ADJECTIF
En grammaire, on appelle adjectif (anciennement nom adjectif) une nature de mot qui
s'adjoint au nom au sein d'un syntagme nominal pour exprimer une qualité (adjectif qualificatif),
une relation (adjectif relationnel) ou pour permettre à celui-ci d'être actualisé au sein d'une
phrase (adjectif déterminatif)
L'adjectif qualificatif ou relationnel remplit la fonction syntaxique d'épithète lorsqu'il
détermine une propriété spécifique de l'ensemble qu'il qualifie, souvent le nom. Il est dit attribut
lorsqu'il détermine une propriété générique d'un ensemble évoqué par le nom, par
l'intermédiaire d'une copule, laquelle est typiquement un verbe.
La terminologie grammaticale traditionnelle inclut également dans la classe des adjectifs
certains déterminants : on parle parfois d'adjectifs possessifs, démonstratifs, indéfinis,
numéraux... Ces « adjectifs déterminatifs » constituent avec les articles la classe des
déterminants et se différencient des adjectifs par leur distribution et fonction bien distinctes.
C'est pour cette raison que la plupart des grammairiens évitent cette classification et parleront
aujourd’hui de déterminants possessifs, démonstratifs, etc.1
Dans certaines langues flexionnelles, l'adjectif se décline. Lorsque ces langues ne
possèdent pas de système casuel, on dit que l’adjectif s'accorde(avec le nom qu'il qualifie,
généralement), c'est-à-dire qu'il reprend ses traits grammaticaux, comme le genre ou le
nombre.
Les adjectifs, comme leur nom l’indique, sont les mots ajoutés aux noms. Ils
expriment une qualité ou une relation. Leur forme dépend du substantif auquel ils sont
ajoutés ; ils varient d’habitude en genre et en nombre selon le substantif qu’ils
déterminent. Le genre et le nombre sont alors imposés par le substantif auquel les
adjectifs s’ajoutent. En ce qui concerne les fonctions des adjectifs, ils sont des
constituants complémentaires du groupe nominal et des constituants attributifs du
groupe verbal.
1.2
La forme des adjectifs
Les formes des adjectifs sont de quatre types (selon Roland Eluerd) 5 :
● adjectifs à forme simple (rouge, rond, chaud)
● adjectifs dérivés (pensable, peureux, maladroit)
● adjectifs obtenus par conversion d’un participe (détruit, usé, battant) ou d’un nom
(une robe orange)
● adjectifs composés (un garçon sourd-muet)
1.3 La place de l’adjectif
La plupart des adjectifs français sont postposés au substantif qu’ils déterminent. Par
contre, il existe des adjectifs qui sont antéposés au substantif.
- les adjectifs placés avant le substantif
- les adjectifs placés après le substantif
- les adjectifs dont le sens change selon leur place avant ou après le
substantif
- les adjectifs qui font partie des formules figées
1.4 Les degrés de signification des adjectifs qualificatifs
Intensité et comparaison
« Les notions exprimées par les adjectifs qualificatifs sont généralement
variables en degrés. Dans son organisation de la réalité, le français distingue deux
échelles, selon que la variation est considérée en elle-même ou en rapport avec un
élément extérieur qui lui sert d’étalon. Des formes et des constructions spéciales
expriment ces deux types d’évaluation lorsqu’ils sont appliqués aux propriétés dénotées
par les adjectifs » :
- degrés d’intensité : dans La viande est un peu, assez, très, trop chaude, la
qualité exprimée par l’adjectif chaude est appréciée en elle-même ; la langue
l’exprime à différents degrés d’intensité : faible, moyenne (normale) ouélevée
(forte, extrême).
- degrés de comparaison : dans La viande est plus / moins / aussi chaude que a)
le four b) épicée c) avant-hier d) chez Anne-Marie, la qualité exprimée par
l’adjectif chaude est apprécié par comparaison avec d’autres éléments de
référence : une chose (le four) ayant la même propriété, une autre propriété
(épicée) attribuée au même élément, ou encore la même qualité (chaude)
attribuée au même élément (la viande) mais dans des circonstances temporelles
(avant-hier) ou spatiales (chez Anne-Marie) différentes.
Il y a des adjectifs qui n’acceptent pas ces degrés. Il s’agit surtout des adjectifs
exprimant une qualité qui ne peut pas être soumise à variation (carré, enceinte,
circulaire) et des adjectifs qui apportent déjà une notion d’intensité ou de comparaison
(majeur, mineur, aîné, cadet, excessif, premier, dernier, excellent, principal, unique).
Les degrés de comparaison
On distingue d’habitude le comparatif et le superlatif relatif « selon la manière dont le
degré de l’adjectif est évalué par rapport à autre chose : »
Le comparatif
On distingue trois types de comparatifs :
- le comparatif de supériorité : il est marqué par l’adverbe plus placé devant
l’adjectif (Ton sac à dos est plus grand que le mien.). Le français moderne
conserve trois comparatifs synthétiques : bon – meilleur, pire – mauvais, petit –
moindre ; néanmoins, il existe des comparatifs analytiques formés avec plus :
plus bon qui est « employé en corrélation avec un autre adjectif (Il est plus bon
que beau.) », plus mauvais (Aujourd’hui, le temps est plus mauvais qu’hier.) et
plus petit qui est employé à « exprimer la dimension concrète(Pierre est (...) plus
petit que Paul.) »
- le comparatif d’égalité : il se marque par l’adverbe aussi qui est antéposé à
l’adjectif (Mon sac à dos est aussi grand que celui de Mireille.) ; dans les phrases
exclamatives ou négatives, l’adverbe aussi peut être remplacé par si (Est-ce que
ce gâteau est vraiment si bon que celui-là ? Personne n’est si intelligent que
Quentin.)
- le comparatif d’infériorité : il est marqué par l’adverbe moins placé avant
l’adjectif ou par la négation du comparatif d’égalité (Ta voiture est moins rapide
que celle de François [n’est pas aussi rapide que celle de François].)