Dispositions fiscales Loi de Finances 2021
Dispositions fiscales Loi de Finances 2021
V- MESURES COMMUNES
1. Intégration des revenus provenant de l’élevage de volailles et des équins dans la catégorie des
revenus agricoles.
2. Exclusion des entreprises qui communiquent l’état des ventes par client prévu aux articles 20-I
et 82-I du CGI de l’obligation prévue par l’article 145-V dudit code.
3. Renforcement du dispositif fiscal relatif à la non déductibilité des factures fictives.
4. Institution de la neutralité fiscale pour les opérations de restructuration des établissements et
entreprises publics.
5. Neutralité fiscale des opérations de transfert se rapportant aux installations des énergies
renouvelables réalisées dans le cadre de la loi n° 38-16.
6. Réaménagement du dispositif des sanctions pénales et des règles de procédures applicables à
certaines infractions fiscales.
7. Suspension de la durée de vérification et interruption de la prescription, en cas d’envoi d’une
demande de renseignements auprès des administrations fiscales étrangères.
8. Mise en conformité de certaines règles applicables en matière de prix de transfert avec les
normes internationales.
9. Clarification précisant que les dispositions relatives aux demandes de consultations fiscales
préalables ne visent que les opérations effectuées au Maroc.
10. Prorogation du délai d’application de la mesure transitoire prévue pour l’encouragement des
opérations d’apport d’immeubles aux OPCI.
11. Institution d’une contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus au titre de
l’année 2021.
12. Annulation des amendes, pénalités, majorations et frais de recouvrement concernant
certaines impositions émises antérieurement au 1er janvier 2020.
4
PREAMBULE
Les mesures fiscales introduites par la loi de finances (LF) n° 65-20 pour l’année budgétaire 2021
s’articulent autour des principaux axes suivants :
Le maintien de l’effort d’atténuation temporaire de la charge de certains impôts et taxes afin
de favoriser la relance de certains secteurs en difficulté :
- la prorogation du délai d’application du dispositif d’encouragement des opérations
d’acquisition de biens immeubles destinés à l’habitation ;
- l’application pour une période transitoire de l’abattement forfaitaire aux salaires versés aux
professionnels du sport.
o l’extension de l’éligibilité du régime fiscal des OPCI à la location des immeubles construits à
usage d’habitation ;
o la prorogation jusqu’au 31 décembre 2022 du délai d’application de la mesure transitoire
prévoyant des avantages fiscaux pour l’encouragement des opérations d’apports d’immeubles
aux OPCI.
- l’exonération des intérêts versés aux personnes physiques au titre des emprunts émis par le
Trésor.
- l’exonération des salaires versés au titre des premières embauches des jeunes ;
- l’exonération des salaires versés aux salariés ayant perdu de manière involontaire leurs
emplois, à cause des répercussions de la propagation de la pandémie du Coronavirus (Covid-19).
- la déductibilité des dons en argent ou en nature octroyés aux associations reconnues d'utilité
publique oeuvrant dans un but environnemental ;
- l’institution d’une contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus au titre de
l’exercice 2021.
L’adaptation du régime fiscal applicable à l’élevage de volailles et des équins en intégrant ces
deux activités dans la catégorie des revenus agricoles.
La mise à jour de certaines règles procédurales régissant les prix de transfert en conformité
avec les normes internationales :
Dans le cadre des mesures visant la conformité du système fiscal marocain aux standards
internationaux, deux modifications ont été apportées aux dispositions fiscales régissant CFC.
A- Clarification du traitement fiscal des entreprises financières
L’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 pour l’année budgétaire 2021 a introduit une mesure
de clarification du traitement fiscal applicable à certaines entreprises financières ayant le statut
CFC.
Ainsi, les dispositions de l’article 6-I (B-4° et C-1°) du CGI, ont été modifiées pour préciser que les
entreprises financières visées aux paragraphes 1 et 2 de l’article 4 du décret-loi n° 2-20-665 du
12 safar 1442 (30 septembre 2020) portant réorganisation de « Casablanca Finance City », sont
exclues du régime fiscal de CFC.
Les entreprises financières concernées sont :
- les établissements de crédit ayant cette qualité, conformément à la législation en vigueur ;
- les entreprises d’assurances et de réassurance et les sociétés de courtage en assurances et en
réassurance ayant cette qualité, conformément à la législation en vigueur.
B- Limitation de la durée d’application de l’ancien régime fiscal de CFC à fin 2022
L’article 6-V-2 de la loi de finances n° 70-19 pour l’année budgétaire 2020 avait maintenu
l’application de l’ancien régime fiscal de CFC en vigueur avant le 1er janvier 2020, aux sociétés de
services ayant obtenu le statut CFC avant cette date, sans limitation dans le temps.
Le maintien de ce régime constitue une pratique non conforme aux normes internationales.
Ainsi, dans le but de se conformer auxdites normes en matière de bonne gouvernance fiscale,
l’article 6-IV-1 de la loi de finances n° 65-20 pour l’année budgétaire 2021 a limité la durée
d’application de l’ancien régime fiscal CFC au 31 décembre 2022.
Ainsi, l’ancien régime fiscal de CFC demeure applicable aux sociétés concernées au titre des
exercices clos au plus tard le 31/12/2022.
2. Extension de l’application du régime fiscal spécifique des OPCI, aux immeubles construits à
usage d’habitation
Avant l’entrée en vigueur de la LF n° 65-20 précitée, le bénéfice des exonérations prévues par les
dispositions de l’article 6-I (A et C) du CGI au profit des organismes de placement collectif
immobilier (OPCI) était subordonné au respect de certaines conditions prévues par l’article 7-XI
du CGI précité, dont notamment la distribution d’au moins 85% du résultat de l’exercice afférent
à la location des immeubles construits à usage professionnel.
L’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a complété les dispositions de l’article 7-XI
dudit code, en précisant que sont également éligibles aux exonérations susmentionnées, les
OPCI qui distribuent au moins 85% du résultat de l’exercice afférent à la location des immeubles
construits à usage d’habitation. 7
3. Non-imposition des produits des cessions des participations des établissements et
entreprises publics et de leurs filiales réalisés dans le cadre des opérations de transfert
d’entreprises publiques au secteur privé
Il est utile de souligner l’intérêt que revêt la déductibilité des dons pour soutenir les actions
entreprises par l’Etat ou ses démembrements ainsi que par d’autres entités agissant pour
l’intérêt général.
A cet égard, la déductibilité des dons ayant pour but de servir un intérêt général a été renforcée
par la loi de finances n° 65-20 pour l’année 2021. Ainsi, avant l’entrée en vigueur de la LF n° 65-
20 précitée, l’article 10 (I-B-2°) du CGI prévoyait que seuls les dons en argent ou en nature
octroyés aux associations reconnues d'utilité publique oeuvrant dans un but charitable,
scientifique, culturel, artistique, littéraire, éducatif, sportif, d'enseignement ou de santé, étaient
considérés comme étant des charges d’exploitation déductibles du résultat fiscal.
L’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a complété les dispositions de l’article 10 (I-B-
2°) du CGI, afin d’élargir le champ de déductibilité aux dons en argent ou en nature octroyés aux
associations reconnues d'utilité publique oeuvrant dans un but environnemental.
A titre de rappel, il importe de noter dans ce même contexte, que pour soutenir l’effort national
de lutte contre les répercussions de la pandémie du coronavirus (Covid-19) sur les plans
sanitaire, social et économique, plusieurs entités soumises à l’IS ou à l’IR professionnel avaient
contribué au « fonds spécial pour la gestion de la pandémie du coronavirus (Covid-19) ».
Sur la base de plusieurs éléments de fait et de droit, il a été admis de conférer à cette
contribution, le caractère de charge comptable déductible du résultat fiscal dont le principe a été
consacré et renforcé par l’article 247 bis du code général des impôts introduit par la loi de
finances rectificative pour l’année 2020. 8
Toutefois, il convient de préciser qu’en vertu de l’article précité, les sommes versées sous formes
de contributions, dons ou legs pour le compte de l’Etat doivent être réparties sur plusieurs
exercices. Il s’ensuit que sur le plan fiscal, l’étalement de la déduction de la charge
correspondant à la contribution au fonds précité est admis sur une période de cinq (5) exercices
à partir du premier exercice de sa constatation en comptabilité.
II.- MESURES SPECIFIQUES A L’IMPOT SUR LE REVENU
Les mesures spécifiques à l’impôt sur le revenu se présentent comme suit :
1-Institution de la Contribution Professionnelle Unique (CPU) pour les personnes physiques
soumises à l’IR selon le régime du bénéfice forfaitaire
A compter du 1er janvier 2021, les dispositions du CGI relatives au régime du bénéfice forfaitaire
sont abrogées et remplacées par de nouvelles dispositions relatives au régime de la Contribution
Professionnelle Unique (CPU).
Aussi, l’article 6 de la loi de finances n° 65.20 précitée a complété le CGI par un nouvel article (82
quater) relatif à la déclaration du chiffre d’affaires et des plus-values réalisés par les
contribuables dont les revenus professionnels sont déterminés selon le régime de la CPU.
L’institution de ce nouveau régime a pour objectif de simplifier le régime fiscal applicable aux
personnes physiques exerçant des activités à revenu modeste et de faire bénéficier ces derniers
d’une assurance maladie obligatoire. Ainsi, la CPU comprend, en plus de l’impôt sur le revenu et
des taxes dus au titre de l’exercice d’une activité professionnelle, un droit complémentaire qui
sera destiné à la couverture médicale des contribuables concernés.
Les modalités d’application du régime de la CPU sont commentées dans un guide pratique qui a
été publié sur le site internet de la DGI, sous l’intitulé : « Guide pratique relatif à l’application du
régime de la contribution professionnelle unique ».
2- Elargissement du champ d’application de l’abattement forfaitaire de 50% aux salaires versés
à certains professionnels du sport (entraineurs, éducateurs et à l’équipe technique) et
application des taux d’abattement plus élevés pour une période transitoire
Les revenus salariaux perçus par les sportifs professionnels sont soumis actuellement aux taux
du barème prévu à l'article 73-I du C.G.I, après application d'un abattement forfaitaire de 50%
sur le montant brut imposable desdits salaires, en application des dispositions de l'article 60-III
dudit code.
Dans le cadre des mesures d’accompagnement de la réforme du secteur sportif, l’article 6-I de la
loi de finances n° 65-20 précitée a institué une nouvelle mesure prévoyant d’étendre
l’application de l’abattement précité aux revenus salariaux perçus par les entraineurs,
éducateurs et par l’équipe technique.
Pour bénéficier de cet abattement, les entraineurs, les éducateurs et l’équipe technique doivent
être titulaires d’un contrat sportif professionnel au sens des dispositions de la loi n°30-09 relative
à l’éducation physique et aux sports et d’une licence délivrée par les fédérations sportives.
Par ailleurs, l’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a institué une mesure transitoire
(article 247-XXXII) prévoyant l’application aux revenus salariaux versés aux sportifs
professionnels, entraineurs, éducateurs et à l’équipe technique, d’un abattement de : 9
- 90% au titre de l’année 2021 ;
- 80% au titre de l’année 2022 ;
- 70% au titre de l’année 2023 ;
- 60% au titre de l’année 2024.
A ce titre, il convient de rappeler que cet abattement n'est cumulable avec aucune autre
déduction prévue par le C.G.I.
Date d’effet :
Ces dispositions sont applicables aux salaires acquis à compter du 1er janvier 2021.
3-Institution des droits complémentaires destinés à la couverture médicale des auto-
entrepreneurs
En vue de faciliter l'exercice de l’activité entrepreneuriale, les dispositions de la L.F. pour l’année
2014 ont institué un régime fiscal spécifique et optionnel en faveur des personnes physiques
exerçant leur activité professionnelle en tant qu’auto-entrepreneur.
L’option pour ce régime est subordonnée au respect de certaines conditions, notamment
l’adhésion au régime de sécurité sociale prévu par la législation et la réglementation en vigueur.
Dans le cadre de la mise en oeuvre de la généralisation de l'assurance maladie obligatoire à
l'horizon de 2022, l’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 pour l’année budgétaire 2021 a
institué des droits complémentaires pour les auto entrepreneurs afin de leur permettre de
bénéficier du régime d’assurance maladie obligatoire de base, à l’instar des contribuables soumis
au régime de la contribution professionnelle unique.
Ces droits Montant trimestriel des Montant annuel des
complémentaires sont droits complémentaires droits complémentaires
déterminés en fonction du (en dirhams) (en dirhams)
barème prévu à l’article
73-II-B-6° du CGI rappelé
ci-après et ce, selon les
modalités fixées par voie
réglementaire. Tranches
des droits annuels (en
dirhams)
Moins de 500 300 1200
De 500 à 1000 390 1560
De 1 001 à 2500 570 2280
De 2501 à 5 000 720 2880
De 5001 à 10.000 1050 4200
De 10.001 à 25.000 1500 6000
De 25001 à 50.000 2250 9000
Supérieur à 50 000 3600 14400
Pour le bénéfice de l’exonération de 36 mois, le salarié doit présenter à son employeur tout
document attestant qu’il n’a jamais été identifié en tant qu’assuré auprès de la CNSS par un
employeur.
L’exonération précitée bénéficie également aux stagiaires inscrits à l’agence nationale de
promotion de l’emploi et des compétences, qui viennent d’achever la période de stage de 24
mois .
Par ailleurs, il convient de préciser que les employeurs doivent produire une déclaration
comportant la liste des salariés bénéficiant de l’exonération susvisée conformément aux
dispositions de l’article 79-V du CGI.
Les employeurs qui ne respectent pas les conditions d’exonération précitées, sont régularisés
d’office sans procédure, conformément aux dispositions de l’article 200-III du CGI.
7- Exonération des salaires versés aux salariés ayant perdu involontairement leurs emplois, à
cause des répercussions de la propagation de la pandémie du Coronavirus (Covid-19)
La L.F pour l’année 2021 a complété les dispositions de l’article 247 bis par un nouveau
paragraphe (V) prévoyant à titre transitoire, l’exonération de l’IR du salaire mensuel brut
plafonné à 10 000 dirhams versé par une entreprise, association ou coopérative à un salarié qui a
perdu de manière involontaire son emploi pour des raisons économiques liées aux répercussions
de la pandémie du Coronavirus durant la période allant du 1er mars 2020 au 30 septembre 2020.
Cet avantage est accordé au salarié concerné pendant les 12 premiers mois à compter de la date
de son recrutement sous réserve du respect des conditions suivantes :
- le salarié doit être recruté au cours de l’année 2021 ;
- le salarié doit avoir bénéficié de la caisse de perte d'emploi conformément aux dispositions de
la loi n° 03-14 modifiant et complétant le dahir portant loi n° 1-72-184 du 15 joumada II 1392 (27
juillet 1972) relatif au régime de sécurité sociale ;
- le salarié ne peut bénéficier deux fois de l’exonération précitée.
Pour le bénéfice de cette exonération, l’employeur doit exiger du nouveau salarié de produire
tout document :
- attestant la perte d’emploi entre le 1er mars et le 30 septembre 2020 à cause des répercussions
de la crise sanitaire ;
- et justifiant le bénéfice de l’indemnité pour perte d’emploi.
Par ailleurs, il convient de préciser que les employeurs doivent produire une déclaration
comportant la liste des salariés bénéficiant de l’exonération susvisée conformément aux
dispositions de l’article 79-V du CGI.
Les employeurs qui ne respectent pas les conditions d’exonération prévues à l’article 247 bis-V
du CGI, sont régularisés d’office sans procédure conformément aux dispositions de l’article 200-
III dudit code. 12
III- MESURES SPECIFIQUES A LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTEE
1- Consécration au niveau du CGI de l’assujettissement à la TVA de la profession de comptable
agréé en l’insérant expressément au niveau de l’article 89-I-12°-b) du CGI en tant que
profession règlementée
L’article 6 de la loi de finances pour l’année budgétaire 2021 a complété les dispositions de
l’article 89-I-12°-b) du CGI en citant nommément les comptables agréés parmi les professions
réglementées soumises à la TVA.
2- Suppression de l’exonération sans droit à déduction des métaux de récupération
Avant l’entrée en vigueur de la loi de finances pour l’année budgétaire 2021, les métaux de
récupération étaient exonérés de la TVA sans droit à déduction conformément aux dispositions
de l’article 91-I-C-5° du CGI.
Dans le cadre de la consécration du principe de la neutralité de la TVA, la loi de finances 2021 a
abrogé cette exonération. Ainsi, à partir du 1er Janvier 2021 ces métaux sont soumis à la TVA
dans les conditions de droit commun.
Il est à préciser que cette mesure vise à renforcer la transparence dans le marché des métaux de
récupération et lutter contre les pratiques de manipulation de la TVA constituant des
comportements anticoncurrentiels.
Aussi, les personnes nouvellement assujetties conformément à cette nouvelle mesure, sont
tenues de se conformer aux dispositions de l’article 125-II et IV du CGI.
3- Exonération sans droit à déduction des panneaux photovoltaïques et des chauffe-eaux
solaires
Les dispositions de l’article 6 de la loi de finances pour l’année 2021 ont exonéré de la TVA sans
droit à déduction, les opérations portant sur les ventes des panneaux photovoltaïques et des
chauffe-eaux solaires.
Ainsi, à compter du 1er janvier 2021, les opérations portant sur les ventes des panneaux
photovoltaïques et des chauffe-eaux solaires sont exonérées de la TVA sans droit à déduction
conformément aux dispositions de l’article 91-I-C-(7° et 8°) du CGI.
A ce titre, les opérateurs concernés sont tenus de procéder aux régularisations nécessaires
prévues par les dispositions de l’article 101-1° du CGI.
4- Exonération de la TVA à l’intérieur des engins, équipements et matériels militaires, armes,
munitions ainsi que leurs parties et accessoires
Actuellement, l’article 123-42° du CGI prévoit l’exonération de la TVA à l’importation des engins,
équipements et matériels militaires, armes, munitions ainsi que leurs parties et accessoires
importés par l’Administration de la Défense Nationale et par les administrations chargées de la
sécurité publique.
Par ailleurs, la loi n°10.20 relative aux matériels et équipements de défense et de sécurité, aux
armes et aux munitions prévoit, au niveau de son article 50, que les ventes réalisées au profit
des organes chargés de la défense nationale et des organes chargés de la sécurité et du maintien
de l’ordre public, par les titulaires des autorisations de fabrication des matériels et équipements
de défense et de sécurité, armes et munitions, sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée,
conformément à la législation et à la réglementation en vigueur
La L.F. pour l’année 2014 a modifié les dispositions de l’article 46 du CGI relatif à la définition des
revenus agricoles en considérant comme revenus agricoles, les bénéfices réalisés par un
agriculteur et/ou éleveur et provenant de toute activité inhérente à l’exploitation d’un cycle de
production végétale et/ou animale dont les produits sont destinés à l'alimentation humaine
et/ou animale, ainsi que des activités de traitement desdits produits à l’exception des activités
de transformation réalisées par des moyens industriels.
Au sens de l’article 46 du C.G.I, la production animale relevant du secteur agricole concernait
uniquement la production issue de l’élevage des bovins, ovins, caprins et camélidés.
A compter du 1er janvier 2021, les dispositions de l’article 46 précité ont été complétées par une
nouvelle mesure prévoyant que les revenus provenant de l’élevage de volailles et des équins
sont également considérés comme revenus agricoles .
Concernant particulièrement l’élevage de volailles, il convient de préciser qu’il couvre les
activités qui entrent dans la définition d’un revenu agricole basée sur trois critères :
- le bénéfice réalisé par un éleveur et provenant de toute activité inhérente à l’exploitation d’un
cycle de production animale ;
- les produits sont destinés à l'alimentation humaine et/ou animale ainsi que des activités de
traitement desdits produits ;
- l’exclusion des activités de transformation réalisées par des moyens industriels.
Ainsi, le cycle de production de volailles diffère de celui des autres animaux cités dans l’article 46
susvisé par le fait que ce cycle comporte la phase intermédiaire de la pondaison, l’incubation et
l’éclosion de poussins dont la technique de couvaison est réalisée par des couvoirs. Ces poussins
sont destinés au terme du cycle d’élevage, soit à la vente en tant que volailles de chair soit pour
la reproduction d’oeufs.
2. Exclusion des entreprises qui communiquent l’état des ventes par client prévu aux articles
20-I et 82-I du CGI de l’obligation prévue par l’article 145-V dudit code
Avant l’entrée en vigueur de la LF n° 65-20, les dispositions de l’article 145-V du CGI prévoyaient
que les contribuables qui pratiquent des tournées en vue de la vente directe de leurs produits à
des contribuables soumis à la taxe professionnelle, doivent mentionner sur les factures ou les
documents en tenant lieu qu'ils délivrent à leurs clients, le numéro d'article du rôle d'imposition
desdits clients à la taxe professionnelle. 17
L’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a complété les dispositions de l’article 145-V
dudit code par un nouvel alinéa qui a prévu que cette obligation ne s’applique pas aux
entreprises qui communiquent l’état des ventes par client prévu aux articles 20-I et 82-I du CGI.
3. Renforcement du dispositif fiscal relatif à la non déductibilité des factures fictives
Face à l’ampleur que prend la facturation de complaisance, notamment à travers l’émission des
factures fictives, l’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a complété les dispositions de
l’article 146 du CGI par deux alinéas (2ème et 3ème) dans le but de renforcer les moyens de lutte
contre cette pratique frauduleuse.
Ainsi, le 2ème alinéa de l’article précité vient compléter le 1er alinéa pour préciser que la
déduction d’une facture n’est pas admise lorsque l’administration constate les deux défaillances
suivantes :
- l’émission d’une facture par ou au nom d’un fournisseur qui ne satisfait pas aux obligations de
déclaration et de paiement prévues par le CGI ;
- et l’inexistence d’une activité effective.
Ces deux défaillances constituent ainsi, des conditions cumulatives pour rejeter en matière d’IS,
d’IR et de TVA, la déduction de la facture de complaisance dont l’objet porte sur une opération
fictive de livraison de biens ou de marchandises ou sur une prestation de services ou de travaux
qui n’est pas réellement effectuée.
Dans le cas où l’administration fiscale procède à des poursuites judiciaires à l’encontre des
fournisseurs défaillants précités et afin de sensibiliser les autres contribuables sur le risque qui
se rattache à l’utilisation des factures fictives, le 3ème alinéa de l’article 146 prévoit la publication
par l’administration sur son site électronique, de la liste des numéros d’identification fiscale,
qu’elle tient et met à jour régulièrement après un jugement ayant acquis la force de la chose
jugée, suite à la procédure relative à l’application des sanctions pénales aux infractions fiscales
prévues à l’article 231 du CGI.
A ce titre, il convient de noter que la remise en cause de la déductibilité des factures fictives
n’est pas conditionnée par la publication par l’administration fiscale de la liste des fournisseurs
défaillants précités.
4. Institution de la neutralité fiscale pour les opérations de restructuration des établissements
et entreprises publics
Pour accompagner le projet de refonte globale des Etablissements et Entreprises Publics (EEP)
visant à assurer la cohérence de leurs missions et à améliorer leur efficience économique et
sociale, l’article 6-I de la LF n° 65-20 précitée a complété les dispositions des articles 105-4°, 129-
IV-30° et 161-VI du CGI, afin d’instituer la neutralité fiscale pour toutes les opérations de
restructuration des EEP précités, en matière d’impôt sur les sociétés, de taxe sur la valeur
ajoutée et des droits d’enregistrement.
En matière d’IS :
L’article 161-VI du CGI a prévu que les opérations de restructuration des établissements et
entreprises publics, prévues par les textes législatifs et réglementaires en vigueur, peuvent être
réalisées sans incidence sur leur résultat fiscal, lorsque les éléments apportés sont inscrits dans
le bilan des entités concernées à leur valeur figurant au dernier bilan clos desdits établissements
et entreprises publics avant ces opérations. 18
En matière de TVA :
L’article 129-IV-30° du CGI a prévu l’exonération des droits d’enregistrement, des actes et écrits
relatifs aux opérations de restructuration des établissements et entreprises publics, prévues par
les textes législatifs et réglementaires en vigueur, lorsque les éléments apportés sont inscrits
dans le bilan des entités concernées à leur valeur figurant au dernier bilan clos desdits
établissements et entreprises publics avant ces opérations.
Date d’effet :
Ces nouvelles dispositions sont applicables au titre des opérations de restructuration des
établissements et entreprises publics réalisées à compter du 1er janvier 2021.
5. Neutralité fiscale des opérations de transfert se rapportant aux installations des énergies
renouvelables réalisées dans le cadre de la loi n° 38-16
L’article 161-VII du CGI a prévu que les opérations de transfert prévues par la loi n° 38-16
précitée peuvent être réalisées sans incidence sur le résultat fiscal, à condition que ces transferts
soient réalisés à la valeur nette comptable d’origine à la date du transfert.
En matière de TVA :
L’article 6 de la loi de finances 2021 a institué au niveau de l’article 92-I-53°du CGI l’exonération
avec droit à déduction des opérations de transfert d’actifs relatifs aux installations des énergies
renouvelables réalisées dans le cadre de la loi n° 38-16 modifiant et complétant l’article 2 du
dahir n° 1-63-226 du 14 rabii I 1383 (5 août 1963) portant création de l’Office National de
l’Electricité. 19
Ainsi, en application des dispositions de l’article 105 du CGI tel qu’il a été complété par la loi de
finances 2021, le montant de la TVA relatif auxdites opérations, inscrit au bilan de
l’établissement public, peut être transféré au bilan de la société, à l’instar des opérations de
fusion, scission ou de transformation de la forme juridique, à condition que ce montant soit
identique à celui figurant dans l’acte de transfert.
Par ailleurs, l’article 102 du CGI est complété par une disposition qui exclut ces opérations de
transfert d’actifs de la régularisation relative aux biens amortissables prévue aux articles 102 et
104-II-2° du CGI.
En matière des DE :
L’article 129-IV-31° du CGI a prévu l’exonération des droits d’enregistrement, des actes et écrits
portant transfert d’actifs et de passifs relatifs aux installations des énergies renouvelables réalisé
dans le cadre de la loi n° 38-16 précitée.
Date d’effet :
Ces nouvelles dispositions sont applicables aux opérations de transfert réalisées à compter du 1er
janvier 2021.
6. Réaménagement du dispositif des sanctions pénales et des règles de procédures applicables
à certaines infractions fiscales
Dans le cadre du renforcement des moyens de lutte contre la fraude fiscale notamment celles
relatives à l’usage des factures fictives, l’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 a modifié et
complété les dispositions de l’article 192 du CGI relatif aux sanctions pénales par les dispositions
suivantes :
- l’application des sanctions pénales lorsqu’une personne permet à autrui de se soustraire à sa
qualité de contribuable ou au paiement de l'impôt ou en vue d'obtenir des déductions ou
remboursements indus ;
- l’institution de l’application desdites sanctions en cas d’émission de factures fictives, en plus
des autres cas déjà visés à l’article 192-I du CGI ;
- la suppression de la condition de récidive avant l'expiration d'un délai de cinq (5) ans qui suit
un jugement de la condamnation à l’amende prévue à l’article 192-I du CGI, afin de permettre
l’application des sanctions pénales dès la première infraction.
Concernant la procédure d’application des sanctions pénales aux infractions fiscales prévues à
l’article 231 du CGI, l’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 a modifié et complété cet article,
afin d’introduire les dispositions suivantes :
- l’exclusion des plaintes relatives à l’émission des factures fictives, visées à l’article 192 du CGI,
de la procédure de consultation préalable de la commission des infractions fiscales par le
ministre chargé des finances ou la personne déléguée par lui à cet effet ;
- l’institution de la possibilité pour le ministre chargé des finances ou la personne déléguée par
lui à cet effet de saisir directement le procureur du Roi compétent, à raison du lieu de
l'infraction, pour les plaintes se rapportant aux infractions relatives à l’émission des factures
fictives visées à l’article 192 du CGI.
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7. Suspension de la durée de vérification et interruption de la prescription, en cas d’envoi
d’une demande de renseignements auprès des administrations fiscales étrangères
En vertu des conventions et accords conclus avec les pays partenaires, l’administration fiscale
marocaine dispose du droit de recueillir des renseignements à des fins fiscales auprès des
administrations fiscales étrangères dans le cadre de l’assistance administrative.
Afin d’améliorer l’action de l’administration pour la mise en oeuvre de ce droit, l’article 6-I de la
loi de finances n° 65-20 a modifié les dispositions des articles 212-I et 232-V du CGI afin
d’instituer :
1) La suspension du délai de vérification, en cas d’envoi des demandes de renseignements aux
administrations fiscales des Etats ayant conclu avec le Maroc des conventions ou accords
permettant un échange de renseignements à des fins fiscales, dans la limite de cent quatre-vingt
(180) jours, à compter de la date d’envoi desdites demandes ;
Il est à signaler, à ce titre, que l'inspecteur des impôts est tenu d'informer le contribuable de la
date d’envoi de la demande de renseignements précitée, dans un délai maximum de quinze (15)
jours à compter de la date de cet envoi, selon un imprimé modèle établi par l’administration et
dans les formes prévues à l’article 219 du code précité.
2) L’interruption de la prescription, en cas d’envoi des demandes de renseignements précitées.
Date d’effet :
Ces nouvelles dispositions sont applicables aux procédures de vérification de comptabilité
engagées à compter du 1er janvier 2021.
8. Mise en conformité de certaines règles applicables en matière de prix de transfert avec les
normes internationales
La L.F pour l’année budgétaire 2019 avait institué l’obligation pour les entreprises ayant des liens
de dépendance directe ou indirecte avec des entreprises situées hors du Maroc, de mettre
spontanément à la disposition de l'administration fiscale la documentation permettant de
justifier leur politique de prix de transfert.
Afin d’améliorer ce dispositif fiscal, en conformité avec les normes internationales, l’article 6-I de
la loi de finances n° 65-20 a modifié et complété les dispositions des articles 185-IV, 210 et 214-II
et III du CGI, afin d’introduire les mesures suivantes :
Limitation du champ d’application de l’obligation de présentation de la documentation
des prix de transfert aux grandes entreprises
Ainsi, cette documentation doit être, désormais, produite par lesdites entreprises lorsque :
- leur chiffre d’affaires réalisé et déclaré, hors taxe sur la valeur ajoutée, est supérieur ou égal à
cinquante (50) millions de dirhams ;
- ou leur actif brut figurant au bilan à la clôture de l’exercice concerné est supérieur ou égal à
cinquante (50) millions de dirhams.
L’article 214-III-A du CGI précité a été également complété par une disposition précisant la
procédure à suivre en cas de défaut de communication de tout ou partie de la documentation
précitée au cours de la vérification d’un exercice. Dans ce cas, le contribuable est invité dans les
formes prévues à l’article 219 du CGI, à produire les documents manquants dans un délai de
trente (30) jours à compter de la date de réception de la demande de communication desdits
documents.
Par ailleurs, l’article 214-III du CGI a été complété par un nouveau paragraphe C qui a précisé
qu’à défaut de communication de la documentation précitée dans les délais visés aux
paragraphes A ou B ou lorsque les documents communiqués sont incomplets, insuffisants ou
erronés, le lien de dépendance entre les entreprises concernées est supposé établi.
Institution d’une sanction pour défaut de production de la documentation des prix de
transfert
L’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a complété les dispositions de l’article 185 du
CGI par un nouveau paragraphe IV, afin d’instituer une sanction pour les entreprises n’ayant pas
produit à l’administration fiscale les documents manquants prévus à l’article 214-III- A du CGI
précité.
Ces entreprises sont passibles d’une amende égale à 0,5% du montant des transactions
concernées par les documents non produits.
Le montant de l’amende précitée ne peut être inférieur à deux cent mille (200.000) dirhams par
exercice concerné. Cette amende est émise par voie de rôle.
Amélioration de la rédaction et adaptation de la terminologie
L’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a modifié les dispositions des articles 210 et
214 (II et III-A) du CGI afin d’améliorer la rédaction du texte et d’adapter la terminologie avec les
standards internationaux en la matière.
9. Clarification précisant que les dispositions relatives aux demandes de consultations fiscales
préalables ne visent que les opérations effectuées au Maroc
La loi de finances pour l’année 2018 avait institué la possibilité pour les contribuables de
demander une consultation fiscale préalable à l'administration fiscale pour statuer sur le régime
fiscal applicable à leur situation de fait, au regard de la législation et la réglementation en
vigueur.
Cette demande est limitée aux situations suivantes :
-les montages juridiques et financiers portant sur les projets d’investissement à réaliser ;
-les opérations de restructuration des entreprises et des groupes de sociétés situés au Maroc ;
-les opérations à réaliser entre entreprises situées au Maroc et ayant des liens de dépendance
directs ou indirects ;
-les opérations susceptibles de constituer un abus de droit. 22
Afin de délimiter le domaine d’application du dispositif fiscal relatif à la consultation fiscale
préalable, l’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a modifié les dispositions de l’article
234 quater du CGI, en vue de préciser que lesdites demandes de consultations fiscales ne
peuvent pas porter sur les opérations effectuées avec des entreprises situées hors du Maroc.
10. Prorogation du délai d’application de la mesure transitoire prévue pour l’encouragement
des opérations d’apport d’immeubles aux OPCI
Afin d'accompagner les OPCI durant la première phase de leur lancement, la loi de finances pour
l’année 2017 avait prévu une mesure transitoire pour l’encouragement des opérations d’apport
d’immeubles aux OPCI réalisées, par les contribuables soumis à l’IS et à l’IR professionnel
(RNR/RNS) et par les particuliers, entre le 1er janvier 2018 et le 31 décembre 2020, sous réserve
du respect de certaines conditions.
L’article 6-I de la loi de finances n° 65-20 précitée a modifié les dispositions de l’article 247-XXVI
(A et B) du CGI, afin d’accorder un délai supplémentaire de deux ans pour l’application de la
mesure transitoire précitée.
11. Institution d’une contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus au titre
de l’année 2021
L’article 6-III de la L.F. n° 65-20 pour l’année 2021 a abrogé et remplacé les dispositions du Titre
III du Livre III du CGI, afin d’instituer une contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les
revenus, à verser au titre de l’année 2021.
Personnes imposables
NB : L’article 267 du CGI prévoit d’exclure du champ d’application de la CSS uniquement les
sociétés de services bénéficiant du régime fiscal prévu pour la place financière «Casablanca
Finance City». Ainsi, les sociétés ayant le statut CFC, mais qui ne sont pas éligibles aux avantages
fiscaux de cette place financière, sont tenues de verser la contribution sociale de solidarité sur
les bénéfices et les revenus. 23
Liquidation
Pour les sociétés, la contribution précitée est calculée sur la base du même montant du bénéfice
net visé à l'article 19-I-A du CGI servant pour le calcul de l'impôt sur les sociétés et qui est égal
ou supérieur à un million (1 000 000) de dirhams, au titre du dernier exercice clos, selon les taux
proportionnels ci-après :
- 1,50% pour les sociétés dont le bénéfice net est situé dans la tranche de 1 000 000 à 5 000 000
de dirhams ;
- 2,50% pour les sociétés dont le bénéfice net est situé dans la tranche de 5 000 001 à 40 000
000 de dirhams ;
- 3,50% pour les sociétés dont le bénéfice net est supérieur à 40 000 000 de dirhams.
Pour les personnes physiques, la contribution est calculée sur le revenu global annuel de source
marocaine net d’impôts, constitué des revenus acquis ou réalisés visés à l’article 267 du CGI,
lorsque le montant dudit revenu est égal ou supérieur à 240 000 dirhams. Cette contribution est
calculée selon le taux de 1,50%.
Ainsi, pour :
- les revenus professionnels, la contribution s’applique sur le montant du bénéfice net
comptable ou sur le montant de la base imposable du revenu professionnel réalisé par les
contribuables soumis au régime de la contribution professionnelle unique, diminué du montant
de l’IR exigible ;
- les revenus agricoles imposables, la contribution s’applique sur le montant du bénéfice net
comptable diminué du montant de l’IR exigible ;
- les revenus fonciers, la contribution s’applique sur le montant brut du revenu acquis, diminué
du montant de l’IR exigible ;
- les revenus salariaux, la contribution s’applique sur le revenu brut diminué du montant des
charges et cotisations sociales obligatoires et du montant de l’I.R exigible.
Dans ce cas, la contribution est prélevée sur la base du revenu salarial effectivement perçu par le
contribuable.
Il est à préciser que lorsque l’employeur procède à la déduction des intérêts de prêts pour
l’acquisition ou la construction d’un logement destiné à l’habitation principale ou des primes ou
cotisations se rapportant aux contrats d’assurance-retraite, l’IR à prendre en considération pour
la détermination de la base de la contribution sociale de solidarité, au titre du revenu du salarié,
correspond à l’IR calculé sur la base du revenu net salarial avant d’effectuer lesdites déductions.
Obligations de déclaration
Les sociétés concernées par cette contribution doivent souscrire une déclaration, par procédé
électronique, selon un modèle établi par l’administration, précisant le montant du bénéfice net
visé à l’article 268 du CGI et le montant de la contribution y afférent, dans les trois (3) mois qui
suivent la date de clôture du dernier exercice comptable, et ce conformément aux dispositions
de l’article 270-I du CGI.
Ainsi, les sociétés dont le dernier exercice comptable coïncide avec l’année civile 2020, clôturé le
31/12/2020, doivent souscrire la déclaration précitée dans les trois (3) mois qui suivent cette
date de clôture. 24
Pour les sociétés dont l’exercice est à cheval sur deux années, elles doivent souscrire la
déclaration précitée au titre de l’exercice dont la date d’échéance du dépôt de la déclaration de
trois (3) mois expire en 2021.
Les personnes physiques titulaires de revenus professionnels, agricoles et/ou fonciers doivent
souscrire une déclaration, par procédé électronique, sur ou d’après un imprimé-modèle établi
par l’administration, précisant le montant du ou des revenu(s) net d’impôt visé à l'article 268 du
CGI et le montant de la contribution y afférent, avant le 1er juin de l’année 2021.
Les employeurs et débirentiers qui versent des revenus salariaux et assimilés passibles de la
contribution doivent souscrire une déclaration, par procédé électronique, sur ou d’après un
imprimé-modèle établi par l’administration, en même temps que les déclarations prévues
respectivement aux articles 79 et 81 du CGI.
Cette déclaration doit comporter le montant du revenu net d’impôt visé à l'article 268 du CGI et
le montant de la contribution y afférent.
Les personnes physiques qui disposent de plusieurs revenus salariaux et assimilés versés par
plusieurs employeurs ou débirentiers, doivent souscrire une déclaration de régularisation, par
procédé électronique, sur ou d’après un imprimé-modèle établi par l’administration, avant le 1er
février de l’année 2022.
Cette déclaration doit comporter le montant global net d’impôt visé à l'article 268 du CGI et le
montant de la contribution y afférent.
Obligations de versement
Les sociétés concernées par cette contribution doivent verser spontanément le montant de la
contribution, en même temps que la déclaration visée à l’article 270-I du CGI.
En ce qui concerne les personnes physiques visées à l’article 267 du CGI, le montant de la
contribution doit être versé :
- pour les revenus professionnels, agricoles et fonciers, en même temps que la déclaration visée
à l’article 270-II du CGI ;
- pour les revenus salariaux et assimilés, par voie de retenue à la source opérée par les
employeurs et débirentiers dans le délai et les conditions prévues à l’article 174-I du CGI ;
Dans ce cas, la contribution est versée par l’employeur ou débirentier dans les mêmes conditions
que celles prévues en matière de revenus salariaux, dans le mois qui suit celui au cours duquel
l’IR sur salaires est retenu et versé.
- pour les personnes physiques qui disposent de plusieurs revenus salariaux et assimilés, en
même temps que la déclaration visée à l’article 270-IV du CGI, sous réserve de l’imputation du
montant de la contribution ayant fait l’objet de la retenue à la source par l’employeur ou
débirentier.
Recouvrement, contrôle, contentieux, sanctions et prescription
La contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus s’applique au titre de l’année
2021.
Non déductibilité de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices et les revenus
Les dispositions de l’article 11- IV du CGI, telles que modifiées par l’article 6-I de la L.F. n° 65-20
pour l’année 2021, prévoient que le montant de la contribution sociale de solidarité sur les
bénéfices et les revenus n’est pas déductible du résultat fiscal.
Dispositions transitoires
L’article 6-IV-3 de la L.F. n° 65-20 pour l’année 2021 prévoit que les dispositions relatives à la
contribution sociale de solidarité sur les bénéfices instituée par l’article 7-III de la L.F. n° 80-18
pour l’année 2019 au niveau du Titre III du Livre III du CGI, qui étaient en vigueur au 31
décembre 2020, demeurent applicables, pour les besoins d’assiette, de contrôle, de contentieux
et de recouvrement de cette contribution, aux exercices concernés par ladite contribution (2019
et 2020).
Exemples de calcul de la contribution sociale de solidarité au titre de l’impôt
sur le revenu
1- Cas de revenus salariaux
1-1- Cas d’un salarié Salaire mensuel net Montant de la Montant de la
ayant un salaire d’impôt (base de la contribution contribution
régulier annuel qui contribution) annuelle mensuelle
atteint le seuil
éligible à la
contribution Mois
Janvier 28 000 5 040 420
La contribution n’est due que lorsque le montant cumulé des salaires perçus, pendant un mois,
atteint le seuil d’éligibilité à ladite contribution. Ainsi, ce n’est qu’au mois d’octobre que ledit
seuil est atteint.
La contribution est liquidée sur la base du salaire cumulé au titre d’une période inférieure à 12
mois, net d’impôt, et versée en totalité par les employeurs après imputation de la contribution
déjà versée.
Au mois de décembre, la contribution est calculée sur la base du salaire annuel net d’impôt et
versée après imputation de la somme des montants de la contribution déjà versés.
En définitive, le total des contributions mensuelles versées jusqu’au mois de décembre est égal
au montant de la contribution annuelle calculée sur la base du salaire annuel net d’impôt.
2- Cas de revenus professionnels
Un exportateur, personne physique soumis à l’I.R selon le régime du résultat net réel, a souscrit
au titre de l’exercice 2020 la déclaration de son résultat fiscal et de chiffre d’affaires comme
suit ; sachant que sa première opération d’exportation a été réalisée en 2011, année de création
de son entreprise.
Chiffre d’affaires à l’export : 8.400.000 DH
Bénéfice net de l’exercice comptable : 780.000 DH
Cotisation minimale versée spontanément :
8.400.000 x 0,5% = 42.000 DH
Impôt dû suite à la déclaration du résultat fiscal
Bénéfice de l’exercice : 780.000 DH 27
Déficit reportable : -90.000 DH
Impôt dû : (780.000 -90.000) x 20% = 138.000 DH
I.R exigible après réduction pour charges de famille (trois déductions) et imputation de la CM
déjà versée :
138.000 - 1.080 - 42.000 = 94 920 DH
Base de calcul de la contribution
Revenus nets d’impôt : 780.000 – (94.920 +42.000) = 643.080 DH
Montant de la contribution 643.080 x 1,5 % = 9.646,20 DH
Le contribuable doit souscrire, par procédé électronique, la déclaration de la contribution sur ou
d’après un imprimé-modèle établi par l’administration, en précisant le montant du revenu
professionnel net d’impôt et verser le montant de la contribution y afférent, avant le 1 er juin de
l’année 2021.
N.B : Lorsque ce contribuable bénéficie d’une exonération totale de l’impôt sur le revenu (cinq
premières années d’exportation), la base de liquidation de la contribution est le bénéfice net de
l’exercice comptable déclaré puisque l’impôt est nul.
3- Cas de revenus agricoles
Un contribuable soumis à l’IR au titre de ses revenus agricoles réalise un chiffre d’affaires de
5.800.000 de dirhams.
Le bénéfice afférent à l’exploitation agricole dudit contribuable est de 460.000 dirhams.
Cotisation minimale versée spontanément :
5.800.000 x 0,5% = 29.000 DH
Impôt dû suite à la déclaration annuelle du revenu global
Bénéfice net de l’exercice : 460.000 DH
Impôt dû : 460.000 x 20% = 92.000 DH
I.R exigible après imputation de la CM déjà versée :
92.000 – 29.000 = 63.000 DH
Base de calcul de la contribution
Revenus nets d’impôt : 460.000 – (63.000 + 29.000) = 368.000 DH
Montant de la contribution 368.000 x 1,5 % = 5.520 DH
Le contribuable doit souscrire, par procédé électronique, la déclaration de la contribution sur ou
d’après un imprimé-modèle établi par l’administration, en précisant le montant du revenu
agricole net d’impôt et verser le montant de la contribution y afférent, avant le 1er juin de
l’année 2021.
4- Cas de revenus fonciers
Un contribuable dispose de plusieurs revenus fonciers bruts imposables provenant de la location
des biens immeubles suivants :
Les dispositions du paragraphe I de l’article 6 bis de la loi de finances n°65-20 pour l’année
budgétaire 2021 ont introduit une mesure visant notamment à inciter les contribuables à
honorer leurs dettes fiscales en leur accordant la possibilité de bénéficier de :
- l’annulation totale des amendes, pénalités, majorations et frais de recouvrement afférents au
principal des impôts, droits et taxes prévus par le code général des impôts, ainsi que ceux
supprimés ou insérés dans ledit code, ayant fait l’objet de mise en recouvrement avant le 1er
janvier 2020 et demeurés impayés au 31 décembre 2020, à condition d’acquitter spontanément
le principal desdits impôts, droits et taxes avant le 1er juillet 2021 ;
- une réduction de 50% pour les redevables uniquement des amendes, pénalités, majorations et
frais de recouvrement, demeurés impayées au 31 décembre 2020, à condition d’acquitter les
50% restant avant le 1er juillet 2021.
Les annulations susvisées sont effectuées d’office par le receveur de l’administration fiscale ou
par le percepteur compétent lors de l’acquittement intégral du principal des impôts, droits et
taxes visés ci-dessus sans demande préalable de la part du contribuable concerné.
Toutefois, ne peuvent faire l’objet d’annulation, les pénalités, amendes, majorations et frais de
recouvrement afférents aux impôts, droits et taxes prévus ci-dessus ayant fait l’objet d’une
procédure de rectification de la base imposable qui a abouti, avant le 1er janvier 2021, à la
conclusion d’un accord écrit assorti de l’émission de l’imposition avant cette date et au
paiement, en totalité ou en partie, des pénalités, amendes, majorations et frais de recouvrement
précités au cours des années suivantes.
Les modalités de mise en oeuvre des dispositions précitées sont fixées par la Note de Service
de la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) n°55/2020 du 29 décembre 2020.