Revue Fiscale EY Tunisie - N°4-1
Revue Fiscale EY Tunisie - N°4-1
REVUE
FISCALE
N°4 | Juin 2021
Revue éditée par le
Département Fiscal de EY
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|02_03
TABLE
DES
MATIÈRES
Et si la vraie réforme fiscale était une réforme des procédures fiscales 02
Management du risque de double imposition et réglement des différends
en matiére des Prix de Transfert (Part II) 16
Prix de transfert et ajustements secondaires :
Réflexions sur les retenues à la source au titre des distributions occultes 40
et leur comptabilit avec la conventions de non-double imposition
dations proposées dans le cadre de la 23 Selon A. MAITROT DE LA MOTTE, pour qu’un système fis-
cal soit habituellement qualifié de démocratique : l’impôt doit
réforme fiscale, il ressort que la question être consenti par les contribuables ou leurs représentants ;
de la sécurité juridique du contribuable ne l’impôt doit être également réparti entre les contribuables
en fonction de leurs facultés ; l’impôt doit pouvoir être
faisait pas partie des préoccupations des contesté devant une juridiction impartiale et indépendante ;
et la sécurité fiscale des contribuables doit être garantie. in.
concepteurs de cette réforme22. Les principes démocratiques et la construction de l’Europe
fiscale, Revue Tunisienne de Fiscalité n° 18, p. 43
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sûre pour les IDE. Le renforcement de • La reconnaissance du rescrit : La qui serait fondé sur une interprétation
la sécurité juridique peut donc être un loi fiscale tunisienne, à l’image des différente de celle donnée initialement.
argument vendeur pour des investis- législations fiscales comparées, et plus
• La limitation de la rétroactivité
seurs dont le premier souci consiste à récemment à l’image du droit douanier
des textes : La norme fiscale doit être
sécuriser leur investissement contre les tunisien24, doit expressément admettre
prévisible de telle sorte que le contri-
risques du contrôle fiscal. le recours au rescrit qui, non seule-
buable puisse prévoir les conséquences
ment sert la sécurité juridique par une
Parmi les pistes de renforcement de la de ses actes. Or, en l’état actuel de la
meilleure prévisibilité, mais rassure le
sécurité juridique des contribuables, il législation, aucun mécanisme n’interdit
contribuable, prévient les différends
faut envisager : au législateur fiscal de promulguer des
avec les services fiscaux, promeut le
textes rétroactifs. L’exemple le plus
civisme fiscal et renforce l’attractivité
connu, parce qu’il se répète annuel-
de notre système fiscal. Aujourd’hui,
lement, est donné par les nouvelles
la réponse à plusieurs problématiques
dispositions touchant les taux ou les
fiscales reste incertaine, soit en raison
règles d’assiette des impôts directs
du caractère lacunaire des textes, soit
apportées au début de chaque année
en raison des changements de doctrine
par les nouvelles lois de finances (qu’on
ou de pratiques administratives. Les
appelle la « petite rétroactivité »). Les
exemples fiscaux de zones d’ombre sont
modifications ainsi introduites s’ap-
nombreux. Nous nous limiterons à la
pliquent toujours aux résultats, revenus
notion d’établissement stable. La doc-
trine administrative tunisienne a estimé ou bénéfices de l’année écoulée, parce
que l’existence d’un établissement que ces résultats fiscaux sont déclarés
stable pourrait être déduite lorsque la dans l’année d’après sur la base de la
durée pendant laquelle le service est nouvelle législation amendée par la
rendu est assez significative (générale- nouvelle loi de finances. Tout au long
ment à partir de 6 mois), et/ou les ser- de l’année de réalisation de la matière
vices sont rendus d’une façon continue imposable, le contribuable ignore la
dans le temps, et/ou lorsque les services proportion de l’impôt qu’il aura à liqui-
en question sont nombreux et complé- der sur cette matière. Il devra attendre
mentaires. Plusieurs groupes étrangers la promulgation de la nouvelle loi de
sont surpris par la définition lato sensu finances et voir si elle contient des
la notion d’établissement stable dont la dispositions susceptibles de modifier
conformité avec les commentaires de son régime d’imposition. Cette situation
l’OCDE est douteuse et voient souvent ne lui permet pas de faire des projec-
leur transfert au titre de l’assistance tions futures ou d’établir des budgets.
technique ou des mangement fees blo- Pour résumer, les contribuables ne
qués au niveau des banques. comprennent pas qu’on leur dise, pour
reprendre la formule du professeur
• L’institution d’une garantie légis- Cozian, « Jouez d’abord, on vous
lative contre les changements de donnera les règles du jeu à la fin de la
doctrine administrative : Parce que les partie ! ».
changements dans la doctrine adminis-
trative tunisienne ne sont pas rares, il • La limitation des validations légis-
est temps que notre législation fiscale latives : Bien souvent, le législateur
intègre un mécanisme de garantie fiscal intervient pour valider législati-
contre ces changements. L’idée géné- vement la doctrine de l’administration
rale est qu’il faut protéger et sécuriser fiscale. Concrètement, lorsque les juges
les contribuables en leur donnant le adoptent une interprétation d’un texte
droit d’être traités par l’administration fiscal qui soit différente de la doctrine
conformément aux indications que administrative, l’administration fiscale
celle-ci a pu donner dans le cadre de prépare un nouveau texte, soumis par
ce que l’on appelle sa doctrine : textes le Gouvernement au Parlement, qui,
ou réponses qu’elle a pu donner à un en l’approuvant, va valider la doctrine
contribuable par lesquels elle a fait administrative critiquée par les juges.
connaître sa propre interprétation du Pourtant, comme le souligne le profes-
droit fiscal. Ce mécanisme aura pour seur AYADI, il est établi en droit que si
objet d’assurer aux contribuables qui le législateur peut modifier rétroactive-
se sont conformés aux indications qui ment une loi ou valider un acte adminis-
leur ont été données qu’ils ne pourront tratif, c’est à la condition de poursuivre
pas subir un redressement d’imposition un but d’intérêt général suffisant. Le
seul intérêt financier de l’Etat ne per-
24 En vue d’exécuter les engagements de la Tunisie dans le mettait pas de justifier l’intervention
cadre de l’application de l’accord sur la facilitation du com- d’une loi de validation. A proprement
merce conclu avec l’Organisation Mondiale du Commerce,
l’article 41 de la loi de finances pour 2015 a ajouté au titre I parler, les pouvoirs publics ne doivent
du code des douanes, la section 4 bis comportant les articles
de 13 bis à 13 quinquies reconnaissant le rescrit douanier. pas ignorer qu’il existe un lien entre le
respect des lois par l’administration et veillant, comme l’a précisé le Conseil
le niveau d’observation par les citoyens Constitutionnel français, à ce que ces Le durcissement des
de leurs obligations légales. Le contri- lois respectent les décisions de jus- sanctions fiscales
buable se trouve dans une position de tice passées en force de chose jugée, contre la fraude et la
faiblesse évidente si l’administration, qu’elles respectent principe de non-ré- délinquance fiscales
sous couvert de qualifications équi- troactivité des peines et sanctions plus
voques ou fallacieuses d’une loi ou de sévères, ainsi que de son corollaire qui La fraude fiscale rompt le principe de
son interprétation erronée ajoute des interdit de faire renaître des prescrip- l’égalité devant l’impôt, en répercutant
obligations nouvelles à la charge des tions légalement acquises, que lesdites la charge fiscale sur les bons contri-
contribuables. Or, le législateur, faut-il lois de validation soient « ciblées », en buables transparents laminant consi-
le rappeler, ne peut normalement dispo- ce sens qu’elle ne purgent pas l’acte en dérablement leurs revenus et leur com-
ser que pour l’avenir, faute de quoi, non cause de toutes ses illégalités possibles, pétitivité, prive le budget des recettes
seulement, serait rompue l’égalité des et enfin qu’elles visent un objectif fiscales qui lui auraient permis d’éluder,
citoyens devant les charges publiques, d’intérêt général suffisant qui, en parti- même partiellement, le recours à l’en-
mais serait anéantie, toute garantie culier, ne saurait se réduire à un enjeu dettement et remet en cause la cohé-
de pouvoir déterminer ses actes, en financier limité n sion sociale menaçant de dislocation le
fonction de l’Etat du droit, alors en vouloir-vivre dans la Société.
vigueur25. Si, dans certains cas, les lois
de validation peuvent se concevoir en Au moins en raison de ces considéra-
raison d’une rédaction lacunaire ou tions, tout système fiscal, à défaut de
défectueuse du texte initial, il en va dif- juguler la fraude, doit non seulement
féremment en ce qui concerne l’atteinte regarder dans la lutte contre cette
aux principes de l’équité, de l’égalité, de fraude, comme un objectif à la fois
la séparation des pouvoirs. Toutes les civique et budgétaire, mais doit éga-
lois de validation fiscales ne sont pas lement se doter des moyens efficaces
compatibles avec la sécurité juridique. Il pour la combattre et la sanctionner
n’est pas normal que les contribuables lourdement.
taxés d’office, ayant choisi la voie du
Les Gouvernements successifs ont
contentieux, voient leurs efforts réduits
imaginé une série de mesures pour
à néant par une simple intervention
lutter contre la fraude et augmenter les
législative qui appuie rétroactivement
prérogatives de contrôle. Les délais de
l’autre partie au procès fiscal, à savoir
prescription ont été allongés à 15 ans
l’administration. Il convient donc de
pour les personnes qui ont été précé-
limiter au maximum le recours aux lois
demment condamnées par des juge-
interprétatives ou de validation, en
ments définitifs dans des procès relatifs
25 v. http://www.leaders.com.tn/article/16824-la-tunisie-et-
l-impot-quelle-fiscalite-pour-quelle-societe à la contrebande ou au commerce
parallèle. La prescription pénale a été
également rehaussée de 3 ans à 5 ans.
Certaines amendes ont été augmen-
tées, à l’instar de l’amende de 20% de la
valeur des marchandises transportées
et non accompagnées de factures ou de
titres de mouvement, de l’amende pour
défaut de dépôt de la déclaration d’exis-
tence ou encore de la nouvelle pénalité
de 100% des montants restitués en cas
de restitution indue du crédit de TVA ou
encore de l’amende fiscale administra-
tive pour non-respect de l’obligation de
vérification du paiement de la taxe de
circulation par les entreprises d’assu-
rance ou les intermédiaires en assu-
rance. Le secret professionnel a été
levé dans le cadre des procédures de
contrôle et de l’échange de renseigne-
ments et de l’assistance administrative
en matière fiscale. La loi de finances
pour l’année 2017 a posé les jalons de
police fiscale en mettant en place les
textes législatifs créant la « Brigade des
investigations et de la lutte contre l’éva-
sion fiscale ». Etc.
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Néanmoins, le faible taux de dépôt loi peut ensuite considérer que la pres- En outre, il est temps de réviser les
des déclarations dans les délais, le cription quatriennale ne s’applique pas procédures de transaction en matière
niveau impressionnant de déclarations aux propriétés louées qui ne sont pas fiscale pénale qui renvoient au tarif fixé
« Néant », le nombre colossal de contri- portées dans l’état en question. par l’arrêté du Ministre des Finances
buables imposés sous les régimes for- du 8 janvier 2002. Aujourd’hui, il est
Par ailleurs, il faut reconnaître que
faitaires, la profusion de la contrebande possible de transiger sur tout, hormis
l’arsenal législatif dont dispose le fisc
du marché parallèle agissant au vu et les infractions relatives à la violation
est parfois inoffensif et incapable de
au su de tout le monde témoignent de du secret professionnel fiscal et à la
détecter et de lutter contre certaines
la gravité du phénomène, et dénotent contrefaçon de timbres, marques ou
formes de fraudes sophistiquées. Les
de l’insuffisance, voire même de sceaux fiscaux ou à leur réutilisation. A
prérogatives du fisc doivent donc être
l’échec, des dispositifs publics jusque- titre d’exemple, la transaction bénéficie
renforcées.
là mis en place pour lutter contre la pour l’établissement ou l’utilisation de
fraude. A titre d’exemples, la loi peut créer une factures portant sur des ventes ou des
« présomption de revenus », assumant prestations de services fictives, à la
Une première proposition consiste à
par exemple que les avoirs découlant de tenue d’une double comptabilité, etc.
allonger les délais de prescription. Le
l’exercice d’une activité illicite ou infor-
délai de 10 ans prévu par l’article 20 du Par ailleurs, une lutte efficace contre la
melle constituent des revenus impo-
CDPF peut être allongé (ex.15 ans26). fraude suppose un encadrement effi-
sables et soumis aux impôts directs et
Un tel allongement permettra au moins cace des régimes forfaitaires.
indirects au cours de l’exercice au cours
de limiter une forme d’évasion, qui,
duquel ces avoirs sont révélés. Ceci Une des propositions consiste à ren-
bien notoire, consiste à présenter des
allègera les obligations probatoires des forcer les prérogatives de contrôle des
actes ayant date certaine à la formalité
services fiscaux et limitera les effets de régimes forfaitaires, ce qui rendrait le
de l’enregistrement 10 ans après leur
la prescription sur la récupération des régime réel plus attractif et pousserait
rédaction.
impôts revenant au Trésor. les contribuables à y adhérer volontai-
Également en matière de droits d’enre- rement. Réserver l’application de l’éva-
En cas de soupçons avérés, il peut être
gistrement, faut-il sanctionner les héri- luation prévue par les articles 42 et 43
également envisagé de permettre aux
tiers désireux de céder ou d’utiliser les du CIRPPIS aux seuls contribuables ne
receveurs des finances d’effectuer plus
biens de leur défunt, avant de déposer tenant pas une comptabilité, allonger
facilement des saisies conservatoires
la déclaration de succession. A titre les délais de prescription à (ex.8 ans)
sur les biens des délinquant fiscaux et
d’exemple, un droit d’enregistrement et la durée du contrôle approfondi pour
ce, avant même l’établissement des
additionnel peut être réclamé sur toute les forfaitaires (ex. 18 mois), envisager
arrêtés de taxation d’office (ex. sur
cession de bien hérités n’ayant pas été la possibilité de taxation d’office dès
autorisation du parquet).
déclarée au niveau des déclarations de l’opposition du contribuable (le forfai-
succession. Les dépositaires de fonds Il s’agit également de durcir certaines taire saura qu’une fois vérifié, il peut
hérités devront-ils retenir cet impôt ad- sanctions fiscales contre tous les com- être taxé d’office sine die, c’est-à-dire
ditionnel avant de servir les fonds aux portements « non compliants » avec sans passer par l’obligation de réponse
héritiers qui ne justifient pas le dépôt la loi fiscale. En effet, des pénalités de de l’administration prévue par l’article
de la déclaration de succession de leur contrôle faibles, des peines pénales 44 bis du CDPF et sans attendre éven-
défunt. De même, convient-il d’instituer assorties de la possibilité de transaction tuellement l’avis de la commission de
l’obligation pour tout rédacteur d’actes atténuent considérablement la portée conciliation) peuvent être envisagées.
de déclarer à l’administration, les écrits persuasive du contrôle en développant Il peut être également envisagé de
concernant des biens hérités n’ayant le sentiment d’impunité et par la suite rendre non-économique l’adhésion
pas été déclarés pour les besoins de la des comportements fiscaux déviants. d’un contribuable au régime forfaitaire.
perception des droits de succession.
Il est également important rendre Rehausser l’avance de 1% prévue par
Au sujet particulier des défauts de public le nom des grands fraudeurs. l’article 37 de la loi n° 2012-27 du 29
déclaration des revenus fonciers et à Il est vrai qu’aujourd’hui, il existe une décembre 2012, portant loi de finances
défaut de constituer une base de don- sanction prévue par l’article 106 du pour l’année 2013au titre des acqui-
nées sur les intervenants dans les opé- CDPF qui va dans ce sens27. Il faut que sitions des personnes non soumises
rations municipales de légalisations des la divulgation des noms de fraudeurs à l’impôt selon le régime réel (ex. 3%
signatures, et au-delà de la proposition devienne obligatoire pour les cas de pour les facturations excédant 5.000
d’enregistrement gratis des contrats de fraude fiscale importants et en cas de DT), réinstituer la majoration de la TVA
bail à usage d’habitation pour alimen- condamnation fiscale pénale, sauf déci- pour les ventes et l’étendre à toutes les
ter la base de données sur les revenus sion expresse du juge. prestations rendues au profit des for-
fonciers réalisés par les personnes faitaires (et non pas les non-assujettis)
physiques, les contribuables peuvent 27 Selon l’article 106 du CDPF, les tribunaux peuvent
sont des idées qui devraient amener les
être appelés à déposer, à l’appui de leur ordonner la publication intégrale ou par extraits des juge- faux-forfaitaires à calculer le coût éco-
ments et arrêts prononcés en matière fiscale à l’encontre des
déclaration annuelle d’IR, un état de personnes ayant fait l’objet durant les 5 années antérieures nomique de leur régime fiscal.
leurs propriétés immobilières louées. La à leur prononcé, de jugements ou d’arrêts similaires, et ce,
Conclusion
Tout renforcement du cadre législa-
tif de lutte contre la fraude fiscale,
mérite aussi d’être accompagné par
des dispositifs garantissant une appli-
cation souple, mesurée et épargnant
aux contribuables tout risque d’abus.
« Celui qui fait la loi fiscale, doit faire
régner la sévérité ; celui qui l’applique,
la douceur28 », précise le proverbe
chinois. Mais, il ne faut jamais croire
que le renforcement de la sanction
jugule la fraude et l’évasion fiscales. « A
Florence, au Moyen Âge, les fraudeurs
voyaient leur maison détruite et les
arbres de leur jardin arraché. Malgré
cela, la fuite devant l’impôt demeure
considérable. La contrainte a ses limites
et le paiement de l’impôt dépend avant
tout de la bonne volonté du contri-
buable29 ».
Aucune lutte contre la fraude fiscale ne
peut être envisagée en dehors d’une
réforme plus large de tout le système
fiscal. Une vraie réforme équitable non-transparence, entraîne inélucta-
et juste qui garantisse que la fiscalité blement le déclin de l’Economie et,
ne soit un facteur d’amplification des lorsqu’elle touche certaines catégories
richesses des uns au détriment des de contribuables uniquement, remet en
autres30. Une réforme d’ensemble cause la paix sociale et l’égalité entre
basée sur la suppression des régimes les citoyens d’une même nation.
forfaitaires et dérogatoires, ainsi que IBN KHALDOUN disait, dès 1382 dans
sur l’élargissement de l’assiette et sur- sa Moukaddima, que « Parfois le fisc
tout l’abaissement des taux. prétend se tirer d’affaire en augmentant
De même, la réforme fiscale n’a aucun le taux des impôts, jusqu’au moment
sens, si elle serait dissociée d’une autre où la limite du possible est atteinte : le
réforme plus importante ; celle de coût de la production est trop élevé, les
l’Etat. Il faut que l’impôt que le Trésor impôts sont très lourds et tout espoir
prélève soit limité aux seuls besoins de gain demeure théorique. En consé-
du fonctionnement de l’Etat, du réta- quence, le revenu national continue à
blissement de l’égalité des chances décroître, les impôts à augmenter dans
et du développement de l’Economie. l’espoir que ceci compensera cela. Fina-
L’impôt ne doit pas financer les excès, lement, la chute de la civilisation suit la
le désordre et le gaspillage des biens et disparition de toute possibilité de pro-
deniers publics. Une fiscalité excessive, duction et c’est l’Etat qui en pâtit ». Ces
qui financerait la compensation de la propos qui ont inspiré le célèbre écono-
consommation, des emplois inutiles miste LAFFER, conseiller du Président
dans la fonction publique ou un rythme Ronald REAGAN, pour établir la courbe,
de vie dilapidateur de l’Etat altère la dite courbe de LAFFER, « mettent en
compétitivité de l’Economie, bloque exergue le caractère antiéconomique
l’investissement, développe la d’une fiscalité lourde31 » et posent les
principes fondamentaux d’un bon sys-
tème fiscal n
28 http://rosoux.be/citations.htm
29 v. C. DE LA MADIERE, La preuve en droit fiscal, Éditions
LITEC, 2009, p. 298
30 « Aequum est neminem cum alterius detrimento
locupletiorem fieri » -L‘équité, c‘est l‘absence d’enrichisse- 31 N. BACCOUCHE, Environnement fiscal de l’entreprise en
ment au détriment de l’autre. Tunisie, 2009
2011
-
1an1nées 2021
8 4
me 4
Le
Bilan
s u
fiscal res
es
Thème 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 Total
général
Amnisties 3 1 1 1 1 3 1 11
Avantages fiscaux et 10 7 7 12 9 12 48 16 22 21 11 175
mesures de soutien
Contributions exception- 1 1 1 1 1 1 3 9
nelles
Digitalisation 1 1 1 2 2 2 9
Douanes 4 2 1 3 3 7 6 6 9 6 47
Droits d’enregistrement & 1 7 7 7 5 7 5 5 1 2 47
de Timbre
Finance islamique 4 1 2 2 1 10
Fonds spéciaux du trésor 2 4 7 11 1 1 3 6 5 40
Impôts, taxes divers et 6 8 5 2 4 7 5 6 3 46
autres mesures
IRPP & IS 6 4 2 11 6 11 6 9 6 6 11 78
Mesures non fiscales 2 3 9 8 2 4 4 3 4 39
Obligations fiscales, délais 3 1 4 13 1 7 7 1 5 9 3 54
et formalisme fiscaux
Procédures de contrôle 7 14 6 9 7 9 9 6 20 9 3 99
fiscal, de contentieux et
de recouvrement
Retenues à la source et 4 2 5 11 6 5 1 4 5 2 45
avances d’impôts
Sanctions fiscales 1 4 2 6 6 2 5 26
Taxes sur le chiffre 2 7 5 14 4 9 31 8 13 5 11 109
d’affaires
Total général 43 56 56 116 58 79 132 76 106 76 46 844
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Dossier | 01
PRIX
DE TRANSFERT
ET DOUBLE
IMPOSITION
Management du risque de double imposition et
règlement des différends en matière des Prix de
Transfert
Management du risque
de double imposition et
règlement des différends
en matière des Prix de
Transfert (Part II)
2. Un engagement tripartite A Ltd dégage un profit de 20 millions imposée dans cet autre État, et
impliquant le contribuable, sur les vente de 160 millions à B Ltd. que les bénéfices ainsi inclus
l’administration fiscale du pays A et B Ltd a réalisé des profits de 35 sont des bénéfices qui auraient
l’administration fiscale du pays B. Les millions dans l’Etat B. été réalisés par l’entreprise du
avantages de cette option sont (i) Les autorités de l’Etat A ont ajusté premier État si les conditions
que les risques peuvent être évalués, les profits de A Ltd à hauteur de convenues entre les deux
(ii) il y a une réduction des coûts de 2 millions, et ce, à la suite d’une entreprises avaient été celles qui
conformité et (iii) une discussion vérification fiscale qui a considéré auraient été convenues entre
des facteurs pertinents peut être que le prix de vente à B Ltd était des entreprises indépendantes,
effectuée en même temps. Ceci considérablement faible. l’autre État procède à un
devrait permettre une plus grande Ceci signifie que A Ltd va supporter ajustement approprié du
collaboration où toutes les parties des impôts dans l’Etat A sur la montant de l’impôt qui y a été
peuvent entendre les arguments base des profits qui s’élèvent à 22 perçu sur ces bénéfices. Pour
avancés, aussi potentiellement éviter millions au lieu de les supporter sur déterminer cet ajustement,
la double imposition pouvant découler uniquement 20 millions. il est tenu compte des autres
des redressements fiscaux et la A supposes qu’aucun autre dispositions de la présente
nécessité de prendre ultérieurement ajustement ne peut avoir lieu, le Convention et, si c’est nécessaire,
des ajustements faisant suite à une total des profits taxable serait de 22 les autorités compétentes des
procédure amiablen millions dans l’Etat A et 35 millions États contractants se consultent”.
dans l’Etat B, soit un profit total de (Réf. Article 9(2) MC-OCDE).
1.2 L’ajustement corrélatif 57 millions.
La conduite des vérifications fiscales Toutefois, le total des profits effectifs Ainsi on peut voir que les
des prix de transfert peut atterrir n’est que de 20 millions et 35 ajustements corrélatifs peuvent
sur un redressement des prix de millions, soit un total de 55 millions. mitiger la double imposition
transfert découlant de l’application Cette augmentation à 57 millions lorsqu’une autorité fiscale redresse
de l’Article 9(1) du MC-OCDE3 (Réf. au lieu de 55 millions survient les profits d’une société (c-à-d en
Guide de l’OCDE en matière des considérant que les profits de B Ltd procédant à un ajustement primaire),
prix de transfert, §1.6). Lorsqu’un incluent le prix payé à A Ltd pour les et ce, à la suite de l’application du
redressement des prix de transfert marchandises. Il s’en suit que si A Ltd principe de pleine concurrence aux
a eu lieu dans un premier Etat et a facturé B Ltd le prix le plus élevé, B transactions entretenues avec une
qu’un ajustement corrélatif n’a pas Ltd aurait réalisé moins de profits. entreprise associée d’une seconde
eu lieu dans l’autre Etat, une double La position peut ainsi être juridiction fiscale.
imposition est née prima facie. synthétisée :
L’ajustement corrélatif souligné au
Illustration 1 Position avant Position niveau de l’illustration ci-dessus
► Double Imposition Economique redressement après constitue un ajustement en baisse
des prix de redressement
A Ltd résidente dans l’Etat A vend transfert des prix de (une diminution des profits) à la
transfert
des marchandises à la société B Ltd dette fiscale de la partie liée (B
une entreprise associée résidente de Profits de 20 22 Ltd), effectué par l’autorité fiscale
l’Etat B. A Ltd de la seconde juridiction (Etat B),
Profits de 35 35 de manière que la répartition des
B Ltd profits entre les deux juridictions
3 OCDE (2018), Modèle de Convention fiscale concernant le
revenu et la fortune : Version abrégée 2017, Éditions OCDE. Total 55 57
est cohérente avec l’ajustement
primaire, et ainsi le double imposition
est évitée.
Afin d’éviter que le redressement Le commentaire du MC-OCDE
des 2 millions soit taxé aussi bien souligne que l’ajustement corrélatif
dans l’Etat A que dans l’Etat B, un n’est pas automatique et qu’il est par
ajustement corrélatif doit avoir lieu. conséquent soumis à l’autorisation
L’Article 9(2) du MC-OCDE vise à de l’autre autorité fiscale (Réf.
adresser le problème de double commentaire de l’Article 9 MC-OCDE,
imposition économique par suite d’un §7).
ajustement des prix de transfert en Dans la pratique, les autorités
vertu de l’Article 9(1) : fiscales considèrent les requêtes
pour des ajustements corrélatifs dans
“Lorsqu’un État contractant le cadre des procédures amiables
inclut dans les bénéfices d’une de la CNDI4 applicable au cas, et ce,
entreprise de cet État — et impose afin de traiter la double imposition
en conséquence — des bénéfices causée par un redressement des prix
sur lesquels une entreprise de de transfert.
l’autre État contractant a été
4 Convention de Non Double Imposition
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Les CNDIs atténuent le risque de est généralement la préférée ajustements corrélatifs qui leur
double imposition en apportant considérant qu’elle peut assurer un correspondent changent la répartition
des règles convenues pour taxer meilleur rattachement des charges des profits soumis à l’impôt entre
les revenus et les capitaux. Ils aux produits et plus précisément les entreprises multinationales
apportent aussi les lignes directrices reflète la position économique considérant qu’ils aboutissent à
sur les mécanismes de règlement comme elle aurait dû avoir lieu au l’ajustement des calculs d’impôts,
des différends efficaces à appliquer cas où la transaction contrôlée a été le cas échéant, afin de refléter la
aux cas où les autorités fiscales réalisée dans les conditions de pleine situation qui aurait dû avoir lieu au
compétentes des Etats contractants concurrence (Réf. commentaire de cas où les transactions contrôlées
ne sont pas d’accord. l’Article 9 MC-OCDE, §10) ; Toutefois, ont eu lieu dans les conditions de
une telle approche peut présenter pleine concurrence. À moins que ces
L’Article 9 n’a pas spécifié la méthode des limites lorsque les délais de ajustements des calculs d’impôts ne
par laquelle un ajustement corrélatif prescription ne sont pas les mêmes soient compensés par des paiements
doit être effectué ou mis en place, entre les deux Etats ou lorsque entre les parties concernées, les
et par conséquent, la méthode l’année d’origine se trouve entachée situations économiques des parties
utilisée est laissée à la discrétion des par la prescription. Les problèmes de seront biaisées. Cette déformation
autorités fiscales compétentes. délais peuvent également soulever la peut avoir un impact significatif et
question de savoir si une partie à la continu sur la structure du capital et
Les pays membres de l’OCDE peuvent transaction a droit à des intérêts sur plus généralement sur le potentiel de
faire recours à différentes méthodes la partie de la taxe payée en trop. profit, et ainsi sur les dettes fiscales
afin d’accorder un dégrèvement au cas futures. Afin d’adresser ce problème,
où un ajustement primaire a entrainé L’Article 9 n’impose pas des limites certaines juridictions ont introduit à
une double imposition. Les autorités de délais spécifiques avec lesquels leurs législations internes respectives
fiscales conviennent bilatéralement les ajustements corrélatifs doivent des dispositions qui requièrent qu’un
sur la méthode approprié en fonction être effectués et par conséquent les ajustement secondaire soit effectué.
des faits et circonstances de chaque dispositions de la convention fiscale
cas (Réf. commentaire de l’Article 9 ou du droit interne de la juridiction Les ajustements secondaires tentent
MC-OCDE, §7). concernée s’appliquent. de tenir compte de la différence
entre les bénéfices imposables
Un ajustement corrélatif peut être Le dégrèvement en vertu de l’Article 9 redressés et les bénéfices fiscaux
mis en œuvre de deux manières : (i) ne devrait pas être possible si les délais avant ajustements. Ils traitent les
soit en recalculant les profits soumis de reprise prévus par la convention bénéfices supplémentaires résultant
à l’impôt dans l’autre Etat qui est ou par le droit interne pour mettre en des ajustements primaires comme
partie de la transaction contrôlée place les ajustements corrélatifs ont ayant été transférés dans une autre
(c-à-d, réaliser l’ajustement corrélatif expiré (Réf. commentaire de l’Article 9 forme, comme la reconstitution
au niveau de la déclaration fiscale, en MC-OCDE, §10). de dividendes, d’apports en fonds
recalculant l’assiette imposable) ou propres ou de prêts, et de les taxer en
(ii) par l’octroi à l’entreprise associée L’Instrument Multilatéral (IM)5 conséquence (Réf. Guide de l’OCDE
de l’autre Etat un dégrèvement fiscal encourage l’amendement des en matière des prix de transfert,
sur son propre impôt payé au titre de conventions afin de permettre §4.68). Bien qu’ils ne redressent pas
l’impôt supplémentaire découlant de plus de possibilités de recours à à eux-mêmes la situation financière
l’ajustement primaire (Réf. commentaire l’ajustement corrélatif. L’article des parties à ce qu’elle aurait été
de l’Article 9 MC-OCDE, §7). 17 de l’IM permet les Etats de si l’opération qui avait donné lieu à
mettre en place l’Article 9(2) du l’ajustement des prix de transfert
Une fois qu’une autorité fiscale a MC-OCDE, les engageant à faire un avait été effectuée dans des
convenu d’effectuer un ajustement ‘ajustement approprié’. Les Etats conditions de pleine concurrence,
corrélatif, les délais du droit peuvent choisir de ne pas adopter les ajustements secondaires peuvent
de reprise doivent être pris en le traitement de l’Article 17, au cas être administrés pour encourager la
considération, étant donné qu’un où leur conventions comprennent restauration des fonds à leur juste
ajustement corrélatif peut soit (i) déjà la disposition ; ou partant du endroit ou, à défaut, permettre un
être constaté dans l’année durant principe qu’ils vont effectuer un ajustement des effets fiscaux de la
laquelle la transaction d’origine ajustement corrélatif, nonobstant les distorsion qui pourrait autrement se
a eu lieu, (ii) ou bien une année dispositions conventionnelles ; ou s’ils produire. (Réf. Guide de l’OCDE en
alternative comme l’année durant s’efforceront de résoudre le problème matière des prix de transfert, §4.70).
laquelle l’ajustement primaire a dans le cadre d’une procédure
eu lieu. Cette problématique n’est amiablen Le MC-OCDE n’aborde pas le sujet
pas traitée par le MC-OCDE (Réf. des ajustements secondaires (Réf.
commentaire de l’Article 9 MC-OCDE, 1.3 L’ajustement secondaire commentaire de l’Article 9 MC-OCDE,
§10). La première approche, soit la Les ajustements primaires et les §8). Les ajustements secondaires
constatation durant l’année d’origine, sont toutefois discutés au niveau
5 Traité plus particulièrement ci-dessous.
Dossier
01 PRIX DE TRANSFERT
ET DOUBLE IMPOSITION
du Guide de l’OCDE en matière des ajustement primaire mais aussi pour productive d’intérêt. La base de
prix de transfert quoique plusieurs les années ultérieures jusqu’à la date tarification des transactions sous-
Pays ne les requièrent ou ne les à laquelle le prêt reconstitué est jacentes n’a pas été contestée.
reconnaissent pas encore (Réf. Guide considéré par l’administration fiscale
de l’OCDE en matière des prix de qui invoque l’ajustement secondaire Après de longues négociations, un
transfert, §4.68 - §4.78). comme ayant été remboursé. » (Réf. arrangement a été conclu et signé
Guide de l’OCDE en matière des prix entre US Inc. et l’IRS.
La législation fiscale Tunisienne de transfert, §4.69).
n’a pas traité explicitement des Le revenu d’intérêt a été imputé
ajustements secondaires, bien que L’autorité fiscale de l’Etat A pourrait par l’IRS sur un prêt réputé pour
la pratique du contrôle fiscal puisse également traiter les bénéfices les quatre années civiles 2010 à
faire ressortir de tels ajustements supplémentaires comme un dividende 2013. En 2016, US Inc. a émis une
sous plusieurs forment (dividendes occulte, auquel cas une retenue à la facture à UK Ltd pour cet intérêt,
occultes, distributions occultes, source peut s’appliquer. Dans ce cas, qui a été enregistrée en tant que
intérêts supplétifs, etc.). les deux Etats peuvent être amenés charge d’intérêts dans les comptes
à s’arranger afin d’éliminer la double statutaires de UK Ltd et payé en
Lorsque les pays ont introduit des imposition de la dite distribution 2017.
dispositions dans leurs législations perçue comme occulte, et ce, dans le
nationales qui nécessitent des cas où l’ajustement primaire a déjà La HMRC7 a initialement refusé la
ajustements secondaires à fait l’objet d’un ajustement corrélatif déduction demandée par UK Ltd pour
effectuer, de telles dispositions sont dans l’Etat B. les intérêts au motif qu’il n’y avait
généralement obligatoires, bien que aucune obligation légale pour UK Ltd
les autorités fiscales généralement Les ajustements secondaires ne sont de payer des intérêts à US Inc.
permettent aux contribuables de pas un phénomène assez courant
prouver la nature exacte de la en pratique. Un questionnaire a été La HMRC a également déclaré qu’un
transaction et dans certains cas à circulé au tous les Pays membres du contribuable ne peut pas effectuer
rapatrier les fonds, par exemple Forum Conjoint de l’UE sur les Prix un ajustement compensatoire
au moyen d’une construction de de Transfert en Juin 2011 afin de unilatéralement et le seul mécanisme
dividendes, et ce, afin d’éviter discuter des ajustements secondaire par lequel obtenir la déduction est
l’ajustement secondaire. en matière des prix de transfert. par le biais de la procédure amiable.
En pratique, dans la plupart des
La forme exacte qu’une transaction Pays Européens, les ajustements Une demande de procédure
secondaire peut prendre ainsi que secondaires sont rarement actés. Au amiable a été déposée au motif
la conséquence d’un ajustement niveau des 18 Pays membres n’ayant qu’un ajustement corrélatif a été
secondaire dépendent des faits pas encore légiféré un tel dispositif, demandé au Royaume-Uni pour
du cas d’espèce et de la loi fiscale aucun Pays membre n’a planifié un redressement des prix de
du Pays qui confirme l’ajustement d’introduire l’ajustement secondaire. transfert effectué aux États-Unis
secondaire (Réf. Guide de l’OCDE en conformément à l’Article 9 (2) de la
matière des prix de transfert, §4.68). Illustration 2 CNDI.
L’exemple suivant, extrait du Guide
de l’OCDE en matière des prix de Dans ce qui suit on illustre
Le demande a été fructueuse et UK
transfert, illustre ce point : l’application des ajustements en
Ltd a obtenu le droit de déduire les
matière des prix de transfert entre le
intérêts chargés par US Inc. Dans
« Deux parties liées situées dans UK et un territoire étranger, dans ce
ce cas, il convient de souligner que
les territoires A et B concluent cas, les US :
les intérêts ont été effectivement
une transaction entre parties chargés et payés, et aucun
liées. Du fait que la transaction est UK Ltd, une filiale de US Inc.,
ajustement secondaire n’aurait à
réputée ne pas avoir lieu dans des achète des matières première et des
avoir lieu.
conditions de pleine concurrence, prestations de services auprès de US
l’administration fiscale A procède à Inc. pour les vendre sur le marché
Le processus a duré environ neuf
un ajustement primaire qui se traduit Européen, en imputant les montants
mois une fois la demande déposée
par une augmentation des bénéfices impayés au niveau des compte
auprès du HMRC. Une grande partie
imposables dans le territoire A. interco.
de ce temps été dédiée à l’attente
L’administration fiscale de l’Etat que autorités compétentes discutent
A choisi ensuite de procéder à un L’IRS6 a contesté l’accumulation
de la question en première instance.
ajustement secondaire qui traite du solde commercial et a soutenu
les bénéfices supplémentaires qu’une partie de la créance
comme un prêt de la partie liée commerciale chez l’entité américaine
sur le territoire B. Dans ce cas, devrait être reclassée comme
l’obligation de rembourser le prêt créance de financement à long terme
7 HMRC ou Her Majesty’s Revenue and Customs est un dépar-
serait réputé survenir. L’approche 6 L’IRS ou l’Internal Revenue Service est l’agence du gouverne- tement non ministériel du Gouvernement du Royaume-Uni prin-
de la reconstitution de prêt peut ment fédéral des États-Unis qui collecte l’impôt sur le revenu et
des taxes diverses — sur l’emploi, impôt sur les sociétés et succes-
cipalement responsable de la collecte des taxes et du paiement
de certains services fournis par l’État, ainsi que des cotisations
avoir une incidence non seulement sions notamment — et fait respecter les lois fiscales concernant à la sécurité sociale britannique. En bref, l’autorité pouvant être
le budget fédéral des États-Unis. En bref, l’autorité pouvant être perçue comme l’administration fiscale et douanière au Royaume-
pour l’année sur laquelle porte un perçue comme l’administration fiscale aux Etats-Unis. Uni.
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|20_21
1.4. Les pays devraient renforcer la procédure amiable et son souhaiterait mettre en œuvre par
les relations entre leurs autorités utilisation et prendre les mesures des modifications futures à la
compétentes et coopérer pour appropriées pour mettre ces convention.
renforcer l’efficacité de la informations à la disposition des
procédure amiable en devenant contribuables. Les pays devraient 2.4. Les pays ne devraient
membres du Forum sur la s’assurer que les instructions pas évaluer les fonctions de
procédure amiable au sein du relatives à l’application de la leur autorité compétente et
Forum sur l’administration fiscale procédure amiable sont claires leur personnel en charge des
(Forum PA-FAF). et facilement accessibles par le procédures amiables au moyen
public.10 d’indicateurs de performance
1.5. Les pays devraient
liés au montant des rectifications
communiquer en temps opportun
2.2. Les pays devraient publier d’imposition qui ont été confirmées
des statistiques complètes sur
leur profil sur la procédure amiable ou des recettes fiscales qui ont été
la procédure amiable selon le
sur une plateforme d’information maintenues.
cadre qui aura été mis au point en
commune destinée au public
coordination avec le Forum PA-FAF.
(selon un modèle à définir en 2.5. Les pays devraient s’assurer
1.6. Les pays devraient prendre coordination avec le Forum PA- que des moyens appropriés sont
l’engagement que leur respect FAF). fournis à la fonction en charge de
de la norme a minima fera l’objet la procédure amiable.
d’un examen par les pairs dans le 2.3. Les pays devraient s’assurer
contexte du Forum PA-FAF. que les personnels en charge des 2.6. Les pays devraient préciser
procédures amiables disposent du dans leurs instructions sur
1.7. Les pays devraient faire pouvoir de régler les différends la procédure amiable que la
preuve de transparence sur leur soumis à la procédure amiable conclusion de transactions
position en matière du mécanisme conformément aux dispositions de entre les autorités fiscales et
d’arbitrage applicable à la la convention fiscale applicable, les contribuables n’exclut pas
procédure amiable. en particulier sans avoir besoin l’ouverture d’une procédure
2. Les pays devraient s’assurer de l’accord ou des instructions amiable. Si les pays disposent
que les processus administratifs du personnel de l’administration d’un processus administratif
favorisent la prévention et le fiscale qui a effectué les ou législatif de règlement des
règlement en temps opportun ajustements fiscaux concernés différends indépendant des
des différends relatifs aux et sans être influencés par des fonctions de contrôle fiscal,
conventions. considérations liées à la politique qui ne peut être enclenché que
fiscale que le pays concerné sur requête d’un contribuable,
2.1. Les pays devraient publier ils peuvent limiter l’accès à la
10 L’administration fiscale Tunisienne (Direction Générale des
des règles, lignes directrices Etudes et de la Législation Fiscales / DGELF) a répondu à cet procédure amiable pour en
et procédures sur l’accès à
objectif de la deuxième norme à minima en publiant en date du
12 septembre 2019 la note commune n°23/219.
écarter les questions réglées par
ce processus. Les pays devraient
notifier à leurs partenaires à
une convention l’existence de
tels processus administratifs
ou législatifs et mentionner
expressément les effets de ces
processus sur la procédure amiable
dans les instructions publiées à
l’intention du public au sujet de
ces processus et au sujet de leur
programme de procédure amiable.
lors que les faits et circonstances délais prévus par le droit interne contribuables ou à une catégorie de
des exercices fiscaux antérieurs des États contractants »). Les contribuables (plutôt qu’à l’égard du
sont identiques et sous réserve pays qui ne peuvent pas insérer la cas de procédure amiable particulier
de la vérification de ces faits et deuxième phrase du paragraphe d’un contribuable), dès lors que ces
circonstances lors du contrôle. 2 de l’article 25 dans leurs accords apportent des instructions
conventions fiscales devraient utiles permettant de prévenir de
3. Les pays devraient s’assurer que être prêts à adopter d’autres nouveaux différends et que les
les contribuables qui remplissent dispositions conventionnelles qui autorités compétentes sont d’accord
les conditions du paragraphe 1 de limitent le délai pendant lequel un que cette publication est compatible
l’article 25 ont accès à la procédure État contractant peut effectuer avec les principes d’une bonne
amiable. un ajustement en application de administration de l’impôt.
l’article 9(1) ou de l’article 7(2), ► Bonne pratique n° 3 - Les pays
3.1. Les deux autorités afin d’éviter les ajustements devraient développer la « vision
compétentes devraient être tardifs qui ne pourront faire l’objet globale des enjeux » des fonctions de
informées des demandes de d’un allègement en vertu de la contrôle/vérification impliquées dans
procédure amiable qui ont été procédure amiable. les dossiers internationaux au moyen
présentées et devraient être en de la communication, au personnel
mesure de faire connaître leur La deuxième proposition concerné, du « Module de formation
position sur l’acceptation ou le fondamentale concerne les « bonnes à la vision globale des enjeux » du
rejet de chaque demande. À cet pratiques », qui complémentent Forum sur l’administration fiscale.
effet, les pays devraient : les normes à minima convenues. ► Bonne pratique n° 4 - Les pays
► soit modifier le paragraphe 1 de Cependant, ces bonnes pratiques devraient mettre en œuvre des
l’article 25 afin que la demande sont volontaires et il convient de programmes d’accords préalables
de procédure amiable puisse être noter que seuls certains des pays du bilatéraux en matière de prix de
formulée auprès de l’autorité projet BEPS / G20 de l’OCDE étaient transfert.
compétente de l’un ou l’autre des disposés à s’y engager. Le rapport ► Bonne pratique n° 5 - Les pays
États contractants, final de l’Action 14 du projet BEPS devraient mettre en œuvre des
► soit, si une convention ne permet contient 11 bonnes pratiques. procédures appropriées permettant
pas qu’une demande de procédure au contribuable de demander, dans
amiable puisse être formulée Quand bien même lesdites certains cas et après une première
auprès de l’un ou l’autre des États bonnes pratiques peuvent mise en recouvrement de l’impôt
contractants, mettre en place un être adoptées d’une manière dû, le règlement par la procédure
processus de notification ou de optionnelle, la Tunisie a mis amiable de questions relatives à
consultation bilatérale pour les en œuvre 4 de ces 11 bonnes différents exercices fiscaux pour
cas où l’autorité compétente saisie pratiques11. lesquels des déclarations ont été
d’une demande de procédure produites, dès lors que les faits et
amiable considère que l’objection Les bonnes pratiques apportées circonstances sont identiques et sous
du contribuable n’est pas fondée par l’Action 14 du projet BEPS se réserve de la vérification de ces faits
(cette consultation ne pouvant présentent comme suit12 : et circonstances lors d’un contrôle.
pas être interprétée comme Ces procédures demeureraient
une consultation sur la façon de ► Bonne pratique n°1 - Les pays soumises aux conditions énoncées
résoudre le cas). devraient insérer le paragraphe 2 au paragraphe 1 de l’article 25 : pour
de l’article 9 dans leurs conventions qu’une demande visant à obtenir
3.2. Les instructions relatives à fiscales. le règlement d’une question pour
la procédure amiable publiées ► Bonne pratique n° 2 - Les pays un exercice fiscal particulier soit
par les pays devraient préciser devraient avoir des procédures recevable, le cas doit être soumis
en particulier les informations et appropriées leur permettant de dans les trois ans qui suivent la
documents qu’un contribuable publier les accords conclus en première notification de la mesure
doit joindre à toute demande vertu du pouvoir, conféré par la qui entraîne une imposition non
de procédure amiable. Si première phrase du paragraphe 3 conforme aux dispositions de la
le contribuable a fourni les de l’article 25, « par voie d’accord Convention au titre de l’exercice
informations demandées, les pays amiable, de résoudre les difficultés fiscal considéré.
ne devraient pas restreindre l’accès ou de dissiper les doutes auxquels ► Bonne pratique n° 6 - Les pays
à cette procédure au motif que les peuvent donner lieu l’interprétation devraient prendre les dispositions
informations communiquées sont ou l’application de la Convention appropriées permettant une
insuffisantes. » en ce qui concerne l’application suspension des procédures de
d’une convention à la totalité des recouvrement pendant la durée de
3.3. Les pays devraient insérer la procédure amiable. La suspension
dans leurs conventions fiscales la 11 Bonne pratique n°1, Bonne pratique n° 4, Bonne pratique des mesures de recouvrement
n° 8, et Bonne pratique n° 11.
deuxième phrase du paragraphe 12 OCDE, Projet OCDE/G20 sur l’érosion de la base d’imposition
devrait être possible, à tout le moins,
2 de l’article 25 (« L’accord est et le transfert de bénéfices, Accroître l’efficacité des mécanismes selon les mêmes conditions que
de règlement des différends – Action 14 : Rapport final 2015,
appliqué quels que soient les OCDE Librairie, 2015. celles applicables à toute personne
Dossier
01 PRIX DE TRANSFERT
ET DOUBLE IMPOSITION
qui forme un recours administratif ou ► Bonne pratique n° 8 - Les sur le traitement des intérêts et
judiciaire selon le droit interne. pays devraient décrire, dans des pénalités dans le cadre de la
► Bonne pratique n° 7 - Les pays les instructions qu’ils publient procédure amiable.
devraient mettre en œuvre des concernant la procédure amiable, ► Bonne pratique n° 11 - Les
mesures administratives appropriées l’articulation entre la procédure instructions relatives à la procédure
permettant de faciliter le recours à amiable et les recours administratifs amiable publiées par les pays
la procédure amiable pour régler les et judiciaires prévus par le droit devraient contenir des instructions
différends relatifs aux conventions, interne applicable. Ces instructions sur les procédures amiables et
tout en consacrant le principe destinées au public devraient accords préalables en matière de
général selon lequel le choix traiter, en particulier, la question prix de transfert qui ont un caractère
des recours engagés de savoir si l’autorité compétente multilatéral.
appartient au se considère légalement obligée de
contribuable. suivre une décision d’une autorité La troisième proposition fondamentale
judiciaire nationale dans le cadre de concerne l’institution d’un mécanisme
la procédure amiable ou si elle ne d’arbitrage obligatoire et contraignant,
dérogera pas à une telle décision et a identifié 20 pays [à l’époque de
en raison de politiques ou pratiques préparation de l’action 14 du projet
administratives. BEPS], dont le Royaume-Uni, les États-
► Bonne pratique n° 9 - Les Unis, l’Australie, le Canada, la France
instructions relatives à la et l’Allemagne, qui avaient accepté
procédure amiable publiées par de mettre en œuvre le mécanisme
les pays devraient préciser que d’arbitrage obligatoire et contraignant
les contribuables ont accès à la dans leurs conventions fiscales
procédure amiable afin que les bilatérales. Selon l’OCDE, les 20 pays
autorités compétentes puissent qui ont pris cet engagement étaient
régler, par la concertation, la impliqués dans plus de 90% des cas
double imposition qui peut exister de procédures amiables en suspens à
suite à un ajustement effectué la fin de 2013. Par conséquent, ceci
à l’étranger à l’initiative d’un est considéré comme une avancée
contribuable agissant de bonne significative et avec le temps, il est
foi – c’est-à-dire un ajustement probable que davantage de pays
effectué par un contribuable en emboîteront le pas.
vertu du droit interne de l’autre
État signataire de la convention En septembre 2017, l’OCDE a publié
qui autorise le contribuable, dans les résultats du premier examen par
certaines circonstances, à modifier les pairs (dont un sur le Royaume-
une déclaration fiscale déjà déposée Uni) évaluant la performance des
afin de rectifier (i) le prix d’une autorités fiscales participantes en ce
transaction entre entreprises qui concerne les nouveaux processus
associées ou (ii) les profits de procédure amiable. Les rapports
attribuables à un établissement étaient dans l’ensemble positifs
stable, dans le but de déclarer un et l’on espère qu’ils inciteront les
résultat qui est, du point de vue du contribuables à s’engager dans le
contribuable, conforme au principe processus de procédure amiable.
de pleine concurrence. À cet effet, Cependant, il est à noter que les
l’ajustement initié à l’étranger par pays participant à la première série
un contribuable doit être considéré d’examens ont tous une bonne
comme étant de bonne foi s’il réputation sur la procédure amiable.
reflète la volonté du contribuable Il est probable que les examens
de déclarer correctement les ultérieurs, englobant plusieurs autres
revenus imposables résultant administrations supplémentaires,
d’une transaction contrôlée ou pourraient être plus critiques.
les bénéfices attribuables à un
établissement stable et si le Le MC-US de 2016 comprend un tel
contribuable a par ailleurs rempli, mécanisme d’arbitrage obligatoire et
dans les délais et de manière contraignant lorsque l’accord dans le
appropriée, toutes les obligations lui cadre d’une procédure amiable n’est
incombant au titre de ces revenus ou pas conclu dans les deux ans. Le MC-
bénéfices imposables en application US de 2016 prévoit une commission
du droit fiscal des deux États d’arbitrage à trois personnes, dont
contractants. deux des arbitres étant choisis par
► Bonne pratique n° 10 - Les les pays concernés et le troisième
instructions relatives à la procédure choisi par ces deux arbitres. Les
amiable publiées par les pays dispositions appliquent une approche
devraient contenir des instructions de « dernière meilleure offre » dans
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|24_25
laquelle chaque pays soumet un exposé En Tunisie, quand bien même les Les conventions de non double
de position avec une proposition de CNDI conclues couvrent un article imposition ont principalement
résolution et la commission d’arbitrage qui traite de la procédure amiable, pour objet d’éliminer la double
choisit entre eux. la pratique a fait montre qu’un tel imposition et de prévenir l’évasion
mécanisme ne peut être mis en place fiscale. En pratique, une convention
Une problématique typique soulevée en l’absence de guides clarifiant les fiscale permet également de
par les Entreprises Multinationales modalités de mise en place d’une répartir les recettes fiscales entre
est le temps et les ressources utilisés telle procédure. les Etats contractants découlant
pour résoudre les différends fiscaux Le 24/01/2018, les ministres et des opérations réalisées par leurs
internationaux. Ainsi, même la représentants de haut niveau de résidents.
menace d’un mécanisme d’arbitrage la Tunisie ont signé la Convention À ces fins, les conventions de non
obligatoire et contraignant, même s’il multilatérale pour la mise en double imposition prévoient des
n’est pas finalement invoqué, incitera œuvre des mesures relatives aux règles permettant de déterminer le
les États contractants concernés à conventions fiscales pour prévenir pays de résidence d’un contribuable,
rechercher de bonne foi une solution. l’érosion de la base d’imposition et le les catégories de revenus ou les
transfert de bénéfices (BEPS). Cette éléments de la fortune sur lesquels
Les dernières statistiques publiées Convention vise à actualiser le réseau chacun des Etats peut prélever des
par L’OCDE qui portent sur la existant de conventions fiscales impôts, le traitement fiscal appliqué
procédure amiable ont examiné la bilatérales et restreint les possibilités pour chaque catégorie de revenu, les
situation à la fin de 201913. Les d’évasion fiscale de la part des modalités d’élimination des doubles
principaux points mis en évidence entreprises multinationales. Pour impositions ainsi que le traitement
par l’OCDE sont les suivants : mettre fin aux pratiques de BEPS, des cas d’imposition non conforme à
des mesures prioritaires nécessitant la convention à travers la procédure
En comparaison aux statistiques une action immédiate a été définies, amiable.
portant sur la procédure amiable dans la mesure où l’inaction de La note commune n°23/219,
avant le 1er janvier 201614, aussi quelques juridictions aurait exposé devant être considérée toujours à
bien le nombre de cas de procédures d’autres juridictions à des retombées la lumière de la convention de non
amiables dans l’inventaire de départ négatives (y compris à des effets double imposition applicable au cas
que le nombre de cas de procédures préjudiciables à la compétitivité). d’espèce, a pour objet d’apporter des
amiables initiés ont augmenté, ce qui
Des standards minimums ont donc précisions relatives aux modalités
résulte à la fois d’une augmentation
été établis afin de combattre les de mise en œuvre de la procédure
du nombre de juridictions déclarantes
pratiques fiscales dommageables amiable prévue par les conventions
et de règles de comptage modifiées.
(Action 5), d’empêcher l’utilisation de non double imposition conclues
Les cas de prix de transfert
abusive des conventions fiscales, par la Tunisie.
représentent un peu plus de la moitié
notamment le chalandage
des cas de procédures amiables en 2.1.2 L’action 15 du projet BEPS _
fiscal (Action 6), d’améliorer
stock. Le règlement des différends dans
la transparence au moyen des
Les cas de prix de transfert prennent l’Instrument Multilatéral (MLI)
déclarations pays par pays
plus de temps en moyenne que les
(Action 13) et d’accroître l’efficacité
autres cas : environ 30,5 mois sont L’IM met en œuvre les
des mécanismes de règlement des
nécessaires pour les cas de prix de recommandations du BEPS dans
différends (Action 14)17.
transfert et 22 mois pour les autres plusieurs domaines, y compris le
cas15. Ainsi, quoi que les CNDI conclues par règlement des différends.
Plus de 74% des procédures amiables la Tunisie comprennent un Article
conclues en 2019 ont résolu le traitant de la procédure amiable Comme expliqué ci-dessus, l’Action
problème16, accusant ainsi une (généralement sous le numéro 25), 14 du projet BEPS exige, comme
diminution par rapport à 2018 là où il était temps que l’administration normes à minima, l’inclusion dans
le niveau était à 81%. fiscale concrétise l’engagement de les conventions fiscales d’une
Enfin, 6% des dossiers de procédures la Tunisie et internalise la norme version de la procédure amiable aux
amiables clôturés ont été retirés par minima de l’action 14 au corpus de paragraphes 1 à 3 de l’Article 25 du
les contribuables tandis la réglementation fiscale Tunisienne, MC-OCDE, modifiée pour permettre
qu’environ 15% n’ont pas été résolus et ce, en publiant en date du 12 au contribuable de présenter son
pour diverses raisons. septembre 2019 la note commune cas à l’un ou l’autre État. La version
n°23/219 traitant des modalités précédente du paragraphe 1 de
de mise en œuvre de la procédure l’Article 25, exigeait que l’affaire
13 Voir http://www.oecd.org/tax/dispute/mutual-agreement-
procedure-statistics.htm
amiable prévue par les conventions soit présentée dans l’État où le
14 Soit avant l’entrée en vigueur officielle du Cadre Inclusif du
de non double imposition conclues contribuable est résident.
projet BEPS. par la Tunisie.
15 Alors qu’ils étaient respectivement de 33 et 14 mois au titre
de 2018.
17 La norme a minima de l’action 14 du projet anti-BEPS per-
L’Article 16 de l’IM prévoit que la
16 Soit : 52% des accords éliminant complètement la double im- mettra de: version modifiée de la procédure
position ou ayant résolu complètement la taxation non conforme - s’assurer que les obligations relatives à la procédure amiable
à la convention fiscale ; prévues par les conventions sont pleinement respectées de amiable s’appliquera «à la place»
- 1% des accords éliminant partiellement la double imposition
ou ayant résolu partiellement l’imposition non conforme à la
bonne foi et que les différends donnant lieu à une procédure
amiable sont résolus en temps opportun;
ou «en l’absence» de procédures
convention fiscale ; - s’assurer que les processus administratifs favorisant la préven- amiables aux conventions en
- 15% de cas où un abattement fiscal unilatéral est accordé ; tion et le règlement en temps opportun des différends relatifs
- 5% des cas résolus par voies de recours internes ; et aux conventions sont effectivement mis en œuvre; et vigueur. Il s’agit notamment de ne
- 1% des accords ayant statué qu’il n’y a pas d’imposition non
conforme à la convention fiscale.
- s’assurer que les contribuables sont en mesure de recourir à la
procédure amiable lorsqu’ils peuvent y prétendre.
pas autoriser la présentation de
Dossier
01 PRIX DE TRANSFERT
ET DOUBLE IMPOSITION
réclamations à l’un ou l’autre des la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni Si une partie à la convention fiscale
États, mais de mettre en œuvre et les États-Unis. Lorsque l’IM a a choisi l’ « approche de l’opinion
un processus par lequel l’État qui été signé en juin 2017, les États- indépendante » d’arbitrage et
reçoit la notification du contribuable Unis (car ils n’ont pas signé l’IM), la l’autre a choisi la « dernière offre »
notifiera ou consultera l’autre Pologne et la Norvège ne se sont pas d’arbitrage, l’« approche de l’opinion
État, s’il ne considère pas le cas du engagés. Cependant, Andorre, Fidji, indépendante » s’appliquera à la
contribuable comme justifié. la Finlande, la Grèce, le Lichtenstein, convention fiscale, à moins que
Malte, le Portugal et Singapour ont l’État qui a choisi la « dernière offre
L’Article 17 de l’IM traite des ajouté leur engagement, faisant le » ait choisi de ne pas appliquer
ajustements corrélatifs. total de 25 à ce moment-là. l’arbitrage obligatoire et contraignant
aux conventions fiscales avec les
L’Article 19 de l’IM définit un La commission d’arbitrage sera États qui ont choisi l’« approche de
mécanisme d’arbitrage obligatoire composée de trois membres l’opinion indépendante » d’arbitrage.
et contraignant lorsque les autorités indépendants et impartiaux Dans ce cas, l’arbitrage obligatoire
compétentes ne sont pas en mesure possédant une expertise ou une et contraignant ne s’appliquera alors
de parvenir à un accord dans le expérience en matière de fiscalité que si les parties parviennent à un
cadre de la procédure amiable. Il internationale. Chaque autorité accord sur le type de processus
est facultatif et ne s’appliquera compétente désignera un membre, d’arbitrage qui s’appliquera à cette
qu’aux conventions où les deux États puis ces deux membres nommeront convention.
choisissent de l’appliquer. Les États un troisième membre pour présider
peuvent choisir d’accorder trois ans le panel, qui ne peut être ni un La décision d’arbitrage sera
(plutôt que deux ans) pour qu’un ressortissant ni un résident de l’un contraignante pour les deux États, à
accord soit conclu dans le cadre ou l’autre État. Des dispositions moins que le contribuable n’accepte
de la procédure amiable avant que prévoient qu’un fonctionnaire de pas la décision. Elle ne sera pas non
l’arbitrage obligatoire et contraignant l’OCDE nomme les membres de la plus contraignante si un tribunal juge
ne soit possible ; et peut choisir commission d’arbitrage si les États que la décision est invalide ou si une
d’exclure des problématiques qui ont ou les membres de ladite commission personne directement affectée par la
déjà été tranchées par un tribunal. ne procèdent pas aux nominations décision poursuit un litige en relation
nécessaires. avec les questions en rapport avec
Les États peuvent se réserver le droit ladite décision.
de ne pas appliquer les dispositions Les États peuvent choisir le type
du mécanisme d’arbitrage obligatoire d’arbitrage qu’ils souhaitent adopter Le modèle d’accord amiable sur
et contraignant prévu dans l’IM pour leurs « conventions fiscales l’arbitrage figurant à l’annexe du
aux conventions fiscales existantes couvertes ». Soit : commentaire de l’article 25 du MC-
qui prévoient déjà l’arbitrage OCDE suit ces lignes.
obligatoire et contraignant. Le ► « dernière offre » ou « dernière
Royaume-Uni, par exemple, se meilleure offre » d’arbitrage (« Les États concernés conviendront
réserve le droit de maintenir arbitrage baseball »): il s’agit de de la manière dont les coûts de
toutes les dispositions d’arbitrage l’option par défaut, selon laquelle la procédure d’arbitrage seront
obligatoire et contraignant existantes chaque autorité compétente supportés. En l’absence d’accord,
qui sont plus strictes que celle soumettra au groupe spécial chaque État supportera ses
prévues par l’IM. Les États peuvent d’arbitrage sa proposition de propres frais et ceux du membre
également se réserver le droit de résolution; et, si elle le souhaite, un de la commission d’arbitrage qu’ils
ne pas appliquer les dispositions du document justificatif et une réponse auront nommé, quant aux coûts
mécanisme d’arbitrage obligatoire à la résolution proposée par l’autre du président et de toutes autres
et contraignant aux cas entrant État. Le commission d’arbitrage dépenses ils seront partagés
dans la procédure amiable avant décidera, à la majorité simple, quelle également.
l’entrée en vigueur de l’IM pour une résolution accepter. Il ne donnera
convention fiscale donnée, à moins aucun motif de sa décision et la Il existe également une disposition
que les parties ne conviennent que décision n’aura pas de précédent ; ou facultative pour que la décision
l’arbitrage obligatoire et contraignant ► « approche de l’opinion
d’arbitrage ne soit pas contraignante
s’applique au cas d’espèce. Comme indépendante » d‘arbitrage : selon et ne soit pas mise en œuvre si les
États concernés conviennent d’une
nous l’avons noté, lorsque le rapport cette option, chaque autorité résolution différente de toutes
final de l’Action 14 du projet BEPS compétente fournit à la commission les questions dans les trois mois
a été publié en octobre 2015, d‘arbitrage « toutes les informations suivant la décision d’arbitrage. Cela
20 États étaient engagés dans le qui peuvent être nécessaires à la ne s’appliquera à une conventions
mécanisme d’arbitrage obligatoire décision d‘arbitrage». La commission fiscale particulière que si les deux
et contraignant, à savoir l’Australie, d‘arbitrage décide des questions et États ont formulé la réserve. La
l’Autriche, la Belgique, le Canada, la rend une décision motivée. Encore réserve peut être faite pour toutes
France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Italie, une fois, la décision est prise à la les conventions fiscales ou seulement
le Japon, le Luxembourg, les Pays- majorité simple et ne crée pas de ceux pour lesquels l’« approche de
l’opinion indépendante » d’arbitrage
Bas, la Nouvelle Zélande, la Norvège, précédent.
s’appliquen
la Pologne, la Slovénie, l’Espagne,
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|26_27
2.2 L’Article 25 du MC-OCDE à la l’autre des deux États contractant par la Convention. Faisant suite à la
lumière des apports du projet BEPS (MC-OCDE de 2017). Si l’autorité mise à jour de 2017 du MC-OCDE, il
compétente n’est pas en mesure de existe une interaction additionnelle
Quand bien même l’article 25 du résoudre la question unilatéralement, entre ce paragraphe et l’Artiche 3(2)
MC-OCDE est intitulé « Procédure les autorités compétentes des deux du MC-OCDE qui autorise le sens
Amiable », il convient de souligner États contractants se consultent pour attribué par le droit interne à un
qu’en 2008 un paragraphe 5 a été s’efforcer de résoudre la question par terme ou à une expression lorsque la
ajouté à l’article 25 du MC-OCDE voie d’un accord amiable. CNDI ne leur donne pas de définition.
et qui permet à un contribuable, Lorsque les États contractants se
dans le cadre de la continuité de Le contribuable doit présenter son basent sur l’Article 25 (3) du MC-
la procédure amiable intentée, de cas dans un délai de trois ans à OCDE pour parvenir à un accord
demander l’arbitrage de questions compter de la première notification amiable qui comprend la définition
non résolues qui ont empêché les de la mesure qui entraîne une d’un terme ou à une expression, cette
autorités compétentes de parvenir à imposition non conforme aux définition convenue devrait prévaloir
un accord mutuel. dispositions de la Convention. sur le terme du droit interne. Le
commentaire précise ensuite que
Dans le cadre de ce sous-paragraphe, Selon une lecture stricte des les principes du droit international
nous allons étudier la procédure termes de la CNDI, les autorités applicables à l’interprétation des
amiable (2.2.1) et la procédure fiscales compétentes ne sont pas conventions, tels qu’énoncés aux
d’arbitrage (2.2.2). dans l’obligation de parvenir à un articles 31 et 32 de la Convention
accord formel sur une résolution, de Vienne sur le droit des traités,
2.2.1 La Procédure Amiable elles doivent au lieu « s’efforcer » autorisent tous les tribunaux
Le cadre général de la Procédure de le faire, mais rien ne garantit nationaux à prendre en compte cet
Amiable qu’elles ne le feront peut-être pas. accord.
De plus, aucun délai n’est fixé pour
La procédure amiable est un résoudre le différend. Ceci peut être Le paragraphe 4 de l’Article 25 du
mécanisme conçu pour les problématique considérant qu’il MC-OCDE donne un mécanisme pour
problématiques de règlement des signifie que même si la procédure les autorités compétentes afin de
différends en rapport avec la double amiable peut-être initiée, le différend communiquer entre elles.
imposition. Lorsque, à la suite des peut ne jamais être réellement
actions d’une ou des deux autorités résolu. La procédure amiable est couverte
fiscales qui sont parties d’une par l’Article 25 du MC-OCDE. Le
CNDI, un contribuable subit une Cette formulation a été donc paragraphe 5 traitant de l’arbitrage a
double imposition, la plupart des depuis longtemps problématique. été ajouté à l’Article 25 à la suite de
traités contiennent un mécanisme Cependant, la mise à jour de 2017 a la mise à jour du MC-OCDE de 2008,
d’arbitrage. modifié le commentaire de l’Article ce qui signifie que les contribuables
25 du MC-OCDE et a mis en œuvre peuvent recourir à l’arbitrage si
Le contribuable présente son cas autant que possible les objectifs des aucun résultat n’est obtenu à la suite
à l’autorité compétente de l’un ou standards minimums fixés dans le des consultations entre les autorités
cadre du projet BEPS, au niveau de compétentes.
l’Action14. Un nouveau paragraphe
5.1 ajouté au commentaire de Le commentaire de l’Article 25 du
l’Article 25 du MC-OCDE souligne que MC-OCDE indique que la procédure
« doit s’efforcer » signifie que « les amiable doit être utilisée afin de
autorités compétentes sont tenues résoudre les difficultés soulevées
de s’employer à résoudre les cas sur par l’application lato sensu de la
le fond de manière juste et objective Convention (Réf. commentaire de
conformément aux dispositions de l’Article 25 MC-OCDE, §1).
la Convention et aux principes du
droit international applicables à En pratique, on fait recours à
l’interprétation des conventions »18. la procédure amiable lorsqu’un
Il est peut-être espéré que cette redressement entrainant une double
formulation poussera les États à imposition a entaché des domaines
parvenir à une résolution concernant pour lesquels l’objectif spécifique de
les questions qui leur sont soumises. la Convention est d’éviter la double
imposition (Réf. commentaire de
Le paragraphe 3 de l’Article 25 du MC- l’Article 25 MC-OCDE, §9).
OCDE prévoit aussi que les autorités
compétentes peuvent aussi se Les scénarios les plus courants de
concerter en vue d’éliminer la double double imposition là où la procédure
imposition dans les cas non prévus amiable est requise sont les suivants:
Cas de redressement des prix de Toutefois, cet ajustement ne devra pas Les négociations entre le contribuable
transfert, en l’absence d’ajustement être opéré automatiquement et il ne et l’un ou l’autre État permettent au
corrélatif, faisant suite à l’ajustement sera dû que si l’autre Etat estime que le contribuable de s’adresser à l’autorité
des profits d’une entreprise associé chiffre des bénéfices rectifiés correspond compétente de l’un ou l’autre État
par les autorités compétentes d’un bien à celui qui aurait été obtenu si les contractant indépendamment des
Etat, par l’application des paragraphes transactions avaient été conclues en recours disponibles en vertu du droit
1 et 2 de l’Article 9 du MC-OCDE ; toute indépendance (Réf. commentaire interne.
les questions relatives à l’attribution de l’Article 9 MC-OCDE, §6).
de bénéfices à un établissement stable L’autorité compétente s’efforce, si la
conformément au paragraphe 2 de Afin de mettre en œuvre l’ajustement réclamation lui paraît fondée et si elle
l’article 7 ; corrélatif, l’Article 9(2) du MC-OCDE n’est pas elle-même en mesure d’y
l’imposition dans l’État du débiteur, prévoit que : apporter une solution satisfaisante,
en cas de relations spéciales entre de résoudre le cas par voie d’accord
le débiteur et le bénéficiaire effectif, « …les autorités compétentes des amiable avec l’autorité compétente
de la partie excédentaire des États contractants se consultent. » de l’autre État contractant, en vue
intérêts et redevances en application (Réf. Article 9(2) MC-OCDE) d’éviter une imposition non conforme
des dispositions de l’article 9, du à la Convention. Si l’opposition à la
paragraphe 6 de l’article 11 ou du Une telle consultation se fait par le double imposition est due en tout
paragraphe 4 de l’article 12 ; biais de la procédure amiable. ou en partie à des mesures prises
les cas d’application d’une législation dans l’État résident du contribuable,
concernant la sous-capitalisation Afin d’empêcher l’effet d’une double une résolution rapide peut être
lorsque l’État de la société débitrice a imposition, le contribuable peut apportée en procédant à l’ajustement
assimilé les intérêts à des dividendes, demander les autorités compétente nécessaire ou en permettant
dans la mesure où ce régime est fondé du premier Etat le rejet pour la l’abattement approprié. Le recours à
sur des clauses d’une convention réduction de l’impact de l’ajustement la procédure amiable dans ce cas peut
correspondant par exemple à l’article des prix de transfert. Alternativement, ne pas être nécessaire. Cependant,
9 ou au paragraphe 6 de l’article 11 ; le contribuable peut demander à l’échange d’informations et d’opinions
les cas où l’ignorance de la situation l’autorité compétente du deuxième avec l’autorité compétente de l’autre
de fait du contribuable a entraîné pays d’appliquer un ajustement État contractant peut être utile à
une application inexacte de la corrélatif. Par exemple, l’autorité des fins d’interprétation. Si l’autorité
Convention, spécialement à propos compétente du Royaume-Uni est compétente de l’État de résidence
de la détermination de la résidence ouverte à recevoir de telles requêtes considère que l’opposition à la
(paragraphe 2 de l’article 4), de auprès des contribuables, bien que taxation résulte en tout ou en partie
l’existence d’un établissement stable la décision soit bien entendu prise d’une mesure prise dans l’autre État,
(article 5). d’un commun accord entre les deux elle doit déclencher la procédure
autorités compétentes concernées. amiable.
Le projet BEPS contient un
engagement, par le biais de l’Action Les ajustements des prix de transfert ii. Procédure amiable déclenchée par
14, visant à adresser les obstacles peuvent donner lieu aussi à une l’autorité fiscale
qui empêchaient les Pays de double imposition juridique, et ce,
résoudre sur la base de l’article 25 lorsque ledit redressement touche un Les négociations entre les Etats
les différends liés à la mise en œuvre établissement stable ou son siège de sont déclenchées lorsque l’autorité
des dispositions conventionnelles. direction. L’Article 7 du MC-OCDE et le compétente de l’Etat de résidence
rapport de l’OCDE sur l’attribution de considère que la procédure amiable
b. Les ajustement des Prix de bénéfices aux établissements stables est le chemin approprié pour adresser
Transfert et la procédure amiable prévoit un mécanisme d’entrée le cas, et se rapproche ainsi de
dans le cadre d’une procédure l’autorité compétente de l’autre Etat.
Les ajustements des prix de amiable lorsqu’une branche ou un
transfert peuvent donner lieu à établissement stable existent, qui soit Si on considère le Royaume-Uni
une double imposition économique similaire au mécanisme prévu par comme exemple, nous constatons
(Réf. commentaire de l’Article 9 MC- l’Article 9 du MC-OCDE. que le Royaume-Uni n’a pas de
OCDE, §5). Afin d’éliminer la double forme de présentation définie pour
imposition que peuvent engendrer c. Le pilotage de la procédure les cas devant être traités par la
des ajustements des prix de transfert, amiable procédure amiable. Des conventions
l’Article 9(2) de la convention prévoit spécifiques peuvent énoncer
que : La procédure amiable peut être certaines informations nécessaires
introduite soit à l’initiative du et le partenaire conventionnel
« …l’autre État procède à un contribuable soit à l’initiative des du Royaume-Uni peut également
ajustement approprié du montant autorités fiscales. avoir des directives nationales.
de l’impôt qui y a été perçu sur ces Les contribuables du Royaume-Uni
bénéfices. » (Réf. Article 9(2) MC- i. Procédure amiable déclenchée par le devraient préciser l’année concernée
OCDE) contribuable (s), le chef de redressement non
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prévues par le projet BEPS Il s’agit notamment des informations procédure amiable peut être
devraient également être notées suivantes : introduite dès l’instant où le
ultérieurement. contribuable estime que les mesures
► l’identité de la ou des personnes prises par l’administration fiscale en
► Etape 1 – Notification et concernées à savoir le nom ou Tunisie ou de l’autre Etat entraînent
acceptation dans le processus de la la raison sociale, l’adresse, le ou sont susceptibles d’entraîner une
procédure amiable numéro d’identification personnelle double imposition ou une imposition
ou fiscale, ainsi que tout autre non conforme à la convention. Il s’agit
Le contribuable déclenche la élément permettant d’identifier le notamment des mesures suivantes :
procédure amiable en soumettant ou les contribuables ;
une demande de procédure amiable. ► les informations détaillées • Dans le cas de vérification fiscale :
Un délai de trois ans est prévu par la concernant les faits et les • la notification des résultats de
Convention, ou un autre délai peut circonstances ayant abouti à la la vérification,
être défini par des dispositions de la double imposition ou à l’imposition • la notification d’un arrêté de
réglementation interne. Par la suite, non conforme à la convention ; taxation d’office.
le contribuable reçoit auprès de ► l’identification des années et des • Dans les autres cas :
son autorité compétente nationale impôts concernés par la double • la déclaration de l’impôt
une confirmation de la réception de imposition ou l’imposition non d’une manière spontanée ou le
la demande de procédure amiable conforme à la convention ; prélèvement d’une retenue à la
et ladite demande est transmise à ► une copie des documents source,
l’autre autorité compétente. prouvant que le contribuable a • une réponse émanant de
réellement subi l’impôt (attestation l’administration fiscale adressée
Le contribuable ou l’entreprise de retenue à la source – quittance au contribuable concerné.
associée de l’autre Etat est de paiement d’impôt ou
également encouragé à contacter documents équivalents prouvant la
son autorité compétente et à fournir La demande d’ouverture de la
double imposition ou l’imposition procédure amiable doit être déposée
toutes les pièces justificatives non conforme à la convention) ;
aux deux autorités compétentes dans le délai prévu par la convention
► le détail des recours de non double imposition à partir
rapidement et simultanément. administratifs engagés le cas de la première notification de la
échéant et toute décision mesure tel que sus précisé. Dans la
Le cas est examiné par l’autorité
juridictionnelle concernant le cas. plupart des conventions conclues
compétente qui est le responsable
direct du redressement fiscal par la Tunisie, il s’agit d’un délai de
Il y a lieu de préciser que dans ce
objet du différend et, par la deux ou de trois ans. Toutefois, au
cadre, des informations ou des
suite, le contribuable peut être cas où aucun délai n’est prévu par la
documents supplémentaires peuvent
amené à fournir des informations convention de non double imposition,
être demandés en cas de besoin par
complémentaires dans un délai d’un la demande doit être déposée dans
l’autorité compétente tunisienne lui
mois après l’initiation de la procédure la limite des délais de prescription
permettant d’aboutir à un règlement
amiable par le contribuable. prévus par le droit interne tunisien.
du différend et d’éviter ainsi, la
L’autorité compétente responsable du double imposition ou l’imposition
redressement détermine l’éligibilité ► Etape 2 – La négociation
non conforme à la convention de non
du contribuable à la procédure et double imposition. La procédure amiable est un
l’informe de la recevabilité ou du
processus de consultation plutôt que
rejet du dossier. Cependant l’ouverture de la de contentieux.
procédure amiable peut être refusée
Si le cas est accepté, une proposition par les autorités compétentes Les consultations de la procédure
est faite à l’autre autorité compétente tunisiennes, et ce, notamment en cas amiable avec l’autre État sont
pour entamer les négociations de de dépassement du délai requis pour entamées et un exposé de position
la procédure amiable et une lettre introduire une procédure amiable ou est écrit par l’autorité compétente
d’ouverture est émise. si le critère de la résidence ou de la responsable du redressement.
nationalité le cas échéant, n’est pas Idéalement, ceci se produit dans les
Conformément à la pratique
rempli. quatre mois, mais au plus tard dans
administrative Tunisienne, Pour
être recevable, une demande de les six mois suivant l’accord entre les
Ainsi, et lorsque le recours à la autorités compétentes pour engager
procédure amiable doit être décrite procédure amiable est Refusé, il y a
d’une manière détaillée et appuyée des consultations dans le cadre de la
lieu d’en informer le contribuable. Par procédure amiable.
par les documents probants et les ailleurs, une notification est adressée
informations nécessaires permettant à l’autre autorité compétente Un examen du cas est effectué par
à l’autorité compétente en Tunisie mentionnant les raisons ayant motivé l’autre autorité compétente, qui
d’instruire le dossier et d’étudier le cette décision. comprend un examen préliminaire de
cas et d’en apporter une position
l’exhaustivité de l’exposé de position,
claire. Selon la pratique administrative la notification des informations
Tunisienne, une demande de
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|30_31
manquantes et la détermination si amiable avec l’autorité compétente La façon dont il sera mis en œuvre
elle peut fournir un abattement fiscal de l’autre Etat contractant. dépendra des règles internes de
unilatéral au contribuable. L’autre l’État qui procède à l’ajustement. Les
autorité compétente fournit une La procédure devient à ce niveau, lignes directrices sur les méthodes
réponse à l’exposé de position dans bilatérale via des échanges écrits d’abattement au Royaume-Uni (par
les six mois suivant sa réception. y compris les échanges par voie exemple) est inclus dans le SP1/1822
électronique entre les deux autorités (précédemment SP1/11) Paragraphe
Des négociations ont alors lieu entre compétentes, et ce, en vue de 15 et dépendra des faits et des
les autorités compétentes (Des parvenir à un accord amiable. circonstances de l’espèce.
réunions en face à face entre les
autorités compétentes peuvent être Certains accords peuvent faire Un processus de procédure amiable
organisées à ce stade, ou à tout autre l’objet de publication généralement efficace dépend en grande partie
stade si nécessaire). sous la forme d’une note commune de l’efficacité du processus de
lorsque le problème d’interprétation vérification fiscale. Les échéances
Le contribuable n’est pas de la convention concerne plusieurs décrites supposent que le différend
officiellement une partie à la contribuables, ou lorsque les cas en cours d’étude, et ayant conduit à
consultation, mais l’expérience a déposés au niveau de l’autorité un ajustement initial, a une analyse
montré qu’il est avantageux pour les compétente deviennent redondants. associée qui est bien documentée
contribuables d’être impliqués à un et à un niveau accepté (c’est-à-dire
stade précoce, en particulier lorsque Adoptant une approche similaire conforme au Guide de l’OCDE en
l’affaire implique des redressements aux règles de l’OCDE, la pratique matière des prix de transfert). Si
des prix de transfert. administrative Tunisienne traite le ce n’est pas le cas, ceci prolongera
processus des discussions menant la procédure amiable. La durée
Selon la pratique administrative à un accord amiable comme de chaque étape de la procédure
Tunisienne, une fois la demande un processus entre les Etats amiable variera selon la nature de
d’ouverture de la procédure amiable contractants auquel le contribuable l’affaire. Lorsqu’une traduction est
est déposée auprès de l’autorité ne participe pas directement. La requise, cela peut également allonger
compétente en Tunisie, une décharge seule participation du contribuable la durée du processus.
accusant la réception de la demande consiste donc à présenter son
est remise au contribuable. point de vue le cas échéant et à Les contribuables peuvent invoquer
aider à l’établissement des faits, la procédure amiable en vertu d’un
S’il s’avère que des documents ou des sans prendre part au processus de CNDI conclu par la Grande Bretagne,
informations nécessaires pour l’étude négociation. conformément à la législation
du dossier n’ont pas été fournis à nationale au paragraphe 124 (1)
l’autorité compétente, celle-ci peut ► Etape 3 – Mise en œuvre TIOPA 201023.
demander au contribuable concerné
de compléter son dossier. L’accord amiable entre les autorités Les délais applicables dépendront
compétentes est documenté sous des conditions spécifiques de la
Une fois le dossier est complet, la forme d’un «protocole d’accord» convention. Dans les convention
l’autorité compétente en Tunisie et doit être soumis immédiatement fiscale les plus anciennes auxquelles
procède à son étude. Si elle estime après la conclusion de l’accord le Royaume-Uni est parti, la période
sur la base des documents et amiable. pertinente peut ne pas être indiquée,
informations fournis que la demande c’est pourquoi la limite de la
n’est pas fondée, elle doit en informer Le processus d’approbation de la
règlementation interne de Grande
le contribuable ainsi que l’autre procédure amiable comprend un
Bretagne s’applique (quatre ans
autorité compétente en précisant délai d’un mois pour le contribuable
à compter de la fin de la période
les raisons ou les motifs de cette et les autres ‘’parties intéressées’’,
d’imposition à laquelle se rapporte
décision. par exemple, lorsque les subdivisions
le cas).
administratives et territoriales ou les
En revanche, lorsque la demande du consentements des autorités fiscales Les délais pour invoquer la procédure
contribuable est jugée recevable par locales sont nécessaires ou requis amiable sont généralement traités
l’autorité compétente en Tunisie, et pour répondre. dans les nouvelles conventions.
si cette demande lui parait fondée et En règle générale, l’article 25 de
justifiée, celle-ci s’efforce d’abord, L’accord amiable est ensuite confirmé
la Convention est appliqué par
de régler la question d’une façon avec les termes et les conditions
le Royaume-Uni. En vertu de la
unilatérale sans pour autant avoir applicables et un échange de lettres
Convention, le contribuable est tenu
besoin de consulter l’autre autorité de clôture a lieu.
de présenter son cas dans les trois
compétente. ans suivant la première notification
Après l’acceptation de l’accord
amiable par le contribuable (et le cas de la mesure qui entraîne ou est
Toutefois, si l’autorité compétente
en Tunisie n’est pas en mesure à échéant, les autres parties), il est
22 Statement of Practice 1 (2018), Published 20 February
elle seule d’apporter une solution mis en œuvre, mais au plus tard trois 2018, Voir https://www.gov.uk/government/publications/state-
susceptible d’entraîner une double en particulier pour les enquêtes Il reste entendu que la solution
imposition non conforme aux portant sur les prix de transfert. retenue dans le cadre de l’accord
dispositions de la Convention. La Par exemple, si un partenaire amiable, y compris la restitution de
première notification peut avoir lieu conventionnel à la Grande Bretagne l’impôt indûment payé en Tunisie
après la limite de quatre ans ; ainsi, applique une méthodologie de est exécutoire indépendamment des
la convention fiscale en vigueur prix de transfert inappropriée au délais de prescription prévus par le
prolonge le délai de base prévu par la cours d’une vérification fiscale, droit interne tunisien.
réglementation interne de quatre ans. l’administration fiscale britannique
peut être en mesure de démontrer En revanche, si les autorités
Le contribuable ne joue aucun qu’une méthode alternative est plus compétentes des deux Etats
rôle officiel dans le processus de appropriée. contractants ne parviennent pas à
consultation et de négociation de un accord commun, la procédure
la procédure amiable. Cependant, Selon la pratique administrative amiable est dans ce cas, considérée
en tant que principale partie Tunisienne, A l’issue des close avec un constat de désaccord.
prenante, le contribuable doit consultations et des échanges En effet, dans le cadre de la
toujours être tenu au courant des effectués avec l’autre Etat procédure amiable, les autorités
étapes importantes au fur et à contractant, l’autorité compétente compétentes n’ont qu’une obligation
mesure du développement de son tunisienne, si elle a été initialement de moyens et en cas de désaccord
cas. En outre, le contribuable a le saisie de la demande, notifie au persistant entre elles, la procédure
droit de décider d’accepter (ou de contribuable le résultat de la amiable est close sans pouvoir
refuser) l’accord entre les autorités procédure amiable et la solution parvenir à un accord mutuel et la
compétentes. Les cas de procédure parvenue d’un commun accord entre situation fiscale du contribuable
amiable, en particulier les cas en les autorités compétentes des deux sera alors réglée dans chaque État
rapport avec l’ajustement des prix de Etats. séparément.
transfert, sont souvent complexes
et très spécifiques aux faits. Par Si l’accord amiable confirme qu’une Bien évidemment, il y a eu des cas
conséquent, il peut être utile pour le application non conforme à la où la procédure amiable n’a pas
contribuable de présenter les faits et convention de non double imposition été concluante, dont l’un des plus
les questions connexes en personne. ayant entrainé un paiement de important étant le cas Glaxo aux
Ainsi, le contribuable peut être invité l’impôt en Tunisie, a eu lieu, la États-Unis. Le désaccord entre Glaxo
à participer de manière informelle au Direction Générale des Etudes et et l’IRS a duré sur de nombreuses
processus de procédure amiable à la de la Législation fiscales en informe années (depuis le fin des années
discrétion des autorités compétentes, la Direction Générale des Impôts, 1980). La position de l’IRS était
bien qu’il ne fasse pas partie des à laquelle le contribuable doit de contester les prix de transfert
consultations. Le Royaume-Uni s’adresser pour se faire restituer. utilisés par Glaxo UK pour rémunérer
soutiendra cette initiative lorsqu’il (ou mieux «sous-rémunérer»)
estime qu’une telle implication du A cet effet, si la solution adoptée les filiales américaines pour la
contribuable est bénéfique, même dans ledit accord amiable est commercialisation de médicaments
si cela dépendra également de acceptée par le contribuable développés au Royaume-Uni.
l’approche de l’autre Etat contractant par écrit, celui-ci est appelé à se
partie de la convention. présenter lui-même ou à se faire Une fois que Glaxo s’est rendu
mandater par une autre personne compte que l’IRS imposerait
La procédure amiable n’est pas une afin de pouvoir accomplir les l’ajustement sur les bénéfices
alternative au processus habituel procédures pratiques de restitution américains, l’entreprise a invoqué
des enquêtes en matière des prix de à savoir notamment le dépôt de la son droit en vertu de la CNDI
transfert. Une enquête sur les prix de demande de restitution des montants entre les deux Pays pour forcer les
transfert vise à déterminer un niveau indument perçus aux services des autorités fiscales du Royaume-Uni
de bénéfices de pleine concurrence impôts compétents. et des États-Unis à entamer des
pour l’entité / succursale en question négociations dans le cadre de la
concernant la ou les transactions Toutefois, et dans le cas où l’impôt procédure amiable et à parvenir à
contrôlées en question. La procédure objet de la procédure amiable n’a un accord commun sur un prix de
amiable établit comment la double pas été acquitté par le contribuable transfert de pleine concurrence.
imposition des bénéfices redressés et a été par ailleurs constaté par les
sera mitigée en base par les services des impôts dans les livres Glaxo avait peut-être souhaité que les
partenaires de la convention fiscale du receveur des finances compétent, autorités fiscales de Grande Bretagne
concernée. l’impôt ainsi constaté peut être aident à convaincre l’IRS qu’elles
rectifié à concurrence du montant étaient déraisonnables et devraient
Il est avantageux pour les ayant fait l’objet de l’accord amiable peut-être reconsidérer l’ampleur de
contribuables de présenter des cas en faveur du contribuable concerné l’ajustement.
à un stade prématuré du différend conformément aux procédures en
pour invoquer la procédure amiable, vigueur.
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|32_33
La commission consultative devrait sur le revenu et le capital. La directive Dans le même délai de six mois (à
recevoir toutes les informations encourage l’arbitrage comme moyen compter de la réception de tous les
nécessaires à son jugement et à sa de résoudre de tels différends, après documents nécessaires), l’une des
décision dans les six mois suivant sa une procédure amiable, mais elle autorités compétentes concernées
création. Au cours des six prochains permet également aux États membres peut décider de régler le différend
mois, les autorités fiscales pourront de choisir d’autres méthodes, dans le sur une base unilatérale. Dans le
convenir d’une décision alternative cadre de sa procédure alternative de cas contraire, en vertu de l’article
différente de celle de la Commission règlement des litiges. En particulier, si 4, les États membres concernés
consultative. Si aucune alternative un différend est couvert à la fois par s’efforcent de résoudre le différend
n’est convenue, les autorités les dispositions d’arbitrage de l’IM et par le biais d’une procédure amiable
fiscales doivent agir conformément par la directive, la directive prévaut dans un délai de deux ans. Si les
à la décision de la commission lorsque le différend a été porté à États membres parviennent à un
consultative (Réf. Convention l’attention des États membres en accord dans le cadre de ce processus
d’arbitrage de l’UE (90/436/EEC), vertu des dispositions de la directive. dans ce délai, cela lie les autorités
Article 12). Cependant, en tant que domaine sujet compétentes et est exécutoire par
aux différends, il est probable que les le contribuable sous réserve de son
Une fois la décision prise, elle doit futurs cas d’arbitrage seront toujours acceptation de l’accord. Si les États
être communiquée au contribuable et des différends en matière de prix de membres ne parviennent pas à un
peut être publiée si le contribuable y transfert. accord, les autorités compétentes
consentn informeront le contribuable des
La base du concept d’accord raisons de leur échec.
3.2 Directive de l’UE concernant amiable inclus dans la directive est
les mécanismes de règlement des la procédure prévue à l’article 25 En cas d’échec de la procédure
différends fiscaux dans l’Union du MC-OCDE, mais avec quelques amiable, ou lorsque la procédure
européenne (Directive (UE) améliorations supplémentaires. Toute amiable n’a pas été entamé car
2017/1852) personne qui est un résident à des la plainte a été rejetée par l’une
fins fiscales d’un État membre de l’UE (mais pas la totalité) des autorités
En octobre 2017, le Conseil de l’UE a et dont la fiscalité est directement compétentes concernées (et il
officiellement adopté la Directive de affectée par une affaire donnant lieu n’y a pas de droit de recours
l’UE concernant les mécanismes de à un différend peut, dans un délai de devant les juridictions internes), le
règlement des différends fiscaux dans trois ans à compter de la réception contribuable peut demander aux
l’Union européenne (Directive (UE) de la première notification de la autorités compétentes des États
2017/1852), qui résulte des travaux mesure qui entraîne ou entraînera membres de mettre en place une
de l’UE dans le cadre de son plan un différend, déposer simultanément commission consultative. Cette
d’action en matière de fiscalité des une plainte auprès de chacune commission est composée de trois
entreprises et des travaux entrepris des autorités compétentes de l’UE à cinq arbitres indépendants et
dans le cadre du projet BEPS. Cette concernées. Si la personne concernée jusqu’à deux représentants de chaque
directive fonctionnera parallèlement est une personne physique ou une État membre. Si les États membres
à la Convention d’arbitrage de l’UE « petite» entreprise, la plainte doit ne mettent pas en place une telle
et offre un champ d’application plus uniquement être soumise à son Commission dans le délai imparti,
large pour l’arbitrage dans les litiges État de résidence, et cette autorité le contribuable peut demander
transfrontaliers de double imposition compétente informera alors les autres à leurs juridictions nationales de
intra-UE. États concernés dans un délai de 2 le faire - ce qui est un avantage
mois. important car il permet aux processus
Avec les processus de l’IM et de de progresser et de ne pas être «
cette nouvelle directive, la manière Selon l’Article 3, une plainte en vertu bloqués» par un État membre qui soit
dont les différends fiscaux sont de la directive doit être accompagnée non conforme. Bien que cela ne soit
résolus est susceptible de changer d’informations détaillées et de pièces pas tout à fait clair dans le wording
considérablement dans un avenir justificatives relatives au différend de la directive, cette commission
proche. La directive s’appliquera tel que spécifié dans la directive consultative donnera à un avis motivé
aux litiges relatifs à l’année fiscale (qui est un domaine dans lequel la sur le différend (Réf. Convention
commençant le 1er janvier 2018, directive diffère de la procédure d’arbitrage de l’UE (Réf. Directive
pour les cas soumis à partir du 1er amiable de l’article 25 du MC-OCDE). (UE) 2017/1852, Article 10).
juillet 2019, mais les États peuvent Les informations doivent être dans
convenir d’appliquer les procédures la langue de chaque État destinataire Cependant, la directive donne aux
aux litiges des années fiscales ou dans toute autre langue acceptée. États membres la possibilité de
antérieures. Les autorités compétentes disposent créer une Commission de règlement
alors de trois mois pour demander alternatif des différends au lieu de
Bien que la convention d’arbitrage se des informations complémentaires la commission consultative (Réf.
limite aux litiges en matière de prix (à fournir dans un délai de trois Directive (UE) 2017/1852, Article
de transfert, cette directive a une mois supplémentaires). Il convient 10). Cette Commission de règlement
portée plus large et s’applique aux d’indiquer dans les six mois s’ils ont alternatif des différends peut prendre
litiges résultant de l’interprétation accepté la plainte. Les motifs de une composition et une forme
et de l’application des accords rejet de la demande sont limités et différentes, comme convenu entre
et conventions conclus pour l’absence de décision à ce sujet vaut les parties, et peut envisager tout
l’élimination de la double imposition acceptation. processus ou technique de règlement
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|36_37
des différends pour résoudre la besoins. Les autorités compétentes 3.3 Vue d’ensemble de l’article 25
question en litige de manière sont liées par la décision, sauf si du MC-ONU
contraignante. Il est intéressant de elles conviennent d’une résolution
noter que l’article 10 indique qu’en différente dans les six mois suivant Le MC-ONU contient également des
tant qu’alternative au processus la notification de la décision (Réf. procédures amiables à l’article 25.
d’opinion indépendante (utilisé Directive (UE) 2017/1852, article L’article 25 du MC-ONU contient
par la Commission consultative), 15). Le contribuable doit accepter l’alternative A et l’alternative B. Le
la Commission de règlement la décision pour être lié par celle-ci. paragraphe 1 des deux alternatives
alternatif des différends pourrait Si un État membre ne met pas en diffère de la version de l’OCDE car
utiliser le processus de « dernière œuvre la décision, le contribuable il permet uniquement de porter
offre d’arbitrage » (autrement est en mesure de faire exécuter la l’affaire devant l’autorité compétente
appelé « dernière meilleure offre décision en recourant aux juridictions où le contribuable est résident, sauf
d’arbitrage»). - qui est notamment nationales de cet État membre (Réf. s’il s’agit d’une demande au titre du
l’option par défaut pour l’arbitrage Directive (UE) 2017/1852, Article paragraphe 1 de l’article 24 du MC-
sous l’égide de l’IM, comme discuté 15, paragraphe 4). ONU. L’alternative B comprend une
ci-dessus. Il est probable que cette disposition sur l’arbitrage obligatoire
dernière approche offrira une Si les autorités compétentes sont et contraignant, bien qu’il existe des
méthode de règlement des différends d’accord et que le contribuable y différences par rapport à la version
plus rapide et plus efficace. consent, les décisions finales peuvent de l’OCDE :
être publiées dans leur intégralité,
Le contribuable dispose de droits à l’exclusion de toute information I. L’arbitrage doit être demandé
plus étendus en vertu de la directive, sur les secrets ou processus par l’autorité compétente de l’un
car il peut fournir au comité de commerciaux, opérationnels, des États contractants, et non par le
décision des informations, des industriels ou professionnels. Si contribuable;
preuves ou des documents qui une publication complète n’est pas II. La procédure d’arbitrage
peuvent être pertinents pour la convenue, les autorités compétentes peut être initiée si les autorités
décision. En outre, les contribuables doivent publier un résumé de la compétentes ne sont pas en mesure
peuvent également comparaître décision et les détails de la méthode de parvenir à un accord sur une
(ou être représentés) devant la d’arbitrage utilisée. affaire dans un délai de trois ans
Commission avec l’accord des à compter de la présentation de
autorités compétentes. Les délais fixés pour les différents l’affaire plutôt que dans un délai de
processus, de procédure amiable et deux ans;
La Commission consultative et la d’arbitrage, devraient signifier que III. Les autorités compétentes
Commission de règlement alternatif les procédures seront effectivement peuvent déroger à la décision
des différends doivent rendre leurs résolues, et dans des délais plus arbitrale si elles conviennent d’une
décisions dans un délai de six mois, courts. Ce fait, combiné à un meilleur solution différente dans les six mois
avec possibilité de prorogation de accès au processus et à une plus suivant la communication de la
trois mois supplémentaires (Réf. grande implication du contribuable, décision.
Directive (UE) 2017/1852, Article indique que cette directive devrait Le commentaire de l’Article 25 du
14). Les décisions sont prises à la être une grande amélioration par MC-ONU suggère que les États qui ne
majorité des voix, avec une voix rapport aux règles existantesn souhaitent pas inclure l’alternative
prépondérante au président selon les B pourraient souhaiter inclure une
disposition sur l’arbitrage volontairen
Dossier
01 PRIX DE TRANSFERT
ET DOUBLE IMPOSITION
Conclusion
C’est dans ce cadre, que notre travail
de recherche s’est orienté vers
l’étude de la gestion du risque de
double imposition et du règlement
des différends en matière des Prix
Considérée principalement de Transfert. Un risque pouvant
comme enjeu majeur de la fiscalité être engendré même pour des
internationale, la problématique des divergences dans la modalité de
prix de transfert est certainement mise en place des mêmes principes
aussi universelle que l’impôt lui- et normes de l’OCDE en matière
même. Un sujet particulièrement de prix de transfert lors de leur
délicat dans la mesure où la majorité mises en place et interprétation par
des transactions commerciales les Etats parties des transactions
internationales émanent d’opérations contrôlées. Par exemple, quand
entretenues entre des entreprises bien même le périmètre de contrôle
ayant des liens de dépendance. des prix des transfert couvre les
Aussi, la plupart des Etats entreprises associées, il n’est
s’inquiètent de savoir comment pas exclu que la définition de la
les prix des transactions entre réglementation locale apportée
entités faisant partie d’un même aux entreprises associées peut être
groupe multinational affectent leurs différente d’un Pays à un autre, ce
recettes budgétaires. Il est vrai que qui peut bloquer la mise en place des
l’expression « prix de transfert » ajustements corrélatifs du côté de
sous-entend souvent l’idée d’une l’Etat qui perçoit que le redressement
manipulation systématique des n’a pas entaché une transaction
prix intra-groupe afin de réduire entre entreprises dépendantes mais
artificiellement les bénéfices plutôt entre des entités n’ayant pas
imposables, de générer des pertes, de lien de dépendance. Comme
d’éviter des taxes ou des impôts deuxième exemple à citre, il n’est
dans un territoire fiscal déterminé, pas infondé de dire que le recours
en transférant les marges et les d’une manière unilatérale aux
bénéfices vers d’autres territoires méthodes alternatives au principe
fiscaux dont la pression fiscale de pleine concurrence, appelées
est plus légère. Toutefois, cette aussi les anti-principe de pleine
connotation péjorative ne saurait concurrence, à l’instar de la méthode
occulter le fait fondamental que la de la répartition globale selon une
fixation des prix de transfert peut formule préétablie ou les régimes
répondre à la volonté d’adopter la de protection, peut engendrer aussi
meilleur politique économique du un risque de double imposition sur
groupe. Néanmoins, la majorité les transactions transfrontalières.
des administrations fiscales, dont Ainsi, nul besoin de s’approfondir sur
l’administration fiscale Tunisienne, l’effet de transactions entretenues
considèrent que les prix pratiqués entre deux Etats dont les principes
entre les sociétés ayant des liens fondamentaux sont totalement
de dépendance, qu’elles soient divergents, c-à-d l’un qui soit en ligne
étendues à l’international et parfois avec les règles de l’OCDE et l’autre
même qu’elles soient établies dans qui les nie totalement.
un même Etat, doivent respecter
le principe de pleine concurrence, En positionnant la législation fiscale
norme internationale consacrée par tunisienne en la matière par rapport
l’OCDE. Un principe fondamental aux normes internationales de
qui en fonction duquel le prix entre l’OCDE, ainsi que par comparaison à
les sociétés ayant des liens de d’autres législations internes d’autres
dépendance doit correspondre au Pays, nous avons constaté qu’il
prix de pleine concurrence ou en s’agit d’une législation plus ou moins
d’autres termes au prix qui aurait récente qui manque encore d’essence
été convenu à être payés entre des pratique.
entreprises similaires n’ayant pas de
liens de dépendance. À la suite de l’exposé des principes
directeurs régissant la fixation des
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|38_39
prix de transfert pouvant même C’est dans cet ordre d’idées que nous L’harmonisation d’un tel langage
représenter la source ultime du ne souhaitons pas clôturer notre d’un Pays à un autre peut
différend, nous avons étudié les recherche sans mentionner que largement contribuer à atténuer les
méthodes administratives destinées les groupes de sociétés ne doivent divergences pouvant exister dans
à éviter et à régler les différends en pas se contenter de l’existence les réglementations locales des
matière des prix de transfert faisant des mécanismes de règlement des divers Pays qui sont parties à une
ainsi un focus sur les mécanismes différends tels que exposés dans transaction contrôlée, et limiter ainsi
pouvant être mis en œuvre en notre étude. Ils doivent apporter un le risque de redressement et des
vertu de la réglementation fiscale éclairage à leurs politiques des prix différends en matière des prix de
Tunisienne ; soit les APP et les accord de transfert et bien les documenter transfertn
amiables régis par l’Article 25 du afin d’être encore plus armés
MC-OCDE. contre les aléas des redressements
fiscaux arbitraires et capricieux.
Notre recherche a porté sur Ainsi, force est de constater que la
les mécanismes de règlement meilleure stratégie d’évitement des
des différends inhérents aux redressements en matière des prix
redressements en matière des prix de de transfert se base principalement
transfert. sur une documentation qui soit
costaude. Dans cet ordre d’idée,
Dans ce cadre, quoi que nous aussi bien les normes internationales
nous sommes référés à maintes de l’OCDE, à travers l’Action 13 du
reprises à diverses réglementations projet BEPS, que la réglementation
étrangères à la Tunisie régissant Tunisienne, ont requis auprès des
les prix de transfert, et quoi que groupes de sociétés des obligations
notre étude se soit basée sur les documentaires en matière des prix
normes de l’OCDE applicables aux de transfert devant être préparées
prix de transfert en positionnant la afin de faire de ces prix un langage
réglementation Tunisienne, notre intelligible d’une manière universelle.
recherche s’est penchée plus vers Toutes les Entreprises faisant partie
l’étude des mécanismes pouvant être des Pays ayant adoptés les normes
applicables aux différends pouvant à minima de l’Action 13 sont tenues
avoir lieu avec l’administration fiscale de préparer d’une manière standard
Tunisienne, tout en parcourant le Fichier Principal (Master File),
brièvement les mécanismes pouvant le Fichier Local (Local File) et la
être mis en place par les groupes Déclaration Pays-par-Pays (Country-
dans leurs implantations en dehors by-Country-Reporting).
de la Tunisie. Ainsi, nous n’avons
pas approfondi notre étude sur le
mécanisme d’arbitrage qui, quoi
que représentant une continuité à
la procédure amiable prévue par
l’Article 25 du MC-OCDE, n’est pas
couvert par les CNDIs conclues pas la
Tunisie.
Prix de transfert et
ajustements secondaires :
Réflexions sur les retenues à la source
au titre des distributions occultes et leur
compatabilité avec la conventions de
non-double imposition
Faez Choyakh | Partner | Tax
la société F, puis être distribués par la recommandé aux pays qui sont en train de définir ou de modifier
4 Commentaire OCDE sur le Modèle de Convention fiscale
concernant le revenu et la fortune, 2017, Article 9, § 9
leur politique dans ce domaine de tenir compte des difficultés
1 Principes OCDE applicables au prix de transfert, 2017, mentionnées ci-dessus (Principes OCDE applicables au prix de 5 Principes OCDE applicables au prix de transfert, 2017,
Méthodes administratives, § 4.68 transfert, 2017, Méthodes administratives, § 4.73). Méthodes administratives, § 4.71
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|40_41
puisse dire lacunaire, n’hésitent pas وفي احلالة اخلاصة مبكتوبكم فإن األرباح اإلضافية الناجتة عن عملية املراجعة اجلبائية التي 2010 ديسمبر31 تاريخ القرار،311397 القضية عدد،احملكمة اإلدارية
خضعت لها شركة … املذكورة تعتبر مداخيال موزعة وتخضع للضريبة على الدخل في وحيث أن ما توصلت إليه اإلدارة من أن وجود رقم معامالت غير مصرح به لدى الشركتني
.صنف مداخيل األوراق املالية أو للضريبة على الشركات على مستوى املنتفعني بها يعني وجود مدخول أوراق مالية بعنوان أرباح خفية موضوعية على ذمة املعقب ضدها
6 Selon la note commune n° 16 de 1995, « A la différence des إال أن األعباء الغير قابلة للطرح والتي مت دمجها ضمن قاعدة الضريبة في إطار عملية املراجعة بإعتبارها أحد املساهمني في رأس مالها يعتبر في غير طريقه ومبني على التخمني واإلفتراض
rémunérations et avantages occultes, les bénéfices occultes
n’apparaissent pas en comptabilité. Il s’agit généralement de ال تعتبر أرباحا إذا لم ينتج نقص في األصول الصافية ويتعلق األمر خاصة بإعادة دمج خاصة وأنه لم يثبت من امللف اإلنتقال املادي احملتج بها من الذمة املالية للشركتني إلى الذمة
minoration du chiffre d’affaires ». .اإلستهالكات املبالغ فيها واملدخرات .للمعقب ضدها
Dossier
01 PRIX DE TRANSFERT
ET DOUBLES IMPOSITIONS
• Etc. Le premier souci que suscite l’impo- des « bénéfices occultes » au sens
sition des bénéfices indirectement de l’article 30 du CIRPPIS ne leur
Par surcroit, il ne faut pas perdre de transférés consiste à vérifier si la facilitera pas la tâche.
vue que la réclamation de la retenue Tunisie, en tant que pays de source,
à la source se heurte inévitablement possède le droit d’imposition ? Le deuxième souci concerne la
à la non-réalisation de son fait géné- conjugaison des dispositions du droit
rateur. Faute d’un paiement effectif, Pour que l’imposition revienne à interne avec les dispositions conven-
il sera particulièrement ardu pour la Tunisie, il faut absolument qu’au tionnelles ?
le fisc de défendre l’exigibilité de la préalable les bénéfices transférés
pénalité pour défaut de retenue à la soient classés comme des dividendes D’aucuns pourraient être tentés d’as-
source sur les bénéfices indirecte- au sens conventionnel. Si l’adminis- similer les transferts de bénéfices au
ment transférés à l’étranger. Il faudra tration tente de classer les béné- sens de l’article 48 septies du CIRP-
justifier d’un funambulisme juridique fices transférés dans une catégorie PIS, aux « bénéfices occultes » visés
particulièrement habile pour pouvoir conventionnelle différente des « divi- à l’article 30 du CIRPPIS. Cette assi-
assimiler l’application d’une marge dendes », le Trésor tunisien risque milation est peut-être l’option idoine
insuffisante ou la renonciation aux de perdre son droit d’imposition, pour ceux qui veulent défendre le
bénéfices à un paiement déclenchant puisque l’article conventionnel trai- droit de la Tunisie de réclamer les
l’exigibilité de la retenue à la source tant des « autres revenus » attribue retenues à la source sur les trans-
sur les distributions occultes n le droit d’imposition au pays du rési- ferts de bénéfices. La solution peut
dence du bénéficiaire des revenus. être séduisante, car elle utilisera, à la
fois, la présomption de l’article 30 du
A supposer que le
A cet égard, il n’est pas inutile de CIRPPIS et le renvoi fait par l’article
droit interne permette
constater, d’une part, que plu- conventionnel traitant des dividendes
la réclamation des
sieurs CNDI définissent le terme à la législation fiscale tunisienne pour
retenues à la source sur
« dividendes » comme englobant garantir au Trésor tunisien le droit de
les transferts indirects
« les revenus provenant d‘actions, réclamer les retenues à la source. Dit
de bénéfices, est ce que
parts de fondateur ou autres parts autrement, dans cette approche, les
les CNDI autorisent
bénéficiaires à l‘exception des services fiscaux tunisiens mettent en
la Tunisie à réclamer
créances, ainsi que les revenus œuvre les ajustements secondaires
l’impôt à la source ?
soumis au même régime fiscal que les en matière de prix de transfert, en
revenus d‘actions par la législation présence d’une CNDI, grâce au mo-
L’analyse qui suit suppose qu’avant fiscale de l‘Etat dont la société dus operandi suivant :
tout on ait admis que le droit interne distributrice est un résident » et que,
autorise le prélèvement de l’impôt d’autre part, l’OCDE ne s’oppose • les rehaussements de l’assiette de
tunisien sur les distributions occultes pas à l’inclusion des « distribution l’IS consécutifs à la correction des
servies aux non-résidents (consti- cachées » dans la définition des prix de transfert constituent des
tuées par les transferts indirects de dividendes, et ce, lorsque l’article bénéfices occultes distribués au pro-
bénéfices aux associés). La supposi- conventionnel traitant des dividendes fit des actionnaires non-résidents, et
tion découle du principe de subsidia- est conforme au MC OCDE9. ce, en application de l’article 30 du
rité des conventions bilatérales, exi- CIRPPIS qui assimile à des revenus
geant, en cas de contestation relative Pour récapituler, le MC OCDE ne distribués les « bénéfices occultes » ;
à une convention bilatérale, de se s’oppose pas au rangement des
revenus générés par les distributions • la CNDI octroie à la Tunisie, en
placer au regard de la loi fiscale na- tant que pays de la source, le droit
tionale pour rechercher si, à ce titre, occultes parmi les dividendes,
lorsque ces revenus sont soumis d’imposition des dividendes ;
l’imposition contestée a été valable-
ment établie, et ensuite seulement, au même régime fiscal que les • dans l’article de la CNDI traitant
dans l’affirmative, de déterminer si revenus d‘actions par le droit des dividendes, la définition des
cette convention fait ou non obstacle interne tunisien. Là encore, cette dividendes inclut les « bénéfices
à l’application de la loi fiscale. délégation octroyée par les CNDI au occultes », puisque ces bénéfices
droit tunisien en vue de définir les constituent des revenus soumis au
Nous tâcherons, au sujet de cette « dividendes » fragilisera les services même régime fiscal que les revenus
deuxième question, d’apporter fiscaux en cas de contentieux fiscal. d’actions ;
quelques éléments de réflexion sur L’intransigeance du doit des sociétés
le bienfondé, en droit conventionnel, commerciales sur la définition • conclusion : la Tunisie a le droit
des retenues à la source au titre des dividendes combinée avec le d’imposer les bénéfices occultes
des transferts de bénéfices entre caractère abscons et énigmatique résultant d’un transfert de bénéfices
entreprises dépendantes en présence en les assimilant à des dividendes.
d’une CNDI (bien que nous expri- 9 Selon les commentaires de l’OCDE, « Sont considérés comme
dividendes non seulement les distributions de bénéfices déci- Enfin, nous ne reviendrons pas en
mons, comme nous le précisions, des dées chaque année par l’assemblée générale des actionnaires,
détail sur la définition des béné-
réserves sérieuses sur l’applicabilité mais encore les autres avantages appréciables en argent, tels
que actions gratuites, bonus, bénéfices de liquidation ou de fices occultes, ni sur les obligations
de ces retenues au regard du droit rachat d’actions (voir le paragraphe 31 des Commentaires sur
l’article 13) et distributions cachées de bénéfices ». v. Commen- probatoires de l’administration (en
interne). taire OCDE sur le Modèle de Convention fiscale concernant le
revenu et la fortune, 2017, Article 10, § 28
particulier l’obligation de preuve
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|42_43
Conclusion
L’application de la réglementation
des prix de transfert basée principa-
lement et ultimement sur le principe
de pleine concurrence risque d’être
compromise par le problème de
l’absence de comparables. Plusieurs
mesures pourraient être prises par
le législateur Tunisien pour faire face
aux situations où les données fiables
font défaut, à savoir notamment :
Cette règle, en apparence absolue et Mais, au-delà de ces restrictions qui a créé un véritable imbroglio juridique,
encourageante, souffre, en réalité, concernent aussi bien les tunisiens que dans lequel, la délimitation des opéra-
d’une panoplie d’exceptions. les étrangers, un investisseur étranger tions libres à l’investissement étranger
Il y a d’abord le décret qui intente créer une société en Tunisie relève souvent d’une casuistique com-
gouvernemental n° 2018-417 du ou qui projette d’y acquérir une par- plexe.
11 mai 2018, pris en application du ticipation se heurte à des restrictions
troisième paragraphe de l’article 4 juridiques particulièrement contraintes.
de la LDI qui prévoit une longue liste Les chausse-trappes sont nombreux ;
des activités économiques soumises nous n’en examinerons que quelques- La carte de
à autorisation et d’autres listes uns, en laissant de côté notamment les commerçant
des autorisations administratives règles spécifiques et souvent extrême-
pour la réalisation de projets. Il y ment contraignantes qui régissent la
a aussi l’article 35 de la LDI, qui propriété immobilière par les étrangers,
prévoit, d’une manière explicite, que l’emploi de la main d’œuvre étrangère,
l’activité de production d’armes, etc. En principe, les personnes physiques
de munitions, d’explosifs, parties et morales, qui ne possèdent pas la
et pièces détachées est soumise En plus concret, nous nous limiterons nationalité tunisienne, ne peuvent
aux autorisations nécessaires des aux trois restrictions majeures qui exercer directement ou indirectement
services administratifs compétents gouvernent les prises de participa- une activité commerciale que dans
et conformément à la législation en tion des étrangers dans des sociétés les conditions, définies par le décret-
vigueur. tunisiennes : la carte de commerçant, loi n° 61-14 du 30 août 1961, relatif
l’autorisation de la BCT et les autres aux conditions d’exercice de certaines
limitations apportées par certaines activités commerciales, qui exige, sauf
réglementations spécifiques à certains exceptions, l’obtention d’une carte de
secteurs d’activités. Toujours est-il commerçant pour ces personnes.
qu’au total, on le voit, la superposition
des textes conjuguée avec la liberté
d’investissement consacrée par la LDI
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|48_49
a - Dispositions du décret-loi n° 2. être ressortissant d’un Etat qui 10. avoir obtenir du Secrétariat
61-14 du 30 août 1961, relatif conclura avec l’Etat tunisien une d’Etat au Plan et aux Finances
aux conditions d’exercice convention d’établissement spé- une carte de commerçant dont les
de certaines activités cifiant expressément l’exercice de conditions de délivrance seront
commerciales cette activité; défini par arrêté du Secrétariat
L’article premier du décret-loi n° 61- 3. avoir passé avec l’Etat tunisien, d’Etat au Plan et aux Finances ».
14 du 30 août 1961 considère que les une convention approuvée par
personnes, physiques et morales, qui ne une loi; Ajouté par l’article 10 de la loi n° 2019-
possèdent pas la nationalité tunisienne, 4. avoir été agréé par le Secrétaire 47 du 3 juin 2019, relative à l’amélio-
ne peuvent exercer directement ou d’Etat au Plan et aux Finances ration du climat de l’investissement,
indirectement une activité commerciale connue sous-traitant d’une entre- l’article 4 bis du décret-loi n° 61-14 du
que dans les conditions, définies par les prise tunisienne et uniquement 30 août 1961 relatif aux conditions
textes en vigueur et les dispositions du pendant la durée des travaux fai- d’exercice de certaines activités com-
présent décret-loi. sant l’objet de la demande d’agré- merciales, a dispensé de l’obligation de
L’article 2 de ce décret-loi précise que ment; l’obtention de la carte de commerçant,
« Les personnes morales ont la nationa- 5. se livrer à l’extraction des ma- les filiales au sens de l’article 461 du
lité tunisienne lorsqu’elles répondent à tières premières; CSC, qui distribuent exclusivement
l’ensemble des conditions suivantes : 6. procéder à la fabrication ou à la les produits de la société mère ou du
1. être constituées conformément transformation des produits manu- groupe, à condition que ces produits
aux lois en vigueur et avoir leur facturés, à leur entretien, leur distribués soient fabriqués en Tunisie.
siège social en Tunisie; réparation ou leur installation; On relèvera que le décret gouverne-
2. avoir leur capital représenté 7. se livrer à des opérations de mental n° 2018-417 du 11 mai 2018,
à concurrence de 50% au moins banque, de change et de bourse relatif à la publication de la liste exclu-
par des titre, nominatifs détenus en conformité avec la législation sive des activités économiques sou-
par des personnes physiques ou réglementant l’exercice de ces mises à autorisation et de la liste des
morales tunisiennes; activités; autorisations administratives pour la
3. avoir le conseil d’administration, 8. se livrer au commerce et à la réalisation de projets, les dispositions y
de gérance ou de surveillance, distribution des hydrocarbures ; afférentes et leur simplification (publié
constitué en majorité par des per- 9. exécuter des travaux financés avant la loi n° 2019-47 du 3 juin
sonnes physiques de nationalité par des fonds publics ou privés 2019), prévoit, une procédures spéci-
tunisienne; provenant du pays auquel elles res- fique d’octroi de la carte de commer-
4. Avoir leur présidence, leur direc- sortissent à condition que ce finan- çant pour « les entités commerciales
tion générale ou leur gérance assu- cement soit agréé par le Secrétaire crées dans le cadre des entreprises
rée par les personnes physiques de d’Etat au Plan et au finances; industrielles étrangères totalement
nationalité tunisienne. exportatrices en Tunisie pour l’écou-
Pour les sociétés anonymes, et en cas lement de 30% de leurs productions
de dissociation entre les fonctions de sur le marché local au cours de l’année
président du conseil d’administration et précédente ».
celles de directeur général, le directeur
général doit avoir le statut de résident
au sens de la réglementation de change
en vigueur.
Sont, en outre, tunisiennes les sociétés
ayant leur siège social en Tunisie et
dans lesquelles l’Etat ou les collectivités
publiques locales détiennent directe-
ment ou indirectement une participa-
tion en capital ».
L’article 4 de ce décret-loi prévoit que
« Les personnes physiques ou morales,
qui ne possèdent pas la nationalité tuni-
sienne, ne peuvent exercer une activité
commerciale que si elles remplissent au
moins l’une des conditions suivantes :
1. être ressortissant d’Etat ayant
conclu avec l’Etat tunisien, une
convention de garanties réci-
proques en matière d’investisse-
ments et dans les conditions pré-
vues par cette convention;
b - Dispositions de l’arrêté du c - Cas des personnes ayant les Cette position qui repose sur une lec-
secrétaire d’Etat au plan et nationalités algérienne et ture stricte de l’article 4 du décret-loi
aux finances du 14 septembre marocaine n° 61-14 du 30 août 1961 n’est cepen-
1961, relatif à la carte dant pas partagée par l’administration.
commerçant Les personnes physiques ou morales
En pratique, on le voit, les ressortis-
de nationalités algérienne et maro-
L’arrêté du secrétaire d’Etat au plan et sants de pays ayant conclu des conven-
caine sont dispensées de l’obligation
aux finances du 14 septembre 1961 tions bilatérales d’investissement avec
d’obtention de la carte de commerçant,
(4 rabia II 1381), relatif à la carte la Tunisie continuent à solliciter l’admi-
et ce, conformément aux prescriptions
commerçant1 a fixé les modalités nistration pour l’obtention des cartes de
des conventions bilatérales tuniso-al-
d’agrément pour l’exercice de certaines commerçant avant l’entame des activi-
gérienne conclue en date du 26 juillet
activités commerciales, conformément 1963 et tuniso-marocaine conclue en tés commerciales en Tunisien
aux dispositions susvisées du décret-loi date du 9 décembre 19642.
n° 61-14 du 30 août 1961.
L’autorisation
d - Cas des nationaux de pays
L’article 3 de l’arrêté prévoit que la
ayant conclu des conventions
préalable de la
« Carte de Commerçant » ainsi que BCT
bilatérales d’investissement
l’agrément pour l’exercice des activités
avec la Tunisie
visées à l’article 8 du décret-loi susvisé, Les personnes physiques et morales,
sont accordés après avis d’une Com- L’article 4 du décret-loi n° 61-14 du 30 qui ne possèdent pas la qualité de
mission consultative ». L’article 4 fixe août 1961 que les personnes physiques résident au sens de la législation de
la composition de cette commission ou morales, qui ne possèdent pas la change doivent, en principe, obtenir
consultative, qui se réunit, sur nationalité tunisienne, peuvent exer- une autorisation de la BCT pour toute
convocation de son Président, au moins cer une activité commerciale si elles prise de participation, lors de la consti-
une fois par mois. sont ressortissant d’Etat ayant conclu tution initiale ou lors de l’augmentation
L’article 6 de l’arrêté indique que la avec l’Etat tunisien, une convention de capital, ainsi que pour toute acquisi-
« Carte de Commerçant » est délivrée de garanties réciproques en matière tion de valeurs mobilières tunisiennes
pour une durée de un à cinq ans, sus- d’investissements et dans les conditions et de parts sociales de sociétés établies
ceptible de renouvellement. Elle peut prévues par cette convention. en Tunisie.
être, soit refusée, soit retirée, par déci- La Tunisie a conclu plus que 50 conven- En effet, l’article 20 du décret n° 77-
sion du Secrétaire d’Etat au Plan et aux tions de protection et d’encouragement 608 du 27 juillet 1977 fixant les condi-
Finances, notamment en cas de fausses de l’investissement avec plusieurs pays, tions d’application de la loi n° 76-18 du
déclarations en vue de son obtention, ce qui implique, en principe, que les 21 janvier 1976, portant refonte et co-
de fraude fiscale, d’infraction à la ressortissants de ces pays ont le droit dification de la législation des changes
réglementation des prix, des changes, autorisés d’exercer les activités com- et du commerce extérieur régissant les
ainsi que toutes autres infractions en merciales en Tunisie et sont dispensés relations entre la Tunisie et les pays
matière de la législation économique, de l’obligation d’obtention d’une carte étrangers soumet à autorisation les
fiscale ou sociale. de commerçant. opérations suivantes lorsqu’elles sont
2 La dispense en faveur des personnes ayant les nationalités
algérienne et marocaine a été confirmée par le décret gouver- effectuées par une personne physique
1 Tel que modifié ou complété par les autres textes et notam-
nemental n° 2018-417 du 11 mai 2018, relatif à la publication ou morale non-résidente de nationalité
de la liste exclusive des activités économiques soumises à
ment l’arrêté du ministre du commerce du 22 décembre 1998, autorisation et de la liste des autorisations administratives pour étrangère :
l’arrêté du 17 juin 2015 et l’arrêté du ministre du commerce du la réalisation de projets, les dispositions y afférentes et leur
14 juin 2016. simplification. 2) la prise de participation, lors de la
constitution initiale ou lors de l’aug-
mentation de capital, dans des sociétés
établies en Tunisie en dehors des parti-
cipations autorisées dans le cadre des
codes les régissant ;
4) l’acquisition de valeurs mobilières
tunisiennes et de parts sociales de
sociétés établies en Tunisie.
Par exception à ce principe, est dispen-
sée de l’autorisation essentiellement la
prise de participation dans des sociétés
établies en Tunisie autorisées dans le
cadre des codes les régissant.
Plus explicite, l’article 21 du décret n°
77-608 du 27 juillet 1977 dispense de
l’autorisation les opérations suivantes :
1) l’acquisition autrement que par
dévolution héréditaire, au moyen
d’une importation de devises, ou la
cession des terrains et des locaux
bâtis dans les zones industrielles
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|50_51
par un groupe de députés de Nous exposerons, dans ce qui suit, les principaux éléments
de la requête aux fins de déclaration d’inconstitutionnalité
l’ARP. du projet de loi n° 2020-139 relatif à l’approbation du pro-
jet de loi de finances rectificative pour l’année 2020 (1),
les observations du Gouvernement en réponse aux moyens
La tentative de mise en place d’une commission d’inconstitutionnalité (2) et les éléments de motivation de
de suivi des dossiers et des questions en ma- la non-constitutionnalité retenus par l’Instance provisoire
tière fiscale par la loi de finances rectificative de contrôle de la constitutionalité des projets de loi (3).
pour l’année 2020
Le projet de l’article 4 relatif à la loi de finances rectifica- Les principaux éléments de la requête aux
tive pour l’année 2020 proposé par le Gouvernement et ap- fins de déclaration d’inconstitutionnalité
prouvé par l’ARP le 27 novembre 2020 a fait l’objet d’une du projet de loi n° 2020-139 relatif à
requête d’inconstitutionnalité introduite par un groupe de l’approbation du projet de loi de finances
députés de l’ARP. rectificative pour l’année 2020
L’article 4 en question prévoit la création d’une commission
appelée « Commission chargée du suivi des dossiers et
des questions en matière fiscale », présidée par le ministre Deuxième moyen invoquant violation de l’article 66
chargé des finances et dont la composition sera fixé par de la Constitution et des articles 4, 10, 12 et 45 de
décret, et qui soit chargée, sur proposition du service fiscal la loi organique du budget par l’article 4 du projet de
concerné, de suivre et d’encadrer les procédures et bases loi objet du recours
d’imposition, la restitution, le recouvrement, de solution-
Au motif qu’il valide la création d’une commission auprès
ner les problématiques d’application de la loi fiscale et de
du ministère des finances chargée du suivi des dossiers et
statuer sur les dossiers de recouvrement et de vérification
d’autres questions fiscales, en méconnaissance du domaine
fiscale, préalablement et postérieurement à la taxation
de l’autorisation prévue par l’article 66 de la Constitution,
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|54_55
Cassation fiscale :
Quelques exemples de
revirements de la
jurisprudence fiscale
Faez Choyakh | Partner | Tax
F
ace à la complexité normative L’application de la pré-
de la matière fiscale, la respon- somption d’enrichisse-
sabilité du juge de cassation ment en matière d’impôts
est double. Il doit apporter les indirects sur le chiffre
réponses jurisprudentielles qui per- d’affaires
mettent de sortir de l’aporie à laquelle
conduisent la complexité et la taciturni- Selon certains juges du fond la pré- Aussi, dans une position différente
té de la loi fiscale. Ensuite, il doit veiller somption d’enrichissement prévue de celle de l’arrêt de 2011, l’arrêt n°
à harmoniser l’interprétation qu’il a par l’article 43 du CIRPPIS ne saurait 311575 du 14 avril 2014 et l’arrêt n°
faite de la loi fiscale. s’appliquer qu’en matière d’impôts 312524-313770 du 25 janvier 2016
Cela dit, rien n’a jamais interdit aux directs. Se basant sur le principe de considèrent-ils que l’administration ne
contribuables de convaincre le juge l’interprétation stricte de la loi fiscale peut pas utiliser la méthode de l’article
de cassation de revenir sur sa juris- et estimant que la détermination du 43 du CIRPPIS pour déterminer le
prudence antérieure, même si elle est champ d’application de l’impôt relève chiffre d’affaires soumis à la TVA3 n
constante. On parle alors d’un revire- de l’ordre public, certains juges ont
ment dans la jurisprudence. en effet conclu à l’inapplicabilité de
l’article 43 du CIRPPIS aux taxes sur le
Un revirement de la jurisprudence n’est chiffre d’affaires1.
pas toujours vertueux, parce que le 3 Tribunal Administratif, Affaire n° 311575 du 14 avril 2014
juge de cassation ne devrait pas ajou- Aux antipodes de cette orientation, 2014 أفريل14 تاريخ القرار في،311575 القضية عدد،احملكمة اإلدارية
ter une complexité jurisprudentielle à dans l’arrêt n° 39585 du 28 mars املذكور43 وحيث ولئن يجوز لإلدارة إعتماد طريقة التقييم التقديري املنصوص عليها بالفصل
la complexité normative et parce que 2011, le Tribunal Administratif a consi- فغنه ال ميكنها إستعمال هذه،اعاله لضبط أساس الضريبة على دخل األشخاص الطبيعيني
des faits identiques peuvent être dif- déré que l’application de la méthode وإمنا يتعني،الطريقة في التوظيف لتحديد رقم املعامالت اخلاضع لألداء على القيمة املضافة
féremment traités, selon qu’ils se sont d’imposition selon l’accroissement du عليها ضبط األداء املذكور باإلستناد إلى الوثائق احلسابية والفواتير التي ميسكها املطالب
produits avant ou après le changement patrimoine préconisée par l’article 43 باألداء أو املعلومات التي تتحصل عليها اإلدارة عمال مبا متلكه من سلطات إستقصائية أو من
de jurisprudence, ce qui poserait, d’une n’empêche pas la rectification de ، من مجلة احلقوق واإلجراءات اجلبائية6 خالل التنظير بأنشطة مماثلة مثلما يقتضيه الفصل
manière inévitable, la question de l’éga- l’assiette des taxes sur le chiffre .األمر الذي يكون معه املطعن املاثل في غير طريقه ومتعني الرفض
lité entre les justiciables. d’affaires (TVA, DC, TCL…), puisque le Tribunal Administratif, Affaire n° 312524-313770 du 25
législateur n’a pas interdit cette rectifi- janvier 2016
Quand j’avais publié en 2013 mon cation2. جانفي25 تاريخ القرار في،313770 و312524 القضيتني عدد،احملكمة اإلدارية
ouvrage sur le contrôle fiscal, les 2016
positions contradictoires de la justice القائمة على إدماج منو الثروة والنفقات الشخصية الظاهرة واجللية-وحيث أن آلية التوظيف
سالف الذكر وردت ضمن القسم الفرعي الرابع املتعلق بالتقييمات43 املنصوص عليها بالفصل
sur un même sujet fiscal m’avaient
2 Tribunal Administratif, Affaire n° 39585 du 28 mars 2011 التقديرية للدخل املوظفة عليه الضريبة من القسم الثاني املتعلق باملداخيل املوظفة عليها الضريبة
interpelé. Depuis, l’idée de recenser 2011 مارس28 تاريخ القرار في،39585 القضية عدد،احملكمة اإلدارية وهي تخص تبعا،من مجلة الضريبة على دخل األشخاص الطبيعيني والضريبة على الشركات
les changements de la jurisprudence a من مجلة الضريبة43 وحيث أن إلتجاء إدارة اجلباية لقرينة منو الثروة املنصوص عليها بالفصل .لذلكك التوظيف اإلجباؤي لألداء بالنسبة للضريبة على الدخل
pris son chemin. Après presque 8 ans, على الدخل بهدف ضبط الدخل احلقيقي للمعقب ومن ثمة حتديد مبلغ األداء املطالب به وحيث لم تخول أحكام مجلة األداء على القيمة املضافة إلدارة اجلباية إعتماد آلية التقييم
tout en étant conscient qu’un inventaire بعنوان الضريبة على دخل األشخاص الطبيعيني ال يحول دون إعتماد نتائج إعمال هذه القرينة التقديري لرقم املعامالت اخلاضع لذلك األداء ولم ترد بها أية وسيلة مشابهة ميكن على أساسها
لغاية تصحيح رقم املعامالت املصرح به وضبط قاعدة إحتساب بقية األداءات مبا في ذلك ملصالح املراقبة اجلبائية ضبط قاعدة األداء على القيمة املضافة على أساس عناصر منو الثروة
exhaustif n’est pas aisé, j’ai essayé de
األداء على القيمة املضافة واملعلوم على املؤسسات ذات الصبغة الصناعية أو التجارية أو .والنفقات الشخصية والظاهرة
recenser quelques exemples de revire- املهنية موضوع التوظيف في قضية احلال ناهيك وأن املشرع لم ينص في نطاق املراجعة املعمقة 9 وحيث ثبت بالرجوع إلى قرار التوظيف اإلجباري لألداء املسلط على املعقبة (الصفحتني
ments dans la jurisprudence fiscale du للوضعية اجلبائية للخاضع لألداء على حصر إعمال قرينة منو الثروة على الضريبة على الدخل ) أن املركز اجلهوي ملراقبة األداءات القائم بعملية املراجعة األولية قد إعتمد عند ضبطه10 و
Tribunal Administratif. .دون سواها على عناصر2004 لرقم املعامالت املعدل اخلاضع لألداء على القيمة املضافة بعنوان سنة
وحيث أن قضاء محكمة اإلستئناف املنتقد حكمها على النحو املبني آنفا ال يتعارض وأحكام األمر الذي لم تخوله األحكام،منو الثروة والنفقات الشخصية الظاهرة واجللية للمطالبة بالضريبة
و532 من مجلة الضريبة على الدخل وال ينطوي على أية مخالفة ألحكام الفصل43 الفصل وتعني لذلك قبول هذا املطعن،القانونية املنطبقة في هذا املجال مبا يشوبه بعيب خرق للقانون
. من مجلة اإللتزامات والعقود541 .ونقض احلكم املنتقد على أساسه
Les présomptions a interdit le recours aux présomptions En 2016, alors qu’on pouvait croire à
d’enrichissement et dans le cadre de la vérification préli- l’acculturation de cette jurisprudence,
minaire en se basant sur le principe le Tribunal Administratif dans l’arrêt
de train de vie avant
l’entrée en vigueur de de l’interprétation stricte des textes n° 312524-313770, a changé d’avis
la loi de finances pour fiscaux6. estimant que la vérification préliminaire
l’année 2017 Venons ensuite à la cassation, le Tribu-
n’est pas viciée, quand elle se base sur
les contrats enregistrés conclus par un
nal Administratif, on le voit à travers contribuable pour définir ses revenus
au moins trois arrêts, a estimé que la
La question du recours aux présomp- imposables en vue de redresser l’enri-
vérification préliminaire de la situation
tions dans le cadre des procédures de chissement inexpliqué de ce contri-
fiscale personnelle d’un contribuable ne
vérification préliminaires est le point buable8.
peut pas se baser sur les présomptions
d’orgue des interrogations sur les
des articles 42 et 43 du CIRPPIS (Arrêt Enfin, c’est le moment de rappeler que
moyens d’investigation du fisc dans le
n° 38980 du 24 janvier 2009, arrêt n° l’article 40 de la loi de finances pour
cadre d’une vérification préliminaire
38728 du 10 octobre 2009 et arrêt n° l’année 20179 a autorisé l’adminis-
que suscite la rédaction laconique de
312401 du 30 avril 2012). Il ressort على الوثائق واملعلومات املتوفرة لديها وإمنا جتاوزت ذلك بالبحث في كامل عناصر الذمة املالية
l’article 37 du CDPF. Afin de les illus-
des conclusions fort éclairantes de ces للمعقب ضده وتولت إعادة تقييم مداخيله بطريقة جزافية استنادا إلى منو ثروته ومستوى
trer, collationnons d’abord quelques عيشه دون إتباع إجراءات املراجعة املعمقة ودون متكينه من الضمانات املخولة له قانونا في
arrêts que l’administration fiscale ne
positions des juges du fond sur le prin- هذه احلالة فإن قرار التوظيف يعد مخالفا للقانون ومعرضا لإلبطال.
peut pas rechercher dans le patrimoine
cipe même du recours aux présomp- De même, Tribunal Administratif, Affaire n° 38728 du 10
financier du contribuable des éléments octobre 2009
tions dans le cadre de la vérification احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،38728تاريخ القرار 10أكتوبر 2009
permettant de réévaluer ses revenus
préliminaire et sur la présomption وحيث طاملا لم تكتفي مصالح اجلباية في قضية احلال بإدخال تعديالت على الوضعية اجلبائية
forfaitairement sur la base de l’accrois- للمعقب ضده باإلستناد إلى املعلومات املتوفرة لديها وإمنا عمدت إلى تعديل األداءين املذكورين
légale d’enrichissement prévue par les
sement du patrimoine conformément إعتمادا على عنصر منو الثروة املتمثل في اقتنائه لقطعة أرض مببلغ قدره 18.000.000
articles 42 du CIRPPIS (méthode de
aux dispositions des articles 42 et 43 د ،فإنه ال يجوز لها تصحيح تصاريحه وإدماج تلك املداخيل ضمن قاعدة الضريبة دون إتباع
l’évaluation forfaitaire du revenu basée إجراءات املراجعة املعمقة وهو ما إنتهى إليه صوابا قاضي املوضوع ،األمر الذي يتجه معه
du CIRPPIS. De telles investigations
sur les éléments du train de vie) et 43 رفض هذه املطاعن.
et réévaluations exigent que l’admi-
du CIRPPIS (méthode de l’évaluation Tribunal Administratif, Affaire n° 312401 du 30 avril 2012
nistration respecte les garanties de la احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،312401تاريخ القرار في 30أفريل 2012
forfaitaire du revenu selon les dépenses
vérification approfondie prévues par les وحيث ثبت من مطالعة األوراق أن املعلومة املتمثلة في مصدر متويل إقتناء املعقب ضده لعقار
personnelles ostensibles et notoires ou إمنا تناهت إلى علم اإلدارة مبناسبة إجابة املعني باألمر على نتائج املراجعة األولية التي خضع
articles 38, 39, 40 et 41 du CDPF et
l’accroissement du patrimoine) : لها بعد أن دعته إلدارة إلى تقدمي توضيحات بشأنها ،مما يخول لإلدارة احلصول على تلك
particulièrement l’envoi au contribuable
املعلومة ثم إستغاللها الحقا في عملية لتوظيف لتعديل الوضعية اجلبائية للمعني باألمر.
d’un avis préalable et son information وحيث أن املعلومة سالف الذكر ال ميكن إدراجها في خانة «الوثائق واملعلومات املتوفرة لدى
> Pour le TPI de Tunis, le recours aux de son droit de se faire assister7. اإلدارة» على النحو املقصود بالفصل 37من مجلة احلقوق واإلجراءات اجلبائية إذ انها لم
présomptions reste valable dans les تكن متوفرة لدى اإلدارة مسبقا وإمنا حتصلت عليها مصاحلها بصورة الحقة بعد الشروع في
deux formes de vérifications et il appar- الفصل 38م ح إ ج. عملية املراجعة األولية وحتديدا في مراحلها النهائية من خالل مطالبة املعقب ضده بتقدمي جوابه
6 Cour d’appel de Gabès, Affaire n° 520 du 25 novembre 2011 على النتائج التي أفضت إليها تلك املراجعة ،األمر الذي تكون معه اإلدارة املعقبة بإعتمادها
tient toujours au contribuable de prou- محكمة اإلستئناف بقابس ،القضية عدد ،520تاريخ القرار 25نوفمبر 2011 لتلك املعلومة في إطار املراجعة األولية للوضعية اجلبائية ضده واإلستناد عليها لتعديل وضعيته
ver le contraire des présomptions4. حيث متسكت املستأنفة ادارة اجلباية بان املراجعة اجلبائية االولية التي اجرتها تتفق و احكام اجلبائية ،قد خالفت أحكام الفصل املذكور ،وهو ما يتعني معه رفض هذين املطعنني كرفض
الفصل 37من م ح إ ج الذي يشمل عالوة على الوثائق التي ادلى بها املطالب باألداء كل
> En revanche, et selon le TPI de الوثائق و املؤيدات التي تتحصل عليها االدارة بوسائلها القانونية الطعن برمته.
Sfax, le recours aux présomptions ne و حيث تبني باالطالع على قرار التوظيف االجباري لالداء عدد 215/2008انه استند 8 Tribunal Administratif, Affaire n° 312524-313770 du 25
janvier 2016
peut, en application des dispositions في تعديل الوضعية اجلبائية للمطالب باألداء الى القرائن الفعلية و القانونية
قرار تعقيبي ،احملكمة اإلدارية ،القضيتني عدد 312524و ،313770تاريخ القرار في
de l’article 38 du CDPF, être envisagé و حيث انه وفي اطار املراجعة االولية منع املشرع على ادارة اجلباية اللجوء للقرائن الفعلية و
25جانفي 2016
que dans le cadre d’une vérification القانونية و ذلك لتعديل الوضعية اجلبائية للمطالب باألداء و خولها فقط االعتماد على العناصر
وحيث ثبت مبراجعة قرار التوظيف اإلجباري املسلط على املعقبة أن إدارة اجلباية إعتمدت
التي تضمنتها التصاريح و العقود و الكتابات املودعة لديها سلفا و كل الوثائق و املعلومات
approfondie5. La Cour d’appel de Gabès املتوفرة لديها خاصة منها تلك املضمنة بالتصاريح و الوثائق املودعة من قبل الغير او تلك التي
فيه لتعديل الوضعية اجلبائية للمطالبة بالضريبة على املقارنة بني التصاريح بالضريبة املودعة لدى
4 Le TPI de Tunis a considéré que les « documents, renseigne- مصاحلها من قبل املعنية باألمر وجملة من الكتائب والوثائق التي توفرت لديها واملتعلقة من
تتحصل عليها في اطار مباشرتها حلق االطالع.
»ments, actes et déclarations dont dispose l’administration ناحية بإقتنائها عقارين مسجلني على التوالي بتاريخ 21أفريل و 23أكتوبر 2004وعلى
constituent des présomptions que le contribuable peut attaquer و حيث ان املراجعة االولية تختلف بصفة جوهرية عن املراجعة املعمقة سواء من حيث
تصريحات بعض الشركات املتضمنة حصولها على أتعاب محاماة بعنوان خدمات قدمتها املعنية
en apportant la preuve contraire. Le fait que le législateur n’ait االجراءات املتبعة او الضمانات املمنوحة للمطالب باألداء و عليه فال ميكن إلدارة اجلباية في
pas cité les présomptions dans l’article 37 du CDPF à l’image de باألمر لفائدتها خالل سنتي 2002و 2003والتي أفضت إلى تسجيل عدم تطابق بني
l’article 38 du CDPF ne constitue pas un choix législatif visant à اطار املراجعة االولية التي جتريها اللجوء لصالحياتها املخولة لها مبقتضى الفصل 38من م
املبالغاملصرح بها وتلك التي مت إستخالصها من الوثائق واملعلومات التي توفرت للمعقب ضدها.
différencier la vérification préliminaire de celle approfondie. ح إ ج في اطار املراجعة املعمقة و االستناد الى القرائن الفعلية و القانونية لتعديل الوضعية
Tribunal de première instance de Tunis, Affaire n° 4051, 17 وحيث أطلعت مصالح اجلباية املعقبة على نتائج عملية املراجعة األولية وخولت لها تقدمي ما
اجلبائية للمطالب باألداء
février 2010 يفندها أو ما يفيد مصادر متويلها احلقيقية وقد أخذت بعني اإلعتبار حملة من الوثائق التي
احملكمة اإلبتدائية بتونس ،القضية عدد ،4051تاريخ احلكم 17فيفري 2010 و حيث ان النصوص اجلبائية بحكم طبيعتها تؤول تأويال ضيفا و ميكن التوسع في مدلولها
قدمتها والتي من بينها القرض البنكي الذي حتصلت عليه خالل سنة .2004
وحيث ومن ناحية أخرى فإن الطعن في عدم صحة ذكر القرائن القانونية والفعلية وعدم صحة ضرورة ان ذلك ينافي مبدأ الشرعية الذي يحكم املادي اجلبائية
وحيث وعليه ،وخالفا ملا متسكت به نائب املعقبة ،فإنه طاملا إقتصرت املراقبة اجلبائية التي
إعتماد تلك القرائن ألعمال وتفعيل مراجعة أولية ال ميكن مجاراته بإعتبار أن ما يتوفر لإلدارة و حيث ان التأويل الذي انتهت اليه محكمة احلكم املطعون فيه منسجم مع احكام الفصول 6
خضعت لها املعقبة على توظيف األداء بناء على ما توفر إلدارة اجلباية من وثائق ومعلومات
من معلومات ووثائق وما يضمن مبصاحلها وعلى مستوى دفاترها ومنظوماتها اإلعالمية من و 37و 38من م ح إ ج و يراعى خصوصية املادة اجلبائية و روح النصوص اجلبائية و مقصد
لدى مصاحلها تعلقت بعقود شراء عقارين وتصاريح صادرة عن بعض حرفاء املطالبة
تصاريح وعقود وكتابات متثل كلها وفق الوصف القانوني الشكلي قرائن توصف بالقانونية أو املشرع و تعني لذلك اقرار حكمها املشار اليه و اجراء العمل به
بالضريبة ،فإنها لم تتجاوز حدود الصالحيات املخولة لها في إطار املراجعة اجلبائية األولية
الفعلية حسب نوع تلك القرائن وسندها وإن القول بأن الفصل 37من م ح إ ج لم يجز إعتماد 7 Tribunal Administratif, Affaire n° 38980 du 24 janvier 2009
على معنى أحكام الفصل 37املذكور ولم تخالف قواعد اإلثبات ،مبا يغدو معه املستندين
القرائن لقول ال يستقيم ذلك أن املعلومات املصرح بها أو املتوفرة لدى اإلدارة بأي وسيلة كانت احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،38980تاريخ القرار 24جانفي 2009
املاثلني في غير طريقهما وتعني رفضهما.
تشكل قرينة بسيطة ميكن دحضها بشتى الطرق وبالتالي إعتبارها كذلك يعد إعتبار مؤيدا وأن وحيث بناء على ما تقدم وفي صورة ما إذا أفضت املراجعة األولية إلى اكتشاف مداخيل
9 Exposé des motifs de la loi de finances pour l’année 2017:
عدم التنصيص الفصل 37م ح إ ج على قرائن كما جاء بالفصل 38من م ح إ ج ليس إختيارا غير مصرح بها ،فإنه يجوز إلدارة اجلباية تصحيح تصاريح املطالب باألداء وذلك بإدماج تلك
من املشرع في حتديد أنواع املراجعة والتفرقة بني مراجعة أولية وأخرى معمقة على انه في املداخيل املخفية ضمن قاعدة الضريبة املستوجبة دون حاجة إلى إتباع إجراءات املراجعة يجوز ملصالح اجلباية ،طبقا ألحكام الفصل 37من مجلة احلقوق واإلجراءات اجلبائية،
األصل فإن كل أنواع مراجعة تعمل فيها القرائن ذلك أن كل وثيقة أو معلومة تصريح يقيم عناصر املعمقة أما في الصورة التي ال تكتفي فيها اإلدارة بذلك وتلتجئ إلى البحث في عناصر الذمة
القرينة ويبقى على املطالب باألداء بيان مبا يدحضها أو يعكسها. املالية للمطالب باألداء وإعادة تقييم مداخيله بطريقة جزافية على أساس منو ثروته أو استنادا أن جتري عمليات مراجعة أولية للتصاريح والعقود والكتابات التي يودعها املطالبون باألداء،
5 Tribunal de première instance de Sfax, Affaire n° 274 du 27 إلى نفقاته الظاهرة واجللية طبقا للفصلني 42و 43من مجلة الضريبة فإنه يتعني عليها إعالمه على أساس العناصر التي تضمنتها ،وعلى أساس كل الوثائق واملعلومات التي توفرت لديها،
octobre 2004 مسبقا بإجراء املراقبة وبحقه في اإلستعانة مبن يختاره أثناء سيرها مع متكينه من جميع وخاصة التصاريح والوثائق التي أودعها الغير أو التي اطلعت عليها لديه.
احملكمة اإلبتدائية بصفاقس ،القضية عدد ،274تاريخ احلكم 27أكتوبر 2004 الضمانات املخولة له في إطار املراجعة املعمقة املنصوص عليها بالفصول 38و 39و40 وتطلب مصالح اجلباية من املطالبني باألداء ،في إطار تلك العمليات ،تقدمي إرشادات
وحيث وعالوة على ما ذكر فان االستناد للقرائن القانونية والفعلية لتعديل الوضعية اجلبائية و 41من م ح إ ج. وتوضيحات وتبريرات.
للمطالب باألداء ال يكون واردا إال في إطار املراجعة املعمقة للوضعية اجلبائية عمال بأحكام وحيث طاملا لم تكتف اإلدارة في النزاع الراهن بتصحيح تصاريح املطالب باألداء اعتمادا وبهدف مزيد دعم عمليات املراجعة اجلبائية األولية ،فإنه يقترح متكني مصالح اجلباية من
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|58_59
tration à demander au contribuable, pour apprécier la nature majoritaire ou Dans un autre attendu, il est vrai plus
par écrit, des états détaillés de son non du gérant, il convient d’additionner discutable, la haute juridiction rejette le
patrimoine et des éléments de son train toutes les parts détenues par chaque moyen sur l’abus de droit, au motif qu’il
de vie et qu’il a ajouté à l’article 37 gérant soit directement soit indirecte- n’intéresse pas l’ordre public et qui n’a
du CDPF, un nouveau paragraphe qui ment, c’est-à-dire par l’intermédiaire pas été préalablement soulevé devant
a explicitement autorisé les services de sociétés détenant des parts sociales le juge de fond12. Dit autrement en plus
de l’administration fiscale à utiliser les dans ladite SARL, son conjoint et ses simple, dans l’arrêt n° 38974 du 19
méthodes d’évaluation forfaitaire des enfants non émancipés10. mai 2008, le Tribunal Administratif a
revenus des contribuables basées sur la validé la déductibilité des rémunéra-
Rejetant une interprétation lato sensu
présomption d’enrichissement inexpli- tions versées au gérant d’une SARL qui
des dispositions du paragraphe V de
qué prévues par les articles 42 et 43 du ne possédait pas directement la majo-
l’article 48 du CIRPPIS, le Tribunal
CIRPPIS. n rité du capital, mais qui a été regardé
Administratif, dans le droit fil de sa majoritaire par l’administration fiscale
jurisprudence sur l’interprétation en raison de sa participation indirecte-
stricte des textes fiscaux, considère que
La définition du ce paragraphe vise deux situations : la
ment détenue par le truchement d’une
gérant majoritaire autre société dans laquelle le gérant
première concerne les gérants qui ont détenait la totalité des parts.
personnellement la propriété des parts
sociales et la seconde concerne les Il se trouve que, contrairement à sa
Selon le paragraphe V de l’article 48 gérants qui n’ont pas personnellement première orientation, le Tribunal Admi-
du CIRPPIS (en vigueur jusqu’au 31 la propriété des parts sociales, mais qui nistratif, dans son arrêt n° 311926 du
décembre 2010), « les rémunérations sont considérés comme associés si leur 2008 ماي19 تاريخ القرار،38974 القضية عدد،احملكمة اإلدارية
allouées aux associés gérants, ne sont conjoint ou leurs enfants non émanci- وحيث أنه من القواعد األساسية في تأويل النصوص القانونية أنه ال يجوز التوسع في تفسير
pas admises en déduction pour la déter- pés sont des associés dans la SARL11. كما ال يجوز أخذها بطرق القياس وتأسيسا على ذلك فان عدم طرح املكافآت،االستثناءات
mination de l’impôt dû par les sociétés 10 Prise de position DGELF n° 531 du 6 Avril 2004 املسندة لوكيل الشريك ال ينسحب إال على احلالتني اللتني حددهما املشرع صراحة صلب
à responsabilité limitée, lorsque la ma- تؤخذ بعني اإلعتبار املنابات،وإذا لم يكن للوكيل شخصيا ملكية املنابات اإلجتماعية ) وال ميكن بالتالي سحب هذا االستثناء بالقياس على احلالة التي ميلك فيهاV( 48 الفصل
.اإلجتماعية للقرين ولألطفال غير الراشدين كما مت تعريفهم أعاله .الوكيل الشريك جميع األسهم عن طريق ذات معنوية ميلك فيها أغلب املنابات بصورة مفردة
jorité des parts sociales est possédée ) املذكور فيV( 48 وحيث يغدو واحلالة ما ذكر متسك اجلهة املعقبة بخرق أحكام الفصل
هذا وتشمل املنابات الراجعة بامللكية للوكيل املنابات التي ميتلكها بصفة مباشرة وغير مباشرة
par l’ensemble des gérants. غير طريقه واملطعن املاثل حريا بالرفض
في رأس مال الشركة ذات املسؤولية احملدودة وتنتج املساهمة غير املباشرة عن مساهمات
Pour l’application de la disposition الوكيل املذكور في رأس مال شركات متتلك هي بدورها مساهمات في رأس مال الشركة ذات 12 Tribunal Administratif, Affaire n° 38974 du 19 mai 2008
.املسؤولية احملدودة 2008 ماي19 تاريخ القرار،38974 القضية عدد،احملكمة اإلدارية
qui précède, les gérants qui n’ont pas Même après cet arrêt, la DGELF a réitéré sa position dans le cas : عن املطعن املتعلق بالتنكر لنظرية التعسف في استعمال احلق-
personnellement la propriété des parts
sociales sont considérés comme asso-
ciés si leur conjoint ou leurs enfants
non émancipés sont des associés.
des pénalités de retard exigibles confor- Mais, qu’on se le dise, ceci n’a jamais
Exigibilité de la TVA mément à la législation en vigueur20 n représenté une position constante du
en cas de change- Tribunal Administratif.
ment d’affectation
d’un immeuble ac- TVA sur les opéra- Déjà, il n’est pas inutile de soulever
quis en exonération tions de lotissement qu’en 2005, le tribunal administratif
de la taxe des terrains entre- avait retenu une position différente et
prises par les per- estimé que les opérations de lotisse-
sonnes physiques ment effectuées à titre occasionnel par
Lorsque l’acquéreur d’un immeuble à
un agriculteur sont passibles de la TVA
usage d’habitation, qui, au moment de Conformément aux dispositions de l’ar- partant du fait que le texte ne distingue
l’acquisition, a bénéficié de l’exonéra- ticle I-1 et II-5 du CTVA, sont soumises ni entre le lotisseur personne physique
tion de la TVA, décide de modifier la à la TVA, les ventes de lots effectuées ou morale ni entre l’opération de lotis-
vocation dudit immeuble, la question par les lotisseurs immobiliers. sement effectuée à titre occasionnel ou
s’est posée pour savoir si la TVA deve-
habituel23.
nait exigible. La doctrine administrative a toujours
estimé la vente des terrains lotis par L’assemblée plénière du Tribunal Admi-
Après avoir refusé la réclamation de les lotisseurs immobiliers est soumise nistratif, dans l’affaire n° 310880 du 28
cette TVA dans l’arrêt n° 312968 du à la TVA, et ce, quel que soit la qualité juin 2012, au prix d’un effort d’harmo-
25 janvier 201618, le Tribunal Admi- de l’intervenant, que l’opération soit nisation bienvenu, a refusé l’application
nistratif, à quelques mois d’intervalle, réalisée à titre occasionnel ou habituel de la TVA sur les opérations de lotisse-
dans son arrêt n° 312255 en date du et quel que soit la provenance des biens ment qui ne seraient pas réalisées par
03 avril 2017, confirme l’exigibilité de (acquis, hérités …)21. des lotisseurs professionnels confor-
la TVA en cas de changement d’affecta-
mément à la loi relative à la promotion
tion, soulevant la nécessité de remédier Pour le Tribunal Administratif (Arrêts n°
immobilière.
au détournement de l’exonération de 37832, 16 février 2009, n° 312036,
la taxe19. 19 mars 2012, n° 311841, 20 février Après cet arrêt de plénière, d’aucuns
2012), les ventes passibles de la TVA pensaient que la question serait défini-
Il faut rappeler aussi que la loi de sont celles réalisées par les lotisseurs
finances pour l’année 2014 a prévu األول من مجلة األداء
املقاسم العقارية على املعنى املذكور ,األمر الذي يجعل أحكام الفصل ّ
immobiliers soumis à un régime juri-
que l’affectation des locaux destinés à على القيمة املضافة غير منطبقة على عملية التفويت املشار إليها ّ
واته لذلك قبول هذين
dique particulier, qui sont autorisés à املطعنني.
l’habitation bénéficiant de l’exonération entreprendre la profession de lotisseur Tribunal Administratif, Affaire n° 312036, 19 mars 2012
de la TVA à d’autres usages, entraine le احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،312036تاريخ القرار 19مارس 2012
immobilier et qui exercent cette pro-
paiement de la TVA qui aurait dû être وحيث يستروح من األحكام املشار إليها أعاله أن عمليات بيع األراضي اخلاضعة لألداء على
fession en leur qualité de lotisseurs القيمة املضافة على معنى الفصل 1من مجلة األداء على القيمة املضافة تتعلق بالبيوعات
payée au titre de l’acquisition majorée immobiliers. Les dispositions de l’article املنجزة من قبل املقسمني العقاريني الذين يخضعون لنظام قانوني خاص والذين لهم ترخيص
18 Tribunal Administratif, Affaire n° 312968 du 25 janvier I-1 et II-5 du CTVA ne s’appliquent pas في ذلك وميارسون هذه املهنة بصفتهم مقسمني عقاريني .وعليه فإن أحكام الفصل املذكور
2016
aux personnes physiques qui, à titre ال تنطبق على األشخاص العاديني الذين يتولون بيع أراضيهم دون أن تكون لهم صفة مقسم
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،312968تاريخ القرار في 25جانفي 2016 أو باعث عقاري.
وحيث أن احلدث املنشىء لألداء على القيمة املضافة املترتب عن عملية بيع عقار هو حسب
occasionnel, cèdent leurs terrains, sans
وحيث وطاملا ثبت من أوراق امللف إنتفاء صفة املقسم العقاري عن املعقبة بإعتبار أن تقسيم
صريح الفصل 5من مجلة األداء على القيمة املضافة تاريخ الوثيقة التي تثبت وقوع العملية avoir la qualité de lotisseur ou de pro-
األرض التي مت بيعها لم يكن لغاية الربح التجاري ،فإن قضاء محكمة احلكم املطعون فيه
وفي صورة عدم توفرها فبتحويل امللكية ،أما غير ذلك من األحداث التي قد تطرأ فإنها ميكن moteur immobilier22. بخالف ذلك كان مجانبا للصواب ،مما يتجه معه قبول هذين املطعنني ونقض احلكم املطعون
أن تكون خاضعة إلى األداء على القيمة املضافة ولكن ليس على قاعدة ثمن اإلقتناء. 20 En matière d’enregistrement, l’article 23 bis (nouveau) de la
فيه على أساسهما.
وحيث من جهة أخرى ،وبخصوص مجال اإلعفاء املضمن باجلدول أ ،فإن عبارات املشرع loi n°90-17 du 26 février 1990 portant refonte de la législation
relative à la promotion immobilière a explicitement subordonné
Tribunal Administratif, Affaire n° 311841, 20 février 2012
كانت صريحة في إعفاء عمليات بيع العقارات املبنية املعدة قصرا للسكن واملنجزة من قبل le bénéfice du régime préférentiel d’acquisition des immeubles احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،311841تاريخ القرار 20فيفري 2012
الباعثني العقاريني. auprès des promoteurs immobiliers à la condition de non chan- وحيث أن عمليات بيع األراضي اخلاضعة لألداء على القيمة املضافة على معنى الفصل املذكور
gement de la vocation de l’immeuble acquis ajoutée par la loi de
وحيث أن املقصود بإعداد العقار للسكن هو احلالة القانونية والواقعية التي كان عليها العقار finances pour l’année 2014. نتعلق بالبيوعات املنجزة من قبل املقسمني العقاريني الذين يخضعون لنظام قانوني خاص ولهم
عند التفويت فيه من قبل الباعث العقاري .فأما احلالة القانونية فهي التخصيص الذي كان 21 v. notamment : Prises de position DGELF n° 668 du 15 avril ترخيص في ذلك وميارسون هذه املهنة بصفتهم مقسمني عقاريني.
عليه العقار صلب التفويت فيه من قبل الباعث العقاري .فأما احلالة القانونية فهي التخصيص 2008, DGELF n° 440 du 1er avril 2006, etc. وحيث طاملا لم يثبت من أوراق امللف توفر صفة املقسم العقاري في جانب املعقب ضده فإن
الذي كان عليه العقار صلب ترخيص البناء وفي عقد البيع ،وأما احلالة الواقعية فيقصد بها 22 Tribunal Administratif, Affaire n° 37832, 16 février 2009 متسك اجلهة املعقبة بإعتبار املطالب باألداء مقسما عقاريا فعليا يكون في غير طريقه وتعني
التجهيزات واملرافق التي يحتوي عليها العقار. احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،37832تاريخ القرار 16فيفري 2009 بالتالي رفض املطاعن املتمسك بها لعدم وجاهتها.
وحيث أن تغيير تخصيص العقار أو تغيير كيفية إستغالله ال يؤدي إلى مطالبة املالك اجلديد األول من مجلة األداء على القيمة املضافة أنّه تخضع لألداء وحيث اقتضت أحكام الفصل ّ 23 Tribunal Administratif, Affaire n° 35072, 28 novembre 2005
بدفع األداء على القيمة املضافة املترتب عن عملية البيع األصلية .وال ميكن الرجوع في اإلعفاء ملقسمني العقاريني.
عمليات بيع قطع األراضي من طرف ا ّ على القيمة املضافة ّ احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ، 35072تاريخ القرار 28نوفمبر 2005
جائزا إال متى تبني أن العقار لم يكن معدا للسكنى في تاريخ البيع. بأن النصوص القانونية املنطبقة لم ّمتيز بني الشخصضدها ّ وحيث دفعت اإلدارة املع ّقب ّ حيث يدعي نائب املعقب بأن الفصل األول من مجلة األداء على القيمة املضافة حدد مجال
19 Tribunal Administratif, Affaire n° 312255 du 03 avril 2017 الطبيعي اخلاضع لألداء على القيمة املضافة إن كان محترفا أو غير محترف أو كان التفويت وتعرض إلى مختلف العمليات اخلاضعة له ومن بينها عملية بيع األراضي تطبيق هذا األداء ّ
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد 312255تاريخ القرار في 03أفريل 2017 بصفة عرضية أو على وجه اإلحتراف. املقسمة من طرف الباعثني العقاريني ولم يتضمن التنصيص على عمليات تقسيم وبيع األراضي
وحيث أن االصل في عمليات التفويت في العقارات املبنية هو توظيف األداء على القيمة وحيث يستروح من أحكام الفصل 1املشار إليه أعاله ّأن عمليات بيع األراضي اخلاضعة التي يقوم بها األشخاض الطبيعيون بصفة عرضية واعتبارا إلى أن املعقب فالح وليس بباعثا
املضافة بعنوانها بإستثناء العقارات املنجزة من الباعثني العقاريني واملعدة قصرا للسكن ،ويغدو ملقسمني
لألداء على القيمة املضافة على معنى الفصل املذكور تتعلّق بالبيوعات املنجزة من قبل ا ّ عقاريا مرخصا له في تقسيم األراضي الصاحلة للبناء فإنه غير خاضع لألداء على القيمة
إنتفاء شرط تخصيص العقار املفوت فيه للسكن زمن التعاقد أو إفتقاده لهذا الشرط بعد إبرام العقاريني الذين يخضعون لنظام قانوني خاص والذين لهم ترخيص في ذلك وميارسون هذه املهنة املضافة.
العقد موجبا لتوظيف األداء على القيمة املضافة حتقيقا لألغراض التي شرع من أجلها األداء فإن أحكام الفصل املذكور ال تنطبق على األشخاص العاديني مقسمني عقاريني ,وعليه ّ بصفتهم ّ وحيث اقتضت أحكام الفقرة الثانية من الفصل األول من مجلة األداء على القيمة املضافة أن
وللغايات التي سن في إطارها اإلعفاء منه على حد السواء. ملقسم العقاري وال يقومون بعملية البيع بصفة الذين يتولّون بيع أراضيهم دون أن تكون لهم صفة ا ّ عملية تقسيم وبيع األراضي خاضعة لألداء على القيمة املضافة.
وحيث ترتيبا على ذلك ،ال ينحصر حق مصالح اجلباية في تدارك اإلغفاالت بعنوان األداء متكررة بغاية الربح التجاري.
ّ وحيث ال خالف بني الطرفني أن املعقب قام بتقسيم أرضه ثم باعها.
على القيمة املضافة في حدود عمليات التفويت اخلاضعة لهذا األداء ،وإمنا متتد إلى سائر مبعية إخوته بتهيئة عقار على ملكهميتبي بالرجوع إلى أوراق امللف ّأن املع ّقب قام ّ وحيث ّ وحيث اقتضى الفصل األول (فقرة أولى) من مجلة األداء على القيمة املضافة أن األداء
العمليات التي يراد منها الحقا تغيير الصبغة السكنية للعقارات مبا من شأنه تالفي اإلنتفاع غير ورثوه عن أبيهم وذلك بتوفير جميع املرافق ال ّالزمة به ّثم أبرموا عقد مقاسمة بينهم آل إلى املذكور يتم توظيفه مهما كانت «احلالة القانونية لألشخاص الذين يتدخلون في إجناز العمليات
املشروع باإلعفاء من األداء. املع ّقب 56مقسما عقاريا صاحلة للبناء تولّى إثر ذلك التفويت فيها بالبيع. اخلاضعة لألداء على القيمة املضافة أو مهما كانت وضعيتهم إزاء جميع األداءات األخرى».
وحيث تكون احملكمة املصدرة للحكم املطعون فيه ،ملا قضت بإقرار قرار التوظيف اإلجباري وحيث ّأن إبرام عقد واحد أو بعض العقود بصفة عرضية ال يضفي صفة التاجر على صاحبها وحيث إذا كانت عبارة النص مطلقة جرت على إطالقها.
بناء على تطابقه مع إرادة املشرع التي إجتهت نحو حصر إستغالل العقار في السكنى فقط حد ذاته إذ ّأن املعيار يكمن في مباشرة املهنة أو النشاط ضرورة ّأن معيار التكرار ال يكفي في ّ وحيث طاملا لم مييز النص بني مختلف الوضعيات وما إذا كان املقسم العقاري شخصا معنويا
لإلنتفاع باإلعفاء من األداء بإعتباره شرطا جوهريا يؤدي اإلخالل به الرجوع إلى املبدأ أي املقترن بالنية في جني مورد رزق ضروري أو التحصيل على الربح. أو شخصا طبيعيا وما إذا متت عملية البيع والتقسيم موضوع املراجعة بصفة عرضية أو
اخلضوع لألداء على القيمة املضافة ،قد طبقت القانون تطبيقا سليما وال تثريب عليها من هذه وحيث طاملا كان التفويت في املقاسم العقارية من طرف املع ّقب مقتصرا على عملية واحدة مستمرة ،فإنه ال التفاتة إلى مهنة الشخص في إخضاعه لألداء على القيمة املضافة من عدمه
الناحية ،األمر الذي يتجه معه رفض الطعن املاثل. فإن ذلك ال يضفي عليه صفة التاجر احملترف للتفويت في متكررةّ ,
عرضية وغير ّ ّ بصفة واجته لذلك رفض هذا املطعن.
tivement résolue. Loin s’en faut, dans Cela dit, il convient de relever que, dans le lotissement effectuée à titre non pro-
les arrêts n° 312897 du 20 avril 2015 son arrêt n° 313441 en date du 27 fessionnel n’est pas soumis à la TVA26.
et n° 314446 du 15 juillet 2016, l’exigi- février 2017, le Tribunal Administratif a
L’épilogue (peut-être) de cette intermi-
bilité de la TVA par les lotisseurs occa- statué dans le droit fil de la position de
nable saga est marqué par l’article 20
sionnels a été confirmée par la haute son assemblée plénière considérant que
de la loi de finances pour l’année 2017,
juridiction qui a clairement souligné وعن صفة الشخص البائع ،إستنادا إلى أحكام الفقرة || -5من الفصل األول من مجلة األداء
qui bien que sans relation aucune avec
que la TVA est exigible en faisant litière على القيمة املضافة التي تنص على خضوع عمليات بيع األراضي من طرف املقسمني العقاريني
لألداء على القيمة املضافة ،وكذلك إلى أحكام الفقرة Iمن نفس الفصل التي تنص أن األداء la problématique que nous abordons
du caractère occasionnel ou habituel de
على القيمة املضافة ينطبق على العمليات اخلاضعة بصرف النظر عن احلالة القانونية لألشخاص ici, a constitué le fer de lance d’un
l’opération de lotissement engagée par
الذين يتدخلون في إجناز العمليات اخلاضعة لألداء أو مهما كانت وضعيتهم إزاء جميع autre revirement jurisprudentiel. En
les personnes physiques24.
األداءات األخرى أو صيغة أو نوعية تدخلهم والصبغة العادية أو العرضية لهذا التدخل. dépit de son apparence anodine et
La DGI, dans une note interne datée du وحيث تبني من خالل دراسة امللفات الواردة على اإلدارة العامة لألداءات أن عديد محاكم sans relation avec le lotissement des
األصل قضت إبتدائيا وإستتنافيا بإلغاء عنصر التوظيف املشار إليه وذلك على أساس أن
7 juillet 2018, s’est basée sur l’arrêt du األداء على القيمة املضافة ال يكون مستوجبا بالنسبة لعمليات التقسيم العقاري التي يقوم بها terrains, cet article, en considérant
20 avril 2015 pour s’attacher à l’exi- أصحاب االراضي عرضيا وليس على سبيل املهنة وباعتبار أن التنصيص بالفصل األول من que les ventes de lots de terrains non
gibilité de la TVA sur les opérations de مجلة األداء على القيمة املضافة على خضوع بيع قطع األراضي من طرف املقسمني العقاريني lotis par les promoteurs immobiliers
lotissement immobilier ; une exigibilité, لألداء على القيمة املضافة يهم فقط البيوعات املنجزة من قبل األشخاص الذين ميارسون هذا font partie du champ d’application de la
fondée soit dit en passant, sur un autre النشاط حسب ترخيص وعلى سبيل املهنة طبقا للشروط املنصوص عليها مبجلة التهيئة TVA, a servi de soubassement juridique
الترابية و التعمير.
principe, très cher à la cassation fis- وحيث تولت اإلدارة تعقيب تلك القرارات أمام احملكمة اإلدارية ومتسكت بأن قضاء محاكم
pour une nouvelle jurisprudence sur
cale ; le réalisme du droit fiscal25. األصل بانتفاء موجب التوظيف على عمليات التقسيم العقاري املنجزة بصفة عرضية. l’applicabilité de la TVA sur les opéra-
24 Tribunal Administratif, Affaire n° 312897 du 20 avril 2015 فيه خرق واضح ألحكام الفصل األول من مجلة األداء على القيمة املضافة ذلك أن خضوع tions de lotissement des terrains par
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،312897تاريخ القرار 20أفريل 2015 عمليات التقسيم العقاري لألداء املذكور ال يتقيد بالصبغة املهنية لعمليات التقسيم وذلك تطبيقا les personnes physiques. Pour l’arrêt n°
وحيث يستروح من األحكام السالف بيانها أن األداء على القيمة املضافة بعنوان عمليات بيع ألحكام الفقرة ( )II-5التي نصت بوجه صريح على عدم إعتبار صفة األشخاص املعنيني 313005 du Tribunal Administratif daté
قطع األراضي من طرف املقسمني العقارين يكتسي طابعا موضوعيا يكون مبقتضاه مستوجبا وصبغة تدخلهم العرضية أو العادية.
du 22 mars 2019, l’article en question
مبجرد إمتام عمليات بيع تنزل في هذا اإلطار بقطع النظر عما إذا كانت متواترة أو عرضية أيا وحيث صدر عن الدائرة التعقيبية الرابعة باحملكمة اإلدارية قرار تعقيبي بتاريخ 20أفريل
2015حتت عدد 312897يقضي لفائدة اإلدارة مبا يلي: de la loi de finances pour l’année 2017
كانت احلالة القانوينة للشخص الذي أجنزها سواء كان ممن يخضعون إلى القانون اخلاص بالبعث
العقاري والذين لهم ترخيص في ذلك ويباشرون منهة التقسيم والبعث العقاري أو من غيرهم ” وحيث يقتضي الفصل األول من مجلة األداء على القيمة املضافة ّأن “ تخضع العمليات dénote d’une volonté législative de ne
من األشخاص العاديني. املنجزة بالبالد التونسية باملعنى املنصوص عليه بالفصل الثالث األتي ذكره لألداء على القيمة pas cantonner la définition des opéra-
وحيث ترتيبا على ما تقدم فإن توظيف األداء على القيمة املضافة على التفويت املعقب ضده املضافة مهما كانت أهدافها ونتائجها ما دامت تكتسي صبغة صناعية تقليدية أو تتعلق tions de lotissement taxables à la TVA
في العقار الذي إستقر على ملكه بعد تقسيمه يكون في طريقه من الناحية القانونية يقطع ياحدى املهن احلرة وكذلك العمليات التجارية غير البيوعات.
aux seuls promoteurs professionnels.
النظر عن صفة البائع وعن الصيغة العرضية لعملية التقسيم العقاري التي قام بها على نحو ما وينطبق هذا األداء مهما كانت:
-احلالة القانونية لألشخاص الذين يتدخلون في إجناز العمليات اخلاضعة لألداء على القيمة Bien au contraire, la personne physique
خلصت إلة ذلك مصالح اجلباية.
وحيث تكون احملكمة املصادرة للحكم املطعون فيه قد حادت عن النهج السليم في تطبيق املضافة أو مهما كانت وضعيتهم إزاء جميع األداءات األخرى . qui lotit, puis cède un terrain, devient
القانون ملا قضت بإلغاء قرار التوظيف اإلجباري يداعي عدم خضوع العملية املذكورة لألداء -صبغة أو نوعية تدخلهم والصبغة العادية أو العرضية لهذا التدخل. soumise à la TVA au titre de cette opé-
على القيمة املضافة بالنظر إلى صبغتها العرضية األمر الذي يتجه معه نقض احلكم املطعون -IIتخضع أيضا لألداء على القيمة املضافة...: ration immobilière, en faisant litière du
فيه من هذه الناحية. )5بيع قطع األراضي من طرف املقسمني العقاريني.”... statut du cédant et du caractère occa-
Tribunal Administratif, Affaire n° 314446 du 15 juillet 2016 وحيث يستروح من األحكام السالف بيانها أن األداء على القيمة املضافة بعنوان عمليات بيع
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،314446تاريخ القرار في 15جويلية 2016 قطع األراضي_من طرف املقسمني العقاريني يكتمي طابعا موضوعيا يكون مبقتضاه مستوجبا sionnel de la vente27.
وحيث متحورت جملة هذه املطاعن حول مدى خضوع عملية بيع املقاسم التي قام بها املعقب عما إذا كانت متواترة أو عرضية وأيّا مبجرد إمتام عمليات بيع تتنزل في هذا اإلطار بقطع النظر ّّ 26 Tribunal Administratif, Affaire n° 313441 du 27 février
إلى األداء على القيمة املضافة من عدمه. كانت احلالة القانونية للشخص الذي أجنزها سواء كان ممّن يخضعون إلى القانون اخلاص بالبعث 2017
وحيث إقتضت الفقرة الفرعية اخلامسة من الفقرة IIمن الفصل 1من مجلة األداء على العقاري والذين ليم ترخيص في هذا ويباشرون مينة التقسيم والبعث العقاري أو من غيرهم احملكمة اإلدارية ،القضية عدد 313441تاريخ القرار في 27فيفري 2017
القيمة املضافة أن تخضع لألداء على القيمة املضافة «عمليات بيع قطع األراضي من طرف من األشخاص العاديني. وحيث سبق للجلسة العامة القضائية للمحكمة اإلدارية أن أقرت في القضية عدد 310880
املقسمني العقاريني». تقدم فإن توظيف األداء على القيمة املضافة على تفويت املعقب ضده وحيث ترتيبا على ما ّ بتاريخ 28جوان 2012املشابهة لصورة احلال أن القراءة املندمجة لألحكام املشار إليها
وحيث عرفت مجلة التهيئة الترابية والتعمير التقسيم العقاري في فصلها 58على أنه «كل إستقر على ملكه بعد تقسيمه يكون في طريقه من الناحية القانونية بقطع في العقار الذي ّ تقضي إلى أن عمليات بيع األراضي اخلاضعة لألداء على القيمة املضافة على معنى الفصل
عملية جتزئة قطعة أرض إلى مقاسم يساوي عددها ثالثة أو أكثر معدة بعد التهيئة للبناء» ،كما النظر عن صفة البائع وعن الصبغة العرضية لعملية التقسيم العقاري التي قام بها على نحو ما األول املذكور أعاله تتعلق بالبيوعات املنجزة من قبل املقسمني العقارين الذين يخضعون لنظام
نصت الفقرة 5من نفس الفصل على أنه « يعد أيضا تقسيما بيع جزء أو أجزاء مشاعة من خلصت إلى ذلك مصالح اجلباية». قانوني خاص ،يتمتعون فيه بترخيص ملمارسة هذه املهنة ،وعليه فإن احكام الفصل املذكور ال
عقار معد للبناء حسب التراتيب اجلاري بها العمل». لذا أنتم مدعوون في إطار الرد عند اإلقتضاء على إعتراضات أو طعون املطالبني باألداء أو تنطبق على األشخاص الذين يفوتون في أراضيهم دون ان تكون لهم صفة مقسم عقاري على
وحيث يستروح من هذه األحكام أن األداء على القيمة املضافة بعنوان عمليات بيع قطع في إطار إستئناف األحكام اإلبتدائية إلى اإلستئناس بالقرار التعقيبي املشار إليه باملرجع أعاله معنى القانون عدد 17لسنة 1990املؤرخ في 26فيفري 1990واملتعلق بتحوير التشريع
األراضي املقسمة يكتسي طابعا موضوعيا يكون يكون مبقتضاه مستوجبا مبجرد إمتام عمليات ملكرس فقها وقضاءا والذي يقتضي عدم التقيد جبائيا مع تدعيمه مببدأ واقعية القانون اجلبائي ا ّ اخلاص بالبعث العقاري وال يقومون بعملية البيع في نطاق ذلك اإلحتراف.
بيع تتنزل في هذا اإلطار بصرف النظر عما إذا كانت متواترة أو عرضية وأيا كانت احلالة بالوصف القانوني للنشاط أو للعمليات احملققة للدخل لتطبيق القاعدة القانونية اجلبائية بل يتم وحيث لئن تبني من ملف القضية أن املعقب ضدها تولت رفقة شقيقاتها تقسيم عقار على
القانونية للشخص الذي أجنزها سواء كان ممن يخضعون إلى القانون اخلاص بالبعث العقاري تطبيق القاعدة اجلبائية وفق الطبيعة احلقيقية لذلك النشاط أو لتلك العمليات وعلى املداخيل ملكهن إلى مقاسم وقع التفويت فيها ،فإنه لم يتضمن ما يفيد انها كانت متتهن تقسيم العقارات
واملتحصلني على ترخيص في الغرض ويباشرون منهة التقسيم والبعث العقاري أو من غيرهم الفعلية احملققة منها بقطع النظر عما تفرضه القوانني األخرى من إجراءات وشروط كاحلصول والتفويت فيها ،األمر الذي يكون معه إخضاعها لألداء على القيمة املضافة بذلك العنوان
من األشخاص العاديني. على تراخيص إدارية ملمارسة ذلك النشاط مبعنى أن مبدأ واقعية القانون اجلبائي يخول مخالفا لألحكام املذكورة وكان قضاء محكمة اإلستئناف القاضي بإبطال قرار التوظيف
وحيث ترتيبا على ما تقدم فإن توظيف األداء على القيمة املضافة على تفويت املعقب في ملصالح اجلباية تعقب املداخيل احملققة وإخضاعها لألداء املستوجب حتى في صورة حتقيق اإلجباري لألداء في طريقه ،وأضحى التمسك باملطعنني املتعلقني بخرق أحكام الفصل 7
العقار الذي إستقر على ملكه بعد تقسيمه يكون في طريقه من الناحية القانونية بقطع النظر عن تلك املداخيل خالفا للصيغ القانونية ،و هو ما استقر عليه فقه قضاء احملكمة اإلدارية بعديد من القانون عدد 82لسنة 2000املؤرخ في 9أوت 2000املتعلق بإصدار مجلة احلقوق
صفة البائع وعن الصبغة العرضية لعملية التقسيم العقاري التي قام بها على نحو ما خلصت القرارات التعقيبية من بينها: واإلجراءات اجلبائية ،وخرق أحكام الفصل 20من نفس املجلة غير ذي جدوى ،وتعني رفض
إليه مصالح اجلباية. -القرار التعقيبي الصادر عن الدائرة التعقيبية الثانية للمحكمة اإلدارية حتت عدد 311514 الطعن املاثل.
وحيث يغدو واحلالة ما ذكر قضاء محكمة احلكم املنتقد بإقرار ما إنتهت إليه مصالح اجلباية بتاريخ 27جوان 2011الذي ورد فيه« :وحيث أن عدم تسجيل ذلك العقد في القباضة 27 Tribunal Administratif, Affaire n°313005 du 22 mars 2019
من توظيف األداء على القيمة املضافة على تفويت املعقب في أجزاء من العقار إستقرت على املالية ال يحول دون إعتماده واألخذ به لواقعية القانون اجلبائي الذي يفرض األخذ بالوثائق احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،313005تاريخ احلكم 22مارس 2019
ملكه بعد تقسيمها في طريقه واقعا وقانونا ومعلال تعليال مستساغا ،مما يتجه معه رفض هذه واحلجج حتى وإن كانت مخالفة للقوانني املنظمة لها عالوة على أن القاضي وف صورة تقدمي وحيث ومما يدعم هذه القراءة التنقيح املدخل على الفصل 1من مجلة األداء على القيمة
املطاعن كرفض الطعن برمته. عقد غير منصوص بنسخته املدلى بها بأنه معفى من معاليم التسجيل فإنه يتعني عليه اإلذن املضافة مبوجب الفصل 20من قانون املالية عدد 78لسنة 2016املؤرخ في 17ديسمبر
25 Note DGI n° 6078 du 7 juillet 2018 تلقائيا بإيداع نسخة العقد بكتابة احملكمة بغاية إحالتها على قابض االلية املؤهل قصد تسجيلها 2016والذي أضيفت مبقتضاه فقرة 5مكرر يخضع بوجوبها لألداء على القيمة املضافة «
عمال بأحكام الفصل األول من مجلة األداء على القيمة املضافة فقرة « 5-11تخضع دون أن يحول ذلك إلى أخحذه كوسيلة إثبات». بيع قطع االراضي من قبل الباعثني العقاريني.
العمليات املنجزة بالبالد التونسية باملعنى املنصوص عليه بالفصل الثالث اآلتي ذكره لألداء على -القرار التعقيبي الصادر عن اجللسة العامة حتت عدد 312305بتاريخ 23مارس وحيث أن اإلدارة التشريعية إجتهت مبوجب التنقيح املذكور إلى إخضاع الباعثني العقاريني
القيمة املضافة مهما كانت أهدافها ونتائجها ما دامت تكتسي صبغة صناعية تقليدية أو تتعلق 2015والذي جاء به ما يلي: لألداء على القيمة املضافة بخصوص بيع األراضي املنجزة من طرفهم مبا ال يستقيم معه واحلال
بإحدى املهن احلرة وكذلك العمليات التجارية غير البيوعات. “وحيث ان القانون اجلبائي بحكم طبيعته الواقعية فانه يتسلط على األنشطة الفعلية ويتعقب ما ذكر حصر مفهوم املقسمني العقاريني في املقسمني احملترفني.
وينطبق هذا األداء مهما كانت: املداخيل احلقيقية،دون التقيد مبدى التزام املطلوب باألداء مبا متليه عليه النصوص القانونية وحيث ترتيبا على ما تقدم ،فإن توظيف األداء على القيمة املضافة عل تفويت املعقب ضده
-احلالة القانونية لألشخاص الذين يتدخلون في إجناز العمليات اخلاضعة لألداء على القيمة املنظمة للنشاط الذي ميارسه. في العقار الذي إستقر على ملكه بعد تقسيمه يكون في طريقه من الناحية القانونية بقطه
املضافة أو مهما كانت وضعيتهم إزاء جميع األداءات األخرى . و حيث أن ثيوت تفويت املعقب ضدها لعقار بتلك املساحة و بذلك الثمن لفائدة النظر عن صفة البائع وعن الصبغة العرضية لعملية التقسيم العقاري التي قام بها على نحو ما
-صيغة أو نوعية تدخلهم والصبغة العادية أو العرضية لهذا التدخل. جدية تدل على ّأن الغرض من التفويت كان لغرض البناء ال الباعث عقاري هي مؤشرات ّ خلصت إلى ذلك مصالح اجلباية.
- IIتخضع أيضا لألداء على القيمة املضافة...: كعمار فالحي لم يكن الغرض منه إآل اإلنتفاع متسكها بالوصف القانون لذلك العقار ّ وأن ّ
الفالحة َ ّ وحيث تكون احملكمة املصدرة للحكم املطعون فيه قد حادت عن النهج السليم في تطبيق
)5بيع قطع األراضي من طرف املقسمني العقاريني.”... مبا يخولها لها القانون من إعفاء من دفع األداء بعنوان القيمة الزائدة العقارية عند التفويت في القانون ملا قضت بإلغاء قرار التوظيف اإلجباري بداعي عدم خضوع العملية املذكورة لألداء
وحيث تطبيقا لألحكام املشار إليها دأبت مصالح اجلباية على إخضاع عمليات بيع املقاسم عمار فالحي وهو أمر الميكن مجحارامتا فيه بناء على أن اإلعفاء من بحجة أنه ّهذا العقار ّ على القيمة املضافة بالنظر إلى صبغتها العرضية ،األمر الذي يتجه معه نقض احلكم املطعون
العقارية لألداء على القيمة املضافة بصرف النظر عن الصبغة العرضية أو املتواترة لهذه العمليات ذلك األداء يحب أن يقترن مبا يثبت احملافظة على صبغة العقار الفالحية . فيه من هذه الناحية.
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|62_63
C’est peut-être le moment idoine de estimé que la TVA n’est pas due sur la
revenir sur le débat qui précédé l’adop- vente occasionnelle du terrain en l’état, Les critères de choix
tion de l’article 20 de la loi de finances à moins que la société ait récupéré la
entre présomptions
de droit ou de fait ou
pour l’année 2017. Pour le cas des TVA initialement. Bien évidemment, sommes portées sur
promoteurs immobiliers, et jusqu’au si la TVA a été récupérée par ladite la dernière déclara-
31 décembre 2016, la position de la société, il y a lieu de reverser la TVA tion pour établir la
doctrine administrative n’a jamais été initialement déduite31. taxation d’office en
constante : cas de défaut de dé-
> Dans d’autres prises de position pôt des déclarations
> Dans un premier lieu, la DGELF a parues en 2016, l’administration a
précisé que la cession du terrain non considéré de nouveau que le promoteur
loti n’est pas soumise à la TVA, quand immobilier doit collecter la TVA sur le
En cas de défaut de dépôt de décla-
la cession du terrain est une opéra- prix de vente des terrains vendus en
rations, la question s’est posée pour
tion exceptionnelle et non répétée et l’état, même si l’opération revêt un
savoir si l’administration peut cumu-
quand la société n’a pas récupéré la caractère occasionnel32.
ler, dans la même taxation d’office,
TVA lors de l’acquisition dudit terrain.
> La question a été par la suite tranchée présomptions de droit ou de fait et
Si, en revanche, la société de promo-
tion immobilière a l’habitude d’acheter par la note commune n° 17 de l’année sommes portées sur la dernière décla-
des terrains et de les revendre, elle se 2016, qui a estimé que toutes les ventes ?ration
comporte en marchand de biens et la des terrains lotis ou non lotis par les
Dans un premier temps (Arrêts n°
cession est soumise sur la base de la promoteurs immobiliers sont soumises à
39681 du 22 juin 2009 et n° 311904
différence entre le prix d’achat toute la TVA au taux de 18%, et ce, sur la base
du 20 février 2012), le Tribunal Admi-
charge comprise et le prix de vente au du prix de vente tous frais, droits et
nistratif répond par la négative, consi-
taux de 18%28. En dehors du cas des taxes inclus à l’exclusion de la TVA.
dérant que l’administration est tenue
marchands de biens, lorsque la société A compter du 1er janvier 2017, l’article d’adopter la même méthode pour tous
de promotion immobilière a déduit la 20 de la loi de finances pour l’année les impôts concernés par la taxation
TVA lors de l’acquisition du terrain et 2017 a validé législativement la doc- d’office33.
décide de le céder, elle est tenue de trine administrative, considérant que
reverser le montant de la TVA initiale- Ensuite, dans l’arrêt n° 312659 du 25
les ventes de lots de terrains non lotis
ment déduite29. avril 2016, le Tribunal Administratif
par les promoteurs immobiliers, font
a estimé que l’obligation d’adopter la
partie du champ d’application de la TVA
> Ensuite, la doctrine a estimé qu’un même méthode de taxation concerne le
et est soumise à cette taxe au taux de
promoteur immobilier est tenu de même impôt seulement et qu’il est pos-
18% (actuellement 19%) n
collecter la TVA sur le prix de vente sible pour l’administration de cumuler
des terrains non lotis, et ce, en faisant l’application des deux méthodes dans le
31 Prise de position DGELF n° 1060 du 26 mai 2015
abstraction de la récupération ou non تخضع لألداء على القيمة املضافة بنسبة 18%عمليات بيع قطع األراضي من قبل املقسمني même arrêté de taxation d’office quand
de la TVA lors de l’achat dudit terrain30. العقاريني أو من قبل األشخاص الذين يقومون عادة بشراء هذه األمالك لغرض بيعها وذلك le défaut concerne plusieurs impôts et
> Dans plusieurs prises de position طبقا ألحكام الفقرتني الفرعيتني 5و 7من الفقرة IIمن الفصل األول من مجلة األداء على taxes34 n
parues en 2015, l’administration est القيمة املضافة.
revenue à sa position initiale et a وإذا تعلق األمر بعملية بيع قطعة األرض على حالتها وبصفة عرضية فإنها ال تخضع لألداء
على القيمة املضافة. 33 Tribunal Administratif, Affaire n° 39681 du 22 juin 2009
28 Prise de position DGELF n° 2257 du 6 octobre 2000
هذا وبالنسبة للحالة اخلاصة وفي صورة خضوع املساهم لألداء على القيمة املضافة وقيامه احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،39681تاريخ القرار في 22جوان 2009
تبعا ملكتوبكم املشار إليه باملرجع أعاله الذي أفدمت مبقتضاه أن شركة للبعث العقاري اقتنت بطرح األداء الذي حتملته عملية إقتناء العقار موضوع املساهمة فإنه يطالب بدفع األداء وحيث يستشف من الفصل املذكور ان املشرع ّمكن االدارة اجلبائية عند توظيف األداء من
قطعة أرض مخصصة لبناء عقارات معدة للسكن ثم قامت ببيعها على حالتها ,وإزاء ذلك املذكور. وإما إعتماد املبالغ التي تضمنها
طلبتم معرفة ما إذا كانت عملية البيع املذكورة خاضعة لألداء على القيمة املضافة ,يشرفني فإما إعمال القرائن الفعلية والقانونية ّ
استعمال احدى الطريقتني ّ
وفي صورة تولّي الشركة موضوع اإلستشارة طرح األداء على القيمة املضافة املتعلق بقطعة اخر تصريح مع اعتماد حد ادنى لالداء غير قابل لالسترجاع يساوي خمسني دينار دون ان
إعالمكم أنه عمال بأحكام الفقرتني الفرعيتني 5و 7من الفقرة اا من الفصل األول من مجلة األرض التي مت تسجيلها ضمن أصول الشركة ثم التفويت فيها بإعتبار أنها تخلت عن املشروع يكون لها احلق في اجلمع بينهما.
األداء على القيمة املضافة ,تخضع لألداء املذكور عمليات بيع قطع األراضي في حالة إجناز املذكور فإن الشركة تكون مطالبة بدفع مبلغ األداء على القيمة املضافة الذي ّمت طرحه .كما وحيث طاملا في قضية احلال أن االدارة اعتمدت لتعديل وضعية املطالب باألداء على الطريقتني
هذه العمليات من قبل املقسمني العقاريني أو من طرف األشخاص الذين يقومون عادة بشراء قطع يجب التنصيص على مبلغ األداء على القيمة املضافة موضوع التعديل على وثيقة البيع. معا فان قضاء محكمة االستئناف بإلغاء قرار التوظيف كان في مح ّله.
األراضي لغرض إعادة بيعها على حالتها. Prise de position DGELF n° 1689 du 31 août 2015 Tribunal Administratif, Affaire n° 311904 du 20 février 2012
وعلى أساس ما سبق وفي حالة إجناز عملية بيع قطعة األرض موضوع السؤال بصفة عرضية تبعا ملكتوبكم املشار إليه باملرجع أعاله الذي طلبتم مبقتضاه معرفة النظام اجلبائي في مادة احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،311904تاريخ القرار في 20فيفري 2012
فإن العملية املذكورة ال تخضع لألداء على القيمة املضافة .أما إذا كانت الشركة قد أجنزت األداء على والقيمة املضافة لعملية التفويت في قطعة أرض مقسمة ألسباب مالية ،يشرفني وحيث يستخلص من عبارات الفصل 48من مجلة احلقوق واإلجراءات اجلبائية عدم جواز
سابقا عمليات شراء قطع أراضي وبيعها على حالتها ,فإن التفويت في قطعة األرض يخضع إعالمكم أنه وفقا ألحكام الفقرتني الفرعيتني 5و 7من الفقرة IIمن الفصل األول من مجلة اجلمع مطلقا أي أنه يتعني على اإلدارة في صورة حتقق شروط الفصل 47من نفس املجلة،
لألداء على القيمة املضافة بنسبة 18%على أساس الفارق بني ثمن البيع وثمن الشراء مع األداء على القيمة املضافة تخضع لألداء على القيمة املضافة بنسبة 18%عمليات بيع قطع إتباع طريقة واحدة لكل األداءات التي تسلطت عليها عملية التوظيف ذلك أن عبارات النص
اعتبار كل املصاريف واألداءات واملعاليم باستثناء األداء على القيمة املضافة وذلك طبقا األراضي من طرف املقسمني العقاريني أو من طرف األشخاص الذين يقومون عادة بشراء هذه جاءت من جهة مطلقة ،كما أن عبارتي «وجوبا» و «أو» الواردتني بالنص هي عبارات
ألحكام الفقرة الفرعية 2من الفقرة ا من الفصل 6من مجلة األداء على القيمة املضافة. األمالك لغرض إعادة بيعها. تفيد التضييق واحلصر.
ونظرا الرتباط خضوع العملية املذكورة لألداء على القيمة املضافة أو عدم خضوعها بالنشاط وإذا تعلق األمر بعملية بيع قطعة األرض على حالتها أي دون تقسيمها وبصفة عرضية فإنها ال وحيث بناءا عليه وطاملا تبني أن اإلدارة لم تلتزم نفس الطريقة بخصوص كل األداءات التي
السابق للشركة ,فإنكم مدعوون لالتصال مبصالح املراقبة اجلبائية املختصة لغاية احلسم في تخضع لألداء على القيمة املضافة. شملتها عملية املراجعة فإن ما إنتهت إليه محكمة احلكم املطعون فيه يغدو في غير طريقه،
املوضوع . غير أنه وفي صورة إنتفاع الشركة بطرح األداء على القيمة املضافة املتعلق بقطعة األرض تكون األمر الذي يتجه معه قبول هذا املطعن.
29 Prise de position DGELF n° 1230 du 15 août 2009 مطالبة بدفع األداء على القيمة املضافة الذي مت طرحه ،وفقا ألحكام الفقرة الفرعية 2من 34 Tribunal Administratif, Affaire n° 312659 du 25 avril 2016
وجوابا ّ ،يشرفني أن أحيطكم علما أن الشركة العقارية “أ” التي قامت بإقتناء قطعة أرض الفقرة IVمن الفصل 9من مجلة األداء على القيمة املضافة .كما يجب التنصيص على مبلغ احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،312659تاريخ القرار في 25أفريل 2016
موضوع اإلستشارة وإعادة التفويت في ا لفائدة شركتكم مطالبة وفقا أحكام الفصل 9من األداء على القيمة املضافة الذي مت طرحه ,وفقا ألحكام الفقرة الفرعية 2من الفقرة IVمن وحيث وعليه وطاملا جاء اخليار املخول إلدارة اجلباية في توظيفها لألداء إجباريا في حالة
مجلة اإلداء على القيمة مت طرحه والتنصيص على مبلغ اإلداء املضافة بدفع كامل مبلغ اإلداء الفصل 9من مجلة األداء على القيمة املضافة .كما يجب التنصيص على مبلغ األداء على اإلغفال الكلي بني اإلعتماد على القرائن القانونية والفعلية أو على عناصر التوظيف املضمنة
على القيمة املضافة الذي موضوع التعديل على وثيقة البيع. القيمة املضافة موضوع التعديل على وثيقة البيع. بآخر تصريح مودع من قبل املطالب بالضريبة على معنى أحكام الفصلني 47و 48املذكورين
30 Prise de position DGELF n° 1781 du 2 septembre 2013 32 Prise de position DGELF n° 2147 du 18 juillet 2016 خيارا عاما ومطلقا ،ولم يقيده املشرع بضرورة إعتماد طريقة واحدة ضمن التوظيف في
بإعتبار أن عمليات بيع العقارات تدخل ضمن نشاط البعث العقاري فإن عملية بيع قطعة هذا وبإعتبار أن عمليات بيع العقارات تدخل ضمن نشاط البعث العقاري ،فإن عملية بيع مجمله ،فإن ذلك اخليار حتما متعلقا بالضريبة الواحدة وباألداء الواحد.
أرض غير مقسمة على حالتها تبقى خاضعة لألداء على القيمة املضافة حتى ولو تعلق األمر قطعة األرض موضوع اإلستشارة تبقى خاضعة لألداء على القيمة املضافة حتى ولو تعلق وحيث ولئن كان من غير املسموح به ملصالح اجلباية إعتماد الطريقتني بالنسبة لنفس الضريبة أو
بعملية عرضية. األمر بعملية عرضية. األداء ،فإنه يخول لها في إطار التوظيف اإلجباري الواحد متى لم يتوفر لديها تصريح مودع أن
وبالتالي فإن عملية بيع قطعة األرض غير املقسمة على حالتها من قبل الباعث العقاري تخضع وبالتالي فإن عملية بيع قطعة األرض موضوع اإلستشارة تخضع لألداء على القيمة املضافة تعتمد العناصر املضمنة به وأن تلجأ إلى القرائن القانونية والفعليه متى لم يتوفر هذا التصريح.
لألداء على القيمة املضافة بنسبة 18%وذلك بصرف النظر عن طرح األداء على القيمة بنسبة 18%على أساس ثمن البيع بإعتبار جميع املصاريف واملعاليم واألداءات بإستثناء وحيث جاء عمل مصالح اجلباية في هذا اخلصوص سليما وال تثريب بالتالي على محكمة
املضافة بعنوان عملية اإلقتناء من دونه. األداء على القيمة املضافة وذلك طبقا ألحكام الفصل 6من مجلة األداء على القيمة املضافة. احلكم املنتقد ملا أقرت أعمالها من هذه الناحية وتعني لذلك رد هذا املستند كسابقيه.
extracomptable, un arrêt du 14 janvier Reste à rappeler l’apport de la loi de
Les conséquences du 2008 oblige l’administration à prendre finances pour l’année 2014 : Modifiant
rejet de la comptabi- en considération les factures et la TVA l’article 9 du CTVA, l’article 40 de la
lité sur la récupéra-
tion de la TVA ayant grevé les achats du contribuable loi n° 2013-54 du 30 décembre 2013,
dont la comptabilité a été rejetée38. portant loi de finances pour l’année
Mais, cette règle doit être entendue 2014 a expressément admis la déduc-
Pour le Tribunal Administratif, dans dans la limite de l’office du juge de cas- tion de la TVA mentionnée sur les
les affaires n° 32719 du 20 mai 2002 sation. Aussi, le Tribunal Administratif, factures d’achats conformes aux dispo-
et n° 35118 du 31 octobre 2005, le considère-t-il qu’il appartient toujours sitions de l’article 18 du CTVA et ayant
défaut de tenue de la comptabilité au juge du fond d’évaluer la force pro- été retenues par l’administration fiscale
entraîne, en principe, la perte du droit à batoire des factures présentées par le pour la reconstitution extracomptable
déduction35. contribuable afin de se prononcer sur du chiffre d’affaires. Par ailleurs, elle
La présentation des factures d’achat son droit à la déduction de la TVA39 et prévoit l’application d’une amende fis-
est insuffisante pour récupérer la TVA, qu’il ne peut pas dénier le droit à dé- cale administrative au taux de 50% du
lorsque la comptabilité est irrégulière- duction de la TVA au contribuable dont montant de la TVA ainsi déduite n
ment tenue et que le contribuable ne la comptabilité est rejetée, sans avoir
tient pas le livre des achats prévu par au préalable examiné les factures qu’il a L’éligibilité des
l’article 9 du CTVA36. présentées40. pharmaciens à
القيمة املضافة بالفواتير والكشوفات القانونية فإن محكمة احلكم املنتقد لم تخالف القانون
l’article 49 du CII
Dans d’autres affaires (n° 35524 du
ملا قضت بطرح األداء على القيمة املضافة املضمن بالفواتير املذكورة ،األمر الذي يتجه معه
12 décembre 2005, n° 311160 du 11 رفض هذا املطعن. Alors que le décret n° 94-492 du 28
avril 2011), le Tribunal Administratif a Tribunal Administratif, Affaire n° 311956 du 14 juillet 2014
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،311956تاريخ القرار في 14جويلية 2014 février 1994 (avant sa modification par
considéré que le rejet de la comptabilité
عن املطعن الوحيد املتعلق بخرق أحكام الفقرة األولى ثانيا من الفصل 9من مجلة األداء le décret n° 2004-8 du 5 janvier 2004),
ou le défaut de tenue du registre des
على القيمة املضافة. fixant les listes des activités relevant
achats prévu par l’article 9 du CTVA حيث متسكت املعقبة بخرق أحكام الفقرة األولى ثانيا من الفصل 9من مجلة األداء على des secteurs prévus par les articles 1,
ne privent pas le contribuable du droit القيمة املضافة مبقولة أن الفصل املذكور إشترط مسك احملاسبة القانونية أو الدفتر اخلاص إلى 2, 3 et 27 du CII, citait explicitement
à déduction de la TVA ayant grevé جانب الفواتير القانونية وهي شروط متالزمة لإلنتفاع بطرح األداء على القيمة املضافة إال أن
احملكمة أيدت احلكم اإلبتدائي الذي اقر بأنه يحق طرح األداء في غياب احملاسبة. les pharmacies, ce qui indiquait que
ses achats37. En cas de reconstitution
وحيث إستقر فقه قضاء احملكمة على إعتبار أنه يجوز للمطالب باألداء عند عدم مسكه lesdites pharmacies étaient éligibles
35 Tribunal Administratif, Affaire n° 32719 du 20 mai 2002 حملاسبة أو إستبعادها من قبل مصالح اجلباية ،اإلستظهار بجميع احلجج والوثائق التي من شأنها aux encouragements fiscaux prévus
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،32719تاريخ القرار 20ماي 2002 إثبات إستحقاقه لطرح األداء على القيمة املضافة مما في ذلك فواتير الشراءات التي تفيد دفعه pour les activités de soutien s’agissant
وحيث انه بالرجوع إلى أوراق امللف اإلستئنافي ،وباإلطالع على احملضر احملرر من طرف لألداء املذكور وتعني بالتالي رفض املطعن الراهن كرفض الطعن برمته. d’établissements sanitaires et hospita-
اإلدارة يوم 28جويلية 1995في شأن اخلاضع للضريبة ،بسبب عدم مسكه وتقدميه Tribunal Administratif, Affaire n° 35385 du 17 octobre 2005
للمحاسبة يتجه القول أن اخلاضع للضريبة لم يثبت توفر الشروط املنصوص عليها بالفصل 9 احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،35385تاريخ القرار 17أكتوبر 2005 liers, l’administration, qui soutenait que
من مجلة األ ق م ليتسنى له املطالبة بطرح األداء املذكور السابق دفعه وعليه ،فإن ما قضت وحيث طاملا ثبت من أوراق قضية احلال أن املعقب ضده كان زمن خضوعه للمراقبة اجلبائية les activités de distribution ne sauraient
به اللجنة بطرح األ ق م عند استظهار املعني باألمر بالفواتير يكون في غير طريقه ويتجه ماسكا حملاسبة بواسطة احلاسوب على النحو الذي جتيزه أحكام الفصل 62من مجلة être éligibles aux avantages du CII) a
نقضه من هذه الناحية. الضريبة ،فإن حرمانه من طرح األ ق م على مشترياته بحجة عدم مسكه للدفتر املشار إليه toujours refusé l’application de l’article
Tribunal Administratif, Affaire n° 35118 du 31 octobre 2005 بالفقرة الفرعية «ج» من الفصل 9من مجلة األ ق م على النحو الذي ذهبت إليه اجلهة املعقبة
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،35118تاريخ القرار 31أكتوبر 2005 أضحى فاقدا لكل أساس قانوني سليم ،ذلك ألن هذا الشرط األخير ال ينسحب على حالته 49 du CII pour les pharmaciens.
وحيث أنه من الثابت أن املعقب ضده ال ميسك حسابية قانونية وال ميكن تبعا لذلك أن ينتفع أصال ويحق للمعقب ضده أن ينتفع بطرح األ ق م الذي علق مبشترياته مبجرد تقدمي الفواتير
بطرح األ ق م املدفوع خاصة وأنه ال ميسك في غياب محاسبة قانونية دفترا مرقما ومؤشرا Inévitablement, un contentieux fiscal
املثبتة لذلك حتى ولو مت رفض احلسابية التي ميسكها لسبب من األسباب.
األمر الذي يكون معه قضاء اللجنة املطعون في قرارها بطرح األداء على أساس بعض الفواتير Tribunal Administratif, Affaire n° 313060 du 15 mai 2017 pléthorique est né, du fait que beau-
مجانبا للصواب وتعني بالتالي قبول هذا املطعن ونقض القرار املطعون فيه على أساسه. احملكمة اإلدارية ،القضية عدد 313060تاريخ القرار في 15ماي 2017 coup de pharmaciens se sont attachés à
36 Tribunal Administratif, Affaire n° 34091 du 29 وحيث إستقر عمل هذه احملكمة عند تطبيق هذه األحكام على أن عدم مسك املطالب une lecture stricte des textes. La haute
décembre 2003 باألداء الدفتر املنصوص عليه بالفصل 9املذكور ال يعني عدم إستحقاقه الطرح ،ضرورة أن
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،34091تاريخ القرار 29ديسمبر 2003 الشروط الواردة بالفصل املذكورة إمنا أراد املشرع إثبات أحقية املطالب باألداء في طرح األداء
juridiction s’est ralliée à une interpré-
وحيث أن مسك فواتير مجردة دون تدوينها في حسابية مطابقة للقانون ال يعتبر وسيلة إثبات وال يتوقف على توفرها اإلستحقاق في الطرح ،خاصة في صورة توصل املعني باألمر إلى tation stricte de la loi admettant l’éligi-
وبالتالي فهذه الفواتير ال متنح وحدها حق الطرح األمر الذي يتجه معه رفض املطعن. إثبات الشراءات املوظف عليها 1976بالفواتير ،فإنه يتعني طرح األداء املذكور املضمن bilité des pharmaciens aux avantages
Tribunal Administratif, Affaire n° 35523 et 35526 du 14 juillet
2006
بتلك الفواتير. fiscaux prévus par l’article 49 du CII en
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد 35523و ،35526تاريخ القرار 14جويلية 2006 38 Tribunal Administratif, Affaire n° 36283 et 36277 du 14
janvier 2008
faveur des activités de soutien41.
وحيث لم يعارض نائب املعقب في عدم استجابة منوبه لشرط مسك دفتر خاص رغم عدم احملكمة اإلدارية ،القضية عدد 36277و ، 36283تاريخ القرار 14جانفي 2008
مسكه حلسابية قانونية ولذلك فإن فاتورات الشراء التي قدمها للجنة املطعون في قرارها ال Même après l’entrée en vigueur du dé-
وحيث بناء على ما سبق ذكره وطاملا اعتمدت اإلدارة طريقة خارقة للمحاسبة لضبط قواعد
يكفي لوحدها حتى ينتفع بطرح األ ق م املوظف على املشتريات ويكون بذلك قرار اللجنة في ملقدمة إليها من الشركة cret n° 2004-8 du 5 janvier 2004, qui
طريقه من هذه الناحية متعني رفض املطعن. يتعي عليها االستناد إلى الفواتير ا ّ
األداءات والضرائب املستوجبة فإنّه ّ
املطالبة باألداء قصد متتيعها بطرح األداء على القيمة املضافة املوظّ ف على الشراءات ،مبا a supprimé les pharmacies de la liste
37 Tribunal Administratif, Affaire n° 35524 du 12 décembre
2005
يغدو معه قضاء اللجنة املطعون في حكمها برفض اعتماد الفواتير املذكورة لعدم تدوينها des établissements de santé éligibles
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،35524تاريخ القرار 12ديسمبر 2005
وتعي لذلك
بدفاتر احملاسبة ورفض طرح األداء على القيمة املضافة مشوبا بخرق القانونّ ، aux avantages fiscaux du CII, le Tribunal
حيث تعيب املعقبة على جلنة القرار املنتقد خرق مقتضيات الفقرة األولى من الفصل 9
قبول املطعن املاثل.
من مجلة األ ق م ذلك أنها تولت طرح األ ق م بناء على الفواتير املقدمة من طرف املطالب 39 Tribunal Administratif, Affaire n° 38765 du 25 mai 2009 موضوعا وإعتمدت في التوظيف على طريقة اإلدماجات ،فمن ثم يحق للشركة املذكورة
بالضريبة رغم أنه ال ميسك حسابية قانونية كما ال ميسك دفترا مرقما ومؤشرا عليه من طرف احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،38765تاريخ القرار 25ماي 2009 اإلستظهار أما محكمة املوضوع بجميع احلجج والبراهني املثبتة حلقها في طرح األداء على
املصالح املختصة وال ميكنه بالتالي التمتع بالطرح املنصوص عليه بالفصل 9من مجلة األ ق م. وحيث أن الشروط الواردة بالفصل 9من مجلة األ ق م إمنا أراد بها املشرع إثبات أحقية القيمة املضافة الذي سبق لها التصريح به كالفواتير القانونية وغيرها ،وإذ قضت محكمة القرار
وحيث أن الشروط الواردة بالفصل 9من مجلة األ ق م إمنا أراد بها املشرع إثبات أحقية املطالب بالضريبة في طرح األ ق م وبالتالي فإن عدم مسك محاسبة قانونية أو عدم مسك املطعون فيه برفض متتيعها بحق طرح األداء على القيمة املضافة املصرح به دون التثبت من مدى
املطالب بالضريبة في طرح األ ق م. الدفتر الوارد بالفصل 9املذكور ال يعني عدم إستحقاق اخلصم ضرورة ان الشروط املنصوص صحة الفواتير التي قدمتها أمامها ،فإن قضاءها على هذا النحو يكون قائما على غير سند
وحيث أن عدم مسك الدفتر الوارد بالفصل 9املذكور ال يعني عدم استحقاق اخلصم ضرورة عليها بالفصل املذكور هي شروط ال يتوقف على توفرها اإلستحقاق في الطرح. صحيح من الواقع والقانون ،األمر الذي يتعني معه قبول املطعن الراهن ونقض القرار املطعون فيه
أن الشروط املنصوص عليها بالفصل املذكور هي شروط ال يتوقف على توفرها االستحقاق وحيث كان على قاضي املوضوع التوصل إلى مدى ثبوت الشراءات املوظف عليها األ ق م على أساسه وذلك دون حاجة إلى إستظهار مدى جدية بقية املطاعن املثارة من نائب املعقبة.
في الطرح. موضوع الفواتير املقدمة في نطاق ما له من سلطة واسعة في تقدير وسائل إثبات اخلصوم، 41 Tribunal Administratif. Affaires n° 38514 et 38931 du 17
وحيث طاملا توصل املعقب إلى إثبات الشراءات املوظف عليها األ ق م بالفواتير والكشوفات أما وقد إكتفت محكمة اإلستئناف برفض متتيع املعقب بطرح األ ق م «لعدم مسكه محاسبة novembre 2008
القانونية فإن جلنة القرار املنتقد لم تخالف القانون ملا قضت بطرح األ ق م املضمن بالفواتير قانونية وعدم إحترام الشروط الواردة مبجلة األ ق م» فإن موقفها يكون مخالفا ملا إستقر عليه احملكمة اإلدارية ،القضية عدد 38514و ،38931تاريخ القرار 17نوفمبر 2008
املذكورة وتعني لذلك رفض هذا املطعن. فقه قضاء احملكمة اإلدارية في هذا اخلصوص وإجته لذلك قبول هذا املطعن. وحيث جاءت عبارة «الصيدلة» التي وردت بالقائمة امللحقة باألمر عدد 492لسنة 1994
Tribunal Administratif, Affaire n° 311160 du 11 avril 2011 40 Tribunal Administratif, Affaire n° 310644 du 21 juin 2010 عامة ومطلقة ودون متييز بني جزئي النشاط الذين تعنيهما تلك العبارة مما يتجه معه تفسيرها
احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،311160تاريخ القرار في 11أفريل 2011 احملكمة اإلدارية ،القضية عدد ،310644تاريخ القرار 21جوان 2010 على إطالقها عمال بأحكام الفصل 533من مجلة اإللتزامات والعقود.
وحيث أن عدم مسك الدفتر املنصوص عليه بالفصل 9من مجلة األداء على القيمة املضافة وحيث إنه من املقرر في قضاء هذه احملكمة أن شرط مسك وثائق احملاسبة إقتضاه القانون وحيث تكون محكمة احلكم املطعون فيه برفضها متتيع جزء من النشاط الذي ميارسه
ال يعني عدم إستحقاق اخلصم ضرورة أن الشروط الواردة بالفصل املذكور إمنا أراد بها املشرع إلثبات احلق في طرح األداء على القيمة املضافة وليس إلستحقاق الطرح ،ومن ّثم فإنه ميكن املعقب وهو نشاط شراء وبيع األدوية باإلمتياز اجلبائي املنصوص عليه بالفصل 49من مجلة
إثبات أحقية املطالب بالضريبة في طرح األداء ويتوقف على توفرها اإلستحقاق في الطرح. للمطالبة باألداء إثبات ذلك احلق بجميع وسيلة اإلثبات املتاحة. اإلستثمارات قد أخطأت في تطبيق الفصل املذكور مما يتجه معه قبول املطعن الراهن ونقض
وحيث طاملا توصلت املطالبة باألداء على إثبات الشراءات املوظف عليها األداء على وحيث إنه تأسيسا على ذلك وطاملا أن مصالح اجلباية رفضت حسابية الشركة املعقبة احلكم املطعون فيه على أساسه.
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Dossier | 02
PRIX
DE TRANSFERT
ET ET
CONTRÔLE
FISCAL DES
FLUX LOCAUX
Le contrôle des prix de transfert : Quelles
conséquences pour l’inapplicabilité de l’article 48
septies du CIRPPIS aux flux locaux
E
n matière fiscale, deux sociétés résidentes ou établies
en Tunisie qui appartiennent au même groupe ne
peuvent se consentir des avantages qu’elles n’auraient
pas accordés à une société extérieure au groupe.
Lorsque l’administration détecte l’existence de transactions
intragroupes rémunérées à des conditions différentes des
conditions qui seraient retenues entre entreprises dépen-
dantes, elle est en mesure de rectifier les déclarations de ces
sociétés et réclamer les compléments d’impôts et/ou de taxes
majorés des pénalités de retard.
A cet égard, commençons par rappeler que c’est l’article 51
de la loi de finances pour l’année 2010, qui a introduit l’article
48 septies du CIRPPIS, et qui, on le rappelle, visait aussi bien
les transactions locales que transfrontalières et qui instaurait
un cadre juridique unique pour les deux types de transactions.
En dépit de cette nature duale, l’article 48 septies du CIRPPIS,
dans sa version originale, offrait au contribuable des garanties
précieuses. Il a en fait instauré des conditions rigoureuses
de dévolution de la charge de la preuve pour redresser les
transactions entre sociétés dépendantes (à la fois locales et
internationales1, et même s’il s’agit de transactions avec des
1 Exposé des motifs de l’article 51 de la loi n° 2009-71 du 21 décembre 2009, portant loi de
finances pour la gestion de l’année 2010 :
حتدد األرباح اخلاضعة للضريبة باعتبار نتائج كل العمليات التي تنجزها الشركة واملبررة بالوثائق الالزمة.
وفقا للتشريع اجلبائي اجلاري به العملّ ،
خاصة أو التي لها عالقات تبعية مع مؤسسات أخرى بصفة وقد تبني على مستوى التطبيق أن املؤسسات التي تربطها عالقات جتارية أو مالية ّ
مباشرة أو غير مباشرة سواء كانت بتونس أو باخلارج ،تعتمد في إطار مبادالتها فيما بينها على أسعار تختلف عن تلك املعتمدة من قبل مؤسسات
مستقلة من خالل خاصة الترفيع أو التخفيض في سعر السلع أو اخلدمات أو األصول وذلك بهدف التقليص من قاعدة الضريبة.
وبالرغم من ّأن كل اتفاقيات تفادي االزدواج الضريبي التي أبرمتها تونس مع البلدان األخرى تضمنت إجراءات خاصة فيما يتعلق بتحديد األرباح
تنص اإلتفاقيات على إمكانية تعديل األرباح التي تقلصت جراء بالنسبة إلى املؤسسات املشتركة وخاصة في عالقاتها التجارية واملالية حيث ّ
يتضمن أحكاما مماثلة.
العالقات اخلاصة بني املؤسسات املشتركة ،فإن التشريع اجلبائي اجلاري به العمل ال ّ
وفي إطار مزيد ترشيد املعامالت بني الشركات التي تربطها عالقات خاصة ومقاربتها مع الشركات املستقلة املتعاطية لنفس األنشطة فيما يتعلق
خاصة بتحديد نتائجها اخلاضعة للضريبة على غرار ما هو معمول به بالعديد من البلدان ،يقترح إرساء أحكام لتفادي التقليص من األرباح الناجتة
عن املعامالت بني املؤسسات التي لها عالقات تبعية مع مؤسسات أخرى موجودة بتونس أو باخلارج وذلك بالسماح لإلدارة بتعديل األرباح املذكورة
على أساس قيمة السلع أو اخلدمات أو غيرها من املبادالت املعتمدة من قبل مؤسسات مستقلة متعاطية لنفس النشاط أو على أساس املعطيات
املتوفرة لدى اإلدارة.
تتحملها املؤسسات بعنوان معامالتها مع املؤسسات التي تربطها بها عالقات تبعية بصفة مباشرة كما يقترح في نفس اإلطار ،ربط طرح األعباء التي ّ
حتملتها مقابل عمليات حقيقية وأنها غير مبالغ فيها.
أو غير مباشرة بإثبات هذه املؤسسات أنها ّ
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1/
dans une autre entreprise où ; Des entreprises sont soumises au contrôle d’une même entreprise qui
y détient plus de 50% du capital social ou des droits de vote où ; Des entreprises sont soumises au
contrôle d’une même personne qui y détient plus de 50% du capital social ou des droits de vote.
Il nous faut d’emblée, avant de continuer, souligner un point à 6 Reconnue par le droit des sociétés (v. CSC; contrôle de fait), la dépendance de fait signifie qu’une
première entreprise exerce directement ou indirectement un véritable pouvoir décisionnel dans une
nos yeux essentiel. On constatera qu’avec la modification de autre entreprise. Même en l’absence d’un contrôle juridique à travers l’exercice du droit de vote, la
dépendance de fait peut résulter de l’existence de relations marquées par une certaine « hégémonie
l’article 48 septies du CIRPPIS, le CIRPPIS se trouve vidé de économique » qu’exerce une entreprise à l’encontre d’une autre. Cette dépendance de fait est donc le
dispositions spécifiques concernant le contrôle des transac- fruit de l’existence d’un faisceau d’indices concordants qui permettent de déduire qu’une entreprise
est capable d’imposer à une autre entreprise d’exercer son activité dans des conditions économiques
tions locales des entreprises dépendantes, ce qui nous ramène bien déterminées.
bien dans sa version initiale introduite par la loi de finances septies du CIRPPIS n’est plus punissable sur le plan pénal, et
pour 2010 que dans la version de la loi de finances pour 2019. ce, lorsque ces factures concernent des transactions locales.
De surcroit, conformément aux dispositions du code pénal2,
le resserrement du champ d’application de l’infraction fiscale
3/ pénale prévue par l’article 94 du CDPF peut entrainer la relaxe
et l’abandon immédiats des poursuites pour les personnes
La troisième conséquence a trait aux obligations probatoires, poursuivies pour avoir établi ou utilisé des factures comportant
particulièrement sophistiquées, qu’édicte l’article 48 septies des montants exagérés, et ce, pour des faits commis avant le
du CIRPPIS, et qui se trouvent désormais réservées aux seuls 1er janvier 2021 et lorsque ces faits ont concerné des transac-
flux transfrontaliers. Il faut rappeler qu’avec l’article 48 sep- tions locales n
ties du CIRPPIS, l’administration se trouve appelée à établir
l’existence d’un avantage consenti en faveur d’une entreprise
dépendante. En outre, en prévoyant que les bénéfices indirec-
tement transférés sont déterminés par comparaison avec ceux
qui auraient été réalisés en l’absence de tout lien de dépen-
dance ou de contrôle, l’article 48 septies du CIRPPIS exige que
l’administration détermine le prix de pleine concurrence en se
livrant à une comparaison avec les pratiques des entreprises
non dépendantes.
4/
La quatrième conséquence, et non pas la moins importante,
concerne le champ d’application de la sanction fiscale pénale
prévue par l’article 94 du CDPF à l’encontre du contribuable
qui « établit ou utilise des factures comportant des mon-
tants exagérés dans les cas prévus par l’article 48 septies
du CIRPPIS ». Cette sanction pénale particulièrement lourde
(emprisonnement de 16 jours à 3 ans et amende de 1.000
DT à 50.000 DT) se trouve, avec l’amendement de l’article
48 septies du CIRPPIS par l’article 15 de la loi de finances
pour 2021, applicable aux seuls flux transfrontaliers (alors
qu’elle visait jusqu’au 31/12/2020 aussi bien les flux locaux
que transfrontaliers1). Autrement dit, à partir du 1er janvier
2021, l’établissement ou l’utilisation des factures comportant
des montants exagérés dans les cas prévus par l’article 48
1 Il faut se rappeler que cette sanction pénale, quand elle a été introduite à l’article 94 du CDPF par 2 Selon l’article premier du code pénal, « Nul ne peut être puni qu‘en vertu d‘une disposition d‘une
l’article 38 de la loi n° 2013-54 du 30 décembre 2013, portant loi de finances pour l’année 2014, loi antérieure.
voulait dissuader les contribuables contre la manipulation des prix de transfert, aussi bien pour les Si, après le fait, mais avant le jugement définitif, il intervient une loi plus favorable à l’inculpé, cette
flux locaux que pour les flux transfrontaliers. loi est seule appliquée ».
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|70_71
obligations déclaratives et Cette théorie, qui est reconnue par la doctrine adminis-
trative3, les pratiques du contrôle fiscal et par la jurispru-
documentaires en matière de prix dence4, ne s’écarte pas des principes énoncés par l’article
de transfert, la loi de finances 48 septies du CIRPPIS. On peut même la lui trouver d’im-
portantes similarités avec le principe de pleine concurrence
pour 2021 n’a pas immunisé les adopté par l’OCDE, et ce, du fait que la normalité d’un prix
nous ramène à la comparaison aux prix qui auraient été
flux intragroupes locaux contre le appliqués entre des personnes indépendantes.
loi supprime les obligations des flux transfrontaliers, elles entrent de jure dans le giron
de l’article 48 septies du CIRPPIS. Pour les flux transfron-
déclaratives et documentaires taliers, l’administration qui choisit de motiver ses redres-
sements en se basant uniquement sur la théorie de l’acte
pour ces flux, sera naïf qui feint anormal de gestion, risque de vicier sa procédure.
du groupe, que la fixation des conditions commerciales opérations financières intra-groupe au respect d’une série
et financières pourraient échapper aux considérations de conditions visant à sauvegarder les intérêts individuels
normales gouvernant les opérations entre parties indépen- des sociétés faisant partie du groupe, en exigeant :
dantes et que les tentations d’évasion fiscale, de fraude à la
loi et d’abus de droit seraient plus intenses dans un groupe • Que l’opération financière soit normale et n’engendre pas
où les régimes d’imposition sont disparates n de difficultés pour la partie qui l’a effectuée,
• Que l’opération soit justifiée par un besoin effectif pour
la société concernée et qu’elle ne résulte pas de considéra-
L’acte anormal de gestion tions fiscales,
reconnaît-il l’intérêt
du groupe ? • Que l’opération comporte une contrepartie effective ou
prévisible pour la société qui l’a effectuée et ;
• Que l’opération ne vise pas la réalisation d’objectifs per-
Le contrôle fiscal des transactions intra-groupe, se heurte sonnels pour les dirigeants de droit ou de fait des sociétés
alors à la question naturelle de savoir s’il faut reconnaître concernées7.
une certaine crédibilité à la notion de « l’intérêt du groupe Sur un plan purement fiscal, le droit tunisien consacre le
». Une reconnaissance de l’intérêt du groupe permettrait principe de l’autonomie juridique de chacune des socié-
alors à une société de sacrifier ses propres intérêts indivi- tés d’un groupe, ce qui rend vaine toute tentative de re-
duels au profit de l’intérêt suprême du groupe. Si le droit cherche d’un intérêt du groupe qui transcenderait les inté-
des sociétés reconnaît cet intérêt suprême, ne trouverait- rêts particuliers de chacune des sociétés. A titre d’exemple,
on pas dans cette reconnaissance une brèche pour ne pas une SUARL ne doit pas consentir des avantages anormaux
appliquer mécaniquement la théorie de l’acte anormal de au profit de sa mère. La circonstance que les résultats de la
gestion pour les transactions intragroupes ? SUARL reviennent pour leur intégralité à la mère, est sans
A ce sujet, il importe d’observer que la notion de l’intérêt influence sur l’application de la loi fiscale dès lors que,
du groupe semble quasi-inopérante en droit des sociétés. l’autonomie fiscale des deux sociétés implique l’imposition
Ceci découle d’abord de l’absence de référence légale à distincte et individuelle de chaque entité.
l’intérêt du groupe qui prive la notion d’un fondement La normalité de gestion doit donc être appréciée au niveau
légal. Ensuite, le groupe ne représente qu’une fiction juri- de chacune des sociétés, où l’administration peut, après
dique démunie de la personnalité morale5. avoir conclu à l’anormalité de la gestion, réintégrer une
Qui plus est, la reconnaissance d’un intérêt du groupe charge intragroupe ou un surcroît exagéré d’une dépense
suppose l’existence juridique d’une possibilité de recours ou ajouter, dans l’assiette de l’IS, le manque à gagner enre-
juridictionnel contre le groupe ; une possibilité qui est en gistré de l’application de conditions préférentielles au profit
principe écartée par le droit des sociétés. Selon l’article d’autres entités apparentées n
476 du CSC, un créancier d’une société appartenant à un
groupe de sociétés ne peut réclamer le payement de ses L’acte anormal de gestion entre
créances qu’à la société débitrice. Même la circonstance l’intransigeance des redressements
qu’une société détienne le contrôle d’une autre (même à fondés sur l’autonomie fiscale des
100%) ne suffit pas, en soi, pour permettre aux créanciers sociétés du groupe et la bienveillance
de la société contrôlée de poursuivre le paiement de leur de la jurisprudence
créance vis-à-vis de la filiale auprès de sa mère pour la
simple raison que les deux sociétés ont des personnalités
morales distinctes. Qu’il nous soit alors permis de poser la question, à la fois
naturelle et cruciale, de savoir s’il faudra dénier toute pos-
La volonté de reléguer l’intérêt du groupe à un rang infé- sibilité pour une société de réaliser, avec d’autres sociétés
rieur est palpable à travers les dispositions de l’article 474 apparentées, des opérations ne dégageant pas de profit ou
du CSC. Déjà, dans l’exposé des motifs de cet article, le un profit insuffisant ? Ces entreprises liées peuvent-elles
législateur proclame haut et fort sa volonté de voir l’intérêt consentir entre elles des prix préférentiels, des avantages
individuel placé avant l’intérêt du groupe. Les dispositions sans contrepartie, des financements gratuits, etc. ? Faut-il
de l’article 474 du CSC, qui représente une brèche dans la admettre une possibilité d’altruisme dans un groupe ? Ou
réglementation bancaire6, ont subordonné la validité des bien, doit-on s’attacher avec tout « l’égoïsme sacré8 » à
l’autonomie fiscale des entités du groupe ?
5 Le groupe de sociétés n’est pas un « sujet de droit ». En effet, et aux termes de l’article 461 du
CSC, le groupe de sociétés ne jouit pas de la personnalité juridique.
7 Pour les opérations financières intragroupe, il y a lieu de noter de prime abord que l’article 474 du
6 Selon l’article 4 de la loi n° 2016-48 du 11 juillet 2016, relative aux banques et aux établissements
CSC autorise tout prêt au sens de la législation relative aux établissements de crédit, toute avance en
financiers, sont considérées opérations bancaires au sens de la présente loi : les opérations de récep-
compte courant ou garantie, quelles qu’en soient la nature et la durée effectués entre les sociétés du
tion de dépôts du public quelles qu’en soient la durée et la forme, les opérations d’octroi de crédits
groupe ayant des liens directs ou indirects de capital, dont l’une dispose d’un pouvoir sur les autre
sous toutes leurs formes, les opérations de leasing, les opérations portant sur le service de gestion
pouvoir dû à la détention de plus de la moitié du capital social.
des crédits « factoring », les opérations bancaires islamiques, la mise à la disposition de la clientèle
Il est remarqué que les opérations de crédit étaient autorisées entre société mère et ses filiales bien
de moyens de paiement et la prestation de services de paiement.
avant même la promulgation de la loi n° 2001-117 du 6 décembre 2001.
Ne sont pas considérées comme opérations bancaires, au sens de la présente loi, les financements
L’autorisation accordée par l’article 474 du CSC concerne à notre avis non seulement les opérations
consentis par les entreprises non agréées en vertu de la présente loi, à leur clientèle pour l’appro-
entre société mère et les entreprises qu’elles contrôlent, mais également toutes les opérations entre
visionnement en marchandises ou prestations de services ainsi que les financements consentis par
sociétés du groupe n’impliquant pas la société mère.
une entreprise au profit d’une autre appartenant à un même groupe au sens CSC ou au profit de ses
agents. 8 J. TUROT, Avantages consentis entre sociétés d’un groupe multinational, RJF, mai 1989
REVUE FISCALE EY|N°4|JUIN 2021|72_73
02_03
Conclusion
en matière d’impôt sur le revenu
du revenu des monnaies virtuelles est celui de la France qui a défini les
ont déclaré qu’elles constituent cryptomonnaies comme des actifs
une forme de patrimoine à des fins numériques selon l’article l. 54-10-1
fiscales.7 du code monétaire et financier : « les Sans aucun doute, la politique
actifs numériques sont civilement fiscale des pays qui ont opté vers la
Dans certains pays, il y a encore une
des biens meubles incorporels, réglementation des « cryptoactifs »
incertitude dans la définition des
imposables à l’impôt sur le revenu, est véritablement très dynamique
monnaies virtuelles, ce qui augmente
sur le fondement de l’article 150 VH avec l’évolution numérique des
les interprétations différentes sur le
bis9 du code général des impôts ». transactions à l’échelle mondiale, la
plan fiscal.
réglementation tunisienne se trouve
Les plus-values de cession d’actifs aujourd’hui devant ce défi surtout
Les monnaies virtuelles étant
numériques bénéficient du même après la mise en place de la première
généralement considérées, aux fins
prélèvement forfaitaire unique que ferme de Mining (Production des
de l’impôt sur le revenu, comme une
les revenus de capitaux mobiliers : crypto-monnaies) en Tunisie en
forme d’actif incorporel ou financier
taux forfaitaire de 12,8 % auquel il 2021.
plutôt que comme une monnaie,
faut ajouter 17,2 % de prélèvements
ce sont les règles normales de
sociaux (une taxe totale de 30 %). La réalité des affaires en Tunisie
l’impôt sur le patrimoine qui sont
Une franchise d’imposition s’applique aujourd’hui nécessite l’existence
susceptibles de s’appliquer plutôt que
lorsque le montant annuel brut des d’une réglementation claire qui fixe,
celles de la taxe sur les opérations de
cessions (et non des plus-values) est définit et réglemente les différents
change.
inférieur à 305 €.10 types d’opérations liées aux
Les règles relatives aux taxes sur les cryptoactifs et les régimes adéquats
En matière de la taxe sur la valeur pour minimiser les interprétations
opérations de change contiennent
ajoutée (TVA) sur le niveau fiscal et en rapport
généralement des dispositions pour
en minimiser les conséquences avec la réglementation de change, et
Le minage, l’échange ou la cession de
fiscales pour les particuliers ou les probablement attirer les investisseurs
monnaies peut également avoir des
opérateurs/mineurs occasionnels, dans un environnement sécurisé
conséquences en matière de TVA,
en autorisant notamment les juridiquement et fiscalement.
la définition de ces « cryptoactifs »
exemptions de minimis ou en revêt aussi une importance
exemptant les transactions particulière pour déterminer leur
effectuées sur les comptes de traitement au regard de la TVA, les
particuliers. En revanche, les revenus pays généralement ont tendance
des transactions immobilières sont à qualifier les monnaies virtuelles
imposables, soit au titre de l’impôt aux monnaies fiduciaires pour
sur les plus-values, soit au titre des appliquer la TVA sur les transactions
revenus commerciaux ou autres, sans de leur échange ou leur cession
exemptions ou avec des exemptions ou production (minage), l’union
minimes pour les particuliers ou les européen à ce jour traite ces
opérateurs occasionnels8 n opérations aujourd’hui comme des
transactions qui mettent en présence
6 OCDE (2020), Fiscalité des monnaies virtuelles : Panorama deux parties, l’une fournissant à
des traitements fiscaux et des sujets émergents de politique
fiscale, OCDE, Paris P.11
l’autre un bien, un service ou un actif
7 OCDE (2020), Fiscalité des monnaies virtuelles : Panorama 11 Cour de justice de l’union européenne
des traitements fiscaux et des sujets émergents de politique 9 Impositions des biens et droits mobiliers ou immobiliers
12 OCDE (2020), Fiscalité des monnaies virtuelles : Panorama
fiscale, OCDE, Paris P.25
10 Article 41 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de des traitements fiscaux et des sujets émergents de politique
8 Ibid. P.26 finances pour 2019 (France) fiscale, OCDE, Paris P.39
REVUE FISCALE EY|N°1|JUIN 2018|84
N°4 | Juin2021
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