Formulation du béton avec BétonLab
Formulation du béton avec BétonLab
TRAVAUX
PRATIQUUS
Formulation du béton à l'aide du logiciel
BetonLab
2022/2023
OFFERT À
MR. Jaafari Reda
REALISE PAR
HAIKI HAMZA
KHALID BADER
Table des matières
Introduction __________________________________________________________________________________ 4
Bétonlab _____________________________________________________________________________________ 5
2. Influence du dosage en eau sur l’affaissement et la résistance d’un béton, à dosage en ciment constant.
10
a. Tableau récapitulatif______________________________________________________________ 10
2
Table des figures
2 : Btloutils 3 ................................................................................................................................... 8
3
Introduction
Si l’on s’en tient à la définition du béton, mélange d’un liant et de granulats, son usage remonte à la
haute Antiquité (3 000 à 700 avant J.-C.), avec les mélanges à base d’argile en Mésopotamie
notamment. Mais ce matériau se dégradant rapidement, peu de vestiges attestent son utilisation.
François Coignet (1841-1888) imagine alors en 1852 le béton armé et construit le tout premier
immeuble en béton coulé avec fers profilés enrobés, à Saint-Denis, en région parisienne.
Les brevets se succèdent. En 1867, un immeuble en béton aggloméré est breveté à Paris par François
Hennebique (1842-1921). Celui-ci imagine ensuite la première dalle en béton de ciment armé de fers
ronds (1880), les poutres creuses en béton armé (1892), le pilote en béton armé à ligatures rapprochées
(1896)…
La composition du béton est fixée en 1906 par un règlement, selon lequel 1 m3 de béton ordinaire est
fabriqué à partir de 350 kg de ciment, 590 kg de sable, 1 180 kg de gravier, et 210 litres d'eau.
Mais les déclinaisons et applications du béton se multiplient au XXe siècle : béton à poudres réactives,
plus résistant, béton précontraint, contenant des câbles d'acier en tension, béton allégé, grâce à des
billes de polystyrène…
Enfin, apparaissent à la fin des années 1980 les bétons hautes performances (BHP), puis les bétons
autoplaçants et les bétons fibrés à ultra hautes performances. La famille des bétons ne cesse de
s’agrandir.
4
Bétonlab
Le problème de la formulation des bétons s'est singulièrement compliqué dans les années récentes.
Tout d'abord, de nouveaux constituants tels que les adjuvants organiques, les additions minérales
(cendres volantes, fillers etc.) ou les fibres sont venus s'ajouter à la panoplie classique des granulats et
des ciments. Ensuite, on s'est intéressé à un nombre croissant de propriétés d'usage du matériau, en
relation avec la totalité de son cycle de vie (depuis son comportement rhéologique à l'état frais jusqu'à
sa durabilité dans différentes ambiances). Enfin, la gamme des propriétés que l'on peut atteindre avec
les moyens industriels modernes s'est singulièrement élargie. Pour ne citer que les deux aspects les
plus communément étudiés d'une formule de béton, à savoir la maniabilité et la résistance en
compression, on sait aujourd'hui formuler des bétons secs (d'affaissement nul) comme des bétons
autocompactants (ou autonivelants); de même, on peut aussi viser des résistances de 1 à 2 MPa (pour
des matériaux réexcavables destinés au remplissage de tranchées) comme des résistances supérieures
à 200 MPa (pour des mortiers à ultra-haute résistance destinés à la fabrication de conteneurs de déchets
radioactifs, par exemple). En résumé, le problème de la formulation des bétons comporte davantage
de variables, davantage de dimensions et l'espace dans lequel on évolue est beaucoup plus vaste.
Face à ces réalités, provenant toutes d'un progrès normal de la technologie, le formulateur est soumis
à une pression croissante en termes de délais et de coûts. Il n'est malheureusement pas rare de voir
des études de béton démarrer moins de 28 jours avant le démarrage d'un chantier; de plus, le marché
du béton restant très concurrentiel dans notre pays, les entreprises n'ont que des budgets relativement
restreints à consacrer à la formulation des bétons, même si de cet acte fondateur découle une grande
partie des caractéristiques du chantier et de l'ouvrage futur. Ces considérations nous ont poussé, il y a
quelques années, à imaginer la construction de logiciels d'aide à la formulation des bétons. Un premier
produit nommé BETONLAB , proposé en 1992 dans sa première version, a été développé dans un
but au départ pédagogique. L'idée consistait à proposer aux utilisateurs une sorte de "laboratoire
électronique", qui lui permette de "gâcher du béton sur son bureau". L'accent était mis sur la simplicité
d'utilisation. Après remplissage d'un nombre très limité de cases relatives aux constituants, on pouvait
simuler la réalisation de gâchées de laboratoire, avec pour inconvénient une précision limitée des
résultats, mais pour avantage l'obtention instantanée des caractéristiques des bétons. Plutôt qu'une
prévision fidèle des résultats expérimentaux, on recherchait, avec BETONLAB, à donner à l'utilisateur
5
une compréhension du fonctionnement du "système béton", lui permettant de réagir efficacement
dans une situation réelle. Le produit a été largement diffusé en France, et garde son intérêt dans le
contexte actuel, notamment en formation initiale et continue.
Bétonlab (Pro) est un logiciel d’aide à la formulation des bétons, disponible depuis 1999. Il permet de
mettre en œuvre une méthode scientifique de composition, fondée sur une vingtaine d’années de
recherche des auteurs et de leurs collaborateurs au Laboratoire Central des Ponts et Chaussées.
BétonlabPro est un logiciel moderne, au sens où il utilise l’ensemble des constituants des bétons
d’aujourd’hui (notamment les ciments composés, les additions minérales, les
plastifiants/superplastifiants et les entraîneurs d’air), et où il permet de simuler une grande variété de
bétons, depuis les B25/C30 de bâtiment jusqu’aux BHP (bétons à hautes performances) et BAP
(bétons autoplaçants). Il est muni d’une aide en ligne détaillée, et conduit en un minimum d’essais de
laboratoire ? qui restent cependant toujours nécessaires? à des bétons optimisés d’un point de vue
technico-économique. Enfin, il a été conçu par des ingénieurs chercheurs, indépendants des acteurs
économiques, et son contenu est public et transparent.
BétonlabPro a été diffusé en version 1 (1999), version 2 (2000) et actuellement en version 3 (2008).
Depuis 2008, une version allégée, gratuite, appelée BétonlabFree, est également disponible.
6
1: Interface du logiciel Bétonlab
Nous visons à dans ce qui reste de ce rapport à découvrir le fonctionnement d’un “système béton”.
Ainsi, nous allons formuler donc des bétons à l’aide du logiciel BétonLab, et nous allons faire varier
ses composants, et étudier leur influence sur les performances du béton, selon différentes approches.
Par définition la compacité est le volume des granulats, sur le volume total du cylindre,
𝑉𝐺𝑟𝑎𝑛𝑢𝑙𝑎𝑡
𝑐= .
𝑉𝐶𝑦𝑙𝑖𝑛𝑑𝑟𝑒
D’une part le volume des granulats, pour être calculer à l’aide de la masse densité -masse volumique-
𝑀𝐺𝑟𝑎𝑛𝑢𝑙𝑎𝑡
𝑉𝐺𝑟𝑎𝑛𝑢𝑙𝑎𝑡𝑠 =
𝜌𝑒𝑎𝑢 ∗ 𝑑𝐺𝑟𝑎𝑛𝑢𝑙𝑎𝑡𝑠
7
Enfin nous déduisons la formule permettant de calculer la compacité des granulats, ainsi de suite:
4 ∗ 𝑀𝐺𝑟𝑎𝑛𝑢𝑙𝑎𝑡𝑠
𝑐=
𝜌𝑒𝑎𝑢 ∗ 𝑑𝐺𝑟𝑎𝑛𝑢𝑙𝑎𝑡𝑠 ∗ 𝜋 ∗ 𝜙 2
L’application numérique de cette formule, par les valeurs que nous possédons de notre échantillon,
nous donne une valeur de compacité numérique égale à 0.604.
Nous pouvons valider cette valeur, en utilisant un outil de BétonLab qui nous permettant de la
calculer.
2 : Btloutils 3
8
b. Création d’un nouveau constituant
Pour une population de grains donnée, on sait que la compacité, rapport du volume solide au volume
total, dépend du mode de mise en place du mélange. On appelle conventionnellement compacité
virtuelle la valeur maximale qu'il est possible d'atteindre en plaçant les grains un à un dans le mélange,
tout en respectant leur intégrité. Les mélanges industriels, mis en place aléatoirement et avec une
énergie finie, conduisent toujours à des compacités réelles plus faibles.
3 : Compacité virtuelle
On consulte l’affiche après avoir sauvegarder toutes les données, et on trouve que la compacité
virtuelle est égale 0.6873 ce qui logique d’après la définition ci-dessus.
9
2. Influence du dosage en eau sur l’affaissement et la
résistance d’un béton, à dosage en ciment constant.
a. Tableau récapitulatif
On réalise une simulation d’un béton avec les constituants cité dans le tableau ci-dessus, en faisant
varier l’eau efficace de 190 à 300 l/m³. Nous obtenons des résultats de calcul présentés dans le
tableau suivant:
Gâchée n° 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
G1 (kg/m3) 638,4 632,6 625,5 617,6 609,3 600,7 591,8 582,9 573,9 564,8 555,7 546,5
G2 (kg/m3) 362,9 359,6 355,6 351,1 346,3 341,4 336,4 331,3 326,2 321 315,9 310,7
S1 (kg/m3) 818,1 810,7 801,5 791,4 780,7 769,7 758,4 746,9 735,4 723,7 712 700,3
C1 (kg/m3) 350 350 350 350 350 350 350 350 350 350 350 350
Eau (kg/m3) 195,5 205,4 215,3 225,3 235,2 245,1 255,1 265 274,9 284,8 294,8 304,7
G1 (%) 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35
G2 (%) 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
S1 (%) 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45
Eau eff 190 200 210 220 230 240 250 260 270 280 290 300
Air total (%) 1,9 1,5 1,2 1,1 1 0,9 0,8 0,8 0,7 0,7 0,7 0,7
Rapport
G/S 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224 1,224
Eeff/C 0,543 0,571 0,6 0,629 0,657 0,686 0,714 0,743 0,771 0,8 0,829 0,857
Affaissement
(Cm) 3,6 11,8 16,9 20,2 22,4 24 25,1 26 26,6 27,1 27,5 27,8
fc28 (MPa) 49,6 46,4 43,3 40,2 37,4 34,7 32,3 30 28 26,1 24,3 22,7
Prix 67,33 67,14 66,89 66,62 66,34 66,04 65,74 65,43 65,13 64,81 64,5 64,19
Fc28/Coût 0,74 0,69 0,65 0,6 0,56 0,53 0,49 0,46 0,43 0,4 0,38 0,35
Coût/fc28 1,36 1,45 1,54 1,66 1,77 1,9 2,04 2,18 2,33 2,48 2,65 2,83
2 : Variation d'eau efficace
10
Courbe Resistance de compression à 28 jours
60 3
50 2,5
40 2
Coût/fc28
fc28
30 1,5
20 1
10 0,5
0 0
190 210 230 250 270 290 310 330
Eau effiace ( kg/m3)
L’eau est l’un des quatre composants de base du béton avec le sable, les granulats et le ciment, il ne
faut donc surtout pas le négliger lors de la composition de votre béton et faire bien attention à son
dosage. En effet, nous remarquons que l’eau influe sur la résistance de compression à 28 jours du
béton.
11
Courbes de teneur en air occlus et affaissement
30 2
1,8
25
1,6
1,4
1,2
15 1
0,8
10
0,6
0,4
5
0,2
0 0
190 210 230 250 270 290 310 330
Eau effice (kg/m3)
Air occlus
Rappelons que le béton est un mélange "sec" de granulats, additionné d’un volume d’eau supérieur à
la porosité de l’empilement. Cependant, même si tout béton ouvrable contient suffisamment d’eau
pour emplir les vides du squelette solide, il y subsiste toujours, après serrage, un certain volume d’air.
Cet air occlus ne doit pas être confondu avec l’air placé volontairement dans le mélange, pour avoir
une protection au gel-dégel (air entraîné).
L’évaluation quantitative de l’air occlus sert non seulement à connaître la composition exacte d’une
unité de volume de béton en place, mais elle permet aussi de prédire les propriétés mécaniques du
béton durci. L’air occlus affecte en effet la résistance à la compression, au même titre que le volume
d’eau.
Plusieurs essais ont montré que la teneur en air occlus est contrôlée par la valeur du sable, en effet
selon F. de Larrard, dans son ouvrage “Structures granulaires et formulation des bétons”:
12
● En fin de malaxage, un certain volume d’air reste prisonnier des interstices du système
granulaire ; cet air forme des bulles de taille comparable à la taille des grains de sable (soit de
0,05 à quelques millimètres).
● Ce volume augmente lorsque le seuil de cisaillement du béton augmente (le seuil de
cisaillement s’oppose à la consolidation exercée par la gravité).
● En présence d’adjuvant organiques, surtout de type tensioactif, ce volume d’air augmente aussi.
● Lorsque le béton frais, placé dans un moule est soumis à la vibration, le seuil de cisaillement
chute grandement, ce qui favorise l’ascension de chaque bulle individuelle. Il existe toutefois
une certaine probabilité pour que les petites bulles restent piégées sous les grains. Les classes
granulaires « dangereuses » pour ces bulles sont celles qui présentent à la fois une taille critique
et une surface spécifique élevée. Les sables sont donc plus propices à retenir l’air, comparé au
ciment qui ne peut en fixer qu’une faible partie.
Pour conclure, on peut affirmer que la teneur en air occlus, diminue en augmentant le dosage en eau.
Cela revient au fait que le bulles d’air remontent facilement dans un béton fluide que dans un béton
ferme (Effet de Champagne)
Affaissement
L’augmentation de l’affaissement ne peut être expliquée que par le fait que l’ajout de l’eau fluidifie le
béton.
Si on néglige le coût de la mise en œuvre, un MPa de béton coûte moins cher dans les domaines de
faibles consistances (rapport coût/fc28 plus faible). Néanmoins, cela suppose (et c’est l’hypothèse faite
par Bétonlab) que l’on est capable de compacter (ou vibrer) correctement le matériau. Sinon la teneur
en air augmente plus rapidement et la résistance chute considérablement.
13
3. Optimisation du rapport G/S
Gravillons concassés
Nous effectuons une simulation de formulation d’un béton avec les constituants suivants:
En faisant dans un premier temps, les teneurs en gravillons concassés entre 30 et 80%. Nous
obtenons les données représentées dans le tableau ci-dessous:
Tableau récapitulatif
Gâchée n° 1 2 3 4 5 6
G1 (kg/m3) 522 708,4 896,4 1085,4 1276 1459,3
S1 (kg/m3) 1205,2 1051,4 887 716 541,1 361
C1 (kg/m3) 350 350 350 350 350 350
Eau (kg/m3) 202,8 203,2 203,6 204 204,4 204,7
G1 (%) 30 40 50 60 70 80
S1 (%) 70 60 50 40 30 20
Eau eff 200 200 200 200 200 200
Rapport G/S 0,433 0,674 1,011 1,516 2,358 4,042
AEA Non Non Non Non Non Non
Air total (%) 3,7 2,5 1,7 1,1 0,6 0,5
Eeff/C 0,571 0,571 0,571 0,571 0,571 0,571
Environnement X0 X0 X0 X0 X0 X0
Eeff / (C + kA) 0,571 0,571 0,571 0,571 0,571 0,571
Affaissement (cm) 2,9 9,6 13,3 14,3 11 0
fc28 (MPa) 37,8 40 41,3 43,2 46,2 50,2
Indice de serrage K 6,57 6,339 6,241 6,386 6,965 8,36
4 : Variation du gravier concassé
14
a. Courbe affaissement et indice de serrage – courbe fc28 et air total %
16 9 60 4
14 8 3,5
50
12 7 3
Indice de serrage K
6 40
2,5
Affaissement
10
Air total %
5
fc28
8 30 2
4
6 1,5
3 20
4 2 1
10
2 1 0,5
0 0 0 0
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
G/S G/S
Affaissement (cm)
Indice de serrage du béton non confiné fc28 (MPa) Air total (%)
Ces courbes renvoient à la méthode classique de formulation de béton de Baron Lesage qui consiste
dans un premier temps à déterminer le rapport G/S optimal du béton par rapport à l’ouvrabilité (E et
C fixés), puis à déterminer la composition de la pâte permettant de satisfaire aux critères de résistance
et d’ouvrabilité.
On constate qu’il n’existe par un optimum granulaire unique avec un ensemble de granulats donné. On sait que la
proportion optimale d’un mélange granulaire est obtenue pour une compacité maximale à indice de serrage fixé, ou un
indice de serrage minimal à compacité fixée.
N.B :
15
Dans Bétonlab l’affaissement est directement proportionnel au seuil de cisaillement. En effet, entre la
sortie du malaxeur et la mise en place définitive dans le coffrage, le béton frais subit deux types de
déformations élémentaires: il peut être cisaillé ou compacté (voire les deux à la fois). Pour des bétons
plutôt secs, très foisonnants, c'est le compactage qui constitue la phase critique. Au contraire, pour des
bétons très fluides tels que les matériaux autocompactants, le cisaillement constitue le phénomène
important.
L'aptitude au compactage, ou compactibilité, est directement décrite par l'indice de serrage, que nous
appellerons K dans le cas du béton frais. C'est donc un paramètre majeur de formulation, qui présente
cependant l'inconvénient de n'être directement mesuré par aucun essai. Quant au cisaillement,
l'expérience montre que la plupart des bétons dans la gamme de consistance plastique à fluide peuvent
être considérés comme des corps de Bingham, ce qui signifie que leur comportement rhéologique se
réduit à une droite plastique à fluide peuvent être considérés comme des corps de Bingham, ce qui
signifie que leur comportement rhéologique se réduit à une droite
4 : Seuil de cisaillement
Le seuil de cisaillement est vu comme le résultat macroscopique de frictions entre les grains. Il est
donc clair que quand la taille des constituants diminue (surface spécifique augmente), le seuil de
cisaillement augmente. Si l’on cherche alors un seuil de cisaillement bas (affaissement élevé), il faudra
moins de sable que si l’on optimise les autres propriétés du béton frais; d’où le déplacement de
l’optimum granulaire.
Ainsi, si aucune propriété du béton frais n’est imposée, il n’y a pas d’optimum granulaire unique.
16
- Un affaissement maximum demandera plus de gravillons. Donc si seuls fc28 et
l’affaissement sont demandés, le mélange présentera un très fort rapport G/S (avec
une mauvaise compactibilité et dans certains cas, une forte prédisposition la
ségrégation).
Gravillons roulés
Gâchée n° 1 2 3 4 5 6
G1 (kg/m3) 523,3 710,1 898,3 1087,4 1276,9 1459,3
S1 (kg/m3) 1208,3 1053,9 888,8 717,3 541,5 361
C1 (kg/m3) 350 350 350 350 350 350
Eau (kg/m3) 202,8 203,2 203,6 204 204,4 204,7
G1 (%) 30 40 50 60 70 80
S1 (%) 70 60 50 40 30 20
Eau eff 200 200 200 200 200 200
Air total (%) 3,5 2,3 1,5 0,9 0,5 0,5
Rapport G/S 0,433 0,674 1,011 1,516 2,358 4,042
Eeff/C 0,571 0,571 0,571 0,571 0,571 0,571
Affaissement (cm) 5 11,9 16 17,9 17,7 14
fc28 (MPa) 37,9 40,1 41,2 42,8 44,9 47,2
Indice de serrage K 6,447 6,147 5,953 5,938 6,2 6,893
Prix 66,28 66,67 66,95 67,16 67,32 67,34
4 : Variation du gravier roulé
17
b. Evolution de l’affaissement et de l’indice de serrage en fonction de G/S
20 7
18
6,8
16
Indice de serrage K
14
6,6
12
Slump
10 6,4
8
6,2
6
4
6
2
0 5,8
0 1 2 3 4 5
G/S
La compacité des gravillons roulés (0,66) est plus élevée que celle des gravillons concassés (0,628).
Ainsi, lorsqu’on passe des concassés aux roulés, G/S optimal augmente, i.e. qu’à l’optimum granulaire,
il y a moins d’éléments fins dans le mélange. En effet, plus le mélange est compact, moins il y a de
place entre les interstices du gros granulat pour accueillir des grains fins. De même, l’augmentation de
la compacité des gravillons induit une augmentation de la compacité du mélange optimal
(l’affaissement optimal augmente à volume de pâte constant.
Les courbes granulométriques des deux bétons (virtuels) optimaux sont représentées sur la figure ci-
dessous. Les deux courbes ne sont pas confondues notamment dans les zones proches de A (point de
brisure – méthode de Dreux Gorisse). On en déduit que le concept de courbe granulométrique idéale
universelle n’est pas entièrement satisfaisant. Cette courbe idéale dépend de la nature des différents
constituants ; d’où l’intérêt d’une approche théorique de la formulation.
18
5 : Comparaison des courbes granulométriques
19
Les évolutions de l’affaissement et de la résistance à 28jours en fonction du dosage en ciment sont
données dans le graphe ci-dessous.
20 70
18
60
16
14 50
Affaissement
12 40
fc28
10
8 30
6 20
4
10
2
0 0
0 100 200 300 400 500 600
Axis Title
On trouve le dosage critique en ciment (i.e. celui qui conduit à la moindre demande en eau pour une
consistance fixée) entre 200 et 300 kg/m3 (250 kg/m3)
- Pour obtenir un béton optimal (affaissement optimal) avec une résistance de 10 MPa
par exemple, il faut augmenter le dosage en ciment jusqu’au dosage critique. Comme
le rapport E/C est déterminé par la résistance spécifiée, la quantité d’eau sera aussi
maximale.
En conclusion, dans le domaine des bétons d’ouvrages d’art sans adjuvant (résistance moyenne R C28
≥ 35 MPa), la demande en eau augmente en fonction du dosage en ciment.
20
b. Dosage en ciment critique - béton avec superplastifiant
Gâchée n° 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
G1 (kg/m3) 714,3 701,3 687,1 672,4 657,4 642,2 627 611,8 596,5 581,2 566 550,7 535,5 520,2
G2 (kg/m3) 406,1 398,6 390,6 382,2 373,7 365,1 356,4 347,8 339,1 330,4 321,7 313,1 304,4 295,7
S1 (kg/m3) 904 887,5 869,6 850,9 831,9 812,8 793,5 774,2 754,9 735,6 716,3 697 677,7 658,4
C1 (kg/m3) 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 700 750
SP1 (kg/m3) 3,33 5 6,67 8,33 10 11,67 13,33 15 16,67 18,33 20 21,67 23,33 25
Eau (kg/m3) 191,9 190,7 189,4 188,2 186,9 185,7 184,4 183,2 181,9 180,6 179,4 178,1 176,9 175,6
G1 (%) 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35 35
G2 (%) 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20 20
S1 (%) 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45 45
Taux de SP (%) 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Eau eff 190 190 190 190 190 190 190 190 190 190 190 190 190 190
Air total (%) 1,6 1,4 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,3 1,4 1,4 1,4 1,4 1,5 1,5
Rapport G/S 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239 1,239
Eeff/C 1,9 1,267 0,95 0,76 0,633 0,543 0,475 0,422 0,38 0,345 0,317 0,292 0,271 0,253
Affaissement (cm) 14,9 20,3 23,1 24,8 25,8 26,5 26,9 27,2 27,3 27,4 27,5 27,4 27,3 27,1
fc28 (MPa) 3,7 9,4 16,8 25,1 33,8 42,4 50,6 58,3 65,4 72 78 83,5 88,5 93
Indice de serrage K 7,442 6,871 6,432 6,102 5,86 5,692 5,588 5,54 5,544 5,596 5,696 5,842 6,036 6,28
Prix 42,29 50,85 59,37 67,87 76,36 84,84 93,32 101,81 110,29 118,77 127,25 135,73 144,21 152,69
6 : Variation du dosage en ciment avec superplastifiant
Avec l’ajout de superplastifiant, le dosage critique en ciment (i.e. celui qui conduit à la moindre
demande en eau pour une consistance fixée) est beaucoup plus élevé (550 et 600 kg/m3) ainsi que
l’affaissement optimal. Cet optimum est compatible avec une exigence de résistance mécanique élevée.
30 100
25 80
Affaissement
20
60
fc28
15
40
10
5 20
0 0
0 100 200 300 400 500 600 700 800
Dosage en ciment
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c. Influence du superplastifiant sur l’optimum granulaire
En effet les superplastifiants augmentent la fluidité de ces matériaux à l’état frais, ce qui permet de
diminuer la proportion d’eau. En s’adsorbant à la surface des particules de ciment ou en se
positionnant entre elles, les superplastifiants augmentent les forces de répulsions électrostatiques ou
stériques entre elles ce qui induit moins de contact entre ces particules et donc un meilleur écoulement
du matériau frais.
A constance et résistance fixées, l’addition de plastifiant (ou superplastifiant) conduit à une réduction
de la demande en ciment et en eau.
On peut déduire que le superplastifiant nous permet d'éviter l'ajout de l'eau efficace même en ajoutant
le ciment et confère de même un bon affaissement.
Puisque le superplastifiant ajouté permet d'assurer des bons affaissements tout en limitant le demande
en eau donc on déduit qu'il permet aussi de limiter l'utilisation du ciment at minimiser ainsi le coût de
fabrication.
Une addition minérale pour béton est un matériau finement divisé, généralement
de granularité inférieure à 100µm, utilisé dans la formulation des bétons hydrauliques. Elle est
incorporée dans le béton lors de sa fabrication pour améliorer certaines de ses propriétés
(ouvrabilité, consistance) ou pour lui conférer des propriétés particulières : compacité, durabilité,
tenue à des environnements agressifs…
• Améliorer l’ouvrabilité, la compacité et la résistance mécanique des bétons dans lesquels elles
sont incorporées.
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• Améliorer sensiblement les propriétés mécaniques et la durabilité des bétons.
• Améliorer sensiblement les propriétés mécaniques et la durabilité des bétons.
En conclusion, l’intérêt des ajouts minéraux inertes dans les bétons de hautes résistances (en
supposant que leur influence sur la rhéologie est identique à celle du ciment) est de limiter le dosage
en ciment, tout en maintenant un fort dosage en fines. Le coût du béton au m3 en est réduit, ainsi
que l’exothermie et l’empreinte écologique (en termes de CO2 par exemple).
Une autre conséquence de cette observation est que si on utilise un plastifiant (ou un
superplastifiant), à un dosage significatif, pour des bétons de faible résistance, il est intéressant de
combiner aussi le plastifiant avec une addition minérale inerte pour des raisons économiques et
écologiques.
Lorsqu’on fait varier la teneur en ciment autour de l’optimum, on constate que l’affaissement ne varie
quasiment pas, contrairement à la résistance.
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