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Mc3a9thode Dissertation

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AIDE-MEMOIRE DE LA DISSERTATION

La dissertation est définie comme suit dans les instructions officielles :

« La dissertation consiste à conduire une réflexion personnelle et argumentée à


partir d’une problématique littéraire issue du programme de français. Pour
développer son argumentation, le candidat s’appuie sur les textes dont il dispose, sur
les « objets d’étude »de la classe de première, ainsi que sur ses lectures et sa
culture personnelle. »

LA DECOUVERTE DU SUJET

• Le principal danger de la dissertation est le hors-sujet. Pour l’éviter, une


analyse sérieuse de l’énoncé est indispensable. Cette analyse conduit à :

• Cerner le thème du sujet, c’est-à-dire le domaine qui constituera le cadre de la


réflexion à mener. Par exemple, la fonction de la poésie, le rôle du lecteur
dans l’établissement du sens d’un texte, les moyens de mieux convaincre, la
distinction entre biographie et autobiographie, etc…

• Repérer, comprendre et reformuler le problème posé. Que vous est-il


demandé ? Quel(s) problème(s) avez-vous à résoudre ? Par exemple : le
détour par l’autobiographie peut-il aider un biographe dans sa tâche ? En quoi
sa propre vie éclaire-t-elle celle d’autrui ?

• Prendre conscience des consignes imposées. Par exemple, illustrer la


réflexion à l’aide des textes tirés du corpus, des lectures de l’année, de
l’expérience personnelle…

• Prendre conscience du lien qui s’établit entre le sujet de la dissertation, la


question transversale et l’ensemble du corpus fourni.

LE TRAVAIL PREPARATOIRE

• Le travail préparatoire se fait au brouillon. Celui-ci doit être clair et ordonné.


N’écrivez pas dans n’importe quel sens, au risque de vous perdre. Utilisez de
préférence le stylo-plume plutôt que le crayon. Utilisez des feutres de couleurs
différentes pour distinguer les étapes de votre travail.

• Au brouillon, vous procédez à :


1. L’analyse du sujet, celle-ci débouchant sur la formulation d’une problématique
(le problème à résoudre).
2. La recherche des idées et des exemples qui leur sont associés. A ce moment-
là, vous n’hésiterez pas à faire le point sur les connaissances et références
que vous pouvez éventuellement mobiliser puis trier en fonction du problème
posé. Quelles sont vos « réserves » ? Avez-vous de quoi traiter le sujet ?

1
3. La mise au net du plan.
4. La rédaction de l’introduction.

• Le plan est la clé de votre devoir. Il doit être complet, précis et surtout
démonstratif. Il permet de répondre méthodiquement à la question posée ; il
visualise la progression de la réflexion, elle-même dirigée vers la réponse à
fournir.

L’INTRODUCTION

• En principe, l’introduction comporte comme pour un commentaire trois


mouvements : entrée en matière pour présenter le thème du sujet,
problématique, annonce du plan.

• Mettez les idées au clair le plus simplement possible. Ne procédez pas par
allusion, comme si le lecteur était au courant (« Cette opinion de… » ! Quelle
opinion ?). Le correcteur adopte la posture de celui qui ne connaît pas à
l’avance le sujet ; il faut donc le lui présenter. C’est l’objet de l’entrée en
matière pour laquelle vous pouvez vous référer aux textes du corpus ou au
thème qui y est traité.

• Evitez les entrées en matière trop stéréotypées (« Depuis que l’homme


existe… ») et la référence trop plaquée à l’objet d’étude (« Dans le cadre de
l’objet d’étude, le roman et son personnage… »)

• Lorsqu’on vous propose une citation à commenter, évitez d’en proposer ou


d’en ajouter une autre. Si cette citation est très longue, choisissez les
passages les plus importants et reformulez l’ensemble par une phrase de
synthèse.

• Soyez attentif au lien logique entre l’entrée en matière et la problématique. La


relation doit être évidente et peut être soulignée par l’adverbe « ainsi ». C’est
bien l’amorce qui « amène » à la problématique et la problèmatique qui
« amène » au plan.

• La problématique peut être une phrase interrogative directe. Par exemple :


« Ainsi, amuser le lecteur par un récit pittoresque est-il un bon moyen de le
convaincre ? ». On peut préférer une interrogation indirecte : « Ainsi, on peut
se demander si le recours à la fiction s’avère nécessaire pour mieux
convaincre. » Dans ce cas le point d’interrogation est inutile et il n’y a pas
d’inversion du sujet.

• Ne multipliez pas les questions pour annoncer le plan en fin d’introduction.


Evitez surtout : « Dans un premier temps je montrerai que… Dans un
deuxième temps, etc… ».

2
• Séparez l’introduction du développement en sautant deux lignes.

• Dernier conseil non-orthodoxe : en cas d’hésitation sur le plan à suivre dans le


développement, laissez un blanc en fin d’introduction. Ce n’est qu’à la fin du
travail que vous n’oublierez pas de compléter l’introduction en fonction du plan
effectivement suivi au cours de votre réflexion.

LE DEVELOPPEMENT

• Les deux ou trois parties (on saute une ligne pour les séparer) doivent
apparaître nettement.

• Pour chaque partie ou sous-partie, utilisez la méthode du « trois » :


1. Idée directrice, thèse ou idée principale.
2. Arguments et exemples.
3. Bilan provisoire et phrase de transition vers la partie suivante.

• Les paragraphes constituent des unités de sens et sont composés en fonction


de l ‘avancée de la réflexion. Le lecteur-correcteur doit comprendre, au
premier coup d’œil, que le devoir est structuré. Evitez pour cela les devoirs
trop compacts, sans aération, sans respiration intérieure. Ne tombez pas dans
l’excès inverse et n’allez pas à la ligne n’importe où. Une multiplication de très
petits paragraphes (deux ou trois lignes) produit une impression
d’émiettement qui ne favorise pas la compréhension du lecteur.

• Avant tout, cherchez à montrer que votre développement est le produit d’un
raisonnement. Vous devez démontrer quelque chose, progresser dans votre
réflexion pour parvenir à un résultat. Pour cela il est indispensable de tenir
clairement le fil conducteur de votre développement que vous prendrez soin
de nettement baliser par des connecteurs logiques judicieusement employés.
Dans tous les cas, il faut à chaque étape soiuligner que vous n’avez pas
oublié la problématique et ses différents aspects. C’est elle qui architecture
votre raisonnement, lui donne une colonne vertébrale.

• Parmi les erreurs à éviter :


-N’ affirmez pas ce dont vous n’êtes pas sûrs. N’inventez pas.
-N’affirmez pas ce que vous ne pensez pas. En revanche, rapportez avec
distance les idées que vous ne partagez pas. Par exemple : « Certains
lecteurs pensent que…. Il semble au contraire que… ».
-Ne cherchez pas à replacer coûte que coûte vos connaissances. Restez
dans le sujet, évitez de développer trop longuement les idées secondaires.
-Evitez les idées reçues, les évidences, les propos trop généraux, les
jugements de valeurs non fondés.
-Ne vous contentez pas de citer un auteur ou une œuvre. Exploitez vos
exemples, expliquez-les. Un bon exemple développé sur un paragraphe
entier de dix à quinze lignes vaut mieux qu’une multiplication de références
survolées. En d’autres termes, évitez le devoir-catalogue qui consiste à

3
empiler les références, à faire des listes, alors qu’on attend plutôt l’analyse
approfondie de quelques exemples bien choisis.
-Ne « parachutez pas » vos exemples ou vos citations au beau milieu du
devoir. Citations et références ne suffisent pas à elles-mêmes. Elles doivent
être amenées par une phrase qui les relie à l’ensemble de l’argumentation.
Elles sont ensuite exploitées.
-Ne vous limitez pas nécessairement aux exemples tirés du descriptif. Utilisez
largement les textes figurant dans le corpus et n’oubliez pas de vous référer à
vos connaissances personnelles. Ne négligez pas le recours souvent
intéressant à des exemples issus d’autres formes d’art que la littérature
(cinéma, peinture, architecture, musique…).
-Ne perdez pas de vue la relation entre le sujet et l’objet d’étude signalé en
en tête du corpus.
-Ne terminez pas une partie et a fortiori un devoir par un exemple. Une
récapitulation générale de l’idée qu’on a voulu démontrer est absolument
nécessaire. L’usage de la conjonction « donc » est un bon moyen de signaler
votre déduction, fût-elle provisoire selon l’avancée du développement.

LA CONCLUSION

• Elle est distinctement séparée du développement (on saute deux lignes). Les
deux mouvements de la conclusion doivent par ailleurs apparaître nettement
(deux paragraphes).

• Le premier paragraphe tient lieu de synthèse mais n’est pas une plate
répétition des idées émises dans le devoir ou, pire, la reprise de l’annonce du
plan figurant en fin d’introduction. (Exemple : « Dans une première partie nous
avons vu que…Puis nous avons ajouté que… ») La conclusion apporte en fin
d’analyse la réponse à la question posée dès l’introduction (problématique).

• Le second paragraphe permet un élargissement du problème, c’est-à-dire une


« ouverture » logique du sujet. Vous pouvez vous référer pour cela au corpus
des textes fournis.

• A éviter dans la conclusion :


-Introduire une nouvelle idée qui aurait dû être traitée dans le développement.
-Répéter textuellement les arguments figurant dans le développement.
-Multiplier les questions dans le second et dernier paragraphe.
-Reposer la question figurant dans le sujet ( !) .
-Détruire, en une phrase, toute l’argumentation du devoir en affirmant au bout
du compte le contraire de ce qui a été démontré.
-Terminer par des questions pseudo-philosophiques (« Mais finalement qui
sommes-nous ???… »
Ouvrir le sujet sur un aspect trop secondaire ou… trop général.

4
L’EXPRESSION

Emplois ou fautes à éviter :

• Evitez le pronom « il » suivi d’un verbe personnel en début de paragraphe.


D’une façon générale, attention aux pronoms placés trop loin du nom qu’ils
remplacent. Votre lecteur se perdra si vous ne précisez pas de qui ou de quoi
vous voulez parler. Pour éviter les répétitions, utilisez les synonymes et les
périphrases.

• N’utilisez pas le pronom « je » et toutes les expressions qu’il implique : « Pour


moi » , « A mon avis « , etc.

• Les termes imprécis comme « chose », « gens », « personne » mais aussi


« livre » sont à éviter. On utilisera en revanche « les lecteurs », « le public »,
« l’audience », « les connaisseurs », « un roman », « un recueil poétique »,
« une tragédie », « une farce », etc.

• Evitez les verbes « passe-partout » : être, avoir, faire, dire, penser…

• Evitez «Donc » et « En effet » en début de phrase. Placez-les plutôt après le


verbe : « Voltaire illustre donc sa théorie… » plutôt que « Donc, Voltaire
illustre sa théorie… ».

• Evitez les participes présents qui alourdissent les phrases et sont à l’origine
de nombreuses incorrections.

• Evitez les propositions subordonnées (introduites par « qui », « quand »,


« alors que », « tandis que ») employées sans proposition principale : « Les
Lettres persanes sont un roman épistolaire. Tandis que L’Esprit des Lois est
un essai. » est incorrect. Il suffit de remplacer le point par une virgule après
« épistolaire » pour que la phrase devienne correcte.

A bannir :

• Les écarts de langage, le style oral.

• Les phrases « fourre-tout », longues, mal ponctuées.

• Les ruptures de construction. La phrase commence au présent et se poursuit


au pluriel.

• L’oubli de la négation « ne ou « n’ ».

Quelques « trucs » :

• Utilisez le point-virgule. Il n’interrompt pas la phrase mais distingue nettement


deux idées complémentaires .
5
• Utilisez les deux points ( :) ; très pratiques pour exprimer un rapport de
cause-conséquence sans alourdir la phrase.

• Essayez d’alterner des sujets différents au début des phrases.

• Utilisez l’expression « Il s’agit de… ».

• Limitez la longueur de vos phrases. Evitez les phrases complexes de plus de


deux subordonnées (attention notamment aux cascades « de « qui » dans
une même phrase).

• Rédigez au présent.

REMARQUES GENERALES

• Votre brouillon gagnera à être propre, ordonné, clair et correctement


orthographié.

• Une dissertation est l’aboutissement d’un long travail. Ne rendez pas une
copie illisible, raturée et mal présentée. Pensez que la copie va être lue et
évaluée.

• L’orthographe négligée peut coûter cher. C’est à la fois la première et la


dernière chose à vérifier.

• Sachez respecter les règles usuelles de présentation et de typographie :


-On souligne un titre d’ouvrage.
-On met entre guillemet :
o les citations d’auteur
o le titre d’un article, d’un chapitre, d’un poème.
o un mot au sens particulier.
-On n’oublie pas les majuscules
o en début de phrase.
o pour les noms propres.

• Une bonne rédaction passe par un travail constant de relecture. Ne pensez


pas qu’il suffit de relire le devoir une fois qu’il est achevé. Cette relecture finale
est nécessaire mais non suffisante. L’écriture suppose un travail actif de
lecture et de relecture phrase par phrase, paragraphe par paragraphe.

***

6
EXEMPLES DE SUJETS DE DISSERTATION SUR LE ROMAN
ET SON PERSONNAGE

De nombreux romans sont nourris d'événements et de personnages historiques. En


tant que lecteur, trouvez-vous que ces matériaux donnent de l'intérêt au roman ?
Vous répondrez dans un développement organisé, en vous appuyant sur les textes
du corpus, les œuvres étudiées en classe et vos lectures personnelles.

Pour quelles raisons un personnage risible ou dévalorisé peut-il devenir le héros


d'une œuvre romanesque ?
Vous appuierez votre développement sur les textes du corpus, les œuvres étudiées
pendant l'année, ainsi que sur vos lectures personnelles.

Selon vous, un personnage de roman doit-il émouvoir, faire rêver ou faire réfléchir ?
Vous répondrez à la question en vous appuyant sur les textes du corpus, les romans
que vous avez étudiés ainsi que sur vos lectures personnelles.

Pourquoi les personnages marginaux intéressent-ils les romanciers ?


Vous répondrez à la question en vous appuyant sur les textes du corpus, les textes
que vous avez étudiés en classe et sur vos lectures personnelles.

Dans quelle mesure les descriptions dans le roman révèlent-elles la vision qu'a
l'écrivain de l'homme et du monde ? Vous répondrez dans un développement
organisé, en vous appuyant sur les textes du corpus, les romans étudiés en classe et
vos lectures personnelles.

Quand on lit un roman, voit-on à travers les yeux du personnage ?


Vous répondrez à la question en vous fondant sur les textes du corpus ainsi que sur
les textes que vous avez étudiés et lus.

Dans quelle mesure la fréquentation de la musique ou d'autres œuvres d'art peut-elle


transformer notre regard sur le monde ?
Vous répondrez à cette question de façon organisée et en prenant soin de vous
appuyer sur des exemples précis empruntés à des œuvres littéraires, musicales,
picturales, cinématographiques, chorégraphiques...

7
EXEMLES DE QUESTIONS D’ENSEMBLE SUR UN CORPUS

Dans quelle mesure ces portraits prennent-ils appui sur le réel, dans quelle mesure
le transposent-ils ?
Votre réponse n'excédera pas une trentaine de lignes.

Comparez les figures féminines et la manière dont elles sont évoquées dans les
quatre textes.

Quelles images de la liberté ces textes présentent-ils ?

De quoi chacun des auteurs fait-il dépendre le bonheur ? Nommez et interprétez


pour chaque texte un procédé différent au service de l'argumentation

Dans ces débuts de romans, comment le lecteur découvre-t-il le personnage


principal ? Vous justifierez votre réponse en étudiant certains procédés mis en
œuvre par les auteurs.

Quelles variations autour de la figure d'Andromaque les textes A, B et C de ce


corpus proposent-ils ?

Les textes du corpus, à travers la description des lieux, mettent-ils en lumière la


même vision du monde ? Votre réponse n'excédera pas une vingtaine de lignes.

Comment s'expriment les sentiments du poète dans les quatre textes du corpus ?
(Ne pas excéder une vingtaine de lignes).

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Un exemple de dissertation d’élève (1ère)

Un écrivain participe aux affaires marquantes de son temps, il met la littérature


au service d’une cause, et écrit selon les circonstances de l’actualité et du contexte
dans lequel il se situe : c’est la littérature engagée avec son écrivain embarqué.
André Brink, romancier sud-africain du XXème siècle, s’est beaucoup battu pour la
défense de la population noire lors de l’apartheid. Il s’est ainsi engagé dans une lutte
pour l’égalité et la tolérance, deux principes fondamentaux de notre société. Pour lui,
la littérature était un moyen d’exprimer ses idées, « Une croisade impitoyable contre
l’hypocrisie, le mensonge et la dissimulation ».
Pouvons-nous adhérer au point de vue émis par André Brink ?
Il est fréquent qu’un écrivain arrive à nous faire approuver les idées qu’il défend,
c’est pourquoi nous verrons la fonction de l’écrivain engagé, ainsi que les risques et
les limites de l’engagement et nous déterminerons si nous pouvons souscrire à ce
point de vue.

L’engagement de l’écrivain est présent aussi bien dans ses œuvres que dans
sa vie quotidienne.
Il met sa plume au service d’une cause, Brink le fait pour une cause politique &
sociale, en revendiquant l'égalité pour tous, mais il n’est pas le seul. Victor Hugo
notamment, dénonce la peine de mort à travers Le Dernier jour d’un
condamné révélant ce que le condamné a vécu et éprouvé ; de son procès jusqu’à
son exécution. Il explique à quel point l'Homme se sent tout puissant, trop puissant,
et essaie de s'attribuer le rôle Dieu : prédire la dernière heure d'un autre. Le lecteur
devine aisément les pensées de Hugo, à savoir qu'aucun homme ne devrait subir
ses derniers instants, en sachant quand sa vie se terminera.

9
C’est un véritable combat dans lequel se livre l’écrivain, il s’engage contre une
cause et pour les ‘faibles’’. Reprenons l’exemple d’Hugo, avec Les misérables cette
fois, dans lequel il prend la défense des hommes et des femmes misérables,
pauvres, en s’opposant au régime de Napoléon III. Hugo est convaincu que
l'instruction, l'accompagnement et le respect de l'individu sont les seules armes de la
société qui peuvent empêcher un pauvre de devenir infâme. Le roman engage une
réflexion sur le problème du mal. Il se trouve que, toute sa vie, Hugo a été confronté
à la peine de mort, il a vu de nombreuses exécutions à la guillotine. Un des thèmes
du roman est donc le crime de la loi, ce qui illustre bien cette idée de dénonciation.
L’engagement est une véritable tradition littéraire, pas seulement parce que les plus
grands écrivains sont engagés (Voltaire, Zola, Molière, Hugo..), mais plutôt par
l’intérêt porté à la société et au monde entraînant un engagement très dépendant de
l’actualité. On dit alors que l’écrivain est embarqué face aux événements. Il n’a pas
vraiment le choix de rester en retrait et de laisser les injustices se faire, il se doit de
s’impliquer. Camus lui-même, le dit dans son Discours de Suède : « Tout artiste
aujourd’hui est embarqué dans la galère de son temps ». Même si le monde dans
lequel l'écrivain vit n'est pas celui dont on pourrait rêver, s'engager pour un monde
meilleur est presque une obligation.
Etre un écrivain engagé, c’est aussi s’impliquer dans l’action, dans la vie. Jean Paul
Sartre, par exemple, a fait la guerre. (Bien que, plus tard, dans Les séquestrés
d’Altona, il ait écrit « La guerre, on ne la fait pas : c’est elle qui nous fait »). Il a donc
été directement impliqué dans l’actualité. D’autres ont écrit des thèses, comme
Luther avec ses Quatre-vingt-quinze thèses dénonçant les indulgences de l'Eglise.
D’autres encore signent des pétitions ou écrivent des articles, comme Zola
avec J’accuse, publié dans le journal l’Aurore, lors de l’Affaire Dreyfus. Cela a ainsi
permis de rendre justice et de prendre la défense du camp dreyfusard, qui en avait
bien besoin. Camus, lui, a pris position dans le journal Combat pendant la
Collaboration. Il a montré aux Résistants qu'ils étaient soutenus et qu'ils ne se
battaient pas pour rien. Albert Camus a aussi écrit des articles pour l’Alger
Républicain, dans lequel ses articles tranchent violemment sur ceux de la presse
conformiste algérienne. Cette différence est notamment visible dans trois affaires

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qu'il a couvertes : L'affaire Hodent, il prouve qu'un commis de ferme est innocent du
vol dont l'accuse un richissime colon ; L'affaire El Okby, il démontre l'innocence d'un
Musulman inculpé d'assassinat sur ordre des Pouvoirs ; L'affaire de la Marinière, il
s'insurge contre les conditions de transport des forçats français.
Mais cette implication n’est pas sans risque. C’est pourquoi Hugo, en contestant le
régime de Napoléon III, s’était vu exilé par un décret d'expulsion, signé par ce
dernier.

Il est donc évident que la littérature engagée a des risques et des limites.
La position de l’écrivain est à prendre en compte : sa situation et son histoire peuvent
modifier sa façon de voir les choses et de les interpréter. Ainsi, un écrivain ne peut
se dire objectif, il critique et dénonce ce que d’autres pourraient valoriser. Par
exemple, Voltaire dans Candide critique, entre autre, l’utopie de la philosophie de
Pangloss. Elle n’est pas valable dans la vraie vie car son optimisme l'empêche de se
rendre compte véritablement du mal qui l'entoure : celle-ci s'en remet toujours à
Dieu. Voltaire, par Candide, veut faire adopter sa philosophie en montrant qu'on peut
améliorer la vie des hommes malgré le mal étant sur Terre et que celui-ci n'a été
généré que par les hommes. Un point de vue, certes intéressant, mais probablement
différent de beaucoup d'autres écrivains.

S’enfermer dans l’actualité est un danger de l’engagement, un écrivain trop


emporté par la société qui l’entoure ne peut prendre suffisamment de recul. De plus,
certains prennent parti et ne peuvent plus considérer le parti adverse. Il peut arriver
que des écrivains imposent une sorte de dogmatisme : ils refusent d’admettre les
opinions différentes de celles qu’ils professent, au risque de se transformer en
écrivains sectaires. D’autres refusent de s’engager, pour diverses raisons. Certains
disent que la vocation artistique et l’engagement ne peuvent pas être associés : « Ce
n’est pas la passion qui détruit l’œuvre d’art, c’est la volonté de prouver » a écrit
Malraux dans la préface de son roman Les Temps du mépris. Il explique ici qu'à trop
vouloir persuader les lecteurs, les écrivains oublient la beauté de l'œuvre qu'est le
livre. Il est dit aussi que l’engagement est un obstacle à l’art, Troyat lors d’un

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entretien dit « Je suis un écrivain, je suis un rêveur et plus je m’engagerai, plus je
m’éloignerai de ma vraie nature ». Quand on s'engage dans la société par le biais de
la littérature, on en oublie le rêve, l'évasion. " L'œuvre d'art ne doit servir à aucune
doctrine sous peine de déchoir. " dit Flaubert, montrant peut-être ainsi qu'il ne
s'engage que dans son œuvre, et pas au sens commun du terme.
Kafka pense lui qu'écrire est une consolation, une expression de soi, qui va jusqu'à
la libération de ses angoisses ou obsessions, presque un exorcisme. Ionesco, de
son côté, laisse les hommes politiques et fondateurs de religions apporter des
messages aux hommes. Il ne cherche pas à changer le cours des choses et n'écrit
que par plaisir. Ces auteurs ne sont pas contre l’engagement de l’artiste en tant
qu’individu,
mais contre l’engagement direct de l’art au service d’une cause, quelle qu’elle soit.
L’hebdomadaire Le Figaro, défend lui aussi la théorie de l’art pour l’art face à
l’engagement idéologique et politique des intellectuels.
Mais attention à ne pas se méprendre, le silence est une forme de révolte, il ne peut
donc pas être considéré comme une forme de contre engagement. « Se taire, n’est
pas être muet, c’est refuser de parler donc parler encore », Sartre. Mais le silence
n'est pas approuvé par tous, Brecht le dénonce : « Celui qui ne sait pas est un
ignorant ; celui qui sait et qui se tait est un malfaiteur. »

La définition que se fait André Brink de la littérature est honorable. Le fait qu’il
soit un écrivain engagé se battant pour une cause digne, et en valant la peine,
permet d’adhérer plus facilement à son point de vue. Néanmoins, il appartient à
chacun de souscrire ou non à la position de Brink. La vision des « contre-engagés »
est tout aussi juste et compréhensible, chaque lecteur comme tout écrivain a sa
propre opinion personnelle.
Il est regrettable que, de nos jours, la littérature, dépendante de sa subtilité, ne
soit plus autant privilégiée pour prendre la défense d’une cause auprès du grand
public. Désormais le cinéma, la musique, les bandes dessinées, touchent de plus en
plus de monde, grâce à leur accès plus facile. Ils ont donc pris la relève de l'écriture.
Peut-on laisser de côté la littérature et privilégier d’autres formes artistiques, tel que
le 7e art, pour s’impliquer dans la société ?

12
Un exemple de dissertation d’élève (2de)

En 1985 , le journal Libération posa la question suivante à 500 écrivains : «


Pourquoi écrivez-vous ? » . Le résultat fut 500 réponses differentes , de la véritable
confession à la confession de foi en passant par la revendication à l’image de
l’écrivain sud-africain André Brink qui qualifia la littérature de « croisade impitoyable
contre l’hypocrisie , le menssonge et la dissimulation… ». On est donc en droit
d’étudier dans quelles mesures un écrivain utilise son art pour s’engager dans la vie
politique et sociale de son époque. Pour cela nous nous intéresserons à la notion
d’engagement pour un écrivain et le point de vue des écrivains qui ont refusé cette
réalité.

L’ecrivain s’accomplit par l’écriture et l’engagement. De tout temps les écrivains ont
mit leur plume au service de causes humanitaires ou politiques diverses ,
s’engageant personnellement en mettant sa renommée dans la balance de l’opinion
publique. L’engagement de l’écrivain s’inscrit dans le cadre des problèmes et des
injustices auquel il est confronté à son époque. « Tout artiste aujourd’hui est
embarqué dans la galère de son temps. Il doit s’y résigner. » A.Camus. Le métier
d’écrivain est donc le choix de mettre son art au service de ceux qui souffrent et ne
peuvent s’éxprimer librement. Il défend les grands principes de liberté et d’égalité et
dénonce les problèmes de la société pour contribuer à son amélioration : E.Zola et
son article de presse intitulé « J’accuse ! » avais fait grand bruit dans l’affaire Dreyfus
, Il a défendu par ses écrits un homme accusé à tort d’avoir trahit son pays et
dénoncé le gouvernement. Il fut condamné à la prison pour ce même article. E.Zola
est le parfait exemple d’un écrivain engagé : Il a mit sa renommée au service de la
vérité et a participé à la liberation d’un innocent dans cette affaire qui a divisé la
France pendant douze ans. Comme la peine obtenue par Zola , un tel engagement
s’accompagne de risques pour l’écrivain : prison , censure… au cours de l’histoire ,
plusieurs d’entre eux ont dû s’éxiler de leur pays pour pouvoir continuer à écrire :
V.Hugo , Voltaire… Continuer à écrire malgrès le danger est à la fois le devoir de
l’écrivain et sa principale difficulté au risque d’être à son tour critiqué : « Si , devenus
modestes , ils se taisent , on ne leur parlera plus que de leur silence pour le leur
repprocher bruyamment. » A.Camus. Le silence de celui-ci peut mettre sa renommée
en question au point de ne plus être crédible auprés de l’opinion publique.
Pour de nombreux artistes l’engagement est donc nécessaire et indisociable de la
littérature , ce point de vue n’est pas le cas de tout les écrivains.

En effet l’opinion diverge sur cette notion et tout les écrivains ne sont pas prêts à
s’engager , ils dénoncent la chute dans le sectarisme et considèrent la littérature en
premier lieu comme un art et non un moyen de défendre des idées politiques ou des
idéaux. « Ce n’est pas la passion qui détruit l’œuvre d’art , c’est la volonté de
prouver. » dit André Malraux , qui dénonce l’utilisation de la littérature à des fins de
propagande. D’autres , comme Jean de la Fontaine ne cherchent pas à s’engager

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politiquement mais à instruire le peuple avec des fables à valeur morale en
dénoncant les travers de l’homme. Ces fables ont une visée satirique et délivrent un
enseignement. D’autres formes de littérature existent , H.Troyat déclare par
exemple : « Je suis un écrivain , je suis un rêveur et plue je m’engagerais , plus je
m’éloignerai de ma vraie nature. ». Le seul but de ce romancier est de donner du
plaisir et de faire rêver ses lecteurs par le biais de romans et d’histoires. Il confesse
par ailleurs « Je ne m’occupe pas de politique. Je ne m’en desinteresse pas, c’est
impossible dans le monde contemporain , mais je ne suis pas un animal politique ».
Le non engagement ne signifie donc pas l’éxil du monde moderne , il choisit de ne
pas s’y impliquer. Un dernier mouvement prône « L’art pour l’art » comme Théophile
Gautier : « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est
utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont
ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. » D’après les artistes
adeptes de ce mouvement , l’art sert avant tout à montrer la beauté de ce qu’on
représente , ils sont du côté de l’absolue gratuité de l’œuvre et recherchent la
perfection. C’est donc ainsi qu’ils refusent de s’engager dans des causes sociales ou
dans des causes politiques qu’ils pourraient laisser transparaître dans leurs écrits.

En choisissant la voie de l’engagement , l’écrivain décide d’utiliser son art pour


dénoncer les injustices de son époque et tente d’améliorer la société dans laquelle il
vit. Il defend le principe de Liberté et d’égalité. Certains choisissent de ne pas
s’engager et défendent le principe que la littérature est avant tout un art.
Ces deux principes ouvrent la voie à la question « Qu’est-ce qui pousse un écrivain à
choisir la voie de l’engagement ? »

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Exemple d’une introduction et d’une partie rédigées consacrées à Zola

Avec Les Rougon-Macquart, vaste fresque


romanesque de vingt volumes publiés entre 1870
et 1893, Emile Zola a pour objectif de saisir la
réalité d’une époque, celle du second Empire
français. A travers l’histoire fictive d’une famille aux
multiples composantes et aux innombrables
personnages, il entend explorer d’une œuvre à
l’autre tous les aspects de la société de ce temps.
Zola, en cela, est fidèle à la doctrine naturaliste : il
s’agit de donner vie aux êtres d’encre et de papier
qu’il imagine, conduisant ses lecteurs à l’illusion de
la réalité. Pour ce faire, chacun d’entre eux est
alors présenté dans des lieux précis.
Nous verrons ainsi comment la création littéraire
de ces lieux favorise, chez notre auteur,
l’incarnation des personnages romanesques et
contribue à l’illusion du réel.
Notre étude, s’appuyant essentiellement sur
l’exemple du deuxième roman de la série, La
Curée, montrera tout d’abord comment l’espace
permet d’identifier les personnages, de les installer
dans un cadre. Nous verrons ensuite comment ce
cadre les explique ou les éclaire. Enfin nous
examinerons pourquoi le regard que porte les
personnages sur les lieux où ils évoluent leur
donne vie, affirme ou même crée leur réalité aux
yeux du lecteur.

Dans chacun de ses romans, Emile Zola élabore un


cadre nécessaire à une situation spatio-temporelle
précise. Nous l’avons dit, les différents épisodes
des Rougon-Macquart ont pour cadre historique le
second Empire, du coup d’Etat à la défaite de
Sedan. Dans La Curée, l’auteur s’intéresse
particulièrement à la période des grands travaux
qui, sous l’impulsion du Baron Haussmann,
transforme profondément l’aspect de la capitale
française. A cette époque, la grande bourgeoisie
d’affaire et l’aristocratie s’enrichissent rapidement
dans le cadre de spéculations de grande ampleur.
Le personnage d’Aristide Saccard, frère du
politicien Eugène Rougon, devient en quelques

15
années une des figures les plus en vue du tout
Paris mondain. Renée, sa femme, s’enorgueillit
d’avoir croisé un jour le regard de l’Empereur
Napoléon III. Le roman s’attarde donc sur la
description de ce Paris en pleine mutation. La
capitale est maintes fois décrite, avec ses quartiers
détruits « à coup de hache » et ses nouvelles
avenues, par exemple celles du quartier où réside
le couple. Ces descriptions s’accompagnent ainsi
de la peinture du milieu social. Dans L’assommoir,
roman du peuple, Zola évoque le quartier misérable
de La Goutte d’or. Il explore alors une nouvelle
facette de la ville et l’existence d’une autre
catégorie sociale, celle des ouvriers et des sans
logis. Le cadre offre donc un décor général – dans
les deux romans cités, Paris – et particulier, les
nouveaux beaux quartiers et le Paris ancien où
vivent les plus pauvres. Saccard ou Renée
deviennent crédibles dès lors que leur
environnement révèle leur statut social. La
blanchisseuse Gervaise, héroïne de L’Assommoir,
prend vie dans l’esprit du lecteur puisqu’elle est
saisie dans la réalité d’un quartier populaire qui est
également son milieu. Dès lors, d’un roman à
l’autre, d’une situation à une autre, ce sont des
oppositions de classe qui sont analysées. Au sein
d’un même roman, l’itinéraire d’un personnage d’un
lieu à un autre peut aussi matérialiser avec
vraisemblance sa progression ou sa dégradation.
Saccard est originaire d’une ville de province,
Plassans. En « montant » à Paris sur les conseils
de son frère Eugène il parvient à se hisser au plus
haut rang de la société. A l’inverse, Gervaise suit
une courbe inverse. A mesure de son parcours, son
environnement se détériore de plus en plus et elle
mourra, abandonnée et affamée, sous la soupente
d’un escalier. On comprend ainsi que le cadre
évoqué par l’auteur contribue à ancrer ses
personnages dans la réalité d’un milieu qui permet
de mieux les identifier en référence à des réalités
connues du lecteur.

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