IOSIF
IOSIF
THÈSE
Présentée en vue d’obtenir le grade de
Vadim IOSIF
Discipline : Génie Électrique
Alix BERNOT, Ingénieur machines électriques, Zodiac Aérospace, IRT Saint Exupéry, invité
Jérôme CASTTELLON, McF HDR, IES, Université de Montpellier, Examinateur
Gérard CHAMPENOIS, Professeur, LIAS, Université Poitiers, Rapporteur
François COSTA, Professeur, SATIE, Université de Paris Est-Créteil, Rapporteur
Stéphane DUCHESNE, Professeur, LSEE, Université d’Artois, Co-directeur
David MALEC, Professeur, LAPLACE, Université Paul Sabatier, Co-directeur
Daniel ROGER, Professeur, LSEE, Université d’Artois, Directeur
3
4
Je remercie vivement le Professeur Jean-François BRUDNY et Professeur Jean-Philipe
LECOINTE, successivement directeurs du LSEE, de m’avoir confié ce sujet et de m’avoir
accueilli au sein de leur laboratoire de recherche.
Je tiens à remercier mon directeur de thèse, Daniel ROGER, Professeur au LSEE, pour la
confiance qu’il m’a accordée en acceptant d’encadrer ce travail doctoral, pour ses multiples
conseils et pour toutes les heures qu’il a consacrées à diriger cette recherche. J’aimerais
également lui dire à quel point j’ai apprécié sa grande disponibilité et son respect sans
faille des délais serrés de relecture des documents que je lui ai adressés. Son énergie et sa
confiance ont été des éléments moteurs pour moi. J’apprécié ses qualités humaines d’écoute
et de compréhension tout au long de ce travail doctoral.
J’adresse mes vif remerciements à mon co-directeur de thèse, Stéphane DUCHESNE,
Professeur au LSEE, pour son attention de touts les instant sur mes travaux, pour ses
conseils avisés et son écoute qui ont été prépondérants pour la bonne réussite de cette thèse.
J’ai pris un grand plaisir à travailler avec lui.
Je voudrais remercier vivement à autre mon co-directeur de thèse, David MALEC, Pro-
fesseur du laboratoire LAPLACE, qui a dirigé à distance mes travaux tout au long de
ces trois années. Son accueil chaleureux lors des mes séjours à Toulouse et les nombreux
échanges à distance ont largement contribué à la réussite de cette thèse.
Je voudrais remercier les rapporteurs de cette thèse : le Professeur Gérard CHAMPE-
NOIS, et le Professeur François COSTA, qui ont rédigé des rapports détaillés sur mon
mémoire et m’on permis d’affiner la préparation de ma soutenance. Ces remerciements
s’adressent également au Docteur Jérôme CASTTELLON et au Docteur Alix BERNOT, pour
l’intérêt qu’ils ont porté à mon travail de recherche.
Mes remerciements vont aussi à tous le personnel technique, administratif et scientifique
du LSEE que j’ai côtoyés au cours de ces trois années de thèse et en particulier à Emmanuel
MATEO pour la conception et la réalisation et la mise du capteur de courant.
Mes remerciements vont aussi aux équipes de recherche du Laboratoire Ampère, La-
boratoire GREEN et du Laboratoire LAPLACE, pour les échanges fructueux effectués au
cours de ces trois années de thèse.
Je voudrais remercier la Fondation de Recherche pour l’aéronautique et l’Espace (FRAE)
qui a financé le projet ACCITE qui a permis de mener à bien ce travail et à son correspon-
dant Régis MEURET qui a suivi avec un grand intérêt mon travail.
Je tiens à remercier le Professeur Ilie NUCA, professeur à l’Université Technique de Mol-
davie, qui m’a aidé à prendre contact avec le laboratoire LSEE et grâce à qui j’ai pu saisir
l’opportunité de réaliser cette thèse. Je remercie également Monsieur Remus PUSCA pour
son soutien, son amitié et ses conseils. J’adresse mes sincères remerciements à Monsieur Ser-
ghei SAVIN et Dorin COZONAC qui m’ont aidé à dans mes premières démarches adminis-
tratives en France et pour leur soutien au début de mon séjour à Béthune et à l’adaptation
à la société française.
Mes remerciements vont également à l’ensemble des doctorants avec qui j’ai eu plaisir
à travailler au LSEE.
Enfin, je remercie ma famille et mes amis pour leur soutien moral durant ces années de
thèse.
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6
Table des matières
1 État de l’art 15
1.1 Machines électriques HT o , prototypes existants . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2 Verrous technologiques qui limitent la montée en temperature . . . . . . . . . 19
1.2.1 Tôles magnétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.2.2 Matériaux conducteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.2.3 Materiaux isolants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.4 Les aimants, caractérisation HT o . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.3 Choix de la structure de la machine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.1 Machine asynchrone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.2 Machine synchrone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.3 Machine à réluctance variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.4 Roulements pour machines haute temperature . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5 Dilatation des parties mécaniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5.1 Dilatation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5.2 Transferts thermiques entre les differentes parties . . . . . . . . . . . . 27
1.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
7
2.5.3 Analyse du cas particulier des ciments HT ◦ à base d’eau . . . . . . . . 59
2.6 Conception des bobine HT ◦ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.6.1 Premier tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.6.2 Conception des bobines des machines HT ◦ du projet ACCITE . . . . . 62
2.6.3 Mesure de la tension de claquage entre les couches . . . . . . . . . . . 67
2.6.4 Essais mécaniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
2.6.5 Prototype de moteur électrique HT o . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
2.6.6 Effets des fronts raides de tension pour une bobine seule . . . . . . . . 71
2.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
Bibliographie 145
8
Introduction générale
9
10
L’utilisation de l’électricité dans le domaine aéronautique n’est pas récente. Les avion-
neurs ont manifesté un profond souhait d’élargir son utilisation à l’ensemble des fonctions
de bord des avions. La puissance électrique à bord est en augmentation avec la multiplica-
tion des systèmes de sécurité et la volonté d’augmenter le confort des passagers. Les sys-
tèmes de commande électrique remplaçant les classiques systèmes hydrauliques et pneu-
matiques, ne font qu’augmenter la demande de puissance. Nous présenterons ici succincte-
ment, l’évolution des actionneurs électriques ainsi que les contraintes spécifiques qui sont
liées au fonctionnement et à l’environnement des systèmes de l’avionique.
Dans les avions récents, tels que le Boeing 787, la pressurisation de la cabine et le dégi-
vrage des ailes sont effectués électriquement, remplaçant les prélèvements d’air chaud sous
pression. Avec cette solution, et la puissance de propulsion est optimale.
L’énergie électrique a beaucoup d’avantages par rapport aux solutions hydrauliques
où pneumatiques en raison de sa flexibilité. Les principaux réseaux électriques des avions
conventionnels ont un niveau de tension 115V AC avec une fréquence variable de 360 à 800
Hz. Un autre réseau 28V DC est utilisé pour les batteries et les systèmes de sécurité. Pour
obtenir de plus grandes puissances électriques, la tension du réseau doit être plus élevée ;
l’industrie aéronautique a convergé vers un réseau HVDC 540V qui offre une grande flexi-
bilité. Toutefois, les composants d’électroniques de puissances des onduleurs imposent des
fronts de tension raides qui causent des pointes de tension courtes, transitoires et répéti-
tives, qui peuvent causer un vieillissement plus rapide des Systèmes d’isolation électrique
(SIE). Le problème est alors de contrôler l’amplitude des surtensions qui apparaissent à
l’intérieur des bobines des machines. Dans les avions plus électriques, il est important de
disposer d’actionneurs compacts à forte puissance massique que nésistent à ces contraintes
électriques.
La puissance spécifique d’une machine dépend des phénomènes de transformation qui
se produisent dans l’entrefer. Les limites sont définies trois paramètres physiques :
• l’induction dans l’entrefer,
• la vitesse relative entre le rotor et le stator,
• la densité de courant dans les conducteurs actifs [1].
Les deux premiers paramètres sont liès aux caractéristiques magnétiques des matériaux
et à la qualité de la construction mécanique de la machine, le troisième dépend de l’équilibre
thermique global du moteur. Pour les solutions qui sortent du champ d’application des
matériaux supraconducteurs, la température maximale de fonctionnement du SIE est le
paramètre principal limitant la densité de courant dans les conducteurs actifs.
Pendant les six dernières décennies, la classe de température des isolants utilisés dans
les machines électriques est passée d’une centaine de degrés à plus de 200o C. Aujourd’hui,
les (SIE) organiques, à base de polymères, ont une très bonne durée de vie [2] à condition
de limiter la température interne du bobinage à une température inférieure à celle qui dé-
finit la classe thermique du SIE. Rappelons que la classe thermique d’un matériau isolant
est la température qui correspond à une durée de vie de 20000h. Pour des températures in-
férieures, la durée de vie est plus longue. Actuellement, les polyméres commercialisés qui
travaillent aux températures les plus élevées sont des variantes du polyimide (PI). Ils ont
une classe de température de 240o C. Les actionneurs actuellement utilisés là où les tem-
pératures dépassent 250o C sont le plus souvent mécaniques. De nombreuses applications
prennent place dans des environnements où l’air a une température dépassant les classes
de référence de l’isolation organique comme, par exemple, les zones proches des réacteurs
nucléaires, les applications spatiales ou dans des volumes fermées sans moyen de refroi-
dissement particulier. De plus, certaines applications ont un fonctionnement intermittent,
11
des démarrages fréquents ou des environnements avec une ventilation limitée ou impos-
sible. La température de fonctionnement conditionne l’isolation du bobinage et toute amé-
lioration de la classe de température de l’isolation permet aux concepteurs de machines de
reconsidérer le dimensionnement pour faire des machines plus compactes.
Un système utilisant un SIE inorganique capable de travailler à une température éle-
vée de l’ordre de 500o C représente une percée technologique importante, ce qui est tout à
fait impensable avec les systèmes organiques actuels [3, 4, 5]. Cependant, leurs caractéris-
tiques électriques et mécaniques sont très différentes des SIE organiques [6, 7]. Ces solutions
doivent être étudiées en détail afin de développer les connaissances nécessaires à l’appari-
tion de nouvelles conceptions de machines électriques à haute température. Les solutions
proposées sont à un niveau de TRL éloigné de l’application finale il s’agit pour le moment
uniquement de concepts. L’apparition d’isolants inorganiques aptes à travailler à des tem-
pératures nettement supérieures à celles des matériaux organiques ouvre un verrou tech-
nologique et donne des possibilités nouvelles aux concepteurs de moteurs. Néanmoins, des
éléments autres que l’isolant du fil conducteur sont également impactés significativement
par la montée en température.
L’un des éléments clés est le conducteur lui même qui doit assurer la circulation du
courant dans la machine. Sa résistance électrique augmente naturellement avec la tempé-
rature. Parallèlement, il subit également des phénomènes de dégradation plus spécifiques
comme, par exemple, l’oxydation du métal ou la migration du métal au travers de la couche
isolante pour des températures supérieures à 200o C [8]. Pour prévenir ces problématiques,
une couche d’un métal protecteur recouvre généralement le métal de base pour former
une barrière de diffusion. Cet ajout influence notablement la résistance globale du fil. Ceci
constitue un paramètre important, car une résistance de phase importante provoque une
forte chute de tension et des pertes par effets Joule élevées.
Par exemple, les machines synchrones à aimants permanents, fabriquées avec un bo-
binage concentré (une bobine par dent du stator) offrent une meilleure solution car elle
permet d’éviter l’aspect aléatoire du bobinage. Ces machines ont également de plus courtes
connexions aux extrémité du bobinage. Cependant leur champ d’application est limité par
la température de leur environnement. Cette limite thermique est principalement due la
technologie de l’aimant. La première barrière peut être surmontée grâce à des alliages spé-
cifiques à base de SmCo. Pour des machines de forte puissance utilisant une grande section
de cuivre, l’isolation textile en fibre de verre est une bonne solution. La flexibilité de cette
couche isolante permet d’avoir un bobinage classique de la machine [9]. Cependant, l’in-
convénient de cette technologie demeure les grandes épaisseurs d’isolant (100 − 200µm).
Cet inconvénient rend cette technologie inutilisable pour les petites machines électriques
conçues pour obtenir une grande densité de puissance.
Les machines électriques capables de travailler à des températures élevées (300 − 400o C)
pendant des temps courts sont des produits maintenant standards ; elles sont utilisées pour
les extracteurs de fumées [10]. Ces machines sont construites avec un SIE amélioré capable
de résister à des températures élevées pour des durées de vie des quelques dizaines de
minutes. Ils utilisent des polymères de hautes performances tels que le polyimide (PI) ren-
forcé par des particules inorganiques. Cependant, ces technologies organiques atteignent
leurs limites et un fonctionnement continu à température élevée n’est pas envisageable.
Des machines électriques puissantes qui peuvent fonctionner en permanence à 400o C
ont été développés par l’industrie pétrolière pour le forage profond [9]. De nombreuses ap-
plications, dans les transports terrestres ou dans l’aéronautique nécessitent des actionneurs
plus compacts de puissance faibles et moyennes. Avec des températures internes élevées,
il est possible de concevoir des machines avec des densités de courant plus élevées et par
12
conséquent, avec des densités de puissance plus élevées. Les bobines de telles machines
doivent être construites avec un fil isolé par une couche inorganique mince constituée d’un
composé vitrocéramique. Malheureusement, cette couche isolante inorganique est poreuse
et n’est pas en mesure de protéger le cuivre contre l’oxydation. Par conséquent, le cuivre
doit être muni d’une couche protectrice supplémentaire en nickel par exemple, entre le
cuivre et la couche isolante inorganique. Le nickel est un matériau ferro-magnétique ; par
conséquent, la couche de protection modifie le comportement électromagnétique global de
la bobine, en particulier dans la partie supérieure du spectre de fréquence en raison des
effets de peau et de proximité.
Une machine électrique HT o possède la capacité de travailler dans des environnement
chauds mais elle posséde également une puissance massique améliorée. Dans le cas d’une
machine asynchrone, par exemple l’augmentation du couple de la machine tend à aug-
menter le glissement. Ainsi que les pertes et par conséquence, la température interne de la
machine.
Lorsque la température admissible dans le stator et dans le rotor est plus élevée, il est
possible de travailler avec un glissement plus important et donc de transmettre plus de
puissance à la charge. Lorsque la machine électrique travaille dans une ambiance chaude
cette situation sera supportable avec une isolation inorganique des enroulements du stator.
Les barres du rotor ne sont pas isolées elles peuvent donc supporter des températures plus
élevées que les conducteurs actifs du stator.
Les machines HT o doivent être construites avec un SIE totalement inorganiques : isola-
tion de fond d’encoche, isolation entre phases et isolation des fils des enroulements. Cette
thèse est centrée sur la construction de bobines inorganiques. Les matériaux utilisés, sont
testées dans différent régimes de températures pour le conducteur isolé et l’imprégnant.
Des essais électromagnétiques sont également menés sur le fil conducteur et la bobine fi-
nale. Ce mémoire de thèse propose des solutions nouvelles aux problématiques des ma-
chines électriques à hautes températures internes. Il est découpé en 3 chapitres :
• Le second est consacré à l’isolation inorganique des bobines destinées à une machine
synchrone à aimants permanents à bobinage concentré. La solution inorganique pro-
posée est analysé en détail et aboutit à la construction de bobines capables de travailler
durablement à des températures comprises entre 20o C et 500o C.
13
14
1 État de l’art
15
16
Le cas particulier des machines qui fonctionnent à des températures élevées pendant
une durée de vie limitée par l’application elle-même est exclu de cette étude. Ces machines
utilisent des technologies polymères classiques qui acceptent des températures extrêmes
pendant des temps limités définis par classe du SIE et la loi d’Arrhenius. Cet état de l’art ne
concerne que les machines capable de fonctionner durablement à des températures interne
élevées et leurs constituants.
F IGURE 1.1 – Moteur électrique HT o à 450 − 700o C, numéro de brevet 3, 192, 861 [11] .
Ceci permet d’utiliser un stator comportant une isolation classique, disponible sur le
marché. La pompe développée est destiné à être utilisé dans le pompage des liquides ayant
17
une température comprise entre 450o C et 700o C. Dans ce moteur un refroidissement par
convection forcée usuel est alors suffisant. D’autre part, la chaleur retenue dans la chambre
du rotor contribue à maintenir le liquide pompé au-dessus de la température de solidifica-
tion.
Un autre prototype a été construit par des chercheurs de General Electric à Schenectady,
New York "A high temperature electric motor" montré figure 1.2, [12]. Un moteur électrique
de petite taille qui fonctionne à des températures de l’ordre de 725o C, montre les possibilités
d’un nouveau conducteur électrique à haute température : le fil d’argent-palladium (50% −
50%) avec plaquage de nickel. Le conducteur a été développé par [Link] . Ce fil a été
réalisé en insérant une tige d’argent-palladium dans un tube de nickel. Le revêtement de
nickel a été oxydé thermiquement, à 1100o C. Certaines inter-diffusions de nickel et d’argent-
palladium peuvent prendre place à la frontière avec le revêtement (nickel). Ce conducteur
profite des avantages liés au NiO ; il est inerte et résistivité à l’atmosphère oxydante. Le
nickel empêche également la volatilisation de l’argent et l’oxydation du palladium. Le N iO
fournit une isolation à basse tension. Pour ce fil, le noyau et la gaine ont des coefficients de
dilatation thermique similaires.
F IGURE 1.2 – Moteur électrique HT o à 700o C, développé par General Electric [12] .
Les cyclages effectués jusque 600o C ont permis d’envisager une durée de vie importante
à ces températures. Le fonctionnement à été validé jusqu 725o . Des gros problèmes de fa-
brication se sont posés, mais ce prototype à montré l’efficacité d’un conducteur AgP d dans
une gaine de N i utilisant un revêtement N iO.
Des études sur les machines HT o ont été faites, il y a quelques dizaines d’années dans
la région pour des application militaires. Le but était de réduire le volume et la masse des
actionneurs. Le prototype de cette machine asynchrone HT o de forte puissance a été réali-
sée avec des conducteurs protégés de l’oxydation par des métaux inertes. L’isolation était
réalisée à base de fibre de verre avec une imprégnation mettant en oeuvre des silicones.
Une thèse récente soutenue au LSEE, a développé une nouvelle conception de machine
à haute température [13]. Dans ce projet il s’agissait de concevoir d’un moteur asynchrone,
haute température, utilisant un bobinage avec une imprégnation céramique. Cette machine
est calculée pour résister à des températures jusqu’a 400o C.
18
L’étude présentée dans ce mémoire correspond à la phase suivante qui consiste à réaliser
un prototype de machine électrique HT o plus compacte, basée sur le modèle de la machine
synchrone à aimants et à bobinage concentré. Les bobines seront réalisées à l’aide des fils à
isolation céramique et elles seront imprégnées dans un ciment HT o .
Les tôles magnétique isolées entre-elle sont utilisées pour former le noyau magnétique
des machines à courant alternatif. Certains produits commercialisés sous la rubrique "fully
process" sont livrées avec un revêtement organique qui renforce cette fonction tout en as-
surant une meilleure lubrification des outils de coupe utilisées pour le poinçonnage. Ces
produits ne conviennent évidement pas aux machines HT o . D’autres produits à base de
F eSi ou de F eCo se recouvrent naturellement d’une couche d’oxyde de fer pendant le pro-
cessus de fabrication. Cette couche très fine assure une isolation suffisante pour éviter la
circulation des courants Foucault dans la masse du noyau magnétique.
Les tôles magnétiques classiques réalisées en Fer Silicium sont les plus souvent à grains
Non Orientés. Si la température d’utilisation augmente, les caractéristiques magnétiques
diminuent légèrement jusqu’à la température de Curie. La température Curie est d’environ
700o C pour F eSi [14, 15]. Le comportement des tôles F eSi à haute températures a été étudié
à l’Université d’Okayama (Japon) [16], [17]. Les caractéristiques de ces tôles sont données
dans les figures 1.3, 1.4. Les mesures ont été effectuées sur des ces tôles magnétiques de
F eSi, d’épaisseur 0, 35mm, naturellement isolées avec l’oxyde de fer. Ces tôles peuvent
être utilisées, avec des densités de flux élevées, jusqu’à plus ou moins 450o C [18]. Pour les
températures élevées les pertes fer diminuent naturellement en raison de l’accroissement
de la résistivité de la matière. Les tôles à grains Orientés (GO), qui possèdent une couche
isolante inorganique phosphatée, peuvent travailler à des températures très élevées. Des
résultats similaires à ceux constates sur les tôles N O sont obtenus avec des tôles à grains
orientés F eSi que l’on décale de 90o pour construire un stator à hautes performances [19].
F IGURE 1.3 – Courbes B(H) mesurées à l’Université d’Okayama sur les tôles F eSi [16].
19
F IGURE 1.4 – Pertes fier mesurées à l’Université de Okayama sur les tôles F eSi [16].
Pour le bobinage d’une machine électrique, les matériaux les plus utilisés sont le cuivre
et l’aluminium. L’aluminium posséde une température de fusion relativement basse et ses
caractéristiques électriques ne sont pas très bonnes aux températures élevées car sa ré-
sistivité devient trop grande. Pour le cuivre, le problème d’oxydation est prépondérant
[5],[8],[20]. Le cuivre est nu donc délicat pour une utilisation efficace aux températures
élevées. D’autres conducteurs sont également employé au delà de 200o C avec de grandes
températures de fusion (Tableau 1.1) : le titane (Ti), le tantale (Ta), le niobium (Nb), l’argent
(Ag), l’or (Au),le platine (Pt), le nickel (Ni) ou le constantan (Cu+Ni)
Tableau 1.1 – Les points des fussion des conducteurs haute température.
Température de
Conducteurs
fusion o C
Titane, Ti 1668o C
Tantale, Ta 3020o C
Niobium, Nb 2477o C
Argent, Ag 2162o C
Or, Au 1064o C
Platine, Pt 1768o C
Nickel, Ni 2913o C
Constantan,
1221 − 1300o C
Cu+Ni
Malheureusement ces matériaux ont des coûts souvent prohibitifs pour une résistivité
relativement élevée. Le cuivre demeure donc le choix le plus judicieux à condition de s’af-
franchir la problème d’oxydation. Ceci est rendu possible grâce à l’utilisation de métaux
inertes, tels que le nickel ou le titane, qui sont déposés sur la surface du cuivre afin de créer
une barrière de diffusion.
20
[Link] Rotor
Dans le cas d’une machine asynchrone, les barres du rotor ne comportent pas d’iso-
lation ; elles peuvent donc supporter des températures élevées sans avoir à résoudre les
problèmes de son isolation. En pratique, les barres d’aluminium peuvent être employées si
le concepteur accepte des résistivités relativement élevées. De plus, l’aluminium s’oxydant
avec la température, une très fine couche isolante d’alumine (Al2 O3 ) se forme à sa surface.
L’utilisation du cuivre pour les barres de court-circuit dans un rotor devient possible après
traitement ou plaquage du conducteur avec des métaux qui résistent à l’oxydation, comme
le Nickel. Le cuivre permet alors d’envisager des températures de fonctionnement bien plus
élevées au cœur de la machine.
• Les isolations polymères classiques qui sont limitées en température. Les polymères
sont des matériaux isolants composés macromolécules à base de carbone. Les liaisons
entre les atomes de la macro-molécule sont vulnérables en haute température. Les ma-
chines travaillant à des températures de 240o (sont isolées l’aide de Polyimide [21]).
Les fils sont imprégnés avec des vernis de même nature (PI) pour garantir une bonne
solidité et une barrière efficace contre les polluants. Les vernis polymères ont égale-
ment une bonne flexibilité mécanique ce qui rend possible les opérations de bobinage.
Ils sont également capables d’absorber les vibrations internes et externes pendant le
fonctionnement de la machine.
• Les céramiques sont des isolants capables de monter en température dans les systèmes
électriques [22, 23]. Les céramiques résistent très bien aux agression chimiques. Elles
conservent leur propriétés aux températures élevées. Les céramiques à base d’alumine
ont un faible coefficient de dilatation thermique (5, 5−9∗10−6 K −1 ), ainsi qu’une bonne
conductivité thermique (15 − 30W m−1 K −1 ) [24]. La tension de claquage dépend du
type du conducteur ainsi que de l’épaisseur d’isolation [25, 7, 26].
• Le mica est aussi une bonne solution d’isolation pour les machines à haute tempéra-
ture il est couramment employé pour l’isolation des machines de très fortes puissances
et sous haute tension (centrales électriques). Sur le marché, on trouve du mica laminé
21
sur un ruban fibre de verre qui permet une certaine flexibilité, il est aussi disponible
sous forme de feuilles qui sont alors plus épaisses et plus rigides. Après un passage
en haute température les feuilles de mica devienne fragiles et cassantes car le poly-
mère qui permet une manipulation flexible a fondu. Ce type d’isolant peut être utilisé
jusqu’à 450o − 600o [27, 28, 29, 30].
Dans une machine électrique à haute température il est primordial d’employer un SIE
totalement inorganique. Pour la conception de la bobine haute température, il faut utili-
ser des matériaux qui résistent jusqu’à 500o C. Un article de synthèse publié dans Fujikura
Technical review en 1991 résume la complexité de la montée en température de l’isolation
d’un fil de bobinage [31]. Il montre que les céramiques sont une bonne solution en HT o .
Il y a des autres fils avec isolant en fibre de verre renforcée avec du mica, ce type de
fil est utile dans de pompes à haute température d’ordre 250 − 300o C, cette pompe utilisée
dans le domaine extraction pétrolière [9].
• Kulgrid 28 - fil de cuivre nickelé, revêtu de céramique. Ce produit est conçu pour
des applications dans le domaine aérospatial, nucléaire ou chimique. La température
d’utilisation normale s’étend de −450o à +1000o C. Ce fil peut résister à 1500o C en
température de pointe [32].
• KD500 - fil de cuivre nickelé dont les caractéristiques électriques ainsi que la struc-
ture physique sont très proches de celles du Cerafil 500. La température maximale
supportée est de 800o C [33].
• Cerafil 500 - fil de cuivre nickelé, recouvert d’une isolation céramique. La couche iso-
lante est mince, son épaisseur est comprise entre 5 et 20µm. La plage de température
de fonctionnement est de −90o C à +500o C, la température maximale supportée en
pointe est de 1000o C. Cette isolation céramique résiste aux attaques chimiques des
solvants, des huiles et des matières organiques [34].
• SamicaFirewall - fil de cuivre nickelé, recouvert d’une épaisseur de mica sur un film
de fibre de verre. L’épaisseur totale de l’isolation est d’environ 100µm à 200µm. Les
températures de fonctionnement pour ce type d’isolation atteignent les 500o C [35].
• CEW - fil de cuivre nickelé, isolé par une épaisseur de céramique recouverte par un
isolant organique (polyimide). L’isolant organique placé sur la céramique permet de
donner une certaine flexibilité à l’ensemble. Ce type de fil est intéressant car la couche
de PI permet d’obtenir des rayons de courbures plus petits. La température de fonc-
tionnement pour ce type de fil est de 300o ~400o C pendant des temps limités [36, 37].
Au delà, le PI s’évapore et laisse de l’air autour de la céramique.
• DGCEW - le fil possède la même construction que le fil CEW, la différence réside dans
l’addition d’une couche de matériau en fibre de verre, c’est un isolation épaisse mixte.
22
Tableau 1.2 – Les fils haute température commerciaux.
F IGURE 1.5 – Differents types des fils haute température issus tableau 1.1
• Le ruban de verre fabriqué à l’aide de fils de verre. Ces rubans sont particulièrement
adaptés pour l’isolation des bobines. Ce type de ruban en fibre de verre peut résis-
ter à des températures de 450o [38]. Ils sont également associés à des fines couches
organiques appelés à disparaitre aux températures élevées.
• Les bandes de tissu céramique - Il s’agit d’un produit possédant de hautes perfor-
mances thermiques et mécaniques. Il conserve sa résistance et flexibilité jusqu’à une
température de 1370o C [39].
23
• Le papier de céramique. Il est composé de fibres à haute résistance et d’une très grande
pureté (fibre d’alumine-75 % et de silice mêlées). Ce type de matériaux supporte des
températures jusqu’à 1400o C [40].
• Le mica AP MG900 - Le mica est déposé sur un tissu de verre pour garantir une cer-
taine flexibilité mécanique lors des opérations de bobinage. Ce type de mica résiste
des températures de 1200o à 1300o [41].
F IGURE 1.6 – Les types des matéraiux HT o susceptible d’etre utilises pour l’isolation de
fond d’encoche : 1. Ruban de verre ; 2. Bande de tissu céramique ; 3. Papier céramique ; 4.
Mica type APMG900 ; 5. Mica Muscovite
.
24
Le cas particulier du Ticonal est à considérer. Cet aimant garde ses propriétés magné-
tiques jusque 450o C mais il possède un champ coercitif tellement faible qu’il se démagnétise
lorsque le rotor est démonté. Il faut en conséquence prévoir un système complexe de ma-
gnétisation après le montage mécanique du rotor.
25
de spires pour les enroulements du stator ce qui augmente la difficulté de conception des
bobines. Cette structure peut fonctionner à des températures plus élevées que la MSAP
mais avec un facteur de puissance plus faible et une efficacité énergétique moindre. Ce type
de machine reste cependant l’unique solution pour les températures les plus élevées.
26
des tôles magnétiques du stator et la carcasse métallique qui maintiennent la partie magné-
tique du stator. Ces difficultés peuvent être résolues en choisissant des matériaux qui ont
des coefficients de dilatation proches. Le coefficient de dilatation des tôles FeSi ou FeCo est
de l’ordre de (10 − 12)10−6 K −1 celui de l’acier inoxydable de 16 ∗ 10−6 K −1 alors que l’alumi-
nium a un coefficient de dilatation de 25 ∗ 10−6 K −1 . Ces chiffres montrent qu’il faut éviter
les carcasses en aluminium au profit de l’acier inoxydable.
Les ciments céramiques se dilatent très peu. Il est donc nécessaire d’absorber la dilata-
tion de la dent en plaçant un textile HT o entre la dent et la bobine inorganique. Les varia-
tions de la dilatation de ces différentes pièces provoque des contraintes thermomécaniques
qui peuvent devenir très fortes. Cette situation est très différente de celle rencontrée avec
une machine classique qui travaille à température ambiante. La chaleur générée par les
différentes pertes augmente la température jusqu’à des niveaux trop faibles pour détruire
l’isolant organique. Il y a une faible dilatation des pièces métalliques, qui est absorbée par
la plasticité de l’isolant organique.
1.6 Conclusion
La conception des moteur HT o soulève plusieurs problèmes scientifiques et techniques.
L’absence de matières organiques capables de travailler à des températures très élevées
concentre notre étude sur la recherche de solution de remplacement pour ces matériaux. Les
propriétés mécaniques et électriques faibles des matériaux isolants inorganiques qui rem-
placent les SIE organiques, doit être prise en compte lors de la conception de la machine.
Avec un SIE inorganique, il ne sera plus possible de concevoir des enroulements en vrac
dans les petites machines. La méthode générale utilisée pour la conception d’une machine
HT o utilisant un isolant inorganique est très différente de celle exploité pour les machine
classiques. En effet la forme du noyau doit être adaptée aux caractéristiques de bobines
inorganiques rigides qui doivent être conçues pour optimiser la distribution de la tension
inter-spires. Le matériaux inorganique doit résister à des températures élevées et ce maté-
riaux doit posséder des caractéristiques diélectriques et mécaniques acceptables. La bobine
finale doit tenir en tension avec des bonnes caractéristiques diélectriques inter-spires.
27
28
2 Conception des bobines inorganiques
adaptées aux machines haute tempera-
ture (HT ◦ )
29
30
La plupart des machines électriques fonctionnent à une température interne de classe F
155◦ C. Plus rarement elles peuvent être de classe C (180◦ C) ou de classe 220 ou 240. Rap-
pelons que la classe thermique définit la température interne à laquelle un ensemble de
moteurs identiques est capable de travailler un taux de défaut, à 20000 heures, de 50% . Il
est possible de travailler au delà de ces températures internes usuelles avec des polymères
plus performants comme les polyamides-imides (200−220o C) et les polyimides (240o C). Ces
fils émaillés permettent de construire des machines électriques en utilisant les méthodes des
bobinages classiques, ce qui autorise des bobinages répartis ou concentrés. Récemment, des
fils émaillés constitués de polyimide chargé de nanoparticules permettant d’atteindre des
températures de 280o C ont été produits [54, 55]. Une autre solution consiste à utiliser un
fil isolé avec un revêtement textile inorganique à base de mica et fibre de verre. Cette solu-
tion est très intéressante pour les grandes machines, possédant des fils de fortes sections,
en raison de l’épaisseur importante de la couche isolante. Ces machines sont utilisées pour
les systèmes géothermiques [9] et dans l’industrie pétrolière. Des travaux scientifiques si-
milaires sont en cours pour les petites machines développées pour l’industrie aérospatiale
[56].
Le développement de polymères avec des performances plus élevés est en cours [57],
[58], mais la nature organique de la couche isolante est un verrou technologique qu’il faut
dépasser pour progresser vers des températures beaucoup plus élevées.
Certains moteurs électriques de conception classique sont conçus pour travailler à des
températures plus élevées mais pendant un temps limité à quelques heures [59]. Ces ma-
chines sont principalement utilisées pour des applications de sécurité en assurant l’évacua-
tion des fumées pendant un temps minimal lors d’un incendie.
Pour des températures internes supérieurs à 300◦ C pendant des temps de fonctionne-
ment longs, il est nécessaire de concevoir des machines dotées d’un SIE totalement inorga-
nique et d’adapter leur conception à ce SIE.
Lorsque l’application exige des actionneurs de fortes puissance massique, il est néces-
saire de concevoir des bobinages compacts où le volume du SIE est aussi réduit que possible
[60]. Dans ces conditions, il est important de concevoir des bobinages utilisant un fil HT ◦ à
isolation inorganique mince capable de supporter des températures très élevées. Cette solu-
tion a cependant des limites liées à la fragilité mécanique et électrique [61],[24] des couches
isolantes inorganiques qu’il faut intégrer au processus de conception et de fabrication des
bobines HT ◦ . Ce chapitre est consacré à l’analyse de cette problématique, il est décomposé
en trois parties principales : la caractérisation électrique du fil HT ◦ à isolation céramique
mince, le choix du ciment d’enrobage capable d’apporter les propriétés mécaniques et élec-
triques complémentaires et la définition des procédures de fabrication des bobines HT ◦ de
la machine.
31
De tels fils inorganiques sont disponibles dans le commerce. Ces produits ont été dé-
veloppés et industrialisés pour réaliser des connections électriques dans des milieux où la
température est très élevée, cependant la fragilité mécanique de la couche de céramique ne
permet pas son utilisation pour bobiner les moteurs électriques avec les méthodes actuelles.
L’analyse des catalogues des constructeurs a permis d’identifier trois produits disponibles
commercialisés sous les noms "Ceramawire" , "Cerafil 500" et "KD500". Les constructeurs
fournissent des fiches techniques très similaires pour le Cerafil 500 et du KD500 et un peu
différente pour le Ceramawire. Une étude expérimentale détaillée [62] montre que les ca-
ractéristiques électriques du fil Ceramawire sont limitées et rendront son utilisation difficile
pour construire des moteurs électriques. Le Cerafil 500 a été sélectionné pour ses proprié-
tés électriques intéressantes et sa similitude avec le KD500. Il permet la construction du
prototype avec un produit relativement cher mais facilement disponible.
La figure 2.2 est une vue de coté agrandie d’un morceau de fil Cerafil 500. La microscopie
de la coupe transversale de la figure 2.3 est obtenue en plaçant le fil dans une résine de
fixation. L’ensemble est tronçonné puis poli avant d’être placé sur le plateau du microscope.
Cette vue fait apparaître clairement la couche de nickel autour de l’âme en cuivre. Le zoom
placé dans la partie droite de la figure 2.3 permet de deviner la couche de céramique dont
la couleur grise est un peu plus claire que la résine d’enrobage. Un trait rouge a été ajouté
pour souligner la ligne de séparation entre la surface de la céramique et la résine extérieure.
Cette ligne montre que la surface extérieure de la couche de céramique est très irrégulière.
F IGURE 2.1 – Vue latérale d’un fil à isolation classique diamètre 0.8mm.
F IGURE 2.2 – Vue latérale d’un fil à isolation céramique (Cérafil 500) diamètre 0.8mm.
La couche mince de céramique a une fragilité mécanique certaine [63], [19] . Cette fragi-
lité est visible au microscope MEB car la surface externe du fil comporte des fissures (figure
2.4).
32
F IGURE 2.3 – Section transversale du fil "Cerafil 500"(à gauche) et zoom sur l’isolation céra-
mique (à droite).
F IGURE 2.4 – Surface du fil à isolation céramique (à gauche), zoom sur surface (à droite),
microscopie électronique à balayage (MEB) .
Ces observation montrent que le fil à isolation céramique mince aura des caractéristiques
différentes d’un fil de bobinage classique qui est recouvert d’une couche de polymère très
souple et étanche. D’autre part, l’isolation des fils organiques classiques est un peu plus
épaisse, de l’ordre de 35µm, ce qui lui confère d’excellentes performances mécaniques et
électriques. Le fil émaillé classique est un produit mature qui réponds à de nombreuses
normes, dont la CEI 60317 [64] qui définit l’épaisseur de la couche isolante et ses tolérances
pour les principaux grades.
Ces différences importantes imposent une étude plus approfondie des propriétés élec-
triques de la couche isolante des fils HT ◦ , dans des conditions mécaniques d’utilisation
aussi proches que possible de celles que le fil rencontrera lorsqu’il sera utilisé dans un mo-
teur électrique.
33
2.2 Analyse des courants de fuites
La mesure du courant de fuites qui traverse la couche isolante lorsqu’elle est soumise à
des contraintes électriques faibles (tension appliquée de 15V), permet de définir le rayon de
courbure maximal à respecter lors de la construction des bobinages. En travaillant en basse
tension, seuls les phénomènes mécaniques sont pris en comptes.
Pour contrôler le rayon de courbure imposé au fil testé, deux configurations ont été
élaborées. La première configuration (type A) consiste à enrouler le fil à isolation céramique
sur un tube d’acier inoxydable pour mesurer le courant de fuites qui traverse la couche
inorganique qui sépare l’âme du fil et le tube d’acier. La seconde configuration (type B)
est plus proche de la réalité, elle permet tester l’isolation entre les spires jointives de deux
bobines enroulées sur un tube.
Pour la configuration de type A , le fil HT ◦ est enroulé sur un tube d’acier inoxydable
de grand diamètre par rapport à celui du fil. Le tube en acier inoxydable est suspendu
aux échantillons testés placés à chaque extrémité comme le montre la figure 2.5. Le poids
du tube permet d’appliquer une pression connue sur la couche isolante. La longueur de
l’échantillon de fil en contact avec le tube est assez grande, elle correspond à 1.5 tours. La
mesure du courant de fuites est réalisée entre l’âme du fil et le tube en acier. Les mesures
obtenues correspondent donc à une seule couche d’isolant alors que l’isolation inter-spires
d’une bobine en comporte deux.
La configuration de type B est plus proche de la réalité : les fils sont bobinés sur un tube
de diamètre suffisant grand pour éviter les fissures. Les fils céramiques testés possèdent
des diamètres de 0.5mm et de 0.8mm. La largeur de la bobine est fixée à 4mm ce qui permet
de placer 4 spires pour un fil de diamètre 0.8mm et 7 pour un fil de 0.5mm. Les tubes ont
été placés entre deux plaques métalliques destinées à faciliter la réalisation de l’échantillon.
Toutes les parties métalliques en contact avec les bobines sont isolées avec des feuilles de
mica comme le montre la coupe transversale de la figure 2.6. Pour pouvoir estimer le cou-
rant de fuite entre deux fils adjacents, la mesure est réalisée entre la première couche (bobine
1 représentée en orange) et la seconde couche (bobine 2 représentée en rouge).
F IGURE 2.5 – Tube pour la mesure du courant de fuites dans un fil à isolation céramique
(configuration de type A).
34
F IGURE 2.6 – Bobine double couche pour la mesure de courant de fuites entre deux fils à
isolation céramique (Configuration de type B).
I
us (t) = − t + I0 (2.1)
C
Le courant est donc égale à
∆us (t)
I = −C (2.2)
∆t
∆us (t) et ∆t sont mesurés à l’oscilloscope.
F IGURE 2.7 – Mesure de courants très faibles avec un intégrateur (à gauche). Formes d’onde
des signaux d’entrée (vert) et de sortie (rouge) (à droite).
35
2.2.2 Resultats
Les courants de fuites ont été mesurés en enroulant le fil céramique sur des tubes de
deux diamètres différents : 12mm et 50mm dans des conditions de laboratoire classiques
(température ambiante 21o C et humidité relative 65%) ; les résultats sont présentés dans les
tableaux 2.1 et 2.2.
On observe que le courant de fuites devient supérieur à 1µA, lorsque le fil Cerafil 500
de diamètre 0.8mm est bobiné sur tube de 12mm de diamètre, soit 15 fois son diamètre. Le
courant de fuite est de l’ordre de 25pA, ce qui est négligeable, lorsque le rayon de courbure
est de 25mm, soit 62,5 fois son diamètre. Avec ces rayons de courbure, le courant de fuites est
toujours négligeable pour le fil de 0.5mm. La première série de mesures montre également
que les résultats sont relativement binaires : pour un rayon de courbure de 6mm, ce qui
est une valeur élevée pour construire des bobines intégrables dans une machine électrique
des dimensions réduites, le courant de fuites est environ 1000 fois plus élevé pour un fil de
diamètre 0.8mm que pour un fil de diamètre 0.5mm.
Ce résultat souligne le fait que la couche isolante garde ses propriétés isolantes pour les
grands rayons de courbure. En revanche elle devient médiocre lorsqu’un rayon de courbure
trop faible crée des fissures importantes.
Ces mesures montrent que le rayon de courbure est un paramètre critique pour l’utili-
sation de fil HT ◦ à isolation mince. Pour garder des courants de fuites négligeables comme
dans le cas d’un SIE organique, il faut travailler avec des rayons de courbure de l’ordre de
10 à 20 fois le diamètre du fil. Rappelons que ces produits ne sont pas industrialisés pour
répondre aux contraintes du bobinages des machines électriques. Les rayons de courbure
constatés avec ces critères sont de l’ordre de grandeur du double de ceux préconisés dans
les fiches techniques du constructeur (5 fois le diamètre du fil, rayon de courbure mini-
mum).
Les courants de fuites mesurés avec le dispositif de type B (bobines concentriques) sont
donnés dans le tableau 2.3 pour 6 échantillons.
36
Tableau 2.3 – Bobine avec fil à isolation céramique (Ø 0,5 mm et 0,8 mm), pour un rayon de
courbure de 25 mm.
Les faibles valeurs de l’écart type attestent de la bonne répétitivité des mesures pour les
échantillons de type A. Pour les échantillons de type B, les écarts types sont plus élevés, les
mesures sont moins homogènes. Cette différence s’explique par le fait que les échantillons
sont plus complexes avec une réalisation manuelle. Les contraintes mécaniques imposées
au fil pendant les opérations de bobinages peuvent être largement différentes d’un échan-
tillon à l’autre.
Les courants de fuites sont faibles, inférieurs à 100pA, avec une légère différence pour
le fil de 0.8mm. Avec des courants aussi faibles, il est difficile d’interpréter les différences
constatées. On peut cependant noter que, compte tenu de la tension appliquée (15V), les
courants mesurés correspondent à des résistances d’isolement supérieures à 150GΩ, ce qui
est comparable à celles obtenues avec les fils organiques classiques.
Il est paradoxal de constater que les courants de fuites mesurés avec la configuration B
(bobines à spires jointives) sont plus grand que ceux de la configuration A. Pour le fil de
diamètre 0.8mm, la différence est de l’ordre de 50pA. Les échantillons de type B sont des
bobines constituées de plusieurs spires, leurs construction nécessite une procédure de bobi-
nage et des manipulations plus nombreuses que celles qui sont nécessaires pour fabriquer
les échantillons de type A. Ces manipulations endommagent probablement la céramique
du fil.
Les essais portant sur la mesure des courants de fuite confirment l’extrême fragilité du
fil HT ◦ à isolation mince et la nécessité impérieuse de le protéger dans un enrobage inorga-
nique HT ◦ rigide avant de placer les bobines sur les dents du stator de la machine.
37
dense et les atomes sont peu mobiles. Les champs électriques nécessaires pour provoquer
une rupture de l’isolation sont généralement beaucoup plus intenses que dans l’air.
Les zones d’interface entre les parties solides et l’air jouent elles aussi un rôle impor-
tant car elles sont propices à des ionisations de surface. Les parois reçoivent également de
l’énergie provenant des chocs provoqués des charges mises en mouvement dans le gaz io-
nisé environnant.
D’une façon générale, les DP s’éteignent naturellement après un temp trés court à cause
des charges d’espace accumulés sur les surfaces isolantes. Contrairement aux DP, le cla-
quage est obtenu lorsqu’un chemin conducteur est établi entre les 2 surfaces métalliques.
Une approche expérimentale est privilégiée car les phénomènes physiques mis en jeux
sont très complexes et ils s’appliquent à une géométrie mal connue à l’échelle microsco-
pique. La complexité de l’interprétation des phénomènes observés est principalement liée
à deux éléments :
• la surface externe du CERAFIL 500 qui est rugueuse et qui provoque des variations
locales importantes du champ électrique dans l’air au voisinage de la surface du fil
isolé ;
38
F IGURE 2.8 – Fils en croix avec point de contact unique.
39
F IGURE 2.9 – Schéma électrique du système de mesure des courants provoqués par les DP.
2.3.3 Procédure
La tension appliquée à l’échantillon est augmentée régulièrement en agissant manuelle-
ment sur le générateur. Le système de déclenchement de l’oscilloscope rapide est connecté
à la voie reliée au shunt. Son seuil est réglé au dessus de niveau de bruit qui est de l’ordre
de 10mV , quand le laboratoire est calme. Ce reglage permet d’obtenir un déclenchement
lorsque le niveau du courant provoqué par une DP est supérieur ce seuil. La base de temps
et réglée en "single sweep" de façon à avoir un déclenchement unique avec une échelle de
temps adaptée aux DP ( 10 ns/div). Les mesures sont impossibles à faire lorsqu’un conver-
tisseur électronique fonctionne dans le laboratoire car le bruit électromagnétique ambiant
est trop élevé.
L’oscilloscope enregistre donc l’impulsion de courant correspondant à la DP dès que ce
seuil est dépassé et l’opérateur stoppe la croissance de la tension. Il relève alors le SADP qui
correspond au niveau de décharge défini par le seuil de déclenchement de l’oscilloscope.
Compte-tenu du caractère aléatoire de l’apparition des décharges lors d’une procédure ma-
nuelle, il est important de faire ces essais sur un nombre significatif d’échantillons pour
observer la moyenne et la dispersion des SADP mesurés.
Des mesures du SADP ont été également faites avec du fil organique classique pour
mettre au point le système et également pour fournir un point de comparaison utile à l’in-
terprétation des mesures faites sur le fil HT ◦ . Trois diamètres ont été utilisés : 0.3, 0.5 et
0.85mm pour les fils organiques en croix de façon à avoir des diamètres comparables à ceux
du Cerafil 500. Les premiers essais ont été effectués à température ambiante. Pour chaque
paire des fils en croix, le fil supérieur a été déplacé pour obtenir 12 mesures à des points
de contact différents. Les paramètres des fils sont donnés au tableau 2.4. Pour obtenir un
contact stable est bien répétable, une masse de 30 grammes a été utilisée pour assurer une
pression qui stabilise le contact.
40
Tableau 2.4 – Caractéristiques de fils testés.
F IGURE 2.10 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fil émaillé
organique de diamètre 0.3mm.
41
F IGURE 2.11 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fil émaillé
organiques de diamètre 0, 85mm.
F IGURE 2.12 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fil céramique
Cerafil 500 de diamètre 0.3mm.
42
F IGURE 2.13 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fils céramique
Cerafil 500 de diamètre 0.8mm.
Compte tenu des facteurs aléatoires qui caractérisent les avalanches électroniques de
faibles niveaux d’énergie, on peut observer que les durées des impulsions de courant sont
relativement similaires tout comme leurs amplitudes. Ces impulsions sont caractérisées
par une grandeur caractéristique unique qui est sa charge. Cette grandeur est une image
du nombre d’électrons mis en mouvement dans le circuit électrique par la décharge. Cette
quantité d’électricité est la charge apparente (qap ) de la décharge qui est représentée par la
surface sous la courbe de l’impulsion de courant i(t) provoqué par la DP (relation 2.3 ).
Z
qap = i(t)dt (2.3)
Les charges apparentes des impulsions mesurées, à un niveau de tension qui correspond
au SADP, sont données dans le tableau 2.5 pour quelques éprouvettes en croix. On peut
constater que, pour ce niveau de tension, les valeurs mesurées sont du même ordre de
grandeur.
Tableau 2.5 – Charges mesurées lorsque la tension appliquée aux fils en croix est à la limite
du SADP.
Les formes d’ondes des impulsions de courant et les charges équivalentes calculées
montrent que le système de mesure mis au point est capable de relever des décharges
43
qui correspondant à des quantités d’électricités très faibles, largement inférieures au ni-
veau de bruit défini par la norme CEI 60270 [70] relative aux mesures des DP, qui est fixé
à 5pC. Le SADP mesuré correspond donc à des décharges d’une intensité très faible. À
ce niveau, les formes d’ondes des courants relevés pour les fils organiques et pour le fil à
isolation céramique sont très semblables. Inversement, les impulsions de courant mesurées
deviennent très différentes lorsque la tension appliquée dépasse plus franchement le SADP.
Les pointes de courant observées avec des fils organiques restent d’une intensité modeste
tandis qu’elles augmentent franchement pour les fils à isolation céramique.
Pour des fils organiques la rupture de l’isolation est obtenue pour des tensions très éle-
vées alors qu’elle est obtenue pour des tensions à peine supérieures au SADP pour fil inor-
ganique HT ◦ à isolation mince comme le Cerafil 500.
La figure 2.14 résume les valeurs moyennes du SADP pour les différents essais réalisés.
Ces résultats sont des moyennes obtenues avec 10 éprouvettes en prenant 12 points de
contact sur chaque éprouvette soit 120 mesures au total. Les valeurs du SADP obtenues avec
du fil émaillé sont de l’ordre de grandeur de celles trouvées dans la littérature scientifique
portant sur éprouvettes torsadées [71]. Les SADP sont nettement plus faibles pour ses fils
inorganiques HT ◦ à isolation mince, ils ne sont pas que de l’ordre de 300V et ils dépendent
moins du diamètre du fil.
Les valeurs sont encadrées par des intervalles de confiance qui donnent des renseigne-
ments relativement sur la dispersion de mesures. La grande dispersion obtenue avec les fils
céramiques peut etre naturellement attribuée à la forte inhomogénéité de la couche d’isola-
tion. La géométrie du contact entre les fils, à l’échelle microscopique, est donc mal connue
et variable.
F IGURE 2.14 – SADP à température ambiante pour des fils polymeres et céramiques.
Des mesures additionnelles ont été réalisées au laboratoire LAPLACE, avec des fils in-
organique HT ◦ à isolation mince à 50Hz. Les résultats sont très similaires à ceux trouvés à
10kHz au LSEE. Ces résultats sont résumés dans le tableau 2.6.
44
Tableau 2.6 – SADP à température ambiante pour les fils céramique en fonction de la fré-
quence.
Ces valeurs très inférieures du SADP des fils HT ◦ s’expliquent par trois facteurs :
45
La tableau 2.8 fournit les SADP mesurés en fonction de la température jusqu’à 500◦ C.
Ces essais montrent que le SADP diminue lorsque la température augmente, ce qui est un
résultat connu [69].
Les tensions ont été augmentées pour permettre la mesure de la tension de claquage des
6 éprouvettes pour chaque température. On peut constater que la marge séparant le SADP
et la tension de claquage diminue lorsque la température augmente.
F IGURE 2.16 – Essais à températures élevées sur des fils en croix de diamètre 0.5mm. SADP
et tension de claquage.
46
F IGURE 2.17 – Essais à températures élevées sur des fils en croix de diamètre 0.8mm. SADP
et tension de claquage.
Pour interpréter la proximité relevée entre la tension de claquage et le SADP, il est né-
cessaire de revenir à l’observation de l’état de la surface de la couche de céramique qui
recouvre le fil.
47
F IGURE 2.18 – Microscopie de la surface extérieure du fil à isolation céramique.
F IGURE 2.20 – Image MEB de la surface extérieure du fil à isolation céramique (Cerafil 500).
Pour faire une microscopie de la coupe, le fil est inséré dans une résine méthacrylate-
methil placée dans un petit tube. Le tube est coupé pour obtenir plusieurs échantillons
cylindriques. L’observation est possible après un polissage minutieux des sections trans-
versales échantillons. La microscopie optique de la figure 2.21 a été faite sur une coupe
48
transversale avec un grossissement très important (x3000 fois). Les lignes pointillées ont été
ajoutées pour mettre en évidence la frontière avec la résine extérieure qui permet de fixer
le fil pendant son observation. Plusieurs échantillons ont été faits, les microscopies sont
toutes différentes mais elles font toutes apparaître d’importantes différences d’épaisseur de
la couche isolante et la présence de porosités ouvertes où l’isolation restante est très fine (de
l’ordre de 2 à 3 µm). Une observation minutieuse de cette microscopie montre l’existence de
deux couches isolantes : une couche un peu plus pâle et assez homogène, d’une épaisseur
de 2 à 3 µm au contact du nickel, et une seconde couche plus irrégulière d’une épaisseur
moyenne d’environ 10 µm.
F IGURE 2.22 – Observation au MEB de fissures sur un fil non stresé (Cerafil 500).
49
F IGURE 2.23 – Fils (Cerafil 500) métallisés à l’or par électrodéposition.
La résistance entre la métallisation extérieure du fil isolé et son âme centrale a été mesu-
rée avec un multimètre classique pour les 12 échantillons. Toutes les mesures correspondent
à des valeurs relativement faibles avec une valeur moyenne de 18Ω pour les 12 mesures et
des disparités très importantes d’un échantillon à l’autre. Aucune résistance n’était repré-
sentative d’une véritable isolation électrique. Cet essai montre que, pour les 12 échantillons
métallisés, l’or déposé se trouve en contact direct avec la surface de nickel au travers de
fissures.
Les fils métallisés ont été observés avec un microscope optique. Comme attendu, la sur-
face dorée qui recouvre la céramique est très irrégulière comme le montre la figure 2.24. Sur
cette microscopie, la largeur de la zone où l’isolation est mince est d’environ de 40µm. On
observe également des fissures ; la partie droite de la figure 2.24 montre une fissure verticale
nettement observable et d’autres fissures de plus petites taille. Des mesures ont été faites
pour estimer la largeur des fissures (estimation : environ 0,16µm ).
F IGURE 2.24 – Surface à l’intérieur d’une porosité (à gauche) augmentée de x2000 fois et
fissures dans les zones les plus minces (à droite) augmentée de x5000 fois.
50
2.4.3 Comparaison avec la courbe de Paschen
Ayant observé des décharges partielles avant le claquage, nous en déduisons que celles-
ce se produisent sur en surface sur la ligne de cheminement : L1 de la figure 2.25) ou dans
la cavité de longueur L de la figure 2.26. Dans le premier cas les interactions avec la surface
du matériau inorganique peuvent intervenir.
F IGURE 2.25 – L’image de décharge partielle de surface entre les fils céramiques.
F IGURE 2.26 – L’image de décharge partielle en volume entre les fils céramiques.
Les données calculées avec la loi Paschen coïncident avec les valeurs mesurées de la
tension de claquage pour les fils en croix a une température de 20o C. Si on prend en consi-
dération les valeurs moyennes de l’épaisseur d’isolant, les valeurs expérimentales du SADP
sont de même ordre de grandeur que celles donnés par la courbe Paschen (voir figure 2.27)
à 20o C et pression atmosphérique.
51
F IGURE 2.27 – Courbe Paschen dans l’air et estimation des longeurs des colonnes d’air dans
les fissures de la céramique.
Tableau 2.9 – Essais de claquage dans le liquide diélectrique du fil Cerafil 500, diamètre
0.8mm.
Tension de claquage,
N o Echantillon
Vef f
1. 1859
2. 1880
3. 1600
4. 1920
5. 1875
6. 1640
7. 2600
Valeur
1911
moyenne, Vef f
52
Les échantillons, des fils céramiques (Cerafil 500, diamètre 0.8mm) ont été nettoyées
selon une procédure de nettoyage standardisée [74]. Les résultats des essais sont rassem-
blés dans le Tableau 2.10, (9 échantillons de fils en croix). Les mesures ont été faite sur les
échantillons avant de nettoyage et après le nettoyage. Les valeurs moyennes de SADP sont
quasiment les mêmes. Ces essais confirment que les échantillons prélevés sur une bobine
neuve sont quasiment identiques aux échantillons nettoyés par la procédure nominalisée.
En conséquence cela démontre qu’un nettoyage, des fils avant réalisation des bobines est
inutile et ne changera pas le SADP. Une solution de "comblement" des fissures des couches
céramiques s’avère nécessaire.
Tableau 2.10 – Seuil d’apparition des décharges partielles avant et après le nettoyage de la
surface isolante (fil en croix).
Fil Fil
céramique céramique
N o Échantillon
avant après
nettoyage nettoyage
SADP, Vef f.
1. 352 363
2. 354 376
3. 354 349
4. 324 349
5. 341 335
6. 332 345
7. 373 340
8. 347 330
9. 348 323
Valeur
347 355
moyenne, Vef f.
53
F IGURE 2.28 – L’image schématique de claquage entre les fil céramique.
Une solution technologique doit être mise en oeuvre pour combler les cavités ou les
fissures. Il est également possible de réduire la tension inter spires a fin d’éviter la rupture
diélectrique franche entre fils.
54
2.5 Ciment HT ◦ d’encapsulation
La fragilité de la couche isolante en céramique déposée sur le fil et les valeurs modestes
du SADP et de la tension de claquage mesurées aux températures élevées montrent que le
fil à isolation céramique doit être utilisé en l’associant avec un liant inorganique HT ◦ . Celui-
ci assurera la fonction d’enrobage des bobines. Il est donc important de sélectionner un tel
imprégnant HT ◦ avant de poursuivre les essais de tenue en tension de l’isolation inter-
spires des bobines. Cette tenue en tension sera assurée par l’association du fil inorganique
à isolation mince et du ciment HT ◦ qui assurera, la tenue mécanique des bobines.
Taille des
Composant Qualité Conditions
Ref. com- particules,
No chimique méca- de Présentation
merciale min − max
principal nique durcissement
(µm)
Duralco Sechage à Ciment
1 Al2 O3 20 − 80 Friable
215 l’air ambiant préparé
24h à temp. Poudre à
2 RTC 60 Al2 O3 44 − 1200 Friable ambiante diluer dans
+2h à 120o C l’eau
24h à temp. Poudre à
3 Rescor 780 Al2 O3 50 − 200 Dur ambiante diluer dans
+2h à 120o C un activateur
12h à temp.
ambiante 2h Ciment
4 903HP Al2 O3 1 − 44 Dur
à 120o C +4h préparé
à 370o C
12h à temp. Poudre à
5 905 SiO2 74 − 150 Dur ambiante diluer dans
+2h à 120o C un activateur
30 jours à Poudre à
Cerastil Non com-
6 < 50 Dur temp. diluer dans
C13 muniqué
ambiante l’eau
Pour la construction de bobines qui peuvent être utilisables dans les machines, les fils
revêtus de céramique doivent être insérés dans le ciment céramique qui offre des propriétés
mécaniques suffisantes [75, 76, 7]. Parmi les 6 ciments sélectionnés après examen de leurs
fiches techniques, deux d’entre eux ont été éliminés pour des raisons pratiques : les ciments
1 et 2. Ils se sont rapidement avérés friables donc mal adaptés aux réalisations de faibles
épaisseurs. Le ciment numéro 2 possède des grains de grandes tailles qui ne sont pas com-
patibles avec la construction de bobines avec des fils de 0.5mm de diamètre et les faibles
55
épaisseurs d’isolant. L’étude a été poursuivie sur la base des ciments 3, 4, 5 et 6 avec une at-
tention particulière pour le produit 6 car il utilise un solvant aqueux (de l’eau), il est simple
d’emploi et a un impact environnemental réduit par rapport à ceux qui utilisent un solvant
plus complexe.
Le tableau 2.12 présente les résultats obtenus en terme de seuil d’apparition des dé-
charges partielles (SADP) et de tension de claquage. Ce tableau a été obtenu avec 20 bobines
différentes : quatre échantillons pour 5 combinaisons de diamètre du fil – diamètre de la bo-
bine. Pour certaines bobines, le claquage s’est produit directement, sans observer les pics
de courant qui sont la signature des décharges partielles. Un seul échantillon présente une
56
tension de claquage nettement plus élevée que les autres (1000V), alors que les trois autres
sont détruits pour des tensions respectivement égales à 530V, 470V et 600V. Cette valeur éle-
vée unique, qui n’est pas expliquée, a été éliminée pour calculer la moyenne. L’échantillon
2 réalisé avec du fil de 0.5mm sur un tube de 8mm présente le même comportement. Ces
points particuliers sont surlignés dans le tableau 2.12.
Ces premiers résultats montrent également que pour les faibles rayons de courbure les
tension de claquage sont proches des SADP. La différence entre ces deux valeurs n’est pas
mesurable pour la moitié des échantillons testés. Ces résultats confirment les résultats de la
section précédente car la courbure des fils à isolation céramique mince augmente le nombre
des fissures et donc des chemins possibles d’ionisation de l’air et le claquage entre les âmes
métalliques. Cette constatation montre que le ciment ne pénètre pas au cœur du bobinage,
dans les fissures microscopiques observées. Il forme un simple liant qui maintien les spires
à leurs places. Les grains du ciment s’intercalent entre les spires pour former un ensemble
rigide mais ne comblent pas complètement les cavités et les fissures.
Quelques tentatives ont été faites pour fabriquer des bobines identiques avec les ciments
1 et 2 mais elles se sont avérées difficiles à manipuler à cause de la friabilité des ciments.
Les échantillons sous formes de bobines sont difficiles à réaliser et demandent beaucoup de
temps. Les essais ont été poursuiuvis avec des échantillons plus simples.
Pour étudier les caractéristiques électriques de l’ensemble formé par le fil HT ◦ associé à
son ciment d’imprégnation, 7 échantillons de fils en croix pour chaque ciment d’enrobage
retenu (figure 2.31) ont été construits les résultats sont présentés aux les tableaux 2.13 et
2.14.
Les essais montrent que pour pour certains types de ciment, la tension de claquage est
très proche du SADP, il est difficile de faire la différence entre les deux paramètres. Dans ce
cas le valeur du SADP n’est pas précisée.
57
F IGURE 2.31 – Contact ponctuel avec enrobage (fil Cerafil 500).
Tableau 2.13 – SADP des échantillons construits avec différent types de ciment.
Le meilleur résultat pour la tension de claquage est détenu pour le ciment type Cerastil
C13. Cependant en haute température, la tension de claquage la plus élevée est obtenue
pour le ciment 903 HP, avec une légère différence par rapport au Cerastil C13 (différence
903HP-Cerastil C13 est 5%, à 500o C).
Tableau 2.14 – Tension de claquage des échantillons construits avec différent types de ci-
ment.
58
2.5.3 Analyse du cas particulier des ciments HT ◦ à base d’eau
Les ciments à base d’eau ont un impact environnemental plus faible que les autres. Des
essais spécifiques ont été réalisés avec des formes simples et du ciment N o 6 (Cerastil C13)
capable de durcir à l’air ambiant et à basse température. Ce ciment est le plus simple d’uti-
lisation. Les échantillons réalisés ont une forme cylindrique et une épaisseur de 5mm. Ils
sont pourvus d’une série d’électrodes en acier inoxydable. La figure 2.32 montre des pho-
tographies d’échantillons qui ont été conçus.
Certains échantillons ont été coupés pour observer plus précisément leur comporte-
ment à cœur. Ces coupes ont montré la présence de bulles résiduelles au coeur de la pièce.
Pour éviter cet inconvénient, deux solution ont été testés expérimentalement. La première
consistent à augmenter la teneur en eau du ciment pour rendre le mélange plus fluide, la
seconde à vibrer le moule durant une heure.
Les ciments réalisés avec une teneur en eau réduite sont effectivement plus homogènes
mais la résistance mesurée entre les électrodes est assez faible de l’ordre de 10M Ω seulement
pour une distance inter-électrode de 6mm et nettement moins pour les échantillons où les
électrodes sont distantes de 1.8mm. Avec de telle valeurs, les pertes dans le diélectrique des
bobines inorganiques construites avec un tel ciment pour un moteur seront prohibitives.
L’idée de faire vibrer le mélange avant la prise du ciment est efficace pour améliorer
l’homogénéité du ciment mais les résistances mesurées entre les électrodes sont encore plus
faibles. Cette différence peut s’expliquer par une action abrasive des particules en suspen-
sion dans le mélange. Les vibrations provoquent un friction entre les particules et les élec-
trodes qui tend à détériorer significativement l’état de surface de ces dernières. Ce phéno-
mène d’abrasion doit être évité avec des fils à isolation inorganique qui sont très fragiles.
D’une façon générale, le ciment N ◦ 6 à base d’eau et à durcissement naturel à l’air libre
a une durée de prise très longue. Les résistances mesurées entre les électrodes une fois
59
par jour pendant 6 jours augmente régulièrement. Cette valeur n’est pas encore stabilisée
après 6 jours et des variations liées à l’humidité ambiante ont été constatées. Les détails des
mesures effectuées et des conditions dans lesquelles elles ont été faites sont rassemblées
dans le livrable L1.1c du projet ACCITE [77].
Les résultats de ces essais ont conduit à éliminer le ciment à séchage naturel à l’air libre
au profit du ciment N ◦ 4 (903HP) qui est un produit plus technique dont la stabilisation est
assurée par deux cycles thermiques. Le premier cycle à 120◦ C pendant 2h assure la prise
initiale du ciment. Le second cycle, à 370◦ C pendant 4h, est destiné à faire grossir les grains
formés lors du premier cycle ce qui améliore les propriétés mécaniques du ciment. Cette
solution, est bien adaptée aux couches fines, elle sera testée directement sur des bobines
réalisées avec du fil HT ◦ à isolation céramique.
Pour concevoir une machine électrique compacte il est nécessaire de réaliser des bobines
de faible épaisseur comme le montre la figure 2.34. Cette figure montre deux bobines dont
60
l’épaisseur est voisine de 3mm. La bobine de gauche a subi un essai à 500o C pendant 8h,
son aspect extérieure montre un brunissement mais ses caractéristiques mécaniques sont
comparables à celles qui n’a pas subi de cycle thermique.
Plusieurs prototypes semblables ont été construits avec les ciments prêts à l’emploi (Ce-
rastil C13 et 903 HP) en respectant scrupuleusement les consignes décrites dans leurs fiches
techniques. La tôle extérieure, les flasques et le noyau central sont démontés après avoir
attendu le temps préconisé à température ambiante. À ce stade le ciment n’as pas subi de
cycle thermique, il est encore très friable. L’opération de démoulage est donc très délicate,
mais après cette opération la bobine peut subi le cycle thermique préconisé par le fabricant
pour acquérir ses caractéristiques mécaniques optimales.
Les propriétés mécaniques n’ont pas été testées dans le détail sur ces prototypes, cepen-
dant plusieurs éléments peuvent être déduits de cette première expérience :
• Les bobines sont relativement dures, sauf sur les arêtes qui sont un assez irrégulières.
Ce défaut s’explique par l’opération de démoulage qui est délicate et qui a tendance à
endommager les arêtes.
• L’épaisseur de la bobine n’est pas régulière, elle est plus importante au centre de la
bobine. Ce défaut est dû à l’utilisation d’une tôle externe serrée par des serre-joints ;
la tôle n’est pas tout à fait plane au moment de son serrage.
L’analyse très qualitative des performances mécaniques de ces premières bobines a per-
mis de cerner les difficultés et de modifier la conception des bobines inorganiques qui seront
montées sur les dents des stators des machines prototypes du projet ACCITE. La principale
difficulté est liée à l’opération de démoulage, elle même liée à la conception du moule. Les
arêtes des bobines réalisées avec le ciment N o 4 (903HP) se sont avérées moins friables que
celle réalisées avec le ciment N o 6 (Cerastil C13). Ce ciment a donc été retenu pour fabriquer
les bobines de la machine prototype.
61
2.6.2 Conception des bobines des machines HT ◦ du projet ACCITE
Les machines HT ◦ du projet ACITE sont conçues pour travailler à une température in-
terne de 500◦ C au point le plus chaud. Elle ont été définies en collaboration avec le labora-
toire GREEN. Comme beaucoup de machines compactes de l’aéronautique, ces machines
synchrones sont construites avec un grand nombre de pôles pour pouvoir les doter d’un
bobinage à une bobine par dent statorique. Ces machines doivent respecter certaines condi-
tions dans les combinaisons entre le nombre de pôles et le nombre de dents pour fonction-
ner avec des couples harmoniques limités à des valeurs raisonnables [78]. Les prototypes
sont définis sur la base d’une structure à 20 pôles (10 paires de pôles p = 10) et 24 dents
statoriques. Les machines sont conçues pour fonctionner à 5000tr/min - (n = 83.3tr/s) sous
une fréquence d’alimentation élevée (f = 833Hz). Les tôles du stator sont découpées selon
le plan de la figure 2.35, le détail d’une dent est donné à la figure 2.36. Ces tôles minces en
fer-cobalt sont empilées pour former un circuit magnétique d’une longueur de 50mm.
62
F IGURE 2.36 – Détail d’une encoche, (côtes en mm).
Les bobines inorganiques définies à la figure 2.37 sont conçues pour être montées sur
des dents parallélépipèdiques pour former un bobinage triphasé. La géométrie du fond
des encoches est adaptée à des bobines de section rectangulaire pour augmenter la surface
où s’effectuent les échanges thermiques entre les bobines et le stator. Les encoches seront
fermées par une tôle de faible épaisseur destinée à limiter les variations de flux dans les
bobine lors du passage des aimants du rotor.
Avec 24 encoches au total, le bobinage est constitué de 8 bobines par phase. Le choix
a été fait de les connecter en série pour répartir les contraintes en tension. Les connexions
sont réalisés selon les règles des enroulements concentrés [79]. Les dimensions des dents
63
et la fréquence étant fixées, le nombre de spires des bobines résulte d’un compromis entre
entre la force électromotrice à vide de la machine à sa vitesse nominale et la valeur crête de
l’induction dans l’entrefer. La force électromotrice doit être compatible avec le fondamental
de la tension que peut fournir l’onduleur MLI qui sera connecté à un bus HVDC de 540V .
Une première approximation de la valeur efficace de la tension EB induite dans une bo-
bine montée sur une dent peut être donnée par la relation (2.4) où n est le nombre de spires
de la bobine, B la valeur crête de l’induction dans l’entrefer, S la section d’une encoche et f
la fréquence nominale. Cette relation est très approximative compte tenu de la complexité
de la structure de la machine à bobinage concentré [78], mais elle a le mérite d’être simple.
EB = 4.44nBSf (2.4)
Le diamètre de l’âme du fil inorganique est de 0.5mm, ce qui correspond à une section
totale équivalente de 0.6mm2 en supposant que les courants se répartissent uniformément
dans les couches connectées en parallèle. La densité de courant réellement admissible dans
la bobine inorganique HT ◦ dépend de l’équilibre thermique de l’ensemble. Le choix du
nombre de couches connectées en parallèle a été fait en supposant que la densité de courant
admissible dans ce type de bobine est de l’ordre du double de celle couramment admise
dans les machines classiques dans des conditions similaires de refroidissement.
Les bobines ont été réalisées en utilisant des moules en matière plastique obtenus grâce à
une imprimante 3D. Cette méthode a permis de faire évoluer la forme des pièces du moule
pour faciliter les opérations de démoulage dont le caractère critique a été montré par la
réalisation des premières bobines. La figure 2.39 est une photographie d’un moule en deux
parties. Les flasques du moule, qui définissent l’épaisseur de la bobine, ont des espaces pour
faciliter le séchage du ciment. Cette forme a été obtenues après plusieurs essais, elle permet
de fabriquer des bobines dont les dimensions sont stables. Elles peuvent être montées sur
les encoches du stator.
64
F IGURE 2.39 – Moules obtenus par impression 3D.
Plusieurs essais de bobinage ont été nécessaires pour définir une procédure opération-
nelle. Les coupes transversales présentées à la figure 2.40 montrent que les spires des trois
couches ont tendance à se mélanger. Les bobinages réalisés ne sont pas bien ordonnés, ce
qui n’est pas propice à une bonne répartition des contraintes de la tension entre les spires.
F IGURE 2.40 – Coupe d’une bobine inorganique avec couches non séparées
L’ajout d’une feuille mince de mica (50µm) entre les couches de bobinage à permis de
régler ce problème. Une procédure stricte basée sur l’expérience acquise et largement ins-
pirée des consignes données par la fiche technique du ciment a été définie. Un papier HT ◦
plus épais, à base de céramique, est posé entre les couches aux extrémités de la bobine
pour compenser les fissures crées par un rayon de courbure assez faible dans les têtes des
bobines. Cette couche n’augmente pas l’épaisseur des bobines, dans les encoches, mais aug-
mente un peu leurs longueurs, cela n’empêche cependant pas leur montage dans le stator.
La procédure est la suivante :
65
1. Préparation d’une petite quantité de ciment, homogénéisation mécanique du mélange
à l’air libre ;
6. Pose d’une feuille mince de mica et de papier céramique plus épais aux extrémités de
la bobine ;
9. Serrage entre deux pièces métalliques pour mettre la couche externe aux dimensions
du moule ;
1. Rajout à l’aide du pinceau des faces latérales pour compenser les problèmes liés au
démoulage ;
La figure 2.41 montre les mêmes coupes de bobines réalisées en appliquant la procédure.
Elles montre clairement que les fils du bobinage restent à leur place pendant les opérations
de bobinages des différentes couches. La coupe de la partie droite de la bobine qui est dans
l’encoche montre également que la marge de sécurité prise sur les dimensions des bobines
du prototype peuvent être réduites pour augmenter le remplissage des encoches.
66
(a) Bobine avec papier de céramique aux extrémités.
F IGURE 2.41 – Coupe d’une bobine avec des couches séparées, par du papier (a) et du mica
(b).
La tension de claquage entre les couches a des valeurs entres 530V et 660V . Cet écart
s’explique par la construction manuelle, il y a une probabilité importante pour que la dis-
tance entre les couches ne soit pas très homogène. Les résultats d’essais fait entre les couches
extrêmes (1-3) sont logiquement supérieurs aux autres. Les discussions avec le fournisseur
du Cerafil 500 ont permis de conclure que certains éléments entrant dans la composition de
la couche isolante sont des verres. Ils sont associés à d’autres éléments inorganiques qui ne
sont pas communiqués. En montant en température, la rigidité mécanique des certains com-
posants diminue au delà d’un certain seuil. Des essais ont été menés pour tenter d’exploiter
cette propriété dans la but de modifier les fissures observées dans la couche inorganique
après la réalisation de la bobine. Le ciment est capable de supporter des températures de
l’ordre du millier de o C, il peut donc résister à ce cycle thermique supplémentaire.
Une bobine a été portée à 800◦ C pendant 1h 30 min. Puis la tension de claquage entre ses
67
couches a été mesurée. Les résultats sont donnés tableau 2.16. Ils montrent un effet positif
qu’il serait souhaitable de confirmer.
Tableau 2.16 – Tension de claquage de l’isolation entre les couches à 500◦ C après un cycle
thermique pendant 1h 30 min à 800◦ C.
Cet essai fait sur un échantillon unique par manque des temps montre un effet de cica-
trisation des fissures de la couche vitro-céramique déposée sur le fil. Ils ouvrent des pers-
pectives pour des investigations plus approfondies dans cette voie avec un nombre plus
important d’échantillons.
68
F IGURE 2.43 – Caractéristiques mécaniques.
Ces essais montrent que la bobine a un comportement élastique jusqu’à une force ap-
pliquée de 180N environ. La rupture se produit à environ 250N . L’observation de la bobine
détruite montre des fissures importantes au niveau du milieu et des têtes de bobine qui ont
travaillé en extension pendant les essais.
Les bobines finales de la figure 2.45 sont montées sur les dents du stator pour former
la vue générale de la figure, 2.46. Les connexions entre les bobines sont faites avec de la
brasure d’argent, cette soudure résiste à une température de 700o C. Touts les contacts de la
bobines avec les parties du stator sont isolées avec du mica. La cale de fermeture de l’en-
coche est metallique pour limiter les courants induits dans les aimants. Les fils de connexion
entre les bobines sont aussi isolés avec un gaine tissé qui résiste aux températures élevées.
69
F IGURE 2.45 – Bobine finale, vue générale.
Deux options sont prévues. L’une avec des aimants en surface (la figure 2.47-A), l’autre
option consiste à placer les aimants à l’intérieur du rotor et à ramener le flux vers l’en-
trefer avec un noyau doux. Pour la seconde option (la figure 2.47-B) l’arbre en acier non
magnétique est composé des dents qui se placent dans creux du circuit magnétique doux.
Toutes les parties de la machine électrique sont conçues pour travailler à des températures
d’environ 250 − 350o C.
70
F IGURE 2.47 – Deux types des rotors, A-aimants extérieurs, B-aimants l’intérieurs du rotor.
2.6.6 Effets des fronts raides de tension pour une bobine seule
Nous avons testé les bobines céramiques finales en haute tension (environ 3, 8kV ). Le
schéma de mesure comprend une source de tension impulsionnelle, une sonde haute ten-
sion connectée en parallèle avec l’échantillon et une la sonde de courant. Les deux sondes
sont connectées à un oscilloscope rapide. Le schéma est montré à la figure 2.48. Un essai
réalisé sur une éprouvette torsadée, est destinée à faire apparaitre un régime de décharges
partielle. La figure 2.50 montre le résultat de mesure de tension appliquée en jaune et cou-
rant en bleu. Les impulsions de courant rapides trahissent l’existence de DP dans la paire
torsadée. Ensuite, dans les mêmes conditions, nous avons testé notre bobine céramique. La
tension appliquée à la bobine était de 3,8 kV. Le courant est présenté dans la figure 2.51
(couleur bleue) . Aucune impulsion rapide de courant n’a été détectée. En conclusions, au-
cune DP entre spires n’est apparue à l’intérieur de la bobine céramique. Ces essais ont étés
faits sans stator, les capacités de mode commun et les résistances de l’isolation spire-masse
n’ont pas été prises en compte.
71
F IGURE 2.48 – Schéma de mesure, en tension impulsionnele de 3.8kV , pour une bobine
céramique.
F IGURE 2.49 – Dispositif de mesure en tension impulsionelle, bobine sous test (photo
du haut), generateur d’impulsions haute tension (photo en bas à gauche), mesures ten-
sion/courant (photo en bas à droite).
72
F IGURE 2.50 – Tension impulsionelle avec l’amplitude de 2,8 kV, l’échantillon sous test est
une paire torsadée, avec isolant polymère classique. La présence de nombreuse DP est ob-
servée sur le courant.
F IGURE 2.51 – Tension impulsionelle avec une amplitude de 3,8 kV, l’échantillon sous test
est une bobine céramique. Le courant augmente relativement lentement à cause de l’induc-
tance de la bobine, mais les phénomenes rapides caractéristiques des DP sont absents.
Notons que pour la construction de la bobine HT o nous avons choisi un fil électrique
à isolant céramique très mince, d’environ de 10µm, nous avons donc obtenu une bobine
compacte. Le ciment a joué également un rôle important. Il a donné une bonne résistance
mécanique à la bobine céramique et isolation inter-spire acceptable. Les grains de ciment
sont de grandeur minimale, nécessaire pour diminuer la distance inter-spire. Ce ciment a
73
un comportement équilibré dans les caractéristiques électriques à température ambiante
mais également à haute température. Les épaisseurs de mica entre les couches de la bobine
ont donné un bon arrangement des spires à l’intérieur de la bobine. L’arrangement des
spires est très critique, pour obtenir une différence de potentiel inter-spire minimale. Tous
ces facteurs ont donné un résultat positif de comportement de la bobine jusqu’a en tension
impulsionnelle 3, 8kV .
2.7 Conclusion
Dans la conception d’une machine électrique à haute température, le bobinage doit être
réalise à l’aide du fil qui résiste en température, nous avons décidé d’utiliser le fil type
Cerafil 500, c’est un fil de cuivre protégé par du nickel pour éviter l’oxydation. Sur le nickel,
une couche mince de céramique de 8 − 15µm assure l’isolation électrique. Sur le marché, il
existe d’autres fils haute température avec isolation mica tel que type SK600, (Von Roll). Le
gros désavantage de cet isolant est son épaisseur de 200µm.
Les premiers essais ont été réalisé en vue d’étudier la tension limite inter-spire, sans
imprégnant (le ciment). Cette problématique des limites en tension est imposé à cause des
effets des dv/dt spécifiques à la commutation des transistors du convertisseur. Les essais
effectués à 50 Hz et à 10 kHz LAPLACE et LSEE, confirment des décharges partielles n’ap-
paraissent que pour des tensions de l’ordre de 300 V entre les fils.
Des mesures du courant de fuites pour divers rayons de courbure ont permis de mette
en évidence la fragilité de la couche isolante mince. Des courants de fuites très faibles, de
l’ordre du nA, ont été mesurés lorsque le rayon de courbure dépasse 24 fois le diamètre du
fil.
Pour interpréter ces phénomènes des observation microscopique ont été faites, elles ont
mis en evidence la présence de deux courbes inorganiques isolantes. La courbe extérieure
épaisse d’environ 12-15 µm est très irrégulière. La couche intérieure épaisse d’environ 2µm
est plus régulière, elle comporte cependant des fissures. Des essais de métallisation par
electrodéposition d’une couche d’or on mis en évidence la réalité des fissures observées au
microscope car contact direct avec l’âme centrale est établi.
Des essais faits dans un diélectrique liquide on montré la disparition des DP et une
élévation importante de la tension de claquage. Ces résultats montrent que des canaux mi-
croscopiques d’air existent entre les âmes des spires adjacentes. La couche isolante agit plus
comme un espaceur que comme une véritable couche diélectrique.
Des essais ont été faits avec un ciment HT o d’encapsulation on permis de choisir un
produit commercialisé, le 903HP. Une procédure de fabrication de bobines ordonnées à été
mise au point.
La forme de la bobine finale a été obtenue grâce à un moule de plastique imprimé avec
une imprimante 3D. La bobine finale a subi des essais mécaniques sur une presse hydrau-
lique. Elle a été faite suffisamment dure pour être utilisée dans le stator de la machine élec-
trique. Rappelons que la bobine est faite de trois couches, entre les quelles des essais de
claquage ont été réalisés. Les valeurs obtenues sont suffisantes pour tenir la tension impo-
sées par l’onduleur. Nous avons également fait des essais en tension impulsionnelle sous
fort dv/dt avec la bobine dans l’air. Ces essais montrent qu’aucune DP entre spires apparait
jusqu’à 3.8kV .
74
3 Caractéristiques électromagnétiques des
bobines inorganiques HT ◦
75
76
Le chapitre précédent, consacré à une technologie d’isolation inorganique capable de te-
nir des températures très élevées, a mis en évidence la nécessité de protéger le cuivre par un
barrière de diffusion. Cette couche est un métal inerte qui protège le cuivre de l’oxydation.
La plupart des fils HT ◦ sont recouverts par une couche de nickel avant d’être isolés par
un matériau inorganique. Cette technologie est également utilisée pour fabriquer les câbles
utilisés dans les avions aux températures classiques [80]. La couche de nickel ajoutée au fil a
des propriétés ferromagnétiques qui modifient les caractéristiques électromagnétiques des
bobines, principalement dans la partie haute du spectre des fréquences. Comme la machine
HT ◦ est destinée à être alimentée par un convertisseur électronique fonctionnant en MLI,
il est important d’étudier l’influence de cette couche de nickel sur les propriétés électroma-
gnétiques globales des bobines qui équiperont le moteur HT ◦ . Ces propriétés se traduisent
par un schéma équivalent haute fréquence qui permet de prédéterminer la répartition des
tensions pendant les transitoires qui suivent les fronts raides de tension imposés par l’on-
duleur MLI.
Le chapitre précédent a mis en évidence la faible tenue en tension des couches isolantes
HT o des fils à isolation inorganique mince. Il est par conséquent important d’analyser fi-
nement le régime transitoire rapide qui suit chaque front raide de tension pour estimer
la marge de sécurité entre la contrainte maximale imposée à l’isolation inter-spires et la
tension de claquage de la couche isolante. Le chapitre 3 se décompose en plusieurs par-
ties. Il commence par une description générale des impulsions imposées par l’onduleur à
sa charge constituée de la machine et du câble. Ensuite, une caractérisation des propriétés
magnétiques particulières du fil en présence de la couche de nickel est proposée.
Ces propriétés influencent fortement l’effet de peau et donc la résistance du fil aux fré-
quences élevées et, par conséquent, le schéma équivalent HF qui permet de prédéterminer
la répartition des contraintes électriques entre les spires. Le chapitre se termine par une
analyse transitoires des signaux rapide en proposant un approche simplifiée du schéma
équivalent HF d’une phase de la machine HT o .
77
est connecté au point neutre (N) qui reste en l’air.
F IGURE 3.1 – Schéma typique d’un moteur électrique piloté par un onduleur de tension à
commande MLI.
L’observation du schéma de la figure 3.1 montre que la somme des valeurs instantanées
des tensions composées : uAB , uAC et uCA est toujours nulle, quelque soit l’état des com-
mandes xA , xB et xC . La relation 3.1 peut être facilement vérifiée en faisant la somme des
tensions pour chaque ligne du tableau 3.1.
78
Chaque bobine est fixée sur sa dent du circuit magnétique lui même est connecté à la
masse. Il existe donc une capacité de mode commun entre les fils de chaque bobine et la
masse. Cet effet capacitif est modélisé par une capacité ajoutée entre la sortie de la bobine et
la masse sur le schéma équivalent de la figure 3.2 . Des autres capacités de mode commun
existent entre les puces électroniques contenues dans les bras de l’onduleur et le radiateur
assurant le refroidissement, lui même connecté à la masse. Ces capacités sont également
représentées sur le schéma équivalent de la figure 3.2. Une résistance de quelques dizaines
d’ohm est ajoutée en série avec ces capacités pour respecter la règle de l’alternance des
sources. En effet pour que le simulateur SPICE fonctionne, une capacité supposée parfaite
ne peut pa être connecté à une source de tension. Cette situation entraine un mauvais condi-
tionnement des matrices interne du logiciel de simulation du régime transitoire du circuit
équivalent.
Les tensions simples vAN , vBN et vCN sont réparties entre les bobines connectées en sé-
rie qui constituent chaque phase. Par conséquent, il est important d’analyser le comporte-
ment transitoire de la machine entière, à l’échelle des temps intermédiaires, pour estimer
la contrainte reçue par chaque ensemble de bobines d’une phase avant d’étudier la répar-
tition de cette tension à l’échelle des temps courts correspondant aux fronts raides. Cette
démarche est conduite pour une commande éloignée classique dite "sinus triangle" qui dé-
finit les formes d’ondes des tensions uAB et uBC des sources du circuit équivalent.
La figure 3.3 donne un exemple d’une telle modulation pour une fréquence de décou-
page volontairement réduite afin d’obtenir une figure lisible. Les instants de commutation
de la variable binaire xA sont définis par les intersections entre l’onde modulante trian-
gulaire et la sinusoïde de référence de la phase A. Les deux autres variables binaires xB
et xC sont obtenues de la même façon, avec la même onde modulante triangulaire, et des
sinusoïdes de déférence de même amplitudes déphasées de 2π/3 et de 4π/3.
79
1
-0.5
-1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
Angle (rd)
Le circuit équivalent de la figure 3.2 est simulé en régime transitoire avec SPICE en uti-
lisant un pas de calcul très petit devant la période de découpage. Les tensions sources uAB
et uBC sont dans définies dans la tableau de vérité 3.1 et les commandes binaires xA et xB et
xC définies par le principe de la modulation sinus triangle décrit précédemment. Pour cette
simulation, chaque phase est formée par l’association en série de 8 bobines. L’inductance
de chaque bobine vaut 6µH et sa résistance 1Ω. Les capacités de mode commun sont consti-
tuées d’un dipôle parallèle (50pF , 1M Ω). L’ajout de la résistance parallèle représentant les
fuites du condensateur est obligatoire pour que PSpice puisse fonctionner car il a besoin
d’une liaison résistive entre le nœud 0 représentant la masse et les sources.
F IGURE 3.4 – Tension composée V(1,2), tension simple V(1) et tension P hase/T erre V(N).
Les résultats de la simulation sont présentés à la figure 3.4 qui montre la tension com-
posée imposée entre les phases A et B, V(1,2) ; la tension entre la phase A et la masse, V(1).
80
Cette figure montre également la tension entre le neutre et la masse, V(N). Cette simulation
établit que la tension entre le point (N) neutre et la masse est toujours nulle en valeurs ins-
tantanées. Ce résultat permet d’étudier la répartition des tensions à l’intérieur d’une phase,
à l’échelle des temps courts, en ajoutant une connexion virtuelle entre le Neutre et la masse
car dans le montage triphasé la différence de potentiel entre ces points est toujours nulle.
Il est important de souligner que ce résultat est obtenu lorsque les trois phases sont
supposées identiques et pour une commande MLI classique définie en régime permanent.
Ce résultat peut être différent pour une machine dont la construction n’est pas symétrique
et pour des commandes MLI différentes.
Ces simulations montrent également que la tension simple, reçue par un ensemble de
8 bobines connectées en série, est composée d’impulsions de largeurs variables formées à
partir de transitions rapides entre 5 niveaux de tension : −2Eb /3, −Eb /3, 0, +Eb /3, +2Eb /3.
Le cas le plus défavorable, qui produit la contrainte la plus sévère sur le bobinage, corres-
pond au passage d’une tension négative à une tension positive ou inversement. Dans ce cas
l’amplitude du front de tension vaut ±2Eb /3.
81
F IGURE 3.5 – Schéma de principe système de mesure inspiré du cadre Epstein.
Des caractéristiques magnétiques du nickel travaillé à froid ont été trouvées dans une
thèse portant sur la magnétostriction dans ce matériau [82]. La figue 3.6 reproduit une des
figure de cette thèse. La courbe mise en évidence par des petit cercles montre que, pour
saturer le nickel travaillé à froid, il est nécessaire de disposer d’un champ magnétique de
l’ordre 15000A/m. La partie basse de la courbe montre que pour un champ d’excitation de
500A/m la magnétisation est voisine de 1500A/m en considérant une longueur moyenne du
noyau magnétique de l’ordre de 25cm, il est nécessaire de construire un primaire capable
de fournir une force magnétomotrice de 3750A/m.
F IGURE 3.6 – Caractéristiques M(H) du nickel soumis à des contraintes mécaniques [82].
82
Le noyau magnétique du dispositif expérimental est composé de 31 fils nickelés à isola-
tion céramique de diamètre 0.8mm. Sa longueur moyenne est un peu plus faible que celle
initialement prévue, elle vaut l = 224mm. La photographie de la figure 3.7 montre la réali-
sation pratique du dispositif expérimental. Le primaire comporte au total N1 = 2940 spires
ce qui permet d’obtenir la force magnétomotrice nécessaire avec un courant primaire i rai-
sonnable de 1.3Acrete. Le secondaire est construit avec moins de spires (N2 = 280 spires)
car l’oscilloscope utilisé pour enregistrer la tension secondaire possède des petits calibres.
F IGURE 3.7 – Cadre réalisé avec un noyau magnétique réalisé avec le fil type Cerafil 500.
Lorsque les spires du primaire sont réparties régulièrement le long du noyau magné-
tique, le champ peut être supposé uniforme ; il est donné par la formule 3.2 :
i
H ' N1 (3.2)
l
83
La loi de Faraday permet de calculer la tension induite dans le secondaire, elle dépend
de la dérivée du flux (φ) embrassé par les spires du secondaires.
dφ
u2 = N2 (3.3)
dt
Il est donc possible d’obtenir le flux embrassé par le secondaire par intégration :
Z
1
φ= v2 dt (3.4)
N2
L’intégration est faite numériquement à partir des points de mesure de la tension secon-
daire v2 enregistrée par l’oscilloscope. Comme le résultat d’une intégration est donné à une
constante près, la valeur initiale du flux est choisie de façon à obtenir une valeur moyenne
nulle. Les résultats bruts sont donnés à la figure 3.9 qui montre l’évolution du flux vu par
le secondaire en fonction du courant primaire. Une estimation du flux embrassé par l’en-
roulement secondaire, qui serait obtenu avec un noyau remplacé par de l’air, a été ajoutée.
Cette estimation a été faite avec les formules classiques (3.5) et (3.6) de l’inductance d’une
bobine en forme de tore de longueur l dont la section est définie par le diamètre moyen des
enroulements secondaires qui ont été bobinés au dessus des enroulements primaires.
N12 SAir
LAir = µ0 (3.5)
l
LAir i
φAir = (3.6)
N1
8
Mesure
Flux vu par le secondaire (micro Wb)
Air
6
-2
-4
-6
-8
-1 -0.5 0 0.5 1
Courant primaire (A)
84
La figure 3.9 met en évidence les limites du système expérimental mis en oeuvre, elle
montre l’importance relative du flux dans l’air par rapport au flux total aux champs élevés.
Ce résultat est logique car l’épaisseur de la couche du nickel déposée sur le cuivre ne vaut
que 65µm pour un rayon total de 400µm et le cuivre est un matériau diamagnétique de
perméabilité sensiblement égale à 1. Avec un primaire comportant beaucoup de spires, le
diamètre moyen des enroulements secondaires est relativement grand (20mm). La section
du nickel est par conséquent petite par rapport à la section vue par les enroulements secon-
daires. Le comportement non-linéaire aux faibles courants est cependant clairement mis en
évidence au centre de la figure 3.9.
F IGURE 3.10 – Vue 3D d’un fil NiCu du noyau dans le champ magnétique créé par des
bobines excitatrices.
Le champ magnétique qui excite l’air et donc le cuivre est le même que celui qui excite
le Nickel en vertu de la règle de la conservation de la composante tangentielle du champ
lors du passage d’un milieu à un autre. La formule (3.2) peut donc être utilisée.
L’induction dans le Nickel est plus difficile estimer car le flux dans le nickel est égal
à la différence entre le flux mesuré et le flux dans l’air. Cette valeur est estimée avec une
précision médiocre car la position réelle des spires des enroulements secondaires est assez
imprécise, ce qui provoque une erreur sur l’estimation du flux dans l’air. Toutefois avec une
longueur des bobines grande par rapport à la longueur du noyau, cette erreur est réduite.
Pour un cadre Epstein classique, cette difficulté est résolue par un positionnement précis de
chaque spire de l’enroulement secondaire et par l’ajout d’une bobine de compensation du
flux dans l’air [83] ce qui est impossible à faire avec le dispositif expérimental.
Les résultats sont présentés à la figure 3.11 pour un courant d’excitation de 0.3Aef f de
façon à mettre en évidence les problèmes non-linéaires qui nous intéressent. La zone non-
linéaire est obtenue pour des induction supérieures à environ 0.3T Cette valeur est plus
faible que celle trouvée dans littérature scientifique [82] mais les ordres de grandeur sont
85
respectés.
Le cycle d’hystérésis relevé monte que le nickel qui recouvre le fil a des propriétés fer-
romagnétique semblables à celle du fer mais avec une induction de saturation de l’ordre de
0.35T . La largeur du cycle est assez importante mais cette valeur est artificiellement aug-
menté par les courants induits dans l’âme en cuivre. La principale information tiré de cette
expérience est l’estimation du courant qui provoque la saturation magnétique de la couche
de nickel. En considérant un conducteur unique de rayon "a" parcouru par un courant i loin
de toute influence électromagnétique externe comme celui de la figure 3.12, le module du
champ tangentiel en tout point de la surface du fil vaut :
→
− i
|H | = (3.7)
2πa
86
→
−
Le courant correspondant vaut : i = 2πa| H | ce qui donne i = 10A pour un fil de rayon
0, 4mm et i = 6.3A pour un fil de 0.5mm ces chiffres ne donnent qu’un ordre de grandeur. Le
calcul est plus complexe pour une bobine qui comporte plusieurs couches des fils parcourus
par le même courant car le champ dans la couche de Nickel d’un fil dépend du courant dans
les fils voisins. Pour aller plus loin, une analyse par éléments finis serait nécessaire.
Deux fils de type Cerafil 500 de diamètre 0, 8mm sont placés parallèlement sur une lon-
geur de 3m. Ils sont maintenus mécaniquement sur une plaque de mica par des ligatures
faites avec du cordon HT o et par des plots de ciment HT o . Cet ensemble forme une ligne
bifilaire qui est court-circuitée à une extrémité. Les mesures sont effectuées à l’autre extré-
mité par un analyseur d’impédance connecté à l’entrée de la ligne bifilaire HT o par une
ligne torsadée faite avec deux fils inorganiques à isolation textile. La figure 3.13 montre une
petite partie de la ligne bifilaire fixée sur la plaque de mica. La figure 3.14 est une photo du
dispositif expérimental complet où la ligne bifilaire est placée dans un four.
Les mesures d’inductances sont faites avec un analyseur d’impédance qui impose un
courant de 20mAef f. . Les mesures ont été menées jusqu’à 500◦ C. Avant d’effectuer les rele-
vés la procédure d’étalonnage de l’analyseur est lancée en utilisant une autre ligne torsadée
de longueur et de construction identiques à celle qui est soudée à l’entrée la ligne bifilaire.
Cette procédure permet de compenser l’impédance de la ligne torsadée qui assure la liaison
entre l’analyseur et l’objet testé.
87
F IGURE 3.14 – Dispositif expérimental complet.
Les résultats sont présentés à la figure 3.15 pour des fréquence comprises entre 1kHz et
5M Hz et des températures allant de 21o C à 500o C.
88
quasiment égale à 1 quelques degrés au dessus de la Tc . Cet effet explique bien la chute de
l’inductance constatée aux températures élevées. La figure 3.15 montre bien l’évolution de
l’inductance en fonction de la fréquence mais d’influence est difficile à lire. La figure 3.16
présente les mêmes résultats en choisissant la température pour l’axe des abscisses. La fré-
quence est fixées à 10kHz. Des mesures complémentaires ont été faites à la même fréquence
en remplaçant l’analyseur d’impédance par un amplificateur linéaire capable de fournir un
courant plus important qui place la couche de nickel dans un champ magnétique plus élevé.
Ces relevés montrent que l’inductance de la ligne expérimentale dépend également du ni-
veau de courant. Ce résultat est logique compte-tenu des propriétés fortement non-linéaires
de tous les matériaux ferromagnétiques.
Ces mesures montrent que les modifications des phénomènes électromagnétique appor-
tées par la présence du nickel sont non-linéaires, et que la notion de perméabilité relative
n’est définie que pour un point de fonctionnement donné à une température bien définie.
89
• Estimer la valeur moyenne de la distance entre les 2 fils à partir des mesures d’in-
ductance faites aux températures élevées. Au dessus de la température de Curie, la
perméabilité du nickel vaut 1 et la ligne peut être supposée comme étant composée
de deux fils de cuivre. Le calcul analytique devient alors possible en supposant que la
résistivité du nickel est la même que celle du cuivre.
• vérifier l’hypothèse faite par une simulation numérique par éléments finis qui intro-
duit la véritable résistivité du nickel aux températures élevées. Cette approche numé-
rique permettra d’affiner le modèle analytique.
• Calculer la distance moyenne entre les 2 fils avec le modèle analytique corrigé et les
mesures au d’inductances faites dessus du point de Curie.
Les résultats expérimentaux relevés pour des petits signaux montrent que l’inductance
de la ligne est quasiment constante jusque 40kHz environ pour une température donnée.
Aux températures supérieures à 360o les courbes sont confondues pour former une droite
horizontale (L = 1.9µH).
Pour interpréter cette valeur constante de L, il est possible d’utiliser le résultats clas-
siques obtenus pour une ligne bifilaire faite avec 2 fils de cuivre de rayon a parallèles dont
les centres sont situés à une distance D > a, comme le montre la figure 3.17.
F IGURE 3.17 – Coupe transversale d’une ligne bifilaire faite avec deux fils de cuivre. Champ
magnetique produit par les courants.
Avec le cuivre qui a un comportement linéaire, le champ magnétique peut être calculé
−
→
en utilisant le principe de superposition. Le champ magnétique H1 créé par le courant dans
le fil de gauche est tangent au cercle de rayon r1 centré sur le fil de gauche. Son module
vaut :
• à l’intérieur du fil r2 ≤ a
→
− i2 r2
| H (r2 )| = (3.11)
2π a2
L’addition vectorielle se fait pour tous les points (x, y) du plan. Le signe 00 −00 prend en
compte le fait que les courants sont opposes et égaux en module. (i1 = i et i2 = −i)
−
→ − → −
→
H1 = H1 (r1 ) − H2 (r2 ) (3.12)
Il existe une relation géométrique simple qui donne les variables r1 et r2 en fonction des
coordonnées x et y du point choisis :
p
r1 = [x − (−D)]2 + y 2 (3.13)
p
r2 = [D − x]2 + y 2 (3.14)
Sur une ligne particulière qui rejoint les centres des fils (y = 0) les expressions (3.13) et
(3.14) se simplifient.
r1 = D + x (3.15)
r2 = D − x (3.16)
Les expressions algébriques des champs deviennent : dans le fil de gauche entre
x = −D − a et x = −D + a
i(D + x)
H1 = (3.17)
2πa2
i
H1 = (3.18)
2π(D + x)
−i(D − x)
H2 = (3.19)
2πa2
−i
H2 = (3.20)
2π(D − x)
91
Cette analyse permet de tracer la figure 3.18 qui montre le champ sur la droite y = 0.
L’addition vectorielle est reduite à une addition scalaire pour les points situés sur la droite
reliant les centres des deux fils (y = 0) car les vecteurs sont colinéaires. La figure 3.19 montre
bien le principe de superposition. Le champ H1 est nul au centre du conducteur de gauche,
en x = −D alors que le champ résultant est décalé vers le haut de la valeur H2 (r2 = 2D + a)
imposé par le courant dans le fil de droite en ce point. Le phénomène symétrique est observé
au centre du fil de droite.
F IGURE 3.18 – Champ magnétique sur la droite joignant le centre des conducteurs (y=0.)
Avec des fils non magnétiques, la perméabilité magnétique vaut µo partout. Il est donc
facile de calculer l’inductance linéique L/l (H/m) d’une telle ligne en calculant le flux φ/l
embrassé par une portion rectiligne de longeur l.
Pour calculer ce flux, il faut intégrer l’induction entre les points x1 ± x2 marquant les
points où le champ est nul sur la figure 3.19 pour que la totalité des lignes de champ sortant
de la section de référence soit prise en compte. Si les deux fils de la ligne était plus distants
l’un de l’autre (2D 2a), les points à champ nul seraient situées à x = ±D, au centre des
conducteurs, mais comme les fils sont très proches il est important de choisir x1 ± x2 comme
borne d’intégration pour calculer le flux, (équation 3.21).
Z x2
φ
= µo (H1 + H2 )dx (3.21)
l −x2
Compte tenu de la symétrie de la figure par rapport à l’axe x = 0, l’intervalle d’intégra-
tion peut être réduit
Z x2
φ
= 2µo (H1 + H2 )dx (3.22)
l 0
La bonne d’intégration x2 est la solution de l’équation :
92
H1 (x1 ) + Hx2 (x2 ) = 0 (3.23)
Comme le point recherché est proche de x = +D il faut prendre la relation H1 (x) définie
pour les points situés loin du conducteur de gauche (r1 > a) et celle qui définit H2 dans le
métal (r2 < a).
Cette équation serait donc :
i i D−x
+ =0 (3.24)
2π(D + x) 2π a2
Après avoir factorisé i/2π, il vient :
1 1
+ 2 (D − x) = 0 (3.25)
D+x a
soit
1 1
= − 2 (D − x) (3.26)
D+x a
Le développement pour sortir x, donne :
a2 = x 2 − D 2 (3.28)
cette expression permet de trouver l’abscisse x du point où le champ est nul
√
x = ± a2 + D 2 (3.29)
Seule la solution positive est dans les intervalles de définition des équation de H1 (x) et
de H2 (x) à l’intérieur du fil de droite.
√
x2 = D 2 + a2 (3.30)
Le flux par unité de longueur est obtenu en développant les relations 3.18 et 3.19.
Z D−a Z D−a
φ i dx dx
= µo + +
l π 0 D+x 0 D−x
Z x2 Z x2
dx 1
+ 2+ (D − x)dx (3.31)
D−a d + x a D−a
ce qui donne :
φ i
= µo [Ln(D + x)] |D−a
0 − [Ln(D − x)] |D−a
0
l π 2
D−a 1 D−a x D−a
[Ln(D + x)] |0 + 2 [Dx] |0 − | (3.32)
a 2 0
et encore :
93
φ i
= µo [Ln(D + D − a) − Ln(D) − [Ln(D − D + a) − Ln(D)] + Ln(D + x2 )
l π
1 1 2 2
Ln(D + D − a) + 2 Dx2 − D(D − a) − x2 − (D − a) (3.33)
a 2
√
Des simplifications apparaissent , lorsque x2 est remplacé par sa valeur D2 + a2 ,
il reste :
" √ #
φ i D + D 2 + a2 1 √
= µo Ln + 2 (D D2 + a2 ) (3.34)
l π a a
En divisant le flux linéique par le courant on obtient un expression analogue pou l’in-
ductance linéique.
" √ #
L µo D + D 2 + a2 1 √
= Ln + 2 (D D2 + a2 ) (3.35)
l π a a
F IGURE 3.19 – Champ magnétique perpendiculaire à la droite joignant les centres des fils
du cuivre de la ligne bifilaire.
94
est nécessaire et de conforter les résultats des calculs analytiques précédents par une simu-
lation numérique EF de la ligne bifilaire à une température supérieure au point de cuivre
en prenant en compte les résistivité réelles du Cu et du N i. Pour faire cette simulation les
courant sources, imposés de l’extérieur, sont supposés se répartir entre l’âme en cuivre et
la couche superficielle de nickel en suivant la loi du diviseur de courant schématisé dans la
figure 3.20.
Avec un fil nickelé, le courant se repartit dans les deux matériaux conducteurs. Aux
basses fréquences, lorsque les effets des courants induits par les variations du champ ma-
gnétique sont négligeables, les deux matériaux peuvent être modélisés par 2 résistances
connectées en parallèle.
En négligeant les effets 3D qui existent au voisinage des connexion des extrémités du
fil, le potentiel en chaque point de la longueur du fil pris par rapport à un de ses points de
connexion, peut être calculé par la formule du diviseur de tension. La figure 3.20 schématise
ce concept en dessinant deux potentiomètres. La position du curseur de chaque potentio-
mètre est une image de position du point considéré par rapport à l’extrémité du fil prise
comme référence. Cette figure montre que, pour chaque point du fil, les deux curseurs sont
équipotentiels. Il n’y a donc aucune différence de potentiel entre la couche de nickel et l’âme
centrale en cuivre. Par conséquent, pour un fil beaucoup plus long que son diamètre, aucun
courant ne traverse la frontière du nickel. Le courants iCu et iN i sont obtenus à partir du
courant total i0 en utilisant le principe du diviseur de courant.
RN i
i0Cu = i0 (3.36)
RN i + RCu
RCu
i0N i = i0 (3.37)
RN i + RCu
Les résistances sont calculées avec la formule classique (3.38) en fonction de la résistivité
de chaque mâtereau (ρN i et ρCu ) et des sections SN i et SCu offertes au passage du courant.
La longueur l du fil est la même pour les deux parties du fil, elle n’intervient pas dans le
calcul de la répartition des courants.
l
R=ρ (3.38)
S
ρCu
SCu
i0N i = i0 ρCu ρN i (3.39)
SCu
+ SN i
95
ρN i
SN i
i0Cu = i0 ρCu ρN i (3.40)
SCu
+ SN i
Compte tenu des relation (3.39) et (3.40) du diamètre du fil (0, 8mm) et de l’épaisseur du
nickel les courants respectifs sont, pour 1A au total 0, 93A dans le cuivre et 0, 07A dans le
nickel. La bonne concordance des courbes est obtenue lorsque la frontière extérieure du
domaine de simulation est très loin des fils (12 fois la distance entre les fils).
Une première simulation a été faite pour une température de 400o C située au delà du
point de Curie. La perméabilité relative du Nickel est égale à 1 comme celle du cuivre alors
que les résistivités sont différentes. A haute température, il est nécessaire de prendre en
compte le coefficient de température α de chaque matériau. Les valeurs numériques sont
résumées dans le tableau 3.2 pour le Cuivre et le Nickel.
Les paramétrés Cu Ni
Résistivité à 27o C (Ωm) 1, 7 ∗ 10−8 8, 7 ∗ 10−8
Coefficient de température (K −1 ) 3, 931 ∗ 10−3 5, 37 ∗ 10−3
Résistivité à 400o C (Ωm) 4, 1910 ∗ 10−8 26 ∗ 10−8
La géométrie utilisée pour la simulation par éléments finis est très simple, elle est consti-
tué de 2 cercles concentriques pour chaque fil. Les centres sont distants de 2D = 1mm. Le
maillage ne pose pas de problème particulier, la simulation est faite en régime magnéto
harmonique à 10kHz. Les résultats de la simulation sont ajoutés à la construction théo-
rique précédente faite avec des conducteurs de cuivre. Des différences importantes appa-
raissent : la valeur maximale est déplacée à la frontière cuivre-nickel. La décroissance du
champ lorsque le point considéré s’éloigne de la frontière cuivre-nickel s’explique par la
très faible densité de courant dans le nickel.
En basse fréquence cette densité de courant est bien uniforme sur toute l’épaisseur de
chaque matériau comme le montre la figure 3.22, tracée sur un diamètre du fil nickelé.
96
F IGURE 3.21 – Le champ magnétique et la distance entre deux fils de cuivre-nickel.
Calcul des inductances pour 3m de fil est fait avec 2 méthodes différents :
L’inductance trouvée par intégration de la courbe d’induction obtenue par EF donne une
valeur un peu plus élevée, (2, 706µH) au lieu de 2, 554µH ce qui correspond à une erreur
importante. Le modèle analytique sous-évalue l’inductance de 5, 7% cette sous-estimation
est visible sur la figure 3.21 qui montre une courbe obtenue par EF largement au dessus de
la courbe analytique du champ résultant H.
97
Le modèle analytique de la ligne faite avec 2 fils nickelés peut être amélioré en ne consi-
dérant que l’âme de cuivre dans le modèle analytique (a = rcu ). Cette hypothèse revient à
négliger le courant dans la couche de nickel. La figure 3.23 est tracée en faisant cette hypo-
thèse. La courbe du modèle théorique est plus proche de celle obtenue par EF.
F IGURE 3.23 – Résultat du modéle analytique modifié a = rCu (rayon de l’âme de Cu).
L’inductance calculée avec ce modèle analytique modifié est : L2 = 2.778µH alors que la
valeur donnée par simulation numérique vaut : L2 = 2.706µH. L’erreur relative n’est plus
que de 2, 65%.
" p #
D + D2 + (rf − en )2
q
µ0 1
L/l = Ln + D D2 + (rf − en )2 − D2 (3.41)
π (rf − en ) (rf − en )2
Outre la variable D précédent définie, rf est le rayon du fil complet (rf = 400µm) et en
l’épaisseur du Nickel (en = 65µm).
La valeur de l’inductance mesurée au delà de la température de Curie varie un peu
d’une mesure à l’autre. Le calcul est fait à partir de sa valeur moyenne mesurée à 400o C,
450o C et 500o C. Cette valeur vaut 1, 94µH. La relation 3.41 est inversée numériquement par
approximations successives pour des valeurs de D inférieurer à 1 millimètre. La valeur de
D qui correspond à une inductance théorétique de 1, 94µH est D = 0, 485mm, la distance
moyenne entre les centres des fils de la ligne bifilaire HT o qui a servi à l’expérience, vaut
98
donc 2D = 0, 969mm, soit un espace d’air assez faible entre les fils qui est estimé à 2D−2rf =
0, 17mm. Ceci correspond à l’estimation visuelle faite sur la photographie de la figure 3.24.
F IGURE 3.24 – Photo des fils avec un repére quadrillé, au pas de 5mm.
La présence du nickel ajoute les surfaces grisées de la figure 3.25 à l’intégrale qui a servi
à calculer le flux et l’inductance du modèle analytique de la ligne. Pour une longueur l de
ligne bifilaire HT o , l’augmentation du flux ∆Φ peut être calculée par
∆φ
= 2(B2 − B1 )en (3.42)
l
∆φ
= 2(µ0 µR H1 − µ0 H1 )en (3.43)
l
∆φ
= 2µ0 H1 en (µR − 1) (3.44)
l
99
Les calculs développés pour construire le modèle analytique donnent H1 pour un cou-
rant I dans la ligne :
I I
H1 = + (3.45)
2π[2D − (rF − en )] 2π(rF − en )
L’augmentation d’inductance linéique est déduite en recopiant la valeur de H1 donnée
par 3.45 dans 3.44 et en divisant le flux par le courant :
∆L I 1 1
= 2µ0 + en (µR − 1) (3.46)
l 2π 2D − (rF − en ) rF − en
Cette relation permet d’exprimer µR en fonction de l’augmentation d’inductance li-
∆L
néique mesurée aux basses températures.
l
∆L π
µR = 1 + (3.47)
l 1 1
µ0 +
2D − (rF − en ) rF − en
La figure 3.26 montre les résultats tirés de la relation 3.47 pour des mesures de l’induc-
tance de la ligne bifilaire HT o . L’analyseur fonctionne en petits signaux. Pour effectuer cette
mesure la source était réglée à 20mA. Compte tenu de la géométrie de la ligne bifilaire ce
courant correspond à un champ 20, 5A/m crête.
Des mesures d’inductance ont été faites en alimentant la ligne bifilaire HT o placée dans
le four par un amplificateur capable de fournir un courant sinusoïdal de 1, 2Aef f . Une ré-
sistance a été ajoutée pour éviter de mettre l’amplificateur en court circuit. Pour des raisons
pratiques, les mesures ont été relevées à 10kHz de façon à avoir des tensions d’amplitudes
suffisantes pour pouvoir effectuer des mesures relativement peu bruitées compte tenu de la
faible valeur des inductances aux températures élevées les valeurs de µR calculées à partir
de ces mesures sont ajoutées sur la figure 3.26.
La perméabilité magnétique de la couche du nickel déposée sur le fil dépend donc éga-
lement du champ magnétique. Cette propriété est classique pour la plupart des matériaux
ferromagnétiques.
100
Les propriétés ferromagnétiques du nickel déposé sur le cuivre influence obligatoire-
ment les phénomène HF qui se produisent dans les bobines des machines alimentées par
des convertisseur qui fonctionnent en MLI. La principale propriété de ce matériau, sa per-
méabilité relative, est cependant difficile estimer car elle dépend fortement de la tempé-
rature et du niveau du champ magnétique. La figure 3.26 permet cependant de connaître
l’ordre de grandeur de ce paramètre.
5. fréquence = 100kHz ;
La figure 3.27 donne la densité de courant, calculée par éléments finis dans les 2 fils de
la ligne bifilaire HT o . Le courant est positif dans le fil de gauche et négatif dans le fil droite
au même instant choisi pour la valeur crête du courant global.
F IGURE 3.27 – Densité de courant dans les deux fils de la ligne bifilaire à T = 20o et f =
100kHz.
101
Cette simulation montre que les effets électromagnétiques se font sentir dès 100kHz. Les
densités de courant ne sont plus constantes. Les effets électromagnétiques connus sous les
noms " d’effet de peau " et " effet de proximité " sont visibles. Il est préférable de les étudier
séparément.
Le vecteur densité de courant est toujours dans la direction du fil, J~ = J ~1z où J est un
scalaire qui représente la composante unique de la densité de courant. Avec un tel repère,
le champ n’a qu’une seule composante, H ~ = H ~1θ où H est un scalaire qui représente
102
la composante unique du champ magnétique. Les lignes de champ sont donc des cercles
concentriques centrés sur l’origine du repère.
Avec la symétrie cylindrique, le champ magnétique est tangent en tous les points des
deux frontières : celle qui sépare le cuivre du nickel et celle qui délimite le rayon extérieur
du fil. Le théorème d’Ampère stipule que la composante tangentielle est conservée aux
frontières [85] ce qui implique que le champ magnétique est une fonction continue le long
du rayon, depuis le centre du fil à une valeur de r qui dépasse le rayon du fil ; il est nul au
centre du fil.
En alternatif, les courants induits modifient le courant dans le contour, cet effet est pris en
compte en utilisant la forme locale du théorème d’Ampère (3.49). Dans cette expression
J~ représente les courants induits et J~S le courant imposé par la source extérieure. J~S est
orienté dans l’axe du fil. Il n’a qu’une composante selon 1~z qui est constante. L’influence
des courants de déplacement dE/dt~ est négligée.
rot( ~
~ H(r)) ~ + J~S
= J(r) (3.49)
Les courants induits dépendent la conductivité σ du cuivre et du champ électrique E ~ dé-
~
terminé par la loi de Faraday exprimée par l’équation (3.50) dans laquelle l’induction B(r)
dépend directement du champ magnétique H(r) ~ par la relation (3.52).
~
rot( ~ = − dB(r)
~ E(r)) (3.50)
dt
~ = σ E(r)
J(r) ~ (3.51)
~
B(r) ~
= µ H(r) (3.52)
Compte tenu des relations entre les grandeurs électromagnétiques, les équations de Max-
~
well peuvent être exprimées en fonction d’une seule variable, le champ H(r) :
~
dH(r)
~ rot(
rot( ~
~ H(r))) = −µσ ~ J~S )
+ rot( (3.53)
dt
Comme la densité de courant source J~S est uniforme sur toute la section du cuivre, les
dérivées de son unique composante par rapport aux trois variables d’espace r, θ et z sont
~ J~S ) est donc en conséquence nul.
nulles : le dernier terme rot(
En régime sinusoïdal permanent à la pulsation ω, l’écriture complexe permet de séparer
la variable temps t de la variable spatiale unique r.
~ t) = <(H(r)
H(r, ~ ejωt ) (3.54)
103
La dérivée par rapport au temps se réduit à une simple multiplication par jω. L’équation
(3.53) se simplifie et devient :
~ rot
rot( ~
~ (H(r))) ~
= −jωµσ H(r) (3.55)
1 dH(r) 1 d2 H(r)
− 2 H(r) + = γ 2 H(r) (3.56)
r dr r dr2
En multipliant les deux membre par r2 et en ordonnant l’expression de façon classique, on
obtient une équation différentielle homogène du second ordre.
d2 H(r) dH(r)
r2 2
+r − (1 + r2 γ 2 ) H(r) = 0 (3.57)
dr dr
Les coefficients de cette équation ont des dimensions différentes ( m2 ), (m), (sans unité) car
ils sont multipliés par le champ et ses dérivées par rapport à r. Il est préférable de travailler
avec une équation sans dimension en faisant le changement de variable x = γr. La variable
x est alors un nombre complexe sans dimension car γ s’expèreime en (m−1 ) et r en (m).
p p √
γ = jωµσ = j ωµσ (3.58)
Après avoir effectué toutes les opérations sur les dérivées qui sont liées au changement
de variable x = γr, l’équation (3.57) s’écrit :
d2 H(x) dH(x)
x2 + x − (1 + x2 ) H(x) = 0 (3.62)
dx2 dx
Cette équation est connue dans la littérature scientifique [88], c’est une équation de Bessel
modifiée de rang n = 1. Sa solution générale est une combinaison linéaire des deux fonc-
tions de Bessel, celle de première espèce I1 (x) et celle de seconde espèce K1 (x). La solution
générale de l’équation (3.62) est :
C1 et C2 sont des constantes complexes qui dépendent des valeurs imposées aux limites.
104
Dans le le cuivre, le champ magnétique est nul au centre, en r = 0. La variable x = γ r
est un complexe dont le module est nul en r = 0. Le fait que le module de la fonction K1 (x)
tende vers l’infini lorsque x tend vers zéro impose de choisir C2 = 0. Il ne reste donc qu’une
seule solution et une seule constante C1 à déterminer.
La constante C1 doit être calculée en fonction de la valeur du champ magnétique à la
frontière qui sépare le cuivre du nickel. En appliquant la forme intégrale du théorème
d’Ampère, le champ à la frontière dépend du courant imposé dans le cuivre i0Cu par le
circuit extérieur.
i0Cu
H(RCu ) = (3.64)
2πRCu
ce qui donne :
H(RCu )
C1 = (3.65)
I1 (γRCu )
i0Cu
H1 = pour x1 = γRCu (3.67)
2πRCu
i0
H2 = pour x2 = γRf (3.68)
2πRf
Ces deux conditions aux limites correspondent un système de deux équations à deux in-
connues qui sont C1 et C2 .
105
−1
C1 I1 (x1 ) K1 (x1 ) H1
= · (3.72)
C2 I1 (x2 ) K1 (x2 ) H2
1 dH(r)
J(r) =
H(r) + (3.73)
r dr
La densité de courant s’exprime donc en fonction des fonctions de Bessel I1 (x), K1 (x) et
de leurs dérivées par rapport à x notées I10 (x), K10 (x).
1
J(r) = [C1 I1 (γr) + C2 K1 (γr)] + C1 γI10 (γr) + C2 γK10 (γr) (3.74)
r
La validité des calculs analytiques peut être vérifiée par une simulation numérique à
condition de choisir un maillage beaucoup plus fin que l’épaisseur de peau dans chaque
matériau.
Les résultats présentés aux figures 3.30 et 3.31 sont obtenus pour un courant crête de 5A
à une fréquence 1kHz. Cette fréquence, relativement basse permet d’observer les phéno-
mènes principaux à la fréquence de travail de la machine. Compte tenu de la résistivité et
de la perméabilité relative, l’épaisseur de peau vaut δ = 2080µm pour le cuivre et δ = 634µm
pour le nickel. Dans le cuivre, l’épaisseur de peau est très supérieures au rayon du fil ; dans
le nickel l’épaisseur de peau est nettement plus grande que celle de la couche protectrice .
Ces deux constatations signifient que la répartition des densités de courant est principale-
ment ohmique, les phénomènes électromagnétiques dans le fil sont négligeables.
106
F IGURE 3.30 – Comparaison des densités de courant obtenues analytiquement et par élé-
ments finis à f = 1kHz.
Les résultats analytiques ne sont donnés que pour le rayon du fil. La formule du di-
viseur de courant donne un courant de 4.57A dans le cuivre et 0.43A dans le nickel. En
divisant par les sections respectives, la densité de courant vaut 13, 37A/mm2 dans le cuivre
et 2.64A/mm2 dans le nickel. Ces résultats, sont obtenus très simplement en négligeant les
phénomènes électromagnétiques, car les épaisseurs de peau sont grandes devant le rayon
du fil et l’épaisseur du nickel. Ils sont conformes aux résultats complets à 1kHz de la figure
3.30.
En supposant que la densité de courant est constante dans le cuivre, le champ est une
fonction affine entre r = 0 et r = RCu . A la frontière entre le cuivre et le nickel, le champ
vaut i0Cu /(2πRCu ). L’application numérique de cette relation très simple donne H(RCu ) =
2206A/m ce qui correspond au champ maximum de la figure 3.31. Dans le nickel, lorsque
RCu > r > Rf le champ a deux origines : une fonction affine croissante de la variable r,
nulle en r = RCu , créé par la densité de courant supposée constante dans le nickel qui se
superpose à une fonction décroissante en forme d’hyperbole qui dépend du courant global
dans le cuivre. Avec une densité de courant assez faible dans le nickel, la courbe résultante
est décroissante. Le dernier point est obtenu en appliquant le théorème d’Ampère au fil
complet H(Rf ) = i0 /((2πRf ) = 1989A/m. La figure 3.31 obtenue avec le calcul complet en
basse fréquence (f = 1kHz) est conforme à ce raisonnement.
Lorsque la fréquence est plus élevée, les effets des courants induits dans la couche de
nickel sont très importants. Les figures 3.32 et 3.33, tracées à f = 100kHz, illustrent ces phé-
nomènes. Ceux-ci s’accentuent à 1M Hz (figures 3.34 et 3.35) et le champ est pratiquement
nul dans une grande partie du nickel au prix de courants induits très importants.
À f = 100kHz, l’épaisseur de peau vaut 209µm dans le cuivre et 66, 4µm dans le nickel.
107
Elles ne valent plus que 66µm, dans le cuivre et 21µm dans le nickel à f = 1M Hz. Dans le
cuivre, le champ ne suit plus une droite mais une courbe d’autant plus incurvée que la fré-
quence est élevée. Le champ est toujours nul au centre de l’âme de cuivre. Les phénomènes
sont très différents dans la couche de nickel dont l’épaisseur vaut respectivement 0.97 et
3.1 fois l’épaisseur de peau dans ce matériau. Le champ au centre de la couche de nickel
est beaucoup plus faible qu’aux frontière de ce matériau grâce à des courant induits très
prononcées.
F IGURE 3.31 – Comparaison des champs obtenus analytiquement et par éléments finis à
f = 1kHz.
108
F IGURE 3.32 – Comparaison des champs obtenus analytiquement et par éléments finis à
f = 100kHz.
F IGURE 3.33 – Comparaison des densités de courant obtenues analytiquement et par élé-
ments finis à f = 100kHz.
109
F IGURE 3.34 – Comparaison des champs obtenus analytiquement et par éléments finis à
f = 1M Hz.
150
100
Densite de courant (A/mm2 )
50
-50
-100
Elements Finis
Analytique
-150
-400 -300 -200 -100 0 100 200 300 400
Point sur le diametre (µ m)
F IGURE 3.35 – Comparaison des densités de courant obtenues analytiquement et par élé-
ments finis à f = 1M Hz.
Aux fréquence élevées les densités de courant deviennent très importantes pour chaque
frontière du nickel. Les pertes correspondantes sont très importantes. Cet effet peut être
intéressant à exploiter car il y a un amortissement nettement accentué des phénomènes HF
par rapport à un fil de Cu classique.
110
Pour les trois fréquences choisies, le calcul analytique et la méthode des éléments finis
donnent des résultats identiques à l’exception du denier point sur la courbe de champ à
f = 1M Hz où l’approximation liée au maillage est visible près de la surface extérieure du
fil.
Comme la valeur moyenne de la fonction cos2 vaut 1/2, la valeur moyenne de la densité de
puissance s’exprime donc :
1
< Pv (r, t) >= ρ |J(r)|2 (3.78)
2
La densité volumique de puissance dépend donc du carré du module du nombre complexe
calculé avec les fonctions de Bessel et de leurs dérivées. La relation 3.78 donne une quan-
tité locale, valable pour un volume infiniment petit de matière à la position définie par la
variable r.
La puissance moyenne dans une longueur l donnée du fil est obtenue en intégrant la
densité volumique de puissance sur la section du fil. Cette intégration est faite en décom-
posant la surface en couronnes comme le montre la figure 3.36. La relation 3.79 est obtenue
à partir de la relation 3.78 et en considérant successivement la section de chaque couronne
entre r et r + dr et la densité volumique de puissance donnée par 3.75.
Z Rf
1
P moy = l ρ |J(r)|2 [π(r + dr)2 − πr2 ] (3.79)
r=0 2
Cette intégrale est calculée numériquement en prenant en compte la résistivité et la densité
de courant dans chaque matériau avec un nombre suffisant de points sur le rayon du fil. La
résistance équivalente Req pour une longueur l du fil est calculée en divisant la puissance
par le carré de la valeur efficace du courant qui a servi à calculer la puissance.
lP moy
Req = 2
(3.80)
Ief f
Des vérification expérimentales ont été faites avec un fil de 12 mètres de longueur avec
un analyseur d’impédance [89] de bonne précision. Les mesures de résistance en HF ne sont
111
F IGURE 3.36 – Intégration sur la section du fil.
pas faciles car les effets inductifs sont prépondérants. Si le fil est arrangé sous la forme d’une
bobine de grand diamètre, l’inductance devient très importante. L’angle de déphasage entre
la tension et le courant s’approche de 90o , ce qui diminue fortement la précision sur la
mesure de la résistance. Cet effet peut être réduit fortement en pliant le fil en deux et en le
torsadant. Dans ce cas l’effet de peau se combine avec l’effet de proximité. Un compromis a
été fait en maintenant les fils à 2 cm l’un de l’autre pour former une ligne bifilaire, pour un
effet de proximité réduit, tout en réduisant la section offerte ou flux et donc l’inductance.
Les résultats pour le fil de cuivre de diamètre 0,8 mm sont donnés à la figure 3.37.
Les barres d’incertitude de la mesure sont tracées en considérant une erreur relative de
±0.5% sur la mesure de la phase. Les prévisions théoriques qui ne considèrent que l’épais-
seur de peau, sont un peu au dessous des barres d’incertitudes, ce qui est logique car l’effet
112
de proximité qui existe en réalité n’est pas pris en compte dans le modèle.
Les relevés faits dans les mêmes conditions avec du fil nickelé de diamètre 0.8 mm sont
très différents. La figure 3.38 montre que tous les points expérimentaux sont largement au
dessus de la courbe calculée avec le modèle théorique 1D à symétrie cylindrique qui prend
en compte l’effet de peau. Les points expérimentaux montrent une résistance HF environ 10
fois plus grande pour un fil nickelé que pour un fil de Cuivre de même diamètre extérieur.
Des simulation numériques faites en intégrant l’effet de proximité. Elle montrent une
légère dissymétrie des courants induits et donc un faible effet de proximité qui n’explique
pas les différences importantes relevées sur la figure 3.38.
Les écarts entre les mesures des résistances équivalentes en haute fréquence et les pré-
dictions du modèle analytique 1 D à symétrie cylindrique sont importantes. Pour interpré-
ter ces écarts il faut remettre en cause le modèle analytique 1D. Les comparaison entre les
résultats analytiques avec les simulations EF faites avec les mêmes hypothèses montrent
des écarts minimes, il faut donc remettre en causes le modèle lui même basé sur symétrie
cylindrique. Une observation fine de la microscopie (figure 3.39) de la section transversale
du fil montre que la frontière entre le Cuivre et le Nickel n’est pas un cercle parfait.
113
F IGURE 3.39 – La section transversale du fil, microscopie.
Une simulation numérique 2D à été faite en exagérant les irrégularités observées. Dans
ce modèle EF 2D, la frontière CuNi est un cercle sur la plus grande partie et une ligne brisée
sur une petite zone.
La figure 3.40 montre le module du vecteur densité de courant global (courant source et
courants induits) dans le nouveau modèle. La simulation est faite en magnéto harmonique
à 100kHz.
La partie où la frontière est un cercle montre une carte de couleur correspondant aux
investigations théorique 1D alors que la zone correspondant aux densité de courant élevées
114
est beaucoup plus épaisse dans la zone où la frontière est une ligne brisée.
La puissance volumique ρJ 2 ramenée à l’ensemble du fil est plus grande ce qui cor-
respond à une résistance équivalente en HF plus élevée que celle prédire par le modèle
analytique 1D à symétrie cylindrique.
→
−
La figure 3.41 montre que les vecteurs champ H ne sont plus tangent à un cercle lorsque
la frontière n’est plus régulière.
F IGURE 3.41 – Simultaion, une partie de section transversale du fil, champ magnétique.
115
3.7 Distribution des tensions entre les bobines pendant les
régimes transitoire liés aux fronts raides.
3.7.1 Approche expérimentale
Pour observer la distribution des tensions pendant le régime transitoire qui suit chaque
front de tension, les bobines sont placées sur les dents du stator, comme est schématisé
à la figure 3.42. Cette disposition correspond aux exigences du bobinage des machines à
pas fractionnaires triphasées de 24 dents [90]. Les mesures ont été faites sur une phase de
la machine HT o . Le dispositif expérimental est constitué d’un générateur haute tension
d’impulsions fines, connecté aux bobines par un câble standard utilisé en aéronautique. Les
bobines sont connectées en série, la sortie de la dernière bobine (S8) est connecté à la masse
métallique de la machine et au fil de masse des quatre sondes de mesure comme l’illustre
la photographie de la figure 3.43. Un fil court est ajouté entre le point de masse et le circuit
magnétique pour que les capacités de mode commun aient la même influence que pour un
moteur classique.
116
F IGURE 3.43 – Schéma de mesure. Vue des connexions des sondes.
Pour faire les mesures de tension à l’échelle des temps des oscillation rapides crées par
les fronts de tension de la MLI, nous avons choisi d’utiliser des sondes atténuatrice ra-
pides. Elles permettent de mesurer des tension jusqu’à 1000V avec une bande passante de
500M Hz, l’oscilloscope est limité à 350 MHz. Les oscillations aux fronts rapides ne vont pas
excéder ces valeurs de fréquence. Le temps de montée du système de mesure est en effet
liée à leur bande passante fM AX [91], par relation 3.81 :
0.35
tr = (3.81)
fM AX
Pour fM AX = 350M Hz, le temps de montée vaut tr = 1ns. Cette valeur est très inférieure
aux temps de montée des impulsions du générateur (20ns). La bande passante de la chaîne
de mesure est donc suffisante pour observer les phénomènes transitoires rapides.
Les signaux rapides qui suivent les fronts raides ne sont pas faciles à relever. Il est im-
portant de bien stabiliser le câblage en portant une attention particulière sur la façon de
connecter les fils de masse de chaque sonde. La figure 3.44 montre les sondes utilisées, en
détaillant le boitier de connexion à l’oscilloscope, le point chaud situé à l’extrémité de la
sonde et le fil de masse.
117
F IGURE 3.44 – Les sondes des mesure.
F IGURE 3.45 – Schéma du générateur d’impulsions réalisé au LSEE pour une étude précé-
dente [92]
118
[Link] Mesures brutes
Pour effectuer les mesures avec des sondes passives large bande non isolées, il ne faut
pas déplacer le point de masse qui reste en S8. Le signal E1 appliqué à la phase testée sert
de référence. L’oscilloscope est synchronisé sur ce signal, le seuil de déclenchement reste
inchangé. Pour enregistrer tous les signaux il faut déplacer les autres sondes. Dans les fi-
gures suivants 3.46, 3.47, 3.48 nous avons présenté les tensions transitoires. On observe que
pour la première courbe qui correspond la sortie du câble, la tension a des oscillations de
fréquence oscillatoire plus élevée que les autres tensions prises par exemple sur le dernières
bobines et l’amplitude crête est plus importante.
Le générateur d’impulsion est réglé à 360 V car cette tension correspond aux impulsions
les plus contraignantes reçues par les phases lorsque le moteur est couplé en étoile, comme
expliqué dans le paragraphe 3.1, (bus 540V ).
119
F IGURE 3.47 – Mesures brutes sur le points E1, E4, E5 et E6.
Les dernières bobines ne voient pas de tensions très élevées, dans celles-ci l’effet transi-
toire des impulsions de tensions est moins stressant.
120
La figure 3.48 montre que la tension maximale reçue par la dernière bobine est de l’ordre
de 100V pour une impulsion qui se stabilise à 45V.
Ces mesures faites à température ambiante sont à comparer avec les essais en impulsion-
nel effectués sur une bobine seule et présentes à la section 2.6.6 chapitre 2 du ce mémoire,
qui montrent que les bobines seules ont été testées sans dommage à 3.8 kV crête. Cette
comparaison brutale met un rapport de l’ordre de 10 entre la contrainte maximale reçue
par chaque bobine et les performances testées sur une bobine seule. La réalité est plus com-
plexe et la marge de sécurité n’est pas aussi grande car, à l’intérieur de la première bobine
qui est la plus contrainte, la répartition des tensions entre les spires d’une bobine montée
sur son stator est moins bonne que celle mesurée sur une bobine seule. La capacité de mode
commun entre chaque spire et la carcasse métallique concentre les contraintes sur les pre-
mières spires. Cet effet n’est pas pris en compte par les mesures faites au niveau des bobines
seules.
121
3.7.2 Approche prédictive des surtensions crées par les fronts raides
Ce paragraphe propose une méthode capable de prédéterminer les surtensions dans
le moteur provoquées par les fronts raides de la MLI, compte tenu des enroulements, les
câble de connexion et du temps de montée des interrupteurs électroniques de l’onduleur.
La méthode proposée est basée sur un circuit équivalent HF et une simulation en transi-
toire effectuée par SPICE. Le circuit équivalent HF est basé sur des ensembles de 2 bobines
élémentaires placées côte à côte.
Les bobines sont montées sur le stator et la capacité bobine-stator est prise en compte.
Chaque spire de la couche interne est proche de la dent du stator, par conséquent, il existe
une capacité entre chaque spire et le noyau du stator. Le modèle proposé est réalisé pour
un ensemble de 2 bobines adjacentes pour prendre en compte l’existence d’un couplage
capacitif entre les spires extrêmes des bobines adjacents. Le couplage capacitif entre les
spires internes et la masse est modélisé par un seul condensateur connecté entre la sortie
de la seconde bobine et un point correspondant au potentiel du noyau magnétique supposé
être le même pour tous les points du noyau du stator. Ce principe est explicité par le schéma
de la figure 3.50 où chaque ensemble de 2 bobines adjacentes est représenté par le rectangle
rouge. Le générateur d’impulsion, représentant le convertisseur MLI, est connecté à l’entrée
de la première bobine par un câble. Toutes les bobines sont connectées en série et la sortie
de la dernière bobine est connectée aux sorties des dernières bobines des autres phases pour
former le point neutre.
Les simulations globales présentées dans le paragraphe 3.1 ont montré que pour un
moteur de construction symétrique, (3 phases identiques mais décalées) et une commande
MLI classique, la valeur instantanée de la tension entre le neutre et la terre est toujours nulle.
Dans ces conditions il est possible de mener les simulations détaillées pour les phénomènes
très rapides en considérant que le point neutre est connecté à la masse, comme le montre la
figure 3.51.
122
F IGURE 3.51 – Principe d’analyse à haute fréquence, le bobinage est modelisé par 4 en-
semble de 2 bobines.
Le spectre d’impédance de chaque paire de bobines est relevé avec un analyseur d’im-
pédance sur une bande passante aussi large que possible. Les mesures sont faites hors du
circuit magnétique car il a été démontré dans des études antérieures que, pour des fré-
quences très élevées, l’effet de peau dans les tôles magnétiques est très prononcé et qua-
siment aucun flux ne pénètre dans les tôles [93]. Aux fréquences supérieures au MHz qui
nous intéressent, le spectre d’impédances d’une bobine dans l’air est très proche de celui
mesuré avec un noyau magnétique feuilleté lorsque l’influence des capacités parasites est
neutralisé.
La présence du noyau magnétique est cependant importante car elle ajoute les capacités
de mode commun Cm qui ont une grande importance sur le comportement HF du circuit
de la figure 3.51.
En pratique, lorsque deux bobines sont montées dans des encoches qui se suivent, il
existe une capacité entre les couches extérieures des bobines qui influence le comportement
HF global. En faisant des identifications sur un ensemble de 2 bobines cette capacité est
implicitement prise en compte.
La figure 3.53 est spectre d’impédances relevé pour 2 bobines placées cote à cote. Cette
courbe du module, tracée en échelles logarithmiques, dévoile plusieurs zones caractéris-
tiques. Aux très basses fréquences, la partie horizontale correspond à la résistance du fil. La
partie croissante 1 de pente sur le graphique (log log) dénote un effet purement inductif.
Un point choisi dans cette zone permet déstimer l’inductance de l’ensemble des 2 bobines.
|Z| = Lω (3.82)
123
en courant continu. Le circuit équivalent de la figure 3.52 correspond aux modes dominant
du circuit, il traduit les résonances principalement excitées par un échelon.
F IGURE 3.52 – Schéma équivalent d’un ensemble de 2 bobines capable de prendre en compte
le comportement BF, la première résonance parallèle et la dérniere résonance série.
L’inductance Lc est calculée à partir d’un point en BF choisi dans la partie droite du
spectre d’impédance fBF , en supposant que la résistance parallèle RP est beaucoup plus
élevée que la résistance en continu.
|Z|
LC = (3.84)
2πfBF
Le procédure d’identification est effectuée en considérant l’admittance complexe du cir-
cuit équivalent de la figure 3.52, En notant ω = 2πf , l’expression de l’admittance est :
1 1 1
Y = + + (3.85)
RP RC + jLC Ω RS + jLS ω − j CS1 ω
Après simplification de l’équation 3.85, l’admittance devient :
Y = G + jB (3.86)
avec :
1 RS CS ω 2
G= + (3.87)
RP (1 − LS CS ω 2 )2 + (RS CS ω)2
CS ω(1 − LS CS ω 2 ) 1
B= − (3.88)
(1 − LS CS ω 2 ) + (RS CS ω)2 LP ω
La résonance parallèle est obtenue lorsque la partie imaginaire de l’admittance est nulle
B = 0. Une autre hypothèse simplificatrice faite : la résonance série est considérée dépendre
uniquement des éléments LS et CS . Cette hypothèse suppose que la valeur de LC n’a pas
d’influence sur la résonance en série. Dans ces conditions, G et B peuvent être réécrite en
remplaçant (1 − LS CS ω 2 ) par 1 − ( ωωS )2 . La capacité CS est calculée en remarquant que la
partie imaginaire de l’admittance complexe est nulle à la résonance parallèle ω = ωP (B = 0
à ω = ωP ) :
CS ωP [1 − ( ωωSp )2 ] 1
B= − =0 (3.89)
[1 − ( ωωPS )2 ]2 + (RS CS ω)2 LC ωP
124
Dans l’équation 3.85, CS est la seule variable inconnue si nous considérons que RS est
l’impédance à la résonance en série. CS est calculée en résolvant 3.89 vis à vis de Cs . Il vient :
ωp 2
Cs ωp [1 − ( )]
ωs 1
ωp 2 2 = (3.90)
[1 − ( ) ] + (Rs Cs ωp )2 Lc ωp
ωs
En ordonnant les termes, cette équation se formule sous la forme d’un polynôme du 2
degré.
ωP 2 ωP
CS2 [RS ωP ]2 − [1 − ( ) ]LC ωP2 + [1 − ( )2 ]2 = 0 (3.91)
ωS ωS
Cette équation du deuxième degré possède 2 racines. Seule la valeur de Cs qui a un sens
physique vis à vis de fréquences observées expérimentales sera retenue. Finalement, LS est
déterminé à partir ωS et CS .
1
LS = (3.92)
CS ωS2
Le dernier paramètre RP est obtenu à partir de 3.87 qui permet de calculer le module de
Y à la fréquence parallèle ω = ωP .
1 1 RS CS2 ωP2
= − ω (3.93)
RP |(Z(ωP ))| [1 − ( ωPS )2 ]2 + (RS CS ωP )2
La figure 3.53 superpose le modèle du 2e ordre au spectre d’impédances.
F IGURE 3.53 – Spectre d’impédance d’une paire de bobines et position des points utilisés
pour la détermination des paramètres du circuit équivalent.
125
Les 3 points caractéristiques sont :
• ZBF = 78.5Ω
• fP = 8.2 ∗ 106
• ZP = 2.2 ∗ 104 Ω
• fS = 8.806 ∗ 107 Hz
• ZS = 36.6Ω
• Rb = 8, 9Ω
• Lb = 120, 7µH
• Rp = 24kΩ
• Rs = 36Ω
• Ls = 1µH
• Cs = 3pF
• Cmc = 59pF
• Rmc = 0, 15M Ω
La figure 3.53 superpose les résultat obtenus avec le schéma équivalent et les donnés ex-
périmentales qui ont servi à calculer les paramètres. Cette figure montre que les prédictions
du modèle reflètent les principaux phénomènes sans toutefois prendre en compte tous les
effets plus complexes non représentés dans la figure 3.52. Les valeurs de la capacité Cmc
et de la résistance Rmc de mode commun sont a été mesurées avec analyseur d’impédance
entre la bobine et la masse du stator.
Les mesures brutes du paragraphe [Link] peuvent être utilisées pour déterminer les
tensions aux bornes des paires des bobines. La figure 3.54 montre la tension reçue par la
première paire de bobines. La première pointe de tension atteint 600V et l’impulsion se
stabilise à 90V ce qui correspond au double de la tension reçue par une seule bobine après
le régime transitoire. Cette figure montre également que le régime transitoire rapide a une
pseudo période TN = 0.104µs ce qui correspond à fN = 1/TN ≈ 9.615M Hz. On peut
constater que cette fréquence naturelle est proche de la fréquence de résonance parallèle
relevée sur le spectre d’impédance de la figure 3.53 qui est de 8, 2M Hz.
126
F IGURE 3.54 – Tensions mesurées sur les bobines E1S2 "complexe", E3S4 et E5S6.
Le programme Spice a été utilisé pour faire une simulation de tension transitoire reçue
par la première paire de bobine E1S2. Dans le script Spice, les paramètres de chaque paire
de bobines sont spécifiés. Il y a 4 paires bobines au total. Le signal impulsionnel d’entrée
de la simulation est la tension E1S8 est relève expérimentalement ( figure 3.46 ). Cette ten-
sion E1S8 est la tension de sortie du câble de connexion, les paramètres du câble sont par
conséquent sortis de la simulation.
127
La partie du programme Spice qui correspond à la définition des paramètres de 4 bo-
bines sont donné dans la figure 3.55 à titre illustratif.
F IGURE 3.55 – Partie de programme Spice, produit pour le calcul des tensions transitoires.
128
F IGURE 3.56 – Valeur de la tension simulée.
129
La valeur maximale de tension en régime transitoire simulée par la courbe rouge est
577V , ( figure 3.56). La valeur de la tension d’entrée correspond à la ligne verte E1S8, les
données simulées sont montrées sur un intervalle du temps de 2µs. La tension simulée E1S2
est montrée avec la ligne rouge.
La différence entre la valeur mesurée est la valeur simulée est de 28V , soit une erreur
relative de 4.85% pour la tension crête. Le modèle prédit assez bien la point de tension
reçue pour la première paire de bobines mais moins bien le régime transitoire complet.
Pour améliorer modèle il est nécessaire de travailler au niveau des bobines et également au
niveau de chaque bobine. Le processus est plus complexe avec des paramètres plus difficiles
à déterminer.
Les relevés ont été faits à température ambiante. Les paramètres du modèle défini par
la schéma équivalent HF dépendent de la température.
130
F IGURE 3.58 – Dispositif de mesure de l’impédance de la bobine en HT o (vue générale).
Les mesures sont prises sur la bobine extérieure lorsque les couches ne sont pas connec-
tées en parallèle (couche extérieure de la bobine finale). Les relevés ont été réalisées à partir
d’1M Hz jusqu’à 40M Hz. Les résultats sont présentés à la figure 3.59. L’analyse des résultats
peut être faite en observant d’abord la partie basse du spectre d’impédances, au dessous de
la résonance série.
La courbe relevée à 100o C est dessous de celle relevée à 300o C car la perméabilité du
nickel a augmenté ce qui augmente l’inductance de la bobine.
La température de 500o C correspond à la courbe la plus basse car cette température est
au delà du point de Curie.
La partie haute du spectre correspondant aux résonances série et parallèle dépend for-
tement de la température. Les résonances sont très amorties à 300o C car cette température
correspond à une valeur importante de la perméabilité relative du nickel donc à effet de
peau important et des pertes élevées dues aux courants induits dans le nickel qui jouent un
rôle d’amortissement. Les résonances sont marquées à 500o C car le nickel n’est plus magné-
tique. L’amortissement important provoqué par les courants de Foucault dans la couche de
nickel disparait.
131
F IGURE 3.59 – Impédance de la bobine extérieure en fonction de la fréquence et à différentes
températures.
Ces relevés montrent que les éléments du schéma équivalent HF sont très dépendants
de la température. Le fait d’avoir une résonance série plus marquée à 500o C laisse à penser
que le régime transitoire correspondant sera moins amorti.
La figure 3.60 présente le spectre pour chaque bobine. On peut voir que l’impédance
marquée avec la ligne rouge dans le graphique à une impédance plus faible que les autres,
ce qui est logique, puisque la longueur du conducteur pour la bobine intérieure est plus
courte que les autres longueurs des bobines extérieures. Les mesures sont prises à 500o .
132
F IGURE 3.60 – Impédance pour tout les trois bobines (trois couches), des (mesures à 500o ),
en fonction de la fréquence.
133
3.9 Conclusion
Ce chapitre III était consacré à l’étude des caractéristiques électromagnétiques de la bo-
bine entièrement isolée avec des matériaux céramiques. La première partie du chapitre III
a été consacré à des études sur les aspects magnétiques du nickel. Nous avons construit un
dispositif basé sur le cadre Epstein. Le fil nickelé fortement le noyau du cadre a été choisi
avec le diamètre le plus grand possible avec 65µm de nickel, le diamètre du fil vaut 0, 8mm.
Nous avons réalisé une intégration numérique de la tension de sortie des bobines secon-
daires pour obtenir le valeur de flux. La courbe B=f(H) à été estimée. Le champ et l’induc-
tion magnétique permettent d’estimer la perméabilité qui est proche des valeurs trouvées
dans la littérature.
Pour comprendre les aspects magnétiques en haute température, une ligne bifilaire consti-
tuée de 2 fils jointifs a été placée dans un four. Les fils ont été stabilisés du point de vue
mécanique sur une plaque de mica. Ces essais ont permis de retrouver la température de
Curie du nickel. Avec la simulation et l’approche analytique, la distance moyenne réelle
entre les fils à été estimée puis la perméabilité magnétique à toutes les températures pour
un niveau donné du courant.
Nous avons également testé des fils de cuivre et des fils cuivre-nickel de mêmes lon-
gueurs et observé une résistance en alternatif plus élevée pour le fil de cuivre-nickel (Cerafil
500) à cause de l’effet de peau plus prononcé. Des écarts relativement importants entre les
mesures et les prédictions théorétiques pour certaines fréquences montrent que les phéno-
mènes HF dans le fil nickelé sont plus complexes que ceux pris en compte par un modèle
1D à symétrie cylindrique. Les irrégularités de la frontière cuivre/nickel semblent avoir une
influence importante.
Nous avons finalement simulé en régime transitoire le circuit équivalent d’une phase
du moteur et comparé les valeurs obtenues aux résultats expérimentaux. Ce modèle est
une première approche, il serait intéressant de l’étendre au niveau de chaque spire au prix
d’une grande complexification des circuits équivalents HF. Ceci est possible grâce à l’auto-
matisation de la procédure d’écriture des fichiers PSPice.
134
Conclusion générale et les perspectives
135
136
Les travaux de recherche présentés dans ce mémoire de thèse sont centrées sur la
construction d’un prototype de machine synchrone haute température compatible avec les
contraintes électriques imposées par un onduleur MLI connecté au bus HVDC 540V de
l’avion plus électrique. L’idée principale consiste à appliquer à cette problématique des
solutions d’isolation totalement inorganiques. Le prototype construit ne comporte aucun
polymère. La température interne de la machine n’est plus limitée par son SIE mais par
la technologie des aimants. Le premier chapitre présente l’état de l’art sur les machines à
haute température. Des travaux de recherche datant des années 60 sont basés sur des tech-
nologies textiles bien adaptées aux machines assez grandes. Le chapitre décrit également
les influences de la température sur les parties magnétiques, les conducteurs et les parties
mécaniques de la machine électrique HT o .
137
Un modèle HF de chaque paire des bobines est proposé puis analysé avec Spice. Les
prédictions du modèle donnent des premières pointes de tension proches des mesures ef-
fectuées sur un stator équipé d’une phase entière.
Le mémoire est essentiellement centré sur une approche très expérimentale et orientée
franchement vers un objectif opérationnel limité qui est la construction du SIE d’une ma-
chine synchrone capable de travailler à 500o C. La limite en température de fonctionnement
de ce prototype est maintenant définie par la qualité et l’emplacement de ses aimants.
Les investigations expérimentales sont interprétés par une approche théorique qui pro-
pose des modèles analytique, des simulations par éléments finis où des schémas équiva-
lents selon la problématique.
Le mémoire montre que l’isolation inorganique fine obtenue par une couche vitrocéra-
mique a de faibles propriétés mécaniques et électriques. La couche vitrocéramique est très
irrégulière et l’observation au microscopie montre de nombreuse fissures. Cette couche agit
comme un écarteur qui maintient les spires a une distance de 20 à 30 µm avec de nombreux
canaux microscopiques d’air. Le claquage de l’isolation inter-spires est donc obtenu pour
des tensions à peine supérieures au SADP. Elle ne forme pas une véritable couche isolante
comme le fait la couche de polymère des fils à isolation organique. Un certain nombre de
pistes ont été explorées, elles n’ont pas été développées suffisamment pour figurer dans le
mémoire. Quelques bobines ont été soumise à 800o C pendant 1h 30min. Avec leurs ciment
HT o d’encapsulation, les spires ont été maintenues immobiles ou presque. La structure en
3 couches permet de mesurer le SADP entre les couches et les mesures ont montré pour
chaque bobine, un SADP supérieur après le cyclage thermique.
Cette estimation sur quelques exemplaires avec un cycle thermique qui n’est probable-
ment pas optimal ouvre des pistes à explorer pour les études à venir. Les composés vitreux
de la couche isolante se sont ramollis et des fissures ont été bouchées. Le fil inorganique
standard à isolation vitrocéramique mince a donc quelques propriétés d’auto cicatrisation
qu’il est possible de développer.
Une autre expérience courte à été faite avec une poudre de B2 O3 . Cette expérience a
consisté à saupoudrer une paire torsadée faite avec du fil à isolation vitro céramique mince.
Pour effectuer cette opération, le fil était déposé sur une plaque de céramique. L’ensemble à
été soumis à un cycle thermique court à 800o C. Après refroidisment une simple observation
visuelle à montré que la poudre de B2 O3 s’est transformée en un verre qui à fixé l’éprouvette
au plaque de céramique.
Cette expérience est exploratoire car les conditions de son exécution n’ont pas été suf-
fisamment rigoureuses. Elle ouvre cependant des perspectives intéressantes à condition de
maitriser l’application du B2 O3 . Il est par exemple possible d’utiliser un solvant comme
l’eau pour obtenir un dépôt maîtrisé des cristaux de B2 O3 dans les zones critiques de la
bobine encapsulée dans son ciment HT o qui lui procure de bonnes caractéristiques méca-
niques d’utiliser un autre support plus poreux pour faciliter la pénétration de la solution.
Le B2 O3 est cité à titre d’exemple, il est important d’explorer la possibilité d’utiliser d’autres
mâtereaux similaires.
Il est également possible, d’étendre les investigations expérimentales du chapitre III
montrent que les propriétés ferromagnétiques du nickel sont difficiles à maitriser car elles
dépendent du niveau de courant et de la température. Il existe d’autres possibilités pour
construire la barrière de diffusion qui protège le cuivre. Ces résultats montent qu’il est né-
cessaire d’opérer un rapprochement avec les industriels qui produisent ce type de fil et des
équipes de métallurgistes. Des alliages non magnétiques de Nickel existent, il est certaine-
ment possible de les utiliser dans les processus de fabrication existants.
138
Liste des contributions scientifiques
139
140
Articles de revues
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Conférences nationales
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150
151
Conception et mise au point des bobines inorganiques pour des actionneurs électriques
capables de travailler aux températures extrêmes.
Résumé :
Le point faible des machines électriques est le Système d’isolation Electrique (SIE) de
leurs bobinages. Les meilleures solutions actuelles sont basées sur des polymères, elles as-
surent des durées de vie supérieures à 20000h lorsque la température au point le plus chaud
du bobinage ne dépasse pas 240o C. Par conséquent, la nature organique du SIE des ma-
chines électriques constitue un verrou technologique pour accéder aux températures plus
élevées très demandées dans l’aéronautique, pour fabriquer les générateurs électriques plus
puissants proches réacteurs par exemple. Les travaux de recherche présentés ont pour but
d’étudier le possibilité de construire les bobinages des machines électriques hautes tem-
pérature (HT o ) avec des isolants inorganiques qui permettent de travailler durablement
à 500o C. Les conséquences du saut technologique important vers les températures élevé
sont analysées en détail notamment sur les aspects magnétiques provoqués par la présence
d’une barrière de diffusion en Nickel ajoutée au fil de cuivre pour éviter son oxydation
aux températures élevées. La première partie de la thèse est consacrée à la mise au point
d’un système d’isolation électrique totalement inorganique qui permet de lever le verrou
technologique lié à la présence de polymères dans les SIE classiques. La seconde partie est
consacrée à l’étude des distributions de la tension entre les spires du bobinage HT o lorsque
la machine est alimentée par un convertisseur électronique moderne de l’aéronautique qui
impose des fronts de tension très raides.
Mots-clés : Bobines inorganiques, actionneurs électriques, températures extrêmes.
Design and development of inorganic coils for electric actuators able to work at extreme
temperatures.
Abstract :
The weak point of electrical machines is the Electrical Insulation System (EIS) of their
windings. The best current solutions are based on polymers, they provide lifetimes over
20000h when the temperature at the hottest point of the windings does not exceed 240o C.
Consequently, the organic nature of the electric machines EIS represents a technological
lock for operating at higher temperatures that have many applications in aeronautics, for
designing larger electric generators located near the propulsion turbines for instance. The
main goal of the research works presented consist in studying the possibility of building the
windings of high-temperature electrical machines (HT o ) with inorganic EIS which make
it possible to work durably at 500o C. The consequences of this technological leap towards
high temperatures are analyzed in detail. A large part is devoted to magnetic aspects caused
by the presence of a diffusion barrier made of nickel added to the copper wire to avoid
oxidation at high temperatures. The first part of the thesis is devoted to the development
of a fully inorganic electrical isolation system, which allows to overcome the technological
lock due to the presence of polymers in conventional solutions. The second part is devoted
to the study of the voltage distribution between the turns of the HT o coil when the machine
is powered by a modern electronic converter of aeronautics that imposes very steep voltage
fronts.
Keyword : Inorganic coils, electric actuators, extreme temperatures.