Année-Scolaire :2022-2023
Filière : Droit et Carrière Judicaire
Niveau : 3
Ecu : Droit Pénal des Affaires
Groupe N° : 9
Thème
LE DROIT PENAL A L’EPREUVE
DU CONTROLE DE LA SOCIETE
TAF : Consultation
Noms et prénoms des exposants :
1. MALICK CORETA SINOLDA CAROLE
2. TORNGAYAL FELICITE GAOU
3. RODOLPHE
Sous la Direction : RAMARDE NEDOUMBAYEL.
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Plan
Introduction
A. L’affirmation ou l’admission de la poursuite pénale contre les
commissaires aux comptes de la société A
B. Le fondement de la poursuite pénale contre les commissaires
aux comptes de la société A.
Conclusion
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Introduction
La consultation soumise à notre analyse est relative aux infractions
commises par les commissaires aux comptes de la société. Il ressort
des faits que le bilan est présenté aux actionnaires de la société B en
raison de la vente d’appartements, alors qu’en réalité les appartements
dont il s’agit ont seulement fait l’objet d’une réservation révocable de
la part des souscripteurs, certains de ceux-ci ayant d’ailleurs usé de ce
droit de révocation.
A partir de ces faits, une question mérite d’être posée : peut-on
poursuivre pénalement, et sur quel fondement, les commissaires aux
comptes de la société A ?
Nous verrons successivement l’affirmation ou l’admission de la
poursuite pénale contre ces commissaires aux comptes de la société
A(A) et son fondement (B).
A. L’affirmation ou l’admission de la poursuite pénale
contre les commissaires aux comptes de la société A
L’art 899 de l’Acte Uniforme des Sociétés Commerciales de
groupement d’intérêt économique dispose encourt une sanction pénale
tout commissaire aux comptes qui, soit en son nom personnel soit à
titre d’associé d’une société de commissaire aux comptes a
sciemment donné ou confirmé des informations mensongères sur la
situation de la société ou qui n’a pas relevé au ministère public les
faits délictueux dont il a eu connaissance.
Les commissaires aux comptes de la société A ont sciemment
confirmés la vente d’appartements alors qu’en réalité les
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appartements dont il s’agit ont seulement fait l’objet d’une
réservation révocable de la part des souscripteurs, certains de ceux-ci
ayant d’ailleurs usé de ce droit de révocation.
Cette disposition du droit communautaire édictée par le législateur
au OHADA est la première règle pouvant affirmer ces poursuites
pénales contre les commissaires aux comptes de la société en droit
Pénal Tchadien.
Cependant le législateur au OHADA a fait une délégation de la
compétence sanctionnatrice à chaque Etat partie au traité. C’est
pourquoi nous verrons dans la seconde partie les/la disposition(s) du
Code Pénal Tchadien qui fonde la poursuite pénale des infractions à
eux reprochés.
B. Le fondement de la poursuite pénale contre les
commissaires aux comptes de la société A.
L’article 491 du Code Pénal Tchadien : « Est puni d’un
emprisonnement d’un à dix ans et d’une amende de 5 000 000 à 50
000 000 FCFA, tout commissaire aux comptes qui, soit en son nom
personnel, soit à titre d’associé d’une société de commissaires aux
comptes aura sciemment donné ou confirmé des informations
mensongères sur la situation de la société ou qui n’aura pas révélé au
ministère public, les faits délictueux dont il aura eu connaissance.
En outre, le juge peut prononcer l’interdiction d’exercer la fonction
de commissaire au compte pendant une durée qui ne peut excéder 5
ans ».
Les commissaires au compte qui se seraient rendus coupables des
infractions de mensonges portant sur la situation comptable et
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financière d'une société dans le cadre de leur mission générale
d’information sont bel et bien poursuivables au regard du droit pénal
tchadien notamment en application de cet article du code pénal
suscité. Le législateur tchadien a sévèrement puni ces infractions au
niveau de la peine privative de liberté qu’au niveau de l’amende. Il
réside tout de même une innovation à apprécier quant à la peine
complémentaire attachée aux peines principales interdisant aux
commissaires au compte coupable de ces infractions l’exercice de
leur fonction pendant une durée qui ne peut excéder 5 ans.
Cependant, l’application de cette peine complémentaire souffre
d’une limite, le juge peut ou ne pas prononcer cette interdiction dans
certains cas. Cette appréciation relève de l’ultime conviction du juge.
Conclusion
Au terme de notre analyse, il convient de retenir ce qui suit :
La démarche entreprise pour répondre à l’interrogation de ce cas
d’espèce est affirmative, on peut poursuivre pénalement les
commissaires aux comptes de la société A et ce conformément aux
articles 899 de l’acte uniforme relatif aux sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique et de l’article 491 du code pénal
tchadien parce que l’infraction est constituée dans toute ses formes.