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Conditionneur pour capteurs de force

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Royaume du Maroc

OFFICE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DE LA PROMOTION DU TRAVAIL

COURS 12M
Instrumentation
Résumé de Théorie

Deuxième Année
Programme de Formation des Techniciens
Spécialisés en Électronique

DIRECTION DE LA RECHERCHE ET INGENIERIE DE LA FORMATION


Septembre 1996
Résumé de Théorie Instrumentation

TECCART INTERNATIONAL 2000 inc.


3155, rue Hochelaga,
Montréal, Québec (Canada)
H1W 1G4

RÉDACTION
Michel Rouleau

DESSINS ET CONCEPTION GRAPHIQUE


Michel Rouleau

RÉVISION TECHNIQUE
Claude Théorêt et Michel Rouleau

RÉVISION LINGUISTIQUE
François Gaudreau

Les droits de reproduction et de diffusion de ce document sont cédés par Teccart


International 2000 inc. à l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail du Royaume du Maroc, pour sa propre utilisation au Maroc.
Mis à part l’OFPPT, toute reproduction, en tout ou en partie, par quelque procédé que ce
soit, est interdite.

Imprimé à Montréal, le 11 décembre 2012


[Link]/ 21 pages

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page ii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

TABLE DES MATIÈRES

1. LA MESURE ET LES CAPTEURS INDUSTRIELS 1-1

1.1 La chaîne de mesure 1-1


1.1.1 Quelques définitions ............................................................................................... 1-2
1.1.2 La chaîne de mesure analogique............................................................................. 1-3
1.1.3 La chaîne de mesure numérique ............................................................................. 1-4

1.2 Les mesures usuelles 1-5


1.2.1 La mesure de la température................................................................................... 1-5
1.2.2 La mesure de la pression ........................................................................................ 1-6
1.2.3 La mesure du débit ................................................................................................. 1-9
1.2.4 La mesure du niveau ............................................................................................. 1-10

1.3 Les caractéristiques générales des capteurs 1-11


1.3.1 Les limites d’utilisation ........................................................................................ 1-12
1.3.2 L'étendue de mesure ............................................................................................. 1-12
1.3.3 L'erreur absolue et l'erreur relative et l'erreur systématique ................................. 1-12
1.3.4 La sensibilité......................................................................................................... 1-12
1.3.5 La résolution ......................................................................................................... 1-13
1.3.6 La linéarité ............................................................................................................ 1-13
1.3.7 La précision .......................................................................................................... 1-13
1.3.8 La répétabilité ....................................................................................................... 1-14
1.3.9 L’hystérésis........................................................................................................... 1-14
1.3.10 La finesse ............................................................................................................ 1-14
1.3.11 Le temps de réponse ........................................................................................... 1-14

1.4 Méthode de choix des capteurs industriels 1-15


1.4.1 Définition du cahier des charges .......................................................................... 1-15
1.4.2 Les considérations techniques externes affectant le choix du capteur ................. 1-16
1.4.3 Les caractéristiques intrinsèques du capteur ........................................................ 1-17

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page iii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

BIBLIOGRAPHIE

BSATA A., Instrumentation et automatistion des procédés imdustriels, Éditio Le Griffon


D’Argile, 1994

CHAMPINOIS A., Alimentation, thyristor et optoélectronique, éd. du Renouveau


Pédagogique, Montréal

RIOUT J., Capteurs industriels, technologie et méthode de choix, Service Micro-électronique


(CETIM, Établissement de Senlis)

RUEL M., Introduction à l’instrimentation industrielle et à la réguation de procédé, 1ère


édition, publié par l’auteur, Québec 1994

RUEL M., Instruments d’analyse d’usage industriels, Édition Odile Germain.

Guides GESO-EPFL, Capteurs de mesure et de détection, Presses Polytechniques Romandes.

LABCOR, Catalogue général 1996, éd. LABCOR, ventes techniues, Canada

NATIONAL INSTRUMENTS, Catalogue 1995.

OMEGA, Distributeur Technologies Compagny inc.

BRIAN CONTROLS, Distributeur de matériel d’instrumentation, Montréal.

OMRON Canada inc.

Institut Teccart inc., Recherches et développement, Montréal

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page iv OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

1. La mesure et les capteurs industriels


Le progrès des technologies utilisées pour la fabrication des capteurs industriels aura permis
d’améliorer l’efficacité de la chaîne de mesure. En effet, la multitude de capteurs disponibles
permet d'exploiter le système de mesure adéquatement pour toutes les grandeurs physiques que
l’on mesure dans une entreprise (température, pression etc.); elles sont mesurées avec la
précision qu’exige l’application industrielle visée. Qu’il s’agisse d’une mesure par un système
analogique ou numérique, par la reconnaissance et par l’utilisation de standard de transmission
reconnu font que les éléments sont de plus en plus fiables et d’utilisation facile.
Le substantif mesure représente le résultat de l’action de mesurer, à savoir la valeur de la
grandeur physique mesurée. Pour un système de régulation de procédé, cette grandeur physique
mesurée exprime, de façon électrique, l’état de la variable que nous voulons réguler. Cette
variable qui évolue dans le temps en fonction de perturbation extérieure ou de variation au sein
du procédé est communément appelée la grandeur mesurée (« process value » ou PV).
Les méthodes de mesure aussi ont progressé considérablement. Les méthodes de mesure plus
traditionnelles par substitution ou par comparaison, ou par une grandeur étalon effectuées en
comparaison à partir d’un échantillonnage, sont encore utilisées en contrôle de qualité. Cette
méthode, appliquée dans des conditions particulières, est fiable et précise mais elle est plus
longue et requiert beaucoup de manipulations de la part du technologue.
La méthode qui est maintenant la plus répandue est la mesure à l’aide de circuit électronique.
Que ce soit avec une chaîne de mesure analogique ou numérique, la valeur de la grandeur
physique est traitée, enregistrée ou affichée par un système intégré de plus en plus complet.
Pensons notamment aux systèmes de mesure qui, grâce à un algorithme de contrôle, peuvent
effectuer une correction (signal de sortie) sur l’environnement de la variable en fonction d’une
consigne donnée. Ces systèmes permettent l’affichage, le contrôle et l’enregistrement de la
grandeur mesurée par une communication avec un ordinateur si nécessaire. Évidemment, cette
méthode de mesure électronique est moins précise que la méthode par substitution, mais la
manipulation de la valeur est la plus simple et, de loin, la plus rapide.

L’objectif de ce module est de familiariser le lecteur avec les différents concepts entourant la
chaîne de mesure que nous retrouvons en milieu industriel lorsque la lecture d’une grandeur
physique devient essentielle.

1.1 La chaîne de mesure


La chaîne de mesure électronique se compose d’un ensemble de dispositifs comprenant, entre
autres, le capteur et les circuits permettant le conditionnement du signal mesuré pour une gamme
de mesure définie. Nous pouvons considérer deux méthodes de traitement du signal pour une
exploitation satisfaisante de la mesure: la chaîne de mesure analogique et la chaîne de mesure
numérique. Dans les pages qui suivent, nous établirons le schéma de principe pour chacune des
méthodes. Cette illustration permet l’explication des étapes requises pour le traitement de signal
approprié.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-1 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

1.1.1 Quelques définitions


Les fabricants et les revendeurs utilisent une terminologie relativement précise concernant
certains éléments de la chaîne de mesure. C’est le cas pour le capteur, le transducteur, le
transmetteur et le convertisseur courant/pression (« I/P converter »). En électromécanique par
exemple, un effort de normalisation a été fait en ce qui concerne les relations physiques pour un
système hybride utilisant des composants électriques et pneumatiques. Voici ces quelques
définitions.
Le capteur: Élément sensible, souvent nommé élément primaire de la mesure, délivre une
variation électrique obtenue directement (capteur actif) ou indirectement (capteur passif) et est
modifié par la grandeur physique à mesurer.
La variation des caractéristiques électriques peut être de différents types:
1. résistivité ;
2. électrostatique (constante diélectrique, effet capacitif) ;
3. magnétique (perméabilité magnétique, effet inductif) ;
4. voltaïque (tension) ;
5. ampèremétrique (charge ou courant).
Les effets utilisés par un capteur actif, c’est-à-dire un dispositif dont le signal électrique est
obtenu directement lorsque la variation de la grandeur engendre une grandeur électrique, sont:
1. la thermoélectricité, pour la mesure de température, engendre une tension ;
2. la pyroélectricité, pour la mesure de rayonnement optique, engendre un courant ;
3. la photoémission, pour la mesure de rayonnement optique, engendre un courant ;
4. l’effet photovoltaïque, pour la mesure de rayonnement optique, engendre une
tension ;
5. l’effet photoélectromagnétique, pour la mesure de rayonnement optique, engendre
une tension ;
6. l’effet piézo-électrique, pour la mesure de force, de pression et d’accélération,
engendre un courant ;
7. l’effet d’induction électromagnétique, pour la mesure de vitesse, engendre une
tension ;
8. et l’effet Hall, pour la mesure de la position par induction magnétique, engendre
une tension ;
Le transducteur: Ensemble d’éléments incluant un capteur passif qui permet d’obtenir un signal
électrique modifié par la grandeur physique à mesurer. Dans certains cas, ce signal doit être
rendu linéaire et/ou compensé en température.
Généralement, pour une variation de la résistivité du capteur, nous utiliserons un circuit de
résistances en pont; pour les variations du type magnétique ou capacitif, nous utiliserons un pont
d’impédances ou un oscillateur.
Le transmetteur: Un ensemble d’éléments électroniques qui conditionne, amplifie et transmet un
signal électrique normalisé en fonction de la variation que subit le capteur. En principe, le signal
de sortie est transmis sur une boucle de courant normalisée 4-20mA correspondant linéairement
à la gamme de mesure reproduite.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-2 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

Le convertisseur courant/pression: Ensemble hybride (électrique et mécanique) qui permet de


relier (interface) un signal électrique 4-20mA à un système pneumatique 3-15psi (20-100kPa ou
0.2 à 1 bar).
1.1.2 La chaîne de mesure analogique
La chaîne de mesure analogique illustrée à la Figure 1-1 est constituée de l’ensemble des
dispositifs, y compris le capteur, rendant possibles le traitement du signal mesuré et la
transmission d’un signal normalisé 4-20mA.

Équipements
usuels

Procédé
et Conditionneur de Amplificateur Transmetteur Équipements
Capteur
variable signal d'instrumentation 4-20mA usuels
mesurée

Équipements
usuels

F I G U R E 1- 1 S C H É M A D E P R I N C I P E D ’ U N E C H AÎ N E D E M E S U R E AN AL O G I Q U E

Pour optimiser et exploiter adéquatement la variable mesurée, des blocs fonctionnels assurent un
conditionnement du signal exempt de bruit, linéaire et compensé thermiquement. Voici la
description des blocs que nous retrouvons dans ce schéma de principe.

1. Procédé et variable mesurée : Environnement dans lequel évolue la variable mesurée,


occasionnellement appelée la mesurande.
2. Capteur : Élément primaire de mesure qui subit une modification de ses caractéristiques
intrinsèques.
3. Conditionneur de signal : Un ensemble de circuits qui délivre un signal électrique
proportionnel à la variation du capteur soumis à une contrainte physique. Le conditionneur
de signal comporte dans certains cas des circuits d’amplification bas niveau, des circuits de
linéarisation ou de compensation thermique, ou des circuits de traitement du bruit. Pour
d’autres cas, nous retrouvons simplement un circuit en pont ou un oscillateur.
4. Amplificateur d’instrumentation : Circuit d’amplification aussi appelé amplificateur
différentiel de signal. Ce circuit électronique est utilisé pour amplifier des signaux qui sont
en mode différentiel, par exemple, un signal de ligne balancée ou d’un pont de mesure. Un
des principaux avantages de cet amplificateur est qu’il possède un grand taux de rejet du
bruit.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-3 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

5. Transmetteur 4-20mA : Dans la majorité des chaînes de mesures analogiques implantées


en milieu industriel, nous retrouvons un transmetteur de courant 4-20mA. La fiabilité d’un
tel dispositif en terme de détection rapide de rupture de ligne, de transport sur une grande
distance avec un faible taux de bruit sans perte de signal et la précision du transfert de la
grandeur mesurée en font l’une des normes des plus reconnues. Par exemple, pour une
gamme de mesure de 0°C à +50°C, le transmetteur fournira un signal de 12mA pour une
température mesurée de +25°C.
6. Équipements usuels : Beaucoup d’instruments de mesure et de contrôle de procédé,
commercialisés par les fabricants, possèdent une entrée analogique 1-5V. À l’aide d’une
résistance de 250Ω de précision, un signal venant d’un transmetteur 4-20mA peut
facilement être exploité puisque le transfert de 4-20mA, dans une résistance de 250Ω,
donne un signal standardisé 1-5V. Les instruments usuels sont :
• l’enregistreur ;
• l’afficheur ;
• le régulateur de procédé ;
• le système d’acquisition de données ;
• le système de gestion des alarmes.
1.1.3 La chaîne de mesure numérique
Les progrès de l’électronique numérique ont influencé considérablement le domaine de la
mesure en milieu industriel. Les circuits de conversion de signal analogique à numérique (« A/D
converter ») et l’utilisation grandissante des micro-contrôleurs spécialisés, dédiés et autonomes
ont facilité le traitement et la transmission numérique de signaux de mesure. En effet, nous
retrouvons des standards de communication série pour transmettre des signaux entre les
différentes unités du système industriel. Il suffit de doter l’ensemble de mesure d’un système à
micro-contrôleur pour faciliter le traitement et la communication. En effet, la chaîne de mesure
numérique illustrée à la Figure 1-2 est constituée de circuits permettant d’effectuer le traitement
numérique de l’information.

Équipements
usuels

Procédé Convertisseur
et Conditionneur de Équipements
Capteur analogique -
variable signal usuels
numérique
mesurée

Équipements
usuels

F I G U R E 1- 2 S C H É M A D E P R I N C I P E D ’ U N E C H AÎ N E D E M E S U R E N U M É R I Q U E

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-4 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

Voici la description des blocs que nous retrouvons dans ce schéma de principe.
1. Procédé et variable mesurée : Environnement dans lequel évolue la variable mesurée,
occasionnellement appelée la mesurande.
2. Capteur : Élément primaire de mesure qui subit une modification de ses caractéristiques
intrinsèques.
3. Conditionneur de signal : Circuit qui délivre un signal électrique proportionnel à la
variation du capteur soumis à une contrainte physique. Dans ce cas, le conditionneur de
signal comporte beaucoup moins de circuits électroniques. En effet, les opérations de
linéarisation et de compensation peuvent avantageusement être effectuées par le micro-
contrôleur.
4. Convertisseur analogique à numérique : Circuit intégré avec ou sans échantillonnage,
permettant le transfert du signal électrique analogique en code binaire pour une plage
donnée. Dans certaines applications, le convertisseur fait partie d’un ensemble intégré à
base de micro-contrôleur. Dans ce cas, nous retrouvons des fonctions complexes de filtre
numérique du signal d’entrée, de fonctions de transfert particulières ou de linéarisation. La
fréquence de l’échantillonnage (contrôlée de façon matérielle ou logicielle) doit être
beaucoup plus élevée que la fréquence du signal mesuré pour obtenir une conversion
optimale et pour une représentation numérique du signal valable.
5. Équipements usuels : Circuit à base de microprocesseur (micro-ordinateur, micro-
contrôleur ou autre) pour le traitement numérique du signal ou pour des fonctions
d’instrumentation :
• transmission numérique ;
• afficheur numérique ou enregistreur numérique ;
• système d’acquisition de données et gestionnaire d’alarmes.
1.2 Les mesures usuelles
Les applications de mesure en milieu industriel que nous rencontrons le plus fréquemment sont:

• la mesure de la température ;
• la mesure de la pression ;
• la mesure du débit ;
• la mesure du niveau.

Chacune de ces mesures procure une information qui décrit l’aspect de la grandeur physique
mesurée. L’unité de mesure informe l’utilisateur concernant le système de référence utilisé pour
représenter la grandeur mesurée.

1.2.1 La mesure de la température


La mesure de la température nous informe sur la quantité de chaleur qu’un corps ou un
environnement contient. Cette mesure peut être lue à l’aide de la dilatation d’un liquide, par un
thermomètre, ou par la variation d’un élément primaire via capteur. L’unité de mesure la plus
utilisée est l’échelle en degré Celcius ou centigrade.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-5 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

Les points de références et fixes de cette échelle de température sont:


− la température de fusion de la glace est de 0ºC ;
− la température d’ébullition de l’eau distillée est de 100ºC.
Dans certain cas plus particuliers, une échelle absolue, soit l’échelle en Kelvin, est utilisée.
Les points de références et fixes de cette échelle de température sont:
− le zéro thermodynamique ou 0 Kelvin qui correspond à l’absence de tout
mouvement moléculaire, soit la température la plus base que nous pouvons
atteindre ;
− la température où nous retrouvons les trois phases de l’eau (liquide, gazeuse et
solide) ou 273.01 Kelvin qui correspond à 0.01ºC.
La correspondance entre l’échelle Celsius et Kelvin est tout simplement un décalage de 273
degrés. En effet, une température de 0ºCelsius équivaut à 273 Kelvin. Pour une température
ambiante de 22ºCelsius, nous obtenons 295 Kelvin, si nous appliquons la relation suivante
(Équation 1-1):
temp(Celcius) = temp(Kelvin) - 273ºC.
É Q U AT I O N 1- 1

Quelques procédés industriels (particulièrement aux États-Unis) représentent la mesure de la


température par une autre échelle. Il s’agit de l’échelle en degré Fahrenheit.
Les points de références et fixes de cette échelle de température sont:
− la température de fusion de la glace est de +32ºF ;
− la température d’ébullition de l’eau distillée est de +212ºF.
Les correspondances entre l’échelle Celsius et l’échelle Fahrenheit sont exprimées par les
équations suivantes (Équation 1-2 et Équation 1-3):
temp(Celcius) = 5/9 x (temp(Fahrenheit) - 32)
É Q U AT I O N 1- 2

temp(Fahrenheit) = ((9/5) x temp(Celsius) )) + 32


É Q U AT I O N 1- 3

Il faut remarquer qu’à une température de -40ºF. correspond une température de -40ºC.
1.2.2 La mesure de la pression
La mesure de la pression est une information fort utile pour de nombreuses applications
industrielles. En effet, dans certains cas, la mesure de la pression permet de déterminer le niveau
d’un liquide; la température d’une chaudière thermique, le débit, la densité ou la viscosité de
certains gaz ou liquides.

La mesure de la pression d’un fluide définit la force appliquée par unité de surface, évaluée
perpendiculairement à cette surface (Équation 1-4). Le Tableau 1-1 compare les unités du
système international et du système anglais utilisées pour l’évaluation des paramètres mesurés.
Un Pascal est la pression que produit une force de un Newton appliquée sur une surface de un
mètre carré.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-6 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

Selon le théorème de Pascal, une pression extérieure, exercée sur une surface quelconque d’un
liquide enfermé de tous côtés, se transmet au sein de ce liquide dans toutes les directions avec la
même intensité. Outre le Pascal, unité du système international (SI), d’autres unités sont
couramment utilisées. Dans les pages qui suivent, quelques relations vous seront présentées pour
vous permettre de comparer les systèmes.
On définit la pression hydrostatique comme étant la pression exercée par un fluide au repos
enfermé dans un réservoir quelconque. Cette pression est due à la pesanteur du fluide. Si le
fluide à analyser est l’air, on signifie alors de la pression atmosphérique ou pression
barométrique comme étant la pression exercée par l’air.

Pression = Force
Surface
É Q U AT I O N 1- 4

T AB L E AU 1- 1: U N I T É S P O U R L A M E S U R E D E P R E S S I O N
Grandeur Système international Système anglais
Pression Pascals (Pa) livres/pouce2 (lbs/po2)ou psi
Force Newtons (N) livres (lbs)
Surface mètres2 (m2) pouces2 (po2)
Il existe d’autres unités populaires de pression: bar, atmosphère et mm de mercure qui seront définies plus loin..
Souvent, on évalue la pression en relation avec la hauteur d’une colonne d’eau ou d’une colonne
de mercure. La pression exercée par cette colonne dépend de la masse volumique du fluide
utilisé. La relation existant entre la pression, la hauteur de la colonne et la masse volumique est
exprimée par l’Équation 1-5. Le Tableau 1-2 présente les unités du système international et du
système anglais utilisées pour l’évaluation des paramètres mesurés. Le Tableau 1-3 vous indique
la masse volumique de quelques matériaux.
Pression = ρgh
É Q U AT I O N 1- 5

T AB L E AU 1- 2: U N I T É S P O U R L A M E S U R E D E P R E S S I O N E X E R C É E P AR U N E
COLONNE

Grandeur Système international Système anglais


Pression Pascals (Pa) livres/pouce2 (lbs/po2)ou psi
ρ: masse volumique kilogrammes/mètre3 (Kg/m3) slugs/pouce3 (slugs/po3)
g: accélération due à la 9,81 mètres/sec2 (m/s2) 32,2 pieds/sec2 (pi/s2)
gravité
Hauteur mètres (m) pouces2 (po2)
Peu importe la forme ou la surface d’un réservoir remplis avec le même fluide, la pression ne dépend que de la
hauteur de la colonne de fluide.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-7 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

T AB L E AU 1- 3: M AS S E V O L U M I Q U E
Matériaux Masse volumique (Kg/m3)

mercure 13600
tétrachlorure de carbone 1590
eau 1000
alcool éthylique 790
huile hydraulique 912

On utilise trois différentes échelles pour représenter une pression:


1. échelle absolue dont la référence est le vide parfait ;
2. échelle relative (positive ou négative) dont la référence est la pression
atmosphérique ;
3. échelle différentielle dont la référence est une autre pression.
On différencie la pression absolue de la pression relative en utilisant, comme référence, la
pression exercée par le vide parfait. Le vide correspond au zéro absolu de pression: 0,0 Kpa: 0,0
atmosphère (atm); dans le système anglais 0,0 psia (a pour préciser une lecture de pression
absolue). L’échelle absolue est utilisée seulement lorsque l’on désire une lecture indépendante
des variations de la pression atmosphérique, par exemple dans certaines réactions chimiques. On
utilise un capteur spécial qui ne subit pas l’influence de la pression atmosphérique (élément
primaire de mesure sous vide).
On considère aussi que la pression atmosphérique (ou pression barométrique) normale exercée
par l’air qui entoure la terre dans des conditions données (température, latitude et altitude) est de
1,0 atm. ou 101,3 kPa. ou 14,7 psia.
Le Tableau 1-4 présente quelques conversions des unités de pression pour différents systèmes.
T AB L E AU 1- 4: C O N V E R S I O N D E S U N I T É S D E P R E S S I O N
Pascal Bar Atmosphère Mètre d’eau psi
Pascal 1 0,000 01 9,87 x 10-6 1,020 x 10-4 0,145 x10-3
5
Bar 1 x 10 1 0,987 10,197 14,504
Atmosphère 101 325 1,013 1 10,332 14,696
Mètre d’eau 9,81 x 10-3 0,098 0,097 1 1,419
psi 6 895 68,9 x 10-3 0,068 0,705 1
psi : (« pound per square inch ») livres par pouce carré
Atmosphère : Pression normale exercée par l’air qui entoure la terre dans des conditions données

La pression relative, souvent appelée « gauge », est la pression la plus utilisée. Lorsqu’aucune
information ne l’indique, ou que le capteur est soumis à l’influence de la pression
atmosphérique, la mesure exprimée par le capteur est relative (supérieure ou inférieure) à la
pression atmosphérique. Une valeur positive exprime une pression supérieure à la pression
atmosphérique; une valeur négative indique une pression inférieur à la pression atmosphérique,
soit une situation de « vacuum ». En hydraulique, par exemple, on utilise la notion de pression
relative ou « gauge » (psi ou psig). Un manomètre (« pressure gauge ») calibré normalement
indique 0,0 psi (ou psig) lorsqu’il est soumis uniquement à la pression atmosphérique.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-8 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

La pression différentielle permet de spécifier la différence de pression entre deux pressions


relatives. Par exemple, cette échelle est utilisée pour mesurer le niveau d’un liquide dans un
bassin scellé ou le débit d’un liquide en mesurant la pression avant et après une contrainte.
Si nous considérons que la pression atmosphérique normale autour de la terre est de 101,3 kPa et
que la masse volumique de l’eau est de 1000 Kg/m3, quelle doit être la hauteur d’une colonne
d’eau qui exercera cette même pression?
hauteur = pression = 101 300 = 10,3 mètres
ρxg 1000 x 9,81

Ceci explique pourquoi il est pratiquement impossible, à l’aide d’une pompe aspirante, de retirer
l’eau d’un puit si celle-ci se situe à 10,3 mètres ou plus au dessous du niveau de la pompe.
1.2.3 La mesure du débit
La mesure de débit est une information fort utile pour de nombreuses applications industrielles.
Les systèmes de contrôle industriels nécessitent souvent des mesures de fluides dans des
canalisations. Les mesures de débit sont donc importantes, fréquentes, mais aussi très
complexes.
La mesure du débit définit la quantité de fluide qui s’écoule en un point donné par unité de
temps.
On entend par fluide un liquide, un gaz ou même, dans certaines conditions, un solide
pulvérulent (produit sec réduit en poudre circulant par gravité ou à l’aide d’un dispositif
mécanique, par exemple une vis sans fin).
On distingue deux types de débit, soit le débit volumique (Qv) et le débit massique (Qm).
Lorsque la quantité de fluide en écoulement par unité de temps est exprimée en volume, le débit
est volumique; lorsque la quantité de fluide en écoulement par unité de temps est exprimée en
masse, le débit est massique. Généralement, le débit volumique s’exprime en mètres cubes par
seconde (m3/sec) ou en litres par seconde (L/sec). Le débit massique s’exprime souvent en
kilogramme par seconde (Kg/sec).
Pour évaluer le débit volumique d’écoulement Qv (SI: système international)) en régime stable
dans une conduite, il suffit d’appliquer l’Équation 1-6.

Qv = volume
temps
É Q U AT I O N 1- 6: É Q U AT I O N D E B AS E P O U R L A M E S U R E D U D É B I T V O L U M I Q U E

Pour évaluer le débit massique d’écoulement Qm (SI) en régime stable dans une conduite, il
suffit d’appliquer l’Équation 1-7 . Aussi, le débit massique peut être évalué à partir de la valeur
du débit volumique puisque c’est le résultat de la multiplication du débit volumique par la masse
volumique du fluide analysé (Équation 1-8).

Qm = masse
temps
É Q U AT I O N 1- 7: É Q U AT I O N D E B AS E P O U R L A M E S U R E D U D É B I T V O L U M I Q U E

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-9 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

Qm = Qv x ρ
É Q U AT I O N 1- 8: D É B I T M AS S I Q U E E N F O N C T I O N D U D É B I T V O L U M I Q U E

Le Tableau 1-5 présente quelques conversions des unités de volume pour différents systèmes.
T AB L E AU 1- 5: C O N V E R S I O N D E S U N I T É S D E V O L U M E
mL = cm3 L ft3 GPM(USA) GPM(UK)
3 -3
cm 1 1 x 10 3,531 x 10-5 2,641 x 10-4 2,199 x10-4
L 1000 1 0,035 3 0,264 0,220
ft3 28 316 28, 316 1 7,480 6,228
GPM(USA) 378 5,412 3,785 4 0,134 1 0,833
GPM(UK) 4 546 4, 546 0,161 1,201 1
L : litres ft3 : pieds cubes
GPM(USA): gallon par minute GPM(UK): gallon par minute (gallon impérial)

1mL occupe un volume de 1 cm3


1L occupe un volume de 1000 cm3

Le Tableau 1-6 présente quelques conversions des unités de débit pour différents systèmes.
T AB L E AU 1- 6: C O N V E R S I O N D E S U N I T É S D E D É B I T
m3/h m3/sec L/sec GPM(USA) GPM(UK)
3
m /h 1 278 x 10-6 0,2778 4,403 3,667
m3/sec 3 600 1 1000 15 852 13 198
L/sec 3,6 0,001 1 15,85 13,198
GPM(USA) 0,2271 6,3 x 10-5 0,0631 1 0,833
GPM(UK) 0.2728 7,58 x 10-5 0,0758 1,201 1
m3/h : mètres cubes par heure m3/sec: mètres cubes par seconde
L/sec : litres par seconde
GPM(USA): gallon par minute GPM(UK): gallon par minute
1.2.4 La mesure du niveau
La mesure de niveau est aussi une information fort utile pour de nombreuses applications
industrielles. La mesure du niveau définit la position ou la hauteur d’un point par rapport à un
plan horizontal utilisé comme référence.
Nous pouvons exprimer la quantité mesurée en terme de poids, masse, volume ou hauteur.
Évidemment, pour déterminer le volume, la masse ou le poids d’un liquide, il est nécessaire de
tenir compte de la forme du réservoir et de la masse volumique du matériau mesuré.
Généralement, pour effectuer la mesure du niveau, une simple canalisation transforme la hauteur
du niveau (de la colonne) en une différence de pression. Cette pression ainsi mesurée nous
informe de la hauteur de la colonne et, par conséquent, du volume, de la masse ou du poids du
liquide.
La représentation de la mesure du niveau peut être graduée en hauteur en masse, en poids ou en
volume.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-10 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

1.3 Les caractéristiques générales des capteurs


Toutes les opérations de commande sont basées sur une mesure. Il en résulte que les capteurs
sont conçus pour reproduire la plus grande variation possible à la sortie pour une variation
donnée à l’entrée. À l’instar de tout dispositif de mesure de qualité, ils doivent avoir un
comportement stable, reproductible et fiable. Avant d’aborder systématiquement l’étude des
principes de fonctionnement des capteurs, il serait bon de préciser quelques caractéristiques
générales utilisées pour spécifier les capteurs.
Bien que certaines caractéristiques de capteurs soient standardisées, il serait préférable de
toujours vous référer aux procédures que le fabricant a utilisées pour apprécier les
caractéristiques du capteur. En effet, la plupart des conditions de test ne sont pas uniformisées et
le vocabulaire utilisé est totalement différent d’un fabricant à l’autre, voire d’une nationalité à
l’autre.
Voici un aperçu général des caractéristiques usuelles d’un capteur; les plus importantes sont:
− les limites d’utilisation ;
− l'étendue de mesure;
− la sensibilité ;
− la résolution ;
− la linéarité ;
− la précision ;
− la répétabilité ;
− l’hystérésis ;
− la finesse ;
− le temps de réponse.

Par exemple, le Tableau 1-7 illustre les caractéristiques d’une cellule de charge, capteur
permettant la mesure d’une masse.
T AB L E AU 1- 7 : S P É C I F I C AT I O N S D ' U N E C E L L U L E D E C H AR G E
Capacité nominale (« Rated capacity (R.C.) ») 50Kg
Signal de sortie nominal (« Rated output (R.O.) ») 2mV/V ± 0,5%
Sensibilité (« Sensitivity ») 2mV/V/50Kg
Non- linéarité (« Non linearity ») 0,03% R.O.
hystérésis (« Hysteresis ») 0,03% R.O.
Répétabilité (« Repeatability ») 0,03% R.O.
Résistance en pont (« Terminal resistance ») input: 350Ω ± 3.5Ω
output: 350Ω ± 5Ω
Résistance d’isolation (« Insulation resistance ») bridge to ground: 2000MΩ
shield to ground: 1000MΩ
Alimentation recommandée (« Excitation recommanded ») 10V
Alimentation maximale (« Excitation max. ») 15V
Charge maximale (« Safe overload ») 150% R.C.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-11 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

1.3.1 Les limites d’utilisation


Les limites d’utilisation définissent les limites extrêmes (inférieure et supérieure) de la grandeur
physique que l’on peut reproduire sans détériorer ou modifier les caractéristiques métrologiques
du capteur. C’est une caractéristique nominale fournie par le fabricant du capteur.
La gamme de mesure de la chaîne de mesure ne doit jamais excéder les limites d’utilisation du
capteur.
1.3.2 L'étendue de mesure
En anglais « span », l'étendue de mesure 'est la différence algébrique entre les valeurs extrêmes
(minimale et maximale) pouvant être mesuré par la chaîne de mesure. L'étendue de mesure doit
être obtenue à l'intérieur des limites d'utilisation du capteur.
1.3.3 L'erreur absolue et l'erreur relative et l'erreur systématique
L'erreur absolue est la valeur de l'erreur directement liée à la mesure. Par exemple, si le capteur a
une valeur nominale de 100Ω, et que l'on spécifie une incertitude de 0,2Ω, on notera l'erreur
absolue à ± 0,2Ω.
L'erreur relative est le rapport entre l'erreur absolue sur le résultat de la mesure. Pour le capteur
0,2Ω
précédent, nous avons une erreur relative de x100 = 0,2% .
100Ω

L'erreur systématique pour une valeur donnée, exprime l'écart entre la valeur mesurée et la valeur
recherchée, soit la valeur nominale, en pourcentatge par rapport à l'étendue de mesure.
Par exemple, pour une chaîne de mesure dont l'étendue de mesure est de 200°C, on mesure, dans
des conditions données, une température de +50,2°C comparée à une valeur nominale ou de
référence de +50,0°C. L'erreur systématique (souvent appelée l'erreur de précision d'échelle) est
0,2
donc de x100 = 0,1% .
200
1.3.4 La sensibilité
De façon générale, cette caractéristique traduit le rapport entre la variation du signal de sortie et
la variation du signal d’entrée pour une plage d’utilisation donnée. Si le capteur possède une
fonction de transfert linéaire sur toute la gamme d’utilisation, la sensibilité sera unique pour
toute l’étendue de mesure. Toutefois, si le capteur possède quelques imperfections, le fabricant
fournira la sensibilité pour différents points de la fonction de transfert. Le calcul de la pente de la
tangente à un point donné du graphique, exprimant le signal de sortie en fonction de la grandeur
mesurée, donne la sensibilité au point donné.
Des exemples de sensibilité:
− mesure de température : 10mV/°C ;
− mesure de débit : 1mA/Litre/sec ;
− mesure de vitesse : 12pas/sec.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-12 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

Pour certains capteurs, la sensibilité est influencée par l’alimentation. C’est souvent le cas pour
des capteurs de température ou des capteurs de pression dont le transducteur est basé sur un pont
de mesure. Des exemples:
− mesure de température : 1mV/V/°C ;
− mesure de pression : 10mV/V/kPa.
Dans le cas d’une sensibilité de 1mV/V/°C, pour chaque volt d’alimentation, le signal de sortie
augmentera de 1mV pour une augmentation de la température de 1°C. Donc, si le circuit est
alimenté à l’aide d’une source de 10V, nous pouvons considérer que la sensibilité de sortie est de
10mV/°C. Mais attention, si vous modifiez l’alimentation, la sensibilité sera affectée.
Nous pouvons augmenter la sensibilité du capteur précédent, si nous augmentons l’alimentation
du circuit. Mais attention, cette nouvelle alimentation doit respecter les caractéristiques du
capteur fournies par le fabricant concernant les limites de l’alimentation.
Si nous alimentons le circuit à l’aide d’une source de 20V et que cette tension est dans les
limites technologiques du capteur, la sensibilité sera augmentée à 20mV/°C. Ce qui correspond
aussi à une multiplication du gain du circuit par 2.
1.3.5 La résolution
C’est la plus petite grandeur que l’on peut reproduire sur l’instrument avec précision. Si la
chaîne de mesure est numérique, la résolution est fortement influencée par le nombre de bits du
convertisseur analogique à numérique.
1.3.6 La linéarité
L'erreur de linéarité spécifie le plus grand écart entre la courbe d'étalonnage et une ligne droite
appelée « meilleure droite ». L'écart de linéarité s'exprime en % de l'étendue de mesure comme
l'erreur systématique.
La fonction de transfert est linéaire dans une plage déterminée si les variations du signal de
sortie (la variable dépendante) sont proportionnelles aux variations de la grandeur mesurée
(variable indépendante). Si la sensibilité est la même sur toute la plage d’utilisation du capteur, il
en résulte un capteur linéaire. Les écarts de cette droite sont appelés écarts de linéarité; ils sont
spécifiés en pourcentage de l’étendue de mesure par rapport à la droite idéale (erreur
systématique).

Par exemple, un capteur de température dont la gamme de mesure est de -50°C à +100°C
possède un « span », étendue de mesure de 150°C. Si le fabricant spécifie un écart de 0,05% pour
une mesure de 50°C, alors le capteur peut donner une erreur de 0,075°C (0,05% de 150°C) à
50°C, ce qui n’est pas si mal. Évidemment, plus le chiffre est petit, meilleur est le capteur.
1.3.7 La précision
Qualité qui caractérise l'aptitude d'un capteur à donner des indications proche de la vraie valeur
de la grandeur mesurée. L'erreur de précision, représente l'erreur globale d'un capteur, dans des
conditions déterminées d'emploi comprenant l'erreur de justesse ainsi que l'erreur de fidélité.
L'erreur de précision est déterminée en composant les erreurs élémentaires.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-13 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

Pour les applications courantes, la précision d'un capteur industriel est comprise entre ± 0,5% et
± 2,0% de l'étendue de mesure.
Pour l'évaluer, on mesure une valeur donnée et on détermine l'écart par rapport à la valeur
nominale. Cette caractéristique est généralement exprimée en pourcentage par rapport à
l’étendue de mesure pour une valeur donnée (erreur systématique).
1.3.8 La répétabilité
Un capteur idéalement précis reproduira toujours le même signal de sortie lorsque soumis à une
même grandeur physique. Cette caractéristique est généralement exprimée en pourcentage par
rapport à l’étendue de mesure pour une valeur donnée.
1.3.9 L’hystérésis
Un capteur est soumis à une variation croissante de la grandeur mesurée, puis subit la même
variation décroissante. Idéalement, le point de retour devrait être le même que le point de départ.
Si ce n’est pas le cas, nous obtenons une erreur de réversabilité due à l’hystérésis du capteur.
Cette caractéristique est généralement exprimée en pourcentage par rapport à l’étendue de
mesure pour une valeur donnée.
1.3.10 La finesse
Qualité exprimant l'aptitude d'un capteur à donner la valeur de la grandeur à mesurer sans
modifier celle-ci par sa présence.
Par exemple, certains hygromètres vaporisent de l’eau (psychrométrie) pour mesurer l’humidité
de l’air. Une telle opération modifie l’humidité de l’air. Cette opération doit être prise en compte
lors de l’établissement de l’humidité réelle mesurée.
1.3.11 Le temps de réponse
Le temps de réponse, ou temps de montée, est l’intervalle de temps que prend le signal de sortie
pour retrouver un nouvel équilibre après une variation brusque de la grandeur à mesurer.
Certains fabricants de capteur considèrent que le temp de réponse (ou temps de montée) est
l’intervalle de temps qui s’écoule entre le moment où la sortie du capteur passe de 10% à 90% de
sa variation sur une échelle normalisée.
La Figure 1-3 illustre la réponse temporelle d’un capteur subissant une variation instantanée de
la grandeur mesurée. Il est à remarquer qu’un capteur requiert un certain délai avant d’être
influencé par la grandeur physique à reproduire. Cette caractéristique est nommée le temps de
délai.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-14 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

%
100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 t(sec.)
td tr
t0 t1 t2 t3
td:tdélai tr:tréponse
F I G U R E 1- 3: R E P R É S E N T AT I O N D E L A R É P O N S E T E M P O R E L L E D ' U N C AP T E U R

1.4 Méthode de choix des capteurs industriels


Pour choisir correctement le capteur industriel pour une application donnée, la démarche
proposée se fera en tenant compte de trois informations:

1. la définition du cahier des charges ;


2. les considérations techniques externes affectant le choix du capteur ;
3. les caractéristiques intrinsèques du capteur.

Il sera important de bien se documenter chez les fournisseurs pour connaître les technologies et
les dispositifs disponibles sur le marché. Le choix adéquat du capteur sera fait en considérant
une foule de compromis en fonction des caractéristiques générales de la mesure.
1.4.1 Définition du cahier des charges
Les critères de choix sont déterminés en fonction de l’environnement où la mesure sera prise, la
qualité de la mesure demandé et la disponibilité financière.

Prioritairement, nous devons définir le besoin:


• lisez attentivement le cahier des charges pour identifier précisément:
a) la nature et le type de grandeur physique à mesurer ;
b) la précision demandée par l’application ;
c) le signal de sortie requis ;
d) les contraintes financières ;

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-15 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

• déterminez la technologie appropriée pour l’application:


a) électrique ;
b) électronique ;
c) mécanique ;
d) pneumatique ;
e) hydraulique ;

• faites le choix de l’élément de mesure :


a) en fonction du cahier des charges ;
b) en fonction de l’application et des solutions technologiques ;
c) en fonction de la disponibilité chez les fournisseurs.
1.4.2 Les considérations techniques externes affectant le choix du capteur
Les éléments les plus important sont :
1. la disponibilité en alimentation :
• la distribution électrique de courant alternatif est-elle disponible ?
• devrons-nous plutôt utiliser une alimentation à courant continu ?
2. la technologie à utiliser :
• sommes-nous en présence d’une application requérant un circuit tout-ou-rien
(alarme ou détection de seuil) ou est-il nécessaire d’obtenir une information
proportionnelle ?
• quel est l’ordre de grandeur de la précision recherchée ?
• quelle distance sépare l’ensemble capteur-transmetteur de l’alimentation ?
• quel est le type de signal requis à la sortie ?
3. l’environnement est-il :
• poussiéreux ?
• humide ou sec ?
• en atmosphère explosive ?
• à haute ou basse température (température ambiante) ?
4. la dimension et la fixation du capteur :
• la dimension et le poids ;
• les modes de fixation ;
• l’endurance mécanique ;
• la résistance aux chocs et aux vibrations ;
• le degré d’étanchéité.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-16 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Instrumentation

1.4.3 Les caractéristiques intrinsèques du capteur


Nous devons définir quelques éléments importants pour choisir le capteur:
1. La gamme de mesure: Les valeurs minimales et maximales de la grandeur physique à
mesurer.
2. La sensibilité: L'expression d’un signal suffisant élevé en fonction d’une grandeur
physique donnée.
3. La qualité: Il doit être relativement précis, posséder une bonne répétabilité et être exempt
d'hystérésis. Il doit fournir un signal de sortie exact pour la valeur de la grandeur physique
mesurée
4. La linéarité: Il doit être linéaire dans la plage d’utilisation de l’application qui nous
intéresse.
5. Le type de transduction: Il faut déterminer le type de signal de sortie. Si la mesure se fait à
une grande distance par rapport aux circuits d’acquisition de donnée ou de traitement, le
capteur doit être accompagné d’un transmetteur 4-20mA.
6. Il doit être peu encombrant et bon marché.

Il appartiendra au concepteur de la chaîne de mesure de bien établir l’importance de chaque


critères énoncés en fonction de la nature de la mesure à effectuer, de la précision demandée et de
la disponibilité financière.

Module 1 : La mesure et les capteurs industriels Page 1-17 OFPPT/TECCART


Royaume du Maroc

OFFICE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DE LA PROMOTION DU TRAVAIL

COURS 14A
Capteurs et conditionneurs
Résumé de Théorie
Version préliminaire

Deuxième Année
Programme de Formation des Techniciens
Spécialisés en Électronique

DIRECTION DE LA RECHERCHE ET INGENIERIE DE LA FORMATION


Septembre 1996
Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

TECCART INTERNATIONAL 2000 inc.


3155, rue Hochelaga,
Montréal, Québec (Canada)
H1W 1G4

RÉDACTION
Michel Rouleau

DESSINS ET CONCEPTION GRAPHIQUE


Michel Rouleau

RÉVISION TECHNIQUE
Claude Théorêt et Michel Rouleau

RÉVISION LINGUISTIQUE
François Gaudreau

Les droits de reproduction et de diffusion de ce document sont cédés par Teccart


International 2000 inc. à l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail du Royaume du Maroc, pour sa propre utilisation au Maroc.
Mis à part l’OFPPT, toute reproduction, en tout ou en partie, par quelque procédé que ce
soit, est interdite.

Imprimé à Montréal, le 11 décembre 2012


mod2_a.doc/ 23 pages

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page ii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

TABLE DES MATIÈRES

2. LE RACCORDEMENT CAPTEUR - TRANSMETTEUR 2-1

2.1 Les standards dans la transmission de signaux 2-1


2.1.1 Le signal numérique TOR ...................................................................................... 2-1
2.1.2 Le signal analogique ............................................................................................... 2-1
2.1.3 Le transmetteur de signal 4-20mA ......................................................................... 2-2
2.1.4 Les standards de transmission pneumatiques ......................................................... 2-3
2.1.5 Les standards de transmission numériques............................................................. 2-4

2.2 Conversion d’unités 2-5


2.2.1 La grandeur physique ou grandeur d’ingénierie ..................................................... 2-5
2.2.2 La grandeur normalisée en pourcentage ................................................................. 2-5
2.2.3 La grandeur électrique ............................................................................................ 2-6
2.2.4 La gamme de mesure, les limites inférieure et supérieure ..................................... 2-6
2.2.5 L’étendue de la mesure ........................................................................................... 2-7
2.2.6 La sensibilité de la chaîne de mesure ..................................................................... 2-7
2.2.7 La résolution de la mesure...................................................................................... 2-7
2.2.8 La fonction de transfert .......................................................................................... 2-8

2.3 Les types de sorties 2-10


2.3.1 Les types des sorties numériques TOR................................................................. 2-10
2.3.2 Les types de sorties analogiques ........................................................................... 2-12
2.3.3 Raccordement d’un transmetteur 4-20mA ........................................................... 2-12
2.3.4 Les types de lien de communication..................................................................... 2-15

2.4 L'étalonnage de l'instrumentation industrielle 2-17


2.4.1 Générateur d'étalonnage universel ........................................................................ 2-18
2.4.2 Procédure d’ajustement de la gamme de mesure ................................................. 2-19
2.4.3 Validation à l'aide du multimètre ......................................................................... 2-19

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page iii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

BIBLIOGRAPHIE

BSATA A., Instrumentation et automatistion des procédés imdustriels, Éditio Le Griffon


D’Argile, 1994

CHAMPINOIS A., Alimenttion, thyristor et opto-électronique, éd. du Renouveau


Pédagogique, Montréal

RIOUT J., Capteurs industriels, technologie et méthode de choix, Service Micro-électronique


(CETIM, Établissement de Senlis)

RUEL M., Introduction à l’instrimentation industrielle et à la réguation de procédé, 1ère


édition, publié par l’auteur, Québec 1994

RUEL M., Instruments d’analyse d’usage industriels, Éditio Le Griffon D’Argile.

LABCOR, Catalogue général 1996, éd. LABCOR, ventes techniues, Canada

NATIONAL INSTRUMENTS, Catalogue 1995

Institut Teccart inc., Recherches et développement, Montréal

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page iv OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

2. Le raccordement capteur - transmetteur


Pour certaines applications de détection de seuil ou de gestion des alarmes, c’est le dépassement
d’une valeur critique qui est important. Par exemple, citons la mesure de la température pour
démarrer un système de refroidissement. Le signal est de type numérique (TOR: tout-ou-rien).
Pour d’autres applications de contrôles de procédés industrielles, nous voulons obtenir une
information plus complète. Par exemple, il faut connaître précisément la valeur de la
température; une information analogique à la température mesurée.

2.1 Les standards dans la transmission de signaux


Dans cette section, nous étudierons les différents standards utilisés dans la transmission de
signaux électriques.
2.1.1 Le signal numérique TOR
Pour signifier la présence ou l’absence d’un événement ou pour informer un opérateur d’une
condition d’alarme, nous utilisons un signal numérique (TOR: tout-ou-rien). La logique des
contacts permet, entre autre chose, d’indiquer:
• l’absence (logique 0) ou la présence (logique 1) d’un carton;
• une température inférieure (logique 0) ou supérieure (logique 1) à un seuil;
• le niveau d’un liquide inférieur (logique 0) ou supérieur (logique 1) à un seuil;
sont des exemples ou l’information acheminée vers la partie commande indique l’état de la
grandeur mesurée.
2.1.2 Le signal analogique
Le signal analogique fournit une information comprise entre deux limites définies par la gamme
de la mesure. Un capteur ou d’un transducteur proportionnel délivre un signal analogique à la
sortie. La Figure 2-1 illustre la correspondance d’un signal de sortie compris entre 0-5v pour un
tachymètre indiquant la vitesse d’un moteur pour une gamme de mesure comprise entre 0000 et
5000 tours/minute.
Vitesse
(tpm) Signal
Vitesse
5000
(tpm) de sortie
4500 5000 5v
4000
3500 4000 4v
3000 3000 3v
2500
2000 2500 2.5v
1500 2000 2v
1000
500 1000 1v

1v 2v 3v 4v 5v
2.5v
Signal
de sortie
F I G U R E 2- 1 : S I G N AL D E S O R T I E E N F O N C T I O N D E L A V I T E S S E D ' U N M O T E U R

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-1 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Les standards industriels les plus utilisés pour représenter une échelle de mesure analogique
sont:
pour les signaux électriques:
• 0 à 1V;
• 0 à 5V;
• 1 à 5V;
• 4 à 20mA;
et pour les signaux pneumatiques:
• 3 à15psi;
• 20 à 100kPa;
• 0,2 à 1,00 Bar.
2.1.3 Le transmetteur de signal 4-20mA
Le transport d’un signal analogique de tension offre quelques difficultés puisqu’il est très
sensible au bruit, et, sur une grande distance, il subit une atténuation qui est néfaste. Toutefois, le
transport d’un signal analogique de courant offre, entre autres avantages, une immunité au bruit
qui est très élevée, et aucune atténuation.
Donc, particulièrement lorsque que le signal analogique doit être transmit sur une grande
distance, nous utilisons un transmetteur 4-20mA. Ses principaux avantages sont les suivants:

1. C’est un standard reconnu par tous les fabricants.


2. Il n’y a pas d’atténuation de signal due à la distance.
3. Nous pouvons détecter facilement la rupture de ligne (fil brisé): pour une rupture
de ligne, le courant vaut 0mA.
4. Nous pouvons relier facilement des instruments compatibles 4-20mA en série
sans dépasser la valeur de la charge maximale: l’ajout d’un afficheur par exemple
devient plus simple.
5. Comme nous avons une basse impédance, le signal n’est pas affecté par le bruit.

Cependant, il faut noter que la valeur de la charge maximale, limite la quantité d’instruments que
nous pouvons relier en série sur la sortie du transmetteur. L’évaluation de la résistance totale doit
tenir compte de toutes les résistances en série ainsi que la résistance du fil utilisé. Généralement,
cette résistance maximale dépend de l’alimentation utilisée. La Figure 2-2, tel que fourni par
plusieurs manufacturiers ,démontre graphiquement la façon de calculer la charge maximale
permise selon la tension d’alimentation.
Le manufacturier précise deux paramètres importants:

1. la valeur de la tension minimale permettant au transmetteur de fonctionner


correctement Vtmin;
2. la valeur de l’alimentation maximale Vtmax.

Donc, à l’aide de l’équation suivante, vous pouvez évaluer la valeur de la charge maximale que
le transmetteur peut fournir pour une alimentation donnée. L’évaluation de la charge maximale
est faite pour le courant maximal, c’est-à-dire, 20mA.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-2 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Rmax = Va - Vtmin
20 mA
É Q U AT I O N 2- 1 : C AL C U L D E L A R É S I S T AN C E M AX I M AL E P E R M I S E

où:
• Rmax est la charge maximale;
• Va: la tension de l’alimentation;
• Vtmin: la tension minimale de fonctionnement du transmetteur.

Alimentation maximale de +36 V


Charge (tension minimale de fonctionnement
du transmetteur: 12V)

1250R

1000R

750R
650R
500R

250R

5v 10 15 20 25 30 35 40
Tension
d'alimentation (v)
Vtmin = 12v Vtmax = 36v
Alimentation = +25v

Pour une alimentation de 25v, Rmax = 25v - 12v = 650R


la charge maximale est de: 20mA

F I G U R E 2- 2 : C AL C U L D E L A C H AR G E M AX I M AL E P O U R U N T R AN S M E T T E U R 4- 20 M A

2.1.4 Les standards de transmission pneumatiques


Pour piloter des composants électromécaniques, nous utilisons une interface qui converti le
signal électrique en signal pneumatique. Pour recueillir l’information d’un système pneumatique
et la convertir pour un système de nature électrique, nous utilisons un convertisseur pneumatique
à électrique.
La Figure 2-3 montre un convertisseur courant/pression (I/P) couramment utilisé pour interfacer
un courant de 4-20mA vers 20-100kPa. On y retrouve une alimentation en air d’environ 110kPa,
une sortie d’évacuation pour l’air supplémentaire, et la sortie d’air correspondant au transfert de
courant.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-3 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Alimentation
en air
Évacuation
de l'air en
surplus

+
250 Sortie
4-20mA 3-15psi
R
-

Convertisseur 4-20mA
à 3-15psi

F I G U R E 2- 3 : C O N V E R T I S S E U R 4- 20 M A À 3- 15 P S I

Si 12mA pilote le convertisseur, la sortie convertie vaudra 60kPa ou 9psi.


Des convertisseurs du même type sont utilisés pour le standard 3-15 psi ou 20-100kPa.
2.1.5 Les standards de transmission numériques
Pour transmettre des signaux sur une grande distance, nous utilisons fréquemment des circuits de
conversion numérique. Les principaux avantages sont:
• une très grande immunité au bruit;
• la vitesse de communication;
• la validation du signal par code d’erreur;
• la possibilité de relier en réseau;
• la facilité de l’adressage et le multiplexage du signal;
• et la communication en temps partagé.
Le système de codification le plus populaire est le standard BCD (« binary coded decimal »). On
retrouve des convertisseurs 8bits, 12 bits et même 16 bits. La résolution de gamme de mesure est
excellente pour un transfert sur 8 bits, mais généralement, nous utilisons des conversions sur 12
bits.
Malheureusement, les coûts d’une telle conversion sont encore aujourd’hui assez dispendieux.
De plus, chaque manufacturier développe son propre standard de communication. Donc, il faut
utiliser les bons pilotes de communication pour intervenir au près des systèmes de régulation
répartie, des micro-ordinateurs ou des systèmes dédiés numériques telles les interfaces
opérateurs.
Les standards de communication les plus répandus sont: RS-232, RS-422, RS-485 et IEEE-488.
Plusieurs appareils de mesure numériques font maintenant usage des ces standards.
L’étude de ces standards ne fait pas objet de ce cours.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-4 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

2.2 Conversion d’unités


Pour un opérateur de système automatisé, la valeur du signal électrique transmit a peu de
signification. Donc, il faut afficher cette valeur en convertissant celle-ci dans un système avec
lequel l’opérateur sera familier. Cette mesure sera affichée en grandeur d’ingénierie, soit la
représentation usuelle utilisée pour représenter la grandeur physique.
Or, pour le technicien qui fait l’étalonnage des appareils de la chaîne de mesure, il doit procéder
à une série de conversions pour apprécier la qualité du signal mesuré. D’où l’importance de bien
connaître les principes de conversion d’unités.
Par exemple, la vitesse d’une chaîne de production n’offre pas la même représentation pour un
opérateur et pour le technicien d’entretien. En effet, pour l’opérateur, la quantité de pots à la
minute que le système automatisé fourni est la bonne donnée. Mais, à l’étalonnage, la vitesse
recherchée pour le moteur est donnée en tour par minute. De plus, la grandeur électrique fournie
par le générateur tachymétrique pour indiquer la vitesse du moteur est exprimée en voltage.
Un autre exemple: si nous disons à l’opérateur que la température mesurée à l’aide du capteur est
de 10mV, quelle conclusion pourra-t-il déduire?
Alors, la conversion de signal à l’aide de la fonction de transfert, en tout point, de la chaîne de
mesure permet le passage d’une échelle à un autre.
Pour décrire la chaîne de mesure, nous utilisons la terminologie suivante:
− la grandeur physique ou grandeur d’ingénierie;
− la grandeur normalisée en pourcentage;
− la grandeur électrique;
− la gamme de la mesure (« range »), la limite inférieure (« offset ») et la limite
supérieure;
− l’étendue (la plage) de la mesure (« span »);
− la sensibilité de la chaîne de mesure;
− la résolution de la chaîne de mesure;
− et la fonction de transfert.
2.2.1 La grandeur physique ou grandeur d’ingénierie
La grandeur physique ou grandeur d’ingénierie exprime la mesure à l’aide d’une unité connue
par l’opérateur ou par le technicien en contrôle de qualité. Par exemple : la température exprimée
en degré centigrade, la longueur exprimée en centimètre, la masse exprimée en kilogramme et le
niveau exprimé en quantité de litres.
Cette grandeur d’ingénierie est l’expression de la mesure graduée dans un système d’unité qui
communique l’information requise par l’opérateur pour prendre les bonnes décisions ou pour
l’informer de l’état de la variable mesurée.
2.2.2 La grandeur normalisée en pourcentage
À l’intérieur d’une gamme de mesure déterminée, la valeur mesurée est exprimée en
pourcentage. Par exemple, pour une gamme de mesure de 0°C à +50°C, une mesure de
température de +50°C correspondra à 100%, et une mesure de température de 0°C correspondra
à 0%.
La plupart des équipements numériques programmables (régulateurs, enregistreurs, systèmes
d’acquisition de données ou afficheurs) se programment à l’aide de la grandeur d’ingénierie ou

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-5 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

de la grandeur normalisée en pourcentage. Les calculs et les manipulations mathématiques faites


par ces systèmes sont réalisés à partir de la grandeur normalisée en pourcentage.
2.2.3 La grandeur électrique
La valeur du signal électrique mesuré est fonction du type de capteur, de la grandeur physique et
de l’alimentation électrique du capteur. Le manufacturier fournit, pour des conditions données,
un tableau ou une équation permettant d’évaluer la valeur du signal électrique délivré par le
capteur.
Après avoir conditionné et linéarisé le signal à l’aide du transducteur, nous pouvons lire un
signal de sortie proportionnel à la grandeur mesurée. Par exemple, un transducteur peut fournir
un signal électrique de 0V à 1V pour des conditions précises de la grandeur physique. Par la
suite, si nécessaire, ce signal peut être converti à l’aide d’un transmetteur 4-20mA.
Pour certaines applications, le capteur fourni un signal électrique prenant la forme d’une onde
périodique. Nous devons convertir cette onde en tension standardisée (par exemple 0-1V ou 1-
5V) à l’aide de circuit de traitement de signal tel le convertisseur fréquence - tension. Cette
conversion est faite à l’aide d’un circuit à verrouillage de phase (« PLL : Phase Lock Loop ».
2.2.4 La gamme de mesure, les limites inférieure et supérieure
Pour exploiter efficacement une chaîne de mesure, nous devons définir la limite inférieure et la
limite supérieure de la mesure que nous allons retenir. Aussi, nous allons établir ces limites pour
obtenir le maximum de précision et de visibilité de la grandeur physique mesurée.
La gamme de mesure « range » est définie par les deux valeurs limites de la mesure, soit, la
portée maximale (limite supérieure) et la portée minimale (limite inférieure).
Au-delà de cette limite supérieure ou en deçà de cette limite inférieure, la chaîne de mesure ne
peut exprimer la grandeur mesurée (« out of range »). Bien entendu, ces limites de la chaîne de
mesure doivent être à l’intérieur des limitations technologiques du capteur utilisé. Ces
caractéristiques conditionneront le choix de l’ensemble capteur - transducteur - transmetteur.
Par exemple, si nous voulons mesurer la température ambiante d’une salle dans le but de réguler
la température, l’information recueillie sera peu significative si les limites (inférieure et
supérieure) de la mesure sont de -100°C à +100°C. En effet, si la température passe de +24°C à
+26°C, soit une augmentation de 2°C, elle sera traduite par une variation de 1% seulement. Il est
essentiel de choisir la gamme de mesure de la chaîne en connaissant le contexte de l’application
industrielle. Dans le cas de mesure de la température ambiante, il serait bien de choisir une
gamme de mesure de +10°C à +40°C par exemple.
La gamme de mesure, exprimant les limites inférieure et supérieure, peut être:
− une pression de 0 à 15psi;
− une température de -10°C à +60°C;
− une température de +20°C à +30°C;
− un déplacement de 2cm à 10cm.
Souvent, le signal de sortie est non nul pour un signal d’entrée qui équivaut à la limite inférieure.
En effet, le signal de sortie d’un transmetteur 4-20mA correspond à 4mA (zéro surélevé ou
« offset ») lorsque le signal d’entrée correspond à la portée minimale.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-6 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

2.2.5 L’étendue de la mesure


L’étendue ou la plage de la mesure (« span ») est la différence algébrique entre les limites
supérieure et inférieure de la mesure. Pour les quatre exemples de gamme de mesure cités plus
haut, l’étendue de la mesure est:
− 15psi;
− 70°C;
− 10°C;
− 8 cm.
Cette information sera utile lorsque nous aurons à déterminer la sensibilité ou le gain de
l’ensemble conditionneur/transmetteur de la chaîne de mesure pour effectuer l’étalonnage.
2.2.6 La sensibilité de la chaîne de mesure
La sensibilité S est le rapport entre la variation du signal de sortie et la variation du signal
d’entrée (Équation 2-1).

S (sensibilité) = ∆sortie
∆entrée
É Q U AT I O N 2- 2 : C AL C U L D E L A S E N S I B I L I T É

Par exemple, la sensibilité d’un capteur de température sera exprimée en mV/°C.


Lorsque nous évaluons le gain d’un amplificateur de tension, la même équation est utilisée. Nous
pourrions considérer que la sensibilité d’un amplificateur de tension est de 10 pour un gain de
tension (100mV/10mV) de 10.
Par exemple, une chaîne de mesure, fournissant un courant de 4-20mA pour une variation de
température de +10°C à +40°C, possède une sensibilité globale de 0,533mA/°C. Pour chaque
augmentation de température de 1°C, il y aura une augmentation du courant de sortie de
0,533mA.
2.2.7 La résolution de la mesure
La résolution de la chaîne de mesure nous informe de la plus petite valeur que le système peut
mesurer avec précision. Normalement, cette caractéristique est fournie dans le cas d’une chaîne
de mesure possédant une interface numérique (convertisseur a/n ou n/a) à une étape de la
conversion. Plus le convertisseur aura de bits, meilleur sera la résolution.
Pour un convertisseur 8 bits (256 codes de $00 à $FF), effectuant la conversion d’un signal de
mesure de la vitesse de moteur pour une gamme de 0000-5000 tours/minute, recevant à son
entrée un signal électrique de 0-10v, la résolution sera d’environ 39,2mV. En effet, considérant
255 paliers (256 codes - 1) pour une conversion 0-10V , nous aurons:
10 volts / 255 paliers = 39,2mV/palier
5000 tpm / 255 paliers = 19,6 tpm/palier
Alors, pour chaque multiple du signal mesuré de 39,2mV, correspond un multiple de vitesse de
19,6tpm.
Donc, si le capteur de la vitesse du moteur apporte un signal de +4,3v à l’entrée du
convertisseur, celui-ci fournira un code équivalent aux paliers 109($6D) ou 110($6E). Le choix

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-7 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

entre les deux valeurs sera aléatoire et dépendra du comportement du convertisseur. Alors, la
vitesse affichée sera de 2136,4tpm ou 2156,0 soit exactement 19,6tpm de plus.
Or, le système numérique ne pourra pas afficher la vitesse réelle qui est de 2150,0tpm puisque la
résolution ne le permet pas.
2.2.8 La fonction de transfert
La fonction de transfert exprime la relation mathématique existant entre le signal d’entrée et le
signal de sortie d’un transducteur, d’un transmetteur ou tout autre système dont l’information de
la sortie est dépendante du comportement de l’information que nous retrouvons à l’entrée.
La Figure 2-4 illustre graphiquement la fonction de transfert d’une chaîne de mesure de
température ayant une portée minimale de +10°C et une portée maximale de +40°C pour une
sortie en courant de 4-20mA. Nous remarquons que ce graphique représente l’équation d’une
droite avec:
y = mx + b, où y représente la variable dépendante, soit le courant de sortie;
x représente la variable indépendante, la température mesurée;
m représente la pente de la droite, soit la sensibilité de la chaîne;
b représente le décalage à la valeur de la portée minimale.

Io(mA)

20
18
16
14
12
10
8
6
4
2

10 20 30 40 50 deg C
tx
F I G U R E 2- 4: F O N C T I O N D E T R AN S F E R T D ' U N E C H AÎ N E D E M E S U R E D E T E M P É R AT U R E

Si le transfert comporte un rapport constant, la fonction de transfert est dite linéaire et est
représentée par une droite (y = mx + b). Si le transfert comporte une relation quadratique, la
fonction de transfert est logarithmique. Si le transfert est non-linéaire, la fonction de transfert est
représentée par une série polynomiale.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-8 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Nous pouvons considérer que la fonction de transfert (relation mathématique) d’un transmetteur
de température est aussi exprimée par l’Équation 2-3:

Io (courant de sortie) = sensibilité (tx - limite inférieure) + 4mA


É Q U AT I O N 2- 3 : F O N C T I O N D E T R AN S F E R T

ou sensibilité = 20mA - 4mA


limite supérieure - limite inférieure

et tx est la température mesurée.


La représentation d’une fonction de transfert linéaire peut être aussi représentée par d’autres
types de représentations graphiques. D’ailleurs, les fabricants de matériels utilisent fréquemment
une représentation graphique pour illustrer une fonction de transfert. La Figure 2-5. fournit des
exemples de représentations graphiques usuelles (a, b, c, et d) pour des fonctions de transfert
courantes et une fonction de transfert complète.
20 100 20 10 20
40°C +5v $FF
mA kPa mv L/s mA

4 20 10 00 4
10°C +1v $00
mA kPa mv L/s mA
a) b) c) d)

(mA)
4095 5v 20

Une pression possédant une gamme de


16
mesure de 20kPa à 100kPa mesurée par
une chaîne de mesure analogique fournie
un courant de 4-20mA. Ce courant circule
12
dans une résistance de 250R placée à
l'entrée d'un instrument numérique à 12 bits
de conversion aura une étendue d'échelle
8
de 0000 à 4095 en code décimal.

0000 1v 4
00 20 40 60 80 100
(%)
100kP
20kPa
a
F I G U R E 2- 5: E X E M P L E S D E F O N C T I O N D E T R AN S F E R T

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-9 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

2.3 Les types de sorties


2.3.1 Les types des sorties numériques TOR
Pour la transmission de signal numérique, il n’y a pas de standard qui soit uniformisé. Le signal
transmit par le capteur peut être: en courant continu ou en courant alternatif.
Les tensions continues les plus utilisées sont: 5V, 10V, 12V, 24V, et 48V.
Les tensions alternatives les plus utilisées sont: 24V, 48V, 120V et 240V.
Pour quelque cas, un signal de type TTL (0-5V) est utilisé.
La teneur du signal acheminé dépend du type de sortie du capteur utilisé. Nous retrouvons trois
types de sorties:
• les sorties à contact secs pour des signaux à courant continu ou alternatif;
• les sorties à transistor (NPN ou PNP) pour des signaux à courant continu
seulement;
• les sorties à triac pour des signaux à courant alternatif seulement.
La Figure 2-6 représente un module de sortie à contact sec, la Figure 2-7. représente un module
de sortie à transistor NPN pour une charge c.c., la Figure 2-8. représente un module de sortie à
transistor PNP pour une charge c.c. et la Figure 2-9. représente un module de sortie à triac pour
une charge c.a..
Pour protéger la sortie contre les effets de « self » magnétique d'une charge inductive, nous
retrouvons divers types de protection. Pour les circuits dont la sortie alimente une charge c.c., la
protection suggérée est une diode à roue libre « free wheeling diode » en parallèle sur l'élément
inductif.
Dans le cas d'une charge c.a., deux protections sont nécessaires. Un filtre (Rs et Cs) empêche
l'amorçage intempestif du thyristor ou du triac dû à l'effet de self d'une charge inductive. Les
valeurs recommandées par la plupart des fabricants sont: Rs de 120Ω et Cs de 0.1µf. En plus, il
est recommandé de placer une varistance de valeur nominale de même valeur que la tension
d'alimentation de la charge, par exemple 120v ou 240v. Quelques fabricants nomment le
varistance: MOV, pour « Metal Oxyde Varistance ».

V+

Ligne

Circuit de Sortie à contact Source cc/ca


détection de relais

Charge cc/ca
Retour

Module de sortie à contact sec pour charge cc ou ca


F I G U R E 2- 6

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-10 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Charge cc

Sortie à
Circuit de transistor NPN
détection

Module de sortie à transistor NPN pour charge cc


F I G U R E 2- 7

Sortie à
transistor PNP

Circuit de
Charge cc
détection

Module de sortie à transistor PNP pour charge cc


F I G U R E 2- 8

Ligne

Rs

Sortie à TRIAC
Circuit de MOV
détection
Cs

Charge ca
Retour

Module de sortie à TRIAC pour charge ca


F I G U R E 2- 9

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-11 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

2.3.2 Les types de sorties analogiques


Nous retrouvons deux modèles de sortie pour le transmetteur 4-20mA. Quoique la sortie à
transistor PNP soit la plus utilisée, nous avons aussi des sorties à transistor NPN.
L'emplacement de la masse des instruments de mesure et du transmetteur doit être connue pour
éviter de court-circuiter un élément de la boucle. Une importance supplémentaire doit être
apportée pour le raccordement d'un transmetteur 4-20mA.
V+ V+

Circuit de 4-20mA Charge < R max


traitement -
analogique

Circuit de
traitement
analogique
+
4-20mA Charge < R max
-

Sortie à transistor PNP Sortie à transistor NPN

F I G U R E 2- 10

L'utilisation d'un transmetteur 4-20mA à sortie NPN, nécessite une charge flottante.
2.3.3 Raccordement d’un transmetteur 4-20mA
Trois configurations de transmetteurs 4-20mA sont disponibles sur le marché. Nous retrouvons:

1. le transmetteur deux fils ou autoalimenté;


2. le transmetteur trois fils;
3. le transmetteur quatre fils.

Le raccordement d'un transmetteur 4-20mA demande certaines considérations, à savoir:


• l'alimentation minimale et maximale du transmetteur;
• la charge maximale;
• l'emplacement de la masse.
Pour chaque configuration, le manufacturier nous informe des caractéristiques du transmetteur.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-12 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Raccordement d’un transmetteur 4-20mA deux fils


Le transmetteur deux fils, aussi appelés transmetteurs autoalimenté, s'alimente en courant à
même le signal de la boucle de courant. En effet, celui-ci requiert peu de courant pour
s'alimenter, soit moins de 4mA.
Le transmetteur autoalimenté est branché à même la boucle et ajuste le courant de la boucle en
fonction de la grandeur mesurée. Il suffit de choisir une source d'alimentation, tel que décrit à la
section précédente, en tenant compte de la charge maximale en fonction de la valeur de
l'alimentation disponible.
Généralement, le circuit électrique de transmetteur autoalimenté est flottant. L'emplacement de
la source et de la charge de la boucle doit être choisi en considérant les masses correspondantes.
La Figure 2-11 illustre le branchement d'un transmetteur autoalimenté possédant une source de
tension et une charge non flottante.
Raccordement d’un transmetteur 4-20mA trois fils
Le transmetteur trois fils pose généralement peu de problèmes. Nous devons connaître le type de
sortie (NPN ou PNP) pour identifier le raccordement correct.
Si la charge est non-flottante, une sortie PNP est requise, tel qu'illustré à la Figure 2-11.
Toutefois, l'utilisation d'un transmetteur 4-20mA à sortie NPN nécessite une charge flottante.
Raccordement d’un transmetteur 4-20mA quatre fils
Le transmetteur 4-20mA quatre fils possède généralement une sortie à transistor PNP et peut
piloter une charge non flottante.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-13 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Côté du capteur

+ - Équipement avec une


entrée 1-5V

+
250
4-20mA R
-

a) Transmetteur 2 fils

Côté du capteur

- + Équipement avec une


entrée 1-5V

+
4-20mA 250
R
-

b) Transmetteur 3 fils

Équipement avec une


entrée 1-5V
Côté du capteur
+ +
+ +
4-20mA 250
Alimentation
R
- -
-

c) Transmetteur 4 fils
F I G U R E 2- 11 : R AC C O R D E M E N T D ' U N T R AN S M E T T E U R 4- 20 M A

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-14 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Pour brancher plus d'un instrument à entrée 1-5V sur la même boucle de courant, il faut
obligatoirement utiliser des instruments à entrées flottantes. Sinon, une ou plusieurs entrées
seraient court-circuitées.
Une autre alternative (Figure 2-12) consiste à relier en parallèle sur une résistance de 250Ω
commune, les entrées des instruments que nous voulons utiliser. Évidement, cette alternative est
valable uniquement lorsque les équipements sont dans la même armoire.

Côté du capteur
Haute
+ - impédance
d'entrée

+ 2
5
4-20mA 0
R
-

Haute
impédance
d'entrée

F I G U R E 2- 12 : R AC C O R D E M E N T D E S É Q U I P E M E N T S D AN S U N E AR M O I R E

2.3.4 Les types de lien de communication


Pour la transmission de signaux, trois types de lien de communication sont utilisés. Ils sont
illustrés à la Figure 2-13.
La paire de fils torsadés « twisted pairs wires »
Le câble avec une paire de fils torsadés est le plus couramment utilisé. De faible coût, il possède
tout de même une immunité au bruit peu respectable. Toutefois, pour transporter un signal
analogique provenant d'un transmetteur 4-20mA, ses propriétés sont suffisantes.
Il se compose de deux conducteurs isolés qui sont torsadés pour améliorer ses caractéristiques
d'immunité au bruit. De plus, il possède un troisième fil que nous utilisons pour la protection
contre certains phénomènes de bruit de fond en le reliant à la terre. Pour améliorer l'immunité au
bruit, certains manufacturiers (Texas et autres) recommande de relier (mise à la terre) seulement
une extrémité du troisième conducteur, soit l'extrémité du côté de la source de signal.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-15 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Le câble coaxial
Le câble coaxial se compose d'un conducteur central enfermé dans une gaine métallique
constituant le deuxième conducteur, laquelle est connectée à la masse. Ce câble, environ dix fois
plus coûteux que la paire torsadée, est plus flexible, plus durable et possède une meilleure
immunité au bruit.
Il peut transmettre des signaux numériques à très haute vitesse.
La fibre optique
La fibre optique transporte, à l'aide de signaux lumineux, les informations à très grande vitesse
avec de très faibles pertes de transmission en comparaison avec la paire torsadée ou le câble
coaxial. La fibre optique est maintenant de plus en plus commercialisé et les coûts sont en
décroissance. La qualité de l'immunité au bruit et la vitesse de transmission, sous des conditions
critiques, sont excellentes.
Un système de fibre optique, sans répéteur, peut facilement transmettre 500 mégabits par
seconde sur 200km. Cette caractéristique fait que c'est le lien privilégié pour la transmission de
signaux numériques.
La fibre optique est petite, plus légère, et peut être installée dans des conditions industrielles
défavorables aux conducteurs électriques (température, interférences industrielles, etc.).

Conducteurs Noyau conducteur de la


torsadés fibre optique

Conducteur
Mise à la terre

Revêtement
Isolant
protecteur
Protection
métallique
Protection
Gaine métalique
supplémentaire

Isolant Isolant
extérieur extérieur

Câble coaxial Fils torsadés Fibre optique

F I G U R E 2- 13 : L E S T Y P E S D E L I E N D E C O M M U N I C AT I O N

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-16 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

2.4 L'étalonnage de l'instrumentation industrielle


Pour s'assurer de la validité et la précision de la mesure, le raccordement capteur - transmetteur
sera effectué en conformité avec les caractéristiques fournies par le fabricant des éléments. Des
informations sur les conditions d’utilisation, l’alimentation requise et le branchement usuel sont
disponibles dans les catalogues du manufacturier. Aussi, l'étalonnage des équipements de
l'instrumentation industrielle de la chaîne de mesure doit être fait de façon méthodique.
L'étalonnage des appareils demande une connaissance parfaite des caractéristiques du système à
ajuster. Les étapes suivantes doivent être suivies:

1. Procéder à la mise en place d'une procédure de calibration juste, fiable et ordonnée.


2. Établir un échéancier de calibration pour une maintenance préventive.
3. Prévenir les intervenants de l'équipe d'opérations du système des procédures de calibration
et les informer de toutes actions à entreprendre.
4. Vérifier la fonction de l'appareil dans le système (régulation, alarme ou autres) et
considérer l'étalonnage en ligne ou hors ligne.
5. Vérifier l'état de l'étalonnage avant de débuter les opérations. Si les paramètres mesurés
respectent les conditions de fonctionnement, ne pas retirer l'appareil.
6. Pour l'étalonnage hors ligne, prévoir un équipement de remplacement, une séquence de
remplacement, et si nécessaire, considérer l'arrêt momentané du système.
7. Procéder à l'étalonnage de l'appareil conformément aux paramètres de fonctionnement
préétablis.
8. Produire un rapport de calibration.

Généralement, une trousse d'étalonnage comprend:

1. la documentation appropriée pour procéder à l'étalonnage:


• la documentation complète du système;
• les spécifications de l'instrumentation industrielle;
• la procédure d'étalonnage;
• la gamme de mesure;
• les procédures d'installation, de montage et de démontage;
2. les outils spécifiques et nécessaires à l'étalonnage:
• un générateur d'étalonnage universel incluant des sorties en tension et en courant;
• des entrées spécifiques pour la mesure de grandeurs électriques;
• une trousse d'étalonnage pneumatique, une bonbonne d'air comprimé destiné à
l'alimentation des dispositifs pneumatiques;
3. des étalons de référence pour vérifier la validité de l'étalonnage.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-17 OFPPT/TECCART


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2.4.1 Générateur d'étalonnage universel


Le générateur d'étalonnage universel est un outil permettant de vérifier correctement la chaîne de
mesure à l'aide de lecture en entrée, ou de génération de signaux en sortie. En effet, la plupart
des entreprises utilisent un instrument universel pour l'étalonnage des capteurs, des
transducteurs, des transmetteurs, ou tout autre instrument nécessitant un étalonnage de précision.
Les caractéristiques générales d'un générateur d'étalonnage universel sont:
• une précision selon des normes reconnues, par exemple ISO9000;
• une linéarité de l'ordre de 0,01%;
• un afficheur numérique de précision d'au moins 5 digits;
• possibilité de mesure de signaux d'entrées:
− plusieurs plages de mesure de tension d'entrée c.c. à détection automatique « auto-
range », par exemple, ±25,000mV, ±250,00mV, ±2,5000V, ±25,000V, ±250,00V;
− plusieurs plages de mesure de tension d'entrée c.a. à détection automatique « auto-
range », par exemple, 0-250,0mv eff., 0-2,500v eff., 0-25,00v eff, 0-110v eff.;
− plusieurs plages de mesure de courant d'entrée c.c. à détection automatique «
auto-range », par exemple, ±25,000mA, ±250,00mA;
− mesure de signaux d'entrées à thermocouple;
− mesure de signaux d'entrées à RTD;
− avec un adapteur spécifique, mesure de signaux d'entrées de transducteur de
pression dont une échelle permettant la mesure de 0-15psi (100kPa) et 0-25psi
(166,67kPa);
− mesure avec une entrée ohmmètre jusqu'à 1000,0Ω au minimum;
− mesure avec une entrée fréquencemètre jusqu'à 10,000kHz au minimum;
− mesure avec une entrée périodemètre jusqu'à 10.000sec minimum;
• possibilité de générer des signaux de sorties:
− plusieurs plages de tension de sorties c.c., par exemple, ±25,000mV, ±250,00mV,
±2,5000V, ±25,000V;
− plusieurs plages de courant de sorties c.c., par exemple, 0-25.000mA, 0-
60.000mA avec alimentation de boucle disponible;
− de thermocouple;
− de RTD;
− avec un adapteur spécifique, de transducteur de pression;
− de fréquence;
− de génération d'impulsion;
• fonctionnant à batterie rechargeable pour un temps d'opération minimale de 3 heures;
• répétabilité de l'ordre de 0.01% de la plage de mesure « range »;
• isolation d'entrée/sortie de l'ordre de 500v;
• température de fonctionnement: -20°C à +45°C

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-18 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

2.4.2 Procédure d’ajustement de la gamme de mesure


Les erreurs les plus souvent rencontrées en instrumentation industrielle sont:
• l'erreur de décalage, à cause d'une erreur engendrée par la limite inférieure (le
zéro) du transducteur ou du transmetteur;
• l'erreur de sensibilité, à cause d'une erreur occasionnée par un mauvais ajustement
du gain du système d'amplification du transducteur ou du transmetteur.
L'étalonnage doit être fait, de façon minimale, en deux points de la fonction de transfert:

1. l'ajustement du zéro avec un étalon spécifique de référence;


2. l'ajustement de la sensibilité « span » à l'aide d'un autre étalon près de la valeur de
la limite supérieure de la gamme de mesure.

Généralement, une vis permet l'ajustement du zéro « offset » et une autre vis permet l'ajustement
du gain « span » du transmetteur.
Pour plusieurs appareils, les réglages s'influencent entre eux. Donc, il faut recommencer la
procédure d'étalonnage à plusieurs reprises pour obtenir des valeurs qui convergent vers les
valeurs recherchées.
Par la suite, procédez à des lectures répétées de grandeurs physiques pour des valeurs de
référence. Établissez graphiquement la fonction de transfert pour des valeurs à intervalles de
10% de la gamme de mesure. Constatez l'erreur de décalage et l'erreur de sensibilité. S'il y a lieu,
recommencer l'étalonnage de l'appareil. Avec ce graphique, vous pourrez examiner les
caractéristiques de linéarité du système.
2.4.3 Validation à l'aide du multimètre
À l'aide d'un multimètre, mesurez la valeur de la tension présente à la sortie du transducteur de
tension par rapport à la fonction de transfert fournie.
Pour le transmetteur 4-20mA, effectuez la mesure de la tension présente aux bornes de la
résistance de 250Ω pour la limite inférieure de la gamme de mesure. La tension mesurée devrait
être de +1v.
Effectuez la mesure de la tension aux bornes de la résistance de 250Ω pour la limite supérieure.
La tension devrait être de +5v.
Effectuez la mesure de la tension aux bornes de la résistance de 250Ω pour une valeur
correspondant à 50% de la gamme de mesure. La tension devrait être de +3v.

Module 2 : Le raccordement capteur - transmetteur Page 2-19 OFPPT/TECCART


Royaume du Maroc

OFFICE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DE LA PROMOTION DU TRAVAIL

COURS 14A
Capteurs et conditionneurs
Résumé de Théorie

Deuxième Année
Programme de Formation des Techniciens
Spécialisés en Électronique

DIRECTION DE LA RECHERCHE ET INGENIERIE DE LA FORMATION


Septembre 1996
Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

TECCART INTERNATIONAL 2000 inc.


3155, rue Hochelaga,
Montréal, Québec (Canada)
H1W 1G4

RÉDACTION
Michel Rouleau

DESSINS ET CONCEPTION GRAPHIQUE


Michel Rouleau

RÉVISION TECHNIQUE
Claude Théorêt et Michel Rouleau

RÉVISION LINGUISTIQUE
François Gaudreau

Les droits de reproduction et de diffusion de ce document sont cédés par Teccart


International 2000 inc. à l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail du Royaume du Maroc, pour sa propre utilisation au Maroc.
Mis à part l’OFPPT, toute reproduction, en tout ou en partie, par quelque procédé que ce
soit, est interdite.

Imprimé à Montréal, le 11 décembre 2012


[Link]/ 28 pages

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page ii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

TABLE DES MATIÈRES

3. LE TRAITEMENT DU SIGNAL EN INSTRUMENTATION 3-1

3.1 Les types de signaux 3-2


3.1.1 Les signaux d'entrées analogiques .......................................................................... 3-2
3.1.2 Les signaux de sorties analogiques......................................................................... 3-2
3.1.3 Les signaux d'entrées et de sorties numériques ...................................................... 3-2

3.2 Les configurations de signaux analogiques 3-3


3.2.1 Signal en mode asymétrique ................................................................................... 3-3
3.2.2 Signal en mode différentiel .................................................................................... 3-3
3.2.3 Signal en mode commun ........................................................................................ 3-4

3.3 Les caractéristiques des signaux analogiques d'entrées 3-5


3.3.1 L'isolation électrique .............................................................................................. 3-5
3.3.2 Protection contre les surtensions ............................................................................ 3-8
3.3.3 L'immunité au bruit ................................................................................................ 3-9

3.4 Principes de fonctionnement des circuits d'applications 3-12


3.4.1 Convertisseur 4-20mA à sortie à transistor PNP .................................................. 3-12
3.4.2 Convertisseur 4-20mA avec le circuit intégré AD694 ......................................... 3-13
3.4.3 Affichage de température ..................................................................................... 3-14
3.4.4 Préamplificateur avec atténuateur compensé ....................................................... 3-15
3.4.5 Thermomètre électronique avec LM335 .............................................................. 3-16
3.4.6 Thermomètre électronique avec AD590 .............................................................. 3-17
3.4.7 Mesure de température avec RTD au platine ....................................................... 3-18
3.4.8 Mesure de température avec un thermocouple ..................................................... 3-18
3.4.9 Circuit de mesure à jauge de contrainte ............................................................... 3-21
3.4.10 Balance électronique avec cellule de charge ...................................................... 3-22
3.4.11 Capteur de pression avec MPX2010DP ............................................................. 3-22

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page iii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

BIBLIOGRAPHIE

BSATA A., Instrumentation et automatistion des procédés imdustriels, Éditio Le Griffon


D’Argile, 1994

CHAMPINOIS A., Alimentation, thyristor et optoélectronique, éd. du Renouveau


Pédagogique, Montréal

RIOUT J., Capteurs industriels, technologie et méthode de choix, Service Micro-électronique


(CETIM, Établissement de Senlis)

RUEL M., Introduction à l’instrimentation industrielle et à la réguation de procédé, 1ère


édition, publié par l’auteur, Québec 1994

RUEL M., Instruments d’analyse d’usage industriels, Édition Odile Germain.

Guides GESO-EPFL, Capteurs de mesure et de détection, Presses Polytechniques Romandes.

LABCOR, Catalogue général 1996, éd. LABCOR, ventes techniues, Canada

NATIONAL INSTRUMENTS, Catalogue 1995.

OMEGA, Distributeur Technologies Compagny inc.

BRIAN CONTROLS, Distributeur de matériel d’instrumentation, Montréal.

OMRON Canada inc.

Institut Teccart inc., Recherches et développement, Montréal

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page iv OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3. Le traitement du signal en instrumentation


Lorsque reçus par l'ensemble transducteur - transmetteur, les signaux de mesure fournis par les
capteurs doivent être traités et conditionnés. Dans ce chapitre, nous analyserons les types de
signaux électriques et, à l'aide d'exemples d'applications de circuits de traitement des signaux
analogiques comprenant un capteur; nous approfondirons notre étude des circuits de traitement
de signal.

La compréhension des différentes configurations des circuits amplificateurs inverseurs et non-


inverseurs à base d'amplificateurs opérationnels ainsi que les circuits déjà analysés dans le cours
«Traitement de signal» du semestre précédent, sont des préalables à la bonne compréhension des
circuits d'applications présentés dans ce chapitre.

Les cours précédents vous auront permis d'analyser et de vérifier le fonctionnement des circuits
électroniques utilisés pour effectuer le traitement de signal. Les principaux circuits sont :

1. les amplificateurs inverseur et non-inverseur;


2. les filtres RLC et à base d'amplificateur opérationnel;
3. les intégrateurs RC et les différentiateurs RC;
4. les oscillateurs;
5. les comparateurs de tension;
6. les bascules monostable et astable;
7. les générateurs d'ondes carrés et triangulaires;
8. les temporisateurs intégrés;
9. les redresseurs de précisions;
10. les circuits d'interfaces a/n et n/a;
11. l'échantillonneur - bloqueur;
12. les convertisseurs v/f et f/v;
13. l'amplificateur différentiel;
14. l'amplificateur d'instrumentation;
15. le transmetteur 4-20mA;
16. le multiplexeur analogique;
17. les circuits à boucle de verrouillage de phase.

Si vous rencontrez des difficultés dans l'analyse des circuits d'applications présentés dans ce
chapitre, référez-vous à la documentation du cours « Traitement de signal ».

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-1 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.1 Les types de signaux


3.1.1 Les signaux d'entrées analogiques
Les signaux d'entrées analogiques sont des signaux de mesure de tension ou de courant. Nous les
retrouvons sous deux formes: les signaux à courant continu « c.c. » et les signaux à courant
alternatif « c.a. ».

Signaux à courant continu (c.c.):


• le signal varie relativement lentement dans le temps;
• rarement de périodicité;
• domaines d'applications: mesure de température, niveau d'un réservoir, mesure d'une
contrainte.

Signaux à courant alternatif (c.a.):


• le signal varie rapidement dans le temps;
• il faut souvent traiter le signal: filtre à l'entrée, bande passante régulière, échantillonnage,
multiplexage;
• domaines d'applications: vibration, audio, sonar, vitesse angulaire, codeur et encodeur de
positionnement.

3.1.2 Les signaux de sorties analogiques


Les signaux de sorties analogiques sont des tensions ou des courants générés pour piloter des
instruments de contrôle, des accessoires de commande ou des afficheurs.
Le signal de sortie le plus utilisé en instrumentation est le courant 4-20mA.

3.1.3 Les signaux d'entrées et de sorties numériques


Les signaux d'entrées et de sorties numériques définissent un niveau haut ou un niveau bas. Nous
retrouvons des signaux de type TTL: niveau haut ou « 1 » logique correspond à +5v, et niveau
bas ou « 0 » logique correspond à 0v.
En électronique industrielle, le niveau haut est souvent à un potentiel plus élevé pour améliorer
l'immunité au bruit, par exemple, +12v, +24v ou +30v. On retrouve aussi des signaux bipolaires
à ±12v et ±15v.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-2 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.2 Les configurations de signaux analogiques


3.2.1 Signal en mode asymétrique
Un signal en mode asymétrique « single ended mode » est mesuré par rapport au point commun.
Le signal électrique, provenant d'un capteur fournissant un signal non-flottant, (par rapport au
point commun) en est un de mode asymétrique (Figure 3-1).
Ces signaux sont grandement affectés par les interférences électromagnétiques, le bruit induit par
les composants industriels et le bruit dû au boucle de masse. La prolifération des boucles de
masse « ground loop » est néfaste pour ce type de signal.
Aussi, il faut que la source de signal soit rapprochée au maximum du circuit de traitement pour
ainsi éviter les longueurs de fil propices au cumul du bruit et, il faut s'assurer de la qualité du
câble.

Circuit typique du mode asymétrique


(amplificateur non-inverseur) Zin Charge
possédant un point commun pour la
charge et le signal d'entrée.
L'amplification est effectuée en
traitant le signal par rapport au point
commun.
F I G U R E 3- 1 : C I R C U I T AV E C S I G N AL E N M O D E AS Y M É T R I Q U E

3.2.2 Signal en mode différentiel


Nous retrouvons le signal en mode différentiel « differential mode » lorsque nous utilisons, par
exemple, la sortie d'un pont de résistance ou le signal d'une ligne balancée provenant d'un
secondaire de transformateur à prise médiane (Figure 3-2).

EXC(+)

(+)

Vsortie
Vsortie
(-)
EXC (-)

a) pont d'instrumentation b) ligne balancée

F I G U R E 3- 2 : E X E M P L E S D E S I G N AU X D E M O D E D I F F É R E N T I E L L E

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-3 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Ces signaux de mode différentiel requiert un amplificateur différentiel pour leurs traitements.
L'amplificateur différentiel possède deux entrées de signal de tension pour appliquer le signal de
mode différentiel.
L'utilisation du signal en mode différentiel offre plusieurs avantages. L'immunité au bruit
résultant du traitement du signal en mode différentiel en font un circuit privilégié pour
l'instrumentation industrielle.
De plus, un signal en mode différentiel, recueilli à la sortie d'un circuit de pont de résistance, est
peu affecté par le bruit d'ondulation de l'alimentation électrique.

entrée (+)
sortie (+)
(+)

Entrée Sortie
différentielle différentielle
(-)
sortie (-)
entrée (-)

F I G U R E 3- 3 : A M P L I F I C AT I O N D ' U N S I G N AL D E M O D E D I F F É R E N T I E L

3.2.3 Signal en mode commun


Par définition, on dit qu'un signal est de mode commun s'il attaque également les deux entrées
d'un amplificateur différentiel (Figure 3-4).
La plupart des signaux brouilleurs, des signaux perturbateurs électrostatiques et autres types de
signaux indésirables, sont des signaux de mode commun.
Lorsque les deux entrées de l'amplificateur différentiel sont réunies électriquement pour une
mesure ou affectées par un même signal par rapport au point commun, nous avons alors un
signal en mode commun.
Le bruit industriel capté aux entrées d'un amplificateur différentiel, par exemple, constitue un
signal en mode commun.

Mesure du gain en
R3 Le gain du mode commun dépend de
mode commun
la symétrie des éléments. Pour
entrée (+) R1
connaître avec exactitude le gain en
mode commun d'un amplificateur, il
entrée (-) R2 Charge doit être mesuré.
R1 = R2
R4
R3 = R4

F I G U R E 3- 4 : M E S U R E D U G AI N E N M O D E C O M M U N

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-4 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.3 Les caractéristiques des signaux analogiques d'entrées


3.3.1 L'isolation électrique
Pour des raisons de sécurité, il faut souvent isoler le signal fourni par le capteur, de l'organe de
traitement (l'ordinateur, le contrôleur ou l'automate); sinon, des signaux transitoires pourraient
venir détériorer l'organe de traitement. L'isolement est également un moyen de s'assurer que les
lectures effectuées par le circuit ne sont pas affectées par des différences de potentiel au niveau
de la masse. Ainsi, nous évitons les boucles de masse qui pourraient déformées les signaux
mesurés. De plus, nous retrouvons fréquemment, en industrie, des masses qui sont à des
potentiels différents dus à la distance parcourue par les signaux. Donc, dans ce cas, il serait
néfaste de réunir les deux masses (point commun).

Malheureusement, si l'isolation est souvent nécessaire, elle augmente sensiblement le coût du


circuit de traitement.
Les circuits permettant l'isolation électrique sont conçus à partir de deux concepts: l'isolation à
l'aide d'un couplage optique et l'isolation à l'aide d'un couplage magnétique.

L'isolation à l'aide d'un couplage optique:


Le principe du coupleur optique (opto-coupleur) est représenté à la Figure 3-5. Un signal
électrique, provenant d'un appareil de commande, est transformé en signal lumineux. Il devient
alors un émetteur optique. Il se propage (dans l'air, le plastique ou la fibre) jusqu'au récepteur
optique. L'isolation électrique est assurée car il n'y a aucune connexion entre le signal d'entrée et
le signal de sortie.
isolation électrique

émetteur récepteur
Entrée optique Sortie
optique

boîtier hermétique à la lumière ambiante

a) Schéma de principe du coupleur optique

Vivant
Signal de commande

CHARGE Retour

b) Circuit isolé par couplage optique

F I G U R E 3- 5

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-5 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Pour plus de sécurité, on utilise deux sources d'alimentation ainsi que deux masses isolées pour
les deux circuits. Par exemple, à la Figure 3-5 b, vous remarquerez qu'il n'y a aucune connexion
électrique commune entre le circuit de commande et le circuit de puissance.

Les couplages optiques les plus répandues sont utilisés pour l'isolation de signaux numériques.
Les caractéristiques sont:

• le rapport de transfert de courant peu atteindre 800 dans le cas du


photodarlington, et, pour les photothyristor, il peut fournir des courants de l'ordre
de 30mA pour amorcer des thyristors de faible puissance;
• la vitesse d'opération peut atteindre 1MHz dans le cas du phototransistor et des
délais de conduction de 2 à 20µsec pour le photothyristor;
• la tension d'isolation peut atteindre facilement le kilovolts.

Le couplage de signaux analogiques c.c. ou c.a. est plus complexe. La principale difficulté réside
dans le transfert proportionnel du signal de sortie par rapport au signal d'entrée.

Des optocoupleurs spéciaux sont construits pour répondre à cette exigence. Le circuit intégré
HCPL-2530 de Hewlett-Packard, dans un circuit d'application typique, peut donner 1% de
linéarité pour une largeur de bande de 25kHz.

L'isolation à l'aide d'un couplage magnétique:


L'isolation électrique à l'aide de couplage magnétique est très répandue à cause des coûts
relativement bas par rapport au couplage optique et des courants importants que demande
l'amorçage des thyristors de puissance.

Pour les signaux de commutation, le couplage magnétique est utilisé sous la forme d'un
transformateur d'impulsion pour déclencher un ou des thyristors de puissance tels que
représentés à la Figure 3-6.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-6 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Vivant

Générateur
d'impulsions
de
commande

CHARGE Retour

Vivant

Générateur
d'impulsions
de
commande

CHARGE Retour

F I G U R E 3- 6 : C O U P L AG E P AR T R AN S F O R M AT E U R D ' I M P U L S I O N S

Pour le couplage linéaire de signaux analogiques, le circuit d'application requiert la conversion


du signal analogique d'entrée en fréquence au primaire d'un transformateur et la conversion de la
fréquence en tension au secondaire. Cette conversion est nécessaire puisque le couplage
magnétique demande un signal alternatif (di/dt).
On retrouve ces applications de couplage magnétique pour des circuits d'amplificateurs isolés,
tel le AD202/204, commercialisé par la compagnie « Analog Devices », dont le schéma de
principe est présenté à la Figure 3-7.
Référez-vous à la documentation du cours « Traitement de signal » pour des informations
analytique de fonctionnement de circuit.

Convertisseur v/f Convertisseur f/v

Modulateur de Démodulateur de
entrée fréquence VCO fréquence
sortie

100% Fmax
Tension moyenne
d'entrée
50% Fo

0% Fmin
Fmin Fo Fmax 0% 50% 100%

F I G U R E 3- 7 : S C H É M A D E P R I N C I P E D ' U N C I R C U I T D ' I S O L AT I O N P O U R S I G N AL AN AL O G I Q U E

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-7 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.3.2 Protection contre les surtensions


La protection contre les surtensions des circuits électriques est réalisée à l'aide de circuits
limiteurs de tensions à diodes. La Figure 3-8 illustre quelques exemples de circuits de
protections usuels.

Considérant qu'une diode devient conductrice pour une tension d'environ 0,5v, la tension
maximale se rendant à la sortie du limiteur a) est de ± 5,5v et la tension maximale se rendant à la
sortie du limiteur b) est de ± 0,5v.

La limitation contre les surtensions pour l'entrée du circuit dépend de la puissance nominale de
la résistance R1 à l'entrée du circuit. Par exemple, pour le premier circuit, si R1 = 10KΩ,
250mW, le circuit pourra recueillir à l'entrée une tension d'environ 55v avant que la résistance
brûle. Bien entendu, la diode doit pouvoir supporter le courant, soit 5,0mA.

E2
P= alors Emax = PR E max = 250mWx10K = 50v
R

Donc, la tension maximale d'entrée du limiteur a) est de 50v + 5,5v = 55,5v

+5v

D1
R1

R1 entrée

entrée D3 D4

D2

-5v

a) Limiteur de tension b) Limiteur de tension


F I G U R E 3- 8 : L I M I T E U R D E T E N S I O N

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-8 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.3.3 L'immunité au bruit


La caractéristique du rejet du mode commun:
Lorsque nous transportons un signal bas niveau de l'ordre de la centaine de micro-volt, il faut
porter une attention particulière au bruit et à l'influence du bruit sur le signal à traiter. Si le signal
à traiter est manifestement noyé par le bruit induit par les ondes électromagnétiques, le
transmetteur ne nous donnera pas une information précise de la grandeur physique mesurée.

Les fiches signalétiques des amplificateurs d'instrumentation donnent le taux de réjection en


mode commun, ou « common mode rejection ratio: CMRR » et il s'exprime en décibel. Par
définition, ce taux égale le rapport du gain différentiel sur le gain en mode commun.
Le calcul du taux de rejet en mode commun (CMRR) est fait selon l'Équation 3-1.

Av ( diff )
Taux de rejet en mode commun CMRR = 20log
Av ( commun )
É Q U AT I O N 3- 1

Soulignons que le CMRR de l'amplificateur opérationnel 741C est de 90db aux basses
fréquences.

Dans une application pratique, pour évaluer le CMRR, il suffit de mesurer le gain en mode
commun et le gain en mode différentiel de l'amplificateur. Le gain en mode commun d'un
amplificateur différentiel dépend de sa symétrie. Si l'amplificateur était parfaitement symétrique,
le gain en mode commun serait de 0,00. Évidemment, ce n'est jamais le cas pratiquement. Alors,
pour connaître le gain en mode commun, il faut injecter un signal commun simultanément sur
les deux entrées de l'amplificateur et mesurer le signal de sortie tel que décrit précédemment à la
Figure 3-4.

Si les deux transistors de l'amplificateur différentiel et les résistances de polarisation sont bien
choisis, l'amplificateur peut fournir un gain en mode commun de l'ordre de 0,03, par exemple.
Alors, pour un signal commun de l'ordre de 100mv (soit du bruit), nous aurons un signal
différentiel de sortie de 3mv.

Et si le signal en mode différentiel est de 50mv et que le gain différentiel est de 100, le signal de
sortie sera de 5,0v.

Nous pouvons constater qu'à la source, le signal était grandement affectée par le bruit: 100mv de
bruit versus 50mv de signal. Or, après le rejet du bruit et l'amplification du signal en mode
différentiel, le signal de sortie est de 5,0v et le bruit est de 3mv seulement.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-9 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Donc, pour l'exemple précédent, le CMRR de l'amplificateur d'instrumentation est de:

100
CMRR = 20 log = 70,46db
0,03

Les amplificateurs d'instrumentation intégrés sont maintenant très performants. À cause des
nouvelles technologies de découpage de précision au laser, nous retrouvons des amplificateurs
pouvant atteindre un CMRR de l'ordre de 140db.

Comme l'Équation 3-1 le propose, pour améliorer le CMRR d'un amplificateur, il suffit, soit
d'augmenter le gain différentiel, ou de diminuer le gain en mode commun. C'est ce qu'offre
l'amplificateur d'instrumentation. Référez-vous à la Figure 3-9 pour une étude de l'amplificateur
d'instrumentation.

Le premier étage (U1 et U2) forme un préamplificateur dont le gain différentiel est assez élevé,
 2R 
soit: Av ( diff ) =  3  + 1 ; et le gain du mode commun est de 1,0.
 R4 

R8
Le deuxième étage formé autour de U3 a un gain différentiel équivalent à: Av ( diff ) = . Le
R6
gain en mode commun est relativement faible, mais pour le connaître, nous devons le mesuré.

R1 = R2 R3 = R5 R6 = R7 R8 = R9

V+
R6 R8 Ajustement de la tension
U1
de décalage

entrée (+)
R1 V-
R3
Entrée
R4 U3
différentielle
R5 Sortie

entrée (-) R1

U2
R7 R9

Préamplificateur Amplificateur de différence

F I G U R E 3- 9 : A M P L I F I C AT E U R D ' I N S T R U M E N T AT I O N

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-10 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

La caractéristique du rapport signal/bruit:


La caractéristique du rapport signal/bruit (« S/N ratio ») est importante.
Par définition, cette caractéristique équivaut au rapport du signal sur le bruit et il s'exprime en
décibel.
Le calcul du rapport signal/bruit est fait selon l'Équation 3-2.

signal
S/N ratio = 20log
bruit
É Q U AT I O N 3- 2

Pour l'exemple précédent, le S/N ratio sera de:

50mv
pour l'entrée; S/N ratio = 20 log = −6,02db
100mv

5,0v
et pour la sortie; S/N ratio = 20 log = +64,43db
3mv
Nous pouvons remarquer que l'amplificateur a amélioré le rapport signal/bruit entre la sortie et
l'entrée de la valeur exacte du CMRR.

Aussi, pour éviter les interférences électromagnétiques (EMI) retrouvées en grande quantité en
industrie, nous utiliserons un câble à paire torsadée. Reliez adéquatement le troisième fil par une
mise à la terre au niveau de la source du signal (une extrémité seulement). Ces torsades à 90°
aident également à éliminer les interférences électromagnétiques.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-11 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4 Principes de fonctionnement des circuits d'applications

3.4.1 Convertisseur 4-20mA à sortie à transistor PNP


Référez-vous à la Figure 3-10, pour l'étude du circuit.

Procédure de calibration:
• pour 0,00V à l'entrée, ajustez R5 (offset) pour obtenir 4,0mA de courant de sortie ou +1v
dans une résistance de précision de 250Ω;
• pour 1,00V à l'entrée, ajustez R4 (span) pour obtenir 20,0mA de courant de sortie ou +5v
dans une résistance de précision de 250Ω.

15v − 1v
La charge maximale pouvant être placée à la sortie du circuit est de Rmax = = 700Ω , si
20mA
nous considérons une tension minimale de 1v pour le fonctionnement adéquat du transistor,
avant la saturation.

F I G U R E 3- 10 : C O N V E R T I S S E U R 4- 20 M A À S O R T I E À T R AN S I S T O R PNP

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-12 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.2 Convertisseur 4-20mA avec le circuit intégré AD694


Référez-vous à la Figure 3-11, pour l'étude du circuit.
Le circuit intégré AD694 est un convertisseur de tension-courant pour une transmission d'un
courant de sortie 4-20mA intégré, commercialisé par la compagnie « Analog Devices ». La plage
du signal d'entrée, traitée par ce convertisseur, peut être modifiée suivant le choix du concepteur.
Il permet de mesurer des tensions d'entrées suivant les caractéristiques inscrites dans le Tableau
3-1. Par l'ajout de potentiomètre, on peut ajuster les tensions d'entrées minimale et maximale
pour un courant de sortie de 4 à 20mA.
T AB L E AU 3- 1 : C O N V E R T I S S E U R AD694
Plage du Plage du Référence Alimentation Broche 9 Broche 4 Broche 8
signal d'entrée signal de sortie interne minimale
0 - 2,0v 4-20mA 2v 4,5v Broche 5 Broche 5 Broche 7
0 - 10,0v 4-20mA 2v 12,5v Broche 5 Ouverte Broche 7
0 - 2,5v 0-20mA 2v 5,0v ≥ 2,0v Broche 5 Broche 7
0 - 12,5v 0-20mA 2v 13,0v ≥ 2,0v Ouverte Broche 7
0 - 2,0v 4-20mA 10v 12,5v Broche 5 Broche 5 Ouverte
0 - 10,0v 4-20mA 10v 12,5v Broche 5 Ouverte Ouverte
0 - 2,5v 0-20mA 10v 12,5v ≥ 2,0v Broche 5 Ouverte
0 - 12,5v 0-20mA 10v 13,0v ≥ 2,0v Ouverte Ouverte

Une sortie « ALARM est disponible pour signifier le bris de câble en détectant la coupure du
courant de sortie.
Le circuit illustré à la Figure 3-11 possède la fonction de transfert suivante: pour un signal
d'entrée de 0 à +1V, il fournit un courant de 4 à 20mA.
Procédure de calibration:
• pour 0,00V à l'entrée, ajustez P1 (offset) pour obtenir 4,0mA de courant de sortie ou +1v dans
une résistance de précision de 250Ω sur la sortie;
• pour 1,00V à l'entrée, ajustez P2 (span) pour obtenir 20,0mA de courant de sortie ou +5v dans
une résistance de précision de 250Ω sur la sortie.
+12v
680R

DEL
TIL 220
13
Vs
8 2.0V SENSE ALARM 10
50K
multitours Iout 11 +
1 FB AD694 Sortie de courant
4-20mA
3 -SIG
+ 2.0V
COM
4mA 4mA -
2 +SIG FS ON/OFF ADJ
4 5 9 6
Entrée de tension P2
0-1v
- 2K
10K
5K
multitours

P1
3K9

F I G U R E 3- 11 : C O N V E R T I S S E U R 4- 20 M A AV E C L E C I R C U I T I N T É G R É AD694

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-13 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.3 Affichage de température


Référez-vous à la Figure 3-12, pour l'étude du circuit.

Le montage possède une résistance de 250Ω pour la conversion d'un signal 4-20mA à 1-5v.
L'amplificateur de différence, précédé de suiveur, fournit un signal en mode asymétrique à un
sommateur de tension qui permet d'ajuster le zéro (0%)et le maximum (100%).

Procédure de calibration:
• pour 4mA sur l'entrée, ajustez le potentiomètre de 1K (0% adj) pour obtenir une lecture de
0,0mV, tension représentant le 0%;
• pour 20mA sur l'entrée, ajustez le potentiomètre de 10K (100% adj) pour obtenir une lecture
de 100,0mV, tension représentant le 100%;

F I G U R E 3- 12 : A F F I C H AG E D E T E M P É R AT U R E

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-14 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.4 Préamplificateur avec atténuateur compensé


Référez-vous à la Figure 3-13, pour l'étude du circuit.

Le transistor à effet de champs (TEC) offre une caractéristique d'impédance d'entrée très élevée.
Polarisé par une source à courant constant, le signal de sortie, à la source du transistor, propose
une sortie en suiveur.
Le diviseur de tension formé des résistances R1, R2, et R3 forme un atténuateur à trois sorties.
(atténuateur de 0,00 - 0,1 - 0,01).
Les condensateurs C1, C2 et C3 forcent le diviseur d'impédance à maintenir un rapport
d'atténuation constant pour un signal alternatif à fréquence variable. (R1C1 = R2C2 = R3C3).

Procédure de calibration:
• Ajuster R12 (bias) pour obtenir environ 2v (c.c.) à la source de Q3.
• Déplacer le curseur de R7 (offset) sur toute sa course et vérifier que le niveau c.c. à la sortie
varie d'environ -2v à +2v c.c.
• Si la plage de sortie de l'ajustement précédent n'est pas symétrique autour du 0v, réajuster
R12 en conséquence.
• Appliquer une onde carrée à l'entrée du circuit et observer le signal de sortie.
• Placer SW2 à la position X10 et court-circuiter R3. Ajuster C2 pour obtenir l'onde carrée de
sortie la plus parfaite possible.
• Placer SW2 à la position X100 et enlever le court-circuit. Ajuster C4 pour obtenir l'onde
carrée de sortie la plus parfaite possible.

F I G U R E 3- 13 : P R É AM P L I F I C AT E U R AV E C AT T É N U AT E U R C O M P E N S É

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-15 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.5 Thermomètre électronique avec LM335


Référez-vous à la Figure 3-14, pour l'étude du circuit et aux caractéristiques du LM335.

Pour le LM335, nous avons les principales caractéristiques suivantes:


Vsortie = 10mV/°K pour une plage de mesure de -40°C à +100°C.
Sur ce circuit, il importe que R3 = R4 (mesurée ou 1% de tolérance).
Le circuit d'application du LM335 requiert une calibration en un point, soit à la température
ambiante. Il fournit un signal de sortie avec une sensibilité de 10mv/°C.

Procédure de calibration:
• Ajuster R1 pour obtenir au point A, une tension correspondante à la température ambiante en
°K. Par exemple, si la température est de 22°C ou 295°K, la tension au point A doit être de
-2,95v.
• Avec SW1 ouvert, vérifiez que la tension de sortie est de +2,95v; sinon, vérifiez que R3 = R4.
• Avec SW1 fermé, ajuster R6 (celsius adj) pour obtenir une tension de sortie de 0,22V, qui
correspond au 22°C de l'exemple précédent.

F I G U R E 3- 14 : T H E R M O M È T R E É L E C T R O N I Q U E AV E C L M 335

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-16 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.6 Thermomètre électronique avec AD590


Référez-vous à la Figure 3-14, pour l'étude du circuit et aux caractéristiques du AD590.

Pour le AD590, nous avons les principales caractéristiques suivantes:


Sortie = 1µA/°K pour une plage de mesure de -55°C à +150°C., et requiert une
alimentation comprise entre +4v et +30v.
Le circuit d'application du AD590 requiert une calibration en deux points pour que sa fonction
de transfert soit sans décalage. Il fournit un signal de sortie en courant avec une sensibilité de
10mv/°C.
L'avantage du AD590 est la sonde de température peut être à grande distance puisque le AD590
fournit un signal en courant de sortie.

Procédure de calibration:
• Placer le AD590 dans de l'eau très froide avec de la glace.
• Ajuster R1 (zéro cal.) pour obtenir une tension de sortie de 0v, pour une température de 0°C.
• Placer le AD590 dans de l'eau bouillante.
• Ajuster R4 (sensibilité) pour obtenir une tension de sortie de 1,0v, pour une température de
100°C.

F I G U R E 3- 15 : T H E R M O M È T R E É L E C T R O N I Q U E AV E C AD590

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-17 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.7 Mesure de température avec RTD au platine


Référez-vous à la Figure 3-16 pour l'étude du circuit.

Le RTD platine 100Ω, placé dans un pont de Wheatstone, fournit un signal en mode différentiel
aux deux entrées de l'amplificateur d'instrumentation. L'ajustement R17 (sensibilité) permet
l'ajustement de la sensibilité en fonction:
• de l'alimentation du circuit;
• de la sensibilité du pont;
• du gain de tension de l'amplificateur d'instrumentation qui est fixe.

Le potentiomètre R15 permet de balancer les deux branches du pont, et R12 permet d'ajuster le
zéro (offset) de la sortie.

Le choix du gain de l'amplificateur d'instrumentation (gain = 10,3) et la procédure d'ajustement


suggérée, transfert la température mesurée en signal de sortie ayant une sensibilité de 10mv/°C.
Le pont, quant à lui, possède une sensibilité de 1mv/v/°C à cause du choix des résistances des
branches du pont, soit 15mV/°C.
Donc, pour une mesure d'une température de 0°C à +100°C, la tension de sortie sera de 0v à +1v.

Procédure de calibration:
• Placer le RTD dans de l'eau très froide avec de la glace, ou mieux encore, remplacer le RTD
par une résistance de précision de 100Ω: à 0°C, le RTD platine vaut 100Ω.
• Ajuster R15 (balance) pour obtenir une tension de sortie de 0v à la sortie du pont.
• Ajuster R12 (zéro) pour obtenir une tension de sortie de 0v à la sortie du circuit.
• Placer le RTD dans de l'eau bouillante, ou mieux encore, remplacer le RTD par une résistance
de précision de 138,50Ω (boîte à décades): à 100°C, le RTD platine vaut 138,50Ω.
• Ajuster R17 (sensibilité) pour obtenir une tension de sortie de +1v à la sortie du circuit.

3.4.8 Mesure de température avec un thermocouple


Référez-vous à la Figure 3-17, pour l'étude du circuit.

Le thermocouple fournit un signal de tension de sortie proportionnel à la différence de


température entre une jonction de référence et à température mesurée.
Le circuit intégré LM321 est un préamplificateur de précision qui possède un dérive thermique
constante. Lorsque la température ambiante: qui est la référence de la jonction froide; variera,
alors un signal de correction viendra compenser thermiquement la tension de référence. Ainsi, le
circuit est compensé automatiquement pour un changement de la température de jonction de
référence. Il faut donc calibrer adéquatement le circuit pour une température ambiante.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-18 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Le choix des résistances R6 et R7 est fait en fonction du thermocouple (type J ou K) utilisé. La


sensibilité du thermocouple choisi est atténuée par un diviseur de tension dont le signal de sortie
est de 10µv/°C. Alors, l'amplificateur, possédant un gain de tension de 1000, fournit un signal de
sortie de 10mv/°C.

Procédure de calibration:
• Court-circuiter le thermocouple et relier le curseur du potentiomètre R9 au commun du
circuit.
• Ajuster le potentiomètre R3 « Kelvin adj » pour obtenir un signal de sortie correspondant à la
température ambiante en degré Kelvin. Par exemple, si la température ambiante est de 20°C
(293°K), ajuster le signal de sortie à 2,93v: pour une sensibilité globale de 10mv/°K.
• Enlever le fil reliant le curseur de R9 au point commun.
• Ajuster le potentiomètre R9 « Celsius adj » pour obtenir un signal de sortie correspondant à la
température ambiante en degré Celsius. Donc, pour une température ambiante est de 20°C
ajuster le signal de sortie à 200mv: pour une sensibilité globale de 10mv/°C.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-19 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 3- 16 : M E S U R E D E T E M P É R AT U R E AV E C RT D AU P L AT I N E

F I G U R E 3- 17 : M E S U R E D E T E M P É R AT U R E AV E C U N T H E R M O C O U P L E

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-20 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.9 Circuit de mesure à jauge de contrainte


Sur le schéma de principe de la Figure 3-18, deux jauges de contrainte sont placées dans un pont
de mesure. L'une est active et l'autre est passive dépendant de la mesure effectuée, soit une
mesure de traction ou une mesure de torsion.
La déformation de la jauge active change la valeur de la résistance nominale de la jauge et
occasionne un débalancement du pont qui délivre un signal alternatif en mode différentielle à sa
sortie. Le détecteur de phase permet le conditionnement du signal pour ensuite, à l'aide d'un
détecteur de crête, fournir un signal à courant continu.
Le détecteur de phase apporte une différence de potentiel entre les deux sorties en fonction de la
déformation que subit les jauges. Nous recueillons une tension différentielle nulle lorsqu’aucune
déformation n’affecte les jauges alors il n’y a pas de débalancement du pont.
Une tension différentielle positive ou négative est présente à la sortie en fonction du sens de la
déformation.
Le signal présent à la prise médiane du transformateur est suffisamment élevé et, par
superposition, assure la polarisation de la diode pendant l’alternance positive.

Détecteur de phase
Source de signal J1 J2
alternatif
~1kHz (+)
Tension de
sortie
différentielle
(-)

Réglage de sensibilité

F
mesure de force
J1: active F
J2: passive mesure de torsion
J1: passive
J1 J1 J2: active

J2 J2

F I G U R E 3- 18 : C I R C U I T D E M E S U R E À J AU G E D E C O N T R AI N T E

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-21 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

3.4.10 Balance électronique avec cellule de charge


Référez-vous à la Figure 3-19, pour l'étude du circuit.

La cellule de charge, modèle 20DBB, de la compagnie Aries, possède les caractéristiques


suivantes:
• tension d'alimentation: 10volts;
• charge maximale: 20Kg;
• sensibilité: 100µv/v/Kg ou 2mv/v/20Kg; (qui sont des grandeurs équivalentes)
• sensibilité: 1mv/Kg lorsqu'alimenté sous 10v;

Cette cellule de charge, dont la géométrie matériel permet une mesure de masse allant jusqu'à
20Kg, est formée électriquement d'un pont de jauge compensé thermiquement. Quatre fils sont
disponibles: deux pour l'alimentation, et deux pour recueillir le signal en mode différentiel.
Considérant une sensibilité de sortie de 100mv/Kg, pour une force de 20Kg, nous obtenons un
signal de sortie de +2v.

Procédure de calibration:
• Sans charge mécanique sur le plateau de la cellule de charge, ajuster R15 « balance » pour
obtenir 0v. à la sortie du pont.
• Ajuster R12 « zéro » pour obtenir une tension de sortie de 0v.
• Avec la charge maximale de 20Kg, ajuster R4 « sensibilité » pour obtenir un signal de sortie
de +2v.

3.4.11 Capteur de pression avec MPX2010DP


Référez-vous à la Figure 3-20, pour l'étude du circuit.
Le capteur de pression différentielle, modèle MPX2010DP, de la compagnie Motorola, possède
les caractéristiques suivantes:
• tension d'alimentation: 10volts;
• plage de la pression différentielle: 0,0 - 10kPa (0,0 - 1,5psi);
• pression maximale: 75kpa;
• sensibilité: 2,5mv/kPa ou 17,24mv/psi sachant que 1,0kPa = 0,145psi;
• sensibilité: 0,625mV/po d'eau. (pression = ρgh);

Ce capteur, possédant deux orifices de mesure de pression, permet la mesure de pression


différentielle entre ces deux orifices. Si un orifice est laissé à l'air libre, le signal de sortie
différentiel sera proportionnel à la pression exercée sur l'orifice actif.

Quatre fils sont disponibles: deux pour l'alimentation, et deux pour recueillir le signal en mode
différentiel.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-22 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Procédure de calibration pour une mesure de pression:


• Pour une pression différentielle nulle, ajuster R12 « zéro » pour obtenir une tension de sortie
de 0v.
• Pour une sensibilité de 1,0v/psi, avec une pression différentielle de 1,0psi, ajuster R4 «
sensibilité » pour obtenir une tension de sortie de 1,0v.

Procédure de calibration pour une mesure de niveau:


• Avec une colonne d'eau de 0,0po (bassin vide), ajuster R12 « zéro » pour obtenir une tension
de sortie de 0v.
• Pour une sensibilité de 100,0mv/po d'eau, avec une colonne d'eau de 20po (par exemple),
ajuster R4 « sensibilité » pour obtenir une tension de sortie de 2,0v.
• Sur ce capteur, à cause de la pression maximale, vous ne devez jamais appliquer une pression
dont la colonne d'eau dépasse 40po.

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-23 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 3- 19 : B AL AN C E É L E C T R O N I Q U E AV E C C E L L U L E D E C H AR G E

F I G U R E 3- 20 : C AP T E U R D E P R E S S I O N AV E C M PX2010DP

Module 3 : Le traitement du signal en instrumentation Page 3-24 OFPPT/TECCART


Royaume du Maroc

OFFICE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ET DE LA PROMOTION DU TRAVAIL

COURS 14A
Capteurs et conditionneurs
Résumé de Théorie

Deuxième Année
Programme de Formation des Techniciens
Spécialisés en Électronique

DIRECTION DE LA RECHERCHE ET INGENIERIE DE LA FORMATION


Septembre 1996
Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

TECCART INTERNATIONAL 2000 inc.


3155, rue Hochelaga,
Montréal, Québec (Canada)
H1W 1G4

RÉDACTION
Michel Rouleau

DESSINS ET CONCEPTION GRAPHIQUE


Michel Rouleau

RÉVISION TECHNIQUE
Claude Théorêt et Michel Rouleau

RÉVISION LINGUISTIQUE
François Gaudreau

Les droits de reproduction et de diffusion de ce document sont cédés par Teccart


International 2000 inc. à l’Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du
Travail du Royaume du Maroc, pour sa propre utilisation au Maroc.
Mis à part l’OFPPT, toute reproduction, en tout ou en partie, par quelque procédé que ce
soit, est interdite.

Imprimé à Montréal, le 11 décembre 2012


[Link]/ 56 pages

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page ii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

TABLE DES MATIÈRES

4. LES PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT DES CAPTEURS 4-1

4.1 Les détecteurs optoélectroniques 4-1


4.1.1 Les photodiodes ...................................................................................................... 4-3
4.1.2 Les phototransistors ................................................................................................ 4-3
4.1.3 Les photorésistances ............................................................................................... 4-4
4.1.4 Les cellules photovoltaïques .................................................................................. 4-4

4.2 La mesure de poids et de déformation 4-5


4.2.1 Les jauges de contrainte ......................................................................................... 4-5
4.2.2 La cellule de charge ................................................................................................ 4-7

4.3 Les détecteurs de position ou de déplacement 4-7


4.3.1 Les détecteurs de proximité .................................................................................... 4-7
4.3.2 Les capteurs potentiométriques .............................................................................. 4-8
4.3.3 Les capteurs de déplacement avec transformateur différentiel............................. 4-11
4.3.4 Les capteurs à effet Hall ....................................................................................... 4-15
4.3.5 Les détecteurs à contacts Reed ............................................................................. 4-16
4.3.6 Les capteurs de vitesse de rotation ....................................................................... 4-16
4.3.7 Les capteurs de position angulaires: incrémentiel et absolu................................. 4-18

4.4 Les capteurs de température 4-20


4.4.1 Lames bimétalliques (pyromètre à bilame) .......................................................... 4-21
4.4.2 Les thermomètres à bulbes ou à dilatation ........................................................... 4-21
4.4.3 Les diodes, les transistors et les transducteurs intégrés ........................................ 4-22
4.4.4 Les thermistances ................................................................................................. 4-23
4.4.5 Les thermomètres à résistances RTD ................................................................... 4-24
4.4.6 Les thermocouples ................................................................................................ 4-26
4.4.7 Les thermomètres à rayonnement ......................................................................... 4-30
4.4.8 Les thermomètres optiques ................................................................................... 4-31

4.5 Les capteurs de pression 4-32


4.5.1 Les manomètres hydrostatiques............................................................................ 4-32
4.5.2 Le manomètre à tube de bourdon ......................................................................... 4-33
4.5.3 Le manomètre à déformation de membrane ......................................................... 4-34
4.5.4 Le capteur de pression à jauge.............................................................................. 4-35
4.5.5 Autres types de capteurs de pression .................................................................... 4-35

4.6 Les capteurs de niveau 4-37


4.6.1 Interprétation du niveau par mesure de la pression .............................................. 4-37
4.6.2 Mesure du niveau par bulle à bulle ...................................................................... 4-37
4.6.3 Mesure par sonde capacitive ou par résistivité ..................................................... 4-39
4.6.4 Mesure par capteur ultrasonique .......................................................................... 4-39
4.6.5 Mesure par système nucléaire............................................................................... 4-40

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page iii OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.7 Les capteurs de débit 4-41


4.7.1 Les débitmètres à tube de Venturi ........................................................................ 4-43
4.7.2 Les débitmètres à tube de Pitot............................................................................. 4-43
4.7.3 Les rotamètres ...................................................................................................... 4-44
4.7.4 Les débitmètres électromagnétiques..................................................................... 4-44
4.7.5 Les débitmètres ultrasonique ................................................................................ 4-47
4.7.6 Les débitmètres à vortex ....................................................................................... 4-47
4.7.7 Les débitmètres à turbine...................................................................................... 4-47
4.7.8 Les débitmètres anémométriques ......................................................................... 4-47

4.8 Conclusion sur le choix des capteurs 4-48


4.8.1 Caractéristiques des capteurs de température ....................................................... 4-48
4.8.2 Caractéristiques des capteurs de pression............................................................. 4-49
4.8.3 Caractéristiques des capteurs de niveau ............................................................... 4-50
4.8.4 Caractéristiques des capteurs de débit .................................................................. 4-51

BIBLIOGRAPHIE
BSATA A., Instrumentation et automatistion des procédés imdustriels, Éditio Le Griffon
D’Argile, 1994

CHAMPINOIS A., Alimentation, thyristor et optoélectronique, éd. du Renouveau


Pédagogique, Montréal

RIOUT J., Capteurs industriels, technologie et méthode de choix, Service Micro-électronique


(CETIM, Établissement de Senlis)

RUEL M., Introduction à l’instrimentation industrielle et à la réguation de procédé, 1ère


édition, publié par l’auteur, Québec 1994

RUEL M., Instruments d’analyse d’usage industriels, Édition Odile Germain.

Guides GESO-EPFL, Capteurs de mesure et de détection, Presses Polytechniques Romandes.

LABCOR, Catalogue général 1996, éd. LABCOR, ventes techniues, Canada

NATIONAL INSTRUMENTS, Catalogue 1995.

OMEGA, Distributeur Technologies Compagny inc.

BRIAN CONTROLS, Distributeur de matériel d’instrumentation, Montréal.

OMRON Canada inc.

Institut Teccart inc., Recherches et développement, Montréal

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page iv OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4. Les principes de fonctionnement des capteurs


Dans ce chapitre, nous présentons les principes de fonctionnement généraux des capteurs
industriels. Les principes étant nombreux et complexes, nous vous invitons à vous procurer des
catalogues de compagnies qui fabriquent des capteurs industriels pour trouver des explications
complètes et précises sur le fonctionnement du capteur qui vous intéresse.
Les phénomènes utilisés pour la détection d'une grandeur physique sont variés. Ils sont
électriques, électromagnétiques, piézo-électriques, mécaniques, opto-électroniques, etc.
Phénomène électrique: mesure d'un signal électrique provenant d'un circuit transducteur, dont
l'élément primaire de mesure (le capteur), peut varier sa résistivité, sa capacité, son inductance
ou fournir un signal de tension (photovoltaïque, par exemple).
Phénomène électromagnétique: mesure d'un signal électrique associé à une variation d'un champ
magnétique ou d'une inductance magnétique.
Phénomène opto-électronique: détection d'un signal lumineux pouvant varier un courant, une
tension ou une résistivité.
Phénomène mécanique: interprétation d'une force, d'une pression, d'un poids, d'une torsion, d'un
couple par déformation ou variation de la longueur d'un transducteur électrique: la jauge de
contrainte placée dans un circuit en pont.
Phénomène piézo-électrique: des cristaux dépourvus de centre de symétrie soumis à des forces
externes (vibration) fournissent un signal électrique.
Phénomène thermoélectricité: mesure de la température d'un corps par effet Seebeck. Lorsque
l'extrémité d'un barreau métallique est chauffée, il y a diffusion des électrons vers la partie
froide.
Phénomène acoustique: mesure de la variation de fréquence d'un système vibrant, mesure de la
vitesse de la propagation d'une onde acoustique ou mesure du temps de parcours d'un signal sur
une distance déterminée. Les capteurs ultrasoniques en sont un exemple.
Les capteurs ou transducteurs possèdent des sorties de signaux analogiques ou numériques.
Consultez attentivement les notices du manufacturier pour identifier les types de sorties
disponibles, les modes de branchements sécuritaires et les alimentations nécessaires.

4.1 Les détecteurs optoélectroniques


L'optoélectronique est un domaine si vaste qu'il est impossible, dans ce résumé, d'effectuer une
synthèse de tous les produits qui la composent. Cette technologie est en progression constante, et
les domaines d'applications sont aussi diversifiés que le concepteur l'exige.
Les domaines d'applications sont, entre autres:
• l'apparition ou la disparition d'un faisceau lumineux de commande, de détection, de proximité
ou d'alarme;
• le renouvellement de l'énergie à l'aide d'une pile solaire;
• les domaines d'applications des afficheurs;
• les coupleurs optiques;
• la communication par fibres optiques;
• etc.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-1 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 1 : E X E M P L E D ' AP P L I C AT I O N - B AR R I È R E O P T I Q U E U T I L I S É E P O U R L E C O M P T AG E

Gracieuseté PHOTOSWICH co.


Fondamentalement, les éléments utilisés pour la détection optoélectronique sont:
• la photodiode;
• le phototransistor;
• la photorésistance;
• les cellules photovoltaïques;
• et les dispositifs photoémissifs.
Nous analyserons sommairement quelques-uns des éléments de l'optoélectronique.
Les détecteurs optoélectroniques ont une réponse spectrale qui comprend le visible et le proche
infrarouge: la sensibilité maximale se situant dans le rouge. Cette caractéristique est valable pour
tous les composants optoélectroniques au germanium ou au silicium.
Référez-vous aux caractéristiques du manufacturier pour identifier les caractéristiques
importantes que sont:
• le comportement à l'obscurité;
• le comportement pour un éclairage donné;
• la tension maximale d'utilisation;
• la dissipation maximale;
• la réponse spectrale;
• le temps de réponse.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-2 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.1.1 Les photodiodes


Cet élément est constitué d'une jonction PN, enfermée dans un petit tube de verre ou de métal
dont une extrémité est munie d'une petite lentille destinée à concentrer la lumière incidente sur la
jonction.
Une polarisation inverse de cette jonction crée un champ intense. Si un photon d'énergie
supérieur agit sur cette jonction polarisée en inverse, une paire électron - trou est libérée
rapidement collectée par la jonction et donne naissance à un courant photoélectrique
proportionnel au flux lumineux. L'anode doit être reliée du côté négatif de l'alimentation , et une
résistance doit limiter le courant.

F I G U R E 4- 2 : P H O T O D I O D E À J O N C T I O N AU S I L I C I U M

4.1.2 Les phototransistors


Si on éclaire une jonction base - collecteur d'un transistor, un courant de base photoélectrique se
produit. Il est amplifié de la même manière que s'il y avait injection d'un courant de base.
Commander par un rayon lumineux la fermeture d'un relais électromécanique est une application
courante de l'optoélectronique, on n’a qu'à penser aux optocoupleurs optiques tels les coupleurs
à transistors, les coupleurs à transistors darlington, les optotriacs et autres éléments travaillant
sur le même principe.

F I G U R E 4- 3 : P H O T O T R AN S I S T O R

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-3 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.1.3 Les photorésistances


Beaucoup de matériaux semi-conducteurs sont doués de propriétés photoconductrices.
Lorsqu’elle est soumise à un faisceau lumineux, la photorésistance diminue considérablement sa
valeur résistive.
Les photorésistances sont des composants photoélectriques passifs. Elles ne comportent pas de
jonction et sont utilisables dans des circuits à courant continu ou à courant alternatif. Placée dans
un diviseur de potentiel, elle peut commander un circuit de commutation.

F I G U R E 4- 4 : P H O T O R É S I S T AN C E

4.1.4 Les cellules photovoltaïques


Nous savons que les photons communiquent leur énergie aux électrons de la matière. Si l'énergie
est suffisante pour faire passer les électrons de la bande de valence à la bande de conduction, on
assiste à une diminution de la résistivité du corps et à l'augmentation de l'énergie potentielle.
Nous avons toutes les caractéristiques pour l'optimisation d'une pile. Évidemment, le choix du
matériau reste le critère le plus important. Les semi-conducteurs, les alliages de cuivre avec une
grille métallique d'or, d'argent ou de platine, sont des matériaux dont les caractéristiques
d'absorption d'énergie permettent de fabriquer des cellules photovoltaïques de quelques
millivolts.
L'utilisation des photopiles est due à leur simplicité d'emploi. Elles sont utilisées pour les
domaines d'applications nécessitant la détection de la lumière: posemètre, détecteur de position
solaire, mesure de température par émission optique, etc. La génération d'énergie électrique, sous
forme de piles solaires, est réalisée à l'aide d'un ensemble série - parallèle de photopiles pour
obtenir une tension et un courant relativement élevés.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-4 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.2 La mesure de poids et de déformation


4.2.1 Les jauges de contrainte
Les jauges de contrainte servent à mesurer les très petites variations de dimension qui se
produisent lorsqu'une structure est soumise à une force, une traction ou un couple. Elles peuvent
servir également comme capteurs de pression ou comme capteurs de poids dans une géométrie
de cellule de charge.
Une jauge de contrainte est composée essentiellement d'un papier mince, plus petit qu'un timbre-
poste, sur lequel est collée, en zigzag, une longueur de fil résistant mince (Figure 4-5). Les
extrémités de ce fil sont reliées à deux bandes de connexions.

F I G U R E 4- 5 : J AU G E D E C O N T R AI N T E À F I L R É S I S T AN T

La jauge de contrainte doit être collée le plus près possible sur la surface en déformation. Sous
l'action de cette déformation, la jauge subit une variation de longueur, donc de résistance,
proportionnelle au déplacement. Le collage doit être parfait pour que la jauge suive exactement
l'allongement du support. On peut les retrouver sous diverses formes selon la contrainte mesurée.
La Figure 4-6 illustre des exemples: les trois premières formes permettent d'effectuer la mesure
de torsion; et la dernière, en forme de spirale, sert pour la mesure de pression.

F I G U R E 4- 6 : F O R M E S D I V E R S E S D E J AU G E S D E C O N T R AI N T E

Gracieuseté OMEGA TECHNOLOGIES co.


Les variations de résistances étant généralement inférieures à 1%, des variations aussi faibles de
résistance ne sont mesurables qu'avec un pont de Wheatstone.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-5 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Quand une jauge subit un allongement longitudinal sous l'effet d'une force, on dit qu'elle est
active et elle est dite passive quand elle subit une contraction ou un allongement transversal sous
l'effet de la même force. Suivant l'Équation 4-1 et l’Équation 4-2, la variation la plus importante
de la résistance se retrouve lors d'une variation de la longueur du fil de résistance, donc à la
jauge active.
L : longueur et A : aire
ρL
R (Ω ) =
A
É Q U AT I O N 4- 1 : C AL C U L D E L A R É S I S T AN C E É Q U I V AL E N T E

∆R ∆L
=K
R L
É Q U AT I O N 4- 2 : V AR I AT I O N D E L A R É S I S T AN C E E N F O N C T I O N D E L ' AL L O N G E M E N T

La constante K dépend du matériau utilisé pour fabriquer la jauge.


Pour les structures géométriques complexes, des jauges supplémentaires sont placées à des
endroits stratégiques pour assurer une compensation en température adéquate au niveau du
circuit en pont.
Dans certaines applications, comme à la Figure 4-7, il est nécessaire d'utiliser simultanément
plusieurs jauges actives pour améliorer la sensibilité, J1 et J4 en sont un exemple. On élimine
l'effet de la variation de température en montant, sur la même structure, une jauge passive de
compensation J2. Dans l'exemple illustré, la jauge J1 est active puisqu'elle subit un allongement
longitudinal, tandis que la jauge J2 est passive puisqu'elle subit un allongement transversal qui
ne modifie pas sa valeur.

F I G U R E 4- 7 : S T R U C T U R E G É O M É T R I Q U E P O U R L A M E S U R E D ' U N E F O R C E

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-6 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.2.2 La cellule de charge


La cellule de charge, « load cell » en anglais, utilisée pour la mesure de poids à l'aide d'une
balance électronique, utilise une structure semblable à celle présentée à la Figure 4-7. Des jauges
de contraintes collées sur une structure géométrique nous informe électriquement de la
déformation qu'elle subit sous l'influence d'une force.
Les jauges sont reliées électriquement entre elles, selon une combinaison donnant un pont de
Wheatstone. Des éléments résistifs sont placés dans le circuit pour assurer l’équilibrage du pont
et ajuster la sensibilité. La caractéristique de sensibilité d'une cellule de charge est fournie en
millivolts par volt d'alimentation du pont. Elle est de l'ordre de 1 à 5 mV/V.
La cellule de charge doit être alimentée selon les caractéristiques du manufacturier. Son
utilisation doit respecter la capacité de la cellule, sinon on pourrait endommager la structure de
façon permanente.
Sur une paire de fils en sortie, on recueille un signal en mode différentiel de l'ordre de quelques
millivolts lorsque soumis à une force. Ce signal devra être traité par un amplificateur
d'instrumentation.

4.3 Les détecteurs de position ou de déplacement


Ces détecteurs comportent plusieurs domaines d'applications. On y retrouve les détecteurs qui
mesurent:
• la proximité;
• le déplacement rectiligne;
• le déplacement angulaire;
• la vitesse;
• la position.
Un capteur de déplacement peut détecter une position relative à une longueur ou une position
relative à un angle. Nous parlons d'un déplacement rectiligne et d'un déplacement angulaire.
4.3.1 Les détecteurs de proximité
Quoique les capteurs et détecteurs de proximité, ou de fin de course, soient normalement étudiés
dans un cours traitant des «Automatismes industriels », nous suggérons cette révision succincte.
Les capteurs et détecteurs de proximité peuvent se présenter sous plusieurs formes (Figure 4-8).
Ils sont inductifs, capacitifs ou optiques et ils possèdent des sorties de types TOR à contacts secs
(N.O. ou N.F.) ou à transistors (NPN ou PNP).

F I G U R E 4- 8 : D É T E C T E U R S D E P R O X I M I T É

Gracieuseté OMRON co.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-7 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Les détecteurs de proximité inductifs servent à détecter la présence d'un objet métallique.
Les détecteurs de proximité capacitifs servent à détecter la présence de tout objet autre que
métalliques. La sensibilité est variable et permet de détecter du plastique, de l'eau ou du verre, ou
tout autre matériau qui n'est pas métallique.
Les détecteurs optiques se présentent sous trois formes: barrage, réflexe ou direct (Figure 4-9).

E R
E E
R R
E: émetteur E: émetteur
R: récepteur Réflecteur R: récepteur objet
réfléchissant

a) détecteur à barrage b) détecteur réflexe c) détecteur direct

F I G U R E 4- 9 : D É T E C T E U R S O P T I Q U E S

Les détecteurs otiques à barrage nécessitent deux unités: l'une émettrice et l'autre réceptrice.
Lorsque le barrage est coupé, il y a détection.
Les détecteurs optiques réflexe nécessitent une unité comprenant l'émetteur et le récepteur, et un
réflecteur. Lorsque le faisceau lumineux aller - retour est coupé, il y a détection.
Les détecteurs optiques direct se servent des caractéristiques de réflexion du matériau détecté
pour signaler la détection.
Pour certaines applications industrielles, les détecteurs de fin de course électromécanique
tendent à être remplacés par les détecteurs de proximité électroniques à cause de leur fiabilité,
leur coût, leur vitesse de détection sans rebondissement mécanique, ou lorsque des conditions de
salissure rendent l'utilisation d'interrupteur mécanique difficile.
Référez-vous au cours traitant des automatismes industrielles pour connaître les principes de
fonctionnement de ces détecteurs.
4.3.2 Les capteurs potentiométriques
Les capteurs potentiométriques servent à détecter une position ou un déplacement. Il permettent
de détecter un déplacement rectiligne ou angulaire. La rotation de son axe est liée à la variation
de la résistance comprise entre le curseur et l'une de butées par rapport à sa résistance totale.
Ainsi, on peut transmettre à distance, un signal électrique de tension proportionnel à la position
de l'axe.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-8 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Tension de
sortie

Tension de
sortie
différentielle

a) potentiomètre b) montage potentiométrique c) montage en pont


F I G U R E 4- 10 : C AP T E U R P O T E N T I O M É T R I Q U E

a) dispositif mécanique à détection de


déplacement rectiligne

b) dispositif mécanique à détection de


déplacement angulaire
F I G U R E 4- 11 : E X E M P L E S D ' AP P L I C AT I O N S

F I G U R E 4- 12 : D É T E C T I O N D ' E R R E U R D AN S U N S E R V O M É C AN I S M E D E P O S I T I O N N E M E N T

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-9 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Dans un servomécanisme de positionnement, on peut, à l'aide d'un pont potentiométrique (Figure


4-12), recueillir facilement un signal d'erreur et l'amplifier pour fournir un signal de correction. Il
s'agit évidemment d'un système en boucle fermée. La branche de gauche du pont sert à donner la
consigne (analogique à la position recherchée) et la branche de droite nous informe de la position
d'un moteur réversible. Un signal d'erreur est disponible à la sortie lorsque le pont n'est pas
balancé: Une correction dynamique sera effectuée tant que le signal d'erreur ne sera pas égal à
zéro.
Une caractéristique importante pour le choix d'un potentiomètre est la linéarité. La linéarité d'un
potentiomètre est une mesure de sa qualité à produire des variations égales de la tension sur le
curseur pour des variations égales de la position de l'arbre. Pour un potentiomètre parfaitement
linéaire, par exemple, la tension sur le curseur pour un angle de 90° sera exactement le double de
celle correspondant à un angle de 45°.
L'erreur de linéarité est l'écart entre la valeur réelle et la valeur nominale, par rapport à
l'alimentation (grandeur pleine échelle). Par exemple, pour une tension mesurée au centre d'un
potentiomètre de 4,96V pour une alimentation de 10,0V, l'erreur de linéarité est de:

(potentiomètre au centre, valeur nominale = 5,0v)


Erreur de linéarité (%) = valeur nominale - valeur mesurée x 100
grandeur pleine échelle

É Q U AT I O N 4- 3 : C AL C U L D E L ' E R R E U R D E L I N É AR I T É

4,0% = (5v - 4,96v) x 100


10,0v
Pour certaines applications, on parle plutôt de conformité au lieu de linéarité. La répartition du
de la couche de carbone ou de métal déposée sur le support est conforme à la fonction de
transfert recherchée.
Pour les potentiomètres non linéaires, beaucoup de fonctions courantes sont utilisées. Citons, à
titre d'exemple, le sinus, où la tension sur le curseur varie en fonction du sinus de l'angle de
rotation, la parabole, où la tension sur le curseur varie suivant le carré de l'angle de rotation, le
logarithme, où la tension sur le curseur varie logarithmiquement pour les applications audio.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-10 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 13 : F O R M E S D ' É L É M E N T S R É S I S T AN T S N O N L I N É AI R E S

Gracieuseté DALE co.

4.3.3 Les capteurs de déplacement avec transformateur différentiel


Les capteurs de déplacement rectiligne, souvent nommés LVDT « Linear Voltage Differential
Transmitter », se composent de deux parties physiquement distinctes. Il s'agit du noyau mobile et
d'une structure magnétique possédant un primaire et deux secondaires en sortie différentielle. La
position du noyau dans le transformateur détermine la valeur des tensions induites aux deux
secondaires du transformateur. La différence de tension (l'erreur) indique la position du noyau
mobile (Figure 4-14).

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-11 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 14 : T R AN S F O R M AT E U R D I F F É R E N T I E L À D É P L AC E M E N T L I N É AI R E

a) le noyau centré, il n'y a pas de signal d'erreur

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-12 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

b) le noyau décentré d'un côté, il y a production d'un signal d'erreur

c) le noyau décentré de l'autre côté, il y a production d'un signal d'erreur


F I G U R E 4- 15 : P O S I T I O N N E M E N T D U N O Y AU M O B I L E

Pour la détection d'une position angulaire, nous utilisons le même principe avec une géométrie
de transformateur différente. Dans le transformateur de la Figure 4-16, le mouvement peut être
une rotation.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-13 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 16 : T R AN S F O R M AT E U R P O U R M E S U R E R U N D É P L AC E M E N T AN G U L AI R E

Le traitement du signal de sortie d'un transformateur différentiel nécessite le traitement à l'aide


d'un conditionneur. La Figure 4-17 illustre un exemple de schéma synoptique du traitement de
signal requis pour un transformateur à sortie différentielle.

Tension c.c
proportionnelle au
Secondaire 1 déplacement

Redresseur
Oscillateur synchrone

Secondaire 2

Synchronisation du redresseur

F I G U R E 4- 17 : S Y N O P T I Q U E D ' U N C O N D I T I O N N E U R D E S I G N AL

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-14 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.3.4 Les capteurs à effet Hall


Un capteur à effet Hall est constitué d'une plaquette de semi-conducteur traversée par un courant.
Cette plaquette, lorsque soumise à un champ magnétique permanent placé perpendiculairement,
génère à des extrémités perpendiculaires, une différence de tension. La Figure 4-18 illustre le
fonctionnement du capteur à effet Hall.
Les applications les plus courantes sont la détection (absence ou présence) d'un champ
magnétique par commutation de la sortie ou pour la détection de fin de course. La détection du
déplacement ou de la position d’un élément ferromagnétique résulte en commutation de sortie.
Le TIL 170, avec sortie à collecteur ouvert, en est un exemple typique. Ce dernier, lorsque
soumis à un champ magnétique supérieur à 25mTesla, commute sa sortie.

F I G U R E 4- 18 : P R I N C I P E D ' U N C AP T E U R À E F F E T H AL L

On peut trouver aussi des capteurs à effet Hall dont la fonction de transfert de tension de sortie
est proportionnelle au champ magnétique détecté.
Les avantages des détecteurs à effet Hall sont les suivants:
• grande vitesse de commutation (jusqu'à 100kHz;
• pas de rebondissement mécanique;
• pas de détérioration des contacts;
• résistant à la corrosion;
• la sensibilité est assez grande, un faible champ magnétique (moins de 10mTesla) peut les
actionner.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-15 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.3.5 Les détecteurs à contacts Reed


Les détecteurs de fin de course à contacts Reed « Reed switch » sont constitués de lamelles
souples sous enveloppe de verre remplie d'un gaz inerte et fermée hermétiquement. L'opération
de commutation est déclenchée par un champ magnétique extérieur. La détection du
déplacement ou de la position d’un élément ferromagnétique résulte en commutation de sortie.

Contacts fermés
N S

Déplacement

Contacts ouverts
N S

F I G U R E 4- 19 : C O N T AC T S R E E D

4.3.6 Les capteurs de vitesse de rotation


La Figure 4-20 illustre trois techniques de mesure de vitesse de rotation. En A, un générateur à
courant continu sert de capteur de vitesse. Un générateur à courant continu est couplé
mécaniquement à l'arbre du moteur dont nous voulons connaître la vitesse. Une tension continue,
mesurée à la sortie du générateur, est directement proportionnelle à la vitesse de rotation.
En B, l'arbre tournant entraîne une roue dentelée en matériel ferromagnétique. Les dents de la
roue influencent la réluctance d'un capteur magnétique qui réagit aux absences et aux présences
successives du métal. Il suffit de mesurer la fréquence des variations d'inductance pour la
traduire en tension proportionnelle.
En C, un détecteur optoélectronique utilise un disque transparent dont la périphérie est
recouverte d'un fin réseau de barres noires opaques (Figure 4-21). D'un côté du coupleur, on
retrouve une diode émettrice, et de l'autre côté, un photodarlington. Lorsque les barres fines
coupent le faisceau, il en résulte un signal de fréquence que nous traduisons en tension
proportionnelle à l'aide d'un convertisseur fréquence - tension.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-16 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 20 : T R O I S T E C H N I Q U E S D E M E S U R E D E L A V I T E S S E D E R O T AT I O N

Gracieuseté OMRON co.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-17 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 21 : P R I N C I P E D E L A M E S U R E D E L A V I T E S S E P AR C AP T E U R O P T O É L E C T R O N I Q U E

4.3.7 Les capteurs de position angulaires: incrémentiel et absolu


Le capteur de position angulaire incrémentiel ou absolu comprend deux éléments:
1. un disque gravé, solidaire de l'arbre en rotation;
2. un récepteur qui reçoit l'information selon de la position du disque.

Capteur de position incrémentiel à position relative


Défini un capteur dont le signal de sortie permet de connaître la position ou le déplacement
relatif par rapport à une grandeur mesurée précédemment. Pour connaître la position de départ,
on peut positionner le capteur à une position de référence, ce qui correspond à une initialisation
mécanique. Avec un capteur incrémentiel, on déduit la nouvelle position par incrément d'un
compteur de position par rapport à la position relative.
Le disque, strié radialement, tourne en coupant un faisceau formé par un couple émetteur -
récepteur optique de type barrage. Le récepteur convertit chaque passage de stries par un saut de
tension permettant d'obtenir un signal d'onde carré. Le circuit de conversion compte les
pulsations et détermine la position relative en fonction d'un point initial. La rotation complète du
disque (360°) est convertie en pas de déplacement. La résolution dépend du nombre de stries sur
le disque.
L'exemple typique de la détection de position relative à l'aide d'un capteur incrémentiel est la
souris d'un micro-ordinateur.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-18 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Capteur de position absolu


C’est un capteur dont le signal de sortie caractérise la position réelle de l'objet indépendamment
de toute autre condition. Le capteur donne, à tout moment, un code numérique correspondant à
une position spécifique. Le disque pour la détection de la position dispose de pistes circulaires
codées (ASCII, Gray, etc.).
La position est déterminée en fonction du code lu sur le disque.

F I G U R E 4- 22 : E X E M P L E D E C O D E U R O P T I Q U E I N C R É M E N T I E L

Gracieuseté MCB co.

F I G U R E 4- 23 : E X E M P L E D E C O D E U R O P T I Q U E AB S O L U

Gracieuseté MCB co.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-19 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Codeurs synchro-machines de déplacement angulaire


Ce sont des synchro-machines, souvent nommées « resolver ». Ils sont formés par deux
enroulements faisant office de rotor, et des deux enroulements pour le stator: les enroulements
étant placés à angle droit l'un par rapport à l'autre (Figure 4-24). Le déplacement angulaire des
enroulements du rotor entraîne une fluctuation du flux dans l'enroulement de mesure. Nous
détectons la variation de l'amplitude et de la phase des deux signaux de sorties pour déterminer
la position angulaire.
Stator 2

Stator 1 Rotor 2

Rotor 1

F I G U R E 4- 24 : C O N S T R U C T I O N D U R E S O L V E R

Le « resolver » est très précis car il peut fournir une résolution de l'ordre de 0,01° avec des écarts
de linéarité de 0, 005%. Il fournit un codage angulaire absolu. Il permet aussi des mesures de
vitesse pouvant atteindre 6000 révolutions/min.

4.4 Les capteurs de température


Les capteurs de température se trouvent sous diverses formes en industrie:
• les systèmes de mesure mécaniques:
− lames bimétalliques (pyromètre à bilame);
− les thermomètres à bulbes ou à dilatation;

• les systèmes de mesure électrique:


− les diodes, les transistors et les transducteurs intégrés;
− les thermistances;
− les thermomètres à résistances RTD;
− les thermocouples;

les systèmes de mesure optique:


− les thermomètres à rayonnement;
− les thermomètres optiques.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-20 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.4.1 Lames bimétalliques (pyromètre à bilame)


La température provoque une dilatation des métaux, et les coefficients de dilatation sont
différents pour chaque métal.
Deux métaux à coefficients thermiques différents sont collés l'un sur l'autre et, par contraction
mécanique, changent de forme. Pour une température spécifiée, il en résulte une déformation
comme celle illustrée à la Figure 4-25.
Les détecteurs à lames bimétalliques sont utilisés pour détecter des températures excessives et,
pour des conditions de températures données, ouvrir le circuit de commande ou dans les relais de
surcharge des moteurs.
Métal avec coefficient
d'expansion élevé

Déformation avec la
chaleur

Circuit de commande à
relais ou contacteur
Métal avec coefficient
d'expansion bas

Lame bimétallique

F I G U R E 4- 25 : C I R C U I T D E C O M M AN D E AV E C L AM E B I M É T AL L I Q U E

L'étendue de mesure recommandée est de -25°C à +500°C. La sensibilité est excellente, et le


temps de réponse est bon. La précision est de l'ordre de 1% à 2% de l'étendue de l'échelle.
4.4.2 Les thermomètres à bulbes ou à dilatation
Les fluides changent de volume lorsque soumis à des variations de température. Pensons au
thermomètre à mercure par exemple.
Le thermomètre à bulbe utilise le même principe. On transforme la dilatation d'un fluide en
variation de mouvement ou de déplacement. Un exemple de thermomètre à bulbe est illustré par
la Figure 4-26. Le bulbe, à l'extrémité, est soumis à la température à mesurer, et le transport du
fluide est effectué à l'aide d'un capillaire.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-21 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 26 : T H E R M O M È T R E À B U L B E

Gracieuseté BRIAN CONTROLS.

L'étendue de mesure recommandée est de -50°C à +1000°C. La sensibilité est bonne, et le temps
de réponse est bon. La précision est de l'ordre de 0,5% à 2% de l'étendue de l'échelle.
4.4.3 Les diodes, les transistors et les transducteurs intégrés
Les jonctions à semi-conducteur (diode et transistor) réagissent aux variations de température.
D'une façon générale, pour un courant donné, la polarisation en tension de la jonction nécessaire
pour le maintien du même courant décroît de 2mv par degré Centigrade.

La dérive thermique d'un transistor est de ∆Vbe ≅ − 2mV ο à 25°C.


C
Un transistor 2N2222A, à boîtier métallique par exemple, est fréquemment utilisé pour
concevoir un thermomètre électronique.
Des transducteur intégrés tels le AD590 et le LM335 sont disponibles pour réaliser des
thermomètres électroniques fiables et linéaires lorsque leur boîtier est soumis à une variation de
température. Toutefois, la plage d'utilisation est assez faible.
Le LM335 délivre une tension de sortie dont la sensibilité est de 10mV/°K, pour une gamme de
mesure de -40°C à +100°C. Le AD590 délivre un courant de sortie dont la sensibilité est de
1µA/°K, pour une gamme de mesure de -55°C à +150°C.
Référez-vous aux circuits d'applications pour l’analyse de circuit.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-22 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.4.4 Les thermistances


Les thermistances sont des résistances sensibles à la température qui sont comprimées et
moulées suivant différentes formes. La Figure 4-27 illustre ses formes et ses symboles usuels.
Les thermistances sont habituellement insérées dans un circuit en pont dont la tension de sortie
est fonction de la température, ou sur un diviseur de potentiel pour activer un circuit de
comparaison.
La thermistance CTP (coefficient de température positif) augmente sa résistance si la
température s'élève et vice versa.
La thermistance CTN (coefficient de température négatif) diminue sa résistance si la température
s'élève et vice versa.
Barreau Perle Disque

T° T°
CTN CTN

F I G U R E 4- 27 : F O R M E S E T S Y M B O L E S D E S T H E R M I S T AN C E S

La valeur nominale de la thermistance est fournie pour une température nominale de 25°C. Des
courbes typiques de thermistance CTN sont présentées à la Figure 4-28.
R(Kilo ohms)

10 000

1 000

100

Valeur nominale à
10 25°C
R=380K

1
R=90K

0,10

0,010
-40 00 40 80 120 160 200 240

T°=25°C T(°C)

F I G U R E 4- 28 : C O U R B E S T Y P I Q U E S D E T H E R M I S T AN C E S CT N

Référez-vous aux circuits d'applications pour l’analyse de circuit.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-23 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.4.5 Les thermomètres à résistances RTD


Sous l'action de la chaleur, la résistance de métaux tels le cuivre, le platine et le nickel varie de
sorte que l'on peut avoir une indication de la valeur de la température en mesurant cette
résistance.
Quoique travaillant sur le même principe, les manufacturiers ont développé des thermomètres à
résistances de bien meilleure précision que les thermistances: il s'agit des RTD, « resistance
temperature detector ». Ce capteur comporte des fils de platine, de cuivre ou de nickel, enfermés
dans un boîtier étanche en matériau non corrosif (Figure 4-29). De tous les métaux utilisés, on
retrouve surtout des thermomètres à fil de platine. Ces thermomètres sont habituellement
plongés dans les liquides dont on veut connaître la température.
Le RTD platine 100Ω normalisé est devenu une norme en instrumentation. Celui-ci offre une
résistance de 100Ω pour une température de 0,0°C et il peut mesurer des températures allant de
(-180°C jusqu'à +650°C).
La matériau de la sonde est en acier inoxydable («stainless steel»).

Fil blanc
Fil blanc
Fil rouge


RTD
RTD 3fils

Symbole du RTD
T° T° T°
RT RT RT
D D D

RTD 2 fils
RTD 4 fils
RTD 3 fils

F I G U R E 4- 29 : T H E R M O M È T R E À R É S I S T AN C E RT D

Gracieuseté OMEGA TECHNOLOGIES co.


Le RTD est placé dans un pont de résistance de précision. Pour compenser la longueur des fils
de cuivre dont le coefficient de température est supérieur au platine et qui influencerait la
mesure, on utilise un RTD trois fils.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-24 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Pour éviter l'imprécision de la fonction de transfert du pont résistif et rendre l'influence des
longueurs de fil négligeable, on utilise aussi le RTD à quatre fils alimentés par une source de
courant. La Figure 4-30 illustre divers circuits de branchement du RTD.

(-) (+) (-) (+)


T° T°
RTD RTD

(+)

RTD

I (-)

F I G U R E 4- 30 : B R AN C H E M E N T D U RT D

a) RTD 2 fils
b) RTD 3 fils
c) RTD 4 fils
La valeur de la résistance équivalente du RTD peut être calculée approximativement à l'aide de
la formule empirique suivante (Équation 4-4):

Rtx = R0ο C (1 + αtx )


É Q U AT I O N 4- 4 : C AL C U L D E L A V AL E U R R É S I S T I V E À U N E T E M P É R AT U R E D O N N É E

où Rtx = la valeur de la résistance pour une température tx donnée;


R0°C = la valeur de référence du RTD à 0°C;
α = la valeur du coefficient de température du matériau (Ω/°C).
Le Tableau 4-1 fournit le coefficient de température pour les principaux matériaux utilisés pour
la fabrication d'un RTD.
T AB L E AU 4- 1

Matériau Coefficient de température Plage d'utilisation


Cuivre 0,00600(Ω/°C). -40°C à +150°C
Nickel 0,00393(Ω/°C). -150°C à +300°C
Platine 0,00385(Ω/°C). -180°C à +650°C

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-25 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Par exemple, à l'aide de la formule empirique, calculez la valeur d'un RTD platine 100Ω pour
une température de 200°C.
tx = 200°C; R0°C = 100Ω; α = 0,00385
alors, à l'aide de la formule empirique, nous évaluons que le RTD vaudra 177,00Ω.
Le RTD n'étant pas parfaitement linéaire (environ 0,1% d'imprécision), il est difficile d'estimer
précisément la valeur du RTD pour une température donnée avec une formule. Pour une
meilleure estimation de la valeur du RTD à différentes températures, référez-vous à des tableaux
de référence comme le Tableau 4-2 fourni par les fabricants de RTD.
T AB L E AU 4- 2 : T E M P É R AT U R E E T R É S I S T AN C E P O U R RT D P L AT I N E 100 Ω

Temp. °C R(Ω) Temp. °C R(Ω) Temp. °C R(Ω)


-150 39,65 0 100,00 150 157,32
-140 43,80 10 103,90 160 161,04
-130 47,93 20 107,79 170 164,76
-120 52,04 30 111,67 180 168,47
-110 56,13 40 115,54 190 172,16
-100 60.20 50 119,40 200 175,84
-90 64,25 60 123,24 210 179,51
-80 68,28 70 127,07 220 183,17
-70 72,29 80 130,89 230 186,82
-60 76,28 90 134,70 240 190,46
-50 80,25 100 138,50 250 194,08
-40 84,21 110 142,28 260 197,70
-30 88,17 120 146,06 270 201,30
-20 92,13 130 149,82 280 204,88
-10 96,07 140 153,57 290 208,46
Nous pouvons évaluer la sensibilité du RTD entre une température de 0,0°C et 100°C de la façon
suivante:
138,50Ω − 100Ω 0,385Ω
la sensibilité d'un RTD pt 100 = = ο
100ο C − 0,0ο C C
Référez-vous aux circuits d'applications pour analyser les circuits.
4.4.6 Les thermocouples
En 1826 Thomas, J. Seebeck observe que, lorsque deux conducteurs de matériaux différents,
sont reliés ensemble et que leurs points de jonction sont maintenus à des températures
différentes, une force électromotrice est développée. Le thermocouple est constitué par deux fils
de métaux différents réunis à une extrémité. Cette jonction est appelée « soudure chaude ».
L'autre extrémité, appelée « soudure froide », est utilisée comme référence. Lorsque chauffée,
une tension proportionnelle à la différence de température entre la soudure chaude et la soudure
froide est générée (Figure 4-31). Les tensions disponibles à la sortie du thermocouple sont de
l'ordre du millivolt.
Si la température de référence (jonction froide) est maintenue constante, la variation de la
tension de sortie dépendra uniquement de la température à la jonction chaude.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-26 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Joint de soudure du
th+ (Pb, Sn)
Symbole
(+) jaune
Chromel

Alumel
(-) rouge

Thermocouple type K
Soudure chaude

T1 (+) Millivoltmètre
f.é.m

(-)
Soudure froide
de référence T2
100

Coefficient Seebeck µV/°C


80
E
f.é.m. (millivolts)

T J
60

40
K

20
R
S
-500°C 0°C +500°C 1000°C 1500°C 2000°C
Différence de température
(T1 - T2) Température

Coefficient Seebeck vs
température
F I G U R E 4- 31 : L E T H E R M O C O U P L E : S Y M B O L E S E T P R I N C I P E S

Pour obtenir une tension de sortie exempte des fluctuations de la température ambiante, la
jonction froide (référence) est maintenue artificiellement stable. Plusieurs techniques sont
utilisées par les manufacturiers pour compenser la variation de la température ambiante. Citons
quelques exemples:
• maintien de la température de référence (jonction froide) à 0°C;
• maintien de la température de référence (jonction froide) à la température ambiante;
• compensation thermique de la tension de sortie en fonction des fluctuations de la température
ambiante.
Toutes ces techniques donnent la même conclusion: obtenir une tension de sortie proportionnelle
à la température mesurée à la jonction chaude.
Pour calibrer le circuit, référez-vous à la procédure fournie par le manufacturier. Certains
appareils doivent être ajustés pour une jonction chaude à la température ambiante, d'autres
appareils doivent être ajustés pour une jonction chaude à la température de 0°C.
Le thermocouple est souvent enfermé dans un tube protecteur. La Figure 4-32 illustre quelques
boîtiers protecteurs.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-27 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 32 : E X E M P L E D E B O Î T I E R P R O T E C T E U R D E T H E R M O C O U P L E

Gracisuseté BRIAN CONTROLS


Pour pouvoir mesurer des plages de température de plus en plus grandes avec le plus de
précision possible, plusieurs combinaisons de matériaux différents ont été expérimentées. Ces
combinaisons multiples ont donné des types de thermocouples différents.
Les manufacturiers ont convenu d'un standard pour la couleur de la gaine protectrice des deux
conducteurs du thermocouple. Le côté (-) sera toujours rouge, l'autre côté sera d'une couleur qui
identifiera le type de thermocouple.
Les caractéristiques de sensibilité (coefficient Seebeck) des thermocouples ne sont pas linéaires
sur l'étendue de mesure dévolue au thermocouple. Il faut minimiser l'étendue de mesure sur une
courte section de l'étendue de mesure pour obtenir des fonctions de transfert linéaires. Référez-
vous au Tableau 4-3 pour connaître les principales caractéristiques des différents types de
thermocouples.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-28 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

T AB L E AU 4- 3 : P R I N C I P AU X T Y P E S D E T H E R M O C O U P L E S E T L E U R S L I M I T E S D ' E M P L O I
Thermocouples Plage de Sensibilité Précision Coefficient Couleur des Distinctions
température mV/°C Seebeck moyen conducteurs
Type T -270°C 0,016 ± 2% de -100°C à -40°C 40 µV/°C Bleu (+) Résistant à l'humidité
Cuivre/Constantin à à ± 0,8% de -40°C à +100°C Rouge (-) Linéarité: bonne
(diamètre 1,63mm) 370°C 0,06 ± 0,75% de +100°C à +350°C Rallonge: bleue Plage recommandée: -200 à +400
Type J -210°C 0,03 ± 3% de 0°C à +400°C 51 µV/°C Blanc(+) Peu coûteux
Fer/Constantin à à ± 0,75% de +400°C à +800°C Rouge (-) Linéarité: excellente
(diamètre 3,25mm) 800°C 0,06 Rallonge: noire Plage recommandée: -200 à +800
Type K -270°C 0,018 ± 3% de 0°C à +400°C 40 µV/°C Jaune(+) Meilleure linéarité
Chromel/Alumel à à ± 0,75% de +400°C à +1200°C Rouge (-) Linéarité: excellente
(diamètre 3,25m) 1250°C 0,04 Rallonge: jaune Plage recommandée: -200 à +1400
Type E -270°C 0,03 ± 3% de 0°C à +400°C 62 µV/°C Violet(+) Meilleure linéarité
Chromel/Constantin à à ± 0,75% de +400°C à +1250°C Rouge (-) Linéarité: bonne
(diamètre 3,25mm) 870°C 0.08 Rallonge: violet Plage recommandée: -200 à +1000
Type S -50°C 0,005 ± 2,5% de 0°C à +600°C 7µV/°C Noir(+) Réponse rapide
Platine-Rhodium(10%) à à ± 0,4% de +600°C à +1600°C Rouge (-) Linéarité: bonne en haut de +500
/Platine 1500°C 0,012 Rallonge: verte Plage recommandée: -50 à +1500
(diamètre 0,51mm)
Type R -50°C 0.005 ± 1,4% de 0°C à +538°C 7µV/°C Noir(+) Réponse rapide
Platine-Rhodium(13%) à à ± 0,25% de +538°C à +1500°C Rouge (-) Linéarité: bonne en haut de +500
/Platine 1500°C 0.014 (3) Rallonge: verte Plage recommandée: -50 à +1600
(diamètre 0,51mm)

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-29 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Évaluer la tension de sortie (f.é.m.) du thermocouple est très complexe. Il faut faire appel à une
conversion par série polynomiale dont les coefficients sont disponibles dans les catalogues des
manufacturiers.
Nous vous recommandons d'utiliser plutôt les tableaux de conversion fournis par le
manufacturier à l'achat d'un thermocouple, pour évaluer approximativement la force
électromotrice du thermocouple à une température donnée.
Le montage en série de thermocouple permet de mesurer des différences de température
(température différentielle), et le montage de thermocouple en parallèle permet de mesurer une
température moyenne (Figure 4-33).
(+)

(+) T1
(-)
T1 (+)
(-)
(-)
Millivoltmètre T2 Millivoltmètre
(-)
T2 (+)
(+)
T3
(-)

Mesure d'une différence


de température Mesure d'une moyenne
de température

F I G U R E 4- 33 : T H E R M O C O U P L E E N S É R I E E T E N P AR AL L È L E

En résumé, l'utilisation d'un thermocouple pour la mesure de température en industrie est un


capteur privilégié à cause de son faible coût, de sa grande plage de mesure et de sa versatilité.
Voici quelques conseils supplémentaires pour une utilisation adéquate:
1. Lorsque vous utilisez de longs fils de raccordement, choisissez du fil à paire torsadé.
2. Utilisez une rallonge de même type (matériau) que le thermocouple choisi et de diamètre
le plus gros possible.
3. Évitez d'exposer les rallonges à des changements de température trop brusques.
4. Évitez toute tension (pression) mécanique ainsi que toute vibration au niveau du
thermocouple.
5. Choisissez toujours le bon thermocouple en fonction de la plage de mesure.

Référez-vous aux circuits d'applications pour faire l'étude d'un circuit de mesure de température
à l'aide d'un thermocouple.
4.4.7 Les thermomètres à rayonnement
Le principe de fonctionnement des thermomètres à rayonnement, découlant de la pyrométrie, est
le suivant. Les corps émettent de l'énergie sous forme radiante lorsqu'ils sont chauds. La quantité
d'énergie irradiée est proportionnelle à la température de ces corps.
Ces appareils sont très dispendieux et peu précis. Ils peuvent effectuer des mesures jusqu'à 50
mètres de distance avec une précision inférieure respectable. La gamme de mesure est très haute,
soit de +200°C à +2500°C.
Les caractéristiques de ces appareils évoluent considérablement.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-30 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 34 : T H E R M O M È T R E M E S U R AN T L E S R AD I AT I O N S

4.4.8 Les thermomètres optiques


Le principe de fonctionnement des thermomètres optiques, découlant aussi de la pyrométrie, est
le suivant. La fréquence de l'énergie radiante varie avec la température, cela explique pourquoi la
couleur des métaux chauffés passe du rouge au jaune. La longueur d'onde du signal reçu indique
la température du corps.
Comme nous l'avons spécifié précédemment, la couleur des métaux en fusion change avec la
température; le thermomètre optique mesure la température d'un métal en comparant la couleur
de ce métal à celle d'un fil chauffé. Le courant dans le fil chauffé devient une indication de la
température du métal.
Ces appareils aussi sont très dispendieux et en développement en ce moment. La gamme de
mesure est très haute, soit de +200°C à +2500°C.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-31 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.5 Les capteurs de pression


Les capteurs fluidiques sont aussi répandus que les capteurs de température dans les industries
modernes. On les retrouve pour la mesure de pression, de niveau et de débit.
Les capteurs de pression nous informent de la valeur de la pression atmosphérique, de la
pression relative ou de la pression différentielle. Quand la pression est mesurée par rapport au
vide, la pression est dite absolue. Quand la pression est mesurée par rapport à l'air (atmosphère),
la pression est dite relative.
Nous utilisons le baromètre (à colonne ou à capsule) pour mesurer la pression atmosphérique.
Toutes les notions de nature physique ayant déjà été couvertes, dans une section ultérieure, nous
nous attarderons spécifiquement sur les principes généraux.
4.5.1 Les manomètres hydrostatiques
Les techniques de mesure de pression hydrostatiques sont très variées. Les plus utilisées sont:
• le tube en U;
• le manomètre à colonne;
• le manomètre à colonne inclinée.
L'application repose sur le principe suivant: à une extrémité ouverte du tube, la pression
atmosphérique applique une pression P2. À l'autre extrémité, on applique la pression à mesurer
P1. La différence de pression provoque le déplacement d'un liquide pour obtenir un nouvel
équilibre. La hauteur de colonne est proportionnelle à la différence des pressions. L'expression
de la pression est obtenue par la hauteur de la colonne.
La plupart des manomètres indiquent la pression relative, puisque l'air P2 est utilisé comme
référence. Le liquide à l'intérieur du tube est soit de l'eau, du mercure ou un autre liquide moins
dense que l'eau. La hauteur de la colonne, indiquée par la position du liquide, forme une petite
bulle nommée ménisque. La lecture doit être faite la base de cette bulle. Pour le tube en U, il faut
faire attention à l'erreur de lecture due au ménisque.
Le manomètre à colonne inclinée est le plus précis des trois manomètres précités. La formation
du ménisque suggère plus facilement la lecture et permet ainsi d’éviter des erreurs de lecture.
Le zéro, indiqué par la position de la règle, est positionné à la hauteur de la colonne à l'équilibre
pour P1 égale à P2. L'étalonnage se fait en déplaçant l'échelle (Figure 4-35).

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-32 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 35 : M AN O M È T R E À C O L O N N E I N C L I N É E

4.5.2 Le manomètre à tube de bourdon


Principe de la mesure: une pression appliquée sur l'ouverture d'un tube dont l'autre extrémité est
fermée tend à déformer ce tube recourbé. On mesure le déplacement de la déformation à l'aide
d'un ensemble mécanique. L'étalonnage se fait en déplaçant les différents points de levier.
Ces appareils peuvent mesurer les pressions des gaz ou des liquides.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-33 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 36 : M AN O M È T R E À T U B E D E B O U R D O N

Gracisuseté BRIAN CONTROLS

4.5.3 Le manomètre à déformation de membrane


Souvent appelé « manomètre à diaphragme », c'est le capteur de pression le plus répandu sur le
marché. Par la déformation d'un élément ayant la forme d'un disque, on mesure le déplacement
de quelques micromètres.
Ces appareils peuvent mesurer les pressions des gaz ou des liquides.

F I G U R E 4- 37 : M AN O M È T R E À M E M B R AN E

Gracisuseté ROSEMOUNT CONTROLS

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-34 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.5.4 Le capteur de pression à jauge


Souvent, on utilise un capteur telle la jauge de contrainte pour mesurer des grandeurs variées. La
déformation d'un élément résistif (jauge de contrainte) nous informe électriquement de la
pression exercée.
On organise quatre jauges de contrainte en pont pour mesurer la déformation. Il suffit d'obtenir
un déplacement de quelques micromètres pour que cette déformation puisse être convertie en
signal électrique.
Les jauges de contrainte sont des éléments résistifs qui, subissant une déformation, font varier la
valeur de leur résistivité.

F I G U R E 4- 38 : C AP T E U R D E P R E S S I O N À J AU G E S

Graciseuseté REPUBLIC FLOW METERS


Ces appareils peuvent mesurer les pressions des gaz ou des liquides.

4.5.5 Autres types de capteurs de pression


Les transducteurs permettant d'obtenir un signal électrique de sortie sont:
• le manomètre différentiel à membrane, dont le transducteur est un transformateur différentiel
avec le noyau mobile;
• le manomètre capacitif qui, lorsque soumis à une pression, change de capacité à cause d'un
déplacement de plaques;
• le manomètre à soufflet.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-35 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Le manomètre différentiel à membrane:


Dans le manomètre différentiel à membrane, l'organe mobile (la membrane) se déplace sous
l'action de la pression et fait déplacer un noyau magnétique dans le champ d'un transformateur
différentiel. Ce déplacement modifie le couplage entre les bobinages et délivre une tension
alternative proportionnelle au déplacement. Le signal est traité pour fournir une tension à courant
continu ou un courant.
Le manomètre capacitif:
À l'aide d'une capsule manométrique, on convertit une pression exercée en variation de capacité.
Une pression augmentera la surface des plaques pour augmenter la capacité résultante, Une
dépression ferait plutôt diminuer la capacité. À l'aide d'un oscillateur et d'un convertisseur
fréquence - tension, on recueille une tension ou un courant continu proportionnel à la pression
exercée.
Le manomètre à soufflet:
Dans ce manomètre, la pression déforme un élément ayant la forme d'un accordéon. L'élongation
résultante est traduite en signal électrique par variation de résistance ou d'inductance.

F I G U R E 4- 39 : M AN O M È T R E À S O U F F L E T
a) à résistance variable
b) à inductance variable

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-36 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.6 Les capteurs de niveau


Les capteurs de niveau sont très utilisés en industrie. Quelques principes mécaniques, dont les
méthodes du flotteur ou du plongeur, sont encore utilisés, mais ne feront pas l'objet de cette
analyse. Nous nous attarderons sur les principes nécessitant une conversion électrique de la
mesure.
4.6.1 Interprétation du niveau par mesure de la pression
La pression qu'exerce un liquide sur un capteur de pression peut nous informer de la hauteur de
la colonne. Si l’on connaît les dimensions du bassin, l'indicateur de niveau peut être gradué
indifféremment en unités de longueur, en unités de masse, de poids ou de volume.
Des détecteurs de seuil (capteur à sortie numérique) permettent la signalisation ou la commande
de pompes de remplissage, de vidange ou de circulation.

Réservoir fermé sous pression


Colonne
sèche

Hauteur

Hauteur
Transmetteur de
niveau
LT manomètre Transmetteur de niveau
différentielle (dpcell)
LT
BP HP
vanne de
air saignée

Lecture d'une pression relative Vannes de Lecture d'une pression différentielle


saignée

b) un réservoir soumis à une pression interne


a) un réservoir soumis à la pression atmosphérique
F I G U R E 4- 40: M E S U R E D E N I V E AU D ' U N L I Q U I D E D AN S U N B AS S I N

À la Figure 4-40 a), nous représentons un réservoir dont la mesure de pression est effectuée par
un capteur de pression à diaphragme muni d'un transmetteur 4-20mA. Le poids de la colonne
incluant la pression atmosphérique (réservoir non scellé) permet de mesurer un pression relative.
La pression ainsi mesurée est traduite en niveau, volume, poids ou masse selon l'application.
À la Figure 4-40 b), nous représentons un réservoir fermé sous pression dont la mesure est
effectuée par un capteur de pression différentielle, communément appelé dpcell. Le poids de la
colonne incluant la pression interne du système (réservoir scellé) permet de mesurer une haute
pression HP d'un côté du diaphragme. De l'autre côté, la basse pression BP est appliquée pour
compenser la pression interne du système.
La précision de ce type de mesure peut atteindre des précisions de l'ordre de 0,2%.
4.6.2 Mesure du niveau par bulle à bulle
La mesure de niveau par le bulle à bulle est relativement précise, soit de l'ordre de 1%, et permet
la mesure de colonnes très hautes. En effet, pour des barrages par exemple, des colonnes d'au
delà de 200 mètres peuvent être mesurées.
Le principe est assez simple. La variation de la pression d'un gaz injecté, à débit constant, dans
un liquide est proportionnelle à la variation du niveau de ce liquide

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-37 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

On pousse de l'air dans un tube qui descend tout au fond du bassin. Lorsque le bassin est au
niveau maximal, la pression d'air doit être telle que les bulles qui sortent par l'extrémité inférieur
du bassin et qui sont visibles en surface, doivent être manifestes et comptés (environ 2 à 6 bulles
à la seconde, le nombre n'étant pas important). La pression exercée par la colonne sur la sortie en
air du tube sera mesurée par un capteur de pression qui indique la pression d'air requise pour
vaincre la pression exercée par la colonne. Les variation des pression sont directement
proportionnelles aux variations de niveau et convertie en signal électrique par le transducteur. La
Figure 4-41 illustre un exemple complet. Remarquez le régulateur de débit mécanique qui assure
un débit constant d'air dans le tube. À l'endroit indiqué « air », on injecte une pression pour faire
les bulles.

Dans les usines de traitement des eaux usées, on utilise deux systèmes de bulle à bulle pour
mesurer une pression différentielle. En effet, un bulle à bulle est placé à l'entrée du filtre à tamis,
et un deuxième est placé à la sortie du filtre. Lorsque le filtre est bouché, le niveau d'eau de
sortie du filtre est plus bas que le niveau d'entrée. Pour des conditions particulières de pression
différentielle, un cycle de nettoyage du filtre est automatisé.

Entrée de
nettoyage
LT
Transmetteur de
niveau

Rotamètre

AIR
Hauteur
Régulateur de débit

manomètre,
méthode visuelle

vanne de
saignée

F I G U R E 4- 41 : M E S U R E D E N I V E AU À L ' AI D E D U B U L L E À B U L L E

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-38 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.6.3 Mesure par sonde capacitive ou par résistivité


Une sonde est introduite dans le bassin et, sous l'influence du liquide, les caractéristiques de
capacité ou de résistivité de la sonde varies.
Une sonde capacitive, déposée sur toute la longueur du réservoir, possède une cavité interne
permettant au liquide d'influencer le champ électrique présent entre deux armatures isolées. Au
remplissage, le liquide monte entre les armatures et alors remplace l'air comme diélectrique du
condensateur. Comme la constante diélectrique du liquide est plus grande que celle de l'air, la
capacité augmente. La mesure de cette capacité permet de déduire, de façon proportionnelle, le
niveau du liquide dans le réservoir.
Cette technique de mesure est très fiable et est utilisée en aéronautique pour mesurer la quantité
de carburant dans le réservoir, ou dans des industries alimentaires, pour la mesure du lait par
exemple. Le capteur est couplé à un transmetteur 4-20mA ou numérique.
La plupart des liquides offrent une conductivité plus ou moins grande, on peut alors réaliser un
capteur formé essentiellement de deux sondes plongées dans le liquide et interpréter la résistance
mesurée entre elles. Plus le niveau monte, plus la résistance baisse. Les sondes résistives, ou de
conductivité, sont peu précises. Elles sont surtout utilisées pour la détection TOR de seuil pour
déclarer des alarmes.
On utilise deux sondes si la cuve est isolante. Une seule sonde est nécessaire si la cuve est
conductrice; celle-ci remplace alors la sonde manquante.
4.6.4 Mesure par capteur ultrasonique
On utilise la réflexion d'ondes ultrasoniques ( plus de 25 kHz), pour déterminer le niveau d'un
matériau (liquide ou solide), dans un bassin, à condition que la surface soit réfléchissante. Un
train d'ondes périodiques est envoyé par un émetteur, elles sont réfléchies par la substance, et
l'écho est détecté par un récepteur. La vitesse de propagation étant connue (340 mètres/sec), on
mesure le temps écoulé entre l'émission et la réception pour déterminer la distance séparant la
substance réfléchissante et l'ensemble émetteur-récepteur.

Émetteur/Récepteur
ultrasonique

Hauteur

manomètre

vanne de
saignée

F I G U R E 4- 42 : D É T E C T E U R D E P R O X I M I T É U L T R AS O N I Q U E

Cette méthode fournit une précision de l'ordre de 1% ou mieux. Toutefois, les caractéristiques
environnantes (température, humidité, poussière) influencent le résultat de la mesure. Notons
que la vitesse des ultrasons varie dans l'air d'environ 0,17% par °C.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-39 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

Aussi, une mousse flottante sur le liquide pourrait absorber presque la totalité de l'onde et
fausser la mesure. Les caractéristiques de réflectométrie du bassin pourraient aussi influencer la
qualité de la mesure.
Le capteur ultrasonique se trouve sous deux formes: à sortie TOR et à sortie proportionnelle.
Somme toute, ce capteur est relativement fiable lorsque toutes les conditions d'utilisation sont
respectées et possède l'avantage de ne pas être en contact avec la substance mesurée.
4.6.5 Mesure par système nucléaire
Cette technique est surtout utilisée dans la mesure de niveau de réservoir scellé sous pression.
D'un côté du réservoir, on installe un émetteur de rayons gamma, de faible intensité, maintenu
dans une cage de réflexion qui envoie un très mince faisceau de radiation vers le récepteur. Le
récepteur mesure la quantité de rayons non absorbés par la substance.
De loin la technique la plus précise pour la mesure de niveau, elle requiert toutefois une
expertise sanctionnée par les autorités officielles pour la surveillance des émissions nucléaires.

LT
Transmetteur de
niveau

Source de radiation
Cellules de mesure
gamma
Hauteur

F I G U R E 43: P R I N C I P E D U D É T E C T E U R D E N I V E AU N U C L É AI R E

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-40 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.7 Les capteurs de débit


On appelle « débit » une quantité (masse ou volume) de fluide qui se déplace en un point dans un
temps donné. Dans le système International, le débit est exprimé en m3/s. En industrie,
généralement, le débit est exprimé en litres/seconde (L/s).
Les systèmes de commande industriels nécessitent souvent des mesures de débit de gaz ou de
liquides dans les canalisations. On peut mesurer le débit par un transducteur à conversion
immédiate, pour obtenir le débit instantané, ou par un compteur basé sur l'intervalle de temps
pour obtenir un débit moyen.
On mesure un débit volumique lorsque le transducteur évalue uniquement le volume du fluide se
déplaçant. Si le fluide se déplaçant est soumis à une pression, le système de transduction prend
en compte la masse du fluide pour obtenir le débit massique. Pour obtenir le débit massique, on
multiplie le débit volumique par la masse volumique, coefficient « ρ » signifiant la masse
volumique du fluide pour une température donnée. À titre d'exemple, la masse volumique de
l'eau est de 1000 Kg/m3.

T AB L E AU 4- 4: M AS S E V O L U M I Q U E
Matériaux Masse volumique (Kg/m3)

mercure 13600
tétrachlorure de carbone 1590
eau 1000
alcool éthylique 790
huile hydraulique 912
Les types de débitmètres les plus répandus sont:
• les débitmètres à tube de Venturis;
• les débitmètres à tube de Pitot;
• les rotamètres;
• les débitmètres électromagnétiques;
• les débitmètres ultrasoniques;
• les débitmètres à vortex;
• les débitmètres à turbine;
• les débitmètres anémométriques.

Les fluides en mouvement sont soumis à certaines contraintes, ou résistances, qui sont dues à la
viscosité du fluide. Le déplacement d'un fluide peut être laminaire ou turbulent. Plusieurs
facteurs entrent en jeu pour influencer le déplacement: la dimension des tuyaux, la densité du
fluide, sa viscosité, sa vitesse, etc. Le coefficient d'écoulement du fluide est exprimé en
Reynolds. Nous conseillons aux lecteurs plus curieux de se référer à un volume traitant de la
mécanique des fluides pour obtenir plus de précisions.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-41 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

F I G U R E 4- 44 : D É P L AC E M E N T L AM I N AI R E O U T U R B U L E N T

Instrumentation d’analyse d’usage industriel, M. Ruel


Une contrainte mécanique sur un fluide influence la résistance de friction et provoque une perte
de pression. En mesurant la perte de pression entre deux points d'une ligne, on peut connaître le
débit du fluide qui se déplace dans un tuyau.
Beaucoup de mesures de débit s'effectuent en mesurant la différence de pression entre deux
points d'un système. On introduit une plaque orifice sur le parcours du fluide pour en affecter la
résistance et provoquer une pression différentielle. La Figure 4-45 illustre un exemple ou une
plaque orifice transversale est placée sur le trajet du fluide. On mesure la pression avant l'orifice,
en amont, puis on la compare à une pression plus faible après l'orifice, en aval. Les pressions (en
amont et en aval) sont mesurées par un capteur de pression différentielle dont les orifices sont
branchés aux deux sorties « TAP ».

F I G U R E 4- 45 : P L AQ U E O R I F I C E P R O V O Q U AN T U N E D I F F É R E N C E D E P R E S S I O N

Gracieuseté BRIAN CONTROLS


Tous les instruments à mesure de pression différentielle conviennent pour mesurer la variation
de pression due à l'augmentation de la contrainte. Toutefois, il faut tenir compte de la relation
non linéaire (fonction quadratique) existant entre la pression différentielle et le débit. Les
extracteurs de racine carrée électroniques ou pneumatiques permettent de fournir au transmetteur
4-20mA un signal proportionnel au débit.
Les dispositifs utilisés pour créer une différence de pression sont nombreux, et nous en verrons
plusieurs ici.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-42 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.7.1 Les débitmètres à tube de Venturi


Un fluide sous pression gagne de la vitesse mais perd de la pression quand il doit traverser un
tube convergent. Le principe s'inverse quand le tube est divergent. Cette découverte a été faite
par Giovanni Venturi et a mené à la réalisation du capteur de débit portant son nom.
Par la mesure de pression différentielle, on évalue le débit. Les tubes de Venturi sont plus précis,
mais plus coûteux que les plaques orifices.

F I G U R E 4- 46 : M E S U R E D E D É B I T P AR T U B E D E V E N T U R I

Gracieuseté BRIAN CONTROLS

4.7.2 Les débitmètres à tube de Pitot


Suivant le principe de Bernouilli, la pression totale d'un fluide en écoulement est égale à la
somme de la pression statique et de la pression dynamique.
Quand un fluide frappe un objet, il ralentit. Il en résulte donc une augmentation de pression qui
est d'autant plus importante que la vitesse du fluide était grande. On mesure la pression
différentielle au point d'impact par rapport à une pression statique.

F I G U R E 4- 47 : F O R M E S E T M O N T AG E D U T U B E S D E P I T O T

Gracieuseté OMEGA TECHNOLOGIES co.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-43 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.7.3 Les rotamètres


Plus la vitesse d'un fluide est grande, plus la quantité de fluide est grande: ainsi, on pourrait
utiliser un système à surface variable pour permettre au fluide de passer. Le déplacement
permettant d'augmenter la surface de contact serait une indication du débit. C'est le principe des
rotamètres. Une échelle permet de lire la valeur du débit.

F I G U R E 4- 48 : L E R O T AM È T R E

Gracieuseté BRIAN CONTROLS

4.7.4 Les débitmètres électromagnétiques


Le débimètre électromagnétiques est le plus utilisé pour les conduites à grande section.
Ce dispositif fonctionne sur le principe de l'induction d'un courant dans un conducteur qui
traverse un champ magnétique.
Sa construction est assez simple. Deux enroulements électromagétiques alimentés forment un
champ magnétique constant perpendiculaire à l'axe de déplacement du fluide. Deux électrodes
isolées permettent de prélever la tension induite dont la conductivité est assurée par l'écoulement
du fluide: elles sont fixées dans la paroi, diamétralement opposées et perpendiculaires à l'axe de
l'écoulement, et par le fait même à celui du bobinage.
Par la mesure de la tension induite dans les électrodes, qui est en relation directe avec le débit,
on observe la valeur de l'écoulement. Mécaniquement, c'est comme si la surface de contact des

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-44 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

électrodes augmentait avec l'écoulememt fluidique et ainsi, augmentent la valeur de la tension


induite.
Cette valeur est couplée à un transmetteur d'instrumentation.

F I G U R E 4- 49 : P R I N C I P E D U D É B I T M È T R E M AG N É T I Q U E

Gracieuseté ROSEMOUNT co.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-45 OFPPT/TECCART


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F I G U R E 4- 50 : D É B I T M È T R E M AG N É T I Q U E I N D U S T R I E L

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-46 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.7.5 Les débitmètres ultrasonique


À l'aide d'un émetteur et d'un récepteur ultrasoniques placés de façon transversale sur la
conduite, on mesure le délai de transmission d'un signal ultrasonique. L'augmentation du débit
augmente les délais de propagation.

F I G U R E 4- 51 : D É B I T M È T R E À U L T R AS O N S

4.7.6 Les débitmètres à vortex


Les débimètres à Vortex servent à déterminer un débit instantané. Le principe est le suivant:
quand un fluide se déplaçant contourne un obstacle, il se crée des tourbillons dans le fluide dont
la fréquence est proportionnelle à la vitesse. Ces tourbillons se produisent alternativement de
part et d'autre de l'obstacle.

F I G U R E 4- 52 : D É B I T M È T R E À V O R T E X

On fixe un capteur dans l'axe de l'écoulement. Les tourbillons ainsi générés tendent à déformer le
capteur. Ce capteur réalisé à l'aide d'une jauge de contrainte est couplé électriquement pour
obtenir la fréquence des vortex (tourbillons), par variation de pression exercée sur le capteur.
4.7.7 Les débitmètres à turbine
Le capteur de débit, sous la forme d'une turbine ou roue dentelée, est placé perpendiculairement
à l'axe d'écoulement de façon à faire tourner cette turbine. Chaque extrémité des roues de la
turbine comporte un aimant permanent. Plus la turbine tourne vite, plus la fréquence de la
tension induite dans l'enroulement de détection est [Link] fréquence de la tension induite est,
par conséquent, fonction du débit.
4.7.8 Les débitmètres anémométriques
Un fil chaud, où circule un courant électrique, est placé dans un fluide en mouvement. Plus la
vitesse du fluide est grande, plus il tend à refroidir le fil dont la résistance se modifie en
conséquence. Il suffit de mesurer les variations de courant dans le fil pour connaître le débit du
fluide.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-47 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.8 Conclusion sur le choix des capteurs


4.8.1 Caractéristiques des capteurs de température
T AB L E AU 4- 5 : R É C AP I T U L AT I O N D E S C AR AC T É R I S T I Q U E S D E S C AP T E U R S D E T E M P É R AT U R E
Capteur Étendue de mesure Précision relative à Sensibilité Temps de réponse
l'étendue de mesure
Bimétal -25°C à +500°C 1% à 2% excellente bon
Thermomètre à bulbe -50°C à +1000°C 0,5% à 2% bonne bon
(à dilatation)
Circuit intégré -55°C à +150°C. 0,3% à 0,5% excellente bon
AD590
Circuit intégré -40°C à +100°C 0,5 à 1% excellente bon
LM335
Thermistance CTN -40°C à +200°C 0,2% à 2% excellente bon
RTD pt 100Ω -180°C à +650°C 0,1% bonne excellent à bon
Thermocouple -200°C à +2500°C 0,5% à 3,0% bonne à passable excellent à bon
Thermomètre à +200°C à +2500°C 0,2% à 0,5% mauvaise mauvais
rayonnement

T AB L E AU 4- 6 : AV AN T AG E S E T D E S D É S AV AN T AG E S D E S C AP T E U R S D E T E M P É R AT U R E S S

Thermocouple RTD Thermistance Transducteur


intégré
Résistance
Tension (mV)

Résistance

Courant ou
tension

Température
Température Température
Température

Avantages: Avantages: Avantages: Avantages:


• aucune source • le plus stable; • tension de sortie assez • le plus linéaire;
extérieure nécessaire; • le plus précis; élevée; • très grande sensibilité;
• simple à utiliser; • bonne sensibilité; • temps de réponse • sortie directement en
• robuste; • assez large plage de rapide; courant ou en tension;
• peu coûteux; mesure; • mesure à deux fils; • peu coûteux.
• grande variété; • plus linéaire que le • grande gamme de
• bontemps de réponse; thermocouple. température;
• grande plage de mesure • peu coûteux.
de température.

Inconvénients: Inconvénients: Inconvénients: Inconvénients:


• non-linéaire; • assez coûteux; • non-linéaire; • température mesurée
• basse tension de sortie; • meilleur avec source à • peu précis; inférieure à 150°C;
• jonction de référence courant; • fragile; • relativement lent;
nécessaire; • faible sensibilité; • dissipation interne qui • dissipation interne qui
• peu stable; • dissipation de chaleur influence la mesure; influence la mesure.
• peu sensible. interne qui peut • dissipation de chaleur
influencer la mesure. interne qui peut
influencer la mesure.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-48 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.8.2 Caractéristiques des capteurs de pression


Le Tableau 4-7 récapitule les principales caractéristiques pour le choix des capteurs de pression.
T AB L E AU 4- 7 : R É C AP I T U L AT I O N D E S C AR AC T É R I S T I Q U E S D E S C AP T E U R S D E P R E S S I O N
Capteur Précision relative à Étendue de mesure Distinction
l'étendue de mesure
Manomètre • le tube en U: 0,5mm; • le tube en U • manomètre à lectures directe et
hydrostatique • la colonne inclinée: (mercure): jusqu'à indirecte disponible;
0,1mm. 130kPa; • une lecture visuelle seulement;
• le tube en U (eau): • pas transmissible à distance.
jusqu'à 20kPa;
• la colonne inclinée:
jusqu'à 10kPa.
Manomètre à tube de • de 0,1 à 2%. • le bourdon en forme • lecture visuelle à l'aide d'un
bourdon C: jusqu'à 500Mpa. transducteur mécanique.

Manomètre à • dans l'ordre de 2%. • de 100 à 800kPa. • en acier, argent ou bronze;


membrane • possibilité de membrane à jauge;
• ils ont une grande sensibilité;
• ils sont recommandés pour mesurer
les pressions de fluides corrosifs;
• transmissible si couplé à un
transducteur.
Capteur à • de 0,05 à 1,0%. • cela dépend de la • excellente sensibilité;
jauges structure • fiabilité accrue;
géométrique. • dérive importante avec la
température;
• jauge de contrainte à fil métallique
et jauge de contrainte à semi-
conducteur utilisée;
• jauge de contrainte à semi-
conducteur d'une grande précision;
• signal de sortie de 10mV à 500mV
par volt d'alimentation.
Manomètre à soufflet • dans l'ordre de 0,5%. • jusqu'à 100kPa. • des mécanismes permettent de
mesurer des pressions absolues et
des pressions différentielles;
• transmissible si couplé à un
transducteur.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-49 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.8.3 Caractéristiques des capteurs de niveau


Le Tableau 4-8 récapitule les principales caractéristiques pour le choix des capteurs de niveau.
T AB L E AU 4- 8 : R É C AP I T U L AT I O N D E S C AR AC T É R I S T I Q U E S D E S C AP T E U R S D E N I V E AU
Capteur Étendue de mesure Précision relative la Distinction
l'étendue de mesure
Mesure de pression • dépend du capteur de • dépend du capteur de • méthode très répandue;
relative et pression. pression; • large étendue de mesure;
différentielle. • de 0,5 à 1%. • excellente précision disponible;
• assemblage complexe;
• sensible aux variations de densité,
de température, d'humidité.
Bulle à bulle • dépend du capteur de • dépend du capteur de • très large étendue de mesure;
pression pression; • bonne précision;
• de 1,0 à 2%. • sensible aux écarts de densité.
Capacité • de 1 à 50 mètres • de l'ordre de 0,2%. • emploi très répandu;
• pour tous les types de produits;
• mesure et détection électrique;
• sensible aux produits abrasifs et
colmatants;
• sensible à la densité et à la
température du produit.
Résistivité • illimitée • de l'ordre de 0,2 à • coût très faible;
1% de l'étendue de • emploi facile;
mesure. • surtout utilisé pour la détection de
seuil;
• usage limité aux liquides offrant de
bonnes caractéristiques de
conductivité;
• très sensible au milieu: abrasifs,
poussières et à la condensation.
Ultrasonique • de 50cm à 50 mètres • de 0,5 de 1%. • étendue de mesure élevée;
• bonne précision;
• robuste et fiable;
• sensible à l'agitation de la surface et
aux surfaces mousseuses;
• possibilité d'interférence due au
réservoir.
Nucléaire (gamma) • de 1 à 15 mètres • de 1 à 2,5%. • bonne étendue de mesure;
• large gamme de température
d'utilisation;
• convient aux produits sous pression
tels: produits colmatants ou à
grosse granulée;
• précision moyenne;
• prix élevé;
• réglages périodiques;
• requiert une expertise particulière.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-50 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

4.8.4 Caractéristiques des capteurs de débit


Le Tableau 4-9 récapitule les principales caractéristiques pour le choix des capteurs de débit.

T AB L E AU 4- 9 : R É C AP I T U L AT I O N D E S C AR AC T É R I S T I Q U E S D E S C AP T E U R S D E D É B I T
Capteur Étendue de mesure Précision relative la Distinction
l'étendue de mesure
Plaque orifice • très large • de 0,2 à 2% • excellente précision;
(diaphragme) • fidélité remarquable;
• simplicité;
• coût très bas;
• usure de la paroi du diaphragme.
Tube de Venturi • très large • de l'ordre de 0,5% • bonne précision
• coût plus élevé que la plaque
orifice;
• aucune usure;
• perte de charge résiduelle faible;
• encombrement assez important.
Tube de Pitot • pression maximale • de 0,5 à 5% • mesure de liquide et de gaz;
de 350kPa. • simplicité d'installation et
d'utilisation;
• peu coûteux;
• perte de charge résiduelle faible.
Rotamètre • de 0,3 à 300 000L/h • de 2% à 10% • débitmètre à section variable;
pour les gaz; • lecture directe;
• de 0,1 à 25 000L/h • mesure de liquide et de gaz;
pour les liquides. • simplicité d'installation et
d'utilisation;
• encombrement réduit.
Électromagnétique • très large • dans l'ordre de 1% • très utilisé en industrie;
• peut mesurer en régime laminaire
ou turbulent;
• bonne linéarité de l'échelle;
• étendue de mesure très large;
• perte de charge nulle;
• absence d'usure;
• bon temps de réponse;
• liquides conducteurs seulement
• peut mesurer dans les deux sens de
l'écoulement;
• la pression du liquide ne devrait pas
dépasser 300psi;
• prix élevé.
Ultrasonique • ne convient pas aux • de 1,0 à 3,0% • très utilisé en industrie;
faibles vitesses • bonne linéarité de l'échelle;
d'écoulement • perte de charge nulle;
• étendue de mesure très large;
• perte de charge nulle;
• absence d'usure;
• peut mesurer dans les deux sens de
l'écoulement;
• temps de réponse instantané;
• liquides seulement
• pas adapter au faible diamètre;

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-51 OFPPT/TECCART


Résumé de Théorie Capteurs et conditionneurs

• prix élevé.
Vortex • très large • de 0,5 à 2,0% • large étendue de mesure;
• bonne précision;
• liquides et gaz;
• peu coûteux;
• temps de réponse rapide;
• perte de charge élevée;
Turbine • de 25 à 10 000L/h. • de 0,1 à 2,0% • large étendue de mesure;
• assez bonne précision;
• liquides et gaz;
• robuste;
• temps de réponse moyen;
• coût élevé;
• encombrant.

Module 4 : Les principes de fonctionnement des capteurs Page 4-52 OFPPT/TECCART

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