Université Kasdi Merbah Ouargla
Faculté des sciences appliquées
Département de génie civil et hydraulique
Cours : Contrôle Technique de Construction
(CTC)
Master 2 ECBR S1
Préparé par Dr. DJOUHRI Mohamed
Année Universitaire 2022-2023
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Contenu de la matière
1- Appréciation de la qualité des matériaux
2- Contrôle de fabrication
3- Contrôle à la mise en œuvre.
4- contrôle des structures en béton armé
5- contrôles des structures métalliques
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1- Introduction
La non-qualité coûte cher à la société : pour une entreprise on l'estime entre 5 et
10% de son chiffre d'affaires (et quelque fois plus). On constate également que
s'il est difficile d'obtenir une image de marque attachée à la qualité, la réputation
de non qualité en revanche s'établit rapidement et devient facilement indélébile.
Parties des industries de pointe les "notions de gestion de la qualité" s'étendent
progressivement aux autres secteurs économiques et notamment aux ouvrages.
Sous la pression des usagers et riverains, les élus départementaux sont de plus en
plus sensibles à la qualité de leur patrimoine. Pour faciliter l'obtention de cette
qualité des outils étaient nécessaires. Ils ont pour noms : agréments, CCTG,
certifications, normes, eurocodes, schémas directeur de la qualité... S'ils s'avèrent
d'application relativement aisées dans les industries de pointe, il n'en est pas de
même dans les travaux publics où : - chaque ouvrage d'art est unique (peu de
standardisation) - le personnel est moins formé- le matériel est moins perfectionné
et plus dépendant de l'homme qui le dirige- les matériaux ont souvent des
caractéristiques variables. Malgré ces difficultés, la concurrence internationale
oblige à mettre l'accent sur la qualité des productions. Et c'est aux maîtres d'œuvre
d'être les animateurs de cette qualité.
2- Les définitions principales
La Qualité
La qualité est l'ensemble des propriétés et caractéristiques d'un produit ou service
qui lui confèrent l'aptitude à satisfaire des besoins exprimés ou implicites (Normes
NF X 50. 120).
La qualité d'usage
Pour un ouvrage est donc son aptitude à satisfaire aux exigences de sa fonction
dans des conditions économiques données : sécurité de sa structure en service
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dans des conditions d'exploitation prévues, durabilité dans son environnement,
esthétique et facilité d'entretien.
La qualité requise
Est définie par le concepteur à travers le programme, les dispositions du projet et
les stipulations contractuelles (normes et textes généraux applicables au marché,
spécifications du marché définissant les obligations de résultats, prescriptions du
marché précisant les obligations de moyens) en vue d'obtenir effectivement la
qualité d'usage.
La démarche "Qualité"
La démarche qualité est une méthode qui suppose un travail organisé de
concertation de l'ensemble des acteurs ayant des relations de franchise et de
confiance. Ceci doit se traduire dans la clarté et l'équilibre des contrats par une
définition cohérente et précise des missions de chacun. Chaque intervenant doit
rechercher non seulement de la qualité dans son propre travail, mais aussi les
moyens qu'il faut mettre en œuvre pour faciliter le travail de ses partenaires. La
démarche "qualité" adaptée à chaque ouvrage a pour ambition principale la
prévention plutôt que la correction en rapprochant l'action de contrôle de
l'exécutant.
3- Les intervenants principaux et leurs rôles
Le maître d'ouvrage
Identifie les besoins à satisfaire et examine l'opportunité de lancer l'opération
selon - la demande du public - sa volonté d'aménagement - les propositions des
techniciens - Définit le "programme" et donc la qualité d'usage. - Choisit le maître
d'œuvre et précise ses missions - Arrête l'enveloppe financière et met en place les
crédits - Choisit le mode de consultation - Confie l'exécution des travaux à
l'entreprise - Règle les litiges et réceptionne l'ouvrage - Assure la gestion après
réalisation
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Le maître d'œuvre
Définit la qualité requise - Organise les études et soumet à la décision de la
maîtrise d'ouvrage le choix des spécialistes qu'il souhaite associer à son travail -
Evalue le coût de l'opération - Organise les procédures (enquêtes réglementaires,
acquisitions foncières, consultation des entreprises...) - Rédige le cahier des
charges et conçoit le projet technique - Fait approuver le dossier de consultation
par le maître d'ouvrage - Assiste la maîtrise d'ouvrage pour la passation et la
gestion des contrats (entreprises, spécialistes... ) - Dialogue chaque fois que cela
est utile avec les usagers et les riverains - Anime l'action de chaque intervenant
(entreprises, spécialistes, gestionnaires...) - Dirige l'exécution des contrats
(pilotage, coordination) - Accepte et coordonne le ou les plans d'assurance de la
qualité (PAO) - Organise le "contrôle extérieur" en fonction du niveau d'assurance
qualité résultant du PAO de l'entreprise -Analyse les aléas, propose les
modifications techniques avec leur incidence financière à l'approbation du maître
d'ouvrage - Propose au maître d'ouvrage la réception de l'ouvrage
L'entrepreneur
Etudie son offre et prévoit les moyens nécessaires à la réalisation des travaux -
Propose des solutions variantes (si elles sont autorisées) - pour mieux utiliser son
matériel et ses compétences - pour optimiser financièrement son offre - pour
innover. S'il obtient le chantier - Définit les méthodes et moyens d'exécution -
Choisit et fait agréer ses fournisseurs et sous-traitants - Organise l'ensemble de
ses tâches en intégrant les exigences de qualité et en vérifiant que cette qualité a
été obtenue (contrôle interne) - Réalise ou fait réaliser les études d'exécution -
Exécute les travaux - Présente ses demandes de règlement - Négocie les
modifications - Dialogue régulièrement avec le maître d'œuvre - Assure un suivi
financier de sa trésorerie pour en optimiser la gestion.
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LA QUALITE AU NIVEAU DE LA MAITRISE D'OUVRAGE
Responsabilité du maître d'ouvrage en matière de Qualité
1- Avant lancement d'une opération Elle s'exerce essentiellement lors de
l'élaboration du programme et du choix du maître d'œuvre.
2- Pendant la passation des marchés Le maître d'ouvrage a un rôle important
au niveau :
-des règles de consultation (critères de jugements, prise en compte d'organisation
de la qualité, de qualification... du délai de remise des offres...)
- de l'appel de candidature (critères de sélection...)
- du choix de l'entreprise et de l'agrément des sous-traitants
- du choix de la solution proposée (cas de variante) par l'entreprise.
3- Pendant l'exécution des marchés Son rôle tient pour l'essentiel au règlement
des marchés et litiges, aux modifications des marchés, à la réception des
travaux.
C) Aspect juridique des responsabilités
Le maître d'ouvrage, qui a un contrat régulier (marché non entaché d'illégalité),
ne peut voir sa responsabilité contractuelle ou civile mise en cause que s'il fait une
faute (Ex : imposition d'un procédé défectueux, refus de réceptionner sans assortir
ce refus d'ordre de réparer les malfaçons...).
Dans de nombreux cas, il a le réflexe de rechercher les responsabilités des
constructeurs solidairement et éventuellement celle de son conducteur d'opération
dans le cas où ce dernier aurait fait une faute contractuelle (par exemple : mauvais
conseil, immixtion dans la maîtrise d'œuvre...). Il faut rappeler que le conducteur
d'opération ne peut être mis en cause au titre de la responsabilité décennale.
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LE CHOIX DU MAITRE D'ŒUVRE
Missionné par la maîtrise d'ouvrage, le maître d'œuvre a pour objectif de faire
aboutir dans les meilleures conditions le projet dont il a la charge et cela dans le
cadre d'un sain partenariat avec les autres intervenants et notamment les
spécialistes et les entreprises.
En outre pour réaliser un travail de qualité, il doit posséder certaines aptitudes :
- la compétence : pour maitriser le projet, être présent, être à l'écoute de l'entreprise
et des autres partenaires, contrôler et décider clairement.
- la prévoyance : pour suivre l'évolution de l'opération et ainsi prévenir
suffisamment tôt le maître d'ouvrage des problèmes susceptibles d'engager des
dépenses supplémentaires.
- la transparence : pour rendre compte de son travail au maître d'ouvrage ou à un
tribunal (cas de litiges).
Le maître d'œuvre s'entoure le plus souvent de spécialistes. Son travail est d'autant
plus efficace qu'il est capable d'organiser et d'animer correctement l'unité de
compétence qu'il aura constituée.
LE CHOIX DE L'ENTREPRISE
Cinq critères pour le jugement le choix de l'entreprise
- le délai d'exécution
- le coût d'utilisation
- les garanties professionnelles et financières
- la valeur technique
- le prix des prestations.
Si on examine le cas d'un ouvrage courant, on ne laisse pas, en général, le délai
d'exécution à l'initiative du candidat. Le coût d'utilisation n'est pris en
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considération que dans les cas exceptionnels de variantes pour évaluer le coût
global de possession.
Il ne reste donc que 3 critères :
- garanties professionnelles et financières
- valeur technique
- prix de prestations.
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LA QUALITE AU NIVEAU DE L'INTERVENTION DES MAITRES
D'OEUVRE, SPECIALISTES,
Le maître d'ouvrage peut confier au maître d'œuvre tout ou partie des éléments de
conception et d'assistance suivants :
1 - Les études d'esquisse
2 - Les études d'avant-projet
3 - Les études de projet
4 - L'assistance apportée au maître de l'ouvrage pour la passation du contrat de
travaux
5 - Les études d'exécution ou l'examen de la conformité au projet et le visa de
celles qui ont été faites par l'entrepreneur
6 - La direction de l'exécution du contrat de travaux
7 - L'ordonnancement, le pilotage et la coordination du chantier
8 - L'assistance apportée au maître de l'ouvrage lors des opérations de réception
et pendant la période de garantie de parfait achèvement
Responsabilité des constructeurs en matière de qualité
Avant le lancement d'une opération :
Le seul constructeur concerné est le maître d'œuvre qui, avec le conducteur
d'opération ou/et le maître d'ouvrage, participe à l'élaboration du programme.
Une fois le programme arrêté, le maître d'œuvre constitue son équipe (appel à des
spécialistes éventuellement) pour réaliser, ou faire réaliser si nécessaire
- les études préliminaires,
- le projet technique
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Pendant la passation des marchés
Le maître d'œuvre achève sa tâche de conception par la rédaction du cahier des
charges (pièces de marchés) dans le respect des règles en vigueur, des normes et
des prescriptions contractuelles.
L'entreprise, de son côté, a la responsabilité de remettre une offre après étude du
projet du maître d'œuvre ou de variantes.
Le maître d'ouvrage peut demander conseil au maître d'œuvre avant de choisir
l'entreprise qui sera chargée de l'opération.
Pendant l'exécution des marchés
a) Le maître d'œuvre a la responsabilité de la direction des travaux.
Plus précisément, il doit :
- coordonner tous les intervenants (gestion des interfaces entreprises, bureau
d'études, concessionnaires...) dans l'esprit des démarches qualité (objectif :
prévention des incidents, qualité finale de l'ouvrage),
- organiser les contrôles des études et des travaux conformément (son visa ne
saurait dégager sa responsabilité entièrement en cas de contentieux),
- soumettre au maître d'ouvrage, après analyse, les règlements des litiges
éventuels.
- procéder aux opérations préalables à la réception.
b) L'entrepreneur a la responsabilité de l'exécution des travaux dans les conditions
prévues au contrat qui le lie avec le maître d'ouvrage.
Il a la charge
-de l'organisation du chantier (gestion des fournitures, personnel, matériel, gestion
des interfaces entre bureau d'études, chantier, laboratoire...)
- de l'étude du projet d'exécution
- de la réalisation des travaux.
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Pendant l'exécution des travaux
Responsabilité contractuelle : le contrat maître d'ouvrage-entreprise s'applique,
le maître d'œuvre se doit de le faire respecter. Sauf en cas de faute du maître
d'ouvrage ou du maître d'œuvre.
L’entreprise est responsable de la réalisation.
Responsabilité extracontractuelle : elle peut s'exercer en cas de dommages des
travaux publics Elle relève dans les mêmes conditions que précédemment de
l'entreprise.
La réception
Elle transfère la propriété de l'ouvrage de l'entreprise au maître d'ouvrage.
Elle est le point de départ
- de la garantie de parfait achèvement,
- de la garantie décennale.
Le maître d'œuvre doit mentionner tous les défauts apparents susceptibles d'être
réparés (réception avec réserves) ; si ce n'est pas le cas et si la solidité de l'ouvrage
ou d'une de ses parties ne risque pas d'être compromise, la réception pourra être
prononcée avec réfaction de prix
Après exécution des travaux :
- Garantie de parfait achèvement
L'entreprise peut être amenée à intervenir dans le cadre de la garantie de parfait
achèvement (délai de 1 an après réception). Le maître d'œuvre doit
obligatoirement la mettre en demeure de réparer les malfaçons pour mettre enjeu
cette garantie.
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- garantie décennale
Maître d'œuvre et entreprises peuvent être appelés au titre de la garantie
décennale. Seule la faute du maître d'ouvrage ou la force majeure peuvent les
exonérer.
Intervention d'un bureau d'études techniques (BET)
Le maître d'œuvre peut être encore amené à faire appel aux services d'un bureau
d'études. Là encore, le choix doit tenir compte de la qualité du bureau présumé et
surtout de la compétence de l'ingénieur chargé de l'étude et de sa " disponibilité "
vis-à-vis du maître d'œuvre que ce soit au niveau de l'avant-projet ou au niveau
du dossier de consultation (DCE).
a) Mission au niveau de l'avant-projet
Une étude confiée à un BET au niveau de l'avant-projet nécessite de la part du
maître d'œuvre une bonne connaissance de la technique pour pouvoir donner des
directives claires et précises ainsi que l'organisation de nombreuses réunions de
travail. Il est conseillé de rédiger le contrat d'étude dans la perspective d’un
possible remise en question de l'avant-projet initial (cas où le maître d'œuvre n'a
pas arrêté avec certitude le type d'ouvrage.
Les documents à fournir au BET peuvent être relativement limités, à savoir :
- la définition de la géométrie du projet à partir de profils en travers, d'un profil
en long et d'une vue en plan ;
- éventuellement, la définition schématique de l'ouvrage à partir de croquis côtés
et commentés,
- les informations sur les caractéristiques du sol (premiers résultats d'essais et
interprétations),
- les contraintes à respecter.
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b) Mission au niveau du DCE
Le type d'ouvrage est arrêté : les contraintes géométriques sont donc bien définies.
Il est conseillé ne pas confier aux BET la rédaction des pièces écrites.
Il s'agit alors, pour le BET sollicité :
- de vérifier le dimensionnement en le corrigeant le cas échéant ;
- de donner une représentation graphique détaillée en intégrant éventuellement les
observations architecturales ;
- de fournir l'avant-métré définitif.
Pour cela, le maître d'œuvre devra fournir au bureau d'études :
- les plans de l'ouvrage (y compris des équipements et des fondations) ;
- la liste des parties d'ouvrages à dimensionner (tablier, appuis, appareils d'appuis,
dalles de transition, garde-corps...) :
- les exigences architecturales et les contraintes diverses au niveau des
raccordements.
- un rapport géotechnique complet ;
c) Le délai
II est fonction du type d'intervention et
d) La rémunération
Elle se fera selon les barèmes de l'ingénierie privée, et à partir d'une indication
détaillée du type d'intervention.
e) Les modalités de contrôle
Les contrôles sont faits lors des réunions de travail (avancement des études et
respect des délais) et lors de la vérification des documents remis (plans de qualité
graphique satisfaisante, avant métrés et notes de calculs convenablement rédigés,
comparaison avec des ratios issus d'autres études...).
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A) Intervention de spécialistes au niveau de l'exécution ou pendant la vie
de l'ouvrage
1. L'intervention de laboratoires dans le cadre de la maîtrise d'œuvre
Le maître d'œuvre est souvent amené pendant l'exécution d'un ouvrage à
faire appel à des spécialistes équipés de matériel de contrôles.
Il s'agit souvent de laboratoires à qui il confie des contrôles de conformité
(contrôle de matériaux : Béton, granulats, soudure...), des contrôles
d'acceptation de parties d’ouvrage :
Fondations profondes, stabilité de talus, épreuves de charges...). Il peut
sous-traiter le pilotage du contrôle extérieur à un laboratoire chargé de
coordonner les interventions de l'ensemble des autres laboratoires.
Les contrats correspondants revêtiront les formes définies pour les
géotechniciens.
2. L'intervention d'un bureau d'études de contrôles (BEC) dans le cadre
de la maîtrise d'œuvre
Le maître d'œuvre chargé de la bonne exécution des travaux n'est pas toujours un
spécialiste en ouvrages d'art. Il peut confier la vérification des notes de calculs et
des plans d'exécution à un bureau d'études de contrôle privé ou public.
Là encore, la qualité des prestations fournies sera directement liée aux soins
apportés par le maître d'œuvre au niveau de la consultation et à la rédaction du
contrat.
a) La consultation
II ne faut en aucun cas, pour les contrôles (BEC du maître d'œuvre) retenir le
bureau d'études de l'entreprise. On peut accepter, par contre, celui qui a participé
à l'élaboration du projet, à condition d'être assuré que l'ingénieur qui va mener
cette étude dispose d'une " conscience professionnelle " suffisante pour ne pas se
laisser aller à la facilité, en se contentant par exemple des calculs qu'il a déjà
réalisés.
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On peut faire préciser, lors de cette consultation, les différentes modalités du
contrôle des plans d'exécution et des notes de calcul en fournissant le maximum
d'éléments : plans du marché. Listes indicatives des parties d'ouvrages à recalculer
par une justification sommaire et des types de vérifications à effectuer, etc.. en
exigeant une décomposition détaillée du prix (le temps escompté pour chaque
opération est une indication intéressante sur le sérieux du contrôle proposé, le type
de programme informatique utilisé également).
b) Mission
Elle définit les parties d'ouvrages dont le dimensionnement et le ferraillage seront
contrôlés à partir d'un calcul sommaire et la méthode adoptée pour une
vérification systématique des notes de calcul. Elle doit comporter une
optimisation des quantités et des dispositions constructives adoptées.
La vérification des plans de coffrage porte sur leur conformité vis à-vis des plans
du marche et comporte des observations sur la qualité du graphisme, les anomalies
de construction, les imprécisions ou erreurs, et le rappel des matériaux ou matériel
à utiliser.
Les plans doivent être contrôlés en ayant à l'esprit qu'ils serviront sur le chantier.
Ils doivent donc être lisibles (coupes, vues en nombre suffisant) et
compréhensibles (un plan du marché peut correspondre à plusieurs plans
d'exécution).
La vérification des plans de ferraillage ou de charpente porte
- sur leur conformité vis-à-vis des résultats des notes de calcul,
-sur les dispositions constructives (la nomenclature des aciers qui doit être
complète et très exactement récapitulative des aciers mentionnés, le poids total
des armatures avec calcul du taux de ferraillage des principales parties d'ouvrages
pour une comparaison systématique avec la quantité d'aciers du marché),
- sur la lisibilité des plans appelés à être exploités par différents intervenants (chef
de chantier, ferrailleurs...).
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c) Délais
Pendant la période de préparation, le maître d'œuvre arrête avec le bureau d'études
les délais de contrôle de façon à ne pas retarder le chantier.
Des clauses de sauvegarde pénaliseront le bureau d'études en cas de retard.
d) Contrôle
La qualité de toutes ces vérifications est difficilement contrôlable si bien qu'il
convient de choisir le BEC, plus pour ses qualités de sérieux que pour le montant
de son offre.
Les documents, après vérification, seront retournés, pour correction, à
l'entrepreneur.
Ce dernier proposera alors au visa du maître d'œuvre les plans d'exécution.
Il est conseillé d'être particulièrement vigilant sur la circulation des plans sur le
chantier en proscrivant tout plan non visé.
E) La qualité pendant la vie de l'ouvrage
Reprise des imperfections et des non conformités
Les imperfections ou non conformités décelées dans le cadre des procédures de
contrôle doivent susciter la recherche des causes afin d'arrêter des actions. Ci-
dessous se trouvent répertoriées les principales actions habituellement rencontrées
1) Ouvrages en béton
• 1. Matériaux et produits non conformes et non mis en œuvre (aciers, béton,
granulat, adjuvants...)
Refus des matériaux et produits en cas de doute sur une livraison et ou l'intégrité
d'un produit :
Action spécifique visant à préciser la non-conformité présumée (analyse
complémentaire, implication de la VCU (Vérification du Contrôle en Usine) ...).
Cela suppose un délai de réflexion et d'intervention souvent incompatible avec le
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délai d'exécution. Conclusion : en cas de doute le refus apparaît toujours
préférable.
• 2. Composants ou produits qui résultent d'une préfabrication industrielle
(poutres, corniches préfabriquées...)
Même remarque que sur les matériaux et produits. La réalisation des composants
en béton armé ou précontraint nécessite souvent la mise en place d'un contrôle
extérieur au producteur par exemple en ce qui concerne les poutres préfabriquées
en béton précontraint :
- contrôle du ferraillage.
- contrôle de la qualité du béton (vérification du rapport des résultats obtenus sur
éprouvettes
Les non conformités ou imperfections doivent susciter des actions destinées à en
préciser leur importance. Dans le cas où le délai de réflexion et d'intervention est
compatible avec les exigences du chantier, des opérations de reprise peuvent être
entreprises (aspect). En cas de doute final le rebut des composants s'impose.
• 3. Fondations : (profondes)
Les contrôles conduisent à la détection d'anomalies du type nids de cailloux, des
vides, des hétérogénéités, des défauts de fond de pieu. Les réparations sont les
suivantes :
- Dégarnissage de la tête du pieu ou de la barrette et reprise du défaut par ragréage
et injection ou injection du fond de pieu.
- Refus du pieu ou de la barrette et reconstruction avec adaptation des fondations
(désordres très importants).
Il convient d'attirer l'attention sur la nécessité de procéder aux auscultations au
moins trois jours après le bétonnage (problème de maturation du béton). Enfin, le
contrôle de la qualité de la réparation s'impose mais est souvent difficilement
réalisable.
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• 5. Coffrages
Ces anomalies nuisent à la pérennité de l'ouvrage et à des défauts de la qualité de
parement.
Les reprises sont des ragréages localisés avec des produits répondant aux
spécifications des normes NF produits spéciaux destinés aux constructions en
béton hydraulique.
• 6. Armatures
La vérification du ferraillage entraîne la détection d'anomalies qui le plus souvent
conduisent à la reprise par mise en conformité ou adaptation des cages d'armature
aux données du projet.
• 7. Bétons
a) au niveau du matériel de fabrication
La vérification et la mise en conformité du niveau d'équipement de la centrale à
béton avec les prescriptions du fascicule 65 est une condition préalable avant tout
démarrage des travaux et exécution des épreuves de convenance des bétons.
Les anomalies sont de deux titres :
b) au niveau des formulations
Files doivent satisfaire les exigences de fabrication inhérentes à la réalisation du
chantier (éloignement, temps d'approvisionnement...). Les épreuves de
convenance doivent permettre de caler la formulation définie au niveau de l'étude
ou à partir de références récentes. Les non conformités au niveau des anomalies
de comportement rhéologique du béton (ex slump...) les anomalies de résistance
ou de propriétés spécifiées (air occlus) doivent conduire à des corrections ou
adaptations des formulations.
Les épreuves de convenances permettent également à l'entreprise de vérifier les
performances initiales du béton au jeune âge, condition indispensable au
déroulement des cycles de fabrication prévus (cycle de rotation de coffrage).
c) au niveau de la mise en œuvre
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L'exécution du béton témoin permet de vérifier l'adéquation de la formulation au
respect des spécifications en matière de parement.
Les anomalies de mise en œuvre (vibration, ségrégation, cure) conduisent à des
défauts nuisibles à l'aspect et à la pérennité du béton. Les reprises sont possibles
dans les cas les plus simples :
- ragréage localisé, injection, reprise de parement (utilisation des produits NF) –
homogénéisation de l'aspect - mise en peinture.
• 8. Précontrainte
Les anomalies fréquentes de mise en précontrainte se situent au niveau :
- de la conformité du matériel de mise en tension et d'injection.
- du respect du programme de mise en précontrainte,
- du respect des allongements et pression de mise en tension.
Ces points importants figurent dans le fascicule 65 et les conséquences des
anomalies détectées lors de la mise en précontrainte y sont développées. Les
remèdes peuvent aller du changement des câbles à la limitation des pressions de
mise en tension.
Au niveau de l'injection, les anomalies sont relatives, d'une part à la non-
conformité du coulis, au niveau des épreuves de convenance préalables
indispensables (le refus du coulis s'impose) et d'autre part, aux défauts d'injection
pouvant entraîner des reprises d'injection.
• 9. Etanchéité
II est indispensable de faire procéder à une réception contradictoire de l'état de
surface (Entreprise de Génie Civil, Etancheur, Maître d'œuvre).
A ce niveau, les anomalies d'état de surface doivent être impérativement reprises
pour assurer une application correcte du complexe d'étanchéité. Lors de la mise
en œuvre de ce dernier, les anomalies peuvent se situer soit au niveau de la
conformité des matériaux, soit au niveau de l'application. Tout défaut doit être
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suivi d'une réflexion visant à son traitement qui peut aller de la réfection générale
à la réfection localisée en fonction de son importance et de sa gravité.
L'étanchement de l'ouvrage étant une condition indispensable à sa pérennité, ce
point n'est pas à négliger bien qu'il soit situé en fin d'exécution et surtout proche
de la mise en service.
2) Ouvrages d'art métalliques ou mixtes (partie métallique)
Nous ne traiterons ici que les ouvrages métalliques assemblés par soudage.
1. Les matériaux
• Acier laminés
II s'agit de tôles et de profilés et laminés marchands (cornières, profils I. H...).
Tous les produits doivent bénéficier de l'agrément du Commission
Interministérielle
Permanente d'Agrément et de Contrôle des Aciers Soudables
Refus des aciers en cas de non-conformité ou de doute sur une livraison : tôle non
identifiable, certificat de contrôle des produits par l'usine (C. C. P. U.) incomplet...
et remontée de l'information à la mission, vérification du contrôle en usine (V. C.
U.).
• Les produits d'apport en soudage
Des conditions impropres de stockage (à l'humidité par exemple) peuvent les
rendre inutilisables.
Exiger un étuvage des baguettes à enrobage basique, des flux solides... la présence
d'humidité engendre généralement une porosité au niveau des joints soudés.
2. Les procédés de soudage
Bien vérifier les modes opératoires de soudage proposés par les entreprises, ils
doivent faire référence à des qualifications de mode opératoire dont le domaine
de validité est limité (se référer aux normes NF P 22-471 et NF P 22-472).
3. Qualification des soudeurs et opérateurs
L'exécution des soudures est effectuée par du personnel qualifié pour les procédés
de soudage, les types d'assemblage, les matériaux et les produits d'apport, les
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épaisseurs à assembler et les positions d'exécution des soudures conformément
aux dispositions de la norme NF A 88-110.
Leur degré d'aptitude doit être au moins égal à la classe du joint à souder (1, 2 ou
3). Du personnel non qualifié ne peut intervenir sur ouvrage d'art.
4. Assemblages - Contrôles
Vérifier les préparations des joints (chanfreins) et au cours du soudage que les
procédés soient bien appliqués (préchauffage, intensité...). Les défauts de surface
(projection de métal en fusion, cratère de reprise...) doivent être effacés dans la
mesure du possible par meulage pour une bonne tenue de la protection
anticorrosion et pour le côté esthétique des surfaces.
Les soudures font l'objet de contrôle non destructifs (C. N. D.) et ou de contrôle
précisés dans la norme NF P 22-471. Les reprises des défauts rédhibitoires doivent
être quasi systématiques si elles sont d'ordre 1. Pour les autres cas. il y a
concertation entre les parties prenantes : maître d'œuvre et entreprise, une
procédure précise de réparation est alors exigée.
Sur site :
Veiller précisément à la bonne présentation des éléments à souder ; lorsqu'il y a
présentation à blanc en atelier, les joints doivent faire l'objet de schémas côtés
avec indication des jeux. Le non-respect de ces derniers peut entraîner des défauts
de planéité ou d'alignement. Le soudage doit être abordé avec plus de soin qu'en
atelier en ce sens qu'il faut s'affranchir de phénomènes atmosphériques tels que la
pluie et le vent ; des cabines bâchées sont prévues à cet effet.
Anticorrosion
• Les systèmes de peinture
Ils font l'objet d'une homologation (circulaire n° 9064 du 8 août 1990).
Chaque système dispose d'une fiche d'homologation à l'intérieur de laquelle sont
précisés notamment :
- les épaisseurs à appliquer
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- les caractéristiques d'emploi des produits
- les caractéristiques d'identification rapide des constituants du système.
- les caractéristiques de mise en œuvre des produits.
• Les constituants doivent satisfaire aux spécifications de la fiche d'homologation.
Dans le cas contraire, refuser le produit et informer la mission V. G U.
• (Conditions de mise en œuvre
Température, hygrométrie... doivent être respectées pour garantir la tenue du
système dans le temps. En cas de non-respect, les reprises nécessitent un décapage
et une nouvelle application.
• Epaisseurs
Les épaisseurs minimales et maximales doivent être impérativement prises en
compte, notamment pour les primaires riches en zinc pour lesquels il ne doit pas
y avoir d'épaisseurs supérieures à 100 microns.
Il y a reprise en cas de non-conformité (balayage à l'abrasif, voile supplémentaire
si épaisseur nettement insuffisante...).
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Documents d'exécution
Il existe 3 catégories de documents d'exécution qui peuvent être fournis pour
examen :
1. documents décrivant les éléments constituant les ouvrages ou parties d'ouvrages
(plans, croquis, procès‐verbaux d'essais ou fiches descriptives de produit ou
d'installation lorsqu'ils définissent géométriquement une partie de l'ouvrage,...)
2. documents décrivant la manière dont les constructeurs se sont déterminés pour
définir quantitativement ‐ parfois qualitativement ‐ les éléments d'ouvrages (notes
de calcul, listing informatiques, exposé d'une méthode scientifique, interprétation
ou extrait d'un règlement, procès-verbaux d'essais ou fiches descriptives de
produit ou d'installation lorsqu'ils définissent une fabrication ....).
3. documents décrivant la manière dont les constructeurs prévoient de s'y prendre
pour exécuter des parties d'ouvrage (méthodologie d'exécution, phases de
travaux,....)
Il y a lieu de prendre connaissance des informations contenues dans ces 3
catégories de documents afin de déterminer si elles doivent être prises ou non en
compte dans l'exécution des Missions de Contrôle Technique.
Les documents de la catégorie 1 & 2 font l'objet des examens définis dans les
missions du CTC.
Les documents de la catégorie 3 font l'objet d'examen pour certaines conditions
particulières (Avoisinant en particulier).
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Matérialisation des avis en phase de contrôle des documents d'exécution
Les avis sont matérialisés sur les documents désignés par le terme : "ADEX" (Avis
sur Documents d’Exécution). Une conclusion est formulée pour chaque document
concerné par le contrôle. Cette conclusion peut être décomposée par mission. Elle
utilise les sigles suivants :
AF Avis Favorable, ce qui signifie que le CTC estime que le document ne contient
pas de dispositions générant les aléas techniques.
Cet avis peut être complété par des commentaires. Ces commentaires doivent être
limités à des remarques et considérations ne nécessitant pas d'action corrective de
la part des constructeurs. En particulier, ils ne doivent pas remettre en cause tout
ou partie du document examiné. Cet avis est complété par Visa des Plans
d’Exécution
OB : Observations, ce qui signifie
soit que le CTC n’a pas assez d'éléments pour se prononcer,
soit que le document examiné contient des dispositions pouvant générer un
ou plusieurs des aléas techniques.
Les observations doivent être motivées et les constructeurs doivent clairement
comprendre la nature des problèmes soulevés et ce qu'ils ont à fournir ou à faire.
Des observations générales aux ouvrages peuvent figurer avant les avis sur les
documents.
AD Avis Défavorable ce qui signifie que le CTC estime que le document ne
répond pas aux des dispositions réglementaire générant les aléas techniques.
Cet avis peut être complété par des commentaires. Ces commentaires, et
remarques nécessitent des actions correctives de la part des constructeurs.
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CLASSIFICATION DES CHANTIERS
Cette classification est établie de façon à pouvoir assurer des niveaux de contrôle
croissant avec :
‐ Le volume des travaux :
− L’incidence que exécution peut avoir sur les caractéristiques finales de l'ouvrage
compte tenu de sa conception.
Catégorie A
Chantier de très petite importance respectant les conditions suivantes :
‐ construction comportant au plus un étage sur rez‐de‐chaussée et un sous‐sol; ‐
construction ne comportant que des éléments courants de portée limitée, sans
porte‐à‐faux important, et sans poteau élancé.
Cette catégorie concerne en particulier les maisons individuelles isolées,
jumelées, en faible nombre.
Catégorie B
Chantier de petite importance respectant les conditions suivantes :
‐ construction comportant au plus trois étages sur rez‐de‐chaussée et un sous‐sol;
‐ Construction ne comportant que des éléments courants de portée limitée sans
porte‐à‐faux important et sans poteau élancé.
Cette catégorie concerne, par exemple, un bâtiment d'habitation d'une vingtaine
de logements ou un ensemble pavillonnaire d'une vingtaine de villas, la quantité
de béton mise en œuvre n'excédant pas 1.000 mètres cube environ.
Ces limites peuvent être modulées par les documents particuliers du marché
(D.P.M.) : elles peuvent être augmentées dans le cas d'ouvrages classiques de
technicité simple sans excéder 50 logements et 2.000 mètres cubes ; elles peuvent
être diminuées dans le cas d'ouvrages complexes.
Catégorie C
Chantier de moyenne importance ne comportant que des éléments de dimension
courante et normalement sollicités.
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Cette catégorie comprend par exemple un ensemble de bâtiments d’habitation d'au
plus dix niveaux, un ensemble pavillonnaire important, un chantier de bâtiments
administratifs ou de bureaux, une construction industrielle courante, la quantité
de béton mise en œuvre n'excédant pas 3.000 mètres cubes environ. Elle
comprend également les bâtiments recevant du public situés en zone sismique et
appartenant au groupe d'usage 2 du RPA.
Catégorie D
Chantier de grande importance ne comportant que des éléments de dimensions
courantes et normalement sollicités.
Cette catégorie comprend par exemple les immeubles de grande hauteur (IGH),
les entrepôts industriels à fortes charges, les complexes sportifs de grande
dimension, ainsi que les ouvrages situés en zone sismique et appartenant au
groupe d'usage 1 du RPA.
Catégorie E : Chantier comportant des éléments particuliers.
Chantier de très petite, moyenne ou grande importance respectant les conditions
des catégories A, B, C, ou D, sauf pour certains éléments particuliers tels que
porte‐à‐faux importants, poteaux très élancés, planchers de grande portée,
techniques d'application délicate, résistance caractéristique du béton au moins
égale à 30 MPA.
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