0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
174 vues152 pages

IOSIF

Ce document présente une thèse sur la conception de bobines inorganiques pour des actionneurs électriques capables de fonctionner à des températures extrêmes. Il introduit les verrous technologiques limitant la montée en température, présente des fils à isolation céramique adaptés aux hautes températures et analyse leurs propriétés électriques. Il étudie également des ciments pour encapsuler les bobines et conclut sur la conception de bobines pour des machines haute température.

Transféré par

DARK PHOENIX
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
174 vues152 pages

IOSIF

Ce document présente une thèse sur la conception de bobines inorganiques pour des actionneurs électriques capables de fonctionner à des températures extrêmes. Il introduit les verrous technologiques limitant la montée en température, présente des fils à isolation céramique adaptés aux hautes températures et analyse leurs propriétés électriques. Il étudie également des ciments pour encapsuler les bobines et conclut sur la conception de bobines pour des machines haute température.

Transféré par

DARK PHOENIX
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université Université d’Artois

École doctorale SPI-ED072

THÈSE
Présentée en vue d’obtenir le grade de

Docteur de l’Université d’Artois


par

Vadim IOSIF
Discipline : Génie Électrique

Conception et mise au point des bobines


inorganiques pour des actionneurs
électriques capables de travailler aux
températures extrêmes

Soutenue à Béthune le 14/12/2016 devant le jury composé de :

Alix BERNOT, Ingénieur machines électriques, Zodiac Aérospace, IRT Saint Exupéry, invité
Jérôme CASTTELLON, McF HDR, IES, Université de Montpellier, Examinateur
Gérard CHAMPENOIS, Professeur, LIAS, Université Poitiers, Rapporteur
François COSTA, Professeur, SATIE, Université de Paris Est-Créteil, Rapporteur
Stéphane DUCHESNE, Professeur, LSEE, Université d’Artois, Co-directeur
David MALEC, Professeur, LAPLACE, Université Paul Sabatier, Co-directeur
Daniel ROGER, Professeur, LSEE, Université d’Artois, Directeur

Unité de recherche : Laboratoire Systèmes Électrotechniques et Environnement (LSEE),


Faculté des Sciences Appliquées, Technoparc Futura, 62400 Béthune
Remerciements

3
4
Je remercie vivement le Professeur Jean-François BRUDNY et Professeur Jean-Philipe
LECOINTE, successivement directeurs du LSEE, de m’avoir confié ce sujet et de m’avoir
accueilli au sein de leur laboratoire de recherche.
Je tiens à remercier mon directeur de thèse, Daniel ROGER, Professeur au LSEE, pour la
confiance qu’il m’a accordée en acceptant d’encadrer ce travail doctoral, pour ses multiples
conseils et pour toutes les heures qu’il a consacrées à diriger cette recherche. J’aimerais
également lui dire à quel point j’ai apprécié sa grande disponibilité et son respect sans
faille des délais serrés de relecture des documents que je lui ai adressés. Son énergie et sa
confiance ont été des éléments moteurs pour moi. J’apprécié ses qualités humaines d’écoute
et de compréhension tout au long de ce travail doctoral.
J’adresse mes vif remerciements à mon co-directeur de thèse, Stéphane DUCHESNE,
Professeur au LSEE, pour son attention de touts les instant sur mes travaux, pour ses
conseils avisés et son écoute qui ont été prépondérants pour la bonne réussite de cette thèse.
J’ai pris un grand plaisir à travailler avec lui.
Je voudrais remercier vivement à autre mon co-directeur de thèse, David MALEC, Pro-
fesseur du laboratoire LAPLACE, qui a dirigé à distance mes travaux tout au long de
ces trois années. Son accueil chaleureux lors des mes séjours à Toulouse et les nombreux
échanges à distance ont largement contribué à la réussite de cette thèse.
Je voudrais remercier les rapporteurs de cette thèse : le Professeur Gérard CHAMPE-
NOIS, et le Professeur François COSTA, qui ont rédigé des rapports détaillés sur mon
mémoire et m’on permis d’affiner la préparation de ma soutenance. Ces remerciements
s’adressent également au Docteur Jérôme CASTTELLON et au Docteur Alix BERNOT, pour
l’intérêt qu’ils ont porté à mon travail de recherche.
Mes remerciements vont aussi à tous le personnel technique, administratif et scientifique
du LSEE que j’ai côtoyés au cours de ces trois années de thèse et en particulier à Emmanuel
MATEO pour la conception et la réalisation et la mise du capteur de courant.
Mes remerciements vont aussi aux équipes de recherche du Laboratoire Ampère, La-
boratoire GREEN et du Laboratoire LAPLACE, pour les échanges fructueux effectués au
cours de ces trois années de thèse.
Je voudrais remercier la Fondation de Recherche pour l’aéronautique et l’Espace (FRAE)
qui a financé le projet ACCITE qui a permis de mener à bien ce travail et à son correspon-
dant Régis MEURET qui a suivi avec un grand intérêt mon travail.
Je tiens à remercier le Professeur Ilie NUCA, professeur à l’Université Technique de Mol-
davie, qui m’a aidé à prendre contact avec le laboratoire LSEE et grâce à qui j’ai pu saisir
l’opportunité de réaliser cette thèse. Je remercie également Monsieur Remus PUSCA pour
son soutien, son amitié et ses conseils. J’adresse mes sincères remerciements à Monsieur Ser-
ghei SAVIN et Dorin COZONAC qui m’ont aidé à dans mes premières démarches adminis-
tratives en France et pour leur soutien au début de mon séjour à Béthune et à l’adaptation
à la société française.
Mes remerciements vont également à l’ensemble des doctorants avec qui j’ai eu plaisir
à travailler au LSEE.
Enfin, je remercie ma famille et mes amis pour leur soutien moral durant ces années de
thèse.

5
6
Table des matières

1 État de l’art 15
1.1 Machines électriques HT o , prototypes existants . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.2 Verrous technologiques qui limitent la montée en temperature . . . . . . . . . 19
1.2.1 Tôles magnétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.2.2 Matériaux conducteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.2.3 Materiaux isolants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.4 Les aimants, caractérisation HT o . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.3 Choix de la structure de la machine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.1 Machine asynchrone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.2 Machine synchrone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.3.3 Machine à réluctance variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
1.4 Roulements pour machines haute temperature . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5 Dilatation des parties mécaniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5.1 Dilatation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.5.2 Transferts thermiques entre les differentes parties . . . . . . . . . . . . 27
1.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

2 Conception des bobines inorganiques adaptées aux machines haute temperature


(HT ◦ ) 29
2.1 Présentation des fils à isolation céramique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2 Analyse des courants de fuites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.1 Protocole experimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.2 Resultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.3 Détermination de la tenue en tension de l’isolation inter spires . . . . . . . . 37
2.3.1 Seuil d’apparition des décharges partielles (SADP) et tension de cla-
quage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.3.2 Description du système de mesure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.3.3 Procédure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.4 Résultats à température ambiante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3.5 Résultats aux températures élevées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2.4 Interpretation des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.4.1 Microscopies du fil à isolation céramique . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
2.4.2 Métallisation de la surface externe du fil à isolation céramique . . . . . 49
2.4.3 Comparaison avec la courbe de Paschen . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
2.4.4 Mesure du SADP dans un dielectrique liquide et après nettoyage de
la surface du fil à isolation céramique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.4.5 Résumé de l’interprétation des faibles valeurs de SADP . . . . . . . . . 53
2.5 Ciment HT ◦ d’encapsulation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.5.1 Ciments HT ◦ candidats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.5.2 Propriétés électriques du fil HT ◦ associé à un ciment . . . . . . . . . . 56

7
2.5.3 Analyse du cas particulier des ciments HT ◦ à base d’eau . . . . . . . . 59
2.6 Conception des bobine HT ◦ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.6.1 Premier tests . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.6.2 Conception des bobines des machines HT ◦ du projet ACCITE . . . . . 62
2.6.3 Mesure de la tension de claquage entre les couches . . . . . . . . . . . 67
2.6.4 Essais mécaniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
2.6.5 Prototype de moteur électrique HT o . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
2.6.6 Effets des fronts raides de tension pour une bobine seule . . . . . . . . 71
2.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74

3 Caractéristiques électromagnétiques des bobines inorganiques HT ◦ 75


3.1 Analyse des impulsions imposées par un onduleur MLI standard. . . . . . . . 77
3.2 Caractérisation magnétique du fil protégé par du nickel à temeperature am-
biante. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.3 Essais en petit signaux dans une large plage de températures . . . . . . . . . . 87
3.3.1 Description du dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3.3.2 Calcul analytique de l’inductance d’une ligne bifilaire classique en
court-circuit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.3.3 Contrôle des hypothèses faites pour le calcul analytique . . . . . . . . 94
3.3.4 Estimation de la distance moyenne entre les conducteurs de la ligne
expérimentale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
3.3.5 Influence de la couche de Nickel aux températures inférieures au point
de Curie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
3.3.6 Limites en fréquence du modèle BF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
3.4 Approche analytique de l’effet de peau. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
3.4.1 Champ magnétique dans l’âme en cuivre (r < RCu ) . . . . . . . . . . . 103
3.4.2 Champ magnétique dans la couronne de nickel (RCu < r < Rf ). . . . . 105
3.4.3 Densité de courant dans le fil composite . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
3.5 Comparaison avec les résultats obtenus par éléments finis . . . . . . . . . . . 106
3.6 Résistance équivalente du fil en HF . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
3.7 Distribution des tensions entre les bobines pendant les régimes transitoire
liés aux fronts raides. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
3.7.1 Approche expérimentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
3.7.2 Approche prédictive des surtensions crées par les fronts raides . . . . 122
3.8 Effets thermiques sur l’impédance de la bobine inorganique. . . . . . . . . . . 130
3.9 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134

Bibliographie 145

8
Introduction générale

9
10
L’utilisation de l’électricité dans le domaine aéronautique n’est pas récente. Les avion-
neurs ont manifesté un profond souhait d’élargir son utilisation à l’ensemble des fonctions
de bord des avions. La puissance électrique à bord est en augmentation avec la multiplica-
tion des systèmes de sécurité et la volonté d’augmenter le confort des passagers. Les sys-
tèmes de commande électrique remplaçant les classiques systèmes hydrauliques et pneu-
matiques, ne font qu’augmenter la demande de puissance. Nous présenterons ici succincte-
ment, l’évolution des actionneurs électriques ainsi que les contraintes spécifiques qui sont
liées au fonctionnement et à l’environnement des systèmes de l’avionique.
Dans les avions récents, tels que le Boeing 787, la pressurisation de la cabine et le dégi-
vrage des ailes sont effectués électriquement, remplaçant les prélèvements d’air chaud sous
pression. Avec cette solution, et la puissance de propulsion est optimale.
L’énergie électrique a beaucoup d’avantages par rapport aux solutions hydrauliques
où pneumatiques en raison de sa flexibilité. Les principaux réseaux électriques des avions
conventionnels ont un niveau de tension 115V AC avec une fréquence variable de 360 à 800
Hz. Un autre réseau 28V DC est utilisé pour les batteries et les systèmes de sécurité. Pour
obtenir de plus grandes puissances électriques, la tension du réseau doit être plus élevée ;
l’industrie aéronautique a convergé vers un réseau HVDC 540V qui offre une grande flexi-
bilité. Toutefois, les composants d’électroniques de puissances des onduleurs imposent des
fronts de tension raides qui causent des pointes de tension courtes, transitoires et répéti-
tives, qui peuvent causer un vieillissement plus rapide des Systèmes d’isolation électrique
(SIE). Le problème est alors de contrôler l’amplitude des surtensions qui apparaissent à
l’intérieur des bobines des machines. Dans les avions plus électriques, il est important de
disposer d’actionneurs compacts à forte puissance massique que nésistent à ces contraintes
électriques.
La puissance spécifique d’une machine dépend des phénomènes de transformation qui
se produisent dans l’entrefer. Les limites sont définies trois paramètres physiques :
• l’induction dans l’entrefer,
• la vitesse relative entre le rotor et le stator,
• la densité de courant dans les conducteurs actifs [1].
Les deux premiers paramètres sont liès aux caractéristiques magnétiques des matériaux
et à la qualité de la construction mécanique de la machine, le troisième dépend de l’équilibre
thermique global du moteur. Pour les solutions qui sortent du champ d’application des
matériaux supraconducteurs, la température maximale de fonctionnement du SIE est le
paramètre principal limitant la densité de courant dans les conducteurs actifs.
Pendant les six dernières décennies, la classe de température des isolants utilisés dans
les machines électriques est passée d’une centaine de degrés à plus de 200o C. Aujourd’hui,
les (SIE) organiques, à base de polymères, ont une très bonne durée de vie [2] à condition
de limiter la température interne du bobinage à une température inférieure à celle qui dé-
finit la classe thermique du SIE. Rappelons que la classe thermique d’un matériau isolant
est la température qui correspond à une durée de vie de 20000h. Pour des températures in-
férieures, la durée de vie est plus longue. Actuellement, les polyméres commercialisés qui
travaillent aux températures les plus élevées sont des variantes du polyimide (PI). Ils ont
une classe de température de 240o C. Les actionneurs actuellement utilisés là où les tem-
pératures dépassent 250o C sont le plus souvent mécaniques. De nombreuses applications
prennent place dans des environnements où l’air a une température dépassant les classes
de référence de l’isolation organique comme, par exemple, les zones proches des réacteurs
nucléaires, les applications spatiales ou dans des volumes fermées sans moyen de refroi-
dissement particulier. De plus, certaines applications ont un fonctionnement intermittent,

11
des démarrages fréquents ou des environnements avec une ventilation limitée ou impos-
sible. La température de fonctionnement conditionne l’isolation du bobinage et toute amé-
lioration de la classe de température de l’isolation permet aux concepteurs de machines de
reconsidérer le dimensionnement pour faire des machines plus compactes.
Un système utilisant un SIE inorganique capable de travailler à une température éle-
vée de l’ordre de 500o C représente une percée technologique importante, ce qui est tout à
fait impensable avec les systèmes organiques actuels [3, 4, 5]. Cependant, leurs caractéris-
tiques électriques et mécaniques sont très différentes des SIE organiques [6, 7]. Ces solutions
doivent être étudiées en détail afin de développer les connaissances nécessaires à l’appari-
tion de nouvelles conceptions de machines électriques à haute température. Les solutions
proposées sont à un niveau de TRL éloigné de l’application finale il s’agit pour le moment
uniquement de concepts. L’apparition d’isolants inorganiques aptes à travailler à des tem-
pératures nettement supérieures à celles des matériaux organiques ouvre un verrou tech-
nologique et donne des possibilités nouvelles aux concepteurs de moteurs. Néanmoins, des
éléments autres que l’isolant du fil conducteur sont également impactés significativement
par la montée en température.

L’un des éléments clés est le conducteur lui même qui doit assurer la circulation du
courant dans la machine. Sa résistance électrique augmente naturellement avec la tempé-
rature. Parallèlement, il subit également des phénomènes de dégradation plus spécifiques
comme, par exemple, l’oxydation du métal ou la migration du métal au travers de la couche
isolante pour des températures supérieures à 200o C [8]. Pour prévenir ces problématiques,
une couche d’un métal protecteur recouvre généralement le métal de base pour former
une barrière de diffusion. Cet ajout influence notablement la résistance globale du fil. Ceci
constitue un paramètre important, car une résistance de phase importante provoque une
forte chute de tension et des pertes par effets Joule élevées.
Par exemple, les machines synchrones à aimants permanents, fabriquées avec un bo-
binage concentré (une bobine par dent du stator) offrent une meilleure solution car elle
permet d’éviter l’aspect aléatoire du bobinage. Ces machines ont également de plus courtes
connexions aux extrémité du bobinage. Cependant leur champ d’application est limité par
la température de leur environnement. Cette limite thermique est principalement due la
technologie de l’aimant. La première barrière peut être surmontée grâce à des alliages spé-
cifiques à base de SmCo. Pour des machines de forte puissance utilisant une grande section
de cuivre, l’isolation textile en fibre de verre est une bonne solution. La flexibilité de cette
couche isolante permet d’avoir un bobinage classique de la machine [9]. Cependant, l’in-
convénient de cette technologie demeure les grandes épaisseurs d’isolant (100 − 200µm).
Cet inconvénient rend cette technologie inutilisable pour les petites machines électriques
conçues pour obtenir une grande densité de puissance.
Les machines électriques capables de travailler à des températures élevées (300 − 400o C)
pendant des temps courts sont des produits maintenant standards ; elles sont utilisées pour
les extracteurs de fumées [10]. Ces machines sont construites avec un SIE amélioré capable
de résister à des températures élevées pour des durées de vie des quelques dizaines de
minutes. Ils utilisent des polymères de hautes performances tels que le polyimide (PI) ren-
forcé par des particules inorganiques. Cependant, ces technologies organiques atteignent
leurs limites et un fonctionnement continu à température élevée n’est pas envisageable.
Des machines électriques puissantes qui peuvent fonctionner en permanence à 400o C
ont été développés par l’industrie pétrolière pour le forage profond [9]. De nombreuses ap-
plications, dans les transports terrestres ou dans l’aéronautique nécessitent des actionneurs
plus compacts de puissance faibles et moyennes. Avec des températures internes élevées,
il est possible de concevoir des machines avec des densités de courant plus élevées et par

12
conséquent, avec des densités de puissance plus élevées. Les bobines de telles machines
doivent être construites avec un fil isolé par une couche inorganique mince constituée d’un
composé vitrocéramique. Malheureusement, cette couche isolante inorganique est poreuse
et n’est pas en mesure de protéger le cuivre contre l’oxydation. Par conséquent, le cuivre
doit être muni d’une couche protectrice supplémentaire en nickel par exemple, entre le
cuivre et la couche isolante inorganique. Le nickel est un matériau ferro-magnétique ; par
conséquent, la couche de protection modifie le comportement électromagnétique global de
la bobine, en particulier dans la partie supérieure du spectre de fréquence en raison des
effets de peau et de proximité.
Une machine électrique HT o possède la capacité de travailler dans des environnement
chauds mais elle posséde également une puissance massique améliorée. Dans le cas d’une
machine asynchrone, par exemple l’augmentation du couple de la machine tend à aug-
menter le glissement. Ainsi que les pertes et par conséquence, la température interne de la
machine.
Lorsque la température admissible dans le stator et dans le rotor est plus élevée, il est
possible de travailler avec un glissement plus important et donc de transmettre plus de
puissance à la charge. Lorsque la machine électrique travaille dans une ambiance chaude
cette situation sera supportable avec une isolation inorganique des enroulements du stator.
Les barres du rotor ne sont pas isolées elles peuvent donc supporter des températures plus
élevées que les conducteurs actifs du stator.
Les machines HT o doivent être construites avec un SIE totalement inorganiques : isola-
tion de fond d’encoche, isolation entre phases et isolation des fils des enroulements. Cette
thèse est centrée sur la construction de bobines inorganiques. Les matériaux utilisés, sont
testées dans différent régimes de températures pour le conducteur isolé et l’imprégnant.
Des essais électromagnétiques sont également menés sur le fil conducteur et la bobine fi-
nale. Ce mémoire de thèse propose des solutions nouvelles aux problématiques des ma-
chines électriques à hautes températures internes. Il est découpé en 3 chapitres :

• Le premier chapitre résume l’état de l’art sur la problématique de la montée en tem-


pérature des machines électriques.

• Le second est consacré à l’isolation inorganique des bobines destinées à une machine
synchrone à aimants permanents à bobinage concentré. La solution inorganique pro-
posée est analysé en détail et aboutit à la construction de bobines capables de travailler
durablement à des températures comprises entre 20o C et 500o C.

• Le troisième chapitre analyse du comportement haute fréquence de ces nouvelles bo-


bines HT o dans le but de définir les contraintes de la conception des bobines des
moteurs alimentés par un convertisseur MLI connecté au bus HVDC 540V de l’avion
plus électrique.

13
14
1 État de l’art

15
16
Le cas particulier des machines qui fonctionnent à des températures élevées pendant
une durée de vie limitée par l’application elle-même est exclu de cette étude. Ces machines
utilisent des technologies polymères classiques qui acceptent des températures extrêmes
pendant des temps limités définis par classe du SIE et la loi d’Arrhenius. Cet état de l’art ne
concerne que les machines capable de fonctionner durablement à des températures interne
élevées et leurs constituants.

1.1 Machines électriques HT o, prototypes existants


Les premiers prototypes de machines haute température ont été développées dans des
années 60. Quelques prototypes sont présentés ici.
Citons l’invention portant le numéro de brevet 3, 192, 861, [11]. Cette invention concerne
un moteur HT o destiné à entrainer des pompes pour des liquides à haute température.
Dans cette problématique, il faut un actionneur électrique qui résiste à des températures
extrêmes. La chaleur est dissipée à travers le noyau du stator et les enroulements. Dans
ce cas, les enroulements du stator sont chauffés à une température qui peut dépasser le
fonctionnement recommandée pour une isolation classique et provoquer une destruction
prématurée de l’isolant et la défaillance du moteur. Par conséquent, une isolation de haute
classe thermique est nécessaire, ainsi que un refroidissement spécial pour maintenir la tem-
pérature des enroulements du stator au-dessous des températures de fonctionnement ac-
ceptables pour l’isolation utilisé. Ce moteur surmonte le problème en plaçant un élément
d’isolation thermique spécial entre le diamètre intérieur du stator et l’entrefer. Cet isolant
(numéro 50 sur la figure 1.1) limite le transfert de chaleur vers le stator, ce qui lui permet de
fonctionner à des températures beaucoup plus basses que le rotor.

F IGURE 1.1 – Moteur électrique HT o à 450 − 700o C, numéro de brevet 3, 192, 861 [11] .

Ceci permet d’utiliser un stator comportant une isolation classique, disponible sur le
marché. La pompe développée est destiné à être utilisé dans le pompage des liquides ayant

17
une température comprise entre 450o C et 700o C. Dans ce moteur un refroidissement par
convection forcée usuel est alors suffisant. D’autre part, la chaleur retenue dans la chambre
du rotor contribue à maintenir le liquide pompé au-dessus de la température de solidifica-
tion.
Un autre prototype a été construit par des chercheurs de General Electric à Schenectady,
New York "A high temperature electric motor" montré figure 1.2, [12]. Un moteur électrique
de petite taille qui fonctionne à des températures de l’ordre de 725o C, montre les possibilités
d’un nouveau conducteur électrique à haute température : le fil d’argent-palladium (50% −
50%) avec plaquage de nickel. Le conducteur a été développé par [Link] . Ce fil a été
réalisé en insérant une tige d’argent-palladium dans un tube de nickel. Le revêtement de
nickel a été oxydé thermiquement, à 1100o C. Certaines inter-diffusions de nickel et d’argent-
palladium peuvent prendre place à la frontière avec le revêtement (nickel). Ce conducteur
profite des avantages liés au NiO ; il est inerte et résistivité à l’atmosphère oxydante. Le
nickel empêche également la volatilisation de l’argent et l’oxydation du palladium. Le N iO
fournit une isolation à basse tension. Pour ce fil, le noyau et la gaine ont des coefficients de
dilatation thermique similaires.

F IGURE 1.2 – Moteur électrique HT o à 700o C, développé par General Electric [12] .

Les cyclages effectués jusque 600o C ont permis d’envisager une durée de vie importante
à ces températures. Le fonctionnement à été validé jusqu 725o . Des gros problèmes de fa-
brication se sont posés, mais ce prototype à montré l’efficacité d’un conducteur AgP d dans
une gaine de N i utilisant un revêtement N iO.

Des études sur les machines HT o ont été faites, il y a quelques dizaines d’années dans
la région pour des application militaires. Le but était de réduire le volume et la masse des
actionneurs. Le prototype de cette machine asynchrone HT o de forte puissance a été réali-
sée avec des conducteurs protégés de l’oxydation par des métaux inertes. L’isolation était
réalisée à base de fibre de verre avec une imprégnation mettant en oeuvre des silicones.
Une thèse récente soutenue au LSEE, a développé une nouvelle conception de machine
à haute température [13]. Dans ce projet il s’agissait de concevoir d’un moteur asynchrone,
haute température, utilisant un bobinage avec une imprégnation céramique. Cette machine
est calculée pour résister à des températures jusqu’a 400o C.

18
L’étude présentée dans ce mémoire correspond à la phase suivante qui consiste à réaliser
un prototype de machine électrique HT o plus compacte, basée sur le modèle de la machine
synchrone à aimants et à bobinage concentré. Les bobines seront réalisées à l’aide des fils à
isolation céramique et elles seront imprégnées dans un ciment HT o .

1.2 Verrous technologiques qui limitent la montée en tem-


perature

1.2.1 Tôles magnétiques

Les tôles magnétique isolées entre-elle sont utilisées pour former le noyau magnétique
des machines à courant alternatif. Certains produits commercialisés sous la rubrique "fully
process" sont livrées avec un revêtement organique qui renforce cette fonction tout en as-
surant une meilleure lubrification des outils de coupe utilisées pour le poinçonnage. Ces
produits ne conviennent évidement pas aux machines HT o . D’autres produits à base de
F eSi ou de F eCo se recouvrent naturellement d’une couche d’oxyde de fer pendant le pro-
cessus de fabrication. Cette couche très fine assure une isolation suffisante pour éviter la
circulation des courants Foucault dans la masse du noyau magnétique.
Les tôles magnétiques classiques réalisées en Fer Silicium sont les plus souvent à grains
Non Orientés. Si la température d’utilisation augmente, les caractéristiques magnétiques
diminuent légèrement jusqu’à la température de Curie. La température Curie est d’environ
700o C pour F eSi [14, 15]. Le comportement des tôles F eSi à haute températures a été étudié
à l’Université d’Okayama (Japon) [16], [17]. Les caractéristiques de ces tôles sont données
dans les figures 1.3, 1.4. Les mesures ont été effectuées sur des ces tôles magnétiques de
F eSi, d’épaisseur 0, 35mm, naturellement isolées avec l’oxyde de fer. Ces tôles peuvent
être utilisées, avec des densités de flux élevées, jusqu’à plus ou moins 450o C [18]. Pour les
températures élevées les pertes fer diminuent naturellement en raison de l’accroissement
de la résistivité de la matière. Les tôles à grains Orientés (GO), qui possèdent une couche
isolante inorganique phosphatée, peuvent travailler à des températures très élevées. Des
résultats similaires à ceux constates sur les tôles N O sont obtenus avec des tôles à grains
orientés F eSi que l’on décale de 90o pour construire un stator à hautes performances [19].

F IGURE 1.3 – Courbes B(H) mesurées à l’Université d’Okayama sur les tôles F eSi [16].

19
F IGURE 1.4 – Pertes fier mesurées à l’Université de Okayama sur les tôles F eSi [16].

1.2.2 Matériaux conducteurs


[Link] Bobinage de la machine

Pour le bobinage d’une machine électrique, les matériaux les plus utilisés sont le cuivre
et l’aluminium. L’aluminium posséde une température de fusion relativement basse et ses
caractéristiques électriques ne sont pas très bonnes aux températures élevées car sa ré-
sistivité devient trop grande. Pour le cuivre, le problème d’oxydation est prépondérant
[5],[8],[20]. Le cuivre est nu donc délicat pour une utilisation efficace aux températures
élevées. D’autres conducteurs sont également employé au delà de 200o C avec de grandes
températures de fusion (Tableau 1.1) : le titane (Ti), le tantale (Ta), le niobium (Nb), l’argent
(Ag), l’or (Au),le platine (Pt), le nickel (Ni) ou le constantan (Cu+Ni)

Tableau 1.1 – Les points des fussion des conducteurs haute température.

Température de
Conducteurs
fusion o C
Titane, Ti 1668o C
Tantale, Ta 3020o C
Niobium, Nb 2477o C
Argent, Ag 2162o C
Or, Au 1064o C
Platine, Pt 1768o C
Nickel, Ni 2913o C
Constantan,
1221 − 1300o C
Cu+Ni

Malheureusement ces matériaux ont des coûts souvent prohibitifs pour une résistivité
relativement élevée. Le cuivre demeure donc le choix le plus judicieux à condition de s’af-
franchir la problème d’oxydation. Ceci est rendu possible grâce à l’utilisation de métaux
inertes, tels que le nickel ou le titane, qui sont déposés sur la surface du cuivre afin de créer
une barrière de diffusion.

20
[Link] Rotor
Dans le cas d’une machine asynchrone, les barres du rotor ne comportent pas d’iso-
lation ; elles peuvent donc supporter des températures élevées sans avoir à résoudre les
problèmes de son isolation. En pratique, les barres d’aluminium peuvent être employées si
le concepteur accepte des résistivités relativement élevées. De plus, l’aluminium s’oxydant
avec la température, une très fine couche isolante d’alumine (Al2 O3 ) se forme à sa surface.
L’utilisation du cuivre pour les barres de court-circuit dans un rotor devient possible après
traitement ou plaquage du conducteur avec des métaux qui résistent à l’oxydation, comme
le Nickel. Le cuivre permet alors d’envisager des températures de fonctionnement bien plus
élevées au cœur de la machine.

[Link] Connexion, soudure et brassure


Les connexions entre parties conductrices sont des points critiques. Les brasures à base
de plomb et d’étain utilisées habituellement ne sont capables de remplir leur rôle que jus-
qu’à 200o C. Au-delà, des alliages avec des points de fusion élevés résistant à l’oxydation
sont nécessaires. Ces alliages sont des brasures à base de cuivre (Cu), de nickel (Ni), d’ar-
gent (Ag) ou de manganèse (Mn), qui possèdent de bonnes propriétés anticorrosives, mais
dont la mise en oeuvre s’effectue à des températures plus élevées. Ces matériaux sont donc
plus complexes à utiliser.

1.2.3 Materiaux isolants


Les problématiques d’une isolation HT o est posée par l’adéquation entre la tenue en
tension à la température ambiante, l’aptitude à résister à des gradients de température ainsi
que le maintien de caractéristiques diélectriques acceptables. Ces données doivent être ana-
lysées en gardant à l’esprit une durée de vie compatible avec une utilisation industrielle du
moteur.

Il existe plusieurs technologies d’isolation :

• Les isolations polymères classiques qui sont limitées en température. Les polymères
sont des matériaux isolants composés macromolécules à base de carbone. Les liaisons
entre les atomes de la macro-molécule sont vulnérables en haute température. Les ma-
chines travaillant à des températures de 240o (sont isolées l’aide de Polyimide [21]).
Les fils sont imprégnés avec des vernis de même nature (PI) pour garantir une bonne
solidité et une barrière efficace contre les polluants. Les vernis polymères ont égale-
ment une bonne flexibilité mécanique ce qui rend possible les opérations de bobinage.
Ils sont également capables d’absorber les vibrations internes et externes pendant le
fonctionnement de la machine.

• Les céramiques sont des isolants capables de monter en température dans les systèmes
électriques [22, 23]. Les céramiques résistent très bien aux agression chimiques. Elles
conservent leur propriétés aux températures élevées. Les céramiques à base d’alumine
ont un faible coefficient de dilatation thermique (5, 5−9∗10−6 K −1 ), ainsi qu’une bonne
conductivité thermique (15 − 30W m−1 K −1 ) [24]. La tension de claquage dépend du
type du conducteur ainsi que de l’épaisseur d’isolation [25, 7, 26].

• Le mica est aussi une bonne solution d’isolation pour les machines à haute tempéra-
ture il est couramment employé pour l’isolation des machines de très fortes puissances
et sous haute tension (centrales électriques). Sur le marché, on trouve du mica laminé

21
sur un ruban fibre de verre qui permet une certaine flexibilité, il est aussi disponible
sous forme de feuilles qui sont alors plus épaisses et plus rigides. Après un passage
en haute température les feuilles de mica devienne fragiles et cassantes car le poly-
mère qui permet une manipulation flexible a fondu. Ce type d’isolant peut être utilisé
jusqu’à 450o − 600o [27, 28, 29, 30].

[Link] Fils HT o utilisant un isolant inorganique

Dans une machine électrique à haute température il est primordial d’employer un SIE
totalement inorganique. Pour la conception de la bobine haute température, il faut utili-
ser des matériaux qui résistent jusqu’à 500o C. Un article de synthèse publié dans Fujikura
Technical review en 1991 résume la complexité de la montée en température de l’isolation
d’un fil de bobinage [31]. Il montre que les céramiques sont une bonne solution en HT o .
Il y a des autres fils avec isolant en fibre de verre renforcée avec du mica, ce type de
fil est utile dans de pompes à haute température d’ordre 250 − 300o C, cette pompe utilisée
dans le domaine extraction pétrolière [9].

Sur le marché il exist plusieurs fils répondant à ce critère :

• Kulgrid 28 - fil de cuivre nickelé, revêtu de céramique. Ce produit est conçu pour
des applications dans le domaine aérospatial, nucléaire ou chimique. La température
d’utilisation normale s’étend de −450o à +1000o C. Ce fil peut résister à 1500o C en
température de pointe [32].

• KD500 - fil de cuivre nickelé dont les caractéristiques électriques ainsi que la struc-
ture physique sont très proches de celles du Cerafil 500. La température maximale
supportée est de 800o C [33].

• Cerafil 500 - fil de cuivre nickelé, recouvert d’une isolation céramique. La couche iso-
lante est mince, son épaisseur est comprise entre 5 et 20µm. La plage de température
de fonctionnement est de −90o C à +500o C, la température maximale supportée en
pointe est de 1000o C. Cette isolation céramique résiste aux attaques chimiques des
solvants, des huiles et des matières organiques [34].

• SamicaFirewall - fil de cuivre nickelé, recouvert d’une épaisseur de mica sur un film
de fibre de verre. L’épaisseur totale de l’isolation est d’environ 100µm à 200µm. Les
températures de fonctionnement pour ce type d’isolation atteignent les 500o C [35].

• CEW - fil de cuivre nickelé, isolé par une épaisseur de céramique recouverte par un
isolant organique (polyimide). L’isolant organique placé sur la céramique permet de
donner une certaine flexibilité à l’ensemble. Ce type de fil est intéressant car la couche
de PI permet d’obtenir des rayons de courbures plus petits. La température de fonc-
tionnement pour ce type de fil est de 300o ~400o C pendant des temps limités [36, 37].
Au delà, le PI s’évapore et laisse de l’air autour de la céramique.

• DGCEW - le fil possède la même construction que le fil CEW, la différence réside dans
l’addition d’une couche de matériau en fibre de verre, c’est un isolation épaisse mixte.

22
Tableau 1.2 – Les fils haute température commerciaux.

Référence Type du fil Diamètre sans Diamètre avec Fabricant


sur fig. 1.8 isolant (mm) isolation (mm)
a. Kulgrid 28 0.8 0.82 Ceramawire
b. KD500 0.5 0.518 Karl Schupp AG
c. Cerafil 500 0.5 0.518 Cables-CGP
d. SamicaFirewall 0.5 0.7 Von Roll
e. CEW 1 1.094 Fujikura
f. DGCEW 1 1.36 Fujikura

F IGURE 1.5 – Differents types des fils haute température issus tableau 1.1

[Link] Impregnants inorganiques

À la place des vernis d’imprégnation organiques classiques utilisés usuellement, il est


nécessaire d’avoir recours à des matériaux inorganiques similaires à des ciments. Un cer-
tain nombre des ces produits sont disponibles sur le marché, ils seront présentés en détail
au chapitre 2 de ce mémoire. La mise en oeuvre de ces ciments requiert des cycles ther-
miques. Ils sont peu compatibles avec les solutions mixtes qui utilisent des couches de PI
relativement épaisses. Les polymères sont détruits aux hautes températures et il est difficile
de gérer les résidus chimiques carbonés de cette destruction.

[Link] Les isolants inorganiques de fond d’éncoche


Plusieurs solutions sont disponibles :

• Le ruban de verre fabriqué à l’aide de fils de verre. Ces rubans sont particulièrement
adaptés pour l’isolation des bobines. Ce type de ruban en fibre de verre peut résis-
ter à des températures de 450o [38]. Ils sont également associés à des fines couches
organiques appelés à disparaitre aux températures élevées.

• Les bandes de tissu céramique - Il s’agit d’un produit possédant de hautes perfor-
mances thermiques et mécaniques. Il conserve sa résistance et flexibilité jusqu’à une
température de 1370o C [39].

23
• Le papier de céramique. Il est composé de fibres à haute résistance et d’une très grande
pureté (fibre d’alumine-75 % et de silice mêlées). Ce type de matériaux supporte des
températures jusqu’à 1400o C [40].

• Le mica AP MG900 - Le mica est déposé sur un tissu de verre pour garantir une cer-
taine flexibilité mécanique lors des opérations de bobinage. Ce type de mica résiste
des températures de 1200o à 1300o [41].

• Le mica Muscovite - imprégnées de résine de silicone. Le mica désigne un minéral qui


a une structure feuilletée et qui possède des propriétés thermiques et isolantes élevées.
Le mica Muscovite est disponible sous plusieurs formes et dimensions (épaisseurs de
0.2mm à 0.75mm). Le mica Muscovite a de bonnes caractéristiques diélectriques et
résiste à des température de 450o [42]. C’est un matériau fragile et difficile à mani-
puler il est souvent associé à des revêtements organiques fins qui disparaissent aux
températures élevées.

F IGURE 1.6 – Les types des matéraiux HT o susceptible d’etre utilises pour l’isolation de
fond d’encoche : 1. Ruban de verre ; 2. Bande de tissu céramique ; 3. Papier céramique ; 4.
Mica type APMG900 ; 5. Mica Muscovite
.

1.2.4 Les aimants, caractérisation HT o


Les aimants perdent leur propriétés magnétiques à haute température. Seuls des ai-
mants spécifiques à base de samarium-cobalt gardent des fonctionnalités intéressantes [43].
La conception générale de la machine doit prendre en compte cette limite en adoptant un
équilibre thermique différent qui permettra d’avoir des bobinages à haute température sans
altérer les capacités des aimants. La conception des aimants est réalisé pour obtenir une va-
leur densité de flux définie dans les dents du stator. Des travaux [44] montrent qu’il est
possible d’utiliser les aimants jusqu’à 300o C lorsqu’une légère réduction de l’aimantation
est acceptable pour la machine. Le plus souvent, lorsque les aimants sont montés en sur-
face, on utilise une colle pour les fixer solidement à la surface du rotor. Cependant, les colles
disponibles sont limitées à une température de fonctionnement de 280o C. Pour obtenir une
bonne fixation mécanique, ils est nécessaire d’utiliser des frettes non-magnétiques qui amé-
liorent également la rigidité du rotor. Cette solution est la mieux adaptée à une montée en
température.

24
Le cas particulier du Ticonal est à considérer. Cet aimant garde ses propriétés magné-
tiques jusque 450o C mais il possède un champ coercitif tellement faible qu’il se démagnétise
lorsque le rotor est démonté. Il faut en conséquence prévoir un système complexe de ma-
gnétisation après le montage mécanique du rotor.

1.3 Choix de la structure de la machine


1.3.1 Machine asynchrone
Une problème pratique complexe se pose car la machine asynchrone doit obligatoire-
ment avoir un bobinage statorique reparti. Ce bobinage est très difficile à réaliser avec
des matériaux inorganiques rigides. De plus, la longueur des têtes bobines provoque des
pertes joules supplémentaires qui deviennent prohibitives lorsque la résistivité du matériau
conducteur augmente.
La machine asynchrone n’est donc pas une structure bien adaptée aux températures
élevées. L’équilibre thermique de ce type de moteurs est déterminé par une évacuation op-
timisée de la chaleur permettant de conserver une température de fonctionnement correcte
pour l’isolation des conducteurs. Avec la montée en température, il faut faire face à une
répartition différente des pertes. Principalement, les pertes Joules du stator et du rotor à
cause de l’augmentation de la résistance [45]. La résistance thermique rotor/stator a une
influence critique pour le rendement de la machine asynchrone.
Avec l’augmentation de la résistivité électrique des matériaux en haute température il y
a une diminution des courants Foucault dans les tôles. Cet effet est cependant négligéable
devant les inconvénients liés à l’augmentation des pertes joules dans les conducteurs du
stator et du rotor.

1.3.2 Machine synchrone


Dans machine synchrones à aimants, deux technologies de montage des aimants sont
possibles : le montage en surface et le montage à l’intérieur du rotor. La première option
est la plus facile à réaliser mais elle place les aimants prés des bobines du stator donc à une
température élevée. La seconde solution place les aimants à l’intérieur du rotor , le flux y est
concentré vers l’entrefer par des parties magnétiques douces. La température des aimants
est plus faible.
Dans les 2 cas la conception du rotor doit prévoir une évacuation directe de la chaleur
crées dans les aimants par les courants de Foucault. Dans le cas de la machine synchrone à
rotor bobiné nous trouverons un bobinage au stator et un bobinage au rotor avec du fil isolé
inorganique. Les pertes Joule seront accentuées en haute température. Le système de liaison
glissant qui permet de connecter les bobines rotoriques au circuit extérieur est assez délicat
à réaliser aux températures classiques. Il n’est pas raisonnables de l’envisager en HT o .
La seule structure raisonnable est donc la machine synchrone à aimants permanents
(MSAP) qui utilise des alliages SmCo spéciaux avec une préférence pour la machine à ai-
mants intérieurs.

1.3.3 Machine à réluctance variable


Avec cette structure, les aimants ne sont plus utiles, ce qui est très intéressant car cela
élimine ce verrou technologique. Cependant, cette topologie a besoin d’un champ d’excita-
tion plus important et un entrefer réduit. Les dilatations thermiques peuvent créer des pro-
blèmes mécaniques. D’autre part, cette topologie a besoin d’utiliser un plus grand nombre

25
de spires pour les enroulements du stator ce qui augmente la difficulté de conception des
bobines. Cette structure peut fonctionner à des températures plus élevées que la MSAP
mais avec un facteur de puissance plus faible et une efficacité énergétique moindre. Ce type
de machine reste cependant l’unique solution pour les températures les plus élevées.

1.4 Roulements pour machines haute temperature


Les roulements classiques fabriqués en acier et utilisant des lubrifiants organiques de-
vront être remplacés par des éléments résistants aux températures élevées. La structure
mécanique d’un moteur électrique reste assez simple et jusqu’à des vitesses moyennes, les
roulements sont les pièces les plus complexes. Des roulements HT o ont été développés il
y a longtemps [46] [47]. Cette technologie est désormais mature jusqu’à 300o C. Cette limite
peut être utilisée pour définir une température ambiante maximale raisonnable pour les
moteurs HT o , en prenant en compte la résistance thermique du boîtier mécanique et les
pertes mécaniques dans les roulements .
Une autre solution consiste à utiliser des roulements en céramique [48]. Ces roulements
disponibles sur le marché sont capables de fonctionner jusqu’à 450o C. Ils emploient un
traitement des pièces en acier avec du phosphate de manganèse et/ou de la céramique. Ils
sont très résistants [49]. Le lubrifiant HT o est remplacé par un lubrifiant solide comme le
bisulfure de molybdène qui résiste jusqu’à 400o C [50] ou le bisulfure de tungstène [51, 52]
jusqu’à 650o C. La figure 1.7 est une photographie d’un tel roulement.

F IGURE 1.7 – Roulement céramique haute température.

1.5 Dilatation des parties mécaniques


1.5.1 Dilatation différentielle
Classiquement on évacue la chaleur interne de la machine grâce à un contact entre le
circuit magnétique et la carcasse extérieure et par des systèmes de ventilation (interne et
externe). La chaleur générée par le cuivre des bobines, impose l’utilisation d’un SIE capable
de résister aux hautes températures avec une bonne conductivité thermique [53]. Les pièces
les plus sollicitées thermiquement sont les bobines à isolation inorganique, l’empilement

26
des tôles magnétiques du stator et la carcasse métallique qui maintiennent la partie magné-
tique du stator. Ces difficultés peuvent être résolues en choisissant des matériaux qui ont
des coefficients de dilatation proches. Le coefficient de dilatation des tôles FeSi ou FeCo est
de l’ordre de (10 − 12)10−6 K −1 celui de l’acier inoxydable de 16 ∗ 10−6 K −1 alors que l’alumi-
nium a un coefficient de dilatation de 25 ∗ 10−6 K −1 . Ces chiffres montrent qu’il faut éviter
les carcasses en aluminium au profit de l’acier inoxydable.
Les ciments céramiques se dilatent très peu. Il est donc nécessaire d’absorber la dilata-
tion de la dent en plaçant un textile HT o entre la dent et la bobine inorganique. Les varia-
tions de la dilatation de ces différentes pièces provoque des contraintes thermomécaniques
qui peuvent devenir très fortes. Cette situation est très différente de celle rencontrée avec
une machine classique qui travaille à température ambiante. La chaleur générée par les
différentes pertes augmente la température jusqu’à des niveaux trop faibles pour détruire
l’isolant organique. Il y a une faible dilatation des pièces métalliques, qui est absorbée par
la plasticité de l’isolant organique.

1.5.2 Transferts thermiques entre les differentes parties


Dans les machines à forte densité de puissance, l’équilibre thermique peut être déter-
miné en considérant que le plus grande partie de la chaleur produite dans le rotor passe
à travers le stator et la carcasse avant d’être évacué dans l’atmosphère par le système de
ventilation. La carcasse, est moulée sous pression autour du circuit magnétique du stator.
La surface de contact entre les deux parties est importante et donc la pression est forte :
le contact thermique est donc excellent. La carcasse et le stator peuvent être supposés iso-
thermes. Les sources de chaleur représentent respectivement les pertes dans le rotor, dans
les bobines et dans le fer du stator. Il y a des résistances thermiques qui caractérisent les
échanges entre chaque élément constitutif de la machine au régime d’équilibre. Ainsi une
petite partie des pertes du rotor sont évacuées directement par l’arbre le reste doit traverser
l’entrefer et s’évacuer vers l’extérieur par le stator. Ce modèle thermique simplifié ne prend
pas en compte les échanges complexes qui existent à l’intérieur de la machine électrique.

1.6 Conclusion
La conception des moteur HT o soulève plusieurs problèmes scientifiques et techniques.
L’absence de matières organiques capables de travailler à des températures très élevées
concentre notre étude sur la recherche de solution de remplacement pour ces matériaux. Les
propriétés mécaniques et électriques faibles des matériaux isolants inorganiques qui rem-
placent les SIE organiques, doit être prise en compte lors de la conception de la machine.
Avec un SIE inorganique, il ne sera plus possible de concevoir des enroulements en vrac
dans les petites machines. La méthode générale utilisée pour la conception d’une machine
HT o utilisant un isolant inorganique est très différente de celle exploité pour les machine
classiques. En effet la forme du noyau doit être adaptée aux caractéristiques de bobines
inorganiques rigides qui doivent être conçues pour optimiser la distribution de la tension
inter-spires. Le matériaux inorganique doit résister à des températures élevées et ce maté-
riaux doit posséder des caractéristiques diélectriques et mécaniques acceptables. La bobine
finale doit tenir en tension avec des bonnes caractéristiques diélectriques inter-spires.

27
28
2 Conception des bobines inorganiques
adaptées aux machines haute tempera-
ture (HT ◦ )

29
30
La plupart des machines électriques fonctionnent à une température interne de classe F
155◦ C. Plus rarement elles peuvent être de classe C (180◦ C) ou de classe 220 ou 240. Rap-
pelons que la classe thermique définit la température interne à laquelle un ensemble de
moteurs identiques est capable de travailler un taux de défaut, à 20000 heures, de 50% . Il
est possible de travailler au delà de ces températures internes usuelles avec des polymères
plus performants comme les polyamides-imides (200−220o C) et les polyimides (240o C). Ces
fils émaillés permettent de construire des machines électriques en utilisant les méthodes des
bobinages classiques, ce qui autorise des bobinages répartis ou concentrés. Récemment, des
fils émaillés constitués de polyimide chargé de nanoparticules permettant d’atteindre des
températures de 280o C ont été produits [54, 55]. Une autre solution consiste à utiliser un
fil isolé avec un revêtement textile inorganique à base de mica et fibre de verre. Cette solu-
tion est très intéressante pour les grandes machines, possédant des fils de fortes sections,
en raison de l’épaisseur importante de la couche isolante. Ces machines sont utilisées pour
les systèmes géothermiques [9] et dans l’industrie pétrolière. Des travaux scientifiques si-
milaires sont en cours pour les petites machines développées pour l’industrie aérospatiale
[56].
Le développement de polymères avec des performances plus élevés est en cours [57],
[58], mais la nature organique de la couche isolante est un verrou technologique qu’il faut
dépasser pour progresser vers des températures beaucoup plus élevées.
Certains moteurs électriques de conception classique sont conçus pour travailler à des
températures plus élevées mais pendant un temps limité à quelques heures [59]. Ces ma-
chines sont principalement utilisées pour des applications de sécurité en assurant l’évacua-
tion des fumées pendant un temps minimal lors d’un incendie.
Pour des températures internes supérieurs à 300◦ C pendant des temps de fonctionne-
ment longs, il est nécessaire de concevoir des machines dotées d’un SIE totalement inorga-
nique et d’adapter leur conception à ce SIE.
Lorsque l’application exige des actionneurs de fortes puissance massique, il est néces-
saire de concevoir des bobinages compacts où le volume du SIE est aussi réduit que possible
[60]. Dans ces conditions, il est important de concevoir des bobinages utilisant un fil HT ◦ à
isolation inorganique mince capable de supporter des températures très élevées. Cette solu-
tion a cependant des limites liées à la fragilité mécanique et électrique [61],[24] des couches
isolantes inorganiques qu’il faut intégrer au processus de conception et de fabrication des
bobines HT ◦ . Ce chapitre est consacré à l’analyse de cette problématique, il est décomposé
en trois parties principales : la caractérisation électrique du fil HT ◦ à isolation céramique
mince, le choix du ciment d’enrobage capable d’apporter les propriétés mécaniques et élec-
triques complémentaires et la définition des procédures de fabrication des bobines HT ◦ de
la machine.

2.1 Présentation des fils à isolation céramique


Le cuivre des fils organiques classique est isolé de l’air ambiant par la couche organique
qui est parfaitement étanche. Pour ces produits il n’y à priori, aucun problème d’oxydation
du cuivre (figure 2.1).
Pour les fils HT o les choses se presentent différemment car la couche isolante n’est pas
étanche. Il est nécessaire d’empêcher l’oxydation du cuivre en ajoutant une couche de métal
inoxydable qui est généralement du nickel.
Cette couche de Nickel sert également de barrière de diffusion qui empêche les réac-
tions chimiques entre les atomes de Cu et certains ions de la céramique qui contiennent de
l’oxygène. La couche isolante de céramique est déposée sur le nickel.

31
De tels fils inorganiques sont disponibles dans le commerce. Ces produits ont été dé-
veloppés et industrialisés pour réaliser des connections électriques dans des milieux où la
température est très élevée, cependant la fragilité mécanique de la couche de céramique ne
permet pas son utilisation pour bobiner les moteurs électriques avec les méthodes actuelles.
L’analyse des catalogues des constructeurs a permis d’identifier trois produits disponibles
commercialisés sous les noms "Ceramawire" , "Cerafil 500" et "KD500". Les constructeurs
fournissent des fiches techniques très similaires pour le Cerafil 500 et du KD500 et un peu
différente pour le Ceramawire. Une étude expérimentale détaillée [62] montre que les ca-
ractéristiques électriques du fil Ceramawire sont limitées et rendront son utilisation difficile
pour construire des moteurs électriques. Le Cerafil 500 a été sélectionné pour ses proprié-
tés électriques intéressantes et sa similitude avec le KD500. Il permet la construction du
prototype avec un produit relativement cher mais facilement disponible.
La figure 2.2 est une vue de coté agrandie d’un morceau de fil Cerafil 500. La microscopie
de la coupe transversale de la figure 2.3 est obtenue en plaçant le fil dans une résine de
fixation. L’ensemble est tronçonné puis poli avant d’être placé sur le plateau du microscope.
Cette vue fait apparaître clairement la couche de nickel autour de l’âme en cuivre. Le zoom
placé dans la partie droite de la figure 2.3 permet de deviner la couche de céramique dont
la couleur grise est un peu plus claire que la résine d’enrobage. Un trait rouge a été ajouté
pour souligner la ligne de séparation entre la surface de la céramique et la résine extérieure.
Cette ligne montre que la surface extérieure de la couche de céramique est très irrégulière.

F IGURE 2.1 – Vue latérale d’un fil à isolation classique diamètre 0.8mm.

F IGURE 2.2 – Vue latérale d’un fil à isolation céramique (Cérafil 500) diamètre 0.8mm.

La couche mince de céramique a une fragilité mécanique certaine [63], [19] . Cette fragi-
lité est visible au microscope MEB car la surface externe du fil comporte des fissures (figure
2.4).

32
F IGURE 2.3 – Section transversale du fil "Cerafil 500"(à gauche) et zoom sur l’isolation céra-
mique (à droite).

F IGURE 2.4 – Surface du fil à isolation céramique (à gauche), zoom sur surface (à droite),
microscopie électronique à balayage (MEB) .

Ces observation montrent que le fil à isolation céramique mince aura des caractéristiques
différentes d’un fil de bobinage classique qui est recouvert d’une couche de polymère très
souple et étanche. D’autre part, l’isolation des fils organiques classiques est un peu plus
épaisse, de l’ordre de 35µm, ce qui lui confère d’excellentes performances mécaniques et
électriques. Le fil émaillé classique est un produit mature qui réponds à de nombreuses
normes, dont la CEI 60317 [64] qui définit l’épaisseur de la couche isolante et ses tolérances
pour les principaux grades.

Ces différences importantes imposent une étude plus approfondie des propriétés élec-
triques de la couche isolante des fils HT ◦ , dans des conditions mécaniques d’utilisation
aussi proches que possible de celles que le fil rencontrera lorsqu’il sera utilisé dans un mo-
teur électrique.

33
2.2 Analyse des courants de fuites
La mesure du courant de fuites qui traverse la couche isolante lorsqu’elle est soumise à
des contraintes électriques faibles (tension appliquée de 15V), permet de définir le rayon de
courbure maximal à respecter lors de la construction des bobinages. En travaillant en basse
tension, seuls les phénomènes mécaniques sont pris en comptes.

2.2.1 Protocole experimental

[Link] Supports mécaniques

Pour contrôler le rayon de courbure imposé au fil testé, deux configurations ont été
élaborées. La première configuration (type A) consiste à enrouler le fil à isolation céramique
sur un tube d’acier inoxydable pour mesurer le courant de fuites qui traverse la couche
inorganique qui sépare l’âme du fil et le tube d’acier. La seconde configuration (type B)
est plus proche de la réalité, elle permet tester l’isolation entre les spires jointives de deux
bobines enroulées sur un tube.
Pour la configuration de type A , le fil HT ◦ est enroulé sur un tube d’acier inoxydable
de grand diamètre par rapport à celui du fil. Le tube en acier inoxydable est suspendu
aux échantillons testés placés à chaque extrémité comme le montre la figure 2.5. Le poids
du tube permet d’appliquer une pression connue sur la couche isolante. La longueur de
l’échantillon de fil en contact avec le tube est assez grande, elle correspond à 1.5 tours. La
mesure du courant de fuites est réalisée entre l’âme du fil et le tube en acier. Les mesures
obtenues correspondent donc à une seule couche d’isolant alors que l’isolation inter-spires
d’une bobine en comporte deux.
La configuration de type B est plus proche de la réalité : les fils sont bobinés sur un tube
de diamètre suffisant grand pour éviter les fissures. Les fils céramiques testés possèdent
des diamètres de 0.5mm et de 0.8mm. La largeur de la bobine est fixée à 4mm ce qui permet
de placer 4 spires pour un fil de diamètre 0.8mm et 7 pour un fil de 0.5mm. Les tubes ont
été placés entre deux plaques métalliques destinées à faciliter la réalisation de l’échantillon.
Toutes les parties métalliques en contact avec les bobines sont isolées avec des feuilles de
mica comme le montre la coupe transversale de la figure 2.6. Pour pouvoir estimer le cou-
rant de fuite entre deux fils adjacents, la mesure est réalisée entre la première couche (bobine
1 représentée en orange) et la seconde couche (bobine 2 représentée en rouge).

F IGURE 2.5 – Tube pour la mesure du courant de fuites dans un fil à isolation céramique
(configuration de type A).

34
F IGURE 2.6 – Bobine double couche pour la mesure de courant de fuites entre deux fils à
isolation céramique (Configuration de type B).

[Link] Système de mesure du courant de fuite


La tension appliquée à l’échantillon (Ue (t) - figure 2.7) est un créneau symétrique très
basse fréquence (0.1Hz) d’amplitude 15V avec des fronts de montée lents par rapport à
ceux de l’électronique de puissance ; aucune contrainte forte en dv/dt n’est imposée [65]
(relation 2.1). L’échantillon de type A ou B est connecté entre l’entrée et la masse virtuelle de
l’intégrateur réalisé avec un amplificateur opérationnel type ICV102M à très faible courant
de fuite et un condensateur de haute qualité. Les valeurs des condensateurs sont montrées
dans les tableaux 2.1 et 2.2. Cette méthode est indirecte car ce sont les vitesses de croissance
et de décroissance de la tension de sortie de l’amplificateur opérationnel qui sont mesurées.
L’intégrateur permet de réduire très fortement le bruit de la mesure. Cette méthode permet
de mesurer des courants de fuite très faibles, de l’ordre de quelques dizaines de pA. Les
valeurs du courant peuvent être calculées avec la formule 2.2.

I
us (t) = − t + I0 (2.1)
C
Le courant est donc égale à

∆us (t)
I = −C (2.2)
∆t
∆us (t) et ∆t sont mesurés à l’oscilloscope.

F IGURE 2.7 – Mesure de courants très faibles avec un intégrateur (à gauche). Formes d’onde
des signaux d’entrée (vert) et de sortie (rouge) (à droite).

35
2.2.2 Resultats

Les courants de fuites ont été mesurés en enroulant le fil céramique sur des tubes de
deux diamètres différents : 12mm et 50mm dans des conditions de laboratoire classiques
(température ambiante 21o C et humidité relative 65%) ; les résultats sont présentés dans les
tableaux 2.1 et 2.2.

Tableau 2.1 – Fils céramiques bobinés sur un tube de 12 mm.

Diam. C, Diam. Numéro d’échantillon Val. Écart


fil, mm nF Dt. /Df. Courant 1 2 3 4 5 6 moy. type
0,5 100 24 I (nA) 0,80 0,82 1,01 0,91 0,96 0,89 0,90 0,08
0,8 10 15 I (µ A) 1,43 1,37 1,41 1,39 1,38 1,40 1,39 0,02

Tableau 2.2 – Fils céramiques bobinés sur un tube de 50 mm.

Diam. C, Diam. Numéro d’échantillon Val. Écart


ed fil, mm nF Dt. /Df. Courant 1 2 3 4 5 6 moy. type
0,5 10 100 I, (pA) 19,1 21,09 18,1 17,4 21,6 20,3 19,6 1,5
0,8 10 62,5 I (pA) 25,8 23,7 23,0 24,3 25,7 24,0 24,4 1,0

On observe que le courant de fuites devient supérieur à 1µA, lorsque le fil Cerafil 500
de diamètre 0.8mm est bobiné sur tube de 12mm de diamètre, soit 15 fois son diamètre. Le
courant de fuite est de l’ordre de 25pA, ce qui est négligeable, lorsque le rayon de courbure
est de 25mm, soit 62,5 fois son diamètre. Avec ces rayons de courbure, le courant de fuites est
toujours négligeable pour le fil de 0.5mm. La première série de mesures montre également
que les résultats sont relativement binaires : pour un rayon de courbure de 6mm, ce qui
est une valeur élevée pour construire des bobines intégrables dans une machine électrique
des dimensions réduites, le courant de fuites est environ 1000 fois plus élevé pour un fil de
diamètre 0.8mm que pour un fil de diamètre 0.5mm.
Ce résultat souligne le fait que la couche isolante garde ses propriétés isolantes pour les
grands rayons de courbure. En revanche elle devient médiocre lorsqu’un rayon de courbure
trop faible crée des fissures importantes.
Ces mesures montrent que le rayon de courbure est un paramètre critique pour l’utili-
sation de fil HT ◦ à isolation mince. Pour garder des courants de fuites négligeables comme
dans le cas d’un SIE organique, il faut travailler avec des rayons de courbure de l’ordre de
10 à 20 fois le diamètre du fil. Rappelons que ces produits ne sont pas industrialisés pour
répondre aux contraintes du bobinages des machines électriques. Les rayons de courbure
constatés avec ces critères sont de l’ordre de grandeur du double de ceux préconisés dans
les fiches techniques du constructeur (5 fois le diamètre du fil, rayon de courbure mini-
mum).
Les courants de fuites mesurés avec le dispositif de type B (bobines concentriques) sont
donnés dans le tableau 2.3 pour 6 échantillons.

36
Tableau 2.3 – Bobine avec fil à isolation céramique (Ø 0,5 mm et 0,8 mm), pour un rayon de
courbure de 25 mm.

C, diamètre Numero d’échantillons Val. Écart


nF du fil Courant 1 2 3 4 5 6 moy. type
10 0,5 mm I (pA) 25,00 22,00 34,67 15,67 35,00 16,67 24,83 7,73
10 0,8 mm I (pA) 75,20 77,71 75,51 77,71 81,47 78,65 77,70 2,09

Les faibles valeurs de l’écart type attestent de la bonne répétitivité des mesures pour les
échantillons de type A. Pour les échantillons de type B, les écarts types sont plus élevés, les
mesures sont moins homogènes. Cette différence s’explique par le fait que les échantillons
sont plus complexes avec une réalisation manuelle. Les contraintes mécaniques imposées
au fil pendant les opérations de bobinages peuvent être largement différentes d’un échan-
tillon à l’autre.
Les courants de fuites sont faibles, inférieurs à 100pA, avec une légère différence pour
le fil de 0.8mm. Avec des courants aussi faibles, il est difficile d’interpréter les différences
constatées. On peut cependant noter que, compte tenu de la tension appliquée (15V), les
courants mesurés correspondent à des résistances d’isolement supérieures à 150GΩ, ce qui
est comparable à celles obtenues avec les fils organiques classiques.
Il est paradoxal de constater que les courants de fuites mesurés avec la configuration B
(bobines à spires jointives) sont plus grand que ceux de la configuration A. Pour le fil de
diamètre 0.8mm, la différence est de l’ordre de 50pA. Les échantillons de type B sont des
bobines constituées de plusieurs spires, leurs construction nécessite une procédure de bobi-
nage et des manipulations plus nombreuses que celles qui sont nécessaires pour fabriquer
les échantillons de type A. Ces manipulations endommagent probablement la céramique
du fil.
Les essais portant sur la mesure des courants de fuite confirment l’extrême fragilité du
fil HT ◦ à isolation mince et la nécessité impérieuse de le protéger dans un enrobage inorga-
nique HT ◦ rigide avant de placer les bobines sur les dents du stator de la machine.

2.3 Détermination de la tenue en tension de l’isolation inter


spires
La tension maximale que peut supporter l’isolation inter-spires d’une machine élec-
trique est liée au seuil d’apparition des décharges partielles (SADP) et à la tension de cla-
quage. Les décharges partielles (DP) sont des phénomènes d’ionisation très rapides qui ne
détruisent pas instantanément le SIE. Elles peuvent cependant créer son vieillissement ac-
céléré en aboutissant à terme à un claquage qui détruit le SIE en un point créant ainsi un
court-circuit entre fils [66].
Dans un gaz, chaque décharge est initiée par l’accélération d’un petit nombre d’élec-
trons germes non attachés à leurs atomes, donc libres d’être accélérés par le champ élec-
trique. Lorsque le champ électrique est suffisamment intense et lorsque les distances entre
les molécules sont suffisantes, ces électrons germes percutent les molécules du gaz avec une
énergie cinétique suffisante pour arracher d’autres électrons qui seront à leur tour accélé-
rés par le champ électrique ce qui provoque une avalanche électronique. Ce phénomène
d’avalanche correspond à une décharge dans le gaz.
Dans les volumes solides les phénomènes sont plus complexes car la matière est plus

37
dense et les atomes sont peu mobiles. Les champs électriques nécessaires pour provoquer
une rupture de l’isolation sont généralement beaucoup plus intenses que dans l’air.
Les zones d’interface entre les parties solides et l’air jouent elles aussi un rôle impor-
tant car elles sont propices à des ionisations de surface. Les parois reçoivent également de
l’énergie provenant des chocs provoqués des charges mises en mouvement dans le gaz io-
nisé environnant.

D’une façon générale, les DP s’éteignent naturellement après un temp trés court à cause
des charges d’espace accumulés sur les surfaces isolantes. Contrairement aux DP, le cla-
quage est obtenu lorsqu’un chemin conducteur est établi entre les 2 surfaces métalliques.
Une approche expérimentale est privilégiée car les phénomènes physiques mis en jeux
sont très complexes et ils s’appliquent à une géométrie mal connue à l’échelle microsco-
pique. La complexité de l’interprétation des phénomènes observés est principalement liée
à deux éléments :

• la surface externe du CERAFIL 500 qui est rugueuse et qui provoque des variations
locales importantes du champ électrique dans l’air au voisinage de la surface du fil
isolé ;

• le manque de données sur la couche isolante du CERAFIL 500 car le fabricant ne


fournit que très peu d’informations sur la nature exacte de la céramique utilisée, ni
sur la densité obtenue lors du frittage.

L’approche consiste à tester un grand nombre d’éprouvettes en mesurant le seuil d’appari-


tion des décharges partielles et la tension de claquage à diverses températures dans le but
de définir la tension inter-spires maximale qu’il ne faudra pas dépasser pour concevoir les
bobines inorganiques capables d’équiper un moteur HT ◦ construit avec du fil à isolation
céramique mince.

2.3.1 Seuil d’apparition des décharges partielles (SADP) et tension de


claquage
La fragilité mécanique des fils HT ◦ à isolation mince empêche l’utilisation des éprou-
vettes torsadées normalisées définies par la norme CEI60172 [67] utilisées pour tester les fils
de bobinages organiques. Plusieurs éprouvettes ont été réalisées en respectant cette norme.
L’expérience à montré que toutes les éprouvettes étaient en court-circuit, ce qui confirme la
grande fragilité de la couche isolante.
Face à cette impossibilité, la disposition qui c’été retenue est celle où deux fils posés
l’un sur l’autre (en croix) ( figure 2.8 ) [68] ; toutes les contraintes mécaniques sont ainsi
éliminées.
Avec ce type d’échantillon, il est possible de mesurer le seuil d’apparition des décharges
partielles (SADP) et d’enregistrer les impulsions de courant crées par ces décharges. Le
principal inconvénient de ce type d’échantillon est lié au fait que la surface de contact entre
les fils est faible et la rugosité de la surface externe de l’isolation céramique introduit un
aspect aléatoire évident. Cet inconvénient est compensé en effectuant un grand nombre de
mesures.
D’autres types d’échantillons sont utilisés pour effectuer des mesures avec des surfaces
de contact plus grandes. Les fils seront enroulés autour d’un tube en inox (figure 2.5) ou en
couches concentriques faites sur des petites bobines analogues à celle de la figure 2.6.

38
F IGURE 2.8 – Fils en croix avec point de contact unique.

2.3.2 Description du système de mesure


La machine prototype du projet ACCITE sera alimentée par un onduleur connecté à
un bus continu HVDC de 540V qui fonctionnera en MLI à une fréquence de découpage
élevée. Il est donc judicieux de faire les mesures de SADP et de tension de claquage à une
fréquence voisine de la fréquence de découpage mais en sinusoïdal pour ne pas mélanger
deux problèmes : la tenue en tension de l’isolation inter spires des bobines et les surtensions
crées par les fronts raides de la MLI. Ce second problème sera traité dans le chapitre 3
dédié à l’analyse des signaux rapides dans les bobines inorganiques en considérant leurs
caractéristiques hautes fréquences (HF).
Le schéma synoptique du système de mesure est présenté à la figure 2.9. Le générateur
basse fréquence fournit un signal sinusoïdal à 10kHz à l’amplificateur linéaire qui alimente
le primaire du transformateur élévateur. Le système est capable de fournir une tension sinu-
soïdale réglable jusqu’à 1000 Veff . L’ensemble est monté dans une armoire métallique qui
permet de réduire le bruit électromagnétique externe susceptible de perturber la mesure des
impulsions rapides de courant créés par les décharges partielles. Le filtre passe-bas évite le
risque de transmission des perturbation émanant de la circulation d’un courant émis par
source pourraient exister dans le circuit d’alimentation extérieur. Le condensateur de ce
filtre doit être de bonne qualité avec une tension nominale très supérieure à la tension de
travail. Le condensateur de couplage Ck se comporte comme un court circuit en haute fré-
quence, ce qui permet la circulation du courant émis par la DP dans l’éprouvette. Ce circuit
comporte un shunt non inductif Rsh qui permet la mesure de cette impulsion de courant.
Le dispositif de couplage élimine la composante alternative à la fréquence du générateur
due au couplage capacitif qui existe au niveau de l’échantillon. Ce couplage capacitif est
quasiment nul pour des fils en croix mais il est plus important lorsque les échantillons sont
des fils enroulés sur un tube en inox ou des spires concentriques d’une bobine car la ligne
de contact entre les surfaces extérieures des fils testés est alors relativement longue.

39
F IGURE 2.9 – Schéma électrique du système de mesure des courants provoqués par les DP.

2.3.3 Procédure
La tension appliquée à l’échantillon est augmentée régulièrement en agissant manuelle-
ment sur le générateur. Le système de déclenchement de l’oscilloscope rapide est connecté
à la voie reliée au shunt. Son seuil est réglé au dessus de niveau de bruit qui est de l’ordre
de 10mV , quand le laboratoire est calme. Ce reglage permet d’obtenir un déclenchement
lorsque le niveau du courant provoqué par une DP est supérieur ce seuil. La base de temps
et réglée en "single sweep" de façon à avoir un déclenchement unique avec une échelle de
temps adaptée aux DP ( 10 ns/div). Les mesures sont impossibles à faire lorsqu’un conver-
tisseur électronique fonctionne dans le laboratoire car le bruit électromagnétique ambiant
est trop élevé.
L’oscilloscope enregistre donc l’impulsion de courant correspondant à la DP dès que ce
seuil est dépassé et l’opérateur stoppe la croissance de la tension. Il relève alors le SADP qui
correspond au niveau de décharge défini par le seuil de déclenchement de l’oscilloscope.
Compte-tenu du caractère aléatoire de l’apparition des décharges lors d’une procédure ma-
nuelle, il est important de faire ces essais sur un nombre significatif d’échantillons pour
observer la moyenne et la dispersion des SADP mesurés.
Des mesures du SADP ont été également faites avec du fil organique classique pour
mettre au point le système et également pour fournir un point de comparaison utile à l’in-
terprétation des mesures faites sur le fil HT ◦ . Trois diamètres ont été utilisés : 0.3, 0.5 et
0.85mm pour les fils organiques en croix de façon à avoir des diamètres comparables à ceux
du Cerafil 500. Les premiers essais ont été effectués à température ambiante. Pour chaque
paire des fils en croix, le fil supérieur a été déplacé pour obtenir 12 mesures à des points
de contact différents. Les paramètres des fils sont donnés au tableau 2.4. Pour obtenir un
contact stable est bien répétable, une masse de 30 grammes a été utilisée pour assurer une
pression qui stabilise le contact.

40
Tableau 2.4 – Caractéristiques de fils testés.

Type de fil Diamètre Diamètre Epaisseur de


sans isolant avec isolant l’isolation
(mm) (mm) (µm)
0,30 0,350 25
Émaillé (PEI-PAI) 0,50 0,566 33
grade 2, classe 200˚C 0,85 0,928 40
0,30 0,318 9
Céramique 0,50 0,518 9
type CERAFIL 500 0,80 0,820 10

2.3.4 Résultats à température ambiante


Des exemples d’impulsions de courants créées par une décharge partielle (DP) [69], me-
surées sur une paire des fils émaillés en croix sont donnés dans les figures 2.10 et 2.11. Les
mêmes courbes relevées avec du Cerafil 500 sont présentées dans les figures 2.12 et 2.13.

F IGURE 2.10 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fil émaillé
organique de diamètre 0.3mm.

41
F IGURE 2.11 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fil émaillé
organiques de diamètre 0, 85mm.

F IGURE 2.12 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fil céramique
Cerafil 500 de diamètre 0.3mm.

42
F IGURE 2.13 – Impulsion de courant correspondant à une DP mesurée sur du fils céramique
Cerafil 500 de diamètre 0.8mm.

Compte tenu des facteurs aléatoires qui caractérisent les avalanches électroniques de
faibles niveaux d’énergie, on peut observer que les durées des impulsions de courant sont
relativement similaires tout comme leurs amplitudes. Ces impulsions sont caractérisées
par une grandeur caractéristique unique qui est sa charge. Cette grandeur est une image
du nombre d’électrons mis en mouvement dans le circuit électrique par la décharge. Cette
quantité d’électricité est la charge apparente (qap ) de la décharge qui est représentée par la
surface sous la courbe de l’impulsion de courant i(t) provoqué par la DP (relation 2.3 ).
Z
qap = i(t)dt (2.3)

Les charges apparentes des impulsions mesurées, à un niveau de tension qui correspond
au SADP, sont données dans le tableau 2.5 pour quelques éprouvettes en croix. On peut
constater que, pour ce niveau de tension, les valeurs mesurées sont du même ordre de
grandeur.

Tableau 2.5 – Charges mesurées lorsque la tension appliquée aux fils en croix est à la limite
du SADP.

Fils croisés Diamètre (mm) Charge apparente (pC)


0,30 0,39
Emaillés 0,50 0,83
0,85 0,45
0,30 0,37
Céramique 0,50 0,34
0,80 0,52

Les formes d’ondes des impulsions de courant et les charges équivalentes calculées
montrent que le système de mesure mis au point est capable de relever des décharges

43
qui correspondant à des quantités d’électricités très faibles, largement inférieures au ni-
veau de bruit défini par la norme CEI 60270 [70] relative aux mesures des DP, qui est fixé
à 5pC. Le SADP mesuré correspond donc à des décharges d’une intensité très faible. À
ce niveau, les formes d’ondes des courants relevés pour les fils organiques et pour le fil à
isolation céramique sont très semblables. Inversement, les impulsions de courant mesurées
deviennent très différentes lorsque la tension appliquée dépasse plus franchement le SADP.
Les pointes de courant observées avec des fils organiques restent d’une intensité modeste
tandis qu’elles augmentent franchement pour les fils à isolation céramique.
Pour des fils organiques la rupture de l’isolation est obtenue pour des tensions très éle-
vées alors qu’elle est obtenue pour des tensions à peine supérieures au SADP pour fil inor-
ganique HT ◦ à isolation mince comme le Cerafil 500.
La figure 2.14 résume les valeurs moyennes du SADP pour les différents essais réalisés.
Ces résultats sont des moyennes obtenues avec 10 éprouvettes en prenant 12 points de
contact sur chaque éprouvette soit 120 mesures au total. Les valeurs du SADP obtenues avec
du fil émaillé sont de l’ordre de grandeur de celles trouvées dans la littérature scientifique
portant sur éprouvettes torsadées [71]. Les SADP sont nettement plus faibles pour ses fils
inorganiques HT ◦ à isolation mince, ils ne sont pas que de l’ordre de 300V et ils dépendent
moins du diamètre du fil.
Les valeurs sont encadrées par des intervalles de confiance qui donnent des renseigne-
ments relativement sur la dispersion de mesures. La grande dispersion obtenue avec les fils
céramiques peut etre naturellement attribuée à la forte inhomogénéité de la couche d’isola-
tion. La géométrie du contact entre les fils, à l’échelle microscopique, est donc mal connue
et variable.

F IGURE 2.14 – SADP à température ambiante pour des fils polymeres et céramiques.

Des mesures additionnelles ont été réalisées au laboratoire LAPLACE, avec des fils in-
organique HT ◦ à isolation mince à 50Hz. Les résultats sont très similaires à ceux trouvés à
10kHz au LSEE. Ces résultats sont résumés dans le tableau 2.6.

44
Tableau 2.6 – SADP à température ambiante pour les fils céramique en fonction de la fré-
quence.

Type de fil Fil avec isolation céramique


Diamètre (mm) 0,30 0,5 0,8
SADP (Veff), 10kHz, (laboratoire LSEE) 298 324 358
SADP (Veff), 50Hz, (laboratoire LAPLACE) 278 314 338

Ces valeurs très inférieures du SADP des fils HT ◦ s’expliquent par trois facteurs :

• la plus faible épaisseur des couches isolantes inorganiques (tableau 2.4) ;

• l’irrégularité de la couche isolante des fils inorganiques ;

• la permittivité plus élevée de la céramique qui concentre le champ électrique plus


intense dans l’air environnant la surface extérieure du fil.

2.3.5 Résultats aux températures élevées


Les mêmes essais ont été effectués dans un four avec des fils HT ◦ de diamètres 0.5
et 0.8mm. La liaison avec l’armoire métallique de mesure est réalisée par un câble haute
température isolé par des couches textiles épaisses à base de fibre de verre et de mica qui
n’est pas le siège de DP aux tensions appliquées dans toute la gamme de température. Les
mesures sont réalisées sur 3 échantillons. Pour chaque échantillon, le point de contact est
stabilisé par une petite masse de 30g isolée à chaque coté avec mica et de la nephalite [72],
(figure 2.15). Les charges apparentes ont été relevées à la tension correspondant au SADP
mais à des températures élevées (400, 450 et 500 ˚C) et sont données dans le tableau 2.7. Ces
charges sont très similaires à celles relevées à température ambiante.

F IGURE 2.15 – Essais HT ˚sur des fils en croix.

Tableau 2.7 – Mesure de la charge apparente au SADP à températures élevées.

Température (˚C) Diamètre (mm) charge apparente (pC)


400 0,50 0,392
450 0,50 0,403
500 0,50 0,403

45
La tableau 2.8 fournit les SADP mesurés en fonction de la température jusqu’à 500◦ C.
Ces essais montrent que le SADP diminue lorsque la température augmente, ce qui est un
résultat connu [69].
Les tensions ont été augmentées pour permettre la mesure de la tension de claquage des
6 éprouvettes pour chaque température. On peut constater que la marge séparant le SADP
et la tension de claquage diminue lorsque la température augmente.

Tableau 2.8 – SADP et tension de claquage aux temperature élevées.

Température (˚C) 19-21 100 200 300 400 500


Diamètre du fil (mm) 0,5 0,8 0,5 0,8 0,5 0,8 0,5 0,8 0,5 0,8 0,5 0,8
SADP (Veff) 293 328 276 322 255 293 248 282 247 256 244 261
Claquage (Veff) 368 463 325 437 312 395 282 355 256 285 248 265
∆ Claquage-SADP,(%) 20 29 15 26 18 29 12 20 4 10 2 2

F IGURE 2.16 – Essais à températures élevées sur des fils en croix de diamètre 0.5mm. SADP
et tension de claquage.

46
F IGURE 2.17 – Essais à températures élevées sur des fils en croix de diamètre 0.8mm. SADP
et tension de claquage.

Ces essais montrent que le dispositif de mesure du SADP et de la tension de claquage


sont opérationnels, il permet d’obtenir des résultats répétitifs et cohérents avec des fils en
croix sans imprégnation.

2.4 Interpretation des résultats

Pour interpréter la proximité relevée entre la tension de claquage et le SADP, il est né-
cessaire de revenir à l’observation de l’état de la surface de la couche de céramique qui
recouvre le fil.

2.4.1 Microscopies du fil à isolation céramique

La microscopie de la figure 2.18 présente les détails de la surface extérieure du fil à


isolation céramique de type Cerafil 500. La mise au point du microscope optique est faite
de manière à observer avec netteté les surfaces qui correspondent aux zones où l’épaisseur
de céramique est la plus mince. Ces zones sont sombres sur la figure 2.18. Les surfaces plus
claires et un peu floues sont plus proches, elles correspondent à des zones où la couche de
céramique est la plus épaisse.
La surface du fil peut être recomposée avec un microscope numérique (Keyence VHX-
5000) afin de reconstruire en 3D la surface observée (figure 2.19). Cette vue 3D met bien en
évidence les irrégularités de la surface extérieure du fil.

47
F IGURE 2.18 – Microscopie de la surface extérieure du fil à isolation céramique.

F IGURE 2.19 – Reconstruction réalisée de la surface extérieure du fil à isolation céramique.

La microscopie de la figure 2.20 est obtenue avec un microscope électronique à balayage


sur un autre échantillon de fil à isolation céramique de 0.8mm de diamètre. Elle montre
également une grande rugosité de la surface externe.

F IGURE 2.20 – Image MEB de la surface extérieure du fil à isolation céramique (Cerafil 500).

Pour faire une microscopie de la coupe, le fil est inséré dans une résine méthacrylate-
methil placée dans un petit tube. Le tube est coupé pour obtenir plusieurs échantillons
cylindriques. L’observation est possible après un polissage minutieux des sections trans-
versales échantillons. La microscopie optique de la figure 2.21 a été faite sur une coupe

48
transversale avec un grossissement très important (x3000 fois). Les lignes pointillées ont été
ajoutées pour mettre en évidence la frontière avec la résine extérieure qui permet de fixer
le fil pendant son observation. Plusieurs échantillons ont été faits, les microscopies sont
toutes différentes mais elles font toutes apparaître d’importantes différences d’épaisseur de
la couche isolante et la présence de porosités ouvertes où l’isolation restante est très fine (de
l’ordre de 2 à 3 µm). Une observation minutieuse de cette microscopie montre l’existence de
deux couches isolantes : une couche un peu plus pâle et assez homogène, d’une épaisseur
de 2 à 3 µm au contact du nickel, et une seconde couche plus irrégulière d’une épaisseur
moyenne d’environ 10 µm.

F IGURE 2.21 – Microscopie de la coupe longitudinale du fil.

D’autres microscopies de la surface de fil, avec un grossissement plus important (fi-


gure 2.22), permettent de voir la présence de fissures étroites et longues indépendamment
des irrégularités de la surface.

F IGURE 2.22 – Observation au MEB de fissures sur un fil non stresé (Cerafil 500).

2.4.2 Métallisation de la surface externe du fil à isolation céramique


Les fissures observées laissent à penser qu’il existe des colonnes microscopiques d’air
qui traversent l’ensemble des couches isolantes à certains endroits. Pour vérifier cette hy-
pothèse, la surface extérieure de plusieurs échantillons de fil de 0.8mm a été métallisée avec
de l’or sur une longueur de 18mm avec un procédé d’électrodéposition à froid ; 12 échan-
tillons ont été réalisés. La photographie de la figure 2.23 montre une partie des échantillons
dorés.

49
F IGURE 2.23 – Fils (Cerafil 500) métallisés à l’or par électrodéposition.

La résistance entre la métallisation extérieure du fil isolé et son âme centrale a été mesu-
rée avec un multimètre classique pour les 12 échantillons. Toutes les mesures correspondent
à des valeurs relativement faibles avec une valeur moyenne de 18Ω pour les 12 mesures et
des disparités très importantes d’un échantillon à l’autre. Aucune résistance n’était repré-
sentative d’une véritable isolation électrique. Cet essai montre que, pour les 12 échantillons
métallisés, l’or déposé se trouve en contact direct avec la surface de nickel au travers de
fissures.
Les fils métallisés ont été observés avec un microscope optique. Comme attendu, la sur-
face dorée qui recouvre la céramique est très irrégulière comme le montre la figure 2.24. Sur
cette microscopie, la largeur de la zone où l’isolation est mince est d’environ de 40µm. On
observe également des fissures ; la partie droite de la figure 2.24 montre une fissure verticale
nettement observable et d’autres fissures de plus petites taille. Des mesures ont été faites
pour estimer la largeur des fissures (estimation : environ 0,16µm ).

F IGURE 2.24 – Surface à l’intérieur d’une porosité (à gauche) augmentée de x2000 fois et
fissures dans les zones les plus minces (à droite) augmentée de x5000 fois.

Ces observations mettent en évidence l’existence de nombreuses fissures dans lesquelles


il existe une colonne d’air qui relie directement le conducteur central à l’air extérieur. Lorsque
deux fils à isolation céramique sont en contact, il existe une probabilité non négligeable de
présence d’une colonne d’air microscopique qui relie les surfaces conductrices des âmes
des fils. Les fissures sur la surface de l’isolation céramique sont transversales par rapport
de la longueur du fil. Dans le volume métallisée de céramique que nous avons, plusieurs
fissures ont été remplies d’or.

50
2.4.3 Comparaison avec la courbe de Paschen

Ayant observé des décharges partielles avant le claquage, nous en déduisons que celles-
ce se produisent sur en surface sur la ligne de cheminement : L1 de la figure 2.25) ou dans
la cavité de longueur L de la figure 2.26. Dans le premier cas les interactions avec la surface
du matériau inorganique peuvent intervenir.

F IGURE 2.25 – L’image de décharge partielle de surface entre les fils céramiques.

F IGURE 2.26 – L’image de décharge partielle en volume entre les fils céramiques.

Les données calculées avec la loi Paschen coïncident avec les valeurs mesurées de la
tension de claquage pour les fils en croix a une température de 20o C. Si on prend en consi-
dération les valeurs moyennes de l’épaisseur d’isolant, les valeurs expérimentales du SADP
sont de même ordre de grandeur que celles donnés par la courbe Paschen (voir figure 2.27)
à 20o C et pression atmosphérique.

51
F IGURE 2.27 – Courbe Paschen dans l’air et estimation des longeurs des colonnes d’air dans
les fissures de la céramique.

2.4.4 Mesure du SADP dans un dielectrique liquide et après nettoyage


de la surface du fil à isolation céramique
Lorsque les échantillons en croix sont placés dans un diélectrique liquide [73], le phé-
nomène de claquage intervient sans apparition préalable de DP. Les valeurs moyennes de
la tension de claquage pour les échantillons en croix dans le diélectrique sont d’ordre 1900
Vef f . Cette tension nettement plus élevée s’explique le fait que le diélectrique liquide comble
les fissures des couches céramiques. Les mêmes mesures de tension de claquage ont été ré-
pété, est avec deux électrodes plongées dans le même diélectrique liquide, la distante entre
les électrodes a été réglée à 30 µm. La tension de claquage mesurée était 1800V . Cette valeur
est proche de la tension de claquage de deux fils en croix placés dans le diélectrique liquide.
Donc, on peut en déduire que pour les deux fils en croix dans le diélectrique liquide l’arc
électrique passe d’une âme métallique à l’autre, pour une tension de claquage de 1800-1900
Vef f .
Le détail des essais faits avec les fils en croix dans le diélectrique liquide sont donnés
dans le tableau 2.9, pour un fil de diamètre 0.8mm.

Tableau 2.9 – Essais de claquage dans le liquide diélectrique du fil Cerafil 500, diamètre
0.8mm.

Tension de claquage,
N o Echantillon
Vef f
1. 1859
2. 1880
3. 1600
4. 1920
5. 1875
6. 1640
7. 2600
Valeur
1911
moyenne, Vef f

52
Les échantillons, des fils céramiques (Cerafil 500, diamètre 0.8mm) ont été nettoyées
selon une procédure de nettoyage standardisée [74]. Les résultats des essais sont rassem-
blés dans le Tableau 2.10, (9 échantillons de fils en croix). Les mesures ont été faite sur les
échantillons avant de nettoyage et après le nettoyage. Les valeurs moyennes de SADP sont
quasiment les mêmes. Ces essais confirment que les échantillons prélevés sur une bobine
neuve sont quasiment identiques aux échantillons nettoyés par la procédure nominalisée.
En conséquence cela démontre qu’un nettoyage, des fils avant réalisation des bobines est
inutile et ne changera pas le SADP. Une solution de "comblement" des fissures des couches
céramiques s’avère nécessaire.

Tableau 2.10 – Seuil d’apparition des décharges partielles avant et après le nettoyage de la
surface isolante (fil en croix).

Fil Fil
céramique céramique
N o Échantillon
avant après
nettoyage nettoyage
SADP, Vef f.
1. 352 363
2. 354 376
3. 354 349
4. 324 349
5. 341 335
6. 332 345
7. 373 340
8. 347 330
9. 348 323
Valeur
347 355
moyenne, Vef f.

2.4.5 Résumé de l’interprétation des faibles valeurs de SADP


La figure 2.28 résume la situation de 2 fils parallèle. Elle est zoomée au point de contact,
en prenant en compte les cavités observées et les fissures. Le rayon du fil est beaucoup plus
grand que les autres dimensions. Les points de contact entre deux fils parallèles sont repar-
tis de façon aléatoire mais localement deux cavités peuvent être très proches. La couche iso-
lante n’agit pas comme un diélectrique classique qui forme une barrière pour les colonnes
d’air ionisées. Des décharges peuvent se produire entre les âmes métalliques au travers des
cavités et des fissures des deux fils. Elles se transforment donc assez rapidement en un arc
électrique. Les grandeurs dans la figure 2.28 ne sont pas proportionnelles, mais cette façon
de présentation explique mieux possible ce phénomène.

53
F IGURE 2.28 – L’image schématique de claquage entre les fil céramique.

Une solution technologique doit être mise en oeuvre pour combler les cavités ou les
fissures. Il est également possible de réduire la tension inter spires a fin d’éviter la rupture
diélectrique franche entre fils.

54
2.5 Ciment HT ◦ d’encapsulation
La fragilité de la couche isolante en céramique déposée sur le fil et les valeurs modestes
du SADP et de la tension de claquage mesurées aux températures élevées montrent que le
fil à isolation céramique doit être utilisé en l’associant avec un liant inorganique HT ◦ . Celui-
ci assurera la fonction d’enrobage des bobines. Il est donc important de sélectionner un tel
imprégnant HT ◦ avant de poursuivre les essais de tenue en tension de l’isolation inter-
spires des bobines. Cette tenue en tension sera assurée par l’association du fil inorganique
à isolation mince et du ciment HT ◦ qui assurera, la tenue mécanique des bobines.

2.5.1 Ciments HT ◦ candidats


Le tableau 2.11 énumère les produits industriels identifié comme étant potentiellement
en mesure d’assurer la fonction d’éncapsulation des bobines HT ◦ . Ce tableau résume les
donnés fournies par les fabricants. La cinquième colonne est une donnée qualitative issue
de la mise en œuvre du produit. Tous ces produits sont utilisables jusqu’à une température
au moins égale à 500◦ C .

Tableau 2.11 – Ciments repérés pour l’encapsulation des bobines HT ◦ .

Taille des
Composant Qualité Conditions
Ref. com- particules,
No chimique méca- de Présentation
merciale min − max
principal nique durcissement
(µm)
Duralco Sechage à Ciment
1 Al2 O3 20 − 80 Friable
215 l’air ambiant préparé
24h à temp. Poudre à
2 RTC 60 Al2 O3 44 − 1200 Friable ambiante diluer dans
+2h à 120o C l’eau
24h à temp. Poudre à
3 Rescor 780 Al2 O3 50 − 200 Dur ambiante diluer dans
+2h à 120o C un activateur
12h à temp.
ambiante 2h Ciment
4 903HP Al2 O3 1 − 44 Dur
à 120o C +4h préparé
à 370o C
12h à temp. Poudre à
5 905 SiO2 74 − 150 Dur ambiante diluer dans
+2h à 120o C un activateur
30 jours à Poudre à
Cerastil Non com-
6 < 50 Dur temp. diluer dans
C13 muniqué
ambiante l’eau

Pour la construction de bobines qui peuvent être utilisables dans les machines, les fils
revêtus de céramique doivent être insérés dans le ciment céramique qui offre des propriétés
mécaniques suffisantes [75, 76, 7]. Parmi les 6 ciments sélectionnés après examen de leurs
fiches techniques, deux d’entre eux ont été éliminés pour des raisons pratiques : les ciments
1 et 2. Ils se sont rapidement avérés friables donc mal adaptés aux réalisations de faibles
épaisseurs. Le ciment numéro 2 possède des grains de grandes tailles qui ne sont pas com-
patibles avec la construction de bobines avec des fils de 0.5mm de diamètre et les faibles

55
épaisseurs d’isolant. L’étude a été poursuivie sur la base des ciments 3, 4, 5 et 6 avec une at-
tention particulière pour le produit 6 car il utilise un solvant aqueux (de l’eau), il est simple
d’emploi et a un impact environnemental réduit par rapport à ceux qui utilisent un solvant
plus complexe.

2.5.2 Propriétés électriques du fil HT ◦ associé à un ciment


[Link] Contact inter-spires plus réaliste
Pour obtenir des résultats proches de la réalité de l’isolation inter-spires d’une bobine
réalisée avec du fil HT ◦ à isolation mince, les petites bobines schématisées à la figure 2.29
ont été réalisées. La photo de la figure 2.30 montre un échantillon réalisé suivant le schéma
de la figure 2.29. Ces essais ont été faits avec un seul ciment, le Rescor 780.
Les bobines sont construites sur des tubes de différents diamètre dans le but d’imposer
des rayons de courbure différents en même temps que les contraintes liées à la réalisation
des bobines qui ne pourront jamais être éliminées. Deux diamètres de fil HT ◦ à isolation
mince ont été utilisés : 0.5 et 0.8mm. Les flasques latéraux facilitent le bobinage. Toutes les
parties métalliques en contact des bobines sont isolées avec du mica, comme le montre la
coupe transversale de la figure 2.29. Après la réaction chimique qui permet le durcissement
du ciment HT˚, les parties métalliques sont démontées. La tension d’essai est appliquée
entre la bobine 1 et la bobine 2 qui sont chacune en circuit ouvert.

F IGURE 2.29 – Section transversale, la vue schématique d’une bobine double.

F IGURE 2.30 – Bobine double couche enrobée, N o 3 Rescor 780.

Le tableau 2.12 présente les résultats obtenus en terme de seuil d’apparition des dé-
charges partielles (SADP) et de tension de claquage. Ce tableau a été obtenu avec 20 bobines
différentes : quatre échantillons pour 5 combinaisons de diamètre du fil – diamètre de la bo-
bine. Pour certaines bobines, le claquage s’est produit directement, sans observer les pics
de courant qui sont la signature des décharges partielles. Un seul échantillon présente une

56
tension de claquage nettement plus élevée que les autres (1000V), alors que les trois autres
sont détruits pour des tensions respectivement égales à 530V, 470V et 600V. Cette valeur éle-
vée unique, qui n’est pas expliquée, a été éliminée pour calculer la moyenne. L’échantillon
2 réalisé avec du fil de 0.5mm sur un tube de 8mm présente le même comportement. Ces
points particuliers sont surlignés dans le tableau 2.12.

Tableau 2.12 – SADP et tension de claquage mesurés à température ambiante.

Diamètre Diamètre Numéro de l’échantillon Valeurs moyennes


du fil bobine 1 2 3 4 (Veff)
SADP (Veff) 419 310 450 475 414
40 mm Claquage (Veff) 650 569 790 600 652
0,8 mm SADP (Veff) 300 - - 450 375
25 mm Claquage (Veff) 1000 530 470 600 533
SADP (Veff) 366 - 460 405 410
12 mm Claquage (Veff) 662 540 480 450 533
0,5 mm SADP (Veff) 561 - - - 561
8 mm Claquage (Veff) 647 947 533 548 576

Ces premiers résultats montrent également que pour les faibles rayons de courbure les
tension de claquage sont proches des SADP. La différence entre ces deux valeurs n’est pas
mesurable pour la moitié des échantillons testés. Ces résultats confirment les résultats de la
section précédente car la courbure des fils à isolation céramique mince augmente le nombre
des fissures et donc des chemins possibles d’ionisation de l’air et le claquage entre les âmes
métalliques. Cette constatation montre que le ciment ne pénètre pas au cœur du bobinage,
dans les fissures microscopiques observées. Il forme un simple liant qui maintien les spires
à leurs places. Les grains du ciment s’intercalent entre les spires pour former un ensemble
rigide mais ne comblent pas complètement les cavités et les fissures.
Quelques tentatives ont été faites pour fabriquer des bobines identiques avec les ciments
1 et 2 mais elles se sont avérées difficiles à manipuler à cause de la friabilité des ciments.
Les échantillons sous formes de bobines sont difficiles à réaliser et demandent beaucoup de
temps. Les essais ont été poursuiuvis avec des échantillons plus simples.

[Link] Contacts ponctuels

Pour étudier les caractéristiques électriques de l’ensemble formé par le fil HT ◦ associé à
son ciment d’imprégnation, 7 échantillons de fils en croix pour chaque ciment d’enrobage
retenu (figure 2.31) ont été construits les résultats sont présentés aux les tableaux 2.13 et
2.14.
Les essais montrent que pour pour certains types de ciment, la tension de claquage est
très proche du SADP, il est difficile de faire la différence entre les deux paramètres. Dans ce
cas le valeur du SADP n’est pas précisée.

57
F IGURE 2.31 – Contact ponctuel avec enrobage (fil Cerafil 500).

Tableau 2.13 – SADP des échantillons construits avec différent types de ciment.

Température Type de ciment SADP Numéro de l’échantillon Val.


1 2 3 4 5 6 7 moy.
Température 4(903HP ) Vef f. 460 460 510 500 473 433 470 472
ambiante, 5(905) Vef f. - - - - - - - -
19 ˚C 6(CerastilC13) Vef f. 580 578 - 607 - - - 588
3(Rescor780) Vef f. 400 398 410 440 420 450 405 418
Haute 4(903HP ) Vef f. 476 400 395 447 420 470 360 424
temperature, 5(905) Vef f. - - - - - - - -
500 ◦ C 6(CerastilC13) Vef f. - - - - - - - -
3(Rescor780) Vef f. 310 - 420 - - - - 365
- : SADP non mesurable, claquage direct (table 2.14)

Le meilleur résultat pour la tension de claquage est détenu pour le ciment type Cerastil
C13. Cependant en haute température, la tension de claquage la plus élevée est obtenue
pour le ciment 903 HP, avec une légère différence par rapport au Cerastil C13 (différence
903HP-Cerastil C13 est 5%, à 500o C).

Tableau 2.14 – Tension de claquage des échantillons construits avec différent types de ci-
ment.

Température Type cla- Numéro de l’échantillon Val. Écart


de ciment quage 1 2 3 4 5 6 7 moy. type
Température 4(903HP ) Vef f. 600 600 561 530 600 614 600 586 5.2
ambiante, 5(905) Vef f. 596 645 635 550 678 723 771 657 3.6
19 ˚C 6(CerastilC13) Vef f. 788 731 710 668 889 860 540 741 76.2
3(Rescor780) Vef f. 630 590 550 530 570 490 598 565 16.5
Haute 4(903HP ) Vef f. 554 500 561 538 485 570 550 536 12.3
temperature, 5(905) Vef f. 474 480 400 341 697 340 500 461 42.5
500 ◦ C 6(CerastilC13) Vef f. 450 550 455 582 507 525 491 509 51.6
3(Rescor780) Vef f. 512 425 470 460 510 520 410 472 28.1

58
2.5.3 Analyse du cas particulier des ciments HT ◦ à base d’eau
Les ciments à base d’eau ont un impact environnemental plus faible que les autres. Des
essais spécifiques ont été réalisés avec des formes simples et du ciment N o 6 (Cerastil C13)
capable de durcir à l’air ambiant et à basse température. Ce ciment est le plus simple d’uti-
lisation. Les échantillons réalisés ont une forme cylindrique et une épaisseur de 5mm. Ils
sont pourvus d’une série d’électrodes en acier inoxydable. La figure 2.32 montre des pho-
tographies d’échantillons qui ont été conçus.

(a) Echantillon avec des électrodes distantes de 6mm.

(b) Echantillon avec des électrodes distantes de 1, 8mm.

F IGURE 2.32 – Echantillons de ciment HT ◦ N o 6, Cerastil C13.

Certains échantillons ont été coupés pour observer plus précisément leur comporte-
ment à cœur. Ces coupes ont montré la présence de bulles résiduelles au coeur de la pièce.
Pour éviter cet inconvénient, deux solution ont été testés expérimentalement. La première
consistent à augmenter la teneur en eau du ciment pour rendre le mélange plus fluide, la
seconde à vibrer le moule durant une heure.
Les ciments réalisés avec une teneur en eau réduite sont effectivement plus homogènes
mais la résistance mesurée entre les électrodes est assez faible de l’ordre de 10M Ω seulement
pour une distance inter-électrode de 6mm et nettement moins pour les échantillons où les
électrodes sont distantes de 1.8mm. Avec de telle valeurs, les pertes dans le diélectrique des
bobines inorganiques construites avec un tel ciment pour un moteur seront prohibitives.
L’idée de faire vibrer le mélange avant la prise du ciment est efficace pour améliorer
l’homogénéité du ciment mais les résistances mesurées entre les électrodes sont encore plus
faibles. Cette différence peut s’expliquer par une action abrasive des particules en suspen-
sion dans le mélange. Les vibrations provoquent un friction entre les particules et les élec-
trodes qui tend à détériorer significativement l’état de surface de ces dernières. Ce phéno-
mène d’abrasion doit être évité avec des fils à isolation inorganique qui sont très fragiles.
D’une façon générale, le ciment N ◦ 6 à base d’eau et à durcissement naturel à l’air libre
a une durée de prise très longue. Les résistances mesurées entre les électrodes une fois

59
par jour pendant 6 jours augmente régulièrement. Cette valeur n’est pas encore stabilisée
après 6 jours et des variations liées à l’humidité ambiante ont été constatées. Les détails des
mesures effectuées et des conditions dans lesquelles elles ont été faites sont rassemblées
dans le livrable L1.1c du projet ACCITE [77].
Les résultats de ces essais ont conduit à éliminer le ciment à séchage naturel à l’air libre
au profit du ciment N ◦ 4 (903HP) qui est un produit plus technique dont la stabilisation est
assurée par deux cycles thermiques. Le premier cycle à 120◦ C pendant 2h assure la prise
initiale du ciment. Le second cycle, à 370◦ C pendant 4h, est destiné à faire grossir les grains
formés lors du premier cycle ce qui améliore les propriétés mécaniques du ciment. Cette
solution, est bien adaptée aux couches fines, elle sera testée directement sur des bobines
réalisées avec du fil HT ◦ à isolation céramique.

2.6 Conception des bobine HT ◦


2.6.1 Premier tests
Les premières réalisation HT ◦ ont été faites sur un modèle de grandes dimensions pour
que le rayon de courbure ne pose pas de problème. L’objectif était de mettre au point la
méthode de bobinage et de tester la solidité de la bobine. Ces bobines ont été construites
autour d’un noyau en acier de 10mm de large, usiné en demi-cylindre à ses extrémités de
façon à obtenu un rayon de courbure de 5mm pour la première couche de bobinage. La
longueur du noyau est de 100mm et sa hauteur 15mm.
Les photographies de la figure 2.33 montrent les éléments utilisés pour leur construc-
tion. La photo de gauche montre le noyau central avec les flasques latéraux qui définissent
l’épaisseur de la bobine ainsi qu’une tôle qui permet de donner la forme extérieure de la
bobine aux dimensions définies par les flasques. Les pièces métalliques sont protégées par
des films de polymère qui facilitent le démoulage de la bobine après le durcissement du
ciment. La photographie de droite montre la bobine inorganique dans son moule. La tôle
extérieure est maintenue serrée contre les flasques par les serre-joints.
Un fil à isolation céramique de diamètre 0.5mm (Cerafil 500) est bobiné à la main après
avoir déposé la pâte de ciment au pinceau. Toutes les opérations sont donc manuelles.

F IGURE 2.33 – Fabrication des premières bobines entièrement inorganiques.

Pour concevoir une machine électrique compacte il est nécessaire de réaliser des bobines
de faible épaisseur comme le montre la figure 2.34. Cette figure montre deux bobines dont

60
l’épaisseur est voisine de 3mm. La bobine de gauche a subi un essai à 500o C pendant 8h,
son aspect extérieure montre un brunissement mais ses caractéristiques mécaniques sont
comparables à celles qui n’a pas subi de cycle thermique.
Plusieurs prototypes semblables ont été construits avec les ciments prêts à l’emploi (Ce-
rastil C13 et 903 HP) en respectant scrupuleusement les consignes décrites dans leurs fiches
techniques. La tôle extérieure, les flasques et le noyau central sont démontés après avoir
attendu le temps préconisé à température ambiante. À ce stade le ciment n’as pas subi de
cycle thermique, il est encore très friable. L’opération de démoulage est donc très délicate,
mais après cette opération la bobine peut subi le cycle thermique préconisé par le fabricant
pour acquérir ses caractéristiques mécaniques optimales.

F IGURE 2.34 – Premières bobines inorganiques fines (épaisseur voisine de 3mm).

Les propriétés mécaniques n’ont pas été testées dans le détail sur ces prototypes, cepen-
dant plusieurs éléments peuvent être déduits de cette première expérience :

• Les bobines sont relativement dures, sauf sur les arêtes qui sont un assez irrégulières.
Ce défaut s’explique par l’opération de démoulage qui est délicate et qui a tendance à
endommager les arêtes.

• La surface extérieure n’est pas régulière : il y a des manques de matières (porosités


ouvertes). Ces défauts s’expliquent par la méthode de fabrication, la tôle extérieure,
piège des bulles d’air à la surface du ciment qui possède encore la consistance d’une
pâte.

• L’épaisseur de la bobine n’est pas régulière, elle est plus importante au centre de la
bobine. Ce défaut est dû à l’utilisation d’une tôle externe serrée par des serre-joints ;
la tôle n’est pas tout à fait plane au moment de son serrage.

L’analyse très qualitative des performances mécaniques de ces premières bobines a per-
mis de cerner les difficultés et de modifier la conception des bobines inorganiques qui seront
montées sur les dents des stators des machines prototypes du projet ACCITE. La principale
difficulté est liée à l’opération de démoulage, elle même liée à la conception du moule. Les
arêtes des bobines réalisées avec le ciment N o 4 (903HP) se sont avérées moins friables que
celle réalisées avec le ciment N o 6 (Cerastil C13). Ce ciment a donc été retenu pour fabriquer
les bobines de la machine prototype.

61
2.6.2 Conception des bobines des machines HT ◦ du projet ACCITE
Les machines HT ◦ du projet ACITE sont conçues pour travailler à une température in-
terne de 500◦ C au point le plus chaud. Elle ont été définies en collaboration avec le labora-
toire GREEN. Comme beaucoup de machines compactes de l’aéronautique, ces machines
synchrones sont construites avec un grand nombre de pôles pour pouvoir les doter d’un
bobinage à une bobine par dent statorique. Ces machines doivent respecter certaines condi-
tions dans les combinaisons entre le nombre de pôles et le nombre de dents pour fonction-
ner avec des couples harmoniques limités à des valeurs raisonnables [78]. Les prototypes
sont définis sur la base d’une structure à 20 pôles (10 paires de pôles p = 10) et 24 dents
statoriques. Les machines sont conçues pour fonctionner à 5000tr/min - (n = 83.3tr/s) sous
une fréquence d’alimentation élevée (f = 833Hz). Les tôles du stator sont découpées selon
le plan de la figure 2.35, le détail d’une dent est donné à la figure 2.36. Ces tôles minces en
fer-cobalt sont empilées pour former un circuit magnétique d’une longueur de 50mm.

F IGURE 2.35 – Circuit magnétique du stator, (côtes en mm).

62
F IGURE 2.36 – Détail d’une encoche, (côtes en mm).

Les bobines inorganiques définies à la figure 2.37 sont conçues pour être montées sur
des dents parallélépipèdiques pour former un bobinage triphasé. La géométrie du fond
des encoches est adaptée à des bobines de section rectangulaire pour augmenter la surface
où s’effectuent les échanges thermiques entre les bobines et le stator. Les encoches seront
fermées par une tôle de faible épaisseur destinée à limiter les variations de flux dans les
bobine lors du passage des aimants du rotor.

F IGURE 2.37 – Plan d’une bobine, (côtes en mm).

Avec 24 encoches au total, le bobinage est constitué de 8 bobines par phase. Le choix
a été fait de les connecter en série pour répartir les contraintes en tension. Les connexions
sont réalisés selon les règles des enroulements concentrés [79]. Les dimensions des dents

63
et la fréquence étant fixées, le nombre de spires des bobines résulte d’un compromis entre
entre la force électromotrice à vide de la machine à sa vitesse nominale et la valeur crête de
l’induction dans l’entrefer. La force électromotrice doit être compatible avec le fondamental
de la tension que peut fournir l’onduleur MLI qui sera connecté à un bus HVDC de 540V .
Une première approximation de la valeur efficace de la tension EB induite dans une bo-
bine montée sur une dent peut être donnée par la relation (2.4) où n est le nombre de spires
de la bobine, B la valeur crête de l’induction dans l’entrefer, S la section d’une encoche et f
la fréquence nominale. Cette relation est très approximative compte tenu de la complexité
de la structure de la machine à bobinage concentré [78], mais elle a le mérite d’être simple.

EB = 4.44nBSf (2.4)

En supposant que la valeur crête de l’induction dans l’entrefer sera de l’ordre de 1T ,


la force électromotrice induite par le mouvement de rotation des aimants dans une phase
sera de l’ordre de 180V , ce qui est compatible avec les tensions fournies par l’onduleur
pour un couplage étoile. La commande MLI de l’onduleur permettra d’effectuer les réglages
nécessaires car l’induction réellement fournie par les aimants à haute température reste à
déterminer avec précision.
La bobine est réalisée en de trois couches de 16 spires de fil de diamètre 0, 5mm connec-
tées en parallèle pour répartir les courants. L’entrée des couches est en haut, le sortie en bas.
Avec de telles bobines ordonnées, la répartition de la tension entre les spires est optimale.
La figure 2.38 montre schématiquement la coupe transversale de la bobine.

F IGURE 2.38 – Coupe transversale de la bobine.

Le diamètre de l’âme du fil inorganique est de 0.5mm, ce qui correspond à une section
totale équivalente de 0.6mm2 en supposant que les courants se répartissent uniformément
dans les couches connectées en parallèle. La densité de courant réellement admissible dans
la bobine inorganique HT ◦ dépend de l’équilibre thermique de l’ensemble. Le choix du
nombre de couches connectées en parallèle a été fait en supposant que la densité de courant
admissible dans ce type de bobine est de l’ordre du double de celle couramment admise
dans les machines classiques dans des conditions similaires de refroidissement.
Les bobines ont été réalisées en utilisant des moules en matière plastique obtenus grâce à
une imprimante 3D. Cette méthode a permis de faire évoluer la forme des pièces du moule
pour faciliter les opérations de démoulage dont le caractère critique a été montré par la
réalisation des premières bobines. La figure 2.39 est une photographie d’un moule en deux
parties. Les flasques du moule, qui définissent l’épaisseur de la bobine, ont des espaces pour
faciliter le séchage du ciment. Cette forme a été obtenues après plusieurs essais, elle permet
de fabriquer des bobines dont les dimensions sont stables. Elles peuvent être montées sur
les encoches du stator.

64
F IGURE 2.39 – Moules obtenus par impression 3D.

Plusieurs essais de bobinage ont été nécessaires pour définir une procédure opération-
nelle. Les coupes transversales présentées à la figure 2.40 montrent que les spires des trois
couches ont tendance à se mélanger. Les bobinages réalisés ne sont pas bien ordonnés, ce
qui n’est pas propice à une bonne répartition des contraintes de la tension entre les spires.

(a) Bobine coupée dans la partie droite

(b) Bobine coupée à son extrémité

F IGURE 2.40 – Coupe d’une bobine inorganique avec couches non séparées

L’ajout d’une feuille mince de mica (50µm) entre les couches de bobinage à permis de
régler ce problème. Une procédure stricte basée sur l’expérience acquise et largement ins-
pirée des consignes données par la fiche technique du ciment a été définie. Un papier HT ◦
plus épais, à base de céramique, est posé entre les couches aux extrémités de la bobine
pour compenser les fissures crées par un rayon de courbure assez faible dans les têtes des
bobines. Cette couche n’augmente pas l’épaisseur des bobines, dans les encoches, mais aug-
mente un peu leurs longueurs, cela n’empêche cependant pas leur montage dans le stator.
La procédure est la suivante :

65
1. Préparation d’une petite quantité de ciment, homogénéisation mécanique du mélange
à l’air libre ;

2. Pose d’une feuille mince de mica sur le support en plastique ;

3. Pose d’une couche mince de ciment au pinceau ;

4. Bobinage de la première couche de fil céramique :

5. Enrobage par une couche plus épaisse de ciment au pinceau ;

6. Pose d’une feuille mince de mica et de papier céramique plus épais aux extrémités de
la bobine ;

7. Répétition des étapes précédentes pour la seconde et la troisième couche ;

8. Pose de la protection externe (textile à base de fibre de verre) ;

9. Serrage entre deux pièces métalliques pour mettre la couche externe aux dimensions
du moule ;

10. Séchage pendant 12 heures à température ambiante dans le dessicateur ;

11. Premier cycle thermique de 2 heures à 120◦ C ;

12. Démontage du moule en plastique ;

Les étapes de finition réalisées simultanément pour plusieurs bobines, sont :

1. Rajout à l’aide du pinceau des faces latérales pour compenser les problèmes liés au
démoulage ;

2. Séchage pendant 12 heures dans une atmosphère sèche ;

3. Seconde cycle thermiques de 2 heures à 120◦ C ;

4. Cycle thermique final de 4 heures à 370◦ C.

La figure 2.41 montre les mêmes coupes de bobines réalisées en appliquant la procédure.
Elles montre clairement que les fils du bobinage restent à leur place pendant les opérations
de bobinages des différentes couches. La coupe de la partie droite de la bobine qui est dans
l’encoche montre également que la marge de sécurité prise sur les dimensions des bobines
du prototype peuvent être réduites pour augmenter le remplissage des encoches.

66
(a) Bobine avec papier de céramique aux extrémités.

(b) Bobine avec ruban de mica dans la partie droite.

F IGURE 2.41 – Coupe d’une bobine avec des couches séparées, par du papier (a) et du mica
(b).

2.6.3 Mesure de la tension de claquage entre les couches


Les tensions de claquage de l’isolation entre les couches ont été mesurées à 500◦ C. Les
essais ont été faits dans un four en appliquant une tension croissante entre les couches. Les
résultats sont présentés dans le tableau 2.15.

Tableau 2.15 – Tension de claquage de l’isolation entre les couches à 500◦ C.

Bobine Couches de la bobine SADP Vef f Claquage Vef f


1 1-2 485 660
2-3 450 550
2 1-2 491 536
2-3 460 530
3 1-3 840 1200
4 1-3 990 1450

La tension de claquage entre les couches a des valeurs entres 530V et 660V . Cet écart
s’explique par la construction manuelle, il y a une probabilité importante pour que la dis-
tance entre les couches ne soit pas très homogène. Les résultats d’essais fait entre les couches
extrêmes (1-3) sont logiquement supérieurs aux autres. Les discussions avec le fournisseur
du Cerafil 500 ont permis de conclure que certains éléments entrant dans la composition de
la couche isolante sont des verres. Ils sont associés à d’autres éléments inorganiques qui ne
sont pas communiqués. En montant en température, la rigidité mécanique des certains com-
posants diminue au delà d’un certain seuil. Des essais ont été menés pour tenter d’exploiter
cette propriété dans la but de modifier les fissures observées dans la couche inorganique
après la réalisation de la bobine. Le ciment est capable de supporter des températures de
l’ordre du millier de o C, il peut donc résister à ce cycle thermique supplémentaire.
Une bobine a été portée à 800◦ C pendant 1h 30 min. Puis la tension de claquage entre ses

67
couches a été mesurée. Les résultats sont donnés tableau 2.16. Ils montrent un effet positif
qu’il serait souhaitable de confirmer.

Tableau 2.16 – Tension de claquage de l’isolation entre les couches à 500◦ C après un cycle
thermique pendant 1h 30 min à 800◦ C.

Tension Couches de la bobine


de claquage 1-2 2-3
Après traitement thermique, 800o ,V(eff.) 590 700
Sans traitement thermique, V(eff.) 573 572

Cet essai fait sur un échantillon unique par manque des temps montre un effet de cica-
trisation des fissures de la couche vitro-céramique déposée sur le fil. Ils ouvrent des pers-
pectives pour des investigations plus approfondies dans cette voie avec un nombre plus
important d’échantillons.

2.6.4 Essais mécaniques


Des essais mécaniques ont été réalisés à température ambiante avec une presse utilisée
par les chercheurs en Génie Civil du LGCGe de l’Université d’Artois. Le dispositif est décrit
schématiquement à la figure 2.42. Le presse enregistre la force appliquée et le déplacement
du point d’application. Les résultats sont présentés à la figure 2.43 ou la masse du cylindre
de métal de la figure 2.42 a été prise en compte.

F IGURE 2.42 – Tests mécaniques sur bobines.

68
F IGURE 2.43 – Caractéristiques mécaniques.

Ces essais montrent que la bobine a un comportement élastique jusqu’à une force ap-
pliquée de 180N environ. La rupture se produit à environ 250N . L’observation de la bobine
détruite montre des fissures importantes au niveau du milieu et des têtes de bobine qui ont
travaillé en extension pendant les essais.

F IGURE 2.44 – La bobine après les essais mécaniques.

Ces essais confirment quantitativement une certaine souplesse constatée qualitative-


ment avec les premières bobines.

2.6.5 Prototype de moteur électrique HT o

Les bobines finales de la figure 2.45 sont montées sur les dents du stator pour former
la vue générale de la figure, 2.46. Les connexions entre les bobines sont faites avec de la
brasure d’argent, cette soudure résiste à une température de 700o C. Touts les contacts de la
bobines avec les parties du stator sont isolées avec du mica. La cale de fermeture de l’en-
coche est metallique pour limiter les courants induits dans les aimants. Les fils de connexion
entre les bobines sont aussi isolés avec un gaine tissé qui résiste aux températures élevées.

69
F IGURE 2.45 – Bobine finale, vue générale.

F IGURE 2.46 – Le stator avec les bobines assamblées , vue générale.

Deux options sont prévues. L’une avec des aimants en surface (la figure 2.47-A), l’autre
option consiste à placer les aimants à l’intérieur du rotor et à ramener le flux vers l’en-
trefer avec un noyau doux. Pour la seconde option (la figure 2.47-B) l’arbre en acier non
magnétique est composé des dents qui se placent dans creux du circuit magnétique doux.
Toutes les parties de la machine électrique sont conçues pour travailler à des températures
d’environ 250 − 350o C.

70
F IGURE 2.47 – Deux types des rotors, A-aimants extérieurs, B-aimants l’intérieurs du rotor.

2.6.6 Effets des fronts raides de tension pour une bobine seule
Nous avons testé les bobines céramiques finales en haute tension (environ 3, 8kV ). Le
schéma de mesure comprend une source de tension impulsionnelle, une sonde haute ten-
sion connectée en parallèle avec l’échantillon et une la sonde de courant. Les deux sondes
sont connectées à un oscilloscope rapide. Le schéma est montré à la figure 2.48. Un essai
réalisé sur une éprouvette torsadée, est destinée à faire apparaitre un régime de décharges
partielle. La figure 2.50 montre le résultat de mesure de tension appliquée en jaune et cou-
rant en bleu. Les impulsions de courant rapides trahissent l’existence de DP dans la paire
torsadée. Ensuite, dans les mêmes conditions, nous avons testé notre bobine céramique. La
tension appliquée à la bobine était de 3,8 kV. Le courant est présenté dans la figure 2.51
(couleur bleue) . Aucune impulsion rapide de courant n’a été détectée. En conclusions, au-
cune DP entre spires n’est apparue à l’intérieur de la bobine céramique. Ces essais ont étés
faits sans stator, les capacités de mode commun et les résistances de l’isolation spire-masse
n’ont pas été prises en compte.

71
F IGURE 2.48 – Schéma de mesure, en tension impulsionnele de 3.8kV , pour une bobine
céramique.

F IGURE 2.49 – Dispositif de mesure en tension impulsionelle, bobine sous test (photo
du haut), generateur d’impulsions haute tension (photo en bas à gauche), mesures ten-
sion/courant (photo en bas à droite).

72
F IGURE 2.50 – Tension impulsionelle avec l’amplitude de 2,8 kV, l’échantillon sous test est
une paire torsadée, avec isolant polymère classique. La présence de nombreuse DP est ob-
servée sur le courant.

F IGURE 2.51 – Tension impulsionelle avec une amplitude de 3,8 kV, l’échantillon sous test
est une bobine céramique. Le courant augmente relativement lentement à cause de l’induc-
tance de la bobine, mais les phénomenes rapides caractéristiques des DP sont absents.

Notons que pour la construction de la bobine HT o nous avons choisi un fil électrique
à isolant céramique très mince, d’environ de 10µm, nous avons donc obtenu une bobine
compacte. Le ciment a joué également un rôle important. Il a donné une bonne résistance
mécanique à la bobine céramique et isolation inter-spire acceptable. Les grains de ciment
sont de grandeur minimale, nécessaire pour diminuer la distance inter-spire. Ce ciment a

73
un comportement équilibré dans les caractéristiques électriques à température ambiante
mais également à haute température. Les épaisseurs de mica entre les couches de la bobine
ont donné un bon arrangement des spires à l’intérieur de la bobine. L’arrangement des
spires est très critique, pour obtenir une différence de potentiel inter-spire minimale. Tous
ces facteurs ont donné un résultat positif de comportement de la bobine jusqu’a en tension
impulsionnelle 3, 8kV .

2.7 Conclusion
Dans la conception d’une machine électrique à haute température, le bobinage doit être
réalise à l’aide du fil qui résiste en température, nous avons décidé d’utiliser le fil type
Cerafil 500, c’est un fil de cuivre protégé par du nickel pour éviter l’oxydation. Sur le nickel,
une couche mince de céramique de 8 − 15µm assure l’isolation électrique. Sur le marché, il
existe d’autres fils haute température avec isolation mica tel que type SK600, (Von Roll). Le
gros désavantage de cet isolant est son épaisseur de 200µm.
Les premiers essais ont été réalisé en vue d’étudier la tension limite inter-spire, sans
imprégnant (le ciment). Cette problématique des limites en tension est imposé à cause des
effets des dv/dt spécifiques à la commutation des transistors du convertisseur. Les essais
effectués à 50 Hz et à 10 kHz LAPLACE et LSEE, confirment des décharges partielles n’ap-
paraissent que pour des tensions de l’ordre de 300 V entre les fils.
Des mesures du courant de fuites pour divers rayons de courbure ont permis de mette
en évidence la fragilité de la couche isolante mince. Des courants de fuites très faibles, de
l’ordre du nA, ont été mesurés lorsque le rayon de courbure dépasse 24 fois le diamètre du
fil.
Pour interpréter ces phénomènes des observation microscopique ont été faites, elles ont
mis en evidence la présence de deux courbes inorganiques isolantes. La courbe extérieure
épaisse d’environ 12-15 µm est très irrégulière. La couche intérieure épaisse d’environ 2µm
est plus régulière, elle comporte cependant des fissures. Des essais de métallisation par
electrodéposition d’une couche d’or on mis en évidence la réalité des fissures observées au
microscope car contact direct avec l’âme centrale est établi.
Des essais faits dans un diélectrique liquide on montré la disparition des DP et une
élévation importante de la tension de claquage. Ces résultats montrent que des canaux mi-
croscopiques d’air existent entre les âmes des spires adjacentes. La couche isolante agit plus
comme un espaceur que comme une véritable couche diélectrique.
Des essais ont été faits avec un ciment HT o d’encapsulation on permis de choisir un
produit commercialisé, le 903HP. Une procédure de fabrication de bobines ordonnées à été
mise au point.
La forme de la bobine finale a été obtenue grâce à un moule de plastique imprimé avec
une imprimante 3D. La bobine finale a subi des essais mécaniques sur une presse hydrau-
lique. Elle a été faite suffisamment dure pour être utilisée dans le stator de la machine élec-
trique. Rappelons que la bobine est faite de trois couches, entre les quelles des essais de
claquage ont été réalisés. Les valeurs obtenues sont suffisantes pour tenir la tension impo-
sées par l’onduleur. Nous avons également fait des essais en tension impulsionnelle sous
fort dv/dt avec la bobine dans l’air. Ces essais montrent qu’aucune DP entre spires apparait
jusqu’à 3.8kV .

74
3 Caractéristiques électromagnétiques des
bobines inorganiques HT ◦

75
76
Le chapitre précédent, consacré à une technologie d’isolation inorganique capable de te-
nir des températures très élevées, a mis en évidence la nécessité de protéger le cuivre par un
barrière de diffusion. Cette couche est un métal inerte qui protège le cuivre de l’oxydation.
La plupart des fils HT ◦ sont recouverts par une couche de nickel avant d’être isolés par
un matériau inorganique. Cette technologie est également utilisée pour fabriquer les câbles
utilisés dans les avions aux températures classiques [80]. La couche de nickel ajoutée au fil a
des propriétés ferromagnétiques qui modifient les caractéristiques électromagnétiques des
bobines, principalement dans la partie haute du spectre des fréquences. Comme la machine
HT ◦ est destinée à être alimentée par un convertisseur électronique fonctionnant en MLI,
il est important d’étudier l’influence de cette couche de nickel sur les propriétés électroma-
gnétiques globales des bobines qui équiperont le moteur HT ◦ . Ces propriétés se traduisent
par un schéma équivalent haute fréquence qui permet de prédéterminer la répartition des
tensions pendant les transitoires qui suivent les fronts raides de tension imposés par l’on-
duleur MLI.
Le chapitre précédent a mis en évidence la faible tenue en tension des couches isolantes
HT o des fils à isolation inorganique mince. Il est par conséquent important d’analyser fi-
nement le régime transitoire rapide qui suit chaque front raide de tension pour estimer
la marge de sécurité entre la contrainte maximale imposée à l’isolation inter-spires et la
tension de claquage de la couche isolante. Le chapitre 3 se décompose en plusieurs par-
ties. Il commence par une description générale des impulsions imposées par l’onduleur à
sa charge constituée de la machine et du câble. Ensuite, une caractérisation des propriétés
magnétiques particulières du fil en présence de la couche de nickel est proposée.
Ces propriétés influencent fortement l’effet de peau et donc la résistance du fil aux fré-
quences élevées et, par conséquent, le schéma équivalent HF qui permet de prédéterminer
la répartition des contraintes électriques entre les spires. Le chapitre se termine par une
analyse transitoires des signaux rapide en proposant un approche simplifiée du schéma
équivalent HF d’une phase de la machine HT o .

3.1 Analyse des impulsions imposées par un onduleur MLI


standard.
La figure 3.1 représente le circuit de puissance typique d’une machine électrique rac-
cordé au bus continu de bord par un onduleur de tension. Chaque phase (A, B et C) est
connectée au bus continu par un bras d’onduleur constitué de deux interrupteurs électro-
niques rapides. La commande rapprochée des interrupteurs électroniques est assurée par
un circuit spécialisé qui assure une isolation galvanique et élimine le risque de court-circuit
du bus continu en fournissant une commande complémentaire des deux interrupteurs du
bras. Ce circuit introduit une marge de sécurité des commandes en ajoutant un trou de
commutation (temps mort), c’est à dire un court instant où les deux composants actifs ne
sont pas commandés. Le circuit de commande rapproché intègre également une fonction
de protection contre les courts-circuits de la charge.
L’état logique 1 impose une connexion au + du bus continu alors que l’état logique 0
connecte la phase au −. La commande éloignée de l’onduleur fournit une variable binaire
par bras (xA , xB et xC ). Ces commandes définissent donc les valeurs instantanées des ten-
sions composées imposées aux des phases A, B et C de la charge. Le tableau 3.1 donne les
huit combinaisons possibles des trois variables binaires xA , xB et xC et les tensions compo-
sées correspondantes.
Le moteur est très souvent couplé en étoile. Dans ce cas, le fil de sortie de chaque phase

77
est connecté au point neutre (N) qui reste en l’air.

F IGURE 3.1 – Schéma typique d’un moteur électrique piloté par un onduleur de tension à
commande MLI.

xA xB xC uAB uBC uCA


0 0 0 0 0 0
0 0 1 0 −Eb +Eb
0 1 0 −Eb +Eb 0
0 1 1 −Eb 0 +Eb
1 0 0 +Eb 0 −Eb
1 0 1 +Eb −Eb 0
1 1 0 0 +Eb −Eb
1 1 1 0 0 0

Tableau 3.1 – Tensions composées imposées au moteur par l’onduleur.

L’observation du schéma de la figure 3.1 montre que la somme des valeurs instantanées
des tensions composées : uAB , uAC et uCA est toujours nulle, quelque soit l’état des com-
mandes xA , xB et xC . La relation 3.1 peut être facilement vérifiée en faisant la somme des
tensions pour chaque ligne du tableau 3.1.

uAB + uBC + uCA = 0 (3.1)


L’onduleur MLI est donc équivalent à deux sources de tension uAB et uBC , indépen-
dantes, qui imposent les différences de potentiels entre les phases A, B et C, la troisième ten-
sion composée dépendend des deux autres. En couplage étoile, les sorties des trois phases
de la machine sont connectée au point neutre qui n’est pas connecté à l’onduleur. Pour
définir le potentiel électrique du point neutre, il est nécessaire de prendre en compte les
liaisons capacitives qui existent entre les bobinages de la machine et les masses métalliques
connectées à la terre.
Le circuit équivalent de la machine et de l’onduleur, défini à la figure 3.2, permet d’étu-
dier la répartition des potentiels à l’échelle des temps intermédiaires qui correspond à la
période de découpage MLI. Pour cette gamme de fréquence, chaque phase est représentée
par un ensemble de bobines connectées en série. À cette échelle des temps, l’influence des
capacités inter-spires est négligée, mais pas les capacité de mode commun qui sont plus
importantes et qui ont un rôle fondamental pour fixer le potentiel du neutre. [81].

78
Chaque bobine est fixée sur sa dent du circuit magnétique lui même est connecté à la
masse. Il existe donc une capacité de mode commun entre les fils de chaque bobine et la
masse. Cet effet capacitif est modélisé par une capacité ajoutée entre la sortie de la bobine et
la masse sur le schéma équivalent de la figure 3.2 . Des autres capacités de mode commun
existent entre les puces électroniques contenues dans les bras de l’onduleur et le radiateur
assurant le refroidissement, lui même connecté à la masse. Ces capacités sont également
représentées sur le schéma équivalent de la figure 3.2. Une résistance de quelques dizaines
d’ohm est ajoutée en série avec ces capacités pour respecter la règle de l’alternance des
sources. En effet pour que le simulateur SPICE fonctionne, une capacité supposée parfaite
ne peut pa être connecté à une source de tension. Cette situation entraine un mauvais condi-
tionnement des matrices interne du logiciel de simulation du régime transitoire du circuit
équivalent.

F IGURE 3.2 – Circuit équivalent de la machine couplée en étoile et du câble.

Les tensions simples vAN , vBN et vCN sont réparties entre les bobines connectées en sé-
rie qui constituent chaque phase. Par conséquent, il est important d’analyser le comporte-
ment transitoire de la machine entière, à l’échelle des temps intermédiaires, pour estimer
la contrainte reçue par chaque ensemble de bobines d’une phase avant d’étudier la répar-
tition de cette tension à l’échelle des temps courts correspondant aux fronts raides. Cette
démarche est conduite pour une commande éloignée classique dite "sinus triangle" qui dé-
finit les formes d’ondes des tensions uAB et uBC des sources du circuit équivalent.
La figure 3.3 donne un exemple d’une telle modulation pour une fréquence de décou-
page volontairement réduite afin d’obtenir une figure lisible. Les instants de commutation
de la variable binaire xA sont définis par les intersections entre l’onde modulante trian-
gulaire et la sinusoïde de référence de la phase A. Les deux autres variables binaires xB
et xC sont obtenues de la même façon, avec la même onde modulante triangulaire, et des
sinusoïdes de déférence de même amplitudes déphasées de 2π/3 et de 4π/3.

79
1

Consigne ph.A, Modulante, xA


0.5

-0.5

-1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
Angle (rd)

F IGURE 3.3 – Modulation sinus triangle typique, définition de la commande du xA .

Le circuit équivalent de la figure 3.2 est simulé en régime transitoire avec SPICE en uti-
lisant un pas de calcul très petit devant la période de découpage. Les tensions sources uAB
et uBC sont dans définies dans la tableau de vérité 3.1 et les commandes binaires xA et xB et
xC définies par le principe de la modulation sinus triangle décrit précédemment. Pour cette
simulation, chaque phase est formée par l’association en série de 8 bobines. L’inductance
de chaque bobine vaut 6µH et sa résistance 1Ω. Les capacités de mode commun sont consti-
tuées d’un dipôle parallèle (50pF , 1M Ω). L’ajout de la résistance parallèle représentant les
fuites du condensateur est obligatoire pour que PSpice puisse fonctionner car il a besoin
d’une liaison résistive entre le nœud 0 représentant la masse et les sources.

F IGURE 3.4 – Tension composée V(1,2), tension simple V(1) et tension P hase/T erre V(N).

Les résultats de la simulation sont présentés à la figure 3.4 qui montre la tension com-
posée imposée entre les phases A et B, V(1,2) ; la tension entre la phase A et la masse, V(1).

80
Cette figure montre également la tension entre le neutre et la masse, V(N). Cette simulation
établit que la tension entre le point (N) neutre et la masse est toujours nulle en valeurs ins-
tantanées. Ce résultat permet d’étudier la répartition des tensions à l’intérieur d’une phase,
à l’échelle des temps courts, en ajoutant une connexion virtuelle entre le Neutre et la masse
car dans le montage triphasé la différence de potentiel entre ces points est toujours nulle.
Il est important de souligner que ce résultat est obtenu lorsque les trois phases sont
supposées identiques et pour une commande MLI classique définie en régime permanent.
Ce résultat peut être différent pour une machine dont la construction n’est pas symétrique
et pour des commandes MLI différentes.
Ces simulations montrent également que la tension simple, reçue par un ensemble de
8 bobines connectées en série, est composée d’impulsions de largeurs variables formées à
partir de transitions rapides entre 5 niveaux de tension : −2Eb /3, −Eb /3, 0, +Eb /3, +2Eb /3.
Le cas le plus défavorable, qui produit la contrainte la plus sévère sur le bobinage, corres-
pond au passage d’une tension négative à une tension positive ou inversement. Dans ce cas
l’amplitude du front de tension vaut ±2Eb /3.

3.2 Caractérisation magnétique du fil protégé par du nickel


à temeperature ambiante.
Pour caractériser les propriétés magnétiques de la couche de nickel déposée sur le cuivre,
un dispositif expérimental inspiré du cadre Epstein a été mis en place. Le circuit magnétique
testé est une bobine rectangulaire réalisée avec le fil HT ◦ nickelé isolé par de la céramique
qui remplace les tôles magnétique du cadre Epstein. Dans ce noyau magnétique, la couche
de nickel a une influence très importante car les lignes de champ magnétique se concentrent
principalement dans le nickel car le cuivre qui est au centre de chaque fil aura une influence
négligeable lorsque le cadre est alimenté en basse fréquence. En effet, le cuivre est faible-
ment diamagnétique (µR ' 1) alors que la perméabilité relative du nickel est grande. Pour
faire les mesures, il est important de travailler en basse fréquence pour que les courants
induits aient une influence négligeable.
La figure 3.5 présente le schéma de principe du dispositif expérimental. Le noyau ma-
gnétique est réalisé avec le fil HT o nickelé. Le primaire doit être capable de fournir une
force magnétomotrice suffisante pour saturer le nickel. Le sens de bobinage des deux en-
roulements formant le primaire doit être tel que leurs forces magnétomotrices s’ajoutent. Le
secondaire est bobiné selon le même principe mais avec moins de spires.
Le noyau est constitué des 31 spires de fil nickelé de diamètre 0.8mm. Compte tenu de
l’épaisseur de Nickel déposée, la section totale de nickel vaut 0.15mm2 .

81
F IGURE 3.5 – Schéma de principe système de mesure inspiré du cadre Epstein.

Des caractéristiques magnétiques du nickel travaillé à froid ont été trouvées dans une
thèse portant sur la magnétostriction dans ce matériau [82]. La figue 3.6 reproduit une des
figure de cette thèse. La courbe mise en évidence par des petit cercles montre que, pour
saturer le nickel travaillé à froid, il est nécessaire de disposer d’un champ magnétique de
l’ordre 15000A/m. La partie basse de la courbe montre que pour un champ d’excitation de
500A/m la magnétisation est voisine de 1500A/m en considérant une longueur moyenne du
noyau magnétique de l’ordre de 25cm, il est nécessaire de construire un primaire capable
de fournir une force magnétomotrice de 3750A/m.

F IGURE 3.6 – Caractéristiques M(H) du nickel soumis à des contraintes mécaniques [82].

82
Le noyau magnétique du dispositif expérimental est composé de 31 fils nickelés à isola-
tion céramique de diamètre 0.8mm. Sa longueur moyenne est un peu plus faible que celle
initialement prévue, elle vaut l = 224mm. La photographie de la figure 3.7 montre la réali-
sation pratique du dispositif expérimental. Le primaire comporte au total N1 = 2940 spires
ce qui permet d’obtenir la force magnétomotrice nécessaire avec un courant primaire i rai-
sonnable de 1.3Acrete. Le secondaire est construit avec moins de spires (N2 = 280 spires)
car l’oscilloscope utilisé pour enregistrer la tension secondaire possède des petits calibres.

F IGURE 3.7 – Cadre réalisé avec un noyau magnétique réalisé avec le fil type Cerafil 500.

Les appareils de mesure associés au dispositif expérimental sont connectés selon le


schéma de la figure 3.8. Le primaire est alimenté par un transformateur abaisseur, connecté
à un autotransformateur. La tension alternative imposée est de valeur moyenne nulle à
une fréquence de 50Hz. L’oscilloscope enregistre la valeur instantanée du courant primaire
(i(t)) ; et celles tensions primaire (u1 ) et secondaire (u2 ) pendant 100ms sur 10000 points.

F IGURE 3.8 – Grandeurs mesurées à l’oscilloscope numerique.

Lorsque les spires du primaire sont réparties régulièrement le long du noyau magné-
tique, le champ peut être supposé uniforme ; il est donné par la formule 3.2 :

i
H ' N1 (3.2)
l
83
La loi de Faraday permet de calculer la tension induite dans le secondaire, elle dépend
de la dérivée du flux (φ) embrassé par les spires du secondaires.


u2 = N2 (3.3)
dt
Il est donc possible d’obtenir le flux embrassé par le secondaire par intégration :
Z
1
φ= v2 dt (3.4)
N2
L’intégration est faite numériquement à partir des points de mesure de la tension secon-
daire v2 enregistrée par l’oscilloscope. Comme le résultat d’une intégration est donné à une
constante près, la valeur initiale du flux est choisie de façon à obtenir une valeur moyenne
nulle. Les résultats bruts sont donnés à la figure 3.9 qui montre l’évolution du flux vu par
le secondaire en fonction du courant primaire. Une estimation du flux embrassé par l’en-
roulement secondaire, qui serait obtenu avec un noyau remplacé par de l’air, a été ajoutée.
Cette estimation a été faite avec les formules classiques (3.5) et (3.6) de l’inductance d’une
bobine en forme de tore de longueur l dont la section est définie par le diamètre moyen des
enroulements secondaires qui ont été bobinés au dessus des enroulements primaires.

N12 SAir
LAir = µ0 (3.5)
l

LAir i
φAir = (3.6)
N1

8
Mesure
Flux vu par le secondaire (micro Wb)

Air
6

-2

-4

-6

-8
-1 -0.5 0 0.5 1
Courant primaire (A)

F IGURE 3.9 – Flux embrassé par le secondaire en fonction du courant primaire.

84
La figure 3.9 met en évidence les limites du système expérimental mis en oeuvre, elle
montre l’importance relative du flux dans l’air par rapport au flux total aux champs élevés.
Ce résultat est logique car l’épaisseur de la couche du nickel déposée sur le cuivre ne vaut
que 65µm pour un rayon total de 400µm et le cuivre est un matériau diamagnétique de
perméabilité sensiblement égale à 1. Avec un primaire comportant beaucoup de spires, le
diamètre moyen des enroulements secondaires est relativement grand (20mm). La section
du nickel est par conséquent petite par rapport à la section vue par les enroulements secon-
daires. Le comportement non-linéaire aux faibles courants est cependant clairement mis en
évidence au centre de la figure 3.9.

Pour modéliser les effets électromagnétiques de la couche de Ni qui recouvre le fil de


cuivre, il est important d’estimer les propriétés magnétiques en traçant la courbe B(H) du
nickel. Le noyau magnétique expérimental est conçu pour que le fil nickelé testé suive les
lignes de champ magnétique. Le champ est donc, en tout point de la périphérie du fil,
tangent à sa surface, comme le montre la figure 3.10.

F IGURE 3.10 – Vue 3D d’un fil NiCu du noyau dans le champ magnétique créé par des
bobines excitatrices.

Le champ magnétique qui excite l’air et donc le cuivre est le même que celui qui excite
le Nickel en vertu de la règle de la conservation de la composante tangentielle du champ
lors du passage d’un milieu à un autre. La formule (3.2) peut donc être utilisée.
L’induction dans le Nickel est plus difficile estimer car le flux dans le nickel est égal
à la différence entre le flux mesuré et le flux dans l’air. Cette valeur est estimée avec une
précision médiocre car la position réelle des spires des enroulements secondaires est assez
imprécise, ce qui provoque une erreur sur l’estimation du flux dans l’air. Toutefois avec une
longueur des bobines grande par rapport à la longueur du noyau, cette erreur est réduite.
Pour un cadre Epstein classique, cette difficulté est résolue par un positionnement précis de
chaque spire de l’enroulement secondaire et par l’ajout d’une bobine de compensation du
flux dans l’air [83] ce qui est impossible à faire avec le dispositif expérimental.
Les résultats sont présentés à la figure 3.11 pour un courant d’excitation de 0.3Aef f de
façon à mettre en évidence les problèmes non-linéaires qui nous intéressent. La zone non-
linéaire est obtenue pour des induction supérieures à environ 0.3T Cette valeur est plus
faible que celle trouvée dans littérature scientifique [82] mais les ordres de grandeur sont

85
respectés.

F IGURE 3.11 – Estimation du cycle d’hystérésis du nickel déposé sur le cuivre.

Le cycle d’hystérésis relevé monte que le nickel qui recouvre le fil a des propriétés fer-
romagnétique semblables à celle du fer mais avec une induction de saturation de l’ordre de
0.35T . La largeur du cycle est assez importante mais cette valeur est artificiellement aug-
menté par les courants induits dans l’âme en cuivre. La principale information tiré de cette
expérience est l’estimation du courant qui provoque la saturation magnétique de la couche
de nickel. En considérant un conducteur unique de rayon "a" parcouru par un courant i loin
de toute influence électromagnétique externe comme celui de la figure 3.12, le module du
champ tangentiel en tout point de la surface du fil vaut :


− i
|H | = (3.7)
2πa

F IGURE 3.12 – Estimation du cycle d’hystérésis du nickel déposé sur le cuivre.

86


Le courant correspondant vaut : i = 2πa| H | ce qui donne i = 10A pour un fil de rayon
0, 4mm et i = 6.3A pour un fil de 0.5mm ces chiffres ne donnent qu’un ordre de grandeur. Le
calcul est plus complexe pour une bobine qui comporte plusieurs couches des fils parcourus
par le même courant car le champ dans la couche de Nickel d’un fil dépend du courant dans
les fils voisins. Pour aller plus loin, une analyse par éléments finis serait nécessaire.

3.3 Essais en petit signaux dans une large plage de tempéra-


tures

Les enroulements primaire et secondaire du dispositif expérimental précédent ne peuvent


pas être soumis des températures élevées. Il faut donc imaginer un autre dispositif expéri-
mental pour mesurer les caractéristiques magnétiques du nickel jusqu’à 500o C. Il est néces-
saire d’imaginer une autre configuration dans laquelle il n’y a aucun polymère.

3.3.1 Description du dispositif expérimental

Deux fils de type Cerafil 500 de diamètre 0, 8mm sont placés parallèlement sur une lon-
geur de 3m. Ils sont maintenus mécaniquement sur une plaque de mica par des ligatures
faites avec du cordon HT o et par des plots de ciment HT o . Cet ensemble forme une ligne
bifilaire qui est court-circuitée à une extrémité. Les mesures sont effectuées à l’autre extré-
mité par un analyseur d’impédance connecté à l’entrée de la ligne bifilaire HT o par une
ligne torsadée faite avec deux fils inorganiques à isolation textile. La figure 3.13 montre une
petite partie de la ligne bifilaire fixée sur la plaque de mica. La figure 3.14 est une photo du
dispositif expérimental complet où la ligne bifilaire est placée dans un four.

F IGURE 3.13 – Ligne bifilaire expérimentale (zoom).

Les mesures d’inductances sont faites avec un analyseur d’impédance qui impose un
courant de 20mAef f. . Les mesures ont été menées jusqu’à 500◦ C. Avant d’effectuer les rele-
vés la procédure d’étalonnage de l’analyseur est lancée en utilisant une autre ligne torsadée
de longueur et de construction identiques à celle qui est soudée à l’entrée la ligne bifilaire.
Cette procédure permet de compenser l’impédance de la ligne torsadée qui assure la liaison
entre l’analyseur et l’objet testé.

87
F IGURE 3.14 – Dispositif expérimental complet.

Les résultats sont présentés à la figure 3.15 pour des fréquence comprises entre 1kHz et
5M Hz et des températures allant de 21o C à 500o C.

F IGURE 3.15 – Inductance mesurée avec l’analyseur d’impédance à diverses températures.

Après la température de Curie l’inductance devient très faible et indépendante de la


température. En haute fréquence au delà de 40kHz, l’effet de peau dans le fil est important,
ce qui réduit l’inductance mesurée.
La température de Curie (Tc ) du Nickel pour trouvée dans la littérature scientifique est
de 358o C. Lois Néel dans un article datant de 1935, a mesuré très précisément l’évolution de
l’inverse de la susceptibilité magnétique du nickel pour des températures très légèrement
supérieures au point de Curie [84]. Cet article montre que la perméabilité relative devient

88
quasiment égale à 1 quelques degrés au dessus de la Tc . Cet effet explique bien la chute de
l’inductance constatée aux températures élevées. La figure 3.15 montre bien l’évolution de
l’inductance en fonction de la fréquence mais d’influence est difficile à lire. La figure 3.16
présente les mêmes résultats en choisissant la température pour l’axe des abscisses. La fré-
quence est fixées à 10kHz. Des mesures complémentaires ont été faites à la même fréquence
en remplaçant l’analyseur d’impédance par un amplificateur linéaire capable de fournir un
courant plus important qui place la couche de nickel dans un champ magnétique plus élevé.
Ces relevés montrent que l’inductance de la ligne expérimentale dépend également du ni-
veau de courant. Ce résultat est logique compte-tenu des propriétés fortement non-linéaires
de tous les matériaux ferromagnétiques.

F IGURE 3.16 – Inductance de la ligne bifilaire experimentales magnétique à 10 kHz grande


variation de la température.

Ces mesures montrent que les modifications des phénomènes électromagnétique appor-
tées par la présence du nickel sont non-linéaires, et que la notion de perméabilité relative
n’est définie que pour un point de fonctionnement donné à une température bien définie.

3.3.2 Calcul analytique de l’inductance d’une ligne bifilaire classique en


court-circuit.
Pour calculer la perméabilité relative du nickel à une valeur du courant de mesure et une
valeur de la température, il est nécessaire d’analyser un peu plus en détail le comportement
électromagnétique de la ligne bifilaire expérimentale.
Il est malheureusement difficile de mesurer avec précision la distance entre les deux fils
et cette distance n’est pas rigoureusement constante le long de la ligne expérimentale. Pour
dépasser cette difficulté, une démarche en 3 temps est proposée :

89
• Estimer la valeur moyenne de la distance entre les 2 fils à partir des mesures d’in-
ductance faites aux températures élevées. Au dessus de la température de Curie, la
perméabilité du nickel vaut 1 et la ligne peut être supposée comme étant composée
de deux fils de cuivre. Le calcul analytique devient alors possible en supposant que la
résistivité du nickel est la même que celle du cuivre.

• vérifier l’hypothèse faite par une simulation numérique par éléments finis qui intro-
duit la véritable résistivité du nickel aux températures élevées. Cette approche numé-
rique permettra d’affiner le modèle analytique.

• Calculer la distance moyenne entre les 2 fils avec le modèle analytique corrigé et les
mesures au d’inductances faites dessus du point de Curie.

Les résultats expérimentaux relevés pour des petits signaux montrent que l’inductance
de la ligne est quasiment constante jusque 40kHz environ pour une température donnée.
Aux températures supérieures à 360o les courbes sont confondues pour former une droite
horizontale (L = 1.9µH).
Pour interpréter cette valeur constante de L, il est possible d’utiliser le résultats clas-
siques obtenus pour une ligne bifilaire faite avec 2 fils de cuivre de rayon a parallèles dont
les centres sont situés à une distance D > a, comme le montre la figure 3.17.

F IGURE 3.17 – Coupe transversale d’une ligne bifilaire faite avec deux fils de cuivre. Champ
magnetique produit par les courants.

Avec le cuivre qui a un comportement linéaire, le champ magnétique peut être calculé


en utilisant le principe de superposition. Le champ magnétique H1 créé par le courant dans
le fil de gauche est tangent au cercle de rayon r1 centré sur le fil de gauche. Son module
vaut :

• à l’extérieur du fil r1 > a



− i1
| H (r1 )| = (3.8)
2πr1
• à l’intérieur du fil r1 ≤ a

− i1 r1
| H (r1 )| = (3.9)
2π a2
90
Le champ magnétique crée par le courant dans le fil de droite est obtenu de la même façon.

• à l’extérieur du fil r2 > a



− i2
| H (r2 )| = (3.10)
2πr2

• à l’intérieur du fil r2 ≤ a

− i2 r2
| H (r2 )| = (3.11)
2π a2

L’addition vectorielle se fait pour tous les points (x, y) du plan. Le signe 00 −00 prend en
compte le fait que les courants sont opposes et égaux en module. (i1 = i et i2 = −i)

→ − → −

H1 = H1 (r1 ) − H2 (r2 ) (3.12)
Il existe une relation géométrique simple qui donne les variables r1 et r2 en fonction des
coordonnées x et y du point choisis :
p
r1 = [x − (−D)]2 + y 2 (3.13)

p
r2 = [D − x]2 + y 2 (3.14)
Sur une ligne particulière qui rejoint les centres des fils (y = 0) les expressions (3.13) et
(3.14) se simplifient.

r1 = D + x (3.15)

r2 = D − x (3.16)
Les expressions algébriques des champs deviennent : dans le fil de gauche entre
x = −D − a et x = −D + a

i(D + x)
H1 = (3.17)
2πa2

• à l’extérieur du fil de gauche pour x > −D + a

i
H1 = (3.18)
2π(D + x)

• dans le fil de droite entre x = D − a et x = D + a

−i(D − x)
H2 = (3.19)
2πa2

• à l’extérieur du fil de gauche pour x < D − a

−i
H2 = (3.20)
2π(D − x)

91
Cette analyse permet de tracer la figure 3.18 qui montre le champ sur la droite y = 0.
L’addition vectorielle est reduite à une addition scalaire pour les points situés sur la droite
reliant les centres des deux fils (y = 0) car les vecteurs sont colinéaires. La figure 3.19 montre
bien le principe de superposition. Le champ H1 est nul au centre du conducteur de gauche,
en x = −D alors que le champ résultant est décalé vers le haut de la valeur H2 (r2 = 2D + a)
imposé par le courant dans le fil de droite en ce point. Le phénomène symétrique est observé
au centre du fil de droite.

F IGURE 3.18 – Champ magnétique sur la droite joignant le centre des conducteurs (y=0.)

Avec des fils non magnétiques, la perméabilité magnétique vaut µo partout. Il est donc
facile de calculer l’inductance linéique L/l (H/m) d’une telle ligne en calculant le flux φ/l
embrassé par une portion rectiligne de longeur l.
Pour calculer ce flux, il faut intégrer l’induction entre les points x1 ± x2 marquant les
points où le champ est nul sur la figure 3.19 pour que la totalité des lignes de champ sortant
de la section de référence soit prise en compte. Si les deux fils de la ligne était plus distants
l’un de l’autre (2D  2a), les points à champ nul seraient situées à x = ±D, au centre des
conducteurs, mais comme les fils sont très proches il est important de choisir x1 ± x2 comme
borne d’intégration pour calculer le flux, (équation 3.21).
Z x2
φ
= µo (H1 + H2 )dx (3.21)
l −x2
Compte tenu de la symétrie de la figure par rapport à l’axe x = 0, l’intervalle d’intégra-
tion peut être réduit
Z x2
φ
= 2µo (H1 + H2 )dx (3.22)
l 0
La bonne d’intégration x2 est la solution de l’équation :

92
H1 (x1 ) + Hx2 (x2 ) = 0 (3.23)
Comme le point recherché est proche de x = +D il faut prendre la relation H1 (x) définie
pour les points situés loin du conducteur de gauche (r1 > a) et celle qui définit H2 dans le
métal (r2 < a).
Cette équation serait donc :

i i D−x
+ =0 (3.24)
2π(D + x) 2π a2
Après avoir factorisé i/2π, il vient :

1 1
+ 2 (D − x) = 0 (3.25)
D+x a
soit

1 1
= − 2 (D − x) (3.26)
D+x a
Le développement pour sortir x, donne :

a2 = −(D − x)(D + x) (3.27)


ou encore :

a2 = x 2 − D 2 (3.28)
cette expression permet de trouver l’abscisse x du point où le champ est nul

x = ± a2 + D 2 (3.29)
Seule la solution positive est dans les intervalles de définition des équation de H1 (x) et
de H2 (x) à l’intérieur du fil de droite.

x2 = D 2 + a2 (3.30)
Le flux par unité de longueur est obtenu en développant les relations 3.18 et 3.19.

Z D−a Z D−a
φ i dx dx
= µo + +
l π 0 D+x 0 D−x
Z x2 Z x2 
dx 1
+ 2+ (D − x)dx (3.31)
D−a d + x a D−a

ce qui donne :

φ i
= µo [Ln(D + x)] |D−a
0 − [Ln(D − x)] |D−a
0
l π   2 
D−a 1 D−a x D−a
[Ln(D + x)] |0 + 2 [Dx] |0 − | (3.32)
a 2 0

et encore :

93
φ i
= µo [Ln(D + D − a) − Ln(D) − [Ln(D − D + a) − Ln(D)] + Ln(D + x2 )
l π  
1 1 2 2

Ln(D + D − a) + 2 Dx2 − D(D − a) − x2 − (D − a) (3.33)
a 2

Des simplifications apparaissent , lorsque x2 est remplacé par sa valeur D2 + a2 ,
il reste :
" √ #
φ i D + D 2 + a2 1 √
= µo Ln + 2 (D D2 + a2 ) (3.34)
l π a a
En divisant le flux linéique par le courant on obtient un expression analogue pou l’in-
ductance linéique.
" √ #
L µo D + D 2 + a2 1 √
= Ln + 2 (D D2 + a2 ) (3.35)
l π a a

3.3.3 Contrôle des hypothèses faites pour le calcul analytique


Le calcul analytique de l’inductance de la ligne bifilaire expérimentale et basé sur l’hypo-
thèse de la ligne composé d’un matériau conducteur unique et non magnétique dans lequel
la densité de courant est supposée uniforme. Son exactitude est vérifié par une simulation
numérique en 2D de la ligne bifilaire.

F IGURE 3.19 – Champ magnétique perpendiculaire à la droite joignant les centres des fils
du cuivre de la ligne bifilaire.

La courbe obtenue par EF se superpose à la courbe résultante du modèle analytique ;


cette proximité valide l’approche théorique.
La bonne concordance des courbes est obtenue lorsque la frontière extérieure du do-
maine de simulation est très loin des fils (12 fois la distance entre les fils). En pratique, le
fil est fait de deux matériaux concentriques dont les propriétés électriques différentes. Il

94
est nécessaire et de conforter les résultats des calculs analytiques précédents par une simu-
lation numérique EF de la ligne bifilaire à une température supérieure au point de cuivre
en prenant en compte les résistivité réelles du Cu et du N i. Pour faire cette simulation les
courant sources, imposés de l’extérieur, sont supposés se répartir entre l’âme en cuivre et
la couche superficielle de nickel en suivant la loi du diviseur de courant schématisé dans la
figure 3.20.

F IGURE 3.20 – Diviseur de courant.

Avec un fil nickelé, le courant se repartit dans les deux matériaux conducteurs. Aux
basses fréquences, lorsque les effets des courants induits par les variations du champ ma-
gnétique sont négligeables, les deux matériaux peuvent être modélisés par 2 résistances
connectées en parallèle.
En négligeant les effets 3D qui existent au voisinage des connexion des extrémités du
fil, le potentiel en chaque point de la longueur du fil pris par rapport à un de ses points de
connexion, peut être calculé par la formule du diviseur de tension. La figure 3.20 schématise
ce concept en dessinant deux potentiomètres. La position du curseur de chaque potentio-
mètre est une image de position du point considéré par rapport à l’extrémité du fil prise
comme référence. Cette figure montre que, pour chaque point du fil, les deux curseurs sont
équipotentiels. Il n’y a donc aucune différence de potentiel entre la couche de nickel et l’âme
centrale en cuivre. Par conséquent, pour un fil beaucoup plus long que son diamètre, aucun
courant ne traverse la frontière du nickel. Le courants iCu et iN i sont obtenus à partir du
courant total i0 en utilisant le principe du diviseur de courant.

RN i
i0Cu = i0 (3.36)
RN i + RCu

RCu
i0N i = i0 (3.37)
RN i + RCu
Les résistances sont calculées avec la formule classique (3.38) en fonction de la résistivité
de chaque mâtereau (ρN i et ρCu ) et des sections SN i et SCu offertes au passage du courant.
La longueur l du fil est la même pour les deux parties du fil, elle n’intervient pas dans le
calcul de la répartition des courants.

l
R=ρ (3.38)
S
ρCu
SCu
i0N i = i0 ρCu ρN i (3.39)
SCu
+ SN i

95
ρN i
SN i
i0Cu = i0 ρCu ρN i (3.40)
SCu
+ SN i

Compte tenu des relation (3.39) et (3.40) du diamètre du fil (0, 8mm) et de l’épaisseur du
nickel les courants respectifs sont, pour 1A au total 0, 93A dans le cuivre et 0, 07A dans le
nickel. La bonne concordance des courbes est obtenue lorsque la frontière extérieure du
domaine de simulation est très loin des fils (12 fois la distance entre les fils).

Le concept de courant ne prend en compte que les phénomènes ohmiques liées à la


différence des résistivités et à l’épaisseur de la couche de nickel. En notant SCu la section de
l’âme centrale de cuivre et SN i celle de la couche de Nickel, la répartition du courant dans
les deux parties du fil ne dépend que de la résistivité de chaque matériau et de la section
qu’il offre au passage du courant.

Une première simulation a été faite pour une température de 400o C située au delà du
point de Curie. La perméabilité relative du Nickel est égale à 1 comme celle du cuivre alors
que les résistivités sont différentes. A haute température, il est nécessaire de prendre en
compte le coefficient de température α de chaque matériau. Les valeurs numériques sont
résumées dans le tableau 3.2 pour le Cuivre et le Nickel.

Tableau 3.2 – Paramétrés du la résistivité pour chaque mâtereau : Cu et Ni

Les paramétrés Cu Ni
Résistivité à 27o C (Ωm) 1, 7 ∗ 10−8 8, 7 ∗ 10−8
Coefficient de température (K −1 ) 3, 931 ∗ 10−3 5, 37 ∗ 10−3
Résistivité à 400o C (Ωm) 4, 1910 ∗ 10−8 26 ∗ 10−8

La géométrie utilisée pour la simulation par éléments finis est très simple, elle est consti-
tué de 2 cercles concentriques pour chaque fil. Les centres sont distants de 2D = 1mm. Le
maillage ne pose pas de problème particulier, la simulation est faite en régime magnéto
harmonique à 10kHz. Les résultats de la simulation sont ajoutés à la construction théo-
rique précédente faite avec des conducteurs de cuivre. Des différences importantes appa-
raissent : la valeur maximale est déplacée à la frontière cuivre-nickel. La décroissance du
champ lorsque le point considéré s’éloigne de la frontière cuivre-nickel s’explique par la
très faible densité de courant dans le nickel.

En basse fréquence cette densité de courant est bien uniforme sur toute l’épaisseur de
chaque matériau comme le montre la figure 3.22, tracée sur un diamètre du fil nickelé.

96
F IGURE 3.21 – Le champ magnétique et la distance entre deux fils de cuivre-nickel.

F IGURE 3.22 – Densité de courant, le long du diametre du fil (mm).

Calcul des inductances pour 3m de fil est fait avec 2 méthodes différents :

• Intégration numérique (1000 points) tracé de la courbe théorétique : L1 = 2, 552µH

• Intégration analytique : L1 = 2, 554µH

L’inductance trouvée par intégration de la courbe d’induction obtenue par EF donne une
valeur un peu plus élevée, (2, 706µH) au lieu de 2, 554µH ce qui correspond à une erreur
importante. Le modèle analytique sous-évalue l’inductance de 5, 7% cette sous-estimation
est visible sur la figure 3.21 qui montre une courbe obtenue par EF largement au dessus de
la courbe analytique du champ résultant H.

97
Le modèle analytique de la ligne faite avec 2 fils nickelés peut être amélioré en ne consi-
dérant que l’âme de cuivre dans le modèle analytique (a = rcu ). Cette hypothèse revient à
négliger le courant dans la couche de nickel. La figure 3.23 est tracée en faisant cette hypo-
thèse. La courbe du modèle théorique est plus proche de celle obtenue par EF.

F IGURE 3.23 – Résultat du modéle analytique modifié a = rCu (rayon de l’âme de Cu).

L’inductance calculée avec ce modèle analytique modifié est : L2 = 2.778µH alors que la
valeur donnée par simulation numérique vaut : L2 = 2.706µH. L’erreur relative n’est plus
que de 2, 65%.

3.3.4 Estimation de la distance moyenne entre les conducteurs de la ligne


expérimentale.
La mesure de l’inductance aux température supérieure au point de Curie, confrontée au
modéle analytique peut servir à estimer la valeur moyenne de la distance entre les fils notée
2D dans le modèle analytique.
L’expression analytique de l’inductance linéique L/l prédite par le modèle amélioré est
déduite de la relation 3.41 en remplaçant a par rf − en :

" p #
D + D2 + (rf − en )2
 q
µ0 1
L/l = Ln + D D2 + (rf − en )2 − D2 (3.41)
π (rf − en ) (rf − en )2

Outre la variable D précédent définie, rf est le rayon du fil complet (rf = 400µm) et en
l’épaisseur du Nickel (en = 65µm).
La valeur de l’inductance mesurée au delà de la température de Curie varie un peu
d’une mesure à l’autre. Le calcul est fait à partir de sa valeur moyenne mesurée à 400o C,
450o C et 500o C. Cette valeur vaut 1, 94µH. La relation 3.41 est inversée numériquement par
approximations successives pour des valeurs de D inférieurer à 1 millimètre. La valeur de
D qui correspond à une inductance théorétique de 1, 94µH est D = 0, 485mm, la distance
moyenne entre les centres des fils de la ligne bifilaire HT o qui a servi à l’expérience, vaut

98
donc 2D = 0, 969mm, soit un espace d’air assez faible entre les fils qui est estimé à 2D−2rf =
0, 17mm. Ceci correspond à l’estimation visuelle faite sur la photographie de la figure 3.24.

F IGURE 3.24 – Photo des fils avec un repére quadrillé, au pas de 5mm.

3.3.5 Influence de la couche de Nickel aux températures inférieures au


point de Curie
Lorsque la température est inférieure au point de Curie, l’induction dans le nickel est
beaucoup plus importante car le matériau retrouve ses propriétés ferromagnétiques. L’in-
duction en tout point de la droite qui passe par les centres des fils est donnée à la figure 3.25
par le modèle analytique cette figure tracée pour D = 1mm.

F IGURE 3.25 – Flux supplémentaire correspondante à la couche de nickel lorsque T < T c.

La présence du nickel ajoute les surfaces grisées de la figure 3.25 à l’intégrale qui a servi
à calculer le flux et l’inductance du modèle analytique de la ligne. Pour une longueur l de
ligne bifilaire HT o , l’augmentation du flux ∆Φ peut être calculée par

∆φ
= 2(B2 − B1 )en (3.42)
l

∆φ
= 2(µ0 µR H1 − µ0 H1 )en (3.43)
l

∆φ
= 2µ0 H1 en (µR − 1) (3.44)
l
99
Les calculs développés pour construire le modèle analytique donnent H1 pour un cou-
rant I dans la ligne :

I I
H1 = + (3.45)
2π[2D − (rF − en )] 2π(rF − en )
L’augmentation d’inductance linéique est déduite en recopiant la valeur de H1 donnée
par 3.45 dans 3.44 et en divisant le flux par le courant :
 
∆L I 1 1
= 2µ0 + en (µR − 1) (3.46)
l 2π 2D − (rF − en ) rF − en
Cette relation permet d’exprimer µR en fonction de l’augmentation d’inductance li-
∆L
néique mesurée aux basses températures.
l
∆L π
µR = 1 +   (3.47)
l 1 1
µ0 +
2D − (rF − en ) rF − en
La figure 3.26 montre les résultats tirés de la relation 3.47 pour des mesures de l’induc-
tance de la ligne bifilaire HT o . L’analyseur fonctionne en petits signaux. Pour effectuer cette
mesure la source était réglée à 20mA. Compte tenu de la géométrie de la ligne bifilaire ce
courant correspond à un champ 20, 5A/m crête.
Des mesures d’inductance ont été faites en alimentant la ligne bifilaire HT o placée dans
le four par un amplificateur capable de fournir un courant sinusoïdal de 1, 2Aef f . Une ré-
sistance a été ajoutée pour éviter de mettre l’amplificateur en court circuit. Pour des raisons
pratiques, les mesures ont été relevées à 10kHz de façon à avoir des tensions d’amplitudes
suffisantes pour pouvoir effectuer des mesures relativement peu bruitées compte tenu de la
faible valeur des inductances aux températures élevées les valeurs de µR calculées à partir
de ces mesures sont ajoutées sur la figure 3.26.
La perméabilité magnétique de la couche du nickel déposée sur le fil dépend donc éga-
lement du champ magnétique. Cette propriété est classique pour la plupart des matériaux
ferromagnétiques.

F IGURE 3.26 – Inductances mesurées à 2 niveaux de courant et donc de champs différents.

100
Les propriétés ferromagnétiques du nickel déposé sur le cuivre influence obligatoire-
ment les phénomène HF qui se produisent dans les bobines des machines alimentées par
des convertisseur qui fonctionnent en MLI. La principale propriété de ce matériau, sa per-
méabilité relative, est cependant difficile estimer car elle dépend fortement de la tempé-
rature et du niveau du champ magnétique. La figure 3.26 permet cependant de connaître
l’ordre de grandeur de ce paramètre.

3.3.6 Limites en fréquence du modèle BF


Les mesures d’inductance faites en petits signaux sur les conducteurs bifilaire HT o (fi-
gure 3.15) montrent que pour une température donnée, l’inductance reste pratiquement
constante jusqu’à 40kHz. Au de la de cette fréquence les effets de peau et de proximité se
font sentir. Une simulation numérique de la ligne bifilaire HT o à été faite pour interpréter
ces phénomènes. Les paramétrés sont :

1. distance entre centres les fils = 0, 97mm ;

2. rayon extérieur du fil = 0, 4mm ;

3. épaisseur du Nickel =65µm ;

4. perméabilité relative du Nickel= 60 ;

5. fréquence = 100kHz ;

6. courant total= 1A.

La figure 3.27 donne la densité de courant, calculée par éléments finis dans les 2 fils de
la ligne bifilaire HT o . Le courant est positif dans le fil de gauche et négatif dans le fil droite
au même instant choisi pour la valeur crête du courant global.

F IGURE 3.27 – Densité de courant dans les deux fils de la ligne bifilaire à T = 20o et f =
100kHz.

101
Cette simulation montre que les effets électromagnétiques se font sentir dès 100kHz. Les
densités de courant ne sont plus constantes. Les effets électromagnétiques connus sous les
noms " d’effet de peau " et " effet de proximité " sont visibles. Il est préférable de les étudier
séparément.

3.4 Approche analytique de l’effet de peau.


Aux basses fréquences et en négligeant les effets 3D au voisinage des points de connexion,
les effets des courants induits sont négligeables et les densités de courant se répartissent
dans le cuivre et dans le Nickel selon de la conductivité électrique de chaque matériau. Le
cuivre a une meilleure conductivité, la densité de courant est naturellement plus élevée, au
centre du conducteur. L’effet de peau est bien décrit dans la littérature pour les fils cylin-
driques constitués d’un matériau unique, le cuivre par exemple [85]. Il est également bien
décrit pour les tôles magnétiques des transformateurs [86, 87]. Les méthodes développées
dans les ouvrages classiques ne s’appliquent pas aux objets composés de deux matériaux
dont l’un est magnétique. Le courant induit par les variations de l’induction magnétique
s’opposent au courant imposé par la source et cette action est plus forte au centre du fil.
La variable clé est donc le champ magnétique. L’induction et la densité de courant ne sont
pas que des variables secondaires calculées à partir du champ magnétique. Les calculs ana-
lytiques ne sont possibles que lorsque les matériaux sont supposés linéaires (µR constant)
car ils sont basés sur le principe de superposition. Il est donc possible d’appliquer les équa-
tions de Maxwell à chaque partie du fil en vérifiant les conditions aux limites définies aux
frontières : entre le cuivre et le nickel et entre le nickel et l’air.
Un fil cylindrique rectiligne situé loin de toute influence magnétique extérieure se ré-
sume à un problème électromagnétique 1D à symétrie cylindrique. Le repère cylindrique
(~1r , ~1θ , ~1z ) centré sur le fil permet de bénéficier de cette symétrie (figure 3.28).

F IGURE 3.28 – Repère cylindrique identique associé à chaque partie du fil.

Le vecteur densité de courant est toujours dans la direction du fil, J~ = J ~1z où J est un
scalaire qui représente la composante unique de la densité de courant. Avec un tel repère,
le champ n’a qu’une seule composante, H ~ = H ~1θ où H est un scalaire qui représente

102
la composante unique du champ magnétique. Les lignes de champ sont donc des cercles
concentriques centrés sur l’origine du repère.
Avec la symétrie cylindrique, le champ magnétique est tangent en tous les points des
deux frontières : celle qui sépare le cuivre du nickel et celle qui délimite le rayon extérieur
du fil. Le théorème d’Ampère stipule que la composante tangentielle est conservée aux
frontières [85] ce qui implique que le champ magnétique est une fonction continue le long
du rayon, depuis le centre du fil à une valeur de r qui dépasse le rayon du fil ; il est nul au
centre du fil.

3.4.1 Champ magnétique dans l’âme en cuivre (r < RCu )


L’application de la forme intégrale du théorème d’Ampère (3.48) à un contour circulaire
(C) situé dans le cuivre montre que le champ H(r) ~ sur ce contour ne dépend que de la
densité de courant qui traverse la surface S délimitée par le contour fermé (C). Les vecteurs
densité de courant situés à l’extérieur de ce contour n’influent pas le champ sur le contour
(C). Le courant dans le nickel n’a donc pas d’influence sur le champ dans le cuivre.
I Z Z
~ ~
H · dl = ~
J~ · dS (3.48)
(C) S

En alternatif, les courants induits modifient le courant dans le contour, cet effet est pris en
compte en utilisant la forme locale du théorème d’Ampère (3.49). Dans cette expression
J~ représente les courants induits et J~S le courant imposé par la source extérieure. J~S est
orienté dans l’axe du fil. Il n’a qu’une composante selon 1~z qui est constante. L’influence
des courants de déplacement dE/dt~ est négligée.

rot( ~
~ H(r)) ~ + J~S
= J(r) (3.49)
Les courants induits dépendent la conductivité σ du cuivre et du champ électrique E ~ dé-
~
terminé par la loi de Faraday exprimée par l’équation (3.50) dans laquelle l’induction B(r)
dépend directement du champ magnétique H(r) ~ par la relation (3.52).

~
rot( ~ = − dB(r)
~ E(r)) (3.50)
dt
~ = σ E(r)
J(r) ~ (3.51)

~
B(r) ~
= µ H(r) (3.52)
Compte tenu des relations entre les grandeurs électromagnétiques, les équations de Max-
~
well peuvent être exprimées en fonction d’une seule variable, le champ H(r) :
~
dH(r)
~ rot(
rot( ~
~ H(r))) = −µσ ~ J~S )
+ rot( (3.53)
dt
Comme la densité de courant source J~S est uniforme sur toute la section du cuivre, les
dérivées de son unique composante par rapport aux trois variables d’espace r, θ et z sont
~ J~S ) est donc en conséquence nul.
nulles : le dernier terme rot(
En régime sinusoïdal permanent à la pulsation ω, l’écriture complexe permet de séparer
la variable temps t de la variable spatiale unique r.
~ t) = <(H(r)
H(r, ~ ejωt ) (3.54)

103
La dérivée par rapport au temps se réduit à une simple multiplication par jω. L’équation
(3.53) se simplifie et devient :

~ rot
rot( ~
~ (H(r))) ~
= −jωµσ H(r) (3.55)

Le développement du premier membre de la relation (3.55) dans le repère cylindrique per-


met d’obtenir une équation différentielle du second ordre de la variable r.
Cette équation est scalaire car tous les vecteurs sont dans la direction ~1θ . Par conséquent,
le système est décrit par la composante du vecteur qui est un nombre complexe. L’équation
différentielle qui régit le système a une écriture plus simple en introduisant le coefficient
γ 2 = jωµσ qui homogène à l’inverse du carré d’une distance (m−2 ).

1 dH(r) 1 d2 H(r)
− 2 H(r) + = γ 2 H(r) (3.56)
r dr r dr2
En multipliant les deux membre par r2 et en ordonnant l’expression de façon classique, on
obtient une équation différentielle homogène du second ordre.

d2 H(r) dH(r)
r2 2
+r − (1 + r2 γ 2 ) H(r) = 0 (3.57)
dr dr
Les coefficients de cette équation ont des dimensions différentes ( m2 ), (m), (sans unité) car
ils sont multipliés par le champ et ses dérivées par rapport à r. Il est préférable de travailler
avec une équation sans dimension en faisant le changement de variable x = γr. La variable
x est alors un nombre complexe sans dimension car γ s’expèreime en (m−1 ) et r en (m).
p p √
γ = jωµσ = j ωµσ (3.58)

Le coefficientpγ a une importance particulière qu’il convient de détailler. Le nombre com-



plexe j = exp (jπ/2) est un opérateur de rotation de π/4. Cette constatation permet
d’écrire le coefficient γ en fonction de l’épaisseur de peau δ définie par la relation (3.60).
p π π 1+j
j = cos + j sin = √ (3.59)
4 4 2
r
2
δ= (3.60)
ωµσ
1+j
γ= (3.61)
δ

Après avoir effectué toutes les opérations sur les dérivées qui sont liées au changement
de variable x = γr, l’équation (3.57) s’écrit :

d2 H(x) dH(x)
x2 + x − (1 + x2 ) H(x) = 0 (3.62)
dx2 dx
Cette équation est connue dans la littérature scientifique [88], c’est une équation de Bessel
modifiée de rang n = 1. Sa solution générale est une combinaison linéaire des deux fonc-
tions de Bessel, celle de première espèce I1 (x) et celle de seconde espèce K1 (x). La solution
générale de l’équation (3.62) est :

H(x) = C1 I1 (x) + C2 K1 (x) (3.63)

C1 et C2 sont des constantes complexes qui dépendent des valeurs imposées aux limites.

104
Dans le le cuivre, le champ magnétique est nul au centre, en r = 0. La variable x = γ r
est un complexe dont le module est nul en r = 0. Le fait que le module de la fonction K1 (x)
tende vers l’infini lorsque x tend vers zéro impose de choisir C2 = 0. Il ne reste donc qu’une
seule solution et une seule constante C1 à déterminer.
La constante C1 doit être calculée en fonction de la valeur du champ magnétique à la
frontière qui sépare le cuivre du nickel. En appliquant la forme intégrale du théorème
d’Ampère, le champ à la frontière dépend du courant imposé dans le cuivre i0Cu par le
circuit extérieur.
i0Cu
H(RCu ) = (3.64)
2πRCu
ce qui donne :
H(RCu )
C1 = (3.65)
I1 (γRCu )

3.4.2 Champ magnétique dans la couronne de nickel (RCu < r < Rf ).


Le cylindre de nickel est placé dans le champ magnétique externe créé par le courant qui
circule dans l’âme de cuivre en plus de celui qui est créé par le courant dans le Nickel. Cette
particularité est prise en compte en notant que le champ à la frontière entre le cuivre et le
nickel, pour r = RCu , est imposé par le courant dans l’âme de cuivre donné par la relation
(3.64).
Les équations qui décrivent les phénomènes électromagnétiques dans le nickel sont
celles du paragraphe précédent à condition de prendre les valeurs relatives au Nickel des
paramètres ρ, σ et µ. L’épaisseur de peau δ est beaucoup plus petite que dans le cuivre car
le nickel est un matériaux ferromagnétique doux de perméabilité magnétique relativement
élevée. L’équation différentielle de départ est développée exactement de la même façon en
utilisant le repère cylindrique unique.
La solution est une combinaison linéaire de fonctions de Bessel I1 (x) et K1 (x). Les constantes
C1 et C2 sont calculées en fonction des deux conditions aux limites exprimées par (3.67) à
la frontière entre le cuivre et le nickel et par (3.68) à la limite extérieure du fil.

H(x) = C1 I1 (x) + C2 K1 (x) (3.66)

i0Cu
H1 = pour x1 = γRCu (3.67)
2πRCu
i0
H2 = pour x2 = γRf (3.68)
2πRf
Ces deux conditions aux limites correspondent un système de deux équations à deux in-
connues qui sont C1 et C2 .

H 1 = C1 I1 (x1 ) + C2 K1 (x1 ) (3.69)


H 2 = C1 I1 (x2 ) + C2 K1 (x2 ) (3.70)

Ce système s’écrit de façon matricielle :


     
H1 I1 (x1 ) K1 (x1 ) C1
= · (3.71)
H2 I1 (x2 ) K1 (x2 ) C2

Les constantes C1 et C2 sont obtenues en inversant le système :

105
   −1  
C1 I1 (x1 ) K1 (x1 ) H1
= · (3.72)
C2 I1 (x2 ) K1 (x2 ) H2

3.4.3 Densité de courant dans le fil composite


La densité de courant en tout point du fil composite est calculée à partir de la première
équation de Maxwell (3.49) et du champ magnétique donné par la relation (3.66) et les
constantes définies en fonction des conditions aux frontières. Le développement du rota-
tionnel est simple grâce à la symétrie cylindrique :

1 dH(r)
J(r) =
H(r) + (3.73)
r dr
La densité de courant s’exprime donc en fonction des fonctions de Bessel I1 (x), K1 (x) et
de leurs dérivées par rapport à x notées I10 (x), K10 (x).

1
J(r) = [C1 I1 (γr) + C2 K1 (γr)] + C1 γI10 (γr) + C2 γK10 (γr) (3.74)
r
La validité des calculs analytiques peut être vérifiée par une simulation numérique à
condition de choisir un maillage beaucoup plus fin que l’épaisseur de peau dans chaque
matériau.

3.5 Comparaison avec les résultats obtenus par éléments fi-


nis
L’approche analytique présentée est appliquée à un conducteur HT ◦ de type Cerafil 500
de diamètre 0.8mm doté d’une couche de Nickel de 65µm. La simulation par éléments finis
est faite avec GetDP, en 2D en avec un maillage fin capable de prendre en compte l’effet
de peau : chaque élément doit être d’une taille inférieure à environ 1/3 de l’épaisseur de
peau à la fréquence la plus élevée. La figure 3.29 illustre les choix faits pour le maillage. Les
mailles dans le nickel sont toutes inférieures ou égales à 4µm.

F IGURE 3.29 – Maillage du fil composite.

Les résultats présentés aux figures 3.30 et 3.31 sont obtenus pour un courant crête de 5A
à une fréquence 1kHz. Cette fréquence, relativement basse permet d’observer les phéno-
mènes principaux à la fréquence de travail de la machine. Compte tenu de la résistivité et
de la perméabilité relative, l’épaisseur de peau vaut δ = 2080µm pour le cuivre et δ = 634µm
pour le nickel. Dans le cuivre, l’épaisseur de peau est très supérieures au rayon du fil ; dans
le nickel l’épaisseur de peau est nettement plus grande que celle de la couche protectrice .
Ces deux constatations signifient que la répartition des densités de courant est principale-
ment ohmique, les phénomènes électromagnétiques dans le fil sont négligeables.

106
F IGURE 3.30 – Comparaison des densités de courant obtenues analytiquement et par élé-
ments finis à f = 1kHz.

Les résultats analytiques ne sont donnés que pour le rayon du fil. La formule du di-
viseur de courant donne un courant de 4.57A dans le cuivre et 0.43A dans le nickel. En
divisant par les sections respectives, la densité de courant vaut 13, 37A/mm2 dans le cuivre
et 2.64A/mm2 dans le nickel. Ces résultats, sont obtenus très simplement en négligeant les
phénomènes électromagnétiques, car les épaisseurs de peau sont grandes devant le rayon
du fil et l’épaisseur du nickel. Ils sont conformes aux résultats complets à 1kHz de la figure
3.30.

En supposant que la densité de courant est constante dans le cuivre, le champ est une
fonction affine entre r = 0 et r = RCu . A la frontière entre le cuivre et le nickel, le champ
vaut i0Cu /(2πRCu ). L’application numérique de cette relation très simple donne H(RCu ) =
2206A/m ce qui correspond au champ maximum de la figure 3.31. Dans le nickel, lorsque
RCu > r > Rf le champ a deux origines : une fonction affine croissante de la variable r,
nulle en r = RCu , créé par la densité de courant supposée constante dans le nickel qui se
superpose à une fonction décroissante en forme d’hyperbole qui dépend du courant global
dans le cuivre. Avec une densité de courant assez faible dans le nickel, la courbe résultante
est décroissante. Le dernier point est obtenu en appliquant le théorème d’Ampère au fil
complet H(Rf ) = i0 /((2πRf ) = 1989A/m. La figure 3.31 obtenue avec le calcul complet en
basse fréquence (f = 1kHz) est conforme à ce raisonnement.
Lorsque la fréquence est plus élevée, les effets des courants induits dans la couche de
nickel sont très importants. Les figures 3.32 et 3.33, tracées à f = 100kHz, illustrent ces phé-
nomènes. Ceux-ci s’accentuent à 1M Hz (figures 3.34 et 3.35) et le champ est pratiquement
nul dans une grande partie du nickel au prix de courants induits très importants.
À f = 100kHz, l’épaisseur de peau vaut 209µm dans le cuivre et 66, 4µm dans le nickel.

107
Elles ne valent plus que 66µm, dans le cuivre et 21µm dans le nickel à f = 1M Hz. Dans le
cuivre, le champ ne suit plus une droite mais une courbe d’autant plus incurvée que la fré-
quence est élevée. Le champ est toujours nul au centre de l’âme de cuivre. Les phénomènes
sont très différents dans la couche de nickel dont l’épaisseur vaut respectivement 0.97 et
3.1 fois l’épaisseur de peau dans ce matériau. Le champ au centre de la couche de nickel
est beaucoup plus faible qu’aux frontière de ce matériau grâce à des courant induits très
prononcées.

F IGURE 3.31 – Comparaison des champs obtenus analytiquement et par éléments finis à
f = 1kHz.

108
F IGURE 3.32 – Comparaison des champs obtenus analytiquement et par éléments finis à
f = 100kHz.

F IGURE 3.33 – Comparaison des densités de courant obtenues analytiquement et par élé-
ments finis à f = 100kHz.

109
F IGURE 3.34 – Comparaison des champs obtenus analytiquement et par éléments finis à
f = 1M Hz.

150

100
Densite de courant (A/mm2 )

50

-50

-100

Elements Finis
Analytique
-150
-400 -300 -200 -100 0 100 200 300 400
Point sur le diametre (µ m)

F IGURE 3.35 – Comparaison des densités de courant obtenues analytiquement et par élé-
ments finis à f = 1M Hz.

Aux fréquence élevées les densités de courant deviennent très importantes pour chaque
frontière du nickel. Les pertes correspondantes sont très importantes. Cet effet peut être
intéressant à exploiter car il y a un amortissement nettement accentué des phénomènes HF
par rapport à un fil de Cu classique.

110
Pour les trois fréquences choisies, le calcul analytique et la méthode des éléments finis
donnent des résultats identiques à l’exception du denier point sur la courbe de champ à
f = 1M Hz où l’approximation liée au maillage est visible près de la surface extérieure du
fil.

3.6 Résistance équivalente du fil en HF


La résistance équivalente du fil doit traduire les pertes dans le fil à une fréquence don-
née. Pour calculer cette résistance équivalente, il faut calculer la puissance dissipée dans
les deux matériaux du fil pour chaque unité de longueur. Les variables locales de la sec-
tion précédent permettent de calculer la densité volumique de puissance en chaque point
du matériau conducteur. Elle dépend de la résistivité au point considéré et du carré de la
densité de courant au même point. La densité de puissance est exprimée en W/m3 .
Pv (r, t) = ρJ 2 (r, t) (3.75)
La densité de courant est une fonction du temps qui est une obtenue à partir du nombre
complexe J(r) calculé précédemment.
 2
Pv (r, t) = ρ < J(r) exp (jωt) (3.76)
 
2 2

= ρ |J(r)| cos ωt + arg J(r) (3.77)

Comme la valeur moyenne de la fonction cos2 vaut 1/2, la valeur moyenne de la densité de
puissance s’exprime donc :
1
< Pv (r, t) >= ρ |J(r)|2 (3.78)
2
La densité volumique de puissance dépend donc du carré du module du nombre complexe
calculé avec les fonctions de Bessel et de leurs dérivées. La relation 3.78 donne une quan-
tité locale, valable pour un volume infiniment petit de matière à la position définie par la
variable r.
La puissance moyenne dans une longueur l donnée du fil est obtenue en intégrant la
densité volumique de puissance sur la section du fil. Cette intégration est faite en décom-
posant la surface en couronnes comme le montre la figure 3.36. La relation 3.79 est obtenue
à partir de la relation 3.78 et en considérant successivement la section de chaque couronne
entre r et r + dr et la densité volumique de puissance donnée par 3.75.
Z Rf
1
P moy = l ρ |J(r)|2 [π(r + dr)2 − πr2 ] (3.79)
r=0 2
Cette intégrale est calculée numériquement en prenant en compte la résistivité et la densité
de courant dans chaque matériau avec un nombre suffisant de points sur le rayon du fil. La
résistance équivalente Req pour une longueur l du fil est calculée en divisant la puissance
par le carré de la valeur efficace du courant qui a servi à calculer la puissance.
lP moy
Req = 2
(3.80)
Ief f

Des vérification expérimentales ont été faites avec un fil de 12 mètres de longueur avec
un analyseur d’impédance [89] de bonne précision. Les mesures de résistance en HF ne sont

111
F IGURE 3.36 – Intégration sur la section du fil.

pas faciles car les effets inductifs sont prépondérants. Si le fil est arrangé sous la forme d’une
bobine de grand diamètre, l’inductance devient très importante. L’angle de déphasage entre
la tension et le courant s’approche de 90o , ce qui diminue fortement la précision sur la
mesure de la résistance. Cet effet peut être réduit fortement en pliant le fil en deux et en le
torsadant. Dans ce cas l’effet de peau se combine avec l’effet de proximité. Un compromis a
été fait en maintenant les fils à 2 cm l’un de l’autre pour former une ligne bifilaire, pour un
effet de proximité réduit, tout en réduisant la section offerte ou flux et donc l’inductance.
Les résultats pour le fil de cuivre de diamètre 0,8 mm sont donnés à la figure 3.37.

F IGURE 3.37 – Résistance d’un fil de cuivre de diametre 0.8 mm et de 12 m de longeur.

Les barres d’incertitude de la mesure sont tracées en considérant une erreur relative de
±0.5% sur la mesure de la phase. Les prévisions théoriques qui ne considèrent que l’épais-
seur de peau, sont un peu au dessous des barres d’incertitudes, ce qui est logique car l’effet

112
de proximité qui existe en réalité n’est pas pris en compte dans le modèle.

F IGURE 3.38 – Résistence d’un fil de cuivre-nickel de diametre 0.8 mm et de 12 m de longeur.

Les relevés faits dans les mêmes conditions avec du fil nickelé de diamètre 0.8 mm sont
très différents. La figure 3.38 montre que tous les points expérimentaux sont largement au
dessus de la courbe calculée avec le modèle théorique 1D à symétrie cylindrique qui prend
en compte l’effet de peau. Les points expérimentaux montrent une résistance HF environ 10
fois plus grande pour un fil nickelé que pour un fil de Cuivre de même diamètre extérieur.
Des simulation numériques faites en intégrant l’effet de proximité. Elle montrent une
légère dissymétrie des courants induits et donc un faible effet de proximité qui n’explique
pas les différences importantes relevées sur la figure 3.38.
Les écarts entre les mesures des résistances équivalentes en haute fréquence et les pré-
dictions du modèle analytique 1 D à symétrie cylindrique sont importantes. Pour interpré-
ter ces écarts il faut remettre en cause le modèle analytique 1D. Les comparaison entre les
résultats analytiques avec les simulations EF faites avec les mêmes hypothèses montrent
des écarts minimes, il faut donc remettre en causes le modèle lui même basé sur symétrie
cylindrique. Une observation fine de la microscopie (figure 3.39) de la section transversale
du fil montre que la frontière entre le Cuivre et le Nickel n’est pas un cercle parfait.

113
F IGURE 3.39 – La section transversale du fil, microscopie.

Une simulation numérique 2D à été faite en exagérant les irrégularités observées. Dans
ce modèle EF 2D, la frontière CuNi est un cercle sur la plus grande partie et une ligne brisée
sur une petite zone.
La figure 3.40 montre le module du vecteur densité de courant global (courant source et
courants induits) dans le nouveau modèle. La simulation est faite en magnéto harmonique
à 100kHz.

F IGURE 3.40 – Simultaion, section transversale du fil, module de la densite de courant à


100kHz.

La partie où la frontière est un cercle montre une carte de couleur correspondant aux
investigations théorique 1D alors que la zone correspondant aux densité de courant élevées

114
est beaucoup plus épaisse dans la zone où la frontière est une ligne brisée.
La puissance volumique ρJ 2 ramenée à l’ensemble du fil est plus grande ce qui cor-
respond à une résistance équivalente en HF plus élevée que celle prédire par le modèle
analytique 1D à symétrie cylindrique.


La figure 3.41 montre que les vecteurs champ H ne sont plus tangent à un cercle lorsque
la frontière n’est plus régulière.

F IGURE 3.41 – Simultaion, une partie de section transversale du fil, champ magnétique.

Ces investigations expérimentales montrent que la barrière de diffusion en Ni ferro-


magnétique change profondément les propriétés électromagnétique du fil conducteur. Le
caractère non linéaire des propriétés magnétiques du Ni son difficiles à modéliser et les
irrégularités de la frontière Cu Ni ajoutent à la difficulté.

Ces investigations conduisent à préférer d’autres matériaux pour réaliser la barrière de


diffusion. Il est probablement possible d’utiliser des alliages non magnétiques de Ni qui ont
des propriétés chimiques similaires sans l’effet ferromagnétique.
La forte augmentation de la resistance HF du fil conducteur peut cependant avoir des
effet intéressants pour amortir les oscillations HF pour certaines applications, lorsque la
température reste sous le point Curie.

115
3.7 Distribution des tensions entre les bobines pendant les
régimes transitoire liés aux fronts raides.
3.7.1 Approche expérimentale
Pour observer la distribution des tensions pendant le régime transitoire qui suit chaque
front de tension, les bobines sont placées sur les dents du stator, comme est schématisé
à la figure 3.42. Cette disposition correspond aux exigences du bobinage des machines à
pas fractionnaires triphasées de 24 dents [90]. Les mesures ont été faites sur une phase de
la machine HT o . Le dispositif expérimental est constitué d’un générateur haute tension
d’impulsions fines, connecté aux bobines par un câble standard utilisé en aéronautique. Les
bobines sont connectées en série, la sortie de la dernière bobine (S8) est connecté à la masse
métallique de la machine et au fil de masse des quatre sondes de mesure comme l’illustre
la photographie de la figure 3.43. Un fil court est ajouté entre le point de masse et le circuit
magnétique pour que les capacités de mode commun aient la même influence que pour un
moteur classique.

F IGURE 3.42 – Schéma de connexion des bobines d’une phase.

116
F IGURE 3.43 – Schéma de mesure. Vue des connexions des sondes.

Pour faire les mesures de tension à l’échelle des temps des oscillation rapides crées par
les fronts de tension de la MLI, nous avons choisi d’utiliser des sondes atténuatrice ra-
pides. Elles permettent de mesurer des tension jusqu’à 1000V avec une bande passante de
500M Hz, l’oscilloscope est limité à 350 MHz. Les oscillations aux fronts rapides ne vont pas
excéder ces valeurs de fréquence. Le temps de montée du système de mesure est en effet
liée à leur bande passante fM AX [91], par relation 3.81 :
0.35
tr = (3.81)
fM AX
Pour fM AX = 350M Hz, le temps de montée vaut tr = 1ns. Cette valeur est très inférieure
aux temps de montée des impulsions du générateur (20ns). La bande passante de la chaîne
de mesure est donc suffisante pour observer les phénomènes transitoires rapides.
Les signaux rapides qui suivent les fronts raides ne sont pas faciles à relever. Il est im-
portant de bien stabiliser le câblage en portant une attention particulière sur la façon de
connecter les fils de masse de chaque sonde. La figure 3.44 montre les sondes utilisées, en
détaillant le boitier de connexion à l’oscilloscope, le point chaud situé à l’extrémité de la
sonde et le fil de masse.

117
F IGURE 3.44 – Les sondes des mesure.

L’oscilloscope possède 4 voies de mesure il permet donc de mesurer simultanément 4


tensions. Les fils de masse des quatre sondes sont connectés en étoile au point unique S8 de
la figure 3.42. Ils connectent ce point à la carcasse de l’oscilloscope et donc au conducteur
de protection électrique (PE) au réseau lui même connecté à la prise de terre. Un fil court est
ajouté entre le point de masse et le circuit magnétique pour que les capacités de mode com-
mun aient la même influence que pour un moteur classique. Pour que le montage puisse
fonctionner en toute sécurité, le générateur d’impulsions doit être alimenté par une source
de tension isolée du réseau. Celui-ci est un hacheur série, réalisé avec un MOSFET SIC ra-
pide. Il est commandé par des impulsions de 2µs séparées par un temps de repos assez long
qui permet la démagnétisation du circuit testé. La résistance R3 connectée en série avec la
diode de roue libre sur le schéma de la figure 3.45, assure cette fonction. La résistance R4 a
été ajoutée de telle sorte que le MOSFET ne fonctionne jamais à vide. Les condensateurs pla-
cés à l’entrée sont conformes aux préconisations du constructeur. Ils permettent d’attendre
une vitesse optimale lorsque le composant est commandé par un driver adapté fourni par
le fabricant.

F IGURE 3.45 – Schéma du générateur d’impulsions réalisé au LSEE pour une étude précé-
dente [92]

118
[Link] Mesures brutes
Pour effectuer les mesures avec des sondes passives large bande non isolées, il ne faut
pas déplacer le point de masse qui reste en S8. Le signal E1 appliqué à la phase testée sert
de référence. L’oscilloscope est synchronisé sur ce signal, le seuil de déclenchement reste
inchangé. Pour enregistrer tous les signaux il faut déplacer les autres sondes. Dans les fi-
gures suivants 3.46, 3.47, 3.48 nous avons présenté les tensions transitoires. On observe que
pour la première courbe qui correspond la sortie du câble, la tension a des oscillations de
fréquence oscillatoire plus élevée que les autres tensions prises par exemple sur le dernières
bobines et l’amplitude crête est plus importante.

F IGURE 3.46 – Mesures brutes sur le points E1,E2 et E3.

Le générateur d’impulsion est réglé à 360 V car cette tension correspond aux impulsions
les plus contraignantes reçues par les phases lorsque le moteur est couplé en étoile, comme
expliqué dans le paragraphe 3.1, (bus 540V ).

119
F IGURE 3.47 – Mesures brutes sur le points E1, E4, E5 et E6.

Les dernières bobines ne voient pas de tensions très élevées, dans celles-ci l’effet transi-
toire des impulsions de tensions est moins stressant.

F IGURE 3.48 – Mesures brutes sur le points E1,E7 et E8.

120
La figure 3.48 montre que la tension maximale reçue par la dernière bobine est de l’ordre
de 100V pour une impulsion qui se stabilise à 45V.

[Link] Distribution des tensions transitoires


La valeur instantanée des tensions reçues par chaque bobine du stator à été calculée à
partir des mesures brutes. La même manière de calculer pour toutes les autres bobines est
la même. Les différences de potentiel entre l’entré de la première bobine et l’entrée de la
second, et la tension reçue par la première bobine E1S1. La figure 3.49 montre ces résul-
tats pour les 3 premières bobines. Après un régime transitoire qui dure environ 1µs, les
3 courbes se rejoignent à un niveau de 45 V ce qui correspond à 1/8 de l’amplitude de
l’amplification de l’impulsion d’entrée. La tension crête reçue par la bobine est E1S1 plus
élevée que les autres, la deuxième tension de la deuxième bobine également est importante,
mais elle ne dépasse pas la tension crête de la première bobine. Pour la troisième bobine on
observe une diminution plus importante de la tension transitoire.

F IGURE 3.49 – Regime transitoare, subi par les 3 premières E1S1,E2S2,E3S3.

Ces mesures faites à température ambiante sont à comparer avec les essais en impulsion-
nel effectués sur une bobine seule et présentes à la section 2.6.6 chapitre 2 du ce mémoire,
qui montrent que les bobines seules ont été testées sans dommage à 3.8 kV crête. Cette
comparaison brutale met un rapport de l’ordre de 10 entre la contrainte maximale reçue
par chaque bobine et les performances testées sur une bobine seule. La réalité est plus com-
plexe et la marge de sécurité n’est pas aussi grande car, à l’intérieur de la première bobine
qui est la plus contrainte, la répartition des tensions entre les spires d’une bobine montée
sur son stator est moins bonne que celle mesurée sur une bobine seule. La capacité de mode
commun entre chaque spire et la carcasse métallique concentre les contraintes sur les pre-
mières spires. Cet effet n’est pas pris en compte par les mesures faites au niveau des bobines
seules.

121
3.7.2 Approche prédictive des surtensions crées par les fronts raides
Ce paragraphe propose une méthode capable de prédéterminer les surtensions dans
le moteur provoquées par les fronts raides de la MLI, compte tenu des enroulements, les
câble de connexion et du temps de montée des interrupteurs électroniques de l’onduleur.
La méthode proposée est basée sur un circuit équivalent HF et une simulation en transi-
toire effectuée par SPICE. Le circuit équivalent HF est basé sur des ensembles de 2 bobines
élémentaires placées côte à côte.
Les bobines sont montées sur le stator et la capacité bobine-stator est prise en compte.
Chaque spire de la couche interne est proche de la dent du stator, par conséquent, il existe
une capacité entre chaque spire et le noyau du stator. Le modèle proposé est réalisé pour
un ensemble de 2 bobines adjacentes pour prendre en compte l’existence d’un couplage
capacitif entre les spires extrêmes des bobines adjacents. Le couplage capacitif entre les
spires internes et la masse est modélisé par un seul condensateur connecté entre la sortie
de la seconde bobine et un point correspondant au potentiel du noyau magnétique supposé
être le même pour tous les points du noyau du stator. Ce principe est explicité par le schéma
de la figure 3.50 où chaque ensemble de 2 bobines adjacentes est représenté par le rectangle
rouge. Le générateur d’impulsion, représentant le convertisseur MLI, est connecté à l’entrée
de la première bobine par un câble. Toutes les bobines sont connectées en série et la sortie
de la dernière bobine est connectée aux sorties des dernières bobines des autres phases pour
former le point neutre.
Les simulations globales présentées dans le paragraphe 3.1 ont montré que pour un
moteur de construction symétrique, (3 phases identiques mais décalées) et une commande
MLI classique, la valeur instantanée de la tension entre le neutre et la terre est toujours nulle.
Dans ces conditions il est possible de mener les simulations détaillées pour les phénomènes
très rapides en considérant que le point neutre est connecté à la masse, comme le montre la
figure 3.51.

F IGURE 3.50 – Schéma de connexion des bobines "complexes" d’une phase.

122
F IGURE 3.51 – Principe d’analyse à haute fréquence, le bobinage est modelisé par 4 en-
semble de 2 bobines.

Le spectre d’impédance de chaque paire de bobines est relevé avec un analyseur d’im-
pédance sur une bande passante aussi large que possible. Les mesures sont faites hors du
circuit magnétique car il a été démontré dans des études antérieures que, pour des fré-
quences très élevées, l’effet de peau dans les tôles magnétiques est très prononcé et qua-
siment aucun flux ne pénètre dans les tôles [93]. Aux fréquences supérieures au MHz qui
nous intéressent, le spectre d’impédances d’une bobine dans l’air est très proche de celui
mesuré avec un noyau magnétique feuilleté lorsque l’influence des capacités parasites est
neutralisé.
La présence du noyau magnétique est cependant importante car elle ajoute les capacités
de mode commun Cm qui ont une grande importance sur le comportement HF du circuit
de la figure 3.51.
En pratique, lorsque deux bobines sont montées dans des encoches qui se suivent, il
existe une capacité entre les couches extérieures des bobines qui influence le comportement
HF global. En faisant des identifications sur un ensemble de 2 bobines cette capacité est
implicitement prise en compte.
La figure 3.53 est spectre d’impédances relevé pour 2 bobines placées cote à cote. Cette
courbe du module, tracée en échelles logarithmiques, dévoile plusieurs zones caractéris-
tiques. Aux très basses fréquences, la partie horizontale correspond à la résistance du fil. La
partie croissante 1 de pente sur le graphique (log log) dénote un effet purement inductif.
Un point choisi dans cette zone permet déstimer l’inductance de l’ensemble des 2 bobines.

|Z| = Lω (3.82)

log|Z| = logL + logω (3.83)


Le maximum du module correspond à la première résonance parallèle. Après cette fré-
quence, l’ensemble des capacités inter spires font sentir leur influence et le module d’impé-
dance diminue jusque la première fréquence de résonance série se fasse sentir.
Pour des bobines comportant plus de spires, la partie haute du spectre correspond à une
succession de résonances parallèles et séries [94].
Le circuit équivalent à la figure 3.52 est capable de modéliser les principaux phénomènes
correspondant à la première résonance, série et parallèle. Les paramètres sont déduits des
trois points typiques de la courbe expérimentale : un point à basse fréquence fb dans la
ligne droite ; une autre à la première résonance parallèle et la première à la résonance série.
La résistance en continu est obtenue en très basse fréquence dernière par une autre mesure

123
en courant continu. Le circuit équivalent de la figure 3.52 correspond aux modes dominant
du circuit, il traduit les résonances principalement excitées par un échelon.

F IGURE 3.52 – Schéma équivalent d’un ensemble de 2 bobines capable de prendre en compte
le comportement BF, la première résonance parallèle et la dérniere résonance série.

L’inductance Lc est calculée à partir d’un point en BF choisi dans la partie droite du
spectre d’impédance fBF , en supposant que la résistance parallèle RP est beaucoup plus
élevée que la résistance en continu.

|Z|
LC = (3.84)
2πfBF
Le procédure d’identification est effectuée en considérant l’admittance complexe du cir-
cuit équivalent de la figure 3.52, En notant ω = 2πf , l’expression de l’admittance est :
1 1 1
Y = + + (3.85)
RP RC + jLC Ω RS + jLS ω − j CS1 ω
Après simplification de l’équation 3.85, l’admittance devient :

Y = G + jB (3.86)
avec :

1 RS CS ω 2
G= + (3.87)
RP (1 − LS CS ω 2 )2 + (RS CS ω)2
CS ω(1 − LS CS ω 2 ) 1
B= − (3.88)
(1 − LS CS ω 2 ) + (RS CS ω)2 LP ω
La résonance parallèle est obtenue lorsque la partie imaginaire de l’admittance est nulle
B = 0. Une autre hypothèse simplificatrice faite : la résonance série est considérée dépendre
uniquement des éléments LS et CS . Cette hypothèse suppose que la valeur de LC n’a pas
d’influence sur la résonance en série. Dans ces conditions, G et B peuvent être réécrite en
remplaçant (1 − LS CS ω 2 ) par 1 − ( ωωS )2 . La capacité CS est calculée en remarquant que la
partie imaginaire de l’admittance complexe est nulle à la résonance parallèle ω = ωP (B = 0
à ω = ωP ) :

CS ωP [1 − ( ωωSp )2 ] 1
B= − =0 (3.89)
[1 − ( ωωPS )2 ]2 + (RS CS ω)2 LC ωP

124
Dans l’équation 3.85, CS est la seule variable inconnue si nous considérons que RS est
l’impédance à la résonance en série. CS est calculée en résolvant 3.89 vis à vis de Cs . Il vient :
ωp 2
Cs ωp [1 − ( )]
ωs 1
ωp 2 2 = (3.90)
[1 − ( ) ] + (Rs Cs ωp )2 Lc ωp
ωs
En ordonnant les termes, cette équation se formule sous la forme d’un polynôme du 2
degré.
ωP 2 ωP
CS2 [RS ωP ]2 − [1 − ( ) ]LC ωP2 + [1 − ( )2 ]2 = 0 (3.91)
ωS ωS
Cette équation du deuxième degré possède 2 racines. Seule la valeur de Cs qui a un sens
physique vis à vis de fréquences observées expérimentales sera retenue. Finalement, LS est
déterminé à partir ωS et CS .

1
LS = (3.92)
CS ωS2
Le dernier paramètre RP est obtenu à partir de 3.87 qui permet de calculer le module de
Y à la fréquence parallèle ω = ωP .

1 1 RS CS2 ωP2
= − ω (3.93)
RP |(Z(ωP ))| [1 − ( ωPS )2 ]2 + (RS CS ωP )2
La figure 3.53 superpose le modèle du 2e ordre au spectre d’impédances.

F IGURE 3.53 – Spectre d’impédance d’une paire de bobines et position des points utilisés
pour la détermination des paramètres du circuit équivalent.

125
Les 3 points caractéristiques sont :

• fBF = 1.035 ∗ 105 Hz

• ZBF = 78.5Ω

• fP = 8.2 ∗ 106

• ZP = 2.2 ∗ 104 Ω

• fS = 8.806 ∗ 107 Hz

• ZS = 36.6Ω

Les résultats d’identification, en utilisant la méthode décrite précédemment, sont :

• Rb = 8, 9Ω

• Lb = 120, 7µH

• Rp = 24kΩ

• Rs = 36Ω

• Ls = 1µH

• Cs = 3pF

• Cmc = 59pF

• Rmc = 0, 15M Ω

La figure 3.53 superpose les résultat obtenus avec le schéma équivalent et les donnés ex-
périmentales qui ont servi à calculer les paramètres. Cette figure montre que les prédictions
du modèle reflètent les principaux phénomènes sans toutefois prendre en compte tous les
effets plus complexes non représentés dans la figure 3.52. Les valeurs de la capacité Cmc
et de la résistance Rmc de mode commun sont a été mesurées avec analyseur d’impédance
entre la bobine et la masse du stator.
Les mesures brutes du paragraphe [Link] peuvent être utilisées pour déterminer les
tensions aux bornes des paires des bobines. La figure 3.54 montre la tension reçue par la
première paire de bobines. La première pointe de tension atteint 600V et l’impulsion se
stabilise à 90V ce qui correspond au double de la tension reçue par une seule bobine après
le régime transitoire. Cette figure montre également que le régime transitoire rapide a une
pseudo période TN = 0.104µs ce qui correspond à fN = 1/TN ≈ 9.615M Hz. On peut
constater que cette fréquence naturelle est proche de la fréquence de résonance parallèle
relevée sur le spectre d’impédance de la figure 3.53 qui est de 8, 2M Hz.

126
F IGURE 3.54 – Tensions mesurées sur les bobines E1S2 "complexe", E3S4 et E5S6.

Le programme Spice a été utilisé pour faire une simulation de tension transitoire reçue
par la première paire de bobine E1S2. Dans le script Spice, les paramètres de chaque paire
de bobines sont spécifiés. Il y a 4 paires bobines au total. Le signal impulsionnel d’entrée
de la simulation est la tension E1S8 est relève expérimentalement ( figure 3.46 ). Cette ten-
sion E1S8 est la tension de sortie du câble de connexion, les paramètres du câble sont par
conséquent sortis de la simulation.

127
La partie du programme Spice qui correspond à la définition des paramètres de 4 bo-
bines sont donné dans la figure 3.55 à titre illustratif.

F IGURE 3.55 – Partie de programme Spice, produit pour le calcul des tensions transitoires.

128
F IGURE 3.56 – Valeur de la tension simulée.

F IGURE 3.57 – Valeur de la tension mesurée avec la ligne rouge.

129
La valeur maximale de tension en régime transitoire simulée par la courbe rouge est
577V , ( figure 3.56). La valeur de la tension d’entrée correspond à la ligne verte E1S8, les
données simulées sont montrées sur un intervalle du temps de 2µs. La tension simulée E1S2
est montrée avec la ligne rouge.
La différence entre la valeur mesurée est la valeur simulée est de 28V , soit une erreur
relative de 4.85% pour la tension crête. Le modèle prédit assez bien la point de tension
reçue pour la première paire de bobines mais moins bien le régime transitoire complet.
Pour améliorer modèle il est nécessaire de travailler au niveau des bobines et également au
niveau de chaque bobine. Le processus est plus complexe avec des paramètres plus difficiles
à déterminer.
Les relevés ont été faits à température ambiante. Les paramètres du modèle défini par
la schéma équivalent HF dépendent de la température.

3.8 Effets thermiques sur l’impédance de la bobine inorga-


nique.
La bobine de la machine électrique travaillera à des températures élevées. Il est néces-
saire de comprendre le comportement des enroulements de la machine électrique, en HT o .
Les modifications des impédances sont le résultat de la caractéristiques du nickel du point
de vue magnétique et la résistivité des matériaux conducteurs. Normalement pour les bo-
bines inorganiques avec un conducteur nickel-cuivre, les pertes en HF de la machine seront
importantes jusqu’a la température de Curie, puis se réduisent un peu lorsque le Nickel
perd ses propriétés ferromagnétiques. La température de Curie pour le nickel est de 360
degrés.
La bobine testée est formée par trois couches conductrices qui correspondant à trois
bobines élémentaires connectées en parallèle (figure 2.38).
Le schéma pour mesurer l’impédance de la bobine est assez simple, un analyseur d’im-
pédance, d’un thermomètre avec deux thermocouples à l’intérieur de la bobine. La bobine
est isolée du point de vue thermique avec de la laine minérale. Pour obtenir une construc-
tion plus rigide, la bobine et la laine minérale sont enroulées dans de la fibre de verre. La
bobine a été chauffée dans la four. Cette méthode permet de garder la chaleur à l’intérieur.
Par exemple, une température de 300o est conservée pendant 20 − 40s, le temps suffisant
pour prendre les mesures avec l’analyseur d’impédances. La photo du dispositif de présen-
tée dans la figure 3.58.

130
F IGURE 3.58 – Dispositif de mesure de l’impédance de la bobine en HT o (vue générale).

Les mesures sont prises sur la bobine extérieure lorsque les couches ne sont pas connec-
tées en parallèle (couche extérieure de la bobine finale). Les relevés ont été réalisées à partir
d’1M Hz jusqu’à 40M Hz. Les résultats sont présentés à la figure 3.59. L’analyse des résultats
peut être faite en observant d’abord la partie basse du spectre d’impédances, au dessous de
la résonance série.
La courbe relevée à 100o C est dessous de celle relevée à 300o C car la perméabilité du
nickel a augmenté ce qui augmente l’inductance de la bobine.
La température de 500o C correspond à la courbe la plus basse car cette température est
au delà du point de Curie.
La partie haute du spectre correspondant aux résonances série et parallèle dépend for-
tement de la température. Les résonances sont très amorties à 300o C car cette température
correspond à une valeur importante de la perméabilité relative du nickel donc à effet de
peau important et des pertes élevées dues aux courants induits dans le nickel qui jouent un
rôle d’amortissement. Les résonances sont marquées à 500o C car le nickel n’est plus magné-
tique. L’amortissement important provoqué par les courants de Foucault dans la couche de
nickel disparait.

131
F IGURE 3.59 – Impédance de la bobine extérieure en fonction de la fréquence et à différentes
températures.

Ces relevés montrent que les éléments du schéma équivalent HF sont très dépendants
de la température. Le fait d’avoir une résonance série plus marquée à 500o C laisse à penser
que le régime transitoire correspondant sera moins amorti.
La figure 3.60 présente le spectre pour chaque bobine. On peut voir que l’impédance
marquée avec la ligne rouge dans le graphique à une impédance plus faible que les autres,
ce qui est logique, puisque la longueur du conducteur pour la bobine intérieure est plus
courte que les autres longueurs des bobines extérieures. Les mesures sont prises à 500o .

132
F IGURE 3.60 – Impédance pour tout les trois bobines (trois couches), des (mesures à 500o ),
en fonction de la fréquence.

Grâce à ces essais nous avons évaluer le comportement de la bobine en température,


en montrant que l’effet magnétique du nickel est important sur la caractéristique d’impé-
dance en haute fréquence. Nous avons démontré aussi la dépendance de ce phénomène
à la température. En réalité dans chaque couche de la bobine les phénomènes seront plus
compliqués, parce que les trois couches des bobines sont connectés en parallèle. Le courant
dans chaque couche sera différent et avec l’effet de proximité et d’effet de peau changera la
caractéristique d’impédance globale de la bobine finale.

133
3.9 Conclusion
Ce chapitre III était consacré à l’étude des caractéristiques électromagnétiques de la bo-
bine entièrement isolée avec des matériaux céramiques. La première partie du chapitre III
a été consacré à des études sur les aspects magnétiques du nickel. Nous avons construit un
dispositif basé sur le cadre Epstein. Le fil nickelé fortement le noyau du cadre a été choisi
avec le diamètre le plus grand possible avec 65µm de nickel, le diamètre du fil vaut 0, 8mm.
Nous avons réalisé une intégration numérique de la tension de sortie des bobines secon-
daires pour obtenir le valeur de flux. La courbe B=f(H) à été estimée. Le champ et l’induc-
tion magnétique permettent d’estimer la perméabilité qui est proche des valeurs trouvées
dans la littérature.

Pour comprendre les aspects magnétiques en haute température, une ligne bifilaire consti-
tuée de 2 fils jointifs a été placée dans un four. Les fils ont été stabilisés du point de vue
mécanique sur une plaque de mica. Ces essais ont permis de retrouver la température de
Curie du nickel. Avec la simulation et l’approche analytique, la distance moyenne réelle
entre les fils à été estimée puis la perméabilité magnétique à toutes les températures pour
un niveau donné du courant.

Avec un revêtement ferromagnétique en nickel le phénomène d’effet de peau est très


différent. Par exemple, l’effet de peau est très prononcé dès 100kHz. Le calcul est basé sur
des hypothèses qui ont forcément un caractère restrictif ; le fil est supposé isolé de toute
autre influence électromagnétique extérieure. S’il est utilisé pour construire une bobine, le
champ magnétique créé par les autres spires a une influence sur la répartition de la densité
de courant à l’intérieur du fil considéré (effet de proximité).

Nous avons également testé des fils de cuivre et des fils cuivre-nickel de mêmes lon-
gueurs et observé une résistance en alternatif plus élevée pour le fil de cuivre-nickel (Cerafil
500) à cause de l’effet de peau plus prononcé. Des écarts relativement importants entre les
mesures et les prédictions théorétiques pour certaines fréquences montrent que les phéno-
mènes HF dans le fil nickelé sont plus complexes que ceux pris en compte par un modèle
1D à symétrie cylindrique. Les irrégularités de la frontière cuivre/nickel semblent avoir une
influence importante.

Nous avons finalement simulé en régime transitoire le circuit équivalent d’une phase
du moteur et comparé les valeurs obtenues aux résultats expérimentaux. Ce modèle est
une première approche, il serait intéressant de l’étendre au niveau de chaque spire au prix
d’une grande complexification des circuits équivalents HF. Ceci est possible grâce à l’auto-
matisation de la procédure d’écriture des fichiers PSPice.

134
Conclusion générale et les perspectives

135
136
Les travaux de recherche présentés dans ce mémoire de thèse sont centrées sur la
construction d’un prototype de machine synchrone haute température compatible avec les
contraintes électriques imposées par un onduleur MLI connecté au bus HVDC 540V de
l’avion plus électrique. L’idée principale consiste à appliquer à cette problématique des
solutions d’isolation totalement inorganiques. Le prototype construit ne comporte aucun
polymère. La température interne de la machine n’est plus limitée par son SIE mais par
la technologie des aimants. Le premier chapitre présente l’état de l’art sur les machines à
haute température. Des travaux de recherche datant des années 60 sont basés sur des tech-
nologies textiles bien adaptées aux machines assez grandes. Le chapitre décrit également
les influences de la température sur les parties magnétiques, les conducteurs et les parties
mécaniques de la machine électrique HT o .

Le chapitre II est consacré à l’élaboration d’un SIE totalement inorganique compatible


avec les contraintes imposées par la construction d’une machine compacte, alimentée en
MLI et utilisable, à terme, dans l’aéronautique. Les solutions basées sur une isolation inter-
spires HT o faite avec des textiles inorganiques épais ne conviennent pas pour des machines
des petites tailles construites avec un nombre de spires par encoche relativement élevé. Le
chapitre II est donc consacrée aux solutions basées sur une isolation inter-spires fine et donc
sur les fils HT o isolés par une couche vitrocéramique. De tels fils existent dans le commerce
mais leur propriétés électriques et mécaniques sont très inférieures à celles des fils émaillés
qui fonctionnent à des températures plus basses. Des investigations détaillées ont été faites
pour cerner les propriétés de ces fils HT o . Des ciments d’encapsulation ont été testés et les
études expérimentales ont permis de converger vers un ciment à base de Al2 O3 disponible
dans le commerce.
Fort de ces résultats, les bobines compatibles avec la technologie des machines syn-
chrones à bobinage concentrés ont été réalisés artisanalement et testées du point de vue
électrique. Les tenues en tension sont compatibles avec les contraintes impulsionnelles à
condition de construire un bobinage ordonné qui optimise la répartition interne des ten-
sions inter-spires.

Le chapitre III est consacré au comportement électromagnétique du fil nickelé. La couche


de nickel est utilisée comme protection du cuivre contre l’oxydation. La barrière de diffu-
sion en nickel déposée sur le fil de cuivre , au dessous de la couche isolante vitro-céramique,
change totalement les propriétés électromagnétiques HF du fil. En effet la couche de nickel
est assez épaisse et le nickel a des propriétés ferromagnétiques qui ont une importance
considérable aux fréquences élevées ce qui change la distribution des pointes de tension
issues de l’alimentation MLI.
Une partie importante du chapitre III est dédiée au relevé de la courbe B(H) de la couche
de nickel qui entoure l’âme de cuivre du fil HT o .
Une première approche faite à température ambiante, avec un dispositif expérimental
inspiré du cadre Epstein permet d’atteindre la saturation. Elle montre que le problème est
totalement non-linaire. La seconde partie mesure la perméabilité magnétique à des tempé-
ratures allant jusque 500o C avec un autre dispositif expérimental qui fonctionne avec des
niveaux d’induction plus faibles. Ces investigations montrent que la perméabilité relative
dépend fortement du courant et de la température au dessous du point de Curie (360o C)
pour retomber à 1 au dessus de cette température. Le comportement HF de telles bobines
est donc fortement variable ce qui est un verrou à la prédiction du comportement HF des
machines utilisées au delà du point de Curie. La fin du chapitre 3 est consacrée à l’analyse
de la répartition des tensions aux bornes des bobines. Un schéma équivalent HF est établi
par paires de bobines adjacentes pour prendre en compte les capacités entre les couches
externes du bobinage.

137
Un modèle HF de chaque paire des bobines est proposé puis analysé avec Spice. Les
prédictions du modèle donnent des premières pointes de tension proches des mesures ef-
fectuées sur un stator équipé d’une phase entière.
Le mémoire est essentiellement centré sur une approche très expérimentale et orientée
franchement vers un objectif opérationnel limité qui est la construction du SIE d’une ma-
chine synchrone capable de travailler à 500o C. La limite en température de fonctionnement
de ce prototype est maintenant définie par la qualité et l’emplacement de ses aimants.
Les investigations expérimentales sont interprétés par une approche théorique qui pro-
pose des modèles analytique, des simulations par éléments finis où des schémas équiva-
lents selon la problématique.
Le mémoire montre que l’isolation inorganique fine obtenue par une couche vitrocéra-
mique a de faibles propriétés mécaniques et électriques. La couche vitrocéramique est très
irrégulière et l’observation au microscopie montre de nombreuse fissures. Cette couche agit
comme un écarteur qui maintient les spires a une distance de 20 à 30 µm avec de nombreux
canaux microscopiques d’air. Le claquage de l’isolation inter-spires est donc obtenu pour
des tensions à peine supérieures au SADP. Elle ne forme pas une véritable couche isolante
comme le fait la couche de polymère des fils à isolation organique. Un certain nombre de
pistes ont été explorées, elles n’ont pas été développées suffisamment pour figurer dans le
mémoire. Quelques bobines ont été soumise à 800o C pendant 1h 30min. Avec leurs ciment
HT o d’encapsulation, les spires ont été maintenues immobiles ou presque. La structure en
3 couches permet de mesurer le SADP entre les couches et les mesures ont montré pour
chaque bobine, un SADP supérieur après le cyclage thermique.
Cette estimation sur quelques exemplaires avec un cycle thermique qui n’est probable-
ment pas optimal ouvre des pistes à explorer pour les études à venir. Les composés vitreux
de la couche isolante se sont ramollis et des fissures ont été bouchées. Le fil inorganique
standard à isolation vitrocéramique mince a donc quelques propriétés d’auto cicatrisation
qu’il est possible de développer.
Une autre expérience courte à été faite avec une poudre de B2 O3 . Cette expérience a
consisté à saupoudrer une paire torsadée faite avec du fil à isolation vitro céramique mince.
Pour effectuer cette opération, le fil était déposé sur une plaque de céramique. L’ensemble à
été soumis à un cycle thermique court à 800o C. Après refroidisment une simple observation
visuelle à montré que la poudre de B2 O3 s’est transformée en un verre qui à fixé l’éprouvette
au plaque de céramique.
Cette expérience est exploratoire car les conditions de son exécution n’ont pas été suf-
fisamment rigoureuses. Elle ouvre cependant des perspectives intéressantes à condition de
maitriser l’application du B2 O3 . Il est par exemple possible d’utiliser un solvant comme
l’eau pour obtenir un dépôt maîtrisé des cristaux de B2 O3 dans les zones critiques de la
bobine encapsulée dans son ciment HT o qui lui procure de bonnes caractéristiques méca-
niques d’utiliser un autre support plus poreux pour faciliter la pénétration de la solution.
Le B2 O3 est cité à titre d’exemple, il est important d’explorer la possibilité d’utiliser d’autres
mâtereaux similaires.
Il est également possible, d’étendre les investigations expérimentales du chapitre III
montrent que les propriétés ferromagnétiques du nickel sont difficiles à maitriser car elles
dépendent du niveau de courant et de la température. Il existe d’autres possibilités pour
construire la barrière de diffusion qui protège le cuivre. Ces résultats montent qu’il est né-
cessaire d’opérer un rapprochement avec les industriels qui produisent ce type de fil et des
équipes de métallurgistes. Des alliages non magnétiques de Nickel existent, il est certaine-
ment possible de les utiliser dans les processus de fabrication existants.

138
Liste des contributions scientifiques

139
140
Articles de revues

• V. Iosif, D. Roger, S. Duchesne, and D. Malec, “Assessment and improvements of in-


organic insulation for high temperature low voltage motors,” IEEE TDEI, vol.23, no.5,
pp. 2534-2542, oct.2016.

• D. Roger, V. Iosif, and S. Babicz, “Voltage distribution in inorganic insulation windings


for high temperature motors,” Compel (accepté), 2016.

• M. Toudji, V. Iosif, S. Duchesne, G. Parent, and D. Roger, “Coupled magneto-thermal


formulation to characterize a coil composed of conduc- tors with an inorganic insula-
tion,” Compel (accepté), 2016.

• M. Roger, S. Duchesne, V. Iosif, “Magnetic characterisation of the nickel layer pro-


tecting the copper wires in harsh applications” Archives Electrical Engineering - (Pl)
2016 (accepté), 2016.

Conférences internationales

• V. Iosif, S. Duchesne, and D. Roger, “Voltage solution for high temperature coils,” in
ICD, 2016.

• V. Iosif, S. Duchesne, and D. Roger,“Voltage stress predetermination for long-life desi-


gnof windings for electric actuators in aircrafts,” in IEEE - (CEIDP) - Ann Arbor, 2015,
pp. 319–321.

• V. Iosif, D. Roger, and S. Duchesne, “Magnetic characterization of the nickel protection


layer of wires used for high temperature motors,” in XXIV Symposium on Electroma-
gnetic Phenomenain Nonlinear Circuits (EPNC), 2016.

• V. Iosif, D. Roger, S. Duchesne, and G. Velu, “Experimental characterization of the


maximum turn- toturn voltage for inorganic high temperature motor,” in Electrical
Insulation Conference EIC - Philadelphia (USA), 2014.

• V. Iosif, D. Roger, N. Takorabet, S. Duchesne, and F. Meibody-Tabar, “Technological


assessments for designing machines able to work at very high internal temperatures
(450 - 500o C),” in ICEM, 2016.

• D. Roger, V. Iosif, and S. Babicz, “Voltage distribution in inorganic insulation win-


dings for high temperature motors,” in ISEF 2015 - XVII International Symposium on
Electromagnetic Fields in Mechatronics, Electrical and Electronic Engineering, 2015.

• D. Roger, V. Iosif, and S. Duchesne, “Modélisation de l’efft de peau dans les fis nickelés
utilisés en haute température,” in CISTEM, 2016.

• M. Toudji, V. Iosif, S. Duchesne, G. Parent, and D. Roger, “Coupled magneto-thermal


formulation to characterize a coil composed of conduc- tors with an inorganic in-
sulation,” in XXIV Symposium on Electromagnetic Phenomenain Nonlinear Circuits
(EPNC), 2016.

141
Conférences nationales

• V. Iosif, “Essais préliminaires en vue de la conception de bobines inorganiques pour


des moteurs haute température,” in Journées JCGE-SEEDS, St Louis, Juin 2014.

• V. Iosif, N. Takorabet, D. Roger, S. Duchesne, and F. Meibody-Tabar, “Conception d’un


prototype de machine ultra-haute température (500o C),” in Symposium de Genie Elec-
trique (SGE 2016), 2016.

• D. Roger, S. Duchesne, G. Parent, V. Iosif, and M. Toudji, “Caractérisation électrique


haute fréquence d’un fi de cuivre possédant un revêtement de nickel,” in Symposium
de Genie Electrique (SGE), 2016.

142
Bibliographie

143
144
Bibliographie

[1] H. A. Toliyat and G. B. Kliman, Handbook of Electric Motors, crc press ed., 2004.

[2] J. Fothergill, “Ageing, space charge and nanodielectrics : Ten things we don’t know
about dielectrics,” in Solid Dielectrics, 2007. ICSD ’07. IEEE International Conference on,
pp. 1–10, July 2007.

[3] G. Stone, A. Boulter, and I. Culbert, ELECTRICAL INSULATION FOR ROTATING MA-
CHINES Design, Evaluation, Aging,Testing, and Repair. IEEE Press, 2004.

[4] A. Anton, Emaux isolants et fils émaillés. parer D 2330, Technique de l’Ingénieur, France,
2009.

[5] F. Aymonino, T. Lebey, D. Malec, C. Petit, J. Michel, A. Anton, and A. Gimenez, “De-
gradation and dielectrics measurements of rotating machines insulation at high tem-
perature (200-400 ˚c),” in Solid Dielectrics, 2007. ICSD ’07. IEEE International Conference
on, pp. 130–133, July 2007.

[6] J. Haussonne, Céramiques pour composants électroniques, techniques de l’ingénieur


e1880 ed., Juin 1996.

[7] D. Malec, V. Bley, and T. Lebey, “Investigations on dielectric breakdown of ceramic ma-
terials,” in Electrical Insulation and Dielectric Phenomena, 2005. CEIDP ’05. 2005 Annual
Report Conference on, pp. 63–66, Oct 2005.

[8] K. Zhu, Y. Mimura and M. Isshiki, Oxidation Mechanism of Copper at 623-1073K. 2002.

[9] C. K. K. Hooker, M. Hazelton and M. Tupper, “High-temperature electrical insulation


for egs downhole equipment,” in Thirty-Fifth Workshop on Geothermal Reservoir Enginee-
ring Stanford University, Stanford, California, 2010.

[10] F. Aymonino, Contribution à l’étude du comportement des systèmes d’isolation des ma-
chines tournantes à courant alternatif fonctionnant sous très hautes températures (200-
400o C). P hDthesis, U niversitT oulouseIII − P aulSabatier, 2008.

[11] J. Haiegh, “High temperature canned motor pump,” US 3192861 A,1965.

[12] C. Tedmon, “A high temperature electric motor,” Schenectady, New York, 1971.

[13] D. Cozonac, Conception d’une machine asynchrone haute température. PhD thesis, 2015.

[14] R. M. Bozorth, “Ferromagnetism, vol. 1. new jersey : John wiley & sons, pp.959„” vol.
1. New Jersey : John Wiley & Sons, pp.959, 1951.

[15] P. Brissonneau, Magnetisme et matériau maghétiques. 1997.

145
[16] N. Takahashi, M. Morishita, D. Miyagi, and M. Nakano, “Examination of magnetic pro-
perties of magnetic materials at high temperature using a ring specimen,” Magnetics,
IEEE Transactions on, vol. 46, pp. 548–551, Feb 2010.

[17] M. Takahashi, N. Morishita, D. Miyagi, and M. Nakano, “Comparison of magnetic


properties of magnetic materials at high temperature,” Magnetics, IEEE Transactions on,
vol. 47, pp. 4352–4355, Oct 2011.

[18] Soft magnetic materials and semi-finished products. in Vaccum-Schmeze GmbH data sheet,
2002.

[19] J. Cozonac, D. Lecointe, S. Duchesne, and G. Velu, “Materials characterization and


geometry of a high temperature induction machine,” 2014.

[20] K. Zhu, Y. Mimura, J. Lim, M. Isshiki, and Q. Jiang, “Brief review of oxidation kinetics
of copper at 350 c to 1050 c,” Metallurgical and Materials Transaction A vol. 37A, pp.
1231-1237, 2006.

[21] J. Emery, F. Smith, “Next generation insulation for high operating stress,” in in Procee-
dings Electrical Insulation Conference and Electrical Manufacturing & Coil Winding Confe-
rence, 2001 pp. 209-212,, 2001.

[22] K. Sawada, S. Yamada, “Method of manufacturing a coil of insulated wire,” in United


States Patent US005105531A1,, 1992.

[23] R. Owate, O. Freer, “Ac breakdown characteristics of ceramic materials journal of ap-
plied physics,” in Journal of Applied Physics, vol. 72, pp. 2418-2422,, 1992.

[24] J. Jumonji, S. Senoo, K. Ueda, S. Chabata, S. Amano, and A. Ono, “Super heat resistant
ceramic insulated wire,” in Electrical Electronics Insulation Conference, 1995, and Electrical
Manufacturing Coil Winding Conference. Proceedings, pp. 557–563, Sep 1995.

[25] P. Auerkari, “Mechanical and physical properties of engineering alumina ceramics„”


in Technical Research center of Finland ESPOO,, 1996.

[26] R. Morrell, “Handbook of properties of tecnical & engineering ceramics,” Part 1. An


introduction for the Engineer and Designer, vol. 1. London : Her Majesty’s Stationery
Office, pp.348,1985.

[27] E. Vondracek, C. Croop, “New inorganic insulation for 500 c electric equipment,” in
Transactions of the American Institute of Electrical Engineers Power Apparatus and Systems,
Part III, vol. 77, pp. 1463-1467,, 1958.

[28] I. Mizutani, Y. Tatsuki and O. Kumazawa, “Investigation of deterioration mechanism


of inorganic insulation under high temperature,” Annual Report Conference on Elec-
trical Insulation and Dielectric Phenomena, 2000 pp. 29-32 vol.1,2000.

[29] M. Ishida, Y. Ikeda, and N. Naohara, “Development of insulating system for fbr elec-
tromagnetic pump,” in Proceedings of the 4th International Conference on Properties
and Applications of Dielectric Materials pp. 471 -474 vol.2, 1994.

[30] D. Doyle, A. Sklarski, “Inorganic bonded mica paper for commutator and high-
temperature applications,” in Proceedings., Chicago ’93 EEIC/ICWA Exposition Elec-
trical Electronics Insulation Conference and Electrical Manufacturing & Coil Winding
Conference, pp. 317-321, 1993.

146
[31] T. Senoo, J. Usuki, Y. Yamada, S. Amano, and T. Tsuboi, “Ceramic insulated wire,”
Fujikura Technical Review vol. N.20, 1991.

[32] CeramaWire, “High temperature magnet wire.” TechnicalaSpecifications -


[Link]/.

[33] K. Schlupp, “500 ˚c winding wire.” Data sheet KD500 - [Link].

[34] C. groupe Plastec, “Cerafil500 - isolation céramique très haute température.” Fiche
technique - [Link]/.

[35] vonroll, “Mica-taped wires samicafirewall.” [Link].

[36] “Super heat resistance magnet wire,” tech. rep., Unimac Ltd.

[37] S. Savin, D. Roger, and V. Velu, “Compte rendu des tests sur les fils cew et dgcew,”
LSEE, SAFRAN.

[38] Ruban Cetaver. fabricant [Link].

[39] “Fibres textiles haute temperature,” tech. rep., fabricant FINAL MATERIALS.

[40] “Papier céramique 300. 1400-1700 degrés,” tech. rep., fabricant Cotronics.

[41] “The coblasam product range,” tech. rep., fabricant VON ROLL.

[42] “Mica muscovite-isolant thermique,” fabricant MICEL isolants & films.

[43] J. Liu and M. Walmer, “Thermal stability and performance data for smco 2 :17 high-
temperature magnets on ppm focusing structures,” Electron Devices, IEEE Transactions
on, vol. 52, pp. 899–902, May 2005.

[44] W. Rodewarld and O. Katter, Properties and applications of high performances magnets. in
VaccumSchmeze GmbH, 2004.

[45] L. Burdet, “Active magnetic bearing design and characterization for high characte-
rization for high temperature applications,” Thèse, Section de microtechnique, Ecole
Polytechnique Fédérale de Lausanne, Lausanne, 2006.

[46] L. Dalzell, J. Jan, and W. Wyk. US Patent 3,206,264, 1960.

[47] H. Sliney, Solid lubricant materials for high temperaturesa review. Tribology International,
vol. 15, no. 5, pp. 303–315, Oct. 1982.

[48] Roulement, “Beijing rkf mechanical & electrical equipment co., ltd.,” Beijing RKF Me-
chanical & Electrical Equipment Co., Ltd. Beijing , China.

[49] “Roulements hautes temperatures 450 degrés,” http ://[Link].

[50] “Bearings for high-temperature environments,” http ://[Link]/.

[51] “Disulfure de tungstène ws2,” http ://[Link]-


[Link].

[52] Roopnarine, “Motor for high temperature applications,” US Patent, US20120025636,


2010.

147
[53] G. Stone, E. Boulter, and I. Culbert, “Electrical insulation for rotating machines, design,
evalutation, aging , testing , and repair,” in Piscataway, New Jersey : A John Wiley & Sons,
Inc., Publication,, 2004.

[54] Hitachi, “Selection and use directions for magnet wires,” Cable Materials Company,
Hitachi Metals Ltd.

[55] L. Schanler, J. Nelson, and C. Calebrese, “High temperature breakdown strength and
voltage endurance characterization of nanofilled polyamideimide,” IEEE Trans. on
Dielectr. Electr. Insul., vol. 19, no 6, pp. 2090-2101, 2012.

[56] L. Fang, I. Cotton, and Z. Wang, “Insulation performance evaluation of high tempera-
ture wire candidates for aerospace electrical machine winding application,” 2013.

[57] J. Ho and T. Jow, “Effect of crystallinity and morphology on dielectric properties of


peek at elevated temperature,” in Solid Dielectrics (ICSD), 2013 IEEE International Confe-
rence on, pp. 385–388, June 2013.

[58] A. Hoang, Y. Serdyuk, and S. Gubanski, “Electrical characterization of a new enamel


insulation,” IEEE Trans. on Dielectr. Electr. Insul., 2014.

[59] F. Aymonino, T. Lebey, D. Malec, C. Petit, J. Saint Michel, and A. Anton, “Dielectrics
measurements of rotating machines insulation at high temperature (200-400 ˚c),” in
Electrical Insulation and Dielectric Phenomena, 2006 IEEE Conference on, pp. 740–743, Oct
2006.

[60] H. Mitsui, “Progress in japan in electrical insulation at high temperatures,” Electrical


Insulation Magazine, IEEE, vol. 12, pp. 16–27, May 1996.

[61] U. Takayoshi, E. [Link], I. Tuboi, and S. Kubota, “Heat resistant electrically insulated-
ted wires,” US Patent UP4342814, 1982.

[62] I. Timoshkin, R. Fouracre, S. Macgregor, M. Given, and T. Starke, “Dielectric evalua-


tion of ceramic insulated wires,” in Solid Dielectrics, 2007. ICSD ’07. IEEE International
Conference on, pp. 688–690, July 2007.

[63] J. Senoo, T. Usuki, Y. Yamada, S. Amano, and T. Tsuboi, “Ceramic insulated wire,”
Fujukura technical rewiew, vol. 20, 1991.

[64] “Cei 60317 - spécifications pour types particuliers de fils de bobinage.”

[65] V. Mihaila, Nouvelle conception des bobinages statoriques des machines à courant alternatif
pour réduire les effets négatifs des dV/dt. PhD thesis, LSEE-Université d’Artois, 14 dé-
cembre 2011.

[66] K. C. Kao, ELECTRIC PHENOMENA IN SOLIDS With Emphasis on Physical Concepts of


Electronic Processes. Elsevier, 2004.

[67] “En 60172 - méthode d’essai pour la détermination de l’indice de température des fils
de bobinage émaillés,” 1994.

[68] V. Iosif, “Essais préeliminaires en vue de la conception de bobines inorganiques pour


des moteurs haute température,” JCGE Saint-Louis, 2014.

[69] F. Koliatene, Contribution à l’étude de l’existence des décharges dans les systèmes de l’avio-
nique. PhD thesis, Laplace - Université Paul Sabatier, Toulouse, 2009.

148
[70] “Cei 60270 - high-voltage test techniques, partial discharge measurements.”

[71] S. Savin, Nouvel indicateur de vieillissement de l’isolation inter-spires des machines électriques
utilisées en aéronautique. PhD thesis, LSEE - Université d’Artois, 25 juin 2013.

[72] PBI, High temperature insulating material nephalit 11. Data sheet -
[Link]/produits/papiers-et-cartons.

[73] Flourinert, “Electronic liquid fc-72,” 3M Speciality Materials.

[74] M. Decup, Impact des procédés industriels de traitement sur les propriétés diélectriques des
substrats d’Alumine utilisés dans les modules de commutation haute tension. PhD thesis,
2010.

[75] V. Iosif, D. Roger, S. Duchesne, and G. Velu, “Experimental characterization of the


maximum turn- to-turn voltage for inorganic high temperature motor,” in Electrical
Insulation Conference EIC - Philadelphia (USA), 2014.

[76] P. Mosley, K. Gumley, “Determination of safe working 50 hz ac electrical stresses for


ceramics at high temperatures,” IEE Proceedings on Science Measurement and Tech-
nology, vol. 143, no.6, pp. 406- 412, 1996.

[77] V. Iosif, D. Malec, S. Duchesne, and D. Roger, “Limites en tension et phénomènes de


décharges pour les fils céramiques associés aux imprégnants haute température.” Li-
vrabble du projet ACCITE, Mars 2014.

[78] J. Purhonen, T. Jokinen, and V. Hrabovcova, Design of rotating electrical machineS. John
Wiley and Sons, 2008.

[79] D. Gerada, A. Mebarki, and C. Gerada, “Optimal design of a high speed concentra-
ted wound pmsm,” in Electrical Machines and Systems, 2009. ICEMS 2009. International
Conference on, pp. 1–6, Nov 2009.

[80] “Câbles, électriques, mono et multiconducteurs d’usage général - températures de


fonctionnement comprises entre - 55 deg. c et 260 deg. c.”

[81] V. Iosif, S. Duchesne, and D. Roger, “Voltage stress prediterminaition for long-life de-
sign of windigs for electric actuators in aircrfts,”

[82] L. Li, Stress effects on ferromagnetic materials- investigation of stainless steel and nickel. PhD
thesis, Iowa State University - USA, 2004.

[83] “Méthode de détermintion des caractéristiques des tôles magnétiques avec un cadre
epstein de 25 cm.”

[84] L. Néel, Propriétés magnétiques du nickel pur à proximité du point de Curie. Faculté des
Sciences de Strasbourg, Submited on 1 Jan 1935.

[85] J. Perez and R. Carles, “Electromagnétisme fondements et applications,” Masson, 1990.

[86] C. Schulz, D. Roger, S. Duchesne, and J. Vincent, “E.m.f. between magnetic transformer
sheets : theoretic aspects,” in Conference ISEF - Arras (France), 2009.

[87] S. Bielawski, J. Duchesne, D. Roger, C. Demian, and T. Belgrand, “Contribution to the


study of losses generated by interlaminar short-circuits,” Magnetics, IEEE Transactions
on, vol. 48, pp. 1397–1400, April 2012.

149
[88] M. Sadiku, “Numerical techniques in electromagntics with matlab,” - Third edition,
CRC press, 2009.

[89] “User’s guide. agilent e4980a precision lcr meter,” http ://[Link]/en/pd-
715495-pn-E4980A/precision-lcr-meter-20-hz-to-2-mhz ?nid=-
34124.536908436&cc=FR&lc=fre, 2012.

[90] J. Pyrhonen, T. Jokien, and V. Hrabovcova, “Design of rotating electrical machines,”


John Wiley & Sons -2008.

[91] TEKTRONIX, “Sonde d’oscilloscope, 500 mhz, sonde passive haute tension, 2.5 kv,
100 :1,” TEKTRONIX P5100A.

[92] J. Moeneclaey, Méthode de conception des bobinages des actionneurs électriques adaptés aux
nouvelles contraintes de l’avionique. PhD thesis, LSEE - Béthune, 23 Fev. 2015.

[93] D. Roger, O. Ninet, and S. Duchesne, “Wide frequency range characterization of rota-
ting machine stator-core lamination,” The European Physical Journal, 2003.

[94] D. Roger, V. Iosif, and S. Babicz, “Voltage distribution in inorganic insulation windings
for high temperature motors,” in ISEF 2015 - XVII International Symposium on Elec-
tromagnetic Fields in Mechatronics, Electrical and Electronic Engineering, 2015.

150
151
Conception et mise au point des bobines inorganiques pour des actionneurs électriques
capables de travailler aux températures extrêmes.

Résumé :
Le point faible des machines électriques est le Système d’isolation Electrique (SIE) de
leurs bobinages. Les meilleures solutions actuelles sont basées sur des polymères, elles as-
surent des durées de vie supérieures à 20000h lorsque la température au point le plus chaud
du bobinage ne dépasse pas 240o C. Par conséquent, la nature organique du SIE des ma-
chines électriques constitue un verrou technologique pour accéder aux températures plus
élevées très demandées dans l’aéronautique, pour fabriquer les générateurs électriques plus
puissants proches réacteurs par exemple. Les travaux de recherche présentés ont pour but
d’étudier le possibilité de construire les bobinages des machines électriques hautes tem-
pérature (HT o ) avec des isolants inorganiques qui permettent de travailler durablement
à 500o C. Les conséquences du saut technologique important vers les températures élevé
sont analysées en détail notamment sur les aspects magnétiques provoqués par la présence
d’une barrière de diffusion en Nickel ajoutée au fil de cuivre pour éviter son oxydation
aux températures élevées. La première partie de la thèse est consacrée à la mise au point
d’un système d’isolation électrique totalement inorganique qui permet de lever le verrou
technologique lié à la présence de polymères dans les SIE classiques. La seconde partie est
consacrée à l’étude des distributions de la tension entre les spires du bobinage HT o lorsque
la machine est alimentée par un convertisseur électronique moderne de l’aéronautique qui
impose des fronts de tension très raides.
Mots-clés : Bobines inorganiques, actionneurs électriques, températures extrêmes.

Design and development of inorganic coils for electric actuators able to work at extreme
temperatures.

Abstract :
The weak point of electrical machines is the Electrical Insulation System (EIS) of their
windings. The best current solutions are based on polymers, they provide lifetimes over
20000h when the temperature at the hottest point of the windings does not exceed 240o C.
Consequently, the organic nature of the electric machines EIS represents a technological
lock for operating at higher temperatures that have many applications in aeronautics, for
designing larger electric generators located near the propulsion turbines for instance. The
main goal of the research works presented consist in studying the possibility of building the
windings of high-temperature electrical machines (HT o ) with inorganic EIS which make
it possible to work durably at 500o C. The consequences of this technological leap towards
high temperatures are analyzed in detail. A large part is devoted to magnetic aspects caused
by the presence of a diffusion barrier made of nickel added to the copper wire to avoid
oxidation at high temperatures. The first part of the thesis is devoted to the development
of a fully inorganic electrical isolation system, which allows to overcome the technological
lock due to the presence of polymers in conventional solutions. The second part is devoted
to the study of the voltage distribution between the turns of the HT o coil when the machine
is powered by a modern electronic converter of aeronautics that imposes very steep voltage
fronts.
Keyword : Inorganic coils, electric actuators, extreme temperatures.

Vous aimerez peut-être aussi