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Spécificités de l'industrie minière

Le document décrit les spécificités de l'industrie minière par rapport à d'autres industries. Il souligne notamment que la localisation d'une mine est imposée par l'emplacement du gisement et nécessite souvent de développer de nouvelles infrastructures sur place. L'industrie minière comporte également des risques importants liés à la connaissance imparfaite des gisements.

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Spécificités de l'industrie minière

Le document décrit les spécificités de l'industrie minière par rapport à d'autres industries. Il souligne notamment que la localisation d'une mine est imposée par l'emplacement du gisement et nécessite souvent de développer de nouvelles infrastructures sur place. L'industrie minière comporte également des risques importants liés à la connaissance imparfaite des gisements.

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Chapitre O

SPECIFICITES
LES SPECIFICITES DE L'INDUSTRIE MINIERE.

Considérons une activité industrielle quelconque, par exemple une entreprise qui
fabrique des cannettes métalliques pour des boissons. Cette entreprise achète une matière
première, en l'occurrence de l'aluminium ou de l'acier, transforme mécaniquement cette
matière première, et revend des cannettes De la même manière, une fonderie achète des
concentrés, réalise la fusion, et vend du métal pur ou assez pur pour être considéré comme tel.

Si nous comparons à une entreprise minière, nous constatons immédiatement une


différence: la mine n'achète pas une matière première qu'elle transforme. La matière première
est dans le gisement, et le gisement appartient à l'entreprise. Le gisement est la première
particularité, et elle est lourde de conséquences.

Revenons à notre industrie qui fabrique des cannettes. S'il s'avère que les cannettes de
forme hexagonale ont une valeur ajoutée supérieure à celles de forme cylindrique, rien
n'empêche de fabriquer des cannettes hexagonales, et de les vendre à un autre prix à d'autres
clients. Une entreprise minière, au contraire, ne peut , le plus souvent, fabriquer qu'un
seul produit (son concentré), et le vendre à un seul prix, celui fixé par le marché mondial
des matières premières.

Finalement, nous verrons que l'industrie minière est une industrie à haute intensité
capitalistique, et qu'elle intéresse souvent plus particulièrement l'Etat.

0-1
1. Le gisement, une spécificité lourde de conséquences

1.1. Une localisation imposée

Si l'on examine l'implantation géographique des fonderies, il apparaît que celles-ci se


situent bien souvent en bord de mer, à proximité immédiate de grands ports. Il ne s'agit pas là
d'un effet du hasard. Une implantation de ce type est choisie pour diminuer les coûts de
transport des concentrés achetés d'une part, et des métaux vendus d'autre part, mais elle est
aussi choisie pour profiter des infrastructures qui existent à proximité du port (infrastructures
routières et ferroviaires, approvisionnement en eaux, en énergie, ...).

Dans le cas d'une exploitation minière, nous sommes à l'opposé de cette situation.
Pour exploiter un gisement, il faut être sur place. On ne peut créer la mine proprement dite
qu'à l'endroit où se trouve le gisement. On pourrait encore envisager d'implanter l'usine de
traitement ailleurs, mais les coûts de transport du minerai seraient alors exorbitants.
L'ensemble mine + usine de traitement et donc forcément situé à l'endroit où se trouve le
gisement.

Malheureusement, la plupart des gisements se trouvent dans des zones isolées, loin
des infrastructures existantes (par exemple Bou Azzar, Bleïda). Il faut alors créer ces
infrastructures, c'est-à-dire:

- l'accès au site minier (pour les personnes, les matériels, les consommables,
pour l'expédition des concentrés, ...), ce qui suppose la construction de
routes, de voies de chemin de fer, de pistes d'atterrissage, ...;
- l'approvisionnement en énergie, qui suppose soit la réalisation de postes de
transformations et la construction de lignes pour se connecter au réseau
existant, soit la construction d'une centrale sur place;

- l'approvisionnement en eau, qui suppose soit la construction d'une conduite


pour se relier à une source d'eau existante, soit la recherche d'eau sur place
avec réalisation et équipement de sondages;
- les liens avec le monde extérieur (télophone, fax, télex);
- la construction d'une cité minière, lorsque les villes existantes sont trop
éloignées.

Toutes ces infrastructures représentent évidemment un investissement important, dont


une partie au moins est à la charge de l'entreprise minière (I'Etat peut dans certains cas
accepter de prendre en charge une partie des investissements, dans la mesure où ceux-ci
peuvent aider au développement des infrastructures générales du pays, ou d'une région.

L'exemple des mines de fer de Mauritanie est assez caricatural en ce qui concerne les
infrastructures. Le gisement est situé en plein désert, à l'Est du Sahara occidental. Sur place, il
a fallu:

- construire une cité minière (avec école, hôpital, ...);


- trouver de l'eau;
- construire une centrale électrique.

Pour lier la mine au reste du Monde, une voie de chemin de fer de 600 kms a dû être
construite. Cette voie longe le Sahara Occidçntal pour aboutir sur la côte atlantique
mauritanienne. Là, il a fallu construire un port, et bien sûr, une seconde cité. Dans ce cas, les
infrastructures ont représenté plus de 50 % de 1'investissement initial.
0-2
En effet de leur effet sur l’investissement initial, les infrastructures vont également
peser sur les coûts opératoires: il faut bien maintenir l’ensemble de ces équipements.Nous
pouvons encore revenir à l’exemple des mines de fer de Mauritanie.Les 600kms de chemin de
fer posent en effet des problèmes.D’abord les dunes de sable se déplacent, et à moins que l’on
ne les empêchent, elles viennent recouvrir la voie de chemin de fer. Il faut donc plusieurs
équipes d'ouvriers chargées de maintenir la voie libre. Ensuite, le sable étant très abrasif, les
vents de sable abiment la surface de roulement des rails. La tolérance sur les rails étant faible,
il faut régulièrement faire passer un engin qui "rabote les rails, pour leur redonner leur
régularité.

1.2. Une industrie à risques

En dehors de sa localisation, le gisement présente une autre caractéristique


importante: il n'est jamais parfaitement connu. Pourtant, lorsque l'on veut évaluer la valeur
d'un projet minier, on est bien obligé d'une part de fixer le tonnage des réserves disponibles et
la teneur moyenne de ces réserves, et d'autre part d'arrêter des choix techniques tels que la
méthode d'exploitation et la méthode de traitement pour ne prendre que les plus évidents.

Ces choix ont une importance cruciale sur les résultats de l'évaluation économique
(nous verrons plus tard que la recette générée par l'exploitation d'une tonne de minerai est
proportionnelle, en première approximation, à la teneur de cette tonne). Mais quoi qu'on
fasse, ces choix comprennent une certaine incertitude.

L'histoire minière donne de nombreux exemples très parlants en ce qui concerne cette
incertitude.

Prenons la mine de St Salvy, par exemple Cette mine, aujourd'hui fermée pour des
raisons économiques, était situce dans le sud de la France. Elle exploitait du zinc. Elle avait
été mise en exploitation par Penarroya après une campagne de sondages réalisés depuis la
surface, et après la réalisation d'un puit et d'une galerie de niveau située en gros à 250 m de
profondeur. Cette galerie, d'une longueur de 1500 m, était minéralisée sur 80 % de sa
longueur, soit sur 1200 m. Les données de sondage ne contredisant pas cette hypothèse, on a
admis que l'on avait 1200 m minéralisés, sur 450 m de hauteur et une puissance moyenne de
3m. Ceci conduisait à environ 5Mt de réserves, à une teneur moyenne de 9 %. L'exploitation a
commencé en tranches montantes à partir de la galerie de prospection. Dès la première
tranche, il s'est avéré que la longueur minéralisée était beaucoup plus faible que prévue, en
fait un peu moins de la moitié de ce qui avait été prévu. Ce point a été confrmé par la suite,
puisque sur le gisement de St Salvy proprement dit, seuls 2 Mt ont été exploités ! Par
bonheur, une partie des réserves était beaucoup plus riche que prévu, et la teneur moyenne
finalement exploitée est de 13 %.

L'exploitation de potasse du Congo donne pour sa part un bel exemple d'incertitude


sur le choix de la méthode d'exploitation. Une campagne de sondages de surface avait été
réalisée à maille régulière. Tous ces sondages avaient recoupé la couche de potasse à la même
profondeur. Sachant que le gisement est d'origine sédimentaire, et que l'on connait des
gisements de potasse parfaitement plats par ailleurs (les mines de potasse d'Alsace, par
exemple), les études d'ingénierie ont été faites sur la base d'un gisement parfaitement régulier
et plat. La méthode d'exploitation a été définie, et les équipements achetés. Malheureusement,
dès que l'on a commencé à travailler dans le gisement, il s'est avéré que le gisement ne se
présentait pas du tout tel que prévu. En fait, la région comprenait de multiples accidents
tectoniques (des failles), entre lesquels on trouvait des panneaux de gisements pentés. Le
hasard a voulu que la maille de sondage corresponde en gros à l'espacement entre les failles,
0-3
et que donc tous les sondages coupent le minerai à la même profondeur. De fait, on n'avait
plus affaire à un gisement parfaitement continu et horizontal, mais à un ensemble de
panneaux, tous pentés. En conséquence, les équipements prévus pour l'exploitation n'étaient
pas bons. Ils ont dû étre abandonnés, I'ingénierie de la mine refaite, et de nouveaux
équipement ont été achetés ! (et comme un malheur n'arrive jamais seul, cette même mine a
été totalement noyée quelques années plus tard).

Après un exemple de risque réserves (l'évaluation des réserves de St Salvy), nous


venons de voir un exemple de risque technique lié à la méthode d'exploitation. Finissons sur
un exemple de risque technique lié à la méthode de traitement. Il s'agit de l'ancienne mine de
tungstène de Salau, dans les Pyrénées, en France. Cette mine exploitait de la schélite
(WO3Ca), qui a la particularité de pouvoir être prospectée aux ultra-violets. Il découlait des
études géologiques que la minéralisation était relativement grossière, et qu'en conséquence,
80
% du tonnage pourraient étre traités par gravimétrie, et seulement 20 % nécessiteraient une
flottation.

L'usine de traitement a donc été construite sur cette base, et du fait de la topographie
locale (I'exploitation se situait dans les Pyrénces), il a fallu la construire en souterrain, dans
les montagnes, dans un espace confiné. Très rapidement après le démarrage de l'exploitation,
il est apparu que le minerai était beaucoup plus fin que prévu, et qu'en fait il faudrait en traiter
80 % par flottation, et seul 20 % pourraient être traités par gravimétrie. En conséquence, il a
fallu modifier, et surtout agrandir, une usine souterraine !

Arrêtons-là le panorama des ratés miniers (on pourrait continuer longtemps !). Il est
important de retenir que l'industrie minière présente des risques importants. Nous avons vu ici
le risque réserves et le risque technique. Nous verrons plus tard un troisième risque,
indépendant du gisement : le risque recettes.

Ces risques ont toutefois des conséquences non négligeables sur l'industrie minière.
En effet, on comprend bien que s'il y a un risque élevé sur le projet, un industriel ne
s'engagera que si le projet présente vraiment une bonne rentabilité. Par ailleurs, pour diminuer
le risque, I'industriel sera amené à multiplier les études (recherches géologiques
complémentaires, essais d'exploitation dans des tailles pilotes, essais de traitement, ...), ce qui
aura pour conséquence d'augmenter encore plus un investissement initial déjà lourd (comme
nous le verrons dans la partie 3 de ce chapitre).

1.3. La base des résultats économiques de l'entreprise

Comme nous l'avons vu auparavant, le mineur n'achète pas de matière première, il


exploite son gisement.

Mais tous les gisements ne se présentent pas de la même manière, et certains sont en
fait beaucoup plus facile à exploiter que d'autres. La comparaison entre une exploitation d'or à
3000 m de profondeur en Afrique du Sud et une exploitation d'or à ciel ouvert en France
illustre très clairement ce point. Dans un cas, il faut réaliser des infrastructures minières pour
descendre à 3000 m remonter le minerai sur 3000 m, aérer et surtout climatiser la mine, ...
Dans l'autre, il suffit de ramasser le minerai ! Il est évident que ces deux cas engendrent des
coûts opératoires très différents. Nous avons pris ici un exemple, particulièrement parlant, en
jouant sur la profondeur de la minéralisation. Toutefois, le pendage de la minéralisation, sa
puissance, les caractéristiques mécaniques du minerai ou des roches encaissantes, ... sont
autant de facteurs qui vont jouer sur le coût opératoire d'exploitation. De la même manière, la
maille de libération, la présence d'éléments polluants (I'arsenic, par exemple) et d'une façon
0-4
plus générale, la chimie du minerai vont influencer lecoût du traitement .Finalement la
localisation, comme nous l’avons déjà vu, va jouer sur les autres coûts(transport, eau,
énergie,…).

En conclusion, on pourrait dire que le coût opératoire est presque “inscrit” dans le
gisement, tout comme l’investissement initial d’ailleurs (pour les mêmes raisons).Or ces deux
élements sont capitaux dans la valeur économique du projet.

La théorie voudrait bien sûr que l’on envisage plusieurs possibilités pour l’exploitation
d’un gisement, que l’on évalue chacune d’entre elles, et que l’on retienne finalement la
meilleure.C’est bien ce que l’on fait en pratique, mais la marge de manœuvre du mineur est
très faible .Dans certains cas de Guemassa, par exemple, on a testé une combinaison de
tranches montantes remblayées dans les chambres primaires et de sous-niveaux abattus dans
les chambres secondaires d’une part, et une exploitation faisant uniquement appel aux sous-
niveaux abattus d’autres part.

Il est clair qu’il n’y a qu’une faible différence technique entre les deux scénarios, et il
en découle bien sûr une différence tout aussi faible sur les résultats économiques.Toujours
dans le cas de Guemassa, la marge de manœuvre sur le traitement est encore plus faible .On a
un minerai sulfuré, avec une minéralisation assez fine.La seule et unique méthode de
traitement qui s’impose est la flottation.

Nous pouvons terminer le tour d’horizon des principaux paramètres d’un projet minier
en examinant la teneur de coupure d’une part,et le rythme de production d’autre part.Le
premier paramètre sera très largement développé par la suite.Laissons-le de côté pour
l’instant.Il nous reste donc a prori un degré de liberté : le rythme de production.

Après quelques hypothèses tout à fait réalistes sur l’influence du rythme de production
sur l’investissement initial et les coûts opératoires, on démontre que le rythme de production
optimal correspond toujours à une durée de vie très courte (au maximum 7 ans, même pour de
très gros gisements).Mais là encore, la marge de manœuvre du mineur est faible.Très peu
d’entreprises minières choisissent effectivement d’exploiter sur des durées aussi courtes.Il y à
cela plusieurs raisons :

- les cours des matières premières ( qui définissent les recettes de la mine) fluctent
dans le temps.Dans le passé, on a pu mettre en évidence des cycles de fluctation
(une certaine période de cours bas, suivie d’une certaine période de courts
hauts,…).Exploiter sur une courte durée reviendrait donc à prendre le risque
d’éxploiter tout le gisement dans une période de faibles valeurs de cours. Les
entreprises minières préfèrent généralement minimiser le risque , en exploitant
sur une durée supérieure ou égale à celle du cycle, pour pouvoir au moins une
fois bénéficier de cours élevés;
- le gisement étant toujours au moins partiellement inconnu, les entreprises
minières aiment bien prendre du temps, ne serait-ce que pour laisser aux
géologues le temps de comprendre la géologie locale et l’origine du gisement.

En effet , une fois cette origine comprise, les chances de trouver les éventuelles
extensions du gisement sont beaucoup plus grandes.On peut raisonnablement penser qu’il
sera finalement plus rentable d’exploiter à un rythme inférieur à celui qui correspondrait à
l’optimum économique sur les réserves connues au départ.Depuis 1989 par exemple, la mine
de Ble ïda annonce à peu près la même durée de vie chaque année, parce que les découvertes
nouvelles permettent en gros de combler les réserves exploitées dans l’année.Ce point est

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d’autant plus important que les investissements miniers ne sont récupérables qu’à un très
faible pourcentage.On ne peut pas revendre un puits, ou des galeries de mine .

On ne peut pas revendre des bâtiments, ou une cité, perdus à plusieurs dizaines de
kilomètres de la ville la plus proche ! Finalement l’entreprise minière peut aussi s’intéresser
à son développement à long terme.Elle préfère alors prendre son temps ,dans l’espoir que
lorsque la mine qu’elle envisage de mettre en exploitation va fermer, elle aura trouvé un autre
gisement, ou un autre projet industriel pour assurer la continuité de l’entreprise.

En d’autres termes, l’idéal, d’un point de vue économique, est d’exploiter rapidement ;
mais la raison veut que l’on ne descende pas en dessous d’un certain seuil.Comme les seuils
pour les critères économiques, celui-ci est subjectif, et ne dépend finalement que de l’équipe
de direction. C’est exactement ce type de raisonnement qui a été appliqué à Guemassa, et qui
a conduit à choisir une durée de vie de 12 ans, soit une exploitation à 2000t/j.Toutefois, pour
tirer profit d’un rythme de production supérieur,l’ONA s’est donnée, dès le départ, les
moyens de passer à 3000t/j. Ce passage à 3000t/j est uniquement conditionné à la découverte
de réserves complémentaires, qui permettraient de durer au moins 12 ans.

Faisons le bilan : en dehors de la sélectivité, que nous développerons par la suite, le


mineur n’a que très peu de marge dans les choix techniques, donc très peu de possibilités de
jouer sur les résultats économiques (coûts opératoires, investissement) du projet.Tout, ou
presque, est dicté par le gisement.

Pour conclure sur ce sujet, il nous reste simplement à remarquer que la marge de
manœuvre de l’entreprise minière est aussi faible pendant l’exploitation, qu’au stade de
l’investissement initial.Si par malheur le cours du métal devait baisser, et la mine devenait
déficitaire, rien ne permet de baisser simplement le coût opératoire; et en ce qui concerne
l’investissement, il est trop tard, puisqu’il aura déjà été engagé.

1.4. Des ressources finies-Une durée de vie limitée

Pour clore cette partie consacrée aux spécificités dues au gisement, il nous reste
simplement à remarquer qu’une exploitation minière a toujours une durée de vie limitée, du
fait que le gisement est toujours fini.

La plupart des gisements sont déjà limités par la géologie. Les gisements de Bou
Azzer, El Hamunam, Bleida et Guemassa ont des limites géologiques. Tôt ou tard,
l'exploitation aura atteint ces limites, et les mines s'arrêteront.

Il existe bien quelques gisements dans le monde, de fer par exemple, qui semblent
infinis d'un point de vue géologique. Mais on a alors une limitation économique, le plus
souvent due à l'approfondissement de la minéralisation. Cette caractéristique de finitude
distingue elle aussi l'exploitation minière des autres industries. On peut raisonnablement
penser que les hommes consommeront encore du coca-cola (ou d'autres boissons) dans des
cannettes métalliques dans cent ans, mais il serait déraisonnable d'imaginer que Guemassa
existera encore dans cent ans (du moins pour l'exploitation du zinc).

Nous verrons par la suite que la finitude du gisement joue un rôle très important dans
la sélectivité. On peut d'ores et déjà le sentir, en considérant que si les réserves étaient infnies,
il n'y aurait pas à s'interroger sur la teneur minimale à laquelle on exploite. Il n'y aurait qu'à
exploiter le plus riche !

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2. Le marché des matières premières : cas des métaux de base

Nous nous sommes intéressés jusqu'à présent à la mine proprement dite. Intéressons
nous maintenant à son contexte, en examinant avant tout le marché des matières premières
minérales, celui sur lequel la mine vend son produit marchand, donc, le plus souvent, son
concentré.

2.1. Un produit marchand quasiment unique

A ce stade, une première remarque s'impose immédiatement: la mine n'a en général


pas le choix de ce qu'elle vend.

Là encore, on a une conséquence quasiment directe du gisement. La minéralogie du


minerai impose la méthode de traitement, donc le type de concentré que l'on produit. Rares
sont aujourd'hui encore les mines qui font appel à l'hydrométallurgie dans le but de produire
des produits non conventionnels (par exemple du sulfate de cuivre, ou des sels de métaux qui
peuvent être utilisés comme colorants, ...). En conséquence, toutes les mines vendent en gros
la même chose: les mines de zinc vendent un concentré de sphalérite; les mines de plomb
vendent un concentré de galène, ... Et comme elles commercialisent des produits très
semblables, aux polluants ou au sous-produits près, elles sont en concurrence directe. Il en
découle qu'une mine n'a pas la possibilité de jouer sur le prix de vente de son concentré.
Toujours aux sous-produits et polluants près, un concentré de zinc est, et restera toujours, un
concentré de zinc, qu'il vienne d'Amérique, d'Afrique, d'Asie ou d'Europe.

De manière plus explicite, il existe pour chaque métal entre mineurs et fondeurs, des
formules de vente type, qui s'appliquent à tout le monde.

Donnons simplement trois exemples de formules de vente, pour les principaux métaux
de base:Ie zinc, lc plomb, et le cuivre. Mais avant, examinons comment se construit une
formule de vente.

2.1.1. La forme générale d'une formule de vente

Prenons une entreprise minière qui produit un concentré de zinc à 54 % (ce qui
correspond à un bon concentré de sphalérite). Lorsque cette entreprise vend une tonne de
concentré, elle vend en fait 540 kg de zinc. Ce qu'elle vend présente donc une valeur
intrinsèque qui est le produit de la masse de métal qu'elle vend par le prix de vente de ce
métal par unité de masse. Si le zinc cote à 1000 $/t sur le marché mondial des matières
premières (en fait le London Metal Exchange), notre tonne de concentré à 54 % de zinc
contient une valeur de 540 $.

Pour revenir à un cas plus général, une tonne de concentré d'une teneur tconc d'un métal
qui cote P $/t, a une valeur intrinsèque de tconc.p $. Mais, le fondeur ne peut pas se permettre
de payer ce prix. La raison en est simple: son rôle est d'acheter un concentré, et le traiter pour
produire un métal pur. Sa recette est donc donnée par la vente de métal pur, au prix de ce
métal sur le marché mondial. En conséquence, le produit tconc.p est un majorant de sa recette.

Ce produit représenterait sa recette si et seulement si le rendement de la fusion était de


100 %. Malheureusement, aucun processus industriel n'a un rendement de 100 %. Si nous
Appelons α le rendement de la fusion, il en découle que la recette maximale du fondeur sera
α.tconc P. On comprend donc aisément qu'il ne payera pas plus dans le cadre de l'achat du
concentré.

0-7
Mais nous ne sommes pas encore au bout de la construction de la formule de vente.
En effet, la fusion comprend des coûts opératoires, et la construction de la fonderie a nécessité
un investissement. Si le fondeur achetait le concentré à la valeur α.t.conc..P, il ne pourrait ni
payer ses dépenses opératoires, ni rembourser un investissement. En conclusion, le fondeur
payera une tonne de concentré acheminée à l’entrée de la fonderie sur la base suivante :

PVconc = α.tconc.P – F

où F désigne les frais de fusion (coût opératoire + coût du capital) et PVconc le prix de vente
du concentré pour le mineur.

L'introduction de la formule de vente telle que nous venons de la présenter reste un


peu schématique, dans la mesure où pour le moment le fondeur ne dégage aucun profit mais
ne fait que couvrir ses dépenses. Il est évident que tel n'est pas le cas, mais le fondeur ne va
pas indiquer explicitement le montant de son profit ! Ce profit est en fait ''noyé” dans les deux
paramètres α et F.

Pour clore ce paragraphe, indiquons encore deux éléments intéressants. Les mineurs
définissent la part du mineur, qui leur permet de voir comment se répartissent les profits
entre les mineurs et le fondeur. Cette part du mineur est simplement donnée par le ratio du
prix de vente du concentré sur la valeur intrinsèque du concentré

PVconc F
soit ; ou encore α-
tconc. p tconc.P

Pour des métaux de base, cette part du mineur se situe généralement entre 50 % et 70 %. On
constate qu'elle augmente avec la teneur du concentré, et, a priori, avec le prix de vente de
métal P (nous reviendrons sur ce point par la suite).

Par ailleurs, pour simplifier ses calculs économiques, le mineur préfère travailler avec
la Valeur Carreau Mine (VCM) du concentré, plutôt que le prix de vente. Cette Valeur
Carreau Mine correspond à la valeur d'une tonne de concentré à la sortie de l'usine de
traitement. Elle s'obtient simplement en soustrayant du prix de vente les frais de transport
entre la mine et la fonderie (que nous noterons T), et les taxes éventuellement appliquées à la
vente du concentré (taxe à l'exportation, par exemple). On a donc:

VCMconc = PVconc- T - taxes


= α.tconc.P - F - T – taxes

Cette valeur carreau mine nous sera d'une grande utilité par la suite.

2.1.2. Forrnule de vente d'un concentré

La formule de vente d'un concentré de zinc a tout à fait la forrne décrite ci-dessus,
mais quelques finesses supplémentaires sont introduites:

- si la teneur du concentré est supérieures à 53 %, on a

PVconc = 0,85.tconc.P- F

0-8
- si la teneur du concentré est inférieure à 53 %, on a

PVconc = (tconc - 0,08).P - F

Les éléments que nous venons de présenter ci-dessus ne sont pratiquement jamais
négociables. Tous les fondeurs retiennent ces chiffres.

Il nous reste à expliciter les frais de fusion F. Ceux-ci se négocient entre les mineurs
et les fondeurs. Une même entreprise minière peut ainsi avoir, pour la même année, plusieurs
contrats de vente, avec plusieurs fondeurs, et des conditions différentes en terme de frais de
fusion. Pour illustrer le propos, les frais de fusion de base ont varié durant les dernières
années entre 180 et 210 $/tconc .

Notre dernière phrase introduit implicitement une nouvelle notion: les frais de fusion
de base. Cette expression sous-entend que les frais de fusion sont divisés en deux parties: les
frais de base, et d'autres frais, que l'on appelle les frais d'escalator. Ces frais d'escalator
prennent la forme suivante:

Fesc = e.(P-Pref)

où e est le coeffcient d'escalator (négocié) et Pref un prix de référence pour la substance (lui
aussi négocié). Le coeffcient e étant toujours positif, ceci signifie que lorsque le prix du métal
est supérieur au prix que l'on avait anticipé (le prix de référence), les frais de fusion
augmentent (et réciproquement).
En plus clair, le mineur accepte de laisser au fondeur une partie des bénéfices supplémentaires
dus à une hausse du prix du métal, et le fondeur accepte de partager les pertes de bénéfices
dans le cas où le prix du métal baisse.

Pour les concentrés de zinc, e varie généralement entre 0,10 et 0,15 (il est parfois
même indexé sur le prix du métal), et ces dernières années, les prix de référence utilisés dans
les contrats se situaient entre 1000 et 1200 $/t.

Nous avons fait le tour de la formule de vente en ce qui concerne le zinc proprement
dit. Aux données que nous venons de détailler s'ajoutent des bonifications pour certains sous-
produits (or, argent, ...) et des pénalités pour d'autres (arsenic bien sûr, mais aussi plomb,
cuivre, fer, silice, ...). Les éléments bonifiants et pénalisants, ainsi que les valeurs des
bonifications ou pénalités, se négocient entre le mineur et le fondeur.

2.1.3. Formule de vente d'un concentré de plomb

La formule de vente est tout à fait similaire à celle qui s'applique au zinc.

Si la teneur du concentré est supérieure à 60 %, on a :

PVconc = 0,95 tconc. P – F

Si la teneur du concentré est inférieur à 60 %, on a :

PVconc = (tconc - 0,03). P - F

Les frais de fusion se présentent également comme pour le zinc. En 1993, les frais de
base étaient de l'ordre de 200 $/tonne, le coefficient d'escalator autour de 0,15 et le prix de
référence à 500 $/t.
0-9
2.1.4. Fonnule de vente d'un concentré de cuivre

Quelle que soit la teneur, la formule de vente a la forme :

PVconc = 0,968. tconc. P- F

La décomposition des frais de fusion est toutefois un peu différente de celle vue pour
le zinc et le plomb. On a des frais de base (qui étaient de l'ordre de 100 $/tconc en 1993), et des
frais d'affinage, qui s'appliquent uniquement au cuivre payable (0,1075 $/livre en 1993).

Nous avons donc vu que la mine ne peut pas jouer sur le produit qu'elle vend (il lui est
pour ainsi dire imposé par le gisement), et qu'elle n'a qu'une marge de manoeuvre très faible
sur le prix auquel elle vend (la négociation sur les formules de vente est tout de même très
limitée).

Pour tout maitriser sur les recettes de l'entreprise minière, il ne nous reste plus qu'à
nous intéresser au prix des métaux sur le marché mondial.

0 - 10
2.2 Un prix de vente instable et incontrôlable

Les prix des matières premières minérales se fixent sur la base des échanges de ces
matières au niveau mondial dans le cadre de bourses spécialisées, la plus connue et la plus
importante étant le London Metal Exchange (LME). Dans le cadre de ces bourses, on retrouve
des vendeurs, et des acheteurs. Pour simplifier, on peut dire que les prix se fixent de telle
sorte que l'on équilibre l'offre et la demande. Si l'offre parait, au moins à court terme,
relativement stable (la production des exploitations minières étant a priori constante), il n'en
est pas de même de la demande, qui peut présenter de fortes fluctuations dues à l'évolution de
l'économie au niveau mondial. Prenons par exemple un métal tel que le plomb. La principale
consommation de ce métal se situe au niveau des batteries électriques. La consommation est
donc entre autres sensible à la santé (ou à la croissance) du marché de l'automobile. Une
fluctuation de la demande, par rapport à une offre à peu près constante, va donc engendrer
une fluctuation du cours. Ces fluctuations sont malheureusement fréquentes, et présentent
parfois de fortes amplitudes. Voir illustration

Evolution des prix de quelques métaux

$2 500,00

$2 000,00

$1 500,00
$/t

$1 000,00

$500,00

$0,00
05/01/1998

05/03/1998

05/05/1998

05/07/1998

05/09/1998

05/11/1998

05/01/1999

05/03/1999

05/05/1999

05/07/1999

05/09/1999

05/11/1999

05/01/2000

05/03/2000

05/05/2000

05/07/2000

05/09/2000

05/11/2000

05/01/2001

05/03/2001

05/05/2001

05/07/2001

05/09/2001

05/11/2001

05/01/2002

05/03/2002

05/05/2002

temps
0 - 11
US/tonne Aluminium Cash US/tonne Copper Cash US/tonne Lead Cash US/tonne Zinc Cash
Evolution des prix

$12 000.00

$10 000.00

$8 000.00

$6 000.00
$/t

$4 000.00

$2 000.00

$0.00
05/01/98

05/03/98

05/05/98

05/07/98

05/09/98

05/11/98

05/01/99

05/03/99

05/05/99

05/07/99

05/09/99

05/11/99

05/01/00

05/03/00

05/05/00

05/07/00

05/09/00

05/11/00

05/01/01

05/03/01

05/05/01

05/07/01

05/09/01

05/11/01

05/01/02

05/03/02

05/05/02
temps

US/tonne Nickel Cash US/tonne Tin Cash

Ces fluctuations se répercutent bien évidemment directement sur les entreprises


minières, puisque le prix de vente de leurs concentrés est directement proportionnel au prix
du métal. Et malheureusement, les entreprises minières ne peuvent qu'accepter les
fluctuations. En effet, si l'on voulait contrebalancer une baisse des cours, il faudrait que les
mines produisent moins. Malheureusement, la plupart des exploitations ne représentent qu'une
petite partie de la production mondiale. Le fait qu'une entreprise réduise sa production ne
changerait donc rien au problème (d'autant moins qu'il est tout à fait probable qu'une autre
entreprise en profite pour augmenter sa production !). Seul un accord entre tous les
producteurs permettrait d'agir sur le prix du métal, et de tels accords sont pour ainsi dire
inconcevables, du fait des grandes différences qui existent entre les producteurs, et de leurs
objectifs individuels très variés.

Nous venons de voir que le niveau de la demande de métal dicte en gros l'évolution
des prix. Dans certains cas toutefois, I'offre peut également jouer un rôle important. On a ainsi
vu flamber les cours du cobalt, au moment des événements du Zaire. En effet, le Zaire était le
principal producteur de cobalt (en tant que sous-produit du cuivre), et les événements ont
donné à penser que la production minière du Zaire allait très fortement chuter, donc l'offre du
cobalt allait fortement chuter (ce qui s'est d'ailleurs rapidement conflrmé). De la même
manière, on a vu les cours du plomb baisser très fortement en 1992 et 1993, la valeur
carreau mine du concentré de plomb devenant carrément négative pour un certain nombre de
mines. Immanquablement, des mines ont fermé (la mine de Djebel Aouam, par exemple).
L'offre a donc fortement baissé, et les cours ont repris en 1994.
0 - 12
Mais la variation du prix du métal n'est pas la seule cause de la forte variation des
recettes de l'entreprise minière, Les fluctuations de taux de change y interviennent
malheureusement aussi, En effet, les métaux sont cotés en $, et les formules de vente sont
totalement exprimées en $, Donc toute variation du $ implique une variation des recettes de
l'entreprise minière, dès lors que celle-ci ne se situe pas aux Etats-Unis, Malheureusement
pour les exploitations minières, le $ connaît lui aussi des périodes de forte instabilité, Il est
par exemple resté à environ 5 F entre 1960 et 1970, a baissé à en gros 4 F en 1980, puis est
monté à un record de 9,5 F en 1985 !

L'effet combiné de la variation du prix des métaux et de la variation des taux de


change conduit à une très grande instabilité sur les recettes de l'entreprise minière. Après le
risque réserve et le risque technique, nous venons de mettre en évidence le risque recettes.

Si nous faisons un bilan à ce stade, nous avons mis en évidence les éléments suivants :

- les recettes de la mine sont éminemment fluctuantes, et totalement incontrôlables ;


- les dépenses de la mine sont quasiment dictées par le gisement, L'exploitant subit au
moins l'ordre de grandeur de ces dépenses, Sa marge de manœuvre pour les modifier est très
faible.

0 - 13
3. Une industrie à haute intensité capitalistique

Nous avons vu maintenant les deux principales caractéristiques de l'industrie minière:


le gisement et le marché des matières premières, Pour que notre tour d'horizon soit complet, il
nous reste à nous intéresser à l'investissement minier, et aux relations qui lient l'entreprise
minière et l'Etat. Ces deux points seront toutefois traités de manière beaucoup plus succincte,
dans la mesure où leurs conséquences en termes de sélectivité sont secondaires.

Un examen rapide et simple des investissements initiaux de mise en exploitation d'un


gisement montre que l'activité minière est gourmande en investissements, Ce point est
généralement mesuré par le ratio de l'investissement initial I sur le chiffre d'affaire CA, appelé
intensité capitalistique. Dans l'industrie minière, il s'élève à 3, alors que dans une industrie de
transformation quelconque il se situerait plutôt aux alentours de 1, et pour une industrie de
distribution, il est inférieur à 0,1 ! Cette importance de l'investissement initial se traduit
concrètement par la nécessité d'une marge importante.

Appelons ic l'intensité capitalistique, et considérons un projet d'une durée de vie de N


années. La valeur actuelle nette de ce projet s'écrit:

i=N
Mi
VAN = -Io + ∑ i
i =1 (1 + a )
Si nous supposons maintenant la marge constante dans le temps, et si nous l'exprimons
sous la forme d'un pourcentage β du chiffre d'affaire, ou des recettes R, on aura :

B.R 1
VAN = -ic . R + .(1- N
)
a (1 + a)

Si pour une durée de vie donnée, on cherche à obtenir un taux de rentabilité minimum,
la valeur minimale de β est donnée par:

i
β= c . TR I
.
1
1− N
(1 + TR I )
Quelques valeurs numériques vont permettre de préciser les idées.
Pour un projet présentant une durée de vie de 10 ans, et une intensité capitalistique de
3, I'obtention d'un taux de rentabilité interne de 10 % nécessite que la marge représente 49 %
du chiffre d'affaire; pour obtenir un TRI de 15 %, il faut que la marge représente 60 % du
chiffre d'affaire.

La situation se dégrade très vite avec l'augmentation de l'intensité capitalistique. Un


projet sur une durée de 10 ans, avec une intensité capitalistique de 4, ne peut dégager un TRI
de 20 % que si la marge représente 96 % du chiffre d'affaire !

La forte intensité capitalistique engendre donc la nécessité d'une marge importante.

Mais elle aura également d'autres conséquences.

0 - 14
Imaginons en effet une entreprise minière qui a terminé ses investissements, et
commencé à produire. Supposons alors que le cours baisse fortement, et que la rentabilité de
l'entreprise soit perdue. Que faire alors ?

Fermer la mine ? Cette décision est d'autant plus difficile à prendre que le capital
investi était important, et par conséquent, du moins pendant les premières années, le capital
restant investi (ou restant à récupérer) est grand.

Fermer temporairement ? Difficile, car cela suppose de licencier l'ensemble du


personnel et d'assurer l'entretien de la mine, qui peut être très cher, et de plus de continuer à
accumuler les intérêts de l'emprunt initial !

Réduire la production ? Cette décision conduirait à augmenter les coûts opératoires, le


coût du capital étant réparti sur un volume plus faible.

Augmenter la production ? Cela suppose malheureusement de nouveaux


investissements, tout aussi lourds que les investissements initiaux, à une période où la santé
financière est déjà mauvaise.

Modifer les techniques d'exploitation ? Nous avons vu que dans leurs grandes lignes,
elles sont dictées par le gisement, et même si elles étaient modifiables, cela nécessiterait à
nouveau des investissements !

Nous avons fait un tour d'horizon d'un certain nombre de possibilités, que nous avons
éliminées très vite. Trop vite, sûrement. Dans certains cas, I'une des solutions proposées sera
fmalement la meilleure. Mais ce qu'il est important de retenir, c'est que cette liste ne
comprend aucune solution réellement satisfaisante, et que l'importance des investissements
liés à l'exploitation minière n'est pas étrangère à cet état de fait.

0 - 15
4. Une industrie qui intéresse l'Etat

4.1. Une industrie polluante

L'industrie minière a une image d'industrie polluante. En fait, elle l'est probablement
beaucoup moins qu'un certain nombre d'autres entreprises, mais sa forme principale de
pollution se manifeste de façon très claire, visuelle en fait. Les carrières ou mines à ciel
ouvert, les digues à stériles abîment le paysage. Les affaissements de surface dus aux
exploitations souterraines sont directement ressenties par tout un chacun ... A l'opposé, une
industrie chimique sera nettement plus polluante, mais cela ne se voit que si l'on fait des
analyses d'air, d'eau, ...

4.2. Une industrie qui exploite les ressources des pays

L'industrie minière exploite les ressources du sous-sol. La législation française fait la


distinction entre les ressources exploitables en mine, et celles exploitables en carrière. Pour
exploiter une ressource dépendarit du régime des mines, il n'est pas nocessaire d'être
propriétaire du terrain; par contre, il faut un droit d'exploitation délivré par l'Etat. En
exploitant ce type de ressources, une entreprise minière exploite donc en quelque sorte une
"richesse nationale", quelque chose qui appartient à l'ensemble des contribuables. Il n'est donc
pas étonnant que l'Etat manifeste un intérêt particulier aux entreprises minières.

En pratique, I'Etat français n'intervient pratiquement plus aujourd'hui. Mais un petit


retour au passé montre qu'il n'en a pas toujours été ainsi. En effet, si la fluctuation des prix des
matières premières peut être à l'origine des catastrophes fmancières, elle peut également, à
l'opposé, générer de très gros bénéftces. Tel a été le cas en France pendant la période prospère
des trente glorieuses. L'Etat français a alors mis en place un impôt spécial sur les super-
bénéfices (cet impôt à dû être rapidement retiré, dans la mesure où il a considérablement
ralenti l'activité minière en France, les exploitants refusant l'idée de payer beaucoup d'impôts
quand tout va bien, tout en continuant de prendre en charge le risque des mauvaises années ou
périodes).

Dans certains pays, I'Etat intervient toujours fortement sur les industries minières,
toujours à cause de cette notion de richesse nationale. On voit aussi certains pays d'Afrique
refuser des changements de méthode d'exploitation, parce que la nouvelle méthode conduit à
un taux de récupération du minerai plus faible que l'ancienne. On voit également un pays
comme la République Tchèque imposer une loi qui spécifie qu'on n'a le droit d'exploiter une
veine de charbon que si on l'exploite dans la totalité de sa puissance (cette loi a obligé
l'entreprise OKD à se faire fabriquer un équipement de longue taille "sur mesure", pour
exploiter une couche particulièrement puissante).

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RESUME

SPECIFICITES
DE L’ENTREPRISE MINIERE
*****

GISEMENT . LOCALISE
. LIMITE
. MAL CONNU malgré un processus long

PROCESS . COMPLEXE
. A ADAPTER
. BEAUCOUP D'HOMMES

INVESTISSEMENT . LOURD
. LONG
. NECESSITE DES MARGES IMPORTANTES

AVAL .FIXE LES PRIX


.FIXE LES QUANTITES
.INTERNATIONAL

LEGISLATION . INTERET DE L'ETAT

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