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S3 Cours de Lexicologie 2016 2017

La lexicologie est l'étude des mots et du lexique d'une langue, incluant les néologismes et les règles de formation des mots. Elle se divise en lexicologie diachronique, qui examine l'évolution du vocabulaire, et synchronique, qui analyse le lexique à un moment donné. La lexicologie est également liée à d'autres disciplines linguistiques, comme la morphologie et la sémantique, et se distingue de la lexicographie, qui concerne la création de dictionnaires.

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S3 Cours de Lexicologie 2016 2017

La lexicologie est l'étude des mots et du lexique d'une langue, incluant les néologismes et les règles de formation des mots. Elle se divise en lexicologie diachronique, qui examine l'évolution du vocabulaire, et synchronique, qui analyse le lexique à un moment donné. La lexicologie est également liée à d'autres disciplines linguistiques, comme la morphologie et la sémantique, et se distingue de la lexicographie, qui concerne la création de dictionnaires.

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Université Mohammed Premier. Faculté pluridisciplinaire.

Nador

Filière : Etudes Françaises


Langue française : lexicologie (S3)
Professeur : Mostafa, BEN-ABBAS
__________________________________

0-Introduction : éléments d’approche

0-1-Définition
Le terme lexicologie est un composé savant constitué de deux radicaux grecs ; lexico
signifiant ‘’lexique, vocabulaire’’ et logos qui veut dire ‘’mots, discours, étude’’. La
lexicologie se définit donc comme l’étude des masses de mots formant le lexique d’une
langue donnée et des formes connues et utilisées par les locuteurs. C’est une discipline
théorique qui s’occupe aussi bien des mots attestés et répertoriés dans les dictionnaires que
des néologismes, non encore reconnus comme usage typique de la communauté et qui sont,
forgés pour répondre au besoin de communication et désigner les nouvelles réalités
introduites dans l’expérience socio-culturelle de la communauté.
Par ailleurs, le lexique en raison de son caractère ouvert et potentiellement infini
reflète la vitalité d’une langue. Il est le premier composant qui réagit aux progrès de la vie
sociale, économique et culturel. Aussi la richesse d’une langue est-t-elle évaluée en fonction
de la richesse de son lexique Sa création ne s’effectue pas de façon débridée ou aléatoire mais
elle obéit à des règles de formation bien précises d’où son intérêt pour la lexicologie
Deux types de lexicologie sont à distinguer dans une perspective temporelle : la
lexicologie diachronique (ou historique) qui étudie le développement et l’évolution du
vocabulaire en prenant en compte les facteurs extralinguistiques ayant modifié sa structure, sa
signification et son utilisation, et la lexicologie synchronique (ou descriptive) qui l’examine
dans une période déterminée d’une langue particulière. Toutefois ces deux types se rattachent
étroitement. Tout en étudiant le lexique de nos jours, la lexicologie synchronique s’adresse
aux données de la lexicologie diachroniques ce qui permet de mieux comprendre et
d’expliquer l’état actuel de la langue

0-2-La lexicologie et les disciplines linguistiques

La lexicologie connait plusieurs sous-disciplines dont plus particulièrement


-la morphologie lexicale (ou la morpholexicologie) : étude de la formation des unités
lexicales. (composition, dérivation…)
-la sémantique lexicale (ou la lexicosémantique) : étude du sens des unités lexicales
(synonymie, hyperonymie…)
-la métalexicographie : évaluation de la production des dictionnaires du point de vue
lexicologique

Elle est étroitement liée aux autres branches de la linguistique. Elle se rattache à la
phonétique qui étudie la structure phonétique des mots, à la grammaire pour tout ce qui
touche à la combinatoire des unités lexicales, à l’histoire de la langue et à la stylistique. Pour

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expliquer, par exemple, l’apparition des homonymes, la lexicologie s’adresse aux données de
la phonétique historique, à l’évolution phonétique de la langue

lexicographie ► technique de confection de dictionnaire (discipline pratique)


►analyse technique de cette technique
►pratique ancienne, postérieur à l’imprimerie ; les premiers ouvrages furent
des glossaires
►études du mot hors contexte

lexicologie ►étude scientifique du lexique (discipline théorique)


►pratique récente
► étude du mot en contexte

0-3-Essai de définition du ‘’mot’’


Le mot est une unité linguistique significative constituée d’une ou plusieurs lettres-
fixées par les règles de l’orthographe- et bordé sur sa droite et sa gauche par un vide. Une telle
définition est inconstante, voire floue, en raison d’un certain nombre de problèmes rencontrés
au niveau de
a- la polysémie : lorsqu’un mot graphique possède plusieurs sens désignant différents
éléments de l’expérience socio-culturelle, peut-on faire correspondre à chaque sens identifié
un mot approprié ? Si c’est le cas, le mot polysémique en question comme par ailleurs la
polysémie n’existera pas.
b- l’expression des mêmes notions comme la qualité ou l’action par des mots de nature
différentes.
ex : blanc adj. indique la qualité d’être. /blancheur n. indique la qualité d’être. Ainsi, le nom et
l’adjectif dénotent la même qualité.
ex : marcher : v. exprime une action, celle de marcher. / marche n. action de marcher ;
dénotation de la même action
c- l’autonomie graphique et sémantique : un mot composé sera-t-il considéré comme un
simple mot ou comme plusieurs ? Le sens peut-il être réduit à la somme des éléments qui le
constituent ?
_ sur le plan syntagmatique, le mot composé fonctionne comme un mot simple et remplit une
seule fonction grammaticale.
_ sur le plan sémantique ; le mot composé est une unité de sens nouvelle, irréductible à la
totalité des significations véhiculées par chaque constituant. Le composé renvoie à un référent
unique.
_ sur le plan graphique ; un mot composé fonctionne comme une seule unité, bien inscrite en
tant que telle dans la mémoire du locuteur et qui pourrait être traduite dans d’autres langues
par un seul mot. Toutefois, pour le cas des composés dont les éléments sont séparés par un
blanc et qu’on considère comme une unité lexicale figée ou expression lexicalisée, le
problème qui se pose est comment peut-on faire la distinction entre une unité lexicale figée et
celle qui ne l’est pas ?

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Rappel
Pour connaître le figement de ces composés, on recourt aux critères suivants :

1- critère d’inséparabilité des éléments


Soit l’unité lexicale ‘’pomme de terre’’. Les éléments constitutifs de cette unité forment un
tout cohérent et indissociable. Ils ne sont ni indépendants ni modifiables ou susceptibles d’une
expansion.
*une pomme de la terre
*une pomme de terre fertile
*une pomme mûre de terre
*une pomme pourrie de terre
*une pomme mûre de la terre fertile

2-critère de substitution (commutation, appartenance à un même paradigme)


Il a acheté des↓ pommes de terre
carottes ou navets…

3-critère syntaxique
1-détermination interne
1-1-terme figé Ex. beau-frère : * Il a un beau magnifique frère
Il a un beau-frère magnifique
→le terme n’admet pas de déterminant interne

1-2-terme non figé Ex. beau frère : son frère fort et beau
→le terme admet le déterminant interne

2-transformation attributive soit le mot coffre-fort ; l’adjectif ‘’fort’’, un de ces constituants,


ne peut pas être relié à coffre par un verbe un verbe dit attributif *ce coffre est fort ; par
contre, on peut avoir par exemple : ce coffre-fort est solide Ce type de transformation permet
d’identifier le figement des noms composés.

3-nominalisation : procédé de formation d’un nom à partir d’un adjectif ou d’un nom. Soit le
terme table ronde (réunion, débat)
j’ai participé à une table ronde.
*la rondeur de cette table.

A noter au passage que le découpage des mots-composés destiné à les répertorier dans
les dictionnaires ne fait pas l’unanimité des lexicographes. Ainsi par exemple, ‘’wagon-lit’’
doit-on le faire figurer sous l’entrée ‘’wagon’’ ou sous celui de ‘’lit’’

Le terme de mot, par son manque de rigueur et par son caractère flou, est abandonné
au profit d’autres désignations. Ainsi A. Martinet utilise à sa place la notion de monème et
distingue les monèmes grammaticaux et les monèmes lexicaux qui appartiennent
respectivement à un inventaire clos et à un inventaire ouvert. Par exemple, dans l’énoncé
’’nous travaillerons’’, on peut compter quatre monèmes, obtenus par segmentation. Il s’agit de
‘’nous’’ pronom personnel, ‘’travail’’ verbe, ‘’er’’ désinence du futur, ‘’ons’’ (indice de
personne)
‘’travail’’ fait partie d’une série ouverte, c’est un monème lexical ou lexème.

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‘’nous – er - ons’’ font partie des séries fermées, ce sont des monèmes grammaticaux ou
morphèmes.
Tournier préfère parler de lexie plutôt que de mot car « le mot n’est pas une unité
suffisamment solide épistémologiquement pour constituer la base d’une description
scientifique du lexique » (1991a : 10). Il considère la lexie, unité mémorisée sans
considération de longueur, comme un hyperonyme dont les co-hyponymes sont lexie
primaire, lexie simple, lexie dérivée, lexie complexe, lexie composée, lexie
prépositionnelle. Quant à Pottier, il distingue, dans sa terminologie, la lexie simple qui peut
être un mot : chien, table, cégétiste ; la lexie composée qui peut contenir plusieurs mots en
voie d'intégration ou intégrés : brise-glace et la lexie complexe, conçue comme une
séquence figée : faire une niche, en avoir plein le dos…

Au terme de ce qui a été présenté, le mot, pris dans son sens traditionnel, ne constitue
pas une unité pertinente pour l’analyse linguistique, les termes de monème et lexie répondent
à des nécessités d’analyse différentes : le monème se situe à un niveau inférieur à celui de
mot, alors que la lexie occupe une place supérieure au mot. L’origine de désignations
différentes s’explique par l’utilisation des critères d’analyse différents : l’analyse du monème
est fondée essentiellement sur le sens quant à celle de la lexie, elle repose sur la cohérence
entre les éléments sans toutefois perdre de vue la dimension sémantique. Sans entrer dans des
considérations théoriques, nous utilisons à la place du mot, le terme d’unité lexicale ou
lexème, unité structurelle et sémantique de base du système de la langue. Elle est plus grande
sur le plan morphologique (en comparaison au morphème) et plus petite (en comparaison à
l’unité phraséologique) sur le plan syntaxique de l’analyse linguistique.

0-4-Lexique et vocabulaire

La lexicologie est une branche de la linguistique qui étudie le lexique ou le stock


lexical d’une langue. Généralement parlant, le lexique et le vocabulaire sont employés comme
deux synonymes interchangeables. Mais, d’un point de vue linguistique, les deux termes
s’opposent en ce que le premier est réservé à la langue pendant que l’autre est conservé au
discours et ne représentant qu’un échantillon du lexique. Le lexique désigne donc l’ensemble
des unités lexicales qui se manifestent sur tous les niveaux du fonctionnement de la langue
dans la combinaison de mots, de phrases et dans l’organisation sémantique des textes. il
constitue une réalité de la langue à laquelle on ne peut accéder que par la connaissance des
vocabulaires particuliers.

Le lexique individuel est la somme des unités lexicales à l’état virtuel dont dispose un
locuteur donné et qui représente sa compétence lexicale. L’actualisation de ce lexique
individuel dans des actes verbaux concrets (émergence de la compétence) constitue le
vocabulaire, terme utilisé pour décrire le répertoire lexical d’un corpus écrit ou d’un discours
oral. La relation entre le lexique individuel et le lexique général, celui partagé par la
communauté linguistique, est une relation d’inclusion.

Le lexique : réservé à la langue ; unité du lexique est le lexème


Le vocabulaire : réservé au discours et au corpus écrit ; unité du discours est le vocable.

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Exercices et questions de réflexion

1-Dans son étude du lexique d’une langue, le lexicologue peut-il se contenter


exclusivement des unités lexicales recensées dans les dictionnaires ?
(les dictionnaires, mêmes les plus réputés riches, ne peuvent pas répertoriés tous les mots
d’une langue - le dictionnaire est un outil indispensable pour la lexicologie mais il ne saurait
constituer l’outil exclusif- le lexique d’une langue est constamment ouvert aux nouveaux
apports…)
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2-Quelle est la différence, selon vous, entre la lexicologie et la lexicographie ?


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3-En vous référant aux textes écrits de la presse, trouvez des néologismes et expliquez
leur formation.
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4-commentez la citation suivante en expliquez le caractère indissociable et la


complémentarité entre la grammaire et le lexique : «La grammaire fournit les règles qui
permettent de combiner les mots et les groupes de mots pour former des phrases et le lexique
représente des unités qui constituent son matériau de base » (Niklas-Salminen 1997 : 25–26).
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1- Organisation du lexique :

axe syntagmatique-axe paradigmatique


Dans la chaîne parlée ou écrite, les unités linguistiques entretiennent entre elles des
relations qui se manifestent selon deux axes : axe syntagmatique et axe paradigmatique. Ainsi
l’acte de parler ou d’écrire est à la fois un acte de sélection des unités de sens et de son et un
acte de leur combinaison.

Ex1- Soit la phrase : Le facteur a transmis le courrier

Les constituants de cette phrase contractent des rapports liés à l’axe syntagmatique
(horizontal) et à l’axe paradigmatique (vertical) comme il est illustré par le tableau suivant

Relations syntagmatiques

Le facteur a transmis le courrier


Mon voisin avait reçu sa lettre
paradigmatiques Ali aurait retiré son mandat
il envoie ce colis

Dans l’axe syntagmatique (observable et constitué d’unités actualisées), les unités,


présentes et mise en rapport, se combinent dans l’enchaînement de la phrase et opèrent
ensemble à la création de la signification. Ainsi chaque terme a des relations linéaires
immédiates avec d’autres qui apparaissent dans la même construction. Par exemple, le
syntagme ’’a transmis’’ a des relations avec celui du ‘’le facteur’’ qui le précède et avec celui
du ‘’le courrier’’ qui le suit. L’ensemble de ces signes ou syntagme est gouverné par des
règles strictes de la grammaire

Dans l’axe paradigmatique (non observable, constitué d’unités ou paradigmes qui


peuvent figurer dans un même contexte tout en étant mutuellement exclusives), on procède à
un choix des paradigmes. Quand on forme une phrase, on a besoin d’effectuer
inconsciemment ou non une sélection lexicale aux différents niveaux de cette phrase. Par
exemple, en choisissant un signe individuel comme ‘’le facteur", on rejette les autres
possibilités de paradigmes comme ‘’’mon voisin, Ali, il’’. Ces paradigmes sont en relation in
absentia parce que le choix d’actualiser une forme de cette liste fait que les autres restent
virtuelles ‘’absentes’’.

Ex.2- Soit la phrase : le commissaire arrête le malfaiteur

Le sens de cette phrase est le produit des différences entre les signifiants qui la
composent et qui relèvent de deux axes : axe syntagmatique (axe horizontal) et axe
paradigmatique (axe vertical).

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L’axe syntagmatique est celui de la combinaison des unités : le + commissaire + arrête + le


+ malfaiteur. L’ensemble de ces signes linguistique sont en relation de dépendance, en rapport
dit ‘’in praesentia’’. Ils fonctionnent ensemble pour créer un sens bien défini. Ainsi par
exemple, ‘’le’’ se combine avec ’’commissaire’’ pour former un syntagme nominal où les
deux constituants ont plus d’affinité entre eux qu’avec le reste de la phrase : ce syntagme, à
son tour, se combine avec le syntagme verbal, constitué d’un verbe et d’un syntagme nominal
(complément)… A ce niveau, les relations sont gouvernées par des règles de grammaire pour
ce qui est de l’ordre et de l’accord sujet verbe. Si, par exemple le nom ‘’commissaire’’ est au
pluriel, cette marque s’étend aux éléments environnants, et on obtient, en l’occurrence, ‘’les’’
et ‘’arrêtent’’. Par contre, les séquences comme ‘’malfaiteur le arrête le commissaire’’,
présentées dans cet ordre, ne sont pas organisées en tout et ne peuvent pas constituer une
phrase en raison du non-respect de l’ordre de construction de phrases françaises.

Le commissaire arrête le malfaiteur (niveau 1)


Le commissaire arrête le malfaiteur (niveau 2)
Le commissaire arrête le malfaiteur (niveau 3)
le malfaiteur (niveau 4)

La phrase - représentée ici par la méthode dite ‘’de boîte de Hockett’’- le commissaire
arrête le malfaiteur’’ (niveau1) est obtenue par la combinaison de deux syntagmes (niveau2) :
syntagme nominal ‘’le commissaire’’, et syntagme verbal ‘’arrête le malfaiteur’’, eux-mêmes
formés de constituants inférieurs (niveau 3 et niveau 4). Son sens est déterminé par la mise
en relation des différentes unités qui la constituent.

L’axe paradigmatique est celui de la sélection des paradigmes en rapports dits ‘’in absentia’’
ou, selon Saussure, rapports associatifs se constituant dans la mémoire du locuteur. Chacun
des mots de la phrase précitée peut être remplacé par d’autres termes appartenant à une même
classe : ‘’le’’ ou ‘’ce’’, ou ‘’mon’’, ‘’commissaire’’ ou ‘’voisin’’ ou ‘’policier’’ ou ‘’libère’’
ou ‘’poursuit’’. Cette substitution entraîne un changement complet de la signification. Ces
différents paradigmes sont mutuellement exclusifs et apparaissent comme des membres d’une
classe d’objets (classe des déterminants, des noms, des verbes).

Le commissaire arrête le malfaiteur


Ce policier libère le voleur
Mon voisin poursuit le suspect

Ces signes linguistiques au niveau de l’axe vertical, appelés paradigmes, désignent


l’ensemble des unités entretenant entre elles un rapport de substitution. A l’intérieur d’un
même paradigme, il faut choisir une seule unité. Comme les lettres ou les sons, le fait de
remplacer un paradigme par un autre entraîne un changement de sens.

Un signe individuel (une unité) n'a pas de signification distincte, et n’a de valeur que
par rapport à d'autres unités dans des ensembles connexes. Ainsi, le mot ‘’ chaise ‘’ n'a de
sens que par rapport à d'autres types de siège, en l’occurrence, ‘’tabouret, banc, fauteuil….’’
Le tableau ci-dessus illustre les relations syntagmatiques et paradigmatiques. Les éléments
horizontaux ont des relations syntagmatiques ; ils se succèdent et se suivent. Les éléments

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verticaux ont des relations paradigmatiques comme dans chaque colonne, les éléments
peuvent être remplacés par d’autres.

L’ensemble des axes peut être schématisé comme suit :

axe a- syntagmatique
(in praesentia, horizontal)

p p
a a
r r
b-paradigmatique a a
(in absentia,vertical) d syntagmes d
i i
g g
m m
e e
s s

a-Axe syntagmatique A et B et C
b-
A
x
e ou ou ou

p
a B’
r A’ C’
a
d
i
g ou ou ou
m
a
t
i
q A’’ B’’ C’’
u
e

a- est reflété par la chaîne parlée ; - représente l’ordre syntaxique des mots ; - règle les
accrochages possibles des différents signes linguistiques ; - se caractérise comme une suite de
relations de conjonction du type ‘’et, et, et…’’

b- représente une liste virtuelle de formes ou paradigmes pouvant prendre place à un endroit
de la chaîne parlée ; - reflète les relations existant entre les éléments faisant partie de la même

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classe grammaticale et assurant donc la même fonction ; - se trouve à l’état latent dans
l’inconscient de chaque sujet- parlant ; - décrit comme un ensemble de paradigmes avec des
relations disjonctives du type ‘’ou, ou, ou …’’

Les unités linguistiques peuvent entrer dans des relations de deux types : la relation
syntagmatique et la relation paradigmatique qui se renouvellent constamment selon les
constituants de la phrase. La première s’applique aux relations entre les éléments qui
s échafaudent, se combinent les aux autres. Elle s’oppose à la seconde qui a lieu entre les
éléments qui peuvent se substituer les uns aux autres. L’opposition entre les relations
syntagmatiques et paradigmatiques est une dichotomie importante de la linguistique
structurale.

Ex.3 : cf. Jacqueline Picoche (1977,53). Précis de lexicologie française. Edition Fernand
Nathan : Paris.
(a)- Au bout de notre rue, se trouve la maison de M. Dupont.
(b)- Au la villa bout de notre rue, se trouve la maison ou la bicoque ou résidence ou la villa de
M. Dupont.
►Dans (a), un seul élément de la liste appartenant au champ lexical de l’habitation
est utilisé au niveau de l’axe syntagmatique. Ici, le locuteur a opéré un choix parmi les unités
de la même liste ou paradigmes qui sont substituables et qui peuvent apparaître au dessous de
l’unité actualisée suivant une ligne verticale (axe paradigmatique).
►Dans (b), jugée inacceptable en vertu du fait suivant : les paradigmes maison,
bicoque, résidence…qui, en principe se trouvent à l’état latent, sont actualisés dans la chaîne
parlée ce qui constitue une confusion des deux axes

Relation paradigmatique

La relation paradigmatique permet de distinguer le type de relation sémantique qu’une


unité lexicale entretient avec les unités qui pourraient occuper sa place. Nous évoquerons, à
titre d’exemple, quelques unes de ces relations de signification qui sont souvent utilisées.

■►synonymie : relation entre les termes qui, dans un contexte linguistique précis, présentent
une grande analogie dans leur signification et sont substituables les uns aux autres sans que le
sens soit altéré.
Ex : Vous avez abattu un porc.
tué cochon
‘’abattu’’ et ‘’porc’’ fonctionnent respectivement comme des synonymes de ‘’tuer’’ et
‘’cochon’’.L’usage de l’un ou de l’autre élément de la paire ne modifie pas le sens de la
phrase.

■►antonymie : relation entre deux termes dont l’un signifie le contraire de l’autre.
Ex : C’est un homme avare.
généreux
‘’avare’’ et ‘’généreux’’ s’opposent quant à leur sens.

■►hyponymie : relation entre un terme spécifique (hyponyme) et un terme générique


(hyperonyme)
Ex : Elle a mangé une pomme.
un fruit

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‘’pomme’’ est une espèce, un terme spécifique, dont les co-hyponymes comme orange,
banane,… font partie d’un genre ou d’une classe d’objets appelée ici ‘’fruit’’

Pour l’école « fonctionnaliste » représentée par André Martinet et où la fonction de


communication revêt une importance particulière, c'est la dimension paradigmatique qui est
favorisée au détriment de la dimension syntagmatique. En effet, la notion centrale est ici celle
de choix du sujet parlant autorisés par la langue (Éléments de linguistique générale, 1960). Or
une unité (phonème sur le plan distinctif, ou monème sur le plan significatif) n'est choisie que
si d'autres unités auraient été possibles à sa place : dans un contexte syntagmatique donné, il
s'agit donc d'établir le paradigme des unités substituables à l'unité considérée. Ainsi, dans
l'énoncé « elle a mangé une pomme », le choix du paradigme ‘’pomme’’ résulte d'un choix
spécifique entre un certain nombre d’espèces (figues, banane, grenade, orange…)appartenant
à une même classe d’objets.
Relation syntagmatique

Dans la chaîne parlée, les mots se succèdent, se rangent les uns à la suite des autres et
forment selon des rapports syntagmatiques entretenus, des combinaisons appelées syntagmes
(i.e. notion désignant aussi bien les mots que les groupes e mots ou éléments de phrase).

Pour les distributionnalistes, la relation syntagmatique (combinatoire) qui acquiert de


l’importance et qui constitue l’objet d’investigation linguistique est celle du voisinage (de
proximité ou d’environnement). Il s’ensuit que l’étude syntagmatique d’un élément dans une
phrase nécessite l’identification et la prise en compte de ses environnements. Autrement dit, il
s’agit d’indiquer quels éléments le suivent ou le précèdent. La distribution d’une unité
lexicale est représentée par la somme de ses environnements sur l’axe syntagmatique. Sa
signification reste dépendante de son environnement. Ainsi les unités lexicales dont
l’environnement est différent ont des significations différentes.

Ex1 :1-1 - les riches doivent assister les pauvres.


[+Ah] [+Ah]

1-2 -Vous avez assisté au match.


[+Ah] [-Ah]

‘’assister’’ a deux environnements différents pauvre [+Ah] et match [-Ah] et par


conséquent revêt deux sens différents : assister dans (1-1)= aider
Assister dans (1-2)= être présent
C’est donc l’environnement qui a délimité les différentes sens du verbe ‘’assister’’

Ex2 : 2-1- les études entraînent de grands frais.


[-Ah] [-Ah]
2-2- le professeur entraîne ses élèves
[+Ah] [+Ah]

Dans (2-1), le verbe ‘’entraîner’’ admet un sujet et un complément pourvus de traits lexicaux
[+Ah] ; il signifie ‘’ provoquer’’
Dans (2-2), le même verbe admet un sujet et un complément [+Ah] et signifie ‘’préparer’’
Nous avons donc deux contextes différents avec deux sens différents.

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Les parties du discours (les plus importantes pour la lexicologie sont le substantif,
l’adjectif, le verbe, et l’adverbe ; ils véhiculent une matière notionnelle ; fin, final, fini,
finalement ; sèche sécher, sèchement, sécheresse) ne sont pas isoler les unes des autres dans la
chaîne de parole mais reliés par des relations syntaxiques (genre, nombre, aspect…). Cela leur
permet de se combiner en syntagmes mais également de se servir les uns aux autres
d’environnement, de contexte, point de départ de la combinatoire syntagmatique.
A cette compatibilité syntaxique qui fait d’une phrase une phrase grammaticale,
s’ajoute une compatibilité sémantique qui rend celle-ci acceptable et intelligible.

La grammaire distributionnelle, qui prend en compte dans son investigation la


distribution d’un mot, distingue dans la définition des entrées lexicales deux types de traits
pertinents :

►les traits inhérents (de nature uniquement sémantique) : ils déterminent les propriétés
propres des unités lexicales, indépendamment de celles que ces lexèmes peuvent acquérir en
contexte.
►les traits de sélection, contextuels (de nature à la fois syntaxique et sémantique) : ils
déterminent avec quel environnement les unités lexicales sont susceptibles de se combiner.
Leur rôle est de restreindre l’emploi d’un terme dans un énoncé.

Jean-Dubois et al dans Dictionnaire de linguistique (1973,472) distinguent deux types de


traits :

On distingue deux types de traits : les traits inhérents, qui déterminent les propriétés
spécifiques de chaque morphème, indépendamment des relations qu’il peut contracter avec
d’autres morphèmes dans la phrase ; les traits contextuels qui indiquent avec quels types de
termes le morphème défini est combinable dans le cadre de la phrase. Ainsi le verbe
‘’penser’’ implique un non sujet [+humain] comme homme, je, Pierre (ou par métaphore un
animal) ; on dira qu’il a le trait contextuel [+sujet humain]

Ex : 1- cheval= traits inhérents ’’ animé’’, non-humain’’, quadrupède’’


2-courir = traits inhérents ‘’ mouvement’’, rapidité’’
traits contextuel exige un sujet ‘’animé’’
3-manger= trait contextuel ; il exige un sujet animé formalisé ainsi [Animé+…..]
: il exige un objet comestible […..+comestible]
[sujet animé+manger+objet comestible]
4- J’ai usé ma chemise
J’ai usé d’un stratagème (ruse)
Le verbe ‘’ jeter’’ opère une sélection au niveau des éléments qui l’entourent (sujet et objet).
Il exige un sujet animé et un objet concret ; il a pour sens ‘’détériorer à force de s’en servir .il
exige un sujet animé et un objet abstrait, il admet pour sens ‘’se servir de, avoir recours à’’

Exemple emprunté à Jacqueline Picoche (1977)


La petite fille a jeté la petite glace
Chaque mot de cette phrase présente plusieurs acceptions dont voici les principales :
►fillette 1) enfant de sexe féminin ; 2) petite bouteille
►jeter 1) lancer, 2) se débarrasser,3) mettre au rebut (déchets)
►petite 1) peu de volume ou de surface ;2) très jeune ;3) de peu d’importance ;4) aimé du
locuteur (valeur hypocoristique)

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glace.
►glace 1) eau congelée ; 2) rafraîchissement fait de crème parfumée et congelée ;3) miroir ;
4) vitre à châssis mobile ; 5) tache d’une pierre précieuse.

Le verbe ‘’jeter’’ opère une sélection au niveau des éléments qui lui servent de
contexte ; exigeant un sujet animé, il impose le sens de fillette1) et exclut fillette2) ; exigeant
un objet matériel et nombrable, il exclut glace1) et glace5)…
Les traits de sélection du verbe ‘’jeter’’
1- Jean a jeté le ballon à Marie
[+Ah] [+matériel] [+Ah] →jeter [humain…..matériel]

2- Jean a jeté un coup d’œil à Marie


[+Ah] [+abstrait [+Ah]

3- Jean a jeté à la tête de Marie une assiette


[+Ah] [+matériel] [+concret]

4- Jean a jeté à la tête de Marie son passée


[+Ah] [+matériel] [+abstrait]

5- Jean a jeté le désarroi dans le cœur de Marie


[+Ah] [+abstrait] [+abstrait]

Pour Chomsky, les substantifs ne comportent que des traits de inhérents et que seuls le
verbe et l’adjectif comportent à la fois des traits inhérents et de sélection. Par ailleurs, il faut
noter que le rôle du contexte est essentiel. Il permet de conférer au mot un certain degré
d’actualisation et de référer à un ou plusieurs objets extralinguistiques particuliers
__________________

Exercices
Ex. n°1 Répondre par vrai ou faux

a- Les relations paradigmatiques sont souvent régies par des règles de grammaire.
b- Un syntagme est un groupe d'éléments formant une unité au sein d'une structure
hiérarchisée
c –un paradigme est constitué par l’ensemble des unités entretenant entre elles un rapport
virtuel de substituabilité.
d –Les mots aux distributions différentes n’ont pas des significations différentes.

Ex. n°2 -Soit la liste d’unités lexicales ou paradigmes : une odeur - une voix – parfum - une
musique – sent – respire – entend – écoute –perçoit – nauséabond(e) - dégage – grave -
parfumé(e) - musical – le gardien - un fracas – cri – aigu - repoussant(e).

a- Donnez deux phrases grammaticales et acceptables en associant les mots


choisis.
P1………………………………………………………………………………………
P2………………………………………………………………………………………
b- En vous basant sur la structure syntactico-sémantique des phrases obtenues,
expliquez les rapports syntagmatiques et paradigmatiques qu’entretiennent les unités qui les
constituent.

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Ex. n°3. Expliquez la définition suivante du mot ‘’lexique’’

Ensemble des unités significatives d'une langue, excluant généralement les unités
grammaticales et donc en inventaire ouvert, envisagé abstraitement comme un des systèmes
constitutifs de cette langue. Le lexique est souvent opposé au vocabulaire, comme un
inventaire d'unités virtuelles à l'ensemble d'unités réalisées dans un corpus (ou, ce qui revient
au même, dans un texte) (GREIMAS-COURTES 1979).

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Ex. n°4– Partant de la chaîne parlée où se succèdent les unités linguistiques, expliquez
comment l’élément ‘’le’’ entretient des rapports syntagmatiques et des rapports
paradigmatiques dans la phrase suivante : le petit chat est malade.
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2- Rapports entre les mots du lexique


Les unités lexicales d’une langue donnée ne sont pas isolées les unes des autres mais
entretiennent entre elles des rapports doubles : rapports formels (liens entre les signifiants ;
cas de la paronymie, homonymie) et rapport sémantiques (liens entre les signifiés ; cas de la
polysémie, synonymie, hyperonymie, antonymie).

2-1-Rapports formels

Les langues naturelles contiennent un bon nombre de mots qui gardent entre eux des
rapports formels. Ils sont prononcés et orthographiés de manière similaire ou identique mais
leurs significations sont différentes. Ce type de mots, constitué essentiellement de paronymes,
d’homonymes et d’homographes, nécessite d’être maîtrisé et mémorisé dans le processus
d’apprentissage d’une langue. Cela éviterait de commettre des erreurs d’impropriété
habituellement faites lors de la rédaction de textes et allant jusqu’à déformer leur sens et les
rendre embarrassants.

2-1-1-Les paronymes

2-1-1-1-Définition

On appelle paronymes (grec para " à côté" et onoma "nom") deux mots ou une suite
de mots de sens différents mais de formes et de sonorités relativement voisines. Dans l’usage,
ces mots sont susceptibles d'être confondus et, parfois à tort, utilisés l’un à la place de l’autre
ce qui peut introduire des difficultés de communication.

Ex : a- Le gouvernement a été renversé par la collusion des deux parties extrêmes.


b- La collision de deux trains a fait des dégâts importants

a- collision ’’accident’’/ b- collusion ’’entente secrète’’

Ex : a- L’éruption incessante de la lave du volcan menace les villages avoisinants.


b-Plusieurs chefs d’état ont condamné l’irruption de l’ennemi dans ce pays.

a- ‘’jaillissement’’ / ‘’attaque, incursion’’

2-1-1-2-Genèse des paronymes

La similitude formelle des paronymes peut être due à

►un radical commun auquel sont greffés des affixes différents (préfixe ou suffixe):
opposition /apposition
assentiment / ressentiment/ pressentiment.
destinateur/ destinataire

►à un radical commun associé à des radicaux différents (composition) :


épigramme / épitaphe / épigraphe : mots formés de la même racine
grecque épi ‘’sur au-dessus’’.
►à un radical commun mais avec des sens différents selon des domaines précis
réfection/réfaction

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Les deux termes de sens différents dérivent du verbe refaire. Si, en droit, on utilise le
syntagme réfection d’un acte qui signifie que cet acte doit être refait, rédigé de nouveau,
tandis que le terme réfaction désigne la réduction des prix.

infantile (médecine)/ enfantin (éducation)


maladie infantile ‘’ qui est relatif à l’enfant’’ ; raisonnement enfantin ‘’qui ne convient qu’à
un enfant’’

►au hasard, aucun rapport de formation (un terme est moins connu que l’autre) :
élimer /éliminer ; bourré/bourru ;
infesté/ infecté ; inapte/ inepte

►La paronymie peut être étendue également à des expressions figées


tenir tête ‘’ résister’’ / tenir la tête ‘’ être le premier’’

2-1-1-3-Usages des paronymes

La figure de style qui recourt à la paronymie est la paronomase. Celle-ci consiste à


rapprocher volontairement des mots dont les sonorités se rapprochent. Grace à ses qualités
musicales, elle est aisément mémorisée ce qui explique son usage notamment dans le domaine
- de la publicité : le thon c’est bon ;
-des proverbes : qui se ressemble s’assemble
-de la poésie : Horrible vie ! Horrible ville ! (Charles Baudelaire)
- du style littéraire: les résistants hésitent. Les hésitants résistent. (Eugène Ionesco).

2-1-2- les homonymes

2-1-2-1-Définition
L’homonymie correspond à l’identité graphique et/ou phonique de deux ou plusieurs
unités qui se distinguent sémantiquement l’une de l’autre. Elle est définie, selon le
dictionnaire en ligne ([Link] comme ‘’ Relation entre
plusieurs formes linguistiques ayant le même signifiant graphique et/ou phonique et des
signifiés totalement différents; formes linguistiques qui ont entre elles cette relation’’.

2-1-2-2-Types d’homonymes
a-Quand les unités exhibent uniquement une identité phonique, on a affaire à des
homophones hétérographes. Exemples :
Bout n.m ‘’extrême’’ / boue n.f. ‘’terre détrompée’’
Chat n.m. ’’animal’’ / chas n.m. ‘’trou d’une l’aiguille par où passe le fil’’.
Coup n.m. ‘’choc physique’’ / cou n.m. partie du corps’’
Faim n.f. ‘’besoin de manger’’ / fin n.f.’’ limite’’
Pot n.m. ‘’récipient’’ / peau n.f. ‘’fourrure’’
Saut n.m. ‘’action de sauter’’ / sot n.m. idiot.

Ce type d’homonymie peut être élargi au domaine de séquences phoniques ambiguës :


leur signifiant renvoie à des interprétations différentes ; ainsi dans [tylapεl], dont le code
graphique lève l'ambiguïté («tu l'appelles», «tu la pèles», «tue la pelle», «tu l'appel», [ptitru],
représentation phonétique qui donne lieu à deux interprétations et donc à deux représentations
graphiques ‘’petit trou’’ et ‘’petite roue’’...)

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b-Quand les unités présentent une identité graphique, on parle d’homonymes ’homographes.
Exemple :
Cuisinière n.f. ‘’femme de ménage’’ / cuisinière n.f.’’ four servant à cuire’’
Dame n.f. ‘’femme mariée’’ / dame n.f. ‘’pièce dans le jeu d’échec’’.
Dé n.m. ‘’petit cube’’ (jeu de dés) / dé n.m. petit étui cylindrique à surface piquetée destinée à
protéger le doigt qui pousse l’aiguille ‘’ (dé à coudre).
Etalon n.m. ‘’cheval mâle ‘’ / étalon n.m. ‘’ mesure de quantité’’
Livre n.m. ‘’ouvrage’’ / livre n.f. ‘’mesure de poids’’

Dans les dictionnaires de langue, les termes homonymiques ont des entrées distinctes à
la différence des termes polysémiques qui sont regroupés sous une même entrée. D’ailleurs,
dans les dictionnaires spécialisés, traitant un domaine de connaissance spécifique, il est très
rare de trouver des homonymes. On peut, par exemple, trouver dans un dictionnaire juridique,
le terme avocat ‘’professionnel du droit plaidant en justice pour ses clients’’ et non avocat
‘’fruit exotique’’ alors que les deux homonymes peuvent figurer ensemble dans un
dictionnaire monolingue.

N.B. Quand les unités s’écrivent de la même façon, mais se prononcent différemment,
on a affaire à des homographes non homophones. Exemple :
- est [ɛ] ‘’verbe être 3ème per.’’ / est [ɛst] ‘’ point cardinal’’
- content [kõtᾶ] adj. ‘’satisfait’’/ content [kõt] v. de conter’’faire le récit d'un fait’’
- couvent [kuvᾶ] ‘’Pensionnat de jeunes filles tenu par des religieuses.’’ / couvent [kuv]
‘’En parlant des oiseaux, s'étendre sur les œufs pour leur assurer la chaleur nécessaire
au développement normal de l'embryon : Une poule qui couve dix œufs.

Il n’existe aucune relation sémantique entre les homonymes. Toutefois, leur présence
en synchronie peut parfois s’expliquer dans une perspective diachronique. L’évolution
sémantique d’un mot à l’origine polysémique peut donner lieu à deux homonymes et faire
disparaître la parenté lointaine entre le point de départ et le point d’arrivée, défini comme
usage contemporain du terme. Exemple :
a-Grève : n.f : (1190 ; lat [Link]) terrain plat, formé de sables gravier, situé au bord de la
mer ou d’un cours d’eau. (bord, côte, plage).
b-Grève : n.f. : (1805, faire grève, être en grève ‘’ se tenir sur la place de Grève, en attendant
de l’ouvrage’’). Cessation volontaire et collective du travail décidée par des salariés pour
obtenir des avantages sociaux et matériels (arrêt de travail).
Historiquement le mot grève était polysémique. Il renvoyait au sens primitif de ‘’plage
de gravier’’ et au sens second ‘’action sociale’’ qui se greffe sur le sens premier puisque les
ouvriers qui cessaient le travail s’assemblaient à Paris sur la place de grève au bord de la
Seine. L’origine supposée commune des deux homophones a et b est tombée dans l’oubli et la
désuétude.

2-1-2-3- Origine des homophones


La plupart des homonymes dont le nombre ne fait que s’amplifier sont des mots
monosyllabiques résultant de la perte d’inflexions et du processus de raccourcissement.
L’origine de l’homonymie peut être historique ou étymologique. Dans le premier cas, le sens
dérivé d’un mot polysémique n’est plus ressenti comme relié au sens primaire. Les deux sens
évoluent séparément mais en conservant une forme identique. Quant à l’homonymie
étymologique, elle se produit lorsque des mots d'origine différente présentent des similarités
phonétiques ou orthographiques. Parfois encore, l’homonymie peut résulter du phénomène de
l’emprunt qui peut coïncider dans la forme ou la prononciation avec les mots natifs.

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2-2-Rapports sémantiques
Les unités lexicales entretiennent des rapports sémantiques plus ou moins étroits (liens
entre les signifiants). Ces rapports se divisent en deux types :
a) rapports d’équivalence (cas de synonymie) et d’opposition (cas d’antonymie);
b) rapports hiérarchiques (cas d’hyponymie et d’hyperonymie). Ces relations se manifestent
sur le plan syntagmatique qui délimite la valeur et le sens des différentes unités lexicales.
D’autre part, elles contribuent à leur structuration sur le plan paradigmatique.

2-2-1- L’antonymie (relation d’opposition)


2-2-1-1- Définition

L'antonymie, du grec anti « contre » et onoma «nom», représente deux signifiés ou


deux termes de formes lexicales différentes dont les signifiés sont opposés ou antonymiques.
Deux termes antonymiques ont la caractéristique d'être liés entre eux par un trait sémantique
commun tout en s'opposant par d’autres traits. Par exemple, les termes mâle et femelle sont
antonymiques car, bien qu'ils soient contraires, ils sont unis par ce qui les définit, à savoir le
sexe. Les antonymes sont donc des mots de graphie et de sons différents, appartenant à la
même partie du discours et caractérisés par la polarité sémantique de leur signification
dénotative. Ils sont subdivisés en plusieurs classes.

2-2-1-2- Classification des antonymes

2-2-1-2-1-Classification morphologique
a-antonyme absolu ou de racines
Généralement, les antonymes ont des racines différentes.
[Link]/mauvais ; beau/laid ; réussite/échec ; chance/risque ; amour/haine ; défendre/
attaquer ; ami/ennemi, civilisé / barbare…

b antonymes dérivationnels
Certains antonymes sont formés à l'aide de préfixes et de suffixes qui communiquent
au mot dérivé un sens contraire à celui de sa racine.
- dé- (et ses variantes : dés-, dis-). Ex : apparaître / disparaître ; construire / déconstruire ;
- in- (et ses variantes : im-, ir-, il-). Ex : colore / incolore ; réel / irréel, lisible / illisible
-a- Ex. normal / anormal
-anti- Ex. gel / antigel ; viral / antiviral ;
-pro / anti- Ex. prorépublicain / antirépublicain
-phile / -phobe Ex. fracophile/ francophobe
-pète /-fuge Ex. centripète / centrifuge

2-2-1-2-2-Classification sémantique :
a-antonymie complémentaire (ou non gradables)
Les antonymes complémentaires sont des mots caractérisés uniquement par une
opposition binaire en deux membres ; le refus d'un membre de l'opposition implique
l’affirmation de l'autre, autrement dit l’un exclut l’autre. Par exemple, l’absence de sexe
masculin signifie sexe féminin. Cette classe comprend des couples antonymiques tels que
éveillé/endormi, vivre/mourir, féminin/masculin, absent / présent. Elle s'applique à tous les
antonymes qui ont une relation de réalisation ou de non réalisation d'une propriété. Par
exemple, si quelqu'un est présent à une réception, cela signifie qu'il n'est pas absent. Si cette
personne est absente en revanche, alors elle n'est pas présente.

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b-antonymie scalaire
L’antonymie scalaire (gradable) est la plus répandue. Elle repose sur des oppositions
graduelles qui s'éloignent d’un point central, point neutre. Les éléments qu’elle embrasse se
caractérisent par différents degrés polaires quant à la même propriété ou notion, qu'il s'agisse
de la taille (grand/petit), du poids (lourd/léger), de la température (chaud/froid), du goût
(bon/mauvais), de qualités physiques (beau/laid), etc. L'affirmation d'un terme ne signifie pas
forcément la négation de son antonyme car on peut occuper le point intermédiaire et n'être,
par exemple, ni l'ami ni l'ennemi de quelqu’un ; ni le défendre ni l’attaquer ; ni l’aimer ni le
haïr. Un individu qui n’avance pas ne signifie pas forcément qu’il recule, puisqu'il peut
s’arrêter et donc ni avancer ni reculer. Dans ce cas, s’arrêter est l'élément neutre du couple
antonymique avancer/reculer. Et tout couple antonymique qui possède un élément neutre est
gradable. Ainsi Dans un rapport de contrariété, les antonymes scalaires se distinguent des
antonymes polaires par le fait qu’ils reconnaissent des termes intermédiaires (par exemple :
grand/(moyen)/petit ; commencement/(milieu)/fin ; brûlant/chaud/ (tiède/ frais) / froid/glacial.

c-antonymie réciproque
Les antonymes réciproques (ou conversifs) sont des mots qui désignent un seul et
même objet (action, chose, qualité, phénomène) vu de différents points de vue des participants
situés sur des positions diamétralement opposées, par exemple acheter-vendre, concessions
mutuelles de recevoir. Cette relation de réciprocité confère un rôle particulier aux agents en
jeu : vendre n’est pas le réciproque d’acheter que parce que le «sujet» de l’un est le
«destinataire» de l’autre, et réciproquement. Dans les couples comme prendre/donner,
exporter/importer, acheter/vendre et dans les couples exprimant des relations parentales tels
que mari/femme, mère/père, mère/fille, père/fils, les deux termes désignent un seul et même
référent et en même temps deux points de vue opposés : entrer dans la possession d’une chose
et céder le droit de propriété de cette chose.

2-2-2- Synonymie (relation d’équivalence)

2-2-2-1-Définition
Les synonymes sont deux ou plusieurs mots appartenant à la même partie du discours,
interchangeables réciproquement dans les contextes linguistiques. Ils possèdent une ou
plusieurs significations dénotatives presque identiques et se distinguent par des nuances de
sens différentes, des connotations et des caractéristiques stylistiques.

2-2-2-2- Classification des synonymes


Selon que la différence est dans la dénotation ou connotation, les synonymes sont
classés en idéographique et stylistique.

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a- Les synonymes idéographiques

Ils désignent les différentes nuances ou des degrés différents d'une qualité donnée. Ils
sont presque identiques dans une ou plusieurs significations dénotatives et interchangeable au
moins dans certains contextes. Par exemple, dans le groupe synonymique ‘’choisir,
sélectionner, élire, opter’’, le mot choisir a le sens le plus général, les autres se caractérisent
par des différences clairement stables : opter implique un choix entre deux ou plusieurs
choses qui s'excluent et dont on ne peut retenir qu'une seule ; élire implique un choix par voie
de suffrage, sélectionner implique un choix des éléments possédants des caractéristiques
déterminées au sein d’un ensemble.

b- Les synonymes stylistiques


La langue littéraire utilise souvent des mots poétiques, des archaïsmes comme des
alternatives stylistiques des mots neutres, par exemple poulette pour fille. Dans de nombreux
cas, un synonyme de style a un élément d'élévation dans son sens. Il est l'inverse processus de
dégradation.

2-2-3- Sources de la synonymie


L'une des sources essentielles de la synonymie, dans presque toutes les langues, est
l’emprunt lexical. Elle se manifeste par la coexistence des unités natives, simples et
stylistiquement neutres auprès des unités empruntées aux langues en situation de contact. Les
synonymes sont également créés par des sources internes d’une langue. Beaucoup de mots
marqués maintenant dans les dictionnaires comme «archaïques» ou «obsolètes» sont
abandonnés dans la compétition de synonymes, d'autres ont survécu avec une signification
plus ou moins différente de celle d'origine.

2-2-3--La polysémie
2-2-3-1-Définition
A travers le temps, les mots acquièrent des sens nouveaux et en perdent aussi. Par
exemple, à l'origine, arriver signifiait ‘’toucher la rive, aborder; approcher de la rive ou du
port’’ et s'utilisait surtout dans le domaine maritime. Mais à travers le temps, le sens s'est
étendu pour s'appliquer à toutes les destinations, physiques ou même abstraites. Ainsi, on peut
avoir ‘’arriver à un but’’ (obtenir un résultat souhaité), ‘’arriver à une femme’’ (obtenir ses
faveur) arriver à une conclusion’’ (atteindre), ‘’arriver à un lieu’’ (parvenir à destination)…
Ainsi la polysémie est-elle une caractéristique du vocabulaire des langues humaines. Elle est
associée à la fréquence d’utilisation d’un mot. Ainsi, plus un mot a une fréquence élevée, plus
le nombre de ses acceptions ou significations sont élevées et constituent ainsi sa structure
sémantique ou son champ sémantique.

2-2-3-2-Dénominations des types de significations lexicales


Au sein d’un champ sémantique, plusieurs dénominations ont été créées pour
distinguer les différents types de significations lexicales, en tant qu’éléments d’une structure
sémantique d’un mot : directe/figuratif ; principale/dérivé ; primaire/secondaire ;
concret/abstrait ; central/périphérique ; général/spécial ; étroit/étendu…
La signification est directe lorsqu’elle nomme le référent sans l’aide d’un contexte. Le
sens est figuré lorsque le référent est désigné et, en même temps, caractérisé par sa
ressemblance avec un autre objet. La différence entre le sens principal (primaire) et le sens
secondaire (dérivé), comme par ailleurs l’interrelation des différentes significations qui
composent la structure sémantique d’un mot, est liée à deux approches de la polysémie :
diachronie et synchronie. La polysémie diachronique est entendue comme le développement

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(ou le changement) sémantique dans la structure d’un mot. Exemple : le sens premier du mot
salaire est ‘’somme d’argent remise au salarié’’, sens déterminé par la fréquence de
l’apparition du mot dans le discours. Plus tard, un sens second est apparu ‘’récompense ou
punition’’ qui venait se greffer au sens préexistant. Quant à la polysémie synchronique, elle
est comprise comme la coexistence de diverses significations du même mot à une certaine
période historique du développement de la langue.

2-2-3-3- Polysémie et contexte linguistique


La polysémie est un phénomène du langage, et non de la parole. En règle générale, la
signification contextuelle ne représente qu’une des variantes sémantiques possibles du mot
polysémique ou l’une de ses acceptions. La polysémie ne peut pas interférer avec la fonction
communicative de la langue parce que la situation et le contexte neutralisent toutes les
significations non désirées, déterminent la signification particulière de chaque mot et
l’individualisent Les deux principaux types de contextes linguistiques qui servent à
déterminer les significations individuelles des mots sont le contexte lexical et le contexte
grammatical.

a- Contexte lexical
Dans le contexte lexical, ce qui revêt une importance essentielle est représenté par des
groupes lexicaux combinée aux mots polysémiques, qui l’objet d’étude. Par exemple,
l'adjectif lourd , pris isolément, possède le sens "d'un grand poids". Ainsi, le mot lourd a pour
sens premier ‘’dont le poids est lourd, pesant’’. Il revêt différentes significations suivant sa
combinaison avec des groupes lexicaux différents comme il est illustré ci-dessous :

- canon lourd ; artillerie lourde ; mitrailleuse lourde … signifie ‘’de gros calibre’’.
- sommeil lourd ; rêverie lourde… signifie ‘’difficile à interrompre’’
- marché lourd signifie marché dont les cours stagnent ou sont en baisse
- sol lourd ; terre lourde… signifie terre qui se laisse difficilement travailler.
- un parfum lourd, une odeur lourde… signifie difficile à supporter
- style lourd signifie qui comporte des répétitions qui gênent la fluidité de l'œuvre.
- accent lourd; voix lourdes… signifie dont le son est grave, peu distinct et parfois assez fort

b- contexte grammatical
Dans le contexte grammatical, le contexte de la structure grammaticale
(principalement syntaxique) sert à déterminer les significations individuelles variées d'un mot
polysémique. Prenons les exemples suivants:

1-Si je ne prenais pas mes précautions, il me ferait un gosse à tous coups.


faire a pour sujet et complément, pourvus des traits lexicaux [+animés, humains+], il revêt le
sens ‘’de rendre enceinte’’
.
2- Sa négligence a fait que... Salammbô n'en racontait pas davantage…
faire que + complétive admet pour sens ’’avoir pour résultat que’’

3- Je prierai la Sainte Vierge de vous faire très heureux


faire suivie du complément [+animés, +humains] +adj. attribut signifie ‘’rendre, faire
devenir’’
Ainsi, les contextes linguistiques (verbaux) comprennent des contextes lexicaux et
grammaticaux. Ils s’opposent à des contextes linguistiques supplémentaires (non verbale). En
linguistique, le sens du mot est déterminé non seulement par des facteurs linguistiques, mais

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aussi par la situation réelle dans laquelle le mot est utilisé ce qui donne naissance à plusieurs
mécanismes de formation du sens.

2-2-3-4-Procédés de mise en relation des significations


a-Extension (élargissement du sens). L'extension de la capacité sémantique d'un mot est la
conséquence des changements socio-culturels intervenant dans une communauté linguistique
et se situe dans le cadre de son développement historique. Par exemple, le mot ‘’gain’’ et ses
dérivés appartenant au domaine agricole (gagner ‘’faire paître’’; un gagnage était un
‘’pâturage’’ ; gaigneur ‘’cultivateur’’ ; gain ‘’la récolte’’, a connu une extension de sens en
désignant le produit obtenu par toute espèce de travail, et même celui qui est acquis sans
travail.

b-Rétrécissement (restriction) du sens. La contrepartie de l’extension du sens est son


rétrécissement, la limitation de la capacité sémantique d'un mot dans le développement
historique, par exemple la viande signifiait ‘’ aliment dont se nourrit l'homme; nourriture
quelconque’’. Actuellement, sa signification est réduite à’’ Chair comestible d'un animal’’.

c-Amélioration du sens. Il s’agit d’un processus sémantique qui affecte le contenu d’un mot,
en lui apportant des nuances favorables ou mélioratives. Par exemple le ministre, autrefois,
signifiait simplement ‘’celui qui accomplit une tâche au service de quelqu'un, serviteur’’.
Aujourd’hui, il signifie ‘’Homme d'État chargé d'administrer les affaires publiques’’

d-Dégradation (ou dégénérescence) du sens. Le changement sémantique, par lequel, pour


une raison ou une autre, un mot acquiert une certaine valeur négative, par exemple brigand
qui désignait jadis ‘’un soldat allant à pied et faisant partie d'une brigade ‘’ revêt aujourd'hui
un sens nettement négatif ‘’un voleur ‘’.

e-Métaphore. Le transfert de nom est basé sur l'association de similitude. C'est l’application
d'un nom ou un terme descriptif à un objet auquel il n’est pas littéralement applicable. Par
exemple, dans la phrase : ce vieillard est une tortue, le trait commun entre le comparé et le
comparant est la lenteur, la marche lente.

f-Métonymie. Le transfert de nom est basé sur l'association de contiguïté. C'est un dispositif
universel dans lequel le nom d'une chose est changé pour celui d'un autre, à laquelle elle est
liée par association d'idées, comme ayant des liens étroits entre eux. Par exemple, la
chaise peut signifier "le président", la barre ‘’les avocats’’.

2-2-4- Hyperonymie/hyponymie (relation hiérarchique)

1-2-4-1-Définition

Selon Lehmann et Martin-Berthet (1998), "La relation d'hyponymie est une relation
hiérarchique qui unit un mot spécifique (sous-ordonné), l'hyponyme, à un mot plus général
(superordonné) nommé l'hyperonyme’’. Cette relation hiérarchique où les unités lexicales
n’occupent pas le même niveau sémantique est aussi un rapport d'inclusion. Par exemple, le
terme véhicule qui sert de nom à une classe d’objets, comprend, entre autres, les termes
voiture, train, car bus, taxi… La relation hyponymique est la relation entre le terme
générique ‘’véhicule’’ et les termes spécifiques : ‘’voiture, train, car, bus, taxi’’, inclus dans le
terme générique.

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Les dictionnaires de langue utilisent les hyperonymes dans la définition dite logique
ou définition par inclusion laquelle consiste à relier un mot-vedette (mot à définir) à une
classe plus générale. Ainsi ‘’orange’’ est définie comme ‘’fruit’’ terme générique auquel est
adjointe la différence spécifique ‘’comestible du genre citrus, à pulpe très juteuse, divisée en
cloisons et en loges, au jus jaune et parfois rouge, à l'écorce d'un jaune tirant sur le rouge.’’ La
relation sémantique entre les deux lexèmes ‘’orange’’ et ‘’fruit’’ est une relation d’inclusion.
Le premier est dit hyponyme (terme spécifique ou espèce) du deuxième lexème dit
hyperonyme (terme générique) : orange est l’hyponyme de fruit
fruit est l’hyperonyme de orange

Les termes ‘’orange’’, ‘’pomme’’, ‘’banane’’ qui sont des hyponymes d'un même
hyperonyme ‘’fruit’’ s'appellent des co-hyponymes. La structure qui comprend un
hyperonyme et ses co-hyponymes est appelée arbre hyponymique.

2-2-4-2- structure hiérarchique


La structure sémantique hiérarchique reflète la tendance des sociétés humaines à
structurer le monde environnant d’une manière qui corresponde à leur vision du monde. Elle
se manifeste dans la relation d’hyperonymie et d’hyponymie organisant les concepts mentaux
de façon taxinomique.
Les structures hiérarchiques diffèrent d’une langue à l’autre. Certaines comme le
berbère connaissent des trous lexicaux, définis comme l’absence d’hyperonymes susceptibles
d’inclure des séries d’hyponymes.

Classification des domaines conceptuels d᾽après Geeraerts & Grondelaers (2002 : 61)

niveau Domaines conceptuels


niveau générique plante animal vêtement véhicule fruit
niveau de base arbre chien pantalon voiture pomme
niveau spécifique chêne labrador jeans bolide reinette

Le lexique est structuré en trois niveaux ou sous systèmes qui reflètent les relations
sémantiques ordonnés hiérarchiquement d’une langue donnée. Le niveau supérieur (niveau
générique) est représenté par des hyperonymes comme plante, animal, vêtement, véhicule,
fruit. Le niveau intermédiaire (niveau de base) est représenté par arbre, chien, pantalon,
voiture, pomme, unités lexicales les plus utilisées dans le processus de l’acquisition de la
langue par les enfants. Enfin, le niveau inférieur (niveau spécifique) est constitué des termes :
chêne, labrador, jeans, bolide, reinette qui nécessitent la maîtrise des détails qui les
caractérisent.

2-2-4-homonymie et monosémie
Selon [Link] (1970,70) ‘’la monosémie peut être définie comme un rapport
univoque existant entre un signifiant et un signifié’’. Elle caractérise en particulier les langues
de spécialités où les termes sont bi-univoques : une réalité est dénommée par un seul terme et
un seul terme ne désigne qu’une réalité. Aucune ambiguïté ne se pose au niveau du sens.
Exemple : Le terme ‘’puce’’ désigne des contenus différents, donc des sens différents, dans
des domaines bien distincts. ‘’Puce’’ en zoologie véhicule un sens totalement différent de
celui que désigne puce en informatique. Ces deux mots qui ont une même forme et des sens
différents peuvent être listés comme deux homonymes dans la langue générale mais comme
des mots monosémiques (où à chaque signifiant correspond un seul signifié) dans chaque
glossaire propre à tel ou tel domaine de spécialité.

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En général, si les mots monosémiques ne font pas appel au contexte pour interpréter
leur sens puisque celui-ci est révélé par les traits inhérents, les homonymes, au contraire, ont
besoin d’un contexte pour lever leur ambiguïté. Exemple : baie, ce mot employé comme nom
féminin, peut signifier ‘’ fruit, fenêtre, golf ‘’; employé comme adjectif, cette autre forme a le
sens ‘’de couleur de la robe d’une jument.’’ . Le signifié propre à chaque unité ou signifiant
ne peut être élucidé que si le contexte précis de chaque signifiant est pris en compte. Les
homonymes se caractérisent donc par l’absence de sème commun. A chaque signifiant
correspond un signifié unique qui est révélé par les traits contextuels

Le sens des mots monosémiques est communiqué par les traits inhérents ou sèmes
nucléaire alors que celui des homonymes est révélé par les traits contextuels. Entre ces deux
cas extrêmes de rapport du signifiant et du signifié se situe le phénomène de polysémie.

‘’ [Celui-ci] consiste en ce que les emplois d’un signifiant donné, tout en reposant sur
un certain contenu sémique commun se ramifie par le jeu de contextes, en certain nombre
d’acceptions, parfois si diverses que le rapport de base peut devenir pratiquement
imperceptible à l’usager.’’ (ibid.p71)

Dans la polysémie, la relation qui s’établit entre le signifiant et le signifié n’est pas
univoque. A un seul signifiant, sont associées plusieurs acceptions dégagées en contexte sans
que celles-ci cessent de participer à un contenu sémique commun.

2-2-5- Polysémie/ homonymie

►Comment peut-on distinguer la relation d’homonymie de la relation de polysémie ?

a-critère sémantique :
Si la relation de sens se manifeste clairement ; il s’agit de polysémie, sinon il s’agit
d’homonymie.

b-critère morphologique :
Deux homonymes peuvent se distinguer
par le genre. Exemple : Un livre intéressant / une livre de beurre.
par la catégorie grammaticale. Exemple : la ferme est vendue (det+n+v)
je ferme la porte (n+v+det+n)
c-critère graphique
Exemple : on parle de stère
on parle de se taire

d-critère de dérivation
Exemple : l’étalon et la jument / l’étalon d’or

Seul l’étalon (d’or) donne naissance à une forme dérivée, en l’occurrence la forme verbale ‘’
étalonner, tester en comparant à une mesure’’

►Quelle est la frontière limite entre polysémie et homonymie ? A partir de quel degré
de disjonction sémantique décidera-t-on qu’on a affaire à un ensemble d’homonymes et non à
un mot polysémique ou polysème ? Deux tendances se posent à ce sujet :

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1- tendance à la multiplication des homonymes


La grammaire distributionnelle considère que toute variation régulière et systématique
de l’environnement d’une unité lexicale rend celle-ci distincte de toutes les autres et la définit
comme une unité discrète à part. Jean-Dubois et al, fidèles à ce principe, ont proposé dans leur
ouvrage résolument synchronique Dictionnaire du Français Contemporain (DFC) des
disjonctions de polysèmes en plusieurs unités lexicales. Les critères sur lesquels ils fondent
ces disjonctions sont essentiellement :

►les distributions différentes correspondent à des valeurs sémantiques différentes. Exemple :


cher ‘’aimé’’ admet un complément introduit par la préposition ‘’à’’ alors que cher ‘’couteux
ne l’admet pas.

►le contenu sémantique associé au signifiant considéré est tel que le mot qu’il constitue peut
entrer dans plusieurs paradigmes ; la recherche des synonymes et des antonymes est
significative.
Cher→ synonyme : aimé, chéri, bien aimé ; antonyme : odieux, détesté.
Cher→ synonyme : couteux, dispendieux ; antonyme : bon marché.

►les dérivés formés sur la base du signifiant considéré ne correspondent habituellement qu’à
l’une des acceptions du mot. La cherté de la vie n’exprime que la notion du prix et non celle
d’amour.
En vertu de ces arguments, le DFC nous offre deux entrées distinctes pour les deux
homonymes ‘’cher’’.

2- Tendance au regroupement polysémique


La tendance au regroupement des sens perd aujourd’hui sa pertinence et devient moins
courante que la tendance au dégroupement des sens. Sa manière de procéder consiste à
étudier, sans exclure la perspective diachronique, les divers types possibles de relations entre
les diverses acceptions d’un polysème en termes de restriction ou d’extension de sens, de
métaphore et de métonymie, d’addition ou d’effacement de sèmes. Elle n’admet
d’homonymie que dans le cas où il n’existerait aucun sème commun, aucune intersection
commune.
Exemple :
Pour le mot ‘’café’’, le Petit Robert identifie cinq significations :
1°) ‘’graines du fruit du caféier’’ dans récolte du café.
2°) ‘’ces graines torréfiées’’ dans paquet de café.
3°) ‘’caféier’’ dans une plantation de café.
4°) ‘’boisson obtenue par infusion de grains torréfiés et moulus’’ tasse de café.
5°) ‘’lieu public où l’on consomme des boissons’’ dans garçon de café.
Ces acceptions sont mises en relation par différents procédés parmi lesquels on
distingue les figures de rhétorique (métaphore et métonymie) et les procédés sémantiques
d’extinction et de restriction de sens.

1°) →2°)= restriction de sens (des graines dans leur ensemble aux graines torréfiées.
1°) →3°)= métonymie (la partie pour le tout)
2°) →4°)= métonymie (la matière pour le produit)
4°) →5°)= métonymie (le lieu pour le produit de consommation) avec extension de
sens (du seul café à toutes sortes de boissons)

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Rappel :
La métonymie consiste à désigner un objet par le nom d’un autre objet uni au premier
par une relation qui peut être celle d’un contenant au contenu (boire un verre), du tout à la
partie (une voile pour le bateau), de l’objet matériel à la matière dont il est fait un (fer pour
une épée)…cette figure s’explique par une ellipse et par un déplacement de la référence d’un
objet à un autre.
Soit le mot polysémique ‘’glace’’ contenu dans le corpus suivant. On essaie
d’identifier et de mettre en relation les différentes acceptions qu’il revêt.
1- Un coin de la chambre est occupé par une armoire à glace
2- Avez-vous de la glace pour ce jus d’orange ?
3- Je voudrais de la glace à la vanille.
4- Mettez une couche de glace sur le gâteau.
5- Le bateau est resté pris dans les glaces de la mer baltique.
6- La glace étant rompue, nous devînmes bons amis.
7- Il fait chaud dans notre voiture ! Puis-je baisser la glace ?
8- Je cherche une glace ronde pour la mettre au-dessus du lavabo.
9- Si le temps se rafraîchit encore, on pourra patiner sur la glace de l’étang.
10- Ce matin, les vitres de ma voiture étaient recouvertes de glace.
11- La glace de la vitrine est recouverte de poussière.
12- Comme il n’aimait pas Baudelaire, il resta de glace.

NB. Un mot polysémique est celui qui revêt plusieurs significations qui entretiennent entre
elles des relations selon des procédés rhétoriques ou sémantiques. Dans le cas où de telles
relations s’avéreraient impossibles, on aura affaire à des homonymes. Ainsi, pour étudier la
polysémie du mot ‘’glace’’, on catalogue les différentes significations ensuite, on procède par
leur mise en relation.

I- Identification des significations :


A- eau congelée (eau solidifiée par le froid) : 2-,10-.
B- surface d’eau congelée : 5-,9-.
C- crème glacée : 3-.
D- plaque de verre : 7-,11-.
E-miroir : 1-,8-.
F- couche de sucre glacée (poudre très fine) :4-.
G- gêne dans la communication :12-,6-.

II- Mise en relation des différentes significations


Pour établir une relation entre différentes significations, on suppose un signifié de
puissance à travers lequel dérivent des signifiés d’effet. Ce signifié de puissance, conçu
comme construction conceptuelle permet à la fois un classement logique et cohérent des
diverses acceptions et introduit dans le champ sémantique un principe d’unité comme par
ailleurs, il peut rendre compte, dans une perspective historique une certaine cohérence dans
l’évolution créatrice des unités lexicales.
A métonymie (tout→ partie) B
A métonymie (tout→ partie) C
A métaphore (transparence) D extension du sens E
A métonymie (tout→ partie) F
A métaphore (relation de similitude) G
Soit le mot ‘’ glace’’ défini dans deux dictionnaires : le Petit Robert (PR) et le Dictionnaire
du Français Contemporain (DFC).

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PR :
Glace I 1°) eau congelée. Loc. fig. ‘’être de glace’’ être insensible.
rompre la glace : dissiper le malentendu, la gêne mutuelle.
2°) boisson ou crème congelée et fondante.
II (1245) Par analogie d’aspect de I 1°)
1°) plaque de verre ou de cristal. Vitre de voiture.
2°) plaque de verre qui reflète les images.
3°) couche brillante et lisse nappant certains gâteaux.
4°) joailleries.

DFC 1°) Glace : eau congelée par le froid.


→ glace, glacer, glacé, déglacer, glaciaire, glacial, glacier,
glacière, glaçon.
2°) Glace : crème glacée.
→ glacier
3°) Glace : être de glace, rompre la glace.
→ glacer, glaçant, glacé, glacial, glaçon.
4°) Glace : 1°) plaque de verre.
2°) vitre de voiture.
3°) plaque de verre réfléchissante.
Dans le PR nous avons une seule entrée fortement polysémique alors que dans le DFC
nous avons quatre entrées lexicales homonymiques.
I du PR correspond à 1°) ,2°) ,3°) du DFC
II du PR correspond à 4°) du DFC.
Dans le PR domine une conception polysémique
Dans le DFC domine la conception homonymique

Conception polysémique
►privilégie la langue écrite et donc le mot graphique ;
►étudie le mot en tant qu’unité pourvue d’un noyau sémique correspondant à des valeurs
d’emplois. Pour ce faire, on cherche la relation qui pourrait être étymologique entre le sens de
base (sens primitif, sens premier) et le sens secondaire (effets de sens, sens dérivés).
Exemple : le mot ‘’racine’’ revêt un certain sens pour le dentiste, un autre pour le
mathématicien, un autre encore pour le linguiste. Ces trois sens coexistent en synchronie avec
le sens courant du mot la racine d’une plante, sens premier dont dérivent les autres sens.
►fait appel à l’analyse grammaticale pour préciser les divers sens d’un mot et lever toute
ambiguïté qui pourrait naître si le mot est séparé de son environnement syntaxique.
Exemple : Fixer quelqu’un = le regarder fixement.
Fixer quelque chose au mur = faire tenir quelque chose au mur.
Fixer un rendez-vous à quelqu’un = décider la date d’un rendez-vous.
Se fixer dans une région = s’établir dans une région.

Conception homonymique
►s’intéresse au fonctionnement de la langue et donc le mot étudié est envisagé en tant
qu’unité du discours.
► sépare les différentes acceptions du mot même si, sur le plan diachronique, il est possible
de repérer des relations qui les unissent.
Puisqu’il faut bien que le lexicographe distingue entre homonyme et polysème, en
voici les critères auxquels il faut recourir.
1- Une distribution différente et constante.

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2- Une combinatoire syntactico-sémantique différente.


3- Un champ dérivationnel différent.

2-2-6-La grille lexico-syntagmatique


Il s’agit d’établir les champs lexico-syntagmatiques dont une unité lexicale pourra
figurer et discerner ainsi la pluralité de ses significations. La question de savoir s’il s’agit de
plusieurs homonymes ou polysèmes se passe pour une question secondaire. Pour la catégorie
du nom, on étudie la nature du complément (introduit ou non par une préposition), ses traits
lexicaux et ses dérivés ; pour celle du verbe, on étudie le COD et/ou COI, la possibilité de se
combiner avec un sujet animé humain, comptable, la dérivation ; pour celle de l’adjectif, on
examine sa place (antéposé/postposé) ; sa possibilité de recevoir un complément, la
préposition, un modifieur, un attribut…

Exemple : appréhender
1- Ma mère appréhendait la visite de mon oncle.
2- Les policiers ont appréhendé l’escroc à l’aéroport.
3- J’appréhende qu’il ne lui soit arrivé un accident.
4- La vie exige que nous appréhendions les choses dans le rapport qu’elles ont à nos
besoins.
5- J’appréhende de vous laisser partir seul par ce temps.

I-Contexte syntaxique :
Dans notre corpus, le verbe ‘’appréhender’’ se combine avec un complément qui se
manifeste dans trois possibilités différentes
a- SN complément. 1-,2-,4-.
b- Que+ proposition. complétive 3-
c- De+ proposition infinitive. 5-.

II-Combinatoire syntactico-sémantique :
a- complément est [-ah] [-concret] 1-,3-,4-,5-
b- complément est [+ah] [+concret] 2-
III-Dérivés :
Le verbe appréhender admet un seul dérivé ‘’appréhension’’ qui correspond à 1-,3-,4-,5
Les sens attribués à ce verbe sont
- ‘’redouter’’ 1-,3-,5-,
- ‘’arrêter’’ 2-
- ‘’concevoir’’ 4-
Il y a au moins deux entrées pour le verbe ‘’appréhender’’ d’où nous avons affaire à une
conception homonymique.
appréhender Compl (nature Compl [+/- ah] dérivé synonyme
grammaticale)
1 SN [-ah ] appréhension redouter
2 SN [+ah ] Ǿ arrêter
3 Q+p [-ah ] appréhension redouter
4 SN [-ah ] appréhension concevoir
5 De+prop. Inf. [-ah ] appréhension redouter

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Exercices
1-paronymie
1-1-Soulignez le mot paronyme convenable.
a- Le câble s’est (sectionné / sélectionné) sous l’effet de la surcharge.
b- Les criquets ont (infesté / infecté) les champs.
c- Ils (évoquèrent / invoquèrent) Dieu à l’heure du danger.
d- Durant son interrogatoire, il a subi de graves (services / sévices)
e- (A l’issue de, a l’insu de) la réunion, de nombreuses décisions ont été prises.
f- Le feu a (consumé, consommé) une usine de confiserie

1-2-Précisez le sens de chaque paronyme par l’un des compléments suivants : (un
message – un terrain – de rats - d’un thermomètre – de couleurs – ses doigts avec une scie
– un joueur –une plaie)
a-1 la gradation…………………………… a-2 la graduation…………………………
b-1 défricher……………………………. b-2 déchiffrer……………………………
c-1 infecter…………………………… c-2 infestée……………………………..

d-1 sectionnés……………………….. d-2 sélectionner………………………

2-homonymie
2-1- Choisissez l’homonyme correct :
a- Le trou de l’aiguille est le……………… (Chat – chas – shah).
b- Le………. (court - cours -courre -cour) est un écoulement continu de l’eau d’une
rivière.
c- L’………… (aire – aire – ère – erre – haire – hère) est une époque fixe à partir de laquelle
on commence à compter les années.

2-2 - Ecrivez les homonymes dont voici la transcription phonétique


a-[tǎ] 1- Le vent (……………..) les voiles
2- Votre fils qui vous aimait (……………..)
3- Il est (…………………) de partir.
4- Tu (…………………) ta main
b-[pǎse] 1- Les mots ont trahi sa (………………….)
2- A quoi (………………)-vous ?
3- J’ai (…………….) à tout.
4- Faites-moi (……………) à poster ma lettre.
5- L’infirmière a (……………….) le pied du malade
3-antonymie
3-1-Utilisez des préfixes pour former les antonymes des mots suivants
a-honnête/……………………………….. ; b- légal/……………………………… ;
c-normal/………………………………… ; d-mobile/…………………………….. ;
e-content/………………………………… ; f-agréable/……………………………. ;
g-faire/…………………………………. .., ; h-capable/………………………………
3-2-Choisissez l’antonyme de l’adjectif clair (foncé-trouble-obscure-confuse-opaque-
grave) contenu dans les groupes nominaux ci-dessous
a- une nuit claire /……………………………………….
b- un costume clair / un costume…………………………
c- une eau claire / une eau………………………………
d- une réponse claire / une réponse……………………..
e- une pièce claire / une pièce……………………………

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f- un teint claire / un teint…………………………………


g- un tintement claire / un tintement………………………
h- un discours claire / un discours………………………..

3-3-Complétez le tableau avec les paires antonymiques suivantes : présent/absent ;


chaud/froid ; succès/échec ; mari/femme ; acquitter/condamner ; amour/haine ; ami/ennemi ;
léguer/hériter ; propriétaire/locataire ;

Rapport d’opposition Paires antonymiques


-gradable -
-
-
-complémentaire -
-
-
-réciproque -
-
-

4-synonymie
4-1- Choisissez, partir de la liste des mots donnés entre parenthèse, le synonyme du
verbe ‘’abattre’’ souligné dans chaque phrase . (assassiner, épuiser, démolir, tuer,
couper)
a- La manière dont les castors abattent les arbres est curieuse.
b- le braconnier venait d’abattre un mouflon.
c- La victime a été abattue avec une arme à feu.
d- la maladie l’avait abattu.
e- Le maçon est chargé d’abattre la vieille maison.

4-2- Dans chaque liste, entoure le synonyme du mot en gras.


a – avare : cupide – curieux - généreux – stupide - bavard
b – hardiesse : curtage- courage- lâcheté- curage -courtage
c - abaisser: diminuer – fermer – augmenter – apaiser - abuser
d – souvent: rarement – toujours -fréquemment - quotidiennement
e – éphémère: durable –stable - passager – beau – peureux- éternel
f – inclure : exclure- méconnaître – contenir – détenir – reconnaître

5- polysémie
5-1- Soit le corpus
a- Les mauvais résultats n’ont point abattu son espoir.
b- Le boucher venait d’abattre un bœuf.
c- L’aigle s’est abattu sur un lapin
d- Il faut abattre ce plafond à moitié délabré.
(I) Donnez dans chaque cas un synonyme ou, à défaut, une courte paraphrase du verbe
‘’abattre’’. Le verbe paraît-il comme étant polysémique ?
(II) Quels sont les traits lexicaux de ses compléments ?
(III) A quel sens produit correspondent les dérivés : abattement, abattage, abat ?
Montrez- le dans chaque cas par un exemple (contenant un dérivé).
abattre Traits lexicaux du Dérivé synonyme
complément[+ah ]

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a
b
c
d

5-2- Soit le corpus


a-Je vais charger les valises dans le coffre de la voiture.
b-Le directeur m’a chargé de vous transmettre ses encouragements
Faites attention en chargent votre fusil
d-C’est alors que la cavalerie chargea.
e- Le commissaire a été chargé de l’enquête sur le vol des bijoux

I) Donnez dans chaque cas un synonyme ou, à défaut, une courte paraphrase du verbe
‘’charger’’. Le verbe paraît-il comme étant polysémique ?
(II) Si oui, étudiez la nature grammaticale et les traits lexicaux de ses compléments.
(III) Formulez les règles d’emploi du verbe qui déterminent sa polysémie.

6- hyperonymie/ hyponymie
6-1-Soulignez l’hyperonyme des co-hyponymes de chaque liste ci-dessous :
a)- palmier, pin, sapin, figuier, cerisier, arbre.
b)- chat, vache, baleine, mammifère, renard, lynx
c)- véhicule, voiture, camion, vélo, moto, autobus.
d)- aigle, oiseau, rouge-gorge, moineau, perdrix, oiseau-mouche.
e)- frigo, lave-vaisselle, cuisinière, électro-ménager, fer à repasser.
f)- brochet, carpe, épinoche, saumon, morue, poisson.
g)- piailler, crier, ululer, bramer, rugir, roucouler, cacaber.

6-2- Trouvez l’hyperonyme des séries suivantes :


a) redingote, blouson, veste, chemise, tricot, manteau.
b) trotteur, sandale, brodequin, espadrille, mocassin, soulier.
c) table, chaise, armoire, coffre, réchaud
d) chaise, canapé, divan, banc, pouf.
e) rugby, volley-ball, judo, saut, nage.
f) potiron, navet, oignon, courgette.
g) mulot, campagnol, porc-épique, rat

7- Commentez et discutez cette affirmation : Lorsqu’une mise en relation des différentes


significations est possible, on a à faire à un mot polysémique. Dans le cas contraire, nous
avons autant de mots homonymes qu’il y a de significations différentes.

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3-Champ lexical

Un texte est conçu comme un tissu où les fils à la manière des mots sont liés et
enchevêtrés. L’étudier nécessite une réflexion sur sa composition, son architecture faite d’un
ensemble de mots liés sémantiquement et pouvant être regroupés par un thème, exprimé par
un mot clé. Un champ lexical représente donc cet ensemble de mots de diverses catégories
grammaticales (verbes, noms, adjectifs et expressions) qui recouvrent la même notion, la
même idée, et que l’on peut mettre en relation puisqu’ils sont unis par le même thème. Par
exemple, si dans un texte, nous trouvons les verbes comme ‘’séjourner’’, ‘’atterrir’’,
‘’traverser’’, des expressions comme ‘’faire une escale’’, suivre un itinéraire, ‘’faire une
randonnée’’, des noms comme ‘’une escale’’, ‘’la destination’’, le départ’’…, nous pouvons
dire que cette série de mots se rapporte au champ lexical du voyage.

Si nous voulons rédiger un texte sur le thème de la démographie, nous essayerons de


trouver les mots qui se rapportent à cette idée et qui constituent son champ lexical. Nous
utiliserons alors comme unités lexicales ‘’peupler’’, ‘’recenser’’, ‘’s’accroître’’, ’’stabiliser’’,
‘’natalité’’, ‘’mortalité’’, ‘’densité’’, ‘’moyens contraceptifs’’, ‘’planification’’, ‘’régulation
des naissances’’, espérance de vie’’, fécondité’’…

Un texte littéraire, à travers sa linéarité, peut contenir plusieurs champs lexicaux


enchevêtrés et associés sans qu’ils appartiennent au même niveau de signification. Leur
importance varie selon l’importance accordée aux différents thèmes. Il s’en suit qu’un champ
lexical dominant d’un texte est celui qui, par le nombre de ses termes, occupe une place de
choix parmi les autres champs et permet de révéler le thème dominant ou principal.

Un champ lexical peut renforcer la cohérence thématique, caractériser un personnage,


un lieu ou un objet en empruntant un lexique neutre, valorisant ou dévalorisant. Son repérage
constitue un moyen efficace pour découvrir le thème central et les thèmes secondaires,
d’interpréter le sens global du texte et de révéler les intentions de l’auteur.

Exemples de champs lexicaux


a-odorat : sentir, parfumer, renifler, repoussant, malodorant, infect, fétidité, puanteur..
b-ouïe : cri, tapage, sonnerie, cacophonique, musical, grave, entendre, écouter…
c-vue : épier, surveillance, scruter, être fasciné, admirer, regard, œil, sauter aux yeux
d-toucher : appuyer, frottement, chatouiller, caresse, collant, rugueux, poli, tâter...
e-goûter : déguster, saveur, sucré, amer, délicieux, piquant, langue, savourer…

Exercices corrigés

Ex n°1- Placez les mots de la série suivante dans un champ lexical que vous nommez :
publication, sourd, préface, naviguer, écho, édition, vague, retentissant, poisson, entendre,
imprimer, bateau.

a-champ lexical du livre : publication, préface, édition, imprimer


b- champ lexical de la mer : naviguer, vague, poisson, bateau
c- champ lexical de l’ouïe : sourd, écho, retentissant, entendre.

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Ex n°2- Lisez l’extrait suivant en y cherchant deux champs lexicaux différents et donnez
le thème révélé par chacun d’eux.

J’avais fréquenté l’école coranique pendant un certain temps. On me demanda de


m’exercer à la calligraphie parce qu’elle mène, nous répétait le fqih, droit au paradis. Pour
écrire sur la planche en bois, il fallait tailler un roseau fin, le tremper dans une écritoire
profonde, et recomposer patiemment les paraboles coraniques jusqu’à la vision chantante.
La petite planche sur laquelle devait se développer mon savoir resta longtemps
blanche ; je ne savais ni écrire, ni aiguiser la plume de bois ; je posais la planche sur mes
genoux, comme un symbole inutile. Le fqih, patriarche très proche du bon Dieu par sa barbe
et son autorité, nous enseigna quelques procédés mnémotechniques. Ma mémoire s’évanouit
vaguement, puis elle devint vite une pomme gâtée.
Abdelkébir Khatibi (1971). La mémoire tatouée. Paris : Editions Denoël. P39.

Le repérage des champs lexicaux et l’identification des thèmes qu’ils évoquent


constituent un outil important dans l’interprétation du sens d’un texte.
Le thème principal de l’extrait est celui de l’enseignement traditionnel. Celui-ci est
révélé par un nombre élevé d’unités lexicales empruntées à ce domaine et disséminées tout au
long du texte : école coranique, calligraphie, fqih, écrire, planche en bois, roseau fin, écritoire
profonde, paraboles coraniques, savoir, enseigna, procédés mnémotechniques, mémoire.
Autour de ce thème central se greffe, entre autres, celui de la religion qui occupe une
place secondaire. Son vocabulaire est très restreint quoiqu’il s’étale sur tout le texte : école
coranique, fqih, paradis, paraboles coranique, Dieu.
Le recours à de tels champs lexicaux traduit l’attitude de l’auteur qui déprécie et
critique ce genre d’enseignement.

Ex n°3- Identifiez le champ lexical dominant dans l’extrait suivant et relevez les mots
qui en font partie :
Il [Candide] passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d’abord un
village voisin ; il était en cendres : c’était un village abare que les Bulgares avaient brûlé,
selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs
femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglants ; là des filles éventrées
après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros, rendaient les derniers soupirs ;
d’autres, à demi brûlées, criaient qu’on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient
répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés.
Voltaire. (1977). Candide ou l’optimisme. Bordas, Paris, p : 48.

Champ lexical : l’horreur de la guerre


Mots qui se rapportent à ce thème sont : morts, mourants, cendres, brûlé, vieillards criblés de
coups, mourir, femmes égorgées, mamelles sanglants, éventrées, assouvir les besoins (=viol),
derniers soupirs, demi brûlées, donner la mort, bras et jambes coupés

Ex n°4
Quels sont les thèmes de la description suivante ? Repérez les champs lexicaux qui s’y
rapportent.
Naturellement destiné à l’exploitation de la pension bourgeoise, le rez-de-chaussée se
compose d’une première pièce éclairée par les deux croisées de la rue, et où l’on entre par une
porte-fenêtre. Ce salon communique à une salle à manger qui est séparée de la cuisine par la
cage d’un escalier dont les marches sont en bois et en carreaux mis en couleur et frottés. Rien
n’est plus triste à voir que ce salon meublé de fauteuils et de chaises en étoffe de crin à raies

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alternativement mates et luisantes. Au milieu se trouve une table ronde à dessus de marbre
Sainte-Anne, décorée de ce cabaret en porcelaine blanche ornée de filets d’or effacés à demi
que l’on rencontre partout aujourd’hui.
Honoré de Balzac, le Père Goriot.

L’observation du texte montre deux séries de lexèmes appartenant à deux champs


lexicaux différents :
a- pension, rez-de-chaussée, pièce, porte-fenêtre, salon, salle à manger, cuisine, cage d’un
escalier, marches constituent les parties de la maison, en l’occurrence la pension Vauquer.
b- fauteuils, chaises en étoffe de crin à raies, table ronde, cabaret en porcelaine blanche
représentent l’ameublement qu’on peut y trouver.

L’ensemble de tous les mots énumérés relève de la description du référent. Il constitue


un champ associatif où les unités lexicales, appartenant à chaque domaine précis et définies
par des rapports syntagmatiques, entretiennent des relations sémantiques lointaines tout en
gardant un rapport avec l’idée de base ‘’parties de la maison’’ ou ‘’ameublement’’. Ainsi
l’univers qu’elles représentent est homogène ; tout s’enchaîne et se converge.

Ce champ associatif s’oppose au champ générique où les unités lexicales entretiennent


des relations paradigmatiques (‘’in absentia’’) et fournissent des possibilités de substitution.

________________________________

Exercices

Ex. n°1 - Les séries de lexies évoquent chacune un champ lexical, lequel ? Elles
comportent chacune un intrus, trouvez-le.

a)- piston, cylindre, bielle, soupape, vilebrequin, mannequin


font partie du champ lexical du………. …………… intrus……………..
b)-vent, neige, moto-neige, température, dépression, climat tempéré
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
c)- crayons, pinceaux, aquarium, peindre, aquarelles, palette
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
d)-viande, poisson, lait, pin, fruits, légumes, œufs,
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
e)- foulard, vêtir, chemise, chimique, pantalon, costume
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
f)- Le marathon, le football, la boxe, la nage, l’usinage
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..

Ex. n° 2- Identifiez le champ lexical pour chacune des listes suivantes.


a)- céleste, étoiles, télescope, planètes, astronomes, galaxies. R………………………………
b)- horloge, montre, calendrier, jour, année, horaire, R………………………………
c)- message, informer, télégraphiquement, radio, télévision, satellites. R……………………
d)- piano, clarinettiste, notes, musical, tambourin, rythmie. R……………………………
e)- ordinateur, souris, imprimante, scanner, logiciel, programmation. R………………………
f)- diagnostique, otoscope, patients, médical, hospitaliser, ophtalmoscope. R…………………

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Ex. n° 3- Complétez le tableau en plaçant les mots suivants dans la colonne qui convient.
Scénario, atmosphère, huissier, ralenti, procureur, perturbation, trucages, juge, baromètre,
plan, cyclone, sentence, légalité, acteur, accusé, humidité, montage, innocent, brume,
panoramique, orage, mixage, grêle, plaidoiries.

Champ lexical de la justice Champ lexical du cinéma Champ lexical de la météo

Ex. n° 4 - Quel est le thème dominant dans le passage suivant ? Repérez le champ
lexical qui s’y rapporte.
(Ce texte, extrait du roman autobiographique‘’ Le Fils du Pauvre raconte un des souvenirs
d’enfance de Mouloud Feraoun).

Je me souviens, comme si cela datait d’hier, de mon entrée à l’école. Un matin, mon
père arriva de la djema avec un petit air mystérieux et ému. J’étais dans notre cour crépie à la
bouse de vache, près d’un kanoun où se trouvait une casserole de lait. Ma mère venait de
rentrer à la maison. Elle allait prendre une pincée de sel et une motte de couscous, pour
apprêter son déjeuner du matin. […]
- Vite, vite, dit-il à ma mère, lave-le entièrement, les mains, la figure, le cou , les pieds.
Crois-tu que le cheikh acceptera un singe pareil ?
- Il y a aussi sa gandoura qui est sale, dit ma mère. Il faudrait peut-être attendre
demain. Je la laverai ainsi que son burnous. […]
- Demain toutes les places seront prises. Et puis il vaut mieux ne pas commencer
l’école par des absences. Il ne faut pas qu’il reçoive des coups par notre faute. D’ailleurs,
inutile d’arriver en retard aujourd’hui . Dépêchons-nous !
Je fus débarbouillé en hâte et cinq minutes après, encore abasourdi, je débarquai dans
la vaste cour de l ‘école, toute grouillante d’élèves…à cent lieues de mon déjeuner. Seule dans
la maison, ma petite sœur Titi fêta l’événement en s’octroyant la casserole de couscous…

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4- Le champ sémantique

Le terme ‘’canard’’, comme le révèle l’article du dictionnaire le Petit Robert (1977 :


244), est fortement polysémique puisqu’il admet plusieurs sens. Il peut désigner, entre autres,
un oiseau palmipède, une fausse nouvelle, un morceau de sucre…L’ensemble de toutes ses
différentes significations représente son champ sémantique. Chacune d’elles peut être extraite
d’un environnement bien précis où le mot canard se trouve actualisé.
On appelle donc un champ sémantique l’aire recouverte, dans le domaine de la
signification, par un mot ou un groupe de mots.

1-Etude du champ sémantique du mot ‘’canard’’


Pour le mot canard, le PR nous en fournit les significations suivantes :
1°) Oiseau palmipède. Cuis. Canard rôti. Spécialt ; mâle de cet oiseau et spécialement du
canard domestique.
2°) fam. Marcher comme un canard (se dandiner). Mouillé, trempé comme un canard : très
mouillé.
3°) Fig. morceau de sucre trempé dans un liquide, dans du café.
4°) (1884) son criard, fausse note.
5°) (1750) fig. et fam. Fausse nouvelle lancée dans la presse pour abuser le publique. Par ext.
(1848), journal de peu de valeur.

1°) oiseau ; 2°) viande (rôti du canard) ; 3°) morceau de sucre ; 4°) son criard ; 5°) fausse
note ; 6°) journal

(I) mise en relation des significations


A- procédés sémantiques
(2°)→ (1°)= restriction (spécialisation) du sens.
Variation de la signification de base (1°)’’oiseau’’ a une signification
beaucoup plus étroite et réduite. Ainsi pour canard, le trait de sens
Générique ‘’oiseau’’ exprime la signification de base commune pour (1°)
et (2°). La spécialisation du sens s’explique par un trait définitoire
spécifique ‘’viande (comestible) de cet oiseau’’.

(6°)→ (5°)= extension (élargissement) de sens, emploi étendu.


Variation de la même signification par l’adjonction d’un trait spécifique
‘’journal de canard’’ ainsi le journal de peu de valeur (6°) est un journal qui
contient des canards c’est-à-dire des fausses nouvelles (5°).
A noter également que la relation entre les deux acceptions est une
relation de contiguïté, entre contenu et contenant et donc une relation
métonymique. L’extension est marquée par le signe abréviatif par ext.

B- Procédés rhétoriques
Ils consistent à passer du sens propre à un sens dit sens figuré par une figure de sens
dont les plus utilisées sont la métaphore et la métonymie
La métaphore et la métonymie représentent les deux principales figures de la chaîne
discursive. La métaphore, sorte de comparaison abrégée, est fondée sur un rapport de
similitude ; elle consiste à remplacer le nom spécifique d’une réalité par un autre grâce à la
présence d’un trait sémantique commun unissant les deux réalités. La métonymie opère un
transfert de dénomination en remplaçant un substantif par un autre lié avec lui par un rapport
de contiguïté et pouvant lui être substitué au niveau de l’axe paradigmatique.
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(4°)→ (1°) : (4°) ‘’fausse note, son criard’’ entretient une relation avec (1°) ‘’oiseau’’
et précisément avec le cri de l’oiseau. Entre les deux significations
s’établit une relation de similitude et donc une relation métaphorique.

(3°)→ (1°) : (3°) ‘’morceau de sucre’’ entretien une relation avec’’ oiseau’’ (1°),
relation de similitude, relation métaphorique.

(5°)→ (1°) : (5°) fausse nouvelle’’ et (1°) ‘’oiseau’’ relation de similitude.

NB. - Les emplois métaphoriques sont signalés par les marques Fig (figuré) et par Anal
(analogie). Les emplois métonymiques sont signalés occasionnellement par méton. (par
métonymie)
(2°) viande (5°) fausse nouvelle.
restriction métaphore
(1°) oiseau

métaphore extension/métonymie

métaphore
(3°) morceau de sucre (6°) journal

(4°) fausse note

La présence de relations sémantiques et rhétoriques entre les différentes significations du mot


‘’canard’’ justifie son caractère polysémique. Dans ce processus de mise en relation des
différentes acceptions ou d’évolution sémantique, on fait appel à une perspective historique en
essayant d’expliquer comment les effets de sens (2°), (3°),(4°)…sont issus du sens primitif
(1°) ‘’oiseau’’.
Cette perspective a l’avantage d’expliquer, en partie, ce que [Link] appelle
néologie sémantique. A ce propos, Christian Baylon et Paul Fabre, dans ‘’La
sémantique.’’(1978,201) notent que ‘’La métaphore joue un grand rôle dans la création
lexicale et beaucoup de termes de sens figurés sont des métaphores usées par l’emploi’’. Ainsi
le vieillissement de l’acception ‘’fausse nouvelle’’ (5°) fait disparaître de la conscience la
relation métaphorique qu’elle entretient avec l’acception ‘’oiseau’’ (1°) et la relation
métonymique entretenue avec ‘’journal’’ (6°). Le vieillissement impose une modification de
la signification comme il est illustré dans le DFC qui présente le terme canard sous une seule
entrée, avec un sens à part, sans aucune relation avec ‘’fausse nouvelle’’.
Il importe de signaler également que, dans un acte de parole, la relation unissant telle
ou telle acception du mot ‘’canard ‘’ne se manifeste pas au niveau de la conscience du sujet-
parlant. As-tu lu le canard ? Le sujet n’établit aucune relation métonymique entre ’’ l’oiseau’’
(1°) et le sens actualisé dans cette phrase, en l’occurrence, le sens de ‘’journal’’ (6°), celui
filtré par l’environnement syntaxique.
Enfin, l’étude de la mise en relation des différentes significations s’intéresse au mot
graphique tel qu’il est envisagé dans le lexique et non dans son usage réel dans le discours.

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(II) Analyse en traits sémantiques

L’interprétation sémantique d’une phrase dépend, en plus du contexte pragmatique et


énonciatif, de la signification des unités lexicales qui la constituent et du contexte syntaxique
dans lequel celles-ci se trouvent employées.
Quant à l’interprétation du sens des lexèmes, conçu comme un ensemble de traits
sémantiques, elle consiste à opérer une succession de choix binaire formulé par +/- portant
sur tel ou tel trait sémantique. A ce sujet, Christian Baylon et Paul Fabre (ibid., 82)
expliquent que :

‘’Chaque terme du lexique est défini par un faisceau de traits syntaxiques, de la


même manière qu’on phonème est caractérisé par un faisceau de traits acoustiques. Ces traits
qui caractérisent les mots peuvent avoir des valeurs : +,-, ou ±, c’est-à-dire neutres ou
indifférent. Les mots sont définis par :

-des traits catégoriels qui définissent la catégorie grammaticale : garçon [+nom…] ;

-des traits de sous catégorisation qui définissent les sous-catégories : sincérité [-quantifiable,
+abstrait,…] ; les noms seront munis d’un trait [+déterminant] indiquant qu’ils peuvent être
précédés d’un déterminant, l’article par exemple.

-des traits de sélection qui définissent le contexte syntaxique ; ils précisent que certains
verbes et adjectifs ne peuvent être associés qu’à certains noms : effrayer peut se construire
avec un objet direct, celui-ci doit être un nom animé précédé d’un déterminant.

-des traits inhérents, au statut discuté, appliqués aux noms comme le trait +graisse au
beurre.’’
Ces traits sont illustrés dans cet exemple du mot canard de Katz et Fodor cité par
Christian Baylon et Paul Fabre (ibid., 83)

canard

nom

non-matériel matériel

faux animé inanimé

nouvelle son musical mâle journal comestible

oiseau oiseau sucre

viande

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canard

nom

matériel objet de sensation non-matériel objet d’intellection

autres auditif journal (son contenu) fausse nouvelle

animé non-animé

oiseau journal sucre viande fausse note

matériel/non-matériel ex : il a lu le canard.
auditif/non-auditif ex : il a émis un canard.
animé/non-animé ex : le canard est blessé.
________________________
Exercices corrigés :
étude du champ sémantique
Ex. n°1. Soit le corpus
1) La forêt est infestée de renards.
2) Elle a acheté un manteau à col de renard.
3) Ce commerçant est un renard
4) La chasse aux renards a été organisée par quelques paysans.

(I)- Donnez les différentes acceptions du nom renard


(II-)Ordonnez la polysémie du mot selon les relations sémantiques.
(III)- Etablissez une hiérarchisation des traits sémantiques.

(I) ‘’animal’’ (mammifère carnivore) Ex : 1 et 4


‘’fourrure du renard’’ (peau) Ex : 2
‘’personne rusée’’ Ex : 3

(II) 1et4 : le sens premier, signifié de puissance est ‘’animal


1-‘’animal’’ 2-‘’fourrure : relation de contiguïté ; relation métonymique.
1-‘’animal’’ 3- ‘’rusé’’ : relation de similitude ; relation métaphorique.

(III) arbre sémique renard


animé non-animé
+humain -humain
3 1-4 2
(IV) grille sémique
Ex : 1- 4 Ex : 2 Ex : 3
renard
animal + - -
rusé + - +
à la fourrure appréciée + + -

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Ex n°2 (même exercice que le précédent)


1)- Tu abîmes le tapis avec le fer de tes chaussures.
2)- La Mauritanie figure parmi les premiers producteurs de fer.
3)- Mon grand-père avait une santé de fer.
4)- Les nobles étaient prompts à croiser le fer.
5)- La discipline de fer qu’il fait régner le fait craindre des élèves.
6)- As-tu rangé ton fer à repasser.
(I) 1)- plaque de fer fixé sous la chaussure à l’avant et à l’arrière pour protéger la semelle.
2)- minerai, métal blanc grisâtre ; 3)- solide, fort, résistant, robuste ; 4)- épée ; 5)- rigide,
inflexible ; 6)- outil de repassage.

(II) 2 : sens primitif


2----------1 : métonymie
2----------3 : métaphore
2----------4 : métonymie
2----------5 : métaphore
2----------6 : métonymie
(III) arbre sémique fer
comptable non-comptable

concret non-concret

rigide solide

1-4-6 (A) 2(B) 5(C) 3 (D)

fer

concret non-concret
comptable non-comptable
instrument

de guerre de ménage pour protéger la semelle

épée fer à repasser fer de chaussures minerai rigide solide

(IV) grille sémique


fer A B C D
concret (matériaux) +
comptable (objet) +
rigide +
résistant +
Exercices

Ex. N°1- Indiquez, quand c’est possible, si les termes soulignés suivants sont des cas de
métaphore ou de métonymie. Justifiez votre réponse.
a - Le cœur est un agent principal de la circulation du sang.
b - Elle a préparé un cœur à la crème.
c - Voilà une intervention qui porte sur le cœur de la question !
d - J’ai bu une tasse, au café.

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e - Toute la salle est émue par ce film.


f - L’homme est un loup.
g - Ce médecin fait partie de la Croix-Rouge.
h- Le parlement avait convoqué le ministre
i- Sous l’action du feu, les oreilles de cette marmite peuvent se détacher.
j- Le bureau de l’association a pris des décisions importantes
k- Le bureau est une table sur laquelle on écrit, on travaille.
l-Les employés étaient à leur bureau au moment de l’accident

Ex. N°2- Quel rôle jouent la métaphore et la métonymie dans l’étude d’un mot
polysémique ? Donnez un exemple
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
Ex. N°3 - Soit le corpus
a –Il y a longtemps que ma montre n’a pas été réglée
b- Je n’ai pas eu le temps de régler ma note de l’hôtel.
c- Le conflit se réglera à l’amiable.
d- Pouvez- vous régler le moteur de la voiture.
e- Cette facture a-t-elle été réglée ?
f- Le directeur n’a pas encore réglé les détails de l’emploi du temps.

(I) Donnez un synonyme ou une paraphrase du verbe ‘’régler’’


(II) A quel sens produit correspondent les dérivés : réglage, règlement, réglable,
dérégler. Montrez–le dans chaque cas par un exemple.
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
Ex. N°4- Expliquez, en l’illustrant par des exemples, cette définition du terme polysémie
On désigne par polysémie le fait qu’une seule unité lexicale recouvre des sens
différents tout en présentant suffisamment de traits communs. Dans la conception
polysémique, le signe linguistique est une unité de la langue dont l’actualisation implique des
variations de sens selon ses environnements.
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………

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5-Le champ générique


Une classe sémantique est un ensemble de mots de même catégorie grammaticale et
dont les référents appartiennent au même domaine d’expérience et possèdent un ou plusieurs
traits sémantiques communs.

Exemple1 : la classe des cris d’oiseaux


Elle comporte des mots comme cacaber, piailler, hululer, roucouler, pépier…
qui appartiennent à une même catégorie grammaticale, celle du verbe et qui ont un trait
sémantique commun ‘’crier’’.

Exemple2 : la classe des sièges


Elle peut contenir des mots comme fauteuil, chaise, tabouret, banc, divan, canapé…qui
font partie d’une même catégorie grammaticale : le nom et qui partagent un caractère
commun : ‘’objets fabriqués pour s’assoir’’

Exemple3 : la clase des saisons de l’année


Elle a pour éléments : automne, hiver, printemps, été. Ils ont les mêmes propriétés,
celle d’appartenance à une même partie du discours : le nom et celle de partager la même
notion de saison.

Compréhension et extension
Ce sont deux concepts que l’on applique à la définition d’un mot.
►la compréhension d’un mot est l’ensemble de ses traits sémantiques (ou sémèmes ) qui
permettent de reconnaître l’appartenance de ce mot à une même classe sémantique.

Exemple de définition en compréhension de quelques termes


Chaise : siège à dossier sans bras
Banc : siège long à pieds pour plusieurs personnes
Siège : objet fabriqué pour s’assoir
Ce type de définition est privilégié en terminologie. Il décrit succinctement les
caractéristiques susceptibles d’identifier un élément comme faisant partie intégrante d’un
ensemble ou classe conceptuelle.

►l’extension d’un mot est l’ensemble de ses référents i.e. l’ensemble des objets réels ou
imaginaires, concrets ou abstraits auxquels réfère ce mot. Si on définit siège en extension, on
énumère tous les objets qu’on appelle ainsi et qui constituent son extension. Par exemple,
l’extension du mot siège est constitué des éléments comme chaise, fauteuil, tabouret, banc…
Ce type de définition est moins fréquent en raison non seulement de la difficulté de
cerner tous les référents d’un terme à définir mais aussi de sa longueur qui la rend parfois
floue voire illisible.

Terme générique et terme spécifique


Le mot chaise est un terme spécifique du mot siège, terme générique. Le rapport entre
les deux termes est un rapport d’inclusion (inclusion du spécifique dans le générique). Le mot
incluant ‘’siège’’ est immédiatement supérieur ou d’un niveau général que le terme spécifique
‘’chaise’’.
Le terme générique ‘’siège’’ a une très grande extension que le terme spécifique
‘’chaise’’, i.e. l’ensemble des éléments qu’on appellera chaise est inclus dans l’ensemble des
éléments qu’on appellera siège. En d’autres termes, toutes les chaises sont des sièges mais

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tous les sièges ne sont pas des chaises. Dans ce rapport, le mot chaise est dit espèce et le mot
siège genre.
‘’Genres et espèces s’organisent en séries hiérarchisées, de sorte que le genre
(autrement dit l’archisémème) d’une série de mots donnée peut figurer à titre d’espèce
dans une série plus abstraite : une chauffeuse (chaise basse) est une espèce de genre
chaise, qui est en elle-même une espèce du genre objet fabriqué, lui-même espèce de
genre chose. Le genre le plus faible en extension de tous ceux qui comprennent une espèce
donnée est appelé son genre prochain : chaise est le genre prochain de chauffeuse, siège, son
genre éloigné. C’est pourquoi nous avons décidé d’appeler champ générique l’ensemble des
mots ayant en commun un même genre.
J. Picoche.(1974) précis de lexicographie française .p97

Dans la définition en compréhension, on mentionne la notion générique la plus proche


(le genre) et les traits distinctifs ou la différence spécifique qui ramène ce genre à une espèce
et délimite celle-ci par rapport aux autres espèces appartenant au même champ notionnel ou
générique.

Exemple :
• déluge : pluie torrentielle d’assez longue durée.
Ce terme est défini au moyen d’un terme générique ‘’pluie’’ et des caractéristiques
distinctives ‘’ torrentielle’’ ‘’assez longue durée’’. Ces traits pertinents distinguent l’espèce
‘’déluge’’ des autres espèces ou types de pluies dont la bruine, le crachin, l’ondée, le grain,
l’averse.
• impasse : petite rue qui n’a pas d’issue
‘’rue’’ : terme générique (hyperonyme ou superordonné)
‘’petite’’ ‘’sans issue’’ différences spécifiques
•cormoran :oiseau palmipède au plumage sombre, bon plongeur (utilisé pour la pêche, au
Japon).
Analyse sémique
1-Eléments de définition
L’analyse sémique, basée sur le point de vue structural ou componentiel, vise à établir
la composition sémantique des unités lexicales. Dans cette perspective, chaque lexème peut
être analysé et décomposé en unités minimales de signification ou traits sémantiques
pertinents appelés sèmes (Bernard, Pottier : 1964) dont la fonction permet d’opposer les
lexèmes qui doivent être différentiés.
‘’Dans la terminologie de l’analyse sémique, le sème est l’unité minimale de
signification, non susceptible de réalisation indépendante, et donc toujours réalisée à
l’intérieur d’une configuration sémantique ou sémème’’ J. Dubois et al. (1973 : 433)

L’ensemble des sèmes définissant une unité lexicale est appelé sémème

‘’ Dans la terminologie de l’analyse sémique, le sémème est l’unité qui a pour


correspondant formel le lexème, il est composé de faisceau de traits sémantiques
appelés sèmes’’ (ibid)
Unité lexicale = sème1+sème2+sème3+sèmen

Sémème
(décomposable en unités minimales de sens : les sèmes)

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Cette représentation des lexèmes par traits sémantiques peut être illustrée par
l’exemple classique de Pottier à propos de la description de sièges.
Les différents types de sièges dont la chaise, le fauteuil, le tabouret…sont représentés
par un ensemble de sèmes ‘’pour s’assoir’’, ‘’sur pieds’’, ‘’avec dossier’’…L’absence (-) ou
la présence (+) d’un sème dans l’analyse des sièges permet de caractériser ces derniers ;
l’indétermination, désignée par (o) n’est pas considérée dans la description.
Dans le champ générique du concept siège, le lexème chaise, par exemple, a pour
sémème pour s’assoir (S1), sur pied (S2), avec dossier (S3), sans bras (S4)…A l’intérieur de
ce sémème, le fait de commuter un sème par un autre entraîne un changement de sens. Si on
commute ‘’sans bras’’ (S4), sème du mot chaise, avec ‘’avec bras’’, on obtient la définition
du lexème fauteuil. Si on permute ‘’avec dossier’’ avec le sème ‘’sans dossier’’, on obtient
tabouret.

2-Exemples d’analyse sémique


automobile= véhicule + traction moteur + quatre roues + transport personnes
moto = ‘’ ‘’ +deux roues

automobile = véhicule + traction moteur + quatre roues + transport personne


camion = véhicule + traction moteur + quatre roues + transport marchandises

Dans une grille sémique, nous avons une base sémantique commune partagée par tous
les termes qui font l’objet de description sémique. Chaque terme se distingue des autres par au
moins un composant sémantique ou sème. Ainsi l’analyse componentielle met en évidence les
relations sémantiques et permet de saisir la parenté lointaine ou étroite des unités appartenant
au même champ notionnel.

Soit l’ensemble constitué d’unités : crier, aboyer, glousser, miauler


sémème Manifestation par par le par le par la
lexème sonore buccale l’homme chat chien poule
crier + + + + +
aboyer + - - + -
glousser + - - - +
miauler + - + - -
Sème générique sèmes spécifiques
(ou classème) (ou sémantème)
glousser admet pour sémème’’ manifestation sonore buccale’’+’’ par la poule’’
miauler a pour sémème ’’manifestation sonore buccale’’+’’ par le chat’’
aboyer est le produit des sèmes ’’manifestation sonore buccale’’+’’ par le chien’’
Chaque lexème est représenté par des composants de sens, appelés sèmes qui ont la
charge de distinguer les différents lexèmes du champ lexical. L’ensemble de ces traits
sémantiques est désigné de sémème à l’intérieur duquel on peut distinguer le sème générique
(qui marque l’appartenance du sémème à une classe sémantique) et le sème spécifique (qui
marque l’opposition du sème à un ou plusieurs sémèmes de la classe dont il fait partie).
sémème humain adulte femelle
lexème
homme + + -
femme + + +
Garçon + - -
fille + - +

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Soit les lexèmes élève et étudiant appartenant au même champ lexical

Sémème humain en apprentissage dans une dans un établissement


institution d’études supérieures
lexème scolaire

élève + + + -
étudiant + + - +
Les sémèmes de cet ensemble s’opposent les uns aux autres en vertu de la présence
des sèmes différentiateurs

3-Elaboration d’une grille sémique


L’élaboration d’une grille sémique où chaque lexème est représenté par des traits
sémantiques plus ou moins partagés avec le reste des lexèmes du même champ nécessite le
passage par une série d’étapes. Pour illustrer cette démarche, nous proposons deux exemples
extraits d’ouvrage d’auteur.

a- Exemple classique du champ conceptuel de ‘’siège’’


Ce champ est composé des lexèmes suivants : banc, canapé, chaise, divan, fauteuil, tabouret.

1ère étape : relevé des définitions

Les définitions des termes du champ générique du siège sont ici fournies par le Petit Robert.
banc I. ‘long siège, avec ou sans dossier, sur lequel plusieurs personnes peuvent s’assoir à la
fois’’
canapé1°) ‘’long siège à dossier (à la différence du divan) où plusieurs personnes peuvent
s’assoir ensemble et qui peut servir de lit de repos’’.
chaise I.1°) ‘’siège à pieds, à dossier, sans bras, pour une seule personne’’
divan II ‘’long siège sans dossier ni bras qui peut servir de lit (le canapé a un dossier)
fauteuil 1°)’’ siège à dossier et à bras, à une seule place’’
tabouret ‘’ siège sans bras ni dossier, à pieds’’
Les définitions attestent que les termes qu’elles définissent font partie d’un champ
générique, celui des sièges en vertu de la présence d’un trait sémantique commun : siège.

2èmeétape : décomposition de la définition en sèmes

banc siège long avec ou sur lequel plusieurs


sans personnes peuvent
dossier s’assoir
canapé siège long à dossier où plusieurs personnes qui peut
peuvent s’assoir servir de lit
ensemble de repos
chaise siège à dossier à pieds sans pour une seule
bras personne
divan siège long sans sans qui peut
dossier bras servir de lit
fauteuil siège à dossier à une seule place
tabouret siège sans à pieds sans
dossier bras

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On regroupe ensuite les différents traits définitoires sous forme d’une série de
catégories sous lesquelles une valeur exprimée par + ou – qui signifient que la catégorie est
satisfaite ou non par le lexème x. Dans le cas de l’indétermination ou de la neutralisation des
traits, on utilise o ou +/-
siège long à dossier à pieds à bras pour + personnes peut servir de lit
banc + + +/- [+] [+/-] [+] [-]
canapé + + + [+] [+/-] [+] +
chaise + [-] + + - - [-]
divan + + - [+] - [+] [+]
fauteuil + [-] + [+] - [-]
tabouret + [-] - + - [-] [-]
Remarques
1-Les traits passés sous silence par le dictionnaire (traits suppléés) sont mis entre crochets [ ].
2- Les traits ‘’sur lequel plusieurs personnes peuvent s’assoir’’ (banc), ‘’où plusieurs
personnes peuvent s’assoir ensemble’’ (canapé), ‘’pour une seule personne’’ (chaise), et
‘’pour une seule place’’ ont été uniformisés en ‘’ pour plusieurs personnes’’
3- Dans banc, le trait ‘’ à dossier’’ est neutralisé et on note +/- à dossier.
4- les traits neutralisés (+/-) ne peuvent pas servir à la différentiation des termes du champ.

3èmeétape : suppression des termes redondants


On élimine les traits superflus redondants (non distinctifs) qui ne participent pas à
différencier les termes du champ lexical. On élimine te trait ‘’siège’’ et ‘’à pieds’’ considérés
comme non distinctifs. Les traits ‘’long’’ et ‘’pour plusieurs personnes ‘’ sont
redondants. On retient le second qui présuppose le premier
à dossier à bras pour+ personnes peut servir de lit
banc + [+/-] + [-]
canapé + [+/-] + +
chaise + - - [-]
divan - - [+] +
fauteuil + + - [-]
tabouret - - [-] [-]

4ème étape : structuration hiérarchique


Cette opération fait apparaître la hiérarchie des traits distinctifs ; le trait ‘’pour
plusieurs personnes’’ permet de ranger les termes du champ en deux séries :
I-banc, canapé, divan /+ pour plusieurs personnes/
II-chaise, fauteuil, tabouret /- pour plusieurs personnes /
La série I, à son tour, peut être subdivisée en deux sous-séries par le trait / peut servir de lit/
I-a : canapé, divan /+peut servir de lit /
I-b : banc /-peut servir de lit/
Les éléments de la sous-série I-a peuvent être différenciés par le trait ‘’à dossier’’
I-a1 : canapé /+à dossier/ I-a2 : divan /-à dossier’’
pour +pers peut servir de lit à dossier à bras
canapé + + + [+/-]
divan + + - -
banc + [-] [+/-] [+/-]
fauteuil [-] [-] + +
chaise [-] [-] + -
tabouret [-] [-] - -

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5ème étape : représentation par arbre

/pour plusieurs personnes/

+ -

/peut servir de lit/ /à dossier/

+ - + -

/à dossier/ banc /à bras/ tabouret

+ - + -
+
canapé divan fauteuil chaise

Le nœud des arbres est étiqueté par des traits ou par des termes du champ lexical et les
branches par les valeurs + ou -.

b-Exemple champ conceptuel de ‘’vêtement’’


Ce champ est composé des lexèmes suivant : chemise, corsage et tunique dont les
définitions suivantes sont fournies par Le Petit Robert (2003).
chemise : «vêtement de tissu couvrant le torse qui se boutonne sur le devant. »
corsage : «vêtement féminin de tissu qui recouvre le buste. »
tunique : «vêtement féminin, chemisier ou veste, long et ajusté. »

La décomposition des trois définitions montre que les trois lexèmes comportent le même trait
générique ‘’vêtement’’ qui marque leur appartenance à un même domaine d’expérience. À la
suite de ce définisseur, les définitions énumèrent les traits spécifiques qui permettent de
distinguer les uns des autres.

chemise ‘’fait de tissu’’+‘’couvre le torse’’+’’se boutonne’’+‘’sur le devant’’


corsage : ‘’féminin’’+’’fait de tissu’’+’’recouvre le buste’’ (3 traits spécifiques)
tunique ‘’ féminin’+ ‘’un chemisier ou une veste’’+ ‘’long’’+’’ajusté’’.

vêtement tissu couvre le couvre le long ajusté


torse buste
chemise + + + [+] - -
corsage + + - + - -
tunique + +/- [+] [+] + +

Les divers traits sémantiques permettent de situer les concepts les uns par rapport aux
autres, grâce aux sèmes génériques dénotant leurs similarités et aux sèmes spécifiques
signalant leurs différences. La définition doit comprendre autant de traits spécifiques qu’il est
nécessaire pour distinguer un lexème des autres appartenant à un même champ générique.

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Exercices

Ex. n°1 -Trouvez l’hyperonyme pour chacune des listes suivantes


a)- oiseau, insecte, mammifère, poisson, reptile.
hyperonyme :…………………………..
b)- fusil, revolver, canon, carabine, mitrailleuse.
hyperonyme :…………………………..
c)- bicyclette, moto, automobile, avion, train.
hyperonyme ;…………………………..
d)- thermomètre, baromètre, pluviomètre, anémomètre.
hyperonyme …………………………..
e) antibiotique, antalgique, antipyrétique, anti-inflammatoire.
Hyperonyme : …………………………..
f)-tempête, orage, tornade, tourbillon, bourrasque, cyclone
Hyperonyme : …………………………..

Ex. n°2- Classez, en identifiant leur hyperonyme, les unités lexicales suivantes selon deux
champs génériques :
couteau, chaise, ustensiles de cuisine, fauteuil, siège, banc, fourchette, assiette.
Champ générique(1) : hyperonyme……………………
hyponymes……………………………………………
Champ générique(2) : hyperonyme……………………
Hyponymes……………………………………………

Ex. n°3- Mettez dans la case convenable les mots suivants : odorat; rossignole ; siège ;
parfum ; oiseau ; pomme ; sens ; meuble ; fruit ; chaise ; aliment ; animal.

Genre éloigné Genre prochain espèce

- - -
- - -
- - -
- - -

Ex. n°4- Proposez un hypéronyme et un hyponyme pour chaque mot suivant : oiseau,
palmier, siège.

hyponyme mots hyperonyme


-a…………………. a- oiseau a-……………………….
-b…………………. b- palmier b-……………………….
-c…………………… c- siège c-………………………..

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6-Exercices et questions de réflexion

1-Répondez par vrai ou faux.


a Le lexicologie étudie uniquement les unités lexicales répertoriées dans les dictionnaires.
b- Les rapports paradigmatiques se trouvent à l’état latent alors que les rapports
syntagmatiques sont observables et reflétés par la chaîne parlée.
c- L’évolution d’un mot, à l’origine polysémique, peut donner lieu à deux homonymes.
d- les homonymes se caractérisent par la présence d’au moins un sème ou trait commun.
e- Les mots monosémiques nécessitent le recours au contexte pour interpréter leur sens.
f- Un paronyme est un mot qui a une forme totalement différente d’un autre.
g- La métaphore et la métonymie transforment le sens premier d’un mot en un sens figuré.
h- Les synonymes sont des mots qui peuvent être remplacés les uns par les autres avec
modification majeurs du sens.
I-Chaque unité de la chaîne parler contracte des rapports liés à deux ensembles ou axes :
syntagmatique et paradigmatique
J- Un mot polysémique est celui qui admet plusieurs sens dont l’ensemble constitue son
champ sémantique.
k- Le champ sémantique d’un mot est l'ensemble des différentes significations qu’il revêt
dans les différents contextes où il se trouve
L- Les mots du lexique d’une langue donnée entretiennent entre eux uniquement des rapports
sémantiques.

2-Choisissez la bonne réponse


a- Les rapports formels qu’entretiennent les mots d’une langue donnée peuvent être désignés
par ( l’antonymie - la synonymie - l’homonymie).
b- Les antonymes sont des unités qui ont (le même sens- les sens contraires - la même forme)
c- Un champ sémantique est l’ensemble de (significations d’un mot- mots qui se rapportent à
une même idée ou notion - mots dont les sens sont contraires).
d-En lexicologie, s’il y a des liens sémantiques liant les différents sens d’un mot, on parle de (
polysémie -homonymie – monosémie)

3- Dites si les unités des paires suivantes sont des synonymes, des antonymes, des
paronymes ou des homonymes :
a- éclipse / ellipse…………………… b-provisoire / temporaire…………………
c- chat / chas………………………… d- antonyme / synonyme…………………
e – accès / excès……………………… f- beauté / laideur………………………..
g- plu / plus………………………… h- assister / aider………………………..
i- affluant / arrivant ………………… g- affluant / influant ……………………
k- affluant / affluent ……………… l- affluant / partant……………………..
m-glace/grâce……………………… n- grâce / grasse………………………..
o- grasse / maigre………………… q- maigre / médiocre…………………..

4- A partir du corpus suivant : apposition, opposition, désaccord, imposition, approbation,


taxation, accord, charges, exonération, antonymie, identifiez les
a- synonymes…………………………………………………………………………
b- paronymes…………………………………………………………………………
c-antonymes…………………………………………………………………………
5- Choisissez l’homonyme correct
g- Le mur a été (enduit, induit) de peinture.

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h- (Le précepteur, le percepteur) est une personne chargée de l’éducation, de


l’instruction d’un enfant (de famille noble, riche..) qui ne fréquente pas une école.
i- Le trou de l’aiguille est le (Chat – chas – shah).
j- Le (court – cours – courre – cour) est un écoulement continu de l’eau d’une
rivière.
k-L’ (aire – aire – ère – erre – haire – hère) est une époque fixe à partir de
laquelle on commence à compter les années.

6- Précisez le sens de chaque paronyme par l’un des compléments suivants : d’un pays
dans un conflit - d’Aide publique - radiotélévisée du chef de l’Etat - d’une montagne - de
l’élève perturbée - aux mathématiques.
a-1 aptitude ……………………………………………………………………….
a-2 altitude …………………………………………………………………………
a-3 attitude………………………………………………………………………….

b-1 allocation ………………………………………………………………………


b-2 allocution ………………………………………………………………………
b-3 élocution……………………………………………………………………….

7- Précisez le sens de chaque paronyme par l’un des compléments suivants : (une odeur -
avec l’ennemi - d’un mot polysémique - de voitures - le grain - les mérites de quelqu’un - à
cette règle - un animal).
a-1 acceptions ………………………… a-2 exceptions …………………………
b-1 collision ……………………… b-2 collusion ……………………………
c-1 exalter ………………………… c-2 exhaler ……………………………
d-1 éventer………………………… d-2 éventrer……………………………

8- En les employant chacun dans une phrase, précisez la différence de sens entre ces
paronymes.
a- acception / exception b- collusion / collision
c- irruption / éruption d- partiel / partial
e- allocation /allocution f- infirme / infime
g- habilité / habileté h- allusion / illusion
i- adhérence / adhésion j- prodige / prodigue
k- éminent/imminent/immanent épigraphe/épitaphe/épigramme

9- Ecrivez les homonymes dont voici la transcription phonétique.


a-[kot] On…….que les dépenses du…. ….était ce qu’il devrait être.
b-[par] (b1) Chacun sur terre à sa ………
(b2) Elle apprenait sa leçon …………cœur.
(b3) Tu ………..pour Paris.
c-[ar] (c1) La superficie de ce terrain est de cent………
(c2)La mission de l’…..n’est pas de copier la nature mais de
l’exprimer
(c3) L……………est une somme d’argent que l’on donne au
moment de la conclusion d’un marché.
d- [o] (d1) Ce vieux mendiant a la peau sur les ……..
(d2) Demain, il pleuvra sur les …….-plateaux
(d3) Les ails ou les …….lx ont une odeur forte et une saveur piquante
(d4) Le marché …….puces est celui où l’on vend des objets

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10- Complétez les phrases en écrivant les homonymes dont voici la transcription
phonétique [fέ].
a- Le peuple voudrait en finir ; or il n'y a pas de………..
b- Un homme qui a ………………. n'est pas un homme libre.
c- La ………………. justifie-t-elle les moyens ?
d- La ……………… chasse le loup de la forêt.
e- …………….est le participe passé de feindre
f- Tu es guéri mais tu ………… encore un peu du pied gauche
g- Elle a les doigts ………….

11- Donnez les différents homonymes des mots phonétiques suivants et employez-les
dans une phrase :
a- [po]………………………………………………………….................
b- [so]…………………………………………………………….............
c -[to]……………………………………………………………..............
d -[sεt]…………………………………………………………..................
e -[pεr]……………………………………………………………………..
f- [ku]………………………………………………………..…………....................
g- pɔz]………………………………………………………..…………....................

12-Choisissez, partir de la liste des mots donnés entre parenthèse, le synonyme du verbe
souligné dans chaque phrase
a- ‘’battre’’ (vaincre, heurter, mêler, marteler, fouetter, reculer, tambouriner)
a- Le forgeron bat le fer sur l’enclume.
b- La pluie bat contre la vitre.
c- Il a battu son adversaire aux élections.
d- Bats les cartes avant de les distribuer.

b- ‘’ trouver’’ (éprouver, penser, estimer, se procurer, deviner, inventer)


a- Il a trouvé des capitaux pour financer son projet.
b- Ce enfant trouve un grand plaisir à écouter les histoires.
c- Tu trouves toujours un prétexte pour justifier ton absence.
d- Elle trouve que son mari ne s’occupe pas d’elle.

c-’’ descendre ‘’ (baisser, tuer, venir, couler, se déposer, faire tomber).


a- Les impuretés du liquide descendent au fond du vase.
b- Le niveau de l’eau commence à descendre.
c- le chasseur a descendu une perdrix en plein vol
d- Un des malfaiteurs a été descendu d’un coup de revolver
e- les cours d’eau descendent vers la mer.
f- Elle descend d’une famille aristocrate.

13- Choisissez le synonyme du verbe ‘’faire’’, contenu dans chaque phrase, à partir de
la liste suivante : visiter, parcourir, constituer, cirer, jouer le rôle, pratiquer, créer, imiter.
a- On fait le pain avec de la farine . …………………………………
b- Ils font un beau couple . …………………………………
c- Chaque matin, il fait ses chaussures . …………………………………
d- Quel est l’acteur qui fait le voleur ? …………………………………
e- Cet été, nous ferons le sud du Maroc. …………………………………
f- Nous avons fait dix kilomètres à pied. …………………………………

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14-Expliquez cette affirmation communément partagée et vers laquelle convergent les


principaux courants de la linguistique moderne
‘’ La distinction qu’on institue entre les homonymes et les polysèmes, écrivent Jean et Claude
Dubois (1971, p.75) n’a de valeur que dans une explication de type diachronique. Sur le plan
du fonctionnement de la langue, cette distinction perd de sa pertinence’’.

15 Indiquez, quand c’est possible, si les termes soulignés suivants sont des cas de
métaphore ou de métonymie. Justifiez votre réponse.
a- Il a mangé tout son assiette
b- Le Président a été informé par la Maison Blanche
c- Cet écrivain est un vrai dictionnaire, un dictionnaire vivant.
d-Paris descend au travail
e- A l’entrée des joueurs, tout le stade s’est levé.
f- Le dictionnaire est un recueil de mots rangés dans un ordre convenu qui
donne une définition ou des informations sur le signe.
g - Cette maison est une vraie prison.
h-Il vit sous le toit de son père.
i- Cette dent a trois racines.
j- Nous venons de lire un Balsac.
k-Honoré de Balsac a commencé par écrire des romans d’aventures.
l- Les racines du mal ne font que se développer.

16-Les séries de lexies évoquent chacune un champ lexical, lequel ? Elles comportent
chacune un intrus, trouvez-le.
g)- Le voyage, la nage, la plongée, le ski nautique, la voile, l’aviron
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
h)- Le handball, le volley-ball, le hall, le rugby, le football
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
i)- La cardiologie, l’hématologie, la lexicologie, la kinésithérapie, l’orthopédie
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
j)- L’avocat, le banquier, le policier, l’actrice, la sage-femme, le malade
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..
k)- Le citron, l’orange, le riz, le pamplemousse, la mandarine
font partie du champ lexical de………. …………… intrus……………..

17-Trouvez l’hyperonyme pour chacune des listes suivantes


g)-chemin, boulevard, venelle, sentier, rue, impasse.
Hyperonyme : …………………………..
h)-soulier, sandale, botte, bottine, brodequin, godillot.
Hyperonyme : …………………………..
i)- rugir, bramer, braire, hurler, ululer, piailler.
Hyperonyme : …………………………..
18- Ce court extrait décrit le déluge, relevez tous les termes qui l’évoquent
‘’ Jean, ayant fini ses malles, s’approcha de la fenêtre, mais la pluie ne cessait pas.
L’averse, toute la nuit, avait sonné contre les carreaux et les toits. Le ciel bas et chargé d’eau
semblait crevé, se vidant sur la terre, la délayant en bouillie, la fondant comme du sucre. Des
rafales passaient pleines d’une chaleur lourde. Le ronflement des ruisseaux débordés
emplissait les rues désertes où les maisons, comme des éponges, buvaient l’humidité qui
pénétrait au-dedans et faisait suer les murs de la cave au grenier.’’
Guy de Maupassant (1976).Une vie. Livre de poche,Paris, p:5

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19- Identifiez, dans ce passage extrait de L’Assommoir d’Émile Zola, les champs
lexicaux, celui de la machine auquel se superpose celui de l’animalité.
[L'ouvrier Goujet fait visiter à Gervaise la forge où il travaille.]

Elle ne voyait rien encore, tout dansait. Puis, comme elle éprouvait au-dessus de sa tête la
sensation d'un grand frôlement d'ailes, elle leva les yeux, elle s'arrêta à regarder les courroies,
les longs rubans qui tendaient au plafond une gigantesque toile d'araignée, dont chaque fil se
dévidait sans fin ; le moteur à vapeur se cachait dans un coin, derrière un petit mur de briques
; les courroies semblaient filer toutes seules, apporter le branle du fond de l'ombre, avec leur
glissement continu, régulier, doux comme le vol d'un oiseau de nuit.

20- Mettez dans la case convenable les mots suivants : céleste, informaticien, publication,
étoiles, télescope, souris, librairie, planètes, astronomes, galaxies, préface, ordinateur, feuille,
microprocesseur, publier, scanner, logiciel, reliure.

Champ lexical de Champ lexical de Champ lexical du livre


l’astronomie l’informatique

21- Etudiez, dans une grille sémique, les parasynonymes ci-dessous à partir des
définitions fournies par R. BAILLY (1975). Dictionnaire des synonymes Librairie
Larousse, Paris, p:354.
clarté : se dit d’une lumière suffisante, mais qui peut être de courte durée.
lueur : s’applique à un commencement de clarté, à une lumière faible qui est le plus souvent
passagère et fugitive.
éclat : se dit d’une grande lumière, forte et très brillante, d’une clarté aussi abondante que
vive.
splendeur : désigne la plus grande lumière, un éclat éblouissant, la plénitude de la lumière et
de l’éclat.

clarté
lueur
éclat
splendeur

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22- Etudiez, dans une grille sémique, les parasynonymes ci-dessous à partir des
définitions fournies par R. BAILLY (1975). Dictionnaire des synonymes Librairie
Larousse, Paris, p:94.

a-bourrasque se dit d’un coup de vent subit et violon, mais de courte durée.
b-tourbillon désigne un vent impétueux
c-ouragan suppose plusieurs vents soufflant avec fureur dans des directions opposées et
formant des tourbillons violents.
d-tempête implique une grande violence du vent, avec ou sans pluie, bruyante et pouvant
durer plusieurs jours de suite.

a-bourrasque
b-tourbillon
c-ouragan
d-tempête

23- Etudiez les séries de parasynonymes dans une grille sémique

[Link] : qui aime à parler ; parle avec abondance, intempérance.


[Link] : qui dit les choses en trop de paroles, trop de mots.
[Link] : qui parle volontiers.
[Link] : qui parle avec abondance, rapidité.
[Link] : qui parle avec facilité et élégance.
a-6.éloquent : qui montre de l’éloquence (éloquence : don de la parle, facilité pour bien
s’exprimer) (Définitions du dictionnaire Robert)

bavard
verbeux
locace
volubile
disert
éloquent

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[Link] : est le nom donné à l’eau que la condensation des vapeurs qui forment les nuages
fait tomber en gouttes sur la terre.
[Link] : désigne une petite pluie très fine, résultat de la condensation du brouillard, qui est
ordinairement froide et tombe lentement.
[Link] : se dit d’une petite pluie continue, fine et pénétrante.
[Link]ée : désigne, au contraire, une grosse pluie subite et de peu de durée.
[Link] : implique une pluie soudaine, généralement de peu de durée, mais accompagnée de
bourrasque
[Link] : se dit d’une pluie, comme l’ondée, mais généralement plus considérable comme
quantité d’eau et plus longue comme durée.
b-7.déluge : désigne une pluie torrentielle et d’assez longue durée.

BAILLY, R.(1975)-Dictionnaire des synonymes Librairie Larousse, Paris, p:446.

pluie
bruine
crachin
ondée
grain
averse
déluge

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24 - Faites la grille sémique des mots cormoran, faucon, toucan, pélican, condor,
perroquet à partir des définitions fournies ci-dessous par Le Robert Electronique
CORMORAN : Oiseau palmipède au plumage sombre, bon plongeur
FAUCON : Oiseau rapace diurne au bec court et crochu […]
TOUCAN : Oiseau grimpeur de la taille d'un petit pigeon, au plumage éclatant, à bec énorme
PÉLICAN : Oiseau palmipède (Stéganopodes) au bec très long et crochu, muni à la
mandibule inférieure d'une poche membraneuse dilatable, où il emmagasine la nourriture
CONDOR: Oiseau rapace de grande taille, au plumage noir, longé de blanc aux ailes.
PERROQUET : Oiseau grimpeur (Psittacidés) scientifiquement appelé psittacus, exotique, au
plumage vivement coloré, à gros bec très recourbé, capable d'imiter la parole

cormoran

faucon

toucan

25 - Faites la grille sémique des mots cormoran, faucon, toucan, pélican, condor,
perroquet à partir des définitions fournies ci-dessous par Le Robert Electronique
CHEMIN : voie spécialement aménagée dans la campagne (par opposition à rue) pour
permettre d’aller sans difficultés d’un lieu à un autre.
SENTIER : chemin étroit, utilisée par les piétons, dans la campagne, la montagne, les bois…
RUE : voie bordée, au moins en partie, de maisons, dans une agglomération (ville ou village,
bourg), et souvent identifiée par un nom.
VENELLE : petite rue étroite.
BOULEVARD : large voie, large rue, souvent plantée d’arbres.
IMPASSE : petite rue qui n’a pas d’issue.

chemin
sentier
rue
venelle
boulevard
impasse

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