C'était une journée d’hiver, le ciel était voilé de nuages, le temps était maussade,brumeux.
Je passais la nuit chez mon amie qui vivait loin du centre de la ville. Elle vivait dans un
chalet au pied de la montagne, entouré par des lotissements de petits chalets construits en
bois. J’enfilais mon manteau, et sortis pour découvrir les alentours. L’air était humide et froid.
Je suivis le chemin au milieu des maisons et finit par arriver devant une aire de jeu.
L’endroit était abandonné, déserté mais m’avait paru si familier. Mais oui, ma grand-mère
habitait autrefois près de cet aire de jeux, et je m’y rendais pour occuper les longues
journées d'été. Le bois dont les planches étaient construites avait moisi avec le temps.
Le métal était devenu roux. Les clôtures qui limitent l'endroit étaient recouvertes de
végétation qui avaient poussé incontrôlablement.
Je me remémorai ma propre joie, un excitement avait frémi en moi. C'était dans cette aire de
jeux que j'avais rencontré ma première amie. Cette amie qui avait rendu mon séjour chez
ma grand-mère plus exaltant. Ce jour-la, je me balançais, seule dans une balançoire, dont le
grincement du métal était étouffé par les rires et le chahut des enfants. La vue de ces
enfants de mon âge qui jouaient ensemble m'avait affligé d’une profonde tristesse. Abattue,
je me levai, afin de retourner à la maison, quand une petite fille, à peine plus grande que
moi, m'avait adressé la parole. Elle me tendit la main et m’invita à jouer avec elle. Elle avait
de grands yeux bleus qui me lançaient un regard tendre, doux Son visage était fendu par un
large sourire. L'émotion me revint après de si longues années, Cette amie que j’avais
perdue de vue avait occupé une place précieuse dans mon cœur.
La neige commenca a tomber. Dans le chemin de retour, les branches dénudées des arbres
blanchissent. Ce matelas enneigé éveilla en moi une nostalgie désolante. J’avais dix ans
lorsque j’avais assisté à ma première neige. Mes pas ensevelis sous le tapis glacé, je
poussais des cris d'émerveillement. La neige formait maintenant une couche épaisse sur les
toits des maisons et les réverbères. Les flocons tombaient de manière silencieuse,
m’emplissant d’un sentiment de paix.