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Équilibre Partiel en Microéconomie

Ce document décrit la détermination de l'équilibre partiel concurrentiel selon les approches de Walras et de Marshall. Il présente les fonctions d'offre et de demande globales, et définit l'équilibre partiel comme le point où la demande globale est égale à l'offre globale.

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Équilibre Partiel en Microéconomie

Ce document décrit la détermination de l'équilibre partiel concurrentiel selon les approches de Walras et de Marshall. Il présente les fonctions d'offre et de demande globales, et définit l'équilibre partiel comme le point où la demande globale est égale à l'offre globale.

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Microéconomie Jelloul EL MABROUK INSEA


Chapitre 3 Equilibre Partiel 2

Contenu du Chapitre 3

3.0 Introduction.................................................................................................................................................... 3

3.1 Détermination de l’équilibre partiel concurrentiel ................................................................................ 4


3.1.1 La fonction d'offre globale..................................................................................................................... 4
3.1.2 La fonction de demande globale .......................................................................................................... 4
3.1.3 Définition de l’équilibre partiel ............................................................................................................ 5
a) Selon l’approche de Walras,.................................................................................................................. 5
b) Selon l’approche de Marshall, .............................................................................................................. 5
1) Analyse de très court terme ............................................................................................................. 6
2) Analyse de court terme.................................................................................................................... 8
3) Analyse de long terme ..................................................................................................................... 9

3.2 Dynamique d'ajustement des prix : stabilité de l’équilibre................................................................ 13


3.2.1 Stabilité statique.................................................................................................................................... 13
a) Selon l’approche de Walras................................................................................................................. 13
b) Selon l’approche de Marshall ............................................................................................................. 13
3.2.2 Stabilité dynamique ............................................................................................................................. 14
a) Adaptation retardée des prix.............................................................................................................. 15
b) Adaptation retardée de l'offre ............................................................................................................ 16
c) Stabilité dynamique en variation continue ....................................................................................... 17

3.3 Surplus associés à l’équilibre du marché ............................................................................................... 19

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 3

3.0 Introduction

Par marché, on entend un bien ou service. Il y a autant de marchés que de biens et


services dans l’économie. De même, le mot équilibre est utilisé ici dans sa
signification empruntée à la physique. Il réfère à l’égalité entre deux forces opposées.
Dans le contexte du marché, les forces en présences sont les fonctions globales de
demande et d’offre. Elles sont opposées parce qu’elles sont représentatives d’intérêts
divergents : ceux des consommateurs (acheteurs) qui s’inscrivent dans une logique
opposée à celle des producteurs (vendeurs).

On rappelle que la théorie du consommateur et celle du producteur ont été


construites sur la base de l’hypothèse d’une connaissance plus ou parfaite des prix
des marchés et dans un cadre de concurrence pure et parfaite où aucun agent
(consommateur ou producteur) n’est en mesure d’influencer de manière perceptible
les prix des marchés.

Cependant, au niveau des marchés, la sommation des influences négligeables peut


déboucher sur la constitution de forces influentes. Aussi, les demandes et les offres
globales des marchés ont-elles des influences déterminantes sur les prix des marchés.
En effet, c’est par la conjugaison de ces deux forces que se déterminent les prix des
marchés. Dans la réalité des choses, les marchés sont interdépendants et les
variations des prix se répercutent, à travers les relations de substitution, de
complémentarité ou d’indépendance qui lient les biens entre eux, sur le
comportement des autres prix dans un processus de réactions en chaînes.

Pour les besoins pédagogiques, on admet la possibilité d’isoler, de manière artificielle,


un marché pour pouvoir analyser la détermination et les propriétés de son équilibre.
Autrement dit, on admet l’hypothèse que tous les autres marchés dans l'économie
s'adaptent instantanément et simultanément à cet équilibre. Evidemment, cette
approche partielle n’est qu’introductive à l’approche globale, objet du prochain
chapitre, consacré à l’étude de l’équilibre général.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 4

3.1 Détermination de l’équilibre partiel


concurrentiel

Pour déterminer l’équilibre partiel on doit rappeler les fonctions d'offre globale et de
demande globale du bien étudié, noté par Y du coté offre et par X d u coté demande.

3.1.1 La fonction d'offre globale

Concernant la fonction d'offre globale, nous avons supposé, au chapitre 2, qu’il y a 


entreprises, où  est suffisamment grand pour rendre le marché compétitif dans sa
composante offre. A court terme, le nombre d'entreprises est fixe. De même, certains
des inputs (équipements, usines de l’entreprises, etc.) sont invariables. En admettant
que pour le bien étudié, le prix p payé par l’acheteur est égal au prix q perçu par le
producteur, hypothèse cohérente avec celle de la concurrence pure et parfaite qui
exclut toute intervention de nature à distordre les prix, ( p = q ) , la fonction d'offre de
chaque entreprise individuelle, déterminée par la maximisation de son profit,
s’exprime par la relation, établie au chapitre
 −1 dCm j ( y j ) 
précédent : ( y j , p )=
y j Cm j = ( p ) y j ( p ), > 0, p ≥ min CVM j ( y j )  dans une
 dy j 
approche en deux étapes ou, par l’expression générale : y j = y j ( p1 , p2 ,..., pn ) pour le
cas d’une approche en une seule étape.

Dans le cadre de l’analyse partielle d’indépendance, qui suppose l’indépendance


entre biens et services, les expressions de la fonction d’offre se ramènent à :
= j ( p); j
y j y= 1, 2,...,  .

En tenant compte des domaine de définition de chaque fonction d’offre individuelle,


y j ∈ Dyj , ∀j , la fonction d'offre globale du marché se présente comme suit :
l
y o ( p ) = ∑ yj ( p )
1

3.1.2 La fonction de demande globale

Concernant la fonction de demande globale, nous supposons que le nombre de


consommateurs est m , avec m suffisamment grand pour garantir la compétitivité du

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 5

marché dans sa composante demande. Soit xi = xi ( p1 , p2 ,..., pn , R i ) , l’expression


générale de la fonction de demande du consommateur i en bien X étudié, et pour
les mêmes raisons que pour le côté offre, on écrit : xi = xi ( p, R i ) .
En tenant compte des domaines de définition, x j ∈ Dxi , ∀i , des demandes
individuelles, la fonction de demande globale s’écrit sous la forme :
m
x d ( p ) = ∑ xi ( p, R i )
i =1

3.1.3 Définition de l’équilibre partiel

La définition de l’équilibre est généralement faite selon deux approches alternatives :


Une approche proposée par Walras qui suppose que les ajustements se font sur la
base de la variation des prix (variables explicatives).
L’autre proposée par Marshall, suppose que les ajustements se font sur la base des
quantités (variables explicatives)

a) Selon l’approche de Walras,


L’équilibre existe si et seulement si :

1 ∃ pe > 0 1 ∃ pe > 0
 
2 x ( pe ) = y ( pe ) ou, encore, 2 DE ( pe ) = x ( pe ) − y ( pe ) = 0 ,
d o d o

 
3 x ( pe ) > 0 3 x ( pe ) > 0
d d

avec :
DE ( pe ) : la demande excédentaire du marché étudié au prix d’équilibre pe .

b) Selon l’approche de Marshall,


En admettant qu’à l’équilibre la quantité vendue est égale à la quantité achetée, y = x ,
le prix d’offre peut s’exprimer par p o ( y ) ≡ p o ( x ) et, par conséquent, la condition
marshallienne de l’existence de l’équilibre se présente comme suit :

1 ∃ xe > 0 1 ∃ xe > 0
 
2 p ( xe ) = p ( xe ) ou, encore, 2 PE ( xe ) = p ( xe ) − p ( xe ) = 0 ,
d o d o

 
3 p ( xe ) > 0 3 p ( xe ) > 0
d d

avec :
p d ( xe ) : Le prix payable par les consommateurs pour acheter la quantité d’équilibre
xe

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 6

p o ( xe ) : Le prix acceptable par les producteurs pour vendre la quantité d’équilibre


xe
PE ( xe ) : L’écart qui sépare le prix payable par les acheteurs et le prix acceptable par
les vendeurs.

Ces conditions caractérisent un équilibre car :


Selon l’approche de Walras : au prix d'équilibre compétitif pe les outputs qui
maximisent les profits des différents producteurs sont intégralement achetés
par les consommateurs qui maximisent leurs utilités. A l’équilibre, aucune
entreprise n’aura d’excédents non vendus et aucun consommateur n'est
rationné. Cette égalisation entre l'offre et la demande du marché est appelée
condition de compensation des forces du marché.

Selon l’approche de Marshall : à la quantité d’équilibre compétitif, xe , le prix


maximum que les consommateurs seraient disposés à payer, pour acheter
cette quantité, est égal au prix minimum exigé par les producteurs pour
vendre cette même quantité. En d’autres termes, les acheteurs payent leurs
achats au prix minimum qu’ils peuvent trouver et les vendeurs au prix
maximum qu’ils peuvent espérer. Cette égalisation traduit la condition de
l’accord sur le prix

La perspective d'analyse: très court, court, moyen ou long


terme (éclairage hors programme )
Remarque :
La distinction entre les perspectives de court, de moyen et de long terme permet
d’apporter des éclairages pertinents sur les processus conduisant à l’établissement de
l'équilibre concurrentiel. En effet, la capacité de réaction, surtout pour l’entreprise,
peut varier selon la perspective considérée. Pour le cas de l’entreprise, il serait même
opportun de distinguer entre le très court terme, caractérisé par l’invariabilité des
inputs, qui empêche toute augmentation de l’output, le court terme où les inputs
variables permettent des adaptations limitées et, enfin, le long terme où tous les
inputs peuvent devenir variables. Les adaptations peuvent se faire par l’extension
des capacités productives des entreprises existantes ou par l’entrée de nouvelles
entreprises dans l’activité considérée.

1) Analyse de très court terme

A très court terme, tous les inputs sont fixes et aucune entreprise du marché ne peut
changer sa production en réaction à des fluctuations instantanées de la demande.
Les exemples de ces situations se produisent presque quotidiennement dans les
marchés de produits alimentaires, ou le marché de poisson frais au quai de
débarquement.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 7

A très court terme, les offres des entreprises individuelles sont fixes et, par
conséquent, la fonction d'offre globale est constante. Dans ce cas, le prix d'équilibre

compétitif est unilatéralement déterminé par la demande. En effet, soient : y o = ∑ y j ,
j =1

l'offre globale constante (= la somme des offres individuelles fixes), et


m
x d ( p ) = ∑ xi ( p, R i ) : la demande globale, habituellement, décroissante en fonction du
1

prix.
L’approche de Marshall, se trouve écartée, par la constance de l'offre. Par conséquent,
selon la définition de Walras, la condition d’équilibre est : xd ( p ) = y o et par
conséquent, le prix d’équilibre est obtenu par l’intersection entre la courbe de
demande et la verticale représentative de la quantité globale offerte.

Le graphique suivant illustre cet équilibre :

Prix
O

pe1

pe
D1
pe2
D
D2
0
xd* = y o Quantité

Ce graphique illustre l’impact, à très court terme, d’un déplacement de la courbe de


demande sur le prix d’équilibre. Un déplacement vers la droite, D1 , qui reflète une
expansion de la quantité demandée aux différents prix, se traduit par une hausse du
prix d’équilibre qui passe à pe1 . Par contre, un déplacement vers la gauche, D 2 , qui
signifie un rétrécissement des quantités demandées aux différents prix, provoque
une baisse du prix d’équilibre qui passe à pe2 .
La hausse du prix, dans le cas d’expansion de la demande, s’explique par le fait qu’à
très court terme, les entreprises sont incapables d’augmenter leurs quantités et, par
conséquent, au prix d’équilibre initial, la quantité demandée excède la quantité
offerte. Dans un marché de concurrence, on doit s’attendre à ce que le prix subisse
une hausse par la pression des consommateurs qui attachent une valeur d’usage
supérieure au prix du marché et seraient disposer à payer plus cher pour obtenir ce
bien. Ce processus continuera aussi long temps qu’il existera des consommateurs
prêts à payer plus cher que le prix courant pour obtenir le bien. Au terme de ce
processus d’ajustements successifs le prix finira par s’établir au niveau pe1 .

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 8

De même, la baisse de prix, dans le cas d’un déplacement vers la gauche de la


courbe de demande, s’explique par le fait que l’ancien prix engendre une offre
excédentaire dont l’absorption passe par l’entrée de nouveaux consommateurs ou
par l’accroissement des quantités demandées par les consommateurs existants. Les
deux mouvements reposent sur la baisse du prix, qui continuera de baisser jusqu’au
nouvel équilibre qui s’établira à pe2 , prix maximum que les consommateurs seraient
disposés à payer pour acheter la totalité de la quantité offerte.

Remarque : Un déplacement de la courbe de demande, qui ne doit pas être confondu


avec un déplacement le long de la même courbe de demande qui traduit une réaction
à la variation du prix, peut trouver son explication dans les changements des
conditions de la demandes (changements qui peuvent affecter, par exemples, le
nombre de consommateurs, les préférences des consommateurs, les revenus de ces
derniers ou les prix des autres biens).

2) Analyse de court terme

La représentation graphique des courbes d'offre et de demande, permet d’illustrer le


processus d’établissement de l’équilibre concurrentiel :

Prix
O
p0

pe
D

0 xd ( p 0 ) xd* = yo* yo ( p 0 ) Quantités

Comme dans le cas du très court terme, si le prix du marché commence, par exemple,
au prix p 0 , supérieur au prix d’équilibre, on aboutit à une situation d’excédent d'offre,
yo ( p 0 ) > xd ( p 0 ) . Pour résorber cet excédent, les entreprises doivent baisser le prix.
Cette baisse de prix finira par :
• encourager la demande à travers l’accroissement des quantités demandées par
les consommateurs initiaux et par la rentrée de nouveaux consommateurs;
• décourager l'offre par la réduction des quantités offertes par chaque entreprise
et par l’élimination d’entreprises marginales qui deviennent non rentables
avec des prix plus bas.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 9

Ce processus d’ajustement continuera jusqu'à ce que le marché ait atteint le point


d’équilibre au niveau du prix pe .

De la même manière, si le prix du marché commence à un prix inférieur, on se trouve


dans une situation de demande excédentaire. Les consommateurs qui attachent, à ce
bien, une valeur d’usage supérieure à son prix courant vont essayer d’augmenter le
prix pour satisfaire leur demande. Le prix continuera à augmenter jusqu’au point
d’équilibre.

Cet ajustement peut se faire par différents mécanismes :


Si l’output est réellement vendu aux enchères, la hausse du prix sera immédiate car
la vente s’effectue au plus offrant.
Si, les entreprises détiennent des stocks de sécurité, elles peuvent puiser dans leurs
stocks pour répondre à cet excédent de demande. Ce qui aura pour effet, également,
d’amortir la hausse des prix

Remarque : le marché de court terme se distingue du marché de très court terme par
le rôle joué par le système des prix :
• Dans le très court terme, les prix commandent des mécanismes de
rationnement qui indiquent aux consommateurs la valeur relative des
différents biens et les incitent à substituer les biens relativement abondants
(prix relatifs plus bas) aux biens plus rares (prix relatifs plus élevés).
• Dans le court terme, en plus de ce rôle de rationnement, les prix orientent les
entreprises vers des activités plus lucratives où la demande sur les outputs est
élevée et/ou il existe des possibilités de choix de techniques plus
économiques, plus productives ou plus efficaces.

3) Analyse de long terme

Le long terme diffère du court terme à deux égards significatifs: de nouvelles


entreprises peuvent entrer dans l'industrie, et des entreprises existantes peuvent
adapter aussi bien leurs usines et équipements que les inputs variables à court terme.
Cette adaptation leur permettra d'augmenter ou de réduire leur offre en réponse aux
changements de la demande. Comme on l’a souligné plus haut, les changements de
la demande peuvent provenir des changements des goûts des consommateurs, des
variations de revenus liés à l'activité économique, des politiques de gouvernements
(variation du taux d’imposition des revenus ou des dépenses publiques) ou des
changements affectant les prix des autres biens.

Les entrée et sorties des entreprises constituent un autre mécanisme par lequel l'offre
du marché peut s’ajuster aux changements de demande. Les changements affectant
aussi bien le nombre d’entreprises que les capacités productives des entreprises
existantes affectent l’équilibre par le déplacement de la courbe d'offre qu’ils induisent.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 10

Le graphique suivant illustre cette situation :

O1
Prix
O

pe1 O2

pe*
pe2 D

0 x1d xd* = yo* xd2 Quantité

On constate que le retrait d’entreprises (ou la réduction des quantités produites)


déplace la courbe d'offre globale vers la gauche, offrant aux entreprises restantes la
possibilité de vendre plus cher leurs productions. Le prix d’équilibre est poussé vers
le haut par la contraction de l'offre, la demande n’ayant pas subie de déplacement.

Ce constat motive naturellement la recherche des causes explicatives des entrées ou


des sorties de nouvelles entreprises dans une industrie?

Rappelons que les décisions de l’entreprise se définissent sur la base du profit


économique, c’est-à-dire, le profit ajusté pour tenir compte des coûts ou rendements
d’opportunité liés au capital investi. Par conséquent, quand les entreprises d’une
industrie font des profits économiques positifs, leurs gains dépassent le rendement
moyen qu’auraient pu réaliser ces investissements s'ils étaient réalisés ailleurs dans
l'économie. Cette situation peut-elle, cependant, persister ?

Dans des conditions normales de concurrence pure et parfaite, cette situation ne peut
pas persister puisque, profitable, elle va attirer de nouvelles entreprises dont la
somme des productions finira par induire une expansion d’offre suffisante pour
infléchir les prix à la baisse. Le processus continuera jusqu’à épuisement de la marge
de profit.
Parallèlement à cette baisse du prix de l’output. Deux situations peuvent se présenter
du côté des inputs ou de l’efficacité des nouvelles entreprises :

Première situation : l'entrée des nouvelles entreprises n'augmente pas les prix des
inputs et par conséquent, n’aura aucun impact sur les coûts de production de toutes
les entreprises, supposées identiques.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 11

Cette situation est illustrée au graphique ci-après.

O0
p Cm ( y )
CVM ( y )
p 0 O1
e

pe1 D

Deuxième situation : l’accroissement de l’offre s’accompagne d’une hausse des prix


des inputs et, par conséquent des coûts de production des entreprises.

Le graphique suivant présente cette situation :

p Cm0 ( y )
O0
Cm1 ( y )
CVM 1 ( y )
pe0 O1
CVM 0
( y)
1
p e
D

0 y

Offre de long terme

Pour caractériser la courbe d'offre de long terme d’une industrie, on peut se placer
dans le cadre d’une expérience simplifiée, où on provoque un déplacement de la
demande et on observe la réponse concurrentielle de long terme à ce déplacement de
la demande.

Le déterminant clé de l’offre de long terme réside dans ce qui arrive aux coûts des
inputs de long terme. Deux cas sont possibles :

• Si les prix des inputs n'augmentent pas, alors la courbe d’offre de long terme
sera horizontale. Le déplacement de la courbe de demande, traduisant une
expansion de la demande, provoque à très court terme, étant donné le nombre
fixe des entreprises et la capacité limitée d’extension de l’offre, un excès de
demande qui se traduit par une hausse du prix d’équilibre. Cet accroissement
de prix va engendrer des marges de profits attractives pour de nouvelles
entreprises et pour l’expansion des offres des entreprises existantes. Ce qui, à
Microéconomie Jelloul EL MABROUK INSEA
Chapitre 3 Equilibre Partiel 12

mesure que l'offre augmente, conduira à un mouvement de repli du prix et


l'ajustement continuera jusqu'à ce que le prix revienne de nouveau à sa
position d’avant le déplacement de la demande, c’est-à-dire au niveau du seuil
de fermeture (minimum du coût variable moyen). Ainsi, l’impact à long
terme d’un déplacement de la demande se ramènera à un accroissement de la
quantité échangée, qui passe de y 0 à y1 , sans aucun effet sur le prix
d’équilibre de long terme. La courbe d’offre de long terme est donc
horizontale.

Le graphique suivant illustre cette situation :

p Cm ( y ) O0 O1
e
pCT
CVM ( y ) OLT
e
p LT

D0

0 y0 y1 y

• Si l'entrée de nouvelles entreprises et les extensions des offres dans l'industrie


font monter les prix des inputs, alors la courbe d'offre de long terme sera
inclinée positivement (croissante).
Le diagramme suivant illustre cette situation :

p Cm1 ( y )
CVM 0 ( y ) CVM 1 ( y ) O0
e
Cm0 ( y ) O1
pCT

e
pLT OLT
D1
D0

0 y0 y1 y

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 13

3.2 Dynamique d'ajustement des prix : stabilité de


l’équilibre.

Un équilibre est dit stable s’il dispose de mécanismes autorégulateurs lui permettant
de corriger, sans interventions externes, toute distorsion pouvant survenir dans le
cadre d’un fonctionnement normal des mécanismes de marché. Autrement dit, la
stabilité est la faculté par laquelle les mécanismes du marché seront en mesure de
reconduire vers les prix d’équilibre.

On distinguera entre stabilité statique, où toutes les réactions se font de manière


instantanée et sans délais aussi bien des côtés offre et demande que des mécanismes
d’ajustement des prix par le marché et stabilité dynamique où les mécanismes
d’ajustement exigent des délais, plus ou moins importants pour produire leurs effets
autocorrecteurs des distorsions observées.

3.2.1 Stabilité statique

La condition de stabilité statique se définit, selon l’approche adoptée, par la


décroissance de la courbe de demande excédentaire DE ( p ) ou de la courbe d’écart
entre le prix maximum payable par les consommateurs et le prix minimum
acceptable par les producteurs, PE ( x ) . Soit :

a) Selon l’approche de Walras


dDE ( p ) d ( xd ( p ) − yo ( p)) dxd ( p) dyo ( p)
= = − <0
dp dp dp dp

b) Selon l’approche de Marshall


dPE ( x) d ( p d ( x) − p o ( x)) dpd ( x) dpo ( x)
= = − <0
dx dx dx dx
dyo ( p ) dxd ( p )
−1 −1 −
d ( xd ( x)) d ( yo ( x) 1 1 dp dp
⇔ − = − = <0
dx dx dxd ( p ) dyo ( p) dxd ( p) dyo ( p)
dp dp dp dp

Ces relations montrent que :


• Si les fonctions de demandes et d’offres ont des allures habituelles, c’est-à-dire,
respectivement décroissantes et croissantes, la condition de stabilité de Walras
conduit à la même conclusion que celle de Marshall.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 14

• Lorsque l’une ou l’autre de ces fonctions est d’allure inhabituelle, par exemple
un bien de Giffen du côté de la demande (qui devient croissante) ou un bien
public avec rendements croissants du côté de l’offre (qui sera décroissante), les
conclusions sont contradictoires. Un équilibre stable selon Walras est instable
selon Marshall et inversement.

Illustrations graphiques de ces situations

p DE ( p )
p
p O
O DE ( p ) D O D

PE ( x )

x x x
PE ( x )
0 0
0
c) W-instable
PE ( x )
a) W-stable b) W-stable
M-stable M-stable
M-instable

DE ( p )
D O
p O p D
DE ( p )
PE ( x )

0
d) W-stable
x 0 PE ( x ) x
e) W-instable
M-instable M-stable

3.2.2 Stabilité dynamique

Dans l’approche dynamique, on admet la possibilité, plus réaliste, que les


ajustements ne se fassent pas toujours de manière instantanée. Des retards dans les
réactions peuvent concerner les mécanismes du marché qui peuvent ajuster les prix
avec des périodes de retard. Elles peuvent également concerner la fonction d’offre,
lorsque l’accroissement de l’offre exige un délai minimum pour la production, le
transport ou l’importation. Pour la demande, cependant, on peut admettre que les
consommateurs ont des besoins qui ne peuvent pas attendre et, par conséquent, sont
plus enclins à s’adapter à la réalité du moment. Par conséquent on admettra que
seuls le marché et l’offre peuvent s’ajuster avec retard et que le délai peut être
considéré comme une variable discrète, approche très courante, ou continue. Dans un

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 15

premier temps on considère que la variable délai, t , est discrète. Par la suite, on
précisera les adaptations à faire dans le cas de variation continue.

a) Adaptation retardée des prix

On suppose que le prix d’une période est basé sur le prix de la période précédente
ajusté au besoin pour tenir compte de la demande excédentaire observée au terme de
la période précédente. Soit

pt pt −1 + vDE ( pt −1 )
=

avec v > 0 : coefficient de conversion des unités de mesure, des unités de quantité en
unités de prix, reflétant la vitesse de réaction du marché aux distorsions entre l’offre
et la demande.

La condition de stabilité est que "le prix finisse par se stabiliser entre périodes successives":
=pt p=t −1 pe . Cette condition correspond donc à la condition de convergence de
l'équation aux différences finies (pour les variations discrètes), ou de l'équation
différentielle (pour les variations continues), qui définit la relation des ajustements
successifs du prix.

Pour simplifier, on admet, comme il est souvent de coutume, que les fonctions d’offre
et de demande soient linéaires :
xd ( p=
t) Apt + B et yo ( p=
t) apt + b ⇒ DE ( pt ) = ( A − a ) pt + ( B − b ) .

Par conséquent, la relation d’ajustement du prix devient :

pt =pt −1 + v ( A − a ) pt −1 + ( B − b )  =(1 + v ( A − a ) ) pt −1 + v ( B − b )  kpt −1 + c


On obtient donc la forme d’une équation aux différences finies linéaire non
homogène, qui peut être également assimilée à une progression géométrique non
homogène de raison k . La condition de convergence peut être déterminée selon l'une
ou l'autre de ces définitions.

Par la méthode des progressions géométriques, si on remplace itérativement les prix


par leurs expressions et en remontant jusqu'au prix de départ p0 , on obtient:

k p0 + c (1 + k + k + ... + k =
(1 − k ) =c
t
 c  t
p=
t
t 2
) k p0t −1 t
+
1− k
 p0 −

k +
1− k 
c
1+ k
La condition de convergence est donnée par k <1 ou encore
2
1 + v( A − a ) < 1 ⇔ − < A − a < 0 . En tenant compte du fait que A et a sont les pentes
v
respectives des fonctions de demande et d'offre, la condition de stabilité dynamique

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 16

2 dx dy
de l'équilibre peut s'écrire: − < d − o < 0 dont la deuxième inégalité correspond
v dp dp
à la condition de stabilité statique de l'équilibre. Par conséquent :
• La réalisation de la stabilité dynamique assure la stabilité statique mais
l'inverse n'est pas toujours vrai.
• Les ajustements successifs se font avec oscillation pour: −1 < k = 1 + v ( A − a ) < 0
et sans oscillation pour : 0 < k =1 + v ( A − a ) < 1 .
c
• La valeur limite (ou prix d'équilibre) est donné par : p= p= , soit, en
1− k
t e

remplaçant c et k par leurs expressions respectives v ( B − b ) et (1 + v ( A − a ) ) ,


B −b
on obtient : p= p= qui correspond au prix d'équilibre statique, pour
a− A
t e

les expressions linéaires des fonctions de demande et d'offre.

Par la méthode des équations aux différences finies, on se base sur les conditions
initiales et de convergence pour déterminer la condition de stabilité de l'équilibre:
La condition de convergence est :
c
pt = pt −1 = pe ⇔ pe = kpe + c ⇔ pe = ,
1− k
par conséquent, l'équation canonique de convergence sera de la forme :
c
=pt k t p (0) +
1− k

La condition initiale est :


c c
p0 = k 0 p (0) + ⇔ p (0) =− p
1− k 1− k
On retrouve ainsi la même expression qu'avec la méthode
 c  t c
précédente pt =  p0 − k + et donc les mêmes conclusions.
 1− k  1− k

b) Adaptation retardée de l'offre

On suppose que l'offre s'adapte avec une période de retard pendant que la demande
s'ajuste sans retard. Soit :
yot = yo ( pt −1 ) et xdt = xd ( pt )

ce qui donne dans le cas linéaire:= yot apt −1 + b et =


xdt Apt + B .
a b−B
La condition d'équilibre : xdt = yot donne
= pt pt −1 +
A A
qui exprime une équation aux différences finies non homogène décrivant le
processus d'ajustement du prix.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 17

Cette équation étant de la forme= pt kpt −1 + c , donc par application de l'une des deux
méthodes précédentes, elle s'écrit :
b−B b−B
t
a 
p=    p0 − +
A−a  A−a
t
 A 
a
Elle converge si et seulement si < 1 ou , ce qui revient au même,
A
( A < a < − A si A < 0 ) ou ( − A < a < A si A > 0 )
dy0 dx
Sachant que a = et A = d , on peut conclure que:
dp dp
• Si A < 0 , la stabilité dynamique assure la stabilité statique mais l'inverse n'est
pas toujours vrai. En effet la première double inégalité de la condition de
 dxd dyo 
stabilité dynamique exprime d’une part :  A − a= − < 0  , qui est la
 dp dp 
 dxd dyo 
condition de stabilité statique et d’autre part :  A + a= + > 0
 dp dp 
• Si A > 0 , la stabilité dynamique est une négation de la stabilité statique. La
 dxd dyo 
deuxième double inégalité exprime d’une part :  A − a= − > 0  , qui
 dp dp 
 dxd dyo 
exclut la stabilité statique et d’autre part :  −a − A < 0 ⇔ A + a= + > 0
 dp dp 

c) Stabilité dynamique en variation continue (éclairage hors programme )

Lorsque les variations sont continues, on suppose que le prix est une fonction du
temps :
p = p (t )
dp (t )
= vDE ( p ) ≅ pt − pt −1
dt
Ce qui donne pour les expressions linéaires des fonctions de demande et d’offre :
dp (t )
= v( A − a ) p + v( B − b) qui est donc une équation différentielle linéaire non
dt
homogène du premier ordre dont l’intégrale est de la forme :

v ( a − A )t
= p ke +z
avec :
dp B −b
z : déterminée par la condition de convergence = 0 ⇒ z = pe = et
dt a− A
B −b B −b
k : déterminé par la condition initiale, p0 = ke0 + ⇒ k = p0 − et, par
a− A a− A
conséquent, l’intégrale de l’équation différentielle s’écrit sous la forme :

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 18

B − b v ( a − A)t B − b
p=
( p0 − )e +
a− A a− A

La condition de stabilité locale de l’équilibre, quelle que soit la valeur initiale de la


variable, est v ( A − a ) < 0 , ou encore, puisque v > 0 , a − A < 0 , qui est la condition de la
stabilité statique de l’équilibre.

Remarque : Lors de l’étude de la stabilité statique de l’équilibre on n'a pas distingué


l’aspect local de l’aspect global de la condition de stabilité. En variations continues,
on fait cette distinction. Pour que la stabilité locale soit également globale, il faut
qu’elle vérifie une condition supplémentaire : la condition de Liapunov de la stabilité
dynamique globale de l’équilibre du marché qui s’exprime par :

dV ( p )
<0
dt
V ( p ) > 0 si p ≠ pe
où V ( p ) , dite fonction de Liapunov, est telle que : 
V=( p ) 0= si p pe

La fonction la plus utilisée est : V ( p=


) ( p − pe )
2

Application à l’adaptation retardée du prix

Dans le cas où DE ( p ) = ( A − a ) p + ( B − b ) est linéaire, la condition de stabilité locale


se confond avec la condition de stabilité globale :

 dp
 = kDE ( p ) = k ( A − a ) p + k ( B − b )
 dt
 b−B
 pe =
 A−a
  b−B
2

V ( =
p )  p − 
  A−a 
dV  b−B
= 2 p −  k ( ( A − a ) p + ( B − b) ) < 0
dt  A−a 
 dV
 A−a < 0 ⇒ <0
2k 
= [ ( A − a ) p + ( B − b) ] < 0 ⇒  dt
2

A−a  dV < 0 ⇒ A − a < 0


 dt

Donc la condition de stabilité statique, A − a < 0 , coïncide avec la condition de stabilité


dV
globale dynamique < 0.
dt

Conclusions :
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Chapitre 3 Equilibre Partiel 19

• Les conditions de stabilité sont variées. La théorie des marchés n’assure pas
toujours l’existence ou la stabilité statique ou dynamique de l’équilibre. Donc
les conditions de stabilité statique ou dynamique doivent être supposées
vérifiées a priori.
• La théorie n’assure pas, non plus, l’unicité de la solution de l’équilibre.
Cependant, s’il y a stabilité dynamique globale, alors la solution est forcément
unique. C’est une condition suffisante mais non nécessaire.
• L’hypothèse qui dirait que l’équilibre est toujours déterminé, dans un marché
de concurrence pure et parfaite, par le mécanisme des lois de l’offre et de la
demande est une hypothèse arbitraire sans aucun fondement théorique ou
empirique.

3.3 Surplus associés à l’équilibre du marché

L’équilibre du marché ne peut être un objectif recherché par la collectivité que dans
la mesure où il présente un intérêt social. Cet intérêt est mesuré par le surplus social
qui mesure l’étendue entre la valeur d’usage des unités constituant la quantité
d’équilibre et le coût de production de ces mêmes unités. Dans le cadre de la
concurrence pure et parfaite, la collectivité se réduit aux seuls consommateurs et
producteurs (absence de l’Etat). Par conséquent, le surplus social est partagé, par le
marché, entre les consommateurs et les producteurs. La méthode analytique des
calculs des surplus est déjà présentée aux chapitres relatifs à la théorie du
consommateur et à la théorie du producteur.

La représentation graphique de ces résultats se présente comme suit :

p O
p O Sc

pe ε Dp ≅ ε Op

Ss D Sp
D
0 xe x
0 xe x

Dans le cas ou les élasticités de la demande et de l’offre sont égales en valeur absolue,
les surplus des consommateurs et des producteurs sont sensiblement égaux. Par
contre, lorsque ces élasticités sont différentes, le partage du surplus social se fait de
manière inégalitaire en faveur du côté qui a la fonction la plus élastique.

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Chapitre 3 Equilibre Partiel 20

Les graphiques suivants illustre ces situations

p Sc p Sc

pe ε Dp < ε Op ε Dp > ε Op
pe

Sp Sp

0 xe x 0 xe x

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