Histoire critique de l’architecture : la dynastie des Abbassides/-11-2009
LA PERIODE DES ABBASSIDES
Beaucoup d’historien considèrent que ce passage des omeyyades aux abbassides est
un grand tournant de l’histoire de l’islam ; ces derniers (les abbassides) ont transféré
la capitale de Damas à Bagdad
Dans sa première période, elle a trouvé un apogée par la fondation de :
Bagdad en 762
Samarra en 848
Raqqa le long de l’Euphrate en 772
Bagdad est un monument si important pour cette dynastie ; les abbassides l’ont
choisi comme capitale pour plusieurs raisons :
Sa position à coté du canal qui lie l’Igris de l’Euphrate
Sa position stratégique, en se trouvant à l’intersection des routes de toutes
les directions
Durant cette période, on assiste à une fragmentation entre l’Est et l’Ouest :
A l’Est : il y avait un conflit entre les arabes et les perses d’où l’émergence de
trois dynasties :
Tâhiride en 821
Saffâride en 861
Samanide en 892
A l’Ouest : sont émergées des dynasties indépendantes en Espagne et en
Egypte
De même pour le Maghreb qui s’est divisé en trois dynasties qui sont comme
suit :
La dynastie des Idrissides
La dynastie des Rostoumides
La dynastie des Aghlabides
Ces divisions ont eu beaucoup d’influence sur l’architecture
Le caractère des villes islamique a changé, en passant d’un statut militaire à un
centre d’échange, résultant de l’introduction du commerce et de l’industrie qui ont
participé à l’essor et l’expansion économique et culturelle
En Espagne, l’art et l’architecture atteignaient leur apogée, en évoquant un caractère
nouveau et particulier par l’émergence d’un style hispano-musulman
Cour N° : 02 Enseignante : Mlle. Benchikha. L
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Malheureusement, le gouvernement central a perdu toute autorité sur les provinces
qui lui étaient rattachées ; cela a mis le désordre qui a affaibli cette dynastie qui a
conduit à son déclin, où l’apparition de la dynastie des Fatimides
Les principales constructions de l’époque abbasside
La ville de Bagdad
La ville de Samarra
La ville de Raqqa
La mosquée Al Mansour à Bagdad
La grande mosquée de Samarra
La mosquée d’Ibn Tulun à Fustat en 879
La grande mosquée de Kairouan
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La ville de Bagdad
Appelée « cité de paix », Bagdad est l’un des monuments les plus important du 8ème
siècle ; fondée par Al-Mansour, cette ville était resté la capitale jusque 1258
Elle est le témoin de la fusion de plusieurs formes existantes dans les provinces
conquises, dont différentes formes architecturale ; la raison est que l’ensemble des
architectes, artisans et ingénieurs sont ceux des provinces conquises telles que :
perse, Egypte…etc.
Son architecture :
C’est une ville avec un plan circulaire ; dont le périmètre extérieur était occupé par
les habitations et le commerce, le tout est était protégé par des murs massifs
Quatre longues rue recouverte de voute traversant ce plan circulaire et qui tendent
vers la convergence de son centre
La place centrale était occupée par la mosquée et le palais du calife
Les caractéristiques de l’architecture abbasside :
L’une des majeures caractéristiques définissant le style abbasside, réside dans
l’utilisation des éléments et des procédés nouveaux tels que :
La présence de la brique cuite, dont la brique crue constitue le cœur des
murs
La rareté dans l’utilisation des arcs et des colonnes, où l’essentiel support
vertical est le pilier
Le revêtement et la décoration de plâtre, largement répondus
Des terrasses reposant sur un toit plat, avec une charpente en bois
L’architecture de ses mosquées :
Elle est essentiellement distinguée par trois générations différentes ; à savoir
La première génération :
Ses mosquées reflètent le style médinois des premières mosquées, avec :
Un plan presque carré
La disposition omeyyade des nefs parallèles au mur de Qibla
Une double galerie autour de la cour avec la nef axiale dominante
Le premier caractère propre qui marque le style abbasside dans ces mosquées est
l’apparition des tours d’angles circulaires
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La deuxième génération :
On retrouve dans cette génération la grande mosquée de Samarra, et celle
d’Abou-Doulaf
Son architecture est essentiellement caractérisé par :
Un nouveau type de plan : rectangulaire dont ses mosquées sont plus
profondes que larges
Les nefs sont disposées perpendiculairement au mur de la Qibla
La présence d’une large nef transversale longeant le mur de la Qibla,
formant un plan en T
Une double enceinte, renforcée par les tours d’angle et les contreforts
Le toit plat de charpente en bois
La dominance des piliers à la place des colonnes et des arcades
Ainsi que le minaret en spiral
La troisième génération :
Est celle de la Mosquée d’Ibn Tulun en Egypte, qui exprime la synthèse du
style Abbasside à celui Omeyyade
La Mosquée d’Ibn Tulun :
Construite par Ahmed Ibn-Tulun dans les années 876 -879 ; gouverneur turc de
l’Egypte sous les califes Abbassides
L’héritière des grandes mosquées, où l’art de construire dérivait des persans dont la
matière première était l’argile (pour façonner la brique cuite ou crue) ; donc au lieu
des colonnes en pierre comme c’était le cas à l’époque des omeyyade, on bâtissait
des piliers en brique pour supporter le toit des mosquées
Non seulement la technique était différentes, mais aussi la sensibilité esthétique qui
varie également
Or, la technique et la sensibilité esthétique diffèrent, la conception de l’espace est
également la même.
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Son architecture :
Cette mosquée comporte une très grande cour pratiquement d’une forme carrée,
entourée par deux travées de portiques, alors que la salle de prière n’appartienne
que cinq travées, parallèles au mur d la Qibla
La disposition de ses éléments laisse apparaitre beaucoup de leçons à savoir :
Les arcades qui supportent le toit font face au quatre cotés de la cour ; ces
arcades avec leurs piliers massifs qui se présentent comme un mur continu
dans lequel ont été découpées des portes aux arcs en ogive, imposent un
ordre :
une suite de piliers et une suite de portes, qui rendent le volume des
murs et l’espace en parfait équilibre
les fenêtres placées entre les arcs et dans l’axe de chaque pilier ;
Elles font des arcades un écran où le positif et le négatif, le plein et le vide
se compensent
Les piliers des quatre coté de la mosquée sont accentués par les tours circulaire,
l’emprunte des abbassides, ce qui possèdent à ces piliers une certaine plénitude
corporelle
A l’intérieur de la cour, s’élève un édifice cubique surmonté d’un dôme, abritant la
fontaine d’ablution
Du coté opposé au Mihrab se dresse, le minaret, ce volume à plusieurs étages sous
forme de cube, entourée par un escalier s’élevant en spiral.
En somme, la mosquée d’Ibn Tulun est la synthèse de deux styles : omeyyade et
abbasside.
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L’architecture islamique d’Andalousie :
La pénétration des musulmans en Espagne a eu lien en 711, en se trouvant devant
une vieille civilisation avec un peuple complexe, où chacun a son propre caractère.
Ces constructeurs d’origine espagnols avaient une longue expérience dans la
construction ceci est apparent à travers les églises ; bien qu’ils s’inspiraient des
modèles byzantins, ils ont réussi à leur donner un caractère propre et original,
résultant de la réinterprétation de certains thèmes généraux de l’architecture
Byzantine en fonction des données locales ; on la retrouve dans les formes
décoratives : arcs, chapiteaux, toits…etc.
Beaucoup d’historiens disaient que l’art musulman d’Espagne, est né pendant le
règne d’Abd-Rahman 1er avec la construction de la grande mosquée de Cordoue
La grande mosquée de Cordoue :
Elle présente l’architecture la plus purement arabe, car elle est considérée être à
l’origine de tous les développements de l’art hispano musulman
Commencée en 785 sur l’ordre Abd-Rahman 1er. En cette période, elle se présente
comme le pendant de la grande mosquée omeyyade de Damas et comme
l’aboutissement logique de ses principaux thèmes architecturaux.
C’est une mosquée qui balance entre tradition et modernité ; marquée par une
architecture antérieure, tant islamique que locale, où Abd-Rahman –restait très
nostalgique de sa Syrie- tentait de recréer dans sa terre d’exil le faste de Damas.
Ce dernier a fait venir des artistes de l’orient, en ramenant des thèmes nouveaux,
mais ils se trouvaient face à des traditions locales ibéro-romaines et wisigothiques
qui ne pouvaient pas les marginaliser, on y trouvera : les chapiteaux de ses palais, les
toits charpentés et l’arc en fer à cheval.
Elle connaitra de nombreuses adjonctions, en particulier :
sous Abd-Rahman II (833-852)
al-Hakam (961-976)
el-Mansour (987)
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Son architecture
Cette mosquée comporte une cour et une salle de prière, dont les longs toits à
double versant sont supportés par des arcades à deux niveaux
D’où viennent ces arcades ?
C’est le parti innovant de cette mosquée ; l’hypothèse était :
« Pour changer les colonnes wisigothiques –plus petites et fines-ils ont imaginé une
colonnade à deux étages d’arcs, une disposition qui lui confère une incroyable
légèreté, renforcée par le décor sobre des arcs, en jouant sur la polychromie entre
les briques rouges et les pierres blanches »
Ces arcades ne font plus partie du mur, elles sont réduites à leurs piliers et leurs arcs,
librement tendus à travers l’espace, sans aucune maçonnerie de remplissage entre
eux.
Les arcs supérieurs et inférieurs qui supportent le toit s’appuient sur le même pilier,
dont la colonne est mince sans donner l’impression de surcharge :
les arcs inférieurs sont tendus au delà du demi-cercle
ceux supérieurs sont plus ouverts en plein cintre
Cette disposition laisse l’espace respirer, se dilater à partir d’un centre partout
présent
Son espace architectural, est-il :
qualifié par ses limites ?
un contenant dont la forme détermine le contenu ?
Ses limites ne jouent aucun rôle ; pourquoi ?
Parce que :
les parois disparaissent derrière la foret des arcades
leur répétition donne l’impression d’une étendue indéfinie
Donc, l‘espace architectural est qualifié par le mouvement des arcades et non pas
par ses limites, où une expansion à la fois puissante et immobile.
La structure de cette mosquée mène à des formes qu’on peut les dessiner sans
perspective ; ce caractère se réfère à l’époque d’Al-Hakam à qui on doit le
merveilleux Mihrab, les voutes et/ou les coupoles ainsi que leurs soubassement
avec des arcades entrelacées.
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Ces coupoles anticipent :
d’une part ; sur les voutes gothiques. parce qu’elles sont étagées par des
nervures.
D’autre part ; elles préfigurent les voutes persanes ? puisque les nervures ne
se rejoignent pas au sommet, amis elles se croisent en forme de polygone
étoilée, laissant le centre ouvert
Pour supporter ces coupoles, l’ordre régulier des colonnes a été redoublé et les arcs
qui en naissent ont été entrelacés ; un mariage entre forme statique et rythmique
Le Mihrab :
Ce chef d’œuvre d’art cordouan, sa composition est devenue une formule pour les
artisans maghrébins, en la réinterprétant par rapport aux données locales
Sa niche, très profonde, à plan polygonal, est entourée dans sa partie supérieure
d’un arc en fer à cheval, très large et rayonnant avec ses voussoirs, il est contenu dan
un cadre rectangulaire, où la présence de sourate du Coran avec une calligraphie
coufique en mosaïque à fond d’or, réalisée par des mosaïstes byzantins
Ce cadre et cet arc se présentent comme les inséparables, car, ils se complètent et
s’équilibrent mutuellement comme « une expansion joyeuse tempérée par
« la sensation de l’éternité »
Donc, ce mihrab joue pleinement sa fonction ouvrant sur le monde divin
A partir du XIIIème Siècle ; Après la reconquête en 1236, ce bâtiment est utilisé pour
installer des chapelles chrétiennes
En 1513, une véritable cathédrale gothique encore présente de nos jours, vit le jour
au milieu de la salle de prière
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