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2 Discours de Gwynplaine

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Séquence 1

Linéaire n°2 : Le discours de Gwynplaine, L’Homme qui rit, Victor Hugo.

Introduction
Chef de file du mouvement romantique, Victor Hugo utilise régulièrement des personnages oscillant entre grotesque et sublime. Ainsi piégés par leur chair, ces personnages
sont des âmes belles et sensibles en peine aux maux du monde les entourant. Gwynplaine ne fait, à ce niveau-ci, pas exception, personnage principal du roman “L’homme
qui rit” publié en 1869. L'action se déroule en Angleterre, à la fin du XVIIe siècle. Enfant, Gwynplaine a été enlevé par des voleurs qui l'ont atrocement défiguré pour en
faire un monstre de foire. Bien plus tard dans le roman, Gwynplaine anobli par un mariage manipulateur se présente devant l’équivalent de notre Assemblée actuelle pour
faire un discours aux puissants.
Problématique : En quoi dans ce discours virulent et poétique Gwynplaine incarne le peuple et l’ombre de la révolte ?

Ordre du texte = Mouvements du texte :

Premier paragraphe : L’arrivée dramatique et puissante de G.


Deuxième paragraphe : Le début du discours de Gwynplaine représentant du peuple en souffrance
Troisième paragraphe : La colère et la rage polémiques de G. Proche de la menace puisque parler à la raison des lords ne semble plus suffire.

Grands enjeux du texte à prouver :


-
🌧
La mention du physique de G. lui servant de masque face à l’assemblée 👺
-
-
Le peuple pathétique en souffrance symbolisé par G.
Les réactions de l'Assemblée explicites et implicites 🤝 🌋
-
-
-
Les images poétiques de destructions et de ténèbres symbolisant la force du peuple

🔥
La volonté de convaincre d’abord, de menacer ensuite opposé aux lords : l’argumentation de G.
La colère polémique de G. symbole de révolte
📜
____ 1 ____ ____ 1 ____
👺de volonté égale à celle 👺Comparaison : Volonté très puissante de Gwynplaine pour attirer l’attention : nous avons une arrivée très dramatique du
qu'il faudrait pour dompter un tigre, il avait réussi à ramener pour un moment au sérieux le fatal 🌋rictus de personnage. / 🌋Antithèse (sérieux / rictus) : Littré : grogner en montrant les dents (genre de sourire) > Il apparaît très intimidant.
Toutes les têtes se tournèrent. Gwynplaine était debout. (...) Par une concentration

son visage. Il n'était plus qu'effrayant. (...) Qu'on s'imagine la face de Prométhée,🔥 ravagée par les coups de
L’adjectif “fatal” prépare déjà les menaces et les images destruction de la suite.

bec du vautour, apparaissant tout à coup comme une lune sanglante à l'horizon. Un vieillard vénéré de toute la 🔥 Gwynplaine est comparé à Prométhée, figure mythologique de la révolte : c’est Prométhée qui s’est révolté contre les Dieux pour
amener le feu aux Hommes, et l’a payé d’une torture éternelle. La narrateur, abvant de laisser la parole à G. et s’effacer intervient ici
chambre, qui avait vu beaucoup d'hommes et beaucoup de choses, se leva effrayé. “Qu'est-ce que cela veut
🤝 cet homme dans la chambre ? Qu'on mette cet homme dehors. D'où pour déjà poser G. en figure de révolte contre les puissants.
🤝
dire ? cria-t-il. Qui a introduit
sortez-vous ?” Gwynplaine répondit : “🌧Du gouffre🌋.” Verbe “introduit” : Impression qu’il n’a sa place ici / Enchaînement des questions : Pas prêts à l’écouter. La peur domine les lords :
Et, croisant les bras, il regarda les lords.
____ 2 ____
🌧G. vient de la misère > gouffre = on peut pas s’en sortir / Lieu naturel profond, on peut s’y perdre, cela fait peur.🌋
panique. / Métaphore du gouffre :

“ Qui je suis ? je suis la misère 🌧. Mylords, j'ai à vous parler. Alors, cria-t-il, vous insultez la misère. Silence ____ 2 ____
pairs d'Angleterre ! Oh ! Je vous en conjure, ayez pitié ! Pitié pour qui ? Pitié pour vous. Qui est en danger
?🔥 C'est vous. Est-ce que vous ne voyez pas que vous êtes dans une balance et qu'il y a dans un plateau votre 🌧 Il s’amuse à les décrédibiliser en s’apparentant au peuple (Allégorie (=symbole de qqn ou de qqch).) + les lords peuvent se rendre
compte de ce que subit le peuple en regardant son physique.
puissance et dans l'autre votre responsabilité ? Dieu vous pèse. Oh ! Ne riez pas.🤝 (...) Je m'adresse aux
🔥Par la question rhétorique on est déjà dans la preuve que G. est à bout de patience dès le début, et prépare ses menaces.
🤝L’impératif ici crée de la peine pour G. : nous comprenons que la réaction en face n’est en aucun cas celle qu’il attend.
esprits honnêtes, il y en a ici; je m'adresse aux intelligences élevées, il y en a; je m'adresse aux âmes
généreuses, il y en a. 📜 (...) Si vous saviez ce que j'ai vu ! Hélas ! En bas, quel tourment ! Rendez-vous
compte de ces détresses. Il y a des êtres qui vivent dans la mort. Il y a des petites filles qui commence à huit
ans par la prostitution et qui finissent à 20 ans par la vieillesse. 🌧 Prenez garde aux lois que vous décrétez.
📜 Il veut attirer les lords en donnant des compliments (=l’écouter / les persuader), il a de l’espoir sur son argumentation / discours (
Parallélisme (répétition de structure) + périphrases)
Prenez garde aux fourmillement douloureux que vous écrasez. Baissez les yeux. Regardez à vos pieds. Ô
grands, il y a des petits ! Ayez pitié. Oui ! Pitié de vous ! 🌧 Contre le fait qu’on utilise des enfants / Gens qui vivent dans un enfer ( la basse société > pauvreté ?) ( Hyperbole (sur les âges),
antithèse (vie/mort).
____ 3 ____ ____ 3 ____

Ô tout-puissants imbéciles 🔥 que vous êtes, ouvrez les yeux. 📜 J'incarne tout. Je représente l'humanité telle 📜 Désigne les hauts-puissants > ceux qui ont du pouvoir / 🔥 insulter pour montrer l’injustice de leur position. / Il leur donne un

que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé.🌧 Ce qu'on m'a fait, on l'a fait au genre humain.👺 On lui Métaphore + verbe et son temps > impératif (ordre)
ordre > ils veulent pas comprendre / Colère. (Oxymore (+-)

a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l'intelligence, comme à moi les yeux, les narines, et les
oreilles; comme à moi, on lui a mis au cœur un cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de
🤝 Il se “dénormalise”, mot + fort et puissant > veut choquer avec une allégorie (mutilé) > son visage devient un vrai symbole et il
s’assume lui-même.

🌧 Mutilation = retirer qqch de naturel > sous entendu > les puissants qui sont les mutilateurs des pauvres.
contentement. (...) Milords, je vous le dis, le peuple, c'est moi. Aujourd'hui, vous l'opprimez, aujourd'hui vous
me huez. Mais l'avenir, c'est le dégel sombre. Ce qui était pierre devient flot. L'apparence solide se change en
submersion. 🌋Un craquement, et tout est dit. (...) Tremblez. Les incorruptibles solutions approchent, les 🌋
ongles coupés repoussent, les langues arrachées s'envolent, (...) 📜 et ce qui est en haut penche, et ce qui est
Société même si d’apparence inerte peut bouger > NATUREL > EAU. (dégel / flot / submersion) : Ils vont bientôt couler.
Raz-de-marée : peuple ( 3 métaphores (même images) + GRADATION)
en bas s'entr'ouvre, l'ombre demande à devenir lumière,🌋 le damné discute l'élu, c'est le peuple qui vient,
🌋 Enchaînements d’antithèses métaphoriques : Ça représente les lords (élu / haut …) VS le peuple (damnés / bas …) + Il représente la

le rend très éloquent et puissant dans sa parole. La fin est aussi dramatique que son arrivée. 📜
vous dis-je, c'est l'homme qui monte, c'est la fin qui commence, c'est la rouge aurore de la catastrophe, et
voilà ce qu'il y a dans ce rire🤝, dont vous riez !”🤝
future révolte du peuple et l’effondrement de l’ordre ancien. Il passe à une menace très claire dans son argumentation. L'enchaînement

🤝L’exclamation finale sert ici d’acmé au discours : G s’assume pleinement, assume ses douleurs et ce qu’il représente. Il renvoie aussi l’assemblée
à leur non travail sur eux. Il y a un côté tragique lié au fait qu’on réagit encore et encore de la même manière face à lui, d’où le polyptote du verbe
rire.🤝
TEXTE VIERGE

Toutes les têtes se tournèrent. Gwynplaine était debout. (...) Par une concentration de volonté égale à celle qu'il faudrait pour dompter un tigre, il avait réussi à ramener pour un
moment au sérieux le fatal rictus de son visage. Il n'était plus qu'effrayant. (...) Qu'on s'imagine la face de Prométhée, ravagée par les coups de bec du vautour, apparaissant tout à coup
comme une lune sanglante à l'horizon. Un vieillard vénéré de toute la chambre, qui avait vu beaucoup d'hommes et beaucoup de choses, se leva effrayé. “Qu'est-ce que cela veut dire ?
cria-t-il. Qui a introduit cet homme dans la chambre ? Qu'on mette cet homme dehors. D'où sortez-vous ?” Gwynplaine répondit : “Du gouffre.”

Et, croisant les bras, il regarda les lords.

“ Qui je suis ? je suis la misère. Mylords, j'ai à vous parler. Alors, cria-t-il, vous insultez la misère. Silence pairs d'Angleterre ! Oh ! Je vous en conjure, ayez pitié ! Pitié pour qui ?
Pitié pour vous. Qui est en danger ? C'est vous. Est-ce que vous ne voyez pas que vous êtes dans une balance et qu'il y a dans un plateau votre puissance et dans l'autre votre responsabilité
? Dieu vous pèse. Oh ! Ne riez pas. (...) Je m'adresse aux esprits honnêtes, il y en a ici; je m'adresse aux intelligences élevées, il y en a; je m'adresse aux âmes généreuses, il y en a. (...) Si
vous saviez ce que j'ai vu ! Hélas ! En bas, quel tourment ! Rendez-vous compte de ces détresses. Il y a des êtres qui vivent dans la mort. Il y a des petites filles qui commence à huit ans
par la prostitution et qui finissent à 20 ans par la vieillesse. Prenez garde aux lois que vous décrétez. Prenez garde aux fourmillement douloureux que vous écrasez. Baissez les yeux.
Regardez à vos pieds. Ô grands, il y a des petits ! Ayez pitié. Oui ! Pitié de vous !

Ô tout-puissants imbéciles que vous êtes, ouvrez les yeux. J'incarne tout. Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé. Ce qu'on m'a fait, on l'a
fait au genre humain. On lui a déformé le droit, la justice, la vérité, la raison, l'intelligence, comme à moi les yeux, les narines, et les oreilles; comme à moi, on lui a mis au cœur un
cloaque de colère et de douleur, et sur la face un masque de contentement. (...) Milords, je vous le dis, le peuple, c'est moi. Aujourd'hui, vous l'opprimez, aujourd'hui vous me huez. Mais
l'avenir, c'est le dégel sombre. Ce qui était pierre devient flot. L'apparence solide se change en submersion. Un craquement, et tout est dit. (...) Tremblez. Les incorruptibles solutions
approchent, les ongles coupés repoussent, les langues arrachées s'envolent, (...) et ce qui est en haut penche, et ce qui est en bas s'entr'ouvre, l'ombre demande à devenir lumière, le damné
discute l'élu, c'est le peuple qui vient, vous dis-je, c'est l'homme qui monte, c'est la fin qui commence, c'est la rouge aurore de la catastrophe, et voilà ce qu'il y a dans ce rire, dont vous
riez !”

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