems Based on the Approach of the IEEE Std.
1459–2000", IEEE Transactions on power delivery, Vol. 25, No. 1, January
2010
[II.6] K. Srinivasan, «On separating customer and supply side harmonic
contributions», in IEEE Transactions on Power Delivery, Vol. 11, No. 2, pp.
1003-1012, Apr 1996.
[II.7] Emanuel, A.E. "On the assessment of harmonic pollution of power systems",
IEEE Transactions on Power Delivery, Vol. 103, pp 1693 -1698, July 1995.
[II.8] W. Xu, Y. Liu, ‘‘A Method for Determining Customer and Utility Harmonic
Contributions at the Point of Common Coupling’’, IEEE Trans. on Power
Delivery, Vol. 15, No. 2, p.p. 804--811, Apr. 2000.
[II.9] M. Farhoodnea, M. Azah , H. Shareef, R. A. Jabbar Khan, "An Improved
Method for Determining Contribution of Utility and Customer Harmonic
Distortions In A Power Distribution System", International Journal on
Electrical Engineering and Informatics – Vol. 2, No 3, 2010.
[II.10] « Review of methods for measurement and evaluation of the harmonic
emission level from an individual distorting load », CIGRE/CIRED, Working
Group CC02, 1999.
[II.11] J. Mazumdar, R. Harley, F. Lambert and G. K. Venayagamoorthy, "Using a
Neural Network to Distinguish Between the Contributions to Harmonic
Pollution of Non-Linear Loads and the Rest of the Power System," 2005 IEEE
36th Power Electronics Specialists Conference, Recife, 2005, pp. 1719-1725.

44
Chapitre III :

Applications
Chapitre III Applications

III.1. Introduction

Les formes d'onde de courant et de tension relevées sur les réseaux électriques de
distribution s'éloignent assez souvent de la sinusoïde idéale pure. La déformation de la
tension résulte de la circulation sur le réseau de courants non sinusoïdaux. Les éléments du
réseau ayant un comportement linéaire, l'effet sur la tension de l'ensemble des courants est
la superposition de l'effet qu'aurait chaque courant individuellement.

Les harmoniques présents sur les réseaux électriques proviennent de l'utilisation de


charges non linéaires qui soumises à une tension sinusoïdale, absorbent un courant non
sinusoïdal. Dans de nombreux cas, ces charges se comportent comme des sources de
courants harmoniques, le courant harmonique étant fixé par la charge et non par la tension
ou l'impédance du réseau. On peut définir aussi en tout point d'un réseau une impédance
harmonique qui dépend du rang harmonique h considéré; elle représente la mise en
parallèle de toutes les lignes qui convergent vers ce point. On parle également d'une source
de tension harmonique pour décrire l'état d'un réseau perturbé par une forte charge non
linéaire; le produit des harmoniques de courant par l'impédance harmonique du réseau en
un point crée des harmoniques de tension selon la loi d'Ohm.

Ce dernier chapitre a pour objectif de tester les différentes méthodes d’identification


des sources harmoniques afin de pouvoir analyser et évaluer l’efficacité de chaque méthode
dans des situations différentes.

III.2. Application des méthodes d’identification des sources harmoniques


et résultats de simulations

Afin de mettre en œuvre les méthodes exposées précédemment, plusieurs cas ont été
simulés sur MATLAB et Simulink.

La figure III.1 illustre le schéma monophasé du réseau utilisé dans ce travail. Il s’agit
d’un réseau HTA { 33kV avec un transformateur HTB/HTA de puissance nominale 7.5MVA
alimentant 5 installations réparties sur 2 départs à travers des transformateurs HTA/BT. Ce
réseau comportait des charges linéaires définies par leurs puissances actives et réactives.

45
Chapitre III Applications

Les valeurs des puissances actives et réactives consommées par les charges et les
paramètres des transformateurs sont données dans le tableau III.1 [III.1].

Des harmoniques de tension d’ordre 5, 7 et 11 sont injectées par une source de


tension au côté réseau afin de simuler le cas de la tension du réseau non sinusoïdale. Les
sources d'harmoniques coté client sont représentées par une source de courant
harmonique qui contiennent les mêmes ordres d'harmoniques que le côté réseau.

L’impédance du court-circuit du réseau Zu= (0.0025+j0.0124)Ω [III.1] , Les données du


réseau sont représentées dans le tableau suivant :

Composants Paramètres Valeurs Composants Paramètres Valeurs

V N ( Ph − Ph rms ) 33 kV Vn( Ph − Ph rms) 33/11 kV


G1 SN 100 MVA T1 SN 7,5 MVA
X/R 10 Z% 0.97+j4.69 P.U

Vn( Ph − Ph rms) 11/0,415 kV Vn( Ph − Ph rms) 11/0,415kv


T2, T4, T5 SN 1 MVA T3, T6 SN 2,5 MVA
Z% 1 +j5 P.U Z% 1+ j5 P.U

Puissance active 600 W Puissance active 1440 w


Charge L1 (P) Charge L2,L3 (P)
PF 0,8 PF 0,8
Puissance active 398,4 W Puissance active 1284 W
Charge L4 (P) Charge L5 (P)
PF 0,8 PF 0,8

Tableau III.1 : Les données du réseau [III.1]

46
Chapitre III Applications

1
source de tension
harmonique

T1

4 5

T5 T6
T2 T3 T4

PCC
6 7 8 9 10
source de
courant
L1 L3 harmonique
L2 L4 L5

Figure III.1 : Topologie du réseau utilisé pour les simulations [III.1]

Le modèle de simulation que nous avons utilisé est représenté sur la figure III.2 ci-dessous :

47
Chapitre III Applications

Figure III.2 : Schéma synoptique de simulation

48
Chapitre III Applications

Nous considérons que le système triphasé est équilibré. Par conséquent, les mesures
ont été prises sur une seule phase (la première phase). Il est important de préciser que les
valeurs de la tension et du courant représentées dans les tableaux sont les valeurs efficaces
(Amplitude rms).

Des simulations ont été effectuées pour plusieurs cas :

 Source d'harmoniques côté réseau.


 Source d'harmoniques côté client.
 Sources d'harmoniques côté réseau et côté client en même temps.

III.2.1. Source d'harmoniques côté réseau

Pour simuler le cas de la tension nonsinusoïdale une source de tension harmonique


est branchée en série avec le générateur G, cette source injecte des tensions harmoniques
de rang 5, 7 et 11 avec les amplitudes de 2000V, 750V et 500V respectivement.

Les résultats de simulation sont représentés sur la figure III.3. Le courant et la tension
sont mesurés au PCC.

400 4

200 2
Tension[V]

Courant[I]

0 0

-200 -2

-400 -4
0 0.02 0.04 0.06 0.08 0.1 0 0.02 0.04 0.06 0.08 0.1
Temps[s] Temps[s]

Figure III.3 : La tension et le courant mesurés au PCC.

A travers les résultats obtenus en figure (III.3) nous constatons visuellement que la
tension est nonsinusoïdale. Le taux de distorsion en tension mesuré au PCC est
THDv=6.47%.

49
Chapitre III Applications

III.2.1.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives

En calculant les puissances actives harmoniques nous obtenons les résultats


représentés dans le tableau III.2.

Fondamental Harmonique 5 Harmonique 7 Harmonique 11


Tension Amplitude(V) 237.0222 14.3048 4.3600 1.4651
Phase(o) -119.5 -60.05 59.64 -60.59
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0429 0.0094 0.0019
Phase(o) -156.3 -134.9 -18.64 -141.3
Ph(W) 419.2489 0.1587 0.0082 0.0003

Tableau III.2 : Les puissances actives harmoniques

Toutes les puissances actives harmoniques sont positives. Ces résultats sont
cohérents étant donné que la source de tension est nonsinusoïdale (réseau perturbé).

III.2.1.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki

En calculant les puissances définies par Czarnecki en utilisant le courant et la tension


mesurés au PCC, nous obtenons les résultats représentés dans le tableau III.3.

Fondamental Harmonique 5 Harmonique 7 Harmonique 11


Tension Amplitude(V) 237.0222 14.3048 4.3600 1.4651
Phase(o) -119.5 -60.05 59.64 -60.59
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0429 0.0094 0.0019
Phase(o) -156.3 -134.9 -18.64 -141.3
P(W) 419.4160

Qr(Var) 314.4296

Ds(VA) 23.9445

Dg(VA) 0

Tableau III.3 : Les puissances de Czarnecki

50
Chapitre III Applications

Les résultats montre bien l’absence de la charge non linéaire (la puissance générée
Dg est nulle), par contre la puissance dispersée qui est due à la variation de la conductance
de la charge avec la fréquence est non nulle, donc le réseau est perturbé.

III.2.1.3. La méthode basée sur puissances du groupe IEEE

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11

Tension Amplitude(V) 237.0222 14.3048 4.3600 1.4651


Phase(o) -119.5 -60.05 59.64 -60.59
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0429 0.0094 0.0019
Phase(o) -156.3 -134.9 -18.64 -141.3
Q1(Var) 313.5446

Qx(Var) 314.3357

N(Var) 315.2433

Tableau III.4 : Les puissances du groupe IEEE

Les résultats du tableau III.4 montre une légère différence entre les valeur des trois
puissance Q1 , Qx et N, ce résultat confirme la présence de la distorsion harmonique au coté
réseau.

III.2.1.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et non-


perturbateur

Nous appliquons la méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et


non-perturbateur sur la tension et le courant mesuré nous obtenons les résultats
représentés dans le tableau III.5 suivant

51
Chapitre III Applications

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 237.0222 14.3048 4.3600 1.4651
Phase(o) -119.5 -60.05 59.64 -60.59
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0429 0.0094 0.0019
Phase(o) -156.3 -134.9 -18.64 -141.3
Pn(W) 419.2489 1.5271 0.1419 0.0160
Qn(VAR) 313.6382 1.1424 0.1061 0.0120
Pd(W) 0 1.3684 0.1337 0.0157
Qd(VAR) 0 0.5502 0.0658 0.0092

Tableau III.5 : Les puissances perturbatrices et non perturbatrices.

D’après les résultats du tableau III.5, on remarque que la charge L5 (charge RL)
consomme de la puissance perturbatrice et non-perturbatrice. Une inductance est une
charge linéaire mais qui peut avoir un comportement perturbateur. Si la tension est
sinusoïdale, l’inductance ne sera pas perturbatrice puisqu’elle ne génère pas de courant
contenant des harmoniques. Cependant, et comme dans le cas traité ici, la tension est
perturbée, l’inductance aura un comportement perturbateur.

Donc cette méthode ne peut pas identifier les sources harmoniques en présence de
charges inductive ou capacitive.

III.2.1.5. La méthode RLC

Le tableau III.6 présente une comparaison des valeurs réelles et estimées des
composantes R, L et C de l’impédance du client. Les valeurs R, L et C estimées sont calculées
en utilisant les tensions et les courants harmoniques mesurés au PCC. La comparaison des
résultats prouve que la méthode RLC est capable de modéliser avec précision l’impédance
du client par une charge RLC parallèle.

52
Chapitre III Applications

Rc (Ω) Lc (H) Cc (μF )

Valeurs estimées par la méthode RLC 133.948 0.570 0

Valeur réelles 131.15 0.556 0

Tableau III.6 : Comparaison entre les valeurs estimées et les valeurs réelles de
l’impédancedu client

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 237.0222 14.3048 4.3600 1.4651
Phase(o) -119.5 -60.05 59.64 -60.59
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0429 0.0094 0.0019
Phase(o) -156.3 -134.9 -18.64 -141.3
contribution du 99.7779 99.8877 101.0641 97.6314
courant harmonique du
réseau(%)

contribution du 0.2221 0.1123 -1.0641 2.3686


courant harmonique du
client (charges)(%)

Tableau III.7 : La contribution des courants harmoniques

D’après le tableau III.7 la contribution des courants harmoniques du réseau est


presque à 100% donc le réseau est responsable de la source harmonique. Pour certains
ordres d'harmoniques, l'influence du courant harmonique du réseau est supérieure à 100%,
l'influence du client pour le même ordre d'harmoniques est de signe négatif (-1.06%). Ceci
montre que le client atténue ces courants harmoniques.

III.2.2. Source d'harmoniques côté client

Pour ce scenario nous supposons que la tension du réseau est purement sinusoïdale
et le client est responsable de la distorsion harmonique. Pour ce faire nous bronchons un

53
Chapitre III Applications

générateur de courants harmoniques triphasé en parallèle avec la charge L5. Les


harmoniques d’ordre 5,7 et 11 prend respectivement les valeurs 0.6 A, 0.3A et 0.2A, avec un
taux de distorsion THDi=17.38%, THDv=0.02% au PCC.

400 4

200 2
Tension [V]

Courant[A]
0 0

-200 -2

-400 -4
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0 0.05 0.1 0.15 0.2
Temps[s] Temps [s]

Figure III.4 : La tension et le courant mesurés au PCC.

III.2.2.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives

Une fois les mesures obtenues, nous avons procédé à leur analyse pour obtenir les
puissances actives harmoniques. Les résultats sont indiqués dans le tableau III.8.

Fondamental Harmonique 5 Harmonique 7 Harmonique 11

Tension Amplitude(V) 237.7293 0.0453 0.0228 0.0272


Phase(o) -119.6 173.1 18.44 -154.5
Courant Amplitude(A) 2.2154 0.3441 0.1395 0.0460
Phase(o) -156. 5 -60 59.93 -60.06
Ph(W) 421.1598 -0.0094 0.0024 -0.0001

Tableau III.8 : Les puissances actives harmoniques

Toutes les puissances actives harmoniques sont négatives mis à part la puissance
active harmonique de rang 7.

D’après cette méthode la distorsion harmonique du septième ordre est causée par le
réseau, mais en réalité, comme le générateur est considéré comme une source purement

54
Chapitre III Applications

sinusoïdale, la distorsion harmonique du septième ordre doit être du côté client. Pour les
autres harmoniques on peut dire que le client est la source de la distorsion harmonique.

III.2.2.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 237.7293 0.0453 0.0228 0.0272
Phase(o) -119.6 173.1 18.44 -154.5
Courant Amplitude(A) 2.2154 0.3441 0.1395 0.0460
Phase(o) -156. 5 -60 59.93 -60.06
P(W) 421.1621

Qr(Var) 316.9782

Ds(VA) 24.8034

Dg(VA) 92.7575

Tableau III.9: Les puissances de Czarnecki

D’après les résultats obtenus du tableau III.9 on remarque une valeur assez notable
de la puissance générés qui confirme la présence d’une charge non linéaire. Par contre dans
ce cas la puissance dispersée doit être nulle (la source étant purement sinusoïdale), la
valeur de Ds obtenue est due au signe positif de la puissance harmonique active pour
l’harmonique d’ordre 7(résultats du tableau III.8) qui fait que le sous ensemble NR
(harmonique générées par le réseau) prend la valeur de l’harmonique de rang 7 et NC
(harmoniques générées par le client) prend les valeurs des harmoniques de rang 5 et 11.

55
Chapitre III Applications

III.2.1.3. La méthode basée sur puissances du groupe IEEE

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 237.7293 0.0453 0.0228 0.0272
Phase(o) -119.6 173.1 18.44 -154.5
Courant Amplitude(A) 2.2154 0.3441 0.1395 0.0460
Phase(o) -156. 5 -60 59.93 -60.06
Q1(VAR) 316.2157

Qx(VAR) 327.1902

N(VAR) 328.4991

Tableau III.10 : Les puissances du groupe IEEE

Le calcul de la puissance réactive fondamentale et la puissance non active pour ce


scenario montre une différence considérable entre Q1 et N et la valeur de Qx est plus proche
de la valeur de N. Donc, la méthode de la puissance non active a donné une information
correcte, en localisant la source de distorsion du côté client.
III.2.2.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et non-
perturbateur
Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11
Tension Amplitude(V) 237.7293 0.0453 0.0228 0.0272
Phase(o) -119.6 173.1 18.44 -154.5
Courant Amplitude(A) 2.2154 0.3441 0.1395 0.0460
Phase(o) -156. 5 -60 59.93 -60.06
Pn(W) 421.1598 0 0 0
Qn(VAR) 316.2157 0 0 0
Pd(W) 0 0.0094 -0.0024 0.0001
Qd(VAR) 0 0.0125 0.0021 0.0013

Tableau III.11 : Les puissances perturbatrices et non perturbatrices.

56
Chapitre III Applications

Toutes les puissances active et réactives non perturbatrices sont nulles mis à part
celle du fondamental. Ces résultats sont cohérents étant donné que la source de tension est
purement sinusoïdale.

La présence de la source de courant harmonique, perturbe le réseau et cela est visible


à travers la consommation de puissance perturbatrice.

III.2.2.5. La méthode RLC

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 237.7293 0.0453 0.0228 0.0272
Phase(o) -119.6 173.1 18.44 -154.5
Courant Amplitude(A) 2.2154 0.3441 0.1395 0.0460
Phase(o) -156. 5 -60 59.93 -60.06
contribution du 100.00 -0.0184 0.0005 -0.0638
courant harmonique du
réseau(%)

contribution du 0 100.0184 99.9995 100.0638


courant harmonique du
client (%)

Tableau III.12 : La contribution des courants harmoniques

Dans ce scénario la contribution du courant harmonique client est à 100% qui


confirme la responsabilité du client à la distorsion harmonique.

III.2.3. Sources d'harmoniques côté réseaux et côté client

Pour cette application nous considérons que les deux sources de tension et de
courant harmoniques sont présentes.

La source de tension harmonique génère l’harmonique de rang 5 avec une amplitude


de 2000V.

57
Chapitre III Applications

La source de courant harmonique génère les harmoniques de rang 7 et 11 avec les


amplitudes de 0.3A et 0.2 A respectivement.
Le taux de distorsion harmonique en courant au point PCC est THDi=7.84%
Le taux de distorsion harmonique en tension au point PCC est THDv=6.07%

La figure III. 5 représente le courant et la tension mesurés au PCC.

400 4

200 2

Courant [A]
Tension[V]

0 0

-200 -2

-400 -4
0.05 0.1 0.15 0.2 0 0.05 0.1 0.15 0.2
Temps[s] Temps[s]

Figure III.5 : La tension et le courant mesurés au PCC.

III.2.3.1. La méthode basée sur la direction des puissances harmoniques actives

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 236.9515 14.2906 0.0585 0.4137
Phase(o) -119.5 -59.9 -64.05 133.8
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0430 0.1394 0.0463
Phase(o) -156.3 -135.1 59.96 -60.17
Ph(W) 419.1238 0.1569 -0.0046 -0.0186

Tableau III.13 : Les puissances actives harmoniques

Le calcul de la puissance harmonique montre bien la contribution du réseau pour


l’harmonique d’ordre 5 et la contribution du client pour les harmoniques de rang 7 et 11.

58
Chapitre III Applications

III.2.3.2. La méthode basée sur les puissances de Czarnecki

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 236.9515 14.2906 0.0585 0.4137
Phase(o) -119.5 -59.9 -64.05 133.8
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0430 0.1394 0.0463
Phase(o) -156.3 -135.1 59.96 -60.17
P(W) 419.2807

Qr(VAR) 314.2698

Ds(VA) 22.6753

Dg(VA) 44.0954

Tableau III.14 : Les puissances de Czarnecki

La puissance générée indique la présence de la distorsion harmonique coté client, et


la puissance dispersé représente une source de tension perturbée, mais elle ne donne
aucune information sur les rangs harmoniques générés par le client ou présents dans la
source de tension.

III.2.3.3. La méthode basée sur puissances du groupe IEEE

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 236.9515 14.2906 0.0585 0.4137
Phase(o) -119.5 -59.9 -64.05 133.8
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0430 0.1394 0.0463
Phase(o) -156.3 -135.1 59.96 -60.17
Q1(VAR) 313.5446

Qx(VAR) 316.2023

N(VAR) 317.0429

Tableau III.15 : Les puissances du groupe IEEE

59
Chapitre III Applications

Les résultats obtenus en utilisant la méthode de la puissance non active montre une
légère différence entre Q1 et N. La valeur de Qx et plus proche à N, d’après cette méthode
ces résultats indique que le client est responsable de la distorsion harmonique.

III.2.3.4. La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et non-


perturbateur
Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11
Tension Amplitude(V) 236.9515 14.2906 0.0585 0.4137
Phase(o) -119.5 -59.9 -64.05 133.8
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0430 0.1394 0.0463
Phase(o) -156.3 -135.1 59.96 -60.17
Pn(W) 419.1238 1.5245 0 0.0013
Qn(VAR) 313.5446 1.1405 0 0.0010
Pd(W) 0 1.3676 0.0046 0.0199
Qd(VAR) 0 0.5465 0.0068 0.0056

Tableau III.16 : Les puissances perturbatrices et non perturbatrices.


Ces résultats montrent une consommation des puissances perturbatrices active et
réactive pour tous les rangs harmoniques. Donc il est difficile de séparer la contribution
harmonique du réseau de celle du client.

III.2.3.5. La méthode RLC

Fondamental Harmonique5 Harmonique7 Harmonique11


Tension Amplitude(V) 236.9515 14.2906 0.0585 0.4137
Phase(o) -119.5 -59.9 -64.05 133.8
Courant Amplitude(A) 2.2090 0.0430 0.1394 0.0463
Phase(o) -156.3 -135.1 59.96 -60.17
contribution du 99.8031 99.5596 -0.0653 -0.4261
courant harmonique du
réseau(%)
contribution du 0.1969 0.4404 100.0653 100.4261
courant harmonique du
client (%)
Tableau III.17 : La contribution des courants harmoniques

60
Chapitre III Applications

Les résultats de la méthode RLC montre bien la contribution du réseau pour


l’harmonique de rang 5 et la contribution du client pour les harmoniques de rang 7 et 11.

III.3. Conclusion

En effet, plusieurs méthodes ayant l’objectif de séparer la contribution harmonique


d’un client et du réseau ont été proposées à ce jour. Celles qui ont été étudiées tout au long
de ce travail se caractérisent par être simples et pratiques. Les seules données nécessaires à
leurs mises en pratique sont les mesures de la tension et du courant au point de couplage
commun (PCC). L’objectif était de comparer les différentes méthodes pour plusieurs
situations différentes.
La première méthode utilisée est celle de la puissance active harmonique, une
méthode qui est simple et facile { mettre en œuvre, elle donne des résultats satisfaisants
mais elle est très sensible aux erreurs de mesure.

La détection des sources harmonique par la méthode basée sur les puissances de
Czarnecki et la méthode basée sur puissances du groupe IEEE peut être considérée comme
acceptable, le principal inconvénient de ces méthodes, est qu'elles ne montrent pas
l'influence individuelle de chaque rang harmonique.

Les résultats obtenus par la méthode de séparation des courants harmoniques


perturbateur et non-perturbateur nous permet d’affirmer que cette méthode est capable de
montrer comment le type de puissance consommée par une charge peut nous renseigner si
celle-ci perturbe le réseau, et si elle injecte des courants harmoniques ; néanmoins, l’un des
principaux problèmes de cette méthode consiste à considérer des charges linéaires tels que
les inductances et les condensateurs comme charges perturbatrices.

La méthode RLC permet de modéliser l’impédance du client par une charge RLC
parallèle en parallèle avec la source de courant harmonique. Une fois que cette étape est
réalisée, l’identification de la contribution harmonique du réseau et du client s’effectue en
utilisant la méthode basée sur le principe de superposition. En conclusion cette méthode est
la plus précise par rapport aux autres méthodes.

61
Chapitre III Applications

Références Bibliographiques

[III.1] M. Farhoodnea, M. Azah , H. Shareef, R. A. Jabbar Khan, "An Improved


Method for Determining Contribution of Utility and Customer Harmonic
Distortions In A Power Distribution System", International Journal on
Electrical Engineering and Informatics – Vol. 2, No 3, 2010.

62
CONCLUSION GENERALE
Conclusion générale

Les études, réalisations et analyses effectuées dans le cadre de ce projet, nous ont
permis de bien comprendre et de maîtriser certains aspects théoriques qui ont été
vérifiés par simulations.

Le but de ce mémoire de fin d’études, était de tester et d’évaluer certaines


méthodes permettant de répartir les responsabilités de la distorsion harmonique entre
un consommateur et le fournisseur d'énergie.

La première approche étudiée consiste à calculer les puissances harmoniques


actives en utilisant le courant et la tension mesurés au PCC. Cette méthode est facile à
mettre en œuvre, mais elle est très sensible aux erreurs de mesure.

La méthode basée sur les puissances de Czarnecki et la méthode basée sur


puissances du groupe IEEE peut dans certain cas identifier la source harmonique, mais
elle ne donne aucune information sur les rangs harmoniques générés par le client ou
présents dans la source de tension.

La méthode de séparation des courants harmoniques perturbateur et non-


perturbateur, proposé par K. Srinivasan, consiste à mesurer la tension et le courant au
point de répartition des responsabilités entre le fournisseur et le consommateur. Le
courant est scindé en deux parties : une partie appelée courant non perturbateur et une
autre partie appelée courant perturbateur qui est de la responsabilité du consommateur.
Une fois ces courants calculés on peut déduire les puissances perturbatrices et non
perturbatrices pour chaque rang harmonique ce qui permet de partager les
responsabilités de la distorsion harmonique entre le fournisseur et le consommateur
d'énergie. Or cette méthode considère les charges inductives et capacitives comme
perturbatrices.

La dernière méthode testée est la méthode RLC proposée par M. Farhoodnea, cette
méthode permet de modélisée le consommateur par une charge RLC parallèle en
parallèle avec une source de courant harmonique. Cette méthode est facilement
implantable et fournit des résultats très satisfaisants.

63
En perspectives de ce travail, il serait intéressant de traité le cas des charges non-
linéaires variant dans le temps et d’introduire le phénomène de résonnance.

64
Résume

Ce mémoire de fin d’étude de master, option Réseaux électriques, elle faire une étude
porte sur le thème «Etude Comparative de quelques Méthodes de L’identifications des sources
harmoniques dans un réseau de distribution » .Dans un premier temps, une généralité sur les
perturbations harmoniques et nous avons vu l'origine et les effets des courants harmoniques
dans les réseaux de distribution et l'importance du maintien de la qualité de l'onde

Ensuite, nous avons étudié et expliqué plus en détails Les méthodes basées sur un calcul
de puissance harmonique au point de livraison (PCC) de l’installation.

Et Les méthodes basées sur une représentation du réseau et/ou de l’installation


sous forme d’un schéma de Norton équivalent, en particulier la méthode RLC

Dans ces méthodes Les seules données nécessaires à leurs mises en pratique sont les mesures de
la tension et du courant au point de couplage commun (PCC). L’objectif était de comparer les
différentes méthodes et tester et d’évaluer permettant de répartir les responsabilités de la
distorsion harmonique entre un consommateur et le fournisseur d'énergie.

Mots clés : point de couplage commun (PCC), RLC (résistance, capacité, l'inductance)

Abstract
This master’s memory end of study, Electrical Networks option, it is about doing a study
on the theme "Comparative Study of some Methods of Identifying Harmonic Sources in a
Distribution Network". Initially, a generality on harmonic disturbances and we have seen the
origin and effects of harmonic currents in distribution networks and the importance of
maintaining wave quality

Then, we studied and explained in more detail the methods based on a calculation of harmonic
power at the point of delivery (PCC) of the installation.

And the methods based on a representation of the network and / or the installation in the form of
an equivalent Norton diagram, in particular the RLC method

In these methods the only data necessary for their implementation are the voltage and current
measurements at the common coupling point (PCC). The aim was to compare the different
methods and test and evaluate to allocate the responsibilities for harmonic distortion between a
consumer and the energy supplier.

Key words: common coupling point (PCC), RLC (resistance, capacitance, inductance)
‫الملخص‬

‫في َٓايت أطشٔحت انًاجسخيش ‪ ،‬خياس انشبكاث انكٓشبائيت ‪ ،‬حقٕو بإجشاء دساست حٕل يٕضٕع "دساست‬
‫يقاسَت نبعض طشق ححذيذ انًصادس انخٕافقيت في شبكت انخٕصيع"‪ .‬االضطشاباث انخٕافقيت ٔقذ سأيُا أصم‬
‫ٔحأثيشاث انخياساث انخٕافقيت في شبكاث انخٕصيع ٔأًْيت انحفاظ عهى جٕدة انًٕجت‬

‫بعذ رنك ‪ ،‬دسسُا ٔششحُا بًضيذ يٍ انخفصيم انطشق انقائًت عهى حساب انقذسة انخٕافقيت عُذ َقطت انخسهيى‬
‫‪.‬نهخثبيج )‪(PCC‬‬

‫انًكافئ ‪ٔ ،‬ال سيًا طشيقت ‪ٔ Norton‬انطشق انخي حعخًذ عهى حًثيم انشبكت ٔ ‪ /‬أٔ انخثبيج في شكم يخطط‬
‫‪RLC‬‬

‫في ْزِ انطشق انبياَاث انٕحيذة انالصيت نخُفيزْا ْي قياساث انجٓذ ٔانخياس عُذ َقطت اقخشاٌ يشخشكت‬
‫كاٌ انٓذف ْٕ يقاسَت انطشق انًخخهفت ٔاخخباسْا ٔحقييًٓا نخٕصيع انًسؤٔنياث عٍ انخشٕيّ انخٕافقي ‪(PCC).‬‬
‫‪.‬بيٍ انًسخٓهك ٔيٕسد انطاقت‬

‫كلمات مفتاحية‪َ :‬قطت انخسهيى نهخثبيج )‪), (PCC‬انًقأيت ‪ ،‬انسعت ‪ ،‬انًٕصهيت( ‪.RLC‬‬

Common questions

Alimenté par l’IA

When both the client and network act as harmonic sources simultaneously, it complicates the identification and management of harmonic distortion. Simulation results using different methods show nearly 100% contribution of network currents in some harmonic orders, indicating the network's predominant influence. However, interpreting results may be challenging as client-side contributions could attenuate certain harmonic currents, revealing complex interaction effects between client and network harmonics .

The Norton equivalent circuit is used in harmonic source identification by representing a network or installation in a given harmonic order through its equivalent Norton scheme. This involves simplifying complex network elements into a model that includes a source of current and equivalent impedance. Measurements at the PCC are used alongside the Norton model to separate and determine the harmonic distortion contributions from both the network and client sides using specific equations. The principle of superposition is applied to evaluate the individual contributions .

Identifying and separating harmonic pollution in electrical distribution systems presents significant challenges due to the need to quantify the pollution originating from different sources. Measuring tension and current in a specific part of the network does not reveal the sources of harmonic currents or which client produces them. This quantification and separation are essential yet difficult, as they require determining the exact contribution of the client and distribution network to the harmonic pollution at the Point of Common Coupling (PCC).

The principle of superposition aids in differentiating harmonic contributions by allowing the evaluation of individual harmonic effects from both client and network sides. Applying this principle alongside Norton equivalent modeling, the contributions of network and client-side harmonic distortions are calculated separately, which facilitates precise attribution and management of power quality issues within the system. This modular approach is essential for understanding complex harmonic interactions .

Harmonic distortions from network sources significantly impact non-linear loads by introducing additional power quality issues, such as increased losses and heat generation. Non-linear loads, particularly if inductive, may act as perturbing components if exposed to non-sinusoidal voltages, leading to distorted current waveforms. This interplay between the network's harmonic influence and the load's harmonic response necessitates robust analysis to mitigate adverse effects on system efficiency and reliability .

The stochastic method approaches the variability of harmonic currents by considering them as random sources characterized by probability laws related to amplitudes and phases, or to the real and imaginary components of the currents. This method accounts for the unpredictable nature of harmonic currents in electrical systems, which can result from various interrelated random factors affecting the current waveform. The stochastic approach is more representative than deterministic methods in describing real harmonic behaviors .

The RLC method is effective in modeling the impedance of a client by estimating the resistive (R), inductive (L), and capacitive (C) components with high accuracy compared to real values. For example, estimated values of R, L, and C closely matched the real values, proving the method's precision in modeling the client's impedance through a parallel RLC load. This accuracy helps in understanding harmonic behavior within the system .

The use of neural networks for modeling installations offers advantages over traditional Norton models by handling more complex system behaviors, including non-linearities and discontinuities. Neural networks, through a learning phase, can find relationships between inputs (such as harmonic voltages and currents measured at the PCC) and produce accurate output predictions. This adaptability allows them to model intricate system dynamics more effectively than the linear approximations often inherent in Norton models .

Separating perturbing from non-perturbing harmonic currents is crucial in assessing electrical system performance by identifying which components contribute to harmonic pollution. Methods that differentiate between perturbing and non-perturbing currents help evaluate the effective impact of non-linear loads like inductors, especially under non-sinusoidal conditions. Accurate separation allows better system management and mitigation measures to enhance performance and reduce power quality issues .

The method based on active harmonic power direction helps identify harmonic sources by measuring the active harmonic power at the Point of Common Coupling (PCC). By analyzing the sign of the active harmonic power, it can be determined if an installation absorbs or injects harmonic power. If the power is positive, the installation absorbs harmonic power and is non-perturbing for that harmonic order. If the power is negative, the installation injects harmonic power and is considered perturbing .

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