ÉPREUVE COMPOSÉE - SUJET B
Cette épreuve comprend deux parties :
Partie 1 - Mobilisation des connaissances : il est demandé au candidat de répondre aux trois
questions proposées en faisant appel à ses connaissances acquises dans le cadre du programme.
Partie 2 - Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire : il est demandé au candidat de
traiter le sujet :
en développant un raisonnement ;
en exploitant les documents du dossier ;
en faisant appel à ses connaissances personnelles ;
en composant une introduction, un développement, une conclusion.
II sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
Première partie : Mobilisation des connaissances (10 points)
Question 1 (4 points)
À partir d’un exemple, vous montrerez que l’innovation peut aider à reculer les limites
écologiques de la croissance.
Question 2 (3 points)
Présentez la théorie des classes sociales chez Karl Marx.
Question 3 (3 points)
Montrez, à l’aide de deux exemples, que l’engagement politique peut prendre des formes
variées.
Deuxième partie : Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire
(10 points)
Cette partie comporte trois documents.
Sujet : À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous
montrerez que le numérique transforme le travail et l’emploi.
DOCUMENT 1
Nombre moyen d’heures de travail par semaine des cadres sans télétravail et
avec quelques jours de télétravail dans le mois
Champ : France métropolitaine, cadres du secteur privé non agricole à temps plein (hors professeurs
du secondaire, cadres commerciaux et professions médicales) d’établissements de plus de 10 salariés.
Source : d’après DARES, enquête Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques
professionnels (Sumer), 2017.
DOCUMENT 2
Évolution des parts des professions les moins payées, intermédiaires et les
mieux payées, entre 1993 et 2010 (en points de %)
Source : Grégory VERDUGO, « La polarisation des marchés du travail », Dossiers thématiques,
[Link], 2020.
Lecture : entre 1993 et 2010, en Irlande, la part des professions les mieux payées a augmenté
d’environ 11 points de %.
DOCUMENT 3
La puissance de ces plates-formes numériques 1, dont l'essentiel du business model 2 repose sur
des indépendants ou des auto-entrepreneurs, pousse les entreprises traditionnelles dans leurs
retranchements.
[…], les organisations fondées sur une « ubérisation du travail », sans protection des
travailleurs, commencent par se faire rattraper par les législations des pays où elles se sont
déployées. Le Bureau international du travail (BIT) pointe dans un récent rapport l'absence de
« mécanisme officiel pour lutter contre les traitements inéquitables » et propose
d'établir un socle international de droits et protections ... Mais, pour l'heure, c'est la justice qui
pose les limites. Aux États-Unis, Uber a accepté de payer jusqu'à 100 millions de dollars pour
clore deux recours collectifs de chauffeurs. En Australie, Foodora a fini par cesser ses
activités après des poursuites de l'agence gouvernementale Fair Work Ombudsman, à la
demande de trois employés dénonçant une sous-rémunération. À Londres, en décembre
dernier, la cour d'appel a reconnu à des chauffeurs Uber le statut d'employés pouvant jouir
d'un salaire minimum, de pauses et de congés payés. La justice espagnole aussi a requalifié le
contrat de travail d'un livreur Deliveroo en contrat salarié.
Des requalifications
En France, les accidents de travail et autres incidents se sont multipliés, obligeant le
législateur à intervenir a minima. La loi du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation
du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels prévoit que la plate-forme
doit aider le travailleur dans le financement de son assurance accident du travail. Ce texte leur
garantit aussi des droits syndicaux et un droit à la formation. Une réponse insuffisante puisque
les contentieux prud'homaux3 sur le sujet sont en hausse. En janvier 2017, un chauffeur VTC
autoentrepreneur a réussi à se faire requalifier en salarié de l'entreprise LeCab. Le coup de
grâce a été porté par la Cour de cassation, en novembre dernier, dans son désormais célèbre
arrêt Take Eat Easy, du nom du service de livraison de repas à domicile qui a depuis disparu.
Pour la première fois, les magistrats ont reconnu un lien de subordination entre un livreur à
vélo et son employeur.
Source : Delphine IWEINS, « Ubérisation : où en est-on ? », Les Echos, 27 janvier 2019.
1. : Uber, Deliveroo, Docadom…
2. : Business model : modèle économique, stratégie développée par une entreprise pour
développer son activité.
3. : Contentieux prud’homaux : contestation juridique liée au contrat de travail donnant lieu à un
procès au Tribunal de Prud’hommes.