Aujourd’hui, l’environnement humain et social est un sujet d’actualité et de
préoccupation qui porte notamment sur nos modes de vie dans les contextes quotidiens
et professionnels qui sont les nôtres.
Les aspects climatiques nous rendent encore plus sensibles à un aspect plus large qui
concerne l’environnement physique.
L'environnement est notre cadre de vie : c'est l'ensemble des éléments naturels, faune,
flore, et artificiels construction humaine, traces de l'activité humaine, pollution qui le
constituent.
L'environnement comprend différents " milieu de vie " de tailles très variables : une forêt,
un champ, une pelouse, un vieux mur, un coin de fleurs. Notre environnement se situe
dans l'hémisphère Nord, au niveau du 45ème parallèle, sous un climat tempéré.
I) Les composantes de notre environnement.
Du vivant :
- les êtres vivants, c'est à dire les animaux, la faune et les végétaux la flore, qui sont en
relation les uns avec les autres mais aussi avec les éléments naturels non vivants,
les minéraux.
- leurs traces ou restes.
Du non vivant :
- les éléments naturels non vivants qui sont en contact les uns avec les autres, ce sont les
composantes minérales, roches, air, eau.
- les traces de l'activité de l'Homme ou aménagements humains, constructions, pollution.
Dans un environnement, chaque endroit a des caractéristiques physiques qui leur sont
propres, c'est-à-dire qui leur appartiennent, éclairement (mesuré en Lux avec un
luxmètre), température (mesurée en degrés Celsius °C avec un thermomètre), humidité
(mesurée en pourcentage % avec un hygromètre). Dans un milieu, les êtres vivants présents
semblent répartis suivant ses caractéristiques. Nous avons effectué ainsi un tableau de
mesures lors de la sortie et dans la cours de récréation, ainsi que le schéma des mesures,
champ, pré, rivière.
II) Les relations entre les composantes de notre environnement.
- Les différentes composantes d'un milieu, êtres vivants et minéraux, ne sont pas
indépendantes. En effet, elles établissent entre elles des relations indispensables à la vie des
êtres vivants.
- Les végétaux ont en général besoin d'un support, généralement un sol mais aussi un mur,
un arbre..., pour se fixer et puiser les substances nécessaires à leur développement. Les
animaux ont besoin d'un support adapté à leur déplacement ou à leur habitat.
- D'autre part, les êtres vivants entretiennent entre eux des relations alimentaires : il est
habituel d'observer un animal manger un végétal ou même un autre animal
Définition de l'environnement
C’est l'ensemble des éléments chimiques, physiques et
biologiques avec lesquels les êtres vivants interagissent.
C’est aussi l'union des éléments que sont la nature, la vie, la
société, la culture, et tous ceux qui en sont issus, qui se
produisent à un moment donné dans un espace donné.
Les caractéristiques des éléments qui nous environnent
L’environnement comprend tous les éléments culturels et sociaux qui
influencent notre vie. Ainsi, l'environnement n'est pas seulement le lieu
physique où la vie se développe, mais aussi la culture et des concepts
intangibles tels que les traditions. L’environnement ne comprend que les
éléments que l'on trouve naturellement dans la nature, mais la réalité
est qu'il en va de même pour les éléments artificiels qui sont créés à
partir des premiers. C'est pourquoi, au sein de l'environnement, on peut
distinguer :
Environnement naturel : climat, géographie, faune, flore et tout ce que
l'on trouve dans la nature.
Environnement culturel : les objets fabriqués par l'homme ou ses
activités socio-économiques.
Ainsi, la définition de l'environnement est celle d'un système formé par
des éléments naturels et culturels qui interagissent entre eux et qui
sont modifiés par l'action de l'homme. L'environnement conditionne notre
mode de vie, mais notre mode de vie le conditionne et l'adapte
également.
Malheureusement, depuis quelques décennies, l'activité humaine a
provoqué des altérations de l'environnement qui ont entraîné
l'extinction d'espèces, la pollution de l'eau et le déplacement de
populations animales et humaines en raison de la destruction de leur
habitat.
C'est pourquoi nous devons parler d'un autre concept lié à
l'environnement et à ce que nous venons d'expliquer : l'écologie.
L'écologie est l'étude des relations entre les êtres vivants et
l'environnement, c'est-à-dire leur milieu, afin que la subsistance des
premiers se fasse tout en assurant la protection et le respect des
ressources naturelles.
L'environnement est constitué des éléments suivants :
Physique.
Chimique.
Biologique.
Social.
Culturel.
Tous ces éléments, aussi bien ceux que nous voyons - une
montagne - que ceux que nous ne voyons pas - la tradition -
sont liés les uns aux autres et créent les caractéristiques
typiques dans lesquelles la vie se développe - ou non - dans un
lieu spécifique. Parmi les facteurs qui créent l'environnement
figurent les plantes, le sol, l'eau, l'air, le climat et, surtout, l'être
humain.
L'être humain est l'élément vivant qui intervient le plus
intensément dans l'environnement. Il l'a d'abord exploré et
parcouru, puis il a utilisé les ressources que l'environnement lui
offrait pour améliorer son bien-être et, enfin, il l'a modifié pour
rendre sa vie plus confortable.
Cependant, à de nombreuses reprises, cette activité humaine a
fini par avoir des effets négatifs sur l'environnement, par
exemple en épuisant ses ressources naturelles, en provoquant
l'extinction d'animaux ou en le polluant.
Les éléments qui composent l'environnement et leur rôle
1, les éléments de l’environnement
Maintenant que nous savons ce qu'est l'environnement, nous
pouvons parler des éléments qui le composent. À
continuation, nous allons vous expliquer les parties de
l'environnement et les éléments qui le composent :
L'atmosphère, l'air et l'espace.
L'eau, dans quelque état qu'elle soit, salée, douce ou
estuarienne (Un estuaire est la portion de l'embouchure d'un fleuve), maritime ou
continentale, souterraine ou de surface, lacs ou rivières.
La terre -sol et sous-sol-, le fond marin, les fonds marins, etc.
Toute la flore, tant aquatique que terrestre, dans toutes ses
espèces.
La faune, tant aquatique que terrestre, dans toutes ses
espèces.
La microfaune, tant aquatique que terrestre, dans toutes ses
espèces.
La microflore, tant aquatique que terrestre, dans n'importe
laquelle de ses espèces.
Les principales sources d'énergie.
Les pentes topographiques ayant la capacité de générer de
l'énergie.
Les sources de chaleur souterraines.
Le climat et tous les facteurs qui le déterminent.
Tous les gisements minéraux, métalliques ou non, l'argile de la
surface, les mines de sel, et tous les matériaux qui servent à la
construction.
Les processus écologiques de la terre, tels que la régénération
des sols, la purification de l'eau, le recyclage des nutriments ou
la photosynthèse.
Tous les écosystèmes de la planète.
L'espèce humaine et toutes les façons dont elle intervient sur
la planète.
Cependant, nous pouvons distinguer deux types
d'environnement : l'environnement naturel et
l'environnement construit. La différence est que le premier se
produit naturellement, tandis que le second est l'environnement
que l'homme a modifié. Dans ce sens, on peut parler de
paysages naturels et de paysages culturels.
Le
oncernant l’eau, la préoccupation se situe d’une part au niveau de la qualité de l’eau liée aux
différentes formes de pollutions du fait des activités industrielles, agricoles et domestiques et d’autre
par à l’appauvrissement de la faune et flore aquatique face aux différentes formes de 4 pollution. Les
eaux marines sont sujettes à des pollutions par les hydrocarbures. Les tableaux 4, 5 et 6 donnent un
aperçu des indicateurs dans le domaine de l’eau.
Leur rôle
Les activités humaines et leurs effets possibles
sur l'environnement
En général, les activités humaines ont des répercussions sur l'environnement lorsque
:
elles produisent des rejets (émission de polluants, eaux usées, production de
déchets, etc.);
elles modifient (dégradent) le sol et l'habitat;
elles utilisent et font disparaître les ressources.
Voici une liste des principaux éléments environnementaux et des activités qui ont
des effets sur l'environnement.
Air
Exemples d'activités :
transport (tous les modes de transport);
production, raffinage et distribution dans le secteur de l'énergie;
production d'électricité (p. ex. combustion de charbon, gaz naturel);
utilisation de fluides de refroidissement ou de fluides frigorifères (substances qui
appauvrissent la couche d'ozone);
fonte de métaux et autres activités industrielles (p. ex. pâtes et papiers, industries
chimiques et autres industries lourdes);
exploitation minière;
utilisation de pesticides en agriculture;
incinération des déchets;
utilisation de divers produits chimiques volatils.
Effets environnementaux possibles de ces activités :
émissions de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre (qui aggravent le
réchauffement de la planète);
appauvrissement de la couche d'ozone;
détérioration de la qualité de l'air;
smog (notamment particules et ozone troposphérique);
effets sur la santé humaine et la vie sauvage (p. ex. troubles des voies respiratoires
supérieures et augmentation du nombre d'hospitalisations);
acidification des lacs et des rivières (pluies acides);
dépôt de polluants atmosphériques sur les terres et les plans d'eau.
Eau
Eaux de surface (lacs et rivières)
Exemples d'activités :
déboisement des rives;
exploitation forestière et minière;
collecte, entreposage et élimination des déchets agricoles;
épandage de pesticides;
rejet d'eaux usées;
rejets industriels et autres (p. ex., pâtes et papiers, exploitation minière, industrie
chimique, transformation des aliments);
déversements et rejets accidentels de polluants;
navigation de plaisance / transport maritime (rejets de carburant, d'eau de ballast,
etc.);
décharge de déchets dans les dépotoirs (lixiviation);
ravitaillement en combustible;
assèchement et élimination de terres humides;
construction d'infrastructures (digues et ponts, etc.).
Effets environnementaux possibles de ces activités :
diminution de la qualité de l'habitat des poissons et d'autres organismes aquatiques;
accroissement des eaux de ruissellement et de l'érosion;
décroissance des populations de poissons;
dégradation de la qualité de l'eau (polluants, agents pathogènes, bactéries,
nutriments);
nécessité de développer les infrastructures et les activités de traitement de l'eau;
prolifération des algues;
diminution de la biodiversité;
empiètement d'espèces exotiques envahissantes (p. ex. la moule zébrée).
Eaux souterraines
Exemples d'activités :
approvisionnement en eau destinée à la consommation et aux usages domestiques;
captage d'eau à des fins industrielles;
irrigation;
gestion du fumier (collecte, entreposage, épandage);
entreposage de carburants (réservoirs), distribution, activités de ravitaillement;
enfouissement des déchets (dangereux et non dangereux);
expansion urbaine (déboisement et accroissement des surfaces dures).
Effets environnementaux possibles de ces activités :
baisse de la qualité de l'eau souterraine (polluants / toxines, hydrocarbures, agents
pathogènes, bactéries, etc.);
dégradation de la qualité de l'eau potable;
nécessité de développer les infrastructures et les activités de traitement de l'eau;
diminution des réserves d'eau souterraine disponibles;
effets sur l'eau de surface (qualité et quantité);
explosions (dues aux hydrocarbures et aux carburants).
Zones côtières et marines
Exemples d'activités :
rejets d'eaux usées;
pêche commerciale, travaux de dragage;
immersion en mer de déchets;
production énergétique (prospection, forage et distribution);
navigation de plaisance / transport maritime (rejets, ravitaillement en carburant,
changement d'eau de ballast, etc.);
aquaculture;
expansion urbaine (déboisement des côtes et destruction de terres humides);
déversements ou rejets accidentels.
Effets environnementaux possibles de ces activités :
altération ou dégradation de l'habitat des poissons et d'autres habitats marins;
décroissance des populations de poissons;
augmentation des cas de maladie chez les poissons et du nombre des agents
pathogènes qui les touchent;
dégradation de la qualité de l'eau ? par exemple : polluants (y compris les
hydrocarbures), agents pathogènes, bactéries, nutriments;
espèces exotiques envahissantes;
effets socioéconomiques;
réduction de l'activité touristique.
Sol
Exemples d'activités :
création d'infrastructures de transport (routes, autoroutes, ponts);
expansion urbaine (déboisement);
exploitation forestière (y compris la construction de routes d'accès et l'épandage
d'herbicides);
exploitation minière;
agriculture (p. ex. travail du sol, exploitation de grands pâturages, épandage de
fertilisants et de pesticides, pratiques d'agriculture intensive);
épandage de fumier et de boues d'épuration;
expansion du tourisme et des activités récréatives (centres de ski, terrains de golf,
etc.);
production pétrolière et gazière / exploitation des sables bitumineux;
entreposage de carburants ou d'autres matières dangereuses (p. ex. dans des
réservoirs);
mise en décharge ou élimination des déchets (déchets dangereux et non dangereux);
déversements ou rejets accidentels (durant le transport ou à partir de sources fixes);
entraînement militaire (utilisation de sites d'entraînement).
Effets environnementaux possibles de ces activités :
appauvrissement des ressources renouvelables et non renouvelables;
contamination des sols et de l'eau souterraine;
érosion / désertification;
dégradation / destruction d'habitats sauvages;
dégradation / destruction de terres humides;
réduction de la biodiversité (organismes du sol, plantes, animaux sauvages);
accroissement du ruissellements de surface / des eaux pluviales;
déchets miniers (résidus);
développement de zones reculées.
Mesures pour éviter ou réduire les effets négatifs sur
l'environnement
Prise en compte des préoccupations et des facteurs environnementaux au début du
processus décisionnel (p. ex., pour les projets ou la mise au point de produits).
Réduction de la consommation énergétique et augmentation du recours aux sources
d'énergie renouvelables par :
o l'accroissement de l'efficacité énergétique (p. ex., amélioration du rendement
des carburants pour les véhicules, réduction de la consommation électrique
par les appareils ménagers);
o la conception des édifices (nouveaux édifices) ou leur réaménagement.
Promotion, mise au point et utilisation de technologies écologiques.
Réduction de la consommation de ressources.
Augmentation de la réutilisation et du recyclage des ressources naturelles (et donc
réduction de la production et de l'élimination de déchets).
Éco-efficacité.
Approvisionnement écologique - se procurer des produits et des services qui sont
plus écologiques.
Prévention de la pollution :
o en évitant l'utilisation des produits dangereux et toxiques;
o en utilisant des carburants plus écologiques;
o en utilisant des technologies permettant aux véhicules de produire des
émissions peu polluantes;
o en ayant recours à des sources d'énergie plus écologiques (énergie solaire,
éolienne, etc.).
Améliorer l'intervention en cas d'urgence et la préparation aux situations d'urgence.
Activités qui ont des effets sur l'environnement
Énergie — production, distribution, traitement, gestion et consommation / utilisation
(pétrole, gaz, énergie nucléaire, autres)
Ressources naturelles — exploitation, gestion et utilisation (p. ex. pêcheries,
aquaculture, forêts, chasse / piégeage, mines, etc.)
Agriculture / production alimentaire — cultures, élevages et transformation des
aliments (manutention, traitement et gestion des déchets)
Infrastructures matérielles — construction ou utilisation d'infrastructures, comme
des routes, des logements, des ponts, des ports, des entrepôts, des chemins de fer,
des réseaux de conduites d'eau et de traitement des eaux usées.
Transport — transport routier, maritime, ferroviaire ou aérien, et toutes les activités
et infrastructures qui s'y rattachent
Substances et matières toxiques ou dangereuses — production / fabrication,
utilisation, gestion, réglementation, transport ou élimination ([Link]. des substances
toxiques, des pesticides)
Nouvelles substances et nouveaux organismes — mise au point, diffusion et
réglementation (p. ex. nouveaux produits chimiques, organismes génétiquement
modifiés)
Nouveaux produits et nouvelles technologies — mise au point et diffusion
Activités industrielles — par exemple, transformation des ressources et fabrication
Expansion urbaine
Activités militaires — entraînement, équipement, matériaux, activités liées aux
catastrophes naturelles et aux autres situations d'urgence (p. ex. préparation et
intervention)
Production et gestion des déchets (y compris des déchets dangereux)
Circulation des biens et des services (à l'échelle locale, régionale, nationale,
internationale)
Commerce international (exportations et importations)
Risques en milieu de travail
Dépollution ou rétablissement des sites contaminés
Approvisionnement en biens et consommation
L'entreprise se trouve quotidiennement confrontée à un ensemble d'éléments extérieurs
qui ont une incidence sur son avenir. Il est impératif, pour définir une stratégie, de prendre
en compte les évolutions plus ou moins brutales de cet environnement. Ces
changements sont de plus en plus rapides et l'entreprise doit être en veille permanente.
C'est pourquoi les stratégies sont définies pour des durées de plus en plus courtes, et
peuvent être revues à tout moment.
Etapes
Identifier les composantes de l'environnement de l'entreprise.
Politique. Quels changements ont eu lieu ou vont venir d'un point de vue politique, soit dans le
pays de l'entreprise, soit dans les pays des fournisseurs et clients (crises gouvernementales,
changement de pouvoir, etc.) ? Repérer les incidences sur l'entreprise.
Économique. Quels sont les événements économiques qui peuvent influer sur l'entreprise (crise
économique, prix des matières premières, pénurie de ressources, etc.) ?
Juridique. Quel est l'environnement réglementaire de l'entreprise ? L'évolution du cadre législatif
dans le pays de l'entreprise ou dans les pays avec lesquels elle travaille doit être prise en
considération.
Social. Des changements sociaux peuvent-ils influer sur les objectifs et les missions de
l'entreprise ? Cela implique des changements de valeurs, de rites et l'apport de nouvelles
compétences (exemple : telle entreprise de formation pour adultes qui, du fait de la croissance du
nombre de chômeurs, évolue vers l'aide à la réinsertion).
Technologique. Quelles sont les opportunités engendrées par l'apparition de nouvelles
technologies ? L'utilisation des tablettes tactiles engendre des changements de méthodes de travail
pour des commerciaux.
Écologique. Quelle entreprise n'a pas dans ses projets des actions dans le domaine de l'écologie
ou du développement durable ? Il en va en tout cas de l'image de l'entreprise.
Analyser les évolutions. En fonction des évolutions identifiées ou anticipées, fixer des objectifs.
En tirer des conclusions, se fixer des objectifs en termes de stratégie. Définir sur quoi agir.
Établir un plan d'actions sur la période prévue.
Communiquer en précisant les " pourquoi ? ". Il faut expliquer aux membres de
l'entreprise pourquoi il est nécessaire de mettre en oeuvre la nouvelle stratégie.
L a relation de l’homme à son environnement naturel et culturel a beaucoup évolué en peu
de temps. L’homme, grâce à la révolution industrielle et au progrès technologique, a pu
développer son emprise sur l’environnement. En ayant le sentiment de mieux « maîtriser » la
nature, il a oublié sa vulnérabilité d’être vivant ainsi que la dépendance qui le lie à ce qui
l’entoure. Le progrès technique lui a permis de produire plus, plus rapidement et de chercher
des rendements sans cesse supérieurs, la nature n’étant souvent plus qu’une ressource à
exploiter.
2Ce n’est que récemment que l’on s’est rendu compte des conséquences éventuelles de la
surexploitation des ressources naturelles et de la dégradation du milieu par des pollutions très
diverses. Des mesures ponctuelles ont été prises pour tenter de résoudre les problèmes au fur
et à mesure qu’ils apparaissaient. Mais les dégradations non seulement n’ont pas disparu, mais
en plus, elles se sont aggravées. En effet, les solutions élaborées omettaient de prendre en
considération les interactions complexes qui animent la nature et aujourd’hui, nous devons
faire face à des déséquilibres écologiques globaux provoqués par des causes multiples dans le
temps et dans l’espace.
3Si l’homme a oublié sa réalité biologique au profit de sa supériorité technologique, n’y a-t-il
pas eu d’autres dérives qui contribuent à ce malaise croissant des sociétés humaines à
l’échelle planétaire ?
Des évolutions qui pèsent sur l’environnement
4Le progrès technique et les facilités qu’il offrait ont contribué à une évolution marchande de
l’économie où tout devenait ressource grâce à l’aide de nouvelles technologies. L’économie,
au cours des dernières décennies, s’est déshumanisée. Au lieu d’être un moyen au service du
bien-être humain – du « progrès » de l’humanité –, ce qui était son but à l’origine, elle est
devenue un outil au service des dynamiques du matérialisme, de l’ultra-libéralisme et du
monétarisme [1].
5Le culte croissant du matérialisme a sacrifié les valeurs des biens immatériels comme les
satisfactions que procure l’environnement (la nature, la beauté, la culture, la sécurité, la
convivialité) à chaque fois qu’ils étaient en conflit avec un bien matériel à valeur marchande.
Par exemple, la pureté de l’air et de l’eau, l’intégrité biologique de la nourriture, le silence, les
espaces verts sont ainsi sacrifiés à la recherche exclusive de l’argent ; la politique européenne
des transports a poussé à l’hypertrophie du transport routier parce qu’elle a considéré comme
sans valeur économique les avantages du rail en matière de sécurité de circulation et
d’absence de pollution ; et l’affaire de la vache folle montre le danger d’avoir sacrifié la santé
au profit.
6Quant à l’ultra-libéralisme, il est nocif pour l’environnement car il exalte la concurrence à
tout va, qui pousse à un productivisme forcené dont on voit les dangers en agriculture
notamment : engrais pour forcer la terre, hormones pour forcer la production de viande
bovine. Et il glorifie l’individualisme qui pousse à sacrifier les communautés affectives, en
particulier la famille, au profit de la réussite individuelle fondée exclusivement sur l’argent
comme idéal et conduisant beaucoup d’individus à une incertitude déchirante sur les raisons
de vivre.
7Le progrès technique a donné les moyens à l’homme de surexploiter l’environnement en le
« dopant » artificiellement. Ces nouveaux produits polluent l’environnement immédiat et
mondial. Aujourd’hui, plus de 15 millions de nouveaux produits chimiques ont fait leur
apparition, dont plus de 300 000 sont disponibles dans le commerce [2].
8Nombre de ces produits ont contribué à l’amélioration de la qualité de la vie, mais le
manque de connaissance quant à leurs effets toxiques sur l’homme, leur persistance dans
l’environnement et leur utilisation à mauvais escient, ont causé des problèmes de santé à de
nombreuses personnes. En effet, c’est dans cet environnement que se retrouvent les produits
de consommation courante, jusqu’à l’alimentation et les médicaments [3]. Comme nous
interagissons avec notre environnement, nous ingérons ou respirons ces substances.
Qualité de l’environnement et santé
9Les dégradations de l’environnement, qu’il soit physique ou social, peuvent constituer des
agressions pour la santé.
Agressions de l’environnement
10L’impact des principales pollutions sur la santé commence à être analysé, en particulier :
l’agriculture (engrais, pesticides, farines animales) ;
l’air, l’atmosphère : présence de substances nocives dans l’air (métaux lourds, dioxines) ;
le bruit : (un environnement trop bruyant peut avoir des incidences sur la santé de l’homme) ;
les déchets : problème des déchets toxiques, des déchets nucléaires, la pollution par les fumées
des incinérateurs, la pollution des nappes phréatiques par les centres d’enfouissement
technique.
Les différentes substances entrent dans le corps par inhalation, absorption, par contact cutané,
ingestion de nourriture, d’eau contaminée ou traitée chimiquement. L’impact de ces pollutions sur la
population est sous-estimé pour plusieurs raisons :
les indicateurs de mesure ne prennent pas toujours en compte les nouvelles formes de
pollution (fines particules produites par le diesel potentiellement plus dangereuses que les
grosses particules parce qu’elles se logent au fond des bronches) ;
les individus sont soumis à une synergie de pollutions en permanence avec un risque de
potentialisation de leur nocivité ;
une partie de la population est plus vulnérable du fait de sa fragilité (enfants, personnes âgées,
malades) ;
une partie de la population est plus vulnérable du fait de l’inégalité sociale et économique. Les
pollutions sont inégalement réparties dans la ville, atteignant les niveaux les plus élevés dans les
quartiers les plus pauvres, c’est-à-dire frappant les populations les plus vulnérables socio-
économiquement [1].
Les carences de l’environnement social et idéologique constituent également des agressions pour la
santé. Ces carences peuvent être de différente nature. Il peut s’agir d’un vide affectif : la
désagrégation des communautés laisse les individus plus fragiles et les plus sensibles désemparés en
cas d’épreuves à affronter parce qu’ils se sentent seuls. Le vide peut être spirituel : la société ne
porte plus distinctement un idéal de progrès de l’homme à offrir à ses membres, en particulier à la
jeunesse, sous forme d’un espoir à bâtir en commun, d’un avenir qui soit un épanouissement et pas
seulement un enrichissement matériel. Le vide peut enfin être professionnel : pour de plus en plus
d’individus, la communauté de travail s’est effondrée, d’abord par la montée du chômage, mais
même aussi pour beaucoup de ceux qui travaillent, parce qu’à l’intérieur de l’entreprise, des
réductions incessantes d’effectifs créent entre les travailleurs une mentalité « radeau de la méduse »
dans l’attente de la prochaine « charrette » de licenciement.
La complexité des interactions environnement-santé
11L’environnement est un facteur déclenchant de nombreuses maladies par les agressions de
l’environnement physique (pollution, nourriture malsaine, gigantisme urbain, destruction des
espaces verts) et les carences de l’environnement social (solitude, famille en miettes,
chômage) et idéologique (vide spirituel). L’environnement est un facteur facilitant l’invasion
de la maladie en créant de multiples stress qui affaiblissent les défenses immunitaires.
12Le lien entre la qualité de l’environnement et l’état de santé des populations est reconnu
par les communautés scientifiques de manière plus fréquente qu’avant, mais les questions
restent plus nombreuses que les réponses. À titre d’exemples, évoquons quelques liens
environnement-santé récemment établis.
13L’augmentation des allergies est frappante. Un groupe d’experts japonais a travaillé sur
l’allergie au pollen :
la fréquence moyenne, au Japon, de la pollinose provoquée par les cèdres a été chiffrée à
9,6 % ;
les valeurs maximales pour cette pollinose ont été constatées le long des rues à forte densité de
trafic (13,2 %). Dans les quartiers moins fréquentés par les voitures, mais où il y a des cèdres,
cette valeur baisse sensiblement (5,1 %) ;
dans les quartiers où il n’y a pas de cèdres, mais où le trafic est dense, ces pollinoses spécifiques
du cèdre se situent à 9,6 %, soit à un niveau supérieur aux valeurs des quartiers où il y a des
cèdres, mais pas de trafic automobile [4].
Depuis peu, on rapporte de plus en plus fréquemment un autre phénomène, les réactivités croisées.
Par exemple :
dans le cas des personnes allergiques qui réagissent à des aliments comme l’anis, le céleri, la
camomille, tout en ayant été sensibilisées au pollen d’armoise ;
dans le cas des personnes qui réagissent à la pomme, aux noisettes et au curry, tout en ayant
été sensibilisées au pollen de bouleau ;
dans le cas des personnes qui réagissent aux cacahuètes, au soja et à la menthe poivrée tout en
ayant été sensibilisées à l’herbe [5].
Il est établi que le « sick building syndrome », c’est-à-dire l’apparition d’atteintes à la santé comme
l’irritation des yeux, des muqueuses du système respiratoire, des problèmes neurologiques comme la
fatigue, les maux de tête, le vertige, etc., peut provenir du « cocktail chimique » : solvants,
formaléhyde, pyréthrinoïdes émis par le nouveau mobilier (peintures, laques, tapis, cuir, boiseries,
etc.).
14Le poids croissant de ces maladies chroniques dégénératives et de ces syndromes
ne peut être nié. Des associations de patients concernés par ces maladies se sont créées : par
exemple, contre l’usage de fongicides (PCP, pentachlorophénol, etc.) ou d’insecticides
(lindane, etc.) dans les produits de traitement du bois ou du cuir, contre le formaldéhyde,
contre l’amiante, contre les champs électromagnétiques. Des procès ont été gagnés en
Allemagne et au Canada, car les juges ont jugé suffisante la très grande probabilité des
relations entre l’exposition prolongée et les effets négatifs sur la santé. C’est essentiel car les
juges n’ont pas revendiqué une preuve à cent pour cent d’une relation de cause à effet
préconisée par les industriels et leurs experts.
La construction d’une réponse juridique
15Face à la communauté scientifique confirmant le lien de causalité entre des problèmes
d’environnement et des questions de santé publique, les juristes ont dû chercher à créer du
lien dans un droit où les disciplines sont bien identifiées. C’est une des fonctions intéressantes
du droit de l’environnement qui interroge les autres droits de manière transversale et appelle
une vision globale. Mais il n’est pas facile de construire une réponse adaptée et rapide.
Cependant, un certain nombre de principes juridiques tente de répondre au lien
environnement-santé.
L’apparition d’un droit à un environnement sain
16Les problèmes d’environnement se posant de plus en plus fréquemment à l’échelle
mondiale, la communauté internationale a été la première à envisager une réponse globale et
transversale à la question. Le principe d’un droit à un environnement sain a ainsi intégré les
problématiques liées à l’environnement et à la santé.
17Il resitue l’homme dans son environnement et reconnaît les interdépendances qui peuvent
exister entre eux. Par la protection de l’environnement, on peut améliorer la qualité de vie des
hommes. De nos jours, l’homme est touché par les pollutions dans ses besoins vitaux
(respirer, boire, manger, dormir) ; la reconstitution d’un environnement de qualité devient un
des besoins fondamentaux de l’être humain et rejoint les droits de l’homme au sens classique.
18Ce principe permet d’affirmer que bien des problèmes de santé publique sont, en même
temps, des problèmes d’environnement. En effet, la médecine et la pharmacie ont une
vocation thérapeutique à l’égard d’une santé défaillante, mais de nombreux problèmes de
santé sont engendrés par un environnement dangereux. La conférence de Stockholm avait
affirmé ce principe en 1972, en précisant que « l’homme a un droit fondamental à la liberté, à
l’égalité et à des conditions de vie satisfaisantes, dans un environnement dont la qualité lui
permette de vivre dans la dignité et le bien-être. Il a le devoir solennel de protéger et
d’améliorer l’environnement pour les générations présentes et futures » (principe n° 1).
19Le droit français s’est inspiré de ce principe dans son nouveau code de l’environnement.
Ce dernier dispose dans ses principes généraux que « la protection, la mise en valeur, la
restauration, la remise en état et la gestion des espaces, ressources et milieux naturels, les
sites et paysages, la qualité de l’air, les espèces animales et végétales, la diversité et les
équilibres biologiques auxquels ils participent sont d’intérêt général et concourent à l’objectif
de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des
générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux
leurs » (Article L. 110-1-I et II).
20Si l’on part du constat que chacun d’entre nous se voit confronté dans la vie de tous les
jours à des pollutions multiples (pollution des villes, de l’habitat, etc., pollutions chroniques à
faibles doses), il nous semble évident qu’il faut procéder à une évaluation sérieuse et
scientifique de ces risques.
21Le domaine juridique se trouve ici face à une triple difficulté :
il y a un constat de vide juridique. Par exemple, l’interdiction ou la réglementation des produits
a du mal à suivre la vitesse de leur apparition, et le recul nécessaire pour connaître leur degré
de toxicité n’est pas pris en compte par le marché. C’est le cas des OGM ;
il y a un constat d’inadaptation des textes. Les textes, fondés sur une approche sectorielle des
activités humaines sont remis en cause par une réalité environnementale transversale. La
protection de l’environnement ne connaît pas les catégories mises en place dans l’arsenal
juridique, les textes sont donc parcellaires et ne peuvent pas apporter une réponse adaptée aux
réalités de terrain (droit des affaires, droit de l’environnement, politiques urbaines,
aménagement du territoire, etc.). La problématique santé et protection de l’environnement
oblige à se poser les questions de manière globale et interdépendante ;
en matière d’environnement, il est difficile d’évaluer la causalité et le risque. Il faut que la
preuve ait été faite d’une causalité entre l’activité incriminée et les dommages
environnementaux, pour que le droit accepte de contraindre l’activité économique en question.
Dans la démarche scientifique actuelle, on cherche systématiquement une relation cause-effet
immédiate en centrant l’attention sur chaque polluant pris individuellement. Or, les interactions
entre polluants peuvent, elles aussi, être nocives et le lien de causalité n’est pas forcément
direct, car les interactions en présence sont complexes. De plus, les effets sont souvent différés
et obligent à une prise en compte du long terme.
Les problèmes liés à l’environnement questionnent les juristes sur la pertinence d’intervenir en
réaction aux problèmes rencontrés. Le droit est en majorité curatif car il réglemente des problèmes
qui sont déjà posés. La dégradation de l’environnement et ses effets sur la santé ne permettent pas
d’attendre la certitude du risque réel pour interdire ou réglementer une activité.
22Ces différents constats questionnent le droit, et des réponses sont alors élaborées à
différents niveaux.
23L’approche transversale entre protection juridique de l’environnement et santé est
fondamentale pour la recherche de l’effectivité du droit à un environnement sain. La
protection de l’environnement a longtemps été considérée comme secondaire et futile face
aux priorités du développement humain. Comme l’homme et la nature sont également
victimes d’un développement qui fut conçu de manière irresponsable et qui répand ses effets
négatifs sur le modèle de l’épidémie, un certain nombre de principes du droit à un
environnement sain sont également applicables en matière de santé publique. La
reconnaissance d’un lien entre la qualité de l’environnement et la santé de l’homme a permis
de renforcer la protection de l’environnement.
24Pour mettre en œuvre le droit à un environnement sain, un certain nombre de principes ont
été déclinés. Ils prévoient de réinsérer l’homme dans son contexte naturel et culturel en
prenant en compte les interactions que cela implique, y compris si cela doit interroger le
modèle économique.
Le principe de précaution
25Face à la multiplication et à la complexité des problèmes rencontrés, il est enfin apparu
qu’il fallait parfois anticiper les problèmes, car une démarche curative manquait d’efficacité et
pouvait avoir des conséquences humaines, naturelles et financières catastrophiques. En
envisageant une approche globale à long terme, pour assurer un droit à un environnement
sain, on change de logique. On accepte d’agir en amont pour évaluer les risques à venir et
s’inscrire dans une logique de prévention. Le principe de précaution est un des outils
privilégiés de cette démarche.
26Le principe de précaution veut que face à la menace d’une dégradation irréversible de
l’environnement, on ne saurait s’autoriser de l’absence d’une connaissance scientifique
absolue pour remettre à plus tard des mesures qui sont justifiées en elles-mêmes. Le principe
de précaution peut donc servir de base à des politiques touchant des systèmes complexes qui
ne sont pas encore bien compris et dont on ne peut encore prévoir quelles conséquences
auront leurs perturbations. Ce raisonnement permet d’intégrer le lien entre protection de
l’environnement et santé publique.
27• Il est défini par la communauté internationale de la manière suivante : « Pour réaliser un
développement soutenable (NDLR : traduction littérale de sustainable development), les
politiques doivent être fondées sur le principe de précaution. Les mesures environnementales
doivent anticiper, prévenir et attaquer les causes de la dégradation de l’environnement.
Quand des menaces existent d’un dommage sérieux ou irréversible, l’absence d’une certitude
scientifique totale ne doit pas être utilisée pour ajourner les mesures prévenant la
dégradation de l’environnement » [6].
28Depuis la conférence des Nations unies sur le développement et l’environnement à Rio en
1992, la majorité des États a reconnu officiellement, au travers de deux conventions, le
principe de précaution comme base du développement durable : « En cas de risque de
dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas
servir de prétexte à remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la
dégradation de l’environnement ». Au lieu de réparer les dommages à la santé, il s’agira donc
d’essayer autant que possible de les prévoir et les éviter.
29Plusieurs autres textes juridiques ont repris ce principe, comme le Protocole sur la
biosécurité (relatif aux OGM), adopté à Montréal le 28 janvier 2000. La Conférence des
Parties à la Convention sur la diversité biologique a expressément reconnu dans son article
10-6 le recours au principe de précaution. Il est, en effet, indiqué : « L’absence de certitude
scientifique due à l’insuffisance d’information et de connaissance scientifique pertinente en ce
qui concerne les effets négatifs potentiels d’un organisme vivant modifié sur la conservation
et l’utilisation durable de la diversité biologique dans la partie importatrice, prenant
également en compte les risques pour la santé humaine, n’empêche pas cette partie de
prendre une décision, si approprié, concernant l’importation de l’organisme vivant modifié
en question dans le but d’éviter ou de réduire de tels effets potentiellement négatifs ».
30• Au niveau de l’Union européenne, des prises de positions des différentes institutions, et
en particulier de la Cour de Justice des communautés européennes et de la Commission (7),
confirment l’importance du principe de précaution dans l’arsenal juridique européen, tant
pour la protection de l’environnement que la santé de l’homme.
31Le Traité d’Amsterdam (Maastricht), dans son article 174, indique que « la politique de la
Communauté dans le domaine de l’environnement vise un niveau de protection élevé, en
tenant compte de la diversité des situations dans les différentes régions de la communauté.
Elle est fondée sur les principes de précaution et d’action préventive, sur le principe de la
correction, par priorité à la source, des atteintes à l’environnement, et sur le principe du
pollueur payeur (…) ».
32L’article 95-3 du Traité CE prévoit que « la Commission, dans ses propositions en matière
de santé, de sécurité, de protection de l’environnement et de protection des consommateurs,
prend pour base un niveau de protection élevé en tenant compte notamment de toute nouvelle
évolution basée sur des faits scientifiques ».
33L’article 152-1 du Traité CE prévoit « un niveau élevé de protection de la santé humaine
qui est assurée dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de la
communauté ».
Au moins 155 États reconnaissent à leurs citoyens le droit de vivre
dans un environnement sain, que ce soit par le biais de leur
législation nationale ou d'accords internationaux, comme
la Déclaration universelle des droits de l'homme.
Malgré ces protections, l'Organisation mondiale de la santé estime
que 23 % de tous les décès sont liés à des "risques
environnementaux" tels que la pollution de l'air, la contamination de
l'eau et l'exposition aux produits chimiques.
De telles statistiques expliquent pourquoi le Conseil des droits de
l'homme des Nations unies a récemment adopté une
résolution réaffirmant l'obligation des États de protéger les droits de
l'homme, notamment en prenant des mesures plus énergiques pour
relever les défis environnementaux.
Voici quelques-unes des façons dont le droit humain à la santé est
compromis, lorsque la planète est menacée.
1. La destruction des espaces sauvages
favorise l'émergence de maladies zoonotiques.
La modification des terres pour créer de l'espace pour les
habitations, les fermes et les industries a augmenté les contacts
entre les êtres humains et la faune sauvage et favorise le passage
de pathogènes entre les animaux sauvages et les humains.
On estime que 60 % des infections humaines sont d'origine
animale. Il existe de nombreux autres virus qui pourraient passer
des animaux aux êtres humains. Selon la plate-forme
intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et
les services écosystémiques, "pas moins de 1,7 million de virus non
identifiés du type de ceux connus pour infecter les humains
existeraient encore chez les mammifères et les oiseaux aquatiques.
N'importe lequel d'entre eux pourrait être la prochaine "maladie X",
potentiellement encore plus perturbatrice et mortelle que la COVID-
19".
2. La pollution atmosphérique réduit la qualité de la
santé et diminue l'espérance de vie.
Neuf personnes sur dix respirent un air pollué à travers le monde,
ce qui nuit à la santé et réduit la durée de vie de ces personnes.
Chaque année, environ 7 millions de personnes meurent de
maladies et d'infections liées à la pollution atmosphérique, soit plus
de cinq fois le nombre de personnes qui périssent dans des
accidents de la route.
L'exposition aux polluants peut également affecter le cerveau,
entraînant des retards de développement, des problèmes de
comportement et même une baisse du QI chez les enfants. Chez
les personnes âgées, les polluants sont associés aux maladies
d'Alzheimer et de Parkinson.
3. La perte de biodiversité compromet la valeur
nutritionnelle des aliments.
En l'espace de 50 ans, les régimes alimentaires humains sont
devenus de plus en plus similaires, seulement 12 cultures et cinq
espèces animales fournissent 75 % de l'apport énergétique
mondial. Aujourd'hui, près d'une personne sur trois souffre d'une
forme de malnutrition et une grande partie de la population
mondiale est touchée par des maladies liées à l'alimentation,
comme les maladies cardiaques, le diabète et le cancer.
4. La perte de biodiversité réduit également la portée et
l'efficacité des médicaments.
Les produits naturels constituent une grande partie des produits
pharmaceutiques existants et ont été particulièrement importants
dans le domaine de la thérapie pour le cancer. Mais selon les
estimations, 15 000 espèces de plantes médicinales sont menacées
d'extinction et la Terre perd au moins un grand médicament
potentiel tous les deux ans.
5. La pollution menace des milliards de personnes dans
le monde.
De nombreux problèmes de santé découlent de la pollution et de
l'idée que les déchets peuvent être jetés "à la poubelle" alors qu'en
fait, une grande partie d'entre eux restent dans les écosystèmes,
affectant la santé environnementale et humaine.
L'eau contaminée par les déchets, les eaux usées non traitées, le
ruissellement agricole et les rejets industriels expose 1,8 milliard de
personnes au risque de contracter le choléra, la dysenterie, la
typhoïde et la polio. Le méthylmercure, une substance présente
dans les produits de consommation courante qui contamine le
poisson, peut avoir des effets toxiques sur les systèmes nerveux,
digestif et immunitaire lorsqu'il est consommé par l'homme. Et un
nombre croissant de preuves suggère qu'il y a lieu de s'inquiéter de
l'impact des microplastiques sur la vie marine et le réseau
alimentaire.
Par ailleurs, chaque année, 25 millions de personnes souffrent
d'une intoxication aiguë aux pesticides. Le glyphosate, l'herbicide le
plus utilisé au monde, est associé au lymphome non hodgkinien et à
d'autres cancers.
Même les médicaments peuvent avoir un impact négatif en
s'infiltrant dans les écosystèmes. Un rapport du PNUE publié
en 2017 a révélé que les antibiotiques sont devenus moins efficaces
en traitement médical en raison de leur utilisation généralisée pour
favoriser la croissance du bétail. Environ 700 000 personnes
meurent d'infections résistantes chaque année.
6. Le changement climatique introduit des risques
supplémentaires pour la santé et la sécurité.
La dernière décennie a été la plus chaude de l'histoire de l'humanité
jamais enregistrée et nous ressentons déjà les effets du
changement climatique. Les incendies de forêt, les inondations et
les ouragans sont devenus des événements climatiques réguliers
qui menacent les vies, les moyens de subsistance et la sécurité
alimentaire. Les changements climatiques affectent également la
survie des microbes, facilitant ainsi la propagation des virus. Selon
un article publié par la Plateforme intergouvernementale scientifique
et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, "les
pandémies sont susceptibles de se produire plus fréquemment, de
se propager plus rapidement, d'avoir un impact économique plus
important et de tuer davantage de personnes."
La 46e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies
a récemment adopté une résolution appelant les États à conserver,
protéger et restaurer les écosystèmes, les décrivant comme
essentiels à la santé et au bien-être de l'homme. Quelque 69 États
se sont engagés à entamer un dialogue pour reconnaître le droit à
un environnement sûr, propre, sain et durable.
Au cours de la session du Conseil, 15 entités des Nations unies,
dont le Programme des Nations unies pour l'environnement, ont
publié une déclaration commune exprimant leur soutien à la
reconnaissance mondiale du droit à un environnement sûr, propre,
sain et durable.
La résolution a été adoptée juste avant le lancement de la Décennie
des Nations unies pour la restauration des écosystèmes (2021-
2030), un effort mondial pour prévenir, arrêter et inverser la
dégradation des écosystèmes dans le monde entier
Les urgences environnementales majeures auxquelles sont actuellement confrontées
les sociétés sont multiples et souvent inter-reliées. Toute action politique pour y
répondre ne peut donc être que systémique et coordonnée avec d’autres États ou
ensembles régionaux. Parmi ces urgences figurent :
la transformation des paysages par l’homme et ses problèmes afférents,
notamment l’érosion ou l’imperméabilisation des sols ;
les pollutions et leur accroissement, notamment avec l’apparition de nouveaux
éléments chimiques et techniques ;
l’épuisement des ressources naturelles ;
la surexploitation des espèces ;
la diminution de la biodiversité ;
l’introduction par l’homme, volontairement ou non, d’espèce invasives ultra-
compétitrices dans des milieux non-endémiques où elles accélèrent les
extinctions ;
les changements climatiques et la recrudescence des épisodes extrêmes en
plusieurs régions du globe.
époque présente est caractérisée par une interaction forte et croissante entre les
facteurs environnementaux et humains, qui est révélée par les problèmes de
ressources et de qualité d’habitat rencontrés par les espaces à forte densité de
peuplement ainsi que, plus généralement, par les difficultés des sociétés à s’adapter
aux conséquences du réchauffement climatique. Du fait de ces processus,
l’environnement prend donc une dimension de plus en plus politique via sa
participation à la création de forts contrastes sociétaux et situationnels entre régions
du monde.
1 – Qu’entend-on exactement par « environnement » ?
Dans leur Dictionnaire de la géographie (2013), Jacques Lévy et Michel Lussault
définissent l’environnement comme « l’ensemble des réalités extérieures à un
système, notamment un système social, conditionnant son existence et interagissant
avec lui. Spécialement, les réalités biophysiques comme environnement des
sociétés ».
De façon plus pragmatique et appliquée, un consortium d’organisations
internationales, dont l’ONU, l’OCDE, le FMI et la Commission Européenne
ont contextualisé le concept d’environnement dans le sens utilitariste du rapport de
nécessité qui le rattache à l’homme. Dans et pour le lexique international de la
gouvernance, il s’agit de « l’environnement physique produit naturellement dont
l’humanité est entièrement dépendante dans toutes ses activités. Les différentes
utilisations de ce milieu à des fins économiques sont appelées fonctions
environnementales ».
L’environnement est donc compris comme l’ensemble des facteurs biotiques et
abiotiques qui entourent un individu ou une espèce, et dont certains contribuent
directement à subvenir à ses besoins. Introduire l’espèce humaine dans l’équation
revient nécessairement à complexifier la notion d’environnement. En effet, le
développement des sociétés a certes été rendu possible par l’exploitation d’un
substrat matériel organique et inorganique « non-humain » — autrement dit, la
« nature » au sens premier du terme. Cependant, l’action anthropique a aussi
activement participé de la création ou de la subversion de nouveaux objets et milieux
« environnementaux » sur Terre. En témoignent les réalités hybrides (mi-naturelles,
mi-culturelles) que représentent par exemple les paysages, donnes matérielles
informées et visuellement altérées par les besoins et l’aménagement humains ; ou
bien les organismes génétiquement modifiés, dont l’existence et les fonctions
biologiques, pourtant « naturelles », dépendent d’une exigence humaine à laquelle
elles répondent ; ou encore les 28 derniers éléments chimiques du tableau périodique
de Mendeleïev qui n’ont été découverts et synthétisés qu’en laboratoire.
Il apparaît donc que le terme « environnement » est une réalité évolutive. Dans son
acception la plus concrète, actuelle et synoptique, l’environnement désigne ainsi le
monde biophysique vécu, exploité et transformé par l’homme. C’est en définitive
l’ensemble des éléments qui nous entourent et nous permettent d’habiter à un endroit
donné du globe.
Dans la société contemporaine, l’environnement est devenu un concept polysémique
et sans échelle qui tend à se distinguer de « milieu », de connotation plus écologiste et
scientifique ; d’« écosystème », davantage fonctionnel et spatialement localisé ; ou
encore de « nature », terme fixiste devenu réducteur car politiquement réinvesti et
infléchi par les sociétés contemporaines vers la notion négative de « non-humain ».
Ces distinctions sémantiques récentes sont autant de traductions de l’essor des
problèmes et questionnements environnementaux parmi les sociétés humaines.
Les deux derniers siècles ont érigé l’environnement en concept aussi bien qu’en
ressource et en problème pour les sociétés. Les révolutions industrielles du XIXe
siècle ont en eu un fort effet transformateur sur l’environnement, notamment via le
déboisement, l’artificialisation des sols (mise en culture, urbanisation), et les
industries extractives lourdes. C’est dans la seconde moitié du XXe siècle, avec
l’accroissement de la population mondiale et l’apparition d’institutions multilatérales
telles que l’ONU que s’est popularisée la nécessité de concevoir, promouvoir, et
articuler internationalement des mesures de protection de l’environnement.
Les urgences environnementales majeures auxquelles sont actuellement confrontées
les sociétés sont multiples et souvent inter-reliées. Toute action politique pour y
répondre ne peut donc être que systémique et coordonnée avec d’autres États ou
ensembles régionaux. Parmi ces urgences figurent :
la transformation des paysages par l’homme et ses problèmes afférents,
notamment l’érosion ou l’imperméabilisation des sols ;
les pollutions et leur accroissement, notamment avec l’apparition de nouveaux
éléments chimiques et techniques ;
l’épuisement des ressources naturelles ;
la surexploitation des espèces ;
la diminution de la biodiversité ;
l’introduction par l’homme, volontairement ou non, d’espèce invasives ultra-
compétitrices dans des milieux non-endémiques où elles accélèrent les
extinctions ;
les changements climatiques et la recrudescence des épisodes extrêmes en
plusieurs régions du globe.
2 – Les pollutions menacent-elles notre qualité de
vie ?
Le terme pollution peut s’appliquer à un ensemble très divers de phénomènes :
pollutions de l’eau, de l’air, des sols mais aussi pollutions visuelles, sonores… De
manière générale, la pollution est un phénomène de modification des facteurs
abiotiques d’un écosystème qui altère son fonctionnement naturel. « Tout est poison,
rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison. » Cette citation de Paracelse,
médecin, astrologue et alchimiste suisse, résume assez bien toute l’idée derrière la
toxicologie : n’importe quelle substance ou radiation peut virtuellement devenir
polluante et nocive si elle est présente en quantité trop importante. On peut prendre
l’exemple du rôle du CO2 dans le cycle du carbone. Converti en sucre par les plantes
qui produisent également de l’oxygène au passage lors de la photosynthèse, il est
essentiel à la vie des êtres vivants sur Terre. Mais le dégagement excessif de CO2 par
l’homme a déplacé très fortement l’équilibre de la réaction jusqu’à un point où il est
impossible de transformer ce CO2 en oxygène et en sucre à un rythme suffisant, ce
qui provoque son accumulation et le fait ainsi passer d’élément essentiel à la vie à
agent réchauffant contribuant au piégeage des rayons du soleil sur Terre, agissant
donc comme un poison climatique.
Les pollutions sont un enjeu majeur pour l’ensemble de la planète, parce que le mode
de vie moderne, en particulier des pays riches, pollue massivement son
environnement proche et lointain. Que ce soit les particules fines émises par les
moteurs à combustion, les perturbateurs endocriniens, dont on ne fait que
commencer à prendre la mesure de l’impact sur la santé humaine, les rejets de
nitrates d’origines agricoles dans les rivières, ou encore la radioactivité d’origine
humaine, notre environnement est beaucoup plus pollué que celui qu’ont connu nos
ancêtres, même proches. Selon l’OMS, en 2012, un quart des décès dans le monde ont
pour origine les pollutions, et les facteurs environnementaux contribuent à la
survenue de plus de 100 maladies ou traumatismes. Un élément d’optimisme en ce
sens est le fait que l’on finit par découvrir les effets néfastes d’un certain nombre
d’agents polluants et par cesser de les utiliser, comme l’amiante. Mais cet exemple
illustre également un des aspects les plus complexes de l’évaluation des risques liés
aux produits de synthèse : le délai. Le délai requis pour arriver à un consensus sur la
dangerosité est souvent très long et ne permet pas d’empêcher la propagation des
effets néfastes de ces produits. Si l’on ajoute à cela l’influence de certains lobbys et les
enjeux économiques à l’oeuvre,, ces délais peuvent être considérablement rallongés.
Les autres facteurs de complexité liés à la gestion des effets néfastes des produits de
synthèse sont d’une part l’évaluation juste de leur niveau de dangerosité, et d’autre
part la mise en balance de leurs potentiels effets néfastes avec les potentiels effets
bénéfiques qu’ils auraient. On peut à ce titre citer deux exemples, celui de la question
des antennes relais et celui du dichlorodiphényltrichloroéthane, ou DDT. Les
antennes relais téléphoniques soulèvent de nombreuses questions quant à leur
dangerosité, mais en l’absence de résultats probants, et étant donné le service
immense qu’elles rendent dans la société du 21 e siècle, elles demeurent
omniprésentes dans notre quotidien.
Le DDT, quant à lui, illustre très bien les contradictions liées à la question des
polluants de synthèse. Synthétisé en 1874, la découverte de action insecticide en 1939
par Paul Herman Müller vaudra à ce dernier le Prix Nobel de médecine en 1948 étant
donné l’impact majeur sur la lutte contre le Malaria ou le Typhus. Mais le DDT ne fait
pas que tuer les insectes, il provoque aussi le cancer et tue la vie sauvage, en
particulier les oiseaux. La publication en 1962, soit à peine 14 ans après le Prix Nobel,
du livre « Silent Spring » par Rachel Carson, va déclencher une véritable onde de
choc et une prise de conscience des dangers liés à l’utilisation massive et
indiscriminée des pesticides, ainsi qu’aux mensonges des lobbies de l’industrie. Le
livre déclenche un tollé qui mènera à l’interdiction de son usage en agriculture aux
USA en 1972. Au-delà de la prise de conscience de ses effets néfastes, l’exemple du
DDT illustre le fait qu’à l’instar du glyphosate, un certain nombre d’équipements ou
composés de synthèse sont d’abord utilisés massivement car ils répondent à une vraie
demande, et que la balance entre les bénéfices et les dangers liés à leur utilisation
évolue avec le temps.
3 – Pourquoi est-il important de préserver la
biodiversité ?
La préservation de la biodiversité fait partie des discussions internationales depuis au
moins 1992 et le sommet de la Terre de Rio. En 2012, un équivalent du GIEC pour la
biodiversité a d’ailleurs été mis en place : la Plate-forme intergouvernementale sur la
biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). C’est effectivement ce concept de
services écosystémiques, c’est-à-dire des services que les être humains retirent des
écosystèmes, qui est au coeur de l’importance de la préservation de la biodiversité. En
effet, la biodiversité est menacée sur l’ensemble de la planète et certains
chercheurs n’hésitent pas aujourd’hui à parler d’une sixième grande extinction. Si
l’on ne devait citer qu’un exemple illustrant le besoin de préserver la biodiversité, ce
serait probablement la grande famine qui a frappé l’Irlande en 1845, tuant 1 million
d’irlandais, produisant 1 million de réfugiés, et faisant chuter la population de l’île
d’environ 20 %. La famine est due à l’infection des pommes de terre par un
pathogène. L’ampleur des dégâts causés par ce pathogène et la violence de la famine
sont dus à deux facteurs principaux : la dépendance alimentaire à un seul type de
denrée (en l’occurrence ici la pomme de terre), et la très faible, voire l’absence de
biodiversité au sein des variétés de pomme de terre cultivées.
Il existe de très nombreuses raisons de préserver la biodiversité, mais l’une des plus
directement évidentes est le besoin de disposer, au sein d’une population d’une
espèce donnée, d’individus mieux adaptés que les autres à l’éventualité d’une crise.
Dans le cas de la grande famine irlandaise, une véritable biodiversité aurait très
sérieusement limité l’impact du pathogène, car non seulement toutes les variétés de
pommes de terre n’y sont pas aussi sensibles que celle qui était cultivée à cette
époque, mais il existe en plus forcément des variétés plus ou moins naturellement
immunisées. Face à un pathogène qui décime ceux qui y sont sensibles, ceux qui y
sont immunisés exploitent l’espace laissé libre, se reproduisent, repeuplent ces
espaces et vont ainsi prendre le relais et remplacer l’espèce décimée. Cet exemple
peut être appliqué à toutes les espèces vivantes et à toutes les crises imaginables,
d’autres pathogènes à des changements climatiques brutaux en passant par la
destruction d’habitats ou par la pollution par des composés de synthèse.
Une chute de la biodiversité signifie donc une bien plus grande vulnérabilité à tout
type de crise. C’est d’autant plus vrai à l’aune de bouleversements majeurs, tant en
termes de hausse globale de la température que de destruction et de transformation
des habitats naturels. On peut ajouter à cet argument la notion de biomimétisme.
Depuis les débuts de la médecine, l’homme s’inspire de la nature et utilise ce qu’elle
crée. Les premiers médicaments sont des extraits de plantes, et aujourd’hui encore un
nombre très conséquent de médicaments est directement dérivé de la nature. En plus
de la médecine, d’autres domaines de la science s’inspirent de la nature pour produire
des technologies innovantes. Cela va de revêtements inspirés de la surface de la peau
des requins, conçue avec un espacement entre les écailles ne permettant pas aux
bactéries de s’y loger, à CRISPR Cas9, système immunitaire bactérien utilisé comme
ciseaux génétiques. Plus de biodiversité signifie plus de mécanismes dont s’inspirer.
4 – Nos ressources naturelles sont-elles
inépuisables ?
Une ressource naturelle est une ressource présente dans la nature qui fait l’objet
d’une utilisation pour satisfaire les besoins humains. Il peut s’agir d’une substance
minérale (eau, métaux), organique vivante (bois, nourriture) ou fossile (pétrole,
charbon), ou encore d’une source d’énergie (vent, soleil).
On distingue habituellement les ressources non renouvelables des ressources
renouvelables. Est considérée comme renouvelable une ressource dont la quantité se
renouvelle à une fréquence suffisamment élevée à l’échelle de son utilisation par
l’homme. A titre d’exemple, le pétrole présent en sous-sol résulte de centaines de
millions d’années d’accumulation et de transformation de biomasse. Chaque unité de
pétrole extraite aujourd’hui réduit donc les quantités disponibles demain. A
contrario, le soleil, le vent, les ressources halieutiques et forestières sont considérées
comme des ressources renouvelables. Certaines ressources, bien que considérées
comme renouvelables, ne sont pas forcément infinies et peuvent être menacées par la
surexploitation. C’est par exemple le cas des ressources halieutiques : une gestion
durable des ressources suppose de s’assurer de la bonne évolution des stocks et d’agir
en cas de dégradation trop importante.
Les hydrocarbures comme le pétrole, le gaz naturel et le charbon étant considérées
comme des ressources non-renouvelables, la question de la date de leur épuisement
préoccupe depuis plusieurs décennies nos économies consommatrices. La théorie du
« pic pétrolier » désigne le moment de production maximale possible de pétrole, à
partir duquel l’approvisionnement en pétrole sera de plus en plus difficile. Cette
notion fait l’objet de nombreuses controverses parmi les économistes, tant les
projections successives ont été dépassées ou révisées depuis la première modélisation
de l’épuisement du pétrole en 1956 par M. King Hubbert.
Les ressources pétrolières sont généralement classées entre réserves (prouvées ou
probables, correspondant à un volume identifié ou estimé grâce aux technologies
disponibles) et ressources (volume disponible estimé selon des critères de
« récupérabilité » économique ou technologique, i.e d’exploitabilité). La
récupérabilité économique désigne donc la capacité des acteurs à exploiter une
ressource en fonction de son coût d’exploitation et de son prix sur le marché. Par
exemple, si le prix du pétrole est faible, la rentabilité d’un certain nombre de champs
est compromise : la ressource naturelle, présente, n’est pas exploitable selon des
critères économiques. La récupérabilité technologique désigne, elle, la capacité
technique des acteurs à exploiter un certain type de ressources. La fracturation
hydraulique ou le forage en eaux profondes ont par exemple rendu accessibles
certaines ressources naturelles qui ne l’étaient pas auparavant. La mesure de
l’épuisement des ressources naturelles non-renouvelables, et plus particulièrement
des hydrocarbures, est donc une notion évolutive, facteur des moyens humains
disponibles à date.
L’un des grands enjeux de notre siècle réside dans la diminution des ressources
naturelles, renouvelables et non-renouvelables, disponibles par rapport aux besoins
engendrés par nos modes de vie. Selon les prévisions des Nations Unies, 90 % des
stocks de poissons seraient pleinement exploités, surexploités ou en déclin, du fait
d’un trop faible niveau de contrainte des États et des acteurs économiques dans leur
exploitation, et de mécanismes incitatifs dangereux, comme certaines subventions
publiques. Outre la menace que représente cette surexploitation pour la pérennité de
l’approvisionnement de nos sociétés, elle provoque des déséquilibres écosystémiques
importants, dont il est encore difficile de mesurer toute l’ampleur. En matière de
ressources halieutiques par exemple, la chaîne alimentaire de l’océan peut elle-même
être menacée par d’autres déséquilibres écosystémiques, comme l’acidification des
océans, qui menace la survie de nombreuses espèces.
Nos sociétés sont fondamentalement dépendantes d’une multitude de ressources
naturelles. L’évolution de nos usages, à commencer par la révolution numérique et la
transition énergétique, transforment profondément cette dépendance, et la déplacent
plutôt qu’elles ne l’amoindrissent. Par exemple, le développement du numérique a
démultiplié le recours à certaines ressources minières comme le cuivre, le silicium et
d’autres minerais, dont la chaîne de valeur (extraction, traitement) rappellent à s’y
méprendre celle du pétrole. Loin de dématérialiser nos économies, le numérique
induit une nouvelle dépendance envers d’autres ressources naturelles. La transition
écologique est une occasion politique unique de prendre conscience de cette
dépendance et de la réduire, par la sobriété énergétique par exemple, ou le
développement de l’économie circulaire.
5 – Est-ce si grave que la Terre se réchauffe ?
Même si quelques irréductibles, d’ailleurs non spécialistes du sujet, continuent de le
nier, il est maintenant globalement admis que le réchauffement de la planète observé
depuis 1945 est d’origine anthropique. Il est en effet causé par l’augmentation de la
quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère planétaire, en particulier du plus
important d’entre eux, le gaz carbonique, dont la concentration a doublé depuis le
début de l’ère industrielle. Le réchauffement dû à l’activité humaine, que l’on peut
déterminer grâce à des modèles physiques et en particulier distinguer d’un
réchauffement d’origine exogène (Soleil, variabilité naturelle…), est actuellement
d’un degré et les modèles prédisent une augmentation de 2 à 6°C d’ici 2100. Pourquoi
une telle fourchette ? Notamment parce que les modèles ne prennent pas en compte
les phénomènes physiques exactement de la même manière et surtout parce qu’ils ne
considèrent pas tous le même scénario d’émission de gaz à effet de serre d’ici 2100.
Ce réchauffement global, et il faut insister sur le terme global car au niveau local on
pourra assister à des refroidissements, est lourd de conséquences. Par comparaison,
dans le passé, la différence de température globale entre une période glaciaire et non-
glaciaire est de l’ordre de 5°C. Autrement dit, une différence de 5°C sur l’ensemble de
la planète fait varier l’extension des glaces du pôle Nord du cercle arctique au centre
de la France. La différence est notable. De même, depuis la dernière glaciation, c’est-
à-dire dans la période qui a vu le développement des grandes civilisations humaines,
les températures moyennes ont été relativement stables, évoluant dans une
fourchette de plus ou moins 0,5°C.
Par conséquent, le réchauffement global de la planète, qui est un phénomène durable
dans la mesure où le temps de résidence moyen du CO2 dans l’atmosphère est de 110
ans, va entraîner des changements climatiques majeurs dont nous ne sommes pas
capables actuellement de mesurer l’importance réelle. Les modèles évoquent une
augmentation de la fréquence des évènements extrêmes, l’augmentation du niveau de
la mer, la modification du régime des pluies etc. Le phénomène de réchauffement
global de la Terre n’est pas sous contrôle humain et peut potentiellement changer
radicalement nos conditions de vie, voilà pourquoi il est fondamental de s’y opposer
par tous les moyens.
6 – Quelles sont les activités qui impactent le plus
notre environnement ?
Depuis que l’Homo sapiens a sillonné la terre pour la première fois, nous avons
modifié notre environnement avec l’agriculture, l’urbanisation et les réseaux
commerciaux. Le terme “anthropogénique”, qui désigne tout effet résultant de
l’activité humaine, est à la base du concept d’anthropocène, l’époque géologique
marquant le début d’un impact humain significatif sur les écosystèmes terrestre. Pour
certains scientifiques, nous serions même dans “la sixième extinction majeure de la
Terre” .
1
De manière à la fois positive et négative, la civilisation humaine et la technologie ont
affecté la planète, soit directement, soit indirectement avec des effets secondaires
intégrés au sein d’une série d’actions et de réactions. La baisse de la qualité de l’eau,
l’augmentation de la pollution et des émissions de gaz à effet de serre, l’épuisement
des ressources naturelles et la contribution au changement climatique mondial sont
autant d’exemples d’impacts néfastes de notre activité. En particulier, notre influence
sur la biodiversité, avec l’accélération du taux d’extinction des espèces, constitue l’un
des principaux attributs de l’Anthropocène.
Depuis le début de l’ère industrielle, l’effet global des activités humaines sur le climat
a favorisé un phénomène de réchauffement. Les gaz à effet de serre et les aérosols
affectent le climat en modifiant les rayonnements solaire et thermique intégrés au
bilan énergétique de la Terre. L’impact humain sur le climat dépasse largement celui
dû aux changements issus de processus naturels, tels que les changements solaires et
les éruptions volcaniques.
En 2015 à l’échelle mondiale, les principales sources d’émissions sont l’électricité et la
chaleur (31 %), l’agriculture (11 %), les transports (15 %), la foresterie (6 %) et la
fabrication (12 %). La production d’électricité de tous types reste le premier émetteur,
avec 73 % du total de toutes les émissions dues à la combustion d’énergie (Climate
Watch).
7 – La protection de l’environnement est-elle un
problème géopolitique ?
La protection de l’environnement est un problème géopolitique au sens littéral. D’une
part, elle s’ancre d’abord et par essence dans la géographie, puisqu’elle est toujours et
avant tout spatialisée, c’est-à-dire qu’elle consiste en une action avec un périmètre
territorialisé et un objectif d’impact localisé (par exemple, un bassin hydrographique
ou un écosystème précis).
D’autre part, la protection de l’environnement acquiert une dimension politique par
la nature, l’ampleur, et les conséquences de l’intervention dont elle est synonyme
dans la sphère socio-économique. En effet, circonscrire un périmètre d’espace « à
protéger », ou bien décider d’augmenter les prix des carburants fortement carbonés
revient à perturber des usages sociaux d’un territoire aussi bien que des habitudes de
consommation.
Du reste, la dimension politique de l’intervention environnementale est exacerbée par
l’interaction de plusieurs échelles d’action politique et de gouvernance, s’étendant du
local à l’international. C’est dans ce jeu d’échelles que la dimension proprement
« géopolitique » de la protection de l’environnement est la plus visible et prend tout
son sens. Les pays sont en effet interdépendants face aux problèmes
environnementaux. Ils sont le plus souvent tributaires de (l’absence de) décisions de
leurs homologues en la matière, sans pour autant qu’existe de système international
suffisamment coercitif pour suivre les engagements étatiques ou bien équilibrer entre
pays les responsabilités et conséquences de ces décisions étatiques. Par exemple, il est
bien documenté que les émissions de gaz à effet de serre, dont les pays développés ou
industrialisés majoritairement des moyennes latitudes sont en grande partie
responsables, ont un impact direct sur la pluviométrie, les températures et la
fréquence des événements climatiques extrêmes – c’est-à-dire autant de dégâts pour
les sociétés locales – dans les pays de basses latitudes. Pourtant, dû à la complexité de
la chaîne causale des problèmes environnementaux qu’il est difficile de remonter
jusqu’à leurs sources, et en raison de l’absence de mécanismes contraignants pour la
prise d’engagements environnementaux clairs par et entre les États, le médium
géopolitique – c’est-à-dire le rapport de force entre entités politiques et entre
territoires – demeure aujourd’hui le terrain privilégié d’expression et de négociation
des priorités d’action en matière de protection de l’environnement.
En effet, que ce soit sur la question des migrants climatiques, de la répartition des
ressources naturelles (sources d’énergies, métaux, eau), sur les efforts à faire en
termes de diminution des émissions de gaz à effet de serre, ou même encore sur la
fiabilité des données scientifiques elles-mêmes, tout est souvent une question
d’intérêts politiques. En ce sens, la question environnementale est un élément de
contention tout comme un enjeu de pouvoir nouveau dans les relations
internationales, comme tend à le prouver l’importance de la structuration d’une
politique climatique européenne cohérente en amont de la prochaine COP, en
décembre 2020 à Glasgow, où doivent être évalués et révisés les engagements signés
par les États dans l’Accord de Paris en 2015.
8 – Qu’est-ce qu’une politique environnementale ?
Une politique environnementale est une déclaration effectuée par une organisation –
souvent un État, mais aussi un nombre croissant d’entreprises qui définissent leur
propre « ligne » ou « stratégie » environnementale – sur ses principes et ses
intentions d’action par rapport à son comportement ou à un problème
environnemental. Cette politique offre un cadre d’action à l’organisation car elle en
établit positivement les objectifs environnementaux. En regard de l’ampleur, de la
complexité et du temps long des problèmes environnementaux, il faut noter que la
publicité des objectifs d’une politique environnementale revêt un rôle
particulièrement crucial. En effet, c’est le fait d’être publiquement annoncée et
détaillée qui permet à ladite politique de devenir un « engagement crédible »
(credible commitment dans le lexique de la théorie des jeux anglo-saxonne) porteur
de sa propre nécessité de réalisation.
La France a constitutionnalisé sa politique environnementale par l’intégration dans le
bloc de constitutionnalité en 2005 de la Charte de l’environnement, reconnaissant
ainsi les droits et les devoirs fondamentaux relatifs à la protection de
l’environnement. Les parties prenantes et les entités ciblées par une politique
environnementale sont cependant loin de se cantonner aux seuls États. Collectivités
locales, ONGs, associations de consommateurs, entreprises, municipalités, réseaux
transnationaux de villes, sont autant d’acteurs et d’exécuteurs nouveaux des
politiques environnementales. Si elle est positivement vectrice d’un nombre croissant
d’actions en faveur de l’environnement, cette pluralisation du champ politique
comporte aussi le risque de la fragmentation des initiatives entre acteurs et échelles
géographiques dont le scénario extrême serait l’archipélisation des politiques.
C’est d’ailleurs à cet égard que, dans le sillage de l’économiste politique et prix Nobel
Elinor Ostrom, les politistes Robert Keohane et David Victor ont introduit en 2011
dans un célèbre article le concept séminal d’ « entrelacs de régimes » pour qualifier la
prolifération croissante et le manque de coordination qui caractérisent les initiatives,
alliances et politiques environnementales de ces trente dernières années. Cette
myriade de « régimes » chacun spécialisés (ils peuvent par exemple se focaliser
respectivement sur les problèmes liés à l’eau, la biodiversité, etc.) présente l’avantage
fonctionnel d’être bien répartie entre les échelles, décentralisée, et flexible car les
initiatives et politiques environnementales ne sont reliées entre elles que par des
« couplages flottants » sans obligations fermes les unes envers les autres. Cependant,
et il s’agit là d’un défi actuel majeur, le revers de la médaille de cette configuration
des politiques environnementales en « entrelacs de régimes » est qu’elles y perdent
en synchronisation et en force d’application. Le problème se retrouve aussi bien à
l’échelle sub-nationale, avec la multiplication d’initiatives pro-environnementales
locales souvent mal encadrées par les États, qu’internationale avec le déficit de
coordination des objectifs des pays qui transparaissent dans les négociations
multilatérales comme celles autour du Green Deal européen où les désaccords entre
pays de l’Est et de l’Ouest sur la décarbonisation de l’économie européenne ont été
patents.
Du côté des entreprises plus spécifiquement, même si certaines d’entre elles
cherchent réellement à diminuer leur empreinte écologique, il reste qu’une bonne
partie des feuilles de route environnementales publiées par les multinationales
s’apparente à du « green washing », c’est-à-dire à une promotion d’un
positionnement écologique par des stratégies de marketing et de communication
dont la finalité première est de redorer le blason écologique de l’entreprise – et donc
en dernier lieu d’en maximiser le profit – plutôt que de manifester un souci pour les
problèmes environnementaux engendrés par l’activité économique. Il faut cependant
rappeler qu’historiquement, la réglementation environnementale a été construite et
perçue comme un frein à l’activité économique, dans la mesure où l’environnement
était « mis en politique » principalement en fonction de l’un ou l’autre des motifs
suivants :
1. la santé et la sécurité sur le lieu de travail et dans la société (par exemple, la
pureté de l’air, de l’eau et du sol, objectifs communs des lois) ;
2. les préjudices causés à d’autres particuliers ou à leurs biens (par exemple, la
nuisance ou la négligence dans la manipulation de matières par l’activité
privée).
À cet égard, au sein de l’Union européenne, l’accent en matière de politiques
environnementales est aujourd’hui de plus en plus mis sur l’aspect législatif, en
particulier sur la responsabilité financière des acteurs privés (principe dit du
« pollueur payeur » promu par l’OCDE dès 1972 et formellement adopté par l’UE via
l’Acte unique européen de 1987). Cette approche imprègne et définit également
l’orientation des politiques communautaires européennes, et plus largement des
discussions multilatérales dans le monde, ce qui se manifeste par l’importance
croissante donnée à la planification, aux engagements et à la responsabilité
environnementales des États devant la communauté internationale. La tendance est
confirmée par la multiplication des feuilles de route pour la transition énergétique,
des budgets carbone, et des résolutions de réduction des émissions nationales de gaz
à effet de serre formalisés par les pays ces vingt dernières années. L’enjeu clé des
politiques environnementales futures demeure cependant d’assurer leur bonne
articulation, tant à travers les échelles de gouvernance qu’entre les États. De par leur
poids budgétaire, politique et réglementaire, ces derniers restent en effet les
principaux acteurs dépositaires d’un pouvoir de changement de grande ampleur en
matière d’environnement.
9 – Quelle est la politique de l’Union dans ce
domaine ?
La politique environnementale, initialement absente du traité de Rome (1957), est
progressivement devenue un objectif en soi avec l’intégration d’un titre
« Environnement » au traité de la CEE en 1986, la définition de la politique
environnementale comme politique européenne dans le traité de Maastricht en 1992,
l’intégration du développement durable dans le traité d’Amsterdam en 1997 et l’ajout
de l’objectif de lutte contre le changement climatique dans le traité de Lisbonne en
2009. Aujourd’hui la politique environnementale de l’Union repose sur quatre
principes juridiques : le principe de précaution, le principe de prévention, le principe
de la correction des atteintes à l’environnement et le principe « pollueur-payeur ». De
fait, disposant de peu de ressources, cette politique consiste surtout à édicter des
normes et des réglementations (80 % de la législation française dans ce domaine est
par exemple d’origine communautaire).
À la suite du protocole de Kyoto, l’UE s’est par ailleurs fixée comme objectif une
réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 % en 2020 par rapport à 1990
dans son premier paquet énergie-climat, paru en 2009. Dans la même logique, le
plan « énergie-climat » de 2014 a rehaussé ces objectifs en visant la réduction des
émissions de CO2 de 40 % par rapport à 1990, à accroître la part des énergies
renouvelables dans la production européenne, à hauteur de 32 % de la production
totale d’énergie, et à améliorer l’efficacité énergétique de 32,5 % à horizon 2030.
Les principaux axes de la politique environnementale de l’UE sont :
le changement climatique
la nature et la biodiversité
l’environnement et la santé, la qualité de la vie
les ressources naturelles et les déchets
Les sept stratégies thématiques de ce programme d’action portent sur la pollution
atmosphérique, le milieu marin, l’utilisation durable des ressources, la prévention des
déchets et le recyclage, l’utilisation durable des pesticides, la protection des sols et
l’environnement urbain. Dans ces buts, un programme financier nommé LIFE+,
orienté sur les travaux de recherches dans le domaine de la nature et de la
biodiversité, dispose d’un budget de 3,4 milliards d’euros pour la période 2014-2020.
Dans son projet de budget 2021-2017, la Commission propose de porter ce budget à
5,4 milliards d’euros. Conformément à la communication du Pacte vert, la
Commission propose également de consacrer 40 % du budget agricole et 30 % du
Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche à l’action climatique.
En décembre 2019, le Pacte vert européen annoncé par la nouvelle présidente de la
Commission Ursula von der Leyen concrétise effectivement un changement de
perspective politique vis-à-vis du climat : la lutte contre le changement climatique est
désormais une nécessité devant influencer et même conditionner l’action de tous les
autres domaines de la vie politique et économique européenne. La politique agricole,
la préservation du “capital naturel” et de la biodiversité, la lutte contre les pollutions
et la toxicité dans l’environnement, et le développement de l’économie circulaire sont
autant de domaines dans lesquels la politique environnementale européenne décline
des mesures concrètes, et à l’ambition inédite.
La communication de la Commission sur le Pacte vert, entérinée par le projet de loi
climatique présenté en mars 2020, prévoit notamment le réexamen, voire la révision
des instruments politiques pertinents pour les rendre compatibles avec l’atteinte de la
neutralité carbone en 2050.
10 – Le développement durable, solution de tous nos maux ?
Le développement durable « est un développement qui répond aux besoins du
présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux
leurs », avec la notion de besoins allant au-delà des simples besoins matériels pour
inclure les valeurs, les relations, la liberté de penser et d’agir. Cette définition fut
consacrée pour la première fois en 1987 dans le rapport Brundtland, selon lequel
l’équité, la croissance et le maintien de l’environnement sont simultanément
possibles. Il sonna également l’alerte contre les conséquences environnementales
négatives de la croissance économique contemporaine et de la mondialisation.
L’histoire du développement durable comprend plusieurs jalons historiques signalant
les défis à transcrire ces principes en actions réelles pour les peuples et la planète.
Ainsi, en 1992, le Sommet de la Terre rassembla les gouvernements du monde entier
autour de l’élaboration d’un nouvel agenda pour l’environnement et le
développement, l’Agenda 21. En parallèle, les organisations non-gouvernementales se
réunirent pour échanger sur les enjeux critiques du développement inclusif et
durable, dans une étape importante vers la participation active de la société civile au
niveau local comme au niveau mondial.
L’une des réalisations importantes du Sommet de la Terre fut la Déclaration de Rio,
dont le premier principe stipule que « les êtres humains sont au centre des
préoccupations pour le développement durable ». En outre, Action 21 mit en exergue
la notion capitale de “responsabilités communes mais différenciées” entre les pays,
notion qui est restée au coeur des négociations internationales sur le climat.
La conversion de l’Agenda 21 en actions concrètes pour le développement durable
conduit au Sommet mondial de Johannesburg de 2002, qui mit l’accent sur les
partenariats publics-privés pour mettre en oeuvre et financer le développement
durable. Toutefois, l’absence de mesures réelles demeura critique. Grâce à un
processus inclusif de négociations intergouvernementales, une étape majeure fut
franchie en 2012, avec la Conférence des Nations Unies sur le développement
durable. Elle donna lieu aux 17 Objectifs du Développement Durable (ODD) et à leurs
169 cibles, dont le cadre régit aujourd’hui la plupart des programmes de
développement durable des acteurs publics et privés. Les ODD s’appuient sur les
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), créés en 2000, pour l’atteinte
d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux durables à l’échelle mondiale
Introduction
1er février 2021, par CDTM 34
L’environnement est un système d’éléments, naturels et artificiels,
en interaction, qui constitue un milieu dynamique. Il comprend des
facteurs physiques, biologiques et socio-économiques. Les êtres
vivants, leurs sociétés, le sol, l’eau, l’air, les objets physiques
artificiels, les éléments symboliques et culturels constituent
l’environnement.
Image de Evgeni Tcherkasski - Pixabay
Un cadre de vie dévasté, des conditions d’existence altérées
En 2020, nous étions 7,8 milliards d’humains sur terre, dépendants
de sa biosphère [1] et de ses ressources naturelles. Mais ce
système, qui offre à l’ensemble du vivant les conditions d’un
maintien des fonctions biologiques vitales - respirer, s’alimenter,
s’hydrater - et dans lequel la santé de toute espèce vivante est liée
à celle des autres, est aujourd’hui si dégradé que la vie même sur
terre est menacée.
Désertification, pollution, perte de biodiversité, risques sanitaires et
réchauffement climatique : les scientifiques mesurent ces
dégradations [2] tandis que chacun·e peut désormais en faire
l’expérience.
Le danger n’est pas seulement écologique. Les catastrophes
naturelles et dégradations environnementales (hausse du niveau des
mers, pollution, déforestation, etc.), entraînent des catastrophes
sociales dont le degré de gravité dépend du degré d’égalité dans de
la société qui doit les affronter ; ces catastrophes écologiques
renforcent les inégalités économiques et sociales car ce sont les
populations les plus fragiles qui sont les plus affectées. Elles
menacent aussi la paix : la raréfaction des ressources crée des
tensions et des conflits géopolitiques, à l’image des tensions
actuelles entre la Grèce et la Turquie pour les hydrocarbures, en
Antarctique pour les ressources minérales, au Mali ou au Niger pour
l’uranium, au Sahara occidental pour le phosphate, etc.
Les catastrophes climatiques détruisent des lieux de vie ou réduisent
les moyens de subsistance des populations jetant de nombreuses
personnes sur les routes de l’exil.
Toutes et tous responsables et victimes, mais pas de la même manière
L’activité humaine est, pour une large part, responsable de la
dégradation environnementale et du réchauffement climatique.
Comportements collectifs et individuels ne sont pas neutres. Nous
sommes encore dans la période dite de la grande
accélération [3] qui commence avec la révolution industrielle et
s’accentue à partir de 1950. Elle se caractérise par l’évolution
parallèle de l’activité humaine et des changements au sein de la
biosphère. Cette période est marquée par l’élévation du niveau de
confort et l’amélioration de l’état de santé des populations en
général, quoique de façon très inégale, et par l’accroissement de la
démographie. Mais l’intensification des activités économiques,
agricoles et industrielles s’accompagne d’une augmentation des gaz
à effet de serre, d’une diminution sensible de la biodiversité, de la
destruction de la forêt tropicale, etc. Selon notre niveau de vie, nous
ne sommes pas responsables de la même façon : alors que la moitié
la plus pauvre de la population mondiale n’est à l’origine que de
10 % des émissions de CO2 mondiales [4], elle est la plus exposée
aux catastrophes climatiques, aux pollutions, aux maladies
environnementales, aux pandémies, etc. Ce constat vaut aussi à
l’échelle des pays : les pays pauvres, pourtant moins pollueurs, se
retrouvent plus impactés que les pays occidentaux.
Au delà de la responsabilité individuelle, ce sont surtout les choix
politiques de production et de consommation, les choix énergétiques
et industriels qui sont en cause. Le calcul de notre empreinte
écologique [5] montre que ces choix décidés en toute conscience ont
des conséquences néfastes pour notre environnement.
Un modèle agro-industriel destructeur
Le modèle agro-industriel n’est toujours pas remis en question.
Subventionné, il nourrit la majorité des populations dans les pays
développés qui exportent leur surplus vers les pays du Sud,
concurrençant ainsi culture et agriculture locales. Par ailleurs,
l’agriculture intensive fondée sur la recherche du profit a des
impacts socio-environnementaux pouvant être dévastateurs : les
monocultures et l’usage massif et régulier d’engrais et de pesticides
accélèrent la destruction des sols, la pollution de toute la biosphère
et conduisent à une baisse des rendements à moyen et long terme.
Des modes de vie insoutenables
La consommation d’énergie est en constante augmentation. De plus
en plus, les équipements individuels sont privilégiés pour se
déplacer, communiquer à distance, etc., avec des conséquences
importantes sur l’environnement.
Les énergies fossiles (notamment pétrole, charbon, gaz), non
renouvelables, sont extrêmement polluantes. Quant à l’énergie
nucléaire, le coût de la filière est prohibitif (construction, entretien et
démantèlement des installations) et le problème de la gestion des
déchets radioactifs n’est pas résolu. Valorisés comme des
alternatives aux énergies fossiles et nucléaires, les équipements
verts utilisant l’énergie renouvelable ne sont pas non plus des
solutions idéales car ils nécessitent, pour leur fabrication ou leur
utilisation, le recours aux métaux rares dont les coûts
environnementaux, économiques, sociaux et politiques sont très
élevés.
Des inégalités mondiales
Ce sont les pays du Nord qui consomment le plus d’énergie,
produisent le plus de déchets et de pollution, au détriment des pays
du Sud dont les ressources (pétrole, gaz, métaux et terres rares,
sols et forêts, etc.) sont exploitées, voire pillées par des
multinationales. Souvent, ces pays servent également de dépotoirs
aux déchets des pays riches.
Il ressort d’une étude sur les inégalités énergétiques dans le monde
et dans 86 pays, que les 10 % les plus riches consomment 20 fois
plus d’énergie que les 10 % les plus pauvres. Les plus aisés se
révèlent ainsi les plus émetteurs de gaz à effet de serre [6].
Enfin, l’impact des dégradations environnementales est d’autant plus
important que les populations sont économiquement fragiles. Les
populations du Sud sont les premières victimes des conséquences du
dérèglement climatique, dont elles ne sont pas responsables, et elles
n’ont pas les moyens de se protéger ni de s’adapter.
La prise de conscience du rôle des activités humaines
Depuis les années 1950, on assiste à une prise de conscience des
conséquences des activités économiques sur l’environnement, en
particulier des problèmes posés par les déchets et la pollution.
En 1971, un rapport du Club de Rome intitulé « Halte à la
Croissance ! » dénonce le danger pour l’environnement d’une
croissance économique et démographique exponentielle et préconise
la croissance zéro. En 1987, le rapport Notre Avenir à Tous lance un
appel pour un développement durable et une modification urgente et
profonde des pratiques humaines, notamment dans le monde
occidental. La notion de développement durable, qui repose sur
l’idée que la croissance économique ne peut être durable que si,
dans le même temps, elle intègre la justice sociale et la démocratie,
a contribué à prendre en compte le lien entre les inégalités sociales
et les problèmes écologiques.
Depuis le premier Sommet de la Terre à Stockholm en 1972, les
sommets internationaux consacrés à l’environnement et au
développement se succèdent, donnant lieu à des programmes tels
que celui des Objectifs de développement durable (ODD) [7], à des
groupes d’études pluridisciplinaires internationaux, comme le
Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
(GIEC) [8] ou, plus récemment, l’Intergovernmental Science-Policy
Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES [9]). Ces
instances documentent l’état de la planète et proposent des
orientations destinées aux chefs d’État qui se réunissent notamment
lors des Conférences des Parties (COP) [10] .
Malgré les preuves alarmantes concernant l’état écologique et social
de la planète, les États, pris dans la guerre économique et la
poursuite d’un idéal de croissance, ne se donnent pas les moyens
d’agir sur les causes du processus en cours.
Des changements politiques nécessaires
Plus de cinquante ans d’informations scientifiques et vingt-cinq ans
de réunions diplomatiques dans les COP n’ont pas réussi à conduire
les gouvernements des États et les responsables de l’économie
mondiale à prendre des mesures à la hauteur des nécessités de
l’urgence environnementale.
L’Organisation mondiale du Commerce (OMC), par exemple, ne
prend toujours pas en compte la question de l’environnement ni des
ressources naturelles et il est toujours attendu des États, qui ont
signé et ratifié les diverses Conventions internationales sur la
biodiversité, la lutte contre la désertification, le réchauffement de la
planète, qu’ils tiennent leurs engagements.
Pour qu’un changement soit possible, il est indispensable que les
États mettent en place des réglementations pour soutenir les
initiatives porteuses d’un avenir durable et qu’ils n’apportent plus
leur soutien aux activités destructrices et polluantes des
multinationales. .
La question de la pénalisation de l’écocide, terme qui fait référence à
la destruction ou à l’endommagement irrémédiable d’un écoystème
et à la mise en péril des conditions d’existence a réapparu depuis
quelques années dans le débat. En France, la Convention citoyenne
sur le climat, en juin 2020, a affirmé l’urgence de pénaliser les
atteintes graves à l’environnement en introduisant la reconnaissance
de ce crime dans le droit national et international [11]. Des
avancées dans ce domaine semblent possibles en France, aux
niveaux européen et international.
Lors de la COP21, qui s’est tenue le 12 décembre 2015 à Paris, 195
pays ont scellé le premier accord universel sur le climat, accord
malheureusement non contraignant. Un premier bilan mondial des
émissions de gaz à effet de serre devrait se dérouler en 2023, suivi
d’un rapport d’avancement tous les cinq ans, faisant le point sur les
mesures qui ont été réellement mises en œuvre.
Ainsi, lors du Sommet « Ambition climat » organisé par l’ONU, la
France et le Royaume-Uni, le 12 décembre 2020, cinq ans jour pour
jour après la signature de l’Accord de Paris, plus de 70 chefs d’État
ou représentants de gouvernement se sont exprimés pour annoncer
le rehaussement de leurs engagements climatiques.
Ces engagements ne sont pas contraignants. Il est donc essentiel de
s’assurer que les États qui ont ratifié les diverses conventions les
traduisent en politiques et que celles-ci aboutissent à des mesures
concrètes.
Une société civile mobilisée
Marche pour le climat du 13 octobre 2018, Paris. Photo Jeanne
Menjoulet cc by
La société civile a un rôle majeur à jouer pour faire pression sur les
décideurs et pour faire évoluer les modes de vie vers une
consommation plus responsable. Beaucoup peut être fait dans ce
domaine, notamment pour diminuer la consommation d’énergie,
réduire la production de déchets et la pollution, favoriser les moyens
de transport en commun, encourager la consommation locale, etc.
De plus en plus de citoyen·nes se mobilisent et de nombreuses ONG
publient des rapports d’enquête, alertent sur l’état des dégradations
de l’environnement et ses conséquences et rendent visibles les
causes et les responsabilités. Les tribunes de scientifiques se
multiplient comme « l’alerte à l’humanité » [12] en 2017 ou
« l’appel à la désobéissance civile et au développement
d’alternatives » paru dans Le Monde en février 2020.
Dans de nombreux pays émerge une société civile mondiale dont les
citoyen·nes réclament de leurs gouvernements qu’ils mettent en
place des politiques pour construire pour tou·tes une autre manière
d’habiter la terre. Jeunes et adultes participent à des marches pour
le climat et réclament la justice sociale et environnementale. Des
mouvements citoyens organisent la signature de pétitions
interpellant nos dirigeant·es, d’autres occupent les sites des
multinationales liées à l’ exploitation des énergies fossiles. Greta
Thunberg, lycéenne suédoise de 16 ans, lance en 2018 une grève de
l’école pour le climat qui est suivie par la jeunesse dans le monde
entier.
Le premier procès climatique en France
Le 31 mars 2019, quatre ONG environnementales – Notre Affaire à
tous, Greenpeace France, Fondation Nicolas Hulot et Oxfam France -
déposent un recours en justice devant le tribunal administratif de
Paris contre l’État français, pour manque d’action au regard de ses
engagements climatiques [13]. La pétition lancée recueille 2,3
millions de signatures. Lors du procès qui s’est tenu le 14 janvier
2021, la rapporteuse publique, à l’issue d’une argumentation de près
de deux heures, a invité le tribunal à reconnaître la « carence
fautive » de l’État.
A l’instar de cette « Affaire du
siècle »[[Link] des millions
de citoyen·nes partout dans le monde se réunissent en collectif pour
demander aux États comme aux entreprises de rendre des comptes
devant la justice pour atteinte à l’environnement ou pour non
considération politique du péril en cours.
Les ONG et les citoyen·nes ont un rôle majeur à jouer pour exercer
une vigilance auprès des pouvoirs publics et soutenir ce combat
essentiel pour l’avenir de l’humanité.
Combien de fois avez-vous déjà entendu le concept d'environnement ?
Sûrement des milliers de fois mais, seriez-vous capable d'expliquer
exactement ce que c'est ? Beaucoup de personnes confondent des
concepts tels que nature, environnement ou écosystème, mais dans cet
article de ProjetEcolo, Qu’est-ce que l’environnement - Définition et
résumé, nous voulons vous l'expliquer de manière complète et détaillée
pour dissiper tous vos doutes.
En plus de parler de la définition de l'environnement, ProjetEcolo vous
explique l'importance du milieu naturel, les actions que vous pouvez
entreprendre pour en prendre soin et les principales causes de la
pollution de l’environnement. Restez avec nous jusqu'à la fin !
Cela pourrait aussi vous intéresser : Qu'est-ce que l'érosion ?
Index
1. Qu'est-ce que l'environnement ? - Définition simple et résumé
2. Qu'est-ce que l'environnement ? - Définition pour enfants
3. Quels sont les éléments qui composent l'environnement ? - Exemples
4. Pollution de l'environnement
5. Comment préserver l'environnement - Conseils pour la protection de
l'environnement
6. Importance de l'environnement
7. Journée mondiale de l'environnement
Pollution de l'environnement
Après avoir bien compris ce qu'est l'environnement, son
concept et plusieurs détails, nous allons parler de la pollution
de l'environnement. La pollution de l'environnement est
l'ensemble des éléments qui y sont présents et qui
endommagent, nuisent et mettent en danger la sécurité, les
conditions de vie, le bien-être et les caractéristiques des
écosystèmes ainsi que la flore et la faune qui les habitent.
En résumé, on pourrait dire que la pollution
environnementale est tout ce qui porte atteinte à l'air, au sol,
à l'eau, à la flore et à la faune. Une partie de cette pollution
est naturelle, par exemple, lorsqu'un volcan entre en éruption, il
libère une grande quantité de gaz et de produits qui peuvent
endommager l'écosystème. Cependant, la majeure partie de la
pollution environnementale est produite par les activités
humaines, que ce soit à travers les plastiques dans la mer, les
déchets dans les montagnes ou l'émission de CO2 dans
l'atmosphère.
D'autre part, il convient de mentionner le problème de
la consommation irresponsable des ressources naturelles non
renouvelables et de la surpopulation mondiale, qui entraîne la
destruction des habitats, l'occupation d'espaces de plus en plus
vastes et provoque des problèmes économiques, sociaux,
politiques et, évidemment, environnementaux.
Pour en savoir plus sur le sujet, consultez nos articles Pollution
atmosphérique : Définition, causes, conséquences et
solutions, Santé environnementale : définition et
exemples et L'impact environnemental - Définition et exemples.
Comment préserver l'environnement - Conseils pour la
protection de l'environnement
Habituellement, lorsque nous réfléchissons à la manière de
préserver l'environnement, nous avons tendance à penser que
c'est uniquement la tâche des grandes entreprises, des
sociétés et des gouvernements de chaque pays. La réalité est
que, oui, ces acteurs doivent faire beaucoup plus pour essayer
de préserver l'environnement, en minimisant les émissions de
CO2 qui provoquent la destruction de la couche
d'ozone et l'effet de serre, la déforestation et l'extinction
d'espèces causée par cette pollution. Cependant, chacun
d'entre nous a également la possibilité de mesurer ses actions
et l'impact qu'elles ont sur l'environnement, et peut même
changer le cours de ces grandes entreprises.
Vous vous demandez comment préserver l'environnement ?
Voici une série d'actions que vous pouvez mener et qui
contribueront à préserver l'environnement et les écosystèmes
qui s'y trouvent :
Utiliser des énergies propres ou renouvelables.
Ne pas utiliser de voiture si nous avons d'autres options plus
propres.
Toujours recycler et réutiliser dans la mesure du possible.
Consommer des produits écologiques et des produits dont les
entreprises respectent l'environnement.
Ne pas gaspiller l'eau.
N’acheter que les produits dont nous avons besoin.
Sensibiliser notre entourage afin qu'il suive votre exemple.
Pour plus d’information, vous trouverez ici d'autres conseils sur
la manière dont préserver l'environnement.
Importance de l'environnement
Nous pourrions expliquer longuement l'importance de
l'environnement, mais cela pourrait se résumer en un point
essentiel : l'environnement est la source de vie de toute
espèce. L'environnement est le milieu qui rend la vie possible,
c'est la source d'eau, de nourriture, de carburant et de toute
matière première que nous utilisons pour construire et améliorer
nos vies.
L'environnement est notre maison, non seulement pour les
humains, mais aussi pour toutes les espèces animales et
végétales qui habitent cette planète. Cependant, elle dépend de
plus en plus de nos actions, de sorte que les utilisations
néfastes que nous faisons de notre environnement ont un
impact négatif, mettant en danger sa survie. L'importance de
l'environnement est telle, qu'assurer sa pérennité, c'est
assurer la nôtre, alors que plus nous lui faisons du tort, plus
nous nous faisons du tort à nous-mêmes et à tous les
écosystèmes qui nous entourent.
L'importance de l'environnement ne consiste pas simplement à
préserver la nature, mais à pouvoir continuer à vivre sur cette
planète, puisque c'est de l'environnement que nous tirons
tout ce dont nous avons besoin pour vivre. D'où la nécessité
de trouver des moyens de se développer de manière durable,
en combinant nos besoins économiques et la santé de la
planète.
Pour plus d'informations sur l'environnement, vous pouvez lire
cet autre article de notre site sur les raisons pour lesquelles il
est important de préserver les écosytèmes.
Journée mondiale de l'environnement
Depuis 1972, les Nations unies ont établi que le 5 juin est la
Journée mondiale de l'environnement. L'objectif de cette
célébration est de sensibiliser la population à l'importance de la
protection de l'environnement et à la nécessité de prendre des
initiatives pour que les citoyens, les entreprises et les politiques
agissent en la matière.
Ce jour-là, des milliers d'écoles, de lieux de travail et de villes
du monde entier organisent des séances d'information, des
nettoyages de zones polluées et des plantations d'arbres pour
sensibiliser à l'importance de la préservation de
l'environnement.
Vous êtes arrivé à la fin de notre article Qu'est-ce que
l'environnement - Définition et résumé ! Nous espérons que
ce petit exposé sur l'environnement vous aura été utile.
À bientôt sur ProjetEcolo !
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que l'environnement - Définition et résumé, nous vous
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