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COURS de RDM - 1

Ce chapitre introduit les concepts fondamentaux de la résistance des matériaux, y compris les hypothèses de base, le principe d'équilibre et le principe de coupe pour déterminer les efforts internes.

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Ce chapitre introduit les concepts fondamentaux de la résistance des matériaux, y compris les hypothèses de base, le principe d'équilibre et le principe de coupe pour déterminer les efforts internes.

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1

Chapitre I Notions fondamentales

I.1 Objet de la résistance des matériaux et principes fondamentaux


Les théories de la Résistance des Matériaux sont la base de la Théorie des Structures des machines
et du Calcul des Organes de Machines, qui ont pour but de rechercher les meilleures formes et
dimensions à donner aux éléments d’une construction ou d’une machine, pour leur permettre de
résister à l’action des forces qui les sollicitent, ce résultat étant obtenu de la manière la plus
économique possible. Il s’agira en particulier de quantifier les contraintes et les déformations pour
des structures faiblement déformables afin de les dimensionner (grâce à des lois rhéologiques) ou de
vérifier la qualité des constructions et prévoir leur comportement.

D’une façon plus précise, la résistance des matériaux nous permet de déterminer :

 Les efforts intérieurs qui sont engendrés dans des corps pars les forces données ;
 Les déformations qui en résultent ;

Pratiquement cette étude peut se présenter sous deux aspects différents :

 On peut connaître les forces extérieures appliquées et rechercher quelles sont les
dimensions à donner au corps pour que les efforts internes ou les déformations engendrés
ne dépassent pas une limite fixée d’avance : il s’agit d’un problème de dimensionnement ;
 Connaissant les forces extérieures et les dimensions du corps, on peut se demander quels
sont les efforts intérieurs ou les déformations résultant de l’application de ces forces, et
vérifier que ces efforts (ou ces déformations) sont bien inférieurs à une limite fixée
d’avance : c’est un problème de vérification.

La résistance des matériaux et les autres branches de l’ingénieur s’articulent de la manière ci-après :

Mécanique

Mécanique des milieux Mécaniques des corps rigides


continus ou solides indéformables
(points matériels)

cinématique
dynamique
Mécanique des fluides Mécanique des solides
déformables statique
Hydrodynamique
Mécanique des sols
Aéronautique
Mécanique des roches
Pneumatique
Viscoélasticité
Hydraulique
Plasticité
Ventilation
Elasticité
Aérage
Résistance des matériaux
2

Cet outil de calcul, issu de la mécanique des milieux continus comporte quelques limites
d’utilisation. Les hypothèses et domaines de validité sont donc les suivants :

 Hypothèses sur les matériaux

Les matériaux sont supposés homogènes, isotropes et obéissant à une loi de comportement linéaire
élastique. La matière est donc considérée :

 Elastique : pas de déformations plastiques (permanentes) ;


 Linéaire (pas de non-linéarité) : proportionnalité entre les efforts et les déformations ;
 Homogène : pas de variation de comportement dans le matériau (mêmes propriétés en tout
point du matériau);
 Isotrope : pas de variation de comportement suivant la direction (mêmes propriétés en un
point dans toutes les directions).

 Hypothèses sur la structure

La structure est du type poutre (élancement minimum et variation progressive de la section).


Quelques rapides calculs peuvent être menés facilement si on se limite à la poutre à plan
moyen, c'est-à-dire un objet de grande longueur par rapport à sa section et doté d’un plan
de symétrie (plan moyen).

 Hypothèses fondamentales

Les hypothèses fondamentales suivantes sont prises en comptes

 Petites déformations et petits déplacements (calcul dans l’état géométrique initial) ;


 Chargement statique ;
 Principe de superposition (loi linéaire) ;
 Hypothèse de Saint-Venant (loi valable au point d’application des actions) ;
 Hypothèse de Navier-Bernoulli (section plane perpendiculaire à la fibre moyenne
avant la déformation le reste pendant et après la déformation).

La résistance des matériaux est donc une branche de la mécanique des milieux continus adaptée aux
déformations des structures. Cette science permet de ramener la loi de comportement global d’une
structure (relation entre sollicitations – force ou couple- et déplacements) à une loi de
comportement locale (relation entre contrainte et déformation). L’objectif étant le
dimensionnement de la structure suivant un critère de résistance ou de déplacement admissible.

La démarche de la résistance des matériaux est celle des sciences naturelles des positivistes. Elle
consiste à partir des observations faites ou des faits expérimentaux afin d’en dégager des lois utiles
et applicables dans les cas pratiques de l’art de l’Ingénieur. Elle présuppose l’étude de la Statique
Analytique et Graphique.

I.2 le principe général de l’équilibre


Les diverses parties d’une construction sont liées entre elles ou prennent appui sur le monde
extérieur. Pour étudier un corps au repos, il est nécessaire de connaître toutes les forces extérieures
qui le sollicitent. Or ; ces forces comprennent les charges directement appliquées, qui sont
supposées connues, et les réactions des appuis, supposées inconnues.
3

Par les principes de la Statique, on sait que ces réactions font équilibre aux charges directement
appliquées. Cette condition se traduit par les six équations générales de la d’équilibre du corps
solide. Pour les structures isostatiques, elle est suffisante pour déterminer les réactions. Mais par
contre pour les structures hyperstatiques, il est nécessaire de tenir compte d’autres conditions
comme nous le verrons plus tard dans ce cours.

De toute façon on peut affirmer que tout solide dont on étudie les efforts internes et déformations
doit être considéré comme en équilibre sous l’action des forces extérieures (charges directement
appliquées et réactions d’appuis). C’est le principe général d’équilibre.

Si le corps est en mouvement, l’énoncé précédent reste valable, à condition d’ajouter aux forces
extérieures les forces d’inertie, en vertu du principe de d’Alembert.

I.3 Principe de la coupe


Soit un corps solide déformable en équilibre sous l’action des forces extérieures F1 , F2 ,..., F5 .
On notera que ce corps est tenu ensemble par l’action des forces intérieures dites forces de
d’adhésion et forces cohésion. Pour mettre en évidence ces forces, on va faire passer par la
pensée un plan  qui coupe le corps en deux parties G et D à travers une surface AB et
désignons par S la section déterminée dans le corps par AB . Affectons de l’indice g les forces
situées à gauche de la section S et de l'indice d celles de droite.

z
F1
Fd F2
Fg A
G
D
F5
F4 x
F3 y B

Soit X , Y , Z les composantes de toute force P selon les axes cartésiens de référence x, y, z et
M x , M y , M z les moments de cette force P par rapport à ces mêmes axes. Le corps étudié est en
équilibre, l’ensemble des forces P satisfait aux six équations de la statique :

 X g   X d  0  M xg   M xd  0
 
 Yg   Y d  0  M yg   M yd  0 [I.1]
 
 Z g   Z d  0  M zg   M zd  0

Pour évaluer les forces intérieures il faut transformer ces dernières (forces intérieures) en forces
extérieures. Soit à évaluer les forces intérieures qui sont évoquées à travers la section S par la partie
droite du corps sur la partie gauche. Pour ce faire, il suffit de supprimer par la pensée la partie
droite. La partie gauche reste en équilibre comme dans l’état initial sous l’action des forces
P1 , P2 , P3 , et d’autre forces Fd qui doivent prendre en tout point la place des forces intérieures
évoquées dans la section AB par la partie droite du corps. Si l’on désigne par Rxd , Ryd , Rzd , les
4

composantes de la résultante des forces Fd et par M x ( Fd ), M y ( Fd ), M z ( Fd ) , les moments de ces


forces par rapport aux axes de coordonnées x, y, z , l’équilibre du tronçon de gauche du corps exige
qu’on ait :

 X g  R xd  0  M xg  M x ( Fd )  0
 
 Yg  R yd  0  M yg  M y ( Fd )  0 [I.2]
 
 Z g  R zd  0  M zg  M z ( Fd )  0

Si l’on supprime la partie gauche du corps et que l’on cherche les forces intérieures évoquées par
cette dernière sur la partie de droite, on aboutit au système suivant :

 X d  R xg  0  M xd  M x ( Fg )  0
 
 Yd  R yg  0  M yd  M y ( Fg )  0 [I.3]
 
 Z d  R zg  0  M zd  M z ( Fg )  0

En additionnant membre à membre [I.2] et [I.3] et tenant compte des égalités [I.1], on obtient les
relations :

 Rxg  Rxd  0 M x ( Fg )  M x ( Fd )  0
 
 R yg  R yd  0 M y ( Fg )  M y ( Fd )  0 [I.4]
 
 Rzg  Rzd  0 M z ( Fg )  M z ( Fd )  0

Ainsi donc, les forces intérieures évoquées à gauche de la section S font équilibre à celles évoquées
à droite, ce qu’on aurait pu d’ailleurs affirmer d’emblée en invoquant le principe de l’égalité de
l’action et de la réaction.

On peut donc remplacer les forces intérieures à gauche par les forces intérieures à droite changées
de signe dans les égalités [I.3], ce qui donne :

 X d  R xd  M xd  M x ( Fd )
 
Yd  R yd  M yd  M y ( Fd ) [I.5]
 
Z d  R zd  M zd  M z ( Fd )

Les considérations qui précèdent peuvent se résumer comme suit :

« Dans tout solide en équilibre sous l’action des forces extérieures :

1° les forces intérieures qui s’exercent de part et d’autre d’une section se font équilibre ;

2° les forces intérieures évoquées d’un côté d’une section font équilibre à toutes les forces extérieures
appliquées depuis cette section jusqu’à l’extrémité opposée du corps considéré ;

3° elles sont statiquement équivalentes à l’ensemble des forces appliquées du même côté de la
section »
5

C’est le principe de la coupe.

I.4 Notion de contrainte


Pour étudier de plus près les forces intérieures nous devons d’abord définir leur l’intensité en
chaque point. L’évaluation de forces individuelles entre les atomes en mouvement thermique qui
constituent un corps solide est un problème très compliqué qui n’est pas encore résolu à l’heure
actuelle.

Aussi dans son état actuel de développement, la Mécanique des Matériaux se propose seulement de
rechercher les efforts moyens qui naissent dans des volumes contenant déjà un grand nombre de
molécules. Elle est basée sur l’hypothèse fondamentale que les corps solides sont formés d’une
matière continue. Sur cette base, on pourra admettre dans ce cours que toutes les quantités
décrivant les champs de déplacements, de contraintes et de de déformations dans le corps sont des
fonctions continues des coordonnées ( x, y, z ) . De plus, elle suppose très généralement que cette
matière est homogène et isotrope.

Ceci posé, reprenons le corps solide étudié précédemment et coupons -le par un plan quelconque  .
Dessinons sur ce plan, autour du point O , un petit contour fermé C d’aire  . La portion de
matière qui est située à droite de la surface hachurée exerce sur la portion située à gauche un effort
F et la force moyenne par unité d’aire sur la surface hachurée vaut :

 F
q [I.6]


Si nous faisons tendre vers zéro  , le rapport ci-dessous tend, en vertu de la continuité supposée
de la matière, vers une limite déterminée qu’on appelle vecteur contrainte conjuguée à la facette
 au point O . Cette notion de limite nous permettra d’utiliser les opérations de l’analyse
mathématique et exige la continuité des fonctions.


dA
 
q

Ce vecteur contrainte est généralement oblique par rapport à l’élément  , il a donc une
composante  normale à cet élément, que l’on appelle contrainte normale, et une composante
tangentielle  située dans le plan même de l’élément, que l’on appelle contrainte tangentielle. Les
contraintes  et  sont des forces par unité de surface. Elles varient d’un point à l’autre du corps
solide et, en un point déterminé, elle dépend de la facette à laquelle elles sont conjuguées. Elles
caractérisent par leur ensemble l’état de contrainte du corps.
6

I.5 Eléments de réduction : types de sollicitations


La fonction première d’un élément de construction est de résister aux charges. De façon
générale, une pièce de construction peut être soumise à un système de forces, la résultante
des forces internes engendrées par ces forces externes ainsi que leurs moments résultants
dit torseur, peuvent être décomposée en composantes axiales, composantes de
cisaillement, composantes de flexion et composants de torsion.

Soit un corps soumis à l’action des forces F1 , F2 , F n 1,  Fn coupons par la pensée le corps
par un plan et isolons la partie de gauche, on appelle sollicitations, les projections de Rd et
M d sur les axes de coordonnées x, y, z .
y
M y
F2

Ty
F1 F3
Mx  Mt
N
O x
G D
Tz

F4
M z

Fn z
Fn 1


N : Effort normal, projection de Rd sur l’axe Ox ;

T y : Effort tranchant suivant y , projection de Rd sur l’axe Oy ;


Tz : Effort tranchant suivant z , projection de Rd sur l’axe Ox ;

M x  M t : Moment de torsion, projection M d sur l’axe Ox ;

M y : Moment fléchissant, projection M d sur l’axe Oy ;

M x : Moment fléchissant, projection M d sur l’axe Oz ;

Ces six éléments de réduction définissent les types de sollicitation. Dans un état plan, les
sollicitations sont de trois types :
y

M
N x
7

N : Effort normal

Ty  T : Effort tranchant suivant y

M  M z : Moment fléchissant suivant z

Sollicitations courantes

 Sollicitations simples

Traction – Compression

En traction on a des forces extérieures égales et opposées agissant dans l’axe de la pièce et tendant
à l’allonger. C’est donc la tension normale N qui provoque la traction. En compression, les forces
extérieures sont aussi égales et opposées et agissent dans l’axe de la poutre, mais tendent à le
raccourcir. C’est donc toujours la tension normale N qui provoque la compression.

N
F F F F

N
F F F F

N  0 M t  0
 
T y  0 M y  0
 
Tz  0 M z  0

Cisaillement

Forces extérieures et opposées agissant perpendiculairement à l’axe de la pièce et tendant à faire


glisser un tronçon par rapport à l’autre. C’est donc la tension tangentielle (effort tranchant T ) qui
provoque le cisaillement de la pièce.

Lame de
T
cisaille

T
8

N  0 M t  0
 
T y  0 M y  0
 
ou Tz  0 M z  0

Flexion simple

Force extérieure agissant perpendiculairement à l’axe de la pièce et tendant à la courber. C’est la


tension normale N qui résulte du moment fléchissant M y qui provoque la flexion.

N  0 M t  0
 
T y  0 M y  0
 
ou Tz  0 ou M z  0

Flexion pure Flexion déviée

N  0 M t  0 N  0 M t  0
   
T y  0 M y  0 T y  0 M y  0
   
 Tz  0 ou M z  0  Tz  0 et M z  0

Torsion pure

Forces extérieures se ramenant à deux couples de sens contraire situés dans le même plan,
perpendiculaire à l’axe de la pièce et tendant à la tordre. C’est la tension tangentielle qui résulte de
moment de torsion M t qui provoque la torsion.

T
T

T
T

N  0 M t  0
 
T y  0 M y  0
 
 Tz  0 M z  0

Sollicitations composées

Torsion-Cisaillement Flexion-Traction (compression) Flexion composée


9

N  0 M t  0 N  0 M t  0
   
T y  0 M y  0 T y  0 M y  0
   
 et/ou Tz  0  Mz  0  ou Tz  0 ou M z  0
N  0  M t )0
 
T y  0 M y  0
 
 ou Tz  0 ou M z  0

On étudie les sollicitations séparément et on combine les tensions.

I.6 les propriétés mécaniques des matériaux


I.6.1 Introduction
Les matériaux, pour être utilisés avec sécurité, doivent travailler non seulement en dessous de la
charge de rupture, mais aussi en dessous de la limite élastique pour éviter toute déformation
permanente. Il est donc indispensable de posséder des informations précises sur les matériaux
composant les éléments d’une construction. En particulier, il est de la plus haute importance de
connaître avec précision les deux seuils critiques des matériaux soumis à des sollicitations, à savoir la
limite élastique et la contrainte de rupture.

Dans cette optique, l’essai de traction ou de compression d’un matériau occupe une place
importante car il permet de caractériser de façon simple son comportement. Si les renseignements
qu’on en tire sont fort élémentaires, il n’en reste pas moins que cet essai, simple et peu coûteux,
constitue la base de l’étude expérimentale des matériaux.

I.6.2 L’essai de traction ou de compression

I.6.2.1 Description
En principe l’essai consiste à soumettre une barre du matériau étudié à un effort N de traction ou de
compression. Cette barre est droite et possède une section uniforme, sauf éventuellement au
voisinage de ses points d’attache dans la machine d’essai. On supposera également que les
dispositions expérimentales sont telles qu’en tout instant la force appliquée reste dans l’axe de la
barre afin d’éviter toute flexion. La barre également appelée éprouvette ou barreau d’essai est donc
placée dans une machine d’essai qui permet de connaître à chaque instant l’effort appliqué sur
l’éprouvette et sa longueur.

Pendant l’essai on considère que toutes les fibres longitudinales de la barre prennent le même
allongement et que les sections droites initialement planes et perpendiculaires à l’axe restent telles
après déformation (loi de conservation des sections planes de Bernoulli). Ceci est vérifié par les
mesures directes que l’on peut faire sur la surface latérale de la barre. Toutefois cela reste
pratiquement valable si l’on se situe loin des portions voisines des attaches où la répartition des
contraintes est complexe, et qu’on ne considère que la région centrale.

I.6.2.2 Allongement et déformation axiale-contraction latérale


Lorsque l’effort de traction N augmente, on constate une augmentation de la longueur de la barre
longitudinalement suivant l’axe. Cette extension latérale de l’éprouvette s’accompagne d’une
diminution de ses dimensions transversales appelée contraction latérale.
10

I.6.2.3 Contrainte vraie-contrainte nominale


Considérons l’éprouvette ci-dessous de section  dans la région centrale. On considère une base de
mesure de longueur L et on soumet l’éprouvette à un effort de traction N qui varie lentement, afin
d’éviter tout effet dynamique, et on mesure en fonction de N , l’allongement L de la base de

masure L . Notons L et  les dimensions de l’éprouvette pour un effort N donné.
N

m n m n 


L


L L

N N

Considérons maintenant l’équilibre de la portion de la barre située sous la section mn . D’après le


principe de la coupe, les forces intérieures évoquées dans la section mn et représentant l’action des
particules de la partie supérieure de la barre sur les particules de la partie inférieure, font équilibre à
la force N appliquée à l’extrémité inférieure de la barre.

Comme le matériau a des propriétés identiques en tout point de la section mn (homogénéité), et


comme toutes les fibres subissent le même allongement (conservation des sections planes), elles se
trouvent toutes dans la même situation et, par conséquent, la distribution des contraintes
intérieures sur la section droite mn est uniforme. La contrainte vaut donc :

N
 


Connaissant  pour chaque niveau de sollicitation, on peut tracer le diagramme de  en fonction


de L  L .  est appelée la contrainte normale vraie dans la section mn .

On appelle contrainte nominale  la contrainte obtenue en divisant l’effort N par l’aire initiale de la
section droite l’éprouvette :

N
 

Il s’agit d’une contrainte fictive, qui n’existe nulle part dans la barre. Elle est introduite pour la
facilité du calcul et parce que, dans des nombreux cas pratiques, elle est presque identique à la
contrainte vraie. En effet la plupart des matériaux employés en construction sont très rigides et leurs
11

déformations en service sont très petites. Dans ce cas, on ne commet pas d’erreur appréciable en
confondant  et  , c’est-à-dire en assimilant la contrainte vraie à la contrainte nominale. Les deux
contraintes sont reliées par la formule :

 
 
 

Dans ce cours, nous ne considérerons jamais que le cas des petites déformations et on pourra
toujours confondre les contraintes nominales avec les contraintes vraies. D’une façon générale, nous
dirons que les déformations d’un corps sont petites ‘ou encore « infiniment petites » ou encore
« infinitésimales » lorsque les dimensions de n’importe quel élément de matière que l’on peut y
découper par la pensée ne changent pas de façon appréciable au cours de la déformation de ce
corps. La petitesse des déformations n’est pas liée à celle des déplacements.

Lorsque les déformations sont petites, il est commode, pour interpréter les résultats d’un essai de
traction, d’introduire la quantité :

L L  L
 
L L

que l’on appelle allongement proportionnel ou dilatation ou déformation, et de tracer un diagramme


en portant les allongements proportionnels en abscisse et les contraintes (nominales) en ordonnée.
C’est le diagramme contraintes-dilatations ou contraintes-déformations. Par convention, les
contraintes  seront positives en traction : les dilatations  seront positives en cas d’allongement.

Nous allons examiner l’allure de ce diagramme pour quelques matériaux de construction. Nous
étudierons d’abord les matériaux ductiles qui s’allongent fortement avant de se rompre, puis les
matériaux raides (fragiles) qui ont des faibles allongements proportionnels de rupture.

Il faut d’ailleurs noter que cette distinction est toute relative. Dans certaines circonstances, des
matériaux réputés ductiles peuvent devenir fragiles et vice versa. Par exemple, l’acier doux est
ductile à la température ambiante mais devient fragile à basse température. Les roches,
normalement fragiles, sont cependant ductiles quand elles sont soumises aux températures et
pressions exceptionnelles de certaines couches de la croûte terrestre. Dans ce qui suit, la notion de
ductilité ou fragilité se rapportera toujours à des matériaux dans leurs conditions normales
d’utilisation.

I.6.2.4 Diagrammes contraintes-déformations


 Matériaux ductiles

La figure ci-dessous montre le diagramme contraintes-déformations de l’acier doux à la température


ambiante.

Au début de l’essai, la contrainte est proportionnelle à la dilatation : le matériau est élastique


linéaire. Le diagramme contraintes-déformations est une droite appelée droite de Hooke (du nom du
savant anglais qui, le premier, énonça cette loi en 1678). Son équation est :

  E
12

Le coefficient E est appelé module d’élasticité longitudinale ou module de Young.


Hooke E
R 
r
F


B C D
Re   

R p A

tg   E

O 
H 10 % 20% 30% 40%

Le matériau est dit élastique lorsqu’il reprend sa forme primitive quand on supprime les forces qui le
sollicitent. Cependant, l’élasticité et la linéarité ne se prolongent pas nécessairement jusqu’à la
limite ; on conçoit qu’il ne soit pas indispensable que l’allongement soit proportionnel à l’effort pour
que le métal soit élastique, c’est-à-dire reprenne sa forme primitive quand on supprime les forces
qui le sollicitent. Nous devons donc distinguer le point A à partir duquel le diagramme s’écarte de la
droite de Hooke, et le point B à partir duquel l’acier n’est plus élastique. La contrainte en A est la
limite d’élasticité proportionnelle R p .

Si nous continuons à charger l’éprouvette au-delà du point B , il se produit un allongement soudain


de la barre sans augmentation appréciable de l’effort de traction. Ce phénomène, appelé
plastification du métal, se marque sur le diagramme par le tronçon quasi horizontal BD . La
contrainte correspondant au point B est appelée limite d’étirage ou limite apparente d’élasticité et
nous la noterons Re .

Un point C du palier d’étirage BD ne représente pas, en réalité, un état homogène de l’acier, mais
un état de deux phases distinctes. Une de ces phases contient des particules restées élastiques
(point B ) et l’autre contient des particules complètement plastifiées (point D ) ; à mesure que l’on
progresse le long de BD , la proportion de ces dernières augmente au dépens des premières.
Cependant, dans la plupart des applications pratiques, on pourra se contenter de considérer que le
métal est homogène et qu’il s’allonge de B jusqu’à D sous une contrainte constante.

Pour un allongement de la barre au-delà du point D , on entre dans la zone d’écrouissage ; le métal
se ressaisit et, comme le montre le diagramme, la contrainte augmente avec la déformation jusqu’au
point E où cette contrainte atteint sa valeur maximum ; Cette contrainte est appelée contrainte de
rupture du matériau et se note Rr . Ce terme est impropre, car la rupture ne se produit pas en E ,
mais en F .

A partir du point E , on observe un rétrécissement progressif de la barre dans une section


déterminée, que l’on appelle la striction. L’allongement de la barre continue malgré la diminution de
la charge et finalement, la fracture se produit dans la section de striction à une contrainte nominale
correspondant au point F sur le diagramme. L’abscisse de ce point s’appelle l’allongement à la
rupture. La région BDEF est dite souvent région des grands [Link] faut dire que dans la
région EF , l’hypothèse des petites déformations cesse d’être valable dans la zone de striction. Bien
13

que la contrainte nominale diminue, la contrainte vraie continue à croître jusqu’ en F à cause du
rétrécissement de la section. Cependant, comme l’acier ne travaille jamais dans ce domaine dans ses
applications aux structures ou aux machines, nous n’accorderons que peu d’importance à cette zone
du diagramme.

Si on effectue l’essai jusqu’au point G et qu’à partir de ce point on décharge lentement


l’éprouvette. L’expérience montre que celle-ci se raccourcit et que le point représentatif du
diagramme parcourt la droite GH parallèle à OA . Tout se passe donc au déchargement comme si
l’acier était encore élastique linéaire et conservait son module d’élasticité initial E .

Lorsque l’éprouvette est entièrement déchargée, elle conserve un allongement permanent


représenté par le segment OH . Si l’on remet immédiatement l’éprouvette en charge, le point
représentatif parcourt la droite HG , puis suit le tronçon de courbe GEF comme si l’essai n’avait pas
été interrompu. Donc, un acier déformé plastiquement par traction puis déchargé, a un
comportement élastique linéaire lors d’un second chargement.

Pour caractériser la contraction latérale, comme le matériau est isotrope, il suffit simplement de
suivre l’évolution d’une dimension transversale quelconque de l’éprouvette (par exemple son
diamètre si la section est circulaire). Soit donc D cette dimension transversale avant déformation et
D  la valeur qu’elle prend sous l’effort N . Pour étudier cette contraction latérale, il est utile
d’introduire la quantité :

D  D
 lat 
D

Que l’on appelle déformation transversale.

La figure ci-dessous montre comment varie cette contraction latérale en fonction de la dilatation  .
 lat
On y a porté en ordonnée   . Le signe moins indique que la déformation transversale est une

contraction lorsque l’éprouvette est tendue. On observe d’abord une horizontale OA (correspondant
à la zone élastique linéaire OA du diagramme contraintes-déformations). L’ordonnée de cette ligne
est notée  et est appelée coefficient de Poisson. Au-delà du point A ;  augmente et tend vers 0,5.


   lat

0 ,5


O A

NB. Pour les matériaux dont le diagramme contraintes-déformation ne présente pas de palier
d’étirage CD (exemple un alliage d’aluminium), on définit une limite d’élasticité à 0,2% ( R0, 2 ), qui
est la contrainte pour laquelle l’éprouvette présente une dilatation permanente de 0,2%.
14


E
G 

 F
B
R0,2 

A

O
H 
0 ,2 %

Dans le cas de l’acier, on a R0 , 2  Re . Donc R0, 2 est une caractéristique générale contenant Re
comme cas particulier.

On peut également effectuer des essais de compression sur les matériaux ductiles. Les diagrammes
( ,  ) obtenus en compression sont pratiquement identiques à ceux obtenus en traction, tant que
les déformations de l’éprouvette restent modérées. En particulier, le module d’élasticité en
compression est le même qu’en traction et la limite d’élasticité ( Re , R0 , 2 selon qu’il y a ou non un
palier d’écrasement) est pratiquement égale à la limite correspondante mesurée en traction, à
savoir Re ou R0, 2 .

Par contre, l’éprouvette ne se rompt généralement pas, mais s’écrase plastiquement en gonflant
dans le sens transversal, de sorte qu’il est impossible de déterminer une contrainte de rupture et
d’un allongement de rupture en compression.

 Matériaux fragiles (raides)

Dans le cas des matériaux fragiles, ex. le bois, la fonte, la pierre, etc., le diagramme ( ,  ) a l’allure
générale représentée à la figure…… il présente une zone élastique linéaire OA plus ou moins étendue
selon le cas. La rupture se produit brusquement (point B ) et n’est pas précédée de phénomènes
avant-coureurs comme dans le cas de l’acier.

Rr
B

Rp A

O 
15

Des diagrammes analogues peuvent s’obtenir en compression et les points caractéristiques tels que
la limite de d’élasticité proportionnelle R p et la contrainte de rupture à la compression Rr peuvent
être déterminés.

I.6.2.5 Vitesse de mise en charge – Essais de fatigue


Les propriétés mécaniques des matériaux en traction et compression ont été décrites jusqu’ici en
supposant que deux variables seulement,  et  , entraient en jeu. En réalité, des mesures de grande
précision montrent que la vitesse de mise en charge peut influencer la courbe ( ,  ) .

Les essais statiques tels que décrits dans les paragraphes précédents caractérisent le comportement
d’un matériau sous sollicitation croissant de façon essentiellement monotone. Or, la plupart des
pièces intervenant dans la construction mécanique sont soumises au cours de leur vie à des efforts
variables qui se reproduisent un grand nombre de fois. Elles se rompent parfois après des très
nombreuses sollicitations, sous de contraintes qui sont restées toujours inférieures à la contrainte
de rupture (ou même inférieure à la limite apparente d’élasticité s’il s’agit d’un matériau ductile) du
matériau mesurées dans un essai statique. De plus on constate que la grandeur des contraintes
nécessaires pour produire la rupture diminue lorsque le nombre de cycles de la sollicitation
augmente.

Ce phénomène de la décroissance de la résistance du matériau aux efforts variables avec le temps


s’appelle fatigue

Imaginons une série d’éprouvettes d’acier doux de même section  soumises à un effort axial qui
est une fonction sinusoïdale du temps de fréquence  . La contrainte  passe donc alternativement
de la traction à la compression et vaut :

   max sin t

avec

N max
 max 

 max
N

N max

temps
N

min
end

millions de cycles

0 1 2 3 4 5 6 7

Si on fait varier N max d’une éprouvette à l’autre, elles se rompent chacune après un nombre de
cycles différent.
16

Traçons un diagramme en portant en abscisses le nombre n de cycles ayant provoqué la rupture et


en ordonnées la contrainte maximale correspondante. Les points correspondant aux diverses
éprouvettes se disposeront (avec une assez forte dispersion) sur une courbe continue appelée
courbe de Wöhler.

Pour de petits nombre n de cycles,  max diminue rapidement quand n croît mais, pour un nombre de
cycles suffisamment élevé, la courbe tend asymptotiquement vers une ligne horizontale. La
contrainte correspondant à cette horizontale est appelée limite d’endurance  end .C’est la plus
grande contrainte que le matériau étudié puisse supporter indéfiniment en traction et en
compression alternées.

On admet qu’il existe une limite d’endurance pour tous les matériaux utilisés normalement dans les
structures. En outre, la rupture d’une pièce par fatigue est influencée fortement par divers facteurs
tels que la fréquence des cycles de mise en charge, les niveaux de maximum et minimum, la
température, le fini de surface, les concentrations des contraintes, etc.

I.6.2.6 Fluage, Relaxation et Recouvrance


Dans des nombreuses circonstances, l‘hypothèse que les déformations d’un matériau sont
indépendantes du temps ne suffit pas à traduire la réalité des phénomènes observés. Pour les
métaux soumis à l’action des hautes températures certains éléments de machine (turbines, tubes
d’échangeurs), pour la plupart des matières plastiques à température ambiante, pour le béton
jeune,etc, il est souvent vital de prendre en considération l’évolution des déformations en fonction
du temps pour une mise en charge donnée.

Fondamentalement, cette dépendance se manifeste sous la forme de trois phénomènes suivants :

 Le fluage, qui est la déformation en fonction du temps d’une pièce soumise à des charges
données (constants dans le temps) ;
 La relaxation, qui est la diminution des contraintes en fonction du temps dans une pièce
soumise à une déformation donnée (constante dans le temps) ;
 La recouvrance, qui est la tendance de certains matériaux déformés par fluage à récupérer
progressivement leurs dimensions et propriétés initiales lorsque les charges qui les
sollicitent sont supprimées.

I.7 Modèles mathématiques des matériaux isotropes soumis à des petites déformations
axiales
I.7.1 Modèle élastique linéaire
Les matériaux de construction usuels (à l’exception du béton) présentent un diagramme ( ,  ) qui
débute par une partie linéaire appelée droite de Hooke, le long de laquelle les déformations sont
réversibles. Dans la plupart des constructions et des machines, les matériaux travaillent
effectivement dans cette zone élastique linéaire pour laquelle on peut écrire :

  E
où E est le module d’élasticité longitudinale (ou module de Young) du matériau considéré. Cette loi
est appelée loi de Hooke.
17

tg   E 

Dans cette zone, la contraction latérale est également proportionnelle à la dilatation  et l’on a :


 lat    
E

où  est le coefficient de Poisson du matériau.

E et sont des caractéristiques mécaniques propres au matériau considéré.

Nous reviendrons en détails sur ce type de comportement dans le chapitre suivant.

I.7.2 Modèle élastique non linéaire

Dans ce modèle, les déformations sont réversibles, mais elles ne sont plus liées aux contraintes par
une loi linéaire. On a simplement ;

  f ( )
 lat  g ( )

Ce modèle est assez peu utilisé, mais on pourrait s’en servir pour étudier les déformations du
caoutchouc, pour autant qu’elles restent suffisamment faibles pour vérifier l’hypothèse des petites
déformations.
18

I.7.3 Modèle élastique parfaitement plastique


Ce modèle sert souvent à idéaliser des matériaux tels que l’acier doux, qui présentent un palier
d’étirage horizontal bien marqué, et dont les déformations restent suffisamment faibles pour ne pas
atteindre la zone d’écrouissage.

Re

tg   E

On admet donc que ce matériau se comporte élastiquement tant que la contrainte reste inférieure à
la limite apparente d’élasticité Re . Lorsque celle-ci est atteinte, la contrainte cesse de croître et la
dilatation  peut prendre une valeur indéterminée. En cas de déchargement à partir d’un point
quelconque du palier horizontal, le matériau se comporte élastiquement et le point représentatif du
diagramme se déplace sur une parallèle à la droite de Hooke.

Dans la zone élastique linéaire, la contraction latérale se caractérise par un coefficient de Poisson
constant. Dans la zone plastique, on admet que le volume de la matière se conserve. Examinons ce
que cela implique pour la contraction latérale. Si un petit élément de volume subit les incréments de
déformation plastique d p dans le sens longitudinal et d lat
p
dans le sens transversal, on a

 V 
d   d  2d lat  0
p p

 V 

d’où

1
d latp    p
2

Par conséquent, en décomposant la dilatation totale en une partie élastique et une partie plastique

 e  p

On voit que la déformation latérale totale vaut

1
 lat   e   p
2

I.7.4 Modèle élastoplastique à écrouissage linéaire


Pour des matériaux qui ne présentent pas un palier d’étirage bien marqué, on a parfois recours à un
modèle élastoplastique à écrouissage linéaire : une zone élastique linéaire suivie d’une zone
élastoplastique linéaire.
19


tg  Et

Re

tg   E

Le choix de la limite Re de la zone élastique et celui de la petite zone élastoplastique se base sur des
résultats expérimentaux. Dans ce modèle, la limite élastique peut être dépassée et dans la zone
plastique, la dilatation n’est plus indéterminée.

En cas de déchargement, le matériau se comporte élastiquement, comme dans le modèle précédent


qui peut être considéré comme un cas particulier de celui-ci.

Lorsque le matériau se trouve dans la zone d’écrouissage un accroissement d de la contrainte


provoque un accroissement (réversible) d e de la déformation élastique et un accroissement d p
(irréversible) de la déformation plastique :

d d
d  d e  d p  
E Ep

où E p est appelé module plastique.


d

d Et

d
e
d
p

E

Si on définit le module tangent de la zone élastoplastique, E t ,par

d
Et 
d

on voit que l’on a


20

1 1
Et  
E Ep

Quant aux déformations latérales, elles ont les mêmes propriétés que dans le modèle précédent ;
leur accroissement se déduit de ;

1 p
d lat  d e  d
2

I.7.5 Modèle rigide plastique


Par rapport aux déformations plastiques, les déformations élastiques sont très faibles et on peut
parfois les négliger. On obtient ainsi le modèle rigide plastique que l’on déduit du modèle
parfaitement plastique en faisant tendre le module d’élasticité vers l’infini.

Dans ce cas particulier, les déformations étant purement plastiques, elles ont lieu à volume constant
et on a :

  p
1 1
 lat    p   
2 2

I.7.6 Modèle linéaire visqueux


C’est l’idéalisation la plus simple de déformations dépendant du temps. Elle consiste à supposer que
la vitesse de déformation est proportionnelle à la contrainte :

 d 
 
dt Cr

où C r est une constante du matériau caractérisant sa viscosité.


21

Un tel matériau se comporte plutôt en fluide qu’en solide. Si petite que soit la contrainte  , elle
produit une déformation sans cesse croissante. Elle ne peut cesser d’augmenter que si  s’annule et
dans ce cas, elle garde la valeur acquise. Un matériau linéaire visqueux ne peut donc pas présenter

de recouvrement. Par contre ; sa relaxation est instantanée. Dès que  est constant,  s’annule et
donc  aussi.

I.7.7 Modèles viscoélastiques linéaires


On peut obtenir des idéalisations assez fidèles de matériaux dont les déformations dépendent du
temps en combinant le modèle élastique linéaire et le modèle linéaire visqueux. Si on représente le
premier par un ressort et le second par un dashpot, on construit le modèle de Maxwell en les
mettant en série, et celui de Kelvin en les mettant en parallèle.

Modèle viscoélastique linéaire Modèle viscoélastique linéaire


de Maxwell de Kelvin

 

Dans le modèle de Maxwell, les déformations élastique  e et visqueuse  v s’additionnent. La


contrainte  est la même dans l’élément élastique et dans l’élément visqueux.

 e v
d d e d v 1 d 
   
dt dt dt E M dt C M

où E M et C M sont les constantes d’élasticité et de viscosité du modèle.

Dans le modèle de Kelvin, ce sont les contraintes dans l’élément élastique  e et dans l’élément
visqueux  v qui s’ajoutent, alors que la déformation  est la même dans les deux éléments.
22

   e  v
d
  EK   CK
dt

E K et C K sont les constantes d’élasticité et de viscosité du modèle.

I.8 Notion de sécurité


I.8.1 Etats limites
Tous les ouvrages ou éléments d’ouvrages doivent être calculés de façon à pouvoir résister, avec une
sécurité appropriée, à toutes les contraintes et déformations prévues pendant la période de
construction et pendant la période de service, et à pouvoir présenter une durabilité satisfaisante
durant toute la période d’exploitation de la structure. Le but du calcul est de garantir une sécurité
convenable contre la « mise hors service » de cette structure ou de ses éléments constitutifs. On
admet que cette mise hors service a lieu quand la structure atteint un état particulier dit « état-
limite », ce terme désignant tout état dans lequel une structure-ou une partie de celle-ci- est rendue
inapte à l’usage auquel on la destine.

Les états limites peuvent être classés en deux catégories : les états limites ultimes et les états limites
d’utilisation.

I.8.1.1 Etat -limites ultimes


 Rupture des sections critiques : par exemple, si dans une barre tendue, l’effort est tellement
grand qu’il crée des contraintes supérieures à la contrainte à la rupture du matériau, la barre
se rompt.
 Perte de l’équilibre par déplacement anormal d’une partie ou de l’ensemble de la structure :
par exemple, si un pont s’appuie sur un sol trop meuble, le tassement du sol peut provoquer
un mouvement des appuis du pont tellement grand que le pont s’effondre. De même, un
édifice peut basculer au cours d’un tremblement de terre si le sol qui le porte se dérobe.
 Rupture par fatigue : par exemple, si dans une pièce d’acier soumise à sollicitation répétée,
les contraintes dépassent la limite d’endurance, la rupture se produira nécessairement après
un certain nombre de cycles de chargement. Ce phénomène est fréquent dans les pièces de
mécanique (arbre de moteurs, essieux ;etc) soumises à rotation et vibration.
 Instabilité : si on effectue un essai de compression sur une barre assez élancée, au lieu de
rester rectiligne, elle se dérobe latéralement et périt par une combinaison de flexion et de
compression, plutôt que par compression seule.
 Déformations excessives conduisant à un changement de géométrie de la structure qui
provoque son effondrement. : par exemple, les poutrelles d’un toit plat doivent fléchir très
peu. Dans le cas contraire, leur déformation excessive peut être à l’origine de poches d’eau
qui se forment sur la couverture et la surchargent anormalement, provoquant ainsi son
effondrement.

I.8.1.2 Etats-limites d’utilisation


 Déformations excessives pour une utilisation normale de la structure : dans les machines de
précision (par exemple un tour), il ne suffit pas de se prémunir contre la rupture ; il faut que
les déformations de la machine restent très petites, sinon elle perd sa précision. Le même
problème se pose pour les télescopes et autres instruments d’astronomie.
23

 Déplacement excessif sans perte d’équilibre :par exemple, si un appui de pont tasse trop fort,
la dénivellation qui se produit entre le chemin d’accès et le pont peut rendre ce dernier
inutilisable.
 Vibrations excessives : par exemple, pour des raisons psychologiques et de sécurité
(glissement des meubles), les accélérations subies par les habitants d’un édifice soumis à un
tremblement de terre ou à une tornade doivent être assez faible.
 Fissuration prématurée ou excessive : cela concerne surtout les structures en béton armé ou
précontraint. La fissuration excessive favorise la corrosion des armatures.

I.8.2 incertitudes sur les données du problème


Les efforts maxima de service doivent être notablement moindres que ceux qui correspondent à la
ruine (c’est-à-dire la mise hors service de la structure par réalisation de n’importe quel état-limite)
pour les motifs suivants :

 Incertitude dans la prévision des forces maxima agissantes et leur mode d’action, car ces
forces peuvent dépasser les valeurs prévues ou agir dynamiquement plutôt que
statiquement (par exemple effet du vent sur une construction, tremblement de terre, etc.) ;
 Dispersion statistique des propriétés de résistance des matériaux mis en œuvre, mesurées
par des essais de laboratoires sur éprouvettes ;
 Possibilités de malfaçons dues à une exécution et un contrôle déficients (surtout dans les
ouvrages en bétons), qui rendent la résistance des matériaux mis en œuvre dans la structure
inférieure à celle des éprouvettes de laboratoire confectionnées pour mesurer cette
résistance ;
 Possibilité d’une diminution de la résistance du matériau après exécution de l’ouvrage, par
suite de la corrosion, de l’usure, des modifications chimiques ou structurales ;
 Incertitudes sur les dimensions des pièces
 Enfin, si l’on tente de prédire la ruine à partir de la valeur des contraintes intérieures,
incertitude sur la valeur réelle de ces contraintes, car elles sont calculées sur la base des
hypothèses simplificatrices, qui ne représentent qu’imparfaitement la réalité.

Ainsi donc, entre les valeurs de charges maxima de service et celles correspondant à la ruine, il
doit exister une marge plus ou moins grande. Cette marge doit évidemment être choisie
d’autant plus grande que sont plus incertaines les prévisions relatives aux charges maxima, aux
propriétés résistantes du matériau, aux conditions de conservation et aux hypothèses
simplificatrices introduites dans les calculs. Elle doit donc être choisie plus grande pour une
pierre, un béton ou un bois, qui ont des propriétés très dispersées et présentent des défauts
cachés, que pour un acier, dont les propriétés sont très constantes.

I.8.3 le coefficient de sécurité

I.8.3.1 Notion de coefficient de sécurité


Fondamentalement, elle consiste à mesurer l’ensemble des incertitudes affectant la sécurité
d’une structure par un coefficient de sécurité global. Pour définir ce coefficient, on néglige
arbitrairement les dispersions analysées précédemment pour ne retenir que la principale d’entre
elles, à savoir la dispersion sur les charges appliquées à la structure. On dit par définition qu’une
structure présente le coefficient de sécurité s vis-à-vis de la ruine si les valeurs des forces
24

extérieures maxima de service sont telles qu’en les faisant croître toutes proportionnellement
de 1 à s , on obtient exactement la charge de ruine.

En principe, pour apprécier le coefficient de sécurité d’une structure donnée, on devrait le


déterminer expérimentalement par des essais en vraie grandeur poussés jusqu’à la ruine, ce qui
rendrait inutile toute recherche théorique, mais serait par contre extrêmement onéreux. C’est
pourquoi on substitue à la définition donnée précédemment la définition transformée suivante :

Une structure présente un coefficient de sécurité s vis-à-vis de la ruine si les valeurs des
contraintes maxima de service sont telles qu’en les faisant croître toutes proportionnellement de
1 à s on obtient exactement le stade de la ruine.

Pour que cette définition modifiée soit valable, il faut que les contraintes croissent
proportionnellement aux charges agissantes. Or, cela est loin d’être vraie dans tous les cas.

Pour que cela soit exacte il faut que le matériau obéisse au modèle élastique linéaire et que la
structure soit le siège de déplacements suffisamment petits.

La définition modifiée du coefficient de sécurité est donc satisfaisante pour les structures faites
d’un matériau raide, qui reste pratiquement élastique jusqu’à la rupture et pour les machines
faites de métaux ductiles et sollicitées par fatigue, parce que la ruine de ces machines se produit
par suite de la propagation d’une fissure de fatigue qui se développe en régime élastique.

Cette définition est par contre critiquable pour les structures hyperstatiques faites d’un matériau
ductile et sollicitées statiquement parce qu’il se produit avant la ruine des plastifications
localisées entraînant une redistribution des efforts [Link] faut dans ce cas revenir à la
définition primaire du coefficient de sécurité, qui est le quotient de la charge de ruine par la
charge maximum admissible. Il en est de même lorsque la structure est le siège des phénomènes
d’instabilité pour lesquels les contraintes ne croissent pas proportionnellement aux forces
agissantes parce que les déplacements ne sont pas suffisamment petits.

I.8.3.2 Contraintes admissibles


Lorsque le passage des forces extérieures aux contraintes est licite, il est possible de définir les
contraintes admissibles en divisant celles qui correspondent à la ruine par un coefficient de sécurité
approprié, généralement fixé par les norme ou règlements en vigueur et qui peut être différent
selon l’état-limite susceptible d’amener la ruine, la destination de la structure, le type de charges qui
la sollicitent,etc. prenons quelques exemples

 Matériaux fragiles sollicités statiquement

On se fixe la plus grande contrainte principale admissible en divisant la contrainte à la rupture


Rr ou Rr par le coefficient de sécurité s a ,

Rr ou Rr
( ) adm 
sa

 Matériaux ductiles sollicités statiquement


25

Les matériaux ductiles présentent une limite d’élasticité déterminée ( Re ou R0, 2 ) au-delà de
laquelle commencent de grandes déformations plastiques. Ensuite, on a éventuellement la
rupture (en traction, mais généralement pas en compression).

Cette limite d’élasticité correspond à un état dangereux, non seulement parce qu’à ce moment
la structure intime du matériau commence à s’altérer profondément mais surtout parce que,
dans les barres comprimées ou fléchies à parois minces, elle s’accompagne de déformations
transversales inadmissibles qui amènent rapidement la ruine de ces barres par instabilité.

En vertu des critères de plastification, on se fixera la plus grande contrainte admissible en


divisant la limite d’élasticité Re ou R0, 2 par un coefficient de sécurité admis s b

Re ou R0, 2
( ) adm 
sb

 Matériaux soumis à des sollicitations répétées

Si l’on désire que la structure soit capable de supporter m cycles de charge, il faut qu’en service, la
contrainte ne dépasse pas la contrainte  m que l’on peut lire sur le diagramme de Wöhler.

 max

m

 end

m n

En particulier si l’on veut éviter la rupture quel que soit le nombre de cycles ( m   ), il ne faut pas
dépasser la limite d’endurance  end . Dès lors, en fatigue, on se fixera la contrainte admissible en
divisant  m ou  end par le coefficient de sécurité admis s c

 m ou  end
( ) adm 
sc

Remarque

Les coefficients s a , sb , s3 sont évidemment différents. Il est cependant commode de regrouper ces
trois formules en une seule,

( ) adm  R

où R est la contrainte admissible qui, selon le cas, doit être évaluée à l’aide d’une des trois formules
mentionnées ci-dessus.
26

Chapitre II Eléments d’élasticité

II. 1 Introduction

L’élasticité admet généralement que les déformations et les déplacements sont très
petits (évanouissant donc tendant vers 0 ). Elle admet donc la double linéarité : géométrique et
matérielle (déplacement et déformation très petits) et matériaux de HOOKE.
C’est une branche de la mécanique des milieux continus qui utilise, de nouveaux êtres
mathématiques appelés « Tenseurs », contrairement à la mécanique rationnelle qui manipule deux
catégories de grandeurs : les vecteurs et les scalaires.
Le calcul tensoriel permet d’écrire les équations de façons qu’elles soient valables
quelles que soient les coordonnées utilisées.

II.1. Concept du milieu continu

La nature et la structure moléculaire de la matière sont deux notions suffisamment


connues à l’heure actuelle. Dans toutes les investigations pour la connaissance du comportement de
la matière, on ne s’intéresse pas à une molécule isolée mais plutôt à tout l’édifice qui constitue la
matière elle-même.
La matière sera traitée comme étant continue, distribuée dans tout le volume et occupant
tout l’espace qui lui est offert ″ c’est le concept de milieu continu ″.
De ce fait un fluide serait un milieu continu par excellence. Pour [Link], le milieu
rocheux sera un milieu présentant une surface de discontinuité au moins, reliant un point d’un
contour libre à un autre. Le propre de cette discontinuité étant son incapacité à transmettre les
contraintes de traction. Mais dès que les surfaces en regard sont douées d’une certaine adhérence,
on admettra être en présence d’un milieu continu homogène ou hétérogène. La perte de cette
adhérence tout au long d’une surface donnée sera la naissance d’un milieu discontinu.
En résumé, jusqu’à la perte totale d’adhérence, le massif rocheux sera toujours ramené à
un matériau relevant de la mécanique des milieux continus. Le comportement de ce milieu en
équations mathématiques liant entre elles les grandeurs telles que tensions ou contraintes peut être
décrit par des équations dites « équations mécanique d’état ».
D’une manière générale, on peut dire que les équations mécaniques d’état relient entre
elles les variables dynamiques et statiques de manière à produire le comportement mécanique du
milieu étudié.
Les déformations qui ont lieu dans un milieu infinitésimal dV sont définies par les
coordonnées spéciales et par les dérivées par rapport au temps (vitesses et accélérations). Ces
grandeurs sont des variables cinématiques de cet élément dV .
27

Il existe généralement 3 principaux types de mouvements : la translation , la rotation, la


déformation pure c.à.d. déformation sans rotation.
La déformation pure se subdivise en déformation avec changement de volume et déformation sans
changement de volume ou distorsion.
L’état dynamique d’un volume élémentaire est décrit par des variables dynamiques. C’est
ainsi que les translations seront décrites par les forces qui les engendrent, les rotations par les
moments et les déformations pures par les contraintes ou les tensions.

II.2. Notion d’élasticité


II.2.1. Contrainte dans l’espace

Soit un système d’axes perpendiculaires entre eux et dont les orientations sont
quelconques par rapport aux directions des contraintes principales.

C
 n, z
n

z N
 n, y B y
 n, x
0
y
x

Soit un plan ABC d’orientation quelconque par rapport au système d’axe et soit la normale
ON abaissée sur le plan ABC.
Cette normale définit avec les axes des coordonnées les angles  x ,  y et  z
appelés angles directeurs. Les cosinus directeurs  x ,  y et  z de cette normale sont définis par les
relations suivantes :

nx  cos  x ; n y  cos  y ; nz  cos  z (II-1)

Soit n la contrainte agissant sur le plan ABC et soient les contraintes  ny,  ny ,  nz , les
composantes de cette contrainte suivant les 3 axes des coordonnées.
28

n
C

x
 yx  xy

y 
0
xz
B y
 yz  zx
 zy

A z
x

Sur la figure on a représenté les contraintes sur le plan AOC, OBC et OAB. En exprimant
l’équilibre des forces agissant sur le trièdre OABC parallèlement aux axes des coordonnées on
trouve les relations suivantes :
  n, x   x . x   yx . y   zx . z

  n, y   y . y   zy . z   zy . z (II-2)

  n, z   z . z   xz . x   yz . y

Si on appelle  i et  ij les composantes normale et tangentielle sur une facette normale à


l’axe i, on a le principe de réciprocité des contraintes de cisaillement :

 ij   ji   xy   yx ; yz   zy ;  zx   xz (II-3)

Le plan ABC a une orientation quelconque par rapport aux axes des coordonnées et n’est
donc pas nécessairement un plan principal. On peut démontrer que parmi l’ensemble des plans ABC,
il en existe au moins 3 qui sont perpendiculaires entre eux et qui sont des plans principaux.
Soient  ix ,  iy et  iz les cosinus directeurs de la normale à ces 3 plans principaux (i = 1, 2,

3) et i la contrainte sur le plan ABC (  n   i ). Les composantes  nix ,  niy et  niz de  i


suivant les axes s’expriment par :

  nix   ix . ix

  niy   iy . iy (II-4)

  niz   iz . iz
29

 niz
i
 niy
 nix y
0 B

Les expressions (2) sont valables aussi pour les facettes principales. En introduisant les
expressions (4) dans (2), on obtient les expressions suivantes :

( x   i ). ix   yx . iy   zx . iz  0

( y   i ). iy   xy . ix   zy . iz  0 (II-5)

( z   i ). iz   xz . ix   yz . iy  0

Pour qu’une solution non triviale existe, le déterminant des coefficients des cosinus
directeurs doit être nul. Ce qui donne :

(II-6)
 i 3  ( x   y   z ). i2  ( x . y   x . z   y . z   xy
2
  2yz   zx
2
). i

 ( x . y . z   x . 2yz   y . zx
2
  z . xy
2
 2. xy. yz . zx )  0

Les 3 racines de cette équation sont les 3 contraintes principales  1 ,  2 et  3 .


En notant que les contraintes principales demeurent inchangées si l’on modifie le système d’axe
OXYZ, les coefficients de  i sont des invariants (I ) .

I1   x   y   z



I 2    x . y   x . z   xy   yz   zx   y . z
2 2 2
 (II-7)

I 3   x . y . z   x . yz   y . zx   z . xy  2. xy . yz . zx
2 2 2

(7) dans (6) :

 i3  I1. i2  I 2 . i  I 3  0 (II-8)
30

Les 3 racines de cette équation sont les 3 contraintes principales  1 ,  2 et  3 . Les


invariants deviennent alors :

 I1   1   2   3

 I 2   1. 2   1. 3   2 . 3  (II-9)
 I   . .
 3 1 2 3

Notons que :  x2   2y   z2  1 (II-10)

On peut choisir les axes parallèlement aux directions principales  1 ,  2 et  3 , dans ce cas
les relations (2) deviennent :

  n, x   1. x

  n, y   2 . y (II-11)

  n, z   3 . z
Les expressions (2) peuvent s’écrire aussi sous forme matricielle comme suit :

  n.x     yx  zx   x 
   x  
  n, y    xy  y  zy . y  (II-12)
 
  n, z   xz 
 yz  z   z 
 

De même les expressions (5) :

 ( x   i )  yx  zx  ix 
   (II-13)
  xy ( y   i )  zy .iy   0
   yz ( z   i )  iz 
 xz

Contraintes octaédriques

Soit le système d’axes parallèles aux contraintes principales représenté sur la figure ci-
dessous. On appelle plan octaédrique un des huit plans coupant les axes x, y, z à distances égales,
les normales à ces plans étant les bissectrices des trièdres correspondants.
31

C
1
 oct
 oct
 nz
2  ny B
 oct
O y
 nx

OA  OB  OC

A 3

x
Pour le plan octaédrique, on a :  x   y   z (II-14)

Ainsi
1
 x2   y2   z2  1  3 x2  1 d' où :  x  
3 Les contraintes
totales ( 1  oct ), normales  oct ,
x   y  z   tangentielles  oct valent
3
en les introduisant dans les
expressions générales vues avant :
 12   22   32
 oct . 
3
   2   3 I1
 oct .  1  m ( m : contrainte normale moyenne) (II-15)
3 3

 oct. 
1
3
 2

 1   2   2   3 2   3   1 2 
3
2 2 1
( I1  3I 2 ) 2

Les expériences ont montré que la contrainte tangentielle octaédrique a une influence très
significative dans la sollicitation des matériaux. La différence entre les différentes contraintes
s’appelle déviateur des contraintes. C’est ce déviateur des contraintes qui joue un grand rôle dans le
comportement à la rupture des roches.
Si on choisit les directions principales des contraintes, le tenseur des contraintes peut être
écrit comme suit :

 1 0 0 (II-
0  0  16)
 2

 0 0  3 
32

Cette opération s’appelle la diagonalisation du tenseur des contraintes.


Toute matrice symétrique peut être diagonalisée. Cela permet d’introduire les notions de
contraintes de déviation et contraintes isotropes ou hydrostatiques.

I  2 3
On sait que  oct .   m  1  1 (II-17)
3 3

1 0 0 m 0 0 1   m 0 0
0 2 0  0 m 0  0 2 m 0 (II-18)
0 0 3 0 0 m 0 0 3 m
Contraintes Contraintes Contraintes de
normales hydrostatiques déviation

D’une façon générale, on aura les expressions suivantes :

 x  yx  zx  m 0 0 ( x   i )  yx  zx
 xy  y  zy  0  m 0   xy ( y   i )  zy (II-19)
 xz  yz  z 0 0 m  xz  yz ( z   i )

L’état de contrainte isotrope (hydrostatique) produit un changement de volume de


matériau élastique ou une dilatation pure tandis que l’état de contrainte de déviation produit la
distorsion ou le changement d’angle.

III.2.2 Contrainte en un point d’un solide

Dans l’espace, un corps sera représenté dans un repère cartésien rectangulaire où les
trois axes sont orthogonaux deux à deux. La meilleure façon de représenter un point dans un corps
solide est de le représenter par un parallélépipède rectangle dont les cotés tendent vers zéro .
Soit donc un parallélépipède dx, dy, dz soumis à des forces massiques X , Y , Z (forces par
unité de volume) et à des forces de surface (contraintes agissant sur les 6 facettes). Les forces
massiques ou forces de volume peuvent être des forces de gravité, magnétique ou d’inertie.

Le parallélépipède a 6 facettes, sur chacune d’elle agissent une composante normales


de la contrainte et deux composantes tangentielles. En d’autre terme, en un point d’un solide, il doit
y exister 18 contraintes.
Les contraintes sur les facettes visibles sont considérés positives, car orientées suivants
les axes du trièdre rectangle, tandis que les contraintes sur les facettes invisibles sont orientées dans
le sens opposé des axes des coordonnées.
Pour la facilité, les contraintes positives (sur les facettes visibles) portent des primes,
tandis que celles sur les facettes invisibles (négatives) ne portent pas de prime
33

 zx  z  zy
 zx  dz z  dz  zy  dz
z z z
 yz
  yz  dy
 xz  xz dx x y
x  xy
 yx Z  xz  y
y  dy
y Y y
 yz X
 zx  yx
  yx  dy
 x  x dx
x  zy z y
 xy
 xy  dx
x
On peut écrire les 6 équations d’équilibre statique soit les 3 équations de translation et les 3
équations de rotation. Les équations de translation suivant les 3 directions, appelées équations de
Cauchy, sont données par les relations suivantes :

  x  yx  zx
   X 0
 x y z
  xy  y  zy
   Y  0 (II-20)
  x  y  z
  xz  yz  z
   Z 0
  x y  z
Les équations de rotation reviennent aux équations établissant la réciprocité des contraintes de
cisaillement :
 xy   yx

 ij   ji   yz   zy (II-21)
  
 xz zx

Il est à noter que les relations des équations de translation et celles de rotation sont valables
quelles que soient les hypothèses faites à propos des caractéristiques de déformabilité du matériau
(isotropie, anisotropie,…).
Les 9 composantes des contraintes qui varient dans l’espace de manière continue sont
réduites à 6 par les relations de réciprocité des contraintes de cisaillement ; elles doivent toujours
satisfaire aux relations de translation.

II.2.3 Etats plans des contraintes et des déformations en coordonnées cartésiennes.

Les expressions vues et valables en élasticité peuvent être simplifiées au cas où les
contraintes et les déformations deviennent indépendantes d’une des coordonnées par
exemple z. On a affaire à un problème bidimensionnel ou à un état plan.
Deux cas peuvent se présenter :
- état plan de contrainte
- état plan de déformation
34

a. Etat plan de contrainte (plane stress)

C’est le cas d’un massif peu épais dans la direction z c.à.d. tel que la contrainte  z
est nulle, l’élément peut donc se déformer librement dans cette direction (  z  0 ).

z  0

z  0

Les relations contraintes et déformations deviennent :

 1

 x  E  x   . y 


  1    .
 y E y x 


 z     x   y 
(II-45)
 E
 
 xz   yz  0;  xy  xy
 G



 z   x   yz  0


 x 
E

 x   . y 
 
(II-46)
 1  2

 
E
 y   y   . x
 
1  2

Les équations d’équilibre deviennent :


35

  x  xy
  X 0
 x y
 (II-47)
  xy   y  Y  0
 x y

Relations contrainte – déplacement :


 u
 x 
 x
 v (II-48)
 y 
 y
 u v
 xy  
 y x

 2 y
Relations de compatibilité :   x 
2

2 2
y x

Le nombre des composantes inconnues est réduit à 8 (  x ;  y ;  z ;  xy ;  x ;  y ; u et v ).

b. Etat plan de déformation

 Z  0 

z  0
x

Ce cas est fréquemment en mécanique des roches (par exemple lors de la


construction d’une galerie à section constante et à grande longueur).
Les relations des contraintes – déformations deviennent :
36

 1 

 x  E 1   . x   . y 

 y 
  1   1   .   .
y x 
 E (II-49)
 z  0

  xy
 xy  ;  xz   yz  0
G
 1   .E     . 
 x  1      
 x
 
y
 . 1 2  1 
 1   .E     . 
 y  1     y
. 1  2   1 
x (II-50)
 

 z   .  x   y 

 xz   yz  0

Les relations d’équilibre, les relations déformations – déplacements, la relation de compatibilité sont
les mêmes que pour l’état plan de contrainte.
Les 8 relations permettent de déterminer les inconnues auxquelles il ajouter la relation de
compatibilité et les conditions aux limites.

Remarques
Dans le cas de changement de système d’axes, si l’on appelle  x ;  y ; xy ; u et v les

contraintes et les déplacements dans le système d’axe XOY et  x' ;  'y ; xy


'
; u ' et v ' les
mêmes caractéristiques dans le système d’axes X OY  ’. On a les relations suivantes :
 '  
 x   cos2  sin 2   2 sin  . cos     x 
 '    
  y    sin 
2
cos2  2 sin  . cos  .  y 
 
 '   sin  . cos   sin  . cos  cos2  . sin 2    xy 
 xy   

(II-51)
 u '   cos  sin    u 
  . 
 v '    sin  cos    v 
 
(II-52)
On peut aussi faire l’analyse des contraintes et de déformations en coordonnées
polaires. Les coordonnées polaires sont souvent utilisées dans le cas des ouvrages de forme
circulaire (ou elliptique).
37

y
y

y
u
x


v

r P
 
x x

Pour passer des coordonnées cartésiennes aux coordonnées polaires, on a les


relations suivantes :
 x  r. cos

 y  r. sin 
 Equilibre d’un coin

Toutes les équations vues dans l’espace peuvent être réduites à 2 dimensions lorsque les contraintes
dans une direction sont nulles. Les contraintes sur une facette varient généralement lorsque
l’orientation de la facette varie. On va étudier cette variation en nous limitant au cas particulier
fréquent dans la pratique où les contraintes restent dans un même plan quelle que soit la facette
considérée. On dit alors qu’elle constitue un état plan des contraintes.

y
y

A


x


 O
 x  xy  x
O B
 yx
z  y

 Convention des signes

- La contrainte normale σ est positive si elle donne lieu à une traction, autrement elle est
négative.
- La contrainte tangentielle τ est positive si elle tend à faire tourner la facette sur laquelle elle agit
dans le sens des aiguilles d’une montre.

 AB  
Soit la surface AB représentée par Ω : OB   cos

OA   sin 

 Equilibre de translation suivant :

a) suivant la normale au plan:


38

n
 F  i  0 :      x cos cos    y sin sin   x y sin cos   y x cos sin  0
i

    x cos2    y sin 2   2  x y sin  cos


(II-
23)

b) suivant le plan:

n
 F  i  0 :    x sin cos   y cos sin   x y cos cos   y x sin sin  0
i
     x sin cos   y cos sin   x y cos cos   y x sin sin
    ( x   y ) cos sin   x y (cos2   sin 2  )
    ( x   y ) cos sin    x y (cos2   sin 2 
    ( x   y ) cos sin    x y (cos2   sin 2  )

Sachant que :

1  cos 1  cos 1
cos2   ; sin 2   ; cos2   sin 2   cos 2 ; cossin  sin 2
2 2 2

  x   y ( x   y )
    .Cos 2   xy .Sin2
2 2

   1 (   ).Sin2   .Cos 2
  2
x y xy
(II-24)

En combinant les 2 dernières relations, on a :

  y     y 
2 2

    x    2   x    xy
2

 2  2
rayon du cercle (II-25)
L’équation obtenue nous donne l’expression ou l’équation du cercle de MOHR de centre dans le plan
(σ,τ)
x  y 
 , 0 
 2 

Sur le plan de situation on parle de l’angle θ et on tourne dans le sens trigonométrique, alors que sur
le cercle de MOHR, on parle de l’angle 2θ et on tourne dans le sens anti- trigonométrique.
Pour avoir une contrainte principale, on doit poser que    0 , ce qui correspond à la
direction de la facette normale :
1
( x   y ) sin 2   xy cos 2
2
39

 2 xy
tg 2 
 ( x   y )

 1 1
 1  ( x   y )  ( x   y ) 2   xy
2
 2 4
 1 1
 2  ( x   y )  ( x   y ) 2   xy
2
 2 4
(II-26)

Il arrive fréquemment en pratique de se trouver au problème inverse : on connait les


contraintes et facettes principales et on recherche les contraintes sur une facette quelconque. Dans
ce cas il convient de prendre les facettes principales comme facettes de référence. Les axes
correspondant aux directions principales connues, remplacent les axes quelconques x et y et  1 et
 2 jouent le rôle de  x et  y ;  12  0

 1   2 1   2
   1 cos    2 sin    cos 2
2 2
2 2 (II-27)


  2  

1
sin 2
2
Les contraintes tangentielles atteignent leur maximum sur les 2 facettes inclinées de
 sur les facettes principales et on a toujours 1   2 :
4
1   2
 max 
2 (II-28)

1   2 1   2
En posant  a et  b dans les relations (II-27) ci-dessus et en élevant
2 2
au carré, puis en additionnant membre à membre, on obtient l’équation du cercle de MOHR dans le
repère  , 
  a 2   2  r 2 (II-29)

 

D 1 
b  
2
max
2
2

B C A 

ab
a
2

Sur la figure ci-dessus :


 le point A    1 ;  0 est le point représentatif de la facette principale n°1 qui est la
facette de référence ;
40

 le point A    2 ;  0 est le point représentatif de la facette principale n°2 ;


 le point D  ,  est le point représentatif d’une facette quelconque.
Centre de rayonnement
 Facette de référence

1
A   x
, xy

 2
y
2
 yx O E C D 
 x y  2    1 

B
 xy  x ,   xy  R
x
Facette principale N°1

Le point A de la figure ci-dessus est représentatif de la facette sur laquelle agissent les contraintes
 x , y  et qui fait un angle  avec la facette principale n°1, et le point B est représentatif de la
 
facette sur laquelle agissent les contraintes  y , yx . Si par les points A et B on trace les
parallèles aux facettes correspondantes, celles-ci se coupent en R sur la circonférence. Si par les
points représentatifs de deux facettes quelconques perpendiculaires entre elles, on trace de
nouveau des parallèles à ces facettes, les deux droites se couperont de nouveau au point même
point R . Etant donné donc les propriétés de ce centre de rayonnement on en conclut que si l’on
joint le point D représentatif de la facette sur laquelle agit  1 au centre de rayonnement, on trouve
l’orientation de la facette principaleN°1 et en joignant E à R on trouve celle de la facette principale
N°2 sur laquelle agit  2 . On peut donc de la sorte retrouver l’orientation d’une facette quelconque
sur laquelle agit des contraintes données.

 Tri – Cercle de MOHR

On peut également représenter l’état de contraintes dans l’espace en traçant le tri –


cercle de Mohr des contraintes.
Aux éléments arbitrairement orientés correspondent dans le plan (σ, τ) des points intérieurs au
triangle curviligne
41


z

 13
 23
 12

O y O

3
x  2

 1

Dans l’état de contrainte tridimensionnelle, il existe 3 contraintes principales non


nulles : 1  2  3 Les aires sur lesquelles agissent ces contraintes (et où les contraintes
tangentielles sont nulles) s’appellent aires principales de contrainte. Les axes 1, 2, et 3  à ces aires
sont appelés Axes principaux de contrainte.

II. 3 Les déformations

II.3.1 Introduction

Dans le paragraphe précédent, on a déterminé les équations d’équilibre


indépendamment des déformations et des propriétés physiques des matériaux qui constituent le
corps. Cela veut dire que ces équations s’appliquent à tous les types de matériaux quelle que soit
l’importance de leur déformation.
Dans ce qui suit, on supposera que les déformations sont petites de façon à obtenir des
relations linéaires entre déplacement et déformation.

II.3.2 Définition de déplacements et de déformations

Si un corps solide donné est assujetti à un système de forces, ces points matériels se
déplacent, en général, les uns par rapport aux autres .Le déplacement d’un point arbitraire est une
équation vectorielle. On convient de définir le vecteur déplacement d’un point par ses composantes
suivant 3 axes cartésiens orthogonaux 2 à 2
    
d  u1x  v1y  w1z  d u;v,w. (II-30)
Le mouvement d’un corps solide peut être considéré comme étant la somme des 2 parties :

1° le mouvement du corps solide rigide caractérisé par les rotations et les translations, du
corps en tant qu’un tout.

2° le mouvement relatif des points matériels du corps solide les uns par rapport aux autres.
42

Pour faciliter la compréhension, nous allons opérer sur une figure plane pour
déterminer les différents types de déplacement.

u u
y u  y  y
y y
P2

v
v y C
y
B 

B C
A
P1
P
y

v A v v
P
u v  x  x
x x
x x
y u
u   x
x
O
x

Si on se réfère au carré APBC qui, suite à l’application des charges se déplace en A’ P’


B’ C’, on peut définir les déformations de la manière suivante :

P' A' PA P' B' PB    


x  , y   xy  A P B  A' P' B'  A' ' P' A' B' ' P' B'
PA PB

Les  x ,  y sont des déformations longitudinales unitaires (élongation ou dilatation) et  xy est la


déformation angulaire entre les axes Ox et Oy .

II.5.3 Déformations infinitésimales en un point

 u  
  x  x  u  x x  x  u    x  x  x   u
 x  lim   

x 0  x  x  x  x
 
(II-31)
 v  
  y  y  v  y  y  v    y  y  y  
 y  v
 y  lim   

y 0  y  y  y  y
 
 v  v
  y  v  x    y  v  x
 x  x
tg P1  
u u
x  x  u  x  x  u  1  x
x  x 
43

u

y
y
tg P2 
 v 
1  y
 y 

u
Comme <<<<1, on peut négliger cette quantité
x

 v u 
 x y 
 xy  lim  x 
y   v  u
x 0
 x y  x y
y 0  
  (II-32)

Lorsqu’on est dans l’espace à 3 dimensions, on aura :

u v w v u w v w v
x  , y  ; z  ;  xy   ;  yz   ;  zx  
x y z x y y z x z (II-
33)

II.3. 4 Formules de transformation de dilatation

Connaissant la description des déformations dans le système xOy , il est possible de


les écrire dans le système x Oy  incliné d’un angle θ par rapport au premier :

u '  u cos  v sin


v '  u sin  v cos (II-34)

avec
u '  u ' ( x' , y ' )  u ' (u , v)  u ' ( x, y ) car u  u ( x, y )
autrement u '  u ' ( x' , y ' )  u '  f u ( x, y ), v ( x, y )

u ' 
 'x   u cos  v sin  or u '  u '  x  u '  y
x' x' x' x x' y x'

x  ( x' cos  y ' sin  ) y   x' sin   y ' cos 


  cos et   sin 
x' x' x' x'
44


 ' x  cos u cos  v sin    sin   u cos  v sin  
x y

u v sin 2  u v   xy
  'x  cos2   sin 2        x cos2    y sin 2   sin 2
x y 2  y x  2

x y x y  xy
 'x   cos 2  sin 2
2 2 2 (II-35)

Par un raisonnement analogue, en partant de :

v' v' x v' y v' v'


 'y        sin  cos
y ' x y ' y y ' x y '

on trouve :

x y x y  xy
'y   cos 2  sin 2
2 2 2 (II-36)

De même
u ' v' u x u ' y v' x v' y
 'xy          
y ' x' x y ' y y ' x x' y y '

x x y y
  sin  ;  cos  ;  cos  ;  sin 
y ' x' y ' x'

u ' u ' v' v'


 ' xy   sin   cos  cos  sin 
x y x y


u
x
v
  
sin 2  sin 2   xy cos2   sin 2     x   y sin 2   xy cos 2
y

 ' xy x y  


    sin 2  xy cos 2

2  2  2
(II-37)

II.3.5 Cercle de Mohr

2 2 2
 x   y    x   y    xy 
(7) ET (9)    ' x     ' xy   2
     
 2  
2 2 
R2
45

N.B. : La déformation angulaire est positive si l’angle droit se déforme en angle aigu tandis qu’elle est
négative lorsque l’angle droit se déforme en angle obtus.

2

  xy 
  , 
 x 
  2 
max
2
2
C

  xy 
 , 
 y 
 2 

On tourne dans le sens antitrigonométrique.

Dans l’espace le tenseur des déformations est :

  x  xy  xz 
 
    yx  y  yz 

 
  zx  zy  z 
 

L’état de déformation autour d’un point, est un tenseur symétrique d’ordre 2, car

 xy   yx ;  xz   zx ;  yz   zy

Comme pour l’état plan des contraintes, on a :

 xy x y x y  xy
    x cos2    y sin 2   sin 2   cos 2  sin 2
2 2 2 2

    ( x   y ) sin 2   xy cos 2

En chaque point du solide, le tenseur des déformations est réductible à leurs axes
principaux. Les directions principales forment en chaque point un trièdre orthonormé qui, pris
comme trièdre de référence local, donne un tenseur correspondant à la forme simple :

 x 0 0 
 
  0  y 0 
 
0 0  z 
46

  x    xy  xz 
 
     yx  y    yz  et on a det    0   3  J1 2  J 2  J 3  0 11
 
  zx  zy  z   
 

Les invariants de déformations sont :

 J1   x   y   z

 J 2   x y   y z   z  x   xy   yz   zx
2 2 2


 J 3   x y z   x yz   y zx   z  xy  2 xy yz zx

Les 3 racines de l’équation (11) sont les déformations principales 1;  2 et  3

Directions et contraintes principales :

 xy 
tg 2   1 et  2  1 
x y 2

2 2
x  y   x   y    xy 
1,2       
2  2   2 

II.3.6 Les Rosettes

Les définitions des contraintes et des déformations en un point sont des abstractions
analytiques ; par exemple, on a défini la contrainte comme étant l’intensité de la force sur une unité
de surface. Avec une telle définition, il est physiquement impossible pour nous de voir ou de
mesurer la contrainte.

Toutefois, une charge finie peut être mesurée. Dans les paragraphes qui précèdent,
nous avons défini la déformation comme étant le déplacement par unité de longueur et nous avons
analysé la déformation plane en un point. Quoi qu’il soit physiquement possible de mesurer les
déformations (déplacements) finies (strain en Anglais) sur la surface d’un corps, une déformation
finie ne peut seulement être mesurée que sur une longueur finie. Ainsi, l’idée de déformation en un
point dans un corps est une abstraction analytique.
D’autre part, si un déplacement est mesuré sur une longueur relativement petite, le
déplacement moyen par unité de longueur peut être évalué et interprété comme une valeur
estimée d’une déformation en un point fini. Sur cette base une déformation axiale peut être estimée
en mesurant d’abord l’élongation ou la contraction sur une petite longueur et ensuite en divisant ce
déplacement sur la longueur initiale. Notons qu’il est difficile de mesurer les déformations
angulaires par conséquent, on sera obligé de les déduire.
Dans la plupart des problèmes comportant l’analyse des déformations, l’ingénieur est
intéressé dans les valeurs et directions des déformations principales.
47

On suppose que les déformations axiales le long des axes a, b, et c sont connues, c. à. d
 a ,  b et  c sont connues :

x y x y  xy
a   cos 2 a  sin 2 a
2 2 2

x y x y  xy
a   cos 2 b  sin 2 b
2 2 2

x y x y  xy
a   cos 2 c  sin 2 c
2 2 2

Connaissant  a ,  b et  c nous voulons déterminer  x ,  y et  xy . .A partir du


système d’équations ci-dessus qui est un système de 3 équations linéaires non homogène à trois
inconnues  x ,  y et  xy ,
A partir de la connaissance de  x ,  y et  xy , on peut alors déterminer les déformations principales
aux points ainsi que leurs directions principales associées.

L’appareil qui nous permet de mesurer les trois déformations axiales en même temps
en un point est appelé ROSETTE ou JAUGE des déformations. On distingue :

1° La rosette rectangulaire : pour cette rosette on prend  a  0 ;  b  45 ;  c  90

2° La rosette delta (en Δ): ici on prend  a  0 ;  b  60 ;  c  120


48

Chapitre III Traction et Compression

III.1 Introduction
On a vu que les six éléments de réduction : l’effort normal N x , les efforts tranchants T y et Tz , le
moment de torsion M t  M x et les moments de flexion M y et M z définissent les types de
sollicitation. On aura alors la traction ou la compression pure, lorsque de ces six éléments de
réduction, seul l’effort normal N x existe c’est-à-dire est différent de zéro, et que les cinq autres
éléments de réduction sont nuls. On a donc des structures qui sont axialement chargées, c’est-à-dire
on a des forces qui provoquent la traction ou la compression. Pour simplifier le problème, on se
place d’abord dans l’état de contrainte uniaxiale, la charge axiale est parallèle à l’axe longitudinal de
la structure.

III.2 Structures axialement chargées


Considérons une structure de section constante soumise à une force résultante de tension parallèle
à l’axe de la structure.

 y

x y

z d

P P

Par la pensée, on coupe cette structure par un plan  perpendiculairement à son axe longitudinal et
on isole le tronçon inférieur. Soit dF une petite force de cohésion agissant sur un élément de
surface d ,

dF   y d

La force totale F agissant sur la section coupée vaut :

F    y d

 Equilibre de translation

n
 Fxi  0 : pas de forces horizontales suivant x
i 1
49

n
 Fzi  0 : pas de forces horizontales suivant z
i 1

n
 Fyi  0 : F  P  0    y d  P  0  P    y d (1)
i 1  

 Equilibre de rotation

n
 M xi  0 :   y d  z  P  z1  0 (1) où z1 est la position de P suivant z
i 1 

n
 M zi  0 :   y d  x  P  x1  0 (2) où x1 est la position de P suivant x
i 1 

n
 M yi  0 : (3) pas d’effort tangentiel et  y d parallèle à Oy ; il n’y aura donc pas de torsion.
i 1

Les équations (1), (2) et (3) expriment des relations entre  y et la charge P . Il faut connaître la
distribution de  y en fonction des variables d’intégration x et z ( dx et dz ). La distribution de la
contrainte normale  y dépend de deux facteurs importants :

 La distribution de la déformation longitudinale  y . En général, cette distribution dépend de


la géométrie de la structure et de la localisation de la ligne d’action de la charge appliquée.
 La relation contraintes-déformations du matériau qui compose la structure. En général, cette
relation peut être obtenue à partir du diagramme contraintes-déformations (par exemple
 y  E. y pour un matériau de Hooke).
Il apparait donc que deux questions importantes sont à résoudre :

1° quelle est la distribution de la déformation ou, quelle est la réponse cinématique de la structure à
la charge appliquée ?

2° Quelle est la relation entre contraintes et déformations ?

III.2.1 Charges centroïdales


Une charge est dite centroïdale si elle est appliquée au centre de gravité de la section droite de la
structure de l’élément.

a) si  y est constante, les relations (1), (2) et (3) donnent respectivement :

N  P   y .  σy 
N
1

De (2) on tire :

P.z1   y  zd 
P 1
2
   
zd  z1  zd

50

De (3) on a :

P.x1   y  xd 
P 1
2
   
zd  x1  xd

Par définition, les intégrales  zd et  xd déterminent les coordonnées du centre de gravité de la
 
section droite de la structure. Ces intégrales définissent les moments statiques de la section droite
par rapport à l’axe x et à l’axe z respectivement.

En conclusion, quand la contrainte normale est uniformément répartie sur la section droite de la
structure, la ligne d’action de la résultante des charges extérieures appliquées axialement doit
coïncider avec l’axe centroïdal longitudinal de la structure.
b) Si le matériau est homogène et isotrope et si deux plans coupent orthogonalement l’axe
longitudinal de la surface cylindrique, les sections droites résultantes sont parallèles. Si de
plus la charge axiale est appliquée au centre de gravité de la section droite, alors la
contrainte est répartie uniformément sur ces sections droites. Il en résulte que les fibres
longitudinales de la structure subissent des déformations longitudinales égales.

 y  E. y

dv dv
d y  
dl dy

Comme  y est constante :

dv
y   v    y .dy  v   y .l
dy l

Déplacements longitudinaux égaux.

Cette dernière relation est vraie puisque toutes les fibres ont la même déformation  y qui est
constante et la même longueur initiale l . Donc toutes les fibres vont subir le même déplacement.
Par conséquent, toutes les sections droites perpendiculaires à l’axe longitudinal de la structure
cylindrique doivent rester parallèles si la structure a une distribution uniforme des contraintes
normales. En d’autres termes, les sections droites parallèles avant déformations restent parallèles
après déformation (hypothèse de N. Bernoulli).

Remarque

 La condition de la distribution de la contrainte uniforme dans une structure droite


axialement chargée (les sections droites parallèles restent parallèles) ne sera pas
généralement satisfaite dans le voisinage de la charge appliquée. Toutefois, si la dimension
longitudinale de la pièce est relativement grande par rapport aux dimensions transversales,
les effets locaux près de la charge appliquée disparaissent dans les sections suffisamment
distantes du point d’application.
 Bien que l’analyse précédente ne concerne qu’une structure de la section droite constante,
l’équation
Pmax  N max   y .
51

peut s’appliquer aux structures homogènes symétriques de section droite graduellement


variables. Toutefois , toute variation brusque de la section droite produira une distribution
des déformations non uniforme et les sections droites parallèles ne restent plus parallèles.

III.2.2 Poutres prismatiques soumises à un effort normal constant


N


N N

En en point de la barre où  est connu, on peut calculer la dilatation  , soit à partir du diagramme
 ,   du matériau, soit à partir du modèle mathématique qui en est l’idéalisation. En particulier, si
les propriétés du matériau dépendent du temps, il en sera de même de la dilatation  . Pour un
élément de barre de longueur dx , l’allongement   L à l’instant t est :

d ( x, t )   ( x, t )dx

et pour la barre dans son ensemble on aura, en toute généralité

L
 (t )    ( x, t )dx
0

Appliquons cette équation dans deux cas particuliers

 Matériau élastique linéaire

Dans ce cas on a



E

L L
 N NL
  dx   dx 
0
E 0
E E

Dans le cas général où l’effort et a section varient, on aura :

L
N ( x) L
  dx
0
E ( x )

 Modèle de Maxwell
52

On a alors

 1 N 1
  N
t E M A t C M A

D’où

t t
1 N 1
 (t )  
E M A 0 t
dt 
C M A 0
Ndt

Et enfin

L t t 
1 N 1
    dt   Ndt dx
 E M A 0 t
0
CM A 0 

III.2.3 Pièces de poids non négligeable


Considérons une poutre prismatique soumise à l’action d’une force axiale qui agit sur l’extrémité
libre.

x N

dx L dx
p . x   . . x
x
P

Appelons  son poids spécifique, le poids propre ou poids mort unitaire est

p   ..

Ce dernier n’est pas négligeable par rapport à P et l’effort normal varie donc d’une section à l’autre.

Equilibre de l’élément isolé

N  P  p.x  0  N  P  p.x

N P  p.x N max P  p.L


   max  
   

La contrainte est maximale dans la section fixe (au niveau de l’encastrement) et la condition de
résistance sera donc :

 max  R
53

P pL P pL P   L P


R   R   R   R  L
     

 1 P
  
P R  L R  L

N L
  n’est plus applicable à la poutre entière parce que l’effort normal est variable ; mais est
E 
valable pour un tronçon élémentaire dx dans lequel N est constant. L’allongement élémentaire de
ce tronçon vaudra donc

L L
Ndx P  p  x P px
dx   P  p  x dx
1
d   dx   
E  E  0
E  0

L  1 
   P  pL 
E  2 

III.3 Travail de déformation


N

N 

dN 

N 


N 
 d 

  E 
N  K 
dN   K  d 
d  N   dN d   N d   dN d 

En négligeant l’infiniment petit d’ordre 2 ; on aura

d  N d 

et le travail de déformation total sera donné par

N
   N d 
0

Sachant que l’effort N obéit à la loi de Hooke, on aura


54

N  K  

2
   K     d   K
0
2

et comme

N N 
N  K   K  
 2

On sait aussi que

N L   E 
   N
E  L

et donc

 2  E 
 
2L

N  E  L
    
 L E

En injectant cette équation dans l’expression du travail, on trouve

E   2 V  2 V
 
2 2E

avec V le volume de la poutre

V   L

R 2 V
 max 
2E

où R est la contrainte admissible avec  max  R .

III.4 Pièces à sections variables


III.4.1 Pièces d’égale résistance
N
La loi   n’est exacte que pour les poutres prismatiques étudiées précédemment. Les formules

NL N 2L
 et   ne sont plus valables pour la poutre entière, car N et  sont variables avec
E 2 E
l’abscisse de la section. Mais pour un élément dx de la poutre, on peut écrire
55

Ndx N 2 dx
d  et d 
E  2E  

Ce qui donne

L L L
N 1 N2
  dx   dx   dx
0
E E0 0
2 E

Or, la résistance de la poutre considérée précédemment

P  pL P     L
R  
  

n’est complètement utilisée qu’à l’extrémité fixe tandis que toutes les autres section sont
surabondantes. Donc, on a une perte de matière. L’économie max. est obtenue quand la contrainte
 est égale à la contrainte admissible R dans toute l’étendue de la pièce c’est-à-dire dans toutes les
sections de la poutre. On appelle alors pièces d’égale résistance celles qui satisfont à cette
condition.

III.4.2 Etude du profil d’une pièce pour qu’elle soit d’égale résistance

 0
N  dN
 1

  d
  d x
dx
dx 
L L 
p dx
 dx
x    d
NP
 1
 0

dN      dx (1)

Pour que la différence de sections soit d’égale résistance, il faut que

N dN
R  dN  Rd (2)
 d

En égalant les équations (1) et (2), on obtient

d 
    dx  Rdx   dx
 R

Après intégration, il vient


ln   x  C1 (3)
R
56

Conditions aux limites : pour x  0     0 , ce qui donne


ln  0   0  C1  C1  ln  0
R

En remplaçant C par sa valeur dans (3) on obtient :


    x
ln   ln  0  x  ln  x   eR
R 0 R 0

La section initiale se détermine par la condition que la contrainte vaut :

P P
R    0 
0 R

En définitive pour que la pièce soit d’égale résistance, sa section doit varier suivant l’équation :


P x
  eR
R

La variation de la longueur de la pièce vaudra

L
N
  dx
0
E

L
N R RL
or   R     dx 
 0
E E

le volume de la pièce vaudra :

L L 
P x
V   dx   e R dx
0 0
R

 
P Rx P  R R L P  R
V   e dx  e   1   0 
R R R 
 

En pratique, il est difficile de réaliser la forme d’égale résistance. On la remplace parfois par une
forme composée de plusieurs portions prismatiques.

Soient 1 ,  2 ,  3 ,   n et l1, l2 , l3 ,ln les sections et les longueurs des portions successives de
la barre
57

F
l4
4
l3 l1 pl 1    1 l1
 3
l2
2
l1 P
 1

F 
 R (1)  P
1   R1  P    1  l1  1 
R    l1
F  P    1  l1 (2)

F2

l2 pl 2   2l2

pl 1    1 l1
P

F2 
 R (3) 
2 
F2  P    1  l1     2  l 2 (4)

P R
 R 2  P    1  l1     2  l2  2  
R    l1 R    l2

Ainsi :

P R R P R2
3      et
R    l1 R    l 2 R    l3 R    l1 R    l 2 R    l3 

P  R n1
n 
R    l1 R    l2 R    l3 R    ln 
III.5 Loques cylindriques de pression à paroi mince (voiles, tubes ou enveloppes)
On considère une section d’une loque de pression à paroi mince contenant un fluide de
poids négligeable sous une pression p . On suppose qu’un plan radial reste radial et que
l’épaisseur de la paroi ne change pas suite à l’application de la pression. Les déformations
circonférentielles dans les fibres intérieures et extérieures sont :
58

Etat non déformé Etat déformé

d

t re ri
Re Ri
L

Déformation circonférentielle  c

Ri d  ri d Ri  ri
c   (intérieure)
ri d ri

Re d  re d Re  re
c   (extérieure)
re d re

Re  Ri  t , re  ri  t

Avec t épaisseur de la loque.

Ri  t   ri  t  Ri  ri
c  
ri  t ri  t

Si ‘épaisseur est très petite par rapport à au rayon intérieur ( t <<<< ri }, on néglige ri devant t :

Ri  ri
c 
ri

Dans cette condition, les déformations extérieure et intérieure sont les même et on suppose que la
déformation est uniforme à travers l’épaisseur de la paroi.

Cette hypothèse n’est valable que si l’épaisseur de la paroi ne dépasse pas le 1


10 du rayon
intérieur. De telles loques sont dites « loques minces ».

a. Contrainte circonférentielle
Si la déformation circonférentielle  c est uniforme et que le matériau est homogène, la contrainte
circonférentielle  c dans la paroi d’une loque de pression sera uniforme.

La contrainte circonférentielle est produite par la pression interne seulement et cette pression ne
produit pas de contrainte tangentielle le long de la section longitudinale de la loque.
59

d
Di  2 Ri

D i

L’analyse des figures donne

n
 Fci  0 : 2   c d    p  ri  d  L cos  0
i 1 

 2
p  Di
2 c  t  L  p  ri  L  cosd  0  c 
2t
 2

b. Contrainte longitudinale

Si la loque a ses deux extrémités fermées et contient un fluide sous la pression p , la paroi de la
loque aura une contrainte longitudinale aussi bien que la contrainte tangentielle.

n  Di 2   2
Di 
 Li F  0;   L
 d  p 
 4 
0 
  L d  p  4 
i 1      

 Di 2  p  Di
 L    D  t  p   L 
 4  4t
 

Conclusion

La contrainte longitudinale produite dans la paroi d’une loque mince par une pression interne p est
égale à la moitié de la contrainte circonférentielle due à la même pression.

Dans cette analyse, on voit qu’il existe un état triaxial des contraintes dans la paroi d’une loque
mince avec les extrémités fermées sous la pression p .

Cette analyse suppose :

 que l’épaisseur de la loque est négligeable par rapport au diamètre


 que la pression atmosphérique qui agit sur la face externe de la loque est aussi négligeable
par rapport à la pression interne p . Dans le cas contraire, on aura à considérer dans les
expressions de  c et  L la pression effective
peff  pi  pext  p  patm
60

III.6 Traction dans deux ou trois directions


On considère un parallélépipède rectangle soumis à des forces de traction ou de compression
uniformément réparties sur les trois côtés.

Pz

Py
y

Px
x

Ces forces engendrent les trois contraintes normales sur les facettes où elles sont appliquées :

Px Py Pz
x  , y  , z 
x y z

Ces trois contraintes sont respectivement parallèles aux trois axes. Souvent, une des trois
contraintes peut manquer. La dilatation  x dans la direction x dépend des trois contraintes  x ,  y
et  z .

Supposons d’abord que  x agit seule, alors

x
x 
E

Supposons maintenant que  y et  z agissent seules, elles produiront les dilatations suivantes :

 y  z
 x   ,  x  
E E

Quand les trois contraintes agissent simultanément, la dilatation  x produite est la somme
algébrique des dilatations partielles et l’on a d’après le principe de la superposition des effets :

x 
1
E

 x   y   z  

 y   y    x   z 
1
E

1

 z   z   x   y
E
 
Ces trois formules expriment la loi de Hooke généralisée, valable pour les matériaux isotropes. La
dilatation cubique (accroissement proportionnel du volume) vaut :
61

1  2
  x y z 
E

 x  y  z 
Dans le cas particulier d’une pression hydrostatique uniforme on a  x   y   z :

x  y  z  
p
1  2 
E

Et la dilatation cubique vaudra

31  2 
 p
E

E
Si on introduit la notion de module de compressibilité cubique K  , on peut alors écrire
31  2 

p
K

La dimension relative du volume est donc proportionnelle à la pression et inversement


proportionnelle au module de compressibilité cubique.

Chapitre IV Flexion

IV.1 Introduction
Une poutre est une structure longitudinale qui supporte des charges transversales, c’est-à-
dire perpendiculaires à son axe longitudinal. C’est un solide engendré par une aire plane  qui se
meut dans l’espace de manière que durant son mouvement, son centre de gravité G parcourt une
ligne l donnée et que l’aire se maintienne constamment normale à cette ligne appelée fibre moyenne
ou axe neutre.


G
l Fibre moyenne

Ce chapitre sera consacré à l’étude des structures relativement élancées soumises à des charges
transversales qui produisent des effets de flexion significatifs.

Dans un premier temps on suppose qu’il existe un certain type de charges sur la structure avec une
certaine configuration physique, spatiale, ensuite, on examine la géométrie de la déformation
62

résultante. De cet examen, on fera certaines hypothèses à partir desquelles on peut développer des
relations charges-contraintes et charges-déformations.

Pour faciliter le développement de la théorie, on considère séparément les contraintes de flexion et


les contraintes transversales de cisaillement. Pour rappel, on distingue plusieurs types de flexions :

Flexion simple Flexion pure

N  0 M t  0 N  0 M t  0
   
T y  0 M y  0 T y  0 M y  0
   
ou Tz  0 ou M z  0  Tz  0 ou M z  0

Flexion dérivée Flexion composée

N  0 M t  0 N  0  M t )0
   
T y  0 M y  0 T y  0 M y  0
   
 Tz  0 et M z  0  ou Tz  0 ou M z  0

IV.2. restrictions initiales et conventions


Quand une poutre de section droite arbitraire est soumise à des charges transversales, elle
fléchit, en plus, elle peut subir la torsion ou le flambement. Ce problème devient alors une étude de
combinaison de plusieurs effets de flexion, de torsion et de flambement, c’est-à-dire un problème
compliqué.

Quand on étudie l’équilibre d’une poutre du point de vue graphostatique, on peut simplifier en
considérant que toutes les charges sont appliquées sur la fibre moyenne (élément de symétrie) ; de
ce fait, on doit introduire les réactions d’appui de sorte que le tout reste en équilibre.

P1 P2 P1 P2
P3
M t
RV
A B N

RH T
RH  0 R
 R H  0 RB 
R A   RV  0
 R V  0

Les composantes horizontales de des forces P1 et P3 c’est-à-dire les composantes axiales,


soumettent la poutre à une compression. Pour une certaine charge, la poutre peut avoir des
déformations importantes, c’est ce que nous appelons le flambage ou flambement.

La composante de la force transversale, c’est-à-dire l’effort tranchant T ,ne passant pas par le centre
de gravité de la section droite, à tendance à faire tourner la section droite. En d’autres termes, il
provoque un couple de torsion. Considérons une section droite de la poutre ci-dessous.
63

P
a

Ici la charge n’est pas appliquée dans le plan de symétrie, elle fait basculer la poutre par rapport au
centre de gravité G . Ce qui la torsion et le couple de torsion vaudra :

1  p  a

Ainsi dans l’étude de la flexion pure, on suppose :

1°) la poutre est droite et faite des matériaux homogènes, elle a une section droite constante,
possédant un plan longitudinal de symétrie ;

2°) la résultante des forces appliquées se trouve dans le plan de symétrie pour éviter à la section
droite de subir des effets de torsion dus à cette charge de torsion ;

3°) la géométrie de l’ensemble de la structure impose essentiellement la flexion et non le


flambement.

 Exemples des formes de section droite possédant un plan de symétrie

 Convention de signe des éléments de réduction

M M
M

N N N N
M
T T T T

IV. 3 Exemple d’une portion de poutre soumise à la flexion pure


Schéma du corps rendu libre
P P
P
P

A B

1 2
a c a RA RB

L
64

Equilibre de translation


 Fy  0 : R A  RB  2P

Equilibre de rotation


 M A  0 : P  a  Pa  c   RB  L  0

P2a  c   RB  L  0  RB  P

D’où

R A  RB  P
M1

N1  0
Premier tronçon: 0  x  a x

RA T1

Equilibre de translation


 Fy  0 : R A  T1  0  T1  R A

Equilibre de rotation


 M x  0 : RA  x  M1  0  M1  RA  x

M2

N2  0
Deuxième tronçon: a  x  a  c a
RA T2
x

Equilibre de translation


 Fy  0 : R A  P  T2  0  T2  P  R A  P  P  0

Equilibre de rotation

 M x  0 : R A  x  Px  a  M 1  0  M 2  R A  x  P x  a 

65

P P

RB
RA

T
x

Il apparait donc qu’il existe des structures ou portions de structure uniquement soumises à des
moments de flexion pure comme dans le cas de la portion où x est compris entre a et a  c . Il est
entendu que ce couple est de flexion supposé dans le plan longitudinal de symétrie. Une structure
ainsi chargée est dite à plan de symétrie. Le diagramme des efforts tranchants est centro-symétrique
et celui des moments fléchissants est symétrique.

IV.4 Propriétés géométriques des matériaux


IV.4.1 Déformation longitudinale
Si on considère une portion d’une poutre droite homogène avec des sections droites disposant d’un
plan longitudinal de symétrie et le couple de flexion pure s’y trouve appliqué. Alors les sections
droites 1  1, 2  2, 3  3, 4  4 initialement parallèles entre elles deviennent concourante en C
après l’application du couple de moment à ses extrémités.

1 2 3 4

1 2 3 4

1 4

1 2 3 4

2 3

De même 1  2 , 2  3 et 3 - 4 initialement égaux (identiques géométriquement) restent égaux.

Chaque section est chargée exactement de la même manière, c’est-à-dire par le couple pur. Pour
que chacune des portions puisse être compatible géométriquement avec les portions adjacentes
66

dans l’état déformé, on peut s’attendre que ces portions subissent des déformations similaires
compatibles. Les conclusions de l’observation sont dans ce cas :

1°) les sections droites originellement perpendiculaires ou initialement perpendiculaires à l’axe


longitudinal de al poutre restent planes et perpendiculaires à cet axe après l’application du couple
de torsion.

2°) dans la poutre déformée, les plans de ces sections droites ont une intersection commune, c’est-
à-dire une ligne parallèle à l’axe longitudinal de la poutre devient un arc de cercle.

On suppose qu’entre deux lignes extrêmes AB et CD il existe une ligne E F  qui n’a subi no
contraction ni dilatation ‘allongement). On appelle cette ligne axe neutre ou fibre moyenne. Ainsi,
les lignes supérieures AB , E F  subissent des contractions et les lignes inférieures GH  , CD des
allongements.

0 x
dx
A B
E 0 F
G H
C D

d

r
A B
y
E F
G  H
C y D

On considère y positif dirigé vers le bas à partir de la ligne neutre. Comme les charges sont
généralement dirigées vers le bas, on s’arrange de prendre y supérieur à zéro pour rendre les
allongements positifs (ceux dus à la traction).

EF  dx  EF   r  d

alors

GH   r  y  d

Nous pouvons donc dire que la dilatation  x axiale est

 x  lim
G H   GH
 lim
r  y d  rd
GH  0 GH GH  0 rd
yd y y
 lim   x 
GH  0 rd r r
67

La déformation axiale  x est proportionnelle au rayon de courbure de l’axe longitudinal x . On voit


donc qu’à un y positif correspond  x > 0 et à un y négatif correspond  x < 0 .

IV.4.2 Relations fondamentales entre charge et contrainte en flexion pure


P P
P
M 0
P  x
d

N 0
 x
d

RA RB RA T 0 RA

y y
y

z dy

z z
x

dz

Equilibre de translation



 Fx  0 :    d  N  0 (1)
 

Equilibre de rotation (moment par rapport à la fibre neutre)

 M ρz  0: M z   y  σ  dΩ  (2)
ρ Ω

 M ρy  0: M y   z  σ  dΩ  (3)
ρ Ω

Pour intégrer les relations (1), (2) et (3) il faut connaître la répartition des contraintes en fonction
des variables d’intégration dy et dz ( d  dy  dz ). En d’autres termes, il faut connaître la
distribution axiale  x . Pour ce faire, il faut aller faire des essais au laboratoire.

 Propriétés des matériaux

a) Si le matériau est élastique, isotrope, c’est-à-dire qu’il obéit à la loi de Hooke, on aura
68

 x max  max compression



 x
 E x

E  tg 


 x max  max Traction

Donc la dilatation est nulle sur la fibre neutre et max sur les deux bords. La distribution des tensions
et des dilatations est alors triangulaire.

b) Si le matériau est plastique, on aura


ste
plast
 c
   plast
E    0
x

 x


ste
plast
 c

   c
ste
plast

c) Si le matériau est élastique-plastique, on aura

 plast

Dans le cas d’un matériau de Hooke ;

 x  E  x

or

y Ey
x   x 
r r

La relation (2) s’écrit

Ey E E
Mz  y r
dydz  M z  M z   y 2 dydz   y 2 d
r r
 
Iz
69

E
Mz   Iz
r

La quantité I z est appelée moment d’inertie de la section droite par rapport à l’axe z . Ceci
permet alors d’écrire la relation entre M z et I z .

D’autre part,

Ey E Mz Mz
x     x   y (4)
r r Iz Iz

La relation (4) est appelée formule d’équarrissage ou formule de flexion pure avec les restrictions
imposées. La contrainte varie linéairement avec y .

y
M V 
 min
  z avec
2
x I
x z
y
V
M
V  max

z

I z

E. y E E
N    x d  0 or  x   N   yd  0 or  0   yd  0  y c   0
r r r

yc = 0 c’est la coordonnée du centre de gravité de la section droite et  yd est le moment

statique de la section droite. Ce moment statique vaut : yc Ω = 0. yc = 0 signifie que l’axe z passe par
le centre de gravité de la section droite .

E. y E E
(3)  z ( x d)  My  0 0r  x    z. y.d  0 ;  C ste   z. y.d  0
r r r

Cette dernière intégrale indique que les axes y et z sont des axes principaux d’inertie de
la section droite passant par le centre de gravité. Les axes y et z étant des axes principaux d’inertie,
ceci a comme conséquence, qu’il ne faudra pas représenter toute la poutre, mais on ne peut que
considérer la section droite.

IV.4.3 Déformation transversale-effet de Poisson


y
 z   x  
r

Les fibres sont d’une part tendues et d’autre part comprimées par rapport à la fibre moyenne.

Transformation des moments d’inertie par rapport aux axes principaux d’inertie
70

y
x x

y
x

I y   x 2 d ; I x   y 2 d ; Pxy   xyd
  

Pxy : produit d’inertie

 x   cos sin   x  
     
 y    sin  cos  y  

Après développement :

Ix  Iy Ix  Iy
I x   cos  Pxy sin 2
2 2

IV.5 Relations fondamentales de la déformation de la poutre


Relations fondamentales géométriques

Considérons la situation suivante

s s
A B
A
x

A  s ds dy
B
d
dx B

d


P
y

1
Calcul de la courbure

2
 dy 
(ds) 2  (dx) 2  (dy) 2  ds  (dx) 2  (dy) 2  dx 1   
 dx 

dy
Or tg 
dx
71

 d 1
lim  
s 0 s ds 

En tenant compte de l’expression analytique de la courbure vue en analyse mathématique, on peut


écrire ;

d2y

1
 dx 2
 3
  dy  2  2
1    
  dx  

2
dy  dy 
Si les déformations ont très petites, alors tg    <<<< 1 et    0
dx  dx 

2
 dy 
ds  dx 1     ds  dx
 dx 

 dy 
d 
1 d dy 1  dx  d2y
 or tg       2
 dx dx  dx dx

1 d2y

 dx 2

Equation de la déformée

y M E Mz 1 Mz
x  ;  x  z et   
r I r Iz r E  Iz
v

d’où

d2y
E  Iz  M z
dx 2

C’est l’équation de la déformée. C’est une équation différentielle du second ordre. Pour déterminer
la déformation de la poutre, il faut intégrer cette équation, ce qui conduira à deux constantes
d’intégration qu’on déterminera au moyen des conditions aux limites.

Conditions aux limites


72

x
x 0 y 1 y2
0
A B
3°) C
2°)
1°)

y1 ( C )  y 2 ( C )
y
y(A)  0
y y ( B )  0 y ( B )  0

M z est négatif s’il y a compression des fibres inférieures et positif s’il y a compression des fibres
supérieures.

x x
A B A
B

(-)
y (+)
y
A

IV.6 Effets combinés de l’effort tranchant et du moment fléchissant (flexion pure)


L’analyse précédente sur la flexion n’a été consacrée qu’à la flexion pure, bien que ce type de
sollicitation se rencontre rarement dans les problèmes courants de l’ingénieur. En effet, il est plus
naturel que la résultante des forces internes dans une section soit constituée du moment de flexion
et de l’effort tranchant. D’ailleurs, la présence de l’effort tranchant indique un moment de flexion
variable dans la poutre.
Relations fondamentales entre Charge-Effort tranchant et Moment fléchissant
Considérons une poutre chargée par une charge de répartition arbitraire q  q (x ) et découpons-en

une longueur infinitésimale dx . Considérons l’équilibre de cette partie de la poutre en isolant


l’élément hachuré de la poutre.
qdx
q  dx
M  dM
M

T
N 0 N  dN

T  dT
dx
x dx

q étant fonction de x , T et M le sont aussi, on a doc q  q( x) ; T  f ( x) et M  f ( x) . La


situation que nous avons sur la partie isolée traduit l’équilibre d’une partie élémentaire dx .
Equilibre de rotation
Considérons la somme des moments par rapport au centre de gravité de l’élément :
73

n
dx dx
 M Gi  0 : M  (M  dM )  T  2
 (T  dT ) 
2
0
i 1

dx
2T   dM  dM  Tdx
2
dM
 M   Tdx ou T
dx
L’effort tranchant est la dérivée première du moment fléchissant par rapport à x .
Equilibre de translation
n 
dT
 Fy  0 : T  qdx  (T  dT )  0  dT   qdx  q  
dx
i 1

La fonction de la charge ou charge est la dérivée première de la fonction de l’effort tranchant par
rapport à x .
NB cette relation n’a sa raison d’être qu’en cas de charge répartie.
En utilisant les deux premières relations entre T et M , nous pouvons les résumer de cette manière :

 dM 
d 
dT dM  dx  d 2M
q or T   q 
dx dx dx dx2
dT d 2M
q 
dx dx 2
T
La présence de l’effort tranchant T et de la contrainte tangentielle résultante   ainsi que les

déformations tangentielles contredisent certaines de nos hypothèses du point de vue du
déplacement et de la distribution de la déformation axiale résultante décrite par l’équation :
y y
x  
r 
Les sections planes ne resteront plus planes après application du couple de flexion et la géométrie
du déplacement actuel devient compliquée.
Heureusement, pour une poutre dont l a longueur est grande par rapport aux dimensions de la
section droite, l’effet du déplacement dû à l’effort tranchant est relativement petit ; et l’on suppose
que les déformations axiales longitudinales sont encore distribuées de la même manière que dans la
flexion pure. Quand cette hypothèse est faite, les relations charge-contraintes développées dans le
paragraphe précédent sont considérées encore valables :

   x d  0


 M z   y   x d  0
 

 M z   z   z d  0
 
74

L’expérience et le travail expérimental montrent que cette hypothèse est suffisamment correcte
pour la plupart des objectifs pratiques.
On se propose d’étudier l’effet de l’effort tranchant sur les équations d’équilibre. Pour cela, on
considère une poutre sur simple appui avec une seule charge transversale, la section droite de cette
poutre étant rectangulaire.
P

d c
x
a b

Section droite
x x e
M  M d
d c
M
a f z
a b

T T  T

Equation d’équilibre

 Fy  0 :  T  T  T  0

 ΔT  0 ou dT  0
 T  C ste

x x
 M z  0 : M- M  M   T   T  T    0  T  x  M
 2 2

M M dM
T  lim  T
x x 0 x dx
z e
g
x
f h
F1 x
 Fx
F2 x
y d c

a b

Equation d’équilibre


 Fx  0 :  F1x  F2 x  Fx  0  Fx  F1x  F2 x

Fx    1d    2 d    1   2 d car section adef  sectionbcgh


adef bcgh adef
75

Or
M M  M
1  y et  2  y
I I
 M  M  M  M M
 Fx   
 I
  yd   
 I
 yd  
I
Q
adef adef

avec

Q  y  d
adef

Donc
M
Fx   Q
I
En divisant les deux membres par x et faisant tendre x vers zéro, on définit l’effort rasant :

Fx dFx dM Q T
q  lim      Q
x0 x dx dx I I

q , effort rasant, est l’effort de cisaillement longitudinal par unité de longueur de la poutre suivant
l’épaisseur de la section droite de la poutre.
Exemple d’illustration : déterminer une expression pour la distribution de l’effort rasant sur une
section droite rectangulaire de hauteur h et d’épaisseur t . On suppose que l’effort rasant est
uniforme sur toute l’épaisseur de la section.
y

d e

dy
h
2 y
a f z (axe centroïdal)
ye
h

 h
2

dz

 étant un effort par unité de surface et q un effort par unité de longueur, on a :


q T Q
 
t I t
avec
h2
h3  t
h2
 y2   h 2 y0 2  t  h 2 2
I et Q   y  d   y  t  dy  t     t       y0 
12 adef y0  2  y 0  8 2  2  4 
76

12T t  h2 2 6T  h 2 2
    y 0     y 0 
h 2  t 2 2  4  h  t  4
2


Nous avons une distribution parabolique de la contrainte tangentielle dans la section considérée.

IV.7 Flexion gauche ou dérivée ou déviée


On a une flexion déviée si :

N  0 M t  0
 
T y  0 M y  0
 
 Tz  0 et M z  0
Lorsque les plans dans lesquels agissent les forces ne coïncident plus avec l’un des axes principaux
d’inertie de la section, tout en passant par l’axe de la poutre afin d’éviter la torsion, on ne se trouve
plus dans les conditions d’application de la flexion pure ou de la flexion simple, toutes deux étant
des flexions planes où la déformation se produit dans la plan de sollicitation.

z
G


x

Pour résoudre ce problème, on applique le principe de la superposition après décomposition de la


charge q en deux composantes suivant les deux axes principaux d’inertie y et z :

q cos suivant y

q sin  suivant z

Chacune des deux charges donne lieu à une flexion plane pour laquelle on calcule les contraintes par
les formules classiques établies initialement :

Mz My
z  y et σy  z
Iz Iy

La combinaison de ces deux contraintes donne :


77

Mz My
 yz  y z
Iz Iy

En introduisant la relation q , q y et q z entre M , M y et M z , on peut écrire :

M sin  M cos  sin  cos 


 yz  y  z  M y z
Iz Iy  Iz I 
 y 

L’axe neutre est le lieu géométrique où les contraintes  yz  0 , il est donné par :

 sin  cos   sin  cos 


M y z 0 or M 0   y z 0
 Iz I   Iz I 
 y   y 

y sin  I z y Iz I
    tg   z tg
z cos I y z Iy Iy

Si I y  I z , les deux droites, axe neutre et plan de sollicitation sont perpendiculaires, alors
tg  cot .

IV.8 Flexion composée


IV.8.1 Flexion et Torsion
Arbre à section circulaire

Considérons un arbre à section circulaire encastré à une extrémité et chargé à l’autre par une charge
verticale appliquée à la distance r de l’axe.

L r

x P

Il est donc soumis à un moment de torsion :


Mt  P  r
et à un moment de flexion dans la section d’abscisse x :
M f  Pl  x

Pour rechercher la contrainte maximum produite dans l’arbre, il est nécessaire de considérer :
 Les contraintes tangentielles dues au moment de torsion ;
 Les contraintes normales dues au moment fléchissant M f ;

 Les contraintes tangentielles dues à l’effort tranchant T .


78

La contrainte maximum de torsion se produit à la circonférence de l’arbre et veut d’après la


formule :

16M t
 max 
d 3
La contrainte maximum de flexion due à M f se produit dans les fibres supérieures de la section

d’encastrement où le moment fléchissant est numériquement maximum et vaut :

Mf Mf
 max   v  32
I d 3
La contrainte due à l’effort tranchant est ordinaire, d’importance secondaire. La contrainte e
comparaison maximum se produit généralement au point où les contraintes de flexion et de torsion
sont maxima, d’où la contrainte de comparaison vaut :

 c   2  4 2  R : Critère de Tresca
En remplaçant  et  par leurs valeurs, nous avons :
32
c  M 2f  M t2  R
d 2

Le moment idéal de flexion :

M i  M 2f  M t2

Pour les métaux ductiles tels que ceux utilisés dans la construction des arbres, le critère le plus
utilisés est celui de Von Mises :

 c   2  3 2  R
En y remplaçant  et  par leurs expressions, nous avons :
32
c  M 2f  0,73M t2  R
l 2

Pour les arbres creux :

I l 3

v 32
1  m4 .  
J0
Le module de torsion vaut le double du module de flexion comme pour l’arbre plein, d’où on

aura, si R est le contrainte admissible à la flexion,

32M f
 pour les arbres pleins : d  3 ;
R
79

32M f
et pour les arbres creux : d  3


R 1  m 4 

IV.8.2 Flexion et Traction (Compression) simultanées


Soit la poutre ci-dessous encastrée d’un côté et libre de l’autre, sur lequel agit une force oblique F
qui peut être décomposée en deux composantes N et P . La composante N tend à allonger l a
poutre, tandis que la composante P tend à le faire fléchir.

C
N

x D x
F P

La poutre est donc à la fois tirée et fléchie. Dans la section CD , la composante N détermine une
composante normale d’extension(normale)
N
1 

et la composante P détermine dans une fibre, selon sa position par rapport à la fibre neutre, une
contrainte normale de traction(fibres supérieures) et de compression(fibres inférieures) dont
l’expression est
M f
2  v
I
Donc les fibres les plus tendues supportent une contrainte qui est égale à :

N Mf
  1   2   v
 I
et les fibres qui seraient les plus comprimées par la flexion :
Mf N
   1   2  v 
I 
Pour que la poutre résiste en toute sécurité, il faut évidemment que :
Mf N
 max  Re  v   Re
I 
80

Chapitre V Cisaillement

V.1 Théorie élémentaire.


Une section S d’une poutre est soumise au cisaillement quand la résultante de toutes les
forces extérieures qui précédentes S est situées dans le plan S et passe par son centre de gravité.
Cette résultante s’appelle Effort Tranchant T
Ce cas de sollicitation ne peut exister seul dans toute une poutre, car l’effort tranchant est la
dérivée du moment fléchissant. Nous supposerons l’effort tranchant positif dans une section S
quand la résultante des forces qui précédent S est dirigée vers le haut.

V.2 Cisaillement pur


Dans le cas d’un cisaillement pur (cfr le chap sur l’élasticité) on a :
 1   2   ;  3  0
 1


D
 
 
  2 A C 2
2
0 1

 B

1

Sur le petit élément carré ABCD à l’intérieur du matériau, les côtés sont à  45 sur les directions
principales (verticale et horizontale) et sont soumis aux contraintes tangentielles    . Ces côtés
ne changent pas de longueur car ils ne sont pas soumis aux contraintes normales. Seuls les angles
droits varient et le cisaillement pur produit un glissement  . Par analogie à la loi de Hooke, il y a
proportionnalité entre  et  :

G
  G 

Le coefficient G a la dimension d’une contrainte comme c’est le cas de E . Il s’appelle module de


glissement ou module de cisaillement ou module de Coulomb. G et E sont liés par la relation :

E
G
2(1   )
81

V.3 Cisaillement directe (ou technologique)


La transmission des efforts dans les assemblages des pièces de construction ou mécanique se fait
souvent à l’aide des éléments qui travaillent par cisaillement. Il s’agit des cordons de soudure, des
clous, des boulons, des rivets, etc.
F

F F
F

F
Boulon
Rivet

Ils sont calculés essentiellement sous cette sollicitation de cisaillement à l’aide des formules simples
basées sur la contrainte moyenne de cisaillement :
F

A
F : effort de cisaillement ;
A : surface de cisaillement ;
 : contrainte moyenne de cisaillement.
La contrainte  est limitée sous la base d’un critère de plasticité déduit des résultats expérimentaux.
Le cisaillement direct ou technologique est étudié en détails dans le cours d’Eléments et
Construction des Machines.

V.4 Cisaillement dans les poutres fléchies


V.4.1 Définition
Lorsqu’une poutre est soumise à un moment fléchissant variable, ce dernier est nécessairement
accompagné d’un effort tranchant en vertu de la relation :

dM
V T  
dx
V  T : effort tranchant à la section x
M : moment fléchissant variable
En flexion simple, les sollicitations sont le moment fléchissant M et l’effort tranchant V . Le but de ce
paragraphe est d’étudier les contraintes tangentielles  engendrées par l’effort tranchant V . La
formule clé donnant la répartition des contraintes tangentielles dues à V dans une section est
donnée par la formule de Jouraski vue précédemment dans le chapitre sur la flexion simple :

Q V

Iz t

Q : moment statique par rapport à z ;

I z : moment d’inertie de toute la section par rapport à z ;


t : épaisseur de la section.
82

Considérons le cas simple d’une poutre prismatique ayant un plan de symétrie et sollicitée
dans ce plan. Pour simplifier, prenons une section rectangulaire. Dans cette poutre fléchie, nous
opérons trois coupes : deux suivant les sections transversales (1) et (2) distantes de x et une
suivant un plan parallèle à l’axe de la poutre.
x

(3 ) z
Axe neutre

(1 ) (2)

En isolant la partie supérieure hachurée et en exprimant l’équilibre de translation de cette partie


suivant l’axe des x , on a les sollicitations suivantes sur les faces délimitant l’élément considéré :
 Les faces supérieures et latérales étant des faces libres, ne sont pas soumises à des
contraintes. Toutefois sur les faces inférieures il peut exister des contraintes dans la zone de
l’application de la charge P . Dans la coupe(3) il y a existence des contraintes  y , yx et  yz .
 Dans les plans (1) et (2) il y a existence des contraintes  x , xy et  xz .
Dans l’équilibre suivant x n’interviennent que des contraintes suivant l’axe des x .
En résumé :
- Sur les faces latérales et supérieures : pas de contraintes
- Sur la coupe (3), on a :
dFx    yx dxdz  effort rasant élémentaire

- Sur les coupes (1) et (2) on a :

Mz  y M Mz
(1)   dA  z  ydA  Q
A
Iz Iz A
Iz

( M z  dM z )  y M  dM z M z  dM z
(2)   dA  z  ydA  Q
A
Iz Iz A
Iz

M Q
 dM
z
M
Q
z z
I z
Iz
dF x

L’équilibre de translation s’écrit :


M z  dM z M
dF  Q  z Q  0
Iz Iz

dF dM z Q V  Q
q  
dx dx I z Iz

q : effort rasant par unité de longueur ;


83

F : effort rasant ;

V  T : effort tranchant dans la section transversale considérée ;

I z : moment d’inertie de la section transversale par rapport à l’axe neutre ;

Q : moment statique de la partie hachurée. Il est calculé autour de l’axe neutre.

V.4.2 Calcul des contraintes de cisaillement 


 Poutre à section rectangulaire
b t
3 V
 max 
2 t h

h
z

q q q V Q
 xy   yx     xy  
b t t Iz t

 xy  

V 0,5t  0,5h 2  y 2  ou  xy
3 V   y  
  1  
2
 
t t  h3 2 t  h   0,5  
 
12
La loi de variation de  xy est parabolique.

Pour y  0,5h, on a  xy  0

3V
Pour y  0, on a  xy 
2t h
 Poutre à section en U
Soit à étudier la répartition des contraintes tangentielles  dans la poutre à section en U fléchie et
cisaillée.
y
e

aile supérieure
âme

a
h

b aile supérieure

h : hauteur du profilé mesurée entre les lignes moyennes des ailes ;


84

b : largeur des ailes mesurée jusqu’à mi- épaisseur de l’âme a ;


a : épaisseur de l’âme ;
e : épaisseur constante des ailes.

Pour résoudre ce problème, il faut considérer tour à tour les différentes parties du profilé
qui sont l’aile supérieure, l’aile inférieure et l’âme, et de les assimile à des poutres rectangulaires.
 Contraintes dans les ailes
Plaçons nous au point B de l’aile supérieure situé à la distance u du bord A .
b
u

e
C B A
a h
y 2

Le moment statique de la partie hachurée s’écrit :


h
Q  u e
2
V Q
En appliquant la formule générale (  xy  ), on a :
Iz t

h
V u 
 xy  2  V u h
Iz e 2I z

En A  u  0   A  0
V bh
En C  u  b   B 
2I z
Diagramme de  pour l’aile supérieure

b
V b  h
2 I z

B
H

La résultante vaut l’aire du diagramme hachuré multiplié par l’épaisseur.


V bh
b
2I z V  b  h2  e
H e 
2 4I z
85

Il en est de même dans l’aile inférieure, mais les contraintes sont apposées.
b

V b  h
2 I z

 Les contraintes dans l’âme


b

(1 ) e

a
h
y 2

(2)
z

h 
bh  y 
h  2
Q12   a  y   y
2 2  2 
 
 
h 
  y  b  e  h ah 2 
 2y   b  e  h
2
h  2 
Q  a  y   1     
2  2  2 8   h   2
 
 
D’où

V  Q V  b  e  h V  h2   2 y 2 
   1    
Iz a 2a Iz 8I z   h  

Distribution des contraintes dans l’âme :


a

 max 2
V b e h V h
 max  
V âme 2a I 8I
z z


ste V b e h
C 
2a  I z

 est maximum quand y  0 , c’est-à-dire au niveau de l’axe, car là-bas Q est max et y  0 .
Pour calculer la résultante V dans l’âme, on doit calculer l’aire de la parabole.
86

2
aire de la parabole   aire du trianglecirconscrit
3

Vâme 
2
 

 max  C ste   max 
V beh 
  h 
2a  I z 
2y V b  e  h

2a  I z
ah
3  3
D’où

V  a  h3 b  e  h 2 
Vâme    
Iz  12 2 
 

Remarques
 Si on néglige l’inertie propre des semelles, Vâme  V , c’est-à-dire que tout l’effort
tranchant est repris par l’âme. D’où la formule approchée de la contrainte de
cisaillement devient :

V
 moy 
Aâme
 Centre de cisaillement

H 
h
H
e 2
CC
 
G 
h V
Centre de cisailement 2 H
(cc ) H

Pour trouver le centre de cisaillement CC , on calcule les résultantes des contraintes


tangentielles dans l’âme V et dans les ailes H . On exprime que la somme des moments par
rapport au centre de gravité de cisaillement est nulle, c’est-à-dire :

h
Vâme  e  2 H 
2
 V  e  b2  h
 H 
 4I z
Or 
V V  a  h 3 b  e  h 2 
 âme 12  12 

2 
 
D’où :
87

h V  e  b2  h h
2H  
2 4I z 2
e 
Vâme V ah 3
V  b  e  h2

12I z 2I z

e  b2
 e
ah 
2  b  e
 6 

Il faut donc que l’effort tranchant V  T agisse à une distance e de l’âme c’est-à-dire au point CC
pour qu’il y ait correspondance entre les éléments de réduction ( M , V  T ) et les résultantes des
contraintes.
Pour une flexion dans le plan perpendiculaire, c’est-à-dire suivant l’axe de symétrie du cas considéré,
la résultante des contraintes tangentielles coïncide avec l’axe de symétrie. L’intersection de ces deux
droites (la première parallèle à l’âme est déplacée de e , la deuxième étant l’axe de symétrie)
s’appelle centre de cisaillement.


CC axe
e

Notons qu’un effort tranchant quelconque passant par CC donne de la flexion sans torsion, tandis
qu’un effort tranchant ne passant pas par CC donne toujours de la flexion et de la torsion.

 Poutre à section en double T ou I

Considérons une poutre à section doublement symétrique en I . On étudie une telle poutre en
considérant qu’elle s’obtient en accolant deux poutres en U ( I    ).
On aura ainsi la répartition des contraintes suivantes :

 max

V
 moy âme ( I ) 
Aâme( I )
Ici comme dans le cas précédent, on utilisera la formule générale comme dans le cas des calculs des
forces tangentielles dans les deux poutres en U .
88

 Poutre à section fermée ou tubulaire

Ce cas se rencontre dans les sections à priori minces, très utilisés en construction métalliques.
Pour examiner l’effort rasant dans une section quelconque (section tubulaire circulaire) il faut
nécessairement connaître l’effort rasant dans une section de référence (bord libre).
En cas de symétrie (de géométrie, de sollicitation) le problème se simplifie quand nous avons un
plan de symétrie. Le calcul se ramène au calcul d’une section ouverte ( U , T , I , L, C ) dont les
développements ont été effectués précédemment.
Si une telle solution n’est pas possible, on procèdera de la manière suivante :
- On coupe le tube suivant une génératrice ;
- On calcule la contrainte tangentielle  0 dans la section ouverte ;
- On calcule les déformations sous  0 .

 0 
du   dr  0
ds
G

 u  
0
ds
G

u est la discordance entre les deux lèvres de la coupures c’est-à-dire l’écartement des lèvres.

- On annule la discordance u en introduisant un effort rasant q dans la coupure, ce qui donne


un déplacement u  donné par :
1 q q q
u    ds  
G e G e
Il faut que :
u  u  0

u  u  
0 q ds  0 ds
G e
 0  q
G ds
e
- L’état réel des contraintes découle de la superposition de deux états définis ci-haut, c’est-à-
dire de u et de u .

 Poutre à section non prismatique

Pour les poutres à section non prismatique, les formules classiques pour les calculs des contraintes
normales  restent valables de façon approchée, aussi longtemps que la perte des fibres supérieures
par rapport aux fibres inférieures ne dépasse pas 30%. Cependant, ceci n’est pas vrai pour l’effort
rasant. D’où il faut se référer à la littérature autorisée en la matière.
89

Chapitre VI Torsion

VI.1 Introduction

Dans le chapitre précédent, on a considéré des structures assujetties à des charges axiales.
D’abord on a établi la relation fondamentale charge - contrainte: P    x d; en utilisant la
méthode des sections.
On a trouvé qu’il était nécessaire de déterminer la distribution de la contrainte à travers la
section droite en recherchant la distribution de la déformation et en la reliant à la contrainte avant
que cette intégrale puisse être évaluée.
Dans ce chapitre, un traitement similaire des structures assujetties à la torsion par des charges
qui tendent à les faire tourner autour de leurs axes longitudinaux centroïdaux. On va considérer des
structures qui ont la forme des cylindres concentriques, circulaires, solides et creux assujetties à des
couples de torsion autour de leurs axes longitudinaux géométriques. En effet, ce sont les structures
les plus employées par l’Ingénieur pour la transmission des couples de torsion.

VI.2 Etude cinématique des structures cylindriques creuses

Etat non déformé de la Etat déformé


structure cylindrique creuse
T T

C E B B
R R E
C

F A F A
D
D

L L

L T L
T

Si on considère au labo une structure cylindrique circulaire creuse sur laquelle on a dessiné un
réseau de rectangles, on constate après l’application du couple de torsion à ses deux extrémités ce
qui suit :
Au cas où cette structure est constituée des matériaux homogènes ; le segment CD et BA
par exemple sont deux lignes de circonférence dans deux plans parallèles sur la surface cylindrique
d’une barre faite d’un matériau homogène. Ces plans sont orthogonaux à l’axe longitudinal du
cylindre et sont distants l’un de l’autre d’une distance L. si on trace des droites parallèles à l’axe
longitudinal sur la surface cylindrique, on obtient le grillage de petits rectangles dont les côtés sont
des segments circonférentiels et les deux autres sont des segments longitudinaux. Si on applique un
couple de torsion T c’est-à-dire deux moments de sens opposés aux extrémités du cylindre, on a
alors ce qui suit :
1° La distance L entre deux lignes circonférentielles ne change pas de façon significative
comme résultat de l’application du couple de torsion. Toutefois, des rectangles deviennent
des parallélogrammes dont les côtés ont les mêmes longueurs que celles des rectangles
initiaux ;
2° Les lignes circonférentielles ne font pas des sinusoïdes (zigzag) c’est-à-dire elles restent
dans les plans diamétraux parallèles ;
90

3° Les droites longitudinales parallèles telles que CB et DA restent parallèles l’une par rapport
à l’autre, mais elles ne restent pas parallèles à l’axe longitudinal du cylindre. Les lignes sont
devenues des hélices (une hélice est une trajectoire d’un point qui se déplace
longitudinalement et suivant une ligne circonférentielle le long de la surface d’un cylindre à
une vitesse constante).

* Conclusion de l’expérience
1° Un élément sur les structures cylindriques soumises à la torsion pure est dans un état de
cisaillement pur. Il n’y a pas des déformations axiales significatives dans les éléments orientés
parallèlement à l’axe longitudinal ;
2° les sections droites perpendiculaires à l’axe longitudinal de la barre restent planes même si la
barre est soumise à la torsion.
3° Dans un membre ou structure cylindrique assujetti à la torsion pur l’angle φ de l’hélice peut
être interprété comme le glissement maximum à la surface du cylindre.
4° Ces résultats sont indépendants de la nature du matériau homogène et des rayons des cylindres
utilisés.
B
E
C
A
F  ec
ec
D 

L

ec
tg  si  <<<< 1  tg  
L
à la limite, on a par définition :
ec dec
  lim   lim
L0 L dL L0

VI.3. Relations Forces-Contraintes

*Equilibre de rotation

TR
T

dF dF 
dF n

dF
91

n
  xi  0 :  T  TR  0  TR  T
i 1

Or TR   dF

dF  d alors TR    n d     d
 

 TR    n d avec  n   et    0

Considérons l’équilibre du tronçon isolé ci-dessus :

d
  d
R  d

d

L’équation du moment par rapport à l’axe des X a donné :

T   d  0


T  C : couple de torsion ou moment de torsion ;
 : tension de cisaillement
R 2
Or d  dd  T     2  d  d
0 0

*Equilibre de translation
A

 x

A A d
2

  x
d

  d d d 
A
d 1
d

O
dx
L’équilibre de moment par rapport à l’axe OA :
92

 M OAi  0 :   x d 2dx   x d1d


i

d1  dx  d dΩ2    d  d

 x dddx   x dxdd  x   x (Réciprocité des contraintes tangentielles)

VI.4 Relation entre glissement et torsion de cisaillement

e
i

Après déformation, on constate expérimentalement que :

e i
  k (constante)
e i

 i : glissement intérieur
 e : glissement extérieur
 i : rayon intérieur
 e : rayon extérieur
e
i   k   i    k
e  i

Le glissement  est fonction linéaire de  , cette relation est indépendante de la nature du


matériau.

Pour un matériau qui obéit à la loi de Hooke, on aura :

  G or γ  kρ
   Gk 

Les tensions tangentielles varient linéairement avec  d’où :


93

T   G  k   2 d G  k   2 d
 

Par définition la quantité J  


 2 d  est appelée moment quadratique polaire (ou moment
d’inertie polaire) ;
d’où
T  Gk  J
or
 
Gk   T j
 
Donc
T
 
J

Cette dernière relation est la formule de la torsion élastique.

 Module de Torsion

Considérons une section circulaire


T T
 max  R 
J J
R
J
La quantité est appelée module de torsion
R
J  R 2  et   R 2  J  R 4

La puissance transmise à l’arbre est donnée par :

P  T

 2n
Avec    rad / sec
t 60

VI.5. Déformation angulaire ou angle de torsion.

O O
e
x
B
d

A B
x  L

Au départ c'est-à-dire dans l’état non déformé, AB est parallèle à OO et dans l’état déformé est
incliné par rapport à OO .’
94

BB    e d   e dL

 e L
e L
 
 e 0
d  e dL dL  dL
e 
0 e

e T
k 
e GJ

L
T
 dx où dL  dx
0
G  J

T L t  L
 ou  
GJ GJ

G  J et E  I sont respectivement la rigidité du matériau pour la torsion et la rigidité du matériau


pour la flexion.

 Travail

T   T 2  L  t2  L
   (cas de torsion)
2 2G  J 2G  J

 t2  L
 (cas de flexion)
2E  I

N2 L
 (cas de traction)
2E  

 Contrainte maximale de glissement

Soit v la distance du point le plus éloigné de la fibre neutre. La contrainte de glissement maximale
dans ce point vaut :
t
 max 
J
v
J
où est le module de torsion de la section considérée.
v

 Condition de résistance à la torsion

Pour qu’une structure cylindrique sollicitée à la torsion résiste en toute sécurité, il faut que :

t
 R p glissement
J
v
95

Avec R p glissement : Résistance pratique au cisaillement ou au glissement.

 Poutres circulaires creuses.

Dans une poutre à section circulaire pleine, le matériau est mal utilisé, car si la couche
extérieure travaille à la contrainte admissible les couches intérieures sont mal sollicitées. Donc il est
indiqué d’utiliser des poutres creuses.
D
Soient D et d les diamètres extérieur et intérieur du tube. Posons que m :
d

J0 

 D4  d 4   D 1  m 
4
4
32 32

vR 
J0
v
w
D 3
16

1  m4 
D 4
NB : le moment d’inertie polaire du cylindre plein est donné par : J 
32

 Poutres de section quelconque

Quelle que soit la forme de la section, il découle directement de la loi de Hooke que l’angle 
par unité de longueur est proportionnel au moment de torsion  t . On peut donc écrire :
t

c

Avec c : coefficient de proportionnalité appelé rigidité torsionnelle.

Pour le cas particulier d’une section circulaire pleine ou creuse on a :

c  G  J0

Pour une section non circulaire :

c  G  J0

 Poutres de section rectangulaire


96

A A h

B
b

La contrainte  est maximale aux points A et A :

1 t
  Rp
 h2  b

h
Où  : coefficient dépendant du rapport dont les valeurs sont données dans des tables.
b

t
  c  Ct  h  b3  G
Ct  h  b  G
3

La contrainte  aux points B et B  milieux du petit côté du rectangle est donnée par :

1 t

 h  b2

Les valeurs du coefficient  sont données également dans des tables.


97

Chapitre VII Flambement

VII.1 Stabilité de l’équilibre


En mécanique rationnelle, on sait qu’il ne suffit pas qu’un système soit en équilibre statique, il faut
encore que cet équilibre soit stable, c’est-à-dire que le système tende de lui-même à revenir dans sa
position d’équilibre après en avoir été écarté par une cause quelconque d’amplitude arbitrairement
petite. C’est le cas d’une bille pesante au sein d’un récipient concave. (fig. a)

(a) Equilibre stable (b) Equilibre instable (c) Equilibre indifférent

La même bille est en équilibre instable au sommet d’une coupole (fig. b), sommet dont elle
s’écartera de plus en plus si elle vient à le quitter. Elle est en équilibre indifférent (fig.c) sur un plan
horizontal où elle restera dans n’importe quelle position où elle aura été placée. L’équilibre
indifférent est aussi appelé équilibre neutre.

Nous devons de même nous rassurer que les configurations des pièces déformées, suite aux
sollicitations qu’elles subissent, sont stables. Le risque de non-stabilité se présente, comme nous le
verrons, partout où l’on rencontre les contraintes normales de compression.

L’effet de perturbations petites, mais finies, telles qu’elles existent dans la réalité, sera
étudié. C’est l’étude du flambement par divergence qui nous conduira au cas idéal du flambement
par bifurcation de l’état d’équilibre en présence des perturbations évanouissantes.

VII.2 Flambement par divergence


a) Compression axiale à excentricité constante ( e  C
ste
)
98

P e f
P O y
l
(a)

P (b)

Considérons une poutre prismatique comprimée axialement par deux forces P (fig. a). Son équilibre
est caractérisé par une contrainte uniforme de compression :

P
 
A

et une contraction axiale :

P

EA

Perturbons cette situation d’équilibre en donnant à la charge une excentricité e constante (fig. b)
finie et petite vis-à-vis des dimensions de la section. On a en principe une perturbation finie:

M  Pe

Dans le cas de la flexion, on peut parler de la notion de déformée ou de la flèche. Si e est très petite
et P grande on peut écrire :

P el2
f 
8E  I

Le moment de flexion additionnel dû à la compression n’est plus du tout négligeable. C’est-à-dire


que la déformation a une influence importante sur les effets de la force. Ce n’est pas le cas quand la
flexion est prépondérante vis-à-vis de la compression, c’est-à-dire quand M  P  e provient d’une
force P de grande excentricité.

Considérons une poutre prismatique de longueur l chargée d’une force P parallèle à son axe et
excentrée de longueur e (fig.b). Prenons la ligne d’action de la force comme l’axe des x et la
perpendiculaire à Ox comme l’axe des y .

Dans la théorie qui suit, nous allons négliger le raccourcissement de la poutre par compression
simple qui est toujours faible vis-à-vis de la déformation par flexion f . Ce raccourcissement est
calculé par l’expression :
99

P l
 <<< f
E A

A : section droite de la poutre.

L’équation simplifiée de l’élastique est :

d2y M
2

dx EI

Or M  P  y (en grandeur et en signe)

L’équation de l’élastique devient alors :

d2y P
2
 y0
dx EI

P
Posons  k2
EI

L’équation différentielle du phénomène s’écrit :

d2y
2
 k2y  0
dx

Cette équation différentielle du deuxième ordre, à coefficient constant, admet comme intégrale
générale (solution générale) :

y  A sin kx  B cos kx (1)

Les constantes d’intégration A et B se déterminent en passant aux conditions aux limites, en


exprimant que la déformée y  f (x) passe par les points A et B :

 y( x0)  e (1)

 y( xl )  e (2)

La première condition fournit la relation : B  e

La deuxième condition donne :

e  (1  cos kl)
y  A sin kl  e cos kl  e  A 
sin kl

Connaissant les expressions de A et B , la solution de l’équation devient :

 1  cos kl 
y  e   cos kx  sin kx  
 sin kl 
100

En examinant la flèche f que prend la poutre en son milieu, l’étude que nous pouvons faire, en
l
posant x  nous donne :
2

 l l 1  cos kl 
e  f  e   cos k  sin k  
 2 2 sin kl 

kl kl kl
Mais cos kl  cos2  sin 2  1  2 sin 2
2 2 2

kl
2 sin 2
1  cos kl 2 kl
donc,   tg
sin kl kl kl 2
2 sin cos
2 2

L’expression de la flèche s’écrit alors :

kl kl
sin 2  cos2
 kl kl kl  2 2
e  f  e   cos  sin  tg   e 
 2 2 2
cos
kl
2

On en déduit :

 kl 
1  cos 
f  e 
2
( 2)
kl
cos
2

kl
 Lorsque la force P est nulle, k  0, cos
 1, f  0 ;
2
kl
 Lorsque P augmente, k augmente, cos diminue, f augmente plus vite ;
2
kl kl 
 cos  0 lorsque  , c’est-à-dire lorsque la force de compression P atteint la valeur
2 2 2
critique Pcr .

P  2 EI
on avait posé  k 2  Pcr  2
EI l

kl
Lorsque P tend vers Pcr , le dénominateur cos diminue indéfiniment. La flèche f de la poutre
2
croît au-delà de toute limite. On remarque que Pcr ne dépend pas de e . D’une manière
générale, on a :
101

P l2 P
kl   (3)
EI Pcr

On peut donc, en se fixant une série de valeurs de kl , déduire f à partir de la formule ( 2) et


P
à partir de la formule (3) .
Pcr

kl 0,2 1,0 2,0 3,0 


 0,005 0,139 0,851 13,11 
e
 arrondie 0,05 0,139 0,840 12,9 
e
kl 1,005 1,140 1,867 13,2 
cos
2
P 0,004 0,101 0,405 0,919 1
Pcr

On peut représenter graphiquement la variation de la flèche f en fonction de la force P . On obtient


une courbe hyperbolique admettant comme asymptote l’horizontale P  Pcr .

P cr

e
 0 , 01
l
e
 0 , 002
l
e
 0 , 001
l

Selon la valeur de l’excentricité e , la courbe obtenue est différente. On peut coter les différentes
e
courbes en valeurs de l’excentricité relative .
l

Les conclusions ne sont semblables que lorsque les déformations restent suffisamment faibles.

P
Tandis que le rapport est faible et donc la quantité kl est faible, on peut admettre que
Pcr
kl k 2l 2
cos  1 dans le dénominateur de la formule de f et on obtient ainsi :
2 8

ek2 l2
f0 
8
102

kl
car cos  1.
2

En remplaçant k 2 par sa valeur, on :

P el2
f0 
8 EI

Pour des plus grandes valeurs de la force P , on peut utiliser les relations approchées suivantes :

P el2 1 1
f    f0
8EI P P
1 1
Pcr Pcr

Le moment maximum se produira au milieu de la poutre et vaudra :

Pe
M max  Pe  f  
kl
cos
2

b) Pièce droite chargée centriquement, mais possédant une légère courbure initiale
y0

y0
l

A
P

La courbure initiale est d’équation y 0  f ( x)

Le moment de flexion de la section courante x :

M x  P y  y 0 

L’équation différentielle du phénomène est :

d2y
 k  y  y0   0
dx 2
103

A partir de cette équation, supposons que la courbure initiale y 0 ait une forme analogue à la
déformée du flambage (ceci permet de simplifier les calculs au maximum), on aura donc :


y 0  f 0 sin x
2

y 0 se présente comme un arc sinusoïdal.

Après la résolution de l’intégrale et en imposant les conditions aux limites, on trouve les constantes
suivantes :

k 2 f0
A et B  C  0
2
k 2
l2

On trouve ainsi la flèche additionnelle au milieu qui vaut :


f 0 sin x
y 2
2
1
k 2l 2

2 2
Si on remplace k l par sa valeur, on a :

f0
f 
Pcr
1
P

Si P  0, f  0 et si P  Pcr , f  

En résumé : on peut dire que dans une pièce soumise au flambement, l’imperfection provient à la
fois de l’excentricité de la charge et de la courbure de la pièce.

On peut en dernier lieu dire que la charge critique de flambement par divergence peut être définie
comme la charge à laquelle la flèche de flexion tend vers l’infini.

VII.3 Flambement pur ou flambement Eulerien ou flambement par bifurcation

Il est évident d’envisager le problème de l’instabilité en présence des perturbations évanouissantes.


On va se débarrasser d’elles en considérant le cas d’une pièce parfaite parfaitement chargée. On va
donc examiner, à chaque niveau de charge, la possibilité d’un changement de la forme d’équilibre
par passage d’une forme devenue instable à une forme devenue stable : c’est le phénomène de
bifurcation. C’est une façon idéalisée d’aborder le problème d’instabilité qui a des grands avantages
de donner une théorie plus simple, cohérente où l’aspect énergétique est en particulier fructueux.

a) Flambement pur ou Eulerien de la colonne parfaite


104

Supposons uns poutre chargée à ses deux extrémités :

y
l

P
P

Mx  P y

d2y M d2y P
2
  2
 k2y  0 avec k 2 
dx EI dx EI

La solution est aussi de la forme :

y  A sin kx  B cos kx

Conditions aux limites :

 y(x0)  0 (1)

y (x l)  0 (2)

(1)  B  0

(2)  A sin kl  0

Il faut que A  0 ou sin kl  0 . Si on suppose A  0 , cela signifie que la déformée est nulle
partout, quel que soit le chargement, c’est-à-dire que la poutre reste toujours droite, ce qui est
incompatible avec la réalité, parce que nous avons supposé, au départ, qu’elle était fléchie. Nous
devons donc supposer que A  0 , et dès lors :

sin kl  0  kl  n

avec n un entier. On en déduit :

n 2 2 P n 2 2 EI
k  2
  P ( n) 
l2 EI l2

 Pour n  0 , la force P est nulle et la poutre est évidemment droite. Pour qu’elle puisse
rester fléchie, il faut que n > 0 .
 Pour n  1 :
105

 2 EI
Pcr (1)  (formule d’Euler)
l2
C’est la plus petite valeur de P sous laquelle la poutre fléchit et reste en équilibre. La valeur
critique Pcr est appelée charge critique de flambement d’Euler.

4 2 EI 9 2 EI
Pour n  2, 3, 4,   Pcr (2)  , Pcr (3)  ,
l2 l2

Les formes de flambage correspondantes sont représentées ci-dessous :

P P P P

P P P P
n 1 n  2 n3 n  4

Les formes de flambage, pour n  2 , sont instables et n’ont aucune signification physique, puisque la
barre flanche lorsque la force P atteint Pcr (1) . Ce phénomène qui est étudié pour une pièce
appuyée aux deux bouts est souvent désigné sous le nom de flambage pur ou flambage par
bifurcation de l’état d’équilibre.

En effet, pour P < Pcr , la forme stable est la forme droite tout simplement comprimée, tandis que
pour P > Pcr , cette forme est instable.

b) Cas de flambage se déduisant directement du flambage pur

1) Poutre encastrée à sa base et libre à son sommet

Ici la tangente à la base est verticale.

l
106

La charge critique est obtenue par la formule suivante :

 2 EI  2 EI
Pcr  
2l 2 4l 2

On a quatre fois moins de charge.

2) Poutre biencastrée

l

2
l l  4 EI
Pcr 
2
l

l

Ici, la charge est quatre fois plus grande. Pour obtenir la charge Pcr , on décompose la poutre en
plusieurs poutres dont on connait les différentes charges ou les différents chargements. Dans ce cas
précis, on a :

2l   l   2l  l   2l 

D’une façon générale, on peut écrire, dans le cas de flambement, la formule suivante :

 2 EI
Pcr 
 f fl 2
l fl : longueur de flambement

 Pour une pièce encastrée et libre à un autre sommet : l fl  2l


l
 Pour une pièce biencastrée : l fl 
2

La longueur du flambement d’une pièce sera la longueur de la pièce fictive appuyée aux deux
extrémités qui aurait même charge que la pièce donnée.

3) Autres cas

 Poutre encastrée à l’extrémité inférieure, appuyée à l’extrémité supérieure


107

l2
2
 EI l2
Pcr   2  n  avec n 
2
l1 l2

l1

 Poutre chargée de forces axiales réparties

7 , 83 EI
P cr 
2
l

c) Notion d’élancement (  ) et de longueur de flambement ( l fl )

Pour la pièce appuyée aux deux extrémités en régime élastique linéaire, la contrainte critique de
comparaison vaut :

Pcr  2 EI
 cr   2
A l A

I
Posons i 2 
A

A : section droite de la poutre ;

i : rayon d’inertie du profil correspondant au plan de flambage considéré. Il a la dimension d’une


longueur.

I : moment d’inertie.

 2E
 cr  2
l 
 
i

Pour des poutres avec des appuis différents, nous utiliserons la formule plus générale qui est la
suivante :
108

 2E
 cr  2
 l fl 
 
 i 
 

l fl
La grandeur s’appelle élancement (  ) qui est une quantité sans dimension. Il s’appelle aussi
i
degré d’élancement.

Dès lors, on peut écrire :

 2E
 cr  2

 cr est donnée par une hyperbole appelée hyperbole d’Euler :


 Lorsque  est grand, la poutre est plus grande vis-à-vis des dimensions de sa section droite.
On parle d’une poutre longue ou élancée.
 Lorsque  est faible, on parle d’une poutre courte.

Etant donné que nous travaillons dans un régime élastique, nous devons avoir la relation sui vante :

 2E
 cr   Re ( Re : limite élastique)
2

Remarque

Il y a une correction à porter à la théorie d’Euler pour tenir compte des grandes
déformations. On utilisera l’équation complète de l’élastique qui s’écrit :

1 M 1 y 
 avec 
 EI 
1  y 
2
3
2

L’équation différentielle de flambement prendra la forme suivante :

1 P d2y P
 y0   0
 EI dx 2 EI

L’intégration sera beaucoup plus complexe, mais la charge critique vaut :

 2 EI
Pcr 
12

La poutre prend une forme courbe déterminée pour laquelle elle est stable. Les travaux de Von
Mises, dans la relation de la flèche, donnent la formule suivante au milieu de la poutre :
109

li 8 P  1 P 
f    11    1
n Pcr  8  Pcr 

On dira que les pièces suffisamment élancées, même chargées excentriquement, peuvent rester en
équilibre stable sous des charges supérieures à la charge critique d’Euler.

d) Flambage des poutres comprimées au-delà de la limite de proportionnalité (plastification


en flambage)



tg    E 

tg   E

La théorie d’Euler est basée sur la loi de Hooke, mais nous pouvons l’établir dans le domaine
plastique. Dans ce domaine des grands allongements, rien ne nous empêche de définir, de la même
façon, un module d’élasticité instantané E  définit ci-haut.
110

Chapitre VIII Critères de rupture

VIII.1. Introduction

L’étude de la rupture constitue un aspect important dans toute étude mécanique. L’essai
de compression simple est l’essai le plus usuel de la mécanique de roches. C’est ainsi que la
première machine dont doit s’équiper un laboratoire est une presse de compression.
La rupture est une forme non homogène des déformations qui peut être envisagée à
différentes échelles :
- à l’échelle atomique : la rupture se produit par séparation des liaisons atomiques
perpendiculairement à un plan (clivage) ou obliquement par rapport à un plan (cisaillement).
- à l’échelle microscopique : correspondant à la propagation des micro-fractures au niveau
des grains du matériau.
- à l’échelle macroscopique : correspondant à la propagation des macro-fractures visibles à
l’œil nu et qui peut atteindre les dimensions de l’éprouvette.
On distingue la rupture par séparation (clivage) qui se produit suivant un plan perpendiculaire à la
direction de la contrainte max et la rupture par glissement (cisaillement) qui a lieu suivant un plan
des contraintes de cisaillement. La rupture par séparation se produit généralement sans
déformation appréciable tandis que la rupture par glissement est précédée par une déformation
plastique souvent importante.
La rupture se déroule en deux phases :
- l’initiation qui correspond soit à la naissance d’une fissure de rupture à partir d’une
hétérogénéité soit au développement d’une discontinuité pré existante.
- La propagation de la fissure à travers le matériau.
111

Sans la terminologie de mécanique de roches, on parle de plusieurs types de rupture :


 rupture fragile
 rupture ductile ou par écrouissage
 rupture plastique
 rupture fragilo-plastique

  

r

  
Rupture fragile Rupture ductile Rupture plastique

Aux différents types des ruptures correspondent différents types des matériaux :
- matériaux élastiques fragiles
- matériaux élastiques avec écrouissage
- matériaux élastiques plastiques.
La rupture des matériaux fragiles est une rupture par séparation et celle des matériaux
ductiles est une rupture par glissement. Cependant dans la rupture d’un matériau, les deux modes
de rupture peuvent se présenter.
Pour les matériaux plastiques, il existe la contrainte d’écoulement plastique marquant la
limite entre le domaine ductile et le domaine plastique.
Les études expérimentales de la résistance à la rupture d’un matériau tentent de
déterminer le groupe de 3 contraintes principales (  1 ,  2 ,  3 ) qui engendrent la rupture. On aura
toujours  1   2   3 . Des hypothèses empiriques variées sont émises sur la forme du critère de
rupture. Il est généralement admis qu’il existe une fonction qui caractérise d’une façon univoque la
résistance à la rupture d’un matériau. Cette fonction est de la forme :

f  1 ,  2 ,  3   0

De façon explicite on peut écrire :  1  f  2 ,  3 

Cette fonction est le critère de rupture du matériau et peut être représentée graphiquement par
une surface (enveloppe e rupture). En fait, cette surface est une vision de l’esprit pour essayer de
modéliser la rupture.
Notons que la rupture dépend non seulement de l’état de contrainte mais aussi de la
vitesse de mise en charge et de la technique utilisée pour atteindre cet état.
L’enveloppe de rupture f  1 ,  2 ,  3   0 est difficile à déterminer complètement dans

la pratique. Seuls quelques points de cette fonction peuvent être déterminés sous un champ des
contraintes uniformes. Ce sont des points obtenus lors :
112

- des essais de traction uniaxiale f  1 ,  2   3  0  0

- des essais de compression uniaxiale : f  1 ,  2   3  0  0

- des essais de compression biaxiale : f  1 ,  2 ,  3  0  0

- des essais de compression triaxiale : f  1 ,  2   3   0

Les différentes résistances ultimes obtenues constituent des seuils à partir desquels il existe une
modification du comportement du matériau.

1
1 1 1
2 3  0

2 3  0

2
2  3  0

1 1 1
Compression Traction Compression Compression
uniaxiale uniaxiale biaxiale triaxiale

Il existe plusieurs critères de rupture :


- le critère de ruptures théoriques,
- le critère de ruptures empiriques ou expérimentales,
- le critère de ruptures issues de la notion de probabilité de rupture.

VIII.2. Etude des différents critères de rupture

Si ce critère est acceptable pour des échantillons dans lesquels une des contraintes
principales est en traction, il n’a plus aucune valeur quand on travaille en compression puisque le
cercle de Mohr peut devenir aussi grand que l’on veut.

1. Critère de la contrainte de cisaillement max (critère de TRESCA)

Ce critère dit de TRESCA, applicable aux matériaux ductiles, indique que le matériau passera
à la rupture lorsque la contrainte de cisaillement  max atteindra une valeur déterminée donnée
par :

1   3
 max 
2
A B

 max

 1 

2
max

C D
113

Dans le diagramme de Mohr, la courbe intrinsèque est définie par deux droites parallèles à
l’axe de  et distantes de celui-ci de  max .
Dans le système d’axe O 1  2  3 la surface intrinsèque est une surface prismatique
hexagonale dont la directrice est un hexagone régulier dans le plan octaédrique centré sur l’axe
hydrostatique  1   2   3 et donc la génératrice est parallèle à celui-ci.

3

1   2  k
 2   3  k

 1   3  k 1  3  k

2 3  k
0 2


3
 1   2  k

2

1
1

Ce critère n’est guère applicable aux matériaux rocheux puisqu’ il ne limite pas la courbe
intrinsèque. On constate en plus expérimentalement que le diamètre du cercle de Mohr est loin de
1   3
rester constant. Il augmente au fur et à mesure que la contrainte moyenne  m 
2
augmente, de plus il ne tient pas compte de la contrainte principale intermédiaire  2 . Ce critère est
surtout utilité pour les matériaux ductiles tels que les métaux. On l’utilise parfois pour des roches qui
ont un comportement plastique.

2. Critère de la contrainte de cisaillement octaédrique max (critère de VON MISES).

Ce critère applicable aux matériaux ductiles est une amélioration du critère de TRESCA parce
qu’il tient compte de l’influence de la contrainte intermédiaire  2 . Le critère de VON MISES définit
114

que le matériau passe en rupture quand la contrainte de cisaillement  oct dépasse une valeur
déterminée  l .

 oct   l 
1
 1   2 2   2   3 2   3   1 2
3
Exprimée en fonction des invariantes des contraintes :
1
 oct  2I12  6I 2   l
3
Dans le système d’axes  1  2  3 , la surface intrinsèque est une surface cylindrique circonscrite à la
surface prismatique de TRESCA dont la directrice est une circonférence centrée sur l’axe
hydrostatique.
3

2

1

Comme celui de TRESCA ce critère n’est guère applicable aux matériaux rocheux, il est
applicable aux métaux et aux matériaux plastiques.

3. Critère de GRIFFITH.

GRIFFITH a émis une hypothèse selon laquelle la rupture d’un matériau rocheux est causée
par des concentrations des contraintes au droit des extrémités de microfissures supposées
existantes dans le matériau et que la rupture intervient grand la contrainte max à l’extrémité de la
fissure la mieux orientée atteint une valeur déterminée caractéristique du matériau.
Griffith fait l’hypothèse que le matériau est caractérisé par de microfissures parallèles entre-
elle et qui ont la forme d’ellipses fortement aplaties.
La théorie de GRAFFITH est décrite avec beaucoup de développement mathématique dans
divers ouvrages spécialisés. Ici nous retiendrons qu’après tous les développements le critère de
GRIFFITH est décrit par l’expression suivante :

 3  1 2  8 t  3  1  lorsque  1  3 3  0

 3   t lorsque  1  3 3  0

Dans l’espace  1 ,  3
115

 1

 c
 8 t

 t

 t  c
 8 t


2
 4 t
 t  

3 t

 t   8
c t

Le critère de GRIFFITH correspond dans le plan    (plan de Mohr à une courbe enveloppe

d’équation  2  4 t  t   

c 
Le rapport du critère de GRIFFITH est inférieur à celui du critère de Coulomb c  8 .
t t
Dans des nombreux cas, la théorie de GRIFFITH est en désaccord avec le résultat des essais
notamment dans le cas des contraintes moyennes élevées. Cette théorie ne tient pas compte du fait
que les fissures se ferment lors de la compression. De plus les forces de compressions réduisent les
contraintes de traction aux extrémités des fissures.
Le critère de GRIFFITH ne tient pas compte non plus de la contrainte intermédiaire  2
mais il ne donne néanmoins pour les matériaux rocheux une expression approchée admissible de la
courbe intrinsèque.
Toutefois, l’expression est très rigide car elle ne dépend que de la contrainte de traction  t
. Ce critère de GRIFFITH a été modifié pour tenir compte des contraintes de compression par
CLINTOCK et WALSH sous le nom de critère de GRIFFITH modifié.
116

4. Critère de CLINTOCK et WALSH ou critère de GRIFFITH modifié

Lorsque les fissures sont soumises à des compressions transversales, il faut s’attendre à ce
qu’elles se ferment. Cette fermeture empêche le développement de la traction près des extrémités
des fissures et un frottement sous les faces en contact des fissures fermées.
Le critère de Griffith modifié pour tenir compte des fissures fermées s’écrit :

f
 1  1   2      3  1   2     4 t 1   2. f
    t

où  f : contrainte moyenne nécessaire à la fermeture des fissures


 : coefficient de frottement
Ce critère est linéaire en  1et 3 , il a la même forme que le critère de Coulomb. Il en diffère par le
fait que le concept de résistance au cisaillement à l’origine appelé cohésion est remplacé par celui de
la résistance à la traction à la surface d’une fissure hypothétique.
Pour des contraintes faibles, le critère original reste valable. Entre les deux critères il existe une zone
de transition due au fait que si les fissures restent ouvertes la rupture débuterait aux extrémités de
chacune d’entre elles. Mais qu’à cause de la fermeture de ces dernières la rupture ne peut être
initiée.

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