Prostatite Chronique : Épidémiologie et Traitement
Prostatite Chronique : Épidémiologie et Traitement
UNIVERSITE DE BAMAKO
PROSTATITE CHRONIQUE
ASPECT : EPIDEMIO-CLINIQUE ET
THERAPEUTIQUE
AU SERVICE D’UROLOGIE DE L’HOPITAL
GABRIEL TOURE
THESE
Par
Mr TOUNKARA Adama
(DIPLOME D’ETAT)
Membres du Jury :
Dédicaces et remerciements
DEDICACES
- A Dieu:
Créateur de l'
univers et des cieux, le tout puissant le miséricordieux,
le maître du pardon, l'
éternel et le tout puissant avec votre protection
qui nous a donné la force et la chance de mener ce travail à bout.
Nous vous rendons grâce.
A mes Tantes :
- A Aoua KONE
Vos bénédiction et encouragement m'
ont tant réconforté; que Dieu
vous donne une longue vie pour veiller à nos cotés. Trouvez à ce
travail notre profonde reconnaissance chère mère.
A mes Oncles :
REMERCIEMENTS
A mes Maîtres
Dr MARIKO Amadou
Dr DIAKITE M. Lamine
Nous sommes fiers et reconnaissants pour l'
encadrement reçu. C'
est
l'
occasion pour nous de vous exprimer nos sincères remerciements et
notre profonde gratitude. Ce travail est le vôtre.
A mes Aînés :
A mes cadets
DIARRA Moumoune Zié, SANGARE Yacouba, SANOGO Moussa Zié,
TANGARA Sadia, DIALLO Daouda, TRAORE Seyba, KASSOGUE
Amadou.
Pour votre bonne collaboration.
Sommaire
SOMMAIRE
INTRODUCTION………………………………………………………………………..2
OBJECTIFS………………………………………………………………………………..4
GENERALITES…………………………………………………………………………..5
METHODOLOGIE………………………………………………………………….….31
RESULTATS………………………………………………………………………..……..35
COMMENTAIRES ET DISCUSSIONS……………………………………56
BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………….65
ANNEXES……………………………………………………………………………….……71
ATB : Antibiotique
BK : Bacille de Koch.
CES : Certificat d'
Etude Spéciale
CHU : Centre hospitalo-universitaire
DCI : Dénomination Commune Internationale
ECBU : Examen Cytobactériologique des Urines
FMPOS : Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto
Stomatologie
HBP: Hypertrophie Bénigne de la Prostate.
HGT : Hôpital Gabriel Touré
HTA : Hypertension artérielle
IEC : Information Education Communication
IST : Infection sexuellement transmissible
NIH : National Institutes of Health
ORL : Oto Rhino Laryngologie
PSA : Antigène Spécifique de la Prostate.
RAS : Rien à Signaler
SPDC : Syndrome Pelvien Douloureux Chronique
SPE : Sécrétion prostatique
TMP/SMX : Trimethoprime Sulfamethoxazole
TR : Toucher rectal
Introduction et objectifs
1- INTRODUCTION
Les Infections prostatiques semblent avoir pris beaucoup d’ampleur ces dernières
années, surtout chez les sujets jeunes en âge d’activité sexuelle.
La prostatite se définit comme étant une inflammation aiguë ou chronique de la
glande prostatique, d’origine infectieuse (bactérienne le plus souvent ou non
bactérienne) [11].
Elle touche l’homme du berceau au fauteuil roulant, l’adénome et le cancer étant
des affections de l’homme âgé [9].
La chronicité (bactérienne ou non) s’associe de manière variable avec les signes
fonctionnels et qui orientent vers la sphère pelvienne : troubles mictionnels
(diminution de la force du jet et gouttes retardataires), troubles sexuels
(éjaculation précoce, dysfonction érectile), troubles psychiques (dépression,
anxiété, somatisation) sont volontiers retrouvés. L’affection prostatique est très
souvent vécue comme un signe de vieillissement [1].
Ces différents troubles font que la prostatite chronique pose un certain nombre
de problèmes :
Diagnostic :
- Symptomatologie clinique mal définie
- Étiologies multiples
Thérapeutique difficile, long et coûteux.
2- OBJECTIFS
• Objectif général :
Etudier la prostatite chronique dans le service d’urologie de
l’hôpital Gabriel TOURE.
• Objectifs spécifiques :
- Déterminer sa fréquence
- Dresser le profil clinique de cette affection prostatique.
Généralités
II- GENERALITES
5ème semaine
Sinus
urogénital
Tubercule
Müllérien
Bourgeon
urétéral
Uretère
Bourgeons
épithéliaux
prostatiques
Sinus
urogénital Canal
tubulaire Mésonéphrotique
Prostate
de Wolff
Mésenchyme
Vue postérieure
Fig. 7.
Aorte
Aorte
Artère et veine iliatiques primitives Veine
Veine cave
cave inférieure
inférieure
Artère et veine hypogastriques droites Artère et
Artère et veine
veine iliaques
iliaques primitives
primitives
Artère et veine iliaques externes droites gauches
gauches
Artère cl veine circonflexes Artère et
et veine
veine
Artère
iliaques «ternes droites sacrées
sacrées moyennes
moyennes
Artère ci veine épigastriques Artère et
Artère et veine
veine iliaques
iliaques externes
externes
droites gauches (sectionnées)
gauches (sectionnées)
Artère
Artère et
et veine
veine iliaques
iliaques
internes gauches
internes gauches
Artère fessières
Artère fessières supérieure
supérieure
gauche
gauche
Artère et veine
obturatrices droites
Artère honteuse
interne droite
Artère vésicale
supérieure droite
Artère vésicale
moyenne droite
Artère hémorroïdale
moyenne droite
Artère fessière inférieure gauche
Artère obturatrice gauche
Artère hémorroïdale moyenne
gauche
Artère vésicales moyenne gauche
Artère déférentielle gauche
Veine superficielle de la
verge
Veine dorsale profonde de
la verge
Artère ombilicale droite
(oblitérée)
Plexus veineux
pampiniforme
Artère
spermatique
1
Anastomoses
Artère déférentielle {artère
du canal de déférent)
Ganglions Périaortiques
Ganglion du promontoire
Gang!ion iliaque
Gang!ion iliaque externe
externe
Ganglion de Cloquet
Ganglion inguinaux
superficiels
Ganglion présymphisaire
Ganglion présymphisaire
Fig. 8
Fig. 9
Ganglion
pré aortique
Ganglion du promontoire
Ganglion du promontoire
Ganglion hypogastrique
Ganglions pré sacrés et latéro-sacrés
Ganglion iliaque externe
Nerf érecteurs
Nerf parasympathiques pelviens
Plexus pelvien
Plexus rectal (hémorroïdal)
Plexus veineux
Plexus ; PROSTATIQUE
Petit et grand nerf caverneux
Nerfs scrotaux postérieurs
(naissant de nerf périnéal)
Plexus spermatique (sur l’artère)
Nerfs spermatique externe (génito-fémoral)
et scrotal antérieur (ilio-inguinal)
Fig. 11
Nerfs
honteux
Nerf périnéal
Hydrates de
carbone(mg/100ml) 222 40-638
Fructose 50 54-63 Vésicules
Inositol 13 Séminales
Acide ascorbique 10
Sorbitol 7 0-99
Glucose
Enzymes
Phosphatase acide
King-armstrong units/ml 340 272-408
Sigma U/ml 66 49-72 Prostate
Phosphatase alcaline
Sigma U/ml 6 1-12
Diamine oxydase
Nmoles/ml/30ml 208
β-Glucuronidase fishman U/ml 39
Déhydrogénase lactique sigma 26-42 Prostate
U/ml 3808
Leucine aminopeptidase sigma
U/ml 1173
α-Amylase street-close
U/100ml/15min 9 3-25 Prostate
Protéinase séminale 30 20-50 Prostate
Prostate
Protéines totales (mg /100ml) 4000 3500-5500
Acides aminés libres (mg/100ml)
Acides aminés neutres
Acides aminés basiques 638
Acides aminoacides 340
280
TOTAL 1258
UUre
Déférent
Sphincter
distal fermé
Epididyme cter
ouvert
Le sperme est
expulsé par l’urètre
Cela n’est pas le cas pour la miction où son rôle urinaire est secondaire bien
qu’assurant le soutien de la base vésicale et participant aux résistances urétrales donc
à la continence.
2 / Etiopathogenie de la prostatite :
La prostatite se définit comme étant une inflammation d’origine bactérienne des
structures anatomiques composant la prostate [26].
Enfin il a été démontré que la présence des calculs infectés était responsable
sinon du déclenchement du moins de l’entretien de la prostatite chronique
[24, 29].
3 / Anatomopathologie de la prostatite :
3-1- Prostatite aiguë : Mis à part les rares cas de prostatites aiguës traumatiques
d’origine sanguine ou lymphatique, l’affection débute par une inflammation des
glandes prostatiques ; elle peut s’arrêter à ce stade.
3-2-Prostatites chroniques :
Histologiquement, il existe une réaction inflammatoire non spécifique moins
marquée que dans les prostatites aiguës.
Les lésions infectieuses chroniques de la prostate associent des lésions destructives
et des lésions constructives.
C’est ainsi que dans la prostatite folliculaire, à l’examen microscopique on note des
glandes dilatées remplies de cellules épithéliales et de leucocytes, parfois de pus
véritable, le tissu interstitiel étant infiltré de sérosités et leucocytes.
Antoine B et Moulonguet A ont aussi signalé la néoformation de culs de sac [2].
Dans la prostatite suppurée, il existe une série d’abcès dont quelques uns du
volume d’une noisette, des fistules prostato-urétrales.
Enfin dans les prostatites scléreuses, le tissu interstitiel se sclérose et enserre, les
conduits excréteurs, provoquant la dilatation kystique des acini.
Au niveau de la glande caudale l’infection chronique détermine l’apparition de
lésions destructives micro abcédées souvent calcifiées. Par contre au niveau de la
prostate crâniale ce sont les lésions fibreuses sclérosantes qui vont entraîner une
dysurie [19] .Aux lésions de la prostate s’ajoutent toujours des lésions de l’urètre
postérieur, ce sont celles de l’urétrite chronique: lésion des glandes péri urétrales,
lésions du verru montanum, des canaux éjaculateurs et parfois des vésicules
séminales.
AUGMENTATION DIMINUTION
Ph Densité
- facteur antibactérien de la prostate
- les cations (Zn, Ca, Mg.)
La concentration de l’acide citrique
La concentration du cholestérol
La concentration des phosphatases acides, du lysozyme
5/ Classification [30] :
Selon le système de classification NIH (National Institutes of Health chronic
prostatitis symptom) créé en 1998 qui est venu remédier à l’absence de système de
diagnostic de référence, il existe 3 catégories de prostatites chroniques.
Cette classification est faite selon leur étiologie, leur fréquence, leur tableau
symptomatologique et les indices ou moyens diagnostiques correspondants
(examens complémentaires).
C’est une prostatite chronique dont on remarque l’absence de leucocyte dans les
urines, les SPE après massage prostatique.
Cette pathologie est retrouvée surtout chez les sujets jeunes de 20 à 40 ans. Cette
prostatite est due à une augmentation de la tension musculaire au niveau du col
vésical et ou de l’urètre prostatique, aboutissant à un reflux urinaire intra
prostatique. Les résultats des ECBU et liquide prostatique sont normaux et le
traitement est difficile.
6 –Diagnostic :
Il repose sur la clinique et les examens complémentaires.
6-2-2- L’échographie :
Elle est disponible et reste actuellement une technique essentielle d’orientation
fiable et non invasive. Elle apporte des renseignements sur l’aspect de la prostate
à savoir :
-des zones écho gènes témoins de calcification prostatique
-une prostate augmentée de volume et inhomogène.
L’échographie ne permet pas de distinguer un cancer et une prostatite
Chronique.
7- Formes cliniques :
7-1Prostatite tuberculeuse :
Rarement isolée, l’épididyme, le déférent et parfois les vésicules sont atteints.
Donc la recherche de BK dans les urines et dans le sperme est indispensable dans
la mesure ou le résultat est généralement positive.
8-Traitement :
Le traitement de la prostatite chronique est difficile et long, reposant sur les ATB,
les Antalgiques, les Anti-inflammatoire et la réassurance verbale.
Bien sûr, il faut toujours rechercher une cause pour décider du type de traitement.
8-1-Traitement médical :
Il associe : des ATB à bonne diffusion prostatique,
- des Anti-inflammatoires,
- des Alpha bloquants en cas de dysurie,
- des decongestionnants pelviens,
- des Antalgiques
Ces médicaments, diversement associés sont présents en cures prolongées et
répétées.
8-2-Traitement chirurgical :
Soit une cervicotomie endoscopique simple
Soit une résection prostatique qui s’applique à la prostate crâniale ; les
calcifications devront être éliminées avec l’aide du resecteur. Ces interventions
entraînent une éjaculation rétrograde d’où le risque de stérilité qui devrait être
tenue en compte surtout quand le sujet est jeune. Ainsi, il faudra examiner le ou
la partenaire à la recherche de l’infection récidivante.
Méthodologie
III- METHODOLOGIE
3-1-Cadre d’étude :
Notre étude a été réalisée dans le service d’Urologie de l’Hôpital Gabriel Touré.
3-1-3 Le personnel :
Le service comprend : trois médecins a savoir : un Urologue Assistant Chef de
Clinique, deux Urologues praticiens Hospitaliers ; six internes et des externes, une
technicienne supérieure de santé (le major du service), quatre techniciens de santé,
trois aides soignantes, deux manœuvres.
Les consultations externes sont assurées par chacun des médecins à tour de rôle
ainsi que la formation des étudiants et chacun d’eux a un jour de bloc opératoire.
La visite générale est assurée par toute l’équipe.
3-2-2-Critères d’inclusion :
Ont été inclus dans notre étude tous les patients consentants ayant :
- un dossier médical complet
- les examens complémentaires (échographie vésico-prostatique,
ECBU, prélèvement du liquide prostatique+ Antibiogramme),
- un traitement médical correct.
3-2-4-Critère de guérison :
Ont été considérés comme guéris tous malades ne présentant plus aucun signe
clinique de prostatite chronique.
3-3-Méthodes :
Les dossiers de tous les patients souffrant de prostatite chronique et ayant été vu
en consultation dans le service d’Urologie de l’Hôpital Gabriel Touré du 1er juillet
2003 au 30 septembre 2004 ont été passés en revue.
Résultats
IV- RESULTATS
4-1- Epidémiologie
4-1-1-Fréquence : au cours de notre étude 3249 patients ont été vu en
consultation dans le service parmi lesquels 350 souffrant d’affections prostatiques.
Nous avons recensé 80 cas de prostatite chronique, soit 22,85% d’affections
prostatiques et 9,28% de l’ensemble de notre consultation.
4-1-2-Données sociodémographiques
4-1-2-1- Lieu de résidence
Ville Fréquence %
Bamako 73 91,25
Koulikoro 1 1,25
Koutiala 1 1,25
Mopti 1 1,25
Niono 1 1,25
San 1 1,25
Segou 2 2,5
TOTAL 80 100
La grande majorité de nos patients vient de la capitale avec 73/80 patients soit
91,25%.
4-1-2-2 Age
TOTAL 80 100
La classe d'
âge la plus touchée est celle de 21 à 40 ans avec 62 cas soit 77,5%.
La moyenne était de 32,46 ans et les extrêmes 18 et 56 ans.
4-1-2-3 Profession
Profession Fréquence %
Groupe A 15 18,75
Groupe B 28 35
Groupe C 15 18,75
Groupe D 22 27,5
TOTAL 80 100
Situation Fréquence %
Célibataire 50 62,5
Marié 30 37,5
TOTAL 80 100
Excitant Fréquence %
Alcool 14 17,5
Café, Thé 28 35
Cigarette 17 21,25
Epice 20 25
RAS 1 1,25
TOTAL 80 100
4-1-2-6 Mode de recrutement : la grande majorité est venue d’eux mêmes avec
53 cas/80 patients soit 66,25%.
Motif de Fréquence %
consultation
Asthénie sexuelle 18 22,5
Ejaculation précoce 8 10
Douleur lombaire 10 12,5
Dysurie 29 36,25
Prostatorrhée 15 18,75
TOTAL 80 100
4-2-2 Antécédents
4-2-2-1 Médicaux
Antécédent Fréquence %
Colopathie 1 1,25
Constipation 16 20
HTA 2 2,5
RAS 61 76,25
TOTAL 80 100
4-2-2-2 Chirurgicaux
Antécédents Fréquence %
Appendicite 1 1,25
Fracture du membre 1 1,25
Hernie inguinale 5 6,25
Varicocèle 1 1,25
RAS 72 90
TOTAL 80 100
4-2-2-3 Urologiques
Antécédents Fréquence %
Bilharziose 54 67,5
Trouble sexuel 6 7,5
Urétrite 15 18,75
RAS 5 6,25
TOTAL 80 100
67,5% des malades ont fait au moins un épisode de bilharziose à leur enfance.
54/80 cas soit 67,5% de nos patients ont fait au moins un épisode de bilharziose à leur enfance.
1 >2
n % n %
Groupe A 12 15 2 2,5 14 17,5
Groupe B 15 18,75 10 12,5 25 31,25
Groupe C 11 13,75 3 3,75 14 17,5
Groupe D 9 11,25 18 22,5 27 33,75
TOTAL 47 58,75 33 41,25 80 100
+ -
n % n %
Groupe A 13 16,25 1 1,25 14
Groupe B 25 31,25 5 6,25 30
Groupe C 12 15 3 3,75 15
Groupe D 19 23,75 2 2,5 21
TOTAL 69 86,25 11 13,75 80
+ -
n % n %
Groupe A 1 1,25 13 16,25 14
Groupe B 6 7,5 24 30 30
Groupe C 2 2,5 13 16,25 15
Groupe D 4 5 17 21,25 21
TOTAL 13 16,25 57 71,25 80
+ -
n % n %
Groupe A 2 2,5 12 15 14
Groupe B 7 8,75 23 28,75 30
Groupe C 4 5 11 13,75 15
Groupe D 8 10 13 16,25 21
TOTAL 21 26,25 59 73,75 80
4-2-2-4 Familiaux
Antécédents Fréquence %
familiaux
Diabète 2 2,5
HTA 7 8,75
RAS 71 88,75
TOTAL 80 100
Dysurie 77 96,25
Diminution de la force du jet 4 5
Pollakiurie 45 56,25
Nycturie 6 7,5
Miction impérieuse 36 45
Gouttes retardataires 35 43,75
Picotement urétral 46 57,5
Prostatorrhée 78 97,5
1 >1
n % n %
0 à 20 2 2,5 3 3,75 5
21 à 40 14 17,5 48 60 62
41 à 60 - 0 13 16,25 13
TOTAL 16 20 64 80 80
+ -
n % n %
0 à 20 2 2,5 3 3,75 5
21 à 40 28 35 34 42,5 62
41 à 60 7 8,75 6 7,5 13
TOTAL 37 46,25 43 53,75 80
+ -
n % n %
0 à 20 4 5 1 1,25 5
21 à 40 46 57,5 16 20 62
41 à 60 11 13,75 2 2,5 13
TOTAL 61 76,25 19 23,75 80
76 patients présentent une douleur lombaire soit 95% et que chez un même
malade on peut trouver un cumul de trouble algique.
Inspection et Fréquence %
palpation
Douleur testiculaire 44 55
RAS 36 45
TOTAL 80 100
Résultat Fréquence %
Douleur au TR 14 17,5
Ecoulement du liquide 65 81,25
prostatique
Prostate augmentée de volume 11 13,75
Clair 25 31,25
Jaune 13 16,25
Trouble 42 52,5
TOTAL 80 100
L'
aspect trouble représente 42 cas soit 52,5% de notre série.
Résultat Fréquence %
Selon les résultats les leucocytes représentent 59 cas soit 73,75% de prostatite
chronique inflammatoire.
Culture Fréquence %
Résultat Fréquence %
Prostate augmentée de volume 6 7,5
Prostate calcifiée 47 58,75
Prostate hétérogène 31 38,75
Prostate homogène 30 37,5
Tableau XXXI : Répartition des malades selon les troubles urinaires et le résultat
de l'
échographie vésico-prostatique.
Tableau XXXII : Répartition des malades selon les germes isolés et leur sensibilité
aux ATB utilisés.
Fa :( acide fusidique)
Amx. Cla (amoxi + acide clavulanique)
E. + sul (erythromicine + sulfadoxicine trimethoprime)
Cip. do (ciprofloxacine + doxycicline)
Pef.l (Pefloxacine)
L. (lincomicine)
Nor. (Norfloxacine)
Ofl. (Ofloxacine)
L’ofloxacine, ciprofloxacine + doxycicline, ont été les ATB les plus utilisés dans
notre étude avec respectivement 38,75% et 28,75% en absence de germe.
Antibiotique Fréquence %
L'
ofloxacine 200 est l'
ATB le plus utilisé chez 32 patients soit 40%.
Tableau XXXIV : Répartition des malades selon la guérison et les ATB utilisés
Association Fréquence %
ATB + Antalgique 8 10
ATB + Anti-inflammatoire 29 36,25
ATB +Antalgique + Anti-inflammatoire 43 53,75
TOTAL 80 100
L'
association la plus utilisée pour le traitement était ATB + Antalgique + Anti-
inflammatoire chez 42 cas soit 53,75%.
L’association ATB, AINS, Antalgique a donné un bon résultat chez 31/43 cas
soit 72,10%.
Durée de Fréquence %
traitement
21 jours 36 45
90 jours 43 53,75
Plus de 90 jours 1 1,25
TOTAL 80 100
Libellé Fréquence %
Guérison 52 65
Non guérie 28 35
TOTAL 80 100
Au terme de notre étude, nous avons constaté un taux de guérison de 52/80 soit
65 pourcent. C'
est-à-dire ces patients ne présentent aucun signe clinique.
Commentaires et discussions
V- COMMENTAIRES ET DISCUSSIONS
1- Epidémiologie
Dans notre série d’étude qui porte sur 80 cas de prostatite chronique, nous avons
trouvé une prévalence de 22,85% en consultation sur un échantillon de 350
patients contre 51,2% par DIALLO P. [12] sur 121 cas.
- L’age moyen de nos patients est de 32,46 ans avec des limites allant de 18 à 56
ans. DIALLO P. [12] a étudié une tranche d’âge plus longue que le notre (de 17 à
61 ans).
- Nous avons trouvé une prédominance des célibataires avec 62,5%de cas. Ce
résultat est semblable à celui de DIALLO P. [12] (61,2%) par contre DRABICK
J.J. et collaborateurs [13] en juin 1997 à Haiti ont trouvé 42% de célibataires.
- Les excitants les plus consommés sont le thé, café et les épices avec un taux
respectif de 35% et 25%. Ces éléments peuvent irriter l’organe en question qu’est
la prostate.
- La majorité des patients sont venus d’eux même en consultation soit 66,5% de
cas contre 9% de cas pour RICHARD B. et collaborateurs au Canada [35].
2- les antécédents
Ils sont signalés lors de l’interrogatoire.
La bilharziose urinaire représente 67,5% de cas contre 24,8% par DIALLO [12] et
2,2% de cas pour CHATELAIN C.H. et collaborateurs [6] en 1977 en France et
11% de cas pour MILLAN RODRIGUEZ F. et collaborateurs en 1995 en
Espagne [25].
Cette différence s’explique par le fait que notre pays est considéré comme une zone
d’endémie de bilharziose. Cette parasitose est incriminée comme cause de
prostatite par MARDH P. et COLLEEN S [22] en 1975 en Suède.
Les urétrites gonococciques sont dénombrées dans 18,75% de cas contre 20,5%
de cas pour DIALLO [12], cela montre une recrudescence de cette pathologie
longtemps considérée comme chef de fil des prostatites par MEARES et STAMEY
[24] en 1935, en 1976 MANGIN P. et FOURNIER C [21]
3- L’étude clinique
Les symptomatologies urinaires sont les manifestations les plus courantes,
particulièrement douleurs pénienne, pelvienne, testiculaire, à l’éjaculation.
- La dysurie est retrouvée dans 36,25% de cas dans notre série selon la
consultation contre 22,8% pour DIALLO P. [12] et 42% pour DRABICK J.J et
collaborateurs [13] en juin 1997 à haiti.
Ces troubles urinaires s’expliquent par la colonisation de l’urine d’amont sur les
canaux prostatiques.
Les troubles sexuels sont retrouvés dans notre série chez un même malade.
- L’éjaculation précoce représente 74/80 soit 92,5% des cas de notre étude
contre 47,8% pour EMILIANO SCREPONI et collaborateurs [36] en 2001 en
Italie et 47,5% de cas pour Jun-Ping, Jin-Hai FAN et collaborateurs
[42] en 2003 en Chine.
L’explication donnée à cette éjaculation précoce est que l’inflammation joue un
rôle dans la pathogenèse dans quelque cas. Il est important de donner un
examen attentif de la prostatite chronique avant d’initier toute thérapie
éventuelle pour l’éjaculation précoce.
- La douleur lombaire retrouvée dans notre série étude était de 95% contre 38%
pour RICHARD B. [35] et 38,8% pour MILLAN RODRIGUEZ F. [25] en 1995
en Espagne et 40% pour DRABICK J.J et collaborateurs [13] en 1997 à
haiti.
- La douleur testiculaire est retrouvée chez 68 patients soit 85% contre 79,8%
pour RICHARD B. [35]
Cette différence peut s’expliquer par la taille de notre échantillon mais aussi le
retard pris avant de se faire consulter par un spécialiste.
- La douleur à l’éjaculation est signalée 41/80 soit 51,25% de cas contre 56%
pour RICHARD B. et collaborateurs [35] en 1996.
4- L’examen physique
Le TR est sensible (douloureux) dans 17,5% des cas de notre étude contre 8,7%
pour THIM et SIMMONS [39] en Angleterre en 1983.
La prostate est congestionnée, produisant du liquide prostatique ce qui est
retrouvé chez 65 patients soit 81,25% cas contre 84,5% pour BLAKLOK [4] en
1974 en Angleterre.
5- Examens complémentaires
ECBU/SPE: Au cours de notre étude, l'
ECBU a apporté très peu d'
intérêt comme
signalé par bon nombre d'
auteurs. Toutefois sa négativité n'
exclut pas le
diagnostic prostatite chronique.
Ainsi nous avons trouvé 11cas soit 13,5% avec des germes. Ce faible taux
d’ECBU positif s'
explique par le fait que la grande majorité de nos patients a subi
des Antibiothérapies antérieure ayant décapité le résultat.
Dans 15% de cas il y’avait une leucocyturie supérieure à 10000 en faveur d’une
prostatite chronique inflammatoire, contre 51,2% de cas pour DIALLO P.[12],
56,5% pour SCREPONI E, et collaborateurs [36] en août 2001 en Italie
et 46,2% pour Xing JP et collaborateurs [42] en septembre 2003 en Chine.
Cette différence s'
explique par la prise d'
AINS avant de venir à la consultation.
Le staphylocoque aureus a été retrouvé dans 8 cas, soit 10%, E coli 1,25%,
contre 12% pour DIALLO P. [12]
Ces germes se propagent tout au long de l'
arbre urinaire et infectent la
prostate par la voie descendante à partir des reins et la vessie et aussi par la
voie ascendante par l'
infection urétrale (sondage vésicale, cystoscopie….)
Echographie vesico-prostatique:
Tous nos malades ont bénéficié d’une échographie pour évaluer l’état de la
prostate.
Nous avons retrouvé 47cas soit 58,75%, de calcifications prostatiques contre
67,5% pour DIALLO P. [12] en faveur d'
une prostatite chronique.
Traitement :
Au cours de notre étude nous avons procédé à trois (3) étapes des traitements
tout en tenant compte de la difficulté thérapeutique et des moyens financiers
de nos patients.
Nous avons initié dans une première étape les floroquinolones qui sont des
antibiotiques de bonne diffusion prostatique et leur bon résultat occupant
une place de choix dans le traitement des prostatites chroniques (ofloxacine,
ciprofloxacine, doxycicycline….) pendant 10 jours chez tous nos malades
en raison de deux (2) prises par jour. Beaucoup ont bénéficié d’une
biantibiothérepie après l'
échec d'
une monothérapie et des AINS.
La deuxième étape consiste à faire deux séances de massages prostatiques
par semaine pendant trois semaines en association avec les ATB pour éviter
la dissémination des germes.
La dernière étape consiste à associer des antiasthéniques voire des
antalgiques.
L'
administration doxycicline et ciprofloxacine chez 24/80 cas a donné un
taux de réussite 14/24 soit 58,36% de cas contre ofloxacine chez 32/80
avec un taux de réussite 28/32 soit 87, 5% de cas par contre la littérature a
beaucoup approuvé le résultat escompté de l'
ofloxacine dans le traitement des
prostatites chroniques. Notre résultat se rapproche à celui obtenu par la
littérature.
Cette efficacité a été prouvée par des études menées en Amérique, en Espagne
respectivement avec des taux 70,2% pour RAZ R. et collaborateurs [33]en
1994, 71,3% pour MILLAN RODRIGUEZ F [25] en 1995.
Enfin, sur 80 malades de notre étude 52 sont guéris soit 65% de cas c'
est à
dire ces malades ne présentent plus de signes cliniques contre 35% non
guéri. Ce résultat prouve à suffisance la difficulté du traitement de la
prostatite chronique.
Conclusion et recommandations
VII- CONCLUSION
Nous avons constaté au terme de notre étude que la prostatite chronique est
une affection très répandue avec une prévalence de 22,85% de cas chez les
jeunes.
Sa symptomatologie clinique souvent mal définie, son étiologie multiple,
l’ECBU et la SPE moins contributifs, son traitement difficile, long et coûteux
sont autant de raisons d’essayer de mieux cerner cette pathologie.
Le diagnostic reste clinique dans 71,5% de cas.
L’ECBU et le prélèvement du liquide prostatique bien que peu contributifs
sont participatifs dans 28,5% de cas.
L’échographie vesico-prostatique en a montré des images en faveur dans
58,25% de cas.
Le traitement, difficile, long, coûteux et parfois inefficace a été fait en fonction
d’un antibiogramme, si un germe est isolé et sensible aux antibiotiques en
question. Un protocole d’antibiothérapie consensuelle a été instauré en
fonction de l’épidémiologie des germes couramment retrouvés, associés à des
AINS, de décongestionnant pelvien ; l’alpha bloquant a été associé, s’il existe
une persistance de la dysurie.
Notre étude portant sur 80 cas dans une consultation externe de 3249
patients, étendue sur une période de 15 mois ; a montré un taux d’échec de
35% de cas au traitement médical instauré. Ceci dit, la ténacité de la douleur,
les localisations multiples, le retentissement psychologique des troubles
sexuels font que le malade risque d’être pris pour un psychopathe.
VIII- RECOMMANDATIONS
3- Aux populations :
- consulter aussitôt que possible les structures spécialisées devant tous les
signes urinaires ou troubles sexuels,
- éviter l’automédication afin d'
enrayer la résistance.
Bibliographie
VII – BIBLIOGRPHIE
2- ANTOINE B. MOULONGUET A.
Les infections de la prostate .[Link].1983 Tome 2 pag.399
4- BLACKLOCK N.J.
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8- CYRIL C. WIGGISHOFF
Les prostatites infectieuses. Tempo Médical ed Afrique n°6 Juin 1980
9- DANA .A.
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17- JANET H.
Traitement des prostatites chroniques IV. Session de l’association française
d’urologie 1898. Paris – 317.
19- KHOURY S.
Anatomie de la prostate, HPB en question SCI éd. 1991. P 23. 28.29.30
20- KHOURY S.
Anatomie Endoscopique de la prostate: l’HBP en question SCI: ed. 1991 P 29-30
23- MARTIN-DUPAN R. C.
Les prostatites asymptomatiques et stérilité du couple. Effet d’un traitement par la
doxicycline Rundch Méd. 1984, 73 :828-30
27- MOSTOFI F. K
Evolution habituelle des complications de l’HBP IFSI 1984 .39-58
28- MOTTET N.
Adénome de la prostate. Impact. Internat. Août 1990.P 103-118.
29- NAVRATIL H.
Traitement des prostatites aiguës – Med. Maladies infectieuses 1991.21 :138- 41
38- SHORTLIFFEL H.
Style et diagnostic thérapeutique des prostatites. West. J. Méd 1983,139 : 542-
39- THIN R.N. et SIMMONS P.D.
Chronic bacterial prostatitis. J. Urol 1983, 55: 513-8
41-WILLIAM R. et FAIR M. D
Diagnostique des prostatites. Encycl. Méd. Chir, Urologie 1984, 24 : 6-7
Annexes
FICHE SIGNALITIQUE
TITRE DE LA THESE
ETUDE EPIDEMIO-CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE DE LA
PROSTATITE CHRONIQUE SUR 80 CAS DANS LE SERVICE
D'UROLOGIE DU CHU GABRIEL TOURE
RESUME :
Au Mali, rares sont les études qui ont porté sur les prostatites chroniques.
C'
est ainsi que du 1 juillet 2003 au 30 septembre 2004, 80 cas de prostatite
chronique ont été étudiés.
L'
ECBU, SPE n'
ont pu déterminer que quelques cas de germes (11/80 soit
13.75% de prostatites chroniques bactériennes) et la présence de leucocytes
(53/80 soit 66,25% de prostatites chroniques non bactériennes et
inflammatoires).
L'
échographie vésicale et prostatique a retrouvé un grand nombre de
calcifications prostatiques (58,75%).