Mc3a9thode Dissertation
Mc3a9thode Dissertation
LA DECOUVERTE DU SUJET
LE TRAVAIL PREPARATOIRE
1
3. La mise au net du plan.
4. La rédaction de l’introduction.
• Le plan est la clé de votre devoir. Il doit être complet, précis et surtout
démonstratif. Il permet de répondre méthodiquement à la question posée ; il
visualise la progression de la réflexion, elle-même dirigée vers la réponse à
fournir.
L’INTRODUCTION
• Mettez les idées au clair le plus simplement possible. Ne procédez pas par
allusion, comme si le lecteur était au courant (« Cette opinion de… » ! Quelle
opinion ?). Le correcteur adopte la posture de celui qui ne connaît pas à
l’avance le sujet ; il faut donc le lui présenter. C’est l’objet de l’entrée en
matière pour laquelle vous pouvez vous référer aux textes du corpus ou au
thème qui y est traité.
2
• Séparez l’introduction du développement en sautant deux lignes.
LE DEVELOPPEMENT
• Les deux ou trois parties (on saute une ligne pour les séparer) doivent
apparaître nettement.
• Avant tout, cherchez à montrer que votre développement est le produit d’un
raisonnement. Vous devez démontrer quelque chose, progresser dans votre
réflexion pour parvenir à un résultat. Pour cela il est indispensable de tenir
clairement le fil conducteur de votre développement que vous prendrez soin
de nettement baliser par des connecteurs logiques judicieusement employés.
Dans tous les cas, il faut à chaque étape soiuligner que vous n’avez pas
oublié la problématique et ses différents aspects. C’est elle qui architecture
votre raisonnement, lui donne une colonne vertébrale.
3
empiler les références, à faire des listes, alors qu’on attend plutôt l’analyse
approfondie de quelques exemples bien choisis.
-Ne « parachutez pas » vos exemples ou vos citations au beau milieu du
devoir. Citations et références ne suffisent pas à elles-mêmes. Elles doivent
être amenées par une phrase qui les relie à l’ensemble de l’argumentation.
Elles sont ensuite exploitées.
-Ne vous limitez pas nécessairement aux exemples tirés du descriptif. Utilisez
largement les textes figurant dans le corpus et n’oubliez pas de vous référer à
vos connaissances personnelles. Ne négligez pas le recours souvent
intéressant à des exemples issus d’autres formes d’art que la littérature
(cinéma, peinture, architecture, musique…).
-Ne perdez pas de vue la relation entre le sujet et l’objet d’étude signalé en
en tête du corpus.
-Ne terminez pas une partie et a fortiori un devoir par un exemple. Une
récapitulation générale de l’idée qu’on a voulu démontrer est absolument
nécessaire. L’usage de la conjonction « donc » est un bon moyen de signaler
votre déduction, fût-elle provisoire selon l’avancée du développement.
LA CONCLUSION
• Elle est distinctement séparée du développement (on saute deux lignes). Les
deux mouvements de la conclusion doivent par ailleurs apparaître nettement
(deux paragraphes).
• Le premier paragraphe tient lieu de synthèse mais n’est pas une plate
répétition des idées émises dans le devoir ou, pire, la reprise de l’annonce du
plan figurant en fin d’introduction. (Exemple : « Dans une première partie nous
avons vu que…Puis nous avons ajouté que… ») La conclusion apporte en fin
d’analyse la réponse à la question posée dès l’introduction (problématique).
4
L’EXPRESSION
• Evitez les participes présents qui alourdissent les phrases et sont à l’origine
de nombreuses incorrections.
A bannir :
• L’oubli de la négation « ne ou « n’ ».
Quelques « trucs » :
• Rédigez au présent.
REMARQUES GENERALES
• Une dissertation est l’aboutissement d’un long travail. Ne rendez pas une
copie illisible, raturée et mal présentée. Pensez que la copie va être lue et
évaluée.
***
6
EXEMPLES DE SUJETS DE DISSERTATION SUR LE ROMAN
ET SON PERSONNAGE
Selon vous, un personnage de roman doit-il émouvoir, faire rêver ou faire réfléchir ?
Vous répondrez à la question en vous appuyant sur les textes du corpus, les romans
que vous avez étudiés ainsi que sur vos lectures personnelles.
Dans quelle mesure les descriptions dans le roman révèlent-elles la vision qu'a
l'écrivain de l'homme et du monde ? Vous répondrez dans un développement
organisé, en vous appuyant sur les textes du corpus, les romans étudiés en classe et
vos lectures personnelles.
7
EXEMLES DE QUESTIONS D’ENSEMBLE SUR UN CORPUS
Dans quelle mesure ces portraits prennent-ils appui sur le réel, dans quelle mesure
le transposent-ils ?
Votre réponse n'excédera pas une trentaine de lignes.
Comparez les figures féminines et la manière dont elles sont évoquées dans les
quatre textes.
Comment s'expriment les sentiments du poète dans les quatre textes du corpus ?
(Ne pas excéder une vingtaine de lignes).
8
Un exemple de dissertation d’élève (1ère)
L’engagement de l’écrivain est présent aussi bien dans ses œuvres que dans
sa vie quotidienne.
Il met sa plume au service d’une cause, Brink le fait pour une cause politique &
sociale, en revendiquant l'égalité pour tous, mais il n’est pas le seul. Victor Hugo
notamment, dénonce la peine de mort à travers Le Dernier jour d’un
condamné révélant ce que le condamné a vécu et éprouvé ; de son procès jusqu’à
son exécution. Il explique à quel point l'Homme se sent tout puissant, trop puissant,
et essaie de s'attribuer le rôle Dieu : prédire la dernière heure d'un autre. Le lecteur
devine aisément les pensées de Hugo, à savoir qu'aucun homme ne devrait subir
ses derniers instants, en sachant quand sa vie se terminera.
9
C’est un véritable combat dans lequel se livre l’écrivain, il s’engage contre une
cause et pour les ‘faibles’’. Reprenons l’exemple d’Hugo, avec Les misérables cette
fois, dans lequel il prend la défense des hommes et des femmes misérables,
pauvres, en s’opposant au régime de Napoléon III. Hugo est convaincu que
l'instruction, l'accompagnement et le respect de l'individu sont les seules armes de la
société qui peuvent empêcher un pauvre de devenir infâme. Le roman engage une
réflexion sur le problème du mal. Il se trouve que, toute sa vie, Hugo a été confronté
à la peine de mort, il a vu de nombreuses exécutions à la guillotine. Un des thèmes
du roman est donc le crime de la loi, ce qui illustre bien cette idée de dénonciation.
L’engagement est une véritable tradition littéraire, pas seulement parce que les plus
grands écrivains sont engagés (Voltaire, Zola, Molière, Hugo..), mais plutôt par
l’intérêt porté à la société et au monde entraînant un engagement très dépendant de
l’actualité. On dit alors que l’écrivain est embarqué face aux événements. Il n’a pas
vraiment le choix de rester en retrait et de laisser les injustices se faire, il se doit de
s’impliquer. Camus lui-même, le dit dans son Discours de Suède : « Tout artiste
aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps ». Même si le monde dans
lequel l'écrivain vit n'est pas celui dont on pourrait rêver, s'engager pour un monde
meilleur est presque une obligation.
Etre un écrivain engagé, c’est aussi s’impliquer dans l’action, dans la vie. Jean Paul
Sartre, par exemple, a fait la guerre. (Bien que, plus tard, dans Les séquestrés
d’Altona, il ait écrit « La guerre, on ne la fait pas : c’est elle qui nous fait »). Il a donc
été directement impliqué dans l’actualité. D’autres ont écrit des thèses, comme
Luther avec ses Quatre-vingt-quinze thèses dénonçant les indulgences de l'Eglise.
D’autres encore signent des pétitions ou écrivent des articles, comme Zola
avec J’accuse, publié dans le journal l’Aurore, lors de l’Affaire Dreyfus. Cela a ainsi
permis de rendre justice et de prendre la défense du camp dreyfusard, qui en avait
bien besoin. Camus, lui, a pris position dans le journal Combat pendant la
Collaboration. Il a montré aux Résistants qu'ils étaient soutenus et qu'ils ne se
battaient pas pour rien. Albert Camus a aussi écrit des articles pour l’Alger
Républicain, dans lequel ses articles tranchent violemment sur ceux de la presse
conformiste algérienne. Cette différence est notamment visible dans trois affaires
10
qu'il a couvertes : L'affaire Hodent, il prouve qu'un commis de ferme est innocent du
vol dont l'accuse un richissime colon ; L'affaire El Okby, il démontre l'innocence d'un
Musulman inculpé d'assassinat sur ordre des Pouvoirs ; L'affaire de la Marinière, il
s'insurge contre les conditions de transport des forçats français.
Mais cette implication n’est pas sans risque. C’est pourquoi Hugo, en contestant le
régime de Napoléon III, s’était vu exilé par un décret d'expulsion, signé par ce
dernier.
Il est donc évident que la littérature engagée a des risques et des limites.
La position de l’écrivain est à prendre en compte : sa situation et son histoire peuvent
modifier sa façon de voir les choses et de les interpréter. Ainsi, un écrivain ne peut
se dire objectif, il critique et dénonce ce que d’autres pourraient valoriser. Par
exemple, Voltaire dans Candide critique, entre autre, l’utopie de la philosophie de
Pangloss. Elle n’est pas valable dans la vraie vie car son optimisme l'empêche de se
rendre compte véritablement du mal qui l'entoure : celle-ci s'en remet toujours à
Dieu. Voltaire, par Candide, veut faire adopter sa philosophie en montrant qu'on peut
améliorer la vie des hommes malgré le mal étant sur Terre et que celui-ci n'a été
généré que par les hommes. Un point de vue, certes intéressant, mais probablement
différent de beaucoup d'autres écrivains.
11
entretien dit « Je suis un écrivain, je suis un rêveur et plus je m’engagerai, plus je
m’éloignerai de ma vraie nature ». Quand on s'engage dans la société par le biais de
la littérature, on en oublie le rêve, l'évasion. " L'œuvre d'art ne doit servir à aucune
doctrine sous peine de déchoir. " dit Flaubert, montrant peut-être ainsi qu'il ne
s'engage que dans son œuvre, et pas au sens commun du terme.
Kafka pense lui qu'écrire est une consolation, une expression de soi, qui va jusqu'à
la libération de ses angoisses ou obsessions, presque un exorcisme. Ionesco, de
son côté, laisse les hommes politiques et fondateurs de religions apporter des
messages aux hommes. Il ne cherche pas à changer le cours des choses et n'écrit
que par plaisir. Ces auteurs ne sont pas contre l’engagement de l’artiste en tant
qu’individu,
mais contre l’engagement direct de l’art au service d’une cause, quelle qu’elle soit.
L’hebdomadaire Le Figaro, défend lui aussi la théorie de l’art pour l’art face à
l’engagement idéologique et politique des intellectuels.
Mais attention à ne pas se méprendre, le silence est une forme de révolte, il ne peut
donc pas être considéré comme une forme de contre engagement. « Se taire, n’est
pas être muet, c’est refuser de parler donc parler encore », Sartre. Mais le silence
n'est pas approuvé par tous, Brecht le dénonce : « Celui qui ne sait pas est un
ignorant ; celui qui sait et qui se tait est un malfaiteur. »
La définition que se fait André Brink de la littérature est honorable. Le fait qu’il
soit un écrivain engagé se battant pour une cause digne, et en valant la peine,
permet d’adhérer plus facilement à son point de vue. Néanmoins, il appartient à
chacun de souscrire ou non à la position de Brink. La vision des « contre-engagés »
est tout aussi juste et compréhensible, chaque lecteur comme tout écrivain a sa
propre opinion personnelle.
Il est regrettable que, de nos jours, la littérature, dépendante de sa subtilité, ne
soit plus autant privilégiée pour prendre la défense d’une cause auprès du grand
public. Désormais le cinéma, la musique, les bandes dessinées, touchent de plus en
plus de monde, grâce à leur accès plus facile. Ils ont donc pris la relève de l'écriture.
Peut-on laisser de côté la littérature et privilégier d’autres formes artistiques, tel que
le 7e art, pour s’impliquer dans la société ?
12
Un exemple de dissertation d’élève (2de)
L’ecrivain s’accomplit par l’écriture et l’engagement. De tout temps les écrivains ont
mit leur plume au service de causes humanitaires ou politiques diverses ,
s’engageant personnellement en mettant sa renommée dans la balance de l’opinion
publique. L’engagement de l’écrivain s’inscrit dans le cadre des problèmes et des
injustices auquel il est confronté à son époque. « Tout artiste aujourd’hui est
embarqué dans la galère de son temps. Il doit s’y résigner. » A.Camus. Le métier
d’écrivain est donc le choix de mettre son art au service de ceux qui souffrent et ne
peuvent s’éxprimer librement. Il défend les grands principes de liberté et d’égalité et
dénonce les problèmes de la société pour contribuer à son amélioration : E.Zola et
son article de presse intitulé « J’accuse ! » avais fait grand bruit dans l’affaire Dreyfus
, Il a défendu par ses écrits un homme accusé à tort d’avoir trahit son pays et
dénoncé le gouvernement. Il fut condamné à la prison pour ce même article. E.Zola
est le parfait exemple d’un écrivain engagé : Il a mit sa renommée au service de la
vérité et a participé à la liberation d’un innocent dans cette affaire qui a divisé la
France pendant douze ans. Comme la peine obtenue par Zola , un tel engagement
s’accompagne de risques pour l’écrivain : prison , censure… au cours de l’histoire ,
plusieurs d’entre eux ont dû s’éxiler de leur pays pour pouvoir continuer à écrire :
V.Hugo , Voltaire… Continuer à écrire malgrès le danger est à la fois le devoir de
l’écrivain et sa principale difficulté au risque d’être à son tour critiqué : « Si , devenus
modestes , ils se taisent , on ne leur parlera plus que de leur silence pour le leur
repprocher bruyamment. » A.Camus. Le silence de celui-ci peut mettre sa renommée
en question au point de ne plus être crédible auprés de l’opinion publique.
Pour de nombreux artistes l’engagement est donc nécessaire et indisociable de la
littérature , ce point de vue n’est pas le cas de tout les écrivains.
En effet l’opinion diverge sur cette notion et tout les écrivains ne sont pas prêts à
s’engager , ils dénoncent la chute dans le sectarisme et considèrent la littérature en
premier lieu comme un art et non un moyen de défendre des idées politiques ou des
idéaux. « Ce n’est pas la passion qui détruit l’œuvre d’art , c’est la volonté de
prouver. » dit André Malraux , qui dénonce l’utilisation de la littérature à des fins de
propagande. D’autres , comme Jean de la Fontaine ne cherchent pas à s’engager
13
politiquement mais à instruire le peuple avec des fables à valeur morale en
dénoncant les travers de l’homme. Ces fables ont une visée satirique et délivrent un
enseignement. D’autres formes de littérature existent , H.Troyat déclare par
exemple : « Je suis un écrivain , je suis un rêveur et plue je m’engagerais , plus je
m’éloignerai de ma vraie nature. ». Le seul but de ce romancier est de donner du
plaisir et de faire rêver ses lecteurs par le biais de romans et d’histoires. Il confesse
par ailleurs « Je ne m’occupe pas de politique. Je ne m’en desinteresse pas, c’est
impossible dans le monde contemporain , mais je ne suis pas un animal politique ».
Le non engagement ne signifie donc pas l’éxil du monde moderne , il choisit de ne
pas s’y impliquer. Un dernier mouvement prône « L’art pour l’art » comme Théophile
Gautier : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est
utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont
ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. » D’après les artistes
adeptes de ce mouvement , l’art sert avant tout à montrer la beauté de ce qu’on
représente , ils sont du côté de l’absolue gratuité de l’œuvre et recherchent la
perfection. C’est donc ainsi qu’ils refusent de s’engager dans des causes sociales ou
dans des causes politiques qu’ils pourraient laisser transparaître dans leurs écrits.
14
Exemple d’une introduction et d’une partie rédigées consacrées à Zola
15
années une des figures les plus en vue du tout
Paris mondain. Renée, sa femme, s’enorgueillit
d’avoir croisé un jour le regard de l’Empereur
Napoléon III. Le roman s’attarde donc sur la
description de ce Paris en pleine mutation. La
capitale est maintes fois décrite, avec ses quartiers
détruits « à coup de hache » et ses nouvelles
avenues, par exemple celles du quartier où réside
le couple. Ces descriptions s’accompagnent ainsi
de la peinture du milieu social. Dans L’assommoir,
roman du peuple, Zola évoque le quartier misérable
de La Goutte d’or. Il explore alors une nouvelle
facette de la ville et l’existence d’une autre
catégorie sociale, celle des ouvriers et des sans
logis. Le cadre offre donc un décor général – dans
les deux romans cités, Paris – et particulier, les
nouveaux beaux quartiers et le Paris ancien où
vivent les plus pauvres. Saccard ou Renée
deviennent crédibles dès lors que leur
environnement révèle leur statut social. La
blanchisseuse Gervaise, héroïne de L’Assommoir,
prend vie dans l’esprit du lecteur puisqu’elle est
saisie dans la réalité d’un quartier populaire qui est
également son milieu. Dès lors, d’un roman à
l’autre, d’une situation à une autre, ce sont des
oppositions de classe qui sont analysées. Au sein
d’un même roman, l’itinéraire d’un personnage d’un
lieu à un autre peut aussi matérialiser avec
vraisemblance sa progression ou sa dégradation.
Saccard est originaire d’une ville de province,
Plassans. En « montant » à Paris sur les conseils
de son frère Eugène il parvient à se hisser au plus
haut rang de la société. A l’inverse, Gervaise suit
une courbe inverse. A mesure de son parcours, son
environnement se détériore de plus en plus et elle
mourra, abandonnée et affamée, sous la soupente
d’un escalier. On comprend ainsi que le cadre
évoqué par l’auteur contribue à ancrer ses
personnages dans la réalité d’un milieu qui permet
de mieux les identifier en référence à des réalités
connues du lecteur.
16