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Adhérence cellulaire et occludines

Le document décrit les différents types de molécules et structures impliquées dans l'adhérence cellulaire, notamment les matrices extracellulaires, les molécules d'adhérence telles que les cadhérines et intégrines, et les jonctions intercellulaires comme les desmosomes.

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Adhérence cellulaire et occludines

Le document décrit les différents types de molécules et structures impliquées dans l'adhérence cellulaire, notamment les matrices extracellulaires, les molécules d'adhérence telles que les cadhérines et intégrines, et les jonctions intercellulaires comme les desmosomes.

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Faculté de Médecine de Constantine Année universitaire 2022- 2023

Module de Cytologie

1ère Année Médecine Docteur AOUATI Amel

LA MEMBRANE PLASMIQUE DES CELLULES EUCARYOTES ANIMALES

LA FONCTION D’ADHESIVITE CELLULAIRE

L’adhérence cellulaire est une fonction indispensable que les organismes


supérieurs ont acquis afin de permettre la formation de tissus, organes et systèmes
qui s’efforcent de satisfaire les fonctions physiologiques nécessaire à la survie de
l’individu.

L’adhérence cellulaire est permise d’une part grâce à la présence d’une matrice
extracellulaire (adhérence indirecte) et d’autre part par la formation d’adhérence
directe par la présence de molécules d’adhérence au sein des membranes
plasmiques.

1. Les matrices extracellulaires sont des trames macromoléculaires constituées


de polysaccharides, de protéines fibreuses et de glycoprotéines (Figure 01),
synthétisées par des cellules caractéristiques suivant le tissu considéré
(fibroblastes, cellules épithéliales, ostéoblastes, chondroblastes, etc.). Ces cellules
se fixent à la trame par des récepteurs membranaires de type SAM (Substrate
Adhesion Molecules).
Figure 01 : Représentation schématique illustrant les composants d’une matrice
extracellulaire.

1.1. Les constituants de la matrice extracellulaire Sont très différents selon


leurs natures chimiques et leurs rôles au sein de la matrice.

a. Les polysaccharides Sont principalement représentés par deux types de


molécules ; les premiers sont les glyco-amino-glycanes (GAG) qui sont constitués
de longues chaînes non ramifiées de polymère de disaccharides généralement
sulfatés, l’un d’eux ; l’acide hyaluronique est le seul qui est non sulfaté et possède
la propriété de piéger l’eau, formant ainsi, un gel aqueux remplissant la matrice.
Le deuxième type de polysaccharides est représenté par les protéoglycanes qui sont
formés par des GAG non ramifiés liés par liaison O-glycosidique à des protéines.

b. Les protéines fibreuses Sont principalement représentées par deux types de


molécules ; les fibres de collagènes qui représentent 25% des protéines totales de
l’organisme et qui permettent une résistance à de forte tension mécanique,
participant ainsi à la cohésion tissulaire et les fibres élastiques qui sont présentent
dans les tissus soumis à des variations de tailles et de formes. Ces fibres élastiques
sont formées de protéines, appelées élastines, reliées entre elles et associées au
collagène et aux polysaccharides, limitant les étirements excessifs.

c. Les glycoprotéines de la matrice Sont représentées par la fibronectine, et au


niveau de la membrane basale par la laminine.

1.2. La lame basale Est une région différenciée de la matrice extracellulaire,


située à la base des épithéliums ou autour de certaines cellules telles que les
cellules endothéliales, les cellules graisseuses, les cellules musculaires et les
cellules de Schwann. Elle est constituée de laminine, de GAG, de protéoglycanes,
de collagène de type IV, ainsi que d’autre glycoprotéines. La lame basale étant à
l’interface entre différents tissus, elle assure une fonction de filtre et permet
l’assise de cellules épithéliales et endothéliales.

2. Molécules d’adhérences et jonctions intercellulaires

2.1. Les molécules d’adhérence Sont représentées par deux types de molécules ;
les CAM (CellAdhesionMolecules) qui permettent l’interaction entre les cellules et
les SAM (SubstrateAdhesionMolecules) qui permettent l’interaction entre la cellule
et la matrice extracellulaire. Ces interactions peuvent être homophile, c’est-à-dire
qu’il y a une interaction entre deux mêmes protéines ou hétérophile, c’est-à-dire
qu’il y a une interaction entre deux protéines différentes.

a. Les immunoglobulines (IgCAM) Sont des monomères de la même


superfamille des anticorps, elles sont calcium (Ca2+) indépendante, contrairement
aux autres molécules d’adhérence, et sont exprimés de manière constitutive (en
permanence) au niveau de la membrane plasmique. Elles réalisent des liaisons
homophiles, parfois avec des molécules différentes, ainsi que des liaisons
hétérophiles avec des intégrines et des protéoglycanes de la matrice
extracellulaire.
b. Les cadhérines Sont des monomères possédant une extrémité N-terminale
extracellulaire et représentés par différents types spécifiques aux tissus y afférant.
Ces molécules sont calcium (Ca2+) dépendante et jouent un rôle principal dans les
jonctions intercellulaires de type desmosomes. De cette manière leurs extrémités
intracellulaires C-terminale interagiront avec les plaques denses ou directement
avec les protéines du cytosquelette, et leurs extrémités extracellulaires N-
terminale réaliseront des interactions avec d’autres cadhérines.

c. Les sélectines Sont des monomères possédant une extrémité N-terminale


extracellulaire, elles sont calcium (Ca2+) dépendante et sont capable de reconnaître
les groupements glucidiques d’autres glycoprotéines en formant des liaisons brèves
et de très haute spécificité. Elles ne sont pas exprimées en permanence, mais
nécessite une activation entraînant leur endocytose. Elles interviennent dans des
interactions hétérophiles lors de la diapédèse (TD 05).

d. Les intégrines Sont des dimères (αβ) présentant une longue extrémité
extracellulaire N-terminale, elles sont calcium (Ca2+) dépendante et capables
d’interagir avec les composants de la matrice extracellulaire et de la lame basale
tels que les fibronectines, les laminines et le collagène. Elles peuvent interagir
également par relations hétérogènes avec des immunoglobulines et dans le milieu
intracellulaire avec le cytosquelette…..

2.2. Les jonctions intercellulaires Sont des régions différenciées de la


membrane plasmique responsable de l’adhérence intercellulaire et au niveau
desquelles on distingue une concentration importante de molécules d’adhérence.
Elles sont représentées par les jonctions serrées ou ZonulaOccludens, les jonctions
d’ancrage « adhésive »ou ZonulaAdherens, les desmosomes et les jonctions
communicantes de type nexus ou jonctions gap (Figure 02).
Figure 02. Représentation schématique illustrant les jonctions cellulaires

a. Les jonctions serrées ou zonula-occludens Sont des jonctions étanches qui


ceinturent la cellule, d’où le terme de « zonula », au niveau du pôle apical des
épithéliums comme c’est le cas pour les entérocytes et les hépatocytes. Elles
empêchent entièrement la diffusion latérale des protéines obstruant ainsi l’espace
intercellulaire. Elles sont composées d’occludines et claudines qui sont des
molécules calcium indépendantes et d’immunoglobulines dont les JAM
(JunctionnalAdhesionMolecule). Du côté cytoplasmique elles interagissent avec
les microfilaments d’actine du cytosquelette.

b. Les jonctions intermédiaires ou zonula-adherens Sont également des


jonctions qui ceinturent la cellule au niveau du pôle apicale, situées juste en
dessous des zonula-occludens. Elles sont situées au niveau des cellules polarisées
et laissent un espace intercellulaire plus important que les jonctions serrées. Elles
sont composées de cadhérines et sont attachées aux microfilaments d’actines du
côté cytoplasmique.

c. Les desmosomes ou macula-adherens Sont des macula et non des zonula et


sont considérés comme des zones d’ancrage des filaments intermédiaires sous la
forme de tâche ou plaque. On trouve les desmosomes principalement au niveau des
épithéliums, mais pas exclusivement. Ils sont composés de desmocolline et
desmogléine qui sont des cadhérines calcium dépendantes spécifiques formant des
interactions homophiles et hétérophiles entre elles, ainsi qu’avec des filaments
intermédiaires de Kératine du coté cytoplasmique. Les desmosomes permettent
l’adhérence intercellulaire, le maintien de la forme des cellules et une résistance
cytoplasmique.

d. Les jonctions communicantes de type nexus ou jonction gap On les


trouve au niveau des faces latérales des cellules épithéliales et également des
cellules non épithéliales comme les fibroblastes, les cellules musculaires, les
cellules osseuses et les neurones. Ils sont composés de plusieurs centaines de
canaux bidirectionnels par association de l’un à l’autre provenant d’une cellule et
de l’autre. Chaque canal est un connexon formé de 6 sous-unités, dont chaque sous-
unité est une connexine qui possède 4 segments transmembranaires. Les nexus
permettent un échange métabolique intercellulaire en fonction du gradient de
concentration en ions et petites molécules et permet ainsi le transfert
d’informations comme c’est le cas pour le second messager tels que l’AMP cyclique,
le calcium Ca2+ et certains enzymes.

2.3. Les jonctions cellules matrices extracellulaires Sont des régions


différenciées de la membrane plasmique responsable de l’adhérence entre les
cellules et les éléments de la matrice extracellulaire. Elles sont riches en molécules
d’adhérence et permettent une solidité mécanique d’une part et une
communication cellulaire d’autre part. Elles sont représentées par les
hémidesmosomes.

a. Les hémidesmosomes Sont présents au niveau du pôle basal et forment des


jonctions avec la lame basale par interaction entre les intégrines des
hémidesmosomes et les laminines de la lame basale. Ils présentent une plaque
dense qui permet d’ancrer les filaments intermédiaires de cytokératine. Ces
derniers forment un réseau entre les plaques des desmosomes et hémidesmosomes
permettant le maintien de la cohésion cellulaire.

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