CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév.
IFOUNGA Guy Roger
CONSIDERATION INTRODUCTIVE
1. La communauté chrétienne de Rome
Contrairement à ses habitudes, dans les autres épitres, l'apôtre Paul ne
semble pas adresser cette épitre à une église donnée, mais plutôt à « tous
ceux qui, à Rome, sont bien aimés de Dieu, saints par vocation ... » (Rom.
1 : 7).
Il faut préciser ici, que la communauté de Rome n'a pas été fondée par
Paul, (Rom. 1 :10-15 ). En écrivant aux chrétiens de Rome, Paul fait-il une
exception comme le dit Guthrie en citant 2 Corinthiens 10: 16? (Nouveau
Commentaire Biblique; Ed. Emmaüs ch. 1806 Saint Regier, p. 1057.). Au
contraire, ce que l'apôtre dit au chapitre 15, verset 20, montre qu'aucun «
Apôtre ne s'était encore rendu à Rome » (Commentaire Biblique du
Chercheur, p. 488 C.B.C.).
Comment donc la foi chrétienne avait-elle été introduite dans cette
ville? » (C.B.C. ibidem). Lors de la Pentecôte, il y avait eu une conversion
massive des gens venus à la fête (Actes 2 : 41). Ils étaient venus de
différentes régions, dont Rome (Act.2:9-10). Les Romains convertis à
Jérusalem, ont certainement été employés par Dieu pour répandre
l'Evangile à Rome (cf. Actes 8: 4 - 5), «ces témoins de la Pentecôte allaient
être assistés ultérieurement par des croyants venus » d’autres contées
(N.C.B. p. 1057). La croissance numérique a dû être rapide. Car Clément de
Rome en l'an 96, a parlé d'« une grande multitude d'élus ».
La communauté de Rome devait être composée « à la fois de Juifs et
de Gentils». En effet, l'apôtre, qui n'oublie pas ceux de sa race, cite à
plusieurs reprises A.T. (60 rois) et il fait allusion, avec une profonde
sensibilité, à l'histoire du peuple d’Israël (Romains 11 : 1 - 10). Mais en
même temps, Paul s'adresse dans son introduction (1. 14 - 15 et aussi au
15 : 14 - 16 ; 11 : 13) aux chrétiens non Juifs.
2. Lieu et date de la rédaction
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Paul a écrit cette épître lors de son troisième voyage missionnaire. Il
était en Grèce. Certaines indications dans le dernier chapitre de l'épître,
sont liées à Corinthe : « Phoebe, Diaconesse de Cenchrées (port de
Corinthe), Gaius ». On peut donc dire que l'apôtre a écrit son épître en l'an
55 à Corinthe où il a passé trois mois (Actes 20: 3). Lorsqu'il attendait « les
offrandes destinées à secourir les judéo- chrétiens nécessiteux de
Jérusalem» (N.C.B., p. 1057).
3. Circonstances de la rédaction
a) Pourquoi écrit-il cette lettre? S'agit-il d'une lettre à la faveur des
circonstances qui pressaient, ou bien parce que l'apôtre avait en vue
d'écrire un traité de théologie ? C'est peut-être les deux. En fait, en
rédigeant cette lettre, l'apôtre qui brûlait d'envie de rendre visite à la
communauté de Rome pour leur « communiquer quelques dons spirituels
» (1 :11), leur annonce ses plans (15 : 24, 28 - 29 ; cf. Actes 19 : 21 b).
Mais, il y a plus. En le faisant, Paul fait une mise au point Importante.
b) Force est de reconnaître que la doctrine de Paul était mal comprise
et même attaqué par ses détracteurs. L'apôtre Pierre fait allusion à ça (2
Pierre 3 : 16). Ici, l’occasion est donnée à l'apôtre des païens d’exceller: il
veut « présenter un énoncé complet et détaillé du message évangélique
qu'il proclamait », (C.B.C., p. 489). On reconnaît donc, à juste raison, que
l'épître aux Romains est « la plus théologique, la logique ; la plus
systématique, la plus rigoureusement pensée et la plus doctrinale de
toutes les lettres pauliniennes .C.B. p. 1058).
4. Problème textuel
La lettre appartient-elle, dans sa totalité, à l'apôtre Paul? Ou bien
d’autres écrits y sont incorporés?
En effet, durant les 2e et 3e siècles, circulait une forme abrégée de
l'épître aux romains. Il y a des messages qui se terminent avec le chapitre
14. En outre, l'épître connaît « plusieurs conclusions» que sont 15 : 33 ; 16
: 24, 25 -- 27 et cela de façon variable. Cette façon de faire n'est pas
familière à Paul.
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Cependant, l'intégrité de l'épître demeure. Sa solution se trouve dans
une opinion publique: Marcion l'hérétique (dont les doctrines florissaient
à Rome entre 154 et 166) serait responsable de cet état de fait. Il « aurait
délibérément supprimé les deux derniers chapitres à cause du rôle
préparatoire à l'Evangile donné au judaïsme par le chapitre 15 », (N.C.B.,
p. 1059). Mais cette œuvre inique n'a pas réussi à enlever la beauté et la
profondeur remarquable de cette épître.
5. Thème de l'épître
Le thème que l'apôtre expose et qu'il va expliciter tout le long de
l'épître, c'est l'Evangile. Plus exactement, la justice de Dieu se révèle par
cet Evangile, Puissance pour le Salut. Nous aurons le temps de revenir là-
dessus.
I. PLAN DE L'EPITRE
Prologue ou introduction: chapitre 1: 1- 17
1 : 1 - 7 = Adresse et salutation ;
1 : 8 - 15 = Action de grâce établissement de lien;
1: 16, 17 = Thème de l'Evangile.
Principes de l'Evangile: chapitre 1 : 18 à 5 : 21
1 : 18 - 32 = La justice des Païens;
2: 1 à 3 : 20 = La justice des Juifs;
3: 21 - 3 1 = La voie de la justice ;
4 : 1 - 25 = La justice d’Abraham ;
5: 1 - 21 = La justice du croyant.
Problèmes éthiques soulevés par l'Evangile : chapitre 6 : 1 - 23
6: 1 - 14 = L'Evangile accusé de favoriser la licence ;
6: 15 - 23 = L'Evangile accusé de favoriser l’anarchie
Le chrétien et la loi: chapitre 7: 1 à 8 :39
7: 1 - 6 = La loi ne concerne que les vivants;
7: 7 - 25 = La loi et le péché ne sont pas synonymes;
8: 1 - 39 = Le péché vaincu par Christ et l'Esprit.
Droits et privilèges des Juifs: chapitre 9 :1 à 11 : 36
9: 1 - 29 = Souveraineté absolue de Dieu;
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9 : 30 à 10: 21 = Responsabilité des Juifs dans la situation
historique;
11: 1 - 36 = Dessein miséricordieux de Dieu.
Le christianisme mis en pratique: chapitre 12 : 1 à 15 : 13
12: 1, 2 = La consécration essentielle;
12:3 -- 21 = Principes de morale personnelle;
13: 1 - 7 = Principe de morale politique;
13: 8 - 14 = Autres principes de morale personnelle.
14: 1â 15 : 13 = Les forts et les faibles.
Remarques finales: chapitre 15 : 14 à 16 : 27
15: 14 - 21 = Paul explique les buts de sa lettre;
15: 22 - 23 = Projets de nouveaux voyages;
16: 1 - 16 = Salutations personnelles;
16: 17 - 20 = Exhortation finale;
16: 21 - 23 = Salutations de la part des frères de Corinthe;
16: 25 - 27 = Doxologie finale.
Voilà les pistes qui nous aideront à analyser le contenu de l'épître.
II. ANALYSE DU CONTENU
A. INTRODUCTION: chapitre 1 : 1 - 17
Dans son introduction, l'apôtre décline son identité (1 : 1 - 7) tout en
énonçant des réalités importantes: Paul, serviteur de Jésus-Christ
(s). Comme dans toutes ses épîtres, c'est sa lettre de créance: ce qui
lui confère le devoir et droit de s'adresser aux «bien-aimés de Dieu, saints
par vocation», (1 : 7). Il est apôtre (s = envoyé) mis à part
( = 1er sens: délimiter un pays pour soi, c'est-à-dire se
l'approprier, (p. 141). Mais aussi, mettre à part, destiner à, (p. 51)). Paul a
pris conscience qu'il est mis à part pour un but précis: « pour annoncer
l'Evangile de Dieu» (v. 1 ; cf. Actes 13: 2). Il souligne la relation de
continuité entre son message et la révélation donnée aux Juifs (v. 2).
Contenu de l'Evangile: «Il concerne son Fils né de la postérité de David,
selon la chair». Mais Il est « déclaré Fils de Dieu». Preuves?
- Avec puissance de Dieu, selon l'Esprit de sainteté;
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- Par sa résurrection d'entre les morts;
- En Jésus-Christ, l'apostolat est possible (5).
Ce message s'adresse: « à tous ceux qui à Rome ... Jésus-Christ» (v. 7).
L'apôtre rend grâce ( = « être reconnaissant, rendre grâce») et
fait savoir son projet (1 : 8 - 15).
Les raisons de cette reconnaissance exprimées: la foi renommée des
chrétiens de Rome (1 : 8). Il prend Dieu à témoin qu'il prie pour eux (v. 9;
cf. Ephésiens 1 : 16 - 18) ; Le Dieu qu'il sert ( = servir au sens
religieux (p. 150). Mais aussi être serviteur à gages (p. 527), cf. Actes 23 :
12).
D'ailleurs, l'apôtre dit servir Dieu dans son esprit (v. 9, cf. 2 Timothée
1 : 3). Il leur annonce sa visite à Rome si souhaitée (v. 11, 13a), mais
empêchée (1 : 13b). Il ne précise pas ici la nature de cet empêchement.
Mais nous pouvons faire un rapprochement avec 1 Thes. 2 : 18 et Daniel
10 : 12 - 14. Cependant, une double raison justifie son projet:
a) leur« communiquer quelque don spirituel» (v. 11) ;
b) «partager avec eux le réconfort de la foi ... » (v. 12, 13).
L'apôtre a un sens très élevé de responsabilité: il doit prêcher l'Evangile
à tout homme, aux hommes de toutes les classes, de tous les niveaux (v.
14 - 15). Il éprouve une dette: = « débiteur, obligé par
reconnaissance ou en retour à faire quelque chose », (cf. 2 Corinthiens 5 :
14; 1 Corinthiens 9 : 16 - 18). Comme on le voit, l'Apôtre Paul est très
rigoureux envers lui-même, par rapport à l'annonce de l'Evangile. Cette
attitude est en fonction du degré de sa vocation: « Paul, doulos, apôtre,
mis à part pour annoncer l'Evangile de Dieu» (v. 1).
L'Evangile, justice de Dieu: 1 : 16, 17. Ces deux versets constituent le
thème.
Il est « comme la pépinière des chapitres suivants» (N.C.B., p. 1061). En
effet, l'apôtre présente "Evangile comme « la puissance de Dieu pour le
salut de quiconque croit », (v. 16, cf. Jn. 3 : 16). s = puissance,
faculté de pouvoir. C'est aussi la pensée de l'épître aux Hébreux 4 : 12 ; cf.
Jn 15 : 3. « En lui est révélée la justice de Dieu ». La justice est de Dieu.
C'est sa nature. Comme telle, elle est la norme établie à laquelle
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l'humanité doit se conformer. Mais, hélas! Trop haute pour elle. D'où le
Psaumes 14 : 1 - 3, cité en Romains 3:10-12.
Mais le Dieu juste, par l'Evangile, rétablit une juste relation entre Lui-
même et son peuple: celui qui croit en l'Evangile a son approbation. Dieu
le déclare juste (sens juridique) : justice par la foi (v. 17). Mais, par le
dynamisme de l'Evangile, il y a une troisième dimension de la justice: c'est
la qualité de vie du croyant, dans ses rapports personnels, grâce à la
présence du Saint-Esprit.
La justice de Dieu s'obtient par la foi pour la foi; du grec
ss. « s » qui se traduit aussi par « dans» offre un sens
dynamique. On peut donc dire que si elle s'obtient par la foi, elle
progresse dans la foi.
En effet, la troisième dimension de la justice, « qualité de vie »,
progresse dans la foi: la sanctification: 2 Corinthiens 5: 17. La citation
d'Hab. 2: 4 nous conforte dans cette direction. Tout ceci et tout cela est
valable, tant pour les Juifs, peuple élu, que pour le païen (v. 16b). L'apôtre
développe cela davantage dans les pages qui suivent.
B. PRINCIPES DE L'EVANGILE: Ch. 1 : 18 à 5 : 21.
L'apôtre aborde ici la partie doctrinale de son écrit; et il amorce une
discussion des principes de son Evangile. Il convient de rappeler aussi, que
la théologie que Paul développe est profondément expérimentale: avant
l'événement décisif de sa vie, sur le chemin de Damas, l'apôtre avait
essayé d'établir de justes relations avec Dieu par « l'accomplissement de la
loi» (N.C.B, p.1062). Mais cette méthode a échoué!
Par la foi en l'œuvre expiatoire de Jésus-Christ, il est gratuitement
justifié. C’est « l'entrée dans une juste relation avec Dieu par la foi»
(N.C.B., p.1062). C'est fort de cette expérience bénie que l'apôtre déclare
« je n'ai point honte de l'Evangile: « c'est une puissance de Dieu pour le
salut de quiconque croit» (1 : 16).
Le verset 18, en annonçant le sujet de toute cette section, constitue un
contraste avec le verset précédent: «la colère de Dieu se révèle contre ...
». Cette grande vérité est exprimée dans un présent continu.
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Les raisons de cette colère:
Le Dieu juste ne condamne jamais sans raison. Ici, trois raisons fondent
sa condamnation: la rétention de la vérité captive (1 : 18); ignorance
volontaire à l'égard de la Révélation (1 : 19, 20) ; la perversion de la gloire
de Dieu (1 : 21 - 23). Il faut donc savoir qu'il ne s'agit nullement, de « l'idée
d'un principe impersonnel de rétribution» connue du monde grec (Actes
28 : 4b), mais la colère de Dieu, «qui implique l'exercice d'une volonté»
souveraine.
a- La rétention de la vérité captive (1 :18)
Le terme grec, employé dans l'original, est qui veut dire: « ...
se rendre maître de, faire prisonnier» (p. 138). En clair, ici dans notre
texte, « par leurs mauvaises actions, ils empêchent la vérité d'agir». La
seconde raison de la colère de Dieu, C’est
b- Leur ignorance volontaire à l'égard de la Révélation de Dieu (1 : 19,
20)
Il s'agit ici, de la Révélation naturelle; en d'autres termes, « la
Révélation Générale ». N'ayant pas voulu reconnaître Dieu à travers ça, ils
arrivent à
c- La perversion de la gloire de Dieu (1 : 21 - 23)
Ils ont préféré représenter Dieu par des images. La conséquence de cet
état de fait est catastrophique (v. 24 - 32). Car, déchus et éloignés de Dieu,
les hommes n'ont ni le critère moral correct, ni l'échelle des valeurs justes.
D'où le détournement du but pour lequel Dieu les a créés: Le glorifier! (Es.
43 : 7 ; 1 Cor 10 :31).
En outre, quand on se détourne de la source de la vraie sagesse, on
arrive à des vaines vantardises : on devient fou (1 : 24 - 25) ; leur optique
est tordu: l'usage naturel du sexe, comme voulu de Dieu a dévié (v. 26-27).
Hommes comme femmes pratiquent l'homosexualité. .
Par ailleurs, les relations familiales et sociales sont affectées par une
crise morale grave (v. 28 - 32). Même les Juifs, peuple élu de Dieu ne sont
pas épargnés d'erreur.
2 : 1 à 3: 20 :La « justice» des Juifs.
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Il est vrai, les Juifs peuple élu, avaient un privilège plus grand. Mais eux
aussi devant la justice de Dieu, norme universelle, ont fait échec. Mais
avant de mettre l'accusation d'Israël en exergue, l'apôtre établit deux
grandes vérités: le jugement de Dieu est impartial (2 : 1 - 11) ; la morale
s'impose de façon universelle (2 : 12 - 16).
a- Le jugement de Dieu est impartial (2 : 1 - 11)
Chacun sera jugé selon sa conduite :
+ Le Juif se croit devoir échapper au jugement. Mais, puisque
possédant la loi il ne la pratique pas, il sera jugé (2 : 1 – 3 , 17 - 28):
donc son espérance = une illusion.
+ L'impénitent sera jugé (2 : 5). Même le païen qui n'a pas la loi sera
jugé selon sa situation (2 : 8 - 9, 14 - 16). Mais l'impartialité du
jugement de Dieu leur attribuera un sort juste: les degrés de la
rigueur seront différents (cf Luc 12 : 47 - 48).
+ Un heureux sort sera réservé à ceux qui honorent la loi, tant païens
que Juifs (2 : 7, 10,29).
+ Dieu use de patience et de la longanimité pour le salut des
impénitents (2 : 4 ; cf. 2 Pierre 3 : 15).
b- L'impératif moral universel
Tous les hommes, Juifs ou non Juifs ont la responsabilité devant Dieu (2 :
12 -16) :
+ Chez le Juif, l'impératif moral se justifie par le fait qu'il est
bénéficiaire de la Révélation de Dieu: la loi (2 : 12 - 13).
+Quant au païen (tous les non Juifs), il a la Révélation naturelle: la
conscience (4: 14 -16). Par cette conscience tout homme est capable
de reconnaître la valeur éthique de ses actes (2: 15b). Cela est
tellement important que Paul en parle souvent (9: 1 ; 13 : 5). Lui-
même peut affirmer qu'il sert Dieu « avec une conscience pure » (2
Timothée 1 : 3 ; Actes 23 : 1).
Pour tout ceci et pour tout cela, selon l'Evangile « Dieu jugera par Jésus-
Christ les actions secrètes des hommes » (2 : 16).
L'apôtre met en accusation directe les Juifs (2 : 17 - 29). Leur sort
équivaut à ce que le Seigneur a dit à l'Eglise de Laodicée: « parce que tu
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dis: je suis riche, je me suis enrichi ... et parce que tu ne sais pas que tu es
malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, ... » (Apoc. 3: 17). Les Juifs,
tout en se déclarant Juifs, peuple privilégié de Dieu, en se réclamant
toutes les valeurs spirituelles, la circoncision, les patriarches, et tout en
s'arrogeant le rôle de docteurs de la loi, ne pratiquent pas la loi (17 - 29).
Mais les Juifs émettent des objections auxquelles l’apôtre répond.
Ce que le Juif considère comme sa justice est battu en brèche : Ies
contradicteurs de Paul, ou alors, l'apôtre utilise ici, une forme de diatribe.
a- Les Juifs, grands pécheurs sont condamnés. Où est donc leur
privilège? Quelle valeur a la circoncision? (3 : 1).
La réponse c'est que ces privilèges demeurent; et surtout le plus
grand: les oracles de Dieu. Ceci fait allusion aux oracles que Moïse
avait reçu de Dieu au Mont Sinaï (Act. 7: 38; Exo. 32: 16; 34 :-1 -6). En
effet l’incrédulité de quelques uns n'annule pas la fidélité de Dieu (3 :
3 - 4). Paul montre que des calomniateurs lui ont attribué leurs
pensées (3 : 5 -8).
Du 3: 9 - 20, l'apôtre est ferme: il continue à montrer l'injustice
monstrueuse des Juifs. D'ailleurs, Juifs comme païens sont égaux,
sous l'empire du péché (3: 9 - 12). Tous les membres du corps
humains participent, chacun à sa manière, au péché (3: 13 - 18).
L'apôtre a prouvé cela aux Juifs, par la loi en laquelle ils ont
confiance (3 : 19).
La conclusion c’est que la faillite des Juifs s'explique par le fait qu'ils ont
mis une trop grande confiance dans les œuvres pour être justifiés. Or, cela
n'est possible à un humain quelconque (3 : 20) : la voie de la justice se
trouve ailleurs.
3 : 21 -- 31 - La voie de la justice.
L'apôtre décrit ici la justice de Dieu (1 : 17) « la méthode par laquelle il
est lui-même devenu juste devant Dieu» (N.C.B., p. 1066).
Cette justice est essentiellement différente de la loi; voici ses
caractéristiques:
+ D'ailleurs, la loi elle-même rend témoignage d'elle (3 : 21 b ; cf. Luc 24
: 44),
+ Indépendamment de la loi, la justice de Dieu s'obtient « par la foi en
Jésus-Christ» (3 : 22a),
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+ Sans distinction, elle est « pour tous ceux qui croient» (3 : 22b). Sans
distinction, parce que tous, descendant d’Adam, sont pécheurs (Juifs
comme païens). Ils sont mêmes privés de la gloire de Dieu. Du grec «
» qui désigne: « sa splendeur, la manifestation extérieure de ses
attributs» (C.B.C., p. 504). C'est sa magnificence qui s'étend sur toute
la terre, et sa « majesté s'élève au-dessus des cieux» Ps. 8: 2. Dieu
désire partager cela avec sa créature: homme créé à l’image et à la
ressemblance de Dieu (Gen: 1: 26). C'est même le but de la création
de l'homme (Es. 43 : 7). Mais hélas! Les hommes sont privés de cela.
C'est-à-dire « tomber derrière, être inférieur », (selon l'expression
grec « », dictionnaire grec-français, p. 918). En claire
l'homme pécheur ne peut pas partager cette gloire avec Dieu.
Exemples: Adam et Eve ont fuit à l'approche de Dieu (Gen. 3 : 8) ; les
enfants d'Israël au Mont Sinaï faillirent mourir de peur en voyant la
gloire de Dieu (Ex. 20: 18 - 21); Esaïe, au lieu de s'estimer heureux en
voyant la gloire de Dieu s'est plutôt écrié: « malheur à moi ...), (Esaïe 6
: 5). Seul Jésus-Christ nous y réhabilitera, (Jn 17: 24). Voyons des
exceptions ici bas: Elie (2 Rois 2 : 11) ; Moïse (Ex. 24 : 15 - 18 ; 34 : 30 -
35) ; Pierre et compagnons (Mt 17 : 1 - 5).
+ Par Jésus-Christ, l'Agneau de Dieu, Dieu pourvoit le sacrifice
expiatoire pour tous: la justification est donc gratuite pour tous ceux
qui croient (3 : 24 - 25a).
+ Du coup Dieu est justifié, puisque la valeur du sacrifice de Jésus-Christ
expie tous les péchés, même ceux des temps antérieurs à la mort de
Jésus-Christ (3 : 25b - 36) ;
« Ce principe de la foi abolit aussitôt le mur de séparation dressé entre
Juifs et Gentils» (N.B.C., p. 1068). Il abolit aussi l'orgueil (3 : 27 - 30).
L'apôtre pose une dernière question à laquelle il répond: la foi rend-t-
elle la loi caduque? (3 : 31).
En croyant en Jésus-Christ, nous confirmons la loi; car c'est elle qui a parlé
de la venue de Jésus-Christ (3 : 31 ; Luc 24 : 44).
4 : 1 - 25 : La justice d'Abraham
Qu'en est-il de notre père Abraham ? L’apôtre évoque cela comme
étant le cas dans lequel s’éclaire la justification par la foi (4 :1- 8).
Abraham a été gratuitement justifié par la foi (1-·5). Cela se réfère à la
Gen.15: 6 où il est écrit: « Abraham eut confiance en l'Eternel, qui le lui
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imputa à justice ». Il n'y a donc pas de mérite. David aussi a fait la même
expérience (Ps. 32 : 1-2).
La foi d'Abraham est éminemment renommée ; et d'autres auteurs
sacrés la soulignent (Héb. 11 : 8 - 19 ; Jacq. 2 : 23). La foi du patriarche ne
dépend pas de la circoncision: sa foi, sa justification furent antérieures à la
circoncision (4 : 9 - 12). Il n'a reçu ce rite, que comme sceau: c'est une
confirmation de l'Alliance de Dieu avec Abraham (Gen. 17 : 1 - 14 ; cf. Ac. 7
: 8). A ce titre, il est le père de tous les croyants circoncis ou incirconcis (4:
11 - 12).
La justice d'Abraham ne dépend pas non plus de la loi de Moïse (4 : 13 -
22), car il avait eu cette grâce «quelques quatre cents ans avant que la loi
fut promulguée au Sinaï» (N.B.C., p. 1069).
Les avantages de la justice par la foi d'Abraham sont grands: la
promesse de l'héritage du monde (4 : 14 - 15 ; cf. Gen 12 : 2 - 3). La
promesse est pour tous ceux qui ont la foi d'Abraham (4 :16 - 17). Sa foi
fut tellement grande, contre toute espérance. Aussi, il « devint ainsi le
père d'un grand nombre de nations ... » (4 : 18-22).
L'apôtre pose ici, le jalon du thème principal: la justice du croyant (v.
23 - 24).
En effet, la justification par la foi en Jésus-Christ n'est pas l'apanage
d'Abraham; mais cela implique un dynamisme: grâce à notre croyance en
Lui, Il nous impute à justice (v. 24). Car Christ mort pour nos offenses est
ressuscité pour notre justification (v, 25). Ceci ne fait qu'annoncer le sujet
suivant.
La justice du croyant (5 : 1 -·21)
Ici, c'est la partie expérimentale du sujet. En fait, ici se prolonge le
grand thème de « la justification par la foi» (N.B.C., p. 1070). Selon
l'apôtre, la justification précède la sanctification: l'une est la porte
d'entrée, l'autre est « la longue route vers la Jérusalem céleste» (N.B.C.,
ibidem). L'apôtre énumère les résultats de la justification (v. 1 - 5), les
garanties de ses bénédictions, (v. 6 - 11), et la manière dont les croyants
sont justifiés par la foi en Jésus-Christ (v. 12 - 21).
La justification implique des grâces (5 : 1 - 5)
Le croyant, étant justifié par la foi, accède à beaucoup de grâces:
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+ La paix avec Dieu. Jésus-Christ nous introduit auprès de Dieu, dans
un état de grâce (5 : 1),
+ Nous avons eu accès auprès de Dieu, grâce à Jésus-Christ (5 : 2 ;
Ep.2:18;3:12)
+ Le justifié possède une joie qui triomphe même des afflictions (5 :
3; cf. Phil. 4: 4), En effet, l'affliction communique au justifié
beaucoup de vertus (5: 3 - 4). Tout cela a sa source dans la grande
espérance de la gloire avenir (5 : 2b).
L'espérance ne trompe point; car elle est la source dynamique et
intarissable de l'amour en provenance de Dieu, que l'Esprit Saint répand «
dans nos cœurs » (5 : 5).
Le croyant Justifié a une grande assurance (5 : 6 - 11). Car au temps
marqué, Christ est mort pour nous (5 : 6; cf. 1 Pi. 1 : 5). Le croyant jouit
d'une nouvelle relation avec Dieu: sa sécurité est assurée (5 : 6 - 10). En
outre, nous en tirons gloire (v. 11).
Paul, en concluant sur cette section: la justification, montre que celle-ci
n'est possible que par le seul canal d'une personne «don gratuit de Dieu»
(v. 12 -21).
Ce principe l'amène « à parler des chefs de la race humaine, Adam et
Christ» (N B.C., p. 1071). Il a fait ressortir l'universalité du péché et ses
conséquences, par le canal d'Adam (5 : 12). Il ouvre une parenthèse du
verset 13 à 17. Il suspend, par la figure de style dite anacoluthe, la phrase
du verset 12.
Paul emploie un contraste typologique entre Adam et Christ (5: 12, 18 -
19). Il ressort ceci: l'attitude et les actes d'un individu, peuvent affecter le
cours de la vie de tous ceux qui lui sont liés. C'est le principe de solidarité.
Mais les hommes ne sont pas rendus légalement coupables du péché
d'Adam; mais parce qu'ils ont effectivement et activement péché (5 : 12).
Dans la parenthèse, l'apôtre soulève deux difficultés:
a- L'absence de loi d'Adam à Moïse.
b- le châtiment du péché était là (5 : 13 - 14) .
La solution se trouve dans les versets 15 - 18. il est vrai, l'apôtre a
établi une comparaison entre Adam et Christ (5 : 12, 15 ; 1 Cor. 15 : 21 -
23) : « comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en
Christ» (1 Cor. 15 : 21 - 23). Il est vrai « par un seul acte, tous deux ont
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influencé la race humaine entière ». Mais, le résultat de la justice de
Christ, est une grâce que l'apôtre qualifie d' « abondante et surabondante
» (5 : 15 - 16). Et encore cela est venu octroyer la justification après une
multitude de transgressions. Du grec qui signifie: « actes de
justice, décision de justice » (dict. grec-français, p. 218). Par ça, le Christ
nous rend justes devant Dieu (5 : 16 - 17 ; cf. 1 : 32 ; 2 : 26 ; 8 : 4, 17). Le
Christ établit une nouvelle relation avec Dieu et annule la première
disposition: la condamnation éternelle.
Un appendice termine la section: la loi comme parenthèse est
provisoire. Elle est venue pour faire abonder le péché (5 : 20 - 21 ; cf. Gal.
3 :19).
Problèmes éthiques soulevés par l'Evangile (6 : 1 -23)
La justification par la foi est-elle incompatible avec la morale, comme
on le prétend? Paul va la défendre. Il affirme alors la doctrine de la
sanctification: ce message-là est commun aux écrivains sacrés du Nouveau
Testament. Nous sommes justifiés par « la foi qui est agissante par
l'amour» (Gal. 5 : 6).
Ce problème là prend deux formes:
+ Le fait d'être reconnu juste par Dieu encouragerait le péché;
+ Partant, cela aurait pour résultat la licence. Voyons donc cela.
L'Evangile favoriserait la licence (6 : 1 - 14).
Pour le calomniateur, la justification veut dire: « Plus il y a péché, plus il
y a grâce» (N.C.B., p. 1072). C'est ce que Pa 1 a rait dit (6 : 1). Mais sa
réponse est plus profonde.
Le pivot, c'est l'union du croyant à Chris (3 - 11). La relation mystique
avec le Christ - Sauveur, est illustrée par le rite du baptême par immersion.
Cela se présente comme suit:
Le croyant :
a) Plongé dans l'eau équivaut à la mort ;
b) Sous l'eau du baptême équivaut ensevelissement:
c) Hors de l'eau équivaut à la résurrection.
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Ainsi donc, être baptisé en Christ Jésus, c'est être uni à Lui dans sa
mort. Et puisque la mort n'a pas pu le retenir, Il est ressuscité (Actes 2 :
24), le croyant est ressuscité; et il est d'une même plante avec Lui pour
mener une nouveauté de vie, à la gloire de Dieu (6 : 3 - 11).
D'où, l'exhortation des versets 12 - 14 « Que le péché ne règne donc
point dans votre corps mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises» (cf. 13 :
14). Paul conclut, de façon triomphale, « vous êtes, non sous la loi, mais
sous la grâce » (6 : 14).
L'Evangile favoriserait l'anarchie (6: 15 – 23)
Les ennemis de la vérité tordent le sens du verset 14, pour lui faire
dire: c'est la loi qui nous interdit de pécher. Maintenant, nous pouvons
faire ce que bon nous semble de faire. En effet, en péchant, nous donnons
l'occasion à Dieu de déployer plus sa grâce.
La réponse de Paul à cette objection: « Loin de là ! » (6 : 15). Il emploie
alors une image forte. Dans le système ancien de l'esclavage, on pouvait
s'affranchir de son maître pour une divinité. Ainsi, en devenant libre d'un
ancien maître, on devenait esclave d'une divinité. De la même manière,
étant affranchi du péché, le chrétien est capable d'obéir. Les chrétiens
Romains ont « obéi de cœur à la règle de doctrine » (6:17).
Le chrétien devient par là même, esclave du Seigneur et non plus du
péché (6 : 17 - 18, 20).
Cette image est employée à cause du faible entendement de l'homme
(6 : 19). L'apôtre termine sur les résultats de ces états de fait: 21 - 23.
Le chrétien et la loi: chap. 7 : 1 à 8 : 39
Par rapport à la justification par la foi seule, où est la place de la loi, si
chère aux Juifs de l'Ancien Testament?
L'apôtre utilise une image forte, celle de la veuve devenue libre à
l'égard de la loi du mariage après la mort de son mari: le terme grec «
» signifie « libérer quelqu'un de quelque chose, d'une
accusation, d'une dette» ou déclarer libre (p. 280).
De la même manière, le chrétien, mort par le corps de Christ à l'égard
de la loi appartient « à celui qui est ressuscité des morts ... » (7 : 4). Il n'est
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
plus redevable à la loi (7 :6). Servant désormais sous le régime nouveau, il
n'est plus dans la chair (7 :5a), il porte des fruits pour Dieu (7 : 5b).
Cependant, la loi n'est pas inutile; elle n’est pas péché non plus. Car « à
la dans sa propre pensée et dans l'esprit de ses contradicteurs, ce fait a
conduit à la question» du verset 7.
La loi est positive, car elle fait connaître le péché (7 : 7b). Le péché,
stimulé par le commandement: a « provoqué toutes sortes de convoitise»
(7 : 8 - 9) ; « ce qui conduit à la mort» (10-- 11).
Au fait, c'est le péché qui produit la mort et non le commandement.
Car « le commandement est saint, juste et bon» (7 : 12). Grâce au
commandement, le péché devient « condamnable au plus haut point» (7 :
13).
Le péricope des versets 14 à 25 fait l'objet de plusieurs interprétations:
Certains pensent que l'apôtre décrit ici, son état d'esprit antérieur
à sa conversion, lorsqu'il essayait de plaire à Dieu par la mise en
pratique de la loi.
Pour d'autres, l'apôtre décrit la vie du chrétien qui fait des efforts
sur lui-même pour mener une vie exemplaire.
Mais les termes employés ici nous orientent dans une autre direction.
Le terme « vendu au péché» est au parfait: il exprime une
action passée, dont le résultat demeure dans le présent, cf. Gen. 8 :
21b ;
Dans le verset 22, il est dit: «je prends plaisir à la loi de Dieu ...
». Or, nous savons que l'homme naturel ne peut pas aimer la volonté
de Dieu (1 Carin. 2 : 14).
Il s'agit donc du chrétien qui lutte avec le mal. Paul se donne en
exemple pour décrire la situation du chrétien : le principe du péché
demeure en lui, et lutte contre son entendement (versets 18 - 21, 23).
L'apôtre exprime cela d'une autre manière dans le 13: 14 et on peut dire
avec le C.B.C. que «le péché qui habite en lui continue de réclamer ce qu'il
considère comme sa propriété ... » (p. 523). L'apôtre exprime sa
frustration par une exclamation: «Misérable que je suis! Qui me délivrera
de ce corps de mort? » (v. 24).
Par ailleurs, ce que l'apôtre Paul dit aux Galates, à ce sujet, en est une
confirmation (Gal. 5: 16 - 17). En vivant selon l'Esprit Saint, le chrétien
peut triompher de ce corps de mort; comme lui-même le fait: « je traite
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
durement mon corps et je le tiens assujetti ... » (1 Cor. 9 : 27) ; ceci, en
attendant.
La réponse à son cri (du verset 24), c'est pourquoi grâces soient
rendues à Dieu Jésus-Christ notre Seigneur! ...
Il s'agit ici du «triomphe final de Jésus-Christ» (C.B.C. p. 524). Mais le
chapitre suivant abonde dans ce sens positif.
Le péché vaincu par Christ et par l'Esprit (8 : 1 -39)
La loi, malgré qu'elle divise la personnalité en provoquant ainsi le
péché, demeure bonne en son essence.
Fini la condamnation pour ceux qui vivent en Jésus-Christ! (8 : 1). En
effet, en Jésus-Christ, l'Esprit Saint affranchit le croyant de la loi de la
mort. La chair la rendait incapable d’agir pour libérer l'homme. Mais
maintenant, étant habité par l'Esprit Saint qui donne la vie, le chrétien
accomplit la loi (8 :2-4).
L'apôtre montre ensuite le triomphe de la grâce (8 : 5 - 11). Il décrit la
marche selon l'Esprit. La présence de l'Esprit dans le croyant atteste deux
choses importantes : l'appartenance du chrétien à Christ (8 : 9). L'Esprit
donne, comme à Christ, la vie au corps du croyant (8: 10 – 11). Celui-ci est
désormais au bénéfice d'une bénédiction sa vie durant. Révélons quatre
vérités principales (8 : 12 - 14) :
a- Nous ne devons plus quoi que ce soit à la chair (v. 12 - 13a) ;
b- Nous sommes débiteurs de l'Esprit. Nous avons la dette de la
sanctification;
c- Le chrétien doit par l'Esprit faire mourir les actions du corps (8: 13b :
différent de l’ascétisme). Il est vrai, notre corps est devenu le temple
du Saint-Esprit (cf. 1 Cor. 3: 16; 6: 19). Mais, il reste encore «
l'instrument dont le péché se sert pour agir» (C. L. Benoît, l'Epître
aux Romains, p. 85 - 86).
d- Etant enfant de Dieu, le chrétien est conduit par l'Esprit de Dieu (8 :
14).
Ceci étant, il est héritier de Dieu (8: 15 - 17). Ici, l'apôtre dégage quatre
preuves distinctives d'enfant de Dieu:
a- Celui qui est un enfant de Dieu obéit à l'Esprit de Dieu (8 : 13 -15) ;
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
b- L'Esprit d'adoption crée en l'enfant de Dieu, un sentiment filial: plus
de crainte. Il crie: « Abba ! Père 1 » (8 : 15) ;
c- «Ce sentiment est fort heureusement, confirmé par le témoignage du
Saint-Esprit » (8 : 16; De Benoît op p 87) ;
d- L'enfant de Dieu, cohéritier de Christ, souffre avec Lui (8: 17), et sera
glorifié avec Lui.
Tout ceci et tout cela constitue le but de la grâce.
La gloire avenir (8 : 18 - 27)
Ayant lui-même l'expérience de la souffrance (2 Cor. 11 : 23 - 32),
l'apôtre Paul souligne ici, une réalité profonde: «J'estime que ... pour
nous » (v. 18). « = calculer en soi-même, réfléchir» .
Il n'y a pas de commune mesure entre « les souffrances du temps
présent et la gloire avenir qui sera révélée pour nous. » Pour deux raisons:
Le temps présent est court, alors que la gloire à venir sera d'éternité en
éternité (cf. Dan. 12 : 3). En second lieu, cette gloire à venir sera d'un éclat
particulier (Dan. 12 : 3).
Mais en attendant, il y a triple soupirs (8 : 19 - 27) :
1- Le soupir de la création. «L'unité organique de la création» (N.B.C., p.
1078). Car elle a été soumise à la vanité (20) et cela,
involontairement. Solidaire de l'homme dans sa souffrance, elle le
sera également dans la gloire à venir. La nature, théâtre de tous les
crimes, les dégradations, les actes de barbaries de l'homme «
soupire et souffre les douleurs de l’enfantement » (v. 22). Aussi, elle
attend « avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu» (v.19 ; cf.
Ps. 96: 12ElIe aussi sera de la fête, lorsque viendront « les noces de
l'Agneau » (Apo. 19 : 7 ; 21 : 1). Plus que la création « nous soupirons
en nous-mêmes ... » (v. 23).
2- La soupir des croyants (8 : 23 - 25). L'Esprit de Dieu, dans le croyant
régénéré, nous donne les prémices du grand bonheur à venir;
bonheur auquel ils aspirent ardemment. Voilà la raison de notre
soupir (8 : 23 ; cf. 2 Cor. 5 : 4; 2 Pier. 2 : 7 - 8). Le croyant n'est pas le
seul à soupirer dans ce sens.
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
3- Le soupir de l'Esprit (8 : 26-27). L'idée exprimée dans le verset 17,
sous-tend le développement du chap.8 : 19 - 27 : nous avons ici-bas
un cortège de souffrances.
Pour nous aider à assumer tout cela, l'apôtre nous dégage un bon
nombre de sujets de consolation : notre communion avec Christ (8: 17), la
gloire à venir est infiniment plus importante que les tribulations d'ici-bas
(8: 18), la création est solidaire avec nous dans l'attente de l'espérance de
la gloire (8 : 19 - 25). Mais, le plus grand sujet de consolation, c'est bien
l'assistance de l'Esprit de consolation! (8 : 26). Dans nos limitations, c'est
Lui qui intercède de façon juste pour nous. Il nous fait ressentir même les
pensées de Dieu (C.L. de Benoît, op. cit, p. 90). « L'Esprit Lui-même
intercède par des soupirs inexprimables » (8 : 26b). En outre, la Volonté
du Dieu Souverain garantit la grâce (8 : 28 - 30).
Grâce à toute cette œuvre divine en nous et le but de Dieu, de nous
amener à la perfection, « toutes choses coopèrent pour le bien de ceux
qui aiment Dieu ... » (N.C.B.,p1078).
Le plan de Dieu, «une sorte de décret qu'II a émis de toute éternité»
qui consiste à les rendre conformes (du grec s) à l'image de son
Fils. Celui-ci aura ainsi le premier rang et la prééminence. Il les a connus
d'avance (du grec, , passé de connaître
d'avance). Que faut-il dire au juste?
« Il les a, dans sa préscience, connus d'avance comme croyant»
(C.L. de Benoit, p. 91). Cela n'est pas dans la ligne de pensée de
l'apôtre Paul (Eph. 1 : 4 - 5) ni dans celle du Chef Suprême de
l'Eglise (Jn. 6 : 44 ; 15 : 19 ; Apoc. 17 : 8) ;
Il faut plutôt dire: « ... Dieu nous a élus avant la fondation du
monde» pour que nous soyons « conforme» à l'image de son Fils.
C'est merveilleux! Le dessein se réalise dans le temps (8 : 30) ; et avec
des étapes successives: Vocation, justification et glorification. Cette
dernière étape revêt un sens prophétique (8 : 30b ; cf. Eph. 2 : 6) : « ... Il
les a aussi glorifiés » (v. 30b) = allusion à la gloire à venir. Mais, le Seigneur
l'exprime en terme du passé ... L'apôtre s'exclame en un chant de
triomphe (8 : 31 - 39) : louange à la gloire de la grâce de Dieu.
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
« Pour ce pécheur gracié et introduit dans la gloire de Dieu, l'amour de
Dieu est un bouclier, une invincible forteresse ... » (C. L. de Benoît, op. cit.
p. 92). Cet hymne de triomphe comporte trois strophes.
Première strophe:
Dans le verset 31, l'expression « que dirons nous « donc », le « donc »
relie la question à tous les huit chapitres. Pourrions-nous ajouter ou
retrancher à ce qui a été dit, ou contester contre quelque chose?
Au fait, Dieu est devenu notre allié ; Il s’est mis de notre côté. Car
justifiés par Lui; nous sommes en paix avec Dieu. « Qui sera contre
nous ? » (31b). Fortifions-nous donc de l'expérience des hommes de Dieu
comme Jacob (Gen. 28: 15); Moïse (Exo. 3 : 12) ; David (Ps. 23 : 4) ; le
peuple de Dieu (Es. 41 : 10 ; 43 : 2) ; Paul (2 Tim. 4 : 16 – 17).
Par ailleurs, Dieu nous a déjà fait le plus grand don ; le meilleur des
dons : Son Fils. Pourra-t-Il nous refuser un autre bien? (8 :32 ;Ps.8 :5)
Deuxième strophe (8 : 33 - 37)
Peut-on accuser les élus de Dieu? Et qui? Il est vrai, les accusateurs
sont nombreux. Mais tous les chefs d'accusation ont évacués! Car Dieu dit:
Le péché dont ils sont accusés a été effacé par mon Fils (8 : 33 - 34 ; cf.
Zac. 3 : 1 - 5). Satan en a la bouche fermée ! Sa tête a été écrasée à la
croix. La conscience des élus est nette! Car: 8 : 33, 16.
Qui oserait condamner les élus de Dieu? (v. 34) Nul ! Car devant le
tribunal de Dieu, il y a un seul Juge, Jésus-Christ. Or, par sa position et par
ce qu'II a déjà accompli, II a déjà « détruit l'objet de notre condamnation
le péché» (C.l. de Benoit, p. 94).
Bien plus, celui qui les a sauvés est avec eux, liés par le lien le plus fort:
l'amour. Aucun des ennemis ne sera capable de rompre l'agapê (8 : 35).
Troisième strophe: Le triomphe de l'amour divin (8 : 38 - 39)
La grande assurance de Paul dans le verset 38 est-elle présomptueuse?
Non, c'est normal. Car, il a foi dans l'amour victorieux de Dieu. Et en tout
état de cause, être en Christ, « c'est être dans la forteresse imprenable de
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
l'amour de Dieu » (C.L de Benoit, p. 95). Alors, plus rien ni personne ne
peut nous mettre hors de cette forteresse (8 : 38 - 39).
Vue d'ensemble des chapitres 9 à 11
L'objet de cet ensemble : droits et privilèges des Juifs.
Dans les huit premiers chapitres de cette épître, Paul a répondu à une
question de taille : Comment le Dieu Saint peut-II justifier le pécheur en
demeurant juste ? Dans les chapitres 9 à 11, un problème aussi délicat se
pose: « Comment expliquer la justice de Dieu en relation avec le rejet du
peuple messianique? » (C.L. de Benoît, op. cit. p. 97).
Contenu du chapitre 9 : 1 - 29 = l'élection d'Israël
D'abord, l'apôtre des gentils éprouve une grande tristesse face à Israël
(9 : 1-5) ; cela provient du fait que ceux de sa nation sont opposés à lui. Il
démontre son amour pour eux en citant trois témoins: Christ Lui-même, la
conscience de Paul et-le Saint-Esprit (v. 1 - 2). L'apôtre se conforme
toujours à ce qu'il prêche (2 Cor. 13 : 1 ; cf. Deut. 19 : 15). Quoiqu’uni à
l'Eglise, Paul ne renie pas les liens naturels entre lui et ses compatriotes.
Il émet un souhait insensé, inspiré de son amour pour eux : il ose dire :
« Je voudrais moi-même être anathème et séparé de Christ pour mes
frères… » (9 :3 ; cf. Ex.32 :30-32). Il énumère les privilèges des juifs (v. 4 -
5).
Le décret d'élection de Dieu l''obligerait-il à fermer les yeux sur
l'incrédulité d'Israël? Le rejet d'Israël est-il à considérer comme une
annulation des promesses de Dieu? Il est ici question de souveraine liberté
de Dieu et du principe de l'élection.
Paul répond dans les versets 6 - 13.
Dieu est absolument libre! Il est donc en droit de rejeter ceux parmi la
nation élue, qui n'ont pas répondu à l'appel. Seulement, les Israeilites sont
élus (v.6 - 8), et selon la liberté de Dieu. C'est le principe de base (v.6).
Deux exemples illustrent cette liberté:
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
a- L.'élection d'Isaac (9 : 7 - 9). Tous ceux qui sont issu d'Abraham ne
participent pas à l'élection de Dieu; exemple Ismaël rejeté, Isaac élu (7 -
9). La postérité, c'est Christ (Gal. 3 : 16). Seuls les croyants en Christ
sont fils d'Abraham (Gal. 3: 7, 29).
b- L'élection de Jacob (9: 10 - 13). Ici, la souveraine liberté de Dieu est
encore plus évidente: le choix s'opère entre deux fils de la même
descendance. Jacob est choisi, antérieurement à leur naissance, « par la
seule volonté de Celui qui appelle» (9 : 11 b).
L'attitude de l'homme face à la souveraineté de Dieu. Peut-on accuser
d'injustice? (9: 14). Paul réfute cela sur la base de l'Ecriture: Exo. 33: 19 =
Dieu est libre de faire miséricorde à qui Il veut (9 : 15 - 16).
Par contre, Dieu endurcit qui Il veut. Nous avons l'exemple de Pharaon
(9 : 17 - 18). Mais, là aussi Dieu a agit avec justice. Car Pharaon s'était
endurci contre l'autorité de Dieu comme le texte l'affirme (Exo. 7 : 13, 22 ;
8 : 11 ou 8: 15, 19, 28, 32 ; 9 : 7 : 34 - 35). Dieu l'a donc livré à son
endurcissement (Exo. 9: 12 ; 10 : 1, 20, 27 ; 14 : 8 ; cf. Rom. 1 : 24, 26, 28).
Nul humain ne doit et ne peut condamner Dieu.
N'ayons pas une attitude de contestation avec Dieu, notre créateur (9 : 19-
24)
C'est Dieu qui endurcit. Pourquoi blâme-t-II encore l'endurci (9: 19).
Paul réfute cette question posée par des « Juifs propre-justes ». « Or,
l'homme naturel ne comprend lien aux choses de Dieu » (C.L. de Benoît,
op. cit. p. 103).
L’apôtre Paul va illustrer cette vérité, de la liberté de Dieu, avec l'argile
et le potier (9: 20 - 21) : à l'instar de l'argile, impuissante et muette dans la
main du potier, l'homme ne doit pas contester avec son créateur.
L'argile, c'est l'humanité pécheresse. Tous les éléments sont les
mêmes: pécheurs (3 : 9, 23). Le divin potier a la liberté d'en faire une
partie de la « masse un vase » d'honneur (les pécheurs repentants).
Mais, Dieu a été patient envers les Juifs, vase de colère (9 : 27). En
effet, après l'annonce prophétique de Jésus-Christ, concernant la chute de
Jérusalem, il s'est passé 40 ans (de l'an 30 à l'an 70). L'appel de Dieu
répété par le ministère des apôtres aurait pu les amener à la repentance!
Mais, les Juifs ont persisté dans leur endurcissement: ils se sont amassés
ainsi, « un trésor de colère » (2: 5). En plus de cela, ils veulent empêcher
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
les païens à accéder au salut. Aussi, « la colère a fini par les atteindre» (1
Th. 2 : 14-16).
Mais, Dieu a fait éclater sa gloire en sauvant les vases de miséricorde
qui constituent l'Eglise (9 : 23 - 24). Il convient de savoir que l'élection
divine a été confirmée par les Ecritures (9 : 25 - 29) :
a) L'appel des païens avait été annoncé par deux paroles du
prophète Osée (2 : 1 et 25). C'est, au dire de l'apôtre, « le mystère
caché ...maintenant à ses saints » (Col.1 : 26 - 27).
b) S'agissant d'Israël, il est vrai, il a été rejeté comme nation. Mais,
un faible reste est conservé ( : 27 - 29 ; cf. Es. 1 : 9 ; 10 : 22 - 23).
Ainsi, comme l'on le voit, l'Eglise de Jésus-Christ est formée d'un reste
d'Israël et des païens convertis (9 : 24). La Parole de Dieu n'est donc pas «
restée sans effet » (Rom. :9 : 6).
9 : 30 8 10 : 13 Responsabilité des Juifs dans la situation historique. Le
rejet d'Israël par Dieu, a pour cause son incrédulité. Israël a mal choisi
entre deux possibilités: la justice qui vient de la loi et la justice de Dieu (9 :
30 à 10 : 13) ;
1- La justice qui vient de la loi. Ses caractéristiques.
La justice qui vient de la loi ou la « loi de justice » (9 : 31), s'obtient par
les œuvres (9 : 32, 10: 5). Sur la voie des œuvres ils se sont heurtés et
brisés contre le rocher de scandale: le Messie (9 : 31 - 33). Cette justice
crée un faux zèle, un zèle sans intelligence et sans connaissance (10 : 2 -
3). Cela crée la propre justice (10: 3, 5). Le salut n'est pas, dans ce sens,
gratuit, c'est un mérite. Ce qui produit l'orgueil (Phil. 3 : 6). C'est la
rébellion contre Dieu, c'est refuser Christ! (10 : 3 - 4). -
2- La justice qui vient de Dieu par la foi.
C'est une justice offerte à la foi (9 : 30). La foi comme un élan de
confiance, un abandon total de soi à Celui qui en est l'Auteur. Son « siège
n'est pas dans l'intelligence mais dans le cœur » (10: 9 - 10). La foi
authentique et la confession publique sont unes et complémentaires. Le
baptême d'eau offre aux croyants, une belle occasion de profession de foi.
On ne peut pas avoir la foi sans l'exprimer: « j'ai cru, c'est pourquoi j'ai
parlé» (2 Cor. 4: 13; cf. Ps. 116 : 10).
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
Christ est la fin de la loi (10: 4). La loi, jouant le rôle de pédagogue,
nous conduit à Christ (Gal. 3 : 24). En Lui, nous avons la vie que la loi
devait nous donner (10:5).
Notes explicatives (10 : 6 - 8)
Moïse avait dit à Israël que l'application du commandement de Dieu
n'était pas au-dessus de lui (Deut. 30 : 11 - 14). Esaïe avait déclaré de la
part de Dieu « Je fais approcher ma justice: elle n'est pas loin » (Es. 46 :
16).
Paul dit que cette justice est présentée par la «parole de la foi », qui «
annonce Christ comme la fin de la loi » (C.L. de Benoît, op. cit., p. 113). Elle
est donc tout près de nous qui croyons en Christ. Du coup, en nous faisant
sortir de l’abîrne (10 : 7), Christ nous amène au ciel (10 : 6b). Il est notre
chemin (Jn 14: 6), et sa Parole est à notre portée (Rom. 10 : 8 - 11) : la
justice de Dieu, par Jésus-Christ, nous est offerte gratuitement.
Différentes responsabilités
Dieu s'est révélé, Dieu a parlé. Il ne s’agit pas «des spéculations
théologiques humaines, mais la révélation de Dieu. » C’est donc « la foi
qui a été transmise aux saints une fois pour toutes» (Jude 3). Elle a un
fondement unique, Jésus-Christ qui a aussi rendu possible l'éclosion de la
foi, obéissance (Héb. 12: .2). Tout ceci s'est réalisé grâce à la grande
mission dirigée par le Père: Romains 10 : 14 - 15. En un mot, Dieu a parlé:
les Juifs avaient l’Ancien Testament; nous, nous avons en plus le Nouveau
Testament et le Christ, suprême et dernière Parole de Dieu (Héb. 1 :1 - 2).
C'est donc le Patrimoine à caractère divin et unique.
Nos responsabilités sont donc évidentes :
a) Les Juifs sont responsables de leur incrédulité et désobéissance
(10: 19) ;
b) Ceux qui ont cru, ont la responsabilité d'évangéliser le monde.
L'Eglise doit s'acquitter de cette responsabilité (10 : 14 - 15).
Chapitre 11 : 1 - 36 : Dessein miséricordieux de Dieu
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
Grâce à la miséricorde de Dieu, nous verrons que le rejet d'Israël, par
Dieu, n'est que partiel et temporaire (11 : 1 - 24).
1. Rejet partiel (11 :1-10).
Israël a été rebelle à Dieu et a refusé la grâce de Dieu par Jésus-Christ
(10 : 21). En d'autres termes, il a « rendu nul à leur égard le dessein de
Dieu» (Luc 7 : 30). Aussi, Dieu l'a-t-il rejeté. Mais, ce rejet, en tant que
nation, a été partiel; car des individus israélites ont reçu la grâce de Dieu.
C'est le « reste» fidèle (11 : 1 - 6). L'apôtre Paul a illustré cette vérité par
trois raisons: c'est des faits historiques.
a) La conversion de l'apôtre Paul lui-même, Israélite selon la chair (11 :
1, cf. Act. 9) ;
b) Au temps du prophète Elie, Dieu s'était réservé sept mille hommes
(11 : 2 - 4 ; cf. 1 Rois 19 : 10, 14 - 18) ;
c) Il y a, dans l'Eglise aujourd'hui, le «reste» «selon l'élection de la
grâce» (11 : 5 - 6).
Mais, ce qui est évident, c'est qu'il y a eu un aveuglement de la masse
incrédule; cela est confirmé (11 : 7 - 10). Les élus ont obtenu la justice de
Dieu (v. 7a). Les autres ont l'endurcissement (v. 7b). L'apôtre a cité, pour
appui, des prophéties de l'Ancien Testament.
Toutefois, l'apôtre va montrer que,
2. le rejet d'Israël est temporaire: 11 : 11 - 24
Une partie d'Israël, de par son propre fait, a été rejetée par Dieu (11 :
11).
Mais, ce rejet est temporaire. Par ailleurs, les conséquences qu'entraîne
cette chute, sont très importantes (11 : 11 - 15).
Dans l'immédiat, elle a rendu le salut accessible aux païens (11 :
11-12a). On peut étayer cela de deux paraboles du Seigneur Jésus-
Christ, la parabole du festin (Mat. 22 : 1 - 14) et celle des
vignerons (Mat. 21 : 43) ;
En perspective, le salut des païens sera un stimulant pour le
retour d'Israël (11 :11-12b). L’apostolat de Paul, parmi les païens,
s'inscrit aussi dans cette perspective : « exciter la jalousie de ceux
de ma race, et d'en sauver quelques uns » (11 :11b-14). Ce retour
du peuple de Dieu en sera, non seulement le couronnement de
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
son histoire, mais il « marquera pour le monde une vraie
résurrection d'entre les morts» (C.L. de Benoît, op. cit., p. 121).
La conversion future d'Israël doit inciter les païens à la vigilance.
L'apôtre des gentils leur montre à l'aide de deux illustrations (11 : 16 - 24),
les dangers qui peuvent les guetter.
La première illustration (11 : 16) est tirée de la loi, de Nombre
15 : 18 - 21. Quand une partie de pâte mise à part pour l'Eternel,
était déclarée sainte, toute la pâte était sainte (11 : 16a). « De
même, Abraham mis à part pour Dieu, donc sanctifié, toute sa
descendance en Isaac a été sanctifiée. » (p. 122). D'où la
conversion finale d'Israël est une nécessité spirituelle: « ... eux
seront-ils greffés selon leur nature sur leur propre olivier» (11 :
24b).
Quant à la deuxième illustration, elle est tirée de la nature (11 :
16b - 24). Il s'agit d'un arbre, l'olivier (11: 17c). Cet arbre est, dans
l'Ancien Testament, l'image du peuple d'Israël (Jérémie 11 : 2, 16;
cf. 2: 21). L'apôtre procède à une série de paire de comparaisons:
- Le père des croyants, comparé à la racine de l'arbre;
- Israël, aux branches (11 : 16) ;
- Les branches retranchées, aux incrédules d'Israël ;
- L'olivier sauvage, aux païens (11 : 17).
La greffe des païens (olivier sauvage) a la place des branches
coupées, voilà une opération contre-nature! (11 : 24). En général c'est le
greffon d'un bon arbre, qui est greffé sur un arbre sauvage. La conversion
future d'Israël, une seconde greffe, est à la fois surnaturelle et naturelle
(11 : 23, 24b). Mais, Dieu est Tout Puissant pour le faire! (11 : 23b).
En définitive, il y a une racine unique, Abraham, le père des croyants
(Cha. 4). Mais, au-delà de lui, c'est la Racine de la racine, Christ. Lui qui a
dit: « je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron ... demeurez en moi et
je demeurerai en vous. »(Jean 15: 1,4).
A l'intention des païens graciés et greffés sur l'olivier franc, Paul les
avertit des dangers à éviter:
Etre amené à se glorifier au dépens d'Israël déchu (11 : 17 - 18) ;
Eprouver de l'orgueil au dépens des retranchés (11 : 20 - 21) ;
L'apostasie est aussi possible à leur niveau (11 : 22 - 24).
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
Les païens, objet de la grâce de Dieu, doivent plutôt adopter une
attitude de : reconnaissance envers Dieu, humilité et respect envers Israël,
et surtout, ils doivent craindre (11 : 18 - 24).
L'apôtre Paul va en profondeur, pour nous expliquer:
Le mystère de la restauration d'Israël (11 : 25 - 32)
Dans le langage courant, on désigne par ce terme, ce qui demeure secret.
Dans la religion, doctrine qui n’était révélée qu’aux initiés : ainsi les
mystères grecs d'Eleusis.
Dans la Bible, mystère semble avoir deux sens différents :
a) Par mystère, on entend, les dogmes révélés, mais qui sont
inaccessibles à la raison humaine. Exemple, le mystère de la trinité.
Par contre,
b) est mystère, une vérité biblique qui, dans le plan de Dieu, reste
inconnue ou obscure jusqu'à ce que Dieu la révèle. L'apôtre Paul a eu
la grâce d'avoir de telles révélations, dont celle du mystère de «
Christ en vous, l'espérance de la gloire » (Col. 1 : 26 -27). Et
évidemment, ici celle du mystère de la restauration d'Israël. Il y a, en
outre, beaucoup de mystères (ex. Marc 4 : 11 ; Eph. 1 : 9 ; 1 Cor. 15 :
51, etc.).
Révélation du mystère ... (11: 25 - 26a). Ce passage, qui réaffirme la
temporalité de l'endurcissement d'Israël (11 : 11 - 24), indique, quand cela
prendra fin: «Jusqu'à ce que ... entrée » (v. 25 ; Luc 21 : 24). « Et tout Israël
sera sauvé ... » (v. 26). Voilà le mystère révélé!
La certitude de cette restauration est tellement importante, qu'elle est
basée sur deux valeurs immuables:
a) l'Ecriture (11 : 26b - 27). C'est une prophétie messianique: Esaïe 59 :
20-21. Le peuple sera alors purifié (Zac. 12 : 10- 14).
b) L'appel de Dieu est irrévocable. Car, puisque Dieu ne se repent pas
de ses dons et de son appel, Il accomplira assurément, son plan de
salut pour son peuple élu (11 : 26b - 29).
A la fin, l'apôtre projette une vue d'ensemble sur les chapitres 1 à 11
(11 : 30 - 32). Il compare la marche historique des deux:
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
La désobéissance des païens à la Révélation naturelle (chap. 1 : 18
- 32) dont la source est en Adam, a rencontré la miséricorde de
Dieu, dont la source est en Jésus-Christ (v. 30).
De même, la désobéissance d'Israël à la Révélation de Dieu en
Jésus-Christ, aboutit aussi à la même miséricorde de Dieu. Ces
deux courants de désobéissances n'en font qu'un. Et Dieu qui a
livré les païens à leur sens réprouvé, a laissé Israël arrivé à
crucifier son Messie. Ainsi, « Dieu a renfermé tous les hommes
dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous » (11 : 32).
Ceci montre aussi que les hommes sont égaux.
Que dire du v. 32? A la lumière de tout ce qui vient d'être dit (ch. 1 à
11), nous ne devons pas tirer de ce verset, l'idée que tous seraient sauvés
littéralement. Car, le verset 23 est clair ... : « s'ils ne persistent pas dans
l’incrédulité, ils seront greffés… ». Mais, ce verset, qui a le même sens que
d'autres (1 Tim. 2 : 4 ; Jn 12 : 32 ; Ps.65 :3), doit se comprendre dans un
sens représentatif. Donc, « tous sans distinction et non pas sans
exception » (N.C.B., p.1085).
Conclusion (11 :33-36) : C’est une doxologie remarquable !
A la fin de son analyse très poussée de ces 11 premiers chapitres,
l'apôtre est presque tombé en extase devant la profondeur de la
Révélation du salut de Dieu en Jésus Christ.
Alors animé de :
L'esprit d'adoration devant la Révélation insondable de Dieu (v.
33) ;
L'esprit d'humilité devant la pensée insondable de Dieu (v. 34 -
35);
L'esprit de louange. Devant toutes les richesses explorées à
travers ces chapitres, l'apôtre s'explose en louange; car de Dieu,
procède toute chose et tout est fait pour Sa gloire!
Le christianisme mis en pratique (chap. 12 à 15 : 13)
Dans les 11 premiers chapitres, Paul a montré l'injustice de tous les
hommes. Mais, par la foi, ils peuvent obtenir la justice de Dieu en Jésus-
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
Christ. Israël, pour n'avoir pas choisi le chemin de la foi, a été rejeté
partiellement et temporairement. Ici, l'apôtre insiste sur le mot « vivre »,
pour montrer que la justice de Dieu doit et peut s'extérioriser dans notre
vie pratique: « la justice de Dieu reçue par le croyant est une expérience
intérieure qui doit s'exprimer extérieurement. » (N. C. B., p. 1086). D'où, le
mot charnière, le « donc » (12. 1) qui, en introduisant cette nouvelle
section, la relie aux précédentes. .
Le « donc » de 12: 1 (cf. 5: 1 ; 8 : 1), introduit la notion de service (C.
L. de Benoit op. cit., p. 127). «Je vous exhorte donc, frères, par les
compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant ... » (12 :
1) C'est-à-dire, en raison des compassions de Dieu décrites dans les
chapitres précédents.
La consécration essentielle (12 : 1 - 2)
Sur la base de tout ce que Dieu a fait pour nous, nous devons à Dieu
(12 : 1 a) :
a) consécration totale (12: 1b) : sacrifice = allusion aux sacrifices de
l'Ancien Testament, l'holocauste (Lév. 1 ; 6 : 1 - 6) après le sacrifice
de culpabilité ou d'expiation (Lév. Chap. 4 et 6). .
b) un culte raisonnable (Iatréia). Ce culte englobe toutes les facultés
personnelles, tous les domaines, en tous les instants et en tout lieu.
Pas « en formes cérémonielles mais en un sacrifice » Jn.4 :20-24.
Mais pour que cela soit ainsi, il y a nécessité de transformation par le
renouvellement de l'intelligence (v. 2b). C'est le «naos» en grec, donc
entendement. Alors, pas « se modeler sur » le monde (v. 2a). Résultat:
discerner la volonté de Dieu (différent de 1 Cor. :2 : 14). Nous serons alors
capables, d'assimiler:
c) Les principes de morale personnelle (12 : 3 - 21). A l'image du corps
humain, les membres de la communauté s'ont dépendants les uns
des autres: «un seul corps en Christ» (v. 3 - 5). Comme tel, l’exercice
des dons divers dans l’unité (4-5), obéit à des principes (v.6-8).
Pour d'autres activités, dans la communauté, il faut appliquer la loi de
l'amour (v.9 - 13). Pour que les membres de la communauté remplissent
leurs responsabilités individuelles, l'amour doit jouer un rôle moteur (v.
9a). Par ailleurs, amour sans feinte, comporte plus d'une dizaine de
facettes (v. 9b - 13)
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
Autres maximes d'éthique chrétienne (12 : 14 - 21)
L'éthique chrétienne doit inspirer le comportement du chrétien dans
son milieu de vie. Ainsi, son attitude et comportement doivent être
positifs et exemplaires face aux persécuteurs (v. 14), face aux gens
heureux ou malheureux (v. 15 - 16), face aux ennemis (v. 17 - 21 ; cf. Mat.
5 : 43 - 48). Il doit être animé par un caractère sociable (12 :18).
En outre, l'éthique chrétienne fait confiance à Dieu (Rom. 12: 19). Les
activités ou préoccupations du chrétien vont au-delà de la communauté
chrétienne.
13: 1 -7 = Principe de morale politique
L’apôtre exhorte soumission et obéissance à l'Etat (13: 1 -7). Il souligne
clairement le rôle des magistrats (v. 3 - 4) La notion de l'Etat est donc
voulue de Dieu (13: 1b ; cf. Dan. 4 : 17b, 25b). C'est ce qui justifie la
soumission de tous à « l'autorité supérieure » (v. 1a). C'est aussi ce qui
fonde le châtiment de la révolte (v. 2). « Car les magistrats sont des
ministres de Dieu ... » (v. 6).
Le terme « autorité supérieure» désigne-t-il celle des anges ou celle des
humains élevés en dignité? Cette dernière alternative est plus plausible.
En se soumettant à l'autorité temporaire, à côté de celle de Dieu (Rom.
12 : 1 - 2), le chrétien reconnaît et assume sa double citoyenneté. La
soumission aux autorités temporaires comporte la reconnaissance de
leurs droits sur nous (v. 4, 6-7). Cette soumission n'aura sa valeur devant
Dieu, que si nous l'affichons par nécessité morale (13: 5). D'ailleurs,
l'obéissance à l'autorité est liée à un autre devoir envers tous.
13 : 8-14 Autres principes de morale personnelle
a) La dette d'amour envers tous (v. 8 - 10).
L'apôtre vient de dire« rendez à tous ce qui leur est dû » (v. 7). Or, le
principe fondamental de tout comportement éthique, c'est bien la loi de
l'amour.
Les devoirs à l’égard de l’Etat, comme devoirs quotidiens envers autrui,
instituent autant de dettes dont les chrétiens doivent s'acquitter de façon
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
consciencieuse: la dette d’amour. Elle se paye dans un présent continu.
Comment l'amour est-il l’accomplissement de la loi? C'est qu'il « ne
saurait faire au prochain le tort que la loi condamne (adultère, meurtre,
vol, convoitise) » (C.L. de Benoît, cp. Cit., p.136).
b) Perspective du retour de Christ (13 : 11 - 14)
L'apôtre, pour renforcer cette exhortation à l'amour, rappelle ici le
retour imminent du Roi des nations.
D'abord, il incite ses lecteurs au réveil !, car, déclare-t-il, déclare-t-il, le
jour approche. Il convient de rappeler ici, les trois «aïônes : Aïônes passé
(de la création à la naissance de Christ), Aïônes présent (de là, au retour
de Christ) et Aïônes à venir (du retour de Christ à l'éternité).
Aïônes Passé
Aïônes Présent
Retour de Jésus -Christ
Aïônes à venir
Nous serions vers 4 heure du matin de l'aïônes présent (13 : 11 - 12a).
C'est pourquoi, en se dépouillant des œuvres des ténèbres, le chrétien
doit se revêtir des armes de la lumière (v. 12b, 13 ; cf Eph. 6 : 13 - 17).
Que signifient ces termes antithétiques ténèbres - lumière?
Dans la Bible, la lumière a le sens matériel (1 Tim. 6 : 18a ; Ps. 104: 2a ;
Exo. 20 : 18a) et moral. A ce sens, le Seigneur Jésus-Christ est la lumière
(Jn 9 : 5 ; 8 : 12). Cela désigne la Vérité et la Révélation qui sont venues
avec Jésus, d'une part. Mais aussi, les actions positives, véridiques, d'autre
part (Eph. 5 : 9 ; Rom. 13 : 1 a).
Les ténèbres, elles, au sens moral aussi, sont ce qui est en dehors de la
vérité: l'erreur, le mensonge et tout ce qui est attaché à cela: Rom. 13 :
12a - 13b ; 1 : 21. Et, c'est en cachette qu'ils agissent (Jn 1 : 5 ; 3 : 19 - 20).
Pour Vaincre cela, le chrétien, s'étant dépouillé de la chair et ses désirs,
doit se revêtir du Seigneur Jésus-Christ (13 : 14 ; cf. Zac. 3 : 3 - 5). C'est-à-
dire par sa foi et par la culture de sa piété, être en Christ et devenir une
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
seule plante avec Lui: Jn 15 : 5. En clair, il se revêt de la justice de Dieu, par
la foi en Jésus-Christ. Il peut vaincre la chair et ses convoitises.
14 : 1 à 15 : 13, Les forts et les faibles. Paul, étant suffisamment
informé de la situation spécifique des communautés de Rome, intervient
de façon très pratique: les problèmes de relations interpersonnelles. Il faut
qu'il ait entre les frères, des relations harmonieuses.
Les faibles ne mangent que des légumes. Peut-être pour éviter de
manger de viande sacrifiée aux idoles (cf. 1 Cor. 8 : 7). Alors que les forts,
eux, ils mangent sans inquiétude (cf. 1 Cor. 8 : 1,4). D'où:
1. Attitude de tolérance mutuelle (14 : 1 - 12)
a) le problème se pose par l’attitude des uns et des autres (1 :6). Celui
ou ceux qui mangent de tout, le font avec conviction. Ceux qui ne
mangent que des légumes, le font également avec conviction (v.2).
C’est la même attitude que les uns les autres adoptent dans la
distinction des jours (14 :5). Par ailleurs, ils ont, exactement la même
motivation v.6. C’est pourquoi, les uns les autres doivent respecter la
conviction de chacun (14 :3-4). Il faut adopter une sagesse : Dans les
choses essentielles : unité. Dans les choses secondaires : liberté. En
toutes choses : charité (Melanchthon).
b) En outre, une prise de conscience s'impose: notre raison d'être, c'est
notre appartenance au Seigneur (14 : 7 -- 8). Car Christ, par sa mort
et sa résurrection, a acquis tout droit sur tous (14 : 9). Par là même,
tous sont égaux devant Dieu (14: 10b - 12 ; cf. Phil. 2 : 9 -11 ).
Ainsi donc, il ne faut pas nous juger les uns les autres (14 : 10a), mais
plutôt, nous accueillir mutuellement (14: 1 . cf. 2 Rois 5 : 18 - 19a). Car
Dieu est le seul juge légitime, devant Lequel, tous nous rendons compte
(14 : 12 ; cf. Héb. 4 : 13).
2. Exhortations aux forts (14 : 13 - 23)
Au verset 13a, l'apôtre résume et insiste sur ce qui a été dit dans les
versets précédents et énonce le principe général en pareille situation (14 :
14b ; cf. 1 Cor. 8 : 9 - 10 ; 10: 32). Il est vrai dans le Seigneur, rien n'est
impur (14 : 14 ; cf. Tite 1 : 15 ; Ac. 10: 15). Cela date depuis la création
(Gen. 1 : 31). Ceci constitue la base de la liberté des forts dans la foi.
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
Mais par l'amour pour les faibles, ils doivent savoir gérer leur liberté: il
ne faut scandaliser, ni attrister personne (14 : 15 - 16). Que l'on soit fort
ou faible, ce qui compte, c'est l'action et l'œuvre du Saint-Esprit (14 : 17 -
19). Il ne faut, en aucune manière, détruire l'œuvre de Dieu en qui que ce
soit: c'est grave, il faut éviter cela (14 : 20 - 21).
Celui qui a une telle foi, doit en être heureux et savoir la garder pour
lui-même devant Dieu (14: 22). L'attitude contraire est péché (14: 23). Il
est question précisément de manque de foi (du grec pisteô). L'apôtre offre
une piste.
3. l’exemple à suivre, celui de Christ (15: 1-13)
Christ L.ui-même n'a pas cherché ce qui Lui plaisait (15 : 3). Bien au
contraire, il est écrit de Lui « .. , les outrages d0 ceux qui t'insultent
tombent sur moi» (Ps. 69 : 10). A son exemple, chacun doit adopter
une attitude de complaisance envers autrui (15:'1-2).
Pour CE· faire, nous avons des aides dans l'Ecriture (15 : 4 - 7) : l'Ecriture
a de la valeur pour nous dans la vie présente (v. 4 ; cf. 1 Cor. 10 : 11).
Mais surtout, Dieu Lui-même peut nous donner « les mêmes
sentiments ... », pour que, comme d'un seul homme, ils Le glorifient
(v. 5 - 6). Ainsi, l'unité est possible, quand les forts peuvent accueillir
les faibies (v. 7 ; cf 14: 1) : c'est une condition pour l'unité.
Double buts de Dieu, double ,ymne d'adoration (15 : 8 - 12).
Par le ministère de son Fils Jésus-Christ, Dieu a atteint un double buts:
a) En sauvant des Juifs, par Jésus-Christ, Dieu demeure fidèle, conforme
à ses prouesses faites aux pères (v. 8 ; cf. 9 : 4 - 5).
.fll-ACY 200S - 2(J(H
b) Mais le salut gratuit des païens a pour source, la miséricorde de Dieu
par Jésus-Christ (15 : 9 - 12). Aussi, de la bouche des uns et des
autre, s'élève un double hymne d'adoration (15 . 8 - 12 ; cf. Eph. 2 :
13 - 18).
CFTB, EFTAG, Epitre aux Corinthiens, 1er trimestre, 2013-2014, Rév. IFOUNGA Guy Roger
En définitive, la vraie puissance d'espérance et d'unité, vient du Saint-
Esprit (15: 13).
RemarquesJipales : chapitre 15 : 14 à 16 : 27
L'apôtre des gentil~~ fait une communication personnelle, concernant
plusieurs
faits ('15 : 14,,·,33) : .
a) Concernant sa lettre (v. 14 - 16)
Les ch;étiens de Rome étaient en très borlne santé spirituelle (v. 14).
Cependant, eil tant qu'apôtre de païens, Paul doit s'acquit er de son «
divin service de l'Evangile de Dieu ... » (v. 15 - 16). Aussi, leur écrit-il
avec hardiesse (v. 15).
b) Concernant sa mission (accomplie et ce qui restait à accomplir, 15 :
'1," - 24)
A travers Paul, l'action de Christ est puissante pour conquérir de vastes
contrées en Asie Mineure, et cela, « depuis Jérusalem et les pays
voisins» (15 : 17 €19). Les moyens: enseignement, action,
manifestations miraculeuses (v. 18 - 19). Sa méthode de travail,
œuvre pionnière (v. 20 - 2'1). Tout en se réjouissant de cette œuvre,
Paul reconnaît, la « force motrice de cette œuvre: puissance de
l'Esprit de Dieu » (C.L. de Benoît, p. 147; Rom. 15: 19; cf. 1 Cor.
15 :10b).
Mais, un autre projet cher, irréalisable jusque là, le sera enfin: aller à
Rome et en Espagne (15 : 22·- 24).
Pour l'immédiat, Paul se devait d'aller à Jérusalem (15 : 25 -- 29). But du
voyage: s'acquitter d'un service pour les saints de la dite ville (du
grec diakonône toïs agioïs).· ii s'agit des offrandes d'3s chrétiens de
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la Grèce (v. 25 - 26). Selon la 10giq'Je avancée, ici par l'apôtre Paul,
c'est un dû (v. 27 ; cf. 1 Cor. 9 : 11).
Pour ce voyage, l'apôtre sollicite de ses frères et sœurs de Rome, une
intercession EHl sa faveur (v. 30 - 3:~) ; parce qu'il pressentait que
de:; difficultés l'y attendaient:
[IJ Pour qu'il soit délivré des incrédules de Judée (v. 31ft)r ru 0ue le don
qu'il poP" 3UX saints soit agrée (v. 31~ ./
Ainsi, son arrivée à Rome sara marquée par la joie et le repos (15: 32).
L'apôue leur adresse son vœu habituel (15 : 33).
L'apôtre avait-il eu la joie de réaliser ce projet-là, comme il le
souhaitait? Voir Ac. 273t 28 ; mais plus précisément 27 : 1 - 2 ; 28 :
16 - 20.
16 : 1 - 16 = Salutations personnelles e recommandations
')11
· (' r
l'BACY 2003 . _00-1
[apôtre Paul recommande ici, Phoébé, diaconesse (16 : 1 - 2). Ce qui
montre clairement que l'apôtre approuve le ministère féminin.
Phoébé é~ait celtainement la porteuse de l'épître aux Romains.
L'apôtre passe , ensuite, à des salutations personnelles de 28
personnes, frères et sœurs en Christ (16 : 3 - 15). Il est intéressant de
constater que l'apôtre dit quelque chose de particulier concernant
chacune de ces personnes. Il leur apporte aussi les salutations de «
toutes les Eglises de Christ» (16 : 16b).
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Avant cela, Il jes engage à se saluer avec une marque particulière: «
saint baiser» (19 : 16a ; cf, 1 Cor, 16: 20 ; 2 Cor. 13: 12 ; 1 Pi, 5 : 14).
Du grec ( philema », baiser, ce geste d'affection pure et fraternelle, est
différ'3nt (lU « oaiser » entre homme et femme, qui émane plutôt de
l'amour sensuel. (voir '':;ant. Î : 2 ; 7 : 9b -10).
L'apôtre glisse, après ces notes personnelles, une exhortation, pour
qu'il prenne garde à eux-mêmes, à de~ faux parmi eux(16 : 17 - 20). Il
Y a une évidence q' 'e le peuple de Dieu doit toujours prendre en
compte: l'ennemi sème toujours « de l'ivraie parmi le blé» (Mat. 13 :
24 - 25) et les deux peuvent « croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à
la moisson ... » (Mat. 13 : 30)
Les communautés de Rome doivent donc apprendre la sagesse et les
saints doivent demeurer purs, du grec akeraïos = «non mélange, ...
non souillé ». La victoire est très prochaine (16 : 20). En effet, la
bienveillance de Christ est avec eux! (kharis).
Paul prend soin d'apporter aux chrétiens de Rome, les salutations
fraternelles de ses compagnons d'œuvre (16 : 21 - 23). Le verset 24
ne se trouve pas dans tous les manuscrits faisant autorité. Parmi les
co1laborateurs de Paul, son secrétaire, Tertius, salue aussi (16: 22;
cf. Jér. 36 : 4). Nous pouvons comprendre cela par Philemon 19 : Paul
n'écrit pas toujours lui-même ses lettres.
L'apôtre ee-- arrive à la bénédic-+il)n et doxoiogie finaie (1 ô : 24'- 27).
Tout en giorifiant le Oi~u Eternel, l'apôtre souligne trois grandes
réalités :
,.:.') nie' '!+ roll ,'1 qu'l afform'l+ loS ('r"\I~ntc rI;=!nc IOl,r fA; (v 21;) .
..• t-/~ U ",V'-'lt"...I Il...,11 \.l ••••.• VVJV'CIIV~.A;A:I"'''I''''''''-A1 VI • V ,
')) Le m'. tère caché pendant des siècles, le salut en Jésus-Christ, est
mani sté (v 26) ;
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e) Toutes les nations peuvent accéder à cela (v. 26).
A Dieu :3su! toute la gloire! (v. 27) ..
En bref') dis()ns que Paul, apôtre d.es gentils mais polyvafentj en
écrivant cette épître, a été lui-même profondément saisis: devant
tout ce qL'e Dieu a fait de gratuit
ioua!lge au Dieu Tout-Puissant" Amour et Miséricordieux.
, )·l .. ,:~
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Il,
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: 1:- Considération générale sur les épîtres de Paul
- ~ ~s' e ent parlant, la formule « épître)} était un genre littéraire de
l'antiquité, re~::~ ~œssaire par i'6xpansion de l'empire greco-romain.
On faisait usage à ce >.Jo) ~ 1 our influencer i'opinionpubfique.dans
les circonstances historiques précis, e le 0::1 ur. enseignement dont
la portée dépasse les circonstances historiques et les destinatai:--
esininiédiats. (Ro.16 : 5 ; 1 Cor.1 : 2 ; ColA: 16).
On j"sC'Jn:'laît que les écrits de Paul sont difficiles à comprendre.
L'apôtre Pierre recor:naÎt aussi cel~Pi.3 : 16). Pourquoi cela?
1,·· Difficultés dues à la langue
8- Le voc •.• Julaire : L'apôtre Ci u.tilisé des termes du langage
juridique, sportif, commercial, etc. ignoré dans le reste du N.T.
La découverte des papyrus qui ont projeté une lumière sur le Koinè
(langage de j'homme de la rue) a aidé à la compréhension.
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,r lVIét.onymies: La grande richesse de sa pensée fait que Paul, le plus
souvent, charge chacun des mots de plusieurs sens; exemple le.. « loi
)} dans son épître aux Romains. Il désigne tantôt le code légal en
général, (Romains 5 : 13b) ; tantôt la loi de Moïse (5 : 13a ; 2 ~ 25-27)
; tantôt l'AT. tout entier (3 : 21).
2- Difficultés due aux styles
Le style paulinien est difficile en raison des longue phrases, de longue
parenthèse$. (Ex: 1 Cor. 7 : 17-25) et les répétitions.
3· L'apôtre a contracté les habitudes littéraires de son époque
Pa exemple la personnification des notions abstraites (1. Cor.13).
D'autres formes usuelles étaient la diatribe (genre de discours
dialogués) ... par l'interrogation on provoquait des objections que
l'on rMutait immédiatement (Ro.3 : 3; 5 : 6 ; 6 : 1).
4- Oifficultés dues à la forme d'esprit de Paul
Mème s'il élvait quelque peu, l'influence des Grecs, Paul était un
sémite. Sa pensée suit d'autres cheminements que le raisonnement
cartésien. Et comme Juif, formé Pd'- j'AT., il procède par un cercle
concantrique (tourner et retourner autour d'un sujet. Au lieu des
développements en trois points ou la progression: thèses 3r,tithèses,
Paul procède par .Ies parallélisme synonymiques (Rom, 9: 2); le
parallélisme antithétique (1 Cor.12 : 26) ; etc.
D'autre part, les sources de Paul sont diverses: l'AT. dont il fait 90
citations (Ex. :
Rom. Î et 2) ; les auteurs Gï8CS profanes (Actes Î 7 : 28, TitH Î : Î 2) ; des
hymes primitifs (Col.1 : 15-20 ; Eph.5 : 14 ; Phil.2 : 6-11),
Métonymie: (du grec metônimia) = changerr.ellt de nom.
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Procédé paï lequei on exprime l'effet par la cause, le tout par la partie,
Exemple, il vit de son travail, pour du fruit de son travail, etc,