Un système TeX berbère
Yannis Haralambous
To cite this version:
Yannis Haralambous. Un système TeX berbère. Etudes et documents berbères , Edisud, 1994, 11,
pp.43-54. �hal-02100466�
HAL Id: hal-02100466
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Submitted on 15 Apr 2019
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Un système TEX berbère
Yannis Haralambous∗
1 Le berbère et l’ordinateur
La langue berbère, longtemps restée sous l’ombre de la langue arabe, est
en quête d’une écriture normalisée. Quel que soit l’alphabet choisi pour
écrire en berbère, grace à l’ordinateur on pourra produire des documents
de tout genre, stocker des informations, traiter le texte, communiquer à tra-
vers les réseaux télématiques et accéder ainsi aux nouvelles technologies
de la communication.
Le but de cet article est de montrer qu’on peut d’ores et déjà accéder à
la production de documents en berbère, sans avoir à choisir parmi les trois
écritures, puisque le système presenté composera le même ensemble de
données saisies, en écriture latine, tifinagh ou arabe. Il demeure à l’utilisa-
teur final de choisir l’écriture dans laquelle son document sera imprimé, vi-
sualisé à l’écran ou télécopié.
Bien sûr, le passage d’une écriture à une autre ne sera jamais parfait
puisque plusieurs particularités des trois écritures entrent en jeu ; mais l’or-
dinateur permet de minimiser les petites corrections qui resteront à faire.
L’avantage de ce système est qu’il permet une saisie uniforme de données,
et rend l’informatisation de la langue berbère indépendante du débat de
l’écriture appropriée à cette langue.
Le système TEX berbère va plus loin dans la palette de choix proposés à
l’utilisateur : la table des caractères berbères de S. Chaker prévoit la diacriti-
sation de plusieurs lettres (occlusives spirantisées, affriquées, emphatiques
conditionnées, etc.). Ces lettres diacritées ne seront utiles qu’aux spécia-
listes et risquent d’alourdir la lecture du texte par un non-spécialiste. Le sys-
tème permet de remplacer automatiquement les lettres diacritées par des
lettres normales, lors de la sortie : ainsi le même texte saisi avec toutes les
∗
Atelier Fluxus Virus, 187, rue Nationale, 59800 Lille, fax (33) [Link], adresse In-
ternet : yannis@[Link].
1
informations phonologiques nécessaires pourra être composé sous forme
« simplifiée » (aussi bien en écriture latine que tifinagh1 ).
Finalement, l’utilisateur a le choix de composer en écriture tifinagh dans
le sens gauche-à-droite ou droite-à-gauche, les signes étant inversés auto-
matiquement.
2 Le système de composition TEX
La production à partir d’un ensemble de données de sorties simultanées la-
tine, tifinagh et arabe est un problème informatique non negligeable ; pour
le résoudre, on a utilisé un système de composition hors du commun, qui
de plus est dans le domaine public : TEX.
TEX (dont le nom est composé des lettres grecques τ, ε, χ), est un sys-
tème de composition développé par l’illustre informaticien D. E. Knuth de
l’Université de Stanford, Californie, dans les années 70–80. L’idée de dé-
part de ce système était de pallier les complexités de la typographie mathé-
matique (symboles, formules, diagrammes) par un langage de programma-
tion à saisie logique ; autrement dit, l’utilisateur était supposé être lui-même
scientifique et donc en mesure de effectuer une décomposition de sa for-
mule en éléments logiques. Perfectionniste à l’extrême, Knuth a raffiné ce
système au maximum, permettant toutes les opérations typographiques tra-
ditionnelles, y inclue la création de polices de caractères par un deuxième
langage de programmation, du nom de METAFONT. Lors de sa sortie, TEX
était seul au monde à disposer d’une telle richesse typographique et d’un
potentiel de création illimité.
Dans les années 80 sortirent les traitements de texte “wysiwyg”, acro-
nyme anglais signifiant « ce que vous voyez est ce que vous obtenez ».
Ces logiciels sont basés sur le contrôle à l’écran de la mise en page. Ils
ont l’avantage de présenter un texte, tel qu’il sera imprimé ; avantage bien
maigre, puisque la précision de l’écran n’est qu’approximative. D’autre part,
les automatismes proposés par les plus récentes versions de ces logiciels
sont d’une efficacité douteuse et peuvent difficilement être controlés. Des
tâches telles que la création d’un index ou la mise à jour automatique de
références croisées, triviales pour TEX, démeurent encore terre inconnue
pour plusieurs logiciels commerciaux.
TEX est utilisé par des centaines de milliers de gens dans le monde
scientifique et technique. Ces dernières années, TEX est de plus en plus
1
L’écriture arabe se prête mal à la diacritisation ; seules les lettres vélarisées y sont in-
diquées.
2
utilisé dans les sciences humaines. Le fait d’être dans le domaine public
—et donc entièrement gratuit—, le fait de fonctionner sur n’importe quel mo-
dèle d’ordinateur (y compris les « vieux » ordinateurs personnels du début
des années 80) ainsi que ses possibilités d’extension illimitées font de TEX
le système idéal pour les langues orientales et des pays du tiers-monde.
3 Tables de caractères et classification
Dans ce travail nous avons suivi la proposition de normalisation des signes
berbères de S. Chaker. Nous séparons ces signes en deux catégories :
ceux que nous considérons comme étant d’usage général, et ceux qui ne
sont destinés qu’aux linguistes et contiennent plus d’informations phonolo-
giques.
Voici la table du premier groupe de lettres. Le lecteur y trouvera :
• la transcription latine (LA) ;
• le caractère tifinagh proposé par S. Chaker (SC) ;
• pour comparaison, le caractère tifinagh proposé par l’« Académie ber-
bère » dans les années post-mai 68 (AB) ;
• le caractère arabe associé (AR).
L’ordre alphabétique est celui de l’alphabet latin. Le signe – indique une
absence de signe prévu.
3
LA SC AB AR LA SC AB AR LA SC AB AR
aA a ; h. H
. s. S.
bB b iI i tT t V
cC c
jJ j t. T.
kK k
uU u `
dD d lL l
wW w `
d. D. mM m xX x o
{ nN n " yY y
fF f ñ Ñ (? ) " zZ z ~
gG g ! qQ q " & z. Z. # $
ǧ Ǧ % & rR r ' =
hH h ( sS s ) @ ßß _ _ _
Dans la même catégorie, on ajoutera les caractères labio-vélarisés,
qu’on notera en faisant suivre la lettre par un exposant ‘o’ en latin et en
tifinagh, et par un signe identique à la voyelle brève damma en arabe :
LA bo Bo go Go ko Ko qo Qo xo Xo o
o
SC b+ g+ k+ q+ x+ +
AR
&
o
3.1 Les lettres à usage spécial
Cette catégorie de lettres est représentée en alphabet latin et tifinagh uni-
quement. Les voici :
• les occlusives spirantisées : b (,), d (-), d.̄ (.), t (/), g (0), k (1) ;
¯ ¯ ¯ ¯ ¯
• les affriquées : t (2), č (3) ;
s
• les emphatiques conditionnées : r. (4), .l (5), .j (6) ;
4
• les lettres touareg à durée vocalique : a: 7, u: 8, i: 9 ;
• et finalement les lettres touareg à timbre moyen : e :, o ;.
4 Un exemple de texte berbère composé en TEX
Dans cette section nous présenterons un petit texte berbère2, traduit et
transcrit par S. Chaker et composé à l’aide du système TEX berbère, en
• écriture latine. Faute de règles spécifiques de typographie berbère, ce
texte a été composé en suivante les règles de typographie française ;
• écriture tifinagh dans le sens de gauche à droite ;
• écriture tifinagh dans le sens de droite à gauche. Conformément aux
usages typographiques arabes (et contrairement aux usages hé-
breux) on a utilisé des signes de ponctuation occidentaux, inversés
horizontalement ;
• écriture arabe. Le lecteur notera l’utilisation du shadda pour les
doubles consonnes, et du damma pour indiquer la labio-vélarisation.
La police utilisée provient du système TEX arabe moderne créé par
l’auteur ; elle a été spécialement adaptée au berbère (en particulier
par l’ajout des lettres spéciales et ).
2
Dont voici la traduction : Les tifinagh sont l’écriture originelles des Berbères. Elles exis-
taient dans notre pays avant l’écriture arabe et l’écriture latine. Elles sont apparues avant
l’époque du roi Massinissa. Les Berbères de cette époque les utilisaient sur les rochers,
dans les grottes, sur les poteries, mais surtout sur les tombes : ils y écrivaient le nom du
mort, son appartenance (tribale), et ce qu’il avait fait au cours de sa vie afin que les géné-
rations suivantes ne l’oublient pas.
Actuellement seuls les Touaregs les ont encore conservées et les écrivent encore ; les
autres (Berbères) les ont abandonnées complètement. Mais il y a beaucoup de Berbères
qui voudraient les employer à nouveau, les exhumer, et n’écrire qu’avec cet alphabet. Ce
sont les années à venir qui diront comment cette question va évoluer :
• les tifinagh sont les caractères que nous ont laissés nos ancêtres ;
• l’arabe est l’alphabet de nos voisins ;
• et le latin est l’alphabet le plus connu dans le monde !
5
Tifina
Tifina , dß ßtira timezwura n Imazi en. Llant di tmurtß ßnne dat tira n
tarabt dß ß[Link]. Nnulfantß ßedd dat imir n ugellid Masinisen. Imazi en
n imirß ßen, ttarunß ßtent ef [Link], degg ifran, ef igduren, maca tigogoti ef
[Link] : ttarun fellß ßasen isem n umettin, d wiß ßtß ßilan, d wayen
yexdem di tudertß ßis akken ur t ttettun [Link].
Tura, as Imuca ay [Link] degß ßsent, isul ar assß ßa ttarunß ßtent ;
wiyid. ǧǧanß ßtent akoko. Maca [Link] segg Imazi en ay iran a neqoqoel
urßßsent, a tent idd nesekfel, a nettaru as yissent. D iwtyan i dd iteddun
ara dd yemlen sani ara teffe taluftß ßa :
• tifina , d isekkilen i dd ǧǧan imerawenß ßnne ;
• tarabt, d isekkilen n inaragenß ßnne ;
• [Link] d wid yettwassnen degg [Link] !
Tifina
Tifina, d_tira timzwura n Imazin. L>ant di tmurt_n? dat
tira n ta7rabt d_tlainit. N?ulfant_dd dat imir n ugl>id Ma-
sinisn. Imazin n imir_n, ttarun_tnt f i#ra, dgg ifran, f ig-
durn, maca tig+g+ti f i#kwan : ttarun fl>_asn ism n umttin, d
wi_t_ilan, d wayn yxdm di tudrt_is akkn ur t ttttun inafarn.
Tura, as Imuca ay yfn dg_snt, isul ar ass_a ttarun_tnt B
wiyi %%an_tnt ak+k+. Maca aas sgg Imazin ay iran a nq+q+l
ur_snt, a tnt idd nskfl, a nttaru as yissnt. D iwtyan i dd
itddun ara dd yml? sani ara tff taluft_a :
• tifina, d iskkil? i dd %%an imrawn_n?B
• ta7rabt, d iskkil? n inaragn_n?B
• talainit d wid yttwassn? dgg umaal !
anifiT
tad n_trumt id tnaL .nizamI n aruwzmit arit_d ,anifiT
-aM dilgu n rimi tad dd_tnafluN .tini alt_d tbar
at n arit
-gi f ,narfi ggd ,ari f tnt_nuratt ,n_rimi n nizamI .nsinis
d ,nittmu n msi nsa_lf nuratt : nawki f it
g
git acam ,nrud
.nraf ani nutttt t ru nkka si_trdut id mdxy nyaw d ,nali_t_iw
6
tnt_nuratt a_ssa ra lusi ,tns_gd nf y ya acumI sa ,aruT
l
q
qn a nari ya nizamI ggs sa a acaM .
k
ka tnt_na iyiw
dd i naytwi D .tnssiy sa urattn a ,lfksn ddi tnt a ,tns_ru
: a_tfulat fft ara inas lmy dd ara nuddti
n_nwarmi na dd i likksi d ,anifit {
n_ngarani n likksi d ,tbar
at {
! laamu ggd nssawtty diw d tini alat {
anifi\
;ri\ V; _V=um\ ^## .$&'~am( " ;=) `z mi\ ;ri\_ , anifi\
.$ siniOa+ di,-` " rim( V; ) _^ #af.u .^ ini/0\_ ^1;r2a\ "
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aNa+` ) $nQ;w7' d'` ^ini/Ra\ *
5 Le côté TEXnique
Ce système consiste en des polices tifinagh et arabes adaptées, et en un
paquet de commandes TEX appropriées :
Les familles de polices tifinagh ont été dessinées à l’aide du système
de création de polices METAFONT. La tracé de chaque caractère est para-
métrisé : ainsi en changeant les valeurs de paramètres on obtient les dif-
férentes graisses et les différents corps dans toutes les tailles et pour tous
les périphériques de sortie.
Les extrémités des traits de la police tifi sont rondes pour contribuer
à l’esthétique moderne. Par contre, la famille tifis reprend les formes de
polices d’imprimerie traditionnelle, telle que celle de l’Imprimerie Nationale,
7
dont les traits ont des extrémités carrées (et dont les lettres ressemblent
beaucoup aux caractères épigraphiques grecs et latins) :
Police tifi (extrémités rondes)
abcdfghijklmn
qrstuwxyz
Police tifib (extrémités rondes, grasse)
abcdfghijkl
mnqrstuwxyz
Police tifis (extrémités carrées)
abcdfghijklmn
qrstuwxyz
Police tifisb (extrémités carrées, grasse)
abcdfghijk
lmnqrst
uwxyz
Les polices tifir et tifisr sont les mêmes que tifi et tifis, mais
destinés à l’écriture de droite-à-gauche.
Chaque police contient les caractères prévus par la proposition de Sa-
lem Chaker, ainsi que certaines variantes graphiques (E, F, G, H, J, K, O,
P, Q, R, S, U, V, W, X, Y, Z, [, \, ], ^, _, `) et certaines ligatures (;,
o, p, v, {, |, }, ~) (qui sont déconseillées par S. Chaker, mais
peuvent être utilisées à des buts décoratifs — par contre, la ligature fait
partie de la proposition). Sont inclus également (pour des raisons pratiques)
les caractères de l’« Académie berbère ».
Les caractères n et l s’inclinent quand il y a risque de confusion : les
combinaisons ‘nn’, ‘nl’, ‘ln’, ‘ll’ donneront n?, n>, l?, l> et non pas nn, nl, ln, ll.
8
6 Système de saisie générique
Dans la version générique de ce système, la saisie se fait en caractères la-
tins, en utilisant des commandes TEX pour certaines lettres berbères et pour
la diacritisation. En voici les règles :
• les lettres representées par des caractéres latins non diacrités sont
saisis tels quels en TEX. Ainsi « timezwura » sera saisi tout à fait
normalement timezwura et produira time zwura, aruwze mit et
;=)`zmi\ resp.
Attention aux incompatibilités avec la transcription du système arabe !
un exemple : la lettre pseudo-arabe est saisie par v dans le sys-
tème arabe et par g dans le système berbère ;
• les lettres « phonétiques » gamma et epsilon, sont saisies par
\*g, \*e pour les minuscules et \*G, \*E pour les majuscules :
tifina\*g pour « tifina », tifina, anifit, anifi\ ; ta\*erabt
pour « tarabt » ta7rabt, tbar
at et ^1;r2a\ resp. On utilise une
macro à argument, pour éviter les problèmes de capitalisation par
la primitive \uppercase ; également elle nous permet d’oublier le
fameux « espace blanc après nom de macro » (une des premières
erreurs de tout utilisateur de TEX est d’écrire justement \TeX et moi
et obtenir « TEXet moi » alors que le résultat souhaité était « TEX et
moi »...) ;
• le petit cercle des labio-vélarisées est obtenu par la commande \o :
ne\o{q}\o{q}el produira « neqoqoel », nq+q+l, l
q
qn, 9C#. Dans
l’écriture arabe on remarque une autre particularité de la transcrip-
tion : les consonnes doubles sont notées par une consonne munie
d’un shadda. Puisqu’on note les consonnes vélarisées par un damma,
une double vélarisée nécessitera un shadda-damma. Mais contraire-
ment aux usages arabes, ici le shadda se trouve au dessus du dam-
ma !
• pour les lettres avec point souscrit on utilise — contrairement aux ma-
cros TEX standard — la commande \. ;
• pour les lettres avec barre souscrite on utilise — contrairement aux
macros TEX standard — la commande \= ;
• pour les lettres avec háček on utilise — contrairement aux macros TEX
standard — la commande \^ ;
9
• pour le trait de soulignement on utilise la macro TEX standard \_.
Cette saisie est indépendante du matériel informatique choisi, et se
prête bien à l’échange de données par réseau télématique. Voici le code
source de notre texte d’exemple :
\subsection*{Tifina\*g}
Tifina\*g, d\_tira timezwura n Imazi\*gen. Llant di tmurt\_nne\*g
dat tira n ta\*erabt d\_tla\.tinit. Nnulfant\_edd dat imir n
ugellid Masinisen. Imazi\*g en n imir\_en, ttarun\_tent \*gef
i\.zra, degg ifran, \*gef igduren, maca ti\o{g}\o{g}ti \*gef
i\.zekwan : ttarun fell\_asen isem n umettin, d wi\_t\_ilan,
d wayen yexdem di tudert\_is akken ur t ttettun ina\.tfaren.
Tura, \*gas Imuca\*g ay ye\.t\.tfen deg\_sent, isul ar ass\_a
ttarun\_tent ; wiyi\.d\ \^g\^gan\_tent a\o{k}\o{k}. Maca a\.tas
segg Imazi\*gen ay iran a ne\o{q}\o{q}el \*gur\_sent, a tent idd
nesekfel, a nettaru \g as yissent. D iwtyan i dd iteddun ara
\*g dd yemlen sani ara teffe\*g taluft\_a :
\begin{itemize}
\item tifina\*g, d isekkilen i\*g dd \^g\^gan imerawen\_nne\*g ;
\item ta\*erabt, d isekkilen n inaragen\_nne\*g ;
\item tala\.tinit d wid yettwassnen degg uma\.dal !
\end{itemize}
Pour faciliter la saisie et édition de texte, on peut créer des interfaces
pour certains ordinateurs (ceux qui possèdent une interface graphique,
comme le Macintosh, X-Window, Windows et autres). Ainsi, l’utilisateur
moyen du système TEX berbère ne passera plus par une transcription pour
saisir son texte. Son code source consistera en du texte qu’il saisira et
éditera en caractères tifinagh et en des commandes TEX (ces dernières
en caractères latins). Il fera de même pour saisir en transcription latine, ou
arabe.
En guise d’exemple, on trouvera sur la fig. 1 un clavier Tifinagh Macin-
tosh développé par l’auteur.
7 Disponibilité et remerciements
Le système TEX berbère sera bientôt diffusé dans le domaine public. Toute
personne ou institution pourra l’installer et l’utiliser sans aucune restriction.
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Figure 1: Clavier Macintosh berbère
Il sera utilisé par l’INALCO pour ses publications, dans le cadre du projet
intitulé « Composition TEX pour l’INALCO » (proposé par Michel Fanton, et
l’auteur).
L’auteur tient à remercier chaleureusement M. le Prof. Salem Chaker,
pour les renseignements sur la langue berbère et les différentes écritures,
et pour l’avoir invité à participer à la table ronde internationale « Phonologie
et notation usuelle dans le domaine berbère » (Paris 26–27 avril 1993).
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