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La vie de Jésus-Christ

Ellen G. White

1891

Copyright © 2014
Ellen G. White Estate, Inc.
Informations sur ce livre

Sommaire
Ce e-livre est offert par l’Ellen G. White Estate. Il fait part d’une
grande collection gratuite de livres-online du site Web du Ellen G.
White Estate.

Concernant l’auteur
Ellen G. White (1827-1915) est considérée comme l’auteur amé-
ricain le plus souvent traduit, ses œuvres ont été publiées en plus
de 160 langues. Elle a écrit plus de 100,000 pages sur une grande
variété de thèmes spirituels et pratiques. Guidée par le Saint-Esprit
elle a exalté Jésus et attiré l’attention sur les Ecritures comme étant
la base de la foi de chacun.

Liens supplémentaires
Une bref biographie de Ellen G. White
Concernant l’Ellen G. White Estate

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ment vous pouvez soutenir ce service, veuillez contacter l’Ellen G.
i
White Estate : [email protected]. Nous vous remercions de votre
intérêt, de vos commentaires et nous vous souhaitons les bienfaits
de la grâce divine pendant votre lecture.

ii
iii
Au Lecteur

On disait du Fils de Dieu, qui était aussi le Fils de l’homme :


“Jamais homme n’a parlé comme cet homme.” Il est également vrai
que jamais homme n’a vécu comme il a vécu. Entre tous ceux qui
sont nés de femme, il est le seul dont il ait pu être dit : “Il n’y a point
de péché en lui.” Déchus que nous sommes de l’innocence de notre
premier père, enveloppés à l’extérieur des influences du péché, et
obsédés à l’intérieur de propensités coupables, il nous est impossible
de comprendre, et à plus forte raison d’apprécier une vie semblable
à la sienne : une vie sans péché. Tenté comme nous le sommes, en
toutes choses, jamais désir mauvais n’agita son cœur, jamais pensée
maligne ne s’éleva dans son âme divine.
Qui peut écrire une vie comme celle-là ? Qui peut retracer avec fi-
délité le zèle ardent qu’apportait Christ à faire la volonté de son Père,
dans tous ses actes, dans toutes ses pensées ? Qui peut dépeindre
son incessant amour pour ses ennemis : indignes créatures de sa
puissance ? On l’a fort bien dit : “Les hommes peuvent reproduire
sur la toile le bois maudit du Calvaire, mais non pas la malédiction
de la loi qui le frappait. Les hommes peuvent, dans un émouvant
tableau, retracer le spectacle de Christ portant la croix de son sup-
plice, mais non pas le Christ portant les péchés de l’humanité. On
[iv] peut dépeindre ses membres sacrés percés de clous, mais qui décrira
la justice éternelle transperçant à la fois et sa chair et son âme ?”
Il est triste de songer que l’on ait entrepris d’écrire la vie de
Christ comme l’on écrirait tout autre récit intéressant. Mais nous
pouvons dire avec assurance que nous présentons ici au lecteur un
livre d’un genre bien différent. Non seulement l’auteur a-t-il — dès
son plus tendre jeune âge — passé avec amour tous ses jours dans
le service de son Sauveur : elle est demeurée en communion avec
le Père et avec son Fils Jésus-Christ (1 Jean 1 :3) à un degré peu
commun, et a reçu dans l’accomplissement des labeurs d’une vie
infatigable, une grande mesure de l’Esprit de Dieu. Aussi, grâce à

iv
ces secours extraordinaires d’en-haut, ses travaux ont-ils été remar-
quablement bénis pour le bien de ses semblables.
C’est pour cette raison, cher lecteur, que nous considérons l’au-
teur comme éminemment qualifié pour écrire la vie de Christ. Ce
livre contient autre chose, il contient mieux que des mérites lit-
téraires : c’est l’histoire simple mais saisissante de l’amour plus
profond que l’amour d’une mère, de l’immolation sacrée, de l’humi-
liation volontaire infinie, racontée par une âme profondément imbue
de l’abnégation divine dont elle retrace la manifestation mystérieuse.
C’est une histoire dite en un langage si simple, que chaque parole,
chaque sentiment exprimé est à la portée des esprits les moins culti-
vés ; et cependant, grâce à l’influence de l’Esprit de Dieu, on y trouve
des vérités si nobles et si précieuses, que les penseurs les plus pro-
fonds y pourront enrichir leur esprit dans la connaissance du Fils de
Dieu.
L’apparition de ce livre est opportune : elle est, dironsnous, pro-
videntielle. Jamais la révélation de cette vie incomparable, qui fut
la lumière des hommes (Jean 1 :4), ne fut plus nécessaire au monde [v]
qu’au temps actuel. Au milieu de grandes lumières et de grands
priviléges spirituels et moraux, combien est rare le sentiment, la
conviction profonde du caractère sacré et de l’autorité divine des
saintes Ecritures, comme du besoin qu’a l’homme d’un Médiateur
qui le réconcilie avec son Dieu dont il a foulé aux pieds les volon-
tés, et d’un Purificateur qui le mette à même d’apparaître lavé de
tout mal à la barre du Jugement final ? Partout l’on voit les convic-
tions chanceler, la moralité s’émousser, la foi s’évanouir, et, dans les
Egliscs, la charité se refroidir. Les rois tremblent sur leurs trônes, car
les hommes ont perdu le respect de l’autorité. Les masses semblent
résignées à se laisser aller à la dérive sur une mer orageuse, sans
boussole ni gouvernail. Combien est donc précieux, dans un moment
comme celui-ci, le guide fidèle qui peut nous indiquer le bon chemin
afin que nous y marchions ! Jérémie 6 :16, 17.
Traduit dans plusieurs autres langues, ce volume a déjà produit
de grands fruits. Il porte l’homme à reconnaître son indignité et son
impuissance, tandis qu’il lui présente la plénitude de l’amour divin,
toujours prêt à le secourir et à le consoler. Il nous révèle en Christ
un être plein de charmes ineffables, et il offre à l’âme qui a faim et
soif de la justice, et qui soupire après les joies du salut, un aliment
pur et substantiel.
Puisse ce livre être toujours lu avec une profonde révérence ; et
puisse la grâce divine le faire servir au bien éternel de chacun de ses
lecteurs, et à la gloire du Dieu Sauveur !

Les Editeurs.
[vi]
[vii]
Table des matières
Informations sur ce livre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . i
Au Lecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . iv
Chapitre 1 — Le plan de la rédemption . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
Chapitre 2 — La naissance de Christ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
Chapitre 3 — Enfance de Jésus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Chapitre 4 — Jean-Baptiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Chapitre 5 — Le baptême de Christ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Chapitre 6 — La tentation dans le désert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Chapitre 7 — Jean rendant témoignage de Christ . . . . . . . . . . . . 67
Chapitre 8 — Le caractère de Jean . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Chapitre 9 — Mort de Jean-Baptiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
Chapitre 10 — Les noces de Cana . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Chapitre 11 — Jésus purifiant le temple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
Chapitre 12 — Nicodème venant à Christ . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
Chapitre 13 — La samaritaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
Chapitre 14 — Le fils du seigneur de la cour . . . . . . . . . . . . . . . 130
Chapitre 15 — Jésus à Béthesda . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
Chapitre 16 — Jésus à Capernaüm . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
Chapitre 17 — Le choix des disciples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
Chapitre 18 — La guérison du lépreux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
Chapitre 19 — Le paralytique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
Chapitre 20 — Le Sabbat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
Chapitre 21 — Sermon sur la montagne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
Chapitre 22 — La parabole du semeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
Chapitre 23 — Autres paraboles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
Chapitre 24 — Christ calme la tempête . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
Chapitre 25 — Les démoniaques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
Chapitre 26 — La fille de Jaïrus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
Chapitre 27 — Multiplication des pains . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
Chapitre 28 — Jésus marchant sur les eaux . . . . . . . . . . . . . . . . 245
Chapitre 29 — Christ dans la synagogue . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
Chapitre 30 — La cananéenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263
Chapitre 31 — La transfiguration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 266
Chapitre 32 — La fête des tabernacles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 277
vii
viii La Vie de Jésus-Christ

Chapitre 33 — Va et ne pèche plus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287


Chapitre 34 — La résurrection de Lazare . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294
Chapitre 35 — Le sacrifice de Marie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 304
Chapitre 36 — Entrée de Jésus a Jérusalem . . . . . . . . . . . . . . . . 312
Chapitre 37 — Jésus Pleurant sur Jérusalem . . . . . . . . . . . . . . . 322
Chapitre 38 — Deuxième Purification du temple . . . . . . . . . . . 331
Chapitre 39 — Jésus et les pharisiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 343
Chapitre 40 — Les pharisiens accuses par Jésus . . . . . . . . . . . . 358
Chapitre 41 — Dans le parvis extérieur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 372
Chapitre 42 — La Pâque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 378
Chapitre 43 — Au jardin des oliviers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 388
Chapitre 44 — Jésus devant le Sanhédrin . . . . . . . . . . . . . . . . . . 397
Chapitre 45 — Condamnation de Jésus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 412
Chapitre 46 — Le Calvaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 428
Chapitre 47 — Au sépulcre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 447
Chapitre 48 — La fin de la lutte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 455
Chapitre 49 — La résurrection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 462
Chapitre 50 — Les femmes au sépulcre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 468
Chapitre 51 — Jésus à Emmaüs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 474
Chapitre 52 — Dans la chambre haute . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 482
Chapitre 53 — Jésus en Galilée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 487
Chapitre 54 — Assemblee des frères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 495
Chapitre 55 — L’ascension de Christ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 507
Chapitre 1 — Le plan de la rédemption

La chute de l’homme remplit tous les cieux de tristesse. Le


monde que Dieu avait créé était contaminé par la malédiction du
péché, et habité par des êtres voués à l’infortune et à la mort. Il
ne paraissait y avoir aucun moyen de salut pour ceux qui avaient
transgressé la loi. Les anges cessèrent leurs cantiques de louanges.
Partout dans les parvis célestes on entendit déplorer la ruine que le
péché avait causée.
Le Fils de Dieu, glorieux Chef des armées du ciel, fut touché de
pitié envers la race déchue. En contemplant les malheurs du monde
perdu, son cœur fut rempli d’une compassion infinie. Mais l’amour
divin avait conçu un plan par lequel l’homme pût être racheté. Jésus
plaida devant son Père en faveur des pécheurs, offrant de donner sa
vie comme rançon ; de prendre sur lui-même la sentence de mort ;
afin que par les mérites de son sang, Adam et sa postérité pussent
être réintégrés dans la faveur de leur Créateur et dans la possession
d’Eden, leur demeure.
Qui peut concevoir toute la grandeur du sacrifice fait par le Dieu
du ciel, lorsqu’il consentit à se séparer de son Fils bienaimé ! C’est
avant la création de la terre, déjà, que le plan du salut avait été formé ;
car Christ est “l’Agneau égorgé dès la fondation du monde ?” 1 Et
pourtant, il se livra une lutte dans le cœur du Roi de l’univers lui-
même, avant qu’il se déterminât à abandonner son Fils à la mort
pour une race coupable. Mais “Dieu a tellement aimé le monde,
qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne
périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle”. 2 O mystère de la ré-
demption ! O amour de Dieu pour un monde qui ne l’avait pas aimé !
Qui peut connaître la profondeur de cet amour qui “surpasse toute
connaissance”. 3 A travers les âges sans fin, les élus appliqueront
leur intelligence immortalisée à sonder l’incompréhensible amour [18]
1. Apocalypse 13 :8.
2. Jean 3 :16.
3. Ephésiens 3 :19.

9
10 La Vie de Jésus-Christ

de Dieu, devant lequel ils demeureront toujours confondus et pros-


ternés.
Dieu devait se manifester “en Christ, réconciliant le monde avec
soi.” 1 L’homme s’était dégradé à tel point, par le péché, qu’il lui
était impossible par lui-même de se mettre d’accord avec Celui dont
la nature même est pureté et bonté. Mais Christ, après avoir racheté
l’homme de la condamnation de la loi, pouvait lui communiquer une
puissance divine qui s’unirait avec les efforts de l’homme. De cette
manière, par la repentance envers Dieu et la foi en Christ, les enfants
d’Adam pourraient redevenir “enfants de Dieu”. 2
L’unique plan par lequel le salut de l’homme pût être obtenu,
allait coûter — inénarrable sacrifice ! — plus que le ciel tout entier.
Les anges ne purent se réjouir lorsque Christ développa devant eux
le plan de la rédemption ; car le salut de l’homme allait accumuler
sur leur Chef bien-aimé des souffrances inexprimables. Quels ne
durent pas être leur douleur et leur étonnement en l’entendant leur
raconter qu’il allait devoir descendre des régions célestes de la pureté
et de la paix, quitter les joies et les gloires d’une vie immortelle,
pour respirer l’atmosphère souillée de ce monde, pour en porter les
douleurs et la honte, et finalement pour y mourir ! Il devait paraître
sur la terre, s’humilier comme un simple homme, et se familiariser,
par une expérience personnelle, avec les chagrins et les tentations
de l’homme. Tout cela était nécessaire afin qu’il pût secourir ceux
qui seraient tentés. 3 Il devait être livré entre les mains d’hommes
cruels, et ?ndurer toutes les insultes et les tortures que Satan allait
leur inspirer. Il devait subir la plus horrible des morts, suspendu entre
le ciel et la terre comme un vil malfaiteur. Il devait enfin, tandis que
la culpabilité des transgressions du monde reposerait sur lui, passer
par l’agonie indicible de voir son Père détourner de lui sa face.
Avec quelle joie les anges se seraient offerts de mourir à la
place de leur Chef, si ce sacrifice en faveur de l’homme avait pu être
accepté ! Mais il n’y avait que Celui qui avait créé l’homme qui eût le
pouvoir de le racheter. Les anges, pourtant, allaient avoir quelque part
[19] au plan de la rédemption. Christ devait être fait inférieur aux anges,
1. 2 Corinthiens 5 :19.
2. 1 Jean 3 :2.
3. Hébreux 2 :18.
Le plan de la rédemption 11

par la mort qu’il devait souffrir.” 1 Lorsque le Sauveur prendrait sur


lui la nature humaine, leur mission allait être de prendre soin de lui
dans ses souffrances. En outre, ils devaient être “des esprits destinés
à servir,” et “envoyés pour exercer leur ministère en faveur de ceux
qui doivent avoir l’héritage du salut”. 2 Ils auraient à protéger les
sujets de la grâce contre la puissance des mauvais anges, et contre
les ténèbres dont Satan les entourerait.
Par sa mort, Christ devait racheter un grand nombre d’âmes, et
détruire celui qui avait la puissance de la mort. Il devait reconquérir
le royaume que l’homme avait perdu par la transgression, afin que
les rachetés y entrassent avec lui et y demeurassent à toujours. Le
péché et les pécheurs allaient être effacés pour ne plus troubler la
paix soit du ciel, soit de la terre. La gloire, la félicité d’un monde
racheté outrepasserait les angoisses même et le sacrifice du Prince
de la vie.
Lorsque Jésus eut fini, un immense cri d’allégresse retentit dans
les cieux. Les parvis célestes répercutèrent alors les premiers accords
du cantique qui devait se faire entendre sur les collines de Bethléem :
“Gloire soit à Dieu au plus haut des cieux ! Paix sur la terre, bonne
volonté envers les hommes !” 3 Remplis d’une joie plus profonde
que lorsque la création était sortie des mains de Dieu, “les étoiles
du matin poussèrent ensemble des cris de joie, et tous les enfants de
Dieu chantèrent en triomphe”. 4
Nul autre que le Fils de Dieu ne pouvait combler l’abîme que
le péché avait creusé entre Dieu et l’homme. Sa mort seule pouvait
racheter l’homme et satisfaire à la justice de Dieu. En autorité, Christ
venait immédiatement après le grand Législateur. Sa vie était le seul
sacrifice d’une valeur suffisante pour satisfaire aux exigences de la
parfaite loi de Dieu.
Un homme n’eût pu faire propitiation pour un autre homme. Sa
condition coupable et déchue en eût fait une offrande imparfaite, un
sacrifice de moindre valeur que ne l’était Adam avant sa chute. Dieu
fit l’homme parfait et droit ; et après sa transgression il ne pouvait
y avoir pour lui de sacrifice acceptable devant Dieu, à moins que
1. Hébreux 2 :9.
2. Hébreux 1 :14.
3. Luc 2 :14.
4. Job 38 :7.
12 La Vie de Jésus-Christ

ce sacrifice ne fût d’une valeur supérieure à l’homme dans son état


[20] d’innocence et de perfection.
Les anges étaient sans péché ; mais ils étaient de moindre valeur
que la loi de Dieu. En leur qualité d’êtres créés et soumis à l’épreuve,
ils étaient justiciables de la loi ; c’était des messagers qui faisaient la
volonté de Christ et devaient s’incliner devant lui.
Christ était en forme de Dieu, et il ne considérait pas comme une
usurpation d’être fait égal à Dieu. Il était l’image empreinte de son
Père, non seulement quant à son apparence extérieure mais quant
à la perfection de son caractère. Christ n’était assujetti à aucune
exigence : il était au-dessus de la loi et par conséquent supérieur aux
anges. Et il était d’une valeur d’autant supérieure que son caractère
noble, sans tache, et sa position élevée comme Chef des armées
célestes était au-dessus du caractère et de la position de l’homme.
Christ s’était associé au Père dans la création de l’homme, et lorsque
les hommes tombèrent par la transgression, il eut le pouvoir de faire
propitiation pour leurs péchés, de les relever et de les ramener dans
leur état primitif.
Christ avait le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre, mais
il n’était point du tout sous l’obligation d’entreprendre cette œuvre
de propitiation. Le sacrifice qu’il faisait était volontaire. Un amour
infini, une miséricorde étonnante l’ont poussé à faire ce sacrifice qui
ouvrait la porte de l’espérance à une race perdue.
Les sacrifices et la sacrificature du système judaïque étaient
symboliques et institués pour représenter la mort et les œuvres mé-
diatrices de Christ. Toutes ces cérémonies n’avaient de signification
et de vertu qu’autant qu’elles se rapportaient à Christ, qui était lui-
même le fondement et l’auteur de tout le système. Depuis Adam
jusqu’au temps où la nation juive devint un peuple séparé et distinct,
les adorateurs de Dieu avaient été instruits concernant le Rédemp-
teur à venir que représentaient leurs sacrifices. Le Seigneur avait fait
connaître à Adam, à Abel, à Seth, à Enoch, à Noé, à Abraham et à
d’autres patriarches, spécialement à Moïse, que le système cérémo-
niel des sacrifices et de la sacrificature était insuffisant par lui-même
pour assurer le salut d’une seule âme. Ces types et ces symboles
[21] préfiguraient et indiquaient Christ. Par eux, les patriarches voyaient
Christ et croyaient en lui. Ils ne devaient durer que jusqu’à ce que le
sacrifice parfait aurait été accompli.
Le plan de la rédemption 13

Le système des sacrifices et des offrandes fut ordonné du ciel


pour rappeler constamment à l’homme l’effrayante séparation que
le péché a faite entre Dieu et lui, et la nécessité d’un ministère de
médiation. Le pécheur, chargé qu’il était de sa culpabilité et sans
un mérite plus grand que le sien propre, ne pouvait paraître devant
Dieu. Mais une voie lui fut ouverte par laquelle il pût avoir accès
auprès de Dieu par la médiation d’un autre. La sacrificature sur
la terre était une ombre de la sacrificature de Christ qui devait se
placer comme médiateur entre le Très-Haut et son peupie. Christ
était parfait, sans tache, sans imperfection, sans péché. D’entre tous
ceux qui ont habité sur la terre, lui seul a pu dire à tous les hommes :
“Lequel d’entre vous me convaincra de péché ?” 1 La communication
qui existait entre Dieu et l’homme, et qui avait été rompue par la
transgression d’Adam, pouvait être rétablie par Christ. Son office
et son œuvre devaient infiniment dépasser en dignité et en gloire la
sacrificature terrestre et typique.
On n’aurait jamais pu connaître l’étendue des terribles consé-
quences du péché, si le remède auquel Dieu avait pourvu n’avait été
d’une valeur infinie. Le prix immense qu’a coûté le salut de l’homme
déchu : la Majesté du ciel, égale à Dieu, donnant sa vie pour une race
rebelle, — demeure un mystère devant lequel les anges s’étonnent
et dont ils méditent, sans le comprendre, l’infinie profondeur. [22]

1. Jean 8 :46.
Chapitre 2 — La naissance de Christ

A mesure que le temps du premier avénement du Fils de Dieu


approchait, Satan déployait une vigilance spéciale à endurcir les
cœurs du peuple juif contre les preuves du caractère messianique
de Christ. Les Juifs étaient devenus vains et orgueilleux. Tandis
qu’il y avait encore dans la nation de fidèles adorateurs de Dieu, qui
attendaient la consolation d’Israël, la masse du peuple et ses conduc-
teurs s’étaient écartés de Dieu. Les sacrificateurs ne possédaient
ni piété personnelle ni vertu de caractère ; et pourtant ils étaient
rigoureusement attachés aux formes et aux cérémonies de leur culte.
Et plus ils étaient dépourvus des qualités nécessaires à des hommes
accomplissant une œuvre sacrée et appelés à être les sacrificateurs du
Très-Haut, plus grande était leur ténacité à conserver une apparence
extérieure de piété, de zèle et de dévotion.
Ces sacrificateurs étaient hypocrites ; ils étaient attachés aux
richesses et aux honneurs du monde, et profitaient de toutes les
occasions de tirer avantage des pauvres, spécialement des veuves
et des orphelins. Gens sans cœur, ils n’avaient aucune pitié des
indigents et des malheureux. Pendant qu’ils priaient sur les marchés
et faisaient des aumônes pour être vus des hommes, ils dévoraient
les maisons des veuves par les lourdes taxes qu’ils leur imposaient.
Sous prétexte de suppléer aux trésors du temple, ils extorquaient
de grandes sommes d’argent à ceux qui étaient consciencieux, et
ils employaient pour leur propre avantage les valeurs qu’ils avaient
ainsi malhonnêtement obtenues.
Dans les lois données aux Hébreux, Dieu avait gardé avec un
soin spécial les intérêts de l’étranger, du pauvre et de la veuve. Le
[23] produit du pays laissé sans culture tous les sept ans leur appartenait.
En outre, tous les ans, la nation entière devait donner la dîme de
tout son revenu pour des œuvres de bienfaisance — dîme tout à fait
distincte de celle qui était donnée pour le service du sanctuaire. On
devait entretenir un fonds perpétuel pour le bien des pauvres. Dieu
voulait employer ces moyens pour empêcher son peuple de se livrer
14
La naissance de Christ 15

à l’égoïsme et à l’avarice. La libéralité était recommandée comme


une obligation religieuse : “L’orphelin et la veuve mangeront dans
les lieux de ta demeure, et en seront rassasiés, afin que l’Eternel, ton
Dieu, te bénisse dans toute l’œuvre de tes mains.” 1 Il était également
défendu aux Israélites de prêter à usure à leurs frères. Le mépris de
ces directions expresses avait fait que la bénédiction du Seigneur
avait été retranchée d’Israël.
Les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens ensei-
gnaient et faisaient observer au peuple comme commandements de
Dieu des coutumes, des traditions et des cérémonies inutiles qui
n’étaient que des commandements d’hommes. Leur rigueur appa-
rente dans l’observation des formes provenait du désir qu’ils avaient
de donner une haute idée de leur importance. Tandis qu’ils désiraient
être réputés pour leur zèle et leur dévotion dans les devoirs religieux,
ils pillaient Dieu journellement en s’appropriant les offrandes de
ses adorateurs. Leur prétendu respect des coutumes et des traditions
n’était qu’un artifice pour obtenir l’argent du peuple afin de satisfaire
à leur ambition corrompue.
Les sacrificateurs ne se faisaient aucun scrupule de commettre les
actes les plus malhonnêtes et les plus criminels pour accomplir leurs
desseins. Ceux qui remplissaient l’office de souverain sacrificateur
au temps du premier avénement de Christ, n’étaient pas des hommes
divinement choisis pour remplir cet office sacré. Leur ardent désir
de parvenir à cet office provenait de leur amour du pouvoir et de la
grandeur. Ils désiraient obtenir une position où ils pussent exercer
l’autorité et frauder sous le couvert de la piété sans crainte d’être
découverts. Des hommes au cœur corrompu recherchaient parfois
l’office élevé de souverain sacrificateur et l’obtenaient fréquemment [24]
par la corruption et l’assassinat.
En ce temps-là, les Juifs étaient soumis au gouvernement des
Romains, et les sacrificateurs n’avaient aucune autorité légale d’in-
fliger la peine de mort. Ce pouvoir appartenait uniquement à leurs
gouverneurs étrangers. Le sacrificateur avait pourtant une position
qui lui conférait un certain pouvoir et une certaine importance. Il
n’était pas seulement conseiller et médiateur ; mais il était juge, et
ses décisions étaient sans appel. Revêtu de son riche costume, de
1. Deutéronome 14 :29.
16 La Vie de Jésus-Christ

ses robes sacrées, la poitrine couverte du pectoral dont les pierres


précieuses reflétaient la lumière, il avait un aspect si imposant qu’il
excitait l’admiration, le respect et la crainte de tous les adorateurs au
cœur droit. Le souverain sacrificateur était, d’une manière spéciale,
le représentant de Christ, quoique la sacrificature de Christ ne pût
pas être parfaitement préfigurée par celle d’Aaron. Le Fils de Dieu
devait être “sacrificateur éternellement selon l’ordre de Melchisé-
dec”. 1 Dans cet ordre, la sacrificature ne devait point passer de l’un
à l’autre ; Christ ne devait point être remplacé.
Les coutumes et les cérémonies inutiles par lesquelles les Juifs
avaient corrompu leur religion, étaient un joug pesant pour le peuple,
surtout pour les classes pauvres ; et comme ils étaient sous le joug
des Romains, ils devaient également payer le tribut à ces derniers.
Les Juifs ne pouvaient point se soumettre à leu