Cours de Vaccination
Cours de Vaccination
NIVEAU EIDE
Présenté par :
SOULEY NJOYA
MPH /PhD (c)
E-mail: [Link]@[Link]
2021-2022
OBJECTIFS DU COURS
1 – Objectif général
A la fin des enseignements / apprentissages, l’Etudiant en Sciences de la Santé sera capable de maîtriser
les notions de base de la
vaccination afin de
conscientiser, sensibiliser les
populations sur les maladies
cibles du P.E.V et assurer
ainsi une meilleure gestion des
activités vaccinales.
2- Objectifs spécifiques
2 - 1 - Connaître l’historique du
P.E.V au Cameroun ;
2 – 2 - Définir les populations
cibles du P.E.V ;
2 – 3 - Enoncer les objectifs
nationaux du P.E.V ;
2 – 4 - Décrire les différentes
maladies cibles et les vaccins
du P.E.V ;
1
2 -5 - Maîtriser les différentes stratégies de mise en œuvre de le vaccination au Cameroun ;
2 – 6 - Maîtriser les calendriers de vaccination chez l’enfant de 0 – 23 mois, chez la jeune fille et chez la
femme enceinte ;
2 – 7 - Maîtriser les contre-indications de la vaccination et les propriétés vaccinales ;
2 – 8 - Maîtriser le circuit de la chaîne de froid ;
2 – 9 - Assurer une meilleure maintenance des différents éléments de la chaîne de froid ;
2 – 10 - Maîtriser la politique des flacons entamés ainsi que la sécurité des injections et la destruction du
matériel ;
2 – 11 - Déterminer la quantité des vaccins ainsi que la vitamine A à commander ;
2 – 12 - Assurer une meilleure gestion des activités vaccinales ;
2 – 13 - Veiller à une surveillance intégrée des maladies cibles du P.E.V ;
2 – 14 - Assurer la communication (mobilisation sociale pour le P.E.V au sein des communautés).
I – 2 - Populations cibles
Les populations cibles du P. E. V sont représentés par :
Les enfants de 0 à 15 mois : 4,1% de la population totale ;
Les femmes enceintes : 5 p .100 de la population totale.
N.B : Les enfants de 0 - 59 mois (soit 18 p. 100 de la population totale) non vaccinés se présentant dans le cadre de
la prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant (PCIME) recevront tous les antigènes du P. E. V sauf le B.C.G
limité aux enfants de moins d’un an.
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atteindre 80% de couverture vaccinale par antigène (Pentavalent, VAR,VAA, VPO3, Pneumo3, B.C.G) chez
les enfants de 0- 15 mois et au moins 2 doses de TD chez les femmes enceintes ;
Réduire de 90% la morbidité et de 95% la mortalité due à la rougeole par rapport aux taux actuels;
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Types d’immunités :
On distingue deux types d’immunités : l’immunité naturelle et l’immunité artificielle. Diagramme représentant les
différents types d’immunités.
Immunité
Active Passive
Tableau 1 : Récapitulatif des maladies cibles du PEV, leur vaccin et leur présentation
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La stratégie de vaccination en poste fixe ;
La stratégie de vaccination en poste avancée ;
La stratégie de vaccination mobile.
Les stratégies de vaccination complémentaires :
Les rattrapages
Les campagnes de vaccinations
Les ripostes
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4 – 4 - STRATEGIE DE RATTRAPAGE
Intégration de la vaccination au cours de la PCIME (prise en charge intégrée des maladies de l’enfant)
Devant un enfant malade de 0 – 59 mois se présentant en consultation, il faut toujours vérifier son état vaccinal. S’il
n’a pas encore reçu les doses vaccinales requises pour son âge, il faut compléter la série dont il a besoin.
Cette politique s’applique pour tous les antigènes sauf le BCG, Rotarix qui est réservé uniquement aux enfants
gravement malades, qui doivent être hospitalisés, la vaccination n’est pas systématique. Mais, elle sera faite plus
tard dès que l’état de santé de l’enfant sera amélioré.
Activités d’accélération du PEV de routine :
Le Cameroun mène un paquet d’activités intégrées au moins deux fois l’an appelé SASNIM (Semaine
d’Actions de Santé de Nutrition Infantile et Maternelle).
L’application de la politique d’utilisation des flacons entamés va permettre d’avoir à sa disposition du TD tous les
jours dans les centres de santé disposant des réfrigérateurs.
A chaque visite prénatale et à chaque consultation d’une femme enceinte, il faut vérifier son état vaccinal vis à vis du
TD et le compéter en accord avec le calendrier c’est à dire en respectant les intervalles entre les doses si possible.
vaccinations supplémentaires
ripostes
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VPO 1 orale 2 gouttes Dans la bouche
Rotarix 1 Orale 1.5 ml dans la bouche
0,5ml
DTC/HépB
Intra - musculaire Cuisse droite
Hib 2
3econtact 10 semaines
Pneumo 13-2 Intra -musculaire 0,5 ml Cuisse gauche
VPO 2 Orale 2 gouttes Dans la bouche
Rotarix 2 Orale 1,5 ml Dans la bouche
DTC/HépB 0,5ml
Intra - musculaire Cuisse droite
Hib 3
4econtact 14 semaines Pneumo13 .3 Intra - musculaire 0,5 ml Cuisse gauche
VPO 3 orale 2 gouttes Dans la bouche
VPI Intra - musculaire 0,5 ml Cuisse gauche
Vit A Orale 100 000 UI Dans la bouche
VAA Sous - cutané 0,5ml Cuisse gauche
5econtact 6 à 11 mois
0,5ml
RR 1 Sous-cutané Deltoïde gauche
6e contact 15 mois RR 2 Sous - cutané 0,5ml Deltoïde gauche
N.B : Ne jamais mélanger dans une même seringue deux vaccins différents. Injecter les différents vaccins
avec des seringues et des aiguilles différentes à des endroits différents.
Dès le premier contact avec l’enfant, il est recommandé aux professionnels de la santé :
D’ouvrir une fiche de vaccination et suivre les instructions opérationnelles y afférentes ;
Penser à donner une dose de Vitamine A tous les 6 mois jusqu’à 5 ans ;
D’établir le programme individuel pour couvrir les 6 contacts de vaccination prévus en
respectant les intervalles entre les doses successives telles que prévues par le calendrier officiel.
Calendrier individuel de vaccination
Chaque enfant dispose d’un programme individuel de vaccination. Pour élaborer un programme
complet pour les 6 premiers contacts, il est nécessaire d’évaluer correctement le statut vaccinal de
l’enfant. Pour cela, il est recommandé de se référer aux registres de vaccination gardés dans la formation
sanitaire ou à la carte de vaccination que détient le parent.
Exemple 1: Si on est en présence d’un nouveau-né, il s’agit d’un premier contact, le statut vaccinal de
l’enfant est «vaccin zéro» : Il faudra par conséquent:
i. administrer le BCG et la première dose de VPO ;
ii. fixer la date de rendez-vous pour le contact suivant en tenant compte de l’organisation des
séances de vaccination en vigueur dans la formation sanitaire;
iii. consigner sur les documents élaborés à cet effet les informations suivantes : la date effective de la
vaccination actuelle, le nom du vaccin donné, la date du prochain rendez-vous, le motif du
rendez-vous, et toute autre remarque jugée nécessaire par le professionnel de santé;
iv. informer la mère de l’enfant sur les vaccins reçus, les maladies qu’ils préviennent, la date et le
motif du prochain rendez-vous, les réactions post vaccinales probables, ainsi que la conduite à
tenir.
Exemple 2 : Si par contre on est en présence d’un ancien cas (l’enfant a déjà probablement eu une ou
plusieurs doses au cours des contacts antérieurs), il faudra :
i. évaluer le statut vaccinal de l’enfant;
iii. mettre la date du prochain rendez-vous en tenant compte de l’organisation des séances de
vaccination en vigueur au centre et de l’intervalle de 4 semaines;
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iv. consigner sur les documents les informations suivantes : la date effective de la vaccination
actuelle, le nom du vaccin donné, la date du prochain rendez-vous, le motif du rendez-vous, et
toute autre remarque jugée nécessaire par le professionnel de santé;
NB : Pour toute femme post-partum immédiat (0 – 8 semaines) donner 2 capsules de Vit A 200 000 UI à
intervalles de 24 heures.
Toutes les stratégies demandent du personnel formé, des vaccins conservés dans de bonnes conditions
sur les lieux de la vaccination, du matériel d’injection et de quoi détruire après usage, des documents pour
inscrire l’acte de vaccinal et la date du prochain rendez-vous. Il ne faut surtout pas se contenter d’inscrire
la date de rendez-vous sur la fiche opérationnelle ou le registre, il faut informer le parent.
Le professionnel de santé doit toujours communiquer à la mère le moment, le lieu et la raison du prochain
rendez-vous ; la disponibilité de la mère pour ce rendez-vous est importante, elle doit être confirmée au
cours de ce dialogue.
En principe la stratégie de vaccination au quotidien permet de minimiser les occasions manquées au moins
au premier contact. Toutefois, la pratique de la vaccination au quotidien doit être modulée au taux de
fréquentation ou à la population desservie.
5-3- VACCINATION DES ENFANTS ET DES FEMMES ENCEINTES INFECTES PAR LE VIH
En principe, les vaccins vivants ne doivent pas être administrés aux personnes atteintes
d’immunodépression due au VIH, à une affection maligne, un traitement à base de produits
immunodépresseurs ou à une radiothérapie.
Il est cependant recommandé d’administrer le plus tôt possible tout les vaccins du PEV sauf le BCG (pour
lequel la décision de l’administrer sera fonction du risque sur le plan local) aux nourrissons et enfants
asymptomatiques dont on sait ou on présume qu’ils sont infectés par le VIH.
En raison du risque de rougeole précoce et sévère, chez ces nourrissons, ils recevront une dose de vaccin
anti-rougeoleux à 6 mois et une seconde dose dès qu’ils auront dépassé l’âge de 9 mois.
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En ce qui concerne le BCG, la décision de l’administrer ou non est fonction du risque de tuberculose au
niveau local.
Lorsque le risque de contracter la tuberculose est élevé, il est recommandé d’administrer le BCG à la
naissance ou dès que possible après la naissance.
Pour les enfants atteints de SIDA,
Les enfants atteints d’infection symptomatique par le VIH sont aptes à recevoir tous les vaccins du PEV à
l’exception du BCG vaccin anti-amaril et du Rotarix
Tableau : calendrier recommandé pour la vaccination des enfants et des femmes enceintes infectés par le
VIH.
5-4- L’INTERVALLE MINIMUM ENTRE L’ADMINIMITRATION DES DOSES D’UN MEME VACCIN
Le vaccin antipoliomyélite, antitétanique, anticoquelucheux, antidiphtérique et le vaccin contre l’hépatite B
doivent être administrés en plusieurs doses pour être efficaces.
Il faut éviter d’administrer deux doses d’un même vaccin à un intervalle plus court que 28 jours. Ceci risque
de réduire la réaction immunologique (sero-conversion). Une dose injectée dans ces conditions ne doit pas
être prise en compte dans la série de primo vaccination.
L’intervalle optimum entre deux doses successives est de 28 jours, ce qui permet une réponse immunitaire
correcte.
Il importe d’achever la primo vaccination à un âge précoce et de protéger l’enfant avant qu’il n’atteigne
l’âge où il sera exposé à un risque élevé d’infection.
Si toutefois, l’intervalle entre deux injections est long que 28 jours, la protection sera de courte correcte et il
ne faut pas administrer de doses supplémentaire et encore moins recommencer le programme. Lorsque la
vaccination ne s’est pas faite conformément aux âges indiqués, il faut administrer dès que l’occasion se
présente tous les antigènes manquants.
Pour les femmes enceintes, le premier contact sera la grossesse, puis après l’accouchement, elles
continueront leur série de vaccination jusqu’à Td 3 ou 5.
Il faut impérativement respecter l’intervalle minimum entre les doses à défaut le vaccin administré n’est
pas valable. Par contre, il n’existe pas d’intervalle maximum entre deux doses. Il ne faut pas recommencer
une série interrompue, il faut seulement compléter là où elle s’est arrêtée.
N.B : Il ne faut pas vacciner aux différents antigènes avant les âges indiqués sinon les vaccins ne seront
pas validés parce que les anticorps maternels présents jusqu’à environ 6 mois en cas de rougeole risquent
de compromettre la réponse immunitaire.
5-5- LA TECHNIQUE DE VACCINATION ET LA VOIE D’ADMINISTRATION DU VACCIN
a- Matériel d’injection :
Le type de seringue retenue pour la vaccination est la seringue autobloquante. L’utilisation de la seringue à
usage unique pour le BCG et la reconstitution des vaccins lyophilisés est autorisée en attendant la
disponibilité de la seringue autobloquante pour ces modèles.
Toutes les injections vaccinales doivent être effectuées avec des seringues neuves stériles, dont
l’emballage est intact. Les seringues autobloquantes sont seules recommandées car elles empêchent la
réutilisation après usage.
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En plus on aura du coton, de l’alcool, de l’eau propre, de l’eau bouillie refroidie, boîte de sécurité … etc.
VI- LES MANIFESTATIONS ADVERSES POST IMMUNISATION (MAPI)
ET CONDUITE À TENIR
La vaccination est une responsabilité et un devoir du professionnel de la santé vis-à-vis de la communauté
dont il a la charge. Elle doit être comprise et acceptée par l’équipe qui est chargée de la mettre en œuvre.
La population à laquelle la vaccination est proposée a le droit d’être suffisamment informée et renseignée
des bénéfices qu’elle peut en tirer mais aussi des effets secondaires occasionnels qui peuvent survenir.
Ces effets indésirables doivent être déclarés. Il est important que le personnel de la santé en discute avec
le parent.
Vacciner est une technique qui requiert des précautions que le professionnel de la santé doit maîtriser pour
faire face efficacement aux éventuels effets secondaires. Ces effets secondaires, mineurs pour la plupart,
doivent être portés à la connaissance des mères ainsi que la conduite à tenir pour leur prise en charge.
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NB : Tout personnel de santé qui vaccine doit rechercher, investiguer et notifier tous les cas de MAPI
Pour tout cas de MAPI, renforcer l’IEC et assurer la prise en charge;
La prescription systématique d’antipyrétique après la vaccination est interdite. Toutefois,
encourager la mère à utiliser les méthodes physiques en cas de fièvre (bain tiède, enveloppement
froid, déshabillage). Si persistance ou aggravation emmener l’enfant à la formation sanitaire.
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Pas de vaccination pour un enfant qui est référé d’urgence à l’hôpital. (Il n’a pas de contre
indication médicale, mais en cas de décès de l’enfant, le vaccin peut être mis en cause à tort) ;
Pas de BCG rota et VAA à un enfant présentant des symptômes de SIDA ;
Pas de penta 2 ou de penta 3 à un enfant qui a eu des convulsions ou choc dans les trois jours qui
ont suivi l’injection d’une dose précédente de vaccin penta (le vaccin DT doit être administré au lieu de DTC) ;
Pas de DTC à un enfant ayant des convulsions répétées ou présentant une autre maladie
neurologique du système nerveux central (le vaccin DT doit être administré au lieu du DTC) ;
Le VAA est contre indiqué en cas d’allergie à l’albumine ;
De plus, on peut conclure qu’il n’est pas nécessaire de vacciner un enfant contre la rougeole
lorsqu’il est atteint de rougeole.
Il est conseillé au personnel de la santé si la mère a besoin d’être vaccinée contre le tétanos à lui
administrer le vaccin si elle est enceinte.
7 – 2 - Les principales recommandations
Lorsque les vaccins n’ont pas été faits aux âges indiqués, il faut administrer à l’enfant dès que
l’occasion se présente tous les antigènes manquants et correspondants à l’âge tant qu’il est dans
la population cible en veillant de respecter l’intervalle minimum ;
Respecter l’intervalle minimum entre deux doses sinon le vaccin administré ne sera pas valable ;
Il ne faut jamais recommencer une série interrompue, il faut compléter là où elle a été arrêtée ;
Il ne faut pas vacciner avant les âges indiqués (les anticorps maternels risquent de compromettre l
réponse immunitaire) ;
Si deux vaccins vivants (RR, BCG, POLIO) ne sont pas administrés le même jour, ils doivent être
espacés de 28 jours pour éviter une éventuelle interférence ;
Veiller aux associations vaccinales dès que l’âge de l’enfant le permet.
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9 – 3 - Conservation des vaccins
Tous les vaccins n’ont pas les mêmes températures de stockage. Certains vaccins peuvent être congelés ;
d’autres par contre sont détruits par la congélation.
Par exemple, les vaccins polio oral, le RR, le BCG et le VAA peuvent être conservés à moins de 20°c dans
les dépôts (central et intermédiaire), par contre dans les centres de santé la température de conservation
doit se situer entre 0°c et +8°c. (+2°C et +8°C)
Les vaccins tels que DTCHepB-Hib et Td ne doivent jamais être congelés.
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-1-5 à – 25°c -15 à – 25°c -15 à – 25°c
Solvants 0 à + 8°c
L’efficacité des vaccins dépend en grande partie de la conservation entre 0 à + 8°c pour les vaccins B.C.G, D.T.C, Td et
Hep B et – 15 à – 25°c pour les vaccins BCG, RR, VAA et VPO.
Dans les formations sanitaires, ces vaccins doivent être conservés dans la partie supérieure du réfrigérateur pendant 1
mois. La partie freezer est réservée aux accumulateurs de froid (voir rangement dans un réfrigérateur).
Si ces températures ne sont pas respectées, il va sans dire qu’un enfant vacciné risque de ne pas être immunisé et le
travail fourni par le personnel de santé est perdu.
C’est pourquoi, il faut relever la température le matin et le soir, y compris les week-ends et les jours fériés et la noter sur la
fiche de température.
Si la fiche de température n’est pas remplie tous les jours, on peut dire théoriquement que les enfants ne sont pas
immunisés, car le personnel de santé ne sait pas si les vaccins qu’il utilise sont encore efficaces. Connaissant le nombre de
jours de non relevé ou de jours où la température n’est pas bonne chaque mois, nous pouvons déterminer la couverture
effective d’une zone.
9-3-4- L’indicateur 3M
La fiche de contrôle de la chaîne de froid (indicateur 3M) est destinée à aider le personnel de santé à vérifier si les vaccins
sont conservés dans de bonnes conditions tout au long de la chaîne de froid. Ces fiches sont jointes aux lots de vaccins du
PEV expédiés par les fabricants et sont également utilisées pour les envois en région et dans les districts.
Pour rester actifs, les vaccins doivent être conservés à une température ne dépassant pas +8°c à tous les points de la
chaîne du froid.
Cette fiche se présente sous forme d’une carte munie d’une bandelette comprenant trois voyants ovales et un circulatoire
dont la couleur change en fonction de la durée de l’expédition à des températures supérieures à 8°c.
Cet outil est utilisé pour contrôler si la température dans la partie réfrigérante n’a pas atteint le point de congélation (-3°c). il
sera ainsi placé dans le compartiment des vaccins PENTA et TD. Si tel es le cas, le freezer watch éclate. Il est suggéré
d’utiliser le test de floculation pour déterminer quels flacons de vaccins ne doivent plus être utilisés.
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9-3-8- La pastille de contrôle du vaccin
Il existe maintenant une pastille de contrôle du vaccin, qui permet de déterminer si le flacon a été correctement conservé
dans la chaîne du froid ou non. Il s’agit d’une étiquette munie d’un indicateur carré dont la couleur change en fonction de la
durée de l’exposition à des températures supérieures à 8°c.
Avec l’aide de la PCV (pastille de contrôle de vaccin), il est possible de :
Utiliser le vaccin même si la chaîne du froid est défaillante ;
Ramener à chaque fois du terrain au réfrigérateur les flacons entamés.
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
Installer le réfrigérateur d’aplomb, loin d’une source de chaleur à l’abri des courants d’air ;
Bien ranger les vaccins à l’intérieur : BCG, POLIO, RR et VAA dans la partie située juste en dessous du
freezer, PENTA et TD. et TD dans la partie inférieure ;
Ne rien mettre sur la porte ;
Laisser de l’espace entre les boîtes pour la circulation de l’air ;
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Mettre les bouteilles d’eau ou des accumulateurs de froid dans la partie inférieure du réfrigérateur ;
Placer un thermomètre à l’intérieur du réfrigérateur ;
Relever matin et soir la température et l’inscrire sur la fiche de température collée sur la porte extérieure ;
Pour le réfrigérateur à pétrole, nettoyer périodiquement le brûleur et la cheminée ;
Disposer toujours d’un stock de réserve de pétrole et de mèches ;
Tenir une fiche de stock et veiller aux dates de péremption.
Suivant les recommandations de l’OMS, la politique d’utilisation des flacons entamés est adoptée au
Cameroun. Elle consiste à conserver en stratégie fixe pendant 3 semaines les flacons entamés des
vaccins penta, Td , VPI, PCV-13 et VPO jusqu’à ce qu’ils soient vidés.
Par contre, les flacons de ces même vaccins utilisés en stratégie avancée, ou dans les formations sanitaires ne
disposant pas de réfrigérateur fonctionnel devront être jetés à la fin de la séance de vaccination.
Les vaccins qui se présentent sous forme lyophilisée, comme BCG, RR, VAA, ne contiennent pas de
conservateurs. Ils devront être jetés à la fin de la séance de vaccination pendant laquelle ils ont été
reconstitués. (6 heures après la reconstitution quelque soit le lieu de vaccination).
La sécurité des injections préconise l’utilisation d’une seringue et d’une aiguille pour chaque enfant et par dose de vaccin. Elle
intègre aussi la bonne reconstitution et la bonne administration des vaccins.
Toutes les injections vaccinales doivent être effectuées avec des seringues neuves stériles, dont l’emballage est intact.
Les seringues autobloquantes sont seules recommandées, car elles empêchent la réutilisation après usage.
Ces seringues doivent être déposées après usage dans les boîtes de sécurité, sans récapuchonnage de l’aiguille.
Les boîtes de sécurité une fois remplies par les seringues usagées, doivent être détruites par incinération ou brûlage. Les
déchets doivent être enfouis.
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Des directives sont données pour la construction de tous permettant de s’assurer que personne ne pourra récupérer les résidus
de la combustion de ce matériel. (Voir schéma).
Au cours des supervisions, il faut s’assurer que le centre de vaccination dispose d’un stock suffisant de seringues et aiguilles et
que les aiguilles utilisées sont correctement incinérées ou enfouies.
Au Cameroun, 38% des enfants de 1 - 5 ans souffrent de la carence en vitamine A. Pour réduire cette
prévalence à cours terme, la supplémentation en capsules de vitamine A a été adoptée et introduite dans
les activités de vaccination de routine.
La supplémentation en capsules de vitamine A, au moins deux fois par an, contribue à la réduction de la
morbidité et de la mortalité d’environ 25% chez les enfants de moins de 5 ans.
N.B : les enfants en bonne santé doivent recevoir en plus de la vaccination des doses préventives de
vitamine A, de la manière suivante :
- Enfants de 6 à 11 mois, une dose de 100 000 UI ;
- Enfants de 12 mois et plus, des doses de 200 000 UI espacées de 4 à 6 mois jusqu’à l’âge de 5 ans
(59 mois).
De même, deux doses de 200 000 UI doivent être administrées aux mères en post partum immédiat (dans
les 8 semaines qui suivent l’accouchement) d’eau moins 24 heures d’intervalle.
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Donner à la mère la prochaine supplémentation en vitamine A et l’encourager pour terminer la
série de vaccination
S’approvisionner en même temps que les vaccins et le matériel PEV.
N.B : Ne pas administrer des capsules de vitamine A à la mère au-delà de 8 semaines après
l’accouchement, car la vitamine A a un effet tératogène sur le foetus si entre temps la femme devient
enceinte.
14 – 3 - La conservation de la vitamine A
La durée de conservation de la vitamine A est de 2 ans à l’abri du soleil, dans un endroit frais.
Si les capsules sont conservées au réfrigérateur, l’enveloppe durcit (donc les sortir quelques heures avant
utilisation).
Si elles sont conservées dans un endroit trop chaud, les enveloppes risquent se coller. Ne pas congeler.
15- LA GESTION DES ACTIVITES VACCINALES
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Le stock de sécurité.
Tableau : Estimation des besoins en vaccins et en vitamine A en fonction des cinq indicateurs.
vaccins Group Popu Object Nombr Taux de Facteur Besoin Stock Quan
e cible lation if CV e de perte multipli brut en de tité
cible % doses cateur vaccin sécurité nécessai
re
A B C D E F G H I J
BCG 0-11 4 ,1% de 80% 1 50% 2 C*D*E*G 25% H+I
mois la pop
PENTA 0-11 4,1% de 80% 3 25% 1,33 25%
mois la pop
VPO 0-11 4,1% de 80% 4 25% 1,33 25%
mois la pop
RR 0-15 4,1% de 80% 2 25% 1,33 25%
mois la pop
VAA 0-11 4,1% de 80% 1 25% 1,33 25%
mois la pop
Td Fem. 5% de la 80% 3 25% 1,33 25%
Encei pop
VIT A 6 – 11 2% de la 80% 1 10% 1,11 25%
100000 mois pop
VIT A Fem- 4% de la 80% 2 10% 1,11 25%
200000 post pop
partum
Enfants de 0-11 mois = 4,1 % de la population totale.
Les femmes enceintes = 5 % de la population totale.
Coefficient de perte ou facteur multiplicateur = 100 / (100 -Taux de perte) ou 1 / (1- taux de perte).
Taux de perte en décimale.
Besoins en vaccins = population cible x objectif / 100 x nombre de doses x coefficient de perte.
Stock de sécurité = 25% de besoins bruts en vaccin plus stock de sécurité.
N.B : Lorsque les données sur les taux de perte sont disponibles, calculer d’une manière plus précise le
coefficient de perte ou le facteur multiplicateur pour les commandes de vaccin suivant la formule suivante :
Coefficient de perte (CP) = 1 / 1- taux de perte.
Exemple : Si le taux de perte estimé pour le VPO est de 25% (0,25 en décimales)
Le calcul du coefficient de perte est de : 1 / (1-0,25) = 1 / 0,75 =1,33.
Il faudrait multiplier le besoin brut en vaccins (population cible x objectif x nombre de doses) par 1,33 afin
de commander suffisamment de vaccin pour compenser les pertes éventuelles de 25% ; ensuite,
additionner les 25% de ce besoin calculé (qui est stock de sécurité) pour avoir la quantité de vaccins
nécessaires pour une période donnée.
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Il s’agit de faire avec une majoration de 10 à 25% des besoins estimés par antigène pour la prévision de
l’année considérée par rapport à la consommation de l’année précédente (Méthode à utiliser uniquement
par le niveau central)
INDICATEURS
(pentavalent 1 ─ pentavalent 3)
Taux d’abandon ═ X 100
pentavalent1
Enfant complètement vacciné : Tout enfant ayant reçu tous ses vaccins (le BCG, les 3 doses de
PENTA, les 4 doses de polio et de RR).
Enfant correctement vacciné : Tout enfant ayant reçu tous ses vaccins (le BCG, les 3 doses de
PENTA, les 3 doses de polio et de RR). en respectant l’intervalle entre les doses.
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Ratio de péremption : Quantité périmé / Quantité non périmée
15 – 5 - 1- Contacter la communauté
Identifier des alliés dans la communauté, si existence des COSA (Comité de Santé de l’aire de
Santé) et œuvrer en étroite collaboration avec ces COSA et les associations de femmes ou les
élites locales ;
Faire une visite de courtoisie aux chefs du village et leur expliquer votre programme plusieurs
visites sont parfois nécessaires pour obtenir une réponse nette ;
Pour l’Agent de santé : souvenez vous que vous êtes indispensables, la communauté vous connaît
et vous fait confiance ;
Pour le Superviseur : vous pouvez parfois accompagner l’agent de santé, lors de sa première
visite à la communauté et l’aider à expliquer les principaux aspects du programme et surtout la
notion de partenariat en vue de la participation communautaire effective à vos activités ;
Fixer avec la communauté le jour, l’heure et le lieu qui convient le mieux pour la séance de
vaccination ;
Etablir le calendrier de stratégie avancée avec les responsables de la communauté et s’assurer
de sa diffusion dans l’aire de santé.
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Rougeole : Toute personne atteint de fièvre et d’éruption cutanée maculo papuleuse, (non vésiculaire) généralisée et
de toux, rhume, coryza ou conjonctivite (yeux rouges) ou toute personne chez qui un clinicien suspecte la rougeole.
Le diagnostic de laboratoire se fait par isolement du virus de la rougeole ou augmentation d’anticorps au moins 4 fois
ou présence d’anticorps spécifique de la rougeole.
Coqueluche : Tout cas avec toux de durée supérieur ou égale à 2 semaines avec au moins l’un des signes suivants :
paroxysme de toux, stridor inspiratoire, avec chant de coq, vomissements après toux sans autre cause apparente.
Le diagnostic de laboratoire se fait par isolement de Bordetella pertussis ou polymérase Chain réaction (PCR)
positive.
Tétanos néonatal : Tout nouveau né ayant été crié normalement les deux premiers jours de vie et qui entre le 3 e et le
28e jour de vie ne peut téter normalement, devient raide et/ou a des convulsions.
Diphtérie : C’est une maladie caractérisée par une laryngite, une pharyngite ou une amygdalite et une membrane
(fausse membrane) adhérente au niveau des amygdales, pharynx et ou nez. Le diagnostic de laboratoire se fait par
l’isolement de coryne bactérium diphteriae du sang ou d’augmentation d’anticorps dans le sang d’au moins 4 fois en
dehors de toute administration de sérum.
Poliomyélite (PFA) : Tout enfant de moins de quinze ans atteint de PFA ou une personne de n’importe quel âge
chez qui le clinicien suspecte la polio. Tout cas de faible brusque des membres sans histoire de traumatisme, avec
isolement du poliovirus sauvage dans les selles.
Tuberculose : Tout cas de toux persistante de plus de 15 jours et une altération générale confirmée par la
découverte des BAAR au laboratoire dans les crachats.
Fièvre jaune : Toute personne atteint d’un brusque accès de fièvre, d’installation subite suivie dans les 2 semaines
d’ictères. Le diagnostic de laboratoire se fait par l’isolement du virus ou présence d’IgM spécifique ou augmentation
d’IgG sériques d’au moins 4 fois ou PCR positive ou confirmation anatomopathologique.
Hépatite virale B : Toute personne (surtout l’adulte jeune) qui présente des signes d’hépatite d’origine non alcoolique
(altération de l’état général, faiblesse, manque d’appétit douleurs abdominales, jaunisse et urines foncées, œdème
des membres inférieurs est susceptible de faire une hépatite virale ? Il existe des porteurs sains. Le diagnostic de
certitude se fait au laboratoire par dosage des antigènes HbS
Il s’agit de la notification hebdomadaire des maladies à potentiel épidémiologique permettant d’agir rapidement. Les
fiches sont également transmises selon un calendrier hebdomadaire précis aux différents niveaux :
Centre de santé District de santé : le lundi de la semaine suivante
District de santé province : le mercredi de la semaine suivante
Province Niveau central : le vendredi de la semaine suivante
2 - 3 - La surveillance active :
La surveillance active est un système qui consiste à aller chercher l’information par des visites régulières dans les
sanitaires et dans la communauté. Ces visites ont objectifs de passer en revue les registres pour la recherche des
cas non déclarés qui ont échappé aux deux types de surveillances ci-dessus.
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Ce type de surveillance a été développé depuis 1998 comme un élément clé de la surveillance PFA pour
l’éradication de la polio. Elle est maintenant étendue à la surveillance active de la rougeole, du tétanos néonatal, de
la fièvre jaune et de la méningite etc.
3- Riposte aux flambées épidémiologiques
C’est un ensemble de mesures d’urgences à mettre en œuvre à titre de réaction immédiate à une poussée
épidémique.
C’est une campagne de ratissage qui consiste à administrer le VPO en 2 tours à tous les enfants de 0 - 59 mois
habitant le même village que le cas y compris les villages avoisinants.
La décision d’organiser la mise en œuvre des actions de riposte incombe au service de santé de district et doivent
être planifiées avec l’aide de la région et/ou du niveau central.
Pour être appropriée, la riposte aux épidémies doit être :
- Suffisamment rapide pour limiter ou empêcher l’extension de la maladie au sein de la
population ;
- Suffisamment étendue pour couvrir toute la zone à risque ;
- Suffisamment exhaustive pour protéger toute la population cible à risque.
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Age Immédiatement Jour suivant Couleur des capsules
<6 mois 50 000 UI 50 000 UI Blanche
6-11 mois 100 00 UI 100 000 UI Bleue
>12 mois 200 000 UI 200 000 UI Rougeole
En cas des autres maladies à potentiel épidémique :
Les éléments de décision dépendent de la maladie concernée ?
Méningite cérébro-spinale (MCS) : 15 cas pour 100 000 habitants en zone endémique et 5 cas pour
100 000 habitants en zone endémique 2 semaines consécutives ;
Fièvre hémorragique : 1 cas
Choléra : 1 cas
Fièvre jaune : 1 cas
17- LA COMMUNICATION / MOBILISATION SOCIALE / MARKETING POUR LE PEV
Définition : La mobilisation sociale / Marketing est une stratégie du PEV, elle permet de :
Mobiliser les ressources (humaines, matérielles etc.) en faveur du PEV ;
Susciter l’adhésion et l’engagement des décideurs ;
Encourager les différents acteurs du développement à s’impliquer dans les activités du PEV.
La communication / mobilisation sociale est une stratégie fondamentale pour le succès du PEV.
Elle vise non seulement à dissiper tous les mythes et doutes qui entourent la vaccination, mais aussi aide à faire
comprendre l’importance de la vaccination et surtout à maintenir de manière permanente le dialogue constant entre
les services de vaccination, les communautés bénéficiaires et les autorités (administratives, politiques, religieuses,
traditionnelles).
But :
Informer, sensibiliser et motiver les bénéficiaires du PEV à augmenter et maintenir la demande vaccinale.
La communauté général doit être informée des méfaits de s maladies, de l’efficacité, des vaccinations, de l’absence
de contre indication, du calendrier vaccinal, des populations auxquelles le vaccin est destiné et des jours pendant
lesquels la vaccination est disponible.
Les familles des enfants vaccinés doivent :
Connaître le calendrier et la nécessité de revenir plusieurs fois ;
Etre informées des suites normales de la vaccination ;
De la date de la prochaine vaccination ;
Apporter le carnet de vaccination à chaque consultation.
Les autorités traditionnelles et administratives devraient être au courant du programme de vaccination et de
l’importance donnée par l’Etat aux activités de prévention, pour informer les familles au moment des déclarations de
naissance.
Les comités de santé transmettent les informations sur les vaccinations, aident à l’enregistrement des enfants à
vacciner, au recensement des enfants non vaccinés, rappellent les dates de vaccination et aident à aller chercher les
vaccins.
Le personnel informe le public et met à leur disposition affiches et message. Il assure la continuité de la mobilisation
sociale et communique les résultats des activités. Plusieurs moyens peuvent être utilisés pour faire connaître les
informations sur la vaccination : les annonces radio, les messages adressés aux mères et aux chefs de quartier, les
églises, les associations, etc.
Résultats attendus :
- Réduction des abandons ;
- Vaccinations des enfants difficiles à atteindre ;
- Augmentation de la couverture vaccinale.
Stratégie de communication
- Le plaidoyer ;
- La mobilisation sociale ;
- La communication pour le changement de comportement, ou pour l’adoption de
comportements responsables ;
- Le marketing social ;
- Le renforcement des capacités des acteurs en communication.
Important : Tout plan de communication pour le P.E.V doit comporter des activités relatives à chacune des stratégies
ci-dessus :
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- Les canaux de communication de masse (radio, télévision, presse) ;
- Les canaux interpersonnels et traditionnels (chefs traditionnels, griots, membres des COSA
etc.).
Ce matériel comporte :
- Supports imprimés ;
- Supports audio visuels ;
- Supports sonores.
La production de ce matériel passe par les étapes suivantes :
- Une étude des comportements des prestataires et des bénéficiaires ;
- L’élaboration d’un plan de communication ;
- Le développement des messages ;
- Le pré test des messages ;
- La révision ;
- La validation des messages ;
- La production.
Les types de messages
- Les messages d’annonce ;
- Les messages pour le changement de comportement (sensibilisation).
Qualité d’un bon message.
- Clair ;
- Concis ;
- Précis ;
- Adapté.
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