Modibo
dit :
2 septembre 2016 à 10 h 20 min
Les trois degrés de la foi
Ayant réfléchi à ce qu’il venait de dire, je lui demandai: – Tiemo, combien y a-t-il
donc de sortes de foi?
– 0 mon frère, répondit-il, je ne sais pas au juste. La foi n’est ni comptabilisable
comme les habitants d’une basse-cour, ni mesurable comme la distance de
Bandiagara à Mopti. On ne peut la peser comme le mil de Bankassi ou les fruits du
marché de Doumu. Pour moi, la foi, c’est la somme de la confiance que nous avons en
Dieu et le degré de notre convic- tion; c’est aussi la fidélité à notre Créateur. La foi se
réchauffe ou se refroidit; elle varie suivant les gens et suivant les milieux.
Pour simplifier, je schématiserai volontiers la foi ainsi: la foi su/bu, la première, que
j’appellerai la foi solide; la foi sa ‘ilu, la seconde, que j’appellerai la foi liquide; enfin la
foi ghaziyu, la plus subtile, qui est comme une vapeur gazeuse.
J. Le premier degré de la foi convient au commun, à la masse, aux marabouts
attachés à la lettre. Cette fi~ est soutenue et canalisée par les prescriptions imposées
par une Loi elle-même tirée des textes révélés, qu’ils soient judaïques, chrétiens ou
mu- sulmans. A ce stade, la foi a une forme précise; elle est intransigeante, dure
comme la pierre d’où je tire son nom.
La foi au degré su/bu est lourde et immobile comme
unemontagne.S’illefaut,elleprescritlaguerrepar les armes, pour assurer sa place et se
faire respecter.
2. La foi sa ‘ilu (liquide) est la foi des hommes qui ont travaillé et affronté avec succès
les épreuves du su/bu, de la loi rigide qui n’admet pas de compromis. Ces hommes
ont triomphé de leurs défauts et se sont engagés dans la voie qui mène à la vérité. Les
éléments de cette foi sa ‘ilu découlent de la connaissance; ils se rapportent aux vérités
d’où qu’elles viennent, sans que l’on ait à considérer leur origine ou leur ancienneté.
Ces vérités, recueillies et assemblées, forment un corps animé d’un perpétuel
mouvement, d’une constante marche en avant, une marche de molécules d’eau qui
sortent des creux de la montagne, ruissellent à travers diverses terres, s’accumulent
aux obstacles, puis grossissent de rivières en fleuves pour, enfin, aller se jeter dans
l’océan de la Vérité divine. Cette foi, tout comme son symbole liquide, mine les
défauts de l’âme, ronge les rochers de l’intolérance et se répand partout, en prenant
toujours la forme de son récipient. Elle pénètre les humains selon les accidents de
leur terrain moral. La foi sa’ilu discipline l’adepte. Elle en fait un homme de Dieu
capable d’entendre et d’apprécier la voix de tous ceux qui parlent du Créateur. Elle est
vivi- fiante; elle peut se solidifier et prendre l’aspect de la grêle lorsqu’il faut traiter
des âmes qui en sont restées au degré primaire. Elle peut se sublimer et s’élever en
vapeur, comme la foi ghaziyu. dans le ciel de la Vérité. Elle établit le régime de la cité
de paix où l’homme et l’animal vivent côte à côte, où les trois règnes vivent en frères.
Ceux qui la possèdent s’élèvent contre la guerre.
3. La foi ghaziyu est le troisième et dernier terme. C’est l’apanage d’une élite dans
l’élite. Ses éléments constituants sont si purs que, dégagés de tout poids matériel qui
les retiendrait à la terre, ils s’élèvent comme de la fumée dans le ciel des âmes pures
et tendent à les remplir. Ceux qui parviennent à cette foi adorent Dieu en vérité et
dans la lumière sans couleur. La Vérité divine fleurit dans les champs de l’Amour et
de la Charité.
Thierno Bokar, le sage de Bandiagara
Modibo dit :
22 août 2016 à 19 h 33 min
ce texte est une sagesse d’un soufi africain universel…. que l’histoire n’a pas retenu,
hélas, a sa jute valeur… il n’aurait été reconnu que par les africains, on trouverait
toujours a redire mais c’est le grand theodore Monod qui a, le premier de lui… al
hamdoulilah !
dans les textes spirituels partages ici il est toujours question de purifier le coeur afin
d’en extirper le mal.. est ce a notre portee des alors que notre prophète Mohamed
( pal) pour cela a reçu le privilège de son maitre, notre maitre, allahou swt, d’être
visite par des anges pour lui faire subir cette opération ?
est ce juste possible en ce moment présent.. ? Tierno Bokar nous en parle….
Les oiseaux noirs et les oiseaux blancs
Ce jour-là, Tierno avait commenté ce verset : « Celui qui a fait le poids d’un atome de
bien le verra ; celui qui a fait le poids d’un atome de mal, le verra » (Coran XC, 7 et
8).»
Comme nous le questionnions sur les bonnes actions, il nous dit :
– La bonne action la plus profitable est celle qui consiste à prier pour ses ennemis.
– Comment ! m’étonnai-je. Généralement, les gens ont tendance à maudire leurs
ennemis plutôt qu’à les bénir. Est-ce que cela ne nous ferait pas paraître un peu
stupide que de prier pour nos ennemis ?
– Peut-être, répondit Tierno, mais seulement aux yeux de ceux qui n’ont pas compris.
Les hommes ont, certes, le droit de maudire leurs ennemis, mais ils se font beaucoup
plus de tort à eux-mêmes en les maudissant qu’en les bénissant.
– Je ne comprends pas, repris-je. Si un homme maudit son ennemi et si sa
malédiction porte, elle peut détruire son ennemi. Cela ne devrait-il pas plutôt le
mettre à l’aise ?
– En apparence, peut-être, répondit Tierno, mais ce n’est alors qu’une satisfaction de
l’âme égoïste, donc une satisfaction d’un niveau inférieur, matériel.
Du point de vue occulte, c’est le fait de bénir son ennemi qui est le plus profitable.
Même si l’on passe pour un imbécile aux yeux des ignorants, on montre par là, en
réalité, sa maturité spirituelle et le degré de sa sagesse.»
– Pourquoi ? lui demandai-je. C’est alors que Tierno, pour m’aider à comprendre,
parla des oiseaux blancs et des oiseaux noirs.
– Les hommes, dit-il, sont les uns par rapport aux autres, comparables à des murs
situés face à face.
Chaque mur est percé d’une multitude de petits trous où nichent des oiseaux blancs
et des oiseaux noirs. Les oiseaux noirs, ce sont les mauvaises pensées et les mauvaises
paroles.
Les oiseaux blancs, ce sont les bonnes pensées et les bonnes paroles. Les oiseaux
blancs, en raison de leur forme, ne peuvent entrer que dans des trous d’oiseaux
blancs et il en va de même pour les oiseaux noirs qui ne peuvent nicher que dans des
trous d’oiseaux noirs.
Maintenant, imaginons deux hommes qui se croient ennemis l’un de l’autre.
Appelons-les Youssouf et Ali.
Un jour, Youssouf, persuadé que Ali lui veut du mal, se sent empli de colère à son
égard et lui envoie une très mauvaise pensée. Ce faisant, il lâche un oiseau noir et, du
même coup, libère un trou correspondant. Son oiseau noir s’envole vers Ali et
cherche, pour y nicher, un trou vide adapté à sa forme.
Si, de son côté, Ali n’a pas envoyé d’oiseau noir vers Youssouf, c’est-à-dire s’il n’a émis
aucune mauvaise pensée, aucun de ses trous noirs ne sera vide. Ne trouvant pas où se
loger, l’oiseau noir de Youssouf sera obligé de revenir vers son nid d’origine,
ramenant avec lui le mal dont il était chargé, mal qui finira par ronger et par détruire
Youssouf lui-même.
Mais imaginons qu’Ali a, lui aussi, émis une mauvaise pensée. Ce faisant, il a libéré
un trou où l’oiseau noir de Youssouf pourra entrer afin d’y déposer une partie de son
mal et y accomplir sa mission de destruction. Pendant ce temps, l’oiseau noir d’Ali
volera vers Youssouf et viendra loger dans le trou libéré par l’oiseau noir de ce
dernier. Ainsi les deux oiseaux noirs auront atteint leur but et travailleront à détruire
l’homme auquel ils étaient destinés. Mais une fois leur tâche accomplie, ils
reviendront chacun a son nid d’origine car, est-il dit: « Toute chose retourne à sa
source. » Le mal dont ils étaient chargés n’étant pas épuisé, ce mal se retournera
contre leurs auteurs et achèvera de les détruire.
L’auteur d’une mauvaise pensée, d’un mauvais souhait ou d’une malédiction est donc
atteint à la fois pas l’oiseau noir de son ennemi et par son propre oiseau noir lorsque
celui-ci revient vers lui.
La même chose se produit avec les oiseaux blancs. Si nous n’émettons que de bonnes
pensées envers notre ennemi alors que celui-ci ne nous adresse que de mauvaises
pensées, ses oiseaux noirs ne retrouveront pas de place où loger chez nous et
retourneront à leur expéditeur. Quant aux oiseaux blancs porteurs de bonnes
pensées que nous lui aurons envoyés, s’ils ne trouvent aucune place libre chez notre
ennemi, ils nous reviendront chargés de toute l’énergie bénéfique dont ils étaient
porteurs.
Ainsi, si nous n’émettons que de bonnes pensées, aucun mal, aucune malédiction ne
pourront jamais nous atteindre dans notre être. C’est pourquoi il faut toujours bénir
et ses amis et ses ennemis. Non seulement la bénédiction va vers son objectif pour y
accomplir sa mission d’apaisement, mais encore elle revient vers nous, un jour ou
l’autre, avec tout le bien dont elle était chargée.
Source: extrait de « Vie et enseignement de Tierno Bokar, le sage de Biandagara » de
ahmadou hampathe ba.
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