Extrait 42261210
Extrait 42261210
III
Cet ouvrage fait par tie de
Réseaux électriques et applications
(Réf. Internet ti302)
composé de :
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IV
Cet ouvrage fait par tie de
Réseaux électriques et applications
(Réf. Internet ti302)
Alain DOULET
Directeur Prospective à la Direction Réseau et patrimoine d'ERDF, Ancien
Directeur réseau d'ERDF (EDF Réseau Distribution)
Jean-Paul HORSON
Ingénieur de l'Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs Electriciens de
Grenoble, Ancien Attaché auprès du Directeur technique Electricité d'EDF-
Distribution
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V
Les auteurs ayant contribué à cet ouvrage sont :
Pierre BACHER
Pour les articles : D4003 – D4004
Jean BERGOUGNOUX
Pour l’article : D4007
Pierre BORNARD
Pour l’article : D4000
Alain DOULET
Pour l’article : D4000
André LALLEMAND
Pour l’article : D4002
Pierre LAVY
Pour les articles : D4008 – D4009
Jacques MAUNAND
Pour l’article : D4001
Éric MOUGIN
Pour l’article : D4920
Bernard MULTON
Pour les articles : D4005 – D4006
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VI
Généralités sur les réseaux électriques
(Réf. Internet 42261)
SOMMAIRE
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VII
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Généralités sur les réseaux électriques
(Réf. Internet 42261)
1
1– Généralités sur l'économie des systèmes électriques Réf. Internet page
2– Production d'électricité
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1
10
Référence Internet
D4000
Réseaux électriques
Avant-propos
1
par Alain DOULET
Ancien directeur réseau d’ERD (EDF Réseau distribution)
et Pierre BORNARD
Vice-président du directoire
Directeur général délégué de RTE (Réseau de transport d’électricité)
11
1
12
Référence Internet
D4007
Le secteur électrique :
du monopole à la concurrence
1
par Jean BERGOUGNOUX
Directeur Général honoraire d’Électricité de France
conditions d’accès des tiers aux réseaux des opérateurs historiques n’aient été
définis, s’engagea une intense concurrence entre les producteurs en place pour
conquérir ou fidéliser la clientèle des consommateurs « éligibles », c’est-à-dire
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique D 4 007 − 1
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Référence Internet
D4007
1. Organisation traditionnelle abondante et bon marché produite par les usines hydrauliques
qu’en s’implantant au plus près de ces ressources dans les vallées
du secteur électrique des massifs montagneux.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
D 4 007 − 2 © Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique
14
Référence Internet
D4920
production.
15
Référence Internet
D4920
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Référence Internet
D4920
tion que les pouvoirs publics ont choisi de soutenir, tels que la
3. Coûts à couvrir cogénération ou les énergies renouvelables ;
par les tarifs réglementés – le coût des dispositions sociales.
Concernant les surcoûts de production, certains acteurs du sys-
tème électrique français (EDF ou les distributeurs non nationalisés)
■ Décomposition des tarifs achètent aux producteurs concernés par le dispositif leurs produc-
Les tarifs forment les recettes qui sont censées couvrir des coûts tions à un prix fixé par les pouvoirs publics. En parallèle, la CSPE
générés par : est collectée par les fournisseurs ou les gestionnaires de réseau
– l’acheminement (transport et distribution) : c’est-à-dire les
coûts afférents au transport (réseau de RTE, de tension généra-
lement supérieure à 63 kV) et à la distribution (réseau de tension
auprès des clients finaux en France et reversée à la Caisse des
dépôts et consignations, qui ensuite reverse trimestriellement aux
acheteurs ci-dessus la part représentant le surcoût à couvrir.
1
inférieure à 63 kV) de l’électricité, plus un certain nombre d’inter- Chaque année, la CRE propose un montant unitaire pour la
ventions, comme par exemple la relève ; CSPE qui est payé par tous les consommateurs finaux en fonction
– la « contribution tarifaire sur l’acheminement » (CTA) ; des estimations de prix de marché.
– la commercialisation et la gestion de la clientèle ; c’est-à-dire
les coûts générés par l’information au public et la gestion du
contrat, par la promotion de l’efficacité énergétique ou les certifi-
cats d’économie d’énergie, etc. ;
– les coûts de production : coûts de combustible, de fonction-
4. Coûts marginaux : concepts
nement et d’investissement-démantèlement des centrales de pro- et calculs pratues
duction d’électricité.
Pour un profil de consommation donné, les coûts de production
peuvent être aussi décomposés principalement en : 4.1 Définitions générales en économie
– ruban : coût d’une fourniture constante toute l’année, il est
indépendant du profil ; Dans le cas le plus simple (produit unique et homogène), le co:
– facteur de forme : coût de la forme spécifique moyenne du marginal est égal au coût à engager pour produire une unité sup-
profil de consommation sous-jacent, il peut être positif si la majo- plémentaire d’un bien.
rité de la consommation du profil se place pendant les heures les Dans le cadre de l’analyse marginaliste, en concurrence pure et
plus chères (hiver, heures pleines) ou négatif si la majorité de la parfaite et avec un comportement de maximisation des acteurs, la
consommation du profil se place pendant les heures les moins vente au coût marginal permet de maximiser le surplus global.
chères (été, heures creuses) ; Le schéma de la figure 1 illustre intuitivement ce propos.
– aléa climatique : ceci mesure la corrélation entre la déforma-
tion du profil de consommation et celle des coûts du fait des aléas La courbe de demande (respectivement d’offre) correspond à la
de température. quantité demandée (offerte) par ordre décroissant (croissant) d’uti-
lité (de coût, donc avec des rendements décroissants). Le surplus
Ces différentes composantes s’additionnent. global est égal à la somme des deux aires bleue et grise sur le
La « contribution au service public de l’électricité » (CSPE, qui schéma.
sera détaillée ci-dessous), les taxes locales sur l’électricité et la Le coût de la dernière unité à produire est égal au coût marginal.
taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sont payées en sus par le consom-
mateur d’électricité. D’après ce schéma, il est possible de voir que le prix déterminé
par le croisement entre la courbe de demande et la courbe d’offre
■ Part réseau maximise le surplus global. En effet, si le prix est supérieur, la
Historiquement, la structure des coûts de la part acheminement perte d’utilité du consommateur liée à la restriction de sa consom-
dépendait des coûts d’investissement et des pertes liés à la mation n’est pas compensée par le gain du producteur lié à sa
consommation d’un kilow att supplémentaire en tenant compte de marge supplémentaire. Inversement, si le prix est inférieur, le pro-
l’effet d’échelle croissant caractérisant les réseaux électriques. ducteur vend à perte une partie de sa production (surplus négatif),
cette perte n’étant pas compensée par le gain d’utilité du consom-
Elle était donc horo-saisonnalisée au gré des pointes de mateur.
consommation.
Le schéma de la figure 1 est défini dans un cadre statique et ne
Désormais, la structure de coût retenue pour la part réseau est permet cependant pas une analyse des marges des producteurs.
déterminée par le « tarif d’utilisation des réseaux publics
En prenant en compte le système de production, il est possible
d’électricité » (TURPE) qui est proposé par la CRE, agréé par les
de faire une analyse en dynamique de l’équilibre offre-demande,
pouvoirs publics et publié au Journal officiel du 6 octobre 2005.
toujours dans le cadre d’une concurrence pure et parfaite.
Le TURPE, appliqué depuis 2006, est décrit dans l’annexe de la
« décision du ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie
du 23 septembre 2005 » approuvant les tarifs d’utilisation des
réseaux publics de transport et de distribution d’électricité. Coût/prix
Dans la suite, la structure de coût de l’acheminement sera une
Offre
donnée (définie par le TURPE en vigueur). De ce fait, l’attention
sera portée sur les coûts de production, puis le passage des struc-
tures de coûts aux grilles tarifaires sera expliqué.
Prix
■ Contribution au service public de l’électricité, CSPE
d’équilibre
La CSPE participe au financement de la politique de service
public de la France, en couvrant : Demande
– les surcoûts de production dans les zones non interconnectées
par rapport aux recettes réglementées ; Quantité
– les surcoûts par rapport à des prix de gros sur les marchés
organisés en France de certaines catégories de moyens de produc- Figure 1 – Éq
uilibre partiel
17
Référence Internet
D4920
1
Surprofit
Demande
demande supplémentaire constante sur toute l’année (ruban
annuel), en passant par toutes les décompositions possibles.
Quantité
Ainsi, le calcul des coûts marginaux pour un système électrique
nécessite l’utilisation de notions, méthodes et modèles dérivés du
Figure 2 – Équilibre à court terme sans modification du système
cas général mais adaptés à un cas très spécifique.
de production Notamment, la théorie de la vente au coût marginal doit être
généralisée au cas d’une entreprise produisant plusieurs biens, ce
qui correspond, dans le cas de l’électricité, à la consommation à
différents moments de l’année.
Coût/prix
De même, il est possible de la généraliser au cas où les condi-
Coût
marginal tions de production et de demande sont soumises à des aléas.
L’optimum serait alors obtenu pour une tarification qui permette
de stipuler par contrat avec les clients la quantité fournie et le prix
Coût de vente (égal au coût marginal correspondant) pour chacune des
moyen
Prix réalisations possibles des aléas d’offre et de demande. De tels
contrats supposent :
Demande – qu’il soit possible d’envisager de façon exhaustive l’ensemble
des éventualités concernant les aléas d’offre et de demande ;
Quantité – qu’il n’y ait pas de discordance entre offreur et demandeur ;
– qu’il soit possible de connaître, pour chaque réalisation des
Figure 3 – Équilibre à long terme avec modification du système aléas, la demande des clients en fonction du prix.
de production Ces généralisations de la théorie de l’optimum économique
trouvent, dans la pratique, leurs limites pour l’analyse de la régula-
tion d’un système offre-demande d’électricité, en raison du carac-
À court terme, sans optimisation du système de production, tère non applicable des hypothèses sur lesquelles elles reposent.
l’équilibre offre-demande est schématisé sur la figure 2, le coût Ainsi, il est impossible de donner au kilowattheure un prix diffé-
marginal ne dépend alors que des coûts proportionnels des rent pour chaque heure de l’année et pour chaque réalisation des
moyens de production. aléas d’offre et de demande, compte tenu des coûts prohibitifs
Dans ce cas, les producteurs font un surprofit, c’est-à-dire qu’ils d’information et des problèmes de faisabilité en terme de
ont une rémunération dépassant un seuil jugé « normal » étant comptage qu’un tel système de prix impliquerait.
donné le risque du secteur d’activité. La tâche de la tarification est alors, au-delà de la problématique
Cette situation incite de nouveaux producteurs à rentrer sur le des ressources financières nécessaires pour assurer l’exploitation
marché avec les dernières technologies (a priori les plus efficaces), à long terme, de porter un signal de prix qui reste simple tout en
ce qui modifie la courbe d’offre. À long terme (c’est-à-dire avec agissant au mieux pour l’efficacité de la régulation du système
modification du système de production), le système trouve un offre-demande.
nouvel équilibre schématisé par la figure 3. De plus, le coût margi-
nal intègre l’ensemble des coûts engagés pour satisfaire une
demande supplémentaire d’une unité. 4.3 Calcul des coûts marginaux
Ainsi, en considérant la modification du système de production, pour la tarification
le surprofit devient nul. Le système est alors dans un état d’opti-
mum global, avec un coût minimal étant donné les caractéristiques 4.3.1 Coûts marginaux, éléments
de la demande. de l'optimisation du système
Attention, cela ne signifie pas que les profits sont nuls, car les L’électricité étant un bien pratiquement impossible à stocker en
profits normaux sont inclus dans le coût moyen. grande quantité, toute la chaîne production – transport – distribu-
Cela montre l’intérêt de la vente au coût marginal de long terme tion doit permettre une adaptation permanente entre l’offre et la
dans un cas simple. demande.
Sans entrer dans le détail de la définition et du calcul des coûts
marginaux (qui seront définis dans le paragraphe 4.3.2), il est pos-
4.2 Cas de l'électricité sible d’indiquer dès à présent que, pour obtenir le même coût mar-
ginal à toute heure, il faudrait que la même centrale « marginale »
Les explications ci-dessus s’appliquent pour un système produc- (schématiquement la centrale de coût proportionnel le plus impor-
tif simple constitué d’un seul produit (une demande et une offre) et tant) soit appelée à toute heure. Or, étant donné les caractéristiques :
un système de production dédié. – des centrales : répartition entre coûts fixes et coûts variables
Dans le cas de l’électricité, la problématique est plus complexe car : différenciant nettement les moyens de production en fonction de
– la demande se présente sous la forme d’une courbe de charge la durée de fonctionnement entre base et pointe ;
et peut donc être décomposée en une multitude de demandes – de la consommation : très fluctuante dans le temps,
différentes. Par exemple, 8 760 points pour une décomposition il n’est optimal ni de faire fonctionner uniquement des moyens de
horaire de la courbe de charge, chaque heure de l’année étant base pour approvisionner une demande fluctuante (sans parler des
considérée comme différente ; problèmes techniques que cela poserait) ni de faire fonctionner un
18
Généralités sur les réseaux électriques
(Réf. Internet 42261)
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2
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Référence Internet
D4001
Production d’électricité
par turbine à gaz
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© Techniques de l’Ingénieur D 4 001 − 1
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Référence Internet
D4001
2 FAR
H J/kg
rapport de mélange (débit
carburant/débit d’air)
enthalpie
l’électricité produite : le rendement de l’installation et donc celui de
la turbine à gaz est primordial. Il est calculé par :
η turb = Pshaft /mgaz PCI (1)
HR kJ/kWh heat rate ou rendement énergétique
(ISO 11086) Sa connaissance nécessite donc la mesure du PCI du
l m longueur combustible par prélèvement ou indirectement par la composition
du combustible mesurée par chromatographie. Souvent, plutôt
L luminosité
que le rendement, le heat rate, HR, est employé. Il se définit par la
m kg/s débit quantité d’énergie apportée par le gaz pour produire un kWh (unité
M kg/mol masse molaire kJ/kWh) soit :
N tr/min vitesse de rotation HR = mgaz PCI /3 600 Pshaft (2)
p Pa pression
P W puissance Classification et modes d’utilisation des turbines à gaz
PCI J/kg pouvoir calorifique inférieur d’un Les turbines à gaz se sont développées en parallèle des turbo-
combustible réacteurs d’avion qui ont une technologie fort semblable :
T K température même date de naissance puisque 1942 a vu le premier cycle
combiné et 1944 les premiers avions à réaction et les mêmes
V m3 volume
évolutions vers l’accroissement des températures et pressions
η rendement internes. Un turboréacteur est même facilement adapté à la pro-
ε émissivité duction d’électricité et une famille de ces machines s’appelle les
« aérodérivatives » : leur poids est plutôt faible, leur main-
Φ W/m2 flux de chaleur
tenance modulaire et leur rendement excellent avec une faible
σ 5,67 10–8 W/ constante de Stefan-Boltzman température des gaz à l’échappement. Les aérodérivatives sont
(m2 · K4) bien adaptées pour la cogénération d’électricité et de vapeur,
γ rapport des chaleurs massiques à mais restent fragiles. Leur puissance maximale est de 50 MWe
volume et pression constantes (figure 1).
[CO2] kg/kg fumées concentration en dioxyde de À l’opposé se situent les « Heavy Duty » turbines mono-arbre
carbone aux carters épais, robustes, de rendement plus faible, mais
mieux adaptées à la production électrique en cycle combiné.
Leur gamme de puissance va d’environ 30 MWe à près de
300 MWe. Au-dessous en puissance, se situent les turbines
Liste des indices industrielles dont la gamme de puissance va de 1 à 50 MWe.
Les modes d’installation et d’exploitation des turbines à gaz
pour la production d’électricité vont dépendre des besoins
0 entrée turbine à gaz
auxquels les installations devront répondre :
air air alimentant la turbine à gaz
comp compresseur — pour une production de base à puissance constante ou en
cool échangeur diminuant la température de l’air de suivi de charge (2 pointes journalières à pleine puissance et mi-
refroidissement puissance entre les deux), le cycle combiné s’impose (figure 2).
E entrée d’un composant (ex : Ecomp entrée Pour les plus fortes puissances, le rendement d’un cycle
compresseur) combiné dépasse 58 % et s’améliore toujours ;
eau eau injectée au niveau de la chambre de — pour une production en effacement de pointe, soit quelques
combustion heures de fonctionnement par démarrage, une turbine à gaz en
échap échappement cycle simple suffit. Le rendement de l’installation est plus faible
fl flamme (3 définitions possibles (§ 2.1)) (environ 30 à 36 % en proportion de la puissance). Le cycle à récu-
gaz combustible pération est un moyen pour de faibles puissances d’augmenter
is isentropique d’environ 10 points le rendement par recueil des calories à
P paroi l’échappement et chauffage de l’air sortie compresseur (figure 3) ;
pertshaft pertes sur arbre — les sites industriels importants ont besoin de différentes
pol polytropique formes d’énergie, très fréquemment vapeur et électricité. Pour
ref refroidissement (débit prélevé sur le satisfaire ce besoin, les cogénérations ont été développées.
compresseur pour refroidir les parties chaudes) L’énergie résiduelle à forte température en sortie de la turbine
S sortie d’un composant (ex : Scomp sortie à gaz est récupérée dans une chaudière, comme pour un cycle
compresseur) ; combiné, et la vapeur est ensuite délivrée au site industriel soit
shaft arbre directement, soit après détente dans une turbine à contre
turb turbine pression pour fournir un supplément d’électricité.
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D 4 001 − 2 © Techniques de l’Ingénieur
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Référence Internet
D4001
Rendement
Nota : le monde anglo-saxon emploie l’unité Btu/kWh pour le heat rate avec une valeur 60 Cycle combiné
plus faible de 1,054 8 suffisamment proche pour être source de confusions.
Si la valeur du rendement est accessible sur une installation, son 50
interprétation est difficile, car dépendante des conditions de Aérodérivative
fonctionnement de l’installation (§ 1.3). Aussi faut-il d’abord mieux 40 Cycle à récupération
comprendre comment fonctionne une turbine à gaz avant
d’essayer d’interpréter les évolutions du rendement. Cycle simple
30
Fumées
Chaudière
de récupération
Économiseur BP
Configuration du schéma
Figure 2 – Installation d’une turbine à gaz en cycle combiné à deux niveaux de pression de vapeur d’eau (cycle combiné)
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Référence Internet
D4001
Régénérateur
Gaz chauds
Combustible
CC
Air ambiant
Compresseur Turbine Alternateur
Combustion
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D 4 001 − 4 © Techniques de l’Ingénieur
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Référence Internet
D4002
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Référence Internet
D4002
avec W énergie mécanique échangée entre le système Σ et avec T température (exprimée en kelvins, K),
son milieu extérieur ME (figure 1),
S entropie qui apparaît ainsi comme étant la variable
Q quantité de chaleur échangée exprimée dans les extensive liée à la chaleur. Comme toutes les
mêmes unités (joules ou J, dans le système variables extensives, elle ne dépend que de l’état
international). du système. En particulier, lorsqu’un système
On adopte la convention de signe suivante : évolue de manière cyclique (mêmes états final et
initial), sa variation d’entropie est nulle.
– les énergies sont comptées positivement si le système reçoit
de l’énergie ; Par ailleurs, des considérations expérimentales simples
– elles sont comptées négativement si le système fournit ces montrent que toute évolution d’un système nécessite d’avoir des
énergies. gradients des grandeurs intensives :
Lorsque la transformation est ouverte de 1 à 2 (état final 2 du – un transfert de chaleur ne peut avoir lieu que s’il y a une diffé-
système différent de son état initial 1) la somme des énergies rence de température (variable intensive) entre les deux corps ;
mises en jeu n’est plus nulle : elle est égale à la variation de l’éner- – un écoulement de fluide ne peut avoir lieu que s’il y a une dif-
gie interne U du système : férence de pression (variable intensive) entre deux sections de
l’écoulement, etc.
(2)
De plus, on constate que le transfert ne se fait naturellement que
L’énergie interne est une fonction d’état : elle ne dépend que dans un seul sens : de la zone à haute valeur intensive vers la zone
de l’état du système. à faible valeur intensive, jamais dans l’autre sens. Ce trans-
Dans les moteurs thermiques, la conversion d’énergie ther- fert, irréversible, nécessaire aux activités humaines, a comme
mique/mécanique est toujours réalisée par l’intermédiaire corollaire une création d’entropie. Un exemple très simple
d’un fluide [BE 8 020] : gaz, liquide ou vapeur qui traverse le illustre cela (figure 2). Un corps à température T1 donne une quan-
moteur ou une partie du moteur. Sur le plan thermodynamique, ce tité de chaleur δQ à un corps plus froid, à la température T2.
fluide constitue le « système thermodynamique » évoqué ci-des- L’application de l’équation (2) à chacun des deux corps donne :
sus.
(6)
26
Référence Internet
D4002
T T
a Qa > 0
1
Q12 Qb > 0
S1 S2 S S 2
Figure 3 – Quantité de chaleur échangée au cours d’une évolution 1-2, Figure 4 – Cycle quelconque d’évolution d’un fluide conduisant à un
puis au cours d’un cycle travail moteur
27
2
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D4003
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Référence Internet
D4003
Circuit Circuit
Cycle direct primaire secondaire
Générateur
Réacteur Turboalternateur Réacteur Turboalternateur
de vapeur
Source Source
froide froide
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30
Référence Internet
D4003
La chaudière, enfin, est contenue dans une enceinte résistant aux retour à la puissance nominale est par contre soumis à certaines
pressions et aux températures normales ou accidentelles. Cette conditions, liées au comportement du combustible qui subit l’essen-
enceinte est généralement en acier pour les réacteurs à eau ou à tiel des contraintes dues à ces variations de charge. Globalement, le
métal liquide, mais peut être en béton précontraint pour les chau- parc nucléaire français s’est parfaitement adapté aux contraintes
dières de grandes dimensions utilisant un caloporteur gaz. imposées par le réseau, et vice versa.
1.3 Système de production d’électricité Aux débuts de l’exploitation de l’énergie nucléaire, les choix
étaient dictés par les disponibilités des matières fissiles : dans les
années 1940 aux États-Unis et au Canada, et 1950 en France et en
Le système de production d’électricité est toujours un turboalter- Grande-Bretagne, seul l’uranium naturel étant disponible, les choix
nateur, la turbine étant entraînée soit par le fluide primaire (gaz ou de modérateurs se portèrent vers des matériaux légers peu
eau), soit par le fluide secondaire (eau). La source froide peut être absorbants :
soit l’air (dans le cas des turbines à gaz simples), soit, le plus sou- — le graphite (pile de Chicago en 1942, réacteurs de production
vent, l’eau (turbines à gaz avec cycle vapeur combiné, turbines à de plutonium, puis réacteurs électrogènes anglais et français) ;
vapeur). Lorsque les capacités de refroidissement de la source — l’eau lourde.
froide sont insuffisantes, on ajoute un réfrigérant atmosphérique. L’enrichissement de l’uranium naturel en 235U dans les usines de
séparation isotopique et la production de plutonium dans les pre-
miers réacteurs ont très largement ouvert les combinaisons possi-
bles, et les années 1950 virent une floraison d’idées dans un
1.4 Interface avec le réseau « monde nucléaire » comportant encore plus de chercheurs que
d’industriels. À côté de la poursuite du développement industriel
des réacteurs à graphite et à eau lourde, de nombreux réacteurs
Les centrales nucléaires de production d’électricité ont toujours, furent construits soit pour disposer de sources importantes de neu-
pour des raisons économiques, une puissance électrique élevée trons, notamment pour tester le comportement des matériaux sou-
(150 à 1 500 MW). Elles sont donc toujours raccordées au réseau mis à bombardement neutronique, soit en vue de rechercher les
haute tension. meilleures combinaisons de matériaux. Nous ne pouvons pas les
Lorsque l’énergie nucléaire contribue de façon modeste à la pro- citer tous ici, mais il est intéressant de noter quelques combinaisons
duction d’électricité, la ou les centrales nucléaires fonctionnent (encadré 1) a priori prometteuses, mais qui ont été abandonnées
généralement à plein régime, en régime continu. Seul les régula- soit pour des raisons techniques, soit en raison de leur complexité
tions de l’alternateur contribuent à la stabilité du réseau, sans relative limitant les perspectives économiques. Certains de ces
répercussions sur la puissance de la chaudière. C’est le cas dans de concepts sont en effet « revisités » aujourd’hui, comme nous le
nombreux pays européens et, en général, aux États-Unis et au verrons dans l’article [D 4 004].
Japon. Un aperçu des projets électrogènes (quelques mégawatts) réa-
En France, où l’énergie nucléaire fournit 80 % de l’électricité, la lisés au cours de cette première période, qui s’est pratiquement
décision a été prise de faire participer les centrales nucléaires à la achevée au cours des années 1960, est donné dans l’encadré 2. Il est
régulation de fréquence, de tension et de puissance totale. Outre les remarquable que, moins de 15 ans après la découverte de la fission,
régulations propres de l’alternateur, la puissance fournie par la les premières applications électrogènes aient vu le jour. Ce dévelop-
chaudière peut varier rapidement (quelques secondes) de ± 5 % pement extrêmement rapide a été ponctué en 1955 par l’appel du
autour de la puissance nominale (en contrepartie, cette dernière doit Président Eisenhower, « ATOMS FOR PEACE », qui appelait le
être fixée 5 % plus bas que la puissance maximale autorisée). La monde à utiliser pacifiquement cette forme d’énergie et, simultané-
chaudière peut également assurer le « suivi de charge » et, par ment, déclassait un très grand nombre de documents jusque là
exemple, réduire sa puissance de moitié en quelques minutes. Le secrets.
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Référence Internet
D4004
Stratégies de développement
des filières nucléaires
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Référence Internet
D4004
2 atteindre trois objectifs abordés dans cet article (encadré 1) et satis- que peu l’objectif C et surtout l’objectif B ;
faire aux contraintes évoquées dans l’article [D 4 003]. — le deuxième (§ 4.2) améliore fortement l’objectif B et, éventuel-
lement, l’objectif C ;
— le troisième (§ 4.3) et le quatrième (§ 4.4) permettraient de rat-
Encadré 1 – Les objectifs d’un développement durable traper les « oublis » du premier en ce qui concerne l’objectif C ;
de l’énergie nucléaire — le cinquième (§ 4.5) est l’équivalent du deuxième (§ 4.2), mais
avec un autre matériau fertile.
● Objectif A : produire de l’électricité (et éventuellement de la
chaleur) compétitive avec les autres énergies.
● Objectif B : en amont, utiliser au mieux les ressources. Encadré 2 – Systèmes nucléaires
● Objectif C : en aval, limiter les déchets et, notamment, les
déchets ultimes. 1. Systèmes basés sur les réacteurs à neutrons thermiques et
un faible enrichissement.
2. Systèmes cherchant à valoriser 238U.
À ce jour, seul le premier de ces objectifs a vraiment donné lieu à 3. Systèmes cherchant à brûler le plutonium.
un développement industriel, même si les deux autres ont été 4. Systèmes permettant de détruire les actinides mineurs.
explorés plus ou moins loin : 5. Systèmes basés sur le thorium.
— les filières à eau fournissent de l’énergie en consommant 235U
et en produisant du plutonium, lequel s’accumule (objectif A) ;
À l’initiative des États-Unis, un groupe d’experts d’une dizaine
— les réacteurs à neutrons rapides expérimentaux ont permis de de pays, regroupé au sein du « Forum Génération IV » ont engagé
confirmer la possibilité de produire de l’énergie en valorisant 238U, une réflexion sur ces questions. Les conclusions en seront présen-
sans accumuler de plutonium (objectifs A et B) ; tées au paragraphe (§ 4.6).
— les projets HTR (réacteurs à gaz à haute température) permet-
traient de produire de l’énergie en consommant du plutonium
(objectifs A et C) ;
— quelques expériences ont été réalisées (dans Phénix) pour brû-
ler des actinides mineurs, et des études sont conduites dans ce 2. Contraintes communes
même but sur les systèmes pilotés par accélérateur et les réacteurs
à sel fondu (objectif C). à toutes les filières
On conçoit que des politiques d’utilisation de l’énergie nucléaire
soucieuses d’atteindre tout ou partie des objectifs A, B et C ne pour-
Le développement de l’énergie nucléaire au cours de ce siècle, et
ront pas ne faire appel qu’à une filière, mais bien à une combinaison
notamment son acceptation par la société, ne pourra se faire que
de différentes filières :
dans la mesure où des garanties sérieuses auront été apportées
— si le seul but était de maîtriser les stocks de Pu produits par les dans un certain nombre de domaines. Cela implique la prise en
REP (réacteurs à eau pressurisée), on pourrait leur adjoindre des HTR ; compte d’un certain nombre de contraintes, quelle que soit la filière
— si le seul but était de valoriser les ressources naturelles, on envisagée. Seront abordées successivement les questions de
pourrait adjoindre aux REP des RNR, voire, au bout d’un certain sûreté, de déchets, de non-prolifération et d’économie.
temps, n’utiliser que des RNR (réacteurs à neutrons rapides) ;
— si le seul but était de détruire le plus efficacement possible les
actinides mineurs produits dans les REP, il faudrait probablement
développer les systèmes sous-critiques pilotés par accélérateur. 2.1 Sûreté et risques terroristes
On peut également imaginer des politiques évolutives, par
exemple :
— dans un premier temps, alors que les ressources en 235U sont ■ Les filières nucléaires ont pour vocation première la production
abondantes, combiner REP et HTR afin de limiter l’accumulation de d’énergie électrique, avec comme condition impérative de le faire
Pu ; de façon sûre. Cette condition a conduit dans le passé à écarter a
— plus tard, lorsque les ressources commenceront à se raréfier, priori certaines voies intéressantes sur le plan neutronique, mais
combiner REP et RNR ; intrinsèquement dangereuses, par exemple lorsqu’elles risquaient
— encore plus tard, combiner RNR et systèmes hybrides. de mettre en contact à l’intérieur même du réacteur des matériaux
susceptibles de provoquer une explosion (exemple : eau lourde, le
Enfin, une politique d’abandon du nucléaire, mais soucieuse de meilleur modérateur, et sodium, le meilleur caloporteur), ou lorsque
ne pas léguer aux générations lointaines des quantités importantes le réacteur était instable : condition qui a conduit dans les années
de Pu et d’actinides mineurs, devrait mettre en œuvre des moyens 1970 à l’abandon du concept de réacteur modéré à l’eau lourde et
de brûler le Pu (HTR) et éventuellement de détruire les actinides refroidi à l’eau ordinaire bouillante, et qui aurait dû, pour les mêmes
mineurs. raisons, écarter le RBMK (notamment Tchernobyl) tel qu’il a été
On doit donc s’intéresser, au-delà des différentes filières, aux conçu. Seules seront examinées ici des filières remplissant les
« systèmes nucléaires » combinant plusieurs filières en fonction du conditions de sûreté requises.
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L’évaluation de la sûreté et, encore plus, une démonstration États-Unis et de Tchernobyl en URSS, le concept de « culture de
compréhensible, même pour les non-spécialistes, sont des exerci- sûreté » a été développé et largement mis en œuvre dans l’ensem-
ces difficiles. L’une comme l’autre font appel, depuis une trentaine ble de l’industrie nucléaire. Les exploitants nucléaires, notamment,
d’années, à deux approches moins concurrentes que ont entrepris d’échanger leurs meilleures pratiques et de s’informer
complémentaires : sur tous les incidents significatifs, au sein de la World Association of
— une évaluation probabiliste quantitative des risques d’acci- Nuclear Operators (WANO). Les autorités de sûreté des différents
dents et de leurs conséquences ; pays ont, elles aussi, établi des relations étroites, qui faisaient
— une évaluation plus qualitative de la robustesse de l’installation. défaut entre l’Est et l’Ouest avant la catastrophe de Tchernobyl, et
l’AIEA a fait adopter, par l’ensemble des pays nucléaires, un ensem-
● La première approche, outil méthodologique puissant, est
ble de principes et de règles de sûreté communs.
considérée aujourd’hui comme indispensable tant pour le concep-
teur que pour l’analyste de sûreté, mais se heurte à deux difficultés : ■ Certaines filières sont-elles « plus sûres » que d’autres ? Il est dif-
— au niveau de l’analyse, aux difficultés d’évaluation de la proba- ficile, voire hasardeux, de répondre à une telle question dès lors
2
bilité d’événements extrêmement rares ou imprévisibles (tremble- qu’ont été écartées les filières « intrinsèquement non sûres », du fait
ments de terre plus violents que ceux jamais observés, actes de soit des matériaux qu’elles utiliseraient, soit de leur instabilité. Trois
terrorisme...) et de la prise en compte du facteur humain dans la rapports publiés par l’International Safety Assessment Group
conduite de l’installation ; (INSAG) peu après la catastrophe de Tchernobyl [3] [4] [5] proposent
— au niveau du citoyen, le manque de « culture probabiliste » à la communauté internationale des principes de sûreté déjà en
c’est-à-dire d’appréciation du risque. L’attitude la plus fréquente se usage ou recommandés dans les pays occidentaux :
caractérise à la fois par l’exigence d’un risque nul et la conviction — des objectifs probabilistes (moins d’une chance sur 100 000
que le risque nul n’existe pas. La mesure du risque en termes de d’accident affectant l’intégrité du cœur, moins d’une chance sur un
probabilités n’est pas encore largement répandue. million de rejets radioactifs importants) ;
À titre d’exemple, les études probabilistes conduites par l’autorité — une démarche de défense en profondeur ;
de sûreté américaine dans les années qui ont suivi l’accident de — et les bases de la « culture de sûreté ».
Three Mile Island [1] ont montré que les dispositions prises par les
exploitants avaient effectivement réduit de 1 à 2 ordres de grandeur Toutes les filières évoquées ici sont capables d’atteindre ces
la probabilité qu’il y ait un accident de fusion de cœur, et d’environ objectifs probabilistes et appliquent les principes de la défense en
un ordre de grandeur les quantités de produits radioactifs suscepti- profondeur. Les promoteurs de certaines filières nouvelles affirment
bles d’être relâchées à la suite d’un tel accident. Les objectifs impo- pouvoir faire beaucoup mieux, mais force est de constater que la
sés par les autorités de sûreté allemande et française pour le crédibilité de probabilités calculées, sensiblement inférieures à un
projet EPR se traduisent par une diminution supplémentaire d’un sur un million, reste à démontrer.
facteur 3 ou 4 de la probabilité d’accident grave et d’un ordre de Sur un plan plus qualitatif, on peut illustrer les difficultés rencon-
grandeur des conséquences d’un tel accident. Il s’agit, dans un cas trées par trois exemples, chacun se rapportant à une des trois fonc-
comme dans l’autre, d’améliorations très importantes de la sûreté. tions de sûreté.
● La deuxième approche est qualitative. Ayant défini les grands
● Les promoteurs des systèmes pilotés par accélérateur (§ 3.4)
objectifs de la sûreté qui découlent de la spécificité de l’énergie de
ont longtemps affirmé que ces systèmes étaient très sûrs vis-à-vis
fission, on applique une démarche dite de défense en profondeur.
de l’arrêt de la réaction en chaîne, puisqu’il suffit de couper le cou-
Les trois grandes fonctions de sûreté sont données dans
rant et l’accélérateur s’arrête ; mais c’est oublier que la principale
l’encadré 3.
difficulté réside précisément dans l’élaboration d’un ordre de cou-
pure de courant qui soit suffisamment fiable pour couper quand il le
Encadré 3 – Les trois fonctions de sûreté faut mais ne pas couper quand il ne le faut pas : la difficulté est
rigoureusement la même, quelle que soit la filière.
1. Le contrôle de la réaction en chaîne. ● Les promoteurs de la filière à sel fondu (§ 3.4) vantent les méri-
2. L’évacuation à tout moment de l’énergie produite dans le tes d’un système dont le circuit primaire est à basse pression, ce qui
cœur, production qui se poursuit à hauteur de quelques pour- facilite la conception de l’enveloppe du circuit primaire. Mais c’est
cent après l’arrêt de la réaction en chaîne (on parle alors de puis- oublier un peu vite que dans un tel système, le combustible n’a pas
sance résiduelle). de gaine(1) : il n’y a donc que deux barrières entre les produits
3. Le confinement de la radioactivité, l’essentiel de celle-ci radioactifs et l’environnement, et chacune d’entre elles doit donc
étant contenue dans les produits de fission formés dans le com- être plus « efficace » que dans les réacteurs actuels (on verra que
bustible. cela est loin d’être démontré vis-à-vis de la rétention du tritium).
Nota (1) : les combustibles solides sont en général contenus à l’intérieur d’une gaine,
qui constitue la première barrière de protection vis-à-vis des produits radioactifs. Cette
La défense en profondeur consiste à disposer de plusieurs gaine n’existe pas dans le cas de combustible fondu.
« lignes de défense » vis-à-vis des agressions pouvant affecter l’un
● Les projets modernes de HTR de faible puissance misent sur
ou l’autre des éléments permettant d’atteindre les objectifs de
sûreté. On disposera ainsi de plusieurs moyens d’arrêter la réaction l’évacuation passive de la puissance résiduelle, et tendent à lui attri-
en chaîne, de systèmes redondants et diversifiés d’évacuation de la buer une fiabilité absolue ; c’est oublier qu’un système passif a ses
puissance résiduelle, de plusieurs barrières entre les produits propres modes de défaillance qu’il importe d’analyser en détail.
radioactifs et l’environnement. On s’efforcera de rendre ces diffé-
rents moyens aussi indépendants que possible les uns des autres, et Deux idées essentielles sont à retenir de ce bref aperçu : les
de prévoir, pour chacun d’entre eux, une surveillance permanente différentes filières qui font aujourd’hui l’objet de réflexions plus
ou périodique destinée à garantir leur disponibilité. ou moins avancées ne doivent pas être écartées a priori pour
Étant par nature qualitative, cette deuxième approche est très des motifs liés à la sûreté, mais aucune ne peut « se vendre » en
utile, mais elle n’est pas suffisante pour une évaluation quantitative affirmant qu’elle est plus sûre que les autres. En pratique, cha-
de la sûreté. Elle semble, par contre, plus facile à comprendre par le que projet doit être amené à un stade de développement suffi-
public. sant pour permettre une analyse détaillée de sûreté. Celle-ci
Enfin, tout aussi important pour la sûreté, est le comportement devra démontrer que les principes de défense en profondeur
des hommes en charge de concevoir, construire, exploiter et contrô- sont respectés et que les objectifs probabilistes quantitatifs, rap-
ler les installations. À la suite des accidents de Three Mile Island aux pelés plus haut, sont atteints.
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1. Hydraulique................................................................................................ D 4 005 - 2
2. Solaire thermodynamique ..................................................................... — 3
3. Solaire photovoltaïque ........................................................................... — 4
4. Aérogénération (éoliennes) ................................................................... — 6
5. Générateurs utilisant la houle.............................................................. — 8
6. Production marée-motrice et par les courants marins ................. — 8
7. Électricité géothermique ....................................................................... — 9
8. Génération et cogénération à partir de la biomasse
ou de déchets............................................................................................ — 10
9. Conclusion ................................................................................................. — 11
Références bibliographiques ......................................................................... — 11
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1. Hydraulique
Géothermie éolienne
et autres 1 %
Hydraulique 22 %
2
transport en courant alternatif s’est, dans ce contexte et avec les
moyens technologiques de l’époque, rapidement imposé. Les Géothermie éolienne
puissances unitaires des usines de production ont réguliè- et autres 2 %
rement crû jusque, dans les années 1980, à des valeurs supé- Hydraulique 19 %
rieures au gigawatt.
À la fin du XXe siècle, on a assisté à deux évolutions
Thermique
importantes. D’une part, une production d’énergie électrique « fossile » 62 %
autonome ou en « site isolé » a été proposée aux consom- Nucléaire 17 %
mateurs qui ne disposaient pas du réseau (zones rurales des
pays en voie de développement) ou pour ceux qui en étaient
éloignés et pour lesquels le coût de raccordement était supé-
rieur à l’investissement dans un système de production auto- Énergie annuelle produite (15 · 1012 kWh)
nome. Les puissances unitaires de ces systèmes, à l’échelle de
l’habitat individuel ou de la collectivité locale, sont relativement
Figure 1 – Répartition par sources primaires de la production
faibles de la centaine de watts à quelques dizaines de kilowatts.
d’électricité (données 2000)
D’autre part, l’ouverture à la concurrence des marchés de l’élec-
tricité a permis à des investisseurs de produire de l’électricité à
partir de relativement petites unités généralement thermomé-
caniques (turbines à gaz).
Enfin, les prises de consciences environnementales ont
30 000
Production d'électricité
(109 kWh)
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2
que gravitaire ». réflexion nuageuse. Un carré de 100 m de côté dans le sud de la
France reçoit 14 · 106 kWh thermiques annuels, soit 1 400 kWh/m2
Exemple : en France, dans l’usine de Grand’Maison, 2 bassins
annuels, avec des pointes de puissance de 12 MW.
séparés de 935 m de dénivelée et d’une contenance de 170 Mm3,
permettent le stockage de 400 · 106 kWh. Douze groupes turbo- ■ Héritées des solutions des centrales thermiques à combustibles,
alternateurs de 150 MW peuvent fournir des pointes de puissance de les centrales solaires thermodynamiques permettent d’exploiter
1,8 GW et 8 sont réversibles pour le pompage en période creuse. directement la chaleur rayonnée par le soleil pour chauffer de l’eau
en vapeur via un fluide caloporteur. Un stockage intermédiaire de
Cette forme de stockage d’énergie est très utilisée dans le
chaleur permet de lisser la production. Même avec les faibles rende-
monde. En France ce sont 4,3 GW qui sont installés pour cette
ments thermodynamiques des turbines à vapeur (30 % environ), on
fonction avec une énergie annuelle rendue de 5,2 · 109 kWh, le ren-
peut envisager, dans un tel carré, une production annuelle électri-
dement énergétique (sur un cycle complet de stockage et déstoc-
que de 4 · 106 kWh avec une puissance électrique crête de 3 MW
kage) étant de l’ordre 60 à 70 %.
environ.
Les petites centrales hydrauliques (PCH) sont attractives pour
une production décentralisée et pour accroître encore l’exploitation Pour la production à grande échelle, on trouve principalement
de cette ressource. Il s’agit, par définition, des puissances infé- deux grandes familles de systèmes solaires thermodynamiques [6].
rieures à environ 10 MW (la fourchette va de 0,5 MW au Luxem- La première utilise des capteurs paraboliques, cylindro-parabo-
bourg à 50 MW au Brésil). Elles sont considérées comme faisant liques, également appelés « auges », au fond desquels se trouve
partie des nouvelles solutions de production d’électricité d’origine un tube parcouru par un fluide caloporteur. Leur axe de rotation
renouvelable et font l’objet d’incitations, notamment à travers une orienté Nord-Sud permet le suivi du soleil d’Est en Ouest. La
tarification de rachat du kWh avantageuse. On estime la production figure 3a montre le schéma d’une telle auge solaire. La figure 3b
annuelle mondiale des PCH à 100 · 109 kWh. En France, alors que est une photographie d’un détail de la plus grande centrale solaire
la grande hydroélectricité a quasiment atteint la saturation, il reste thermodynamique (80 MW). En Californie, de 1984 à 1991, neuf
encore un potentiel d’évolution des PCH, soit 3 500 unités pour une usines de 13,8 à 80 MW ont été construites et totalisent une puis-
puissance maximale de 1 700 MW et environ 7 · 109 kWh annuels. sance de 354 MW. Le facteur de concentration du rayonnement
Les hydrogénérateurs sont constitués d’une turbine hydraulique solaire est de 30 à 60 et permet d’échauffer le fluide caloporteur
associée à une génératrice électrique. Celle-ci est de type asyn- (huile) à 390 oC. Un échangeur de chaleur permet de produire de
chrone jusqu’à 2 MW environ et synchrone au-delà. Jusqu’à des la vapeur à 370 oC sous 10 bar. Le rendement complet du système
puissances de l’ordre de la dizaine de MW, la turbine lente entraîne a atteint, dans les meilleures conditions, une valeur de 22 %,
la machine électrique à travers un multiplicateur de vitesse. Les sachant que celui de la turbine est de 37 %.
rendements de conversion sont de l’ordre de 60 à 90 % selon les La seconde famille exploite une tour contenant une chaudière
turbines, les pertes de charge dans les conduites et les géné- vers laquelle est concentré le rayonnement capté par un champ
ratrices. d’héliostats (figure 4a ). En France, la centrale Thémis dans les
Des gains significatifs de productivité (de l’ordre de 10 à 15 %) Pyrénées a permis de tester ce principe durant les années 1980 [7].
pourraient être apportés grâce à la vitesse variable ainsi que grâce Un ensemble de 200 miroirs (rendement de 90 %) à orientation
à des générateurs à plus haut rendement, surtout en petites puis- pilotée dirigeait le rayonnement solaire vers une tour de 100 m,
sances (machines à aimants). Mais ces technologies, couramment dans une cavité de 56 m3. Une puissance thermique de 9 MW
employées dans le secteur éolien, n’ont pas encore pénétré ces conduisait à une puissance électrique de 1,8 MW mais le
marchés. rendement s’est malheureusement révélé plus faible quand le
rayonnement solaire était insuffisant. En outre, la nécessité de
Le tableau suivant [5] donne des exemples de coûts d’investisse- maintenir la température du fluide (sels fondus), en l’absence de
ment pour des petites centrales hydroélectriques. Ces coûts dépen- soleil, a conduit à un rendement net de l’ordre de 15 %. Le coût du
dent fortement de la part de génie civil pour la construction de kWh produit ne s’est pas révélé compétitif dans le contexte
barrages, de conduites éventuellement sur de grandes distances, politico-économique de l’époque, l’expérience n’a pas donné
très dépendante de la topographie. suite en France. Cependant, il y a eu d’autres expériences plus
(0)
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Docteur de l’Université de Paris 6
Professeur des Universités de l’École Normale Supérieure de Cachan-Antenne de Bretagne
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Production d’électricité
par aménagements hydrauliques
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— un coût combustible nul et une énergie nationale ;
— une excellente disponibilité sur l’année (~ 90 %) ;
— une fiabilité des réponses aux sollicitations (~ 99 %) ;
— des temps de réponse très courts (de l’arrêt à la pleine puissance en quel-
ques minutes).
L’augmentation de la consommation globale d’énergie des pays développés,
et ses conséquences sur la détérioration de l’environnement, a conduit à repen-
ser au développement des énergies renouvelables, l’hydroélectricité restant de
loin la plus importante en terme de production. Les grandes retenues d’eau
avaient principalement pour but de fournir une réserve d’électricité, elles ont de
plus en plus des buts multiples : irrigation, soutien d’étiage, écrêtement de
crues, alimentation en eau industrielle ou potable, tourisme, etc.
Les études doivent préciser les coûts d’investissement nécessaires, leur étale-
ment, les coûts d’exploitation et les actifs apportés par la production capitalisée.
Elles doivent déterminer le meilleur investissement pour utiliser le gisement
hydraulique et limiter les impacts sur l’environnement.
Un aménagement hydroélectrique comprend un barrage créant une retenue
d’eau plus ou moins importante, une prise d’eau dans cette retenue, des ouvra-
ges d’amenée, une usine de production, une restitution au cours d’eau, une
ligne d’évacuation d’énergie et des accès aux sites.
Le lecteur est invité à consulter les articles suivants :
— sur l’évaluation des risques naturels [C 3 295] ;
— sur les barrages [C 5 555] ;
— sur les aménagements hydroélectriques [B 4 405] ;
— sur les turbines hydrauliques [B 4 402] et [B 4 407] ;
— sur les alternateurs [D 3 550], [D 3 551], [D 3 552] et [D 3 775] ;
— sur les petites centrales hydrauliques [D 3 930].
k Coefficient V m3 Volume
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1. Ressources naturelles Les électriciens ont contribué à bien connaître l’hydrologie des
bassins qui est répertoriée dans des annuaires à disposition de tous
les utilisateurs de l’eau. Les valeurs des débits journaliers sont
connues de façon précise au niveau d’une centrale car le débit tur-
La puissance hydraulique utilisable est proportionnelle au débit
biné est déduit de la production journalière grâce aux caractéristi-
d’eau et à la hauteur de chute d’eau. L’utilisation des ressources ques de la turbine. En site vierge, les débits ont été établis par une
nécessite donc une connaissance de l’environnement du cours station de jaugeage, ou limnimétrique, au plus près des sites envisa-
d’eau. gés. En effet, les précipitations ne se transforment pas en totalité en
écoulement, une partie non négligeable retourne dans l’atmosphère
par évaporation et transpiration et une autre dans les nappes sou-
1.1 Topographie et géologie terraines par infiltration. En France, ces pertes représentent près des
deux tiers des précipitations. En montagne, le stock neigeux est utile
à connaître pour estimer l’équivalence en écoulement, les pertes
2
La topographie permet de connaître précisément la surface du pouvant être importantes par sublimation (15 à 20 %).
bassin versant qui alimente la rivière, son altitude, ce qui condi- Les chroniques de débits journaliers sur la plus grande période
tionne le régime des écoulements. Le profil en long de la rivière per- connue permettent de définir les valeurs qui permettront le dimen-
met de situer le barrage et les ouvrages de dérivation pour sionnement économique des ouvrages :
optimiser le ratio entre la longueur des ouvrages de dérivation et la
hauteur de chute (L/h) (voir l’article [C 5 555] sur les barrages). — le débit moyen journalier (Qj en m3/s), moyenne des débits de
chaque jour ;
La topologie des versants permet de situer les ouvrages impor- — le module ou débit moyen interannuel (M en m3/s), moyenne
tants. Un barrage se situe au verrou rocheux à la sortie d’une des 365 débits journaliers ;
cuvette, la centrale se situe dans une cuvette utilisant au mieux la — le débit de pointe de la plus grande crue connue Qc ;
chute avec des longueurs d’ouvrages d’amenée réduites. — le débit spécifique moyen annuel qm = M/S, S étant la surface
La géologie permet de préciser la faisabilité des ouvrages. La du bassin versant.
cuvette du barrage doit être étanche sans grands travaux d’étan- Le débit spécifique qm permet de comparer les bassins versants
chéité complémentaire. La géologie du verrou détermine la faisabi- et de calculer les débits moyens par interpolation entre stations de
lité du barrage et son type. Les propriétés mécaniques du verrou jaugeage. En Europe, leur valeur varie de 20 L · s−1 · km−2 en monta-
doivent permettre de reprendre les forces appliquées au barrage. gne à 6 L · s−1 · km−2 en plaine.
Les données sismologiques de la région permettent de déter- La courbe chronologique des débits moyens journaliers et, si les chro-
miner la tenue aux séismes du projet. Elles servent pour les calculs niques sont suffisantes, les courbes d’occurrence à différents pourcenta-
des structures. ges de Qj permettent de calculer les productions potentielles brutes.
Les glissements de terrain éventuels sont répertoriés et leurs évo- La courbe des débits Qj classés par ordre décroissant permet de
lutions prises en compte pour évaluer leur dangerosité par rapport définir le nombre de jours dépassant une valeur déterminée (figure 1).
à la retenue.
La courbe des débits cumulés sur une année tracée pour des années
moyennes et extrêmes permet de préciser le volume de la retenue.
1.2 Hydrologie 10
Q (m3/s)
Elle précise les apports d’eau, leur évolution selon les saisons, 9
leur régularité et les phénomènes extrêmes, mais aussi les trans-
ports solides du cours d’eau. On classe les régimes de débit de la
8
façon suivante :
— régime glaciaire avec des débits importants en été jusqu’en
août ; 7
— régime nival lors de la fonte de la neige au printemps ;
— régime pluvial océanique ou tropical selon les latitudes ; 6
— régime complexe pour les grands fleuves qui ont des bassins
versants très diversifiés ;
5
— régime particulier comme les régimes cévenols ou méditerra-
néens.
4
Rappel historique Débit moyen M : 3 m3/s
3
Depuis l’Antiquité, la force de l’eau a été utilisée pour des uti-
lisations mécaniques (moulins, forges, scieries...). Au 2
XIXe siècle, de grandes évolutions conduisent au concept des
centrales hydroélectriques d’aujourd’hui. Dès 1827, les turbines
font leur apparition, améliorant l’efficacité et la puissance cap- 1
tée par les roues à aubes. En 1869, la première conduite forcée
permet d’utiliser une chute de 200 m et 700 kW, portée à 500 m 0
et 1 800 kW en 1882. Parallèlement, la découverte des lois de J F M A M J J A S O N D
l’électromagnétisme permettant de transformer l’énergie méca-
nique en énergie électrique conduit à la mise au point de l’alter-
nateur. Enfin, les premières lignes de transport (1883) 0 100 200 300 365
Jours
permettent d’utiliser l’électricité loin des sites de production et
conduiront à la création des réseaux de transport et de distribu-
Figure 1 – Courbe des débits classés et répartition des débits
tion de l’électricité chez les consommateurs.
moyens mensuels
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1.3 Étude des crues sources et peut influer sur les glissements de terrain des versants. Et
enfin, la masse d’eau des retenues importantes peut provoquer des
microséismes locaux au premier remplissage.
L’aménagement ne doit en aucun cas aggraver les conséquences ■ Risques de rupture : un barrage stocke une énergie potentielle
des crues et si possible les atténuer. La connaissance des crues est énorme. Bien que l’amélioration des techniques de construction, la
nécessaire pour dimensionner les évacuateurs et la déviation provi- surveillance et l’auscultation des barrages, l’amélioration des
soire pendant la construction du barrage. connaissances hydrométéorologiques et géologiques, réduisent le
Dans les bassins versants de montagne, les crues sont produites risque de rupture, il ne peut être considéré comme nul. Les principa-
par la fonte rapide des neiges due en général à un vent chaud (le les causes de rupture sont l’insuffisance des évacuateurs de crues
fœhn) suivi de pluies chaudes. En plaine, elles sont surtout dues à (sur les barrages en terre ou en enrochements) et le mauvais com-
des épisodes pluvieux importants et longs. portement des fondations (en général au premier remplissage).
La connaissance des épisodes de crues enregistrés dans les chro-
2
■ Obstacle sur les transports solides : les corps flottants sont arrê-
niques et les connaissances des précipitations et du bassin permet- tés, ce qui peut constituer un moyen de nettoyer la rivière. Les trans-
tent de déterminer par des méthodes statistiques les probabilités ports solides sont stockés dans le réservoir. En se déposant dans la
d’ordre 10−n, n = 1 à 4, des crues extrêmes et leurs hydrogrammes. retenue, les limons en diminuent la capacité ; un amoncellement
Ces méthodes reconnues internationalement par la Commission trop important contre le barrage peut conduire à obstruer les vidan-
internationale des grands barrages (CIGB) sont le GRADEX (gra- ges de fond. Des chasses doivent être pratiquées lors des crues pour
dient de valeur extrême de précipitation) ou la PMP (pluie maximum diminuer cet impact.
probable). Bien que les bases de calcul soient enrichies avec chaque
épisode de crue importante, ces méthodes statistiques sont basées ■ Conséquences du stockage de l’eau : le stockage de l’eau conduit
sur des chroniques restreintes à quelques décennies. Des rensei- à une stratification thermique et chimique dans les retenues. En pro-
gnements complémentaires, administratifs ou témoignages oraux, fondeur, la température reste voisine de 4 ˚C et, en surface, l’eau
sur les phénomènes extrêmes sont à rechercher auprès des rive- subit les influences de l’air (température, vent). Le ralentissement
rains et des responsables locaux pour compléter la connaissance du du courant amène une évolution de la flore (plancton, algues). Si les
cours d’eau. sédiments sont chargés en nitrates ou phosphates, cette évolution
peut aller jusqu’à l’eutrophisation qui conduit à une réduction de
l’oxygène dissous et à la modification de la faune.
Les grandes retenues peuvent apporter des modifications locales
1.4 Qualité de l’eau de climat en augmentant l’évaporation de l’eau et en favorisant
l’apparition de brouillards. Dans les pays tropicaux, le développe-
ment des maladies parasitaires est favorisé.
L’eau des cours est toujours chargée des matières solides
d’érosion qu’elle engendre et l’aménagement modifie les dépôts
habituels de ceux-ci. En montagne, ce sont surtout des rochers, des
cailloux, des graviers ; en plaine plutôt des sables et limons. Les 2.2 Effets sur l’aval des barrages
conséquences sont :
— l’envasement des retenues qui en diminue la capacité et sur-
tout risque de gêner le fonctionnement des organes de vidange ; ■ Érosion : l’absence des limons stockés dans la retenue conduit, à
— l’envasement des canaux qui augmente les pertes de charge et l’aval, à une érosion du lit de la rivière. Il est parfois nécessaire de
diminue les gabarits sur les canaux navigables ; construire des seuils pour y remédier. Sur les grands fleuves qui irri-
— l’usure des matériels, principalement des turbines. guent des vallées alluvionnaires, le défaut de limons peut être
La grosseur des éléments solides et la vitesse de l’eau condi- néfaste à l’agriculture.
tionne le dépôt, le roulage sur le fond ou le maintien en suspension.
■ Conséquences des canalisations : les galeries d’amenée consti-
Les études théoriques confortées par des essais sur modèles dans tuent un drainage des massifs traversés si elles sont à écoulement
des laboratoires spécialisés permettent de préciser le dimensionne- libre ou, au contraire, font une mise en pression du massif si elles sont
ment des ouvrages de dégravement, des organes de chasse sur les en charge. L’hydrogéologie des versants doit donc être très étudiée
prises en rivière, et les fréquences de dragage dans les canaux. avant les travaux, en particulier les sources et glissements de terrain.
Nota : ces laboratoires spécialisés sont le Laboratoire national d’hydraulique (LNH) à
Chatou, la Société grenobloise d’études et d’applications hydrauliques (Sogreah), l’Institut ■ Suppression des crues moyennes : les grands barrages permet-
hydraulique de Grenoble, l’Institut hydraulique de Toulouse, le Laboratoire des machines tent en général d’encaisser les crues petites ou moyennes. Les
hydrauliques de l’École polytechnique fédérale de Lausanne.
conséquences peuvent être néfastes à la reproduction des poissons
Les qualités chimiques des eaux, en particulier le pH et la dureté, qui profitaient des crues pour rejoindre les frayères. L’absence de
sont à connaître pour déterminer les qualités des bétons à utiliser et crues favorise aussi l’envahissement des berges par la végétation,
les protections des matériels. réduisant ainsi le passage d’une crue exceptionnelle.
En revanche, les crues exceptionnelles ne sont pas néces-
sairement atténuées par les barrages (sauf s’ils sont construits pour
cela) et leurs dégâts sont toujours possibles.
L’endiguement des rivières de plaine peut accélérer les propaga-
2. Impact environnemental tions de crues. Les consignes de gestion des crues doivent en tenir
compte.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
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Référence Internet
D4008
(ponts, route sur le barrage). Les équipements hydroélectriques Exemple : centrales de Herdecke (1930) et Waldeck (1933) en Alle-
sont très capitalistiques et les incidences sur les taxes locales sont magne, du Lac-Noir (1939) dans les Vosges.
importantes. La création d’emplois directs d’exploitation n’est pas
très importante, mais elle se fait souvent dans des zones à faible On distingue :
densité de population. La présence de plan d’eau permet de créer un — le pompage journalier (temps de remplissage du bassin supé-
attrait touristique important (Serre-Ponçon, Vassivière). Certaines rieur < 8 h) ;
retenues ont des intérêts multiples outre la production d’électricité, — le pompage hebdomadaire (temps de remplissage < 50 h en
comme l’irrigation, la navigation, l’alimentation domestique, la fin de semaine) ;
régulation des débits (écrêtage des crues, soutien d’étiage). La navi- — le pompage saisonnier ou mixte : pompage et gravitaire.
gation est développée par l’adjonction d’écluses sur les ouvrages
(Rhin, Rhône).
Un cas particulier de pompage existe avec la centrale maré-
motrice de la Rance. Cette centrale équipée de 24 groupes bul-
2
bes réversibles peut turbiner en direct de la rivière vers la mer à
3. Aménagements marée basse, en inverse de la mer vers la rivière à marée haute,
et selon le coût de l’électricité pomper de la mer vers la rivière
pour produire plus à une heure de pointe.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur D 4 008 − 5
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2
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Référence Internet
D4009
2
Ancien Directeur de filiale de petites centrales
Ancien Directeur Technique de l’Hydraulique d’EDF, Saint Denis, France
Note de l’éditeur
Cet article est la réédition actualisée de l’article D4009 intitulé « Production d’électricité par
petites centrales hydroélectriques » paru en 2004, rédigé par Pierre Lavy.
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Référence Internet
D4009
2 production écologique.
Dans les pays en développement, le rôle des petites centrales hydrauliques
est plus important, dans la mesure où les réseaux sont moins puissants et la
diversité des solutions hydrauliques permet des solutions locales et décentrali-
sées de production.
Le lecteur intéressé sur le sujet pourra trouver des informations complémen-
taires en particulier sur les machines dans [D 3930], [D 4008] et [B 4407].
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Référence Internet
D4009
Débits en m3/sec
6 6
les débits.
L’énergie produite dépendra du débit d’équipement. La puis-
5 5
sance installée P (kW) se calcule par la formule :
4
3
Débit moyen 3 m3/sec
4
3 2
2 2 avec k coefficient dépendant du rendement global de
l’installation, tenant compte des pertes de
1 1 charge le long du circuit hydraulique et des
0 0 rendements de chaque machine, turbine,
J F M A M J J A S O N D multiplicateur, alternateur, transformateur,
auxiliaire. Pour les machines importantes et en
0 100 200 300 365
première approximation, on peut prendre k = 8,
entre 6 et 8 pour les machines plus faibles,
Figure 1 – Courbe des débits classés (nombre de jours atteignant
cette valeur de débit) et débits moyens mensuels Qe débit d’équipement (m3/s),
h hauteur brute (m).
Sur certains cours d’eau, et en cas d’incertitude, il peut s’avérer Le productible théorique Wt se calcule à partir de cette puis-
nécessaire d’installer un limnigraphe près du site prévu de la prise sance et des données hydrologiques limitées au débit Qe d’équi-
d’eau. Ces appareils s’installent au plus tôt, dans un endroit pement. Pour cela on utilise la courbe des débits classés qui trace
calme, pour avoir le plus possible de mesures significatives. Il est le nombre de jours où le débit est supérieur à un débit donné
conseillé de faire installer et suivre les mesures par le cabinet qui (cf. § 1.3 de [D 4008]).
fera l’étude d’impact du projet. Ses hydrologues doivent être à La puissance des micro-ordinateurs actuels permet de calculer
même d’étalonner et d’assurer des données de qualité. la production sur la durée des chroniques de débit et de préciser
La qualité de l’eau (pH, dureté, pureté) est à mesurer à divers la production moyenne possible. Pour les installations avec réser-
moments de l’année et sera à fournir pour les consultations des voir, ces simulations de fonctionnement sont impératives.
entreprises. Les transports solides et les corps flottants seront sui- La recette annuelle théorique découlera des négociations sur les
vis dans les situations de crues et d’étiages pour estimer les tarifs avec l’acheteur sur les bases des productibles théoriques sur
risques de sédimentation et d’abrasion. les différentes périodes tarifaires.
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Référence Internet
D4009
2 e
O De D (m)
2. Déroulement du projet
Figure 2 – Détermination de l’optimum économique
2.1 Démarches administratives
Elles sont liées à la réglementation du pays pour obtenir :
Le choix de la solution retenue correspondra à l’optimum entre – le titre administratif (autorisation préfectorale si la puissance
le coût de la construction et la valorisation de la quantité d’éner- est inférieure à 4 500 kW, ou concession au-delà) ;
gie produite (figure 2). – le cahier des charges ou règlement d’eau ;
Le coût du génie civil se fait à partir des « prix d’ordre » des tra- – les autorisations locales (permis de construire, de passage,
vaux majorés pour tenir compte des aléas techniques. Cette majo- contrat de vente…).
ration peut varier de 10 à 50 % par poste, en fonction des Un dossier d’impact est nécessaire pour déposer la demande de
incertitudes laissées par les études préliminaires. Le coût des titre. L’étude pour établir ce dossier pouvant demander une année
matériels se fait à partir des propositions estimatives faites par les d’observations, il faut la lancer auprès d’une société spécialisée
constructeurs. dès que la décision de réaliser est prise.
Les devis doivent tenir compte de tous les postes : La réalisation du projet peut s’effectuer selon les capacités du
– dossier d’impact et mesures compensatoires ; maître d’ouvrage, selon les modalités suivantes ou toute solution
intermédiaire :
– accès ;
– ouvrages de génie civil ; – un contrat unique est passé à un entrepreneur général, qui
prend la responsabilité de la coordination du chantier, entre sa
– matériels et équipements hydrauliques et électriques ;
propre intervention et ses sous-traitants fournisseurs de travaux
– évacuation de l’énergie ; ou matériels, qui ne sont pas de sa compétence ;
– ingénierie et intérêts intercalaires éventuels. – des contrats distincts sont confiés à des entreprises et fournis-
Le choix entre plusieurs variantes se fera par une étude écono- seurs spécialisés.
mique et financière pour déterminer la plus rentable. Dans tous les cas, les règles d’appel d’offres en vigueur sont à
respecter, et les responsabilités du maître d’ouvrage à bien cer-
ner. En général, pour les petites centrales, trois lots principaux
1.3 Avant-projet détaillé sont envisageables.
1. Le génie civil et les études d’exécution (par un bureau spé-
Il permet une mise au point du projet pour rédiger les pièces cialisé ou par l’entrepreneur) ;
définitives des appels d’offres aux différents corps de métiers.
Pour confirmer les données des études précédentes et pour éviter 2. L’électromécanique pour les groupes turbine-alternateur et
les contestations éventuelles des entreprises et fournisseurs, les les matériels du circuit hydraulique : grilles de prise, dégrilleur,
plans et les exigences techniques doivent être précisés : vannes et accessoires…
– dimensionnement des ouvrages de prise, canaux, galerie, che- 3. Équipements électriques : circuits de haute et basse tension,
minée d’équilibre, conduite forcée, canal de fuite ; transformateurs, armoires de poste, automatismes, télésurveil-
lance, services généraux.
– définition de l’agencement de la centrale avec le circuit
d’eau, l’emplacement des groupes et des matériels auxiliaires, Les spécifications des ouvrages ou matériels doivent porter
les facilités de maintenance, les circuits de ventilation, les dis- sur les fonctions principales attendues du projet et laisser le
positions d’hygiène et de sécurité du personnel. Le plan de prestataire libre de rechercher les solutions économiques et
masse précisera les charges statiques et dynamiques des fiables qui respectent les fonctions et garanties à attendre du
machines et permettra à l’architecte de proposer un projet de projet.
permis de construire ; Les garanties demandées doivent assurer l’économie du projet
– définition des groupes : type et puissance de la turbine, vitesse dans la durée du titre et la sûreté des ouvrages et de l’exploita-
nominale, type et puissance du générateur ; tion. Outre les contrôles réglementaires ou normalisés, les garan-
– implantation des groupes : axe (vertical, horizontal, oblique), ties exigées doivent pouvoir être contrôlées.
calage par rapport aux niveaux amont et aval, niveaux des plan-
chers ;
– caractéristiques des machines en marche normale et transi- 2.2 Avancement du projet
toire, inertie des parties tournantes et tenue à l’emballement,
conditions de survitesse et surpression, intensité de court-circuit et L’analyse des offres peut amener à des négociations sur des
conditions de surtension ; précisions de réalisation ou réserve du soumissionnaire, à l’exa-
52
Référence Internet
D4009
3. Génie civil et
infrastructures
3.1 Type d’aménagement
Figure 4 – Chute avec dérivation
Un aménagement hydroélectrique est adapté au site et toutes
les fonctions hydrauliques citées au paragraphe 1 ne sont pas tou-
jours nécessaires. Le classement habituel se fait d’après la hauteur
de chute utilisée.
3.2 Ouvrages de retenue
Les basses chutes sont des chutes sur les seuils et barrages des
cours d’eau ou canaux, généralement sans longue dérivation
(figure 3). Un seuil est un barrage de faible hauteur dont la fonction est
Les chutes moyennes et hautes chutes peuvent être sans déri- de maintenir un plan d’eau pour dériver une partie du débit
vation si elles sont incluses dans un barrage, avec un ouvrage dans un canal ou dans l’admission d’une turbine.
d’amenée (galerie, canal ou conduite) et un ouvrage en charge Un barrage est un ouvrage créant une surélévation significa-
(conduite forcée), une cheminée d’équilibre peut alors s’avérer tive du plan d’eau et permettant un stockage plus ou moins
nécessaire entre ces deux derniers ouvrages (figure 4). important des débits.
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