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Modèle d'Équilibre Général en Microéconomie

Ce document présente le concept d'équilibre général dans une économie. Il décrit trois cadres d'analyse: une économie de distribution, une économie d'échange pur et une économie d'échange avec production. Pour chaque cadre, il formule les hypothèses, les équations de comportement et d'équilibre, et explique la résolution du système d'équilibre général.

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Modèle d'Équilibre Général en Microéconomie

Ce document présente le concept d'équilibre général dans une économie. Il décrit trois cadres d'analyse: une économie de distribution, une économie d'échange pur et une économie d'échange avec production. Pour chaque cadre, il formule les hypothèses, les équations de comportement et d'équilibre, et explique la résolution du système d'équilibre général.

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Chapitre 4 Equilibre Général 2

Contenu du Chapitre 4

4.0 Introduction.................................................................................................................................................... 3

4.1 Équilibre général dans une économie de distribution........................................................................... 4


4.1.1 Hypothèses.............................................................................................................................................. 4
4.1.2 Formulation des équations du système............................................................................................... 4
a) Les équations de comportement .......................................................................................................... 4
b) Les équations d’équilibre ...................................................................................................................... 4
4.1.3. Résolution du système d’équilibre général........................................................................................ 5

4.2 Équilibre général dans une économie d’échange pur ............................................................................ 5


4.2.1 Définitions et concepts........................................................................................................................... 6
a) Agents économiques .............................................................................................................................. 6
b) Allocation ................................................................................................................................................ 6
c) Dotations initiales................................................................................................................................... 6
d) Ressources Totales ................................................................................................................................. 6
e) Allocation optimale au sens de Pareto ................................................................................................ 7
4.2.2 Hypothèses :............................................................................................................................................ 7
4.2.3 Formulation des équations du système............................................................................................... 8
a) Équations de comportement................................................................................................................. 8
b) Équations d’équilibre............................................................................................................................. 9
c) Énoncé et démonstration de la Loi de Walras. ................................................................................. 10
4.2.4 Résolution du système......................................................................................................................... 11
4.2.5 Illustration simplifiée pour le cas de deux consommateurs et deux biens................................... 12
a) Utilisation de la boîte d'Edgeworth .................................................................................................. 12
b) Les données de base............................................................................................................................. 12
c) Propriétés caractéristiques de la boîte d’Edgeworth ....................................................................... 13
d) Représentation graphique des courbes d’indifférence ................................................................... 14
e) Les courbes d’indifférences bloquantes ............................................................................................ 14
f) Illustration du concept de l’optimum au sens de Pareto................................................................. 15
g) Courbe de contrat et noyau de l’économie ....................................................................................... 17
h) Définition de l'équilibre général ........................................................................................................ 18

4.3 Équilibre dans une économie d’échange avec production .................................................................. 21


4.3.1 Hypothèses............................................................................................................................................ 21
4.3.2 Formulation du système...................................................................................................................... 22
a) Équations de comportement des entreprises.................................................................................... 22
b) Équations de comportement des consommateurs........................................................................... 23
c) Équations d’équilibre des marchés .................................................................................................... 23
4.3.3 Résolution du système d’équilibre général....................................................................................... 24

Microéconomie Jelloul EL MABROUK INSEA


Chapitre 4 Equilibre Général 3

4.0 Introduction

Les approches d’analyse adoptées jusqu'à maintenant étaient par nature partielles.
Tout d’abord les demandes du consommateur, ensuite les demandes et l’offre du
producteur et enfin l’équilibre d’un seul marché isolé sous l’hypothèse que tous les
autres marchés s’ajustent de manière instantanée et optimale. Ce sont là des
hypothèses peu réalistes. Les relations qui peuvent lier les biens et services entre eux,
créent des interdépendances incontournables. L’approche d’équilibre général permet
une prise en compte intégrale de l’ensemble des relations potentielles et des
interdépendances qu’elles peuvent induire. Elle permet une détermination
simultanée de l’ensemble des prix et des quantités produites, échangées et
consommées.

Pour des raisons pédagogiques, on va adopter une approche progressive qui permet
de construire le modèle d’équilibre général, et les différents types d’équations qui le
composent, par étapes successives :
• Une première étape qui place l’analyse dans le cadre d’une économie de
distribution qui se limite aux demandes des marchés, où les consommateurs
sont présents par leurs fonctions de demande et les producteurs sont
totalement absents. Les quantités globales disponibles sont connues et fixes.
L’objet du modèle est donc de réaliser l’allocation de ces quantités disponibles
aux consommateurs en fonctions de leurs besoins, exprimés à travers leurs
fonctions d’utilité et appuyés par leurs pouvoirs d’achat respectifs.
• Une seconde étape qui considère que les quantités globales disponibles sont
initialement et intégralement détenues par les consommateurs, sous forme de
dotations initiales qui constituent leurs seules sources de revenu. Les
producteurs demeurent totalement absents et les échanges se font
exclusivement entre consommateurs : c’est le cadre d’économie d’échange pur.
• Enfin une dernière étape où, en plus des quantités initialement détenues par
les consommateurs, des entreprises, exclusivement détenues par ces mêmes
consommateurs, peuvent transformer les biens et services détenus par les
consommateurs en d’autres biens ou services plus demandés ou générateurs
de plus grandes valeurs ajoutées. Les profits réalisés sont intégralement
redistribués aux consommateurs propriétaires pour augmenter leurs revenus :
c’est le cadre d’une économie d’échange avec production.

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Chapitre 4 Equilibre Général 4

4.1 Équilibre général dans une économie de


distribution

4.1.1 Hypothèses

L’économie se compose de m consommateurs, i ; i = 1, 2,..., m et de n biens,


h ; h = 1, 2,..., n . Chaque consommateur dispose d’un revenu monétaire R i et d’un
indice d’utilité pour exprimer ses préférences, U i ( xi1 , xi 2 ,..., xin ) .

4.1.2 Formulation des équations du système

a) Les équations de comportement

Dans une économie de distribution les équations de comportement sont données par
les fonctions de demande individuelles de chaque consommateur pour chacun des
biens. Ces fonctions de demande sont obtenues par la résolution du modèle du
consommateur, développé au chapitre I.

=xih xih ( p1 , p2 ,...,=


pn , R i ) ; h 1,=
2,..., n et i 1, 2,..., m

b) Les équations d’équilibre

Les équations d’équilibre se rapportent aux marchés. Elles traduisent l’égalité entre
la demande globale et la quantité globale disponible, W h , sur chaque marché.
m

∑x
i =1
ih ( p1 , p2 ,..., p= i
n, R ) W=
h; h 1, 2,..., n .

Le modèle global se compose, par conséquent, de ( nm + n ) équations dont nm


équations de comportement et n équations d’équilibre. Les inconnues sont en
nombre égal dont n prix et nm quantités demandées.

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Chapitre 4 Equilibre Général 5

4.1.3. Résolution du système d’équilibre général

Pour résoudre ce système, et compte tenu de la logique des équations qui le


composent, on procède par dichotomie qui scinde le modèle global en deux sous
systèmes correspondant aux deux types d’équations précédemment présentés :
• Les équations d’équilibre qui permettent de déterminer les prix d’équilibre ;
( p1* , p2* ,..., pn* ) .
• Les équations de comportement permettent de calculer les quantités
individuelles demandées, en remplaçant les prix calculés dans chacune de ces
équations,
= soit : xih* xih ( p1* , p2* ,...,=
pn* , R i ) ; h 1,=
2,..., n et i 1, 2,.., m .

Remarque : Dans le cadre d’une économie de distribution, les paramètres exogènes


qui déterminent les comportements individuels n’obéissent pas à la même logique.
Pendant que les prix sont déterminés de manière endogène par le modèle d’équilibre
général, les revenus des consommateurs restent exogènes. Ils sont déterminés en
dehors du modèle d’équilibre général. Dés lors, au niveau du marché, la propriété
d’homogénéité de degré zéro n’est plus assurée et, par conséquent, le modèle permet
de déterminer les prix monétaires des différents biens.

4.2 Équilibre général dans une économie d’échange


pur

Commençons par préciser certains concepts de base.

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Chapitre 4 Equilibre Général 6

4.2.1 Définitions et concepts

a) Agents économiques
Dans une économie d'échange pur, les agents économiques sont constitués par les
consommateurs caractérisés chacun par ses préférences pour les différents biens et
services qui composent l'économie et par ses dotations initiales en biens et services
qui serviront comme sources de revenus.

b) Allocation
Une allocation des ressources de l'économie est donnée par un vecteur (complexe,
panier) des quantités de chacun des biens ou services que reçoit chaque agent
économique. Dans le cas de m agents (ménages ou consommateurs) et n biens ou
services échangés, alors une allocation sera définie par : xi = ( xi1 , xi 2 ,..., xin ) qui
désigne le panier de consommation du consommateur i; i = 1, 2,..., m . Le vecteur des
paniers de consommation x =  x1 , x 2 ,..., x m  qui définit la répartition des biens et
services entre les agents économiques est appelé : une allocation.

c) Dotations initiales
Puisqu'on se place dans une économie sans production, les agents obtiennent les
revenus qu'ils réemploient dans l'achat des biens et services en vendant une partie ou
la totalité des biens et services dont ils disposent initialement. Sous l'hypothèse que
ces agents détiennent des quantités non négatives de tous les biens ou services qui
composent l'économie, alors, ils choisiront de vendre les excédents par rapport à
leurs besoins de certains besoins ou services pour pouvoir combler les déficits, par
référence à ces mêmes besoins, ressentis pour d'autres biens ou services disponibles
pour l'échange.

Dans la pratique, les agents gagnent leurs revenus de la vente des biens et services
dont ils sont dotés par la nature: services de travail, de la terre, du capital financier, et
d'esprit d’entreprise. Pour distinguer entre les complexes des dotations et les paniers
que choisirait l'agent pour sa propre consommation. Les dotations sont désignées
par : ω i (ω
= = i1 , ω i 2 ,..., ω in ) ; i 1, 2,..., m .

d) Ressources Totales
Dans une économie d'échange pur, les ressources totales disponibles proviennent
exclusivement des dotations initiales des agents économiques. Ces ressources totales
m
sont également appelées quantités globales offertes:
= Wh ∑=
ωih ; h 1, 2,...n
i =1

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Chapitre 4 Equilibre Général 7

La définition des ressources totales ou des offres globales permet de préciser les
allocations réalisables parmi celles disponibles ; c'est-à-dire, celles qui cadrent avec
m m
les ressources totales disponibles :
=i 1 =i 1
∑ x=
ih W=
h ∑ω ih

e) Allocation optimale au sens de Pareto


Une allocation xˆ = ( xˆ1 , xˆ 2 ,..., xˆ m ) est efficace, ou optimale, au sens de Pareto si elle est
m
réalisable, ∑
= xˆih W=
h; h 1, 2,..., n et, s’il n'est pas possible de trouver une autre
i =1

allocation des ressources totales qui soit réalisable et meilleure au sens de Pareto;
c’est-à-dire, non désavantageuse pour aucun agent et qui permet d’améliorer la
situation d’au moins un agent. Autrement dit, une allocation est efficace si la seule
manière d’améliorer la situation d’un agent est de détériorer la situation d’au moins
un autre agent.

4.2.2 Hypothèses :

Soit ω i = (ωi1 , ωi 2 ,..., ωin ) le vecteur des dotations initiales du consommateur i . Le


revenu du consommateur i est donné par la valeur globale de ses dotations initiales,
n
R i = ∑ phω h et la quantité globale offerte de chaque bien h est donnée par
1
m
Wh = ∑ ωih ; h = 1, 2,..., n .
i =1

Dans une économie d'échange pur, les revenus proviennent de la vente des dotations
initiales. Par conséquent, la contrainte budgétaire du consommateur i s'exprime
par :

n n n n

=
∑ ph xih ≤ ∑ phωih ⇔
h 1=h 1
∑ ph ( xih − ωih ) ≤ 0 ⇔
h =1
∑ p DE
h =1
h ih ≤ 0.

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Chapitre 4 Equilibre Général 8

4.2.3 Formulation des équations du système

Compte tenu de cette nouvelle définition de la contrainte budgétaire, le modèle


d’optimisation du consommateur peut être exprimé sur la base des demandes
individuelles ou au moyen des demandes excédentaires des différents biens et
services :
 
 MaxU i = U ( x , x ,..., x )  MaxU i =U i ( x − ω , x − ω ,..., x − ω )
 i1 i2 in
 i1 i1 i2 i2 in in

s/à : ⇔ s/à :
 n n  n
∑ ph xih ≤ ∑ phωih ∑ ph ( xih − ωih ) ≤ 0
=  h 1 =h 1  h =1


 MaxU i = U i ( DE , DE ,..., DE )
 i1 i2 in

ou, encore, s/à :


 n
∑ ph DEih ≤ 0
 h =1

La solution optimale donne les expressions des fonctions de demande individuelles


du consommateur i ,
 n

xih = xih  p1 , p2 ,..., pn , ∑= phωih  ; h 1,=
2,..., n et i 1, 2,..., m
 h =1 
ou, par la formulation alternative, les expressions des fonctions de demande
excédentaire individuelles,

 n

DEih xih  p1 , p2 ,..., pn ∑ phωih=
 − ωih ; h 1,=
2,..., n et i 1, 2,..., m
 h =1 
Ces demandes peuvent être obtenues par les différences entre la fonction de
demande individuelle et la dotation initiale du consommateur en chaque bien ou
service ou, mieux encore, directement par la résolution du modèle adapté, avec
comme avantage l’absence de l’expression de la contrainte, qui est forcément nulle à
l’optimum (grâce aux hypothèses de la divisibilité parfaite des biens et services et de
la non décroissance des fonctions d’utilité).

a) Équations de comportement

Les équations de comportement sont données par les expressions des fonctions de
demande
 n

xih = xih  p1 , p2 ,..., pn , ∑ phωih  ; h = 1, 2,..., n et i = 1, 2,..., m .
 h =1 

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Chapitre 4 Equilibre Général 9

Elles peuvent également s’exprimer par les fonctions des demandes excédentaires :
DEih = DEih ( p1 , p2 ,..., pn ) ; h = 1, 2,..., n et i = 1, 2,..., m .
Ces fonctions de demande individuelles sont dorénavant homogènes de degré zéro
par rapport aux prix. Par conséquent, l’un des prix peut être ramené à une valeur
unitaire. Autrement dit, l’un quelconque des biens peut être choisi comme numéraire
pour exprimer les autres biens et le revenu. Ce résultat est la conséquence de la
nouvelle définition des revenus des consommateurs qui est linéaire homogène des
prix.

b) Équations d’équilibre
Les équations de comportement (ou fonctions de demande individuelles) permettent
de calculer les fonctions de demande globales pour chaque marché :
m
 n

xh = ∑ xih  p1 , p2 ,..., pn , ∑ phωih  ; h = 1, 2,..., n
=i 1 =  h 1 
ou, de manière équivalente, les fonctions de demande excédentaires :
m
DEh = ∑ DEih ( p1 , p2 ,..., pn ) ; h = 1, 2,..., n
i =1

Les équations d’équilibre correspondent, elles aussi, à celles de l’économie de


distribution en tenant compte des nouvelles expressions des revenus résultant des
hypothèses spécifiques à l’économie d’échange pur. Soit :
m
 n
 m
∑ ih  1 =
=i 1
x p , p2 ,..., pn ∑ k ik 
, p
k 1=
=ω ∑=
 i1
ωih Wh ; h = 1, 2,..., n

Ou encore,

m
DEh ∑=
DEih ( p1 , p2 ,..., pn ) 0 ; h = 1, 2,..., n
i =1

Le nombre total d’équations est ( nm + n ) , qui est le même que dans le cas de
l’économie de distribution. Le nombre de variables indépendantes est, par contre,
inférieur d’une unité ; soit ( nm + n − 1) dont nm quantités individuelles et seulement
( n − 1) rapports de prix à cause de la propriété d’homogénéité précédemment
annoncée.

Pour déterminer de manière simultanée l’équilibre sur l’ensemble des marchés, on


commence par ramener le nombre d’équations à cadrer avec le nombre d’inconnues
en démontrant que l’une des équations est redondante; c’est-à-dire, peut s’exprimer
en fonction des autres équations. Pour cela on procède comme suit :

Des hypothèses de la croissance des fonctions d’utilité et de la parfaite divisibilité de


tous les biens et services, on peut affirmer qu’à l’optimum les contraintes budgétaires

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Chapitre 4 Equilibre Général 10

sont satisfaites à l'égalité. Les fonctions de demande qui découlent de l’équilibre


satisfont les contraintes budgétaires forcément à l’égalité. Pour chaque
n
consommateur, on a donc ∑ p (x
h =1
h ih − ωih ) =∀
0 i et, par conséquent, pour l’ensemble
n
des consommateurs on aura ∑ p DE ( p , p ,..., p ) = 0 ;
h =1
h h 1 2 n h = 1, 2,..., n qui est toujours

vérifiée comme identité : identité de Walras.

L’intérêt de cette identité est dans le fait qu’elle peut, compte tenu de la définition
des demandes excédentaires globales, s’exprimer par :

n m n

=
∑ p ∑ DE
h
h 1 =i 1
ih ( p1 , p2 ,..., =
pn )
=h 1
∑ p (x h h −W
=h) 0

Puisque l'analyse ne concerne que les biens économiques, ph > 0; ∀h , cette identité
implique que si l’équilibre est réalisé sur n − 1 marchés parmi les n marchés alors le
marché restant est forcément en équilibre. Ces deux volets constituent ce qu’on
appelle la loi de Walras qui peut être énoncée est démontrée comme suit :

c) Énoncé et démonstration de la Loi de Walras.


Dans une économie qui se compose de n marchés : si chaque consommateur
équilibre son budget (condition c1 ) et s’il y a équilibre sur ( n − 1) marchés (condition
c2 ), alors, il y a équilibre sur le marché restant.

• La première condition ( c1 ) stipule que chaque consommateur équilibre son


 n  m
 n 
budget :  ∑ ph ( xih − ωih ) = 0; i = 1, 2,..., m  ⇒ ∑  ∑ ph ( xih − ωih )  =
0 , et puisque
 h =1  =i 1 =h 1 
m et n sont finis, l’ordre de sommation peut être permuté et par conséquent :
n
m  n
m m
 n

=
∑  ∑ h ih
i 1
h 1=
p ( x − ω )
ih  ∑ h ∑
= p
=h 1 =
xih
i 1 =i 1
− ∑ ih  ∑
ω =
h =1
0 . La valeur des
ph ( xh − Wh ) =

demandes globales est égale à la valeur des ressources qui constituent à la fois
les sources de revenus et les offres globales disponibles.

• La seconde condition ( c2 ) est la réalisation de l’équilibre sur n − 1 parmi les n


marchés qui composent l’économie. Si, pour simplifier et sans perdre de
généralité, on désigne ce marché par l’indice n , la condition traduit : xh = Wh ;
=h 1, 2,..., n − 1 . Par ailleurs, notre analyse ne porte que sur les biens
économiques, ph > 0 ∀h , la condition peut également s’exprimer par :
n −1
ph ( xh − Wh ) =
0 ; h 1, 2,..., n − 1 qui assure que
= ∑ p (x
h =1
h h − Wh ) =
0

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Chapitre 4 Equilibre Général 11

• La prise en compte des deux conditions permet de constater que :


n n −1
pn ( xn − W
=h 1=h 1
=n) ∑ ph ( xh − Wh ) − ∑ ph ( xh − W=
h) 0 et puisque le bien n est un bien

économique, pn > 0 , alors on obtient l’équilibre sur le marché n : xn = Wn .

4.2.4 Résolution du système

Comme pour le cas d’une économie de distribution, on procède par dichotomie, en


résolvant le sous-système formé des n − 1 équations d’équilibre. Le choix de
l’équation à écarter, qui est, a priori, arbitraire peut être aussi un choix raisonné pour
réduire les difficultés, de quelque nature que ce soit, (paramètres imprécis,
expressions des demandes complexes, etc.). Cette résolution permet de calculer les
n − 1 prix des marchés concernés, exprimés en « équivalent unités » du bien écarté
qui joue le rôle de numéraire et dont le prix est ramené à un niveau unitaire. Les prix
p p p 
des n − 1 autres marchés deviennent alors : ( p1' , p2' ,..., pn' −1 ) ≡  1 , 2 ,..., n −1 
 pn pn pn 

Les quantités demandées seront obtenues en remplaçant les rapports de prix calculés
dans les expressions des équations de comportement, qui sont homogènes de degré
zéro par rapport aux prix :
 n
  p1 p2 pn −1 n
pk 
xih x=ih  1
p , p2 ,..., pn ∑ k ik 
, p ω xih  , ,..., ,1, ∑ ωik  ;
=  k 1=   pn pn pn k 1 pn 
= h 1,=2,..., n et i 1, 2,..., m . Ces expressions mettent en évidence le rôle de numéraire
joué par le bien n dont le prix est ramené à l’unité. Les des différents biens peuvent
ainsi être exprimées en, « équivalent unités » du bien n .

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Chapitre 4 Equilibre Général 12

4.2.5 Illustration simplifiée pour le cas de deux


consommateurs et deux biens

Ce cas particulier vise à introduire un certain nombre de concepts fondamentaux


pour les analyses portant sur l’équilibre général ou sur l’optimum et le bien être
social, objet du chapitre 5, qui sera traité dans le cadre de Microéconomie II. Il vise
également à illustrer graphiquement la logique et le processus de l’établissement de
l’équilibre général. L’analyse graphique s’appuie sur l’emploi du diagramme (ou
boîte) d’Edgeworth.

a) Utilisation de la boîte d'Edgeworth

Cette représentation graphique simple permet d'analyser la logique du processus et


des règles qui fondent l’équilibre général et conduisent vers son établissement.

Ce modèle simplifié de deux marchés et deux biens repose sur des hypothèses très
restrictives et peu réalistes, surtout dans le cadre de la concurrence pure et parfaite.
Néanmoins, il permet d’illustrer les fondements du raisonnement par la boîte
d'Edgeworth qui ne peut être utilisé que dans ce cas simplifié. Evidemment cela
n’empêche pas de supposer l'existence d'un grand nombre d'agents qui se divisent en
deux groupes homogènes composés d’éléments identiques en termes de préférence
et de dotations initiales et représentables par les deux agents types considérés dans le
cadre de la boîte d'Edgeworth qui peut être interprétée comme une application à
chacun des agents en termes de ratios per capita. Cette hypothèse d’agrégation
permet, ainsi, de retrouver la condition du grand nombre d'agents que doit justifier
un cadre de concurrence pure et parfaite.

b) Les données de base


Les consommateurs disposent de dotations initiales, qui constituent leur seule source
de revenu : (ω11 , ω12 ) pour le consommateur 1 et (ω 21 , ω 22 ) pour le consommateur 2 ,
pour exprimer leurs demandes effectives, sur la base des prix et de leurs fonctions
d’utilité respectives U 1 ( x11 , x12 ) et U 2 ( x21 , x22 ) .

Ainsi, les revenus respectifs des consommateurs sont : = R1 p1ω11 + p2ω12 et


R 2 p1ω 21 + p2ω 22 et les ressources (qui constituent également les offres) globales sont
=
=
W1 ω11 + ω 21 et W
= 2 ω12 + ω 22 .

Les modèles individuels respectifs des consommateurs 1 et 2 sont :

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Chapitre 4 Equilibre Général 13

 MaxU 1 = U 1 ( x11 , x12 )  MaxU 2 = U 2 ( x21 , x22 )


 
s/à : et s/à :
 p x + p x ≤ pω + p ω  p x + p x ≤ pω + p ω
 1 11 2 12 11 2 12  1 21 2 22 21 2 22

Les graphiques illustrant ces équilibres peuvent se présenter comme suit :


x21 02
x12

E1 E2

x22

01 x11

La boîte d’Edgeworth prend la forme d’un rectangle ayant pour dimensions les
quantités globales disponibles des différents biens. Les quadrants opposés servant de
systèmes de repères respectifs les deux consommateurs 1 et 2 .
Elle se présente ainsi :

x12 02
x21 ω 21

x12 x22
X
ω 22 W2
ω12 W0

x11 ω11

01 W1 x11
x22

c) Propriétés caractéristiques de la boîte d’Edgeworth

• Chaque point de cette boîte réalise une partition intégrale des quantités
globales disponibles entre les deux consommateurs. Ainsi, les points W et X
réalisent cette partition : x11 + x21 = ω11 + ω 21 = W1 et x12 + x22 = ω12 + ω 22 = W2 . Pour
passer de la situation initiale W à une situation X , le consommateur 1 a cédé
une quantité de X 1 , égale à (ω11 − x11 ) , pour obtenir un accroissement du bien

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Chapitre 4 Equilibre Général 14

X 2 égal à ( x12 − ω12 ) . Le consommateur 2 a fait des déplacements de mêmes


amplitudes mais en sens inverse (par rapport à son origine 02 )
• Chaque point de la boîte d’Edgeworth réalise une partition des ressources qui
pourrait, sous certaines conditions, représenter un équilibre général des deux
marchés.
• Toute droite budgétaire est commune aux deux consommateurs. En effet, la
droite budgétaire du consommateur 1 est : p1 x11 + p2 x12 = p1ω11 + p2ω12 . Or,
compte tenu de la propriété précédente on peut écrire: x1h = 1, 2 et
Wh − x2 h ; h =
ω1h =−Wh ω 2 h ; h = 1, 2 . Ce qui donne, en remplaçant ces expressions dans la
contrainte budgétaire précédente, :
p1 (W1 − x21 ) + p2 (W2 − x22 ) = p1 (W1 − ω 21 ) + p2 (W2 − ω 22 ) ⇔
p1 x21 + p2 x22 = p1ω 21 + p2ω 22 qui est l’expression de la droite budgétaire du
consommateur 2 .

d) Représentation graphique des courbes d’indifférence

x12 02

x21

x11

01 x22

e) Les courbes d’indifférences bloquantes

Les courbes d’indifférences passant par le point commun des dotations initiales
délimitent le lieu géométrique des partitions, D , préférables du point de vue de
chacun des deux consommateurs :

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Chapitre 4 Equilibre Général 15

x12 ω 21 02
x21 W
ω12 ω 22
D
u01
u02 x11

01 ω11 x22
Dans le cadre d’une économie de marché où les échanges sont libres (non imposés),
les points situés au-dessous de la courbe d’indifférence u01 seront refusés par le
consommateur 1 puisque l’absence d’échange, représentée par W , lui assure une
satisfaction plus grande. La courbe d’indifférence u01 est appelée une courbe
bloquante du côté du consommateur 1 . Le même raisonnement s’applique aux points
situés au-dessous, par référence à l’origine 02 , de u02 qui joue le rôle d’une courbe
bloquante du côté du consommateur 2 . Par conséquent, seuls les points situés à
l’intérieur de l’anneau en gras sont préférables du point de vue des deux
consommateurs. Cet anneau représente le lieu des situations mutuellement
avantageuses pour les deux consommateurs. En effet, par tout point qui se situe à
l’intérieur de cet anneau, tel que D , on peut tracer des courbes d’indifférences
strictement préférables aux courbes initiales des deux consommateurs.

f) Illustration du concept de l’optimum au sens de Pareto


Supposons que les deux consommateurs commencent par l'allocation W qui
correspond aux dotations initiales. Cette allocation n'est pas optimale au sens de
Pareto, parce qu’un déplacement le long de la courbe d'indifférence u02 , gardera
constant le niveau d'utilité du consommateur 2 tout en permettant au
consommateur 1 d’améliorer son niveau de satisfaction. Par contre, le point E , situé
au point de tangence des courbes d'indifférence des deux agents est un optimum au
sens de Pareto, puisque à partir du point E , tout déplacement le long, ou au-dessus,
de u02 (ou de u11 ) pour améliorer le niveau de satisfaction de l’un des consommateurs
sera accompagné d’une détérioration du niveau de satisfaction de l’autre
consommateur 1 (ou 2 ).

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Chapitre 4 Equilibre Général 16

x12 *
ω 21 x21
02
x21 W  U 
1

ω12 η1 =  1  ω 22
2 U 2 
x12* U1  E  *
x22
U  = η2
 2
u11

u01 x11
u02
01 ω11 x11* x22

L’efficacité de l’allocation définie par le point de tangente commune aux courbes


d’indifférence des deux agents peut être montrée formellement à partir de la
résolution analytique des modèles ayant servi de base pour construire la boîte
d’Edgeworth. Soit u un niveau de satisfaction acquis pour l’agent 2 , le maximum
2

accessible à l’agent 1 , qui ne remet pas en cause les acquis de l’agent 2 , est donné par
la solution du programme :

 MaxU 1 = U 1 ( x , x )
 11 12

 s/à :
 2
U ( x21 , x22 ) ≥ u
2

Pour résoudre ce programme, on peut tout d’abord réduire le nombre de variables en


tenant compte des conditions d’allocations réalisables : [ x11 = W2 − x22 ] ,
W1 − x21 et x12 =
ce qui permet d’écrire la fonction de Lagrange sous la forme :

(
L( x21 , x22 , σ )= U 1 (W1 − x21 , W2 − x22 ) + σ U 2 ( x21 , x22 ) − u
2
)
Les conditions de premier ordre de l’optimum sont :


(
 L21 = −U 111 + σ U 2 21 ) dx21 =
0 −U 111 + σ U 2 21 =
 L21 = 0
 
 L22 =( −U 112 + σ U 222 ) d 22 = −U 112 + σ U 2 22 =
0x⇔  L22 = 0
 
= Lσ U ( x21 , x22 ) ≥ Uˆ
2 2 =  Lσ U ( x21 , x22 ) ≥ U
2 ˆ2

Si on élimine le multiplicateur de Lagrange σ dans les deux premières équations, on


obtient la condition habituelle de la tangence où les taux marginaux de substitution
1 2
 U1   U1 
sont égaux pour les deux agents : TMS
= =  =  TMS 12 . Ces conditions
2 1
12
 2  2
U U

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Chapitre 4 Equilibre Général 17

 
sont illustrées au graphique précédent par les vecteurs η1 et η2 normaux
respectivement aux courbes d’indifférences u11 du consommateur 1 et u02 du
consommateur 2 .

g) Courbe de contrat et noyau de l’économie


Le lieu géométrique des tangentes communes, des courbes d’indifférences des deux
consommateurs, définit le lieu des convergences des appréciations de la rareté
relative des deux biens :
dx dx
− 12 = TMS121 (W1 − x21 , W2 − x22 ) =
TMS122 ( x21 , x22 ) =
− 22 .
dx11 dx21

Ce lieu est constitué par l'ensemble des optima au sens de Pareto. Il est connu sous le
nom de courbe de contrat, notée CC ' . Son équation s’obtient directement de cette
définition des TMS en résolvant (pour le cas de la méthode de substitution utilisée
plus haut) x22 en fonction de x21 .
Exemple : pour les fonctions d’utilité U ( x11 , x12 ) = Ax11
α β
x12 et U ( x21 , x22 ) = Axν21 xθ22 , la
U ( x11 , x12 ) =
A (W1 − x21 ) (W2 − x22 ) et
α β
méthode par substitution de x11 et x12 donne
α (W2 − x22 ) ν x22
les Taux marginaux de substitution s’écrivent : TMS
= 1
12 = = TMS 212 et
β (W1 − x21 ) θ x21
la résolution de x22 en fonction de x21 donne l’équation de la courbe de contrat qui
θ W2 x21
s’exprime par : x22 =
νβ W1 + (αθ −νβ ) x21

La portion NN ' de la courbe de contrat comprise entre les courbes d'indifférence


bloquantes est appelée noyau de l'économie: Ensemble des points d'accords
mutuellement avantageux pour les deux consommateurs.

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Chapitre 4 Equilibre Général 18

x12 ω 21 02
x21 W C'
ω12 ω 22
N'

C
x11

01 ω11 x22

h) Définition de l'équilibre général

Un équilibre général est un équilibre pour chacun des consommateurs et pour


chacun des marchés. La boîte d'Edgeworth, par sa construction assure l'équilibre des
deux marchés en tout point commun. Ce point commun doit être également un point
de tangence entre la droite budgétaire, qui est commune aux deux consommateurs, et
une courbe d'indifférence pour chacun des deux consommateurs. Le point
d'équilibre est donc un point du noyau de l'économie tel que la droite définie par la
tangente commune vérifie l'équation budgétaire; c'est-à-dire passe par le point de
dotation initiale W .

Le point E constitue :
1 2
U  p1  U1 
• Un équilibre pour chaque consommateur  1 =  =  
 U2  p2  U 2 
 x11 + x21 =
* *
W1
• Un équilibre pour chaque marché:  *
 x12 + x22 =
*
W2
Le prix d'équilibre en E , qui est un prix relatif, est donné par :
*
 p1  −( x12 − ω12 ) −( x22 − ω 22 )
=
  =
 p2  x11 − ω11 x21 − ω 21

Par conséquent au terme de cet équilibre le consommateur 1 a cédé une quantité


(ω12 − x12* ) de X 2 au consommateur 2 en contrepartie d'une quantité ( x11* − ω11 ) de
X 1 . Le rapport de ces variations définit le taux moyen ( = marginal pour le cas
linéaire) de l'échange de X 1 en terme de X 2 qui correspond au prix d'équilibre.

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Chapitre 4 Equilibre Général 19

x21 x12 ω 21 *
x21 02

W C'
ω 21 ω 22
N'
*
E *
x21 x22
N

C
x11

01 ω11 x11*
x22

Évidemment, cet équilibre se définit par la réunion d’un ensemble de conditions


(égalité des TMS , tangente commune, etc.). L’absence de l’une de ces conditions est
une négation de l’existence de l’équilibre. A titre d’illustration, le graphique suivant
présente la situation d’égalité des TMS en des points différents (et non en un point
commun) :

x12 ω 21 *
x21 02
x21
W
ω12 ω 22
E1
x12*
DE2 > 0
*
E2 x22

DE1 < 0 x11

01 ω11 x11*
x22
Ce diagramme illustre des situations d’équilibres individuels de chacun des deux
consommateurs mais qui conduisent à des déséquilibres au niveau des marchés : une
situation de demande excédentaire du bien 2 , ( x12* + x22
*
> W2 ) et d’offre excédentaire
(demande excédentaire négative) du bien 1 (x*
11 + x21
*
< W1 ) . Ce résultat est une
conséquence de l’utilisation d’un prix relatif inadéquat. Le prix relatif du bien 1 en
termes du bien 2 est jugé trop élevé par les deux agents ; ou, ce qui revient au même,
le bien 2 en termes de bien 1 est jugé bon marché. Pour corriger ces distorsions, il
suffit donc d’ajuster le prix relatif en diminuant progressivement ( p1 / p2 ) jusqu’à ce
que E1 se superpose à E2 .

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Chapitre 4 Equilibre Général 20

Par ailleurs, l’équilibre général, quand il existe, peut être multiple. Le diagramme
suivant illustre l’impact de la forme de la courbe de contrat (plus exactement de la
portion définissant le noyau de l’économie) sur la multiplicité de l’équilibre. En effet
une forme linéaire de cette courbe garantie l’unicité de l’équilibre général quand il
existe. Donc la multiplicité nécessitera des formes particulières des courbes de
contrat.

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Chapitre 4 Equilibre Général 21

Le diagramme suivant illustre cette situation :

x12
ω 21 02
x21
W
ω12 ω 22

x11

01 ω11 x22

4.3 Équilibre dans une économie d’échange avec


production

4.3.1 Hypothèses

La seule différence avec le cas précédent réside dans la possibilité de transformation


de certains biens ou services en d’autres biens ou services plus utiles, plus rares ou
producteurs de plus de valeur ajoutée. Donc, en plus des m consommateurs,
l’économie se compose de  entreprises qui se chargent de ces transformations dans
le but de maximiser des profits, qui sont intégralement redistribués aux
consommateurs proportionnellement à leurs parts respectives dans la propriété de
ces entreprises.
Soit θ ij : la part du consommateur i dans les profits de l’entreprise j ;
m
= 2,..., ; i 1, 2,..., m , avec
j 1,= ∑θ
i =1
ij = 1 . Sous l’hypothèse générale que chaque

entreprise puisse produire un ou à la limite tous les biens et services en utilisant un


ou plusieurs inputs, le profit de l’entreprise j peut alors s’écrire sous la forme :

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Chapitre 4 Equilibre Général 22

 j n n
 j n
 j n

 π ' = ∑ p Y
h jh − ∑ p h X jh − DF  π=' ∑ p h (Y jh − X jh ) − DF =  π ' ∑ ph y jh − DF

= h 1= h 1
 h =1
 h =1

s/à: ⇔ s/à : ⇔ s / à :
G (Y ,...Y , X ,... X ) ≤ 0 G (Y − X ,..., Y − X ) ≤ 0 G ( y ,..., y ) ≤ 0
 j1 jn j1 jn
 j1 j1 jn jn
 j1 jn

  

• G (.) est l’expression générale d’une fonction de production implicite qui
traduit toutes les formes de relations qui peuvent lier les outputs aux inputs ;
• y jh est l’offre nette (algébrique) du bien h par l’entreprise j . Aussi y jh peut
être négative ( h est un input net), positive ( h est output net) ou nulle ( h est
soit totalement absent, soit produit pour un usage exclusivement interne à
l’entreprise).

La fonction de Lagrange équivalente s’écrit, en posant π=j


π ' j + DF sous la forme :
n
y jn , µ )
Lj ( y j1 ,...,= ∑p y
h =1
h jh − µ G ( y j1 ,..., y jn )

Les conditions nécessaires de l’optimum (ou conditions du point de selle) sont :


 Lhj =ph − µ Gh = 0; h =1, 2,..., n
 j
= Lµ G= ( y j1 ,..., y jn ) 0
L’interprétation économique de Gh diffère selon que h est un input (productivité
marginale de l’input h ) ou un output (coût marginal du bien h ). Aussi, pour deux
biens h et k ces différentes situations pourraient-elles se présenter comme suit :

ph Gh Pmh
• Si h et k sont des inputs : = =
pk Gk Pmk
ph Gh Cmh
• Si h et k sont des outputs : = =
pk Gk Cmk
ph Gh Pmh Cmh
• Si h est un input et k un output (ou inversement) : = = (ou )
pk Gk Cmk Pmk

4.3.2 Formulation du système

a) Équations de comportement des entreprises

La résolution du système de ( n + 1) équations à ( n + 1) inconnues permet de


déterminer les expressions des fonctions d’offre nettes ou équations de
comportement des entreprises :

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Chapitre 4 Equilibre Général 23

y jh ( p1 , p2 ,..., =
pn ) ; h 1,=
2,..., n; j 1, 2,...,  . Soit un total de n équations de
comportement des entreprises.

b) Équations de comportement des consommateurs

Du côté des consommateurs, seul le revenu a pu changer par rapport au cas de


l’économie d’échange pur. Le revenu du consommateur i a augmenté d’un montant
égal à la somme de profits résultant de ses parts dans les profits des différentes
entreprises. Par conséquent, le revenu du consommateur i devient :

n 
l l n  l n n
Ri = ∑ phωih + ∑θijπ j =
∑ p ω
h  ih + ∑ ∑ phωih + ∑θij ∑ ph y jh =
θ ij y jh 
=h 1 =j 1=h 1==
j 1 h 1=h 1 =  j 1 

Ces différentes formulations du revenu traduisent l’indifférence pour le


consommateur de recevoir ses parts de profit sous forme monétaire ou sous forme de
quantités physiques de biens ou services qui modifieront les niveaux de ses
dotations initiales en biens et services. En remplaçant les expressions de revenus
dans les équations de comportement dérivées dans le cas d’une économie d’échange
pur on obtient :
 n l 
xih xih  p1 , p2 ,..., pn , ∑ ph (ωih + ∑ θij y jh )  , h = 1, 2,..., n et i = 1, 2,...m , soit au total nm
 = h 1 =j 1 
équations de comportement des consommateurs.

c) Équations d’équilibre des marchés

Les équations d’équilibre sont obtenues par l’égalité entre l’offre et la demande sur
chaque marché. Dans le cadre d’une économie d’échange avec production, les
fonctions d’offre subissent des ajustements algébriques suivant le signe de la
l
demande nette globale yoh = ∑ y jh ( p1 , p2 ,..., pn ) .
j =1

Par conséquent, les n équations d’équilibre se présentent comme suit :

m  n l  m l

∑x ih  p1 , p2 ,..., pn , ∑ ph (ωih + ∑θ ij y jh )  = ∑ ωih + ∑ y jh ( p1 , p2 ,..., pn )


.
=i 1  = h 1 =j 1 =  i 1 =j 1
≡ xh =Wh + yh ; h = 1, 2,..., n

Donc le système comporte ( n + nm + n ) équations au total. Quant au nombre


d’inconnues, compte tenu de la propriété d’homogénéité de degré zéro par rapport
aux prix à la fois des fonctions de demande et des fonctions d’offre excédentaires, un
bien ou service peut être choisi comme numéraire et son prix peut être ramené à

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Chapitre 4 Equilibre Général 24

l’unité. Par conséquent, le nombre d’équations dépasse d’une unité le nombre


d’inconnues. La loi de Walras s’applique également dans le cadre d’une économie
d’échange avec production. Elle permet de diminuer le nombre d’équations d’une
unité et permet de conclure que l’équilibre sur ( n − 1) marchés est suffisant pour
garantir l’équilibre général des n marchés.

4.3.3 Résolution du système d’équilibre général

La résolution du système procède par dichotomie, comme pour les cas précédents,
on résout le sous-système d’équations d’équilibre formé de ( n − 1) marchés choisis de
manière raisonnée (ou arbitraire) pour déterminer les ( n − 1) rapports de prix en
termes du bien choisi comme numéraire. Ces rapports de prix, seront remplacés dans
les expressions, adaptées par l’application de la propriété d’homogénéité pour faire
apparaître les rapports de prix désirés, des équations de comportement des
consommateurs pour obtenir les quantités demandées et, des équations de
comportement des producteurs pour obtenir les quantités des offres nettes qui
exprimeront des offres (si elles sont positives) ou des demandes (si elles sont
négatives).

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