Tuberculose
Tuberculose
Tuberculose
Guide pratique à l’usage des médecins, infirmiers, techniciens de laboratoire et auxiliaires de santé
Tuberculose – 2
Tuberculose
• Annexe 15. Accompagnateurs DOT pour les patients sous traitement de deuxième lignea(see
page 235)
• Annexe 16. Evaluation rapide du risque de transmission de la TB dans une structure de
santé(see page 236)
• Annexe 17. Recommandations pour la mesure du changement d’air par heure (CAH)(see page
237)
• Annexe 18. Avantages et inconvénients des techniques de ventilation(see page 238)
• Annexe 19. Lampes de plafond à rayons ultraviolets(see page 238)
• Annexe 20. Masques de protection respiratoire(see page 241)
• Annexe 21. Masques chirurgicaux(see page 243)
• Annexe 22. Vaccin BCG(see page 244)
• Annexe 23. Fiche de traitement pour les patients sous traitement anti-TB de première
ligne(see page 246)
• Annexe 24. Registre TB pour les patients sous traitement de première ligne(see page 246)
• Annexe 25. Fiche de traitement pour les patients sous traitement anti-TB de deuxième
ligne(see page 247)
• Annexe 26. Registre TB pour les patients sous traitement de deuxième ligne(see page 247)
• Annexe 27. Formulaire de demande de microscopie et Xpert MTB/RIF(see page 248)
• Annexe 28. Formulaire de demande de culture de crachats, LPA et ATBG(see page 248)
• Annexe 29. Registre des examens microscopiques de crachats(see page 249)
• Annexe 30. Registre des tests Xpert MTB/RIF(see page 249)
• Annexe 31. Drug-o-gram(see page 250)
• Annexe 32. Rapport trimestriel(see page 250)
• Annexe 33. Rapport de détection et inclusion des cas de TB résistants à la rifampicine et
multirésistants(see page 251)
• Annexe 34. Rapport des résultats finaux – Traitement de la TB pharmacorésistante(see page
251)
• Annexe 35. Grille d’évaluation du fonctionnement d’un service TB(see page 252)
• Références Annexes(see page 252)
• Doses journalières des antituberculeux chez les patients ≥ 30 kg(see page 255)
• Dans la même collection(see page 256)
Auteurs/Contributeurs
Auteurs
Francis Varaine
Michael L. Rich
Responsable d’édition
Véronique Grouzard
Avec la participation de :
PIH
Amy Elizabeth Barrera-Cancedda, Salmaan Keshavjee, Carole Mitnick, Joia Mukherjee, Anne Peruski,
Kwonjune Seung
MSF
Elisa Ardizzoni, Saar Baert, Suna Balkan, Karen Day, Philipp Ducros, Gabriella Ferlazzo, Cecilia Ferreyra,
Marianne Gale, Pamela Hepple, Myriam Henkens, Cathy Hewison, Northan Hurtado, Frauke Jochims,
Jean Rigal, Joannie Roy, Peter Saranchuk, Clara Van Gulik, Carole Zen Ruffinen
Publié par
Médecins Sans Frontières
Partners In Health
Auteurs/Contributeurs – 7
Tuberculose
Introduction
La tuberculose est une maladie infectieuse due à Mycobacterium tuberculosis. Elle affecte habituellement
les poumons mais peut toucher d'autres organes. La maladie est devenue rare dans les pays riches mais
reste un problème majeur de santé publique dans les pays à revenu faible et moyen.
On estime qu’entre les années 2000 et 2010, 8 à 9 millions de nouveaux cas de tuberculose sont apparus
chaque année. Environ 1,5 million de personnes meurent de tuberculose chaque année. Chez les adultes,
la tuberculose est la deuxième cause de décès par maladie infectieuse (après le sida), avec 95% des
décès survenant dans les pays à faible revenu. Dans ces pays, la tuberculose est un problème majeur
chez les enfants et plus de 100 000 d’entre eux en meurent chaque année.
Le traitement de la tuberculose reste une contrainte pour les patients et une lourde charge pour le
système de santé. La tuberculose pharmacosensible nécessite au moins six mois de traitement sous
surveillance étroite. Un traitement de tuberculose multirésistante dure près de deux ans, avec des
médicaments mal tolérés et moins efficaces. Dans la plupart des régions du monde, le diagnostic repose
encore essentiellement sur la microscopie directe, inapte à détecter un grand nombre de patients. Le
vaccin par le BCG, développé il y a près d'un siècle, ne confère qu'une protection partielle.
Après 40 ans de progrès minimes en matière de diagnostic et de traitement, il existe des raisons
d'espérer. Quelques nouveaux médicaments sont en phase finale de développement. Un nouveau test
moléculaire pour le diagnostic rapide de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine, qui peut dans
une certaine mesure être utilisé de manière décentralisée, a été récemment introduit. Malgré
d’indéniables progrès, il reste encore beaucoup à faire pour que les patients aient accès aux nouveaux
outils et médicaments dont ils ont besoin. De plus, il n'existe pas encore de test diagnostique réalisable «
au lit du patient » et peu de progrès ont été faits dans la recherche d’un vaccin plus efficace.
La prise en charge des patients n’implique pas nécessairement un programme vertical. Elle doit être
intégrée aux autres activités médicales afin d'offrir une prise en charge complète et intégrée, même si le
nombre de patients traités est relativement faible.
Ce guide a été élaboré conjointement par Médecins Sans Frontières et Partners in Health. Il a pour but
d’aider les cliniciens et autres personnels de santé à prendre en charge des patients tuberculeux dans
leur globalité. Le guide aborde la prise en charge des différentes formes de tuberculose :
pharmacosensible et pharmacorésistante, chez les enfants et chez les patients co-infectés par le VIH.
Les protocoles de traitement étant en constante évolution, il est recommandé de consulter
régulièrement ce site où sont publiées les mises à jour.
Introduction – 8
Tuberculose
Abréviations et acronymes
ADF Association à dose fixe
Amk Amikacine
ARV Antirétroviral
ATBG Antibiogramme
Bdq Bédaquiline
Cfz Clofazimine
Cm Capréomycine
CMX Cotrimoxazole
Cs Cyclosérine
E Ethambutol
ECG Electrocardiogramme
Eto Ethionamide
FQ Fluoroquinolone
H Isoniazide
IM Intramusculaire
Imp/Cln Imipénème/cilastatine
IP Inhibiteur de la protéase
Km Kanamycine
Lfx Lévofloxacine
Lzd Linézolide
Mfx Moxifloxacine
Mpm Méropénème
MR Multirésistance
Ofx Ofloxacine
PCP Pneumocystose
Pto Prothionamide
R Rifampicine
Rfb Rifabutine
RR Résistance à la rifampicine
Rx Radiographie
S Streptomycine
TB Tuberculose
Thz Thioacétazone
UR Ultrarésistance
Z Pyrazinamide
Chapitre 1 : Introduction et
épidemiologie
• 1.1 Caractéristiques de Mycobacterium tuberculosis(see page 12)
• 1.2 Transmission(see page 12)
• 1.3 Evolution du bacille dans l'organisme(see page 13)
• 1.4 Prognostic(see page 15)
• 1.5 Facteurs modifiant l'épidémiologie de la TB(see page 15)
• 1.6 Indicateurs épidémiologiques(see page 17)
• 1.7 Estimation du fardeau de la TB dans le monde(see page 17)
• 1.8 TB pharmacorésistante dans le monde(see page 17)
• Références Chapitre 1(see page 18)
1.2 Transmission
La transmission du bacille est interhumaine et s’effectue essentiellement par voie aérienne. La source de
l'infection est un patient ayant une TB pulmonaire (TBP) ou laryngée, qui expectore des bacilles. En
Quand une personne inhale des gouttelettes contenant M. tuberculosis, la plupart des gouttelettes de
grande taille se logent dans les voies respiratoires supérieures (nez et gorge) où il est peut probable que
l'infection se développe. En revanche, des gouttelettes de petite taille peuvent atteindre les alvéoles
pulmonaires où l'infection peut alors se développer.
1.3.1 Primo-infection
Après la contamination, M. tuberculosis se multiplie lentement dans l’organisme, le plus souvent dans les
alvéoles terminales des poumons (foyer primaire) et dans les ganglions des aires de drainage
correspondantes : c’est la primo-infection. Le foyer primaire et l’adénopathie hilaire constituent le
complexe primaire.
En 1 à 2 mois, grâce aux lymphocytes et macrophages (immunité cellulaire), le foyer primaire est
circonscrit, encapsulé et centré par une zone de nécrose parenchymateuse (nécrose caséeuse). C'est à ce
moment qu’apparaît l'immunité tuberculeuse spécifique et que l’on observe le virage de la réaction
cutanée à la tuberculine4(see page 18),5(see page 18). Ce stade est habituellement asymptomatique ; les réactions
d'hypersensibilité sont rares mais possibles.
Remarque : le foyer primaire est une petite zone d’inflammation granulomateuse située au niveau des
alvéoles. Il n’est généralement pas décelable à la radiographie sauf s’il se calcifie ou s’il est de taille
significative
Dans la majorité des cas (90 à 95% des cas chez les patients VIH négatifs), la lésion pulmonaire cicatrise
progressivement. Dans 5 à 10% des cas, la lésion évolue vers une TB évolutive soit par extension de la
lésion et/ou dissémination par voie lymphatique ou sanguine,
– Age :
• Jeune enfant (risque multiplié par 2 chez l'enfant en dessous de 5 ans, risque encore plus élevé chez
l'enfant de moins de 6) ;
• Personnes de plus de 60 ans (risque multiplié par 5) ;
– Grossesse.
Lésions pulmonaires préalables :
– Consommation de tabac ;
– Silicose.
Intensité de l'exposition (nombre de bacilles inhalés) :
– Contagiosité du patient-source ;
– Environnement et proximité avec le patient-source ;
– Durée de l'exposition ;
– Résidents (et personnel travaillant dans) des lieux confinés.
1.4 Prognostic
La TB est une maladie grave et souvent mortelle en l’absence de traitement. Après 5 ans sans traitement,
le pronostic chez les patients atteints une TBP à frottis positif et non infectés par le VIH est le suivant :
– 50-60% décèdent (taux de létalité en l’absence de traitement) ;
– 20-25% guérissent spontanément ;
– 20-25% développent une TB chronique à frottis positif.
Avec un traitement approprié, le taux de létalité tombe souvent à moins de 2 à 3% dans des conditions
optimales.
Des létalités similaires sont observées chez des patients atteints de TBEP ou de TBP à frottis négatif non
traitées, avec une baisse équivalente de la létalité lorsque les patients reçoivent un traitement adéquat.
Chez les patients infectés par le VIH (et non traités par des antirétroviraux), la TB est presque toujours
mortelle en l’absence de traitement.
Même sous antirétroviraux, la létalité reste plus élevée que chez les patients non infectées par le VIH7(see
page 18),8(see page 18)
.
(amélioration des conditions de vie, de l'état nutritionnel, etc.). La TB est une maladie liée à la pauvreté :
plus de 95% des cas sont enregistrés dans les pays en développement et dans les populations pauvres.
Dans les pays industrialisés, la TB touche généralement les groupes sociaux les plus défavorisés.
On estime qu’en 2008, 390 000 à 510 000 cas de TB-MR sont apparus dans le monde (la meilleure
estimation ponctuelle est 440 000 cas)7(see page 18). On estime que 3,7% des cas de TB-MR sont des
nouveaux cas et 20% des cas précédemment traités19(see page 18). En 2008, la TB-MR a provoqué la mort de
150 000 personnes.
Dans certaines régions du monde, comme l'ex-Union soviétique et l’Europe de l'Est, le pourcentage de
nouveaux cas et de cas précédemment traités présentant une TB pharmacorésistante est
particulièrement alarmant, avec certaines régions rapportant plus de 30% de TB-MR chez les nouveaux
cas et plus de 70% chez les patients en retraitement ([Link]. en Biélorussie).
En revanche, dans des pays comme la Chine et l'Inde, le pourcentage de nouveaux cas présentant une
TB-MR est faible. Cependant, en raison de la forte incidence de la TB et de l’importance de la population,
ces pays présentent des nombres absolus de cas de TB-MR extrêmement élevés. On estime que près de
50% des cas mondiaux de TB-MR surviennent en Chine et en Inde.
Il n’existe pas de données d'enquête pour tous les pays d’Afrique. Toutefois, les données limitées
disponibles suggèrent que le fardeau de la TB-MR est important dans certaines régions, notamment en
Afrique australe.
À partir de 2012, la TB-UR a été identifiée dans 84 pays et la proportion moyenne des TB-UR parmi les TB-
MR est estimée à 9%19(see page 18).
Références Chapitre 1
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[Link]
Tableau 2.1 - Diagnostics différentiels de la TBP (patients non infectés par le VIH)
Maladies Commentaires
Echinococcose pulmonaire (kyste • En Amérique latine, Moyen Orient, certains pays d’Afrique
hydatique) sub-saharienne, Chine.
• La localisation pulmonaire peut provoquer une toux
chronique avec ou sans hémoptysie.
• Les kystes peuvent ressembler à des cavités.
Pour le diagnostic différentiel chez les patients infectés par le VIH, se référer à la Section 2.4(see page 24).
A partir d’une localisation pulmonaire initiale (primo-infection), M. tuberculosis peut essaimer dans
l’organisme au cours d’une phase silencieuse, en général au début de l’infection (se référer au Chapitre
1(see page 12)). Une TB évolutive peut donc se développer au niveau de nombreux autres organes, en
particulier ganglions lymphatiques, méninges, vertèbres, articulations, reins, organes génitaux et cavité
abdominale.
Les formes EP peuvent survenir à tout âge. Les jeunes enfants et les patients infectés par le VIH sont plus
susceptibles de développer une TBEP.
Ces affections présentent des caractéristiques cliniques variées. Toutefois, leurs caractéristiques
communes sont : une évolution insidieuse s’accompagnant d’une altération de l’état général et l’absence
de réponse aux traitements symptomatiques ou anti-infectieux non spécifiques. Elles peuvent être
accompagnées d’une localisation pulmonaire, qu’il faut toujours rechercher même si le diagnostic
d’EPTB est posé ou suspecté. Le Tableau 2.3(see page 26), à la fin de ce chapitre, résume les
caractéristiques de la TBEP.
froid paravertébral peut accompagner les lésions ostéo-articulaires ; des signes neurologiques peuvent
les compliquer.
Le diagnostic des formes ostéo-articulaires est clinique et radiologique. Une altération de l’état général
et une histoire traînante d’ostéite ou d’arthrite est en faveur d’une TB plutôt que d’une ostéomyélite
bactérienne ou d’une brucellose. Le patient peut avoir un antécédent de nonréponse à un traitement
antibiotique à large spectre.
Une péricardiocentèse peut être nécessaire en cas d’insuffisance cardiaque sévère entraînant un état de
choc hémodynamique. Elle ne peut être effectuée que par un opérateur expérimenté dans un hôpital
correctement équipé.
Aux stades avancés de la maladie, lorsque l’état immunitaire se dégrade, la symptomatologie devient de
plus en plus atypique et les formes pulmonaires à frottis négatifs, disséminées et EP sont plus
fréquentes. Le diagnostic est plus difficile et le taux de létalité est supérieur à celui des patients atteints
de TBP à frottis positif. Les algorithmes présentés dans le Chapitre 4, Section 4.2(see page 43) combinent
des critères cliniques et paracliniques pour aider au diagnostic de la TB chez les patients infectés par le
VIH.
Chez les patients infectés par le VIH atteints de TBP, la fièvre et la perte de poids sont plus courantes que
chez les patients non infectés par le VIH. En revanche, la toux et l’hémoptysie sont moins fréquentes car
ces patients ont une réaction inflammatoire atténuée et développent moins de cavernes. La microscopie
des crachats est souvent négative.
Pour les diagnostics différentiels de la TBP chez les patients infectés par le VIH, se référer au Tableau 2.2.
Tableau 2.2 - Diagnostics différentiels de la TBP chez les patients infectés par le VIH
Maladies Commentaires
Sarcome de Kaposi pulmonaire (SK) • Le SK peut ressembler à une TB, avec toux d’installation
progressive, fièvre, hémoptysie, sueurs nocturnes et
perte de poids. Il apparaît au stade avancé de l’infection
par le VIH ; il est fréquemment précédé ou accompagné
de lésions cutanées et muqueuses.
Chez les adultes infectés par le VIH, les formes non pulmonaires les plus fréquentes sont les formes
ganglionnaire, pleurale, péricardique, méningée et miliaire (disséminée). Chez les enfants infectés par le
VIH, les formes méningée, miliaire et ganglionnaire étendue sont les formes non pulmonaires les plus
fréquentes.
Les patients atteints de TBEP ont aussi souvent une TBP.
Le syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire (IRIS) est une présentation clinique de la TB
chez les patients débutant un traitement antirétroviral. Se référer au Chapitre 12, Section 12.7(see page 114)
pour la symptomatologie et la prise en charge de l’IRIS15(see page 27).
TB • Toux prolongée (> 2 semaines), • Voir algorithmes Chapitre 4(see page 43).
pulmonaire expectoration, douleurs
thoraciques, essoufflement, fièvre
modérée et sueurs nocturnes.
• Hémoptysie.
• Symptômes constitutionnels
souvent présents : fièvre, sueurs
nocturnes, perte de poids, anorexie,
fatigue.
Mal de Pott • Déformation du rachis. • Plus fréquent chez les patients VIH+.
TB • Ascite (éliminer d’autres causes). • TBP plus fréquemment associée chez les
abdominale • Masse abdominale (25-50% dans le patients VIH+.
cadran inférieur droit), douleurs ou
diarrhée.
• Souvent fièvre > 2 semaines.
Références Chapitre 2
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May;81(3):213-27.
La coloration à l’auramine a l’avantage de permettre une lecture plus rapide de la lame. Elle est
recommandée dans les laboratoires dont l’activité est importante (≥ 20 lames/lecteur/jour). Cette
technique doit être réalisée par des techniciens formés et expérimentés. Elle nécessite un microscope à
fluorescence. Les modules LED (light-emitting-diodes) qui peuvent être adaptés à un microscope
ordinaire ou les nouveaux microscopes à LED sont des alternatives plus simples, moins coûteuses et plus
sûres aux microscopes traditionnels à lampe à vapeur de mercure et ne nécessitent pas de chambre
noire.
Les techniques de concentration (Annexe 4(see page 162)) permettent d’augmenter la sensibilité de la
microscopie des crachats et d’accroître jusqu'à 20% la détection des cas dans les contextes où la
prévalence du VIH est élevée7(see page 38).
3.2 Culture
La culture permet de confirmer le diagnostic de TB et est plus sensible que la microscopie. Il faut 10 à 100
bacilles/ml pour obtenir un résultat positif3(see page 38). Seuls les laboratoires spécialisés ayant mis en place
un contrôle de qualité régulier peuvent réaliser des cultures.
L'échantillon de crachats est centrifugé après avoir été décontaminé pour éliminer d’autres micro-
organismes. Le sédiment est cultivé sur un milieu spécial, dans un incubateur à 37°C. Pour la
conservation et l'expédition des échantillons, se référer à l’Annexe 1(see page 151).
Du fait de la croissance lente de M. tuberculosis, les résultats des cultures ne sont obtenus qu’après
plusieurs jours. Les délais d’obtention des résultats selon la technique sont présentés dans la Section
3.5(see page 32), Tableau 3.1.
Les cultures devraient prendre une place plus importante dans le diagnostic et le suivi des patients, en
raison des performances limitées de la microscopie dans les cas suivants :
– Confirmation d’échec thérapeutique ;
– Diagnostic de TBEP ;
– Confirmation d’une TB à frottis négatif en cas de doute ;
– Distinction entre complexe M. tuberculosis et MNT ;
– Surveillance et évaluation de la réponse au traitement chez les patients sous antituberculeux de
deuxième ligne.
Lorsqu’un organisme pousse sur milieu solide ou liquide, celui-ci doit être identifié. Il existe plusieurs
méthodes pour identifier M. tuberculosis. Les tests peuvent être phénotypiques (le test le plus courant est
le test à la niacine) ou génotypiques (tests reposant sur l'analyse de l'ADN, Section 3.4). Étant donné la
complexité de l'identification phénotypique, les tests génotypiques sont préférés. Leur inconvénient est
leur coût. Les laboratoires effectuant des cultures doivent réaliser les tests d'identification de M.
tuberculosis selon les recommandations internationales.
reproductible. L’antibiogramme pour les autres médicaments de deuxième ligne (acide para-
aminosalicylique, éthionamide et cyclosérine) est beaucoup moins fiable et reproductible9(see page 38).
Les tests moléculaires (ou génotypiques) peuvent être utilisés pour diagnostiquer la TB grâce à
l'amplification des acides nucléiques (ADN ou ARN). Ils sont également utilisés pour détecter une
pharmacorésistance en identifiant une mutation génétique (allèles associés à une résistance aux
médicaments) de la bactérie responsable (antibiogramme génotypique). Différents tests et plates-formes
ont été développés.
TB sensible. Si le second test montre également une résistance à la rifampicine, celle-ci doit être
confirmée par un antibiogramme phénotypique ou une méthode génotypique différente.
Le test MTB/RIF ne remplace pas les microscopies, cultures et antibiogrammes conventionnels, qui
restent nécessaires pour suivre l’évolution du traitement et détecter les résistances à d’autres
médicaments que la rifampicine.
3.7 Imagerie
• 3.7.1 Radiographie(see page 34)
• 3.7.2 Echographie(see page 34)
3.7.1 Radiographie
La radiographie (Rx) du thorax n’est pas un examen spécifique dans le diagnostic de la TB. Elle n'est pas
systématiquement indiquée chez les patients à frottis positif dans de nombreux pays, en raison d’un
manque de ressources.
Compte-tenu de son absence de spécificité, la Rx du thorax est considérée comme un outil de diagnostic
complémentaire. En effet, des études comparatives ont montré que le taux d’erreurs commises par des
spécialistes – par défaut ou par excès – était d’environ 20%. Il est souvent difficile de différencier des
lésions cicatricielles anciennes d’une TB évolutive. La radiologie est rarement concluante et ne peut que
compléter les données de l’examen clinique et les antécédents, pour constituer un faisceau d’argument
en faveur d’une TB.
La Rx du thorax est toutefois recommandée lorsque l'examen des crachats revient négatif ou dans le
cadre d’un diagnostic de TB chez l’enfant24(see page 38). Elle est particulièrement utile lorsque la proportion
de TB bactériologiquement non confirmée (c.-à-d. résultat négatif à l’examen microscopique des
crachats ou au test Xpert MTB/RIF) peut être élevée, comme [Link]. dans les populations où la prévalence
du VIH est élevée.
En cas de co-infection par le VIH, les infiltrats, notamment en cas de déficit immunitaire prononcé,
tendent à être diffus et localisés aux lobes inférieurs ; la radiographie peut même apparaître normale
dans 10% des cas. Les cavernes sont moins souvent observées chez les patients infectés par le VIH. Dans
une étude chez des patients atteints de TBP, des cavernes étaient présentes chez 33% des patients
infectés par le VIH et 78% des patients non infectés par le VIH25(see page 38).
La Rx du thorax est intéressante pour le diagnostic d’un épanchement pleural ou péricardique, en
particulier au stade précoce de la maladie, lorsque les signes cliniques sont minimes. Un élargissement
de la silhouette cardiaque est un élément clé du diagnostic de péricardite tuberculeuse26(see page 38).
La Rx du thorax est essentielle dans le diagnostic de la TB miliaire. Elle montre des petites infiltrations
nodulaires caractéristiques disséminées dans les deux champs pulmonaires26(see page 38).
La radiographie est également utilisée en cas de suspicion de TB osseuse ou articulaire. Elle peut être
utile, ainsi que la tomodensitométrie, en cas de Mal de Pott.
3.7.2 Echographie
L'échographie est utile pour confirmer un épanchement pleural27(see page 38).
Elle est extrêmement utile dans le diagnostic de la péricardite tuberculeuse car elle permet de confirmer
qu’un épanchement est la cause de l'élargissement de la silhouette cardiaque observé à la Rx du thorax.
Elle est peu utile dans le diagnostic de la TB abdominale. Des adénopathies multiples à l’échographie
abdominale sont compatibles avec une TB, toutefois, des adénopathies multiples peuvent être
observées dans d'autres maladies, en particulier dans l’infection par le VIH. Un épaississement de la
paroi intestinale (région iléocécale) est également évocateur de TB abdominale.
Une réaction positive chez un individu indique qu’il a été infecté mais ne permet pas de déterminer si
l’infection est latente ou évolutive. De plus, il est impossible de déterminer si la réaction est due à M.
tuberculosis ou à une autre mycobactérie.
L’IDR est réalisée en injectant 5 unités internationales de tuberculine par voie intradermique stricte, à la
face palmaire (interne) de l’avant bras.
La lecture s’effectue 48 à 72 heures après l’injection. Elle doit être effectuée par un personnel de santé
formé. La réaction est la zone l’induration (perception d’un oedème à la palpation) autour du point
d’injection. Le diamètre de l’induration est mesuré transversalement à l’aide d’une règle. Ne pas mesurer
la zone érythèmateuse (rouge) autour de l’induration, car celle-ci ne constitue pas la réaction mais
uniquement la zone indurée.
La tuberculine utilisée pour le test cutané est également connue sous le nom de dérivé protéinique
purifié (DPP). L’IDR est parfois appelée test tuberculinique ou test de Mantoux.
La vaccination par le BCG induit un état d’hypersensibilité qui peut entraîner une IDR faussement
positive. Le diamètre moyen de l’induration un an après le BCG est de 10 mm, les valeurs extrêmes allant
de 4 à 20 mm. Les réactions faussement positives ont tendance à s’atténuer avec le temps et
disparaissent dans les 5 à 10 ans après la vaccination.
IDR positive
IDR est considérée comme positive si28(see page 38) :
– L’induration est ≥ 5 mm chez les personnes infectées par le VIH, immunodéprimées (y compris les
patients ayant reçu des doses de prednisolone ≥ 15 mg/jour pendant 1 mois ou plus) et les enfants
malnutris ;
– L’induration est ≥ 10 mm chez les autres enfants et adultes (vaccinés ou non par le BCG).
Une réaction qui apparaît quelques minutes ou quelques heures après l’injection (parfois même après 24
heures), mais disparaît dès le lendemain de son apparition, est sans valeur.
En pratique, dans les pays où le risque annuel d’infection et la couverture vaccinale pour le BCG sont
élevés, l’IDR a peu de valeur en tant qu’outil diagnostique. Elle n’est qu’un élément d’un faisceau
d’argument permettant d’établir un diagnostic de TB évolutive, en général exclusivement chez l’enfant
(Chapitre 5(see page 51)).
Une réaction fortement positive (diamètre d’induration > 20 mm) ou phlycténulaire doit être considérée
comme un argument en faveur du diagnostic de TB évolutive. Elle est toutefois insuffisante à elle seule
pour décider d’un traitement.
IDR négative
La négativation de réactions cutanées préalablement positives est due à une perte d’hypersensibilité. Il
s’agit de réactions faussement négatives qui peuvent être observés :
De façon transitoire :
– Lors d’infections virales (grippe, rougeole) ou bactériennes (coqueluche) ;
– Au début de l’évolution d’une TB méningée ou miliaire ;
– En cas d’altération sévère de l’état général ([Link]. malnutrition) ;
– Au cours de traitement immunosuppresseur ([Link]. corticoïdes).
De façon définitive :
– Par extinction naturelle de l’allergie post-vaccinale, qui s’observe à partir de la 5e année qui suit la
vaccination par le BCG ;
– Dans la dépression immunitaire des grands vieillards ;
– Au cours de maladie anergisante : sida, hémopathies, sarcoïdose.
Il faut noter qu’environ 30% des enfants ayant une TB évolutive ont une IDR négative ou douteuse au
moment du diagnostic.
L’IDR joue un rôle essentiel dans la sélection des candidats au traitement préventif par l’isoniazide
(Chapitre 16(see page 132)).
Fluides Tests
Références Chapitre 3
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Ces algorithmes ont pour but d'aider à poser le diagnostic de tuberculose pulmonaire (TBP) et de
minimiser les erreurs. Ils sont conçus pour les adultes et les adolescents. Pour les enfants de moins de 10
ans, se référer aux algorithmes du Chapitre 5(see page 54).
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 42
Tuberculose
traitement empirique de pneumonie bactérienne, avec une antibiothérapie à large spectre, car les
bénéfices dépassent les risques1(see page 50).
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 43
Tuberculose
Algorithme diagnostique 1
a.
Si le statut sérologique du patient est inconnu, cet algorithme doit être utilisé dans les contextes où la
prévalence du VIH est < 5%.
b.
Les patients sont considérés comme à faible risque de TB multirésistante (TB-MR) s’ils ne répondent à
aucun des critères suivants : 1) résident d’une région où la prévalence de la TB-MR est élevée ; 2) toutes
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 44
Tuberculose
les catégories de retraitement ; 3) contact avec un cas connu de TB-MR ; 4) patient ayant un frottis positif
au 2e mois ; 5) résident d’une institution où le risque de TB-MR est élevé ([Link]. prisons).
c.
Signes de danger : fréquence respiratoire > 30/min et/ou fièvre > 39°C et/ou pouls > 120/min et/ou
incapacité à marcher.
d.
Microscopie des crachats : 2 frottis de crachats réalisés le même jour.
e.
Antibiothérapie à large spectre :
• Pas de signes de danger : amoxicilline 7 jours (PAS de fluoroquinolones) ;
• Signes de danger : antibiotique injectable ([Link]. ceftriaxone).
f.
Une réponse clinique à un antibiotique à large spectre n’exclut pas le diagnostic de TB. Informer le
patient qu’il doit consulter en cas de réapparition des symptômes.
g.
Selon le contexte :
• Xpert MTB/RIF disponible : deux frottis de crachats réalisés le même jour et un Xpert MTB/RIF sur un des
2 échantillons prélevés pour la microscopie des crachats ;
• Xpert MTB/RIF non disponible : deux frottis de crachats réalisés le même jour.
h.
Dans les groupes de patients où le niveau de résistance à l’isoniazide est élevé (> 10%), il est
recommandé de réaliser un antibiogramme conventionnel de base (et/ou un line probe assay) afin
d’instaurer un traitement adéquat.
i.
Selon le contexte :
• Dans les groupes de patients où la prévalence de la TB-MR est < 10%, débuter immédiatement un
traitement empirique de TB-MR si le patient est gravement malade. H et R sont inclus dans le schéma
thérapeutique jusqu’à confirmation de la TB-MR par des méthodes conventionnelles. Si le patient est
stable, le clinicien peut décider d’attendre la confirmation pour débuter le traitement.
• Dans les groupes de patients où la prévalence de la TB-MR est ≥ 10%, débuter un traitement empirique
de TB-MR. Envisager l’inclusion de H dans les contextes où la monorésistance à R n’est pas rare.
j.
Les signes cliniques et radiologiques sont généralement plus typiques chez les patients HIV négatifs :
TB Pneumonie
bactérienne
Signes Perte de poids, toux productive, crachats purulents, hémoptysie, • Début brutal
cliniques douleur pleurale • Fièvre
Si les signes cliniques ET images radiologiques sont très évocateurs de TB, débuter un traitement TB sans
attendre la confirmation du diagnostic.
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 45
Tuberculose
Algorithme diagnostique 2
a.
Si le statut sérologique du patient est inconnu, cet algorithme doit être utilisé lorsque la prévalence du
VIH est > 5%.
b.
Définition d’un cas suspect : toux depuis plus de 2 semaines ou toux et au moins un des signes
suivants : perte de poids, sueurs nocturnes, fièvre ou suspicion basée sur l’appréciation clinique.
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 46
Tuberculose
c.
Signes de danger : fréquence respiratoire > 30/min et/ou fièvre > 39°C et/ou pouls > 120/min et/ou
incapacité à marcher.
d.
Selon le contexte :
• Xpert MTB/RIF disponible : 2 frottis de crachats réalisés le même jour ET un Xpert MTB/RIF sur un des 2
échantillons prélevés pour la microscopie des crachats ;
• Xpert MTB/RIF non disponible : 2 frottis de crachats réalisés le même jour.
e.
Dans les groupes de patients où le niveau de résistance à l’isoniazide est élevé (> 10%), réaliser un
antibiogramme conventionnel de référence (et/ou un line probe assay) afin de donner un traitement
adéquat.
f.
Réaliser une culture chaque fois que possible. Une culture positive à n’importe quelle étape de
l’algorithme implique l’instauration d’un traitement TB complet.
g.
Débuter un traitement TB lorsque les signes cliniques ET radiologiques sont évocateurs de TB (Note k).
h.
Antibiothérapie à large spectre/traitement de PCP :
• Pas de signes de danger : amoxicilline 7 jours (ou l’antibiotique oral recommandé pour les pneumonies
communautaires dans la région. PAS de fluoroquinolones) ;
• Signes de danger : antibiotique injectable ([Link]. ceftriaxone) ET cotrimoxazole à haute dose.
i.
En l’absence de signes de danger : réexaminer le patient 7 jours après.
Si signes de danger présents : réexaminer le patient chaque jour. En l’absence de réponse, débuter un
traitement TB après 3 à 5 jours.
Une réponse clinique à un antibiotique à large spectre n’exclut pas le diagnostic de TB. Informer le
patient qu’il doit consulter en cas de réapparition des symptômes.
j.
Diagnostics différentiels en cas de toux chez les adolescents/adultes infectés par le VIH : pneumonie
bactérienne (y compris atypique), PCP, infection fongique, mycobactérie non-tuberculeuse, nocardiose,
sarcome de Kaposi et lymphome.
k.
Pour établir le diagnostic, prendre en compte l’examen clinique, la Rx, le taux de CD4, un éventuel
traitement préventif par le cotrimoxazole (TPC) et les autres traitements déjà reçu par le patient. Si la
suspicion de TB évolutive est élevée, débuter un traitement empirique de TB sans attendre la
confirmation du diagnostic. D’autres traitements comme une antibiothérapie à large spectre ou un
traitement de PCP peuvent être nécessaires en plus du traitement TB.
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 47
Tuberculose
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 48
Tuberculose
a.
Les patients suivants sont à haut risque de TB-MR : 1) résident d’une région où la prévalence de la TB-
MR est élevée ; 2) toutes les catégories de retraitement ; 3) contact avec un cas connu de TB-MR ; 4)
patient ayant un frottis positif au 2e mois ; 5) résident d’une institution où le risque de TB-MR est élevé
([Link]. prisons).
b.
Les groupes de patients à risque de TB-MR sont également à risque pour d'autres types de TB
pharmacorésistantes. Réaliser un antibiogramme pour les antituberculeux de première ligne afin d’offrir
un traitement adapté en cas d’éventuelle mono- ou polyrésistance.
c.
Dans les populations où la prévalence de la TB-MR est < 10%, la résistance à la R diagnostiquée par
Xpert MTB/RIF doit être confirmée par les méthodes conventionnelles. Réaliser si possible un
antibiogramme pour les antituberculeux de première et deuxième ligne.
d.
• Dans les groupes de patients où la prévalence de la TB-MR est < 10%, la décision de débuter un
traitement de TB-MR dépend de l’état clinique et du statut sérologique du patient. Les patients
gravement malades et/ou VIH+ doivent immédiatement débuter un traitement empirique de TB-MR. H et
R sont inclus dans le schéma thérapeutique jusqu'à confirmation par des méthodes conventionnelles.
• Dans les groupes de patients où la prévalence de la TB-MR est ≥ 10%, débuter un traitement empirique
de TB-MR. Envisager l’inclusion de H dans des contextes où la monorésistance à la R n'est pas rare.
e.
Microscopie de référence sur un échantillon de crachats afin de : 1) permettre le suivi du patient à l’aide
de la microscopie; 2) prendre des décisions immédiates en matière de prévention de la transmission.
Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 49
Tuberculose
Références Chapitre 4
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Chapitre 4 : Algorithmes pour le diagnostic de la tuberculose pulmonaire (TBP) chez les adultes et les adolescents – 50
Tuberculose
5.1 Introduction
La tuberculose (TB) est une maladie fréquente et responsable de nombreux décès chez l’enfant dans les
zones de forte prévalence. Le manque d’outils diagnostiques efficaces a contribué à sous estimer son
importance et les enfants < 15 ans représentent 10 à 20% de l’ensemble des cas de TB1(see page 57) dans les
zones de forte prévalence.
Les caractéristiques de la TB et la démarche diagnostique chez les enfants > 10 ans sont les mêmes que
chez l’adulte. Ce chapitre traite uniquement des enfants < 10 ans.
Pour combiner les éléments suivants afin d’arriver à une décision thérapeutique, se référer aux
algorithmes diagnostiques (Section 5.6(see page 54)).
5.4.5 Investigations
Les examens suivants doivent être effectués chaque fois que possible en cas de TB presumée.
L'impossibilité de réaliser l’un de ces examens ne doit pas retarder le diagnostic de TB.
Bactériologie
Essayer de confirmer la TB. Toutefois, le traitement ne doit pas être retardé s’il est cliniquement indiqué.
Pour les TBEP, effectuer des prélèvements au niveau des localisations suspectées pour examen
microscopique, et lorsque c’est possible, pour culture, cytologie ou histopathologie et méthodes
moléculaires ([Link]. Xpert MTB/RIF).
Les tests bactériologiques sont plus performants chez les enfants plus âgés et chez ceux atteints de
formes sévères. Deux échantillons de crachats doivent être prélevés : l’un lors de la première
consultation et le second le lendemain matin au lever. Il est également possible de prélever deux
échantillons à une heure d’intervalle (Annexe 1(see page 151)).
Le test Xpert MTB/RIF est le test de choix pour dépister une TB multirésistante (TB-MR). Si le test Xpert
MTB/RIF n’est pas disponible, réaliser un antibiogramme conventionnel. Les indications de
l’antibiogramme sont les mêmes que pour les adultes.
a.
Contact : enfant ayant vécu sous le même toit ou en contact étroit et régulier avec un cas suspect ou
confirmé de TB au cours des 12 derniers mois.
b.
Malnutrition ou stagnation de la courbe de poids.
c.
Evaluation clinique (y compris courbe de poids), examen bactériologiques, test VIH (dans les zones de
forte prévalence) et si disponible et utile : radiographie (Rx), recherche d’EPTB, IDR.
d.
Par exemple : Mal de Pott, méningite tuberculeuse, TB ganglionnaire avec fistulisation, frottis ou test
Xpert MTB/RIF positif ou Rx pulmonaire évocatrice de TB ([Link]. lymphadénopathie hilaire, infiltrats au
niveau des lobes supérieurs, miliaire).
e.
Antibiothérapie à large spectre :
• Pas de signes de danger : amoxicilline PO 7 jours ;
• Signes de danger : antibiotique injectable ([Link]. ceftriaxone).
f.
Une réponse clinique à un antibiotique à large spectre n’exclut pas le diagnostic de TB. Informer les
parents qu’il faut re-consulter en cas de réapparition des symptômes
Enfant symptomatique
a.
Malnutrition ou stagnation de la courbe de poids.
b.
Température > 38°C.
c.
Evaluation clinique (y compris courbe de poids), examen bactériologiques, test VIH (dans les zones de
forte prévalence) et si disponible et utile : radiographie (Rx), recherche d’EPTB, IDR.
d.
Frottis positif ou test Xpert MTB/RIF positif, Rx évocatrice ([Link]. lymphadénopathie hilaire, infiltrats au
niveau des lobes supérieurs, miliaire), gibbosité.
e.
Antibiothérapie à large spectre :
• Pas de signes de sévérité :
• remière ligne : amoxicilline PO 7 jours (PAS de fluoroquinolones). Demander au parent de
ramener l’enfant si son état ne s’est pas amélioré pas après 48 heures ;
• si un second traitement est nécessaire : azithromycine PO 5 jours.
• Signes de sévérité : antibiotique injectable ([Link]. ceftriaxone ± cloxacilline si suspicion de S.
aureus).
De plus, administrer un traitement présomptif de PCP à tous les enfants exposés ou infectés par le
VIH < 1 an et à tous les enfants plus âgés sévèrement immunodéprimés et pas encore sous
prophylaxie par le cotrimoxazole. Pour tous les autres enfants exposés ou infectés par le VIH,
envisager le traitement de PCP en cas de non réponse après 48 heures d’antibiothérapie à large
spectre.
f.
La réponse clinique à un antibiotique à large spectre n'exclut pas la TB. Informer les parents qu’il faut
re-consulter en cas de réapparition des symptômes.
Références Chapitre 5
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atlas-of-intrathoracic-tuberculosis-in-children
Enfant Adulte
• Toux* • Toux*
• Fièvre • Fièvre
• Faible gain de poids** • Perte de poids
• Contact avec un patient contagieux • Sueurs nocturnes
* Chez les personnes infectées par le VIH, demander si le patient tousse est plus sensible que demander
s’il tousse depuis 2 semaines2(see page 59).
** Le faible gain de poids est défini comme un amaigrissement rapporté par le patient ou un poids
insuffisant ou une perte de poids confirmée > 5% depuis la dernière visite ou une stagnation de la courbe
de poids.
Chapitre 6 : Dépistage actif de la tuberculose chez les patients infectés par le VIH – 58
Tuberculose
Références Chapitre 6
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Chapitre 6 : Dépistage actif de la tuberculose chez les patients infectés par le VIH – 59
Tuberculose
1(see page 61) Si possible, obtenir une preuve histologique ou bactériologique (microscopie, culture ou test
moléculaire).
– TB pharmacorésistantes :
• TB monorésistante : résistance à un médicament de première ligne seulement ;
• TB polyrésistante (TB-PR) : résistance à plus d’un médicament de première ligne, autres que
l’isoniazide et la rifampicine ;
• TB multirésistante (TB-MR) : résistance à l’isoniazide et à la rifampicine au moins ;
• TB ultrarésistante (TB-UR) : TB-MR résistante à au moins une fluoroquinolone et un médicament
injectable de deuxième ligne (Km, Amk, Cm).
Références Chapitre 7
1. Implementing the WHO STOP TB strategy: A handbook for national tubercuslosis control
programmes. World Health Organization, Geneva. (WHO/HTM/TB/2008.401. 2008).
[Link]
2. Treatment of Tuberculosis Guidelines 4th edition. World Health Organization, Geneva. 2009. (WHO/
HTM/TB/2009.420).
[Link]
Chapitre 8 : Médicaments
antituberculeux et schémas
thérapeutiques
• 8.1 Introduction(see page 64)
• 8.2 Formulations des médicaments antituberculeux(see page 66)
• 8.3 Antituberculeux de qualité garantie(see page 67)
• 8.4 Posologie des antituberculeux(see page 68)
• 8.5 Résistance croisée(see page 68)
• Références Chapitre 8(see page 69)
8.1 Introduction
• 8.1.1 Codification des schémas thérapeutiques(see page 0)
• 8.1.2 Approches thérapeutiques(see page 0)
Une association de plusieurs médicaments antibactériens est nécessaire pour traiter la maladie et éviter
l’apparition de résistances. Les schémas thérapeutiques définissent les associations médicamenteuses
spécifiques utilisées et la durée prévue du traitement.
Les médicaments antituberculeux sont classés en 5 groupes en fonction de leur efficacité, de l'expérience
de leur utilisation et de leur classe. Tous les médicaments appartenant au même groupe ne sont pas
similaires en termes d’efficacité, mécanisme d'action, profil d'effets indésirables ou innocuité. Chaque
médicament a une action spécifique sur une ou plusieurs populations bacillaires mais aucun sur bacilles
dormants 1(see page 0) .
Les schémas thérapeutiques sont exprimés d'une manière standardisée et abrégée.
Médicaments antituberculeux
Tableau 8.1 - Groupes et abréviations (adapté de l’OMS1(see page 69))
GROUPE 1 Isoniazide H
Médicaments oraux de première ligne Rifampicine R
Pyrazinamide Z
Ethambutol E
Rifabutine Rfb
GROUPE 2 Streptomycine S
Médicaments injectables Amikacine Amk
Kanamycine Km
Capréomycine Cm
Remarques :
– Les traditionnels « médicaments antituberculeux de première ligne » (H, R, Z, E et la streptomycine)
sont désormais considérés comme les médicaments du Groupe 1, à l'exception de la streptomycine qui
appartient au Groupe 2. Les médicaments des Groupes 2 (sauf la streptomycine) à 5 sont généralement
réservés aux TB pharmacorésistantes et sont appelés «médicaments antituberculeux de deuxième ligne
».
– Dans ce guide, la clarithromycine (Clr) n'est pas incluse dans le Groupe 5, en l’attente de nouvelles
données sur son efficacité.
Schémas thérapeutiques
Les schémas de traitement sont abrégés de la façon suivante :
– Les médicaments sont listés en utilisant leur abréviation.
– Le traitement comporte deux phases, la phase initiale (ou phase d’attaque) et la phase d’entretien. Ces
deux phases sont séparées par une barre oblique (/).
– Le nombre qui précède la phase indique sa durée en mois.
– Un chiffre en indice ([Link]. 3) après une lettre indique le nombre de doses du médicament à prendre
chaque semaine ([Link]. H3R3 signifie que l’isoniazide et la rifampicine sont donnés 3 fois par semaine).
– L’absence de chiffre en indice signifie que le médicament doit être pris tous les jours.
– Les lettres entre parenthèses indiquent que les médicaments sont administrés sous forme
d’associations à doses fixes (ADF).
– Si les lettres ne sont pas entre parenthèses, il s’agit de médicaments monocomposés.
– Les médicaments de deuxième ligne sont séparés par un tiret.
Exemples :
– 2 (HRZE)/4 (HR) : le patient reçoit chaque jour pendant deux mois quatre médicaments (isoniazide,
rifampicine, pyrazinamide, éthambutol) sous forme d’ADF puis chaque jour pendant quatre mois deux
médicaments (isoniazide, rifampicine) sous forme d’ADF.
– 8 Km-Lfx-Eto-Cs-Z/14 Lfx-Eto-Cs-Z : le patient reçoit une association de cinq médicaments
monocomposés chaque jour pendant huit mois, puis une association de quatre médicaments
monocomposés chaque jour pendant quatorze mois. Le médicament injectable est mentionné en
premier, la fluoroquinolone en deuxième, le(s) médicament(s) du Groupe 1 en dernier.
1(see page 64) Une lésion tuberculeuse active contient plusieurs populations de bacilles : bacilles se
multipliant activement dans le caséum des cavités ouvertes (responsables de la transmission),
bacilles se multipliant lentement en milieu inflammatoire acide, bacilles se multipliant de façon
sporadique dans les tissus et bacilles dormants dans les lésions solides.
Adultes :
Enfants :
3 médicaments H50 mg/Z150 mg/R75 mg
* Ces formulations doivent être abandonnées si les nouvelles ADF pédiatriques correspondant aux doses
recommandées par l’OMS sont disponibles2(see page 69).
4 [Link]
Fluoroquinol Résistance croisée variable entre les différentes FQ. Certaines données in vitro
ones montrent que des souches peuvent être sensibles à certaines FQ de dernière génération
alors qu’elles sont résistantes à des FQ de génération précédente (Ofx). En revanche, on
ignore si ces FQ de dernière génération restent cliniquement efficaces.
Thioacétazo Résistance croisée entre Thz et H, Eto/Pto et PAS rapportée, mais habituellement
ne considérée comme faible.
Références Chapitre 8
1. World Health Organization. Guidelines for the programmatic management of drugresistant
tuberculosis - 2011 update, Geneva (WHO/HTM/TB/2011.6).
[Link]
2. Rapid advice: treatment of tuberculosis in children. World Health Organization, Geneva, 2010.
(WHO/HTM/TB/2010.13).
[Link]
Les schémas thérapeutiques standards de première ligne sont utilisés chez les patients atteints de
tuberculose (TB) dont la sensibilité aux médicaments est présumée ou établie, ou en attendant les
résultats de l’antibiogramme lorsqu’une résistance aux médicaments est considérée comme peu
probable.
TB pulmonaire et extrapulmonaire
(à l’exception de la méningite tuberculeuse et de la TB ostéo-articulaire et du rachis)1(see page 83),2(see page 83)
2 (HRZE)/4 (HR)
Le traitement dure 6 mois avec une phase d’attaque de 2 mois avec 4 antituberculeux et une phase
d’entretien de 4 mois avec 2 antituberculeux.
Dans la TB ganglionnaire, les adénopathies disparaissent habituellement en moins de 3 mois après le
début du traitement. Des réactions paradoxales peuvent être observées en début de traitement
(apparition d’abcès, fistules, autres ganglions) et ne doivent pas conduire à modifier le traitement. En cas
de réactions paradoxales, les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être utilisés.
Ce schéma thérapeutique NE DOIT PAS être utilisé chez :
– Chez les patients qui développent une TB active après un contact étroit avec un cas connu de TB
pharmacorésistante :
Réaliser un antibiogramme et, en attendant les résultats, débuter un traitement basé sur
l’antibiogramme du patient-source présumé (Chapitre 10(see page 84)).
– Dans les régions où la prévalence de la résistance à l’isoniazide est élevée :
Un antibiogramme doit être réalisé chez tous les patients en début du traitement. Le schéma 2 (HRZE)/4
(HR)E peut être utilisé1(see page 83) si l’antibiogramme n’est pas disponible ou en attendant les résultats.
Cette recommandation est uniquement basée sur des avis d’experts. Lorsque ce schéma est utilisé, de
nombreux patients reçoivent inutilement de l’éthambutol durant la phase d’entretien si l’antibiogramme
n’est pas disponible, mais ceci pourrait en théorie prévenir l’apparition d’une résistance à la rifampicine.
Remarques :
– Le traitement de 8 mois 2 (HRZE)/6 (HE) ou 2 S(HRZ)/6 (HE) est encore utilisé dans certains pays mais il
est démontré que les rechutes et échecs sont plus fréquents avec ce traitement qu’avec celui de 6 mois. Il
doit être donc être remplacé par le traitement de 6 mois.
– Le traitement intermittent (3 fois par semaine) n’est pas recommandé en routine. Il peut être envisagé
en phase d’entretien, uniquement si : 1) le traitement est réalisé sous observation directe et 2) le patient
n’est pas infecté par le VIH. Ne jamais prescrire de traitement intermittent au cours de la phase
d’attaque.
Pour les traitements empiriques de TB-MR, se référer au Chapitre 10(see page 84).
1(see page 72) La plupart des programmes nationaux utilisent le schéma 2 S(HRZE)/1 (HRZE)/5 (HR)E en
attendant les résultats de l’antibiogramme. Ce guide recommande d’utiliser l’association HRZE
jusqu’aux résultats, en raison des faibles bénéfices de la streptomycine et de l'inconfort causé
par les injections quotidiennes.
[ a(see page 72) b(see page 72) ]
2(see page 72) Pour TBP, un échec thérapeutique doit être confirmé par une culture positive OU un frottis
positif associé à une détérioration clinique. Ces critères indiquent qu’il s’agit d’un véritable
échec et non d’un patient dont le frottis contient des bacilles morts.
[ a(see page 72) b(see page 72) ]
3(see page 72) La proportion de TB-MR parmi les patients en échec thérapeutique doit être documentée afin
de déterminer si un traitement empirique de TB-MR en attendant l’antibiogramme serait justifié
pour ce groupe de patients.
[ a(see page 72) b(see page 72) ]
4(see page 72) La plupart des programmes nationaux utilisent le schéma 2 S(HRZE)/1 (HRZE)/5 (HR)E. Ce guide
recommande l’association HRZE en raison des faibles bénéfices de la streptomycine et de
l'inconfort causé par les injections quotidiennes.
9.2.1 Femmes
Femmes enceintes
Tous les antituberculeux oraux de première ligne peuvent être administrés.
La streptomycine est contre-indiquée (ototoxicité foetale).
La rifampicine peut augmenter le métabolisme de la vitamine K et provoquer des troubles de la
coagulation. Il est recommandé d’administrer de la vitamine K à la mère et au nouveau-né lorsque la
mère a reçu de la rifampicine pendant la grossesse :
– Pour la mère :
phytoménadione (vitamine K) PO : 10 mg/jour pendant les 15 jours précédant la date présumée de
l’accouchement
Cette prévention maternelle ne dispense pas d’administrer à l’enfant de la vitamine K en intramusculaire
(IM), en prévention de la maladie hémorragique du nouveau-né.
– Pour le nouveau-né :
phytoménadione (vitamine K) IM : 1 mg dose unique, le jour de la naissance
Toutes les femmes enceintes doivent recevoir de la pyridoxine PO (10 mg/jour) pendant toute la durée
du traitement antituberculeux, en prévention des neuropathies périphériques dues à l’isoniazide.
Femmes allaitantes
Toutes les femmes allaitantes doivent recevoir de la pyridoxine PO (10 mg/jour) pendant toute la durée
du traitement antituberculeux, en prévention des neuropathies périphériques dues à l’isoniazide. Les
nourrissons allaités doivent également recevoir de la pyridoxine PO (5 mg/jour).
9.2.2 Enfants
Chez l’enfant, le schéma thérapeutique est 2 (HRZE)/4 (HR)2(see page 83), sauf en cas de méningite
tuberculeuse ou osseuse/articulaire où l’enfant reçoit 2 (HRZE)/10 (HR).
Quel que soit l'âge de l'enfant, l’éthambutol s’il est correctement dosé (c.à-d. 20 mg/kg/jour) est sans
danger, en particulier sur le plan de la toxicité oculaire6(see page 83). Son utilisation chez l’enfant est
courante dans le traitement de la TB pharmacosensible.
La streptomycine doit être évitée en raison du risque de lésions définitives du nerf auditif et parce que les
injections sont douloureuses. Par conséquent, le régime de retraitement n'est pas recommandé chez les
enfants.
Les enfants atteints de tuberculose sont souvent malnutris. Les enfants souffrant de malnutrition sévère
doivent recevoir des aliments thérapeutiques. En l’absence de malnutrition sévère, les enfants reçoivent
des suppléments nutritionnels sous forme de rations alimentaires standards ou de nourriture prête à
l’emploi pour au moins les deux premiers mois de traitement si possible.
1(see page 74) Malgré leur effet immunosuppresseur, les corticoïdes peuvent être utilisés chez de nombreux
patients VIH, en fonction de leur statut immunitaire et des infections intercurrentes associées.
Toutefois, un traitement corticoïde ne doit jamais être débuté avant le traitement
antituberculeux.
Les patients sont suivis pendant toute la durée du traitement. Le suivi comprend notamment l’évaluation
des résultats du traitement, l’adaptation du traitement si nécessaire, la détection et la prise en charge
des effets indésirables et des problèmes d’adhérence.
Consultations *** ** * * * * *
cliniquesa
Suivi * * *b,c *
bactériologiqued
Adhérence *** ** * * * *
a.
Si l’état clinique du patient se détériore ou ne s’améliore pas, rechercher une résistance par un ATBG
ou un
test moléculaire.
b.
Un frottis positif ou une culture positive au 4e mois ou après le 4e mois est défini comme un “échec
thérapeutique” et nécessite un nouvel enregistrement en tant que “patient précédemment traité” ainsi
qu’une modification du traitement (Section 9.1.2(see page 0)).
c.
Il n’est pas nécessaire de réaliser un frottis après le 2e mois si une confirmation bactériologique n’a pas
été obtenue en début de traitement, que le frottis était négatif au 2e mois et que le patient s’améliore
cliniquement.
d.
Le suivi bactériologique n’est pas nécessaire pour les TBEP, sauf si une localisation pulmonaire est
suspectée.
Consultations *** ** * * * * * * *
cliniquesa
Suivi * *b *c *
bactériologiqued
Adhérence *** ** * * * * * * *
a.
Si l’état clinique du patient se détériore ou ne s’améliore pas, rechercher une résistance par un ATBG
ou un test moléculaire.
b.
En cas de frottis positif au 3e mois, réaliser un ATBG ou un test moléculaire.
c.
Un frottis positif ou une culture positive au 5e mois ou après le 5e mois est défini comme un “échec
thérapeutique” et nécessite un nouvel enregistrement en tant que “patient précédemment traité” ainsi
qu’une modification du traitement (Section 9.1.2(see page 0)).
d.
Le suivi bactériologique n’est pas nécessaire pour les TBEP, sauf si une localisation pulmonaire est
suspectée.
Mineurs
Nausées, vomissements R, H, Z Voir Annexe 10(see page 216)
Majeurs
Eruption cutanée S, E, Z, R, H Voir Section 9.5.2(see page 0)
Remarque : si la réaction à l’origine du test d’épreuve est sévère, utiliser une dose d’épreuve plus faible
(environ 1/10e de la dose indiquée à J1).
9.5.3 Hépatotoxicité
Tous les antituberculeux peuvent être hépatotoxiques. Le pyrazinamide est le médicament le plus
hépatotoxique, suivi de l’isoniazide dans une moindre mesure. Certaines associations, telles rifampicine-
pyrazinamide, potentialisent l’hépatotoxicité de chaque produit.
Le tableau clinique ressemble à celui d’une hépatite virale : anorexie, nausées, vomissements, ictère, etc.
5 [Link]
Si disponibles, les tests de la fonction hépatique sont utiles au diagnostic et au suivi des troubles
hépatiques. Les taux sériques d'aspartate aminotransférase (ASAT) et d'alanine aminotransférase (ALAT)
sont élevés en cas d’hépatotoxicité.
Un taux d’ASAT ou d’ALAT ou une bilirubine sérique > 3 fois la limite supérieure normale associé à des
symptômes ou > 5 fois la limite normale sans symptômes, sont considérés comme élevés. Un taux d’ASAT
ou d’ALAT ou une bilirubine sérique < 5 fois la limite normale définit une toxicité légère ; 5 à 10 fois la
limite normale, une toxicité modérée et > à 10 fois la limite normale, une toxicité sévère.
Face à des troubles hépatiques symptomatiques ou si les enzymes sont élevées ou très élevées, arrêter
tous les antituberculeux jusqu’à la résolution des signes. La plupart du temps, le traitement peut être
repris sans incident en utilisant les mêmes médicaments. L’objectif est de reprendre le traitement le plus
rapidement possible, en suivant soit le protocole initial, soit un autre protocole.
Si l’état de patient ne permet pas la suspension du traitement, maintenir les médicaments les moins
toxiques, streptomycine et éthambutol, jusqu’à la résolution de l’hépatite.
Si les symptômes réapparaissent, il peut être judicieux de réintroduire les médicaments un par un et
d'arrêter le dernier médicament réintroduit si les symptômes réapparaissent ou en cas d’anomalie des
tests hépatiques. Certains auteurs recommandent de commencer par la rifampicine (et l’éthambutol) et
de réintroduire l'isoniazide 3 à 7 jours plus tard. Si la rifampicine, l’éthambutol et l'isoniazide ont été
introduits sans provoquer d’anomalies biologiques, ne pas introduire le pyrazinamide car il est
probablement l'agent causal.
La modification du schéma thérapeutique dépend du médicament à l’origine des troubles. Le schéma est
celui qui serait recommandé en cas de résistance au médicament concerné.
– Le pyrazinamide est impliqué : 2 S(HR)/7 (HR) ou 2 (HR)E/7 (HR)
– L’isoniazide est impliqué : 9 RZE
– La rifampicine est impliquée : 3 S-Lfx-HZE/12 Lfx-HZE ou 3 Km-Lfx-HZE/12 Lfx-HZE
– Le pyrazinamide et la rifampicine sont impliqués : 3 S-Lfx-HE/12 Lfx-HE ou 3 Km-Lfx-HE/12 Lfx-HE
Dans les rares cas où la rifampicine et l'isoniazide sont impliqués, le schéma thérapeutique est celui
d’une TB-MR.
a.
TAI = Traitement après interruption.
b.
Xpert MTB/RIF et antibiogramme conventionnel si disponible.
Références Chapitre 9
1. World Health Organization. Treatment of tuberculosis guidelines, fourth edition. Geneva,
Switzerland 2010. WHO/HTM/TB/2009.420.
[Link]
4. World Health Organization. Rapid implementation of the Xpert MTB/RIF diagnostic test: technical
and operational “How-to”; practical considerations. WHO/HTM/TB/2011.2.
[Link]
6. World Health Organization. Ethambutol efficacy and toxicity: literature review and
recommendations for daily and intermittent dosage in children. Geneva. 2006. (WHO/HTM/TB/
2006.365, WHO/FCH/CAH/2006.3).
[Link]
Chapitre 10 : Traitement de la
tuberculose multirésistante (TB-MR)
• 10.1 Conception des schémas thérapeutiques pour la TB-MR(see page 84)
• 10.2 Sélection des antituberculeux pour le traitement de la TB-MR(see page 85)
• 10.3 Construction d’un schéma thérapeutique pour la TB-MR(see page 88)
• 10.4 Durée du traitement de la TB-MR(see page 91)
• 10.5 Suivi des patients traités pour une TB-MR(see page 91)
• 10.6 Prise en charge des effets indésirables des traitements de deuxième ligne(see page 93)
• 10.7 Place de la chirurgie(see page 94)
• 10.8 Prise en charge des échecs de traitement et soins palliatifs(see page 95)
• 10.9 Situations particulières dans la TB-MR(see page 95)
• 10.10 Traitement de la TB ultrarésistante (TB-UR)(see page 97)
• Références Chapitre 10(see page 99)
– Le traitement peut inclure plus de 5 médicaments si la sensibilité à certain(s) médicament(s) n’est pas
connue ou en cas de doute sur son (leur) efficacité.
– Un médicament ne doit pas être utilisé s’il existe une contre-indication majeure chez un patient donné
([Link]. interaction médicamenteuse majeure, antécédent d’allergie au médicament, grossesse).
– Chaque dose est impérativement donnée sous observation directe de la thérapie (DOT), tout au long du
traitement. Chaque prise est systématiquement reportée sur la carte de traitement du patient.
L’observation directe peut être réalisée dans un centre de traitement ou à domicile. Se référer au
Chapitre 13(see page 117).
– Le traitement est pris 6 ou 7 jours par semaine. Le traitement est administré 6 jours par semaine chez
les patients traités en ambulatoire lorsque l’observation directe de la thérapie ne peut être réalisée tous
les jours.
La résistance croisée entre les nouvelles rifamycines (rifabutine) et la rifampicine est élevée. En
conséquence, celles-ci ne doivent pas être utilisées dans le traitement de la TB-MR.
En raison de taux élevés de résistance à la streptomycine chez les patients atteints de TB-MR, celle-ci
n’est pas utilisée.
La capréomycine peut être utilisée si la souche y est sensible, ou si la résistance est rare dans une
population de patients donnée, et que les aminosides sont contre-indiqués ou mal tolérés ou inefficaces
sur la souche du patient. Elle doit également être utilisée en attendant les résultats de l’antibiogramme
lorsque les résistances à la kanamycine et à l’amikacine sont fréquentes.
Groupe 3 (fluoroquinolones)
D’après les études réalisées sur l’animal et in vitro, les fluoroquinolones les plus actives sont, par ordre
décroissant : moxifloxacine > lévofloxacine > ofloxacine3(see page 99),4(see page 99).
Ce guide recommande de ne pas utiliser l’ofloxacine (fluoroquinolone de deuxième génération) en raison
de sa moindre activité sur le bacille comparée aux autres fluoroquinolones du Groupe 3 et parce qu’une
résistance à la famille des fluoroquinolones peut se développer plus facilement lorsque celle-ci est
utilisée. La ciprofloxacine (fluoroquinolone de deuxième génération) ne fait pas partie du Groupe 3 et ne
doit jamais être utilisée pour traiter une TB (sensible ou pharmacorésistante) en raison de son efficacité
médiocre contre le bacille5(see page 99).
Les fluoroquinolones de troisième génération (lévofloxacine et moxifloxacine) peuvent avoir une certaine
efficacité sur les souches résistantes à l’ofloxacine6(see page 99).
Pour des raisons de coût et de disponibilité, la lévofloxacine est la fluoroquinolone la plus utilisée dans
les traitements de TB-MR. La moxifloxacine est réservée aux TB hautement résistante (résistance à
l’ofloxacine, aux injectables ou autres antituberculeux de deuxième ligne).
En cas de résistance aux fluoroquinolones, envisager l’utilisation de la bédaquiline (voir ci-dessous).
médicaments du Groupe 5, ce guide propose l’usage, par ordre de préférence de : bédaquiline, linézolide,
clofazimine.
Bédaquiline 1(see page 0) 7(see page 99),8(see page 99),9(see page 99) : la bédaquiline est une diarylquinoline ayant une
activité bactéricide. Ce nouveau médicament a été enregistré par la Food and Drug Administration
américaine en décembre 2012 2(see page 0) pour le traitement des patients atteints de TB-MR sans autres
options thérapeutiques. La bédaquiline est recommandée en cas de résistance aux fluoroquinolones ou
lorsqu’il est impossible d’inclure quatre médicaments efficaces des Groupes 2 à 4 dans le schéma
thérapeutique. La dose chez l’adulte est de 400 mg par jour en une prise pendant 2 semaines puis 200 mg
3 fois par semaine pendant 22 semaines.
Ce médicament n’est pas encore recommandé chez l’enfant et la femme enceinte. Ses principaux effets
indésirables sont des nausées, arthralgies, céphalées et une prolongation de l’intervalle QT. La
prolongation de l’intervalle QT peut provoquer une arythmie cardiaque et une mort subite. Un
électrocardiogramme (ECG) initial et une surveillance régulière de l’ECG au cours du traitement sont
indispensables. La prolongation de l’intervalle QT est plus marquée en cas d’association avec la
clofazimine. L’association de la bédaquiline avec d’autres médicaments prolongeant l’intervalle QT
(moxifloxacine, ondansétron, etc.) doit être évitée ou étroitement surveillée. La bédaquiline ne doit pas
être associée aux rifamycines et à certains anti-rétroviraux (se référer au Chapitre 12(see page 110)). La
bédaquiline n’est pas enregistrée dans la plupart des pays les plus touchés par la TB-MR et seulement
disponible à travers l’usage compassionnel (Annexe 11(see page 228)).
S’il est nécessaire d’utiliser des médicaments du Groupe 5 autres que la bédaquiline (ou si la bédaquiline
n’est pas disponible), utiliser au moins deux autres médicaments du Groupe 5 malgré les connaissances
limitées sur leur efficacité.
Linézolide : le linézolide a une bonne activité in vitro et selon des études chez l’animal. Il existe
également de nombreux rapports et études de séries de cas de TB-MR et TB-UR10(see page 99),11(see page 99),12(see
page 99),13(see page 99),14(see page 99),15(see page 99),16(see page 99),17(see page 99)
et une étude récente montrant son efficacité
dans le traitement de la TB-UR 18 (see page 99)
. Ces effets indésirables ([Link]. aplasie médullaire et
neuropathies périphériques irréversibles) sont nombreux. Il est actuellement très cher.
Clofazimine : l’utilisation de la clofazimine dans le traitement de la TB-MR reste limitée et il n’existe pas
de données claires sur son activité in vivo contre la TB. Elle est habituellement ajoutée dans les schémas
thérapeutiques de TB-UR.
Amoxicilline/acide clavulanique : les bêta-lactamines ne sont généralement pas considérées comme
très utiles dans le traitement de la TB. Toutefois, l’addition d’un inhibiteur de bêtalactamase les rend
actives in vitro contre la TB. Il existe une étude in vivo montrant une bonne activité bactéricide précoce.
Bien que l’amoxicilline/acide clavulanique soit probablement un antituberculeux faible, elle est souvent
ajoutée dans les schémas thérapeutiques car elle est disponible, peu coûteuse et que ses effets
indésirables sont mineurs.
Isoniazide à forte dose : l’isoniazide à forte dose (16 à 20 mg/kg/jour) peut être utilisé comme
médicament du Groupe 5 en présence de résistance à de faibles concentrations d’isoniazide19(see page 99) (>
1% de bacilles résistants à 0,2 microgrammes/ml d’isoniazide mais sensibles à 1 microgramme/ml).
L’isoniazide n’est pas recommandé en cas de résistance à des doses élevées (> 1% de bacilles résistants à
1 microgramme/ml d’isoniazide)20(see page 99) ou de mutation du gène katG (voir LPA, Chapitre 3, Section
3.4.2(see page 0)).
Remarques :
– Gatifloxacine (Groupe 3) : son efficacité contre la TB est similaire à celle de la moxifloxacine. Toutefois,
elle est associée à des hypo/hyperglycémies sévères et à l’appariation de diabète. Par conséquent, son
usage n’est pas recommandé.
– Térizidone (Groupe 4) : on ignore si ce médicament est aussi efficace que la cyclosérine. Par
conséquent, ce guide recommande d’utiliser la cyclosérine plutôt que la térizidone.
– Imipénème/cilastatine et méropenème (Groupe 5) : ces bêta-lactamimes/carbapénèmes sont
uniquement administrées par voie intraveineuse en deux perfusions par jour. En raison de leur coût et
difficulté d’administration, ces médicaments ne sont pas communément utilisés dans les contextes où
les ressources sont limitées. Le méropénème est préféré chez l’enfant car mieux connu. Le méropénème
peut être associé à des doses orales d’acide clavulanique. Ces médicaments sont habituellement utilisés
pendant deux mois après la conversion.
– Clarithromycine (Groupe 5) : ce médicament est inclus dans certains manuels21(see page 99) mais les
preuves de son efficacité dans la TB-MR sont minimes. Il peut avoir un effet synergique sur les
antituberculeux de première ligne avec une efficacité intracellulaire accrue contre M. tuberculosis. En
l’attente d’informations complémentaires sur son efficacité dans le traitement de la TB-MR, son
utilisation n’est pas recommandée.
– Thioacétazone (Groupe 5) : son efficacité dans le traitement de la TB est bien établie. Toutefois, elle
appartient au Groupe 5 car son rôle dans le traitement de la TB-MR n’est pas clairement établi. Elle est
associée à une résistance croisée avec certains autres antituberculeux (Chapitre 8, Section 8.5(see page 68))
et son activité bactériostatique est globalement faible. Elle est contre-indiquée chez les patients infectés
par le VIH22(see page 99) en raison de ses effets indésirables sévères (syndrome de Stevens-Johnson et décès).
L’incidence du syndrome de Stevens-Johnson est plus élevée chez les personnes d’origine asiatique.
Pour toutes ces raisons, la thioacétazone est rarement utilisée en tant que médicament du Groupe 5. En
l’attente d’informations complémentaires sur son rôle dans le traitement de la TB-MR, son utilisation
n’est pas recommandée.
1(see page 87) La bédaquiline est relativement bien tolérée. L’expérience et les données sur son utilisation
sont limitées. Dans une étude randomisée en double-aveugle, il y a eu un nombre accru de
décès dans le bras recevant la bédaquiline. Bien qu’il n’ait pas été établi de lien direct entre ces
décès et le médicament, la possibilité que l’utilisation de la bédaquiline puisse majorer le risque
de décès n’est pas exclue. Les risques et bénéfices du médicament doivent être expliqués
clairement au patient.
2(see page 87) [Link]
journée. Aucun ATBG n’a été réalisé au début du traitement. Un test Xpert MTB/RIF est réalisé au 3e
mois. Le résultat est MTB+ et RIF résistance. Que faut-il faire?
Réponse : Chez un patient sous traitement de première ligne dont l’état clinique se détériore, un test
Xpert MTB/RIF positif au 3e mois, montrant une résistance à la rifampicine, est très probablement un
vrai positif. Ce patient doit recevoir un traitement de TB-MR. Un ATBG conventionnel de confirmation
pour au moins H et R et si possible pour les injectables et les FQ doit être réalisé.
En l’absence de test moléculaire rapide, ce patient doit recevoir un traitement de TB-MR en attendant
les résultats de l’ATBG conventionnel.
• S'il existe une faible résistance aux médicaments de 2e ligne dans les souches des patients TB-MR
dans la région, le traitement habituel est : Km-Lfx-Eto (ou Pto)-Cs-ZE.
• S'il existe une résistance modérée à élevée aux médicaments de 2e ligne dans les souches des patients
TB-MR dans la région ou si le niveau de résistance est inconnu : Cm-Mfx-Eto (ou Pto)-Cs-PAS-ZE. Une
fois les résultats de l’ATBG disponibles, le traitement peut être adapté. Dans cet exemple, la souche
infectante était résistante à H-R-S et sensible à Km-Cm-Ofx-E ; la résistance à Z est inconnue. Compte
tenu des résultats, il est recommandé de poursuivre avec Km-Lfx-Eto (ou Pto)-Cs-ZE et d’arrêter le PAS
s’il était inclus dans le schéma initial.
Exemple 2 - Test Xpert RIF positif chez un patient ayant une faible probabilité de TB-MR
Un cas suspect de TB, VIH négatif et frottis négatif, est référé pour un test Xpert MTB/RIF en vue
d’établir le diagnostic de TB. Le résultat de l’Xpert est MTB+ et RIF résistance. Le diagnostic de TB n’a
jamais été posé chez ce patient. La prévalence de la TB-MR chez les nouveaux cas dans la région est de
1%. Le patient se plaint uniquement de toux modérée depuis 3 semaines et la Rx pulmonaire montre
des lésions minimales. Que faut-il faire ?
Réponse : La valeur prédictive positive (VPP) de la résistance à la rifampicine pour le test Xpert MTB/
RIF est de 32% dans un contexte où la prévalence de la résistance à la rifampicine est de 1% (Annexe
3(see page 158)). En raison de la relativement faible VPP de l'Xpert MTB/RIF dans ces circonstances et du
fait que le patient est séronégatif et non gravement malade, il peut recevoir un traitement de première
ligne en attendant le résultat de l’ARBG. Si possible, la confirmation de la résistance doit être obtenue
par une méthode phénotypique rapide ou en utilisant la technique LPA sur culture (méthode
indirecte). Si l’état clinique du patient se détériore en attendant l’ATBG, commencer un traitement
empirique de TB-MR. Lorsque les résultats sont connus, le traitement doit être adapté si la résistance à
la rifampicine est confirmée.
Remarque :
Un traitement alternatif plus court, de 9 mois (4 Km-Gfx-Pto-Cfz-H haute dose-ZE/5 Gfx-Cfz-ZE) 1(see page 0)
a montré une bonne efficacité dans une étude conduite au Bangladesh23(see page 99). Des adaptations sont
réalisées dans certains pays d'Afrique de l’Ouest24(see page 99) avec le remplacement de la gatifloxacine par
de la moxifloxacine et l'extension du traitement à 12 mois. A ce jour, ce schéma thérapeutique est
considéré comme expérimental25(see page 99).
Étant donné le peu de preuves soutenant ce schéma thérapeutique, ce guide recommande de :
– Obtenir l’approbation du comité d’éthique concerné avant sa mise en oeuvre.
– Mettre en oeuvre dans des conditions de recherche opérationnelle selon les bonnes pratiques.
– Envisager ce schéma au cas par cas, dans les programmes capables d’assurer un suivi adéquat et de
documenter les résultats, dans les contextes instables où un traitement de 2 ans n’est pas envisageable.
– Réaliser un antibiogramme sur milieu liquide pour les fluoroquinolones et ne pas l’utiliser en cas de
résistance documentée aux fluoroquinolones (les fluoroquinolones de troisième génération sont l'épine
dorsale du traitement et celui-ci ne fonctionne pas bien sur des souches résistantes aux
fluoroquinolones).
– Utiliser uniquement chez les patients VIH-négatifs en attendant plus de publications sur son utilisation
1(see page 90) Pour le dosage recommandé dans le schéma de 9 mois, voir : Aït-Khaled N, Alarcón E, Armengol
R, Bissell K, Boillot F, Caminero J A, Chiang C-Y, Clevenbergh P, Dlodlo R, Enarson D A, Enarson
P, Fujiwara P I, Harries A D, Heldal E, Hinderaker S G, Lienhardt C, Monedero I, Rieder H L, Rusen
I D, Trébucq A, Van Deun A, Wilson N. Management of tuberculosis: a guide to the essentials of
good practice. Paris, France: International Union Against Tuberculosis and Lung Disease, 2010.
Evaluation Fréquence
Examen par Phase d’attaque : chaque jour pendant les premières semaines (si hospitalisation) et au
un clinicien moins chaque semaine (si ambulatoire), jusqu’à ce que le traitement soit bien toléré.
Ensuite, 1 à 2 fois/mois.
Phase d’entretien : chaque mois sauf si motif(s) de revoir le patient plus souvent.
L’accompagnateur DOT voit le patient chaque jour. Il signale au clinicien les problèmes
qu’il détecte.
Créatininém En début de traitement puis 2 fois/mois pendant les 2 premiers mois puis 1 fois/mois
ie Kaliémie tant que dure le traitement injectable. Chez les patients VIH+ et les diabétiques, toutes
(K+) les 1 à 3 semaines, tant que dure le traitement injectable.
Thyréostim Tous les 6 mois chez les patients sous Eto (Pto) et/ou PAS (tous les 3 mois chez les
uline (TSH) patients VIH+) et si signes/symptômes d’hypothyroïdie.
sérique Un dépistage de l’hypothyroïdie par une mesure de la TSH est suffisant, il n’est pas
nécessaire de mesurer les hormones thyroïdiennes.
Enzymes En début de traitement puis 1 fois/mois pendant la phase d’attaque puis tous les 3 mois.
hépatiques 1 fois/mois chez les patients VIH+.
Si hépatite virale : 1 fois/semaine le 1er mois puis toutes les 1 à 4 semaines.
Chaque mois pour les patients sous Bdq.
Screening En début de traitement puis si indiqué cliniquement ou tous les 6 mois dans les
VIH contextes où la prévalence du VIH est élevée.
Test(s) Chez les femmes en âge de procréer : en début de traitement, à renouveler si indiqué.
grossesse
Hémoglobin Patients sous Lzd : chaque semaine le premier mois puis chaque mois et/ou selon les
e symptômes ; il existe peu d’expérience clinique de traitements prolongés au Lzd.
Leucocytes Patients VIH+ sous AZT : 1 fois/mois au début puis selon les symptômes.
Pas de surveillance systématique si le patient ne reçoit ni Lzd ni AZT.
Evaluation Fréquence
Tests Pour les patients sous traitement de longue durée avec E ou Lzd, test d’Ishihara (test
visuels détectant une confusion des couleurs). A réaliser en début de traitement car une
certaine proportion de la population souffre de troubles de la vision des couleurs. 1 fois
par mois si le patient est sous Lzd.
ECG Patients sous Bdq : ECG avant le début du traitement, à 2 semaines, puis chaque mois.
semaines) et la mise en oeuvre des stratégies visant à diminuer un effet indésirable spécifique permet en
général de mieux tolérer le traitement.
Les accompagnateurs DOT et les infirmières travaillant avec les programmes TB doivent rapporter le plus
rapidement possible au médecin les effets indésirables observés. Seul le médecin qui assure le suivi du
patient est autorisé à modifier les doses ou à éliminer un médicament.
Si un effet indésirable ne peut être totalement éliminé, les patients peuvent être invités à tolérer les
symptômes jusqu'à ce qu'ils disparaissent. Une attitude réconfortante et un soutien psychologique
peuvent permettre d'éviter l'ajout d’un médicament supplémentaire à un schéma thérapeutique
comportant déjà de nombreux médicaments.
Pour la prise en charge spécifique des effets indésirables les plus fréquents, se référer à l’Annexe 10(see
page 216).
Remarque : pour les patientes atteintes de TB mono-et poly-résistante sensible à la rifampicine (Chapitre
11(see page 102)), la rifampicine diminue l’efficacité des contraceptifs hormonaux. Ces patientes peuvent
choisir entre ces options pendant toute la durée du traitement : médroxyprogestérone IM ou
contraception mécanique (diaphragme, préservatif, stérilet) ou, en dernier recours, utilisation d'un
contraceptif oral contenant au moins 50 microgrammes d’oestrogène/comprimé.
10.9.4 Enfants
Les enfants atteints de TB pharmacorésistante ont généralement une résistance primaire transmise par
contact avec un adulte atteint de TB pharmacorésistante.
Les cultures et antibiogrammes, si disponible, doivent être utilisés pour guider le traitement. Sinon,
l'enfant doit être traité de façon empirique, en se basant sur l’antibiogramme du cas index. Cependant,
tout doit être mis en oeuvre pour obtenir un échantillon pour la culture et l’antibiogramme.
Compte tenu de la gravité de la TB pharmacorésistante, aucun médicament n’est absolument contre-
indiqué chez l’enfant.
En général, les enfants tolèrent bien les médicaments antituberculeux de deuxième ligne.
L'administration de médicaments de deuxième ligne peut être problématique en raison de l'absence de
formulations pédiatriques.
existe quelques rapports de cohortes de patients VIH-négatifs montrant des taux guérison dépassant les
50%33(see page 99),35(see page 99).
Il existe peu de données sur les différentes approches cliniques dans la TB-UR. La prise en charge d'un
patient atteint de TB-UR (diagnostic confirmé ou presque certain) est la suivante7(see page 99),21(see page 99) :
1 - Envisager une utilisation plus longue du médicament injectable (12 mois voire le traitement complet).
Si la souche du patient est résistante à tous les injectables, utiliser un injectable qui n’a jamais été utilisé
chez ce patient 1(see page 0) .
2 - Utiliser une fluoroquinolone de troisième génération comme la moxifloxacine. Le bénéfice potentiel
de la moxifloxacine doit être évalué par rapport au risque accru de prolongation de l’intervalle QT si elle
est associée à la bédaquiline.
3 - Utiliser tous les médicaments du Groupe 4 qui n'ont pas été utilisés de manière extensive lors un
traitement antérieur ou tout médicament susceptible d'être efficace.
4 - Utiliser deux ou plusieurs médicaments du Groupe 5. Ajouter la bédaquiline. Penser à l'isoniazide à
forte dose si le faible niveau résistance est documenté ou si aucune mutation du gène katG n’est
détectée.
5 - Utiliser tous les médicaments du Groupe 1 susceptibles d’être efficaces.
6 - Envisager la chirurgie si la maladie est localisée.
7 - Envisager l'usage compassionnel de nouveaux agents (Annexe 11(see page 228)).
La durée minimale suggérée de traitement de la TB-UR est de 24 mois.
Exemple :
Un patient reçoit Km-Ofx-Eto-Cs-Z et reste frottis positif et culture positive après 8 mois de traitement.
De plus, le patient ne s'améliore pas cliniquement. L’ATBG réalisé sur un crachat recueilli il y a 2 mois
révèle une résistance à H, R, Z, E, S, Km, Cm et Ofx. Ce patient a une TB-UR.
Le schéma doit être conçu sur la base des principes décrits dans la Section 10.1(see page 84). L’utilisation
de Bdq doit être envisagée. Une génération de FQ plus récente peut avoir un certain effet
Le schéma recommandé est :
Lfx-Cs-PAS-Bdq-Lzd-plus deux médicaments du Groupe 5 (Cfz-Amx/Clv).
• La Lfx provoque moins de prolongation de l'intervalle QT que la Mfx.
• Cfz a un effet additif pour la prolongation de l'intervalle QT lorsqu'elle est utilisée avec la Bdq.
• Une surveillance de l'ECG est nécessaire.
• Le risque de mort subite par rapport aux avantages de Bdq doit être clairement expliqué au patient.
• Penser à l’usage compassionnel de nouveaux agents en cours de développement.
1(see page 98) Alors que la reproductibilité et la fiabilité de l’antibiogramme pour les injectables sont bonnes,
il y a peu de données sur la signification clinique du test. Les options avec la TB-UR sont très
limitées et certaines souches peuvent être affectées in vivo par un médicament injectable même
si la souche montrait un résistance in vitro.
Références Chapitre 10
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Chapitre 11 : Traitement de la
tuberculose mono- et polyrésistante aux
médicaments (TB-PR)
• 11.1 Schémas thérapeutiques(see page 102)
• 11.2 Algorithmes de traitement pour la TB-PR(see page 105)
• Références Chapitre 11(see page 108)
Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 102
Tuberculose
Xpert Xpert RIF+ : changer pour un traitement empirique de TB-MR en attendant les résultats
disponible de l'antibiogramme puis adapter le traitement en fonction des résultats.
Xpert RIF− : poursuivre avec le PR Schéma A.
Effectuer un frottis et une culture tous les deux mois. Si les cultures ou frottis sont positifs, changer pour
un traitement empirique de TB-MR en attendant les résultats de l'antibiogramme puis adapter le
traitement en fonction des résultats.
Pour les patients ayant déjà été traités, il est plus sûr d'utiliser le Schéma B, plus l'éthambutol, car
l’antibiogramme pour ce médicament ne doit pas être pris en compte si le patient l’a déjà reçu.
Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 103
Tuberculose
Xpert Xpert RIF+ : changer pour un traitement empirique de TB-MR en attendant les résultats
disponible de l'antibiogramme puis adapter le traitement en fonction des résultats.
Xpert RIF− : poursuivre avec le PR Schéma B.
Au 3e mois, effectuer un frottis, un test Xpert MTB/RIF et une culture. Si le test Xpert est RIF+ ou si la
culture est toujours positive, ce traitement est déclaré comme «échec». Changer pour un traitement de
TB-MR.
Même si la souche du patient y est sensible, la streptomycine ne doit pas être utilisée en raison des taux
élevés de résistance à ce médicament chez les patients atteints de TB pharmacorésistante et du manque
de fiabilité de l’antibiogramme.
Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 104
Tuberculose
– Si seule une résistance à R est détectée, traiter une TB-MR car la sensibilité du test Hain® pour la
résistance à H est faible.
Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 105
Tuberculose
PR schéma A
Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 106
Tuberculose
PR schéma B
Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 107
Tuberculose
PR schéma C
Références Chapitre 11
1. Organisation mondiale de la Santé. Principes directeurs à l'intention des programmes
antituberculeux pour la prise en charge des tuberculoses pharmacorésistantes. Mise à jour 2008.
(WHO/HTM/TB/2008.402).
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Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 108
Tuberculose
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Drug-Resistant Tuberculosis: A Survival Guide for Clinicians, Second Edition.
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3. American Thoracic Society/Centers for Disease Control and Prevention/Infectious Diseases Society
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Chapitre 11 : Traitement de la tuberculose mono- et polyrésistante aux médicaments (TB-PR) – 109
Tuberculose
Chapitre 12 : Prise en charge des patients co-infectés par la TB et le VIH – 110
Tuberculose
Chapitre 12 : Prise en charge des patients co-infectés par la TB et le VIH – 111
Tuberculose
Rifamycines et antirétroviraux
En raison de l’effet inducteur enzymatique des rifamycines, des interactions rifamycines- NNRTI et
rifamycines-inhibiteurs de la protéase (IP) sont prévisibles chez les patients sous ARV. Pour les
associations possibles entre ARV et rifamycines, se référer au Tableau 12.1.
Patients sous NVP au moment du diagnostic de la TB :
– Si la rifabutine est disponible, donner HZE-Rfb pendant 2 mois puis H-Rfb pendant 4 mois.
– Si la rifabutine n’est pas disponible, remplacer la NVP par l’EFV 600 mg. Lorsque le traitement
antituberculeux est terminé, il est possible de reprendre la NVP 1(see page 0) .
– Si la rifabutine n’est pas disponible et que l’EFV est contre-indiqué, voir les options dans la section
précédente.
Patients sous IP :
– En cas d’association IP-rifamycines, les concentrations sériques d’IP peuvent descendre en dessous du
seuil thérapeutique alors que les concentrations sériques des rifamycines peuvent atteindre des niveaux
toxiques.
– La rifabutine a un effet inducteur enzymatique moins important que la rifampicine ; elle est préférée à
la rifampicine chez les patients sous IP.
– Si la rifabutine n’est pas disponible, les doses de lopinavir et ritonavir (LPV/r) doivent être augmentées
de manière significative chez les patients sous LPV/r et rifampicine (Tableau 12.1). Surveiller les enzymes
hépatiques.
Tableau 12.1 - Associations ARV et rifamycines
Rifampicine Rifabutine
NNRTI
Névirapine (NVP) Ne pas associer sauf si la Rfb n’est pas disponible et Rfb : 300 mg/jour
qu’il n’existe pas d’alternative. NVP : dose habituelle
NRTI
Abacavir (ABC)
Didanosine (ddI)
Stavudine (d4T)
Zidovudine (AZT)
Ténofovir (TDF)
IP
Chapitre 12 : Prise en charge des patients co-infectés par la TB et le VIH – 112
Tuberculose
Rifampicine Rifabutine
Lopinavir/ritonavir Association possible si la Rfb n’est pas disponible. Rfb : 150 mg/jour4(see page
(LPV/r) LPV/r : doubler la dose de LPV/r (800 mg/200 mg 116)
Bédaquiline et antirétroviraux6,7
Les données sur les interactions médicamenteuses entre la bédaquiline et les ARV sont extrêmement
limitées.
– NNRTI : l’EFV (inducteur enzymatique) diminuerait de moitié la concentration de bédaquiline. La NVP
n’affecte pas les concentrations de bédaquiline de manière significative.
– NRTI : il est peu probable que les NRTI affectent la concentration de bédaquiline.
– IP : le ritonavir est un inhibiteur enzymatique. L’utilisation simultanée de lopinavir boosté par le
ritonavir (LPV/r) avec la bédaquiline pourrait résulter en une accumulation significative de bédaquiline et
de ses métabolites. Cette association n’est donc pas recommandée.
Par conséquent, les trithérapies suivantes peuvent être envisagées en association avec la bédaquiline :
1) 2 NRTI + névirapine : [Link]. AZT/3TC ou FTC/NVP ou TDF/3TC/NVP ;
ou
2) 3 NRTI : [Link]. AZT/3TC/ABC.
Fluoroquinolones et didanosine
Les formulations de didanosine tamponnées contiennent de l'aluminium ou du magnésium qui peut
réduire l'absorption des fluoroquinolones si celles-ci sont prises simultanément. S'il est impossible
d'éviter de prescrire ensemble ces deux médicaments, administrer la didanosine 2 heures après la
fluoroquinolone. Cette précaution n’est pas nécessaire avec la formulation de didanosine à enrobage
gastrorésistant.
D’autres interactions entre antituberculeux et ARV sont possibles, ce qui rend le traitement plus
complexe. Pour la plupart des médicaments utilisés dans le traitement de la TB pharmacorésistante,
aucune étude d'interactions avec les ARV n’a été réalisée.
Chapitre 12 : Prise en charge des patients co-infectés par la TB et le VIH – 113
Tuberculose
adaptation de doses. Toutefois, une surveillance clinique étroite est nécessaire et la dose de fluconazole
devra éventuellement être augmentée si l'amélioration clinique n'est pas satisfaisante.
Pour le traitement d’une candidose orale, utiliser les comprimés muco-adhésifs de miconazole (aucune
interaction avec la rifampicine).
1(see page 112) Si un patient sous EFV reprend la NVP à la fin du traitement antituberculeux, ne pas reprendre
la NVP à demi-dose.
Chapitre 12 : Prise en charge des patients co-infectés par la TB et le VIH – 114
Tuberculose
L’IRIS peut survenir à tout moment dans les 10 à 180 jours qui suivent la mise sous ARV (habituellement
dans les 2 à 4 semaines). Il est plus fréquent lorsque le taux de CD4 est < 50. Les formes légères à
modérées sont relativement fréquentes chez les patients tuberculeux débutant les ARV (jusqu’à un tiers
des patients selon certaines études). Les formes sévères sont rares.
L’IRIS survient dans deux circonstances :
1 - TB IRIS paradoxal : une TB est diagnostiquée chez un patient. Celui-ci débute un traitement
antituberculeux puis un traitement ARV puis développe un IRIS.
2 - TB IRIS de mise au jour : un patient est testé pour la TB avant d’être mis sous ARV. Le test ne détecte
pas de TB chez ce patient. Il débute les ARV et développe des signes et symptômes de TB.
L’IRIS est un diagnostic d’exclusion. Une détérioration clinique chez des patients à un stade avancé de
l’infection par le VIH peut être due à plusieurs autres raisons (qu’il faut éliminer avant de poser un
diagnostic d’IRIS) :
– Détérioration clinique due à la survenue de nouvelles infections opportunistes ;
– Autres infections subcliniques révélées lors du rétablissement de l’immunité par les ARV ;
– Echec du traitement antituberculeux en raison d’une pharmacorésistance.
La prise en charge de l’IRIS dépend de l’état clinique du patient ainsi que de la localisation et de
l’étendue des lésions. Les AINS sont utilisés en cas de forme légère à modérée et les corticoïdes en cas
d’IRIS sévère (Chapitre 9, Section 9.3(see page 74)). L'utilisation de corticoïdes peut être délétère si le
diagnostic d’IRIS est porté à tord et que la détérioration clinique est due à une pharmacorésistance ou à
une autre infection opportuniste.
La plupart des cas d'IRIS peuvent être traités sans interrompre les ARV. Dans les formes très graves d'IRIS,
il peut être nécessaire de suspendre les ARV.
Chapitre 12 : Prise en charge des patients co-infectés par la TB et le VIH – 115
Tuberculose
La mise en route rapide d'un traitement approprié contre la TB pharmacorésistante, puis la mise sous
ARV, contribue à réduire la mortalité.
Références Chapitre 12
1. Abdool Karim SS et al. Integration of antiretroviral therapy with tuberculosis treatment. (SAPIT
Study). N Engl J Med 2011 Oct 20; 365:1492.
2. Havlir DV et al. Timing of antiretroviral therapy for HIV-1 infection and tuberculosis. (STRIDE Trial -
ACTG A5221). N Engl J Med 2011 Oct 20; 365:1482.
3. Blanc F-X et al. Earlier versus later start of antiretroviral therapy in HIV-infected adults with
tuberculosis. (CAMELIA Trial). N Engl J Med 2011 Oct 20; 365:1471.
4. Suhashni Naiker, C Conolly, L Weisner, D Phillips, A Harries, C Lienhardt, H McIlleron, and A Pym.
Pharmacokinetic Evaluation of Different Rifabutin Dosing Strategies in African TB Patients on
Lopinavir/ritonavir-based ART. CROI 2011 Paper # 650.
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5. Zhang J, Zhu L. Determination of rifabutin dosing regimen when administered in combination with
ritonavir-boosted atazanavir” J Antimicrob Chemother. 2011 Jun 28.
6. Sundari Mase, Terence Chorba, Philip Lobue, Kenneth Castro. Provisional CDC Guidelines for the
Use and Safety Monitoring of Bedaquiline Fumarate (Sirturo) for the Treatment of Multidrug-
Resistant Tuberculosis. MMWR Recommendations and Reports, October 25, 2013/62(rr09);1-12.
7. Svensson EM, Aweeka F, Park JG, Marzan F, Dooley KE, Karlsson MO. Model-based estimates of the
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coinfected with HIV and tuberculosis. Antimicrob Agents Chemother. 2013 Jun;57(6).
8. World Health Organization. Technical update on treatment optimization. Use of efavirenz during
pregnancy: a public health perspective. June 2012.
[Link]
Chapitre 12 : Prise en charge des patients co-infectés par la TB et le VIH – 116
Tuberculose
– Les autres co-morbidités ([Link]. diabète, hypertension) doivent être prises en charge au même endroit
pour faciliter l’accès du patient au traitement.
– La gestion de l’approvisionnement en médicaments doit être rigoureuse. Il est essentiel d’éviter les
ruptures de stock qui peuvent entraîner des interruptions de traitement et ont un impact négatif sur
l’adhérence (perte de temps en déplacements inutiles, perte de confiance dans le service).
– De façon à anticiper d’éventuels contretemps, il est prudent de fournir au patient quelques jours
supplémentaires de traitement, au cas où il ne pourrait venir chercher ses médicaments à la date prévue.
L’accompagnement du patient est une responsabilité partagée par l’ensemble de l’équipe soignante
(médecins, infirmiers, accompagnateurs DOT, travailleurs sociaux, etc.). C’est un processus continu car
l’adhérence fluctue et n’importe quel patient peut passer par des phases d’acceptation ou de rejet du
traitement. Dans les programmes de grande envergure, l’équipe soignante est parfois renforcée par une
équipe de « counsellors », pour assurer l’information et le soutien des patients.
Education thérapeutique
L’éducation thérapeutique consiste à :
– Aider le patient à comprendre sa maladie et son traitement ;
– L’aider à intégrer le traitement dans sa vie quotidienne, tant que dure le traitement ;
– Répondre à ses questions, tant que dure le traitement.
Pour plus d’informations, se référer à l’Annexe 14(see page 233).
Soutien psychologique
Être à l’écoute du patient, l’encourager et établir une relation de confiance lui permettant de ne pas
dissimuler d’éventuels oublis ou erreurs. Ces incidents sont assez fréquents, il est important d’en être
informé pour pouvoir y remédier.
Support socio-économique
Mettre en place les actions d’accompagnement social pour les patients ayant des difficultés
économiques. Selon les besoins spécifiques des patients :
– Les travailleurs sociaux peuvent aider à obtenir une pension d'invalidité, une aide au logement, un
hébergement pour les sans-abri, etc.
– Le programme peut fournir des repas ou des produits alimentaires ; des billets de transport ou de
l’argent pour les transports ou peut rembourser les frais de transport, le carburant, etc.
La DOT peut avoir un impact négatif si le patient doit chaque jour prendre les transports ou marcher de
longues distances pour se rendre dans le centre de traitement où la prise est observée. De plus, la DOT au
centre de traitement augmente le risque d’exposition des patients et du personnel aux agents infectieux.
Lorsque cela est possible, il est donc préférable d’organiser la DOT à domicile plutôt qu’en en centre de
traitement. La DOT à domicile est aussi efficace que la DOT au centre de traitement4(see page 120). Elle est
habituellement assurée par des accompagnateurs DOT formés, encadrés et rémunérés.
Pour plus d’informations sur le profil et les rôles et responsabilités des accompagnateurs DOT pour les
patients sous traitement de deuxième ligne, se référer à l'Annexe 15(see page 235).
Du fait de la durée du traitement, le soutien socio-économique aux patients est indispensable.
Références Chapitre 13
1. Tuberculosis Coalition for Technical Assistance. International Standards for Tuberculosis Care
(ISTC). The Hague: Tuberculosis Coalition for Technical Assistance, 2006.
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2. World Health Organization. Adherence to long-term therapies. Evidence for action. Geneva, 2003.
[Link]
3. Volmink J, Garner P. Directly observed therapy for treating tuberculosis. Interventions for
promoting adherence to tuberculosis. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2006 Apr 19;
(2):CD003343.
[Link]
6 [Link]
Chapitre 14 : Prévention de la
transmission de la tuberculose dans les
structures de santé
• 14.1 Introduction(see page 121)
• 14.2 Mise en oeuvre des stratégies de lutte contre la transmission(see page 121)
• 14.3 Mesures administratives(see page 123)
• 14.4 Mesures environnementales(see page 124)
• 14.5 Mesures de protection individuelle(see page 126)
• 14.6 Hygiène hospitalière(see page 127)
• 14.7 Patients traités à domicile(see page 127)
• Références Chapitre 14(see page 128)
14.1 Introduction
Les patients contagieux atteints de TB des voies respiratoires et qui ne sont pas encore diagnostiqués ou
mis sous traitement sont la principale source de bacilles. La prévention de la transmission repose donc
avant tout sur :
– Un diagnostic précoce : un dépistage actif chez tous les patients présentant une toux, y compris au
niveau des services de soins non spécialisés, permet d’éviter des jours ou semaines de transmission du
bacille par un patient non diagnostiqué ;
ET
– La mise rapide sous traitement efficace : la contagiosité diminue quelques jours après la mise en route
du traitement et est considéré comme nulle après 2 à 3 semaines1(see page 128),2(see page 128),3(see page 128),4(see page
128)
. Il est essentiel que le traitement soit «efficace». Un patient atteint de TB multirésistante (TB-MR) sous
traitement antituberculeux de première ligne est susceptible de rester contagieux.
Toutefois, dans les structures où sont rassemblés des cas présumés ou confirmés, il est nécessaire de
mettre en oeuvre d’autres mesures pour réduire la transmission aux autres patients ou visiteurs, en
particulier aux plus vulnérables (immunodéprimés)5(see page 128) et au personnel soignant.
La prévention de la transmission de la TB dans les structures de santé 1(see page 0) repose sur différentes
stratégies.
1(see page 121) Ce chapitre passe en revue les stratégies de base pour prévenir la transmission de la TB. Pour
plus d’informations, consulter le site de la Tuberculosis Coalition for Technical Assistance
([Link] ).
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 121
Tuberculose
Il existe trois types de mesures contrôle de l'infection : (1) mesures administratives, (2) mesures
environnementales et (3) mesures de protection individuelle5(see page 128). La mise en oeuvre de ces
mesures nécessite un personnel dédié et un plan de prévention.
Risque élevé
• Services des patients à frottis positif
• Service de diagnostic
• Zone de préparation des frottis, culture, antibiogramme (laboratoire)
• Zone de prélèvement des crachats
• Service de radiologie
• Salles d’attente
Risque limité
• Service des enfants
• Service des TB extrapulmonaires (EPTB) et patients à frottis négatif
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 122
Tuberculose
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 123
Tuberculose
– Patients à frottis positif, chez qui l’on suspecte ou diagnostique une résistance, y compris les cas
chroniques et les patients en-retraitement : ces patients sont susceptibles d’avoir une TB multirésistante
(TB-MR). Les cas de TB-MR doivent être isolés en chambre seule, ou à défaut, en chambres de 2 à 4
personnes, en essayant de faire correspondre les profils de résistance. Il est essentiel de bien séparer les
cas de TB-MR des cas de TB ultrarésistante (TB-UR).
– Patients à frottis positif ayant une TB totalement sensible.
– Patients à frottis négatif (ou dont les frottis se sont négativés), chez qui l’on suspecte ou diagnostique
une résistance (une fois sous traitement efficace ces patients ne sont plus contagieux rapidement).
– Patients peu ou pas contagieux : TB pulmonaire à frottis négatif, TBEP, patients dont les frottis ou
cultures se sont négativés et la plupart des enfants.
– Cas suspects en cours d’investigation : ne pas hospitaliser les patients pour un diagnostic de TB si
possible. Si une hospitalisation s’impose, isoler ces patients en chambre individuelle. Ne jamais placer un
patient qui n’est pas sous antituberculeux dans un service où l’on traite des TB.
S’il est nécessaire de séparer les femmes et les hommes, il faut au moins 8 salles et assez de chambres
individuelles pour les cas suspects et les patients TB-MR.
14.4.1 Ventilation
La ventilation (remplacement de l'air intérieur par de l'air extérieur) est le moyen le plus efficace de
réduire la concentration de M. tuberculosis dans l'air et par conséquent, le risque de transmission.
L'OMS recommande un taux de ventilation minimum de 12 changements d'air par heure (CAH)6(see page 128)
dans les zones où la transmission de la TB est susceptible de se produire. Se référer à l'Annexe 17(see page
237) pour la mesure des CAH.
Une ventilation efficace peut être obtenue par des moyens naturels (assisté ou non) ou mécaniques.
Ventilation naturelle
La ventilation naturelle, en particulier transversale ou traversante (fenêtres et portes situées sur des
façades opposées), est la méthode qui présente le meilleur rapport coût-efficacité. La ventilation
s’effectue en ouvrant les fenêtres et les portes donnant sur l’extérieur (si les conditions climatiques le
permettent). Les portes intérieures restent fermées de manière à diriger l’air vers l’extérieur et non vers
l’intérieur.
Aménager des espaces ombragés pour que les patients, accompagnants et visiteurs puissent rester à
l'extérieur pendant la journée.
Les cheminées ou turbines de ventilation placées sur les toits peuvent aussi améliorer la ventilation
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 124
Tuberculose
naturelle en dirigeant l'air de la pièce vers l'extérieur. Par ailleurs, des ventilateurs peuvent être utilisés si
le débit naturel du vent est lent (ventilation naturelle assistée).
Ventilation mécanique
Si la ventilation naturelle n’est pas suffisante, [Link]. sous les climats froids, la ventilation mécanique
centrale doit être envisagée. Elle repose sur l'utilisation d’équipements pour maintenir une différence de
pression entre deux zones, afin de faire rentrer de l’air dans une pièce et de le chasser vers l'extérieur. Un
entretien permanent et rigoureux du matériel est nécessaire, ce qui la rend coûteuse et difficile à mettre
en place et à utiliser.
Pour les avantages et inconvénients des différentes techniques de ventilation, se référer à l’Annexe 18(see
page 238).
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 125
Tuberculose
garder la porte grande ouverte pendant 5 minutes. La dimension réduite du local facilite le
renouvellement de l’air.
Laboratoire
Tous les laboratoires doivent faire l’objet d’une évaluation des risques. Les mesures de prévention de la
transmission doivent être adaptées en conséquence. Dans tous les cas, l'accès aux laboratoires TB doit
être limité.
L’utilisation d’un poste de travail ventilé (Annexe 7(see page 166)) est fortement recommandée pour la
préparation des crachats (microscopie et test Xpert). Des ESM de classe II sont nécessaires pour effectuer
des cultures.
Le laboratoire doit être équipé de surfaces de travail faciles à nettoyer et à désinfecter (éviter le bois) et
de grandes fenêtres qui laissent entrer la lumière et facilitent la ventilation naturelle si le laboratoire
n’est as équipé d’une ventilation mécanique.
Utiliser des filtres à eau pour éviter la contamination par des mycobactéries saprophytes parfois
présentes dans l’eau.
1(see page 125) Les UV inactivent le bacille. La lumière naturelle sèche les gouttelettes mais n’inactivent pas le
bacille.
Les mesures de protection individuelle visent à réduire au minimum le risque de transmission du bacille
en s’opposant à l'inhalation ou à l’expiration de gouttelettes infectieuses.
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 126
Tuberculose
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 127
Tuberculose
individuelle sont prises jusqu'à ce que le frottis du patient soit négatif au minimum et de préférence
jusqu'à la conversion de la culture.
Mesures administratives
– Évaluer le risque de transmission de la TB : recueillir des informations sur le nombre de personnes
vivant au domicile, le nombre de pièces, etc.
– Recherche des symptômes de TB chez les contacts du patient.
– Les enfants de moins de 5 ans doivent passer le moins de temps possible dans les mêmes pièces que
les patients à culture positive (bien que le risque pour l'enfant soit sensiblement réduit une fois que le
patient débute un traitement efficace). Une mère atteinte de TB et son enfant, lorsqu’ils sont réunis,
doivent se trouver dans une pièce bien ventilée ou à l'extérieur. La mère doit porter un masque
chirurgical lorsqu’elle s’occupe de l’enfant, jusqu'à ce qu'elle devienne frottis négatif.
– Informer les personnes vivant au domicile du patient sur la transmission de la TB, les précautions à
prendre (hygiène de la toux, masques), les symptômes de la maladie, la gestion des crachoirs et
mouchoirs (ne pas vider les crachoirs ; les jeter dans les latrines ou avec les déchets domestiques après
les avoir placés dans un sac en plastique hermétiquement fermé).
Mesures environnementales
– Le patient doit dormir de préférence dans une chambre à part, avec la porte donnant sur le reste de la
maison fermée.
– Les espaces communs doivent être bien ventilés (fenêtres ouvertes en permanence).
– Le patient doit être encouragé à passer la majeure partie du temps à l'extérieur, dans un lieu ombragé,
si le climat le permet.
Mesures de protection individuelle
– Les patients à frottis positif ou ne répondant pas au traitement doivent porter un masque chirurgical
lorsqu’ils entrent en contact avec d’autres personnes dans des lieux mal ventilés. Une fois que leur frottis
devient négatif, ces patients peuvent être considérés comme non contagieux et le port du masque n’est
plus nécessaire.
– Toute personne s’occupant d’un patient dans un espace clos doit porter un masque de protection
respiratoire. La personne doit être formée à la bonne utilisation du masque et un essai d’ajustement doit
être réalisé. Une fois que le patient est frottis négatif, le port du masque de protection n’est plus
nécessaire.
Références Chapitre 14
1. Clinical diagnosis and management of tuberculosis and measures for its prevention and control.
London, UK: National Institute for Health and Clinical Excellence, 2006.
4. Migliori, GB et al. Review of multi-drug resistant and extensively drug-resistant TB: global
perspectives with a focus on sub-Saharan Africa. TMIH 2010; vol. 15, N° 09 PP 1052 – 1066.
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 128
Tuberculose
6. Implementing the WHO policy on TB infection control. Tuberculosis Coalition for Technical
Assistance.
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7. Riley RL, Knight M, Middlebrook G. Ultraviolet susceptibility of BCG and virulent tubercle bacilli.
Am Rev Respir Dis 1976;113:413–8.
Chapitre 14 : Prévention de la transmission de la tuberculose dans les structures de santé – 129
Tuberculose
Remarque : ces recommandations sont données à titre indicatif ; s’informer de la réglementation dans le
pays concerné.
1(see page 130) Bien que la grossesse ne soit pas une contre-indication absolue, les vaccins vivants ne sont en
général pas utilisés chez la femme enceinte. Le statut vaccinal du personnel féminin doit être
déterminé avant la survenue d’une grossesse.
15.3 Suivi
Le suivi du personnel exposé comprend :
– Un examen clinique annuel ;
– Des examens pour la TB et le VIH en cas de signes cliniques ;
– Une radiographie pulmonaire en cas de signes cliniques (et non systématiquement).
Le personnel présentant un risque récent d'immunodépression (survenue d’une infection par le VIH,
d’une grossesse, prise d’un traitement immunosuppresseur, etc.) ne doit pas rester exposé. Selon le
contexte et le niveau de risque, ce personnel doit être affecté dans un autre service ou dans le secteur le
moins exposé au bacille (Section 14.2.3(see page 0)).
Il est recommandé d’administrer un traitement préventif par l'isoniazide de longue durée (au moins 36
mois) chez tout personnel infecté par le VIH dont l’IDR est positive, y compris en cas de positivation d’une
IDR préalablement négative (se référer au Chapitre 16(see page 132) pour plus d’informations).
Références Chapitre 15
1. Stevens JP, Daniel TM. Bacille Calmette Guerin immunization of heath care workers exposed to
multidrug-resistant tuberculosis: a decision analysis. Tubercl Lung Dis 1996; 77: 315-21
Chapitre 16 : Chimioprophylaxie
• 16.1 Traitement préventif par l’isoniazide (TPI)(see page 132)
• 16.2 Intérêt et limites du TPI(see page 132)
• 16.3 TPI chez les enfants(see page 132)
• 16.4 TPI chez les patients infectés par le VIH(see page 133)
• 16.5 Chimioprophylaxie et tuberculose pharmacorésistante(see page 135)
• Références Chapitre 16(see page 135)
Isoniazide PO :
Nouveau-né et enfant de moins de 30 kg : 10 mg/kg/jour en une prise (7 à 15 mg/kg/jour)
Enfant de plus de 30 kg et adulte : 5 mg/kg /jour en une prise (4 à 6 mg/kg/jour)
Dose maximale : 300 mg/jour
Le TPI ne peut être mis en place que s’il existe déjà un système de dépistage intensifié de la TB parmi les
patients infectés par le VIH (Chapitre 6(see page 58)).
L’IDR n’est pas absolument nécessaire. S’il est impossible de la réaliser, les adultes et adolescents sans
aucun symptôme reçoivent un TPI de 6 mois, à renouveler tous les 3 ans.
Chez les patients éligibles, le TPI est débuté après 3 mois de traitement antirétroviral. Les patients
doivent avoir été vus au moins 2 fois en consultation et avoir compris le but du TPI.
Le TPI offre une protection supplémentaire contre la TB chez les patients sous antirétroviraux (ARV) mais
la mise sous ARV reste prioritaire sur le TPI.
Dans le sous-groupe de patients éligibles pour les ARV et/ou en passe d’être mis sous ARV, la prévalence
des TB non diagnostiqués est élevée, avec une large proportion de cas asymptomatiques6(see page 135). Dans
ce sous-groupe, il est raisonnable d'attendre 3 mois 1(see page 0) avant d'envisager un TPI. Pendant cette
période, les symptômes de la TB doivent être recherchés à chaque consultation.
Si le dépistage intensifié basé sur les symptômes est négatif (pas de toux, pas de fièvre, pas de gain de
poids insuffisant) ou que l’évaluation ne montre pas de TB évolutive, le TPI est administré aux enfants
dans les 3 situations suivantes :
– Systématiquement : tous les enfants de 12 mois à 15 ans exposés ou infectés par le VIH,
indépendamment de toute histoire de contact, doivent recevoir 6 mois de TPI tous les 3 ans ;
– Après un contact 3(see page 0) avec un cas de TB (frottis positif ou négatif ou extrapulmonaire) : tous les
enfants < 15 ans exposés ou infectés par le VIH doivent recevoir 6 mois de TPI ;
– Traitement post-TB : tous les enfants exposés ou infectés par le VIH de < 15 ans doivent recevoir 6 mois
de TPI immédiatement après la fin du traitement antituberculeux1(see page 135).
L’IDR n’est pas un critère d’éligibilité pour le TPI. Elle peut cependant être utilisée pour déterminer si
l’enfant pour une TB évolutive.
1(see page 134) Une période de trois mois sous ARV permet de révéler une TB jusque là masquée.
2(see page 134) Les nourrissons exposés au VIH sont des enfants nés de mères séropositives (l'enfant peut-être
infecté par le VIH mais son statut sérologique n’est pas connu).
3(see page 134) Contact signifie vivre sous le même toit que, ou être en contact étroit et régulier avec, une
personne ayant une TB (confirmée ou présumée), au cours des 12 derniers mois.
Références Chapitre 16
1. Organisation mondiale de la Santé. Directives pour l’intensification du dépistage de la tuberculose
et l’administration du traitement préventif à l’isoniazide chez les personnes vivant avec le VIH
dans un contexte de ressources limitées. 2011.
[Link]
2. Sumartojo E. When tuberculosis treatment fails. A social behavioral account of patient adherence.
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JAMA. Am Med Assoc; 1999;281(11):1014–8.
6. IV Bassett, Bingxia Wang, S Chetty, J Giddy, MFamMed, E Losina, M Mazibuko, B Bearnot, J Allen, B
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Starting ART in Durban, South Africa. Clin Infect Dis. 2010 October 1; 51(7): 823–829.
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10. Steiner P, Rao M. Drug-resistant tuberculosis in children. Seminars in Pediatric Infectious Diseases,
1993, 4:275–282.
17.1 Introduction
Le suivi et l’évaluation repose sur des données quantitatives et qualitatives afin de documenter les
aspects suivants :
– Performance du programme ([Link]. nombre de patients mis sous traitement antituberculeux, résultats
du traitement, nombre de patients testés pour une tuberculose multirésistante (TB-MR), etc.) ;
– Planning des ressources humaines, accompagnement du patient, commandes de tests diagnostiques
et de médicaments, etc. ;
– Evaluation du fonctionnement du programme (qualité des médicaments, diagnostics,
accompagnement du patient, etc.).
L’enregistrement et le reporting sont basés sur des définitions de cas et de résultats de traitement
standardisés.
Pour les définitions de cas, se référer au Chapitre 7(see page 60).
Quelle que soit la forme de la TB, les définitions de résultats de traitement présentent des similarités :
– Les définitions sont standardisées, de manière à permettre des comparaisons entre les cliniciens, les
périodes et les lieux.
– Elles reposent en grande partie, mais pas exclusivement, sur les paramètres bactériologiques (frottis ou
culture 1(see page 0) ).
– Les résultats sont exhaustifs et mutuellement exclusifs.
Pour toutes les formes de TB, il existe des définitions pour :
– Les résultats intermédiaires (destinés à donner des indications sur le fonctionnement du programme
en attendant les résultats finaux) ;
– Les résultats finaux (guéri, traitement terminé, échec, traitement interrompu, décès ou non évalué).
TB Résultats intermédiaires
TB-MR Au 6e mois :
• Statut bactériologique (négatif/positif/pas d’information) basé sur le frottis et
la culture
• Résultats finaux chez les patients qui ont interrompu le traitement ou sont
morts
Résult TB Définitions
ats
Résult TB Définitions
ats
Interru Toutes Patient ayant interrompu son traitement pendant 2 mois ou plus.
ption
Décès Toutes Patient décédé sous traitement antituberculeux ou en attendant le traitement,
quelle que soit la cause du décès. La cause du décès doit être notifiée.
Traite TB Patient initialement sous traitement standard, chez qui le traitement a ensuite été
ment sensible adapté en fonction de l’antibiogramme (et non à cause d’un échec du traitement).
adapté
d,e
Non Toutes Patient dont on ne connaît pas le résultat du traitement (y compris les patients
évalué «transférés vers une autre structure» dont le résultat de traitement est inconnu).
a.
Un patient enregistré comme «échec» peut être réenregistré comme TB pharmacorésistante
«précédemment traité 2e ligne» et débuter un nouveau traitement si possible.
b.
Cette catégorie n’inclut pas la substitution d’un médicament par un autre ou l’arrêt temporaire de
médicaments en raison d’effets indésirables sévères.
c.
Si un patient a été défini comme «échec» et qu’aucun traitement approprié n’était possible mais que le
traitement a été poursuivi et le patient l’a ensuite interrompu ou est mort, le résultat est un
«échec» (enregistrer le premier résultat).
d.
Pour les programmes utilisant les six résultats mutuellement exclusifs de l’OMS, le résultat «Traitement
adapté» peut être inclus dans les «échecs» à des fins de reporting mais il faut garder une trace de cette
catégorie pour le suivi et l’évaluation du programme.
e.
Sans objet pour les TB pharmacorésistantes.
Si le traitement est toujours en cours au moment de l’analyse de cohorte, le résultat « toujours sous
traitement » peut être attribué provisoirement.
1(see page 137) Les techniques moléculaires ne sont pas utilisées pour contrôler la réponse au traitement ou
déclarer un échec. Ces tests peuvent identifier des bacilles morts depuis longtemps et peuvent
rester positifs après une guérison réelle.
Des exemples de documents destinés à l'enregistrement et au reporting sont présentés dans les annexes.
Les programmes ou pays peuvent créer leurs propres documents à partir de ces exemples.
17.3.4 Drug-O-Gram
Le Drug-O-Gram est un résumé de l'histoire du traitement du patient. Il contient, présentés dans un ordre
chronologique, les résultats des antibiogrammes successifs et les changements de traitement
consécutifs aux résultats obtenus. Il donne une rapide description de l'état du patient (Annexe 31(see page
250)).
17.4 Rapports
• 17.4.1 Rapport de détection et inclusion des cas de TB(see page 0)
• 17.4.2 Rapport de détection et inclusion des cas de TB pharmacorésistante(see page 0)
• 17.4.3 Résultats intermédiaires du traitement pour la TB pharmacosensible et
pharmacorésistante(see page 0)
• 17.4.4 Résultats finaux du traitement(see page 0)
Le rapport périodique est l’outil essentiel de l’évaluation pour toutes les formes de TB. Il doit être
présenté de manière standardisée, en deux parties : inclusion des cas et résultats du traitement. Les
données présentées dans le rapport proviennent du registre TB. Il est en général trimestriel pour la TB
pharmacosensible et semestriel pour la TB pharmacorésistante.
L'évaluation des résultats de traitement, intermédiaires et finaux, est une étape fondamentale. Elle est
réalisée par une analyse de cohorte. Une cohorte est un groupe d’individus présentant certaines
caractéristiques communes et vivant les mêmes événements. Dans le cas de l’évaluation du traitement
des patients TB, une cohorte est représentée par tous les patients mis sous traitement au cours d’une
période donnée (en général 3 mois pour la TB pharmacosensible et 6 mois pour la TB
pharmacorésistante). A la fin du traitement, le résultat final du traitement est défini (Tableau 17.1(see page
0)).
Remarques :
– Le nombre de patients dans chaque groupe doit, en principe, être identique à celui enregistré pour la
même période dans la partie inclusion des cas du rapport périodique correspondant. En cas de
différence, il faut en trouver l’explication ([Link]., les patients ayant «interrompu avant traitement»
peuvent être exclus de l’analyse de résultats).
– Les résultats de traitement des patients référés par une autre structure ne doivent pas être inclus dans
les résultats de la structure dans laquelle ils sont transférés. Leurs résultats sont enregistrés dans la
structure qui a initialement inclus le patient pour un traitement de la TB.
Principaux indicateurs
– Proportion de cas de TB pulmonaire (TBP) confirmés
= Nombre de cas de TBP confirmés inclus/Nombre total de cas de TB inclus pendant la période
Avec l'introduction de tests moléculaires automatisés et des cultures rapides, la proportion de cas de
TBP confirmés devrait augmenter par rapport aux contextes où le seul examen disponible est la
microscopie des crachats.
Les indicateurs de détection permettent de mesurer l'accès des patients tuberculeux à l'antibiogramme.
La fréquence de la TB-MR chez les individus des groupes à risque est également évaluée.
Tous les patients chez lesquels une TB pharmacorésistante est détectée ou fortement suspectée doivent
débuter un traitement antituberculeux approprié dans les plus brefs délais.
Une comparaison entre le nombre de cas de TB pharmacorésistante mis sous traitement et le nombre de
cas détectés donne une indication de l'accès aux soins, même si des patients mis sous traitement ont pu
être détecté avant la période d'évaluation.
La période d'évaluation est de 6 mois calendaires, habituellement de janvier à fin juin et de juillet à fin
décembre. Les indicateurs sont mesurés 3 mois après la fin du semestre. Toutes les données sont
extraites du registre des TB pharmacorésistantes (Annexe 26(see page 247)), du registre des cultures/
antibiogrammes et du registre Xpert (Annexe 30(see page 249)).
Chaque indicateur doit être calculé pour l’ensemble des patients et pour chaque catégorie de patients,
c.-à-d. : cas précédemment traités, échecs, contacts et autres catégories à risque en fonction de la
stratégie adoptée localement.
Indicateurs d’inclusion
– Proportion de cas confirmés de TB-MR mis sous traitement de TB-MR
= Nombre de cas confirmés de TB-MR enregistrés et mis sous traitement de TB-MR/Nombre total de cas
confirmés de TB-MR détectés
Cette proportion peut aussi être calculée pour les cas de TB résistants à la rifampicine.
– Proportion de cas confirmés de TB-PR mis sous traitement de TB-PR
= Nombre de cas confirmés de TB-PR enregistrés et mis sous traitement de TB-PR/Nombre total de cas
confirmés de TB-PR détectés
Ce calcul ne tient pas compte des cas de résistance à la rifampicine pour lesquels la sensibilité à
l’isoniazide est inconnue.
traitement de TB-MR présentant une culture positive au 6e mois/Nombre total de cas de TB-MR pulmonaire
confirmés bactériologiquement enregistrés et mis sous traitement contre la TB-MR pendant la période
– Proportion de patients n’ayant finalement pas de TB-MR
= Nombre de patients mis sous traitement contre la TB-MR pendant la période et qui finalement n’ont pas
de TB-MR/Nombre total de patients mis sous traitement contre la TB-MR pendant la période
Le résultat final est la principale mesure directe de l’efficacité du programme en termes de soins aux
patients. A la fin du traitement, tous les patients inscrits sur le registre TB doivent être affectés à l'un des
six résultats mutuellement exclusifs. On attribue à chaque patient le premier résultat de traitement
notifié3(see page 150).
L’analyse de cohorte des résultats finaux du traitement peut être réalisée lorsque tous les patients admis
au cours d’une période donnée ont eu la possibilité de terminer leur traitement. En pratique :
– Pour la TB pharmacosensible (et tous les patients sous régimes standards de première ligne), les
résultats de la cohorte sont analysés chaque trimestre, un an après l'inclusion du dernier patient de la
cohorte ([Link]. la cohorte de patients admis au cours du premier trimestre 2014 sera évaluée à la fin du
premier trimestre 2015).
– Pour la TB pharmacorésistante, l'évaluation a lieu 27 mois après l'inclusion du dernier patient dans la
cohorte ce qui permet d’avoir les résultats de culture effectués à 24 mois de traitement. La période
d'évaluation est de 6 mois calendaires, habituellement de janvier à fin juin et de juillet à fin décembre.
Tous les patients débutant un traitement pendant cette période sont compris dans le calcul. Les
indicateurs sont mesurés 24 mois après la fin du semestre d'évaluation. Toutes les données sont
extraites du registre des TB pharmacorésistantes.
Même si le calendrier d’analyse est différent pour la TB pharmacosensible et pharmacorésistante, les
indicateurs restent les mêmes.
Les indicateurs sont à calculer pour les patients recevant les traitements standards de première ligne
(avec ou sans confirmation de la sensibilité aux antituberculeux par un antibiogramme) et pour les
patients atteints TB-PR et TB-MR.
Les indicateurs les plus importants sont :
– Proportion de guérison
= Nombre de cas de TB confirmés déclarés “guéris”/Nombre total de cas de TB confirmés mis sous
traitement pendant la période
Cet indicateur est calculé pour tous les cas confirmés de TB pharmacosensible et pharmarésistante. Il est
le meilleur indicateur de la réussite d'un programme pour les patients confirmés. Bien que l'efficacité du
traitement de la TB pharmacosensible soit théoriquement supérieure à 90%, la proportion réelle de
guérison est rarement supérieure à 70%. Pour TB-MR, elle dépasse rarement 50%.
– Proportion de traitements terminés
= Nombre de patients enregistrés comme «traitement terminé»/Nombre total de patients mis sous
traitement pendant la période
Une proportion élevée de patients ayant terminé leur traitement est un signe positif pour les cas de TBP
non confirmés et de TBEP. Pour les cas confirmés, elle indique une insuffisance de vérification
bactériologique en fin du traitement, qui doit être corrigée.
– Proportion de succès
= Nombre de patients enregistrés comme «guéris» ou «traitement terminé»/Nombre total de patients mis
sous traitement pendant la période
C’est le meilleur indicateur pour mesurer l’efficacité du programme pour toutes les formes de TB (TBP
confirmée, TBP non confirmée et TBEP). Il excède rarement 80% pour les TB pharmacosensibles et 60%
pour les TB-MR.
– Proportion de traitement interrompu
= Nombre de patients enregistrés comme «traitement interrompu»/Nombre total de patients mis sous
traitement pendant la période
Les patients qui interrompent le traitement risquent de ne pas guérir ou de rechuter. Un taux d’abandon
élevé est le signe d’une défaillance du programme à soutenir le patient jusqu’au terme de son
traitement.
– Proportion de décès
= Nombre de patients enregistrés comme «décès»/Nombre total de patients mis sous traitement pendant la
période
Ce chiffre ne doit pas dépasser 5% des cas de TB pharmacosensible. Une surmortalité peut être liée à un
dysfonctionnement du programme. Elle peut également être due à une forte prévalence du VIH parmi les
cas ou à une prise en charge tardive de la TB.
– Proportion d’échec
= Nombre de patients enregistrés comme «échec»/Nombre total de patients mis sous traitement pendant la
période
Un taux d’échec élevé parmi les nouveaux cas peut être lié à un problème d’adhérence, à un taux élevé
de résistance primaire ou à la mauvaise qualité des médicaments antituberculeux. Chez les nouveaux cas
sous traitement, ce taux ne devrait pas dépasser 2%.
– Proportion de patients dont le statut VIH est connu
= Nombre de patients dont le statut VIH est connu à la fin du traitement/Nombre total de patients mis sous
traitement pendant la période
Cet indicateur est un des éléments permettant d’évaluer l’intégration des services TB et VIH.
– Taux de co-infection TB-VIH
= Nombre de patients infectés par le VIH/Nombre total de patients mis sous traitement au cours de la
période et dont le statut VIH est connu à la fin du traitement
Dans les régions où la prévalence du VIH est élevée, ce chiffre peut être supérieur à 80%. Cette
information est importante pour l’évaluation des autres indicateurs, en particulier la proportion de
décès.
17.5 Fonctionnement
• 17.5.1 Organisation des soins(see page 147)
• 17.5.3 Ressources humaines(see page 150)
Pour être complète, l'évaluation doit prendre en compte le fonctionnement du programme, notamment
en ce qui concerne trois aspects : l’organisation des soins, les procédures établies et les ressources
humaines. Un ensemble de critères de qualité est évalué pour chacun de ces aspects. Les critères
peuvent être qualitatifs (description) ou quantitatifs (indicateurs). Les tableaux suivants peuvent être
utilisés à titre indicatif.
Accessibilité • Accessibilité des structures de soins, Accès facile aux soins pendant
des soins décentralisation, etc. la phase d’attaque et
• Possibilité de traitement à domicile si d’entretien
approprié.
Détection des cas • Type de détection de cas (active ou passive) Connaître le type de dépistage
pour interpréter les résultats
• Recherche de signes de TB chez les contacts quantitatifs du dépistage
• Taux de détection des nouveaux cas frottis • 100%
positif • Selon le contexte
• Pourcentage de patients frottis positif pour le • < 20%
nombre total de patients chez lesquels un
• Selon le contexte
Accompagnement Nombre de patients bénéficiant d’un soutien et 100% des patients éligibles
thérapeutique accompagnement thérapeutique par mois pour recevoir un soutien
17.5.2 Procédures
Critères Indicateurs Objectifs
Suivi régulier des • Rapport trimestriel et analyse de cohortes pour • Recueil des données
TB sensibles et les TB pharmacosensibles quantitatives sur les inclusions
résistantes • Rapport semestriel et analyse de cohortes pour et les résultats
les TB pharmacorésistante • Détection rapide des
dysfonctionnements
Suivi de • % de patients venant à leur rendez-vous par • > 90% pour la phase
l'adhérence rapport au nombre de patients attendus d’attaque et d’entretien
• % de doses administrées sous DOT chez les • 100%
patients ayant une TB pharmacorésistante, sur
un échantillon de patients pris au hasard
Une grille d’évaluation du fonctionnement d’un service TB est proposée en Annexe 35(see page 252).
Chaque critère est classé comme «satisfaisant» ou «non satisfaisant».
Références Chapitre 17
1. Laserson KF, Thorpe LE, Leimane V, Weyer K, Mitnick CD, Riekstina V, et al. Speaking the same
language: treatment outcome definitions for multidrug-resistant tuberculosis. Int. J. Tuberc. Lung
Dis. 2005:9(6):640–5.
2. World Health Organization. Definitions and reporting framework for tuberculosis - 2013 revision
(WHO/HTM/TB/2013.2). WHO Geneva. 2013.
[Link]
Annexes
• Annexe 1. Echantillons de crachats : prélèvement, conservation, expédition(see page 151)
• Annexe 2. Préparation des frottis de crachats(see page 155)
• Annexe 3. Xpert MTB/RIF(see page 158)
• Annexe 4. Aspiration cytologique à l’aiguille fine (FNAC)(see page 162)
• Annexe 5. Estimation des protéines(see page 164)
• Annexe 6. Dosage de l’adénosine désaminase (ADA)(see page 165)
• Annexe 7. Poste de travail ventilé et enceinte de sécurité microbiologique (ESM)(see page 166)
• Annexe 8. Posologies journalières des anti-TB avec les ADF(see page 166)
• Annexe 9. Utilisation des antituberculeux et instructions aux patients(see page 173)
• Annexe 10. Prise en charge des effets indésirables fréquents chez les adultes traités pour une TB
pharmacorésistante(see page 216)
• Annexe 11. Usage compassionnel(see page 228)
• Annexe 12. Adaptation de la posologie des antituberculeux chez l’insuffisant rénal(see page 230)
• Annexe 13. Toxicités additives potentielles des antirétroviraux (ARV) et des antituberculeux (anti-
TB)(see page 231)
• Annexe 14. Information du patient(see page 233)
• Annexe 15. Accompagnateurs DOT pour les patients sous traitement de deuxième lignea(see page
235)
• Annexe 16. Evaluation rapide du risque de transmission de la TB dans une structure de santé(see
page 236)
• Annexe 17. Recommandations pour la mesure du changement d’air par heure (CAH)(see page 237)
• Annexe 18. Avantages et inconvénients des techniques de ventilation(see page 238)
• Annexe 19. Lampes de plafond à rayons ultraviolets(see page 238)
• Annexe 20. Masques de protection respiratoire(see page 241)
• Annexe 21. Masques chirurgicaux(see page 243)
• Annexe 22. Vaccin BCG(see page 244)
• Annexe 23. Fiche de traitement pour les patients sous traitement anti-TB de première ligne(see page
246)
• Annexe 24. Registre TB pour les patients sous traitement de première ligne(see page 246)
• Annexe 25. Fiche de traitement pour les patients sous traitement anti-TB de deuxième ligne(see
page 247)
• Annexe 26. Registre TB pour les patients sous traitement de deuxième ligne(see page 247)
• Annexe 27. Formulaire de demande de microscopie et Xpert MTB/RIF(see page 248)
• Annexe 28. Formulaire de demande de culture de crachats, LPA et ATBG(see page 248)
• Annexe 29. Registre des examens microscopiques de crachats(see page 249)
• Annexe 30. Registre des tests Xpert MTB/RIF(see page 249)
• Annexe 31. Drug-o-gram(see page 250)
• Annexe 32. Rapport trimestriel(see page 250)
• Annexe 33. Rapport de détection et inclusion des cas de TB résistants à la rifampicine et
multirésistants(see page 251)
• Annexe 34. Rapport des résultats finaux – Traitement de la TB pharmacorésistante(see page 251)
• Annexe 35. Grille d’évaluation du fonctionnement d’un service TB(see page 252)
• Références Annexes(see page 252)
Matériel
– Gants et masque de protection respiratoire
– Sonde d’aspiration (CH6,7,8)
– Pot à prélèvement de crachats
– Seringue de 50 ml
– Masque et tuyau pour nébulisateur
Technique
L’enfant doit être à jeun depuis au moins 2 heures.
– Avant la nébulisation :
• Expliquer la procédure à l’enfant et/ou à l’accompagnateur (celui-ci doit porter un masque de
protection respiratoire).
• Placer l’enfant en position assise dans les bras de l’adulte.
• Lui administrer 2 bouffées de salbutamol par l’intermédiaire d’une chambre d’inhalation, 10 minutes
avant la nébulisation.
• Préparer un pot à prélèvement.
– Nébulisation :
• Remplir le nébulisateur avec 5 ml de solution de chlorure de sodium hypertonique à 5%.
• Placer le masque du nébulisateur sur la bouche de l’enfant.
• La nébulisation dure jusqu’à ce que le réservoir soit vide.
– Aspiration :
• Faire un clapping pendant 1 à 2 minutes.
• Nettoyer les fosses nasales.
• Pendant l’aspiration, l’enfant est couché sur le côté, le dos tourné à l’opérateur qui se place derrière lui.
• Monter une sonde d’aspiration sur une seringue de 50 ml. Lubrifier l’extrémité de la sonde.
• Mesurer la distance entre le bout du nez et l’angle de la mâchoire. Insérer la sonde jusqu’à cette
profondeur.
• A l’insertion et au retrait de la sonde, tirer sur le piston de la seringue pour créer une aspiration.
• Lorsque que la seringue est pleine d’air et de mucosités : la détacher de la sonde, purger l’air (embout
vers le haut) pour ne conserver que les mucosités.
• Pour recueillir les mucosités : prélever 2 ml de NaCl à 0,9% pour rincer la seringue puis vider son
contenu dans le pot à prélèvement.
Matériel
– Gants et masque de protection respiratoire
– Sonde d’aspiration (CH6,7,8 )
– Pot à prélèvement de crachats
– Seringue de 50 ml
– Eau stérile
Technique
– Avant d’insérer la sonde gastrique :
• Expliquer la procédure à l’enfant et/ou à l’accompagnateur (celui-ci doit porter un masque de
protection respiratoire) ;
• Placer l’enfant en position assise dans les bras de l’adulte.
Les échantillons sont conditionnés dans un triple emballage conforme à l'instruction IATA 650 :
1. Récipient primaire contenant l’échantillon : tube hermétiquement fermé et placé dans un gant de
latex ;
2. Récipient secondaire destiné à protéger le récipient primaire : boîte étanche avec suffisamment de
matière absorbante pour absorber la totalité de l’échantillon si le récipient primaire venait à casser ;
3. Emballage extérieur destiné à protéger le récipient secondaire, avec étiquetage UN 3373.
Renseignements à fournir :
– Récipient primaire : étiqueter le tube, inscrire le nom du patient ou son numéro d’identification, la date
et le lieu du prélèvement ;
– Emballage extérieur : indiquer le nom du laboratoire destinataire, l’adresse complète (numéro, rue,
code postal, localité, pays), numéro de téléphone.
Tous les échantillons doivent être accompagnés de la demande d’examen correspondante (y compris
renseignements cliniques).
Remarques :
– Les procédures d’expédition des souches bactériennes obtenues après culture sont différentes, plus
complexes et en pratique rarement réalisables. Les cultures sont des « substances infectieuses de
catégorie A » (UN 2814).
– Pour une description détaillée des procédures, se référer au Catalogue médical MSF, volume 4.
Matériel
– Gants et masque de protection
– Eau distillée ou filtrée
– Fuchsine basique phéniquée
– Alcool-acide à 3% (éthanol + acide chlorhydrique)
– Bleu de méthylène à 0,3%
Technique
– Recouvrir complètement la lame de fuchsine (après avoir filtrer la fuchsine).
– Chauffer doucement la lame. Dès l’apparition des premières vapeurs, compter 5 minutes en
maintenant l’émission de vapeurs sans faire bouillir ni assécher la lame.
– Rincer délicatement la lame à l’eau distillée ou filtrée jusqu’à ce que le liquide de rinçage soit incolore,
égoutter.
– Recouvrir la lame avec une solution alcool-acide à 3%, laisser agir 3 minutes et égoutter. Répéter
l’opération 2 à 3 fois, jusqu’à ce que la lame soit complètement décolorée.
– Rincer la lame à l’eau distillée ou filtrée, égoutter.
– Recouvrir la lame de bleu de méthylène à 0,3% et laisser agir 1 minute.
– Rincer délicatement la lame à l’eau distillée ou filtrée jusqu’à ce que le liquide de rinçage soit incolore
et laisser sécher à l’air.
Lecture
Une lame doit être examinée pendant 15 minutes en moyenne (au moins 300 champs), par un technicien
expérimenté, avant de rendre un résultat négatif. Un technicien peut difficilement lire plus de 20-25
lames par jour sans que la qualité en pâtisse.
Les bacilles tuberculeux sont colorés en rouge vif sur fond bleu, droits ou légèrement incurvés, disposés
par groupe de 3 à 10.
Pas de BAAR 0
0 Négatif
Matériel
– Gants et masque de protection
– Eau distillée ou filtrée
– Solution d’auramine O à 1%
– Alcool-acide à 0,5%
– Solution de permanganate de potassium à 0,5%
– Microscope à fluorescence (ou dispositif LED à adapter sur un microscope standard)
Technique
– Couvrir la lame d’auramine O à 0,1% ; la laisser colorer pendant 15 minutes en s’assurant qu’elle reste
recouverte de solution.
– Rincer la lame à l’eau distillée ou filtrée jusqu’à ce que l’eau de rinçage soit claire et égoutter. Ne pas
utiliser d’eau chlorée pour éviter de perturber la lecture de fluorescence.
– Couvrir la préparation d’alcool-acide à 0,5% pendant 2 minutes pour la décolorer.
– Rincer la lame à l’eau distillée ou filtrée et égoutter.
– Couvrir la préparation de permanganate de potassium à 0,5% ; la laisser colorer 2 minutes. Il est
essentiel de respecter le temps de coloration, un dépassement du temps de coloration peut diminuer la
fluorescence des BAAR.
– Rincer à l’eau distillée ou filtrée et égoutter. Essuyer le dos de la lame avec une serviette en papier
propre.
– Laisser sécher la lame à l’air. Lire le plus rapidement possible après coloration.
Remarque : pour contrôler la qualité de la coloration, il faut inclure au moins un frottis connu comme
étant positif dans le lot.
Lecture
– Toujours lire la lame du contrôle positif en premier. Si le contrôle positif n’est pas positif (pas de
fluorescence), ne pas lire les frottis des patients, recolorer le lot.
– Examiner l’aspect du frottis : fond noir sans débris ni artefacts.
– Lire une longueur du frottis (environ 40 champs).
Remarques :
– Les lames doivent être lues par un laborantin entraîné (les artéfacts sont fréquents).
– La fluorescence reste stable pendant seulement 3 jours, quand la lame est protégée de la lumière. Le
contrôle qualité doit être organisé en conséquence.
Matériel
– Gants et masque de protection
– Tube de 15 ml en plastique conique, avec bouchon à vis
– Eau de Javel à 3,5% (12° chl) 1(see page 0)
– Vortex (facultatif)
– Pipettes
– Lames
Technique
– Placer le crachat dans le tube de 15 ml.
– Ajouter une quantité égale d’eau de Javel à 3,5%.
– Fermer hermétiquement le tube, agiter énergiquement jusqu’à ce que le mélange soit homogène.
– Laisser sédimenter à température ambiante pendant 15 à 18 heures.
– A l’aide d’une pipette, transférer avec précaution le surnageant dans une poubelle contenant une
solution de chlore à 1%.
– Mélanger le culot avec le liquide restant.
– Placer 2 gouttes de sédiment sur une lame.
– Réaliser l’étalement et laisser sécher à l’air, en position horizontale.
– Lorsque l’étalement est complètement sec, le fixer en passant la lame 3 fois sur une flamme.
1(see page 158) Vérifier la concentration réelle en chlore actif dans l’eau de Javel avec un pool testeur.
Le test Xpert MTB/RIF est basé sur la PCR semi-nichée en temps réel pour la détection simultanée de M.
tuberculosis (MTB) et des mutations du gène rpoB associées à une résistance à la rifampicine.
L’instrument Xpert MTB/RIF automatise tous les aspects de l'analyse PCR en temps réel, avec des
résultats disponibles en 2 heures.
Echantillons
– Pour une période ≤ 3 jours : conserver à 35°C maximum. Une chaîne du froid n'est pas indispensable
jusqu'à 3 jours après le prélèvement car pendant cette période, la prolifération de la flore normale n'a
pas d'impact négatif sur le résultat du test. Toutefois, si une chaîne du froid est disponible, conserver les
échantillons entre 2 et 8°C, afin d'améliorer leur conservation.
– Pour une période de 4 à 10 jours : conserver au réfrigérateur entre 2 et 8°C. Si les échantillons sont
utilisés pour réaliser d'autres tests (examen microscopique et/ou culture), respecter les conditions de
conservation requises en vue d’une microscopie ou culture.
Le CPC n’interfère pas avec le test Xpert MTB/RIF.
Cartouches
– Entre 2 et 28°C.
– Utiliser la cartouche dans les 30 minutes qui suivent l'ouverture du couvercle de la cartouche.
– Les cartouches sont stables 7 jours après l'ouverture de l'emballage.
Energie
L'instrument GeneXpert demande une alimentation électrique constante et stable.
Prévoir une unité de secours (UPS) de 800 VA pour chaque instrument.
Température de fonctionnement
La température ambiante recommandée pour le fonctionnement de l’instrument GeneXpert est de 15 à
30°C maximum. Envisager l’air conditionné pour maintenir la température dans les limites
recommandées par le fabricant si les conditions climatiques l’exigent.
Etalonnage
Les modules GeneXpert requièrent un étalonnage annuel, qui doit être réalisé par un prestataire de
services autorisé ou en échangeant les modules. Négocier avec le fournisseur un contrat de vente détaillé
et un plan d’assistance garantissant l’entretien, l’étalonnage, la réparation et le remplacement du
matériel (si nécessaire).
Sécurité
Mêmes mesures de protection personnelle que pour la microscopie, y compris port de gants et de
masques de protection respiratoire.
Matériel
– Aiguille 23 G (dans quelques rares cas, il est possible d’utiliser une 19G)
– Seringue de 10 ml
– 2 lames pour le Giemsa + 1 ou 2 lame pour le Ziehl-Neelsen
– Polyvidone iodée à 10%, compresses stériles, gants
Technique de prélèvement
– Désinfecter le site de ponction.
– Adapter l’aiguille à la seringue ; introduire profondément l’aiguille dans le ganglion.
– Après avoir fait pénétrer l’aiguille dans la masse du ganglion, tirer le piston de la seringue pour
maintenir une pression négative.
– Aspirer rapidement, en imprimant à l’aiguille des mouvements de va-et-vient pour permettre au suc
ganglionnaire de pénétrer l’aiguille.
– Arrêter d’aspirer lorsque du sang et du suc apparaissent dans l’embout de l’aiguille. Essayer d’aspirer
suffisamment de suc, la spécificité et la sensibilité du diagnostic sont influencées par le volume de suc
aspiré.
– Relâcher la pression négative avant de retirer l’aiguille du ganglion. Ne pas aspirer en retirant l’aiguille,
pour ne pas disperser le prélèvement dans le corps de la seringue ni le mélanger à du sang périphérique
en traversant la peau.
Préparation de la lame
La lame doit être identifiée avant l’aspiration et préparée immédiatement après.
– Détacher l’aiguille de la seringue immédiatement après l’aspiration.
– Remplir d’air la seringue (l’aiguille est toujours détachée de la seringue).
Préparer l’étalement :
– Giemsa
• Reconnecter l’aiguille à la seringue. Pousser doucement sur le piston pour déposer une petite goutte de
matériel sur une extrémité de la lame (si le suc est déposé au centre, l’étalement sera difficile à réaliser).
• Couvrir la préparation d’une autre lame.
• Faire glisser doucement les 2 lames l’une contre l’autre, en directions opposées, de façon à étirer
complètement le matériel entre les lames. Ne pas appuyer fortement sur les lames pour ne pas écraser
les cellules.
• Laisser sécher les lames à l’air.
• Fixer les frottis au méthanol lorsqu’ils sont complètement secs.
• Réaliser la coloration.
– Ziehl-Neelsen
• Déposer une petite goutte de matériel sur la lame.
• Réaliser un frottis ni trop fin ni trop épais.
• Laisser sécher à l’air.
• Fixer le frottis à la flamme lorsqu’il est complètement sec.
• Réaliser la coloration.
Remarques :
– Il est préférable de rechercher le granulome et la nécrose avec les objectifs x10 et x40 puis les cellules
épithélioïdes et géantes avec l’objectif x100.
– L’observation des frottis doit être effectuée par une personne compétente en cytologie. Les lames
doivent être envoyées au laboratoire de cytologie de référence, pour contrôle-qualité ou confirmation du
résultat.
– La qualité de l’échantillon et de la préparation sont essentielles. Le frottis doit être réalisé par un
technicien expérimenté.
1(see page 162) Le « golden standard » pour le diagnostic de la TB à partir de prélèvements tissulaires est la
coloration à l’hématoxyline-éosine mais la coloration de Giemsa peut être une alternative dans
les régions isolées où l’équipement est limité.
Matériel
– Gants
– Réactif de Pandy
– Pipettes Pasteur
– Tube à centrifuger conique en verre ou tube à essai
– Pipettes de 1 ml
Technique
– Placer 1 ml de réactif de Pandy dans le tube à centrifuger.
– Ajouter une à une, 3 gouttes de LCR.
– Après chaque goutte, observer s’il se forme un précipité blanc dans le tube.
– Pour faciliter la lecture, placer une surface sombre derrière le tube.
Résultats
– Présence d’un précipité blanc : réaction de Pandy positive ;
– Absence de précipité blanc : réaction de Pandy négative.
Matériel
– Gants
– Réactif de Rivalta
– Pipettes Pasteur
– Tube à centrifuger conique en verre ou tube à essai
– Pipette de 5 ml
Technique
– Verser 2 ml de solution de Rivalta dans le tube à centrifuger.
– Ajouter une par une, 3 gouttes de liquide pleural/ascite.
– Après chaque goutte, observer s’il se forme un précipité blanc dans le tube.
– Pour faciliter la lecture, placer une surface sombre derrière le tube.
Résultats
– Présence d’un précipité blanc : réaction de Rivalta positive ;
– Absence de précipité blanc : réaction de Rivalta négative.
Remarques :
– Les patients infectés par le VIH et les patients déjà sous traitement antituberculeux peuvent avoir des
niveaux d’ADA diminués.
– L’intérêt du dosage de l’ADA dans le liquide céphalorachidien est limité.
Remarques :
– Les ESM de classe I ne sont pas adaptées à la préparation des cultures et les postes de travail ventilés
suffisent pour la microscopie et les tests Xpert MTB/RIF. Par conséquent, leur utilisation n’est pas
recommandée dans ce manuel.
– Les ESM de classe III ne sont habituellement pas utilisées pour la TB.
Phase d'attaque
Poids Formulations pédiatriques Formulations pour adultes
(kg)
HZR E E H EHZR
50/150/75 100 400 100 275/75/400/150
4 1 cp 1 cp
5 1 cp 1 cp
6 1 cp 1 cp
7 1 cp 1 cp
8 2 cp 2 cp
9 2 cp 2 cp
10 2 cp 2 cp
11 2 cp 2 cp
12 3 cp 3 cp
13 3 cp 3 cp
14 3 cp 3 cp
15 3 cp 3 cp
16 4 cp − 1 cp
17 4 cp − 1 cp
18 4 cp − 1 cp
19 4 cp − 1 cp
20 4 cp − 1 cp
21 4 cp − 1 cp
22 4 cp − 1 cp
23 − − − 1 cp 2 cp
24 − − − 1 cp 2 cp
25 − − − 1 cp 2 cp
26 − − − 1 cp 2 cp
27 − − − 1 cp 2 cp
28 − − − 1 cp 2 cp
29 − − − 1 cp 2 cp
30-34 − − − − 2 cp
35-39 − − − − 2½ cp
40-54 − − − − 3 cp
55-70 − − − − 4 cp
> 70 − − − − 5 cp
Par exemple :
– Un enfant de 9 kg prend 2 cp de HZR (50 mg/150 mg/75 mg) + 2 cp d’E (100 mg) une fois par jour.
– Un enfant de 20 kg prend 4 cp de HZR (50 mg/150 mg/75 mg) + 1 cp d’E (400 mg) une fois par jour.
PRENDRE LES COMPRIMES A JEUN.
Phase d'entretien
Poids Formulation pédiatrique Formulation pour adultes
(kg)
HR HR
50/75 75/150
4 1 cp
5 1 cp
6 1 cp
7 1 cp
8 2 cp
9 2 cp
10 2 cp
11 2 cp
12 3 cp
13 3 cp
14 3 cp
15 − 2 cp
16 − 2 cp
17 − 2 cp
18 − 2 cp
19 − 2 cp
20 − 2 cp
21 − 2 cp
22 − 3 cp
23 − 3 cp
24 − 3 cp
25 − 3 cp
26 − 3 cp
27 − 3 cp
28 − 3 cp
29 − 3 cp
30-34 − 2 cp
35-39 − 2½ cp
40-54 − 3 cp
55-70 − 4 cp
> 70 − 5 cp
Phase d'attaque
Poids Formulations pédiatriques Formulations pour adultes
(kg)
HZR E E H EHZR
30/150/60 100 400 100 275/75/400/150
4 1 cp 1 cp
5 1 cp 1 cp
6 2 cp 1 cp
7 2 cp 1 cp
8 2 cp 2 cp
9 2 cp 2 cp
10 3 cp 2 cp
11 3 cp 2 cp
12 3 cp 2 cp
13 3 cp 2 cp
14 3 cp 2 cp
15 4 cp 3 cp
16 4 cp 3 cp
17 4 cp 3 cp
18 4 cp 3 cp
19 5 cp 3 cp
20 5 cp − 1 cp
21 5 cp − 1 cp
22 5 cp − 1 cp
23 − − − 1 cp 2 cp
24 − − − 1 cp 2 cp
25 − − − 1 cp 2 cp
26 − − − 1 cp 2 cp
27 − − − 1 cp 2 cp
28 − − − 1 cp 2 cp
29 − − − 1 cp 2 cp
30-34 − − − − 2 cp
35-39 − − − − 2½ cp
40-54 − − − − 3 cp
55-70 − − − − 4 cp
> 70 − − − − 5 cp
Par exemple :
– Un enfant de 9 kg prend 2 cp de HZR (30 mg/150 mg/60 mg) + 2 cp d’E (100 mg) une fois par jour.
– Un enfant de 20 kg prend 5 cp de HZR (30 mg/150 mg/60 mg) + 1 cp d’E (400 mg) une fois par jour.
PRENDRE LES COMPRIMES A JEUN.
Phase d'entretien
Poids Formulation pédiatrique Formulation pour adultes
(kg)
HR HR
30/60 75/150
4 1 cp
5 1 cp
6 2 cp
7 2 cp
8 2 cp
9 2 cp
10 3 cp
11 3 cp
12 3 cp
13 3 cp
14 3 cp
15 − 2 cp
16 − 2 cp
17 − 2 cp
18 − 2 cp
19 − 2 cp
20 − 2 cp
21 − 2 cp
22 − 3 cp
23 − 3 cp
24 − 3 cp
25 − 3 cp
26 − 3 cp
27 − 3 cp
28 − 3 cp
29 − 3 cp
30-34 − 2 cp
35-39 − 2½ cp
40-54 − 3 cp
55-70 − 4 cp
> 70 − 5 cp
Groupe 1
• Isoniazide (H)(see page 173)
• Rifampicine (R)(see page 176)
• Pyrazinamide (Z)(see page 178)
• Ethambutol (E)(see page 180)
• Rifabutine (Rfb)(see page 183)
Isoniazide (H)
• Posologie(see page 174)
Action thérapeutique
– Antibactérien ; activité bactéricide
Présentation
– Comprimés à 100 mg et 300 mg
– Solution orale à 50 mg/5 ml
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 10 mg/kg/jour (7 à 15 mg/kg/jour) en une prise
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 5 mg/kg/jour (4 à 6 mg/kg/jour) en une prise
– Dose maximale : 300 mg/jour
5 35-75 − − 5 ml
6 42-90 − − 6 ml
7 49-105 − − 7 ml
8 56-120 − − 8 ml
9 63-135 − − 9 ml
10 70-150 − − 10 ml
11 77-165 − − 11 ml
12 84-180 − − 12 ml
13 91-195 − − 13 ml
14 98-210 − − 14 ml
15 105-225 − − 15 ml
16 112-240 − 2 cp −
17 119-255 − 2 cp −
18 126-270 − 2 cp −
19 133-285 − 2 cp −
20 140-300 − 2 cp −
21 147-300 1 cp − −
22 154-300 1 cp − −
23 161-300 1 cp − −
24 168-300 1 cp − −
25 175-300 1 cp − −
26 182-300 1 cp − −
27 189-300 1 cp − −
28 196-300 1 cp − −
29 203-300 1 cp − −
30-35 150 ½ cp − −
36-45 200 − 2 cp −
46-55 300 1 cp − −
56-70 300 1 cp − −
> 70 300 1 cp − −
Surveillance
– Surveillance clinique.
Instructions au patient
– Prendre à jeun.
– Eviter l’alcool pendant le traitement.
Remarques
– Pour les patients sous traitement de première ligne, administrer l’isoniazide sous forme d’association à
dose fixe.
– L’isoniazide est un antituberculeux du Groupe 1 mais il appartient au Groupe 5 lorsqu’il est donné à
haute dose (16 à 20 mg/kg/jour).
– Conservation : température inférieure à 25°C - -
Rifampicine (R)
• Posologie(see page 176)
• Surveillance(see page 178)
• Instructions au patient(see page 178)
• Remarques(see page 178)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des rifamycines) ; activité bactéricide
Présentation
– Comprimés ou gélules à 150 mg et 300 mg
Il existe aussi une suspension orale à 100 mg/5 ml.
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 15 mg/kg/jour (10 à 20 mg/kg/jour) en une prise
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 10 mg/kg/jour (8 à 12 mg/kg/jour) en une prise
– Dose maximale : 600 mg/jour
5 50-100 − − 4 ml
6 60-120 − − 5 ml
7 70-140 − − 5 ml
8 80-160 − − 6 ml
9 90-180 − − 7 ml
10 100-200 − − 8 ml
11 110-220 − 1 cp −
12 120-240 − 1 cp −
13 130-260 − 1½ cp −
14 140-280 − 1½ cp −
15 150-300 − 1½ cp −
16 160-320 1 cp − −
17 170-340 1 cp − −
18 180-360 1 cp − −
19 190-380 1 cp − −
20 200-400 1 cp − −
21 210-420 1 cp − −
22 220-440 1 cp − −
23 230-460 1 cp − −
24 240-480 1 cp − −
25 250-500 1 cp − −
26 260-520 1 cp − −
27 270-540 1 cp − −
28 280-560 1 cp − −
29 290-580 1 cp − −
30-35 300 1 cp − −
36-45 450 1 ½ cp − −
46-55 450 1 ½ cp − −
56-70 600 2 cp − −
> 70 600 2 cp − −
Surveillance
– Surveillance clinique, tests hépatiques chez les patients âgés et en cas de maladie hépatique.
Instructions au patient
– Prendre à jeun, sans aliments.
– Coloration rouge-orangé (normale, sans conséquence) des urines, selles, sueur, salive, crachats,
larmes, etc.).
Remarques
– Pour les patients sous traitement de première ligne, administrer la rifampicine sous forme
d’association à dose fixe.
– Conservation : température inférieure à 25°C - -
1(see page 176) Si seules les capsules de 150 mg sont disponibles : 1 capsule/jour chez les enfants de 8 à 15 kg.
Pyrazinamide (Z)
• Posologie(see page 179)
• Surveillance(see page 180)
• Instructions au patient(see page 180)
• Remarques(see page 180)
Action thérapeutique
– Antibactérien ; activité stérilisante et bactéricide
Présentation
– Comprimé à 400 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 35 mg/kg/jour (30 à 40 mg/kg/jour) en une prise
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 25 mg/kg/jour (20 à 30 mg/kg/jour) en une prise
– Dose maximale : 2000 mg/jour
– Insuffisance rénale : 25 mg/kg/dose, 3 fois par semaine
5 150-200 ½ cp
6 180-240 ½ cp
7 210-280 ½ cp
8 240-320 ¾ cp
9 270-360 ¾ cp
10 300-400 1 cp
11 330-440 1 cp
12 360-480 1 cp
13 390-520 1 cp
14 420-560 1 cp
15 450-600 1½ cp
16 480-640 1½ cp
17 510-680 1½ cp
18 540-720 1½ cp
19 570-760 1½ cp
20 600-800 1½ cp
21 630-840 2 cp
22 660-880 2 cp
23 690-920 2 cp
24 720-960 2 cp
25 750-1000 2 cp
26 780-1040 2 cp
27 810-1080 2 cp
28 840-1120 2½ cp
29 870-1160 2½ cp
30-35 800 2 cp
36-45 1000 2½ cp
46-55 1200 3 cp
56-70 1600 4 cp
> 70 2000 5 cp
Surveillance
– Surveillance clinique.
Instructions au patient
– Prendre avec ou sans aliments.
– Protéger la peau du soleil.
Remarques
– Pour les patients sous traitement de première ligne, administrer le pyrazinamide sous forme
d’association à dose fixe.
– Conservation : température inférieure à 25°C - -
Ethambutol (E)
• Posologie(see page 181)
• Surveillance(see page 182)
Action thérapeutique
– Antibactérien ; activité bactéricide
Présentation
– Comprimés à 100 mg et 400 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 20 mg/kg/jour (15 à 25 mg/kg/jour) en une prise
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 15 mg/kg/jour (15 à 25 mg/kg/jour) en une prise
– Dose maximale : 1200 mg/jour
– Insuffisance rénale : 15 à 25 mg/kg/dose, 3 fois par semaine
5 75-125 − 1 cp
6 90-150 − 1 cp
7 105-175 − 1 cp
8 120-200 ½ cp −
9 135-225 ½ cp −
10 150-250 ½ cp −
11 165-275 ½ cp −
12 180-300 ½ cp −
13 195-325 ½ cp −
14 210-350 − 3 cp
15 225-375 − 3 cp
16 240-400 − 3 cp
17 255-425 − 3 cp
18 270-450 1 cp −
19 285-475 1 cp −
20 300-500 1 cp −
21 315-525 1 cp −
22 330-550 1 cp −
23 345-575 1 cp −
24 360-600 1 cp −
25 375-625 1 cp −
26 390-650 1 cp −
27 405-675 1½ cp −
28 420-700 1½ cp −
29 435-725 1½ cp −
30-35 600 1½ cp −
36-45 800 2 cp −
46-55 1000 2 cp −
56-70 1200 3 cp −
> 70 1200 3 cp −
Surveillance
– Acuité visuelle et vision des couleurs avant et pendant le traitement.
Instructions au patient
– Prendre avec ou sans aliments.
Remarques
– Pour les patients sous traitement de première ligne, administrer l’éthambutol sous forme d’association
à dose fixe.
– Conservation : température inférieure à 25°C - -
Rifabutine (Rfb)
• Posologie(see page 183)
• Surveillance(see page 185)
• Instructions au patient(see page 185)
• Remarques(see page 185)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des rifamycines) ; activité bactéricide
Présentation
– Capsule à 150 mg
Posologie
– Enfant et adulte : 5 à 10 mg/kg/jour en une prise
– Dose maximale : 300 mg/jour
– Insuffisance rénale sévère : réduire la dose de moitié
Des adaptations de dose peuvent être nécessaires avec certains antirétroviraux.
5 25-50 −
6 30-60 −
7 35-70 −
8 40-80 −
9 45-90 −
10 50-100 −
11 55-110 −
12 60-120 −
13 65-130 −
14 70-140 −
15 75-150 1 caps
16 80-160 1 caps
17 85-170 1 caps
18 90-180 1 caps
19 95-190 1 caps
20 100-200 1 caps
21 105-210 1 caps
22 110-220 1 caps
23 115-230 1 caps
24 120-240 1 caps
25 125-250 1 caps
26 130-260 1 caps
27 135-270 1 caps
28 140-280 1 caps
29 145-290 1 caps
Surveillance
– Surveillance clinique, tests hépatiques chez les patients âgés et en cas de maladie hépatique.
Instructions au patient
– Prendre avec ou sans aliments.
– Coloration rouge-orangé (normal, sans conséquence) des urines, sueur, salive, crachats, larmes, etc.).
Remarques
– La rifabutine remplace la rifampicine chez les patients sous névirapine, indinavir, nelfinavir, lopinavir/
ritonavir, atazanavir/ritonavir.
– Conservation : température inférieure à 25°C
Groupe 2
• Streptomycine (S)(see page 185)
• Kanamycine (Km)(see page 186)
• Amikacine (Amk)(see page 189)
• Capréomycine (Cm)(see page 191)
Streptomycine (S)
• Posologie(see page 185)
• Surveillance(see page 186)
• Instructions au patient(see page 186)
• Remarques(see page 186)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des aminosides) ; activité bactéricide
Présentation
– Streptomycine sulfate, eq. 1 g base, flacon de poudre pour injection IM. NE PAS ADMINISTRER PAR VOIE
IV.
Posologie
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 12 à 18 mg/kg/jour en une injection
– Dose maximale : 1000 mg/jour
– Patient de plus de 60 ans : 500 à 750 mg/jour en une injection
– Insuffisance rénale sévère : 12 à 15 mg/kg/injection, 2 ou 3 fois par semaine
Les doses quotidiennes tiennent compte du volume de déplacement (voir remarque ci-dessous).
46-50 800 4 ml
Surveillance
– Surveillance clinique, détection précoce d’une ototoxicité (vertiges, bourdonnement d’oreille, perte de
l’audition) en particulier.
Instructions au patient
– Boire suffisamment pour limiter la toxicité rénale.
Remarques
– Conservation : température inférieure à 25°C -
Après reconstitution, la solution se conserve 24 heures maximum, à une température inférieure à 25°C et à
l'abri de la lumière.
Kanamycine (Km)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des aminosides) ; activité bactéricide
Présentation
– Kanamycine sulfate, eq. 1 g base, flacon de poudre pour injection IM
Il existe aussi des ampoules de solution à 1 g base (250 mg/ml, 4 ml), pour injection IM.
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 15 à 30 mg/kg/jour en une injection
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 15 à 20 mg/kg/jour en une injection
– Dose maximale : 1000 mg/jour
– Patient de plus de 60 ans : 10 mg/kg/jour en une injection (max. 750 mg/jour)
– Insuffisance rénale sévère : 12 à 15 mg/kg/injection, 2 ou 3 fois par semaine
Pour la poudre pour injection, les doses quotidiennes tiennent compte du volume de déplacement (voir
la remarque sur le volume de déplacement(see page 0) des poudres pour injection).
12 180-360 1 ml 1,2 ml
13 195-390 1 ml 1,2 ml
14 210-420 1 ml 1,2 ml
15 225-450 1 ml 1,2 ml
16 240-480 1 ml 1,2 ml
25 375-750 2 ml 2,4 ml
26 390-780 2 ml 2,4 ml
27 405-810 2 ml 2,4 ml
28 420-840 2 ml 2,4 ml
29 435-870 2 ml 2,4 ml
Surveillance
– Surveillance clinique, créatinine sérique et électrolytes, tests auditifs avant et pendant le traitement.
Instructions au patient
– Boire suffisamment pour limiter la toxicité rénale.
Remarques
– Ne pas mélanger avec d’autres médicaments dans la même seringue.
– Conservation : température inférieure à 25°C
Après reconstitution, la solution se conserve 24 heures maximum, à une température inférieure à 25°C ; elle
peut prendre une teinte plus foncée au cours du stockage, ceci n’indique pas une perte d’efficacité du
principe actif.
Amikacine (Amk)
• Posologie(see page 189)
• Surveillance(see page 191)
• Instructions au patient(see page 191)
• Remarques(see page 191)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des aminosides) ; activité bactéricide
Présentation
– Amikacine sulfate, eq. 500 mg base, ampoule de 2 ml (250 mg/ml), pour injection IM
– Amikacine sulfate, eq. 500 mg base, flacon de poudre pour injection IM
Il existe aussi des flacons de poudre pour injection à 100 mg et 1 g base.
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 15 à 30 mg/kg/jour en une injection
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 15 à 20 mg/kg en une injection
– Dose maximale : 1000 mg/jour
– Patient de plus de 60 ans : 10 mg/kg/jour en une injection (max. 750 mg/jour)
– Insuffisance rénale sévère : 12 à 15 mg/kg/injection, 2 ou 3 fois par semaine
5 75-150 0,5 ml
6 90-180 0,5 ml
7 105-210 0,5 ml
8 120-240 0,5 ml
9 135-270 0,8 ml
10 150-300 0,8 ml
11 165-330 0,8 ml
12 180-360 1 ml
13 195-390 1 ml
14 210-420 1 ml
15 225-450 1 ml
16 240-480 1 ml
17 255-510 1,5 ml
18 270-540 1,5 ml
19 285-570 1,5 ml
20 300-600 1,5 ml
21 315-630 1,5 ml
22 330-660 1,5 ml
23 345-690 1,5 ml
24 360-720 1,5 ml
25 375-750 2 ml
26 390-780 2 ml
27 405-810 2 ml
28 420-840 2 ml
29 435-870 2 ml
30-33 500 2 ml
41-45 750 3 ml
51-70 1000 4 ml
> 70 1000 4 ml
Surveillance
– Surveillance clinique, créatinine sérique et électrolytes, tests auditifs avant et pendant le traitement.
Instructions au patient
– Boire suffisamment pour limiter la toxicité rénale.
Remarques
– Ne pas mélanger avec d’autres médicaments dans la même seringue.
– Conservation : température inférieure à 25°C -
Après reconstitution, la solution se conserve 24 heures maximum, à une température inférieure à 25°C ; elle
peut prendre une teinte plus foncée au cours du stockage, ceci n’indique pas une perte d’efficacité du
principe actif.
Capréomycine (Cm)
• Action thérapeutique(see page 0)
• Présentation(see page 0)
• Posologie(see page 0)
• Contre-indications, effets indésirables, précautions(see page 0)
• Surveillance(see page 0)
• Instructions au patient(see page 0)
• Remarques(see page 0)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des polypeptides cycliques) ; activité bactéricide
Présentation
– Capréomycine sulfate, eq. 1 g base, flacon de poudre pour injection IM profonde
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 15 à 30 mg/kg/jour en une injection
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 15 à 20 mg/kg/jour en une injection
– Dose maximale : 1000 mg/jour
– Patient de plus de 60 ans : 10 mg/kg/jour en une injection (max. 750 mg/jour)
– Insuffisance rénale sévère : 12 à 15 mg/kg/injection, 2 ou 3 fois par semaine
Les doses quotidiennes tiennent compte du volume de déplacement (voir la remarque sur le volume de
déplacement(see page 0) des poudres pour injection).
5 75-150 0,3 ml
6 90-180 0,3 ml
7 105-210 0,4 ml
8 120-240 0,4 ml
9 135-270 0,5 ml
10 150-300 0,5 ml
11 165-330 0,5 ml
12 180-360 0,6 ml
13 195-390 0,6 ml
14 210-420 0,6 ml
15 225-450 0,8 ml
16 240-480 0,8 ml
17 255-510 0,8 ml
18 270-540 0,8 ml
19 285-570 0,8 ml
20 300-600 1 ml
21 315-630 1 ml
22 330-660 1 ml
23 345-690 1 ml
24 360-720 1 ml
25 375-750 1,3 ml
26 390-780 1,3 ml
27 405-810 1,3 ml
28 420-840 1,3 ml
29 435-870 1,3 ml
46-50 800 2 ml
Surveillance
– Surveillance clinique, créatinine sérique et électrolytes, tests auditifs avant et pendant le traitement.
Instructions au patient
– Boire suffisamment pour limiter la toxicité rénale.
Remarques
– Conservation : température inférieure à 25°C
Après reconstitution, la solution se conserve 24 heures maximum au réfrigérateur (2°C à 8°C) ; elle peut
prendre une teinte jaune pale au cours du stockage, ceci n’indique pas une perte d’efficacité du principe
actif.
Groupe 3
• Lévofloxacine (Lfx)(see page 194)
• Moxifloxacine (Mfx)(see page 196)
• Ofloxacine (Ofx)(see page 199)
Lévofloxacine (Lfx)
• Action thérapeutique(see page 0)
• Présentation(see page 0)
• Posologie(see page 0)
• Contre-indications, effets indésirables, précautions(see page 0)
• Surveillance(see page 0)
• Instructions au patient(see page 0)
• Remarques(see page 0)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des fluoroquinolones) ; activité bactéricide
Présentation
– Comprimés à 250 mg et 500 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg :
• 6 mois-moins de 5 ans : 15 à 20 mg/kg/jour à diviser en 2 prises
• 5 ans et plus : 10 mg/kg/jour en une prise
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 750 à 1000 mg/jour en une prise
– Dose maximale : 1000 mg/jour
– Insuffisance rénale sévère: 750 à 1000 mg/dose, 3 fois par semaine
5 75-100 − −
6 90-120 − −
7 105-140 − −
8 120-160 − −
9 135-180 − −
10 150-200 − −
11 165-220 − ½ cp x 2
12 180-240 − ½ cp x 2
13 195-260 − ½ cp x 2
14 210-280 − ½ cp x 2
15 225-300 − ½ cp x 2
16 240-320 − ½ cp x 2
17 255-340 − ½ cp x 2
18 270-360 − ½ cp x 2
19 285-380 − ½ cp x 2
20 200 − 1 cp
21 210 − 1 cp
22 220 − 1 cp
23 230 − 1 cp
24 240 − 1 cp
25 250 − 1 cp
26 260 − 1 cp
27 270 − 1 cp
28 280 − 1 cp
29 290 − 1 cp
30-35 750 − 3 cp
36-45 750 − 3 cp
46-55 1000 2 cp −
56-70 1000 2 cp −
> 70 1000 2 cp −
Surveillance
– Surveillance clinique.
Instructions au patient
– Peut être pris avec des aliments mais pas avec des produits laitiers ou anti-acides ou multivitamines :
attendre 2 heures.
– Boire suffisamment.
– Protéger la peau du soleil.
Remarques
– Il existe une suspension orale (25 mg/ml) contre-indiquée chez l’enfant de moins de 3 ans en raison de
sa forte concentration en alcool benzylique. Il n’existe pas de données sur l’innocuité de cette
suspension lors d’un traitement de longue durée.
– Conservation : température inférieure à 25°C - -
Moxifloxacine (Mfx)
• Posologie(see page 197)
• Surveillance(see page 198)
• Instructions au patient(see page 198)
• Remarques(see page 198)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des fluoroquinolones) ; activité bactéricide
Présentation
– Comprimé à 400 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 7,5 à 10 mg/kg/jour en une prise
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 400 mg/jour en une prise
– Dose maximale : 400 mg/jour
5 37,5-50 −
6 45-60 −
7 52,5-70 −
8 60-80 −
9 67,5-90 −
10 75-100 ¼ cp
11 82,5-110 ¼ cp
12 90-120 ¼ cp
13 97,5-130 ¼ cp
14 105-140 ¼ cp
15 112,5-150 ¼ cp
16 120-160 ¼ cp
17 127,5-170 ¼ cp
18 135-180 ½ cp
19 142,5-190 ½ cp
20 150-200 ½ cp
21 157,5-210 ½ cp
22 165-220 ½ cp
23 172,5-230 ½ cp
24 180-240 ½ cp
25 187,5-250 ½ cp
26 195-260 ½ cp
27 202,5-270 ½ cp
28 210-280 ½ cp
29 217,5-290 ½ cp
30-35 400 1 cp
36-45 400 1 cp
46-55 400 1 cp
56-70 400 1 cp
> 70 400 1 cp
Surveillance
– Surveillance clinique.
Instructions au patient
– Peut être pris avec des aliments mais pas avec des produits laitiers ou anti-acides ou multivitamines :
attendre 2 heures.
– Boire suffisant.
– Protéger la peau du soleil.
Remarques
– La moxifloxacine est plus souvent responsable d’allongement de l’intervalle QT que la lévofloxacine ou
l’ofloxacine
– Conservation : température inférieure à 25°C -
Ofloxacine (Ofx)
• Posologie(see page 199)
• Surveillance(see page 201)
• Instructions au patient(see page 201)
• Remarques(see page 201)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des fluoroquinolones) ; activité bactéricide
Présentation
– Comprimés à 200 mg et 400 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 15 à 20 mg/kg/jour à diviser en 2 prises
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 800 mg/jour à diviser en 2 prises
– Dose maximale : 800 mg/jour
– Insuffisance rénale sévère : 600 à 800 mg/dose, 3 fois par semaine
5 75-100 − −
6 90-120 − −
7 105-140 − −
8 120-160 − −
9 135-180 − −
10 150-200 − ½ cp x 2
11 165-220 − ½ cp x 2
12 180-240 − ½ cp x 2
13 195-260 − ½ cp x 2
14 210-280 − ½ cp x 2
20 300-400 − 1 cp x 2
21 315-420 − 1 cp x 2
22 330-440 − 1 cp x 2
23 345-460 − 1 cp x 2
24 360-480 − 1 cp x 2
25 375-500 − 1 cp x 2
26 390-520 − 1 cp x 2
27 405-540 − 1 cp x 2
28 420-560 − 1 cp x 2
29 435-580 − 1 cp x 2
30-35 800 1 cp x 2 −
36-45 800 1 cp x 2 −
46-55 800 1 cp x 2 −
56-70 800 1 cp x 2 −
> 70 800 1 cp x 2 −
Surveillance
– Surveillance clinique.
Instructions au patient
– Peut être pris avec des aliments mais pas avec des produits laitiers ou anti-acides ou multivitamines :
attendre 2 heures.
– Boire suffisamment.
– Protéger la peau du soleil.
Remarques
– Conservation : température inférieure à 25°C
Groupe 4
• Ethionamide (Eto) et Prothionamide (Pto)(see page 201)
• Cyclosérine (Cs)(see page 203)
• Acide para-aminosalicylique (PAS) et sel de sodium du PAS(see page 206)
Action thérapeutique
– Antibactériens (groupe des thioamides) ; activité bactéricide et bactériostatique
Présentation
– Comprimé à 250 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 15 à 20 mg/kg/jour à diviser en 2 prises ou à prendre en une prise selon la
tolérance
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 500 à 750 mg/jour à diviser en 2 prises ou à prendre en une prise
selon la tolérance
– Dose maximale : 1000 mg/jour
– Insuffisance rénale sévère : 250 à 500 mg/jour
5 75-100 −
6 90-120 −
7 105-140 ½ cp
8 120-160 ½ cp
9 135-180 ½ cp
10 150-200 ½ cp
11 165-220 1 cp
12 180-240 1 cp
13 195-260 1 cp
14 210-280 1 cp
15 225-300 1 cp
16 240-320 1 cp
17 255-340 1 cp
18 270-360 1 cp
19 285-380 1½ cp
20 300-400 1½ cp
21 315-420 1½ cp
22 330-440 1½ cp
23 345-460 1½ cp
24 360-480 1½ cp
25 375-500 2 cp
26 390-520 2 cp
27 405-540 2 cp
28 420-560 2 cp
29 435-580 2 cp
30-35 500 2 cp
36-45 500 2 cp
46-55 750 3 cp
56-70 750 3 cp
> 70 1000 4 cp
Surveillance
– Surveillance clinique, tests de la fonction hépatique et thyroïdienne.
Instructions au patient
– Prendre avec des aliments ou au coucher pour limiter les troubles digestifs.
– Eviter l’alcool pendant le traitement.
Remarques
– Pour améliorer la tolérance, débuter par une dose faible (250 mg/jour) puis augmenter sur 1 ou 2
semaines pour atteindre la dose requise.
– L’éthionamide et le prothionamide sont utilisés à la même dose pour les mêmes indications.
– Conservation : température inférieure à 25°C -
Cyclosérine (Cs)
• Action thérapeutique(see page 0)
• Présentation(see page 0)
• Posologie(see page 0)
• Contre-indications, effets indésirables, précautions(see page 0)
• Surveillance(see page 0)
• Instructions au patient(see page 0)
• Remarques(see page 0)
Action thérapeutique
– Antibactérien ; activité bactéricide
Présentation
– Capsule à 250 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 10 à 20 mg/kg/jour à diviser en 2 prises ou à prendre en une prise selon la
tolérance et la formulation disponible
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 500 à 750 mg/jour à diviser en 2 prises ; certains patients tolèrent une
prise par jour
– Dose maximale : 1000 mg/jour
– Insuffisance rénale sévère : 250 mg/jour en une prise ou 500 mg/dose, 3 fois par semaine
5 50-100 −
6 60-120 −
7 70-140 −
8 80-160 −
9 90-180 −
10 100-200 −
11 110-220 −
12 120-240 −
13 130-260 1 caps
14 140-280 1 caps
15 150-300 1 caps
16 160-320 1 caps
17 170-340 1 caps
18 180-360 1 caps
19 190-380 1 caps
20 200-400 1 caps
21 210-420 1 caps
22 220-440 1 caps
23 230-460 1 caps
24 240-480 1 caps
25 250-500 1 caps
26 260-520 1 caps x 2
27 270-540 1 caps x 2
28 280-560 1 caps x 2
29 290-580 1 caps x 2
Surveillance
– Surveillance clinique, détection précoce d’une dépression ou d’un changement de comportement, en
particulier.
Instructions au patient
– Prendre les capsules avec de l’eau avant ou après les repas.
– Eviter l’alcool pendant le traitement.
Remarques
– Pour améliorer la tolérance, débuter par une dose faible (250 mg/jour) puis augmenter sur 1 ou 2
semaines pour atteindre la dose requise.
– Conservation : température inférieure à 25°C -
Action thérapeutique
– Antibactérien ; activité bactériostatique
Présentation
– Acide para-aminosalicylique (PAS) : granulés gastro-résistants, sachet de 4 g (PASER® Jacobus)
– Sodium para-aminosalicylate (sel de sodium du PAS ou PAS-sodium) :
• Poudre pour solution orale, sachet de 5,52 g (PAS-Na® Olainfarm)
• Granulés gastro-résistants à 60% w/w, sachet de 9,2 g ou pot de 100 g (MONOPAS® Macleods)
Un sachet de 4 g de PAS (PASER® Jacobus) = un sachet de 5,52 g de PAS-sodium (PAS-Na® Olainfarm) = un
sachet de 9,2 g de PAS-sodium 60 % w/w (MONOPAS® Macleods).
Surveillance
– Surveillance clinique, tests de la fonction hépatique et thyroïdienne.
Instructions au patient
– Prendre les granulés mélangés à un jus de fruit acide (pomme ou orange).
– Ne pas mâcher les granulés.
– Ne pas utiliser si le sachet est gonflé ou si les granulés sont marron foncé ou pourpre.
– Les coques des granulés peuvent être retrouvées dans les selles.
Remarques
– Pour améliorer la tolérance, débuter par une dose faible (4 g/jour à diviser en 2 prises) puis augmenter
sur 1 ou 2 semaines pour atteindre la dose requise.
– Le PAS et le PAS-sodium existent en différents dosages et proportions. Les posologies étant exprimées
en PAS, vérifier la teneur en PAS dans le produit utilisé : 1 g de PAS = 1,38 g de PAS-sodium ([Link]. un
sachet de 9,2 g de MONOPAS® 60% w/w contient 600 mg of PASsodium soit environ 435 mg de PAS pour 1
g de granules).
– Conservation :
• PAS : température inférieure à 15°C ; peut être conservé à 40°C 8 semaines maximum ;
• PAS-sodium : température inférieure à 25°C - -
Groupe 5
• Clofazimine (Cfz)(see page 208)
• Linézolide (Lzd)(see page 210)
• Amoxicilline/Acide clavulanique (Amx/Clv)(see page 213)
Clofazimine (Cfz)
• Posologie(see page 208)
• Surveillance(see page 210)
• Instructions au patient(see page 210)
• Remarques(see page 210)
Action thérapeutique
– Antibactérien ; activité in vitro (pas de preuve d’activité in vivo)
Présentation
– Capsules molles à 50 mg et 100 mg
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 2 à 3 mg/kg/jour
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 200 à 300 mg/jour pendant 2 mois puis 100 mg/jour
La dose journalière est à administrer en 2 prises ou en une prise, selon la tolérance et la formulation
disponible.
5 10-15 − −
6 12-18 − −
7 14-21 − −
8 16-24 − −
9 18-27 − −
10 20-30 − −
11 22-33 − −
12 24-36 − −
13 26-39 − −
14 28-42 − −
15 30-45 − −
16 32-48 − 1 caps
17 34-51 − 1 caps
18 36-54 − 1 caps
19 38-57 − 1 caps
20 40-60 − 1 caps
21 42-63 − 1 caps
22 44-66 − 1 caps
23 46-69 − 1 caps
24 48-72 − 1 caps
25 50-75 − 1 caps
26 52-78 − 1 caps
27 54-81 − 1 caps
28 56-84 − 1 caps
29 58-87 − 1 caps
30-35 −
2 premiers mois :
36-45 2 premiers mois : 1 caps x 2 −
200 à 300 mg ou
46-55 puis 2 caps (matin) + 1 caps (soir) −
100 mg puis
56-70 1 caps −
> 70 −
Surveillance
– Surveillance clinique.
Instructions au patient
– Prendre avec des aliments pour améliorer la tolérance digestive.
– Protéger la peau du soleil.
– Peut provoquer une coloration réversible de la peau, des conjonctives, selles, urines, larmes, crachats,
de la sueur, de la salive, du lait maternel, etc. Le retour à la normal peut prendre plusieurs mois ou
années.
Remarques
– Conservation : température inférieure à 25°C -
Linézolide (Lzd)
• Action thérapeutique(see page 0)
• Présentation(see page 0)
• Posologie(see page 0)
• Contre-indications, effets indésirables, précautions(see page 0)
• Surveillance(see page 0)
• Instructions au patient(see page 0)
• Remarques(see page 0)
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des oxazolidinones) ; activité bactéricide
Présentation
– Comprimé à 600 mg
Il existe aussi des comprimés à 400 mg et une poudre pour suspension orale à 100 mg/5 ml.
Posologie
– Enfant de moins de 30 kg : 30 mg/kg/jour à diviser en 3 prises
– Enfant de plus de 30 kg et adulte : 600 mg/jour en une prise
– Dose maximale : 600 mg/jour
5 150 − 2,5 ml x 3
6 180 − 3 ml x 3
7 210 − 3,5 ml x 3
8 240 − 4 ml x 3
9 270 − 4,5 ml x 3
10 300 − 5 ml x 3
11 330 − 5,5 ml x 3
12 360 − 6 ml x 3
13 390 − 6,5 ml x 3
14 420 − 7 ml x 3
15 450 − 7,5 ml x 3
16 480 − 8 ml x 3
17 510 − 8,5 ml x 3
18 540 − 9 ml x 3
19 570 − 9,5 ml x 3
20 600 − 10 ml x 3
21 600 − 10 ml x 3
22 600 − 10 ml x 3
23 600 − 10 ml x 3
24 600 − 10 ml x 3
25 600 − 10 ml x 3
26 600 − 10 ml x 3
27 600 − 10 ml x 3
28 600 − 10 ml x 3
29 600 − 10 ml x 3
30-35 600 1 cp −
36-45 600 1 cp −
46-55 600 1 cp −
56-70 600 1 cp −
> 70 600 1 cp −
Surveillance
– Surveillance clinique, acuité visuelle et vision des couleurs avant et pendant le traitement ;
numération-formule sanguine hebdomadaire (premier mois) puis mensuelle et à la demande selon les
symptômes.
Instructions au patient
– Prendre avec ou sans aliments.
Remarques
– Conservation : pas de précautions particulières pour la température
Action thérapeutique
– Antibactérien (groupe des pénicillines) ; activité bactéricide possible
Présentation
– Comprimé à 875 mg d’amoxicilline/125 mg d’acide clavulanique (proportion 7/1)
– Poudre pour susp. orale à 400 mg d’amoxicilline/57 mg d’acide clavulanique/5 ml (proportion 7/1)
– Comprimé à 500 mg d’amoxicilline/62,5 mg d’acide clavulanique (proportion 8/1)
– Poudre pour susp. orale à 500 mg d’amoxicilline/62,5 mg d’acide clavulanique/5 ml (proportion 8/1)
5 400 − 2,5 ml x 2
6 480 − 3 ml x 2
7 560 − 3,5 ml x 2
8 640 − 4 ml x 2
9 720 − 4,5 ml x 2
10 800 − 5 ml x 2
11 880 − 5,5 ml x 2
12 960 − 6 ml x 2
13 1040 − 6,5 ml x 2
14 1120 − 7 ml x 2
15 1200 − 7,5 ml x 2
16 1280 − 8 ml x 2
17 1360 − 8,5 ml x 2
18 1440 − 9 ml x 2
19 1520 − 9,5 ml x 2
20 1600 − 10 ml x 2
21 1680 1 cp x 2 −
22 1760 1 cp x 2 −
23 1840 1 cp x 2 −
24 1920 1 cp x 2 −
25 2000 1 cp x 2 −
Surveillance
– Surveillance clinique.
Instructions au patient
– Prendre avec des aliments.
Remarques
– La proportion d’amoxicilline/acide clavulanique varie selon les fabricants (2/1, 4/1, 6/1, 8/1, 7/1, 14/1,
16/1). La dose journalière et le schéma d’administration peuvent varier selon la formulation utilisée.
– Conservation : température inférieure à 25°C -
Poudre pour suspension orale : entre 15°C et 25°C -
Après reconstitution, la suspension orale se conserve 7 jours maximum au réfrigérateur (2°C et 8°C).
Instructions au patient
• Patients sous traitement de première ligne(see page 215)
• Patients traités pour une tuberculose pharmacorésistante(see page 215)
Abdomen (douleurs)
Responsables présumés : Eto/Pto, Cfz, Lzd
Les douleurs abdominales sont le plus souvent dues à une gastrite(see page 219). Toutefois, elles peuvent
être le premier signe d'effets indésirables graves comme l'hépatite(see page 219), la pancréatite ou
l'acidose lactique(see page 221), en particulier lorsque le Lzd est utilisé. Les dosages de l’amylase (et si
possible de la lipase) et des lactates sanguins doivent être disponibles dans les programmes utilisant des
antituberculeux de deuxième ligne, en particulier s’ils sont donnés en association avec des ARV.
La Cfz peut provoquer un dépôt de cristaux associé à des douleurs abdominales sévères (présentation
d’abdomen aigu) et doit être arrêtée chez les patients présentant un abdomen douloureux.
Alopécie
Responsables présumés : H, Eto/Pto
H ou Eto/Pto peuvent provoquer une perte transitoire de cheveux dans les premiers mois de traitement
mais aucune alopécie grave n’a été signalée.
Arthralgies
Responsables présumés : Z, FQ, Bdq
Les arthralgies diminuent en général avec le temps. L’acide urique sérique peut être élevé, sans grande
répercussion clinique. Il n’est pas démontré qu’un traitement de l‘hyperuricémie soit utile chez ces
patients.
Traiter en première intention avec un anti-inflammatoire, [Link]., ibuprofène PO : 400 à 800 mg 3 fois/jour.
Le paracétamol PO : 500 à 1000 mg 2 à 3 fois/jour peut être utile s’il est administré avec un anti-
inflammatoire.
Si les symptômes persistent, réduire la dose du médicament présumé responsable (le plus souvent Z) à
condition que cela ne compromette pas l'efficacité du traitement.
La toxicité auditive se manifeste par une perte de l'audition et/ou des acouphènes. Elle touche
principalement les patients recevant de fortes doses cumulées d’un aminoside ou de Cm.
Le risque d’ototoxicité est plus élevé en cas d’utilisation concomitante de diurétiques de l'anse
(furosémide), notamment chez l’insuffisant rénal, et chez les patients souffrant d’une perte de l'audition
préexistante.
La perte auditive est en général irréversible, malgré l'arrêt du traitement. Un test audiométrique initial
et/ou des tests de contrôle doivent être réalisés en cours de traitement pour détecter rapidement une
perte de l’audition. Chez un patient sous aminoside, changer pour Cm trois fois par semaine. En
l’absence d’amélioration, envisager le remplacement du médicament responsable par un
antituberculeux oral du Groupe 4 et la Bdq. S’il n’est pas possible de le remplacer, envisager une
réduction de dose ou l'arrêt du médicament responsable, si cela ne compromet pas significativement
l'efficacité du traitement. Si la progression des lésions auditives peut être interrompue par l’arrêt du
traitement injectable, la poursuite du traitement injectable malgré la perte auditive entraîne presque
toujours une surdité définitive.
Dépression
Responsables présumés : Cs, FQ, Eto/Pto
Éviter les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et les antidépresseurs tricycliques chez les patients
sous Lzd (risque de syndrome sérotoninergique).
Toujours donner de la pyridoxine aux patients recevant de la Cs (50 mg de pyridoxine pour 250 mg de Cs).
Envisager une réduction de dose ou l'arrêt d'un médicament suspecté, à condition que cela ne
compromette pas l'efficacité du traitement.
Diarrhée
Responsables présumés : PAS, FQ, Eto/Pto, Amx/Clv, Ipm/Cln
Une diarrhée, accompagnée de flatulences et de crampes abdominales, peut être une gêne importante
pour le patient mais conduit très rarement à l'arrêt d’un médicament.
Le PAS provoque souvent une diarrhée en début de traitement. Informer le patient que les symptômes
disparaîtront ou s’amélioreront nettement au bout de quelques semaines.
Pour une diarrhée non sanglante et sans fièvre, le lopéramide PO (4 mg puis de 2 mg après chaque selle
liquide jusqu'à de 10 mg/jour maximum) peut être utilisé de façon intermittente, en particulier lorsque le
patient a besoin de participer à des activités sociales ou professionnelles, mais pas quotidiennement.
Encourager les patients à tolérer un certain degré de diarrhée et flatulences. Eviter une déshydratation
(encourager le patient à boire) ou traiter une déshydratation si présente.
En cas de diarrhée sévère, surtout si elle s'accompagne de sang dans les selles, douleurs abdominales ou
fièvre > 38,5ÆC, envisager d'autres causes telles que l'entérite bactérienne aiguë ou une colite pseudo-
membraneuse (C. difficile) liée aux FQ. Ne pas utiliser le lopéramide en cas de diarrhée sanglante ou
accompagnée de fièvre.
Electrolytiques (troubles)
Responsables présumés : Cm, aminosides
Les troubles électrolytiques sont beaucoup plus fréquents avec la Cm mais peuvent survenir avec tous
les injectables. Envisager de remplacer la Cm par un aminoside si possible. Les troubles électrolytiques
sont habituellement réversibles à l'arrêt du traitement.
Autres causes possibles de pertes électrolytiques (vomissements et diarrhée pour les plus courantes)
doivent être traitées si présentes.
Contrôler les électrolytes sériques avant le traitement puis régulièrement, comme décrit dans le Chapitre
10.
En cas d’hypokaliémie légère à modérée (2,5-3,4 mmol/litre), supplémenter en potassium : chlorure de
potassium PO : 10 à 20 mmol 2 à 4 fois/jour (20 à 80 mmol/jour), en fonction de la gravité de
l'hypokaliémie. Une surveillance de la kaliémie est essentielle pour évaluer la réponse.
Chez tous les patients en hypokaliémie, supplémenter en magnésium par voie orale de manière
empirique si le niveau de magnésium plasmatique ne peut être mesuré. Une hypomagnésémie non
traitée peut entraîner un syndrome de «résistance» à la correction de l'hypokaliémie. Le magnésium doit
être pris au moins 2 heures avant, ou 4 à 6 heures après, la FQ.
En cas d’hypokaliémie sévère ([Link]. faiblesse musculaire marquée, arythmie cardiaque) ou si la kaliémie
est < 2,5 mmol/litre, administrer en urgence du potassium par voie IV.
Infections fongiques
Responsables présumés : FQ
Une candidose vaginale, du pénis, de la peau, des plis ou orale est possible, en particulier chez les
patients sous FQ.
Un traitement antifongique local ou oral de courte durée est en général efficace.
Gastrite
Responsables présumés : PAS, Eto/Pto, FQ, H, E, Z
La gastrite se manifeste par des brûlures épigastriques, un goût amer dans la bouche, des douleurs
abdominales avant les repas ou soulagées par la prise de nourriture.
L’hématémèse (vomissement de sang) et le méléna (selles noires) sont des symptômes d'ulcère
gastrique hémorragique nécessitant une intervention urgente.
Pour la gastrite, la dyspepsie, les éructations, l'hyperacidité et les douleurs épigastriques :
oméprazole PO : 10 à 20 mg/jour en une prise. La dose peut être augmentée à 20 mg 2 fois par jour.
Pour la dyspepsie liée à l'hyperacidité: les antihistaminiques H2 comme la ranitidine peuvent être une
alternative.
Les anti-acides ne doivent pas être administrés en même temps que les FQ (risque de diminution de
l’absorption des FQ).
Gynécomastie
Responsables présumés : Eto/Pto
L’Eto/Pto peuvent provoquer une hypertrophie mammaire qui peut être gênante, en particulier chez les
hommes. Des galactorrhées ont également été rapportées. Encourager les patients à tolérer cet effet
indésirable. Les symptômes disparaissent à l’arrêt du traitement.
Hématologiques (troubles)
Responsables présumés : Lzd, R, Rfb, tous les anti-TB
Hépatite
Responsables présumés : Z, H, R, Eto/Pto, PAS
Les symptômes sont : nausées, vomissements, ictère (y compris scléral), urines foncées, selles claires,
perte de l’appétit.
Les diagnostics différentiels peuvent être : infection ([Link]., hépatite A, B, C, D, E ; cytomégalovirus,
leptospirose, mononucléose infectieuse, fièvre jaune ; rubéole) ; hépatite alcoolique ; hépatite due à un
autre médicament ([Link]., antiépileptiques, paracétamol, sulfamides, érythromycine).
Surveiller la fonction hépatique comme indiqué dans le Chapitre 10. Une élévation des transaminases,
légère et transitoire, est possible dans les premiers mois de la thérapie. Toutefois, une hépatite
significative est en général symptomatique et est confirmée par une élévation importante des
transaminases.
Hypothyroïdie
Responsables présumés : Eto/Pto, PAS
Les symptômes de l'hypothyroïdie sont : fatigue, somnolence, intolérance au froid, sècheresse cutanée,
cheveux secs et cassants et constipation ; dépression et psychose sont possibles mais rares.
L’examen clinique peut montrer une augmentation du volume de la thyroïde et une diminution des
réflexes ostéotendineux.
En cas d’hypothyroïdie, le diagnostic est confirmé par un dosage de la thyréostimuline (TSH) supérieur à
10,0 UI/ml.
L’Eto/Pto et le PAS interfèrent avec la synthèse des hormones thyroïdiennes. Le risque d'hypothyroïdie
est accru lorsqu’ils sont associés. En cas d’hypothyroïdie, le traitement antituberculeux peut être
poursuivi chez la plupart des patients, associé à un traitement par une hormone thyroïdienne de
substitution.
Une dose de lévothyroxine de 100 à 150 microgrammes/jour est habituellement nécessaire chez
l’adulte. Ajuster la dose de la façon suivante :
– Commencer par :
• 75 à 100 microgrammes/jour chez les jeunes adultes ;
• 50 microgrammes/jour chez les patients plus âgés ;
• 25 microgrammes/jour chez les patients souffrant d’une maladie cardiovasculaire significative.
– Faire un dosage de la TSH tous les mois ou tous les 2 mois et augmenter la dose de 12,5 à 25
microgrammes jusqu’à ce que la TSH se normalise au dessous de 5,00 UI/ml. Ajuster plus
progressivement la dose chez les patients âgés ou en cas de maladie cardiovasculaire.
Les troubles de la fonction thyroïdienne sont réversibles après l’arrêt du traitement antituberculeux. Le
traitement par une hormone thyroïdienne de substitution peut durer plusieurs mois après la fin du
traitement antituberculeux.
Acidose lactique
Responsable présumé : Lzd
L'acidose lactique est une accumulation potentiellement mortelle d'acide lactique dans l’organisme qui
peut être provoquée par la toxicité mitochondriale de certains médicaments. Les signes et symptômes
sont des nausées/vomissements, des douleurs abdominales et une augmentation de la fréquence
respiratoire. L’acidose peut être détectée par le dosage des lactates et du pH sanguin. Elle peut survenir
en cas d’utilisation prolongée de Lzd. Dans ce cas, arrêter le Lzd.
L'acidose lactique peut être également provoquée par les ARV.
Goût métallique
Responsables présumés : Eto/Pto, FQ
Encourager le patient à tolérer cet effet indésirable. Le goût redevient normal à l’arrêt du traitement.
Nausées/vomissements
Responsables présumés : Eto/Pto, PAS, Z, Amx/Clv, Cfz, Lzd, Ipm/Cln, Bdq
Les nausées et vomissements sont fréquents, en particulier pendant les premières semaines de
traitement.
L’Eto/Pto et le PAS peuvent être administrés en augmentant progressivement la dose sur 1 à 2 semaines
pour éviter les nausées et vomissements.
Les antiémétiques sont largement utilisés, à la demande ou de manière systématique (30 minutes avant
la prise des médicaments). Les antihistaminiques H2 (ranitidine) ou les inhibiteurs de la pompe à protons
(oméprazole) peuvent également soulager le patient.
En cas de vomissements importants (surtout s’ils sont accompagnés de diarrhée), l'état d'hydratation
doit être évalué et la déshydratation corrigée si nécessaire.
L’arrêt temporaire ou une réduction de la dose du médicament suspecté est rarement justifié, sauf en cas
de vomissements réfractaires au traitement.
Pour déterminer quel médicament est à l'origine des nausées/vomissement, arrêter le médicament
suspect pendant 2 ou 3 jours. Le réintroduire ensuite en augmentant progressivement la dose (informer
le patient que la dose sera augmentée jusqu’à la dose thérapeutique afin d’améliorer la tolérance).
Arrêter d’abord Eto/Pto ou PAS qui sont les médicaments les plus souvent responsables de nausées et
vomissements.
Etapes pour la prise en charge des nausées et vomissements :
Toujours vérifier la présence de signes de danger :
– Signes de déshydratation (soif, sécheresse de la bouche, yeux enfoncés, pression artérielle basse)
– Electrolytes sanguins si vomissements
– Signes d'hépatite (ictère, douleurs abdominales dans le cadran droit)
– A l’interrogatoire, rechercher une hématémèse et/ou un méléna (exclure un ulcère hémorragique).
Pour tous les patients, les nausées/vomissements doivent être traités énergiquement, avec une
approche en trois phases :
– Première phase - Modifier l'administration du médicament sans diminuer les doses :
• Administrer les médicaments provoquant des nausées au coucher.
• Administrer le PAS une heure après la prise des autres médicaments antituberculeux.
• Si le patient reçoit le PAS une fois par jour, le donner en 2 doses fractionnées (le DOT doit être fait pour
les 2 doses).
• Encourager le patient : les nausées/vomissements s’améliorent souvent au cours des premières
semaines et peuvent entièrement disparaître avec le temps.
– Deuxième phase - Administrer des antiémétiques :
• Commencer avec du métoclopramide PO : 10 mg, 30 minutes avant les antituberculeux, ne pas
dépasser 15 mg 2 fois/jour. Ne pas utiliser le métoclopramide en cas d’apparition de troubles
neurologiques.
• Si les symptômes persistent, poursuivre le métoclopramide associé à l’ondansétron ou à la
prométhazine :
ondansétron PO : 8 mg 2 fois/jour (30 minutes avant les antituberculeux). L'ondansétron peut
augmenter l'intervalle QT. Il est recommandé d'éviter ce médicament chez les patients traités par des
médicaments prolongeant significativement l'intervalle QT.
Si l'ondansétron n'est pas disponible, prométhazine PO : 25 mg 30 minutes avant les antituberculeux. Si
nécessaire, la dose de prométhazine peut être augmentée à 50 mg 3 fois/jour.
– Troisième phase - Réduire la dose ou arrêter temporairement le(s) médicament(s) reponsables :
• Si le patient est sous Eto/Pto, réduire la dose d'une classe de poids. Par exemple, si le patient reçoit
1000 mg/jour, réduire à 750 mg ; s’il reçoit 750 mg/jour, réduire à 500 mg. Éviter de donner à un adulte de
plus de 33 kg moins de 500 mg/jour d’Eto/Pto.
• Si le patient est sous Cfz, réduire à 100 mg/jour.
• Si c’est absolument nécessaire, arrêter tous les antituberculeux jusqu'à la disparition des symptômes.
Remarques :
– L'ondansétron est un antagoniste de la sérotonine 5-HT3 ayant des propriétés antiémétiques
puissantes. Il existe d'autres antiémétiques dans cette classe et le patient peut parfois mieux répondre à
l'un ou à l’autre.
– L'oméprazole diminue la production d'acide gastrique. Il est utile dans le traitement des nausées (20
mg au coucher, ou si insuffisant, 20 mg deux fois/jour pendant 1 à 2 mois ou plus si nécessaire).
– A toutes les phases, si les nausées entraînent une anxiété excessive, envisager l'ajout d’une
benzodiazépine de courte durée d'action ([Link]. diazépam PO, 5 mg) 30 minutes avant les
antituberculeux. Ceci peut soulager les “nausées d'anticipation”. Arrêter le diazépam dès que la situation
s’améliore. Le traitement doit être court car les benzodiazépines entraînent une tolérance et une
dépendance. Ne pas donner de diazépam pendant plus de 2 semaines.
Néphrotoxicité
Responsables présumés : aminosides, Cm
La néphrotoxicité est diagnostiquée par une augmentation de la créatininémie par rapport à son taux de
base. Dans sa forme initiale, elle est en général asymptomatique, il est donc essentiel de surveiller la
créatininémie pendant la période où le patient reçoit le médicament injectable.
Les patients symptomatiques peuvent présenter les signes suivants : diminution de la diurèse, signes de
surcharge hydrique (oedème, anasarque ou essoufflement), symptômes urémiques tels qu’une
altération de l'état mental (confusion, somnolence).
Des pathologies préexistantes comme le diabète ou l'insuffisance rénale chronique ne sont pas une
contre-indication au traitement par les médicaments injectables, même si une plus grande prudence est
recommandée dans ces circonstances. L’insuffisance rénale peut être permanente.
En cas d’insuffisance rénale :
– Arrêtez le médicament néphrotoxique.
– Éliminer les autres causes d'insuffisance rénale ([Link]. diabète, déshydratation, autres médicaments,
insuffisance cardiaque congestive, obstruction ou infection des voies urinaires, hypertrophie de la
prostate).
– Contrôler la créatininémie et les électrolytes toutes les 1 à 2 semaines jusqu'à stabilisation de la
fonction rénale.
– Si la fonction rénale s'améliore ou se stabilise, reprendre le médicament injectable. Si le patient
recevait un aminoside, le remplacer par la Cm. Administrer l’injectable 3 fois par semaine.
Le risque de néphrotoxicité peut être limité en encourageant le patient à boire et en évitant l’association
avec d’autres médicaments néphrotoxiques chez les patients recevant un traitement injectable.
De plus, la posologie des antituberculeux doit être ajustée en fonction de la clairance de la créatinine
chez tous les patients présentant une insuffisance rénale. Pour les posologies chez l’insuffisant rénal, se
référer à l'Annexe 12(see page 230).
Névrite optique
Responsables présumés : E, et rarement Eto/Pto, Lzd
Cet effet indésirable rare est en général dû à E et réversible après l'arrêt du médicament. Une perte de
distinction des couleurs verte et rouge est souvent le premier signe.
Arrêter de façon permanente le médicament responsable.
Neuropathies périphériques
Responsables présumés : Cs, Lzd, H, rarement Eto/Pto, aminosides, Cm, E, FQ
Les neuropathies périphériques comprennent toutes les atteintes des nerfs périphériques c.-à-d. les
nerfs situés en dehors du système nerveux central. De nombreux antituberculeux peuvent provoquer des
neuropathies périphériques, mais en particulier Cs, Lzd et H.
Les neuropathies périphériques dues au Lzd sont très douloureuses et parfois irréversibles.
Pour la prophylaxie des neuropathies périphériques, administrer pyridoxine PO :
– 50 mg/jour pour chaque 250 mg de Cs que le patient reçoit ;
– 50 mg/jour chez tous les patients sous Lzd ;
– 10 mg/jour chez les patients à risque de neuropathies périphériques sous H.
En plus de cette prophylaxie, corriger un éventuel déficit vitaminique chez les patients dénutris.
Les neuropathies touchent principalement les membres inférieurs. Les symptômes sont : troubles
sensitifs ([Link]., engourdissements, picotements, sensation de brûlure, douleur, perte de la sensation du
chaud/du froid), difficultés à marcher, faiblesse, diminution ou abolition des reflexes tendineux. Parfois,
les troubles sensitifs peuvent toucher les membres supérieurs.
En cas de neuropathies périphériques :
– Si le patient est sous Lzd, arrêter immédiatement le Lzd et ne pas le réintroduire.
– Si le patient reçoit de la Km mais est sensible à la Cm, changer Km pour Cm.
– Prendre en charge les autres éventuels co-facteurs (diabète ou malnutrition).
– Administrer de la pyridoxine PO : 100 à 200 mg/jour chez l’adulte jusqu’à la disparition des symptômes.
– Les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou le paracétamol peuvent soulager les patients.
– La kinésithérapie peut être utile.
Photosensibilité
Responsables présumés : Cfz, FQ
Recommander au patient de ne pas s’exposer au soleil, de porter des vêtements protecteurs (manches
longues) et d’utiliser des crèmes solaires.
Psychose
Responsables présumés : Cs, FQ, H
La psychose se manifeste par des hallucinations visuelles ou auditives, des délires, une paranoïa et des
troubles du comportement. Les soignants doivent se familiariser avec ces symptômes afin d’en faire le
diagnostic précoce. Un antécédent de psychose n'est pas une contre-indication à l'utilisation des
médicaments ci-dessus, même si des symptômes psychiatriques sont plus susceptibles d’apparaître
dans ces circonstances. Certains patients peuvent avoir besoin de médicaments antipsychotiques
pendant toute la durée du traitement antituberculeux. Les effets indésirables sont généralement
réversibles à l'arrêt du traitement.
La Cs est le médicament le plus fréquemment associée à la psychose mais des symptômes psychotiques
peuvent survenir avec l’H, les FQ et l’Eto/Pto.
En cas de psychose aiguë :
– Si le patient est dangereux pour lui même ou pour les autres : hospitaliser en urgence.
– Arrêter la Cs.
– Traiter la psychose aiguë.
La Cs peut être reprise dès la fin de l’épisode psychotique, en général en réduisant la dose. Certains
patients ne tolèrent pas la reprise de la Cs, il faut alors envisager l'utilisation d'un autre médicament. Une
fois que tous les symptômes ont disparu, le traitement antipsychotique peut être diminué la plupart de
temps.
Certains patients peuvent avoir besoin d’un traitement antipsychotique tant que dure le traitement par
la Cs si celle-ci est poursuivie. Chez ces patients, le traitement antipsychotique peut en général être
arrêté progressivement (ne pas l’arrêter brutalement) dès la fin du traitement antituberculeux.
En cas de psychose chez un patient sous Cs, contrôler la créatininémie. La Cs est éliminée à 100% par les
reins. Une dégradation de la fonction rénale (créatininémie élevée) peut se traduire par des
concentrations toxiques de Cs. Dans ce cas, il peut être nécessaire d’arrêter temporairement la Cs puis de
la réintroduire en ajustant la dose (se référer à l’Annexe 12(see page 230)).
Allongement de l’intervalle QT
Responsables présumés : Bdq, FQ, Cfz
L’intervalle QT est mesuré du début de l’onde Q à la fin de l'onde T. Sa durée varie en fonction de la
fréquence cardiaque. Sa mesure doit donc être corrigée en fonction de la fréquence cardiaque. La
méthode recommandée est celle de Fredericia qui permet de calculer le QTcF selon la formule QTcF =
QT/racine cubique de l’intervalle entre deux ondes R.
Bédaquiline : un électrocardiogramme (ECG) doit être réalisé avant le début d’un traitement puis chaque
mois pendant toute la durée du traitement.
– Si l’intervalle QTcF est compris entre 480 and 500 ms, le patient est stable et les électrolytes normaux :
répéter l’ECG chaque semaine.
– En cas d’arythmie ventriculaire ou si l’intervalle QTcF est > 500 ms, arrêter la Bdq et les autres
médicaments prolongeant l’intervalle QT.
Fluoroquinolones : l’allongement de l’intervalle QT est plus fréquent avec la Mfx. Ce risque est moins
important avec la Lfx et l’Ofx. Bien que le risque global d’allongement de l’intervalle QT soit minime,
éviter (si possible) ou surveiller l’association des FQ avec d'autres médicaments prolongeant l'intervalle
QT. De plus, s’efforcer de maintenir les électrolytes dans les limites de la normale. La fonction rénale doit
être surveillée et la dose de FQ ajustée si nécessaire. Il n’est pas recommandé de réaliser un suivi
systématique de l’ECG (initial et pendant le traitement) car dans ce contexte, les bénéfices des FQ
l’emportent sur le risque d'allongement de l’intervalle QT.
La Cfz (et l'ondansétron) peuvent également provoquer un allongement important de l'intervalle QT et
doivent être évités ou utilisés avec prudence en cas d’association avec la Bdq.
Convulsions
Responsables présumés : Cs, H, FQ
Cs, H et FQ peuvent provoquer des convulsions. Eliminer ou traiter les autres causes possibles ([Link].
épilepsie, méningite, encéphalite, sevrage alcoolique, hypoglycémie, accident vasculaire cérébral,
cancer ou toxoplasmose chez les patients infectés par le VIH).
Vérifier le potassium, calcium et magnésium sanguin si possible, ainsi que la glycémie.
En cas de convulsions chez un patient sous Cs, mesurer la créatininémie. La Cs est à 100% excrétée par le
rein. En cas d’altération de la fonction rénale (créatinine élevée), la Cs peut atteindre des niveaux
toxiques, responsables des convulsions. Un ajustement des doses peut être nécessaire (se référer à
l’Annexe 12(see page 230)).
Un antécédent de convulsions n’est pas une contre-indication absolue à l’utilisation de Cs, FQ et H.
Toutefois, ne pas utiliser la Cs s’il existe une alternative. Chez les patients épileptiques, les crises doivent
être contrôlées par un traitement antiépileptique avant de commencer le traitement antituberculeux.
L’utilisation d’antituberculeux (en particulier H et R) chez les patients sous antiépileptiques peut
entraîner une diminution des taux sanguins d’antiépileptiques et des convulsions secondaires.
Chez un patient sans antécédents de convulsions, un premier épisode de convulsions sous traitement
antituberculeux est très probablement dû aux antituberculeux. Toutefois, aucun des médicaments de
cette liste ne laissent de séquelles permanentes.
En cas de première convulsion, sans antécédents :
– Suspendre la Cs pour une courte période.
– Débuter un traitement antiépileptique (carbamazépine, phénytoïne ou valproate de sodium étant les
plus utilisés), surtout si les convulsions récidivent après l’arrêt de la Cs.
– Reprendre la Cs si elle est indispensable. En général, il est possible de reprendre la Cs et de la maintenir
en réduisant la dose mais il faut s’efforcer d’atteindre la dose thérapeutique optimale le plus rapidement
possible.
Le traitement anti-épileptique peut être nécessaire pendant toute la durée du traitement
antituberculeux.
Réactions cutanées
Responsables présumés : tous les anti-TB
Si une dose d'épreuve provoque une réaction cutanée, arrêter le médicament concerné, sauf s'il est
absolument indispensable au traitement. Dans ce cas, envisager une désensibilisation.
Administrer les médicaments sous surveillance dans une structure capable de prendre en charge une
réaction allergique sévère.
Remarque : en cas d’éruption cutanée chez un patient sous Thz, ne jamais ré-administrer de Thz.
Idées suicidaires
Responsables présumés : Cs, H, Eto/Pto
Les idées suicidaires apparaissent habituellement chez les patients sous Cs. Leur survenue doit conduire
à une prise en charge immédiate :
– Maintenir le patient à l'hôpital jusqu'à ce que le risque de suicide soit écarté.
– Arrêter la Cs.
– Réduire la dose d’Eto/Pto à 500 mg/jour jusqu'à ce que le patient soit stable.
– Demander une consultation psychiatrique.
– Instaurer un traitement antidépresseur.
– Si aucune amélioration ne survient après la suspension de la Cs, suspendre l’H et l’Eto/Pto.
Tendinite/rupture du tendon
Responsables présumés : FQ
Les ruptures du tendon sont plus fréquentes chez les patients âgés ou diabétiques.
En cas d’inflammation importante des tendons ou des gaines tendineuses :
– Mettre l’articulation au repos et donner un anti-inflammatoire non stéroïdien.
– Si le traitement antituberculeux risque d’échouer en l’absence de FQ, tenter de poursuivre la FQ.
Informer le patient qu’une lésion tendineuse est possible mais que la FQ est essentielle pour éviter
l’échec du traitement.
Toxicité vestibulaire
Responsables présumés : aminosides, Cm, Cs, FQ, H, Eto/Pto, Lzd
Les premiers symptômes sont une sensation d'oreille pleine et de bourdonnement intermittents.
Lorsque ces symptômes apparaissent, il est possible d’espacer l’administration du médicament
injectable (2 à 3 fois/semaine au lieu de quotidiennement) et de poursuivre le traitement sans que les
symptômes ne progressent.
Si un aminoside était utilisé, il est possible de tenter de traiter avec la Cm mais une toxicité vestibulaire
reste possible.
Si des acouphènes et une perte d’équilibre apparaissent et que celles-ci sont attribuées à une toxicité
vestibulaire, arrêter le médicament injectable pour éviter une invalidité grave et une ataxie. En général,
les symptômes de toxicité vestibulaire sont irréversibles, même après l'arrêt du médicament injectable. Il
s’agit d’un des rares effets indésirables qui peuvent imposer l'arrêt définitif d'une classe de
médicaments.
Si une perte de l’équilibre est le plus souvent due aux médicaments injectables, elle peut être aussi, mais
plus rarement, provoquée par Cs, FQ, Eto/Pto, H ou Lzd. Si les symptômes continuent à progresser après
l’arrêt de l’injectable, d'autres médicaments ou tous les médicaments peuvent être arrêtés pendant
plusieurs jours, pour voir si les symptômes régressent, puis être réintroduits un par un pour voir si les
symptômes réapparaissent.
11.1 Définitions
Le terme "usage compassionnel" se réfère à l'utilisation de traitements expérimentaux pouvant
potentiellement sauver la vie de patients souffrant d'une maladie pour laquelle aucun traitement
autorisé satisfaisant n’existe et/ou qui ne peuvent participer à un essai clinique. Pour de nombreux
patients, ces traitements représentent leur dernier espoir de guérison.
Le médicament expérimental est appelé « Investigational New Drug (IND) 1(see page 0) ».
11.2 Indications
La TB-MR comme la TB-UR sont des maladies potentiellement mortelles pour lesquelles les
médicaments autorisés peuvent être inefficaces. Dans certains cas, les médicaments antituberculeux
expérimentaux utilisés en association avec des médicaments autorisés, peuvent potentiellement être
efficaces ou salvateurs.
L’usage compassionnel peut être envisagé chez les patients dont le pronostic vital est menacé ([Link].
détérioration de l'état clinique due à la TB et/ou immunodépression sévère) lorsque :
– Les traitements disponibles ont échoué ou vont très probablement échouer ([Link]. traitement
comprenant moins de 3 médicaments très probablement efficaces et/ou évolution clinique montrant
que le traitement n'est pas efficace).
– Il n’existe pas d’options médicales ou chirurgicales appropriées.
– Au moins un médicament très probablement efficace est disponible (en se basant sur l’antibiogramme
et l’utilisation antérieure de ce médicament chez le patient). L'IND ne doit jamais être utilisée en
monothérapie. Elle doit toujours être utilisée en association avec d'autre(s) médicament(s) dont
l'efficacité est prouvée ou probable pour prévenir l'apparition d’une résistance à l'IND. A cet égard,
doivent être pris en compte au cas par cas :
• le nombre de médicament(s) restant(s) et leur activité bactéricide ou bactériostatique : au moins un
médicament bactéricide ou 2 médicaments bactériostatiques pourraient être considérés au minimum ;
• la fiabilité de l’antibiogramme pour le(s) médicament(s) restant(s), les antécédents de traitement avant
les derniers résultats d’antibiogramme ;
• la vulnérabilité à l'amplification de la résistance de l'IND si elle est connue ;
• le fait que l'utilisation de l'IND n'entraîne pas l'arrêt d'un médicament efficace essentiel. Une attention
particulière sera nécessaire à la prise de décision si l'utilisation de l'IND implique le remplacement d'un
antituberculeux par un autre moins efficace.
L’usage compassionnel peut être envisagé pour un seul patient ou un groupe de patients présentant des
caractéristiques similaires.
L'utilisation simultanée de deux INDs suivrait les mêmes indications et conditions. Les interactions
possibles et la toxicité additive des IND sont à prendre en considération.
Exemple :
Patiente sous capréomycine (Cm), 50 kg, 46 ans, créatinine sérique 212 μmol/l :
Etape 1 : calculer la clairance de la créatinine
50 x (140 – 46) x (1,04) / 212 = 23,0 ml/min
Etape 2 : la clairance de la créatinine étant < 30, ajuster la dose de Cm : 12 à 15 mg/kg 3 fois par semaine
(soit 600 à 750 mg de Cm par dose 3 fois par semaine).
Si la créatinine continue d’augmenter, envisager la suspension de l’injectable.
Etape 3 : ajuster la posologie des autres médicaments du régime thérapeutique selon le tableau suivant.
H Pas de changement
R Pas de changement
Csb 250 mg une fois par jour ou 500 mg 3 fois par semaine
Ipm/Cln 500 mg toutes les 8 heures (si clairance de la créatinine 20-40 ml/min)
500 mg toutes les 12 heures (si clairance de la créatinine < 20 ml/min)
a.
Utiliser les médicaments injectables avec prudence chez l’insuffisant rénal (augmentation du risque
d’ototoxicité et de néphrotoxicité).
b.
Surveiller étroitement l’apparition d’effets secondaires neuropsychiatriques.
c.
Les formulations de PAS sodium doivent être évitées chez les patients atteints de maladie rénale
(risque de surcharge en sel).
Abdominales Tous les ARV Eto/Pto, PAS, Les douleurs abdominales sont fréquentes et
(douleurs) Cfz, FQ, H, Lzd, souvent bénignes mais peuvent être un symptôme
E, Z précoce de troubles graves comme la pancréatite,
l'hépatite ou l'acidose lactique.
Acidose d4T, ddI, AZT, Lzd Détection et prise en charge précoce des
lactique 3TC hyperlactatémies afin de prévenir le développement
d’une acidose lactique.
Dépression EFV Cs, FQ, Eto/Pto Une dépression grave peut se produire chez 2,4%
des patients sous EFV.
Envisager l’arrêt de l’EFV en cas de dépression
grave.
Diarrhée Tous les IP, Eto/Pto, PAS, La diarrhée est fréquente. Penser également à une
ddI FQ Amx/Clv, infection opportuniste ou à une infection à
(formulation Ipm/Cln Clostridium difficile (colite pseudo- membraneuse).
tamponnée)
Eruption ABC, NVP, Tous les anti- Ne pas réutiliser l’ABC (risque d'anaphylaxie
cutanée EFV, d4T et TB potentiellement mortelle). Ne pas réutiliser tout
autres médicament ayant provoqué un syndrome de
Stevens-Johnson.
Penser aussi à une éruption cutanée due au
cotrimoxazole si le patient en reçoit.
Hypothyroïdi d4T Eto/Pto, PAS Plusieurs études montrent que le d4T est associé à
e une hypothyroïdie infraclinique.
Myélo- AZT Lzd Contrôler régulièrement la numération-formule
suppression sanguine. Remplacer l’AZT si une
myélo-suppression survient. Envisager l’arrêt du
Lzd.
Penser aussi à une myélo-suppression due au
cotrimoxazole si le patient en reçoit.
Envisager une supplémentation en acide folinique,
en particulier chez les patients sous cotrimoxazole.
Nausées et RTV, d4T, Eto/Pto, PAS, Des vomissements persistants peuvent être dus à
vomissement NVP, et la Z, Amx/Clv, Cfz, une acidose lactique (en particulier en cas
s plupart des Lzd, Ipm/Cln d’utilisation prolongée de d4T) et/ou d’une hépatite
autres médicamenteuse.
Néphrotoxicit TDF, IDV Aminosides, Le TDF peut provoquer des lésions rénales
é Cm caractéristiques du syndrome de Fanconi, une
hypophosphatémie, une hypo-uricémie, une
protéinurie, une glycosurie normoglycémique et,
dans certains cas, une insuffisance rénale aiguë.
Eviter le TDF chez les patients sous aminosides ou
Cm. Si le TDF est absolument nécessaire, contrôler
la créatininémie et les électrolytes au minimum
toutes les 2 semaines.
Neurotoxicité EFV Cs, H, Eto/Pto, L’EFV provoque de nombreux troubles
FQ neuropsychiques (vertiges, troubles de la
concentration, dépersonnalisation, rêves
anormaux, insomnie et confusion) dans les 2-3
premières semaines d'utilisation. Les troubles
disparaissent en général spontanément. Si ce n’est
pas le cas, envisager de remplacer l’EFV. Il existe des
données limitées sur l'utilisation simultanée de
l'EFV et de la Cs. Celle-ci est possible à condition de
surveiller étroitement l’apparition de signes de
neurotoxicité.
Neuropathies d4T, ddI Lzd, Cs, H, Eto/ Eviter d’associer d4T ou ddI avec Cs ou Lzd
périphériques Pto, S, Km, (majoration du risque de neuropathies).
Amk, Cm, E, FQ
Névrite ddI E, Eto/Pto, Lzd Arrêter définitivement le médicament responsable
optique et le remplacer par un médicament qui ne provoque
pas de névrite optique.
Pancréatite d4T, ddI Lzd Eviter d’associer ces médicaments. Eliminer
définitivement un médicament s’il a provoqué une
pancréatite et n’utiliser à l’avenir aucun ARV qui
pourrait provoquer une pancréatite (d4T ou ddI).
Adapté du manuel OMS, Guidelines for the programmatic management of drug-resistant tuberculosis8(see
page 252)
.
spécialement formé à cette tâche lors d’un entretien spécifique. Le patient peut être accompagné s’il le
souhaite.
Premier entretien
– Expliquer :
• La maladie et sa transmission :
Par exemple : il s’agit d’une infection grave mais a priori curable, qui atteint les poumons et peut
se transmettre tant qu’elle n’est pas traitée (information à adapter selon le foyer de l’infection, le
profil de résistance).
• Le déroulement du traitement :
Durée, phases d’attaque/d’entretien, suivi clinique et bactériologique, calendrier des
consultations (information à adapter selon le régime de traitement) ; pour les patients concernés,
importance et fonctionnement du DOT.
• Les médicaments :
• Gestion :
Où, quand, auprès de qui se procurer les médicaments ;
Nombre de comprimés/jour, une prise par jour, etc. ;
Conserver les comprimés sous blister jusqu’à la prise, pas de déconditionnement à l’avance.
• Principaux effets indésirables et conduite à tenir :
Par exemple : pour la rifampicine, indiquer qu’elle colore l’urine, les selles, les larmes en
rouge-orangé, que ce phénomène est normal et ne doit pas inquiéter. Pour l’éthambutol,
conseiller de consulter immédiatement le médecin si le patient constate que sa vision
diminue ou qu’il ne distingue plus correctement les couleurs, etc.
• Précautions particulières (selon le traitement concomitant) :
Par exemple : prendre les antituberculeux le matin et le fluconazole le soir.
• Les mesures incitatives ou compensatrices dont le patient peut bénéficier et comment y accéder.
– Insister sur l’importance de l’adhérence, anticiper les difficultés, réfléchir aux solutions possibles.
– Répondre aux questions.
– Donner la date du deuxième entretien (une semaine après).
Patients hospitalisés
Premier entretien
Comme ci-dessus et également :
– Mesures de contrôle à l’hôpital :
Isolement du patient et motif ; importance de se couvrir la bouche si toux ou éternuements, utilisation
des crachoirs, visites à l’extérieur du bâtiment, port des masques chirurgicaux/de protection respiratoire
(qui, quand, pourquoi), aération de la chambre, etc.
Il n’est pas recommandé de prendre un membre de la famille comme accompagnateur DOT. Les relations
familiales peuvent interférer avec la supervision du traitement.
Pour les enfants, choisir de préférence une femme. Il n’est pas recommandé de confier la supervision du
traitement aux parents ou autres membres de la famille.
1(see page 235) La cause la plus fréquente d’immunodépression est l’infection par le VIH/sida mais certaines
maladies chroniques comme le diabète peuvent aussi provoquer un déficit immunitaire
favorisant l’infection et la maladie tuberculeuse.
Zones de recueil des crachats > 1,5 > 2,5 > 20 > 50%
(à l’extérieur de préférence)
Il existe deux techniques principales pour mesurer la ventilation. L’anémomètre, qui mesure la vitesse de
circulation de l’air, est l’outil le plus utilisé (suivre les recommandations du fabricant selon le type
d’anémomètre disponible). La technique utilisant les concentrations de gaz est complexe et doit être
utilisée par du personnel entraîné.
Ventilati Ventilateur de Non Oui Simple Simple Bas Améliore la dilution. Consomme
on plafond, mural, peu d’énergie.
naturell de table
e
assistée Extracteur/ Non Oui Simple Très Bas Consomme peu d’énergie.
Ventilateur simple Energie solaire possible (R&D).
d’extraction
Ventilati Système Oui Idéa Difficile Difficile Elev Pression relative entre les pièces.
on centralisé de l é Consomme beaucoup d’énergie.
chauffage, Peut demander un filtre, un filtre
ventilation et HEPA et un échangeur
air conditionné thermique.
L’utilisation de lampes à ultraviolets (UV) dans la partie supérieure des pièces peut être efficace pour tuer
ou inactiver les bacilles tuberculeux émis par les personnes infectées.
Source : Implementing the WHO Policy on TB Infection Control in Health-Care Facilities, Congregate
Settings and Households
Afin de désinfecter le plus grand volume possible d’air brassé à basse vitesse entre le haut et le bas de la
pièce, les lampes doivent irradier toute la surface de la partie supérieure de la pièce (Figure 2).
Source : Guidelines for the Utilization of Ultraviolet Germicidal Irradiation technology in controlling
transmission of tuberculosis in health care facilities in South Africa9(see page 252)
– Brassage de l’air : il peut être assuré par les courants de convection naturelle ou par des ventilateurs, de
préférence fixés au plafond. Les ventilateurs de plafond à basse vitesse augmentent de 33% l’efficacité
des lampes à moins de 6 CAH13(see page 231),14(see page 252),15(see page 252).
– Humidité relative : des études16(see page 252),17(see page 252),18(see page 252) ont fait état d’une baisse rapide
d’efficacité des lampes pour purifier l’air quand l’humidité relative excède 70%.
– Installation : la hauteur de la pièce doit être au minimum de 2,5 m et les lampes à UV doivent être
installées à une hauteur minimum de 2,1 m. En général, une lampe de 30W suffit pour une surface de 18
m2 19(see page 252),20(see page 252) mais la configuration de la pièce et le type de support doivent être pris en
compte dans le calcul des besoins. Par exemple, des lampes fixées au mur créent une zone germicide
plus restreinte que celles fixées au plafond. Les lampes doivent être allumées dès qu’il existe un risque de
transmission de TB. Dans les chambres des patients hospitalisés, les lampes doivent fonctionner 24
heures sur 24.
– Entretien : voir ci-dessous.
19.2 Entretien
Les lampes couvertes de poussière et/ou endommagées sont moins efficaces. Un entretien rigoureux et
un nettoyage régulier sont nécessaires :
– Les lampes et les surfaces des armatures seront nettoyées au moins une fois par mois (plus souvent si
nécessaire) à l’aide d’un chiffon imprégné d’alcool à 70%. Ne pas utiliser d’eau et de savon ni aucun
détergent. Le nettoyage doit être effectué lorsque les lampes et les armatures sont éteintes (froides).
– Une mesure du rayonnement UV doit être effectuée au moment de l’installation puis au moins une fois
par an. Il faut disposer d’un radiomètre UV étalonné pour détecter la lumière UV sur une longueur d’onde
de 254 nm. Les mesures doivent être prises au niveau des yeux (~ 1,60 m) dans la partie occupée de la
pièce et, pour la partie supérieure irradiée, à 1,20 m de distance des appareils dans toutes les directions
possibles (en tournant en cercle et en prenant les mesures tous les 1 m). Idéalement, toutes les valeurs
trouvées dans la partie supérieure doivent se situer entre 30 et 50 μW/cm2. Les personnes qui effectuent
ces mesures doivent porter un équipement de protection (lunettes de protection anti-UV, vêtements en
tissage serré, gants de coton gratté) et recouvrir les zones exposées de leur peau d’une crème solaire
(indice de protection > 15).
– Les lampes à UV durent entre 5 000 et 10 000 heures (7 à 14 mois) d’utilisation continue. Se reporter à la
notice du fabricant. Au-delà de cette période, les lampes perdent rapidement leur efficacité et doivent
être remplacées.
19.3 Elimination
Les lampes contiennent du mercure et du quartz et sont classées comme des « déchets dangereux ». Leur
élimination est extrêmement difficile dans de nombreux pays ; il faut prendre en compte cette question
avant de les installer. S’il n’est pas possible de les faire détruire selon les règles par une entreprise
spécialisée, ni de les rapatrier, les lampes sont encapsulées, c.-à-d. scellées dans un fût métallique de 200
litres rempli de béton et enterré loin de sources d’eau).
Sécurité
Il faut éviter les surfaces réfléchissantes dans la zone d’irradiation des lampes UV (ex. pas de peinture
laquée au plafond).
A certaines longueurs d’onde (comprenant les UV-C), l’exposition aux UV peut être dangereuse.
L’exposition de la peau peut provoquer un érythème et celle des yeux, une conjonctivite (sensation de
sable dans les yeux, larmoiement) et/ou une kératite (douleur intense, sensibilité à la lumière). Ces
symptômes apparaissent en général 6 à 12 heures après l’exposition.
Bien que ces affections soient réversibles, elles doivent être signalées immédiatement au responsable de
la lutte contre les infections dans l’établissement. Tout accident doit conduire à vérifier la puissance du
rayonnement UV dans la partie inférieure de la pièce (mauvais positionnement des lampes ? Surface
réfléchissante ?).
Les limites d’exposition admissibles (National Institute for Occupational Safety and Health - NIOSH) sont
inférieures à celles qui provoquent des irritations oculaires, l’oeil étant la partie du corps la plus sensible
aux UV. Le tableau suivant indique les temps d’exposition admissibles pour des irradiations efficaces à
une longueur d’onde de 254 nm.
8h 28 800 0,2
4h 14 400 0,4
2h 7 200 0,8
1h 3 600 1,7
10 min 600 10
5 min 300 20
1 min 60 100
30 s 30 200
10 s 10 600
1s 1 6 000
* La limite d’exposition professionnelle pour les UV-C à 254 nm est de 6 000 μJ/cm2. On peut aussi la calculer
à l’aide de la formule suivante : Dose (en μJ/cmÇ) = Temps (en secondes) * Irradiation (en μW/cm).
Au-delà de ces limites, le port d’un équipement pour protéger la peau et les yeux est indispensable.
Afin d’éviter les surexpositions, la formation du personnel doit comprendre un module de base sur les
lampes et leurs effets délétères potentiels en cas de surexposition.
20.1 Introduction
Les masques (ou appareils) de protection respiratoire sont conçus pour protéger le porteur contre
l'inhalation de bacilles. Ils doivent être portés par tous les personnels et accompagnants dans les lieux
où le risque de transmission de la TB est élevé :
– Service(s) des patients à frottis positif
– Service de diagnostic
– Zone de préparation des cultures/antibiogrammes (laboratoire)
– Zone de recueil des crachats
– Service de radiologie
L’OMS recommande21(see page 252) d’utiliser :
– Le masque N95 certifié par le Centre for Disease Control and Prevention/National Institute for
Occupational Safety and Health ; efficacité de filtration > 95% pour des particules de 0,3μ.
OU
– Le masque FFP2 (pièce faciale filtrante de classe P2), conforme à la norme européenne EN 149 de 2001 ;
efficacité de filtration 94% pour des particules de 0,3μ.
Remarque : les masques chirurgicaux en papier ou tissu ne protégent pas contre la TB.
20.3 Stockage
Dans un endroit sec et bien aéré. Ne pas les écraser pendant le stockage.
20.4 Elimination
A éliminer avec les « déchets mous » ; ne pas désinfecter avant d’éliminer.
21.1 Introduction
Les masques chirurgicaux doivent être portés par les patients contagieux ou potentiellement contagieux
(cas confirmés et cas présumés) lorsqu’ils quittent leur chambre pour se rendre dans un autre service ou
n’importe quel espace fermé. Le port du masque chirurgical n’est pas nécessaire si le patient se trouve
seul dans sa chambre ou à l’extérieur, en plein air.
Le rôle du masque chirurgical est de retenir une grande partie des gouttelettes produites par le patient
lorsqu’il respire, parle ou tousse, afin de réduire la contamination du milieu ambiant.
21.3 Stockage
Dans un endroit sec et bien aéré.
21.4 Elimination
A éliminer avec les « déchets mous » ; ne pas désinfecter avant d’éliminer.
Composition et présentation
– Vaccin bactérien vivant atténué
– Poudre pour injection (vaccin lyophilisé), à dissoudre dans la totalité du solvant spécifique qui
l'accompagne, en flacon multidoses
Contre-indications
– Ne pas administrer en cas de déficit immunitaire congénital ou acquis (infection par le VIH ou statut
sérologique inconnu mais symptômes compatibles avec une infection par le VIH, thérapie
immunosuppressive, hémopathie maligne, etc.).
– Différer la vaccination en cas de dermatose évolutive étendue, malnutrition aiguë compliquée (vacciner
à la sortie du centre de nutrition une fois que l'enfant est guéri), infection fébrile aiguë sévère (une
infection mineure n'est pas une contre-indication).
Effets indésirables
– Complications ne nécessitant pas de traitement spécifique, l’évolution est pratiquement toujours
favorable :
• réaction locale normale 2 à 4 semaines après la vaccination : papule puis ulcération au point d'injection,
cicatrisant spontanément en 2 à 3 mois (pansement sec) et laissant une cicatrice permanente ;
• ulcère persistant avec écoulement séreux pouvant durer jusqu’à 4 mois après l’injection ;
• adénite non suppurée, le plus souvent axillaire, parfois cervicale; cicatrices chéloïdes ;
• abcès au point d’injection dû à une surinfection à germes communs (abcès rouge, chaud, douloureux)
ou à une erreur de manipulation pendant l’injection ou à une trop forte dose de vaccin (abcès froid,
indolore).
– Complications atypiques :
• Lymphadénite suppurative, habituellement due à une trop forte dose de vaccin, surtout observée chez
le nouveau-né. L’adénopathie, dont le diamètre peut parfois dépasser 3 cm, évolue vers une fistulisation
avec suppuration chronique.
• Ostéomyélite (exceptionnelle)
• BCGite disséminée, principalement chez les nourrissons immunodéprimés (110 à 417 cas/100,000 doses
chez les nourrissons infectés par le VIH22(see page 252),23(see page 252)). La mortalité peut atteindre 75% dans ce
groupe24(see page 252). Si une BCGite disséminée est diagnostiquée, administrer un traitement
antituberculeux complet de 6 mois. Celle-ci est le plus souvent impossible à distinguer d’une TB
disséminée.
Précautions
– En cas d'administration simultanée d'autres vaccins du PEV, utiliser des seringues et sites d'injection
différents.
– Grossesse : CONTRE-INDIQUÉ
– Allaitement : pas de contre-indication
Conservation
– Vaccin reconstitué : entre 2°C et 8°C pendant 6 heures maximum, à l’abri de la lumière.
– Poudre : entre 2°C et 8°C, à l’abri de la lumière. La congélation est possible mais n'est pas nécessaire.
– Solvant : la chaîne du froid n'est pas nécessaire à la conservation. Cependant, au moins 24 heures avant la
reconstitution du vaccin, placer le solvant à une température comprise entre 2°C et 8°C pour que le solvant
et la poudre soient à la même température : un choc thermique lors de la reconstitution diminuerait
l'efficacité du vaccin. ne pas congeler.
1(see page 244) Bien que le vaccin ne soit ni dangereux ni contre-indiqué chez les enfants de plus de 12 mois,
son bénéfice est limité (avis d’experts).
Références Annexes
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